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Réfer. : 0011 .
Auteur : Anonyme.
Titre : Le Grand Livre da la Nature.
S/titre : ou l'Apocalypse Philosophique et Hermétique.

Editeur : Au Midi, et de l'Imprimerie de la Vérité.
Date éd. : 179x .
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LE GRAND LIVRE

DE LA

N A T U R E,

OU

L'A P O C A L Y P S E

PHILOSOPHIQUE ET HERMETIQUE.

OUVRAGE CURIEUX,

Dans lequel on traite de la Philosophie occulte, de
l'intelligence des hiéroglyphes des anciens, de la Société des Freres de la Rose-Croix, de la Transmutation des métaux & de la communication de l'homme avec des êtres supérieurs & intermédiaires entre lui & le grand-architecte.
Vû par une Société de Ph... Inc...,
& publié par D........

Depuis I, jusqu'à l'an 1790.

pict

AU MIDI, ET DE L'IMPRIMERIE
DE LA VERITE.

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pict

I N T R O D U C T I O N.

Quelque nécessaire que fût la publication
d'un ouvrage de la nature de celui que je
présente au public, nul mortel n'osa jamais
la tenter (*): l'erreur, l'ignorance
& la superstition se trouvèrent toujours
sur le passage de ceux qui voulurent faire
usage des forces de l'homme.

Des milliers de trésors sont dans nos
mains sans que nous soyons à même d'en
jouir: l'être qui nous forma, nous montre
le bonheur, & nous avons la faiblesse
de n'y compter que dans un autre monde.

Principe de toutes choses! source de
vérité! père de tout ce qui m'entoure!
serait-ce t'offenser que de rendre à l'homme
les lumières que tu lui donnas, & que des
siècles d'erreur lui ont fait perdre? puisque

---------------------------------------------

(*) Non, on n'a point encore dévoilé les grands secrets de la nature. Ceux qui nous ont laissé des
indices, se sont enveloppés d'un voile; les anciens
philosophes se sont servis de paraboles pour nous instruire,
mais leurs écrits, sont à peu près nuls pour
le commun des hommes.
A 2

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( 4 )

tu m'ouvris le grand Livre de la Nature,
puisque tu me permis de le parcourir, je
peux croire que tu m'as choisi pour rappeler
des vérités depuis longtemps cachées.
Oui, je dois penser que mon entreprise ne
saurait te déplaire, quand c'est à toi que
je dois l'idée & la puissance de l'exécution,

Avant que d'entrer en matière, je dois
prévenir le lecteur que je ferai tous mes
efforts pour mettre cet ouvrage à sa portée;
si je parais quelquefois inintelligible,
ce sera toujours de la faute de ceux qui
me liront. Chaque Chapitre s'expliquera
par un autre.

Le titre de l'ouvrage fera rire quelques
faux savants, & les empêchera de le parcourir:
plongés dans d'épaisses ténèbres,
ils ne pourront soupçonner l'existence de la
lumière.

O hommes! ô vous qui devriez être mes
semblables! n'encenserez-vous plus que de
vaines idoles! faut-il que le temple de la
vérité soit si désert? Une institution antique
& sacrée [la F. M.] nous met encore
à portée de voir; mais les hiéroglyphes

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( 5 )

qu'on met sous vos yeux, vous sont
inutiles. Le temple s'ouvre, le bandeau
s'arrache... Vous ne savez pas voir.....
Répondez, dites, qu'avez-vous vu?....

Je ne viens point vous séduire par de
feintes promesses; mon but n'est pas de
vous tromper. Ce n'est pas un système que
je propose; je n'élève la voix qu'en faveur
des vérités utiles au genre humain. Je ramènerai
sous vos yeux les premiers âges
du monde, les desseins du Créateur, les
rapports des êtres créés, & les lois de la
nature. J'expliquerai quelques allégories
que vous appelez sacrées ou profanes suivant
votre intérêt. Enfin nous pénétrerons
dans tous les détours des sciences occultes.

J'aurais désiré me servir d'un style plus
correct pour traiter cette matière, mais je
n'ai pu, par des engagements connus, changer
entièrement la manière reçue de parler
de philosophie. Il a été nécessaire que
je garde un petit voile que j'ai pourtant
éclairci tant que je l'ai pu.

Le principal morceau de ce livre, est
l'Apocalypse hermétique; on y voit la
A 3

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( 6 )

théorie & la pratique des Sciences inventées
& perfectionnées par de savants Egyptiens.
Les autres endroits du Livre en sont
l'interprétation; en lisant le tout avec attention,
on sera surpris de l'utilité & de
l'immensité des matières que j'y ai traitées.

Qu'on ne pense pas ne voir en moi que
le vil copiste de quelques auteurs magiques,
alchimistes, &c; il y en a qui n'ont
écrit que pour insulter à l'homme. Je ne
saurais me tromper, ni tromper personne,
puisque ce que je présente, est le grand
Livre de la Nature.


Fin de l'Introduction.

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pict

SCIENCES OCCULTES.

Quand on connaît l'homme, cet être si
curieux de tout apprendre, on est étonné
que ses connaissances soient si bornées: on
le voit courir d'erreurs en erreurs, & malgré
ses écarts, tantôt se croire philosophe,
tantôt chimiste, tantôt astrologue, &
quelquefois médecin. Chacun, n'écoutant
que son amour-propre, se croit le juge
compétent de son savoir; & la faveur
élève des bustes à d'illustres ignorants.

Dans tous ses vains efforts l'homme ne
montre pas, il est vrai, qu'il fait; mais
cela prouve qu'il fut créé pour savoir, &
que s'il est dans les ténèbres, c'est un effet
de son indolence & non de son organisation.

Il y eut de tout temps des êtres privilégiés
qui sortirent du cercle étroit des connaissances
de leurs contemporains; mais
ces hommes furent non seulement rares,
ils se crurent encore obligés de garder
le silence, ou d'envelopper au moins leurs
idées sous des allégories dont le vulgaire
ne comprit jamais le sens. Si quelqu'un

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( 8 )

se trouvait assez heureux pour obtenir
d'être initié, on lui imposait avant tout
la loi sacrée du silence; cérémonie qui
s'observe encore dans certaines occasions.

C'est dans les hiéroglyphes, dans les
allégories des anciens qu'on trouve les éléments
des sciences les plus utiles. Quoique
de certaines personnes n'y voient que des
fables, cherchez-y des vérités, vos recherches
ne seront point vaines.

Pour me rendre intelligible, il est nécessaire
que j'entre dans quelques détails
sur l'histoire des hommes, sur les progrès
comme sur la décadence de leurs connaissances.
Avant que de passer à l'étude des
sciences occultes, il faut être en état d'apprécier
celles qui sont connues.

Le célèbre Buffon dit, en parlant de
l'homme, que tout annonce en lui le maître
de la terre: cet immortel écrivain, en
analysant ses semblables, leur fait sentir
bien vivement ce qu'ils pourraient être.
L'homme est, à n'en point douter, le plus
parfait des animaux; mais jouit-il de ses
avantages? fait-il se rendre heureux? comme

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( 9 )

il prend rarement la route du bonheur,
il ose se dire avec assurance qu'on
ne saurait le trouver sur la terre. On se
forme des idées chimériques sur les intentions
du Créateur: on parle d'un crime
commis par le premier des hommes; on
explique de travers des allégories tracées
par nos aïeux; & l'on finirait par ne
plus s'entendre, si la force ne publiait de
temps à autre des lois, pour qu'on ait la
même idée, à peu de chose près.

C'est en parcourant l'histoire du monde
qu'on est à portée de juger l'homme. Le
besoin se montre d'abord son premier maître
vient ensuite l'adresse. De là ces actions
que nous nommons vices ou vertu
suivant le rang de celui qui les a pratiquées.

L'homme honnête & laborieux s'en fût
toujours tenu aux travaux de l'agriculture;
mais il dut se trouver dans la société
quelques oisifs qui créèrent des arts
inutiles. On vit qu'il serait plus aisé de
tromper ses semblables que de les nourrir.

Le génie fit naître les arts utiles: l'imposture
en produisit de plus lucratifs encore:

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( 10 )

cela étant, il est inutile de dire quels
ont été ceux dans lesquels on a fait le
plus de progrès. La théologie & la médecine,
faites pour découvrir de grandes
vérités, furent dans la suite la source d'une
infinité d'abus. On se dégoûta trop tôt
d'étudier, & l'on se mit à crier qu'on savait
tout.

Cependant, je le répète, l'homme était
fait pour savoir beaucoup. Celui, qui fut
le premier créé, ne sortit point des mains
du Créateur dans un état d'enfance: le
Livre de la Nature lui fut ouvert & expliqué.
Tant qu'on s'est borné à cette lecture,
on a connu sa perfection; s'en est-
on écarté, il a fallu tomber dans l'erreur.

Les premiers âges du monde présentèrent
le tableau de l'abondance & de la
concorde: alors il n'y avait pas une aussi
grande barrière entre l'homme & les êtres
célestes; communication qu'on soupçonne
encore de nos jours, mais dont on se rit,
parce qu'on se rend incapable de la connaître.

Mortels, rappelez-vous que vous n'êtes

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( 11 )

pas seulement formés de matière! une portion
de feu céleste vous anime, & ne se
détruira jamais. Cette partie de votre être,
que vous nommez âme, peut & fait de
grandes choses!

Malgré tous les privilèges que l'homme
reçut du Créateur, que fait-il de plus que
les autres animaux? comme ces derniers,
il est sujet aux maladies; l'on pourrait encore
ajouter qu'il sait bien moins s'en guérir.
Parcourons les sciences & les arts,
nous le verrons douter de tout, prendre
en tout de fausses routes, & s'égarer dans
les opérations les plus simples,

La nature travaille cependant chaque
jour sous nos yeux: elle dit, elle opère, &
celui qui la connaîtrait parfaitement,
passerait peut-être pour un imposteur, ou
un ignorant. Quelques philosophes inconnus
s'occupent à ces recherches, mais le temps
d'instruire le monde en général, n'est point
encore venu.

On parvient à l'étude des sciences occultes
par la juste connaissance des sciences
connues. Le mot de philosophie & de

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( 12 )

philosophe, dont je me sers dans cet ouvrage,
n'est pas le même que celui qui
est à la mode. Les philosophes du jour,
& les vrais philosophes ne sont pas les
mêmes.

Je donne le nom de philosophe au vrai
sage, qui porte ses travaux sur l'homme
même, qui explique les lois de la nature,
qui connaît la marche de ses productions,
qui voit sur la terre quelque chose
de plus que l'homme....

Je divise la philosophie en science connue,
& en philosophie occulte. Celle qui
est connue, comprend la physique, l'histoire
naturelle, l'astrologie & la chimie.
La philosophie occulte embrasse la vraie
connaissance du créateur & des créatures;
elle enseigne la communication que tous
les êtres ont entre eux; elle apprend l'art
de changer les métaux & de les perfectionner;
elle montre enfin la futilité de la
médecine ordinaire. C'est de la philosophie
occulte que je traite particulièrement dans
cet ouvrage.

Tout ce qu'on lit dans Paracelse, Van

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( 13 )

Helmont, Raimond, Lulle, Glauber, Trévisan,
Swedenborg, &c., n'est point un
effet de leur erreur, ni de l'imposture:
c'est donc dans ces écrivains qu'il faut
chercher les préceptes des sciences occultes.
Avec le Livre que je mets au jour,
les écrits des adeptes sont faciles à comprendre.
Court de Gebelin a donné dans
ses oeuvres l'explication des signes, des
hiéroglyphes des anciens, c'est le monde
primitif qu'il faut étudier.

Ce n'est que lorsqu'on n'a aucune connaissance
préliminaire, qu'on juge de l'impossibilité
où l'on croit qu'est l'homme de
parvenir aux sciences occultes. Quand on
a la clef des sciences, on en voit la certitude.
J'ai tout dévoilé dans l'Apocalypse
hermétique, qu'on trouvera après l'article
des sciences occultes; ce que je dis maintenant,
n'est que pour préparer le lecteur
à l'étude de ce morceau sublime.

Après avoir peint la noblesse de l'artiste
& de l'art, entrons dans l'atelier de la
nature; préparons-nous au grand oeuvre.
Cette tâche n'est pas modique; que d'abus
à détruire! que d'opinions à combattre!
que de préjugés à annuler.

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( 14 )

Le flambeau, que le grand architecte
plaça dans le centre des mondes, luit encore;
pourquoi sommes-nous dans les ténèbres?
Nature, montre-moi tes ressorts,
je veux analyser tes ouvrages, & profiter
de tes sublimes leçons!

La première opération, celle qui me
frappe maintenant, c'est la végétation;
quel merveilleux spectacle! cet arbre, cette
petite plante, ne sont point des êtres morts,
ils tiennent aux autres créatures: ils naissent
& se reproduisent par des mâles &
des femelles. L'étude de ce travail de la
nature, est nécessaire au philosophe; c'est
par la connaissance des miracles de la végétation
qu'il passe au règne minéral.

Un vrai philosophe connaît la palingénésie,
autrement appelée, le phoenix des
végétaux. Cette curieuse résurrection des
plantes, conduit à la résurrection des animaux,
& à la transmutation des métaux.
Comme cette connaissance est indispensable,
je vais entrer dans quelques détails
à ce sujet.

Quelques esprits forts soutiennent que

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( 15 )

la palingénésie ne peut s'exécuter; mais
après les expériences des vrais philosophes
& des habiles chimistes, on ne saurait
en douter. Coxe a fait en Angleterre des
essais très curieux sur ce sujet. Digbi a
connu les miracles de la palingénésie. Le
célèbre père Kircher en a beaucoup parlé.
J. Daniel Major donne un traité de palingénésie.
Le père Ferrari, Jésuite, Jean
Fabre, Hannemann, Paracelse, Libavius,
Bary dans sa physique, &c., ont tous traité
de cette opération.

Avant que de donner les règles pour
réussir dans cette opération, écoutons ce
que dit à ce sujet Gui de la Brosse, dans
son Livre de la nature des plantes, Chap. 6
p. 44 & autres. » Un certain Polonais,
» dit M. de la Brosse, savait renfermer
» les fantômes des plantes dedans des
» fioles; de sorte que toutes les fois que
» bon lui semblait, il faisait paraître une
» plante dans une fiole vide. Chaque vaisseau
» contenait sa plante: au fond paraissait
» un peu de terre comme cendres.
» Il était scellé du sceau d'Hermès. Quand
» il voulait l'exposer en vue, il chauffait
» doucement le bas du vaisseau: la cha»

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( 16 )

leur pénétrant, faisait sortir du sein
» de la matière une tige, des branches;
» puis des feuilles & des fleurs selon la
» nature de la plante dont il avait enfermé
» l'âme. Le tout paraissait aussi
» longtemps aux yeux des regardants, que
» la chaleur excitante durait. »

Pour répéter cette opération, & produire
ce phénomène, il faut agir de la
manière suivante: 1°. Prenez quatre livres
de graines de la plante que vous désirez
de faire renaître de ses cendres. Cette
graine doit être bien mûre; pilez-la dans
un mortier. Mettez le tout dans un vaisseau
de verre qui soit bien propre & de
la hauteur de la plante dont vous avez
pris la graine. Bouchez exactement le vaisseau,
& le gardez en un lieu tempéré.

2°. Choisissez un soir que le Ciel soit
bien pur & bien serein; exposez votre
graine à la rosée de la nuit dans un large
bassin, afin qu'elle s'imprègne fortement
de la vertu vivifiante qui est dans la rosée.

3°. Avec un grand linge bien net, attaché
à quatre pieux dans un pré, ramassez
massez

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( 17 )

huit pintes de cette même rosée,
& la versez dans un vaisseau de verre,
qui soit propre.

4°. Remettez vos graines imbibées de
la rosée dans leur vaisseau, avant que le
soleil se lève, parce qu'il ferait évaporer
la rosée. Posez ce vaisseau comme auparavant
en lieu tempéré.

5°. Quand vous aurez ramassé assez
de rosée, il la faut filtrer, & puis la distiller,
afin qu'il n'y reste rien d'impur.
Les fèces qui restent, seront calcinées
pour en tirer un sel bien curieux & fort
agréable à voir.

6°. Versez la rosée distillée & imbue
de ce sel sur les graines, & puis rebouchez
le vaisseau avec du verre pilé & du
borax. Le vaisseau est mis dans cet état
pour un mois dans du fumier de cheval.

7°. Retirez le vaisseau, vous verrez
au fond la graine qui fera devenue comme
de la gelée; l'esprit sera comme une petite
peau de diverses couleurs qui surnagera
au-dessus de toute la matière. Entre
B

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( 18 )

la peau & la substance limoneuse du fond,
on remarque une espèce de rosée verdâtre
qui représente une moisson.

8°. Exposez durant l'été ce vaisseau
bien bouché de jour au soleil, & de nuit
à la lune. Lorsque le temps est pluvieux,
il le faut garder en lieu chaud jusqu'au
retour du beau temps. Il arrive quelquefois
que l'ouvrage se perfectionne en deux
mois; il faut quelquefois un an. Les marques
du succès sont, quand on voit que
la substance limoneuse s'enfle & s'élève;
que l'esprit ou la petite peau diminue tous
les jours, & que toute la matière s'épaissit.

9°. Enfin, de toute cette matière, il
doit s'en former une poussière bleue. C'est
de cette poussière, que s'élèvent le tronc,
les branches & feuilles de la plante, lorsqu'on
expose le vaisseau à une douce chaleur.
Voilà comme se fait le phoenix végétal.

La palingénésie des végétaux ne serait
qu'un objet d'amusement, si cette opération
n'en faisait entrevoir de plus grandes
& de plus utiles. La chimie peut, par

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( 19 )

son art, fait revivre d'autres corps; elle
en détruit par le feu, & leur rend ensuite
leur première forme. La transmutation des
métaux, la pierre philosophale sont une
suite de la palingénésie métallique.

On fait sur les animaux ce qu'on fait
sur les plantes; mais telle est la force de
mes engagements que je ne peux pas
m'expliquer ouvertement. Mais, que dis-
je? ne suis-je pas entré dans des détails
assez circonstanciés pour ceux qui cherchent
vraiment à s'instruire.

Le degré le plus merveilleux de la palingénésie,
est l'art de la pratiquer sur les
restes des animaux. Quel enchantement de
jouir du plaisir de perpétuer l'ombre d'un
ami, lorsqu'il n'est plus? Artémise avala
les cendres de Mausole, elle ignorait, hélas,
le secret de tromper sa douleur.

Gaffarel, dans son livre des Curiosités
inouïes, raconte des opérations merveilleuses
sur cette palingénésie des animaux.
Je me borne à l'annoncer, & je renvoie
pour la pratique, à la lecture de l'Apocalypse
hermétique qui est après cet article.
B 2

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( 20 )

Il faut réfléchir sur les secrets de cette
espèce pour passer à la découverte de ceux
qui peuvent être vraiment utiles. C'est par
des réflexions & méditations sur ce sujet,
qu'on a découvert les moyens de communiquer
avec les êtres qui sont bien au-
dessus de l'homme. Cette étude est difficile,
mais n'est pas moins satisfaisante.

Nature! je t'ai observée dans l'atelier
de la végétation des plantes; voyons celle
des minéraux! montre-nous l'art de fabriquer
ce métal qui fait tant de mal dans
la société; nous en ferons un tout autre
usage.

Déjà je vois la terre s'animer par l'influence
de la chaleur; les planètes se placent;
le feu agit; l'eau s'évapore, le mariage
se fait; & l'enfant voit 1e jour. Toutes
ces allégories sont sous un autre voile
bien moins épais dans mon Apocalypse
hermétique; c'est là qu'il faut puiser les
vraies connaissances des frères de la R. C.

Il n'y a plus qu'un point essentiel à connaître
avant que d'être initié dans les grands
mystères; c'est la science des nombres.

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( 21 )

Le calcul est la première clef de la
vraie science: mais les vrais calculateurs
sont très rares: ce qui le prouve, c'est
que les loteries sont encore un emblème
pour le vulgaire. Si les philosophes étaient
des hommes intéressés, ils joueraient à ce
jeu, & toujours à coup sûr. Je renvoie
pour cela à mon Apocalypse.

Je reviens aux nombres & à leur connaissance.
Les nombres sont les signes
utiles. Le négociant s'en sert pour marquer
des valeurs; l'adepte les emploie pour donner
des préceptes sur les sciences occultes.
Il n'y a qu'un nombre connu; ce nombre
part de l'inconnu qui est un; il se termine
à neuf; le vulgaire seul va plus loin.

Toute science tient à des lignes droites
ou courbes; emblème du vrai & du faux.
Les caractères d'usage n'ont point été faits
au hasard; car un ne saurait être deux,
ni deux ne sauraient être quatre. Le zéro,
auquel les arithméticiens ajoutent toujours
un chiffre pour lui trouver de la valeur,
est la racine du grand nombre parmi les
Ph... Inc.... Voici comment ils démontrent
l'existence de la médecine universelle, &
B 3

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( 22 )

comment ils en consignent le secret dans
leur sanctuaire.

Le jour on compte quatre: la nuit on
ajoute trois: le lendemain on dit neuf,
pour revenir à sept. Deux fois sept se placent,
on enlève neuf, il reste cinq. Ce
n'est qu'après avoir lu tout ce livre, qu'on
sera en état de combiner & d'apprécier ce
calcul.

Cette étude est celle des Ph... Inc... C'est
d'eux que je tiens toutes les vérités que
je consigne dans cet ouvrage. Comme on
pourrait ignorer ce que c'est que cette
société, je dois en exposer l'institut & les
travaux. O mes frères, ne craignez point
d'indiscrétion! je suppose tous ceux qui me
lisent, être F. M.. Je dirai tout, sans
parler aux profanes.

L'instituteur de l'ordre des frères de la
Rose Croix, était d'une famille noble de
l'Allemagne; il était moine. A l'âge de
vingt & un an, il avait déjà parcouru
toute l'Europe. Il fut ensuite en Egypte,
& auprès des philosophes arabes, où il
s'instruisit.

@

( 23 )

Cette Société est sous la protection du
St. Esprit. L'institut & les travaux sont à
peu près ceux de la F. M. excepté qu'où
ne s'assemble point; on écrit seulement au
chapitre sans s'y rendre. On s'occupe à
la réforme de tout ce qui n'est pas dans
l'ordre & l'harmonie des choses. On travaille
à la médecine universelle & à la
transmutation des métaux. On ne peut
pas nommer ces frères, Chevaliers de l'estomach,
car les banquets ne sont pas d'usage
ni de règle. Ceux qui désireront de
plus amples instructions sur ce sujet, pourront
consulter Paracelse & Libavius.

Passons maintenant aux travaux des
élus, ou des vrais adeptes. Je préviens
qu'on ne saurait apporter trop d'attention
à la lecture de l'Apocalypse hermétique.
Si elle semble inintelligible à la première
lecture, on n'aura qu'à lire le Commentaire
qui la suit, & le Dictionnaire alchimique
qui est à la fin de ce Livre; en
revenant ensuite à l'Apocalypse, on ne
trouvera plus de difficultés.

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APOCALYPSE HERMETIQUE

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CHAPITRE PREMIER.

I. Je n'avais point joui du plus beau
des sens depuis le moment de ma naissance;
il y avait pourtant trente-six ans que
j'étais parmi des hommes, en comptant
à leur manière ordinaire.

II. Quoique privé de la vue, j'étais
assez tranquille, parce que je croyais qu'il
fût de mon essence d'être tel. Je végétais
parmi des milliers de plantes de mon espèce;
& malgré que je dusse ma vigueur
à l'influence de certaines constellations,
je ne me doutais pas de l'éclat de la voûte
azurée.

III. Assis sous un palmier, je réfléchissais
un jour sur les malheurs de l'espèce
humaine. Pourquoi faut-il, me disais-je,
qu'un être aussi parfait que l'homme, n'ait
pas un sens de plus? Il serait, me semble,
bien heureux, s'il pouvait voir?

@

( 25 )

Cette pensée m'agita vivement, & me
fit sentir mon malheur pour la première
fois de ma vie Quelques larmes coulèrent
de mes yeux. Elevant machinalement mes
mains vers le Ciel, j'adressai la parole
au Créateur.....

IV. Une odeur suave se répand alors
autour de moi; je me tais pour en jouir.
Le charme augmente, je suis autre qu'auparavant.
Ce qui me surprit davantage,
c'est que je n'étais plus sous le palmier.
Mes mains cherchèrent en vain l'arbre qui
me servait d'appui, & le gazon sur lequel
je m'étais reposé; je ne touchais, ni
ne trouvais rien autour de moi. Où suis-
je?... Par quel être suis-je soutenu?....
Quoique je ne pusse m'instruire de ce qui
m'arrivait, je n'étais aucunement inquiet
sur mon sort.

V. J'ignore si je suis resté longtemps dans
cet état; comme homme, je ne savais point
encore mesurer la durée du plaisir. Mes
pieds touchèrent enfin la terre. Mes mains
cherchèrent d'abord autour de moi pour
savoir si j'avais été rapporté sous le palmier;
point d'arbre, point de gazon!....

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( 26 )

VI. Un bruit confus m'arrêta dans mes
recherches; il me parut entendre quelques
ouvriers occupés à renverser des murailles,
ou à pratiquer une ouverture dans
un rocher. La crainte s'empara de moi,
parce qu'il semblait que les débris allaient
m'écraser à chaque instant; j'en entendais
rouler autour de moi, & se briser les uns
contre les autres. Comme je n'y voyais
rien, & que j'ignorais dans quel endroit
je me trouvais, il m'était bien difficile
de me soustraire au péril qui me menaçait.
Cette circonstance me fit sentir plus
que jamais combien j'étais à plaindre d'être
privé de la vue. Mes larmes coulèrent derechef
sur mes afflictions; j'implorai de nouveau
mon Créateur.

VII. Quoique je fusse seul, je sentis une
main se poser sur mon front. J'en fus bien
épouvanté; mais mes yeux virent pour la
première fois de ma vie.

VIII. Dans tout autre temps, j'aurais
sans doute été bien satisfait d'avoir un
sens de plus. Mais combien j'eus à frémir,
lorsque je me vis placé sur le bord
d'un rocher au bord de la mer; tandis que

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( 27 )

du côté opposé, des pierres énormes venaient
à moi, & semblaient à chaque instant
prêtes à m'entraîner avec elles au
fond des eaux.

IX. Je ne savais, si je devais dans ce
cas savoir bon gré du présent qu'on venait
de me faire. J'eus le malheur de faire
quelques réflexions à ce sujet, l'on m'en
punit.

X. Une pierre, détachée du vieux bâtiment
placé au-dessus de moi, vint tomber
à mes côtés. Un petit éclat me frappa
au talon; la douleur fut vive, & j'y portai
la main, Mais n'ayant pas su conserver
l'équilibre dans ce mouvement trop précipité,
cette situation fit vaciller mon corps
déjà mal assuré, & je tombai dans le fond
de la mer.

XI. La nature, cette mère sage & prévoyante,
m'avait sans doute instruit sur
l'art de parcourir adroitement les eaux;
sa leçon me fut utile dans cette circonstance.
Quelque pressé que je fusse de prendre
terre, je fis pourtant mes efforts pour
ne point aborder près de la chute aux

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( 28 )

pierres. Je me mis à nager, & vint aboutir
à un petit rempart qui empêchait aux
eaux de pénétrer dans un jardin magnifique.

XII. Comme je faisais mes efforts pour
traverser le mur & pénétrer dans le jardin,
un petit enfant vint à moi, & me tendit
la main pour m'aider à monter: je n'osais
profiter de son zèle, car je craignais de
l'entraîner avec moi. Il vit mon embarras,
sourit, & me tira de danger.

XIII. Dépouille tous les vêtements, me
dit mon petit conducteur; on n'admet en
ce lieu que l'homme de la nature.

XIV. Ensuite me montrant trois chemins,
il m'expliqua que j'étais libre de
choisir, & qu'il s'offrait à me conduire par
celui des trois qui me conviendrait. L'un,
ajouta-t il, conduit au blanc, l'autre au
vert, & le dernier au bleu. Comme j'avais
été aveugle pendant trente-six ans, il ne
m'était pas facile de juger des couleurs;
j'avouai mon embarras à mon guide, qui
me proposa, pour terminer la question,
d'en décider par le sort.

@

( 29 )

XV. Il me remit un papillon, qu'il
était allé prendre sur une plante que je
ne connaissais point alors, mais dont j'ai
bien entendu parler depuis. En lui rendant
la liberté, remarque la route qu'il prendra,
& dis-moi de te précéder dans la même.

XVI. Le papillon prit le chemin vert,
je le dis à l'enfant, & nous le suivîmes.

XVII. A mesure que nous avancions,
mon conducteur plaçait un signe à de certaines
distances, en me disant, regarde
& souviens-toi, car il faudra que tu retournes
seul.

XVIII. Nous marchions depuis midi,
le jour allait se terminer, & je n'apercevais
encore aucune habitation. Je fis part
de mes inquiétudes à l'enfant, qui les avait
déjà devinées, car il ne me donna pas le
temps de finir mon discours, pour me dire
de m'armer de patience, ou de me déterminer
à voyager seul, si je voulais me
plaindre d'une épreuve à laquelle je devais
me trouver fort heureux d'être soumis.

@

( 30 )

XIX. J'aperçus enfin une haute muraille.
C'est dans cette enceinte qu'il s'agit
de pénétrer, me dit-il. Ce que tu vois est
un labyrinthe; sept portes y conduisent,
mais une seule mène à la vie.

XX Nous y voilà, ajouta-t il; je ne
peux t'accompagner plus loin. Avant que
d'entrer dans ce vaste bâtiment, considère-en
l'enceinte; réfléchis sur les sept portes;
tu t'égareras sans doute, mais il faut de la
fermeté & de la constance. Tu te retrouveras
au bout des sept degrés d'expiation.

XXI. Je m'aperçois, continua mon
guide célèbre, que tu juges mal dans ton
intérieur des épreuves & du succès. Tu
es libre de regagner ton premier état, si
tu le veux. Retourne sur tes pas; les
signes que j'ai placés, te ramèneront facilement
dans le jardin où tu m'as trouvé;
là, comme le vieillard des vieillards, tu
resteras quelques jours; tu jouiras & te
tromperas; mais un être au-dessus de toi
paraîtra le feu à la main, & te chassera
dans la région des douleurs.


@

( 31)

=================================

CHAPITRE II.

I. Me voilà seul. Je considère l'extérieur
du vaste bâtiment dans lequel je dois pénétrer;
comme on m'avait prévenu de faire
un choix réfléchi sur les sept portes qui y
conduisent, je me garde bien de me présenter
à la première sans avoir examiné
les six autres. Je marche & regarde; mais
mon embarras ne fait que s'accroître, car
les portes se ressemblent parfaitement.

II. J'aperçus un homme, placé comme
une statue, & immobile comme elle,
le mouvement seul de ses yeux me disait
qu'il était vivant. Dans mon incertitude
je courus à lui pour lui demander des renseignements;
mais à peine avais-je commencé
de lui parler qu'il interrompit la
question en me donnant un soufflet.

III. Cet attouchement me rendit tel que
je venais de le voir; je devins statue à
mon tour; & je vis celui, qui venait de
me frapper, s'avancer vers la porte qui
était en face de moi, & s'introduire dans
le labyrinthe.

@

( 32 )

IV. Trois ans se sont passés dans cette
situation & à la même place: j'ai vu pendant
cet intervalle des choses que je ne
peux dévoiler qu'en partie. Des animaux
de toute espèce passaient sans cesse à mes
côtés; il y avait quelquefois parmi eux
de ces êtres mixtes qu'on appelle aussi des
hommes; couverts d'un sac brun, blanc,
noir ou pie: ces derniers étaient ceux qui
paraissaient le plus en vouloir à ma vie;
quelques-uns portaient une grande barbe;
tous avaient une corde autour du corps.
L'un de ces êtres capuchonnés vint à moi,
& me remit un gros volume intitulé, Des
peines de l'enfer: je le reçus de ses mains,
& je lus.

V. Après trois ans d'épreuve, je vois
un jour au soleil levant, venir à moi un
homme fort embarrassé; cela me rappela
ce qui m'était arrivé lors du soufflet de la
statue. Comme on me fit la même question,
j'y répondis de même, & le charme
ne fut pas différent.

VI. Ayant été remplacé par un autre,
je pris la route que j'avais vu suivre à
mon prédécesseur trois ans auparavant.
Je

@

( 33 )

Je me présentai à une porte qui s'ouvrit
avec bruit dès que j'en fus proche. Deux
gardes, l'épée à la main, s'emparèrent de
moi sans mot dire. Un troisième homme
me couvrit d'un manteau magnifique.
Après avoir fait quelques pas, d'une manière
connue par quelques personnes, on
m'introduisit dans un petit pavillon où je
trouvai une table bien servie.

VII. Trois espèces de mets furent offerts
dans ce repas; j'en goûtai, & mes
forces furent réparées dans l'instant.

VIII. Quelques coups se font entendre,
je regarde mes conducteurs pour savoir
ce que veut dire ce signal; mais tout a
disparu; je suis seul.

=================================

CHAPITRE III.

I. Je me lève; & comme l'entrée du
pavillon se trouvait fermée, je m'occupai
à examiner les tableaux dont ce salon
était décoré. Sur l'un, était représenté un
C

@

( 34 )

enfant assis près d'un ruisseau de lait, &
tenant une coupe à la main.

II. On voyait, dans un autre tableau, un
vieillard infirme, couché sur des plumes
de corbeau.

III. Le peintre avait représenté, dans
un autre endroit, une chèvre allaitant un
lion.

IV. Le quatrième tableau représentait
une mer de feu sur laquelle flottait un
flacon que quelques hommes s'efforçaient
d'atteindre & d'attraper à la nage.

V. Il me vint dans l'idée que ces peintures
allégoriques contenaient sans doute
quelques vérités; dans la certitude qu'elles
n'avaient été placées là que pour m'instruire,
je me mis à en chercher le sens.
Mon oeil fixa de nouveau le premier tableau;
comme il était placé dans un angle
où la lumière du jour était un peu interceptée,
je l'enlevai de sa place pour le
placer ailleurs, & l'examiner de plus près;
mais je ne l'eus pas ôté, que je ne songeai
plus à en étudier l'allégorie. Car ce

@

( 35 )

tableau masquait l'entrée d'un magnifique
appartement dans lequel je crus voir une
jeune & belle femme étendue sur un sofa
où elle était couverte de fleurs.

VI. La passion m'égara, ou, pour mieux
dire, je fus trompé par les illusions de
la nature. M'élancer dans cet appartement,
& tomber aux genoux de la beauté,
ne fut qu'un instant pour moi. Mais,
en quittant le pavillon, j'eus le malheur
d'y laisser le manteau dont j'avais été couvert
en entrant dans le labyrinthe. (Voyez
le N°. VI. du Chap. II. )

VII. Assis près de la belle qui s'était
réveillée, je sentis que j'avais un coeur;
je crus voir palpiter le sien; & je me livrai
à tous les charmes de l'amour.

VIII. Après quelque temps de jouissance,
j'entendis frapper à la porte de l'appartement:
ma compagne ouvrit. Je reconnus
les deux gardes qui m'avaient conduit
dans le pavillon: ils mirent de nouveau
l'épée à la main, & me firent signe
de les suivre.
C 2


@

( 36 )

IX. On me conduisit, & l'on me laissa
seul dans une grande salle, où était un
autel. J'en approchai. J'y vis un agneau
couché sur un gros livre. Comme je me
proposais de l'ouvrir, un homme vêtu de
noir parut à mes côtés, & me renversa
d'un coup qu'il me donna sur le front.

X. J'avais perdu tous mes sens, & ce
ne fut qu'après quelques heures que je
revins à moi. Je m'étais déjà relevé, lorsque
ce même homme me recoucha aussi
brusquement qu'auparavant; cela fut répété
trois fois. Il me demanda ensuite pourquoi
je me trouvais dans ces lieux sans le manteau
dont j'avais été couvert, lors de ma
présentation; ne sachant où je l'avais laissé,
je ne pus répondre. Mon silence fut l'interprète
de ma honte; & l'on me condamna
à voyager jusqu'à ce que je l'eusse
retrouvé.

XI. Le même l'homme vêtu de noir,
me conduisit hors de la salle; je me trouvai
dans une forêt, seul, sans vêtement &
sans défense.


@

( 37 )

=================================

CHAPITRE IV.

I. Le Ciel se couvre de nuages épais,
la foudre gronde, & l'éclair me montre
par intervalles que je suis entouré de précipices
& d'animaux féroces.

II. J'aperçois un abri sous une pierre
énorme qui formait d'un côté une voûte
assez étroite, j'y pénètre, & je me trouve
aux côtés d'un tigre qui s'y était réfugié
par la même raison que moi. Je n'osais
fuir quand je l'aperçus, car je craignais:
mais je vis qu'il craignait presque autant
que moi. Le temps s'obscurcissait de plus
en plus; la grêle, l'orage, le tonnerre,
& ma frayeur, tout s'accroissait sans cesse.

III. Un loup se présente pour profiter
de l'abri que je partageais avec le tigre.
Ce dernier s'élance sur le nouveau venu;
ils combattent, se déchirent & s'étouffent
tous deux.

VI. L'orage s'est calmé; le Ciel est serein;
je quitte ma grotte, & je cherche
un sentier dans cette forêt.
C 3


@

( 38 )

V. Après quelque temps de marche, je
me trouve dans une plaine. Je vois un
sentier au bord duquel je reconnais une
marque comme celles que plaçait l'enfant
qui me conduisait au labyrinthe. (Voyez
le N°. XVII du Chapitre premier.)

VI. Je suis ce sentier qui me ramène
au jardin que j'avais trouvé en sortant
de la mer. En entrant dans le jardin, je
regarde autour de moi, & cherche l'enfant
qui m'avait servi de guide. Je l'aperçois
près d'une fontaine; comme il
était couché, je crus qu'il dormait: mais
je vis, dès que je fus près de lui, qu'il
était mort, car le mouvement du coeur
celui de la respiration étaient interceptés.
Je le pris dans mes bras, je l'agitai
en différents sens; ma bouche se colla sur
la sienne pour rappeler le feu dans ses
poumons. Cela étant inutile, j'essayai de
le frotter avec les différentes plantes que
je voyais dans le jardin; je mis ensuite
plusieurs animaux à mort dans l'espoir de
trouver quelques remèdes; mes soins, mes
regrets, mes pleurs, mes voeux au créateur,
tout fut sans succès.


@

( 39 )

VII. Il ne me restait plus qu'à lui rendre
les derniers devoirs. Mes mains creusèrent
sa tombe, & l'y placèrent.

VIII. Après quelques larmes sincères
répandues sur le tombeau, je me mis à
parcourir 1e jardin pour y chercher un
asile & des êtres semblables à moi. Quelque
chemin que je prisse, je me retrouvais
toujours dans l'endroit où j'avais inhumé
l'enfant.

IX. Alors, je sentis qu'il était inutile
de faire des efforts pour m'en éloigner;
je m'étendis sur le gazon, & je passai
quelques heures dans le plus profond sommeil.

X. Ma paupière se rouvrit à la lumière
du jour; mais quelle fut ma surprise, lorsque
j'aperçus une branche d'arbre placée
sur le tombeau, & autour de laquelle
était un serpent? mon premier mouvement
fut de m'éloigner; réfléchissant enfin
sur cette circonstance mystérieuse, je
m'armai de courage, & je mis le serpent
à mort. En le frappant, trois gouttes de
son sang coulèrent sur la tombe; la branche

@

( 40 )

d'arbre & les restes du serpent rentrèrent
dans la terre, & l'enfant, que j'avais
tant pleuré, fut rendu à la vie.

XI. C'est pour toi, me dit-il, que j'avais
perdu la vie; tu me l'as rendue, nous
sommes quittes. Sans le sacrifice de mes
jours, ajouta-t-il, c'en était fait des tiens.

XII. Il s'expliqua trois fois de la même
manière, & je l'entendis.

=================================

CHAPITRE V.

I. J'avais consenti à tenter de nouvelles
épreuves pour parvenir au labyrinthe.
Nous nous mîmes en marche, & prîmes
la route qui conduit au blanc. (Voyez
le N°. XIV. du Chapitre premier.)

II. A une certaine distance nous trouvâmes
un escalier à sept marches; l'enfant
me dit d'y monter.

III. Lorsque je fus au sommet, je vis
au-dessous de moi quelques hommes qui
travaillaient, & dont l'ouvrage allait bien
lentement.

@

( 41 )

IV. Je descendis l'escalier d'une manière
connue, & je rejoignis l'enfant. Nous
marchâmes encore quelques heures. J'aperçois
à quelques pas de nous, un homme
armé qui paraissait garder quelque
chose de précieux, dans une cassette sur
laquelle il était assis.

V. Mon petit conducteur m'apprit que
je devais lui livrer bataille, le vaincre ou
périr. Pour ranimer mon courage, il sortit
du baume d'une boîte; il m'en frotta
les pieds, les mains, le front, &c.

VI. Après cette opération, je courus
sur l'homme armé; mon bras l'eut bientôt
renversé; m'emparer de ses armes, &
l'en frapper, ne fut qu'un instant pour
moi. Mon premier mouvement fut d'ouvrir
la cassette; je ne fus pas peu surpris d'y
trouver le manteau que j'avais oublié dans
le pavillon; (voyez le N°. VI. du Chapitre
troisième.) Après m'en être couvert,
je revins à mon guide, & je lui rendis de
nouvelles actions de grâces.

VII. Nous marchâmes vers le labyrinthe
que nous ne fûmes pas longtemps à découvrir.

@

( 42 )

Près du mur, l'enfant me fit de
nouveau ses adieux; je fus encore seul.

VIII. Même embarras pour choisir entre
les sept portes celle par laquelle je devais
m'introduire. Je me présente à la première
qui s'offre à ma vue.

IX. Je frappe, on n'ouvre point. J'appelle,
personne ne répond.

=================================

CHAPITRE VI.

I. Tandis que je me disposais à frapper
de nouveau, je vis venir un vénérable
vieillard monté sur un chameau.

Il. Ce vieillard, & sa suite qui était
assez nombreuse, vinrent à moi. L'un de
ses gens m'approcha, me remit une clef,
& me fit signe de leur ouvrir la porte.
J'obéis, tous entrèrent, & je les suivis.

III. Je refermai la porte, & je donnai
la clef à celui qui me l'avait remise. Nous
nous rendîmes tous dans une grande place
triangulaire où étaient deux colonnes.

@

( 43 )

IV. Le vieillard descendit de son chameau.
On le conduisit près de la première
colonne, où il fut attaché, & mis à mort
dans le même instant.

V. Ce coup me frappa, & me fit frémir:
je me vis, sans le vouloir, complice
d'un crime affreux. Ce qui m'épouvanta
le plus, ce fut lorsque ces meurtriers se
jetèrent sur moi, me saisirent, & me placèrent
sur le chameau.

VI. Dès qu'on m'eût placé sur cet animal,
tous les hommes sortirent de la place,
& je restai seul avec le chameau. Je me
hâtai de remettre pied à terre pour secourir
le vieillard qu'on venait de frapper
à ma vue. Je coupai les liens qui l'attachaient
à la colonne. Je visitai ses blessures;
mais j'eus la douleur de voir que
tous mes soins seraient sans espoir.

VII. Je remarquai qu'il avait une marque
distinctive à la boutonnière de son
habit: je crus devoir m'en saisir. Ce signe
me fit naître l'idée de faire de plus amples
perquisitions; mes recherches ne furent
point inutiles, je m'emparai de certains titres

@

( 44 )

qui me prouvèrent que ce vieillard
infortuné venait d'être la victime du fanatisme
& de la superstition.

VIII. Tandis que je parcourais les papiers
dont je venais d'être en possession,
un lion furieux s'élança sur le chameau
qui était à mes côtés, & en eut bientôt
fait sa proie. Je crus devoir quitter la place,
& sans réfléchir sur la route que j'avais
à prendre, je suivis la première qui s'offrit
à ma vue.

IX. Je marchai pendant sept jours &
sept nuits dans une fumée très épaisse;
j'étais comme enveloppé dans un nuage.
J'arrivai dans une place exactement ronde,
mais je ne pus point m'y arrêter; il
partait à chaque instant de son centre une
foule d'étincelles qui me forçaient de ne
pas quitter la circonférence du cercle.

X. Comme je me disposais à passer plus
loin, un être, que je ne dois pas nommer,
m'abordant, me dit de lui remettre
mon manteau: j'obéis. Il le porta dans le
centre dont je viens de parler. Ce vêtement
fut réduit en cendres; on me les


@

( 45 )

remit renfermées dans un flacon; & l'on
m'avertit d'en avoir soin.

XI. Je continuai ma toute; mais telle
était la vaste étendue de ce labyrinthe,
que je voyais toujours devant moi des
chemins qui semblaient ne devoir plus
finir. Enfin je vis une espèce de grotte
que je n'osai visiter, lorsque j'entrevis un
lion vert à quelque distance de l'entrée:
quoique j'eusse bien envie de reposer, la
prudence m'engagea à passer plus loin.

XII Un figuier se trouve sur mon chemin,
je prends trois figues; un oiseau de
proie me les dispute, je le mets à mort.

XIII. J'arrache neuf plumes à l'oiseau,
je les arrange dans ma chevelure; & je
poursuis ma carrière.

=================================

CHAPITRE VII.

I. Je découvre un palais dont la porte
était ouverte, je m'y présente. Nombre
de valets m'approchent, & me disent
qu'ils sont prêts à me donner tout ce que

@

( 46 )

je pourrais désirer; le repos, leur dis-je
assez brusquement: on m'apprit qu'il était
impossible de le trouver dans le pays que
je parcourais. On me tint de tels discours
que je me repentais presque d'avoir pénétré
dans le labyrinthe.

II. Le maître de la maison ne tarda
pas à paraître; il m'interrogea sur mes
événements. Après quelques questions nécessaires,
il me conduisit dans une chambre
où je vis des trésors immenses.

III. Frappé de la quantité d'or qui
était dans cet appartement, j'eus la faiblesse
d'en désirer une partie; mon souhait
ne fut pas achevé que l'or, le maître,
les valets, le palais, tout disparut.

IV. A cette révolution magique, il se
fit un changement involontaire dans toute
ma personne; l'émotion fut générale,
parce que je ne m'y attendais point. Tout
mon être fut à la fois agité par l'admiration,
la crainte & la frayeur: dans ces
différents mouvements, les plumes que j'avais
arrangées dans ma chevelure (Voyez
le N°. XIII. du Chap. VI.) tombèrent,

@

( 47 )

& en touchant la terre, se changèrent en
colonnes d'une masse énorme; il y en avait
neuf; leur arrangement était tel que je me
trouvais renfermé entr'elles sans pouvoir
en sortir.

V. Ces colonnes étaient couvertes d'inscriptions;
j'y lis de choses merveilleuses.
J'apprends de grandes vérités; & je bénis
le Très Haut de tout ce qu'il opère pour
mon instruction.

VI. Une seule inscription fut inintelligible
pour moi; je la lus & relus sans la
comprendre. Les efforts que je faisais alors
pour en trouver le sens, étaient bien inutiles,
car j'avais encore d'autres mystères
à connaître avant que d'être au rang des
élus.

VII. Le temps, que je devais rester entre
ces colonnes, était fixé. J'avais trop
à méditer, pour murmurer contre ma captivité.
L'aurore parut un jour plus brillante
qu'à l'ordinaire, la chaleur de l'air fut plus
forte, les colonnes ne purent soutenir l'ardeur
des rayons du soleil; & comme la

@

( 48 )

glace se fond dès que l'hiver finit, ma
prison disparut de même, & je fus libre.

VIII. D'après la lecture des inscriptions
dont je viens de parler, je savais quelle
route je devais prendre. Mes pas se tournèrent
vers l'Orient.

IX. Trois pas en avant, d'autres de
côté, quelques-uns en arrière, voilà ma
marche.

X. Je tombe, & me relève. Je continue
& j'arrive.

XI. Je crois être au bout de l'univers.
J'aperçois une petite voûte qui me découvre
un pays brillant; je me courbe pour
regarder sous l'arc. Quand j'ai vu, je
meurs d'envie de passer.

XII. Une main invisible me place un
bandeau sur les yeux; je me baisse, & passe
sous la voûte.

XIII. Le trajet fini, le bandeau tombe.
J'aperçois à mes côtés l'enfant qui m'avait
servi de guide (Voyez les Chap I.,
VI.,

@

( 49 )

IV. & V. ) Il était placé à ma droite.
J'avais pour assistant à ma gauche le vieillard
que j'avais vu mettre à mort quelque
temps auparavant. (Voyez le N°. IV.
du Chap. VI.)

XIV. Silence, me dirent les deux assistants,
lorsque j'allais prendre la parole
pour leur témoigner la joie que j'avais de
me retrouver avec eux: je me conformai
donc à leur marche sans mot dire.

XV. Nous arrivons dans l'enceinte où
l'on est à portée de voir de plus près le
chandelier à sept branches. Mes conducteurs
rompent le silence pour me faire une
leçon à ce sujet. Je n'avais pas encore vu
la lumière d'aussi près.

XV. Le vieillard m'enseigna la science
des nombres. Nous calculâmes le nombre
trois; j'appris celui de sept, & je trouvai
le nombre neuf.

XVII. On m'enseigna l'usage du compas:
j'essayai de mesurer & de partager les
douze signes du Zodiaque. Le monde planétaire
n'eut plus rien de voilé pour moi,
C

@

( 50 )

car le temps de la première opération était
venu.

=================================

CHAPITRE VIII.

I. Je suis transporté jusques dans la demeure
du soleil; nous sommes toujours
trois.

II. Ce n'est plus avec des hommes que
je converse: êtres tout dégagés de la matière,
mes maîtres font ceux qui forment
la chaîne qui lie la créature au créateur.
Dépositaires des plus grands secrets de la
nature & de l'art, ces génies me font tout
voir.

III. Un de ces génies s'unit à moi pour
ne plus me quitter: je m'abandonne entièrement
à lui. Il me demande compte des
cendres du manteau qui avait été brûlé
quelque temps auparavant. (Voyez le N°.
X. du Chap. VI.)

IV. Nous nous rendons dans le laboratoire,
le seul qui existe; là tout est prêt
à toute heure.

@

( 51 )

V. On jette les cendres dans un creuset:
le feu agit, & la matière n'est plus
elle. Pendant que Saturne devait livrer bataille
à quelques satellites, mon génie me
conduisit dans un bâtiment peu distant du
laboratoire.

VI. Il s'agissait encore d'une expiation
pour pouvoir parvenir au terme désiré.
Je vois mettre plusieurs hommes à mort;
leur sang coulait dans un bassin, où je
fus couché & condamné à passer deux
heures & demie.

VII. Je sortis du bain, mais j'étais autre
que lorsque j'y étais entré. Retournons
au laboratoire, me dit le génie,
voyons si tu pourras t'y introduire.

VIII. Je suis à la porte, mes efforts
pour y pénétrer sont inutiles. Autre expiation
à faire: nouvelle & dernière préparation.

=================================

CHAPITRE IX.

I. Prenons la sphère à la main; fouillons
dans les astres, afin de pouvoir terminer
le grand oeuvre.
D 2

@

( 52 )

II. Nous faisons de grands efforts pour
ouvrir le Livre; l'éclair se montre, la foudre
éclate, le charme cesse, & le Livre
est ouvert. Chef-d'oeuvre de l'intelligence
céleste, ce Livre ne contenait que des
énigmes pour moi; mais j'avais déjà tant
vu, que mes yeux furent bientôt au fait
de saisir la vérité, quoique cachée dans
le labyrinthe des hiéroglyphes.

III. Je découvre les secrets, & la sagesse
du plus grand des Rois. Les langues
anciennes me deviennent familières; & je
rougis de l'erreur où j'avais été jusqu'alors.

IV. Quelques années se passèrent dans
l'étude & le silence; mon génie ne m'avait
point quitté. Il était temps de retourner
à la pratique; mais il fallait quelque
chose de plus pour pouvoir rentrer dans
le laboratoire sans courir le risque d'y
perdre la vie.

V. Le jour se cacha, j'eus peur. Mon
génie me prit par la main; il guida mes
pas vers une grosse pierre sur laquelle était
une lampe qui ne donnait qu'une faible
lueur.


@

( 53 )

VI. A côté de ta lampe était une coupe
vide; je pris la lampe & la coupe. Je fis
quelques pas pour me rendre près d'une
fontaine, où il était dit que je boirais.

VII. Je laissai la coupe près de la fontaine:
je gardai la lampe pour guider mes
pas mal assurés.

VIII. Un vaste bassin se présente, il
était plein d'une matière liquide, ce n'était
pas de l'eau, car elle était blanche
& brillante comme l'argent. Mon génie
me jeta dans le bassin.

IX. J'y restai trois jours, en comptant
comme les philosophes. La lampe fut
consumée; mais je n'avais souffert aucun
mal. Au sortir de ce bain, nous primes
le chemin du laboratoire; le jour reparut
dans tout son éclat; je ne devais plus revoir
les traces du père des ténèbres.

X. En entrant dans le laboratoire, nous
vîmes avec regret que le feu s'était éteint,
& que l'opération n'était qu'à peine commencée.
Mars n'avait point paru; Jupiter
était encore intact; Vénus était libre,
D 3

@

( 54 )

&c. &c. On remit du charbon dans
le fourneau, le creuset rougit de nouveau;
& nous nous disposâmes à terminer l'oeuvre.

XI. Il fallut moi-même subir l'épreuve
des épreuves. Nous passâmes dans un salon,
où quelques cyclopes donnaient aux élus
ce qu'on doit appeler des bains de feu:
tout était prêt.

XII. Je fus mis dans cet élément liquide
& destructeur; tout mon être semblait prendre
une autre forme. Il ne me resta de
l'enveloppe matérielle que ce qu'il en faut
pour tenir à l'homme.

XIII. Je ne suis plus le même; je rentre
dans le laboratoire; les substances
s'unissent & se séparent à ma volonté. Le
rouge paraît, le vert le détruit, le blanc
triomphe, le rouge revient à mon choix,
& la nature n'a plus d'atelier secret.

XIV. Voilà ce que j'ai vu, ce que
j'ai fait, & ce que tout homme laborieux
& constant peut répéter. On trouvera comme
moi, des sentiers dans les endroits les
plus sauvages.

@

( 55 )

XV. Celui, qui m'a conduit dans mes
travaux, m'a laissé le choix d'instruire mes
semblables, ou de jouir tout seul du fruit
de mes veilles. J'ai préféré le premier parti;
je n'ai cependant pu le faire qu'aux conditions
connues; mais ces conditions ne
peuvent arrêter que l'homme peu accoutumé
à la recherche des grandes choses.
J'ai fait mes efforts pour me faire entendre,
il en faudra peu pour me comprendre.


Fin de l'Apocalypse hermétique.


@

pict

C O M M E N T A I R E

SUR LA

REVELATION PRECEDENTE,

OU

INTERPRETATION

R A I S O N N E E

DE L'APOCALYPSE HERMETIQUE.

=================================

La Société des philosophes inconnus
n'est point bornée par une nation, un
royaume, ou autres lieux particuliers; elle
est répandue dans tout l'univers. Un institut,
qui fut dicté par la raison, qui est
éclairé par la religion, & que suit la vertu,
doit être connu de tous les hommes.
Les protecteurs sont inutiles pour être
admis dans cette secte choisie: les grandeurs
ne sont rien; l'homme n'y est
qu'homme, mais il y est vraiment homme.

@

( 57 )

Les recherches dont on s'occupe, sont
de détruire le mensonge, & de connaître
la vérité. Pour y parvenir, on fixe
la nature, on voit ses oeuvres, on réfléchit
sur la marche uniforme du grand tout.

Seul, l'homme est incapable de faire
les sublimes efforts qui sont nécessaires
pour voir: il se trompera, s'il cherche des
guides dans ses semblables. Le célèbre
Emmanuel de Swedenborg a donné de grands
préceptes à ce sujet; il serait inutile de
les répéter, je renvoie à ses ouvrages:
mais je préviens qu'il faut savoir les lire.

Il existe une liaison entre les êtres matériels
& les êtres spirituels, Pour se convaincre
de cette vérité, on n'a qu'à réfléchir
sur tous les êtres créés, & la chaîne
qui les lie. Le règne végétal est lié au minéral,
comme l'animal l'est au végétal par
des corps que les naturalistes ne savaient
où classer. L'homme est enfin lié à son
auteur par des êtres intermédiaires que
l'on a nommés différemment selon les lieux
& les temps.

On ne se dégage de la matière qu'en

@

( 58 )

dépouillant le superflu de l'être. Le nombre
n'est plus le même, il est alors plus
parfait. Il serait hors de propos de nier
cette vérité par la seule raison qu'on ne
pourrait la concevoir. Tant d'adeptes ne
se sont pas trompés pour avoir la satisfaction
de nous conduire à l'erreur. Je vais
m'expliquer plus ouvertement.

L'Apocalypse hermétique offre, à celui
qui en saisit le sens, toutes les vérités
dont on s'occupe dans ces cercles délicieux
connus sous le nom de F. M:..

Ce n'est point pour flatter les profanes
que je publie ce Livre; il n'est fait que
pour ceux qui aiment & cherchent le vrai.
Les élus sont rares; l'Apocalypse hermétique,
ou plutôt philosophique, a donc
besoin de Commentaire. Que le savant à la
mode, que l'homme du jour n'entende rien
à mon discours! qu'il me traite de rêveur,
& me confine aux petites maisons, je ris
de sa sottise, & je sais l'art de me suffire
à moi-même! Voir le mal, & faire le bien,
voilà ma devise.

Moïse nous a laissé des écrits qu'on révère

@

( 59 )

à juste titre; son Livre est le seul
utile; mais il faut savoir lire les Livres sacrés.
L'homme qui voudra s'instruire, n'a
qu'à comparer la bible entre elle; il n'a
qu'à méditer sur les cérémonies sacrées des
peuples qui ne sont plus, comme sur celles
de ceux qui existent. Ce point est difficile,
il est encore plus important.

Quoique dans les ténèbres, l'homme
court après la lumière; l'envie qu'il a de
la connaître, prouve qu'elle existe. L'adepte
n'est point un extravagant de faire
des recherches; l'idée qu'il a du sublime,
prouve que le sublime existe. Plusieurs ont
trouvé le but; ils n'ont point osé le montrer;
ou si ces hommes rares ont parlé,
ils se sont servis d'un langage mystique.

Ce qui surprendra le plus dans l'Apocalypse
hermétique, c'est que celui qui
l'entendra, y trouvera les sept degrés d'expiation
connus dans la F. M., & même
parmi tous les chrétiens. Il y verra la vérité
de quelques passages qui sont épars dans
les Livres saints du grand Salomon.

L'intelligence de l'Apocalypse précédente

@

( 60 )

lui démontrera des vérités que l'auteur
d'un livre intitulé, Des erreurs & de
la vérité, n'a fait que soupçonner.

On trouve, dans l'Apocalypse hermétique,
une relation exacte de la réception,
& conduite des philosophes inconnus: tous
les secrets des F. M. y sont dévoilés.
La transmutation des métaux & la médecine
universelle y sont montrés dans tout
leur jour. Enfin c'est vraiment le manuel
d'un adepte.

Pour hâter les travaux de ceux qui
cherchent la vérité, je crois ici pouvoir
joindre une explication abrégée des premières
connaissances nécessaires à l'intelligence
des grandes opérations. Je ne trahis
aucune société, & je prie tout lecteur de
ne point abuser de la complaisance de ceux
qui se sont expliqués sur les mystères.

Paracelse, Van Helmont, Libavius, Levinius,
Cardan, Porta, Scaliger, Wecker,
Mizalde, Gesner, Garzias, Acosté, Monarden,
&c., &c., ont écrit comme Basile,
Valentin, le Cosmopolite, & d'autres;
mais plusieurs n'entendent point ces ouvrages,

@

( 61 )

& les trouvent aussi obscurs que
le système de St. Martin.

Cela vient de ce qu'on n'a aucune connaissance
préliminaire, lorsqu'on cherche
à finir le grand oeuvre. Les auteurs ne
s'étant expliqués que par paraboles, comment
les entendre, si on n'est du tout point
initié?

Les planètes ne sont pas seulement,
pour les adeptes, les globes qui tournent
autour du grand astre. Mars donne quelquefois
son nom au fer, d'autres fois au
soufre.

Le mot d'Azoc ou d'Azoth est le nom
du Mercure, qui s'appelle aussi lait virginal.

Il ne faut pas confondre les métaux du
vulgaire avec ceux des philosophes: les
uns sont morts, les autres vifs.

On distingue dans l'art, le mâle & la
femelle; ce sont deux principes, l'un est
le soufre, & l'autre le mercure: on les
conjoint pour qu'ils forment un germe.

@

( 62 )

La correspondance des métaux entr'eux
est une connaissance que doit avoir celui
qui s'applique à l'étude de Rose Croix.
Pour entendre cette correspondance, il
faut considérer la position des planètes, &
faire attention que Saturne est le plus haut
de tous, auquel succède Jupiter, puis
Mars, le Soleil, Venus, Mercure, &
enfin la Lune. Les vertus des planètes
ne montent point, mais elles descendent;
les élus savent que Mars se change en
Venus, & non pas Vénus en Mars. On
voit clairement, en réfléchissant sur cette
correspondance, que la nature tient son laboratoire
ouvert, & qu'elle ne cherche
rien à cacher à l'oeil philosophe.

Pour parvenir à l'exécution de l'oeuvre,
il faut suivre la même route que le grand
architecte employa à la création des mondes:
c'est l'art de débrouiller le chaos.

Ce sont la composition, l'altération, la
mixtion & l'union qui, faites dans les règles
de l'art, donnent le fils légitime du
soleil, & produisent le phoenix sans cesse
renaissant de ses cendres.

@

( 63 )

La putréfaction découvre de grandes
choses, sans elle point d'opérations.

Le feu philosophique est le feu dont se
sert la nature: il y en a de trois espèces
qui sont le naturel ou le masculin, l'innaturel
ou le féminin, enfin le feu contre nature
qui corrompt le composé & délie ce
que la nature avait lié.

On trouve à toute heure & en tout
lieu la matière qui sert à l'oeuvre; on la
cherche pourtant spécialement dans la nature
métallique.

La terre vierge n'est pas si rare qu'on
pense; c'est une erreur de la chercher dans
la profondeur de la terre. Toutes les qualités
de terre en donnent de la vierge,
lorsqu'on leur a fait subir les opérations
convenables.

Les deux Dragons qui se font sans cesse
la guerre, sont l'eau & le feu. Il s'agit
de les mettre en action l'un & l'autre, un
autre élément s'y joint, & la magnésie
complète le mélange.

@

( 64 )

On passe douze portes pour trouver
la pierre philosophale:
1°. La calcination.
2°. La dissolution secrète.
3°. La séparation des éléments.
4°. La conjonction matrimoniale.
5°. La putréfaction.
6°. La coagulation.
7°. L'incinération.
8°. La sublimation.
9°. La fermentation.
10°. L'exaltation.
11°. La multiplication.
12°. La projection.

Ces douze entrées sont dépeintes dans
l'Apocalypse hermétique, & dans les Livres
sacrés. On n'a qu'à lire avec attention,
on verra clairement à l'aide de ce
Commentaire que l'homme peut faire de
grandes choses.

Lorsqu'il est question de clef, on entend
un menstrue.

Dans l'oeuvre, il y a le Septentrion,
le Midi, le Levant & le Couchant. Le
Levant

@

( 65 )

Levant c'est le blanc, le Midi, c'est le
rouge, & le Couchant est le commencement
du noir.

Si ce que je viens de dire ne satisfait
pas tous les lecteurs, j'en suis fâché; je
n'ai plus qu'un avis à donner dans ce commentaire;
mais qu'on y fasse attention,
cet avis est bien utile. Toute la combinaison
philosophique se réduit à faire d'un
deux, & de deux un, rien de plus; c'est
là le nombre mystérieux de trois qui cache
celui de sept, & qui ne saurait passer
celui de neuf.

Il me semble entendre quelques lecteurs,
peu faits pour les hautes sciences,
s'écrier, en lisant ce Commentaire, que
l'explication n'est pas plus claire que l'Apocalypse.
Celui qui se croira en droit
de me faire des reproches, peut renoncer
à la lecture de ce livre, comme à l'espoir
de pratiquer la philosophie occulte. Je suis
sûr de m'être rendu intelligible à ceux qui
ont médité les ouvrages des maîtres qui,
avant moi, ont parlé des secrets de la
nature.
E

@

( 66 )

Avant que de chercher à être initié, il
faut avoir lu les ouvrages d'Hermès. Il
faut connaître le passage de la mer rouge.
On doit avoir étudié le sentier chimique de
Paracelse, le Vade mecum de Raimond
Lulle, & les Observations de Trévisan, & la
Physique restituée.

Comme la lecture de ces ouvrages est
très difficile, j'ai cru devoir joindre à mon
Apocalypse une clef pour l'intelligence des
écrivains philosophes: je vais expliquer,
par des mots usités, le langage des adeptes;
ainsi leurs termes mystiques, & leurs
hiéroglyphes ne rendront plus rebutants
ni obscurs des ouvrages qui sont le dépôt
des connaissances de l'homme.

J'avertis encore qu'il faut, pour bien
entendre l'Apocalypse hermétique, connaître
les ouvrages de Moïse, de Salomon,
&c. Les Livres saints contiennent
tous les préceptes de religion, ceux de
morale, & ceux de philosophie, mais il
ne faut pas s'en tenir à la lettre.


@

pict

L E L A N G A G E

D E S

A D E P T E S.

O U

D I C T I O N N A I R E

ABREGE DE PHILOSOPHIE,

Avec l'explication des Mot, & des
Hiéroglyphes.

C'est avec ambiguïté que tous les artistes
ont parlé de leurs connaissances;
cette conduite était nécessaire, d'autant
plus que tous les hommes ne sont pas
faits pour la vérité, ni tous les yeux pour
la lumière. Sans manquer aux engagements
que contractent les philosophes inconnus,
j'ai entrepris de dévoiler des vérités; je
fais tout mon possible pour rendre mes
oeuvres utiles. J'aurais cependant peu fait
E 2

@

( 68 )

pour les curieux, si je ne joignais à mon
Apocalypse un Dictionnaire des mots reçus
dans la philosophie secrète.

On trouve dans cet écrit le nom des
choses, le secret des caractères, & le mot
des énigmes qui sont le désespoir de quelques
curieux Je souhaite qu'on n'abuse
point des effets de ma condescendance;
la philosophie occulte est un labyrinthe où
doit se perdre le vulgaire; au lieu d'y
cueillir des fruits, le savant ordinaire n'y
doit rencontrer que des épines. Quelque
attrayante que soit cette étude, elle est
suivie de beaucoup de dangers.

A.

Acetum philosophorum, eau mercurielle,
ou lait virginal qui dissout les métaux.
Aniadin, signifie longue vie.
Annus philosophicus, c'est le mois commun.
Alchaest, c'est une préparation du mercure.
Amianthus, c'est la salamandre.
Alembroth c'est la clef de l'opération des
philosophes.
Andena, c'est l'acier oriental.
Aqua coelestis, c'est le vin sublimé.

@

( 69 )

Aquila spagyricorum, sel ammoniac.
Atramentum, le vitriol.
Aqua solvens, vinaigre distillé.
Atimad alcophil nigra, c'est l'antimoine.
Alcharit, ou Zaibach, c'est le vif-argent.
Almisadir, le vert-de-gris.
Aremaros, le cinabre.
Asmarcech, la litharge.
Alcitram, l'huile de genièvre.
Alcaligatam, de la momie jointe à un sel
alcali.
Aloeani, c'est le changement de la forme
superficielle des métaux.
Alartar, cuivre brûlé.
Aniada, signifie les influences des astres.
Alcubrith, le soufre.
Azimar, le minium.
Alabari, du plomb.
Aes hermetis, le lion vert.
Ahot, c'est le lait.
Acureb, le verre.
Alfusa, la tutie.
Antimum, c'est le miel le plus pur.
Aes philosophorum, l'or des philosophes,
& non le vulgaire.
E 3

@

( 70 )

B.

Barnabas, le salpêtre tiré d'un endroit où
l'on a jeté souvent de l'urine.
Baurat, signifie tout sel.
Botri, une grappe de raisin.
Berillus, miroir de cristal dont on se sert
pour des opérations magiques.
Botin, vinaigre térébenthiné.

C.

Cafa, camphre.
Calena, salpêtre.
Chaos, l'air, selon Paracelse.
Claretta, blanc d'oeuf.
Cotoronium, liqueur.
Cortex maris, vinaigre philosophique.
Cabet, limaille de fer.
Comindi, gomme arabique.
Calchiteor, marcassite.
Carbones coeli, les étoiles.
Cauda vulpis rubicundi, le minium de plomb.
Cydar, Jupiter.
Cebar, l'aloès.
Cristi pabalum, urine d'un petit enfant.
Copher, bitume.
Catina, l'alun.

@

( 71 )

Coteritium, liqueur qui corrode tous les
métaux, excepté l'or.
Cor minerale, l'or.

D.

Dragantium, le vitriol.
Denoquor, le borax.
Deraut, l'urine.
Diatessadelton, mercure précipité.
Dulcedo saturni, l'âme du plomb.
Daura, l'ellébore; d'autres entendent l'or.
Dovertallum, la génération qui se fait des
éléments.
Duelech, pierre qui se forme dans le corps
humain.

E.

Elkalei, l'étain.
Ezeph, de l'or.
Edir, l'acier.
Elqualiter, le vitriol vert.
Ezimar, fleurs de cuivre.
Epar, l'air.
Elome, l'orpiment.
Encarit, de la chaux.
Ephodebuths, nom de la pierre philosophale,
lorsqu'elle est finie.

@

( 72 )

Elephas spagirice, l'eau forte.
Evestrum, signe qui présage l'avenir.

F.

Flos sectae croae, la fleur de Safran.
Foenix, la pierre physique.
Foedula, la mousse.
Fons philosophorum, le bain-marie.
Fedeum, le safran.
Fida, l'argent.
Filius unius Dei, la pierre philosophale.
Fel draconis, le mercure tiré de l'étain.
Facinum, du cuivre.
Flos maris, blanc de baleine.

G.

Gasard, le laurier.
Glutem, fiel de taureau.
Gazar, le galbanum.
Gersa, la céruse.
Gruma, le tartre.
Grillen, le vitriol.
Guarini, ce sont des hommes vivant de
l'influence du ciel.
Guma, l'argent.
Gibard, médecine tirée des minéraux.
Glacies dura, le cristal.

@

( 73 )

H.

Henricus rubeus, le vitriol calciné au rouge
Haro, une espèce de fougère.
Hycohy, le sang d'un jeune homme sain.
Horison, le mercure de l'or.
Hal, le sel.
Hel, le miel.
Horizontis, or potable.
Hunt, Jupiter.
Hernec philosophorum, l'orpiment, mais
non pas le commun.
Hager archtamach, la pierre d'aigle.

I.

Ignis leonis, l'élément du feu.
Jarin, le vert-de-gris.
Jaspa, l'herbe de la trinité.
Illeadus, la première matière de toutes
choses.
Ipcacidos, la barbe du bouc.
Ignis aethereus, la pierre infernale.

K.

Kakima, terre métallique.
Kaib, lait de vinaigre.
Kist, l'opopanax.
Kibrit, soufre puant.
Kibris, chef & père de la lumière.

@

( 74 )

L.

Laoc, l'étain.
Luben, l'encens.
Lulfar, les perles.
Latro, le mercure.
Lot, l'urine.
Lapis infernum, la pierre ponce.
Liab, vinaigre.
Lameré, soufre.
Leo viridis, vitriol.
Lydia, la pierre de touche.
Laser, le benjoin.
Lustum, la graisse de lait.
Liquor aquilegius, le vin distillé.
Limbus, le monde universel.
Labos balsamum, la liqueur où quelque
métal enflammé est éteint.
Laxa chimolea, sel qui naît sur les pierres.

M.

Magnesia philosophorum, l'argent uni au
mercure & rendu fluide.
Magnalia, les oeuvres du grand architecte.
Mensis philosophicus, le temps de la digestion
chimique qui est de quarante jours.
Magoreum, médicament magique.

@

( 75 )

Manna mereurtalis, mercure précipité en
eau forte, puis élevé par le feu.
Meliboeum, le cuivre.
Mercurius laxus, le turbith minéral.
Martach, la litharge.
Madic, le petit lait.
Malaribric, l'opium.
Maz, la myrrhe.
Maruch, l'huile.
Merdasengi, plomb calciné & réduit en
poudre.
Mercurii astrum, la sublimation.
Majus noster, la rosée des philosophes.
Magnesia lunarii, le régule d'antimoine,
qu'on appelle aussi le plomb des philosophes.
Magnesius magnensis, poudre philosophale
faite avec le sang humain.

N.

Nastac, ou Nostoch, une gelée qu'on trouve
dans la belle saison, après la pluie; elle
est transparente, verdâtre. On croit
que c'est une déjection des étoiles.....
erreur.
Nitriales, les pierres calcaires.
Necrolium, un médicament qui préserve
des maladies.

@

( 76 )

Nectat, préparation qui se fait avec du
vin blanc & du vin rouge.
Nostros, on s'en sert pour désigner les espèces
de feux.
Nepsis, étain.

O.

Obrizum, or calciné & de couleur de châtaigne.
Otap, sel ammoniac rougi avec eau de
vitriol rouge.
Oabelcora, une cucurbite.
Ophirisi, liqueur du soleil.
Orizon aeternitatis, les influences célestes.
Osemutum, le fil de fer.
Oriseum precipitatum, le safran d'or.
Oriseum foliatum, l'or en feuilles.

P.

Pratium viride, les fleurs du cuivre.
Presmuchim, la céruse.
Pater metallorum, le soufre.
Propolix, la cire vierge.
Pissasphaltos, le bitume.
Pentacula, amulettes, certains signes qu'on
porte pour guérir, ou se préserver des
maladies.

@

( 77 )

Pili zenii, les petits poils blancs qui sont
autour de la cuisse du lièvre.
Pauladada, terre sigillée qu'on trouve en
Italie.
Pietra vini, crème de tartre.
Primum vegetabile, tartre.
Plecmum, le plomb.
Parthenium, la camomille romaine.
Phoenix, la pierre physique.

Q.

Quartura, l'or le plus pur.
Quemli, le plomb.
Quiamos vena terrae, la couperose.
Quebrit, le soufre.
Quebricum, l'arsenic.

R.

Rabeboya, la patience dans le grand oeuvre.
Rebis, la première matière des philosophes.
Ramich, la noix de galle.
Rebona, la fiente brûlée.
Rusatagi, la calcination du cuivre.
Racari, le sel ammoniac.
Recham, le marbre.
Riastel, le sel commun.
Raib, une pierre quelconque.

@

( 78 )

Rosa mineralis, arbre végétal des philosophes
produit par une sublimation de
l'or avec le mercure.
Reboli, liqueur tirée de momie.

S.

Sactin, le vitriol.
Salipit, le cuivre.
Saphiricum anthos, liqueur tirée de l'Argent
& du saphir, pour guérir les maladies
du cerveau.
Senco, le plomb.
Sibar, le mercure.
Sezur, l'or.
Samech, le tartre.
Sira, l'orpiment.
Sal amarum, l'argent vulgaire, non pas
celui des philosophes.
Scarelum, l'alun de plume.
Serpens, ou Lacerta viridis quae propriam
caudam devoravit, c'est toute la liqueur
de vitriol rejetée sur le caput mortuum.
Sphacte, storax liquide.
Stomoma, la limaille de fer.
Sanguis hidroe, huile de vitriol.
Siella terrae, le talc.
Sagani spiritus, les quatre éléments.
Sagani sapientiae, le sel marin.

@

( 79 )

Sol in homine, le principe vital dans l'homme.
Scirona, la rosée d'automne.
Serpheta, réduction d'une pierre en liqueur.
Stennarmater metallorum, ce qui engendre
les métaux.
Saldini, les hommes engendrés par l'élément
du feu.
Sylo, le monde en général.

T.

Thisma, la veine des minières.
Teneriabin, espèce de manne.
Trachsat, le minéral sortant de la terre.
Temeinchum, l'argent des philosophes.
Terra fidelis, l'argent.
Tiffocom, le vif argent.
Tinctura microscomi, magistère de sang
humain, dont on se sert pour faire la
lampe de vie.
Titar, le borax.
Tin, le soufre.
Tersa, l'écume de mer.
Ticcalidar, la moutarde.
Tecolithus, pierre qui se trouve dans les
éponges.
Tinchar viriditatis aeris, eau composée de
tous sels.

@

( 80 )

Terra sancta, antimoine vitrifié.
Terra saracenica, l'émail.
Triceum, le miel.
Tiri nostri ab aquila rapti, le mercure rendu
fixe.

V.

Visci de Botin, la térébenthine.
Umo, l'étain.
Vastior, le safran.
Uvornas, le vinaigre des philosophes.
Undenae, les esprits aériens.
Unitas trithemii, le ternaire uni par la
destruction du binaire.
Vergiliae, herbes printanières.
Viltrum philosophorum, l'alambic.
Vitriola metallica, les sels des métaux.
Visqualcus, le gui d'arbre.
Virgutta fossorum, la baguette qui indique
les trésors.
Urina vini, l'urine d'un ivrogne.

X.

Xilocassia, la cannelle.
Xylobalsamum, parties de macis & de
souchet.
Xenecthum, le premier menstrue vierge.
Xeni

@

( 81 )

Xeni nephidei, cet esprit qui indique à
l'homme les merveilles de la nature.
Xispimum, le vinaigre.
Xistum, le vert de gris en poudre.
Xenecdon, pentacle ou amulette dans laquelle
on met l'image d'une constellation.

Quelque ridicule que puisse sembler cette
amulette, je vais donner la manière de la
faire, & parler des vertus qu'on lui attribue.

On prend un morceau de parchemin,
qu'on coupe en triangle, d'un pouce &
demi; on le tient exposé à l'air pendant
trois nuits. On écrit ensuite quatre X à
côté l'une de l'autre sans ponctuation;
on fait au-dessous la figure d'un ours,
d'un dragon, ou autres signes qui soient
au firmament. On colle enfin ce parchemin
sur un taffetas cramoisi, & on le recouvre
avec du satin jaune, Ce pentacle
se porte sur le creux de l'estomac pour
prévenir les indigestions, les coliques &
la migraine. On le porte attaché contre
le poignet gauche, pour guérir les fièvres.
F


@

( 82 )

On le tient sur la tête nue pour le mal
caduc, & autres maladies des nerfs.

Y.

Yelion, le verre.
Yharit, le changement du leton en argent.
Ygropissos, le bitume.
Yercia, la poix.
Ysir, préparation particulière du mercure
réduit en pierre.
Ycar, médecine quelconque.
Ydrocecum, le mercure.
Yride, l'orpiment.

Z.

Zemech, pierre d'azur.
Zenith juvencularum, le premier sang
menstruel d'une fille.
Ziniat, le ferment.
Zonnetignomi, fantôme.
Zancres, l'orpiment.
Zarsrabar, le mercure.
Zaidir, Venus.
Zerès, le vitriol.
Zipar, la rhubarbe.
Zafaram, limaille de fer brûlée dans un
vaisseau de cuivre.

@

( 83 )

Zarca, l'étain.
Zimax, l'airain.
Zitter, marcassite.
Zinsifar, le cinabre.
Zithum, la bière.
Zenexton, amulette qu'on croit capable de
préserver de la peste.

A l'aide de ce petit dictionnaire, on
pourra lire très couramment les écrits des
alchimistes, qui se sont très souvent servis
d'une expression différente pour désigner
le même mot. On ne trouve les
opérations impossibles que par la raison
qu'on prend, dans les recettes des adeptes,
des substances pour d'autres, faute
de s'entendre.

Une autre difficulté qui se présente,
en lisant les anciens auteurs, c'est la connaissance
des divers caractères dont les
philosophes chimistes se sont servis pour
désigner les matières qu'ils mettent en
usage. Mais on trouve de ces tables de
caractères à la tête de tous les livres de
chimie; il est facile de s'en procurer une,
& de faire une étude particulière sur cet
objet. Ces tables n'étant pas rares, je n'ai
F 2

@

( 84 )

pas cru devoir en joindre une à cet ouvrage.

Je dois seulement ajouter une table des
caractères du zodiaque qui ne se trouve
point dans les ouvrages modernes, c'est-
à-dire dans la table des caractères des chimistes
de nos jours. Les douze signes du
zodiaque prêtent leur caractère à douze
substances que les adeptes mettent beaucoup
en oeuvre, par exemple:

pict Le verseau signifie le sel de nitre.
" Le cancer signifie le sel ammoniac.
" Le capricorne signifie l'alun de plume.
" La queue du dragon signifie le mercure.
" Les gémeaux signifient l'orpiment.
" La balance signifie le vitriol romain.
" Le lion signifie l'or.
" Le sagittaire signifie l'alun de roche.
" Le scorpion signifie le soufre.
" Le taureau signifie le bitume.
" La vierge signifie l'arsenic.
" Le bélier signifie l'antimoine.

Ces mêmes signes ou caractères du zodiaque,
sont aussi employés quelquefois
pour désigner les douze portes qui conduisent
à l'oeuvre, c'est-à-dire qu'ils signifient

@

( 85)

les douze opérations de la chimie;
par exemple.

pict Le bélier marque la calcination.
" Le taureau marque la congélation,
" Les gémeaux marquent la fixation.

" Le cancer marque la dissolution.
" Le lion marque la digestion.
" La vierge marque la distillation.

" La balance marque la sublimation.
" Le scorpion marque la séparation.
" Le sagittaire marque l'incinération.

" Le capricorne marque la fermentation.
" Le verseau marque la multiplication.
" Les poissons marquent la projection.

La philosophie n'étant pas faite pour
être cultivée par tous les hommes, les
adeptes durent se servir de différents
signes pour s'entendre entr'eux, &
ne pas divulguer leurs opérations. Ils
employèrent non seulement des mots qui
leur étaient propres, mais ils se servirent
encore dans leurs écrits d'autres lettres
que celles qui sont dans les alphabets ordinaires.
F 3

@

( 86 )

Voici l'alphabet qui est le plus
en usage parmi les frères de la R. C :.,
ainsi que parmi tous ceux qui publient des
secrets sur la philosophie occulte.

Alphabet des signes & planètes.

pict
ou les poissons. . . . A.
" ou le capricorne . . . B.
" ou le verseau. . . . . C.
" ou le triangle . . . . D.
" le compas. . . . . . . E.
" la croix . . . . . . . F.
" ou le taureau. . . . . G.
" ou le sagittaire . . . H.
" l'étoile . . . . . . . I.
" . . . . . . . . . . . K.
" ou la balance. . . . . L.
" ou le Scorpion . . . . M.
" ou le soleil . . . . . N.
" ou la lune . . . . . . O.
@

( 87 )

pict
ou le bélier . . . . . P.
" ou le carré. . . . . . Q.
" ou une ligne droite. . R.
" ou ligne oblique . . . S.
" ou les gémeaux . . . . T.
" ou la croix renversée. U.
" . . . . . . . . . . . X.
" . . . . . . . . . . . Y.
" . . . . . . . . . . . Z.
La science de la cabale chimique étant
très étendue, il serait difficile de dire tout
dans cet ouvrage. J'ai seulement voulu
donner la clef des différents écrits qui ont
été publiés sur cette matière. Si l'on fait
bien attention à tout ce que j'ai dit, on
ne sera point embarrassé pour opérer. Mais
je le répète, ce Livre n'est point un de
ceux qu'on doit lire en courant. On verra,
en le méditant, que les sciences occultes
sont fondées sur des observations constantes
& certaines.

@

( 88 )

Comme tous les hommes ne sont point
initiés dans la F. M., ni dans la société
des frères de la R. C., je veux cependant
rendre cet ouvrage utile à ceux qui,
sans connaître ses instituts, sont pourtant
amateurs de la chimie & de la médecine.

Ayant employé un style assez figuré
pour peindre les travaux philosophiques,
je vais m'expliquer beaucoup plus ouvertement
sur quelques secrets qui peuvent
intéresser tous les lecteurs. Je souhaite qu'on
n'en fasse pas mauvais usage. On ne doit
rechercher la santé que pour n'en jamais
abuser. Les richesses ne sont désirables que
pour en faire part aux pauvres, lorsqu'on
les a acquises.

Le morceau suivant est un petit recueil
d'observations extraites des oeuvres
d'un chimiste arabe qui a fait sous mes
yeux des choses surprenantes. Il possédait
à fond la chimie, l'astrologie, & surtout
l'art de connaître les hommes. Il me donna
quelques leçons sur cette dernière science;
c'est par lui que j'ai connu tout le mérite
des ouvrages du médecin la Chambre, &


@

( 89 )

de ceux du fameux Lavater: ce dernier
est un citoyen de Zurich en Suisse; il
continue un ouvrage sublime sur l'extérieur
de l'homme, & les signes qu'on peut
en tirer pour juger ses moeurs comme son
caractère. Je me fais un devoir de placer
ici l'éloge de M. Lavater; quels que soient
ses détracteurs, c'est un observateur plein
de mérite. J'ai moi-même répété de ses
observations que j'ai trouvées très justes.

Je reviens au petit extrait de l'écrit que
m'a communiqué le médecin arabe, lors
de mes voyages en Turquie.

Extrait d'un manuscrit arabe par M. Kers.

Ce petit recueil contient onze recettes,
que j'ai divisées par numéro.

=================================

I.

Composition du vinaigre philosophique.

+ PP.

On fait d'abord fermenter du miel, dont
on tire ensuite l'acide.


@

( 90 )

On a d'autre part tiré l'acide de ce liquide
qui reste après qu'on a retiré l'esprit
de vin.

On mêle ensuite ces deux acides en
égale proportion avec de l'acide vitriolique;
en fermentant & s'unissant, ces trois
acides produisent le vinaigre philosophique.

Cette préparation, que les adeptes ont
aussi appelée lait virginal, ou eau mercurielle,
est regardée comme le seul dissolvant
de tous les métaux. Aussi a-t-on
cherché à composer le vinaigre philosophique
en distillant, sublimant, calcinant
le nitre, la magnésie, le mercure, &c.
Tout simple que paroisse le procédé qu'on
a indiqué, on ne doit pas douter que le
vinaigre philosophique ne contienne des
parties mercurielles, puisque la planète
de mercure influe nécessairement sur toute
la matière, & qu'on trouve le mercure
dans tout.

*

@

( 91 )

=================================

II.

Eau pour amollir tous les métaux.

Rx. Une once de sel ammoniac,
demi-once de nitre purifié,
& deux onces de tartre.

Vous ferez bouillir le tout dans une
livre d'eau, jusqu'à consomption d'un
quart.

Lorsque vous voulez amollir un métal,
vous le faites rougir, & l'éteignez
dans cette eau.

=================================

III.

SECRETS CHIMIQUES.

Liqueur qui a la vertu de changer en ,
& de guérir les maladies.

Prenez du mercure qui aura été neuf
fois sublimé par le sel commun & le vitriol,

@

( 92 )

dissolvez-le dans de l'esprit de vin
très rectifié.

Distillez cette solution jusqu'à siccité.
Ensuite en sublimant ce qui sera resté,
séparez le fixe du volatil.

Joignez-les de nouveau, répétez la sublimation,
& ainsi jusqu'à trois fois.

Il vous restera une poudre rouge, si
vous avez bien opéré, sans quoi recommencez
de nouveau.

Lorsque vous aurez cette poudre rouge,
retirez-en avec soin la partie saline;
dissolvez la poudre dans l'eau dissolvante,
dont je donnerai plus bas la composition
(*).

Ayez d'une autre part une partie d'or
que vous aurez dissous dans l'eau dissolvante.

(*) Formule de l'eau dissolvante.
Rx. Du vitriol, du salpêtre, de chaque une livre; du sel ammoniac, une once; pulvérisez, & mettez
dans une cucurbite à long col; distillez à feu lent.
Vous prendrez une once de ce qui aura été distillé, à
quoi vous ajouterez deux gros d'or.

@

( 93 )

Confondez ces deux dissolutions, faites-les
digérer & distiller.

Prenez ce qui restera dans le fond;
calcinez-le au réverbère.

Ajoutez des fleurs de sel ammoniac
ce qui aura été calciné; mêlez-le ensuite
avec de l'esprit de vin que vous distillerez.
Ce qui restera, vous donnera des cristaux.

Cette cristallisation, exposée à l'air,
s'imbibera peu à peu de l'humidité de l'atmosphère,
& se changera bientôt en liquide.
C'est avec cette eau qu'on change
en , & qu'on tient le corps en santé.

Réduit en chaux par le mercure, vous
laissez digérer le tout pendant un mois
dans de l'eau très pure.

pict

@

( 94 )

=================================

IV.

TEINTURE HUMAINE,

O U

L E C O N T R E P O I S O N

DES ANCIENS.

Il faut arracher, entre les jours de St.
Jean & de St. Jacques, la lune étant dans
son plein, la renoncule des alpes, mais
non pas celle des jardins: vous aurez aussi
de la racine de sanicle rouge. Prenez le
coeur & le foie d'une vipère que vous vous
serez procurée en vie; faites calciner ce
coeur & ce foie sur une pelle rouge, &
réduisez-les en poudres. D'autre part vous
ferez sécher les racines, vous les mettrez
de même en poudre subtile. Tenez ces
poudres séparées, & dans des flacons bien
bouchés.

La dose est d'un demi-gros de poudre
de la vipère, sur un gros de poudre de
racine. Quelques anciens philosophes assurent
qu'une seule dose prise une fois dans
la vie, met à l'abri de toute crainte &
de toute surprise de poison.

@

( 95 )

=================================

V.

La Lampe de Vie.

Quelques adeptes crurent avoir trouvé
dans la préparation suivante, un moyen
infaillible de porter le pronostic dans les
maladies, c'est-à-dire de juger de la mort
ou de la guérison. Ils dirent donc avoir
composé une lampe dont la flamme est
plus ou moins vive suivant le bon ou le
mauvais état de la santé; cette lampe s'éteignant,
la personne meurt.

Celui qui veut avoir une lampe qui
l'instruise sur son état même, prendra de
l'esprit rectifié, tiré de l'hydromel; il aura
aussi de son sang dont il tirera de même
l'esprit par la distillation: mêlant ces deux
esprits, il les distillera de nouveau. C'est
ce véhicule inflammable qui servira d'aliment
au foyer divinatoire.

*

@

( 96 )

=================================

VI.

Poudre pour faire tomber les dents.

On prend des limaçons sauvages avec
leurs coquilles, on les calcine, & les réduit
en poudre; on humecte cette poudre
avec du sang de grenouilles vertes; on
porphyrise le tout, on le fait sécher de nouveau.
C'est sans doute de cette poudre
que se servent quelques empiriques pour
arracher les dents sans aucun instrument
de chirurgie.

VII.

Sirop anti-apoplectique & anti-paralytique.

Prenez une demi-livre de vin blanc;
six onces d'eau de roses; un gros de verre
réduit en poudre très subtile; six gros de
cannelle; infusez le tout ensemble, passez-
le; faites bouillir la colature avec du sucre
pour en faire un sirop selon les règles
de l'art.

La dose est depuis demi-once jusqu'à
une once.
VIII.

@

( 97 )

=================================

Description mystique du grand-oeuvre.

pict

L'explication de cette figure, est qu'il
faut tirer le sel, ou les cristaux du plomb,
, les unir avec ceux de l'argent, .

Prendre ensuite ceux de l'étain, les
unir avec ceux du vif argent.

Ceux du fer, les unir avec ceux du
cuivre.

De tous ces mariages l'on en fait un
autre, & le soleil se trouve au centre.
G

@

( 98 )

=================================

IX.

Opinion de Libavius sur l'or potable.

Cet auteur dit, Livre second, pag. 79,
que les anciens qui ont tant parlé de l'or
potable, n'entendaient point par ce nom
une liqueur tirée de l'or. Il assure que ce
métal n'entrait pour rien dans les préparations
qui portaient ce nom. On entendait
par or potable une liqueur par excellence,
une liqueur rare, chère & précieuse.
Ils lui donnaient le nom de l'or
par la raison que ce dernier a toujours
été précieux & recherché.

Il appuie son opinion sur ce que les
anciens regardaient l'usage interne des
métaux comme un poison: il est donc sûr,
ajoute-t-il, que, si l'or était regardé comme
nuisible, on n'en a pas dans ce temps
fait une liqueur pour prendre intérieurement.

*

@

( 99 )

=================================

X.

Libavius attribue aux feuilles de chêne
la vertu de guérir les vieux ulcères, comme
topique.

Cette assertion ne répugne ni à la théorie,
ni à la pratique de la médecine.

=================================

XI.

Etoile d'antimoine, ou Pentacle de Salomon.

Rx. De l'antimoine de Hongrie, une partie;
du tartre chalibé, deux parties;
du tartre commun, quatre parties.

Mêlez le tout; fondez; ajoutez-y trois
parties de tartre calciné. Répétez trois
fois l'opération. Laissez refroidir, & l'étoile
est faite. Il y en a qui portent cette étoile
en amulette pour se préserver de la contagion
& de l'apoplexie.

F I N.
G 2

@

( 100 )

pict

P R E F A C E (*).

L'usage de joindre une préface à un
livre, est de la plus haute antiquité: c'est
dans ces requêtes rogatoires plus ou moins
longues, que les auteurs demandent l'indulgence
du public. On voit que je ne
me conforme pas entièrement à cet usage;
je fais une préface, il est vrai, mais je
la mets à la fin de mon ouvrage. Ce n'est
point pour prier le lecteur de me lire jusqu'au
bout, que je lui adresse cette supplique;
ce n'est que pour lui demander
son opinion sur la matière que je viens de
traiter; c'est pour le prévenir que, s'il ne
m'a pas compris, il ne doit point pour
cela me juger défavorablement; qu'il me
lise de nouveau; qu'il se familiarise avec
les sublimes préceptes de la philosophie occulte;
j'ose l'assurer qu'il jouira dans un

(*) Il y a beaucoup de personnes qui me chicaneront sur ma préface, & sur mon originalité de la
placer à la fin de mon livre: on dira que ce n'est plus
alors une préface. Eh bien, nous l'appellerons postface.

@

( 101 )

temps du fruit de ses peines & de ses travaux.

Je dois prévenir les amateurs du merveilleux,
que les sciences dont je traite,
exigent de grands sacrifices de la part de
ceux qui les cultivent: l'appât de la gloire
& de la fortune n'entrent pour rien dans
les recherches du vrai philosophe. Le vulgaire
ne croit la pierre philosophale impossible
à trouver, que parce que les adeptes
n'en ont jamais fait un objet de commerce.
Les fripons qui abusent le peuple,
en lui promettant des secrets, ne
sont point initiés dans les mystères d'Hermès.

Tous les arts ont eu leurs imposteurs,
mais leurs pièges n'ont séduit que l'ignorance.
Ne doit-on pas penser que celui
qui possède le secret de faire de l'or, n'a
aucunement besoin de le vendre?

Dans la recherche des vérités & des
merveilles de la nature, le philosophe doit
porter une âme pure exempte de désirs
criminels. On ne doit pas espérer de communiquer
G 3

@

( 102 )

avec d'autres êtres que les hommes,
si on ne se dégage pas d'une partie
de son enveloppe matérielle. L'ignorance
n'est autre chose que la punition de nos
crimes; on n'apprendra donc rien pendant
qu'on s'adonnera aux vices.

Flottant sans cesse entre deux principes
toujours agissant sur le globe, l'homme
est, il est vrai, bien embarrassé pour se
déterminer en faveur du bon. Celui qui
naît dans l'erreur, ne connaîtra pas la vérité
sans peine. Celui dont on trompe l'enfance,
ne saurait être bien instruit dans
un âge avancé.

Les ténèbres dont la providence nous
entoura, doivent servir à nous rendre la
vérité plus chère, dès que nous l'avons
trouvée. Mais cela nous dicte ce que nous
avons à faire, lorsque nous sommes parvenus
à être initiés dans les mystères de la
nature. Jamais philosophe n'osa publier
ouvertement ses travaux ni ses succès,
jamais adepte ne s'entretiendra avec tous
les hommes. La connaissance des hauts
mystères troublerait l'ordre de la société,
si elle était publique. Le commun des hommes

@

( 103 )

abuserait des bontés du ciel; &, comme
le premier des hommes, on ne tarderait
pas à être puni d'avoir voulu manger
du fruit défendu: la science du bien & du
mal est le partage de celui qui ne doit
point en abuser.... [ Ces propositions sont
claires & vraies, mais elles ne sont point
à portée de tous les lecteurs. Je me suis
expliqué dans mon Apocalypse sur la naissance
de l'homme, sur sa demeure dans
le paradis terrestre, sur sa chute, & ses
misères actuelles; le vrai philosophe y
verra quels sont les moyens que nous laissa
la divinité pour rentrer dans notre premier
état. ]... Levez les yeux au ciel, &
voyez.

Quoiqu'on ne puisse rédiger la théorie
& la pratique de nos mystères, au point
de les rendre faciles à chacun; il nous est
permis de publier les moyens de se faire
initier dans la classe des élus. Ces moyens
sont une disposition sincère de fuir le mal,
& de découvrir la vérité: croit-on qu'il
soit facile de saisir ce point de vue? Sans
cesse entouré de pièges & de tentations,
l'homme ne voit pas le bien où il est;

@

( 104 )

le but où il court n'est qu'une colonne
de fumée, qu'espère-t-il gagner en la serrant
dans ses bras? science de nos jours,
philosophie à la mode, tu n'es qu'une
suite d'erreurs, c'est par toi que l'homme
doit se rappeler qu'il n'est qu'un homme!

La volupté, la mollesse, les plaisirs de
l'amour sont les barrières placées entre le
vrai & le faux. Pour parvenir, il faut partir
du bon principe.

Les astrologues & les géographes se
servent de points, de lignes & de chiffres
pour faire leurs démonstrations; je ferai
de même. Soit donné un point connu pour
arriver à trois; tirons une ligne de ce
point, & prolongeons la ligne jusqu'à l'arrivée
du but désiré; si la ligne est absolument
droite, nous trouverons trois, si
au contraire elle est oblique, nous formerons
quatre, nombre qui nous donnera
toujours la somme de douze: le cercle
doit son origine aux erreurs de ce genre,
on tourne autour de soi sans pouvoir s'élever.
Ce calcul est un des premiers travaux
des frères de la R: C.:, Cette opération

@

( 105 )

les conduit à tirer les connaissances
les plus sublimes de la théorie des
nombres.

Quelques lecteurs seront encore arrêtés
dans les propositions que je viens de démontrer;
elles sont cependant bien claires
& bien intelligibles. Mais je reviens à la
nécessité où sont les adeptes de s'élever
au-dessus des passions & des erreurs du
vulgaire.

Tous les livres des philosophes, ceux
des législateurs, commencent par prouver
la nécessité de se dépouiller du vieil Adam
pour mériter les privilèges promis au nouveau.
Ces préliminaires indispensables ont
un but réel; il n'y a tant d'ignorants que
parce qu'on les a méprisés. L'homme, dépouillé
de l'homme, voit les choses bien
différemment; alors la nature se montre
sous un autre aspect; il la suit dans ses
merveilles; elle le conduit dans son laboratoire;
& la végétation, la minéralisation
ne sont plus des énigmes.

On voudrait tout savoir sans faire aucun
sacrifice: on ne saurait tenir au ciel

@

( 106 )

à la terre en même temps. Je prie cependant
le lecteur de ne point outrer cette
proposition, car, prise à la lettre, elle produirait,
un enthousiaste, un fol, un sauvage,
& non pas un philosophe.

Les excès en tout genre sont dangereux.
Portons, pour nous en convaincre,
les regards dans ces sociétés connues sous
le nom de F. M.: La plupart de ceux
qui s'y font introduire n'ont en vue que
quelques plaisirs qu'ils s'y promettent;
d'autres espèrent y apprendre des secrets;
quelques-uns n'y attendent que les plaisirs
de la table.

Trompés dans leur espoir, c'est à des
sots qu'on doit l'invention des plates sottises
qu'on débite sur les F. M. Les uns
disent qu'ils s'entretiennent avec le diable,
d'autres soutiennent qu'il n'y a point de
secret, & que cet institut n'est qu'un moyen
pour mettre les hommes curieux à contribution.
J'ai même connu des frères qui
se plaignaient d'avoir été dupes, & de
n'avoir rien appris dans ces sociétés.

Ceux gui se plaignent à cet égard, sont

@

( 107 )

vraiment nés pour les ténèbres. Lorsque
le temple s'ouvre à un profane, on ne lui
parle point, il est vrai, des secrets mais
on lui montre des hiéroglyphes qu'il ne
tient qu'à soi d'étudier. Celui qui a regardé
ces allégories comme ne pouvant
avoir aucun sens, peut & doit cesser de
paraître en loge.

Les allégories d'usage dans la F. M.
peuvent non seulement dégoûter quelques
personnes peu faites pour le sublime; elles
sont encore la cause de quelques erreurs
plus préjudiciables à celui qui les embrasse.
Un enthousiaste qui contemple les hiéroglyphes,
les interprète suivant son genre
d'enthousiasme; s'il cherche la médecine
universelle, il en voit la clef dans tout ce
qui s'offre à ses yeux; s'il veut connaître
la transmutation des métaux, il la voit
écrite autour de lui; s'il croit pouvoir conserver
avec les anges, il s'imagine se trouver
au ciel, quand il aura monté l'échelle
de Jacob. Enfin chacun monte son cheval
d'opinion, on prend sa raison sous le
bras, & l'on court la poste dans des terres
inconnues.

@

( 108 )

Ce n'est point ainsi qu'on cherche la
vérité. Le philosophe ne se décide à suivre
une route que lorsqu'il soupçonne où elle
doit le conduire: il faut méditer longtemps
avant que de se décider. La vérité existe,
elle est une; trois la démontrent; sept y
conduisent; elle est le produit de neuf...
Autre source d'embarras pour le vulgaire.

Lecteur, qui que tu sois, ne t'abandonne
à l'étude des sciences occultes que
pour avoir la satisfaction de connaître le
vrai principe. Aies toujours devant les
yeux les misères de l'homme, ses vertus,
ses vices & son espoir. Je n'ai point écrit
pour t'égarer. Si tu ne vois qu'une simple
fable dans ce livre, abandonne-en la
lecture, il n'est pas fait pour toi. Si tu en
découvres le sens, la vérité sera ta récompense,
mais n'en fais jamais mauvais usage;
n'écoute ni l'intérêt ni l'ambition; le
vrai philosophe n'en a pas besoin.


Fin de la Préface.


@

pict

T A B L E

Raisonnée des Matières contenues dans
ce Livre.

(On ne doit espérer de tirer aucun parti de
ce livre, si on n'étudie pas cette table avant
que de le parcourir.\)

Titre de l'Ouvrage. . . . . . 1

On ne s'apercevra de la juste dénomina-
tion du livre qu'après l'avoir lu avec atten-
tion. Les lecteurs, à la mode porteront sur
cet objet le jugement que bon leur semblera;
j'ose assurer qu'il ne leur appartient pas de
dépriser cet ouvrage.

Introduction. . . . . . . . pag. 3

Fausse opinion du vulgaire sur le nombre
des vérités faites pour l'homme. Ce morceau
n'est pas long, ni difficile à comprendre.

Sciences occultes. . . . . . pag. 7

Connaissance de l'homme; vains efforts de
quelques-uns; succès de plusieurs. Philoso-
phie connue Philosophie occulte. Labora-
toire de la nature, avec des portes sûres
pour y pénétrer. Explication des ouvrages
@

110 Table.

écrits par les adeptes, les chimistes & les
philosophes. Cette première partie de ce Li-
vre est une préparation à l'intelligence de
l'Apocalypse hermétique qui est seule le grand
Livre de la nature. Méthode d'étudier les
anciens & d'expliquer leurs allégories sa-
crées. Merveille de la végétation; palin-
génésie admirable. Palingénésie des minéraux.
Palingénésie des animaux. Nécessité du cal-
cul: science des nombres.

Apocalypse hermétique. . . . 24.

Chapitre premier.

Seconde vie de l'homme. Moyens pour sor-
tir des ténèbres. Erreur nouvelle, dont on
est bientôt puni. Construction d'un édifice
qu'on peint sous des ruines dans un style
figuré. Première expiation par l'eau. L'hom-
me purifié est conduit par un enfant; cet en-
fant n'a pas été celui d'un homme. Première
intelligence avec les êtres intermédiaires entre
nous & la divinité, Réflexions sur le nom-
bre trois; le blanc, le vert & le bleu. Pa-
pillon, ou plutôt messager indicateur; c'est
la correspondance qui nous lie aux autres
animaux, qui ont aussi leur intelligence. Se-
conde expiation. On voit les portes; on s'ar-
rête; on se rend digne d'être initié dans le
temple.
@

Table. 111

Chapitre II.

L'homme remplace un autre homme; mar-
che de la nature. Il fut purifié par l'eau;
s'étant souillé de nouveau, on lui impose un
autre genre d'expiation. Lecture d'un livre
singulier, mais qui est le fruit de l'irréligion.
Le soleil se lève. La porte s'ouvre. L'aspi-
rant est entouré d'armes. Il fut dépouillé
pour le vêtir autrement. Repas qui ne se fait
qu'une fois par an; bruit qui se fait pen-
dant qu'on se nourrit du pain de vie.p. 31.

Chapitre III.

Allégories qui représentent les plus hauts
mystères; elles portent elles-mêmes leur expli-
cation. Curiosité punie par une faiblesse; ima-
ge des désordres de l'amour. Chambre de
pénitence. Autel des sacrifices; livre qu'on
ne lit pas encore. Quatrième degré d'expia-
tion. p. 33.

Chapitre IV.

Fureur des éléments producteurs & des-
tructeurs des formes. Animaux utiles à l'hom-
me; combat nécessaire. Nouvelle apparition
du guide céleste, preuve d'un grand sacri-
fice connu par quelques peuples. Serpent uti-
le; secret de la médecine. p. 37.
@

112 Table.

Chapitre V.

Escalier à sept marches; c'est de là qu'on
voit les erreurs & les vains efforts de l'ig-
norance. Soldat armé; combat dont le suc-
cès n'est pas douteux pour l'homme coura-
geux; le fanatisme & la superstition tom-
bent sous les coups du juste. Baume néces-
saire aux aspirants; c'est de là qu'est venu
l'usage de se frotter le front, les mains, &c.,
dans de certaines circonstances. Manteau
retrouvé. Nouveau départ du guide céleste,
représenté sous la figure d'un enfant. On
voit les sept portes; on frappe, efforts inu-
tiles. pag. 40

Chapitre VI.

Arrivée des profanateurs du temple; in-
nocent mis à mort: peinture de nos moeurs.
Les deux colonnes. Mystères & bijoux pas-
sant de main en main, & changeant de
maîtres sans changer d'usage. Réception, gra-
de sublime. Marche du nouvel homme. Ren-
contre du lion vert. Travaux du grand
oeuvre. Allégorie du figuier; enlèvement de
trois figues disputées par un oiseau de proie,
l'emblème de celui qui ne cherche la vérité
que pour en abuser. Découverte d'un nom-
bre utile. Plumes nécessaires dans un autre
temps. pag. 42.
Chapitre
@

Table 113

Chapitre VII.
Palais enchanté, source d'erreur, vils dé-
sirs de l'homme; cette allégorie peint l'en-
thousiasme & les folies des faux adeptes qui
ne travaillent que par avarice. Les neuf co-
lonnes formées par la dépouille du méchant;
elles sont cependant la base du vrai temple;
on lit des inscriptions utiles; une seule ne
s'explique que par la réussite du grand oeu-
vre. Les colonnes tombent; la saison change;
& l'étoile indique par sa marche la route
qu'il faut suivre. Carrière connue, mais peu
courue. Chute du voyageur. Passage de la
voûte. Résurrection du vieillard mis à mort
en commençant l'oeuvre. Chandelier à sept
branches, c'est lui qui porte la lumière à tout
le globe; son influence agit sans cesse. Autre
calcul des nombres connu. Invention du
compas; usage & vertus des signes du zo-
diaque. p. 47.

Chapitre VIII.

Habitation du Soleil; on s'entretient
avec des êtres tout à fait dégagés de la ma-
tière. Le nouveau reçu montre son manteau
qu'il avait dans un autre temps réduit en
cendres. On entre dans un laboratoire de
chimie; mais on n'est admis à la pratique
de l'art, qu'après d'autres expiations. Epreu-
ves du sang, qui n'est pas suffisante.p. 50.
H
@

114. Table.

Chapitre IX.

Connaissance de tous les astres. Le grand
Livre s'ouvre. Épreuve terrible pour être
initié en entier. Épreuve du mercure. Oubli
de ses devoirs; le feu s'éteint dans le labo-
ratoire; nouveaux embarras, nouveaux soins;
un instant de perdu coûte la peine de recom-
mencer. Le grand oeuvre s'avance; les pla-
nètes prennent leur place. Épreuve du feu,
expiation non moins nécessaire que les pré-
cédentes. Formation d'un nouvel homme.
Produit du travail; vérité découvertes.p. 51.

Commentaires de l'Apocalypse Hermé-
tique. . . . . . . . . . . . . . . p. 56.

Cette partie de l'ouvrage a été publiée
pour rendre l'Apocalypse, plus intelligible.
On y explique les écarts de quelques alchi-
mistes, & les livres de quelques philosophes.
Interprétation de Swedenborg, de Moïse
& de l'opinion des Martinistes. Eclaircis-
sements nécessaires pour l'intelligence des livres
qui traitent des sciences occultes.

Le Langage des adeptes, ou Diction-
naire de philosophie occulte. p. 66.

Les philosophes ayant pour la plupart
fait usage d'un langage particulier, il faut
@

Table. 115

un Dictionnaire pour aider ceux qui se des-
tinent à l'étude des sciences occultes.

Extrait d'un manuscrit arabe. . 89.

On dévoile dans cet extrait quelques se-
crets pour les personnes qui ne pourront
pas parvenir à la connaissance des hauts
mystères. On peut se convaincre par expérience
de la certitude des recettes qu'on y trouve.

Préface, ou Post-face. . . . . p. 100.

On donnera le nom qu'on voudra à cette
partie du livre qu'on a cru devoir mettre la
dernière; il suffit d'annoncer au lecteur qu'elle
est aussi utile que les autres, & qu'elle sert
de même de commentaire à l'Apocalypse her-
métique.


F I N.
@


LE TIRAGE DE CET OUVRAGE A ETE
LIMITE A 600 EXEMPLAIRES NUMEROTES
N. 390.

pict

PHOENIX
Salita S.Matteo, 19/10
16123 GENOVA

Diffusion en France: Imprimé en Italie
Exclusivité DERVY-LIVRES Tip. Parmigiani
Paris Genova
Agosto 1981
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Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


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