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Réfer. : 0900 .
Auteur : Hartung vom Hoff, Caspar.
Titre : Le Petit livre sur l'Art.
S/titre : traité d'alchimie du XVIe siècle.

Editeur : Berg International. Paris.
Date éd. : 1989 .
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**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****




LE PETIT LIVRE SUR L'ART
Traduit de l'autrichien par Anat-Katharina SCHIEBUR
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(C) 1989 Berg International éditeurs. 129, boulevard Saint-Michel, 75005 Paris ISBN: 2-900-269-58-X
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Caspar Hartung vom Hoff



LE PETIT LIVRE SUR
L'A R T
traité d'alchimie du 16e siècle



berg international
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Nous tenons à remercier la Murhardsche Bibliothek de Kassel qui a bien voulu nous communiquer les photos
du manuscrit Das Kunstbüchlein N°8 MS chem. 32.

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NOTICE

L'approche de l'alchimie soulève en règle générale de
grandes difficultés. La phase européenne de son développement
du Moyen Age au 17e siècle, a produit un extraordinaire
foisonnement de textes. Cette situation rend une
recherche particulièrement délicate, car il n'existe ni index de
tous les manuscrits et imprimés concernant l'alchimie européenne,
ni dictionnaire exhaustif définissant notions et images
alchimiques.
En outre, il est rarement possible d'attribuer avec certitude à
des auteurs précis toutes les oeuvres dont nous disposons.
L'alchimie possédant des théoriciens importants restés dans
l'ombre, on ne peut espérer se référer à des notices biographiques
pour y ravir quelque connaissance utile à la
compréhension des textes.
Dans ces conditions, l'histoire de l'alchimie européenne est
apparue comme un domaine délicat d'investigation aux
chercheurs contemporains qui ont souvent considéré son
évolution comme une lente et longue décadence de la discipline
alchimique gréco-arabe. Prétendant que la période
européenne du 13e au 17e siècle n'est qu'une dégradation,
une progression vers la décadence dans l'histoire de l'alchimie,
l'essentiel de la recherche systématique porte sur
l'alchimie gréco-arabe, éludant ainsi toute difficulté que pose
cette époque (1).
Le prétexte de la « décadence » est bien sûr fallacieux, cette
époque, au-delà de l'acquisition de l'alchimie gréco-arabe,

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mène à un apogée, ceci grâce aux découvertes chimiques, à
l'apparition de personnalités dynamiques et déterminées,
grâce aussi aux traductions des textes grecs et arabes en latin
- ainsi que dans les langues vulgaires - à l'utilisation
d'allégories et d'une iconographie exceptionnelle influençant
grandement l'art et la poésie en Europe.

Possédant seulement quelques noms et textes de l'alchimie
gréco-arabe, il nous reste en revanche à découvrir quelque
mille manuscrits pour la période qui s'étend après le 13e
siècle. Arnaud de Villeneuve, Jean de Roquetaillade, Nicolas
Flamel, John Cower, Vincenz Koffskhi, Nicolas Melchior
Szebeni et Paracelse ne représentent que quelques
érudits parmi ceux qui, partout en Europe, constituèrent la
richesse de ce mouvement.
Le Petit livre sur l'Art illustre l'ampleur et la richesse de
l'iconographie alchimique, car il utilise avec force et féerie les
métaphores d'une langue poétique alliées à la magie des
illustrations.
Par la publication de ce petit texte du 16é siècle, dont
Bernard Gorceix (2) effectua une première traduction en
1980, il nous tient à coeur d'ajouter un nom aux grands de
l'histoire de l'alchimie.
La raison du présent ouvrage tient tout entière dans ce désir
de compléter la connaissance de l'alchimie par l'oeuvre d'un
de ses plus grands théoriciens.

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INTRODUCTION

L'alchimie, en tant que discipline autonome, ne trouve
certainement pas son point d'aboutissement dans la chimie: à
travers ses expériences gréco-égyptiennes, arabes, puis, à
partir du 12e siècle, européennes, l'alchimie s'est constitué un
domaine d'investigation propre dont la philosophie s'attache
essentiellement à restituer un rapport spécifique de l'homme
à la nature.
La fusion des connaissances sur le traitement des métaux par
des prêtres égyptiens avec la philosophie syncrétiste de
I antiquité, fut décisive pour les débuts de l'alchimie. De
plus, trois autres mouvements intellectuels participèrent à la
constitution d'une science alchimique:
-- l'astrologie et la croyance en une relation entre planètes et
métaux.
-- la pensée aristotélicienne selon laquelle les éléments ne se
distinguent pas par leur substance, mais bien par leur forme.
-- les philosophies gnostiques et néoplatoniciennes de la
rédemption appliquées à la nature.
Historiquement parlant, on peut constater que l'enseignement
alchimique apparaît seulement à l'intérieur des civilisations
intellectuellement développées; nous rencontrons l'alchimie
là où existe une première orientation scientifique de la
botanique et de la zoologie, là où se forment certaines
connaissances de la mécanique, de l'optique et de l'acoustique.
Ces mêmes connaissances étaient alors liées avec les théories

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sur la création du monde, et la présence pure du divin dans la
nature.
C'est dans les couvents européens - véritables centres alchimiques
- que furent traduits les premiers manuscrits et
réalisées les premières expériences. Les laboratoires virent
naître, par exemple, les découvertes chimiques du vitriol, de
l'alun, du salnitre ou encore de la poudre à canon.
Mais, dès les 13e et 14e siècles, l'alchimie déborde le cadre
des couvents: la Cour, les châteaux, parfois les fermes,
constituèrent dès lors les nouveaux laboratoires. Ne bénéficiant
plus désormais de la sécurité des cloîtres l'adepte
expose sa recherche - celle de la pierre philosophale et la
quête de l'or - au regard du monde profane qui n'en conserve
que l'aspect matériel.
L'ouverture au monde de l'alchimie eut pour corollaire sa
vulgarisation et tous les excès qui en découlèrent.
Le danger menace alors l'adepte d'être considéré comme un
habile charlatan dont les obscurs pouvoirs relevant de la
sorcellerie sont redoutables pour son entourage, à la fois
méfiant et jaloux de ses secrets.
Ainsi s'éveilla l'opposition officielle de l'Eglise: dès 1317, en
effet le pape Jean XXII décrétait la Bulle « Spondent quas
non exhibent » contre les alchimistes, lui qui, en 1330,
chargera son médecin Isnard de lui fournir le matériel
nécessaire à ses expériences alchimiques. Ses contemporains
le soupçonnaient même d'être l'auteur d'un opuscule ayant
pour titre Ars transmutatoria.
Le verdict papal fut suivi de nombreuses interdictions royales
comme celles de Charles V, en France en 1380 et d'Henry
IV en Angleterre en 1404, ou les interdictions en Italie en
1488 par la « Seigneurie de Venise » et, en 1493 par le
Conseil de la ville de Nuremberg.
Toutefois ces interdictions ne purent empêcher la propagation
de l'alchimie, et l'invention de l'imprimerie fut la cause
d'une diffusion subite et considérable du savoir alchimique.
Les quelques manuscrits existants pouvant alors être reproduits
en plusieurs centaines d'exemplaires, cette vulgarisation
eut des conséquences néfastes sur la qualité des écrits
alchimiques. En 1535, notamment, l'éditeur Heinrich Steiner
publiait dans le même opuscule des recommandations sur
la transmutation et sur le nettoyage des habits de fête.

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LE PETIT LIVRE SUR L'ART
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Folio 6r. du Petit livre sur l'Art
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pict
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Au respectable, noble, et savant théologien monsieur Wilhem
Guntzhoffer, premier pasteur de Kreych, moi, Caspar Hartung
vom Hoff, je dédie ce petit livre de philosophie traitant
pour la première fois de l'Art éprouvé et expérimenté par une
véritable pratique ainsi que l'explication de l'ordre naturel avec
un prologue et des figures.

1549
Noble et respectable savant théologien, j'ai une prière très
fraternelle à vous adresser:
Veuillez accepter volontiers et avec plaisir mon petit livre, car
j'ai pris grand soin d'élaborer le tout comme le détail.
Comme c'est Dieu qui me veut appliqué, comme c'est lui qui
m'oblige à effectuer ce travail, alors je tâche d'exécuter
minutieusement mon travail et de le mener à fin heureuse.

Depuis toujours j'ai observé et j'observe quel respect et quel
amour l'on porte à cet art divin et céleste, aussi bien Princes
Seigneurs et Nobles que gens communs, laïcs ou clergé
appartenant aux classes supérieures qu'inférieures.
Pourtant, non seulement ces gens-là se trouvent dans l'incapacité
d'accéder à la moindre vérité, mais de plus terminent
leur vie de manière effroyablement triste.
L'unique responsable de leur échec est l'ignorance, car ils ne
comprennent pas ce que la nature peut ou ne peut endurer.
Ils doivent savoir qu'un laxatif n'a plus aucun effet sur
l'homme mort; mais que s'il reste un fil de vie en l'homme

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auquel cet art peut venir en aide, celui-là parvient, grâce à ce
même art, à entretenir le bon fonctionnement de son corps (4).
Lorsqu'un homme se vante, se faisant fort de faire un élixir en
partant du salnitre, du sel, de l'alun, du vert-de-gris, du vitriol,
de l'orpiment, de la tuthie, de l'arsenic, de l'ammoniac ou de
l'antimoine (5), pour transformer tous les métaux en argent lourd,
je prétends que ce qu'il dit est impossible car toutes ces
matières ne proviennent pas de la même nature.
Il est aussi impossible de faire Sol et Luna (6) en utilisant de
telles recettes, qu'il est improbable de transformer une souris en
vache laitière donnant du bon lait qui produise un bon
fromage.
C'est pourquoi il faut examiner avec attention la nature des
corps avant de constituer leur unité.
C'est ce qu'explique Arnaud de Villeneuve: « Le blanc est
blanc par sa blancheur, le rouge est rouge par sa rougeur ».
Mais ici il n'est pas question d'un ensemble des caractères,
comme le pensent certains sophistes qui utilisent un amas
confus d'atrament, de calamine, de magnésie, d'hématite,
d'urine d'enfant ou de sang de bouc.
Raymond Lulle explique: « notre Art ne se trouve pas dans
une multitude de choses mais seulement dans une seule
chose. »
Johannes Lezen (7) exprime la même idée de la manière suivante:
« Notre pierre se constitue à partir d'une unité tirée des
mines, possédant une âme vivante, que l'on désigne par trois
noms: corps, âme et esprit ».
Au nom de Dieu, pour une plus grande clarté et un accès plus
facile du lecteur à cet Art, il me faut développer ce sujet,
poursuivre mes expériences et considérer l'ensemble sous son
aspect souhaitable, honnête et philosophique. A cet égard, je
m'appuie sur l'Ecriture sainte et d'autres philosophies. L'origine
de tout se trouve dans la Genèse et le premier chapitre de
St Jean (8) est particulièrement intéressant à ce sujet: « Au
commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était vide
et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, un vent de Dieu
tournoyait sur les eaux » (Gn I, 1-2 et Jn 1,1-1,5).
ainsi que:
« Au commencement était le verbe et le verbe était avec Dieu
et le verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu.

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Tout fut par lui et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans
les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie. »
Au psaume 139 nous pouvons lire:
« Où irais je loin de ton esprit, où fuirais-je loin de ta face ? si
j'escalade les cieux, tu es là si je me couche au shéol, t'y
voici » (Ps 139, 7-8).
Au psaume 29:
« Rapportez à Yahvé la gloire de son nom, adorez Yahvé
dans son éclat de sainteté. Voix de Yahvé sur les eaux, le
Dieu de gloire tonne; Yahvé sur les eaux innombrables » (Ps
29, 1-3).
Ainsi Dieu commença à créer tout ce qui est sur terre et sous terre. Puis il donna à chaque nature sa nature semblable
comme il l'explique à Noé au 7e chapitre de la Genèse:
« Entre dans l'arche, toi et toute ta famille » (Gn 7, 1-2).
Dieu lui ordonne de faire monter les animaux, purs et impurs.
A la fin de la colère divine, chaque espèce engendre un mâle et
une femelle en tout point son semblable.
Au 31e chapitre (9) de l'Exode, nous voyons comment le
Seigneur envoya à Bezalel, fils de Uri, fils lui-même de Hur,
de la tribu de Juda, un esprit de Dieu, lui octroyant sagesse,
raison, connaissance, et tous autres dons, afin qu'il pût
travailler l'Art de l'or et de l'argent.
C'est ainsi qu'il a semé en l'homme le désir de la sagesse et de
la raison, afin que la lumière jaillisse des Ténèbres - ceci a été
promis dans l'Ecriture sainte et par les prophètes à ceux
qu'habitent foi et confiance - et que soit révélé ce qui est celé.
Ainsi le confirme Salomon, dans le 7e chapitre du livre de la
Sagesse:
« C'est lui qui m'a donné une connaissance infaillible des êtres
pour connaître la structure du monde et l'activité des 4
éléments; le commencement, la fin et le milieu des temps;
l'alternance des solstices, les changements de saisons; les
cycles de l'année, les positions des astres, la nature des
animaux, l'instinct des bêtes sauvages; le pouvoir des esprits
et les pensées des hommes; les variétés des plantes, les vertus
des racines.
« Tout ce qui est caché, tout ce qui se voit, je l'ai appris. Car c est l'ouvrière de toutes choses qui m'a instruit, la Sagesse! »
(Sg 7, 17-21).

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Salomon, au chapitre 16 des proverbes, dit:
« Yahvé fit toute chose » (Pr 16).
En lisant ces passages de l'Ecriture sainte, on observe que
toute la philosophie exposée par Salomon lui vient de l'Esprit
de Dieu pour le service de l'unique Dieu, notre Seigneur.

De tout ceci naquit la décision de rédiger cet ouvrage. Au
début de mes recherches, j'ai perdu six ans dans la fréquentation
de la sophistique inutile et mondaine. A l'époque je suis
entré dans l'ordre de la florissante Ecole de Spire.
Après les cinq premières années, je rejetai tous les livres
inutiles, erronés, vains, pleins de fausses recettes et de
discussions superflues.
Puis je priai Dieu de m'accorder sagesse, raison et compréhension
afin d'avoir accès au jardin des Sages, de rattraper le
temps perdu, et de découvrir la Chose entre toutes les choses
le trésor caché dans le champ.
On peut lire au chapitre 13 de Matthieu, où l'on parle de
perles fines:
« Ainsi donc tout scribe devenu disciple du Royaume des
Cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor du
neuf et du vieux », (Mt 13, 44-46, 52).
Lisez encore les paroles de Sirah au chapitre 51 de l'Ecclésiastique:
« Approchez-vous de moi, ignorants, mettez-vous à l'école.
Pourquoi vous prétendre si dépourvus quand votre gorge est si
assoiffée ? J'ai ouvert la bouche pour apprendre. Réfléchissez
et achetez la sagesse sans argent. Mettez votre cou sous le
joug et vos âmes connaîtront le chemin. Voyez, la Sagesse est
tout près, à votre portée » (Si 51, 23-27).
Regardez-moi, j'ai peiné un long moment, mais grande fut la
récompense; je ne me lassais de m'étonner et la poursuivais
inlassablement. Elle et moi devînmes un coeur unique. Elle
m'apparut pure dès le début. Mon coeur réclamait cette
sagesse et finalement je trouvai le trésor du savoir. Recevez
cet enseignement comme un grand trésor d'argent et veillez sur
lui comme sur un gros tas d'or.
Réjouissez-vous de la miséricorde de Dieu, n'ayez pas honte
de le louer et accomplissez ce qui vous a été ordonné.
Accordez lui le temps nécessaire, il vous récompensera le
temps venu.

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**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
**** A T T E N T I O N ****



Sommaire

Notice.......................................... 7

Introduction.................................... 9

Traduction...................................... 17

Commentaire des illustrations....... 40

Notes........................................... 89
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Achevé d'imprimer par Corlet, Imprimeur, S.A. 14110 Condé sur Noireau (France) N° d'Imprimeur 10632 - Dépôt légal février 1989 Imprimé en C. E. E.
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Caspar Hartung vom Hoff rédigea, au XVIe siècle, en autrichien
un petit traité sur l'Alchimie qui s'inscrivait dans un courant de
réconciliation entre pratique alchimique et spiritualité chrétienne.

Ce Petit livre sur l'Art ici publié dans sa traduction intégrale et
illustré de ses images originales, fait partie de ces textes précieux
dont la redécouverte témoigne de l'intérêt croissant pour des
sciences trop longtemps déviées de leur sens véritable.

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