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Réfer. : 0905 .
Auteur : Hutin, Serge.
Titre : Robert Fludd.
S/titre : Alchimiste et philosophe Rosicrucien.

Editeur : Omnium Littéraire. Paris.
Date éd. : 1972 .
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**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****





A mon ami Julien Origas
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ROBERT FLUDD (1574-1637) ALCHIMISTE ET PHILOSOPHE ROSICRUCIEN
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R O B E R T F L U D D (1574-1637)
ALCHIMISTE ET PHILOSOPHE ROSICRUCIEN
PAR
SERGE HUTIN
Docteur ès Lettres Elève diplômé de l'Ecole pratique des Hautes Etudes (Section des Sciences religieuses) Ancien attaché de recherches au C.N.R.S.


1971 LES EDITIONS DE L'OMNIUM LITTERAIRE 94, rue Saint-Lazare -- Paris 9e
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Tous droits réservés pour tous pays, y compris l'U R. S. S., spécialement les droits de traduction et adaptation quelconque, pour le cinéma,
le théâtre, la télévision, la téléaudition, les machines parlantes, etc.
Printed in France.
La location et les prêts à titre onéreux du présent ouvrage sont interdits jusqu'au 31 décembre 1973, les infractions seront poursuivies.

(C) by « OMNIUM LITTERAIRE », Paris 1972.
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AVERTISSEMENT

L'ouvrage que nous publions ici est -- sous forme remaniée et complétée -- le mémoire que nous avions présenté en 1951
à l'Ecole pratique des Hautes Etudes (Section des Sciences religieuses)
pour l'obtention du titre d'Elève diplômé. Il nous faut
adresser nos remerciements les plus sincères à tous ceux qui nous
ont aidés dans nos recherches: le regretté Professeur Alexandre
Koyré (des Hautes Etudes); M. le Professeur Maurice de Gandillac;
M. le Professeur Henri Gouhier (également de la Sorbonne);
la Bibliothèque Nationale ainsi que celle du British
Museum, à Londres, qui ont mis à notre disposition tous les documents
nécessaires et nous ont permis d'obtenir des reproductions
photographiques. (Nous devons également remercier l'Institut de
France, qui nous avait permis de passer le mois de septembre
1950 à Londres.)
Dans l'ensemble, nous n'avons pas changé le texte de notre mémoire; nous avons seulement modifié quelques points de
détail, profitant notamment du plus long séjour que la Direction
générale des Relations culturelles nous avait permis de faire
en 1951-52 dans la capitale anglaise.

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INTRODUCTION

Le premier tiers du XVIIe siècle, ce que l'on peut appeler (du point de vue de la pensée rationaliste) la période pré-cartésienne,
est encore. malgré le nombre assez considérable des travaux qui
lui ont été consacrés, une époque assez obscure pour l'historien
de la philosophie, comme toutes les périodes de transition, d'ailleurs,
lorsque le déséquilibre économique et social s'accompagne
d'un trouble égal dans le domaine de la pensée, où des courants
complexes, multiformes et souvent assez mal définis s'affrontent.
Mais où l'ignorance de l'historien devient presque totale, c'est
lorsqu'il veut étudier l'extraordinaire résurgence de la philosophie
hermétique durant la période qui va de 1590 à 1630 environ.
Cette ignorance est presque voulue car, il faut bien l'avouer,
cette tradition de l'antique alchimie ne jouit pas, d'ordinaire,
d'un grand prestige auprès des chercheurs de formation universitaire.
Et pourtant, tout courant de pensée, même s'il est résolument
anti-« moderne », ne devrait pas être ignoré de l'historien,
du moment qu'il a été répandu largement et qu'il a exercé une
influence certaine: or, c'est le cas des traditions alchimiques
durant la première partie du XVIIe siècle qui fut, comme d'ailleurs
toute la période précédente, une ère encore très favorable aux
doctrines et pratiques de l'hermétisme (1). C'est l'époque, aussi,

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(1) Contentons-nous de citer quelques noms: Jacob Boehme (1575- 1624), le Philosophus teutonicus (voir Alexandre KOYRE: La philosophie
de Jacob Boehme, Paris, 1929, avec une bibl. détaillée, pp. 510-519.
Pour un exposé rapide de son système, cf. l'article d'E. BOUTROUX dans

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d'une manifestation des sociétés secrètes, et notamment de la
célèbre Fraternité de la Rose-Croix, qui a fait couler tant d'encre.
Mais, si divers spécialistes ont étudié les alchimistes rosicruciens
en les jugeant de l'extérieur, peu se sont vraiment attachés en
France à l'étude sympathique de leurs enseignements, sur lesquels
règne encore grand mystère. Néanmoins, il y eut, à l'époque, des
auteurs, qui se réclamaient expressément de l'idéal hermétique
rosicrucien, et exposaient dans leurs ouvrages les révélations de
la haute alchimie: le médecin anglais Robert Fludd, qui vécut
de 1574 à 1637, est le plus connu de ces grands alchimistes, à
cause de la polémique retentissante qu'il eut avec Mersenne et
Gassendi, mais sa philosophie secrète est demeurée fort peu
étudiée. C'est pourquoi il nous a semblé qu'une étude consacrée
à Fludd, et, par conséquent, aux doctrines alchimiques rosicruciennes,
était de nature à mieux mettre en lumière tout un aspect
si mal connu du XVIIe siècle à son début, et à éclaircir la genèse
d'une tradition particulièrement importante. Nous avons étudié
Robert Fludd, ce penseur si maltraité par la postérité (2), avec

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ses Etudes d'Histoire de la Philosophie). J.-B. Van Helmont (1577-1664),
le célèbre médecin hermétiste (voir P. NEVE DE MEVERGNIES: J.-B. Van
Helmont, philosophe par le feu, Liège et Paris, 1935). Jean d'Espagnet
(?-?-flor. 1633), magistrat bordelais et alchimiste (voir MICHAUD: Biographie
universelle, tome XIII, Paris, 1855, pp. 49-50, et J. FERGUSON:
Bibliotheca Chemica, Glasgow, 1906, tome I, pp. 248-250, avec bibl.).
Jacques Gaffarel (1601-1681), érudit et orientaliste (voir MICHAUD, op. cit.,
tome XV, Paris, 1856, pp. 347-348) et beaucoup d'autres...
(2) Les historiens de tendance rationaliste qui parlent de Fludd ne lui ménagent pas les reproches. Cf. par exemple R. LENOBLE, Mersenne ou
la naissance du mécanisme, Paris, 1943, p. 29: « L'âpreté de ces disputes
autour des balivernes de Fludd... ». Même les auteurs plus sympathiques
d'ordinaire à l'égard des alchimistes le traitent sévèrement;
cf. J. BRUCKER, Historia critica Philosophiae, Leipzig, 1742-44, tome IV,
p. 694. LENGLET DU FRESNOY, Histoire de la Philosophie hermétique,
Paris, 1742, tome I, p. 479: « Ses ouvrages ne sont ni fort communs,
ni fort nécessaires. » Peu nombreux sont les historiens extérieurs qui
mentionnent Robert Fludd en lui reconnaissant un mérite certain (voir
P. F. THOMAS, La Philosophie de Gassendi, Paris, 1889, p. 12. P. LAROUSSE
Dictionnaire universel, tome VIII, Première partie, p. 511. MICHAUD,
Biographie universelle, nouv. édit., tome XIV, Paris, 1856, p. 264). Plus
rares encore sont ceux qui lui décernent de vifs éloges (cf. pourtant
J. WEBSTER, Displayging of supposed witchcraft, Londres, 1677, p. 9:
« Our countryman Dr Fludd, a man acquainted with all kinds of Learning,
and one of the most Christian Philosophers that ever writ... »).
Notons qu'il ne faut pas confondre Robert Fludd avec son homonyme, dominicain anglais du XIVe siècle, qui s'est -- notons-le -- distingué également
dans l'alchimie, et a laissé quelques ouvrages aujourd'hui perdus.
(Sur ce Fludd, voir MORERI, Dictionnaire, tome VI, p. 122.)

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l'esprit le plus impartial possible, recherchant avant tout l'exactitude
dans l'exposé de son grand système rosicrucien d'alchimie
spirituelle et pratique. Les ouvrages de ce « philosophe » étant
fort rares, nous n'avons pas craint de multiplier les citations:
mais, pour ne pas alourdir l'exposé, nous avons cru bon d'en
rassembler la majeure partie dans les notes de chaque chapitre.
On trouvera à la fin du volume une table des abréviations utilisées.
Après une Bibliographie sur Fludd et ses oeuvres, nous essayerons, dans une première partie, de donner un exposé aussi succinct
et aussi précis que possible du problème rosicrucien, et des
conjectures les plus vraisemblables auxquelles on peut aboutir
sur la manifestation historique de cette grande fraternité occulte.
La seconde partie sera, tout naturellement, consacrée à la biographie de notre auteur, à ses multiples activités.
La troisième partie, de beaucoup la plus développée, exposera la philosophie rosicrucienne de Fludd dans ses rapports si étroits
avec la tradition hermétique.
Enfin, une quatrième partie, servant en somme de conclusion, situera le Rosicrucien anglais dans l'histoire de la pensée européenne,
et tentera de montrer l'intérêt que présente son système,
même pour l'historien qui se veut soucieux avant tout des destinées
du rationalisme.

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PREMIERE PARTIE

LES MYSTERIEUX « FRERES DE LA ROSE-CROIX »
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Notre but n'est pas ici de faire un exposé détaillé de la question, ce qui nécessiterait au moins tout un volume, mais
de donner un canevas permettant au lecteur de prendre un
aperçu rapide et aussi exact que possible d'un problème assez
obscur et qui a donné lieu à de multiples interprétations et exégèses
(1).

I
En 1614 et 1615, furent publiés à Cassel, en Allemagne, trois petits ouvrages anonymes, qui eurent tout de suite un immense
retentissement en Europe (2). Le premier écrit, intitulé Allgemeine
und General Reformation (Réforme universelle et générale),
n'était à vrai dire qu'une amusante satire décrivant une
tentative avortée du dieu Apollon de réformer le monde en faisant

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(1) On remplirait toute une bibliothèque avec les livres qui ont été écrits sur les Rose-Croix... Parmi les ouvrages généraux, on peut consulter:
R. S. CLYMER, The Book of Rosicruciae Philadelphie, 1949, 3 vol.;
Paul ARNOLD, Histoire des Rose-Croix, Paris, 1970; W. E. PEUCKERT,
Die Rosenkreutzer. Geschichte einer Reformation, Iéna, 1928, H. SCHICK,
Das ältere Rosenkreuzertum, Berlin, 1942; SEDIR, Histoire et Doctrines
des Rose-Croix, Bihorel, 1932, du même: Les Rose-Croix, Paris, 1953;
H. SPENCER LEWIS, Rosicrucian Questions and Answers, San José, 1954;
A. E. WAITE: 1) The Real History of the Rosicrucians, Londres, 1887;
2) The Brotherhood of the Rosy Cross, Londres, 1924, F. WITTEMANS,
Histoire des Rose-Croix, Paris, 1925.
Voir résumé de la question, in S. HUTIN, Les sociétés secrètes (« Que sais-je » ?), pp. 50-61.
(2) Les trois manifestes rosicruciens, ainsi que les Noces Chymiques, rééditées par F. MAACK (« Geheime Wissenschaften », tome I, Berlin,
1913); édition française B. GORCEIX (Paris, 1969).

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appel aux sages de l'antiquité et des temps modernes, récit
traduit presque littéralement de l'italien (3), lourd néanmoins
d'une signification symbolique en rapport avec l'alchimie. Mais,
à cet opuscule, était joint un autre ouvrage dont le contenu
devait s'imposer très vite à l'attention du public: la Fama Fraternitatis
Rosae Crucis (La Renommée de la Fraternité
de la Rose-Croix) (4), « adressée aux lettrés et aux
dirigeants de l'Europe », relatait la fondation et le développement
d'une société secrète, l'Ordre de la Rose-Croix. Le fondateur
présumé de la Fraternité, noble allemand du XIVe siècle désigné
seulement par les initiales C. R. C., avait, après un voyage au
cours duquel il aurait été initié par les sages alchimistes de
l'Arabie, organisé une société secrète aux buts à la fois hermétiques
et philanthropiques: ces hommes ne pouvaient exercer
aucune autre profession mondaine que le soin gratuit des
malades; ils devaient suivre les usages vestimentaires et les coutumes
des contrées qu'ils parcouraient; se réunir une fois l'an,
au jour C., à la « Maison du Saint-Esprit »; se chercher, chacun,
un disciple capable de lui succéder après son décès; avoir
le mot R. C. comme signe de ralliement; enfin, s'efforcer de
garder sans cesse le plus grand secret vis-à-vis du public, car
l'existence de la Fraternité devait être tenue cachée pendant cent
ans. Le fondateur avait même déclaré avant de mourir que sa
tombe serait découverte au bout de cent vingt ans. C'est, en
effet, ce qui arriva en 1604, où le tombeau de Fr. C. R. C. fut
découvert par hasard; et l'on y trouva, à côté du corps du
Maître, miraculeusement intact, toutes sortes d'objets symboliques,
un livre mystérieux (le Liber M., contenant toute la
connaissance) et même des inventions techniques prodigieuses
(une lampe perpétuelle, des « chants pétrifiés »...). A dater de
ce jour, la Fraternité pouvait révéler ouvertement son existence
et inviter tous les hommes instruits de l'Europe à entrer dans
son sein afin de partager les dons suprêmes, auprès desquels la
simple transmutation des métaux n'est, réduite à elle-même,
qu'un savoir vain et impie -- l'alchimie traditionnelle étant bien
plutôt la « médecine des trois règnes », comme disent les adeptes.
L'année suivante, en 1615, paraissait un autre ouvrage, la
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(3) C'est la traduction de l'Avertissement 77 des Ragguagli di Parnasso, « Centuria prima », de Bocalini. Voir une mise au point, suivie d'une
traduction anglaise du texte, dans WAITE, Real History..., ch. II, pp. 34-63.
(4) La Fama a été traduite en français par E. ÇORO (Paris, 1921).
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Confessio Fraternitatis Rosae Crucis (5), qui révélait enfin le nom
du légendaire fondateur de la Société: Christian Rosencreutz, et
la durée de son existence (1378-1484). En même temps, les postulants
éventuels se voyaient proposer un système d'initiations
successives, marquant comme autant de paliers dans l'acquisition
de la connaissance des véritables secrets hermétiques.
L'effet de ces manifestes venait à peine de se développer que paraissait, cette fois à Strasbourg en 1616, un livre d'une
plus grande étendue, intitulé Chymische Hochzeit Christiani
Rosencreutz. Anno 1459 (« Les Noces Chimiques de Christian
Rosencreutz ») (6). Dans ce conte allégorique, qui relatait les
étapes de l'initiation de Rosencreutz au Grand Oeuvre, se trouvaient
symbolisés les grands secrets (spirituels et pratiques) de
l'alchimie rosicrucienne.
Tous ces ouvrages, la Fama, la Confessio et les Noces Chimiques surtout, -- la Reformation, dont le contenu avait beaucoup
moins frappé les esprits, tomba rapidement dans l'oubli --,
eurent, d'emblée, un retentissement jusqu'alors inégalé, source
d'un nombre considérable de controverses et de discussions,
un nombre immense d'ouvrages, tant apologétiques que critiques,
virent le jour, consacrés aux mystérieux « Frères de la Rose-
Croix ». Dès 1616, paraissait l'Apologia, de Fludd, qui exposait
leurs grandes doctrines hermétiques. L'année suivante, Fludd
publiait son Tractatus apologeticus, son Tractatus theologo-
philosophicus et la première partie de son Historia, en même
temps que l'alchimiste allemand Michael Maïer (7) faisait paraître
plusieurs de ses ouvrages. De 1618 à 1625 environ, ce fut une
éclosion incessante de livres hermétiques rosicruciens, dont les
auteurs étaient Fludd, Maïer, Morsius (8) et des adeptes plus

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(5) Confessio Fraternitatis: traduction anglaise dans WAITE, Real History, pp. 85-98.
(6) Les Noces Chymiques ont été traduites en français et commentées par AURIGER (Paris, 1928), avec une introduction de M. Paul Chacornac.
(7) Michael Maïer (1568-1622), médecin et conseiller d'Etat de l'Empereur Rodolphe II. Ce fut le plus célèbre alchimiste allemand du temps.
Consulter: P. CHACORNAC, Michael Maïer in Le Voile d'Isis, Paris
année 1932, pp. 378-396 et 448-466; J. B. CRAVEN, Count Michael Maïer,
Kirkwall, 1910; J. READ, Prelude to Chemistry, Londres, 1936, pp. 228
et suiv.
(8) Joachim Morsius (1593-1642), ami de Jacob Boehme. Voir: Allgemeine Deutsche Biographie, tome XXII, Leipzig, 1885, pp. 327-328.
H. SCHNEIDER, Joachim Morsius und sein Kreis, Lübeck, 1929, cf. aussi PEUCKERT, Die Rosenkreuzer, pp. 229 et suiv.

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mystérieux, comme Gutman, réédité, ou Madathanus (9). Un grand
nombre de lettres curieuses adressées à la Fraternité furent alors
publiées (10).
De toutes parts les passionnés d'ésotérisme et de sciences occultes, les savants -- ainsi, naturellement, que les simples
curieux -- voulaient se mettre en rapport avec les « adeptes ».
Mais comme, à mesure que le temps passait, la Fraternité ne
donnait aucun nouveau signe de son existence -- à part l'apparition
inopinée d'affiches sur les murs de Paris -- et que beaucoup
de lettrés, dont le célèbre Descartes, affirmaient n'avoir pu
découvrir une seul « Rose-Croix », l'attention du public commença
à se lasser, d'autant plus que les savants raisonnables
étaient rendus sceptiques par l'apparition de nombreux apocryphes
attribués à des personnages illustres du Moyen Age ou
de la Renaissance (11), ainsi que par la floraison de légendes
absurdes (dont Gabriel Naudé a dressé un inventaire détaillé)
et par l'activité de charlatans qui, se prétendant « Rose-Croix »,
exploitaient la crédulité publique en vendant au peuple des
« élixirs de longue vie » et de la poudre permettant d'opérer
commodément la « transmutation » des métaux.
Finalement, surtout en France, l'attention se lassa, et bien que divers ecclésiastiques aient cru alors bon d'écrire des réfutations
des idées des Frères de la Rose-Croix, où ils voyaient des
athées, des « libertins » comme on disait à l'époque, beaucoup
de gens finirent par croire que la Fraternité n'était qu'une vaste
mystification, destinée à ridiculiser l'engouement des contemporains

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Morsius fut en relations avec Fludd au cours de son séjour en Angleterre:
H. SCHNEIDER, op. cit., p. 23, donne le fac-similé d'un autographe de Fludd, écrit sur une page du carnet de notes de Morsius.
(9) Aegidius Gutman est l'un des alchimistes les plus mystérieux de cette période et il n'est guère connu que par ses ouvrages. Voir T. FERGUSSON,
Bibliotheca Chemica, Glasgow, 1906, tome I, pp. 355-356.
H. Madathanus est le pseudonyme du médecin Hadrian von Mynsicht. Il fut peut-être l'ami de Fludd: le carnet de notes de Sir Richard Napier,
conservé à Oxford (Ashmol. MSS, N° 1380), contient, pp. 84-85, une
ordonnance rédigée par Fludd et prescrivant un remède dû à Mynsicht
(« Dr Fluds d: of dr. - Pilulae proprietatis Mynsichti - Pil. rosatae
Myns ») Le plus célèbre ouvrage de Madathanus, l'Aureum Seculum
Redivivum, a été réédité (cf. infra, note 30).
(10) On trouvera dans SEDIR, pp. 41-47 et 74-91, une liste des lettres adressées à la Fraternité.
(11) Voici, par exemple, un ouvrage attribué à Roger Bacon: Epistolae Fratris, R. B., Hambourg, 1618, in-8°.

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TABLE DES ABREVIATIONS UTILISEES

Anat.: Anatomiae amphitheatrum (1623).
Answ.: Doctor Fludd's Answer (1631).
Clav.: Clavis philosophiae et Alchymiae Fluddanae (1633).
Disc. de ung. armat.: Discursus de unguento armario (1662).
Med. Cath.: Medicina Catholica (1629-31).
Monoch. (in Anat.): Monochordum mundi symphoniacum (réédition
insérée dans l'Anatomiae amphiteatrum (1623). Phis. Mos.: Philosophia Moysaica (1638).
Phis. Sacr.: Philosophia sacra (1626).
Soph.: Sophiae cum moria certamen (1629).
Tract. apol.: Tractatus apologeticus (1617).
Tract. théol. Phil.: Tractatus theologo-philosophicus (1617).
Ut. Cosm., I, a: Utriusque cosmi historia, tome I, première partie (1617).
Ut. Cosm., I, b: id., tome I, 2e partie (1618).
Ut. Cosm., II, a, 1: id., tome II, 1re partie, section 1 (1617).
Ut. Cosm., II, a, 2: id., tome II, 1re partie, section 2 (s.l.n.d.).
Ut. Cosm., II, b: id., tome II, 2e partie (1624).

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TABLE DES PLANCHES HORS-TEXTE

Planche I : Robert Fludd ............................. 39
Planche II : Fludd savant (I) ......................... 64
Planche III : Fludd savant (II) ........................ 65
Planche IV : Fludd savant (III) ....................... 66
Planche V : Fludd savant (IV) ........................ 67
Planche VI : Dieu et le Monde ......................... 80
Planche VII : La Rose-Croix essentielle ................ 94
Planche VIII : La Création .............................. 116
Planche IX : La Chute ................................. 122
Planche X : La Pyramide de la Lumière et des Ténèbres 127
Planche XI : Les Trois Mondes ......................... 129
Planche XII : Le Macrocosme ............................ 133
Planche XIII : L'Homme-Microcosme ....................... 136
Planche XIV : Les Météores ............................. 142
Planche XV : Les Deux Principes ....................... 147
Planche XVI : La Musique des Sphères ................... 149
Planche XVII : Dieu, la Nature et l'Homme ............... 155
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TABLE DES MATIERES
Pages
Avertissement ........................................... 7
INTRODUCTION ............................................ 9
BIBLIOGRAPHIE ........................................... 13
A - Oeuvres de Fludd ................................. 13
B - Ouvrages sur Fludd ............................... 17
Ire PARTIE: LES MYSTERIEUX « FRERES DE LA ROSE-CROIX » .. 21
2me PARTIE: ROBERT FLUDD: L'Homme et l'Oeuvre ........ 37
I -- La vie de Fludd ................................. 41
II -- Les adversaires de Fludd ........................ 51
III -- Les ouvrages de Fludd: Caractères généraux ...... 57
IV -- L'oeuvre scientifique de Fludd .................. 61
V -- Les sources du Système .......................... 69
3me PARTIE: LA PHILOSOPHIE RELIGIEUSE DE FLUDD (Théoso-
phie hermétique rosicrucienne) ....................... 75
I -- Dieu et le Monde ................................ 77
II -- La Révélation hermétique ........................ 83
A) La Connaissance véritable et sa transmission . 83
B) Méthode d'exposition ......................... 103
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III -- La Création, la Chute et la Rédemption d'après
l'ésotérisme alchimique des Rose-Croix .......... 105
A) La Création et la Chute ...................... 105
B) La Rédemption ................................ 123
IV -- L'Univers et l'Homme. ........................... 125
A) Les Trois Mondes ............................. 125
B) Grandeur et misère de l'Univers et de l'Homme 138
1. La vie de l'univers et son gouvernement par
Dieu ...................................... 138
2. L'Homme ................................... 152
V -- Les Fins dernières .............................. 157
CONCLUSION .............................................. 165
Table des abréviations utilisées ........................ 169
Table des planches hors-texte ........................... 171
Table des matières ...................................... 173
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------------------ ACHEVE D'IMPRIMER LE 15 FEVRIER 1972 SUR LES PRESSES DE L'IMPRIMERIE LABALLERY ET Cie CLAMECY (Nièvre) ------------------

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Dépôt légal: 1er trimestre 1972 N° d'Editeur: 505
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