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Réfer. : 1907 .
Auteur : Roger, Bernard.
Titre : Paris et l'Alchimie.
S/titre : .

Editeur : Umbra Solis. Xxxxx.
Date éd. : 1981 .
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**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



PARIS ET L'ALCHIMIE propose à la fois
une étude, une série de récits et une longue
promenade guidée dans Paris.

La première partie est la présentation d'un
mythe, c'est un voyage dans l'intemporel.

En second lieu, les récits de la vie des
grands alchimistes qui ont oeuvré à Paris
déroulent le fil de leur temps. Obscurs ou
illustres, anciens ou modernes, clairs ou
mystérieux, Thomas d'Aquin et Flamel,
Beausoleil et le très étrange comte de
Saint-Germain...

La troisième partie, c'est la plongée dans le
labyrinthe de Paris. Visite guidée, apprentissages
d'un regard neuf, enquêtes patientes,
navigations mystérieuses... Comme
il vous plaira.

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A la mémoire du docteur Henri Hunwald
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Paris et l'alchimie
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(C) 1981, Editions Williams-ALTA.
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Bernard Roger

Paris et l'alchimie


UMBRA SOLIS
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Introduction

Du 17e au 22e verset, le chapitre IV de la Genèse semble porter le souvenir d'événements qui ont marqué l'origine des temps historiques, tout au long de cette période « néolithique »
au cours de laquelle, en Occident, se développaient parallèlement l'agriculture, la
sédentarisation de l'habitat et les techniques métallurgiques : le premier fils d'Adam, le
laboureur Caïn, bAtit la première ville, à laquelle il donne le nom de son fils Hénoch,
dont le descendant Toubal-Caïn, le forgeron, est présenté comme le père de tous les artisans
du bronze et du fer. En quelques lignes sont ainsi résumés plusieurs siècles de l'histoire
de l'humanité, au cours desquels se cristallisaient des mythes, tandis que les hommes
établissaient entre eux et avec la nature des réseaux de relations, qui jusqu'à nos jours
ont constitué les infrastructures de leurs croyances, de leur connaissance de l'univers et
de leurs rapports sociaux.
On sait depuis les recherches de J.-P. Rossignol, au siècle dernier, que les techniques métallurgiques étaient à leur origine inséparables de recherches théurgiques, d'ordre
sacerdotal. Dans ses Aspects de l'alchimie traditionnelle, René Alleau a montré qu'elles étaient
liées à l'initiation à des mystères et qu'elles avaient vraisemblablement constitué les bases
antiques de l'alchimie opérative. S'il en est ainsi, il est permis d'admettre qu'au cours d'une
même période dont il est impossible d'évaluer la durée se soient développées côte à côte
la culture des champs et les agglomérations humaines où se faisaient les échanges de
denrées, tandis que se trouvaient établis les fondements du Grand Oeuvre auquel la tradition
a conservé le nom d'agriculture céleste.
Comment, dans ces conditions, être surpris de retrouver, dans les légendes relatives aux origines et au développement d'une grande ville, des thèmes appartenant de toute
évidence au répertoire de l'enseignement alchimique ? Dans ce domaine, il est vrai, Paris
se présente comme un modèle de premier ordre.
Comme toutes les grandes villes, Paris est avant tout un labyrinthe, attirant le voyageur vers un centre où l'on devine la présence intense de clefs dont certaines rencontres semblent
constituer les ombres portées sur la vie quotidienne. Ne saurait-on retrouver, parmi ces
clefs invisibles, quelques-unes de celles qui donnent accès à l'« Entrée ouverte au Palais
fermé du Roi » dont parlait Philalèthe ?

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S'il est vrai que parfois les murs ont des oreilles, il est beaucoup plus certain qu'ils ont des lèvres, parlant pour qui sait les entendre, mieux que les textes, cette fameuse langue
des oiseaux que ne saurait méconnaître celui qui veut utilement cheminer dans les sentiers
d'Hermès. Langue bouleversante, où subit plus d'une éclipse le principe d'identité sur lequel
repose notre trop orgueilleuse logique. Les anciens l'appelaient aussi langue de nature parce
que c'est celle que parlent tous les êtres vivants : aussi éloignée du discours philosophique
que du langage scientifique de nos contemporains, elle semble beaucoup plus proche de
la musique, où une même note peut prendre des valeurs très différentes selon l'instrument
qui la produit, l'accord, la mélodie ou le rythme.
Les Adeptes ont toujours utilisé cette langue universelle dans la rédaction de leurs ouvrages. On ne saurait douter qu'elle était employée également dans les messages qu'ils ont su
disperser sur les monuments des villes, dans les légendes et parfois même aussi dans ce
que nous appelons l'Histoire. Peut-être en retrouverons-nous les traces au cours d'une
promenade dans les rues de Paris. Elle porte avec elle, toujours vivants, les éléments
essentiels de l'enseignement oral de l'alchimie qui, pour ne pas être une « science exacte »
au sens actuel du terme, n'en est pas moins une science réelle : tous ceux qui l'ont pratiquée
confirment que sa technique opératoire a pour but de contribuer, en prenant pour base
le support concret de matières minérales et métalliques, à la conception et à la naissance
d'un corps nouveau que, sans l'intervention de l'« art » qui vient l'aider, la nature seule
est incapable d'engendrer. Corps pondérable mais gorgé d'énergie, connu sous le nom de
pierre philosophale et parfois qualifié miracle du monde, en raison de vertus qui ont été, au
cours de l'Histoire, l'objet de trop de témoignages pour qu'on soit autorisé à les classer
sans examen dans le tiroir des chimères.
Envisager les rapports de Paris et de l'alchimie, c'est peut être à la fois redécouvrir à la « ville-lumière » des facettes qui depuis ses origines scintillent dans une ombre discrète,
et chercher un trajet dans le parc plein de broussailles de la belle au bois dormant.

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En automne, quand le matin est ensoleillé, quittez l'endroit où vous êtes. Remontez à
pied les quais de la Seine, du pont de la Concorde au pont de la Tournelle. Vous n'oublierez
jamais la couleur bleue de l'air autour de l'île de la Cité, un brouillard léger qui appartient
autant à la terre qu'au ciel : doucement il unit l'un à l'autre dans d'incertaines limites,
comme si la terre descendait du ciel, ou comme si le ciel s'élevait de la terre.
De vos yeux vous verrez ce fameux « air de Paris » que certains ont tant aimé respirer
- celui-là dont Marcel Duchamp a empli une ampoule de cinquante centimètres cubes
pour l'emmener aux Etats-Unis, en cadeau précieux pour ses amis.
L'« air de Paris » : image aux multiples résonances, autant pour ceux qui le connaissent
que pour ceux qui l'imaginent. Evocation d'une atmosphère étonnamment vibrante, d'un
lieu inspiré, riche en fulgurances, où plus qu'ailleurs se produisent les rencontres, où
les échanges éclatent en rayons qui se projettent sur le reste du globe : « La fonction de
Paris, écrivait Victor Hugo en 1867, c'est la dispersion de l'idée. Secouer sur le monde
l'inépuisable poignée de vérités, c'est là son devoir, et il le remplit. Faire son devoir est
un droit. Paris est un semeur. Où sème-t-il ? Dans les ténèbres. Que sème-t-il ? Des
étincelles. Tout ce qui, dans les intelligences éparses sur la terre, prend feu çà et là et
pétille est le fait de Paris. Le magnifique incendie du progrès, c'est Paris qui l'attise.
Il y travaille sans relAche. »
Dans le domaine des faits comme dans celui des idées, Paris a toujours été pour le monde
un centre de mutations.
Paris n'est pas vraiment une ville française : c'est avant tout le lieu des rendez-vous fortuits
de toutes les nations, où le plus parisien peut avec indifférence être breton, tchèque ou
cubain ; avant tout, un lieu de croisement, inscrit depuis fort longtemps dans la


Evolution de Paris selon les plans
publiés dans le Traité de la police de
Nicolas de Lamare (1705) : sur la rive
gauche de la Seine, le « Temple d'Isis
ou de Cérès », et au sud, sur ce qui
deviendra le cardo puis la rue saint-
Jacques, le « Temple de Mercure »
(Lutèce ou le premier plan de la ville de
Paris).

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topographie, par la rencontre de deux voies très anciennes : dans la direction est-ouest,
la voie fluviale de la Seine et de la Marne ; dans la direction nord-sud, une voie terrestre
naturelle descendant du plateau de « France » au nord, passant entre les hauteurs de
Montmartre et de Belleville, vers un plateau rattaché au sud à la « montagne »
Sainte-Geneviève, chemin jalonné par une série de buttes qui rendaient la marche plus
facile dans ces lieux alors marécageux : les hauteurs des actuelles églises Saint-Martin
et Saint-Merry, et de Saint-Jacques de la Boucherie.
C'est au centre de ce grand X que naquit Lutèce dans ce qui est devenu l'île de la Cité.
Faut-il voir, pour la future « Ville-Lumière », le signe d'une singulière prédestination,
dans la présence de ce croisement auquel, dans un contexte plus général, Fulcanelli a
consacré dix pages de ses « Demeures philosophales » ? « Le X grec et le X français
représentent l'écriture de la lumière par la lumière même, la trace de son passage, la
manifestation de son mouvement, l'affirmation de sa réalité. C'est sa véritable
signature. »... « Tous les corps de la nature, tous les êtres, soit dans leur structure, soit
dans leur aspect, obéissent à cette loi fondamentale du rayonnement, tous sont soumis
à cette mesure. »
Cette loi de l'organisation de la matière minérale, végétale et animale, pourquoi serait-il
interdit de la découvrir également dans le domaine de la géographie humaine ? Tout
se passe comme si le croisement des voies de communication sur le territoire des Parisii
avait signé le lieu où devait se développer la grande ville, qui est toujours restée un
carrefour d'où sont partis au cours de l'histoire de si nombreux messages.
Si la transmission des messages est proprement l'affaire de Mercure ou d'Hermès (1), il
convient de se rappeler que chez les Anciens, à Athènes comme à Rome, le « messager
des dieux » avait parmi ses multiples fonctions celle de garder les carrefours : on
rencontrait fréquemment son image à la croisée des chemins, dans les forêts et les
campagnes. Il en fut de même pour Hécate, la sombre déesse dont le pouvoir s'étendait,
comme celui d'Hermès, dans le ciel, où elle était figurée par la lune, sur la terre et dans
les enfers.
Il se trouve que l'origine et le destin de Paris, carrefour du monde, paraissent étroitement
liés, que l'on veuille écouter les légendes ou entendre l'histoire, aux puissances naturelles
évoquées par ces divinités auxquelles chaque peuple a donné des noms qui lui étaient propres.


1. Hermès, proche du grec hermèneus: celui
qui fait comprendre, celui qui traduit, est
entre autres choses l'interprète, le traducteur,
le truchement, dans tous les sens du terme
et dans tous les domaines.

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Mercure et Paris




A u livre VI de ses Commentaires sur la guerre des Gaules, César donne quelques indications sur les cultes
pratiqués dans le pays qu'il est alors en train de conquérir :
« Le dieu qu'ils honorent le plus est Mercure. Ses statues sont
les plus nombreuses. Ils le regardent comme l'inventeur de
tous les arts, comme le guide des voyageurs sur les routes,
comme le plus capable de faire gagner de l'argent et prospérer
le commerce. »
Il est bien certain que c'est avant tout pour des raisons politiques que César a donné des noms latins aux dieux de
ses adversaires. Cette première annexion verbale devait
précéder le stade de l'assimilation ultérieure, comme le
voulait le processus habituel de la conquête romaine : ne pas
détruire, mais assimiler la culture des peuples soumis, comme
une nourriture, faisant ainsi disparaître leurs caractères
propres sous la bannière de la métropole.
Cet immense rideau tiré sur l'histoire de la Gaule pré-romaine ne doit pas nous faire oublier que sous le nom
latin de Mercure ont dû se cacher une ou plusieurs figures
gauloises, dont les attributs et les fonctions répondaient en
partie à ceux du dieu romain.
Le problème du « Mercure gaulois » a été longtemps débattu, sans qu'une solution satisfaisante ait encore été
proposée, pour la bonne raison que le rapprochement ne peut
jamais être qu'approximatif entre des dieux appartenant au
génie de peuples différents. J. de Vries a évoqué Lug (1), souvent
représenté à l'époque gallo-romaine sous les traits de Mercure,
Teutatès dont les caractères belliqueux le rapprochent autant
de Mars, auquel on le trouve associé sur quelques inscriptions
votives dans les pays celtes. Il semble que le « dieu
tricéphale », dont une représentation, découverte à Paris, se
trouve actuellement au musée Carnavalet, ait aussi correspondu
à ce rôle dans la mesure où il évoque le triple pouvoir
d'Hermès, qui s'étendait dans le ciel, sur la terre et dans
l'empire des morts dont il était le guide.
Aux temps gallo-romains, il est très vraisemblable que deux temples de Mercure, au moins, aient existé tout près

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de Lutèce, sur le territoire des Parisii : l'un au sud, sur la rive
gauche de la Seine, sur l'actuelle montagne Sainte-Geneviève
; l'autre au nord, sur la rive droite, sur la colline appelée
depuis Montmartre. Leur existence au IIIe siècle de notre ère
est évoquée dans les récits légendaires de la vie de saint
Denis : le premier évêque de Paris aurait dit sa première
messe non loin du temple de la rive gauche et terminé son
existence en martyr aux pieds de celui de la rive droite qui,
selon certains, aurait donné à la célèbre butte le nom que
d'autres attribuent à Mars, auquel un temple était consacré (2)
dans le proche voisinage.
Lutèce était donc gardée, au nord et au sud, par deux temples de Mercure construits sur les deux « montagnes » ;
le premier dominait la route qui va vers la Belgique, le second
celle qui vient des régions méditerranéennes.
Lieu de rencontre des voyageurs, carrefour d'idées, messagère pour le monde occidental, Paris possède les
attributs du dieu antique qui a marqué son sol, le protecteur
des voyageurs, le gardien des carrefours et le messager sans
repos des immortels, des vivants et des morts : le caractère
mercuriel de la ville ne paraît pas douteux. Le fait est confirmé
par son thème zodiacal, dressé au XVIIe siècle par Nicolas
Bourdin et orienté par le colonel Caslant et Eudes Picard :
« Paris est placé sous la domination de Mercure à un triple
point de vue. L'ascendant et le milieu du ciel ont pour signes
la Vierge et les Gémeaux, domiciles de Mercure. Le 15e de
la Vierge, point horoscope, est exactement le lieu d'exaltation
de Mercure. » Eudes Picard ajoute que « cette signature n'est
pas unique. L'intervention de Vénus, maîtresse du décan,
ajoute aux dons naturels la grAce, le goût, le souci de plaire.
Vénus dans la Vierge se dépouille de son sensualisme. Elle
devient stérile au sens physiologique du mot et fait tourner
au profit des idées ses attributions fécondes. Elle serait donc
elle-même une vierge tutélaire et inspirée. Et voici que la
noble figure de sainte Geneviève se dresse à l'orient de la
ville qu'elle patronne... Paris, comme Athènes, est donc
protégée par une Vierge (3) ».
Si le thème astrologique de Paris nous montre la ville sous la double domination de Mercure et de Vénus, il convient
de noter que dans les représentations gallo-romaines Mercure
est fréquemment accompagné d'une déesse dans laquelle les
spécialistes ont reconnu parfois Maia, Diane ou Minerve, plus
souvent Rosmerta (4) : proprement gauloise, son principal
attribut, la corne d'abondance, a fait à juste titre considérer


1. J. de Vries : « La Religion des Celtes ». Paris, Payot, 1963, pp. 58-63.
2. Le nom de Montmartre viendrait selon les premiers de mons Mercurii, selon les seconds
de mons Martis. D'autres trouvent son origine dans le souvenir du martyre de saint
Denis : mons martyrum.
3. Etudes Picard : « Le Thème zodiacal de Paris », in « L'Année occultiste et psychique ». Paris,
1908.
4. Cf. J. de Vries, op. cit., pp. 52 et 126.

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Rosmerta comme une déesse bienfaisante, qui apportait avec
elle richesse et fécondité. Mais son association avec Mercure
porteur du caducée a certainement un sens plus précis dans
un domaine concret dont l'alchimie seule détient les clefs.
Avant d'essayer de distinguer quelques aspects des contours mouvants de cette forteresse, dans l'histoire et dans
l'espace actuel, constatons d'abord qu'un couple divin veille
sur Paris, dont le personnage masculin est celui que
l'antiquité considérait comme le « messager des dieux ». Une
tradition parisienne très ancienne dévoile en partie l'identité
de sa parèdre, cette « vierge » dont parle l'astrologue ; elle
nous apprend qu'il s'agit en réalité de ce même personnage
qui, dans la Grèce ancienne, gardait lui aussi les carrefours,
la redoutable Hécate. Elle nous est rapportée par différents
auteurs.

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Isis et Paris




L a première trace que nous possédions de cette tradition vient du lieu même autour duquel tourne la légende,
transmise par un moine qui vivait à l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés à la fin du IXe siècle et au début du Xe :
Abbon. Au début d'un poème sur le siège de Paris par les
Normands, il lance une apostrophe à la ville, comme on avait
coutume de faire à l'adresse des héros dans les poèmes
épiques : « Lutèce, ainsi te nommait-on autrefois ; mais à
présent ton nom vient de la ville d'Isia, sise au centre du
vaste pays des Grecs, brillante par son port magnifique entre
tous, de cette Isia que hante l'avide Argien, tout assoiffé de
trésors. Un nom bAtard, composé par une sorte de métaplasme
pour toi, sa rivale, dépeint bien ton aspect, ô Lutèce.
Ce nom nouveau que le monde te donne, c'est Paris,
c'est-à-dire pareille à Isia ; avec raison, car elle t'est
semblable (1). »
L'identification de cette Isia a été discutée. G. Lafaye (2) y a vu une allusion au territoire d'Issy sur lequel s'élevait
l'abbaye, tandis que Henry Waquet (3) propose Hysiai, ville
d'Argolide proche d'Argos. Mais c'est plusieurs siècles après
Abbon que l'étymologie qu'il avait proposée sera développée
et révélera sa valeur ésotérique.
L'auteur anonyme d'une note tracée au verso du dernier feuillet du Manuscrit de la continuation d'Aimon, écrit à
Saint-Germain-des-Prés au XIIe siècle, donne une première
approche. Ecrite au XIIIe ou au XIVe, cette note est en deux
parties. La première traite de la composition d'une encre
végétale, la seconde atteste l'existence d'une légende selon
laquelle Isis aurait été adorée à Lutèce et y aurait eu un
temple.
Gilles Corrozet est le premier à avoir apporté quelques détails sur cette question. S'étant proposé de faire une sorte
de « guide » à l'intention des voyageurs et des Parisiens
eux-mêmes, il publie en 1532 son premier livre : « La fleur
des antiquités, singularitez et excellences de la noble et
triumphante ville et cité de Paris, capitale du royaume de
France ». Il y est question d'Isis : « L'autre opinion comment
la ville de Paris fut nommée. Aucun disent que près d'icelle

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ou lieu qu'on dit saint Germain des Prés était un temple
dédié à une idole de la déesse Isis laquelle selon Jehan le
Maire fut reine D'Egypte, et femme du grand Osiris
surnommé Jupiter le juste, et dit que la statue d'icelle est vue
audit lieu de saint Germain des Prés, laquelle chose est
vraie, car plusieurs de notre temps l'ont vue, et était la
statue fort grande, laquelle vulgairement était appelée
l'idole de saint Germain et depuis peu de temps elle a été
ôtée et mussée. Et disent iceux que à cause que ladite cité
était si prochaine dudit temple qu'elle fut nommée Paris,
quasi juxta ysis (qui est a dire jouxte et près de la déesse Isis).
Les autres ont dit que ladite déesse était vénérée à Melun
qui à cette cause était nommée Yseos, et pour ce que ladite
cité de Paris est quasi semblable à celle de la cité de Melun,
tant a l'assiette de la cité entre les deux eaux comme de la
ville, qu'elle fut à cette cause appelée Paris, quasi par isis,
c'est-a-dire pareille à celle D'Yseos, qui depuis fut Melun
appelée, quasi mille et un, pour ce qu'il y avait déjà mille et
un an qu'elle avait été premièrement fondée quant le nom
lui fut donné. »
Voilà comment Isis entra dans l'histoire écrite de Paris, portée sans doute par une longue tradition orale.
En 1612, l'abbé du Breul reprenait ce thème à son tour et le développait dans son ThéAtre des Antiquités de la ville de
Paris : « Au lieu où le roi Childebert fit construire l'église Saint
Vincent, à présent dite de Saint Germain, et à laquelle il
donna son fief d'Issy, la commune opinion est, qu'il y avait
le Temple d'Isis, femme de Osiris, autrement dit Jupiter le
Juste, et que d'icelle le village d'Issy a pris son nom. Où se
voit encore un ancien édifice et des murailles, que l'on dit
rester du chAteau de Childebert. Et au même village est la
fontaine et chapelle de Saint Vincent, auquel il y avait une
spéciale dévotion, comme fait foi son privilège ci-dessus
mentionné. De l'Eglise fondée par Childebert il n'en reste
rien, si ce n'est le gros clocher qui fait apparence d'une grande
antiquité... La statue ou Idole d'Isis, qui avait toujours été
gardée, non pour l'adorer mais pour remarque d'antiquité du
lieu, fut érigée et posée contre le mur Septentrional de la
nef d'icelle Eglise, et y a demeuré jusques en 1514, que
Messire Guillaume Briçonnet, Evêque de Meaux et Abbé
du dit Monastère la fit ôter, sur la remontrance que lui fit
le Secretain Frère Jean, surnommé le Sage : assurant qu'il
avait trouvé une femme à genoux devant icelle Idole, tenant
une touffée de chandelles allumées, et déplorant quelque
perte qui lui était advenue. Et interrogée qu'elle faisait là,
répondit que des Ecoliers lui avaient donné ce conseil et
dit : Allez à l'idole de saint Germain, et vous trouverez ce qu'avez
perdu... En place de ladite Idole ledit sieur Briçonnet y fit
sceller une grande Croix que l'on y voit encore. »
Le texte de Gilles Corrozet et celui de l'abbé du Breul posent trois affirmations :

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-- l'existence d'un culte à Isis près de Lutèce, avant la
christianisation ;
-- la présence d'un temple à Isis à l'emplacement de
l'actuelle église de Saint-Germain-des-Prés qui lui aurait
succédé, et qui aurait conservé jusqu'en 1514 une statuette
de la déesse ;
-- l'attribution à Isis de l'étymologie des noms d'Issy et de
Paris.
Est-il vraisemblable qu'Isis, d'origine égyptienne, ait pu recevoir un culte en Gaule, sur les bords de la Seine ? La
question, débattue depuis le XVIe siècle, l'est toujours. On
trouve dans Tacite une allusion à ce culte chez les Suèves,
peuple germanique. On ne saurait être surpris que les Gaulois
l'aient reçu de la Grèce quand on sait, par le témoignage de
César, que s'ils n'avaient pas d'écriture ils utilisaient, pour
la rédaction des comptes publics et privés, les lettres
grecques : pourquoi n'auraient-ils pas eu, avec le monde
hellénique, d'autres points communs que l'alphabet ?

D'autre part, on ne saurait nier l'authenticité de toutes les inscriptions d'époque gallo-romaine relevées du XVIe au XVIIIe
siècle dans les pays germaniques, en Flandre, à Soissons, à
Nîmes, où figure le nom d'Isis, comme celle qui fut
découverte en 1882 dans la nef de l'église Sainte-Ursule de
Cologne : sur le socle cubique d'une statue de femme assise,
dont la tête est brisée, on lit très nettement Isidi invicte,
« A l'invincible Isis ». On peut la voir de nos jours au
Römisch-Germanicher Museum de Cologne.
A Paris même, une curieuse découverte fut faite en 1675 dans le jardin de Saint-Eustache, au cours de travaux
entrepris par l'abbé Berrier. Ayant mis au jour, écrit Sauval (4),
« les fondements des murailles d'une enceinte de Paris, qui
probablement avait déjà servi à quelqu'édifice plus ancien,
et plus considérable, comme serait un temple ou un palais »,
il trouva une tête de femme en bronze, coiffée d'une tour.
En 1683, le chanoine de Sainte-Geneviève, Claude du
Molinet, en publiait le dessin et l'identifiait comme étant
« celle que les Grecs ont appelée Io et les Egyptiens Isis...,
que les Romains ont honorée sous le nom de Cybèle, savoir
la Terre ou la Nature même que les Egyptiens ont mariée
avec Osiris qui était le Soleil, pour la rendre féconde et la
mère de toutes les productions qui se forment dans son
sein (5) ».


1. Poème d'Abbon de Saint-Germain-des-Prés sur le siège de Paris par les Normands.
Traduction de Henry Waquet. Paris, 1942.
2. G. Lafaye : « Les Divinités alexandrines chez les Parisii », in Recueil des mémoires publiés
par la Société des antiquaires de France. Paris, 1904.
3. H. Waquet : « Abbon de Saint-Germain-des-Prés et la ville d'Is », in Bulletin philologique
et historique. 1951-1952.
4. Henry Sauval : Histoires et recherches des antiquités de la ville de Paris, p. 56.
5. Claude du Molinet : Nouvelles recherches d'une des plus singulières et des plus curieuses
antiquités de la ville de Paris, dans Recherches curieuses d'Antiquités de Jacob Spon.

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Telle est la féminité majestueuse que nous voyons se profiler à l'origine de la formation de Paris. A Saint-Germain-
des-Prés elle avait un autre visage : « ... une grande Femme
haute, maigre, échevelée : et qui avait la moitié du corps
couverte d'un réseau, étendu par-dessus. D'où souventes fois
j'ai pris sujet de me rendre en mémoire, ce qu'écrit
Plutarque au traité d'Isis et Osiris : qu'en la ville Egyptienne
de Sais, l'image de Pallas, laquelle ils estimaient être cette
même Déesse, avait une telle inscription : Je suis Tout ce qui
a été, qui est, et qui sera jamais : et n'y a encore eu homme
mortel, qui m'ait découverte de mon voile. » Cette description
donnée en 1628 par Sébastien Rouillard (1), qui la tenait d'un
vieux religieux de l'abbaye, complète celle de Corrozet : « Elle
était maigre, haute, noire pour son antiquité, nue sinon avec
quelque figure de linge entassé autour de ses membres. »
Les descriptions de cette statue de femme très primitive, grande et maigre, sans grAce, noire et nue sauf pour une partie
du corps couverte d'un réseau, c'est-à-dire d'un filet, annoncent
une représentation parmi les plus anciennes de la Vierge Noire,
la première peut-être de celles qu'on a pu recenser dans Paris
qui en a possédé au moins cinq, dont trois existent encore
de nos jours : Notre-Dame dessous Terre, placée dans les caves
de l'Observatoire de Paris lors de la première observation
thermométrique qui y fut faite en 1671 ; Notre-Dame de la
Paix, au couvent de Picpus, reproduction de la « Vierge des
Joyeuse » détruite en 1793 ; dans la maison des religieuses
de Saint-Thomas-de-Villeneuve, à Neuilly, est conservée la
Vierge Noire (peut-être est-ce seulement une copie) qui se
trouvait à Saint-Etienne-des-Grès, au sommet de la montagne
Sainte-Geneviève, et a été recueillie par cette communauté
lors du percement de la rue Soufflot.
Paris est sans doute le lieu d'Europe où l'on a pu observer la plus grande concentration de Vierges Noires, ces images
de la toute-puissance féminine d'où les mondes prennent
naissance, nuit au sein de laquelle est caché le jour qui doit
naître, ténèbres dans lesquelles repose toute lumière avant
sa manifestation. Aussi l'a-t-on figurée sous les traits de la
redoutable Hécate, Reine de la Nuit, qui dans le ciel reflète
les rayons des étoiles les plus lointaines, sur la terre garde
les carrefours, à la jonction des différentes voies où peut
s'engager le voyageur, et dans le royaume souterrain où
retourne inéluctablement tout ce qui a vécu, veille auprès
des plus fabuleux trésors.
Au second verset de la Genèse : « la terre était déserte et vide ; et les ténèbres couvraient l'abîme, et le vent de Dieu
battait la surface des eaux », répond le début de la Théogonie
d'Hésiode : « D'Abîme naquirent l'Erèbe et la Nuit. Et de Nuit,
à son tour, Ether et Lumière du Jour. » De l'autre côté de
l'Atlantique, les Indiens Tsimshian rendaient le même
témoignage : « C'était au début, avant la création des êtres
doués de vie qui se trouvent dans notre monde. Il y avait


Cybèle, la « mère des dieux ». Bronze
antique découvert à Saint-Eustache
en 1675. Les ondulations de la
chevelure contrastent avec la rigueur
du dessin des pierres de la tour.
L'édifice paraît triompher des flots.

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seulement le chef dans le ciel, où ne brillait nulle lumière.
Seuls le vide et l'obscurité... » Il va sans dire que les Gaulois,
dont le calendrier était lunaire, qui ne comptaient pas les
jours, mais les nuits, partageaient ce sentiment répandu chez
tous les peuples, quant à la priorité des ténèbres sur la
lumière.
Si la matière première de tout ce qui existe est dite noire parce que comme dans le noir toutes les couleurs y sont
cachées, elle est aussi reconnue vierge parce que non soumise
au joug de la détermination formelle, et pourtant « sur le
point d'enfanter » puisqu'elle contient toutes les promesses.
C'est le Rien dans lequel gît Tout. Sans « grAce » parce qu'elle
n'a pas de forme, elle est pourtant riche de toutes les beautés.
Ainsi se présentait l'« Idole » de Saint-Germain-des-Prés, noire
et peu attirante, couverte d'un misérable « réseau ».
On comprend que cette primitive « matrice » ait reçu de
ceux qui lui ont rendu hommage une multitude de noms
et d'attributs : chacun correspondait à l'un des aspects sous
lequel elle était considérée (2) : Istar, Astarté, Aphrodite, Vénus,
Déméter, la Mère des dieux, Cérès, Hécate, Diane, la Grande
Mère, Gê ou la Terre, Isis, et de nos jours la « Vierge Marie »
dont la tradition nous dit qu'elle enfanta à minuit dans une
grotte. Il paraît hors de doute que la Rosmerta gauloise en soit,
elle aussi, une image. Son nom pourrait avoir été fortement
influencé par le grec rôsis : force, et meter : mère. Il s'agirait
alors de cette puissante mère antique, la « Grande Déesse » dont
les premières représentations anthropomorphes nous viennent
de l'Age néolithique, bien avant toute figuration d'un
dieu mAle.
Il suffit d'ouvrir n'importe quel ouvrage classique d'alchimie pour s'assurer que les maîtres en cet art ont toujours
présenté le Grand Oeuvre comme une réplique exacte, à
l'échelle de l'expérience humaine, de la création du monde.
Aussi ont-ils trouvé qu'il existait sur terre une matière
particulière, un certain minéral qui joue dans l'élaboration
du petit monde alchimique le rôle du « chaos » dans la
cosmogonie universelle. Dans le Mystère des cathédrales,
Fulcanelli enseigne que les Vierges Noires « figurent, dans la
symbolique hermétique, la terre primitive, celle que l'artiste
doit choisir pour sujet de son grand ouvrage. C'est la matière
première à l'état de minerai, telle qu'elle sort des gîtes
métallifères, profondément enfouie sous la masse rocheuse
(3) ». Ce mystérieux « sujet » est la « mère » du Grand
Oeuvre, un « chaos » dans lequel est contenu en puissance
tout ce qui est nécessaire à sa réalisation. Aussi en porte-t-il


1. Sébastien Rouillard : Histoire de la ville de Melun. Paris, 1628.
2. Il convient de noter que les principes ou les forces auxquels les peuples ont rendu
hommage sont partout les mêmes, mais que les dieux sont différents en fonction des
lieux où ils sont honorés, et suivant les lois qui révèlent la nature du lien que les hommes
ont contracté avec eux.
3. Fulcanelli : « Le Mystère des cathédrales ». 2e éd. Paris, 1957, p. 50

23
@

le nom, ainsi qu'une foule d'autres qui voilent sa véritable
identité dont la découverte fait l'objet de la première quête
du chercheur. C'est la « vierge » et la « mère des métaux »
que les textes décrivent comme un corps noir, cassant, friable,
d'aspect peu attirant, un individu déshérité de la grande
famille des minéraux. Elle est pourtant à l'origine de la
« fontaine de jouvence » dont l'eau dispense aux êtres des trois
règnes « vie, force et santé ».
Dans la nef de Saint-Germain-des-Prés, non loin de l'« idole », il y avait un puits dont l'eau semble avoir possédé
des propriétés analogues. On en trouve la première mention
au Xe siècle, dans le poème d'Abbon qui indique sa situation
et ses vertus : « Du côté des pieds du Saint se trouve un puits,
tel que quiconque boit de son eau, s'il a confiance en son
efficacité, souffrît-il de la fièvre, y trouve un remède sur-le-
champ. » Ce puits, écrit l'abbé du Breul sept siècles plus tard,
« est en la chapelle de St.-Germain, qui est au derrière du
grand Autel, en l'enclos du Choeur de ladite Eglise
maintenant dite Saint-Germain des Prés, et à même
intention jusqu'à aujourd'hui plusieurs fébricitants en boivent
de l'eau, de laquelle on baille aussi à boire aux enfants qui
deviennent éthiques. Et afin que selon le désir des malades
l'effet de leur espérance s'ensuive, le secretain y trempe la
clef de St. Germain, et dit certaines oraisons à ceste fin. »
Le puits de Saint-Germain-des-Prés est maintenant muré
et son eau ne dispense plus à personne ses vertus thérapeutiques.
Elle reste cependant associée au souvenir de l'humble
figure de pierre noircie, qui fut peut-être à l'origine une petite
fée sylvestre près de sa source, avant de devenir la vénérable
Isis. Cette Isis à qui une tradition, trop tenace pour ne pas
être prise en considération, attribue le nom du territoire dont
elle était la protectrice, est celui de la grande ville qui l'a
aujourd'hui complètement recouvert.
Cette tradition, à laquelle on semble s'être particulièrement intéressé à partir de la Renaissance, établit une
frappante analogie entre la fondation de Paris et le fondement
du Grand Oeuvre : ainsi la racine du Parisis serait Isis, comme
celle de la « pierre des philosophes » est cette terre primitive
figurée sous l'aspect de la Vierge Noire. Tout se passe comme
si une volonté s'était manifestée de suggérer quelque
parallélisme entre l'élaboration de cette matière lumineuse
qu'on appelle pierre philosophale et le développement de la
Ville-Lumière dès ses origines.
D'autres légendes le confirment. Elles sont rapportées par Gilles Corrozet.

***

Héraclès à Paris




L es Troyens, fuyant leur ville détruite par les Grecs, se seraient divisés en deux groupes ; l'un, dirigé par
Turcus, serait passé en Scythie et devenu les Turcs ; l'autre
serait entré en Hongrie, sous la conduite de Francion fils
d'Hector, avant de parvenir plus tard en Gaule, sur les bords
de la Seine, et de se fixer sur une île qui lui parut convenable
à son établissement : « Et pour ce qu'ils le virent gras,
abondant, délectable, plantureux et bien assis pour y habiter.
Semblablement que l'île était assise en très bel et doux air.
Ils y fondèrent et édifièrent une cité, laquelle ils appelèrent
Luthesse, a luto, c'est-à-dire boue ou graisse de terre, pour ce que
ladite île était remplie de toute fertilité (1). »
Une autre légende fait intervenir Héraclès : « Baptiste Mantuan en un livre qu'il a fait des gestes de Monseigneur
Saint Denis, dit que quand Hercules passa et se transporta
au pays D'Espagne aux jardins des dames Hespérides filles
de Atlas auxquels jardins étaient et croissaient les arbres et
pommiers tous chargés et semés de belles pommes d'or,
lesquels étaient gardés par un cruel Dragon que icelui
Hercules vainquit et occis. Celui Hercules passa par le
royaume de Gaule, et arriva en une Ile assise en bel air
sur la rivière de Seine, où est de présent la Cité de Paris.
Auquel lieu il prit si grand plaisir et délectation pour
l'aménité, sérénité, et fruition de ladite île, que il
commença à édifier et bAtir plusieurs maisons et habitations.
Puis voulant passer outre pour parfaire ses entreprises et
conquêtes, laissa en ladite Ile une bande et compagnie de
ses gens d'armes et vassaux qui Parisiens étaient nommés
selon le nom de leur pays, qui est en Grèce du côté de Asie
Parasia nommée. »
Etonnant trajet en vérité, qui passe par le nord de la Gaule, sur la Seine, pour aller de Grèce au sud de l'Espagne, mais
qui à vrai dire n'est pas tellement invraisemblable, le jardin
des Hespérides étant un lieu mythique situé, comme son nom
l'indique, à l'endroit où le soleil se couche (2). Hercule ou
Héraclès, « celui qui doit sa gloire à Héra (3), est le prototype
du héros grec. Dans l'histoire mythique, il représente

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@

généralement la personnification du peuple hellénique : on
peut, sans trop risquer de se tromper, penser que là où
Hercule a laissé un souvenir, là sont passés des Grecs. Et la
légende d'Héraclès s'arrêtant sur une île de la Seine pour y
fonder Paris semble appartenir à une tradition qui voudrait
faire remonter l'origine de la ville à une colonie grecque.
Mais le plus remarquable est qu'Héraclès, ou ces Grecs, voyageaient alors dans un but bien défini : cueillir les
pommes d'or du jardin des Hespérides. On sait qu'il s'agit
là du onzième des douze travaux commandés au héros par
Eurysthée, lui-même inspiré par Héra. Dans les textes
classiques d'alchimie, voyager vers le jardin des Hespérides
est synonyme de travailler au Grand Oeuvre, et la cueillette
des fruits illustre l'heureux aboutissement des travaux :
« fruits dont la maturité tardive ne réjouit le sage qu'en sa
vieillesse, et qu'il ne cueille guère qu'au soir de la vie, au
couchant (Hesperis) d'une laborieuse et pénible carrière (4) ».
Dom Pernety résume aussi l'opinion des Philosophes sur le
jardin lui-même : « Ce jardin, selon l'explication des Philosophes
Spagyriques, est le symbole de l'Alchimie, par les
opérations de laquelle on fait germer, croître, fleurir et
fructifier cet arbre solaire, dont le fruit surpasse l'or commun
en beauté et bonté, puisqu'il convertit les autres métaux en
sa propre nature (5). »
Héraclès figure, parmi les personnages du drame alchimique, le « bon artiste » toujours prêt à faire face aux épreuves
que lui impose en permanence Héra ou la « nature
métallique ». Selon la légende la plus répandue, Héraclès est
fils de Zeus, immortel, et d'Alcmène, femme mortelle, épouse
du roi de Thèbes. Il est un de ceux que les hommes ont
appelés « héros » ou « demi-dieux » parce qu'ils leur paraissaient
se placer entre l'état humain et l'état divin, participant
à la fois de la nature de l'un et de l'autre, de l'humilité
humaine (6) et de la luminosité divine : l'énoncé de cette double
qualité laisse à penser que si les héros étaient effectivement
supérieurs aux hommes par leurs capacités, ils l'étaient
potentiellement aux dieux eux-mêmes dans la mesure où ils
n'étaient pas fixés dans l'état divin : leur nature imparfaite
portait en elle le gage de la virtualité d'une plus que perfection
dont ils détenaient la clef.
Le terme grec herôs, très proche de airô : « élever, exalter » mais aussi « détruire, mettre hors de soi », désigne celui qui
s'élève : il semble s'être formé autour d'une racine indo-
européenne, er, dont René Alleau signale la présence dans
la formation de vocables contenant l'idée « d'une lumière qui
commence, d'un lever lumineux, d'une origine », d'un orient.
Héra est celle par qui le héros s'élève grAce aux épreuves
qu'elle lui fait subir : derrière son clair visage d'éther
lumineux se cache la féminité délicieuse et redoutable, la
noire Rhéa, celle qui s'écoule sans cesse, le flux mystérieux
du devenir qui dissout en un instant l'orgueilleuse certitude

***

du tout devenu. GrAce aux épreuves imposées par Héra,
Héraclès se voit à tout moment remis en cause : si le sort
commun des hommes est d'être « ceux qui deviennent », le
héros, sans repos, se trouve, lui, contraint à « devenir celui
qui est ». De l'état larvaire où l'humanité se débat dans son
cocon inconfortable, il en est qui, ainsi, sont sortis un jour,
voyant se déployer sur leurs épaules les ailes transparentes
de l'homme vrai.
La tradition rapportée par Baptiste Mantuan semble vouloir faire entendre que Paris fut fondé par quelques-uns
de ces « hommes vrais », par ces « héros » sur la voie de
l'Adeptat, qui trouvèrent peut-être en ces lieux des conditions
favorables aux travaux du Grand Oeuvre : « l'aménité, sérénité
et fruition de ladite île », « assise en bel air sur la rivière
de Seine ». Celle qui attribue à la ville une origine
« troyenne » (8) apporte une autre précision, par la traduction
qu'elle donne du nom de Lutèce : « a luto, c'est-à-dire boue
ou graisse de terre ». La « graisse de la terre » ou « nostoc » est
l'un des noms de la matière de l'Oeuvre considérée comme
« aimant » de l'« esprit universel ».
Tout se passe comme si, à partir d'une époque impossible à déterminer, on avait voulu insister sur l'importance de Paris
comme centre initiatique, où l'on aurait enseigné la philosophie
hermétique, et sur le fait que l'origine de la ville et sa
destinée auraient été étroitement liées à l'activité de ce centre.
La présence des temples de Mercure, qui est certaine, et celle, réelle ou mythique, de celui d'Isis-Aphrodite mettent
la Ville-Lumière sous le signe de l'Hermaphrodite (9), personnage
androgyne sous l'image duquel les alchimistes ont coutume
de désigner le « Mercure Philosophique », but du « second
Oeuvre », matière de nature double, à la fois « mAle » et
« femelle », considérée comme un oeuf dans lequel se trouve
tout ce qui est nécessaire à la « coction » du troisième Oeuvre.
La « coction philosophique » étant souvent comparée dans
les textes classiques à une traversée maritime, ce « mercure »
a reçu le nom de vaisseau du Grand Oeuvre. Voilà qui nous
conduit à un autre témoignage de la vocation hermétique
de Paris. Celui-ci n'est plus dans la légende, il se trouve exposé
de nos jours aux yeux de tous, sur les monuments publics
et les affiches municipales : c'est le vaisseau des armes de Paris.


1. Gilles Corrozet : La Fleur des Antiquitez de Paris. 1532, p. 13
2. Du grec héspéra : le soir, la région du couchant.
3. Formé de Héra et kléos: la gloire.
4. Fulcanelli. Les Demeures philosophales. 2e éd. Paris, 1960. T.I., p. 110.
5. Dom Pernety : Dictionnaire mytho-hermétique.
6. Les mots humanité et humilité ont la même origine qu'humus: la terre, dont est
constitué le corps de tout être vivant, et au sein de laquelle la nature le rappelle pour
ses perpétuelles métamorphoses. Mais « l'artiste » est le jardinier de cette terre, comme
celle qui constitue la matière première du Grand Oeuvre.
7. René Alleau : Aspects de l'alchimie traditionnelle. Paris, 1953, p. 52.
8. La guerre de Troie est considérée par les classiques de l'alchimie comme une
représentation dramatique des travaux du Grand Oeuvre. Voir Pernety : Fables égyptiennes
et grecques dévoilées.
9. Né des amours d'Hermès et d'Aphrodite.

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Alain de Lisle




I l fut physicien, philosophe, théologien, historien, naturaliste, et poète : c'est, dit-on, l'étendue de ses connaissances
dans tous les domaines qui lui valut au Moyen Age
le surnom de « Docteur universel ». Certains biographes le
disent natif d'Allemagne, d'autres d'Ecosse, d'Espagne, de
Sicile. Lui-même déclare dans son Anticlaudianus qu'il naquit
à Lille, en Flandre, l'an 1114. Lenglet Dufresnoy (1) le fait naître
en 1182 et mourir cent seize ans plus tard, en 1298, suivant
en cela Trithème et quelques autres. Il semble plus
raisonnable de s'en remettre au témoignage d'Alberic de Trois
Fontaines, qui écrit dans le courant du XIIIe siècle que « chez
les cisterciens mourut en cette année (1202) maître Alain de
l'Isle, docteur bien connu et auteur de cet Anticlaudianus... »
Ebrard de Béthune, vers la même époque, le cite
parmi les poètes dont on lisait les livres dans les écoles ; Othon
de Saint-Blaise le place dans les rangs des plus éminents
docteurs de la fin du XIIe siècle. La concordance de ces
témoignages nous porte à accorder crédit à ceux qui situent
la vie d'Alain entre 1114 et 1202, faisant de lui l'un des
témoins du début de la construction de Notre-Dame, et le
contemporain de la naissance de l'« art gothique » en
Ile-de-France.
Pas plus qu'ils sont d'accord sur la date ni sur le lieu de sa naissance, les auteurs ne le sont sur les circonstances
de la vie d'Alain de Lisle. Certains situent une période de
son existence à l'abbaye de Clairvaux, en compagnie de saint
Bernard, après quoi il aurait été nommé évêque d'Auxerre.
D'autres disent évêque de Cantorbéry. Henri de Gand,
dans son catalogue des auteurs ecclésiastiques composé au
XIIIe siècle, déclare qu'Alain fut à la tête des écoles de Paris :
Parisis ecclesiasticae scholae praefui, sans préciser à quelle
époque. C'est sans doute à l'issue de cette période qu'il faut
situer une anecdote, on devrait peut-être dire une fable, qui
aurait déterminé la conduite future du « Docteur universel ».
Au temps, rapporte Du Boulai (2), où il enseignait à Paris,
Alain de Lisle s'était engagé à expliquer en public les mystères
de la Trinité. La veille du jour où il devait prêcher, se
promenant au bord de la rivière, il aperçut un enfant qui

***

s'amusait à remplir d'eau un trou qu'il avait fait dans le sable.
« Que prétendez-vous faire, mon enfant ? lui dit le docteur
-- Je veux que toute la rivière entre dans ce trou, et je ne
discontinuerai pas, jusqu'à ce que j'en sois venu à bout. --
C'est un enfantillage ce que vous faites, la chose est
impossible. Et quand croyez-vous que vous aurez fini ? --
Monsieur, j'aurai plus tôt réussi que vous dans le dessein que
vous avez en tête. -- Et quel est ce dessein ? -- Vous voulez,
dit l'enfant, pour faire parade de votre science, expliquer le
mystère de la Trinité : cela est plus impossible que ce que
j'ai entrepris. » On dit que ce discours de l'enfant déconcerta
le docteur qui, pourtant, le lendemain monta en chaire, mais
il se contenta de se montrer et de dire à son auditoire : « Qu'il
vous suffise d'avoir vu Alain », puis il disparut aussitôt,
laissant derrière lui un grand étonnement.
On dit qu'après cet éclat, digne de l'enseignement d'un maître Zen, Alain de Lisle se retira à Cîteaux où, pour éviter
d'être reconnu, il se fit admettre parmi les frères convers.
Il fut chargé de la garde des troupeaux. On l'y enterra dans
l'église, devant l'autel de la Vierge. Sur son tombeau on lisait
cette inscription :

Alanum brevis hora brevi tumulo sepelivit, Qui duo, qui septem, qui totum scibile scivit ; Scire suum moriens dare vel retinere nequivit.
L'heure brève a enseveli en ce court tombeau Alain, Qui sut les deux, les sept (3), qui sut tout ce qui peut être su ; Son savoir, en mourant, il ne put le donner ni le garder.
On estime généralement que c'est dans sa retraite monacale qu'Alain de Lisle se livra avec succès aux travaux
du Grand Oeuvre. L'anecdote rapportée par Du Boulai, et
présentée par dom Brial comme une « fable absurde »,
pourrait alors avoir une signification bien précise : la
rencontre avec l'enfant jouant au bord de la rivière, et la
leçon d'humilité qu'en tire le « Docteur universel », aurait de
fortes chances de représenter un moment crucial de
l'évolution mentale du « fils de science ». Il aurait reçu
l'illumination en même temps que la connaissance de
l'« agent secret » qui lui ouvrait le domaine sacré de l'alchimie
proprement dite, appelée déjà pour cette raison dans les
temples de l'Egypte ancienne l'« Art Sacerdotal », c'est-à-dire
propre à ceux qui ont reçu le don sacré ou « don de Dieu ».
Retrouvant, grAce à sa rencontre ou à sa vision au bord de
la rivière, la simplicité de l'enfance, le savant Alain allait
pouvoir désormais « brûler ses livres et blanchir Latone »,
comme engage à le faire un aphorisme célèbre tous ceux qui
veulent entrer dans la voie opérative.
Parmi ses nombreux ouvrages de théologie, de morale,

1. Lenglet Dufresnoy : Histoire de la philosophie hermétique.
2. Du Boulai : Historia Universitatis Parisiensis. Parisiis 1665-1673. T. II, p. 436.
3. « Les deux, les sept » : sans doute les deux Testaments et les sept arts libéraux. Ou
les « deux matières » et les « sept métaux »?

49
@

d'histoire, de philosophie, un seul nous est parvenu qui traite
d'alchimie ; il a été imprimé dans le tome III du Teatrum
Chemicum, en 1613, sous le titre : Dicta Alani de lapide
philosophico, è Germanico idiomata latine reddita per Justum à
Balbian, Alostanum. Dans ces « aphorismes sur la pierre
philosophale », l'auteur compare la génération des minéraux
à celle des végétaux, conformément à la doctrine alchimique
qui enseigne que les minéraux sont des êtres vivants comme
ceux des autres règnes de la nature. Suivant la tradition de
la « voie longue », que les auteurs ont aussi appelée « voie
humide », il décrit l'opération de la « solution des philosophes
», obtenue par la conjonction de l'or ou de l'argent avec
leur mercure : « Pour cela, il faut d'abord chauffer légèrement
la solution des philosophes, puis la placer dans un vase bien
clos et scellé, enfin l'exposer pendant quarante jours à une
chaleur modérée, jusqu'à ce que qu'il se forme à la surface
une matière noire qui est la tête de corbeau des philosophes
et le mercure des sages. « Mercure des sages » qui était, quoi
qu'en dise Ferdinand Hoefer, tout autre chose que « du
mercure très divisé ou du sulfure noir de mercure (1) ».
Il est toujours permis de contester la paternité d'un texte, surtout quand il vient d'une époque aussi éloignée que le
XIIe siècle. On n'a pas manqué de le faire pour les Dicta Alini,
se fondant sur le fait qu'ils ont été traduits de l'allemand.
Pourtant la qualité de philosophe hermétique du « Docteur
universel » semble faire peu de doute, en raison de certaines
résonances qui émanent de l'un de ses ouvrages les plus
importants ; elles naissent de la façon dont il y présente les
images propres à la scolastique, même si jamais dans la lettre
il n'est ouvertement question d'alchimie. Il s'agit de l'Anticlaudianus,
sive de officie viri boni et perfecti, portant aussi le
titre d'« Encyclopédie » (2) parce que, traitant des connaissances
nécessaires à la formation de l'homme vertueux, il décrit en
détail les procédés des arts et des sciences et leurs avantages.
Ce long poème est une suite d'allégories où la Nature, impuissante à elle seule à produire un homme accompli,
réunit l'assemblée des Vertus pour délibérer des méthodes
à suivre pour parvenir au but. La Prudence se rendra au ciel
pour prier Dieu d'envoyer sur terre une Ame pure capable
d'animer un individu parfaitement heureux. Sur les instances
de la Concorde, la Prudence fait donc construire un char par
les sept arts libéraux, ses enfants : la Grammaire façonne le
timon que la Rhétorique orne d'or et de pierreries, la Logique,
l'essieu, l'Arithmétique, la Musique, la Géométrie et l'Astronomie
fabriquent les quatre roues. Toutes ces pièces sont assemblées
par la Concorde qui donne le char à conduire à la Raison,
laquelle y attelle cinq chevaux : la Vue, l'Ouïe, l'Odorat, le
et le Tact. La Prudence y prend place aussitôt et, traversant
les sphères des sept planètes, arrive dans le firmament où
les chevaux, c'est-à-dire les cinq sens, ne lui sont plus d'aucun
secours. La Théologie alors lui sert de guide et la mène jusqu'au

***

ciel empyrée dont l'éclat provoque son évanouissement : la
Foi lui vient en secours en lui présentant un miroir dans
lequel elle peut considérer tout ce qui se passe dans le ciel.
Et c'est désormais avec ce seul secours, sous la conduite de
la Foi seule, qu'elle parvient aux pieds de l'Éternel qui, sur
sa demande, crée une Ame comme elle le souhaitait, à
laquelle la Nature pourra former un corps doué de toutes les
qualités qui constituent l'homme parfait.
Le miroir présenté par la Foi à la Prudence, dans le ciel empyrée, c'est-à-dire au royaume du feu, ressemble trop pour
qu'on n'y songe immédiatement à celui dont le Cosmopolite
signale la présence au royaume du Soufre : « Quiconque regarde
en ce miroir, il peut voir et apprendre les trois parties de
la sapience de tout le monde : et, de cette manière, il
deviendra très savant en ces trois règnes, comme ont été
Aristote, Avicenne et plusieurs autres, lesquels, aussi bien
que leurs prédécesseurs, ont vu dans ce miroir comment le
monde a été créé. Par ce moyen, ils ont appris les influences
des corps célestes sur les inférieurs, et de quelle façon la
Nature compose les choses par le poids du Feu ; ils ont appris
encore le mouvement du Soleil et de la Lune ; mais
principalement ce mouvement universel par lequel sa mère
est gouvernée (3). » La mère du Soufre, c'est ici la Nature. Ce
miroir, dans lequel on voit le monde des causes, aussi bien chez
Alain que chez l'Adepte du XVIIe siècle, appartient très
vraisemblablement, malgré la distance temporelle, à une
même tradition.
Quant aux « Arts libéraux », ils étaient traditionnellement associés aux sept métaux planétaires, comme en fait foi un
traité en vers attribué à Basile Valentin, Du Magistère des sept
planètes, de leur essence, propriétés, vertus, cours et mystères cachés.
A la Grammaire correspondait le Soleil ; à la Rhétorique,
Jupiter ; à la Logique, à laquelle on préférait généralement
la Dialectique, la Lune ; à l'Arithmétique, Mercure ; à la
Musique, Vénus ; à la Géométrie, Mars, et à l'Astronomie,
Saturne. Ainsi est composé le char de la Prudence, comme
le chariot de la Grande Ourse, de sept étoiles. De la même
façon progresse le Sel de Sagesse, au cours des sept régimes
de la coction philosophique, dans le « vaisseau » où il monte
de la « terre » au « ciel » et redescend du « ciel » en « terre ».
Il convient aussi de noter que la force motrice du char est
composée des cinq sens, ce qui indique assez la nature
concrète, expérimentale et sensible de l'opération décrite tout
au long du poème.
Devant de telles coïncidences, il est difficile de ne pas admettre que l'auteur de l'Anticlaudianus, qu'il fût ou non le
Goût même que celui des Dicta, le « Docteur universel » de la rive
gauche de la Seine, ait été, sinon un Adepte, tout au moins
un savant « disciple d'Hermès » (4).

50

@

Albert le Grand




C'est encore à l'Université et dans son quartier que nous trouvons la trace du passage d'un personnage qui
compte parmi les plus importants de l'histoire des sciences,
et dont le nom est associé à la quête de l'alchimie opérative.
Dans la famille des comtes de Bollstaedt, à Lawingen, dans
le duché de Neubourg, sur le Danube, naissait en 1193 Albert.
Entré dans l'ordre de saint-Dominique à vingt-neuf ans, il
y obtint le rang de magister et enseigna la philosophie dans
différentes maisons de l'ordre, à Cologne, Ratisbonne,
Strasbourg, Hidschein, puis Paris où il arriva en 1245 en
compagnie de son disciple Thomas d'Aquin. Il y resta trois
ans. Tous deux logeaient selon toute vraisemblance dans le
couvent dominicain démoli en 1790, qui couvrait approximativement
l'espace compris entre les actuelles rues saint-
Jacques, Soufflot, Cujas et le boulevard saint-Michel. Albert
avait alors cinquante-deux ans.
Il est courant de dire que ses cours eurent un tel succès que, la salle étant trop petite pour contenir tous ses auditeurs,
il fut contraint de les donner en plein air, sur une place qui
aurait reçu le nom de Maubert, abréviation de Magnus ou
Magister : Ma, et de la syllabe terminale d'Albert. Il est vrai
qu'enseigner sur une place publique n'était pas chose rare
au Moyen Age, et Albert fut loin d'être le seul à avoir réuni
ses étudiants sur celle qui avait peut-être été baptisé plus d'un
demi-siècle plus tôt, en souvenir de Jean Albert, abbé de
sainte-Geneviève. Quoi qu'il en soit, le nom du second Albert
a depuis longtemps éclipsé celui du premier, et en 1844 une
petite rue fort ancienne, aboutissant sur la place, de « rue
Perdue » est devenue « rue de Maître-Albert ».
En 1248 Albert part pour Cologne. En 1254 il est élu à Worms principal de l'ordre. Appelé à Rome, en 1255, toujours
en compagnie de Thomas d'Aquin, il y soutient la cause des
ordres mendiants attaqués par l'Université de Paris. En 1259
il est nommé évêque de Ratisbonne. Mais, davantage attiré
par la vie calme et studieuse du cloître que par le
gouvernement des hommes, il se retire en 1262 dans le
couvent de Cologne où il avait déjà passé plusieurs années.

***

Il y restera jusqu'à sa mort, en 1280. Il avait quatre-vingt-sept
ans.
On a attribué à Albert le Grand des inventions singulières. Tout d'abord, celle d'un automate qui ouvrait la porte de sa
cellule au visiteur qui venait y frapper, et prononçait même
à son intention quelques mots d'accueil. Puis il aurait détenu
le secret de changer les saisons à son gré : l'anecdote se situe
à Cologne, après le séjour à Paris, en 1248. Alors que
Guillaume, comte de Hollande, rendait visite au couvent
dominicain de la ville, Albert ordonna que la table pour le
souper fût dressée dans les jardins. Or on était en hiver et
la saison était particulièrement rude. Peu avant qu'on se mît
à table, la neige disparut subitement et l'atmosphère s'emplit
de la douceur du printemps : des fleurs surgirent des
parterres, et dans les arbres couverts de bourgeons les oiseaux
se mirent à chanter. Les convives, surpris de cette métamorphose,
ne le furent pas moins lorsque après le repas revint
la sévérité de l'hiver (5).
Nous sommes ici en pleins contes des Mille et Une Nuits. Mais, s'il est vrai que les deux anecdotes relèvent vraisemblablement
du domaine de l'imagination poétique, elles n'en
rendent pas moins compte d'un fait important concernant
la personnalité profonde d'Albert le Grand, comme seule la
poésie est capable de faire : derrière le « docteur » de
l'Université devait se faire sentir une présence plus mystérieuse,
qui justifiait les récits fabuleux dont on orna sa vie.
Et si on nous le montre dirigeant à son gré les éléments pour
faire apparaître le printemps en hiver dans le petit monde
du jardin du cloître, ne serait-ce pas pour faire entendre qu'il
fut le maître des éléments dans un autre « petit monde », celui
du Grand Oeuvre alchimique par exemple ? « Microcosme »
à l'élaboration duquel il apporta selon toute vraisemblance,
dans la retraite de la maison dominicaine de Cologne, un
zèle efficace.
Albert le Grand fut l'auteur d'un très grand nombre d'ouvrages traitant de la théologie, de la philosophie, de la
spagyrie et de l'alchimie. La plupart ont été réunis par le
dominicain Pierre Jammi et publiés à Lyon en 1651 sous le
titre Beati Alberti Magni Episcopi Ratibonnensis, Opera Omnia.
Ils forment un ensemble de vingt-et-un volumes in-folio. Une
telle profusion a fait douter parfois qu'ils fussent tous du
même auteur. Ce doute est peut-être fondé, mais il existe un
certain parti pris qui incline à déclarer apocryphes des livres
traitant des sciences de la nature plus facilement que d'autres.


1. Ferdinand Hoefer : Histoire de la chimie. Paris, 1866. T. I, p. 370.
2. V. Alani Opera, publiées par les soins de D. Charles de Visch, Anvers, 1654, pp 322-420.
3. Cosmopolite, ou Nouvelle lumière chimique. Traité du soufre. Rééd. Paris, Retz, 1976,
p. 203.
4. L'Adepte est celui qui a atteint son but (adeptus: ayant atteint, ayant acquis) par
l'acquisition de la « pierre philosophale après avoir été « disciple d'Hermès » grAce
à l'initiation qui l'a mis sur la voie.
5. Cette anecdote est rapportée dans l'Historia universitatis Parisiensis. T. III, p. 213.

51
@

pict

***

Ces ouvrages occupent d'ailleurs une place capitale dans
l'histoire des sciences, comme l'a montré F. A. Pouchet (1).
Essayons d'entrevoir celle que tient Albert le Grand dans le
domaine particulier de l'alchimie.
Dès le début de son traité De Alchimia, réédité dans le tome II du Theatrum Chemicum (2), il exprime clairement que ce n'est
pas par la lecture des livres qu'on peut parvenir à la science,
mais par le travail pratique au laboratoire et par l'expérience.
« Je les ai trouvés, dit-il des livres qu'il a lus, vides de tout
profit et éloignés de tout avantage. » Faisant part de ses
recherches, de ses espoirs et de ses doutes, il cite les exemples
malheureux de ceux qu'il a connus, de toutes conditions, qui
avaient perdu dans cette quête leur temps et leur fortune :
« Néanmoins ces exemples ne m'ont pas découragé. Je
travaillais sans relAche, je voyageais de pays en pays, en me
demandant : si la chose est, comment est-elle ? Et si elle n'est
pas, comment n'est-elle pas ? Enfin j'ai persévéré jusqu'à
ce que je sois arrivé à découvrir que la transmutation des
métaux en Lune et Soleil est possible. »
Il passe ensuite en revue les qualités que, selon lui, doit avoir un alchimiste, les conditions dans lesquelles il doit vivre
et travailler et la nature des rapports qu'il lui convient d'avoir
avec ses semblables. Les qualités, ce sont la discrétion, le
silence, la patience et la persévérance ; il faut aussi une
fortune suffisante pour pouvoir acheter le matériel nécessaire
aux travaux. Un bon artiste doit vivre et travailler à la
campagne, dans une maison isolée, loin des hommes ; deux
ou trois pièces y seront réservées aux opérations de l'oeuvre,
opérations qui doivent être exécutées « canoniquement »,
selon les règles de l'Art, dans des vaisseaux de verre ou de
terre vernissée. A ces conditions de milieu s'ajoutent des
conditions temporelles d'une importance primordiale : le
travail ne peut être accompli à n'importe quelle époque de
l'année ni à n'importe quelle heure de la journée, il faut
choisir avec soin le temps et les heures convenables.
Pour ce qui est de ses relations avec ses congénères, l'auteur conseille fortement d'éviter tout rapport avec les grands de
ce monde : « Car si tu as le malheur de t'introduire auprès
d'eux, ils ne cesseront pas de te demander : Eh bien, Maître,
comment va l'Oeuvre ? Quand verrons-nous quelque chose
de bon ? Et dans leur impatience d'en attendre la fin, ils
t'appelleront filou, vaurien, etc., et te causeront toutes sortes
de désagréments. Et si tu n'arrives pas à bonne fin, tu
ressentiras tout l'effet de leur colère. Si tu y arrives, au
contraire, ils te garderont chez eux, dans une captivité
perpétuelle, dans l'intention de te faire travailler à leur
profit. »
La sagesse de cette recommandation émanant d'un artiste du XIIIe siècle n'a pas toujours été suffisamment comprise par
ceux des siècles suivants, quelle que fût leur valeur. L'Adepte
Sethon en fit la malheureuse expérience en 1603 lorsqu'il


Albert Le Grand, tel que l'a imaginé,
au XVIIe siècle, l'illustrateur de
l'Histoire des plus illustres et savants
hommes de leurs siècles, de Thevet.

52

@

fut enfermé et torturé par l'électeur de Saxe Christian II, qui
exigeait de lui, sans jamais l'obtenir, la révélation du secret
de l'Oeuvre.
Dans la suite du De Alchimia est développée l'idée selon laquelle les différents métaux ne sont pas des individus
étrangers les uns aux autres, d'espèces variées, mais qu'ils
constituent une famille d'une seule et même essence : « Ils
ne diffèrent les uns des autres que par leur forme. Or la forme
relève des causes accidentelles que l'artiste doit, autant que
possible, chercher à découvrir et à éloigner. Ce sont des causes
accidentelles qui entravent l'union du soufre et du mercure...
Lorsque le soufre pur rencontre de l'argent vif dans
la terre, de ce lieu est engendré l'or, au bout d'un temps long
ou bref, par la présence constante ou décoction de la Nature
qui s'aide elle-même. » C'est cette unité de l'essence métallique
qui rend possible la transmutation d'un métal en un
autre, transmutation impossible entre les espèces, qui
demeurent fixes et immuables. L'alchimiste ne fait en somme
qu'aider la nature en écartant d'elle les impuretés ou accidents
qui l'empêchent de parvenir à son but final qui est, dans le
règne métallique, l'or parfait. Cette théorie de base se
retrouvera, au cours des siècles suivants, dans de très
nombreux traités.
De rebus metallici et mineralibus libris V (les cinq livres des choses minérales et métalliques) et le Compositum de compositis
(3) (le composé tiré des composés) paraissent être davantage
consacrés à la spagyrie qu'à l'alchimie (4). On trouve cependant
dans le second quelques aphorismes dont l'inspiration
reste celle d'un disciple d'Hermès : « La mort et la vie
proviennent du feu » fait écho à Héraclite d'Ephèse : « Le feu
pilote tout à travers le Tout, sans jamais laisser l'univers
immobile » ; ni pour l'un ni pour l'autre il n'était question
du feu vulgaire des fourneaux mais bien du foyer central
duquel tout provient, et auquel tout retourne pour un cycle
nouveau. « Le soufre des philosophes, dit le Compositum une
page plus loin, n'est pas le soufre commun mais l'esprit du
vitriol romain. » Contrairement à l'opinion avancée par
Ferdinand Hoefer, il est très probable que le « vitriol romain »
ne désigne pas ici un sulfate de fer ou de cuivre, mais un
tout autre corps, celui que Basile Valentin appellera, dans
son Testamentum, un cristal : « car le vitriol et le cristal ne
sont reconnus que pour une seule et même chose ». Le
qualificatif romain vient de l'homophonie de Rome et du grec
rômè qui signifie force, puissance, pouvoir : nous sommes
proches ici de la pierre de pouvoir dont l'effigie se dressait sur
le parvis de Notre-Dame, figurant le feu froid qui, sous sa forme
saline, est le véritable moteur du Grand Oeuvre. On trouve
le développement du mot VITRIOL dans la devise qui entoure
la figure 95 du Jardinet chimique de Stolcius, reproduit par
les soins d'Eugène Canseliet sous le titre Paradigme du Grand
Oeuvre en frontispice de la réédition des Douze clefs de la

***

philosophie (5) : Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum
Lapidem (Visite l'intérieur de la terre, en rectifiant tu
trouveras la pierre cachée.)
De nombreux traités d'alchimie (6) sont attribués à Albert le Grand, dont on a parfois contesté l'authenticité : De
philosophorum lapide (De la pierre des philosophes), De
concordantia philosophorum in lapide (De l'accord des philosophes
sur la pierre), Secretorum tractatus (Traité des secrets),
Breve compendium de ortu metallorum (Petit abrégé sur l'origine
des métaux), Philosophia pauperum (La Philosophie des
pauvres), De mirabilibus mundi (Sur les Merveilles du Monde),
Semita semitae (Le Chemin du chemin), Opus optimum et
verissimum de secretis philosophorum (Ouvrage très excellent et
très véritable sur les secrets des philosophes), Semita recta (Le
Droit chemin), Tramita (Les Chemins), In arborem Aristotelis
(Sur l'arbre d'Aristote), Ars alchimiae (L'Art d'alchimie), De
sigillis lapidum (Sur les signes des pierres), De generatione
lapidum (Sur la génération des pierres). Quand aux célèbres
Grand Albert et Petit Albert, ce sont des opuscules de colportage
qui n'ont rien à voir ni avec la philosophie ni avec le
philosophe.
Albert le Grand a enseigné à Paris pendant trois ans. Il avait plus de cinquante-deux ans. C'était un homme mûr,
qui pouvait être déjà fort avancé dans sa connaissance de
l'art d'Hermès. S'est-il contenté d'enseigner à ses élèves la
théologie et la philosophie aristotélicienne ? Ou bien a-t-il
rencontré une oreille attentive, un esprit ouvert à des
connaissances plus secrètes, contribuant ainsi au développement
de l'alchimie qui allait devenir si florissante dans le
Paris des XIIIe et XIVe siècles ?


1. F. A. Pouchet : Histoire des sciences naturelles au Moyen Age, ou Albert le Grand et son
époque considérés comme point de départ de l'école expérimentale. Paris, 1853.
2. Theatrum Chemicum. Argentorati, 1613.
3. Theatrum chemicum, T. IV, p. 929.
4. La spagyrie n'est autre que la chimie ancienne, dont les recettes et les découvertes
étaient utilisées dans la pratique de nombreux métiers et dans la médecine, comme
l'est la chimie de nos jours. C'était un ensemble de techniques exotériques. L'alchimie
a été et demeure une science traditionnelle ésotérique et un Art Sacré qui n'a de commun
avec la première que son point de départ concret, c'est-à-dire l'utilisation d'une matière
minérale, tandis que les méthodes et les buts de l'une et de l'autre différent
essentiellement.
5. Basile Valentin : Les Douze Clefs de la philosophie. Paris, Editions de Minuit, 1956.
6. La plupart se trouvent dans le tome IV du Theatrum Chemicum.

53
@

Thomas d'Aquin




O n connaît en tout cas un disciple d'Albert le Grand, qui souvent le suivit dans ses voyages et séjourna en même
temps que lui à Paris : Thomas, qui deviendra saint Thomas
d'Aquin quarante-neuf ans après sa mort, sous le pontificat
de Jean XXII.
Né en 1225 dans la famille des comtes d'Aquin, du royaume de Naples, il était cousin de Frédéric II, empereur
d'Allemagne, roi de Sicile et de Jérusalem. En 1244 il entre
dans l'ordre des dominicains et se rend peu après à Cologne
où il rencontre Albert le Grand ; il en devient rapidement
l'élève le plus brillant. Il reçoit la maîtrise de l'Université de
Paris en 1256, enseigne dans différentes villes d'Italie, puis
à Paris de 1269 à 1271, où il habite le couvent de sa
communauté. Il retourne ensuite à Naples pour y diriger les
écoles. Appelé en 1273 par le pape Grégoire X au concile
réuni à Lyon dans le but de porter secours aux croisés de
Jérusalem et de réunir les Eglises grecque et latine, il est pris
en chemin de malaise et meurt en l'abbaye cistercienne de
Fossa Nuova, près de Terracine, le 7 mars 1274. Il n'avait
pas atteint sa cinquantième année.
Thomas d'Aquin, surnommé le « Docteur angélique », a été considéré comme le plus grand théologien de l'Eglise
d'Occident et comme l'un des philosophes les plus importants
du Moyen Age. Outre des ouvrages de théologie, de philosophie
et de physique publiés de nombreuses fois en Europe, on lui
a attribué un certain nombre de livres traitant de la
philosophie hermétique, que certains se sont empressés de
déclarer apocryphes. « On se garde bien, écrit Lenglet
Dufresnoy, de le faire paraître sur le pied de Philosophe
Hermétique, tant on est persuadé qu'il y a du déshonneur
à prendre quelque teinture d'une science, qui passe pour le
période de la folie (1). » C'est ainsi que G. Naudé, dans son
Apologie pour les grands hommes soupçonnez de Magie, fulmine
contre ceux qui reconnaissent à Thomas un intérêt pour la
science, et jette en même temps la confusion : « Je ne fais
nul doute que la fausseté si manifeste de ces calomnies ne
soit une conjecture indubitable du jugement qu'il nous faut

***

faire sur ces livres des images de nécromancie, de l'Art
Métallique, des secrets de l'Alchimie et de essentiis essentarium,
qui sont divulgués et se vendent tous les jours sous le nom
de saint Thomas d'Aquin, surnommé à bon droit par Picus,
Splendor Theologia, par Erasme, Vir non sui saeculi, par Vivès,
scriptor de schola omnium sanissimus, et par le consentement
de tous les auteurs, avec celui de l'Eglise, le fidèle interprète
d'Aristote et de la Sainte Ecriture, la base et le fondement
de la Théologie scolastique, en un mot, le Docteur angélique.
Car je vous prie, quelle apparence y aurait-il de se pouvoir
imaginer que ce grand esprit qui fut canonisé en l'an 1332
et duquel la doctrine fut approuvée par un décret de
l'Université de Paris, l'an 1333, et par trois souverains
pontifes, Innocent V, Urbain VI et Jean XXII, se soit amusé
à la Magie, ou à toutes les rêveries des Alchimistes ! » Comme
l'a très bien dit dans son introduction le traducteur anonyme
du Traité de la pierre philosophale (2), cette démonstration
pourrait se résumer : « Il me déplaît de concevoir saint
Thomas alchimiste, donc il n'a pu écrire d'oeuvre
alchimique. »
Le parti pris dont fait preuve Naudé appartient au XVIIIe siècle. On l'ignorait totalement au XIIIe et pendant tout

pict


Saint Thomas d'Aquin,
d'après Thevet.

54

.............................................................


INDEX DES TERMES, DES NOMS PROPRES ET DES AUTEURS.


A armes de Paris 26, 31
Arnauld de Villeneuve 59, 68, 80
Aaron 223 art de musique 96, 153
Abbon 20, 24 art gothique 190
Abraham 163 Arts libéraux 50
Abraham le Juif (livre d') 73 art sacerdotal 30, 49
abside 157 Arts sacrés 55
accidents 53 astragale 188
acier 113, 163, 181 Atalanta Fugiens 34
Adepte 50, 57, 61, 68, 72, 81, 99, athanor 37, 129
105, 107 Athéna 33
agathe 107 Attila 36
Age d'or 37, 165, 185, 211, 216 Autre Monde (1') 83
agent 34, 73, 127, 139 axe du monde 163, 195
agent secret 49
agriculture céleste 9, 125 B
aider la nature 73
aigles 43, 133, 149 Bacon (Roger) 55 sqq., 59
aimant 25, 32, 38, 56, 102, 150, Bacchus 33, 164, 170, 185, 207
163, 172, 180, 181 baigneur 164
Alain de Lisle 49 sqq., 123 Balzac 104
Alberic de Trois Fontaines 49 baphomet 129, 218, 225
Albert Le Grand 51 sqq., 59 Barris 31
alchimie pratique 30 Basile Valentin 37, 50, 53, 129,
Aliette 100 136, 160
Alleau (René) 9, 25, 30, 38, 67, Beausoleil (baron et baronne de)
72, 73, 95, 99, 166, 173 86 sqq.
alpha et oméga 141 Beauvais (Pierre) 199
Ame du monde 102 Beffe (Hubert de) 181
Ame métallique 192 belette 149
analogie 43, 66, 111 belier 37, 113, 129, 143, 176, 198,
Andreae (Jean Valentin) 61, 81 199, 200, 223
Anet (portail d') 173 belle au bois dormant 192
Anne d'Autriche 199 Bellier (Catherine) 199
annonciation 153, 163, 220 benitier 156
Anubis 32 Bernard le Trévisan 40, 66, 68
Apocalypse 136 Bernard (Samuel) 90
Apollon 31, 170, 175 Berthelot (Marcelin) 129
Apulée 30, 31 bienheureux 56, 57
arbre 135, 163, 165, 225 Borel (Pierre) 74
arbre séphirotique 214 bouclier 169
arbre-sel 192 boue 32
arbre sec 135, 149, 192 bourdon 145
arbre vert 135 Booz et JAKIN 157
arbre de vie 85 Bourdin (Nicolas) 19
arc brisé 190 Bourré (Jean) 136
arche 31, 219 Brantôme 140
arche de Noë 31, 159 Breton (André) 113
archée 31, 86, 115, 147, 159 Breul (abbé du) 21, 24
archéologie 115
Arès 37, 113, 143, 163 C
argonautes 28, 31, 41, 200
argot 28 cabale phonétique 28, 112, 115
Ariès 37, 113, 143, 163, 198 cabale solaire 84, 213
***

cabires 29 Colonna (Francesco) III 66
caducée 20, 30, 127, 144, 190 colonnes 47, 85, 123, 157, 214
Cambriel 103, 106 combat des deux natures 35, 144
caméléon 210 comète 224
Campanella 167 compas 196, 204, 213
Candy 103 conjonction 38, 172, 200, 224
Canseliet (Eugène) 38, 74, 84, continents 215
102, 109, 114, 136, 144, 153, 166, conversion 135, 188, 196
171, 196, 201, 204, 219, 225 Copernic 58
capot mortuum 146, 188 coq 183
Carnavalet 19, 195, 209 coquille 156, 157, 198, 206
Casanova 95 coquille Saint Jacques 145, 198,
catacombes 73, 166, 168 200, 213
Catherine de Médicis 173, 182 corbeau 41, 69, 75, 127
cendre 31, 129, 168, 192, 203, corbeille tressée 186, 195
223 corne d'abondance 19
Cendrillon 203 cornucopie 209
centaure 204, 207 Coronis 41
Cérès 168 Corrozet (Gilles) 20, 24, 26, 158
cerf 154, 155, 173 Cosmopolite 38, 50, 59, 81, 93,
cerf volant 146 147, 156, 216
César 19 couleurs 80, 98, 131, 203
chabot 149, 223, 226 couleur verte 38, 129, 131, 136
Chacornac (Paul) 55, 95 couronne 129, 175
chameau 133 couronne d'épines 136
Champagne (Julien) 114 Court de Gebelin 26, 100
chaos 23, 28, 102 couteau 56, 163
chapeau noir 203 creuset 81, 136
Chapoutier (Fernand) 29 cristal 53
Charles (Emile) 57 croisades 136
chaux vive 36 croisées d'ogives 190
chêne 31, 105, 133, 147, 165, 188 croix 81
chêne creux 31 cromlech 37
chêne du Mambré 163 cul de four 140, 157
chênes parlants 29, 31 Cybèle 21, 215
chevaux du Soleil 213 Cyliani 66, 104, 139, 207
chèvre 131, 153, 186 Cyrano de Bergerac 38, 81, 83,
Chevreul 106 141
Chimère 131, 153
Chiron 41 D
Christophe de Paris 70
Christian Rosenkreutz 61, 81 Dagobert 33
ciel empyrée 50 Dame à la Licorne 57, 150, 180,
ciel terrestre 37, 125, 153, 160, 196
209 dauphin 156, 157, 201, 210, 223
clef 78, 153, 186 déesse-mère 142
Clément IV 55 Déjanire 204, 206
Clopinel (Jean) 65 Delorme (Philibert) 173
Clovis 34, 36 Demeter 23, 33, 155, 223
coction 25, 147 demi-dieux 57
Coëtlogon (A. de) 26 démon 169
coeur 85, 141 Denis 32
Colbert 166 Descartes 81
désir 150
228

@

devises 140 étoile de l'Orient 213
diable vert 168 étoile du compost 64, 75
Diane 19, 23, 31, 170, 173, 196 Etoile Flamboyante 38
Diane de Poitiers 173, 196 étoile des mages 164, 209
dionysiaque (principe) 219 étoile polaire 35, 213, 226
Dionysos 33, 64, 133 étoile terrestre 74, 170
dioscures 27 Etteila 100
diplomate 60 éveil 66
dissolvant universel 37, 67, 111, extraction 188
133, 155 Ezéchiel 135
Don de Dieu 37, 49, 61
don des langues 61 F
Donneur de Gris 43
Doumayrou (Guy-René) 182 famille métallique 53
dragon 24, 34, 35, 139, 143, 165, faucon 153, 186
170, 215, 225 fée 24, 180
dragons ailé et aptère 35, 144, femelle 34, 145
Du Boulay 49, 61 Femme sans tête 204
Duchamp (Marcel) 15 fer 34
Dujols de Valois (Pierre) 88, 114 fermentation 33, 163
fesses 38
E feu 31, 37, 43, 50, 53, 186, 192,
$ 206
eau bénite 156 feu aqueux 37, 67, 198, 203
eau des sages 40, 165, 186 feu salin 87
eau ignée 37, 67, 198, 203 feu secret 37, 109, 140, 141, 144,
eau philosophale 220 149, 168, 196, 203, 213
écailleux 176 feu sidéral 139
échevins 27 fève 223
échine 186 filet 23, 149, 157, 188, 223
Echinéis 156 filet délié 136, 213
écritoire 73 fixe et volatile 153, 188
écrivain 73 Favyn (André) 26
égide 175 Flamand (Elie Charles) 76
éléments 147, 210 Flammarion (Camille) 166
Eleuthère 32, 33 Flamel (Nicolas) 30, 71 sqq., 134,
Elie 85 145
élu 105 flos coeli 210
énergie solaire 95, 98 fondement du Grand _uvre 24
enfer 168 fontaine 40, 67, 139, 142, 163
épée 56, 67, 78, 133, 149 fontaine de jouvence 24, 35, 43,
épée flamboyante 140 133, 165, 192, 210
épervier 186 fontaine de vie 66
Epistémon 149 fontaine du Parvis de Notre
équerre 196, 204, 213 Dame 41
Erlanger (Irène Hillel) 111 fou 127, 146, 189
escarboucle flamboyante 67 foudre 201
Esculape 41 four 36
esprit astral 105, 207 Fournier (Edouard) 192, 210
Esprit Gobineau de Montluisant François I" 140, 156, 181, 211
92 François (René) 193
esprit minéral 192 Frazer (James George) 35
esprit universel 25, 32, 38, 40, 93, frère et soeur 226
105, 181, 210, 220 Fulcanelli 16, 23, 33, 37, 41, 43,
Etampes (duchesse d') 140 69, 72, 74, 81,103,109,113 sqq.,
étoile 34, 38, 170, 208, 209, 219, 123,127,129,134,145,163,165,
223 176,188,195,201,203,220,224
***

G histoire 62
Hoefer (Ferdinand) 51, 53, 64,
G 188, 189 69, 70, 79
Gabertin et Beya 226 homme philosophique 59
Gabrielle d'Estrée 189 homme vrai 25, 85
galaxie 160, 172 Hortulain 70
galle 188 Horus 32
galette des rois 164, 223 houlette 38
Gassendi 83 Huginus A Barma 211
gay-sçavoir 57, 66, 195 Hugo (Victor) 15, 123
Génèse 9, 23, 31 humide radical 93
Gilly 111 Husson (Bernard) 105
Gmelin 80 Hypnerotomachie 66
Gnose de Princeton 216
Gobet (M.) 87 I
Gorceix (Bernard) 81
Gorgone 176 Ichtus 156
Goujon (Jean) 173, 185, 209 Inca 183
Goulard (Roger) 89 initiation 183
Graal 129, 204 intelligence du coeur 66
GrAce 111 Isia 20
graisse de la terre 25 Isis 20 sqq., 26, 32, 171, 173, 183,
Grand Jeûneur 43, 93 215
Grande Déesse 32 Isis (statue d') 21
Grande Ourse 50
Grasset d'Orcet 115 J
Grasseus (Joannus) 70
greffe 149 Jacques d'Amboise 144
griffon 43, 133, 139 Jacques Girard de Tournus 59
grillage 186 Jacques de Voragine 33, 153, 154
gris 43 Jean de Fitanza 69
Grodecki (Louis) 135 Jean de la Fontaine 66
Grosparmy (Nicolas) 75 Jean Goujon 173
Guénon (René) 59 Jean de Meun 57, 65 sqq., 69
Guillaume de Lorris 65, 179 Jean de Paris 55, 57
Guillaume de Paris 68 jeu des enfants 186
Guillot de Paris 192 Jeûneur de Notre Dame 41 sqq.,
69
H Jobert (Dr Alphonse) 110
Joël Joze 111
Hatt (J.J.) 27 Juppont (Pierre) 85
Hautecoeur (Louis) 157 Jupiter 27, 170
Haymon 215
Hécate 16, 23, 196 K
Henri II 173, 182
Henri IV 185 kaléidoscope 111
Hera 25, 33 Kemit 32
Héraclite d'Ephèse 53 Krysophore 70
Hercule 24 sqq., 143, 204, 207, Kunrath (Henry) 160, 168, 201
215
hermaprodite 25, 219 L
Hermès 16, 221, 223
Hermès Trismégiste 134 labarum 201
héros 25, 57, 181 Labourt 43
Hésiode 23, 57 lacs d'amour 188, 213
Hespérides 24 Lafaye (G.) 20
Hillel Erlanger (Irène) 111 lait des étoiles 160
Lalande (Dr) 59
229
@

M
langue des dieux 28, 84, 213 Magophon 102
langue de nature 57 Maia 19
langue diplomatique 56 Maïer (Michel) 34
langue des oiseaux 28, 57, 84, maître 85, 196
156, 213 maître des expériences 56
langue universelle 10, 84 Maître Pierre 43, 56
Lasteyrie (Ferdinand de) 125 Maître des Sentences 55
Latone 31 mAle 34
laurier 175, 213 MAle (Emile) 123
Leda 27 Mantuan (Baptiste) 25
légende 62 Marcel 34
lèpre 102, 155 marchands de l'eau 26
Lenglet Dufresnoy 49, 54, 79 Marconay 91
Lénine 110 marécage 32
Leriche 103 marguerite 163
Lescot (Pierre) 182 marotte 190
L'Esprit (A.) 41, 69 Mars 19, 38, 129, 170, 200, 223
lettre et esprit 28 massacre des Innocents 134
Le Vau (François et Louis) 206 matière première 34, 102, 134,
Liber 33, 170 139, 145
lichen 102 matin de l'oeuvre 225
licorne 150, 153 médiateur secret 159
lièvre 133, 188, 219 médecine universelle 103
Limojon de Saint Didier 37, 41, Méduse 176
43, 123 Melun 21
Linthaut (Henry de) 225 Mélusine 142, 172, 180
lion 43, 147, 150, 198, 201 menhir 43
lion vert 133, 168, 201 mer des sages 35, 156, 172
lion volant 224 mercure 33, 35, 58, 70, 127, 156,
litanies de la Vierge 209 186, 190, 195, 201, 225
livre à clef 66, 84 Mercure 19 sqq., 25, 32, 170,223,
livre fermé 37, 72, 131, 134, 153, 22478,111,
210 mercure animé 43, 224
livre ouvert 37, 72, 156, 163 mercure commun 67,
Logos Galaton 113 127, 135, 146, 172, 196,198,224
loi première 73, 165 mercure des Sages 33,50,64,
losange 223 133, 147, 172, 188, 196, 224
Louis XI 136 mercure double 172, 195
Louis XIV 76, 167, 182, 199 mercure philosophique 25, 74,
Luis XV 95 92, 127, 133, 172, 188, 196, 203,
loup 37, 129 224
loyal serviteur 111 mère des dieux 142
Luanco 62 mère de la lumière 142
Lucas (Paul) 76 mère de l'oeuvre 70
Lucifer 29, 139, 190 mère des métaux 24
Lug 19 mère folle 146, 225
lumière 98, 139 mère l'Oye 73
lumière métallique 129, 225 mère universelle 181, 182
Lumière sortant par soi-même merelle 156
des Ténèbres (La) 31 mesures 166
lune 40, 93, 129, 190, 196, 224 métaux philosophiques 192
Lusignan 142 meule 203
Lutèce 16, 19, 20, 24, 32 Michell (John) 37
Minerve 19, 176, 223
***

minuit 23, 172 or 34, 141, 164
miroir 43, 50, 85, 127, 129, 215 or enfant 70, 170
miroir d'airain 176 or des sages 31, 64, 136, 146, 201
miroir de l'art 127, 153 or philsophique 127
miroir de la nature 129 ordre de Saint Michel 136
miroir de la vérité 195 orient 185
Miroir de Vérité (Speculum Veritatis) orme 195
38, 201 orphiques (hymnes) 29, 31, 33
miroirs ardents 56 Osiris 32, 33, 170, 173
monde de la lune et monde du Ostanès 56
soleil 84 Ouranos 223
Monsieur Legris 41 sqq., 69 ouroboros 185, 224
Montfaucon de Villars 58, 107 ourse 50, 214
Montjoie 34 ourson 219
Monteil (Armand-Alexis) 76 Ovide 41, 213
Mont Valérien 36, 37
mouton 37 P
mort 67, 75
Mozart 199 Pan 129, 199
Mutus Liber 74, 149 paon 149, 223
pantoufle de verre 203
N paradis terrestre 37, 67, 85, 153
Parisien 75
Nanterre 36 parole 115, 142, 196
Nature 50, 181 Parrot (André) 57
natures (deux) 127, 140, 144, 206 particulier 104
Naudé (Gustave) 54, 62 passeur 155
Nautes parisiens 27 patient 34, 70, 139
néophyte 155 Pausanias 29
Nephtys 32 pays 60
Nessus 163, 204 Peau d'Ane 136, 146
Nicolas Valois 75 Pégase 40, 176
nitre 38, 181 pentagramme 218
noblesse 142 pélerin 75
Noël 170 pélerinage 72, 75
Noël (Fr.) 170 pélican 160
nord 218 Perenelle 71, 74
noire (couleur) 50, 127, 129, 139 Pernety 32, 35, 36, 71, 168, 186
nostoc 25, 102 Perrault (Claude) 166
Notre Dame des champs 33 Persée 176
Nostre Dame dessoubs terre 23, Perséphone 34
166 phénix 33, 127, 190, 219
Notre Dame de Rocamadour 62 Philalèthe 9, 32, 100, 109, 209
nymphe 105, 207 Philibert Delorme 173
Philippe Auguste 26, 32, 168,
O 179
Philippe le Bel 65, 158
oeuf philosophai 20, 201 Phoebigène 43
oeuvre (premier) 37, 67, 133, 139, Phrixus 200
186 Phylactère 144
oeuvre (second) 25, 43, 189, 196 picard 57
oeuvre (troisième) 25, 92 Picard (Eudes) 19
Offerus 153 pierre 57, 160
oie 165 pierre cubique 166
Olivet (Fabre d') 31 pierre de pouvoir 43, 53
Olympe 38 pierre des philosophes 24, 33, 38,
ondes 38, 134, 156 43, 131, 143, 144, 195, 200
230

@

pierre philosophale 10, 24, 61, Renaissance 173
66, 67, 127, 136, 143, 159, 160, rets subtil 136, 213
175, 190, 200, 201 rêve 66, 105, 150
Pierre d'Abano 59 Rhea 25, 33
Pierre Peregrin de Maricourt 56 Richelieu 86, 87
Pierre Joseph 59, 61 rocher 139, 200
Pierret (Rémi) 109 roi et reine de l'oeuvre 188
Piganiol de la Force 167 roi fou 147
pilote 136 roman 57
pivot de l'art 164 Roman de la Rose 61, 65 sqq.,
planètes 170, 223 179
poisson 149, 172 Rosaire 61
poisson d'or 135 rose 61, 66, 81, 123, 160, 190,
Poisson (Albert) 180 204, 213
pôle 115, 164, 219, 226 Roses de Notre Dame de Paris
pomme de pin 164 123
Pompadour (marquise de) 95, 99 Rose-Croix 81
Ponthieu (Amédée de) 34, 35, 40, Rosenkreutz (Christian) 81
41 Rosmerta 19, 23, 27
porte du ciel 209 Rossignol (J.P.) 9, 29
portier du temple 211 Roue 125
pot de terre 206 rouge 69
Pradeau (Gabriel) 61 Rouillard (Sébastien) 23
principe 31, 66, 86, 115, 134, 219 Rustique 32, 33
principe d'identité 10, 66 Ruyer (Raymond) 216
Probst (J.H.) 62
Proserpine 33, 168 S
prostituée 34
Proverbes 28 sabot 164, 170, 203, 223
prudence 50 sagesse 28, 176
Prudence 123 Sagesse, Force et Beauté 175,
Psychomachie 123 181, 221
puits 35, 165, 166, 195, 209 Sagittaire 224
puits de Saint Germain des Prés Saint Antoine 40
24 Saint Christophe 40, 153
putréfaction 31, 32, 41, 64, 75, Saint Denis 19, 32 sqq., 38
127, 129, 165, 168, 188, 196 Sainte Geneviève 19, 32, 36 sqq.,
219
Q Saint Ignace 170
Saint Jacques de Compostelle 62,
qualités de l'artiste 52 72, 75
Saint Jean 225
R Saint Julien l'Hospitalier 154
Saint Louis 134, 136
Rabelais (François) 164 Saint Marcel 32, 34 sqq., 38
racines 24, 144 Saint Merry 218
rameau d'or 30 Saint Michel 34, 136, 139, 169
Ravaison (François) 91 Saint Pierre 153, 218, 219
Raymond Lulle 60, 62 sqq., 80 Saint Seine 40
Rebis 31, 35, 93, 115, 160, 188, Saint Germain (comte de) 95
219 sqq., 100
rébus 210, 213 Sainte Ampoule 181
Récréations hermétiques 105 salamandre 38, 58, 84, 127, 140,
règne de Saturne 129, 165 196, 210, 211
rémora 149, 198, 201 Salmon 92
Remore 84 salpêtre 38
rémouleur 203 sang du Christ 160
***

sanglier d'Erimanthe 207 Terrasse (Claude) 123
saturnales 165 terre céleste 125
Saturne 37, 129, 143, 147, 165, terre damnée 140
170, 206, 211, 216, 219, 224 terre des Sages 125
Sa u val 21, 35, 43, 71, 141, 159, terre vierge 195
192 tête de corbeau 50
sceau de Salomon 136, 149, 175 Teutatès 19
Schwaller de Lubitcz (Isha) 33 Theatrum Chemicum 55
sel 35, 37, 136, 192, 196 Thebah 31
sel de sagesse 50, 172 théophanies 157
sel des Sages 37 Thevet 68
sel d'étable 38, 141 thyrse de Bacchus 164, 185
Séléné 223 Thomas d'Aquin 51, 54, 59
Sémélé 33 tiers point 190
semence métallique 203 Timée 27
séparation 57, 135, 140 Titans 33
septentrion 35, 172, 190 toison d'or 29, 129, 200
serpente 142, 172, 180 tombeaux des rois de France 33
serviteur 155 toupie 164, 223
Sethon 52, 81 tour du Louvre 179 sqq.
Sévigné (marquise de) 209 transmutation 55
signe 176 travaux d'Hercule 67, 104, 105,
sirène 142, 172, 221 133, 207
Sirius 172 tressage 195
soi 182 tresses 225
soleil 34, 40, 87, 93, 125, 134, tricéphale 19
141, 156, 164, 170, 190 Tristan de Saint Amand 30
solve et coagula 188 trois points 190
Sothis 172 trophées 186
souffleur 79 trouvères 57, 65
soufre 34, 35, 50, 53, 61, 127, Troyens 24
135, 141, 147, 156, 164, 172, 192, Tuileries (palais des) 182
206 Typus Mundi 107, 216
souffre de l'or 163, 206
soufre rouge 131, 141 U
source de la Seine 40
spagyrie 53, 141 Université 41, 47, 55
sphinx 176, 201
sublimation 133, 149, 188, 225 V
sujet de l'Oeuvre 23, 33, 64, 211,
223 vaisseau 25, 26, 50
sujet des Sages 146, 171 vaisseau de terre 129
vaisseau d'Isis 26, 30, 31
T Valois (Nicolas) 75
vampire 145
Table d'Emeraude 43, 93, 129, Van der Linden (J.A.) 60
198 Van Dongen 111
Tacite 26 vase de l'art 31
Tao 57 vase de l'esprit 204
taureau 131 vase de Nature 31, 204
Tchoudy (baron Th. de) 38 vases (deux) 103
teintures 98 Vendeur de Gris 43
temple d'Isis 21 Vénus 19, 29, 67, 157, 170, 190,
temple maçonnique 157 223
temple de Mars 19 Vera 111
temple de Mercure 19, 32 verbe incarné 209, 214
Templiers 159 verge de fer 139
231
@

verge d'or 127, 159 Vierge Marie 23, 181, 209
verre 31, 192, 203 vigne 144
vertus 50 Villain (abbé) 71
Vesper 29, 190 ville 41, 47
Vesta 223 ville lumière 35
vêtement de pourpre 163, 206 Vinache 89 sqq.
Vices et Vertus 123 Vincelas Lavinius de Moravie
Vicot 75 209
vieillard 129, 133, 163, 201, 206, vin des sages 204
225 violette 149
vierge minérale 67, 163, 209, 220 Virgile 165
vierge noire 23, 24, 37, 166 Vita Sanctae Genot'efae 36
***

VITRIOL 53, 201 voyageur 60, 64
vitriol romain 53 Vries (J. de ) 19
voie 57 Vulcain 29, 38
voie courte 67, 159, 206 vulcain lunatique 37
voie humide 50, 102, 103, 159
voie longue 50, 102, 159 W.X.Y.Z.
voie sèche 67, 102, 103, 113, 133,
136, 159, 206, 211, 224 Waquet (H.) 20
voies (deux) 102 X 16, 153, 226
volatilisation du fixe 196 Ygé (Claude d') 93, 169
Vouivre 181 Zacaire (Denis) 79 sqq., 185
Voyages en Kaléidoscope 111 Zeus 33
Zodiaque 223
232

@

INDEX DES RUES ET DES LIEUX DE PARIS

A E
Écricains (rue des) (absorbée par
Arbre sec (rue de I') 192 la rue de Rivoli) 71
Archives (rue des) 158 Edgar Quinet (Bd) 168
Enfer (passage d') 168
B Étoile (place de 1') 112, 182

Bastille 86, 89 F
Beaubourg (plateau) 37, 220 Fontaine du Verbois 220
Beauvais (hôtel de) 199 sqq. Fontaine Saint Michel 139
Beauvais (rue de) 103 Four (rue du) 210
Beaux Arts (École des) 127, 173 Fourcy (rue de) 203
Belidor (rue de) 112, 113 François Miron (rue) 195, 199
Bièvre (rivière) 165 Frépillon (rue) (devenue rue Volta)
Billettes (couvent des) 158 89
Blanche (place) 112
Blanche (rue) 223 G
Blainville (rue de) 164
Blancs Manteaux (église N. D. Galande (rue) 154
des ) 213 Galerie du Bord de l'eau 185 sqq.
Bonaparte (rue) 173 Geoffroy l'Asnier (rue) 198
Bonne Nouvelle (boulevard) 111, Georges Caïn (Square) 211
113 Grande Armée (avenue de la)
Boucheries St-Germain (rue des) 182
(absorbée par Bd St-Germain) Grange (hôtel de la) 215
107 Grenelle (Bd de) 171
Bourbon (quai) 204
Braque (rue de) 214 H

C Hautefeuille (rue) 142
Henry Barbusse (rue) 33
Carnavalet (hôtel et musée) 19, Hirondelle (rue de 1') 140
195, 209 Hôtel de ville (rue de V) 203
ChAlons-Luxembourg (hôtel de) Hôtel-Dieu 41
198
Champs Élysées 182 I
Chenizot (hôtel de) 206
Cherche-Midi (rue du) 169 Ile Saint Louis 204 sqq.
Chevalier du Guet (rue du) (absorbée Innocents (cimetière des) 73
par rue Jean Lantier) 103 Institut 175
Clovis (rue) 156, 164
Cluny (hôtel de) 78, 144 sqq. J
Concorde (place de la) 112, 113
Contrescarpe (place de la) 164 Jardins de Saint Paul (rue des)
Cour carrée du Louvre 182 208
Cujas (rue) 51 Jean Ferrandi (rue) 169
Jean Lantier (rue) 193
D
L
Denfert-Rochereau (place) 168 Lambert (Hôtel) 206
Deux portes (rue des) (devenue Lavandières Ste Opportune (rue
rue Dussoubs) 83 des) 193
Douai (rue de) 223
Dussoubs (rue) 83
***

Léopold Achille (square) 211 Q$
Lepelletier de Saint Fargeau (hôtel) Quatre Fils (rue des) 213
211 Quincampoix (rue) 89
Le Reprattier (rue) 204
Louvre 179 sqq. R
Luxembourg (quartier du) 111,
113 Raspail (boulevard) 168
Rennes (rue de) 171
M Richelieu (rue de) 95
Rivoli (rue de) 71
Maillot (porte) 112, 113 Rochechouard (rue) 114
Maître Albert (rue) 51 Rohan (hôtel de) 213
Marivaux (rue des) (devenue rue
Nicolas Flamel) 71 S
Maubert (place) 51
Mazarine (rue) 107 Saint Aignan (hôtel de) 216
Ménilmontant (passage) 109 Saint André des Arts (place) 142
Marie Rose (rue) 110 Saint Antoine (faubourg) 103
Monbel (rue) 224 Saint Antoine (rue) 199, 210
Monceau (rue du) (absorbée par Saint Denis (basilique) 33, 36,
la rue François Miron) 195 219
Montagne Sainte Geneviève 16, Saint Denis (porte) 34
19, 33 Saint Denis (rue) 108, 219
Montaigne (Avenue) 111, 112 Saint Etienne du Mont (église)
Montmartre 16, 19, 33 156 sqq.
Montmor (hôtel de) 215 Saint Eustache (église) 21, 215
Montmorency (rue de) 220 Saint Germain l'Auxerrois
Mouffetard (rue) 164 sqq. (église) 189 sqq.
Saint Germain des Prés (église)
N 21, 171
Saint Gervais (place) 195
Nicolas Flamel (rue) 71, 219 Saint Gervais et Saint Protais
Nonnains d'Hyères (rue des) 203 (église) 195
Notre Dame de Paris 68, 70, 79, Saint Jacques (faubourg) 32, 83
92, 108, 123 sqq. Saint Jacques (rue) 51, 68
Notre Dame (square) 32 Saint Jacques de la Boucherie
Notre Dame des Blancs Manteaux (église) 16, 71, 78
213 Saint Louis en l'Ile (rue) 206
Notre Dame des Victoires (rue) Saint Martin (rue) 216, 220
104 Saint Martin des Champs (église)
16, 220
O Saint Marcel (faubourg) 35, 80
Saint Médard (église) 165
Observatoire de Paris 166 Saint Merry (église) 16, 37, 103,
Opéra (avenue de 1') 203 158, 218 sqq.
Saint Michel (boulevard) 51
P Saint Michel (fontaine) 139
Saint Paul (passage) 208
Parvis de Notre Dame 41, 53 Saint Paul-Saint Louis (église)
Payenne (rue) 211 208
Peirreire (boulevard) 224 Saint Sauveur (rue) 89
Perle (rue de la) 213 Saint Victor (faubourg) 35
Pierre Lescot (rue) 220 Sainte Chapelle 134 sqq.
Pierre Nicole (rue) 168
Poterie (rue de la) (absorbée par
la rue du Renard) 100, 103
233
@

Seine 15, 16, 36, 93
Sévigné (rue de) 209
Soufflot (rue) 51, 68

T
Temple (rue du) 215
Ternes (avenue des) 112
Tour Saint Jacques 71, 195, 219
Tuileries 182
Turbigo (rue de) 220

V
Val de Grâce (rue du) 168
Verrerie (rue de la) 100, 103
Vert-bois (rue du) 220
Vieille du Temple (rue) 213
Vincennes (prison de) 86
Vincennes-Neuilly (métro) 71

134 sqq.
***

TABLES DES ILLUSTRATIONS
« Lutèce ou le premier plan de la
ville de Paris » Plan « restitué », dans
Traité de la Police de Nicolas de Lamare
(1705) ..................................... 14
« Lutèce conquise par les Français sur
les Romains » idem ...................... 17
Isis. Tête de bronze découverte en 1675
à St Eustache (B.N., Cabinet des Médailles)
................................... 22
Ordonnance de 1699 définissant les
armes de Paris (A. de Coëtlogon et
L.M. Tisserand : Les armoiries de la ville
de Paris, 1875) ......................... 26
Sceau des marchands de l'eau, XII' siècle
(id.) .................................. 26
Armes de Paris sous le premier Empire
(id.) ...................................... 27
Monument des hautes parisiens ............ 28-29
50° emblème de l'Atalanta Fugiens de
Michel Maïer ............................... 35
Ste Genevière. Tableau de l'église St
Merry (Arch. phot. Paris) .................. 39
Tableau des Apprentis Philosophes Inconnus
l'Etoile Flamboyante, vers 1770) . 40
Monsieur Legris sur le parvis de N.D.
(cabinet des estampes du musée Carnavalet,
carton 76 B) ........................ 42
Le Grand Jeuneur. Un dessin de 1660
(Crypte archéologique du parvis de
N.-D.) ..................................... 43
« Troisème plan de la ville de Paris sous
le règne de Louis le jeune VII du nom »
Traité de la Police de Nicolas de Lamare.
(1705) ..................................... 46
Albert Le Grand (Thevet : Histoire des
plus illustres et savants hommes de leurs
siècles, 1671) .......................... 52
Saint Thomas d'Aquin (id.) ................. 54
Roger Bacon (B.N., cabinet des Estampes)
phot. B.N. ......................... 59
Raymond Lulle phot. Roger Viollet .......... 63
Jean de Meun (Thevet) ...................... 66
Saint Christophe à N.D. de Paris (gravure
du début du XVIII' siècle) ............ 70
Nicolas Flamel et Perenelle (Le livre des
Figures Hiéroglifiques de Nicolas Flamel
Escrivain, in Trois-Traitez de la Philosophie
Naturelle) Paris 1612 ................... 72
Ecritoire de Nicolas Flamel (id.) .......... 73
Pierre tombale de Nicolas Flamel. Arch
phot. Paris ................................ 77
Jean Valentin Andreae - Gravure du
XVIIe siècle - Cabinet des Estampes
photo B.N. ................................. 82
***

Portrait de Cyrano de Bergerac ............. 84
Instruments du baron et de la baronne
de Beausoleil (M. Gobet : Les Anciens
Minéralogistes de France, Paris 1779) ... 88
Portrait du comte de Saint Germain
(B.N., cabinet des estampe) phot. B.N. ..... 94
9° planche de La Très Sainte Trinosophie
(Bibliothèque de Troyes, manuscrit
n° 2 400, XVIII' siècle) ................... 97
Frontispice des Sept Nuances de l'Oeuvre
d'Etteila .................................. 101
Albert Poisson. (L'Initiation alchimique,
Paris 1900) ................................ 109
Alphonse Jobert. (Je sais tout, 15 sept
1905) ...................................... 110
Page de titre des Voyages en Kaléidoscope
d'Irène Hillel Erlanger, (Paris, Crés,
1919) ...................................... 112
Thermomètre dessiné par Van Dongen
(id.) ...................................... 113
Frontispice du Mystère des Cathédrales de
Fulcanelli ................................. 114
Itinéraire dans les rues de la Cité, de
l'Université et de la Ville
N.D. de Paris. Ensemble de la Rose
occidentale (Arch. phot. Paris) ............ 124
N.D. de Paris. Schéma de la Rose
occidentale ................................ 125
N.D. de Paris. Détail de la Rose occidentale
(dessin B.R.) et du Portail du
Jugement (Arch. phot. Paris)
Secteur I .................................. 126
Secteur II ................................. 126
Secteur III ................................ 126
Secteur IV ................................. 128
Secteur V .................................. 128
Secteur VI ................................. 128
Secteur VII ................................ 130
Secteur VIII ............................... 130
Secteur IX ................................. 130
Secteur X .................................. 132
Secteur XI ................................. 132
Secteur XII ................................ 132
Le Créateur entre le Soleil et la Lune
Vitrail de la Sainte Chapelle (Corpus
Vitrearum Medii Acvi Paris 1959) ........ 135
Fontaine Saint Michel ...................... 140
Salamandre de la rue de l'Hirondelle ....... 141
Serpente de la rue Hautefeuille ............ 143
Hôtel de Cluny. Frise de l'étage. Les
deux dragons ............................... 145
idem. Le fou ailé .......................... 146
Musée de Cluny. Table pliante du XV°
SC (Allemagne) l'Ane malade ................ 147
234

@

idem. Le roi et les quatre éléments ........ 147
idem. Le lion enchaîné ..................... 148
idem. Le jugement de Salomon ............... 148
Musée de Cluny. Tapisserie de la Dame
à la Licorne. « A mon seul désir » ......... 151
Musée de Cluny. Chapelle. St Christophe
et St Pierre ........................... 152
La légende de St Julien, 42, rue Galande
....................................... 154-155
Église St Etienne du Mont. Chapiteaux
des colonnes de la chapelle absidiale ...... 157
Église St Etienne du Mont. Vitrail : « Le
miracle des Billettes » .................... 158
Église St Etienne du Mont. Vitrail : « Le
Vaisseau de l'Église » ..................... 161
Église St Etienne du Mont. Vitrail : « Le
Pressoir Mystique » ........................ 162
Église St-Étienne du Mont-Vitrail : « Le
chêne du Mambré ». Détail .................. 163
Le Vieux Chêne, rue Mouffetard ............. 164
Le puits de la « bonne source », rue
Mouffetard ................................. 165
Notre Dame dessoubs terre .................. 167
Le lion vert de la place d'Enfer ........... 168
Le combat de Saint Michel, rue du
Cherche Midi ............................... 169
Allégorie du Grand Oeuvre. Décor d'Eugène
Canseliet pour la boulangerie
PoilAne .................................... 171
Les sirènes. Chapiteau de St Germain
des Prés ................................... 172
Portail du chAteau d'Anet. Cour de
l'Ecole des Beaux Arts ..................... 174
La Fontaine de la Sagesse. Cour de
l'Institut ................................. 176
Plan du Louvre de Philippe Auguste
(Viollet le Duc : Dictionnaire de l'architecture
française du XIe au XVIe siècle) 179
Le Louvre de Philippe « vu à vol
d'oiseau » (Hoffbauer, Paris à travers les
Ages) ................................... 180
Isis et l'Inca Cour Carrée du Louvre) ...... 183
Le coq et l'ouroboros (cour carrée du
Louvre) .................................... 184
« Donec totum impleat orbem : (cour carrée
du Louvre) ................................. 184
Bacchus et l'amphitète. Louvre, Galerie
du bord de l'eau ........................... 186
Le faucon grillé, Idem ..................... 187
Les deux chèvres et la corbeille. Idem ..... 187
Le jeu des enfants. Idem ................... 187
Le filet de l'oeuvre. Idem ................. 188
Mascaron de la porte Barbey de Jouy
Idem ....................................... 189
Le fou et sa marotte. Porche de l'église
St Germain l'Auxerrois ..................... 190
***

Schéma de l'arc « en tiers point » ......... 191
Le phénix. Porche de l'église St Germain
l'Auxerrois ................................ 191
La rose. Idem .............................. 191
Tronçons de carpe. Chevet de St Germain
l'Auxerrois ................................ 192
Le phénix et le soleil. Rue des Lavandières
Ste Opportune ....................... 193
Le mercure des philosophes. Stalle de
l'église St Gervais-St Protais ............. 194
L'orme de St Gervais. Balustrade en fer
forgé rue François Miron ................... 195
L'orme de St Gervais. Stalle de l'église
St Gervais-St Protais ...................... 195
Fac volatile fixum. Idem ................ 196
L'enseignement du maître. Idem ............. 197
La mort du composé. Idem ................... 197
La triple Hécate ou la « Diane de poids
tiers ». Idem .............................. 197
Tympan de l'hôtel de ChAlons-Luxembourg
du portail ........................... 198
Hôtel de Beauvais. Frise de la cour ........ 199
L'hôtel de Beauvais au XVIIC siècle
(cabinet des estampes du musée Carnavalet,
carton 63 B) ........................ 200
Hôtel de Beauvais. Sphinx de l'escalier .... 201
Le rémouleur, rue de Fourcy ................ 202
Le rémouleur, avenue de l'Opéra ............ 203
Emblème maçonnique, 43 quai Bourbon
........................................ 204
Hercule combattant le Centaure, 47,
quai Bourbon ............................... 205
Saturne. Mascaron du 51 rue St Louis
en l'île ................................... 206
Mascaron de l'hôtel Lambert ................ 206
Hôtel Lambert. Galerie d'Hercule. Hercule
combattant le Centaure (F. Contet,
l'hôtel Lambert Paris 1913) ............. 207
Hôtel Lambert. Galerie d'Hercule. Détail
des lambris (idem) ......................... 208
L'étoile de la mer. Église St Paul St Louis 209
Le puits de GrAce .......................... 209
« L'Abondance ». Portail de l'hôtel
Carnavalet ................................. 210
Salamandre du square Léopold Achille ....... 211
Trois médaillons, 20 rue de la Perle ....... 212
Les chevaux du Soleil. Hôtel de Rohan ...... 212
Le feu du ciel. Église N.D. des Blancs
Manteaux ................................... 214
La Fontaine de Jouvence. Idem .............. 214
Cybèle. Mascaron de l'hôtel de la
Grange ..................................... 215
Hercule .................................... 215
Hôtel de Montmor. Fronton du premier
étage ...................................... 216
Tête de maure ailée. Hôtel de St Aignan .... 217
***

Eglise St Merry. Le Baphomet ............... 218
Eglise St Merry. L'ourson et le lièvre ..... 219
L'ange du 57 rue de Turbigot ............... 220
Façade du 27 rue Pierre Lescot ............. 221
73 rue Blanche. Détail d'un linteau du
5e étage ................................... 222
73 rue Blanche. Le microcosme .............. 222
73, rue Blanche. La cendre ................. 222
73 rue Blanche. L'étoile du compost ........ 222
73 rue Blanche. Saturne et la comète ....... 222
Immeuble rue Monbel et 47 bd Perreire.
Ensemble de 1967 .................... 225
Immeuble rue Monbel et 47 bd Perreire.
Détail du couronnement de l'angle
en 1967 ................................ 225
Immeuble rue Monbel et 47 bd Perreire.
Tympan de la porte d'entrée ......... 226



Sauf indication contraire, les reproductions
de documents sont de Jean Michel
Roger, et les photographies de monuments
de Jorge Camacho.

235
@
@

Table des Matières
Avant-hier. Les mythes

Mercure et Paris ........................... 19
Isis et Paris .............................. 20
Héraclès à Paris ........................... 24
La nef des armes de Paris .................. 26
Trois légendes parisiennes ................. 32
Saint Denis ................................ 32
Saint Marcel ............................... 34
Sainte Geneviève ........................... 36
Monsieur Legris ou le Jeûneur de Notre Dame 41
Hier. Les Enfants d'Hermès à Paris
Alain de Lisle ............................. 49
Albert Le Grand ............................ 51
Thomas d'Aquin ............................. 54
Roger Bacon ................................ 55
Arnaud de Villeneuve ....................... 59
Raymond Lulle .............................. 62
Jean de Meun ............................... 65
Guillaume de Paris ......................... 68
Christophe de Paris ........................ 70
Nicolas Flamel ............................. 71
Denis Zacaire .............................. 79
Les « Rose-Croix » à Paris ................. 81
Cyrano de Bergerac ......................... 83
Le baron et la baronne de Beausoleil ....... 86
Vinache .................................... 89
Esprit Gobineau de Montluisant ............. 92
Le comte de Saint Germain .................. 95
Etteila .................................... 100
Leriche .................................... 103
Cyliani .................................... 104
Louis-Paul François Cambriel ............... 106
Albert Poisson ............................. 108
Alphonse Jobert ............................ 110
Irène Hillel Erlanger ...................... 111
Fulcanelli ................................. 113
------------------------------------------------
Annexes
Index des termes, des noms propres et des auteurs 228
***

Aujourd'hui. Les emblèmes alchimiques de Paris
La Cité
Notre Dame de Paris ........................ 123
La Sainte Chapelle ......................... 134
L'Université
La Fontaine Saint Michel ................... 139
La salamandre de la rue de L'Hirondelle .... 140
La serpente de la rue Hautefeuille ......... 142
L'hôtel de Cluny ........................... 144
42 rue Galande ............................. 154
Saint Etienne du Mont ...................... 156
A l'enseigne du Vieux Chêne, rue Mouffetard 164
La Vierge Noire de l'Observatoire .......... 166
Le lion vert de la place d'Enfer ........... 168
85 rue du Cherche-Midi ..................... 169
Les sirènes de Saint Germain des Prés ...... 171
Le portail d'Anet à l'École des Beaux Arts . 173
La fontaine de l'Institut .................. 175
La Ville
Le Louvre .................................. 179
Saint Germain l'Auxerrois .................. 189
La rue de l'Arbre Sec ...................... 192
Au 13, rue des Lavandières Sainte Opportune 193
Saint Gervais et Saint Protais ............. 195
Le portail de l'hôtel de ChAlons-Luxembourg 198
L'hôtel de Beauvais ........................ 199
Le rémouleur de la rue de Fourcy ........... 203
Dans l'ile Saint Louis ..................... 204
Une traversée dans le Marais ............... 208
Saint Merry ................................ 218
En s'éloignant vers le Nord ................ 220
73 rue Blanche ............................. 223
Les emblèmes de la rue Monbel .............. 224
------------------------------------------------
Index des rues et des lieux de Paris ....... 233
Table des illustrations .................... 234
@

Conception graphique de Jean-Jacques Vayssières.





Composition et impression : Maury, Malesherbes
Reliure : Brun Malesherbes
N° d'édition : 80504
N° d'impression : 180/8938
Dépôt légal : 4e trimestre 1980
Imprimé en France

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Bernard Roger est architecte. Ses études
lui ont permis de côtoyer, puisqu'il était
son élève, le grand Auguste Perret à l'esprit
résolument novateur.
Il a fréquenté longuement Breton et les surréalistes
et conservé leur amitié. C'est au
contact de ces merveilleux éveilleurs d'esprits
qu'il s'est passionné pour l'alchimie.
Dans ce domaine, il ne s'est pas contenté
d'étudier, il a voulu partager : il a travaillé
à la réédition d'ouvrages anciens d'alchimie
comme préfacier et traducteur.
Amoureux depuis bien longtemps de Paris,
de ses rues et du jeu de devinettes que
proposent ses monuments, il a écrit - construit
- son livre, le lecteur le sent, avec
bonheur. Si les références sont rigoureuses
et les citations savantes, à chaque page
aussi, notre guide se montre artiste et poète.

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Comme toutes les grandes villes, Paris est avant tout un labyrinthe, attirant le
voyageur vers un centre où l'on devine la
présence intense de clefs. Certaines
rencontres semblent constituer les ombres
portées sur la vie quotidienne.




81.03.45.4094.4

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