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Réfer. : 2600 .
Auteur : Ygé, Claude D'.
Titre : Nouvelle Assemblée des Philosophes Chymiques.
S/titre : Enigmes et figures Hiérogliphiques. Esprit...

Editeur : Dervy-Livres Paris.
Date éd. : 1954 .
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Note au lecteur :

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dans -> Répertoire des auteurs et des titres.

Le traducteur.

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EXPLICATION (1) TRES CURIEUSE DES
ENIGMES ET FIGURES HIEROGLYPHIQUES,
PHYSIQUES,
QUI SONT AU GRAND PORTAIL
DE L'EGLISE CATHEDRALE ET METROPOLITAINE
DE NOTRE-DAME DE PARIS
PAR LE SIEUR ESPRIT GOBINEAU DE MONTLUISANT
GENTILHOMME CHARTRAIN, AMI DE LA PHILOSOPHIE NATURELLE ET ALCHIMIQUE ET D'AUTRES PHILOSOPHES TRES-ANCIENS


Le mercredi 20 de Mai 1640, veille de la glorieuse Ascension de notre Sauveur Jésus-Christ, après avoir prié
Dieu, et sa très sainte Mère Vierge en l'Eglise Cathédrale
et Métropolitaine de Paris, je sortis de cette belle et grande
Eglise et considérant attentivement son riche et magnifique
Portail, dont la structure est très exquise, depuis le
fondement jusqu'à la sommité de ses deux hautes et admirables
Tours, je fis les remarques que je vais expliquer.

Je commence par observer que ce Portail est triple, pour former trois principales entrées dans ce superbe
Temple, seul corps de bâtiment, et annoncer la Trinité
de Personnes en un seul Dieu, sous lesquelles par l'opération
de son Esprit Saint, son Verbe s'est incarné pour
le salut du monde dans les flancs de la Vierge sainte;
Symbole des trois principes célestes en unité, qui sont les
trois principales clefs ouvrantes les principes, et toutes les
portes, les avenues et les entrées de la nature sublunaire

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c'est-à-dire, de la sève universelle, et de tous les corps
qu'elle forme, et produit, conserve ou régénère.

1° La figure posée au premier cercle du Portail, vis-à- vis l'Hôtel-Dieu, représente au plus haut, Dieu le Père,
Créateur de l'Univers, étendant ses bras, et tenant en
chacune de ses mains une figure d'homme, en forme
d'Ange.

Cela représente, que Dieu Tout-Puissant au moment de la création de toutes choses qu'il fit de rien, séparant
la lumière des ténèbres, en fit ces nobles Créatures que
les Sages appellent Ame Catholique, Esprit universel, ou
Souffre vital incombustible, et Mercure de vie; c'est-à-dire,
l'humide radical général, lesquels deux principes sont
figurés par ces deux Anges.

Dieu le Père, les tient en ses deux mains, pour faire la distinction du soufre vital, son huile de vie, qu'on appelle
Ame, et du Mercure de vie ou humide premier né, qu'on
nomme Esprit, quoique ce soit termes synonymes, mais
seulement pour faire concevoir que cette Ame et cet Esprit
tirent leur principe et leur origine du monde sur céleste,
et archétypique, où est le Siège et le Trône plein de gloire
du Très-Haut; d'où il émane surnaturellement et imperceptiblement
pour se communiquer, comme la première
racine, la première Ame mouvante et la source de
vie de tous les Etres en général, et de toutes les Créatures
sublunaires, dont l'homme est le chef de prédilection.

2° Dans le cercle au-dessous du monde sur céleste, et Archétypique, est le Ciel firmamental, ou astral dans
lequel paraissent deux Anges, la tête penchée, mais couverte
et enveloppée.

L'inclinaison de ces deux Anges, la tête en bas, nous donne à entendre, que l'Ame universelle, ou l'Esprit Catholique
ou pour mieux dire le souffle de la vertu de Dieu,
c'est-à-dire, les influences spirituelles du Ciel archétypique,
descendent de lui, au Ciel astral, qui est le second monde,

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 177
également céleste, dit *étipique, où habitent et règnent les
planètes et les étoiles, qui ont leur cours, leurs forces
et vertus, pour l'accomplissement de leur destination et
de leurs devoirs, selon les décrets de la Providence qui
les a ainsi ordonnés et subordonnés, afin d'opérer par leur
ministère et leurs influences la naissance et génération de
tous les Etres Spirituels et de toutes choses sublunaires,
participants de l'Ame et de l'Esprit universel; et par les
deux Anges la tête en bas, et qui sont vêtus, nous est
désigné, que la semence universelle et spirituelle Catholique
ne monte point, mais descend toujours; et l'enveloppe
dont elle est voilée dans les corps, nous enseigne,
que cette semence céleste est couverte, qu'elle ne se montre
point nue, mais qu'elle se cache avec soin aux yeux
des ignorants et des Sophistes; et n'est point connue du
vulgaire.

3° Au-dessous du Firmament est le troisième Ciel, ou l'élément de l'air; dans lequel paraissent trois enfants environnés
de nuages.

Ces trois enfants signifient les trois premiers éléments de toutes choses, appelés par les sages principes principiants,
dont les trois principes inférieurs, sel, soufre, et
mercure, tirent leur origine, et qu'on nomme principes
principiés, pour les distinguer des premiers, quoique tous
ensemble, ils descendent du Ciel archétypique, et partent
des mains de Dieu, qui de sa fécondité, remplit toute la
nature, mais toutes les influences spirituelles et célestes
semblent être émanées des deux premiers Cieux, avant
de s'unir à aucun corps sensible; ce qui fait que toute
émanation spirituelle du premier Ciel ou de l'Archétypique,
est appelée Ame, et celle du second Ciel, ou
Firmament est nommée Esprit.

Ce sont donc cette Ame et cet Esprit, invisibles, et purement spirituels, qui remplissent de leurs vertus actives
et vivantes le troisième Ciel, appelé Elémentaire, ou le Ciel
typique, parce que c'est le séjour des Eléments, qui mus,
ordonnés et subordonnés par les deux mondes supérieurs,
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agissent à leur tour, par commotion et mouvement, descendant,
ascendant, progrédiant, et circulaire, sur tous les
Etres inférieurs et sur toutes les Créatures sublunaires
composés de leurs qualités mixtes, qu'on nomme les quatre
tempéraments.

Or cette Ame émanée dans le monde Elémentaire, qu'elle remplit de sa lumière vivifiante est appelée souffre
et l'esprit émané du monde, ou Ciel firmamental, qui est
en principe l'humide radical de toutes choses auquel ce
souffre ou la chaleur lumineuse est attache et adhérant,
comme à son premier et dernier aliment, est appelé Mercure,
ou l'humide premier né, qui est l'humide radical de
toutes choses et, par conséquent indivisible du souffre ou
âme éthérée, laquelle étant un feu céleste lumineux et
chaud, ne peut subsister sans son union intime et indissoluble
avec cet esprit, son humide radical; mais cela est au-
dessus de la portée des insensés.

Cette Ame et cet Esprit unis, comme une seule et même essence, partant du même principe, et ne faisant
pour ainsi dire qu'une même chose, puisqu'ils ne sont
divisibles que par l'esprit, ne peuvent être vus ni touchés,
mais seulement conçus et compris par les sages Investigateurs
de la Science de Dieu et de la Nature; cette Ame
et cet Esprit ne nous deviennent sensibles, que par le lien
indivisible qui les attache l'un à l'autre: or ce lien qu'on
nomme sel, est l'effet de leur union et amour mutuel, et
un corps spirituel qui nous les cache et les enveloppe dans
son sein comme ne faisant qu'une seule et même chose
de trois; ce que les gens pétris de préjugés n'entendront
et comprendront point.

Ce Sel est celui de la Sapience, c'est-à-dire la copule et le ligament du feu et de l'eau, du chaud et de l'humide
en parfaite Homogénéité, et qui est le troisième principe;
il ne se rend point visible ni tangible dans l'air que nous
respirons, où il est subtil et fluide, et il ne manifeste son
corps visible, que par son séjour et dépôt en résidu dans
les mixtes, ou composés d'éléments qu'il fixe et encloue, en

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 179
se mêlant intimement au Souffre, Mercure et Sel, qui sont
des principes naturels à lui fort analogues, et Constituteurs
des Créatures Sublunaires.

Le Sel céleste est le principe principiant, qui procède de l'Ame et de l'Esprit, c'est-à-dire de leur action ou pour
mieux dire, du soufre et du Mercure éthérés; il est le
moyen et le milieu, qui les unit dans leur action, pour se
traduire en fluide dans le souffre, le Mercure, et le Sel
de nature sous un corps visible et tangible, lors appelé par
les Sages de toutes sortes de noms tantôt Sel Alcali, Sel
Armoniac, Salpêtre des Philosophes, et tantôt de mille surnoms
symboliques, ou à son origine ou à sa descension,
ou bien à son essence corporelle, pour prouver qu'étant
l'Ame, l'Esprit et le Corps universel de la Nature, il est
susceptible de toutes sortes de déterminations, qu'il plaira
à la Nature ou à l'Artiste de lui donner selon l'Art de la
Sagesse.

Mais il ne faut point perdre de vue, que c'est du monde sur céleste, que la source de la vie de toutes choses tire
son origine et que cette vie est appelée Ame ou Soufre;
que du monde céleste ou firmamental procède la lumière,
qu'on appelle Esprit, autrement humide, ou Mercure; et
que cette Ame et cet Esprit remplissant de leur fécondité
vivifique le troisième monde appelé Elémentaire, leur
action énergique et élastique perpétuellement circulaire, y
porte et produit le Feu tout divin, analogique de chaleur
et d'humide radicaux, mais qui est imperceptible et invisible,
non vulgaire ni grossier; et par lequel, comme Feu
de vie, par essence nourrissant, Réparateur Conservateur
et non Destructeur, les choses deviennent palpables et de
solidité corporelle. D'où il faut conclure que ces trois
substances, Souffre, Mercure et Sel universel, célestes,
sont les vrais principes principiants de la génération de
toutes choses, et que ces trois substances naturelles et
sublunaires dans lesquelles les trois premières se rendent
infuses et corporifiées, sont les véritables principes principiés,
constituteurs de la génération des Corps, par l'encloument
et la fixation qu'ils font des qualités élémentaires,

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propres à la température des individus selon les
Décrets de la Providence.

C'est ce qui a fait dire aux Sages que le Sel spirituel, qui sert d'enveloppe et de lien au Souffre et au Mercure
célestes, était la seule et unique matière dont se fait la
Pierre des Philosophes; et que comme ces trois substances
identifiées par leur union, n'en faisaient qu'une,
la Pierre n'était point faite de plusieurs choses, mais d'une
seule chose composée, trine en essence, unique de principe,
et quadrangulaire de quatre qualités élémentées;
cependant cela se doit entendre à certains égards, qui
puissent tomber sous l'intelligence de l'esprit, et des sens
en même temps; c'est-à-dire, qu'il ne faut pas s'imaginer
que la matière de la Pierre triangulaire et quadrangulaire
des Sages, se doive ni puisse prendre en son état de fluide
aérien invisible; mais il faut entendre qu'il est nécessaire
de chercher et trouver cette même matière de fluide
aérien, infuse et corporifiée en une terre Vierge des enfants
de la Nature, qui en sont les mieux partagés, les plus
hautement et copieusement favorisés et en qui les premiers
et les seconds Agents unis ont plus de dignité, d'excellence
et de vertu. Car la racine du Souffre des Sages, de leur
Mercure et de leur Sel, est un Esprit céleste, Spirituel et
surnaturel, qui par le véhicule de l'air subtil se porte et
se condense en air, ou vapeur épaissie et fait une matière
universelle et l'unique de toute procréation.

4° Au-dessous de ces trois enfants placés dans l'élément de l'air est le Globe de l'Eau et de la Terre, sur laquelle
paissent des animaux comme un mouton, un taureau, etc.

Le Globe de l'Eau et de la Terre nous désignent les Eléments inférieurs, tels que l'Eau et la Terre, dans lesquels
le Feu céleste et l'humide radical très subtil, par le moyen
de l'air, s'insinuent jusqu'au profond, et y circulent incessamment
par leur propre vertu, sous la forme invisible
d'un Esprit sur céleste et de vie, qui, selon David, Psaume
18, v. 6, 7, 8, a son Tabernacle dans le Soleil, d'où par sa
vertu énergique, comme un Epoux, qui se lève de sa couche

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nuptiale, il s'élance pour parcourir la voie des Eléments
ainsi qu'un superbe Géant qui mesure son élan et
ses forces dans la vaste étendue de l'air; sa sortie est
du plus profond des Cieux; de la il procède, pénètre partout,
et ne laisse rien privé de la chaleur de sa présence
vivifiante; de l'expression même de Salomon en son
Ecclésiastes, c. I, v. 5, 6. C'est ce même Esprit divin qui
éclaire l'immensité de l'Univers, qui se poussant et repoussant
par vertu énergique et élastique en circuit du centre
à l'excentre et en la capacité de tout, retourne sans cesse
et perpétuellement dans les cercles qu'il décrit par son
mouvement et son cours éternels et universels.

C'est ainsi que cet Esprit universel, par le feu et l'humide, nourrit les poissons dans l'eau, les animaux sur la
terre, et les insectes en terre; qu'il fait végéter les Plantes,
et produit les Minéraux et Métaux au Centre et dans les
entrailles de la Terre; pourquoi son influence circulante,
comme Feu vital uni à l'humide radical par le Sel de
Sapience, est la semence universelle, qui se congèle, et
dont la vapeur s'épaissit au centre de toutes choses: cette
semence spirituelle opère dans les différentes matrices,
selon leurs dispositions, leur nature, leur genre, leur
espèce, et leur forme particulière, pour produire toutes les
générations, en y mettant le mouvement et la vie.

Quant aux deux animaux paissant, qui sont le mouton et le taureau, c'est pour nous dire qu'au retour du Printemps,
et dans les deux premiers mois, qui sont Mars et
Avril, auxquels ces deux animaux dominent en qualité de
Signes du Zodiaque, la matière universelle créative, et
récréative, étant plus amoureuse de la Vertu céleste qui y
infuse ses propriétés vitales copieusement, est plus abondante,
vertueuse et exaltée, par conséquent aussi plus qualifiée
qu'en un autre temps.

5° Au-dessous de ces deux animaux on voit un corps comme endormi et couché sur son dos, sur lequel descendent
de l'air deux ampoules, le col en bas, l'une adressante
vers le cerveau, et l'autre vers le coeur de cet homme
endormi.

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182 NOUVELLE ASSEMBLEE
Ce corps ainsi figure n'est autre chose que le sel radical et séminal de toutes choses, lequel par sa vertu
magnétique attire à soi l'âme et l'esprit Catholiques, qui
lui sont homogènes, et qui sans cesse s'insinuent et se corporifient
dans le sel, ce qui est représenté par les deux
ampoules ou fioles, contenant la chaleur et l'humidité
naturelle et radicale; et ce sel ayant ainsi attire et corporifie
ces deux substances en lui, leur union spirituelle lui
ayant acquis de prodigieux degrés de force, il se pousse
et pénètre dans le point central des individus; et d'universel
que ce sel était, il se particularise, se corporifie, se
détermine, et devient rose dans le rosier, or dans l'argent
vif minéral, or dans l'or, plante dans le végétal, rosée dans
la rosée, homme dans l'homme, dont le cerveau représente
l'humide radical lunaire, et le coeur signifie la chaleur
naturelle solaire, véhiculée dans le premier, comme sa
matrice.

6° Au côté droit des mêmes trois enfants, un peu plus bas que l'air, est un escalier, par lequel monte à genoux
un homme ayant les mains jointes, et élevées en l'air duquel
élément il descend une ampoule, ou fiole; et au
haut de l'escalier, il y a une table couverte d'un tapis,
avec une coupe dessus.

L'escalier nous apprend qu'il faut s'élever à Dieu, le prier à genou, de coeur, d'esprit et d'âme, pour avoir ce
don, qui est le Magistère des Sages, et vraiment un très
grand don de Dieu, une grâce singulière de sa bonté; et
qu'il ne faut pas être en des lieux bas, pour prendre la
première matière universelle qui contient la forme végétale
et générale du monde; l'ampoule qui descend de l'air
signifie la liqueur, ou rosée céleste, qui découle premièrement
de l'influence sur céleste, se mêle ensuite avec la
propriété des astres, et d'icelles mêlées ensemble, il se
forme comme un tiers entre terrestre et céleste; voilà
comme se forme la semence et le principe de toutes
choses.

Pour la coupe, qui est sur la table, elle représente le vase, avec lequel on doit recevoir la liqueur céleste.

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7° Au côté gauche de cette même Porte de ce grand Portail, sont quatre grandes figures de grandeur humaine,
qui chacune ont un symbole sous leurs pieds.

La première, la plus proche de la porte, a sous ses pieds, un dragon volant, qui dévore sa queue.

La deuxième, a sous ses pieds un lion, dont la tête est contournée vers le Ciel, ce qui lui fait faire un effort de
contorsion de col.

La troisième, a sous ses pieds la figure d'un ridicule qui se rit et se moque des figures qu'il regarde, et qui
semblent se présenter à lui.

Et la quatrième foule aux pieds un chien et une chienne, qui tous s'entre-mordent vigoureusement et semblent
vouloir se dévorer l'un et l'autre.

Par le dragon volant qui dévore sa queue est représentée la Pierre des Philosophes, composée de deux substances,
ou mercure d'une même racine, et extraite d'une
même matière; l'une desquelles substances est l'esprit
éthéré, humide et volatil, et l'autre est le soufre, ou sel de
nature corporel, sec et fixe, lequel par sa nature et siccité
interne dévore sa queue glissante de dragon, c'est-à-dire
dessèche l'humidité, et la convertit en Pierre aide par le
feu constant dans la concavité de l'esprit éthéré humide,
siège de l'âme Catholique.

Le lion courbe qui regarde vers le Ciel dénote le corps, ou sel animé, qui désire reprendre avec avidité son
âme et son esprit.

La figure du ridicule représente les faux Philosophes et Sophistes ignorants, qui s'amusent à travailler sur des
matières hétérogènes, et ne rencontrent rien de bon, se
moquent de la Science hermétique, et disent qu'elle n'est
pas vraie, mais purement illusoire, en quoi ils offensent
la vérité Divine qui a mis ses plus riches trésors dans le
sujet.

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184 NOUVELLE ASSEMBLEE
Le chien et la chienne, qui s'entredévorent que les Sages appellent chien d'Arménie, et chienne de Corascène,
signifient que le combat des deux substances de la Pierre,
est d'une seule racine; car l'humide agissant contre le
sec, se dissout, et ensuite le sec agissant contre l'humide,
qui auparavant avait dévoré le sec est englouti par le
même sec, et réduit en eau sèche, et cela s'appelle prendre
dissolution de corps et congélation de l'esprit; ce qui
est tout le travail de l'Oeuvre hermétique.

8° Au-dessous de ces grandes figures, dans un pilier proche le Portail, est la figure d'un Evêque, chargé de sa
Mitre, et de sa Crosse, en posture méditative.

Cet Evêque représente, Guillemus Parisiensis ou bien celui qui a fait construire ce magnifique Portail, et qui y
a fait mettre les Enigmes.

9° Au pilier, qui est au milieu, et qui sépare les deux portes de ce Portail, est encore la figure d'un Evêque,
lequel met sa Crosse dans la gueule d'un dragon, qui est
sous ses pieds, et qui semble sortir d'un bain ondoyant
dans lesquelles ondes paraît la tête d'un Roi, à triple Couronne
qui semble se noyer dans les ondes, puis en sortir
derechef (2).

Cet évêque représente le sage Artiste Chimique, lequel fait par son art congeler la substance volatile du dragon
mercuriel gui veut s'élancer et sortir du vase qui le
contient; sous la forme d'eau ondoyante, c'est-à-dire qu'il
est excite à ce mouvement interne par une douce chaleur
externe; et ce Roi couronne est le soufre de nature, qui
est fait par l'union physique et excentrique des trois substances
homogènes mais séparées par l'Artiste de la première
matière Catholique, lesquelles trois substances sont
l'esprit éthéré mercuriel, le sel sulfureux, ou nitreux, et le
sel alcali ou fixe, et qui conserve son nom de sel entre les
trois principes principiants et les trois principes principiés,
qui tous trois étaient contenus dans le cahos humide, dans
lequel ce Roi se noie, et semble demander du secours,

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 185
qu'il n'obtient de l'Artiste alchimique qu'après s'être
dissous dans le dissolvant de sa propre substance, qui lui
est semblable, après quoi il aura mérité d'être satisfait en
sa demande, c'est-à-dire qu'après qu'il a été englouti, et
fait eau par son eau, il se congèle par sa chaleur interne,
excite par son sel, ou sa propre terre; par laquelle opération
simple, naturelle, et sans mélange, se fait le Magistère
des Sages, qui n'est autre chose que dissoudre le corps, et
congeler l'esprit, après avoir mis dans l'oeuf cristallin le
poids convenable de l'une et l'autre substance, qui sont
triple, et une; car tout le travail de l'Oeuvre est de monter
et descendre successivement, qu'on appelle ascension et
descension, jusqu'à ce que de quatre qualités élémentées
contraires, homogénéisées, l'on fasse trois principes constitutifs
et ordonnateurs; que des trois l'on fasse apparoir
le feu et l'eau, le sec et l'humide, que de ces deux l'on
fasse un seul parfait pétrifié en sel, qui contient tout; le
Ciel et la terre, en épuration et cuisson des hétérogènes.

10° Au Portail à main droite, l'on voit les douze signes du Zodiaque, divisés en deux parties, en ordre, selon la
science de Dieu et de la nature.

En la première partie du côté droit, sont les signes du Verseur d'eau, et des Poissons qui sont hors d'Oeuvre; ce
qu'il faut remarquer et noter.

Puis en oeuvre sont le Bélier, le Taureau, et les Jumeaux au-dessus l'un de l'autre.

Et au-dessus des Jumeaux est le signe du Lion, quoique ce ne soit pas son rang, car il appartient à l'Ecrevisse,
mais il faut considérer cela comme mystérieux (3).

Les signes du Verseau et des Poissons sont mis hors d'oeuvre; c'est expressément pour faire connaître qu'aux
deux mois de Janvier et Février, on ne peut avoir, ni
recueillir la matière universelle.

Pour le Bélier et le Taureau, ainsi que les Jumeaux qui sont en oeuvre, l'un au-dessus de l'autre, et qui règnent

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186 NOUVELLE ASSEMBLEE
au mois de Mars, d'Avril et de Mai, ils apprennent que
c'est dans ce temps-là, que le sage Alchimique doit aller
au devant de la matière, et la prendre à l'instant qu'elle
descend du Ciel et du fluide aérien, où elle ne fait que
baiser les lèvres des mixtes, et passer par dessus le ventre
des Bourgeons et des feuilles Végétables qui lui sont
sujettes, pour entrer triomphante sous ses trois principes
universels dans les corps, par leurs portes dorées, et y
devenir la semence de la rose céleste; ce qui s'entend par
symbole.

Alors son amour lui fait jeter des larmes qui ne sont rien plus que lumière, de laquelle le Soleil est le père,
revêtu d'une humidité de laquelle la Lune est la mère, et
que le vent de l'Orient apporte dans son ventre; dans cet
état vous l'avez universelle et non déterminée, d'autant
que vous l'aurez prise auparavant qu'elle soit attirée par
les aimants des individus spécifiques, et qu'elle soit spécifiée
en iceux (4).

Au regard du signe du Lion, qui est posé au-dessus de Jumeaux, où devrait être placée l'Ecrevisse, c'est pour
faire entendre qu'il y a quelque changement, et une altération
des Saisons, contenue dans le travail manuel et physique
de la Pierre, et qui n'est pas si propre pour recevoir
et prendre la matière, qu'au temps où règnent le Bélier, le
Taureau, et les Jumeaux; car en été pendant les grandes
chaleurs, par l'ardeur et la pompe du Soleil qui *exhaurie
beaucoup d'humide radical pour sa substance, son entretien
et sa nourriture, il se fait une grande dissipation et
déperdition des esprits, et la plus grande partie de la matière
incrémentale et nourricière des corps est convertie
dans la spiritualité aérienne, dont on ne peut la retirer, que
par le moyen de l'aimant physique et philosophique qui
lui est homogène, c'est-à-dire par une température assaisonnée
d'humide, qui est son aimant et son enveloppe.

11° Au bas, un peu au-dessus du Verseau, et vis à vis des Poissons, l'on voit un Dragon volant qui semble regarder
seulement et fixement, Aries, Taurus et Gemini, c'est-

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 187
à-dire les trois figures du Printemps, qui sont le Bélier, le
Taureau et les Jumeaux.

Ce Dragon volant qui représente l'esprit universel et qui regarde fixement les trois figures, semble nous dire
affirmativement que ces trois mois, sont les seuls dans le
cours desquels l'on peut recueillir fructueusement cette
matière céleste, que l'on appelle lumière de vie, laquelle
se tire des rayons du Soleil et de la Lune, par la coopération
de la nature, un moyen admirable, et un art industrieux,
mais simple et naturel.

12° Proche et derrière ce Dragon volant, est figuré un Ridicule, et derrière ce Ridicule est un chien assis sur le
dos, sur lequel chien est posé un oiseau. Ce Ridicule est un
moqueur de la science hermétique en question, un rieur
méprisant des opérations des vrais Sages et Philosophes;
et de tous leurs Partisans qu'il estime insensés, tout aveugle
qu'il est dans l'erreur vulgaire.

La figure de ce Chien pose sur le dos sur lequel est un oiseau, nous fait entendre que ce chien est le corps, ou
le sol de la matière universelle, fidèle à l'Artiste qui sait
la travailler, et l'oiseau représente l'esprit de la même
matière lequel y est posé, cette matière est connue communément
sous les noms de soufre et de mercure, le sel
pour tiers et copule ou liaison y étant compris, comme
indivisible des deux, qui sont le corps et l'esprit.

13° En la seconde partie de ce Portail, au côté gauche et tout en haut, est le signe de l'Ecrevisse, à la place du
Lion qui est de l'autre côté du même Portail.

Sur la même ligne de l'Ecrevisse, sont la Vierge, la Balance et le Scorpion, tous quatre en oeuvre.

Et ensuite le Sagittaire et le Capricorne qui sont hors d'oeuvre.

Par l'Ecrevisse ainsi placée en haut, est témoigné que la matière Lunaire a été bien abondante, mais que l'abondance

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188 NOUVELLE ASSEMBLEE
n'en est plus si grande, à cause que les Pléiades
qui sont des constellations humides, s'en retournent.

La Vierge, la Balance et le Scorpion sont les derniers degrés de chaleur pour la coction de l'Oeuvre Philosophique;
car en ce temps Automnal, la maturité des fruits
se parfait par le Sagittaire et le Scorpion, qui sont hors
d'oeuvre; ce qui démontre leur frigidité et siccité, et que
ces qualités, conçues par l'esprit intelligent, sont néanmoins
invisibles extérieurement en la matière de notre
Magistère.

14° A droite et à gauche de ces douze Signes du Zodiaque, qui représente le cours de l'année, sont quatre
figures représentant les quatre Saisons, qui sont l'Hiver,
le Printemps, l'Eté, et l'Automne.

Par ces quatre Saisons, il est donné à entendre que ce Composé philosophique doit être entretenu en l'athanor,
ou fourneau de cuisson pendant un an et plus, ce qui
fait dix mois hermétiques, par les degrés d'une chaleur, qui
soit douce, et proportionnée au commencement, et puis
un peu plus forte sur la fin, et cependant linéaire comme
pour faire colorer et mûrir les fruits qui se recueillent
pendant trois de ces Saisons, à savoir, le Printemps, l'Eté,
l'Automne; moyennant quoi l'Artiste acquiert la Médecine
au blanc, Symbole de la Vierge mère et Pascale, qu'il peut
arrêter et prendre au cercle citrin, comme Médecine lunaire
universelle parfaite, ou bien continuer sans interruption
de travail, et pousser jusqu'au rouge parfait qui
en est produit comme Médecine solaire universelle et
souveraine, accomplie au temps de sa naissance, marquée
solennellement par les Sages.

15° Au-dessous de huit grandes Figures du même Portail, dont il y en a quatre de chaque côté, et tout en
bas, sont démontrées les vraies opérations, pour faire et
parfaire la Médecine universelle, que le Curieux apprenti
de cette Oeuvre divine pourra expliquer, ou se les faire
expliquer, mais jamais ne les expliquer par écrit.

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 189
PORTAIL DU MILIEU
16° L'on voit six Figures au Portail du milieu, au côté droit.

La première est un Aigle, la seconde un Caducée entortillé de deux serpents, la troisième un Phénix qui se
brûle, la quatrième un Bélier, la cinquième un homme qui
tient un Calice, dans lequel il reçoit quelque chose de
l'air; et la sixième, est une Croix au trait carré, où il se
voit d'un côté sur la ligne transversale une larme, et sur
la même ligne de l'autre côté, un calice en cette forme.

THESAURUS pict DESIDERABILIS.

Salomon, Prov. C. 20, v. 21.
Ces six Figures ne sont pour ainsi dire, que la répétition de ce qui a déjà été dit tant de fois sous différentes
figures et différents termes, qui sont inépuisables, par le
peu de travail et la simplicité de la matière, qui ne se fait
néanmoins connaître qu'aux vrais Philosophes, et non pas
aux Sophistes ignorants, quelques recherches qu'ils en
fassent, parce que leur intention est mauvaise et orgueilleuse
et que ce Don divin n'est accordé qu'aux simples
et humbles de coeur, méprisés du reste du monde insensé,
et assez malheureux en son aveuglement, pour ne se repaître
que de fables transitoires.

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190 NOUVELLE ASSEMBLEE
1° L'aigle, par exemple, ne signifie autre chose que l'Esprit universel du monde; et c'est l'Oiseau d'Hermès,
et le mouvement perpétuel des Sages.

2° Le Caducée entortillé de deux serpents, enseigne que la Pierre est composée de deux substances, quoique
tirées du même corps, et extraite de la même racine; ces
deux substances néanmoins semblent être contraires en
apparence, l'une étant humide et l'autre seiche, l'une volatile
et l'autre fixe; mais elles sont semblables en essence
et en effets, parce qu'elles sont deux de nature, venant
d'un seul principe, quoiqu'elles ne soient réellement
qu'une.

3° Le Phénix qui se brûle, et renaît de ses propres cendres, nous apprend que ces deux substances, après
avoir été mises dans l'oeuf philosophique en l'Athanor,
agissent longtemps et naturellement l'une contre l'autre,
qu'elles se livrent de furieux combats avant de s'embrasser
et de s'unir; que la guerre est longue avant de recevoir
le baiser de paix; que les flots de la Mer philosophique
sont longuement agités par le flux et reflux, avant
que la bonace et le calme puissent succéder et régner;
enfin que les travaux sont bien grands auparavant que ces
deux substances se réduisent finalement en poudre ou
soufre incombustible; car cela ne se peut faire qu'après
que l'humide Mercuriel a été consommé, ou plutôt desséché
par la grande activité du chaud et sec interne de la
substance corporelle du Sel de nature, et que tout le
compost est fait semblable.

C'est après ces brûlements, ou calcinations philosophiques, que cette poudre, le vrai Phénix des Sages, car il
n'y a point dans le monde d'autre Phénix que celui-là,
étant dissous derechef dans son lait virginal, retourne à
reprendre naissance par soi-même, et de ses propres cendres,
et continue ainsi à renaître et mourir, tout autant de
fois qu'il plaît à l'Artiste bien expérimenté.

4° Le Bélier signifie toujours le commencement de la Saison, en laquelle il faut prendre la matière, d'autant

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 191
qu'en ce temps d'effervescence l'humide igné de l'Esprit
universel commence à monter de la Terre au Ciel; et à
descendre du Ciel en terre, bien plus copieusement qu'en
toute autre saison, et avec plus de vertu, surtout dans les
minières, où le Soleil a fait au moins trente révolutions,
et non plus de trente-cinq, où la Nature minérale commence
à rétrograder, pour tendre à sa dépravation et à
son déclin.

5° L'homme qui tient un Calice, dans lequel il reçoit quelque chose de l'air, nous démontre qu'il faut savoir
ce que c'est que l'Aimant fait par l'homme qui a la puissance
d'attirer du Ciel, du Soleil et de la Lune par sa vertu
magnétique, l'Esprit Catholique invisible, revêtu de la pure
substance humide éthérée, influence quintessencifiée, pour
de ces deux en faire une troisième substance participante
des deux autres individuellement, et qui chacune contienne
en soi indivisiblement le Sel, le Soufre, et le Mercure
universels, lesquels tous trois se congèlent et s'unissent
au centre de toutes choses.

6° Quant à la Croix, où sur les lignes transversales, par les côtés d'icelle sont posés une larme et un Calice
c'est pour nous faire entendre, que ce n'est que la Nature
élémentaire, c'est-à-dire les quatre Eléments croisés, figures
par les quatre lignes de la Croix: en effet, c'est par le
moyen des quatre Eléments que les vertus et les énergies
célestes descendent et s'insinuent incessamment sur tous
les Corps visibles et sublunaires.

Les deux lignes, haute et basse, représentent le Feu céleste, et les deux autres lignes transversales signifient
l'air et l'eau.

La larme, qui signifie l'humide de l'air, pleine de feu vital, et posée sur la ligne de l'air et de l'eau, doit être
reçue dans le Calice, qui signifie le récipient, et non pas
dans les basses vallées, quoi qu'elle soit partout, mais sur
des lieux qui s'avancent dans l'air, où elle ne sera pas prise
en quantité par ceux qui n'ont pas la connaissance de
l'aimant physique et philosophique.

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192 NOUVELLE ASSEMBLEE
7° Proche de la Porte à droite, il y a d'un côté cinq Vierges sages, qui tendent leur Calice, ou coupe vers le
Ciel, et reçoivent ce qui leur est verse d'en haut par une
main qui sort d'une nuée; et au-dessous s'y voient et
s'y remarquent les vraies opérations Alchimiques et Philosophiques.

Ces cinq Vierges représentent les vrais Philosophes Hermétiques amis de la nature, et qui ayant connaissance
de l'unique matière, dont elle se sert, pour travailler dans
la magnésie des trois règnes, animal, minéral, végétal,
reçoivent du Ciel cette même et unique matière dans des
vases convenables; et suivant les opérations de la même
nature, ils travaillent physiquement, et après avoir fait le
Mercure, ou dissolvant Catholique, ou le Sel de nature,
qui contient son soufre, les unissent au poids requis, les
cuisent en l'Athanor, et finalement en font l'Elixir Arabique.

8° De l'autre côté du dit Portail gauche, on voit cinq autres Vierges, mais folles, en ce qu'elles tiennent leur
Coupe renversée contre terre, ainsi elles ne peuvent, ni
ne veulent y recevoir la Lunaire que la nature leur présente,
et qui est si copieuse, qu'après avoir largement satisfait
à tout l'Univers, il y en a encore plus de reste que
d'employé; et cela se fait en tout, et se distribue en tous
temps, et incessamment, parce qu'ainsi l'a ordonné, l'a
voulu et le veut le Très-Haut, auquel gloire immortelle,
ineffable, soit rendue sur la terre et aux Cieux.

Par les Vierges folles, la Coupe renversée, sont représentées une infinité, et presque innombrables d'opérations
fausses des Sophistes, des Chimistes, des ignorants
et désespérés, ainsi que des impitoyables Souffleurs et
Charlatans.

Ces cinq Vierges folles signifient ces faux Philosophes, qui ne demandent que *hercelets Sophistiques, comme
rubifications, déalbations, cohobations, amalgamations,
etc. qui méprisent la lecture des bons Auteurs, et
qui par cette raison ne peuvent avoir connaissance de la

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pict
Bas-relief en marbre, autrefois à l'extérieur de Saint-Sernin
et maintenant relégué au musée de Toulouse. [Pièce n° 502]
Epoque romane XIIe siècle.
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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 193
vraie matière, quoiqu'il est vrai de dire, qu'ils la portent
toujours avec eux jusque dans leur sein, sur eux, alentour
d'eux, sous leurs pieds, et qu'ils la respirent continuellement;
mais leur orgueil trop présomptueux leur fait en
mépriser la méditation et la recherche, s'imaginant stupidement
dans leurs grossières Sophistications et leurs
faux préjugés, la trouver sans la connaissance de la belle
et pure nature interprète des Mystères divins.

En effet, cette matière est si commune, et d'un si vil prix, que le pauvre en a autant que le riche, et elle est
néanmoins si précieuse, que chacun en a besoin, et ne
peut s'en passer; car l'on ne peut être, vivre, et agir sans
elle.

Tout ce que j'ai remarqué en ce triple Portail est à la vérité, beau et ravissant, mais ce sont lettres closes, Enigmes
et Hiéroglyphes pleins de mystères pour les ignorants, et
choses mystiques pour les savants pour lesquels j'ai donné
cette Explication qu'ils doivent comme Curieux, considérer
exactement, en levant les voiles qui leur cachent l'entrée
aux secrets Cabinets de la chaste Diane Hermétique.

Je n'ai point lu dans les Cartes antiques de Paris, ni de cette Cathédrale, pour savoir le nom de celui qui a été
le Fondateur de ce Portail merveilleux; mais je crois
néanmoins, que celui qui a fourni ces Enigmes Hermétiques,
ces symboles et ces Hiéroglyphes mystiques de notre
Religion, a été ce grand Docte et pieux Personnage Guillaume
Evêque de Paris, la profonde Science duquel a
toujours été admirée avec raison des plus savants Philosophes
Hermétiques de l'Antiquité, et particulièrement du
bon Bernard Comte de Trévisan, savant adepte Philosophe
Hermétique; car il est certain, que cet Evêque a
fait et parfait le magistère des Sages.

Or, comme il a plu à la divine Providence de me faire la grâce de me donner quelque lumière et connaissance
de la Philosophie, Physique et Hermétique, j'y ai
tellement travaillé qu'après un longtemps, beaucoup de
soins, de lecture des bons Livres, et avoir fait quantité de
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194 NOUVELLE ASSEMBLEE
belles et bonnes opérations, j'ai, enfin trouve la triple clef
par son essence, pour ouvrir le sanctuaire des Sages, ou
plutôt de la sage Nature de sorte que je peux fidèlement
expliquer les Ecrits paraboliques et énigmatiques des Philosophes
anciens et modernes, ainsi que j'ai expliqué assez
clairement les Enigmes, Paraboles et Hiéroglyphes de ce triple
Portail; ce que je fais très volontiers, pour donner
contentement aux savants amateurs de cet Art divin, et
exciter la curiosité des nouveaux Candidats, qui aspirent
à la connaissance de la Science naturelle et hermétique;
dont Dieu soit loué et exalté à jamais. Ainsi soit-il.


(1) Guillaume SALMON. « Bibliothèque des Philosophes chimiques ». Tome IV. Paris, André Charles Cailleau,
1754, in-12, fig.

(2) Cette énigme du travail alchimique, fut solutionnée d'une manière exacte, au moins en partie, par François
Cambriel, et magistralement par Fulcanelli: « Mystère des
Cathédrales », pages 17, 90, 92 et 94.

(3) Il existe, en effet, une condition indispensable de mise en route, qu'il convient de rigoureusement respecter,
dès le début de l'Oeuvre, sous peine d'en voir les longues
opérations vouées à l'insuccès. C'est là un des plus grands
secrets du travail et, quoi qu'il en soit, la pierre d'achoppement,
sur laquelle se brise, dès le seuil, le chercheur
trop pressé.
L'indication donnée au portail nord de Notre-Dame dans la succession des Signes Zodiacaux; par cette variante
assez expressive nous est fournie plus exactement encore,
par un magnifique bas-relief en marbre, de l'époque
romane, autrefois à l'extérieur de l'Eglise Saint-Sernin et
maintenant relégué au musée de Toulouse:
« Deux femmes, qu'une inscription latine verticale présente comme les signes: Bélier et Lion, figurent, côte à
côte, contrairement à l'ordre normal et appliquent contre
leur ventre, l'une un lion, l'autre un bélier. Paraissant
assises, elles se maintiennent les jambes croisées en X
dont un pied seulement est chaussé. Elles posent le pied

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DES PHILOSOPHES CHYMIQUES 195
nu sur une tête de lion: le gauche pour la femme au lion et
le droit pour celle du bélier.

(4) Quiconque ignore ou néglige l'importance primordiale des larmes que verse notre Mère céleste sur la terre
n'est pas digne d'être un Alchimiste.
Rien ne peut remplacer le mystérieux fluide lunaire, dont l'action puissante et salvatrice pénètre tout. Quel Don
plus précieux que ces crachats de lune qui se coagulent
sous forme de larmes huileuses ?

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