@
Réfer. : AL1403
Auteur : Jean Mavéric.
Titre : L´Art Métallique des Anciens.
S/titre : ou l´Or artificiel.
Editeur : Phoenix. Genova.
Date éd. : 1982 .
**** A T T E N T I O N ****
Ce document étant sujet à droits d´auteur,
n´est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.
**** A T T E N T I O N ****
@
L´ART METALLIQUE
DES ANCIENS
@
Je dédie ce livre aux membres de la Société
alchimique de France, et en particulier,
à MM, Jollivet Castelot et Delobel.
@
JEAN MAVERIC
------------
L´Art Métallique
des Anciens
ou l´Or Artificiel
-------
Génération de l´Or et des Métaux
ou les opérations les
plus curieuses
de l´Art
§
PHOENIX
GENOVA
1982
@
@
PROLEGOMENES
Parmi les rares élus de la pensée, dont la conscience
humble s´est dégagée de l´erreur ambiante,
aucun n´ignore combien l´esprit scientifique contemporain,
imbu des principes rigides du positivisme,
se montre réfractaire envers tout ce qui
échappe au contrôle restreint de ses investigations,
surtout en ce qui concerne les sciences anciennes,
et en particulier les arts métalliques.
Pourtant, si impartialement, on examine les
récents travaux des modernes touchant la chimie
des métaux, on ne peut qu´être surpris de
l´indigence des résultats qu´ils obtinrent.
De ci, de là, on trouve bien quelque vague procédé
destiné à produire de l´or, mais outre que
presque toujours, la réalisation en est douteuse,
le profit qu´on en retire est tellement illusoire,
que l´exploitation en serait ruineuse.
A titre d´exemple, je citerai les travaux que
publièrent quelques chimistes en ces temps derniers.
@
-- 6 --
C´est d´abord M. Tiffereau, qui prétendit avoir
obtenu une petite quantité d´or (?) en exposant
pendant plusieurs jours au soleil du Mexique,
une dissolution d´argent et de cuivre, dans de
l´acide azotique.
Malheureusement, ce procédé reproduit en
France, resta négatif, ce qui, néanmoins, n´empêcha
pas son auteur, sous le titre pompeux
d´
alchimiste, d´obséder durant de longues années,
le public et les académies, de démonstrations
aussi éphémères que le résultat sur lequel
elles étaient fondées.
Un savant américain, M. Emmens, obtint un
or mixte par une violente trituration de l´argent
à basse température; mais on prétendit, et ceci
me semble logique, que ce produit, avec le temps
et dans l´inertie, se désagrégea pour retourner à
son origine: l´argent
Quant aux travaux des chimistes américains,
Price et Carey Lèa, de l´Anglais Ramsey et du
Suédois Strindberg, ils ne donnèrent que des résultats
douteux ou d´un rapport tellement minime,
que la dépense nécessitée par les opérations,
eut de beaucoup excédé la valeur de la matière
obtenue.
Voici donc où est parvenu la science positive
en cette voie ignorée. Ce n´est guère brillant, et
il ne nous sera pas difficile de démontrer, qu´
en
dehors même de l´Alchimie, les travaux des anciens
étaient aussi féconds que ceux des modernes
sont stériles.
@
-- 7 --
Auparavant, nous examinerons brièvement la
nature des origines et des causes, ainsi que leurs
analogies sur les races humaines.
La création se manifeste au centre de deux
potentialités initiales de natures opposées, lesquelles
engendrent incessamment dans le monde,
des éléments constitués de leur essence propre.
La première de ces potentialités, est d´essence
divine. C´est l´
Esprit, origine de l´harmonie universelle.
Ses générations ont pour attribut: le
Vrai, le
Bien, le
Beau.
La seconde est d´essence infernale. C´est la
Matière, origine de l´inharmonie omniverselle.
Ses générations ont pour attribut: l´Erreur, le
Mal, le
Monstrueux.
De toute éternité, ces deux entités règnent sur
le monde, y propageant en commun leurs générations
particulières, dans des proportions relatives
au degré d´évolution des races existant à
chaque époque.
L´Esprit, dont la Nature est saturée, est la
source intarissable et féconde de toute connaissance;
il est le centre de toute vérité, le principe
générateur de toute création et l´essence unique
de vie et de reproduction.
La matière resterait
stérile si elle n´était animée de l´Esprit.
La Matière antithèse de l´Esprit, est la source
impure de toute erreur, le centre damné de toute
corruption, l´origine maudite de toute dissonance,
et le principe de destruction et de mort.
@
-- 8 --
Or, celui qui, par un lent travail d´élimination,
est parvenu à se libérer des modes de conception
erronés qui lui furent légués, celui-là voit clairement
que le sommet de la connaissance humaine
remonte à une époque tellement éloignée, qu´elle
n´a pas laissé d´histoire, et, que depuis ces temps
glorieux où les sciences vives,
Kabbale, Astrologie,
Magie, Alchimie, étaient dans toute leur
splendeur, les races humaines, en vertu de la
loi inéluctable de dégénérescence, n´ont jamais
cessé de rétrogresser, s´éloignant de plus en plus
des lois originelles, pour tomber dans l´effroyable
inharmonie où elles sont de nos jours.
Le règne divin de l´Esprit sur les générations
contemporaines, agonise, pour faire place à celui
de la Matière impure, dont les productions
sont inharmoniques et destructrices.
Toutes les sciences issues de la Matière, sont
inanimées, stériles et superficielles, et leurs adaptations
engendrent partout la dissonance et la
mortalité.
Grande est l´erreur de ceux qui attribuent à un
progrès quelconque, les inventions modernes,
car elles ne sont que des remèdes de fortune,
provisoirement adaptés aux multiples faux-besoins
qu´ont fait naître parmi une repopulation
excessive, ces chancres sociaux qui se nomment:
Commerce, Industrie, Armée.
Ces forces brutales et maléfiques ne sont que
d´éphémères parodies des
Pouvoirs supérieurs;
@
-- 9 --
elles seraient inutilisables parmi une civilisation
normale, vivant au centre de l´Harmonie universelle,
toute science n´ayant de réalité absolue que
dans la vie naturelle.
Pour celui qui n´est pas aveuglé par les
principes étroits d´une éducation conventionnelle,
pour l´initié enfin, il est de toute évidence
que la conquête de l´Alchimie par l´humanité,
remonte aux temps lointains où resplendissait le
règne de l´
Esprit.
Ce n´est qu´au déclin de cette science divine,
qu´apparut la chimie ancienne, dite
Spagyrique,
laquelle n´est qu´une fille dégénérée de l´Alchimie.
Toutefois, la chimie spagyrique était, en quelque
sorte, empreinte des vestiges de l´Esprit, car
les principes sur lesquels elle reposait, participaient
encore des oeuvres de la Nature.
C´est ainsi que les matériaux qu´elle utilisait,
étaient des produits naturels, et que ses opérations,
qui tendaient à provoquer l´évolution de
la matière par des chaleurs maturantes, se rattachaient
d´assez près à celles qui concourent à
la génération des mixtes.
A l´inverse, les opérations brèves et profanes
de la chimie moderne, n´engendrent que des produits
artificiels, stériles et bruts, desquels est
exclu tout ce qui pourrait être propice à l´évolution
naturelle de la matière, qui est la cause essentielle
de l´amélioration et du perfectionnement
des minéraux.
......................................................
......................................................
@
-- 26 --
LES CLEFS SECRETES DE
L´ART METALLIQUE DES ANCIENS
Les spécialistes nous excuseront d´avoir reproduit,
au début de ce livre, quelques opérations
classiques de la chimie ancienne, car notre
intention étant d´être accessible à tous, les
dites opérations seront utiles à ceux qui les ignorent.
Parmi les opérations curieuses, concernant
l´art spagyrique des métaux, peut-être se trouve-
t-il quelques omissions ou sont-elles trop brièvement
décrites; car, autant que possible, nous
avons respecté le langage des anciens, persuadé
qu´en chacune de leurs opérations, se trouve une
part de vérité.
Toutefois, dans la mesure du possible, nous
avons supplée à l´imperfection des descriptions
autant qu´à l´inexpérience du lecteur, en dévoilant
les points secrets de l´Art, sans la connaissance
desquels, toute entreprise en ces travaux
ignorés, resterait stérile.
En premier lieu, ce qui caractérise la chimie
ancienne et la distingue de la moderne, se trouve
dans la nature des matériaux qu´utilisaient ses
adeptes.
Par exemple, leurs atraments: vitriols de Hongrie,
de Chypre et Romain, étaient des produits
naturels pris dans la mine même, et, de ce fait,
ils étaient empreints de vertus essentielles, que
@
-- 27 --
n´ont pas nos vitriols artificiels. Dans cet état,
ils conservaient en leur centre, une certaine humeur
sulfureuse, recelant plus ou moins l´agent
fermentatif de l´évolution minérale.
Au contraire, les sulfates de fer et de cuivre
de la chimie moderne, sont des produits stériles,
arides et dépourvus d´aucun principe propice à
la génération minérale.
Il sera donc nécessaire de n´employer que des
atraments naturels et récemment recueillis.
De même, les eaux corrosives que les anciens
désignaient sous le nom générique de
Menstrues,
étaient très différentes de ce que sont aujourd´hui
les eaux-fortes et régales, les acides nitrique
ou muriatique, de l´industrie moderne.
En effet, les menstrues de l´ancienne chimie,
étaient extraits d´atraments et de sels non seulement
naturels, mais préparés d´une certaine façon
que nous enseignerons ici même
De plus, leur obtention nécessitait un travail
spécial, lent et minutieux, incomparablement
plus avantageux que les opérations brèves et
profanes de l´industrie moderne.
Il sera donc préférable de préparer ces menstrues,
selon la méthode des anciens et avec des
produits naturels. (Voir page 44.)
De plus, la réussite des opérations dépend en
grande partie de la préparation des ingrédients
qu´on doit employer, ainsi que nous le démontrerons.
@
-- 28 --
Le principe de l´évolution minérale à l´état de
pureté, n´est autre chose que la semence vivante
des métaux qui, à l´origine, se manifeste sous
forme d´une vapeur épaisse, laquelle se condensant
peu à peu, devient une eau grasse et visqueuse,
qui circulant parmi les mines, s´unit au
soufre qu´elle y rencontre et finit ainsi par s´épaissir
au point de se fixer dans les diverses formes
minérales et métalliques, selon le degré de
pureté des lieux qu´elle parcourt et la nature des
matrices en lesquelles elle est retenue.
Donc, cet agent de l´évolution minérale, se
trouve plus ou moins dans toutes les formes du
minéral ou du métal, toutefois, dans un état de
pureté et de fixation plus ou moins parfait.
Ainsi, dans les métaux homogènes, il atteint à
un tel degré de fixité, qu´il est comme mort et
qu´il ne faut rien moins que l´intervention d´une
opération alchimique pour le ressusciter.
C´est pourquoi les produits de la chimie moderne,
lesquels sont crûs, stériles et desséchés,
sont impropres à toute opération fructueuse, car
l´agent actif de l´évolution minérale ne s´y trouve
point. Au contraire, les sels, vitriols, marcassites,
minerais, soufres, terres, etc..., fraîchement tirés
d´une mine en exploitation, sont toujours
plus ou moins empreints de cet agent minéral,
non encore fixé, et, dès lors susceptible d´évolution.
@
-- 29 --
C´est pour que cet agent indispensable se manifeste,
qu´il est nécessaire de préparer habilement
les matériaux employés.
La plupart du temps, les anciens négligent le
détail des préparations. Ils ordonneront de prendre
tel ou tel sel, oubliant de dire s´il le faut auparavant
pulvériser, nettoyer ou dissoudre, et
ainsi des autres ingrédients.
Or, presque toujours, les atraments doivent
être préalablement calcinés au blanc ou au rouge
(
albification ou rubification), car la calcination
et surtout la rubéfaction des vitriols, sont de
puissants éléments de réussite.
La rubéfaction a pour effet de détruire le soufre
combustible et d´extérioriser le soufre incombustible,
principe d´aurification caché au centre
du minéral. En outre, selon notre opinion, le vitriol
romain ou de fer, doit presque toujours intervenir
dans les opérations où les atraments
sont requis, à moins qu´il n´y entre du fer ou un
minéral ferrugineux Il est rare que le vitriol de
cuivre s´emploie sans le concours du vitriol de fer.
La préparation des sels n´est pas moins importante
que celle des atraments car, ainsi ils
acquièrent des propriétés incomparablement supérieures
à celles qu´ils possédaient à l´état brut.
La préparation du sel commun consiste à le
rendre pur, diaphane, fusible comme cire et pénétrant
(ingrès).
@
-- 30 --
Pour ce faire, on le lave, on le dissout, puis
on évapore la dissolution pour le cristalliser à
nouveau (solve-coagula). Ensuite, on le décrépite
en un creuset à fort feu, afin d´en séparer
l´humidité.
Ces trois opérations se doivent répéter, jusqu´à
ce que le sel ait acquis les propriétés susdites.
Il est alors un merveilleux agent chimique, car
dans cet état, il ne crépite plus et fond à la moindre
chaleur. Il peut, en outre, pénétrer une multitude
de corps différents.
Le sel nitre, cette production de l´air humide,
se doit dissoudre en eau de pluie, à douce chaleur.
Filtrer ensuite la dissolution et l´exposer
de nuit en lieu frais, pour le faire cristalliser.
Réduire ensuite l´eau restante par évaporation
tant que tout le sel se cristallise à l´air
frais.
Le sel ammoniac se prépare comme le nitre.
Le sel de tartre, après dissolution, filtration et
évaporation, se dissout seul, par exposition sur
le marbre, à la cave (déliquium); cette liqueur
est l´
huile de tartre des anciens, laquelle étant
évaporée, fournit le précieux sel de tartre purifié.
Mais, les points essentiels de l´art, sont la Calcination
et l´
Amalgamation.
La calcination des métaux et surtout de l´or
@
-- 31 --
et de l´argent, doit être réitérée progressivement,
afin que la chaux métallique acquiert une grande
subtilité.
Les éléments composant l´amalgame doivent
être tout d´abord mortifiés et purifiés isolément et
et parfaitement. L´amalgamation se doit faire ensuite
par de longues et subtiles triturations, afin
que le mercure pénètre jusqu´au coeur des autres
substances, et que les éléments qui entrent dans
l´amalgame, soient intimement unis en un tout
homogène et très malléable.
Le mot générique de Feu que les anciens donnaient
aux divers modes de calorique qu´ils employaient,
n´étaient souvent que de la chaleur
humide ou sèche, dont la nature était déterminée
par des éléments intermédiaires situés entre le
leu proprement dit et la matière à cuire, tels que
la
vapeur d´eau, l´eau, la cendre ou le
sable.
Le régime et les degrés requis en ces feux,
doivent être l´objet de beaucoup d´attention de
la part de l´opérateur.
Il est donc évident que la réussite de ces opérations
dépend autant du soin apporté à la préparation
des matériaux employés, que de l´ingéniosité
avec laquelle on doit conduire chaque
oeuvre.
Que ceux donc, qui ne parviendraient qu´à un
insuccès ne s´en prennent qu´à eux-mêmes.
**** A T T E N T I O N ****
Fin du texte de ce document, ce document
étant sujet à droits d´auteur.
**** A T T E N T I O N ****
@
T A B L E D E S M A T I E R E S
---------
PAGES
---
Nomenclatures ........................... 13
Aphorismes de la chimie ancienne ........ 19
De la mutuelle dissolution des minéraux . 22
Opérations traditionnelles .............. 25
Les Clefs secrètes de l´Art ............ 26
Ce que sont Mercure, Soufre et Sel ...... 32
Constitution des métaux ................. 33
De la Naissance des semences métalliques 36
De la génération naturelle des métaux ... 40
De la génération artificielle des métaux 43
De la confection des menstrues .......... 44
Opérations préliminaires ................ 50
Rubéfaction du vitriol .................. 55
Cémentation des métaux .................. 56
Mercurification des métaux .............. 57
Amélioration des métaux ................. 63
Multiplication du mercure ............... 68
Les teintures métalliques ............... 70
Fixation du mercure ..................... 74
Transformation de l´argent en or ........ 78
Poudres de projection rudimentaires ..... 81
Les minières artificielles .............. 85
* * *
@
%
Diffusion exclusive Imprimé en Italie
ARCHE - Milan Lit. Alkaest
DERVY LIVRES - Paris Genova
Ottobre 1982
PHOENIX
Salita S.Matteo, 19/10
16123 GENOVA
@
4 00282 61060