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Page

Réfer. : 0036 .
Auteur : Anonyme.
Titre : Procédé de Monsieur Danvers.
S/titre : Bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle.

Editeur : Mss 359.
Date éd. : 17xx .
@

Note au lecteur :
=================

Jean Vauquelin des Yvetaux (1651-1716), est le
rédacteur de cette copie.

Le présent manuscrit a été écrit avec un souci
de rapidité et d'efficacité.
Pour arriver à ces fins, le copiste a opté pour
les procédés suivants :

1) Beaucoup de termes récurrents ont été simplifiés
par des abréviations.
2) Très peu d'accents ont été portés, pour gagner
du temps.
3) Aucune apostrophe n'est présente pour la même
raison.
4) Les termes de chimie ont été remplacés par les
signes conventionnels de l'époque. A ce propos,
dans le corps du texte, les signes de chimie
peuvent être déclinés de la manière suivante :
re, ou laire, se lit : or solaire.
al, se lit : martial.
é, se lit : amalgamé.
eux, se lit : feu sulfureux, etc...
5) La ponctuation est presque inexistante.
6) Les signes de césures des mots sont absents.
7) Les ç sont écrits : c.

Par ailleurs l'orthographe est, bien entendue,
celle de l'époque de la rédaction.
Dans le cours du texte on passe du tutoiement au
vouvoiement, dans la même phrase, sans aucune difficulté.
J'ai laissé le texte avec cette particularité.


Pour rendre au mieux le document sans l'altérer,
j'ai été amené à prendre les libertés suivantes :

a) J'ai restitué les apostrophes dans le texte.
b) J'ai remplacé les abréviations par le mot
entier, à l'exception notable du mot philosophe
et de ses dérivés. Ils sont de la forme :
pphes pour philosophes, pphal pour philosophal, etc...
c) J'ai introduit une ébauche de ponctuation en
prenant bien garde à ne pas altérer le sens du
texte. (Je joint à ce document la version originale
du manuscrit pour que le lecteur puisse se faire,
éventuellement, sa propre opinion).
d) J'ai mis des signes de césure au mots coupés
d'une ligne sur l'autre.
e) J'ai rétabli les ç.

N. B. Pour les mots non identifiés, j'ai fait une
proposition, signalée par un (1), avec un renvoi
en bas de page, où une image du mot est fournie.

Le traducteur.

@
@

353



Procédé de Mr Danvers.


Le vulgaire peut devenir par une
préparation industrieuse tel qu'il vous plaira,
puisqu'il devient ou par la projection.
Il est donc capable de leur chaleur siccité
et solidité en beaucoup plus de
temps par vos préparations.
Le vif est la terre fertile des sages,
après sa due préparation, dont la 1ère est
de le bien épurer, sans laquelle préparation
physique il ne peut s'homogénéiser avec
les corps parfaits étant trop froid et
terrestre. La 2ème est de le chauffer physiquement
pour qu'il ait affinité avec les es supérieurs
des corps parfaits, pour qu'il s'y unisse
parfaitement. La 3ème est de le bien animer
d'une âme et forme fixe et parfaite, n'en
ayant point de soi, et recevant celle des
métaux comme la cire reçoit l'impression
d'un cachet, et de même que la terre reçoit
en soi la pluie dont elle s'engraisse,
et s'imprègne des vertus de l'eau pour en faire
ses productions, de même le vif lorsqu'il est
épuré et échauffé physiquement, reçoit l'âme
du et de la s'en imprègne et fermente,
et se joint naturellement à eux comme l'homme
à la femme, et contient réellement par là, la
vertu et propriété de ces 2 corps parfaits,
qui se concentrant(1) naturellement en lui, l'animent.
L' comme il vient des montagnes étant
mêlé de pierres et d'excréments de sa minière
n'est jamais pur, il se purifie par digestion.
La digestion est un eux dont le métallique
est le meilleur, et quoique les artistes le
préparent par un végétable, c'est-à-dire avec
le , cette digestion n'est pas naturelle. Or la
raison pourquoi le sépare le régule des scories
est que le impur de l' est plus végétable
que métallique, partant tu dois le purifier avec le
sorti du vif, et non pas des sels, car ce
métallique se réduit lui-même en
L dans le magique et non ailleurs, et se
fait ainsi. 4 de ou clous de maréchal,
et les rougissez en au four à vent,
puis jetez dans le 9. d', faites grand feu
jusqu'à ce que le soit fondu comme minérale
dans l', et, pour hâter la fusion, jetez
O

1 - Mot douteux :
pict

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354

dans le avec une cuiller de fer 2 de et
les laissez travailler ensemble dans le , qui
doit être assez grand crainte que la matière ne se
répande, jusqu'à ce qu'il ne fasse plus de bruit
dans le , que tout soit bien fondu, alors retirez
le et le laissez refroidir, le battant
avec un bâton pour précipiter au fond le régule
de : ou bien ayant tiré le dit du feu,
versez-le dans un cornet de fer frotté de
suif, et il s'y fera un régule, que tirerez d'abord
que la matière sera refroidie, séparez-le avec
un marteau des scories, qui ressemblent
assez à une marcassite. Mettez ce régule
en un autre nouveau à résoudre, et lorsqu'il
sera fondu, jetez y 1 de pour le rendre
plus pur qu'auparavant, cela fait retirez
votre , séparez-en les scories, et il sera encore
plus beau que la 1ère fois. Fondez-le pour la 3ème
fois et y ajoutant encore 1 de , et quand le
fondu surnagera comme une à grand feu,
tu sépareras le régule des scories, encore plus
beau, plus pur, et plus métallique qu'auparavant.
Si les scories sont de couleur d', tu as bien
opéré, car ce régule sera blanc comme argent,
et auras dessus une belle étoile, et si tu n'as
pas manqué, ce régule pèsera 4 , et cette
opération se pourra faire environ en 3 heures.
Remarque que ce n'est pas le qui sépare
de la sorte l' de ses scories, mais l'
extrait l'âme du , c'est-à-dire son meilleur
, et le réduit en , et ce n'est que feu, et la
vertu du qui dans l' digère le indigeste,
et sépare la mine d'avec le métal.
Tu dois aussi savoir que le de est caché
dans cet purgé, sous la blancheur du d',
car la blancheur de que tu vois en ce régule
n'est pas de son , mais de sous lequel est caché
le de , qui n'est autre chose que . Le de
n'est aussi dans le d' qu'un esprit et un
air vif dans le d', jusqu'à ce qu'il vienne
en corps, c'est-à-dire en , et séparé alors
du d'.
Si tu entends donc ce que c'est que le qui purge
l' vulgaire, tu entends aussi ce que c'est qui purge et digère
l' des sages, puisque tu as à présent séparé
l' des excréments de sa mine, sache qu'il ne laisse
pas d'y avoir encore en lui de l'immondice ou
brûlant, lequel étant séparé de l' retourne

@

355

en son 1er être ou 1ère matière, qui n'est rien que
feu, être n'est que l' vive composée du
plus grand arcane de la nature.
Or l'opération par laquelle tu sépareras le
de l' purgé, c'est-à-dire du régule d', est admirable.
La est morte dans le , et il doit
être revivifié par sa propre et seule vie, et
non par la vie d'une autre, c'est-à-dire par ce qu'il
était auparavant, avant qu'il soit mort,
en quoi la vie est exubérante et immortelle.
C'est pourquoi il faut que la nature vivante
ait la nature de l', ainsi que tu vois qu'un
grain de blé, jeté en terre, est revivifié par
l'eau, c'est-à-dire que dans ce grain, il y a une
eau morte, un sel coagulé, qui est revivifié
par son eau primordiale, et cette eau lui devient
ferment, c'est-à-dire lui donne la nature
spécifique, ainsi d'un grain proviennent
une infinité de grains, de même entends en
cette occasion que le dans le régule d' est
mort, et ne peut jamais être revivifié que
par son eau, qui est le , lequel aussitôt qu'il a
rendu la vie au qui était mort, reçoit
lui même la mort d'un spécifié, et n'est
plus vif mais le aimantin de l'.
Connais donc de tout cela que le du régule
d' doit être revivifié, c'est-à-dire devenir par
le , ce qui ne se peut pas sans mixtion, et nous
voyons pourtant que le régule ne se mêle point
avec le vif, à cause du combustible qui
est dans le régule, car comme ce n'est pas
métallique, il n'a par conséquent aucune affinité
avec le vif, mais empêche la mixtion, c'est pour
quoi il faut qu'il y ait un moyen entre le et
le d', et que dans ce moyen il y ait une vertu
séparatrice des excréments, c'est-à-dire du combustible,
qui n'est pas dans le vif, car en lui il
n'y a point de spécifique, puisque le pphe doit introduire
en lui un spécifique .el et fixe, qui ne
se trouve jamais comme moyen, nous en
avons l'expérience dans le et la .
donc 2 de très pure, faites-la bien rougir
dans un , et y jetez une de votre régule, et
quand tout sera bien fondu, jetez-le dans une
lingotière, et tu trouveras une masse métallique
de couleur de plomb des pphes, facile à piller.
Pillez-la donc en impalpable, et la jetez dans
un vase de verre, jetez dessus(1) 8 ou 10 de
très pur, mets le corps de au B. m. et l'y
laissez 24 h., dans lequel temps la noire entrera
dans le , agitant le vase, et quand la et le

1 - Mots douteux :
pict

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356

seront bien mêlés ensemble, tu tireras le tout
du vase et le broieras dans un mortier de marbre,
et il se fera un , que tu mettras encore au
B. m. à digérer, et après à re-broyer dans un mortier
de marbre, avec de l' bien pure. L'
deviendra noire, verse cette à part et en remets
d'autre, et re-broie tant que cette eau devienne
noire, réitère cet ouvrage jusqu'à ce que la
soit en son plein, c'est-à-dire jusqu'à ce que l'
soit dépouillé du mauvais d', et ne perde
plus de noirceur, et paraisse blanche comme fin
. Pour le mieux faire tu pourras broyer l'
avec blanc et pur, et les noirceurs s'en iront
plus tôt. Plus l' rend de noirceur, plus il
se résout de d', et plus le vif devient pphal.
Ainsi tout le secret est de bien digérer, laver, et réitérer
toutes ces opérations, pour échauffer, épurer, et
animer le vif par une seule opération, qui sera
après de 3 sortes, vif d' et de en un
seul , qui étant ainsi épuré, échauffé, et animé,
sera capable de dissoudre l' et la vive, car ce
distillé avec la pénètre les métaux et en sépare
naturellement les éléments, c'est-à-dire le et le , ce que
ne font pas les autres , n'y même le vif, à moins
qu'il n'ait passé par nos préparations, comme tu viens
d'apprendre. Quand donc tu vois ton blanc et sans
noirceur par les lotions réitérées, mets-la dans une
retorte, et à grand feu retire ton de la , si la lotion
de la dite a été bien faite, tu trouveras la
pure et blanche dans la retorte, mais si la .
tient encore de la couleur de , ce sera signe qu'il y aura
de l' avec elle, c'est pourquoi il faudra la relaver
tant de fois qu'il n'y ait plus de noirceur, alors il
faut qu'il y ait de l'eau dans le Récipient, avant que
l'on distille le ppal. Mais afin que le puisse
être mieux épuré, échauffé, et animé, il faut
après la distillation reprendre la matière qui reste
dans la cornue, la refondre avec nouveau régule,
et re-cohober dessus notre dit , et refaire de
point en point tout ce que tu as fait ci-dessus, réitérant
jusqu'à 10 fois. Pour lors la aura rendu
l'âme et tu pourras dire en vérité que tu as le et
le dissolvant des pphes. Vois donc comme le vif est
la terre fertile des pphes, mais incomplète, n'ayant
en soi que l'humide de la , et pour la rendre complète,
faut l'animer de es chauds du , ce que tu
feras ainsi.
autant d' que tu as fait de , mets-y la moitié de
son poids de ton régule dans un creuset, quand il sera bien
chaud, étant fondu, jette-le dans une lingotière,
pulvérise cette masse frangible et noire, et le
jette dans un corps d', ayant mis avant
ton l' re. Mets le tout à digérer 24 h. au B. m.,
après lesquelles retire ton vaisseau du B. m., et

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357

bien ensemble dans un mortier de marbre
ton et , les broyant et relavant avec jusqu'à
ce qu'il ne paraisse plus aucunes noirceurs,
distillant après le tout comme tu as fait auparavant,
en un mot procède de point en point
et de la même manière au regard du ,
comme tu as fait au regard de la , et alors
vante-toi d'avoir le véritable triple
des pphes, qu'ils ont fort caché sous tant de nému(1).
Cela étant, il est certain que tu as trois
voies pour travailler à la des pphes.
La 1ère est de prendre ton selon les règles de la
prudence, le mettre dans un oeuf pphique au
secret des sages, et le cuire et digérer à de
degré, selon l'exigence de la matière, laquelle
étant dûment et sagement gouvernée et en vrai
pphe, te donnera le fils du , revêtu de sa
pourpre Royale, que tu imbiberas encore de son
, remettant au même régime que ci-devant,
et réitérant cette opération 7 fois. Pour lors tu
posséderas pleinement les trésors de la santé.
Remarque que dans ton vaisseau et dans la
cuite, passeront toutes les couleurs dont parlent
les pphes.
La 2e voie pour la pphale est de prendre 1 part c'est-
à-dire un poids de re, et l'incorporer en 3 parts
de ton pphal, puis mets le tout dans l'oeuf
des pphes, au du 1er degré qui est la chaleur
d'une poule qui couve, et continue ainsi
cette chaleur jusqu'à ce que la matière soit noire,
et lors que cette couleur commencera à passer,
augmente ton feu de 2 degrés, qui est encore
une fois autant de chaleur, la continuant
tant que la matière soit grise, donne alors le
du 3ème degré, tant que la matière soit réduite en
blanche, pour lors tu auras la minière pphique
au blanc qui est le commencement de l'oeuvre, que tu
dois nécessairement multiplier 7 fois avec ton ,
la réduisant chaque fois en coulant par son
propre , et la réunissant à chaque fois jusqu'à
être , c'est alors que tu auras réussi.
Mais ayant cette précieuse matière, tu la réduiras
derechef en coulant, duquel tu 3 parts, avec 1 part
du solaire que tu lui incorporeras parfaitement, et
les mettras dans l'oeuf philosophique, lui donnant feu du
1er degré, jusqu'à ce que la matière soit réduite en
rouge, qui se peut multiplier à l'infini comme la blanche,
mais que tu dois pour le moins multiplier jusqu'à
7 fois par ton ouvrage, en réduisant chaque
fois cette , en coulant par son propre et
la réduisant en autant de fois.

1 - Mot césuré douteux : pict
pict

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358

Les anciens ont nommé cette dragon dévorant,
lion ravissant, serpent volant, mais toi l'ayant réduite
en fine, fusible, et pénétrante comme la foudre, par les
réitérées sublimations sagement faites, tu la dois
nommer le fils du , d'autant quelle est constant(1),
réduisant tous les corps métalliques en sa nature
pphique. Cette voie est la plus longue que la 1ère et la
3ème, que je te vais donner en toute vérité.
La 3ème voie pour faire la pphale est de calciner
1 ièrement l' vulgaire 1 d' très fin purifié par l',
comme j'ai dit dans mes épîtres parlant du loup
affamé, et 10 part de ton pphal é comme on
a de coutume, et que l' soit bien fait, que le
ne paraisse n'y ne se sente plus sous les doigts,
et prends garde de ne le pas trop chauffer sur les
charbons de peur d'exhalaison, et quand il sera bien
é mets le dans 1 cucurbite couverte d'un
autre vaisseau au B. m. durant 5. ou 6. jours,
car par le humide les matières s'affermissent davantage,
puis retire (de) ton vaisseau e le sans
aucune addition ni aucune matière contraire
à l'. Après cela tire le avec une plume
quand il sera sublimé, et le revivifie dans l'
bouillante comme on a de coutume, et il retournera
en coulant. Cela fait joint le à l' et le
broie de telle sorte qu'il s' e. Remets encore au
B. m. et puis re-sublime, revivifie, et re e
derechef comme auparavant, réitérant cela
jusqu'à 7 fois, ou jusqu'à ce que la chaux d'
qui reste au fond du vase après la sublimation
du , mise sur une lamine de ou rougie,
coule et se fonde aussi vite que de la cire. Voilà
la preuve de la vraie chaux pphique, de le pouvoir
réduire en nature elle, non pas qu'il soit
besoin de le réduire en vif., mais qu'il soit seulement
réduit au point de se liquéfier et fondre
comme la cire à la chandelle, ce qui arrive souvent
à la 7ème on ou revivification du , car l' devant
la conjonction des matières ne doit pas
être réduit en coulant, parce que cela se fera soi-
même les matières conjointes, et quelles seront
mises dans le vaisseau propre, lesquelles commenceront
à opérer l'une sur l'autre. Ton donc ainsi
proprement calciné tu dois en faire la conjonction
avec ton pphal, cette conjonction est fort simple
et néanmoins fort mystérieuse, heureux qui a pu
parvenir jusqu'à ce point, car en faisant cette
conjonction, il renferme l' et la dans son vaisseau
et donne du au , du au , or je te dit que par là
tu arriveras au but sans danger, en voici le moyen.
1 de ton calcine philosophiquement, e avec 10
de ton pphal, ne le chauffant pas trop, crainte que
par trop de chaleur il s'en aille quelque chose de ces
précieuses matières, car le pphal après entretient

1 - Mot douteux : pict

@

359

en soi l'âme du qui est très subtil et volatil,
qui s'exhalerait bientôt à trop grande chaleur et
apporterait à l'oeuvre beaucoup de préjudice.
Quand donc ton e sera fait, tu le passeras par le
chamois pour exprimer le superflu, et après
l'expression ce qu'il te reste dans le chamois
et le broie dans un mortier de verre si longtemps
que l' e demeure en très subtile,
cela fait passe le derechef par le chamois
et faits cela tant de fois de broyer et exprimer
l' que rien ne passe plus, que si tu as bien
procédé en cette expression, le vrai poids de
nature restera dans le chamois de l' et du
bien joints et unis ensemble, et par ainsi tu
auras sans doute ni tromperie, les vrais poids
pphiques, savoir une partie d'or et 4 de .
Après broyez cette pâte sur le porphyre et le
mortier de verre, et quand tu l'auras bien broyé,
mets-le dans ton oeuf pphal, après la conjonction
de ces matières, tu mettras cette composition
dans un vaisseau pour la cuire et digérer. Le
vaisseau n'est qu'un matras de verre de qui
le bas ne doit pas être rond, mais plutôt
ovale comme l'oeuf d'une poule.
Observe principalement qu'il ne soit pas, ni trop grand
ni trop petit, car s'il est trop grand le se dispersera,
et son humidité se perdra, et sa radicale
deviendrait stérile, et si le vaisseau était
trop petit, nos fleurs seraient suffoquées
et ne porteraient point de fruit. Ainsi
je t'avertis de choisir le verre proportionné à la
quantité de la matière. C'est-à-dire qu'il faut que la matière
n'occupe que la 5ème partie du verre en ayant 4 de
vides. Ayant donc choisi l'oeuf pphal convenable
et de juste proportion à la quantité de la
matière, tu le scelleras hermétiquement et le poseras au
four secret des sages comme tu vas voir dans la
suite. Le four secret est un fourneau de la forme
à ceux que l'on fait pour cuire le pain, duquel il
faut que tu te serves avec toutes les préparations
requises. Pour lors tu mettras dans l'oeuf pphique
toutes les matières qui y doivent être contenues.
Lequel tu poseras sur une petite écuelle de
terre qui sera toute remplie de son feu minéral,
mets ton écuelle sur un petit trépied, lequel tu
placeras au milieu du fourneau en sorte que
l'oeuf pphal qui sera suspendu en l'air sur le trépied,
puisse sentir la chaleur de ton feu également
de tous les endroits, ainsi ayant posé l'oeuf pphal
dans le four secret tu lui donneras le feu convenable,
après avoir placé ton vaisseau dans
le fourneau gouverne ton feu de façon que la
chaleur externe ne surmonte point la chaleur
interne, car autrement si elle est grande, l'union des
matières ne se pourrait pas faire, ni l'oeuvre par conséquent,
car sa trop grande chaleur dissiperait et
brûlerait les matières, que si aussi le feu vif
externe était moindre qu'il ne faut, l'esprit des

@

360

matières resterait sans être ému et sans agir
avec son humidité, sans dessécher et fixer, car
les esprits des métaux sont morts et comme
assoupis et endormis sans pouvoir travailler
ni opérer s'ils ne sont excités et vivifiés par le
feu vif. Prends donc garde exactement au
feu, que tu le régisse de telle sorte qu'il ne soit
ni trop grand ni trop petit, mais sache que si tu
n'as pas connaissance de notre feu minéral
tu tomberas en erreur comme beaucoup d'autres,
qui travaillent aveuglement sans entendre le
sens de nos paroles, apprends donc que nous
avons 3 feux, sans la connaissance desquels on
ne peut rien faire en cette science.
Le 1er est externe qui se fait de charbon ou
par la lampe ingénieusement appliquée au fourneau
secret.
Le 2ème est un feu minéral qui se prend d'ailleurs
que de la matière, laquelle participe de la nature
du , il est digérant, altérant, pénétrant, et fixant
tous les esprits métalliques par son esprit
al, parce que le 2ème feu minéral n'est autre
chose que de la limaille de fer bien déliée, que nous
mettons dans une écuelle de terre assez profonde,
et dans cette limaille nous posons notre
oeuf pphal scellé hermétiquement, qui contient la matière.
Le 3ème est aussi minéral et interne, qui est
contenu dans le plus profond centre du et
de la et du . Voilà quels sont les 3 feux différents
dont les pphes se servent en cet ouvrage,
et dont tu dois aussi te servir pour arriver à
ce que tu prétends.
De ces 3 feux proviennent la corruption et
la putréfaction de notre précieuse matière car la
noirceur << >> de la putréfaction

arrive d'ordinaire après les 40 jours,
alors la qualité élémentaire des corps commence
à se transmuer en diverses couleurs,
et la siccité agissant sur l'humide, le corps
devient spirituel et l'esprit corporel, l'eau devient
vive et la terre esprit, et c'est un signe certain
que l'esprit du feu opère comme semence masculine
sur le , qui est semence féminine,
le fixant et congelant, cette noirceur comme
aussi la différence des couleurs diverses ne
se fait point tout à la fois mais peu à peu,
augmentant de jour en jour, et de plus en plus,
car tout ce qui se dissout avec le monte
toujours en haut, cette noirceur et le changement
des couleurs n'est autre chose que la dissolution
d' par le , laquelle dissolution étant parfaite
les 4 éléments s'unissent savoir l'eau avec l'air

Note du traducteur.
Le texte entre guillemets est visiblement une copie en double,
comme cela n'est pas rare dans la recopie de textes (voyez
l'original dans le PDF).

@

361

et le feu avec la terre en juste tempérament après
tout cela, environ 40 jours, après, lorsque l'humidité
se perd et se dessèche, la fleur de diverses
couleurs s'en va et se détermine, et la matière
commence à se blanchir, et devient ensuite en
un très beau blanc durable 20 jours durant ou
environ, les autres 40 jours suivants elle devient
en quelque façon rouge comme couleur de
brique, enfin au terme que la nature lui donne
et ordonne dans les autres 40 jours plus ou moins,
elle s'achève finalement en couleur de sang très
rouge, mais prend bien garde à ne pas quitter
besogne et de trop hâter, encore que cela
ne puisse achever en 6 mois, donne-lui
autant de temps qu'il faudra et attends le roi
pour ton bonheur, car d'autant qu'il sèche en lenteur
d'autant se fait-elle avec plus de perfection et
devient-elle plus puissante en efficace, nature
et vigueur. Quand donc tu apercevras le roi
prendre sa couleur plus rouge et revêtue de
gloire, ne laisse pas de le tenir néanmoins 40
jours dans sa chaleur, afin que l'oeuvre reçoive
tout d'une fois sa dernière perfection.
Faisant le même ouvrage, je mis le matras
ou oeuf le 6 Mars 1641 dans un athanor à feu
de lampe, avec un lumillon* de 3 fils de coton
dans un fil de laiton, dans laquelle posture
il demeura sans altération visible jusqu'au 17ème
de Mars, auquel jour il apparut une fumée, puis
une confusion de fumée, qui montait et descendait,
étant de plusieurs couleurs obscures, qui
demeurèrent ainsi sept jours, et le 24 Mars commença
à apparaître d'une couleur obscure approchant
du noir, qui augmenta jusqu'à ce qu'elle
fût devenue noire comme de l'encre, et cela
dura 10 jours. Le 5 Avril il parut dans le verre
une petite étincelle reluisante comme une étoile
qui croissait toujours pendant 8 jours. Et le 13 Avril
la lumière perçait les nues, qui s'augmenta
pendant quelques 15 jours, et le 30ème l'oeuf était comme
plein de feu, et cela dura 10 jours. Le 1er Mai
une couleur verdâtre parut comme un arc en ciel
qui roulait dans le verre comme un serpent, et cela
dura 8 jours, et le 18 Mai il changea en vert jaunâtre
et continua 6 jours sans changement. Le 25 Mai
la couleur devint rouge au fond et paraissait
comme un charbon ardant. Le 26 on ajouta
encore 2 fils de laiton avec un lumillon de
3 fils de coton à chaque, et au fond du vaisseau
paraissait une couleur ardente, et le reste était
partout d'une couleur pâle et continua 6 jours, et
le 6 Juin la couleur augmenta en rougeur,
puis devint rouge comme sang, continuant

* lumillon : ?.

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362

ainsi 14 jours. Puis elle diminua comme elle avait
augmenté pendant 8 jours. Le 23 Juin le
verre était comme de l'eau, le tout pâle et
s'enflait en montant et descendant, et le fond
était dune couleur obscure, il paraissait comme
des taches rouges et jaunes tantôt grandes tantôt
petites, et continua ainsi 15 jours. Le 19
Juillet la couleur jaune gagna le dessus?
et devint couleur de citron et au fond plus
orangée, et continua ainsi 35 jours. Puis il se
précipita au fond comme un jaune ardent
luisant. Le 8 Août on lui ajouta encore
2 fils de laiton avec un lumillon de trois
fils de coton à chacun, de sorte qu'il y avait cinq
fils de laiton et 15 fils de coton pour fixer l'.
Le 20 août il y avait une telle splendeur
dans le verre, qu'il semblait être un serpent et
dura cinq jours ou environ. Le 26 Août la masse
tomba par pièces au fond, et il y tomba des
écailles couleurs de sol, quand la masse rompit, il
parut le plus fin vermillon que l'on aie jamais
vu. Vers le 8 Septembre le tout était comme
du sang bouillant qui se changea en couleur
de foie. Le 18 du dit mois on y ajouta encore
un fils de laiton avec 3 fils de coton, et l'on
donna grande chaleur pendant 3 semaines, durant
lesquelles on entendait craquer le verre comme
s'il se fût rompu, ce qui n'était que la perfection
de la pierre qui fut achevée le 18 Octobre.
Quand donc ton oeuvre sera cuite augmente en
vertu et en quantité en cette manière.
1. de chaux de et l' avec 2 de
ton pphal et quand l' e sera fait, ajoutes-y
1 de ta de projection rouge et broie si longtemps
ensemble que tout ne fasse qu'un même
corps. Puis mets le tout en matras scellé hermétiquement
au four secret, et lui donne le feu, gardant
le même ordre que la 1ère fois, et dans 12 jours le
tout se changera en rouge, sans passer par
les couleurs, qui fera projection sur la , un poids
sur mille. Pour la dernière fois tu réitéreras ce procédé
dans ton four secret avec la chaux d',
ton double , et ton pphal, et projetteras sur dix
milliers. L'expérience et les bons livres t'apprendront
comme tu en dois user à la gloire de Dieu
envers toi et les pauvres.
Je t'avertis qu'ayant parlé du e re et du e
dans la 2ème voie, tu dois prendre le re qui reste
dans la retorte après la distillation de son e
pphal, car pour lors, il est le des sages, et pourrez
digérer et cuire ton , ce que l'ignorant ne croit pas,

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que si tu as tellement épuré, échauffé, et animé
ton qu'il n'est point resté dans la cornue
ni de l' ni de , mais que le se soit
imprégné et animé totalement de leur
n'en faisant qu'un. Tu prendras nouvelle
et nouveau dont tu feras
le re et re avec ton pphal, ainsi que
tu as fait de ta chaux laire, lors que tu
l'a rendue piquante sur la langue et fondante
à la chaleur d'une chandelle.
Voilà ce qui pouvait encore te faire quelque
difficulté. Adieu.





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Table des symboles utilisés dans le manuscrit.

pict Mercure pict Huile

pict Soleil / Or pict Régule

pict Lune / Argent pict Pulvis: poudre

pict Antimoine pict Ballon de verre

pict Tartre pict Sublim(ation/mer)

pict Soufre pict Sel commun

pict Mars / Fer pict Recipe: Prenez

pict Pierre pict Amalga(me/mer)

pict Creuset pict Bain Marie

pict Sel Nitre pict Vénus / Cuivre

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Table des poids

1 Livre = 2 Marcs = 489,50 g.
1 Marc = 8 Onces = 244,75 g.
1 Once = 8 Gros = 30,59 g.
1 Gros = 3 Scrupules = 3,824 g.
1 Scrupule = 24 Grains = 1,274 g.
1 Grain = 0,053 g.


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Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


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