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Réfer. : 1908 .
Auteur : Anonyme.
Titre : Le Psautier d'Hermophile envoyé à Philalèthe.
S/titre : suivi du Dictionnaire élémentaire à l'usage des jeunes disciples.
Editeur : Editions Dervy. Paris.
Date éd. : 1997 .
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**** A T T E N T I O N ****
Ce document étant sujet à droits d'auteur,
n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.
**** A T T E N T I O N ****
Le Psautier d'Hermophile
envoyé à Philalèthe
suivi du
Dictionnaire élémentaire à l'usage
des jeunes disciples d'Hermès
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Les classiques de l'Alchimie
Collection dirigée par Geneviève Dubois
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Le Psautier
d'Hermophile
envoyé à Philalèthe
suivi du
Dictionnaire élémentaire
à l'usage des jeunes
disciples d'Hermès
Editions Dervy
34, boulevard Edgar-Quinet
75014 Paris
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(C) Editions Dervy, 1997
ISBN 2-85076-826-X
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SUR LES SOURCES
On ne sait rien du Psautier d'Hermophile, qui
est ici proposé par Pierre-Jean Joubert de la
Salette, ce chercheur en alchimie et en musique,
né à Grenoble en 1762 et qui fut 1'ami du frère
de Champollion. Il fit de nombreuses traductions
de textes alchimiques dont l'excellent « Dialogue
entre la Nature et le Fils de la Philosophie »
d'Egidius de Vadis.
J. Marcus de Vèze relate que « Hermophilus
Philochimicus fut le pseudonyme d'un auteur,
dont les aphorismes ont eu de nombreuses éditions,
les plus connues étant celles de 1608,
1609 et de 1624.
Voici le titre exact de cet ouvrage: Hermopolus
vel Hermophilus Philochemicus de anima
corporea, spiritu majoris et minoris mundi, seu
aphorismi basiliani, vel Canones Hermetis vol.
in 8, Marpurgi 1608, 1609 et 1624. Quant au
Psautier du même auteur, il est fort peu connu.
Le médecin parisien du XVIIe siècle, Guillaume
Salmon, rassembla des textes alchimiques
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8 LE PSAUTIER D'HERMOPHILE
dans sa
Bibliothèque des Philosophes Chimiques,
dont la première édition parut chez Charles
Angot en 1672 en deux volumes. Mais c'est
seulement dans la troisième édition de 1754, en
quatre volumes, que se trouve le Psautier d'Hermophile
(dans le quatrième tome, page 304). Il
se peut que ce soit Jean Mangin de Richebourg
qui l'ait inclus, car c'est lui qui « a revu, corrigé
et augmenté de plusieurs philosophes, avec des
figures et des notes pour faciliter l'intelligence
de leur doctrine » (Caillet - 9854).
Nous retrouvons une note page 168 du
Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, édition
Pauvert, 1964, où il est écrit que le Psautier
d'Hermophile figure dans
Traités de la Transmutation
des Métaux, manuscrit anonyme du
XVIIIe siècle.
Le rédacteur anonyme de ce recueil de cent
cinquante psaumes qu'est le Psautier d'Hermophile,
cite un bon nombre d'ouvrages et d'alchimistes
réputés qui viennent ainsi appuyer son
texte: Hermès, Pythagore, Senior, Petrus Bonus,
Paracelse Basile Valentin, Sendivogius, Le Cosmopolite,
Philalèthe, Lavinius, Trévisan, Synésius,
Zachaire, Riplée et les intervenants de la
Tourbe des Philosophes. Il nous donne également
un information sur la période à laquelle il
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LE PSAUTIER D'HERMOPHILE
ENVOYE A PHILALETHE
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I
Tous les philosophes sont d'accord, que
l'oeuvre des sages qui est la composition de la
pierre, peut être comparée à la création de l'univers.
En effet, cet ouvrage de l'esprit et de la
sagesse humaine, représente fort bien l'ouvrage
de l'esprit et de la sagesse divine qui a créé le
monde. Mais il y a cette différence, que Dieu
créa toutes choses sans avoir besoin d'aucun
sujet qui servit de matière ou d'instruments à
son opération, alors que le philosophe a besoin
d'une matière sur laquelle il travaille et du feu
comme l'instrument et le conducteur de son
ouvrage.
II
L'art qui est le singe de la nature, comme la
nature est le singe du créateur, travaille sur un
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14 LE PSAUTIER D'HERMOPHILE
certain chaos ou corps ténébreux et sépare
d'abord la lumière des ténèbres et comme il ne
peut pas créer cette matière, il la reçoit des
mains de la nature et de son auteur; et de cette
matière, il en compose son grand ouvrage. Dès
le commencement, le sage artiste n'a d'autre
soin que de la préparer avec industrie, de séparer
le subtil de l'épais et le feu de la terre, et de
tirer de ce chaos une certaine humidité mercurielle,
brillante et lumineuse qui contient tout ce
qu'il cherche.
III
Les éléments de la pierre qui sont l'eau et le
feu sont contenus dans ce chaos. Le feu et cette
eau sont le soufre et le mercure qui sont les
deux agents de la pierre et matériaux nécessaires
pour composer la pierre physique. Ces deux
matières sont toutes choses, sont partout et en
tout temps, mais il ne faut pas les chercher indifféremment
partout, même en toute sorte de sujet,
parce que la nature les a merveilleusement enveloppés;
ce qui a obligé tous les philosophes à
dire et enseigner qu'il faut quitter toute sorte de
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ENVOYE A PHILALETHE 15
nature étrangère et prendre la nature métallique,
minérale et ce du mâle et de la femelle.
IV
Ce mâle et cette femelle sont le soufre et le
mercure, l'agent et le patient, le soleil et la lune,
le fixe et le volatil, la terre et l'eau ou le ciel
et la terre contenus dans le chaos des sages qui
est leur sujet primitif dans lequel ils sont
conjoints ensemble naturellement, avant que
l'artiste y ait mis les mains. Mais, s'il en veut
faire quelque chose, il est nécessaire qu'il les
sépare, qu'il les purifie et qu'ensuite il les réunisse
d'un lien plus fort que celui que la nature
leur avait donné. Et ainsi, d'un il fait deux et
de deux, un, et par ce moyen, il est composé un
chaos artificiel d'où sortent de suite les miracles
du monde ou de l'art.
V
Du premier chaos ou sujet primitif, créé des
mains de la nature, l'art sépare et purifie la
matière et ôte par ce moyen toutes les impuretés
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16 LE PSAUTIER D'HERMOPHILE
qui sont les obstacles ténébreux opposés aux
opérations lumineuses de la nature. Ainsi il
engendre et fait sortir de ce chaos, Diane et
Apollon ou bien la lune et le soleil qui naissent
de Délos, c'est-à-dire par la manifestation des
choses cachées. C'est la première opération où
l'artiste compose l'or vif, ou le soufre des sages
et leur mercure et leur argent-vif et les ayant
unis tous deux, il en fait le mercure des sages
dont le père et la mère sont le soleil et la lune.
VI
Le mercure des philosophes est l'enfant du
soufre et de l'argent-vif suivant la doctrine du
Cosmopolite et de tous les sages. C'est ce mercure
ou argent-vif des philosophes qui suffit à
l'artiste avec le feu; et de ce mercure seul, on
peut faire un or véritable et bon à toute épreuve.
Cet or, tout de feu et plein de vie, le faisant
rentrer par une solution nouvelle dans son chaos
et l'en faisant sortir derechef, on en compose un
agent qui triomphe de toutes les impuretés
métalliques et l'on peut le multiplier à l'infini,
disent les sages.
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DICTIONNAIRE
ELEMENTAIRE
A L'USAGE DES
JEUNES DISCIPLES
D'HERMES
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DICTIONNAIRE ELEMENTAIRE
A L'USAGE DES
JEUNES DISCIPLES D'HERMES
- Le premier sujet et le feu sont indispensables
dans l'oeuvre.
- De la préparation du premier sujet résulte
une humidité mercurielle brillante et lumineuse.
- Il y a un sujet particulier propre à l'oeuvre.
- Il faut tirer deux choses du sujet et puis les
réunir par l'art.
- Il faut en ôter toutes les impuretés pour en
faire sortir les choses cachées et tirer d'un chaos
le soufre et le mercure, qui étant réunis, font le
mercure des sages.
- Ce compost qui est le mercure des philosophes
suffit, moyennant le feu, pour faire l'or.
Celui-ci, rentré dans son chaos et sorti de ce
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110 DICTIONNAIRE ELEMENTAIRE
même chaos, triomphe de toute impureté métallique
et peut se multiplier à l'infini.
- Le premier chaos ou sujet est composé du
sang du dragon et de la saturnie végétable.
- Le premier chaos ou sujet est le composé
de sages et contient les quatre éléments.
- Le premier sujet ou le composé est corporel
et spirituel.
- Le premier sujet ou chaos ou composé est
fait de deux, soufre et mercure et des trois principes
et des quatre éléments qui commencent à
se concilier ensemble.
- Du chaos général dérivent ceux particuliers
des trois règnes. Le chaos minéral qui contient
le soufre et le mercure dans un même sujet est
la première matière de l'artiste.
- Le chaos des sages se tire du même premier
sujet ou première matière selon les diverses opérations
de l'art, imitateur de la nature et d'après
les dispositions de la semence ordonnée de Dieu.
- Le premier sujet est la matière de l'art qui
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DES JEUNES DISCIPLES D'HERMES 111
se compose de trois substances par le ministère
de Vulcain ou du feu.
- Cette première matière ou hylé qui est placée
entre le métal et la minière est un chaos ou
un composé de fixe et de volatil tout ensemble,
que les sages appellent hylé ou la première eau,
qu'ils tirent et composent du premier hylé naturel
et minéral que la nature avait composé des
éléments.
- Cette première matière ou composé se fait
par la destruction du corps et l'eau (ou second
hylé) qui en est l'âme, l'esprit et l'essence se
fait par la destruction de cette première matière.
- On n'a besoin que de cette eau ou âme pour
le commencement, le milieu et la fin de l'oeuvre.
Cette eau est deux fois née du mercure.
- Notre chaos, c'est-à-dire celui que tirent les
sages du chaos primitif, s'appelle encore magnésie.
- Notre chaos doit être purifié dans notre feu
pour en tirer le mercure philosophique revêtu de
la forme d'eau, pour pénétrer, dissoudre les
corps terrestres et réveiller le feu interne de la
nature, assoupi en eux.
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112 DICTIONNAIRE ELEMENTAIRE
- Le mercure des philosophes est enfermé et
emprisonné dans le chaos du premier chaos
minéral que présente la nature. Il en est tiré et
mis en liberté par le secours de l'art qui vient
aider la nature et qui commence où elle a fini.
Celui-ci l'aide à son tour à mesure que les
esprits se tirent de l'esclavage du corps et se
séparent des esprits grossiers de la matière qui
restent inutiles au fond du vaisseau.
- Le mercure ainsi dégagé des lieux de sa
première coagulation contient une double nature,
à savoir: une ignée et fixe qui lui est intérieure,
qui est le coeur fixe de toutes choses, permanente
au feu et le vrai soufre des philosophes. L'autre
humide et volatile qui est antérieure à la précédente,
qui est la plus pure et la plus subtile de
tous les esprits, la quintessence de tous les éléments,
la première matière de toute chose métallique
et le vrai mercure des sages.
- On distingue quatre sortes de mercure. Le
premier est celui des corps qui est la semence
précieuse dont se fait la teinture des philosophes,
mercure créé de Dieu. Le second est le bain et
le mercure de la nature, le vase des philosophes,
l'eau philosophique, le sperme des métaux dans
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DES JEUNES DISCIPLES D'HERMES 113
la graine (où réside le point séminal). Le troisième
qui se fait des deux précédents est le mercure
des philosophes. Le quatrième est le feu
secret, moyenne substance de l'eau.
- L'ancien chaos créé de Dieu contenait en
confusion et au repos les semences de toutes
choses et les contraires y demeuraient en paix.
Les semences métalliques comprises dans notre
chaos y sont aussi en paix et attendent que
l'artiste dise
Fiat lux, en séparant la lumière des
ténèbres, en réduisant la semence métallique de
puissance en acte, en rendant l'invisible visible.
- L'ancien chaos était toute chose et n'était
rien de particulier. Le chaos métallique produit
par la nature contient en soi tous les métaux et
n'est point métal. La nature commençait un
métal en lui, mais empêchée dans son cours, elle
ne vous a donné qu'un chaos.
- Le ciel et la terre des philosophes sont
contenus en confusion dans ce chaos métallique.
Il est une image de la mort et cependant la terre
catholique a une vie cachée.
- Le chaos minéral ouvert, les éléments séparés,
les éléments purifiés se réunissent en huile
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114 DICTIONNAIRE ELEMENTAIRE
en forme d'eau visqueuse qui est ce chaos ou
composé philosophique, et le soleil qu'il faut
nourrir et laver sort du sein de la mer. Le sage
marie le ciel et la terre et unit les eaux supérieures
aux inférieures.
- De ce chaos ou composé philosophique qui
est notre première matière, le sage en tire un
esprit visible, qui néanmoins est incompréhensible,
qui est la racine de vie du corps et le
mercure des philosophes, dont la liqueur doit
être rendue matérielle jusqu'à ce qu'elle arrive
à un degré de souveraine et parfaite médecine.
- Ce corps dont on tire un esprit qui est une
eau d'or sans corrosion, est informe et ressemble
à un chaos, à un avorton ou un ouvrage de
hasard. L'esprit qu'il contient est sous des formes
méprisables, aussi fait-on payer à vil prix
sa matière par les ignorants, tandis que les sages
et les savants l'estiment uniquement parce qu'ils
en connaissent la valeur.
- Cet être unique composé de deux substances
dont la troisième est cachée est le vaisseau
d'Hermès (les colombes de Diane) où l'air qu'il
faut cuire est un milieu entre le métal et le mercure.
C'est l'enfant philosophique, c'est une
**** A T T E N T I O N ****
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**** A T T E N T I O N ****
Mise en page par P.C.A.
44340 Bouguenais
Impression EUROPE MEDIA DUPLICATION S.A.
F 53110 Lassay-les-Châteaux
N° 4999 - Dépôt légal : Avril 1997
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PRIX: 75 F
9 782850 768262 ISBN: 2-85076-826-X
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