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Réfer. : 1703 .
Auteur : Dom Pernety, Antoine-Joseph.
Titre : Dictionnaire Mytho-Hermétique.
S/titre : Dans lequel on trouve Les Allégories Fabuleuses...

Editeur : Chez Bauche. Paris.
Date éd. : 1758 .
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pict

P R E F A C E.
J Amais Science n'eut plus besoin de Dictionnaire que la Philosophie Hermétique. Ceux dans les mains de qui tombent les Livres faits sur cette ma-
tière, ne sauraient en soutenir la lecture une demi-
heure seulement; les noms barbares qu'on y trou-
ve, semblent vides de sens, & les termes équivo-
ques qui sont placés à dessein presque dans toutes
les phrases, ne présentent aucun sens déterminé.
Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit
pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille
noms à une même chose; que leurs Ouvrages ne
sont qu'un tissu d'énigmes, de métaphores, d'allé-
gories, présentées même sous le voile de termes
ambigus, & qu'il faut se défier des endroits qui pa-
raissent faciles à entendre à la première lecture (1).



(1) Nolite in lectione mysticis nominibus, & ar-
meorum scriptorum inhae- canis operationibus; in obs-
rere syllabis, sed legendo curis enim veritas delitescit,
utiquè considerate naturam, nec unquam dolosius quam
& ejusdem possibilitatem. quûm apertè, nec veriùs
Cosm. Praef: in Aenigma. quam cum obscurè scribunt
Veritatis amator paucos Philosophi. Arcan. Hermet.
autores, sed optimae notae Philos. opus, can. 9.
& exploratae fidei manibus A multiplici verborum si-
terat; facilia intellectu sus- gnificatione studiosus lector
pecta habeat, maximè in caveat, dolosis enim anfrac-
a iij
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ij P R E F A C E.
Ils font mystère de tout, & semblent n'avoir écrit
que pour n'être pas entendus. Ils protestent cepen-
dant qu'ils n'écrivent que pour instruire, & pour
instruire d'une Science qu'ils appellent la clef de
toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain,
de la vérité leur met la plume à la main: la recon-
naissance d'une faveur si signalée que celle d'avoir
reçu du Créateur l'intelligence d'un mystère si re-
levé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont
reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du mystère; ce
serait même un crime digne d'anathème que de
lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire.
Pouvaient-ils se dispenser d'écrire mystérieuse-
ment? Si l'on exposait au grand jour cette Science
dans sa simplicité, les femmes, les enfants même
voudraient en faire l'épreuve: le Paysan le plus
stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ
de Mars comme Jason: il cultiverait la terre phi-
losophique, dont le travail ne serait pour lui qu'un
amusement, & dont les moissons abondantes lui
procureraient d'immenses richesses, avec une vie
très longue, & une santé inaltérable pour en jouir.
Il fallait donc tenir cette Science dans l'obscu-
rité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions,
à l'imitation des anciens Prêtres de l'Egypte, des
Brahmanes des Indes, des premiers Philosophes de
la Grèce & de tous les pays, dès qu'on sentait la
nécessité de ne pas bouleverser tout l'ordre & l'har-



tibus, & ancipiti oratione, adulterandae veritatis studio;
imò plerumque contrariâ, ideo ipsorum scripta voci-
ut videtur Philosophi myste- bus ambiguis & homony-
ria sua explicant, implican- mis abundant. Ibid. Can.
dae & occultandae, non 15.
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P R E F A C E. iij
monie établis dans la société civile. Ils suivaient
en cela le conseil du Sage (1).
Mal à propos traite-t-on de fous les Philosophes Hermétiques: n'est-ce pas se donner un vrai ridicule
que de décider hardiment que l'objet de leur Science
est une chimère, parce qu'on ne peut pas le péné-
trer, ou qu'on l'ignore absolument? C'est en juger
comme un aveugle des couleurs. Quel cas les gens
sensés doivent-ils donc faire des jugements critiques
de quelques Censeurs sur cette matière, puisque tout
le mérite de ces jugements consiste dans le froid assai-
sonnement de quelques bons mots à l'ombre des-
quels ils cachent leur ignorance, & qu'ils sèment
faute de bon grain, pour faire illusion à des Lecteurs
imbéciles, toujours disposés à leur applaudir. Mé-
ritent-ils qu'on fasse les frais d'une réponse? Non:
on peut se contenter de les envoyer à l'école du
Sage (2). Moins dédaigneux & moins méprisant
que ces Censeurs bouffis d'orgueil & d'ignorance,
& aveuglés par le préjugé, Salomon regardait les
hiéroglyphes, les proverbes, les énigmes & les
paraboles des Philosophes comme un objet qui
méritait toute l'attention & toute l'étude d'un
homme sage & prudent (3).
Je voudrais qu'avant que d'étaler leur mépris


(1) Sapientes abscondunt Sapientiam omnium anti-
scientiam. Prov. c. 10. v. 14. quorum exquiret sapiens, &
(2) Homo versutus celat in Prophetis vocabit.... in
scientiam. Ibid. c. 12. v. 23. versutias parabolarum simul
(3) Sapiens animadvertet introibit; occulta proverbio-
parabolam & interpretatio- rum exquiret, & in abscon-
nem, verba sapientum & ditis parabolarum conversa-
aenigmata eorum. Ibid. c. 1. bitur. Ecclesiastici, cap. 39.
a iv
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iv P R E F A C E.
pour la Philosophie Hermétique, ils prissent la
peine de s'en instruire. Sans cette précaution ils
s'attireront à bon droit le reproche, que les insensés
méprisent la science & la sagesse, & qu'ils ne se re-
paissent que d'ignorance; & je leur dirai avec Ho-
race: Odi prophanum vulgus & arceo. C'est en
effet au sujet de ces mêmes mystères que les an-
ciens Prêtres disaient: Procul ô procul este pro-
phani.
Mon Traité des Fables Egyptiennes & Grecques développe une partie de ces mystères. De l'obliga-
tion dans laquelle j'étais de parler le langage des
Philosophes, il en est résulté une obscurité qu'on
ne peut dissiper que par une explication particu-
lière des termes qu'ils emploient, & des méta-
phores qui leur sont si familières. La forme de Dic-
tionnaire m'a paru la meilleure, avec d'autant plus
de raison qu'il y peut servir de Table raisonnée,
par les renvois que j'ai eu soin d'inférer, quand il
a été question d'éclaircir des fables déjà expli-
quées.
Beaucoup de gens regardent la Médecine Para- celsique comme une branche de la Science Hermé-
tique; & Paracelse son auteur ayant, comme les
Disciples d'Hermès, fait usage de termes barbares,
ou pris des autres langues, j'ai cru rendre service
au Public d'en donner l'explication suivant le sens
dans lequel ils ont été entendus par Martin Rul-
land, Johnson, Planiscampi, Becker, Blanchard
& plusieurs autres. Si je n'ai pas toujours cité ces
Auteurs, non plus que les Philosophes Herméti-
ques, je les ai rappelés assez souvent pour con-
vaincre le Lecteur que je ne parle ordinairement

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P R E F A C E. v
que d'après eux. Ceux qui les ont lus avec atten-
tion, les y reconnaîtront aisément.
Afin que le Lecteur puisse juger que mes expli- cations des termes & des métaphores des Philoso-
phes, ne sont pas arbitraires & de mon invention,
je rapporterai ici quelques-uns de leurs textes
avec lesquels il pourra les comparer. Il y verra
d'ailleurs qu'ils sont tous d'accord entr'eux, quoi-
qu'ils s'expriment différemment.
Les Sages, dit Isaac Hollandais, ont donné beau- coup de noms différents à la pierre. Après qu'ils ont
eu ouvert & spiritualisé la matière, ils l'ont ap-
pelée une Chose vile. Quand ils l'ont eu sublimée,
ils lui ont donné les noms de Serpent & des Bêtes
venimeuses. L'ayant calcinée, ils l'ont nommée
Sel ou quelqu'autre chose semblable. A-t-elle été
dissoute, elle a pris le nom d'Eau, & ils ont dit
qu'elle se trouvait partout. Lorsqu'elle a été ré-
duite en huile, ils l'ont appelée une Chose vis-
queuse, & qui se vend partout. Après l'avoir con-
gelée, ils l'ont nommée Terre, & ont assuré qu'elle
était commune aux pauvres & aux riches. Quand
elle a eu acquis une couleur blanche, ils lui ont
donné le nom de Lait Virginal, & ceux de toute
autre chose blanche que ce puisse être. Lorsque de
la couleur blanche elle a passé à la rouge, ils l'ont
nommée Feu & de tous les noms des choses rou-
ges. Ainsi dans les dénominations qu'ils ont don-
nées à la pierre, ils ont eu égard aux différents états
où elle se trouve jusqu'à sa perfection. Liv. I. ch.
126. de ses oeuvres sur les Minéraux.
Ce mélange de trois choses s'appelle Pierre bé- nite, minérale, animale, végétale, parce qu'elle

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vi P R E F A C E.
n'a point de nom propre. Minérale, parce qu'elle
est composée de choses minérales; végétale, parce
qu'elle vit, & végète; animale, parce qu'elle a un
corps, une âme & un esprit, comme les animaux.
De son ventre noir on l'appelle Noir fétide. On la
nomme encore dans cet état, Chaos, Origine du
monde, Masse confuse, pour moi je l'appelle Terre.
Notre eau prend les noms des feuilles de tous les
arbres, des arbres-mêmes, & de tout ce qui pré-
sente une couleur verte, afin de tromper les in-
sensés. On l'appelle aussi Eau bénite, la tempé-
rance des Sages, Vinaigre très aigre, Corps disso-
luble, Gomme des Philosophes, Chose vile, chère,
précieuse, Corps dur & opaque, mol & transparent,
Exaltation de l'eau, Angle de l'oeuvre. Observez
qu'on appelle le Soleil & la Lune le père & la
mère de la pierre dans la composition de l'élixir,
ce que dans l'opération de la même pierre, on ap-
pelle Terre ou Nourrice. Arnaud de Villeneuve,
Comment. sur Hortulain, pag. 25. & 35.
La pierre des Philosophes est une, mais on lui donne une infinité de noms, parce qu'elle est
aqueuse, aérienne, terrestre, ignée, phlegmati-
que, colérique; elle est soufre & argent-vif; ses
superfluités se changent en une véritable essence,
avec l'aide de notre feu: & qui veut en ôter quel-
que chose, ne parviendra jamais à la perfection de
l'oeuvre. Les Philosophes n'ont jamais dévoilé ce
secret. Pontanus, Epître.
Notre pierre se nomme d'une infinité de ma- nières, car elle prend les noms de toutes les choses
noires. Lorsqu'elle quitte la noirceur, les noms
qu'on lui donne rappellent les choses dont la vue

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égaie & fait plaisir, comme les blanches & les
rouges. Ce n'est cependant qu'une seule chose. Ri-
plée, ch. 3. du Supplément. Si vous l'appelez eau,
vous dites vrai, si vous dites qu'elle n'est pas eau,
vous ne le niez pas à tort. Ibid. pag. 139.
Lorsqu'on cuit ces principes avec prudence & sagesse, on en fait une chose qui prend beaucoup
de noms. Lorsqu'elle est rouge, on l'appelle Fleur
d'or, Ferment de l'or, Colle d'or, Soufre rouge,
Orpiment. Quand elle est encore crue, on la nomme
Plomb d'airain, Verge & Lame de métal. Les Phi-
losophes appellent l'airain Monnaie, Ecu; & la
noirceur Plomb. Ibid. pag. 142.
Notre eau s'appelle Eau de vie, Eau nette, Eau permanente & perpétuelle, & d'une infinité d'au-
tres noms. On la nomme Eau de vie, parce qu'elle
donne la vie aux corps morts, & qu'elle purifie &
illumine ce qui est corrompu & souillé. Arnaud de
Villeneuve, Miroir d'Alchymie, pag. 11. & 27.
L'argent vif est appelé le Père dans la généra- tion des métaux, la Véritable vigne, Plomb, Phé-
nix, Pélican, Tantale, Dédale, Serpent, Fon-
taine, Puits, Porte, Argent-vif des Philosophes,
Présure, Lait, Ferment, Serf fugitif & de beau-
coup d'autres noms. Desiderabile, pag. 71.
Pendant que l'oeuvre est encore cru, notre argent-vif s'appelle Eau permanente, Plomb, Cra-
chat de la Lune, Etain. Lorsqu'il est cuit il se
nomme Argent, Magnésie, Soufre blanc. Quand
il a pris la couleur rouge, on lui donne les noms
d'Orpiment, de Corail, d'Or, de Ferment, de
Pierre, d'Eau lucide. Ibid. pag. 22.
Notre eau prend quatre couleurs principales; la
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viij P R E P A C E.
noire comme du charbon, la blanche comme la
fleur de lys, la jaune semblable à la couleur des
pieds de l'émerillon, & la rouge pareille à la cou-
leur du rubis. On appelle la noire Air, la blanche
Terre, la jaune Eau, & la rouge Feu. Ibid. p. 100.
Le suc de lunaire, l'eau-de-vie, la quintessence, le vin ardent, le mercure végétable ne sont qu'une
même chose. Le suc de lunaire se fait de notre vin,
connu de peu de personnes; c'est avec lui que nous
faisons notre dissolution & notre or potable; sans
lui nous ne pouvons rien faire. Rosarium.
Notre pierre est comme les animaux, composée d'un corps, d'une âme & d'un esprit. Le corps im-
parfait s'appelle Corps, le ferment Ame, & l'eau
Esprit. Le corps imparfait est pesant, infirme &
mort; l'eau le purge & le purifie en le subtilisant
& en le blanchissant; le ferment donne la vie au
corps, & lui donne une meilleure forme. Le corps
est Vénus, ou la femelle; l'esprit est Mercure, ou
le mâle, & l'âme est composée du Soleil & de la
Lune. Ibid.
L'eau des Philosophes s'appelle le Vase d'Her- mès; c'est d'elle qu'ils ont dit, toutes les opéra-
tions se font dans notre eau; savoir, la sublima-
tion, la distillation, la calcination, la solution &
la fixation. Elles se fond dans cette eau comme dans
un vase artificiel: ce qui est un grand secret. Ibid.
pag. 193.
Cambar, Ethelia, Orpiment, Zendrio, Ebse- meth, Magnésie, Chuhul sont des noms de notre
argent-vif sublimé du Cambar. Lorsqu'il est par-
venu au blanc, on l'appelle Plomb d'Eburich, Ma-
gnésie, Airain blanc. Sentent. 54.

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Les Philosophes ont donné beaucoup de noms différents à cette pierre, afin d'obscurcir la science;
car lorsqu'elle a été mise dans le vase physique, elle
prend différents noms suivant les diverses couleurs
qui lui surviennent: pendant la putréfaction elle se
nomme Saturne, & après Magnésie. Miroir d'Ar-
naud de Villeneuve.
Terre feuillée, Soufre blanc, Fumée blanche, Orpiment, Magnésie & Ethel signifient la même
chose. La Tourbe.
On appelle le corps Fer, Mars, Carmot, Al- magra, Vitriol, Sang, Huile rouge, Urine rouge,
Jeunesse, Midi, Eté, Mâle, & de plusieurs autres
noms qu'on lui a donné respectivement à sa couleur
& à ses propriétés. Ibid.

D E S O P E R A T I O N S.
Notre magistère se fait d'une seule chose, par une seule voie, & par une même opération. Lilium.
Vous n'avez besoin que d'une chose, savoir no- tre eau; & d'une seule décoction, qui est de cuire:
il n'y a qu'un seul vase pour le blanc & pour le
rouge. Alphidius.
Quoique les Sages parlent de beaucoup de choses & de divers noms, ils n'ont cependant entendu
parler que d'une seule chose, d'une seule disposi-
tion, & d'une seule voie. Morien.
Le blanc & le rouge sortent d'une même racine, sans mélange de choses d'une autre nature. Nous
n'y ajoutons rien d'étranger, & nous n'en ôtons
rien, sinon les superfluités pendant la préparation.
Ibid.

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x P R E F A C E.
Rhasis après avoir dit la même chose, ajoute: Cette matière se dissout elle-même, se marie, se
blanchit, se rougit, devient noire, safranée, &
se travaille elle-même jusqu'à la perfection de
l'oeuvre.
Sachez que si vous prenez autre chose que notre airain, & que vous le travailliez avec autre chose
qu'avec notre eau, vous ne réussirez pas. La Tourbe.

Du nombre des Matières qui composent le Magistère.
Notre pierre doit se faire du Soleil & de la Lune: de ces deux l'un doit être un mâle rouge, & une
femelle blanche. Isaac Hollandais, liv. 1. ch. 61.
La conjonction du Soleil & de la Lune fait notre pierre; le Soleil tire la substance de la Lune, & lui
donne sa propre couleur & sa nature. Ce qui se fait
par le feu de la pierre. Raymond Lulle, Codicille.
Notre pierre ne se fait pas d'une chose indivi- duelle, mais de deux choses, qui étant de même
nature n'en sont qu'une seule. Le même.
Le Soleil est son père, & la Lune sa mère. Le vent l'a porté dans son ventre. Hermès.
Il n'entre dans notre magistère que le frère & la soeur, c'est-à-dire, l'agent & le patient, le soufre &
le mercure. Aegidius de Vadis.
Notre argent-vif est une eau claire, notre arsenic est un argent pur, & notre soufre un or très pur.
Toute la perfection du magistère consiste dans ces
trois choses.
Il n'y a qu'une pierre; cette chose unique n'est pas une en nombre, mais en genre; comme le

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mâle & la femelle sont seuls suffisants pour engen-
drer, de même la pierre des Philosophes se fait de
deux choses, de l'esprit & de l'âme, qui sont le
Soleil & la Lune; on y ajoute un troisième, le corps
métallique, sans que ce nombre de deux en soit
augmenté, parce que ce corps métallique est com-
posé des deux autres. Scala Philosophorum.
Dans notre composé se trouvent le Soleil & la Lune en vertu & en puissance, & le mercure en
nature. Ludus puerorum, pag. 137.
Joignez votre fils très cher à sa soeur blanche par parties égales, & donnez leur un breuvage d'a-
mour, dont ils boiront jusqu'à s'enivrer, & jusqu'à
ce qu'ils feront réduits en poudre très subtile. Sou-
venez-vous cependant que les choses pures & nettes
ne s'unissent qu'à celles qui le sont: sans cette atten-
tion, ils engendreraient des enfants différents d'eux-
mêmes, & impurs. Aristote le Chimiste.
Le Dragon ne meurt que mêlé avec son frère & sa soeur. Rosarium.
Trois choses suffisent pour tout le magistère, savoir la fumée blanche, l'eau céleste, & le Lion
vert, c'est-à-dire, l'airain d'Hermès, & l'eau fétide
qui est la mère des métaux, avec laquelle on fait
l'élixir depuis le commencement jusqu'à la fin.
Ibid.
La matière des Philosophes est eau, mais une eau composée de trois choses: le Soleil est le mâle,
la Lune est la femelle, & le Mercure est le sperme.
Car pour engendrer, outre le mâle & la femelle, il
faut une semence. Ibid.
Il n'entre qu'un seul corps immonde dans notre magistère, les Philosophes l'appellent communé-

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xij P R E F A C E.
ment Lion vert. C'est le milieu ou moyen pour
joindre les teintures entre le Soleil & la Lune, Ces
deux principes matériels & formels doivent être
dissous. Riplée.
Rien n'est engendré que par son espèce, & les fruits ne produisent que des fruits semblables. L'eau
des Philosophes est le ferment des corps, & les corps
sont leur terre, même après qu'ils sont devenus
noirs par la préparation du feu. Les Philosophes
leur donnent alors le nom de Feu noir; & dans
la seconde opération, ceux de Charbon de la mon-
tagne, Poix, Antimoine, Alcali, Sel alcali,
Marcassite, Magnésie, Argent-vif extrait de Cam-
bar, leur Chaux, Verre & Eau mondifiée. Rosinus
à la fin du premier livre à Euthicte.
Joignez un mâle vivant avec une femelle vi- vante, afin qu'ils forment un sperme, & qu'ils en-
gendrent un fruit de leur espèce. Cosmopolite.
Notre eau est une eau céleste, qui ne mouille pas les mains; ce n'est pas l'eau vulgaire, mais elle
semble presque l'eau de pluie. Le corps est l'or qui
donne la semence. La Lune (qui n'est pas l'argent
vulgaire) reçoit la semence de l'or. Le même.

Des Opérations.
Les noms de décoction, commixtion, mélange, sublimation, contrition, dessèchement, ignition,
déalbation, rubification, & de quelqu'autre nom
qu'on puisse appeler l'opération, ce n'est qu'un
seul régime qu'on nomme simplement décoction
& contrition. Alanus.
Sachez que toutes les opérations appelées pu- tréfaction,
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tréfaction, solution, coagulation, ablution & fixa-
tion, consistent dans la seule sublimation, qui se
fait dans un seul vase, & non dans plusieurs, dans
un seul four. Arnaud de Villeneuve.
Résoudre, calciner, dissoudre, sublimer, tein- dre, laver, cuire, rafraîchir, arroser, extraire, coa-
guler, humecter, imbiber, fixer, broyer, réduire
en poudre, distiller, dessécher, sont une même
chose. Le même.
Gardez-vous bien de penser que lorsque nous parlons de sublimation, ou que nous sublimons en
effet, nous entendions parler de séparation de la
matière qui est au fond du vase d'avec celle qui est
au-dessus. Dans notre sublimation les parties fixes
ne s'élèvent pas, mais seulement les volatiles.
Alanus.
L'ingression, la submersion, la conjonction, la complexion, la composition & le mélange ne sont,
dans notre Art, qu'une même chose. Avicenne.

Du Feu.
Souvenez-vous de donner toujours un feu très doux, l'ouvrage pourra en être plus long. Isaac Hol-
landais, liv. 1. ch. 9.
Toutes les fois que la pierre changera de couleur, vous augmenterez le feu peu à peu, jusqu'à ce que
tout demeure fixe dans le fond. Le même.
Notre feu est minéral & égal; il est continuel; il ne s'élève point en vapeurs à moins qu'on ne l'ex-
cite trop; il participe du soufre; il se prend d'ail-
leurs que de la matière; il dissout tout, détruit,
congèle, calcine; & ce feu, avec un feu doux,

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xiv P R E F A C E.
achève l'oeuvre. Pontanus. Le Trévisan dit la même
chose en mêmes termes.
Le feu du premier degré est semblable à celui de la poule qui couve ses oeufs pour faire éclore des
poussins, ou comme la chaleur naturelle qui digère
la nourriture pour la tourner en substance des corps,
ou comme celle du fumier, ou enfin comme celle
du Soleil dans Aries. C'est pourquoi quelques Phi-
losophes ont dit qu'il fallait commencer l'oeuvre le
Soleil étant dans ce signe, & la Lune dans celui du
Taureau. Ce degré de feu doit durer jusqu'à la blan-
cheur; lorsqu'elle paraît, on augmente le feu peu
à peu jusqu'à la parfaite dessiccation de la pierre:
cette chaleur est semblable à celle du Soleil lors-
qu'il passe du signe du Taureau à celui des Gémeaux.
La pierre étant desséchée est réduite en cendres, on
fortifie le feu jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite-
ment rouge, & qu'elle prenne le manteau royal.
Cette chaleur se compare, & est la même que celle
du Soleil dans le signe du Lion. Scala Philoso-
phorum, pag. 107.
Le mercure est un feu; ce qui a fait dire au Phi- losophe: Sachez que le mercure est un feu, qui
brûle les corps beaucoup mieux que le feu com-
mun. Rosarium.
La chaleur de votre feu doit être celle de la cha- leur du Soleil au mois de Juillet; afin que par une
douce & longue cuisson, votre eau s'épaississe, &
se change en terre noire. Le même.
Notre argent-vif en un feu qui brûle tout corps avec plus d'action que le feu commun; il les mor-
tifie en même temps; il réduit en poudre, & tue
tout ce qu'on mêle avec lui. La Tourbe.

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P R E F A C E. xv
Du Vase.
Le vase des Philosophes est leur eau. Hermès, Ludus puerorum.
Nous n'avons besoin que d'un vase, d'un four- neau, & d'une seule opération ou régime; ce qui
doit s'entendre après la première préparation de la
pierre. Flamel. L'Auteur du Rosaire s'exprime ab-
solument dans les mêmes termes.
Les vases requis pour l'oeuvre s'appellent Alu- del, Crible, Tamis, Mortier, parce que la matière
s'y broie, s'y purifie & s'y perfectionne. Calid.
Le vase doit être rond, avec un cou long, un orifice étroit, fait de verre, ou d'une terre de même
nature, & qui en ait la compacité; l'ouverture sera
scellée. Bachon.

Du Temps.
Il nous faut un an pour parvenir au but de nos espérances. Nous ne saurions en moins de temps
former notre chaux. Riplée.
Le temps requis pour la perfection de l'élixir est au moins d'un an. Rosaire.
Les Philosophes ont déterminé plusieurs durées de temps pour la cuisson de notre Art. Quelques-uns
l'ont fixée à un an, d'autres à un mois, d'autres à
trois jours, d'autres enfin à un seul. Mais de même
que nous appelons un jour la durée du temps que
le soleil met à parcourir le ciel depuis l'orient jus-
qu'à l'occident, les Sages ont nommé un jour l'in-
tervalle qui s'écoule depuis le commencement de
la cuisson jusqu'à la fin. Ceux qui parlent d'un

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xvj P R E F A C E.
mois, ont égard au cours du Soleil dans un signe
du Zodiaque. Ceux qui font mention de trois jours,
considèrent le commencement, le milieu & la fin
de l'oeuvre: & ceux enfin qui fixent ce temps à un
an, le disent eu égard aux quatre couleurs qui for-
ment leurs quatre saisons. Anonymus.

Des Couleurs.
Quand vous verrez la noirceur, soyez assuré que la véritable conjonction est faite. Avant que la vé-
ritable couleur blanche se manifeste, la matière
prendra toutes les plus belles couleurs du monde
en même temps. Vous verrez sur les bords de la
matière de la pierre, comme des pierres précieuses
orientales, & comme des yeux de poissons. Alors
soyez assuré que la véritable blancheur ne tardera
pas à paraître. Isaac Hollandais.
Le secret de notre véritable dissolution est la noirceur de charbon faite du Soleil & de la Lune:
cette noirceur indique une conjonction & une
union si intime de ces deux, qu'ils seront à l'ave-
nir inséparables: ils se changeront en une poudre
très blanche. Raymond Lulle.
Au bout de quarante jours que la matière aura été mise à une chaleur lente & médiocre, elle de-
viendra noire comme de la poix, ce que les Phi-
losophes appellent Tête de corbeau, & le Mercure
des Sages. Alanus.
La chaleur agissant sur l'humidité produit pre- mièrement la noirceur, puis la blancheur, de cette
blancheur la couleur citrine, & de celle-ci la rouge
Arnaud de Villeneuve.

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P R E F A C E. xvij
Quelques-uns ont dit qu'on voyait pendant le cours de l'oeuvre toutes les couleurs qu'on peut ima-
giner; mais c'est un sophisme des Philosophes, car
les quatre principales seulement se manifestent. Ils
ne l'ont dit que parce que ces quatre sont la source
de toutes les autres. La couleur rouge signifie le
sang & le feu; la citrine la bile & l'air; la blanche
le phlegme & l'eau; la noire la mélancolie & la
terre. Ces quatre couleurs sont les quatre élé-
ments. Rosaire.

Du style énigmatique.
Ce serait une folie de nourrir un âne avec des laitues ou d'autres herbes rares, disent plusieurs
Philosophes, puisque les chardons lui suffisent. Le
secret de la pierre est assez précieux pour en faire un
mystère. Tout ce qui peut devenir nuisible à la So-
ciété, quoiqu'excellent par lui-même, ne doit point
être divulgué, & l'on n'en doit parler que dans des
termes mystérieux. Harmonie Chymique.
Notre Science est comme une partie de la Ca- bale, elle ne doit s'enseigner clairement que de
bouche à bouche. Aussi les Philosophes n'en ont-ils
traité que par énigmes, par métaphores, par allé-
gories, & par des termes équivoques: on en devi-
nerait autant dans le silence de Pythagore, que
dans leurs écrits. Aegidius de Vadis, cap. 10. Les
secrets prophétiques, naturels, spagyriques & poé-
tiques sont pour la plupart cachés sous le même
voile. Ibid.
La plupart des Traités composés sur cette Science (Hermétique) sont si obscurs & si énigmatiques

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xviij P R E F A C E.
qu'ils sont inintelligibles à tout autre qu'à leurs
Auteurs. Margarita Novella.
Celui qui se dégoûtera aisément de la lecture des livres des Philosophes, n'est pas fait pour la Science
& n'y parviendra pas. Un livre en éclaircit un autre;
l'un dit ce que l'autre a omis. Mais il ne faut pas
s'imaginer qu'une lecture d'un même livre suffise
pour en avoir l'intelligence, deux, trois & même
dix fois répétée elle n'est pas capable de mettre au
fait de ce qu'on désire apprendre. Bacaser in Turba.
Cette Science est un don de Dieu, & un mystère caché dans les livres des Philosophes, sous le voile
obscur des énigmes, des métaphores, des paraboles
& des discours enveloppés, afin qu'elle ne vienne
pas à la connaissance des insensés qui en abuse-
raient, & des ignorants qui ne se donnent pas la
peine d'étudier la Nature. Ceux qui désirent y par-
venir doivent s'appliquer à éclaircir leurs esprits
en lisant avec attention, & en méditant les textes
& les sentences des Philosophes, sans s'amuser à la
lettre, mais au sens qu'elle renferme. Aurora Con-
surgens.
Recourez à Dieu, mon fils, tournez votre coeur & votre esprit vers lui, plutôt que vers l'Art; car
cette Science est un des plus grands dons de Dieu,
qui en favorise qui il lui plaît. Aimez donc Dieu
de tout votre coeur & de toute votre âme, & votre
prochain comme vous-même; demandez cette
Science à Dieu, avec instance & persévérance, & il
vous l'accordera. Alanus.
Toute sagesse vient de Dieu, & a été avec lui de toute éternité. Celui donc qui désire la sagesse
doit la chercher dans Dieu, & la lui demander;

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P R E F A C E. xix
parce qu'il la distribue abondamment, sans repro-
che. Il est le principe & la fin, la hauteur & la pro-
fondeur de toute science, & le trésor de toute sa-
gesse; car de lui, dans lui & par lui sont toutes
choses, & sans lui on ne peut réussir à rien de bien.
A lui donc soit honneur & gloire dans tous les siè-
cles des siècles. Albert le Grand dans la Préface
de son Traité d'Alchymie.
J'aurais pu multiplier le nombre de ces textes des Philosophes: on en trouverait plus qu'il n'en
faut pour former un gros volume; mais ceux-là
suffiront pour mettre le Lecteur au fait de la ma-
nière de s'expliquer de ceux qui ont écrit sur la ma-
tière & les procédés de la Science Hermétique. Ce
nuage épais qu'on trouve répandu dans tous leurs
ouvrages, cette obscurité affectée, ce mystère que
si peu de gens peuvent pénétrer, sont sans contredit
la véritable raison qui a fait & fait encore regarder
la Pierre Philosophale comme une chimère, mal-
gré le témoignage de tant d'Auteurs, & les faits
comme certains qui déposent en faveur de sa réalité.
Les Savants, dit-on, la traitent d'extravagance &
de folie. Que conclure de-là? Ne serait-ce pas une
preuve, que ceux qu'on appelle Savants, sont bien
éloignés de tout savoir? & qu'ils pourraient dire
d'eux à plus juste titre ce qu'un ancien Sage de la
Grèce disait de lui-même: J'ignore tant de choses,
que je puis dire, je sais seulement que je ne sais
rien. Ignore-t-on d'ailleurs que les découvertes ex-
traordinaires, telles, par exemple, que celle de la
poudre & de ses effets, n'ont d'abord trouvé dans
les Savants-mêmes que des railleurs & des incré-
dules? Ce qu'on nomme la science a souvent ses

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xx P R E F A C E.
préjugés infiniment plus difficiles à vaincre que
l'ignorance même. Il me semble que plus un
homme a d'étendue de génie & de connaissances,
moins il doit nier, & plus il doit voir de possibilité
dans la Nature. A être crédule il y a plus à gagner
qu'à perdre. La crédulité engage un homme d'es-
prit dans des recherches qui le désabusent, s'il était
dans l'erreur, & qui toujours l'instruisent de ce
qu'il ignorait.

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DICTIONNAIRE
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pict

D I C T I O N N A I R E M Y T H O - H E R M E T I Q U E

pict
ABAM est Amethée & Nonius; d'au-
le même que tres, avec Claudien (lib. 1.
plomb. de raptu Proserpinae), en
AABARTA- admettent quatre, Aethon,
MEN. Voyez Orphné, Nycté & Abastor.
Saturne. Ruland. Leurs noms seuls déclarent
ABADIR. Pierre que ce qu'on entendait par ces
Rhée substitua à Jupiter chevaux, c'est-à-dire, la pu-
qu'elle venait de mettre au tréfaction & la volatilisation
monde, & qu'elle présenta de la matière des Philoso-
à Saturne qui devait le dé- phes dans le vase, pendant
vorer. Priscien. que cette matière est au noir,
Dans le système des Phi- ou qu'elle a atteint la couleur
losophes Hermétiques, c'est noire, signe de la véritable
la fixation de la matière, qui dissolution. L'un de ces noms
commence au règne de Ju- signifie noir, l'autre obscur,
piter, après la couleur noire. le troisième nuit, &c. Voyez
Voyez Jupiter, Satur- les Fables Egyptiennes &
ne, Rhée, Règne, & le Grecques dévoilées, liv. 3.
livre 3. des Fables Egyp- chap. 6.
tiennes & Grecques dévoi- ABESAMEN est la boue
lées, chap. 3. & suiv. ou le cambouis qui s'atta-
ABASTER, ABAS- che aux essieux des roues.
TOR. Nom d'un des che- Johnson.
vaux qui tirait le char de ABLUTION en termes
Pluton. Les uns n'en ont de Philosophie Spagyrique,
compté que trois, Abaster, ne signifie pas l'action de la-
A
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2 AB AB
ver quelque chose avec de tion sur Abramane & Zo-
l'eau ou autre liqueur; mais roastre. Elle a pour titre:
purifier la matière qui est en Eloge du Poëme lyrique de
putréfaction, au moyen d'un l'Opera de Zoroastre. A Pa-
feu continué sans interrup- ris, chez d'Houry fils, 1750.
tion, jusqu'à ce que la ma- Voyez Amelite.
tière de noire devienne blan- ABREUVER, c'est di-
che. Voici les termes de l'un gérer, cuire la matière du
d'entr'eux. Ablution est une grand oeuvre. On dit abreu-
aspersion ou lavement de la ver, parce que cette matière
noirceur, tache, souillure, en se volatilisant, monte en
puanteur, &c. de la matière, espèce de vapeurs, qui re-
par la continuation du se- tombent sur la terre demeu-
cond degré du feu d'Egypte. rée au fond du vase. Voyez
Anonymus Epist. ad Nort- Laver, Lavements.
man. filium dilectum. ABRIC, c'est le soufre
Le même dit ailleurs que des Philosophes, non le sou-
les Philosophes entendent fre du vulgaire, ou tout autre
aussi par les eaux, les rayons soufre minéral ou métallique
& la lueur de leur feu. naturel. Voyez Soufre.
Les Anciens ont caché ABSEMIR, un des noms
cette ablution sous l'énigme que les Philosophes ont don-
de la Salamandre, qu'ils di- né à la matière de l'Art.
sent se nourrir dans le feu ; & ABSYRTHE, frère de
du lin incombustible, qui s'y Médée, qu'elle coupa en
purifie, & s'y blanchit, sans morceaux, & dont elle dis-
s'y consumer. persa les membres sur le
ABNELEITEM, c'est chemin qu'elle prit, en s'en-
l'alun. fuyant avec Jason. Cette fa-
ABOIT ou ABIT, c'est ble ne signifie autre chose
la céruse. que la dissolution de la ma-
ABRAMANE est un tière dans la seconde opéra-
nom supposé pour former la tion de l'oeuvre. Voyez les
fiction de Zoroastre sur la Fables dévoilées, liv. 2. c. 1.
création du monde, & la ABYLA, montagne d'A-
manifestation de la lumière. frique auprès du détroit de
Un Auteur anonyme, qui Gibraltar. C'est une des co-
s'arroge le nom de Philoso- lonnes d'Hercule. On la
phe Hermétique sans l'être nomme aujourd'hui Almi-
en effet, a fait une disserta- na. Voyez les Fables Egyp-
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AC AC 3

tiennes & Grecques dévoi- de ce que, par sa vertu acti-
lées, liv. 5. ve, il purifie leur leton, &
ACAID. C'est un des le fait passer de la couleur
noms barbares que les Chi- noire à la blanche, qu'ils ap-
mistes ont donné au vinai- pellent lumière.
gre. ACHAMECH. Quel-
ACALACH, ou le Sel, ques Chimistes ont donné
suivant la façon de s'expri- ce nom aux scories de l'ar-
mer des Sectateurs de la Phi- gent. Johnson.
losophie Spagyrique. Pla- ACHELOYS, Fleuve
niscampi. de la Grèce, que les Poètes
ACALAI, c'est le Sel. ont feint être fils du Soleil &
ACANOR, pot de terre de la Terre, ravageait tou-
percé de plusieurs trous dans tes les terres qu'il arrosait;
son fond & dans ses côtés. Hercules le lia.
Johnson, & Paracelse. Cet Acheloys, selon les
ACARTUM, est un des Philosophes Spagyriques,
noms du minium. D'autres est le Mercure philosophi-
le nomment Azimar. que dont les esprits consu-
ACATO, ou la Suie. ment & dissolvent tout ce
ACAZDIR ou ALCA- qu'on y met. Le Philosophe,
NI, ou ALOMBA. C'est comme un autre Hercule, le
la même chose que le Jupiter lie, c'est-à-dire, fixe & coa-
des Chimistes, ou l'étain. gule ces esprits selon l'Art;
Johnson. & par ce moyen lui arrache
ACCATUM, signifie le une corne, qui devient corne
clinquant, l'oripeau. d'abondance, c'est-à-dire,
ACEDIA, ou ACADIA en fait la pierre philosophale,
suivant Planiscampi. Four- qui, par sa multiplication &
neau en usage dans la Spa- sa projection, enrichit & pro-
gyrique, ainsi nommé de ce duit l'abondance de toutes
qu'il ne demande que très sortes de biens. Voyez les
peu de soins pour y entrete- Fables Egypt. & Grecques
nir le feu. dévoilées, liv. 5.
ACETUM ACERRI- ACHERON, Fleuve de
MUM, Eau mercurielle des l'Enfer, le premier qui se
Sages. présentait aux ombres qui
ACHACHI, ou Eau de descendaient dans l'Empire
lumière: c'est le Mercure des de Pluton. C'est la première
Philosophes, ainsi nommé putréfaction de la matière
A ij
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4 AC AC

avant l'entière dissolution. qui a donné occasion à plus
Les Poètes ont feint en con- d'un Chimiste de chercher
séquence que les eaux de la pierre philosophale dans
ce fleuve prétendu étaient l'acier, métal que l'on em-
puantes, amères & de très ploie à faire des outils; mais
mauvais goût. Ce qui a fait en vain travaillent - ils sur
dire aux Philosophes Her- ce métal comme sur les au-
métiques, que leur eau mer- tres. L'acier des Sages est la
curielle dans cet état, est mine de leur or philosophi-
amère, sentant l'odeur des que, un esprit pur par-dessus
cadavres, & très venimeuse. tout, un feu infernal & se-
Voyez les Fables Egypt. & cret, très volatil dans son
Grecq. dévoilées, l. 3. c. 6. genre, & réceptacle des ver-
ACHERUSE, marais tus supérieures & inférieu-
ou lac de la Tesprotie, par res, le miracle du monde,
lequel passe le fleuve Ache- que Dieu a scellé de son
ron, qui de-là va se précipi- sceau, enfin la clef de tout
ter dans les Enfers. C'est par-* l'oeuvre philosophique. C'est
là que Pluton se sauva quand la partie la plus pure & vo-
il enleva Proserpine. Voyez latile de la matière, dont les
l'explication de cette fable Sages font le grand oeuvre.
dans le livre 4e des Fables Il n'a point d'autres noms
Egypt. & Grecq. dévoilées, dans aucune langue, qui ne
chap. de Cérès. signifie la quintessence des
ACHILLE, fils de Pélée choses de l'Univers. Les Phi-
& de Thétis, Héros sans losophes lui ont donné le
lequel les Grecs n'auraient nom d'acier, parce qu'il a
pu s'emparer de la ville de une telle sympathie avec la
Troie, Voyez cette fable & terre d'où on l'extrait, qu'il
son explication dans tout le y est sans cesse rappelé,
cours du livre 6e des Fables comme à son Aimant.
Egypt. & Grecq. dévoilées. ACORDINA, c'est la
ACIDE, Or philosophi- Tuthie.
que, soufre des Sages, ou ACRISE, père de Da-
le magistère parvenu à la naé mère de Persée, qui cou-
couleur rouge. pa la tête de Méduse, dont
ACIER. Les Philosophes le seul aspect transformait
ont beaucoup parlé de leur tous les êtres vivants en ro-
acier, entr'autres le Cosmo- chers. Voyez cette fable &
polite & le Philalèthe. Ce son explication chimique
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AD AD 5

dans le 3e livre des Fables ADARNECH, ou
Egypt. & Grecq. dévoilées, ADARNETH, ou AZAR-
chap. 14. § 3. NET. C'est l'orpiment, en
ACSUO. Terme de la termes de Chimie.
Philosophie Spagyrique, ADARRIS. La fleur ou
qu'on emploie pour signifier l'écume salée de l'eau de la
le corail rouge. mer.
ACUREB, veut dire du ADDITION. Voyez
Verre. Planiscampi. Ajouter.
ACUSTO, signifie le ADEBESSI. C'est la tor-
Nitre. tue des Philosophes, c'est-à-
ADABISI ou ADE- dire l'écorce qui renferme la
BEZI. Tortue des Philoso- vraie matière du mercure
phes Spagyriques. des Sages. Un Auteur inter-
ADAM est un nom que rogé qu'elle était la matière
les Philosophes ont donné à crue de l'Art, répondit: c'est
leur magistère lorsqu'il est la tortue avec la graisse de la
parfait au rouge, parce que vigne; & un emblème phi-
leur matière étant la quin- losophique représente Basile
tessence de l'Univers & la Valentin apprêtant une tor-
première matière de tous les tue avec du vin.
individus de la Nature, elle ADEG. Lait aigri. Johns.
a un parfait rapport avec ADECH. Les Philoso-
Adam, dans lequel Dieu ra- phes Hermétiques donnent
massa la plus pure substance ce nom à la partie de l'hom-
de tous les êtres, & que d'ail- me que nous nommons com-
leurs Adam, qui signifie rou- munément l'aine; quelque-
ge, exprime la couleur & les fois ils entendent aussi l'es-
qualités du magistère. prit, qui se forme des idées
ADAMITE. Espèce de communes des choses pour
tartre blanc, ou terre feuil- les imiter dans les ouvrages
lée, que les Philosophes Her- de ses mains.
métiques ont nommé Terre ADEHEM ou ALHO-
Adamique, Tartre, Terre HONEC. Lame de fer, de
vierge, Adamita, &c. cuivre ou d'autres matières.
ADAPTATION. Voyez Johnson.
Convenance. ADER, ou ADO, ou
ADARIGE. Nom que ADHO. Lait frais & nou-
quelques Chimistes ont veau duquel on a enlevé la
donné au sel armoniac. On crème. Johnson.
dit aussi Adirige. A iij
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6 AD AD

ADES. Voyez Pluton. ADMETE, Roi de Thes-
ADHAEC. Esprit qui en- salie, dont Apollon, après
tretient la vie & le mouve- avoir été chassé du Ciel, gar-
ment dans le corps des ani- da les troupeaux. Apollon
maux. Les Philosophes Her- en ayant été bien traité, ob-
métiques distinguent dans tint des Parques qu'il ne
l'homme trois parties qui mourrait pas, s'il trouvait
constituent son humanité; quelqu'un qui voulut bien
savoir, l'âme, l'esprit & le s'offrir à la mort pour lui.
corps. L'âme immortelle & Alceste son épouse & son
spirituelle qui se nourrit & amante se présenta, & fut
s'entretient de Dieu même, sacrifiée. Hercules descendit
comme en étant une espèce dans le ténébreux séjour de
d'extension, suivant ce qu'en Pluton, & en ayant délivré
dit Hermès dans son Ascle- Alceste, il la rendit à Ad-
pius; l'esprit qui tient com- mete son ami. Voyez Al-
me le milieu entre l'âme & ceste.
le corps pour les unir en- ADMINISTRER. Don-
semble, & qui se nourrit de ner, fournir, procurer.
ce qu'il y a de plus subtil ADMISURAB. C'est la
dans la nature, & de la quin- terre philosophique.
tessence des éléments, au ADO. Voyez Ader.
moyen de la respiration ; & ADONIADES ou
enfin le corps crasse & ter- ADONIENNES. Fêtes en
restre, qui se nourrit de terre l'honneur d'Adonis. Voyez
& d'eau, comme en ayant son article.
été composé. Voyez le Trai- ADONIS. La Fable nous
té de Physique dans le pre- rapporte qu'Adonis fut aimé
mier volume des Fables de Vénus; qu'il fut tué à la
Egyptiennes & Grecques chasse par un sanglier fu-
dévoilées & réduites au mê- rieux, & que Vénus en étant
me principe, dont ce Dic- informée, accourut à lui pour
tionnaire n'est qu'une espèce le secourir; elle rencontra
de Table raisonnée. dans son chemin un rosier à
ADHEBE, même chose fleurs blanches, aux épines
qu'Adec. duquel s'étant piquée le pied,
ADHO. Voyez Ader. il en sortit du sang qui chan-
ADIBAT. Mercure des gea en rouge la couleur blan-
Philosophes Hermétiques. che des fleurs. Les Syriens
ADIRLAPIS, C'est le adoraient particulièrement
Sel armoniac.
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AD AD 7

Adonis, comme les Egyp- cuisson des Philosophes n'est
tiens Apis; l'un & l'autre si- qu'une pure digestion conti-
gnifiaient la matière Philo- nuée au même degré du feu
sophique, qui aimée de Vé- des Sages.
nus, c'est-à-dire de la Lune ADRAM, ou Sel gem-
Philosophique, se réunissent me.
ensemble & se prêtent un ADRARAGI. L'un des
secours mutuel. Isis & Osiris noms que les anciens Chi-
étaient le mari & la femme, mistes ont donné au safran
le frère & la soeur, le fils & commun, & que les Chi-
la mère; & les deux histoi- mistes Hermétiques donnent
res sont tout-à-fait sembla- à la matière de leur Art,
bles. Un sanglier tue Ado- quand elle est parvenue par
nis, Vénus y court; Typhon la cuisson à la couleur sa-
tue Osiris, Isis y accourt: franée.
celle-ci ramasse les membres ADRASTE'. Nymphe
dispersés d'Osiris, Vénus ca- aux soins de laquelle Rhée
che Adonis blessé sous une confia l'éducation de son fils
laitue. Tout cela représente Jupiter, après l'avoir sauvé
allégoriquement ce qui se de la voracité de Saturne.
passe dans le vase Philoso- Voyez les Fables Egypt. &
phique, comme le savent Grecques, liv. 3. chap. 4.
les Adeptes. Voyez l'expli- ADROP. Nom que les
cation de cette fiction dans Philosophes Hermétiques
les Fables Egyptiennes & ont donné à la matière qu'ils
Grecques dévoilées, T. 2. emploient dans le grand
ADORAT. Terme bar- oeuvre. Guy du Mont (Gui-
bare de Chimie, qui signi- do de Monte) a fait un Traité
fie le poids de quatre livres. qui a pour titre de Philoso-
ADOS ou ADOT. Eau phico Adrop, inséré dans le
ferrée. Elle se tait en faisant VIe tome du Théâtre Chi-
rougir au feu un morceau de mique.
fer plusieurs fois, & qu'on ADSAMAR. On trou-
éteint autant de fois dans de ve ce terme dans quelques
l'eau pure. Alchimistes, pour signifier
ADOUCIR, c'est le urine.
même que cuire. C'est dans ADULPHUR. Cendre,
ce sens que Raymond Lulle ou sable.
dit, que leur feu adoucit les ADUMA. La pierre
choses aigres & amères. La des Philosophes parvenue
A iv
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8 AE AE

au rouge, avant qu'elle soit Fables Egypt. & Grecques
élixir. dévoilées.
AEAQUE. V. Eaque. AETHNA. Montagne de
AEEA. Ile où Circé fai- la Sicile, qui vomit toujours
sait son séjour. Voyez le li- des flammes ou de la fumée.
vre 2. chap. 7. des Fables Les Poètes ont feint que Ju-
Egyptiennes & Grecques piter renferma dessous un des
dévoilées. Géants qui voulaient chasser
AELLO. L'une des Har- les Dieux du ciel; que les
pies. Voyez les Fab. Egypt. tremblements de terre, que
& Grecq. dévoilées, liv. 3. l'on ressent dans les envi-
chap. 1. rons, sont occasionnés par
AESON, père de Jason les mouvements que se don-
selon la Fable, fut rajeuni ne ce Géant, pour choisir
par Médée, après quelle une situation moins gênante,
l'eut fait couper en petits & que les flammes & la fu-
morceaux, & fait cuire dans mée qui sortent par le som-
une chaudière. Cette fable, met de cette montagne, sont
selon les Chimistes, signifie celles de la forge de Vul-
que la matière du grand oeu- cain, que ce Dieu, forge-
vre semble mourir dans le ron des foudres de Jupiter
vase par la putréfaction, & & des armes des Héros, a
puis revit, & pour ainsi dire, établie dessous. Quelques
rajeunit en devenant poudre Chimistes donnent à leur
au blanc & puis au rouge. feu le nom d'Aethna, parce
C'est ce qu'on peut voir dans que c'est un feu concentré
tous les livres des vrais Phi- & naturel qui agit perpétuel-
losophes. Voyez les Fables lement, & n'est pas toujours
citées dans l'art. précédent. manifeste.
AESPHARA. Incinéra- AETHON. L'un des che-
tion de la chair ou de la subs- vaux qui traînaient le char
tance du corps des animaux. de Pluton. V. Abaster.
Planiscampi. AETHRA ou ETHRE.
AETE'S, Roi de Colchos, Fille de Pithée, femme d'E-
père de Médée, possesseur gée, & mère de Thésée.
de la toison d'or, que les Ar- Voyez les Fables Egypt. &
gonautes lui enlevèrent. Il Grecq. dévoilées, l. 6. c. 3.
était fils du Soleil. Voyez AFFAX & AFFARIS.
ce que signifie cette fiction, Toutes sortes d'attraments.
dans le liv, 2, chap. 1. des AFFENIQUE ou AF-
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AF AG 9

FENICUM. Johnson dit & ce qu'elles signifient chi-
que les Chimistes donnent miquement, dans tout le li-
ce nom à l'âme des choses. vre 6. des Fables Egypt. &
AFFEOS ou AFFROS. Grecques dévoilées.
Mot corrompu du mot grec AGAR. Nom donné à la
aphros, écume. Les Chi- chaux des Philosophes par
mistes le prennent dans le les Alchimistes, & à la
même sens. chaux commune par quel-
AFFERMER. Assurer, ques anciens sectateurs de la
donner pour certain. Chimie vulgaire. Ils l'ont
AFFIDRA. C'est la cé- aussi appelée Algit, & Al-
ruse. gerit.
AFFLAMBER. Voyez AGAZOPH. Voyez Pe-
Enflamber. riminel.
AFFORMAS. Ancien AGE D'OR ou SIE'CLE
terme chimique, qui veut D'OR. Temps du règne de
dire du verre. Saturne. Voyez ce qu'on
AFFRAGAR. C'est le doit entendre par l'âge d'or,
minium selon Rullandus, & dans le liv. 2. chap. 6. des
le vert-de-gris suivant Pla- Fables Egypt. & Grecques
niscampi. dévoilées.
AFFRENGI. C'est en- Age signifie aussi règne,
core le minium. chez les Philosophes. Voyez
AFFRODINE. Nom Règne.
que les Chimistes ont cor- AGENOR, Père de Cad-
rompu du grec Aphrodite, mus & d'Europe. Voyez
& par lequel ils entendent l'explication des fables in-
Vénus, & le cuivre. ventées sous leurs noms,
AFFROTON. Ecu- liv. 3. ch. 14. §. 5. des Fab.
meux. Voyez Affeos. Egypt. & Grecq. dévoilées.
AFFROP. Nom que AGENT. L'Alchimie
les Philosophes Spagyriques reconnaît plusieurs agents
donnent à la matière du dans l'opération de l'oeuvre,
grand oeuvre. deux en puissance, & deux
AGALLA. Sel préparé, actuels, qui mettent en ac-
suivant Planiscampi. tion ceux qui n'étaient d'a-
AGAMEMNON. Chef bord agents qu'en puissance.
de l'armée des Grecs qui fi- Les deux agents actuels
rent le siège de Troie. Voyez sont le feu céleste & le feu
sa généalogie & son histoire, central, qui préparent la ma-
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10 AG AG

tière à l'Artiste. Après la pré- tinuel, qu'il ne produit point
paration de la pierre faite par de vapeurs, s'il n'est excité
l'Artiste, ces deux agents se avec trop de violence; qu'il
réduisent en un seul, qui est participe du soufre, qu'il n'est
le feu philosophique. point pris ou tiré de la ma-
Les deux agents en puis- tière, qu'il dissout & ramas-
sance sont le soufre & le feu se, qu'il calcine, congèle &
inné de la matière, qui pour coagule tout; qu'il s'acquière
devenir agents actuels n'ont par industrie & par l'art, &
besoin que d'être excités par qu'il coûte peu de frais, s'il
le feu philosophique. Il y a en coûte quelques-uns.
encore un autre agent sur AGNEAU est aussi un
lequel les Philosophes ont des noms de la matière que
presque tous gardé le silen- les vrais Chimistes em-
ce, & le rejettent même en ploient pour faire la pierre
apparence; c'est le feu élé- Philosophale. Quand cette
mentaire qu'ils ne nomment matière a passé par les diffé-
jamais, & dont ils ne par- rentes préparations requises
lent que par énigmes, pour pour la purifier de ses parties
tromper & donner la tor- hétérogènes, on lui donne
ture à ceux qui veulent en- quelquefois le nom d'agneau
treprendre le grand oeuvre. sans tache, agnus immacu-
Après la connaissance de la latus, comme on peut le
matière, tout le secret gît voir dans le livre qui a pour
dans l'administration & le titre: Enarratio methodica
régime de ce feu. trium Gebri verborum, com-
Agent. L'agent interne posé par Philalèthe.
des Alchimistes est le feu AHOT. Nom donné au
inné de la matière, qui étant lait des Philosophes, qu'ils
excité par l'externe, digère, appellent lait de la Vierge,
putréfie, & cuit cette ma- & que les Chimistes vul-
tière beaucoup mieux que le gaires donnent au lait com-
feu élémentaire ne saurait mun.
faire. Cet agent est le plus AHUSAL. C'est le sou-
grand secret de l'Art; & pour fre Philosophique, & non
l'obtenir, il faut se comporter le soufre vulgaire, comme
comme Thetis avec Achille. l'ont mal interprété la plu-
Un des Ecrivains modernes part des Chimistes; qui l'ont
sur cet Art (Pontanus) dit, aussi nommé Akibot, Al-
qu'il est minéral, égal, con- chimit.
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AI AI 11

AIAR, ou Pierre Bori- matière en le réincrudant.
que. Chaque sublimation, sui-
AIARAZATH. Voyez vant Philalèthe, est une ai-
Alahabar. gle; & quoique sept suffi-
AJAX. Héros Grec qui sent, on peut les pousser jus-
se signala au siège de Troie, qu'à dix. Ainsi quand ils di-
& qui ayant violé Cassan- sent qu'il faut mettre sept ai-
dre dans le temple de Mi- gles pour combattre le lion,
nerve, fut foudroyé par cette nous n'entendons pas, dit le
Déesse en punition de son même Auteur, qu'il faille
crime. Voyez son histoire, mettre sept parties de mer-
liv. 6. des Fables Egyptien- cure ou de volatil contre le
nes & Grecques dévoilées. lion ou une partie du fixe,
Il y avait au même siège mais notre mercure sublimé
un autre Héros du même & exalté sept fois. Plus il y
nom, fils de Telamon & aura d'aigles contre le lion,
d'Hesione; il disputa avec dit Basile Valentin, moins
Ulysse pour avoir les armes le combat sera long. Tour-
d'Achille. Voyez le livre ci- mentez le lion, ajoute le
té ci-devant. même Auteur, jusqu'à ce
AIBACHEST ou AI- que l'ennui le prenne & qu'il
BATHEST. Nom que quel- désire la mort. Faites - en
ques Chimistes ont donné à autant de l'aigle jusqu'à ce
la matière de la pierre puri- qu'elle pleure; recueillez ses
fiée de ses parties hétérogè- larmes & le sang du lion, &
nes; & parvenu au blanc mêlez-les ensemble dans le
après la putréfaction. vase philosophique. Tout ce-
AIDONE'E. Voyez Plu- la ne signifie que la dissolu-
ton. tion de la matière, & sa vo-
AIGLE. Nom que les latilisation.
Philosophes Hermétiques L'Aigle était un oiseau
ont donné à leur mercure consacré à Jupiter, par la
après sa sublimation. Ils raison que le Mercure des
l'ont ainsi appelé, premiè- Sages se volatilise, & em-
rement à cause de sa volati- porte le fixe avec lui, dans
lité ; secondement, parce que le temps que le Jupiter des
comme l'aigle dévore les au- Philosophes, ou la couleur
tres oiseaux, le mercure des grise, succède à Saturne, ou
Sages détruit, dévore, & ré- à la couleur noire. L'aigle
duit l'or même à sa première que Jupiter envoya pour dé-
@

12 AI AI

vorer le foie de Prométhée, mie vulgaire, & volatilisa-
ne signifie aussi que l'action tion de la matière dans le
du volatil sur le fixe ou pierre sens Hermétique.
ignée, qu'ils ont appelé mi- Aigle volante. Mercure
nière de feu céleste. C'est des Philosophes.
pourquoi on a feint que Pro- AIGU. C'est le magistère
méthée avait volé le feu du au rouge.
ciel; & que pour le punir, AIMANT. Les Sages n'ont
Jupiter le fit attacher à un pas fait moins d'éloges de
rocher, qui désigne la pierre leur aimant que de leur acier.
fixe des Sages, & que son Mais il ne faut pas s'imagi-
foie, la partie la plus chaude ner que cet aimant soit l'ai-
de l'homme, y était conti- mant vulgaire. Ils ne lui ont
nuellement dévoré par un donné ce nom qu'à cause de
aigle, quelques-uns ont dit sa sympathie naturelle avec
un vautour, ce qui revient ce qu'ils appellent leur acier.
au même. Cette aigle était Celui-ci est la mine de leur
dite, pour cette raison, fille or, & l'aimant est la mine de
de Typhon & d'Echidna, leur acier. Le centre de cet
c'est-à-dire de la putréfac- aimant renferme un sel ca-
tion de la matière. Voyez ché, un menstrue propre à
les Fables Egypt & Grecq. calciner l'or philosophique.
dévoilées, liv. 5. ch. 17. Ce sel préparé forme leur
Les Spagyriques appel- mercure, avec lequel ils font
lent Aigle le sel armoniac, le magistère des Sages au
& le mercure sublimé, à blanc & au rouge. Il devient
cause de la facilité avec la- une mine de feu céleste, qui
quelle ils se subliment. Mais sert de ferment à leur pierre,
ce n'est ni du mercure vul- pour la multiplier, en faire
gaire, ni du sel armoniac des l'élixir, la poudre de projec-
Droguistes qu'on doit l'en- tion, & la médecine univer-
tendre, c'est de ceux des selle. Et tout cela se fait par
Philosophes. une opération simple, sans
Aigle dévorant le lion. beaucoup de frais, mais dans
Expression Hermétique, qui un temps un peu long. Les
exprime la volatilisation du Sages donnent aussi le nom
fixe par le volatil, ou du sou- d'aimant à leur mercure déjà
fre par le mercure des Sages. fait, & à la partie fixée de
Aigle étendue. Sel ar- la matière qui fixe la vola-
moniac sublimé dans la Chi- tile.
@

AI AI 13

AJOUTER. On ne doit duquel, en continuant l'opé-
pas, par ce terme, penser ration, on fait la terre, & de
que les Philosophes préten- cette terre le feu. Et ainsi
dent qu'il faille ajouter une nous convertissons les élé-
matière nouvelle à celle qui ments l'un en l'autre; car en
est déjà dans le vase, mais convertissant les éléments on
seulement qu'il faut conti- trouve ce qu'on cherche.
nuer à cuire. Et quand ils di- L'air des Philosophes n'est
sent nous n'ôtons rien, ni donc qu'une eau coagulée
nous n'ajoutons rien à la par le feu, & réduite en pou-
pierre, il faut les entendre à dre ou fleurs blanches très
la lettre ; mais quand ils di- subtiles.
sent ensuite, nous en ôtons AIRAIN D'HERME'S.
seulement le superflu, & Terme de Chimie, dont se
nous lui ajoutons ce qui lui servent les Philosophes Her-
manque, c'est-à-dire que métiques, pour signifier le
nous lui donnons la perfec- corps imparfait dont ils doi-
tion qu'elle n'avait pas, au vent se servir pour l'oeuvre
moyen des opérations du de la pierre. Ils lui donnent
magistère. également ce nom, avant
AIR, est aussi un nom qu'il soit purifié de ses hété-
que les Chimistes Hermé- rogénéités, comme pendant
tiques donnent à leur mer- la putréfaction & la décoc-
cure subtilisé, & sublimé en tion continuée qu'il lui faut
fleurs blanches, ou terre très pour le rendre soufre incom-
ténue, qu'ils appellent aussi bustible. Ils le nomment aussi
l'Oiseau d'Hermès, l'Aigle, Laiton, Orpiment, Lion vert,
&c. Alexandre dit dans la Arsenic, & de divers autres
Tourbe, ou Code de vérité, noms qu'on peut voir au ter-
quand vous aurez tiré l'eau me Matière, & dans les ar-
de l'air, l'air du feu, & le ticles qui les concernent.
feu de la terre, vous aurez Airain NOIR. Matière
fait tout l'oeuvre. Aristote le des Philosophes pendant la
Chimiste dit aussi: il faut putréfaction, ou leur laiton
changer l'air en eau, con- qu'il faut blanchir.
vertir cette eau en feu, de Airain BLANC. C'est le
ce feu extraire l'air; car c'est laiton blanchi, ou la pierre
du feu chimique fixé, & de au blanc.
notre eau que l'on fait l'air, Airain INCOMBUSTI-
qu'il faut convertir en feu, BLE, Magistère au rouge
@

14 AI AL

parfait, parce qu'alors il ne ALCEANI. Terme de
craint plus les atteintes du science Hermétique. C'est le
feu. changement de la forme su-
AIRAZAT. Quelques perficielle des métaux, com-
Chimistes ont donné ce me la déalbation de Vénus,
nom au Saturne, mais il faut qui est une fausse teinture de
l'entendre de celui des Phi- Lune ou argent, &c. Pla-
losophes. niscampi.
AITMAD. C'est l'anti- ALAFAR. C'est le vase
moine vulgaire suivant les Philosophique, & non le
Chimistes, l'antimoine Sa- vase de verre qui renferme
turnial, ou Philosophique, la matière de l'oeuvre.
quand on le prend Hermé- ALAFARANGI. Action
tiquement. Voyez le livre de laver & d'épurer le plomb
d'Artéphius à ce sujet. brûlé. Planiscampi.
AIZOI. Johnson donne ALAFOR, ou le Sel al-
ce nom à la joubarbe, dans cali.
son traité de Lue Hungaricâ, ALAHABAR ou A-
pag. 100. LOOC. Même chose qu'A-
AKEM. Paracelse a em- labari.
ployé ce terme pour signi- ALARTAR. C'est l'aes-
fier du beurre cuit. Johnson. ustum, ou cuivre brûlé.
AKIBRIT. Voyez Al- ALASALET. Quelques
kibric. Chimistes ont donné ce
AKILIBAT ou ALO- nom au sel armoniac.
TIN. C'est la térébenthine, ALASTROB. Voyez
suivant Planiscampi. Alabahi.
ALABARI ou AIRA- ALATANS. Nom que
ZAT. Plomb des Philoso- quelques-uns ont donné à la
phes, qu'ils ont aussi appelé litharge. Johnson.
Coeur de Saturne. C'est pro- ALAURAT. C'est le
prement la matière de l'Art, nitre des Philosophes, &
qui se tire de la race de Sa- non le salpêtre vulgaire, sur
turne. lequel tant de Chimistes se
ALACAB. Sel armoniac sont exercés à pure perte.
Philosophique, que les Chi- ALAZER. Soufre vif,
mistes vulgaires interprètent ou Ambrosien. Il est rou-
du sel armoniac commun. geâtre, transparent, & res-
ALACAP. Voy. Aigle semble beaucoup à l'orpi-
des Philosophes. ment fixé. Quelques Chi-
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AL AL 15

mistes peu versés dans le vé- sont incombustibles. Les an-
ritable sens des Auteurs Her- ciens se servaient de la scis-
métiques, particulièrement sile, qui ressemble à l'alun
de Geber, ont pris ce soufre de plume, pour faire une
pour celui des Philosophes, toile dans laquelle ils brû-
qui n'est autre que leur ma- laient les corps des morts,
tière parvenue à la couleur pour en conserver les cen-
de ce soufre Ambrosien, au dres. On trouve ces deux
moyen de la cuisson Philo- sortes d'amiantes sur les
sophique. montagnes des Pyrénées. Il
ALBAIT ou ALFURA. y croît aussi une plante, si
Un des noms de la céruse. nous en croyons Pomet, qui
ALBANUM. Sel d'urine. mise dans l'eau pour y être
ALBARAS. Arsenic. rouie comme le chanvre, &
ALBAR AERIS. Terre ensuite travaillée de même,
feuillée des Philosophes, ou produit une toile incombus-
leur laiton blanchi, leur Lu- tible.
ne, leur Diane nue; enfin ALBETUD. Les Chi-
leur matière parvenue au mistes ont quelquefois don-
blanc. né ce nom au galbanum.
ALBERICK. Cuivre dé- ALBIFICATION.
capé & blanchi par quel- Voyez Blanchir.
ques opérations chimiques. ALBIMEC. C'est l'orpi-
On y réussit avec l'arsenic, ment.
mais le cuivre reste cassant, ALBOR. Urine.
& comme régulifié. ALBORACH. Matière
ALBESTOS. Matière des Philosophes parvenue à
onctueuse, & bitumineuse, la blancheur.
combustible, & de couleur ALBORCA. V. Mer-
de fer. On la trouve dans cure Philosophique.
l'Arcadie, & Johnson dit ALBOS. Creuset.
qu'on ne peut l'éteindre ALBOTAR. Céruse.
quand elle est allumée. Je ALBOTIM, ALBO-
croirais que cet Auteur se TAI, ALBOTRA. Même
trompe, & qu'il a pris le sens chose que Albotar, ou cé-
contraire, de celui qu'il fal- ruse.
lait, parce que la pierre ALBUSAO. C'est le
amiante, qui est de deux soufre des Sages; quelques
espèces, se nomme Albestes Chimistes ont donné ce
& Albeston. L'une & l'autre nom au soufre commun.
@

16 AL AL

ALCABRICK. V. Al- dire qu'en termes de Philo-
kibrick. sophie Hermétique, lait ai-
ALCADY. Vitriol ou at- gri & mercure des Sages ne
trament blanc, ou sel blanc sont qu'une même chose.
des Sages. ALCEBRIS VIF. C'est,
ALCAFIEL. Antimoine en Chimie, le soufre vif
Philosophique ou matière ou naturel; mais dans l'art
Saturnienne propre à l'oeu- Hermétique, c'est la pierre
vre des Sages. ignée, la matière parvenue
ALCALHAL. Vinaigre au rouge dans la première
en termes de Chimie vul- opération des Philosophes.
gaire; mais ce vinaigre n'est ALCE'E. V. Hercule.
pas celui des Philosophes, ALCESTE, fille de Pe-
qui n'est autre chose que leur lias & femme d'Admete,
eau pontique, ou leur mer- offrit sa vie pour sauver celle
cure dissolvant. de son mari. Hercules des-
ALCALIGATAM. cendit aux Enfers; après y
Composition chimique fai- avoir lié le Cerbère, il ra-
te avec de la mumie & de mena Alceste dans le séjour
l'esprit alcali; si l'on y ajoute des vivants, & la rendit à son
du mercure doux, c'est, dit époux. Voyez le liv. 5. ch.
Planiscampi, un admirable 21. des Fables Egypt. &
remède pour la goutte, & Grecques dévoilées.
surtout si elle procède d'un ALCHABRIC. Voyez
reste de maladie vénérienne. Alkibric.
ALCAMOR. V. Ala- ALCHAEST. Voyez
habar. Alkaest.
ALCANI. V. Acazdir. ALCHARIT ou ZAI-
ALCANNA ou ALCO- BACH. C'est le mercure,
NA. Espèce de canne ou mais celui des Philosophes.
arbrisseau creux & noueux, ALCHAZANON. Boue
dont les Arabes se servaient qui tombe des meules à ai-
autrefois pour faire des pi- guiser. On en fait un mastic
ques. On l'emploie aujour- excellent. Johnson.
d'hui dans la médecine au ALCHIERAM. Nom
lieu de gayac. Johnson. que quelques Chimistes ont
ALCAOL signifie quel- donné à la tête morte qui
quefois du lait aigri, & d'au- reste au fond de la cucurbite
tres fois du mercure. John- après la distillation. Rullan-
son. Cet Auteur aurait dû dus.
ALCHI-
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AL AL 17

ALCHITRAM, le mê- La fausse Alchimie ne
me qu'Alchieram. On trou- peut mieux se définir, que
ve ce nom dans quelques l'art de se rendre misérable
Chimistes, pour signifier tant du côté de la fortune
l'huile de genièvre, la poix que de la santé.
liquide, & Rullandus le don- La vraie consiste à per-
ne à l'arsenic préparé. fectionner les métaux, & à
ALCHITURA. C'est la entretenir la santé. La fausse
poix liquide. à détruire l'un & l'autre.
ALCHONOR. V. Ala- La première emploie les
habar. agents de la Nature, & imite
ALCHIMIE. Presque ses opérations. La seconde
tous les Auteurs varient sur travaille sur des principes
la définition de cette science, erronés, & emploie pour
parce qu'il y en a de deux agent le tyran & le destruc-
sortes, l'une vraie & l'autre teur de la Nature.
fausse. La première se défi- La première, d'une ma-
nit, selon Denis Zachaire, tière vile & en petite quan-
une partie de la Philosophie tité, fait une chose très pré-
naturelle, qui apprend à faire cieuse. La seconde, d'une
les métaux sur la terre, en matière très précieuse, de
imitant les opérations de la l'or même, fait une matière
Nature sous terre, d'aussi très vile, de la fumée & de
près qu'il est possible. Para- la cendre.
celse dit que l'Alchimie est Le résultat de la vraie est
une science qui montre à la guérison prompte de tou-
transmuer les genres des mé- tes les maladies qui affligent
taux l'un en l'autre. l'humanité. Le résultat de la
Mais la vraie définition fasse sont ces mêmes maux,
qu'on peut tirer de tout ce qui surviennent communé-
que les bons Auteurs disent ment aux souffleurs.
de la vraie Alchimie, est L'Alchimie est tombée
telle: l'Alchimie est une dans le mépris, depuis que
science, & l'art de faire une le grand nombre de mauvais
poudre fermentative, qui Artistes en ont imposé aux
transmue les métaux impar- gens trop crédules & igno-
faits en or, & qui sert de re- rants, par leurs supercheries.
mède universel à tous les L'or est l'objet de l'ambition
maux naturels des hommes, des hommes; les dangers
des animaux & des plantes. auxquels l'on est obligé de
B
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18 AL AL

s'exposer sur mer & sur terre, couvertes utiles à la société.
pour se procurer ce précieux Les vrais Alchimistes ne
métal, ne rebutent que peu font point trophée de leur
de gens. Un homme se pré- science; ils ne cherchent pas
sente; il sait, dit-il, le à escroquer l'argent d'au-
moyen de faire croître dans trui, parce que, comme di-
votre propre maison la mi- sait Morien au Roi Calid,
nière de tous les trésors, sans celui qui possède tout, n'a
d'autres risques que celui besoin de rien. Ils font part
d'une partie de ceux que de leurs biens à ceux qui en
vous possédez. Sur son ver- manquent. Ils ne vendent
biage, dont on ne connaît point leur secret; s'ils en
pas le faux, parce qu'on communiquent la connais-
ignore le procédé de la Na- sance à quelques amis, ce
ture, on se laisse gagner, on n'est encore qu'à ceux qu'ils
sème son or, & l'on ne re- croient dignes de le posséder
cueille que de la fumée; on & d'en faire usage selon le
se ruine, on finit enfin par bon plaisir de Dieu. Ils con-
détester l'imposteur, & dou- naissent la Nature & ses opé-
ter de la vérité de l'existence rations, & se servent de ces
de l'Alchimie, parce qu'on connaissances, pour parve-
n'est pas parvenu au but nir, comme dit S. Paul, à
qu'elle se propose en pre- celle du Créateur. Qu'on lise
nant un chemin opposé à ce- les ouvrages d'Hermès Tris-
lui qui y conduit. mégiste leur chef, ceux de
Il est peu d'Artistes vrais Geber, de Morien, de Saint
Alchimistes; il en est beau- Raymond Lulle, du Cosmo-
coup qui travaillent selon les polite, de d'Espagnet, & de
principes de la Chimie vul- tant d'autres Philosophes Al-
gaire. Ces derniers puisent chimistes. Il n'en est pas un
dans leur art des sophistica- seul qui ne prêche sans cesse
tions sans nombre; c'est lui l'amour de Dieu & du pro-
qui fournit tous ces impos- chain, qui ne déclame con-
teurs, qui après s'être rui- tre les faux Alchimistes, &
nés, cherchent à ruiner les qui ne publie hautement que
autres. C'est lui que l'on de- les procédés de la vraie Chi-
vrait mépriser par ces rai- mie ou Alchimie sont les
sons, si l'on n'en avait de mêmes que ceux que la Na-
plus fortes de l'estimer, par ture emploie, quoiqu'abré-
le grand nombre de ses dé- gés par le secours de l'Art;
@

AL AL 19

mais absolument différents les opérations alchimiques,
de ceux qui sont en usage n'est pas le feu vulgaire de
dans la Chimie vulgaire. nos cuisines, connu sous le
Qu'on ne se flatte donc pas nom de feu élémentaire.
d'y parvenir par son moyen; C'est un feu céleste répandu
& qu'elle serve de pierre de partout, qui est la princi-
touche à ceux qui seraient pale cause de la pierre, tant
exposés à être trompés par vantée des Philosophes, dont
des charlatans & des impos- ils disent qu'il est le père. Et
teurs. ce feu n'agirait cependant
Le type ou modèle de pas, s'il n'était excité par un
l'art Alchimique ou Hermé- feu céleste volatil, qui se tire
tique, n'est autre que la Na- par la distillation philosophi-
ture elle-même. L'Art plus que d'une terre connue des
puissant que la Nature, par Philosophes, qu'ils appellent
les mêmes voies qu'elle lui la mère de leur pierre. Be-
marque, dégage, en certains cher a pris la défense & dé-
cas, plus parfaitement les montré l'existence de l'Al-
vertus naturelles des corps chimie, dans son Supplé-
des prisons où elles étaient ment de sa Physique.
renfermées; il amplifie leur ALCIMAD. Voyez Al-
sphère d'activité, & rassem- timad.
ble les principes qui les vivi- ALCIMEDE, femme
fient. d'Eson & mère de Jason.
Les opérations de la Na- Voyez les Fables Egypt. &
ture ne différent qu'en ter- Grecques dévoilées, liv. 2.
mes seulement des opéra- chap. 1.
tions de l'Alchimie, qui sont ALCMENE, femme
au nombre de sept; savoir, d'Amphitryon, fut trompée
calcination, putréfaction, so- par Jupiter, sous la forme de
lution, distillation, sublima- son époux, & avec le secours
tion, conjonction, coagula- de Mercure sous la figure de
tion ou fixation. Mais ces ter- Sosie; il en naquit Hercu-
mes doivent s'entendre phi- le. Les Alchimistes disent
losophiquement, c'est-à-dire qu'Alcmene représente l'eau
conformément au procédé métallique, qui est mariée
de la Nature, qu'il faut bien avec l'or des Philosophes,
connaître avant de vouloir sous le nom d'Amphitryon;
l'imiter. Jupiter qui est le symbole du
Le feu qui sert le plus dans soufre, se joint à cette eau
B ij
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20 AL AL

par l'adresse du Chimiste, tiles, telles que la fleur de
ou Sosie, & de cette union farine, quand elles sont sans
naît Hercule, ou le mercure mélange. Mais ce terme ne
Philosophique. Voyez les s'applique guères aujour-
Fables Egypt. & Grecques d'hui par les Chimistes qu'à
dévoilées, liv. 5. ch. 1. & l'esprit-de-vin rectifié.
suivants. Alcool Minéral. Subs-
ALCOB. C'est l'aes-* tance très pénétrante, & la
ustum. Quelques-uns l'in- plus subtile partie des élé-
terprètent du sel armoniac; ments, très fixe, & extrê-
mais il doit s'entendre du mement digérée par un feu
mercure des Philosophes. astral & invisible. Cette
ALCOFOL. Voy. Ati- substance se trouve dans tous
mad. On dit aussi Alcosol. les mixtes; mais l'art l'extrait
ALCOHOL. C'est l'an- d'un seul pour la faire entrer
timoine. dans la composition de la
ALCOL. Quelques Chi- pierre philosophale, & de
mistes ont donné ce nom au l'élixir universel, qui sert de
vinaigre. médecine à toutes les mala-
ALCOLISME. Action dies des trois règnes.
de triturer, broyer, corro- ALCOOLISATION.
der, réduire en poudre. Réduction d'un corps en ses
ALCONE. Oripeau, plus petites parties; c'est la
laiton, en fait de Chimie; même chose, selon les Phi-
mais en termes Herméti- losophes Spagyriques, que
ques, c'est le laiton des Phi- calcination philosophique;
losophes, qu'il faut blanchir. car ils se servent indifférem-
ALCOOL Glaceati Cor- ment de l'un & de l'autre de
neoli. Poudre de cristal, très ces termes pour exprimer la
subtile & impalpable. même chose. II ne faut ce-
Alcool est le nom que pendant pas confondre l'al-
les Chimistes donnent à coolisation avec la calcina-
toutes les substances pures, tion des Chimistes vulgai-
extraites par distillations, ou res; car dans la science Her-
autrement, des corps des métique, on ne se sert de ce
animaux, végétaux ou miné- dernier terme que par simi-
raux. C'est ce que d'autres litude.
appellent Esprits. ALCOPHIL NOIR, Al-
Paracelse donne aussi ce cophil nigra. C'est un des
nom aux poudres très sub- noms que les Alchimistes
@

AL AL 21

ont donné à l'antimoine. On Alectorius. Espèce de pierre
dit aussi Alcophit. brillante & presque transpa-
ALCORE. C'est le talc. rente comme du cristal, de
ALCUBRIT ou ALCU- la grosseur d'une fève. On
BRITH. V. Alkibric. la trouve dans le ventricule
ALCUR. Soufre. des vieux chapons & des
ALEBION, frère de Li- vieux coqs, si l'on en doit
bys, tué par Hercule. Voyez croire Albert. Les anciens
les Fables Egypt. & Grecq. disaient que l'alectorie ren-
dévoilées, liv. 5. chap. 12. dait l'homme qui la portait
ALEC. C'est le sel. courageux, très fort; & lui
ALECH. Même chose procurait beaucoup de ri-
que vitriol. chesses. C'est pour cela, di-
ALECHARIT. Mercure saient - ils, que Milon Cro-
commun & non vulgaire, toniate sortait toujours vic-
mais celui des Philosophes. torieux du combat. Ils la re-
ALECHIL. Nom que gardaient aussi comme un
quelques Chimistes ont philtre, & lui donnaient la
donné au trépied sur lequel propriété de modérer la soif.
on pose quelque vase, pen- Johnson.
dant les opérations chimi- ALEFANTES. C'est le
ques. Flos solis.
ALECTO. L'une des Fu- ALEMBACI. Plomb
ries, qui avec ses deux soeurs brûlé ou calciné.
Tysiphone & Mégère, filles ALAMBIC. Les Philoso-
de l'Acheron & de la Nuit, phes Hermétiques donnent
selon quelques-uns, filles de quelquefois ce nom à leur
Jupiter, selon d'autres, fu- mercure, parce que c'est par
rent constituées pour tour- son moyen qu'ils font leurs
menter les ombres dans le prétendues distillations, su-
royaume de Pluton. Elles blimations, &c.
représentent l'action de l'eau ALEMBROTH. Nom
mercurielle appelée Dra- que les Philosophes Spagy-
gon, sur la partie fixe de la riques ont donné quelque-
matière, pendant la putré- fois au sel de leur mercure,
faction & la volatilisation. qu'ils appellent aussi le sel
Voyez le livre 3. des Fables des Philosophes, & la clef
Egypt. & Grecq. dévoilées, de l'Art.
chap. 6. Alembroth est encore
ALECTORIE, Lapis le nom que quelques Chi-
B iij
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22 AL AL

mistes ont donné au sel de en fait de Chimie vulgaire;
tartre, qu'ils ont aussi ap- & l'aigle des Philosophes,
pelé le Magistère des Ma- quand il s'agit de science
gistères. Johnson. Rull. Hermétique.
ALEMZADAR. Sel ALFUR. Safran com-
armoniac. mun pour les Chimistes, &
ALERNET. Orpiment. safran des Sages, ou la ma-
ALES. Tout sel composé tière des Philosophes parve-
du mélange de plusieurs au- nue, par la digestion, à la
tres sels. couleur de safran.
ALETH. Jupiter des ALFURA ou ALBAIT.
Philosophes, & l'étain des La céruse; ou la matière de
Chimistes. l'oeuvre parvenue au blanc.
ALEUSANTI. Voyez ALFUSA. C'est la tu-
Alosanti. thie.
ALEXANTHI. Fleurs ALGALI. Nitre. En ter-
d'airain. mes de science Hermétique,
ALEXIR. Toute méde- c'est la première matière de
cine chimique. l'oeuvre.
ALEZARAM. Lavure de ALGAMET. Charbon.
plomb, ou Saturne des Phi- ALGATIA. Civette.
losophes nettoyé & blanchi. ALGEROTH. Poudre
ALFACIO. V. Atimad. du mercure de vie.
ALFACTA ou ALFA- ALGIBICH. Voyez Al-
TA. C'est le même que dis- kibrick.
tillation. ALHENOT. V. Ala-
ALFADIDAM. Scories, habar.
écume de fer, non celles ALHOFOL. Antimoine.
qui restent dans la fournaise ALHOHONEC, Voyez
mais celles qu'on appelle Adehem.
aussi pailles de fer, qui tom- ALHOHONOC. Voyez
bent auprès de l'enclume, Alahabar.
quand on y bat le fer au ALIAS. Même chose que
marteau. Vase.
ALFATIDA. Cuivre ALIBA. Une des colon-
brûlé. Il signifie aussi limaille nes qu'Hercule planta aux
de cuivre. confins de la Mauritanie.
ALFIDUS. Le même que Voyez les Fables Egypt. &
Céruse. Grecques dévoilées, liv. 5.
ALFOL. Sel armoniac. chap. 12.
@

AL AL 23

ALIGULE. Toute con- livre 2. de Nat. rerum.
fection chimique. Martin Rullandus dit que
ALIMENT de la Pierre. l'Alkaest est un mercure pré-
C'est le feu. paré, non du tartre, com-
ALINZADIR & ALIN- me quelques-uns l'ont cru,
ZIADIR. C'est le sel armo- trompés par un endroit de
niac. Van-Helmont, où il dit en
ALIOCAB. Sel armo- parlant de l'Alkaest: Si vous
niac. ne pouvez parvenir à décou-
ALISTITES. Sel armo- vrir ce secret du feu, appre-
niac. nez au moins à rendre le sel
ALIX. Sel commun pré- de tartre volatil, pour fai-
paré. re vos dissolutions par son
ALKAEST. Liqueur moyen. Van-Helmont, de
qui, selon Paracelse & Van-* Febribus.
Helmont, dissout tous les Michel Toxite dit aussi
corps visibles, & les réduit que l'Alkaest est un mercure
à leur première matière. Il préparé pour les maladies du
diffère de ce que les vrais foie.
Chimistes appellent leur Plusieurs Chimistes ont
Mercure. Cette dissolution prétendu que l'Alkaest ne
est naturelle, douce, sans différait point du grand & du
corrosion; elle conserve la petit circulé de Paracelse,
semence des corps, la dis- fait avec l'esprit-de-sel com-
pose à la génération; au lieu mun; d'autres ont cru l'avoir
que les dissolutions des Chi- trouvé dans l'étymologie du
mistes ordinaires se font par nom même Alkali est, com-
des eaux fortes, qui partici- me si l'on disait c'est du sel
pent, dans leurs effets, du alcali; mais comme les sels
feu élémentaire qui détruit alcalis des cendres, de la
& tue, au lieu de vivifier. soude, du tartre, &c. ne
C'est pourquoi les Philoso- produisaient pas l'effet de
phes hermétiques disent: l'alkaest, on imagina d'alka-
Les Chimistes détruisent, liser le nitre en le fixant.
nous édifions; ils brûlent Glauber en fit son sel, au-
par le feu, nous par l'eau; quel il donna le nom de sel
ils tuent, nous ressuscitons. admirable. Mais ni les uns ni
Ils lavent par l'eau, nous par les autres n'ont réussi. Un
le feu, &c. Paracelse en dé- Auteur, dont je ne me rap-
crit la préparation dans son pelle pas le nom, dit que
B iv
@

24 AL AL

c'est une liqueur très com- tière philosophique parve-
mune chez les Arabes. Para- nue à la couleur de pourpre
celse ni Van Helmont n'ont dans la première prépara-
pas expliqué assez claire- tion. Alors c'est leur soufre
ment ce qu'ils entendaient vif, leur or, leur Apollon,
par cette liqueur dissolvante, leur minière de feu céleste,
pour qu'on puisse la deviner leur Prométhée, leur Osi-
par la lecture de leurs ouvra- ris, &c.
ges. Il diffère du dissolvant ALKIN. Cendres gra-
des Philosophes, en ce que velées, ou cendres des Phi-
celui-ci s'unit inséparable- losophes, qu'il ne faut pas
ment à ce qu'il dissout, & mépriser, dit Morien, parce
l'autre s'en sépare sans dimi- qu'elles contiennent le dia-
nution. dème de leur Roi, leur Bac-
ALKAL. Cendres gra- chus, leur Esculape, &c.
velées ou clavelées. ALKIR. C'est la fumée
ALKALAC. Sel fixe. & les charbons.
ALKALAP. Etain, Ju- ALKOEL. Johnson dit
piter. que c'est une espèce de
ALKALAT. Fleur de plomb très fin, tiré des mi-
sel, ou sel sublimé. nes où l'on trouve le lapis
ALKALID. V. Allor. lazuli; quelques-uns ont ap-
ALKALIE. Vase des pelé ce plomb Antimoine.
Philosophes. ALKOOLISER. Voyez
ALKANT. Mercure des Alcoolisation.
Sages. ALKOSOR. Camphre.
ALKARA. Cucurbite. ALKY-PLOMB. Voyez
ALKASOR. Pierre au Altey-Plomb.
rouge, ou le soufre. ALLABOR, ALCA-
ALKAUT. Mercure, ou MOR, ALCHONOR,
argent vif. ALLARINOCH, ALRA-
ALKAUTUM. Nom CAS. Tous ces noms signi-
que quelques Chimistes ont fient la même chose qu'A-
donné à l'arsenic; d'autres au lahabar.
cuivre brûlé ou aes-ustum. ALLOR. Aes-ustum en
Johnson. grenailles.
ALKIBERT. Voyez Al- ALLUTEL. V. Alu-
kibric. del.
ALKIBIC, ALKIBRIC. ALMACAUDA, Li-
Soufre des Sages, ou la ma- tharge.
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AL AL 25

ALMAGRA. Les Chi- ALME ou ALMA. Eau
mistes ordinaires donnent ce philosophique.
nom au bol, au cuivre, au ALMECHAFIDE. Cui-
laiton ; mais les Philosophes vre, airain.
Chimistes ne l'entendent ALMENE. Sel gemme.
que de la matière de leur ALMETAI. Scories de
pierre. O! bon Roi, vous fer.
devez savoir parfaitement ALMIBA. Etain, Jupi-
avant toutes choses, que la ter.
fumée rouge, & la fumée ALMISA. C'est le musc,
blanche, & le lion vert, & si nous en croyons Planis-
almagra, & l'immondice de campi.
la mort, & le limpide, & le ALMISADIR ou AL-
sang, & l'eudica, & la terre MIZADIR. Vert-de-gris,
fétide, sont des choses dans rouille de cuivre. Paracelse
lesquelles consiste tout le semble l'entendre dans ce
magistère. Morien. Alma- sens-là, quand il s'écrit par
gra est le laiton que j'ai nom- un Z. au lieu d'un S. Mais
mé ci-dessus la terre rouge. les Philosophes appellent
Idem. C'est-à-dire le soufre leur sel armoniac Almisa-
Philosophique. dir, Almisadit, & quelque-
ALMAKIST. Litharge. fois Almisadu.
ALMARAGO. Corail. ALMISARUB. Terre
ALMARCAT. Lithar- philosophique, qu'il faut
ge, ou scories de l'or. cultiver, pour y semer le
ALMARGAZ. Plomb grain d'or qui doit produire
réduit en litharge dans la au centuple, & davantage.
coupelle. Voyez Terre Feuillée.
ALMARGEN & AL- ALNEC ou ALLENEC.
MARGOL. Corail. Etain, Jupiter.
ALMARKASITE. ALO. Sel commun pour
Voyez Mercure. la Chimie, & sel des métaux
ALMARTACK. Lithar- dans le sens Hermétique.
ge calcinée. ALOCAF. Sel armo-
ALMARZIDA. Lithar- niac.
ge d'argent. ALOFIL. Bande de lin-
ALMAT. Céruse, ou ge, qu'on emploie pour
rouille de plomb. sceller les vases. Johnson.
ALMATKASITE. Ar- ALOMBA. V. Alaha-
gent vif. bar, Acazdir.
@

26 AL AL

ALOMBARI. Plomb ALTIMION. Scories de
brûlé. Planiscampi. plomb.
ALOOC. Voyez Ala- ALTINGAT. Vert-de-
habar. gris, rouille de cuivre.
ALOS. Sel en général. ALTINURAUM. Vi-
ALOSANTHI. Fleurs triol, attrament.
de sel. ALTIT. Assa foetida.
ALOSET. Mercure des ALTOFET. Anti-
Philosophes. moine.
ALOTIN. Voyez Aki- ALUACH ou ALU-
libat. HEC. Jupiter, étain.
ALOUS. Fils du Soleil ALUDEL ou ALU-
& d'Antiope. Voyez les Fa- TEL. Vase requis pour le
bles Egypt. & Grecques, grand oeuvre. Geber le dé-
liv. 3. chap. 14. §. 6. crit ainsi dans la 4e partie
ALRACHAS. Voyez du liv. 1. de sa Somme de
Alahabar. la perfection. L'Aludel doit
ALSECH. Alun. être fait d'un verre épais éga-
ALSELAT. Cuivre brû- lement partout; toute autre
lé, aes-ustum. matière ne vaut rien pour cet
ALSUFIR. Couleur rou- effet, à moins qu'elle ne soit
ge qui survient au magistère d'une substance qui ait beau-
des Sages à la fin des opé- coup d'affinité avec le verre,
rations. Calid, chap. 1. des telle que celle des cailloux.
Secrets de l'Alchimie. Car le verre seul est propre
ALTAFOR. Camphre. par sa consistance & sa subs-
ALTAMBUS. Pierre tance inaltérable à retenir les
rouge, ou pierre du sang esprits ténus & subtils des
humain; c'est l'élixir Philo- mixtes, qui s'évaporeraient
sophique. par les pores des autres ma-
ALTARA. Cucurbite. tières. Les métaux même ne
ALTEY-PLOMP. Sel valent rien pour cela; parce
de Saturne, ou matière dou- que l'affinité qu'ils ont avec
ce, extraite du plomb au les esprits minéraux & mé-
moyen du vinaigre. John- talliques, en feraient une
son. Voyez Ame de Sa- réunion, au lieu de les laisser
turne. sublimer.
ALTHANACA. Orpi- Mais Geber comme les
ment. autres Philosophes n'enten-
ALTIMAR. Aes-ustum, dent pas toujours le vase de
cuivre calciné.
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AL AL 27

verre, par le terme Aludel; pas l'alun vulgaire, mais un
souvent, & le plus commu- sel principe de l'alun, des
nément, ils désignent sous ce autres sels, des minéraux &
nom le vase philosophique, des métaux.
qu'il ne faut pas confondre Alun ALAFURI. Sel
avec le vase dans lequel on alcali.
renferme la matière. C'est Alun DE ALAP. Sel de
pourquoi quand ils disent de Grèce. Planiscampi.
sceller hermétiquement l'A- Alun ALKALI. C'est le
ludel, cela veut dire, qu'il nitre fixé.
faut fixer le mercure des Sa- Alun ALKORI. Nitre
ges. Voyez Vase. simple.
Les Chimistes vulgaires Alun MARIN. Esprit
ont interprété Aludel par humide de l'air, qui vivifie
fourneau, cucurbite; lors- tous les êtres sublunaires,
que les Adeptes en parlent par la chaleur qui l'accom-
en semblant indiquer un pagne.
fourneau, il faut l'entendre Alun SYRACH, Alun
de leur fourneau secret, qui ALKOKAR, Alun ALFU-
quelquefois se prend pour la RIN. Alun calciné.
matière de laquelle ils ex- ALUNIBUR. Argent,
traient leur mercure; d'au- Lune des Philosophes, leur
tres fois, de leur soufre ani- pierre au blanc parfait.
mé, vif, ou pierre ignée, ALUNSEL. Quelques
qui entretient & conserve le Chimistes appellent ainsi
feu interne & agissant de les gouttes qui tombent du
l'oeuvre. Aludel se prend en- chapiteau de l'alambic dans
core pour le mercure même le récipient. Rullandus.
animé. ALUSAR. Manne.
ALUDIT. Mercure des ALUSEN. Toute ma-
Sages. tière soufrée.
ALUECH. Jupiter, ALUSIR. Nom que
étain purifié. quelques Adeptes ont don-
ALUMBOTI. Plomb né à la pierre fixée au rouge
calciné. de couleur de pourpre.
ALUMONODIG. Sel ALZAFAR. Cuivre
armoniac. brûlé.
ALUN. Nom que les Phi- ALZEGI. Attrament.
losophes ont donné quel- ALZEMAFOR. Cina-
quefois à leur sel, qui n'est bre.
@

28 AL AM AM

ALZERNAD. Magistè- prit le nom de corne d'abon-
re au rouge. dance. Voyez-en l'explica-
ALZILAT. Poids de tion chimique, liv. 3. ch. 4.
trois grains. Johnson. & ailleurs, des Fables Egyp-
AMALGAMER. Faire tiennes & Grecq. dévoilées.
la réunion du mercure phi- AMAZONES. Les
losophique avec le soufre ou histoires anciennes sont plei-
l'or des Sages; non pas à nes des actions de ces fem-
la maniere des Chymistes mes guerrières ainsi nom-
vulgaires, en broyant dans mées. On compte au nom-
un mortier ou autrement, bre des travaux d'Hercule
une matière solide avec un la victoire qu'il fut obligé de
corps liquide; mais en con- remporter sur elles, pour
duisant le feu des Philoso- pouvoir enlever à Hyppo-
phes, suivant le régime pres- lite leur Reine, un baudrier
crit; c'est-à-dire, en perfec- orné de diamants & de rubis
tionnant l'oeuvre par la cuis- qu'Euristhée avait demandé
son ou digestion continuée, à Hercule. Après que celui-
au feu égal, sulfureux, en- ci eut pris cette Reine, il la
vironné & qui ne brûle pas. donna à Thésée qui l'avait
Voyez Artéphius, sur le ré- accompagné, & porta le
gime du Feu. baudrier à Euristhée.
AMALGRA ou AL- Les Philosophes Hermé-
MAGRA. Soufre des Phi- tiques expliquent ce travail
losophes, ou pierre au rouge. d'Hercule dans le même sens
AMAR. Vinaigre des que ses autres travaux. C'est
Sages, & leur dissolvant. une allégorie, disent-ils, de
Les Chimistes vulgaires ont la perfection du grand oeu-
quelquefois donné ce nom vre de la pierre, & de la
au vinaigre commun. médecine parfaite au blanc
AMALTHE'E. Chèvre & au rouge, représentée par
qui fournit le lait dont les ce baudrier, orné de rubis &
Nymphes nourrirent Jupiter. de diamants; parce qu'il n'y
Ce Dieu la transporta au a rien au monde de si pré-
ciel, & fit présent à ses nour- cieux que cette médecine
rices d'une des cornes de universelle. Voyez les Fa-
cette chèvre, à laquelle il bles Egypt. & Grecq. dé-
donna la propriété de pro- voilées, liv. 5.
curer à ces Nymphes tout ce AMBROSIE. Nour-
qu'elles désireraient; elle en riture des Dieux; c'est le
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AM AM 29

mercure des Philosophes pellicule de couleur d'arc-
Hermétiques, principe de en-ciel, que vous enlèverez
tous les métaux. adroitement avec une cuil-
AME. Magistère parfait ler de verre ou d'ivoire, &
au rouge; parce qu'alors il la mettrez dans un vase ou
est proprement le ferment creuset, qui puisse résister
qui anime la pierre pour en au feu. Après avoir enlevé
faire l'élixir. cette première, vous agite-
Les Chimistes donnent rez l'eau, & quand elle sera
aussi ce nom au soufre reposée, il se formera une
moyen, parce que de même seconde pellicule, que vous
que l'âme conserve le corps enlèverez comme la pre-
par une chaleur & un hu- mière. Vous continuerez
mide radical qui empêchent l'opération jusqu'à ce qu'il
la dissolution des parties, de ne s'en formera plus. Cette
même le soufre moyen, Ame de vitriol mise à un feu
comme un baume, agglutine violent, devient rouge com-
les parties, en conserve l'u- me du sang, & ne s'y con-
nion & la cohésion. sume pas. Lorsque les vases
Ame DE SATURNE. sont à l'air, il faut les garan-
Anima Saturni, ou Althea tir de la pluie & de la pous-
plumbi. Terme de Chi- sière. Cette poudre rouge,
mie. Douceur très suave du mêlée en petite quantité
plomb, extraite avec le vi- avec du cuivre décapé & li-
naigre, puis précipité avec quéfié, y fait un effet sur-
l'eau commune. Planisc. prenant, de même qu'avec
Ame DU VITRIOL. les autres métaux. Minsych.
Soufre vitriolique que l'on Ame SENSIBLE. C'est le
extrait de la façon suivante. sel armoniac, suivant Man-
Ayez des terrines vernissées, get.
tenant environ quatre pin- AMELITE. Les Egyp-
tes chacune, mettez-y trois tiens donnaient ce nom à la
bonnes pintes d'eau de pluie femme imaginaire de Zo-
filtrée, & trois poignées de roastre, & n'entendaient
vitriol commun en poudre; par-là que l'humidité de l'air
remuez bien le tout, & lais- subtil, extrêmement raré-
sez dissoudre le vitriol, après fié, servant de véhicule au
avoir mis les vases à l'air ou feu céleste signifié par Zo-
au soleil; il se formera sur roastre, qui faute de cet air
la superficie de l'eau une pur & délié, ne pourrait
@

30 AM AM

se manifester sensiblement. autre. Ainsi un métal n'est
Leur union indivisible, qui pas propre à perfectionner
fait la vie de tous les êtres un végétal, & un végétal le
de la Nature, a été de tous serait encore moins à l'égard
les temps le digne objet de du minéral. Mais comme la
l'attention & du culte des nature tend toujours à la per-
anciens Philosophes Natu- fection des êtres, & qu'elle
ralistes, ainsi que l'Histoire emploie les voies les plus
nous l'apprend en traitant simples & par degrés; le
des religions les plus accré- règne minéral ayant été en
ditées. L'on feint qu'Abra- quelque façon créé le pre-
mane ou Denis, Prince des mier, a pu servir de base au
ténèbres, est opposé à Zo- règne végétal; & le règne
roastre, auquel ce premier animal, comme le plus par-
déclare une guerre ambi- fait, ayant été formé des
tieuse, dont l'événement ne deux autres, se nourrit &
peut être qu'à la gloire de s'entretient d'eux; sans ce-
Zoroastre, c'est-à-dire à celle pendant qu'ils puissent se ser-
de la lumière, puisque les vir mutuellement de semen-
ténèbres ne sont qu'une pri- ce; parce que chaque règne
vation de lumière, & qu'une a la sienne spécifiée & dé-
privation n'a point d'exis- terminée. II faut donc pren-
tence. dre celle du minéral pour
AMENDER. On trou- faire l'oeuvre des Philoso-
ve ce terme dans presque phes, & non celles des deux
tous les Auteurs Chimi- autres règnes.
ques, pour signifier perfec- AMENE. Sel marin ou
tionner. La nature s'amende commun.
en nature; nature amende AMENTUM. Alun.
nature: ils entendent par ces AMETHE'E. Nom d'un
termes, que la nature se sert des chevaux qui tiraient le
toujours dans ses opérations char de Pluton. V. Abas-
de choses homogènes pour ter.
perfectionner ses ouvrages, AMIANTE. Pierre
& que les parties de matière incombustible. Voyez Al-
qui composent les individus bestos. Les Philosophes
d'un règne, sont plus propres ont donné le nom d'A-
à perfectionner les individus miante à leur pierre, parce
de ce même règne, que cel- qu'elle résiste aux atteintes
les qui seraient prises d'un du feu le plus violent.
@

AM AM 31

AMISADIR. Voyez Al- les-mêmes au son de sa lyre;
misadir. Mercure avait été son maî-
AMISADER & AMI- tre de musique. Voyez les
SADIR. Sel armoniac phi- Fables Egypt. & Grecques
losophique. dévoilées, liv. 3. chap. 14.
AMITHAON. Fils de §. 6.
Créthée & oncle de Jason. AMPHYTRION. Epoux
Voyez les Fables Egypt. & d'Alcmene, selon la Fable.
Grecq. liv. 2. chap. 1. Voyez ce qu'il signifie selon
AMMON. Le même l'explication des Alchimis-
que Jupiter, Dieu des Egyp- tes dans l'art. Alcmene.
tiens. Voyez le livre 1. des AMYCUS, Roi de Be-
Fables Egypt. & Grecques brycie, fils de Neptune &
dévoilées, sect. 3. chap. 8. de la Nymphe Melie, dé-
Ammon fut adoré en Ly- fiait les étrangers aux pa-
bie sous la figure d'un bé- lets; Pollux, un des Argo-
lier, soit parce que Jupiter nautes, accepta le défi, &
en se sauvant avec les au- tua Amycus. Fables Egypt.
tres Dieux en Egypte, pour & Grecq. dévoilées, liv. 1.
se soustraire à la poursuite chap. 1.
des Géants, prit la forme AN. Soufre des Philoso-
de cet animal; soit, comme phes, ainsi nommé, parce
le disent d'autres, que Jupi- qu'étant en même temps leur
ter sous la figure d'un bélier, Apollon, leur Soleil, il di-
ait fait sourdre une fontaine, rige ensuite les opérations
pour désaltérer l'armée de de la pierre pendant le cours
Bacchus. des quatre saisons de l'année
AMNIS ALKALISA- philosophique, requises pour
TUS. Quelques Chimistes la perfection de l'oeuvre.
Spagyriques ont ainsi nom- C'est pourquoi ils l'ont aussi
mé les sources d'eau, qui en appelé le Père de la pierre.
passant & se filtrant à travers ANACAB. Sel armo-
les terres calcaires, se sont niac des Sages.
imprégnées de sels alcalis. ANACHRON. Voyez
AMOGABRIEL. Ci- Anathron.
nabre. ANATHRON. Espèce
AMPHION. Fils de Ju- de sel qui croit sur les pier-
piter & d'Antiope. Il bâtit res; & qui diffère du salpê-
la ville de Thèbes, & les tre. Quand on le fait cuire,
pierres s'arrangeaient d'el- il devient une espèce d'alun
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32 AM AM

acide. Si l'on pousse le feu, ANCHRE. C'est la
il prend la forme de la trans- chaux, ainsi nommée à cau-
parence du verre, & laisse se de sa propriété qu'elle a de
une écume, que les Anciens fixer les choses volatiles.
regardaient faussement com- ANCINAR. Borax.
me un fiel de verre. Ils l'ap- ANCOSA. Laque.
pelaient Foex Vitri. Planis- ANDENA. Chalyps
campi. Orientalis, est un acier
Rulland le nomme Sagi- qu'on nous apporte de l'O-
men vitri Baurac. rient. Il se liquéfie au feu,
ANATON, signifie comme les autres métaux,
quelquefois l'écume ou sel & peut être jeté en moules.
de verre; mais ordinaire- Rulland.
ment on le prend pour le sel ANDROGYNE ou
nitre. HERMAPHRODITE.
ANATOSIER. Sel ar- Nom que les Chimistes
moniac. Hermétiques ont donné à
ANATRIS. Mercure. la matière purifiée de leur
ANATRUM, Verre co- pierre, après la conjonction.
loré de différentes couleurs. C'est proprement leur mer-
On l'appelle plus commu- cure, qu'ils appellent mâle
nément Terre sarrasine ou & femelle, Rebis, & de
Smaltum. tant d'autres noms, qu'on
ANATUM. Coque peut voir dans l'article Ma-
d'oeuf. tière.
ANCE'E, fils de Nep- Ils l'ont nommé ainsi, par-
tune & d'Astipalée, fut un ce qu'ils disent que leur ma-
des Argonautes; il succéda tière se suffit à elle-même
à Typhis dans la conduite pour engendrer, & mettre
du navire Argo. Fabl. Egyp- au monde l'enfant royal,
tiennes & Grecques dévoi- plus parfait que ses parents.
lées, liv. 2. Chap. 1. Que leur matière est une;
ANCHISE, père d'E- c'est leur azoth, duquel ils
née, qui le sauva sur ses épau- répètent souvent que l'azoth
les de l'embrasement de la & le feu suffisent à l'Artiste;
ville de Troie, après que que néanmoins elle conçoit,
les Grecs s'en furent rendu elle engendre, elle nourrit,
les maîtres. Fables Egypt. elle manifeste enfin ce Phé-
& Grecq. dévoilées, Des- nix tant désiré, sans addition
cente d'Enée aux Enfers. d'autre matière étrangère.
Il
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AN AN 33

Il faut cependant savoir que Hermétique, c'est le soufre
leur matière est composé de fixe & incombustible des
deux & même de trois, sel, Philosophes, qui fixe le mer-
soufre & mercure; mais que cure, & en fait l'élixir pro-
tout n'est autre que le fixe pre à fixer en or les métaux
& le volatil, qui étant joints imparfaits.
& réunis dans les opéra- ANGES. Les Philoso-
tions, ne font plus qu'une phes Chimiques donnent
matière qu'ils appellent alors quelquefois ce nom à la ma-
Androgyne, Rebis, &c. tière volatile de leur pierre.
ANDROMEDE, fille Ils disent alors que leur corps
de Cephée & de Cassiopée, est spiritualisé; & qu'on ne
fut exposée à un monstre ma- réussira jamais dans le grand
rin, & délivrée par Persée oeuvre, si on ne corporifie
qui l'épousa. La Fable feint les esprits, & ne spiritualise
que tout cela se passa en les corps. Cette opération
Ethiopie, parce que les Phi- est la sublimation philoso-
losophes emploient l'allé- phique; & l'on doit savoir
gorie des dragons qui com- que le fixe ne se sublime
battent entr'eux, ou qui sont jamais, s'il n'est aidé du
vaincus par des Héros, pour volatil.
exprimer le combat du fixe ANGLE. La chose a trois
& du volatil dans le temps angles. Terme de science
que la dissolution de la ma- Hermétique. Les Philoso-
tière la rend noire comme phes disent que leur ma-
de la poix fondue. Voyez tière, ou le mercure philo-
les Fables Egypt. & Grecq. sophal, est une chose qui a
liv. 3. chap. 14. §. 3. trois angles en sa substance,
ANDURAC. Orpiment quatre en sa vertu, deux en
rouge. sa matière, & une en sa ra-
ANERIC. Soufre. cine. Ces trois angles sont
ANERIT. Soufre vif. le sel, soufre & mercure;
ANFAKA. Présure, ma- les quatre sont les éléments;
tière fixe des Sages. les deux, le fixe & le vola-
ANFICARTO-ES- til; & une, c'est la matière
PRIT. Esprit-de-sel. éloignée, ou le chaos d'où
ANFIR-FILS. Mercure tout a été fait.
philosophique. ANIADA. Terme de
ANFUKA. Matière coa- Philosophie Spagyrique, qui
gulée. En termes de science veut dire les forces & les
C
@

34 AN AN

vertus des astres, dont, di- tion, & qu'elle a une âme
sent-ils, nous recevons les de couleur sanguine, à sa-
influences célestes par l'ima- voir l'esprit invisible de vi-
gination & la fantaisie. Dans triol. Joan. de Rupe Scissa.
le sens moral, ce sont les ANIMATION, en
grâces que nous recevons termes de science Herméti-
par les Sacrements. Rulland. que. Donner au mercure
ANIADIN signifie lon- un esprit métallique, qui le
gue vie, selon les Philoso- vivifie, pour ainsi dire, &
phes Chimiques. Planis- le rend propre à produire
campi. le soufre philosophique. Le
ANIADUM, selon le Philalèthe & Bernard Tré-
sens moral des Philosophes visan ont beaucoup parlé de
Hermétiques, veut dire les cette animation. Le Trévi-
grâces que le Saint - Esprit san l'appelle alors, Mercure
infuse en nous. Ou, selon double. Quelques Chimis-
Ruland, c'est l'homme mê- tes ont entendu les paroles
me spirituel, régénéré en de Philalèthe, comme s'il
nous, après qu'on a dé- parlait du mercure vulgaire,
pouillé l'homme terrestre ou mêlé avec l'or aussi vulgai-
le vieil Adam. re; mais il faut l'expliquer
ANIMAL. Les Philoso- du mercure & de l'or vif des
phes Hermétiques ont don- Philosophes.
né ce nom à leur matière, ANIMER. Donner au
après qu'elle a passé par la mercure philosophique une
putréfaction. Son nom na- âme métallique. Voyez Ani-
turel est Animal; & quand mation.
elle a ce nom, elle sent bon, ANNEAU du Souverain
& il ne demeure ni obscu- Lien. Termes de Philoso-
rité, ni mauvaise odeur en phie Chimique, qui signi-
elle. Morien. fient les différentes liaisons
Animal est aussi un des des quatre éléments qui sem-
noms que les Philosophes blent faire une chaîne dont
Hermétiques ont donné à la le mercure philosophal est
matière préparée de la pier- le produit, & comme l'an-
re. Prenez, avec la béné- neau qui les unit.
diction de Jésus-Christ, l'a- Anneau d'Or couvert
nimal avec tout son sang. d'argent. C'est la pierre au
On l'appelle Animal, parce blanc, qui dans son extérieur
qu'elle croît dans la sublima- est blanche, & cache l'or,
@

AN AN 35

ou la rougeur dans son inté- ordre, & même de l'année
rieur. Quelques - uns l'ont philosophique. C'est dans le
dit du nitre. même sens qu'il faut expli-
ANNE'E. Les Philo- quer Pline, lorsqu'il dit, que
sophes ont un calcul diffé- l'année philosophique est le
rent du calendrier vulgaire, mois commun, il fallait ajou-
quand il s'agit de compter ter philosophique. D'autres
leurs années, leurs mois, disent que l'année philoso-
leurs semaines & leurs jours. phique est de sept ans &
Ils comparent le temps qu'il neuf mois. Au bout des trois
faut pour parfaire l'oeuvre, premières années le mercure
à l'année commune, parce ou vinaigre philosophique
qu'ils partagent leurs opéra- devient médecine; après
tions en quatre temps, com- cinq ans, le mercure ne l'est
me l'année commune en plus, c'est la terre feuillée;
quatre saisons. Ils ont adop- & sept ans expirés parfont
té les mêmes dénomina- le magistère & la médecine
tions, & on les trouvera universelle, auquel temps il
expliquées dans leurs arti- faut encore ajouter neuf mois
cles. pour l'élixir ou poudre de
Philalèthe dit que les Sa- projection.
ges réduisent les années en On peut dire en général,
mois, les mois en semaines, que l'année des Philosophes
& les semaines en jours; n'est pas déterminée par le
mais cette réduction n'est nombre des jours. Si l'agent
pas encore une règle géné- ou le feu philosophique est
rale, suivant laquelle on bien administré suivant les
doit s'imaginer que les Phi- règles de l'art, l'oeuvre sera
losophes travaillent; puis- plutôt finie. Mais quelque
que l'Adepte, qui fit la pro- nombre de jours que l'on
jection devant Helvétius le emploie, l'année Hermé-
père, lui dit que l'oeuvre tique sera toujours complè-
pouvait se faire en quatre te; parce qu'elle aura eu ses
jours. On peut consulter là-* quatre saisons. L'hiver qui
dessus le Vitulus Aureus du est le commencement de
même Helvétius. l'oeuvre, dure jusqu'après
Philalèthe fait même re- la putréfaction: le printemps
marquer qu'il faut entendre commence lorsque la ma-
cette réduction de l'année, tière sortant de la putréfac-
de la médecine du troisième tion se volatilise, & passe de
C ij
@

36 AN AN

la couleur noire à la blan- ANODE. Urine.
che; l'été dure depuis que la ANONTAGE. Pierre
couleur blanche se change philosophale.
en couleur orangée jusqu'au ANOXADIC. Sel ar-
rouge de rubis. Alors c'est moniac.
l'automne, temps où l'Artiste AN-PERE, ou PERE
recueille les fruits de ses tra- DE L'ANNE'E. C'est le
vaux. soufre des Philosophes, ou
Ainsi quand les Philoso- leur Soleil, ainsi nommé de
phes disent qu'il faut trois ce qu'il dirige le cours de
ans pour parfaire l'oeuvre, l'année Hermétique dans la
ils ont raison dans leur sens; seconde opération & les sui-
mais il ne faut pas l'entendre vantes.
de trois années vulgaires: ANTARIC, ANTA-
c'est des trois opérations re- RIS, ANTARIT, sont trois
quises: la première, pour termes qui ne signifient que
faire leur soufre ou minière la même chose; c'est-à-dire
du feu; la seconde, pour la le mercure des Sages.
pierre ou l'élixir; la troisiè- ANTHOS. Fleur de
me, pour la multiplication: Romarin. Rosmarinus. Pa-
& comme on peut répéter racelse a transporté cette si-
la multiplication jusqu'à sept gnification aux métaux, &
fois, quelques-uns ont dit s'est servi de ce terme pour
qu'il fallait neuf ans, d'au- signifier leur quintessence,
tres douze. Ce qui ne doit ou l'élixir aurifique. Voyez
s'entendre que de la réité- les Archidoxes, & son traité
ration de chaque opération; de Natura rerum.
puisque Morien nous assure ANTHE'E, fils de Nep-
que la seconde est une ré- tune & de la Terre, géant
pétition de la première. Phi- d'une prodigieuse grandeur.
lalèthe a nommé les trois Il faisait son séjour dans les
premières opérations, les déserts de la Lybie, où il
médecines du premier, du obligeait les passants de lut-
second & du troisième ordre ter contre lui, & les étouf-
de Géber. Voyez Temps. fait. Hercule le combattit,
ANNORA. Terme de & vint à bout de l'étouffer
Chimie, qui signifie en gé- entre ses bras, après l'avoir
néral de la chaux vive; mais soulevé & lui avoir fait per-
plus particulièrement de la dre terre. Voyez ce que l'on
chaux de coquilles d'oeufs. doit entendre Hermétique-
@

AN AN 37

ment, liv. 5. chap. 15. des tes les propriétés de la pierre
Fables Egypt. & Grecques Philosophale, tant pour la
dévoilées. guérison des maladies du
ANTICAR. Borax. corps humain, que pour
ANTIMOINE. Nom la transmutation métallique.
que les Philosophes ont don- Voyez son Triomphe de
né à la matière sulfureuse l'Antimoine.
mercurielle qui fait partie du ANTIMUM. Miel du
composé philosophique. printemps.
Tout le secret donc de ce ANTIOPE. Fille de
vinaigre antimonial, con- Nyctée, & femme de Ly-
siste en ce que par son moyen cus, qui la répudia & la
nous sachions tirer du corps chassa pour épouser Dircé,
de la magnésie l'argent vif parce qu'il apprit que Jupi-
qui ne brûle point. C'est-là ter, métamorphosé en Sa-
l'antimoine & le sublimé tyre, avait joui d'Antiope.
mercuriel. Artéphius. Amphion & Zéthus naqui-
Les Chimistes se trom- rent de ce commerce. Lors-
pent quand ils prennent l'an- qu'ils furent devenus grands,
timoine vulgaire pour la ma- ils vengèrent leur mère en
tière des Sages. La chose à faisant périr Lycus & Dircé.
laquelle les Philosophes don- Voyez les Fables Egypt. &
nent le nom d'antimoine est Grecques, liv. 3. chap. 14.
leur eau permanente, leur §. 6.
eau céleste, en un mot, leur Antiope, que quelques-
mercure; parce que celui-ci uns nomment Hippolite.
nettoie, purifie & lave l'or une des Amazones que
philosophique, comme l'an- combattit Thésée. Voyez
timoine commun purifie l'or les Fables Egypt. & Grecq.
vulgaire. dévoilées, liv. 5. ch. 13. &
Basile Valentin dit que 22. & liv. 6. ch. 3.
l'antimoine préparé spagy- ANUBIS, Dieu des
riquement, est un antidote Egyptiens, était le symbole
contre tous les venins. Il de Mercure. On l'adorait
l'appelle le grand Arcane, sous la figure d'un homme
la Pierre de feu; & avance ayant une tête de chien, &
qu'il a tant de vertus qu'au- un caducée à la main droite.
cun homme n'est capable de Voyez ce qu'on entendait
les découvrir toutes: & que par Anubis, Fables Egypt.
peu s'en faut qu'il n'ait tou-* & Grecq. dév. liv. 1. ch. 8.
C iij
@

38 AN AP AP

ANUCAR. Borax. chant, que les Prêtres nour-
APHEBRIOCK. Soufre rissaient dans le temple de
philosophique. Vulcain, auquel ils le sacri-
APHIDEGI. Céruse. fiaient au bout de quelques
APHRODISIE. Les années, en le noyant, & lui
Adeptes donnent quelque- donnaient ensuite le nom de
fois ce nom à leur matière, Serapis. Ils faisaient après
au temps où la pierre est par- un grand deuil de sa mort
venue à être ce qu'ils appel- jusqu'à ce qu'ils en avaient
lent Vénus, & disent qu'elle trouvé un semblable pour lui
a pour lors atteint l'âge de être substitué. Ce boeuf, se-
Vénus, c'est-à-dire, la cou- lon l'explication des Philo-
leur orangée. sophes Spagyriques, porte
APHRODITE. Voyez par sa couleur noire & blan-
Venus. che, le vrai caractère de la
APHRONITUM. Ecu- matière de leur oeuvre, & le
me de nitre. II y a beaucoup symbole d'Osiris & d'Isis.
de relation & de rapport en- Ce que les Grecs ont ensuite
tre l'écume du nitre & le ni- imité par la fable du Mino-
tre même, comme le sel avec taure, les boeufs de Geryon,
son écume. L'écume du nitre les boeufs de Jason & les au-
est la même chose que la tres. Voyez les Fab. Egypt.
fleur des pierres & des mu- & Grecq. dévoilées, liv. 1.
railles; c'est une matière lé- section 3. chap. 1.
gère, friable, âcre. Il faut APOLLON, fils de Ju-
choisir celle qui tire sur la piter & de Latone; selon
couleur de pourpre. L'écu- Hérodote, fils de Dionysius
me du nitre varie selon les & d'Isis. Mais il importe
matières & les lieux où elle peu de qui Apollon soit né,
croît. L'aphronitum diffère s'il faut rapporter cette fa-
de la fleur des pierres d'Asie ble comme une allégorie du
en ce qu'il n'est point brûlé; grand oeuvre, suivant le sen-
s'il était résout au feu, il au- timent des Philosophes Her-
rait les mêmes propriétés & métiques. Car, selon eux,
les mêmes vertus. Rul. il faut entendre la même
APIS, chez les anciens chose par Osiris & par Ju-
Egyptiens, était un boeuf piter, par Latone, Isis & Ju-
noir partout le corps, ex- non. Cependant il semble
cepté une tache blanche en qu'il convient mieux de dire
forme de croissant ou appro- que Latone fut sa nourrice
@

AP AQ 39

& sa mère en même temps. par l'apposition du mercure
On prend communément citrin pour passer de la cou-
Apollon pour le soleil qui leur blanche à la rouge, cette
nous éclaire, & les Chimis- façon de parler ne doit pas
tes pour leur soleil ou partie s'entendre d'une addition de
agente de leur oeuvre, com- mercure à la matière qui est
me ils prennent leur lune dans le vase, puisqu'ils ont
pour la femelle ou la partie soin d'avertir qu'elle a en
patiente. C'est pourquoi ils elle tout ce qui lui est né-
expliquent & appliquent aux cessaire pour sa perfection.
opérations de leur Art toutes Ces termes signifient seule-
les choses que la Fable nous ment qu'il faut continuer la
a appris d'Apollon, & de ses cuisson, pour que la couleur
fils Orphée, Hyménée & citrine succède à la blanche,
Jaleme qu'il eut de Calliope, puis l'orangée, & enfin la
Delphus qu'il eut d'Acachal- rouge, au moyen de la di-
lide, Coronus de Chrisorte, gestion du mercure des Phi-
Linus de Terpsichore, Es- losophes. Voyez Ajouter.
culape de Coronis. Voyez AQUALA. Arsenic phi-
les Fables Egypt. & Grecq. losophique.
dévoilées, liv. 3. chap. 12. AQUAOLVES. Vinai-
Apollon est regardé com- gre distillé. Les Chimistes
me le maître des Muses, l'in- emploient quelquefois ce
venteur de la Médecine, terme pour signifier l'eau-
comme Devin, Oracle & forte. Johnson.
Poète, & comme Guerrier AQUASTRE. Nom que
armé d'arc & de flèches, Paracelse a donné à ce que
puisque c'est lui qui tua le nous appelons esprit, tant
serpent Typhon, dit Python celui que nous entendons
par anagramme. par âme, que l'esprit pure-
APOSPERMATIS- ment animal. Il l'appelle
MUM DRACONIS. Mer- ainsi, parce qu'il est dit dans
cure de Saturne. l'Ecriture, que l'esprit de
APPAREILLER. Ap- Dieu était porté sur les
prêter, disposer, mettre une eaux.
chose avec une autre. Voyez AQUILENA. C'est un
l'article suivant. nom que Paracelse a donné
APPOSITION. Lorsque à la plante connue sous ce-
les Chimistes Hermétiques lui de consoude-royale, ou
disent qu'il faut commencer pied-d'alouette.
C iv
@

40 AR AR

ARACAB. Aigle des l'autre lunaire, c'est-à-dire,
Philosophes. dont l'un produisait de l'or,
ARACEUM. Lut pour & l'autre de l'argent.
sceller les vases. Planis C. Arbre D'ARGENT. Ma-
ARANCON. Laton, ou gistère au blanc, ou la ma-
matière de l'oeuvre en pu- tière après la putréfaction.
tréfaction. Arbre D'OR ou SOLAI-
ARAXOS. Suie. RE. C'est la pierre au rouge.
ARBRES. Arbores. Pa- Arbre DE MER. C'est
racelse a donné ce nom aux le corail, & les madrépores.
tumeurs & aux marques qui Arbre DE VIE. Nom
ternissent & défigurent la que les Philosophes Hermé-
couleur vive & naturelle de tiques ont donné quelque-
la peau; & il ne les appelle fois à leur mercure; mais
ainsi que dans leur commen- plus communément à leur
cement, & avant qu'elles élixir, parce qu'il est alors
soient tournées en ulcères. la médecine des trois règnes,
Arbre est aussi le nom ou leur panacée universel-
que les Philosophes ont don- le; qu'il ressuscite les morts,
né à la matière de la pierre c'est-à-dire les métaux im-
philosophale, parce qu'elle parfaits, qu'il élève à la per-
est végétative. Le grand ar- fection de l'argent, s'il est
bre des Philosophes, c'est au blanc, & à celle de l'or,
leur mercure, leur teinture, s'il est au rouge. Ils l'ont
leur principe, & leur raci- aussi appelé Bois de vie.
ne; quelquefois c'est l'ou- ARCALTES. Paracelse
vrage de la pierre. Un Au- nomme ainsi le fondement
teur anonyme a fait à ce de la terre, ou la colonne
sujet un traité intitulé: de par laquelle il suppose allé-
l'Arbre Solaire, de Arbore goriquement qu'elle est sou-
Solari. On le trouve dans le tenue. Il la nomme aussi Ar-
6e tome du Théâtre Chi- chaltes, & Rulandus Ar-
mique. Le Cosmopolite, chates.
dans son Enigme adressée ARCANE. (Médecine.)
aux Enfants de la vérité, sup- Paracelse dit qu'on entend
pose qu'il fut transporté dans par ce terme une substance
une Ile ornée de tout ce que incorporelle, immortelle,
la nature peut produire de fort au-dessus des connais-
plus précieux, entr'autres de sances des hommes, & de
deux arbres, l'un solaire & leur intelligence. Mais il
@

AR AR 41

n'entend cette incorporéité nouvelle, en consumant tou-
que relativement, & par tes leurs impuretés, en y in-
comparaison avec nos corps; troduisant de nouvelles for-
& il ajoute que les arcanes ces, & un baume plein de
sont d'une excellence fort vigueur, qui fortifie la nature
au-dessus de la matière dont humaine.
nos corps sont composés; Le mercure de vie fait à
qu'ils différent comme le peu près le même effet, en
blanc du noir; & que la pro- renouvelant la nature il fait
priété essentielle de ces ar- tomber les cheveux, les on-
canes est de changer, alté- gles, la peau, & en fait re-
rer, restaurer & conserver venir d'autres à la place.
nos corps. L'arcane est pro- La teinture montre ses ef-
prement la substance qui fets à la manière de Rebis,
renferme toute la vertu des qui transmue l'argent & les
corps, dont elle est tirée. Le autres métaux en or. Elle
même Paracelse distingue agit de même sur le corps
deux sortes d'arcanes, l'un humain; elle le teint, le
qu'il appelle perpétuel, le purge de tout ce qui peut le
second pour la perpétuité. Il corrompre, & lui donne une
subdivise ensuite ces deux pureté & une excellence au-
en quatre, qui sont, la pre- dessus de tout ce qu'on peut
mière matière, le mercure imaginer. Elle fortifie les or-
de vie, la pierre des Philo- ganes, & augmente telle-
sophes, & la teinture. ment le principe de vie,
Les propriétés du pre- qu'elle en prolonge la durée
mier arcane ou de la pre- fort au-delà des bornes or-
mière matière, sont de ra- dinaires. Idem.
jeunir l'homme qui en fait Arcane se prend aussi
usage, & de lui donner une pour toutes sortes de tein-
nouvelle vie, comme celle tures tant métalliques, que
qui arrive aux végétaux, qui végétales ou animales. Pa-
se dépouillent de leurs feuil- racelse l'a employé plusieurs
les tous les ans, & se renou- fois dans ce sens-là.
vellent l'année d'après. Arcane, en termes de
La pierre des Philosophes science Hermétique, doit
agit sur nos corps comme le s'entendre de l'eau mercu-
feu sur la peau de la sala- rielle épaisse, ou mercure
mandre; elle en nettoie les animé par la réunion du sou-
taches, les purifie & les re- fre philosophique.
@

42 AR AR

ARCHE'E DE LA ARE'S, en termes de
NATURE. Les Physiciens science Hermétique, signifie
& particulièrement les Phi- le dispensateur de la Nature,
losophes Spagyriques appel- caché dans les trois princi-
lent ainsi l'agent universel, pes, soufre, sel & mercure,
& particulier à chaque in- dont ils disent que tout est
dividu; ce qui met toute la composé dans le monde. Ils
Nature en mouvement, dis- ajoutent que ce dispensateur
pose les germes & les se- donne la forme aux indivi-
mences de tous les êtres dus, & en diversifie les es-
sublunaires à produire & à pèces, de manière que l'un
multiplier leurs espèces. ne prenne point la matière
ARCHEMORE, fils de spécifique de l'autre. Arès
Lycurgue, fut nourri par n'est point cependant l'Ar-
Hypsiphile, & mourut tout chée de la Nature ou Iliaster,
jeune de la morsure d'un ser- dont voyez l'article; mais
pent. On institua en son après que celui-ci a tout dis-
honneur les jeux Néméens. posé pour les genres, Arès
Voyez les Fables Egypt. & succède & arrange les for-
Grecques dévoilées, liv. 4. mes & les espèces des in-
chap. 8. dividus.
ARCHILAT. C'est la ARE'TON. Laiton des
pesanteur ou le poids de Philosophes.
trois grains. ARETHUSE, fille de
ARCOS. Aes-ustum, Nérée & de Doris, com-
cuivre brûlé. pagne de Diane, fut chan-
ARE'CIE. Ile où abor- gée en une fontaine du mê-
dèrent les Argonautes dans me nom. Voyez les Fables
leur voyage de la Colchide, Egypt. & Grecq. dévoilées,
pour la conquête de la toi- liv. 4. chap. 3.
son d'or. Voyez les Fables ARFARD. Arsenic phi-
Egypt. & Grecq. dévoilées, losophique.
liv. 2. cha. 1. ARFIORA. Céruse. En
AREMAROS. Ci- termes de science Herméti-
nabre. que, c'est le Saturne des Sa-
ARENA. Matière de la ges, ou la matière parvenue
pierre dissoute & en putré- au blanc après avoir passé
faction. par la putréfaction. C'est ce
ARENAMEN, ARE'- que les Adeptes appellent
NARMEI. Bol Armene ou aussi leur Diane nue, leur
d'Arménie. Lune, &c.
@

AR AR 43

ARGENT. Lorsque les mence des métaux, au lieu
Philosophes disent, notre que le vulgaire est un mé-
Argent ou notre Lune, ce tal déjà fait. Ils lui ont donné
n'est pas de l'argent vulgai- le nom d'argent-vif, parce
re, dont on fait les ustensi- qu'il est volatil, blanc, clair,
les, les meubles & la mon- froid, humide, coulant, &
naie, qu'ils parlent, c'est de susceptible de coagulation
leur matière quand elle est comme le vulgaire, dont il
parvenue au blanc parfait est la semence. Voyez Mer-
par le moyen de la cuisson. cure Philosophique.
Ce terme s'entend aussi de Argent-VIF. Ce terme
leur eau mercurielle, qu'ils signifie quelquefois non le
appellent aussi Femelle, Be- mercure des Sages, mais
ja, Sperme, &c. Quelques-* leur magistère au blanc qui
uns le nomment Or blanc, en est composé. Les Philo-
Or cru. sophes lui ont donné ce nom
Argent COMMUNI- par équivoque, pour le dis-
CANT. Les Philosophes ont tinguer de l'argent commun
donné ce nom au sel qui & vulgaire, qu'ils appellent
entre dans la composition Argent-mort.
de la pierre philosophale. Argent-VIF EXALTE'.
Jean de Roquetaillade. Lune des Philosophes, ainsi
Argent DE MERCURE. nommée de ce que ce mer-
Elixir au blanc, ainsi nommé cure est purifié & poussé à
de ce qu'il est composé du un degré de perfection qu'il
mercure philosophique. n'avait pas avant d'être par-
Argent DU PEUPLE. venu au blanc.
Quelques Chimistes ont Argent-VIF ANIME'.
donné ce nom au sel. Johns. Mercure des Sages après son
Argent-VIF des Phi- union avec la pierre ignée,
losophes. Il faut faire atten- le soufre philosophique.
tion qu'argent-vif & vif-* Argent-VIF COAGU-
argent n'est pas la même LE' ou PURIFIE'. C'est le
chose. Le vif-argent est le magistère au blanc.
mercure vulgaire, & l'ar- ARGO. Nom que la
gent-vif est celui des Phi- Fable a donné au navire
losophes Hermétiques. Ils que montait Jason, quand
s'expriment ainsi pour mar- il fut à la conquête de la toi-
quer l'action & la vie de son d'or avec Hercule, Hy-
leur mercure, qui est la se- las, Orphée, Etalide, Am-
@

44 AR AR

phion, Augias, Calaïs, Cas- vellus ou Toison d'or, pour
tor, Pollux, Céphée, Iphi- expliquer chimiquement
cle, Eson, Lyncée, Mopse, cette expédition. Il est peu
Méléagre, Pélée, Télamon, d'Auteurs Alchimiques qui
Zetis & plusieurs autres. n'en aient parlé. Et à dire la
Les Alchimistes expli- vérité, l'étymologie du nom
quent cette expédition com- de Jason, qui veut dire art
me une allégorie de la pierre de guérir, suffirait seule pour
Philosophale, & particuliè- rendre vraisemblable l'expli-
rement parce que le navire cation des Philosophes Her-
était fabriqué des chênes métiques. Voyez les Fables
parlants de Dodone. V. Ja- Egyptiennes & Grecques,
son, Argonautes, & le liv. 2. chap. 1.
traité des Fables Egypt. & ARGUS (Yeux d'). Les
Grecques dévoilées, liv. 2. Chimistes Hermétiques ont
chap. 1. dit que les yeux d'Argus fu-
ARGONAUTES. Hé- rent transportés sur les plu-
ros qui, selon la Fable, ac- mes de la queue du Pan,
compagnèrent Jason pour pour signifier les différentes
faire la conquête de la toi- couleurs qui surviennent à
son d'or. Quelqu'explication la matière de la pierre pen-
morale ou physique qu'on dant la coction.
ait voulu donner à cette Fa- ARIADNE, fille de Mi-
ble, on n'a pu réussir à en nos & de Pasiphaé, favorisa
faire d'application plus juste Thésée dans son entreprise
qu'en la regardant, avec les contre le Minotaure, & lui
Alchimistes, comme une donna un peloton de fil, au
allégorie du grand oeuvre de moyen duquel il sortit du
la médecine universelle, ou labyrinthe après qu'il eut
pierre philosophale. Tous les vaincu ce monstre. Thésée
Chefs de cette expédition l'enleva & l'épousa. Arrivés
ont vécu, selon la Fable, dans l'île de Naxo, Thésée
dans des temps si éloignés les y laissa Ariadne, que Bac-
uns des autres, qu'il n'est pas chus épousa dans la suite.
possible de donner la moin- Voyez les Fables Egypt. &
dre vraisemblance à leur réu- Grecques dévoilées, liv. 3.
nion, Aloysius. ch. 1. & liv. 5. ch. 14. §. 2.
Martianus, outre plusieurs ARIES ou BELIER.
autres, a fait un volume en- Ces termes sont mystérieux
tier sous le titre de Aureum dans les écrits des Philoso-
@

AR AR 45

phes Chimiques; ils disent sublimé. On dit aussi Arca-
que leur matière se tire du nec, & Artenech. Johnson.
ventre d'Aries. Quelques-* ARSENIC, en termes
uns, prenant ces termes à la de Chimie Hermétique, se
lettre, ont cru que cette ma- prend tantôt pour le mer-
tière était de la fiente de cure des Sages, tantôt pour
Bélier; mais les Philosophes la matière dont il se tire, &
parlent du Bélier signe du tantôt pour la matière en pu-
Zodiaque, & non du Bélier tréfaction. Quelques - uns
animal. ayant trouvé dans les vers
ARIDURA ou SECHE- d'une des Sibylles, que le
RESSE, est un des noms nom de la matière d'où se
que Paracelse a donné à la tire le mercure philosophal,
maladie que nous appelons était composé de neuf let-
Phtisie, & les Anglais Con- tres, dont quatre sont voyel-
somption. les, les autres consonnes,
ARLES CRUDUM. Pe- qu'une des syllabes est com-
tites gouttes d'eau qui tom- posée de trois lettres, les
bent au mois de Juin, en autres de deux, ont cru
forme de rosée, semblable avoir trouvé cette matière
à celle du mois de Mai. Rul. dans Arsenicum, d'autant
D'autres, selon le même Au- plus que les Philosophes di-
teur, les appellent Hydatis, sent que leur matière est un
Stalagnei, Stagen, Straax. poison des plus dangereux;
AROP. V. Adrop. mais la matière de la pierre
AROPH. Mandragore. est celle-là même dont l'ar-
Paracelse dit que l'aroph senic & les autres mixtes ont
guérit la pierre des reins & été formés, & le mercure
la gravelle. des Sages ne se tire pas de
ARROSER Cuire, di- l'arsenic; puisque l'arsenic
gérer la matière philosophi- se vend chez les Apothicaires
que. Ce terme ne doit s'ap- & les Droguistes, & la mi-
pliquer qu'au temps où la ma- nière du mercure se trouve
tière se sublime en vapeurs partout, dans les bois, sur
& retombe sur la matière en les montagnes, sur les val-
forme de gouttes de pluie & lées, sur l'eau, sur terre, &
de rosée, c'est-à-dire, après par tous pays.
la putréfaction. Philalèthe & plusieurs au-
ARSAG. Arsenic. tres Philosophes ont aussi
ARSANECK. Arsenic donné le nom d'arsenic à
@

46 AR AR AS

leur matière en putréfac- Pythagore consentit à souf-
tion, parce qu'alors elle est frir la circoncision pour y
un poison très subtil & très être initié. S. Clément Alex.
violent. Quelquefois ils en- l. 1. Strom.
tendent par arsenic leur prin- ARUERIS. Dieu d'E-
cipe volatil, qui fait l'office gypte. Sa mère vint au mon-
de femelle. C'est leur Mer- de enceinte de lui. Voyez
cure, leur Lune, leur Vé- les Fables Egypt. & Grecq.
nus, leur Saturnie végétale, dévoilées, liv. 1.
leur Lion vert, &c. Ce nom ARUNCULA GRAN-
d'arsenic lui vient de ce qu'il DE. C'est la matière de la
blanchit leur or, comme l'ar- pierre des Sages.
senic vulgaire blanchit le ASABON. Savon. En
cuivre. fait de science Hermétique,
ART SACERDOTAL. c'est l'azoth des Philosophes
était, chez les Egyptiens, avec lequel ils blanchissent
celui que nous appelons leur laiton.
actuellement la Philosophie ASABUM. Etain, Ju-
Hermétique. Voyez l'Intro- piter des Sages.
duction du liv. 1. des Hiéro- ASAGEN. Sang de
glyphes Egyptiens. Alkan- dragon.
di cité par Kirker. ASAGI. Vitriol, ou at-
Cet art consistait dans la trament rouge.
connaissance parfaite des ASAMAR. Vert-de-gris.
procédés de la Nature dans ASMON. Sel armoniac.
la production des mixtes, & Voyez Almisadir.
ne s'enseignait que par des ASCALAPHE, fils du
hiéroglyphes & des termes fleuve Acheron & d'Orphné
mystérieux, dont on ne don- Nymphe des Enfers, fut
nait la véritable explication changé en hibou, pour avoir
qu'à ceux qu'une épreuve accusé Proserpine d'avoir
très longue faisait juger di- mangé trois grains de gre-
gnes d'être initiés dans un si nade. Homère dit Ascala-
grand mystère. Les Prêtres phe fils de Mars & d'Astio-
étaient obligés de garder le ché. Voyez l'explication de
secret sous peine de mort à cette fiction dans le liv. 4.
ceux qui le violeraient. Il ne chap. 3. des Fables Egypt.
se communiquait que dans & Grecques dévoilées.
le Sanctuaire. Saint Justin, ASCLEPIOS. V. Es-
quaest. ad Ortod. culape.
@

AS AS 47

ASDENEGI. Pierre qu'il en a l'odeur, lorsqu'il
Ematite. est nouvellement extrait de
ASEB ou ASEP. Alun. sa minière. Cette odeur, dit
ASED. Lion des Philo- Raymond Lulle, est des plus
sophes. fortes; mais par la circula-
ASENEC. Soleil ou or tion elle se change en une
des Sages. quintessence d'une odeur la
ASFOR. Alun. plus suave, & devient une
ASINAT. Nom Arabe médecine contre la lèpre &
donné à l'antimoine. Basile les autres maladies.
Valentin, dans son Char ASSAGEAI. Sang de
triomphal de ce minéral. dragon. Planiscampi.
ASINGAR. Vert-de-gris. ASSATION. Action de
ASMAGA. Alliage des digérer, cuire, sublimer, vo-
métaux. latiliser, fixer la matière de
ASMARCECH. Li- l'oeuvre.
tharge. ASTIOCHE'. Mère
ASMUM. Poids pour pe- d'Ascalaphe & d'Ialmenus,
ser; tels sont, la livre, l'on- qu'elle mit au monde dans
ce, le gros, &c. la maison d'Actor. Voyez
ASOPE, fils de l'Océan les Fables Egypt. & Grecq.
& de Thetis, fut père d'E- liv. 4. chap. 3. Astioché fut
gine, enlevée par Jupiter aussi mère de Tlepoleme,
transformé en feu. Asope qu'elle avait eu d'Hercule.
poursuivant Jupiter, fut mé- ASTRE, en termes de
tamorphosé en fleuve par Chimie, est la substance
ce Dieu. Voyez les Fables ignée, fixe, principe de la
Egypt. & Grecq. dévoilées, multiplication, extension &
liv. 3. ch. 14. §. 6. génération de tout. Cette
ASOPER. Quelques substance tend toujours d'el-
Chimistes ont ainsi appelé le-même à la génération;
la suie. mais elle n'agit qu'autant
ASROB. Matière des qu'elle est excitée par la cha-
Philosophes en putréfaction, leur céleste, qui se trouve
leur Tête de Corbeau, leur partout.
Saturne. ASTRUM. Terme dont
ASSA-FOETIDA. Les les Philosophes chimiques
Philosophes Hermétiques se servent pour signifier une
ont donné ce nom à leur plus grande vertu, puissan-
mercure, dit Riplée, parce ce, propriété, acquise par la
@

48 AS AT AT

préparation qu'on a donné à musait à les ramasser l'une
une chose. Comme astrum après l'autre, Hyppomenes
du soufre, ou astrum sulphu- avançait toujours chemin,
ris, signifie le soufre réduit & trouva par ce moyen ce-
en huile, dont les vertus sur- lui de l'atteindre. Etant un
passent de beaucoup celles jour lasse de la chasse, elle
du soufre en nature. Astrum donna un coup de poin-
salis ou du sel, c'est le sel çon dans un rocher, placé
réduit en eau ou en huile. auprès d'un temple d'Escu-
Astrum mercurii ou du mer- lape, & en fit sortir une fon-
cure, c'est du mercure su- taine, de l'eau de laquelle
blimé. On donne ce nom elle se désaltéra.
aux alcools, aux quintessen- Atalante, disent les Phi-
ces des choses. losophes Spagyriques, n'est
ASUB. Terme Arabe autre que la matière volatile
que les Latins expriment par du grand oeuvre qui ne peut
Alumen, & les François par être arrêtée que par la ma-
Alun. tière fixe signifiée par les
ASUBEDEGI. Johnson pommes d'or, puisqu'il n'y
explique ce terme de Para- a rien de plus fixe que la ma-
celse par Caillou taillé pour tière radicale de l'or. Quand
couper les autres pierres, on dit qu'elle fit sortir une
comme le diamant pour cou- fontaine du rocher, c'est que
per le verre. la pierre philosophale donne
ASUGAR. Vert-de-gris. de l'eau, dont on fait de la
ATAC. Nitre, ou sal- terre, puis encore de l'eau,
pêtre philosophique. &c. On ajoute qu'Atalante
ATALANTE, fille de coucha dans le temple de sa
Schaenée, avait une agilité mère avec Hyppomenes;
si grande à la course qu'on c'est qu'on met dans le vase
ne pouvait l'égaler; ce qui philosophique le fixe & le
engagea son père à ne vou- volatil, dont on fait comme
loir la donner en mariage le mariage, dont il est tant
qu'à celui qui l'atteindrait. parlé dans les livres des Phi-
Après que plusieurs l'eurent losophes. Voyez les Fables
tenté inutilement, Hyppo- Egypt. & Grecq. dévoilées,
menes, par le conseil de Vé- liv. 2. ch. 3.
nus, prit trois pommes d'or Il y a une autre Atalante,
qu'il jetait après elle en la fille de Jasius, qui se trouva
suivant; pendant qu'elle s'a- à la chasse de Calydon, elle
fut
@

AT AT 49

fut changée en lionne. L'une par un feu philosophique,
& l'autre ne sont chimique- inné dans cette matière, mais
ment que la même person- qui y est engourdi, & ne
ne, & par conséquent la peut se développer que par
même chose. l'art. Voyez Fourneau,
ATEBRAS. Vaisseau Feu.
sublimatoire des Chimistes. ATIMAD ou ALCO-
Johnson. PHIL. Antimoine. On dit
ATHAMAS, fils d'Eole, aussi Alcimad, Alfacio.
épousa Néphelé, de laquelle ATLAS, fils de Jupiter
il eut Phrixus & Hellen, qui & de Clymene, ou de la
donnèrent occasion à l'ex- Nymphe Asie, fut averti par
pédition des Argonautes. l'Oracle de se donner de
Voyez liv. 4. chap. 9. des garde d'un des fils de Jupi-
Fables Egypt. & Grecques ter. Persée en ayant été mal
dévoilées. accueilli, lui présenta la tête
ATHANOR. En termes de Méduse, qui le métamor-
de Chimie vulgaire, est un phosa en la montagne qui
fourneau ayant la forme porte le nom d'Atlas. Voyez
d'un carré, ou d'un carré les Fables Egypt. & Grecq.
long, auprès duquel est une dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 3.
tour, qui communique à un ATTRAMENT. Vi-
des côtés par un tuyau. On triol.
remplit de charbons cette Attrament FUSIBLE.
tour, on l'allume, & la cha- Alcali.
leur se communique au four- ATRE'E, fils de Pelops &
neau par le tuyau. Je ne d'Hyppodamie, père d'A-
m'arrêterai pas à en faire une gamemnon & de Menelas,
description plus détaillée, fut ennemi juré de Thyeste
parce que chaque Chimiste son frère, & faisant semblant
le fait faire à sa guise. On lui de se réconcilier avec lui, il
a donné le nom d'Athanor l'invita à un repas, où il lui
par similitude au fourneau présenta en mets deux de ses
secret des Philosophes, qui enfants, dont le Soleil eut
conserve son feu continuel- tant d'horreur qu'il retourna
lement & au même degré. en arrière. Cette fable ne
Mais ce dernier n'est pas un signifie autre chose chimi-
fourneau de l'espèce de celui quement, que la réincruda-
des Chimistes. Leur Atha- tion de l'or des Philosophes,
nor est leur matière animée qui par la dissolution re-
D
@

50 AT AV AV AY

tourne à sa première matiè- Grecques dévoilées, liv. 5.
re. Voyez le reste de cette chap. 8.
fable expliquée dans le li- AVORA. Chaux d'oeufs.
vre 3. ch. 14. §. 4 des Fa- AURANCUM & AU-
bles Egyptiennes & Grec- RANEUM. Paracelse &
ques dévoilées. plusieurs autres ont ainsi ap-
ATROP. V. Adrop. pelé les coques d'oeufs.
ATTINGAT ou ATIN- AURARIC. Mercure
GAR. Vert-de-gris. des Philosophes.
ATTINGIR. Cucurbite AUTEL. Quelques
de terre. Johnson. Adeptes ont donné ce nom
ATTREMPENCE à leur mercure, & à leur ma-
D'ALPHIDIUS. Terme tière dans le vase pendant
de Philosophie chimique. les opérations. Voyez-en un
C'est le mercure philoso- exemple, Fables Egypt. &
phal, dans lequel on dispose Grecques dévoilées, liv. 3.
par la cuisson l'équilibre des chap. 14. §. 3.
quatre éléments, de manière AUTOMNE. Temps où
qu'ils ne puissent plus se sur- l'Artiste recueille les fruits
monter, & fassent par leur de ses travaux. Il est d'une
union un mixte incorrup- complexion froide & sèche.
tible. Souvenez-vous donc bien
ATUREB. Verre. qu'il faut dissoudre en hiver,
AVERICH. Soufre. cuire au printemps, coaguler
AUGIAS, fils du Soleil en été, & cueillir les fruits
& de Naupidame. Eurystée en automne, c'est-à-dire,
ordonna à Hercule de net- donner la teinture.
toyer l'étable où Augias te- AUVER. Eau douce.
nait ses boeufs, qui étaient Paracelse, dans son traité de
en grand nombre. Augias la Nature des choses.
promit pour récompense à AYBORZAT. Galba-
Hercule, de lui donner la num.
dixième partie de ses bes- AYCAFORT. Voyez
tiaux. Hercule accepta l'of- Alartar.
fre, & nettoya l'étable en y AYCOPHES & AY-
faisant passer le fleuve Al- CUPHER. Cuivre brûlé.
phée. Augias refusa de tenir AYMAN ou AIMANT.
sa promesse, & Hercule le Matière au moyen de la-
tua pour s'en venger. Voyez quelle les Philosophes sa-
les Fables Egyptiennes & vent extraire leur eau mer-
@

AZ AZ 51

curielle, qui ne mouille pas c'est le minium des Philo-
les mains, des rayons du sophes, ou la pierre parve-
soleil & de la lune. Sachez nue au rouge.
que l'arbre solaire tire son AZET. Voyez Azoth.
origine de cette eau, dit le AZIMAR, selon Ru-
Cosmopolite, qu'elle seule land, veut dire du vert-de-
est capable de le dissou- gris ou fleur-d'airain, ou
dre, & qu'elle s'extrait des même de l'aes-ustum; & se-
rayons du soleil & de la lon Planiscampi, il signifie
lune par la force de notre du minium.
aimant, que j'ai ci-devant AZINABAN. Terme
nommé acier. Philalèthe s'en dont les Philosophes Spagy-
est servi dans le même sens. riques ont usé pour signifier
Voyez Aimant. les fèces, ou l'impur qu'ils
AZAA. Matière de la séparent de la matière pure
pierre des Sages. des Sages.
AZAMO. Chaleur In- AZOC. Mercure des
dienne. Termes dont se sont Philosophes. Ce n'est pas le
servis quelques Alchimistes mercure vulgaire cru, tiré
pour déterminer un degré du simplement de sa mine; mais
feu propre à l'oeuvre philo- un mercure extrait des corps
sophique. Voyez Feu des dissous par l'argent-vif. Ce
Philosophes. qui fait un mercure bien plus
AZAPHORA. Cuivre mûr. Bern. Trévisan, Epit.
brûlé, ou aes-ustum. à Thomas de Boulogne.
AZARNET. V. Adar- C'est avec ce mercure que
nech. les Philosophes lavent leur
AZEC. Attrament, vi- laiton; c'est lui qui purifie le
triol. corps impur avec l'aide du
AZECI. Vitriol philoso- feu; & par le moyen de cet
phique. azoc on parfait la médecine
AZEDEGIM. Pierre propre à guérir toutes les
Hématite. maladies des trois règnes de
AZEG. Vitriol. la Nature. Cet azoc doit se
AZEGI. Attrament vi- faire de l'élixir. Ibid.
triolique. AZOCH. V. Azoth.
AZEL. Alun. AZOG. V. Azoth.
AZEMASOR. Cina- AZOGEN. Sang de dra-
bre, quelquefois le minium; gon. C'est la pierre au rou-
mais dans ce dernier cas, ge, parce qu'elle est formée
D ij
@

52 AZ AZ

du mercure des Philosophes, rée, & bien purifiée, ou le
qu'ils appellent Dragon. mercure philosophal suffi-
AZOMAR & AZI- sent à l'Artiste pour le com-
MAR. Cinabre, suivant mencement & la perfection
quelques Chimistes; & le de tout l'oeuvre; mais le mer-
minium, selon d'autres. cure doit être tiré de sa mi-
Johnson. nière par un artifice ingé-
AZOMSES. Mercure nieux. Bernard Trévisan dit,
des Philosophes. (la parole délaissée) que
AZON. Mercure des Sa- tout le monde voit cette mi-
ges purifié & travaillé. nière altérée & changée en
AZONEC. Sel armo- une matière blanche & sè-
niac, ou l'Aigle philosophi- che, en manière de pierre,
que. Voyez Mercure. de laquelle l'argent-vif & le
AZOTH. Nom que les soufre philosophiques sont
Philosophes Hermétiques extraits par une forte igni-
ont donné plus communé- tion. Les Philosophes ont
ment à leur mercure. Ces donné beaucoup de noms à
choses sont en la miséricorde cet Azoth; Quintessence-
de Dieu, & nous avons seu- astrale, Serf-fugitif, Esprit-
lement besoin dans notre animé, Ethelia, Auraric,
oeuvre de l'azoth & du feu. &c. Voyez Mercure &
Basile Valentin. Le feu & Matière.
l'azoth lavent & nettoient le Azoth, selon Planiscampi,
laiton, c'est-à-dire la terre signifie moyen d'union, de
noire, & lui ôtent son obs- conservation, ou médecine
curité. Clang. Bucc. Le feu universelle. Il fait aussi re-
& l'eau, qui est l'azoth, la- marquer que le terme Azoth
vent le laiton & le nettoient doit être regardé comme le
de sa noirceur. Arn. de Vill. principe & la fin de tout
Il faut faire deux parts du corps, & qu'il renferme tou-
corps coagulé, dont l'une tes les propriétés cabalisti-
servira d'azoth pour laver & ques, comme il contient la
mondifier l'autre, qui s'ap- première & la dernière let-
pelle laiton, qu'il faut blan- tre des trois langues matri-
chir. Nic. Flam. ces, l'Aleph & le Thau des
Quand les Philosophes di- Hébreux, l'Alpha et l'O-
sent que l'azoth & le feu suf- méga des Grecs, l'A & le Z
fisent pour l'oeuvre, c'est-à-* des Latins.
dire que la matière prépa- Azoth est aussi le nom que
@

AZ BA BA 53
quelques Chimistes vulgai- Bacche. Voyez les Fables
res ont donné à un précipité Egypt. & Grecq. dévoilées,
de mercure commun, ou liv. 3. ch. 14. §. 2. & liv. 4.
vulgaire, fait (comme ils le ch. 1.
disent) per se. On en trouve BACCHUS. Fils de Ju-
la manière dans la Chimie piter & de Sémelé, fille de
Médicinale de M. Malouin, Cadmus. La Fable dit qu'il
T. II. pag. 196. On a aussi naquit des cendres de sa
nommé ce précipité de mer- mère, comme Esculape. El-
cure, Azoth de Heslingius, le nous le représente ailé,
& Or horizontal, parce que ayant des cornes, une tête
sa couleur est d'un rouge de taureau, mâle & femelle,
jaunâtre approchant de la jeune & vieil, barbu, &
couleur aurore. sans barbe. C'est le même
AZUB. Alun. que les Egyptiens nom-
AZUBO. Vase Hermé- maient Dionysius. Toutes
tique. les histoires que l'on fait de
AZUC. Corail rouge. lui, ne sont, au sentiment
AZUMEN. Terme des Philosophes Spagyri-
arabe employé par quel- ques, qu'une allégorie des
ques Chimistes pour signi- opérations de leur Art, qu'ils
fier poids. appellent par excellence le
grand oeuvre. Bacchus est le
B. même, selon eux, qu'Ado-
nis, Apollon, le Soleil, Osi-
BACAR, signifie un ris & tant d'autres, comme
poids, suivant Rulland. le témoigne Orphée dans
BACCHANALES. Fê- son Hymne à Adonis, où il
tes instituées en l'honneur dit que tous ces noms diffé-
de Bacchus. V. Orgies, rents n'indiquent que la mê-
Dionysiennes. me personne. On le feint
BACCHANTES. Prê- quelquefois ailé pour dési-
tresses de Bacchus, qui cou- gner le moment de sa volati-
raient de nuit vêtues de lisation; ayant une tête de
peaux de panthères, de ti- taureau ou de bouc, parce
gres, les cheveux épars, des que ces animaux lui étaient
torches & des flambeaux al- consacrés comme à Osiris;
lumés à la main. Elles dan- mâle & femelle, à cause que
saient au son des tambours, la matière des Philosophes,
en criant souvent: Euhoê ou leur Rebis, est androgyne;
D iij
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54 BA BA

jeune & vieux, parce que faire circuler dans l'oeuf.
cette matière semble rajeu- BAIGNER. Remarquez
nir dans les opérations, que calciner, teindre, laver,
comme on peut le voir dans blanchir, baigner, &c. sont
l'article Vieillard. Voyez les une même chose, & que
Fables Egypt. & Grecques tous ces mots veulent dire
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 2. seulement cuire la matière,
BAGEDIA. Poids de jusqu'à ce qu'elle soit par-
douze onces, ou d'une li- faite. Synésius.
vre, selon l'usage de la Mé- BAIN. Vinaigre des Sa-
decine. ges, avec lequel ils lavent
BAIAC ou BEIAC. Cé- leur laiton; c'est leur dissol-
ruse. vant, qu'ils appellent leur
BAIGNER. Les Philo- Mercure.
sophes Chimiques disent Bain DE DIANE. Voyez
qu'ils préparent un bain pour Mercure Philosophi-
le Soleil & la Lune, pour le que.
Roi & la Reine, &c. Dans Bain DU ROI. Eau per-
les figures d'Abraham Juif, manente, ou mercure des
rapportées par Flamel, est Sages, à laquelle ils ont don-
un Roi, dit celui-ci, ayant né le nom de Bain du Roi,
un grand coutelas, qui fait parce que leur or est lavé &
tuer en sa présence par des baigné par cette eau qui s'en
Soldats, quantité de petits distille & s'y recohobe sans
enfants, les mères desquels cesse, jusqu'à ce que la su-
pleuraient aux pieds des im- blimation l'ait desséchée.
pitoyables Gendarmes, & Bain DU SOLEIL. C'est
ce sang était puis après mis la même chose que bain du
dans un grand vaisseau, Roi, parce que l'or est le
dans lequel le Soleil & la Roi des métaux, & que ce
Lune du Ciel se venaient bain ou mercure des Sages
baigner. Cette fontaine est mondifie l'or philosophique.
seulement pour le Roi du Bain-MARIE, en ter-
pays, qu'elle connaît bien, mes de Science Herméti-
& lui elle; & est dedans que, est le fourneau des Sa-
icelle fontaine à se baigner ges, le fourneau secret, &
deux cens quatre-vingt deux non celui des Chimistes vul-
jours. Trévisan. Ils enten- gaires. On donne quelque-
dent quelquefois par bai- fois ce nom au mercure phi-
gner, cuire la matière, la losophal. Ce qu'ils appellent
@

BA BA 55

Bain s'entend aussi d'une même la poudre de projec-
matière réduite en forme de tion faite de la pierre au
liqueur, comme quand on blanc, ou au rouge, & pro-
veut faire la projection sur jetée sur le mercure ou les
un métal, ils disent qu'il doit autres métaux, les tue, pour
être au bain, c'est-à-dire en ainsi dire, en les fixant, &
fusion. les change en argent ou
BALITISTERE. Terre en or.
rouge, ou matière de l'oeu- BASSAD. Corail.
vre parvenue à la couleur BASURA. Semence.
rouge par la digestion du feu BATITURA - RAMI.
philosophique. Ecailles ou scories de cuivre.
BALZIAM. Fèves. Batitura de l'airain se prend
BARACH du Pain. C'est aussi pour les scories de quel-
le nitre tiré du sel. Johnson. que métal que ce soit. Johns.
BARCATA. Ouvertu- BATTRE, en termes de
re, crevasse par où la cha- science Hermétique. Agiter
leur d'un fourneau peut s'é- trop fort la matière, donner
chapper. un feu trop violent. Quand
BARDADIA. Le poids les esprits sont trop battus,
d'une livre. disent les Philosophes, ils
BARNA. Vase de verre. soutiennent impatiemment
BARNAAS, BARNA- le choc, ils s'élèvent & cas-
BAS, BARNABUS. Sal- sent le vaisseau, ou se brû-
pêtre des Philosophes, ou lent.
leur vinaigre très aigre. BATTUS ou BATTE.
BARURAC. Verre. Berger changé en pierre de
BASED ou BESED. touche par Mercure, pour
Corail. avoir violé la promesse qu'il
BASILIC. Les Philoso- lui avait faite de ne pas dé-
phes Chimistes ont donné couvrir le vol des boeufs
quelquefois ce nom à leur d'Admete, de la garde des-
mercure, parce qu'il dissout quels Apollon s'était char-
tout. Quelques-uns l'enten- gé. Voyez les Fables Egypt.
dent de la pierre au blanc, & Grecq. dévoilées, liv. 3.
& d'autres de la pierre au ch. 14. §. 1.
rouge; parce que comme les BAUDRIER. On compte
Anciens disaient que le Ba- parmi les travaux d'Hercule
silic tuait par sa seule vue la victoire qu'il remporta sur
ceux sur qui il la fixait, de les Amazones, à la Reine
D iv
@

56 BA BA

desquelles il enleva le bau- & une terre vierge, adami-
drier garni de diamants & que, vitriolique, feuillée,
de rubis. Les Alchimistes qui se tire du centre de la
disent que par ce baudrier, terre, & qui néanmoins se
il faut entendre la pierre phi- trouve par toute la terre
losophale & la médecine au habitée. Voyez Raymond
blanc & au rouge, signifiée Lulle & les autres Philoso-
par la blancheur des dia- phes, dans la Bibliothèque
mants & la couleur rouge curieuse Chimique de Man-
des rubis. get. C'est la pierre au blanc.
BAUL. Urine. Baurac se prend aussi
BAUME UNIVERSEL pour toute espèce de chose
DE LA NATURE. C'est, salée.
selon les Philosophes Spa- BAYDA. Cucurbite.
gyriques, leur élixir au blanc BDELLERUM. Sangsue.
ou au rouge, qui guérit tou- BDOLA. Soufre.
tes les infirmités des trois BELIER. Soufre des Phi-
règnes de la Nature, & per- losophes parfait au rouge. Il
fectionne tous ses individus. a pris ce nom de sa qualité
Baume EXTERNE DES chaude & sèche, comme
ELE'MENTS. Quintessence de celle du bélier. Les Adeptes
mercure. disent qu'ils tirent leur acier
BAURAC. Les Chi- du ventre du bélier, & ils
mistes vulgaires ont inter- appellent aussi cet acier leur
prété ce terme, l'écume du aimant. Voyez Aries. Mais
verre. Mais les Philosophes quand le Cosmopolite &
Hermétiques l'entendent de Philalèthe s'expriment ainsi,
la matière de la pierre phi- ils entendent parler de la ma-
losophale, qui ne se tire pas tière même de l'oeuvre, de
des fèces du verre ni de son laquelle ils font leur soufre.
écume, mais d'une matière BELISIS, Corail des Phi-
qui renferme les quatre élé- losophes.
ments sous deux choses visi- BELLEROPHON, fils
bles, l'eau & la terre ; non de Glauque, après divers
l'eau de pluie, de fontaine, exploits, combattit la Chi-
de mer ou aucune eau sem- mère, & s'en défit au moyen
blable; ni une terre telle que des secours que les Dieux lui
celle sur laquelle nous mar- donnèrent. Voyez les Fables
chons; mais une eau céleste, Egypt. & Grecq. dévoilées,
vive, permanente & sèche, liv, 3. chap. 14. §. 3.
@

BE BE BI 57

BELLONE. Déesse de de son eau, comme le beurre
la guerre, confondue sou- du petit-lait.
vent avec Minerve & Pal- BHACTA. Terre rouge.
las, dont voyez les articles. BIARCHETUNSIM.
BEMBEL ou BENIBEL. Céruse.
Terme de science Herméti- BICHE. Les Poètes ont
que. Mercure philosophal, feint qu'Hercule avait pris à
ou l'ouvrage de la pierre des la course & tué une Biche,
Sages. Dict. Herm. dont les pieds étaient d'airain
BERINBRUCH. Pierre & les cornes d'or. C'est une
qu'on trouve aux environs fable bien visible, puisqu'on
de Spire & dont les effets sur- ne vit jamais un tel ani-
prenants sont rapportés dans mal, & les Philosophes Spa-
les ouvrages de Duchêne, gyriques prétendent qu'elle
de la Violette, dit Querce- renferme les opérations du
tan, dans ceux d'Anselme grand oeuvre; que sous le
de Boot, & de Crollius. nom de cette Biche, il faut
BESEC. Mercure des entendre le suc métallique,
Sages. ou la partie volatile du mer-
BESED. Corail. cure, que la partie plus sul-
BE^TE VENIMEUSE fureuse arrête & précipite
DES SAGES. Les Philo- dans le fond du vase, & la
sophes Hermétiques pren- coagule avec lui, d'où lui
nent ces termes tantôt pour naissent des cornes d'or;
le mercure & tantôt pour la c'est-à-dire, la pierre philo-
pierre parfaite. Dans le pre- sophale. Voyez les Fables
mier sens, c'est parce que Egypt. & Grecques dévoi-
le mercure est un dissolvant lées, liv. 2. ch. 4.
universel; & dans le second, BIEN DES BIENS. Pier-
parce que la pierre parfaite re philosophale, dont l'ac-
au blanc ou au rouge change quisition emporte avec elle
la nature des métaux, les dé- tous les biens de ce monde,
truit, pour ainsi dire, pour les richesses & la santé.
leur donner une nouvelle Bien A PLUSIEURS
forme intrinsèque, en les NOMS. Mercure animé.
transmuant en or ou argent. BILADEN. Acier.
BEURRE. Matière des BIMATER. V. Bac-
Sages, qu'ils ont nommée chus.
beurre, parce qu'elle est vis- BITRINATI, Tout vase
queuse, & qu'elle se sépare de verre.
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58 BL BL BO

BLACINAL. Plusieurs LAIRE. Elle précède la par-
métaux fondus ensemble. faite blancheur dans l'oeuvre
BLANC-ESPRIT. Mer- de la pierre philosophale. Ce
cure des Sages. sont des espèces de petits fi-
Blanc DU NOIR. Ma- laments blancs qui paraissent
gistère au blanc parfait, qui à mesure que la noirceur ou
n'a pu parvenir à la blan- le règne de Saturne passe,
cheur qu'en passant par la & que le règne de Jupiter
couleur noire, vrai indice de lui succède.
la parfaite putréfaction. Le BLANCHIR des
BLANCHEUR. Les Philosophes. C'est cuire la
Philosophes disent que lors- matière jusqu'au blanc par-
que la blancheur survient à fait. Blanchissez le laiton &
la matière du grand oeuvre, déchirez vos livres, crainte
la vie a vaincu la mort, que que vos coeurs ne soient dé-
leur Roi est ressuscité, que chirés par l'inquiétude. Code
la terre & l'eau sont de- de Vérité.
venues air, que c'est le ré- BODID. Oeuf des Phi-
gime de la Lune, que leur losophes.
enfant est né, & que le Ciel BOEUF. Animal adoré
& la Terre sont mariés; par- en Egypte. Voyez Apis,
ce que la blancheur indique Serapis. La Fable feint
le mariage ou l'union du fixe qu'Hercule enleva les boeufs
& du volatil, du mâle & de de Geryon, Mercure ceux
la femelle, &c. qu'Apollon gardait pour Ad-
La blancheur après la pu- mete. Voyez l'explication
tréfaction est un signe que de ces fictions dans les Fa-
l'Artiste a bien opéré. La bles Egypt. & Grecques dé-
matière a pour lors acquis voilées, liv. 1. chap. 1. &
un degré de fixité que le feu suiv. liv, 2. chap. 14. §. 1.
ne saurait détruire; c'est & liv. 5. ch. 12.
pourquoi il ne faut que con- BOF. Chaux vive.
tinuer le feu pour perfection- BOIS. Voyez Arbre.
ner le magistère au rouge; Bois d'Or. Arbre so-
& lorsque l'Artiste voit la laire des Philosophes.
parfaite blancheur, les Phi- Bois DE PERROQUET.
losophes disent qu'il faut dé- C'est l'aloès.
chirer les livres, parce qu'ils Bois DE PARADIS.
deviennent inutiles. Aloès.
BLANCHEUR CAPIL- Bois DE VIE. C'est la
@

BO BO BR 59

pierre parfaite, qui devenue mis & inséré dans le col d'une
médecine universelle, gué- autre.
rit toutes les infirmités du BOUC. Animal adoré
corps humain, & conserve chez les Egyptiens. Ces peu-
l'homme en santé jusqu'au ples l'avaient consacré à Osi-
terme prescrit par la Sagesse ris, & les Grecs à Bacchus,
divine. comme étant le symbole du
BOITEUX (le). C'est, principe fécondant de la na-
en termes de Chimie Her- ture, ce feu inné qui vivi-
métique, Vulcain ou le feu, fie tout. Voyez les Fables
que la Fable nous représente Egypt. & Grecq. dévoilées,
sous la forme d'un homme liv. 1. sect. 3. chap. 5.
boiteux. Basile Valentin l'a Le Bouc servait aux Egyp-
représenté ainsi dans la plan- tiens dans leurs figures hié-
che qui est à la tête de la pre- roglyphiques pour signifier la
mière de ses douze Clefs. partie de la matière de la
BOL JUDAIQUE. pierre philosophale, que les
Guimauve. Alchimistes nomment leur
BOLESIS. Le même soufre; c'est pourquoi les
que Belisis. Egyptiens avaient consacré
BOLESON. Baume. cet animal à Bacchus, qui
BORADES. Limaille n'était autre chez eux qu'O-
des métaux. siris, à qui ils avaient aussi
BORAX. Pierre des Phi- donné les noms d'Apollon,
losophes au blanc. Adonis, &c.
BORE'E, fils d'Astrée, BOUE. Les Philosophes
enleva Orithie, dont il eut ont quelquefois donné ce
Calaïs & Zethe. Voyez les nom à leur matière, ce qui
Fables Egypt. & Grecques a induit en erreur plusieurs
dévoilées, liv. 2. ch. 1. Chimistes, qui ont travaillé
BORIN. Vinaigre téré- sur la boue & le limon. Mais
benthiné, ou alcalisé. Philalèthe nous apprend
BORITIS. C'est la ma- qu'on ne doit appliquer ce
tière des Sages en putréfac- nom de boue que lorsque la
tion ou au noir. matière est en putréfaction.
BOTRACHIUM. Ache BRACIUM. Cuivre,
de Sardaigne, appelée par Vénus.
les Botanistes Apium risus. BRARICIA. Verre.
BOTUM BARBA- BRASE. Charbons.
TUM. Col d'une cucurbite BRETAN. Bois de Brésil.
@

60 BR BR

BRIARE'E, fils du Ciel un brouillard, qui s'élève de
& de la Terre, le plus ter- la matière, & se condense
rible & le plus redoutable dans l'air des Philosophes,
de tous les Géants. Tous les d'où elle retombe pour ar-
noms des Géants signifient roser leur terre, la purifier
quelque chose qui tend à la & la féconder.
destruction, comme la tem- BROYER, en termes de
pête, la fureur, le tonnerre, Chimie, c'est cuire la ma-
les vents impétueux, &c. tière, & non la piler dans un
On peut voir là-dessus l'His- mortier, ou autrement.
toire du Ciel de M. Peluche, BRULER, Assare, en
qui en donne les étymolo- termes de Philosophie chi-
gies fort au long. Voyez ce mique, ne doit pas se pren-
qu'ils signifient chimique- dre pour calciner ou mettre
ment dans les Fables Egypt. au feu; mais cuire simple-
& Grecq. dévoilées, liv. 3. ment la matière dans son
ch. 2. 3. & 4. vase, & à feu doux.
BRISE'IS, fille de Brisès, BRUMAZAR. Nom que
se nommait d'abord Hippo- quelques Philosophes Chi-
demie. Lorsque les Grecs miques ont donné à leur
s'emparèrent de la ville de mercure. C'est une vapeur
Lyrnesse, Briséïs captive grasse, onctueuse, dont l'Au-
échut par le sort à Achille. teur de Clangor Buccinae
Agamemnon la lui ayant parle en ces termes: Le pain
enlevée de force, Achille en fermenté & cuit est dans son
conçut un tel dépit qu'il cher- degré de perfection: de mê-
cha tous les moyens de s'en me l'or quand il est purifié
venger, & ne voulut pren- par le feu, est un corps fixe,
dre les armes contre les & n'est plus susceptible de
Troyens, que pour venger fermentation, s'il n'est mêlé
la mort de son ami Patrocle. avec Brumazar, c'est-à-dire
Voyez les Fables Egypt. & la première matière des mé-
Grecques dévoilées, liv. 6. taux, dans lequel il se résout
C'est par la colère d'Achille en cette première matière.
qu'Homère commence son Prenons donc cette première
Iliade. de laquelle l'or est composé,
BROMIUS. Surnom de & au moyen de l'art nous
Bacchus. Voyez Bacchus. en ferons le ferment philo-
BROUILLARD. Va- sophique. Becher.
peur épaisse, ressemblant à BUBASTE. V. Diane.
@

BU CA CA 61

BURAC. Toute espèce CABEL. Excrément hu-
de sel. main.
BURINA. Poix. CABET. Ecailles du fer.
BUSIRIS, Roi d'Egyp- CABIRIA. Surnom de
te, tuait & massacrait ses Cérès. Voyez Cérès.
hôtes. Hercule le vainquit CACHYMIA. Ecume
& le tua. Ce Busiris, selon ou scorie d'argent.
les Alchimistes, est le sou- CACUS, fils de Vulcain
fre incombustible & les im- selon la Fable, est, suivant
puretés qui enveloppent la l'explication des Alchimis-
vraie matière de la pierre, tes, le feu commun. Cacus
& la tiennent comme dans représenté comme un mons-
un état de mort. L'Artiste tre terrible, demi-homme,
détruit par le feu ces impu- & vomissant toujours du feu,
retés, & en délivre par ce ce sont les fourneaux des
moyen l'Egypte, qui re- Chimistes ordinaires & des
présente la terre philoso- Fondeurs, qui vomissent sans
phique. cesse un feu contre-nature,
D'autres expliquent cette qui ravage tout ce qu'on lui
fable différemment. Busi- présente, qui le détruit, &
ris, selon eux, est pris pour en change toute la nature.
le mercure philosophique, Ce Cacus est vaincu par Her-
dont l'activité des esprits dis- cule, le symbole du mercure
sout, putréfie, & donne, des Philosophes, qui dans la
pour ainsi dire, la mort à transmutation corrige ce que
tous les métaux avec les- Cacus avait gâté, en enle-
quels on le mêle. L'Artiste vant les troupeaux d'Hercu-
dans les opérations de la le, c'est-à-dire en rendant les
pierre philosophale, fixe & métaux ordinaires sans vie,
coagule ces esprits mercu- & en leur ôtant cette qualité
riels. générative que l'on trouve
C. dans la matière métallique
qui sert de base à toutes les
CAB. Or philosophi- opérations du grand oeuvre.
que. Quelques Alchimistes don-
CABALATAR & CA- nent à leur soufre le nom de
BALATUR. Sel nitre des Cacus, & celui d'Hercule à
Sages. leur sel. Voyez les Fables
CABEBI. \ Egypt. & Grecq. dévoilées,
CABEH. / Mâchefer. liv. 5. chap. 20.
@

62 CA CA

CADEGI. Voyez Ma- loir couper les jambes & les
labathron. ailes à Mercure. Voyez son
CADIMA AURI. Li- origine, ses propriétés & son
tharge d'or. usage dans les Fables Egypt.
CADMIE est un des & Grecques dévoilées, ar-
noms que les Philosophes ticle de Mercure, liv. 3. ch.
Hermétiques ont donné à la 14. §. 1. On a aussi donné
matière de leur pierre. Quel- le caducée à Bacchus.
ques-uns ont aussi nommé Le caducée était composé
Cadmie les parties hétéro- de trois parties, de la tige
gènes de cette matière, qu'il d'or surmontée d'une pom-
ne faut point faire entrer dans me de fer, & de deux ser-
l'oeuvre. C'est proprement pents, qui semblent vouloir
la pierre au rouge. se dévorer. L'un de ces ser-
CADMUS, fils d'Age- pents représente la partie vo-
nor Roi de Phénicie, fut en- latile de la matière philoso-
voyé par son père à la pour- phique, l'autre signifie la
suite d'Europe sa soeur, en- partie fixe qui se combattent
levée par Jupiter métamor- dans le vase; l'or philoso-
phosé en taureau blanc. Il phique dont la tige est le
bâtit la ville de Thèbes, symbole, les met d'accord
épousa Hermione ou Har- en les fixant l'un & l'autre,
monie, fille de Mars, & fu- & en les réunissant en un seul
rent l'un & l'autre changés corps inséparablement.
en serpents. Voyez les Fa- CAFFA. Camphre.
bles Egypt. & Grecques dé- CAGASTRUM. Terme
voilées, liv. 1. sect. 4. que Paracelse a inventé pour
CADUCE'E. Les Philo- signifier l'image de quelque
sophes chimiques ont don- chose de réel, ou une chose
né à leur dissolvant le nom de qui n'est telle qu'en appa-
Caducée de Mercure, parce rence. C'est le contraire d'y-
qu'ils prétendent que les in- liastrum. Il dit que cagastrum
venteurs de la Fable avaient est ce que le sel nitre est à la
intention d'indiquer ce dis- première matière de tout,
solvant par le Caducée. C'est ou comme la chair de l'hom-
pourquoi Abraham Juif met me à sa première matière. La
dans sa première figure hié- chair d'Adam, après le pé-
roglyphique un Mercure te- ché, devint Cagastrique. Il y
nant son caducée, & Saturne a de même deux sortes de
avec sa faux qui semble vou- vie, l'une est yliastrique ou
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CA CA 63

celle de l'esprit, & l'autre la matière, & les effets par
cagastrique ou celle de la la putréfaction.
partie animale. Paracelse, CAL. Arsenic philoso-
de Azoth. phique, ou la matière des
CAGASTRIQUE. Ce Chimistes Hermétiques,
qui n'est pas nécessaire dans tant pendant sa dissolution,
le corps de l'homme, & ce parce qu'alors elle est un
qui n'y est quasi mis par la grand poison, que lorsqu'elle
Nature que comme un or- est parvenue au blanc. Voyez
nement; tels sont les che- Arsenic.
veux, la barbe, le poil, les CALAIS, fils de Borée,
mamelles, &c. au con- & l'un des plus célèbres Ar-
traire de ce qui y est yliastri- gonautes, poursuivit, avec
que, comme le coeur, les son frère Zethès, les Harpies
parties nobles, &c. qui désolaient le bon homme
CAHOS & Tombeau Phinée. On les représentait
où doit sortir l'Esprit. Les avec des ailes & des che-
Physiciens Chimistes en- veux azurés. Hercule les fit
tendent par ces termes la périr. Voyez les Fab. Egypt.
matière de la pierre pendant & Grecq. dévoilées, liv. 2.
le temps de la putréfaction, chap. 1.
lorsqu'elle est noire, & que CALAMBAC. Aloès.
les éléments semblent alors CALCADIN. Colcotar,
confondus ensemble. ou matière des Philosophes
CAILLE'. Matière des parvenue au rouge.
Sages coagulée. CALCADIS. Vitriol.
CAIN. Nom que les Phi- Quelques Chimistes ont
losophes ont donné à leur donné ce nom au sel alcali.
matière en putréfaction & CALCATON. Trochis-
parvenue au noir, peut-être que d'arsenic. Johnson.
à cause de la malédiction CALCHAS. Devin fa-
que Dieu prononça contre meux de l'armée des Grecs,
lui au sujet du meurtre qu'il qui, aidés de ses conseils,
avait commis envers son frè- firent de grands exploits con-
re Abel, ou parce que les tre les Troyens. Il indiqua
désordres de ses descendants aux premiers le moyen d'a-
furent la cause du déluge paiser le courroux de Dia-
qui fit périr presque tout le ne, & prédit que la ville de
genre humain. Ce déluge est Troie ne pourrait être prise
figuré par la dissolution de qu'après la neuvième année
@

64 CA CA

du siège, sur ce qu'un dra- phique se fait avec le feu hu-
gon avait dévoré en leur mide, ou eau pontique des
présence neuf petits moi- Sages, qui réduit les corps
neaux & leur mère. Cal- à leurs premiers principes,
chas mourut de chagrin pour sans détruire leurs vertus sé-
avoir trouvé un certain Mop- minales & germinatives; au
se plus habile que lui dans lieu que la calcination faite
l'art de deviner. Voyez les par le feu vulgaire, détruit
Fables Egypt. & Grecques, les semences des corps, ce
liv. 6. qui lui a fait donner le nom
CALCINATION. Puri- de Tyran de la Nature.
fication & pulvérisation des II y a deux sortes de cal-
corps par le moyen du feu cinations vulgaires; l'une
extérieur qui en désunit les qui se fait à feu ouvert, telle
parties en séparant ou éva- que celle de la cendre; &
porant l'humide qui les liait, celle qui se fait dans des va-
& en faisait un corps solide. ses fermés. Dans la première
Les Philosophes Spagyri- les parties sulfureuses vola-
ques se servent quelquefois tiles s'envolent en partie, &
indifféremment des termes privent par-là les sels d'une
de calcination, corruption, force & d'une vertu, qu'ils
& putréfaction, pour signi- conservent dans la seconde
fier la même chose. Ils en- espèce de calcination. Tous
tendent cependant plus sou- les sels tirés des cendres de
vent par le terme de calci- celles-ci se cristallisent, &
nation, l'opération qui suit il n'en est pas de même des
celle de la rubification de la autres, qu'on ne peut avoir
pierre. Il y a encore une au- que par l'évaporation de
tre calcination proprement l'humidité poussée au sec.
dite, & telle qu'on l'entend Il y a diverses sortes de
communément, qui est re- calcinations. Les unes qu'on
quise dans la préparation de appelle sèches, les autres hu-
la matière. C'est une purifi- mides, les unes corrosives,
cation ou mondification de les autres qui ne le sont point.
cette même matière, que Les calcinations humides
quelques-uns appellent recti- sont vaporeuses ou immer-
fication, d'autres ablution, sives.
d'autres séparation, dont Les vaporeuses se font en
voyez les articles. exposant des corps métalli-
La calcination philoso- ques ou autres, à la fumée
ou
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CA CA 65

ou à l'exhalaison de quelque CALCINATUM MA-
matière. Les immersives se JUS. Tout ce qui est adouci
font en mettant le corps par l'Art chimique, & qui
qu'on veut calciner dans des n'a pas cette douceur de sa
liqueurs corrosives, comme nature, comme le mercure
eaux fortes ou esprits ar- doux, l'âme du plomb, le
dents, de manière qu'elles y sel & autres semblables pré-
soient submergées. parations. Planiscampi.
Les calcinations sèches Calcinatum MINUS.
sont proprement ce qu'on Tout ce qui est doux natu-
appelle Cémentations, dont rellement.
voyez l'article. CALCITARI. C'est l'al-
On appelle aussi calcina- cali en général.
tion sèche, celle qui se fait CALCITEA. Traga-
par le feu, telle que celle de canthe.
la chaux à bâtir, de la sou- CALCITHEOS. Li-
de, des sels qu'on blanchit tharge, ou laiton blanchi
dans des creusets, des cen- des Philosophes.
dres qui viennent du bois CALCITIS. V. Cal-
brûlé ou d'autres matières. cadin.
Dans ces calcinations sè- CALCOCOS. Cuivre
ches, on distingue encore brûlé, ou aes-ustum.
celles qui se font à feu ou- CALCOKEUMENOS.
vert, à feu clos, & à feu de Aes-ustum.
réverbère. Voyez Feu, Ré- CALCOTA. Colcotar
verbère. philosophique.
Quelquefois calciner la CALCUTIUM. Cuivre
matière, c'est la blanchir & brûlé.
la purger de sa noirceur par CALDAR. Etain, ou
l'art, le feu philosophique, Jupiter.
& l'azoth. Le signe de la CALGFUR. Terme
parfaite calcination est la arabe, dont quelques Chi-
blancheur. mistes se sont servis pour
CALCINER, en termes dire du girofle.
de Philosophie chimique. CALIDE. Trochisque
Voyez Calcination. d'arsenic.
CALCINATOIRE. Le CALIDITE'. Qualité de
vaisseau calcinatoire des Phi- la matière fixe des Philoso-
losophes Hermétiques n'est phes. Ils ont donné ce nom
autre que l'oeuf des Sages. de calidité à leur mâle, ou
E
@

66 CA CA

fixe. Le premier est appelé Sages parvenue à la blan-
calidité & siccité, ou soufre; cheur.
le dernier, argent-vif, ou CAMBIC-SUC. C'est
frigidité & humidité. Fla- la gomme Gutta-gamba.
mel. CAMBILL. Terre rouge
CALIETTE. Champi- des Philosophes.
gnon du genévrier. CAMBYSE, Roi de
CALIX CHYMICUS. Perse, s'étant emparé de l'E-
Verre d'antimoine. gypte, tua le boeuf Apis, se
CALLECAMENON. moqua des Dieux de l'E-
Cuivre brûlé. gypte comme fabuleux, &
CALLENA. Salpêtre. envoya son armée pour dé-
CALLIRHOE'. Fille de truire le temple de Jupiter
l'Océan, & femme de Chry- Ammon. Il retourna dans
saor. Voyez l'article de ce son pays avec des richesses
dernier. immenses. Voyez les Fables
CALMET. Antimoine Egypt. & Grecques dévoi-
des Philosophes. lées, liv. 1. sect. 2.
CALPE'. Montagne éle- CAMERETH. Mercure
vée sur les confins de l'Es- des Philosophes fixé au rou-
pagne du côté de l'Afrique, ge, ou le soufre des Sages.
vers le détroit de Gibraltar. CAMES & CAMET.
Les Poètes ont feint qu'Her- Argent, ou matière philo-
cule la sépara d'une autre sophique poussée au blanc.
qui est vis-à-vis en Afrique, CANCINPERICON.
& nommée Abyla. Ces Fumier ou ventre de cheval,
deux avant cette séparation échauffé.
n'en faisaient qu'une. Ce CANCRE ou CAN-
sont ce qu'ils ont aussi ap- CER. La pierre des Philo-
pelé les Colonnes d'Her- sophes fixée au rouge, ainsi
cule. Voyez les Fab. Egypt. nommée à cause de sa com-
& Grecq. dévoilées, liv. 5. plexion chaude & sèche, &
chap. 12. de sa vertu ignée, qui l'a fait
CALTICIS. V. Cal- nommer Pierre de feu, Mi-
cadin. nière de feu céleste.
CALUFAL. C'est l'huile CANICULE (Feu de).
des Indes. Quelques Philosophes Her-
CALUSA - CYPTAS. métiques ont ainsi appelé
Cristal. leur troisième feu, ou degré
CAMBAR. Matière des de feu, par comparaison à
@

CA CA 67

la chaleur de la Canicule, afin de les en séparer, & de
qui est la plus forte de toute les avoir purs. On tire les
l'année. Ce n'est pas qu'il métaux de leurs capes au
faille augmenter le feu ex- moyen du repassement.
térieur au troisième degré, CAPRICORNE. Man-
puisqu'ils disent qu'il doit get dit que quelques Chi-
être égal & continu pen- mistes ont donné ce nom au
dant tout le cours de l'oeu- plomb. Il aurait dit vrai s'il
vre: cette augmentation doit l'avait expliqué du plomb ou
s'entendre du feu intérieur. Saturne des Philosophes; &
Cette équivoque a induit ils l'ont ainsi appelé, parce
beaucoup de gens en erreur. que le Capricorne désigne le
CANOPE. L'un des solstice d'hiver, comme la
Dieux adorés en Egypte. Il matière de l'oeuvre parve-
était représenté sous la figure nue au noir, ou Saturne des
d'un vase ovale posé sur une Philosophes, indique leur
de ses pointes; l'autre oppo- hiver.
sée portait une tête d'hom- CARAB. Gousse des lé-
me; & sur le vase étaient gumes.
figurés plusieurs hiérogly- CARAHA. Nom que les
phes. Voyez ce qu'on doit Alchimistes ont donné à un
entendre par Canope dans de leurs vaisseaux philoso-
le livre 1. ch. 9. des Fables phiques; c'est le premier: le
Egypt. & Grecq. dévoilées. second se nomme Aludel,
CANTACON. Safran dont voyez l'article.
des Philosophes. Quelques CARDEL. Moutarde.
Chimistes l'ont interprété CARDIR. Jupiter, ou
du safran commun. l'étain.
CANZE, CANNA, CARDIS. Mars, ou le fer.
CARNIT. Vase chimique. CARENA. La vingt-
Johnson. quatrième partie d'une gout-
CAPE. Terre minérale te. Johnson.
qui fait corps & compose les CARMITI. La pesanteur
pierres métalliques avec le d'une obole ou d'une maille.
métal, & qui n'est point mé- Johnson.
tal elle-même. C'est cette CARUMFEL. Girofle.
matière pierreuse qui occa- CARSUFLE'. V. Cor-
sionne les opérations qu'il suflé.
faut nécessairement faire CASIBO. Cyprès.
pour tirer l'aloi des métaux; CASMET. Antimoine.
E ij
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68 CA CA

CASPA. La matière phi- CATHOCHITES.
losophique au blanc. Substance gommeuse & glu-
CASSIBOR & CAS- tineuse, qui se trouve dans
SIDBOTT. Coriandre. l'île de Corse, selon Soli-
CASSIOPE'E, femme de nus & Pline. Johnson dit
Céphée Roi d'Ethiopie, s'é- qu'elle a la propriété d'attirer
tant vantée d'être plus belle la chair & les mains, aux-
que les Néréides, en fut pu- quelles elle s'attache forte-
nie par l'obligation où elle ment, comme l'aimant attire
se trouva d'exposer sa fille le fer, l'ambre les pailles,
Andromede pour être dévo- &c.
rée par un Monstre marin. CATILLIA ou CAR-
Persée tua ce Monstre, & la TILIA. Poids de neuf on-
délivra. Voyez les Fables ces.
Egypt. & Grecques dévoi- CATMA. Nom que
lées, liv. 3. ch. 14. §. 3. quelques Chimistes ont don-
CASTOR & POLLUX. né à l'or en limaille. Johnson.
Frères jumeaux, fils de Ju- CATROBIL. Terre
piter & de Léda, femme de commune chez les Chimis-
Tyndare. Jupiter changé en tes vulgaires, & terre des
cygne, ayant eu commerce Philosophes chez les Adep-
avec Léda, elle accoucha de tes.
deux oeufs, chacun desquels CAUCASE. Montagne
renfermait deux jumeaux; d'Asie, sur laquelle la Fable
de l'un sortirent Pollux & dit que Jupiter fit attacher
Hélène, de l'autre Castor & Prométhée, & lui faisait dé-
Clytemnestre. vorer le foie par une aigle,
Castor & Pollux accom- en punition de ce qu'il avait
pagnèrent Jason dans son ex- dérobé le feu du Ciel. Sui-
pédition de Colchos pour la vant le sens des Chimistes
conquête de la toison d'or, Hermétiques, le mont Cau-
où Pollux tua Amycus. Cas- case n'est autre que le mont
tor ayant été tué par Lyn- Philosophique, ou le vase de
cée, Pollux obtint de Jupi- l'Art & de la Nature, parce
ter de pouvoir communiquer qu'à ce dernier est attaché &
son immortalité à Castor, & lié le feu des Philosophes,
ils en jouissaient alternati- que d'Espagnet & plusieurs
vement. Voyez les Fables autres appellent Minière de
Egypt. & Grecques, liv. 2. feu céleste. Voyez les Fables
ch. 1. liv. 3. ch, 14. §. 4. & Egypt. & Grecq. dévoilées,
liv. 6. cha. 3. liv. 5. ch. 17.
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CA CE CE 69

CAUDA VULPIS RU- admet deux, l'une fille d'At-
BICURDI. Minium du las, laquelle eut commerce
plomb. avec Jupiter; l'autre était
CECROPS, Fondateur une des Harpies, fille de Ju-
du Royaume d'Athènes, piter & de la Terre. Les
était originaire d'Egypte Poètes, & ceux qui ont dit
d'où il porta le culte des après eux que les sept filles
Dieux dans la Grèce. La Fa- d'Atlas ont formé les sept
ble dit qu'il était moitié Pléiades, & que chacune
homme & moitié serpent. d'elles a un rapport avec une
Voyez les Fables Egypt. & des planètes, donnent Ce-
Grecques, liv. 1. sect. 4. leno à Saturne. On dirait
CEDUE. L'air. qu'ils ont consulté les Adep-
CEINTURE DE VE'- tes pour donner cette expli-
NUS, appelée CESTE. cation; elle ne pouvait en
Elle avait, selon la Fable, effet y mieux convenir, puis-
la propriété non-seulement que Celeno vient d'un mot
de rendre aimable celle qui grec qui signifie obscurité,
la portait, mais encore de noirceur, & le Saturne des
rallumer les feux d'une pas- Philosophes n'est autre que
sion éteinte; c'est pourquoi la matière de l'oeuvre parve-
Junon, brouillée avec Jupi- nue au noir pendant qu'elle
ter, emprunta de Vénus cet- est en putréfaction. On peut
te ceinture, pour captiver la voir dans l'article Harpie
bienveillance de ce Dieu. ce qu'elle signifie de plus.
Mercure étant encore en- Voyez aussi les Fabl. Egypt.
fant, joignit à ses autres fri- & Grecq. dévoilées, liv. 2.
ponneries le vol de cette chap. 1.
mystérieuse ceinture. Voyez CELOPA ou CHELO-
les Fables Egypt. & Grecq. PA. Jalap.
dévoilées, liv. 3. chap. 14. CENDRE. Les Secta-
§. 1. & liv. 6. teurs de la science Hermé-
Les Philosophes Hermé- tique appellent souvent cen-
tiques expliquent cette cein- dre la matière de la pierre
ture du petit cercle de cou- putréfiée dans l'aludel, par-
leurs différentes qui se forme ce que la chaleur extérieure
autour de la matière à cha- agissant sur le mixte du vais-
que fois qu'elle commence seau en sépare l'humide qui
à changer de couleur. en liait les parties, & après
CELENO, La Fable en l'avoir desséché, laisse le
E iij
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70 CE CE

mixte comme une poudre, cule vint après, & acheva
ou cendre, & la matière de les détruire.
dans cet état est en putré- Le mariage de Pyrithoüs
faction ou corruption; car avec Déidamie est celui des
l'un & l'autre terme le pren- Philosophes, qui se fait dans
nent indifféremment pour si- le vase avec le fixe igné &
gnifier la même chose. le volatil mercuriel. Avant
Les Philosophes Hermé- la parfaite réunion des deux,
tiques disent qu'il ne faut pas il se fait un combat de l'un
mépriser la cendre, & Mo- & de l'autre, qui produit la
rien dit qu'elle est le dia- dissolution & la volatilisa-
dème du Roi. Il faut enten- tion indiquées par les Lapi-
dre ces termes de la matière thes, dont le nom signi-
après qu'elle a été en putré- fie s'élever avec arrogan-
faction; parce qu'alors elle ce. Voyez l'explication plus
semble de la cendre & que étendue dans le liv. 5. ch. 6.
de cette cendre doit sortir le des Fables Egyptiennes &
soufre philosophique, qui est Grecques dévoilées.
le diadème du Roi. CENTRE DU MON-
Cendre DE TARTRE. DE. C'est la matière de la
Soufre des Philosophes par- pierre des Philosophes, & la
fait au rouge. pierre même quand elle est
CENIOTEMIUM. dans sa perfection. Les Phi-
Mercure préparé pour la vé- losophes l'ont ainsi nommée,
role. parce qu'ils disent que toutes
CENTAURES (Les) les propriétés de l'Univers y
étaient fils d'Ixion & d'une sont comme réunies.
nuée, excepté le Centaure Centre DE L'OEUF.
Chiron, qui fut fils de Sa- C'est le jaune.
turne & Phillyre. Ils avaient CEPINI. C'est le vi-
la partie supérieure du corps naigre.
de forme humaine, & de- CERATION. Temps où
puis la ceinture jusqu'au bas la matière passe de la cou-
de la forme d'un cheval. leur noire à la grise & puis
Ayant été invités aux noces à la blanche; ce qui se fait
de Pyrithoüs, ils y cherchè- par la seule digestion &
rent querelle aux Lapithes, cuisson continuées sans ad-
& il y eut un sanglant com- dition de quoi que ce soit.
bat entr'eux, où les derniers CERAUNO-CRYSON.
restèrent vainqueurs. Her- Or fulminant.
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CE CE 71

CERBERE. Dans le chimistes vomissent du feu,
sens des Chimistes vulgai- comme ceux des Chimis-
res, c'est le nitre; mais les tes ordinaires; car le feu de
Philosophes entendent bien la Philosophie Spagyrique
autre chose par le Cerbère de n'est pas le feu vulgaire,
la Fable. Les Poètes Philo- mais le feu de la nature, un
sophes ont imaginé qu'un feu qui échauffe sans brûler.
chien à trois têtes, la gueule Et qui connaîtra ce feu, &
béante, gardait la porte des la manière de le graduer, est
Enfers, & qu'il y était en- bien avancé dans la science
chaîné par une chaîne triple. Hermétique. Que celui qui
Les Alchimistes prétendent veut étudier cette science ait
que toutes les fables des an- donc Hercule, & sache le
ciens Poètes ne sont que des marier à propos avec Thésée
énigmes, dont ils se sont ser- son compagnon inséparable,
vis pour cacher les opéra- il aura bientôt le secret des
tions de la pierre philoso- trois règnes.
phale. Ils disent en consé- CERCLE, en termes de
quence qu'il faut entendre science Hermétique, signi-
par Cerbère ce chien à trois fie circulation de la matière
têtes, ou la matière de la dans l'oeuf des Philosophes.
pierre philosophale compo- C'est dans ce sens qu'ils
sée de sel, de soufre & de appellent leur opération le
mercure, renfermée dans le mouvement des cieux, les
triple vase des Philosophes, révolutions circulaires des
qui sont les trois chaînes qui éléments, & qu'ils nomment
lient Cerbère; ou que la ma- aussi le grand oeuvre la Qua-
tière est elle-même le palais drature du cercle Physique.
de Pluton Dieu des Enfers, Michel Majer a fait un petit
& que le triple vaisseau est traité sur ce sujet, qui a pour
le chien à trois têtes qui gar- titre: De Circulo quadrato
de la porte du palais & en Physico, sive de Auro.
empêche l'entrée. Cette der- Ils divisent aussi la prati-
nière explication me paraît que de la pierre philosophale
plus vraisemblable; car il est en sept cercles ou opérations;
dit que ce Cerbère vomissait & tout consiste cependant à
du feu; ce qui est le propre dissoudre & à coaguler. Le
des fourneaux. On ne doit premier cercle est la réduc-
pas cependant entendre par-* tion de la matière en eau. Le
là que les fourneaux des Al-* second est de coaguler cette
E iv
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72 CE CE CH

eau en terre fixe. Le troi- convertie en air, on l'appelle
sième est la digestion de la Cerveau; lorsqu'elle est de-
matière, qui se fait très len- venue feu, on lui donne le
tement; c'est pourquoi les nom de Coeur de cerf: Quel-
Philosophes disent que les ques Alchimistes disent
révolutions de ce cercle se qu'alors le cerf est livré aux
font dans le fourneau secret. chiens, pour être dévoré.
Elle cuit la nourriture de C'est-à-dire qu'on l'expose à
l'enfant des Sages, & la con- l'action du feu pour y être
vertit en parties homogènes, digérée & fixée.
comme l'estomac prépare les CERVELLE DE
aliments pour les tourner en BOEUF. C'est, en termes
la substance du corps. D'Es- de Chimie, du tartre brûlé.
pagnet n'admet que trois cer- Johnson.
cles, par la répétition des- CE'RUSE. (Sc. Herm.)
quels on parvient, dit-il, à Quelques Chimistes se sont
réduire l'eau en terre, & à imaginé que la céruse était
concilier les ennemis, c'est-* la matière des Philosophes,
à-dire, le volatil avec le fixe, parce qu'elle est faite du
l'humide avec le sec, le froid plomb, & que les Adeptes
avec le chaud, l'eau avec le disent que leur Mercure est
feu. fils de Saturne, mais, si l'on
CERDAC. Mercure. s'en rapporte à Philalèthe,
CE'RE'S. Fille de Saturne ils entendent par céruse le
& d'Ops, & soeur de Jupi- magistère au blanc; comme
ter & de Neptune, de Pluton on peut le voir dans son trai-
& de Junon. Cérès fut re- té qui a pour titre: Enarra-
gardée comme mère de Plu- tio methodica trium medici-
tus & de Proserpine; Pluton narum Gebri.
enleva celle-ci & la consti- CESTE DE VE'NUS.
tua Reine des Enfers. Voyez Voyez Ceinture.
cette fable & son explica- CEXIM. Vinaigre.
tion chimique dans les Fa- CHAIA. Matière des
bles Egyptiennes & Grec- Philosophes parvenue à la
ques dévoilées, liv. 4. ch. 2. couleur blanche.
& 3. CHACEF. Vase de terre.
CERVEAU ou COEUR Johnson.
DE CERF. Terme de Chi- CHALEUR. Action du
mie. C'est la matière des feu, qui produit sur les corps
Philosophes; quand elle est un effet plus ou moins vif,
@

CH CH 73

selon que les parties ignées leur naturelle surmontée,
sont en plus grande ou moin- abandonne la circonférence
dre quantité, & plus ou & se retire au centre ; alors
moins agitées. Lorsque cette les parties éloignées privées
action du feu est modérée, du lien qui les unissait, se
elle est proprement dite cha- séparent de proche en pro-
leur; lorsqu'elle est violente che changent de confor-
jusqu'à causer la séparation mation organique; & cette
des parties des corps sur les- chaleur ne trouvant plus la
quels elle agit, on doit l'ap- même matière disposée com-
peler adustion, ignition. me elle doit l'être pour être
Nous ne jugeons des de- animée, agit sur elle diffé-
grés de chaleur que par les remment. Elle fait comme
sens, & par ses effets. On un effort dans le centre; les
distingue plusieurs sortes de parties voisines trop violem-
chaleurs, la naturelle & l'ar- ment agitées, communi-
tificielle, l'interne & l'ex- quent leur mouvement im-
terne. modéré à celles qui les tou-
La naturelle est l'effet du chent, celles-ci aux autres,
feu inné dans tous les Etres, d'où naît la fermentation, à
qui fut implanté & commu- celle-ci succède la corrup-
niqué à la matière dès la tion, enfin une nouvelle gé-
création, lorsque l'esprit de nération.
Dieu était porté sur les eaux. Le froid n'est pas toujours
Cette chaleur donne la vie à nécessaire pour causer la dis-
tout, parce qu'elle est une solution des parties des mix-
émanation du principe de la tes: la chaleur innée aug-
vie par essence. Dès que cet- mentée au-delà du degré re-
te portioncule de vie aban- quis pour l'entretien de la vie
donne un sujet, la dissolu- du corps qu'elle vivifie, en
tion des parties succède à cet cause aussi la destruction.
abandon, parce qu'elle en Les parties fatiguées par
était le lien. trop de mouvement, se dé-
Deux causes contraires tachent, se dérangent, &
produisent cet effet; le froid ouvrent un passage libre à ce
son ennemi lorsqu'il domi- feu, qui s'évanouit pour ainsi
ne, & l'action même de ce dire, & laisse après lui des
feu poussée à un degré trop marques funestes de son ac-
violent. tion & de son absence. Cette
Par le premier, cette cha- chaleur naturelle est propre-
@

74 CH CH

ment celle que nous appe- CHANGER LES NA-
lons interne. TURES. Voyez Nature.
Il y a une autre chaleur CHANQUE. Nitre des
naturelle, celle du soleil. Philosophes.
L'interne, dont nous ve- CHAOS veut dire con-
nons de parler, semble n'ê- fusion & mélange. C'était,
tre qu'une chaleur en puis- selon les Anciens, la matière
sance, qui n'agirait point, si de l'Univers avant quelle
elle n'était excitée par la eut reçu une forme déter-
chaleur naturelle externe, minée. Les Philosophes ont
ou par la chaleur artificielle. donné par similitude le nom
On l'appelle artificielle, de Chaos à la matière de
parce que l'art la manifeste, l'oeuvre en putréfaction, par-
l'augmente ou la diminue, ce qu'alors les éléments ou
& la dirige à son gré. Les principes de la pierre y sont
Artistes lui donnent plusieurs tellement en confusion, que
noms pris des matières qu'ils l'on ne saurait les distin-
emploient, ou des opéra- guer. Ce chaos se dévelop-
tions qu'ils sont par son pe par la volatilisation, cet
moyen. On trouvera tous abîme d'eau laisse voir peu
ces noms expliqués dans à peu la terre à mesure que
l'article Feu. l'humidité se sublime au haut
CHALCOS. Cuivre. du vase. C'est pourquoi les
CHALCUTE. Aes-* Chimistes Hermétiques ont
ustum, ou cuivre brûlé. cru pouvoir comparer leur
CHAMBAR. Magnésie oeuvre, ou ce qui s'y passe
philosophique. pendant les opérations, au
CHAMBELECH. Elixir. développement de l'Univers
CHAMPS E'LISE'ES. lors de la création.
Lieu de repos, où les Poètes CHAPITEAU. Quel-
ont feint que Mercure con- ques Chimistes ont ainsi ap-
duisait les âmes des Héros pelé la lessive, & l'eau de
& des Justes après leur mort. savon. Johnson.
Voyez ce qu'on doit enten- Chapiteau D'ALAM-
dre par les Champs Elysées, BIC. Les Philosophes ont
dans l'explication de la Des- donné ce nom à la matière
cente d'Enée aux Enfers, à de l'oeuvre parvenue au noir.
la fin des Fables Egyptien- CHARBON. Presque
nes & Grecques dévoilées. tous les Philosophes disent
CHANDEL. Coloquinte. que leur feu n'est point un
@

CH CH 75

feu de charbon; & ils disent l'oeuvre. II faut du charbon,
vrai, parce qu'ils ne regar- mais dans un temps seule-
dent pas le feu de nos cui- ment, qui est celui de l'é-
sines, ou des laboratoires preuve.
chimiques, comme leur feu. Charbons DU CIEL.
Quand il s'agit du régime du Ce sont les étoiles.
feu, il faut l'entendre du ré- Charbons HUMAINS.
gime du feu philosophique, Excréments des hommes.
& non du feu de charbon. CHARIOT DE PHAE-
Philalèthe & plusieurs au- TON. C'est un des noms
tres, comme Denis Zachai- que les Philosophes Chimi-
re, parlent du feu de char- ques ont donné au grand
bon comme d'un feu néces- oeuvre. Phaëton est le sym-
saire à l'oeuvre. Ce dernier bole des mauvais Artistes,
dit entr'autres, que ses pa- qui ayant tout ce qu'il faut
rents voyant la quantité de pour faire la pierre, igno-
menus charbons dont il avait rent le feu philosophique,
fait provision, lui disaient ou ne savent pas le con-
qu'il serait accusé de faire la duire, & brûlent la matière,
fausse monnaie. Philalèthe représentée par la Terre à
dit que celui qui entreprend laquelle ce fils du Soleil mit
l'oeuvre ne doit pas être du le feu pour n'avoir pas su
nombre des pauvres, à cause conduire le chariot de son
des dépenses de vases & de père.
charbons dont il faut faire CHARON, fils de l'E-
usage. Il réduit même la rebe & de la Nuit, selon
quantité qu'il en faut pour Hésiode, était le Nauton-
tout l'oeuvre, à cent mesures nier des Enfers; il passait les
pour les trois ans entiers. âmes séparées des corps par
Voyez sur cela son ouvrage les trois fleuves, l'Acheron,
qui a pour titre: Enarratio le Styx & le Cocyte. Les
methodica trium medicina- Chimistes Hermétiques re-
rum Gebri. On ne doit ce- gardent Charon comme le
pendant pas prendre toutes symbole de la couleur grise
ses paroles à la lettre, car qui n'est qu'un passage de la
d'Espagnet que Philalèthe a noire à la blanche; & les
suivi pas à pas, dit qu'il reste trois fleuves sont les putré-
très peu de dépenses à faire factions qui arrivent dans les
à celui qui a les matières trois opérations de l'oeuvre,
préparées & convenables à que Geber a nommé la Mé-
@

76 CH CH

decine du premier, du se- que en effet des vicissitudes
cond & du troisième ordre. de grandeur dans la prunelle
Dans chacune la matière des yeux de cet animal. Elle
doit se dissoudre & se putré- se conforme aux change-
fier, & parvenir à la couleur ments des phases de la Lune.
noire, à laquelle succède la Elle augmente lorsque cette
grise, qui est Charon; c'est planète est dans son crois-
pourquoi on le dit fils de sant; elle diminue lorsque la
l'Erebe & de la Nuit. Pen- Lune est dans son déclin.
dant cette couleur grise la CHAUX, en termes de
matière se volatilise, l'esprit Chimie, se dit de toutes sor-
se sépare du corps, & le lai- tes de corps réduits en pou-
ton philosophique se blan- dres impalpables, soit par
chit: voilà le passage des l'action du feu, soit par les
âmes par les trois fleuves eaux fortes. Quelques-uns
pour parvenir aux champs prétendent qu'on ne doit
Elysées, représentés par la donner le nom de chaux
blancheur. Voyez les Fables qu'aux poudres des corps
Egypt. & Grecq. dévoilées, métalliques ou des miné-
liv. 3. ch. 6. raux; & que celles des au-
CHARTRE DES PHI- tres doivent se nommer cen-
LOSOPHES. C'est la Ta- dres. On dit chaux de Lune
ble d'Emeraude d'Hermès, ou d'argent, chaux de Sa-
ainsi nommée, parce que turne ou de plomb, &c.
c'est le premier écrit connu Chaux DES PELERINS.
sur la Pierre philosophale. C'est le tartre.
Quelques-uns ont pris ces Chaux-VIVE est aussi
termes dans le sens de pri- un terme de Science Her-
son, & ont entendu le four- métique, que les Sages ont
neau & l'oeuf des Philoso- employé pour signifier la
phes. matière au blanc.
CHAT. Cet animal était CHEF-D'OEUVRE DE
un symbole hiéroglyphique L'ART. C'est la pierre des
chez les Egyptiens, qui l'a- Philosophes, l'élixir parfait
doraient sous le nom d'Ae- au rouge. Quelques Chi-
lurus. Il représentait la Lune mistes lui ont donné ce nom
ou Mercure philosophique, avec raison, puisque c'est la
parce que le Chat semble plus excellente chose que
ressentir les effets des in- l'homme ait pu imaginer
fluences lunaires, On remar- pour son bien-être.
@

CH CH 77

CHEIZI ou CHEIRI. Pa- pour cela qu'ils ont imaginé
racelse le prend pour le mer- anciennement des chevaux
cure quand il parle des miné- pour traîner le char du So-
raux, & pour des fleurs lors- leil & des Dieux. Laomedon
qu'il est question des végé- refusa à Hercule les chevaux
taux. Ainsi lorsqu'il dit, de la qu'il lui avait promis pour
fleur cheizi ou cheiri tirée de récompense de ce qu'il avait
l'argent, il faut entendre l'é- délivré Hésionne. Hercule
lixir philosophique au blanc. fit manger Diomede à ses
Quelques autres le prennent propres chevaux. Voyez les
pour l'antimoine, d'autres Fables Egypt. & Grecques
pour l'or potable. Johnson. dévoilées, l. 5. c. 11. & 14.
CHELOPA. Jalap. CHEVEUX. C'est le
CHE^NE CREUX. Rebis philosophique.
Fourneau des Sages. La Fa- CHE'VRE AMAL-
ble parle d'un chêne creux THE'E. V. Amalthée.
contre lequel Cadmus perça La Chèvre était adorée en
le dragon qui avait dévoré Egypte comme le Bouc,
ses compagnons. La lance dont voyez l'article.
qu'employa Cadmus est le CHIBUR ou CHIBUT.
feu, le serpent signifie le Soufre des Sages quand il est
mercure. Le chêne creux parvenu à la couleur rouge.
étant le fourneau secret des CHIEN. Cet animal était
Sages, on voit pourquoi les en grande vénération chez
Anciens l'avaient consacré à les Egyptiens sous le nom
Rhéa femme de Saturne. d'Anubis. Il était chez eux
CHESEP. L'air que nous le symbole du Mercure des
respirons; c'est aussi celui des Sages; aussi les Anciens l'a-
Philosophes. Si vous ne ti- vaient-ils consacré à ce Dieu
rez l'eau de l'air, la terre de ailé. Plusieurs ont donné le
l'eau, & le feu de la terre, nom de Chien à la matière
vous ne réussirez point dans du grand oeuvre. L'un l'ap-
l'oeuvre, disent Avicenne & pelle Chien d'Arménie, l'au-
Aristote. tre dit que le Loup & le
CHEVAL. Les Chi- Chien se trouvent dans cette
mistes Hermétiques ont sou- matière; qu'ils ont une mê-
vent pris cet animal pour le me origine, & néanmoins
symbole des parties volatiles que le Loup vient d'Orient
de leur matière, à cause de & le Chien d'Occident. Ra-
sa légèreté à la course. C'est sis. L'un représente le fixe
@

78 CH CH

& l'autre le volatil de la ma- lées, dans les articles des
tière. Dieux & des Héros susnom-
Chien D'ARME'NIE est més.
un des noms que les Philoso- CHISIR MINE'RALE.
phes Hermétiques ont donné Soufre principe des métaux.
à leur soufre, ou au sperme CHISTI PABULUM.
mâle de leur pierre. Urine d'un enfant.
CHIENNE DE CO- CHOP-CHINA. C'est
RASCENE est un des noms le Kina.
que les Philosophes chimi- CHOSE VILE. Lorsque
ques ont donné à leur mer- les Philosophes ont dit que
cure, ou sperme féminin de leur matière est vile, mépri-
leur pierre. sée, jetée dans les rues &
CHIMERE (la), fille sur les fumiers, ils ont parlé
de Typhon & d'Echidna, sincèrement, parabolique-
était un monstre ayant la ment, & allégoriquement.
tête & la poitrine du lion, On la jette réellement, par-
le ventre & le train de der- ce qu'on en ignore le prix;
rière d'une chèvre, & une mais quand ils l'appellent
queue de dragon. Bellero- une chose vile, c'est qu'on
phon fut envoyé pour com- ne jette communément que
battre la Chimère, & de- les choses viles & méprisa-
meura vainqueur avec le se- bles & que leur matière en
cours du cheval Pégase, & putréfaction ressemble à tout
les armes dont les Dieux lui ce qui est putréfié, que l'on
avaient fait présent. Voyez jette sur le fumier à cause de
les Fables Egypt. & Grecq. sa puanteur, & qu'on regar-
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 3. de non-seulement comme
CHIRON le Centaure inutile, mais comme dom-
fils de Saturne & de Phil- mageable. Il ne faut donc
lyre. Chiron devint le maître pas s'imaginer que la ma-
d'Esculape, de Jason, d'A- tière des Sages, quoique si
chille, &c. S'étant blessé par commune dans son principe
mégarde avec une des flè- que tout le monde peut l'a-
ches d'Hercule son disciple, voir, se trouve toute prépa-
la plaie s'envenima au point rée en mercure. On donne
qu'il en mourut, après avoir à la vérité ce soin à la Natu-
obtenu cette grâce de Jupi- re, mais il faut l'aider, en lui
ter. Voyez les Fables Egyp- fournissant ce qui est requis,
tiennes & Grecques dévoi- & de la manière requise.
@

CH CH 79

Ceux qui prennent le mer- elle est feu, elle est air, & ne
cure vulgaire pour cette cho- ressemble à aucun de ces élé-
se vile, se trompent donc ments. Comme elle renferme
bien lourdement. Paracelse les propriétés & les vertus
dit au sujet de cette matière, des choses supérieures & in-
que la pierre qu'une femme férieures de l'Univers, on
jette à sa vache, vaut sou- lui donne à juste titre les
vent mieux que la vache noms de tous les individus,
même. sans qu'elle soit nullement
Chose (la) qui a les spécifiée à aucuns d'eux en
pieds noirs, le corps blanc particulier. Cette diversité
& la tête rouge. C'est, en de noms a trompé, & induit
termes de Science Hermé- tous les jours en erreur un
tique, l'ouvrage de la pierre; grand nombre de gens qui
parce que la matière devient cherchent la pierre; mais
d'abord noire dans la putré- elle n'a proprement qu'un
faction, puis blanche dans nom connu de tout le mon-
la régénération, enfin rouge de, des hommes comme des
dans la fixation. Les Philo- femmes, des vieux comme
sophes ne parlent guères que des enfants, des savants com-
de ces trois couleurs, parce me des ignorants; parce que,
qu'elles sont les principales, comme dit Morien, elle est
& que les autres durent fort pour le riche comme pour le
peu. pauvre, pour l'avare com-
Chose UNIQUE. Ma- me pour le prodigue, pour
tière des Philosophes après les vieux & les jeunes, pour
sa conjonction de l'esprit & ceux qui sont debout comme
du corps, ou mercure animé pour ceux qui sont assis; &
des Sages. Cette matière est comme dit Basile Valentin,
véritablement unique dans qu'elle renferme toutes cho-
son espèce, quoique fort ses, parce qu'elle est toutes
commune, & que personne choses.
ne puisse s'en passer, mais Il faut bien distinguer la
elle acquiert encore mieux manière des Sages avant la
cette qualité d'unique après putréfaction & après la pu-
sa putréfaction. Elle contient tréfaction. Dans le premier
tout, quoiqu'elle ne ressem- cas, elle est telle que je l'ai
ble proprement à rien de ce décrite lorsque j'ai dit qu'elle
qui existe dans le monde. était pour tout le monde;
Elle est eau, elle est terre, dans le second, elle est pro-
@

80 CH CH CI

prement la matière des Sa- signifie cette fiction dans le
ges; elle est leur mercure, livre 6. des Fables Egypt.
& la minière de leurs mé- & Grecques dévoilées.
taux; & c'est d'elle qu'ils di- CHRYSE'S. Voyez l'ar-
sent, que leur mercure ren- ticle précédent.
ferme tout ce que cherchent CHRYSOCALCOS.
les Philosophes. C'est leur Oripeau.
azoth qui suffit avec le feu. CHRYSOR. Vulcain
CHRONOS. Voyez Sa- des Phéniciens. Voyez Vul-
turne. cain.
CHRYSAOR. Fils de CHYBUR. Soufre. Pa-
Neptune & de Méduse, se- racelse dit (Lib. de Nar.
lon quelques-uns; & selon rerum) qu'il n'y a point de
d'autres, né du seul sang qui meilleur remède que le Chy-
coula de la blessure faite à bur, pour les maladies du
Méduse par Persée. Chry- poumon, quand il est pré-
saor fut père de Geryon. paré & sublimé trois fois
Voyez cette fiction expli- avec des chaux minérales.
quée dans les Fables Egypt. CHYLE. Matière des
& Grecq. dévoilées, liv. 3. Philosophes en putréfaction.
ch. 14. §. 3. CIBATION. Nutrition
CHRYSE'IS, fille de de la matière sèche des Phi-
Chrysès Prêtre d'Apollon, losophes avec son propre
échut par le sort à Agamem- lait, donné modérément.
non, Chef de l'armée des Riplée. Si l'on donne ce lait
Grecs qui allaient faire le en trop grande abondance,
siège de la ville de Troie, l'enfant deviendra hydropi-
Chrysès la demanda à Aga- que, & la terre sera submer-
memnon, qui la lui refusa, gée par le déluge. Il faut
Ce père désolé s'adressa à donc l'administrer peu à peu
Apollon; & ce Dieu, pour & avec proportion.
venger son Prêtre, suscita CIBUR & CHIBUT.
une peste effroyable dans le Voyez Chybur.
camp des Grecs. Calchas CICEBRUM. C'est l'eau
consulté, répondit qu'il fal- des Philosophes.
lait rendre Chryséis à son CIDMIA. Litharge.
père, & que la peste cesse- CIEL. Ce terme a diffé-
rait. Agamemnon s'y déter- rents sens chez les Philo-
mina quoique malgré lui, & sophes Hermétiques. Il se
la peste cessa. Voyez ce que prend en général pour le
vase
@

CI CI 81

vase des Sages dans lequel l'Epoux & l'Epouse qui s'em-
font leur séjour Saturne, brassent très étroitement;
Jupiter & tous les autres parce que l'esprit volatil ne
Dieux. sert de rien s'il n'est rendu
Ciel VE'GE'TABLE. C'est fixe en la nature duquel il
leur eau mercurielle, leur doit passer.
quintessence céleste tirée du CIMME'RIENNES
vin philosophique. Christo- (Ombres). Ce sont les brouil-
phe Parisien. lards qui s'élèvent dans le
Ciel DES PHILOSO- vase philosophique pendant
PHES se prend aussi pour la la putréfaction.
quintessence ou matière plus CINABRE. Matière
épurée des éléments. Telle métallique, de laquelle on
est la pierre philosophale & tire le mercure vulgaire.
l'élixir parfait au rouge. Pa- Les Anciens donnent aussi
racelse a fait un ouvrage ce nom au sang de dragon.
qui porte pour titre: Coelum Pline, liv. 33. c. 7. de son
Philosophorum. II y traite Histoire Naturelle, l'appelle
de tous les métaux sous les Cinabre des Indes, pour le
noms des planètes, & il y distinguer du métallique; &
dit dans l'article de Saturne: ajoute qu'il se forme du sang
que si les Alchimistes sa- des dragons qui se battent
vaient ce qu'il contient, ils contre les éléphants, dont
ne travailleraient que sur cet- l'énorme poids les accable,
te matière. quand l'éléphant tombe sur
Ciel. Les Philosophes eux en mourant.
Hermétiques ont aussi don- On trouve aussi le nom
né ce nom au feu céleste qui de Cinabre dans plusieurs
anime les corps élémentés. Auteurs, pour dire Minium.
Les corps sont plus forts ou Plusieurs Chimistes ont
plus faibles, selon qu'ils con- mal-à-propos pris le cina-
tiennent plus ou moins de bre vulgaire & naturel pour
ce feu; & leur longue durée la matière de l'oeuvre des
dépend de la forte union de Philosophes; on ne saurait
l'esprit céleste avec l'humide en tirer que du mercure com-
radical. Cette union est ce mun, ou argent-vif vulgaire.
que les Philosophes appel- Le cinabre des Sages est
lent le Ciel & la Terre réu- leur mercure sublimé, puri-
nis & conjoints, le Frère & fié, fixé au rouge, qu'ils ap-
la Soeur, Gabritius & Beja, pellent soufre. C'est alors ce
@

82 CI CL

serviteur rouge dont parle CLARETE. Blanc
Trévisan. d'oeuf.
CINYRAS est accusé CLARTE', en termes de
par les Poètes d'avoir com- Science Hermétique, signi-
mis un inceste avec sa pro- fie la blancheur qui succède
pre fille Myrrha, & de cet à la noirceur de la matière
inceste, disent-ils, naquit en putréfaction.
Adonis. Voyez ce que signi- CLEF. Terme de Scien-
fie cette fiction dans les Fa- ce Hermétique, qui signifie
bles Egypt. & Grecques dé- tant la connaissance de la
voilées, liv. 4. ch. 4. matière propre à l'oeuvre,
CIRCE' l'Enchanteresse, que la manière de la travail-
fille du Soleil & de la Nym- ler. Il se prend aussi pour les
phe Perseïs; elle était soeur marques de l'ouvrage bien
d'Aetès Roi de Colchos. Ja- ou mal conduit. Dans ce
son & Médée se retirèrent dernier sens, la première clef
chez elle, après qu'il se fut est la noirceur qui doit pa-
emparé de la toison d'or. raître au plus tard après le
Voyez les Fables Egypt. & quarantième ou quarante-
Grecques dévoilées, liv. 2. deuxième jour, faute de la-
chap. 1. quelle couleur l'Artiste doit
CIRE. Matière des Sages croire qu'il n'a pas bien opé-
poussée au blanc. ré, & il faut alors recom-
CIRCULATION est un mencer. Basile Valentin,
terme de Science Herméti- Religieux Bénédictin, a fait
que, qui outre le sens chi- un ouvrage sur la pierre phi-
mique, signifie encore la réi- losophale, intitulé les Douze
tération des opérations du Clefs. Georges Riplée, An-
grand oeuvre pour la multi- glais, en a fait un sur le même
plication de la quantité & sujet qui a pour titre, les
des qualités de la pierre. Douze Portes.
CISEAUX. C'est le feu CLIBANIQUEMENT,
des Philosophes, de même suivant la proportion du four-
que la lance, l'épée, &c. neau. Flamel dit d'après Ca-
CIST ou KIST. Mesure lid, si ton feu n'est mesuré
des liquides, contenant deux clibaniquement; c'est-à-dire,
pintes ou quatre livres. John- avec poids & mesure des ma-
son. tières, qui ne sont que le sou-
CLANCHEDEST. fre & le mercure des Philo-
Acier. sophes.
@

CL CO CO 83

CLOUER. Fixer la ma- parable du fixe & du volatil
tière volatile, par la diges- en une masse si fixe qu'elle
tion que l'on en fait quand ne craint point les atteintes
elle est mêlée avec la fixe. du feu le plus violent, &
CLYTEMNESTRE, communique sa fixité aux
fille de Jupiter & de Léda, métaux qu'elle transmue.
& femme d'Agamemnon, COAGULE. Présure.
qu'elle fit mourir après son COAGULER, en ter-
retour de la guerre de Troie, mes de Chimie Herméti-
pour jouir plus à son aise de que, signifie donner une con-
son amant Egysthe. Oreste, sistance aux choses liquides,
fils d'Agamemnon, vengea non en en faisant un corps
la mort de son père, & fit compacte*, ou dont les par-
périr sa mère avec Egysthe ties seraient liées comme
dans le temple d'Apollon. celles du lait devenu fro-
Voyez les Fables Egypt. & mage, mais en les desséchant
Grecques dévoilées, liv. 3. de leur humidité superflue,
chap. 14. §. 4. & en réduisant le liquide en
COAGULATION. poudre, & puis en pierre.
Terme de Physique & de Les Philosophes chimi-
Chimie. C'est le lien de la ques appellent aussi coagu-
composition des mixtes, qui ler, cuire la matière jusqu'à
fait le mutuel attouchement la perfection du blanc ou du
des parties. La coagulation rouge.
n'est que le rudiment de la COBALES. Voyez Sa-
fixation. Il y a deux sortes de tyres.
coagulations, comme deux COBASTOLI. Cendre.
sortes de solutions. L'une se COCILI0. Poids de
fait par le froid, l'autre par onze onces. Johnson.
le chaud, & chacune se sub- COCYTE. L'un des
divise encore en deux, l'une fleuves ou marais de l'Enfer.
est permanente, l'autre ne Voyez Pluton, Enfer.
l'est pas. La première s'ap- COELUS. Voyez Ciel.
pelle fixation, & l'autre sim- COEUR. Quelques Chi-
plement coagulation. Les mistes ont donné ce nom au
métaux sont un exemple de feu, d'autres à l'or quand ils
celle-là, les sels le sont de ont parlé des métaux. Johns.
celle-ci. COHOB. Sable.
La Coagulation philoso- COHOBATION. Di-
phique est la réunion insé-* gestion & circulation de la
F ij
@

84 CO CO

matière dans le vase, pen- pressé, il briserait les portes
dant lesquelles la partie vo- de sa prison, & s'enfuirait
latile monte au haut du vase, sans espérance de le rattra-
& en retombant elle se mê- per; c'est-à-dire qu'il ne faut
le, pénètre, & se cohobe pas trop pousser le feu, afin
d'elle-même avec la partie que le mercure, ou esprits
fixe qui se trouve au fond. volatils de la matière, ne
Telle est la cohobation phi- casse pas le vase; ce qui ar-
losophique; terme employé riverait infailliblement sans
seulement par similitude, & cette attention: ou si le vase
par comparaison avec la co- était assez fort pour résister,
hobation prise dans le sens le mercure se brûlerait & de-
des Chimistes vulgaires. viendrait inutile.
COHOBER est aussi un Quelques Adeptes ont
terme de Science Herméti- donné le nom de colère à la
que, qui se dit dans le même matière parvenue à la cou-
sens des Chimistes, mais leur orangée.
cependant sans addition de COLLE. On trouve ce
nouvelle matière, & sans le terme dans quelques Chi-
secours de l'Artiste. mistes, pour signifier le fiel
COHOPH. Paracelse se de taureau. Johnson.
sert souvent de ce terme au Colle D'OR. Borax
lieu de cohober, cohobation. ou chrysocolle des Anciens.
COHOS. Toutes les par- Colle d'or, dans le sens Her-
ties du corps renfermées sous métique, veut dire la ma-
la peau. Quelques Chimis- tière des Philosophes en pu-
tes l'ont employé par allu- tréfaction après le mélange
sion au terme de cahos, & du mercure & de l'or des
pour faire voir le contraste de Sages. Cette réunion a pris
l'ordre & de l'arrangement chez eux le nom de Ma-
des parties du corps humain, riage.
avec la confusion du cahos. COLOMBE. D'Espa-
COLERE. Les Philo- gnet & Philalèthe ont em-
sophes Hermétiques disent ployé l'allégorie de la Co-
qu'il faut bien prendre garde lombe pour désigner la par-
de ne pas trop pousser Vul- tie volatile de la matière de
cain, de peur d'irriter Mer- l'oeuvre des Sages. Le pre-
cure, dont la colère est fort mier a emprunté de Virgile
à craindre pour l'Artiste, (Eneid. liv. 6.) ce qu'il dit
parce que se trouvant trop de celle de Vénus, pour le
@

CO CO 85

temps de la génération du fils COMIDI & COMISDI.
du Soleil ou règne de Vénus Gomme arabique.
philosophique. Le second a COMMIXTION. Quel-
dit que les colombes de Dia- ques Philosophes ont substi-
ne sont les seules qui soient tué ce terme à ceux de con-
capables d'adoucir la féro- jonction, mariage, union.
cité du dragon; c'est pour le La commixtion se fait pen-
temps de la volatilisation, où dant la putréfaction, parce
les parties de la matière sont que le fixe & le volatil se
dans un grand mouvement, mêlent alors pour ne plus se
qui cesse à mesure que la cou- séparer.
leur blanche, ou la Diane COMPAGNON. Mer-
Hermétique se perfectionne. cure philosophique animé
Les Souffleurs doivent bien de son soufre, & poussé au
faire attention à cela, s'ils blanc.
ne veulent pas perdre leur COMPAR. Les Adeptes
argent à faire des mélanges entendent par ce terme le
fous d'argent vulgaire avec fixe & le volatil, mercure &
d'autres matières pour par- l'or des Sages, qui agissent
venir au magistère des Phi- successivement dans l'oeu-
losophes. vre; le mercure ou la fe-
COLONNES D'HER- melle prend d'abord la do-
CULE. Ce sont deux mon- mination, jusqu'à la fin de
tagnes situées au détroit de la putréfaction; lorsque la
Gibraltar; l'une est appelée matière commence à se des-
Calpé, du côté de l'Espagne; sécher & à blanchir, l'or
celle qui est à l'opposite en prend le dessus. Ils travail-
Afrique, se nommait Abyla. lent ensuite de concert à la
Voyez ces deux articles. perfection de l'oeuvre.
COMBUSTION. Vieux COMPLEXION. Temps
mot que l'on trouve dans les où la matière est dans une
ouvrages de quelques Chi- parfaite dissolution, ce qui
mistes, pour signifier l'action est indiqué par une couleur
trop violente du feu sur la très noire. Le terme de com-
matière. plexion signifie le même que
COMERISSON est un putréfaction, submersion,
des noms de la pierre des mixtion.
Sages parvenue à la blan- COMPOSE'. Le composé
cheur. des Philosophes est ce qu'ils
COMETZ. Une demi-* appellent aussi leur compôt.,
goutte. F iij
@

86 CO CO

leur confection. Donc cette la naissance de l'homme &
noirceur de couleur ensei- des animaux.
gne qu'en ce commence- CONCIERGE DU PA-
ment la matière ou le com- LAIS. (Sc. Herm.) Plu-
posé commence à se pourrir, sieurs Chimistes ont inter-
& se dissoudre en poudre prété ce terme de l'Artiste;
plus menue que les atomes mais Bernard, Comte de la
du soleil, lesquels se chan- Marche Trévisanne, connu
gent ensuite en eau perma- sous le nom du bon Trévi-
nente. Flamel. san, l'entendait du mercure
COMPOSITION. Mé- ou eau philosophique, qui
lange des principes matériels administre au fourneau se-
de l'oeuvre. Ce terme veut cret la chaleur requise, parce
dire la même chose que mix- que ce fourneau secret & le
tion, assemblage de plusieurs vase philosophique ne sont
choses, mais de même na- autre que cette eau, comme
ture; c'est-à-dire l'union du on peut le voir dans les ar-
mercure & du soufre des ticles Vase, Fourneau, secret.
Philosophes, qui, quoique CONDER. Encens mâ-
deux choses différentes, sor- le, Oliban.
tent néanmoins de la même CONFECTION. Mé-
racine, comme les feuilles & lange de plusieurs choses,
les fleurs d'une plante. c'est-à-dire du mercure & du
COMPOST, en termes soufre philosophiques. L'oeuf
de Philosophie chimique, des Philosophes, dit Flamel,
signifie la matière de la pierre est un matras de verre, que
au noir; parce qu'alors les tu vois peint en forme d'é-
quatre éléments sont comme critoire, & qui est plein de
unis. confection de l'Art, c'est-à-
CONCEPTION. Ma- dire, de l'écume de la mer
riage, union qui se fait du rouge, & du souffle du vent
volatil & du fixe de la ma- mercuriel.
tière des Philosophes pen- CONFITURE. Elixir
dant qu'elle est en putréfac- des Philosophes. Qu'il soit
tion. Les Chimistes Her- fait confiture composée d'es-
métiques disent que la con- pèce de pierre, & qu'il en
ception du fils du Soleil & soit fait une médecine pour
de leur jeune Roi se fait dans guérir, purger & transmuer
ce temps-là. Ce terme a été tous corps en vraie Lune.
employé par comparaison à Flamel.
@

CO CO 87

CONGE'LATION, en tion des principes. Riplée.
termes de Science Hermé- II y a trois espèces de con-
tique, signifie la même chose jonctions. La première est
que coagulation. C'est pro- appelée double. Elle se fait
prement un endurcissement entre l'agent & le patient,
d'une chose molle, par le le mâle & la femelle, la for-
dessèchement de l'humidité me & la matière, le mercure
& la fixation du volatil. C'est & le soufre, le subtil & l'é-
dans ce sens qu'Hermès a pais.
dit, que la force de la ma- La seconde s'appelle tri-
tière sera parfaite, si l'eau est ple, parce qu'elle réunit trois
réduite en terre; parce que choses, le corps, l'âme &
tout le magistère consiste à l'esprit. Faites donc en sorte
réduire la matière en eau par de réduire la trinité à l'unité.
la solution, & à la faire re- La troisième est dite qua-
tourner en terre par la coa- druple, parce qu'elle réunit
gulation. Congeler, teindre les quatre éléments en un
& fixer ne sont que la même seul visible, mais qui ren-
opération continuée dans le ferme les trois autres. Sou-
même vaisseau. venez-vous, dit Riplée, que
CONGE'LER signifie le mâle a cinq vaisseaux re-
faire le mariage, réunir le quis pour la fécondité, &
volatil au fixe, joindre les la femelle quinze. Sachez
natures, faire la paix entre donc que notre Soleil doit
les ennemis; ce qui se fait avoir trois parties de son
d'abord par la solution, & eau, & notre Lune neuf.
puis par la coagulation. Conjonction signifie
CONJONCTION. Réu- aussi l'union du fixe & du
nion des natures répugnan- volatil, du frère & de la
tes & contraires en unité soeur, du Soleil & de la Lu-
parfaite. Cette conjonction ne. Elle se fait pendant la
les convertit tellement l'une noirceur qui survient à la
en l'autre, qu'elle en fait un matière pendant la putréfac-
mariage indissoluble même tion. Les Philosophes l'ap-
à la plus grande violence pellent aussi Conception,
du feu. Les Philosophes dé- Union des éléments, Com-
finissent encore cette con- mixtion.
jonction, un assemblage & Conjonction DE
une réunion des qualités sé- L'AME AVEC LE CORPS.
parées, ou une adéqua-* Expression Hermétique, qui
F iv
@

88 CO CO

signifie le moment où la ma- CONVERSION DES
tière parvient au blanc. A E'LE'MENTS. (Sc. Herm.)
l'heure de la blancheur, ou Ceux qui prennent à la let-
de la conjonction de l'âme tre les termes des Philoso-
avec le corps (dit Philalè- phes Hermétiques se sont
the) on verra de grands mi- imaginés que leurs éléments
racles; c'est-à-dire, toutes étaient en effet quatre cho-
les couleurs imaginables. ses distinctes & séparées,
Conjonction TE'- qu'il fallait extraire d'une
TRAPTIVE. Mélange in- matière, & qu'il fallait en-
time des principes du com- suite convertir l'une en l'au-
posé des Sages. tre; c'est-à-dire, faire par
CONNEXION. Voyez exemple de l'huile de l'eau,
Composition, Mix- & de la terre du feu, ou du
tion. feu faire de l'air, & de l'air
CONTRITION, en faire de l'eau, & de l'eau
termes de Philosophie chi- faire de la terre. Par les opé-
mique, signifie réduire en rations de la Chimie vul-
poudre, mais seulement en gaire on extrait de chaque
desséchant l'humidité de la mixte quatre choses, un es-
matière par le régime du prit, une eau flegmatique,
feu, & non pas qu'il faille une huile, & une terre ap-
la broyer dans un mortier pelée caput mortuum ou tête
ou autrement. morte. D'autres ont nommé
CONVENANCE ou ces quatre choses un sel, un
ADAPTATION, est lors- soufre, un mercure, & une
que la projection se fait sur terre damnée, ou inutile.
un métal en fusion, ou ré- Ceux qui se sont imaginés
duit en forme coulante ou parvenir au magistère des
mercurielle; alors on dit que Philosophes par ces opéra-
ce métal a de la convenance, tions de la Chimie vulgaire,
ou similitude de nature avec ont donné le nom d'air à
l'élixir fait du mercure des l'huile, que d'autres ont ap-
Sages. Les Philosophes re- pelée soufre, celui de feu à
commandent aussi de choisir l'esprit, celui d'eau à l'eau
pour faire l'oeuvre une ma- flegmatique, & enfin celui
tière qui ait de la convenance de terre les uns au sel, les
avec le métal; parce que autres à la terre damnée.
d'un arbre on ne fait pas un Mais les éléments des Phi-
boeuf, ni d'un boeuf un métal, losophes sont tout-à-fait dif-
@

CO CO 89

férents; leurs opérations sont lange du fixe & du volatil,
celles de la Nature & non que les Adeptes appellent
de la Chimie vulgaire; leur mâle & femelle.
feu est renfermé dans leur COQ. Animal que les
terre & ne s'en sépare point, Anciens avaient consacré à
& leur air est contenu dans Minerve & à Mercure. Les
leur eau. Ils n'ont donc que Chimistes Hermétiques ont
deux éléments visibles, dont comparé leur feu au coq, à
il faut faire la conversion; cause de sa vigueur, de son
c'est-à-dire que leur eau activité & de son ardeur, &
change leur terre en sa na- ont donné en conséquence
ture liquide d'eau, & qu'en- le nom de Coq à leur soufre
suite tout le composé qui parfait au rouge.
était devenu eau, doit de- CORAIL ROUGE est
venir terre; en devenant eau un des noms que les Phi-
tout devient volatil, & étant losophes ont donné à leur
réduit en terre tout devient pierre quand elle est fixée
fixe. Ainsi quand ils parlent au rouge, qui est le degré
du froid & de l'humide, il de sa perfection. C'est sans
faut entendre leur eau, & le doute pour cette raison que
chaud & le sec sont leur les Anciens ont feint que le
terre. corail s'était formé comme
CONVERTIR LES Ckrysaor, du sang répandu
E'LE'MENTS. Terme de de la blessure que Persée fit
Chimie Hermétique. Dis- à Méduse; puisque les Phi-
soudre & coaguler; faire le losophes Hermétiques ont
corps esprit, & l'esprit corps, pris également Chrysaor &
le volatil fixe, & le fixe vo- le corail pour symbole de
latil: tout cela ne signifie que leur soufre parfait.
la même chose. La Nature CORBATUM. Cuivre.
aidée de l'Art, le fait dans CORBEAU, en termes
le même vase des Philoso- de Science Hermétique, si-
phes par la même opération gnifie la matière au noir
continuée. Lorsque la ma- dans le temps de la putré-
tière est bien purifiée & scel- faction. Alors ils l'appellent
lée dans l'oeuf, il s'agit seu- aussi la Tête du corbeau, qui
lement de conduire le feu. est lépreuse, qu'il faut blan-
COPHER. Bitume ou chir, en la lavant sept fois
Asphalte. dans les eaux du Jourdain,
COPULATION, Mé- comme Nahaman. Ce sont
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90 CO CO

les imbibitions, sublima- de corps parfaits & de corps
tions, cohobations, &c. de imparfaits. On ne réussira ja-
la matière, qui se font d'el- mais à faire une bonne mul-
les-mêmes dans le vase par tiplication, si l'on ne réduit
le seul régime du feu. les corps parfaits en leur pre-
CORBINS. Ouvrage de mière matière, c'est-à-dire
la pierre des Philosophes. en mercure. Parce que dès
Dict. Herm. qu'ils sont parfaits, on ne
CORDUMENI. Carda- peut rien en faire de plus
mome. tant qu'ils resteront dans cet
CORNE D'AMAL- état de perfection.
THE'E. Les Philosophes Corps se prend aussi par
Hermétiques disent que cet- les Chimistes pour le sel
te fable doit s'expliquer de philosophique, ou leur terre
la pierre philosophale, parce feuillée, qui s'imprègne du
qu'outre les biens de la for- soufre & du mercure com-
tune, elle donne tous les me d'une âme & d'un esprit.
biens capables de satisfaire Vous ne réussirez jamais,
les désirs de l'homme dans disent-ils, si vous ne spiri-
ce monde. Voyez les Fables tualisez le corps, & ne cor-
Egypt. & Grecques dévoi- porifiez l'esprit; c'est-à-dire,
lées, liv. 3. ch. 4. si vous ne rendez le fixe vo-
Corne DE CERF. Bec latil, & le volatil fixe. Ils ap-
du chapiteau des alambics, pellent aussi corps leur ma-
selon quelques Chimistes. gnésie, leur ferment, leur
COROCRUM. Fer- teinture; & ils disent en con-
ment de la pierre. séquence, que le corps ne
CORONIS. La Fable en pénètre point les corps sans
nomme deux, l'une comp- le secours de son esprit.
tée parmi les Hyades, l'au- Corps IMPARFAIT.
tre mère d'Esculape; celle-* C'est l'arsenic des Philoso-
ci périt de la main d'Apol- phes, leur Lune, leur fe-
lon, & fut changée en cor- melle. Dès le commence-
neille. Voyez les Fables ment de l'oeuvre, il faut cal-
Egypt. & Grecques dévoi- ciner le corps parfait en le
lées, liv. 3. ch. 12. §. 2. mariant avec le corps impar-
CORPS. Les philoso- fait. Phil. On doit aussi pu-
phes appellent corps ce qu'ils rifier ce corps en lui ôtant
nomment aussi métaux. C'est tout son soufre superflu, brû-
pourquoi ils parlent souvent lant & combustible, & ma-
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CO CO 91

nifester ce qu'il a dans son monte au ciel, pour y être
intérieur. Le signe de sa par- glorifié. Pour le dire sans
faite sublimation ou dépura- énigme, c'est le soufre par-
tion, est une couleur blan- fait au rouge, qui doit être
che, céleste, éclatante com- dissous par le mercure, dont
me celle de l'argent le plus il a été formé; & lui-même
fin bien bruni, & dans ses forme l'Androgyne ou Rebis
cassures l'éclat du marbre ou des Philosophes après son
de l'acier le plus poli. Alors union avec le mercure.
cette femme prostituée est Corps BLANC. Terre
rétablie dans son état de vir- feuillée des Philosophes, ou
ginité intacte, & peut être magistère au blanc.
donnée en mariage au Soleil Corps IMPROPRE-
terrestre, quoiqu'elle soit sa MENT DIT. Magistère ou
mère, & sa soeur. Philal. mercure des Sages, lorsqu'il
Corps DISSOLUBLE. n'est pas encore entièrement
C'est la minière même du fixe.
mercure dissolvant des Sa- Corps LE PLUS VOI-
ges. C'est le corps terrestre SIN. Les Philosophes ont
que ce mercure doit laver & ainsi appelé leur magistère
purifier. Ce qui a engagé les au blanc, parce qu'il est dans
Philosophes à dire, que le un état qui approche le plus
mercure engrosse sa propre de la fixité parfaite, qui est
mère, qu'il la fait mourir, leur magistère au rouge.
qu'il la purifie, la ressuscite Corps IMMONDE. C'est
enfin avec lui-même, parce le mercure avant sa prépa-
qu'il s'y unit si intimement ration; quelquefois dans le
qu'il ne s'en sépare jamais. temps de sa putréfaction dans
Ce corps est fixe, & le mer- l'oeuf philosophal, & alors
cure est volatil. Il doit subir on l'appelle aussi Corps mort.
la torture du feu & de l'eau, Corps CONFUS. Voyez
mourir & renaître par l'eau Corps Immonde.
& l'esprit, pour parvenir en- Corps MIXTE. Matière
fin à un repos éternel. Phi- au noir.
lalèthe dit que la couleur de Corps NET ET PUR.
ce corps est brune, un peu Matière au blanc.
rougeâtre & sans éclat; qu'il Corps PROPRE DE
doit être dissous & exalté; L'ART. C'est la pierre au
il faut ensuite qu'il subisse la rouge, ou l'or des Philo-
mort, qu'il ressuscite, & qu'il sophes.
@

92 CO CO

Corps ROUGE. Voyez cipitation se fait par la fixa-
Corps Propre. tion de ce soufre volatil,
Corps MORT. La ma- cette fixation par la conden-
tière au noir pendant la pu- sation, cette condensation
tréfaction, appelée aussi par la réfrigération intrinsè-
Mort, Nuit, Ténèbres, Sé- que, & cette réfrigération
pulcre, Tombeau, &c. par l'addition des sels lixi-
CORRECTUM. Vinai- viants.
gre distillé. On doit conclure de là
CORROSIF. Les Philo- que plus on raréfie un esprit
sophes rejettent de l'oeuvre ardent, tel, par exemple,
toute eau forte, ou autre dis- que celui du vin, plus on a
solvant corrosif. Ceux-là se un corrosif violent; ou un
trompent donc bien fort, soufre ou un sel mercuriel de
qui tourmentent les métaux, plus en plus corrosif, selon
l'or, l'argent, le mercure, qu'il est plus rectifié par les
par les eaux fortes pour en distillations réitérées.
faire le dissolvant philosophi- CORSUFLE' ou CAR-
que, ou pour en tirer le sou- SUFLE'. Soufre des Philo-
fre & la teinture aurifique. sophes fixé au rouge.
Le mercure des Sages doit CORTEX MARIS.
dissoudre l'or (des Philoso- Mercure des Sages.
phes) sans corrosion, com- CORUSCUS. La pilo-
me l'eau chaude dissout la selle.
glace. CORYBANTES. Prê-
CORROSION. Action tres de Cybèle, mère des
du sel & du soufre mercu- Dieux. Ils solennisaient les
riels, volatils & très raréfiés fêtes de cette Déesse au son
de certains corps, qui par du tambour, & dansaient au
leur pénétration & sulfuréité son des flûtes, des trompet-
brûlent & désunissent les par- tes, en faisant un grand bruit
ties des corps avec lesquels avec leurs armes. C'est par
ils sont mêlés. On remarque ce moyen qu'ils empêchè-
cette action dans l'eau-forte, rent Saturne d'entendre les
qui prouve cette définition cris du petit Jupiter, que
quand on altère son activité Rhée avait confié à leurs
par la précipitation de ce soins. Voyez ce qu'on doit
soufre mercuriel. Elle perd entendre par les Corybantes,
alors toute son ignéité & sa Fables Egypt. & Grecques
vertu corrosive. Cette pré- dévoilées, liv, 3. chap. 4.
@

CO CO 93

COS. Ile qu'Hercule ra- que l'on donne en général
vagea, selon la Fable; parce à tous les remèdes faits pour
qu'Eurypile, Roi de l'Ile, corriger les défauts de la
ne l'avait pas bien reçu. Les peau, & entretenir la beau-
Philosophes Spagyriques re- té, ou la procurer. Ce terme
gardent l'Ile de Cos com- a été fait de Cosmet, Anti-
me le symbole de leur ma- moine, parce que les An-
tière mise dans le vase pour ciens employaient beau-
y être digérée. Si l'on y met coup ce minéral à l'usage
trop de mercure, qui n'est dont nous venons de parler.
autre chose qu'Hercule, le L'Ecriture sainte en parle en
vase se brisera, toute la ma- plus d'un endroit.
tière se répandra ou se dis- COSUMET. Voyez
sipera ; & c'est le ravage Cosmec.
qu'Hercule fit dans l'Ile de COTONORIUM. Li-
Cos. II faut donc avoir grand queur.
soin de ne pas verser trop COULEUR. Les cou-
abondamment le mercure leurs des choses, & parti-
sur la matière contenue dans culièrement des fleurs, ont
le vase, elle en serait inon- leur principe dans le soufre
dée. Si l'on en met trop peu, & le sel mercuriels des corps
le feu y prendra, le vase se colorés. Une preuve bien
brisera, & tout sera perdu. convaincante, c'est qu'à me-
Il faut arroser souvent & peu sure que ces parties volatiles
à peu. C'est cette précaution s'évaporent, la couleur s'é-
manquée, qui fait que beau- vanouit, du moins son éclat
coup d'Alchimistes ne réus- & sa vivacité, & fait place
sissent pas, quoiqu'ils tra- à une autre couleur moins
vaillent d'ailleurs sur la vraie vive, composée d'un soufre
matière, & qu'ils se servent plus terrestre & moins subtil.
des fourneaux & du feu phi- Il est d'ailleurs certain qu'on
losophique requis dans les ne trouve point de couleurs
opérations du grand oeuvre. dont le sujet ne soit gras,
COSMAI. Teinture ou oléagineux & très combus-
eau de safran. tible.
COSMEC & COS- Couleur. Les Philoso-
MET. Antimoine des Phi- phes Hermétiques regardent
losophes, & des Chimistes les couleurs qui surviennent
vulgaires. à la matière pendant l'opé-
COSMETIQUE. Nom ration du grand oeuvre,
@

94 CO CO

comme les clefs de cet Art, solution de la matière. Elle
& les indices certains de la doit toujours précéder la
vérité & bonté de la matiè- blanche & la rouge.
re, & du bon régime du feu. La blanche marque la
Ils en comptent trois princi- fixation bien avancée de la
pales qui se succèdent, mais matière; & la rouge sa fixa-
dont la succession est inter- tion parfaite.
rompue par quelques autres Toutes ces couleurs doi-
couleurs passagères & de vent reparaître dans l'opé-
peu de durée. La première ration de la multiplication;
principale est la couleur noi- mais elles sont d'une durée
re, qui doit le faire voir au d'autant plus courte, qu'on
quarante-deuxième jour au réitère plus souvent les opé-
plus tard. Elle disparaît peu rations pour perfectionner
à peu, & fait place à la blan- & multiplier la quantité &
che. A celle-ci succède la les qualités de la pierre.
citrine, qu'ils appellent leur Lorsque la matière est
Or. Enfin, la couleur rouge comme de la poix noire fon-
se montre, & c'est la Fleur due, ils l'appellent le Noir
de leur or, leur Couronne plus noir que le noir même,
royale, &c. Les couleurs leur Plomb, leur Saturne,
passagères sont la verte, qui leur Corbeau, &c. Et ils di-
marque l'animation & la vé- sent qu'il faut alors couper
gétation de la matière; la la tête du Corbeau avec le
grise, ou le règne de Jupi- glaive ou l'épée, c'est-à-dire
ter, qui suit immédiatement avec le feu, en le continuant
la noire, ou le règne de Sa- jusqu'à ce que le Corbeau se
turne; les couleurs de la blanchisse.
queue du paon. La couleur Ces différentes couleurs,
Tyrienne, ou couleur de que la matière prend en se
pourpre, indique la perfec- cuisant, ont donné lieu aux
tion de la pierre. Philosophes d'appeler cette
Si la couleur rouge paraît matière de presque tous les
avant la noire, c'est un signe noms des individus de la Na-
qu'on a trop poussé le feu, ture. Son odeur & ses pro-
& que l'ouvrage ne réussira priétés lui en ont fait don-
pas. Il faut alors recommen- ner quelques autres; & ils
cer. avouent dans leurs Ouvra-
La noire est un indice de ges, qu'ils n'ont jamais nom-
putréfaction & d'entière dis- mé cette matière par son
@

CO CO 95

nom propre vulgaire, au LESTE, Corona Coelica,
moins lorsqu'ils en ont parlé en termes d'Alchimie, si-
pour la désigner. On peut gnifie Esprit de vin. Mais
voir une partie de ces noms quand Raymond Lulle &
dans l'article Matière des les autres Philosophes par-
Philosophes. lent de l'esprit-de-vin, du
COULEUVRE. Serpent vin blanc, du vin rouge, il
ou reptile honoré par les ne faut pas les prendre à la
Païens comme représentant lettre; ils entendent par ces
Esculape. Voyez Escula- termes le mercure rouge &
pe. Les Poètes ont feint que le mercure blanc qu'ils em-
les Gorgones & les Furies ploient dans le grand oeu-
avaient des couleuvres en- vre.
trelacées dans leurs che- Couronne ROYALE.
veux. Voyez Méduse. On C'est la pierre parfaite au
représentait Saturne ayant à rouge, & propre à faire la
la main une couleuvre qui pierre de projection.
dévore sa queue. Voyez Sa- Couronne VICTO-
turne. RIEUSE. C'est la même
Les Philosophes Hermé- chose que Couronne royale.
tiques ont donné le nom de Quelques Philosophes ont
Serpent & de Couleuvre à la cependant donné ce nom à
matière de leur Art. Voyez la matière lorsqu'elle com-
les Figures d'Abraham Juif, mence à sortir de la putré-
dans Flamel. faction, ou de la couleur
COUPER avec des ci- noire, parce qu'ils disent
seaux ou tout autre instru- qu'alors la mort est vaincue,
ment, signifie cuire, digérer & que leur Roi triomphe
la matière sans ouvrir ni re- des horreurs du tombeau,
muer le vase. Ainsi couper de l'empire des ténèbres.
la tête du corbeau, veut dire COUVERCLE DU
continuer la cuisson & la di- VASE. C'est le noir plus
gestion de la matière de l'oeu- noir que le noir même, ou
vre parvenue à la couleur la matière parfaitement dis-
noire, pour la faire passer à soute, & dans une entière
la grise, & de-là à la blan- putréfaction.
che. Les ciseaux, l'épée, la CRACHAT DE LA
lance, sont le feu philoso- LUNE. C'est la matière de
phique. pierre Philosophale avant sa
COURONNE CE'- préparation. Les Sages don-
@

96 CR CR

nent aussi ce nom à leur mer- dissolution, l'eau dans la-
cure préparé. quelle se résout cette matiè-
Plusieurs Chimistes ont re, paraît de couleur bleu
donné le nom de Crachat de céleste, puis violette, ensuite
la Lune, ou Sputum Lunae, rouge, pourprée, & s'éclair-
au flos coeli, & ont travaillé cissant après cela, elle de-
avec lui, comme sur la vé- vient couleur d'aurore, &
ritable matière du grand oeu- enfin ambrée couleur d'or.
vre; & il est vrai que ce flos La pellicule surnage très
coeli est bien capable d'in- long-temps dans cette eau; &
duire en erreur. Il est assez il se précipite au fond du ma-
difficile de décider de sa na- tras dès le commencement
ture. C'est une espèce d'eau de la dissolution, une espèce
congelée, sans odeur & sans de poudre blanche comme
saveur, ressemblant à une de l'amidon. Mais pour cela
fraise de veau verte, qui sort il faut avoir cueilli le flos
de terre pendant la nuit, ou coeli avant le lever du soleil,
d'abord après la cessation & l'avoir nettoyé exacte-
d'un grand orage. Dans les ment, morceau à morceau,
plus grandes chaleurs, cette de toute la terre & autres ma-
matière conserve une froi- tières étrangères qui pour-
deur très grande quand on raient s'y être attachées. Plu-
la tient à l'ombre. Sa matière sieurs personnes m'ont assuré
aqueuse est très volatile, & qu'on faisait avec le flos coeli
s'évapore à la moindre cha- un excellent remède pour
leur à travers une peau ex- guérir un nombre de mala-
trêmement mince qui la con- dies. Il faut avoir soin de ne
tient. Elle ne se dissout, ni point toucher ni cueillir le
dans le vinaigre, ni dans flos coeli avec aucun métal,
l'eau, ni dans l'esprit-de-vin; mais seulement avec du bois
mais si on renferme le flos ou du verre.
coeli tout nouveau dans un CRAIE BLANCHE.
vase bien scellé & luté, il s'y Matière de l'Art parvenue
dissout de lui-même en une au blanc.
eau extrêmement puante, Craie NOIRE. Matière
sentant comme les excré- pendant la putréfaction.
ments humains très corrom- CRETE (Ile de) dans
pus, ce qui manifeste une laquelle fut élevé Jupiter.
abondance de soufre volatil. Voyez les Fables Egypt. &
Au commencement de la Grecq. dévoilées, liv. 3. c. 4.
CRETHE'E,
@

CR CR 97

CRETHE'E, fils d'Eole, me, qui étant devenu éper-
père d'Eson & d'Amythaon. dument amoureux de la
Voyez le liv. 2. ch. 1. des Nymphe Smilax, fut chan-
Fables Egypt. & Grecques gé en une plante que nous
dévoilées. nommons safran. Les Chi-
CRIBLE. Les Philoso- mistes Hermétiques ont quel-
phes ont donné ce nom à quefois appelé Crocus, ou
leur aimant ou corps impar- safran, leur matière fixée au
fait, qu'ils ont aussi appelé rouge-orangé.
Argent-vif d'Occident, & CROIX. Les croix, en
assez souvent Mercure des Chimie vulgaire, sont des
Philosophes coagulé & non caractères qui indiquent le
fixe; c'est la même matière creuset, le vinaigre, & le
qu'ils ont nommée Dragon vinaigre distillé. Mais en fait
Babylonien, Lion vert, Vi- de Science Hermétique, la
naigre très aigre, Eau de la croix est, comme chez les
mer, Feu secret, Saturnie Egyptiens, le symbole des
végétable, Herbe triom- quatre éléments. Et comme
phante qui croit sur les mon- la pierre philosophale est,
tagnes; mais proprement disent-ils, composée de la
leur Lune, Soeur & femme plus pure substance des élé-
du Soleil, son Ombre, Eve, ments grossiers, c'est-à-dire,
Beya, Fille de Saturne, & de la substance même des
Vénus, enfin leur Femelle. éléments principes, ils ont
CRIBLER. C'est cuire la dit: in cruce salus, le salut
matière, & la purifier par la est dans la croix ; par simili-
sublimation philosophique. tude du salut de nos âmes
CROCODILE. Les rachetées par le sang de Jé-
Chimistes Hermétiques, à sus-Christ attaché sur l'arbre
l'imitation des Egyptiens, de la croix. Quelques-uns
ont mis le crocodile dans d'entr'eux ont même poussé
leurs hiéroglyphes, pour la hardiesse plus loin, &
symbole de la matière de leur n'ont pas craint d'employer
oeuvre; parce qu'il vit sur les termes du nouveau Tes-
terre & dans l'eau, & que tament pour former leurs al-
leur matière est aussi eau & légories & leurs énigmes
terre alternativement. Jean de Roquetaillade, con-
CROCOMMA. Marc nu sous le nom de Jean de
de l'huile. Rupe Scissa, & Arnaud de
CROCUS. Jeune hom-* Villeneuve disent dans leurs
G
@

98 CR CR

ouvrages sur la composition fait sur la manière de procé-
de la pierre des Philosophes: der dans les opérations du
il faut que le Fils de l'Homme grand oeuvre. Ce sont eux qui
soit élevé sur la croix avant ont inventé les caractères qui
que d'être glorifié; pour dé- sont en usage encore aujour-
signer la volatilisation de la d'hui dans les livres de Chi-
partie fixe & ignée de la ma- mie, pour signifier tant les
tière. Jean de Dée, Anglais, drogues que les opérations
a fait dans son traité de l'oeu- requises pour leurs prépara-
vre des Sages, une compa- tions. On trouve ces caractè-
raison très étendue de la res chimiques, avec leur ex-
pierre philosophale, avec le plication, dans presque tous
mystère de notre Rédemp- les ouvrages modernes qui
tion. Son traité a pour titre; traitent de la Chimie vulgai-
Monas Hieroglyphica. re; je crois qu'il est inutile de
CRYBTIT. Soufre. les rapporter ici, d'autant plus
Voyez Kybric. qu'on les trouve rarement
CRYPTOGRAPHIE. dans les traités Hermétiques
Art d'écrire en caractères qui nous restent. Mais com-
non apparents, ou inconnus, me on y voit quelquefois
ou défigurés, qu'on appelle d'autres caractères, & des
communément écriture en manières d'écrire & de s'ex-
chiffres. Cette manière d'é- primer qui ne sont pas ordi-
crire est en usage particuliè- naires, j'en inférerai quel-
rement parmi les Ambassa- ques exemples dans cet ar-
deurs des Princes, afin que ticle.
si leurs lettres étaient inter- Premier exemple.
ceptées, on ne pût pas dé- pict Antimoine.
chiffrer ce qu'elles contien- Asphalte ou bitume.
nent. Chacun peut se former Orpiment.
une cryptographie à sa guise. Sel armoniac.
Cardan, Tritheme, Schot, Or.
Kircher, Porta et plusieurs Orpiment rouge.
autres ont fait des traités sur Vitriol Romain.
cet Art. Soufre.
Les Philosophes Hermé- Alun.
tiques toujours attentifs à ca- Alun de plume.
cher le secret de leur Art, ont Sel nitre.
quelquefois usé de ce moyen Mercure.
dans les ouvrages qu'ils ont Mercure.
@

CR CR 99

Second exemple. métiques ils ont fait usage
des planètes & des signes.
Les opérations de l'oeu- pict
vre exprimées par les douze 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
signes. ou
pict
pict 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
La calcination. pict
La congélation. 9. 10. 11. 12.
La fixation. ou
La dissolution. pict
La digestion.
La distillation. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.
La sublimation. pict
La séparation. 8. 9. 10. 100. 200.
L'incération.
La fermentation. Quelques-uns ont em-
La multiplication. ployé les caractères chimi-
La projection. ques au lieu des lettres de
l'alphabet, de la manière
D'autres ayant égard aux qu'on le trouve expliqué
influences des signes & des dans le Bouquet Chimique
planètes sur les membres & de Planiscampi.
parties du corps humain, On y trouve aussi des
ont substitué les noms de ces chiffres au lieu de lettres,
membres aux noms des si- ainsi:
gnes par lesquels ils signi- 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9.
fiaient les opérations, ou les a. e. i. o. u. l. m. n. r.
choses dont nous venons de ou
parler. Ils en ont même for- 9. 8. 7. 6. 5. 4. 3. 2. 1.
mé divers alphabets tels que a. e. i. o. u. l. m. n. r.
les suivants.
pict Ou avec tout l'alphabet
a b c d e f g h mêlé avec des chiffres, de la
pict manière suivante:
i l m n o p q r
pict l.b.c.d.2.f.g.h.3.k.6.7.
s t u x y z. a.b.c.d.e.f.g.h.i.k.l.m.
Quand il s'est agi d'ex- 8.4.p.q.9.s.t.5.x.y.z.
primer des nombres arith-* n.o.p.q.r.s.t.u.x.y.z.
G ij
@

100 CR CR

Autrement en changeant Quelques-uns ont écrit à
les lettres, & les substituant rebours à la manière des Hé-
les unes aux autres; prenant, breux, ainsi:
par exemple, l'n pour l'a,
ainsi: Prenez la matière que vous
savez; faites-en le mercure
a.b.c.d.e.f.g.h.i.l.m. selon l'art, & de ce mercure
n.o.p.q.r.s.t.u.x.y.z. vous ferez l'oeuvre.
On prend dans l'exemple Zenerp al ereitam euq suou
précédent l'a pour l'n, le b zevacs; setiaf-ne el erucrem
pour l'o, & ainsi de suite. Et noles tra'l, te ed ec erucrem
par conversion l'n pour l'a, suou zeref ervuoe'l.
l'o pour le b, &c.
On en voit qui ont pris les Ceux qui ont voulu mieux
caractères des planètes pour cacher la chose, ont ajouté
indiquer les sept jours de la une lettre inutile au com-
semaine, par les noms qui mencement, au milieu, & à
leur conviennent; & les ont la fin de chaque mot. Exem-
aussi appliqués aux sept opé- ple:
rations de l'art Hermétique, L'azoth des Philosophes est
savoir, à la dissolution, pu- leur mercure.
tréfaction, calcination, dis- Ml'abzothi adoesp uphi-
tillation, coagulation, subli- loqsophesa lesati pleruri
mation, & fixation. Ils ont imeracuret.
donné aussi les douze con-
sonnes b, c, d, f, g, l, m, Ces exemples doivent suf-
n , p, r, s, t, aux douze fire pour montrer les diver-
mois de l'année, aux douze ses façons d'écrire en ma-
signes, & aux douze régimes nière cachée; mais ils ont
de l'Art. Et q, x, z, k, aux employé aussi des figures
quatre éléments, aux quatre symboliques & des hiéro-
saisons, aux quatre vents car- glyphes sur lesquels on ne
dinaux, aux quatre humeurs peut donner aucune règle
du corps humain; ils ont ré- certaine, parce que chaque
servé l'h pour exprimer l'es- Philosophe les a imaginés à
prit universel du monde, sa fantaisie, comme on peut
parce que c'est une lettre as- le voir dans les Figures de
pirée, & que cet esprit du Senior, d'Abraham Juif, de
monde se trouve dans l'air Flamel, de Majer, de Basile
plus particulièrement. Valentin, & de tant d'autres.
@

CU CY 101

CUBIT. Terre ou soufre parce qu'elle avoir mis quel-
rouge des Sages. ques obstacles à l'enlève-
CUCURBITE. Four- ment de Proserpine. Voyez
neau secret des Philosophes; les Fables Egypt. & Grecq.
quelquefois le vase qui con- dévoilées, liv. 4. ch. 3.
tient la matière du fourneau CYANE'ES. Deux Iles
secret, dans lequel se cuit & autrement appelées Sym-
se digère la matière de l'art plegades, qui se trouvent à
Hermétique. l'entrée du Pont-Euxin. Les
CUIRE. C'est laisser agir Argonautes passèrent entre
la matière unique dans son ces deux écueils, qui se heur-
unique vase, par le feu phi- taient l'un contre l'autre, à
losophique, sans jamais y ce que dit la Fable. Voyez
toucher, jusqu'au point con- les Fables Egypt. & Grecq.
nu des Sages; c'est-à-dire dévoilées, liv. 2. ch. 1.
jusqu'à la perfection de cha- CYBELE. Mère des
que opération, ou disposi- Dieux & des Hommes. Hé-
tion, pour s'expliquer com- siode la fait fille du Ciel &
me Morien. de la Terre, & femme de
CUIVRE & LAITON, Saturne. Cette Déesse avait
ou LETON. Matière au plusieurs noms; on l'appe-
noir, qu'il faut blanchir. lait Ops, Proserpine, Cérès,
CURCUM. Curcuma. Isis, Rhée. On la représen-
CURETES. Peuples de tait ayant une couronne sur
l'Ile de Candie, qu'on nom- la tête formée de plusieurs
mait autrefois l'Ile de Crète. tours, & une clef à la main,
On a souvent confondu les assise dans un char traîné par
Curetes avec les Coryban- quatre lions. Voyez Isis,
tes & les Dactyles; on les a Cérès, Rhée, dans les Fables
aussi appelés Idéens, à cause Egypt. & Grecques dévoi-
du fameux mont Ida qui se lées, liv. 1. c. 4. liv. 4. c. 2.
trouve dans cette Ile. Com- & 3. liv. 3. c. 4.
me les Anciens entendaient CYCIMA. Litharge.
par les Curetes la même CYCLOPES. Géants nés
chose que par les Coryban- du Ciel & de la Terre, se-
tes, voyez l'article de ces lon Hésiode; de Neptune &
derniers. d'Amphitrite, suivant Euri-
CYANE, Nymphe de Si- pide. Les Poètes nous les
cile, fut changée en la fon- ont représentés comme mi-
taine de ce nom par Pluton, nistres de Vulcain pour le
G iij
@

102 CY CY

service de sa forge. Ils n'a- gnes, parce que tant dans la
vaient qu'un oeil rond au première opération que dans
milieu du front. la seconde, la matière doit
Apollon pour se venger passer du noir à la couleur
de ce qu'ils avaient forgé les blanche. Dans la première
foudres dont Jupiter frappa opération se fait la métamor-
Esculape, les tua à coups de phose du fils de Neptune, &
flèches, ce qui fut cause que dans la seconde celle du frère
Jupiter le bannir du Ciel. de Phaëton.
Voyez les Fables Egypt. & Il y a encore un troisième
Grecques dans les chapitres Cygnus, fils de Mars. Her-
de Vulcain & d'Apollon. cule tua celui-ci, & emmena
CYDAR. Etain, ou Ju- son fils Hylas dans le temps
piter. de l'expédition pour la con-
CYGNE. Oiseau dont le quête de la toison d'or. Tuer
plumage est d'une blancheur ou fixer le volatil sont une
éblouissante. Il était consa- même chose dans le sens des
cré à Vénus & à Apollon. Philosophes. Ainsi changer
Les Philosophes Herméti- le fils de Neptune en cygne,
ques l'ont très souvent pris ou tuer Cygnus, ne sont
pour le symbole de leur ma- qu'une & même chose, par-
tière parvenue au blanc. ce que la couleur blanche ne
CYGNUS. La Fable fait se manifeste que lorsque la
mention de plusieurs person- matière se fixe dans la pre-
nages de ce nom, l'un frère mière opération. Dans la se-
ou proche parent de Phaë- conde, le fixe qui avait été
ton, l'autre fils de Neptune, volatilisé par la dissolution &
tous deux changés en cy- la putréfaction, se fixe une
gnes. Ce qui signifie la même seconde fois en parvenant au
chose quant au sens hermé- blanc. Hercule emmène avec
tique; puisque, comme fils lui Hylas dans la conquête
de Neptune, il est sorti de de la toison d'or; cet Hylas
l'eau mercurielle, ou mer est l'enfant philosophique,
philosophique, qui étant le dont Hercule prend soin jus-
principe de l'Apollon des Sa- qu'à la perfection de l'oeu-
ges, père de Phaëton, le frère vre, qui est proprement la
de celui-ci ne saurait man- conquête de la toison d'or.
quer d'être aussi très proche CYLLENE. Montagne
parent du premier. On les d'Arcadie sur laquelle Maia
dit tous deux changés en cy- mit Mercure au monde, d'où
@

CY DA DA 103

il fut nommé Cyllenien. On dit qu'ils montrèrent les
Voyez les Fables Egypt. & premiers à mettre le feu en
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 1. usage pour les besoins & les
CYNNABAR. Ci- commodités de la vie, &
nabre. que c'est à eux à qui l'édu-
CYNOCEPHALE. Es- cation de Jupiter fut confiée.
pèce de singe ayant la tête On les appelait aussi Cure-
de chien. Les Egyptiens ré- tes, & Corybantes. Voyez
véraient beaucoup ce mons- le chapitre de Jupiter dans
tre, parce que les Prêtres les Fables Egyptiennes &
leur faisaient entendre que Grecques dévoilées.
c'était Osiris; pendant que DAENECK Voyez
ces mêmes Prêtres ne re- Duenez.
gardaient Osiris que comme DAIB. Or philosophi-
le symbole de la partie de que.
la matière du grand oeuvre DAIMORGON. La plu-
qu'ils appelaient le Mâle, le part des Anciens donnaient
Soufre, le Soleil, &c. Mais ce nom à ce qu'ils appe-
ils n'en agissaient ainsi que laient le Génie de la Terre,
pour cacher au vulgaire les ce que ce même nom signi-
mystères de ce prétendu Osi- fie; mais les philosophes
ris, qui leur étaient confiés Hermétiques l'entendaient
sous peine de la vie. C'est ce du feu qui anime la Nature,
qui engagea Démocrite Ab- & dans le particulier cet es-
déritain de se faire recevoir prit inné & vivifiant de la
au nombre de ces Prêtres, terre des Sages, qui agit dans
pour apprendre les secrets tout le cours des opérations
de la vraie Chimie, cachés du grand oeuvre. Quelques-
sous les figures hiéroglyphi- uns l'ont nommé Demorgon.
ques des Egyptiens. Voyez Raymond Lulle a fait un
les Fables Egypt. & Grecq. traité des opérations de la
dévoilées, liv. 1. sect 3. c. 7. pierre, qu'il a intitulé: De-
morgon. Ce traité est en for-
D me de dialogue, & Demor-
gon est un des interlocu-
DABAT. C'est le gui teurs.
de chêne. DAMATAU. Gomme
DABESTIS. Tortue. des Philosophes.
DACTYLES. Peuples DANAE'. La Fable dit que
qui habitaient le Mont Ida. Jupiter voulant jouir de Da-
G iv
@

104 DA DA

naë renfermée dans une tour, de tout cela dans les Fables
s'y introduisit sous la forme Egypt. & Grecq. dévoilées.
d'une pluie d'or. Selon les DANATI. Poids de six
Philosophes Spagyriques, il grains.
faut expliquer cette fable des DANAUS. Voyez Da-
opérations de la pierre Phi- naïdes.
losophale. La tour où Da- DANIC ou DANICH.
naë était renfermée, est l'a- Terme arabe que quelques
thanor ou four philosophi- Médecins & quelques Chi-
que fait en forme de tour, mistes ont employé pour
dans lequel on met l'oeuf, & signifier une demi-dragme;
dans cet oeuf le mercure, re- Fernel pour six grains seule-
présenté par Danaë, avec ment, Agricola & d'autres
lequel on fait la jonction, pour huit.
ou, comme ils disent, le ma- DANSIR. Sable.
riage du soufre représenté DAPHNAEUS. Surnom
par Jupiter. Voyez les Fa- d'Apollon. V. APOLLON.
bles Egypt. & Grecques, DAPHNE', fille du fleu-
liv. 3. ch. 14. §. 3. ve Pénée, en fuyant pour se
DANAIDES, filles de soustraire aux poursuites d'A-
Danaüs, au nombre de cin- pollon, eut recours à son pè-
quante, mariées aux cin- re, qui la changea en laurier.
quante fils d'Egypte. Da- Voyez les Fables Egypt. &
naüs ayant appris de l'Ora- Grecques dévoilées, liv. 3.
cle qu'un de ses gendres le chap. 12.
ferait périr, il engagea ses DARAU. Gomme des
filles à tuer chacune son Philosophes.
mari la première nuit de DARDANIE. Premier
leurs noces. Hypermnestre nom de la ville de Troie,
fut la seule qui épargna le qui lui fut donné de son fon-
sien nomme Lyncée, qui en dateur.
effet tua dans la suite Da- DARDANUS, fils de
naüs, & s'empara de ses Jupiter & d'Electre, ayant
Etats. La Fable dit que pour mis à mort son frère Jasius,
punition de leurs maricides, s'enfuit en Samothrace, &
les Danaïdes furent con- de-là en Phrygie, où il bâtit
damnées par les Dieux à la ville de Dardanie. Voyez
verser de l'eau dans un vase les Fables Egypt. & Grecq.
percé, jusqu'à ce qu'il fût dévoilées, liv. 6. cha. 1. &
plein. Voyez l'explication suivant.
@

DA DE DE 105

DATEL ou TATEL. cembre E, ce terme signifie
Stramonium, ou Morelle fu- le magistère au blanc, parce
rieuse. que la neige tombe au mois
DAVERIDON. Huile de Décembre, & que la ma-
d'aspic. tière au blanc est comme de
DAVITI. Poids de six la neige; les Adeptes l'ont
grains d'orge. même quelquefois appelée
DAURA. Quelques-uns de ce nom.
ont employé ce terme ara- DE'CEPTE, DE'CEP-
be pour signifier l'ellébore, TION. Vieux mots que l'on
d'autres l'or en feuilles. Rul- trouve assez souvent dans
land & Planiscampi. Bernard Trévisan & dans
DE'AB. Or vulgaire chez Flamel, pour signifier trom-
les Chimistes, & or philo- perie des Souffleurs, des
sophique quand il s'agit de Charlatans.
science Hermétique. DE'CEVEURS. Trom-
DE'ALBATION. Ter- peurs, affronteurs. Ce terme
me de science Hermétique. est gaulois, & se trouve sou-
Cuire la matière jusqu'à ce vent dans ses Auteurs que
qu'elle ait perdu sa noirceur j'ai cités dans l'article précé-
& qu'elle soit devenue blan- dent.
che comme la neige. On DE'COCTION, en ter-
l'appelle autrement lotion mes de Chimie Herméti-
ou lavement; & c'est dans que, signifie l'action de di-
ce sens que les Philosophes gérer, circuler la matière
disent: lavez le laiton jusqu'à dans le vase, sans addition
ce que vous lui ayez ôté d'aucune chose étrangère.
toute son obscurité. Voyez Cuire.
DE'BESSIS. Tortue. DECUIRE, signifie faire
DE'CEMBRE. Magistère rétrograder une chose cuite
au noir, ou temps de la putré- du degré de cuisson qu'on
faction de la matière, ainsi lui avait donné; mais en ter-
nommé de ce que les Phi- mes de Chimie Herméti-
losophes donnent le nom que, quelques Philosophes
d'Hiver à cette opération, l'ont employé pour signifier
& que le mois de Décembre la digestion, la cuisson de la
est le commencement de la matière des Sages. Voyez
saison ou la Nature paraît Cuire.
oisive, engourdie & endor- DECOMPOSITION.
mie. Quand ils disent Dé- Séparation des parties d'un
@

106 DE DI DE

mixte pour en découvrir les crate. Ce corps s'y résout en
principes; c'est proprement liqueur, & tombe dans le
l'analyse. Mais en fait de récipient mis au-dessous.
Philosophie Hermétique, il La seconde est la défail-
ne signifie autre chose que lance vaporeuse; elle se fait
la réduction du corps de l'or à l'air ouvert, qu'on appelle
des Sages à sa première ma- sub dio.
tière, ce qui se fait par la dis- La troisième est celle que
solution au moyen du mer- Rulland appelle Deliquium
cure des Philosophes. embapticum, défaillance par
DEDALE, le plus sa- immersion. Elle se fait de
vant Artiste de la Grèce, ha- deux manières: la première,
bile Architecte, ingénieux en mettant le corps qu'on
Sculpteur, était fils d'Hyme- veut faire résoudre en eau,
tion, petit-fils d'Eupoleme. dans un vase à travers les
Dédale fit le célèbre laby- pores duquel l'eau dans la-
rinthe de Crète, dans lequel quelle il est plongé ne puisse
il fut renfermé avec son fils passer, ou dans une vessie,
Icare, & duquel ils se sau- ou dans un vase de cire, afin
vèrent au moyen des ailes que l'eau du bain puisse pé-
qu'ils se fabriquèrent. Voyez nétrer & suinter.
les Fables Egypt & Grecq. Si la liqueur dans laquelle
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. on plonge ces sortes de va-
DEEB. Pierre au rouge. ses est chaude, c'est ce qu'on
DEFAILLANCE, De- appelle défaillance au bain-
liquium, en termes de chi- marie. Lorsque la défaillance
mie, est une résolution en se fait dans l'eau froide, elle
liqueurs d'un corps sec & retient le nom de deliquium
coagulé. Les corps qui par- ou défaillance.
ticipent du sel sont les seuls La seconde manière se fait
qui tombent en défaillance. aussi par immersion, mais le
Il y a trois sortes de défail- corps mis seulement dans un
lances. L'une appelée des- sachet de toile, ou plongé à
cension froide, qui se fait en nu dans quelque liqueur
exposant dans une cave, ou pour l'y laisser résoudre;
autre lieu humide & frais, comme comme l'on fait aux gom-
un corps coagulé ou calci- mes, aux sucs coagulés, au
né, sur un marbre, une table sucre, &c. Dans ce dernier
de pierre ou de verre, ou cas particulièrement, il faut
dans une chauffe d'Hippo- choisir pour son opération
@

DE DE 107

des liqueurs par le moyen suivie en mariage par le
desquelles on fait la défail- fleuve Acheloüs: Hercule
lance, qui puissent être aisé- en étant aussi devenu amou-
ment séparées du corps dis- reux, combattit pour l'avoir
sout, en cas qu'on veuille contre Acheloüs, & l'ayant
l'avoir tel; parce que la li- vaincu, il s'empara de Dé-
queur dissolvante & le corps janire. Dans le temps qu'il
dissout ont quelquefois des l'emmenait, il trouva sur son
qualités contraires. chemin un fleuve large &
DEGEGI. Poule, ou profond qu'il lui fallait tra-
chaleur de la poule qui cou- verser: ne pouvant le faire,
ve, c'est-à-dire, la chaleur il confia Déjanire au Cen-
naturelle à la chose. Ainsi taure Nessus pour la passer à
quand les Philosophes re- l'autre bord. Nessus le fit &
commandent de donner au l'ayant transportée de l'au-
régime du feu de l'oeuvre le tre côté, il voulut lui faire
degré de la chaleur d'une violence. Hercule s'en étant
poule qui couve; ce n'est pas aperçu, décocha une flèche
de faire un feu artificiel au à Nessus, qui en mourut.
degré de cette chaleur d'une Pour se venger d'Hercule, le
poule, mais de laisser agir la Centaure dévêtit sa robe
nature avec le feu inné & toute ensanglantée, la donna
implanté dans la matière, à Déjanire, en la priant de
feu naturel pour le minéral, la remettre à Hercule, & de
comme celui de la poule l'est l'engager à la vêtir. Hercule,
pour l'animal. pour complaire à Déjanire,
DEGRE'S DE FEU. la reçut, s'en vêtit, fut sur-
V. Inspissation. pris d'une sueur qui tenait
DEHAB, DEHEB & de la rage, construisit un bû-
DEHEHEB. Or des Philo- cher & s'y brûla, d'où il fut
sophes. transporté an Ciel, & mis au
DEHENE. Sang. rang des Dieux. Cette fable
DEHENES. Attrament. expliquée par les Alchimis-
DEHENEZ. Vitriol Ro- tes, est le symbole de la der-
main. On l'a ainsi appelé nière opération du grand oeu-
Decenec. vre, c'est-à-dire, de la per-
DEHIM, DEHIN, & fection de la pierre. Déjanire
DEM. Sang humain. signifie la nature métalli-
DEJANIRE, fille d'Oe- que, le Centaure la matière
née Roi d'Etolie, fut pour- purifiée devenue terre feuil-
@

108 DE DE

lée, ou au blanc, & Hercule DELEGI-AZFUR. Mi-
le mercure philosophique. robolants.
Lorsque la matière est par- DELIER LE CORPS,
venue au blanc, & qu'elle a en termes de science Her-
passé par toutes les couleurs, métique, c'est tirer le mer-
elle n'a plus que le rouge, cure de sa minière, où il est
ou la couleur de sang à pren- retenu comme par des liens
dre, qui est celle de sa per- formés par les parties hété-
fection. Lorsqu'elle est dans rogènes avec lesquelles il est
son état de blancheur, si on mêlé. Il se dit aussi de la pu-
l'enivre de l'eau mercurielle, tréfaction de la matière après
& que l'on augmente le de- sa dissolution. V. Ouvrir.
gré du feu, comme celui de DELUGE. Les Philoso-
la canicule, Hercule alors, phes entendent par ce terme
ou le mercure, prend le vê- la distillation de leur matiè-
tement du Centaure teint de re, qui après être montée
sang, c'est-à-dire la couleur en forme de vapeurs au haut
rouge, qui est celle d'un du vase, retombe sur la terre
homme en fureur, & se Vi- comme une pluie qui l'inon-
trifie, qui est le dernier de- de toute entière.
gré de perfection. DEM. Sang humain.
DEIDAMIE, fille DEMORGORGON.
de Lycomede chez lequel Voyez Daimorgon.
Achille se cacha déguisé en DENEQUAT. Borax.
femme, pour ne pas aller au DENOQUOR. Borax.
siège de Troie. Achille de- DENSIR. Sable.
vint amoureux de Déidamie, DENTS DU SER-
obtint ses bonnes grâces, & PENT. La Fable dit
en eut Pyrrhus. Voyez ce que Cadmus sema dans le
que signifie cette fiction dans champ de Mars les dents
les Fables Egypt. & Grecq. du Dragon qui avait dévoré
dévoilées, liv. 6. ses compagnons. Philalèthe
DEIPHOBE', fille de recommande à l'Artiste de
Glauque, autrement nom- s'instruire de ce que c'est que
mée Sibylle de Cumes. Ce ces dents & les compagnons
fut elle que la Fable suppose de Cadmus. Quelques-uns
avoir conduit Enée dans sa expliquent cette action de
descente aux Enfers. Voyez Cadmus de la première pré-
à la fin du 6e liv. des Fables paration de la matière des
Egypt. & Grecq. dévoilées. Sages, & Flamel en fait
@

DE DE 109

l'application à la seconde, parties hétérogènes, qui s'en
c'est-à-dire à ce qui se passe séparent & se précipitent au
dans le vase après la putré- fond du vase dans lequel est
faction. Celui qui lave, ou renfermée la liqueur. On dit
plutôt ces lavements, qu'il cette liqueur dépose, pour
faut continuer avec l'autre dire que ce qu'on y avait
moitié, ce sont, dit Flamel, mélangé se précipite en for-
les dents de ce Serpent que me de sédiment. Les eaux
le sage Opérateur sèmera minérales déposent; les si-
dans la même terre, d'où rops mal cuits déposent le
naîtront des Soldats qui s'en- sucre, &c.
tre-tueront eux-mêmes. Ce DEPOUILLER. Purifier
sont donc les imbibitions du la matière, séparer le pur
mercure. d'avec l'impur. Il faut faire
DENUDATION. Pu- boire à outrance le vieux
tréfaction de la matière, & Dragon par le nombre ma-
sa dissolution. De-là, dit Fla- gique de trois fois sept. Il dé-
mel, sont sorties tant d'allé- pouillera pour lors ses vieil-
gories sur les morts, les sé- les écailles qui le couvrent,
pulcres, les tombes. Les & il quittera cette lèpre qui
autres l'ont nommée calci- l'infecte, comme Naaman se
nation, dénudation, sépara- lava sept fois dans les eaux
tion, trituration, assation. du Jourdain. D'Espagnet.
Dénudation PHILO- DERAUT. Urine.
SOPHIQUE. Les Chimistes DERQUET. Voyez
Hermétiques ont employé Vernis.
ce terme, pour dire la puri- DERSES. Les Alchi-
fication de leur matière; c'est mistes entendent par ce ter-
dans ce sens qu'ils ont dit: me les vapeurs terrestres qui
O qu'heureux est celui qui a forme la sève, d'où naissent
pu voir la Diane toute nue; tous les végétaux. Rulland.
c'est à-dire, leur matière pu- DESCENSION. Distil-
rifiée de toutes hétérogénéi- ler par descension, c'est pro-
tés: ou leur matière dans le prement la filtration des li-
règne de la Lune, c'est-à-* queurs, mais en termes de
dire, au parfait blanc. Flam. science Hermétique, c'est la
DENYS. V. Bacchus. circulation de la matière.
DEPOSER, en termes DESENI. Mirobolants.
de Chimie, signifie une li- DESSECHER. Cuire la
queur empreinte de quelques matière, la fixer par la cir-
@

110 DE DE DI

culation, jusqu'à la perfec- ce de bruit ou de sifflement
tion du soufre ou de la pierre. qui se tait quand les parties
DESSICCATION. Coa- volatiles de quelques mé-
gulation & fixation de l'hu- langes sortent avec impétuo-
midité mercurielle. sité, ou sont fixées par l'aide
DESSOUS. Mettre des- d'un feu vif. Ce sifflement
sous ce qui est dessus, & arrive, suivant les Philoso-
dessus ce qui est dessous, c'est phes, dans le moment de la
spiritualiser les corps & cor- projection sur le mercure.
porifier les esprits; c'est-à-* DEUE. Matière due, re-
dire, en termes de Chimie quise & véritable. Trévisan
Hermétique, fixer le volatil, dit qu'il travailla quarante
& volatiliser le fixe. Ce qu'on ans sur diverses matières,
appelle aussi la Conversion qu'il nomme, & qu'il ne put
des éléments. V. Conver- réussir, parce qu'il n'opérait
tir. pas sur la matière due.
Les Philosophes disent aussi DEVERIDEN. Huile de
que ce qui est dessous est sem- nard ou de lavande.
blable à ce qui est dessus, DIACELTATESSON.
pour signifier que la partie Spécifique pour les fièvres,
volatile de la matière est de inventé par Paracelse.
même nature que la fixe, DIADE^ME. Couleur
qu'au commencement tout rouge qui survient à la ma-
est venu d'une seule & uni- tière de la pierre, à la fin de
que matière, & que tout chaque disposition ou opé-
c'est-à-dire le volatil & le ration. Ne méprisez pas la
fixe, retourneront à un, & cendre, car le diadème de
ne feront plus qu'un corps. notre Roi y est caché. Mo-
DESTRUCTION, en rien.
termes de science Herméti- DIAMANT. Pierre par-
que, signifie la dissolution venue au blanc.
radicale des corps dans le DIAMASCIEN. Fleurs
mercure philosophal; ou la de cuivre.
réduction des métaux à leur DIAMETRE SPAGY-
première matière, qui est le RIQUE. Equilibre ou tem-
mercure des Sages. pérament des éléments dans
Destruction signifie la pierre.
aussi la noirceur, la putré- DIANE, fille de Jupiter
faction de la matière. & de Latone, & soeur d'A-
DETONATION, Espè- pollon, naquit dans l'île de
@

DI DI 111

Délos, & quoique soeur ju- donnent le nom de Lune, ils
melle d'Apollon, elle servit entendent leur eau mercu-
de Sage-femme à Latone rielle. D'Espagnet dit que
pour qu'elle mit son frère au l'enseigne de Diane est la
monde. Elle se plaisait beau- seule capable d'adoucir la
coup à la chasse, où elle se férocité du Dragon philoso-
faisait accompagner par plu- phique. Philalèthe appelle
sieurs Nymphes. Un jour cette enseigne de Diane, ou
qu'elle se baignait avec el- la couleur blanche, les Co-
les, Actéon l'ayant vue nue lombes de Diane. Voyez une
dans le bain, cette Déesse plus ample explication dans
pour le punir de la témérité les Fables Egypt. & Grecq.
avec laquelle il s'en était ap- dévoilées, liv. 3. ch. 13.
proché, le changea en cerf. DIAPENSIA. Plante
Alors ses chiens qui le mé- connue sous les noms de
connurent, se jetèrent sur Pied-de-lion & Alchémille.
lui & le dévorèrent. Diane DIATESSADELTON.
devint enfin amoureuse du Précipité du mercure.
Berger Endymion, & allait DICALEGI. Etain, ou
souvent lui rendre visite, Jupiter des Philosophes.
malgré le projet qu'elle avait DICTE'. Antre où naquit
formé de conserver toujours Jupiter. C'est le vase philo-
sa virginité. On la représen- sophique.
tait avec un arc & un car- DIEUX. Nombre d'Au-
quois plein de flèches; quel- teurs ont supposé que les
quefois avec une torche al- Dieux du Paganisme avaient
lumée, montée sur un char été des hommes que leurs
tiré par des biches, ou par belles actions, & les services
un cerf & un taureau. qu'ils avaient rendus à l'hu-
Les Anciens lui donnaient manité, avaient fait déifier;
particulièrement trois noms; mais quand on remonte à
au ciel ils l'appelaient Lu- l'origine des premiers Dieux
cine, en terre Diane, & Pro- connus du Paganisme, on
serpine aux enfers. voit clairement, quand on
Diane est proprement la n'est pas aveuglé par le pré-
matière au blanc, couleur jugé, qu'ils prirent naissance
qui paraît dans l'oeuvre avant chez les Egyptiens. Héro-
la rouge appelée Apollon. dote nous l'assure en plus
Alors c'est Diane toute nue. d'un endroit de son Histoire.
Quand les Philosophes lui Philon de Biblos, traducteur
@

112 DI DI

de Sanchoniaton, semble l'une à l'autre, n'est inventée
donner à entendre que ces que pour cacher au vulgaire
Dieux, pour la plupart, les mystères de la vraie Chi-
avaient été des hommes tels mie, de même que les tra-
qu'Osiris, Isis, Horus; mais vaux d'Hercule, la conquête
quand on l'examine de près, de la Toison d'or, le jardin
on voit bientôt qu'il pensait des Hespérides, le siège de
comme Hermès dans son Troie, les voyages d'Osi-
Asclepius, c'est-à-dire, que ris, de Dionysius ou Bac-
ces Dieux n'avaient pas été chus, l'histoire de Cadmus,
hommes, mais fabriqués par celle de Thésée, d'Amphi-
des hommes. L'idolâtrie a trion, en un mot, tout ce
fait naître tous ses Dieux du qu'Orphée, Homère, Hé-
mariage prétendu de la Ter- siode, Hérodote, Virgile &
re & du Ciel, & puis de les autres nous ont laissé sur
Vulcain & Mercure, ce qui les Dieux, les Demi-Dieux
a fait dire aux Alchimistes & les Héros; les Métamor-
que toute la Fable n'est qu'u- phoses d'Ovide même bien
ne allégorie des opérations entendues, conduisent au
de la pierre philosophale, même but. On peut en ju-
parce que Mercure & le Feu ger par les écrits des Philo-
représenté par Vulcain, sont sophes Spagyriques, qui ont
les principes de tout, l'un employé très souvent ces
actif & l'autre passif. Les fables pour rendre obscurs
Egyptiens n'entendaient au- leurs écrits, comme avaient
tre chose par Isis & Osiris, fait les Anciens. Voyez mon
comme on peut le voir dans Traité des Fables Egypt. &
leurs lieux, & c'est des Egyp- Grecques dévoilées.
tiens que les autres Nations DIGESTION. Action
ont tiré leur culte; il n'y a par laquelle on met un corps
eu que les noms de changés. liquide avec un fluide pour
Les principaux, au nombre en faire le mélange en tout
de douze, étaient six Dieux ou en parties, pour en ex-
& six Déesses, savoir, Ju- traire la teinture, pour les
piter, Neptune, Mars, Mer- disposer à la dissolution, à la
cure, Vulcain & Apollon, putréfaction, pour les faire
Junon, Vesta, Cérès, Vé- circuler, & par ce moyen
nus, Diane & Minerve. volatiliser le fixe, & fixer le
L'histoire de chacun prise à volatil, au moyen d'une cha-
part, & relativement même leur convenable. Presque
toutes
@

DI DI 113

toutes les opérations du par les chevaux, dissolvent
grand oeuvre se réduisent à & mettent, pour ainsi dire,
la digestion, que les Philo- à mort les métaux avec les-
sophes ont appelée de di- quels on amalgame ce mer-
vers noms, suivant ce qu'ils cure; & qu'Hercule, qui est
ont remarqué qui se passait le symbole du soufre fixant
dans le vase pendant tout & coagulant, donne le mer-
le cours de l'oeuvre. Ainsi cure philosophique à dévorer
quand ils usent des termes à ses esprits dans l'oeuf phi-
de distillation, sublimation, losophique. Fabri. Mais il
imbibitions, cération, ins- me semble qu'Hercule serait
pissation, descension, cuis- plutôt le symbole de l'Ar-
son, solution, coagulation, tiste qui travaille sur ce mer-
&c. ils n'entendent autre cure philosophique. Selon ce
chose qu'une & même opé- dernier sens, on peut expli-
ration, ou la digestion répé- quer les hôtes & les étran-
tée dans les médecines du gers qui vont voir Diomede,
premier, du second & du par cette troupe de mauvais
troisième ordre. Alchimistes qui travaillent
DIKALEGI. Etain phi- sur le mercure, représenté
losophique. par Diomede, & qu'il fait dé-
DIMENSION. Les vorer par ses chevaux, c'est-
Adeptes disent que leur à-dire, par ses esprits volatils
pierre a les trois dimensions qu'ils cherchent à fixer, &
des autres corps, savoir la qui se ruinent dans la pour-
hauteur, la largeur & la pro- suite de ce dessein, & se trou-
fondeur. Voyez-en l'expli- vent comme dévorés. Il n'en
cation dans leurs articles. est pas de même d'un vrai
DIOMEDE, Roi de Philosophe représenté par
Thrace, selon la Fable, était Hercule; il dompte le mer-
si cruel qu'il faisait dévorer cure & le donne à dévorer
par ses chevaux les étrangers à ses propres chevaux, & en
qui venaient chez lui. Her- fait sortir un nouveau Roi,
cule y fut, s'en saisit, & le fit ou la pierre de projection,
manger lui-même par ses qui est le vrai or, & qui au
propres chevaux. Les Philo- lieu de tyranniser ses hôtes
sophes Hermétiques disent les reçoit si bien qu'il en fait
que Diomede représente le des Rois semblables à lui.
mercure philosophique, dont Il y avait un autre Dio-
les esprits corrosifs, signifiés mede, fils de Tydée & de
H
@

114 DI DI

Déiphile, qui fut un des plus deux ou trois parties de l'ar-
célèbres des Héros qui le senic, qui fait l'office de la
trouvèrent dans l'armée des femelle, & quatre parties ou
Grecs au prétendu siège de plus, jusqu'à douze, de l'eau
Troie. Voyez les Fables de la mer des Sages. Que le
Egypt. & Grecq. dévoilées, tout étant bien mêlé, on le
liv. 5. ch. 11. & livre 6. mettra dans le vase, lequel
DIONYSIAQUES. Fê- ayant été bien scellé, on le
tes célébrées en l'honneur de mettra dans l'athanor, & on
Bacchus. Voyez le 4e livre lui donnera le régime re-
des Fables dévoilées. quis.
DIONYSIUS ou DIO- DISQUE DU SOLEIL
NYSUS. V. Bacchus. Les Chimistes Hermétiques
DIRCE', femme de Ly- ont quelquefois donné ce
cus, exerça de grandes cruau- nom à leur mercure mêlé
tés envers Antiope, première avec l'or philosophique.
femme de ce Lycus, qui la DISSOLVANT. Les
répudia & la chassa pour Dir- Philosophes Hermétiques
cé. Les enfants d'Antiope, donnent à leur mercure le
Zethès & Amphion, vengè- nom de dissolvant universel,
rent les insultes faites à leur que Van-Helmont & Para-
mère en attachant Dircé à celse ont donné à leur al-
la queue d'un taureau in- kaest. L'Anonyme, connu
dompté, qui la mit en piè- sous le nom de Pantaleon,
ces. Les Dieux par commi- dit que l'alkaest peut se tirer,
sération, la changèrent en & se tire de la même minière
fontaine. Voyez les Fables que le mercure des Sages,
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 6. mais par des manipulations
DISPOSITION. Com- différentes, & qu'ils diffé-
posé philosophique, appelé rent en ce que l'alkaest ne
par Morien disposition, par se mêle jamais avec les corps
Trévisan poids ou propor- qu'il dissout, au lieu que le
tion, & par d'autres compo- mercure s'y mêle si intime-
sition. C'est le mélange des ment qu'il ne peut plus en
trois principes combinés phi- être séparé par aucun arti-
losophiquement. Philalèthe fice. Ce dernier Auteur est
dans son Vade mecum, dit singulièrement estimé par les
qu'il faut prendre une partie Alchimistes; ses ouvrages
du corps rouge ou blanc, au nombre de quatre se trou-
qui font la fonction de mâle; vent dans le second volume
@

DI DI 115

de la Bibliothèque de Chimie duction des corps en leur
curieuse de Manget. première matière; c'est-à-
DISSOLUTION. dire, l'or & l'argent des Phi-
Les Philosophes chimiques losophes en leur mercure,
n'entendent pas par ce ter- duquel ils avaient été for-
me la réduction simple d'un més. Dissoudre & coaguler
corps dur en liquide; mais deux ou trois fois font toutes
la réduction d'un corps en les opérations de l'art des
sa première matière; c'est-* Sages, ou Prêtres de l'E-
à-dire, en ses principes élé- gypte.
mentés, & non pas élémen- DISTILLATION (la)
taires; car ils n'ont jamais est le cinquième degré pour
prétendu réduire l'or, par parvenir à la transmutation
exemple, en air, eau, terre des choses naturelles. Plu-
& feu, mais en mercure, sieurs Chimistes compren-
composé de ces quatre élé- nent sous le terme de distil-
ments; quoiqu'il participe lation, l'ascension, la coho-
plus de l'eau & de la terre bation, l'ablution, la fixa-
que des deux autres, com- tion & l'imbibition. Cette
me tout le règne minéral. opération subtilise toutes les
Ils distinguent plusieurs eaux & les huiles. On tire
dissolutions dans l'opération par son moyen l'eau des li-
de la pierre philosophale; queurs & l'huile des corps
l'une imparfaite, & l'autre gras.
parfaite: la première est celle La distillation fixe beau-
qui précède la putréfaction; coup de choses quand elle
parce que la dissolution pro- est réitérée après la cohoba-
prement dite, ne se fait que tion des liqueurs sur les fèces.
dans le temps que la matière Tous les minéraux aqueux
est au parfait noir. Tout leur se fixent par ce moyen. Elle
oeuvre, disent-ils, consiste change la nature & les pro-
dans la dissolution & la coa- priétés des choses, d'amères
gulation réitérées plus d'une elle les rend douces, & de
fois. douces amères; cela n'arrive
DISSOUDRE. Réduire cependant pas toujours.
un corps solide en matière Distillation, en ter-
liquidé. On appelle aussi mes de Philosophie chimi-
cette opération, décomposi- que, ne se dit que par simi-
tion; & en termes propres litude avec la distillation des
de science Hermétique, ré-* Chimistes vulgaires, Le vo-
H ij
@

116 DI DI DO

latil de leur matière emporte gure d'un alambic pour dis-
& fait monter avec lui le tiller en descendant; mais
fixe, ce dernier à son tour quand il s'agit de science
fait descendre le volatil; & Hermétique, les termes de
cette circulation, qui se fait Distiller en montant ou en
dans le vase scellé herméti- descendant ne doivent s'en-
quement, est proprement la tendre que de la circulation
distillation philosophique, à des matières dans le vase
laquelle ils donnent aussi les scellé.
noms de conversion des élé- DITALEM. Jupiter des
ments, circulation, cohoba- Philosophes.
tion, ascension, descension, DIVISER. V. Cuire
sublimation, &c. qui ne sont la Matière.
qu'une & même opération DIVISION. Lorsque les
dans le même vaisseau, sans Philosophes disent diviser,
qu'on le remue aucunement, partager en deux ou plu-
depuis que la jonction & le sieurs parties, il ne faut pas
mélange de l'or a été fait les entendre d'une division
avec le mercure préparé. ou séparation faite avec la
Distillation DES SA- main, mais de celle qui se
GES. Ce n'est autre chose fait dans le vase, par l'aide
que la circulation de la ma- du feu. C'est la putréfaction.
tière appelée Rebis. DOAL. Or hermétique.
DISTILLER EN MON- DOLET. Vitriol rouge,
TANT. C'est faire monter ou colcotar. Rulland. Ou
les vapeurs des matières au plutôt la pierre au rouge,
chapiteau qui couvre la cu- qui est le colcotar des Phi-
curbite, au moyen du feu losophes.
administré dessous l'alambic. DON CE'LESTE.
Distiller en descendant, c'est Terme de science Herméti-
mettre le feu au-dessus de la que. C'est la matière du ma-
matière; il l'échauffe, raré- gistère, que Morien appelle
fie les vapeurs, qui trouvant le don de Dieu, le secret des
moins de résistance dans le secrets du Tout-puissant,
bas, s'y portent & tombent qu'il a révélé à ses saints Pro-
dans les vases placés des- phètes, dont il a mis les âmes
sous. On appelle cette opé- dans son Paradis. Entret.
ration Distillation contre na- du Roi Calid.
ture. Geber dans son Traité DONNER un feu doux;
des Fourneaux, donne la fi- c'est-à-dire, administrer
@

DO DR DR 117

faire un feu doux & lent. tout venin, & guérit toutes
Donner à boire est la même morsures de bêtes venimeu-
chose que digérer, faire cir- ses. Quelques-uns préten-
culer la matière dans le vase, dent qu'on trouve de ces sor-
de manière qu'après s'être tes de pierres dans la tête des
élevée en vapeurs, elle re- serpents, des vipères & au-
tombe sur la terre qui est au tres reptiles, & qu'elles ont
fond du vaisseau, pour l'a- la même vertu que les Dra-
breuver. V. Inspirer. conites.
DORIPE. Nymphe qui DRAGON. Les Philo-
eut commerce avec Anyé, sophes chimiques indiquent
fils de Staphyle. Trois en- assez communément les ma-
fants en vinrent, Oeno, Sper- tières du grand oeuvre par
mo & Elaïs. Voyez les Fa- deux dragons qui se combat-
bles Egypt. & Grecques dé- tent, ou par des serpents,
voilées, liv. 1. ch. 14. §. 2. l'un ailé, l'autre sans ailes,
DOUBLE (Mercure). pour signifier la fixité de l'u-
C'est le Rebis, ou le mercure ne, & la volatilité de l'autre.
des Sages animé par l'or des Les Egyptiens peignaient
Philosophes. ces serpents tournés en cer-
DOUCEUR DE SA- cle, se mordant la queue,
TURNE. C'est la céruse, pour signifier, dit Flamel,
selon quelques-uns; & le qu'ils sont sortis d'une même
sel de Saturne, suivant d'au- chose, qu'elle se suffit à elle-
tres. même, & qu'elle se parfait
DOVERTALLUM, ou par la circulation, indiquée
DIVERTALIUM, ou DI- par le cercle. Ce sont ces
VERTALLUM. Généra- dragons que les Poètes ont
tions des mixtes par la com- feint être les gardiens du jar-
binaison des parties des élé- din des Hespérides & de la
ments. Toison d'or; Jason, selon la
DRACONITES. Pierre Fable, répandit sur ces dra-
que les Anciens disaient être gons le jus préparé par Mé-
formée dans la tête des dra- dée. Ce sont ces serpents en-
gons, d'où on ne pouvait voyés par Junon au berceau
l'avoir qu'en leur coupant la d'Hercule, que ce Héros,
tête pendant qu'on les sur- encore enfant, déchira. Ce
prenait endormis. Elle est, berceau signifie le berceau
selon Rulland & Albert, de de l'oeuvre ou son commen-
couleur blanche, elle chasse cement. Ce sont ces deux
H iij
@

118 DR DR

serpents du caducée de Mer- frère & sa soeur, c'est-à-dire,
cure, avec lequel il faisait s'il n'est mêlé dans le vase
des choses si surprenantes, philosophique avec le soufre
& au moyen duquel il chan- son frère, & l'humeur radi-
geait de figure quand il vou- cale innée, ou eau mercu-
lait. Flamel dit avoir été dé- rielle, qui est sa soeur, qui
terminé à peindre les deux par sa volatilité le rend vo-
matières de l'oeuvre sous la latil, le sublime, lui fait chan-
figure de deux dragons, par ger de nature, le putréfie, &
la grande puanteur qu'elles ne fait plus ensuite qu'un
exhalent, & parce qu'elles corps avec lui. Quand il
sont un très violent poison; n'existe plus sous la forme
mais il ajoute que l'Artiste de terre ou dragon, alors la
ne sent point cette puanteur, porte du jardin des Hespé-
parce qu'elle est renfermée rides est ouverte, & l'on
dans le vase. peut y cueillir sans crainte
Dragon A TROIS les pommes d'or, de la fa-
GUEULES. C'est le même çon que l'expliquent les li-
mercure lorsqu'il est animé, vres des vrais Philosophes
parce qu'il contient alors les Spagyriques.
trois principes chimiques, Dragon AI^LE'. C'est
sel, soufre & mercure. leur mercure, ou sperme fé-
Le Dragon EST MORT. minin; le volatil de leur ma-
Expressions qui signifient la tière, qui combat contre le
putréfaction de la matière, fixe, & qui doit enfin deve-
lorsqu'elle est parvenue au nir fixe comme lui.
noir très noir. Dragon SANS AILES.
Le Dragon gardien du C'est le sperme masculin, le
jardin des Hespérides, re- soufre, ou le fixe.
présente la terre, cette masse Dragon DE'VORANT
informe & indigeste qui ca- SA QUEUE. C'est la matière
che dans son sein la semence de la pierre lorsqu'elle cir-
de l'or, qui doit fructifier par cule dans le vaisseau philo-
les opérations de l'Alchimie sophique. Les Sages em-
représentée par le jardin des ploient ce terme dans beau-
Hespérides. C'est ce dragon coup de circonstances diffé-
représenté si souvent dans rentes des opérations du ma-
les figures symboliques de la gistère. Lorsqu'il est préparé
Philosophie Spagyrique, qui avant la jonction avec le fixe,
ne peut mourir qu'avec son ils l'appellent Dragon vo-
@

DR DU DU EA 119

lant, Dragon igné, dont il DUAMIR. Rullandus dit
faut incorporer le sang avec que c'est une espèce de ser-
le suc de la Saturnie végéta- pent qui entre dans la con-
ble. Dragon qui veille sans fection de la thériaque.
cesse à la garde de la toison DUDAIM. Mandragore.
d'or, ou de la porte du jar- DUELECH. Espèce de
din des Hespérides; parce tartre qui se forme dans le
que le mercure philosophal corps humain, & s'y pétrifie
étant très volatil, est très dans quelques-uns en pierre
difficile à endormir, c'est-à-* spongieuse, particulièrement
dire à fixer; & l'on ne peut dans les reins & dans la ves-
le faire qu'avec le secours du sie, & chez d'autres dans la
suc des herbes que Médée poitrine; c'est pourquoi on
indiqua à Jason. en a vu qui crachaient des
Dragon DE'VORANT, pierres.
lorsqu'après avoir été mêlé DUENECH. Nom que
avec l'or, il le dissout, & le quelques Chimistes Hermé-
réduit en sa première ma- tiques ont donné à leur ma-
tière. tière au noir, qu'ils appellent
Dragon ADOUCI. encore le Laiton qu'il faut
Mercure doux. Rulland. blanchir. On le nomme aussi
Les deux Dragons de Fla- Duenech vert ou Antimoine.
mel, sont le fixe & le vo- DUENEGE. C'est le
latil. vitriol.
Le Dragon IGNE' dont DUENEZ ou DAE-
le sang s'incorpore avec la NECK. Limaille de fer.
Saturnie végétale, c'est le DUNEQUER. Borax.
soufre des Philosophes qui DUZAMA. Ouvrage de
s'unit avec le mercure. la pierre.
Dragon VOLANT. DYAMASSIEN ou
Voyez Dragon Ailé. DIAMASCIEN. Fleur
Le Sang du Dragon. d'airain.
C'est, chez les Chimistes E
vulgaires, la teinture d'an-
timoine. EACUS ou EAQUE.
Dragon dit simplement. Un des Juges des En-
C'est le mercure. fers, fils de Jupiter & d'E-
DRIFF. Van-Helmont a gire, fille du fleuve Asope,
donné ce nom-là au sable obtint de son père le repeu-
& à la terre vierge. plement de son pays dénué
H iv
@

120 EA EA

de sujets, qui étaient morts Eau FE'TIDE. Aqua Foe-
de la peste, en changeant tida. C'est le mercure phi-
des fourmis en hommes. losophique.
Voyez l'explication de cette Eau CORRODANTE.
fiction dans les Fables Egyp- C'est le vinaigre & toute li-
tiennes & Grecques dévoi- queur corrosive.
lées, liv. 3. ch. 14 §. 5. Eau HOLSOBON. C'est
EAU. Les Philosophes l'eau du sel extrait du pain.
chimiques se servent sou- Eau DE LIS. Aqua Lilii.
vent de ce terme, non pas C'est l'eau d'orpiment.
pour signifier l'eau commu- Eau DE MERCURE.
ne, mais leur mercure. Ils y C'est le mercure même des
joignent ordinairement quel- Philosophes.
ques adjectifs, comme Eau PHILOSOPHIQUE.
Eau CE'LESTE. Aqua C'est, selon quelques-uns, le
Coelestis. C'est l'eau-de-vie vinaigre sublimé; selon d'au-
rectifiée, non l'eau-de-vie tres, l'esprit-de-vin circulé,
ordinaire, mais leur quin- enfin leur eau permanente &
tessence mercurielle. mercurielle, qui ne mouille
Eau DU CIEL. Aqua point les mains.
Coelestina. C'est leur mer- Eau PALESTINE. C'est
cure même. Quelquefois ils la fleur d'airain, ou le vert-
entendent par ce mot l'esprit de-gris.
de vin bien rectifié, parce Eau DE PLUIE. Aqua
qu'il est d'une nature si lé- Pluvialis. C'est l'eau douce
gère & si facile à se subli- commune.
mer, qu'il semble participer Eau ROUGE. C'est l'eau
de celle du Ciel. Rulland de vitriol ou de leur soufre;
Eau D'ALREGI. C'est qu'ils appellent aussi Aqua
l'eau de chaux. megi, Aqua segi.
Eau DU CERVEAU. Eau DES PHILOSOPHES.
Aqua Cerebri. En termes de Voyez Mercure des Phi-
Chimie, c'est de l'huile de losophes. Quelques Chi-
tartre par défaillance. mistes ont cru mal-à-propos
Eau D'ELSABON. C'est que c'était du vinaigre dis-
le sel commun réduit en eau tillé, d'autres l'eau-de-vie
par l'humidité de l'air. du vin, ou l'esprit-de-vin
Eau DES FE'CES DU rectifié, sur ce que Raymond
VIN. C'est l'huile de tartre Lulle dit que leur quintes-
par défaillance. sence est tirée du vin, &
@

EA EA 121

qu'il l'appelle quelquefois Chimistes entendent par ces
Vin; mais ils auraient vu termes, tantôt l'esprit de ni-
leur erreur, s'ils avaient fait tre, tantôt le sel alcali, &
attention que Raymond Lul- tantôt l'eau-forte.
le lui-même, dit qu'il ne faut Eau PERMANENTE.
pas l'entendre à la lettre, & Nom que les Philosophes
que quand il dit que les Phi- Hermétiques ont donné à
losophes tirent leur mercure leur mercure.
du vin, il ne parle que par Eau VENIMEUSE. Lune
similitude; & que ce mer- des Sages.
cure, ou eau philosophique, Eau ARSENICALE. Lion
s'extrait de la mer rouge des vert des Philosophes. Voyez
Philosophes. Voyez le Tes- Arsenic.
tament de Raymond Lulle, Eau ROUGE, Eau SA-
& son traité de la Quintes- FRANE'E, Eau MORTE.
sence. Eau du soufre des Philoso-
Eau PURIFIE'E. Ma- phes.
gistère au blanc. Eau DES DEUX FRERES
Eau-FORTE. Aqua for- EXTRAITE DE LA SOEUR.
tis. Les Philosophes Hermé- C'est le sel armoniac phi-
tiques n'entendent pas par losophique.
ces termes l'eau-forte com- Eau-FORTE ou DE SE'-
mune, ni l'eau-régale des PARATION. Lorsque les
Chimistes ordinaires, mais Chimistes Hermétiques di-
leur mercure, qui dissout sent dans leurs écrits, qu'il
tous les corps d'une dissolu- faut dissoudre tel ou tel corps
tion naturelle, sans corro- dans l'eau-forte, ils enten-
sion, & sans détruire la se- dent leur vinaigre très aigre,
mence germinative des mé- leur eau pontique, leur mer-
taux & des autres corps cure, & non les eaux-fortes
sublunaires; parce qu'ils pré- composées par la Chimie
tendent que ce mercure est ordinaire; parce que les Sa-
le principe de ces mêmes ges demandent une dissolu-
corps. tion radicale des corps, &
Eau MARINE, en ter- non une dissolution impar-
mes de science Hermétique, faite, telle que celle des
signifie leur mercure; parce eaux-fortes ou eaux-régales
qu'il est extrait de ce qu'ils dont on se sert communé-
appellent leur Mer rouge. ment.
Eau DE NITRE. Les Eau-DE-VIE. C'est le
@

122 EA EA

mercure même des Philoso- eaux-fortes; telles sont les
phes, leur quintessence, & eaux ou esprits de miel, de
non l'eau distillée du vin. la corne de cerf, des ani-
Quelquefois ils donnent ce maux, des plantes mêmes,
nom à des eaux composées comme le vinaigre distillé,
d'esprit-de-vin & de plusieurs l'esprit-de-vin rectifié. Les
drogues propres à guérir di- eaux-fortes sont ordinaire-
verses maladies. ment composées de miné-
Eau SALMATINE. C'est raux corrosifs, & ne font ja-
l'eau de mer. mais une dissolution radi-
Eau SATURNIENNE. cale. Ce sont des espèces de
Aqua Saturnia. C'est celle limes qui réduisent les corps
qui contient la nature des en poudre, mais non en leur
trois premiers principes, telle première matière.
que celle des bains chauds, Eau SE'CHE, qui ne
les eaux minérales, qui sont mouille point les mains. A
naturellement médicinales. cet égard il faut faire atten-
Quelques-uns entendent par tion que ceux d'entre les Sa-
Eau Saturnienne, celle qui ges qui donnent ce nom à
se filtre par les pores de la leur mercure, suivent la voie
terre, & dont se font les pier- sèche dans l'opération du
res précieuses transparentes. magistère; parce que ceux
Rulland. qui suivent la voie humide,
Eau DE MEGI. Voyez comme Paracelse, Basile Va-
Eau Rouge. lentin, &c. appellent leur
Eau DE SEGI. Voyez mercure Lait de vierge, à
Eau Rouge. cause qu'il est en liqueur
Eau DISTILLE'E. Les Phi- blanchâtre, & qui mouille
losophes Hermétiques en- les mains, au lieu que l'au-
tendent souvent par ces ter- tre est un mercure coulant,
mes, tantôt de l'eau simple de la nature du mercure vul-
distillée de quelque matière gaire.
que ce puisse être, tantôt des Eau VENIMEUSE, parce
eaux-fortes & de dissolution. qu'il semble tuer les métaux
Sous les eaux simples distil- par son venin, en détruisant
lées, ils comprennent cer- leur configuration extérieure
tains secrets spécifiques pour & en les réduisant à leur pre-
dissoudre les corps sans cor- mière matière; ce qu'ils ont
rosion; elles ont plus de feu dit par similitude avec les
& moins d'acrimonie que les venins qui tuent le corps hu-
@

EA EA 123

main, après la mort duquel qu'elle a en effet une odeur
ils le réduisent à ses premiers de pourriture comme l'assa-
principes, qui est la cendre. foetida.
Eau DE MER ou Eau Eau MINE'RALE; parce
SALE'E DES SAGES. Voyez qu'elle est tirée du règne mi-
Mercure Chimique. néral, & qu'elle est métal-
Quelques Chimistes pre- lique.
nant ces termes à la lettre, Eau DE CE'LESTE GRA-
ont cru que la matière d'où CE; parce que la science qui
les Sages tirent leur mercure apprend à extraire ce mer-
était l'eau de la mer propre- cure de sa minière, est un
ment dite mais ils doivent don de Dieu & une faveur
avoir appris que les Philo- céleste.
sophes ne s'expriment dans Eau DES EAUX; parce
leurs Livres que par simili- qu'elle est en effet une eau
tude, & par énigmes. principe qui contient la subs-
Eau DE NUE'ES. Voyez tance des quatre éléments.
Mercure. Eau MONDIFIE'E DE LA
Eau-DE-VIE DES PHI- TERRE; parce que le mer-
LOSOPHES. Quelques-uns cure en est la plus pure par-
trompés par les expressions tie. Mais ce nom lui est par-
de Jean de Rupe Scissa, & ticulièrement donné lorsque
de Raymond Lulle, qui par- la matière est parfaite au
lent de leur mercure comme blanc.
s'il était extrait du vin, ont Eau DE VIE DES SAGES
cru mal-à-propos que le mer- se dit aussi de leur élixir par-
cure philosophique en était fait, & dans l'état qu'il doit
une quintessence, ou un sel être pour servir de méde-
de tartre; mais ils auraient cine soit au corps humain,
dû faire attention que les An- soit aux métaux imparfaits.
ciens ne connaissaient peut-* Eau PONTIQUE est en-
être pas l'esprit-de-vin, qui se core un des noms du mer-
fait par des distillations qui cure des Sages, qu'ils ont
leur étaient inconnues, & appelé ainsi à cause de sa
qui n'ont été cependant in- ponticité, qui l'a encore fait
ventées depuis, que sur les nommer Vinaigre très aigre.
recettes mal-entendues & Eau CE'LESTE ELE-&
répandues çà & là dans leurs MENTAIRE; parce que le
écrits. mercure est, selon les Phi-
Eau PUANTE; parce losophes, le fils du Soleil &
@

124 EA EA

de la Lune, & la quintes- qu'il lui donna. Enchyridion
sence coagulée des éléments. Physicae.
Eau DE FEU ou IGNE'E; Eau DORE'E, lorsque le
parce que ce mercure con- mercure est parfait au rouge.
tient le feu de la Nature, lors- Eau RADICALE DES
qu'il est animé, & qu'il a ME'TAUX; parce qu'elle en
alors tout ce qui est néces- est la racine & le principe.
saire pour être cuit, digéré, Eau VEGETABLE; c'est
& pour communiquer en- l'eau-de-vie, ou esprit-de-
suite à l'or une vertu multi- vin rectifié.
plicative que ce métal n'au- Eau DE LA MER SALE'E.
rait pas par lui-même Voyez Urine.
Eau DOUCE, à cause de Eau DES MICROCOS-
sa propriété pour dissoudre MES. C'est l'esprit de nitre.
l'or & l'argent sans corro- Dict. Herm.
sion. Eau DES EQUINOXES.
Eau SECONDE; parce C'est proprement la rosée
que le mercure est une es- du printemps & celle de l'au-
pèce d'eau-forte, mais dou- tomne, dont les propriétés
ce, & qui dissout les métaux sont admirables pour la gué-
sans corrosion. rison de beaucoup de mala-
Eau ANTIMONIALE-* dies, lorsqu'elles sont tra-
SATURNIALE-MERCU- vaillées par une main ha-
RIELLE; parce que l'anti- bile dans la Spagyrique. Les
moine participe beaucoup Philosophes ont donné ce
du plomb, appelé Saturne nom à leur mercure pour
par les Chimistes, & qu'ils tromper les ignorants; quel-
disent que leur Mercure est ques-uns d'entr'eux ayant
petit-fils de Saturne. pris ces expressions à la let-
Eau DE BLANCHISSE- tre, ont cru que c'était la
MENT; parce que c'est leur matière d'où il fallait extraire
azoth, avec lequel ils disent le mercure des Sages, & ont
qu'il faut blanchir le laiton, perdu leurs peines & leur
& lui ôter son obscurité. argent.
Eau BENITE; parce Eau EPAISSIE. Mercure
qu'ils disent que le secret des Philosophes, dans son
pour faire ce mercure est un état de conjonction de l'es-
don du Ciel, & que c'est prit avec le corps, ou tel
celle que Jacob souhaitait à qu'il est lorsque les Sages di-
Joseph dans la bénédiction sent que le mercure renferme
@

EA EA 125

tout ce que cherchent les Phi- Eau E'TOILE'E.
losophes. Quand l'esprit & Eau FEUILLE'E.
le corps sont réunis, & qu'ils Eau AZOTHIQUE.
composent ce mercure, on Eau DE VIE METAL-
ne les distingue plus par des LIQUE.
noms différents, & l'on ne Eau PONDEREUSE.
leur donne plus qu'un & seul Eau DU STYX.
nom de Mercure, parce qu'il Dans les opérations de la
est alors proprement le mer- médecine du troisième or-
cure animé, ou mercure des dre, ils l'ont nommé
Sages. Eau SULFUREUSE.
Eau QUI BLANCHIT LA Eau DIVINE.
PIERRE INDIENNE. Ma- Eau DES NUE'ES.
gistère au blanc. Eau VENENEUSE.
Eau DE MONDE. C'est Eau D'OR.
le mercure dans l'opération Eau DU PHLEGETON.
de la médecine du premier Préparation alchimique du
ordre, ou la première pré- tartre. Pl. Campi.
paration pour le magistère, Eau DE CHASTETE'. Eau
de même que les eaux sui- composée dont se servent
vantes. ceux qui veulent garder la
Eau E'LEVE'E. continence avec plus de fa-
Eau EXALTE'E. cilité. On en trouve la re-
Eau DE L'ART. cette dans le livre d'Adrien
Eau ARDENTE. Mynsicht, pag. 286.
Eau DE FONTAINE. Eau DES DAMES ou DE
Eau MONDIFIANTE. FARD, est une eau qui adou-
Eau PREMIERE. cit la peau, la blanchit, &
Eau SIMPLE. donne un teint frais. Voyez
Eau DE SANG. Mynsich, pag. 189.
Lorsque les Philosophes Eau D'AMOUR. Nom
ont donné le nom d'Eau à que Beguin, dans sa Chi-
ce mercure dans le temps de mie, a donné à une eau ex-
la seconde préparation ou la traite du sang humain, au
médecine du second ordre, moyen de laquelle il pré-
ils l'ont appelé: tendait composer un philtre
Eau PESANTE. propre à concilier & conser-
Eau DE TALC. ver l'amour entre les époux.
Eau DE VIE. Eau DE SANTE', est une
Eau D'URINE. eau distillée du sang hu-
@

126 EB EC EC

main, des fleurs de chéli- ou Enigme du Cosmopolite.
doine, du miel vierge, & ECHEL. Matière de l'oeu-
de plusieurs aromates. Pa- vre au noir très noir, ou en
racelse appelle cette eau, putréfaction parfaite.
Baume sur tout autre bau- ECHIDNA. Femme de
me; & le recommande beau- Typhon, & mère du dragon
coup dans la Médecine. Python, qui n'est autre que
EBDANIC. Le Mars l'anagramme de Typhon;
ou le fer. elle engendra aussi le dragon
EBEL. Semence de la qui gardait le jardin des Hes-
sauge, suivant quelques-uns; pérides, celui qui défendait
& les baies de genièvre, l'entrée de la forêt de Mars
si nous en croyons Rullan- où était suspendue la toison
dus. d'or. Typhon & Echidna
EBISEMET. Randeric. n'ont engendré que des dra-
EBISEMETH. Matière gons ou des serpents; ce qui
des Chimistes Hermétiques a fait croire aux Philosophes
dans le temps de sa putré- Hermétiques que toutes les
faction. fables que l'on rapporte sur
ECHENEIS. Petit pois- le compte des uns & des au-
son de la forme d'une grande tres, ne sont que des allégo-
limace, lequel, si nous en ries des opérations de la
croyons Pline le Naturaliste, pierre philosophale. Echid-
a la vertu d'arrêter subite- na, selon eux, dénote la
ment les plus gros vaisseaux substance froide & humide,
qui voguent à pleines voiles, qu'ils emploient, & qu'ils
dès qu'il s'y attache. Cet Au- nomment la Lune, la Soeur,
teur dit que Marc-Antoine à la Femme, la Femelle,
la bataille d'Actium, & Ca- Beïa, &c. & Typhon est
ligula en éprouvèrent mal- l'autre partie de leur matière
heureusement les effets. Liv. qu'ils appellent leur Soleil,
9. ch. 25. & liv. 32. ch. 1. le Mâle, le Feu, Gabri-
Quelques Philosophes Her- tius, Kibrik, &c. mais dans
métiques ont donné le nom le temps de la putréfaction
d'Echeneis à leur matière des ingrédients ou principes
fixe, parce qu'elle fixe celle philosophiques de l'oeuvre.
qui est volatile, en se réu- Voyez les Fables Egypt. &
nissant avec elle, pour ne Grecques dévoilées.
faire plus qu'un corps insé- Echidna est aussi un
parable. Voyez la Parabole nom de la vipère femelle.
@

EC ED ED EG 127

ECHIS. C'est la vipère EDETZ. Or vulgaire
mâle. préparé hermétiquement.
ECLIPSE DU SOLEIL EDIC & EDICH. Le
ET DE LA LUNE. Les Mars, ou le fer.
Philosophes Chimistes di- EDIR. L'acier philoso-
sent que le Soleil & la Lune phique, & l'acier fin.
sont éclipsés, lorsque leur EDULCORER. Laver
matière est dans une entière une matière salée, jusqu'à
dissolution, & qu'elle res- en ôter tout le sel. Ce terme
semble à de la poix fondue; vulgairement pris, signifie
parce qu'ils appellent leur aussi adoucir l'âcreté & la
matière Soleil & Lune, & propriété corrosive des sels,
que dans l'état de putréfac- esprits ou autres matières.
tion, qui est un état de ténè- Raymond Lulle a employé
bres, leur matière a perdu plus d'une fois ce terme pour
son éclat. signifier la cuisson ou diges-
ECORCE DE LA MER. tion du mercure des Philo-
C'est le vinaigre antimonial sophes jusqu'à sa fixation.
saturnien d'Artéphius, le vi- EFFERVESCENCE.
naigre très aigre des Philo- Terme de Physique, qui si-
sophes, ou leur mercure. gnifie l'action de deux mix-
Ecorce NOIRE. C'est tes, qui, en se pénétrant,
l'écorce de mer en putré- produisent de la chaleur,
faction. comme il arrive dans pres-
ECUME DE LA MER que tous les mélanges des
ROUGE. Matière des Phi- acides & des alcalis, & la
losophes préparée pour l'oeu- plupart des dissolutions mi-
vre, ou minière de leur mer- nérales. Homberg.
cure. Flamel est le premier EFFUSION. Première
qui ait donné ce nom à cette purification de la pierre des
minière. Sages, ou la médecine du
Ecume DES DEUX premier ordre.
DRAGONS. C'est la matière EFFYDES ou EFFI-
au noir. Quelques Chimis- DES. Céruse.
tes ont donné ce nom au EGE'E. Fils de Pandion,
beurre d'antimoine Roi d'Athènes, père de Thé-
Ecume DE VERRE. Sel sée qu'il eut d'Ethra. Pour
de soude, ou sel qui surnage remplir les conditions d'un
le verre pendant sa fusion. traité que les Athéniens
EDES. Or de Sages. avaient fait avec Minos,
@

128 EG EG EL

Roi de Candie, Egée y en- ils avaient conspiré. Ho-
voyait tous les ans sept jeu- mère, Iliade, liv. 1.
nes gens qui y devaient com- Les Dieux lui donnaient le
battre le Minotaure renfermé nom de Briarée, & les hom-
dans le labyrinthe; le sort mes celui d'Egeon. Voyez
échut sur Thésée à la qua- Briarée, Géants.
trième année. II partit avec EGIALE'E. Frère de
des voiles noires, suivant Médée, autrement nommé
l'usage; & en cas qu'il revînt Absyrthe, dont voyez l'ar-
victorieux, Thésée devait ticle.
substituer des voiles blan- EGILOPS. Fétu.
ches aux noires lorsque son EGINE. Fille d'Asope &
vaisseau serait parvenu à la mère d'Eaque. V. Eaque.
hauteur de l'Attique. Thé- EGISTHE, fils de
sée oublia de faire ce chan- Thyeste & de Polopeie sa
gement de voiles, dont il fille, tua son oncle Atrée,
était convenu avec son pè- devint amoureux de Cly-
re; celui-ci ayant aperçu temnestre, & fit mourir Aga-
de loin les voiles noires du memnon son époux. Oreste,
vaisseau de Thésée, crut qu'il fils de ce dernier, vengea la
avait péri comme les autres mort par celle d'Egisthe &
dans le combat du Minotau- de Clytemnestre. Voyez ce
re; le désespoir le prit, & il que signifient ces crimes pré-
se précipita du haut du ro- tendus, dans les Fab. Egypt.
cher où il était, dans la mer. & Grecq. dévoilées, liv. 3.
Voyez l'explication de cette chap. 14. §. 4.
fiction dans les Fables Egyp- EGLE'. L'une des Hespé-
tiennes & Grecques dévoi- rides, filles d'Hesper. Voyez
lées, liv. 5. ch. 22. & liv. 6. les Fables Egypt. & Grecq.
ch. 3. dévoilées, liv. 2. ch. 2.
EGEON ou BRIARE'E. ELAIS. Voyez Doripe.
Géant d'une grandeur énor- ELANULA. Alun des
me, fils du Ciel & de la Philosophes.
Terre. Les Poètes ont feint ELAQUIR. Couperose,
qu'il avait cent bras & cin- ou vitriol vert.
quante ventres; qu'il com- ELEAGNON. Arbris-
battit contre les Dieux, & seau appelé Agnus Castus.
les mit en déroute; ce qui ELECTRE. Les Philo-
les obligea de faire la paix sophes ont ainsi appelé une
avec Jupiter contre lequel de leurs matières; Paracelse
@

EL EL 129

la nomme Electre immeur. Electre. Mélange des
C'est la même qu'Artéphius sept métaux fondus ensem-
nomme moyenne substance ble pour n'en faire qu'un
entre la mine & le métal. même composé. Théophr.
Elle est une chose ni tout-à-* C'est d'une semblable com-
fait parfaite, ni tout-à-fait position qu'était faite la clo-
imparfaite. Elle était en voie chette de Virgile du temps du
de perfection; mais la Nature Roi Artus, par le son de
ayant trouvé des obstacles laquelle l'histoire rapporte
dans ses opérations, l'a lais- qu'il précipitait du haut d'un
sée imparfaite; c'est pour- pont dans la rivière, tous
quoi les Philosophes disent ceux qui passaient sur ce
qu'il faut commencer où la pont, coupables d'adultères,
Nature a fini. Cet Electre hommes ou femmes. Rull.
est de race de Saturne, c'est Paracelse rapporte qu'il a vu
pourquoi quelques-uns l'ont un Espagnol ayant une clo-
appelé Vénus qui a été sur- chette semblable, sur la-
prise par Vulcain en adul- quelle il y avait divers ca-
tère avec Mars. D'autres ractères gravés, & qu'au son
l'ont nommé Diane, parce de cette clochette l'Espagnol
qu'il a un bois qui lui est con- faisait paraître & disparaître
sacré. C'est dans cette forêt des spectres, & d'autres pro-
qu'était suspendue la toison diges, à sa volonté.
d'or. Il est nommé Electre, Electre. Fille d'Atlas,
parce qu'il est composé de l'une des Pleyades. Voyez
deux substances; & Electre Atlas.
immeur, parce qu'il doit ve- Il y eut une Nymphe de
nir à sa maturité par les opé- ce nom, fille de l'Océan &
rations de l'Artiste. Cet Elec- de Thétis; celle qui fut fille
tre est proprement la Lune d'Atlas devint mère de Dar-
des Philosophes, qu'ils ap- danus, par le commerce
pellent quelquefois Eau, qu'elle eut avec Jupiter.
quelquefois Terre, Plante, Voyez le liv. 6. des Fables
Arbre, Dragon, Lion vert, Egypt. & Grecq. dévoilées.
Ombre du Soleil, &c. ELECTRUM SUCCI-
Electre est aussi un des NUM. C'est, suivant Pla-
noms que les Philosophes niscampi, une espèce d'am-
Hermétiques ont donné à bre artificiel, ou matière mé-
leur magistère parvenu à la tallique composée de quatre
couleur blanche. parties d'or le plus fin, &
@

130 EL EL

d'une cinquième d'argent le physique, ou mathématique.
mieux coupellé. Les vases Physiquement, en tant qu'ils
qu'on en forme, dit le même produisent les corps, les
Auteur, manifestent le ve- nourrissent, les conservent,
nin ou poison qu'on y aurait ou les détruisent. Ils les con-
versé, mêlé avec quelque li- sidèrent mathématiquement,
queur que ce soit: cette ma- en tant qu'ils servent aux usa-
tière fait alors un bruit com- ges mécaniques, comme à
me si le vase craquait & brûler le bois, aux impul-
éclatait, & forme une es- sions, à la navigation, au
pèce d'arc très visible. mouvement. 4°. Ils le pren-
ELEI ou ELEIXIR. Mé- nent souvent pour l'essence
decine Hermétique, ou or & la substance même des
potable. individus, & pour leur for-
ELEISIR. Elixir philoso- me; comme l'élément de
phique parvenu au blanc. Vénus est la substance du
ELEMENT. On a dis- cuivre, c'est-à-dire, les prin-
puté longtemps sur le nom- cipes; de même que l'on dit
bre & les qualités des élé- les Eléments d'une Science,
ments. Les Péripatéticiens pour dire les Principes de
en admettaient quatre, le cette Science.
feu, l'air, la terre & l'eau, Il n'y a point d'élément
auxquels ils attribuaient des simple; la terre, par exem-
qualités sèches ou humides. ple, est un composé de ter-
C'étaient, selon eux, des re, d'eau, d'air & de feu. Il
corps simples, & néanmoins en est de même des autres
principes de tous les êtres trois; & on donne à chacun
composés, selon la diversité le nom de celui qui y do-
de leur mélange. mine. L'excès y cause de
Les Chimistes prennent l'altération, & la proportion
ce terme en quatre sens dif- due du mélange y occasion-
férents. 1°. Dans le sens d'A- ne du repos. Ils agissent tous
ristote, pour un corps sim- les uns sur les autres; & si
ple, principe constituant c'est directement, ils s'altè-
avec le ciel toute la masse rent. Le feu agit sur l'eau par
du monde. 2°. Pour le prin- le moyen de l'air, sur la terre
cipe des mixtes, existant en au moyen de l'eau; s'il y agit
puissance ou en acte dans immédiatement, il la brûle.
tous les corps sublunaires. L'air est la nourriture du feu,
3°. Suivant son existence l'eau sert d'aliment à la terre,
@

EL EL 131

& tous agissent de concert ELIDRION. C'est le
pour la formation & la com- mercure.
position des mixtes. Voyez ELIDRIUM. Mastic.
le Traité de Physique géné- ELIOS ou LE SOLEIL.
rale, dans la première partie Un des huit grands Dieux
des Fables Egypt. & Grecq. de l'Egypte, suivant Héro-
dévoilées. dote. Voyez Apollon.
ELEMPTIS. Or ou So- ELIXIR. (Sc. Herm.)
leil des Sages. L'élixir n'est autre chose, se-
ELEPHAS SPAGYRI- lon le bon Trévisan, que la
QUE. Eau-forte. réduction du corps en eau
ELERNA. Mine de mercurielle, & de cette eau
plomb. on extrait l'élixir, c'est-à-
ELESMATIS. Plomb dire un esprit animé. Le ter-
brûlé. me Elixir vient étymologi-
ELEUSIS, Roi d'une quement de E & lixis, c'est-
Ville de même nom dans à-dire, de l'eau; parce que
l'Attique, accueillit très gra- dans l'oeuvre tout se fait avec
cieusement Cérès dans le cette eau.
temps qu'elle cherchait sa fille L'Elixir est la seconde
Proserpine que Pluton lui partie, ou la seconde opéra-
avait ravie. Cérès par recon- tion de l'oeuvre des Sages,
naissance, facilita les cou- comme le Rebis est la pre-
ches d'Ione, épouse d'Eleu- mière, & la Teinture la troi-
sis, & se chargea de nourrir sième. D'où l'on doit con-
Triptoleme qu'Ione mit au clure que l'azoc n'est point
monde. Pendant le jour elle requis pour l'élixir, puisqu'il
lui donnait de l'ambroisie, & se tire de l'élixir même. Il
pendant la nuit elle le ca- y a trois sortes d'élixirs dans
chait sous le feu allumé. le magistère. Le premier est
Ayant été découverte, Cé- celui que les Anciens ont ap-
rès se retira, & apprit à Trip- pelé Elixir des corps. C'est
toleme l'agriculture, qu'elle celui qui se fait par la pre-
lui ordonna d'enseigner aux mière rotation, qui est pous-
hommes. C'est dans cette sée jusqu'au noir. Le second
Ville que furent instituées les se fait par sept imbibitions,
fêtes célèbres de Cérès, ap- jusqu'au blanc & au rouge.
pelées Mystères Eleusiens. Le troisième, appelé Elixir
Voyez les Fables Egypt. & des esprits, se fait par la fer-
Grecq. dévoilées, l. 4. c. 2. mentation. Ce dernier se
I ij
@

132 EL EL

nomme aussi Elixir du feu. mentation causée par la pou-
C'est avec lui que se fait la dre de projection, qui y sert
multiplication. comme de levain à la pâte,
Elixir PARFAIT AU & y occasionne ce change-
BLANC. Termes dont les ment subit qui du plomb,
Chimistes Hermétiques se mercure, cuivre, &c. fait
servent pour exprimer l'état un or vrai, & même plus
de leur matière cuite, digé- parfait que l'or des mines.
rée & calcinée à blancheur. Cet Elixir est aussi mé-
Lorsqu'elle est jointe à son decine pour le corps hu-
ferment & qu'elle a atteint main; Raymond Lulle s'é-
ce degré de perfection, elle tend fort au long sur les pro-
convertit en argent tous les priétés de cette panacée, &
métaux imparfaits sur les- dit avoir été tiré des portes de
quels elle est projetée. Elle la mort par son secours. Her-
est alors également méde- mès l'appelle la Force de tou-
cine pour les végétaux & les te force, & les Alchimistes
minéraux; elle est propre à Or potable, dont voyez l'ar-
faire les pierres précieuses, ticle.
les perles. C'est la vraie huile Elixir COMPLET.
de Talc tant vantée des An- Teinture corporelle extraite
ciens. Quelques Philosophes des corps parfaits métalli-
ont prétendu qu'elle était ques, au moyen d'une vraie
aussi médecine pour le corps dissolution, & d'une natu-
humain, mais particulière- relle & parfaite congélation.
ment pour les femmes; par- D'autres le définissent un
ce qu'étant moins ignée que composé des espèces lim-
lorsqu'elle est parfaite au rou- pides & les plus pures des
ge, elle est plus tempérée, choses, d'où il en résulte un
& plus propre aux maladies antidote ou médecine, qui
du sexe féminin. purge & guérit les animaux
Elixir PARFAIT AU de toutes leurs maladies.
ROUGE. Ouvrage de la Cet Elixir est composé
pierre poussée à sa perfec- de trois choses, savoir de la
tion. Les Philosophes lui ont pierre lunaire, de la solaire
donné le nom d'Elixir, ter- & de la mercurielle. Dans la
me arabe qui signifie fer- lunaire est le soufre blanc,
ment, parce que dans la dans la solaire le soufre rou-
transmutation des métaux ge, & la mercurielle con-
imparfaits il se fait une fer- tient l'un & l'autre.
@

EL EL EM 133

ELKALEI. Marais, métiques. Virgile entr'autres
étang, mer des Sages. en a fait un détail très cir-
ELMANTES. Vers de constancié dans son récit de
terre. la descente d'Enée aux En-
ELOANX. Orpiment. fers. On peut voir l'explica-
ELOME. Orpiment. tion que j'en ai donnée à la
ELOPITINUM. Vitriol. fin du 6e livre des Fables
ELOS-MARIS. Plomb Egypt. & Grecq. dévoilées.
brûlé. ELZARON. C'est le sel
ELPIS. Scorie d'argent. des Sages, qu'ils appellent
ELPOSILINGI. Ecume leur corps, leur gomme. Pre-
ou écaille de fer. nez le corps clair, pris sur les
ELQUALITER. Vitriol petites montagnes, qui ne se
vert. fait point par la putréfaction,
ELTZ. Fleurs d'airain. mais par le seul mouvement.
ELURUS ou le Dieu Broyez ce corps avec la
Chat. Dieu des Egyptiens. gomme Elzaron & les deux
Voyez Chat. fumées. Car la gomme Elza-
ELYSE'ES (les Champs). ron est le corps qui saisit l'es-
Lieu de retraite & de délices prit. Marie, Epît. à Aros.
que les âmes des justes al- ELZIMAR. Fleurs d'ai-
laient habiter après la mort, rain.
pendant que celles des mé- EMA. Sang.
chants allaient subir dans le EMBLEGI. Mirobolants.
Tartare les tourments & les EMBLE^ME. Les Philo-
supplices auxquels Minos, sophes Hermétiques se sont
Eaque & Rhadamante les expliqués plus souvent par
condamnaient. Les Poètes emblèmes & par énigmes
Grecs & Latins ont tâché de que dans des discours suivis
nous donner des Champs & à la portée de tout le
Elysées l'idée la plus flatteu- monde. D'Espagnet prétend
se, la plus attrayante, & la même qu'il est plus aisé de
plus aimable. La description pénétrer leurs pensées & de
qu'ils en font est à peu près dévoiler leurs sentiments dans
la même que celle de l'île leurs emblèmes que dans
de Nisa, où ils disent que leurs écrits. Michel Majer a
Bacchus fut nourri, & celle-* fait un traité entier d'Emblè-
ci est très conforme à la des- mes Hermétiques, qui a pour
cription que les Philosophes titre: Atalanta fugiens. Ce
font de l'île des Sages Her-* même ouvrage est connu
I iij
@

134 EM EM

sous le titre Secretissimorum par allégories. C'est lui que
Naturae secretorum scruti- la Fable nous représente sous
nium. D'Espagnet dit qu'on le voile de la naissance de
y voit les secrets des Adep- Bacchus, d'Esculape, d'A-
tes presqu'aussi clairement chille; & la manière de le
représentés que dans un mi- faire, par le récit de l'éduca-
roir. C'est aux amateurs de tion que Chiron le Centaure
cette Science à décider si ce leur a donné. Apollon &
témoignage est mérité. Diane frères jumeaux, en-
EMBRYON. Les Philo- fants de Jupiter & de Latone,
sophes chimiques donnent sont cet embryon devenu en-
aussi ce nom à leur mercure fant, puis en âge d'homme;
avant qu'il soit extrait de sa & lorsque la Fable ajoute
minière, & à leur soufre lors- que Diane servit de sage-*
qu'il n'est pas encore mani- femme pour mettre au jour
festé. Michel Majer dans ses Apollon, c'est que le soufre
Emblèmes chimiques les re- rouge ne doit jamais paraî-
présente sous la forme d'un tre avant le blanc: ce der-
enfant placé au nombril d'un nier s'appelle le règne de la
homme qui a les bras éten- Lune, & l'autre celui du So-
dus, & dont les doigts & les leil. Ainsi la Fable s'expli-
cheveux brûlent & exhalent que fort aisément suivant les
une épaisse fumée, avec ces interprétations des Philoso-
termes au-dessous: Le vent phes chimiques, comme on
l'a porté dans son ventre. peut le voir dans les articles
Dans un autre emblème, Jupiter, Esculape, Apol-
une femme ayant un globe lon, &c.
au lieu de poitrine, sur le- EMERAUDE DES
quel s'élèvent deux ma- PHILOSOPHES. Nom
melles allaite un enfant, qu'ils ont donné au flos coeli,
qu'elle soutient de la main & quelques-uns à la rosée
droite, avec ces paroles: La des mois de Mai & de Sep-
Terre est sa nourrice, le So- tembre. Ils regardent cette
leil est son père, & la lune dernière comme le mâle,
sa mère. parce qu'elle est plus cuite &
Toutes ces expressions doi- digérée par les chaleurs de
vent être prises à la lettre, & l'été; & l'autre ils l'appellent
ne sont point énigmatiques. femelle, parce qu'elle est plus
Mais lorsqu'ils parlent de froide, plus crue, & qu'elle
leur soufre, ils ne le font que participe plus de l'hiver.
@

EM EN EN 135

Quelques Chimistes pre- trême qui lui survient dans
nant ces paroles à la lettre, cet état de putréfaction.
ont crû que la rosée était la ENDE'IDE ou EN-
matière dont les Philosophes DE'IS. Mère de Pelée,
Hermétiques firent leur mer- père d'Achille. V. Pelée.
cure, parce qu'ils disent sou- ENE'E, fils de Vénus &
vent dans leurs livres que le d'Anchyse, fut un des prin-
mercure est mâle & femelle; cipaux Héros qui défendi-
& se sont imaginés en con- rent la Ville de Troie con-
séquence que l'union de la tre les Grecs, qui ne s'en
rosée de Mai avec celle de rendirent maîtres qu'au bout
Septembre formait le ma- de dix ans de siège. Enée se
riage si recommandé par les réfugia en Italie, & pendant
vrais Chimistes. Mais ils au- son voyage il fit sa descente
raient dû faire attention que aux Enfers, accompagné de
la matière de leur mercure la Sibylle, qui lui servit de
doit être minérale, parce guide. Voyez à la fin du 6e
que d'un boeuf il ne naît livre des Fables Egypt. &
qu'un boeuf, d'un homme un Grecques dévoilées.
homme, & que l'on se trom- ENESTRUM. C'est, dit
perait lourdement si d'un ar- Planiscampi, le firmament
bre ou d'une plante on vou- perpétuel aux éléments qua-
lait faire un métal. druples, ou esprit prophéti-
EMPATER. Congeler, que, qui par des signes pré-
fixer la matière volatile de cédents, présage assurément
l'oeuvre des Sages. le futur.
ENCARIT. Chaux vive; ENFANT. Les Chi-
mais c'est celle des Philoso- mistes Hermétiques donnent
phes, & non la chaux avec assez souvent ce nom à leur
laquelle on bâtit. soufre, & quelquefois à leur
ENCE'LADE. Géant mercure. Les quatre enfants
que l'on a souvent confondu de la Nature sont les quatre
avec Typhon. Il fut fou- éléments, desquels elle se sert
droyé par Jupiter dans le pour former tous les êtres
combat des Géants contre sublunaires. Les Alchimis-
les Dieux. V. Géants. tes disent que deux de ces
ENCRE. Matière de éléments sont mâles & deux
l'oeuvre dans le temps de sa femelles, deux pesants &
parfaite dissolution, ainsi deux légers. Les Philosophes
nommée de la noirceur ex-* chimistes trouvent cet en-
I iv
@

136 EN EN

fant formé par la Nature, & ter le degré outre mesure.
tout leur secret consiste à le On y voit aussi le terme Af-
tirer de sa matrice ou mi- flamber, dans le même sens.
nière; ils le nourrissent en- ENGENDREMENT
suite d'un lait qui lui est pro- ET NOCES. C'est le temps
pre, le même que Thétis où le volatil & le fixe de la
donnait à Achille, & ils en matière de l'oeuvre se dissol-
forment leur soufre. Cet en- vent ensemble, & se réunis-
fant est, selon eux, plus no- sent pour n'être plus séparés.
ble & plus parfait que ses De ces deux il s'en forme
père & mère, quoiqu'il soit par conséquent un troisième,
fils du Soleil & de la Lune, qu'on dit engendré, parce que
que la Terre ait été sa pre- les Philosophes donnent le
mière nourrice. nom de mâle au fixe, & ce-
ENFER. Les Philosophes lui de femelle au volatil.
Hermétiques appellent de ce ENGENDRER. Voyez
nom le travail inutile, & l'article précédent.
pour ainsi dire éternel, des E'NIGME. Discours allé-
faux Alchimistes, qui sont gorique, qui sous une enve-
continuellement au milieu loppe de mots ambigus &
des fourneaux allumés, & équivoques, renferme un
qui ne voient jamais Dieu, sens vrai. Les anciens Phi-
quoiqu'ils le désirent sans losophes ont enseigné leur
cesse; c'est-à-dire, qui ne Philosophie naturelle & chi-
parviennent point à la per- mique sous des emblèmes,
fection du grand oeuvre, qui des figures hiéroglyphiques
leur donnerait tout ce qui & des énigmes, afin que le
peut satisfaire le coeur hu- vulgaire & même les sa-
main dans cette vie. Quel- vants, qui ne seraient pas ini-
quefois ils appellent du nom tiés dans leurs mystères, n'y
d'Enfer leur matière en pu- comprissent rien. Les Al-
tréfaction, parce que le noir chimistes modernes suivent
est l'image des ténèbres, & en cela les anciens.
que l'Enfer est un lieu de té- ENNA. Prairies où Pro-
nèbres & d'horreur. serpine cueillait des narcisses
ENFLAMBER. Vieux dans le temps que Pluton l'en-
mot que l'on trouve dans les leva. V. Proserpine.
ouvrages de Flamel & du ENNEMI. L'un des noms
Trévisan, pour signifier don- que les Philosophes ont don-
ner trop de feu, en augmen- né à leur matière au blanc;
@

EN EN 137

mais en général ils ont ap- science Hermétique. C'est
pelé Ennemis le fixe & le un reproche que les Philo-
volatil, parce qu'ils sem- sophes se font les uns aux
blent se combattre perpé- autres sur le style énigma-
tuellement, au moins jusqu'à tique, les sophistications &
ce que l'un des deux ait ab- les allégories qu'ils ont ré-
solument vaincu l'autre, & pandues dans leurs livres
l'ait rendu de sa propre na- pour tromper les ignorants.
ture. Quand le fixe a fixé le Ce terme doit s'entendre
volatil après avoir été lui-* dans le sens que l'on dit, un
même volatilisé, les Adep- homme est jaloux de son se-
tes disent qu'ils ont fait la cret, il le tient caché. Il est
paix entre les ennemis, parce à remarquer que ceux qui
qu'alors ils deviennent telle- font de tels reproches aux
ment unis qu'ils sont insépa- autres Philosophes méritent
rables. très souvent ce nom à plus
ENTALI. Alun de plu- juste titre, & dans les en-
me. droits mêmes où ils parais-
ENTRANT. Qui pénè- sent parler avec la plus gran-
tre, qui a de l'ingrès. Les de ingénuité, c'est alors qu'il
Philosophes disent que leur faut se défier le plus de leurs
poudre de projection est par- discours. Car toutes leurs re-
faite, lorsque par la cuisson cettes sont communément
elle est devenue entrante, ce qu'on appelle de la graine
fondante & tingente; parce pour les sots; c'est dans les
qu'alors elle a toutes les pro- endroits les plus obscurs &
priétés requises pour la trans- énigmatiques que la vérité
mutation. est cachée. Il faut d'ailleurs
ENVIE. En fait de scien- savoir qu'ils n'ont presque
ce Hermétique, ce terme ne jamais tout dit de suite, &
signifie pas jalousie du bien que le plus grand nombre
d'autrui, & désir de le lui n'a parlé que de la seconde
enlever, mais une discrétion opération.
poussée à outrance à l'égard ENUR. Vapeur de la
du secret de la pierre, c'est-* terre qui sert de semence &
à-dire, de sa matière & des de nourriture aux pierres.
procédés qu'il faut tenir pour EOUS. Un des chevaux
la faire. du Soleil.
ENVIEUX. Terme fort EPAPHUS, fils de Ju-
usité dans les ouvrages de piter & d'Io, eut dispute
@

138 EP EP

avec Phaëton sur la vérité EPHIALTE & OTUS.
de sa race; celui-ci piqué, Deux frères Géants, fils de
voulut lui prouver qu'il était Neptune; ils firent la guerre
véritablement fils du Soleil, Dieux. V. Géants.
& pour cet effet demanda EPHODEBUTS. Quel-
avec beaucoup d'instances à ques Chimistes ont donné
son père de lui laisser con- ce nom à leur pierre parfaite
duire son char un jour seule- au rouge, à cause de la cou-
ment. Il l'obtint; mais mal- leur de pourpre du vêtement
heureusement pour lui, il le qui portait autrefois ce nom.
mena si mal qu'il aurait in- La Fable dit qu'Apollon en
cendié toute la terre, si Ju- prit un semblable, quand il
piter ne l'avait précipité dans chanta sur sa lyre la victoire
le fleuve Erydan. Voyez ce que Jupiter remporta sur les
que signifie cette fiction dans Géants.
les Fables Egypt. & Grecq. EPIPOLAPSIS. Subli-
dévoilées, liv. 3. chap. 12. mation philosophique.
& suivants. EPOSILINGI. Mâche-
EPAR. Plusieurs Chi- fer.
mistes ont donné ce nom à EPOSILINGUA. Ecu-
l'air. Johnson. me de fer.
EPE'E. C'est le feu des EPOUSE. Mercure ou
Philosophes, de même que eau mercurielle & volatile
la lance, le cimeterre, la des Philosophes, qu'ils ont
hache, &c. aussi appelée Soeur, Fem-
EPERVIER. Oiseau de me, Beja, &c.
proie carnassier & d'une na- Epouse ENRICHIE DES
ture chaude & ignée. Les VERTUS DE SON EPOUX.
Egyptiens l'avaient en con- (Sc. Herm.) Expressions
séquence consacré à Osiris, dont Salomon s'est servi dans
& les Philosophes Hermé- le Code de Vérité, pour signi-
tiques l'ont employé dans fier la pierre au blanc. Sa-
leurs hiéroglyphes pour si- lomon ajoute, que la puis-
gnifier leur matière fixe so- sance, l'honneur, la gloire,
laire, qu'ils ont aussi appe- la force & la royauté lui ont
lée Minière de feu céleste. été données; que sa tête
EPHESE ou BAIN. Se- est ornée d'une couronne
conde opération de la pierre, rayonnante de sept étoiles,
dans laquelle le feu humide & qu'il est écrit sur ses ha-
dissout le feu sec. bits: Je suis la fille unique
@

EP ER ER 139

des Sages, entièrement in- rieux, qu'il porta tout vivant
connue aux fols. à Eurysthée. Voyez l'expli-
EPOUSER. Action par cation de cette fable dans
laquelle le fixe & le volatil l'article Eurysthée.
de la matière des Philoso- ERYPILE, l'un des Hé-
phes se réunissent insépara- ros Grecs qui firent le siège
blement. Ces noces se font de Troie, eut pour sa part
dès le temps de la dissolution, des dépouilles de cette Ville
& l'union s'achève dans le un coffre dans lequel était
temps de la fixation. une statue de Bacchus de la
EPOUX. C'est l'or phi- main de Vulcain, que Jupi-
losophique. ter avait donnée à Darda-
EQUIVOQUE. Les nus. Erypile ayant ouvert
Chimistes Hermétiques se ce coffre & jeté les yeux
sont appliqués à embrouiller sur cette statue, devint fu-
le sens de leurs paroles, en rieux. Dans un de ces mo-
choisissant les termes qui ments d'intervalle que la fu-
sont susceptibles de divers reur lui laissait, il alla con-
sens, non pas pour tromper sulter l'Oracle de Delphes,
& induire en erreur, puis- qui lui répondit qu'il devait
qu'ils en avertissent le Lec- s'arrêter dans un lieu où il
teur, mais pour rendre leurs trouverait des gens prêts à
pensées plus difficiles à pé- offrir un sacrifice barbare, y
nétrer. déposer le coffre, & y éta-
EREBE, Dieu né du Ca- blir son domicile. Erypile
hos & des Ténèbres, épousa se rembarqua, se laissa aller
la Nuit, & en eut divers en- au gré des vents, & aborda
fants, Voyez Enfer. à la côte de Patras, où étant
ERICHTONIUS. Fils descendu dans le temps qu'on
de Dardanus, Roi de Troie. allait immoler un jeune gar-
Voyez le livre 6. des Fables çon & une jeune fille à Dia-
Egypt. & Grecq. dévoilées. ne Triclaria, il se présenta
ERIDAN. Fleuve d'Ita- avec son coffre; on inter-
lie dans lequel Phaëton fut rompit le sacrifice, & on ou-
précipité, pour avoir mal vrit le coffre, persuadé qu'il
conduit le chariot du Soleil y avait dedans quelque Di-
son père. V. Phaëton. vinité. Ils reconnurent Bac-
ERYMANTHE. Mon- chus, & instituèrent une fête
tagne d'Arcadie sur laquelle annuelle en son honneur,
Hercule prit un sanglier fu- & le nommèrent Bacchus
@

140 ER ES ES

Esymnete. Erypile guérit de toute son histoire fabuleuse
sa fureur, & fixa sa demeure n'est qu'une allégorie des
dans ce pays-là. Voyez les opérations & de la matière
Fables Egypt. & Grecques, de la Médecine universelle.
liv. 3. ch. 14. §. 2. & liv. 6. Sa naissance seule suffirait
ERYX fut vaincu par pour le prouver; car il est
Hercule. Voyez le livre 5. dit qu'il fut tiré des cendres
des Fables Egypt. & Grecq. de sa mère par Mercure, &
dévoilées. que le père de Coronis s'ap-
ES ou AES, ou AIRAIN. pelait Phlegye, du grec
Voyez Corps ou Terre Phlegein, en français Brû-
des Philosophes. Lai- ler.
ton. D'ailleurs la Fable dit que
ESCULAPE, fils d'A- Jupiter eut affaire avec Lato-
pollon & de la Nymphe ne, d'où naquirent Diane &
Coronis, fille du Roi Phle- Apollon, & d'Apollon Escu-
gyas, fut tiré par Mercure lape; parce que la blancheur
du ventre de sa mère après précède toujours le rouge,
qu'elle eut été tuée par Dia- après lequel vient Coronis
ne, & consumée sur le bû- ou le noir, d'où sort ensuite
cher où elle avait été mise. Esculape ou cette médecine
Il fut nourri par Trigone, & dorée & universelle dont les
élevé par le Centaure Chi- effets sont si surprenants tant
ron, qui lui apprit la Méde- sur les corps humains que
cine dans une perfection si sur les métaux. Voyez: une
grande, que par son moyen explication plus étendue de
la Fable dit qu'il ressuscita cette fiction dans le 3e livre,
Hyppolite dévoré par ses chap 12. §. 2. des Fables
propres chevaux. Esculape, Egypt. & Grecques dévoi-
selon quelques-uns, eut pour lées.
femme Epione, & pour en- ESEBON ou ALSA-
fants Machaon & Podalire, BON. Sel commun.
Jaso & Hygiée. On le re- ESON, fils de Crethée,
présentait un bâton à la & frère de Pelias qui le dé-
main, avec des serpents qui trôna. Eson étant devenu
l'environnaient, & il fut tou- vieux & caduque, fut rajeuni
jours honoré par les Païens par Médée que Jason avait
comme le Dieu de la Méde- amenée avec lui à son re-
cine. C'est pourquoi les Al- tour de la conquête de la toi-
chimistes prétendent que son d'or. Voyez les Fables
@

ES ES 141

Egygt. & Grecq. dévoilées, cure, quoiqu'il soit un corps
liv. 2. ch. 1. métallique; mais ils appel-
ESPRIT. Les Philoso- lent esprit tout ce qui n'est
phes Hermétiques n'enten- pas dur, compacte*, solide;
dent pas par ces termes une & corps tout ce qui forme
substance immatérielle, mais une masse coagulée & fixée,
une substance extrêmement dont les parties sont difficiles
tenue, subtile, pénétrante, à séparer. Tout ce qui est li-
répandue dans tous les mix- quide & volatil est esprit,
tes, & spécifiée dans chacun quand il participe du mer-
d'eux suivant sa nature, ses cure commun. Tout ce qui
qualités, & le règne de la est compacte & fixe est
Nature auquel il appartient. corps. Tels sont les métaux
Ils reconnaissent aussi un parfaits, & le fixe des im-
esprit universel physique, parfaits, les sels fixes des
igné, répandu dans tout l'U- trois règnes. L'âme est le mi-
nivers, qu'il vivifie par son lieu ou le lien qui lie le fixe
action continuée sans inter- avec le volatil.
ruption: ils lui donnent le Les Chimistes ont aussi
nom d'Archée de la Nature, appelé leur mercure:
& le regardent comme le Esprit DE MERCURE.
principe indéterminé de tous Esprit CRU, Esprit
les individus. Voyez les DU CORPS CUIT, signifient
Principes généraux de Phy- la même chose que Mercure
sique dans les Fables Egypt. dissolvant des Philosophes.
& Grecques dévoilées. Esprit DE VIE, parce
Quelquefois les Chimis- qu'il vivifie les métaux qui
tes Hermétiques appellent sont comme morts dès qu'ils
aussi Esprit leur mercure, à ont perdu, en sortant de la
cause de sa volatilité. Ils don- mine, cet esprit qui les y vi-
nent encore ce nom à leur vifiait, & leur donnait une
matière parvenue au blanc. vertu multiplicative.
Mais communément ils joi- Esprit DES PHILOSO-
gnent une épithète à ce ter- PHES, parce que les Sages
me Esprit, comme on peut seuls ont le secret de le ren-
le voir dans les articles sui- dre esprit en le délivrant de
vants. la prison ou corps dans le-
Esprit FUGITIF. Nom quel la Nature l'avait ren-
que les Philosophes Hermé- fermé.
tiques ont donné à leur mer- Esprit UNIVERSEL.
@

142 ES ES ET

C'est proprement le nitre ré- ticuliers de chaque règne de
pandu dans l'air, imprégné la Nature.
de la vertu des astres, & qui Essatum VINUM. Es-
animé par le feu de la Na- prit de vin rectifié, au moyen
ture, fait sentir son action duquel on extrait les teintu-
dans tous les êtres sublu- res, les odeurs & les essen-
naires. Il est leur aliment, il ces des corps.
leur donne la vie, & les en- ESSENCE. Matière des
tretient dans cet état autant Philosophes parvenue à la
de temps que son action n'est couleur blanche. Les Adep-
point empêchée par le dé- tes lui ont aussi donné le nom
faut des organes, ou par la d'Essence blanche. Voyez
désunion des parties qui les Quintessence.
composent. ESSENSIFIER. Cuire,
Esprit VEGETABLE, en digérer la matière de l'oeu-
termes de Chimie, signifie vre pour en faire l'essence
soufre. des Chimistes Hermétiques.
Esprit PUANT. Terme ESTIBIUM. Antimoine.
de science Hermétique, qui ESTOMAC D'AU-
signifie la même chose que TRUCHE. Les Philoso-
soufre philosophique. C'est phes Chimiques donnent ce
aussi la matière au noir & le nom à leur dissolvant, ou
mercure en putréfaction. mercure philosophique; &
Esprit SUBLIME'. Mer- les Chimistes ordinaires l'in-
cure des Sages extrait de sa terprètent de l'eau-forte
minière & purifié. commune.
Esprit DE L'OR, ou ETAIN. Métal blanc,
OR EN ESPRIT. Mercure auquel les Chimistes ont
des Philosophes Herméti- donné le nom de Jupiter,
ques. fils de Saturne. En termes
Esprit DE MIEL. de Philosophie Hermétique,
Glazer dit qu'il réduit tous c'est la couleur grise, qui
les métaux en vitriol, c'est-* dans les opérations de l'oeu-
à-dire, en mercure; mais la vre, succède immédiatement
chose est fausse. à la couleur noire appelée
ESSATTA. Art de tirer Saturne, ou Laiton qu'il faut
les essences des mixtes. blanchir, Plomb livide, &c.
ESSATUM ESSEN- Etain CALCINE'. C'est
TIEL. Vertus, propriétés la pierre parvenue au blanc,
essentielles aux mixtes par- que les Philosophes appel-
@

ET ET 143

lent aussi Chaux d'étain, Ciel sur un char de feu; car
Lune dans son plein, Diane alors paraîtra la rougeur, qui
nue, &c. L'étain vulgaire a sera permanente dans toutes
une propriété qu'on ne re- les révolutions faites par cinq
marque pas dans les autres cuissons après la vraie blan-
métaux, c'est d'augmenter cheur.
de poids quand on le calci- ETHEB. Terme de
ne, au lieu que les autres Science Hermétique, qui si-
métaux diminuent. On di- gnifie parfait; ainsi lorsque
rait qu'il absorbe les parties les Philosophes disent que
ignées des charbons, ou que leur poudre convertit tant
sa chaux est un aimant de ou tant de parties de plomb,
l'esprit universel qui se cor- étain, &c. en étheb, il faut
porifie avec lui. entendre en or ou en argent,
Etain DES PHILOSO- qu'ils regardent comme des
PHES, ou leur Plomb blanc. métaux parfaits.
C'est leur mercure dépouillé ETHEL est un des noms
de sa noirceur, avant qu'il que les Philosophes ont don-
soit parvenu au blanc par- né à leur vase ou oeuf des
fait. Sages. Lorsque le corps sera
E'TE'. Matière au blanc réduit en poudre impalpa-
ou régime du feu du troi- ble, il faut le sublimer dans
sième degré. Sa complexion l'éthel, avant de le mêler
est ignée. Ce troisième de- avec notre airain; & ce qui
gré fixe le mercure, & sa empêcherait la teinture &
chaleur est semblable à celle l'ingrès, demeurera au fond
du soleil dans le signe du de l'éthel. Auriga Chemicus.
Lion. Il faut le continuer ETHELIA est, selon les
jusqu'au rouge. Lorsque ce Philosophes Spagyriques,
rouge est absolument digé- cette âme cachée & métal-
ré, il est si fixe qu'il ne craint lique, ou ce soufre de nature
plus le feu. Notre Dragon, concentré dans les métaux
dit Philalèthe, est alors dé- imparfaits, que leur eau mer-
coré de toutes les vertus cé- curielle extrait & sépare des
lestes & terrestres. Souve- impuretés terrestres qui l'en-
nez-vous aussi que chacune veloppent, & qui la tiennent
de ces chaleurs doit être le comme en prison.
double de l'autre. C'est dans Ethelia est aussi un
ce régime que les fruits ap- des noms qu'ils ont donné à
paraissent, & qu'il monte au leur matière en putréfaction
@

144 ET EV EV

qui forme ce qu'ils appellent grand oeuvre des Philoso-
leur Saturne, leurs métaux phes Chimiques. O bon
imparfaits, leur corps im- Roi, dit Morien, vous devez
monde, leur laiton qu'il faut savoir parfaitement avant
blanchir. toutes choses, que la fumée
ETOILES DES PHI- rouge, & la fumée blanche,
LOSOPHES. Ils donnent & la fumée orangée, & le
communément ce nom aux Lion vert, & Almagra, &
couleurs qui surviennent l'immondice du mort, &
dans le vase pendant les le limpide, & le sang, &
opérations du grand oeuvre. l'Eudica, & la terre fétide,
Mais ils prennent ordinaire- sont des choses dans lesquel-
ment les termes de Planètes les consiste tout le magistè-
& d'Etoiles pour signifier re. Morien explique dans la
leurs métaux; ou les planè- suite ce que c'est qu'Eudica.
tes terrestres, c'est-à-dire les Eudica, dit-il, est la chose
métaux vulgaires. la plus secrète de toutes cel-
Etoile AU COU- les que je viens de nom-
CHANT. Sel armoniac. mer. On l'appelle autrement
Etoile DE LA TERRE. Moszhacumia, ce qui signi-
Talc. fie fèces ou immondices du
EVAN. Surnom de Bac- verre. Il ne faut cependant
chus. pas s'imaginer que Morien
EVAPORATION. Sé- entende par ces termes, les
paration des esprits ou ma- excréments ou superfluités
tière spiritueuse des corps, hétérogènes qui se trouvent
par l'action de l'air ou du dans les creusets des Verre-
feu. Le mercure des Sages ries: c'est la base de tous les
a deux taches originelles, dit êtres, & par conséquent du
d'Espagnet; la première est verre. C'est la pierre au
une terre impure, sulfureuse blanc.
que l'on en sépare par le bain Eudica. (Sc. Herm.)
humide; la seconde est une Eau mercurielle des Philo-
humidité superflue qui s'est sophes, faite pour défendre
nichée entre cuir & chair, & le corps de la terre de com-
qui le rend hydropique; il bustion, ce qui lui a fait don-
faut la faire évaporer par le ner par Morien le nom de
bain sec du feu doux & bé- fiel ou fèces de verre, parce
nin de la Nature. que les fèces de verre mê-
EUDICA. Matière du lées avec les métaux en fu-
sion,
@

EU EU 145

sion, empêchent qu'ils ne mistes Hermétiques à la ma-
soient brûlés. C'est cet Eu- tière du grand oeuvre parve-
dica qui accoutume la ma- nue à la couleur blanche.
tière aux atteintes du feu. EUROPE, soeur de Cad-
C'est ce serviteur rouge qu'il mus & fille d'Agenor, fut
faut marier avec sa mère odo- enlevée par Jupiter changé
rante; ce Pyrrhus, fils d'A- en Taureau blanc. Il en eut
chille, aux cheveux rouges, Minos & Rhadamanthe.
aux yeux noirs, & aux pieds Voyez l'explication de cette
blancs. Ce Chevalier armé fiction, liv. 3. ch. 14. §. 5.
pour combattre le Dragon, EURYDICE. Voyez
& lui arracher la vierge in- l'article d'Orphée.
tacte Beja, ou blanche; Per- EURYSTHE'E, Roi de
sée qui en présentant la tête Mycènes, ayant obtenu le
de Méduse, défend Andro- pouvoir de commander à
mede, fille de Cassiope & Hercule, il l'obligea d'aller
de Céphée Roi d'Ethiopie, tuer un Sanglier furieux qui
contre le Monstre marin, la ravageait toute la montagne
délie des chaînes qui la re- d'Erymanthe; Hercule y
tenaient, & la prend pour fut, s'en saisit & le porta tout
épouse. vivant à Eurysthée. Cette
Eudica. Quelques-uns fable selon l'explication des
croient qu'il faut entendre Alchimistes ou Philosophes
ce terme de la matière au Spagyriques, est le symbole
blanc; d'autres, avec le Phi- du grand oeuvre. Le mont
lalèthe, l'expliquent de la Erymanthe signifie le vais-
matière en putréfaction. seau philosophique, qu'ils
EVE. Magistère des Sa- appellent assez communé-
ges, lorsqu'il est parvenu à ment Montagne. Le Sanglier
la blancheur. est le mercure philosophi-
EUPHEMUS. L'un des que, dont les esprits corro-
Argonautes, & leur Pilote. sifs détruisent tout ce qu'on
C'est à lui que Triton donna leur donne à dissoudre. Her-
une motte de terre, dont la cule est l'Artiste qui travaille
signification est expliquée ce mercure, le lie en le
dans le liv. 2. chap. 1. des fixant; & après l'avoir ani-
Fables Egypt. & Grecques mé de son soufre, en fait la
dévoilées. pierre philosophale, & la
EUPHRATE est un des médecine universelle repré-
noms donnés par les Chi-* sentée par Eurysthée.
K
@

146 EU EU EX

Fabri dit que cette fable vaux d'Hercule expliqués
dévoile ce que les Philoso- dans le 5e livre des Fables
phes se sont toujours efforcés Egypt. & Grecq. dévoilées.
de cacher, c'est à-dire la ma- EURYTHUS, Roi
tière de leur pierre, & l'en- d'Oechalie, avait une fille
droit où l'on doit chercher vierge qu'il refusa de donner
cette matière. Voici com- en mariage à Hercule. Celui-
ment il s'explique dans son ci ravagea toute l'Oechalie,
livre intitulé: Hercules Pio- tua Eurythus, & se maria
chymicus. Sous cette fable, avec Iole sa fille. Eurythus,
dit-il, est caché le plus ex- selon les Alchimistes, signi-
cellent & le plus admirable fie l'esprit minéral & les par-
secret de la Chimie; car ties hétérogènes qui noircis-
elle nous découvre ce que sent & corrompent la ma-
les Philosophes ont enve- tière chimique qui renferme
loppé du ténébreux voile de cette terre vierge dont Iole
l'énigme. Elle nous montre est le symbole. Hercule ou
quel est, & en quel lieu l'on le mercure philosophique
trouve ce Sanglier d'Ery- cherche à s'unir avec cette
manthe, qui est le vrai mer- terre vierge, mais Eurythus
cure des Philosophes; car de s'y oppose par ses parties hé-
la fleur de Vénus & du mer- térogènes. Le mercure phi-
cure vulgaire, préparés com- losophique putréfie Eury-
me il faut, l'on tire cette va- thus, le tue, pour ainsi dire,
peur onctueuse dont les Phi- & par ce moyen obtient Iole
losophes font tant de cas. On par force, s'unit avec elle, &
le voit par le terme d'Ery- en la sublimant, l'élève au
manthaeus, qui ne signifie haut du vase, que les Alchi-
autre chose que fleur de Vé- mistes nomment le Ciel, &
nus; car Erycine était un en fait une terre feuillée, d'où
surnom de Vénus, & An- doit naître ce fils admirable
thos en grec, signifie Fleur qui fait la joie de l'Univers,
en français. Je laisse au Lec- & sa félicité.
teur savant dans la Philo- EXALTATION. Voyez
sophie Spagyrique à juger si Sublimation.
Fabri était Philosophe, ou Exaltation D'EAU.
s'il en donne à garder, com- C'est la fixation du mercure
me ces Messieurs ont cou- des Sages en pierre; parce
tume de faire. On trouve qu'alors l'eau mercurielle est
cette fable & les autres tra- exaltée en perfection com-
@

EX EX 147

me dit Hermès dans la Table feu philosophique, au moyen
d'Emeraude. duquel une couleur succède
Exaltation. Les Phi- à une autre. C'est dans ce
losophes Hermétiques com- sens qu'ils disent, qu'il faut
ptent l'exaltation entre les extraire la rougeur de la
sept opérations du grand oeu- blancheur, parce que la blan-
vre; c'est la sublimation phi- cheur doit toujours précéder
losophique prise dans le sens la rougeur de la matière:
de sublimation ou perfection. c'est pourquoi la Fable dit
EXALTER, en termes que Diane, soeur d'Apol-
de Science Hermétique. Su- lon, servit de sage-femme à
blimer, perfectionner. Lors- sa mère, pour lui aider à
que les Philosophes disent mettre au monde Phoebus,
que leur matière est exaltée, qui est le même qu'Apollon
il faut entendre, ou qu'elle ou le Soleil; & que les Phi-
est subtilisée par la sublima- losophes Chimiques appel-
tion, ou qu'elle a déjà acquis lent Diane nue, Lune, Or
le degré de perfection qu'elle blanc, leur matière au blanc
doit avoir pour être élixir au parfait; & qu'ils nomment
blanc ou au rouge. Soleil, Apollon ou leur Or,
Exalter. Perfectionner; la matière parfaite au rouge.
ce qui se fait non par les opé- Quand on dit qu'il faut com-
rations de la Chimie vul- mencer l'oeuvre par l'extrac-
gaire, mais par la simple di- tion du mercure, on doit en-
gestion à l'aide du feu phi- tendre ce terme dans sa signi-
losophique. Lorsque l'oeuvre fication vulgaire.
est parfaite, ils donnent à EXTRAIRE LE SUC
leur poudre le nom de Pierre DE LA SATURNIE VE'-
exaltée. GE'TABLE. C'est tirer le
EXCRE'MENT DU mercure de sa minière.
SUC DU PLAN DE Extraire LES E'LE-
BACCHUS. C'est le tartre. MENTS. Continuer le régime
EXTRACTION, en du feu pour les opérations.
termes de Chimie Hermé- Si vous ne savez pas ex-
tique, ne signifie pas, comme traire l'eau de l'air, la terre
dans la Chimie ordinaire, de l'eau, & le feu de la terre,
une expression du suc de vous ne réussirez pas dans
quelque plante, ou de quel- l'oeuvre, dit Aristote le Chi-
que animal, &c. mais une miste. C'est-à-dire, qu'il faut
continuation du régime du continuer les opérations du
K ii
@

148 EX EZ FA

magistère de manière que & sa parfaite fixation; c'est-
vous réussissiez à voir le ré- à-dire, le mercure cru &
gime des couleurs dans leur la poudre de projection.
ordre; d'abord le noir, qui EYEB. Or.
est une preuve de la disso- EZEPH. Soleil des Phi-
lution de la matière en eau; losophes.
ensuite le blanc, qui est la EZIMAR. Fleurs d'ai-
terre feuillée des Philoso- rain.
phes; enfin la couleur rou- F
ge, qui est le feu des Sages
ou la minière de leur feu, FABA. Le tiers d'un scru-
c'est-à-dire, leur soufre vif pule.
& animé. FABA AGRESTIS.
EXTRE^MES. Les extrê- Lupins.
mes de l'oeuvre sont les élé- FABIOLA. Fleurs de
ments principes de tout, & fèves.
l'or perfection de l'oeuvre. FABLES. On s'est beau-
Il ne faut point prendre les coup tourmenté l'esprit pour
éléments ni l'or pour la ma- trouver des systèmes au
tière de l'oeuvre, mais une moyen desquels on pût ex-
matière qui participe des pliquer les Fables anciennes
éléments principes, ou ma- qu'Homère, Hésiode & plu-
tière seconde des mixtes mé- sieurs autres nous ont trans-
talliques. De même que pour mises. Les Mythologues les
faire du pain, on ne prend ni ont regardées comme des
du pain cuit, ni l'eau & la leçons de morale, d'autres
terre qui sont les principes comme des explications de
du froment; mais la farine physique, quelques-uns n'y
même du froment. voient que des traits de la
EXTRE'MITE'S DE LA politique la plus raffinée,
PIERRE. Philalèthe les ap- quelques autres pensent y
pelle dimensions, & dit que trouver l'histoire entière des
le mercure en est une & l'é- temps qu'ils appellent néan-
lixir complet l'autre. Les mi- moins fabuleux, & malgré
lieux sont les corps ou mé- toute la torture que tous ces
taux philosophiques impar- Savants ont donné à leurs
faits. Les deux extrémités esprits, ils n'ont pu réussir à
dans l'oeuvre sont la trop les expliquer de manière à
grande crudité de la matière satisfaire les gens sensés &
avant qu'elle soit préparée, les moins difficiles. Il ne fal-
@

FA FA 149

lait pour y réussir, que re- tres sous peine de la vie à
monter jusqu'à la source des celui qui le révélerait. On
Fables, suivre leur naissance sait d'ailleurs qu'ils se le
& leurs progrès; on aurait transmettaient sous le voile
vu que les Fables Grecques des fables & des hiérogly-
n'étaient qu'une imitation de phes. En fallait-il davantage
celles des Egyptiens. Les pour fixer les idées sur l'ob-
plus anciens Auteurs ont eu jet des fables? Je crois avoir
même soin de nous avertir prouvé, je dirais même dé-
que Musée, Orphée, &c. montré que les fables n'en
les avaient puisées en Egyp- avaient point d'autre, dans
te, & les avaient transpor- mon traité des Fables Egyp-
tées dans la Grèce. tiennes & Grecques dévoi-
Le lieu de leur naissance lées & réduites au même
une fois trouvé, il ne s'agis- principe. C'est donc dans la
sait plus que de découvrir le matière & les procédés de
père de tant d'enfants; on au- cet art Sacerdotal ou Her-
rait vu que ce fut Hermès métique qu'il fallait chercher
Trismégiste, ce grand hom- & puiser les explications de
me, cet homme célèbre dont ces fables, & non dans l'his-
la mémoire sera éternelle- toire, la morale ou la poli-
ment en vénération. Exami- tique. Je l'ai fait dans le Traité
nant ensuite quel but il pou- que je viens de citer, & dans
vait se proposer en les in- les différents articles de My-
ventant, on aurait trouvé thologie insérés dans ce Dic-
qu'il avait rassemblé un cer- tionnaire, où, pour abréger,
tain nombre d'hommes choi- je me contente le plus sou-
sis de sa main comme capa- vent de renvoyer au Traité
bles d'être instruits des scien- ci-dessus.
ces qu'il voulait leur appren- FACCA DE MALA-
dre, & de garder le secret QUA. Anacardes.
sur cet art Sacerdotal, qu'il se FACINUM. Airain.
proposait en conséquence de FACTION. Action de
leur enseigner par des énig- faire, manière de procéder à
mes, des paraboles, des al- une chose. Faction de notre
légories & des fables qu'il divin oeuvre. Zachaire.
inventa pour cet effet. Pres- FADA. Matière de l'oeu-
que tous les Auteurs anciens vre parvenue à la blancheur.
ont parlé de ce secret qui FAIM DES PHILOSO-
était recommandé aux Prê-* PHES. Désir ardent d'ap-
K iij
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150 FA FA FE

prendre tout ce qui regarde au blanc, qui indique le prin-
l'art Hermétique, & les con- temps philosophique; parce
naissances que l'on peut ac- que la couleur noire qui la
quérir par son moyen. précède, annonce la mort
FAISAN D'HERME'S. du sujet, & le froid de la ma-
Nom que quelques Philoso- tière qui semble alors dans
phes Chimiques ont donné l'inaction, comme la Nature
au mercure des Sages, tant paraît y être pendant l'hi-
à cause de sa volatilité, qu'à ver.
cause des différentes couleurs FAUX DE SATURNE
qu'il prend dans le cours des qui coupe les ailes & les jam-
opérations du grand oeuvre. bes à Mercure. Expressions
FALCANOS. Arsenic. des Philosophes, par lesquel-
FALEX. Fer. les ils entendent la partie fixe
FASDIR ou SASDIR. de la matière de l'oeuvre qui
Etain, Jupiter. fixe la volatilité du mercure
FAUFEL. Aréca & Ca- des Sages. Nicolas Flamel
techu. nous a conservé une figure
FAULEX. Acier. symbolique d'Abraham Juif,
FAUNES, qu'on appelle où Saturne est représenté
aussi Satyres, Sylvains. Ils sous la figure d'un vieillard
habitaient les bois & les fo- caduque, la bouche béante
rêts. Voyez ce qu'ils signi- & une faux à la main, pour-
fient dans l'article de Bac- suivant Mercure.
chus. FEBLECH. Fer ou acier
FAVONIUS. Vent qui des Philosophes.
souffle de l'endroit du ciel où FEBUS. Enfant vierge
le soleil se couche au temps FECES. Terme de scien-
des équinoxes. Les Anciens ce Spagyrique, pris du latin
l'appelaient le Vent de gé- foeces. Il signifie crasse, lie,
nération & de production, impuretés, limon, ordure,
le Zéphyr ou Porte de vie excrément, & les parties les
parce qu'il souffle plus com- plus grossières, impures &
munément au printemps, lors- étrangères qui se précipitent
que la Nature semble se re- au fond des vases, & que
nouveler & prendre une l'on appelle autrement rési-
nouvelle vie. Les Philoso- dence, particulièrement lors-
phes Hermétiques ont don- qu'il s'agit des liqueurs quand
né le nom de Favonius à la elles se purifient d'elles-mê-
matière de l'oeuvre parvenue mes, comme le vin.
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FE FE 151

FECES DU NITRE. melle, ou androgyne; mais
Salpêtre. lorsqu'ils parlent en particu-
FECLA. Lie de vin. lier de femelle, ils entendent
FEDEUM ou FEDUM. leur mercure, & par mâle le
Safran. soufre.
FELDA. Argent, Lune Femelle BLANCHE.
des Philosophes. C'est le mercure au blanc.
FEL VITRI. Ecume de FER DES PHILOSO-
verre. PHES. Magistère parvenu
FEL DRACONIS. au rouge couleur de rouille
Mercure de l'étain. de fer, parce qu'alors sa cou-
FEMME. Les Chimis- leur approche de celle du
tes Hermétiques ont donné Crocus Martis. On appelle
communément le nom de cette circonstance de l'oeu-
Femme ou de Femelle à leur vre le Règne de Mars. Voyez
Lune, ou mercure des Phi- Règne.
losophes; quelquefois aussi FERMENT, en termes
à leur matière volatile dans d'Alchimie, est une matière
tous les états où elle se trouve fixe, qui, mêlée avec le mer-
pendant le cours des opéra- cure, le fait fermenter &
tions du magistère. C'est ce lui donne sa propre nature,
qui la leur a fait personnifier comme le levain fait à la
pour en composer les an- pâte.
ciennes fables tant Grecques Ferment. (Sc. Herm.)
qu'Egyptiennes, dans les- Il y a plusieurs sortes de fer-
quelles on lui a donné les ments; les uns sont simples,
noms de Cybèle, Cérès, les autres composés. Les sim-
Isis, Latone, Coronis, Eu- ples sont ceux qui sont homo-
rope, Léda, &c. Quand ils gènes & sans mélanges, tels
l'ont appelée Femme blan- que les éléments & les âmes
che, ils avaient en vue la cir- extraites de leurs corps. Les
constance où cette matière composés sont ceux qui ont
est parvenue au blanc. été mêlés avec d'autres, tels
Femme DES PHILOSO- que les corps réduits en na-
PHES. C'est le mercure; & ture de soufre, & joints avec
l'homme, ou le mâle, est le leur huile. Il y a aussi des
soufre. ferments sulfureux des corps
FEMELLE. Les Philoso- imparfaits; on les appelle fer-
phes Chimiques disent que ments moyens. Mais si l'on
leur mercure est mâle & fe- ignore la façon de réduire les
K iv
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152 FE FE

métaux parfaits en leur pre- mortifier & à endurcir; car
mière matière; c'est-à-dire, sans cela on ne pourrait la
en leur mercure, on tentera fixer. La cendre d'argent
en vain de parvenir à la fin est ferment dans l'oeuvre au
de l'oeuvre, parce qu'on ne blanc, & la cendre d'or dans
pourra faire ni ferment sim- l'oeuvre au rouge. L'or &
ple, ni ferment composé, en l'argent des Philosophes est
quoi consiste le secret de l'é- leur eau, & cette eau est le
lixir. ferment du corps; ces corps
Il faut observer de plus sont leur terre; le ferment
qu'il y a deux sortes de ma- de cette eau divine est une
tière première: l'une est pro- cendre, parce qu'elle est fer-
chaine, l'autre éloignée. La ment du ferment.
prochaine est l'argent-vif, Il faut donc joindre l'ar-
l'éloignée est l'eau; car l'ar- gent avec l'argent, & l'or
gent-vif a été premièrement avec l'or; c'est-à-dire, l'eau
eau, puis terre, ensuite eau, avec la cendre, ou le fer-
& enfin eau sèche. La ré- ment avec le ferment. Tout
duction des corps parfaits en cela s'entend de la médecine
mercure, ou en leur première du second ordre, qui consiste
matière, n'est qu'une résolu- à joindre l'humide avec le
tion d'une matière parfaite, sec, d'abord après leur pré-
fixe, blanche, rouge & con- paration. L'humide est l'es-
gelée. prit liquide purgé de toute
Les ferments doivent être impureté, & le sec est le
très bien préparés avant de corps pur & calciné.
les employer pour la fer- Lorsque le magistère est
mentation. Cette prépara- parvenu à un certain degré
tion consiste à les faire passer de perfection, il faut y ajou-
par tous les principaux ré- ter un ferment, qui est l'or,
gimes du magistère; c'est-à-* afin qu'il change toute la
dire, qu'ils doivent premiè- matière en sa propre nature,
rement ressembler à de la & détermine le magistère à
poudre calcinée au moyen la nature métallique, qui
de la liquéfaction, ensuite avant ce mélange était in-
devenir une poudre dissoute, déterminé. Après que ce mé-
puis une poudre congelée, lange a fermenté, toute la
& enfin une poudre subli- pierre est tellement fixe,
mée & exaltée. qu'elle devient ferment, &
Tout le secret consiste à principe de fixité pour tous
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FE FE 153

les métaux sur lesquels elle ces métaux, & confondu
sera projetée. Quand on avec des parties hétérogè-
veut s'en tenir au blanc, il nes & terrestres diversement
faut prendre la Lune pour combinées entr'elles, de ma-
ferment, & bien prendre nière que la différence des
garde à ne pas s'y tromper. combinaisons faisait la di-
Quelques-uns donnent le versité des métaux, dont le
nom de ferment au mercure, principe est le même, mais
quand on en fait les imbibi- la cuisson & la digestion dif-
tions pour la multiplication férentes. Ce ferment ne fait
de la pierre. La pierre phi- qu'achever & perfectionner
losophale parfaite n'est pro- en peu de temps cette cuisson,
prement qu'un ferment qui que la Nature n'aurait pu
se mêle & s'insinue dans tou- faire que dans la durée de
tes les parties des métaux plusieurs siècles; & qu'elle
imparfaits sur lesquels on la n'aurait même jamais fait
projette en très petite quan- dans les métaux imparfaits,
tité, à proportion du degré faute d'un agent assez actif
de perfection qu'on lui a pour en séparer l'impur qui
donné par les opérations réi- s'y mêle sans cesse par le dé-
térées sur la même matière. faut de la matière où ils sont
Elle en sépare tout l'impur renfermés.
& l'hétérogène, & s'appro- FERMENTATION, en
priant tout ce qui est de sa terme de Physique, est une
nature, en fait de l'or si le séparation naturelle de la
ferment est or, de l'argent si matière sulfureuse d'avec la
le ferment est argent. C'est saline dans un corps, ou lors-
donc mal-à-propos qu'on dit que par la jonction de ces
que les Alchimistes cher- deux matières, il se compose
chent à faire de l'or; la pre- naturellement un mixte.
mière intention des vrais Phi- Fermentation. Action
losophes est de trouver un de l'air sur les mixtes, qui en
remède contre les maux qui s'y raréfiant, en altère la
affligent la nature humaine; forme, en désunit les parties
la seconde est de trouver un sans y produire une dissolu-
ferment, qui, mêlé avec les tion entière comme la pu-
métaux imparfaits, puisse tréfaction. La fermentation
manifester ce qu'ils contien- tient le milieu entre la liqué-
nent d'or, qui avant la pro- faction & la putréfaction,
jection était renfermé dans Toutes trois font des effets
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154 FE FE

de la raréfaction; mais la pu- sure que l'air, qui y est en-
tréfaction introduit des par- fermé, s'y raréfie. On voit
ties aqueuses dans les pores aussi cette ébullition ou gon-
des mixtes, la fermenta- flement dans les mélanges
tion des parties aériennes, des matières minérales. Lors-
la liquéfaction des parties que, par exemple, on verse
ignées. Il y a trois espèces de l'huile de tartre sur de
de fermentations; celle qui se l'alun. La même chose ar-
fait par enflure, gonflement, rive, si après avoir fait sécher
tuméfaction, ébullition, & la chaux des métaux faite à
inflammation ou échauffe- l'eau forte, on jette un peu
ment interne du mixte; la de cette chaux dans de l'huile
seconde est proprement la de tartre. Glauber.
fermentation; & la troisième Les gens qui ferment le
est l'acétification ou aigreur foin avant qu'il soit bien sec,
survenant au mixte. La pre- ont, malheureusement pour
mière se voit dans toutes les eux, une funeste preuve de
enflures qui surviennent aux cette ébullition ou échauffe-
parties molles des animaux, ment; le fumier de cheval
quand ils ont pris du venin, s'échauffe aussi par lui-mê-
ou qu'ils ont reçu quelque me. Cette ébullition qu'on
coup un peu violent, ou appelle aussi effervescence,
qu'elle est occasionnée & est comme une préparation
causée par quelque maladie; à la fermentation & à la pu-
tels sont les boutons avant tréfaction.
qu'ils soient purulents, les La fermentation propre-
bubons, les pustules de la ment dite, est la raréfaction
petite vérole, des maux vé- d'un corps dense, par l'in-
nériens, &c. On dit alors terposition de l'air dans ses
que le sang fermente, & il pores. Le trop grand froid,
faudrait plutôt dire qu'il y a la trop grande chaleur, &
ébullition dans le sang. Be- l'empêchement de l'accès li-
cher. Cette ébullition ou gon- bre de l'air ou de son action
flement se fait aussi remar- sont des obstacles à la fer-
quer dans les viandes qu'on mentation. Elle doit donc se
appelle venteuses, ou fla- faire dans un vase ouvert,
tulentes, telles que les pois ou dans lequel il y ait assez
& autres légumes sembla- de vide pour que l'air puisse
bles; lorsqu'on les fait cuire, s'y raréfier. Au commence-
on les voit se gonfler à me- ment de la fermentation le
@

FE FE 155

mouvement du vaisseau y est l'odeur, & le supplément des
contraire; sur la fin il y aide, êtres. Et tout cela ne signifie
pourvu qu'il ne soit pas trop que la réduction de puissance
violent. Lorsque la fermen- en acte du corps qui donne
tation se fait dans un vase la teinture & de celui qui la
ouvert, le corps fermenté a reçoit.
beaucoup moins de force Si vous ne savez donner
que lorsqu'elle est faite dans le feu au feu, le mercure au
un vase fermé ou bouché, ce mercure, vous ne réussirez
que l'on remarque dans les jamais; c'est en quoi consiste
vins qu'on appelle foux. Le toute la perfection du ma-
levain fait fermenter la pâte. gistère & la médecine du se-
L'acétification ou aigreur cond ordre. Il faut aussi sa-
est le commencement de la voir que tous les termes ci-
fermentation, comme elle en après se rapportent à cette
est une espèce quand elle est médecine; inspirer, vivifier,
complète; & cette aigreur semer, mettre, mêler, join-
a la raréfaction pour cause. dre, infuser, incorporer, ma-
L'élévation & évaporation rier, donner, épouser, fer-
des parties subtiles & sulfu- menter, tuer, mortifier, con-
reuses des liqueurs est la cau- geler, fixer & teindre.
se de l'aigreur; & si la fer- La fermentation est une
mentation se fait dans un vase des opérations que les Phi-
clos, elle sera beaucoup plus losophes ont tenu des plus
longue; par cette raison l'ai- secrètes, & n'en ont parlé
greur en sera plus forte, & que par énigmes & parabo-
ne succédera à la fermenta- les fort obscures, afin de ne
tion que lorsque les parties point en découvrir le secret,
grossières auront enveloppé lequel si l'on ignore, on tra-
& condensé les parties sub- vaille en vain. Hermès dans
tiles. Les vins les plus vio- le 7e livre de ses Traités, en
lents sont les meilleurs pour parle plus clairement qu'au-
faire le vinaigre. cun autre Philosophe, lors-
Fermentation. (Sc. qu'il dit que les ferments sont
Herm.) Philalèthe définit la composés de leur propre pâ-
fermentation Hermétique, te; il ajoute ensuite que les
dans la médecine du second ferments blanchissent le com-
ordre, l'incorporation de ce- posé, l'empêchent d'être brû-
lui qui anime, la restauration lé, retardent le flux de la tein-
de la saveur, l'inspiration de ture, consolident les corps,
@

156 FE FE

& en augmentent l'union. La fermentation se fait ainsi,
Ceux qui cherchent le fer- suivant Philalèthe: Prenez
ment dans les minéraux sont une partie de ce soufre igné
dans l'erreur. & trois parties d'or très pur,
Ce que les Philosophes faites fondre le soleil dans un
appellent proprement fer- creuset neuf, & quand il sera
mentation est l'opération de liquéfié, jetez-y votre sou-
l'élixir. Il ne suffit pas pour fre, prenant bien garde qu'il
parfaire le grand oeuvre, de n'y tombe aucun charbon.
pousser le magistère au rou- Quand ils seront fondus en-
ge. La pratique de la pierre, semble, jetez le tout dans
dit d'Espagnet, s'achève par un vase de terre, ou dans un
deux opérations; l'une con- autre creuset, & vous aurez
siste à créer le soufre ou ma- une masse très rouge & fria-
gistère, l'autre à faire l'élixir, ble. Prenez une partie de
& ce dernier se fait par la fer- cette masse en poudre fine,
mentation. En vain tenterait-* que vous mêlerez avec deux
on la projection, si la pierre parties de mercure philoso-
n'est fermentée. Le magis- phique. Mêlez bien le tout,
tère au rouge est un soufre & l'ayant mis dans l'oeuf,
ou une terre très subtile, ex- recommencez la première
trêmement chaude & sèche; opération, avec le même ré-
elle cache dans son intérieur gime; vous pourrez réitérer
un feu de nature très abon- cette fermentation, si vous
dant, qui a la vertu d'ouvrir le voulez.
& de pénétrer les corps des FERMENTER. Les
métaux, & de les rendre Philosophes recommandent
semblable à elle; ce qui lui très souvent de fermenter la
a fait donner le nom de père matière; mais ils n'enten-
& de semence masculine. dent pas toujours la même
Mais de ce soufre il faut en chose. Quelquefois ils par-
créer un second, qui pourra lent de la fermentation pour
ensuite être multiplié à l'in- la confection de l'élixir, &
fini. Ce soufre se multiplie quelquefois de la continua-
de la même matière dont il tion du régime pour passer
a été fait, en y ajoutant une d'une couleur à une autre;
petite partie du premier, & c'est dans ce dernier sens
fermentant le tout avec le qu'il faut les entendre, lors-
ferment rouge ou blanc, se- qu'ils disent qu'il faut épais-
lon l'intention de l'Artiste. sir, teindre & fermenter la
@

FE FE 157

première composition. C'est de quantité contre quelque
la même chose que semer corps que ce soit, le pénè-
l'or dans la terre blanche tre, le traverse, & en désu-
feuillée. Philalèthe l'expli- nit les parties à peu près de
que ainsi dans son traité la même manière que nous
De vera Confectione Lapidis voyons agir le feu ordinaire.
Philosophici. Semez votre Ces deux feux n'agissent pas
or, dit-il d'après Hermès, par le même moyen. Le feu
dans une terre blanche feuil- du soleil agit par lui-même,
lée. Semez, c'est-à-dire, joi- il est poussé par cet astre seul,
gnez, fermentez; votre or, il agit également dans le vi-
c'est-à-dire, l'âme & la vertu de comme dans l'air libre.
tingente; dans une terre feuil- Notre feu ordinaire n'agit
lée, c'est-à-dire, dans votre que selon les lois de l'équili-
matière dépouillée de toutes bre des liqueurs. L'air plus
ses superfluités. pesant que la flamme, la
FERMER. Coaguler, pousse selon ces lois, sans
remettre en corps, fixer une quoi elle serait sans mouve-
matière liquide ou volatile. ment, & peut-être sans ac-
FERU. Jupiter, ou étain. tion; car elle ne saurait sub-
FEU, en termes de Phy- sister ni agir dans un lieu
sique, matière de la lumière. vide d'air. Les effets de ces
C'est le Feu proprement dit. deux feux sont en consé-
Le feu ordinaire tel que ce- quence un peu différents. Un
lui de nos fourneaux & de métal fondu avec un verre
nos cheminées, est un liquide ardent, & coagulé après, a
composé de la matière de la les pores & les interstices
lumière & de l'huile du bois, plus serrés que le même mé-
du charbon, ou des autres tal qui aurait été mis en fu-
matières combustibles & in- sion par notre feu ordinaire,
flammables. parce que les parties de ce-
Le feu du soleil n'est que lui-ci qui se sont engagées &
la simple matière de la lu- qui ont pénétré dans les in-
mière répandue dans l'air, terstices de ce métal, sont
sans le mélange d'aucune plus grossières & ont laissé
matière huileuse du bois, ou des passages plus ouverts.
semblable, poussée par le De-là vient aussi que les dis-
soleil. Cette matière étant solvants ordinaires des mé-
réunie par un verre ardent, taux agissent moins sur ces
& poussée en assez gran- métaux mis en fusion par le
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158 FE FE

feu du soleil, que sur ceux contient la matière sur la-
qui l'ont été par le feu com- quelle on opère; tel est le feu
mun. de fusion, qui est de deux
Feu, en termes de Chi- sortes:
mie, se dit également de tout Le feu de charbons & ce-
ce qui fait l'office du feu élé- lui de flammes. L'un & l'au-
mentaire. Ils le réduisent ce- tre servent aux fusions, cé-
pendant à plusieurs sortes, mentations, épreuves, cal-
qui sont: cinations, réverbères. Celui
Le feu naturel inné dans de flammes se nomme feu
la matière, dont chaque in- vif; il sert particulièrement
dividu a une portion, qui agit pour le réverbère.
plus ou moins, selon qu'il est Quelques-uns emploient
excité par le feu solaire, ou aussi des mottes de Tan-
le feu de cendres, qui con- neurs pour avoir un feu doux
siste à mettre des cendres & égal.
dans un vase, où l'on met le Les Philosophes Hermé-
vaisseau qui contient les ma- tiques ont aussi leur feu, au-
tières sur lesquelles on fait quel ils donnent des proprié-
des opérations, & l'on en- tés tout-à-fait opposées au
tretient le feu vulgaire des- feu élémentaire dont nous ve-
sous, qui échauffe les cen- nons de parler.
dres, & les cendres le vais- Riplée distingue quatre
seau avec la matière conte- sortes de feux: le naturel,
nue. Le feu de cendres a une l'innaturel, le feu contre na-
chaleur moyenne entre le ture, & le feu élémentaire.
feu de sable & le bain-marie. Raymond Lulle ne le divise
Le feu de sable n'est autre qu'en trois: le feu naturel,
que le sable substitué à la le non naturel, & le feu con-
cendre. Sa chaleur tient le tre nature; mais tous disent
milieu entre le feu de sable & que le feu qu'ils appellent
le suivant. philosophique n'est pas le feu
Le feu de limailles, que vulgaire; & que tout le se-
l'on met au lieu de sable, cret de l'Art consiste dans la
quand on veut avoir une cha- connaissance de la matière
leur plus vive. Ce feu appro- de l'oeuvre & dans le régime
che beaucoup de celui qu'on du feu.
appelle feu ouvert ou feu li- Pontanus dit qu'il ne se tire
bre, c'est-à-dire, qui agit im- point de la matière de la pier-
médiatement sur le vase qui re; qu'il est ingénieux, &
@

FE FE 159

qu'il a travaillé trois ans sur qu'il est excité par l'exté-
la vraie matière, sans pou- rieur.
voir réussir, parce qu'il igno- Ce feu est celui qu'ils ont
rait le feu philosophique, appelé naturel, parce qu'il
dont il a été instruit par la est dans la matière; & contre
lecture du livre d'Artéphius, nature, parce que c'est une
(Clavis major). Christophe eau qui fait de l'or un esprit,
Parisien, dans son traité de ce que le feu vulgaire ne sau-
Arbore Solari, fait un paral- rait faire. Les Philosophes
lèle du feu vulgaire & du feu nomment aussi feux contre
philosophique, où il en mar- nature toutes les eaux-fortes
que toutes les différences. vulgaires, par opposition à
Bernard Comte de la Mar- leur eau qui vivifie tout, au
che Trévisanne, connu sous lieu que les eaux-fortes dé-
le nom du Bon Trévisan, dit truisent la nature.
dans son traité de la Parole Le feu des Sages se gradue
délaissée: Faites un feu non comme celui des Chimistes
de charbons, ni de fient, mais vulgaires, mais d'une ma-
vaporant, digérant, conti- nière bien différente. Le pre-
nuel, non violent, subtil, en- mier degré est celui du so-
vironné, environnant, ae- leil en hiver, c'est pourquoi
reux, clos, incomburant, al- ils disent qu'il faut commen-
térant. cer l'oeuvre sur la fin de l'hi-
Pontanus dit que ce même ver; le second est celui d'A-
feu est métallique & qu'il ries ou du printemps; le troi-
participe du soufre. sième est celui du mois de
Il faut distinguer chez les Juin; & le quatrième celui
Sages deux sortes de feu, le du mois d'Août. Ils ont don-
feu inné de la matière, & le né divers noms à ces degrés
feu externe & excitant. Ils de feu: Feu de Perse, Feu
donnent aussi le nom de feu d'Egypte, Feu des Indes, &c.
à leur mercure ou eau cé- Ils semblent même se con-
leste; & quand ils partent de tredire ouvertement entre
ce dernier, ils disent comme eux. Lorsque l'un dit, il faut
Van-Helmont: les Chimistes augmenter le feu à chaque
vulgaires brûlent & calcinent mutation de couleurs (Arn.
avec le feu, & nous avec l'eau. de Villeneusve); l'autre dit,
C'est ce feu en puissance qui il faut toujours un feu du
ne brûle pas les mains, & qui même degré. Mais on doit
manifeste son pouvoir lors- savoir que l'un parle du feu
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160 FE FE

extérieur, & l'autre du feu lent les Philosophes pour
interne. s'accommoder à la manière
Chaque règne de la Na- de penser & d'agir des Chi-
ture a son feu analogue, dont mistes vulgaires, il est bon
il faut faire usage dans les d'avertir qu'il ne faut pas se
opérations philosophiques. laisser tromper par leur in-
Lorsqu'ils se servent du ter- génuité apparente sur cet ar-
me Popansis, ils entendent ticle, & quoique Basile Va-
la coction qui mûrit la ma- lentin nous dise que le feu
tière par la chaleur naturelle; des Philosophes est le feu
Epsesis ou Elixation, c'est vulgaire, on ne doit cepen-
par leur mercure & leur cha- dant l'entendre que du feu
leur humide; Opsesis ou As- commun à tout le monde,
sation, c'est la coction qui c'est-à-dire, du feu de la Na-
se fait par la chaleur sèche. ture qui est répandu dans tous
Gaston le Doux. les individus, & qui leur
Feu DE SUPPRESSION donne la vie. Il est aisé de
ou AZOTIQUE. C'est celui s'en convaincre quand on suit
qui environne tout le vais- les Philosophes pas à pas, &
seau. qu'on les lit avec attention;
Feu MATE'RIEL. C'est deux exemples suffiront pour
celui de cendres. cela. D'Espagnet dit, en par-
Feu VE'GE'TAL. C'est le lant de l'extraction du mer-
tartre. cure des Sages: Plusieurs ont
Feu INFERNAL. C'est un cherché notre mercure dans
lieu médiocrement chaud. le vitriol & le sel, quelques-*
Feu AZOTIQUE. Voyez uns dans la matière du verre,
Feu de Suppression. parce qu'elle a une humeur
Feu SECRET. C'est ce- radicale si opiniâtrement at-
lui du mercure des Sages. tachée & adhérente aux cen-
Feu HUMIDE. C'est dres, qu'elle ne cède qu'à la
l'azoth. plus grande violence du feu;
Feu DIT SIMPLEMENT. mais notre mercure se mani-
C'est le soufre. feste par le doux feu de la
Feu ET EAU. C'est le sou- Nature, qui a la vérité agit
fre & le mercure. beaucoup plus lentement. Il
Feu CENTRAL. C'est le ajoute même: Fuyez le fra-
soufre de la matière. tricide, fuyez le tyran du
Après avoir rapporté quel- monde, de qui il y a tout à
ques-uns des feux dont par-* craindre dans tout le cours
de
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FE FE 161

de l'oeuvre. Philalèthe s'ex- propre à mêler les matières
plique ainsi, dans son ou- & à exclure le froid.
vrage qui a pour titre; Enar- Feu ARTIFICIEL. C'est
ratione methodica trium Ge- le mercure dissolvant des Phi-
bri medicinarum, feu de vera losophes.
Lapidis philosophici confec- Feu CORRODANT. Mer-
tione. Après avoir parlé des cure dissolvant des Sages.
différents régimes qu'on doit Feu CONTRE NATURE.
observer pendant les quatre C'est le même que Feu cor-
saisons philosophiques, on rodant.
voit clairement par ce que Feu HUMIDE. Voyez
nous venons de dire, que Feu Artificiel.
quoiqu'il n'y ait qu'une seule Feu. Très souvent les
opération pour la confection Chimistes donnent ce nom
de notre pierre, savoir une aux huiles, & aux liqueurs
seule décoction avec le feu na- fortes, ardentes & brûlantes.
turel, l'état de la chaleur va- Le Feu de Venus est l'huile
rie cependant de trois ma- extraite du soufre du cuivre.
nières. On l'appelle aussi Etre ou
Il est bon de remarquer Essence de Vénus.
qu'il y a un feu extérieur ex- Feu. (Sc. Herm.) Mer-
citant, c'est-à-dire, que la cure des Sages. Il faut l'en-
matière doit être conservée tendre aussi de la matière au
dans un degré de chaleur noir. Feu étranger, Feu de
continuelle; mais que ce feu charbons, Feu de fumier, Feu
ne doit être, comme le dit le innaturel, Feu de putréfac-
Trévisan, qu'un garde froi- tion. Toutes ces expressions
dure; & l'Auteur du Grand sont allégoriques, & Phila-
Rosaire recommande un feu lèthe dit qu'elles ne signifient
extérieur d'une chaleur si autre chose que la matière
tempérée, qu'elle ne doit des Philosophes poussée au
point excéder la chaleur in- noir.
térieure de la matière. Feu SAINT-ANTOINE.
Que l'on fasse donc un feu Quelques Chimistes se sont
administré proportionnelle- encore servi de ces termes
ment à celui de la Nature, pour exprimer la chaleur na-
un feu subtil, aérien, clos, en- turelle. Johnson.
vironné, persévérant, cons- Feu E'TRANGER. Mer-
tant, évaporant, digérant, cure des Sages après la réu-
humide, pénétrant, altérant, nion du corps & de l'esprit,
L
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162 FE FE

Feu INNE'. Voyez Feu lorsqu'on ensevelit le vase
Etranger. dans du charbon, de ma-
Feu HUMIDE, s'entend nière qu'il en soit environné
aussi de la chaleur du fumier dessus, dessous & par les cô-
& du bain de vapeur. Il se tés. On l'allume peu à peu
prend quelquefois pour le dessous, & on l'entretient
Bain-marie. lorsque les charbons sont
Feu DE PUTRE'FAC- tous enflammés, en y ajou-
TION. V. Feu Humide. tant de nouveaux à mesure
Feu DE FIENT ou DE que les autres se consument,
FUMIER. C'est lorsqu'on si l'opération le demande.
enterre le vase où est la ma- Feu LIBRE est celui
tière dans du fumier chaud dont la chaleur frappe im-
de cheval. Cette chaleur est médiatement la matière ou
d'un grand usage pour la di- le vaisseau qui contient cette
gestion des matières, & leur matière. C'est en quoi il dif-
putréfaction. fère des bains.
Feu DIGE'RANT. Cha- Feu EMPE^CHE' ou DE
leur douce, soit sèche, soit MILIEU, est celui qui ne se
humide, à laquelle on expose fait sentir à la matière, ou au
la matière qu'on veut faire vase qui la renferme, qu'au
digérer, renfermée dans un moyen d'un autre vase dans
vaisseau clos ou non. lequel celui-ci est contenu.
Feu DE CHARBONS. Les bains de sables, de cen-
C'est lorsqu'on met la ma- dres, &c. sont des Feux de
tière seule, ou dans un vase, milieu, ou empêchés.
sur des charbons allumés. Feu DE NATURE. Ra-
Feu DE FLAMMES. Cha- cine ou principal ingrédient
leur la plus violente de tou- du composé philosophique.
tes, particulièrement si on Riplée l'appelle Père du troi-
l'excite avec des soufflets. sième menstrue. C'est propre-
C'est lorsqu'on expose la ma- ment le soufre mûr & digéré
tière nue, ou dans un vase, de l'or des Sages.
à l'ardeur de la flamme. Elle Feu DE LA TERRE. C'est
est d'usage pour les calcina- le soufre ou phlogistique.
tions, fusions des matières Feu CONTRE NATURE.
dures & compactes. Elle est C'est un des principes maté-
la plus usitée pour le réver- riels du composé des Philo-
bère. sophes. C'est par la réunion
Feu DE ROUE. C'est de ce feu avec celui de na-
@

FE FE 163

ture qu'il en résulte un troi- est le feu de lampe, qui est
sième appelé Feu innaturel. un feu continuel, humide,
Feu INNATUREL. Ré- vaporeux, aérien, & il y a
sultat de la réunion du feu de l'artifice à le trouver. Il
de nature & du feu contre s'explique peu après en ces
nature des Philosophes. Ce termes: Le second est le feu
feu innaturel est la cause de de cendres..... ou, pour
la putréfaction, de la mort mieux dire, ce feu est cette
du composé, & de la vraie chaleur fort douce, qui vient
& parfaite solution philoso- de la vapeur tempérée de la
phique. Ces feux ne sont lampe. Philalèthe le dit en-
donc point, comme les Phi- core plus clairement, dans
losophes l'assurent avec rai- son traité qui a pour titre:
son, un feu de charbons, de Manuductio ad rubinum Coe-
cendres, de sable ou de lam- lestem. Notre eau, dit-il, n'est
pe, & ce sont proprement pas le mercure vulgaire, c'est
ce feu de nature, &c. qu'ils une eau vive, claire, bril-
appellent leur Feu secret, lante, blanche comme la nei-
leur Feu philosophique. C'est ge, chaude, humide, aérien-
de ces feux qu'il faut enten- ne, vaporeuse & digérante.
dre tout ce qu'en ont dit Ar- C'est cette chaleur de la
téphius, Pontanus, Riplée lampe qui étant administrée
& tous les autres Philoso- avec douceur, & étant tem-
phes; & lorsque Pontanus pérée, entourera la matière
dit qu'il se tire d'ailleurs que & la cuira, jusqu'à ce que
de la matière, il faut l'enten- par la calcination, elle pro-
dre du feu de nature miné- duise le feu de cendres. C'est
ral & sulfureux qui se trouve dans ces feux que le vase est
dans le principe essentiel, scellé hermétiquement. Cet-
dont le poids de la matière te eau est notre vase, & dans
n'est pas augmenté. elle se trouve notre fourneau
Feu DE LAMPE. Eau ou secret, la chaleur duquel doit
mercure des Philosophes, & être modérée & administrée
non le feu d'une lampe or- en proportion géométrique
dinaire, comme quelques-* pour que l'oeuvre réussisse.
uns l'ont conclu des paroles Feu DE CENDRES. Se-
d'Artéphius, lorsqu'il dit: cond feu requis, selon Ar-
Nous avons proprement trois téphius, pour la perfection
feux, sans lesquels l'art ne du magistère. Mais on ne
peut être parfait. Le premier doit pas l'entendre du feu de
L ij
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164 FE FE

cendres de bois ou autre ma- jusqu'à ce que la matière ne
tière, tel qu'est le feu de cen- distille plus rien.
dres des Chimistes. Les Phi- Feu DE REVERBERE.
losophes Hermétiques l'en- Voyez Réverbère.
tendent de la vapeur douce, Feu DE GE'NE'RATION.
tempérée du Feu de lampe, C'est le feu philosophique.
dont voyez l'article. Feu CE'LESTE. C'est le
Feu EXTERNE. Le feu mercure des Philosophes,
des Philosophes qu'ils appel- quand il s'agit de Science
lent externe, ne s'entend pas Hermétique. En Physique,
du feu extérieur, mais du feu c'est le feu solaire.
étranger à celui de la matière Feu CE'LESTE ENCLOS
du magistère. C'est de ce feu DANS UNE EAU. C'est le
externe qu'ils parlent, lors- mercure philosophique.
qu'ils disent qu'il faut donner Feu DRAGON. Voyez
le feu au feu, & le mercure Feu Céleste. On l'ap-
au mercure. Ce que Majer pelle Dragon, parce qu'il
a représenté dans ses Emblè- dévore tout ce qui est cor-
mes, par un homme tenant rompu.
un flambeau allumé qu'il ap- Feu DE LA MATIERE
proche d'un feu allumé dans est ce qu'ils ont appelé leur
une forge, & par un Dieu Or vif, leur Feu secret & leur
Mercure qui va joindre un Agent, &c.
autre Mercure. Ce feu est Feu DE LION. C'est
appelé par quelques-uns l'élément du Feu, appelé
Feu occasionné, Ignis occa- Aether.
sionatus. Ce feu sert aussi de On distingue ordinaire-
nourriture à l'Enfant philo- ment dans le feu quatre de-
sophique. grés de chaleur. Le premier
Feu ALGIR, en termes est celui du bain, du fumier,
d'Alchimie, est le feu le ou de digestion. C'est le plus
plus vif qu'on puisse avoir. doux, & ce que nous appe-
Feu E'LEMENTAIRE est lons tiède. Il se connaît par
quelquefois pris par les Chi- le tact, & par les effets. Il
mistes pour le soufre. Rull. faut pour le tact, que la main
Feu SANS LUMIERE. puisse soutenir l'effet du feu
C'est le soufre des Philoso- sans une sensation vive; elle
phes. ne doit faire qu'une douce
Feu DE CHASSE. C'est, & légère impression. Le feu
en Chimie, un feu continué vaporeux des Philosophes est
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FE FE 165

de ce genre; ils le compa- taux. Lorsqu'on dit aussi que
rent à la chaleur qu'éprou- le premier degré est celui du
vent les oeufs lorsque la poule bain d'eau, il faut encore
les couve, ou à celle que faire attention que l'eau s'é-
l'on sent lorsqu'on applique chauffe par différents degrés,
la main sur la peau d'un le premier est lorsqu'elle
homme sain. commence à tiédir, le se-
Le second degré est celui cond quand elle fume & se
du bain de cendres; il est fait notablement sentir, le
plus vif que celui du bain troisième lorsqu'elle altère
d'eau tiède, ou du bain va- les organes, & le quatriè-
poreux; mais il doit être me lorsqu'elle commence à
néanmoins si modéré, qu'en bouillir, qui est son plus
se faisant sentir plus vive- grand degré de chaleur, qui,
ment, les organes n'en soient selon les observations, n'aug-
point altérés. mente plus pendant l'ébul-
Le troisième est une cha- lition. Ces degrés sont en-
leur qu'on ne doit pas pou- core plus aisés à observer
voir supporter sans se brûler, dans l'huile que dans l'eau.
telle que celle du bain de sa- Feu PHILOSOPHIQUE.
ble, ou de limaille de fer. Les propriétés de ce feu sont
Le quatrième est une cha- telles: c'est avec lui que les
leur aussi violente qu'on Sages lavent leur matière,
puisse la donner, c'est celle ce qu'ils ne disent que par
des charbons ardents & de la similitude, parce que ce feu
flamme, qui sépare, désunit purifie leur mercure.
les parties des mixtes, & les Il fait tout & détruit tout.
réduits en cendres ou en fu- Il congèle le mélange de la
sion. Tel est le feu de ré- pierre. Il corrige le froid de
verbère. la terre & de l'eau, & leur
Tous ces degrés ont ce- donne une meilleure com-
pendant encore chacun leurs plexion. Il lave les impuretés
degrés d'intensités, & lors- de l'eau, & ôte l'humidité
qu'on les compare entr'eux superflue de la matière. Lui
relativement aux corps sur seul change la nature & la
lesquels la chaleur agit, ce couleur de l'eau & de la ter-
qu'on regarderait comme le re. Il vivifie & illumine le
quatrième degré par rapport corps, lorsqu'il se mêle avec
à une plante, ne serait que le lui. Ce feu putréfie, & fait
premier eu égard aux mé-* ensuite germer de nouvelles
L iij
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166 FE FE FI

& différentes choses. Il fer- soleil, dont la chaleur vivi-
me les pores du mercure, lui fiante animait toute la Na-
donne du poids, & le fixe. ture. Les noms les plus con-
Sa vertu aigue & pénétrante nus sous lesquels le Feu était
est si active, que rien ne l'é- adoré, sont Vulcain & Vesta.
gale quand il s'agit de puri- On peut voir ce qu'on en-
fier les corps. II conduit à tendait chez les Egyptiens
maturité tout le compôt, il & les Grecs par ce Dieu &
le subtilise & le rubéfie. Il cette Déesse, dans les Fables
ôte tout le venin & la mau- Egypt. & Grecq. dévoilées.
vaise odeur de la matière. Il FEVE est le nom que quel-
change la qualité de la pierre ques Chimistes ont donné
& en augmente la quantité. à la troisième partie du poids
Il est enfin comme un juge d'un scrupule.
qui discerne & sépare le bon FIDA. Or des Philoso-
du mauvais. II faut remar- phes.
quer, suivant Philalèthe, que FIDDA. Argent des
tout ce que nous venons de Chimistes Hermétiques.
dire du feu, regarde la mé- FIDER.& Céruse.
decine du premier ordre. FIDEUM. Safran.
Feu SACRE'. Les Chal- FIDEX. Céruse.
déens adoraient le Feu, & FIDHE'. Lune des Phi-
la ville d'Ur prit son nom de losophes.
là: ils y entretenaient per- FIDO. Argent-vif des
pétuellement un feu. Les Sages.
Perses étaient encore plus su- FIEL DU DRAGON.
perstitieux sur ce sujet que les Mercure de l'étain.
Chaldéens; ils avaient des Fiel DE VERRE. Ecume
temples qu'ils nommaient de verre, ou sel qui se sépare
Pyrées, destinés uniquement & surnage le verre pendant
à conserver le Feu sacré. Les qu'il est en fusion.
Grecs, les Romains, les FIENT ou FIENT DE
Gaulois avaient aussi une CHEVAL. Matière de
grande vénération pour le l'oeuvre au noir, ou en pu-
feu. Son culte subsiste mê- tréfaction.
me encore aujourd'hui dans FILLE DE PLATON.
les Indes & en plusieurs Nom que quelques Philoso-
pays de l'Amérique. Quel- phes chimiques ont donné
ques Auteurs ont prétendu au mercure des Sages.
que ce n'était qu'à cause du Fille D'HIPPOCRATE.
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FI FI 167

C'est la pierre au blanc par- Fils DE SATURNE.
fait. Dict. Herm. Mercure des Philosophes.
Fille DU GRAND SE- FILS D'UN JOUR.
CRET. C'est la pierre philo- C'est la poudre de projec-
sophale que tant de monde tion. Quelques-uns ont don-
cherchent, & que si peu trou- né ce même nom à l'oeuf des
vent, à cause du grand se- oiseaux, quand il est frais.
cret que les Philosophes chi- FILTRE DES PHILO-
miques ont gardé sur les dif- SOPHES. C'est leur mer-
férentes opérations nécessai- cure.
res pour y parvenir. Filtre DE LA NATURE.
FILLETIN. Ce sont des C'est l'air.
lames de fer. Rulland. FILUM ARSENICALE.
FILS DU SOLEIL ET Arsenic sublimé.
DE LA LUNE. C'est le FIREX. Huile en gé-
mercure des Sages. Son père néral.
est le Soleil, & sa mère est FIRMAMENT. Quel-
la Lune. Hermès. ques Chimistes ont donné
Fils DE LA VIERGE. ce nom à la pierre appelée
C'est le même mercure, ap- Lapis-lazuli, à cause de sa
pelé ainsi, parce qu'il s'ex- couleur bleue, parsemée de
trait d'une terre vierge, vi- petits brillants qui y forment
triolique & adamique, qui n'a comme des étoiles.
encore rien produit. Quand Firmament, en termes
les Philosophes Hermétiques de science Hermétique, c'est
parlent de terre, il ne faut le haut du vase.
pas s'imaginer qu'ils enten- FIRSIR ou FIRSIT.
dent la terre sur laquelle nous Chaleur ou feu chimique.
marchons, quoiqu'ils disent FIXATION. Action ou
qu'on la foule souvent aux opération par laquelle on
pieds. rend fixe une chose volatile
Fils DES PHILOSO- de sa nature. Le principe de
PHES. Ce sont les enfants la fixation est le sel fixe, &
de la Science, ceux qui y la digestion à un feu Conve-
sont parvenus par la lecture nable. Les Chimistes Her-
des livres ou par les instruc- métiques disent que la per-
tions verbales des Adep- fection de la fixation ne peut
tes. s'obtenir que par les opéra-
Fils DE VE'NUS. C'est tions & les procédés de la
l'oripeau, ou le laiton. pierre des Philosophes, que
L iv
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168 FI FL FL

leur matière seule en est sus- de résistance, & lui donne
ceptible, & qu'elle a atteint ordinairement une direction
ce degré lorsque par la cuis- qui l'éloigne de la terre. Les
son elle est poussée jusqu'à la petites parties de la flamme
couleur rouge de rubis. Cette sont si menues, qu'elles sont
opération se fait par un feu capables de passer à travers
philosophique du troisième les corps les plus solides en
degré. s'insinuant dans leurs inters-
FIXER, en termes de tices, lorsqu'elle est poussée
science Hermétique, c'est violemment contre ces corps
cuire la matière après qu'elle par l'air, dont le pressage
est devenue noire par la pu- est plus ou moins violent,
tréfaction, jusqu'à parfaite selon que cet air est plus ou
blancheur, & enfin jusqu'à moins condensé par le froid,
la rougeur de rubis. Elle est par le vent, ou par un souffle
alors tellement fixe, qu'elle artificiel, tel que celui des
résiste à l'action du feu le soufflets, des chalumeaux,
plus violent. Fixer est pro- &c. Le passage violent de
prement changer un sel vo- la flamme au travers des
latil en sel fixe, & de ma- corps qui en sont pénétrés,
nière qu'il ne s'évapore, ni dérange & désunit les par-
ne se sublime plus. Le volatil ties de ces corps. Cette désu-
ne se fixe jamais par lui-* nion produit dans les uns une
même, comme le fixe ne se décomposition presqu'entiè-
volatilise point seul; mais ce- re de leurs parties, comme
lui qui domine sur l'autre, il arrive à tous les corps qui
change le plus faible en sa se réduisent en cendres; dans
propre nature. les autres, elle ne produit
FIXION signifie même qu'une simple fusion, com-
chose que fixation. me dans les métaux & dans
FLAMME. Liquide com- les corps qui se vitrifient,
posé de la matière de la lu- dont les petites parties se réu-
mière & de l'huile des ma- nissent & redeviennent un
tières combustibles. Elle est corps solide dès que la vio-
beaucoup plus légère que lence de la flamme com-
l'air qui nous environne. Cet mence à cesser.
air qui la presse inégalement, Flamme est aussi un ter-
la fait vaciller dans la direc- me de science Hermétique,
tion qu'il lui donne, la pousse qui doit s'entendre d'une hu-
du côté où il trouve moins midité décuite par la cha-
@

FL FL 169

leur, faite onctueuse & aé- PHILOSOPHES. C'est la per-
rienne par la continuation du fection de la pierre.
feu. Elle paraît comme une Fleur DE L'OR.& C'est
lumière, tantôt plus claire, tantôt le mercure des Phi-
tantôt plus colorée ou plus losophes, & tantôt la cou-
obscure, selon le plus ou le leur citrine.
moins de pur ou d'impur Fleur DE LA SAGESSE.
dont elle est composée. Elle C'est leur élixir parfait au
est la source des couleurs blanc, ou au rouge.
tant vantées par les Philo- Fleur DE PE^CHER.
sophes chimiques. Diction. C'est le mercure philoso-
Hermétiques. phique.
FLE'CHES (les) d'Apol- Fleur SATURNIENNE.
lon & celles d'Hercule ne V. Fleur de Pêcher.
sont autre chose que le feu Fleur DE L'AIR. En
des Philosophes, suivant Fla- termes de Chimie, c'est la
mel dans les explications de rosée.
ses Figures hiéroglyphiques. Fleur DE L'EAU. C'est
FLEURS. Les Philoso- la fleur du sel.
phes Hermétiques donnent Fleur DE LA TERRE.
ce nom aux esprits enclos C'est la rosée & la fleur du
dans la matière. Ils recom- sel.
mandent très expressément Fleur DU CIEL, Flos
de donner toujours un feu Coeli. C'est une espèce de
doux, parce que ces esprits manne, que l'on trouve ra-
sont tellement vifs qu'ils cas- massée sur l'herbe au mois de
seraient le vase, quelque fort Mai particulièrement; elle
qu'il fût, ou se brûleraient. diffère de la manne, en ce
Ils expriment aussi par ce que celle-ci est douce, & se
nom de Fleurs, les différen- recueille sur les feuilles des
tes couleurs qui surviennent arbres en forme de grains;
à la matière pendant les opé- le flos coeli au contraire se
rations de l'oeuvre. Ainsi la trouve sur l'herbe & n'a pres-
Fleur de Soleil, c'est la cou- que point de saveur. On tire
leur citrine-rougeâtre, qui par l'art chimique une li-
précède la rougeur de rubis. queur du flos coeli, dont les
Le lys c'est la couleur blan- propriétés sont admirables.
che, qui paraît avant la ci- Quelques Chimistes se sont
trine. imaginé que c'était la ma-
Fleur DU SEL DES tière dont le servent les Phi-
@

170 FL FL FO

losophes Hermétiques pour ont inventé les Fables, ont
le grand oeuvre, mais mal-* pris très souvent les fleuves
à-propos. & les rivières pour signe al-
Fleur DES MURAIL- légorique de leur mercure
LES. Salpêtre. ou eau mercurielle ; & en
Fleur simplement dit, personnifiant ces fleuves, ils
ou Fleur D'AIRAIN. C'est les ont fait pères de plusieurs
la matière de l'oeuvre sur la Nymphes, dont ils ont aussi
fin de la putréfaction, dans employé les noms suivant ce
le temps qu'elle commence à qu'ils voulaient désigner de
blanchir. volatil dans la matière du
Fleur DE CHEIRI. grand oeuvre. Tels sont le
Essence de l'or. fleuve Achéloüs, le fleuve
Fleur DU SOLEIL. Asope, le Scamandre, le
Blancheur étincelante & Xanthe, &c. On peut voir
plus brillante que celle de l'explication Hermétique de
la neige même lorsque le so- ces fictions, dans les Fables
leil darde ses rayons dessus: Egyptiennes & Grecques
c'est celle de la matière de dévoilées.
l'oeuvre Hermétique parve- FLOS ROSINAE ME-
nue au blanc. TALLICAE. Fleur de sou-
Fleur DE SAPIENCE. fre.
Elixir parfait au rouge. Flos SALIS ou Flos
Fleur DE L'OR. Corps MARIS. Blanc ou sperme
fixe du magistère; ce qu'il de baleine.
ne faut pas entendre d'au- Flos SECTAE CROAE
cune fleurs ou teintures ex- ou CROCEAE. Quelques
traites de l'or commun, mais Chimistes ont ainsi appelé
de l'or Philosophique, c'est-* la fleur de safran, l'extrait
à-dire, de la partie fixe du de la fleur de chélidoine.
composé du magistère, au D'autres ont donné ce nom
moyen de laquelle on fixe à la fleur de muscade.
l'autre partie volatile, par la FLOX. C'est la flamme.
seule cuisson gouvernée avec FOEDULA. Toute es-
prudence & le régime re- pèce de mousse.
quis. On appelle aussi Fleur FOENIX. V. Phénix.
d'or la couleur citrine qui FOLIER. Cuire, digérer
suit la blanche. la matière du grand oeuvre
FLEUVE. Les anciens pour parvenir à en faire la
Philosophes Hermétiques qui terre feuillée des Philoso-
@

FO FO 171

phes, dans laquelle il faut vent la voie humide pour
semer le grain de l'or. l'ouvrage du magistère, com-
FONDANT, qui aide à me ont fait Paracelse, Ba-
la fusion des choses avec les- sile Valentin, Aegidius de
quelles il est mêlé. En ter- Vadis & quelques autres.
mes de science Hermétique, Quelquefois ils donnent aussi
fondant veut dire qui est le nom de Fontaine à leur
d'une très facile fusion. Un mercure, comme font ceux
des signes de la perfection qui suivent la voie sèche,
de l'élixir philosophique & tels que Geber, Bernard
de la poudre de projection, Trévisan, d'Espagnet, le
est qu'ils soient fondants com- Cosmopolite, le Philalèthe,
me de la cire quand on la &c.
présente au feu, & qu'ils se Fontaine DU TOR-
fondent & se liquéfient dans RENT. C'est la même chose.
toutes sortes de liqueurs. Fontaine DE JOU-
FONDEMENT DE VENCE. Les Alchimistes
L'ART. Les uns donnent prétendent que quand les
ce nom au mercure préparé Anciens parlent de cette fa-
des Philosophes, d'autres à la meuse fontaine & de celle
matière parvenue au blanc. d'Hyppocrêne, on doit l'en-
FONDRE, en termes de tendre de l'élixir parfait du
science Hermétique, c'est magistère des Philosophes
purifier & cuire la matière Hermétiques, parce qu'ils
jusqu'à ce qu'elle se réduise disent que cet élixir est un
en eau épaisse, & noire com- baume vital, & un remède
me de la poix. Quelquefois universel qui conserve en san-
les Philosophes se servent de té, & fait même, pour ainsi
ce terme au lieu de faire dis- dire, rajeunir ceux qui en font
soudre, réduire en eau, sub- usage, en renouvelant leurs
tiliser, volatiliser. forces & en les conservant
FONTAINE, en termes fort au-delà des bornes com-
de Philosophie chimique, munes de la vie humaine. Ar-
signifie communément la téphius, qui passe parmi les
matière d'où l'on extrait le Alchimistes pour un Adep-
mercure sous la forme d'une te, dit d'un grand sang froid
eau laiteuse & pondéreuse, au commencement de son
que les Alchimistes appel- livre qui a pour titre Clavis
lent Lait virginal. Ce mer- major, qu'il l'a composé à
cure est pour ceux qui sui-* l'âge de mille ans, & que se
@

172 FO FO

voyant près de sa fin, il a FORCE. Ils entendent par
bien voulu laisser ce gage de cette expression, l'élixir par-
son amour aux enfants de la fait au rouge, ou leur poudre
Sagesse. de projection, qui vient à
Fontaine DE FLAMEL. bout de surmonter toutes les
C'est le vase qui renferme la maladies des trois règnes,
matière de l'oeuvre. C'est quelques opiniâtres qu'elles
aussi le mercure. puissent être.
Fontaine DES ME'- FORE^T. Lorsque les Phi-
TAUX. Argent-vif des Sa- losophes Hermétiques disent
ges. que leur matière se trouve
Fontaine DU TREVI- dans les forêts, il ne faut pas
SAN. Mercure des Philoso- prendre les choses à la lettre,
phes. & aller chercher cette ma-
Fontaine DES PHILO- tière dans les bois; elle y est
SOPHES. Quelquefois ils en- à la vérité, mais comme elle
tendent par ces termes la est partout, & non pas plu-
matière de laquelle ils tirent tôt dans les bois qu'ailleurs.
leur mercure; mais plus or- Ils entendent par le terme
dinairement le mercure lui-* de forêt, la matière terrestre
même. dans laquelle leur vraie ma-
FORCE est aussi un ter- tière prochaine est comme
me de science Hermétique, confondue, & d'où il faut la
qui doit s'entendre tant de la tirer comme d'un cahos &
propriété agissante du mer- d'une confusion, où elle est
cure des Philosophes, que si bien cachée aux yeux du
des esprits qu'il renferme. vulgaire, que les seuls Phi-
Quand ils disent donc que losophes l'y aperçoivent,
toute sa force est convertie en quoiqu'un nombre infini de
terre, c'est-à-dire qu'il est réel- personnes s'en servent assez
lement devenu terre blanche communément, qu'elle se
fixe à toute épreuve. Pren- vende publiquement & à un
dre la force des choses supé- prix très modique, & même
rieures & inférieures, c'est qu'elle ne coûte rien, se trou-
faire l'extraction du mercure, vant partout. C'est cette
& le mettre ensuite, bien pu- matière terrestre & superflue
rifié, en digestion pour le dont il faut la dégager, que
faire circuler, & enfin le fixer tous les Philosophes, tant an-
en terre au fond du vase. ciens que modernes, enten-
Force DE TOUTE dent par leurs forêts, les lieux
@

FO FO 173

sombres, ombrageux, obs- est appelée Microcosme, de
curs, leurs cavernes, &c. même que l'homme.
C'est aussi sur ce principe Forme DE LA FEMME.
qu'ils disent: Fac manifestum Pierre au blanc. Quelque-
quod est occultum. Mettez à fois on entend par ce terme
découvert ce qui est caché. l'eau sèche ou mercurielle,
Forêt NE'ME'ENNE. Les la Lune des Philosophes.
Poètes ont feint qu'Hercule FOUDRE (la) DE JU-
y tua un Lion d'une gran- PITER, forgée par les Cy-
deur énorme, qui y rava- clopes sous la direction de
geait tout. Les Philosophes Vulcain, est le feu des Phi-
Spagyriques prétendent que losophes, qui, par sa pro-
cette forêt est le symbole de priété résolutive, dissout d'a-
la matière de la pierre phi- bord les corps imparfaits
losophale, & que le Lion qui dans l'oeuvre; & par la vertu
y fut tué par Hercule, est le fixative, les réduit ensuite en
sel fixe que cette matière poudre ou cendre qui se fixe
contient. Ce sel métallique de manière à ne plus crain-
qu'ils appellent aussi Lion dre les atteintes du feu le
vert, a tant de force qu'il plus violent.
convertit tout dans sa pro- FOURMIS RON-
pre nature, & dévore tous GEANTES. C'est une
les métaux. Hercule, qui est maladie appelée aussi For-
le mercure, le coagule, & mica repens; elle est connue
par-là semble le tuer; il en plus particulièrement sous le
prend même la peau, c'est-* nom de Herpes.
à-dire, il en prend la forme FOURNAISE. (Science
qu'il ne quitte plus. Herm.) Fourneau philoso-
FORME DE L'HOM- phique, ou fourneau secret,
ME. Soufre des Philosophes qu'ils ont appelé Vaisseau-*
parfait au rouge. On lui a triple, Athanor, Crible, Fu-
donné ce nom, parce que mier, Bain-marie, Sépulcre,
l'homme, en qualité de mâle, Urinal, Lion-vert, Prison;
donne la forme humaine à & Flamel, la Maison & l'Ha-
la semence qui produit l'en- bitacle du poulet. Il faut bien
fant dans le ventre de la remarquer que le fourneau
mère, comme le soufre phi- secret des Philosophes, n'est
losophique à l'égard de la fe- pas le fourneau extérieur
melle ou mercure des Sages, que Trévisan appelle Garde-*
& que la pierre philosophale froidure, mais la matière qui
@

174 FO FO

conserve le feu des Philo- » pieds ou environ; l'on
sophes. » adaptera au milieu une
FOURNEAU. Les Phi- » plaque de fer ou de cui-
losophes chimiques ont aussi » vre, percée de quantité de
leur fourneau, dont ils font » trous, soutenue de quatre
un grand secret. D'Espagnet » ou cinq broches de fer, en-
qui passe entr'eux pour véri- » châssée dans les parois du
dique, le décrit ainsi. » Ceux » fourneau. Le diamètre de
» qui sont expérimentés dans » cette plaque aura près d'un
» les opérations du magistè- » pouce de moins que le dia-
» re, ont appelé Fourneau » mètre intérieur du four-
» ou four le troisième vase » neau, afin que la chaleur
» qui renferme les autres & » puisse se communiquer plus
» conserve tout l'oeuvre, & » aisément, tant par les trous
» ils ont affecté de le cacher » que par l'espace qui reste
» fort secrètement. Ils l'ont » vide entre la plaque & les
» nommé Athanor, parce » parois. Au-dessous de la
» qu'il entretient comme un » plaque sera pratiquée une
» feu immortel & inextin- » petite porte pour adminis-
» guible; car il administre » trer le feu, & au-dessus
» dans les opérations un feu » une autre pour examiner
» continuel, quoiqu'inégal » les degrés du feu avec la
» quelquefois, selon la quan- » main. Vis-à-vis de cette
» tité de la matière & la gran- » dernière on pratiquera une
» deur du fourneau. » petite fenêtre close avec
» On doit le faire de bri- » du verre, afin de pouvoir
» ques cuites, ou de terre » par là voir les couleurs qui
» glaise, ou d'argile bien » surviennent à la matière
» broyée & tamisée, mêlée » pendant les opérations. Le
» avec du fient de cheval & » haut du fourneau doit être
» du poil, afin que la force de » fait en dôme, & la calotte
» la chaleur ne le fasse point » doit être amovible, pour
» crevasser: les parois au- » pouvoir mettre les vases
» ront trois ou quatre doigts » contenant la matière sur le
» d'épaisseur, pour pouvoir » trépied des arcanes, qui
» mieux conserver la cha- » sera posé précisément au
» leur, & résister à sa vio- » milieu de la plaque. Lors-
» lence. » qu'on a posé ainsi les vases,
» Sa forme sera ronde, sa » on met la calotte sur le
» hauteur intérieure de deux » fourneau, & on en lute
@

FO FO 175

» les jointures de manière tre pour les calcinations, un
» que tout ne fasse plus qu'un troisième pour la fusion, un
» corps. Il faut aussi avoir quatrième pour le réverbère,
» soin de bien clore les pe- un autre pour les digestions,
» tites fenêtres, pour empê- plusieurs enfin pour les di-
» cher que la chaleur ne s'ex- verses distillations. Tous les
» hale. » Philosophes chimiques s'ac-
Philalèthe en donne une cordent tous à dire qu'il n'en
description à peu près sem- faut qu'un seul qui sert à tou-
blable. tes ces différentes opérations
Quoique les Philosophes qui se font toutes dans le mê-
chimiques n'aient pas com- me vase sans le changer de
munément divulgué la cons- place. Ce qui a fait dire au
truction du fourneau dont Cosmopolite, connu sous le
nous venons de parler, ce nom de Sendivogius: Si Her-
n'est cependant pas celui mès, le père des Philosophes,
qu'ils appellent leur Four- ressuscitait aujourd'hui, avec
neau secret; ils entendent le subtil Geber, le profond
souvent par-là le feu de la Raymond Lulle, ils ne se-
Nature, qui agit dans les mi- raient pas regardés comme
nes pour la composition des des Philosophes par nos Chi-
métaux; & plus souvent leur mistes vulgaires, qui ne dai-
eau céleste ou leur mercu- gneraient presque pas les
re, c'est pourquoi Philalèthe mettre au nombre de leurs
(Fons Chemicae Philosophi- Disciples, parce qu'ils igno-
cae) dit: Nous n'avons donc reraient la manière de s'y
qu'un vase, qu'un fourneau, prendre pour procéder à tou-
qu'un feu, & tout cela n'est tes ces distillations, ces cir-
qu'une chose, savoir notre culations, ces calcinations &
eau. toutes ces opérations innom-
Si la Chimie Hermétique brables que nos Chimistes
est vraie, ceux qui cherchent vulgaires ont inventées pour
la pierre philosophale par les avoir mal entendus les écrits
vases de la Chimie vulgaire, allégoriques de ces Philoso-
ont donc grand tort de faire phes.
construire tant de différents Fourneau DE PARESSE
fourneaux, suivant les opé- se dit, en termes de Chi-
rations différentes auxquel- mie, d'un fourneau fait de
les ils veulent procéder. L'un telle façon, qu'avec peu de
pour les sublimations, un au-* feu & peu de travail, il s'é-
@

176 FR FR

chauffe & communique sa l'argent, Venus & Mars, Ju-
chaleur à plusieurs autres. piter & Saturne, & Mercure
On l'appelle aussi Henri le en est dit le père. Voyez
Paresseux. Manget. Rulland.
FRAPPER, en termes de Frère. Magistère au
Chimie Hermétique, signi- rouge. Aristée, dans le Code
fie conduire le régime du de Vérité, dit au Roi: Don-
feu. Frapper trop les esprits, nez-nous le frère & la soeur,
c'est donner un trop grand ou Gabricius & Beïa, pour ce
feu. qu'il ne se peut faire de gé-
Frapper DU GLAIVE. nération véritable sans eux,
Cuire la matière. On dit dans ni ne se peut aucun arbre
le même sens, frapper avec multiplier.... le frère mène
l'épée, le sabre, le marteau. sa soeur, non pas le mari sa
FRERES. Les Philoso- femme; & quand ils seront
phes chimiques donnent ce devenus un, ils engendreront
nom aux métaux, & appel- un fils plus parfait qu'eux-*
lent les Frères estropiés tous mêmes.
les métaux imparfaits, dont FRIDANUS. Mercure
les impuretés contractées dissolvant des Sages.
dans la mine, qui leur sert FROMENT est un nom
de matrice, doivent être pu- que les Philosophes Hermé-
rifiées par l'élixir parfait au tiques donnent par allégorie
blanc, si la transmutation à leur mercure, parce que
doit se faire en argent; ou de même que, selon la pa-
par l'élixir au rouge, si l'on role de J. C., le grain de
veut leur donner la perfec- froment ne produit rien, s'il
tion de l'or. Voyez l'Azoth ne pourrit en terre, le mer-
de Basile Valentin. cure des Sages ne donnera
Frères (les deux). Quel- jamais le soufre aurifique,
ques Chimistes ont donné s'il n'est putréfié dans le vase
ce nom aux planètes qui & parvenu au noir très noir,
sont également éloignées du vrai signe de putréfaction &
Soleil; ainsi Saturne & la dissolution entière.
Lune ont été appelés les FRUIT. Magistère au
deux frères, Jupiter & Mer- rouge, ainsi nommé de ce
cure, Mars & Vénus. D'au- qu'il est proprement le fruit
tres leur ont donné ce nom des travaux de l'Artiste.
à cause de l'affinité qu'ils ont Fruit A DOUBLES
ensemble, comme l'or & MAMELLES. C'est la
pierre
@

FR FR 177

pierre au blanc & au rouge germer & fructifier dans la
parfaite, qui l'une & l'autre Nature. Ils entendent ce-
sortent d'une même racine, pendant plus spécialement la
c'est-à-dire, le mercure des vapeur qui s'élève de la ma-
Philosophes. tière renfermée dans le vase
Fruit SOLAIRE ET LU- philosophique, & retombe
NAIRE. Même chose que sur la matière, parce qu'elle
fruit à doubles mamelles; ne trouve point d'issue. C'est
ou le soufre blanc & le sou- celle dont Hermès a voulu
fre rouge produits par les ar- parler dans sa Table d'Eme-
bres solaire & lunaire, dont raude, lorsqu'il dit: Le vent,
parle Cosmopolite dans son c'est-à-dire l'air, l'a porté
Enigme aux Enfants de la dans son ventre. Ce qui s'ex-
Science. plique aussi du mercure des
FULIGO METALLO- Sages.
RUM. Arsenic. Fumée ou FUME'E
FULMEN HOC LO- IGNE'E. Matière en putré-
CO. Fleurs de l'argent cou- faction. On le dit aussi du
pellé. Planiscampi. dissolvant des Philosophes.
FULMINATION, en Fumée TRE'S-FORTE.
termes de l'art métallique, C'est le soufre.
signifie dépuration graduée Fumée AQUEUSE ou
des métaux. On a donné ce simplement Fumée. Ma-
nom, parce que les métaux tière des Sages après la réu-
deviennent brillants & jet- nion de l'esprit & du corps.
tent de temps en temps des es- Fumée ARABIQUE.
pèces de clartés comme des Lieu médiocrement chaud.
éclairs, pendant qu'on les Dict. Hermétique,
purifie; & qu'il se forme par-* Fumée BLANCHE. (Sc.
dessus une pellicule rougeâ- Herm.) C'est avec raison,
tre, qui, quand elle dispa- dit Riplée, que les Philoso-
raît, laisse voir par interval- phes ont donné ce nom à
les des petites lueurs éblouis- leur mercure; car en le dis-
santes. Rulland. tillant il paraît d'abord com-
FUME'E DES PHILO- me une fumée blanche, qui
SOPHES. Nom que quel- monte avant la teinture rou-
ques Chimistes Herméti- ge. Adrop. Phil.
ques ont donné aux vapeurs Fumée ROUGE. Nom
qui s'élèvent de la terre, & que les Philosophes Hermé-
y retombent, pour faire tout tiques ont donné à leur ma-
M
@

178 FU FU

tière quand elle est purifiée FURIES. Déesses infer-
& a pris la couleur rouge. nales, filles de l'Acheron &
Morien dit que la fumée rou- de la Nuit. On les nommait
ge est l'orpiment rouge; mais aussi Erynnes, Euménides,
cela doit s'entendre de l'or- & Dires. Elles étaient trois,
piment des Philosophes, Mégère, Tisiphone & Alec-
comme lorsqu'il ajoute que to. Voyez les Fables Egypt-
la fumée blanche est l'argent-* & Grecq. dévoilées, liv. 3.
vif, & la fumée orangée, le chap. 6.
soufre orangé. FUSIBILITE'. Qualité
Pour dire la vérité, la fu- qu'ont certains corps de se
mée rouge est l'or ou la pierre fondre à la chaleur. Ce ter-
au rouge, la fumée blanche me ne se dit guères que des
est la pierre au blanc, ou la métaux. Cette qualité leur
Lune, ou le mercure philo- vient du mercure; car ceux
sophique. qui abondent plus en mer-
Un Auteur dit que fumée cure, ont plus de fusibilité;
rouge signifie la même chose ceux qui en ont le moins,
que sang du Lion vert. ont plus de dureté & résis-
FUMER LA TERRE. tent davantage à l'action du
C'est cuire le compôt, pour feu. Bien des Chimistes
me servir des termes de Fla- trompés par une expérience
mel, jusqu'à ce que la ma- commune, ont attribué cette
tière soit en putréfaction. fusibilité au soufre, sur ce
FUMIER DE CHE- que le soufre ajouté au fer
VAL. Matière au noir. rouge le met en fusion; mais
FUMIGATION. Opé- ils auraient dû faire attention
ration chimique, par la- que le charbon ou le soufre
quelle on rend les métaux qu'on ajoute, n'accélèrent la
friables, en les exposant à la fusion que parce qu'ils ab-
vapeur du plomb fondu, ou sorbent les esprits & sels aci-
du mercure. des. Becher.
FUMIGER. Exposer un FUSIBLE. Qui est sus-
corps à la fumée d'un autre, ceptible de fusion. Plus les
pour lui en faire éprouver les métaux abondent en mer-
impressions. cure, plus ils sont fusibles.
FURFIR. Couleur rouge Dans quelques-uns, tels que
qui survient à la matière de le fer & le cuivre, ce mer-
l'oeuvre par la continuation cure est si embarrassé de par-
seule de la cuisson. ties terrestres, acides & hé-
@

FU FY GA 179

térogènes, qu'ils sont très FYADA. Fumée blan-
difficiles à mettre en fusion, che des Philosophes.
sans addition de quelques
fondants, tels que l'antimoi- G
ne, le borax ou d'autres sels.
Le verre est aussi fusible, les GABERTIN. Partie fixe
sels, les cailloux & toutes de la matière du grand
les matières vitrifiables. On oeuvre; la volatile se nomme
rend le sel de tartre fusible & Beja.
pénétrant, en le mêlant bien GABRICIUS. Soufre
avec de l'esprit-de-vin en des Philosophes.
quantité à peu près égale. GABRIUS. Même chose
On y met ensuite le feu. que Gabertin.
Après que l'esprit-de-vin est GALA. Lait.
consumé, on réitère l'opé- GAMATHEI. Pierres
ration jusqu'à trois ou quatre sur lesquelles on a gravé des
fois, & alors ce sel devient figures pour en faire des Ta-
si pénétrant que mis sur une lismans.
plaque de fer rougie au feu, GANNANA-PERIDE.
il se fond comme de la cire, C'est le Kina-kina.
& la perce en laissant après GANYMEDE, fils de
lui une trace blanche, qui Tros Roi de Troie, fut en-
approche beaucoup de la levé au ciel par Jupiter, qui
couleur de l'argent. Les avait pris pour cela la figure
Chimistes Hermétiques di- d'un aigle. Les Philosophes
sent que leur élixir doit être Hermétiques expliquent cet-
fusible comme de la cire, & te fable comme une allégorie
pénétrant jusqu'aux intimes de leur grand oeuvre. Ga-
parties des métaux impar- nymede est la partie fixe de
faits sur lesquels on en fait leur matière, mise dans l'oeuf
la projection. philosophique avec la partie
FUSION. Liquéfaction volatile, appelée Aigle, qui
des corps solides par l'action enlève au ciel, c'est-à-dire
du feu. Plus les métaux abon- au haut du vase, la partie
dent en humidité onctueuse, fixe, & retombent enfin tou-
plus la fusion en est facile. tes deux au fond, pour s'y
Le fer n'est susceptible de fixer en matière solide, qu'ils
fusion qu'à un très grand feu, appellent Pierre philosopha-
ou mêlé avec l'antimoine. le. Quand on dit que Gany-
Voyez Fusible. mede, après avoir été enlevé
M ij
@

180 GA GA

au ciel, devint l'Echanson aux pommes qui cuisent au
de Jupiter; c'est pour expri- feu.... C'est lui qui rend les
mer cette pluie formée par vins violents quand il est re-
la matière volatilisée, qui en tenu par force dans des ton-
tombant, abreuve la matière neaux. C'est lui qui donne la
grise appelée Jupiter, qui se force à la poudre à canon.
trouve au fond du vase. Ce gaz se manifeste dans
GAS(Z). Terme dont s'est l'huile chaude où l'on jette
servi Van-Helmont pour ex- du vin ou de l'eau en petite
primer la substance spiri- quantité, ou sur du plomb
tueuse & volatile qui s'éva- fondu. Van-Helmont pré-
pore des corps. Son Tra- tend par-là, que ce gaz dif-
ducteur l'appelle un esprit fère de l'air. Voyez ses Prin-
sauvage. cipes de Physique, 1. part,
Pour mieux faire conce- chap. XV.
voir ce qu'il entend, voici GATRINUM. Cendres
l'exemple qu'il apporte de ce clavelées.
gaz. Que l'on brûle soixante-* GAZAR. Galbanum.
deux livres de charbon, il ne GAZARD. Laurier.
restera guères plus d'une li- GE'ANTS. Enfants du
vre de cendres, Donc, dit-* Ciel & de la Terre. Ils firent
il, le surplus ne sera qu'es- la guerre aux Dieux & vou-
prit. Cet esprit ou gaz ne lurent détrôner Jupiter, qui
peut pas être détenu dans les foudroya tous. J'ai expli-
des vaisseaux, ni être réduit qué ce qu'on doit entendre
en corps visible, que sa vertu par ces Géants dans les Fa-
séminale ne soit préalable- bles Egyptiennes & Grec-
ment éteinte. Les corps le ques dévoilées, liv, 3. ch. 3.
contiennent, & souvent s'en & 4. Les Philosophes n'ont
vont tout en cet esprit..... en effet eu d'autre intention
C'est un esprit coagulé cor- en inventant la fable des
porellement, qui est excité Géants, que d'exprimer la
par une acquisition de fer- dissolution de la matière du
ment, comme on voit au grand oeuvre, & le combat
pain, vin, hydromel, &c. qui se fait alors entre la par-
Ou par quelque addition tie volatile qui dissout, & la
étrangère, comme par le sel fixe qui est dissoute en eau,
armoniac avec l'eau-forte; mais qui remporte enfin la
ou par quelque disposition victoire en fixant son enne-
altérative, comme on voit mie, qui était une eau mer-
@

GE GE 181

curielle. L'étymologie seule GEMMA TARTAREA.
des noms donnés aux plus Pierres qui s'engendrent dans
fameux de ces Géants, suffit le corps des hommes.
pour confirmer dans cette GE'NE'RATION est
idée. Briareus dérive de Be- aussi un terme du grand Art.
ri, subversa; Othus de Onit- Les Philosophes Herméti-
toth, tempestatum vices; ques le comparent à la géné-
Ephialtes de Evi ou Ephi, ration de l'homme. La pre-
nubes, & de Althah, caligo, mière partie de cet Art, c'est
ou nubes caliginis, ou nubes l'accouplement, la seconde
horrida; Encelade de Ence- la conception ou génération,
led, fons temporaneus, tor- la troisième la grossesse, la
rens, le ravage des eaux; quatrième l'enfantement, la
Porphyrion de Phour, fran- cinquième la nourriture. S'il
gere, frustulatim difringere; n'y a donc point d'accouple-
Mimas de Maim, grandes ment, il n'y aura pas de gé-
pluies; Rhaecus de Rouach, nération, d'autant que l'or-
le vent. M. Peluche en me dre des opérations du ma-
fournissant ces étymologies gistère ressemble à la pro-
dans son Histoire du Ciel, duction de l'homme. Mor.
tom. 1. pag. 107. & 108. ne La génération, dans le grand
s'imaginait certainement pas oeuvre, se fait lorsque la ma-
approcher si près du but sans tière est dans une entière dis-
le savoir; car la dissolution solution, qu'ils appellent pu-
de la matière, sa volatilisa- tréfaction, ou le noir très
tion & sa chute en pluie y noir.
sont manifestement décla- GENRE COMMUN.
rées. C'est, en Chimie, le sel
GELAPO. Jalap. marin; quelques-uns don-
GELE'E DU LOUP. nent ce nom au nitre, d'au-
Nom que quelques Chi- tres au vitriol; mais on doit
mistes ont donné à la tein- l'entendre du sel universel
ture congelée de l'antimoi- répandu dans tous les indi-
ne, parce qu'ils appellent vidus sublunaires, parce qu'il
Loup ce minéral. est la base de tous les corps,
GELSEMIN. Jasmin. & comme leur premier prin-
GELUTA, GELUTE, cipe.
sont des noms que Paracelse GENTARUM. Succin,
a donné à une plante con- ou ambre.
nue sous celui de Carline. GEPSIN. Plâtre.
M iij
@

182 GE GI GL GO

GERME. Mercure des GIT. Chaux vive.
Philosophes, principe & se- GITENON. Colle de
mence de tous les métaux, farine.
sans être métal lui-même GLACE DE MARIE,
actuellement, mais seule- Glacies Mariae. Talc &
ment en puissance. pierre arabique.
GERSA. C'est la céruse. GLACIES DURA.
GERYON, fils de Chry- Cristal.
saor, était un géant à trois GLAIVE. Les Philoso-
têtes ou trois corps. Il avait phes ont donné ce nom à
en sa possession les plus leur feu, comme celui de
beaux boeufs du monde; Eu- sabre, épée, cimeterre, ha-
rysthée ordonna à Hercule che, lance, marteau, &c.
de les enlever à Geryon, & Glaive NU RESPLEN-
de les lui amener; Hercule DISSANT. C'est la matière
obéit, tua Geryon & em- parvenue à la blancheur.
mena ses boeufs. Voyez l'ex- GLESSUM. Ambre,
plication de cette fiction dans succin.
les Fables Egypt. & Grecq. GLISOMARGO. Terre
dévoilées, liv. 5. ch. 12. de Crète.
GESOR. Galbanum. GLUTEN. C'est le fiel
GI. Terre. de taureau. Il s'entend aussi
GIALAPPA. Jalap. de la sinovie de Paracelse,
GIBAR. Toute méde- qui est semblable au blanc
cine métallique. d'oeuf. Planiscampi.
GIBUM. Fromage. GLUTINIS TENACI-
GICH. Plâtre. TAS. Résine minérale.
GILLA VERGRIL- GOBEIRA. Poussière.
LUS. Sel de vitriol, ou GOMME DU SOLEIL.
calcantum. Matière de l'oeuvre parve-
GIR. Chaux vive. nue au blanc.
GIRGIES. Cailloux Gomme DE L'OR. C'est
blancs. le soufre qui fait partie de
GIRMER. Tartre. la matière du grand oeuvre.
GISENTERE. Nom Gomme DES SAGES.
que quelques Chimistes ont Terme de Science Hermé-
donné aux vers de terre, tique. C'est le mercure en
comme si l'on disait intestins putréfaction. Quelquefois ils
de la terre. l'entendent, comme Mo-
GISISSIM. Gomme. rien, du soufre parfait au
@

GO GR 183

blanc, qu'ils appellent Gom- entendent par gouffre la ma-
me blanche; & du soufre par- tière au noir très noir.
fait au rouge, qu'ils nom- GRAISSE Matière des
ment Gomme rouge. Philosophes au noir, ainsi
Gomme BLANCHE. Ma- nommée parce qu'elle res-
tière de la pierre, lorsque semble à de l'huile noire.
le magistère est parfait au GRANDE-MERE. Sur-
blanc. nom donné à Cybèle, ou la
Gomme ROUGE. Ma- Terre, parce qu'on la regar-
tière au rouge, ou le sou- dait comme la mère & le
fre des Philosophes. principe de tout ce qui existe.
Gomme DU PEROU, GRAND OEUVRE est
Gomme DE GAMANDRA, un des noms que les Philo-
Gomme DE JENU. Gomme sophes chimiques ont donné
gutte. à leur Art, à cause de la diffi-
GOPHRITH. Magistère culté de l'apprendre, d'y
au rouge. réussir, & des deux grands
GORGONES, filles objets qu'ils se proposent,
de Phorcis, nommées Eu- l'un de faire un remède uni-
ryale, Sthenyon & Mé- versel pour les maladies des
duse. Elles avaient la pro- trois règnes de la Nature; &
priété de pétrifier tous ceux l'autre, plus particulier, de
sur qui elles jetaient la vue. transmuer les métaux im-
Voyez ce qu'elles signifient parfaits en or, plus pur mê-
dans les Fables Egypt. & me que celui des mines.
Grecques dévoilées, liv 3. GRANULER. Réduire
ch. 14. §. 3. un métal fondu en grenailles.
GOTNE. Coton. GRANUS. Pierre de
GOTNE MSEGIAR. porphyre pour broyer les in-
Coton. grédients des composés chi-
GOUFFRE, en termes de miques.
Science Hermétique, signi- GRASSA. Borax.
fie tantôt le mercure parfait GRASSALE. Terrine ou
des Sages, parce qu'il est un écuelle de terre. Dict. Herm.
dissolvant universel, dans le- GRE'ES. Nom des Gor-
quel les métaux particuliè- gones. Voyez Gorgones.
rement semblent s'englou- GRENADE. Pierre au
tir, pour ne plus reparaître rouge.
ce qu'ils étaient auparavant. GRIFFON. Les Phi-
Quelquefois les Philosophes losophes Hermétiques ont
M iv
@

184 GR GU HA

donné ce nom à leur ma- DRA, GUTTA GAM-
tière, parce que les Anciens BA, GUTTA GAUMA,
ont feint que le Griffon était GUTTA GENU. Gomme-*
un animal qui avait la tête gutte.
& la poitrine d'un Aigle, & H
le reste du corps comme un
Lion. C'est pourquoi ils di- H ABIT TE'NE'-
sent qu'il faut mettre ensem- BREUX. Couleur
ble le Lion & l'Aigle, & les noire qui survient à la ma-
faire combattre jusqu'à ce tière de l'oeuvre pendant la
qu'ils ne fassent qu'un, c'est-* putréfaction.
à-dire, qu'il faut mêler le HABITACLE DU
volatil avec le fixe, & les POULET. Vase Hermé-
faire circuler ensemble jus- tique. V. Fournaise.
qu'à ce que tout demeure en HABRAS. Plante con-
un corps fixe. Voilà l'ani- nue sous le nom de Staphi-
mal fabuleux de Pline & des sagria ou Herbe aux poux.
autres Naturalistes, qui en HACHE. Feu des Phi-
ont pris l'idée des Chimistes losophes. Frapper avec la
Hermétiques, qui disaient hache, c'est cuire la ma-
qu'il veillait à la garde des tière.
trésors, & qu'il était consa- HACUMIA. Même
cré au Soleil. chose qu'Eudica, suivant
L'Auteur du Dictionnaire Morien.
Hermétique dit mal-à-pro- HADID. Fer, acier des
pos que le Griffon des Phi- philosophes.
losophes est l'antimoine. HAE. Pierre au blanc.
GRILLER. Cuire. HAGAR. Pierre Armé-
GUININA. Magistère nienne.
au blanc. HAGER. Pierre d'Ar-
GUMA. Mercure des ménie.
Philosophes, ou leur Lune. HAGER ALIENDI.
Guma DE PARADIS. Pierre Judaïque.
Orpiment. HAGER ARCHTA-
Guma GUMI. Ferment MACH. Pierre d'Aigle.
des Sages. HAGER ALZARNAD.
GUMICULA. Valériane. Mercure des Sages digéré
GUMMI. Gomme des & cuit au rouge de pavot.
Philosophes. HAL. Terme emprunté
GUTTA GAMAN- de l'arabe, dont plusieurs
@

HA HA 185

Chimistes se sont servi pour plication de la fiction dont
signifier le sel. il fut le sujet, dans les Fa-
HALCAL. Vinaigre. bles Egyptiennes & Grec-
HALCYONIUM. Ecu- ques dévoilées liv. 1.
me de la mer. HANDAL HAN-&
HALEINE. Ce mot si- DEL. Coloquinte.
gnifie quelquefois de la fu- HARA. Genièvre.
mée. Johnson. Et quelque- HARMALA. Rue sau-
fois le fumier de cheval, que vage.
les Chimistes appellent ven- HARMAT. Baies de
tre de cheval. Mais en termes genièvre.
de Science Hermétique, il HARMEL. Semence de
veut dire la matière de l'oeu- la rue sauvage.
vre en putréfaction. HARMONIAC (Sel).
HALEREON. Aigle des (Sc. Herm.) Quelques Phi-
Philosophes. losophes ont donné le nom
HALIACMON. Fleuve de Sel harmoniac à leur ma-
de la Macédoine, qui a la tière, non que le sel qui porte
propriété de faire devenir communément ce nom, soit
blanches les brebis qui ne le naturel ou artificiel, doive
sont pas, quand elles boi- être regardé comme la ma-
vent de son eau. Pline, liv. tière des Philosophes; mais
31. ch. 2. On dit en consé- parce que cette matière est
quence en manière de parler une espèce de sel composé
dans l'art Hermétique, qu'il par combinaisons harmoni-
faut faire boire le Dragon & ques, comme disent Ray-
le Corbeau philosophiques mond Lulle & Riplée. Voy.
dans le fleuve Haliacmon, Armoniac.
pour dire qu'il faut blanchir HARMONIE ou HER-
le laiton, ou faire passer du MIONE, fille de Mars &
noir au blanc la matière de de Vénus, épousa Cadmus
l'oeuvre. On écrit aussi Aliac- fils d'Agenor. Cadmus eut
mon. d'elle entr'autres enfants, Se-
HALIMAR. Cuivre. melé, mère de Bacchus.
HALLE. De la glu. Voyez l'explication de cette
HAMMON. Un des fable dans les Fables Egypt.
plus grands Dieux de l'E- & Grecq. dévoilées. Voyez
gypte, aussi nommé Jupiter. aussi l'article de Cadmus.
On le représentait avec une HARPOCRATE. Fi-
tête de bélier. Voyez l'ex-* gure ou statue d'un homme
@

186 HA HA HE

tenant deux doigts sur la Phinée, & infectaient ceux
bouche fermée, & cachant qu'elles y laissaient. Zethès
de l'autre main ce que la & Calaïs, fils de Borée, l'en
pudeur ne permet pas de délivrèrent, & les chassèrent
montrer. Cette statue se trou- jusqu'aux îles Plotes. Voyez
vait dans tous les temples les Fables Egypt. & Grecq.
Egyptiens, qui l'appelaient dévoilées, liv. 2. ch. 1.
le Dieu du silence. On le HASACIUM. Sel armo-
mettait ainsi dans tous les niac.
temples pour faire souvenir HAUTEUR. (Science
les Prêtres qu'ils devaient Herm.) Dimension allégo-
garder le silence sur les se- rique & mystérieuse de la
crets cachés sous leurs fi- pierre des Sages. Si nous en
gures hiéroglyphiques. Ces devons croire Philalèthe, la
secrets, selon que l'a très hauteur n'est autre chose que
bien expliqué Michel Majer ce que la matière des Phi-
dans son Arcana Arcanissi- losophes présente à nos yeux
ma, n'étaient autres que ce- dans le temps de sa prépara-
lui de la vraie Chimie, que tion. Par exemple, le corps
l'on vante tant sous le nom ou la matière de notre Art,
du grand oeuvre, ou de la dit-il dans son traité De vera
Pierre philosophale. On peut confectione Lapidis Philoso-
voir les applications heureu- phici, est noir dans sa pre-
ses des fables Egyptiennes mière disposition, qui se fait
aux opérations de cet Art, par la putréfaction; cette
dans le livre des Fables noirceur qui frappe nos yeux
Egypt. & Grecques dévoi- & que nous appelons froide
lées, liv. 1. chap. 7. & humide, est ce qui se ma-
HARPYES. Monstres en- nifeste à notre vue; & cette
fants de Neptune & de la disposition est ce que nous
Terre. Elles avaient la tête appelons hauteur de notre
d'une femme, avec un visage corps.
pâle & blême, le corps d'un HE'BE', Déesse de la jeu-
vautour, des ailes de fer nesse, fille de Jupiter & de
des griffes aux pieds & aux Junon, suivant Homère; ou
mains, & un ventre énorme de Junon seule, sans avoir
par sa grandeur. On les nom- connu d'homme, mais pour
mait Ocypeté, Aello, Ce- avoir mangé beaucoup de
laeno. Elles enlevaient les laitue dans un festin où Apol-
mets de dessus la table de lon l'avait invitée, Hébé fut
@

HE HE 187

constituée Echansonne de & Achille lui ôta la vie.
Jupiter, & donnée ensuite Hector était le symbole de
en mariage à Hercule après la partie fixe de l'oeuvre Her-
son apothéose. métique, & Achille celui de
Hébé signifie proprement l'eau ignée mercurielle. C'est
la médecine Hermétique, pourquoi on a feint qu'A-
donnée en mariage à Her- pollon, Diane, Vénus &
cule, c'est-à-dire mise entre Mars avaient pris le parti
les mains de l'Artiste après d'Hector; & Junon, Thetis,
sa perfection, afin qu'il en le fleuve Scamandre, Mer-
fasse usage pour la santé du cure & Minerve celui d'A-
corps humain, la guérison chille. Il n'était pas possible
des maux qui l'affligent, & de réussir à s'emparer de la
son rajeunissement pour le- ville de Troie, c'est-à-dire
quel on invoquait Hébé. à parfaire l'oeuvre, si l'on ne
HEBRIT. Soufre rouge dissolvait, & si l'on ne faisait
des Philosophes. tomber en putréfaction la
HE'CATE, Déesse des partie fixe par l'eau mercu-
Enfers, fille de Jupiter & de rielle, ce qui était faire mou-
Cérès, selon Orphée; de Ju- rir Hector. Voyez l'explica-
piter & d'Astérie, selon d'au- tion plus développée de cette
tres. Hécate présidait aux ac- fiction, dans le 6e livre des
couchements & aux songes. Fables Egypt. & Grecques
Elle est la même que Diane, dévoilées.
qui se nommait la Lune dans HE'CUBE, fille de Dy-
le Ciel, Diane sur la Terre, mas, & femme de Priam
& Hécate dans les Enfers. Roi de Troie, ayant vu im-
Voyez Diane. moler sa fille Polixene sur le
HECTOR, fils de Priam, tombeau d'Achille, & son
fut un des plus grands Héros fils Polydore massacré par la
entre ceux qui défendirent trahison de Polymestor, elle
la ville de Troie contre les en conçut un tel dépit qu'elle
Grecs. La destinée de cette creva les yeux à Polymes-
ville était attachée à la vie tor; & dans le temps qu'elle
d'Hector. Jupiter le prit sous se sauvait pour se soustraire
sa protection, & le soutint aux poursuites des Grecs qui
longtemps contre les pour- s'étaient emparés de la ville
suites de Junon qui voulait de Troie, elle fut changée
le faire périr; mais enfin il en chienne. Voyez le 6e livre
l'abandonna à sa destinée, des Fables Egypt. & Grecq.
@

188 H E HE

HEDELTABATENI. mari Tlepolème tué au siège
Térébenthine. Planiscampi. de Troie, envoya dans le
HEL. Vinaigre. Johnson bain où était Hélène, deux
& Planiscampi. femmes de chambre qui la
HELCALIBAT. Téré- pendirent à un arbre. Voyez
benthine. les Fables Egypt. & Grec-
HELE ou HELLE. ques dévoilées, liv. 6.
Gui de chêne. HELIADES, filles du
HELEBRIA. Ellébore Soleil & de Clymene, &
blanc à fleurs rouges. soeurs de Phaëton. Voyez
HELENE, fille de Jupi- Phaëton.
ter & de Leda, soeur de HELICON. Montagne
Castor, de Pollux & de de la Grèce, située près de
Clytemnestre, fut la plus celle du Parnasse, l'une &
belle femme du monde. Mé- l'autre consacrées à Apollon
nelas l'épousa; & Pâris, fils & aux Muses. Voyez Mu-
de Priam, ayant adjugé la ses.
pomme d'or à Vénus com- On voyait autrefois dans
me à la plus belle des Dées- la Macédoine un fleuve qui
ses, Vénus lui mit Hélène portait le nom d'Helicon
entre les mains pour récom- La Fable dit que les femmes
pense de ce qu'il avait porté de la Thrace mirent en piè-
son jugement en sa faveur. ces Orphée sur son rivage,
Pâris enleva Hélène, & & furent toutes noyées dans
l'emmena à la cour de Priam. les eaux de ce fleuve. Voyez
Ménelas pour s'en venger Orphée.
mit dans ses intérêts tous les HELICONIADES. Sur-
Princes de la Grèce, & con- nom des Muses.
duisit contre Priam une ar- HELIOTROPIUM.
mée formidable qui fit le siè- Mélisse de Théophraste. Pa-
ge de Troie. Au bout de racelse.
dix ans les Grecs s'emparè- HELLE', fille d'Athamas
rent de cette ville, & Mé- & de Néphele, s'enfuit en
nelas ramena Hélène avec Phrygie avec son frère Phri-
lui. Après la mort de Mé- xus, pour se soustraire aux
nelas les Lacédémoniens la mauvais traitements de sa
chassèrent de leur ville: elle belle-mère. Ils montèrent
se retira à Rhodes chez Po- l'un & l'autre sur un mouton
lixo, qui pour venger, dit à toison d'or, & voulurent
Hérodote, la mort de son ainsi traverser la mer; mais
@

HE HE 189

Hellé effrayée par les flots, & douce au toucher.
tomba dans l'eau & s'y On trouve de l'Hématite
noya. Voyez les Fables noire en Egypte, en Perse,
Egypt. & Grecques dévoi- en Allemagne. Quand elle
lées, liv. 2. ch. 1. est infusée, elle teint l'eau
HELMINTHICA. Tout en couleur de safran. Rul-
médicament vermifuge. land dit qu'on en trouve aussi
HELNESED. Corail. de verte.
HELSATON. Sel dé- Sérapion, Pline, Dios-
crépité. coride, parlent beaucoup de
HELSEBON HEL-& l'Hématite, & en font un
SOBON. Sel commun pré- grand éloge.
paré. HEMIOBOLON. La
HELUNHAI. L'anneau douzième partie d'une drag-
dit de Salomon. me.
HOEMATITES (Pierre) HEMIOLIUM. Les uns
ou Pierre sanguine, ou Fe- emploient ce mot pour si-
ret d'Espagne, est une pierre gnifier une demie-once; les
pesante, participant du fer, autres, avec Blancart, pour
des mines duquel elle se le poids de douze gros, ou
tire. Il y en a de plusieurs une once & demie.
espèces. Celle qu'on appelle HEMIPAGIA. Migrai-
Feret est dure, de couleur ne.
brune-rougeâtre, mais de- HENRI ROUGE. Colco-
venant rouge comme du tar.
sang à mesure qu'on la met Henri LE PARESSEUX.
en poudre. Elle est disposée Athanor.
en aiguilles pointues. La HERBE BLANCHE qui
plus estimée est nette, pe- croît sur les petites monta-
sante, dure, avec des lignes gnes; ces expressions en
noirâtres par dehors, & termes du grand art ne si-
comme du cinabre en de- gnifient autre chose que la
dans. La sanguine nous vient matière cuite & parfaite au
communément d'Angleter- blanc. On ne trouve ces ter-
re, elle n'est point en ai- mes que dans le Dialogue
guilles; on la taille au couteau de Marie & d'Aros, où
pour en faire des crayons, Marie la nomme Herbe blan-
appelés crayons rouges. On che, claire & honorée. Quel-
doit la choisir rouge brune, ques-uns l'ont expliqué du
pesante, compacte, unie, mercure des Sages, d'autres
@

190 HE HE
-
de la minière d'où on l'ex- tière aux travaux d'Hercule,
trait; mais la circonstance à cause de la difficulté que
où Marie l'emploie désigne l'on trouve à y réussir.
la matière au blanc, parce HERCULE est aussi le
que les Philosophes donnent nom que les Alchimistes
quelquefois le nom de pe- donnent à leurs esprits mé-
tites montagnes à leur four- talliques, dissolvants, digé-
neau & à leur vase. rants, sublimants, putréfiants
Herbe PHILOSOPHALE. & coagulants. Ils regardent
Herbe saturnienne & Her- les travaux d'Hercule com-
be médicinale. Termes du me le symbole du grand
grand art, qui signifient la oeuvre, ou des opérations
même chose, c'est-à-dire, de la pierre philosophale.
le mercure des Sages; quel- On peut voir à ce sujet le
quefois la minière d'où se Traité de Pierre-Jean Fabre
tire ce mercure. Les Chi- Médecin de Montpellier,
mistes lui donnent ce nom qui a pour titre: Hercules
générique d'herbe, à cause Piochymicus, imprimé à
de sa qualité végétative. Toulouse en 1634. Il y ex-
Herbe TRIOMPHANTE plique les travaux d'Hercule,
(Sc. Herm.). Matière mi- par le rapport qu'ils ont avec
nérale faisant partie du com- les opérations de l'Alchimie,
posé des Philosophes. C'est avec tant de vraisemblance,
celle qu'ils appellent leur qu'on peut assurer avec lui,
Femelle, leur Crible, dont que presque toute la Fable
voyez l'article. n'est qu'un tissu de symboles
Herbe POTAGERE. énigmatiques du grand oeu-
Pierre au blanc. vre; ceux qui sont au fait
Herbe SATURNIENNE, en feront aisément l'appli-
ou Saturnie végétable. Ma- cation. Anthée, par exem-
tière de laquelle les Philo- ple, ce Géant si redoutable,
sophes Hermétiques savent fils de la Terre, qu'Hercule
extraire leur mercure. ne put vaincre tant qu'il tou-
HERCULE se prend cha la Terre sa mère; mais
le plus souvent pour l'artiste qui fut suffoqué dès qu'il fut
laborieux, & savant dans élevé en l'air, représente la
l'art chimique; ce qui a en- terre métallique grossière,
gagé la plupart des Auteurs & qui ne peut devenir pro-
qui en ont traité, à compa- pre à la teinture des métaux,
rer la préparation de la ma- qu'après avoir été sublimée
@

HE HE 191

par le mercure ou les esprits posé à s'y baigner aussi. Elle
métalliques sublimants repré- le sollicita avec beaucoup
sentés par Hercule. Cette d'instances, & ne pouvant
terre après avoir été subli- l'engager à seconder ses dé-
mée doit mourir ou être sirs amoureux, elle courut à
étouffée dans les airs, c'est-* lui pour l'embrasser, & pria
à-dire, doit changer de fi- en même temps les Dieux de
gure, de forme & de na- lui accorder que de leurs
ture, doit être changée en deux corps il ne s'en fit
vapeur aqueuse, & puis re- qu'un; ce qui lui fut accordé.
tomber pour être putréfiée, Hermaphrodite obtint alors
& ensuite ressusciter de ses que tous ceux qui se baigne-
cendres comme le phoenix. raient dans cette fontaine,
Tous les livres des Philoso- soit homme ou femme, par-
phes le disent, entr'autres ticiperaient à l'un & à l'au-
Clangor Buccinae, p, 482. tre sexe. La matière de l'art
Celui qui saura convertir Hermétique tient de Mercu-
notre terre en eau, cette eau re & de Vénus, & porte
en air, cet air en feu, ce feu elle-même le nom de Mer-
en terre, possédera le ma- cure des Philosophes: plus
gistère d'Hermès, qui n'est d'un Adepte lui ont donné le
autre que la pierre Philoso- nom de Vénus, & c'est en
phale. Mais le plus commu- effet de l'un & de l'autre
nément Hercule est le sym- qu'elle est composée. Il est
bole de l'artiste qui em- à remarquer que ce fils de
ploie le mercure philoso- Mercure & de Vénus ne de-
phique pour faire tout ce vint Hermaphrodite qu'a-
qu'on lui attribue. Voyez les près son union avec la Nym-
Fables Egypt. & Grecques phe Salmacis, & la matière
dévoilées, liv. 5e. où l'on ne prend aussi le nom de
explique tous les travaux Rebis & d'Hermaphrodite
d'Hercule. qu'après la jonction du sou-
HERMAPHRODITE, fre & du mercure des Sages
fils de Mercure & de Vé- dans leur fontaine, qui est,
nus, se promenait dans un dit Trévisan, la fontaine où
lieu solitaire, où il y avait le Roi & la Reine se bai-
une fontaine. La Nymphe gnent, comme le firent Sal-
Salmacis qui s'y baignait, macis & Hermaphrodite. La
fut éprise de la beauté du propriété qu'acquit alors cet-
jeune homme qui s'était dis-* te fontaine de rendre parti-
@

192 HE HE

cipant des deux sexes tous & particulièrement celui de
ceux qui s'y baigneraient, tous les individus du règne
& précisément la propriété minéral.
de l'eau mercurielle des Phi- HERME'TIQUE. Ter-
losophes, qui est prise pour me de Chimie. La science
la femelle, & qui ne fait Hermétique reconnaît Her-
plus qu'un corps des corps mès pour son propagateur,
qu'on y baigne, parce qu'ils & quelques-uns le regar-
s'y dissolvent radicalement, dent comme le premier qui
& s'y fixent ensuite de ma- y ait excellé; ce qui lui a
nière à ne jamais pouvoir fait donner son nom. Le
être séparés. C'est pour cette grand art, la Philosophie
raison que quelques Philo- Hermétique, le grand oeu-
sophes ont donné le nom vre, l'ouvrage de la pierre
d'Hermaphrodite à leur ma- philosophale, le magistère
tière fixée au blanc. des Sages, sont toutes ex-
HERME'S surnommé pressions synonymes de la
Trismégiste, ou trois fois science Hermétique. La Phy-
grand, est regardé comme sique Hermétique dépend de
le père de l'Alchimie, qui cette science, qui fait con-
de lui a pris le nom d'Art sister toue les êtres sublunai-
Hermétique. Il était Egyp- res dans trois principes, le
tien, & le plus savant hom- sel, le soufre & le mercure,
me connu jusqu'à présent. & rapporte toutes les mala-
Voyez son histoire & les dies au défaut d'équilibre
fables qu'on a inventées à dans l'action de ces trois prin-
son sujet dans le premier li- cipes; c'est pourquoi elle se
vre des Fables Egyptiennes propose pour objet la re-
& Grecques dévoilées. cherche d'un remède, qui
Hermès est aussi le nom entretienne cet équilibre
que quelques Chimistes ont dans les corps, ou qui y re-
donné au nitre. Blancart. mette ces trois principes,
Hermès ODORANTE. lorsque l'un d'eux vient à
C'est le Kermès, suivant dominer avec trop de vio-
Raymond Lulle. lence sur les autres. Le se-
Hermès est encore un cond objet de cet art, est
des noms, & le nom pro- de composer ce qu'ils ap-
pre du mercure des Philo- pellent élixir au blanc ou
sophes, parce qu'il est en au rouge, qu'ils nomment
effet le mercure des corps, aussi poudre de projection,
ou
@

HE HE 193

ou pierre philosophale: ils ou autres; ce qui se fait en
prétendent avec cet élixir les bouchant de manière
changer les métaux impar- qu'ils ne laissent échapper
faits en argent avec l'élixir aucune des parties volatiles
au blanc, ou en or avec des corps qu'ils renferment.
l'élixir au rouge. On a re- Pour y parvenir, on fait rou-
gardé dans tous les temps gir le haut du col du vais-
comme des fous ceux qui seau, & on en rapproche les
se sont adonnés à ces re- bords jusqu'à ce qu'ils soient
cherches, quoiqu'ils se nom- collés ensemble. Quelque-
ment les vrais Sages & les fois on y met un bouchon
vrais Philosophes, à qui seuls de verre, lorsque le vase est
la Nature est connue. Ils de cette matière, & ayant
prétendent que les Philoso- mis du verre pilé sur les
phes de l'Antiquité, Démo- joints, on le fond à la lampe
crite, Platon, Socrate, Py- d'émailleurs. On dit aussi
thagore, &c. étaient tous sceller du sceau des Philo-
initiés dans les secrets de sophes, des Sages; mais
cette science, que les hié- quand on le dit des opéra-
roglyphes des Egyptiens & tions du grand oeuvre, on
toutes les fables qui compo- ne doit pas l'entendre du
sent la Mythologie, n'ont vase qui contient la matière;
été inventés que pour ensei- mais du sceau secret avec
gner cette science. Voyez lequel ils scellent la matière
sur cela les Fables Egypt. même; c'est la fixation du
& Grecques dévoilées. volatil.
HERME'TIQUE (Sceau) . HERMIONE ou HAR-
Voyez Sceau. MONIE, fille de Mars &
HERME'TIQUE (Mé- de Vénus, & femme de
decine). Elle réduit toutes Cadmus. Ces deux derniers
les causes des maladies au furent changés en serpents
sel, au soufre & au mercu- ou dragons. Voyez Cad-
re; & les guérit par des re- mus.
mèdes travaillés hermétique- HERMIONE, fille de
ment, & extraits des trois Ménélas & d'Hélène, fut
règnes. Blancart. d'abord fiancée à Oreste,
HERME'TIQUE- fils d'Agamemnon; Pyrrhus
MENT. Ce terme ne se l'épousa à son retour de
dit que de la manière de Troie. Mais Oreste sans
sceller les vases chimiques doute du consentement
N
@

194 HE HE

d'Hermione fit massacrer dans les matières terrestres.
Pyrrhus dans le Temple Apollon & Neptune en dé-
d'Apollon. V. Oreste. sirent ardemment le sacrifi-
HERMOGE^NE. Nom ce, c'est-à-dire, que l'hu-
que Basile Valentin a donné mide & le chaud inné de
au mercure des Philosophes, chaque chose, désirent leur
comme principe, & père réunion avec cette terre vier-
de la pierre des Sages. Ce ge, pour produire quelque
savant homme a composé chose de pur, & donner la
le symbole de sa dixième liberté à cette matière ignée
Clef de l'oeuvre Herméti- & cet humide radical, qui
que, d'un triangle qui ren- se trouvent emprisonnés dans
ferme deux cercles concen- les matières grossières de la
triques, à l'angle droit est la terre. Fabri. Le monstre ma-
figure chimique du Soleil, rin est une humidité super-
à l'angle gauche celle de la flue, qui semble noyer, &
Lune, à l'angle du bas celle comme vouloir dévorer Hé-
de Mercure. Sur chaque fi- sionne. Voyez les Fables
gure & au milieu du cercle dévoilées, liv. 5. ch. 14.
sont des mots hébreux que HESNIC. Le poids d'un
je n'entends pas. Au-dessus quarteron, ou la quatrième
du côté qui forme le haut partie d'une livre.
du triangle est écrit: Je suis HESPE'RIDES, filles fa-
né d'Hermogêne; le long du buleuses, que les Poètes ont
côté gauche: Hyperion m'a feint avoir un jardin, dans
choisi, & le long du côté lequel croissaient des pom-
droit: Sans Jamsuph je suis mes d'or. Ce jardin, selon
contraint de périr. l'explication des Philosophes
HERNEC. Orpiment Spagyriques, est le sym-
des Philosophes. bole de l'Alchimie, par les
HE'SIONNE, fille de opérations de laquelle on
Laomédon Roi de Troie, fait germer, croître, fleurir
selon la Fable, fut exposée & fructifier cet arbre solai-
pour être dévorée par un re, dont le fruit surpasse l'or
monstre marin, qu'Hercule commun en beauté & bon-
tua. Les Philosophes ou té, puisqu'il convertit les au-
Adeptes disent qu'Hésionne tres métaux en sa propre na-
est cette terre vierge qui ture; ce que ne peut faire
renferme leur eau mercu- l'or vulgaire. Le Dragon qui
rielle, & qui est cachée gardait le jardin des Hespé-
@

HE HI HI 195

rides, est le symbole des HIE'ROGLYPHES.
difficultés qu'il faut surmon- Caractères mystérieux in-
ter pour parvenir à la per- ventés par Hermès Trismé-
fection de la pierre philoso- giste, & employés par les
phale, & en même temps Egyptiens particulièrement
celui de la putréfaction du pour enseigner l'art sacerdo-
mercure. tal. Voyez cet article. Dans
Les Hespérides étaient les quatre sortes d'hiérogly-
trois soeurs, filles d'Hespé- phes en usage chez les Egyp-
rus, frère d'Atlas. Elles se tiens, la seconde était la
nommaient Eglé, Aréthuse seule usitée quand il s'agis-
& Hespéréthuse. Ceux qui sait de parler des mystères
seront curieux d'en voir une de la Nature, & de ceux de
application plus détaillée, l'art Sacerdotal ou Hermé-
peuvent consulter mon traité tique. Abénéphi. Presque
des Fables Egypt. & Grec- tous les Alchimistes ont
ques dévoilées, liv. 2. ch. 2. imité les Egyptiens. Ils ne
HESPERIS, espèce de se sont expliqués que par
giroflier ou violier, ainsi symboles, allégories, mé-
nommé, de ce que ses fleurs taphores, fables & énigmes.
ont beaucoup plus d'odeur HIE'ROPHANTES.
le soir que pendant le reste Prêtres célèbres à Athènes,
de la journée. Blancard. chargés d'enseigner les cho-
HE'TE'ROGE^NE. Qui ses sacrées, & les mystères
n'est pas de même nature. à ceux qui voulaient être
La matière des Philosophes initiés. Ils avaient soin des
est mêlée de beaucoup de Temples. Voyez les Fables
parties hétérogènes qu'il faut Egypt. & Grecques dévoi-
en séparer pour avoir le mer- lées, liv. 4.
cure des Philosophes pur & HILLA. Boyau jejun-
sans tâches. non.
HEXAGIUM. Poids de HILLUS ou HILUS, fils
quatre scrupules, suivant d'Hercule & de Déjanire,
quelques-uns, & d'une épousa Jolé, & tua dans la
dragme & demie, suivant suite Eurysthée, pour ven-
d'autres. Blancard. ger son père des maux que
HIDROS. Sueur. lui avait suscité ce Roi.
HIDROTIQUES (Mé- Voyez Hercule.
dicaments) ou sudorifiques. HIMEN ou HYMEN.
HIDUS. Vert-de-gris. Nom que Raymond Lulle a
N ij
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196 HI HI

donné a l'unique vase que les maus à la course du char.
Philosophes emploient pour C'était la condition que ce
faire le magistère des Sages. Roi d'Elide imposait à ceux
HIN. Assa foetida. qui demandaient sa fille en
HIPPOCENTAURES. mariage. V. Oenomaus.
Monstres demi-hommes & HIPPODAMIE ou
demi-chevaux, que les Poè- DE'IDAMIE, fille du Roi
tes ont feint avoir habité au- d'Argos, prit pour mari Pi-
trefois près du mont Pélion. rithous. Celui-ci invita les
Ces monstres sont de la na- Centaures à ses noces; ils y
ture des autres de la Fable, excitèrent du trouble; Her-
c'est-à-dire, imaginés pour cule & Thésée, amis de Pi-
symbole de la dissolution de rithous, prirent son parti,
la matière de l'oeuvre Her- attaquèrent les Centaures,
métique. Ce qui est assez en tuèrent un grand nom-
clairement déclaré par la si- bre, & mirent les autres en
gnification étymologique du fuite. Voyez les Fables dé-
lieu de leur habitation pré- voilées, liv. 5. ch. 22.
tendue; car Pelos veut dire Les noces de l'oeuvre se
noir, d'où on a fait Pélion. font pendant la putréfaction
On sait que la couleur noire de la matière signifiée par
est la marque & le signe de les Centaures. Hercule ou
la putréfaction & de la dis- l'Artiste de concert avec
solution parfaite de la ma- Thésée, ou le mercure des
tière. Voyez Centaures. Philosophes achèvent la dis-
HIPPOCRE^NE. Fon- solution, désignée par la
taine située près du mont mort des Centaures, & pro-
Hélicon en Béotie, & con- cure la volatilisation indi-
sacrée aux Muses. Les Poè- quée par ceux qui prennent
tes ont feint que le cheval la fuite. Pirithous est la ma-
Pégase la fit sourdre en frap- tière fixe, Hippodamie est
pant la terre avec le pied. la volatile.
Voyez l'explication de cette HIPPOLITE, fils de
fable dans les Fables Egypt. Thésée & d'Hippolite, Rei-
& Grecques dévoilées, liv. ne des Amazones, eut une
3. ch. 14. §. 3. si grande passion pour la
HIPPODAMIE, fille chasse, qu'il en était unique-
d'Oenomaus, épousa Pélops, ment occupé. Phédre sa bel-
après que celui-ci eût par le-mère devint amoureuse
stratagème vaincu Oeno-* de lui, & ne pouvant le faire
@

HI HI 197

consentir à ses désirs, elle Sages, & y meurt, c'est-à-*
s'en vengea en l'accusant au- dire qu'il s'y fixe; car mou-
près de Thésée d'avoir voulu rir & se fixer sont deux ter-
attenter à son honneur. Thé- mes synonymes en fait de
sée trop crédule chassa Hip- science Hermétique, comme
polite son fils de sa présence. volatiliser signifie donner la
Celui-ci en fuyant la colère vie. Voyez dans le liv. 3.
de son père était monté sur ch. 12. §. 2. des Fables dé-
un char pour s'éloigner de voilées ce qu'il faut enten-
lui; comme il passait sur le dre par la résurrection d'Hip-
rivage de la mer, Neptune polite, faite par l'art d'Es-
suscita un monstre marin, qui culape.
s'étant présenté aux chevaux Hippolite ou ANTIO-
d'Hippolite, les effraya, leur PE, Reine des Amazones,
fit prendre le mords aux épousa Thésée après sa dé-
dents, & les obligea de traî- faite. Voyez le liv. 5. c. 13,
ner le char à travers les ro- des Fables Egypt. & Grecq.
chers, où il se fracassa; Hip- dévoilées.
polite culbuta, & y périt. HIPPOMENE, fils de
Esculape le ressuscita. La Macarée, se mit sur les rangs
passion d'Hippolite pour la pour épouser Atalante. Il la
chasse, est la disposition de vainquit à la course par le
la matière à être volatilisée; moyen de trois pommes d'or
cette volatilisation marque qu'il jeta successivement
une espèce d'éloignement & derrière lui, & qu'Atalante
d'aversion pour l'union avec s'amusa à ramasser. Voyez
la terre qui reste au fond du les Fables dévoilées, liv. 2.
vase, indiquée par Phédre chap. 3.
mariée avec le mercure re- HIPPURIS. C'est la
présenté par Thésée. Com- prêle, la queue du cheval,
me c'est le mercure lui-même en latin Equisetum.
qui est cause de la volatilisa- HIRUN DINARIA.
tion, on a feint que Thésée Dompte venin, Asclepias.
avait chassé son fils de sa pré- HISMAT. Scories d'ar-
sence. Il est en effet son fils gent.
puisqu'il est fait du mercure HISPANACH. Epinards.
même. Après sa volatilisa- HIVER. Les Sages ont
tion, il retombe dans la mer donné quelquefois ce nom à
des Philosophes, où se forme leur mercure; mais ils s'en
le rocher ou la pierre des servent communément dans
N iij
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198 HI HO

un sens allégorique, pour si- cure se mortifie, que la terre
gnifier le commencement de conçoit & qu'elle change de
l'oeuvre, ou le temps qui pré- nature.
cède la putréfaction. C'est HOLCE. Dragme.
pourquoi ils disent commu- HOLSEBON. Sel com-
nément, qu'il faut commen- mun décrépité.
cer par l'hiver, & le finir par HOMERE, Poète Grec,
l'automne; parce que de peut-être le plus ancien, a
même que la nature semble composé divers ouvrages; il
morte en hiver & ne pro- nous reste entr'autres son
duit encore rien, de même Iliade, son Odyssée & quel-
le mercure des Sages dispose ques Hymnes. On l'appelle
seulement à la génération, le Prince des Poètes, tant à
qui ne peut se faire sans cor- cause du sublime de la Poé-
ruption, & la corruption ne sie, que parce qu'il semble
survient que par la putré- être la source dans laquelle
faction. Le régime du feu les autres ont puisé; c'est
est alors du premier degré. pourquoi Pline l'appelait la
Le mercure dissout son corps. Fontaine des beaux esprits.
Et les Philosophes disent que Homère avait voyagé en
ce degré du feu doit être Egypte, & y avait appris
semblable à la chaleur d'une les mystères de l'Art Sacer-
poule qui couve; d'autres à dotal. Il imagina la fiction
la chaleur de l'estomac, à la de la guerre & du siège de
chaleur du fumier; d'autres Troie pour traiter cet Art
enfin à une chaleur sembla- allégoriquement; ce qu'il a
ble à celle du soleil au mois fait dans son Iliade. Il fit aussi
de Mars, ou dans le signe son Odyssée, ou les Erreurs
d'Aries. C'est pour cela d'Ulysse, pour représen-
qu'ils ont dit qu'il fallait ter les erreurs où tombent
commencer l'oeuvre au signe les Philosophes Hermétiques
du Bélier, pendant que la avant de parvenir à la con-
Lune est dans celui du Tau- naissance du véritable secret
reau. Et tout cela ne signifie de cet Art. On y voit clai-
autre chose que la chaleur rement les procédés faux &
modérée philosophiquement erroneux (pour me servir des
au commencement de l'oeu- termes mêmes des Philoso-
vre. phes) de ceux qui n'étant
C'est dans ce temps d'hiver pas encore initiés dans ces
philosophique que le mer-* mystères, font des chutes
@

HO HO 199

presqu'à chaque pas qu'ils torture sans réussir à expli-
font. Ulysse est le véritable quer Homère d'une manière
portrait de ces Chimistes satisfaisante, s'ils supposent
qui ayant une fois adopté un à ce Poète d'autres idées que
système & une recette, la celles-là.
travaillent conformément à HOMME. La plupart
leurs préjugés, malgré que des Philosophes ont com-
la Nature s'offre à eux com- paré la confection du ma-
me Calypso, & ils l'aban- gistère à la génération de
donnent ensuite de la ma- l'homme, & ont en consé-
nière que fit Ulysse. Ils s'ins- quence personnifié les deux
truisent comme Ulysse le fut parties ou ingrédients de l'oeu-
par Tyresias; mais toujours vre, le fixe & le volatil. Ils
indécis, ils font mille opéra- ont appelé le fixe mâle, & lui
tions sur des recettes diffé- ont donné des noms d'hom-
rentes, comme Ulysse abor- mes; & le volatil femelle, &
da en différents pays sans se l'ont indiqué par des noms
fixer à aucun. de femmes. C'est de cette
Riplée, Trévisan, Za- manière que les Egyptiens
chaire ont imité Homère; ils & les Grecs anciens, initiés
ont fait le détail des erreurs dans les mystères de l'Art
où ils sont tombés avant de Sacerdotal ou Hermétique,
réussir, & ont donné ensuite ont inventé les fables.
métaphoriquement & allé- Homme dit simplement,
goriquement la véritable ma- signifie le fixe.
nière de procéder aux opé- Homme E'LEVE' s'entend
rations du grand oeuvre. Il de la matière des Philoso-
ne faudrait que donner une phes digérée, dissoute & en
édition commentée d'Ho- putréfaction.
mère faite par un Philosophe Homme ARME' DE CAS-
Hermétique, pour prouver QUE signifie le mercure di-
au Public la vérité de ce que géré & parvenu à la couleur
j'avance. Le peu d'explica- noire. C'est une dénomina-
tions que j'ai données de tion tirée par comparaison
l'Iliade dans le 6e livre des de la figure du Dieu Mer-
Fables Egyptiennes & Grec- cure, représenté avec un cas-
ques dévoilées, suffisent pour que en tête, tenant son ca-
donner une idée claire du ducée, autour duquel deux
reste. Les Mythologues se serpents entortillés semblent
donneront éternellement la se combattre.
N iv
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200 HO HU

Homme ROUGE. C'est qu'il est le principe & la base
le soufre des Philosophes, de l'or philosophique.
ou le magistère au rouge. HORIZONTIS. Or po-
HOMOGE^NE. Qui est table.
de même nature, qui est HORUS ou ORUS, fils
composé de parties absolu- d'Osiris & d'Isis, fit la guerre
ment similaires entr'elles, & à Typhon, & le fit périr avec
qui peuvent, étant rappro- l'aide d'Isis. Horus mourut
chées, s'unir intimement. cependant, mais sa mère le
Telles sont les parties de ressuscita, & le rendit im-
l'eau, qui mêlées avec de mortel. Horus succéda à sa
l'eau, ne peuvent plus en mère, qui avait elle-même
être distinguées. Tel est l'or succédé à Osiris son époux;
pur mêlé avec d'autre or pur. mais Horus fut le dernier
Un métal ne peut se mêler, des Dieux qui régnèrent en
comme on dit, per minima Egypte. Voyez ce que signi-
ou intimement avec un vé- fient ces fictions, dans les
gétal; mais seulement avec Fables Egypt. & Grecques
quelques parties de ce végé- dévoilées, liv 1. ch. 5.
tal quand elles sont métalli- HUCCI ou HUNC.
ques de leur nature. On en C'est l'étain, ou Jupiter.
trouve dans plusieurs plan- HUILE, quoique simple-
tes, & dans différents arbres ment dit, n'est pas une ma-
lorsqu'ils croissent sur des tière dont on doive se servir
mines, On prétend même pour la confection de l'oeu-
que les Chinois savent ex- vre; ils ont donné ce nom à
traire du mercure vulgaire la matière même lorsqu'elle
coulant du pourpier sauvage. a pris une couleur & une vis-
L'expérience a prouvé qu'on cosité huileuse, pendant la
trouve dans le chêne des par- putréfaction dans l'oeuf phi-
ties ferrugineuses. La cendre losophique. Tabula Scientiae
de pavot cornu se mêle avec majoris. Par l'huile les Phi-
les métaux en fusion. losophes désignent souvent
HOREUM. Miel tiré de le feu secret des Sages.
la ruche pendant l'été. Huile BE'NITE. Huile
HORIZON. Nom que incombustible. C'est leur
quelques Chimistes ont don- soufre. Ils donnent quelque-
né au mercure de l'or; & les fois ce nom à leur pierre
Philosophes Hermétiques au parfaite au blanc ou au rou-
mercure des Sages, parce ge, parce qu'elle coule & se
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HU HU 201

fond au feu comme le beurre mistes ont mis en oeuvre tout
ou l'huile figée. leur savoir pour la compo-
Huile DE LA NATURE. ser; ils ont calciné, purifié,
C'est le premier sel qui sert sublimé, &c. cette matière,
de base à tous les autres. On & n'en ont jamais pu ex-
l'appelle Huile, parce qu'il traire cette huile si précieuse,
est onctueux, fondant & pé- C'est que les Anciens n'en
nétrant; Huile de la Nature, ont parlé que par allégorie,
parce qu'il est la base de tous & que sous ce nom ils ont
les individus des trois règnes, entendu l'huile des Philoso-
& qu'il en est aussi le conser- phes Hermétiques, autre-
vateur matériel & le restau- ment leur élixir au blanc par-
rateur. C'est le meilleur, le fait, au lieu que les Chi-
plus noble, le plus fixe, & mistes modernes ont pris les
en même temps le plus vo- termes des Anciens à la let-
latil avant sa préparation. tre, & ont perdu leurs pei-
Lorsque l'Art veut l'em- nes, parce que le talc n'est
ployer, il doit de fixe le ren- pas la matière d'où cette
dre volatil, & puis de volatil huile doit s'extraire.
fixe; le résoudre & le coa- Huile DE MARS. (Sc.
guler, c'est tout l'oeuvre. Herm.) Soufre des Philoso-
Huile ESSENTIELLE. phes parfait au rouge.
C'est le soufre volatil des Huile INCOMBUSTI-
métaux philosophiques; c'est-* BLE. (Sc. Herm.) Magistère
à-dire, leur âme, ou le mâ- au rouge; on l'appelle in-
le, le soleil, l'or des Sages. combustible, à cause de sa
Huile DE SATURNE. fixité.
(Sc. Herm.) Matière des Huile ROUGE. Voyez
Philosophes au noir, ainsi Huile de Mars.
nommée, parce qu'ils ap- Huile VIVE. Magistère
pellent Plomb leur matière au blanc.
en putréfaction. Huile VE'GE'TALE. Huile
Huile DE SOUFRE. du tartre des Philosophes,
(Sc. Herm.) Matière au & non du tartre vulgaire.
noir. Huile HE'RACLIENNE.
Huile DE TALC. Les Huile extraite du bois de
Anciens ont beaucoup parlé gayac, ou du bouis. Il est
de cette huile, à laquelle ils bon contre l'épilepsie & les
attribuaient tant de vertus maux de dents.
que presque tous les Chi-* HUMATION. Action
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202 HU HU

par laquelle l'on met dans le ce que la fixation du volatil
vase la matière de la pierre est une espèce de mort, &
des Sages, pour l'y faire pu- que ce qui était eau pendant
tréfier. Quelques Chimistes la dissolution, devient terre
ont comparé cette action à en se fixant.
la sépulture de Jésus-Christ, HUMECTATION. (Sc.
parce qu'on scelle le vase Herm.) Donner à la pierre
après y avoir mis la matière, son humidité, lorsqu'elle est
comme on scella le tombeau parfaite, & qu'on veut la
de notre Sauveur; & que la multiplier. V. Imbibition,
matière ne s'y dissout, ou Multiplication.
putréfie, que pour ressusciter. HUMECTER. Cuire,
Plusieurs d'entre les Philoso- digérer. V. Imbibition.
phes Chimiques ont trouvé HUMEURS. Paracelse
tant de ressemblance dans la ne voulait pas qu'on dît d'un
vie, la passion, &c. de Jésus-* homme, qu'il est sanguin,
Christ, avec les opérations ou mélancolique, ou pitui-
du grand oeuvre des Sages, teux; parce que tout homme
qu'ils n'ont point fais diffi- est sanguin, mélancolique &
culté de se servir des termes flegmatique tout ensemble;
mêmes de l'évangile pour ex- mais il voulait qu'on appe-
primer allégoriquement tout lât la bile soufre rouge, le
leur procédé; parce que, phlegme soufre blanc im-
disent-ils, Dieu a institué le prégné de sels, & la mélan-
grand oeuvre pour le salut colie mercure.
de nos corps, comme il a HUMIDE IGNE'. Mer-
envoyé son Fils pour le salut cure des Sages animé de son
de nos âmes. Ils ajoutent, soufre. Quelquefois les Phi-
que la science Hermétique losophes entendent par ce
jette sur les mystères de la terme la matière de l'oeuvre
religion Chrétienne, un jour au noir.
si grand, qu'il n'est pas pos- Humide RADICAL DE
sible d'être Philosophe Her- LA NATURE, ou l'humidité
métique, sans être bon Chré- visqueuse. C'est le mercure
tien. des Philosophes, qui est la
HUMATION, en ter- base de tous les individus des
mes de science Hermétique trois règnes de la Nature;
signifie proprement la pu- mais qui est plus particuliè-
tréfaction de la matière; & rement la semence & la base
quelquefois sa fixation, par-* des métaux, quand il est
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HU HU HY 203

préparé philosophiquement font d'elles-mêmes, lorsque
pour faire l'oeuvre Hermé- cette même humidité retom-
tique. be sur la terre qui est demeu-
HUMIDITE' dit simple- rée au bas.
ment, signifie le mercure, Humidité VISQUEUSE.
dissolvant universel des Phi- Voyez Humidité de la
losophes. Pierre.
Humidité DE LA PIER- Humidité AQUEUSE.
RE. C'est aussi le mercure Mercure après la putréfac-
qui est une eau sèche, qui tion de la matière.
ne mouille point les mains, Humidité BRULANTE.
& qui ne s'attache qu'à ce Mercure des Sages, ainsi
qui est de sa nature. Ceux nommé de ce qu'il a plus
qui prétendent qu'il y a deux d'action & de force sur l'or
voies, la sèche & l'humide même que le feu élémen-
pour faire le magistère, ap- taire. C'est pourquoi les Phi-
pellent humidité de la pierre losophes disent, nous brû-
l'eau permanente des Sages lons avec l'eau, & les Chi-
sous forme d'eau laiteuse, mistes avec le feu.
nommée lait de vierge, hu- Humidité PERMANEN-
midité visqueuse. Ceux qui TE. V. Eau Permanente.
n'admettent que la voie sè- HUNC ou HUNT ou
che, l'appellent eau sèche HUCCI. Etain, Jupiter.
simplement. Mais c'est un HUSACE. Sel armo-
leurre que ces deux voies; niac.
les uns & les autres suivent HUVO. \ Jupiter des
la même sous deux noms HUUT. / Chimistes.
différents; ils n'ont égard HYACINTHE, fils d'A-
dans ces dénominations micle, fut tué par Apollon,
qu'aux différentes formes qui l'aimait beaucoup. Ce
sous lesquelles se montre leur Dieu en jouant au palet le
mercure dans le cours des fit tomber par mégarde sur
opérations. la tête d'Hyacinthe, qui pé-
Rendre à la pierre son hu- rit du coup. Les Poètes ont
midité, c'est faire les imbi- feint qu'Apollon le changea
bitions, c'est-à-dire, conti- en la fleur d'Hyacinthe, &
nuer le régime du feu philo- que l'on voit encore sur cette
sophique, qui fait sublimer fleur ces deux lettres A, I,
cette humidité au haut du qui composent l'exclamation
vase, d'où les imbibitions se lamentable que fit ce Dieu
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204 HY HY

après cet accident. Voyez subit une espèce de mort,
ce que signifie cette fable & semble acquérir à chaque
dans l'article d'Apollon. instant un nouveau genre de
HYADES, filles d'Atlas vie par les différents degrés
& d'Ethra, furent, selon de perfection qu'elle prend,
quelques-uns les nourrices de même que l'hydre pre-
de Bacchus. On en nomme nait dix nouvelles têtes
six, Eudore, Ambrosie, quand Hercule lui en cou-
Prodice, Coronis, Phileto pait une; ce qui est très
& Poliso: d'autres y ajou- clairement le symbole de la
tent Thionne. Ces préten- multiplication de la pierre.
dues filles d'Atlas ne sont Car autant de fois que l'on
autres que les vapeurs mer- recuit & que l'on dissout la
curielles qui montent au haut pierre avec du nouveau mer-
du vase, & retombent en cure, elle acquiert le décu-
pluie sur la matière fixe si- ple de vertu, & a dix fois
gnifiée par Bacchus. Le nom autant de force transmuta-
seul d'Hyades, qui veut dire toire qu'elle en avait avant
pluvieux, exprime suffisam- cette nouvelle décoction.
ment la chose. Voyez les Fables Egypt.
HYARIT. Argent, Lune & Grecq. dévoilées, liv. 5.
des Philosophes. chap. 4.
HYDATIS. V. Arles HYDRE. Les Sages ont
Crudum. comparé leur élixir à l'hy-
HYDATODES VI- dre, parce que la pierre se
NUM. Vin trempé d'eau. renouvelle & augmente en
HYDEROS. Hydropi- quantité & en qualité à cha-
sie. que fois qu'on répète l'opé-
HYDRARGIROSIS. ration sur le même élixir,
Onction mercurielle. & que dans chaque opéra-
HYDRE. Serpent à plu- tion la putréfaction survient;
sieurs têtes qu'Hercule tua ce qui est une espèce de
dans le marais de Lerna. mort, ils disent qu'alors l'ar-
Les Philosophes Spagyri- tiste coupe la tête à l'Hydre,
ques disent que l'hydre re- & qu'il en renaît dix à la
présente la semence métal- place; parce qu'à chaque
lique, laquelle si l'on digère, réitération de l'oeuvre sur la
& si l'on cuit dans le vase même pierre, sa vertu aug-
philosophique, s'altère & se mente de dix degrés par pro-
change de manière qu'elle gression, c'est-à-dire, que
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HY HY 205

si après la première opéra- mé d'Hercule, qui tua Théo-
tion l'élixir était assez par- damas pour enlever le fils.
fait pour qu'une de ses par- Hercule en allant à la con-
ties en pût transmuer en or quête de la Toison d'or,
dix d'un métal imparfait aborda avec les autres Ar-
après la seconde opération, gonautes en une terre où
& une partie en transmuera Hylas disparu ayant été cher-
cent, &c. ché de l'eau. On feignit que
Hydre. Matière du ma- les Nymphes l'avaient en-
gistère avant la déalbation. levé. Hercule courut les bois
» Notre Lion, dit Philalè- en cherchant & appelant
» the, étant mis dans notre son cher Hylas; mais inu-
» mer devient notre Hydre: tilement. Voy. l'explication
» elle mange ses têtes & sa de cette fable dans le liv. 5.
» queue. Et sa tête & sa ch. 14. des Fables Egypt.
» queue sont son esprit & & Grecq. dévoilées.
» son âme. Cette âme & cet HYLE'. Terme pris du
» esprit sont sortis de la boue, grec ύλη̑, & qui signifie fo-
» dans laquelle sont deux rêt, cahos, confusion. C'est
» choses contraires, l'eau & aussi le nom que la plupart
» le feu. L'un vivifie l'autre, des Alchimistes donnent à
» & celui-ci tue celui-là. Il la matière de la pierre phi-
» faut les plonger dans notre losophale.
» Hydre, & puis sept fois Hylé. (Science Herm.)
» dans notre mer, jusqu'à Quelques-uns disent qu'il
» ce que tout soit absolu- faut entendre par ce terme
» ment sec, c'est-à-dire la matière d'où les Philoso-
» jusqu'au blanc. « phes tirent leur mercure;
HYDRELOEUM. Mix- d'autres, qu'il signifie la mê-
tion d'eau & d'huile. me matière au noir, & Phi-
HYDRIA. Dieu de l'Eau lalèthe dit qu'on donne le
chez les Egyptiens. Voyez nom de Hylé à la matière
Canope. parvenue au blanc. Voyez
HYDROPEGE. Eau de son Traité De vera confec-
fontaine. tione lapidis Phici, ou Enar-
HYGIEIA, fille d'Escu- ratio methodica trium medi-
lape, Déesse de la Santé. cinarum Gebri, pag. 38.
Voyez Esculape. Hylé. Matière première
HYLAS, fils de Théo- substance radicale, humide
damas, fut extrêmement ai-* radical, dernier aliment, se-
@

206 HY HY

mence prolifique, sont des les des eaux ou esprits avec
expressions presque synony- lesquels ces huiles passent
mes d'une même chose dans dans le récipient pendant la
chaque règne. Le Breton. distillation.
HYLEC. Voyez Hylé. HYPOGLOSSIS ou
HYLLUS, fils d'Hercule. BATRACHION. Rainet,
Voyez Hillus. tumeur de grenouille, & le
HYMEN. Voy. Himen. remède qui guérit cette ma-
HYPECOON. Cumin ladie, de même que l'â-
sauvage: d'autres préten- preté du larynx.
dent que ce terme doit s'en- HYPOGLOTTIDES.
tendre d'une espèce de pa- (Pilules) Ce sont des con-
vot cornu. Plancard. serves, des pilules qu'on laisse
HYPE'RION, père du fondre sur la langue pour
Soleil, selon la Fable, si- adoucir la toux.
gnifie le Mercure philoso- HYPOPHE'ON. Voyez
phique, père de l'or; car Hypecoon.
rien n'est plus subtil que le HYPOPHORES. Ulcè-
mercure. Et Théja regardée res fistuleux.
comme la mère du Soleil, HYPOPYON. Oeil pu-
doit s'entendre du soufre. rulent.
Olaus Borrichius. HYPOSPHAGMA. Oeil
HYPERMNESTRE. meurtri.
L'une des filles de Danaüs, HYPOSTASE. Matière
fut la seule des cinquante qui de l'oeuvre au blanc.
ne suivit pas les ordres de son HYPSIPHILE, fille de
père, qui consistaient à tuer Thoas Roi de Lemnos, sau-
chacune son mari la pre- va la vie à son père, contre
mière nuit de leurs noces. la résolution que les femmes
Hypermnestre épargna le de cette île avaient prise de
sien nommé Lincée, qui dans tuer tous les hommes qui y
la suite fit mourir Danaüs. habitaient. Elle se sauva de
Voyez Danaüs. l'île après que Jason l'eut
HYPNOTICA. Médi- connue, & laissée enceinte.
caments soporifiques. Elle eut de lui deux enfants,
HYPOCHOERIS. Lai- Thoas & Euneus. Licurgue
tron épineux. Roi de Thrace, reçut Hyp-
HYPOCLAPTIQUE. siphile chez lui, & la fit nour-
(Vase) Espèce d'entonnoir rice de son fils Archemore.
à séparer les huiles essentiel-* Etant un jour dans un bois
@

JA JA 207

avec son nourrisson, des des Fables Egyptiennes &
Grecs extrêmement pressé Grecques dévoilées.
de la soif, la prièrent de leur JANUS à deux visages
donner quelques secours: signifie, selon les Alchimis-
elle le fit, & les conduisit à tes, la matière de la pierre
une fontaine qui n'était pas philosophale, qu'ils nom-
loin de là. Son zèle fut si ment Rebis, comme faite &
grand, que pour aller plus composée de deux choses. Ils
vite, elle laissa le petit Ar- font régner ce Janus avec
chemore seul sur l'herbe. Saturne, parce que cette
Elle s'amusa à raconter en matière mise dans le vase
peu de mots son histoire aux prend d'abord la couleur
Grecs, & retourna où elle noire attribuée à Saturne.
avait laissé le jeune Prince. Voyez une explication plus
Pendant ce temps-là un ser- étendue de Janus & de ses
pent lui avait ôté la vie, & attributs dans le liv. 3. ch. 3.
il venait d'expirer. Les Grecs & suiv. des Fables Egypt.
affligés de cette funeste aven- & Grecques dévoilées.
ture tuèrent le serpent, firent JAPET, fils du Ciel &
à cet enfant de superbes fu- de la Terre, eut de la Nym-
nérailles, & instituèrent des phe Asie Hesper, Atlas,
Jeux en son honneur, qui Epiméthée & Prométhée.
devaient se célébrer dans la Voyez Atlas.
suite tous les trois ou tous JARDIN. Le Jardin des
les cinq ans. Ce sont ceux Philosophes est le vase qui
que l'on appela Jeux Né- contient la matière du grand
méens. Voyez les Fables oeuvre. Les couleurs sont les
Egypt. & Grecques dévoi- fleurs de ce Jardin, que le
lées, liv. 4. ch. 8. & liv. 2. feu de la Nature, aidé du
ch. 1. feu artificiel, fait naître &
J. éclore. Le Dragon des Hes-
pérides veille à la porte du
J A, fille d'Atlas & soeur Jardin des Sages, dont il
de Maïa, mère de Mer- garde l'entrée. D'Espagnet
cure. Voyez Maïa. donne ainsi la description de
JABORA. Mandragore. ce Jardin.
IACCHOS. L'un des Lorsqu'on a trouvé le
noms de Bacchus. Voyez ce moyen d'ouvrir la porte du
qu'il signifie dans le liv. 3. Jardin des Philosophes, on
ch, 14. §. 2, & liv. 4. ch, 2, trouve dès l'entrée une fon-
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208 IA IA

taine d'eau très-lympide qui d'autres, dorées comme la
sort de sept sources, & qui première. Vous trouverez
l'arrose tout entier. Il faut y ensuite de beaux lys, d'un
faire boire le Dragon par le blanc éclatant, & enfin l'im-
nombre magique de trois mortelle amarante d'une
fois sept, jusqu'à ce qu'il en belle couleur de pourpre.
soit tellement enivré, qu'il Tout ce que nous venons de
dépouille ses vêtements. Mais rapporter d'après d'Espa-
on n'en viendra jamais à gnet, doit s'entendre de la
bout si Vénus porte-lu- seconde opération, que pres-
mière, & Diane cornue ne que tous les Philosophes ap-
nous sont propices & favo- pellent la première, parce
rables. On doit chercher qu'ils supposent qu'on a le
dans ce Jardin trois sortes mercure tout préparé. Cette
de fleurs, qu'il faut néces- préparation est cependant ce
sairement y trouver pour qu'il y a de plus difficile,
réussir. Tout auprès du seuil puisqu'ils l'ont appelée les
de la porte se voient des travaux d'Hercule. Mais
violettes printanières, qui peu d'entr'eux en ont parlé,
arrosées par des petits ruis- parce que tout leur secret gît
seaux, formés par des sai- presque dans cette opéra-
gnées faites au fleuve doré, tion; la seconde, qui est la
font prendre à ces violettes formation du soufre lunifi-
une couleur brillante d'un que & solifique, est appe-
saphir foncé. Le soleil vous lée un ouvrage de femmes
servira de guide. Vous ne & un jeu d'enfants.
séparerez point ces fleurs de La fontaine que l'on trou-
leurs racines jusqu'à ce que ve à l'entrée du Jardin, est
vous en composiez votre le mercure des Sages, qui
pierre, parce qu'elles don- sort des sept sources, parce
nent plus de suc & de tein- qu'il est le principe des sept
ture, lorsqu'elles sont fraî- métaux, & qu'il est formé
chement cueillies: alors vous par les sept planètes, quoi-
les cueillerez d'une main sub- que le Soleil seul soit ap-
tile & ingénieuse: ce que pelé son père, & la Lune
vous ferez très aisément, si seule sa mère. Le Dragon
votre mauvais destin ne s'y qu'on y fait boire, est la pu-
oppose: lorsque vous en au- tréfaction qui survient à la
rez cueilli une, la racine matière, qu'ils ont appelé
vous en produira bientôt Dragon, à cause de sa cou-
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JA JA 209

leur noire & de sa puan- Voyez les Fables Egypt. &
teur. Ce Dragon quitte ses Grecques dévoilées, liv. 4.
vêtements, lorsque la cou- ch. 2. & 3.
leur grise succède à la noire. JASO, fille d'Esculape
Vous ne réussirez point si & d'Epione, que quelques-*
Vénus & Diane ne vous uns nomment Lampotie, eut
sont favorables, c'est-à-dire, pour frères Machaon & Po-
si, par le régime du feu, dalire, & pour soeurs Hy-
vous ne parvenez à blanchir giéa, Eglé & Panacéa. Jaso
la matière qu'il appelle dans fut regardée comme Déesse
cet état de blancheur, le de la Médecine, aussi son
règne de la Lune, auquel nom veut-il dire guérison,
succède celui de Vénus, puis comme celui de Panacéa si-
celui de Mars, enfin celui du gnifie Médecine universelle.
Soleil. Vous ne séparerez Voyez les Fables Egypt. &
point ces fleurs de leurs ra- Grecques dévoilées, liv. 3,
cines, &c. c'est-à-dire, qu'il chap. 12. §. 2.
ne faut rien ôter du vase, JASON, selon la Fable,
alors vous les cueillerez d'u- était fils d'Eson & de Poly-
ne main subtile & ingénieu- mede fille d'Autolicus. Il eut
se; non pas qu'il faille alors Créthée pour aïeul, Eole
ôter quoique ce soit de pour bisaïeul, qui était fils
l'oeuf, ni même l'ouvrir; de Jupiter. Eson avait pour
mais faire succéder les cou- frère un nommé Pélias, sous
leurs les unes aux autres, au la tutelle duquel il mit Ja-
moyen du régime du feu. son; mais la mère de celui-ci
Par ce moyen on aura d'a- le mit entre les mains de Chi-
bord les violettes de couleur ron pour y apprendre la Mé-
de saphir foncé, ensuite le decine. Etant devenu grand
lys, & enfin l'amarante, & bien instruit, il redeman-
ou la couleur de pourpre, da à Pélias le Royaume que
qui est l'indice de la perfec- son père Eson lui avait laissé
tion du soufre aurifique. en mourant. Pélias ne vou-
JASION, fils de Jupiter lut consentir à cette restitu-
& d'Electre, fille d'Atlas, tion, qu'à condition que Ja-
épousa Cybèle, dont il eut son irait préalablement faire
un fils nommé Corybas. Cé- la conquête de la Toison
rès, dont il fut très aimé, lui d'or. Ce que Jason exécuta,
donna Plutus: & Jasion fut après s'être associé cinquante
enfin mis au rang des Dieux, braves compagnons presque
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210 JA JA

tous descendus des Dieux Jason ne fut jamais Médecin
comme lui. Ayant donc pré- ou Chirurgien, puisqu'il n'a
paré tout ce qu'il crut né- jamais existé en réalité; mais
cessaire pour cette expédi- la Fable dit qu'il fut instruit
tion, Pallas lui conseilla la par Chiron, le même qui
construction & la forme du instruisit aussi Hercule &
navire, dont le mât fut Achille. Chiron lui apprit
fait d'un chêne pris dans la donc l'expérience manuelle,
forêt de Dodone. Il aborda Médée la théorie nécessaire
d'abord à Lemnos pour se pour la perfection de l'oeu-
rendre Vulcain propice, puis vre. Jupiter un de ses ancê-
à Marsias, à Cius, en Ibérie, tres; & Médée, femme de
à Bébrycie & vers les Syrtes Jason, était petite-fille du
de Lybie, où ne pouvant Soleil & de l'Océan, & fille
passer, ses compagnons & d'Aeéte, dont les soeurs
lui portèrent le navire Argo étaient Circé l'Enchanteres-
sur leurs épaules pendant se, & Pasiphaé qui engen-
douze jours, & la remirent dra le Minotaure. La mère
en mer; & après avoir vain- de Médée fut Idie, aussi En-
cu tous les obstacles qui s'op- chanteresse, par où l'on peut
posaient à leur dessein, ils juger que cette parenté ne
arrivèrent enfin à Colchos, pouvait pas mieux convenir
où par l'art de Médée, ils qu'à Jason, qui devait être
vinrent à bout d'enlever la un grand Médecin, & un
Toison d'or. grand Scrutateur des cho-
Si peu que l'on veuille ses naturelles. Il se choisit
faire d'attention à cette his- cinquante compagnons de
toire fabuleuse, & que l'on voyage, tous issus des Dieux.
soit instruit des mystères de On en peut voir les noms
l'art Chimique, si peu même dans l'histoire de la Fable.
que l'on ait lu les livres des Le navire Argo fut construit
Auteurs qui en traitent, l'on des chênes de Dodone, qui
reconnaîtra aisément que donnaient des oracles. Cette
cette prétendue histoire n'est grosse & grande masse fut
qu'une allégorie du grand portée par cinquante hom-
oeuvre, comme on va le voir mes dans les déserts de la
par l'explication suivante. Lybie pendant douze jours;
Jason tire son étymologie Orphée son Pilote ne la gou-
du grec, & ne veut dire autre vernait que par sa musique
chose que l'Art de guérir. & son chant; enfin ce na-
@

JA JA 211

vire périt de vieillesse, en- perfection, & n'a presque
sevelit Jason sous ses débris, plus d'écueils à craindre.
& fut mis au rang des astres. Ceux qui désirent une ex-
Que veulent dire tous ces plication chimique plus dé-
lieux où aborda le navire? taillée, trouveront de quoi
Pourquoi d'abord à Lemnos se satisfaire amplement dans
pour se rendre Vulcain fa- le chapitre 1. du livre 2. des
vorable? Pourquoi Euripyle Fables Egypt. & Grecques
donna-t-il de la terre en pré- dévoilées.
sent à Jason? C'est qu'Euri- JASSA. Herbe de la Tri-
pyle était fils de Neptune, nité.
que de l'eau on fait de la JAUNE D'OEUF. (Sc.
terre, & que de cette terre Herm.) Beaucoup de Chi-
il faut faire de l'eau; c'est mistes ont travaillé sur les
aussi de cette terre que Mé- jaunes d'oeufs comme sur la
dée augura bien de l'expédi- matière des Sages, quoique
tion. Ce n'est pas aussi sans presque tous disent ouverte-
raison que Phinée fut délivré ment que ce n'est point cela.
des Harpies par Calaïs & Leur jaune d'oeuf est leur
Zetès, tous deux fils d'Eole; magistère au rouge.
puisque Basile Valentin dit IBERIS. Espèce de cres-
dans sa sixième Clef, que son, ou de cardamine, ou
deux vents doivent souffler, lepidium, appelé sisymbrium
l'un le vent d'orient, qu'il par Dioscoride.
appelle Vulturnus, & l'autre IBIGA. Chamaepytis.
le vent du midi, ou Notus. IBIS. Oiseau aquatique
Après que ces deux vents qu'on ne trouve que dans
auront cessé, les Harpies se- l'Egypte. Il ressemble à la
ront mises en fuite, c'est-à-* cigogne, & il y en a de deux
dire les parties volatiles de- espèces, l'une noire & l'au-
viendront fixes. tre blanche. Ils se nourrissent
Ils trouvèrent aussi sur leur de serpents, de chenilles, de
route les deux rochers Cya- sauterelles. Les Egyptiens
nées, dont il faut éviter l'é- employèrent la figure de cet
cueil au moyen d'une co- oiseau dans leurs hiérogly-
lombe; cette colombe que phes, pour signifier en pre-
signifie-t-elle autre chose que mier lieu une partie de la
la matière parfaite au blanc? matière du grand oeuvre;
Ce qui marque infaillible- parce que l'Ibis étant un
ment que l'oeuvre tend à sa grand destructeur de ser-
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212 JC ID

pents, il devenait le symbole Son poil est dur comme ce-
de cette partie volatile qui lui du loup, blanchâtre ou
dissout & volatilise la fixe, jaunâtre; son museau est
assez souvent désignée par noir & ressemble à celui du
des serpents. Quelquefois cochon; ses oreilles sont pe-
l'Ibis blanc indiquait la ma- tites, rondes; ses dents & sa
tière au blanc, & I'Ibis noir langue approchent de celles
la matière en putréfaction. du chat; ses jambes sont noi-
ICARE, fils de Dédale, res; sa queue est longue &
voulut se sauver de l'île de grosse par le bout d'en haut.
Crète, où Minos le tenait On trouve cet animal au
renfermé avec Dédale son bord du Nil en Egypte; il
père. Celui-ci fabriqua des est amphibie, & connu sous
ailes pour lui & pour son fils. les noms de Rat d'Egypte
Ils prirent leur vol; mais ou de Rat d'Inde. Il se nour-
Icare n'ayant pas suivi les sa- rit de petits rats, de serpents,
ges conseils de son père, qui de lézards, de limaçons, de
lui avait recommandé de vo- grenouilles; il ronge le ven-
ler toujours bas, s'éleva trop tre des crocodiles pendant
haut; l'ardeur du soleil fon- qu'ils dorment, pour en man-
dit la cire dont ces ailes ger le foie & les intestins,
étaient formées, & Icare & casse aussi leurs oeufs.
tomba dans la mer, où il se Cet animal était autrefois
noya. Dédale & Icare sont en grande vénération chez
le symbole de la partie fixe les Egyptiens, qui l'em-
du magistère, qui se volati- ployaient dans leurs hiéro-
lise. Dédale représente le glyphes dans le même sens
premier soufre, d'où naît le que l'Ibis.
second, qui après s'être su- IDA. Deux montagnes
blimé au haut du vase, re- ont porté ce nom, l'une en
tombe dans la mer des Phi- Phrygie, l'autre dans l'île
losophes. Le labyrinthe où de Crète. C'est sur le mont
ils étaient renfermés est le Ida que Jupiter se reposait
symbole de la matière en pendant que les Dieux com-
putréfaction, comme on peut battaient entr'eux, les uns
le voir expliqué dans l'article pour les Grecs contre les
Minotaure. Troyens, les autres pour les
ICHNEUMON. Animal Troyens contre les Grecs.
à quatre pieds, grand com- Voyez le liv. 3. ch. 4. & le
me un chat; mais plus long. liv. 6. des Fables dévoilées.
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ID JE JE 213

IDA était aussi une des Eole, en l'honneur de Me-
Nymphes qui nourrirent Ju- licerte. D'autres disent que
piter. C'est de là qu'il por- ce fut Thésée, & non Sisy-
tait le nom d'Idoeus. Voyez phe, qui les institua. Le sen-
Jupiter. timent le plus commun par-
IDAEA. Victorialis, ou mi les Mythologues, est que
Allium Alpinum. Thésée ne fit que les renou-
IDYIA, fille de l'Océan veler. Voyez le liv. 4. ch. 9.
& femme d'Aeetès, fut mère des Fables Egypt. & Grecq.
d'Absyrthe & de Médée. dévoilées.
Voyez Médée. Jeux NE'ME'ENS, insti-
JESSEMIN. Jasmin pe- tués, selon les uns, par Her-
tit arbrisseau. cule, après qu'il eut délivré
JET D'E'TOILES. la forêt de Némée de ce Lion
Voyez Nostoch. si célèbre dans la Fable; se-
JEU D'ENFANTS. Les lon d'autres, par Adraste &
Philosophes ont donné ce ceux qui l'accompagnaient
nom à l'ouvrage de la pierre, dans l'expédition de Thèbes.
après la préparation du mer- Ils furent institués en l'hon-
cure, parce que la Nature neur d'Archemore, fils de
fait presque tout, & qu'il ne Lycurgue. Voyez le ch. 8.
faut qu'avoir soin d'entrete- du liv. 4. des Fables Egypt.
nir le feu, néanmoins selon & Grecques dévoilées.
certaines règles. Voyez Oeu- Jeux OLYMPIQUES, les
vre. plus célèbres & peut-être les
JEUX. Sortes de specta- plus anciens de la Grèce, fu-
cles que la Religion avait rent institués par Hercule.
consacrés & qu'on donnait Pausanias dit que quelques-*
dans la Grèce dans les temps uns en attribuaient l'institu-
les plus reculés, & qui pri- tion à Jupiter même, après
rent naissance dans les temps qu'il eut remporté la victoire
fabuleux. Aussi les suppose-* sur les Titans; qu'Apollon y
t-on pour la plupart institués disputa & remporta le prix
par des Dieux ou des Héros de la course sur Mercure, &
de ce temps-là, descendus des celui du pugilat sur Mars.
Dieux du Paganisme. Les Voyez le liv. 4. ch. 6. des
principaux étaient les sui- Fables Egypt. & Grecques
vants: dévoilées.
Jeux ISTHMIQUES insti- Jeux PYTHIQUES ou
tués par Sisyphe, fils du Dieu PYTHIENS, institués en
O ij
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214 JE IG IL IM

l'honneur d'Apollon, on ne ILIASTRE. Cahos, ou
sait pas trop par qui, mais les trois principes, soufre,
cependant en mémoire de sel & mercure des Philoso-
la défaite du serpent Python phes chimiques, réunis dans
par ce Dieu. Voyez le ch. 7, la minière de laquelle ils les
du liv. 4. des Fables dév. extraient. Ils ont aussi donné
Il y avait une infinité d'au- ce nom à leur matière en pu-
tres Jeux, mais ceux dont je tréfaction, parce que ces
viens de parler sont connus trois principes y paraissent
de la plus haute antiquité. alors confondus.
Les Philosophes Herméti- ILLECH ou ILECH.
ques prétendent que ces Jeux V. Cahos, Hylé.
& bien d'autres dont nous ILLECH CRUD. Mixte
ne faisons pas mention, fu- composé des trois principes,
rent institués en vue du grand soufre, sel & mercure, dont
oeuvre, & de ce qui se passe tout être sublunaire & ma-
dans les opérations de cet tériel a été fait.
Art. Voyez les Fables dé- ILLEIAS. Première ma-
voilées citées ci-devant. tière de tout.
JEUNESSE. Magistère ILLEIDOS. Air élé-
des Philosophes parfait au mentaire qui entretient la vie
rouge. de tout. On dit aussi Illeidus.
IFFIDES. Céruse. ILLIASTER, ILLIAS-
IGNE'. Qui est du feu, TES, ILLIADUM. Voyez
qui participe du feu. Basile Iliastre, Illinctus ou
Valentin appelle pierre ignée Eclegma. Look.
ou de feu, la pierre qui ré- ILUS, fils de Tros Roi
sulte des opérations qu'il rap- des Troyens, & père de
porte dans son Char Triom- Laomedon, donna le nom
phal de l'Antimoine. Les d'Ilion à la ville de Troie.
Philosophes Hermétiques Voyez les Fables Egypt. &
donnent souvent cette épi- Grecques dévoilées, liv. 6.
thète à leur matière fixe, IMBIBER. Cuire, digé-
leur soufre. rer la matière de l'oeuvre
IGNIS LEONIS. Feu Hermétique, la faire subli-
du soufre des Sages. mer en vapeurs de manière
IGNIS PRUINUS qu'elle retombe en espèce
ADEPTUS. Quintessence de pluie qui abreuve & im-
du vitriol rectifiée avec le bibe la terre philosophique
tartre. Planiscampi. restée au fond du vase.
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IM IM 215

IMBIBITION, en ter- le met dans un creuset sur
mes de Philosophie Hermé- un feu très doux, & on l'im-
tique, est la même chose que bibe goutte à goutte avec son
distillation, & souvent aussi huile rouge jusqu'à ce que
la même que sublimation & tout fonde & coule sans fu-
cohobation. Elle se fait lors- mée. D'Espagnet dit qu'il ne
que la matière enfermée faut point craindre que le
dans l'oeuf se sublime & mercure s'évapore, parce
monte en forme de vapeurs que la terre, qui est très fixe,
au haut du vase, où ne trou- le boit avec avidité. C'est
vant point d'issue, elle est alors que l'élixir a toute la
obligée de retomber sur elle-* perfection dont il est suscep-
même, jusqu'à ce que fixée, tible.
elle ne circule plus. Les Philosophes nomment
Imbibitions PHILOSO- aussi Imbibition les vapeurs
PHIQUES. On a donné ce qui montent au haut du vase
nom à la manière d'humecter pendant que la matière cir-
la matière des Philosophes, cule, parce que ces vapeurs
après qu'elle est devenue retombent gouttes à gouttes
soufre blanc ou soufre rouge, sur la terre qui reste au fond
pour la multiplier en quan- du vaisseau ou oeuf philoso-
tité & en qualités. Ces im- phique. Il faut bien prendre
bibitions se font goutte-à-* garde de ne pas se mépren-
goutte jusqu'à ce que la ma- dre dans les imbibitions, &
tière n'ait plus soif. Quand ne pas les faire avec le blanc
on veut multiplier le soufre pour le rouge, ou avec le
blanc, on fait le même com- rouge pour le blanc.
me au rouge. IMBLEGI. Mirobolants.
Il y a encore une autre IMMERSION. Action
imbibition pour la perfection par laquelle on met un mé-
de l'élixir. Après avoir fait tal dans un dissolvant, pour
un amalgame avec trois par- qu'il s'y réduise en chaux.
ties de terre rouge ou fer- On le dit aussi de tout corps
ment rouge pour la pierre mis dans un liquide, ou mêlé
solifique, le double d'eau & avec quelque poudre sèche,
d'air pris ensemble, & que soit pour ôter à ce corps une
cette matière, au moyen de acrimonie nuisible, soit pour
la digestion, est parvenue au ramollir son écorce trop du-
rouge parfait & diaphane, re, soit enfin pour en corro-
on en prend à volonté, on der le superflu. Blancard.
O iv
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216 IM IN

IMMONDICE DU leurs semences avec impé-
MORT. (Sc. Herm.) Ma- tuosité; elles s'embarrassent
tière des Philosophes au dans les doigts, & les salis-
noir. sent. C'est de là qu'on lui a
IMPARTIBLE. Les donné les noms d'Herbe im-
Chimistes appellent leur patiente, & de Noli me tan-
mercure le seul impartible gere, M. Tournefort l'a ap-
connu des Sages. Diction. pelée Balsaminea lutea.
Herm. IMPREGNATION. Il
IMPASTATION. Lors- n'y aura point d'imprégna-
que la matière tombe en pu- tion, s'il n'y a point de con-
tréfaction dans l'oeuf, & jonction, dit Morien, c'est-*
qu'elle est devenue noire, à-dire, que si l'on ne fait
elle s'est épaissie en consis- pas le mariage du mâle &
tance de poix noire coulan- la femelle, ou ce qui est la
te; alors elle est comme de même chose, du fixe & du
la pâte, ou comme de la volatil, ils ne pourront agir
boue: ce qui a fait nommer l'un sur l'autre, & produire
cette opération Impastation. un troisième corps qui par-
IMPATIENTE (Herbe). ticipera des deux. Cette im-
Espèce de balsamine qui prégnation se fait dans le
pousse une tige à la hauteur temps que le volatil & le fixe
d'un pied & demi, tendre, sont dans une dissolution en-
lisse, luisante, verte, vide, tière, parce qu'alors ils se
rameuse. Ses feuilles sont pénètrent per minima, & se
rangées alternativement, confondent, pour ainsi dire,
semblables à celles de la l'un dans l'autre, de manière
mercuriale, mais un peu plus qu'après avoir circulé, ils de-
grandes, dentelées; les fleurs viennent inséparables.
sont jaunes, marquées de On dit aussi imprégnation
points rouges, comme cel- en Chimie, pour signifier la
les de la balsamine: elles communication des proprié-
sont attachées à des pédi- tés d'un mixte faite à un au-
cules qui sortent des aisselles tre de quelque manière qu'on
des feuilles. Il leur succède la fasse. Par exemple, quand
des fruits longs, menus, on donne au tartre la vertu
noueux, d'un blanc verdâ- émétique de l'antimoine, ce
tre, rayé de lignes vertes. qui le fait appeler Tartre
Quand ils sont mûrs, & stibié.
qu'on les touche, ils jettent INCENDIE. Les Philo-
@

IN IN 217

sophes Hermétiques appel- le même mercure, dont on
lent Incendie le degré du feu s'est servi dans la composi-
trop vif & trop violent don- tion de la pierre. Avec le
né à la matière. Alors elle mercure rouge si la pierre a
se brûle, & ne peut plus ser- été poussée au rouge, &
vir de rien. Fuis le tyran du avec le mercure blanc si on
monde, le fratricide qui cause ne l'a cuite qu'au blanc.
des incendies. D'Espagnet. Les Philosophes ont donné
C'est-à-dire, qu'il faut con- le nom d'Incération à plu-
duire le feu extérieur avec sieurs opérations; mais l'in-
beaucoup de prudence, il cération proprement dite est,
l'appelle Fratricide, parce selon Philalèthe, celle qui se
qu'il éteint le feu intérieur de fait dans la multiplication en
la matière; & Tyran du mon- quantité, lorsque l'on mêle
de, parce qu'il détruit tout de l'or avec l'élixir pour le
dans la Nature. L'impatience rendre fondant comme la
fait que bien des Artistes ne cire, & le déterminer plus
réussissent pas; la vertu con- particulièrement au métalli-
traire est nécessaire au Phi- que. Ce mélange est pres-
losophe. Tous la recomman- qu'absolument nécessaire;
dent, & disent que la préci- car Riplée assure que sans lui
pitation vient du diable. bien des Artistes ont perdu
INCE'RATION. Action leur poudre de projection,
par laquelle on met peu à parce qu'ils la projetaient
peu du mercure sur la ma- d'abord sur des métaux im-
tière devenue soufre, soit parfaits.
pour la multiplier, soit pour INCESTE. (Sc. Herm.)
rendre l'élixir parfait. Voyez Les Philosophes disent que
Imbibition. le grand oeuvre se fait par
L'Incération rend la pierre l'inceste du frère & de la
philosophale fusible, fon- soeur. Les disciples de Py-
dante comme cire, aigue, thagore disent (Epître d'A-
pénétrante. Elle se fait par rislée, à la fin de la Tourbe
imbibition des choses humi- des Philosophes au Roi des
des sur la matière pulvérisée; côtes de la mer: Vos sujets
en réitérant plusieurs fois n'engendrent point, parce
cette imbibition qui se fait que vous conjoignez les mâ-
gouttes à gouttes, & qu'il faut les avec les mâles; & le Roi
dessécher autant de fois. Cet- dit: Quelle chose est con-
te humidité n'est autre que venable à conjoindre? Aris-
@

218 IN IN

lée répondit: Amenez-moi me du Roi. La cendre des
Gabertin votre fils & sa soeur Philosophes est leur terre
Beya; elle est de matière feuillée, dans laquelle ils
substantielle de Gabertin; & jettent la semence aurifique,
par leur mariage, nous serons qui doit produire au centu-
hors de tristesse, & non au- ple, un fruit plus beau &
trement. Et incontinent que plus parfait que n'était celui
Beya eut accompagné son qui a fourni la semence.
mari & frère Gabertin, & INCOMBUSTIBLE
qu'il fut couché avec elle, il (Soufre). Les Chimistes
mourut, & perdit sa vive Hermétiques donnent le
couleur. D'Espagnet en par- nom d'Incombustible à leurs
lant de ce qui précède cette soufres, parce qu'ils sont si
opération, dit que Beya a fixes que le feu ne peut plus
pu sans crime, & sans don- leur faire sentir ses atteintes
ner atteinte à sa virginité, tyranniques & destructives.
contracter un amour spiri- INCORPORER. Voyez
tuel avant de donner sa foi Inspirer.
à Gabritius, qui est le même INCUBE. Quelques Phi-
que Gabertin, afin d'être losophes ont donné ce nom
plus blanche, plus alerte, à leur Lune, qu'ils ont aussi
& plus propre aux actes du appelée femme du Soleil.
mariage qu'elle doit contrac- Rullandus. Les Anciens ont
ter avec lui. aussi donné le nom d'Incu-
Les Adeptes disent aussi bes aux Faunes & aux Sa-
que dans cette union du tyres.
mâle & de la femelle, se INCUDA. Voy. Beya.
trouve l'inceste du père & INFINI. Soufre des Phi-
de la fille, de la mère & du losophes, ainsi nommé, de
fils: parce que dans cette ce qu'il peut être multiplié à
opération les corps retour- l'infini.
nent à leur première matière, INFLUENCE. Les
composée des éléments & Adeptes expliquent toutes
des principes de la Nature, les productions minérales &
qui semblent s'y confondre. végétales par les influences
INCINE'RATION. Ac- des astres, particulièrement
tion par laquelle on réduit du Soleil & de la Lune. Ces
un corps en cendres. Ne influences sont portées dans
méprisez pas la cendre, dit l'air par l'action du feu; l'air
Morien, car c'est le diadè-* qui est comme le médiateur
@

IN IN 219

entre le feu & l'eau, les com- les corps jusques dans leurs
munique à ce dernier élé- plus petites parties. C'est
ment, celui-ci à la terre, qui pourquoi elle est esprit &
leur sert de matrice. Les po- corps, ou corps spiritualisé;
res de la terre donnent à ces car pour réussir dans le ma-
influences la liberté de péné- gistère, il faut spiritualiser les
trer jusqu'au feu central, qui corps & corporifier les es-
les repousse, & en les subli- prits, ou, ce qui est le même,
mant les renvoie par d'au- volatiliser le fixe & fixer le
tres pores jusqu'à la superfi- volatil. Tout cela se fait dans
cie, où le froid les condense une même opération après
en pierres, gravier, cailloux, la jonction ou le mariage du
&c. si elles n'ont pas trouvé mâle & de la femelle. Le
un soufre métallique qui les Dragon ailé de Flamel em-
ait accrochées en chemin. porte avec lui le Dragon sans
Celles qui poussent jusqu'à ailes, & celui-ci à son tour
la superficie, & qui y ren- ramène à terre le Dragon
contrent des semences végé- ailé. Michel Majer a repré-
tales propres à se dévelop- senté cette opération dans ses
per, elles les fécondent, les Emblèmes par un nid d'oi-
ouvrent, & par leur aimant seau, d'où s'envole un petit,
naturel attirent de l'air des qu'un autre demeuré dans le
parties semblables, qui se nid retient. Le fixe ne se vo-
joignant à celles qui sont déjà latiliserait jamais seul, & le
dans la terre, s'amassent peu volatil ne se fixerait point par
à peu, & par l'action du feu lui-même.
élémentaire & la réaction du Le soufre philosophique
feu central font une espèce donne l'ingrès à la pierre,
de circulation, qui produit c'est son feu, dit d'Espagnet.
tout dans les deux règnes Elle tire sa teinture & sa fixité
minéral & végétal. Voyez du ferment, & sa fusibilité
d'Espagnet Enchyrid. Phy- du mercure, qui est le me-
sicae restitutae. dium au moyen duquel se
INGRE'S. Propriété pé- fait l'union des teintures du
nétrante. Les Philosophes soufre & du ferment. Le sou-
chimiques disent que leur fre est un enfant de l'art Her-
pierre est entrante, tingente métique, le ferment est fils
pénétrante, ou qu'elle a de la Nature. C'est pour cela
de l'ingrès; c'est-à-dire que que les Philosophes disent
quoique corps, elle pénètre que leur matière ne se trouve
@

220 IN IN

point dans les boutiques des Beya d'Arislée, qui tue son
Droguistes, ni dans les au- frère & mari Gabertin, &
tres; & que Marie dit, l'un ce même Gabertin qui res-
s'achète & l'autre se fait; suscite dans son fils, plus
parce qu'elle parle de la con- beau & plus parfait qu'il n'é-
fection de l'élixir, & non de tait auparavant. La femelle
celle du soufre qu'elle sup- est le volatil, & le mâle est
pose fait. L'ingrès s'entend le fixe. Le Dictionnaire Her-
de la faculté pénétrante de métique & les autres Lexi-
la poudre pour la transmu- cographes d'après lui, disent
tation. mal-à-propos que l'ingrossa-
INGRESSION. Action tion est la même chose que
par laquelle les matières se la conversion des éléments
mêlent de manière à ne pou- bas & grossiers en ceux qui
voir plus être séparées. La sont hauts & légers; car
putréfaction opère ce mé- quoique l'ingrossation se fasse
lange dans le temps que la dans le temps que le fixe se
dissolution est parfaite, & volatilise, la conversion des
que la matière est au noir. éléments est encore autre
Les Auteurs du Dictionnaire chose. C'est, selon Aristote
de Trévoux & de l'Encyclo- le Chimiste & tous les Phi-
pédie ignoraient ce que c'est losophes, la conversion de
qu'ingression quand ils l'ont la terre en eau, de l'eau en
confondu avec ingrès. air, de l'air en feu, & du
INGROSSATION. tout en terre, selon ce qui
Action par laquelle le volatil est dit: Vous êtes terre, &
& le fixe de la matière des vous retournerez en terre. Et
Sages se mêlent intimement, Hermès dans la Table d'E-
après avoir longtemps com- meraude: Sa puissance sera
battu ensemble. La femelle, parfaite, si elle est réduite en
dit d'Espagnet, prend d'a- terre.
bord le dessus du mâle, & INHUMATION. (Sc.
le domine de manière à le Herm.) C'est à peu près la
changer dans sa propre na- même chose qu'Humation,
ture; elle ne le quitte point dont voyez l'article. Quel-
qu'elle ne soit devenue gros- ques-uns cependant l'enten-
se. Alors le mâle reprend dent du temps de la putréfac-
vigueur, & gagne le dessus tion; parce qu'alors, selon
à son tour. Il la domine & la d'Espagnet, l'esprit est com-
rend semblable à lui. C'est me mort & enseveli dans la
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IN IN 221

terre. C'est ce que les Phi- INSPIRER. Joindre
losophes appellent Tête du l'âme à son corps, ou blan-
corbeau, règne de Saturne, chir la matière, ce qui se fait
Dragon Babylonien, &c. avec une seule matière dans
c'est-à-dire la matière en un seul vase, sans y toucher
putréfaction, ou le noir très de la main.
noir. Ils l'ont nommé Inhu- INSPISSATION. Opé-
mation, parce que la ma- ration qui suit celle de la dis-
tière putréfiée a l'odeur des solution des corps, & qui
corps morts, que le noir re- cependant n'est en effet que
présente le deuil, & le séjour la même, puisque le corps
ténébreux du tombeau où les ne se dissout ou ne se spiri-
corps se pourrissent, & que tualise point, que l'esprit ne
la matière est fermée dans se corporifie. L'inspissation
un vase scellé. se fait par un feu du second
INO, fille de Cadmus & degré. On remarquera à ce
d'Hermione ou d'Harmonie, sujet que quand les Philoso-
épousa Athamas après qu'il phes parlent des degrés de
eut répudié Néphélé. Elle leur feu qu'il faut administrer
eut de très mauvaises façons à leur matière, ils n'enten-
pour les enfants de Néphélé, dent pas qu'il faille augmen-
ce qui fit entrer Athamas ter ou diminuer le feu com-
dans une fureur si violente me le font les Chimistes
qu'il arracha d'entre les bras vulgaires dans leurs four-
d'Ino un de ses enfants, & le neaux, au moyen des regis-
fit périr en le brisant contre tres, ou des soufflets, ou
une pierre. Ino saisie de peur, d'une plus grande quantité
s'enfuit avec son fils Meli- de charbons; mais qu'il faut
certe, & se précipita dans la augmenter le feu secret ou
mer avec lui. Neptune les de la matière, par une di-
reçut, & mit Ino au rang des gestion; à mesure que la ma-
Déesses marines, sous le nom tière devient plus fixe, son
de Leucothoé, & Melicerte feu augmente par degrés, &
au nombre des Dieux après ces degrés se mesurent par
l'avoir nommé Palémon. les couleurs qu'elle prend.
Voyez le liv. 4. ch. 9. des INTERMEDE. Troi-
Fables Egypt. & Grecques sième matière que l'on ajoute
dévoilées. à deux autres dans les opé-
INSIPIDE. Magistère au rations chimiques, ou mé-
blanc. caniques, soit pour les réu-
@

222 IN IO JO

nir, soit pour les séparer, forme. Ovide dit qu'elle
soit enfin pour les mettre en épousa dans la suite Osiris
action. Les sels différents en- Roi du pays, & qu'après sa
tr'eux, ne se joignent jamais mort elle y fut adorée sous
si bien que par un intermède le nom d'Isis. Voyez les Fa-
terreux. Mém. de l'Acad. de bles Egypt. & Grecq. dé-
1702. page 48. voilées, liv. 1. ch. 4. liv. 3.
Les Philosophes donnent chap. 4.
le nom d'intermède à leur JOBATE, Roi de Ly-
mercure, & l'appellent aussi cie, reçut Bellerophon chez
philtre ou breuvage d'amour, lui, & l'envoya combattre
lien & moyen propre à join- la Chimère. Après avoir
dre les teintures inséparable- éprouvé sa probité & son
ment. courage, il lui donna sa fille
INTUBUM INTU-& Philonoé en mariage. Voyez
BUS. Endive, espèce de Bellerophon.
chicorée. JOCASTE, fille de
IO, fille du fleuve Ina- Créon Roi de Thèbes, épou-
que. Jupiter en étant devenu sa Laïus & en eut Oedipe,
amoureux, la changea en qui dans la suite tua son père,
vache, pour tromper la ja- & épousa sa mère Jocaste
lousie de Junon. Cette Dées- sans la connaître, parce que
se trop clairvoyante avait si Créon l'avait promise à celui
bien éclairé les pas de Jupi- qui devinerait l'énigme pro-
ter qu'elle découvrit ses allu- posée par Sphinx. Oedipe en
res, & lui demanda cette eut deux garçons & deux
vache. Après qu'elle l'eut filles. Mais ayant reconnu
obtenue, elle la mit sous la son erreur, & découvert le
garde d'Argus, qui avait cent mystère de sa naissance, son
yeux. Jupiter donna ordre à parricide & son inceste, il se
Mercure de se défaire d'Ar- creva les yeux, & Jocaste se
gus. Mercure exécuta sa fit mourir de désespoir.
commission; mais Junon ir- Toute cette fable ne signi-
ritée, envoya contre Io des fie autre chose que l'inceste
taons qui la piquèrent sans dont parlent si souvent les
relâche. Pour s'en débarras- Philosophes dans leurs ou-
ser Io se jeta dans la mer, vrages. On y voit également
qu'elle traversa à la nage, & des parricides, & tous ces
fut aborder en Egypte, où crimes prétendus de la Fable
Jupiter lui rendit sa première se trouvent expliqués chi-
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JO JO 223

miquement dans les Fables ne font pas les mêmes que
Egypt. & Grecq. dévoilées, les jours ordinaires. Leur an-
liv. 3. ch. 14. §. 4. liv. 4. née, selon Pline, est d'un
chap. 4. & dans une infinité mois seulement, quelques-*
d'autres endroits. uns disent que c'est d'un mois
JOINDRE. Assembler, commun, d'autres disent d'un
mêler, réunir une chose à mois lunaire, d'autres d'un
une autre. V. Inspirer. mois à la manière de comp-
IOLAS, fils d'Iphiclus & ter des anciens Egyptiens.
neveu d'Hercule, qu'il ac- La preuve que leur année
compagna dans le temps que n'est pas l'année commune,
ce Héros combattit l'Hydre c'est qu'ils expliquent la du-
de Lerne. Iolas avait du feu, rée des voyages d'Isis & de
avec lequel il brûlait les bles- Bacchus, & celle du temps
sures qu'Hercule faisait à qu'il fallait aux vaisseaux de
l'Hydre, pour empêcher que Salomon pour aller chercher
les têtes qui renaissaient aux & rapporter l'or d'Ophir,
mêmes endroits ne pullulas- comme d'une même durée,
sent de nouveau. Voyez les quoique les premiers em-
Fables Egypt. & Grecques, ployaient douze ans pour
liv. 5. ch.4. chaque voyage, & les vais-
IOLE', fille d'Euryte Roi seaux de Salomon n'étaient
d'Oecalie, fut promise en ma- absents que trois ans. Michel
riage à Hercule, qui en était Mayer dans son livre Arca-
devenu amoureux. Euryte na Arcanissima, dit que qui
la lui ayant ensuite refusée, sait combiner & réduire à
Hercule tua Euryte, & en- la même durée ces différents
leva Iolé. Voyez Euryte. laps de temps, sait compter
IOS. Toutes sortes de à la manière des Philosophes
venins. Rullandus. Hermétiques.
Ios est aussi le nom d'une Leurs saisons ne s'enten-
île de la mer Egée, l'une dent pas non plus de nos sai-
des Sporades, près de l'île sons ordinaires. Les leurs se
de Candie. Elle devint fort passent dans le vase philo-
célèbre par la tradition qui sophique. Ils commencent
y assignait le tombeau d'Ho- leur opération en hiver & la
mère. Pline, liv. 4. ch. 12. finissent en automne. Mais
JOUR. Les jours des leur hiver est le temps de la
Chimistes Hermétiques se putréfaction, ou la matière
comptent différemment & au noir; parce qu'elle est
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224 JO IP

alors comme dans un état de tous les Philosophes disent
mort, & qu'elle se dispose à que c'est le temps de la joie,
la génération, à peu près parce qu'ils voient Diane
comme fait la Nature pen- toute nue, & qu'ils ont évité
dant les frimas & les gla- tous les écueils de la mer.
çons. Leur printemps est le Le Code de vérité dit: Blan-
règne de Jupiter, ou lorsque chissez le laton, & déchirez
la matière se dépouille de la vos livres; ils vous sont inu-
couleur noire, qu'ils appel- tiles alors, ils ne vous cau-
lent tête de Corbeau, écaille seraient que de l'embarras,
du vieux Dragon, &c. Leur des doutes, des inquiétudes,
été est le temps de la blan- & vous ne devez avoir que
cheur, ou le règne de la de la joie. C'est que lorsque
Lune; & leur automne est la matière est au blanc, il
le temps de la rubification ou faut être maladroit pour ne
de la perfection de l'élixir; pas réussir à la conduire au
parce que de même que l'au- rouge parfait, puisque tout le
tomne est le temps de cueillir volatil est alors fixé de ma-
les fruits, la perfection de nière à pouvoir souffrir le feu
l'élixir est celui où l'Artiste le plus actif & le plus vio-
jouit des fruits de ses tra- lent.
vaux. IPHIANASSE. Voyez
JOURDAIN, (Science Iphigénie.
Herm.) est un nom que les IPHICLUS, fils d'Alc-
Philosophes ont donné à leur mene & d'Amphitryon,
mercure dissolvant; parce frère jumeau d'Hercule, né
que ce mercure doit laver d'Alcmene & de Jupiter,
sept fois le corps dissoluble doit s'entendre, selon les
pour le purifier, comme l'E- Philosophes Spagyriques, de
criture rapporte que Naha- l'humeur aqueuse qui se trou-
man se lava sept fois dans les ve toujours mêlée avec le
eaux du Jourdain pour être mercure représenté par Her-
guéri de la lèpre. cule. Il faut séparer cette hu-
JOIE DES PHILOSO- meur aqueuse du mercure,
PHES. Lorsque la pierre ou quand on veut le mettre en
la matière des Philosophes usage.
est parvenue au blanc par- Hésiode parle d'un Iphi-
fait, qui est leur or blanc, clus qui était si léger à la
leur soufre blanc, l'Eudica course, qu'il allait sur les
de Morien, leur cygne, alors eaux comme sur terre, &
qu'il
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IP IP IR 225

qu'il marchait sur les épis CIDOS. Barbe de bouc.
de blé sans les faire pen- IPPIA. Surnom de Mi-
cher. Ce qui est dit pour nerve.
marquer la grande volatilité IRIO ou IRION. Vélar.
de l'eau mercurielle des Phi- Tortelle, Erysimum.
losophes. IRIS, fille de Thaumas
IPCACIDOS. Plante & d'Electra, & soeur des
appelée Barbe-de-bouc. Harpies, selon Hésiode.
IPHIGE'NIE, fille d'A- Electra était fille de l'O-
gamemnon & de Clytem- céan, & Thaumas fils de
nestre, fut désignée pour être Pontus & de la Terre. Iris
sacrifiée à Diane, afin d'a- était la Messagère de Junon,
paiser le courroux de cette comme Mercure fut celui de
Déesse irritée contre les Jupiter, l'un & l'autre por-
Grecs qui allaient faire le taient sur la terre les ordres
siège de Troie, parce qu'A- de ces Divinités. Elle était
gamemnon avait tué un cerf vêtue d'une robe de diffé-
qui lui était consacré, elle rentes couleurs, & ne quit-
excitait des tempêtes perpé- tait presque jamais Junon;
tuelles. L'oracle décida que & Apollonios de Rhodes
Diane ne serait apaisée que nous apprend qu'elle l'en-
par le sang de celui qui avait voya à Thétis. Quelquefois,
tué le cerf. Il fut résolu de mais rarement, Jupiter l'em-
sacrifier Iphigénie. Diane ploya. Homère en donne
émue de pitié enleva Iphi- plus d'un exemple. L'em-
génie de dessus l'autel, & y ploi le plus important d'Iris
substitua une biche. Elle était d'aller couper le che-
transporta Iphigénie dans la veu fatal des femmes qui al-
Tauride, où elle fut Prê- laient mourir, & de délivrer
tresse de la Déesse. Oreste leurs âmes de leurs corps,
y étant venu pour se purger comme Mercure le faisait à
de son parricide, Iphigénie l'égard des hommes.
qui était sa soeur, le reconnut, Les Philosophes Hermé-
lui sauva la vie, & s'enfuit tiques donnent par similitude
avec lui, emportant la statue le nom d'Iris à leur matière,
de la Déesse. Voyez les Fa- quand après la putréfaction
bles Egyptiennes & Grec- elle prend les couleurs de
ques dévoilées, liv. 3. chap. l'arc-en-ciel. Ils prétendent
14. §. 4. que tout ce que la Fable a
IPOACIDOS ou IPCA-* imaginé sur les emplois d'Iris
P
@

226 IS IS

auprès de Junon, doivent mystères d'Isis. C'est une
s'entendre de ce qui se passe grande plaque de cuivre gra-
dans le vase Hermétique: vée au premier burin. Sur ce
que délivrer les âmes des fond de cuivre ou de bronze
corps des femmes, c'est pré- était un émail noir, entre-
cisément sublimer la partie mêlé avec art de petites ban-
volatile de la matière qui des d'argent. Lorsqu'en 1525
demeure au fond; ce qui se le Connétable de Bourbon
fait à point nommé dans le prit la ville de Rome, un
temps que les couleurs de l'I- Soldat qui s'en était saisi dans
ris se manifestent sur cette le pillage, la vendit à un Ser-
matière; qu'Iris par ce moyen rurier. Elle passa de-là dans
devient en effet la Messagère les mains du Cardinal Bem-
de Junon, parce que Junon bo, & puis au Duc de Man-
est prise pour l'humidité va- toue, qui heureusement la
poreuse de l'air renfermé fit graver dans toute sa gran-
dans le vase, & qui occupe deur, & avec beaucoup
tout le vide qu'y laisse la d'exactitude, par un nommé
matière. La généalogie d'I- Enée Vico de Parme; car
ris l'indique assez, puisqu'on l'original s'est perdu. Je n'en
la dit petite-fille de Pontus donnerai pas ici la descrip-
& de la Terre, c'est-à-dire, tion; ceux qui seront curieux
de la mer ou eau mercu- de la voir, la trouveront dans
rielle, & de la terre philo- l'ouvrage de Pignorius, in-
sophique. titulé: Mensa Isiaca, qui fut
ISCHOEMON. Espèce imprimé à Amsterdam en
de gramen, auquel on a sans 1669. Le P. Kirker en a parlé
doute donné ce nom, de ce dans son Oedipus Aegyptia-
qu'il est propre à arrêter les cus. Il a cru y apercevoir
hémorragies. les mystères les plus cachés
ISCHAS. Figue sè- de la Théologie Egyptien-
che. ne, & est entré dans un très
ISIAQUE. Table Isia- grand détail à ce sujet. Pi-
que. Monument de l'Anti- gnorius semble n'avoir eu
quité, où l'on trouve Isis, pour objet que la description
Osiris, & presque tous les mécanique de cette Table.
Dieux de l'Egypte, avec On en trouve aussi la repré-
leurs symboles. On lui a sentation dans l'Antiquité
donné le nom d'Isiaque, expliquée de D. Bernard de
parce qu'elle renferme les Monfaucon, & dans le Re-
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IS IT JU 227

cueil d'Antiquités de M. le du Paganisme, mais honorée
Comte de Caylus. sous des noms différents. Cé-
Tout y paraît mystérieux rès, Junon, la Lune, la
& énigmatique, suivant le Terre, Proserpine, Thetis,
génie des Egyptiens; & il la Mère des Dieux ou Cy-
faudrait un ouvrage entier bèle, Vénus, Diane, Hé-
pour en donner une expli- cate, Rhamnusia, &c. la Na-
cation suivie & détaillée. Il ture même n'étaient qu'une
sera plus aisé d'en trouver le même chose avec Isis. Ce
dénouement en puisant ces qui lui fit donner le nom de
explications dans la Philo- Mirionyme, ou la Déesse à
sophie Hermétique, qui était mille noms. Aussi les Philo-
proprement celle des Egyp- sophes Hermétiques d'après
tiens; puisqu'Isis, Osiris & Hermès, qui avait donné ce
les autres Dieux du pays nom Isis, n'entendaient au-
n'étaient que des Dieux Her- tre chose par cette Déesse,
métiques, comme il est aisé que la partie volatile, hu-
de s'en convaincre par les mide, froide, patiente & fe-
preuves rapportées dans le melle de l'art Hermétique
Traité des Fables Egypt. & ou Sacerdotal, comme on
Grecques dévoilées, liv. 1. peut le voir clairement au
& liv. 4. livre 1. des Fables Egypt.
ISIR. L'Auteur du Dic- & Grecq. dévoilées, ch. 1.
tionnaire Hermétique dit que 2. 3. & 4.
les Philosophes entendent ISTHMIQUES (Jeux).
parce terme l'élixir au blanc, V. Jeux Isthmiques.
& que les Sages le nomment ITERATION. Opéra-
ainsi lorsqu'on veut le multi- tion de la médecine du troi-
plier; mais je crois que les sième ordre, ou de l'ordre
Philosophes se servent de ce supérieur, que l'on appelle
nom pour signifier la même communément la multipli-
chose que ce qu'ils expri- cation.
ment par Isis, dont voyez JUGEMENT. Raymond
l'article. Lulle a donné ce nom à la
ISIS était une des princi- projection de la poudre Her-
pales Déesses de l'Egypte & métique sur les métaux im-
de beaucoup d'autres pays. parfaits; parce que c'est dans
Beaucoup d'Auteurs l'ont cette occasion où l'artiste est
regardée, & avec raison, jugé sur les opérations; &
comme la Déesse universelle que par la réussite ou non
P ij
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228 JU JU

réussite, il juge s'il a bien ou grands & riches royaumes
mal opéré, & qu'il est alors pour se la faire adjuger: ces
récompensé suivant ses oeu- belles propositions ne lui fi-
vres. rent pas la même impression
JUGES. Les Poètes ont que les promesses de Vénus,
feint que Pluton avait établi à laquelle il l'adjugea. Elle
pour Juges des Enfers son conçut de là une haine im-
empire Eaque, Minos & placable contre les Troyens,
Rhadamante. Voyez leurs & engagea la guerre qui fit
articles. périr Pâris & la ville de
JUNON, fille de Saturne Troie. Toute cette fiction
& d'Ops, épousa Jupiter se trouve expliquée dans le
son propre frère jumeau. chapitre 5. du liv. 3. des
Elle fut nourrie par les Nym- Fables Egypt. & Grecques
phes, filles de l'Océan. Ju- dévoilées.
piter avant de l'épouser la JUNONIS ROSA. Les
trompa sous la forme du anciens Poètes ont feint que
coucou. Elle devint mère de Junon ayant répandu de son
Mars, d'Argé, d'Illithye & lait sur la terre, il en sortit
d'Hébé. Elle eut aussi Vul- la plante connue sous le nom
cain, mais sans avoir eu af- de Lys. Ce même lait ré-
faire à aucun homme. Elle pandu dans le ciel y forma
fit toujours un fort mauvais aussi cette multitude d'étoi-
ménage avec Jupiter, qui à les, qui composent la voie
la vérité lui fournissait sans lactée, comme on peut le
cesse des sujets de jalousie, voir dans le ch. 1. du liv. 5.
par la quantité de Nymphes des Fables Egyptiennes &
avec lesquelles il s'amusait. Grecques dévoilées.
Jupiter perdit un jour pa- JUPITER, père des
tience, & irrité des mau- Dieux & des hommes, com-
vaises façons de Junon, il me l'appellent les Poètes,
la suspendit avec une chaîne manqua de périr dès sa nais-
d'or, & lui attacha une en- sance. Saturne son père
clume de fer à chaque pied. avait fait un traité avec son
Les Dieux & Déesses inter- frère Titan, par lequel il
cédèrent pour elle, & Ju- s'était obligé à faire périr
piter se laissa fléchir. Elle tous les enfants mâles qui lui
fut une des trois Déesses qui naîtraient; & pour observer
disputèrent la pomme d'or; ce traité Saturne dévorait ses
elle promettait à Paris de enfants à mesure qu'ils ve-
@

JU JU 229

naient au monde. Rhée son dans le Tartare. Ainsi pos-
épouse le trompa quand il sesseur tranquille de l'Uni-
fut question de Jupiter. Sitôt vers, il en fit le partage avec
qu'il fut né, elle enveloppa ses deux frères Neptune &
un caillou dans des langes Pluton; il donna les eaux &
& le présenta à Saturne, qui la mer à Neptune, les enfers
ne soupçonnant point de su- à Pluton, & se réserva le
percherie, avala le caillou; ciel & la terre.
mais comme il se trouva de Il soutint une seconde
trop dure digestion, il le vo- guerre contre les Géants,
mit. qu'il foudroya tous, & dé-
Ce n'était pas assez d'a- livra par là tous les habitants
voir ainsi trompé Saturne, il de l'Olympe des craintes &
fallait soustraire Jupiter à sa des frayeurs que ces fils de
vue, & aux attentions cu- la Terre leur avaient impri-
rieuses des Titans. Rhée mées. Ce Dieu bienfaisant
pour cet effet le fit porter voulut alors mériter le titre
chez les Corybantes, qui glorieux de père des Dieux
faisaient retentir sans cesse le & des hommes qu'on lui
son bruyant de plusieurs ins- donna dans la suite; il com-
truments d'airain, pour em- mença à tromper sa propre
pêcher qu'on entendit les soeur jumelle, & pour cela
cris. A ce bruit les mouches il se changea en coucou, &
à miel accoururent, & four- feignant d'être poursuivi par
nirent tout ce qui dépendait un oiseau de proie, il se ré-
d'elles pour la nourriture de fugia entre les bras de Ju-
cet enfant. Les Nymphes, non, qui le cacha dans son
les Naïades, une chèvre sein. Jupiter saisit l'occasion
même, tout s'empressait en- favorable, reprit sa première
fin de contribuer à sa conser- forme, & ne trouva pas Ju-
vation. non rebelle. Il l'épousa dans
Quand Jupiter fut devenu la suite.
grand, & qu'il eut appris que L'humeur amoureuse de
Saturne & les Titans avaient Jupiter ne lui permit pas de
conspiré sa perte dès sa nais- s'en tenir à cette épouse. Il
sance même, il chercha tous prit tous les moyens imagi-
les moyens de s'en venger. nables de satisfaire sa passion
Il leur fit la guerre; & les pour les femmes; ce qui
ayant vaincus, il mutila son brouilla les époux plus d'une
père, & précipita les Titans fois, & leur fit faire un très
P iij
@

230 JU JU

mauvais ménage. Soit pour rent cependant toujours dans
ne pas irriter la jalousie de les fables qu'ils imaginèrent
Junon, soit pour venir plus au sujet de ce Dieu, à l'objet
facilement à boue de ses qu'avaient eu en vue les Phi-
desseins amoureux, Jupiter losophes de l'Egypte, lors-
prit mille formes différentes qu'ils inventèrent celles de
quand il voulut avoir affaire leur Jupiter. Cet objet caché
avec les beautés humaines. à presque tous les Mytholo-
Il se présenta à elles tantôt gues, se trouve éclairci avec
sous la forme d'un cygne, les fictions auxquelles il a
tantôt sous celle d'un tau- donné lieu, dans le 3e liv.
reau, puis sous celles d'un chap. 4. & suiv. des Fables
satyre de feu, de pluie Egyptiennes & Grecques
d'or, & d'une infinité d'au- dévoilées.
tres manières; Sémélé fut la Jupiter. Les Chimistes
seule qui pour son malheur donnent ce nom au métal
le reçut avec toute sa gloire que nous appelons commu-
& sa majesté. On trouve ces nément Etain; mais les Al-
différentes métamorphoses chimistes entendent souvent
dans le quatorzième livre de autre chose, comme dans
l'Iliade d'Homère, & dans l'explication qu'ils donnent
le sixième des Métamorpho- de la fable d'Amphitryon &
ses d'Ovide. d'Alcmene, où Jupiter est
De toutes ces visites na- pris pour cette chaleur céleste
quirent une infinité d'enfants, & ce feu inné qui est la pre-
qui devinrent tous des Dieux mière source, & comme la
ou des Héros, tels que Bac- cause efficiente des métaux,
chus, Esculape, Castor, c'est pourquoi ils disent que
Pollux, Thésée, Persée & le mercure, qui est leur pre-
tant d'autres. Les Egyptiens mier & principal agent du
qui le mettaient au nombre grand oeuvre, est représenté
de leurs plus grands Dieux, sous le nom d'Hercule, en-
ne lui donnaient pas un si gendré d'Alcmene & de Ju-
grand nombre de descen- piter, parce qu'Alcmene est
dants; les Grecs qui avaient pris pour le symbole de la
emprunté ce Dieu des Egyp- matière terrestre & sèche,
tiens, lui en adjugèrent sui- qui est comme la matrice de
vant leur fantaisie; mais les l'humidité métallique sur la-
plus anciens de leurs Philo- quelle agit Jupiter.
sophes Poètes se conformè- Jupiter EN PLUIE
@

JU JU IX 231

D'OR. (Sc. Herm.) Voyez tous les métaux sur lequel
Danaé. agit le feu de la Nature pour
Jupiter converti en ai- les former; la Fable dit que
gle, & qui enlève Ganime- Mercure était fils & ambas-
de, ne signifie autre chose sadeur de Jupiter. Jupiter a
que la purification de la ma- le ciel pour sa demeure or-
tière par la sublimation phi- dinaire, & la terre pour le
losophique. lieu de ses plaisirs; c'est que
L'Auteur du Dictionnaire cette chaleur de la Nature
de Trevoux n'avait guères semble venir du ciel, &
lu les Auteurs qui traitent de qu'elle lui est communiquée
la pierre philosophale, ou en partie par le Soleil. Si les
du grand art, quand il dit Philosophes disent que Jupi-
que les Philosophes appel- ter a choisi la terre pour le
lent Jupiter leur or phi- lieu de ses plaisirs, c'est que
losophique. Ils disent par- la terre est la matrice dans
tout que leur mercure a le laquelle s'enfantent tous les
Soleil pour père, & la Lune êtres sublunaires des trois
pour mère. Ils regardent Ju- règnes, par l'activité géné-
piter comme le père & le rative de cette chaleur na-
maître des Dieux, non pas turelle dénommée Jupiter
parce que l'or est le plus par- par les Anciens, qui ont
fait des métaux, & qu'ils donné à la Terre différents
appellent leur or Jupiter; noms, tels que Cérès, Da-
mais parce que Jupiter, se- naë, Sémélé, &c. dont voy.
lon eux, n'est autre chose les articles.
que la chaleur générative & JUSSA ou JUISA.
innée des corps, au moyen Gypse, plâtre.
de laquelle les métaux se for- IXIA. Espèce de char-
ment dans la terre; c'est dans don, appelé Carline. Il y
ce sens que la Fable dit, que en a de deux sortes, l'une
Jupiter est père d'Apollon que l'on appelle Caméléon
& de Diane, de Mars, de blanc, qui est le plus estimé,
Vénus, de Mercure, &c. l'autre Caméléon noir.
parce que sous le nom d'A- IXION était fils de
pollon ou du Soleil, les Chi- Phlégias; d'Antion, suivant
mistes entendent l'or, sous Diodore de Sicile, quelques-*
celui de Diane ou la Lune, uns le nomment Aetion. Il
l'argent, &c. & comme le épousa Dia ou Clia, fille
mercure est le principe de d'Eionée ou Deionée, dont
P iv
@

232 IX IX

il eut Pyrithoüs. Il se brouil- d'autres. Les Centaures pri-
la avec son beau-père, pour rent naissance de ce fan-
n'avoir pas voulu donner à tôme, & Jupiter se contenta
sa fille ce dont ils étaient pour lors de chasser Ixion de
convenus. Ixion le fit périr la cour céleste. Mais ce té-
misérablement, & n'ayant méraire n'en devint pas plus
pu trouver personne qui vou- sage; il osa se vanter d'avoir
lût l'absoudre de ce crime, déshonoré le maître des
& en faire l'expiation, il Dieux, qui pour le punir de
eut recours à Jupiter. Ce son insolence, le précipita
Dieu en eut pitié, le reçut d'un coup de foudre dans le
dans le ciel, & lui permit Tartare, où Mercure eut
même de manger à la table commission de l'attacher à
des Dieux. Ce bienfait si- une roue environnée de ser-
gnalé ne servit qu'à en faire pents, qui devait tourner sans
un ingrat, & un téméraire. relâche.
Ixion frappé des charmes de Les Philosophes Hermé-
Junon, eut l'insolence de la tiques interprètent cette fa-
solliciter à satisfaire sa pas- ble des Souffleurs & autres
sion. Cette sévère Déesse Artistes ignorants, qui veu-
offensée d'une telle téméri- lent entreprendre de faire
té, en informa Jupiter, qui l'oeuvre sans le savoir; &
regarda d'abord cette accu- passent tout leur temps à éle-
sation comme un piège qu'on ver des fourneaux & à les
lui tendait contre Ixion, qui abattre, à suer sang & eau
passait pour son fils. Il vou- dans l'exécution de mille pro-
lut s'éclaircir par lui-même. cédés ruineux, au bout des-
Il convint avec Junon qu'elle quels ils n'embrassent que de
permettrait à Ixion un en- la fumée, qui leur laisse des
tretien particulier avec elle. soufres impurs & des cendres
Pour l'instant du rendez-* inutiles: qui enfin comme
vous, Jupiter forma avec Ixion attachés à une roue
une nuée un fantôme qui laborieuse de travaux fati-
ressemblait parfaitement à gants, font & recommen-
Junon. Ixion épris de plus en cent une infinité d'opéra-
plus ne put se contenir, & tions sans jamais en avoir
Jupiter vit bien qu'il ne tenait une heureuse issue, Voyez
pas à Ixion que le père des les Fables Egypt. & Grec-
Dieux ne reçût l'affront qu'il ques dévoilées, liv. 5. ch.
avait fait à Tyndare & à tant 22.
@

KA KE KI KO 233

KIBRICH ou KIBRITH.
K. Terme de Science Hermé-
tique, dont se sont servis
KAB. Lait aigri. John- quelques Chimistes pour
son. signifier le soufre philoso-
KACHIMIE ou KAKI- phique. Il faut rectifier sur
MIE. Minéral qui n'est pas ce corps Kibrich, & Zu-
encore venu à sa perfection, beth, c'est-à-dire, les deux
ou demi-métal, qui est en- fumées, qui comprennent &
core dans sa matrice comme qui embrassent les deux lu-
l'enfant dans le ventre de la minaires, & mettre dessus
mère aux premiers mois de ce qui les ramollit, & qui
sa grossesse. est l'accomplissement des
KAIB. C'est du lait cail- teintures & des esprits, &
lé, aigri. les véritables poids de la
KALD. Voyez Vinai- Science. Marie.
gre. KIMENNA. Une grosse
KALNOS. Fumée. bouteille.
KAMAR ou CAMAR. KIMIT E'LEVE'. Blanc
Argent. de cinabre. Planiscampi.
KAMBAR. Voy. Cam- KIRATH. Poids de qua-
bar. tre grains.
KAMIR. Levain, fer- KIST. Oppoponax. Ce
ment des Philosophes. terme signifie aussi un poids
KANECH. Roseau. de quinze grains: quelques-*
KANFOR. Etain, Jupi- uns l'entendent de quatre li-
ter. vres, d'autres de deux me-
KAPRILI. Soufre. sures de vin. Planiscampi.
KASAM. Fer. KOMA & KOMAR-
KAYL. Lait aigre. TOS. Chaux vive.
KAYSIR. Ecume de la KONIS. Cendre.
mer. KOST. Bois de hêtre.
KAZDIR, KASDIR KUHUL. Plomb des Phi-
KACIR, KACISSEROS. losophes; laton qu'il faut
Etain, ou Jupiter. blanchir; ou la matière de
KEIRI ou KEIRIM. l'oeuvre en putréfaction, &
Narcisse, suivant quelques-* parvenue au noir très noir.
uns; & violier ou giroflée KUKUL. V. Kuhul.
jaune, suivant d'autres, qui KUMEN. Union, lien des
l'écrivent aussi Cheiri. parties des corps. Rulland
@

234 KY LA LA

KYBRIUS. Arsenic. modèle du labyrinthe qu'il
KYMENNA. Matras, fit construire dans l'île de
bouteille de verre. Crète, & qui devint si célè-
KYMIT SUBLIME'. bre par la fable du Mino-
Cinabre. taure. Le troisième fut fait
KYMOLEA. Boue. dans l'île de Lemnos; on y
L voyait 150 colonnes de mar-
bre. Porsenna fit bâtir le qua-
LABOS BALSAMUM. trième en Italie dans le lieu
Eau dans laquelle on a où il fut inhumé. Pline fait la
éteint un métal. description de ces quatre la-
LABRUM VENERIS. byrinthes dans le livre que
Chardon à Bonnetier. j'ai cité ci-devant.
LABRUM on LABIUM. La Philosophie Herméti-
Vase dans lequel on met que qui imagina la fable de
l'eau pour distiller au bain-* Thésée & du Minotaure, prit
marie. occasion du labyrinthe de
LABYRINTHE. On Crète pour embellir cette
entend par labyrinthe, une fiction, & indiquer en même
espèce d'édifice rempli de temps les difficultés qui se pré-
chambres & d'avenues, dis- sentent dans les opérations
posées de manière que l'on du grand oeuvre, par celles
entre de l'une dans l'autre, qu'il y avait à se tirer du la-
sans pouvoir retrouver la byrinthe quand on s'y était
sortie. Les Auteurs font men- engagé. Il ne faut pas moins
tion de quatre principaux. que le fil d'Ariane, fourni
Le premier & le plus célè- par Dédale même, pour y
bre se voyait en Egypte, réussir; c'est-à-dire qu'il faut
dans le district de la ville ap- être conduit & dirigé par un
pelée par quelques-uns Hé- Philosophe qui ait fait l'oeu-
racléopolis; on le regardait vre lui-même. C'est ce que
comme une des merveilles Morien nous assure dans son
du monde, & Pline (liv. 36. Entretien avec le Roi Calid.
ch. 16.) l'appelle Potentissi- Voyez les Fables Egypt. &
mum humani opus. Hérodote Grecques dévoilées, chapi-
dit qu'un nombre de Rois tre de Thésée.
d'Egypte y avaient fait tra- LAC. Les Philosophes
vailler successivement avec ont souvent donné ce nom
des frais immenses. On pré- à leur vase & au mercure qui
tend que Dédale le prit pour y est renfermé; parce que
@

LA LA 235

c'est une eau qui n'a point avait été donné au mercure
d'issue, comme celle d'un lac à cause de sa ressemblance
qui communément n'a point en fluidité & en blancheur
de communication qu'avec avec le lait vulgaire, & ont
les rivières qui s'y jettent. cru avoir trouvé cette eau
Mais ordinairement les Phi- mercurielle dans l'eau blan-
losophes ont ajouté des épi- che du mercure vulgaire tra-
thètes au terme de Lac, afin vaillé chimiquement; mais
de désigner les changements Zachaire les désabuse, en as-
qu'éprouve leur eau mercu- surant que ce nom ne lui a
rielle pendant le cours des été donné que parce que le
opérations. Ils l'ont nommé mercure des Philosophes se
Lac bouillant, lorsque cette caille & se coagule au moyen
eau mercurielle est animée du corps fixe, qu'il nomme
par le soufre philosophique; Coagule pour cette raison.
Lac plein d'eau croupie, pour Lait VIRGINAL. (Sc.
indiquer le temps de la putré- Herm.) C'est le mercure des
faction; & Lac desséché, dans Sages, sous la forme d'eau
le temps que leur eau mercu- laiteuse dans la voie hu-
rielle est changée en terre. mide. Quelques-uns lui ont
Lac puant signifie la même donné ce nom dans la voie
chose que la dissolution de la sèche, lorsqu'il est cuit au
matière, qui n'est parfaite blanc.
que lorsque cette matière est Lait DE LA VIERGE ou
absolument putréfiée; c'est Lait DES PHILOSOPHES.
le menstrue puant. C'est la même chose que lait
LACHANUM. Herba- virginal. Lorsque les Sages
ges, légumes. disent qu'il faut nourrir la
LACHESIS. L'une des pierre de son lait, cela doit
Parques, fille de Jupiter & s'entendre dans deux sens
de Thémis, ou de la Nuit & différents, ou du feu externe
de l'Erebe. Voyez Enfer. qu'il faut entretenir pour
LACINIAS. Filtre de pousser la pierre à sa perfec-
laine. Planiscampi. tion, ou du mercure même
LACUNE. Terre sigil- dont elle est composée; &
lée. On dit aussi Latuné. dans ce dernier sens, il s'agit
LAIT. (Sc. Herm) Eau de la multiplication ou de la
mercurielle des Philosophes. confection de l'élixir. Voyez
Quelques Chimistes se sont Elixir, Multiplica-
imaginés que ce nom de lait tion, Feu.
@

236 LA LA

Cuire le lait, c'est-à-dire avec l'huile ou l'esprit-de-*
cuire le mercure des Sages, vin; leur feu de lampe est
autrement la pierre au blanc, celui de leur matière. Voyez
pour la pousser au rouge. Artéphius, sur les Feux.
La pierre se nourrit de son LUNARIA. Plante ap-
lait, c'est-à-dire de son eau pelée Savonaria en latin,
ou sperme dont elle a été & Savoniere en français.
faite, qui n'est autre que le LANCE. Terme de
mercure Hermétique. science Hermétique, qui si-
Lait DE LA LUNE. Res- gnifie le feu dont les Artistes
cemberg a donné ce nom à se servent pour l'ouvrage de
l'espèce d'agaric qui naît sur la pierre des Sages. La hache
les rochers. qui servit pour fendre la tête
LAMAC. Gommé ara- à Jupiter, & le faire ainsi ac-
bique. coucher de Pallas, l'épée de
LAMARE. Soufre. Jason, la massue d'Hercule,
LAMATI. Gomme ara- les flèches d'Apollon, &c.
bique. Johnson. signifient la même chose.
LAMERE'. Soufre vif. LANGAGE. (Sc. Herm.)
LAMIES. Monstres que Les Philosophes n'expriment
la Fable nous a peints ayant point le vrai sens de leurs
la tête semblable à celle d'u- pensées en langage vulgaire,
ne très belle femme, & le & il ne faut pas les interpré-
reste du corps comme celui ter suivant les idées que pré-
d'un serpent. On feignait sentent les termes en usage
qu'ils dévoraient les enfants. pour exprimer les choses
Ils ne signifient autre chose communes. Le sens que pré-
que l'eau mercurielle appe- sente la lettre n'est pas le
lée femme avant la putréfac- leur. Ils parlent par énig-
tion, qui lui fait donner le mes, métaphores, allégo-
nom de serpent pendant ce ries, fables, similitudes, &
temps-là. Leur cruauté indi- chaque Philosophe les tourne
que la dissolution. suivant la manière dont il est
LAMPACOS. \ affecté. Un Adepte Chi-
LAMPATAN. / China. miste explique ses opéra-
LAMPE. (Sc. Herm.) tions philosophiques en ter-
Lorsque les Philosophes par- mes pris des opérations de
lent du feu de lampe comme la Chimie vulgaire; il parle
de leur feu, il ne faut pas les de distillations, sublima-
entendre d'un feu de lampe tions, calcinations, circula-
@

LA LA 237

tions, &c. des fourneaux, Merlin & Denis Zachaire
des vases, des feux en usage exposent l'oeuvre sous l'allé-
parmi les Chimistes, com- gorie d'un Roi qui arme con-
me ont fait Geber, Para- tre ses ennemis, le premier
celse, &c. Un homme de pour combattre, le second
Guerre parle de sièges, de pour soutenir un siège. Mer-
batailles, comme Zachaire. lin dit que le Roi, avant de
Un homme d'Eglise parle monter à cheval, demanda
en termes de morale, com- à boire de l'eau, qu'il aimait
me Basile Valentin dans son beaucoup; qu'il en but tant,
Azoth. Ils ont en un mot qu'il en fut incommodé jus-
parlé si obscurément, en des qu'à la mort, & qu'une mé-
termes si différents, & en des decine l'ayant ressuscité, il
styles si variés qu'il faut être monta à cheval, combattit
au fait pour les entendre, & ses ennemis & les vainquit.
qu'un Philosophe serait très Cette eau n'est autre que le
souvent embarrassé pour en mercure des Philosophes,
expliquer totalement un au- que leur or, appelé Roi,
tre. Les uns ont varié les boit avec ardeur; parce qu'ils
noms, changé les opéra- sont de même nature, & que
tions; les autres ont com- comme disent les Philoso-
mencé leurs livres par le mi- phes, nature aime nature,
lieu des opérations, les au- nature se réjouit en sa na-
tres par la fin; quelques-uns ture; & selon le proverbe
ont entremêlés des sophisti- vulgaire, chaque chose aime
cations; celui là a omis quel- son semblable. Le mercure
que chose, celui-ci a ajouté philosophique est une eau
du superflu. L'un dit prenez dissolvante; la dissolution est
telle chose, l'autre dit qu'il une espèce de mort, puis-
ne faut pas prendre cette qu'elle ne se fait parfaitement
même chose. Rupescissa sou- que dans la putréfaction; voi-
tient que le vitriol Romain là la mort du Roi. Ce Roi
est la vraie matière des Phi- ressuscite, parce que la pu-
losophes; & ceux qui re- tréfaction est le principe de la
connaissent Rupescissa pour génération, corruptio unius
Adepte, vous recomman- est generatio alterius. Ce qui
dent de ne point prendre le se prouve par beaucoup de
vitriol Romain ni tout autre. textes d'autres Philosophes.
Nous allons expliquer tout Bassen, dans la Tourbe,
cela par des exemples. dit: Mettez le Roi dans le
@

238 LA LA

bain, afin qu'il surmonte na- la plus haute de toutes, deux
ture. Cette eau est la fon- plantes d'une propriété &
taine du Trévisan, où le Roi d'une vertu supérieure à tou-
entre seul, & où il se baigne tes les autres plantes. Il lui
pour se purifier; il y meurt, en apporta, elle s'en ceignit,
& y ressuscite; car la même & se trouva dès le moment
eau tue & vivifie. Les Phi- guérie de toutes ses infirmi-
losophes ont même donné le tés. Elle reconnut ce service
nom de vie & de résurrection de son Médecin, par des ri-
à la couleur blanche qui suc- chesses infinies.
cède à la noire, & ils ont Hermès, ou quelqu'un sous
appelé mort cette dernière. son nom, a parlé de l'oeuvre
Denis Zachaire s'est ex- en style problématique, &
pliqué allégoriquement plus a dit: J'ai considéré le rare
au long dans le siège de & admirable oiseau des Phi-
ville qu'il suppose, il parle losophes, qui vole perpé-
de la matière sous le nom de tuellement au signe d'Aries.
celui qui soutient le siège, & Si on le divise, si on le dis-
de ceux qui le font, & donne sout en beaucoup de parties,
une idée des couleurs qui quoique petit, & que son
surviennent à cette matière obscurité soit dominante, il
successivement, en indiquant te demeurera, comme étant
les couleurs des étendards & de tempérament & de com-
des drapeaux des uns & des plexion terrestre. Lorsqu'il
autres. se manifeste sous diverses
D'autres se sont expliqués couleurs, il est appelé ai-
paraboliquement. Le Roi Ar- rain, plomb, &c. Etant en-
tus, par exemple, dit dans suite brûlé à un feu violent
la Tourbe: Une grande Tré- au nombre moindre quatre
sorière tomba malade de di- jours, au moyen sept, & au
verses maladies, pâles-cou- plus grand dix, on le nomme
leurs, hydropisie, paralysie. terre d'argent; elle est en
Elle était extrêmement jau- effet d'une grande blancheur
ne depuis le haut de la tête & s'appelle air, gomme d'or
jusqu'à la poitrine; depuis la & soufre. Prends une partie
poitrine jusqu'aux cuisses elle d'air, & la mets avec trois
était blanche & enflée, & parties de l'or apparent; le
paralytique jusqu'en bas. El- tout mis au bain au nom-
le dit à son Médecin de lui bre moindre vingt jours, au
chercher sur une montagne moyen trente, au plus grand
@

LA LA 239

quarante, te donnera ton ai- toutes les tempêtes de la
rain, vrai feu des Teintu- mer, nous fîmes appeler le
riers, réconciliant les Pèle- Roi, & nous lui rendîmes
rins, appelé feu d'or, &c. son fils vivant, de quoi nous
Cet excellent soufre doit être rendîmes louanges à Dieu.
gardé soigneusement, car il Toutes ces manières de
sert à beaucoup de choses. s'expliquer forment un lan-
Arislée s'explique en style gage extrêmement difficile
typique, lorsqu'il dit: En à entendre; mais quelques
nous promenant sur les bords Philosophes pour voiler en-
de la mer, nous vîmes que core mieux leur oeuvre, ont
les habitants de ces côtes cou- employé l'énigme. Le Cos-
chaient ensemble, & n'en- mopolite entr'autres en a mis
gendraient pas; ils plantaient une très longue à la suite de
des arbres & semaient des ses douze Traités. Il suppose
plantes qui ne fructifiaient que voyageant du pôle Arcti-
pas. Nous leur dîmes alors, que au pôle Antarctique, il
s'il y avait un Philosophe fut jeté sur le bord de la
parmi vous, vos enfants en- mer; une rêverie l'y saisit
gendreraient & multiplie- pendant qu'il y voyait les
raient, vos arbres fructifie- Melosines qui y voltigeaient
raient & ne mourraient pas, & les Nymphes qui y na-
vos fruits se conserveraient, geaient. Il était attentif pour
& vous seriez des Rois vail- découvrir s'il ne verrait point
lants qui surmonteriez tous de poisson Echénéis dans
vos ennemis. Nous deman- cette mer. Il s'endormit sur
dâmes au Roi son fils Gaber- ces entrefaites, & le vieillard
tin, & sa soeur Beya, qui Neptune lui apparut avec
était une fille belle & très son trident. Ce Dieu lui
blanche, délicate & parfai- montra deux mines, l'une
tement aimable; nous joi- d'or, l'autre d'acier; puis
gnîmes le frère & la soeur, deux arbres, l'un solaire,
& Gabertin mourut pres- l'autre lunaire; & lui dit que
qu'aussi-tôt. Le Roi voyant l'eau pour les arroser & les
cela, nous emprisonna; & faire fructifier, se tirait du So-
à force de prières & de sup- leil & de la Lune au moyen
plications ayant obtenu sa d'un aimant. Saturne prit la
fille Beya, nous fumes 80. place de Neptune, & mit
jours dans les ténèbres de la dans cette eau le fruit de l'ar-
prison, & après avoir essuyé bre solaire, qui s'y fondit
@

240 LA LA

comme la glace dans l'eau naît s'il a bien ou mal opéré.
chaude. Cette eau, ajouta-* Plusieurs Philosophes ont
t-il, lui sert de femme, & a joint un discours à ces hiéro-
la propriété de le perfection- glyphes, mais cette explica-
ner de manière que lui seul tion apparente est toujours
suffira sans qu'il soit besoin aussi difficile à entendre que
d'en planter d'autres. Car le symbole même, souvent
quand ils se sont perfection- davantage. Tels sont ceux
nés l'un & l'autre, ils ont la de Nicolas Flamel, de Sé-
vertu de rendre tous les au- nior, de Basile Valentin,
tres semblables à eux. ceux de Michel Major, quoi-
Les Anciens employaient que d'Espagnet dise que ces
communément les fables, & derniers font comme des es-
celles des Egyptiens & des pèces de lunettes qui nous
Grecs n'ont été inventées découvrent assez clairement
qu'en vue du grand oeuvre, la vérité que les Philosophes
si nous en croyons les Phi- ont cachée.
losophes qui les ont souvent LANS. Argent qui a souf-
rappelées dans leurs ouvra- fert la fonte, & que les Phi-
ges. C'est en suivant leurs losophes appellent argent
idées que je les ai expliquées mort.
dans le Traité que j'ai donné LAOC ou LAOS. Etain,
au Public, sous le titre de: Jupiter.
Les Fables Egyptiennes & LAOCOON, fils de
Grecques dévoilées. Priam & d'Hécube, & Prê-
Quelques Philosophes ont tre d'Apollon, fit tout son
employé un langage muet possible pour dissuader les
pour parler aux yeux de l'es- Troyens d'admettre le che-
prit. Ils ont présenté par des val de bois, que les Grecs
symboles & des hiérogly- feignirent être un présent
phes à la manière des Egyp- qu'ils offraient à Minerve.
tiens, tant les matières re- Les Dieux contraires à la
quises pour l'oeuvre, que conservation de cette ville
leurs préparations, & sou- le punirent, en envoyant
vent jusqu'aux signes dé- deux serpents marins qui le
monstratifs, ou les couleurs dévorèrent dans le Temple,
qui surviennent à cette ma- lui & ses deux enfants. Ces
tière pendant le cours des serpents marins sont les ser-
opérations; parce que c'est pents sortis de la mer des
à ces signes que l'Artiste con-* Philosophes, qui dissolvent
@

LA LA 241

la partie fixe dans le vase, monstre. Hercule s'offrit à la
temple de l'Apollon Her- délivrer moyennant un pré-
métique. Voyez les Fables sent de quelques chevaux.
Egyptiennes & Grecques Hercule tua le monstre, &
dévoilées, liv. 6. délivra Hésione; mais Lao-
LAODICE, soeur de medon refusa de donner à
Laocoon, se précipita du Hercule les chevaux qu'il
haut d'un rocher dans la lui avait promis. Hercule tua
mer. C'est la pierre volati- Laomedon, & donna Hé-
lisée qui retombe au fond du sione en mariage à Télamon
vase pour s'y fixer avec l'eau qui l'avait accompagné dans
mercurielle appelée mer. son expédition. Voyez les
LAOMEDON, fils Fables Egypt. & Gr. dévoi-
d'Ilus, Roi de Troie, ac- lées, liv. 5. ch. 14. & liv. 6.
cueillit très bien Neptune & LAOS ou LAOC. Ju-
Apollon, qui furent lui ren- piter des Sages.
dre visite sous un habit dé- LAPIS DES PHILO-
guisé. Ils lui offrirent de bâtir SOPHES. Soufre ou ma-
les murs de sa ville, moyen- tière de l'oeuvre fixée, que
nant certaines conditions, les Chimistes Hermétiques
desquelles il convint avec ont aussi appelée Sel de l'or.
eux. Ils élevèrent les mu- LAPIS GALISEUS-
railles de Troie, & Lao- TAIN. Vitriol romain.
medon refusa de les payer LAPIS ARENOSI. Ju-
suivant leurs conventions. piter. Planiscampi.
Ces Vieux irrités de son LAPIS lNFERNUM.
procédé l'en punirent. Apol- Pierre ponce.
lon en envoyant une peste LAPIS PORCINUS.
très meurtrière, qui faisait Bardane.
périr beaucoup de monde LAPITHES. Voyez Py-
dans la ville, Neptune inon- ritous.
da le pays, & fit sortir de LAPPAGO. Grateron,
la mer un monstre qui rava- Reble, Aparine.
geait tous les environs de LARGEUR. Les Philo-
Troie. On consulta l'Ora- sophes donnent à leur ma-
cle sur les moyens de faire tière trois dimensions, com-
cesser ces fléaux: il répondit me les Géomètres aux corps
qu'il fallait pour cela exposer ordinaires. Ce que les pre-
Hésione, fille de Laomedon, miers appellent largeur, est
pour être dévorée par ce la préparation de la matière
Q
@

242 LA LA

au moyen de laquelle ils en qu'il est devenu blanc, on
font la médecine. La hau- est assuré de réussir. Il prend
teur est, selon eux, ce qu'il alors les noms de laton blanc,
y a de manifeste dans leur or blanc, terre feuillée, dans
matière, & la largeur est le laquelle il faut semer l'or,
moyen que l'on prend pour c'est-à-dire, la couleur rou-
parvenir à ce que ce mani- ge. Quand il a acquit cette
feste tient caché. La hauteur couleur rouge, c'est leur la-
était froide & humide, & ton rouge, leur soufre aurifi-
par le changement de dispo- que, leur Salamandre, leur
sition la largeur succède, Apollon.
c'est-à-dire, le chaud & le LATON IMMONDE.
sec, parce que le manifeste C'est la matière en dissolu-
cache toujours son contraire. tion & en putréfaction, à la-
LARON. Mercure des quelle les Adeptes donnent
Sages. aussi les noms de terre sépul-
LARUSUS. Piloselle. crale, corps immonde,
LASER. Suc ou gomme dragon Babylonien, tête de
de benjoin. corbeau noir plus noir que
LATERIUM. Lessive ou le noir même.
capitel. Planiscampi. LATON NON NET.
LATHYRIS. Esule gran- Voyez Laton Immonde.
de, ou Epurge. LATONE, fille de Coée
LATHYRUS. Espèce de le Titan, de Phoebé, selon
légume appelée Gerres. Hésiode & Ovide, ou de
LATON ou LAITON, Saturne, suivant Homère,
ou LETON des Philoso- tenait un rang distingué par-
phes. Mercure des Sages, mi les douze Dieux hiéro-
ou leur matière considérée glyphiques des Egyptiens.
pendant la putréfaction. Ce Elle venait immédiatement
terme de laton s'entend plus après Vulcain, & ces peu-
généralement du fixe dissout ples lui avaient élevé un
avec le volatil. C'est pour- Temple couvert d'or & dé-
quoi ils disent: Blanchissez coré du même métal, com-
le laton, & déchirez vos li- me étant la mère d'Apollon
vres, de peur que vos coeurs & de Diane.
ne soient déchirés par l'in- La Fable dit que Jupiter
quiétude. Le mercure, qui en étant devenu amoureux,
est le volatil & leur azoth, est eut commerce avec elle. Ju-
ce qui blanchit le laton. Lors-* non jalouse envoya le ser-
@

LA LA 243

pent Python contre Latone, la circulation de la matière
laquelle pour éviter sa dent dans le vase. Elle s'élève en
meurtrière prit la fuite, & vapeur au haut de l'oeuf, s'y
erra longtemps sur la terre condense, & retombe com-
& sur la mer, elle aborda me une rosée sur la matière
enfin à l'île de Délos, qui qui reste au fond, cette pluie
n'était pas encore fixée. Nep- la blanchit, de noire qu'elle
tune l'affermit alors contre était pendant le règne de Sa-
les flots, dont auparavant turne; c'est le lavement des
elle était le jouet, & Latone Philosophes, & ce qu'ils ap-
y accoucha premièrement pellent blanchir le laton ou
de Diane, qui servit de sage-* leton.
femme à sa mère, pour lui LAUDANUM. Nom
aider à mettre au monde que Paracelse donnait à une
Apollon son frère jumeau. composition d'or, de corail,
Apollon devenu grand tua de perles, &c. C'était un
le serpent Python à coup de spécifique pour les fièvres.
flèches. Voyez cette fiction LAUDINA. Angélique.
expliquée dans le liv. 3. ch. LAVEMENT DES
12 & 13. des Fables Egypt. PHILOSOPHES. Voyez
& Grecques dévoilées. Lavandier.
Latone. Les Alchimis- LAVER LE LATON.
tes disent qu'il faut laver le Voyez Blanchir le La-
visage de Latone; c'est-à-* ton. Les Philosophes disent
dire, qu'il faut extraire l'eau qu'il faut laver le leton sept
de leur terre vierge par la fois dans les eaux du Jour-
dissolution, & se servir de dain, pour lui ôter sa lèpre,
cette eau pour blanchir la comme l'Ecriture dit que
terre même, qui est leur La- l'on fit à Nahaman; c'est-à-*
tone. Ils nomment cette eau dire, qu'il faut le faire passer
le sang de Latone. par les règnes des sept Pla-
LATRO. Mercure des nètes; ou par les sept diffé-
Philosophes. Philalèthe. rentes opérations ou cercles,
LAVANDIER DES qui se succèdent les uns aux
PHILOSOPHES. Nom autres.
que les Chimistes Hermé- Laver. Lorsque les Phi-
tiques ont donné à Jupiter, losophes Hermétiques se
lorsque le temps de son règne servent de ce terme pour
est en vigueur pendant les exprimer une opération de
opérations de la pierre. C'est l'oeuvre, quand la matière
Q ij
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244 LA LE

est dans l'oeuf philosophique; mas & d'Ino, fut tué par son
on ne doit pas entendre qu'il père, qui le froissa contre
faut tirer la matière de son une pierre. Voyez. Ino.
vase, & la laver dans l'eau LEDA, femme de Tyn-
ou autre liqueur; mais qu'il dare, ayant eu commerce
faut entretenir ou augmenter avec Jupiter changé en cy-
le degré du feu, qui purifie gne, accoucha de deux oeufs,
beaucoup mieux les choses desquels naquirent Castor &
qu'aucune liqueur. Ainsi Pollux, Hélène & Clytem-
quand ils disent: Lorsque nestre. Voyez les Fables
l'Artiste verra la noirceur Egypt. & Grecques dévoi-
nager dessus la matière, cette lées, liv. 3. ch. 14. §. 4. &
noirceur est une terre noire, liv. 6. ch. 2 & 3.
puante, sulfurée, infecte, LEFFAS. Van-Helmont
corrompante, qu'il faut sépa- a adopté ce nom de Para-
rer d'avec le pur, en lavant celse, pour exprimer la sève
& relavant tant de fois avec des plantes. Planiscampi écrit
la nouvelle eau, que la ma- Lossas; mais il s'est trompé,
tière devienne toute blanche. ou son Imprimeur.
Cela signifie seulement qu'il LEMNOS. Ile de la mer
faut entretenir le feu dans le Egée, autrefois célèbre dans
même degré jusqu'à la blan- les Fables, parce qu'on fei-
cheur de la matière. gnait que Vulcain y avait
Laver AU FEU. Les établi ses forges. On lui don-
Philosophes donnent le nom nait aussi le nom d'Ophieu-
de Feu à leur mercure, qui sa, d'Ophis, serpent, à cause
par sa circulation blanchit de la quantité de serpents
leur laton. Ce qui leur a fait qu'on y trouvait. C'est dans
dire, les Chimistes lavent cette île qu'abordèrent d'a-
& blanchissent avec l'eau, bord les Argonautes qui s'y
& nous avec le feu. arrêtèrent deux ans, & Ja-
Laver ou SION. Be- son leur Chef y courtisa Hyp-
cabunga, plante aquatique. siphile, dont il eut des en-
LAUM. Amandes amè- fants. Voy. les Fables Egyp-
res. tiennes & Grecques dévoi-
LAXA CYMOLEA. Sel lées, liv. 2. ch. 1.
qui se forme sur les pierres. LEMPNIAS. Orpiment.
LAZULE. Voyez Lapis LE'PHANTE ou LE'-
des Philosophes. PHANTES. Premier tartre,
LE'ARQUE, fils d'Atha- ou bol tenant le milieu entre
@

LE LE 245

la pierre & le lut. Planis- la galle de Mars. L'hydro-
campi. pisie du mercure consiste
LE'PRE (Gr. Art.). Par- dans son trop d'aquosité &
ties hétérogènes, impuretés de crudité, qui lui viennent
terrestres que les métaux con- de la froideur de sa matrice;
tractent dans la mine, & que ce vice est un péché origi-
la seule poudre de projection nel qu'il communique &
est capable de guérir. Geber transmet à tous les métaux
& quelques autres Chimis- qui en sont engendrés.
tes ont décrit fort au long les Quoique le Philosophe
vices des métaux imparfaits. ait nommé le mercure une
L'argent est parfait, l'or l'est quintessence faite par la Na-
encore davantage; ils ont ture, il est néanmoins si
cependant leurs infirmités & aqueux & si froid, qu'il ne
leurs maladies. Il y en a de peut être guéri que par un
deux sortes dans les métaux: soufre bien puissant. Le sou-
la première, qu'on appelle fre interne prédominant au
originelle, & qu'on regarde mercure, le cuit, le digère,
presque comme incurable, l'épaissit, & le fixe en un
vient du premier mélange corps parfait; & le soufre
des éléments en l'argent-vif externe, adustible, & sépa-
ou mercure qui est leur prin- rable de la vraie substance
cipe. La seconde se trouve des métaux suffoque l'inter-
dans l'union du soufre & du ne, lui ôte son activité, &
mercure. Plus les éléments mêle ses impuretés avec cel-
sont donc épurés, plus ils les du mercure; ce qui pro-
sont proportionnellement duit les métaux imparfaits.
mêlés & homogènes, plus La maladie des métaux n'é-
ils ont de poids, de malléa- tant qu'accidentelle, elle
bilité, de fusion, d'exten- peut donc être guérie; c'est
sion, de fulgidité & d'incor- pourquoi nous voyons que
ruptibilité permanente. la Nature commence tou-
Cette seconde maladie, jours par l'imparfait pour ten-
qui vient du soufre plus ou dre à la perfection.
moins impur, fait l'imper- Les causes de ces mala-
fection des métaux, savoir dies sont la terrestréité, l'a-
la lèpre de Saturne, la jau- quosité, la combustibilité,
nisse de Vénus, l'enrhume- l'aéréité des éléments en leur
ment ou le cris de Jupiter, mélange. La première em-
l'hydropisie de Mercure, & pêche l'union des substances;
Q iij
@

246 LE LE

la seconde les rend crues; l'eau rendent le plomb pe-
la troisième inflammables, sant, mol, noir & impur.
& la quatrième volatiles. La L'air & l'eau font l'étain
première empêche la péné- blanc, mol, aigre, léger &
tration & l'ingrès; la secon- fusible. Le feu & la terre
de est un obstacle à la di- font le fer rouge, pesant,
gestion, & la sublimation de dur, impur & de difficile fu-
la matière; la troisième em- sion. L'eau & l'air mêlés d'un
pêche son incorruptibilité, peu de terre, font le mercure
& la quatrième s'oppose à sa froid, fluide, aqueux, pe-
fixation. sant & vaporeux. Le feu &
L'impureté de la terre doit l'air rendent le cuivre jaune
être lavée par l'eau, la froi- & rouge, combustible, vo-
deur de l'eau est corrigée par latil & impur. La terre, l'eau
l'air, la volatilité de l'air est & l'air mêlés proportionnel-
fixée par le feu. L'art doit lement, font la perfection
imiter la Nature; laver la de l'argent, de même que le
terre métallique par sa pro- mélange proportionné de la
pre eau; chauffer & digérer terre, de l'eau, de l'air &
l'aquosité de l'eau par l'air, du feu fait celle de l'or.
& congeler l'humidité vo- La chaleur & la sécheresse
latile de l'air par le feu. du fer doivent être tempé-
La chaleur & la sécheresse rées par l'humidité de l'ar-
prédominantes au fer, le gent-vif. La froideur de Sa-
rendent chaud & colérique. turne par la chaleur du cui-
La froideur & la sécheresse vre. L'humidité & la chaleur
font le plomb pesant & mé- de Jupiter par la sécheresse
lancolique. La chaleur & & la froideur de l'arsenic;
l'humidité font l'étain jovial & l'humidité & la froideur
& sanguin. L'humidité & la de Mercure par la chaleur
froideur font l'argent fleg- & la sécheresse du soufre
matique. propre & convenable. En
L'humidité & la chaleur deux mots, il faut décaper
mêlées imparfaitement, font Vénus par son savon, ôter
le cuivre plein d'une teinture le cris à Jupiter par son blanc
imparfaite, & les qualités d'oeuf, les ailes au vieillard
de l'une & de l'autre mêlées Saturne par un fin acier, la-
proportionnellement, font ver Mars dans le bain où
le tempérament de l'or & Vulcain lava le Soleil, don-
sa perfection. La terre & ner à boire à Mercure un bon
@

LE LE 247

soufre, & rétrécir la Lune mier & le moins usité est
avec un bon sel ou une bon- proprement le sens propre
ne terre vierge. de levain qui fait fermenter,
LERNE ou LERNA. & cela lorsqu'ils comparent
Marécage dans lequel habi- leur oeuvre aux métaux; par-
tait l'Hydre qu'Hercule tua, ce que de même que le le-
& de laquelle les têtes re- vain aigrit la pâte & la chan-
naissaient à mesure qu'il les ge en sa nature, de même la
coupait. Ce marais a pris son poudre de projection, qui
nom de Lernax qui en grec est un vrai or, fait fermenter
signifie un vase. Ce vase est les métaux imparfaits & les
celui de l'art Hermétique, change en or.
dans lequel est renfermée la Le second sens de ce ter-
matière de l'oeuvre signifiée me levain, est qu'il faut l'en-
par l'Hydre. Elle s'y pu- tendre, suivant Zachaire, du
tréfie, & enfin s'y fixe au vrai corps & de la vraie ma-
moyen du feu philosophi- tière de l'oeuvre. » Mais faut
que indiqué par le flambeau » être soigneux & vigilant,
du compagnon d'Hercule. » ajoute le même Auteur,
Voyez les tables Egypt. & » pour ne point perdre la
Grecques dévoilées, liv. 5. » propre heure de la nais-
chap. 4. » sance de notre eau mer-
LESSIVE. Azoth des » curielle, afin de lui con-
Philosophes, ainsi nommé » joindre son propre corps,
de ce qu'il blanchit le laiton » que nous avons ci-devant
des Sages. » appelé levain, & mainte-
LETA. Couleur rouge. » nant l'appelons venin. »
Manget. Les Philosophes entendent
LETHE'. L'un des fleu- ordinairement par levain, le
ves qu'il faut passer avant soufre rouge ou l'or des Sa-
d'arriver à l'Empire de Plu- ges, & le soufre blanc ou
ton. En le passant on buvait leur Lune. Quand il s'agit
de son eau, & l'on oubliait de la multiplication en quan-
absolument tout ce qu'on tité pour la projection, ils
avait appris, vu & fait dans entendent l'or & l'argent
le cours de la vie. Voyez vulgaires.
Enfer, Pluton. LEUCASIE. Chaux
LEVAIN. Les Philoso- vive.
phes ont pris ce terme en LEUCELECTRUM.
deux sens différents. Le pre-* Ambre blanc.
Q iv
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248 LE LI LI

LEUCOENUS. Vin LIEN. Onctuosité des
blanc. corps qui en lie les parties,
LEUCOLACHANUM. réunir le volatil avec le fixe,
Valériane sauvage. empêche l'évaporation des
LEUCOPHAGUM. esprits, & forme le composé
Blanc-manger, remède pour des êtres sublunaires.
guérir la phtisie. Il se fait Lien DES TEINTURES.
avec de la chair de chapon Mercure des Philosophes,
& de perdrix broyée dans appelé Medium conjangendi
un mortier, & arrosée avec tincturas.
du lait d'amandes. Lien DE L'ARGENT-VIF.
LEUCOSIS. Action par C'est l'or philosophique, ou
laquelle on blanchit le lai- la fixation du mercure: ce
ton philosophique: ce qui qui arrive lorsque la matière
se fait par la circulation de de l'oeuvre est parvenue à
l'azoth dans le vase des Phi- la couleur rouge.
losophes. V. Déalbation. LIER. Réunir, rappro-
LEUCOTHE'E. Voyez cher, rendre adhérentes les
Ino. parties séparées d'un corps.
LEVIGER. Réduire un C'est proprement coaguler.
corps dur & solide en pou- En termes de Philosophie
dre impalpable. Hermétique, lier signifie or-
LIAB. Vinaigre. dinairement fixer, comme
LIBANOTIS. Romarin. délier veut dire dissoudre, vo-
LIBER. Surnom de Bac- latiliser.
chus. LIGATURE. Voyez
LIBYS ou LYBYS, frère Sceau.
d'Alebion tué par Hercule. LIGNE est un des noms
Voyez les Fables Egypt. & que les Philosophes ont don-
Grecques dévoilées, liv. 5. né à la matière du grand
chap. 12. oeuvre. Voyez Poule.
LICHAS, domestique LIGNI HE'RACLEI.
d'Hercule, lui porta la robe Bois de noyer; quelques-*
teinte du sang du Centaure uns ont donné ce nom au
Nessus. Hercule étant entré bouis. Planiscampi.
en fureur après l'avoir prise, LILI. L'Auteur du Dic-
jeta Lichas dans la mer. tionnaire Hermétique dit que
Voyez Lychas. Lili est en général toute ma-
LICURGUE. Voyez tière propre à faire quelque
Lycurgue. teinture excellente; antimoi-
@

LI LI 249

ne ou autre chose. C'est sans LIMODORUM. Oro-
doute de là que Paracelse a banche.
donné à l'extraction d'une LIMPIDE. Morien don-
teinture des métaux le nom ne ce nom à une des choses
de Lilium. Mais quant au qui entrent dans la compo-
terme Lili, cet habile hom- sition du magistère. C'est le
me entendait tout autre cho- mercure. V. Almagra.
se, comme on peut le voir LINCTUS. Looch.
dans son traité de la Trans- LINE'AIRE (Voie).
mutation des métaux, & (Gr. Art.) Les Philosophes
dans celui du Fondement de Hermétiques emploient sou-
la Sagesse & des Sciences. vent ces termes dans leurs
LILIUM. Teinture phi- écrits, pour exprimer la sim-
losophique, ou l'élixir par- plicité des procédés du grand
fait de l'art Hermétique. oeuvre. Ils disent qu'il faut
Lilium INTER SPINAS. suivre la voie linéaire de la
Chèvrefeuille. Nature; c'est-à-dire qu'il ne
LIMBE DE LA NA- faut point s'amuser aux cal-
TURE. Corps réduit en ses cinations, sublimations, dis-
premiers principes élémen- tillations & autres opérations
tés, & non élémentaires. Il de la Chimie vulgaire, mais
faut observer que lorsque les agir tout simplement comme
Chimistes Hermétiques di- la Nature fait, sans multipli-
sent, qu'il faut réduire les cité de fourneaux & de vases.
corps à leur première ma- LION. Les Philosophes
tière, ils ne prétendent pas Chimistes emploient sou-
les réduire à l'état des élé- vent ce terme dans leurs ou-
ments du feu, de l'air, de vrages, pour signifier une
l'eau & de la terre; mais à des matières qui entrent dans
la première matière compo- la composition du magistère.
sée de ces éléments. A cette En général c'est ce qu'ils ap-
matière qui constitue la base pellent leur Mâle ou leur So-
de tous les corps des trois leil, tant avant qu'après la
règnes animal, végétal & confection de leur mercure
minéral. animé. Avant la confection,
LIMER. Dissoudre la c'est la partie fixe, ou ma-
matière de l'oeuvre, ce n'est tière capable de résister à
autre chose que la cuire, la l'action du feu. Après la con-
digérer jusqu'à ce qu'elle se fection, c'est encore la ma-
réduise en poudre. tière fixe qu'il faut employer,
@

250 LI LI

mais plus parfaite qu'elle n'é- me Auteur, quelques pages
tait avant. Au commence- après, explique ce qu'il en-
ment c'était le Lion vert, tend par Lion vert.
elle devient Lion rouge par Lion (le Vieil). Partie
la préparation. C'est avec le fixe de la pierre, appelée
premier qu'on fait le mercu- vieille, parce qu'elle est le
re, & avec le second qu'on principe de tout.
fait la pierre ou l'élixir. Lion VERT. (Sc. Herm.
Lorsqu'on trouve dans les Matière que les Philosophes
écrits des Philosophes le ter- Chimiques emploient pour
me de Lion employé sans faire le magistère des Sages;
addition, il signifie le soufre cette matière est certaine-
des Sages, soit blanc, qu'ils ment minérale, & prise du
appellent aussi Or blanc, soit règne minéral. Elle est la
rouge, qu'ils nomment sim- base de tous les menstrues
plement Or. dont les Philosophes ont par-
Quelquefois ils donnent lé. C'est de cette matière
le nom de Lion à la poudre qu'ils ont composé leur dis-
de projection, parce qu'elle solvant universel, qu'ils ont
est or parfait, plus pur que ensuite acué avec les essen-
l'or même des mines, & ces des végétaux, pour faire
qu'elle transforme les mé- le menstrue végétal; avec les
taux imparfaits en sa propre essences des animaux, pour
substance, c'est-à-dire en or, le menstrue animal; & avec
comme le Lion dévore les les essences des minéraux,
autres animaux, & les tourne pour le menstrue minéral.
en sa substance, parce qu'il Ils ont donné le nom de
s'en nourrit. Lion vert à cette matière
Lorsqu'ils se servent du pour plusieurs raisons, dit
terme de Lion pour signifier Riplée: 1°. parce que c'est
leur mercure, ils y ajoutent par lui que tout reverdit &
l'épithète qualificative de croît dans la nature. 2°. Par-
vert, pour le distinguer du ce que c'est une matière en-
mercure digéré & fait sou- core acide & non mûre,
fre. C'est dans ce sens qu'il bien éloignée de la perfec-
faut entendre ces expressions tion de l'or vulgaire; mais
de Morien: » Prenez la fu- qui par le secours de l'art,
» mée blanche, & le Lion devient infiniment au-dessus
» vert, & l'Almagra rouge, de ce Roi des métaux: c'est
» & l'immondice. « Le mê-* un or vert, un or vif, encore
@

LI LI 251

imparfait, & qui par cette mond Lulle, Geber & tant
raison a la faculté de réduire d'autres nomment Esprit
tous les métaux en leur pre- puant, Spiritus foetens, ou
mière matière, & de vola- Sang du Lion vert. Par le
tiliser les plus fixes. 3° Parce sixième ils entendent le vi-
que le mercure qu'on extrait triol commun, qu'ils nom-
de cette matière rend sem- ment Lion vert des fols,
blable à lui-même, & détruit quelquefois le vert-de-gris.
tous les autres corps, com- Le septième est le mercure
me le Lion fait des autres vulgaire sublimé avec le sel
animaux. 4°. Enfin, parce & le vitriol, mais qui n'est
qu'il donne une dissolution point la vraie matière des
verte. Sages. Riplée appelle quel-
On doit aussi faire atten- quefois ce Lion vert, Seri-
tion, dit Jean Seger Wein- con. On en tire deux esprits
denfeld (de Secretis Adepto- visqueux; le premier blanc,
rum), que les Philosophes opaque, ressemblant à du
distinguent plusieurs sortes lait, ce qui lui a fait donner
de Lions verts. Par le pre- le nom le Lait de la vierge,
mier ils entendent le soleil & par Paracelse Colle de
ou l'astre qui nous éclaire, l'aigle, Gluten aquilae. Le se-
& qui fait tout végéter dans cond esprit est de couleur
le monde. Par le second, le rouge, très puant, appelé
mercure, non le vulgaire, communément Sang du Lion
mais celui qui est commun vert. Ce sont ces esprits que
à tous les individus, & par les Philosophes, à l'imitation
conséquent plus commun de Raymond Lulle, ont ap-
que l'argent-vif ou mercure pelé Vin blanc & Vin rouge,
commun; ce qui a fait dire ce qu'il ne faut point enten-
aux Philosophes, que leur dre du vin blanc ou vin rouge
mercure se trouve partout communs.
& dans tout. Par le troisième Lion ROUGE. Les Phi-
ils entendent la dissolution losophes Spagyriques appel-
même de leur matière, qu'ils lent ainsi la matière terrestre
appellent aussi Adrop. Par le & minérale qui demeure au
quatrième, c'est cet Adrop fond du vase après la subli-
ou vitriol Azoquée, appelé mation des esprits qui en sont
Plomb des Sages. Par le cin- sortis, & qu'ils appellent Ai-
quième, c'est leur menstrue gles. Ce Lion rouge est aussi
puant, que Riplée, Ray-* ce qu'ils nomment Laton.
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252 LI LI

Lion VOLANT, Lion une espèce de désunion de
RAVISSANT. V. Mercure leurs parties, qui les font li-
des Sages. Il est appelé quéfier & fluer au feu. Be-
volant, parce qu'il est vola- cher.
til; & ravissant, parce que LIQUE'FACTION PHI-
c'est le dissolvant universel LOSOPHIQUE. Matière de
de la Nature. l'oeuvre en putréfaction. Elle
Lion NE'ME'EN. Animal est alors dans une véritable
fabuleux descendu de l'orbe liquéfaction, parce que la
de la Lune, & envoyé par putréfaction est le principe
Diane pour ravager la forêt de la dissolution.
de Némée. Hercule entre- LIQUEUR VE'GE'-
prit de le prendre, & de le TALE. Mercure des Phi-
mener à Eurysthée. Il y losophes, ainsi nommé, non
réussit, comme on le voit de ce qu'il soit en effet une
dans le ch. 2. du liv. 5. des eau ou un suc extrait des vé-
Fables Egypt. & Grecques gétaux, mais parce qu'il a en
dévoilées. lui un principe végétatif, &
LIQUE'FACTION. Il y qu'il est primordialement le
a trois sortes de liquéfactions principe de la végétation.
dans les minéraux. Quel- Liqueur VE'GE^TABLE
ques-uns ont des parties ter- CRUE. C'est le mercure des
restres, ce qui les fait dissou- Sages avant sa préparation.
dre dans leur continu, les Liqueur VE'GE'TABLE
fait liquéfier & fluer d'un SATURNIENNE. Matière sa-
flux mercuriel. Les corps line qui entre dans la com-
qui fluent ainsi s'appellent position du mercure des Sa-
mercures, quoiqu'impropre- ges. Elle se tire de la plante
ment; car lorsque le plomb que les Philosophes appel-
flue ainsi, il faudrait l'appe- lent aussi Saturnienne; non
ler plomb-vif, & non argent-* que ce soit proprement une
vif. plante, mais ils en parlent
D'autres minéraux ont des par similitude & par allégo-
eaux dans leurs pores; ils se rie. » On trouve dans les
dissolvent au feu: ce sont les » lieux Saturniens, dit Phi-
eaux minérales. » lalèthe, une certaine herbe
D'autres enfin contiennent » appelée Saturnienne, dont
de l'air & des parties ignées » les branches paraissent sè-
dans leurs pores, ce qui oc- » ches, mais sa racine est
casionne leur dilatation, avec » pleine de suc. Recueillez
@

LI LI LO 253

» cette herbe avec sa racine, mercure dont il s'agit, n'est
» & portez-la jusqu'au pied pas le mercure vulgaire, c'est
» de la montagne de Vénus, celui, dit Planiscampi, qui se
» où ayant creusé par l'aide trouve en quantité dans le
» de Vulcain, vous y enter- Téréniabin & le Nostoch.
» rerez votre herbe, dont Liquor ESSENTIALIS.
» la vapeur ouvrira & péné- Substance nutritive des ali-
» trera les pores de la terre. « ments. Planiscampi.
Quelques Chimistes ont Liquor MUMIA DE
appelé le vin Liqueur végé- GUMMI. Huile des gom-
table, mais les Philosophes mes. Planiscampi.
Hermétiques ne l'entendent Liquor AQUILEGIUS.
pas ainsi. Eau-de-vie.
Liqueur DE MUMIE. Liquor MICROCOSMI.
Paracelse a donné ce nom à Mumie, ou extrait de Mu-
la graisse humaine. mie. Quelques-uns donnent
LIQUIDITE'. Etat d'un ce nom au sang humain & à
corps dont les parties qui le son essence.
constituent ne sont pas ad- Liquor SALIS. Esprit
hérentes. Il y a deux sortes de sel préparé philosophi-
de liquidité, l'une qui mouille quement, appelé par Para-
les mains, comme celle de celse Baume de nature.
l'eau, & l'autre qui ne mouil- LIRION. La plante ap-
le pas les corps sur lesquels pelée Lys.
est le fluide, telle est celle LITHARGE D'AR-
du mercure commun & de GENT. Matière de l'oeu-
celui des métaux. Cette der- vre parvenue à la blancheur
nière fluidité a sa cause dans par la cuisson des Sages.
les parties terrestres qui se Litharge D'OR. Pierre
sont insinuées dans les pores au rouge, ou soufre des Phi-
des métaux en plus grande losophes.
quantité qu'elle n'était re- LIXANDRAM. Sel ar-
quise. Becher. moniac.
LIQUIDUM DE RE- LOBUS. Plante appelée
SOLUTO. Tout ce qui est Phaséole.
liquide de sa nature, comme LOFFAS. Voyez Lef-
l'eau, le mercure. fas.
LIQUOR MERCURII. LOMENTUM. Farine
Baume presqu'universel pour de fèves.
la guérison des maladies. Le LOT. Urine.
@

254 LO LO

LOTON. V. Laton. que pour la perfection de
& Leton des Philoso- l'oeuvre.
phes. LOTIUM. Urine d'en-
LOTONE'. Poids d'une fant.
once. LOTUS. Arbre consa-
LOTION. Circulation cré à Apollon & à Vénus.
de la matière dans le vase Les Egyptiens faisaient en-
des Philosophes; elle monte trer dans leurs hiéroglyphes
en vapeurs, & retombe en la plante appelée Lotus, &
pluie sur le terrestre qui de- représentaient Horus, fils
meure au fond, le blanchit d'Osiris & d'Isis, assis sur
& le purifie, comme la rosée cette plante; ils la mettaient
sur les toiles neuves dans les aussi quelquefois à la main
Blanchisseries. d'Isis. Elle était consacrée à
La lotion des Philosophes Horus, parce que ce Dieu
n'est qu'un terme appliqué ne différait pas de l'Apollon
par similitude. Ils lavent avec Egyptien ou Hermétique.
le feu, comme ils brûlent Voyez les raisons de tout
avec l'eau. Leur lotion n'est cela dans le premier livre des
qu'une purification de leur Fables Egypt. & Grecques
matière faite par le feu phi- dévoilées.
losophique. Qu'on ne se lais- LOUP. Cet animal était
se donc point tromper par consacré à Apollon, & était
l'Auteur qui dit: Allez voir en grande vénération chez
les femmes qui font la lessive, les Egyptiens. Voyez pour-
& qui blanchissent le linge, quoi, dans le liv. 1. ch. 8.
voyez comment elles font, & des Fables Egypt. & Grec-
faites comme elles. Il veut ques dévoilées.
dire simplement, ôtez à la Loup. Quelques Chi-
matière ses impuretés, & mistes ont donné ce nom à
cela par le feu philosophi- l'antimoine; mais il doit s'en-
que ou le feu même de la tendre du mercure des Sa-
matière; car un autre Auteur ges. Prends un Loup affamé
nous assure qu'elle se dissout, & ravissant, sujet, à cause
se purifie, se congèle, se de l'étymologie de son nom,
noircit, se blanchit ou se ru- au guerrier Mars; mais de
béfie d'elle-même; qu'on race tenant de Saturne;
n'en ôte rien, & qu'on y comme étant son fils. Bas.
ajoute simplement dans un Valent. Le mercure est dit
certain sens ce qui lui man-* petit-fils de Saturne.
@

LO LU LU 255

Loup GRIS. Anti- mière à leur soufre rouge;
moine. parce qu'ils l'appellent aussi
LUBEN. Encens. Soleil, & que le soleil nous
LUBRICUM. Ma- transmet la lumière.
tière de l'oeuvre parvenue au LUMINAIRE. Les deux
blanc. grands luminaires des Sages
LUCIFER. Magistère sont l'or & l'argent des Phi-
lorsqu'il sort de la putréfac- losophes; c'est-à-dire la ma-
tion. Il est ainsi nommé de tière de l'oeuvre parvenue à
ce que les Philosophes ap- la couleur blanche qu'ils ap-
pellent lumière la matière pellent Lune, & le magistère
parvenue au blanc, & que au rouge qu'ils nomment So-
cette blancheur est annon- leil.
cée par un petit cercle blanc LUNAIRE. (Gr. Art.)
qui se forme sur le noir au- Les Philosophes ont donné
tour de la matière. le nom de Suc de Lunaire à
LUDUS. Paracelse & leur mercure, qu'ils ont aussi
Crollius ont employé ce ter- appelé Crachat de la Lune,
me pour signifier le sédiment Fils du Soleil & de la Lune;
qui s'attache au fond des non que ce mercure soit en
pots de chambre. effet le suc d'une plante ap-
Ludus PUERORUM. pelée Lunaire, dont les Bo-
Ouvrage de la pierre après tanistes reconnaissent deux
sa première préparation. espèces, la grande & la pe-
LULFAR ou ALIOFAR. tite; mais parce qu'ils nom-
Perles. ment Lune leur mercure; que
LUMIERE. Les Chi- Marie, soeur de Moïse, dit
mistes Hermétiques donnent être deux plantes blanches
ce nom au mercure quand il que l'on cueille sur les petites
blanchit après la putréfac- montagnes, & que Philalè-
tion; & c'est alors que se fait the appelle Herbe Satur-
la séparation des ténèbres & nienne.
de la lumière. Ils nomment Lunaire LUXURIEUSE.
aussi Lumière la poudre de C'est le même mercure ap-
projection, parce qu'elle pelé femelle, que les Phi-
semble éclairer les métaux losophes disent être si luxu-
imparfaits, quand elle les rieuse, qu'elle agace le mâle
transmue en or ou argent. & ne le quitte point qu'elle
Les Philosophes ont quel- ne soit devenue grosse. Voy.
quefois donné le nom de Lu-* d'Espagnet, Can. 22.
@

256 LU LU

Lunaire ou LUNARIA. pourquoi Apulée l'a appe-
Soufre de nature. lée la Nature, & lui fait dire
LUNE (la) était une des qu'elle est une & toutes cho-
grandes Divinités des Egyp- ses. C'est de cette Lune que
tiens, connue sous le nom se forme l'autre, ou l'Isis,
d'Isis. Macrobe & Vossius soeur & femme d'Osiris,
réduisent à la Lune presque c'est-à-dire cette même eau
toutes les Divinités du sexe mercurielle volatile, réunie
féminin révérées dans les avec son soufre, & parve-
temps de l'idolâtrie. Cérès, nue à la couleur blanche
Diane, Lucine, Vénus, après avoir passé par la cou-
Uranie, la Déesse de Syrie, leur noire ou la putréfaction.
Cybèle, Isis, Vesta, Astar- Considérée dans ces deux
té, Junon, Minerve, Libi- états, elle prend tous les
tine, Proserpine, Hécate & noms que nous avons rap-
plusieurs autres qui n'étaient portés ci-devant. Les Philo-
formées que d'après l'Isis des sophes Chimiques ne lui
Egyptiens, ne sont que des donnent communément que
noms différents donnés à la ceux de Lune, Diane, Diane
Lune. Ces deux Auteurs ont nue, & quelquefois Vénus.
raison, & ils ont entrevu la Lune. Ce terme se prend
vérité sans la connaître, ou en plusieurs sens; tantôt les
du moins sans pénétrer l'in- Philosophes entendent leur
tention de ceux qui ne con- mercure simple, tantôt leur
naissaient qu'une même cho- matière au blanc, & tantôt
se sous ces différents noms. l'argent vulgaire. Lorsqu'ils
Comme ces Divinités pré- disent que leur pierre est faite
tendues n'avaient d'autre avec le Soleil & la Lune, on
origine que l'Isis des Egyp- doit l'entendre de la matière
tiens, il aurait fallu les ex- volatile pour la Lune, & de
pliquer de la même manière la fixe pour le Soleil. Ils ap-
& dans le sens des Prêtres pellent aussi Lune leur sou-
d'Egypte, qui était celui fre blanc, ou or blanc. Le
d'Hermès leur premier insti- règne de la Lune arrive dans
tuteur. les opérations, lorsque la
La Lune Hermétique est matière après la putréfaction
de deux sortes. La première change sa couleur grise en
est leur eau mercurielle ap- blanche.
pelée Isis, la mère & le Quand les Sages parlent
principe des choses; c'est de leur Lune dans cet état,
ils
@

LU LU 257

ils l'appellent Diane, & di- ont donné une infinité de
sent qu'heureux est l'homme noms, dont quelques-uns
qui a pu voir Diane toute semblent se contredire; mais
nue; c'est-à-dire la matière il faut faire attention que ces
au blanc parfait. Il est heu- noms sont relatifs soit aux
reux en effet, parce que la opérations, soit aux couleurs
perfection du soufre rouge, de l'oeuvre, soit aux qualités
ou or philosophique, ne dé- de cette matière. Ils l'ont ap-
pend plus que de la conti- pelée tantôt eau & tantôt
nuation du feu. terre. Respectivement au
L'éclipse du Soleil & de corps parfait, elle est un es-
la Lune est le temps de la pu- prit pur; & relativement à
tréfaction de la matière, ou l'eau minérale elle est corps,
la couleur noire. Diane, se- mais un corps hermaphro-
lon la Fable, est soeur d'A- dite. Respectivement à l'or
pollon; elle est l'aînée, & a & à l'argent, c'est un mer-
servi de sage-femme à sa cure vif, une eau fugitive. Si
mère, pour mettre son frère on la compare au mercure,
au monde. C'est que la cou- elle paraît une terre, mais
leur rouge, prise pour le So- une terre adamique, un ca-
leil, ne paraît qu'après la hos; elle est un vrai Prothée.
blanche, que l'on nomme Lune FEUILLE'E. Pierre
Lune. au blanc.
Lune DES PHILOSO- Lune CORNE'E. Les
PHES. (Sc. Herm.) Matière Chimistes donnent ce nom
des Philosophes, non uni- à la chaux d'argent faite par
que, mais faisant partie du l'eau-forte de la façon sui-
composé. Ce n'est pas l'ar- vante. Faites dissoudre dans
gent vulgaire, ni le mercure deux onces d'eau-forte une
extrait de l'argent: c'est la once d'argent fin; lorsque la
Saturnie végétable, la fille dissolution est achevée je-
de Saturne, appelée par tez-y de l'esprit de sel com-
quelques-uns Vénus, par mun, qui fera précipiter l'ar-
d'autres Diane, parce qu'elle gent dissout. Vous édulco-
a une forêt qui lui est con- rerez ensuite cette chaux, &
sacrée. L'argent vulgaire fait vous aurez la Lune cornée.
l'office de mâle dans les opé- Lune RESSERRE'E. Ar-
rations de l'oeuvre, & la gent de coupelle. Quand les
Lune des Philosophes fait Chimistes lui donnent le
l'office de femelle. Ils lui nom de Luna compacta, ils
@

258 LU LY

entendent parler de la Lune doivent passer de l'un dans
philosophique, ou matière l'autre, ou y circuler, ne se
de l'oeuvre parvenue à la dissipent & ne s'évaporent.
blancheur, & alors ils l'ap- LYCHAS. Domestique
pellent aussi Or blanc, & d'Hercule. V. Lichas.
Mère de la pierre. LYCIUS. Surnom d'A-
Lune, chez les Chimistes pollon.
vulgaires, signifie propre- LYCOCTONUM. Aco-
ment l'argent dont on fait la nit.
monnaie & les meubles. LYCOMEDE, Roi de
LUPINUS. Poids d'une Scyros, nourrit & éleva dans
demi-dragme. Fernel le sa Cour Achille fils de Thé-
prend pour six grains, & tis. Il s'y cacha sous l'habit
Agricola pour huit. de femme pour ne pas se
LUPULUS. Plante con- trouver au siège de Troie.
nue sous le nom d'Houblon. Ulysse l'y découvrit, & le
LUPUS RECEPTI- mena à ce siège, parce que
TIUS, LUPUS SALIC- cette ville ne pouvait être
TARIUS. V. Lupulus. prise sans la présence d'A-
LUT. Voyez Sceau chille. Voyez les Fables
d'Hermès. Dans les opé- Egypt. & Grecq. dévoilées,
rations les vaisseaux doivent liv. 6. Fatal. 1.
être tellement lutés, qu'il ne LYCURGUE, père
s'y rencontre aucune ouver- d'Archémore, confia l'édu-
ture par où les esprits puis- cation de cet enfant à Hyp-
sent s'évaporer. S'il s'y en siphile, fille de Thoas qui
trouvait l'oeuvre périrait, ou régnait à Lemnos. Pen-
le vase se briserait. dant qu'Hypsiphile était allé
Le lut est proprement une montrer à des Princes Grecs
espèce de mortier composé une fontaine pour les désal-
de différentes matières, dont térer, un serpent mordit &
les Artistes se servent pour fit périr de sa morsure le pe-
enduire ou encroûter les vais- tit Archémore. Les Grecs
seaux de verre, afin qu'ils ré- par reconnaissance instituè-
sistent mieux à l'action du rent des jeux en l'honneur
feu. Le lut sert aussi à join- d'Archémore, & leur don-
dre les ouvertures de deux nèrent le nom de Jeux Né-
vaisseaux, ou leurs becs de méens. V. Hypsiphile.
communication, pour em- LYCUS, Roi de Thèbes,
pêcher que les esprits qui ayant voulu faire violence à
@

LY LY MA 259

Mégare, Hercule vint au se- dans la suite la mort de ses
cours de celle-ci & tua Ly- frères par celle de Danaüs.
cus. C'est le précis de la V. Hypermnestre.
fable, que les Alchimistes LYSIDICE, fille de
expliquent ainsi. Lycus veut Pelops & d'Hippodamie,
dire en grec la même chose épousa Electrion, selon quel-
que Loup en français. Tous ques-uns, & en eut Alcmene
les Philosophes Spagyriques mère d'Hercule. D'autres di-
& particulièrement Basile sent qu'Alcmene fut fille d'E-
Valentin, Religieux Béné- lectrion & d'Anaxo. Voyez
dictin en Allemagne, enten- Alcmene, Hercule.
dent par le Loup l'esprit mé-
tallique. Toute matière mé- M
tallique est composée d'un
corps, d'une âme & d'un M ACEDO, Dieu des
esprit. Mégare est l'âme, & Egyptiens, que ces
Hercule est le corps. L'esprit peuples représentaient sous
comme le plus vif, est féroce la figure d'un loup, comme
& vorace, & pendant la pu- Anubis sous celle d'un chien.
tréfaction il veut attenter sur Quelques Auteurs disent
l'âme & la corrompre; mais qu'ils accompagnèrent l'un
comme elle est hors de ses & l'autre Osiris dans ses
atteintes à cause de sa se- voyages. Voyez comment
mence ignée & de son abon- on doit interpréter chimi-
dance d'éther, le combat qui quement cette fable, dans le
se fait entr'eux est très vif & livre 1. des Fables Egyp.
très long, le corps alors se & Grecq. dévoilées, ch. 8.
saisit de l'esprit, le coagule, MACE'RATION. Atté-
le fixe, & le tue, pour ainsi nuation d'un mixte faite par
dire. sa propre humidité, ou dans
LYNCE'E, fils d'Egyp- quelque menstrue étranger.
tus, ayant épousé Hyperm- La macération précède la
nestre fille de Danaüs, celui-* putréfaction & y dispose le
ci ordonna à toutes ses filles, mixte.
au nombre de cinquante, de MACHA. Ver volant.
tuer leurs époux la première Rullandus.
nuit de leurs noces. Toutes MACHAL. Toute ma-
obéirent, excepté la seule tière fixe. Rullandus.
Hypermnestre. Lyncée son MACHAON, fils d'Es-
époux se sauva, & vengea culape & d'Epione, se trouva
R ij
@

260 MA MA

avec Podalire son frère à la choses surprenantes & ad-
guerre de Troie, & y fut mirables. Ils savaient faire
blessé d'une flèche. Voyez jouer tous les ressorts de la
les Fables Egypt. & Grecq. Nature, & de leur action
dévoilées, liv. 3. chap. 12. mutuelle il en résultait des
§. 2. & liv. 6. prodiges que l'on prenait
MACHINAR. Matière pour des miracles.
dont on vernit les pots de Les Mages croyaient la
terre. Johnson. résurrection des corps &
MACRA. De la terre l'immortalité de l'âme. Ils
rouge. Johnson. faisaient profession de la Ma-
MADIC. Petit-lait sor- gie, mais de cette Magie
tant du beurre. sublime, & pour ainsi dire
MAGALE. Terme latin céleste, exercée par les plus
qui signifie une hutte, une ca- grands hommes de l'Anti-
bane en français; mais Pa- quité, à laquelle on a donné
racelse par ce terme enten- dans la suite le nom de Théur-
dait toutes sortes de parfums gie, pour la distinguer de la
faits avec des minéraux. Magie superstitieuse & con-
MAGES. Philosophes, damnable qui s'exerce par
Prêtres & Sacrificateurs de l'abus des choses naturelles
la Perse, qui se rendirent & des choses saintes, avec
autrefois célèbres par leur l'invocation des esprits ma-
science & leur sagesse. Leur lins; au lieu que la Théurgie
doctrine était la même que consiste dans la connaissance
celle des Prêtres d'Egypte & la pratique des secrets les
successeurs d'Hermès, la mê- plus curieux & les moins
me que celle des Brahma- connus de la Nature.
nes chez les Indiens, des MAGISTERE. C'est
Druides chez les Gaulois, l'opération du grand oeuvre,
des Chaldéens chez les Ba- la séparation du pur d'avec
byloniens, des Philosophes l'impur, la volatilisation du
chez les Grecs, &c. Philon fixe, & la fixation du volatil
nous apprend dans son livre l'un par l'autre, parce qu'on
des Lois particulières, que n'en viendrait jamais à bout
leur science avait pour objet en les travaillant séparément.
la connaissance de la Nature Les Philosophes disent que
& de son Auteur; & que leur magistère a pour prin-
cette connaissance leur était cipe un, quatre, trois, deux
si familière qu'ils faisaient des & un. Le premier un est la
@

MA MA 261

première matière dont tout distillations réitérées on fait
a été fait: quatre sont les perdre la mauvaise odeur
quatre éléments formés de aux huiles des animaux ou
cette première matière: trois des végétaux.
sont le soufre, le sel & le Magistère DES FIXES,
mercure, qui sont les trois lorsque des corps volatils &
principes des Philosophes: spiritueux on en fait des corps
deux c'est le Rebis, ou le fixes par la circulation, ou
volatil & le fixe; & un est que l'on durcit les corps mous
la pierre ou le résultat des de leur nature.
opérations, & le fruit de Magistère DE CON-
tous les travaux Herméti- SISTANCE, quand on coa-
ques. Quelquefois les Phi- gule ou qu'on épaissit une
losophes appellent Magistère chose liquide, soit pour la
chaque opération, qui sont conserver sans altération, soit
la préparation du mercure, pour lui donner plus de pro-
la fabrication du soufre, la priétés. Tels sont les extraits,
composition de l'élixir. les cristallisations des sels,
En fait de Chimie vul- &c.
gaire il y a trois sortes de ma- Magistère DE COU-
gistères, qui prennent leurs LEUR, lorsqu'on ajoute une
dénominations des motifs couleur étrangère à un corps,
qui les font entreprendre. ou que l'on manifeste une
Les uns regardent la qualité couleur intrinsèque. Tel est
des mixtes, les autres leur le sel de tartre qui est blanc
substance, leurs couleurs, extérieurement, & rouge en
odeurs, &c. On dit: puissance, de même que le
Magistère D'ODEUR, nitre. On fait paraître la cou-
lorsque par le secours de l'art leur rouge du premier en y
on ôte d'une confection, d'un mêlant de l'esprit-de-vin. Ce
remède, &c. une odeur dé- terme se dit aussi des cou-
sagréable & dégoûtante, en leurs que l'on donne aux mé-
leur conservant leurs pro- taux.
priétés, comme lorsque l'on Magistère DE POIDS,
mêle autant pesant de feuil- quand on augmente le poids
les de grande-scrofulaire naturel des corps sans en aug-
que de séné dans une mé- menter le volume.
decine, pour ôter au séné Magistère DES POU-
son odeur désagréable & son DRES, lorsqu'on réduit un
goût dégoûtant, Quand par corps en poudre impalpable,
R iij
@

262 MA MA

soit par la trituration, soit par corrige, par exemple, une
la calcination, soit par la pu- acrimonie. Tout l'art des
tréfaction, soit enfin par la Cuisiniers consiste dans ces
dissolution. opérations.
Magistère DES PRIN- Magistère DU SON,
CIPES, lorsqu'on décompose quand on donne aux corps
les corps, & qu'on les ré- une liaison de parties qui les
duit à leurs principes. Les rend plus sonores qu'ils ne
Chimistes vulgaires préten- le sont naturellement; tel est
dent faire cette opération par le métal des cloches: le cui-
la force du feu élémentaire, vre & l'étain pris séparément
au moyen des distillations, & en même masse, ne don-
sublimations, &c. Ils tirent neraient pas le même son
du phlegme, de l'esprit, de qu'ils font quand ils sont réu-
l'huile, du sel, & le caput nis. La différente cuisson de
mortuum ou tête morte; mais la brique, des métaux leur
ils se trompent, puisque leurs donne un son plus parfait, &
prétendus principes peuvent on juge souvent de la per-
encore se réduire en d'autres fection ou de la bonté des
que le feu élémentaire ne métaux & de certains corps
saurait séparer, ou qu'il dé- par leur son.
truit. Pour réduire les corps Magistère DU VOLA-
à leurs premiers principes, TIL, lorsque d'un corps fixe
on ne peut le faire que par on le rend volatil. Les Phi-
un agent naturel tiré de ces losophes Hermétiques disent
mêmes principes. Si le corps vous ne réussirez point, si
est très sulfureux, il faut vous ne spiritualisez les corps
un dissolvant mercuriel, qui & ne corporifiez les esprits;
prenne le dessus sur le soufre c'est-à-dire, si vous ne ren-
Becher. dez volatil le fixe, & fixe le
Magistère DE QUA- volatil.
LITE', lorsqu'on ôte à un MAGMA. Marc, ce qui
mixte une mauvaise qualité, reste au fond d'une cucurbite
comme lorsque d'un poison après la distillation. On l'ap-
on en fait un baume. pelle plus proprement Tête
Magistère DE SA- morte. Le terme Magma se
VEUR, lorsqu'on donne une dit aussi plus particulière-
saveur agréable à ce qui en ment de ce qui reste après
avait une dégoûtante, ou qui l'expression d'un suc, d'une
n'en avait pas; ou quand on liqueur.
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MA MA 263

MAGNE'S. Le Cosmo- dit-il, notre magnésie dans
polite s'est servi de ce terme laquelle consiste tout notre
pour signifier la matière du secret; & notre secret final
mercure philosophique. Il est la congélation de notre
dit qu'elle a une vertu aiman- argent-vif dans notre ma-
tine qui attire des rayons du gnésie au moyen d'un cer-
Soleil & de la Lune le mer- tain régime.
cure des Sages. V. Aimant. Magnésie DES PHILO-
Magnès ARSENICAL, SOPHES est le nom que Pla-
est une poudre faite avec de niscampi donne à un amal-
l'arsenic cristallin, du soufre game fluide d'argent & de
vif & du soufre cru, parties mercure.
égales; elle est admirable, Magnésie LUNAIRE est
dit Planiscampi, pour l'at- le régule d'antimoine, de
traction du venin pestifère, même que la
appliqué sur la tumeur. Magnésie SATUR-
Magnès VITRARII. Sel NIENNE, qui est aussi ap-
alcali. pelée Plomb des Philoso-
MAGNE'SIE. Matière phes & le premier Etre des
d'où les Philosophes ex- métaux.
traient leur mercure. Sou- MAGNESIS MA-
vent ils donnent ce nom de GNENSIUS est le sang
Magnésie à leur plomb, ou humain réduit en poudre
la matière au noir pendant par une opération philoso-
la putréfaction, quelquefois phique.
à leur mercure préparé. MAGNETICUS TAR-
Magnésie BLANCHE, TAREUS. Pierres qui se
c'est le soufre ou or blanc, forment dans le corps hu-
la matière dans le vase pen- main.
dant le règne de la Lune. MAGOREUM. Médi-
Magnésie ROUGE, cament qui agit sans qu'on
c'est le soufre rouge des Phi- puisse en découvrir la cause
losophes, leur or, leur So- physique, telle est la pou-
leil. dre de sympathie, l'unguen-
Raymond Lulle (Theor. tum armarium de Paracel-
cap. 30.) donne le nom sim- se, &c.
ple de Magnésie à la terre MAGRA. Terre rouge.
feuillée des Philosophes, ou MAIA, fille d'Atlas &
leur matière parvenue à la mère de Mercure. Voyez
blancheur. Cette terre est, Mercure.
R iv
@

264 MA MA

MAIN DROITE. Ma- de couleur orangée, avec un
gistère au rouge, ainsi ap- rouleau sur lequel est écrit:
pelé de ce que sans lui on Dele mala quae feci. Il ex-
ne peut réussir à faire l'oeu- plique lui-même ces paroles
vre. Philalèthe. en ces termes: Ote-moi ma
Main GAUCHE. Magis- noirceur. Car mal signifie
tère au blanc. par allégorie la noirceur. On
MAISON DE VERRE. trouve le même terme pris
Oeuf ou vase philosophique, au même sens dans la Tour-
qu'ils ont aussi appelé Pri- be: Cuis jusqu'à la noirceur,
son du Roi qui est mal.
MAISON DU POULET MALADORAM. Sel
DES SAGES. C'est le four gemme.
ou fourneau appelé Atha- MALARIBIO. Opium.
nor; mais plus particulière- MALARIBRIC. Voyez
ment le vase qui y est ren- Malaribio.
fermé. MALE. (Sc. Hermet.)
MAIUS NOSTER. Magistère au rouge. Il faut
C'est la rosée philosophique bien prendre garde, quand
& l'aimant des Sages. on lit les ouvrages des Phi-
MAL. Terme métapho- losophes, par quel endroit
rique qui signifie la putré- des opérations ils commen-
faction & la dissolution de cent à parler. Un grand nom-
la matière des Sages dans bre ont omis le magistère &
l'oeuf Hermétique. Les Phi- le supposent déjà fait. C'est
losophes ont employé ce pourquoi ils disent: Prenez
terme, parce que l'idée qu'il le mâle & joignez-le à sa
présente est toujours un prin- femelle. Ils parlent alors du
cipe de destruction ou une magistère parfait au rouge.
destruction même d'un être; MALCHORUM ou
c'est dans ce sens que l'on MALEHORUM. Sel
dit, la mort est le plus grand gemme.
des maux, parce que la mort MALECH. Sel com-
est une dissolution des corps. mun.
La fièvre est un mal, parce MALICORIUM. Ecor-
qu'elle est une cause ou prin- ce d'orange.
cipe de destruction. MALINATHALLA.
Flamel dans ses Figures Plante appelée en français
hiéroglyphiques représente Souchet, en latin Cyperus.
un homme habillé de noir & MALTACODE. Médi-
@

MA MA 265

cament dans lequel il entre phes ont donné ce nom à
de la cire. Blanchard. leur Saturnie végétable, par
MAMOLARIA. Plante comparaison avec le marbre
connue sous le nom de Bran- dont les Peintres se servent
che Ursine. pour broyer leurs couleurs,
MANBRUCK. Argent parce que ce marbre philo-
commun & vulgaire. sophique broie, divise & at-
MANDELLA. Semence ténue l'or des Philosophes.
d'ellébore noir. Voyez Crible.
MANHEB. Scories des Le marbre des Sages Her-
métaux. métiques est proprement leur
MANNA CHYMICO- mercure; mais ils ont aussi
RUM ou MANNA MER- donné le même nom à leur
CURIALIS. C'est un pré- matière parvenue au blanc
cipité blanc de mercure, par la cuisson, parce qu'elle
qu'on fait ensuite passer par est alors éclatante comme le
l'alambic sous forme blan- marbre blanc poli.
che comme la neige. On lui MARCHED. Litharge.
donne aussi le nom d'Aqui- MARCASSITE. Matiè-
la coelestis. Blanchard. re minérale dont il y a beau-
Beguin dit, dans sa Chi- coup d'espèces, car toutes
mie, que cette manne se fait les pierres qui contiennent
en dissolvant le mercure dans peu ou beaucoup de métal
de l'eau-forte, qu'il faut en- sont appelées de ce nom.
suite le précipiter avec l'eau On le donne même à plu-
de mer, ou salée, & puis sieurs pierres sulfureuses dont
distiller ce précipité d'abord on ne peut tirer aucun mé-
à petit feu. tal; il suffit pour cela qu'el-
MANNE. Mercure des les contiennent beaucoup de
Philosophes. Ils l'ont aussi soufre ou de vitriol: dans ce
appelé Manne divine, parce dernier cas on devrait plu-
qu'ils disent que le secret de tôt les nommer simplement
l'extraire de sa minière est un Pyrites. Plusieurs Chimis-
don de Dieu, comme la ma- tes ont pris les marcassites
tière même de ce mercure. pour la matière du grand oeu-
MANUS CHRISTI. Su- vre; ils n'avaient pas lu sans
cre perlé. doute les ouvrages de Ber-
MARATHRUM. Fe- nard Comte de la Marche
nouil. Trévisanne, qui dit claire-
MARBRE. Les Philoso-* ment que les marcassites ne
@

266 MA MA

sont pas la matière requise. pur, si l'on veut que le fils
MARGA est une cer- qui naîtra de ce mariage ait
taine matière un peu grasse un degré de perfection qu'il
& onctueuse que l'on trouve puisse communiquer à tous
dans quelques pierres; ce qui ses frères & sujets.
lui a fait donner le nom de Mariage DU FRERE
Moelle des cailloux. ET DE LA SOEUR signifie,
MARIAGE. Rien n'est en termes de Science Her-
plus usité dans les écrits des métique, le mélange du sou-
Philosophes que ce terme. fre & du mercure dans l'oeuf
Ils disent qu'il faut marier le philosophique. C'est ce qu'ils
Soleil avec la Lune, Gaber- appellent aussi la copulation
tin avec Beya, la mère avec du mâle & de la femelle. Et
le fils, le frère avec la soeur; quand les Philosophes disent
& tout cela n'est autre chose que de ce mariage naît un
que l'union du fixe avec le enfant beaucoup plus beau
volatil, qui doit se faire dans & plus excellent que son
le vase par le moyen du feu. père & sa mère, ils enten-
Toutes les saisons sont dent par-là l'or ou la poudre
propres à faire ce mariage; aurifique, qui transmue les
mais les Philosophes recom- métaux imparfaits en par-
mandent particulièrement le faits; c'est-à-dire, en or ou
printemps, comme celle où la argent.
Nature est plus disposée à la Mariage. Les Chi-
végétation. Basile Valentin mistes Hermétiques ont don-
dit que l'époux & l'épouse né aussi ce nom à l'union du
doivent être dépouillés de fixe & du volatil dans le temps
tous leurs vêtements, & être de leur mélange avant la su-
bien nets & lavés avant d'en- blimation, c'est alors le ma-
trer au lit nuptial. D'Espa- riage de Beya & de Gaber-
gnet & tous les autres assu- tin, du frère & de la soeur,
rent que l'oeuvre ne réussira du Soleil & de la Lune; &
pas, si le mâle & la femelle dans le temps de l'union par-
ne sont tellement purifiés faite qui se fait par la subli-
qu'il n'y reste aucune partie mation, c'est le mariage du
hétérogène. Tout le secret Ciel & de la Terre, d'où
de la préparation du mercure sont sortis tous les Dieux des
consiste dans cette purifica- Païens. C'est la réconcilia-
tion. Le ferment ou levain tion des principes contraires,
doit être aussi parfaitement la régénération du mixte, la
@

MA MA 267

manifestation de clarté & Thrace. Mars était un des
d'efficace, la couche nup- douze grands Dieux de l'E-
tiale d'où doit naître l'enfant gypte. Homère le dit fils de
royal des Philosophes, plus Jupiter & de Junon; les
puissant que ses pères & mè- Grecs l'appelaient Arès, &
res, & qui doit communi- les Latins sont les seuls avec
quer son sceptre & sa cou- Apollodore qui l'aient dit
ronne à ses frères. C'est ce fils de Junon sans la partici-
que les Chimistes ont ap- pation d'aucun homme. Le
pelé l'inceste du père & de caractère féroce du Dieu
la fille, du frère & de la soeur, Mars ne l'empêcha pas d'ê-
de la mère & du fils. tre sensible aux appas de
MARIS. Poids de 83 li- Vénus: il la courtisa, & en
vres & 3 onces. Blanchard. obtint des faveurs. Le Soleil
MARISCA. Figue. qui s'en aperçut, en avertit
MARMORARIA. Vulcain époux de Vénus,
Acanthe ou Branche-ursine. qui les prit sur le fait, au
MARS. Quelquefois les moyen d'un rets de métal
Philosophes Hermétiques qu'il forgea, ce Dieu boi-
prennent ce terme dans le teux exposa ensuite sa fem-
sens ordinaire des Chimis- me & Mars à la risée des
tes; mais quand ils parlent Dieux, & ne les délia qu'à
de leur Mars, c'est de la ma- la sollicitation de Neptune.
tière digérée, & cuite à un Voyez ce que signifient ces
certain degré; ils disent alors fictions, dans les Fables
qu'elle passe par le règne de Egypt. & Grecq. dévoilées,
Mars. C'est quand elle com- liv. 2. ch. 8. & 10.
mence à rougir. Quand il s'agit de Chi-
Mars, Dieu de la guer- mie vulgaire, Mars signifie
re & des combats, naquit l'acier, le fer.
de Junon sans connaissance MARTACH ou MAR-
d'homme. Piquée & jalouse THAT. Litharge.
de ce que Jupiter avait en- MARTECH. Les Chi-
fanté Minerve sans son se- mistes Hermétiques ont don-
cours, elle médita le moyen né ce nom à leur matière
de concevoir sans Jupiter; considérée dans le temps de
Flore indiqua pour cet effet la putréfaction.
une fleur à Junon, qui en fit MARTHEK. Quelques-*
usage; elle conçut & mit uns expriment par ce terme
Mars au monde dans la la pierre au rouge, le fer-
@

268 MA MA

ment de l'oeuvre; mais Luc, créés, parce qu'elle contient,
dans le Code de Vérité, dit: disent-ils, en puissance tou-
Prenez Marthek & le blan- tes les qualités & proprié-
chissez; ce qui signifie le la- tés des choses élémentaires.
ton, ou la matière au noir. C'est un cinquième élément,
MARUCH. Huile. John- une quintessence, le principe
son. & la fin matériels de tout.
MASAL. Terme em- Gerhard Dorn dit que c'est
ployé dans quelques ouvra- la matière-même dont les
ges Chimiques, pour signi- cieux sont composés, que
fier du lait aigri. c'est la quintessence de notre
MASARDEGI. Plomb. matière sublunaire, incor-
MASAREA. Piloselle. ruptible, & conservatrice de
MASELLUM. Etain, ce bas monde, le vrai végé-
Jupiter. tatif, l'âme des éléments, qui
MASTACH. Prépara- préserve de corruption tous
tion d'opium fort en usage les corps sublunaires, & leur
chez les Turcs. Quelques-* donne le degré de perfection
uns l'appellent Ansion, ou qui convient à chaque es-
Amphion. pèce: qu'avec l'aide de l'Art
MASSALIS. Mercure on peut l'en séparer & la
des Philosophes. communiquer aux trois rè-
MASSE DE COQUE- gnes animal, végétal & mi-
MAR. Matière de l'oeuvre. néral: que cette matière en-
MASSERIUM. Mercure fin est ce que les Alchimistes
Hermétique. appellent l'Oiseau d'Hermès
MATERSYLVA. Chè- qui descend continuellement
vrefeuille. du ciel en terre, & y remonte
MATIERE, en termes sans cesse. On peut voir tous
de Philosophie Hermétique, les autres éloges qu'il lui
est le sujet sur lequel s'exerce donne dans son Traité de
cette Science pratique. Tous Lapide Metaphysico. Mais
ceux qui ont écrit sur cet Art la matière des cieux diffère-*
se sont appliqués à cacher le t-elle de celle de la terre?
vrai nom de cette matière, Est-elle nécessaire pour la
parce que si elle était une végétation, la conservation,
fois connue, on aurait la & l'altération des corps su-
principale clef de la Chi- blunaires? Peut-elle être la
mie. Ils l'ont nommée de matière prochaine de l'art
tous les noms des individus Chimique? Je laisse les deux
@

MA MA 269

premiers à décider aux Phy- matière des Chimistes, dans
siciens Naturalistes, & le laquelle ils distinguent la se-
troisième point aux Alchi- mence mâle qui tient lieu de
mistes, dont la vraie matière forme, & la semence femelle
première n'est autre que les qui est la matière propre à
accidents de la première ma- recevoir cette forme. C'est
tière des Sectateurs d'Aristo- pourquoi lorsque les Chi-
te. Les Chimistes prennent mistes parlent de leur pre-
cette matière, parce qu'elle mière matière, ils entendent
est la semence des choses le plus souvent la semence
& que la semence de chaque femelle, quoiqu'ils parlent
être est sa première matière quelquefois de l'une jointe
qui nous soit sensible. Toutes avec l'autre. Alors ils disent
les fois donc que les Philo- qu'elle a tout ce qui lui est
sophes Hermétiques parlent nécessaire, excepté le feu ou
de leur première matière, on agent extérieur, que l'Art
doit toujours l'entendre de la fournit à la Nature: comme
semence des corps. le dit Empedocles dans le
Il y aurait beaucoup de Code de Vérité.
choses à observer sur cette Il n'est pas rare aussi de
première matière des Chi- voir dans les livres d'Alchi-
mistes; mais c'est à ceux qui mie, tout ce qui produit se-
font des Traités du Grand mence être pris pour la ma-
oeuvre, à en parler avec tière du grand oeuvre, de la
toute l'étendue qu'elle mé- même manière que l'on peut
rite. Je me contenterai donc dire l'homme & les animaux
de dire avec Becher (Oedi- composés des plantes, parce
pus Chymicus) que tous les qu'ils s'en nourrissent. Ils
corps ne sont point en tota- s'expriment ainsi en parlant
lité cette première matière de la matière éloignée, com-
tant recherchée; mais qu'ils me ils parleraient de la pro-
la contiennent, & qu'ils la chaine, de la puissance com-
sont en effet quant à la puis- me de l'acte, de la cause
sance; ce qui doit même comme de l'effet; ce qui ne
s'entendre des métaux, qui contribue pas peu à faire
ne peuvent être censés cette prendre le change aux lec-
première matière qu'après y teurs qui ne sont pas versés
avoir été réduits. dans cette Science.
C'est donc la semence des Cette matière ne se trouve
corps, qui est la première donc que dans la semence
@

270 MA MA

des corps, & dans le point posent chaque individu de
de perfection propre à la gé- ces trois règnes.
nération; c'est-à-dire, quand La première matière, des
elle n'a pas été corrompue Chimistes, éloignée est une
ou altérée par la Nature ou eau pondéreuse produite par
l'Art: & quand on la prend une vapeur mercurielle; la
telle, elle a la puissance prochaine est eau mercu-
d'engendrer, qui n'attend rielle qui ne mouille point
qu'à être réduite à l'acte au les mains, comme le dit Saint
moyen du feu. Si on la prend Thomas dans son Commen-
généralement, sans avoir taire sur le 3e livre d'Aris-
égard à la forme, elle se tote touchant les Météores.
trouve dans tous les corps, La fin que se proposent les
mais non pas prise comme Chimistes dans la pierre phi-
matière ayant forme chi- losophale étant d'élever les
mique. Dans les animaux métaux imparfaits à la per-
elle s'appelle Menstrue, dans fection de l'or, au moyen de
les végétaux Eau de pluie, sa forme & de sa matière; il
& dans les minéraux Eau faut donc que l'une & l'autre
mercurielle. Elles partent soient métalliques & miné-
toutes d'une même racine, rales.
& composent cependant, Les Alchimistes ne sau-
selon Becher, trois matiè- raient réussir dans leur des-
res tout-à-fait différentes, sein, si, comme dit Aristote
quoiqu'elles aient beau- le Chimiste, ils ne réduisent
coup d'affinité entr'elles, les corps en leur première
n'étant qu'une eau subtile & matière, c'est-à-dire en leur
visqueuse; mais comme el- matière séminale, & ne la
les différent par leur propre mettent ensuite dans une ma-
substance, il n'est pas possi- trice propre à y produire des
ble à l'Art de les changer fruits si désirés.
l'une en l'autre. Celle des Pour le premier article,
animaux semble être faite tout le monde sait que les
pour l'union, celle des vé- choses ne se détruisent que
gétaux pour la coagulation, par les contraires; c'est le
& celle des minéraux pour soufre qui donne la forme, il
la fixation; ce que l'on re- faut donc se servir de mer-
marque aisément dans la dif- cure pour le dissoudre, &
férence de l'union & de la après cette dissolution, on
liaison des parties qui com-* ajoutera un soufre pour coa-
@

MA MA 271

guler & fixer le mercure, du soufre qui y est mêlé, &
en en faisant le mariage dans par conséquent toutes ces
le vase propre à cet effet. sortes de sels ne doivent être
Les Philosophes Hermé- regardés que comme des
tiques ont toujours parlé de mixtes, & non des sels prin-
cette matière & des opéra- cipes. Le sel des Philosophes
tions de l'Art dans des ter- doit se comprendre abstrac-
mes allégoriques & énigma- tivement de ce soufre, & ils
tiques. Le soufre & le sel, ne l'ont ainsi nommé que
comme les deux principes parce que sa forme acciden-
constituant de cette matière, telle lui donne souvent l'ap-
ont été nommés, le premier parence de glace, ou de sel
Roi, Mâle, Lion, Crapaud, coagulé, ou qu'il se résout
feu de nature, Graisse du en eau aussi aisément que le
Soleil, le Soleil des corps, sel.
le Lut de sagesse ou sapience, C'est ce sel qu'ils appel-
le Sceau d'Hermès, le Fu- lent proprement la matière
mier & la Terre des Philoso- propre à recevoir la forme.
phes, Huile incombustible, C'est pourquoi ils l'ont nom-
Mercure rouge, & une infi- Humide radical, Mens-
nité d'autres noms même de true, Corps en puissance,
diverses langues, qui tous Chose ou Substance capable
cependant signifient quelque à recevoir toutes sortes de for-
matière fixe, coagulante ou mes, Reine, Femelle, Aigle,
glutineuse; parce qu'ils attri- Serpent, Eau céleste, Ecume
buent au soufre, la forme, la de la Lune, Clef, Mercure
chaleur innée, le sperme, blanc, Mercure des Philoso-
l'âme, l'odeur, la couleur, phes, Eau de vie & de mort,
la saveur, la fixité, & tout Cire où l'on imprime le sceau
ce qui est capable de causer d'Hermès, Eau de glace,
la cohésion des parties des Plaie des Philosophes, Fon-
corps. taine, Bain du Roi, Bain
Le second principe, ou sel, des corps, vinaigre très
qui comprend toutes les eaux aigre, Savon, & tant d'au-
différentes dont nous avons tres noms qu'on trouvera ci-*
parlé, comme semences des après par ordre alphabéti-
trois règnes, n'est pas le sel que, & dont la plupart se-
commun, ou le sel des corps, ront expliqués dans les arti-
acide, ou qui brûle la lan- cles qui les concernent.
gue; car cette saveur vient La plus grande partie des
@

272 MA MA

Philosophes pensent que tout Voici une partie des noms
a pour principe une eau sa- que les Philosophes Hermé-
vonneuse, c'est-à-dire, com- tiques ont donné à leur ma-
posée de deux substances, tière. La plupart sont expli-
l'une saline & l'autre oléa- qués dans ce Dictionnaire,
gineuse, appelée Cahos, & parce que, disent Morien &
propre à recevoir quelque Raymond Lulle, c'est dans
forme que ce puisse être; l'intelligence de ces noms si
que Dieu l'a divisée en deux différents d'une même chose,
parties, en eau grossière, & que consiste tout le secret de
en eau subtile; la première l'Art. Les uns sont tirés du
visqueuse, huileuse ou sulfu- grec, les autres de l'hébreu,
reuse, la seconde saline, sub- quelques-uns de la langue
tile & mercurielle. Il les sub- arabe, plusieurs du latin &
divisa encore en trois parties du français.
générales; de la plus subtile
il forma les animaux, de la Absemir.
plus crasse les métaux, & de Acier.
celle qui participe des deux Adam.
il en composa les végétaux; Adarnet.
de manière que celle d'un Adrop.
règne ne saurait être trans- Affrop.
muée radicalement en un Agneau.
autre règne, par aucune opé- Aibathest.
ration de l'Art. La pratique Aigle.
de la Chimie prouve à ceux Aigle des Philosophes.
qui douteraient de ce systè- Aigle volante.
me, dit Becher, qu'il n'est Aimant.
pas la production d'un cer- Air.
veau creux. Le soufre agit Airain.
sur le sel en l'agglutinant & Airain brûlé.
lui donnant ainsi la forme: Airain incombustible.
le sel agit sur le soufre en le Airain noir.
dissolvant & le putréfiant; Alartar.
& l'un joint avec l'autre en Albar Aeris.
quantité proportionnée, con- Albira.
stituent une eau visqueuse & Alborach.
vitriolique, qui est la pre- Alchaest.
mière matière de la Nature Alcharit.
& de l'Art. Alcophil,
Alembroth.
@

MA MA 273

Alembroth. Azoch.
Aloeam. Azoth.
Alkusal.
Almagra. Bain.
Almizadir. Bain de Diane.
Alocines. Bain du Roi.
Aludel. Bain du Soleil.
Alun. Bain-Marie.
Alus. Bain Vaporeux.
Alzernad. Beïa.
Alzon. Berbel.
Amalgra. Beurre.
Ame. Bien.
Ame de Saturne. Bien Communicatif.
Ame des Eléments. Blanc du Noir.
Ame du Monde. Blancheur.
Anachron. Bois.
Anathuel. Bois de Vie.
Anathron & Anatron. Bois d'Or.
Androgyne. Borax.
Antimoine. Boritis.
Antimoine des parties de Borteza ou Boreza.
Saturne. Brebis.
Antybar. Brouillard.
Arbre.
Arbre Lunaire. Cadmie.
Arbre Philosophique. Caducée.
Arbre Solaire. Caïn.
Arbre Métallique. Cambar.
Arémaros. Camereth.
Argent. Cancre.
Argent-vif. Caspa.
Argent-vif coagulé. Caspachaïa.
Argyrion. Cendre.
Arneth ou Zarnich. Cendre de Tartre.
Arsenic. Cendre Fusible.
Asmarcech. Cendre Incombustible.
Astima. Cendre Noire.
Atimad. Chaï.
Aycafort, Chaïa.
S
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274 MA MA

Crachat de la Lune, Corps Immonde.
Chameau. Corps Impropre.
Champ. Corps Noir.
Chaos. Corps Mixte.
Chaux. Corps Confus.
Chaux Vive. Corps Imparfait.
Chemin. Corsufle.
Ches. Couronne du Roi.
Chesseph. Couteau.
Chesseph Hai. Crapaud.
Chibur. Cristal.
Chien. Crible.
Chien Corascénien.
Chienne d'Arménie. Dangereux.
Chose croisée ou tour- Décembre.
mentée. Décembre E.
Chose vile. Deeb.
Chyle. Dehab.
Ciel. Diabeste.
Ciel moyen. Dispositif Moyen.
Ciel des Philosophes. Douceur du Beurre.
Clarté du Soleil. Duenech.
Clef des Métaux. Dragon.
Clef de l'Oeuvre. Dragon Volant.
Coeur de Saturne. Dragon Rampant.
Coeur du Soleil. Dragon Babylonien.
Colcotar.
Colère. Eau Ardente.
Colle d'Or. Eau Azotique.
Compagnon. Eau de Talc.
Compar. Eau de l'Art.
Compost. Eau de Sang.
Composé. Eau de Fontaine.
Confection. Eau de Vie.
Contenant. Eau d'Urine.
Contenu. Eau Etoilée.
Coq. Eau Feuillée.
Corbeau. Eau Hyléale.
Corps Blanc. Eau Mondifiante.
Corps Contraire. Eau Brûlante.
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MA MA 275

Eau Pesante. Femelle.
Eau Pondéreuse. Femme.
Eau Première. Fer.
Eau Sèche. Ferment.
Eau Simple. Ferment Sublimé.
Eau Visqueuse. Fèces Calcinées.
Eau du Styx. Fèces Dissoutes.
Ebemich. Femme prostituée.
Ebesemeth. Feu.
Elément. Feu Naturel.
Elément cinquième. Feu contre Nature.
Elixir. Feu Innaturel.
Elsaron. Feu Aqueux.
Enfer. Feu Liquide.
Estomac d'Autruche. Feu de Cendres,
Embryon. Feu de Sable.
Ennemi. Feu de Lampe.
Epée. Feu Artificiel.
Epouse. Feu Corrodant & non
Espatule. Corrosif.
Esprit. Feu Humide.
Esprit Cru. Fiel.
Esprit Universel. Fils béni du Feu.
Esprit Corporifié. Fils du Nil.
Esprit Cuit. Fils (petit) de Saturne.
Esprit de la Clarté, Fils du Soleil & de la
Esprit Pénétratif. Lune.
Etain. Flegme.
Eté. Fleur d'Airain.
Ethélie Blanche. Fleur du Soleil.
Etoile Scellée. Fontaine.
Etre Métallique. Fontaine du Roi.
Euphrate. Forme.
Eudica. Forme de l'Homme.
Eve. Frère.
Excrément du Verre. Frère du Serpent,
Fridanus.
Favonius. Fruit.
Fada. Fruit de l'Arbre Solaire.
Faucon. Fumée Blanche.
S ii
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276 MA MA

Fumée Citrine. Iris.
Fumée Rouge. Jud he voph hé.
Fumier.
Karnech.
Gabertin. Kenchel.
Gabritius. Kibrich.
Gabrius. Kinna.
Giumis.
Glace. Lac Bouillant.
Gomme Blanche. Lac Desséché.
Gomme Rouge. Lait.
Gomme d'Or. Lait de Vierge.
Gophris. Laton.
Granusae. Lazul.
Gur. Lessive.
Ligne.
Hageralzarnad. Lion.
Hebrit. Lion Rouge.
Hermaphrodite. Lion Vert.
Hirondelle. Larmes de l'Aigle.
Homme. Liqueur Végétable.
Huile. Litharge.
Huile de Mars. Loup.
Huile Incombustible. Lucifer.
Huile Rouge. Lumière.
Humide Blanc. Lumière du Plomb.
Humide Radical. Lune.
Humidité. Lune Feuillée.
Humidité Brûlante.
Hydre de Lerne. Magnès.
Hylé. Magnésie.
Hypostase Blanche. Magnésie Blanche.
Hiver. Magnésie Rouge.
Main Gauche.
Jaune d'oeuf. Main Droite.
Immondice du Mort. Mal.
Infini. Mâle.
Insipide. Marbre.
Jour. Marcassite.
Jourdain. Marcassite du Plomb.
@

MA MA 277

Mars. Occident.
Martheeka. Oeil des Poissons.
Marthek. Oeuf.
Masse de Coquemart. Oeuf des Philosophes.
Matière. Oint.
Matière de la Matière. Oiseau d'Hermès.
Matière de toutes formes. Olive.
Matière Lunaire. Ollus.
Matin. Ombre.
Médaille de Fauheh. Ombre du Soleil.
Médecine de l'Esprit. Or.
Médecine des trois ordres. Or de Gomme.
Mélancolie. Or Ethée.
Menstrue Animal. Or Feuillé.
Menstrue Minéral. Or d'Orient.
Menstrue Végétal. Or du Bec.
Mer. Or du Corail.
Mercure. Or Romain.
Mère. Orient.
Mère des Métaux. Orpiment.
Mère de l'Or.
Mesure Père.
Microcosme. Père unique de toutes
Midi. choses.
Miel. Phénix.
Minière. Phison.
Minière de l'Or. Pierre.
Ministère. Pierre Animale.
Mizadir. Pierre Ardente.
Mort. Pierre Etoilée.
Mort Amère. Pierre des Philosophes.
Mozhacumia. Pierre comme dans les
chapitres des Livres.
Nature. Pierre non Pierre.
Neusi. Pierre Indienne.
Noir plus noir que le noir-* Pierre Indrademe.
même. Pierre Minérale.
Nuée. Pierre Métallique.
Nutus. Pierre Rouge.
Nature cinquième. Pierre Végétale.
S iij
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278 MA MA

Plomb. Salive de la Lune.
Plomb Blanc. Salive des Champignons.
Plomb des Philosophes. Salive Incombustible.
Poil Humain. Salive Précieuse.
Point. Sang.
Poisson Echénéis. Sang de Dragon.
Poudre. Sang du Lion.
Poudre tirée de la cendre. Sang de la Salamandre.
Poule. Sang Humain.
Poussin d'Hermogêne Sang Spirituel.
Présure du Lait. Saumure.
Printemps. Saumure Marine.
Prison. Savon.
Pureté du Mort. Savon des Sages.
Prostituée (la). Saturne.
Sébleinde.
Queue de Paon. Secret de l'Ecole.
Sedena.
Raceen. Seigneur des Pierres.
Racine des Métaux. Sel Alcali.
Rameau d'Or. Sel Alvisadir.
Rarum. Sel des Sages.
Randerich. Sel de Lunaire.
Rayon du Soleil. Sel Fusible.
Rayon de la Lune. Sel Nitre.
Récon. Sel d'Urine.
Réhéson. Sel des Sels.
Résidence. Sel Solaire.
Risoo. Sel Alembroc.
Roi. Sel des Pèlerins.
Rose dans les épines. Semence.
Rosée. Sentier.
Rosée de Mai. Sépulcre.
Rougeur. Sérinech.
Rubis. Séricon.
* Sable. Serpent.
Safran. Serpent dévorant sa queue.
Salamandre. Serpent Ailé.
Salé. Serpent sans Aile.
Salpêtre. Serpent de Cadmus.
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MA MA 279

Serviteur. Témaychum.
Serviteur Fugitif. Ténèbres.
Serviteur Rouge. Terre.
Seth. Terre Adamique.
Smeratha. Terré de Reste.
Sodo des Philosophes. Terre Feuillée.
Soeur. Terre Glaise.
Soeur Première. Terre Grasse.
Soeur du Serpent. Terre des Tombeaux.
Soir. Terre Puante.
Soleil. Terre Rouge.
Soleil Terrestre. Terre Vierge.
Soleil Eclipsé. Terre Damnée.
Solution Fixe. Tête de Corbeau.
Solution Volatile. Tête morte du Corbeau.
Soufre de Nature. Tévos.
Soufre Ambrosien. Thabritis.
Soufre Rouge. Thélima.
Soufre Incombustible. Thériaque.
Soufre Zarnet. Theta ou Thita.
Soufre des Métaux. Thion.
Sperme des Philosophes. Timar.
Sperme du Mercure. Toarch.
Sperme de tout. Troisième.
Sperme des Métaux. Tuchia.
Splendeur.
Splendeur de la Mer. Vaisseau.
Splendeur du Soleil. Vaisseau des Philosophes.
Sublimé. Vaisseau Scellé.
Suc de Lunaire. Vapeur.
Sueur du Soleil. Vautour.
Sirop de Grenades. Venin.
Venin Mortifère.
Talc. Venin Teignant.
Tamuae. Vent.
Tartare ou Enfer. Vénus.
Tartre. Verre de Métal.
Taureau. Verjus.
Teinture d'Hermès. Verre.
Teinture des Métaux. Vert-de-gris.
S iv
@

280 MA MA

Vertu des Astres. L'on connaît les vrais Phi-
Vertu Minérale. losophes à la matière qu'ils
Vie. emploient pour le magistè-
Vieille exténuée. re. Ceux-là sont dans l'er-
Vieillesse. reur qui se servent de diver-
Vierge. ses matières pour composer
Vigne des Sages. leur mercure, c'est-à-dire de
Vin Blanc. matières de diverses natures.
Vin Rouge. Elle est une, & quoiqu'elle
Vinaigre. se trouve partout & en tout,
Vinaigre des Philosophes. elle ne peut se tirer que de sa
Vinaigre très aigre. propre minière. C'est une
Vipère. eau visqueuse, un esprit cor-
Virago. porifié. Elle est la même ma-
Virilité. tière que celle dont la Nature
Visitation de l'Occulte. se sert pour faire les métaux
Vitriol. dans les mines; mais il ne
Vitriol Romain. faut pas s'imaginer que ce
Vitriol Rouge. sont les métaux-mêmes, ou
Union des Esprits. qu'elle s'en tire; car tous
Urine d'Enfants. les Philosophes recomman-
Vulphi. dent de laisser les extrêmes
Vulpes. & de prendre le milieu;
comme pour faire du pain
Xit. on ne prend, dit Philalèthe,
ni le grain, ni le son, mais la
Yharit. farine. On ne fait pas non
Ylé. plus du pain avec du pain
cuit. Il ne faut pas aussi cher-
Zaaph. cher à former une matière
Zahav. des quatre éléments, qui sont
Zaibac. les principes principiants de
Zéphyr. tout; mais une matière élé-
Zibac. mentée, qui contienne en
Zink. elle-même les quatre élé-
Zit. ments, & qui soit la semence
Ziva. des métaux. Cette matière
Zotichon. a été voilée par les Anciens
Zumech. sous diverses fables, mais
Zumelazuli. plus particulièrement sous
@

MA MA 281

celles d'Hercule & d'An- posée. Notre eau, dit Phi-
thée, de Pyrrha & de Deu- lalèthe, est composée de
calion. Mais si quelqu'un plusieurs choses, c'est-à-dire
veut réussir dans les opéra- d'une seule & unique chose
tions du magistère, qu'il ap- faite de diverses substances,
prenne auparavant, dit Phi- mais d'une & même essence.
lalèthe, ce qu'on entend par Il faut que dans notre eau il
les compagnons de Cadmus, se trouve un feu, une liqueur
quel est le Serpent qui les saturnienne-végétable, & un
dévora, ce que c'est que le lien du mercure. Ce feu est
chêne creux contre lequel il minéral-sulfureux, sans être
transperça ce Serpent; ce proprement minéral, loin
qu'on entend par les Colom- d'être métallique. C'est un
bes de Diane, qui surmon- cahos ou esprit, sous la for-
tent le Lion en l'amadouant; me d'un corps, qui n'est ce-
ce Lion vert, qui est un vrai pendant pas corps, puisqu'il
Dragon Babylonien, dont est tout volatil, & qui n'est
le venin fait tout mourir: ce pas aussi absolument esprit,
que c'est que le caducée de puisqu'il ressemble à un mé-
Mercure, &c. tal liquéfié.
Cette matière est appelée Quelquefois les Philoso-
vile, & Philalèthe entr'au- phes ont restreint le nom de
tres dit que le prix des prin- Matière à leur mercure ani-
cipes matériels de l'oeuvre ne mé, & non à la matière d'où
passe pas trois louis d'or. Il il est extrait.
ajoute que quant à la fabri- Matière VRAIE DES
que de l'eau sèche des Sages, ME'TAUX. C'est, selon les
deux écus suffisent pour en Philosophes, le mercure des
faire une livre. Il assure de Sages imprégné & animé de
plus qu'on peut avoir autant son soufre. C'est une eau vis-
de matière principe de cette queuse, & une vapeur qui
eau, qu'il en faudrait pour se congèle & se fixe plus ou
animer deux livres de mer- moins, selon le degré de
cure. coction qu'elle reçoit. Cette
Plusieurs Philosophes di- vapeur est un argent-vif, non
sent que les pauvres ont au- le vulgaire. La pierre philo-
tant de cette matière que les sophale est composée de cet
riches; mais il faut l'enten- argent-vif cuit, digéré &
dre de la matière principe exalté: c'est pourquoi il pé-
dont celle des Sages est com- nètre les métaux, achève de
@

282 MA MA ME

les cuire, & leur donne la C'est la violette, selon Blan-
perfection de l'or; parce qu'il chard, qui pense qu'on lui a
est or lui-même, & un or donné ce nom de la suavité
vif, animé, infiniment plus de son odeur, qui la fait tant
parfait que l'or vulgaire. rechercher des Dames.
Matière LUNAIRE. MAZA. Macarons. Blan-
Dissolvant des Sages. chard.
Matière UNIQUE DES MECAL ou MEKAL.
ME'TAUX. Magistère au Poids.
blanc. MECERI. Opium.
MASSE CONFUSE. MECON. Pavot.
Voyez Laton. MECONIUM. Extrait
MATHEDORAM. Sel de pavot noir, & condensé
gemme. en masse.
MATIN. Magistère au On donne aussi le nom de
rouge, appelé Matin par Meconium aux premiers ex-
les Philosophes, parce que créments noirs comme de la
sa couleur est d'abord au- poix, que rend un enfant
rore avant d'être parfaite au après être sorti du ventre de
rouge. sa mère. Ces excréments sé-
MATRICE. (Sc. Herm.) chés & réduits en poudre,
Les Philosophes donnent ce guérissent l'aveuglement qui
nom à la minière de leur n'est pas de naissance, si on
mercure, & à leur vase. Le met de temps en temps de cette
premier, parce que c'est dans poudre dans l'oeil. Il faut
la minière où il se corporifie conserver cette poudre bien
& se forme; & le second, sèche dans un flacon bien
parce que le vase fait la fonc- bouché, & dans un lieu sec.
tion de la matrice des ani- ME'DECIN DES PLA-
maux où se parfait la géné- NE'TES. Ce n'est pas le
ration. mercure des Philosophes
La matrice de la matière comme le dit l'Auteur du
d'où les Philosophes ex- Dictionnaire Hermétique,
traient leur mercure, est la c'est le Philosophe lui-même
terre, selon Hermès, dans sa qui emploie le mercure des
Table d'Emeraude. Quel- Sages pour guérir l'imper-
ques Chimistes disent que fection des métaux, qu'ils
le sel marin est la matrice de appellent Planètes.
la nature métallique. La médecine guérit & ce
MATRONALIS FLOS. Médecin l'administre. La
@

ME ME 283

pierre des Philosophes ou la pour une maladie bien re-
poudre de projection sont connue, mais qui très igno-
cette médecine qui perfec- rants d'ailleurs, regardent ces
tionne les métaux, & guérit spécifiques comme des re-
les maladies des trois règnes mèdes à tous maux, & les
de la Nature. administrent à tort & à tra-
ME'DECINE. Art d'in- vers aux risques de la vie des
venter, de connaître, de malades qui tombent entre
préparer & d'administrer les leurs mains.
remèdes propres à guérir les On a donc tort de crier si
maladies qui affligent le fort contre les Médecins, &
corps humain, & à le con- ceux-ci n'ont pas plus de rai-
server dans un état de bonne son de s'élever si hautement
santé. Les uns disent que cet contre les Empiriques; si
Art est long & très difficile on voulait être de bonne foi,
à apprendre, les autres avec on avouerait qu'il y a au
Paracelse assurent qu'il est moins autant de charlatanis-
court & très aisé. Les pre- me dans l'exercice de la Mé-
miers considèrent sans doute decine Galénique, que dans
la Médecine suivant les prin- celui de la Médecine Em-
cipes de l'Ecole Galénique; pirique. Il se trouve de part
c'est celle que professent au- & d'autre de beaux diseurs
jourd'hui les Médecins que & de très mauvais Méde-
l'on appelle Docteurs en cins. Décrier tous les Empi-
Médecine, dont les princi- riques comme on fait ordi-
pes soumis aux systèmes que nairement, & vouloir leur
chacun imagine à sa fantai- refuser l'administration de
sie, font de la Médecine Ga- leurs remèdes, c'est priver
lénique une science conjec- le Public d'une ressource qu'il
turale dont la pratique est ne trouve pas très souvent
souvent très périlleuse pour dans ceux que le titre de
les malades qui y ont re- Docteur leur présente com-
cours. Mais il faut cepen- me d'habiles gens. Tout le
dant avouer qu'il vaut encore monde sait que le remède
mieux s'adresser à ceux que de la bonne femme tire com-
l'expérience annonce dans le munément d'affaire la plu-
Public pour des Médecins part de ceux que toutes les
habiles, qu'à ces Empiri- drogues de la Pharmacie
ques ignorants, qui peuvent employées doctoralement
avoir des secrets spécifiques avaient peut-être mis dans
@

284 ME ME

le mauvais état où ils sont, voie ceux qui seraient tentés
au lieu de les guérir. Non d'avoir recours aux ouvrages
omnia possumus omnes. On de Paracelse, que j'ai inséré
n'ignore pas qu'un Médecin & expliqué dans ce Diction-
ne peut pas lui seul savoir naire un grand nombre de
tous les remèdes propres à termes Paracelsiques. Plu-
guérir toutes sortes de ma- sieurs Auteurs en ont fait une
ladies; loin donc de se dé- étude particulière, tels que
créditer en permettant à ses Becher, Rullandus, John-
malades, en ordonnant mê- son, &c. & c'est dans les
me des remèdes indiqués par ouvrages de ces Savants que
d'autres, il gagnerait une j'ai puisé mes explications.
confiance plus grande, ap- Le vrai & unique moyen
prendrait des remèdes qu'il de remédier à tous ces in-
ignore, & en ferait usage convénients, serait de publier
dans des cas semblables. le procédé de ce qu'on ap-
Paracelse réduisait tout pelle la Médecine universelle,
l'art de guérir à des principes ce seul remède guérirait tou-
très simples pour la théorie tes les maladies; mais ceux
& la pratique. Avait-il rai- qui passent pour l'avoir su
son? Je serais tenté de le & mis en pratique, décla-
croire. Toujours est-il vrai rent qu'il en résulterait en-
qu'il faisait des cures admi- core de plus grands incon-
rables, & qu'il se fit une vénients pour la société, à
grande réputation. S'il avait cause des abus qu'en feraient
écrit ses ouvrages d'une ma- les méchants. Ils ne l'ont donc
nière plus intelligible, peut-* enseigné dans leurs Traités
être qu'aujourd'hui on lui sur cette matière que d'une
rendrait la justice qu'on lui manière énigmatique, allé-
refuse. Il a fait mystère de gorique, métaphorique, &c.
tout; il a employé des noms afin, disent-ils, qu'elle ne de-
étrangers pour exprimer des vienne intelligible qu'à ceux
choses connues: on a pris le que Dieu voudra en favori-
change; on a mal composé ser. C'est pour la leur ren-
ses remèdes; ils n'ont pas eu dre moins difficile, qu'après
tout le succès qu'on en de- avoir combiné ces Auteurs
vait espérer sur sa parole, & entr'eux, & recueilli les di-
l'on en a conclu que Para- verses explications qu'ils
celse n'était qu'un Charlatan. donnent les uns des autres,
C'est pour remettre dans la je les ai insérées dans ce
@

ME ME 285

Dictionnaire. Heureux ceux posé; elles affaiblissent en
qui à la faible lueur de ce évacuant, elles ruinent le
flambeau pourront décou- tempérament, & conduisent
vrir la vérité cachée dans enfin au tombeau, quand la
l'obscurité & les ténèbres nature n'a pas la force de ré-
dont ils ont enveloppé leurs sister au poisson qu'elles con-
ouvrages. tiennent & que l'on donne
Médecine. Les Philo- avec le baume.
sophes distinguent plusieurs Les Philosophes donnent
sortes de médecines, quoi- encore le nom de Médecine
qu'elles aient toutes un mê- aux différentes opérations du
me objet, qui est la guérison grand oeuvre, c'est pourquoi
des maladies qui surviennent ils en comptent de trois sor-
aux individus des trois rè- tes. La première est celle
gnes de la Nature. Ils appel- qu'ils appellent Médecine du
lent Médecine de l'ordre su- premier ordre. C'est, selon le
périeur, leur élixir quand il Philalèthe, la préparation de
est parfait pour la guérison la pierre, qui précède l'opé-
des maux du corps humain, ration de la préparation par-
& pour la transmutation des faite; elle s'appelle propre-
métaux imparfaits en or. Ils ment la séparation des élé-
lui ont quelquefois donné ce ments, & la purification de
nom quand leur pierre est chacun d'eux par eux-mêmes
seulement parfaite au blanc. selon que l'exige la Nature.
Leur Médecine de l'ordre in- Le magistère se fait par cette
férieur est leur élixir projeté préparation, que les Philoso-
sur un métal imparfait; il de- phes ont déguisée sous plu-
vient pur par cet élixir, & sieurs noms qui ne signifient
peut servir, après la cuisson, presque que la même chose,
pour projeter sur les autres & qui se fait par un même
métaux imparfaits. Cette régime, c'est-à-dire cuire le
médecine n'est point propre compôt. Ainsi quand ils di-
pour les maladies du corps sent distiller à l'alambic, sé-
humain. Celle de l'ordre su- parer l'âme de son corps,
périeur les guérit en le con- rôtir, abreuver, calciner,
fortant, ou le rajeunissant. frotter, nourrir, ajuster en-
Médée s'en servit pour le semble, manger, assembler,
père de Jason. Les médecines corriger, cribler, couper
que l'on prend chez les Apo- avec des ciseaux, blanchir,
thicaires ont un effet tout op-* dessécher, distiller, diviser,
@

286 ME ME

unir les éléments, les séparer, à leur première matière.
les corriger, les purifier, les Les Philosophes ont ap-
changer l'un dans l'autre, les pelé cette médecine le Jour
extraire, exalter, folier, fon- du jugement. Laissez les fols
dre, engendrer, frapper d'un chercher notre oeuvre, &
glaive de feu, puiser, hu- tomber d'erreurs en erreurs
mecter, imbiber, empâter, en le cherchant, ils ne par-
ensevelir dans le fient, incé- viendront jamais à sa per-
rer, laver, aiguiser, polir, fection jusqu'à ce que le So-
limer, frapper du marteau, leil & la Lune soient con-
mortifier, noircir, putréfier, vertis en un seul corps; ce
arroser, tourner en rond, ru- qui ne pourra se faire avant
bifier, dissoudre, sublimer, le jour du jugement. Morien.
broyer, réduire en poudre, On lui a donné ce nom, dit
tous ces termes appartien- Philalèthe, parce que dans
nent à la médecine du pre- cette conjonction parfaite,
mier ordre, & signifient une ou vrai mariage, se fait la
& même opération. séparation des élus & des
La Médecine du second or- damnés, c'est-à-dire de la
dre est cette préparation de terre grossière & impure,
la pierre, qui suit immédia- appelée damnée par les Chi-
tement celle dont nous ve- mistes mêmes vulgaires, &
nons de parler. Elle se nom- de la plus pure substance de
me la préparation parfaite. la matière de la pierre. Cette
On l'appelle aussi fixion, substance n'est autre que la
fermentation, création de la poudre qui monte des fèces
pierre, & conjonction par- s'en sépare. C'est la cen-
faite des éléments. Geber la dre de la cendre, la terre ex-
nomme l'oeuvre courte, opus traite, sublimée, honorée &
breve. élue. Ce qui reste au fond
Cette médecine prépare est la cendre des cendres,
donc parfaitement la pierre, une terre damnée, rejetée,
elle la fixe, & la fait fermen- les fèces & scories des corps,
ter. Le ferment de la pierre qu'il faut rejeter, parce qu'el-
se fait de la pure matière des les n'ont aucun principe de
métaux, c'est-à-dire du sou- vie; & tout ce qui ne sera
fre de nature & de la vapeur pas de la vraie pureté des
des éléments, & ce ferment éléments sera détruit au jour
ne devient tel, que lorsque la du jugement. Raim. Lulle.
Lune & le Soleil sont réduits Alors les éléments qui se
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ME ME 287

trouveront purs, élevés au-* les poids, les mesures du
dessus des fixes & resplen- temps & du feu, sans quoi il
dissants comme le cristal; perdra son travail & ses pei-
parce qu'ils seront devenus nes. Philalèthe.
terre incorruptible, qui ne La première médecine mon-
craindra point les atteintes difie & teint les corps, mais
du feu. Id. Elle se fait par cette teinture n'est qu'appa-
une même opération, d'une rente, & s'en va dans la
même chose, & dans un seul coupelle. La seconde fait le
vase. Ainsi le but de cette même effet, mais la teinture
médecine est de convertir la qu'elle donne est permanen-
pierre en terre fixe, spiri- te & fixe, quoique sans uti-
tuelle & tingeante. lité. La troisième pousse la
Médecine DU TROI- pierre à sa perfection, & la
SIE'ME ORDRE. C'est la pré- multiplie en quantité & en
paration de la pierre que les qualité.
Philosophes appellent Mul- La première est l'oeuvre
tiplication. de la Nature, la seconde est
Il faut savoir cinq choses l'oeuvre de l'Art, & la troi-
à l'égard de cette médecine: sième l'est de l'Art & de la
1°. Que les Philosophes ré- Nature, & se nomme aussi
duisent les années en mois, la Médecine de l'ordre supé-
les mois en semaines, les se- rieur.
maines en jours, & les jours Médecine UNIQUE.
en heures. 2°. Que toute Pierre au blanc.
chose sèche boit avidement ME'DE'E, fille d'Aeetes
toute humidité de son espè- Roi de Colchos, fils du So-
ce. 3°. Qu'elle agit sur cette leil, eut pour mère Idyia,
humidité beaucoup plus vite fille de l'Océan. Jason étant
qu'elle ne faisait auparavant. arrivé à Colchos pour la
4°. Que plus il y a de terre, conquête de la toison d'or,
moins il y a d'eau, & que la Médée devint amoureuse de
solution s'en fait mieux & lui. Elle fit usage de son art
plus promptement. 5°. Que enchanteur pour favoriser
toute solution se fait selon la l'entreprise de son amant.
convenance de la chose à Au moyen des pharmaques
dissoudre; & que tout ce qui qu'elle lui donna, il dompta
dissout la Lune dissout aussi les taureaux qui jetaient du
le Soleil. Si l'Artiste veut feu par les narines, tua le
donc réussir, il doit savoir dragon qui gardait la toison
@

288 ME ME

d'or, en sema les dents dans que le feu en sortit dès que
le champ de Mars, d'où na- Glaucé l'eut ouverte. D'au-
quirent des hommes armés tres enfin ont dit que c'était
qui s'entre-tuèrent, & il s'em- une robe.
para de la toison d'or. Médée ne se contenta pas
Après cette expédition de cette vengeance, elle
Médée se sauva de chez son massacra devant Jason mê-
père avec Jason, qui l'épou- me deux enfants qu'elle avait
sa. Quand ils furent arrivés eu de lui, & se sauva dans
en Thessalie, Médée rajeu- l'air sur un char attelé de
nit Eson, père de Jason. Les deux dragons ailés. Voyez
filles de Pélias ayant vu ce ces fictions expliquées dans
prodige, désirèrent que Mé- le premier chapitre du se-
dée rendit le même service à cond livre des Fables Egypt.
Pélias; celle-ci feignant d'y & Grecques dévoilées.
consentir, trouva le moyen MEDIMNUS. Mesure
de venger Jason des mauvais contenant cent huit livres,
procédés que Pélias avait eu ou six boisseaux. Blanchard.
pour Eson. Elle engagea les MEDIUM ou SUBS-
filles de Pélias à le couper TANCE MOYENNE
en morceaux & à le faire DES CORPS. C'est le
cuire dans une chaudière mercure des Sages; parce
avec un mélange de Plantes que la matière d'où il se tire
aromatiques. Le secret pré- n'a pas reçu de la Nature tou-
tendu n'eut pas le succès te la perfection dont elle est
qu'elles en attendaient. capable; l'Art la prend dans
Jason étant ensuite devenu cet état, & achève ce que la
amoureux de Glaucé, fille Nature avait commencé.
de Créon, répudia Médée. Médium ENTRE LE ME'-
Celle-ci sut dissimuler son TAL ET LE MERCURE.
dépit, & sous prétexte de C'est, selon Synésius, la
faire présent à Glaucé d'une vraie matière de l'oeuvre.
couronne, elle la composa Artéphius dit que c'est le
de manière que le feu prit à mercure même des Philoso-
la tête de sa rivale dès qu'elle phes.
l'eut mise sur sa tête, & elle MEDULLA LACTIS
fut consumée. Quelques Au- ou MOELLE DU LAIT.
teurs disent que c'était une C'est le beurre & la crème,
petite cassette que Médée di- qu'on appelle aussi Fleur du
sait être pleine de bijoux, & lait.
MEDUSE,
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ME ME 289

ME'DUSE, fille de Phor- Mel ROSCIDUM ET
cys & de Céto, avait deux AEREUM. Manne.
soeurs auxquelles on donna Mel SATURNI, ou Miel
le nom de Gorgones de mê- de Saturne. C'est le sel de
me qu'à Méduse. Neptune plomb, qu'on appelle aussi
devint amoureux de celle-ci Beurre & Sucre de Saturne.
qui était très belle, & eut MELA. Plomb.
commerce avec elle dans le ME'LANCOLIE signi-
temple même de Minerve. fie la putréfaction de la ma-
Cette Déesse indignée de la tière. Les Philosophes ap-
profanation de son temple, pellent aussi cette opération
changea en serpents les che- calcination, incinération,
veux de Méduse, & lui prégnation. On a donné ce
donna la propriété de mé- nom à la matière au noir,
tamorphoser en pierre tous sans doute parce que la cou-
ceux qu'elle regarderait. Per- leur noire a quelque chose
sée suscité par Pallas qui lui de triste, & que l'humeur du
prêta son bouclier & sa lan- corps humain appelée mé-
ce, & aidé des talonnières lancolie, est regardée com-
de Mercure, fut attaquer Mé- me une bile noire & recuite,
duse & lui coupa la tête. Du qui cause des vapeurs tristes
sang qui sortit de sa blessure & lugubres.
naquirent Chrysaor, père de MELANGE. Conjonc-
Géryon, & le cheval Pé- tion combinée de deux ou
gase. La tête de Méduse con- plusieurs corps, d'où il ré-
serva encore après sa mort sulte un composé qu'on ap-
sa propriété de changer en pelle mixte. Ces différentes
pierre ceux qui la regar- combinaisons font différents
daient, Persée en fit usage mixtes, & puisque de huit
contre Atlas, qui l'avait mal corps on peut combiner
reçu. Voyez les Fab. Egypt. 40320 mixtes, on ne doit
& Grecq. dévoilées, liv. 3. pas être surpris de la diver-
chap. 14. §. 3. sité infinie qui s'en trouve
MEL JUNIPERINUM, dans la Nature.
ou Miel de genièvre. C'est Il y a deux sortes de mé-
l'extrait de genièvre. langes ou mixtions, l'une
Mel NOVUM, ou Miel que Becher appelle superfi-
nouveau. C'est la quintes- cielle, & l'autre centrale.
sence d'antimoine. Planis- Le mélange superficiel est
campi. celui qui se fait de manière
T
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290 ME ME

que les parties des corps mé- secs avec ceux qui sont hu-
langés puissent se séparer de mides. Il est cependant bon
nouveau, comme si l'on mê- de savoir que l'extrême-
le de l'absinthe avec de l'es- ment humide & l'extrême-
prit de-vin, après une longue ment sec sont les deux con-
digestion, ces deux corps traires, & ne s'unissent pres-
font un mélange superficiel, que jamais ensemble.
parce que en mettant le ME^LANGE (Sc. Herm.).
tout dans l'alambic, on sé- Lorsque les Sages parlent de
pare l'esprit-de-vin de l'ab- mélange, il ne faut pas s'i-
sinthe qui reste dans la cu- maginer qu'ils entendent
curbite en forme d'extrait. parler de l'union des deux
Le mélange central se fait, choses différentes, & prises
par exemple, lorsque l'eau hors du vase. C'est une &
de pluie se mêle avec les même chose qui se sépare en
semences de manière qu'elle deux, & qui par la coction
devient un corps homo- se réduit à une. Voilà le vrai
gène avec elles, & qu'on mélange, qui se fait précisé-
ne peut plus les séparer. Tou- ment dans le temps de la pu-
tes les dissolutions dans l'eau tréfaction.
forte sont des mélanges su- MELANOPIPER. Poire
perficiels. Le mélange des noire.
aliments avec notre propre MELANOS MEGMA.
substance, font des mélanges Savon noir.
centraux. La base de ce der- MELANTER. Opium.
nier mélange, est la sympa- MELANZANA. Pom-
thie, qui se trouve entre me d'amour.
l'humide & le sec. La base ME'LAONES ou ME'-
du mélange superficiel n'est LONES. Petits vers de terre
que la densité & la rareté des noirs qui en sortent au mois
différents corps qui compo- de Mai dans les prairies,
sent le mélange. D'où l'on & qui exhalent une odeur
peut conclure que le magné- agréable, quand on les écra-
tisme de la Nature a comme se. On a donné ce même
deux pôles, où tendent les nom à une espèce de petit
mélanges des corps compo- scarabée de couleur verte do-
sés. Les corps rares recher- rée. Rulland.
chent, ont une espèce d'ap- ME'LE'AGRIS. Plante
pétence ou sympathie avec appelée Fritillaire, peut
les corps denses, & les corps être nommée Méléagris, de
@

ME ME 291

ce que sa fleur est tachetée MELOCARPUS. Fruit
comme un oiseau appelé en de l'Aristoloche.
latin Meleagris. C'est une MELUSI. Mercure.
espèce de perdrix qui se trou- MEMBRANE DE LA
ve dans la Barbarie. TERRE. Matière de la-
MELECH. Sel commun. quelle les Philosophes ex-
ME^LER. Voyez Mé- traient leur mercure.
lange. MENALIPPE. Reine
MELGA. Salamandre. des Amazones, fut prise
MELIA. Frêne. dans un combat par Hercu-
MELIBOEUM ou ME- le, qui garda son baudrier &
LIBOCUM. Cuivre. ses armes pour les porter à
MELICERTE, fils d'A- Eurystée. Voyez Amazo-
thamas & d'Ino. En se sau- nes.
vant avec sa mère pour se ME'NE'LAS, fils d'Atrée
soustraire aux mauvais trai- & d'Erope, selon Homère,
tements d'Athamas, ils se épousa Hélène, fille de Ju-
précipitèrent dans la mer. piter & de Léda. Pâris la lui
Les Dieux par commiséra- ayant enlevée, tous les Prin-
tion changèrent Ino en Dées- ces de la Grèce prirent parti
se marine sous le nom de pour lui, & assemblèrent
Leucothoé, & Mélicerte en une armée formidable pour
Dieu marin sous le nom de le venger. Ils assiégèrent
Palémon. C'est en l'honneur Pâris & Hélène dans la ville
de celui-ci qu'on institua les de Troie où ils s'étaient re-
Jeux Isthmiques. Voyez les tirés. La ville se rendit au
Fables Egypt. & Grecques bout de dix ans de siège.
dévoilées, liv. 4. ch. 9. Pâris fut tué, & Ménélas re-
MELICRATUM. Hy- prit Hélène. Voyez les Fa-
dromel qui se fait d'une par- bles Egypt. & Grecq. dé-
tie de miel sur huit parties voilées, liv. 6.
d'eau. MENFRIGE. Mastic.
MELIPHYL- \ MENSIRACOST.
LUM. > Manne.
MELISSO- > Mélisse. MENSTRUE. C'est
PHYLLUM. / proprement dans le règne
MELLISODIUM. animal un sang qui s'écoule
Plomb brûlé. tous les mois par les parties
MELLOSE. Vers de naturelles des femmes, &
terre. des femelles de quelques
T ij
@

292 ME ME

animaux. Michel Schot dit ner pris des animaux, com-
dans son Traité de Physio- me la fiente de brebis, sur
nomie, que les hommes Juifs ce qu'il est écrit que cette
y sont aussi sujets. On a aussi matière est animale, & que
donné le nom de Menstrue, quelques-uns ont dit com-
quoiqu'improprement, aux me Aristote & Riplée, que
eaux végétales & métalli- c'est terminus ovi, le Cos-
ques, qu'on regarde comme mopolite, qu'elle se tire du
le principe féminin de ces ventre du bélier. On en a
deux règnes, & dans les- vu aussi distiller, circuler,
quelles on met quelque chose digérer, &c. l'eau de rosée,
à dissoudre. parce qu'elle se cueille aux
Menstrue DES PHI- équinoxes, & que quelques
LOSOPHES. Voyez Mer- Philosophes lui ont donné
cure des Sages. Quel- ce nom; mais tous ces Chi-
ques Chimistes ignorant les mistes ont pris mal à propos
principes de la Nature & du les écrits des Sages selon le
grand oeuvre, ont regardé sens que présente la lettre;
diverses choses comme men- puisqu'ils ont soin d'avertir
strue des Philosophes, ou qu'ils ne parlent que par
comme matière, d'ou l'on analogie & similitudes.
doit extraire ce mercure. Les Menstrue. Le menstrue
uns ont travaillé sur les sels, des Philosophes est propre-
sur les minéraux, sur les ter- ment leur mercure; cepen-
res de différentes espèces; dant ils prennent souvent ce
parce que les Sages disent terme pour la matière qui
que leur matière est miné- contient ce mercure. L'eau
rale; d'autres ont employé est le menstrue qui contient
pour cet effet les végétaux, la semence des choses, &
la grande & la petite lu- les porte dans la terre en
naire, la chélidoine, &c. s'insinuant par ses pores. La
parce qu'ils avaient lu dans terre qui leur sert de matri-
les livres des Adeptes que ce, les couve, les digère,
cette matière est végétale. tant par la chaleur propre
D'autres enfin ont travaillé au sperme, qu'avec l'aide
sur les oeufs, les cheveux, du feu céleste, & met enfin
la corne, les menstrues des au jour les individus qui doi-
femmes, les secondines, vent en venir selon l'espèce
l'urine, le sang humain, & déterminée du sperme. Le
tout ce qu'ils ont pu imagi-* sperme diffère du menstrue
@

ME ME 293

en ce que celui-ci n'est que ce n'est pas le mercure des
le réceptacle de l'autre. Sages.
D'Espagnet. Menstrue SECOND.
Menstrue BLANCHI. C'est le laton des Philoso-
Mercure Hermétique qui phes.
contient les deux Dragons MER. La mer des Phi-
de Nicolas Flamel. losophes est bien différente
Menstrue PUANT ou de cet amas d'eau salée, sur
EAU FOETIDE. C'est ce que laquelle s'exposent si témé-
Geber & Raymond Lulle rairement la plupart des
appellent Esprit fétide, ou hommes pour chercher les
le soufre des Sages; nous richesses du Potozi & des
n'avons besoin dans tout autres contrées. Leur mer se
l'oeuvre que de l'eau vive & trouve par tout; & les Sages
de l'esprit fétide. Ce mens- y naviguent avec une tran-
true puant est la matière en quillité qui n'est point alté-
putréfaction. rée par les vents, ni les tem-
Menstrue ESSENTIEL, pêtes. Leur mer en général
sans lequel on ne peut rien sont les quatre éléments, en
faire; c'est la même cho- particulier c'est leur mercu-
se. re; quelquefois la matière
Menstrue VE'GE'TAL. d'où il faut l'extraire, parce
Raymond Lulle dit que le que Flamel appelle ce mer-
menstrue des Sages s'acue cure l'Ecume de la mer Rou-
avec les végétaux; mais non ge, & le souffle du vent mer-
que leur menstrue soit pro- curiel; ce qui est la même
prement végétal. Quelques-* chose que le serviteur rouge
uns donnent ce nom à l'es- du Trévisan. C'est en s'ex-
prit de-vin rectifié sept fois posant sur cette mer, pleine
par l'alambic, ou à la maniè- d'écueils pour les mauvais
re qu'enseignent Raymond Chimistes, qu'un si grand
Lulle & Jean de Roque- nombre d'entr'eux font nau-
taille, connu sous le nom frage, & perdent leur for-
de Jean de Rupescissa; par- tune en courant après un or
ce qu'ils prétendent que cette qu'ils ne savent pas tirer de
eau ardente a la propriété de sa minière.
tirer la teinture de l'or, & Mer SE'CHE. C'est ce
de produire des choses mer- qu'ils appellent aussi eau sè-
veilleuses. C'est en effet une che, eau permanente, eau
bonne quintessence; mais astrale, & leur mercure.
T iij
@

294 ME ME

Mer REPURGE'E. Ma- Mercure. Vapeur mi-
gistère parvenu à la blan- nérale, onctueuse, visqueu-
cheur. se, crasse, congelée dans les
MERADUM. V. Al- pores de la terre en une li-
mizadir. queur homogène & incom-
MERCURE ou AR- bustible. Basile Valentin &
GENT VIF. Métal coulant Sendivogius définissent le
composé d'une terre métal- mercure, un sel acide de na-
lique & d'une terre fluidifi- ture minérale. Ces défini-
ante; c'est pourquoi il y a tions conviennent au mer-
autant de mercures que de cure, principe des métaux
métaux, qui peuvent être & du mercure vulgaire, con-
mêlés avec cette terre flui- nu sous le nom de vif-argent,
difiante. Il y a une si grande qui est un vrai métal. On
sympathie entre cette terre doit donc distinguer deux
mercurielle ou fluidifiante, sortes de mercure, le vul-
& les métaux, que quand gaire, & le mercure princi-
elle y est une fois mêlée, pe. Le premier est mort,
elle s'y accroche si ferme- quand il est hors de sa mine,
ment, qu'elle si* coagule plu- parce que son feu interne est
tôt que de s'en laisser sépa- assoupi, & qu'il ne peut plus
rer. C'est dans cette admi- agir, s'il n'est mis en action
rable sympathie que consiste par le mercure principe. Le
tout le secret de la Philoso- second est appelé, non pas
phie Hermétique, ou du vif-argent, mais argent-vif
grand oeuvre: c'est-à-dire, par les Physiciens Chimis-
à avoir cette terre mercu- tes, pour le distinguer du
rielle, pure, & dans l'état où commun, & marquer sa
elle se trouve avant d'être mê- puissance vive, qui agit dans
lée avec aucun métal. C'est les mines; ou qui hors des
en cela que consiste la diffé- mines n'attend que d'être ex-
rence du mercure commun cité par les mains d'un ha-
d'avec le mercure des Philo- bile Artiste, pour agir en-
sophes. Le premier est com- core avec plus d'effet sur les
posé de cette terre mercu- métaux.
rielle & d'une terre métalli- Le mercure paraît à nos
que; le second n'est pro- yeux sous trois voiles diffé-
prement qu'une terre mer- rents, dont la Nature l'a ha-
curielle ou fluidifiante. Be- billé; 1°. sous la forme d'un
cher. fluide, qui ne mouille pas
@

ME ME 295

les mains, quand on le tou- cahos. C'est une matière mi-
che; c'est le vif-argent vul- nérale. Le Philalèthe définit
gaire, qu'on appelle mercure ce mercure une eau ou va-
vierge, quand il sort de la peur sèche, visqueuse, rem-
mine, & que l'avarice ne l'a plie d'acidités, très subtile,
pas altéré par quelque mé- se dissipant aisément au feu,
lange: 2°. sous la figure de qui dissout les métaux par
cinabre: 3°. sous celle d'ar- une dissolution naturelle, &
senic ou réalgar. Le mercure qui réduit leur esprit de puis-
principe est celui que les Phi- sance en acte.
losophes Hermétiques van- Le mercure composé est
tent tant, & le mercure vul- celui dont nous venons de
gaire est celui dont se servent parler, auquel on a ajouté
communément les Chimis- une seconde matière, &
tes ordinaires & les Méde- qu'en conséquence ils ap-
cins. pellent rebis, laton, airain
Mercure DISSOLVANT, des Philosophes, &c. Pres-
dont les Philosophes Spagy- que tous les Philosophes ne
riques se servent pour réduire parlent que de celui-ci dans
les métaux, les minéraux, leurs ouvrages. Nous avons
les végétaux & tous les corps déjà défini le mercure com-
à leur première matière. Il mun.
y a trois sortes de mercure Mercure BLANC DES
dans le sens des Alchimis- SAGES. C'est la pierre au
tes: le mercure dissolvant blanc.
simple; le mercure dissolvant Mercure ROUGE. C'est
composé, qui est propre- le magistère au rouge par-
ment leur vrai mercure, & fait.
le mercure commun, ou ce- Mercure UNIVERSEL.
lui qui se tire des métaux. C'est l'esprit répandu dans
Le mercure simple est une tout l'Univers pour l'animer.
eau extraite selon les prin- Mercure CRU. C'est
cipes de leur Art, d'une ma- le dissolvant des Sages, non
tière dont ils ont eu grand pas l'argent vif vulgaire, ap-
soin de taire le vrai nom, & pelé mercure cru par les
à laquelle ils en ont donné Chimistes.
une infinité que l'on peut Mercure PRE'PARANT
voir dans l'article Matière. (Sc. Herm.). Dissolvant des
Ils l'appellent plus commu- Philosophes, qui prépare le
nément magnésie, plomb, corps dissoluble, pour par-
T iv
@

296 ME ME

venir à la perfection du ma- tière, comme le pensent pres-
gistère. que tous les faux Adeptes.
Mercure DU COU- Le mercure est volatil, & ne
CHANT. Pierre au blanc. sert de rien s'il n'est fixé au
Mercure E'PAISSI. V. blanc ou au rouge. Abra-
Eau Epaissie. ham a représenté un Vieil-
Mercure DES MINE'- lard, pour signifier la lon-
RAUX ET DES ME'TAUX. gueur du temps nécessaire
C'est le Mercure des Philo- pour cette opération.
sophes. Le Mercure extrait du
Mercure STE'RILE. (Sc. Serf rouge, est proprement
Herm.). C'est le mercure le mercure des Sages dans le
pris abstractivement de son temps de sa première prépa-
soufre, parce que la femelle ration.
représentée par leur mercure Le mercure rubifié, est la
est toujours stérile sans la pierre au rouge, appelée
conjonction & l'action du aussi mercure animé.
mâle signifié par le soufre. Mercure COURONNE'.
Le mercure des Philosophes C'est l'élixir parfait des Sa-
ne se trouve point sur la terre ges, qu'ils appellent leur
des vivants; c'est-à-dire, tout Roi, dont la tête est ornée
préparé. Mais il se tire de la d'un diadème à trois cou-
terre même des vivants, & ronnes, pour manquer son
de la terre vierge qui est au pouvoir sur les trois règnes
centre, & dans l'intérieur de de la Nature.
cette terre des vivants; & Mercure SULFURE'
cela par un artifice ingé- est le vrai mercure des Sa-
nieux, très simple, mais seu- ges, qui diffère du vulgaire
lement connu des Sages. Le en ce que celui-ci n'a point
Cosmopolite dit, que cela se un soufre qui l'anime, &
fait par le moyen de leur l'autre en a un inséparable,
acier, & le Philalèthe par qui n'attend que d'être ex-
leur aimant. cité.
Mercure, à qui le vieil- Mercure ANIME' (Sc.
lard veut couper les pieds Herm.). C'est le mercure
avec sa faux, est un emblè- double des Sages. Pantaléon
me qu'Abraham Juif, a em- prétend que Bernard, Comte
ployé pour signifier la fixa- de la Marche Trévisane, est
tion du mercure des Sages, le premier d'entre les Philo-
& non pour signifier la ma-* sophes, qui ait introduit le
@

ME ME 297

mercure animé dans le grand dents, discrets, craignants
oeuvre; que d'Espagnet, Dieu, enfin tels qu'ils les
Philalèthe l'ont imité, & souhaitent pour être initiés
que tous les Philosophes dans les mystères du grand
modernes y ont applaudi. oeuvre.
C'est le mercure des Sages Mercure CRISTAL-
animé du soufre métallique, LIN, est du mercure sublimé
par le moyen rapporté dans plusieurs fois, & réduit en
la Philosophie des Métaux forme de cristaux transpa-
du Trévisan, dans l'endroit rents.
où il parle de la fontaine Mercure CORALLIN,
dans laquelle il vit dissoudre est du mercure auquel on a
son livret d'or, comme la donné la couleur rouge avec
glace fond dans l'eau chau- de l'huile d'oeufs, ou autres
de. eaux. Rulland.
Mercure DOUBLE. V. Mercure, fils de Ju-
Mercure Animé. piter & de Maïa, naquit sur
Mercure DEUX FOIS le mont Cyllene dans l'Ar-
NE'. C'est le même. cadie, Junon oublia sa ja-
Mercure VEGETAL. lousie à l'égard de ce fils de
Voyez Menstrue Végé- Jupiter; elle prit même tant
tal. d'intérêt à sa conservation,
Mercure DE VIE (Sc. qu'elle se chargea de le nour-
Herm.). C'est l'élixir des rir de son lait. D'autres pen-
Sages composé de leur mer- sent que ce fut Ops.
cure. Ils le nomment ainsi, Mercure était presqu'en-
parce qu'il transmue les mé- core au berceau qu'il mon-
taux imparfaits, qu'ils ap- tra son penchant pour le
pellent morts; & que ce vol. Etant entré dans la for-
mercure est en effet le prin- ge de Vulcain, il lui vola
cipe de la génération, & de ses outils; & le jour même
la conservation des indivi- il vainquit à la lutte Cupi-
dus de la Nature. don. Il enleva le sceptre de
Mercure MYSTE- Jupiter, & la peur du feu
RIEUX. C'est encore le fut la seule raison qui lui
même: ainsi nommé, parce empêcha de voler aussi ses
que tous les Adeptes en font foudres.
un vrai mystère à tous ceux Jupiter l'employa dans
qui ne le sont pas, à moins ses messages; il le chargea
qu'ils ne les trouvent pru-* de balayer la salle d'assem-
@

298 ME ME

blée des Dieux, & l'occu- eut touché, ils furent d'ac-
pait en qualité de son Echan- cord. Mercure s'en servait
son avant l'enlèvement de pour pacifier les différents,
Ganymede. & pour rendre amis les en-
On lui avait donné des nemis.
ailes qu'il avait attachées à Jupiter voulant soustraire
son chapeau & aux talons Io changée en Vache, à la
de ses souliers; elles lui ai- garde scrupuleuse d'Argus,
daient à expédier plus chargea Mercure de le dé-
promptement ses messages. faire de ce gardien; ce qu'il
Il ne dormait ni jour ni exécuta. Voyez l'explica-
nuit, parce qu'il était char- tion de ces fictions & des
gé de recevoir les âmes des autres qu'on a inventées à
mourants, & de les con- son sujet, dans le liv. 3e.
duire au séjour de Pluton, chap. 14. §. 1. des Fables
& aux Champs-Elysées. Il Egyptiennes & Grecques
portait à la main une verge dévoilées.
d'or, autour de laquelle Mercure TRISME'-
étaient deux serpents entor- GISTE, le plus ancien des
tillés, qui semblaient vou- Philosophes connus. C'est de
loir se dévorer; mais la ver- son nom grec Hermès que
ge avait la propriété de les ceux qui savent le grand
concilier. oeuvre, ont pris le nom de
Lorsqu'Apollon fut chassé Philosophes Hermétiques.
du Ciel, & qu'il se rendit Voyez Hermès.
gardien des troupeaux d'Ad- Mercurialis SEVA.
mete, Mercure vola les Eau naturelle & primitive
boeufs qu'il gardait. Il eut de l'alun, que Planiscampi
même l'adresse d'enlever dit être le principe du mer-
l'arc & les flèches d'Apol- cure.
lon, pour empêcher ce Dieu Mercurii ASTRUM.
de les faire servir à sa ven- Mercure sublimé, ou sa
geance. quintessence.
Mercure inventa la lyre, Mercurius LAXUS.
& l'échangea avec Apollon Turbith minéral.
pour le caducée qu'il porta Mercurius CORPO-
toujours dans la suite. Mer- RALIS METALLORUM.
cure en essaya la vertu sur Mercure des métaux préci-
deux serpents qui se bat- pité.
taient, aussitôt qu'elle les Mercurius MINERA-
@

ME ME 299

LIUM. Oléaginosité ex- qu'ils appellent Lune, soient
traite de la mine d'or ou les matières qu'il faut pren-
d'argent. Planiscampi. dre pour faire le grand oeu-
Mercurius REGENE- vre.
RATUS, ou Mercure régé- Mère DE LA PIERRE.
néré. C'est le premier être Matière de l'oeuvre parve-
ou principe du mercure. nue au blanc; ce même nom
Mercurius A NATU- convient mieux à l'eau mer-
RA COAGULATUS. Tout curielle, puisque c'est d'elle
métal solide. que se forme la matière de
Mercurius METHEO- la pierre.
RISATUS. Mercure de vie. Mère DE TOUS LES
Mercurius CRISTAL- ELE'MENTS. C'est le cahos,
LINUS. Mercure sublimé Hylé, la matière première
plusieurs fois, & rendu par dont les Eléments ont été
ce moyen clair & transpa- faits, & des Eléments toutes
rent comme du cristal. choses.
Mercurius CORAL- Mère DE TOUS LES
LINUS. Précipite* rouge de ME'TAUX. Les Sages ont
mercure. donné ce nom à leur mer-
MERDASENGI. Pou- cure, parce qu'ils disent qu'il
dre de plomb brûlé. est le principe des métaux;
MERE. Les Philosophes ce que quelques Chimistes
Spagyriques donnent quel- ont interprété du mercure
quefois le nom de Mère au vulgaire.
vase qui renferme la matière La mère a mangé son en-
du grand oeuvre; mais ils fant. Expressions allégori-
disent plus communément ques employées par quel-
que le Soleil est le père de ques Philosophes, pour dire
la pierre, & que la Lune en que la terre philosophale a
est la mère, parce que, se- bu toute son eau, qui en
lon eux, la matière de la était sortie; c'est ce qu'ils
pierre, comme de toute au- appellent Cohobation.
tre chose, est engendrée des Mettre ou sceller la mère
quatre éléments, mêlés & sur le ventre de son enfant.
combinés par les influences C'est nourrir l'enfant philo-
de ces deux luminaires; & sophique, qui est le soufre,
&* non pas que l'or ordi- avec le lait virginal, duquel
naire qu'ils appellent aussi il a été formé, le soufre ou
Soleil, & l'argent vulgaire l'enfant fixe alors avec lui
@

300 ME ME

ce lait virginal, qui était vo- qu'ils ne divulgueront jamais
latil: fixer, c'est sceller. qu'à ceux qu'ils veulent bien
MERLE DE JEAN. initier? Quelques-uns ont
Un Philosophe s'est exprimé appelé le mercure des Phi-
ainsi, pour signifier le noir losophes la Merveille du
qui survient à la matière par monde.
la putréfaction. Merle blanc; MESBRA. Tuthie.
c'est la pierre au blanc, la MESEL. Etain, Ju-
Lune des Sages, Diane, &c. piter.
MERLE BLANC, ou MESSAGER DES
BLANCHI. Matière de l'oeu- DIEUX. C'est l'esprit uni-
vre, après que les règnes de versel répandu dans toute la
Saturne & de Jupiter ont nature, ou le mercure des
fait place à celui de la Lune. Philosophes, qui en est for-
MERVEILLE DES mé.
MERVEILLES (Scien- MEST. Lait aigri.
ce herm.). C'est le vrai nom MESTUDAR, ou
de l'élixir parfait, parce que NESTUDAR. Sel ar-
rien sur la terre n'est plus moniac.
merveilleux; c'est pourquoi MESURE DES SA-
la plupart des Philosophes GES. Le Dictionnaire her-
nomment le grand oeuvre, métique cite Alphidius, &
l'Oeuvre de la sagesse divine. dit en conséquence que le
Y a-t-il rien de plus admi- mercure des Sages est leur
rable en effet, que de voir mesure; il aurait mieux dit
un peu de poudre changer s'il l'avait expliqué du poids.
un poids immense, de quel- Philalèthe ne parle que de
que métal imparfait que ce la mesure du temps, & ajoute
soit, en or? guérir toutes les que si l'on ignore le poids,
maladies du corps humain la mesure du temps & le feu,
& des animaux, celles mê- on perdra son temps & ses
me que la Faculté de Méde- peines; ce qui doit s'enten-
cine regarde comme incura- dre de la multiplication.
bles? faire produire en vingt-* ME'TAL. Les métaux
quatre heures des feuilles, des Philosophes sont cette
des fleurs & des fruits, pen- matière de laquelle on ex-
dant que la nature ne le fait trait l'esprit, & duquel
qu'en des années entières? esprit on fait la pierre au
& enfin bien d'autres choses blanc & la pierre au rouge.
que les sages savent, mais Leurs métaux parfaits sont
@

ME MA 301

ces pierres mêmes; souvent porifie dans les entrailles de
ils les appellent Corps. la terre, à mesure que le
Les anciens Chimistes feu central la sublime vers
ont donné aux métaux les la superficie; elle devient
noms des sept Planètes, une eau visqueuse, qui s'al-
parce qu'ils ont cru y remar- lie avec différents soufres;
quer des propriétés & des elle se cuit & se digère avec
couleurs analogues à celles eux, d'une manière plus ou
que l'Astrologue reconnaît moins parfaite, suivant le
dans les Planètes. Ils ont plus ou moins de pureté de
nommé en conséquence le la matrice où les métaux se
plomb Saturne, l'étain Ju- forment.
piter, le fer Mars, l'or le Métal COULANT. C'est
Soleil, le cuivre Vénus, le mercure.
l'argent vif Mercure, & l'ar- ME'TAS, ou ME'TAL.
gent Lune. Quelques Chimistes ont
On distingue les métaux donné ce nom au poids que
en parfaits, qui sont l'or & nous appelons communé-
l'argent; & en imparfaits, ment un gros, une dragme.
qui sont le cuivre, le fer, le ME'TAUX. (Science
plomb, l'étain & le mercure. herm.) Lorsque les Sages
Les Philosophes appellent parlent des métaux, ils n'en-
aussi Métaux imparfaits la tendent pas communément
matière de l'oeuvre, lorsque ceux qui sont en usage dans
pendant les opérations elle le commerce de la vie; il ne
est affectée d'autres couleurs faut les expliquer dans ce
que de la blanche & de la sens que lorsqu'ils parlent de
rouge. Ces deux dernières la transmutation des métaux
composent les règnes du So- imparfaits en or ou en ar-
leil & de la Lune, les autres gent. Leurs métaux ne sont
font les règnes des autres autres que les différents états
Planètes. de leur mercure pendant les
La plupart des Chimistes opérations du magistère. Ces
ne comptent pas le mercure états sont au nombre de sept,
parmi les métaux, & pré- comme il y a sept Planètes
tendent qu'il n'en est que la & sept métaux communs;
semence; mais la vraie ma- c'est pourquoi ils donnent le
tière des métaux n'est, à régime de leur oeuvre aux
proprement parler, qu'une sept Planètes, qu'ils disent
vapeur, un esprit qui se cor- dominer à chaque état, &
@

302 ME ME

chaque domination se mani- Les Poètes ont donné à ce
feste par des couleurs diffé- laton le nom de Latone, mè-
rentes. Le premier régime re de la Lune & du Soleil;
est celui du mercure, qui pré- parce que le régime de la
cède la couleur noire. Le se- lune est une suite de l'a-
cond est celui de Saturne, qui blution du laton, qui par là
dure tout le temps de la pu- devient blanc, & d'une blan-
tréfaction, jusqu'à ce que la cheur éclatante comme celle
matière commence à deve- de la Lune. Vénus domine
nir grise; c'est alors que les ensuite, & c'est dans le temps
Sages appellent leur matière, que la matière prend une
plomb des Philosophes. Le couleur citrine, qui tire sur
troisième est celui de Jupiter, un rouge plombé, ou de
fils de Saturne, qui fut sous- rouille de fer, & pour lors
trait, selon la Fable, à ton vient le régime de Mars ami
père vorace, que Jupiter mu- de Vénus, qui dure jusqu'à
tila pour lui ôter la faculté la couleur orangée, repré-
d'engendrer: des parties mu- sentée par l'aurore avant-*
tilées & jetées dans la mer, courrière du soleil. Phoebus
naquit Vénus; ce qu'il faut frère de Diane, paraît enfin
entendre de la couleur noire sous la couleur de pourpre.
qui ne reparaît plus dans le Les Poètes ont feint que
magistère. Et dès lors Jupi- Diane sa soeur servit de sage-*
ter est le père des Dieux, femme à sa mère Latone lors-
avec Junon représentée par qu'elle mit le soleil au mon-
l'air renfermé dans le vase, de, parce que le rouge vrai
& l'humidité qui s'y est mê- or & vrai soleil des Philoso-
lée. phes, ne paraîtrait jamais,
Tout le régime de Jupiter si le blanc ou Diane n'avait
est employé à laver le laton; paru auparavant. L'on voit
ce qui se fait par l'ascension par là combien les Mytho-
& la descension successives logues se trompent dans les
du mercure sur sa terre. Cette explications arbitraires qu'ils
eau représente la mer, dont donnent de la Fable, qui
le flux & reflux est marqué n'est qu'une allégorie mul-
par ces ascensions & descen- tipliée du grand oeuvre.
sions continuelles. Mais les L'Adepte est seul capable de
Philosophes ont une autre donner aux fables la vérita-
mer, qu'on verra expliquée ble explication qui leur con-
dans son article. vient. Les incestes, les adul-
@

ME MA 303

tères, & les autres crimes ai fait le détail dans l'article
que les Poètes ont imputés Lèpre.
aux Dieux, ne seront alors ME'TEMPSYCOSE.
que des opérations de la Translation de l'âme d'un
science hermétique, personi-* être vivant dans le corps d'un
déifiées, pour allégoriser tout autre être qui n'était vivant
ce qui se fait successivement qu'en puissance. On dit que
dans le grand oeuvre. Pythagore avait puisé le sen-
Les souffleurs & les Chi- timent de la Métempsycose
mistes vulgaires ne se trom- chez les Prêtres d'Egypte,
pent pas moins lourdement & cela est vrai, mais les sec-
lorsqu'ils travaillent sur les tateurs de la Philosophie her-
métaux communs, dans la métique prétendent qu'on a
pensée qu'ils parviendront au mal expliqué ce système de
magistère par leur moyen. Pythagore, & qu'on lui a
Car quoique d'eux soit l'en- prêté un sens qu'il n'avait
trée de notre oeuvre, dit le pas. Les Sages d'Egypte
bon Trévisan, & que notre apprirent à Pythagore la
matière, par tous les dits des transmutation métallique,
Philosophes, doit être com- que ce Philosophe traita en-
posée de vif-argent, & vif-* suite énigmatiquement dans
argent n'est en autres choses ses Ouvrages. Ceux qui n'é-
qu'ès métaux..... Toute- taient pas au fait du grand
fois ne sont-ils pas notre oeuvre entendirent tout ce
pierre tandis qu'ils demeu- qu'il avait écrit selon le sens
rent en forme métallique; que la lettre présentait, &
car il est impossible qu'une non selon l'esprit. L'idée de
matière ait deux formes. No- Pythagore n'était autre que
tre pierre est une forme di- de donner à entendre que
gne moyenne entre métal l'esprit, ou ce qui constitue
& mercure. Le même Au- l'âme des métaux parfaits,
teur parle fort au long des passait par la transmutation
métaux dans son Ouvrage dans le plomb, le fer, & les
sur la pierre, auquel, pour autres métaux imparfaits, &
cette raison, il a donné le ti- les rendait autres qu'ils n'é-
tre de Philosophie des mé- taient auparavant. Ol. Ber-
taux. richius.
Les Chimistes & Métal- Les Académiciens n'en-
lurgistes disent que les mé- tendaient pas par Métemp-
taux ont des maladies; j'en sycose la translation de l'âme
@

304 ME ME

intellectuelle de l'homme peut être converti en agneau,
dans le corps d'un autre hom- l'agneau en loup; le foin en
me, d'un animal, ou d'une boeuf, le boeuf en homme,
plante; mais seulement la l'homme en foin, &c. Car
translation, ou plutôt la con- l'élixir ou humide radical de
version de l'âme animale chaque mixte, rempli des es-
elixirielle, en une autre, pour prits de ce mixte, est appelé
lui donner la vie animale; âme, parce que c'est le sujet
c'est de cette façon que la immédiat de l'âme vivante,
nature agit sans cesse. La comme l'esprit en est la cause
dissolution du corps des ani- efficiente; c'est en ce sens
maux laisse évaporer les es- que le grand monde est dit
prits volatils de cet animal, animé.
l'esprit fixe se mêlant avec ME'TIS. Jupiter posses-
ceux de la terre; les uns & seur paisible de l'Olympe,
les autres séparés de la sub- après avoir foudroyé les
stance terrestre qui les te- Géants, épousa Métis, Dées-
naient emprisonnés, agissent se dont la connaissance était
magnétiquement sur leurs supérieure à celle de tous les
semblables, qui agissent éga- Dieux & de tous les hom-
lement de leur côté. La na- mes. Mais dans le temps
ture, par leur réunion, forme qu'elle était prête d'accou-
de nouveaux mixtes, ou cher de Minerve, Jupiter ins-
semblables, ou différents, se- truit qu'elle était destinée à
lon la matrice où ils se ren- être mère d'un fils qui de-
contrent. Des excréments des viendrait le souverain de
animaux, ou de leurs corps l'univers, avala la mère &
tombés en putréfaction en- l'enfant, afin qu'il pût ap-
tière, des plantes se nourris- prendre d'elle le bien & le
sent, d'autres animaux se mal. Ce fut par le conseil
nourrissent de ces plantes, de Métis que Jupiter fit pren-
& par un cercle continuel, dre à son père Saturne un
les uns se métamorphosent breuvage qui lui fit vomir,
dans les autres; ce qui fait premièrement la pierre qu'il
que rien ne périt dans le avait avalée, & ensuite tous
monde, & que son volume ses enfants qu'il avait dé-
n'augmente pas, malgré vorés.
l'augmentation possible & Quelque temps après que
même réelle de ses individus Jupiter eut avalé Métis, il
spécifiques. Ainsi le loup se sentit saisi d'une grande
douleur
@

ME MI 305

douleur de tête; il eut re- même chose qu'enfantement,
cours à Vulcain, qui d'un dont voyez l'article.
coup de hache lui fendit la Mettre EN POUDRE.
tête. Minerve sortit toute C'est dissoudre philosophi-
armée par la blessure, & quement la matière de l'oeu-
même dans un âge fort avan- vre dans le vase. Cette dis-
cé. Voyez l'explication chi- solution se fait au moyen de
mique de tout cela dans les la putréfaction; elle réduit
Fables Egypt. & Grecques le compost, dit Flamel, en
dévoilées, Liv. 3. chap. 4. une poudre impalpable, &
& 9. aussi subtile que les atomes
METOPIUM. Gal- qu'on voit voltiger aux rayons
banum. Blanchard. du soleil.
METROS. Pierre au MEZERAEUM. Espèce
rouge parfait. de plante qui est de la classe
METTRE. (Sc. Herm,) de la lauréole; quelques-uns
Lorsque les Sages disent dans la nomment Chamelée.
leurs livres, mettez ceci, ajou- MICHA MICHACH.&
tez cela, il ne faut pas croire Cuivre, Vénus. Rullandus
qu'ils recommandent d'ajou- MICLETA. Médica-
ter ou de mettre quelque ment propre à arrêter les
chose d'étranger ou même hémorragies.
d'analogue à ce qui a été MICROCOSME.
mis une fois dans le vase; On donne ordinairement à
ils entendent seulement qu'il l'homme ce nom, qui signi-
faut continuer de cuire le fie petit Monde; parce que
compost, à qui il ne manque l'homme est l'abrégé du
rien que la coction, sans cesse grand. Les Philosophes le
entretenue jusqu'au blanc ou donnent aussi à leur magis-
au rouge. tère, parce qu'il contient,
Mettre dessous ce qui disent-ils, toutes les vertus
est dessus, & ce qui est dessus des choses supérieures & in-
dessous. C'est ce que les Phi- férieures.
losophes appellent convertir MIDAS, Roi de Phry-
les éléments, changer les na- gie, & fils de Cibele, cher-
tures; c'est-à-dire, rendre cha à gagner la bienveillance
volatil le fixe, & fixer le vo- de Bacchus, en faisant bon
latil. accueil à Silene. Un jour
Mettre AU MONDE. que ce père nourricier du
Expression qui signifie la Dieu du vin s'était enivré,
V
@

306 MI MI

& dormait près d'une fon- le punir d'avoir si mal jugé,
taine, Midas le fit lier avec lui fit croître les oreilles en
une guirlande de fleurs. On forme d'oreilles d'âne. Voy.
le conduisit dans cet état au l'explication de cette fable
Palais du Roi, qui le traita dans le Livre II. des Fables
parfaitement bien, & le fit Egyptiennes & Grecques
ensuite mener à Bacchus. Ce dévoilées, ch. 5.
Dieu fut charmé de le voir; MIDI. Soufre parfait
& pour récompenser Midas, des Philosophes. Ils lui ont
il lui offrit de lui accorder donné ce nom, parce qu'ils
sans exception tout ce que l'ont appelé Soleil, & que
ce Roi lui demanderait. Mi- cet astre est dans son plus
das, sans trop de réflexion, haut degré lorsqu'il est au
demanda que tout ce qu'il midi.
toucherait fût changé en or. MIEL Dissolvant des
Bacchus lui donna cette pro- Philosophes.
priété. Lorsque Midas vou- MIFRES. Asphalte.
lut manger, il fut fort étonné MIGMA. Mélange de
de voir les viandes même différents simples, pour en
qu'il touchait, changées en former un médicament.
or, & par conséquent hors MILCONDAT. Sang
d'état d'en faire sa nourriture; de dragon.
& craignant de mourir de MILIEU DU CIEL.
faim, il eut recours à Bac- Quelques Auteurs Hermé-
chus, & le pria instamment tiques ont appelé ainsi la
de le délivrer d'un don si matière dissolvante du grand
funeste. Bacchus y consen- oeuvre, parce qu'ils disent
tit, & lui ordonna pour cet que le vent a porté leur eau
effet d'aller se laver dans le sèche, leur mercure, dans
fleuve Pactole. Midas y fut, son ventre, & qu'il se trouve
& communiqua aux eaux de en principes dans l'air.
ce fleuve la propriété qui lui Milieu ENTRE LA
était si onéreuse. MINE ET LE METAL. C'est
Il survint dans la suite un la matière de l'oeuvre. Mi-
différend entre Apollon & lieu pour réunir les teintu-
le Dieu Pan, sur le chant & res, c'est le mercure philo-
la Musique. Midas fut choisi sophique. Milieu entre le
pour arbitre, & jugea sotte- métal & le mercure, c'est
ment que Pan chantait mieux le soufre parfait.
qu'Apollon. Ce Dieu pour MILITARIS, ou
@

MI MI 307

STRATIOTES. Joubarbe qu'il la conserve bien pré-
aquatique, ainsi nommée de cieusement. Il n'y a rien dans
sa vertu pour arrêter le sang le monde de si excellent.
des blessures. On a aussi don- MINE'RAL. Mixte par-
né le même nom à la plante ticipant des principes des
connue sous celui de Mille-* métaux. Les minéraux mé-
feuilles. talliques sont composés de
MINA ou MNA. Sui- parties très simples & homo-
vant Dioscoride, c'était au- gènes, ce qui en rend le mé-
trefois un poids de seize on- lange très fixe, & presqu'in-
ces, ou 128 dragmes. La capables de corruption. Leur
mine Attique pesait douze base est une terre grossière
onces & demie, la Romaine & vitrifiable; & comme ils
douze onces, & celle d'A- n'ont pas des organes de
lexandrie vingt onces, ou même que les végétaux &
160 dragmes. Blanchard. les animaux, ils se forment
MINE. Matière de la- par simple accrétion, & ont
quelle se forment les métaux tous une même forme, ou,
& les minéraux dans les en- pour mieux dire, n'en ont
trailles de la terre. Cette ma- point de déterminée, com-
tière, suivant les principes me l'a chaque espèce des
de la Philosophie Herméti- deux autres règnes de la Na-
que, n'est d'abord qu'une va- ture. Ils ont cependant aussi
peur que les éléments pous- une semence, mais là même
sent avec l'air & l'eau dans pour tous, qui ne consiste
les entrailles de la terre. Le pas dans l'assemblage de di-
feu central la sublime vers verses parties mais dans un
la superficie; elle se digère & sujet très simple, auquel sont
se cuit avec le soufre qu'elle conjointes & adhérentes
rencontre, & suivant le de- beaucoup d'autres parties
gré de pureté du mélange & qui en constituent la forme
de la matrice, les métaux se apparente.
forment plus ou moins par- Il entre trois ingrédients
faits. dans le composé minéral,
Mine DE FEU CE'LESTE. une semence, une humidité
Magistère au rouge, ou sou- onctueuse qui s'y attache,
fre des Philosophes. Que ce- & enfin un humide mer-
lui qui a eu le bonheur de curiel qui l'augmente & le
parvenir à faire cette mine nourrit. La semence est la
de feu céleste, dit d'Espagnet, même pour tous les miné-
V ij
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308 MI MI

raux & les métaux; mais biens. Il est surprenant que
comme tous les enfants que tous les Philosophes répétant
ferait un même homme avec sans cesse que leur matière
une ou plusieurs femmes, ou leur mercure ne se tirent
seraient presque tous diffé- point de ces choses, il se
rents. trouve cependant un si grand
Les minéraux diffèrent nombre de gens qui ne veuil-
aussi entr'eux, selon la ma- lent pas les croire. Leur ma-
trice où la semence est dé- tière est minérale, mais elle
posée & prend accroisse- est en même temps végétale
ment. La nourriture & les & animale, & ne se tire ce-
différentes proportions des pendant d'aucun de ces trois
ingrédients qui entrent dans règnes en particulier, parce
le mixte en constituent la di- qu'elle les renferme tous, en
versité. Becher explique fort étant le principe & la base.
au long la nature des miné- MINERVE. Les Egyp-
raux dans sa Physica subter- tiens avaient mis une Mi-
ranea, & personne avant lui nerve au nombre de leurs
ne l'avait fait d'une manière grands Dieux, & elle était
plus vraisemblable. révérée particulièrement à
Les Philosophes disent que Saïs. Ils disaient qu'elle était
leur matière est minérale: elle femme de Vulcain, le plus
l'est en effet; mais il ne faut ancien & le premier de tous
pas s'imaginer qu'ils tirent leurs Dieux. Les Libyens la
leur mercure d'aucun miné- disaient fille de Neptune &
ral tel qu'il puisse être, ex- du lac Tritonide, & que Ju-
cepté, comme dit Philalèthe, piter l'avait adoptée pour sa
du premier principe des sels, fille. Mais les Grecs débi-
mais qui n'est cependant taient qu'elle était propre-
point sel, ni n'a aucune for- ment fille de ce père des
me de sel. En vain les faux Dieux. Jupiter, disaient-ils,
Adeptes emploient-ils donc après la guerre des Titans,
les minéraux, les marcassites se voyant, du consentement
& les sels tant des végétaux des autres Dieux, maître du
que des minéraux, ni les sels Ciel & de la Terre, épousa
borax, les sels gemme, le Métis, qui passait pour la
nitre, l'alun, le vitriol & les plus sage & la plus prudente
attraments, ils n'en retireront fille qui fût dans le monde:
que de la cendre & la perte mais la voyant prête d'ac-
de leurs peines & de leurs coucher, & ayant appris du
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MI MI 309

Ciel qu'elle allait mettre au ma dans une corbeille & le
monde une fille d'une sagesse fit nourrir.
consommée, & un fils à qui Vulcain, Minerve & Pro-
les Destinées réservaient méthée avaient un autel
l'Empire du monde, il la dé- commun; & aux solennités
vora. Quelque temps après se des uns & des autres on por-
sentant une grande douleur tait des flambeaux & des
de tête, il eut recours à Vul- torches allumées, avec des
cain, qui d'un coup de hache corbeilles. La chouette, le
lui fendit le cerveau, d'où dragon & le coq lui étaient
sortit Minerve toute armée, consacrés.
sous la forme d'une jeune Minerve est ordinairement
fille d'un âge fait, de sorte représentée le casque en tête,
qu'elle fut dès lors en état de une pique d'une main, & un
secourir son père dans la bouclier de l'autre, avec l'é-
guerre des Géants où elle se gide sur la poitrine. Cette
distingua beaucoup. Sur la fin Déesse fut la protectrice des
du combat elle trouva Bac- Héros; Hercule & Ulysse
chus très maltraité, mais l'éprouvèrent dans toutes les
palpitant encore; elle le re- occasions. La raison en est
leva, le présenta à Jupiter, que ce sont tous des Héros
qui lui redonna ses forces & chimiques, & que cette
sa vigueur. Déesse était dans la même
Minerve eut dispute avec catégorie; ce qui a fait dire
Neptune, à qui aurait la pré- qu'il tomba une pluie d'or
férence pour nommer la ville à Rhodes le jour de & nais-
d'Athènes, Minerve l'em- sance. Voyez l'explication
porta par le jugement des de toutes ces fictions dans
douze grands Dieux. Elle les Fables Egypt. & Grecq.
priva Tirésias de la vue, par- dévoilées, liv. 3. chap. 9. &
ce qu'il avait eu la témérité liv. 6.
de la regarder nue dans le Par Minerve armée les Chi-
bain. Vulcain voulut faire mistes entendent ordinaire-
violence à cette Déesse; mais ment leur mercure. Quand
elle se défendit si bien, que la Fable dit qu'elle naquit du
sans souffrir aucun affront, cerveau de Jupiter par un
Vulcain devint père d'Eric- coup de hache que lui donna
thonius, & la Terre sa mère. Vulcain, c'est le mercure
Minerve ayant pris l'enfant, qui se sublime par la coction
qui était contrefait, l'enfer-* que fait le feu, ou Vulcain.
V iij
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310 MI MI

Les Philosophes s'expriment blanche est leur magistère au
dans le même sens de la Fa- blanc, & leur minière rouge
ble, lorsqu'ils disent qu'il faut est leur pierre au rouge dans
frapper du glaive, du sabre, le premier oeuvre.
du couteau, pour taire sortir MINISTERE. Mercure
l'enfant du ventre de sa mère. dissolvant des Sages. Ils l'ont
C'est comme s'ils disaient: quelquefois appelé premier
cuisez la matière de l'oeuvre ministère, parce qu'il faut
pour la pousser au degré de commencer l'oeuvre par la
perfection dont elle est sus- purification des matières, &
ceptible. que c'est dans cette purifica-
MINIERE. Les Philoso- tion que se forme le mercure
phes donnent le nom de mi- des Philosophes.
nière à plusieurs choses. Ils MINIUM. Soufre rouge,
appellent de ce nom la ma- ou minière de feu céleste.
tière d'où ils savent extraire MINOS, fils de Jupiter
leur mercure, & alors ils la & d'Europe, épousa Pasi-
nomment proprement mi- phaé, fille du Soleil. Il était
nière de leur mercure; mais Roi de Candie, & eut guerre
ordinairement lorsqu'ils di- entr'autres contre les Athé-
sent simplement notre mi- niens. Après les avoir vain-
nière, ou la minière des mé- cus, il les obligea de lui en-
taux, ils entendent alors leur voyer tous les ans pour tri-
mercure animé, ou, ce qui but sept jeunes garçons des
en la même chose, leur ma- premiers de la République,
tière après la putréfaction pour combattre le Minotaure
dans la médecine du premier dont Pasiphaé était accou-
ordre, parce que c'est dans chée, & qu'il avait renfermé
la putréfaction que se fait la dans le labyrinthe que Dé-
réunion du corps & de l'es- dale avait construit. Thésée
prit. Philalèthe dit que l'acier à qui le sort était échu pour
des Sages est la minière de combattre ce monstre, le
leur or, & que leur aimant est vainquit & s'en retourna
la minière de leur acier. triomphant à Athènes. La
Plusieurs Adeptes ont ap- Fable nous représente Mi-
pelé Minière leur soufre, nos comme un Juge si intè-
parce que ce corps rouge est gre que Pluton le choisit,
le principe & le commence- avec Eaque & Rhadamante,
ment de leur teinture & de pour juger les morts, & les
leurs métaux. Leur minière envoyer aux champs Elysées,
@

MI MI 311

ou au Tartare. Voyez les humain, & pour la transmu-
Fables Egypt. & Grecques tation des métaux en or.
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. MISADIR ou MISATIS.
MINOTAURE. Monstre Sel armoniac.
ayant la forme humaine de- MISAL. Lait aigre.
puis la tête jusqu'à la cein- MISATIS. V. Misadir.
ture, & le reste du corps MISSADAM. Mercure
comme celui d'un taureau. ou argent-vif.
Pasiphaé, femme de Minos, MISSERASSI. Talc,
le mit au monde, & Minos plâtre.
le fit enfermer dans le laby- MISY. Matière minérale,
rinthe, où on le nourrissait espèce de chalcitis qui par-
de chair humaine. Thésée, ticipe du vitriol. Sa substance
fils du Roi d'Athènes, qui est dure, luisante & brillante
avait été envoyé pour le de couleur d'or. On la trou-
combattre, gagna les bon- vait autrefois dans les mines
nes grâces d'Ariadne, fille de cuivre de Chypre, sui-
de Minos, à laquelle Dédale vant Dioscoride; aujourd'hui
qui avait construit le laby- on ignore ce que c'est. Blan-
rinthe, avait découvert le chard dit que c'est une espèce
moyen d'en sortir. Elle don- de rouille qui naît sur le chal-
na à Thésée un peloton de citis, comme le vert-de-gris
fil au moyen duquel il trouva sur le cuivre.
l'issue, après avoir vaincu le MIXADIR. Sel armo-
Minotaure. Voyez ces fic- niac.
tions expliquées dans les Fa- MIXTE. Assemblage de
bles Egyptiennes & Grecq. plusieurs corps homogènes
dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. ou hétérogènes. On peut ré-
& liv. 5. C. 22. duire tous les mixtes à trois
MIRABILIS PERU- classes, dans le système que
VIANA. Solanum odorant, tout est composé de terre &
ainsi nommé de la variété d'eau.
admirable des fleurs de cette La première renferme les
plante. mixtes faits d'eau & d'eau,
MIRACLE DE L'ART. la seconde ceux qui sont
C'est la poudre de projec- constitués de terre & de ter-
tion au blanc & au rouge, re, & la troisième ceux qui
ainsi nommée de ce que l'Art ont pour principes la terre
ne peut rien faire de plus par- & l'eau. Les deux dernières
fait pour la santé du corps classes contiennent les trois
V iv
@

312 MI MN MO

règnes de la Nature, l'ani- mixtion une union des mis-
mal, le végétal & le mi- cibles altérés, conjoints par
néral. tous les côtés de leurs plus
Dans ces trois règnes les petites parties. Par miscibles
mixtes même de chaque rè- ils entendent les éléments.
gne sont différents, selon la Pantheus Venetus.
différence des proportions MNA. Voyez Mina.
du mélange. MNEMOSYNE, fille du
Dans le règne minéral le Ciel & de la Terre, eut de
mélange se fait par la seule Jupiter les neuf Muses. Voy.
accrétion, parce que toutes l'article des Muses.
ses parties constituantes sont MOIS PHILOSOPHI-
presque similaires entr'elles. QUE. Les Chimistes Her-
Les végétaux se font par ac- métiques font leurs mois de
crétion, altération, digestion quarante jours, qui est le
& végétation, à cause de temps de la putréfaction de
leurs parties dissimilaires, de la matière. Mais ils disent
même que le règne animal, que le mois est une période
qui, outre l'accrétion, &c. qui imite le mouvement de
du règne végétal, requiert la Lune; c'est pourquoi quel-
encore l'action & l'union de ques-uns le font de trente,
ce que nous appelons âme. autres de quarante jours.
Le mélange qui forme le On l'appelle philosophique,
corps des animaux consiste parce que les Philosophes
dans l'union; celui des végé- Hermétiques le comptent
taux, dans la coagulation; ainsi pour le temps de leur
celui des minéraux, dans la opération. Il ne faut cepen-
fixation. Becher. dant pas s'imaginer qu'ils en-
MIXTION. Tout com- tendent par-là quarante jours
posé des différentes parties naturels, il en faut beaucoup
de plusieurs choses comme moins; mais ils s'expriment
confondues ensemble. Les ainsi énigmatiquement pour
Philosophes Spagyriques se le temps, comme pour la ma-
servent assez indifféremment tière & pour le vase. Voyez
des termes d'ingression, sub- Temps.
mersion, conjonction, con- MOISSON. Les Adeptes
nexion, complexion, com- disent: Le temps de la moisson
position au lieu de mixtion, est arrivé, pour signifier
pour tromper les curieux que l'oeuvre Hermétique est
ignorants; & ils définissent la achevé, que la poudre de
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MO MO 313

projection est parfaite, & ment: il s'élève d'entr'elles
que par l'usage qu'on peut une tige à la hauteur de trois
en faire en transmuant les ou quatre pieds, ronde, nue,
métaux imparfaits en or ou verte, creuse, portant en son
en argent, on recueille les sommet une ombelle ou bou-
fruits des travaux qu'on a quet de petites fleurs à six ou
essuyés. sept feuilles pointues, dispo-
MOLHORODAM. Sel sées en rond, blanches ou
gemme. rougeâtres. Après qu'elles
MOLIBDENA. Mine de sont passées il paraît des pe-
plomb. tits fruits triangulaires, divi-
MOLIPDIDES. Pierre sés intérieurement en trois
de Saturne ou de plomb. loges, qui contiennent des
MOLLIFICATION. semences presque rondes,
Même chose que solution, noires, ressemblantes à cel-
trituration, putréfaction. les de l'oignon. Sa racine est
MOLLUGO. Espèce de bulbeuse, grosse ordinaire-
gratteron, dont la graine ne ment comme le poing, noire
s'attache pas aux habits. en dehors, blanche en de-
MOLY. Homère a parlé dans.
du Moly comme d'une plan- MOLYBDAENA. Plante
te de grandes vertus, & dit appelée Persicaire. Molyb-
que Mercure en fit présent à daena est aussi un nom donné
Ulysse quand il fut dans l'île à la litharge, & à la mine de
où Circé faisait son séjour. plomb.
Elle s'était formée, dit la MONDE (Petit). Pierre
Fable, du sang d'un Géant parfaite des Philosophes,
qu'on avait tué. Nos Bota- ainsi appelée de ce qu'ils
nistes ont donné le nom de disent qu'elle renferme tou-
Moly à une espèce d'ail qui tes les propriétés du grand
ne diffère guères de l'ail com- monde, & qu'elle en est
mun que parce qu'elle n'a comme l'abrégé.
point de mauvaise odeur. MONDIFICATION.
Elle pousse de sa racine cinq Préparation des matières
feuilles longues d'un pied ou crues dont les Philosophes
d'un pied & demi, larges de extraient leur mercure. Cet-
deux ou trois doigts, épais- te préparation est la première
ses, pointues, vertes; mais opération de l'oeuvre & pré-
couvertes souvent d'une pou- cède celle de la parfaite pré-
dre qui s'en sépare facile-* paration, Elle consiste dans
@

314 MO MO

la séparation des parties pu- Artiste, & non le défaut du
res d'avec les impures, & feu de charbons ou autres
des parties sulfureuses, com- matières pour la faire agir,
bustibles & arsenicales d'a- comme l'a interprété l'Au-
vec les mercurielles propre- teur du Dictionnaire Her-
ment dites. Quelques-uns métique.
ont appelé cette mondifica- MORT, dans le sens
tion, purification, rectifica- chimique, est l'état actuel
tion, administration. Le signe de la putréfaction des mix-
qui indique cette mondifica- tes; & la régénération est
tion parfaite, est une couleur leur résurrection. C'est pour-
céleste, blanche, éclatante quoi ils distinguent deux états
de la matière, & ressem- de mort. L'un la mort abso-
blante à celle du plus bel lue, qui est une séparation
argent. essentielle, & la perte des
MONTAGNE. Les racines & de la forme intime
Philosophes ont donné ce du mixte, incapable après
nom aux métaux par com- cette mort de reprendre sa
paraison. Nos corps (dit Ri- première forme. L'autre état
plée, 2. part.) ont pris leurs est celui de la mort acciden-
noms des planètes, ce qui telle, qui n'est qu'une sépa-
les a fait nommer à bon droit ration des excréments, sans
montagnes, par comparai- altération des racines pures,
son d'où l'Ecriture dit, lors- & de la forme intrinsèque
que l'eau se tourmentera & se qui contient l'idée du mixte.
troublera, les montagnes se Cette mort est celle du grain
précipiteront au fond de la dans la terre avant qu'il ger-
mer. me; de la semence dans la
Quelquefois les Alchi- matrice, & de tout ce qui se
mistes ont entendu par le renouvelle par la génération.
terme de Montagne, leur MORT DES E'LE'-
vase, leur fourneau, & toute MENS. (Sc. Herm.) Chan-
matière métallique. gement de la forme appa-
MORA BACCI, MO- rente de la matière du ma-
RA BATI, ou MORA gistère; telle, par exemple,
VACINIA & VACCI- qu'est cette matière en terre
NIA. Buisson. après la solution: c'est ce que
MORFONDEMENT. les Philosophes appellent
Etat de la matière des Sages conversion des éléments.
entre les mains d'un mauvais MORTIER. Mercure ou
@

MO MO 315

dissolvant des Philosophes, succède jamais. Dans la mor-
ainsi nommé de ce que par tification l'humide radical
son moyen l'or des Sages ou de la terre dans les végé-
le corps dissoluble se réduit taux, & celui de la semence
en poudre impalpable, & dans les animaux, domine
ressemblante, dit Flamel, pour un temps la chaleur in-
aux atomes qui voltigent née & vivifiante; mais au
aux rayons du soleil. bout d'un temps cet esprit
MORTIFICATION, igné aidé de la chaleur ex-
en termes de Chimie, est terne, reprend de nouvelles
une espèce de pulvérisation forces, & dominant à son
qui dispose les corps morti- tour l'humide radical, achè-
fiés à une nouvelle généra- ve la génération.
tion; telle est celle des se- MORTIFIER. Voyez
mences des végétaux, que Cuire la Matière. C'est
l'on met dans la terre pour aussi changer la forme exté-
les faire germer & pousser rieure d'un mixte, comme
de nouveaux jets semblables on fait celle du mercure en
à ceux qui les avaient pro- le rendant fixe de volatil
duits. C'est à cet égard que qu'il était.
l'on a fait l'axiome, la cor- MOSARDEGI. Plomb.
ruption d'un corps, est le MOSEL. Jupiter, étain.
commencement de la généra- Ce terme, dans quelques
tion d'un autre; car il est dé- Chimistes, signifie du mer-
montré qu'il ne se fait point cure.
de génération qui n'ait été MOOT. Même chose
précédée de mortification. qu'Eudica.
On a donné à cette espèce MOULIN DES SA-
de corruption le nom de mor- GES. C'est le dissolvant des
tification, parce que cette Philosophes. Ils lui ont don-
putréfaction se faisant lente- né ce nom par la même rai-
ment, les semences semblent son qu'ils l'ont appelé Mar-
mourir. Elle diffère de la pu- bre, Crible, Mortier, dont
tréfaction proprement dite, voyez les articles.
en ce que celle-là n'est que MOURIR. Ce terme a
pour un temps, & qu'elle n'est deux sens dans les ouvrages
pas une vraie corruption ou des Philosophes. Il se prend
pourriture, à laquelle la gé- pour faire tomber en putré-
nération de la même espèce faction & en dissolution, afin
de plantes ou d'animaux ne de procurer une nouvelle vie
@

316 MO MU MU

à l'enfant philosophique. Il en sa première matière. Pour
s'entend aussi de la fixation cet effet les Philosophes
du volatil, après la volatili- prennent la matière cuite &
sation. Ce qui a fait dire à préparée par la Nature, &
Philalèthe: il faut dessécher la réduisent en sa première
la matière & la fixer; alors matière, ou mercure philo-
elle sera morte. On la fer- sophique, d'où elle a été
mente ensuite, & le ferment tirée.
qui est son âme, la revivi- Pour avoir une pleine con-
fiera. naissance de cette opération
MOYEN pour joindre & il faut observer cinq choses.
unir les teintures. C'est le 1°. Que les Adeptes ré-
mercure des Philosophes. duisent les années en mois,
Moyen DISPOSITIF. les mois en semaines, les se-
Magistère au blanc. maines en jours, les jours en
MOZ. Myrrhe. heures, &c.
MOZHACUMIA. Mer- 2°. Les Philosophes ont
cure des Sages. pour axiome que toute chose
MU. Meum. sèche boit avidement l'hu-
MUCAGO. Mucilage. midité de son espèce.
MUCARUM & MU- 3°. Que le sec agit alors
CHARUM. Nom barbare plus promptement sur son
donné au sirop de roses, & humide qu'il ne faisait au-
à leur infusion. paravant.
MULTIPLICATION. 4°. Que plus il y a de
Opération du grand oeuvre terre & moins d'eau, plutôt
au moyen de laquelle on la solution se fera.
multiplie la poudre de pro- 5°. Que toute solution se
jection, soit en qualité, soit fait suivant la convenance,
en quantité à l'infini, selon & que tout ce qui dissout la
le bon plaisir de l'Artiste. Lune, dissout aussi le Soleil.
Elle consiste à recommencer MURPUR. Cuivre, Vé-
l'opération déjà faite, mais nus.
avec des matières exaltées MUSADIR. Sel armo-
& perfectionnées, & non niac.
avec des matières crues com- MUSE'E. Ancien Poète
me auparavant. Tout le se- Grec, l'un des premiers qui
cret, dit un Philosophe, est ait porté les Fables Egyp-
une dissolution physique en tiennes dans la Grèce.
mercure, & une réduction MUSES. Les Muses, au
@

MU MU MY 317

nombre de neuf, sont com- elles demandèrent des ailes
munément regardées com- aux Dieux, pour s'échapper
me filles de Jupiter & de de ses mains. Elles les obtin-
Mnemosyne. Diodore de rent; elles prirent la fuite, &
Sicile dit que les Muses ne il perdit la vie en les pour-
différaient point des Chan- suivant.
teuses qui accompagnèrent Les Alchimistes regar-
Osiris dans ses conquêtes en dent les Muses comme le
Orient. On ne pouvait mieux symbole des parties volatiles
représenter leur origine & de la matière de l'oeuvre Her-
leurs occupations que l'a fait métique. On peut en voir les
Hésiode dans sa Théogonie. raisons dans le livre 3. ch. 14.
Apollon a toujours été re- §. 3. des Fables Egyptien-
gardé comme présidant à nes & Grecques dévoilées.
l'assemblée des Muses; & MUZADIR. Sel armo-
rien n'est si charmant que ce niac.
qu'on dit des concerts du MYACANTHA. Petit
Parnasse où ce Dieu prési- arbrisseau appelé Brusc.
dait, & où elles chantaient MYOSOTIS. Plante
d'une manière capable de nommée Oreille-de-souris.
charmer les hommes & les MYRRHA, fille de Cy-
Dieux. Hercule a aussi passé niras, devint amoureuse de
pour leur conducteur; & son propre père, avec lequel
c'est de là que lui est venu elle commit un inceste par
le nom de Musagete. Les un stratagème de sa nourrice
Muses furent aussi regardées qu'elle avait mise dans sa
comme des Déesses guerriè- confidence. Son père ayant
res; & on les a souvent con- découvert le fait, chassa Myr-
fondues avec les Bacchan- rha, qui se réfugia dans l'A-
tes, parce qu'en effet elles rabie, où elle fut changée en
n'en différaient point. Plu- l'arbre qui porte la myrrhe,
tarque nous apprend mê- & y mit au monde Adonis
me qu'on leur faisait des sa- le fruit de ses amours. Voyez
crifices avant que de donner les Fables Egypt. & Grecq,
bataille. dévoilées, liv. 4. ch. 4.
Un jour de mauvais temps, MYSTERE. Opération
dit la Fable, les Muses se ou confection du grand oeu-
mirent à l'abri chez Pyrenée: vre, ainsi appelée de ce que
il les trouva de son goût, & tous les Philosophes en font
voulut leur faire violence; un mystère qu'ils ne décou-
@

318 MY NA NA

vrent qu'à leurs plus intimes tréfaction, ainsi nommée de
amis. Quelques-uns ont don- ce que le bitume est d'un
né le nom de Mystère à la brun-noir, & que la ma-
première matière de l'oeu- tière des Philosophes en pu-
vre, parce que c'est elle qu'ils tréfaction, ressemble à de la
ont le plus caché dans tous poix noire.
leurs ouvrages. NAPORAN. Coquillage
MYSTRUM. Mesure de mer qui donne la couleur
des Anciens. La grande con- de pourpre. Les Adeptes
tenait trois onces d'huile; la ont quelquefois donné ce
petite six dragmes. nom à leur soufre parfait,
parce qu'il a cette couleur.
N. NAR. Feu.
NARBASAPHAR. Le-
NAIADES. Nymphes ton ou cuivre; mais il faut
des Eaux. Ce nom l'entendre de l'airain des Sa-
vient d'un mot grec, qui ges.
signifie couler. Les Poètes NARCISSE. Fleur blan-
ont pris cette idée des Phi- che, en laquelle la Fable dit
losophes Hermétiques, qui qu'un jeune homme d'une
les premiers ont personnifié beauté surprenante, fils du
les matières de leur oeuvre, fleuve Céphise, & d'une
& les opérations requises, Nymphe, fut changé. Pro-
avec les couleurs qui se ma- serpine fut enlevée par Plu-
nifestent pendant l'union de ton dans le temps qu'elle cueil-
la partie fixe avec la vola- lait des narcisses. Voyez ce
tile. Cette dernière étant une que tout cela signifie liv. 4.
eau mercurielle coulante, ch. 3. des Fables Egypt. &
ils lui ont donné le nom gé- Grecques dévoilées.
néral de Naïade. NASSE. Fourneau.
NANPHORA. Huile de NATARON. Nitre.
pierre. Planiscampi. NATRON. Espèce de
NAPE'ES, Nymphes des sel alcali fixe, dont les an-
Bocages & des Forêts. En ciens Egyptiens se servaient
Chimie Hermétique, elles pour faire du verre, ou pour
sont comme toutes les Nym- blanchir & dégraisser les
phes le symbole de l'eau étoffes, & qui en s'unissant
mercurielle. à toutes les liqueurs huileu-
NAPHTE ou BITUME ses, lymphatiques, & autres
Matière de l'oeuvre en pu-* graisses, produit sur les corps
@

NA NA 319

les mêmes effets qu'opère de se tromper. Cette nature
sur le cuir la chaux dont on ou cause seconde est un es-
se sert pour les tanner. Les prit universel, vivifiant &
Egyptiens s'en servaient fécondant, la lumière créée
aussi pour embaumer les dans le commencement, &
corps que nous connaissons communiquée à toutes les
aujourd'hui sous le nom de parties du macrocosme. Les
Mumies d'Egypte. Après Anciens l'ont appelé un es-
les avoir vidées des intes- prit igné, un feu invisible,
tins & de la cervelle, ils & l'âme du monde.
mettaient ces corps pendant L'ordre qui règne dans
70 jours dans le Natron; l'Univers n'est qu'une suite
& quand ils étaient suffi- développée des lois éter-
samment imprégnés de ce nelles. Tous les mouvements
sel, on remplissait la tête, des différentes parties de la
la poitrine & le ventre de masse en dépendent. La Na-
matières résineuses & bitu- ture forme, altère & cor-
mineuses. Merc. de France, rompt sans cesse, & son mo-
Janvier 1751. dérateur présent par tout ré-
NATURE. L'oeil de pare continuellement les al-
Dieu, Dieu même toujours térations de son ouvrage.
attentif à son ouvrage, est Le terme de Nature s'en-
proprement la Nature mê- tend aussi de la partie de
me, & les lois qu'il a po- l'Univers que compose le
sées pour sa conservation, globe terrestre, & tout ce
sont les causes de tout ce qui lui appartient. Dans ce
qui s'opère dans l'Univers. dernier sens la Nature, se-
A ce premier moteur ou lon tous les Physiciens &
principe de génération & les Chimistes, est divisée en
d'altération, les anciens Phi- trois parties, qu'ils appellent
losophes en joignaient un règnes; savoir, le règne
second corporifié, auquel animal, le végétal, & le
ils donnaient le nom de Na- minéral. Tous les individus
ture, mais c'était une na- de ce monde sublunaire sont
ture secondaire, un servi- compris dans cette division,
teur fidèle qui obéit exac- & il n'en est aucun qui n'ap-
tement aux ordres de son partienne à un de ces trois
maître, ou un instrument règnes. Tous trois partent
conduit par la main du sou- du même principe, & néan-
verain ouvrier, incapable moins sont composés de trois
@

320 NA NA

substances différentes, qui mentation des corps. Be-
en sont les semences; sa- cher dit n'avoir pu réussir à
voir, le menstrue pour les condenser ce gaz, qui s'é-
animaux, l'eau de pluie pour vapore du vin lorsqu'il fer-
les végétaux, & l'eau mer- mente dans les tonneaux.
curielle pour les minéraux. Dans ces trois classes d'in-
Chaque règne est encore dividus, la semence est dif-
composé d'un assemblage de férente, & selon le même
trois substances, analogues Auteur, contraire l'une à
en quelque manière avec l'autre à certains égards;
celle des autres règnes; quoiqu'elles aient beaucoup
c'est-à-dire, d'une substance d'affinité entr'elles, comme
subtile, ténue, spiritueuse sorties d'un même principe,
& mercurielle, d'une subs- l'une ne peut devenir se-
tance grossière, terrestre & mence d'un règne différent
crasse, & d'une troisième du sien: de manière que le
moyenne, & qui participe Créateur ayant une fois sé-
des deux. Il n'est point de paré ces trois substances du
corps d'où l'art ne vienne à même principe, elles ne sont
bout de séparer ces trois plus transmuables l'une dans
espèces de principes. l'autre. Ceux qui scrutent la
Outre ces trois substances Nature, y trouvent un ca-
on en remarque comme une ractère trine, qui semble por-
quatrième, qui peut se rap- ter l'empreinte du sceau de
porter à la première par sa la Trinité. Les Théologiens
ténuité & sa subtilité; mais verront dans ce caractère
qui semble en différer, en des mystères & des choses
ce qu'il est comme impossi- si surprenantes, qui se font
ble à l'art de la réduire en toutes par trois, qu'elles sont
esprit liquoreux; au lieu que bien capables d'affermir no-
l'autre se condense en eau, tre foi. Les Physiciens ha-
tel que l'esprit-de-vin & les biles & judicieux voient que
autres liqueurs subtiles, aux- ce nombre ternaire des trois
quelles l'on donne le nom règnes est bien digne de tou-
d'Esprit. Cette matière in- te leur attention. L'âge d'un
condensable, est celle que homme, quelque prolongé
J. B. Van-Helmont appelle qu'il soit, n'est pas suffisant
Gaz. C'est celle qui se fait pour observer les opérations
sentir, & qui s'évapore dès étonnantes & admirables
le commencement de la fer-* qui se passent dans les labo-
ratoires
@

NA NA 321

ratoires de ces trois règnes. le Roi Prophète, Que vos
Y a-t-il rien de plus incom- ouvrages, Seigneur, sont
préhensible que ce qui se magnifiques, vous avez fait
passe dans le ténébreux sé- tout avec une grande sagesse.
jour, où se conçoit & s'en- Ces trois règnes ont en-
gendre l'homme; d'une subs- core une différence dans leur
tance si vile, si corruptible, manière d'être, qui les dis-
d'une manière si simple & tingue l'un de l'autre. Les
si commune, en peu de animaux ont un corps, dont
mois, composé cependant les parties ne semblent for-
d'une infinité de veines, de mer qu'un assemblage fait
nerfs, de membranes, de par union; les végétaux par
valvules, de vases, & d'au- coagulation, & les minéraux
tres organes, dont le moin- par fixation. Ces derniers ne
dre ne saurait être imité par- se trouvent que dans les en-
faitement par le plus habile trailles de la terre, & moitié
Artiste de l'Univers. Quoi hors de terre; les animaux
de plus admirable, que de font tous hors de terre, ou
voir dans une nuit, par une en sont totalement séparés.
même pluie, dans une mê- L'étude de la Nature porte
me terre, tant de différents avec elle tant d'agréments,
végétaux, si divers en cou- tant de plaisir & tant d'uti-
leurs, en odeur, en saveur, lité, qu'il est surprenant de
en figure, germer & croître, voir si peu de gens s'y ap-
& en si grande quantité, pliquer.
qu'il n'est homme au monde Quelques Anciens rédui-
qui les ait seulement tous saient tout en combinaison,
vus, loin d'en avoir connu & admettaient les nombres
les propriétés. Les fossiles comme forme de tout ce qui
n'ont rien de moins admi- existe, ou comme la loi, sui-
rable, & nous ne sommes vant laquelle tout se forme
pas plus en état d'en expli- dans la Nature. Tycho Bra-
quer parfaitement la géné- hé a recueilli ses réflexions
ration, que celle des deux là dessus dans une carte ex-
autres règnes. Nous en sa- trêmement rare aujourd'hui,
vons beaucoup, nous en à laquelle il a donné pour ti-
ignorons encore peut-être tre: Calendarium naturale
davantage; mais ce qui nous magicum perpetuum profun-
est connu suffit certainement dissimam rerum secretissima-
pour nous faire écrier avec rum contemplationem, to-
X
@

322 NA NA

tiusque Philosophiae cogni- tes les autres parties du corps,
tionem complectens. Il y parle L'unité est donc la source
de presque de toute la Na- de l'amitié, de la concorde
ture qu'il range sous les nom- & de l'union des choses,
bres depuis l'unité jusqu'à comme elle est le principe
douze. Comme la plupart de leur extension; parce
des Lecteurs seront bien aise qu'une unité répétée produit
d'en avoir quelqu'idée. Voi- deux. Ce nombre deux est
ci en substance ce qu'elle le principe de la génération
contient. des choses, composées de
Tout est combiné & com- deux; savoir, de la forme
posé dans la Nature selon & de la matière, du mâle
certaines mesures invariables & de la femelle, de l'agent
formées, pour ainsi dire, sur & du patient; c'est pourquoi
des nombres qui semblent ce nombre est celui du ma-
naître les uns des autres. Il riage & du microcosme, &
y a plusieurs choses uniques signifie la matière procréée.
dans le monde qui nous re- La forme, le mâle & l'a-
présentent l'unité. Un Dieu gent sont la même chose.
principe & fin de toutes cho- Le soleil, la terre, le coeur
ses, & qui n'a point de com- la forme, & ce que les As-
mencement, de même que trologues appellent tête du
dans les nombres rien ne Dragon, sont regardés com-
précède l'unité. Il n'aura me mâle. La lune, l'eau, le
aussi point de fin, comme cerveau, la matière & la
l'unité peut s'ajouter à l'u- queue du dragon sont la fe-
nité par une progression in- melle, les premiers repré-
finie. sentés par Adam, les seconds
Il n'y a qu'un Soleil, d'où par Eve. Aussi Dieu n'a-t-il
semble procéder la lumière, créé qu'un mâle & une fe-
qu'il communique à tout l'U- melle, & rien dans l'Uni-
nivers, après l'avoir reçue. vers ne s'engendre sans le
Il n'y a qu'un macrocosme concours de l'un avec l'au-
& une âme de l'Univers. tre. Ce qui nous est repré-
Dans le monde intelligible senté par les deux Chéru-
& matériel une seule pierre bins qui couvraient l'arche
des Sages, & dans le mi- de leurs ailes, & par les deux
crocosme un coeur, source tables de la loi données à
de la vie, d'où la lumière Moïse, qui y étaient ren-
vitale se communique à tou-* fermées.
@

NA NA 323

L'unité ajoutée au nom- la loi de la Nature; le temps
bre deux fait trois nombres de la loi, ou la loi de Moï-
sacré, très puissant & par- se, & le temps de la grâce ou
fait; & la seconde division la loi de grâce.
de la Nature & de son prin- Trois vertus Théologa-
cipe Dieu en trois personnes les, la foi, l'espérance & la
Père, Fils, & Saint-Esprit. charité.
Le fils est engendré du Père, Trois puissances intellec-
& le Saint-Esprit procède tives dans le microcosme;
des deux. Aussi le Créateur la mémoire, l'esprit & la
semble avoir voulu se ma- volonté.
nifester à nous dans tout le Trois règnes dans la Na-
livre de la Nature, com- ture; le minéral, le végétal
me il en était le commen- & l'animal, dans lequel
cement, il semble avoir for- l'homme ne doit point être
mé l'homme de toute la compris en particulier, par-
quintessence des choses, ce qu'il est composé de la
pour être le spectateur de quintessence des trois.
l'Univers, & y reconnaître Trois sortes d'éléments;
son Auteur. Tout aussi dans les purs, les composés &
la Nature est composé de les décomposés.
trois, & divisé par trois: Trois principes matériels
trois personnes en Dieu, de tous les mixtes; soufre,
trois hiérarchies des Anges, sel & mercure.
la suprême, la moyenne & Trois qualités de ces prin-
la basse, qui multipliée par cipes; le volatil, le fixe, &
elle-même forme neuf, dont un troisième qui participe
nous parlerons ci-après. Il des deux.
y a trois sortes d'âmes dans Trois divisions de la jour-
l'Univers, l'intelligente, la née selon la création; le
sensitive & la végétative. jour, la nuit & le crépus-
Ces trois âmes se trouvent cule.
dans l'homme, la sensitive Trois mesures des choses;
& la végétative dans les ani- le commencement, le mi-
maux, & la végétative seule lieu & la fin.
dans les plantes. Trois mesures du temps;
Il y a eu trois sortes de le passé, le présent & le fu-
temps écoulés ou qui s'écou- tur.
lent depuis la création, le Trois dimensions dans les
temps de la Nature, appelé corps; la longueur, la lar-
X ij
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324 NA NA

geur & la Hauteur. sieurs autres, le fondement
Trois principes de l'hom- de tous les nombres, la fon-
me; l'âme, l'esprit & le taine de nature, comme
corps. renfermant le nombre par-
Trois parties dans le corps fait dont tout a été créé.
du microcosme correspon- C'est pourquoi l'on partage
dant à autant de parties l'Univers en quatre éléments,
du macrocosme; la tête, la le feu, l'air, l'eau & la ter-
poitrine & le ventre. La tête re; aux trois premiers des-
au ciel, la poitrine au fir- quels répondent deux planè-
mament ou à l'air, le ventre tes à chacun; savoir, le
à la terre. Soleil & Mars au feu, Ju-
Trois éléments principaux; piter & Vénus à l'air, Sa-
le feu, l'air & l'eau. turne & Mercure à l'eau;
Un esprit un peu éclairé la Terre a en partage le
& instruit de la Nature, Soleil, la Lune & les Etoi-
verra sans peine que toutes les fixes.
ces choses divisées en trois On compte aussi quatre
ne sont cependant qu'une points cardinaux dans le
& même chose; comme les monde, l'Orient, l'Occi-
trois personnes ne font qu'un dent, le Midi & le Septen-
Dieu. Le temps passé, le pré- trion.
sent & le futur ne font qu'un Quatre vents Eurus, Zé-
& même temps; la hauteur, phirus, Aquilo & Auster.
la largeur & la longueur d'un Quatre qualités des élé-
corps, ne font qu'un corps. ments; la lumière du feu,
L'âme, l'esprit & le corps le diaphane de l'air, la mo-
ne composent qu'un hom- bilité de l'eau, & la solidité
me; toutes ces choses sont de la terre.
néanmoins très distinctes Quatre principes de l'hom-
entr'elles, & nous en con- me correspondants aux qua-
cevons la différence, aussi tre éléments; l'âme au feu,
bien que la réunion pour l'esprit à l'air, l'âme animale
en faire l'unité; pourquoi à l'eau, & le corps à la
douterait-on donc de l'exis- terre.
tence d'un Dieu en trois Quatre humeurs princi-
personnes? pales dans le corps du petit
Une unité ajoutée à trois monde; la bile, le sang, la
produit quatre, qui devient, pituite & la mélancolie.
selon Thico Brahé & plu-* Quatre facultés de son
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NA NA 325

âme; l'intellect, la raison, Quatre Evangélistes; S.
l'imagination & le senti- Marc, S. Jean, S. Mathieu
ment. & S. Luc.
Quatre degrés progres- Quatre animaux sacrés;
sifs; être, vivre, apprendre le lion, l'aigle, l'homme &
& comprendre. le boeuf.
Quatre mouvements dans Quatre sortes de mixtes;
la Nature; l'ascendant, ou les animaux, les plantes, les
du centre à la circonféren- métaux & les pierres.
ce; le descendant, ou de la Quatre sortes d'animaux;
circonférence au centre; le ceux qui marchent, ceux
progressif ou horizontal, & qui volent, ceux qui nagent
le circulaire. & ceux qui rampent.
Quatre termes de la Na- Quatre qualités physiques
ture; la substance, la qua- des corps chaud, humide,
lité, la quantité & le mou- froid & sec.
vement. Correspondance des mé-
Quatre termes mathéma- taux aux éléments; l'or & le
tiques; le point, la ligne, fer au feu; le cuivre & l'é-
la superficie, & la profon- tain à l'air; l'argent-vif à
deur ou la masse. l'eau; le plomb & l'argent
Quatre termes physiques; à la terre.
la vertu séminale ou se- Quatre sortes de pierres
mence des corps, leur gé- qui leur répondent; les pier-
nération, leur accroissement res précieuses & éclatantes,
& leur perfection. comme le diamant & le ru-
Quatre termes métaphy- bis, &c. les pierres légères
siques; l'être ou l'existence, & transparentes, comme le
l'essence, la vertu ou le pou- talc; les pierres dures &
voir d'agir, & l'action. claires, comme le caillou;
Quatre vertus morales; les pierres opaques & pe-
la prudence, la justice, la santes, comme le marbre,
tempérance & la force. &c.
Quatre complexions ou Des douze signes trois ré-
tempéraments; la vivacité, pondent à chaque élément;
la gaieté, la nonchalance le Bélier, le Lion & le Sa-
& la lenteur. gittaire au feu; les Gémeaux,
Quatre saisons; l'hiver, la Balance & le Verseau à
le printemps, l'été & l'au- l'air; le Cancer, le Scor-
tomne. pion & les Poissons à l'eau;
X iij
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326 NA NA

le Taureau, la Vierge & le a été achevé le sixième jour
Capricorne à la terre. de la création, & ce jour-là
Le nombre cinq est con- Dieu regarda tout ce qu'il
sacré à Mercure, dit Thico avait fait, & tout était par-
Brahé, & n'est pas moins faitement bon.
mystérieux que ceux qui le Il y a six cercles imagi-
précédent. On y voit l'eau, nés dans le ciel; l'arctique,
l'air, le feu & la terre dont l'antarctique, les deux tro-
est composé tout mixte qui piques, l'équinoxial & l'é-
fait un cinquième tout abré- cliptique.
gé des quatre. Six planètes errantes; Sa-
Cinq sens; la vue, l'ouïe, turne, Jupiter, Mars, Vé-
l'odorat, le goût & le tou- nus, Mercure & la Lune.
cher. Il y a six manières d'êtres
Cinq genres de mixtes; ou modes des corps; la gran-
les pierres, les métaux, les deur, la couleur, la figure,
plantes, les zoophytes & les la position relative, le repos
animaux. & le mouvement.
Cinq sortes d'animaux; Le cube a six faces.
les hommes, les quadrupè- Six degrés de l'homme;
des, les reptiles, les pois- l'entendement, la mémoire,
sons & les oiseaux. le sentiment, le mouvement,
Cinq extrémités commu- la vie & l'animalité.
nes aux animaux mâles & Six parties principales ex-
femelles; la tête, les deux térieures dans la tête de
bras & les deux pieds. l'homme & des autres ani-
Cinq doigts à chaque pied maux; deux yeux, deux
& à chaque main de l'hom- oreilles, le nez & la bou-
me. che.
Cinq parties principales Mais la Nature semble se
dans l'intérieur du corps; le plaire au nombre sept plus
coeur, le cerveau, le pou- qu'en tout autre, & les Py-
mon, le foie & la rate. thagoriciens qui le regar-
Cinq parties dans les plan- daient comme le nombre le
tes, la racine, la tige, les plus mystérieux, l'appe-
feuilles, la fleur & la se- laient en conséquence la voi-
mence. ture de la vie humaine. La
La Nature a comme reçu vertu de ce nombre, di-
sa dernière perfection par le saient-ils, se manifeste dans
nombre six; car le monde toutes les générations de la
@

NA NA 327

Nature, & sert particulière- il commence à décliner, &
ment pour la génération de la septième dizaine est ordi-
la Nature humaine. Elle sert nairement à peu près le ter-
à le composer, à le faire con- me de sa vie, comme le dit
cevoir, à le former, à l'en- le Roi David.
fanter, à le nourrir & à le La plus haute taille de
faire vivre. Aristote dit qu'il l'homme est communément
y a sept cellules dans la ma- de sept pieds.
trice, si la semence y de- Dans le grand monde il
meure sept heures la con- y a sept planètes, sept pléia-
ception se fait, les premiers des, sept jours de la se-
sept jours, elle devient pro- maine. A chaque sept jours
pre à recevoir la figure hu- la Lune change de quar-
maine; l'enfant est parfait, tiers.
naît & vit quand il vient au Le flux & reflux de la mer
monde à sept mois; après est plus sensible le septiéme
sept jours il jette le superflu jour de la Lune, & à chaque
de son nombril; après deux septénaire. On ne finirait
fois sept jours ses yeux se pas si l'on voulait rapporter
tournent du côté de la lu- ici tout ce qui se fait par sept
mière; c'est pourquoi les dans la Nature. On peut
nourrices doivent avoir voir dans l'Ecriture Sainte
grand soin de placer tou- combien ce nombre de sept
jours l'enfant de manière était mystérieux. Tout sem-
qu'il puisse voir la lumière blait y aller par sept; les
directement, ce défaut d'at- prières, les fêtes, les puri-
tention fait beaucoup d'en- fications, &c. sept vaches
fants louches; après sept mois maigres & sept grasses, sept
les dents commencent à lui épis de blé, sept plaies de
pousser; après le troisième l'Egypte, sept ans de fami-
septénaire il commence à ne, Naaman lavé sept fois
parler; à sept ans les dents dans le Jourdain; David
lui tombent; au second sep- loue sept fois Dieu dans la
ténaire d'années il commen- journée; sept dons au S.
ce à avoir la faculté géné- Esprit, &c. Le reste de la
rative; au troisième septé- Carte de Ticho Brahé re-
naire il se fortifie, & prend garde plus particulièrement
à peu près tout son accrois- les planètes & les signes du
sement; au quatrième il est Zodiaque, avec leurs vertus
homme parfait; au septiéme & propriétés cabalistiques;
X iv
@

328 NA NA

c'est pourquoi je le passe sous l'homme ou des animaux,
silence. le nitre, le vitriol, les attra-
NATURE FUYANTE. ments, le sel commun ou
Matières volatiles, qui n'est tout autre sel; antimoine,
point permanente au feu, bismuth, zinc, orpiment,
tel qu'est le mercure com- arsenic, soufre, & quelqu'-
mun. Il faut se donner de espèce que ce puisse être des
garde de toutes ces matières minéraux, excepté un seul,
métalliques de nature fuyan- dit Philalèthe, qui est leur
tes, parce qu'elles ne sont premier être.
point propres au magistère. Il ne faut donc point pren-
Les Philosophes recom- dre à cet effet le mercure
mandent partout de ne faire vulgaire, ni les mercures
entrer dans la composition extraits des métaux, ni les
de la pierre que des choses métaux seuls, quoiqu'ils
de même nature; parce que soient tous de même natu-
nature s'éjouit en sa propre re. Les souffleurs doivent
nature, nature amende na- faire attention que Morien
ture, nature perfectionne les avertit, que tout ce qui
nature, nature contient na- s'achète cher est inutile, &
ture, & nature est contenue ne vaut rien pour l'oeuvre;
par nature, comme le dit que si l'on ne trouve pas la
Parmenides dans le Code de matière du magistère vile,
Vérité. La raison de cela est méprisée, jetée, même quel-
que les principes de la ma- quefois sur les fumiers, &
tière du magistère font les foulée aux pieds dans les
mêmes que ceux des mé- endroits où elle est, en vain
taux, & que n'étant pas en- mettra-t-on la main à la
core animés de l'âme pro- bourse pour l'acquérir, puis-
prement métallique, ils ont qu'on peut l'amasser soi-*
cependant la faculté de se même sur les montagnes,
réunir ensemble dans le mé- dans les plaines, & dans
lange qu'on en fait. Qu'on tous les pays; qu'elle ne
ne s'imagine donc pas réussir coûte rien, que la peine de
à faire l'oeuvre, en prenant, la chercher, & de la ramas-
pour matière du magistère, ser; que la bénigne Nature
des plantes, ou des sels des la forme toute disposée, à
végétaux, des cheveux, du l'oeuvre, & que l'ingénieux
sang humain, de l'urine, ou Artiste n'a qu'à aider la Na-
toute autre chose prises de ture, pour qu'elle lui donne
@

NA NA 329

cette eau céleste & divine; natures; ce n'est pas de faire
ce Mercure des Sages si re- passer les mixtes d'un règne
cherché de tant de gens, & dans la nature d'un autre
trouvé de si peu de person- règne, comme serait un vé-
nes. Que le studieux ama- gétal dans la nature métal-
teur de la Science Hermé- lique; mais de spiritualiser
tique, se grave bien profon- les corps, & corporifier les
dément dans l'esprit qu'il esprits, c'est-à-dire, fixer
doit imiter la Nature; se ser- le volatil, & volatiliser le
vir des mêmes principes & fixe: ce qu'ils appellent aussi
des mêmes voies, pour par- mettre le dessous dessus, &
venir au même but, qu'elle le dessus dessous. Réduire la
n'emploie pas des animaux terre en eau, & l'eau en
pour faire une plante, mais terre.
la semence de cette même Nature se joint par na-
plante, ou une plante pour ture; nature contient nature;
faire un métal, ni du métal nature s'éjouit en nature;
pour faire un animal; mais nature amende nature; na-
les semences de chaque cho- ture aime nature; nature
se pour faire chaque chose. surmonte nature; nature re-
Qu'il apprenne à connaître tient nature: sont des façons
la Nature, & ne se trompe de parler des Philosophes,
pas en prenant pour végétal pour signifier que le dissol-
ce qui est minéral, ou pour vant philosophique doit être
minéral ce qui est animal. de même nature que le corps
Pour avoir cette connaissan- qui doit être dissous; que
ce, c'est à Dieu ou à un Phi- l'un perfectionne l'autre dans
losophe qu'il faut recourir. le cours des opérations, &
Il faut prier avec instance & l'union des deux se tait d'a-
droiture de coeur, avec hu- bord par la putréfaction, &
milité & persévérance; & ensuite par la fixation. Le
Dieu si bon, si miséricor- mercure dissout le fixe qui
dieux refusera-t-il à l'hom- est de même nature, puis-
me, qui est son image, ce qu'il en a été fait; le soufre,
principe de santé & de ri- ou le fixe fixe ensuite le
chesses, lui qui accorde la mercure, & en fait la pou-
nourriture aux petits des cor- dre de projection.
beaux, qui l'invoquent? C'est pourquoi les Chi-
Lorsque les Philosophes mistes Hermétiques disent
disent qu'il faut changer les que les natures diverses ne
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330 NA NE NE

s'amendent point; c'est-à-* Terme que Paracelse a in-
dire, ne sont pas capables venté pour signifier l'âme
de se perfectionner, parce animale de l'homme. Il dit
qu'elles ne peuvent s'unir qu'elle habite dans l'eau qui
parfaitement. Ainsi les sucs est autour du coeur, & qu'elle
de la plante appelée lu- n'est pas plus grosse que le
naire, ni quelqu'autre suc petit doigt de la main d'un
de plante que ce puisse être, homme. Il ajoute qu'il y a
ne vaut rien pour l'oeuvre trois vies ou trois essences
métallique. Le mercure pré- dans l'homme, qui toutes
tendu fixé par leur moyen, trois peuvent être appelées
est une supercherie toute Esprit; savoir, l'esprit du
pure. ciel, ou l'air; l'esprit du mi-
NAUFRAGE (Sc. crocosme, qui est proprement
Herm.). Les Philosophes l'âme animale; & l'esprit de
Hermétiques appellent ainsi tous les muscles. C'est ce qui
les erreurs des Chimistes l'a engagé à comprendre tou-
dans la recherche de la pierre tes ces vies ou esprits sous le
des Sages, parce qu'ils ap- nom de Nécrocomicum.
pellent leur mercure mer; NE'CROLE. Necroleus.
& que ce mercure & ses Celui qui des premiers a écrit
propriétés sont absolument savamment d'une chose. Pa-
inconnus aux Chimistes racelse dit que Moïse a été
souffleurs. un des Nécroles de la Philo-
NAVIRE ARGO (le). sophie des Adeptes. Nostra
Vaisseau que montèrent les in Adepta Philosophia Ne-
Argonautes pour la conquê- croleus, & Antesignanus
te de la Toison d'or. Voyez Moyses factus est. Paracelse
le liv. 2. ch. 1. des Fables de Azoth.
Egypt. & Grecques. NECROLIUM. Remède
NAXOS. Ile dans la- souverain pour conserver la
quelle Bacchus trouva Ariad- santé. Raymond Lulle l'ap-
ne, après que Thésée l'y eut pelait son nigrum, &c. Pla-
abandonnée. Voyez les Fa- niscampi.
bles Egypt. & Grecques dé- NECTAR. Boisson des
voilées, liv. 5. ch. 22. Dieux. C'est la médecine des
NEBULGEA. Espèce de Philosophes. Le nectar a pris
sel qu'on trouve coagulé sur son nom de νέος, juvenis, &
les cailloux & les pierres. κτάομαι, possideo; comme si
NE'CROCOMICUM. l'on disait, boisson qui con-
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NE NE 331

serve la jeunesse. Les Philo- de Némée il y avait un lion
sophes Hermétiques attri- furieux, qui ravageait tout,
buent la même propriété à Hercule le tua. V. Forêt.
leur médecine. Dans le cours NE'ME'ENS (Jeux).
des opérations de l'oeuvre, Voyez Jeu.
ils donnent le nom de Nectar NE'OGALA. Lait nou-
à leur mercure, ou azoth, veau.
parce qu'il abreuve la ma- NEOPTOLEME. Sur-
tière qui reste dans le fond nom donné à Pyrrhus, fils
du vase, qu'ils ont appelée d'Achille. V. Pyrrhus.
Saturne, Jupiter, Vénus, NEPENTHES. Remède
&c. dont Homère dit qu'Hélène
NEIGE. Les Alchi- faisait usage, & dont on lui
mistes expliquent de l'huile avait fait présent en Egypte.
d'or, ou soufre de la pier- Ce remède guérissait toutes
re, cette neige dont parle sortes de maladies, & con-
Pindare, quand il dit, que le servait toujours la joie & la
Roi des Dieux répandit dans satisfaction dans le coeur de
la ville de Rhodes une gran- ceux qui en faisaient usage.
de quantité de neige dorée, Il faut l'interpréter de la pa-
faite par l'art de Vulcain. nacée universelle des Philo-
Ol. Borrichius. sophes Hermétiques. Elle est
Neige. (Sc. Herm.) Ma- le seul remède qui puisse pro-
gistère au blanc, parce qu'il duire cet effet, parce qu'il
se précipite alors une poudre donne la santé & les riches-
blanche comme la neige. Et ses, & procure une longue
lorsqu'ils disent qu'il faut cui- vie pour en jouir. Théodore
re la neige, c'est-à-dire, qu'il Swinger a donné le nom de
faut continuer la digestion & Népenthes à une opiate dont
la circulation du compost. la base est le laudanum; cette
NEITH. Nom de la opiate, dit Blanchard, a des
Minerve Egyptienne. effets admirables, quand on
NELE'E, fils de Neptune la donne contre les vapeurs
& de Tyro fille de Salmo- & la mélancolie. Elle délivre
née, eut de Chloris, fille de toute langueur & tristesse,
d'Amphion, douze fils, & donne de la joie & de la
qu'Hercule tua, excepté gaieté.
Nestor. Voyez les Fables NEPHELAE. Ce nom
Egypt. & Grecq. dévoilées. se donne aux petites taches
NE'ME'E. Dans la forêt blanches & légères qui sur-
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332 NE NE

viennent sur l'oeil & sur les Neptune les Eaux, & Plu-
ongles. On appelle aussi Ne- ton la Terre ou les Enfers.
phelae ces petites nuées qui Neptune épousa Amphitri-
nagent dans l'urine. te, & eut beaucoup d'en-
NEPHELE', femme fants de plusieurs Nymphes
d'Athamas, lui donna deux qu'il séduisit en se transfor-
enfants, Phrixus & Hellé. mant de toutes sortes de
Athamas la répudia, pour manières.
épouser Ino, fille de Cad- Jupiter le chassa du Ciel
mus, de laquelle il eut Léar- avec Apollon, parce qu'ils
que & Mélicerte. Ino indis- avaient conspiré contre lui.
posa l'esprit de son époux Ils se retirèrent auprès de
contre sa rivale & ses en- Laomedon, & bâtirent la
fants. Phrixus & Hellé se ville de Troie. Laomedon
sauvèrent pour se soustraire n'ayant pas donné à Nep-
aux emportements d'Atha- tune le salaire dont ils étaient
mas. Ils montèrent sur un convenus, ce Dieu s'en ven-
bélier à toison d'or, & vou- gea en inondant tout le pays.
lurent ainsi traverser la mer On consulta l'Oracle pour
pour se retirer à Colchos. apprendre les moyens de
Hellé tomba dans la mer & faire cesser ce fléau; il ré-
y périt, Phrixus arriva à bon pondit que Neptune ne se-
port. Néphele fut ensuite mé- rait point apaisé qu'on n'eût
tamorphosée en nuée, c'est exposé la fille de Laomedon
ce que signifie son nom. pour être dévorée par un
Voyez l'explication de ces monstre marin; ce qui fut
fables, dans le chap. 9. du fait. Hésione fut exposée,
liv. 4. des Fables Egypt. & Hercule tua le monstre & la
Grecques dévoilées. délivra.
NEPHTE'. L'une des Neptune eut un différend
femmes de Typhon. Voyez avec Minerve à qui donne-
Typhon. rait le nom à la ville d'Athè-
NEPSU. Etain. nes. On convint que celui
NEPTUNE, fils de Sa- des deux qui procurerait aux
turne & d'Ops, frère de Ju- hommes la chose la plus utile
piter & de Pluton. Ces trois aurait la préférence. Nep-
frères après avoir chassé leur tune frappa la terre, il en
père du Ciel, partagèrent sortit un cheval; Minerve la
entr'eux l'Empire de l'Uni- frappa aussi, on vit pousser
vers. Jupiter eut le Ciel, un olivier avec ses fleurs &
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NE NE 333

ses fruits; l'Aréopage la dé- quelle il n'est pas possible de
clara victorieuse. réussir. C'est dans le même
Les Tritons & les au- sens, selon les vrais Chi-
tres Dieux marins accom- mistes, qu'il faut interpréter
pagnaient toujours Neptu- les prédictions des calamités
ne, qui était porté sur un de Troie, que le même Né-
char fait d'une conque ma- rée fit à Pâris. Orphée dit
rine, & attelé de chevaux que Nérée était le plus an-
noirs. Neptune fut regardé cien des Dieux, parce que
par les Anciens comme l'au- la matière de la pierre est la
teur de tous les tremblements substance dont tout est com-
de terre. Voyez le reste des posé sur la terre. Voyez les
Fables qu'on a inventées à Fables Egypt. & Grecques
son sujet & leur explication, dévoilées, liv. 2. ch. 2. &
dans les Fables Egypt. & part. 1. p. 108. 523.
Grecques dévoilées, liv. 3. NE'REIDES. Nymphes
chap. 7. de la mer. Voyez Nérée.
NERE'E, fils de l'Océan NERION. En grec Rho-
& de Thétis, selon quelques-* dodaphné, en français Lau-
uns; selon d'autres, fils de rier-rose.
la Terre & de la Mer: il NESSUS, Centaure, fils
épousa sa soeur Doris dont il d'Ixion & d'une nuée, vou-
eut un grand nombre de fil- lut faire violence à Déjanire,
les, appelées de son nom qu'Hercule lui avait confiée
Néréides. Elles passaient tout pour lui faire traverser le
leur temps à danser & à folâ- fleuve Evene. Hercule s'en
trer autour du char de Tri- aperçut de l'autre bord, lui
ton. Les Nymphes de Jupi- décocha une flèche dont Nes-
ter & de Thémis envoyèrent sus mourut. Se sentant blessé
Hercule à Nérée pour être à mort, il donna à Déjanire
instruit de ce qu'il aurait à sa tunique teinte de son sang,
faire pour enlever sûrement en lui faisant entendre que
les pommes d'or du jardin cette tunique aurait la vertu
des Hespérides. Ce n'est pas d'empêcher Hercule d'en ai-
sans raison qu'Hercule va mer d'autres qu'elle, s'il la
consulter Nérée, puisque ce- vêtait seulement une fois,
lui-ci étant fils de la Terre & & qu'elle augmenterait mê-
de l'Eau, est le symbole de me les feux dont il brûlait
la matière du grand oeuvre, pour elle. Déjanire la prit,
sans la connaissance de la-* engagea Hercule à la vêtir,
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334 NE NI NI

& ce Héros se sentit saisir contient la matière, ou le
d'un feu qui le dévorait. vaisseau triple que Flamel ap-
Voyez Dejanire, & les pelle l'Habitacle du poulet.
Fables Egypt. & Grecques NIL. Le fleuve du Nil
dévoilées, liv. 5. ch. 19. fut mis au rang des grands
NESTOR, fils de Nélée Dieux de l'Egypte, sans
& de Chloris, fut un des doute, disent quelques My-
Héros grecs qui firent le thologues, à cause des grands
siège de Troie. Il s'était avantages qu'il procurait à
trouvé, avant cette guerre, ce pays par des déborde-
aux noces de Pyrithoüs, où ments. On lui donne aussi le
il combattit courageusement nom Océan. Le but des cé-
contre les Centaures. Aga- rémonies religieuses & du
memnon ne demandait que culte que les Egyptiens ren-
dix Nestors pour venir à bout daient à ce fleuve, était d'ap-
du siège de Troie. Nestor prendre au peuple que l'eau
vécut jusqu'à un âge si avan- est le principe de toutes cho-
cé, que quand on souhaite ses, & qu'avec le feu qui lui
une longue vie à quelqu'un, donne sa fluidité, & qui l'en-
on lui désire les années de tretient, elle avait donné la
Nestor. Voyez les Fables vie & le mouvement à tout
Egypt. & Grecq. dévoilées, ce qui existe. L'eau du Nil
liv. 6. fécondait non-seulement les
NESTUDAR. Sel ar- champs, qui sans lui seraient
moniac. devenus stériles & déserts;
NETTOYER. Voyez mais il procurait encore cette
Laver, Blanchir. fécondité aux femmes & aux
Nettoyer L'E'TABLE animaux. Il n'est pas rare de
D'AUGIAS. C'est purifier la voir dans ce pays-là des bre-
matière de ses impuretés ter- bis qui ont porté des deux ou
restres & aqueuses. Voyez trois agneaux à la fois, des
Augias. chèvres qui allaitent trois ou
NEVEU. Grande cuve quatre cabris, ainsi des au-
de cuivre. tres.
NEUSI. Magistère au Les fêtes qu'on célébrait
rouge. en l'honneur du Nil étaient
NEUTHA. Amnios. des plus célèbres. Les an-
NID DU POULET. ciens Rois d'Egypte y assis-
Mercure des Sages. C'est taient accompagnés de leurs
aussi quelquefois le vase qui Ministres, de tous les Grands
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NI NI 335

du Royaume & d'une foule le fleuve Achéloüs. Mais si
innombrable de peuple. Maxime de Tyr avait pu pé-
Les Indiens rendaient de nétrer dans les idées des pre-
grands respects au Gange, miers Philosophes, il aurait
dont les eaux, auxquelles ils deviné l'objet de ces fables.
attribuaient de grandes ver- Il aurait vu que ces Maîtres
tus, passaient parmi eux pour de la Philosophie pensaient
saintes & sacrées. que l'eau avait été la pre-
Le culte rendu à l'eau en mière matière de tout, &
Egypte & dans la Perse se qu'animée du feu de la lu-
répandit dans tout l'Orient, mière, elle répand cet esprit
& même dans les pays du dans tous les êtres. Voilà la
Nord. raison physique qui a fait in-
Vossius assure la même venter les fables. Venant en-
chose des anciens Germains suite au particulier de la Phi-
& de quelques autres peu- losophie Hermétique, l'eau
ples, comme on peut le voir est la base de l'oeuvre, le
dans son savant Traité de principe & l'agent. Par son
l'origine & du progrès de feu & son action sur le corps
l'Idolâtrie. parfait, qu'elle réduit à son
On sait que les Grecs ne premier principe, elle a four-
furent pas moins attentifs à ni la matière à ce grand nom-
révérer l'Océan, les fleuves bre de fables qu'on trouve
& les eaux. Ils n'entrepre- expliquées dans le Traité des
naient aucun voyage par Fables Egypt. & Grecques
eau qu'ils ne fissent aupara- dévoilées.
vant quelques libations & NIOBE', fille de Tan-
des sacrifices aux Divinités tale & d'Euryanasse, fut ma-
marines. riée à Amphion, qui bâtit
Maxime de Tyr rapporte une Ville au son de sa lyre.
quelques raisons qui purent Niobé en eut six garçons &
engager différents peuples à six filles. Fière de sa fécon-
honorer les fleuves qui arro- dité, elle insulta Latone, qui
saient leur pays: les uns pour se venger, engagea
pour leur utilité, les autres Apollon & Diane à faire pé-
pour leur beauté, ceux-ci rir les enfants de cette té-
pour leur vaste étendue, méraire. Ce Dieu & cette
ceux-là par quelque tradi- Déesse les tuèrent à coups
tion fabuleuse, telle que celle de flèches. Le chagrin qu'en
du combat d'Hercule avec eut Niobé toucha les Dieux,
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336 NI NI

qui la changèrent en rocher. porée, coagulée, ensuite
Voyez les Fables Egypt. & dissoute à l'air, évaporée,
Grecques dévoilées, liv. 3. coagulée & dissoute de nou-
chap. 12. veau bien des fois, devenait
NISA. Ville bâtie par l'aimant du Cosmopolite,
Bacchus dans son expédition d'où l'on devait extraire le
des Indes, en mémoire de mercure Hermétique dissol-
l'île du même nom, où il fut vant de l'or. Mais ils auraient
nourri & élevé par les Nym- dû faire attention que cet
phes. La description des Auteur en parlant du nitre,
beautés de cette île est très ne parle pas du commun,
conforme à celle que le Cos- mais du philosophique. C'est
mopolite fait de l'île qu'il pourquoi il dit toujours notre
feint avoir vu en songe. Voy. nitre. L'eau-mère du nitre est
les Fables Egypt. & Grecq. la matière dont on fait la fa-
dévoilées, liv. 3. chap. 14. meuse poudre de Santinelli.
§. 2. Voyez Nysa. On fait évaporer toute l'hu-
NITRE. Il y en a de plu- midité de cette eau après
sieurs sortes; le naturel & l'avoir mise dans une chau-
l'artificiel. Le premier se dière de fer, sur un feu clair.
trouve attaché sur la surface Quand la matière est deve-
des murailles, ou sur les ro- nue comme une pierre gri-
chers. Le second se tire par sâtre sans être brûlée, on la
lixiviation des terres & des laisse refroidir, on la met en
décombres des murailles. morceaux dans de grandes
Celui d'Alexandrie est un terrines de grès, avec beau-
peu coloré de rouge faible. coup d'eau, où elle se dissout;
L'ancien nitre des Egyptiens on retire cette première eau
nous est comme inconnu. sans troubler les fèces, on
Plusieurs Chimistes ont pré- remet une seconde eau, &
tendu que l'eau-mère du ni- ainsi de suite plusieurs fois
tre, ou cette eau rougeâtre jusqu'à ce que l'eau n'ait plus
qui reste après la cristallisa- la saveur de sel marin ni ni-
tion du nitre, était la pre- treux. On décante l'eau, &
mière eau Stygienne des Phi- on fait sécher les fèces qui
losophes. Ils ont en consé- semblent de l'amidon. On
quence appelé le nitre Cer- met ces fèces en poudre pour
bere, Sel infernal, Mercure; l'usage. Cette poudre a des
ils ont même prétendu que vertus admirables pour dé-
cette eau-mère filtrée, éva-* sobstruer & pour purifier le
sang
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NI NO NO 337

sang. Quelques-uns ont ap- que de la seconde opéra-
pelé les cendres gravelées tion, où le fixe est dissous
nitre d'Alexandrie. Rullan- par l'action du volatil. Dans
dus. Blanchard dit qu'on a les Fables le noir indique
donné au nitre les noms Bau- toujours cette putréfaction,
rach, Algali, sel Anderonae, de même que le deuil, la
Anatron, Cabalatar, &c que tristesse, souvent la mort.
Basile Valentin l'indiquait Thétis allant implorer la
par celui de Serpent de ter- protection de Jupiter pour
re, Serpens terrenus. Achille, se présenta à ce
NITRIALES. Toutes Dieu en habit d'un noir plus
pierres calcaires. noir que le noir même, dit
NITRON. Ecume de Homère. Lorsqu'Iris fut la
verre. Rullandus. trouver de la part de Jupi-
NOAS. Terme Arabe que ter, pour qu'elle déterminât
quelques-uns ont employé son fils Achille à rendre à
pour celui de cuivre. Rul- Priam le corps d'Hector, Iris
land. la trouva habillée de noir
NOCES. Réunion du dans le fond de sa caverne
fixe & du volatil dans l'oeu- marine. Cette putréfaction
vre du magistère & de l'é- est toujours indiquée par
lixir. Ces noces se font plus quelque chose de noir dans
d'une fois avant de parvenir les ouvrages des Philoso-
au point parfait de la poudre phes. C'est tantôt la tête de
de projection. corbeau, la veste ténébreu-
Les Philosophes les ont se, le merle de Jean, les
désignées sous les fables des ténèbres; tantôt la nuit, l'é-
noces de Pélée & de Thé- clipse du Soleil & de la Lu-
this, sous celles de Pyri- ne, l'horreur du tombeau,
thoüs, &c. Voyez leurs ar- l'enfer & la mort. Ils nom-
ticles. ment encore la couleur noire
NOCHAT. Cuivre. qui survient à la matière,
NOERA. Chapiteau d'un leur plomb, leur Saturne,
alambic. Rulland. leur airain qu'il faut blanchir,
NOIR PLUS NOIR la tête de More. Ils s'accor-
QUE LE NOIR ME^ME. dent tous à dire que la noir-
C'est la matière de l'oeuvre ceur se manifeste vers le qua-
en putréfaction; parce qu'a- rantième jour de la cuisson.
lors elle ressemble à la poix Ils l'appellent aussi la clef de
fondue. Il ne se dit guères l'oeuvre, & le premier signe
Y
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338 NO NO

démonstratif, parce que, dit parvenue au blanc, ils l'ont
Flamel, si tu ne noircis pas, nommé eau purifiée, neige,
tu ne blanchiras pas: si tu cygne, &c. Après le blanc
ne vois pas en premier lieu vient la couleur citrine, alors
cette noirceur avant toute les Philosophes disent notre
autre couleur déterminée huile, notre air, & de tous
sache que tu as failli en les noms des choses spiri-
l'oeuvre, & qu'il te faut re- tueuses, volatiles, comme
commencer. ils l'avaient appelée eau de
NOIRCEUR DE LA sel, alun, &c. lorsqu'elle
NUIT. V. Noir, Nuit. était au blanc. Quand elle
NOIRCIR. Cuire la ma- est parvenue au rouge, ils
tière, pour la faire dissoudre la nomment ciel, soufre rou-
& putréfier. Voy. le Traité ge, or, escarboucle, rubis,
Hermétique dans la premiè- & enfin du nom de toutes
re partie des Fables Egypt. les choses rouges, tant des
& Grecques dévoilées. pierres que des plantes, &
NOM (Sc. Herm.). Rien des animaux. Quant aux
dit Morien, n'a tant induit noms des opérations, on les
en erreur, ceux qui étudient trouve expliquées dans les
les livres des Philosophes articles qui les concernent.
Chimiques, que la multi- Qu'on sache seulement que
tude des noms qu'ils ont don- la sublimation philosophique
nés à leur matière, & à l'u- n'est qu'une purification de
nique opération que l'on doit la matière par elle-même,
faire pour parvenir au ma- ou une dissolution des corps
gistère. Mais que l'on sache en mercure.
que la matière étant unique NOMBRIL DE LA
n'a qu'un seul nom propre TERRE. Les anciens Grecs
dans chaque langue. Les dif- donnèrent ce nom à l'Ile de
férentes couleurs qui sur- Délos; parce qu'ils disaient
viennent à cette matière, lui qu'elle était le milieu de la
ont fait donner tous les noms Terre. Ils le prouvaient par
des matières qui sont aussi la Fable, qui dit que Jupiter
colorées. Par exemple lors- fit partir deux aigles, l'une
qu'elle est au noir, les Phi- à l'Orient, l'autre à l'Occi-
losophes l'ont appelée en- dent, & qu'elles se rencon-
cre, boue, tête de corbeau, trèrent dans l'île de Délos,
& de tous les noms des cho- après avoir volé sans relâche
ses noires. Quand elle est toujours directement, &
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NO NO 339

avec la même vitesse. Voy. soufflent très fort: comme
les Fables Egypt. & Grec- le vent Notus ou de Midi
ques dévoilées, liv. 3. ch. 4. est humide & pluvieux, on
& 12. a feint qu'il s'élevait dans le
NOMIUS. Surnom de vase dans le temps de la vo-
Mercure. latilisation de la matière qui
NONIUS. Nom d'un s'élève en vapeurs, & re-
des chevaux qui traînait le tombe en espèce de pluie,
char de Pluton. V. Abas- qui fertilise la terre philoso-
ter. phique; & comme ce vent
NORA. Chaux, nitre & des Philosophes est formé
tout sel. Rulland. par cette matière, qui est le
NOSTOCH. Espèce principe des Dieux de la Fa-
d'éponge terrestre, couverte ble, il se trouve par-là en-
d'une pellicule assez forte; fant des Dieux, mais des
elle vient de la grosseur des Dieux Hermétiques.
éponges femelles, quelque- NOURRICE. Les Phi-
fois grosse comme la tête losophes appellent ainsi la
d'un homme. On la trouve minière, ou matière de la-
dans les prairies aux mois quelle ils tirent leur mercure
de Juin, Juillet & Août. & leur soufre; ce qui doit
Elle est légère, rousse, s'entendre avant la première
trouée en dedans comme préparation, & pendant la
l'éponge. Lorsqu'elle est sur seconde. Michel Majer a
pied & encore fraîche, elle représenté l'enfant philoso-
fait un trémoussement quand phique par un emblème, où
on la remue, à peu près l'on voit une femme ayant
comme du flan ou de la ge- un globe terrestre au milieu
lée de viande. Quelques-* de la poitrine; de ce globe
uns l'ont appelé jet d'étoi- sortent deux mamelles,
les. Rulland. C'est une es- auxquelles sont attachées les
pèce de vesse-de-loup. lèvres d'un enfant qui les
NOTUS. Le vent Notus suce, soutenu par les bras
était fils des Dieux, comme de la femme; au dessous
Borée & le Zéphyr; les sont écrits ces mots, tirés
autres étaient enfants de Ty- de la Table d'Emeraude
phon, suivant Hésiode. Ba- d'Hermès: Nutrix ejus est
sile Valentin dit que le vent terra; la Terre est sa nour-
Notus & un autre se font rice. Mais quand il s'agit des
sentir dans l'oeuvre, & qu'ils nourrices des Dieux, ordi-
Y ij
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340 NO NU

nairement elles sont dési- sa minière en en séparant les
gnées par les parties vola- parties terrestres, aqueuses
tiles, ou l'eau mercurielle & hétérogènes, dans les-
des Philosophes, comme on quelles il est enseveli comme
peut le voir dans mon traité le noyau est enveloppé de
des Fables Egyptiennes & son écorce. Laissez l'écorce
Grecques dévoilées. & prenez le noyau, dit Phi-
NOURRIR. V. Cuire. lalèthe; c'est-à-dire, pre-
C'est à cette opération qu'il nez l'amande, & laissez le
faut rapporter ce que dit la bois qui la couvre.
Fable, lorsqu'elle nous ap- NUBA. Cuivre. On a
prend que Thétis nourrissait donné le nom nuba à la man-
Achille d'ambroisie pendant ne qu'on amasse en Irlande,
le jour, & qu'elle le cachait parce qu'elle en a une cou-
sous la cendre pendant la leur rougeâtre, comme celle
nuit, pour l'accoutumer au du cuivre. Planiscampi dit
feu, qui devait être son élé- qu'elle est couleur de rose,
ment. & qu'elle est la seconde es-
NOURRITURE DE pèce de Téréniabin.
L'ENFANT. Ce terme NUCHAT. Airain.
s'entend du feu & du mer- NUE'E qui éclipse le So-
cure philosophique; car il leil. Expressions qui signi-
est dit dans la Fable que fient la noirceur, & la pu-
Thétis, mère d'Achille, tréfaction de la matière. Les
le nourrissait de nectar & nuées des Philosophes sont
d'ambroisie pendant le jour, les vapeurs qui s'élèvent de
& le cachait sous la cendre la matière au haut du vase,
pendant la nuit. Achille est où elles circulent, se con-
le symbole du feu du mer- densent, & retombent en
cure, d'où doit naître l'en- pluie ou rosée, que les Adep-
fant, qui est même souvent tes appellent rosée de Mai.
signifié par Achille, mais La pluie d'or qui tomba
encore mieux par Pyrrhus dans l'île de Rhodes au
son fils. La nourriture est moment de la naissance de
le mercure, & l'enfant est Minerve, était produite par
le magistère qui doit en sor- ces nuées. Elles forment aussi
tir. celles dont Jupiter environ-
NOYAU. Mercure des nait Io pour la soustraire aux
Philosophes, ainsi nommé yeux de la jalouse Junon.
de ce qu'il faut le tirer de Ce sont encore ces nuées
@

NU NY 341

dans lesquelles Junon & tiope, conçut une grande
Jupiter se cachaient sur le aversion pour elle, ce qui
Mont-Ida. Cette nuée est l'obligea à se retirer chez
aussi celle qu'embrassa Ixion, Epopée, Roi de Sycione,
& celle dans laquelle Né- qui l'épousa. Elle en eut Zé-
phélé fut métamorphosée; thus & Amphion, qu'on dit
enfin celles sur lesquelles Iris fils de Jupiter. Voyez An-
était portée, quand elle fai- tiope.
sait ses messages. Car Iris NYCTE'E était aussi le
ou les couleurs de la queue nom d'un des chevaux at-
du paon ne se manifestent telés au char de Pluton.
que dans le temps que la ma- NYCTIMENE, fille de
tière se volatilise. Nyctéus, fut éprise d'amour
NUHAR. Airain. Vénus. pour son père même, &
NUIT (la), fille de la trouva le moyen de s'unir
Terre & du Cahos. Orphée avec lui sans qu'il la recon-
dit qu'elle était la mère des nût. Ayant découvert la
Dieux. Elle s'allia avec l'E- chose, il voulut la tuer; mais
rebe, dont elle eut beau- les Dieux la changèrent en
coup d'enfants. chat-huant. Cette fable s'ex-
Les Philosophes prennent plique de la même manière
aussi la Nuit pour symbole que celle de Myrrha, dont
de leur matière parvenue au voyez l'article.
noir, ou en putréfaction. Elle NYMPHES, filles de
est alors en effet la mère des l'Océan & de Thétis; Hé-
Dieux chimiques, parce siode les fait naître de l'écu-
qu'ils ne donnent le nom de me de la mer, ainsi que Vé-
Saturne à leur matière, que nus. On leur donnait des
lorsqu'elle est au noir plus noms analogues aux lieux
noir que le noir même; & qu'on supposait qu'elles ha-
Saturne est le premier de ces bitaient. Limniades, celles
Dieux. qui fréquentaient les étangs;
NUMMUS. Matière de Napées, celles qui prési-
l'oeuvre au noir. daient aux Bocages: celles
NUSIADAL. \ qui se plaisaient dans les Bois
NUSIADAT. > Sel ar-* Dryades; & Hama-Drya-
NUSSIADAI. / moniac. des, celles qui s'attachaient
NUX UNGUENTA- à quelqu'arbre particulier;
RIA. Ben. celles des montagnes Oréa-
NYCTE'E, père d'An-* des: celles enfin qui habi-
Y iij
@

342 NY NY

taient la Mer, Néréides. la Nature, qui était la base
Porphyre (de Antr. Nymp. de la génération de tous les
p. 25.), pensait que l'idée mixtes.
des Nymphes était venue de NYSA. Ville située sur
l'opinion que les Anciens les confins de l'Arabie & de
avaient, que les âmes des l'Egypte, dans laquelle Bac-
morts erraient autour des chus naquit. Il fut nourri par
tombeaux où leurs corps les Nymphes dans une île
étaient enterrés, ou dans les du même nom, formée par
lieux qu'elles avaient habi- les eaux du fleuve Triton.
tés pendant leur vie. Mais C'était le pays le plus agréa-
Homère donne le nom de ble du monde; des eaux lim-
Nymphes à des Bergères, & pides y arrosaient des prai-
à des Dames illustres. Hé- ries verdoyantes & émaillées
siode en faisait monter le de fleurs; il abondait en tou-
nombre à trois mille, & les tes sortes de fruits, & la vi-
fait vivre plusieurs milliers gne y croissait d'elle-même.
d'années. C'est aux Nym- La température de l'air y
phes que Jupiter, Bacchus, était si salutaire, que tous les
& la plupart des Dieux & habitants y vivaient sans in-
des Déesses doivent leur commodités jusqu'à une ex-
nourriture & leur éducation. trême vieillesse. Voyez les
Homère fait une description Fables Egypt, & Grecques
admirable de l'antre des dévoil. liv. 3, ch. 14. §, 2.
Nymphes. Elles gardaient NYSADIR. Sel armo-
les troupeaux du Soleil, & niac.
suivant ce qu'en dit le même NYSOE. Sel armoniac.
Auteur, elles tenaient plus Rullandus.
de la beauté & de la nature
des Déesses, que de celles O.
des femmes.
En général les Nymphes O pris simplement est un
sont prises par les Alchi- caractère chimique qui
mistes pour les parties vola- signifie l'alun; lorsqu'il est
tiles de la matière du grand coupé horizontalement par
oeuvre. C'est pourquoi les le milieu ou par son diamè-
Anciens avec Orphée pen- tre, il indique le sel com-
saient que les Nymphes mun: s'il est coupé perpen-
étaient proprement l'humeur diculairement, c'est le nitre.
aqueuse animé par le feu de Un O coupé horizontalement
@

OA OA OB 343

avec un point au dessus & Cuivre calciné.
au dessous de la ligne, dé- Digérer.
note aussi le sel commun, Esprit.
Un O avec une flèche qui lui Feu de roue.
touche par le côté opposé Huile. pict
au fer, signifie le fer, l'a- Huile.
cier, Mars. Deux O réunis Jour.
par un chevron en forme de Mercure.
paires de lunettes, veut dire Mercure précipité.
aimant. Un O surmonté d'u- Mercure précipité.
ne croix, c'est l'antimoine; Mercure sublimé.
si la croix est au dessous, Mercure sublimé.
c'est Vénus ou le cuivre. Nitre.
Deux O réunis par une ligne Nuit. pict
perpendiculaire ou horizon- Or ou Soleil.
tale, marque l'arsenic. Trois Orpiment.
O placés en triangles signi- Poudre.
fient huile. Deux O auprès Purifier.
l'un de l'autre avec un trait Réalgar.
montant à chacun, dit jour. Réalgar.
Un O surmonté d'une de- Mars.
mie lune & une croix au Safran de Mars.
dessous veut dire mercure, Sel alcali. pict
argent-vif. Un O avec un Sel gemme.
point au milieu, signifie l'or.
Voici tous ces caractères Soufre noir.
avec ceux où l'O entre com- Sublimer.
me partie principale. Sel armoniac.
Acier, Fer ou Mars. Verre.
Alun. Verdet, ou Vert-de-*
Antimoine. gris, pict
Argent-vif ou Merc. ou Vitriol. pict
pict Arsenic. OABELCORA. Cucur-
Arsenic. bite. Planiscampi.
Cire. OBAC. Sel armoniac.
Cinabre. OBELCHERA ou
Cuivre, Vénus. OBELKERA. Cucurbite.
Cuivre calciné, ou Aes OBRIZUM. Or calciné
ustum. en couleur brune.
Cuivre calciné. OCAB. Sel armoniac.
Y iv
@

344 OC OC

OCE'AN, fils de Coelus le Soleil céleste nous prive
& de Vesta, fut regardé de sa lumière lorsqu'il se
comme un Dieu & le père couche. Quand la couleur
des Dieux. Il épousa Té- blanche se manifeste après
thys, & en eut beaucoup la noirceur de la matière
d'enfants, les fleuves, les putréfiée, on l'a appelée
ruisseaux, Protée, Ethra, Orient, parce qu'il semble
femme d'Atlas, Persé, mère que le Soleil Hermétique
de Circe, une infinité de sort alors des ténèbres de la
Nymphes. Quelques An- nuit.
ciens disaient Océan, fils OCCULTE. Soleil des
du Ciel & de la Terre. Ho- Philosophes caché dans le
mère parle beaucoup des ventre de la magnésie. C'est
fréquents voyages des Dieux ce Soleil, dit Philalèthe,
chez Océan. Les Philoso- que nous honorons; parce
phes ont donné le nom d'O- que sans lui notre arcane ne
céan & de Mer à leur eau pourrait être dépouillé de
mercurielle, principe des ses imperfections. Mais ce
Dieux Chimiques & Her- Soleil n'est pas l'or vulgaire,
métiques. Avec la partie fixe les Sages seuls le voient, le
de l'oeuvre, elle enfante en sentent, l'aperçoivent & le
se volatilisant toutes ces connaissent. Et ce Soleil,
Nymphes qu'on dit être fil- ajoute-t-il, ne saurait per-
les d'Océan. C'est avec el- fectionner notre teinture par
les que Saturne, Jupiter & lui seul; il a besoin du se-
les autres Dieux ont com- cours de la Lune, qui le
merce, & desquelles nais- subtilise & le rende volati-
sent les Héros de la Fable, l, en le purifiant de ses im-
comme on peut le voir dans puretés. Cette Lune est la
mon Traité des Fables mère & le champ dans le-
Egypt. & Grecques dévoi- quel on doit semer notre So-
lées. leil. Rendre l'occulte mani-
OCCIDENT. Nom feste, c'est extraire le mer-
que quelques Chimistes ont cure de sa minière; c'est
donné à la matière de l'oeu- aussi cuire la matière en pu-
vre en putréfaction. C'est la tréfaction jusqu'à ce que la
dissolution du Soleil Her- blancheur, & les autres cou-
métique; on l'appelle Oc- leurs succédantes se mani-
cident, parce que ce Soleil festent. Faire le manifeste
perd alors son éclat, comme occulte & l'occulte manifeste;
@

OC OD 345

ces expressions ne signifient que qu'ils parlent alors du
autre chose que dissoudre le temps où cette matière est
fixe dans l'eau mercurielle en putréfaction. Car le mê-
volatile, pour le volatiliser me Auteur dit que l'Artiste
ensuite. la juge telle, parce qu'elle
OCCUPATION. Mé- est dans un état de mort,
lange du corps parfait avec comme un cadavre dans son
la matière dont il a été com- tombeau. C'est pourquoi
posé, par poids & mesure Morien dit qu'elle a l'odeur
dans un vase convenable, des cadavres. Raymond
& à un feu philosophique. Lulle qui s'exprime aussi
OCHEMA. Toute li- dans ce sens-là, nous aver-
queur ou véhicule, avec le- tit qu'il succède une odeur
quel on mêle les médica- si suave à cette mauvaise,
ments. qu'elle attire tous les oiseaux
OCHRUS, OCHRUM, des environs sur le haut de
OCHRA. Pois de la petite la maison: c'est-à-dire, que
espèce: espèce de légume. la matière se volatilise après
OCOB, OCOP, OTOP. la putréfaction, & monte
Sel armoniac. au haut du vase, pour se
OCYPETE', une des précipiter ensuite dans la mer
Harpies. Voy. Harpies. des Philosophes.
OCYROE'. Nymphe, OEDIPE, fils de Laïus &
fille du Centaure Chyron. de Jocaste. Son père ayant
Voyez Chyron, & les Fa- appris de l'oracle qu'il mour-
bles dévoilées, liv. 3. ch. 7. rait de la main de son fils,
ODEUR. Les Philoso- le fit exposer afin qu'il périt.
phes disent que l'on distin- Un Berger l'ayant trouvé
gue la matière de leur Art à suspendu par un pied à un
son odeur; qu'elle a celle arbre, le délia, & le porta
d'assa-foetida, celle des tom- au Roi de Corinthe. La
beaux & des sépulcres. Mais Reine, qui n'avait point
il ne faut pas l'entendre de d'enfants, l'adopta & le nour-
la matière crue, & considé- rit. Quand il fut grand, il
rée avant sa première pré- apprit de l'Oracle qu'il au-
paration. Nicolas Flamel rait des nouvelles de ses pa-
nous apprend que l'Artiste rents s'il allait dans la Pho-
ne sent pas cette mauvaise cide. Il se mit en chemin,
odeur, à moins qu'il ne brise & ayant rencontré son père,
ses vaisseaux; ce qui indi-* il le tua sans le connaître.
@

346 OE OE

Arrivé à Thèbes, il devina poursuivait la lance à la main
& donna la solution de l'é- pour le tuer, s'il ne rempor-
nigme que Sphinx avait pro- tait pas la victoire suivant
posée; Jocaste qui devait les conventions. Oenomaus
être la récompense de celui en avait déjà fait périr plu-
qui résoudrait cette énigme, sieurs, lorsque Pélops, qui
fut adjugée & mise entre les n'en fut point intimidé, se
mains d'Oedipe qui l'épousa, présenta pour entrer en lice.
& en eut deux fils, Ethéo- Mais il usa de supercherie;
cle & Polynice, avec deux il gagna Myrtile, cocher
filles, Antigone & Ismene. d'Oenomaus, & l'engagea à
Oedipe reconnu ensuite ses faire briser le char de ce
crimes, & se creva les yeux. Prince, qui périt dans la
Voyez les Fables Egypt. & chute; & Pélops obtint Hip-
Grecques dévoilées, liv. 3. podamie. Voyez les Fables
OENE'E, père de Déja- dévoilées, liv. 6. Fatalité 4.
nire, fut tué par Hercule, OENOMEL. Vin miellé.
qui épousa sa fille. V. Dé- OENONE. Nymphe qui
janire. faisait son séjour sur le Mont-*
OENO, l'une des filles Ida. Elle se prit d'amour pour
d'Anius, obtint de Bacchus Pâris dans le temps qu'il
le pouvoir de changer tout n'était encore que Ber-
ce qu'elle voudrait en blé, ger, avant qu'il eût adjugé
huile & vin. Voyez les Fa- la pomme d'or à Vénus.
bles Egypt & Grecq. dé- Cette Nymphe lui prédit
voilées, liv. 3. chap. 14. qu'il serait la cause de la
§. 2. ruine de son pays. Quand
OENOLOEUM. Mélange Pâris fut blessé au siège de
d'huile & de vin. Troie, il se fit transporter
OENOMAUS, père sur le Mont-Ida auprès d'Oe-
d'Hippodamie, ayant ap- none, & expira entre ses
pris de l'oracle que son gen- bras. Elle en eut tant de
dre le ferait périr. Pour évi- chagrin, qu'elle mourut de
ter ce danger & se défaire douleur. Voyez le livre 6.
de tous ceux qui courtisaient des Fables Egypt. & Grec-
sa fille, il leur déclara qu'il ques dévoilées.
ne la donnerait qu'à celui OENOPION, fils d'A-
qui le vaincrait à la course riadne & de Thésée. Voyez
du char. L'amant devait pas- Ariadne.
ser devant, & Oenomaus le OENOTHERA. Plante
@

OE OE 347

appelée Lysimachia. munément la matière mê-
OETA. Montagne deve- me du magistère qui con-
nue célèbre par la mort tient le mercure, le soufre
d'Hercule, & sa sépulture. & le sel, comme l'oeuf est
Voyez les Fables Egypt. & composé du blanc, du jaune
Grecques dévoilées, liv. 5. & de la pellicule ou la co-
chap. 1. que qui renferme le tout.
OEUF DES PHILOSO- Cette matière est appelée
PHES (Sc. Herm.) Un grand oeuf, parce que rien ne res-
nombre de Chimistes s'est semble mieux à la concep-
imaginé que les Sages ap- tion & à l'enfantement de
pelaient oeuf des Philoso- l'enfant dans le ventre de sa
phes, le vase dans lequel ils mère, & à la génération
renferment leur matière pour des poulets, que les opéra-
la cuire; & ils lui ont donné tions du magistère, & de la
en conséquence la figure pierre philosophale; ce qui
d'un oeuf; Quoique cette for- devrait servir de guide aux
me soit à la vérité la plus Artistes, & non les règles
propre pour la circulation; inventées de la Chimie vul-
ce n'est point là l'idée ni le gaire, qui détruit tout, au
sens des Sages; ils ont en- lieu d'édifier.
tendu par les termes d'oeufs Raymond Lulle dit que
des Philosophes, non le con- la matière de l'oeuvre s'ac-
tenant, mais le contenu, qui cumule en forme d'oeuf,
est proprement le vase de la lorsqu'elle se fixe: c'est pour-
Nature, & cela même pen- quoi on lui a donné le nom
dant la putréfaction; parce oeuf, lorsqu'elle est parvenue
que le poulet philosophique à la blancheur; quelques-*
y est renfermé, & que le uns pendant qu'elle est en
feu interne de la matière ex- putréfaction.
cité par le feu extérieur, OEUVRE. Les Philoso-
comme le feu interne de phes comptent plusieurs oeu-
l'oeuf excité par la chaleur vres, quoiqu'il n'y en ait pro-
de la poule, se ranime peu prement qu'une, mais divi-
à peu, & donne la vie à la sée en trois parties. La pre-
matière dont il est l'âme, mière qu'ils appellent oeuvre
d'où naît enfin l'enfant phi- simple, est la médecine du
losophique, qui doit enrichir premier ordre, ou la pré-
& perfectionner ses frères. paration de la matière qui
Oeuf signifie plus com-* précède la parfaite prépa-
@

348 OE OE

ration, c'est l'oeuvre de la renfermé dans ces quatre
Nature. nombres 448. 344. 256.
La seconde partie appe- 224. qu'il est même impos-
lée oeuvre moyenne, est la sible de réussir sans la con-
préparation parfaite, la mé- naissance de ces nombres.
decine du second ordre, l'é- Je les ai mis ici pour la sa-
lixir & l'oeuvre de l'Art. tisfaction de ceux qui vou-
La troisième est la mul- dront se donner la peine d'en
tiplication, & l'oeuvre de chercher l'explication.
l'Art & de la Nature. Toutes ces opérations
La première préparation composent proprement ce
purge, mondifie les corps qu'on appelle le grand oeu-
& les teint en apparence; vre, l'oeuvre des Sages. Ainsi
mais sa teinture n'est pas per- nommé de son excellence
manente à la coupelle. par dessus toutes les autres
La seconde opération, ou productions de l'Art. Mo-
médecine du second ordre, rien dit que c'est le secret des
mondifie & teint les corps secrets que Dieu a révélé
d'une teinture permanente, aux saints Prophètes, dont
mais sans beaucoup de pro- il a mis les âmes dans son
fit. saint Paradis.
La médecine du troisième Le grand oeuvre tient donc
ordre est proprement le le premier rang entre les bel-
grand oeuvre. Il demande les choses; la nature sans l'art
plus de sagacité & d'indus- ne peut le faire, & l'art sans
trie, & teint parfaitement la nature l'entreprendrait en
les corps avec beaucoup de vain. C'est le chef-d'oeuvre
profit, parce qu'un grain qui borne la puissance des
seul convertit en or ou ar- deux; ses effets sont si mira-
gent des millions de grains culeux que la santé qu'il pro-
des métaux imparfaits. Phi- cure & conserve, la perfec-
lalèthe assure qu'il a expli- tion qu'il donne à tous les
qué fort clairement tout l'oeu- composés de la nature, &
vre & son régime dans son les grandes richesses qu'il
ouvrage, qui a pour titre: produit, ne sont pas ses plus
Enarratio methodica Trium hautes merveilles. S'il puri-
Gebri medicinarum seu de fie les corps, il éclaire les
vera confectione lapidis Phi- esprits; s'il porte les mixtes
losophici; & ajoute à la fin au plus haut point de leur
de cet ouvrage que tout est perfection, il élève l'enten-
@

OE OE 349

dement aux plus hautes con- couleur blanche succède à la
naissances. Plusieurs Philo- noire, il sort des ténèbres du
sophes y ont reconnu un tombeau, & ressuscite glo-
symbole parfait des mystè- rieux; il monte au ciel, tout
res de la Religion Chré- quintessencié; de là, dit Rai-
tienne; ils l'ont appelé le mond Lulle, il vient juger
Sauveur de l'humanité & de les vivants & les morts, &
tous les êtres du grand mon- récompenser chacun selon
de, par la raison que la mé- ses oeuvres; c'est-à-dire, que
decine universelle, qui en les bons Artistes, les Philo-
est le résultat, guérit tou- sophes, connaissent par les
tes les maladies des trois effets, qu'ils ont bien opéré,
règnes de la nature; qu'il & cueillent les fruits de leurs
purge tous les mixtes de leurs travaux, pendant que les
taches originelles, & répare souffleurs ne trouvent que
par sa vertu le désordre de cendres & poussières, & sont
leur tempérament. Com- condamnés au feu perpétuel
posé de trois principes purs de leurs fourneaux, sans pou-
& homogènes, pour ne cons- voir jamais réussir. Raimond
tituer qu'une substance très Lulle ajoute que l'élixir a la
supérieure à tous les corps, puissance de chasser les dé-
il devient le symbole de la mons, parce qu'ils sont en-
Trinité; & les adeptes disent nemis de l'ordre, du concert
que c'est de là qu'Hermès en & de l'harmonie, & qu'il
a parlé dans son Pymandre, remet les principes des cho-
comme l'aurait fait un Chré- ses dans un accord parfait;
tien. Leur élixir est originai- c'est en rétablissant cet ac-
rement une partie de l'esprit cord, qu'il remet l'équilibre
universel du monde, corpo- dans les humeurs du corps
rifié dans une terre vierge, humain, & qu'il en guérit
d'où il doit être extrait pour les maladies.
passer par toutes les opéra- Toutes ces merveilles qui
tions requises avant d'arriver ont charmé le coeur des Phi-
à son terme de gloire & de losophes, en éclairant leur
perfection immuable. Dans esprit sur les plus obscurs &
la première préparation il les plus mystérieux secrets
est tourmenté, comme le dit de la nature, ont irrité l'es-
Basile Valentin, jusqu'à ver- prit des ignorants, qui ne ju-
ser son sang; dans la putré- gent de tout que par les sens.
faction il meurt; quand la Ils ont en conséquence a-
@

350 OE OE

boyé contre ce trésor, dont à le cacher, & qu'ils l'ont
ils ne pouvaient avoir la appelé en même temps un
possession, & ont fait passer amusement de femmes, &
le grand oeuvre pour une un jeu d'enfants. Lorsqu'ils
savante chimère, une rê- ont dit que c'était un ou-
verie, une illusion. Ils ne vrage de femmes, souvent
peuvent comprendre qu'une ils ont fait allusion à la con-
substance élémentaire puisse ception de l'homme dans le
guérir toutes sortes de maux, ventre de sa mère; parce que
quelque incurables que les suivant Morien, l'ouvrage
Médecins ordinaires les de la pierre est semblable à
aient déclarés; ils ne sau- la création de l'homme: pre-
raient se persuader qu'elle mièrement, il faut la con-
puisse agir sur tous les corps jonction du mâle & de la
d'une manière si étonnante, femelle; en second lieu, la
que du cristal elle fasse des conception, puis la naissan-
diamants, du plomb elle fasse ce, enfin la nourriture & l'é-
de l'or; & accusent les Phi- ducation.
losophes d'impostures, lors- Le grand oeuvre est aussi
qu'ils assurent qu'ils l'ont fait, appelé mer orageuse, sur la-
& qu'ils en ont fait les expé- quelle ceux qui s'embar-
riences. Heureusement pour quent sont exposés perpé-
les Philosophes, des gens tuellement à faire naufrage,
savants, bien reconnus pour & cela à cause des grandes
tels, comme sont Becher, difficultés qui se rencontrent
Stahl, Kunkel, Borrichius, pour réussir parfaitement.
& tant d'autres, ont pris la On peut voir ces difficultés
défense du grand oeuvre, & dans le Traité de Theobal-
en ont soutenu la réalité & dus de Hocelande, & dans
l'existence. Il n'est pas né- le Traité de l'or de Pic de
cessaire, après ce qu'ils en la Mirandole.
ont dit, d'en faire l'apologie. OISEAU. Les Philo-
On peut voir le Discours sophes ont pris assez ordi-
préliminaire qui se trouve à nairement les oiseaux pour
la tête des Fables Egyptien- symbole des parties volatiles
nes & Grecques dévoilées. de la matière du grand oeu-
Il faut que le grand oeu- vre, & ont donné divers
vre soit une chose bien aisée noms d'oiseaux à leur mer-
à faire, puisque les Philoso- cure: tantôt c'est un aigle,
phes se sont tant appliqués tantôt un oison, un corbeau,
@

OI OI 351

un cygne, un paon, un phé- paon, à cause des mêmes
nix, un pélican; & tous ces couleurs qui se font admirer
noms conviennent à la ma- sur la queue de cet animal.
tière de l'Art, suivant les Vient ensuite la blancheur,
différences de couleur ou qui ne pouvait être mieux
d'état qu'elle éprouve dans exprimée que par le cygne.
le cours des opérations. Les La rougeur de pavot qui suc-
Philosophes ont de même eu cède, a donné lieu d'imagi-
égard dans ces dénomina- ner le phénix, qu'on dit être
tions, aux caractères des oi- rouge, parce que son nom
seaux dont ils ont emprunté même exprime cette cou-
les noms, pour en faire l'ap- leur. Ainsi chaque Philoso-
plication métaphorique à leur phe a emprunté des oiseaux
matière. Quand ils ont vou- qu'il connaissait, les noms
lu désigner la volatilité & qu'il a cru convenir à ce qu'il
l'action du mercure dissol- voulait exprimer. C'est pour-
vant sur la partie fixe, ils quoi les Egyptiens avaient
l'ont appelé aigle, vautour, introduit dans leurs hiérogly-
parce que ce sont des oiseaux phes les deux sortes d'Ibis,
forts & carnassiers. Tel est noire & blanche, qui dévo-
celui que la Fable dit avoir raient les serpents, & en pur-
rongé le foie de l'infortuné geaient le pays. On voit une
Prométhée. C'est l'aigle qui quantité d'exemples de ces
doit combattre le lion, sui- allégories dans les Fables
vant Basile Valentin & les Egyptiennes & Grecques
autres Adeptes. La putré- dévoilées.
faction est exprimée par ce OISEAU D'HERME'S.
combat, auquel succède la Mercure des Philosophes.
mort des deux adversaires. OISEAU sans ailes. Sou-
La noirceur étant une suite fre des Sages. Senior a pris
de la putréfaction, ils ont pour symbole des matières
dit que des corps des deux volatile & fixe de l'Art, deux
combattants il naissait un cor- oiseaux qui se battent, l'un
beau; tant parce que cet oi- ayant des ailes, placé dessus
seau est noir, que parce qu'il un qui n'en a pas; l'un &
se repaît de corps morts. A l'autre se tiennent par la
la noirceur succèdent les cou- queue, & celui qui a des ai-
leurs variées de l'arc-en-ciel. les développées, semble
On a dit en conséquence que vouloir enlever l'autre, qui
le corbeau était changé en semble faire tous ses efforts
@

352 OL OL

pour ne pas perdre terre. geâtre.
Oiseau DES SAGES. OLIVE. Magistère au
Mercure philosophique. rouge. Quelques-uns l'ont
Oiseau DORE'. Ma- nommé Olive perpétuelle.
gistère avant sa fixation; ainsi OLIVIER. Arbre con-
nommé, de ce qu'il contient sacré à Pallas, parce qu'on
les principes de l'or, & qu'il dit qu'elle le fit sortir de terre
est volatil. en la frappant, & qu'à cause
Oiseau VERT. Matière de l'utilité de son fruit, l'A-
de l'oeuvre avant sa prépa- réopage décida en faveur de
ration. Minerve qu'elle aurait la
OISON D'HERMO- préférence sur Neptune, pour
GENE. Dissolvant des Phi- nommer la ville d'Athènes.
losophes, que le Trévisan a Voyez Minerve.
nommé le Portier du Palais OLLUS. Matière au
du Roi. noir.
L'Oison était consacré à OLUS ATRUM. Plante
Junon, par la raison qu'elle appelée grande hache.
est le symbole de l'humidité OLYMPE. Montagne
mercurielle, de laquelle est de Thessalie, dont le sommet
formé ce dissolvant. se perd dans les nues. Les
OLEANDER. Rosace, Poètes l'ont prise pour le
laurier-rose. Ciel, & ont dit que les Dieux
OLEUM ARDENS. y faisaient leur séjour. Voyez
Huile de tartre rectifié. les Fables dévoilées.
Oleum COLCHO- OLYMPIQUES (Jeux.)
THARINUM. Huile rouge Voyez Jeux.
de vitriol. OMBRE. Les Philoso-
Oleum PALESTRINUM. phes ont appelé Ombre du
Vinaigre. Soleil les parties hétérogè-
Oleum VITRIOLI nes & impures avec lesquel-
AURIFICATUM. Huile les le grain fixe de l'or chi-
de vitriol édulcoré avec l'or. mique est mêlé, & desquel-
C'est proprement l'huile in- les il faut le séparer. Ils ont
combustible des Philoso- donné le même nom à leur
phes. saturnie végétable, à leur
Oleum TERRAE. Es- lune, leur électre.
pèce d'huile Pétrole, mais Ombres CIMME-
d'une odeur plus gracieuse, RIENNES. Couleur noire
& d'une couleur un peu rou-* de la matière dans le temps de
sa
@

OM ON 353

sa putréfaction. C'est la mê- mercure, quoiqu'animé de
me chose que la voile noire la valeur & de la force d'Her-
du vaisseau de Thésée à son cule, n'en était pas moins
retour de Crète. La Fable eau mercurielle.
donne aussi le même nom ONAGRA. Plante con-
d'Ombre aux parties volatiles nue sous le nom de Lysi-
qui circulent dans le vase, & machia. Les Anciens lui don-
les a exprimées par les Om- nèrent les noms Onagra, &
bres qui errent le long du Onothera, de ce qu'ils
fleuve Cocyte. Voyez En- croyaient qu'elle avait la
fer, Champs Elysées. vertu d'amollir la force des
OMPHALE, selon la ânes, quand on les frappait
Fable, était Reine des Ly- avec cette plante.
diens. Hercule devint amou- ONITIS. Espèce d'o-
reux d'elle, jusqu'à faire la rigan, qui a sans doute pris
folie de se vêtir de ses habits, le nom Onitis, de ce que les
de prendre sa quenouille & ânes en mangent volontiers,
de filer, sans néanmoins que & préférablement à beau-
cet amour rabattît rien de coup d'autres plantes.
son courage, dont il donna ONOBRYCHIS. Sain-
des preuves dans le combat foin.
où il vainquit Cercopas. Les ONOLOSAT. Poids
Alchimistes disent qu'Om- d'une obole, ou demi-scru-
phale est leur terre, dont pule.
Hercule, ou leur mercure, OPAS. Surnom de Vul-
est amoureux, jusqu'à deve- cain.
nir, dans l'opération, une OPHIRISI. Mercure
même chose avec elle, & animé des Philosophes.
que Cercopas signifie les par- OPOBALSAMUM.
ties hétérogènes qu'il sépare, Baume liquide, ou Huile de
& purifie par sa puissance & noix muscade.
son activité. Les Philosophes OPOCHRISMA. On-
ayant coutume de prendre guent, ou Baume sympathi-
des femmes pour symbole que, qui guérit les plaies en
de leur eau mercurielle, il en frottant seulement l'arme
fallait nécessairement dans qui l'a faite. On l'appelle
cette circonstance, feindre aussi Unguentum armarium.
qu'Hercule avait pris les ha- OPRIMETHIOLIM.
bits d'Omphale, & avait fait Esprit minéral qui concourt
son ouvrage; parce que ce à la formation des métaux &
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354 OP OR

des minéraux. plus proprement le nom Or
OPS, fille du Ciel & de vif, lorsqu'elle est devenue
Vesta, soeur & femme de soufre des Philosophes, ou
Saturne, fut adorée sous le magistère au rouge, ou mi-
nom de Cybèle, & était re- nière de feu.
gardée comme la Déesse des Or E'THE'ES. Or philo-
richesses; parce qu'étant la sophique.
terre philosophique, elle est Or ALTERE'. C'est l'or
en effet la base de l'oeuvre vif des Sages.
hermétique, source des ri- Or BLANC. Magistère
chesses comme de la santé. des Philosophes parvenu à
En qualité de femme, on la blancheur. Ils lui ont don-
la prend pour l'argent-vif. né ce nom, à cause de sa
OR, le plus pur & le blancheur, & que de lui naît
plus parfait de tous les mé- l'or jaune & rouge, c'est-à-*
taux, a été appelé par les dire la pierre au rouge par-
Adeptes, Soleil, Apollon, fait, qui est leur véritable or,
Phoebus, & de divers autres leur soleil, leur ferment, leur
noms, particulièrement lors- fumée rouge.
qu'ils ont considéré ce métal Or EN ESPRIT. C'est
comme philosophique. L'or l'or des Sages réduit à sa pre-
qui sert à faire les monnaies, mière matière, qu'ils appel-
les vases & les autres choses lent réincrudé, & volatilisé
en usage dans la société ci- par leur mercure.
vile, est appelé Or mort, Or DES PHILOSOPHES.
pris respectivement à celui Lorsqu'ils disent prenez l'or,
qui est la base de l'oeuvre; ils n'entendent pas l'or vul-
parce que les Philosophes gaire; mais la matière fixe
disent que tous les métaux de l'oeuvre dans laquelle leur
qui ont souffert la fusion ont or vif est caché & comme
perdu la vie par la tyrannie en prison. Ainsi leur or à
du feu. Leur or vif est ce 24 carats est leur or pur &
grain fixe, principe de fixité, sans mélange de parties hé-
qui anime le mercure des térogènes.
Sages & la matière de la Or VOLATIL. Or ful-
pierre, c'est-à-dire l'humide minant. Crollius.
radical des métaux, la por- Or DU CORAIL. Ma-
tion la plus digérée de la va- tière fixe au rouge.
peur onctueuse & minérale Or DE GOMME. Ma-
qui les forme. Mais elle prend tière fixe des Philosophes.
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OR OR 355

Or EXALTE', \ Poudre moyen fixer ensuite le vo-
Or MULTIPLIE', > de pro-* latil. L'or se détruit par une
Or SUBLIME', / jection. eau qui est de sa nature, &
Or VIVIFIE'. C'est l'or non par aucun autre dissol-
réincrudé, & volatilisé. vant, parce que toutes cho-
Or DE L'ALCHIMIE. ses se réduisent à leurs pre-
Soufre des Philosophes. miers principes par leurs
Or FEUILLE'. Soufre principes mêmes. Toute au-
des Sages en dissolution. tre dissolution est violente &
Or BLANCHI. Voyez contre nature; c'est plutôt
Fumée Blanche. une séparation, une division
Or & argent à l'égard de des parties du corps, qu'une
la pierre. Ce sont les deux véritable dissolution. Il faut
ferments pour le blanc & que cette dissolution soit vraie
pour le rouge. Ces deux & radicale, pour qu'elle
métaux ne sont qu'un argent puisse être un acheminement
vif congelé, digéré & cuit à une nouvelle génération.
par le feu de leur propre sou- Ceux qui veulent réussir dans
fre. L'or vulgaire, le plus l'Art Hermétique, doivent
parfait de tous les métaux, donc bien prendre garde à
ne peut comme tel être por- ne pas prendre un dissolvant
té par l'Art à un degré plus d'une nature qui ne soit pas
haut; mais lorsqu'il est réduit de nature métallique; car
en sa première matière par s'ils ne se fixent pas à la se-
une voie secrète & philoso- mence même des métaux,
phique, l'Art, dit Philalè- extraite de sa minière, ils
the, peut alors l'élever à une ne réussiront jamais.
perfection beaucoup plus ORE'ADES. Nymphes
étendue que celle qu'il avait des montagnes.
reçu de la nature. De mort OREPIS. Vapeur brû-
qu'il était avant sa réincru- lante du tartre. Planiscampi.
dation, il devient vivant au ORESTE, fils d'A-
moyen du mercure des Sa- gamemnon & de Clytem-
ges, qui étant vivant, le nestre, quitta la maison pa-
ressuscite. C'est pourquoi les ternelle dès le bas âge, pour
Philosophes disent qu'il faut se soustraire aux embûches
ressusciter le mort, & faire qu'Egyste, amant de Cly-
mourir le vivant; c'est-à-* temnestre, lui tendait, après
dire, dissoudre, putréfier & avoir fait périr son père Aga-
volatiliser le fixe, & par son memnon. Quand Oreste fut
Z ij
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356 OR OR

parvenu à un certain age, il Oreste soutenait qu'il était
fut secrètement retrouver sa lui-même Oreste. Enfin
soeur Electre, & concertè- Thoas Roi du Pays, fit livrer
rent entr'eux les moyens de Oreste entre les mains d'I-
se venger du meurtrier de phigénie, qui le reconnut
leur père. Ils prirent si bien pour son frère. Ayant appris
leurs mesures, qu'ils firent le sujet du voyage d'Oreste,
périr Egyste & Clytemnes- elle enleva elle-même la
tre dans le Temple, où ils statue de Diane, dont elle
sacrifiaient. Oreste tua en- était Prêtresse, & ils s'en-
suite Pyrrhus, fils d'Achille, fuirent avec, après avoir tué
qui lui avait enlevé Her- Thoas. De retour à Athè-
mione. Il se sentit après cela nes, Oreste y fit les expia-
saisi d'une fureur ou d'une tions requises pour ses meur-
manie, qui ne lui donnait tres, & revint dans son bon
presque aucun moment de sens. Il mourut ensuite de la
relâche; de manière qu'il morsure d'un serpent. Voyez
courait les pays errant çà & l'explication de cette fiction
là comme un vagabond. dans les Fables Egyptiennes
L'Oracle consulté là-dessus, & Grecques dévoilées, Liv.
répondit que pour être déli- 3. ch. 14. §. 4.
vré de cette fureur, il fallait ORGIES. Fêtes célè-
qu'il se transportât dans la bres anciennement en l'hon-
Tauride, & y enlevât la neur de Bacchus. Voyez les
statue de Diane du Temple Fables Egyptiennes & Grec-
où elle y était révérée. Il ques dévoilées, Livre 4.
prit avec lui Pylade son in- chap. 1.
time ami, qui l'y accompa- ORIENT. Mercure
gna. A peine y furent-ils des Philosophes. Quelques
arrivés, qu'ils furent arrêtés Chimistes ont donné le nom
& mis en prison, pour être Orient à l'urine. Mais sou-
sacrifiés à Diane, que l'on vent les Adeptes entendent
croyait se rendre propice par par ce terme la couleur blan-
l'effusion du sang des étran- che qui succède à la noire,
gers. Comme un des deux par allusion à l'orient, où se
devait être conservé, & que lève le Soleil quand il sort
le sort de mort était tombé des ténèbres de la nuit.
sur Oreste, quand on de- ORION eut pour pères
mandait celui-ci pour le sa- Jupiter, Neptune & Mer-
crifier, Pylade se présentait, cure. Ces trois Dieux voya-
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OR OR 357

geant sur la terre, logèrent vés chez Phinée, ils le dé-
chez Hyréius, qui leur fit la barrassèrent des Harpies,
meilleure chère qu'il put. Ils qui le tourmentaient perpé-
lui demandèrent ce qu'il vou- tuellement, & infectaient
drait pour récompense, & toutes les viandes qu'on lui
lui promirent de le lui ac- servait. Voyez Calaïs.
corder. Il leur répondit qu'il ORIZEUM. Or.
ne souhaitait rien tant au ORIZEUM FOLIA-
monde que d'avoir un fils. TUM. Or en feuilles; c'est
Peu de temps après ils lui l'or philosophique en disso-
procurèrent un fils de la ma- lution.
nière dont le racontent les ORIZEUM PRAECIPI-
Fables. Ce fils, nommé TATUM. Or en safran.
Orion, s'adonna beaucoup ORIZONTIS. Teinture
à la chasse, & mourut en- d'or.
fin d'une flèche que lui dé- ORNUS. Frêne sauva-
cocha Diane, suivant le té- ge.
moignage d'Homère. Orion OROBO. Verre des mé-
est le symbole de l'enfant taux.
philosophique, né de Jupi- OROGAMO. Or, se-
ter, ou de la matière par- lon Rulland.
venue à la couleur grise; de ORPHE'E, fils d'Apol-
Neptune, ou de la mer des lon & de la Nymphe Cal-
Philosophes, & du Mercure liope; selon quelques-uns,
des Sages. La chasse à la- fils d'Oeagre & de Polymi-
quelle il s'adonne, est la vo- ne, père de Musée, & dis-
latilisation de la matière; & ciple de Linus. Mercure fit
la mort que Diane lui donne, présent à Orphée de la lyre,
est la fixation d'Orion, ou dont il jouait avec tant de
de la matière volatilisée, & perfection, que les fleuves
qui se fait quand la couleur s'arrêtaient dans leur course
blanche, appelée Diane, pour l'entendre; les rochers
paraît. s'animaient, & le suivaient;
ORITHYE, fille d'E- les tigres & les autres ani-
recthée, fut enlevée par Bo- maux féroces s'apprivoi-
rée, & de leur commerce saient, toute la Nature de-
naquirent Calaïs & Zéthus, venait sensible au son de la
qui accompagnèrent Jason à lyre d'Orphée.
la conquête de la Toison Il se perfectionna dans les
d'or. Quand ils furent arri-* sciences par la fréquentation
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358 OR OR

des Prêtres d'Egypte, qui les autres femmes; & les
lui dévoilèrent tous les mys- Bacchantes pour s'en ven-
tères d'Isis & d'Osiris qui ger, le mirent en pièces.
leur étaient confiés, & il en Voyez les Fables Egypt. &
rapporta les fables & les so- Grecq. dévoilées, liv. 3.
lennités qui furent adoptées ORPHNE'. Nom d'un
dans la Grèce. Mais Orphée des chevaux qui traînaient
en communiquant à son pays le char de Pluton. Voyez
les connaissances qu'il avait Abaster.
acquises en Egypte, il s'ac- ORPIMENT. Soufre des
commoda aux notions de ses Philosophes caché dans leur
compatriotes, & s'y rendit mercure, pris pour la se-
respectable en leur persua- mence masculine & agente.
dant qu'il avait découvert Ils entendent souvent sous
les secrets des Dieux & de le nom d'orpiment le soufre
la Nature, avec l'art de gué- philosophique parfait, c'est-*
rir les malades. à-dire, la pierre au blanc
Il épousa Eurydice, & ou au rouge; quelquefois la
l'aima si passionnément, que matière même du magistère
la mort la lui ayant enlevée, avant sa préparation, com-
il fut la chercher dans les me on peut le voir dans l'ar-
Enfers. Pluton & Proserpine ticle arsenic.
se laissèrent toucher aux ten- ORUS, fils d'Isis & d'O-
dres sons de la lyre d'Or- siris, selon les Egyptiens,
phée, & lui permirent d'em- Diodore dit qu'Orus ayant
mener avec lui sa chère Eu- été tué par les Titans, Iris
rydice dans le séjour des vi- l'avait ressuscité & rendu im-
vants; mais à condition qu'el- mortel. Orus, selon les An-
le le suivrait, & qu'il ne ciens, n'était autre qu'A-
tournerait pas la tête jusqu'à pollon: sa mère Isis lui avait
ce qu'elle fût arrivée sur la appris l'art de deviner & de
terre. Orphée n'eut pas assez guérir toutes les maladies.
de patience, & son amour Cet Orus, selon les Philo-
ne lui permit pas d'être privé sophes Hermétiques, comme
si longtemps de la vue de le dit Michel Majer dans son
son épouse; il regarda der- Arcana arcanissima, est cet
rière lui; Eurydice lui fut enfant philosophique né de
enlevée de nouveau, & il Gabritius son père & de Beia
la perdit pour toujours. Or- sa mère, ou si l'on veut d'I-
phée méprisa ensuite toutes sis & d'Osiris, de Jupiter
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OS OS 359

& de Latone, le trésor des le même que Bacchus chez
Egyptiens, pour l'amour du- les Grecs, & qu'Adonis chez
quel ses aïeux entreprirent les Phéniciens.
tant de voyages & de tra- Les Philosophes Hermé-
vaux, & par le moyen du- tiques disent qu'il faut en-
quel les hommes font de si tendre toutes les fables des
grands prodiges. C'est en Egyptiens dans un sens bien
deux mots l'or philosophi- différent de celui qu'elles
que, & la médecine univer- présentent d'abord à l'esprit.
selle. V. les Fables Egypt. Ils n'avaient inventé tous ces
& Grecq. dévoilées, liv. 1. noms & ces fables, que pour
chap. 5. cacher au vulgaire le secret
OSATIS. Guède, Pas- de la véritable manière de
tel. faire de l'or & la médecine
OSCIEUM. Plante ap- universelle. Isis & Osiris
pelée Ache. sont donc la vraie matière
OSIRIS. Dieu des Egyp- de cet Art mystérieux; cette
tiens, fils de Saturne, épou- matière est androgyne; ils
sa sa soeur Isis, & se rendit l'appellent aussi la lune &
recommandable aux peuples le Soleil, le soufre & le mer-
sur lesquels il régnait, par cure, le frère & la soeur, &c.
des bienfaits sans nombre. Il En comparant l'oeuvre à la
fit un voyage dans les In- conception des animaux,
des, pour apprendre aux qui ne peut se faire sans la
habitants de ces contrées l'art jonction du mâle & de la
de cultiver la terre. A son femelle; il se trouve dans
retour Typhon son frère le leur matière rebis, l'agent &
fit périr, & coupa son corps le patient, d'où naît enfin un
en morceaux. Isis ramassa fils plus beau, plus puissant
les membres dispersés, les que ses parents; c'est-à-dire
enferma séparément dans l'élixir, & l'or qui a la pro-
différents cercueils, & les priété de transmuer les au-
donna en garde aux Prêtres tres métaux en or, ce que
du pays, instruits par Mer- n'aurait pu faire la matière
cure, & leur défendit sous avant sa préparation. Mich.
peine de la vie de divulguer Majer.
le lieu de la sépulture d'O- On lui avait donné ce
siris. nom d'Osiris, parce qu'il
Osiris était chez les Egyp- signifie feu caché, principe
tiens le symbole du Soleil, actif & vivifiant de la Na-
Z iv
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360 OS OT OU

ture. C'est pourquoi on le OTAP. Sel armoniac
disait être le même que le rougi par l'eau de Colcho-
Soleil, à cause du principe tar.
de chaleur & de vie que cet OTER. Lorsque les Phi-
astre répand dans tous les losophes disent qu'il faut ôter
êtres de l'Univers. La vie ou mettre, ils n'entendent
fabuleuse d'Osiris est une pas qu'il faille diminuer ou
allégorie des opérations re- ajouter quelque chose dans
quises de la Philosophie Her- le vase; mais seulement qu'il
métique, & une exposition faut continuer à cuire la ma-
de tout ce qui se passe dans tière, parce qu'elle se dis-
le cours de ces opérations. sout, elle se purifie, se pu-
Voyez les Fictions Egypt. tréfie, se congèle, se coa-
& Grecques dévoilées, li- gule, se noircit, se blanchit
vre 1 chap. 2. & 3. & fait toutes ses opérations
OSEMUTUM. Fil de d'elle-même, sans que l'Ar-
fer. tiste y mette la main.
OSMUNDA. Espèce de OTHAN. Mercure des
fougère appelée Fougère Philosophes.
royale. OTHUS & EPHIAL-
OSOROR. Opium. TE, Géants, fils de Nep-
OSSA. Montagne de tune & d'Iphidamie, femme
Thessalie, que la Fable dit d'Aloeus. Les Poètes ont
avoir autrefois fait partie du feint qu'en neuf ans ces deux
Mont-Olympe, & qu'Her- Géants avaient cru de la gran-
cule l'en sépara pour donner deur & de la largeur de neuf
passage au fleuve Pénée. Le journaux de terrein. Ils fu-
Mont-Ossa était le lieu où rent assez téméraires pour
les Centaures & les Géants combattre les Dieux, Apol-
faisaient leur séjour. Voyez lon les fit périr à coups de
les Fables Egypt. & Grec- flèches. Homère, liv. II.
ques dévoilées. de son Odyssée. Voyez les
OSSAPARALELLI. Fables Egypt. & Grecques
Spécifique pour la goutte. dévoilées, liv. 3. chap. 7.
Planiscampi. & 13.
OSTRUTIUM, ou AS- OUBELCORE. Cucur-
TRANTEA, ou MAGIS- bite.
TRANTIA. Impératoire. OUVRAGE DE PA-
OSYRIS. Plante connue TIENCE. C'est le grand
sous le nom de Linaire. oeuvre, ainsi nommé, parce
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OU OU OX 361

qu'il est extrêmement long ner en suivant les procédés
à faire. C'est pourquoi les simples de la Nature. Faut-*
Philosophes recommandent il tant de fourneaux, tant
tous d'avoir de la patience, de vaisseaux, tant d'opéra-
& de ne point se rebuter tions, pour réduire une ma-
par la longueur du temps; tière solide en eau sans ad-
que toute précipitation vient dition, & la remettre en-
du démon; que la Nature suite en terre sans y rien
a ses poids, ses mesures & ajouter; la réduire de nou-
son temps déterminé pour par- veau en eau avec addition,
venir à ses fins. la remettre encore en terre
OUVRAGE DE FEMME. sans addition; enfin résou-
Les Philosophes disent pres- dre & coaguler? Voilà tout
que tous, que le grand oeu- l'oeuvre, à laquelle il n'est
vre est un ouvrage de femme pas possible de parvenir par
& un jeu d'enfants, pour signi- les calcinations, les réver-
fier la facilité de parfaire la bérations, les solutions, les
pierre à ceux qui sont ins- distillations, les sublima-
truits des opérations. Et la tions, les cohobations, & les
chose est vraie sans doute; autres opérations sans nom-
car si elle eut été bien diffi- bre de la Chimie vulgaire.
cile, ils ne se seraient pas OUVRIR. Dissoudre la
tant appliqués à les cacher. matière, faire les corps mous
Plusieurs disent même que & fluides. Les Philosophes
s'ils les disaient ouverte- envieux, dit Flamel, n'ont
ment & clairement, on se jamais parlé de la multipli-
moquerait d'eux; & que cation que sous ces com-
si l'on venait à les en croire muns termes de l'Art, ou-
sur leurs paroles, les plus vre, ferme, lie, délie. Ils
stupides même laisseraient ont appelé ouvrir & délier
leurs métiers & leur pro- faire le corps mol & fluide
fession pour entreprendre comme de l'eau, & fermer
de faire la pierre philoso- ou lier, le coaguler par une
phale. En effet, il suffit pour décoction plus forte.
réussir de prendre une ma- OXATIS. Oseille.
tière que la Nature a laissée OXELEUM. Vinaigre
imparfaite, une matière vile battu avec de l'huile.
& méprisée de tout le mon- OXOS. Vinaigre.
de, que les insensés foulent OXYACANTHA. Ber-
aux pieds; & la perfection-* beris.
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362 OX OY PA

C'est aussi le nom de l'ar- PACHUNTICA. Ingré-
brisseau appelé Aubépine. dients qui épaississent, qui
OXYCROCEUM. Mé- donnent de la consistance à
dicament composé de vinai- un médicament. Quelques
gre, de safran & de quel- Philosophes ont donné le
ques autres drogues. nom de Pachunticum au
OXYDERCICA. Col- soufre des Sages, parce qu'il
lyres ou remèdes propres à coagule, & fixe leur mer-
aiguiser la vue. cure.
OXYGALA. Lait aigri. PACTOLE. Fleuve de
OXYLAPATHUM. Pa- Lydie, qui prend sa source
relle. au Mont-Tmolus. Les An-
OXYRHODINUM. ciens disaient que les eaux
Vinaigre rosat. de ce fleuve roulaient des
OXUS. Plante appelée paillettes d'or, & qu'il avait
Tresse, Alleluya, Pain de reçu cette propriété de Mi-
cocu. das qui s'y lava, pour se dé-
OXYTRIPHYLLUM. barrasser du don funeste que
Trèfle acide: ainsi appelé Bacchus lui avait fait de
de ce qu'il a un petit goût changer en or tout ce qu'il
aigrelet, & qu'il est à trois toucherait. Voyez les Fables
feuilles comme le trèfle Egypt. & Grecques dévoi-
commun. lées, liv. 2. chap. 5.
OYE D'HERME'S. &POEON.& Médecin qui
Mercure des Philosophes. guérit Pluton de la blessure
OYE D'HERMOGE^- que lui fit Hercule, lorsque
NE. Matière de la pierre ce Dieu des Enfers l'attaqua
volatilisée après la noirceur. dans le temps qu'il nettoyait
OYSEAU. Voyez Oi- l'étable d'Augias. C'est de
seau. ce Poeon que la plante con-
OZO. Arsenic. nue sous le nom de pivoine
en français, a été appelée
P. poeonia en latin.
PAILLE DU POULET.
P. Veut dire en Chimie Flamel dit lui-même qu'il a
& en langage de Mé- donné ce nom à la cendre
decins, une poignée. de l'écuelle sur laquelle est
P. AE. \ posé le vase des Philoso-
PAR. > Parties éga-* phes.
PART. AEQ. / les. PAJON. Bézoard.
@

PA PA 363

PALAMEDE, fils de réussir en mêlant dans le
Nauplius, Roi de l'île d'Eu- vase deux matières de dif-
boée, encouru la haine & férentes natures, contre le
l'aversion d'Ulysse, au point sentiment de tous les Philo-
que celui-ci le fit lapider par sophes. Palaméde ou l'Art,
les Grecs. Ulysse feignit d'ê- du grec Palame, lui mit de-
tre insensé pour ne pas aller vant les yeux son fils encore
à la guerre de Troie, & jeune, qui par son nom lui
attela pour cet effet deux fit entendre qu'il était bien
animaux de différentes es- éloigné de réussir à ce qu'il
pèces, avec lesquels il la- se proposait. Ulysse aussi-
bourait les bords de la mer, tôt s'aperçut de son erreur,
& y semait du sel au lieu de quitta sa charrue mal atte-
grains. Palaméde mit devant lée, suivit les Grecs, ou la
la charrue Télémaque en- véritable voie qui conduit à
core dans le bas âge. Ulysse la perfection de l'oeuvre,
arrêta sa charrue pour ne pas & y réussit par la prise de
blesser son fils, & fit con- Troie; entreprise dont il
naître par cette attention ne serait jamais venu à bout
qu'il n'était pas aussi insensé s'il n'eût fait lapider Pala-
qu'il voulait le faire croire. méde, c'est-à-dire, s'il n'eût
Ulysse partit donc avec les enterré l'or philosophique
autres Princes Grecs, & se dans le vase représenté par
vengea de Palaméde, en la tente, pour fixer le mer-
supposant que celui-ci était cure signifié par les Grecs.
d'intelligence avec Priam. Il PALE'MON, fils d'A-
fit enterrer pour cet effet une thamas & d'Ino, s'appelait
somme d'argent dans la tente premièrement Mélicerte;
de Palaméde, & fit inter- mais il prit le nom de Pa-
cepter une lettre supposée lémon, après qu'il eût été
de Priam. Les Grecs don- mis au nombre des Dieux
nèrent dans le piège, & la- marins. Voy. Mélicerte.
pidèrent Palaméde. PALET. Espèce de car-
Toute cette fiction n'a reau ordinairement de pier-
d'autre but que de nous ap- re, quelquefois de bois, ou
prendre qu'Ulysse au lieu de de fer, avec lequel on jouait
travailler sur la véritable ma- anciennement. Les palets
tière de l'oeuvre attelait deux étaient fort grands & fort
animaux de différentes es- pesants, & il en arrivait quel-
pèces, c'est-à-dire, croyait quefois des accidents funes-
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364 PA PA

tes. Ce fut d'un coup de ces se saisit de ce Géant & l'é-
palets qu'Apollon tua le jeu- corcha.
ne Hyacinthe, & Persée son PAN, fils de Mercure &
grand-père Acrise. Voyez de la Nymphe Dryops, se-
Acrise & Hyacin- lon Homère, de Mercure
the. & de Pénélope, suivant Hé-
PALLADIUM. Petite fi- rodote, du Ciel & de la
gure de Pallas, de trois cou- Terre, suivant d'autres, était
dées de haut, tenant une un des plus grands Dieux
lance de la main droite, & des Egyptiens, qui le re-
de la gauche une quenouille gardaient comme le père de
& un fuseau. Les Poètes ont la Nature. Ils le représen-
feint qu'elle était tombée du taient sous la figure d'un
ciel dans la ville de Troie, bouc. Voyez le premier li-
& que cette ville ne serait vre des Fables Egypt. &
jamais prise par les Grecs, Grecques dévoilées.
s'ils ne s'emparaient d'abord PANACE'E, était une
de cette figure. Les Alchi- des Divinités de la Méde-
mistes disent qu'elle est le cine: elle a donné son nom
symbole des qualités que aux remèdes spécifiques pour
doit avoir l'Artiste qui en- un grand nombre de mala-
treprend le grand oeuvre; la dies. La panacée universelle
prudence, la subtilité d'es- est un des résultats de l'oeu-
prit, la connaissance de la vre Hermétique, & celui-là
Nature & la science de cet seul que les anciens Philo-
art. Voy. les Fables Egypt. sophes se sont d'abord pro-
& Grecq. dévoilées, liv. 6. posé. Il est vraisemblable
Fatalité 3. que la transmutation des
PALLAS, Déesse des métaux n'était pas leur pre-
Arts & des Sciences, née mier objet, & que la ré-
du cerveau de Jupiter, par flexion seule sur la force &
le coup de hache que lui les propriétés de leur méde-
donna Vulcain. C'est elle cine, la leur fit envisager
qui favorisa toujours Her- comme propre à produire
cule & Ulysse dans tous cet effet qui réussit selon
leurs exploits. Voyez Mi- leurs espérances. Voyez le
nerve. Discours préliminaire à la
Pallas est aussi le nom tête du Traité des Fables
d'un des Géants qui firent la Egyptiennes & Grecques
guerre à Jupiter. Minerve dévoilées.
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PA PA 365

PANCHYMAGO- fit présent à Pandore d'une
GUM. Sublimé doux. boëte fermée, pleine de tou-
PANCRACE. Un des tes sortes de maux, & l'en-
exercices des Jeux des an- voya à Epiméthée, frère
ciens Grecs. On l'appelait de Prométhée, qui eut l'im-
aussi la lutte. Hercule de- prudence de l'ouvrir. Tous
meura vainqueur à tous les ces maux prirent l'essor, &
Jeux, comme on peut le voir il n'eut que l'adresse d'y re-
dans le livre 4. des Fables tenir l'espérance. Prométhée
Egyptiennes & Grecques à qui Jupiter avait d'abord
dévoilées. envoyé Pandore, se défia
PANDATOEA. Elec- du piège qu'on lui tendait,
tuaire solide. & ne voulut pas la recevoir
PANDALITIUM. Pa- pour sa compagne. C'est
naris. pourquoi Jupiter envoya
PANDEMIQUE (Ma- Mercure pour attacher Pro-
ladie), est celle qui attaque méthée sur le mont Cau-
indifféremment tout le mon- case, où un vautour devait
de: c'est à peu près la mê- lui ronger le foie perpétuel-
me chose qu'épidémique. lement. V. Prométhée.
PANDORE. Hésiode a PANNUS. Tache na-
feint qu'elle était la plus turelle de la peau, appor-
belle & la première femme tée en naissant, ou survenue
du monde. Vulcain, dit-il, par l'effet de quelque ma-
la fabriqua, & après qu'il ladie.
l'eut animée, il la présenta PANTORE'E ou PAN-
aux Dieux, qui en furent si TAURE. Nom que les
émerveillés, qu'ils s'empres- Brahmanes donnaient à la
sèrent tous de la décorer de matière du grand oeuvre.
ce qu'ils avaient de plus Comme si l'on disait toute
excellent. Vénus lui fit part or. Apollonius de Thyame
de sa beauté, Pallas de sa rapporte beaucoup de cho-
sagesse, Mercure de son élo- ses que les Brahmanes lui
quence, Apollon de la mu- avaient appris de cette pré-
sique, Junon de ses riches- tendue pierre, qu'ils disaient
ses, & ainsi des autres. Ju- avoir la vertu de l'aimant.
piter irrité contre Prométhée Voyez Michel Majer, au
de ce qu'il avait enlevé le premier & au sixième livre
feu du ciel, fit servir cette de sa Table dorée. Il n'est pas
femme à sa vengeance, il nécessaire, dit-il, d'aller
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366 PA PA

chercher cette pierre aux In- de la Médecine, & en publia
des, depuis que les volatiles pour cet effet des principes
nous l'apportent. V. Vo- très simples, dont il paraît
latiles. qu'il avait une très grande
PAON. Oiseau consacré connaissance. Il fit toujours
à Junon. La Fable dit que des cures admirables des
cette Déesse jalouse deman- maladies même les plus dé-
da à Jupiter la Nymphe Io sespérées. Cette nouveauté,
changée en vache, & après sa science & ses succès lui
l'avoir obtenue, elle la donna firent beaucoup de jaloux,
en garde à Argus qui avait par conséquent un grand
cent yeux. Jupiter chargea nombre d'ennemis. Ses ou-
Mercure de le défaire de ce vrages écrits en style méta-
gardien importun. Mercure phorique, sont aujourd'hui
le fit en effet périr, & Junon devenus presque inintelligi-
transporta ses cent yeux sur bles, malgré les clefs qu'on
la queue du paon. Voyez a eu soin de mettre à la fin.
Argus. Les Philosophes On a cependant deviné un
Hermétiques disent que cette grand nombre de ses remè-
fable est une allégorie de l'é- des, qui sont encore aujour-
tat de la matière de l'oeuvre d'hui en usage. Il a souvent
au moment où les couleurs changé les noms des ingré-
de la queue de paon se ma- dients, & en a substitué de
nifestent sur sa superficie. barbares & inconnus à ceux
PAPHUS, fils de Pyg- sous lesquels on les connais-
malion & de la Statue que sait ordinairement. Comme
ce célèbre Statuaire avait cet Auteur est souvent entre
faite. V. Pygmalion. les mains de ceux qui s'ap-
PARACELSE. Célèbre pliquent à l'étude de la Phi-
Médecin Allemand qui vi- losophie Hermétique, j'ai cru
vait vers la fin du XVIe siè- devoir leur rendre le service
cle. On a de lui un grand d'expliquer dans ce Diction-
nombre d'ouvrages sur des naire la plupart de ces noms
matières Philosophiques, barbares, d'après Becher,
Métallurgiques & Médici- Johnson, Rullandus & quel-
nales. On le croit disciple ques autres Auteurs. La Mé-
de Basile Valentin, Reli- decine Paracelsique est la
gieux Bénédictin d'Allema- même que la Médecine Her-
gne. Paracelse voulut réfor- métique, si nous en croyons
mer la théorie & la pratique Blanchard.
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PA PA 367

PARADISI GRANA. voient parmi les Bergers &
Cardamome. les habitants du mont Ida. La
PARALYSIS HERBA Discorde qui ne fut point
ou PARALYTICA. Pri- appelée avec les autres
mevère. Dieux & Déesses aux no-
PARDALIANCHES. ces de Pélée & de Thétis,
Aconit. jeta au milieu du repas une
PAREGORIQUE (Mé- pomme d'or, sur laquelle
dicament), est celui qui a était écrit: pour la plus belle.
une propriété anodine & Junon, Pallas & Vénus pré-
adoucissante, qui apaise les tendirent chacune en parti-
douleurs, tel est le baume culier que cette pomme leur
tranquille. appartenait. Les Dieux ne
PARIS, fils de Priam voulant pas se porter pour
Roi de Troie. Sa mère Hé- Juges dans cette dispute, Ju-
cube étant enceinte de lui, piter ordonna que le juge-
songea qu'elle avait conçu ment en serait déféré à Pâris.
une torche allumée qui de- Mercure fut député pour l'en
vait embraser toute l'Asie. avertir, & les trois Déesses
L'Oracle consulté, répondit se présentèrent devant notre
qu'elle mettrait au monde Berger. Chacune chercha à
un fils qui serait la cause de le gagner par les promesses
la ruine totale de son pays. les plus flatteuses. Junon lui
Priam pour éviter ce désas- offrit des richesses immen-
tre, fit exposer le nouveau ses, Pallas lui promit la sa-
né, pour qu'il fût dévoré par gesse, & Vénus le tenta en
les bêtes, mais Hécube le fit lui promettant de le mettre
enlever, & le confia aux en possession de la plus belle
Bergers du mont Ida pour femme du monde. Pâris,
être élevé parmi eux. On le après avoir bien examiné les
nomma Alexandre. Devenu Déesses, adjugea la pomme
grand il fut épris des appas à Vénus, qui lui tint parole.
de la Nymphe Oenone, de Pâris se fit ensuite reconnaî-
laquelle il eut deux enfants. tre à Troie pour fils de
Pâris (c'est ainsi qu'on l'ap- Priam, & fit après cela un
pela dans la suite) se fit une voyage à la Cour de Méné-
réputation de droiture & de las Roi de Sparte, & y étant
probité dans ses jugements, devenu amoureux d'Hélène,
qui le faisait choisir pour ar- qui en était Reine, Vénus
bitre des différends qui s'éle- lui procura les moyens de
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368 PA PA

l'enlever; ce qu'il fit, & les raisons dans le 3e livre,
l'emmena à Troie. Méné- chap. 14. §. 3. des Fables
las intéressa tous les Princes Egypt. & Grecq. dévoilées.
Grecs pour venger l'affront PARONYCHIA. Petite
qu'il avait reçu de Pâris, & plante, qui peut-être a été
se mit avec son frère Aga- nommée ainsi des mots grecs
memnon à la tête d'une ar- para & onux, près de l'on-
mée formidable, pour re- gle, comme si l'on disait:
demander Hélène. Priam Herbe propre à guérir les
l'ayant refusée, les Grecs maux qui viennent auprès
firent le siège de Troie, qui des ongles.
dura dix ans. Pâris se trouva Paronychia est aussi le
aux mains avec Ménélas nom qu'on a donné au mal
pendant le siège, & Venus qui vient au bout des doigts,
voyant son protégé plus fai- appelé autrement Panaris.
ble, l'enleva du milieu du PARQUES, Déesses au
combat. Hector son frère nombre de trois, préposées
ayant été tué par Achille, pour exécuter les destinées
& celui-ci étant entré dans des hommes, & disposer de
le temple d'Apollon pour se la vie des humains à leur gré.
marier avec Polyxene, Pâris Hésiode les dit filles de Ju-
lui décocha une flèche, qui piter & de Thémis, d'autres
atteignit ce Héros au talon, de l'Erebe & de la Nuit. Se-
seul endroit où il n'était pas lon Orphée, elles font leur
invulnérable. Achille mou- séjour dans une caverne obs-
rut de la blessure; & Pyrrhus cure, & vivent de très bon
son fils blessa à son tour Pâ- accord. Elles sont nommées
ris, qui fut rendre les derniers Clotho, Lachésis, Atropos.
soupirs entre les bras d'Oe- Lachésis, la plus jeune, tient
none. Quelques-uns disent une quenouille qui repré-
qu'il mourut d'une flèche sente la destinée des hom-
empoisonnée d'Hercule que mes; Clotho file, & Atropos
Philoctete lui tira. Voyez le coupe le fil, quand le mo-
6e livre des Fables Egypt. ment de la mort est venu.
& Grecq. dévoilées, ch. 3. La première préside à la nais-
& suiv. sance, la seconde à la vie, &
PARNASSE. Montagne l'autre donne la mort en cou-
sur laquelle la Fable dit que pant le fil. Elles suivent les
les Muses & Apollon fai- ordres du Destin; & on les
saient leur séjour. Voyez-en nommait aussi Gardiennes
des
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PA PA 369

des Archives des Dieux. que le mercure est la femelle
Voyez les Fables Egypt. & & la mère des métaux, &
Grecques, liv. 3. chap, 6. que le soufre en est le père,
& liv. 4. chap. 3. à cause de sa qualité chaude
PARTHENIA ou PAR- & coagulante.
THENOS. Surnom de Mi- PATIENCE. L'ouvrage
nerve. de la pierre est, disent les
PARTIE AVEC PAR- Sages, un ouvrage de pa-
TIE. Mélange d'or & d'ar- tience, à cause de la longueur
gent. Paracelse. du temps & du travail qu'il
PARTIE UNE. Ma- faut pour le conduire à sa
gistère au rouge. perfection. C'est pourquoi
PASIPHAE'. Fille du Géber dit que nombre d'Ar-
Soleil & de Perséis, & fem- tistes l'ont abandonné par
me de Minos Roi de Crète. ennui; d'autres par la même
Elle devint amoureuse d'un raison ont voulu le précipi-
taureau, & Dédale lui pro- ter, & n'ont pas réussi.
cura les moyens de satisfaire PATIENT. Substance
sa passion. Elle en conçut un sur laquelle agit une autre
monstre qui fut nommé Mi- substance, pour parvenir à la
notaure; Minos le renferma génération de quelque mix-
dans le labyrinthe que Dé- te. Le mercure est le patient
dale avait construit, & Thé- dans l'oeuvre de la pierre, &
sée tua ce monstre. Voyez le soufre avec le feu sont les
Minos, Thésée, Mino- agents.
taure. PATROCLE, fils de
PASSERINA. Plante Ménétius & de Sténélé;
connue sous les noms Alcine, étant encore enfant il tua le
Morgeline. fils d'Amphidamas, & se
PASSIF. Qui semble ne sauva dans la Phthie, où Pé-
pas agir, qui reçoit l'action lée le reçut & le mit avec
de l'agent. Les Philosophes son fils Achille sous la disci-
se servent quelquefois de ce pline du Centaure Chiron.
terme au lieu de celui de C'est de là que se noua cette
patient, qui veut dire la mê- liaison intime entre Achille
me chose. V. Patient. & Patrocle, qui dura jusqu'à
PATER METALLO- la mort de celui-ci. Hector
RUM. C'est le soufre, ainsi l'ayant tué au siège de Troie,
nommé de ce que les Phi- Achille qui avait résolu de
losophes Hermétiques disent ne point combattre pour les
A a
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370 PE PE

Grecs, ne put résister au dé- Mont Hélicon, y frappa du
sir de venger la mort de son pied un rocher, d'où il sor-
ami. Il fit trêve alors avec tit aussitôt une fontaine qui
la colère qu'il avait conçue fut nommée Hippocrene.
contre Agamemnon, de ce Pallas donna Pégase à Bel-
qu'il lui avait enlevé sa chère lerophon, pour aller com-
Briséis. Thétis lui donna de battre la Chymere, & par
nouvelles armes à la place son moyen il la vainquit.
de celles qu'il avait prêtées Voyez Méduse, Belle-
à Patrocle, & qu'Hector lui rophon.
avait enlevées. Il fit d'abord PEGERNUS. Mer-
les funérailles de son ami, & cure des Sages.
ne cessa pas de combattre PELE'E, fils d'Eaque
qu'il n'eût tué Hector. Voy. & de la Nymphe Egine,
les Fables Egypt. & Grec- épousa Thétis, & la rendit
ques dévoilées, Liv. 6. mère d'Achille. Voyez les
PAULADADA ou Fables Egypt. & Grecques
PAULADADUM. Es- dévoilées, Liv. 6. ch. 2.
pèce de terre sigillée, qui PELLE DE FER. Ma-
se trouve en Italie. tière de l'oeuvre en putré-
PAVOT des Philoso- faction.
phes. Pierre parfaite au rou- PELIAS, fils de Nep-
ge, ainsi nommée de ce qu'el- tune & de Tyro, frère d'E-
le a la couleur des pavots son, Roi de Thessalie, con-
des champs. çut une grande aversion con-
PEDASE, l'un des che- tre Jason son neveu, & l'en-
vaux d'Achille, né de Zé- voya à la conquête de la
phir & de la cavale Podan- Toison d'or, pour l'exposer
ge; c'est pourquoi Homère à périr, & se défaire de lui.
dit que sa course égalait celle Pélias fit mourir Eson. Mé-
du vent. duse pour venger Jason con-
PEGANUM. Plante tre Pélias, engagea les filles
appelée Rhue. de ce dernier à le couper en
PEGASE. Cheval ailé, morceaux, & à les faire cui-
né, selon les uns, de Nep- re dans un chaudron, leur
tune & de Méduse, &, sui- ayant persuadé qu'il ressus-
vant les autres, du sang seul citerait plus jeune & dans
de Méduse, sorti par la bles- toute sa vigueur. Elles le
sure que lui fit Persée. Pé- firent, mais il ne ressuscita
gase s'étant envolé sur le pas, Voy. les Fables Egypt.
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PE PE 371

& Grecques, Liv. 2. ch. 1. PENE'E, fils de l'Océan
PELION. Montagne & de Thétis, était un fleuve
de Thessalie, appelée aussi de Thessalie; il épousa Créu-
Ossa, dont voyez l'article. se, dont il eut Iphéus &
PELLICULE. Ma- Stilbia. Apollon eut de cette
tière de l'oeuvre pendant Nymphe Centaurus & La-
qu'elle est en putréfaction, pithus. Voyez Centaures.
ainsi nommée de ce qu'il se PENELOPE, fille
forme une pellicule sur sa d'Icare & de Péribée, eut
superficie, noire & luisante Pan de son commerce avec
comme de la poix fondue. Mercure. Elle épousa Ulysse,
PELOPS, fils de Tan- & devint le modèle de la
tale & de Taygette, fut ser- chasteté conjugale. Harce-
vi cuit dans le repas que son lée sans relâche par nombre
père fit aux Dieux. Cérès d'Amans, qui lui faisaient la
fut la seule qui ne s'en a- cour pendant qu'Ulysse était
perçut pas; elle en détacha au siège de Troie, & son
une épaule qu'elle mangea. absence assez longue, qui en
Les Dieux, par pitié pour fut une suite, elle leur pro-
Pélops, le ressuscitèrent, & mit de consentir à leurs dé-
lui donnèrent une épaule sirs aussitôt qu'elle aurait
d'ivoire à la place de celle fini une toile qu'elle avait
que Cérès avait mangée. commencée; mais la nuit
Pélops devenu grand, fut elle défaisait ce qu'elle avait
à la Cour d'Oenomaüs, & tressé pendant le jour. Elle
combattit contre lui à la continua ce manège jusqu'au
course du chariot, pour avoir retour d'Ulysse, qui les fit
sa fille Hippodamie en ma- tous périr. Avant le siège
riage. Cet Amant avait ga- de Troie, Pénélope avait
gné Myrtile, cocher d'Oe- eu d'Ulysse un fils nommé
nomaüs, qui ajusta son char Télémaque.
de manière qu'il se brisa dans L'histoire de Pénélope est
la course, & Oenomaüs se le portrait des opérations
tua. Pélops épousa Hippo- des mauvais Artistes, qui
damie, & en eut Atrée & ne suivent pas la véritable
Thyeste. Voyez les Fables voie qui conduit à la perfec-
Egyptiennes & Grecques tion de l'oeuvre, & qui dé-
dévoilées, Liv. 4. ch. 6. & truisent le soir les opérations
Liv. 6. Fatalité 4. du matin. Ulysse est le mo-
PELUDO. Miel cuit. dèle des bons Artistes, qui
A a ij
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372 PE PE

détruisent à leur arrivée les Onguent ou baume propre
opérations & les procédés à guérir les meurtrissures &
mal concertés des mauvais les excoriations de la peau.
Artistes. L'Odyssée d'Ho- PE'PANSIS. Cuisson
mère est l'exposé des erreurs propre à donner de la per-
où ils tombent à chaque pas fection à une chose, ou à en
qu'ils font; & I'Iliade, ou corriger une qui est gâtée.
l'histoire de la guerre de PEPANTIQUE. Pre-
Troie, est la description de mière chaleur requise pour
la conduite qu'il faut tenir digérer la matière de l'oeu-
comme Ulysse, pour parve- vre, & la disposer à la pu-
nir au but que se propose un tréfaction pour une nouvelle
véritable Philosophe. Voy. génération.
les Fables Egyptiennes & PEPASTIQUE (on-
Grecques dévoilées, L. 6. guent) est celui qu'on ap-
PENTACULES. Ce pelle aussi maturatif, qui
sont des espèces de sceaux, dispose & amène une tumeur
sur lesquels sont gravés des à la suppuration, en adoucis-
lignes, des traits, des carac- sant & en apaisant la dou-
tères inconnus, qu'on dit leur, comme si l'on disait,
avoir une propriété admira- un onguent qui mûrit par la
ble pour guérir les maladies cuisson.
pour lesquelles on les fait. \ espèce d'é-*
Ils sont composés des mé- \ sule, appel-*
taux qui ont un rapport aux > lée réveille-*
signes & aux Planètes, sous / matin des
la domination desquels on / vignes.
les grave. Voyez les Archi- Peplus, est aussi le
doxes de Paracelse. nom qu'on donnait autrefois
PENTADACTYLON. à une robe blanche sans
Palma Christi. manches, brochée d'or, sur
PENTAMYRON. On- laquelle étaient représentés
guent composé de cinq in- les actions & les combats de
grédients, savoir, de styrax Minerve, de Jupiter & des
calamite, de mastich, d'o- Héros. On la portait en pro-
pobalsamum, de cire & d'on- cession comme une bannière,
guent nardique. dans les fêtes des Panathé-
PENTAPLEURUM. nées, ou instituées en l'hon-
Grand plantain. neur de Minerve.
PENTATHETON, PEPSIS. Voyez Fer-
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PE PE 373

mentation. pendant seulement au col.
PERCER avec la lance PERIAPTUM. Voy.
ou avec la flèche, le javelot, Periamma.
&c. C'est cuire la matière de PERICLYMENUM.
l'oeuvre avec le feu philoso- Chèvrefeuille.
phique, appelé lance, ja- PERICLYMENE, fils
velot, &c. de Nélée, & frère de Nes-
PERCIPIOLUM. Re- tor. Neptune lui donna le
mède spécifique pour quel- pouvoir de prendre toutes
que maladie. Blanchard. sortes de formes, pour se
Planiscampi. soustraire aux poursuites de
PERCOLATION. ses ennemis. Hercule ne s'y
Vieux mot qui signifie filtra- laissa pas surprendre; & dans
tion, pour clarifier une li- le temps que Periclymene,
queur trouble & limoneuse, après avoir blessé Hercule,
en la faisant passer tout dou- s'envolait sous la forme d'ai-
cement à travers un papier gle, Alcide lui décocha une
de trace, ou une étoffe ser- flèche, qui le perça, & le
rée. fit périr.
PERDICIUM. Plante PERIMEDE, fille
appelée Pariétaire. d'Eole, épousa le Fleuve
PERDONIUM. Vin Achéloüs, & en eut Hippo-
d'herbe. Planiscampi. damus & Orestée.
PERE. Pierre des Phi- PERIMINEL. Opé-
losophes, parvenue au rou- ration par laquelle on réduit
ge; ou leur soufre, appelé une matière en cendres.
Père, tant à cause qu'il fait L'autre s'appelle Adulplur,
l'office de mâle dans la gé- quand on la réduit en sable
nération de l'enfant hermé- fin. Ces deux opérations réu-
tique, que parce qu'il est le nies, se nomment Agazoph.
principe & comme le père PERIPLOCA. Espè-
de la teinture des Sages. Ils ce de convolvulus.
disent aussi que le Soleil est PERIPHETE'S. Bri-
le père, & la Lune la mère gand d'Epidaure, qui avait
de la matière de leur pierre. une massue pour armes. Thé-
Hermès, Table d'émeraude. sée en passant par ce pays,
PERIAMMA. Amu- fut attaqué par ce brigand.
lette, ou médicament qu'on Thésée le combattit, & le
dit guérir, ou du moins adou- tua. Ravi d'avoir gagné cette
cir les maladies, en le sus-* massue, il la porta toujours,
A a iij
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374 PE PE

comme Hercule porta la peau d'Acrise. Celui-ci ayant été
du lion de Némée. Voyez averti par l'Oracle que son
Thésée. petit-fils lui ôterait la vie, il
PERISTERON. Ver- fit enfermer Danaé sa fille
veine, plante que les An- dans une tour d'airain, afin
ciens appelaient sacrée. de la mettre à l'abri des pour-
PERLE des Chimistes. suites des hommes. Jupiter
Rosée du printemps, ainsi ayant été épris des charmes
nommée de ce qu'elle se réu- de Danaé, se glissa dans la
nit en gouttes qui ressem- tour sous la forme d'une pluie
blent à des perles. Quel- d'or. Danaé se laissa gagner,
ques Chimistes l'ont regar- & devint enceinte. Acrise
dée comme la véritable ma- s'étant aperçu de la grosses-
tière de l'oeuvre hermétique; se de sa fille, la fit enfermer,
& comme les Philosophes avec le fils qu'elle avait mis
disent qu'il faut deux matiè- au monde, dans un coffre de
res, l'une mâle, l'autre fe- bois, qu'il fit ensuite jeter à
melle, ils ont donné le nom la mer. Les vagues jetèrent
de mâle à la rosée d'automne ce coffre sur les bords de l'Ile
ou du mois de Septembre, de Sériphe, où régnait Po-
& celui de femelle à celle du lydecte; Dictys son frère
mois de Mai; parce, disent-* pêchait alors, & retira le
ils, que celle du printemps coffre dans son filet. Il l'ou-
participe plus du froid de vrit, y trouva Danaé & son
l'hiver qui l'a précédée, & fils encore vivants; & ayant
l'autre de la chaleur & du appris leur histoire, il les
chaud de l'été. mena au Palais, où Poly-
PERO, fille de Nélée decte les traita avec toutes
& de Chloris, fut courtisée sortes d'humanité. Ce Roi ne
de beaucoup d'Amans. Né- tarda pas à sentir les impres-
lée déclara qu'il ne la don- sions des appas de Danaé,
nerait en mariage qu'à celui & la sollicita avec toutes les
qui enlèverait les boeufs instances possibles à satisfaire
d'Hercule, & les lui amène- ses désirs amoureux. Danaé
rait, Bias fils d'Amythaon, fut toujours rebelle; & Po-
l'entreprit, & y réussit, aidé lydecte n'osant employer la
de son frère Mélampe. Bias force à cause de Persée, qui
épousa Péro. était toujours avec sa mère,
PERSE'E, fils de Ju- il envoya ce jeune homme
piter & de Danaé, petit-fils pour combattre Méduse, &
@

PE PH 375

lui en apporter la tête. Per- lydecte la vertu de la tête
sée se mit en devoir d'exé- de Méduse, & le convertit
cuter cette entreprise péril- en rocher. Persée fut ensuite
leuse, & obtint pour cet ef- à Larisse, où il trouva Acrise
fet le bouclier de Minerve, son aïeul; & y ayant insti-
avec un miroir, les talon- tué des jeux & des réjouis-
nières ailées de Mercure, & sances publiques pour mar-
un cimeterre dont ce Dieu quer la joie qu'il avait de
lui fit aussi présent; Pluton revoir ce pays, il jeta mal-
lui donna un casque & un heureusement son palet sur
sac. Avec tout cet attirail, Acrise, qui périt de la bles-
Persée allait, dit Hésiode, sure. Persée mourut enfin,
aussi vite que le vent, & vo- & fut placé dans la constel-
lait aussi légèrement que la lation qui porte son nom.
pensée. Il parvint aux Gor- Voyez l'explication des cir-
gones, & d'un coup de ci- constances de la vie de ce
meterre il coupa la tête à Héros dans les Fables Egyp-
Méduse, & la présenta à tiennes & Grecques dévoi-
Minerve, qui lui avait guidé lées, Liv. 3. ch. 14. §. 3.
le bras. Du sang sorti de la PERSEPHONE. Voyez
plaie naquit Pégase, sur le- Proserpine.
quel Persée monta; & vo- PETIGO. Plante ap-
lant à travers la vaste éten- pelée Hépatique des bois.
due des airs, il eut occasion PEUCE'. Arbre nommé.
d'éprouver la vertu de la tête Pin.
de Méduse avant son retour PEUPLIER. Arbre
vers Polydecte. Andromede consacré à Hercule, parce
avait été exposée, attachée qu'il en cueillit quelques
à un rocher sur le bord de branches, en allant aux En-
la mer, pour être dévorée fers pour délivrer Thésée.
par un monstre marin. Per- Voyez les Fables Egypt. &
sée qui l'aperçut, présenta Grecques dévoilées, Liv. 5.
la tête de Méduse au mons- ch. 22.
tre, le tua, délivra Andro- PHACE'. Lentille, es-
mede, & l'épousa. Ce Hé- pèce de légume.
ros passa de là en Maurita- PHAEDRE. Voyez
nie, où il changea Atlas en Phedre.
cette montagne qui porte PHAE'TON, fils du
encore son nom. Arrivé à Soleil & de la Nymphe Cly-
Sériphe, il fit éprouver à Po-* mene, s'étant offensé de ce
A a iv
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376 PH PH

qu'Epaphe fils de Jupiter lui PHAE'TUSE, l'une
reprochait qu'il n'était pas des filles d'Apollon & de
fils du Soleil, Clymene lui Clymene, soeur de Phaëton.
conseilla, pour le prouver, Lampétie son autre soeur,
d'aller trouver le Soleil, & avec Phaëtide, pleurèrent si
de lui demander la permis- amèrement le malheureux
sion de conduire son char sort de leur frère, que les
un jour seulement. Il fut donc Dieux touchés de compas-
trouver le Soleil, & lui fit sion, les convertirent en peu-
tant d'instances pour l'en- pliers.
gager à lui promettre de lui PHAGEDENA. Ulcère
accorder une grâce qu'il vou- rongeant; ce qui a fait ap-
lait lui demander, que le peler Phagedenica les on-
Soleil lui jura par le Styx de guents propres à ronger les
ne pas la lui refuser. Phaë- chairs superflues.
ton s'expliqua, & le Soleil PHALLUS. Représen-
lui accorda la conduite de tations des parties du corps
son char, après avoir fait son d'Osiris, qu'Isis ne put trou-
possible pour le détourner ver. Voyez Osiris. On
de cette folle entreprise, & portait cette représentation
lui avoir donné toutes les dans les solennités instituées
instructions nécessaires pour en leur honneur, & parmi
éviter le péril qui le mena- les Grecs dans celles de Bac-
çait. A peine Phaëton eût-* chus. Voyez Orgies, &
il pris les rênes, que les che- les Fables Egyptiennes &
vaux du Soleil sentant une Grecques dévoilées, Liv. 1.
main moins propre à les & 4. ch. 1.
conduire, coururent à leur PHANLEC. Fer ap-
fantaisie, & ne prenant pas pelé Mars.
le chemin ordinaire, ils s'ap- PHASIS. Fleuve de la
prochèrent trop de la terre. Colchide, dans lequel pas-
Cérès craignant un embra- sèrent les Argonautes. Voy.
sement total, porta ses plain- le chap. 1. du Liv. 2. des
tes à Jupiter, qui foudroya Fables Egyptiennes & Grec-
aussitôt Phaëton, & le pré- ques.
cipita dans le fleuve Eridan. PHE'BUS. Voy. Apol-
Voyez l'explication de cette lon.
Fable dans les Fables Egyp- PHEDRE. Fille de Mi-
tiennes & Grecques dévoi- nos, & femme de Thésée,
lées, Liv. 3. devint éperdument amou-
@

PH PH 377

reuse de son fils Hippolyte. Phenix, fils d'Amin-
Ne pouvant le faire consen- tor, fut maudit par son père
tir à la passion, elle l'accusa pour avoir eu commerce avec
auprès de Thésée d'avoir une de ses concubines, à la
voulu attenter à son hon- persuasion de sa mère. Phé-
neur. Thésée ayant ajouté nix se retira chez Pelée père
foi trop imprudemment, d'Achille, & devint le Men-
chassa Hippolyte de sa mai- tor de ce dernier. Il l'accom-
son, & pria Neptune son pagna à la guerre de Troie,
père de le venger de l'affront & y commandait les Dolo-
que ce fils avait voulu lui pes. Il devint enfin aveugle,
faire. Hippolyte se retirait comme le dit Homère au
sur son char, lorsqu'un mons- prem. livre de l'Iliade. Voy.
tre marin fit peur à ses che- les Fables Egypt. & Grec-
vaux, qui prirent le mors aux ques, liv. 6.
dents, brisèrent le char à tra- PHEREPHATA. Nom
vers les rochers, & firent de Proserpine. Voyez ce
périr Hippolyte. Phédre re- qu'il signifie, liv. 4. chap. 3.
connut sa faute, & se pendit des Fables Egypt. & Grec-
de désespoir. Voyez les Fa- ques dévoilées.
bles Egypt. & Grecques PHERES, fils de Jason
Liv. 5. ch. 22. & de Médée, fut égorgé par
PHELLODRIS & sa mère, pour se venger de
PHELLOS. Liège. ce que Jason l'avait aban-
PHENIX. Oiseau fa- donnée pour en épouser une
buleux consacré au Soleil. autre.
Les Egyptiens feignaient que PHILADELPHUS.
cet oiseau était rouge, qu'il Apparine, glouteron.
était unique dans le monde, PHILANTHROPOS.
& que tous les cent ans il Voyez Philadelphus.
venait dans la ville du So- PHILETO. Une des
leil, où il se fabriquait un Hyades. Voyez Hyades.
tombeau d'aromates, y met- PHILOCTETE. Fils
tait le feu, & renaissait de de Poean, était si intime ami
ses cendres. Le phénix n'est d'Hercule, que ce héros en
autre que le soufre rouge des mourant sur le Mont Oeta,
Philosophes. Voyez les Fa- lui fit présent de son arc &
bles Egypt. & Grecques dé- de ses flèches, teintes du sang
voilées, Liv. 6. ch. 5. fata- de l'hydre de Lerne, après
lité première. l'avoir obligé par serment de
@

378 PI PH

ne révéler à personne le lieu la prise de cette ville, Ma-
de sa sépulture, ni l'endroit chaon, fils d'Esculape, &
où il aurait déposé ses flè- Médecin célèbre, guérit Phi-
ches. L'Oracle consulté sur loctete avec la rouille de la
l'événement de l'entreprise lance d'Achille. Voyez l'ex-
du siège de Troie, ayant plication de toutes ces cir-
déclaré que cette ville ne constances dans les Fables
pouvait être prise sans qu'on Egypt. & Grecques dévoi-
fit usage des flèches d'Her- lées, liv. 6. fatal. 2.
cule, les Grecs découvri- PHILOSOPHE. Ama-
rent que Philoctete en était teur de la sagesse, qui est ins-
le dépositaire. Il était ami truit des secrètes opérations
des Troyens; par consé- de la Nature, & qui imite
quent difficile de le détermi- ses procédés pour parvenir à
ner à fournir quelque chose produire des choses plus par-
à leur désavantage. Ulysse faites que celles de la Na-
fut choisi pour l'y engager, ture même. Le nom de Phi-
& il y réussit. Philoctete ne losophe a été donné de tout
voulant pas violer son ser- temps à ceux qui sont véri-
ment, montra seulement du tablement instruits des pro-
pied le lieu où étaient ces cédés du grand oeuvre, qu'on
flèches. Ulysse l'engagea appelle aussi Science, & Phi-
même à se joindre aux Grecs; losophie hermétique, parce
mais en chemin faisant Phi- qu'on regarde Hermès Tris-
loctete laissa malheureuse- mégiste comme le premier
ment tomber une de ces flè- qui s'y soit rendu célèbre.
ches sur son pied, & la bles- Ils prétendent qu'eux seuls
sure forma un ulcère si puant, méritent à juste titre ce nom
que les Grecs, par le conseil respectable, parce qu'ils se
d'Ulysse, abandonnèrent Phi- vantent d'être les seuls qui
loctete dans l'Ile de Lem- connaissent à fond la nature,
nos. Les Grecs voyant qu'ils & que par cette connaissan-
ne pouvaient réussir à pren- ce ils parviennent à celle du
dre Troie sans les flèches Créateur, auquel ils rendent
dont Philoctete était dépo- leurs devoirs & leurs hom-
sitaire, députèrent de nou- mages avec beaucoup d'at-
veau Ulysse, qui l'amena au tention, d'amour & de res-
siège de la ville. Dès que pect. Ils disent que cet amour
Philoctete fut arrivé, il com- est le premier pas qui conduit
battit Pâris, & le tua. Après à la sagesse, & le recom-
@

PH PH 379

mandent sans cesse à leurs mercure philosophique, par-
disciples, qu'ils nomment ce que c'est par son moyen
enfants de la Science. Voyez qu'on sépare le pur de l'im-
le Discours préliminaire, & pur. Le Philtre est aussi l'A-
le Traité hermétique à la tête zot des Sages, qui blanchit
du premier volume des Fa- le laton ou le corps immon-
bles Egypt. & Grecques dé- de, & le dépouille de ses
voilées. impuretés.
Cette Philosophie Egyp- PHILTRER. Voyez
tienne est la source des Fa- Philtre.
bles, & l'origine des Dieux PHINE'E, fils de Phé-
physiques & astronomiques nix, Roi de Salmidesse, fut
qui sont expliqués dans le puni d'aveuglement par les
Traité que je viens de citer. Dieux, pour avoir fait cre-
PHILOSOPHIE. Voyez ver les yeux à ses enfants.
Philosophe. Ils le firent aussi tourmenter
PHILTRATION. Ac- par les Harpyes, qui enle-
tion par laquelle on purifie, vaient ou gâtaient les vian-
on clarifie une liqueur, en des qu'on lui servait, Calaïs
en séparant le subtil de l'é- & Zethus le délivrèrent de
pais, le terrestre & le gros- ces monstres, lorsqu'ils pas-
sier du liquide, les fèces de sèrent chez lui en allant à la
la liqueur. Elle se fait en fai- conquête de la Toison d'or.
sant passer une liqueur à tra- Phinée, par reconnaissance,
vers un linge, un morceau enseigna aux Argonautes la
d'étoffe, ou du papier sans route qu'ils devaient tenir,
colle. pour arriver heureusement
PHILTRE. En Chimie dans la Colchide, & pour
vulgaire, c'est un morceau s'en retourner dans leur pa-
d'étoffe ou de feutre, coupé trie. Voyez tout cela expli-
& cousu en forme de cône qué chimiquement dans les
creux & renversé, dans le- Fables Egyptiennes & Grec-
quel on met une liqueur, ques dévoilées, liv. 2. ch. 1.
pour la faire passer à travers, PHIOLE PHILO-
afin de la clarifier. On le SOPHALE. C'est quel-
fait aussi avec du papier gris, quefois le fourneau des Sa-
ou du papier sans colle adap- ges, plus communément le
té dans un entonnoir. Mais vase de terre, ou l'oeuf phi-
en termes de Chimie her- losophal.
métique, Philtre signifie PHIONITIE. Inimi-
@

380 PH PH

tié naturelle, ou antipathie avoir toujours un rocher sus-
d'un animal ou d'un mixte pendu sur sa tête. Virgile
contre un autre, telle que nous le donne pour le Pré-
celle des chats contre les dicateur des Enfers.
souris, des araignées contre .... Plegyas miserrimus
les crapauds, des cigognes omnes
contre les grenouilles, d'un Admonet, & magnâ testatur
chien enragé contre l'eau, voce per umbras,
d'un pôle de l'aimant contre Discite justitiam moniti &
l'autre. Les Philosophes di- non temnere Divos.
sent que leur Dragon a de la Aeneid. lib. VI.
phionitie contre l'eau, &
qu'il faut le forcer à en boire Inutile sermon, fait à des
& à s'y laver, pour le dé- gens qui ne peuvent plus en
pouiller de son écaille vieille profiter.
& impure. Philal. Rull. L'histoire de Phlegyas n'est
PHISON. Soufre des qu'une allégorie que l'on
Philosophes ou magistère au trouve expliquée dans les
rouge. Fables Egypt. & Grecques
PHLE'GE'TON. L'un dévoilées, liv. 3. ch. 12. &
des fleuves de l'Empire té- liv. 5. ch. 22.
nébreux de Pluton. Voyez PHLOGIUM. Espèce de
Enfer. violettes, ainsi nommées de
PHLEGME. Eau ou va- ce qu'on voit sur leurs fleurs
peur qui s'élève de la ma- quelques traits de couleur de
tière de l'oeuvre, & qui en feu.
se cohobant d'elle-même, PHLOGISTIQUE.
la blanchit. C'est pourquoi (Chimie.) Feu fixé & de-
quelques Philosophes ont venu principe des corps.
donné le nom de phlegme C'est la matière inflamma-
au mercure, & à la pierre ble, ou soufre principe. Le
parvenue à la blancheur. phlogistique dans les métaux
PHLEGYAS, fils de fait l'union de leurs parties,
Mars, & père d'Ixion & de puisqu'ils se convertissent en
la Nymphe Coronis, ayant chaux dès qu'ils en sont pri-
appris que sa fille avait eu vés, & qu'on les réduit en-
commerce avec Apollon, il suite à leur premier état en
insulta ce Dieu qui le fit périr y ajoutant de nouveau phlo-
à coups de flèches. Il fut con- gistique. De cette quantité de
damné dans le Tartare à phlogistique plus ou moins
@

PH PH 381

grande ou du degré de co- buerait une plus grande va-
hésion des principes des mé- leur au fer qu'à l'argent, ou
taux, l'on peut réduire leur au cuivre, puisqu'il résiste
valeur relative indépendante bien plus à la fusion que ces
de celle que l'opinion leur deux métaux. L'excès de
attribue; car plus ces subs- phlogistique produit dans les
tances résistent au feu, plus métaux le même effet que
elles ont de solidité, plus son défaut. Ils rendent l'un
leur poli est éclatant. C'est & l'autre les matières miné-
donc de cette résistance que rales dures & intraitables au
dépend le prix des métaux, feu.
& non de leur rareté ou de Le phlogistique se trouve
leur abondance. Aussi l'or dans tous les individus de la
que le feu ne peut dompter, Nature. Dans l'animal ce
& qui paraît avoir le moins phlogistique abonde dans les
de phlogistique qu'il est pos- parties graineuses ou huileu-
sible pour l'union de ses par- ses & qui sont les plus suscep-
ties, est-il regardé comme le tibles d'inflammation. M.
premier des métaux. L'ar- Wipacher (Dissertation im-
gent que le feu ne pénètre primée parmi les Elémens
qu'avec la plus grande diffi- de Chymie de Boerhave) re-
culté, à moins qu'on n'y garde les esprits animaux
ajoute du plomb, du borax, comme une matière ignée,
ou quelque sel alcali, suc- à laquelle il donne le nom
cède immédiatement à l'or. de Phlogistique automate.
Viennent ensuite le cuivre, Ce feu a été connu des an-
le fer, l'étain, le plomb, le ciens comme des modernes,
bismuth & le zinc. Au reste particulièrement des Philo-
par cette résistance, il ne faut sophes Hermétiques, qui en
pas entendre celle que ces ont presque toujours parlé
métaux opposent à leur fu- par allégories & par méta-
sion, mais la constance avec phores, & lui ont presque
laquelle ils persistent dans toujours donné les noms des
leur état de fusion, avec le divers feux employés dans
plus ou moins d'évaporation les opérations de la Chimie
& de déchet; ou, si l'on vulgaire. Voyez à cet égard
veut, la difficulté plus ou le traité de Physique géné-
moins grande qu'ils ont à se rale, à la tête des Fables
convertir en chaux ou en Egypt. & Grecques dévoi-
scories: sans cela on attri-* lées.
@

382 PH PH

PHOEBUS. Surnom d'A- Phryxus aborda heureuse-
pollon. Voyez son article. ment en Colchide, où il
PHOENIX. Voyez Phé- consacra son mouton à Ju-
nix. piter, d'autres disent à Mer-
Phoenix est aussi un des cure, d'autres à Mars. C'est
noms du palmier qui porte la toison de ce mouton qu'on
des dattes. appela dans la suite la Toi-
PHORBAS, Chef des son d'or, pour la conquête
Phlégiens, tuait & massa- de laquelle Jason & les au-
crait tous ceux qui lui tom- tres Argonautes s'exposèrent
baient sous la main. Apollon à tant de dangers. Voyez les
le vainquit & le fit mourir. Fables Egypt. & Grecques
PHORCYS, fils de dévoilées, liv. 2. chap. 1. &
Neptune & de la Terre, de- liv. 4. chap. 9.
vint père des Gorgones, PHTA. Dieu des Egyp-
Stheno, Euryale & Méduse. tiens, le même que Vulcain.
V. Gorgones. PHTARTICUM. Mé-
PHORGIS. V. Phor- dicament propre à corrom-
cys. pre les chairs & à les faire
PHOSPHORE ou Porte-* venir à suppuration.
lumière, est un des noms que PHTEIROCTONON.
les Philosophes ont donné Staphys agria ou Herbe aux
au petit cercle blanc qui se poux.
forme sur la matière de l'oeu- PHTHORA. Le même
vre quand elle commence à que Staphys agria.
blanchir. Ils l'ont ainsi ap- PHTHIRION. Herbe
pelé, parce qu'il annonce la aux poux.
blancheur qu'ils ont nommée PHU ou PHY. Valé-
lumière. riane.
PHRYXUS, fils d'Atha- PHYLLIRE. Nymphe
mas & de Néphélé, voulant aimée de Saturne, de la-
se soustraire avec Hellé sa quelle il eut le Centaure
soeur, aux embûches que Chiron. Voyez Chiron.
leur tendait Ino leur belle-* PHILLYTIS. Espèce de
mère, prirent le parti de se scolopendre.
sauver en Colchide, & mon- PHYLLUM. Mercuriale.
tés l'un & l'autre sur un mou- Blanchard.
ton, ils s'exposèrent aux va- PHYSALIS. Fleurs de
gues de la mer. Hellé épou- lupin.
vantée, tomba & se noya. PHYSALOS. Crapaud.
@

PH PI PI 383

PHYTEUMA est une Saturne fut obligé de la vo-
espèce de plante de la classe mir.
des linaires. Blanchard. Cette pierre devint très
PIED. Couper les pieds célèbre dans l'Antiquité: les
à Mercure; expressions qui Latins, suivant Priscien le
veulent dire, fixer sa volati- Grammairien, la nommaient
lité. Les Philosophes ont sou- Abadir; & les Grecs, si nous
vent employé ces expres- en croyons Hésychius, Bae-
sions, & Abraham Juif a tylos. On les croyait ani-
représenté hiéroglyphique- mées, & on les consultait
ment dans sa première figure comme les Théraphims. Ces
un Vieillard ailé, la bouche pierres étaient rondes &
béante, & une faux à la d'une médiocre grandeur.
main, qui paraît en action Isidore, ainsi qu'on le voit
pour couper les jambes à un dans sa Vie écrite par Da-
jeune homme sous la figure mascius, disait qu'il y avait
de Mercure. des Baetyles de différentes
PIERIE. Contrée de la sortes, que les uns étaient
Macédoine, où les Muses consacrés à Saturne, d'autres
habitaient; ce qui leur fit à Jupiter ou au Soleil, &c.
donner le nom de Pierides. Voyez Saturne.
PIERRE se dit, en ter- Pierre PHILOSO-
mes de Science Hermétique, PHALE. Résultat de l'oeu-
de tout ce qui est fixe, & ne vre Hermétique, que les
s'évapore point au feu. Philosophes appellent aussi
Pierre que Saturne Poudre de projection. On
avala, & rendit ensuite, ne regarde la pierre philoso-
signifie autre chose que la phale comme une chimère
matière fixe de l'oeuvre qui pure, & les gens qui la cher-
se trouve dissoute & con- chent sont regardés comme
fondue avec la volatile pen- des fous. Ce mépris, disent
dant la putréfaction appelée les Philosophes Herméti-
Saturne. Il la vomit, dit la ques, est un effet du juste
Fable, & elle fut déposée jugement de Dieu, qui ne
sur le mont Hélicon; parce permet pas qu'un secret si
qu'après la putréfaction & la précieux soit connu des mé-
dissolution, cette matière vo- chants & des ignorants. Les
latilisée se fixe de nouveau, plus célèbres & les plus sa-
& redevient pierre; c'est vants Chimistes modernes
pourquoi la Fable dit que non seulement ne regardent
@

384 PI PI

pas la pierre philosophale res. La pierre du premier
comme une chimère, mais ordre est la matière des Phi-
comme une chose réelle. losophes parfaitement puri-
Becher, Stalh & nombre fiée & réduite en pure subs-
d'autres l'ont défendue & tance mercurielle. La pierre
soutenue contre les assauts du second ordre est la même
répétés de l'ignorance, & matière cuite, digérée &
des gens qui pour l'ordinaire fixée en soufre incombusti-
s'élèvent contr'elle sans en ble. La pierre enfin du troi-
connaître autre chose que le sième ordre, est cette même
nom. Voyez le Discours matière fermentée, multi-
préliminaire du Traité des pliée & poussée à la dernière
Fables Egypt. & Grecques perfection de teinture fixe,
dévoilées. V. Alchimie. permanente, & tingeante.
Pierre ADIZ. Sel ar- Triomphe Hermétique.
moniac des Sages. Pierre ATTICOS.
Pierre ANIMALE. V. Pierre Borique.
Sang humain. On a aussi Pierre BE'NITE. Voyez
donné ce nom aux différen- Pierre Parfaite.
tes espèces de Bézoards. Pierre BORIQUE. La-
Pierre ARABIQUE. pis Borricus. Nom que les
Rulland prétend que c'est le Sages ont donné à leur ma-
Talc, qu'on appelle aussi tière au blanc. D'autres l'ont
Pierre spéculaire, Pierre à appelée Pierre Atticos. Pan-
la Lune, Glace de Marie. dulphe, Discours 21. dans
Voyez Pline, liv. 36. c. 22. la Tourbe; & Lucas, Disc.
Pierre. Les Sages ont 22. l'ont nommée Aiar.
donné ce nom à leur matière Pierre D'ARGENT.
dans bien des circonstances Mercure des Philosophes
où elle se trouve, selon son après qu'il a été animé; c'est-*
plus ou moins de cuisson & à-dire, qu'il a reçu son âme
de perfection. Philalèthe dit & son esprit; ce qui se fait
dans son Traité de verâ Con- quand la matière parvient à
fectione lapidis Philosophi- la blancheur.
ci, que les termes de pierre, Pierre DE BACCHUS
pierre unique, ne signifient ou DE DENYS, est une
que la matière des Sages pierre dure, noire & mar-
poussée au blanc par la cuis- quée assez souvent de taches
son philosophique. rouges. Pline, Solinus &
Il y a trois sortes de pier-* Albert disent qu'étant broyée
&
@

PI PI 385

& infusée dans l'eau, elle lui l'oeuvre parvenue à la cou-
donne l'odeur & le goût du leur safranée.
vin, & qu'elle empêche Pierre FAMEUSE, en
l'ivresse ou la guérit. C'est termes de Chimie, n'est
de là qu'elle a pris son nom. autre que le sel d'urine.
Pierre DE CHE'RUBIM. Pierre DE CHAUX se
Soufre des Sages. dit aussi, en termes de Chi-
Pierre D'HIRONDEL- mie, des scories du cuivre.
LE. Lapis Chelidonis. Petites Rullandus.
pierres de la grosseur & de Pierre (la grande). C'est
la forme d'une graine de la pierre philosophale.
lin. Dioscoride dit qu'on les Pierre DORE'E se dit
trouve dans le ventricule des de l'urine même, en termes
petites hirondelles, quand la de Chimie. Rull.
Lune est au croissant. On en Pierre DE MONTAGNE.
trouve ordinairement deux C'est la Tortue, & le Rebis
différentes en couleurs. Pline des Alchimistes.
dit qu'elles sont rouges & Pierre ET NON PIER-
mêlées de taches noires d'un RE. Les Philosophes Her-
côté, & de l'autre toutes métiques ont donné ce nom
noires. Les Anciens leur at- à leur magistère parfait, &
tribuaient de grandes pro- non à la matière dont ils le
priétés, mais qui ressentent font, comme quelques Chi-
un peu la fable. mistes le pensent mal à pro-
Pierre DE LA LUNE. pos. Ils ne l'ont point appelé
C'est le Talc, si nous en pierre, de ce qu'il ait aucune
croyons Avicenne qui en ressemblance aux pierres,
traite fort au long. Mais la mais parce qu'il résiste aux
pierre de la Lune des phi- atteintes du feu le plus vio-
losophes est la matière de lent, comme les pierres.
l'oeuvre parvenue au blanc. C'est une poudre impalpa-
Pierre D'HE'PHES- ble très fixe, pesante & de
TION. Pyrites. bonne odeur, ce qui l'a fait
Pierre DE MEDE'E. nommer poudre de projec-
C'est l'Hématite noire de tion, & non pierre de pro-
Pline, qui en parle dans le jection.
10e chapitre de son 37e li- Pierre DE TOUTES
vre. COULEURS. Quelques
Pierre ETHESIENNE. Chimistes ont donné ce
Topaze, ou la matière de nom au verre. Manget.
B b
@

386 PI PI

Pierre E'TOILE'E. de se servir du sang humain
Soufre des Philosophes. ni d'aucun animal, pour faire
Pierre INDIENNE. Ma- l'oeuvre; & il assure claire-
gistère au rouge. ment qu'il ne parle dans cette
Pierre INDRADEME, circonstance que par allégo-
PIERRE LAZUL. Voyez rie. La pierre est vile, & doit
Pierre Indienne. être faite avec la semence des
Pierre LUNAIRE. Ma- métaux; mais elle est pré-
gistère au blanc. cieuse par ses effets admira-
Pierre MINE'RALE. bles sur les infirmités des trois
Mercure des Sages après la règnes de la Nature.
conjonction de l'esprit & du Pierre SOLAIRE. Sou-
corps, c'est-à-dire, lorsque fre rouge, ou magistère au
la matière commence à se rouge. Ces soufres sont une
fixer. production de l'Art, & non
Pierre PRE'DITE. Ma- de la Nature; en vain les
gistère au blanc. Chimistes les cherchent-ils
Pierre PARFAITE. sur ou dans la terre, comme
Elixir au rouge. une chose qu'elle produit.
Pierre RONDE. Ma- Elle donne seulement la ma-
tière parvenue à la blan- tière dont on les fait, com-
cheur. me elle donne le grain dont
Pierre ROUGE. Soufre on fait le pain.
des Philosophes. Pierre VERTE. Matière
Pierre SANGUINAIRE. des Philosophes en putré-
Eau sèche des Philosophes, faction. Elle est appelée
qui change les corps en es- verte, parce qu'elle est en-
prits. Elle est la vertu du core crue, & n'a pas acquis
sang spirituel, sans lequel on par la digestion le degré de
ne peut rien faire. Artéphius. sécheresse & de perfection
Flamel en parle aussi à l'oc- qu'il lui faut.
casion de sa figure hiérogly- Pierre UNIQUE. C'est
phique, où il représente des l'élixir parfait, qui est uni-
enfants que des soldats égor- que, parce qu'il n'y a point
gent, & desquels ils mettent de mixte dans le monde qui
le sang dans un baquet où lui soit comparable pour ses
le Soleil & la Lune viennent propriétés.
se baigner. Il dit à ce sujet, Pierre qui naît sagement
que ce serait une chose impie en l'air. C'est la matière de
& tout-à-fait déraisonnable l'oeuvre, dont Hermès a dit,
@

PI PI 387

le vent, ou l'air, l'a portée fre des Sages, leur minière
dans son ventre. Elle naît de feu céleste.
dans la sublimation; car s'il Pierre DE PARADIS.
n'y avait pas d'air dans le Poudre de projection, le mi-
vase, la volatilisation ne racle de l'Art & de la Natu-
pourrait se faire, & le vais- re. Quelques-uns ont donné
seau risquerait de se briser. ce nom au mercure des Phi-
Elle y renaît même plusieurs losophes.
fois, parce que le fixe doit Pierre ANIMALE, VE'-
être volatilisé à chaque opé- GETALE ET MINERALE.
ration, que Morien appelle C'est l'élixir parfait, com-
disposition. L'humide radi- posé de la quintessence des
cal est la base des mixtes des trois règnes. Non qu'il faille
trois règnes, & le principe pour la composer, prendre
de leur vie, parce qu'il a une chose de chaque règne;
toujours en lui le feu qui ani- mais parce qu'elle en est le
me tout. La pierre est com- principe, & qu'elle est mé-
posée de l'humide radical des decine propre à guérir leurs
métaux, comme le plus fixe; infirmités, & à les pousser
c'est pourquoi elle opère tant au degré de perfection dont
de merveilles, en fortifiant ils sont capables. Il ne faut
la nature, & en réparant ses pas confondre les termes de
pertes, ce que les aliments pierre des Philosophes avec
ne peuvent faire que très ceux de pierre Philosophale.
imparfaitement. La première doit s'entendre
Quand on dit que la pierre de la matière de l'oeuvre, &
contient toutes choses, & la seconde de l'oeuvre dans
que toutes choses sont d'elle sa perfection.
& par elle, c'est parce qu'é- Pierre DE TOUCHE,
tant l'humide radical de tout, Battus fut changé en pierre
elle en est le principe. de touche par Mercure,
Pierre CITRINE. Ou- pour avoir eu l'indiscrétion
vrage de la pierre poussé à de dire où Mercure avait mis
la couleur de topaze. les boeufs d'Admete, qu'il
Pierre PREMIERE. avait volé pendant qu'Apol-
Magistère au blanc avant la lon les gardait. V. Battus.
multiplication, c'est-à-dire, PILE'R. Voyez Cuire.
le premier soufre de l'oeuvre, PILI ZENII. Poils blancs
la Lune des Philosophes. de la queue du lièvre, Pla-
Pierre SECONDE. Sou-* niscampi.
B b ij
@

388 PI PI

PILOS. Argile. me chrysittes de l'or, argy-
PINANG. Areca. rittes de l'argent, fiderittes
PINDE. Montagne de la du fer, calcites du cuivre,
Thessalie, consacrée à Apol- molybdittes du plomb.
lon & aux Muses. Voyez PISO. Mortier.
Muses. PISSASPHALTOS. As-
PIRITHOUS, fils phalte, bitume des Indes.
d'Ixion, lia une étroite ami- PISSASPHALTUS. As-
tié avec Thésée. Il lui aida à phalte.
enlever Hélène, à condition PISSELEON. Poix.
que Thésée lui prêterait son PITYS. Arbre appelé
bras pour se procurer aussi Pin.
une femme. Les noces de PITYUSA. Esule.
Pirithoüs, qui voulait épou- PLANETES. Les Egyp-
ser Hippodamie, furent trou- tiens commencèrent les pre-
blées par les Centaures; miers à diviniser les planè-
Thésée vengea son ami. Ils tes, suivant le sentiment des
concertèrent ensuite d'aller Mythologues. Mais les Phi-
aux Enfers enlever Proser- losophes Hermétiques pré-
pine femme de Pluton. Ce tendent que les Prêtres d'E-
Dieu se saisit d'eux, & les gypte ne parlaient que par
fit lier dans l'endroit même allégories, quand ils don-
où il les avait fait arrêter. naient les planètes pour des
Hercule ayant été envoyé Divinités, sous les noms d'I-
par Eurysthée pour enlever sis pour la Lune, d'Osiris
le chien Cerbère, rencontra pour le Soleil, de Jupiter
son ami Thésée, & le délivra pour l'astre qui porte ce
de sa captivité; il y laissa Pi- nom, & ainsi des autres,
rithoüs, parce qu'il ne put comme on peut le voir dans
obtenir sa liberté de Pluton. les Fables Egyptiennes &
Voyez les Fables Egypt. & Grecques dévoilées. L'objet
Grecques dévoilées, liv. 5. d'Hermès Trismégiste était
ch. 22. On écrit aussi Py- de voiler sous une allégorie,
rithoüs. l'oeuvre qu'on appelle Her-
PIRRITTES ou PYRI- métique, sa matière & ses
TES. On donne ce nom à procédés. Il imagina un rap-
toutes sortes de marcassites, port des métaux avec les sept
qu'on distingue en particu- planètes, & leur donna les
lier par le nom du métal mêmes noms qui leur sont
qu'elles contiennent: com-* demeurés jusqu'à nos jours.
@

PI PL 389

C'est pourquoi les planètes corder les Philosophes dans
des Chimistes sont les mé- les contradictions apparentes
taux vulgaires, & les planè- qu'on trouve dans leurs ou-
tes des Philosophes sont les vrages, quand ils parlent du
métaux philosophiques. La temps requis pour la perfec-
matière parvenue à la cou- tion de l'oeuvre. V. Temps.
leur noire par la putréfac- PLATYOPHTAL-
tion est leur Saturne ou leur MON. Antimoine.
plomb, la couleur grise qui PLECMUM. Plomb.
succède à la noire est leur PLEIADES, filles d'At-
Jupiter ou leur étain, la cou- las & de la Nymphe Pleione,
leur blanche est leur Lune au nombre de sept. Orion
ou argent, la couleur safra- les poursuivit pendant cinq
née est leur Vénus ou leur ans sans pouvoir se concilier
cuivre, de même que la cou- leurs bonnes grâces, ni ob-
leur verte; la couleur de tenir d'elles aucune faveur.
rouille de fer est leur Mars Elles prièrent les Dieux de
ou leur fer, & la couleur les garantir de ses poursuites,
rouge-pourprée est leur So- & elles furent transportées
leil ou leur or. Cette succes- au Ciel. Quelques-uns di-
sion de couleurs forme leur sent qu'elles furent nourrices
Zodiaque, & leurs saisons. de Bacchus, & qu'elles se
Comme ces couleurs doi- nommaient Electre, Alcyo-
vent paraître successivement ne, Céléno, Maïa, Astéro-
& toujours dans le même pe, Taygete & Mérope.
ordre pour chaque opéra- Cette dernière seule de la
tion, qui se répètent trois constellation qu'elles for-
fois pour la perfection de ment, ne paraît plus. Les
l'oeuvre, sans y comprendre Poètes feignent que honteuse
la multiplication, savoir la d'avoir épousé un mortel,
fabrique du soufre, celle de elle disparut. D'autres disent
la pierre & celle de l'élixir, que c'est Electre, qui se ca-
les Philosophes disent com- cha le visage avec les mains
munément qu'il faut trois ans pour ne pas voir la ruine de
pour achever l'oeuvre. Ceux Troie, & du Royaume
qui y comprennent la mul- qu'elle avait fondé avec
tiplication, comptent les an- Dardanus son époux. Ces
nées par le nombre de fois sept étoiles paraissent à la
qu'ils réitèrent chaque opé- tête du Taureau, deux aux
ration. Voilà le moyen d'ac-* cornes, deux aux yeux, deux
B b iij
@

390 PL PL

aux narines, & la septième, turne, ils abandonneraient
beaucoup plus obscure, au toute autre matière pour ne
milieu du front. Elles com- travailler que sur celle-là.
mencent à se manifester vers Riplée dit au contraire que
le milieu du mois de Mai. de quelle manière qu'on tra-
Voyez les Fables Egypt. & vaille le plomb, il demeu-
Grecques dévoilées, liv. 2. rera toujours plomb; & qu'il
ch. 2. & liv. 3. ch 14. §. 3. ne faut pas prendre le fils
PLEIONE, fille de l'O- dont la mère est sujette à tant
céan & de Thétis, épousa d'impuretés. Le plomb des
Atlas, dont elle eut les Pléia- Philosophes, ou leur Satur-
des. ne, est la matière de l'oeuvre
PLERES ARCHONTI- parvenue au noir pendant la
CUM. Poudre céphalique. putréfaction. Ils l'ont aussi
PLEROTIQUE (On- appelée en cet état Plomb
guent) est celui qui rétablit noir.
les chairs, & remplit les Plomb FONDU. Même
vides que les ulcères ou chose que plomb noir.
blessures ont coutume de Plomb BLANC. Matière
laisser. parvenue au blanc. Quel-
PLISTHENE, fils de ques-uns donnent ce nom au
Pélops & d'Hippodamie, mercure Hermétique.
laissa en mourant ses deux Plomb DES PHILOSO-
enfants Agamemnon & Mé- PHES. Planiscampi dit que
nélas sous la tutelle de son c'est l'antimoine, dont Pa-
frère Atrée, qui les éleva racelse distingue deux espè-
comme les siens propres. ces, l'une qu'il appelle an-
PLOMA. Bouillon blanc, timoine noir ou saturnien,
plante appelée en latin Ver- l'autre antimoine blanc ou
bascum. jovial. Artéphius dit qu'il
PLOMB. Eau de tous les faut prendre l'antimoine des
métaux, selon Paracelse. Le parties de Saturne; mais il
plomb passe pour le plus mol explique ensuite son idée,
& le plus vil des métaux. Les lorsqu'il dit qu'il appelle an-
Chimistes l'appellent Sa- timoine la matière de l'Art,
turne, & les Philosophes parce qu'elle en a les pro-
Hermétiques le Père des priétés. Il pourrait donc bien
Dieux. Paracelse dit que si se faire que Paracelse & les
les Alchimistes connais- autres qui nomment l'anti-
saient ce que contient Sa-* moine comme la matière du
@

PL PL PO 391

grand oeuvre, l'entendissent Voyez les Fables Egypt. &
dans le même sens qu'Arté- Grecques dévoilées, liv. 4.
phius. Il ne faut donc pas se ch. 3. La porte des Enfers
laisser abuser par les noms. était gardée par un chien à
Morien avertit lui-même que trois têtes qui vomissait du
rien n'a tant induit en erreur feu, & empêchait les om-
que les différents noms don- bres de sortir du Tartare
nés à la matière & aux opé- quand elles y étaient entrées.
rations. Hercule enleva ce Cerbère
PLUIES D'OR. La Fa- pour obéir à Eurysthée, &
ble fait mention de plusieurs Pluton pour s'en venger, fut
pluies d'or. Jupiter se chan- combattre Hercule pendant
gea en pluie d'or pour jouir qu'il nettoyait les étables
de Danaé renfermée dans d'Augias. Hercule blessa Plu-
une tour. Il tomba une pluie ton, qui se retira dans son
d'or dans l'île de Rhodes Empire ténébreux. Ibid. liv.
quand Minerve naquit du 5. ch. 8. Pluton fut regardé
cerveau de Jupiter. Les An- comme le Dieu des richesses,
ciens ont caché sous le voile & tous les animaux qu'on lui
de ces fables la volatilisation sacrifiait étaient noirs. Ibid.
de l'or philosophique, qui liv. 3. ch. 6.
retombe en forme de pluie PLUTUS, fils de Jason
sur la matière qui reste au & de Cérès, selon Hésiode,
fond du vase. Voyez les Fa- fut aussi honoré comme Dieu
bles Egypt. & Grecq. dé- des richesses. L'ancien Scho-
voilées, liv. 2. ch. 7. liaste d'Hésiode regarde cet-
PLUTON, fils de Sa- te généalogie comme une
turne & d'Ops, ayant par- pure allégorie, & avec rai-
tagé l'Empire du monde son, puisque Cérès & Jasion
avec Jupiter & Neptune ses sont deux personnages fabu-
frères, les Enfers lui échu- leux, comme on peut le voir
rent. Rebuté & rejeté de dans les Fables Egyptiennes
toutes les Déesses à cause de & Grecq dévoilées, liv. 4.
sa laideur & du lieu téné- ch. 2. & 3.
breux de son séjour, il fut PODALYRE ou PO-
obligé, pour avoir une épou- DALIRE, fils d'Esculape &
se, d'enlever Proserpine, fille de Machaon, excella dans la
de Cérès, & l'emmena dans Médecine, & accompagna
les Enfers sur son char traîné les Grecs au siège de Troie.
par quatre chevaux noirs. PODARCE, premier
B b iv
@

392 PO PO

nom de Priam Roi de Troie, chaque chapitre, prouvent
reçut la couronne des mains bien que ce système ne peut
d'Hercule, après que ce Hé- se soutenir, & que les Poètes
ros eut délivré Hésione ex- n'ont pu avoir l'histoire pour
posée à un monstre marin, objet. La conformité des fa-
& tué Laomedon, père de bles Grecques avec celles
Podarce. Voyez Priam, & des Egyptiens, dont elles ne
les Fables Egypt. & Grecq. sont qu'une imitation, suffi-
dévoilées, liv. 5. ch. 14. rait pour faire abandonner
POETES. Les Poètes ce système. Les Philosophes
ont inventé des personnages Hermétiques mieux instruits
& leur ont supposé des ac- ce semble du véritable objet
tions, non pas pour imagi- des fables Egyptiennes, ont
ner des fables pures & sans expliqué les Poètes Grecs
objet, comme pourraient par la Philosophie Herméti-
l'être des contes de Fées; que, c'est-à-dire Homère &
mais pour instruire, soit de Hésiode; car Homère avait
la Morale, soit de la Physi- puisé ses fables en Egypte,
que. Beaucoup de Mytholo- & les autres Poètes ont puisé
gues prétendent voir dans les leurs dans ce Prince de la
Homère & les autres An- Poésie. Hermès était l'Au-
ciens l'histoire des siècles, teur de ces fables; il était
qu'ils appellent cependant donc naturel de les expliquer
fabuleux; mais s'ils étaient par Hermès-même, ou par
de bonne foi, ils avoueraient ceux qu'il avait initiés dans
qu'il n'est pas possible de les mystères de son art. C'est
combiner les événements que pourquoi on trouve les fa-
les Poètes rapportent, de bles si souvent rappelées
manière à en faire une his- dans les ouvrages Herméti-
toire suivie. M. l'Abbé Ba- ques. Je les ai expliquées
nier après avoir recueilli tout conformément à leurs idées
ce qu'ont dit les Auteurs à dans mon Traité des Fables
cet égard, a essayé de rap- Egyptiennes & Grecques
porter toutes les fables à dévoilées: ce qui fait que je
l'histoire, & a fait trois gros renvoie le Lecteur à ces ex-
volumes pour les expliquer plications, parce que ce Dic-
conformément à ce système; tionnaire n'en est, à propre-
mais les contradictions per- ment parler, qu'une Table
pétuelles, & les anachronis- raisonnée.
mes qu'on trouve presqu'à POIDS. Tout l'art con-
@

PO PO 393

siste, selon les Philosophes, soudre & à coaguler, à vo-
dans les poids & proportions latiliser & à fixer.
des matières. Qu'on ne s'a- Les Philosophes ont aussi
lambique pas l'esprit pour appelé Poids, le procédé
trouver ces poids. Je leur ré- requis dans les opérations.
ponds, dit Trévisan, qu'aux Voyez Disposition.
lieux de la minière, il n'y a POIL HUMAIN. Quel-
nul poids; car poids est quand ques Philosophes ont donné
il y a deux choses. Mais ce nom à leur mercure dis-
quand il n'y a qu'une subs- solvant, ce qui a fait penser
tance, il n'y a point de re- à quelques Artistes que les
gard au poids; mais le poids cheveux & le poil humain
est au regard du soufre qui étaient la matière de l'oeu-
est au mercure: car l'élément vre. Ils n'avaient pas lu sans
du feu qui ne domine point doute le Traité de la Philo-
au mercure cru, est celui sophie des Métaux de Tré-
qui digère la matière. Et pour visan, qui nomme les che-
ce, qui est bon Philosophe, veux & le poil au nombre
sait combien l'élément du des choses qui sont exclues
feu est plus subtil que les de l'oeuvre, de même que
autres, & combien il peut tout ce qui peut être pris &
vaincre en chacune compo- sort des animaux.
sition tous les autres éléments. POINT. Les Philosophes
Et ainsi le poids est en la appellent point, punctum,
composition première élé- leur magistère au blanc,
mentale du mercure, & rien parce que tout l'oeuvre dé-
autre chose. Phil. des Mét. pend de là. Ils ont dit en
Il ne s'agit donc pas de conséquence: blanchissez le
peser les matières pour faire laton, & déchirez vos livres.
le mercure des Philosophes, Car lorsqu'on y est parvenu,
puisque la Nature y met elle-* on est assuré de réussir en
même les proportions requi- continuant seulement le ré-
ses. C'est dans le second & gime du feu.
le troisième oeuvre où les POISSON. Lorsque la
poids sont à observer, afin matière est parvenue à un
que le volatil puisse au com- certain degré de cuisson, il
mencement surmonter le fixe se forme sur sa superficie de
& le volatiliser, & que le fixe petites bulles qui ressemblent
puisse dominer à son tour. aux yeux des poissons. Voyez
Car tout l'art consiste à dis-* Yeux.
@

394 PO PO

POLEMONIUM. Plante chercher la tête de Méduse.
connue sous le nom de Béen Persée obéit malheureuse-
blanc. ment pour Polydecte, qui
POLIR. C'est cuire, di- sans doute en ignorait les
gérer la matière de l'oeuvre propriétés. Persée la lui pré-
pour la mener à sa perfec- senta à son retour, & Poly-
tion. decte à cette vue fut converti
POLISO. Une des Hya- en rocher. V. Persée.
des. Voyez Hyades. POLYGOPHORA.
POLLUX, fils de Jupiter Vins fumeux, ou toutes au-
& de Léda, frère de Castor, tres liqueurs qui enivrent.
d'Hélène & de Clytemnes- POLYNEURON. Plan-
tre. Pollux était frère jumeau tain.
de Clytemnestre. Les deux POLYPHARMACON.
frères se rendirent très célè- Remède bon à plusieurs ma-
bres par de grandes actions, ladies.
& accompagnèrent Jason à POLYPHE^ME. L'un
la conquête de la toison d'or. des Cyclopes, fils de Nep-
Pollux pendant ce voyage tune & de la Nymphe Thoo-
tua Amycus qui défiait les se, selon Homère, était d'une
étrangers au combat du ces- taille monstrueuse & gigan-
te. Castor ayant été tué par tesque: il n'avait qu'un oeil
Lyncée, Pollux obtint de au milieu du front, & était
Jupiter qu'il pourrait com- d'un caractère brutal, & fort
muniquer son immortalité à adonné aux femmes. Il fai-
Castor, & qu'ils vivraient & sait sa demeure dans une
mourraient alternativement. grotte des montagnes de Si-
Voyez Castor. cile, où il nourrissait beau-
POLYDECTE, Roi de coup de bestiaux. Il aimait
l'île de Sériphe, reçut dans éperdument la Nymphe Ga-
son palais Danaé & Persée lathée, & tua Acis son rival.
son fils, qu'Acrise avait ex- Ulysse ayant été jeté par la
posés aux vagues de la mer tempête sur les côtes de Si-
pour les y faire périr. Poly- cile, Polyphême dévora
decte fut épris des charmes quatre de ses compagnons.
de Danaé; mais il ne put Ulysse ayant trouvé moyen
obtenir ses faveurs. Persée de l'enivrer, lui creva l'oeil
lui parut un Argus incom- avec un tison ardent, & s'en-
mode & redoutable; pour fuit avec les autres compa-
s'en débarrasser il l'envoya gnons de ses voyages.
@

PO PO 395

POLYPODES. Petits voulurent pas se porter pour
insectes appelés Cloportes, Juges de ce différend, & en-
Porcelets. voyèrent Junon Pallas &
POLYXENE, fille de Vénus qui se la disputaient,
Priam & d'Hécube, fut ac- à Pâris pour en décider. Il
cordée à Achille par Priam. l'adjugea à Vénus, ce qui fut
Ils s'assemblèrent dans le la première cause de la guer-
temple d'Apollon pour faire re de Troie. Voyez le liv. 6.
le mariage; & Pâris, frère des Fables Egypt. & Grecq.
de Polyxene, s'étant caché dévoilées, ch. 2. & suiv.
derrière la statue d'Apollon, Hippoméne sur le conseil
décocha une flèche à Achille de Vénus, prit trois pommes
& l'atteignit au talon seul d'or, & les jeta à Athalante
endroit où il pouvait être pour l'arrêter dans sa course,
blessé. Achille mourut de la & il y réussit. V. Athalan-
blessure, & Pyrrhus son fils te. Ces pommes avaient été
vengea la mort de son père cueillies dans le jardin des
par celle de Polyxene, qu'il Hespérides, où elles crois-
sacrifia sur son tombeau. saient en abondance. Her-
Voyez Achille. cule les enleva toutes pour
POMAMBRA. Pastille, obéir à Eurysthée. Les feuil-
ou composition de plusieurs les mêmes de l'arbre qui les
choses odoriférantes, parmi produisait étaient d'or. Ces
lesquelles l'ambre se fait sen- pommes sont les mêmes que
tir particulièrement. C'est celles dont parle le Cosmo-
comme si l'on disait Pomme polite dans sa Parabole aux
d'ambre. Enfants de la Science, c'est-*
POMME D'OR. Les à-dire l'or philosophique.
fables font mention de plu- Cueillir les pommes du jar-
sieurs pommes d'or: la Dis- din des Hespérides, c'est,
corde en jeta une sur la ta- dans le style Hermétique,
ble pendant le repas des faire le soufre des Philoso-
noces de Pélée & de Thé- phes. Les jeter à Athalante,
tis; elle y avait mis une ins- c'est fixer le volatil; & l'ad-
cription: pour la plus belle. juger à Vénus, c'est finir le
Les Déesses qui se trouvaient premier oeuvre par la fixa-
à ces noces prétendirent cha- tion de la partie volatile,
cune en particulier que cette pour travailler ensuite à la
pomme leur appartenait. Les composition de la pierre, &
Dieux, Jupiter-même, ne de l'élixir représentée par le
@

396 PO PO

siège & la prise de la ville POSEIDON. Surnom de
de Troie. Neptune.
Pomme ODORIFE- POSEIDONIES. Fêtes
RANTE. V. Pomanbra. en l'honneur de Neptune.
POPULAGO. Plante POSSET. Petit-lait, que
connue sous le nom de Pas-* l'on compose en faisant bouil-
d'âne, Tussilage. Elle a été lir du lait: lorsqu'il bout, on
nommée Populago de ce que y jette de la bière qui le fait
ses feuilles sont blanches tourner. On le coule à tra-
d'un côté comme celles du vers un linge quand il est
Peuplier. tourné: ce qui est coagulé
PORCELLO. Petits in- demeure dans le linge, &
sectes appelés Cloportes. le petit-lait passe dans un
PORFILIGON. Ecaille vaisseau mis dessous pour le
de fer. recevoir. On donne ce petit-*
PORPHYRION. Un des lait dans les fièvres ardentes.
Géants qui firent la guerre Dans les fluxions de poi-
aux Dieux, voulut faire vio- trine, on fait un petit-lait
lence à Junon en présence semblable avec du vin d'Es-
de Jupiter-même. Ce Dieu pagne au lieu de bière; &
& Hercule le poursuivirent l'on en fait boire chaud une
& le firent périr. cuillerée de quart-d'heure en
PORRO NITRI. Sel quart-d'heure jusqu'à la con-
fusible. currence d'une chopine au
PORROSA. Milleper- moins.
tuis, ou Hypéricon. POT E'TROIT DES
PORTE signifie la même PHILOSOPHES. Vaisseau
chose que clef, entrée, ou qui contient la matière de
moyens d'opérer dans tout l'oeuvre.
le cours de l'oeuvre. Riplée POUDRE DE PRO-
en a fait un Traité qu'il a in- JECTION. Résultat de
titulé les douze Portes, com- l'oeuvre Hermétique, ou
me Basile Valentin a intitulé poudre qui étant projetée
le sien les douze Clefs, c'est-* sur les métaux imparfaits en
à-dire les douze opérations fusion, les transmue en or
qu'il faut faire pour parvenir ou en argent, suivant que
à la perfection de la pierre l'oeuvre a été poussée au
philosophale, ou poudre de blanc ou au rouge. Voyez
projection. Pierre Philosophale.
POSCA. Oxycrat. Blan- Poudre NOIRE, Ma-
chard.
@

PO PO 397

tière des Sages en putréfac- les demande pour ses géné-
tion. rations. La poule est la fe-
Poudre BLANCHE. melle, ou l'eau mercurielle;
Matière de l'oeuvre fixée au le coq est le soufre des Phi-
blanc. losophes. Cette poule des
Poudre DISCONTI- Sages a une chaleur natu-
NUE'E. Matière des Sages relle comme les poules vul-
lorsqu'elle est sortie de la pu- gaires; mais cette chaleur
tréfaction, & qu'elle s'élève ne suffit pas pour la géné-
avec la couleur blanche. ration du poulet, elle n'est
Mettre en poudre, c'est propre qu'à le couver; &
dissoudre l'or des Philoso- pour la génération & la fé-
phes. Flamel dit que cette condité, il faut y ajouter la
dissolution réduit cet or, ou semence ignée & chaude du
soufre, en poudre menue coq. Les deux semences réu-
comme les atomes qui vol- nies forment le germe qui se
tigent aux rayons du soleil. développe & se perfectionne
POULE. Les Philoso- lorsqu'il est couvé par la
phes recommandent de don- poule. Le feu extérieur n'est,
ner au vase Hermétique une dit Trévisan, que le garde-*
chaleur semblable à celle froidure; de même que les
d'une poule qui couve. Bien poules vulgaires ne pondent
des gens se sont imaginé guères, & ne couvent pas
qu'il fallait mesurer le degré pendant les frimas, mais
du feu extérieur & de char- seulement lorsque le prin-
bons, ou de lampe, ou tel temps amène une tempéra-
autre semblable feu élémen- ture d'air plus douce.
taire & artificiel, avec celui POULET DES SA-
d'une poule qui couve, & GES. Soufre des Philoso-
ont mis un thermomètre dans phes. L'Auteur du Diction-
le fourneau pour fixer la cha- naire Hermétique dit mal-à-*
leur au même degré; mais ils propos que le poulet des
sont dans l'erreur. Les Phi- Sages est le mercure. Le
losophes parlent dans cette poulet est ce qui est engen-
circonstance du feu intérieur dré, & non pas ce qui en-
& de la nature, comparé gendre.
avec raison à celui de la poule Poulet ayant la tête
qui couve, parce que l'une rouge, les plumes blanches,
& l'autre chaleurs sont natu- & les pieds noirs; c'est la
relles, & telles que la nature matière de l'oeuvre qui com-
@

398 PO PR PR

mence à devenir noire par la PRASIS. Vert-de-gris.
putréfaction, puis blanche à PRATUM VIRIDE.
mesure que la rosée philo- Fleurs d'airain. Planiscampi.
sophique ou l'azoth la puri- PRE'CIPITATION.
fie, enfin rouge quand elle Défaut que les Philosophes
est parfaitement fixée. Fla- reprochent à ceux qui s'en-
mel appelle en conséquence nuient de la longueur de
le vase des Philosophes l'Ha- l'oeuvre. Gardez-vous bien
bitacle du poulet. de la précipitation, car vous
Poulet D'HERMO- gâteriez tout, dit Morien.
GENE. Matière parvenue à Toute précipitation vient du
la blancheur. diable, ajoute-t-il, & sou-
POURPRE. Les fables venez-vous qu'il faut beau-
disent qu'Apollon s'habilla coup de patience; qu'on ne
de couleur de pourpre lors- doit point cueillir un fruit
qu'il chanta sur sa lyre la avant sa maturité, & que le
victoire que Jupiter & les temps de cette maturité est
Dieux remportèrent sur les déterminé par la Nature.
Géants. Que les Troyens Orphée ne put ramener des
couvrirent le tombeau d'He- Enfers Eurydice son épouse,
ctor d'un tapis de couleur de pour n'avoir pas eu la pa-
pourpre, que Priam porta tience d'attendre qu'elle en
des étoffes de couleur de fût sortie avant que de tour-
pourpre en présent à Achil- ner la tête pour la voir.
le; & tout cela ne signifie PREGNATION. Temps
que la couleur rouge pour- où la matière est en putré-
prée qui survient à la matière faction. Il est ainsi nommé
lorsqu'elle est parfaitement de ce que la corruption est
fixée. Les Philosophes l'ont un acheminement à la géné-
aussi appelée Pourpre, Ru- ration, & qu'il n'y a point de
bis, Phénix lorsqu'elle est conception quand la putré-
dans cet état. faction n'a pas précédé.
POUST. Opium. PRENDRE. Lorsque les
PRAECIPITATUS PHI- Philosophes disent: prenez
LOSOPHICUS. Mercure ceci, prenez cela, ils n'enten-
précipité par le feu interne dent pas qu'il faille rien pren-
de l'or, ou l'or essencifié. dre avec les mains, soit pour
Planiscampi. ajouter quelque chose à la
PRAET. NAT. ou P. N. matière une fois mise dans le
Outre nature. vase, ou pour en ôter quel-
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PR PR 399

ques parties; mais seulement rieure empêche seulement le
qu'il faut continuer le régime froid.
& les opérations jusqu'à la PREPARATION.
perfection du soufre dans la Action par laquelle on ôte
médecine du premier ordre, les choses superflues de la
de la pierre dans la médecine matière, & on lui ajoute cel-
du second, & de l'élixir dans les qui lui manquent. Il y a
la médecine du troisième. trois sortes de préparations
Le terme prendre s'entend dans l'oeuvre, ou la confec-
cependant quelquefois dans tion du magistère; la pre-
le sens naturel; lorsque, par mière est manuelle, & non
exemple, il faut mettre le philosophique; c'est pour-
fixe & le volatil dans le vase, quoi les Philosophes l'ont
ou le soufre & le mercure, omise dans leurs écrits, quoi-
pour animer ce mercure, & que la réussite de l'oeuvre en
en faire le Rebis. Après cette dépende. La seconde est la
conjonction le mercure a, préparation philosophique
disent les Philosophes, tout des agents, que les Philoso-
ce qu'il faut pour la perfec- phes appellent la première;
tion de l'oeuvre, & tout ce & Philalèthe, la préparation
que cherchent les Philoso- imparfaite. La troisième est
phes. Voyez le Traité de la confection de l'élixir, ou
Philalèthe, qui a pour titre: la préparation complète &
Enarratio methodica trium parfaite. Mais les prépara-
Gebri Medicinarum, seu de tions philosophiques succes-
vera confectione lapidis Phi- sives ne sont qu'une même
losophorum. Le même Au- opération repérée, suivant
teur dit dans son Traité de Morien, qui les appelle dis-
l'Entrée ouverte du Palais positions.
fermé du Roi: Il y a un oeu- PRESMUCHIM,
vre très secret & purement PRESMUCHUM, &
naturel, & celui-là se fait PRESMUCKIS, ne sont
dans notre mercure avec qu'une même chose, appe-
notre or. C'est à cet oeuvre lée Céruse.
qu'il faut attribuer tous les PRESURE (Sc. herm.)
signes dont parlent les Phi- Corps fixe du composé de
losophes: il ne se fait ni avec l'oeuvre, ainsi nommé, parce
le feu, ni avec les mains, qu'il coagule, congèle, &
mais par la chaleur intérieure fixe l'eau mercurielle vola-
toute seule; la chaleur exté-* tile, que plusieurs Philoso-
@

400 PR PR

phes ont appelé Lait, parce, le voile des Fables Egyp-
dit Zachaire, qu'ainsi que le tiennes, qu'ils habillèrent à
caillé ne diffère du lait que la Grecque. Ce sont ces Fa-
par un peu de solidité acqui- bles que j'ai expliquées dans
se par la coction, de même mon Traité des Fables Egy-
notre présure caillé, ou coa- ptiennes & Grecques dévoi-
gulé, ne diffère de notre mer- lées.
cure que par la coction qu'il PRIAM, fils de Laomé-
a acquise. don Roi de Troie, était
PRE^TRES. Les Prê- frère d'Hésione. Après que
tres Egyptiens étaient des Hercule eut délivré cette
Philosophes choisis, & ins- Princesse du monstre marin
truits par Hermès Trismé- auquel elle avait été exposée
giste, dans la science de la pour être dévorée, il tua
Nature & de la Religion. Il Laomédon, parce qu'il ne
leur communiqua la pre- tint pas la promesse qu'il lui
mière, sous promesse de la avait faite. A la prière d'Hé-
garder pour eux avec un se- sione il mit Priam sur le trô-
cret inviolable, & ne les ne, & lui ôta le nom de Po-
initiait dans ces mystères darce qu'il portait aupara-
qu'après une longue épreuve vant. Ce Roi eut entr'autres
de leur discrétion. Il leur en- enfants d'Hécube son épouse,
seignait cette science, sous Pâris qui par le rapt d'Hé-
l'ombre des hiéroglyphes lène, fut cause de la guerre
qu'il avait inventés, & qu'il de Troie, de la ruine de sa
leur expliquait. Les Prêtres patrie; Hector qui tua Pa-
en faisaient de même à l'é- trocle & succomba sous les
gard de ceux qu'ils jugeaient coups d'Achille. Après la
dignes d'être initiés, & amu- mort de celui-ci, & la ville
saient le peuple par des Fa- de Troie ayant été prise,
bles, dit Origene, pendant Pyrrhus, fils d'Achille, tua
qu'ils philosophaient sous le Priam dans le temple de Ju-
voile des noms des Dieux piter, où il s'était réfugié.
du pays, qu'ils avaient ima- Voyez l'explication de cette
ginés. Musée, Lin, Mélam- allégorie, dans les Fables
pe, Orphée, Homère, & Egypt. & Grecq. dévoilées,
quelques autres Philosophes liv. 5. ch. 14. & liv. 6.
Poètes Grecs, apprirent ces PRIAPE, fils de Bacchus
secrets des Egyptiens, & les & de Vénus. Junon jalouse
portèrent dans leur pays sous de cette Déesse, fit tant par
ses
@

PR PR 401

ses enchantements qu'elle nous paraissent les plus sim-
rendit monstrueux & tout ples, sont même composées.
contrefait le fils que Vénus Et si nous faisons bien atten-
portait dans son sein. Vénus tion au terme de principe,
l'ayant mis au monde, l'éloi- nous verrons bientôt qu'il
gna de sa présence à cause peut s'appliquer différem-
de sa laideur, & le fit nourrir ment; car 1°. on peut dire
à Lampsaque. Devenu dans que Dieu est le principe de
la suite la terreur des maris, tout; 2°. la Nature; 3°. le
il fut chassé de cette Ville; feu, comme l'auteur du mé-
mais les habitants ayant été lange des parties, & comme
affligés d'une maladie se- les entretenant par sa cha-
crète, le rappelèrent, & il leur. 4°. On appelle aussi
fut depuis l'objet de la véné- principe des choses, ce qui
ration publique. On plaçait en constitue les parties mis-
sa statue dans tous les jar- cibles, qu'on peut regarder
dins. Il paraît que les Grecs d'abord en général relati-
imaginèrent le culte de Pria- vement à l'Univers, & en
pe à l'imitation de l'infâme particulier comme consti-
usage du Phallus chez les tuant tel ou tel individu. Ce
Egyptiens & les Phéniciens. qui forme deux sortes de
Voyez les Fables Egypt. & principes, les uns éloignés,
Grecques dévoilées, liv. 4. & les autres prochains. Ainsi
ch. 1. & 4. le principe le plus éloigné
PRINCIPE. Ce de quoi du corps humain est la ter-
une chose tire son commen- re, d'où se forment les ali-
cement, ou ce qui constitue ments, qui en sont les prin-
l'essence d'un individu. Cette cipes prochains; de ces ali-
définition ne s'entend que ments se forme la semence,
des choses physiques. Les ou principe le plus prochain
principes d'une chose doi- des animaux. On peut aussi
vent être simples, purs, & conclure de ce que nous ve-
non mélangés; parce qu'ils nons de dire, qu'on distin-
doivent former un mixte ho- gue encore deux sortes de
mogène. Ceci ne doit pas principes; les uns actifs,
s'entendre dans l'ordre & res- comme Dieu, la Nature,
pectivement au mélange gé- &c. & les autres passifs, tels
néral fait pour la création du que les parties matérielles &
monde; parce que dans ce constituantes des êtres phy-
cas les parties des corps qui siques. Quelques-uns nom-
C c
@

402 PR PR

ment ces principes, les pre- principe nommé racine, &
miers formels, & les seconds par Riplée base de l'oeuvre,
matériels; par les formels on est le père du troisième mens-
entend l'agent; & par les true de Raymond Lulle; ces
matériels le patient. Les pre- deux Auteurs le regardent
miers principes sont la terre comme le premier & le plus
& l'eau; les prochains sont essentiel, parce qu'il déter-
les premiers mixtes qui en mine & glorifie les deux au-
ont été faits. Le principe spé- tres substances mercurielles
cial ou plus prochain est la crues, pures & tirées simple-
semence spéciale de chaque ment de leurs mines. Ce pre-
individu. C'est encore ce qui mier principe n'augmente
a fait donner aux principes pas le poids de la matière;
éloignés ou premiers prin- les deux autres l'augmen-
cipes, le nom de principes tent, & sont cause de la mort
principiants, & aux autres du composé. Ils allument le
celui de principes principiés. feu contre-nature; & par la
Principes. (Sc. Herm.) conjonction de celui-ci avec
Les Philosophes appellent le feu de nature renfermé
souvent principes les ingré- dans le troisième sujet dont
dients qui composent le ma- nous avons parlé, il se forme
gistère, & non les principes un feu innaturel ou moyen,
ou règles de la science Her- d'où naît la putréfaction, &
métique. Il entre trois prin- ensuite le complément de
cipes dans l'oeuvre, dont l'oeuvre.
chacun est respectivement Tous ces principes peu-
nommé principe essentiel, & vent être regardés comme
les deux autres superficiels; essentiels sous divers points
quoique tous les trois soient de vue, & par comparaison
absolument nécessaires. No- des uns aux autres & rela-
tre oeuvre, dit le Trévisan, tivement à l'oeuvre. Nous
est composé d'une racine & avons déjà dit comment un
de deux substances mercu- des principes devait être re-
rielles, qui étant cependant gardé comme premier &
de même nature, se rédui- principal. Le principe qui
sent à un seul principe. Ce renferme le feu contre-natu-
qui a fait dire à plusieurs re, appelé par Riplée Lion
Philosophes: Nous n'avons vert, par Flamel Dragon Ba-
qu'une matière, un régime bylonien, & par le Trévisan
& un fourneau. Le premier Portier du palais, est nommé
@

PR PR 403

par tous les Philosophes la me; & ces trois principes
Clef de l'oeuvre, parce que réunis par la solution, se pu-
c'est lui qui fait presque tout, tréfient, pour acquérir une
que sans lui on travaillerait nouvelle vie plus glorieuse
en vain, & que dans lui est que celle qu'ils avaient au-
caché tout le secret de la Phi- paravant.
losophie Hermétique. Il est PRINCIPE DES ME'-
le jardin des Sages où ils sè- TAUX. Magistère au blanc.
ment leur or, où cet or croît Les philosophes distinguent
& se multiplie. L'Auteur du encore trois principes dans
Grand Rosaire l'appelle Ra- les métaux, qu'ils appellent
cine de l'Art & le Savon des principes naturels ou de la
Sages. Quelquefois les Phi- nature; savoir, le sel, le
losophes le nomment leur soufre & le mercure. Ce sont
Lune, leur Soufre, leur Mer- leurs principes principiés,
cure, leur Terre, & c'est en- engendrés des quatre élé-
fin presque la seule chose ments premiers principes de
qu'ils ont cachée dans leurs tous les mixtes. Ils regardent
écrits; étant donc regardé le soufre comme le mâle ou
comme la base de l'oeuvre, l'agent, le mercure comme
on peut le nommer principe femelle ou patient, & le sel
essentiel. comme le lien des deux.
On doit regarder à son Ainsi quand les Philosophes
tour la seconde substance disent qu'il faut réduire les
mercurielle comme principe métaux à leurs premiers prin-
essentiel, puisqu'elle est l'eau cipes, ou à leur première
minérale qui extrait les tein- matière, ils n'entendent pas
tures, les cache dans elle, & qu'il faut les faire rétrograder
ranime le feu caché dans l'au- jusqu'aux éléments, mais seu-
tre, en le délivrant de la pri- lement jusqu'à ce qu'ils soient
son où il était renfermé. devenus mercure, non mer-
L'effet que chaque prin- cure vulgaire, mais mercure
cipe opère dans l'oeuvre est des Philosophes. Voyez à ce
tel. Le corps est le principe sujet la Philosophie des Mé-
de la fixité, & ôte aux deux taux du Trévisan, les douze
autres leur volatilité; l'es- Traités du Cosmopolite, &
prit donne l'ingrès en ou- le Traité de Physique au com-
vrant le corps; & l'eau par mencement des Fab. Egypt.
le moyen de l'esprit, tire le & Grecques dévoilées.
feu de sa prison, elle est l'a-* PRINTEMPS. Temps où
C c ij
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404 PR PR

le mercure prend le tempé- ne les en délivra qu'après
rament & la complexion qu'ils lui eurent rendu son
chaude & humide de l'air. fils Gabertin. Trévisan parle
Ce qui se fait par un feu du aussi de prison dans le même
second degré. Cette chaleur sens. Troisièmement, pour
doit être médiocre & tem- le mercure, qui en dissolvant
pérée, mais plus forte que le fixe le tient comme en
celle de l'hiver. Le soufre prison pendant tout le temps
pendant ce régime dessèche de la noirceur, qu'ils ont aussi
le mercure. Il produit les appelée Sépulcre, Tom-
herbes & les fleurs philoso- beau. Quatrièmement, pour
phiques, c'est-à-dire les cou- la fixation même du mer-
leurs qui précédent le blanc, cure. C'est dans ces trois
& la blancheur elle-même. derniers sens qu'on doit en-
La matière alors ne peut plus tendre la prison de laquelle
être détruite. Les Philoso- parle Basile Valentin dans la
phes, pour déterminer ce Préface de ses Douze Clefs,
passage du noir au blanc, en ces termes: Je (Saturne)
l'ont nommé printemps, de ne rejette la faute de ma ca-
même que la matière elle-* lamité sur aucun autre que
même. Mercure, qui par sa négli-
PRISON. Les Philoso- gence & son peu de soin m'a
phes prennent ce terme en causé tous ces malheurs:
plusieurs sens différents. Pre- c'est pourquoi je vous con-
mièrement, pour les parties jure tous de prendre sur lui
terrestres, grossières & hé- vengeance de ma misère; &
térogènes, dans lesquelles puisqu'il est en prison, que
leur mercure & leur or sont vous le mettiez à mort, &
enfermés comme dans une le laissiez tellement corrom-
prison, de laquelle il faut les pre, qu'il ne lui reste aucune
délivrer. Secondement, pour goutte de sang.
le vase dans lequel on met Mercure devint si orgueil-
la matière de l'oeuvre, pour leux de se voir huile incom-
travailler au magistère. C'est bustible, qu'il ne se reconnut
dans ce sens qu'il faut enten- plus pour lui-même. Ayant
dre Arislée quand il dit que jeté ses ailes d'aigle, il dé-
le Roi des côtes de la Mer le vora sa queue glissante de
fit enfermer dans une étroite dragon, déclara la guerre à
prison, où il les retint qua- Mars, qui ayant assemblé
rante jours & plus, & qu'il sa compagnie de Chevaux-*
@

PR PR 405

légers, fit prendre Mercure, pour signifier les couleurs
le mit prisonnier entre les qui se succèdent. C'est l'ex-
mains de Vulcain, qu'il cons- plication qu'il y donne lui-*
titua Geôlier de la prison, même en ces termes: Donc
jusqu'à ce qu'il fût de nou- avec le consentement de
veau délivré par le sexe fé- Perenelle, portant sur moi
minin. l'extrait de ces figures (d'A-
La Lune se présenta com- braham Juif), ayant pris
me une femme vêtue d'une l'habit & le bourdon de Pè-
robe blanche; elle se jeta lerin, en la même façon
aux pieds des assistants, & qu'on me peut voir au de-
après plusieurs soupirs ac- hors de cette même arche,
compagnés de larmes, elle en laquelle je mets ces figu-
les pria de délivrer le Soleil res hiéroglyphiques par de-
son mari, qui était empri- dans le cimetière (des saints
sonné par la tromperie de Innocents à Paris) où j'ai aussi
Mercure, déjà condamné à mis contre la muraille,
mort par le jugement des au- d'un & d'autre côté, une
tres Planètes. procession où sont représen-
PRIVINUM. Premier tées par ordre toutes les cou-
tartre. Planiscampi. leurs de la pierre, ainsi qu'el-
PROCE'DE'. Opération. les viennent & finissent, avec
Manière d'agir. Les procé- cette écriture française:
dés de l'art Hermétique dans Moult plaît à Dieu proces-
la composition de la pierre sion
des Sages, sont une imitation S'elle est faite en dévotion.
de ceux que la Nature em-
ploie dans la composition C'est dans cette même
des mixtes. vue que les anciens Philo-
PROCESSION. Nico- sophes Egyptiens, Grecs,
las Flamel a employé dans avaient institué des proces-
ses figures hiéroglyphiques, sions pour les solennités des
l'emblème d'une procession fêtes d'Osiris, de Bacchus,
à laquelle beaucoup de mon- de Cérès, d'Adonis, &c.
de assistent vêtus de diffé- dans lesquelles on portait
rentes couleurs, tant pour divers symboles des cou-
indiquer les ascensions & leurs dans l'ordre qu'elles se
descensions successives de la manifestent, comme on peut
matière, qui se font par sa le voir dans le 4e livre des
circulation dans le vase, que Fables Egypt. & Grecques.
C c iij
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406 PR PR

PROFONDEUR. Di- tal en fusion: on couvre le
mension philosophique de la creuset, & on laisse agir cette
pierre. La hauteur & la pro- poudre pendant un quart-*
fondeur sont les deux extrê- d'heure ou environ, & après
mes, & la largeur en est le avoir laissé refroidir la ma-
milieu qui les unit. Le noir tière, on la retire. Si elle
est la hauteur, le blanc la était cassante, il faudrait la
largeur, & le rouge la pro- projeter sur une petite quan-
fondeur. Philalèthe. tité du même métal en fu-
PROJECTION. Les sion; parce que ce serait une
Sectateurs de la Philosophie preuve qu'on y aurait mis
Hermétique appellent pou- trop de poudre.
dre de projection, une pou- PROMETHE'E, fils
dre, résultat de leur Art, de Japet & de Clymene,
qu'ils projettent en très forma l'homme du limon,
petite quantité sur les mé- dit la Fable, & le fit avec
taux imparfaits en fusion, au tant d'industrie, que Minerve
moyen de laquelle ils les même en fut saisie d'éton-
transmuent en or ou en ar- nement. Elle voulut contri-
gent, suivant le degré de sa buer à la perfection de cet
perfection. ouvrage: elle transporta Pro-
Il est à remarquer que dans méthée au ciel, pour qu'il y
la projection tout le métal fit choix de ce qu'il y juge-
sur lequel on projette la pou- rait convenable. Y ayant vu
dre, ne se transmue pas en plusieurs corps animés du
or ou en argent, si on ne l'a feu céleste, il en admira la
bien purifié avant que de le beauté; & pour en doter sa
mettre en fusion. Il n'y a que figure, il toucha de sa ba-
le mercure, à cause qu'il a guette le chariot du Soleil,
moins de parties impures & en enleva une étincelle, la
hétérogènes, & qu'il a beau- porta en terre, & en anima
coup plus d'analogie avec sa figure. Jupiter indigné de
l'or. ce larcin, résolut de punir
Pour faire la projection sur tout le genre humain pour
le mercure, il suffit de le faire le vol de Prométhée. Il or-
un peu chauffer; on projette donna donc à Vulcain de
la poudre avant qu'il fume. forger une femme de figure
On enveloppe cette poudre parfaite, à laquelle il donna
dans un peu de cire, & on une boîte remplie de maux.
jette cette pelote sur le mé-* Prométhée, à qui elle se pré-
@

PR PR 407

senta, ne voulut pas s'y fier; qu'ils en imprègnent la terre
Epiméthée son frère s'y lais- qui est au fond du vase, en
sa surprendre, reçut la boëte, se cohobant avec elle. En se
l'ouvrit, & tous les maux fixant avec elle, Prométhée
qui affligent l'humanité, en se trouve attaché par Mer-
sortirent. Jupiter ne se con- cure sur le rocher, & les
tenta pas de cette vengean- parties volatiles qui agissent
ce; il punit aussi l'auteur du sans cesse sur cette terre,
vol, & ordonna à Mercure sont le vautour, ou l'aigle,
de se saisir de Prométhée, qui lui déchirent le foie. Her-
de l'attacher à un rocher du cule, ou l'Artiste, le délivre
Mont Caucase, & envoya de ce tourment en tuant l'ai-
un vautour pour lui dévorer gle, c'est-à-dire, en fixant
le foie. Il rendit le supplice ces parties volatiles. Voyez
plus long, en donnant à ce les Fables Egypt. & Grec-
foie la propriété de se régé- ques dévoilées, Liv. 2. ch.
nérer à mesure que le vau- 2. & liv. 5. ch. 17.
tour le dévorait. Hercule PROPOLIS, ou PRO-
qui avait été très intimement POLIX, est une espèce
lié avec Prométhée, résolut de ciment ou cire grossière,
de le délivrer de ce tour- d'un goût un peu amer, &
ment; il décocha une flèche d'une couleur noirâtre, de
contre le vautour, le tua, & laquelle les abeilles endui-
délia son ami. sent les fentes de leurs ru-
Les Philosophes herméti- ches, & même l'entrée,
ques trouvent dans cette fa- quand les approches de l'hi-
ble un symbole de leur oeu- ver les obligent de s'y ren-
vre, & disent que Promé- fermer. Planis-campi l'ap-
thée représente leur soufre pelle Cire vierge, d'autres
animé du feu céleste, puis- Cire sacrée. Quand on en
qu'il est lui-même une miniè- met sur des charbons ardents,
re de ce feu, selon le témoi- elle exhale une odeur à peu
gnage de d'Espagnet. Le So- près semblable à celle de l'a-
leil est son père, & la Lune loès. Lémeri dit que cette
sa mère: c'est dans sa vola- matière est une espèce de
tilisation avec le mercure mastic rougeâtre ou jaune.
qu'il s'envole au ciel des Phi- PROPOMA. Boisson
losophes, où ils s'unissent composée de vin & de miel,
ensemble, & remportent ce ou de sucre.
feu en terre; c'est-à-dire PROPORTION. Com-
C c iv
@

408 PR PR

binaison des poids, des prin- PROSTITUE'E. La
cipes matériels du composé femme prostituée des Philo-
de l'oeuvre hermétique. Voy. sophes est leur Lune, leur
Disposition, Poids. Saturnie végétable, leur Dra-
PROSERPINE. Fille gon Babylonien; l'art la pu-
de Jupiter & de Cérès, fut rifie de toutes ses souillures,
enlevée par Pluton dans le & lui rend sa virginité. Lors-
temps qu'elle cueillait des nar- qu'elle est dans cet état, les
cisses dans la prairie. Pluton Philosophes la nomment vier-
en fit son épouse, & la dé- ge. Prenez, dit d'Espagnet,
clara Reine des Enfers. Cé- une vierge ailée, encein-
rès la chercha par mer & par te de la semence spirituelle
terre; & ayant appris qu'elle du premier mâle, & donnez-*
était avec Pluton, Cérès la en mariage à un second,
s'adressa à Jupiter pour la sans crainte d'adultère.
r'avoir. Jupiter promit qu'il PROTHE'E. Fils de
la lui ferait rendre, pourvu l'Océan & de Thétis, fut un
que Proserpine n'eût rien Dieu marin, qui prenait tou-
mangé pendant le séjour tes sortes de figures quand il
qu'elle avait fait dans cet lui plaisait. Il gardait les
Empire ténébreux. Mais As- troupeaux de Neptune. On
calaphe, qui seul lui avait vu s'adressait à lui pour savoir
cueillir une grenade, dont l'avenir, & trompait les cu-
elle avait mangé trois grains, rieux, par les différentes for-
n'eut pas la discrétion de le mes qu'il prenait. Pour en
taire. Jupiter ordonna donc avoir raison, il fallait le lier;
que Proserpine demeurerait alors il reprenait sa forme
six mois avec Pluton, & six naturelle, & annonçait les
mois avec Cérès. Voyez choses futures à ceux qui l'a-
l'explication de cette fable vaient mis dans cet état. Or-
dans le Liv. 4. chap. 3. des phée appelle Prothée le prin-
Fables Egypt. & Grecques cipe de tous les mixtes & de
dévoilées. toutes choses, & le plus an-
PROSERPINACA. cien de tous les Dieux. Il
Plante appelée Centinode, dit qu'il tient les clefs de la
Corregiole, Renouée. nature, & préside à toutes
PROSPHEROMENA. ses productions, comme étant
Médicaments pris par la bou- le commencement de la na-
che, tels que les purgatifs, ture universelle. Les Latins
les cordiaux, &c. lui donnèrent le nom de Ver-
@

PR PS 409

rumne, à cause de la variété appris sa mort, fit faire une
des figures & des formes qu'il statue qui ressemblait à son
prenait. mari défunt, & la tenait
Prothée n'est autre que toujours auprès d'elle. Enfin
l'esprit universel de la na- le chagrin de la perte de cet
ture, esprit igné répandu dans époux qu'elle aimait éperdu-
l'air; l'eau le reçoit de l'air, ment, la porta à se donner
& le communique à la terre. la mort, pour aller le rejoin-
Il se spécifie dans chaque rè- dre. Le mariage de Protési-
gne de la nature, & s'y cor- las & de Laodamie est celui
porifie en prenant diverses du fixe & du volatil de la
formes, suivant les matrices matière de l'oeuvre hermé-
où il est déposé. Quand on tique; l'embarquement des
sait le lier & le garrotter, Grecs est la dissolution & la
disent les Philosophes, c'est-* volatilisation de cette ma-
à-dire, le corporifier & le tière; le débarquement est
fixer, on en fait ce qu'on veut; le commencement de la fi-
il annonce alors l'avenir, puis- xation nouvelle de la matière
qu'il se prête aux opérations, volatilisée; & comme les
au moyen desquelles vous Philosophes appellent mort
produisez ce que vous avez cette fixation, l'Oracle avait
en vue. Les Chimistes her- dit avec raison que le pre-
métiques en font la pierre & mier qui mettrait pied à ter-
l'élixir, tant pour la transmu- re, c'est-à-dire qui d'eau vo-
tation des métaux, que pour latile se changerait en terre,
conserver la santé à ceux qui serait tué par les Troyens,
se portent bien, & la rendre qui dans toute l'Iliade sont
à ceux qui sont malades. pris pour le symbole de la
PROTE'SILAS, fils terre fixe des Philosophes.
d'Iphiclus, épousa Laoda- Voyez les Fables Egypt. &
mie. Peu de temps après son Grecques dévoilées, Liv. 6.
mariage, il partit pour le siè- PSALACHANTE.
ge de Troie. L'Oracle avait Nymphe qui aimait éperdu-
dit que celui qui le premier ment Bacchus, duquel se
mettrait pied à terre, serait voyant méprisée, elle se don-
tué. Protésilas voyant qu'au- na la mort, & fut changée
cun des Grecs n'osait le fai- en la plante qui porte son
re, descendit avec fermeté, nom.
& fut tué en effet par un PSAMMETICUS,
Troyen. Laodamie ayant Roi d'Egypte, fut le premier
@

410 PS PS

qui permit aux Etrangers PSORICA. Médica-
le commerce de ses Etats. ment composé pour guérir la
Les Grecs commencèrent galle, la rogne.
à les fréquenter, & s'ins- PSORICUM. Com-
truisirent chez les Prêtres posé de deux parties de cal-
Egyptiens de la Philoso- citis, & d'une de cadmie,
phie qu'Hermès leur insti- ou d'écume d'argent, pulvé-
tuteur leur avait enseignée. risées, & mêlées ensemble
Cette Philosophie étant don- avec du vinaigre blanc. On
née sous le voile des fictions, met le tout dans un vase,
les Grecs rapportèrent dans qu'on scelle bien, & on le
leur pays les fables qu'ils place dans le fumier de che-
avaient apprises, & les di- val chaud pendant quarante
vulguèrent, habillées à la jours. On fait après cela sé-
Grecque. Ce sont ces fic- cher cette matière sur des
tions que j'ai expliquées dans charbons ardents, jusqu'à ce
mon Traité des Fables Egyp- qu'elle soit devenue rouge.
tiennes & Grecq. dévoilées. Planis-campi.
PSAMMISMUS. Bain PSYCHE'. Quoique la
de sable chaud, dans lequel fable de Psyché ne soit pas
on enterre les pieds des hy- du nombre des fictions Egy-
dropiques, pour dessécher ptiennes, elle n'en renferme
les humeurs qui se portent pas moins les mêmes prin-
aux jambes, & les font en- cipes, & celui qui l'a imagi-
fler. née a eu le même objet en
PSAMMODEA. Sé- vue: elle est trop belle pour
diment sablonneux de l'urine. la passer sous silence; c'est
PSAMMOS, ou SA- d'après Apulée que nous la
MOS. Sable. rapporterons.
PSILOTHRON. Cou- De trois filles qu'avaient
levrée, bryone. un Roi & une Reine, la plus
Psilothron est aussi le jeune était la plus belle, &
nom que l'on donne aux on- la nature, en la formant, y
guents topiques qu'on appli- avait donné tellement ses
que pour faire tomber le poil soins, qu'elle paraissait s'être
& les cheveux. En français surpassée. On venait de tous
on l'appelle dépilatoire. côtés à la Cour de ce Roi
PSINCUS & PSINC- pour voir cette beauté singu-
KIS. Céruse. lière, & de l'admiration on
PSORA. Galle. passait à l'amour le plus pas-
@

PS PS 411

sionné. Vénus jalouse de rien. A des repas également
voir Gnide, Paphos, Cy- abondants & délicats succé-
thère abandonnés & déserts daient des concerts admira-
par le concours prodigieux bles, & les plaisirs se sui-
qu'attirait Psyché, ordonna vaient les uns & les autres,
à Cupidon de la blesser d'une sans que Psyché aperçût
de ses flèches, & de la ren- même qui les lui procurait.
dre amoureuse d'un objet in- La nuit arrivée, l'époux qui
digne de ses charmes. Cupi- lui était destiné s'approchait
don voulut exécuter les or- d'elle & la quittait avant le
dres de sa mère, mais Psyché jour, ce qui dura plusieurs
fit sur lui la même impression nuits de suite.
qu'elle faisait sur les autres, L'Amour informé des re-
& il en devint éperdument cherches que les soeurs de
amoureux. Les soeurs de Psy- Psyché faisaient d'elle, lui
ché furent mariées à des Sou- défendit d'abord de les voir;
verains; mais personne n'osa mais l'ayant trouvée triste &
aspirer à sa possession. L'ora- rêveuse, il lui permit de leur
cle d'Apollon consulté sur la parler, à condition qu'elle
destinée de cette jeune Beau- ne suivrait pas leurs conseils.
té, répondit qu'elle n'aurait Le même Zéphyr qui l'avait
pas un mortel pour époux, conduite dans ce lieu en-
mais un Dieu redoutable aux chanté, y transporta ses
Dieux & à l'Enfer même: il soeurs. Psyché, après leur
ajouta qu'il fallait exposer avoir fait part de son bon-
Psyché sur une haute mon- heur, les renvoya chargées
tagne au bord d'un préci- de présents. Ces deux Prin-
pice, parée d'ossements qui cesses jalouses résolurent de
annonçassent le deuil & la la perdre; & comme Psyché
tristesse. On obéit à l'Ora- leur avait dit que son mari
cle, & à peine fut-elle au ne s'était pas encore montré
lieu indiqué, qu'un doux Zé- à elle, quoiqu'il l'aimât éper-
phir la porta au milieu d'un dument, elles en prirent oc-
bois, dans un palais superbe casion, dans une autre en-
brillant d'or & d'argent, & trevue, de lui rappeler l'o-
dont chaque pavé était une racle d'Apollon, qui lui avait
pierre précieuse. Ce palais parlé confusément de je ne
lui parut inhabité, mais des sais quel monstre, & lui di-
voix l'invitèrent à y faire son rent que son époux était un
séjour. Elle n'y manquait de serpent, qui la ferait périr.
@

412 PS PS

Psyché effrayée de ce dis- en éprouvant la pointe d'une
cours, commença à soup- de ses flèches. La blessure
çonner quelque chose sur ce trop légère pour l'occuper
que son mari ne voulait pas préférablement aux charmes
se manifester à elle, & leur de l'Amour, ne l'empêcha
dit qu'elle suivrait leur con- pas de voir Cupidon qui s'en-
seil, si elles lui indiquaient volait; Psyché veut l'arrêter
les moyens de se débarrasser par le pied, Cupidon l'en-
de cette inquiétude. Elles lui lève; l'emporte, & la laisse
conseillèrent de cacher une enfin tomber. Il s'arrêta sur
lampe allumée avec un ra- un cyprès, lui reprocha amè-
soir; & que quand le monstre rement le peu de confiance
serait endormi, elle se servit qu'elle avait eu à ses con-
de la lampe pour le voir, & seils, & disparut. Psyché au
du rasoir pour l'égorger. Psy- désespoir, se précipita dans
ché suivit ce conseil, elle un fleuve; mais les Nym-
sortit du lit, prit la lampe & phes, les Naïades qui res-
le rasoir; mais au lieu d'un pectent l'épouse de l'Amour,
monstre elle aperçut l'A- la portèrent sur les bords.
mour endormi; son teint Elle y rencontra le Dieu
vermeil, sa jeunesse, ses ailes Pan, qui lui conseilla d'a-
développées, sa chevelure paiser l'Amour. Elle errait
blonde & flottante le lui par le monde en cherchant
firent reconnaître. les moyens de parvenir à son
Saisie d'étonnement, & but, lorsqu'elle rencontra
au désespoir d'avoir fait un une de ses soeurs; elle lui fit
tel affront à un si aimable part de son aventure, & lui
époux en doutant de son dit que l'Amour pour mieux
bonheur, elle était sur le se venger, avait résolu d'é-
point d'employer contre elle-* pouser une de ses soeurs. En-
même le fer dont elle avait flée de cette espérance, cette
voulu égorger son mari, lors- soeur s'échappe du palais, se
qu'une goutte d'huile tomba rend où le Zéphyr l'avait en-
de sa lampe sur l'épaule de levée la première fois, &
l'Amour, & le réveilla. Ses s'imaginant qu'il la transpor-
charmes la rappelèrent à terait encore, elle s'élança,
elle; elle apaisa son cour- se laissa tomber & périt mi-
roux. En examinant l'arc de sérablement. Psyché tendit
Cupidon & son carquois, elle le même piège à son autre
s'était un peu blessée au doigt soeur, qui eut la témérité de
@

PS PS 413

s'y laisser prendre, & y périt immobile, mais des fourmis
aussi. officieuses se chargèrent de
Cependant Vénus infor- ce travail, & lui en évitèrent
mée des douleurs que Cupi- la peine. Vénus lui com-
don souffrait, chercha Psy- manda ensuite d'aller de l'au-
ché pour la punir. Cette tre côté d'une rivière très
épouse affligée cherchait tou- profonde & très rapide ton-
jours son mari, & étant ar- dre des moutons à toison
rivée prés d'un temple, elle dorée, & lui en apporter la
offrit à Cérès une gerbe d'é- laine. Prête à se précipiter
pis qu'elle avait ramassés, la dans cette rivière, une voix
priant de la prendre sous sa sortie d'un roseau lui apprit
protection; mais la Déesse un moyen facile de se pro-
lui fit savoir qu'elle ne pou- curer cette laine, qu'elle
vait faire autre chose que de porta à la Déesse.
la garantir de son ennemie. Une femme irritée ne s'a-
Junon qu'elle rencontra, lui paise pas aisément, aussi Vé-
fit à peu près la même ré- nus ne se calma-t-elle pas par
ponse. Psyché prit donc le une obéissance si prompte;
parti d'aller chercher l'A- elle lui ordonna encore de
mour auprès de Vénus sa lui aller chercher une urne
mère. Mais cette Déesse ja- pleine d'une eau noire qui
louse, sans faire attention à coulait d'une fontaine gar-
Psyché, monta dans l'O- dée par des dragons. Une
lympe, & pria Jupiter d'or- aigle se présenta, prit l'urne,
donner à Mercure de cher- la remplit de cette eau, la lui
cher cette infortunée, & de remit entre les mains pour la
la lui amener. Une des Sui- rendre à Vénus. Cette Déesse
vantes de Vénus la lui mena, presqu'à bout, imagine un
& cette Déesse irritée lui ar- travail encore plus difficile.
racha les cheveux, déchira sa Vénus se plaint qu'elle a
robe, la maltraita de coups, perdu une partie de ses at-
lui ordonna ensuite de sépa- traits en pansant la plaie de
rer dans la journée tous les son fils, & ordonne à Psyché
grains différents de pois, de de descendre au Royaume
froment, d'orge, de millet, de Pluton, & d'y demander
de pavots, de lentilles & de à Proserpine une boëte où
fèves qu'elle avait fait ra- fussent quelques-uns de ses
masser exprès en un tas. Psy- charmes. Alors Psyché ne
ché demeurait interdite & croyant pas qu'il fût possible
@

414 PS PS

de descendre dans le séjour qu'une vapeur infernale &
des morts, sans mourir, était somnifère, qui la saisit à l'ins-
sur le point de se précipiter tant, & la fit tomber endor-
du haut d'une tour lorsqu'une mie à terre. Cupidon guéri
voix lui apprit le chemin des de sa plaie, toujours pas-
Enfers, & lui dit d'aller au sionné pour sa chère Psyché,
Ténare, qu'elle y trouverait se sauva par une des fenêtres
le chemin qui conduit au sé- du palais de Vénus, & trou-
jour de Proserpine; mais vant sa chère épouse endor-
qu'elle ne s'y engageât pas mie, l'éveilla de la pointe
sans s'être munie d'un gâteau d'une flèche, remit la vapeur
à chaque main, & de deux dans la boëte, & lui dit de
pièces de monnaie, qu'elle la porter à sa mère.
tiendrait à la bouche, où Cupidon fut alors trouver
Charon en prendrait lui-* Jupiter, qui fit assembler les
même une après l'avoir pas- Dieux, & déclara que le
sée dans sa barque; & que Dieu d'Amour garderait sa
quand elle rencontrerait le Psyché, sans que Vénus pût
chien Cerbère, qui garde s'opposer à leur union. Il
l'entrée du palais de Proser- ordonna en même-temps à
pine, elle lui jetterait un de Mercure d'enlever Psyché
ses gâteaux. Qu'enfin Pro- dans le Ciel, où elle but de
serpine lui ferait un accueil l'ambroisie dans la compa-
favorable; qu'elle l'inviterait gnie des Dieux, & devint
à s'asseoir dans un grand fes- immortelle. On prépara le
tin; mais qu'elle devait re- festin des noces, qui furent
fuser ses offres, s'asseoir à célébrées; les Dieux y jouè-
terre, & ne manger que du rent chacun leur rôle, &
pain bis; qu'alors Proserpine Vénus-même y dansa.
lui donnerait la boëte, & Tous les Mythologues ont
qu'elle se donnât bien de regardé cette fable comme
garde de l'ouvrir. une allégorie, qui marque,
Psyché profita de tous ces disent-ils, les maux que la
conseils & reçut la boëte tant volupté, signifiée par l'A-
désirée; mais à peine fut elle mour, cause à l'âme, sous le
sortie des Enfers, qu'elle ou- symbole de Psyché. Mais on
vrit la boëte dans le dessein peut l'expliquer Herméti-
de prendre pour elle quel- quement comme les autres
ques-uns des attraits qu'elle fables. Psyché est, selon les
renfermait. Elle n'y trouva Adeptes, l'eau mercurielle;
@

PS PS 415

& Cupidon avec son flam- qui s'y trouve, la putréfie &
beau, son arc & ses flèches y fait survenir la couleur
représente la terre fixe, chau- noire, symbole de la nuit.
de & ignée, minière du feu C'est alors, disent les Philo-
céleste, suivant d'Espagnet. sophes, que se fait l'union
Il est en conséquence dit fils des deux, signifiée par les
de Vénus & de Vulcain, & approches de Cupidon. Psy-
Psyché fille d'un Roi & ché n'avait garde de recon-
d'une Reine, c'est-à-dire du naître alors son amant, il
Soleil & de la Lune, disent était véritablement ce dra-
les Philosophes. Ses charmes gon si prôné par les Philoso-
firent impression sur Cupi- phes, ce serpent Python, ce
don même, aussi ne pouvait-* monstre informe dont il est
elle épouser qu'un Dieu, se- tant parlé dans tous leurs
lon l'oracle d'Apollon; car ouvrages. Mais Cupidon n'a
l'eau mercurielle ne peut que le nom de serpent, &
s'allier & s'unir intimement n'en a pas la forme; il n'a
qu'avec un Dieu Herméti- pas pour cela perdu sa beau-
que, c'est-à-dire un métal té, elle n'est que cachée par
philosophique, redoutable à l'obscurité de la nuit; sitôt
l'Enfer-même, puisqu'il res- que Psyché s'aidera de la lu-
suscite glorieux de la putré- mière d'une lampe pour le
faction, appelée Enfer, dont voir, c'est-à-dire, dès que la
voyez l'article. couleur blanche succédera à
Psyché exposée sur une la noire, elle reconnaîtra le
montagne d'où Zéphyr la plus beau des Dieux, & le
transporte dans un palais plus redoutable. Il avait les
brillant d'or, d'argent & de ailes étendues & dévelop-
pierreries, & où l'Amour pées prêt à s'envoler, ce qu'il
vient la visiter pendant la fit en effet sitôt qu'il fut éveil-
nuit, représente cette vapeur lé par une goutte de l'huile
qui s'élève au haut du vase incombustible de la lampe
hermétique, dans lequel Ba- dont parle Artéphius, qui
sile Valentin dit que souffle tomba sur l'épaule de l'A-
le Zéphyr. Flamel la compare mour. Il prit son vol, & en-
à une fleur admirable, bril- leva Psyché qui voulait le
lante d'or & d'argent, agitée retenir. C'est la volatilisation
par le vent. Cette vapeur dé- de la matière qui s'élève au
posée & descendue au fond haut du vase, où le volatil &
du vase, dissout la matière le fixe montent ensemble.
@

416 PS PS

Cupidon laisse tomber Psy- putréfaction, dont l'eau noire
ché qui se précipite dans qu'une aigle puise dans une
l'eau mercurielle; mais elle fontaine, pour rendre service
ne s'y noiera pas; les Naïa- à Psyché, est un symbole
des respectent l'épouse de encore plus significatif. La
l'Amour, elles la porteront toison dorée que Vénus de-
sur les bords; elle errera en- mande, est le soufre des Sa-
suite dans le monde en cher- ges, & la même que celle
chant l'Amour, puisque la que Jason enleva. Mais pour
matière en circulant pendant parvenir à cette couleur par-
la volatilisation erre dans le faitement noire, appelée
vase jusqu'à ce qu'elle ait Enfer par les Philosophes, il
rencontré la terre philoso- faut que Psyché descende au
phique représentée par Cé- Royaume de Pluton, pour y
rès, qui cependant ne peut demander à Proserpine une
encore la mettre à l'abri de boëte remplie de ses char-
l'indignation de Vénus, par- mes. Elle n'y réussira même
ce qu'elle n'est pas elle-* pas, si elle ne se munit de
même encore fixe. Junon, deux gâteaux & de deux
ou l'humidité de l'air, ne lui pièces de monnaie. Psyché
en promet pas davantage. y va; elle rencontre Cha-
Psyché prend donc le parti ron, ce vieillard sale, puant,
d'aller chercher l'Amour couvert de haillons, & ayant
chez Vénus sa mère, c'est-* une barbe grise; elle y doit
à-dire dans la couleur citrine aussi trouver Cerbère, à qui
appelée Vénus qui succède elle donnera un de ses gâ-
à la blanche. Cette Déesse teaux, & parviendra enfin à
pria Jupiter d'envoyer Mer- Proserpine, ou la couleur
cure pour chercher Psyché. blanche, qui lui fera présent
Voilà le mercure Philoso- de la boëte que Psyché cher-
phique en action. Psyché est che. L'Auteur de cette fable
présentée à Vénus, qui la n'a pas cru sans doute né-
maltraite, & l'oblige à diffé- cessaire d'entrer dans un dé-
rents travaux, qui indiquent tail plus long, parce que
tout ce qui se passe dans les la seconde opération n'est
opérations de l'oeuvre sui- qu'une répétition de la pre-
vante. Les différents grains mière. Il s'est contenté de
amassés en un tas sont sépa- dire que cette boëte renfer-
rés par des fourmis; c'est la mait une vapeur somnifère,
dissolution de la pierre & la qui saisit Psyché dès qu'elle
l'ouvrit,
@

PS PU PU 417

l'ouvrit, afin d'indiquer par dice du Mort, & que la cou-
cette vapeur la volatilisa- leur blanche étant par elle-*
tion, & par son effet la fixa- même le symbole de la pu-
tion, ou le repos qui lui suc- reté, succède à la noire,
cède. C'est dans cet état que Quand elle est dans ce der-
Cupidon la trouve, la con- nier état, ils disent qu'il faut
duit au Ciel, & s'unit avec laver & purifier le laton;
elle pour toujours. ainsi quand il est lavé, il est
PSYTICUM. Médica- pur.
ment rafraîchissant. PURGER. Voyez Net-
PSYLOTRHUM. Voy. toyer.
Psilothron. PURIFICATION. Sé-
PTERIS. Fougère. paration des parties impures
PTERNA. Chaux. d'avec celles qui sont pures,
PUCELLE RHEA. Eau ou des parties hétérogènes
mercurielle avant qu'elle soit des homogènes, ou des par-
unie à son soufre. Prenez, ties corrompues d'avec celles
dit d'Espagnet, une vierge, qui ne le sont pas.
qui quoiqu'imprégnée de la Il y a diverses sortes de
vertu & semence du pre- purifications. L'une se fait
mier mâle, n'a cependant par le feu, l'autre par l'eau;
point souffert d'atteinte à sa la première se nomme cal-
virginité parce qu'un amour cination, coupelle, rectifica-
spirituel n'est pas capable de tion, &c. la seconde s'ap-
la souiller: mariez-la à un pelle ablution, mondifica-
second mâle. tion, séparation, &c. La
PUCHO. Tenesme. purification de la matière est
PUGILAT. Un des exer- absolument requise pour la
cices pratiqués dans les jeux préparer à la seconde opé-
des Grecs & des Romains. ration du grand oeuvre, ap-
Voyez Jeux. pelée par le Philalèthe la
PUISER. C'est la même parfaite préparation, qui se
chose que cuire. fait par la réduction de l'hu-
PURETE' DU MORT. mide avec le sec, immédia-
Matière des Philosophes par- tement après la purification.
venue à la couleur blanche. Cette première préparation
On l'a ainsi nommée de ce ou purification se fait par les
que la couleur noire occa- calcinations, distillations,
sionnée par la putréfaction, solutions & congélations;
est appelée Mort, Immon-* c'est-à-dire par la séparation
D d
@

418 PU PU

du superflu, & par l'addition tion se fait aussi par l'action
de ce qui manque à la ma- d'un feu étranger sur la ma-
tière. Trois régimes sont re- tière. C'est dans ce sens que
quis pour cela; le premier les Philosophes Spagyriques
est de réduire la matière à la disent que leur matière de la
nature du feu par la calcina- pierre est en putréfaction,
tion; le second, de la résou- lorsque la chaleur du feu ex-
dre en eau par la solution; trinsèque mettant en action
le troisième, de la réduire en le feu interne de cette ma-
air par la distillation; & le tière, ils agissent de con-
quatrième, de la réduire en cert sur elle, échauffent le
terre par la congélation. mélange, en séparent l'hu-
Tous ces régimes doivent midité qui liait les parties, &
s'entendre de l'oeuvre phi- après plusieurs circulations
losophique. Mais il y a une dans le vaisseau aludel scellé
purification de la matière de hermétiquement, réduisent
laquelle il faut extraire le la matière en forme de pous-
mercure. Les Philosophes sière; ce qui leur a donné
n'ont presque point parlé lieu d'appeler cendre la ma-
de cette purification, quoi- tière putréfiée, & de trom-
qu'elle soit absolument re- per les ignorants en appe-
quise; ils l'ont passée sous lant calcination cette action
silence, tant parce que c'est par laquelle la matière sem-
la clef de l'oeuvre, que parce ble réduite en une espèce
qu'elle se fait manuellement de chaux. C'est pourquoi
& qu'elle n'est pas philoso- Hermès dit que le noir blan-
phique. Elle consiste à sépa- chit la cendre; & Parme-
rer toutes les parties terres- nide, dans la Tourbe: La pu-
tres & hétérogènes de la tréfaction détruit notre ma-
matière, premièrement par tière, lui donne une autre
un bain humide, dit d'Espa- manière d'être, comme la
gnet, puis par un bain sec, calcination fait aux pierres.
échauffé par le feu doux & Voyez Calcination,
bénin de la Nature. Corruption.
PUSCA ou POSCA. Riplée définit la putréfac-
Oxycrat. tion, la mort des corps, &
PUTRE'FACTION. la division des matières de
Corruption de la substance notre composé, qui les con-
humide des corps, par dé- duit à la corruption, & les
faut de chaleur; la putréfac-* dispose à la génération. La
@

PU PU 419

putréfaction est l'effet de la corps putréfié; elle le trans-
chaleur des corps entretenue mue dans une nouvelle ma-
continuellement, & non nière d'être, pour lui faire
d'une chaleur appliquée ma- produire un fruit tout nou-
nuellement. Il faut donc se veau. Tout ce qui a vie y
donner garde de pousser la meurt; tout ce qui est mort
chaleur excitante & exté- s'y putréfie, & y trouve une
rieure au-delà d'un degré nouvelle vie. La putréfaction
tempéré: la matière se ré- ôte toute âcreté des esprits
duirait en cendre sèche & corrosifs du sel, & les rend
rouge, au lieu du noir, & doux; elle change les cou-
tout périrait. leurs; elle élève le pur au-*
La putréfaction succède dessus & précipite l'impur,
ordinairement à la solution en les séparant l'un de l'autre.
& souvent on la confond Lorsque les Physiciens di-
avec la digestion & la circu- sent qu'il ne se fait point de
lation. On regarde la putré- génération sans que la pu-
faction comme le quatrième tréfaction ait précédé, on
degré des opérations chi- ne doit pas l'entendre d'une
miques: elle en est le princi- corruption ou putréfaction
pal & devrait être regardée intime des principes du mixte
comme le premier; mais & de la substance propre du
l'ordre & le mystère deman- composé, mais de celle qui
dent qu'on lui donne cette produit simplement la solu-
place, dit Paracelse; elle est tion du sperme extérieur, &
connue de très peu de gens; qui dégage les principes des
& ces degrés, ajoute-t-il, liens qui les embarrassaient
(Liv. VII. de la Nature des & les empêchaient d'agir.
Choses) doivent se succéder Lorsque la putréfaction passe
comme les anneaux d'une ce degré, les diverses espè-
chaîne ou les échelons d'une ces de mixtes n'engendrent
échelle; desquelles si l'on en pas leurs semblables, & dé-
ôte un, il y aurait une inter- génèrent en d'autres mixtes,
ruption, le prisonnier se sau- comme le froment dégénère
verait, l'on ne pourrait par- en ivraie. Ainsi la putréfac-
venir au but que l'on se pro- tion entière, ou substantielle,
pose, & tout l'oeuvre périrait. éteint la forme du mixte.
La putréfaction a tant d'ef- La putréfaction physique
ficace, qu'elle détruit la na- est la purgation de l'humide
ture ancienne & la forme du radical, par la fermentation
D d ij
@

420 PY PY

naturelle & spontanée des PYLADE, fils de Stro-
principes purs & homogènes phius, se lia avec Oreste
avec les impurs & hétéro- d'une amitié si intime, qu'il
gènes. s'offrit à la mort pour lui,
Les Philosophes ont quel- lorsqu'il l'accompagna dans
quefois donné le nom de la Tauride pour enlever la
putréfaction à leur matière statue de Diane, dont Iphi-
parvenue au noir, parce que génie était Prêtresse. Voyez
la noirceur en est l'effet & le Oreste.
véritable signe. PYNANG. Aréca.
PYLUS. Ile où les Poè- PYR DU SOLEIL.
tes ont feint que régnait Soufre philosophique.
Nélée; Hercule vint dans PYRAMIDE. Masse
cette île, tua Nélée & toute d'une ou plusieurs pierres
sa famille, excepté Nestor, assemblées en pointe fort
& blessa Junon d'un dard à élevée. Les pyramides sont
trois pointes, dans le temps carrées. Les plus renom-
qu'elle voulait secourir Né- mées sont celles d'Egypte.
lée. Pylus, selon les Philo- Pline dit qu'il y en avait trois
sophes Spagyriques, est le principales, mises au nom-
symbole de la matière phi- bre des merveilles du mon-
losophique dans laquelle do- de. La plus grosse & la plus
mine Nélée ou le soufre mi- haute contenait huit arpents,
néral, qu'Hercule ou le mer- ayant dans chacun des côtés
cure tue en le purifiant par de sa base 883 pieds, & dans
la putréfaction, qui est une le haut 25. La moyenne
espèce de mort. Sa famille avait 737 pieds en tout sens,
sont les esprits métalliques & la troisième 363. Les frais
que le mercure fixe après la pour les construire furent
putréfaction, & Nestor qui immenses, & prouvent bien
reste seul, signifie le sel qui que l'or était extrêmement
reste intact. Junon est la commun chez les Egyptiens.
matière aurifique, céleste Voyez les Fables Egyptien-
& incorruptible qui semble nes & Grecques dévoilées,
vouloir se joindre à Nélée livre premier.
contre Hercule, qui la blesse PYRAENUS. Esprit-de-*
d'un dard à trois pointes, vin, comme si l'on disait Feu
parce que sa nature & sa du vin.
substance sont mercurielles, PYRETICUM. Médica-
sulfureuses & salines. ment fébrifuge.
@

PY PY QU 421

PYRITHOUS. Voyez tour; & comme Polyxene
Pirithoüs. avait été la cause de la mort
PIROIS ou PYROUS. d'Achille, il l'immola sur son
Nom d'un des chevaux du tombeau. De retour de cette
Soleil. Columelle dit (liv. expédition, il épousa Her-
10.) que quelques-uns ont mione fille de Ménélas &
aussi donné ce nom à la pla- d'Hélène, quoique déjà fian-
nète de Mars, à cause de sa cée à Oreste, ce qui lui coûta
couleur rougeâtre. la vie; car Oreste le tua de-
PYRONOMIE. Art de vant l'autel d'Apollon. Voy.
régler & conduire les de- les Fables Egypt. & Grecq.
grés de chaleur pour les opé- dévoilées, liv. 6.
rations chimiques. Les Phi- PYTHIENS. Jeux Py-
losophes Hermétiques disent thiens ou Pythiques. Ils fu-
unanimement, que tout leur rent institués en l'honneur
secret consiste dans le régime d'Apollon, après qu'il eut
du feu, quand on a la ma- tué le serpent Python. Voyez
tière de la pierre. V. Feu, Jeux.
Chaleur. PYTHIUS. Surnom d'A-
PYROS. Froment. Blan- pollon.
chard. PYTHON. Serpent hor-
PYROTECHNIE. Voy. rible & monstrueux, né de
Pyronomie. la fange & de la boue laissée
PYROTICUM. Cautè- par le déluge de Deucalion.
re, vésicatoires. Apollon épuisa presque tou-
PYROUS. V. Pyroïs. tes les flèches de son carquois
PYRRHUS, fils d'A- contre ce monstre, qu'il tua
chille & de Déidamie, fut enfin. C'est en mémoire de
aussi appelé Néoptoleme. cette victoire qu'on institua
Après la mort de son père les jeux Pythiques. Voyez
tué par Pâris, il se rendit au les Fables Egypt. & Grecq.
siège de Troie, parce qu'une dévoilées, liv. 4. ch. 7.
des destinées de cette ville
portait qu'elle ne pourrait Q.
être prise si un des descen- Q. Pl. signifie autant que
dants d'Eaque n'y assistait. l'on veut.
Pyrrhus y tua Priam au mi- Q. V. A volonté.
lieu de ses Dieux, & préci- Q. S. Suffisamment.
pita le jeune Astianax, fils QUADRANS. Quatre
d'Hector, du haut d'une onces.
D d iij
@

422 QU QU

QUADRATUS. Sur- DRAGON. C'est le ma-
nom de Mercure. gistère au rouge, ou le soufre
QUANDROS. Pierre rouge des Philosophes.
blanche, que les Anciens di- Queue DE PAON. Ce
saient se trouver dans la cer- sont les couleurs de l'arc-en-*
velle des vautours. Ils pen- ciel, qui se manifestent sur
saient qu'elle avait la pro- la matière dans les opéra-
priété de faire venir le lait tions de la pierre. Pour indi-
aux femmes. quer les couleurs qui sur-
QUANLI. Plomb. viennent à cette matière,
QUARIS. Fiel de pierre. Basile Valentin & plusieurs
QUARTARIUM. Le autres Philosophes ont em-
même que quadrants. Il si- ployé pour symboles suc-
gnifie aussi une mesure con- cessifs, le corbeau pour la
tenant cinq onces de vin, couleur noire, le paon pour
ou quatre onces & demie les couleurs variées de l'arc-*
d'huile. en-ciel, le cygne pour la
QUEBOLIA. Mirobo- blanche, & le phénix pour
lants. la rouge.
QUEBRIC. Arsenic des Queue DE RENARD
Philosophes. ROUGE. Minium.
QUEBRIT. Soufre des QUIAMOS. Vena terrae.
Sages. Couperose.
QUEBULI. Mirobolants. QUIBRIT. Soufre des
QUEMLI. Plomb. Philosophes. Morien.
QUERCULA. Plante QUINTESSENCE. La
appelée chamaedrys, petit quintessence, le magnétisme
chêne. spécifique, le lien, la se-
QUEUE DE DRA- mence des éléments, la com-
GON. C'est, selon Hermès, position des éléments purs
le mercure des Philosophes sont, dit le Breton (Philo-
en putréfaction. sophie Spagyrique), des ex-
Queue BLANCHE DU pressions synonymes d'une
DRAGON. Huile du mer- même chose, d'une même
cure, ou la pierre au blanc, matière ou sujet, dans lequel
ainsi nommée de ce que la réside la forme. C'est une
couleur noire est appelée essence matérielle dans la-
Dragon, & que la blanche quelle l'esprit céleste est en-
lui succède. fermé, & opère. On pour-
Queue ROUGE DU rait définir la quintessence
@

QU RA 423

un cinquième principe des pierre la propriété de faire
mixtes, composé de ce qu'il découvrir les secrets, & d'ex-
y a de plus pur dans les qua- citer des songes extraordi-
tre éléments. naires à ceux qui la portaient
Quintessence DES sur eux pendant le sommeil.
E'LE'MENS. C'est le mercure
des Philosophes. Raymond R.
Lulle & Jean de Roquetail-
lade, connu sous le nom de R. ou R/ signifie prenez,
Jean de Rupe Scissa, ont mettez.
fait chacun un Traité qui a RAAN.Sel armoniac.
pour titre: de Quinta Essen- RAARI.Sel armoniac.
tia, dont l'objet est la com- RABEBOYA.Racine
position du mercure Hermé- du grand Flamula ou grand
tique. L'un & l'autre don- Flambe. Quelques-uns ont
nent le change aux ignorants, donné le nom de Rabeboya
en parlant de cette quintes- à la Lune, ou femelle des
sence, comme si elle se faisait Sages.
avec l'esprit-de-vin vulgaire, RABIEL.Sang de dra-
au lieu qu'il faut l'entendre gon.
du vin philosophique. Jean RABIRA.Etain, Jupiter.
Séger Weidenfeld en a traité RABRIC.Soufre des Phi-
fort au long dans son ouvrage losophes.
qui a pour titre: de Secretis RACARI.Sel armoniac.
Adeptorum, sive de usu Spi- RACHI. \ Mercure des
ritus vini Lulliani. Cet es- RACHO. / Sages.
prit de-vin est absolument RACINE. Quelques
minéral, & non végétal, Physiciens Chimistes ont
mais acué & rendu plus puis- donné le nom de racines à
sant avec les végétaux, sui- ce que d'autres appellent
vant l'usage qu'on veut en principes, & les ont nom-
faire, dit le même Raymond més différemment, quoi-
Lulle. qu'ils ne soient que les mê-
QUINTE NATURE. mes choses. Ils appellent ra-
Mercure dissolvant des Phi- cines les principes des mix-
losophes. tes, le fixe pur & le volatil
QUIRIS. Pierre que l'on pur; tout ce qui entre d'ail-
trouve dans le nid des hup- leurs dans la composition du
pes. Quelques anciens Na- mixte est censé hétérogène,
turalistes attribuaient à cette & non racine, parce qu'il est
D d iv
@

424 RA RA

un obstacle à l'union parfaite Racine DE L'ART.
des racines, d'où dépend la Pierre au blanc. Il ne faut
durée; & qu'il en occasionne pas confondre la racine de
la séparation, d'où s'ensuit la l'art avec la racine de l'oeu-
mort. C'est par cette raison vre, parce que le commen-
que l'union des principes, cement de l'oeuvre est la
faite par l'Alchimie, est per- préparation manuelle, que
manente & incorruptible. tout le monde peut faire, de
Racine. (Sc. Herm.) la matière crue, au lieu que
Mercure des Sages pendant l'art philosophique ne com-
la putréfaction. Ils ont dit mence qu'après cette pré-
que leur matière ou plutôt paration, de laquelle pres-
leur mercure était composé qu'aucun Philosophe n'a par-
de deux choses sorties d'une lé. Ainsi la racine de l'oeuvre
même racine; parce qu'en prise dans son principe, est
effet d'une & unique ma- la matière crue, & la racine
tière, molle, & qui se trouve de l'art est le mercure pré-
partout, comme dit le Cos- paré & la matière au blanc.
mopolite, on tire deux cho- Racine DES ME'TAUX.
ses, une eau & une terre, Quelques-uns ont donné ce
qui réunies ne font plus qu'u- nom à l'antimoine, d'autres
ne seule chose & ne se sépa- au mercure vulgaire. Les
rent jamais. Cette réunion uns & les autres se sont
n'en fait plus qu'une seule trompés. Par Antimoine &
racine, qui est la semence & Mercure on doit entendre
la vraie racine des métaux ceux des Philosophes Her-
philosophiques. métiques, qui sont la même
La racine de l'oeuvre est, chose, & qui est elle-même
selon Trévisan, le principal la racine de l'antimoine &
ingrédient du composé phi- du mercure vulgaires; c'est-*
losophique; c'est pourquoi à-dire, ce en quoi tout se
Riplée le nomme la base. résout.
C'est le soufre mûr du So- Racine se dit aussi des
leil des Sages, par la vertu principales parties du corps
duquel les deux autres subs- humain, d'où les autres sem-
tances mercurielles se mû- blent dépendre ou tirer leur
rissent & acquièrent le degré origine. Le cerveau est la
de perfection de l'or. Les racine de tous les ligaments,
Philosophes l'ont aussi nom- le coeur est la racine de tous
mé le Feu de Nature. les membres, & le foie est
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RA RA 425

celle du sang. Ces racines Royaume de Pluton, & dont
ne souffrent souvent que par il fallait nécessairement être
accident. En les conservant muni pour aborder Proser-
en santé, on conserve tout pine, est le symbole de la
le corps; mais il faut aussi matière des Sages, suivant
guérir les accidents, pour que l'explique d'Espagnet. Il
conserver le principal. Pa- est pris d'un arbre sembla-
racelse. ble à celui qui produisait les
Racine DES TEINTU- pommes des Hespérides, &
RES DU SOLEIL ET DE LA à celui où était suspendue la
LUNE. C'est le mercure des toison d'or. Mais la difficulté
Sages uni à son soufre. est de reconnaître cette bran-
RACRI. Sel armoniac. che & ce rameau; car les
RADIRA. Etain, Jupi- Philosophes, dit le même
ter. Auteur, se sont étudiés plus
RADIX CAVA. Espèce particulièrement à le cacher
d'aristoloche, dont la racine que toute autre chose. Celui-*
est creuse. là seul peut l'arracher: qui
RAIB. Pierres de toutes Maternas agnoscit aves.
espèces. .... & geminae cui fortè
RAISIN DE CHE^NE. columbae,
Assemblage de petits glo- Ipsa sub ora viri coelo venere
bules rouges en dehors, volantes.
blancs & presque laiteux en
dedans, d'un goût très styp- Voyez une explication plus
tique, que l'on trouve au étendue à la fin du sixième
printemps sur les racines du livre des Fables Egypt. &
chêne; c'est dans ce temps-là Grecques dévoilées.
qu'il faut les cueillir, parce RAMED. Rhubarbe.
qu'en été ils deviennent li- RAMICH. Noix de
gneux. On les fait sécher à galle.
l'ombre, & on les pulvérise RAMIGI, RAMIGIRI.
ensuite. C'est un spécifique Colophane.
pour la dysenterie, les flux RANAC. Sel armoniac.
de sang, & les hémorragies. RANDERIC. Matière
Rulland. de l'oeuvre, ou Rebis, avant
RAMAG. Cendre. qu'elle soit parvenue à la
RAMEAU D'OR. Ce- blancheur.
lui qu'Enée porta avec lui, RASAHETI. Aes ustum,
pour avoir entrée dans le cuivre brûlé.
@

426 RA RA RE

RASAR. Etain. faut pas l'entendre à la lettre.
RASAS. Plomb blanc. Voyez Vin.
RASEOS. \ Cuivre, RAYONS DU SOLEIL
RASOES. / Vénus. ET DE LA LUNE. Les
RASTIS. Jupiter chi- Philosophes disent, d'après
mique. Hermès, que leur eau mer-
RASTOL. Cuivre, ai- curielle s'extrait des rayons
rain. du Soleil & de la Lune au
RASTUL. Sel. moyen de leur aimant; quel-
RAVED. Rhubarbe. ques Chimistes se donnent
RAVED-SENI. Rhu- en conséquence la torture
barbe d'orient. pour trouver un aimant ou
RAXAD. Sel armoniac. un attrament qui puisse pro-
RAYB. Voyez Raib. duire ou attirer cette matiè-
RAYMOND LULLE. re: Borrichius les désabuse
Philosophe Hermétique, l'un avec tous les véritables Phi-
des plus savants, des plus losophes, lorsqu'ils disent
subtils, & dont la lecture est que la matière de laquelle il
des plus recommandée, faut extraire ce mercure se
comme ayant écrit le plus trouve sur terre, & que c'est
clairement sur les principes une terre vierge: qu'il ne
des choses, & comme ayant faut point en conséquence
le plus pénétré dans les se- chercher à la pêcher dans
crets de la Nature. D'Espa- l'air. Raymond Lulle dit po-
gnet loue particulièrement sitivement qu'elle se tire de
son Testament ancien, son la terre, & Hermès dit que
Codicille, sa Théorie & sa la terre est sa nourrice.
Pratique. Zachaire y ajoute RE'LGAL ou RE'AL-
la Lettre de cet Auteur au GAR. Magistère au rouge.
Roi d'Angleterre Robert, & REBIS. (Sc. Herm.)
dit que sa lecture lui a fait Matière des Sages dans la
connaître son erreur. Ray- première opération de l'oeu-
mond Lulle parle peu de vre. L'esprit minéral cru
l'eau tant désirée des Philo- comme de l'eau, dit le bon
sophes, mais ce qu'il en dit Trévisan, se mêle avec son
est très significatif. Quant au corps dans la première dé-
régime, personne n'en a écrit coction en le dissolvant. C'est
plus clairement que lui. Il pourquoi on l'appelle Rebis,
parle sans cesse de vin blanc parce qu'il est fait de deux
& de vin rouge; mais il ne choses, savoir du mâle &
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RE RE 427

& de la femelle, c'est-à-dire faire. S'ils avaient étudié les
du dissolvant & du corps principes de la Nature & du
dissoluble, quoique dans le grand oeuvre dans les ou-
fond ce ne soit qu'une même vrages des vrais Philosophes,
chose & une même matière. ils ne se laisseraient pas sur-
Les Philosophes ont aussi prendre. Ils y verraient que
donné le nom de Rebis à la la matière est une, vile,
matière de l'oeuvre parve- commune, & que celui qui
nue au blanc, parce qu'elle a une quantité suffisante de
est alors un mercure animé cette matière, a plus besoin
de son soufre, & que ces de patience & de travail, que
deux choses sorties d'une de dépenses à faire; que l'oeu-
même racine ne font qu'un vre ne gît pas dans la multi-
tout homogène. V. Andro- tude des choses, & qu'il ne
gyne, Hermaphrodite. faut qu'une nature, un vase
Rebis se prend aussi pour & un fourneau. Qu'ils lisent
les excréments humains, & Trévisan, Zachaire, ils se-
pour la fiente de pigeons. ront bientôt désabusés de ces
REBOLEA. Excréments recettes trompeuses. Si les
brûlés. Philosophes donnent quel-
REBOLI. Liqueur de quefois des recettes, ils ont
mumie. soin d'avertir qu'on ne doit
REBONA. Fiente cal- pas les entendre à la lettre,
cinée au feu. & que quand ils disent pre-
REBOSOLA ou REBI- nez ceci, mettez cela, ils ne
SOLA. Spécifique tiré de prétendent pas qu'il faille
l'urine, contre l'ictéricie. ajouter ou mettre quelque
RECETTE. Procédé ou chose étrangère à ce qui est
mémoire instructif pour faire déjà dans le vase; mais seu-
le grand oeuvre. On les ap- lement qu'il faut continuer
pelle ainsi, parce qu'ils com- le régime pour procurer à la
mencent comme les ordon- matière un changement de
nances des Médecins, par le couleur, & la pousser d'un
mot latin Recipe, qui veut état moins parfait à un plus
dire prenez. grand degré de perfection. Il
Les ignorants se laissent ne faut donc les entendre à
prendre pour dupes par des la lettre quand ils disent pre-
fripons qui leur présentent nez, que lorsqu'il faut pre-
des recettes fausses, & leur mièrement mettre la matière
demandent de l'or pour en dans le vase, pour en faire
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428 RE RE

le mercure, ensuite le sou- a représenté ce volatil & ce
fre; quand de ce soufre & du fixe sous diverses figures em-
mercure il faut faire le Rébis blématiques, d'animaux &
pour parvenir à faire la pier- d'oiseaux; Flamel, sous
re, & enfin pour de cette celle de deux dragons, l'un
pierre avec le mercure, en ailé, l'autre sans ailes. Mais
faire l'élixir. Voilà toute qui prendra-t-on pour arbitre
l'oeuvre. de leur différend? & qui sera
RECFAGE. Dissolution le médiateur de cette paix?
du corps par un esprit hu- Il en faut deux, selon tous
mide & igné. les Philosophes, Vulcain &
RECHAM. Marbre. Mercure; c'est pour cela
RECIPIENT, en ter- qu'on représente ce dernier
mes de Chimie, est un ma- avec un caducée, autour du-
tras ou ballon adapté au bec quel sont entortillés deux ser-
du chapiteau d'un alambic pents, mâle & femelle, &
ou d'une cornue, pour rece- de propriétés opposées. Les
voir la liqueur qui en distille. Poètes disent aussi que Mer-
En termes de Philosophie cure accordait les ennemis,
hermétique, le récipient est & rappelait les âmes dans
la terre qui demeure au fond les corps. La Fable donne
du vase, & qui boit & reçoit un exemple du pouvoir qu'a
les vapeurs qui se condensent Vulcain de réunir les choses
au haut du vase, & retom- différentes, lorsqu'elle dit
bent en pluie. Le récipient que Vulcain surprit Mars &
est le corps, & les vapeurs Vénus en adultère, & les
sont l'esprit, qui se corporifie lia ensemble jusqu'à ce que
en s'unissant avec la terre, Mercure vînt les délier.
qui le fixe. RECONCILIER LES
RECONCILIATION ENNEMIS (Sc. hermét.).
(Sc. herm.). Les Philoso- Expressions philosophiques,
phes hermétiques recom- qui signifient la réunion du
mandent de réconcilier les fixe avec le volatil, au moyen
ennemis, & de faire la paix du mercure & de Vulcain.
entr'eux, de manière qu'ils Voyez Réconciliation.
soient unis inséparablement; RECTIFICATION.
c'est-à-dire qu'il faut réunir Nouvelle dépuration d'un
le volatil avec le fixe, en corps ou d'un esprit chimi-
sorte que le volatil devienne que, par la distillation réité-
fixe à jamais. Lambspringius rée, ou par quelqu'autre opé-
@

RE RE 429

ration en usage pour cet ef- duise dans les quatre élé-
fet. En termes de Chimie ments, parce qu'ils ne sont
hermétique, c'est la même que la première matière éloi-
chose que sublimation, ou gnée; mais en mercure her-
exaltation de la matière de métique, qui est la première
l'oeuvre à un degré plus par- matière prochaine des mé-
fait. Voyez Sublimation. taux philosophiques.
RECTIFIER. Don- Réduction se dit aussi
ner un plus grand degré de de la réunion d'une chose
perfection. Voyez Subli- avec une autre. C'est ce que
mer. d'Espagnet appelle la réin-
REDUC. Poudre mé- sération de l'âme dans la
tallique faite par la calcina- pierre, lorqu'elle l'a perdue;
tion. On la réduit en liqueur, ce qui se fait, dit-il, en l'al-
& enfin en régule. Planis- laitant & en la nourrissant
campi. d'un lait spirituel & rorifique,
REDUCTION. Ré- jusqu'à ce qu'elle ait acquis
trogradation d'une chose par- une force capable de résister
venue à un certain degré de aux atteintes du feu. Cette
perfection, à un degré qui réduction est donc une opé-
l'est moins, comme si avec ration par laquelle on incère,
du pain on faisait du grain de on engraisse, on nourrit, on
froment. Ainsi la réduction engrosse, on subtilise, & l'on
des métaux en leur première réunit les éléments, ou prin-
matière, si recommandée par cipes, en sorte que le feu
les Philosophes, est la rétro- agisse sur l'air, l'air sur l'eau,
gradation des métaux philo- l'eau sur la terre, &c.
sophiques, & non vulgaires, REDUIRE, s'entend
en leur propre semence, aussi dans deux sens diffé-
c'est-à-dire en mercure her- rents, comme le terme Ré-
métique. Cette réduction duction, dont voyez l'ar-
s'appelle aussi réincrudation, ticle.
& se fait par la dissolution RE'EZON. Soufre des
du fixe par le volatil de sa Philosophes parfait au rouge.
propre nature, & duquel il REFECTIVUM. Mé-
a été fait. dicament qui rétablit les for-
Ainsi la réduction des mé- ces perdues.
taux en leur première ma- REFRACTION. Même
tière, n'est pas une opéra- chose que conversion des
tion par laquelle on les ré-* éléments.
@

430 RE RE

REGIME (Sc. herm.). feu doit être modéré jusqu'au
Les Philosophes disent que noir & au commencement
tout consiste dans le régime du blanc; on augmente alors
du feu. Il ne faut pas se lais- ce feu par degrés, jusqu'à
ser prendre au sens littéral parfaite exsication ou incé-
de ces paroles. Toute la ration de la pierre.
réussite de l'oeuvre dépend On fortifie encore ce feu
en effet du régime du feu; jusqu'au rouge. Dastin dit:
mais ils entendent par ces le feu sera léger dans la solu-
paroles, non seulement la tion, médiocre dans la subli-
conduite du feu extérieur, mation, tempéré dans la coa-
excitant, & conservant la gulation, continu dans la
matière des impressions de déalbation, & fort dans la
l'air froid; il faut aussi les rubification. Le trop grand
entendre du régime du feu feu gâte & brûle les fleurs du
philosophique, c'est-à-dire, magistère; un feu trop petit
du feu de nature, & du feu n'excite pas assez, & rien ne
contre nature, afin que de se fait. Qu'on fasse donc bien
ces deux bien combinés, attention qu'il y a deux cha-
naisse un troisième, que les leurs dans notre oeuvre, sa-
Philosophes appellent feu voir, celle du soufre, & celle
innaturel. Ces trois feux, du feu extérieur; celui-ci ne
avec le feu extérieur, sont se prend pas de la substance
les quatre feux qu'Artéphius de la matière de l'oeuvre,
dit être nécessaires dans l'oeu- parce qu'il n'est point perma-
vre. Il n'en nomme cepen- nent avec la quantité & le
dant que trois, parce qu'il poids du mercure. Celui du
ne parle que des feux philo- soufre au contraire fait corps
sophiques, & ce sont ces feux avec le mercure, & l'anime;
qu'il faut proportionner géo- il fait partie du magistère, &
métriquement; c'est en cela en est une intégrale & essen-
que consiste tout le secret du tielle. C'est pourquoi Aros
régime. dit: le mercure & le feu te
On doit cependant faire doivent suffire; ce qu'il faut
attention, dit Philalèthe, que entendre après la première
quoique l'action de notre conjonction. Quelques Phi-
pierre soit unique, c'est-à-* losophes donnent pour exem-
dire la cuisson avec le feu ple du régime que l'on doit
naturel, l'état de cette cha- tenir dans les opérations de
leur varie de trois façons. Le l'oeuvre, le cours du Soleil
@

RE RE 431

dans les quatre saisons de fet que les quatre couleurs
l'année, & disent qu'il faut principales qui surviennent
commencer en hiver. Mais à la matière philosophique
on ne doit pas les entendre pendant les opérations de
de l'hiver vulgaire, c'est de l'oeuvre, comme on peut
l'hiver philosophique, c'est-* le voir dans tous les Li-
à-dire du temps où la matière vres des Adeptes, qui trai-
se dispose à la génération par tent des opérations de la
la dissolution & la putréfac- pierre. La première couleur
tion de la partie fixe par l'ac- est le noir, qu'ils attribuent à
tion du volatil & du feu in- Saturne; la seconde, le blanc,
terne. Cet hiver peut se trou- qu'ils donnent à Jupiter; la
ver pendant l'été vulgaire, troisième, le citrin, qui ca-
parce qu'on peut commen- ractérise Vénus; & la qua-
cer l'oeuvre en tout temps. trième, le rouge, ou la cou-
Zachaire & Flamel le fi- leur de pourpre, qui convient
rent au printemps. V. Temps, à Mars.
Saison. Règne se dit aussi des
REGIR. Gouverner, divisions ou classes sous les-
conduire une opération. V. quelles on range tous les
Régime. êtres sublunaires. On en
REGNE. (Sc. herm.) compte trois, auxquelles on
La Fable feint quatre règnes a donné les noms de règne
principaux des Dieux, que minéral, règne végétal, &
les poètes ont aussi appelés règne animal. Sous le pre-
âges. Le premier fut celui mier on comprend les mé-
de Saturne, appelé l'âge taux, les minéraux, les pier-
d'or; le second, celui de Ju- res précieuses & brutes, les
piter, ou l'âge d'argent; le cailloux, les terres calcaires
troisième, l'âge de cuivre, & gypseuses, les bols, les
ou celui de Vénus; & le qua- bitumes & les sels. Le se-
trième enfin, l'âge de fer, cond renferme les arbres, les
ou celui de Mars. Les My- plantes, & tous les végétaux.
thologues ont expliqué ces Le troisième enfin est formé
quatre règnes ou âges dans des animaux de toutes espè-
un sens moral, & les Adep- ces, quadrupèdes, volatils,
tes avec plus de raison, l'ex- reptiles, poissons, & crusta-
pliquent dans le sens philo- cées.
sophico-chimique; car ces Les individus de chaque
quatre règnes ne sont en ef-* règne se multiplient par une
@

432 RE RE

semence analogue & spéci- » ches que si notre lunaire
fiée pour ce règne; de ma- » était de même nature que
nière qu'un chien engendre » les autres plantes, elle ser-
un chien, un arbre produit » virait comme elle de ma-
un arbre, & les métaux ont » tière propre au feu pour
une semence générale pro- » brûler, & ne remporterait
pre à tous les individus mé- » de lui qu'un sel mort, ou,
talliques. Il ne faut pas em- » comme l'on dit, la tête
ployer la semence propre à » morte. Quoique nos pré-
un règne, pour produire un » décesseurs aient écrit am-
individu d'un autre règne. » plement de la pierre végé-
Ceux-là se trompent donc, » tale, si tu n'es aussi clair-
qui croient extraire le mer- » voyant que Lyncée, leurs
cure philosophique, semence » écrits surpasseront ta por-
des métaux, des sels alcalis » tée; car ils l'ont seulement
des plantes, ou des parties » appelée végétale, à cause
prises des animaux. » Sois » qu'elle croit, & se multi-
» diligent à la recherche des » plie comme une chose vé-
» choses qui s'accordent avec » gétale.
» la raison, & avec les livres » Bref, sache qu'aucun
» des Anciens, dit Basile Va- » animal ne peut étendre
» lentin (Avant-propos) » son espèce, s'il ne le fait
» sache que notre pierre ne » par le moyen de choses
» prend point naissance des » semblables & d'une mê-
» choses combustibles, parce » me nature. Voilà pour-
» qu'elle combat contre le » quoi je ne veux point que
» feu, & soutient tous ses ef- » tu cherches notre pierre
» forts, sans en être aucune- » autre part ni d'autre côté
» ment altérée. Ne la tire » que dans la semence de sa
» donc point de ces matières, » propre nature, de laquelle
» dans lesquelles la nature, » nature l'a produite. Tires
» toute puissante qu'elle est » de là aussi une conséquen-
» ne peut la mettre. Par » ce certaine, qu'il ne te faut
» exemple, si quelqu'un di- » aucunement choisir à cet
» sait que notre pierre est de » effet une nature animale.
» nature végétale, ce qui » Or, mon ami, afin que
» néanmoins n'est pas possi- » je t'enseigne d'où cette se-
» ble, quoiqu'il paroisse en » mence & cette matière est
» elle je ne sais quoi de vé- » puisée, songe en toi-même
» gétal, il faut que tu sa- » quelle fin & à quel usage
tu
@

RE RE 433

» tu veux faire la pierre; gule comme étant la matière
» alors tu sauras qu'elle ne du grand oeuvre, & l'ont
» s'extrait que de racine mé- nommé le Loup. Philalèthe
» tallique, ordonnée par le n'a pas peu contribué à les
» créateur à la génération induire en erreur, parce qu'il
» seulement des métaux. Re- dit dans son Introitus aper-
» marques premièrement, tus, dans lequel il paraît le
» dit le même Auteur (Lu- désigner assez clairement.
mière des Sages), que nul Mais Artéphius qui parle de
» argent-vif commun ne sert l'antimoine, & le nomme
» à notre oeuvre; car notre même par son propre nom,
» argent-vif se tire du meil- dit aussi que cet antimoine
» leur métal, par art spagy- est l'antimoine des parties
» rique, & qu'il est pur, sub- de Saturne, & l'appelle an-
» til, reluisant, clair comme timoine Saturnial, & dit,
» eau de roche, diaphane notre vinaigre antimonial
» comme cristal, & sans Saturnien. Il s'explique en-
» ordures. suite, en disant qu'il appelle
Dans le règne minéral, leur matière antimoine, non
l'or est le plus excellent avec pas parce qu'elle l'est en ef-
le diamant; dans le végétal, fet, mais parce qu'elle en a
c'est le Vin; & dans l'animal, les propriétés; ce qui suffit
l'homme. pour jeter un jour sur l'en-
REGULE est un terme droit de Philalèthe, & em-
générique, très en usage par- pêcher les ignorants de dé-
mi les Chimistes, pour ex- penser leur argent à travailler
primer la masse qui reste au sur l'antimoine vulgaire, ni
fond du creuset, quand on y sur son régule.
a fondu quelque: morceau de REGULIFIER. Ré-
mine minérale ou métalli- duire un métal en régule.
que. On donne plus ordi- REILLI. Sel acide, ou
nairement ce nom de régule de vinaigre.
au culot d'antimoine; & REINCRUDATION.
quand il est mêlé avec d'au- Rétrogradation. Voyez Ré-
tres métaux, on y ajoute le duction.
nom du métal. Ainsi on ap- REINCRUDER. Ré-
pelle régule martial, celui duire un corps à ses premiers
où il entre du fer, ou Mars principes. Artéphius dit que
&c. Nombre de Chimistes réincruder signifie décuire,
ont regardé ce dernier ré-* ramollir les corps jusqu'à ce
E e
@

434 RE RE

qu'ils soient dépouillés de lusion à la propriété préten-
leur consistance dure & sè- due de ce poisson, parce que
che. On ne peut réussir dans cette partie fixe arrête la par-
l'oeuvre, si on ne réincrude tie volatile en la fixant.
le corps parfait, & si on ne RENDRE l'âme à la
le réduit à sa première ma- pierre après la lui avoir en-
tière. Voyez Réduire. levée. Expressions qui signi-
REINE. Eau mercu- fient les imbibitions de la ma-
rielle des Philosophes, qu'ils tière volatile sur la fixe.
ont ainsi nommée, parce REPAS délicieux des
qu'ils ont appelé Roi leur Philosophes. C'est lorsque
soufre, qui doit être marié leur science leur fait décou-
avec cette eau, son épouse vrir quelque secret de la na-
naturelle, & sa mère. Basile ture qu'ils ignoraient.
Valentin & Trévisan sont les RESERVOIR des eaux
deux qui ont employé plus supérieures & inférieures.
particulièrement ce terme de Mercure des Sages. Ils l'ont
Reine. ainsi appelé de ce qu'il est
RE'ITERATION de l'abrégé du petit monde, &
destruction. C'est lorsqu'on qu'il est comme la quintes-
fait la seconde disposition, sence des éléments.
pour parvenir à la pierre RESIDENCE. Ma-
après avoir fait le soufre. gistère au rouge, nommé
Morien dit que cette dispo- résidence, parce qu'en lui
sition ou seconde opération, réside tout ce qu'il faut pour
est une répétition ou réitéra- animer le mercure, dont il
tion de la première. est lui-même comme le ré-
REMORA ARATRI. sidu & le résultat, & que
Plante connue sous le nom quand ils ont été réunis &
d'Arrête-boeuf. travaillés, ils composent un
REMORE. Nom d'un tout capable de demeurer
petit poisson que les Anciens éternellement dans le feu,
disaient avoir la propriété & de résister à ses plus for-
d'arrêter un vaisseau dans sa tes atteintes.
course, quoique voguant à RESINE CARDIA-
pleines voiles. Les Philoso- QUE. Gomme, ou extrait
phes hermétiques ont donné de la racine d'angélique.
le nom de Remore & d'E- Résine DE LA TERRE.
chénéis à la partie fixe de la C'est le soufre.
matière de l'oeuvre, par al-* Résine POTABLE DE
@

RE RE 435

LA TERRE. Soufre sublimé duire le corps dissoluble en
réduit en liqueur appelée eau, par le moyen du mer-
huile ou baume de soufre. cure; c'est le réincruder,
Résine MINERALE. pour le faire tomber en pu-
Soufre. tréfaction, & le disposer à
Résine D'OR. Teinture la génération du fils du so-
extraite de ce métal. leil. Quand on emploie ce
RESOLUTION, en terme pour l'opération de la
termes de Physique & de Médecine du troisième or-
Chimie, signifie désunion dre, il signifie non seulement
des parties d'un corps mixte. réduire la matière au blanc
On trouve, par la résolution, ou au rouge, & l'élixir en
cinq choses dans tous les mercure philosophique, mais
corps, mais quelques-unes le préparer, le sublimer, le
plus abondantes dans les calciner, le purifier, le con-
uns que dans les autres. 1°. joindre, le séparer, le laver,
Un corps éthéré, ou subs- le distiller, le fondre, l'en-
tance spiritueuse, appelée durcir, le triturer, l'incérer,
esprit ou mercure. 2°. Une &c. parce qu'une même opé-
substance sulfureuse & vo- ration fait tout cela dans un
latile. Ces deux le sont telle- même vase, avec trois ma-
ment, qu'elles s'évaporent tières de même nature.
fort aisément dans l'air, si RESSUSCITER. Voyez
l'on n'apporte bien des pré- Résurrection.
cautions pour les conserver; RE'SURRECTION.
elles participent beaucoup Les Philosophes Herméti-
du Gaz de Vanhelmont, 3°. ques appellent ainsi le pas-
Un sel. 4°. Du phlegme, sage du noir au blanc dans
ou partie aqueuse. Enfin une l'opération du grand oeuvre;
terre, appelée Tête morte. parce que le nom marque la
Ces deux dernières substan- putréfaction, qui est un signe
ces sont comme le réceptacle de mort. Ils donnent aussi
des trois autres. ce nom à la transmutation
Résolution signifie des métaux imparfaits en or;
aussi Dissolution, Réduction, car, selon eux, le plomb, le
dont voyez les articles. fer, &c. sont des métaux
RESOUDRE. C'est morts, qui ne peuvent être
désunir les parties d'un corps ressuscités & glorifiés qu'en
solide. En termes de Chi- devenant or, comme le plus
mie Hermétique; c'est ré-* haut degré de leur perfection.
E e ij
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436 RE RE

RE^TS. Filet à pêcher. Action par laquelle on re-
Les Chimistes Hermétiques met un mixte dans le premier
ont donné ce nom à leur ai- état qu'il avait avant d'être
mant, parce qu'il attire & corrompu par des mélanges.
prend leur acier, comme un REVIVIFIER. Rendre
filet prend le poisson. Voyez à un mixte déguisé son pre-
Aimant. Ce rêts doit s'en- mier état qu'il avait reçu de
tendre de la fixation, qui ar- la nature. On revivifie le
rête & fixe les parties na- mercure du cinabre & des
geantes & voltigeantes dans autres préparations qu'on lui
l'eau mercurielle, que les Phi- donne, en le faisant redeve-
losophes appellent leur mer. nir un mercure coulant. On
Cette mer nourrit le poisson revivifie les métaux, après
Remore ou Echénéis, dont les avoir réduits en chaux par
parlent le Cosmopolite & la calcination, ou par les eaux
d'Espagnet, c'est-à-dire le fortes. En termes de Science
grain fixe de l'or des Sages. Hermétique, revivifier c'est
RETORTE. Vase de redonner la vie, c'est-à-dire
verre, de pierre, de terre, rendre l'âme à son corps.
ou de fer, en forme de bou- Voyez Rendre.
teille, dont le col est courbé RHA. Rhapontic.
sur le côté. Il sert à distiller RHADAMANTE,
sans chapiteau. On l'appelle fils de Jupiter & d'Europe,
aussi Cornue. fut choisi avec Eaque &
REVERBERE, ou Feu Minos, pour être Juge de
DE REVERBERE. C'est un l'Empire ténébreux de Plu-
feu de flamme qui circule & ton. Voyez les Fables Egyp-
revient sur la matière qui la tiennes & Grecques dévoi-
produit, comme fait la flam- lées, Liv. 3. ch. 14 §. 5.
me dans un four à cuire le RHAMNUSIE. Surnom
pain. Le feu de réverbère des de la Déesse Némésis.
Philosophes est le feu inté- RHEA ou RHE'E. Une
rieur de la matière qui cir- des grandes Divinités des
cule dans le vase fermé, & Egyptiens, fille du Ciel &
scellé hermétiquement. de la Terre, eut aussi les
REVERBERER. C'est noms d'Ops, Cybelle &
cuire ou faire circuler la ma- Vesta. Elle épousa son frère
tière dans le vase philoso- Saturne, & en eut Jupiter,
phique. Neptune & Pluton, Junon,
REVIVIFICATION. Cérès & Vesta. Mais Sa-
@

RH RH 437

turne ayant appris qu'un de Livre VI. Fatalité VI.
ses enfants le détrônerait, & RHIZOTOMUM.
ayant usurpé l'Empire sur Médicament spécifique pour
Titan son frère, ils firent un guérir radicalement une ma-
traité, par lequel Saturne s'o- ladie.
bligeait à faire périr tous les RHODELAEUM. Huile
enfants mâles qui naîtraient rosat.
de lui. Saturne, pour tenir RHODES, Ile de la
sa parole, les dévorait à me- Mer Méditerranée, dans la-
sure que Rhea les mettait au quelle la Fable dit que Cad-
monde; ce qui la jetait dans mus aborda de l'Egypte,
une extrême affliction. Lors- qu'il y édifia un temple à
qu'elle fut prête d'accoucher Neptune, dont il donna la
de Jupiter, elle concerta les garde à quelques Phéniciens,
moyens de le dérober à la & fit des présents à Minerve,
cruauté de son père; en con- entre lesquels se trouvait un
séquence, après être accou- vase de cuivre très beau,
chée, elle donna le petit très remarquable, & fait à
Jupiter aux Corybantes pour l'antique; que ce Pays était
l'élever, & présenta un cail- ravagé par des serpents. Cette
lou enveloppé de langes à Fable, selon l'explication
Saturne, qui le dévora. Voy. des vrais Chimistes, ren-
les Fables Egyptiennes & ferme en abrégé tout le grand
Grecques dévoilées, Liv. 3. oeuvre; car, dit Michel
ch. 3. & 4. Maier, pourquoi ce présent
RHESUS, Roi de d'un vase de cuivre fait à
Thrace, vint au secours des l'antique, si ce n'est pour
Troyens avec une puissante nous donner à entendre qu'il
cavalerie. Dolon le trahit faut faire plus d'attention à
auprès d'Ulysse & de Dio- la matière qu'à la forme? Et
mede, qui pénétrèrent la quant à la terre de Rhodes,
nuit dans le camp où était c'est la vraie terre philoso-
Rhésus, le tuèrent, & enle- phique, & non aucune au-
vèrent ses chevaux avant tre, qui toutes seraient inu-
qu'ils eussent pu boire dans tiles à cet oeuvre. Les ser-
le fleuve Xanthe, condition pents dont il est parlé, ne sont-*
absolument requise pour ce pas ceux dont presque
prendre la ville de Troie. tous les livres des Chimistes
Voyez les Fables Egyptien- parlent? Toute l'histoire de
nes & Grecques dévoilées, Cadmus, qu'on peut voir
E e iij
@

438 RI RI

dans son article, éclairera vie des métaux.
encore mieux cette explica- On conclurait donc mal
tion. à propos des expressions ci-*
Il tomba une pluie d'or dessus, que les hommes pau-
dans l'île de Rhodes au mo- vres possèdent la matière de
ment de la naissance de Mi- l'oeuvre également comme
nerve. Voyez Minerve, les riches, & qu'ils sont en
Pluie D'Or. état d'en faire les frais & les
RHODODAPNE', ou opérations. Il faut une gran-
RHODODENDRUM. de connaissance de la natu-
Laurier-rose. re; ce qu'on ne peut acqué-
RHODOMEL. Miel rir sans étude. Il faut se four-
rosat. nir la matière & les vases,
RHODOSTAGMA. & n'avoir pas l'esprit occupé
Eau rose. à se procurer les moyens de
RHOE. Sumac. subsistance journalière, ce
RHOEAS. Coquelicot, qui ne convient aucunement
pavot rouge sauvage. aux gens pauvres. Lorsque
RHUS. Voyez Rhoe. les Philosophes disent que
RHYPTICUM. Mé- la matière est vile, ils la con-
dicament détersif. sidèrent dans son état de pu-
RIASTEL. Sel. tréfaction & de dissolution
RICHE. Autant en ont en eau, qui est commune à
les pauvres comme les riches, tout le monde. C'est aussi
disent les Philosophes. Ce dans ce sens-là qu'ils disent
qui ne doit pas s'entendre qu'elle ne coûte rien, ou très
des hommes, mais des mé- peu de chose, de même que
taux; c'est-à-dire, que les leur feu, qui est commun,
bas métaux ou les métaux c'est-à-dire, commun à tous
imparfaits ont également, les êtres physiques, puisqu'il
comme l'or & l'argent, ce leur donne la manière d'être,
grain fixe & ce mercure que & les y conserve.
les Philosophes cherchent. RIEN. Les Philosophes
Ils sont plus près dans l'or, ont disputé longtemps, &
l'argent & le mercure, parce disputeront encore pour dé-
que l'or & l'argent sont en terminer ce que l'on doit
effet plus fixes, & que le entendre par Rien. Dieu a
mercure est lui-même un tout créé de rien; c'est le
mercure, ayant aussi ce grain texte sacré qui nous le dit.
fixe, ou ce feu qui fait la Le sentiment le plus proba-
@

RI RI 439

ble & le plus commun, est cru que ces Philosophes con-
tiré de l'étymologie même fondaient leur cahos avec le
du terme; rien est ce qui n'a rien, ou la chose dont Dieu
point d'existence. Quelques-* a tout créé.
uns ont prétendu que ce rien Un grand nombre pen-
ou non-être est quelque cho- sent qu'avant la création,
se relativement à lui-même, Dieu seul avait existence;
& n'est rien quant aux cho- qu'il n'y avait ni lieu, ni
ses créées; à peu près comme vide, & que Dieu remplis-
le commun du peuple ap- sait tout par son immensité.
pelle vide tout ce qui n'est C'est la façon de penser des
pas occupé par un corps pal- gens sensés; car, ou il ne
pable & sensible. D'autres faut point admettre de Dieu,
disent que ce rien doit s'en- ce qui répugne au sens com-
tendre de la première ma- mun, ou il ne faut rien sup-
tière de toutes choses, in- poser qui ait existé éternelle-
forme & comme dans le ca- ment avec Dieu; pas même
hos, avant la détermination le vide, puisque ce serait
que Dieu lui a donnée pour un lieu, quoique impropre-
devenir telle ou telle chose ment dit, supposé hors de
existante comme elle est, & l'immensité de Dieu; ce qui
que c'est dans cette même ne peut exister avec l'idée
matière que tous les corps que nous avons de ses per-
peuvent être réduits. fections infinies. Ce n'est pas
La plupart des Naturalis- en conséquence de cela que
tes semblent le penser, Para- quelques Physiciens moder-
celse entr'autres: mais il ne nes admettent le vide dans
faut pas l'entendre à la let- la nature.
tre; car il ne s'exprime guè- Lorsque les Chimistes
res ainsi que quand il parle disent réduire les corps à rien,
de la fonction des corps & on doit l'entendre de l'alté-
de leur putréfaction; & com- ration & du changement
me les Philosophes Hermé- qu'ils font dans la configu-
tiques donnent le nom de ration actuelle des corps,
cahos à la matière du grand soit par la solution ou la cal-
oeuvre, & qu'ils disent que cination.
cette matière est celle dont Il ne faut pas se laisser in-
tout est composé; il n'est duire en erreurs par la ma-
pas surprenant que ceux qui nière de s'exprimer des Phi-
ne les entendent pas, aient losophes Hermétiques, lors-
E e iv
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440 RI RO

qu'ils disent que leur matière que les Philosophes ont don-
ne coûte rien; ils font alors né aux couleurs qui survien-
allusion à l'état de cette ma- nent à la matière pendant les
tière réduite en eau par la opérations. Ils ont dit en
dissolution. On sait que l'eau conséquence que leur Roi,
ne coûte rien. Ils en disent leur Reine changent de robes
autant du feu, parce qu'ils suivant les saisons. Ainsi
entendent alors parler du feu Robe BLANCHE, est la
de la matière, le même qui couleur blanche, qui succède
est commun à tous les indi- à la noire, appelée
vidus de la nature. Robe TENEBREUSE;
RILLUS. Lingotière. celle qui paraît, ou du moins
RISIGALLUM, ou doit paraître dans le cours
ROSAGALLUM. Espèce des opérations philosophi-
d'orpiment d'une couleur ques; car dans la première
rouge blafarde. préparation de la matière
RIVIERE. Les Philo- crue, on ne doit pas cher-
sophes ont souvent person- cher ces couleurs.
nifié des rivières, pour en Robe DE POURPRE, est
former les symboles de l'eau la couleur rouge du soufre
mercurielle des Sages, & parfaitement fixé. C'est pour-
ont dit, comme les Poètes, quoi la Fable dit qu'Apollon
qu'elles étaient filles de l'O- vêtit une robe de couleur
céan. Voyez Acheloüs, de pourpre, pour chanter
Persée. sur sa lyre la victoire que Ju-
Rivière ALKALISE'E. piter avait remportée sur les
Les Chimistes ont donné Géants.
ce nom aux fontaines dont Les Philosophes appellent
l'eau est chargée d'un sel al- aussi du nom de Robe les
cali, & disent que cette eau parties terrestres & grossiè-
s'imprègne de ces sels en res dans lesquelles sont ren-
passant par des pierres cal- fermés l'or vif des Sages &
cinées naturellement dans leur mercure; ils disent en
la terre. Le système de Be- conséquence qu'il faut dé-
cher sur l'origine des fon- pouiller les vêtements & les
taines minérales, paraît plus robes de leur Roi & de leur
vraisemblable; on peut le Reine, & les bien purifier
voir dans sa Physica sub- avant de les mettre dans le
terranea. lit nuptial, parce qu'ils doi-
ROBE, est un des noms vent y entrer purs, nus, &
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RO RO 441

tels qu'ils sont venus au mon- son premier feu, ce grain
de. Bas. Valentin. fixe qui doit surmonter la
ROBES. Vinaigre. froideur & la volatilité de
ROBUB. Conserve de ce mercure. Basile Valentin
fleurs ou de fruits. semble l'entendre dans ces
ROCHER. Les Philoso- deux sens au commence-
phes ont souvent fait allusion ment de ses douze Clefs.
à la dureté des rochers pour Dans la suite il donne le
signifier la fixité de leur ma- nom de Roi au soufre par-
tière, & les anciens Sages en fait, & même à la poudre
ont formé leurs fables, & de projection. On ne sau-
leurs métamorphoses de plu- rait, dit-il, remporter la vic-
sieurs personnes en rochers: toire, si le Roi n'a empreint
tels qu'Atlas, Polydecte, Se- sa force & sa vertu à son
ryphe & divers autres, par eau, & s'il ne lui a donné
l'aspect de la tête de Mé- une clef de sa livrée ou cou-
duse; c'est-à-dire, par la pro- leur royale, pour être dis-
priété fixative du grain fixe sous par elle, & rendu invi-
ou soufre des Sages. sible. Leur Roi est aussi le
Ils ont aussi donné le nom même que leur Lion. Quand
de Rocher à leur vase, par ils en parlent comme pou-
similitude; parce que leurs dre de projection, ils disent
métaux s'y forment, com- que c'est un Roi qui aime
me les métaux vulgaires, & tellement ses frères, qu'il
l'or particulièrement, dans leur donne sa propre chair à
le roc. manger, & les rend ainsi
ROHEL. Sang de dra- tous Rois comme lui, c'est-*
gon. à-dire Or.
ROI. Ce nom a deux ROMPRE. Dissou-
sens différents chez les Phi- dre, réduire en poudre ou
losophes. Il s'entend plus en eau.
ordinairement du soufre des RORELLA. Plante con-
Sages, ou l'or philosophi- nue sous le nom de Ros
que, par allusion à l'or vul- solis.
gaire, appelé Roi des mé- ROSAGALLUM. Voy.
taux. Mais quelquefois ils Risigallum.
entendent par le nom de ROSCOD. Vinaigre.
Roi la matière qui doit en- ROSE. Les Fables disent
trer d'abord dans la confec- que la fleur appelée rose fut
tion du mercure, & qui est consacrée à Vénus, parce
@

442 RO RO

qu'une épine de rosier blessa traite par l'esprit de sel, le
cette Déesse dans le temps tout mêlé enduite avec le sel
qu'elle accourait au secours de perles.
d'Adonis qui se mourait, & ROSE'E. Plusieurs Chi-
que son sang teignit en rouge mistes ont regardé la rosée
cette fleur qui jusque-là des mois de Mai & de Sep-
avait été blanche. Cette fa- tembre comme la matière de
ble se trouve expliquée dans l'oeuvre Hermétique, fondés
le liv. 3. ch. 8. & le liv. 4. sans doute sur ce que plu-
ch. 4. des Fables dévoilées. sieurs Auteurs ont avancé
Elle ne signifie autre chose que la rosée était le réservoir
que le changement de la de l'esprit universel de la
couleur blanche de la ma- Nature. François du Soucy
tière philosophique en cou- Sieur de Gerzan, en fait un
leur rouge, par la jaune in- si grand éloge dans son Trai-
termédiaire appelée Vénus. té qui a pour titre: le Projet
On trouve même souvent de la Création du Monde,
dans les livres des Philoso- qu'il semble vouloir insinuer
phes, la rose comme sym- qu'en vain voudrait-on pren-
bole des couleurs rouge & dre une autre matière pour
blanche. faire l'oeuvre Hermétique.
Abraham Juif dans Fla- Beaucoup d'autres paraissent
mel, feint un rosier garni de dans le même sentiment;
roses blanches & rouges, mais quand on médite sérieu-
planté sur le sommet d'une sement sur les textes des vrais
montagne, où les vents souf- Philosophes, dans lesquels
flent avec violence. Ainsi ils parlent de rosée, on est
leur rose blanche est leur ma- bientôt convaincu qu'ils n'en
tière parvenue à la couleur parlent que par similitude,
blanche, & leur rose rouge & que la leur est une ro-
est leur soufre aurifique. sée proprement métallique,
Rose MINE'RALE est c'est-à-dire, leur eau mer-
l'or philosophique. curielle sublimée en vapeurs
Rose se prend quelque- dans le vase, & qui retombe
fois pour le tartre, selon au fond en forme de rosée
Rulland. ou de petite pluie. Ainsi
Rose DE VIE. C'est, sui- quand ils parlent de rosée
vant Manget, une liqueur du mois de Mai, c'est celle
faite avec l'eau-de-vie & la du mois de Mai de leur prin-
teinture de l'or très pur, ex-* temps Philosophique, sur le-
@

RO RU 443

quel domine le signe des Gé- Rouge SANGUIN. Ma-
meaux de leur Zodiaque, gistère parvenu par la cuisson
différent du Zodiaque com- à la couleur de pourpre
me on peut le voir dans l'ar- ROUGEUR. Même
ticle Zodiaque. Philalèthe a chose que rouge.
même dit positivement que ROUGIR. C'est cuire &
leur rosée est leur eau mer- digérer la matière de l'oeu-
curielle au sortir de la pu- vre jusqu à ce qu'elle ait at-
tréfaction. teint la couleur de pavot des
Rosée ou Rosée CE'- champs.
LESTE. Mercure des Philo- ROUILLE. Couleur de
sophes. rouille de fer que prend la
Rosée SOLAIRE. Voyez matière avant que de par-
Pluie D'Or. venir à la couleur pourprée.
ROTA. Colophane. C'est pourquoi les Philoso-
ROTATION. V. Cir- phes ont donné le nom de
culation. Mars à cette couleur, dont
ROTINGENIUS. Co- la durée est, selon eux, le
lophane. temps du règne de ce Dieu.
ROTIR. V. Cuire. C'est pour cela que Basile
ROUE. Suite des opéra- Valentin dit que Vénus don-
tions de l'oeuvre Herméti- ne à Mars la couronne roya-
que. Tourner la roue, c'est le, pour que le Soleil la
observer le régime du feu. prenne de ses mains.
Faire la circulation de la RUBELLA. Liqueur
roue, c'est recommencer les spiritueuse & dissolvante,
opérations, soit pour faire la propre à tirer la teinture des
pierre, soit pour la multi- corps. Telles sont l'esprit de
plier en qualité. La roue élé- Vénus, & l'alkaest de Pa-
mentaire des Sages est la racelse & de Van-Helmont,
conversion des éléments phi- plus particulièrement que
losophiques, c'est-à-dire, le tous les autres menstrues
changement de terre en eau, dissolvants.
puis d'eau en terre; l'eau RUBIFICATION. Con-
renferme l'air, & la terre tinuation du régime Hermé-
contient le feu. V. Con- tique au moyen duquel on
version. parvient à faire passer la ma-
ROUGE. Terme de tière de la couleur blanche
l'Art Hermétique, qui signi- à la rouge.
fie le soufre des Philosophes. RUBIFIER. Rendre
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444 RU RU

rouge. V. Rubification. cependant si nécessaire, que
RUBINUS SULPHU- sans elle on ne peut réussir.
RIS. Baume de soufre. Ils donnent cent noms diffé-
RUBIS. Magistère au rents à la même chose, &
rouge parfait. rien, dit Morien, n'a tant
Rubis PRE'CIEUX. induit en erreur les curieux
Poudre de projection. de cette Science. V. Ma-
RUMEX. Espèce de pa- tière. Souvent ils infèrent
tience dont le suc est rafraî- à dessein des espèces de con-
chissant, & dont on donne tradictions, qui n'en sont pas
la racine à sucer à ceux qui pour ceux qui sont au fait,
ont soif. Blanchard. mais qui dégoûtent beau-
RUPTORIUM. Causti- coup ceux qui veulent étu-
que, pierre infernale. dier leurs ouvrages. L'un dit
RUSANGI. \ Cuivre qu'il ne faut prendre qu'une
RUSATAGI. / brûlé. chose, l'autre dit qu'il en faut
RUSCIAS. Mercure. nécessairement deux, l'autre
RUSE. Les Philosophes trois; & ils ont raison, quoi-
emploient la ruse pour ca- qu'ils paraissent contraires,
cher le secret de leur Art, & parce que le premier entend
faire prendre le change aux cette unique chose de leur
ignorants. Ils ont affecté pour mercure; le second, de leur
cet effet de ne s'expliquer mercure animé ou Rebis; &
que par des termes méta- le troisième, de leurs trois
phoriques, par des équivo- principes renfermés dans ce
ques, des énigmes, des allé- mercure, savoir le sel, le
gories & des fables. Ils con- soufre & le mercure, ou l'es-
fondent dans leurs écrits le prit, l'âme & le corps. Leur
commencement & la fin, & chose unique est le premier
communément ils parlent de principe des métaux, ou leur
la première préparation phi- semence; les deux choses
losophique comme si c'était sont, dit Trévisan, deux
en effet celle par laquelle on substances mercurielles ex-
doit d'abord commencer, traites de la même racine;
quoiqu'il y ait une prépara- & les trois choses sont les
tion manuelle de la matière deux extrêmes & le milieu
crue, dont ils ne parlent qui sert à les réunir, qu'ils
point, ou n'en font mention ont appelé medium conjun-
que sous le terme de subli- gendi tincturas, poculum
mation du mercure. Elle est amoris, &c.
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SA SA 445

SAISONS. Les Philoso-
S. phes ont leurs quatre sai-
sons, comme les quatre de
S N. signifie selon la na- l'année vulgaire; mais elles
ture. sont bien différentes. Ils en-
S. seule veut dire la tendent par saisons les di-
moitié du poids des ingré- vers états successifs où se
dients indiqué auparavant. trouve la matière de l'Art
SABENA ou SABON. pendant le cours des opéra-
Lessive de laquelle on fait le tions, & ces saisons se re-
savon. nouvellent chaque année
SABLE. Feu de sable. philosophique, c'est-à-dire
Voyez Feu. chaque fois que l'on réitère
SABRE. Feu des Phi- l'opération pour parvenir à
losophes. la perfection de l'oeuvre.
SACTIN. Vitriol. Leur hiver est le temps de la
SACUL. Succin. dissolution, & de la putré-
SADIR. Scories des mé- faction: le printemps succède
taux. & dure depuis que la cou-
SAFRAN, simplement leur noire commence à s'é-
dit, & Safran de Mars des vanouir, jusqu'à ce que la
Sages. C'est la matière de couleur blanche soit parfai-
l'Art parvenue par la cuisson te: cette blancheur & la sa-
à la couleur safranée. franée qui suit, forment leur
SAGANI SPIRITUS. été; la couleur rouge qui
Ce sont les éléments. vient après, est leur autom-
SAGDA ou SAGDO. ne. C'est pourquoi ils disent
Espèce de limon pierreux que l'hiver est la première
qui s'attache aux navires. saison de l'année, & qu'il
Pline, Solinus & Albert le faut commencer l'oeuvre en
Grand disent qu'il a une ver- hiver. Ceux qui recomman-
tu attractive pour le bois, dent de commencer au prin-
comme celle de l'aimant pour temps, n'ont en vue que la
le fer. matière avec laquelle il faut
SAGES. V. Philoso- faire l'oeuvre, & non le com-
phes. mencement du travail de
SAGITH & SEGITH. l'Artiste, puisqu'il peut le
Vitriol. faire dans tout le cours des
SAHAB. Mercure. saisons vulgaires.
SAIC. Argent-vif. SAL AMARUM. Argent
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446 SA SA

vulgaire, que quelques-uns Sal PRACTICUM. Mé-
appellent aussi Sel nitre. lange de nitre & de sel ar-
Sal ANATHRUM. Voyez moniac, par parties égales,
Anathron. mis à la cave dans une ter-
Sal CRISTALLINUS. Sel rine neuve & sans vernis,
cuit d'urine d'homme. suspendue ou élevée au-*
Sal ENIXUM. Sel dissout dessus de terre. Ce mélange
en huile. se résout en liqueur, & s'at-
Sal FUSILE. Sel décré- tache en forme de sel sur la
pité. Quelques-uns le pren- surface extérieure du vase.
nent pour le sel gemme. Sal TABARI. Sel alem-
Planiscampi. brot.
Sal GEMMAE. Sel gem- Sal TABERZET. Tartre
me ou sel de terre, parce blanc.
qu'il se tire des mines où il SALAMANDRE. Es-
se forme naturellement dans pèce de lézard que les An-
la terre. On lui a donné le ciens croyaient pouvoir vi-
nom de sel gemme, ou de vre dans le feu, sans en être
pierres précieuses, de ce qu'il consumée. Les Philosophes
est clair & transparent com- Hermétiques ont pris cet
me le cristal. animal pour symbole de leur
Sal PEREGRINORUM. pierre fixée au rouge, c'est
Composition de sel nitre, de pourquoi ils l'ont appelée la
sel fusible, de sel gemme, Salamandre qui est conçue
de galanga, macis, cubèbes, & qui vit dans le feu. Quel-
alcali tiré du vin, de la li- quefois ils ont donné ce nom
queur des baies de geniè- à leur mercure; mais plus
vre. Elle fortifie l'estomac, ordinairement à leur soufre
aide à la digestion, préserve incombustible. La Salaman-
de putréfaction, & empêche dre qui se nourrit du feu, &
de vomir ceux qui vont sur le Phénix qui renaît de ses
mer. Planiscampi. cendres, sont les deux sym-
Sal PHILOSOPHORUM. boles les plus communs de
Composition de sel d'or, ce soufre.
d'antimoine, de vitriol, de SALEFUR. Safran.
réglisse, de germandrée, de SALIS ASTRUM.
chicorée, de valériane, d'ab- Huile de sel.
sinthe & de sel commun, ad- SALIVE DE LA LUNE.
mirable pour guérir les can- Mercure des Philosophes,
cers & le noli-me-tangere. ou la matière de laquelle on
Planiscampi.
@

SA SA 447

extrait ce mercure. Les an- tune Nélée & Pélias. Voyez
ciens Sages l'ont représenté ces deux articles.
sous la fable du Lion de Né- SALTABARI. Sel alem-
mée descendu de l'orbe de brot.
la Lune. Hercule le tua, & SAMBAC. Jasmin.
en porta la peau le reste de SAMECH. Sel de tartre.
sa vie, pour preuve de sa SANDARACHA
victoire. Voyez Lion. GRAECORUM. Arsenic
Salive INCOMBUSTI- brûlé, ou orpin rouge réduit
BLE. Mercure des Sages. en poudre.
SALIUNCA. Lavande, SANDERICH. Pierre au
Nard celtique. blanc.
SALLENA. Espèce de SANG (Sc. Herm.)
salpêtre. Planiscampi. Beaucoup de Chimistes ont
SALMACIS. Nym- travaillé sur le sang des ani-
phe qui devint éperdument maux, le prenant pour la
amoureuse d'Hermaphrodi- matière dont les Philosophes
te. Elle s'approcha de lui font leur magistère. Quel-
dans une fontaine, qui de- ques-uns de ces derniers l'ont
puis prit le nom de la Nym- en effet nommée Sang, &
phe; elle le pressa, & lui fit Sang humain; mais Phila-
beaucoup d'instances pour lèthe dit qu'on doit appliquer
l'engager à satisfaire ses dé- le sens de ces expressions à
sirs passionnés; ne pouvant leur matière au noir. En
l'y déterminer, elle courut nommant Sang leur matière,
à lui pour l'embrasser, & ou plutôt leur mercure, ils
pria les Dieux de lui accor- ont fait allusion au sang des
der que leurs deux corps animaux qui porte la nourri-
n'en fissent plus qu'un; elle ture dans toutes les parties
fut exaucée. Hermaphrodite du corps, & qui est le prin-
obtint aussi que tous ceux cipe de leur constitution cor-
& celles qui se baigneraient porelle; il en est de même
dans cette fontaine, partici- de leur mercure, qui est la
peraient aux deux sexes. base & le principe des mé-
V. Hermaphrodite. taux. Ainsi le sang des petits
SALMICH. Mercure enfants qu'Hérode fait égor-
des Sages, ou la matière de ger dans les Hiéroglyphes
laquelle on la tire. d'Abraham Juif, est une allé-
SALMONE'E, père de gorie de l'humide radical des
Tyro, laquelle eut de Nep-* métaux extrait de la minière
@

448 SA SA

des Philosophes, donnée chimistes. Teinture d'anti-
sous le symbole des enfants; moine.
parce que cette matière est Sang DE MERCURE.
encore crue, & laissée par la Teinture de mercure. En
Nature dans la voie de la termes de Science Hermé-
perfection. Le Soleil & la tique, c'est le mercure des
Lune viennent se baigner Sages animé & digéré.
dans ce sang, puisqu'il est Sang DE L'HYDRE DE
la fontaine des Philosophes LERNE. Dissolvant des Phi-
dans laquelle se baignent losophes.
leur Roi & leur Reine. Fla- Sang DE LA TERRE
mel qui prévoyait bien que ou AIGREUR MINE'RALE.
quelques-uns prendraient C'est l'huile de vitriol.
cette allégorie à la lettre, & Sang SPIRITUEL. Mer-
eu soin de prévenir le Lec- cure des Philosophes.
teur, en disant qu'on doit Sang DU LION VERT.
bien se donner de garde de Mercure des Sages.
prendre le sang humain pour SANGLIER D'ERY-
matière de l'oeuvre, que ce MANTHE. Mercure des
serait une folie & une chose Sages. V. Eurysthée.
abominable. SANGUINALIS. Plan-
Sang DE BREBIS. Mer te connue sous le nom de
cure des Sages. corne-de-cerf.
Sang DE L'ANIMAL. SANGUINARIA. Voy.
Eau mercurielle, ainsi ap- Sanguinalis.
pelée de ce que les Philo- SANGUIS DRA-
sophes donnent le nom de CONIS. C'est la patience
Lion à leur matière, & qu'il rouge.
faut, disent-ils, tourmenter SAPHIR. Pierre Pré-
le Lion jusqu'à ce qu'il donne cieuse de couleur bleue. Les
son sang. Bas. Valentin. Philosophes ont donné le
Sang DE LATONE. Eau nom de Saphir à leur eau
sèche extraite de la terre mercurielle. Voyez-en la
vierge des Sages. raison dans l'article Eau cé-
Sang DE LA SALA- leste.
MANDRE. Rougeur qui SAPHIRICUM-*
paraît dans le récipient lors- ANTHOS, ou Fleur de
qu'on distille le nitre & le Saphir. C'est le saphir ré-
vitriol. duit en eau mercurielle, &
Sang DU DRAGON des la lune aussi réduite en mer-
cure,
@

SA SA 449

cure, mêlés ensemble; ce des interprétations morales,
qui fait, dit Planiscampi, un quelquefois physiques. Ces
médicament admirable con- fêtes étaient instituées en
tre les maladies du cerveau. l'honneur de Saturne, d'où
SAPO SAPIENTIAE. les Philosophes extraient
Sel commun réduit en huile. leur mercure, qui prend la
Les Philosophes appellent domination sur l'or son su-
leur azoth sapo sapientiae, périeur en tout, pendant le
ou savon de la sagesse, parce temps du règne de Saturne,
qu'il lave, déterge & purifie c'est-à-dire pendant le temps
le laton de toutes ses impu- de la couleur noire ou de la
retés, c'est-à-dire de la noir- putréfaction. Alors le do-
ceur. mestique domine sur son
SARCA. Fer, Mars. maître, qui reprend ensuite
SARCION. Pierre rousse. sa domination.
Manget. SATURNE, un des
SARCOTICUM. On- grands Dieux des Egyptiens.
guent propre à faire renaître était fils du Ciel & de la
les chairs. Terre, selon quelques-uns
SAS DE LA NATURE. du Ciel & de Vesta; & sui-
C'est l'air. vant Platon, en son Timée,
Sas HERME'TIQUE. Eau Saturne était fils de l'Océan
mercurielle. & de Thétis. Il épousa Ops
SATIR. Eau salée des ou Rhéa sa soeur, & s'em-
Philosophes. para du Royaume de son
SATURNALES. Pen- père, après l'avoir mutilé.
dant les Saturnales chez les Titan, frère de Saturne, à
Romains, les Mercuriales ou qui, comme aîné, apparte-
Herméales chez les Grecs, nait le Royaume, fit la
les domestiques prenaient la guerre à celui-ci pour s'en
place des maîtres, & ceux-* emparer. Il le céda cepen-
ci servaient leurs domesti- dant à Saturne, à condition
ques. Bien des gens n'ont qu'il ne conserverait aucun
jamais pu trouver la raison des enfants mâles qui lui naî-
d'un tel procédé, & il ne faut traient, afin que la couronne
pas en être surpris. Les My- retombât dans sa famille.
thologues ne sont pas com- Saturne consentit avec plai-
munément Philosophes Her- sir à cette condition, parce
métiques, & ne cherchent qu'il avait appris qu'un de
guères qu'à donner à la fable ses fils le détrônerait. Sa-
F f
@

450 SA SA

turne pour tenir sa parole, tes de biens. Voyez l'expli-
dévorait lui-même tous les cation chimique de cette
enfants mâles qui lui nais- fable, dans le liv. 3. ch. 3.
saient. Ops qui en était très des Fables Egypt. & Grecq.
mortifiée, usa d'un strata- dévoilées.
gème pour les conserver. Se Saturne, chez les
sentant enceinte & prête Chimistes vulgaires, est le
d'accoucher, elle se munit plomb. Les Philosophes Her-
d'un caillou, & après avoir métiques donnent le nom de
mis Jupiter au monde, elle Saturne à plusieurs choses.
le donna à nourrir aux Co- La première est la couleur
rybantes, & lui substitua son noire, ou la matière parve-
caillou, qu'elle enveloppa nue à cette couleur par la
de langes, & le présenta à dissolution & la putréfaction.
Saturne, qui le dévora, sans La seconde est le plomb
y faire attention. Metis fit commun, le plus imparfait
prendre dans la suite à Sa- des métaux, & par cette rai-
turne un breuvage qui lui fit son le plus éloigné de la ma-
rendre le caillou & les en- tière du grand oeuvre. Gar-
fants qu'il avait engloutis. dez-vous bien, dit Riplée,
Titan s'étant aperçu de la de travailler sur le Saturne
supercherie de Rhéa, fit la vulgaire, parce qu'il est dit,
guerre à son frère, s'empara ne mangez point du fils dont
de Saturne & de son épouse, la mère est corrompue; &
& les mit en prison, où ils croyez-moi, bien des gens
restèrent jusqu'à ce que Ju- tombent dans l'erreur en tra-
piter, devenu grand, les en vaillant sur Saturne. Saturne
délivra. Saturne craignit alors sera toujours Saturne, dit
pour lui les effets de la pré- Avicenne. Ryplée, Philor-
diction qu'on lui avait faite, cii, cap. 2.
& tendit des embûches à Ju- La troisième est l'Adrop
piter. Celui-ci les ayant dé- des Sages, ou Vitriol azo-
couvertes, fit la guerre à son quée de Raymond Lulle.
père, le détrôna & le mutila. La quatrième est le cuivre
Saturne se retira en Italie commun, le premier des mé-
dans le pays Latium, où ré- taux, comme l'assure Arnaud
gnait Janus, qui le reçut très de Villeneuve dans son Mi-
humainement. Ils régnèrent roir le l'Alchimie, disp. 8.
conjointement, & procurè- vol. 4 du Théatre Chymique.
rent à leurs Sujets toutes sor-* Plusieurs Philosophes, dit-*
@

SA SA 451

il, ont exercé leur science parce que quelques-uns d'en-
sur les planètes; & notre tr'eux le nomment ou sem-
première planète s'appelle blent l'indiquer pour la ma-
Vénus, la seconde Saturne, tière de laquelle il faut ex-
la troisième Mercure, la qua- traire le mercure des Philo-
trième Mars, la cinquième sophes. Artéphius appelle
Jupiter, la sixième la Lune cette matière Antimoine des
& la septième le Soleil. Ba- parties de Saturne, & leur
sile Valentin dit que la géné- mercure Vinaigre antimo-
ration du cuivre suit immé- nial saturnien. Mais il s'ex-
diatement ou tient le pre- plique ensuite en disant qu'il
mier lieu après Mercure. appelle cette matière Anti-
Bas. de rebus Nat. & super moine, parce qu'elle en a les
Nat. c. 4. Rien, dit Para- propriétés. Le plus grand
celse (Lib. 4. Philos. de Ele- nombre la nomment Race
mento Aquae), n'a plus d'affi- de Saturne, & Saturnie vé-
nité avec les minéraux que gétale. Mais en vain cherche-
le vitriol. Le vitriol est le rait-on à substituer le mer-
dernier dans la séparation cure extrait du plomb au
des minéraux, & la généra- mercure vulgaire, il ne serait
tion des métaux suit immé- que moins pur que lui, &
diatement la sienne, entre par-là même serait encore
lesquels le cuivre tient la plus éloigné de l'oeuvre. Il
première place. faut trouver une matière qui
Le cinquième n'est autre ait la propriété de purifier &
que la préparation philoso- de fixer le mercure. Les Sa-
phique du cuivre philosophi- ges, dit Philalèthe, l'ont
que, au moyen du menstrue cherchée dans la race de
végétable; ce qui lui a fait Saturne, & l'y ont trouvée,
donner le nom de Plante en y ajoutant un soufre mé-
Saturnienne végétable, afin tallique qui lui manquait.
de le distinguer du cuivre Saturne CORNU. Nom
avant sa préparation. Mais que les Chimistes ont donné
ce menstrue végétable est le à du plomb dissout dans de
menstrue philosophique. l'eau-forte, & précipité avec
Plusieurs ont pris l'anti- l'esprit de sel.
moine pour le plomb des SATURNIE VE'GE'TALE
Sages, tant à cause des élo- ou VE'GE'TABLE. Matière,
ges que plusieurs Auteurs & un des principaux ingré-
donnent à ce minéral, que dients du magistère des Phi-
F f ij
@

452 SA SA SC

losophes. Elle est, disent les & mercuriels font sur les or-
Sages, de race de Saturne. ganes du goût. Les sels n'ont
C'est pourquoi quelques-uns par eux-mêmes aucun goût,
l'ont nommée Vénus, Ecu- & l'on ne doit attribuer leur
me de la mer rouge, leur mordacité qu'à l'ignéité que
Lune & leur Femelle. On leur communique un soufre
la qualifie végétable, parce mercuriel & volatil, qui y
qu'elle végète pendant les est toujours mêlé, & qu'il est
opérations, & qu'elle ren- très difficile d'en séparer.
ferme le fruit de l'or qu'elle Les saveurs différentes, amè-
produit dans son temps, lors- res, douces, acides, ne vien-
qu'elle est semée dans une nent que de la différence du
terre convenable, & qu'on mélange du soufre avec le
y applique le régime requis sel; & plus ces saveurs sont
du feu, qui doit être gou- pénétrantes, plus il y a de
verné à l'imitation de celui soufre mercuriel.
de la Nature. V. Saturne. SAVON DES SAGES.
SATURNIEN (Vinai- Azoth des Philosophes, avec
gre). Mercure des Philos. lequel ils purifient, lavent &
SATYRES. La Fable blanchissent leur laton. Voy.
dit que c'était une espèce Azoth & Mercure.
d'hommes ayant deux peti- SAURE. Cresson de fon-
tes cornes à la tête, & la taine.
forme de boucs depuis la SAXIFRAGE. Cristal
ceinture jusqu'aux pieds; pâle-citrin. Planiscampi.
qu'ils accompagnaient Bac- SAXIFRAGE est aussi le
chus avec les Corybantes & nom que l'on donne en gé-
les Bacchantes. Les Satyres néral à tout médicament
ayant appris la mort d'Osiris propre à dissoudre la pierre
que Typhon avait massacré & la gravelle dans les reins
inhumainement firent reten- & dans la vessie.
tir les rivages du Nil de leurs SAYRSA. Mars ou fer.
hurlements & de leurs plain- SBESTEN. Chaux vive.
tes. Aussi est-ce le Dieu Pan Rullandus.
Egyptien qui a donné lieu SCAMANDRE. Fleuve
aux Satyres des Grecs. Voy. de Phrygie qui prend sa sour-
ce que signifient ces Mons- ce au mont Ida. Homère dit
tres dans l'article Osiris. que les Dieux l'appellent
SAVEUR. Sensation que Xanthe, & les hommes Sca-
les esprits sulfureux, salins mandre. La ville de Troie
@

SC SC 453

n'aurait jamais été prise, si même que Sceau Herméti-
les Grecs n'avaient empêché que.
les chevaux de Rhésus de Les Sept Sceaux d'Her-
boire dans ce fleuve. Voyez mès sont les opérations se-
Rhésus. crètes de l'oeuvre philoso-
SCAOPTEZE. C'est-à-* phique.
dire Flamme. Dict. Herm. SCEB ou SEB. Alun.
SCARELLUM. Alun de SCEDENIGI. Pierre
plume. Hématite.
SCARTEA. Orvale, SCELLER. Voyez Séel-
Toute-bonne. ler.
SCEAU ou SCE'EL. SCHONAM. Sel des
Matière des Philosophes au Philosophes.
noir. Il faut entendre la mê- SCIDEN. Céruse.
me chose par Sceau Hermé- SCIENCE HERME'TI-
tique, & non la manière de QUE. Les Adeptes ou Phi-
sceller les vases avec la ma- losophes disent que cette
tière même dont ils sont science est la clef de toutes
composés. les autres, parce qu'elle don-
Le Sceau Hermétique vul- ne la connaissance de toute
gaire est de trois sortes, & la Nature. Elle consiste à ap-
se fait en fondant à la flamme prendre la manière de faire
de la lampe le cou du vase un remède propre à guérir
philosophique ou autre, & tous les maux qui affligent
en en rapprochant les bords l'humanité, à conserver les
de manière qu'ils se soudent hommes en vigueur & dans
ensemble, & empêchent l'air une santé parfaite aussi long-
d'y entrer ou d'en sortir. La temps que la constitution du
seconde manière consiste à corps humain peut le per-
boucher le vase avec un bou- mettre; à faire une poudre
chon de verre, qui prenne appelée Poudre de projec-
bien juste dans toute sa cir- tion, qui jetée en quantité
conférence; on le lute en- proportionnée sur les mé-
suite avec un bon mastic. La taux en fusion, les transmue
troisième façon est d'adapter en or ou en argent, suivant
au col du vase un autre vase le degré de perfection qu'on
semblable, mais plus petit, lui a donné. Voyez Pana-
& renversé. On les lute aussi cée, Pierre Philoso-
avec du mastic. phale, Poudre de Pro-
Sceau DES SCEAUX. Le jection & Alchimie.
F f iij
@

454 SC SC SE

SCIRON. Fameux bri- C'est la troisième partie d'une
gand qui attaquait les pas- dragme.
sants, & leur faisait souffrir SCRUPULE. Le tiers
tous les maux imaginables. pesant d'un gros.
Thésée le fit périr & jeta SCYLLA & CARYB-
son corps dans la mer, où DE. Monstres fabuleux,
ses os se changèrent en ro- ou rochers de la mer Médi-
cher. Cette fable ne signifie terranée, contre lesquels les
que la dissolution & la pu- vaisseaux se brisent souvent.
tréfaction désignées par les Les Argonautes ne les évi-
brigandages, & la mort de tèrent qu'en envoyant une
Sciron est la fixation en colombe, qui leur servit de
pierre de la matière des Phi- guide. Voyez Argonau-
losophes, dont la métamor- tes, & les Fables Egypt.
phose des os de Sciron est le & Grecq. dévoilées, liv. 2.
symbole. Voyez l'Histoire chap. 1.
de Thésée. SCYTICA RADIX.
SCIRONA. Rosée d'au- Réglisse.
tomne, suivant Rullandus. SEB signifie ordinaire-
SCIRPUS. Jonc com- ment de l'alun, mais quel-
mun. quefois l'or. Rulland. En
SCOLYMUS. Arti- termes de Chimie Hermé-
chaut. tique, c'est la matière par-
SCORAX. Gomme d'o- venue à la couleur blanche,
livier. Rullandus. appelée Alun & Or blanc.
SCORIES. Impuretés SEBLEINDE. Matière
qui se séparent des minéraux de l'oeuvre.
& des métaux pendant la SECACUL. Plante ap-
fusion. pelée Sceau de Salomon.
SCORITH. Soufre. SECRET DES SE-
SCORODON. Ail. CRETS. Art de faire la
SCORODO PRA- pierre des Sages, ainsi nom-
SUM. Ail porreau, rocam- mé tant à cause du secret que
bole. les Philosophes gardent à cet
SCORPION. Quelques égard, à l'imitation des Prê-
Chimistes ont donné ce tres d'Egypte, qu'à cause de
nom au soufre des Philoso- son excellence. Une des rai-
phes. Manget. sons qu'apportent les Philo-
SCRIPTULUS. Scrupu- sophes pour s'excuser de ce
le, poids usité en Médecine. qu'ils ne divulguent pas un
@

SE SE 455

secret si utile à ceux qui le TERRE. Plomb, selon
savent, c'est que tout le Manget.
monde voudrait y travailler, SEIGNEUR DES ME-
& abandonnerait les autres TAUX. Saturne; mais le
arts & métiers si nécessaires Roi des métaux est l'or.
à la vie. Toute la société en Seigneur DES PIER-
serait troublée & boulever- RES. Sel alcali.
sée. Seigneur DES MAI-
SECRET DE L'ECOLE. SONS CELESTES. C'est le
C'est particulièrement la signe qui y domine. Voyez
connaissance de la vérita- Zodiaque.
ble & prochaine matière de SEL. Substance compo-
l'oeuvre, & de sa première sée de peu de terre sulfureuse
préparation. & de beaucoup d'eau mer-
SEDEN. Vase philoso- curielle. Les Chimistes en-
phique. tendent par sel la matière
SEDEN & SEDINA. substantielle des corps, dont
Sang de dragon. le soufre est la forme.
SE'ELLER. Fermer le On compte en général
vase, le clore hermétique- trois sortes de sels princi-
ment. Voyez Sceau. paux, le nitreux, le marin
Seeller la Mère dans & le vitriolique; quelques-*
ou sur le ventre de son En- uns y ajoutent le tartareux.
fant, c'est fixer le mercure Le marin passe pour être le
au moyen du soufre philo- principe des autres. De ce
sophique, qui en a été formé. sel volatilisé se forme le ni-
Cette opération doit s'enten- tre, du nitre le tartre, & du
dre de l'oeuvre de la pierre, tartre cuit & digéré le vitriol.
& de celui de l'élixir. Le Ils partagent encore les sels
sceau qui sert à cela est un en trois classes, qu'ils appel-
petit cercle blanc qui se ma- lent sel volatil, sel moyen
nifeste sur les bords de la & sel fixe. Le premier ou le
matière quand elle com- volatil mêlé avec le soufre
mence à quitter la noirceur volatil, est proprement le
& à se fixer. mercure, ou le principe des
SEGAX, Sang de dra- odeurs, des couleurs & des
gon. saveurs: le sel moyen qui en
SEGITH. Vitriol philo- est la base, avec le sel fixe,
sophique. qu'ils appellent proprement
SEIGNEUR DE LA corps: de manière que le
F f iv
@

456 SE SE

soufre & le sel fixe sont de métal rougie au feu.
comme dans un tableau, la Sel DES ME'TAUX. Plu-
toile toute imprimée, & prê- sieurs Chimistes prenant ces
te à recevoir l'ébauche; le termes à la lettre, se sont
sel & le soufre moyen sont imaginé que la matière des
l'ébauche même; & le sel Philosophes était les métaux
avec le soufre mercuriels ou réduits en sels ou vitriol,
volatils, sont les couleurs parce que les Sages donnent
fines ménagées, & le vrai le nom de Sel des métaux à
coloris, ou la dernière main cette matière; mais il faut
d'un tableau. expliquer ces termes de leur
Sel. Terre feuillée des magistère au blanc, parce
Sages, ou pierre au blanc, que de même que le sel est
qui est en effet un sel, mais le principe des métaux vul-
le premier être de tous les gaires, le sel des Sages est
sels, sans être tiré d'aucun la racine & la première ma-
sel particulier, comme ni- tière des métaux philosophi-
tre, alun, vitriol, &c. ques.
Sel ALCHALI. Le ma- Sel DES INDES. Sel
gistère des Sages est un Sel gemme.
alchali, parce qu'il est la Sel ROUGE. Soufre rou-
base de tous les corps; mais ge des Philosophes.
en vain pour le faire se ser- Sel ANDERON. C'est le
virait-on du sel de soude, nitre.
ou de quelque autre sel al- Sel ALLOCAPH. Sel ar-
chali de quelque plante; car, moniac.
comme dit Basile Valentin, Sel DE HONGRIE. Sel
le sel des plantes est un sel gemme.
mort, qui n'entre point dans Sel AMER. Alcali.
le magistère. Sel DE GRECE. Alun.
Sel ELEBROT. C'est la Sel INDIEN. Mercure
même chose que Sel alchali, des Sages.
ou le magistère au blanc. Sel DE NOM. Sel gemme.
Sel FUSIBLE. Matière Sel DE PAIN. Sel marin
des Sages cuite & parfaite ou commun.
au blanc; elle est appelée Sel FOU. Salpêtre.
Sel fusible, parce qu'elle est Sel ALOCOPH. Sel ar-
en effet un sel, & que ce sel moniac.
fond comme la cire, quand Sel ROUGE DES INDES.
on le met sur une lamine Anathron.
@

SE SE 457

Sel DES SAGES. Sel ar- tion, & dans le temps qu'elle
moniac naturel. Mais le sel volatilise le fixe ou le soufre,
des Sages, ou Philosophes ou l'or des Sages.
hermétiques, est leur matiè- Sel HARMONIAC. Ma-
re parvenue à la blancheur. tière parvenue à la couleur
Sel INFERNAL. Nitre. blanche; ainsi appelée de
ce que l'harmonie commen-
Sel TABERZET, \ ce à s établir entre les prin-
Sel CRYSTALLIN, \ Sel cipes de l'oeuvre, qui pen-
Sel DE CAPPA- > gem-* dant la putréfaction était un
DOCE, / me. cahos plein de confusion.
Sel LUCIDE, / Sel ACIDE. Mercure
Sel ADRAM, / philosophique.
Sel SOLAIRE. Sel ar- &Sel FIXE.& Soufre des
moniac des Philosophes. Sages.
Sel HONORE'. Matière Sel VOLATIL. Mercure
de laquelle se fait le mercure hermétique.
hermétique. Sel VEGETAL. Sel de
Sel FLEURI. C'est le tartre.
mercure même, ou eau sè- Sel DE SATURNE. Plomb
che des Sages. C'est pour- réduit en sel.
quoi Marie (dans son Epître Sel UNIVERSEL. Mer-
à Aros) dit, prenez les fleurs cure des Sages.
qui croissent sur les petites SEMELE', fille de Cad-
montagnes. mus, devint mère de Bac-
Sel BRULE'. Matière de chus, pour avoir accordé ses
l'oeuvre au noir. faveurs à Jupiter. Junon dé-
Sel SPIRITUALISE', ou guisée en vieille, & sous la
Esprit de sel des Philosophes. figure de sa nourrice, lui
C'est leur mercure préparé conseilla de demander en
par la sublimation herméti- grâce à Jupiter qu'il vînt
que. la voir avec toute sa ma-
SEL PE'TRE DES SAGES. jesté, & de la même ma-
Nitre Philosophique. nière qu'il se présentait à
Sel DE TERRE, \ Mercure Junon son épouse. Jupiter y
Sel DE VERRE, > des Sa-* ayant consenti, vint lui ren-
Sel DE LA MER, / ges. dre visite avec ses foudres &
Sel ARMONIAC DES ses tonnerres. Le palais de
PHILOSOPHES. Matière de Sémélé, & Sémélé elle-*
l'oeuvre pendant sa sublima-* même en furent réduits en
@

458 SE SE

cendres. Jupiter ordonna en- SEMER. C'est cuire,
suite à Mercure de tirer l'en- continuer le régime du feu.
fant de ses cendres. Voyez Semez votre or dans une
Bacchus. terre blanche feuillée, &
SEMENCE, dit sim- bien préparée; c'est-à-dire,
plement, signifie, en termes faites passer votre matière
d'Alchimie, le soufre des de la couleur blanche à la
Philosophes. Mais lorsqu'ils couleur rouge. Les Philoso-
disent Semence des métaux, phes ont pris très souvent
ils entendent leur mercure, l'agriculture pour symbole
& quelquefois leur magistère des opérations de l'art her-
parvenu à la couleur blan- métique; ce qui a fait ima-
che. giner la fable de Triptole-
Quand les Adeptes par- me instruit de l'agriculture
lent en général de la semence par Céres, & les circons-
des métaux vulgaires, & tances de la vie d'Osiris &
qu'ils instruisent de la ma- de celles de Bacchus, ou la
nière dont ils se forment dans Fable, disent qu'ils appri-
les entrailles de la terre, la rent aux hommes l'art de
semence de laquelle ils par- semer & de planter. Voyez
lent, est une vapeur formée leurs articles.
par l'union des éléments, SEMINALIS, Corri-
portée dans la terre avec l'air giole, renouée.
& l'eau, sublimée ensuite par SEMIS, qui s'écrit par
le feu central jusqu'à la su- S, veut dire une demi-once,
perficie. Cette vapeur se une demi-livre, &c.
corporifie, & devient onc- SEMISSIS, le même
tueuse ou visqueuse, s'ac- que Semis.
croche en se sublimant, au SEMUNCIA. Demi-*
soufre qu'elle entraîne avec once.
elle, & forme les métaux SEMPERVIVUM MA-
plus ou moins parfaits, sui- RINUM. Aloès.
vant le plus ou moins de pu- SENCO. Plomb.
reté du soufre & de la ma- SENDANGI. Pierre
trice. Voyez les douze Trai- hématite.
tés du Cosmopolite, & la SEPARATION. Effet
Physique générale qui est au de la dissolution du corps
commencement du Traité par son dissolvant. Cette
des Fables Egypt, & Grec- séparation arrive dans le
ques dévoilées, temps que la matière devient
@

SE SE 459

noire; alors commence la une énigme sur le grand art,
séparation des éléments. Ce dans ces termes:
noir se change en vapeur;
c'est la terre qui devient eau. Septem sunt urbes, septem pro
Cette eau se condense, re- more metalla,
tombe sur la terre, & la Suntque dies septem, septi-
blanchit; cette blancheur est mus est numerus;
l'air. A cette blancheur suc- Septem litterulae, septem sunt
cède la rougeur, & c'est l'air ordine verba.
qui devient feu. Tempora sunt septem, sunt
Cette séparation ne diffè- totidemque loca:
re point de la solution du Herbae septem, artes septem,
corps & de la congélation septemque lapilli.
de l'esprit, parce que ces Septemcumque tribus divide;
trois opérations n'en font cautus eris
qu'une, puisqu'il ne se fait Dimidium nemo tunc praeci-
point dans l'oeuvre de solu- pitare petescet:
tion du corps sans congéla- Summa: hoc in numero cuncta
tion de l'esprit. quiete valent.
SEPARER l'âme du
corps. C'est volatiliser la ma- Mais tous ces sept cercles,
tière, la faire sublimer. règnes, opérations, ne sont
SEPT (Sc. herm.). Ce qu'une même opération con-
nombre mystérieux dans l'E- tinuée; c'est-à-dire, cuire la
criture Sainte, l'est aussi dans matière dans le vase par un
le grand oeuvre. Les Philo- régime de feu, conduit selon
sophes en parlent souvent; les règles de l'art. Dans cette
ils ont sept planètes, sept rè- même opération se font la
gnes, sept opérations, sept putréfaction, la solution, la
cercles, sept métaux; ils di- distillation, la sublimation,
sent que leur oeuvre ressem- la calcination, la circulation,
ble à la création du monde, & l'incération ou imbibition,
qui a été faite en sept jours. qui sont au nombre de sept.
S. Thomas d'Aquin dit dans Quelques-uns y ajoutent la
son Epître à Frère Raynaug coagulation & la fixation;
son ami, que l'oeuvre se fait mais ils omettent la distilla-
en trois fois sept jours & un. tion & la circulation, quoi-
Jacques Bohom, dans son que cette dernière soit la seu-
Traité qui a pour titre, Aqua- le opération de tout l'oeuvre.
rium Sapientum, propose Flamel, dans son Traité,
@

460 SE SE

explique les sept paroles des fleurs représentent quelque
Philosophes dans sept cha- insecte lascif & très fécond.
pitres. Paracelse disait qu'il Blanchard.
y avait sept planètes dans le SERAPINUS. Gomme
feu, sept métaux dans l'eau, arabique.
sept herbes en terre, sept SERAPIS. Un des
Tereniabin dans l'air, & sept grands Dieux de l'Egypte,
membres principaux dans le même qu'Osiris & Apis.
le corps de l'homme. Par Voyez ces deux articles.
Tereniabin, il entend la man- SERAPIUM. Sirop.
ne, que les Anciens appe- SEREX. Lait aigri.
laient Threr. SERF, ou SERVI-
SEPTENTRION. TEUR. Mercure des Phi-
Quelques Chimistes ont losophes, qu'ils ont aussi
donné ce nom à l'eau forte, appelé Serf fugitif, à cause
d'autres au mercure des Phi- de sa volatilité.
losophes parce qu'ils disent SERICIACUM. Ar-
qu'il est le principe de l'or, senic.
& que l'or vient du septen- SERICON. Minium.
trion. Quelques-uns ont appelé
SEPULCRE. Quel- Sericon la matière de l'oeu-
ques Adeptes ont ainsi ap- vre parvenu à la couleur
pelé le vase de verre qui rouge.
contient le compôt ou la SERINECH. Magistère
matière de l'oeuvre. Mais au blanc.
d'autres ont donné le nom SERIOLA ou SERIS.
de sépulcre à une des ma- Endive.
tières qui renferme l'autre, SERIPHE. Ile où ré-
comme ensevelie dans son gnait Polydecte, lorsque
sein; & plus souvent à la Danaé & Persée y abordè-
couleur noire qui survient rent; elle est pleine de pier-
pendant la putréfaction, par- res & de rochers. Voyez
ce que la corruption est un Polydecte. On dit que
signe de mort, & la couleur cette quantité de pierres vient
noire une marque de deuil. de ce que Persée en changea
Quelquefois le terme de sé- tous les habitants en pierre,
pulcre a été usité pour signi- en leur montrant la tête de
fier le dissolvant des Sages. Méduse.
SERAPIAS ORCHIS. SERIS. Voyez Serio-
Espèce de satyrion dont les la.
@

SE SE 461

SERNEC. Vitriol. & qui sont ensuite mis d'ac-
SERPENT. Rien n'est cord par la fixation.
plus commun que les ser- Serpent VOLANT.
pents & les dragons dans les Mercure des Philosophes,
énigmes, les tables & les ainsi nommé à cause de sa
figures symboliques de la volatilité.
Science hermétique. Les Serpent qui dévora les
deux que Junon envoya con- compagnons de Cadmus, &
tre Hercule, dans le temps que Cadmus tua en le per-
qu'il était encore au ber- çant de sa lance contre un
ceau, doivent s'entendre des chêne creux. C'est toujours
sels métalliques, que l'on ap- le même mercure que l'Ar-
pelle Soleil & Lune, le frère tiste fixe au moyen du feu
& la soeur. On les appelle des Sages, appelé lance.
serpents, parce qu'ils naissent Serpent DE MARS.
dans la terre, qu'ils y vivent, Matière de l'oeuvre en pu-
& qu'ils y sont cachés sous tréfaction. » Les anciens Ca-
des formes variées, qui les » balistes, dit Flamel, l'ont
couvrent comme des habits. » décrite dans les Métamor-
Ces serpents furent tués par » phoses sous différentes his-
Hercule, qui signifie le mer- » toires, entr'autres sous celle
cure philosophique, & qui » du Serpent de Mars, qui
les réduit à la putréfaction » avait dévoré les compa-
dans le vase, ce qui est une » gnons de Cadmus, lequel
espèce de mort. Le nom de » le tua en le perçant contre
serpent a été aussi donné au » un chêne creux. Remar-
mercure, parce qu'il est cou- » que ce chêne «.
lant comme l'eau, & qu'il Serpent né du limon de
serpente comme elle. la terre. Mercure des Philo-
Serpent VERT. Mer- sophes. Voyez Python.
cure des Sages. Serpent qui dévore sa
Serpent des Philoso- queue, était celui que l'on
phes. C'est aussi le même mettait à la main de Saturne,
mercure, qui en circulant comme symbole de l'oeuvre,
dans le vase, forme des pe- dont la fin, disent les Philo-
tits ruisseaux, qui serpentent sophes, rend témoignage au
comme l'esprit-de-vin. commencement. C'est le
Serpents du Caducée de mercure des Sages, suivant
Mercure, sont le fixe & le Philalèthe. Planis-campi l'in-
volatil, qui se combattent, terprète de l'esprit de vitriol
@

462 SE SE

cohobé plusieurs fois sur sa » affirment autre teinture
tête morte. Voyez Sa- » que la nôtre, non vraie, ne
turne. » portant quelque profit. Et
SERPENTINE. La Tour- » se taisent ceux qui vont di-
be parle de la couleur ser- » sant & sermonnant autre
pentine, ou couleur verte, » soufre que le nôtre, qui
& dit qu'elle est un signe de » est caché dedans la ma-
végétation. Philalèthe l'ap- » gnésie, & qui veulent ti-
pelle la verdeur désirée; & » rer autre argent-vif que
Raymond Lulle dit que la » du serviteur rouge, & au-
matière de l'oeuvre est de » tre eau que la nôtre, qui
couleur de lézard vert. C'est » est permanente, qui nulle-
sans doute la raison pour la- » ment ne se conjoint qu'à
quelle la plupart des Philo- » sa nature, & ne mouille
sophes l'ont appelée Satur- » autre chose, sinon chose
nie végétable. » qui soit la propre unité de
SERPHETA. Dissolvant » sa nature «. Bern. Tré-
de la pierre. Planis-campi. visan, Philosophie des mé-
SERPIGO. Mousse. taux.
SERRIOLA. Endive. SESCUNCIA. Une
SERTULA CAMPA- once & demie, ou douze
NA. Mélilot. dragmes.
SERVITEUR. Les Phi- SESQUI, signifie la
losophes ont donné ce nom quantité d'un poids ou d'une
à leurs matières, parce qu'el- mesure & demie. Sesquili-
les travaillent suivant leurs bra, une livre & demie;
désirs, & qu'elles obéissent sesquiuncia, une once &
à leur volonté. Mais ils y demie; sesquimensis, un mois
ont communément ajouté & demi, &c.
des épithètes qui les dési- SEULO. Plomb, Sa-
gnent. Ainsi Serviteur fugi- turne.
tif veut dire le mercure vo- SEUTLOMALACHE.
latil. Philalèthe semble l'en- Quelques-uns l'interprètent
tendre de la matière, ou de de la bette, d'autres des épi-
ce même mercure parvenu nards, d'autres enfin de la
à la blancheur. mauve. Blanchard.
Serviteur ROUGE. SEXCUNX. Voyez
Matière de laquelle les Phi- Sescuncia.
losophes extraient leur mer- SEXTARIO. Poids de
cure. » Se taisent ceux qui deux onces.
@

SI SI 463

SEXTULA. Quatre Anciens ont représenté com-
scrupules. me un vieillard de petite
SEXTULO. Une drag- stature, gros & ventru, chau-
me. ve, ayant les oreilles droi-
SEXUNX. Six onces, tes & pointues, se soutenant
ou demi-livre, suivant l'an- à peine, parce qu'il était
cienne manière de compter presque toujours ivre, le
la livre de médecine, qui plus souvent monté sur un
n'était composée que de dou- âne, accompagné de satyres
ze onces. & de Bacchantes. Midas le
SEZUR. Or. surprit un jour endormi au-
SFACTE. Huile de près d'une fontaine de vin,
myrrhe. le lia d'une guirlande de
SIBAR. Argent-vif. fleurs, & le mena à Bac-
SIBEDATA. Herbe chus, qui en était fort en
à l'hirondelle. Planis-campi. peine. Bacchus récompensa
SICILICUS ou SI- Midas de ce bienfait, en lui
CILIUM. Nom d'un donnant la propriété de chan-
poids pesant une demi-once. ger en or tout ce qu'il tou-
Quelques-uns le prennent cherait. Voyez Bacchus,
seulement pour le quart. Midas.
Blanchard. SILIPIT. Cuivre, ai-
SICYOS & SICYS. rain.
Concombre. SILO. Terre.
SIDA. Nom donné à SILPHYUM. Laserpi-
la guimauve par quelques-* tium.
uns, d'autres le donnent à SIMMITIUM. Cé-
l'orange. Blanchard. ruse.
SIEF ALBUM. Collyre SIMPLES. Zachaire a
sec. substitué ce terme à celui
SIELO CINETICUM. d'ingrédients, ou matières de
Remède propre à exciter la l'oeuvre.
salivation. SIMUS. Gilsa de Para-
SIGALION, Dieu du celse.
silence. Voyez Harpo- SINAPISIS. Bol Ar-
crate. mene.
SIGIA ou SIGRA. SINON. Amomum.
Storax. SINONIA ou SINO-
SILENE. Père nour- VIA, est le gluten, ou sub-
ricier de Bacchus, que les stance mucilagineuse & tar-
@

464 SI SOE

tareuse qui se pétrifie dans vail. Cet infortuné est le
les jointures des membres, portrait des mauvais Artistes,
& forme cette chaux qu'on qui travaillent toute leur vie
voit sortir des nodus de la sans pouvoir venir à bout de
goutte. porter la pierre au haut de
SION & SIUM. Bé- la montagne hermétique, où
cabumga, selon quelques-* les travaux des Philosophes
uns; cresson de fontaine, finissent.
selon d'autres. Blanchard. SITANIUM. Espèce
SIPAR. Argent-vif. de froment plus petit que le
SIRA. Orpiment. blé ordinaire.
SIRENES. Monstres SIUM. Voyez Sion.
marins, que la Fable dit SMALTERNIUM.
avoir la forme d'une jeune Succin.
fille jusqu'à la ceinture, & SMYRNA. Myrrhe.
la partie inférieure sembla- SOEUR. Magistère au
ble à celle des poissons; blanc, ainsi nommé, parce
ayant au surplus une voix qu'ils l'appellent aussi leur
charmante, chantant si mé- Lune, ou Diane, & que la
lodieusement, & jouant si Lune est soeur du Soleil,
admirablement des instru- comme Beja l'était de Ga-
ments de musique, qu'elles bricius, ou Gabertin. Don-
attiraient à elles tous ceux nez-nous, dit Arislée dans
qui les entendaient, les as- la Tourbe, donnez-nous
soupissaient, & les faisaient Beja & son frère Gabertin,
ensuite périr. Homère en nous les unirons ensemble
parle fort au long dans son d'un lien indissoluble, afin
Odyssée. qu'ils puissent engendrer un
SISON. Amomum. fils bien plus parfait que leurs
SISYPHE, fils d'Eole, parents. La Fable dit aussi
ayant décelé les amours de que Diane était soeur de
Jupiter avec Egine, fille du Phébus, & qu'elle servit de
fleuve Asope, fut condamné Sage-femme à sa mère pour
dans le Tartare à rouler sans mettre son frère au monde,
cesse un rocher du bas d'une parce que le blanc doit tou-
montagne jusqu'au sommet; jours précéder le rouge, qui
lorsqu'il y était arrivé, le est le soleil des Philosophes,
rocher roulait au bas, & & qu'ils naissent tous deux
Sisyphe était obligé de re- d'une même mère Latone,
commencer le même tra-* ou, ce qui est la même
chose,
@

SO SO 465

chose de la matière des Phi- gons de Flamel. Ils appel-
losophes. lent encore Soleil le feu inné
SOEUR. Mercure des dans la matière. Comme le
Sages. Voyez Beïa. volatil & le fixe sont tirés
SOIR (le). Les Philo- de la même source mercu-
sophes ont ainsi appelé leur rielle, les Philosophes disent
mercure & leur magistère au que le Soleil est le père, &
blanc, parce que les vapeurs la Lune la mère de la pierre
s'élèvent le soir, & retom- des Sages. Quelquefois ils
bent sur la terre. De même l'entendent à la lettre quand
leur mercure arrose sa terre, ils parlent de la matière éloi-
qui devient leur terre fruc- gnée de l'oeuvre, parce qu'il
tueuse & fertile, leur terre s'agit alors de cette vapeur
feuillée, dans laquelle ils sè- que le Soleil & la Lune cé-
ment le grain fermentatif de leste semblent former dans
leur or. l'air, d'où elle est portée
SOL, dit simplement, dans les entrailles de la terre
signifie le soufre des Philo- pour y former la semence
sophes. En termes de Chi- des métaux, qui est la propre
mie vulgaire, c'est l'or. matière du grand oeuvre.
SOLATER. Argent-vif. Les Adeptes ont donné
SOLEIL, la grande par similitude & par allégo-
Divinité des Egyptiens, des rie les noms d'arbre solaire
Phéniciens, des Atlantides, & d'arbre lunaire au soufre
&c. fut honoré sous divers rouge, & au soufre blanc
noms chez les différentes qu'ils font pour parvenir à la
Nations. On le confondit perfection de leur poudre de
presque partout avec Apol- projection. Voyez Arbre.
lon, & on lui donnait la SOLELASAR. Alcali.
même généalogie. Voyez SOLIDITE'. La solidité
Apollon. est opposée à la liquidité, &
Chez les Chimistes le So- il y en a de trois sortes. La
leil est l'or vulgaire. Les Phi- première est la consistance,
losophes appellent soleil leur qui arrive lorsque les parties
soufre, leur or. des corps sont rapprochées
Le Soleil des Sages de & adhérentes les unes aux
source mercurielle, est la par- autres en forme de gelée, ou
tie fixe de la matière du grand qu'ils ne fluent pas; mais de
oeuvre, & la Lune est le manière que la solution en
volatil; ce sont les deux dra-* soit très aisée par les deux
G g
@

466 SO SO

agents ordinaires, l'eau & le seulement; comme lorsque
feu. La seconde espèce de d'un marc d'argent on en sé-
solidité est celle des corps, pare la moitié, ou que d'une
qu'on appelle coagulés. La once de plomb on en sépare
troisième est la fixation qui quelques parties, qui pri-
arrive lorsque les parties en ses séparément, peuvent
sont très étroitement liées être regardées comme des
ensemble, & d'une manière touts.
compacte, comme les mé- Lorsque j'ai dit que la pu-
taux & les pierres. La pre- tréfaction est la vraie solu-
mière espèce est celle des tion du règne animal, je n'en
parties molles des animaux; exclus pas le règne végétal;
la seconde est celle des vé- mais parce que la putréfac-
gétaux; & la troisième, des tion est le commencement
minéraux. Becher. du règne animal, & qu'elle
SOLSEQUIUM. Soufre est beaucoup plus violente
des Philosophes. que celle des végétaux, qui
SOLUTION. Désunion n'est proprement qu'une cor-
naturelle ou artificielle des ruption analogue à la pu-
corps. La naturelle est de tréfaction.
trois sortes, selon les trois La solution artificielle est
règnes de la nature. La pu- une division des parties d'un
tréfaction est la solution du corps, faite par l'art, comme
règne animal, la fermenta- les solutions des métaux par
tion celle du végétal, & la les eaux fortes, la calcina-
liquéfaction celle du miné- tion par le feu élémentaire,
ral. Les causes de la solution &c.
sont les mêmes que celles Beaucoup de gens com-
du mélange, mais dont les prennent la dissolution & la
effets sont contraires, parce résolution, sous le terme de
que leurs proportions sont solution. On dit communé-
différentes, & que la raré- ment succéder celle-ci à la
faction fait dans l'un ce que sublimation & à la distilla-
la condensation fait dans tion, pour faire dissoudre la
l'autre. La solution se divise matière restée au fond du
encore en solution du tout, vase.
& en solution dans le con- Il y a deux sortes de solu-
tinu; la première se fait dans tions, l'une se fait au froid,
la quantité & la qualité, & l'autre à la chaleur; la pre-
la seconde dans la quantité mière s'emploie pour les sels,
@

SO SO 467

les corrosifs, les corps cal- selon les opérations. Dans
cinés, en un mot, tout ce la première préparation de
qui participe du sel & du la matière, de laquelle pres-
corrosif s'y réduit en huile, que aucun Philosophe n'a
en eau ou en liqueur. Elle parlé, parce qu'ils ne la re-
se fait à l'air, ou dans un lieu gardent pas comme philoso-
humide, à couvert de la pluie phique, il se fait une solu-
& de la poussière. Tout ce tion du corps dur, & une li-
que le froid dissout se con- quéfaction qui réunit les deux
gèle au chaud en poudre ou corps dans un seul, en sépa-
en pierre. rant les scories de l'un & de
La solution qui se fait par l'autre. Le corps de l'un
le moyen du feu, regarde prend seulement l'esprit de
les corps gras & sulfureux. l'autre, sans augmentation
Tout ce que la chaleur dis- sensible de poids, & les es-
sout, le froid le coagule. Il prits ne pénètrent & ne s'u-
est bon de remarquer que nissent aux corps que dans
tout ce qui se dissout au froid la solution. Les corps se sub-
humide cache dans son inté- tilisent, leurs parties s'atté-
rieur un feu corrosif; au con- nuent, & approchent plus
traire tout ce qui se résout de la nature de l'esprit. La
par la chaleur, a hors du feu première solution philoso-
une froideur adoucissante. phique sépare l'esprit du
La solution philosophique corps, & le lui rend; d'où il
est la conversion de l'humi- arrive qu'il n'y a point de
de radical fixe en un corps vraie solution des corps sans
aqueux. La cause qui pro- coagulation de l'esprit. Ainsi
duit cette solution, est l'es- quoique les Philosophes par-
prit volatil caché dans la pre- lent de la solution comme
mière eau. Quand cette eau d'une opération séparée &
a fait la solution parfaite du différente de la coagulation,
fixe, elle est appelée fon- ce n'est cependant que la
taine de vie, nature, Diane même.
nue & libre. La solution, dissolution
Les Philosophes ne com- & résolution, sont propre-
ptent qu'une solution plu- ment la même chose que la
sieurs fois répétée dans l'oeu- subtilisation. Le moyen de
vre; tout consiste à dissoudre la faire selon l'art, est un
& à coaguler. Ces solutions mystère que les Philosophes
sont néanmoins différentes ne révèlent qu'à ceux qu'ils
G g ij
@

468 SO SO

jugent capables d'être ini- mation de sa terre superflue,
tiés. Elle ne se fait, disent-* & c'est alors de la fleur de
ils, que dans son propre sang, soufre. Mém. de l'Acad. de
c'est-à-dire dans la propre 1703. p. 32.
eau dont le corps même a Les Chimistes admettent
été composé. trois sortes de soufre, qui ne
SONIR. Or, soleil. sont que le même, modifié
SOUFFLET. Recevoir différemment; le soufre vo-
un soufflet. C'est briser ses latil ou mercuriel, le soufre
vases. moyen, & le soufre fixe.
SOUFRE. Nom que Voyez Matière, Sel.
l'on donne en général à tou- Soufre (Sc. hermét.).
tes les matières inflamma- Lorsque les Philosophes par-
bles dont on se sert dans la lent de leur soufre, il ne faut
Chimie, telles que sont le pas s'imaginer qu'ils parlent
soufre commun, les bitumes, du soufre commun dont on
les huiles, &c. Quelquefois fait la poudre à canon & les
les Chimistes donnent ce allumettes, ni aucun autre
même nom à des matières soufre séparé & distinct de
nullement inflammables, leur mercure. Quoiqu'ils di-
mais seulement colorées sans sent qu'il faut prendre un
aucune autre raison, parti- soufre, un sel & un mercure,
culièrement dans les matiè- ces trois choses se trouvent
res minérales, en sorte que à la vérité dans leur matière,
l'on voit le mot de soufre mais elles n'y sont pas sen-
attribué à bien des matières siblement distinctes. Leur
même très opposées entre soufre est artificiel, leur mer-
elles. On donne le soufre en cure l'est aussi, & l'art ma-
particulier au soufre commun, nifeste leur sel. Mais tout
qui paraît composé de qua- cela ne fait qu'une chose qui
tre différentes matières; sa- les renferme toutes trois.
voir, de terre, de sel, d'une Philalèthe.
matière purement grasse ou Lorsqu'ils disent en géné-
inflammable, & d'un peu de ral notre soufre, on doit les
métal. Les trois premières entendre de leur pierre au
matières y sont à peu près blanc ou au rouge; dans ce
en portions égales, & sont cas ils les distinguent par la
presque tout le corps du sou- couleur. Leur rouge est leur
fre commun, quand on le minière du feu céleste, dit
suppose épuré par la subli-* d'Espagnet, leur ferment,
@

SO SO 469

le principe actif de l'oeuvre, sophique; car Raymond
dont le mercure est le prin- Lulle entr'autres nous assure
cipe passif. Ce n'est pas que que le soufre des Sages n'est
le mercure n'agisse aussi, point distingué sensiblement
puisqu'il a un feu interne, & de leur mercure, & leur
que par tout où il y a feu, mercure ne se fait point avec
il y a action; mais on le le soufre commun, naturel
compare à la femelle, qui ou factice.
dans la génération est censée Soufre VIF (Sc. herm.).
passive. C'est le même que soufre
Les Philosophes ont don- rouge. Rullandus donne le
né à ce soufre une infinité de nom de soufre rouge à l'ar-
noms qui conviennent tous senic.
à ce qui est mâle, ou fait Soufre DE VITRIOL.
l'office de mâle dans la gé- C'est l'âme de ce minéral.
nération naturelle. C'est leur Soufre NOIR. Anti-
or, qui n'est point actuelle- moine. Planis-campi.
ment or, mais qui l'est en Soufre ONCTUEUX.
puissance. Soufre des Philosophes.
Soufre BLANC, Corps Soufre NARCOTIQUE
composé de la pure essence du vitriol. Extrait du vitriol
de métaux, que quelques-* dont on trouve le procédé
uns appellent un argent-vif dans la Chimie de Béguin.
conduit de puissance en acte, Paracelse regardait ce soufre
& extrait, par les opérations comme un excellent anodin,
du magistère, de tous les & le préférait à tous les au-
principes de la Médecine du tres.
premier ordre. Philalèthe. Soufre AMBROSIEN,
Soufre ROUGE. Plu- est un soufre naturel rouge,
sieurs Chimistes ont tra- beaucoup transparent, &
vaillé sur le soufre naturel, ressemblant au grenat, mais
& de mine, appelé sulphur formé en gros morceaux.
nativum par les Latins, Soufre VERT. Huile
comme étant la vraie matiè- de cinabre. Dict. Herm.
re des Philosophes; mais Soufre INCOMBUSTI-
quand ceux-ci lui ont donné BLE. C'est celui des Sages.
ce nom, c'est dans le temps Soufre VRAI DES PHI-
qu'elle est parfaite au rouge LOSOPHES. C'est le grain
ou au blanc. Elle est alors fixe de la matière le véri-
proprement le soufre philo-* table agent interne qui agit,
G g iij
@

470 SO SP

digère, cuit sa propre ma- la solution qu'on y parvient,
tière mercurielle, dans la- & l'on ne saurait y réussir,
quelle il se trouve renfermé. si l'on ignore leur construc-
Soufre ZARNET. Sou- tion & leurs principes, par-
fre philosophique. ce qu'ils servent à cette dis-
Soufre OCCULTE, Le solution. On sépare les par-
même que celui de l'article ties hétérogènes & acciden-
précédent. telles, pour avoir la facilité
Soufre DE NATURE. de réunir & de rejoindre in-
C'est encore le même. Quel- timement les homogènes.
ques-uns cependant donnent La Philosophie Spagyrique
ce nom à la matière parve- proprement dite, est la mê-
nue à la couleur blanche. me que la Philosophie Her-
L'Auteur du Dictionnaire métique.
Hermétique pourrait s'être SPARA. Semence des
trompé, lorsqu'il dit que le métaux.
soufre de nature est le mens- SPARGANIUM. Glaïeul
true essentiel fait avec le mer- aquatique. Blanchard.
cure & l'esprit-de-vin sept SPARTIUM & SPAR-
fois rectifié, qui dissout la TIUN. Espèce de genêt
chaux du soleil & de la lune, propre à faire des liens.
ou du moins qui en tire la SPATHA. Ecorce, pe-
teinture, laquelle par des lure du fruit de palmier.
opérations faciles & occul- SPATULA FOETIDA.
tes, on redonne à l'or. Le Iris puant.
soufre universel est, selon le SPATULE DE FER
même Auteur, la lumière ou DE PIERRE. Matière
de laquelle procèdent tous de l'oeuvre en putréfaction,
les soufres particuliers. & parvenue à la couleur
SPAGYRIQUE (Phi- noire.
losophie). Science qui ap- SPECIFIQUE UNI-
prend à diviser les corps, à VERSEL. Voyez Pana-
les résoudre, & à en séparer cée.
les principes, par des voies, SPERAGUS. Asperge.
soit naturelles, soit violentes. SPERME. Semence des
Son objet est donc l'altéra- individus dans les trois rè-
tion, la purification, & mê- gnes, animal, végétal & mi-
me la perfection des corps, néral. Dans le premier, c'est
c'est-à-dire leur génération une substance blanche, hu-
& leur médecine. C'est par mide, onctueuse, composée
@

SP SP 471

des parties les plus pures du Sperme FE'MININ.
sang. Dans les végétaux, Argent-vif des Philosophes.
c'est la semence même, com- Sperme MASCULIN.
posée de parties huileuses & Soufre des Sages, ou le grain
onctueuses. Ce qui leur a fait fixe, qui se développe dans
donner le nom de soufre par le sperme féminin, & agit
les Chimistes. Le sperme sur lui, pour produire l'en-
des métaux est ce qu'ils ap- fant philosophique, plus vi-
pellent proprement soufre. goureux & plus excellent
Aristote dit que c'est une que ses parents.
vapeur, ce qu'il faut enten- SPERNIOLUM. Frais
dre d'une vapeur onctueu- de grenouilles.
se, sulfureuse & mercurielle. SPHERE. Ce terme se
Les Philosophes ont nommé prend, dans les ouvrages
cette vapeur une liqueur des Philosophes, en diffé-
étherée. Cette vapeur est un rents sens; quelquefois pour
soufre minéral, qui pénètre les sphères des planètes,
les pierres métalliques & s'y quelquefois pour le fourneau
fixe. Le principe éloigné de secret. Flamel l'a pris dans
cette vapeur est le soufre ce dernier sens.
commun. Le soufre minéral Sphère DU SOLEIL.
est une humeur onctueuse, Quintessence des Sages, ou
incombustible, & que les leur mercure, qu'il faut ex-
Philosophes Hermétiques traire des rayons du Soleil
appellent leur Soleil & leur & de la Lune avec l'acier
Semence masculine. Bécher. ou aimant philosophique. On
Il ne faut pas confondre le appelle communément sphè-
sperme avec la semence, l'un re l'étendue dans laquelle
est le véhicule de l'autre. Le une chose est renfermée. Il
sperme est le grain génératif est donc bon d'observer que
& le principe des choses, les sphères du Soleil & de la
c'est pourquoi les Philoso- Lune s'étendent à tout ce qui
phes ont donné le nom de peut contenir de l'or & de
sperme des métaux au sou- l'argent, en acte ou en puis-
fre, & celui de semence au sance.
mercure. Le germe dans les SPHINX. Monstre fabu-
semences des végétaux est leux né de Typhon & d'E-
le sperme. chidna. Il avait la tête & la
Sperme DU MERCURE. poitrine semblables à celles
C'est le mercure même des d'une jeune fille, le corps
Sages. G g iv
@

472 SP ST ST

d'un chien, les griffes d'un STAPHYLINOS. Pa-
lion, la queue d'un dragon, nais.
& la voix humaine. Ce STARMAR. Vapeur de
monstre se tenait caché dans la terre qui forme la semence
une caverne près de la ville des métaux. C'est le mercure
de Thèbes, & arrêtait les des Philosophes.
passants pour leur proposer STATUES. Matières
des énigmes à résoudre. Il qui entrent dans la compo-
dévorait ceux qui n'y réus- sition du magistère des Sa-
sissaient pas. Oedipe se pré- ges. Raymond Lulle a em-
senta & résolut celle qui lui ployé ce terme dans ce sens-*
fut proposée. Il épousa en là, sans doute d'après Her-
conséquence celle qui avait mès, qui leur donne aussi le
été promise pour récom- nom de Statues, & les ap-
pense. Voyez Oedipe. pelle des Dieux fabriqués de
SPIRITUS. Argent-vif. mains d'hommes. Il prenait
Planiscampi. alors les statues des Idoles,
SPIS-GLAS. Antimoi- qui en étaient les symboles,
ne. Bas. Valentin. pour la chose même. Sénior
SPLENDEUR. Ma- dans son allégorie de la
gistère au blanc. chasse du Lion, dit: » Je ra-
SPODIUM. Cendre » masse les mains & les pieds,
d'or. Quelques-uns donnent » & je les échauffe dans l'eau
ce nom au pompholix ou » extraite des corps des sta-
tuthie grise. » tues, des pierres blanches
SPUTUM LUNAE. » & jaunes, qui tombe dans
Mercure Hermétique. Voy. » les temps de pluie, & que
Crachat de la Lune. » nous avons soin de ramas-
STAGEN. Voy. Arles » ser pour faire cuire la tête
Crudum. » & les pieds de ce Lion. «
STALAGMI. Voyez Raymond Lulle que je viens
Stagen. de citer, s'exprime à peu près
STALTICUM. Voyez dans les mêmes termes, dans
Sarcoticum. le chap. 4. de son Codicille.
STAPHYLE, fils de » C'est pourquoi, dit-il, vous
Bacchus, eut une fille nom- » tirez ce Dieu des coeurs des
mée Rhéo, qui d'Apollon » statues par un bain humide
eut Anye. Voyez les Fables » de l'eau, & par un bain sec
Egypt. & Grecq. dévoilées, » du feu. « On peut voir com-
liv. 3. chap. 14. §. 2. ment les statues étaient des
@

ST ST 473

hiéroglyphes du grand oeu- STROPHIUS. Père de
vre, dans le Traité des Fa- Pylade. V. Pilade.
bles Egyptiennes & Grecq. STUPIO. Etain, Jupiter.
dévoilées, liv. 1. & liv. 3. STYMPHALIDES.
STELLA TERRAE. Oiseaux d'une grandeur &
Talc. d'une grosseur si prodigieuse
STENO. Nom d'une des qu'ils éclipsaient la lumière
Gorgones. du soleil avec leurs ailes.
STE'RILITE' DU MER- Hercule instruit par Miner-
CURE. Elle ressemble à ve, les chassa des bords du
celle des femelles, qui ne fleuve Stymphalide, d'où ils
peuvent enfanter & conce- se retirèrent dans l'île d'Aré-
voir sans l'approche du mâle. tie. Les Philosophes Spagy-
C'est pourquoi les Philoso- riques expliquent cette fable
phes lui ont donné le nom de ce qui se passe dans les
de femelle, & au soufre celui opérations du grand oeuvre.
de mâle. Ces oiseaux, disent-ils, re-
STE'ROPE'S. Forgeron présentent les esprits du
de Vulcain. V. Vulcain. mercure philosophique, qui
STIBIUM. Nom chal- montent & descendent dans
déen de l'antimoine, selon l'oeuf philosophique. L'Ar-
Basile Valentin. cadie signifie la terre qui se
STILBUS. Antimoine. forme dans le vase, & l'eau
STIMMI. Antimoine. qui surnage est le lac Stym-
STOEBE. Scabieuse. phalide d'où ces oiseaux ou
Blanchard. esprits s'élèvent & qui sem-
STOMOMA. Ecaille de blent éclipser le soleil, parce
fer. que la matière devient noi-
STRAAX. Voy. Arles re pendant la putréfaction;
Crudum. Hercule symbole de la puis-
STRATIFICATION. sance fixante & coagulante
Action par laquelle on met de l'or physique renfermé
des choses différentes couche dans le vase, ou pris pour
sur couche, ou lit sur lit, dans l'Artiste, les tue à coups de
un creuset. Cette opération flèches, & les chasse par le
se fait dans la Chimie, lors- bruit des timbales d'airain,
qu'on veut calciner ou cé- qui ne sont autres que les
menter un minéral ou un vapeurs métalliques de Vé-
métal, avec du sel ou autre nus, comme on peut le voir
matière pour le purifier. dans l'article Eurysthée, jus-
@

474 ST SU

qu'à ce qu'ils se retirent dans priété de dissoudre toutes
l'Ile d'Arétie, c'est-à-dire, sortes de matières, & qu'au-
que l'eau mercurielle soit cun vase de quelque matière
desséchée, car Arétie a une métallique qu'il soit, ne sau-
grande analogie avec le mot rait résister à son action. Les
latin aresco, qui signifie en Auteurs disent qu'elle ne
français sécher. peut être contenue que dans
Quelquefois ils expliquent la corne du pied d'un mulet
ces oiseaux Stymphalides de ou d'un âne. Les Poètes ont
la teinture d'antimoine; car feint que c'était un des fleu-
les Alchimistes appellent ves de l'Enfer, quelques-uns
assez souvent oiseaux les es- faisaient ce fleuve fils de l'O-
prits mercuriels & arseni- céan & de Thétis, & d'au-
caux de l'antimoine, à cause tres de l'Achéron. Les Dieux
de leur volatilité; & oiseaux avaient tant de respect pour
Stymphalides, à cause que ce fleuve, que les serments
les vapeurs de ces esprits & les promesses qu'ils fai-
sont dangereuses & mortel- saient par lui étaient irrévo-
les. Le feu, comme un autre cables. Si quelqu'un venait
Hercule, les tue de ses flè- à l'enfreindre, il était privé
ches, en corrigeant ce qu'ils pendant cent ans de la table
ont de mauvais. Mais cette des Dieux. Voyez les Fables
explication n'est pas confor- Egypt. & Grecq. dévoilées,
me à ce que disent les Au- liv. 3. ch. 6.
teurs dans leurs Traités Phi- SUBLIMATION. (Sc.
losophiques, d'autant qu'ils Herm.) Purification de la
donnent le nom d'antimoine matière par le moyen de la
à leur matière, par la seule dissolution & de la réduction
raison qu'elle en a les pro- en ses principes. Elle ne con-
priétés, comme dit Arté- siste pas à faire monter la
phius, & non parce qu'elle matière au haut du vase, &
est un véritable antimoine. l'y faire attacher, séparée du
Voyez les Fables Egypt. & caput mortuum & des fèces;
Grecques, liv. 5. ch. 9. mais à purifier, subtiliser &
STYX. Fontaine d'Ar- épurer la matière de toutes
cadie, qui tombe d'un ro- parties terrestres & hétéro-
cher fort élevé, & dont l'eau gènes, lui donner un degré
est un poison mortel pour de perfection dont elle était
tous les animaux qui en boi- privée, ou plutôt la délivrer
vent. On lui attribue la pro-* des liens qui la tenaient com-
@

SU SU 475

me en prison, & l'empê- rables des minéraux par le
chaient d'agir. moyen de la sublimation.
La sublimation est la pre- On en fixe beaucoup, & on
mière préparation nécessaire les rend propres à résister
à la matière, tant pour de- aux atteintes les plus vives
venir mercure, que pour for- du feu. Pour y réussir on
mer le soufre & la pierre. rebroie le sublimé avec ses
D'Espagnet dit que c'est la fèces, on répète la sublima-
préparation dont les Philo- tion, & cela jusqu'à ce que
sophes n'ont pas parlé, parce rien ne se sublime plus. Lors-
que c'est un ouvrage manuel que tout est fixe, on le retire
que tout le monde peut faire, du vase, & on l'expose à
même sans être instruit des l'air ou à la cave, pour en
opérations de la Chimie faire une huile, qu'on digère
vulgaire. Elle est sans doute ensuite à un feu lent pour le
cette préparation des agents réduire en pierre. Ces pier-
difficile par dessus toute au- res ont des propriétés surna-
tre chose du monde, comme turelles, selon le minéral
le dit Flamel, mais très aisée dont elles sont tirées.
à ceux qui la savent. La sublimation adoucit
C'est le second degré, & beaucoup de corrosifs par la
très nécessaire, par où il faut conjonction de deux matiè-
passer pour parvenir à la res, & rend corrosives beau-
transmutation des corps. On coup de choses douces. La
entend souvent sous le terme plupart de celles-ci devien-
de sublimation, la fixation, nent styptiques, austères,
l'exaltation & l'élévation. amères. Paracelse dit que les
Elle approche même beau- métaux sublimés avec le sel
coup de la distillation; car armoniac se résolvent en
de même que dans celle-ci huile quand on les expose à
l'eau monte & se sépare de l'air, & se durcissent en pier-
toutes les parties phlegmati- res quand on digère cette
ques & purement aqueuses, huile au feu. Cette sublima-
& laisse le corps au fond du tion est purement une opé-
vase, de même dans la su- ration de la Chimie vul-
blimation le spirituel se sé- gaire, il ne faut pas la con-
pare du corporel, le volatil fondre avec la sublimation
du fixe dans les corps secs Philosophique de laquelle
tels que sont les minéraux. nous avons parlé au com-
On extrait des choses admi-* mencement de cet article.
@

476 SU SU

SUBLIMATOIRE enlève un crapaud, par un
(Vaisseau). C'est l'oeuf qui serpent ailé qui en emporte
renferme la matière de l'oeu- un autre sans ailes, par un
vre. Voyez Oeuf. dragon qui quitte son écaille,
SUBLIME'. Plusieurs ont par le vautour qui dévore le
été trompés par ce terme foie de Prométhée, & par
qu'ils ont pris pour le nom une infinité de fables & d'al-
de la matière dont les Philo- légories dont on peut voir
sophes font leur magistère; l'explication dans les fables
mais il faut l'entendre de la Egypt. & Grecq. dévoilées.
matière parvenue à la cou- Sublimé MERCURIEL.
leur blanche que les Adeptes Argent-vif des Sages par-
appellent Mercure sublimé, venu à la couleur blanche
c'est-à-dire, purifié, exalté. après la putréfaction.
Quelquefois ce terme s'ap- SUBLIMER. Purifier,
plique à la matière au noir, cuire, exalter, perfectionner
mais très rarement. Quand la matière de l'oeuvre, l'éle-
on lui donne ce nom dans ver à un degré de perfection
ce sens-là, on a égard à la qui lui manque pour devenir
purification, & à la sépara- plus excellente que l'or mê-
tion qui se fait alors des par- me, & avoir la propriété de
ties grossières & terrestres changer les métaux impar-
du laton des Philosophes, faits en or. Voyez Subli-
que l'azoth blanchit en le mation.
lavant de ses impuretés, ap- SUBMERSION. C'est la
pelées par quelques Philo- dissolution de la matière par
sophes les Immondices du la putréfaction; parce qu'elle
mort. est noire & aqueuse, & que
Dans cette sublimation les matières se confondent
sont comprises toutes les au- & se submergent l'une dans
tres opérations: savoir, la l'autre. Les Philosophes ont
distillation, assation, cuis- donné à ce mélange plusieurs
son, coagulation, putréfac- noms qui ne signifient que
tion, calcination, séparation la même chose, ingression,
& conversion des éléments. conjonction, union, com-
Sans elle l'extraction des plexion, composition, mix-
principes est impossible. tion, humation, &c.
Les Philosophes ont repré- SUBTILIATION. Ré-
senté symboliquement cette duction de la matière de
opération par un aigle qui l'oeuvre à ses principes; ce
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SU SU 477

qui se fait par la dissolution Matière de l'oeuvre parve-
& la putréfaction. Elle se ré- nue à la couleur blanche.
duit en eau mercurielle, & Suc DE LUNAIRE. Mer-
puis en poudre subtile com- cure hermétique extrait de la
me les atomes qui voltigent pierre connue dans les cha-
aux rayons du soleil, dit pitres des livres, disent les
Flamel. Philosophes, & non de la
SUBTILIER. Voyez plante appelée Lunaire, ou
l'article précédent. de quelqu'autre que ce puisse
SUC. Ce terme signifie être, puisqu'ils recomman-
communément une liqueur dent expressément de ne
extraite de quelque végétal prendre aucun végétal pour
ou animal; & comme le faire l'oeuvre, n'ayant au-
mercure des Philosophes est cune analogie avec le mé-
d'abord une espèce de li- tal. Ils ont donné aussi à cette
queur, ils lui ont donné le Lunaire les noms de Vénus
nom de Suc de leur plante & de Saturnie végétale; c'est
Saturnienne végétable, ou pourquoi on appelle aussi ce
Suc de Lunaire, mais en vain Suc de Lunaire:
cherche-t-on dans la Botani- Suc DE LA SATURNIE,
que cette plante Saturnienne qui est la même chose.
& cette Lunaire, parce que Suc DE LA LIQUEUR
ce ne sont point des plantes, VE'GE'TABLE. Quelques-uns
& que les Philosophes n'en disent que c'est le vin & d'au-
parlent ainsi que par allégo- tres le vinaigre, d'autres le
rie. C'est proprement leur marc de raisin. Un Auteur a
matière, qui, quoique prin- représenté Basile Valentin
cipe de végétation, n'est faisant une sauce à une tor-
point plante. Ils l'ont nom- tue avec du raisin.
mée Saturnienne, parce que Suc BLANC. Argent-vif
ce Mercure est dit petit-fils des Philosophes.
de Saturne; & Lunaire, SUDUR. Sucre.
parce que le Soleil est le SUEUR ou SUEUR
père de leur matière & la DU SOLEIL. Mercure des
Lune en est la mère. Sou- Sages; ils ont quelquefois
vent par le terme de suc ils donné ce nom à leur matière
entendent leur magistère au en putréfaction.
blanc, & quelquefois leur SUFFO. Pain de pour-
matière au noir. ceaux, cyclamen.
Suc DES LYS BLANCS. SUPERFICIE. On
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478 SU SY SU

trouve ce nom dans Rul- SUPPRESSION (Feu de)
landus interprété par blanc est celui qu'on fait dessus le
d'oeufs. vase, ou même dedans, sui-
SUPERFLU. (Science vant Riplée & Géber.
Herm.) Géber & les autres SUTTER. Sucre.
Philosophes qui l'ont suivi, SUIE DES ME'TAUX.
ont dit qu'il y avait dans leur Arsenic.
matière une partie superflue SYCAMINOS. Meurier.
qu'il fallait en ôter. On prend SYCE. Figue.
communément ces termes à SYLVAE MATER.
la lettre, & l'on s'imagine Chèvrefeuille.
qu'il faut en effet séparer SYMAR. Vert-de-gris.
quelque chose de la matière SYMPLEGADES, ou
dans la médecine du second CYANE'ES, sont deux
ordre; d'autres qu'il ne faut écueils situés près du Pont-*
rien ôter absolument; & les Euxin, & si peu éloignés
uns & les autres ont raison: l'un de l'autre qu'ils semblent
car ces superfluités doivent se toucher, ce qui a fait dire
être séparées dans leur temps; aux Poètes qu'ils se heur-
mais les vrais Sages savent taient. Il en est parlé dans
que cette séparation se fait la fable de la conquête de la
d'elle-même dans la méde- toison d'or. Voyez Jason,
cine dont nous parlons, & Toison D'Or.
que cette espèce de superflu SYNACTICUM. Médi-
est très utile à l'oeuvre; ce cament astringent.
qui a engagé le Philalèthe SYNCRITICUM. An-
à le nommer superflu très tispasmodique.
utile. SYRINX. Nymphe qui
Ce superflu est une huile résista toujours aux poursui-
ou une espèce de limon du tes du Dieu Pan, & se sauva
corps qui nage sur le mens- auprès du fleuve Ladon en-
true après que le corps est tre les bras des Naïades, où
dissous. Ce limon est abso- elle fut changée en roseau.
lument nécessaire pour la SIROP DE GRENA-
conversion du corps en hui- DES. Pierre au rouge.
le; & cette conversion est SYRTES. Bancs de sable
si nécessaire, qu'on ne pour- ou écueils des côtes de la
rait réussir dans l'oeuvre sans mer de Libye, du côté de
cela; parce qu'on ne pour- l'Egypte. Les Argonautes
rait avoir les principes de manquèrent d'y périr, & fu-
l'Art.
@

SY TA TA 479

rent obligés de porter leur reçut les Dieux à sa table,
navire sur les épaules pen- & leur servit entr'autres mets
dant douze jours. Voyez son fils Pélops. Cérès fut la
Argonautes. seule qui ne le reconnut pas.
Elle en détacha une épaule,
T. qu'elle mangea. Les Dieux
T AAUT ou THAUT. le ressuscitèrent, & rempla-
Voyez Thot. cèrent cette épaule par une
TABLEAUX DES d'ivoire. Jupiter punit Tan-
PHILOSOPHES. Ce sont tale en le condamnant dans
leurs livres, leurs allégories, les Enfers à souffrir une faim
leurs hiéroglyphes, &c. & une soif perpétuelle, quoi-
TAGETES. Tanaisie. qu'au milieu de l'eau & que
TAL. Alcali. les fruits lui descendent jus-
TALC des Philosophes. qu'à la bouche; quand il veut
Pierre des Sages fixée au les prendre, ils s'enfuient de
blanc. C'est en vain que l'on ses mains. Voyez les fables
cherche à faire l'huile de talc Egypt. & Grecq. dévoilées,
avec le talc vulgaire. Les liv. 6. chap. 4.
Philosophes ne parlent que TARAGUAS. Bézoard.
du leur, & c'est à ce dernier TARAXICUM. Pissen-
qu'il faut attribuer toutes les lit.
qualités desquelles les livres TARGAR. Huile de ge-
font tant d'éloges. nièvre.
TAMIS DES SAGES. TARITH. Mercure.
Mercure Hermétique. TARTAR. Tartre.
Tamis DE LA NATURE. TARTARE, fils du
C'est l'air à travers lequel Cahos, lieu ténébreux où
passent les influences des les méchants étaient envoyés
astres pour venir jusqu'à pour subir les tourments aux-
nous. quels ils étaient condamnés.
TAMUE. Matière de Voyez Enfer. Le Tartare
l'oeuvre préparée & cuite au des Philosophes est la ma-
rouge-de-pavot. tière de l'oeuvre en putré-
TAMUS ou TANUS. faction. Quelquefois ils en-
Couleuvrée, bryone. tendent par Tartare le tra-
TANECH. Pierre-* vail inutile & fatiguant des
ponce. mauvais Artistes, & disent
TANTALE, fils de Ju- qu'ils sont condamnés au
piter & de la Nymphe Plote, Tartare.
@

480 TA TA

TARTRE. (Sc. Herm.) grands Dieux. Les Philoso-
Basile Valentin & quelques phes Grecs instruits par ces
autres Philosophes ont dit Prêtres de ce qu'ils enten-
que le tartre dissout les mé- daient par le taureau, inven-
taux; ce qui a fait naître tèrent beaucoup de fables,
l'idée à plusieurs Chimistes dans lesquelles ils introduisi-
de le regarder comme la rent cet animal, & indiquè-
matière dont les Philosophes rent la qualité chaude & so-
font leur magistère. Philalè- laire de la matière, en disant
the cependant dit qu'il faut que ces taureaux jetaient du
expliquer le terme de tartre feu & de la flamme par la
de la même manière que la bouche & les narines. Tels
tête du corbeau; & ceux qui sont ceux que Jason surmonta
sont les moins versés dans & mit sous le joug pour leur
cette science, savent que faire labourer le champ de
ces expressions signifient la Mars, afin de s'emparer par
matière des Philosophes au ce moyen de la toison d'or
noir. suspendue dans la forêt de
Le tartre blanc, ou le sel ce Dieu. Tel était celui dont
de tartre des Sages, est leur Hercule débarrassa l'île de
magistère parvenu à la cou- Crète. Les pieds des uns &
leur blanche. des autres étaient d'airain.
Tartre DE MARBRE. Europe fut enlevée par un
Ce sont les pierres qui se taureau, Pasiphaé devint
forment dans le corps hu- amoureuse d'un taureau;
main. On les nomme ainsi Cadmus suivit un boeuf, &
de la matière terrestre & tar- bâtit une ville dans l'endroit
tareuse dont elles se forment. où il s'arrêta. Le fleuve Aché-
TAUREAU. Animal loüs se changea en taureau
quadrupède d'un grand usa- pour combattre Hercule;
ge pour l'agriculture. Les Prothée prenait la forme de
Philosophes l'ont donné très taureau, &c.
souvent pour hiéroglyphe de Les Prêtres d'Egypte nour-
la matière du grand oeuvre. rissaient avec beaucoup de
Les Egyptiens avaient en soins un taureau noir ayant
conséquence beaucoup de seulement une tache blan-
vénération pour cet animal, che, & le logeaient dans le
que les Prêtres présentaient temple de Vulcain le plus
au peuple comme le sym- grand de leurs Dieux. Osi-
bole d'Osiris, un de leurs ris, dont ce taureau était le
symbole,
@

TE TE 481

symbole, signifiait feu ca- toutes les saisons. Ceux qui
ché, & avait pour soeur & sont au fait de l'Astrologie
pour épouse Isis, ou une va- en devineront aisément les
che, qui avait Mercure pour raisons, pourvu qu'ils aient
Conseiller & Administrateur aussi lu attentivement les li-
de tout l'Empire pendant les vres des Philosophes. Voyez
voyages d'Osiris son mari, Zodiaque.
& après sa mort. Osiris était Il paraît que l'Auteur du
lui-même le symbole du So- Dictionn. Hermétique n'a-
leil & Isis l'était de la Lune; vait pas médité longtemps
mais du Soleil & de la Lune & sérieusement les ouvrages
des Philosophes, & non des des Philosophes, & combiné
astres qui nous éclairent, ou leurs raisonnements sur les
des astres terrestres, l'or & fables, lorsqu'il interprète
l'argent, que les Chimistes les taureaux qui gardaient la
vulgaires appellent Soleil & toison d'or, par le feu vul-
Lune. gaire entretenu dans des
Les Egyptiens parfaite- fourneaux chimiques, dont
ment instruits des secrets les les registres représentent les
plus cachés de la Nature, narines de ces animaux. Le
imaginèrent en conséquence taureau furieux qui ravageait
les signes du Zodiaque, tou- l'île de Crète, & qui avait
jours par allusion à leur Art des pieds d'airain comme
Hermétique, que les Philo- ceux que Jason mit sous le
sophes assurent être la clef joug, font voir clairement
de toutes les sciences. Ils assi- que ces allégories ou fables
gnèrent pour cet effet les ne peuvent s'entendre des
trois signes du Bélier, du fourneaux chimiques, mais
Taureau & de Gemini pour du fourneau secret des Phi-
ceux qui président au com- losophes.
mencement de l'année ou du Hercule après avoir pris
printemps, parce qu'ils sont le le taureau de l'île de Crète,
commencement de l'oeuvre. le conduisit à Eurysthée,
Les Philosophes en suivant c'est-à-dire, à la plus grande
le système des anciens Dis- fixité, comme on peut le
ciples d'Hermès, ont dit voir dans le livre 5. ch. 1.
pour cette raison, qu'il fal- 7. & 10. des Fables Egypt.
lait commencer l'oeuvre au & Grecq. dévoilées. Tant
printemps, quoiqu'on puisse que l'eau mercurielle des
le commencer en effet dans Philosophes demeure sur la
H h
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482 TE TE

terre des Sages, signifiée par servent à en extraire d'au-
l'île de Crète, cette terre tres, telle est celle du ma-
est ravagée par la dissolu- gistère des Sages, ou leur
tion, & incapable de rien mercure. On les divise en-
produire; mais sitôt qu'Her- core en teintures naturel-
cule arrête le taureau, ou les & teintures artificielles.
fixe cette eau, pour le me- Dans celles-ci les unes sont
ner à Eurysthée, elle devient dites animales, quand elles
propre à la végétation; on sont extraites des animaux;
peut la cultiver pour y se- métalliques, quand on les
mer l'or philosophique. tire des métaux, &c. On les
TEFRA. Cendre. nomme quelquefois huiles,
TEINDRE, en termes esprits, quintessences, selon
de Science Hermétique, si- qu'elles participent plus ou
gnifie conduire le régime du moins des qualités des cho-
Feu, l'administrer à la matière ses qui ont ces dénomina-
pour la digérer & la cuire de tions. Manget, Beguin.
manière qu'elle prenne suc- La teinture est le dernier
cessivement les différentes degré de la transmutation
couleurs desquelles les Phi- des corps naturels. Elle con-
losophes font mention, & duit à la perfection toutes les
qu'ils appellent signes dé- choses imparfaites. Paracelse
monstratifs. C'est de là qu'on définit la teinture une ma-
les a nommés Teinturiers. tière très noble, qui teint les
TEINTURE, en termes corps métalliques, & hu-
de Chimie, ne signifie pas mains, & les change en une
l'extraction de la simple cou- essence bien plus excellente
leur des mixtes, mais les & une manière d'être infini-
couleurs essentielles aux- ment plus parfaite que celles
quelles sont adhérentes les dont ils jouissaient aupara-
vertus & les propriétés des vant. Elle pénètre les corps
corps dont ces teintures sont & les fait fermenter comme
extraites. L'art Spagyrique le levain.
distingue plusieurs espèces La teinture qui transmue
de teintures; les unes sont les métaux doit être fixe,
dites passives, parce qu'elles fusible comme la cire, & in-
sont simplement extraites, combustible de manière que
comme la teinture de roses; mise sur une lame rougie
les autres se nomment acti- au feu, elle y fonde sans fu-
ves, & ce sont celles qui mée, & y pénètre comme
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TE TE 483

l'huile pénètre le papier. qu'elle a, & ne pourrait tein-
La vraie teinture des mé- dre qu'un poids d'argent égal
taux est le soufre métallique à celui de l'or duquel elle a
exalté. Le mercure est ap- été extraite; au lieu qu'un
pelé le milieu ou moyen grain seul de teinture philo-
propre à joindre & à réunir sophique poussée au point
les teintures. La pierre au de perfection dont elle est
rouge & la pierre au blanc susceptible, teindra un mil-
réduites en élixir ou en pou- lion de grains de métal de
dre de projection, sont les quelqu'espèce qu'il soit.
deux seuls & vrais principes Teinture ROUGE ou
des teintures des métaux; TEINTURE DE POURPRE
toute autre teinture n'est que est la même que Teinture
tromperie, supercherie & illuminante.
sophistication. TE'LAMON, fils d'Ea-
Teinture VIVE. Pierre que & frère de Pélée, fut
au rouge. père d'Ajax, qui de lui fut
Teinture ILLUMI- appelé Télamonien. Téla-
NANTE DES CORPS. Mê- mon était un des Argonau-
me chose que poudre de tes, & accompagna Hercule
projection. Quelques-uns lorsqu'il délivra Hésione de
ont cependant pris ces ex- la dent meurtrière du mons-
pressions comme signifiant tre marin auquel elle était
la pierre au rouge, ou le sou- exposée. Hercule la céda à
fre aurifique des Philosophes, ce compagnon fidèle. Voyez
parce qu'ils le nomment So- Hésione.
leil, & que le soleil est com- TE'LE'MAQUE, fils
me le principe, ou le distri- d'Ulysse & de Pénélope,
buteur de la lumière. En vain était encore jeune quand son
les Chimistes cherchent-ils père partit pour la guerre de
à tirer la teinture de l'or vul- Troie. Pendant cette ab-
gaire pour en habiller d'au- sence les Amants de Péné-
tres métaux; la véritable lope maltraitèrent Téléma-
teinture de l'or consiste dans que, qui quitta la maison pa-
son soufre radical, qui est ternelle pour chercher Ulys-
inséparable du corps même se. A son retour il chassa,
de l'or, suivant d'Espagnet. avec l'aide de son père, tous
D'ailleurs quand la chose se- ces Amants importuns. Voy.
rait possible, cette teinture Ulysse.
ne pourrait donner que ce TE'LEPHE, fils d'Her-
H h ij
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484 TE TE

cule & de la Nymphe Au- Rois voulurent embellir &
gé, fut exposé dans les bois, eurent bien de la peine à
où une biche l'allaita. Ceux achever: c'était une grande
qui le trouvèrent, le présen- gloire si dans un long règne
tèrent au Roi de Mysie, qui un Prince avait pu achever
l'adopta & le désigna son un portique. Les plus célè-
successeur. Ayant refusé le bres furent celui de Jupiter
passage aux Grecs qui al- Olympien, celui d'Apollon
laient au siège de Troie, il à Delphes, devenu si célèbre
fut blessé d'une flèche d'A- par les oracles qui s'y ren-
chille. La plaie devint ex- daient; celui de la Diane
trêmement douloureuse, & d'Ephèse, chef-d'oeuvre de
n'y trouvant pas de remède, l'Art; le Panthéon, ouvrage
il consulta l'Oracle, qui lui de la magnificence d'Agrip-
apprit que celui qui avait fait pa, gendre d'Auguste; enfin
le mal le guérirait. S'étant celui de Bélus, composé seu-
réconcilié avec Achille, ce- lement d'une grande & ma-
lui-ci lui donna de la rouille gnifique tour à sept étages,
du fer de sa lance; Télephe dont le plus élevé renfermait
l'appliqua & fut guéri. la statue de ce Dieu, avec
TELESME. Fin, per- les autres choses dont parle
fection, complément. Hérodote.
TEMERUS. Brigand Les statues des Dieux
que Thésée mit à mort. Voy. qu'on y plaçait étaient d'or,
Thésée. d'ivoire ou d'ébène, quel-
TEMEYNCHUM. Or quefois composées de ces
des Philosophes, ou leur ma- trois matières, ce qui est à
gistère au rouge. remarquer par les raisons
TEMPLES. C'est dans que nous avons déduites
l'Egypte qu'il faut chercher dans le Traité des Fables
l'origine des temples. Héro- Egypt. & Grecq. dévoilées.
dote le dit formellement. Quand il s'agissait de bâ-
Cette coutume de bâtir des tir un temple, on environ-
temples passa d'Egypte chez nait le lieu avec des rubans
les autres Nations, par les & des couronnes, & les
Colonies qui y furent trans- Vestales le purifiaient en le
portées. On peut voir dans lavant avec de l'eau pure
l'Auteur ci-dessus, la ma- & nette. Le Pontife après
gnificence du temple de Vul- avoir fait un sacrifice solen-
cain en Egypte, que tant de nel à la Divinité à laquelle
@

TE TE 485

il devait être dédié, touchait qu'objet en vue dans la for-
la pierre qui devait servir la me de leurs temples? Si leurs
première à former le fonde- prétendus Dieux & les ac-
ment, & le peuple l'y je- tions qu'on leur attribue ne
tait avec quelques pièces de sont que des allégories de
monnaie ou quelques mor- l'oeuvre Hermétique, n'aura-*
ceaux de métal qui n'avait t-on pas raison de penser que
pas encore passé par le creu- cette forme ronde du tem-
set. Les temples de Vulcain ple, ou du lieu où étaient
de Vénus son épouse, & de placés les Dieux, était un
Mars se plaçaient aux portes symbole du vase qui con-
des villes. Ceux de Mercure, tient les Divinités Herméti-
d'Apollon, de Minerve & ques? Les Philosophes sa-
des autres Dieux étaient au vent bien pourquoi les tem-
dedans des murs. Vitruve ples de Vulcain, de Venus
(Liv. 2. ch. 2.) apporte des & de Mars étaient à la porte
raisons de ces différences, des villes. Il suffit même
qui ont un air de vraisem- d'avoir lu assez superficiel-
blance, mais qui montrent lement leurs livres, pour y
qu'il n'était pas au fait de remarquer qu'ils ont donné
celles qui avaient déterminé les noms de ces trois Dieux
ceux qui l'avaient précédé à aux matières du magistère
en agir ainsi. desquelles doivent se com-
La plupart des temples poser leur Mercure, leur Ju-
étaient de figure ronde com- piter, leur Diane & leur
me le Panthéon, & ne rece- Apollon, dont les temples,
vaient de jour que par un pour cette raison, étaient
trou ou lanterne pratiquée renfermés dans l'enceinte
au milieu de la voûte. On des villes.
remarque cette forme dans Dans la suite les temples
les temples de l'antiquité la prirent une autre forme par
plus reculée. la fantaisie des Architectes,
Toutes ces choses ne se qui trouvèrent le carré-*
faisaient pas sans dessein; & long plus susceptible des or-
si les Egyptiens, suivant saint nements qu'ils imaginèrent;
Chrysostome, étaient mysté- mais ils conservèrent presque
rieux jusques dans leurs ma- toujours rond ou en forme
nières d'agir & dans leurs de rotonde le lieu principal
façons de s'habiller, peut-on de l'intérieur des temples;
douter qu'ils n'aient eu quel-* les autres parties ne furent
H h iij
@

486 TE TE

censées que comme des ac- l'occident, les Philosophes
compagnements, ou comme ont donné le nom de jour au
nécessaires pour loger le peu- temps que dure notre coction.
ple; tels sont les nefs & les Ceux qui ont dit qu'il ne fal-
collatéraux. lait qu'un mois, ont eu égard
TEMPS. Les Philosophes au cours du soleil dans cha-
semblent n'être pas d'accord que signe céleste; & ceux
entr'eux sur la durée des opé- qui parlent d'un an ont en
rations requises pour parve- tête les quatre couleurs prin-
nir à la fin de l'oeuvre Her- cipales qui surviennent à la
métique. Les uns disent qu'il matière; car ces couleurs
faut trois ans, d'autres sept, sont leurs quatre saisons.
d'autres jusqu'à douze; mais Voyez Saisons.
il s'en trouve qui réduisent Les Philosophes disent
cette durée à dix-huit mois, communément que le grand
Raymond Lulle à quinze, oeuvre est un ouvrage de pa-
Trévisan à peu près au même tience; que l'ennui occasion-
temps, & Zachaire dit qu'il né par la longueur du travail,
commença l'oeuvre le Lundi a rebuté beaucoup d'Artistes,
des fêtes de Pâques, & fit & qu'il faut plus de temps que
la projection vers le même de dépenses pour parvenir à
temps l'année suivante. Mais son but. Ils ajoutent que la
dans toutes ces manières de couleur noire se manifeste
s'exprimer qui paraissent se & doit se manifester vers le
contredire, les Philosophes quarantième jour, si l'on a
n'entendent que la même bien opéré; que cette cou-
durée du temps suivant leur leur dure jusqu'au quatre-*
façon de le compter; parce vingt-dixième jour; alors la
que leurs mois & leurs sai- couleur blanche succède, &
sons ne sont pas ceux du vul- puis la rouge. Mais tout cela
gaire. Il nous faut un an, dit doit s'entendre de l'ouvrage
Riplée, pour jouir des fruits de la pierre, sans y com-
que nous attendons de nos prendre la préparation ma-
travaux. Un Anonyme ex- nuelle des agents ou princi-
plique tous ces différents ter- pes matériels de l'oeuvre.
mes de la manière suivante. Ainsi ceux qui parlent d'un
Comme nous appelons un an l'entendent d'une seule
jour l'intervalle de temps qu'il préparation philosophique,
faut au soleil pour parcourir telle que pourrait être celle
le ciel depuis l'orient jusqu'à du soufre; parce dans chaque
@

TE TE 487

opération les couleurs, qu'ils que le noir-même.
appellent saisons, doivent TERENGIBIL. Manne.
passer successivement. Ceux TERENIABIN. Manne.
qui font mention de trois TERME, Dieu des
ans, y comprennent les opé- champs & des bornes. Il
rations du soufre, de la pier- était représenté sous la for-
re, & celle de l'élixir. Quand me d'une colonne, d'un tronc
ils disent sept, neuf ou douze d'arbre, &c. Il était censé
ans, ils y renferment toutes borner tout, sans être borné
les opérations répétées pour lui-même.
la multiplication, & donnent TERPSICHORE. Nom
le nom d'année à chaque d'une des Muses, dont voyez
opération. Voyez Année, l'article.
Mois, Règne. TERRE. Matière pe-
TE'NARE. Promontoire sante & poreuse, qui com-
de la côte méridionale du pose avec l'eau le globe que
Péloponnèse; tout auprès nous habitons.
sont des gouffres dans la mer, Le vulgaire prend com-
que les Poètes ont feint être munément pour la vraie ter-
les portes de l'Enfer. C'est re, ce qui paraît à nos yeux,
par-là qu'Hercule y descen- c'est-à-dire, l'excrément de
dit pour enlever le chien la terre & des autres éléments
Cerbère, & en ramena son qui entre dans la composi-
ami Thésée. V. Enfer. tion de tous les mixtes sujets
TENEBRES. Les Phi- à la mort ou à la corruption.
losophes comparent presque Mais dans ces excréments il
toujours leur matière en pu- y a un noyau, une vraie
tréfaction aux ténèbres de la terre principe, qui ne se dé-
nuit, à celles de l'Egypte, & truit point, qui fait la base
à celles qui enveloppaient la des corps, & qui les con-
masse confuse du cahos avant serve dans leur manière d'ê-
la manifestation de la lumiè- tre jusqu'à ce que quelqu'ac-
re. C'est pourquoi ils ont cident dissipe le lien qui unit
quelquefois donné le nom cette vraie terre avec ses ex-
de Ténèbres à leur matière créments. Cette terre se trou-
au noir. ve dans tous les mixtes, plus
Ténèbres CYMME'- abondamment dans les uns
RIENNES Matière de l'oeu- que dans les autres; c'est ce
vre en putréfaction, appe- principe que tant de Sophis-
lée aussi le Noir plus noir tes cherchent en vain, &
H h iv
@

488 TE TE

qu'ils trouveraient sans peine de laquelle il faut extraire le
s'ils connaissaient la Nature. mercure Hermétique.
Cette terre est la terre vierge Terre DES PHILOSO-
des Philosophes, & ce que PHES. C'est leur soufre.
l'on doit entendre par l'élé- Terre DES FEUILLES.
ment de la Terre. Hermès a donné ce nom à
Les Philosophes Hermé- la matière de l'oeuvre en pu-
tiques donnent le nom de tréfaction; mais son nom
terre à la minière qui renfer- propre, dit Flamel, est le
me la matière d'où ils ex- Laton ou Laton qu'on doit
traient leur mercure; & en- blanchir.
suite, dans les opérations, à Terre FETIDE. Soufre
la matière-même d'où ce sublimé. En termes de Scien-
mercure a été extrait. Ils ce Hermétique, c'est le sou-
donnent encore ce même fre des Sages en putréfac-
nom de terre à leur mercure tion.
fixé; & c'est dans ce dernier Terre FEUILLE'E sim-
sens qu'il faut entendre Her- plement dite, signifie la ma-
mès lorsqu'il dit, dans sa tière au noir.
Table d'Emeraude: Il aura Terre FIDELE. Lune
la force des forces lorsqu'il des Philosophes.
sera réduit en terre. Ils le Terre FRUCTUEUSE.
nomment alors Eau qui ne Magistère au blanc.
mouille point les mains; par- Terre FE'CONDE ou
ce que cette terre était pre- Terre FERTILE. Pierre
mièrement eau, & rede- parvenue au blanc.
viendra liquide toutes les Terre D'OR. Litharge
fois qu'on la mêlera avec d'or.
l'eau de laquelle elle était Terre FIDELE. Argent
composée. philosophique.
Terre BLANCHE Terre GLAISE. Gom-
FEUILLE'E. Matière de me des Sages.
l'oeuvre parvenue à la blan- Terre NOIRE. Voyez
cheur. Poudre Noire.
Terre CE'LESTE. Lune Terre GRASSE. Voyez
des Sages. Matière.
Terre D'ESPAGNE. Terre POTENTIELLE.
Vitriol. Magistère au blanc.
Terre ADAMIQUE ou Terre PUANTE. Voyez
ADAMITE. C'est la matière Terre Fétide.
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TE TE 489

Terre RESTANTE. Ma- vierge, de laquelle nous fai-
tière de l'oeuvre fixée à la sons notre mercure. Raym.
couleur blanche. Lulle.
Terre ROUGE. Soufre Terre DAMNE'E. Terre
rouge des Sages. Ce nom a inutile, fèces d'une matière
été donné au bol armene, qu'on a purifiée. On donne
& à l'orpiment. aussi le nom de Terre dam-
Terre SAINTE. Anti- née à ce qui reste au fond du
moine vitrifié. vase après qu'on en a tiré le
Terre SARRAZINE. plus subtil par la distillation
Email. Planiscampi. ou la sublimation.
Terre SOLAIRE. Ma- Terre SAMIENNE.
tière de l'oeuvre fixée au Argent-vif sublimé avec le
rouge, appelée aussi Soleil talc.
des Sages, ou mine de l'or. TERSA. Moutarde.
Quelques-uns ont appelé TE^TE DU CORBEAU.
Terre solaire le lapis-lazuli. Matière de l'oeuvre en pu-
Terre SULFUREUSE. tréfaction.
Matière des Sages en putré- Tête DU DRAGON.
faction. C'est l'esprit mercuriel de la
Terre MERCURIELLE. matière, ou la partie vola-
Matière de laquelle les Phi- tile qui dissout la fixe; c'est
losophes extraient leur mer- pourquoi les Philosophes ont
cure. Cette terre n'est pas le dit que le Dragon dévore sa
cinabre naturel ou artifi- queue.
ciel; mais cependant une Tête MORTE.& Ce sont
terre minérale & métalli- les fèces qui demeurent au
que. fond de la cucurbite, ou de
Terre VIERGE. Ce la retorte, après la distilla-
terme se dit du mercure des tion ou la sublimation des
Sages fixé en terre par la esprits.
cuisson philosophique, & de Tête ROUGE. Les Phi-
la matière de laquelle doit losophes ont dit: que ce qui
s'extraire ce mercure lui-* a les pieds noirs, le corps
même, appelé pour cela blanc, & la tête rouge, est
Eau sèche, qui ne mouille le magistère. C'est-à-dire que
pas les mains, & qui ne s'at- l'oeuvre commence par la
tache qu'à ce qui est de sa couleur noire, passe ensuite
propre nature. Il y a dans le à la blanche, & finit par la
centre de la terre une terre rouge. Dans chaque opéra-
@

490 TE TE TH

tion le rouge qui marque la Ciel & de la Terre & femme
perfection du soufre, de la de l'Océan. Jupiter ayant été
pierre & de l'élixir, a engagé lié & garrotté par les autres
les Philosophes à dire d'A- Dieux, Téthys avec l'aide
pollon & des autres person- d'Egeon, le remit en liberté.
nages feints des fables, qui Téthys est l'eau mercurielle
sont les symboles de ce sou- des Philosophes, qui délie
fre, de cette pierre ou de cet en dissolvant, & met en li-
élixir, qu'ils avaient les che- berté en volatilisant le Jupi-
veux roux ou blonds dorés, ter des Sages, dont voyez
tels que Pyrrhus fils d'A- l'article.
chille, &c. ou qu'ils étaient TETRAPHARMA-
habillés de couleur de pour- CUM. Médicament com-
pre, comme Apollon quand posé de quatre ingrédients,
il chanta la victoire de Jupi- comme l'onguent Basilicum.
ter sur les Géants. Avicenne TETROBOLON.
a tourné cette énigme de la Poids de quatre dragmes.
tête rouge, d'une autre ma- TEUCRIUM. Plante
nière. La chose, dit-il, qui a connue sous le nom de Cha-
la tête rouge, les yeux noirs moedris ou Petit-chêne.
& les pieds blancs est le ma- TEVOS. Matière de
gistère. Quelques Philoso- l'oeuvre poussée au blanc.
phes paraissent avoir voulu THABRITIS. Jupiter
expliquer cette tête rouge des Philosophes.
de la matière même de la- THALIE. Ce nom a été
quelle on fait le magistère, donné à l'une des Grâces, à
sur ce que d'autres ont dit la Nymphe mère des Dieux
qu'il faut extraire le mercure Palices, & à une des neuf
du serviteur rouge, & que Muses.
l'usage est d'appeler tête le THAMAR. Fruit du pal-
commencement d'une cho- mier. Blanchard.
se; alors il faudrait dire qu'A- THAUMAS. Père d'Iris,
vicenne n'aurait eu en vue messagère de Junon.
que l'oeuvre au blanc. THAUT. V. Thot.
TETHYS, fille du Ciel THE'JA ou THE'A,
& de Vesta soeur de Saturne, mère du Soleil & de la Lu-
femme de Neptune, mère ne, ne signifie que la matière
de toutes les Nymphes & de laquelle on fait le soufre
des fleuves, suivant Hésio- blanc ou le soufre rouge des
de. D'autres la disent fille du Philosophes. V. Latone.
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TH TH 491

THELESPHORE. Un THERION MINERAL.
des Dieux de la Médecine, THERMANTICUM.
fils d'Esculape, & frère de Médicament qui échauffe.
Panacée, de Jaso & d'Hi- THERME. Bain. Les
gyea. V. Esculape. Philosophes ont donné le
THELIMA. Pierre au nom de Therme à leur eau
rouge parfait. mercurielle, parce qu'ils di-
THELYPTERIS. Fou- sent qu'elle est le bain où se
gère. baignent leur Roi & leur
THEMIANTHUS. Or. Reine.
THEODAMAS, père THERMOMETRE
d'Hylas, fut vaincu par Her- PHILOSOPHIQUE. Cha-
cule, qui emmena son fils. leur naturelle des mixtes.
V. Hylas. THE'SE'E, fils d'Egée &
THERENIABIN. Voy. d'Ethra, eut le bonheur de
Tereniabin. se préserver du poison que
THE'RIAQUE. (Science Médée sa belle-mère voulut
Herm.) Quelques Philoso- lui faire prendre. Les Athé-
phes ont donné ce nom au niens obligés par traité fait
corps fixe du magistère, par avec Minos, Roi de Crète,
opposition au nom de Venin de lui envoyer tous les ans
que d'autres ont donné à ce sept jeunes Athéniens pour
même corps; parce que s'il combattre le Minotaure en-
n'est pas uni au mercure vo- fermé dans le labyrinthe,
latil à l'heure propre de la décidaient par le sort quels
naissance de l'eau mercuriel- seraient les sept qu'on en-
le, ce corps gâte tout l'oeu- verrait. Le sort tomba sur
vre, & que s'il y est joint à Thésée. Avant que de partir
propos, il le parfait. Mais le Egée lui recommanda de
sens le plus usité dans lequel mettre des voiles blanches
il faut prendre le terme de à son retour, en cas qu'il
Thériaque, est que les Phi- revint victorieux, au lieu des
losophes ont ainsi nommé voiles noires que l'on mettait
leur magistère parfait, parce en partant. Thésée le pro-
qu'il est le remède le plus mit, s'embarqua, & aborda
excellent de la Nature & de dans l'île de Crète. Il y ga-
l'Art, pour guérir tant les gna les bonnes grâces d'A-
venins que les autres mala- riadne, fille de Minos. Elle
dies du corps humain & des demanda à Dédale le moyen
métaux. de sortir du labyrinthe, & il
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492 TH TH

lui donna un peloton de fil, Reine Hippolite, qu'il épou-
qu'elle remit à Thésée. Muni sa & en eut un fils du même
de ce peloton, Thésée entra nom; prit le parti des Lapi-
dans le labyrinthe, combat- thes contre les Centaures,
tit le Minotaure & le tua. Il & descendit enfin aux En-
avait défilé son peloton dès fers avec Pyrithoüs pour en-
l'entrée, & n'eut que la peine lever Proserpine. Hercule,
de suivre son fil & de refaire son ami, y étant aussi allé
son peloton pour en sortir. pour prendre Cerbère, y
Ariadne charmée de le re- trouva Thésée & le ramena
voir, consentit à partir avec dans le séjour des vivants.
lui, & Thésée l'emmena. Il Quelques-uns mettent Thé-
l'abandonna ensuite dans l'î- sée au nombre des Argo-
le de Naxo. V. Ariadne. nautes. Les uns disent qu'il
Egée voyant approcher le fut tué par Lycomede, d'au-
temps du retour du vaisseau tres qu'il mourut d'une chute.
qui avait transporté les sept Thésée représente le mer-
Athéniens à Crête, avait été cure des Philosophes, ap-
l'attendre sur le bord de la pelé pour cette raison le bon
mer. Thésée avait oublié de ami d'Hercule, symbole de
changer ses voiles, suivant la l'Artiste. Toutes les expédi-
promesse qu'il en avait faite tions qu'on lui attribue sont
à son père. Egée les voyant les effets du mercure pen-
noires, crut son fils péri, & dant le cours des opérations
de désespoir se jeta dans la requises pour la perfection
mer. de l'oeuvre. Il fallait par con-
Thésée se proposa Her- séquent le mettre au nombre
cule pour modèle, & lia une des Argonautes, & même
étroite amitié avec ce Héros. des principaux. Il mourut en
Il brava, comme lui, toutes effet par les mains de Lyco-
sortes de dangers, & eut part mede, & perdit aussi la vie
à beaucoup de ses exploits. par une chute, mais dans
Il tua d'abord le taureau de deux circonstances différen-
Gete dans la plaine de Ma- tes de l'oeuvre. La première
rathon, défit un sanglier fu- est celle de la dissolution,
rieux qui ravageait les cam- appelée Mort, Tombeau,
pagnes, purgea le pays d'u- Sépulcre. La seconde est
ne infinité de voleurs & de celle de la fixation; parce
brigands, fit la guerre aux que la volatilisation étant
Amazones, emmena leur nommée Vie, la fixation qui
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TH TH 493

marque le repos, est aussi approcha pas, parce qu'il
appelée Mort. Voyez les avait appris que si elle voyait
Fables Egypt. & Grecques un Dieu, le fils qui en naî-
dévoilées, liv. 3. chap. 14. trait serait plus vaillant &
§. 5. & le liv. 5. ch. 22. plus puissant que son père.
THESMOPHORE. Sur- Jupiter la maria en consé-
nom de Cérès. quence à Pélée, & invita
THESPIADES. Surnom toute la Cour céleste aux
des Muses. noces qui s'en firent. La Dis-
THESPIUS, fils corde seule n'y fut point ap-
d'Erichteus Roi d'Athènes, pelée, & la ruine de l'Em-
avait cinquante filles, dont pire Troyen fut une suite de
Hercule encore enfant jouit sa vengeance, comme on
en une seule nuit, & en eut peut le voir dans les articles
cinquante fils. Les Alchi- de Pâris & d'Achille, &
mistes entendent par Thes- plus au long dans le 6e livre
pius la matière crue & indi- des Fables Egypt. & Grecq.
geste des Philosophes, dont dévoilées.
cinquante parties, regardées THIMI VENETIANI.
comme ses filles, mêlées Absinthe.
dans le vase avec une seule THION. Soufre des Phi-
partie de mercure philoso- losophes au rouge.
phique préparé, produisent THISMA. Filon de
chacune un mâle, c'est-à-* mine.
dire, acquièrent par l'opéra- THITA. Magistère des
tion du mercure sur elles, Sages dans sa fixation en
une vertu multiplicative ca- couleur de pourpre.
pable de perfectionner cha- THOARCH. Voyez
cune un égal poids d'autre Thion.
matière. Ceci regarde la THOAS, fils d'Ariadne
multiplication de la pierre & de Bacchus, devint Roi
philosophale. de l'île de Lemnos, & eut
THESPROTIE. Con- pour fille Hypsiphile. Les
trée de l'Epire, que les My- femmes de cette île ayant
thologues ont quelquefois conspiré ensemble pour en
prise pour les Enfers. faire périr tous les hommes,
THETIS ou THETYS, parce qu'elles s'en voyaient
fille de Nérée Dieu marin, méprisées, Hypsiphile fut la
& de Doris. Jupiter l'aima seule qui n'exécuta pas cet
passionnément; mais il n'en affreux projet: elle sauva son
@

494 TH TI

père. Voyez Hypsiphile, tiquement la matière de l'oeu-
& le second liv. chap. 1. des vre.
Fables Egyptiennes & Grec- TIERCELET. Com-
ques dévoilées. position chimique des Char-
THON. Médecin Egyp- latans qui se disent savants
tien, dont l'épouse nommée dans l'Art hermétique, avec
Polydamna, fit présent à laquelle ils dupent ceux qui
Hélène d'un remède en- sont assez crédules pour leur
tr'autres qui avait la propriété confier leur bourse.
de faire oublier toute espèce TIFACUM ou TIFA-
de chagrin. Homère, Odys- COUM. Mercure des Phi-
sée, liv. 4. losophes.
THOT ou THAUT TIFARUM, \ Soufre
Dieu des Egyptiens, n'est TIFASUM, > herméti-*
autre que Mercure, ou Her- TIFATUM, / que.
mès, c'est-à-dire le mercure TIFFAROM. Argent-*
des Philosophes Herméti- vif.
ques. Un Philosophe du mê- TIFFATAM, ou TIM-
me nom prit le surnom de PABAR. Soufre vif.
Trismégiste, & inventa tou- TIN. Soufre.
tes les Fables Egyptiennes, TINCAR ou TINC-
desquelles furent imitées KAR. Mercure des Sages
toutes les anciennes fictions cuit & digéré au blanc;
des Grecs. Voyez Hermès, Tinckar signifie aussi du bo-
Mercure. rax & du vert-de-gris.
THYESTE, fils de Pé- TINGENT. Propriété
lops & d'Hippodamie, père requise à la pierre des Phi-
d'Egiste, & frère d'Atrée. losophes, ou à leur poudre
Voyez Atrée, Oreste, de projection. Elle doit être
Egiste. tingente, c'est-à-dire propre
THYONE'. Nom de à donner aux métaux im-
Sémelé, lorsqu'elle fut mise parfaits la couleur & la tein-
au nombre des Déesses. ture fixe & permanente de
THYRSE. Espèce d'ar- l'or ou de l'argent, suivant
mure que portaient Bacchus le degré de perfection au-
& les Bacchantes. quel on l'a poussée.
TICALIBAR. Ecume TIRESIAS, Devin
de mer. C'est l'écume de la célèbre, fils d'Evore & de
mer rouge, dont parle Fla- Cariclo. Hésiode raconte
mel, pour indiquer énigma-* que Tirésias avait changé de
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TI TI 495

sexe pour avoir tué un ser- survient pour avoir vu Diane
pent femelle qui venait de nue dans le bain, est la cou-
s'accoupler sur le Mont Cyl- leur noire qui survient à la
lene, ou le Mont de Mer- matière en putréfaction dans
cure, parce que ce Dieu y le second oeuvre; car c'est
était venu au monde. Le le même aveuglement que
même Auteur ajoute qu'il celui de Phinée, dont voyez
redevint homme au bout de l'article. L'un & l'autre pré-
sept ans, après avoir frappé disaient l'avenir, parce que
de sa baguette un serpent la couleur noire est la pre-
mâle qui sortait aussi de l'ac- mière couleur & le premier
couplement. Tirésias devint signe démonstratif de l'oeu-
ensuite aveugle, pour avoir vre, qui annonce qu'on a
regardé Diane nue dans le bien opéré, qu'on est dans
bain, d'autres disent parce la véritable voie qui conduit
qu'il avait décidé pour le à la perfection de l'oeuvre,
sentiment de Jupiter contre & en prédit l'heureux suc-
Junon, qui étaient en diffé- cès. Il n'était pas possible
rend pour savoir qui de que Tirésias ne vît Diane
l'homme ou de la femme nue dans le bain, puisqu'il
trouvait plus de plaisir dans est lui-même ce bain. Heu-
le mariage. Jupiter, pour reux & mille fois heureux,
le dédommager de la perte dit un Philosophe, celui qui
de ses yeux corporels, lui a vu Diane nue dans le bain;
donna la connaissance du c'est-à-dire, qui est parvenu
présent & de l'avenir. à donner par la cuisson, la
Tirésias ne signifie autre couleur blanche à la matière
chose que la matière de l'oeu- renfermée dans le vase. Voy.
vre changée en eau mercu- Diane. Lorsque Homère
rielle, que les Philosophes dit qu'Ulysse invoqua l'om-
appellent leur femelle; ce bre de Tirésias, c'est que
qui se fait après l'union de l'Odyssée n'est qu'une des-
deux serpents, tels que ceux cription des erreurs des mau-
du caducée de Mercure. Il vais Artistes, qui prennent
faut sept opérations de l'oeu- l'ombre pour la réalité, mal-
vre, pour de cette eau mer- gré les bonnes instructions
curielle faire le soufre ap- que leur donnent les Philo-
pelé mâle; c'est Tirésias sophes dans leurs livres, tel-
qui reprend sa première for- les que celles de Circé à
me. L'aveuglement qui lui Ulysse, aussi lui disait-elle
@

496 TI TI

de sacrifier un bélier noir à TITAN, fils du Ciel
Tirésias en particulier, & & de la Terre, ou de Vesta,
une bonne vache à tous les & frère aîné de Saturne,
autres en général. La vache céda à celui-ci son droit sur
ou le taureau, & le bélier, l'Empire, à condition qu'il
sont précisément les deux ani- n'élèverait aucun des enfants
maux hiéroglyphiques des mâles que lui donnerait Ops
ingrédients qui doivent com- ou Rhée sa soeur & son épou-
poser l'oeuvre, & le bélier se, afin que la Couronne
est en particulier le symbole revînt à ses enfants. Titan
du mercure, comme le tau- ayant appris que Rhée avait
reau l'était d'Osiris, sous les soustrait Jupiter à la dent
noms d'Apis & de Sérapis. meurtrière de Saturne, il lui
Il serait trop long de déduire déclara la guerre, & le garda
ici toutes ces instructions; il en prison jusqu'à ce que Ju-
suffira de dire que Circé re- piter devenu grand, l'en re-
commanda particulièrement tira, & défit entièrement
à Ulysse de ne point abor- Titan & ses fils. Voyez Ju-
der dans l'Ile du Soleil avant piter, Saturne, & les
que d'avoir descendu aux Fables Egyptiennes & Grec-
Enfers, le ténébreux séjour ques dévoilées, Liv. 3. ch.
de Pluton; ce qui revient 3. & 4.
parfaitement à ce que disent TITANOS. Plâtre
les Philosophes, que celui brûlé.
qui ne voit pas la couleur TITAR. Borax.
noire survenir la première à TITE'E, femme d'U-
la matière dans le vase, doit ranus ou du Ciel, devint
croire qu'il est dans l'erreur, mère des Titans. C'est pro-
qu'il a trop poussé le feu, & prement la terre philosophi-
brûlé les fleurs du compôt; que, réduite en boue par la
ce qui est indiqué plus spé- dissolution. Voyez Terre.
cialement par la couleur rou- TITHON, fils de Lao-
ge, livrée du soleil philoso- médon Roi de Troie, était
phique. d'une beauté si parfaite,
TIRFIAT ou TIRSIAT. qu'Aurore en devint amou-
Sel armoniac. reuse, l'enleva, & en eut
TISIPHONE. Une des un fils nommé Memnon,
trois Furies infernales. Voy. qui amena des troupes au
Furies. secours de Priam, pendant
TITAIA. Voy. Titée. que les Grecs faisaient le siè-
ge
@

TI TM 497

ge de la ville de Troie, ca- Théogene, était passionné
pitale de son Royaume. V. pour la chasse. Pendant qu'il
Memnon. était dans cet exercice, il
TITHYE, fils de Ju- aperçut une des compagnes
piter & de la Nymphe Ela- de Diane, qui se nommait
re, devint un Géant d'une Arriphé. La grande beauté
prodigieuse grandeur. Jupi- de cette Nymphe fit impres-
ter pour soustraire sa mère sion sur le coeur de Tmole;
enceinte de lui, aux pour- il en devint amoureux, &
suites de la jalouse Junon, ne tarda pas à lui faire con-
la cacha dans la terre, dans naître sa passion. Arriphé
les entrailles de laquelle elle pour ne pas tomber entre les
mit au monde Tithye. Elle mains de Tmole, prit le parti
périt dans l'enfantement, & de se sauver dans le Temple
la Terre prit soin du nouveau de Diane, où Tmole la sui-
né. Devenu grand, il eut la vit, & lui fit violence. Arri-
témérité d'attenter à l'hon- phé ne pouvant survivre à
neur de Latone. Apollon & cet affront, se donna la
Diane ses enfants vengèrent mort.
l'affront qu'il avait voulu Apollon ayant accepté le
faire à leur mère, & le fi- défi de Pan, qui croyait
rent mourir à coups de flè- mieux jouer de la flûte qu'A-
ches, & précipiter aux En- pollon de sa lyre, Tmole &
fers, où il fut condamné à Midas furent choisis pour ju-
être sans cesse dévoré par un ges: Tmole décida pour
vautour. La masse de son Apollon, & Midas adjugea
corps était si énorme, qu'é- la victoire à Pan. Les Dieux
tant couché il couvrait en- vengèrent ensuite sur Tmole
viron neuf arpents de terre. l'insulte faite à Arriphé; ils
TLEPOLEME, fils suscitèrent un taureau, qui
d'Hercule & d'Astioché, se enleva Tmole, le jeta sur
joignit aux Grecs contre les des pieux, dont les pointes
Troyens. Il mena neuf vais- le firent expirer dans les dou-
seaux avec lui, & périt de leurs les plus cuisantes. Il
la main de Sarpédon pen- fut enterré sur la montagne
dant le siège d'Ilium. qui depuis porta son nom.
TMETICUM. Médica- De cette montagne sortait
ment atténuant. le fleuve Pactole, dont les
TMOLE, fils du Dieu eaux roulaient des paillettes
Mars & de la Nymphe d'or, depuis que Midas, en
I i
@

498 TO TO

s'y baignant, y laissa la fu- verselle, de laquelle Médée
neste propriété qu'il avait fit usage pour rajeunir Eson,
reçu de Bacchus, de chan- père de Jason son amant.
ger en or tout ce qu'il tou- TOMBEAU. Les Phi-
cherait. Voyez les Fables losophes ont souvent em-
Egyptiennes & Grecques ployé les tombeaux pour
dévoilées, Liv. 2. ch. 5. & former des allégories sur la
Liv. 3. ch. 12. putréfaction de la matière
TOISON D'OR. La de l'oeuvre. Ils ont dit en
Fable raconte que Jason avec conséquence, qu'il fallait
les Argonautes s'exposèrent prendre la terre des tom-
à une infinité de dangers, beaux, qu'il faut mettre le
pour se mettre en possession Roi au tombeau, pour le ré-
d'une Toison d'or que Phri- duire en cendres, & le faire
xus consacra à Mercure, & ressusciter. Flamel & Basile
qu'il suspendit dans la forêt Valentin y ont fait allusion
de Mars, près de la ville de plus d'une fois. Ils ont aussi
Colchos, où Aetes fils du pris le tombeau pour le vase.
Soleil, régnait. Médée, fille Voyez Sépulcre.
de ce Roi, favorisa Jason TOPAZE. Pierre pré-
dans son entreprise, & lui cieuse de couleur jaune do-
enseigna les moyens de sur- ré; ce qui a fait donner le
monter tous les obstacles qui nom de topaze à la matière
s'opposaient à l'exécution de de l'oeuvre hermétique par-
son dessein. Comme toute venue à la couleur safranée
cette Fable est expliquée très TOPHUS. Matière
au long dans le chapitre pre- gypseuse & blanche, ressem-
mier du second Livre des blante à la chaux éteinte, &
Fables Egypt. & Grecques qui se forme particulière-
dévoilées, j'y renvoie le ment dans les jointures des
Lecteur. Je dirai seulement os du corps de ceux qui sont
que cette toison est le sym- sujets à de violentes attaques
bole de la matière du grand de goutte.
oeuvre; les travaux de Jason TOPIQUE. Médica-
sont une allégorie des opé- ment appliqué sur la peau,
rations & des signes requis tel que les emplâtres.
pour arriver à sa perfection, TORDYLIUM. Seseli
& que la Toison d'or con- de Crète.
quise est la poudre de pro- TORI. Loupe, excrois-
jection, & la médecine uni-* sance contre nature, qui
@

TO TO 499

survient aux plantes & aux me garderai bien de mépri-
arbres. ser un signe, un symbole si
TORREFACTION. utile pour moi. Je te salue,
Voyez Digestion. aimable nature, tu es pour
TORTUE. Les Philo- moi d'un si heureux présage.
sophes Hermétiques ont em- Comment, étant de la race
ployé la tortue pour sym- des coquillages, vis-tu sur
bole de la matière de l'Art, ces montagnes? Je te por-
parce qu'elle est cachée sous terai chez moi, & tu m'y
une écaille fort dure, dont seras très nécessaire. Il vaut
il faut la tirer pour en faire mieux que je fasse quelque
usage. Un d'entr'eux a fait chose de bon de toi, que si
représenter Basile Valentin tu restais dehors pour nuire
faisant une sauce avec du jus à quelqu'un, car tu es par
de raisin sur une tortue, pour toi-même un poison très
signifier la manière d'extraire dangereux pendant que tu
le mercure des Sages de sa vis, & tu deviendras quel-
mine, & leur grain aurifique que chose de bon après ta
qui doit animer ce mercure. mort.
C'est pour cela que la Fable Mercure emporta donc la
attribue à ce Dieu ailé l'in- tortue chez lui; & après l'a-
vention de l'instrument de voir fait périr par le fer, il
Musique appelé Tortue. La chercha dans son esprit com-
manière dont Mercure s'y ment il la mettrait en usage,
prit, l'endroit où il trouva puisqu'avec elle il devait
cet animal, & les choses qu'il avoir des richesses infinies.
y employa, sont très remar- Il couvrit l'écaille avec du
quables. Mercure, dit Ho- cuir de boeuf, après avoir
mère (Hymne en l'honneur étendu & attaché la peau de
de ce Dieu) Mercure cher- la tortue avec des roseaux;
chait les boeufs d'Apollon; il y ajusta sept cordes faites
en passant sur le bord es- de boyaux de brebis. Il trou-
carpé d'un antre, il y trouva va ensuite le moyen de vo-
une tortue, qui lui procura ler les boeufs des Dieux, &
des richesses infinies. Elle les emmena en les faisant
mangeait de l'herbe, & mar- marcher à reculons, afin
chait très lentement. Mer- qu'on ne pût savoir le che-
cure, ce fils très utile de Ju- min qu'il avait pris.
piter, ne put contenir sa Le mal que Mercure dit
joie en la voyant, & dit: je de la tortue avant qu'elle soit
I i ij
@

500 TO TO

morte & préparée, & l'uti- TOUR. Quelques Phi-
lité dont elle doit être après losophes ont donné le nom
sa préparation, s'accordent de Tour à leur fourneau. La
très bien avec ce que disent Fable dit que Danaé fut en-
les Philosophes de leur ma- fermée par son père Acrise
tière. Elle est un des grands dans une tour d'airain, pour
poisons avant sa préparation, la soustraire aux poursuites
& le plus excellent remède de ceux qui la recherche-
après qu'elle est préparée, raient en mariage, parce
dit Morien. Avec elle Mer- qu'il avait appris de l'Oracle
cure se procura des richesses que l'enfant qui naîtrait de
infinies, telles que sont celles sa fille, le ferait périr. Jupi-
que donne la pierre philoso- ter se changea en pluie d'or,
phale. Le cuir de boeuf & & s'étant glissé par le toit
les intestins de brebis ne sont-* dans la tour, obtint les fa-
ils pas les matières desquelles veurs de Danaé, qui en con-
se tire le mercure des Philo- çut Persée. Voyez Danaé.
sophes, puisque le Cosmo- Tour DIAPHANE. Vase
polite dit qu'il se tire des de verre dans lequel on ren-
rayons du Soleil & de la ferme la matière, pour faire
Lune, au moyen de l'aimant l'oeuvre.
des Sages, qui se trouve dans TOURNER en rond.
le ventre d'Aries. Avec ce C'est faire circuler la matière
mercure il est aisé de voler dans le vase.
les boeufs du Soleil. Plusieurs TOUTES CHOSES.
Philosophes Orientaux di- Nom que Basile Valentin a
saient que la tortue portait donné à l'oeuvre de la pierre
le signe caractéristique de Sa- des Sages. Elle apporte, dit-*
turne; & si peu qu'on ait lu il, aux hommes divins toute
les livres des Chimistes her- sagesse & tout bonheur, &
métiques, il n'est point de de son propre nom on l'ap-
Lecteur qui n'en conclue pelle Toutes choses. Or ce-
qu'il faut prendre une ma- lui qui sera curieux de sa-
tière de race de Saturne, voir ce que c'est que toutes
pour première matière de choses dans toutes choses,
l'oeuvre. qu'il fasse à la terre de gran-
TORUSCULA. Ré- des ailes, & la presse telle-
sine. ment qu'elle monte en haut,
TOSARTHRUS. Voy. & vole par dessus toutes les
Esculape. montagnes, jusqu'au firma-
@

TR TR 501

ment, & alors qu'il lui cou- d'être tant intérieure qu'ex-
pe les ailes à force de feu, térieure: une autre couleur,
afin qu'elle tombe dans la une autre vertu, une autre
mer rouge, & s'y noie. En- propriété, comme lorsque le
suite qu'il fasse calciner la métal est devenu verre par
mer, & dessèche ses eaux la force du feu, le bois char-
par feu & par air, afin que bon, l'argile brique, la peau
la terre renaisse; alors en vé- colle, le linge papier, &c.
rité il aura toutes choses dans Toute transmutation se fait
toutes choses. par degrés; on en compte
TOXICUM. Poison, communément sept, & les
venin. C'est un des noms autres que les Chimistes y
donnés à la matière du grand ont ajoutés, se réduisent à
oeuvre, parce qu'en effet elle ces sept, qui sont la calcina-
est un poison très dangereux tion, sublimation, solution,
avant sa préparation, & de- putréfaction, distillation,
vient un remède à tous les coagulation & teinture. Pa-
maux après qu'elle est pré- racelse. Ceux qui nient la
parée. Ils ont aussi appelé transmutation métallique, &
toxicum leur eau mercurielle, qui la regardent même com-
parce qu'elle dissout les mé- me impossible, sont ou de
taux philosophiques, & les mauvais Physiciens, ou ne
réduit à leur première ma- font guères attention à ce
tière, ce qu'ils appellent tuer, que la nature opère à chaque
mettre au tombeau. instant sous leurs yeux, &
TRACHILIUM. Gan- dans eux-mêmes. La nature
telée. trouvera-t-elle donc plus
TRACHSAR. Métal d'impossibilité à faire de l'ar-
encore dans sa mine. gent ou de l'or avec une ma-
TRAGIUM. Fraxi- tière qui était auparavant
nelle. plomb ou mercure, qu'elle
TRAGOCEROS. en trouvera à former le fro-
Aloès. ment, une rose, un fruit,
TRANSMUTATION. avec une matière qui aupa-
(Phys.) Changement ou ravant était foin, herbe, ou
altération de la forme des simplement eau de pluie?
corps, de manière qu'elle ne ou à former des os, des mus-
ressemble plus à celle qu'il cles, des nerfs dans un ani-
avait auparavant, & qu'il ait mal, avec une matière qui
acquis une autre manière avant d'être telle, avait été
Ii iij
@

502 TR TR

froment, raisin, herbe, ou vent de la matière au haut
autre aliment. du vase, & retombent en
La transmutation métalli- gouttes sur la terre qui est au
que souffre bien moins de fond. Voyez Rosée.
difficultés. Les parties des TRANSVERSE. Qui
métaux, quels qu'ils soient, ne va pas droit. Quelques
sont bien plus homogènes Chimistes Hermétiques ont
entr'elles, que ne le sont employé ce terme dans ce
celles des animaux avec cel- sens-là, lorsqu'ils ont dit que
les des végétaux. Les prin- les mauvais Artistes, qu'ils
cipes constituants des métaux appellent trompeurs, sophis-
étant les mêmes dans tous, tiqueurs, ne sont pas dans la
il ne s'agit pour faire de l'or vraie voie des Sages; que les
avec du plomb, que de lier leurs sont transverses, c'est-*
les parties principes du à-dire erronées, & ils expri-
plomb avec le même lien ment ainsi pour marquer la
qui unit celles de l'or, en différence de celle qu'ils sui-
séparant les impures. Ce lien vent dans les opérations de
existe; la nature aidée de l'oeuvre, & qu'ils appellent
l'art, le manifeste, & l'on pour cela linéaire, droite.
ne doit pas juger que la TRAUMATICA. Vul-
transmutation des métaux néraires.
imparfaits en or est impossi- TREIZIE'ME. Soufre
ble ou ignorée, parce que des Sages, au rouge.
des faux Chimistes ne font TRE'PIED. Cercle
que des transmutations so- posé sur trois pieds pour sou-
phistiques. La Métempsy- tenir quelque vase. Les Phi-
cose des anciens Philosophes losophes Hermétiques disent
n'était autre que les transmu- qu'il faut poser sur un trépied
tations de la nature, prises le vase qui contient la ma-
dans leur vrai sens physique. tière de l'oeuvre, afin qu'il
TRANSUDATION. soit à une distance de la cha-
Terme de Chimie, qui se leur & de la flamme, suffi-
dit des eaux ou esprits, quand sante pour la ressentir sans
dans la distillation ils tom- en être frappé. On prend
bent gouttes à gouttes dans communément ces expres-
le récipient. Les Philosophes sions dans le sens littéral;
y ont fait allusion, en em- mais a-t-on raison? ne serait-*
ployant ce terme pour ex- ce pas une allégorie prise
primer les vapeurs qui s'élè-* des trois principes qui com-
@

TR TR 503

posent la matière de l'oeuvre, fices. Ils se sont contentés
comme de trois pieds, sur de dire qu'ils servaient sans
lesquels ces trois principes doute quelquefois à soutenir
réduits en un seul tout, for- des vases sacrés. Il y avait
ment le cercle qui y est ap- même des trépieds votifs,
puyé? On a droit de le con- que des Princes ou des par-
clure, de ce que plusieurs ticuliers consacraient dans
Philosophes appellent ce tré- les temples d'Apollon. Hé-
pied, notre trépied, trépied rodote parle dans son livre
mystérieux. Un d'entr'eux 9. d'un trépied d'or, que les
semble même vouloir l'ex- Grecs victorieux des Per-
pliquer, lorsqu'il dit: nos ses envoyèrent à Delphes:
trois principes, soufre, sel » Avant que de faire le par-
& mercure, sont la base de » tage des dépouilles des en-
notre oeuvre, sur laquelle elle » nemis, dit cet Auteur, les
est appuyée comme sur un » Grecs séquestrèrent l'ar-
trépied. » gent & l'or, en prirent un
Jason avant de partir pour » dixième pour le Dieu qu'on
la conquête de la toison d'or, » révérait à Delphes, & ils
se munit d'un trépied, dont » en firent un trépied d'or,
il fit présent à un Triton qui » qu'ils lui consacrèrent, &
s'apparut à lui lorsqu'il se » qu'on voit encore sur un
trouva engagé dans le Lac » serpent d'airain à trois tê-
Tritonide. Ce Triton dé- » tes. Il paraît par ces der-
posa le trépied dans un tem- nières paroles, que ce tré-
ple. J'ai expliqué ce que pied d'or était soutenu sur
pouvait être ce trépied dans un autre espèce de trépied,
le chap. premier du second formé par ces trois têtes de
livre des Fables Egypt. & serpent. Pausanias dit aussi
Grecques dévoilées. (in Phoc.) que ce même
Il est à propos de remar- trépied était soutenu par un
quer ici que l'on voyait peu dragon d'airain. Pouvait-on
de temples où il n'y eût un mieux indiquer les trois prin-
trépied, sur tout dans ceux cipes qui sont la base de l'or,
d'Apollon. Les Mytholo- ou de l'Apollon philosophi-
gues n'en voyant pas préci- que, à qui on les consa-
sément l'usage, ont eu rai- crait?
son de ne pas les mettre au On trouve une quantité
nombre des instruments dont de ces trépieds antiques dans
on se servait dans les sacri-* les cabinets des Curieux; on
Ii iv
@

504 TR TR

en voit de toutes sortes de quiétudes & des chagrins.
figures, & même d'assez sin- D'Espagnet dit que celui qui
guliers, la plupart sont d'ai- a trouvé le soufre rouge, leur
rain ou de bronze. L'affec- minière de feu céleste, a en
tation de donner aux pieds sa possession un trésor inesti-
la forme de serpents, semble mable, qu'il doit conserver
faire une allusion plus par- bien précieusement.
ticulièrement indicative des TRIANGLE Philo-
principes de l'oeuvre, aux- sophique. C'est la matière
quels les Philosophes don- de l'oeuvre pendant le cours
nent pour l'ordinaire les des opérations de l'élixir.
noms de serpents & de dra- Elle est nommée Triangle,
gons. Comme les Dieux parce qu'elle est composée
d'Homère étaient des Dieux de trois principes, sel, sou-
Hermétiques, il n'est pas sur- fre, & mercure, qui ne sont
prenant qu'il parle de tré- qu'une seule matière & un
pieds, qui allaient tous seuls seul corps homogène, com-
à l'assemblée des Dieux; aus- me les trois angles d'un trian-
si étaient-ils l'ouvrage de gle ne font qu'une figure.
Vulcain. Les Sages disent que ce trian-
TRE'SOR INCOMPA- gle est triple. Le premier est
RABLE. C'est la poudre celui qui est composé des
de projection, source de tous trois principes susdits; le se-
biens, puisqu'elle procure cond l'est d'une âme, qui est
des richesses infinies, & une le soufre d'un esprit, ou le
vie longue, sans infirmités, mercure, & d'un corps, qui
pour en jouir. Quelques Phi- est le sel. Le troisième est
losophes ont appelé le ma- fait du soleil, de la lune &
gistère au blanc trésor incom- du mercure des Sages. Ce
parable, de même que le triangle travaillé & préparé
soufre parfait au rouge. Le philosophiquement, forme
premier, parce que l'Artiste le cercle ou l'or des Sages,
qui a pu parvenir à pousser dont le caractère est le cer-
l'oeuvre au blanc, ne peut cle. C'est pourquoi les chi-
plus se tromper, & qu'il est mistes Hermétiques disent
assuré de réussir. Blanchissez que le grand oeuvre est la
le laton, & déchirez vos li- quadrature du cercle.
vres, disent les Adeptes, TRICALILIBAR. Ecu-
afin que vos coeurs ne soient me de la mer, ou matière de
plus tyrannisés par des in-* la pierre des Philosophes.
@

TR TR 505

TRICEPS. Surnom sophes Hermétiques disent
de Mercure. Les Poètes l'ont que ce trident est le symbole
nommé Mercure à trois tê- des trois principes de l'oeu-
tes, parce qu'ils parlaient vre, qui se trouvent réunis
d'après les Philosophes Her- dans le mercure des Sages
métiques, qui disent que dès sa naissance même. C'est
Mercure est composé de trois pour la même raison que la
principes, soufre, sel, & Fable dit aussi que ce petit
mercure; ce qui forme le Dieu ailé & voleur déroba
mercure des Sages. les outils de Vulcain, les
TRICEUM. Miel sau- flèches d'Apollon, & la cein-
vage ou d'automne. ture de Vénus. Voyez les
TRICOR. Or. Fables Egyptiennes & Grec-
TRIDENT. Les My- ques dévoilées, liv. 3. ch. 7.
thologues ont été fort em- & ch. 14. §.1.
barrassés pour trouver la rai- TRIENS. Poids de qua-
son qui a fait donner le tri- tre onces.
dent à Neptune. Les uns ont TRIETERIDES. Fêtes
dit que comme il était le en l'honneur de Bacchus.
Dieu des eaux, c'était pour Voyez les Fables Egyptien-
distinguer celles de la mer, nes & Grecques, Liv. 4.
l'eau douce, & celle des ch. 1.
étangs, qui participe des TRIGIAS. Tartre,
deux autres. M. l'Abbé fèces du vin.
Banier, pour trancher court, TRIOBOLAM. Poids
a mieux aimé dire simple- d'une demi-dragme.
ment que le trident était le TRIPATER. Matière
sceptre de la plupart des des Sages, composée de trois
Rois. S'ils avaient fait atten- principes.
tion que la Fable dit que TRIPOLIUM. Espar-
Mercure encore enfant vola goute de mer.
le trident de Neptune, les TRIPTOLEME, fils
premiers auraient très mal d'Eléusis, naquit précisé-
rencontré dans leur explica- ment dans le temps que son
tion, & le second n'aurait père reçut chez lui Cérès qui
pas osé avancer la sienne, cherchait sa fille Proserpine
puisque Mercure ne naquit enlevée par Pluton. Elle
ni ne fut élevé dans les Etats s'offrit pour être sa nourrice;
que M. l'Abbé Banier assi- Eleusis l'accepta. Cérès le
gne à Neptune. Les Philo-* nourrissait d'ambroisie pen-
@

506 TR TR

dant le jour, & le cachait accompagnait toujours Nep-
sous le feu pendant la nuit, tune, avec une espèce de
sans que le père en eût con- trompette formée d'une con-
naissance. Eléusis voyant que marine. Il était aussi de
que son fils faisait des pro- la suite de Vénus quand elle
grès surprenants, voulut en naquit de l'écume de la mer,
découvrir la cause; il épia & qu'elle fut portée dans
Cérès, & la prie sur le fait. l'Ile où elle fut dans la suite
Cette Déesse irritée, fit mou- si révérée. C'est à Triton
rir le père; & après avoir que Jason fit présent d'un
instruit Triptoleme de tout trépied d'airain, pour que
ce qui concerne l'art de l'A- ce Dieu marin lui indiquât
griculture, elle le fit monter les moyens de se débarrasser
sur un char attelé de deux du Lac Tritonide, dans le-
dragons, & l'envoya par quel il s'était engagé. Voyez
toute la terre apprendre l'art les Fables Egyptiennes &
de la cultiver à ses habitants. Grecques dévoilées, Liv. 2.
Voyez les Fables Egypt. ch. 1.
& Grecques dévoilées, Liv. TRITURATION.
4. ch. 2. Action par laquelle on réduit
TRISMEGISTE. Sur- un corps en poudre.
nom de Mercure ou d'Her- TRITURATION (Science
mès, qui signifie trois fois herm.) Lorsque les Philoso-
grand; parce qu'il fut grand phes disent qu'il faut triturer
Philosophe, grand Prêtre, les corps, ils n'entendent pas
& grand Roi, disent les d'une trituration faite dans
Historiens & les Mytholo- un mortier ou sur le marbre,
gues; mais bien plutôt, com- mais d'une dissolution des
me il le dit lui-même dans parties de la matière du ma-
sa Table d'émeraude, parce gistère, qui se fait d'elle-*
qu'il avait les trois parties même dans le vase, avec
de la sagesse ou Philosophie l'aide du feu, & par la pu-
du monde universel. Voyez tréfaction. Voyez-en la rai-
Hermès. son dans l'article composé.
TRITON, Dieu ma- TRITURER. Voyez
rin, fils de Neptune & d'Am- Broyer.
phitrite, ou de la Nymphe TROILE, fils de Priam.
Salacie, ou enfin, selon d'au- Une des fatalités de Troie
tres, d'Océan & de Téthis. était que cette ville ne serait
Les Poètes ont feint qu'il point prise tant que Troïle
@

TR TR 507

serait en vie. Il eut la témé- du temps de Laomédon. Priam
rité de se mesurer avec Achil- qui succéda à Laomédon, eut
le, qui le mit à mort. Voy. un fils nommé Pâris, qui
les Fables Egypt. & Grec- ayant été établi par les Dieux
ques dévoilées, Liv. 6. ch. arbitre du différend survenu
5. Fatal. 6. entre Junon, Minerve &
TROISIE'ME. Soufre Vénus, à l'occasion de la
des Philosophes digéré & pomme d'or jetée par la
cuit jusqu'à la couleur rouge. Discorde sur la table du fes-
On la nomme troisième, tin des noces de Pelée & de
parce que le rouge est la Thétys, adjugea cette pom-
troisième des couleurs prin- me à Vénus, & encourut par
cipales que prend la matière là la disgrâce des deux au-
de l'oeuvre pendant le cours tres Déesses. Vénus pour
des opérations. récompense, lui procura la
TRONUS & TRO- belle Hélène, femme de
NOSIA. Noms que quel- Ménelas, que Pâris enleva.
ques Naturalistes ont donné Ce rapt fut la cause de la
à une espèce de manne qui guerre que les Grecs firent à
se trouve au printemps & en Priam, & du siège célèbre que
été sur les feuilles des arbres. la ville de Troie soutint pen-
Elle est blanche, douce, dant près de dix ans avant
gluante, & de bonne odeur; que de le rendre. Ce siège
les feuilles du rosier blanc en est une allégorie toute pure,
sont quelquefois toutes cou- des opérations de l'oeuvre
vertes. hermétique, comme on peut
TROS, Roi de Troie, le voir par les explications
fils d'Erichtonius, eut pour que nous en avons données
fils Ilus, Ganimede & Assa- dans le livre sixième des Fa-
racus. Tros donna son nom bles Egyptiennes & Grec-
à la ville de Troie, qui s'ap- ques dévoilées. Basile Va-
pelait auparavant Dardanie, lentin s'est servi de la même
du nom de son fondateur allégorie dans son Traité du
Dardanus. Voyez le livre 6. vitriol; il y parle d'Hector,
des Fables Egypt. & Grec- d'Achille, &c.
ques dévoilées. TRUNGIBIN. Manne.
TROYE. Ville célèbre TUBEROSA. Hyacin-
de la Phrygie, fondée par the orientale.
Dardanus, & bâtie par Apol- TUER, a deux signifi-
lon, Vulcain & Neptune, cations chez les Philosophes
@

508 TU TY

hermétiques; il se prend TYPHON ou TY-
pour dissoudre, & faire tom- PHOEE, était fils du Tar-
ber en putréfaction. C'est tare & de la Terre, selon
ainsi qu'Hercule & Thésée Hésiode, & de Junon seule,
tuaient les prétendus mons- suivant Homère. Cette Dées-
tres, & les brigands de la se, dit ce dernier, indignée
Fable. On l'entend aussi de de ce que Jupiter avait en-
la fixation du volatil, parce fanté Minerve sans connaî-
que tuer, lier & fixer, sont tre de femme, assembla les
une même chose. Flamel a Dieux, & leur en témoigna
employé le terme tuer dans son chagrin. Elle frappa en-
ces deux sens, lorsqu'il a suite la terre de sa main; &
supposé deux dragons, l'un ayant ramassé les vapeurs
ailé, c'est-à-dire la partie vo- dangereuses & nuisibles qui
latile, & l'autre sans aile, ou s'en élevèrent, elle en don-
le fixe, qui se tuent mutuel- na l'existence à Typhon. Sa
lement. Le volatil commen- taille était si démesurée, que
ce par dissoudre le fixe, & d'une main il touchait l'O-
le fixe à son tour tue le vo- rient, & de l'autre l'Occi-
latil, en le fixant avec lui. dent; ses pieds étant ap-
TUMBABA. Soufre puyés sur la terre, sa tête
vif. touchait aux étoiles, ses yeux
TUMBIL. Terre. étaient des charbons ardents,
TURBITH MINERAL, & il vomissait des flammes
est une précipitation jaune par la bouche & les nari-
de Mercure. nes; son corps était couvert
TURRIONES. Pousse de plumes entremêlées de
nouvelle des arbres. serpents, & ses pieds avaient
TURRITA, TURRI- la forme de la queue d'un
TIS. Espèce de cresson. dragon. Il se joignit aux au-
Blanchard. tres Géants, pour combattre
TURSIES Sel armo- & détrôner les Dieux, &
niac. leur imprima une telle ter-
TUSIASI. Soufre vif. reur, qu'ils prirent le parti
TYDE'E, père de Dio- de s'enfuir en Egypte, où,
mede, & fils d'Oenée, mou- pour éviter de tomber entre
rut à Thèbes. Voyez Dio- ses mains, ils lui donnèrent
mede. le change, en prenant cha-
TYPHA. Roseau, masse cun la forme d'un animal.
de jonc. Mais enfin Apollon lui dé-
@

TY VA 509

cocha un si grand nombre
de flèches, qu'après avoir V.
presque épuisé toutes celles
de son carquois, il vint à VACCARIA. Plante
bout de lui ôter la vie. Ce appelée Perce-feuille,
Typhon est le même que nommée aussi Vaccaria, de
Python. ce que les vaches l'aiment
En Egypte on disait que beaucoup.
Typhon était frère d'Osiris, VAISSEAU. Les Phi-
qu'au retour du voyage que losophes ont souvent donné
celui-ci fit dans les Indes, le nom de vaisseau à leur
Typhon lui tendit des em- dissolvant, & l'ont aussi ap-
bûches, & le massacra; qu'I- pelé vase des Sages.
sis ramassa les membres épars Vaisseau DE LA NA-
de son époux, & qu'avec TURE. On l'entend premiè-
l'aide d'Horus leur fils, elle rement de l'air, qui reçoit le
vengea sa mort par celle de feu, & le transmet à l'eau;
Typhon, & régna en paix. secondement, l'eau qui est
Voyez les Fables Egypt. le réceptacle des semences,
& Grecques dévoilées, Liv. & les porte dans la terre;
1. ch. 3. & 6. & Liv. 3. ch. troisièmement, la terre, qui
12. est la matrice dans laquelle
TYRIAQUE. Voyez se corporifient & se déve-
Thériaque. loppent les semences. Quand
TYRIENNE (couleur). il s'agit de la formation pro-
C'est la couleur de pourpre, pre des métaux, le vaisseau
ainsi appelée de ce que le ou la matrice est le rocher.
coquillage avec lequel on la Mais quand il est question
faisait autrefois, se pêchait de l'oeuvre, le vaisseau
près de Tyr, ville très an- s'entend quelquefois de la
cienne de la Phénicie. Les matière qui contient le mer-
Adeptes appellent le magis- cure, quelquefois du mer-
tère au rouge, Couleur Ty- cure même.
rienne. Vaisseau D'HERME'S.
TYRO, fille de Salmo- C'est la terre des Philoso-
née, eut deux enfants de Nep- phes, qui renferme & cache
tune, l'un nommé Pélias, leur feu. Marie la Prophé-
l'autre Nélée, dont voyez tesse dit dans son Dialogue
les articles. avec Aros, que le vaisseau
d'Hermès n'est autre que la
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510 VA VA

mesure du feu philosophi- qu'il ne faut qu'une matière,
que. un vaisseau, & un régime de
Vaisseau. Navire. feu.
Celui des Argonautes fut VAPEUR. Les Philo-
composé des chênes parlants sophes disent que la pre-
de la forêt de Dodone. On mière matière des métaux
disait celui de Thésée immor- est une vapeur, qui se cor-
tel, ou incorruptible. Ho- porifie & se spécifie en mé-
mère donne l'épithète de tal, par l'action du soufre
noir presqu'à tous les vais- auquel elle s'unit dans les
seaux des Grecs, & distin- entrailles de la terre. Et
gue celui d'Ulysse de tous comme ils ont appelé le
les autres. Voyez l'explica- magistère au blanc première
tion de ce qui regarde ces matière de leurs métaux, ils
vaisseaux dans le Liv. 2. ch. lui ont aussi donné le nom
1. Liv. 5. ch. 22. & le Liv. de vapeur. Par ce même
6. des Fables Egypt. & terme ils entendent quelque-
Grecques dévoilées. fois leur mercure dans le
Vaisseau DOUBLE. temps de la volatilisation,
C'est celui de l'art, & celui parce qu'il se sublime alors
de la nature. Voyez Vase. en vapeurs, pour retomber
Vaisseau (triple.) C'est en forme de rosée ou de pluie
le fourneau secret des Philo- sur la terre qui est au fond
sophes. Quelques-uns l'ont du vase, tant pour la blan-
interprété du fourneau qui chir que pour la féconder.
contient le vase, qu'ils disent VAS DIPLOMA.
être triple en prenant Fla- Vaisseau de verre double,
mel à la lettre, de même que ou bien épais.
le Trévisan. Ce dernier en Vas FICTILE. Vaisseau
parlant de la fontaine où le de terre, sans vernis.
Roi vient se baigner, attiré VASE. Vaisseau dans
par l'eau, dit qu'elle est close lequel on met la matière de
& enfermée de trois encein- l'oeuvre, pour qu'elle s'y
tes, afin que les animaux ne cuise, s'y digère, & s'y per-
puissent pas en approcher. fectionne. Ce vase doit être
Mais tout cela est allégori- de verre, comme la matière
que, & le triple vaisseau ne la plus propre à retenir les
doit pas s'expliquer du four- esprits subtils, volatils & mé-
neau garde-froidure du Tré- talliques du compôt philoso-
visan, puisqu'ils disent tous phique. Ce n'est pas de ce
@

VA VA 511

vase là dont les Chimistes après le mariage. Tous les
Hermétiques ont fait un mys- Philosophes ont bien recom-
tère, & qu'ils ont enveloppé mandé à leurs élèves, ou
sous le voile des allégories, enfants de la science, comme
des fables & des énigmes. ils les appellent, d'étudier
Le vase secret des Philoso- & de connaître la nature de
phes est leur eau, ou mer- ce vase, parce qu'il est la
cure, & non le vase de verre racine & le principe de tout
qui contient la matière. C'est le magistère. Il faut donc le
pourquoi ils disent que si les distinguer du fourneau & du
Philosophes avaient ignoré vase contenant, parce que
la qualité & la quantité du Albert le Grand dit que le
vase, ils ne seraient jamais contenant engendre le con-
venus à bout de l'oeuvre. tenu. Hali dit en parlant de
Notre eau, dit Philalèthe, ce vase contenu: prenez no-
est notre feu; dans elle con- tre oeuf, frappez-le avec
siste tout le secret de notre une épée de feu, recevez
vase, & la structure de no- son âme, c'est là son lut.
tre fourneau secret est fon- Et Avicenne dit: notre pier-
dée sur la composition de re, ou mercure, doit être
cette eau. Dans sa connais- mise dans deux vases con-
sance sont cachés nos feux, nus.
nos poids & nos régimes. Les Brahmanes des In-
Vase. Philalèthe & plu- des firent voir à Apollonius
sieurs autres en distinguent de Thyanne un vase rempli
deux; l'un contenant, & l'au- d'une flamme couleur de
tre contenu, & celui-ci est plomb, & cette flamme ne
aussi contenant. Ce dernier passait point les bords du
est proprement le vase phi- vase. Voyez le Traité Her-
losophique; ils l'appellent métique à la tête des Fables
aludel non verni, mais de Egyptiennes & Grecques
terre. Ce vase est le récep- dévoilées.
tacle de toutes les teintures, VASTIER. Safran.
&, eu égard à la pierre, il VAU. Soufre rouge des
doit contenir vingt-quatre Sages.
pleins verres de Florence, VAUTOUR. Oiseau
ni plus ni moins. Philalèthe de proie très vorace, tenant
ajoute que ce nombre de de la nature de l'aigle. Les
vingt-quatre doit être divisé Anciens avaient consacré le
en deux, c'est-à-dire douze Vautour à Mars & à Junon.
@

512 VA VE

Apollon fut appelé Vultu- quelque plante ou autre ma-
rius, ou Apollon aux vau- tière végétale; & il ne faut
tours. La Fable nous repré- pas confondre une matière
sente Prométhée attaché à végétale ou qui végète, avec
un rocher du Mont Caucase, une matière végétable, ou
& déchiré par un vautour, qui a une vertu végétative.
pour avoir volé le feu du C'est pourquoi ils ne disent
ciel. Ces allégories font allu- pas que leur saturnie est vé-
sion à l'eau mercurielle ig- gétale , mais végétable, &
née, chaude & volatile, qui ils l'appellent ainsi, suivant
en dissolvant le fixe, appelé l'explication de plusieurs
mine de feu céleste par quel- d'entr'eux, parce qu'elle a
ques Philosophes, semble le une âme végétative, qui la
dévorer. Voyez Promé- cuit, la digère, & la con-
thée. Hermès a fait la duit à la perfection désirée.
même allusion, lorsqu'il a Ils recommandent même
dit: Je suis le vautour per- tous de ne rien prendre de
ché au haut de la montagne, végétal pour faire l'oeuvre.
qui crie sans cesse, aide moi, Ainsi les plantes appelées
je t'aiderai. Le même Au- lunaires ne sont pas celles
teur ajoute: Je suis le blanc dont il est fait mention dans
du noir, le citrin du blanc, les Livres Hermétiques. Il
& le rouge du citrin, pour semble qu'ils ont seulement
indiquer les couleurs succes- fait allusion aux végétaux,
sives de l'oeuvre. à cause de la verdeur ou
Vautour volant sans couleur verte qui survient en
ailes. Mercure des Philoso- certain temps à la matière de
phes. l'oeuvre; ce qui l'a aussi fait
Le vautour qui vole dans nommer Lion vert, c'est
les airs, & le crapaud qui l'explication de Riplée.
marche sur la terre, sont le Raymond Lulle dit ce-
volatil & le fixe, desquels pendant qu'il faut acuer, ou
on fait la pierre des Sages. rendre plus actif, plus péné-
UBIDRUGAL. Matière trant, leur mercure avec les
dans une putréfaction par- végétaux; il en nomme
faite. même plusieurs, tels que la
VE'GE'TABLE. Lors- chélidoine, &c. Mais il faut
que les Philosophes se ser- se donner de garde de l'en-
vent de ce terme, ils n'ont tendre à la lettre, puisqu'il
pas intention de parler de dit dans la Théorie de son
Testa-*
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VE VE 513

Testament ancien: lorsque qu'il dissout tous les corps
vous aurez extrait votre ma- avec lesquels on le met en
tière de la terre, n'y mêlez digestion. Ils disent aussi qu'il
aucune poudre, aucune eau, est un poison mortel avant
ni aucune chose étrangère, & sa préparation, & qu'il de-
qui ne serait pas de sa nature. vient thériaque ou contre-*
Or tout le monde sait que poison à tous les maux après
les végétaux ne sont pas de qu'il est préparé.
nature minérale & métalli- Venin est aussi le nom
que. Les Philosophes ont ce- donné au corps de la ma-
pendant quelquefois donné tière des Philosophes, qu'il
au vin le nom de grand vé- faut joindre avec l'eau mer-
gétable; mais le vin blanc & curielle à la propre heure de
le vin rouge de Raymond sa naissance. Voy. Levain.
Lulle sont le menstrue des Ce nom de venin lui a été
Sages, & non les vins blancs donné, premièrement, par-
& rouges vulgaires. ce que si, comme dit Za-
VEINE. Pierre au rouge chaire, nous ne le joignons
ou soufre des Sages. pas à son eau mercurielle au
Veine DE VE'NUS. Ver- moment de sa naissance, il
veine. fera dans le magistère ce que
VENER. Mercure. le venin fait dans nos corps,
VENIN. Les Philoso- & rendra toute l'opération
phes Hermétiques disent que inutile. Secondement, parce
leur pierre est un venin mor- qu'il ôte à l'eau mercurielle
tel & un poison. Ce qu'il ne la vie, c'est-à-dire, sa vola-
faut pas entendre de la pierre tilité, & que le mercure ne
parfaite, puisqu'ils préten- se fixe que par son moyen.
dent au contraire que c'est la Ce qui explique ces termes
médecine universelle; mais de Flamel: Quand notre ma-
ils parlent ainsi de la matière tière est parvenue à son ter-
qui sert à faire la pierre, & me, elle est jointe avec son
lorsqu'elle est parvenue au venin mortifère. Rosinus dit
noir, parce qu'alors elle est que ce venin est de grand
putréfiée, & que toute cor- prix. Haly, Morien & les
ruption de matière est un autres en parlent dans le
poison mortel. même sens.
Plusieurs Philosophes ont Venin DES VIVANTS.
aussi donné le nom de Ve- Mercure des Sages, ainsi
nin à leur mercure, parce nommé de ce qu'il tue &
K k
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514 VE VE

réduit en putréfaction les Vent d'orient, qu'il nomme
métaux des Philosophes, aussi du Midi. Après qu'ils
appelés vivants pour les dis- auront soufflé, l'air se con-
tinguer des métaux vulgai- vertira en eau. Tout cela
res. indique la volatilisation de
Venin DES TEINTU- la matière qui monte en va-
RIERS. Poudre de projec- peurs au haut du vase, où
tion, ainsi appelée de ce elles se condensent, & re-
qu'elle fixe & teint en or les tombent en pluie. Ce qui l'a
métaux volatils. fait appeler Vent du midi,
Venin IGNE. Mercure c'est parce que le vent qui
en putréfaction. souffle de ce côté-là nous
VENT. Air agité. Her- donne presque toujours la
mès a dit que le vent l'a porté pluie.
dans son ventre; Raymond Vent DU NORD (le)
Lulle l'a expliqué du soufre est contraire à l'extraction du
contenu dans l'argent-vif; Il menstrue universel. Ces ex-
a par conséquent pris le vent pressions font allusion à la
pour le mercure des Sages. rosée de Mai & de Septem-
Vent BLANC. Argent-* bre, qui ne tombe pas lors-
vif & animé des Philoso- que le vent du nord souffle.
phes. Les Philosophes entendent
Vent DU VENTRE. par ces expressions, que le
Quelques Chimistes l'ont froid serait contraire aux
expliqué de la matière en opérations, ce qui a engagé
putréfaction; d'autres du le Trévisan à donner au four-
soufre, par la raison appor- neau le nom de Garde-froi-
tée dans l'article Vent. dure. Flamel nous a conser-
Vent CITRIN. Soufre. vé les figures emblémati-
Vent D'ORIENT. Pierre ques d'Abraham Juif, parmi
au rouge. lesquelles on voit un rosier
Vent ROUGE. Orpi- planté au pied d'un chêne,
ment. & violemment agité par l'a-
Vent DOUBLE. Basile quilon. On sait en général
Valentin (sixième Clef) l'ap- que la fermentation excite
pelle Vulturnus, ou du Sud-* une dilatation de l'air ren-
sud-est, & dit qu'on a d'a- fermé dans le vase, & cette
bord besoin de ce double dilatation occasionne un vent
vent, & puis d'un vent sim- violent, qui fait souvent cas-
ple qui se nomme Eurus ou ser les vaisseaux & les bou-
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VE VE 515

teilles. La bière & le vin se de sa volatilité.
de Champagne en sont des Ventre D'ARIES. Les
exemples bien sensibles. Le uns l'interprètent du fer, &
mélange de certains miné- pensent en conséquence que
raux ou métaux produit le le fer ou l'acier est la matière
même effet. du grand oeuvre; les autres
VENTRE. Les Alchi- s'imaginent que le ventre
mistes disent qu'il faut nour- d'Aries est le commence-
rir l'enfant Philosophique ment du mois d'Avril, &
dans le ventre de sa mère. qu'il faut prendre pour ma-
Par le ventre ils entendent tière de l'oeuvre la rosée ra-
tantôt le vase ou oeuf philo- massée dans ce ventre d'A-
sophique, & tantôt le mer- ries. Mais le Cosmopolite
cure qui a absorbé le soufre, qui en a parlé presque le pre-
ou le soufre qui a absorbé le mier, dit que leur matière est
mercure; car l'un étant sup- un aimant qui se trouve dans
posé le mâle & l'autre la fe- le ventre d'Aries, au moyen
melle, quand ils ont été con- duquel aimant on extrait
joints dans l'oeuf, il se fait l'eau pontique des rayons
une corruption, d'où naît du soleil & de la lune. Il
une génération métaphori- dit, dans un autre endroit,
que d'un enfant, qu'il faut que le nom de cet aimant
nourrir; non pas en y ajou- est acier, que ces deux noms
tant de la matière, ce qui ne signifient qu'une même
perdrait l'oeuvre; mais en chose; mais il y a un autre
donnant au feu le régime acier, ajoute-t-il, qui ressem-
requis. ble au premier, que la nature
Les Philosophes disent elle-même a créé. Celui qui
aussi qu'il faut remettre ou saura le tirer des rayons du
faire rentrer l'enfant dans le soleil par un artifice admi-
ventre de sa mère, c'est-à-* rable, aura le premier prin-
dire, faire dissoudre le fixe cipe & le commencement
dans le volatil, duquel il a de notre oeuvre, que tant
pris naissance. de gens cherchent.
Le vent l'a porté dans son Ventre DU CHEVAL.
ventre, est une expression Les Chimistes vulgaires en-
qui signifie que le grain fixe, tendent ces termes du fu-
le soufre, était d'abord con- mier chaud de cheval, qui
tenu dans le volatil ou le donne une chaleur douce &
mercure, appelé vent à cau-* propre aux digestions & aux
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516 VE VE

putréfactions; mais les Chi- on y était pris; il l'étendit
mistes Hermétiques le di- sur le lit de Vénus, & quand
sent de la matière même de Mars voulut en approcher,
leur Art pendant qu'elle est ils s'y trouvèrent saisis. Vul-
au noir ou en putréfaction. cain qui se tenait caché aux
Comme cette couleur noire aguets, les ayant découverts,
est la première de l'oeuvre, cria si fort qu'il fit assembler
ils ont dit que la chaleur du tous les Dieux à ses cris dans
ventre du cheval est le pre- sa maison d'airain, & exposa
mier feu, ou le premier de- les deux captifs à leur risée.
gré de feu requis pour l'oeu- Je les retiendrai ainsi liés
vre. disait Vulcain, jusqu'à ce que
VE'NUS, Déesse des le père me rende tout ce que
plaisirs & mère de l'Amour, je lui ai donné pour avoir son
était fille, selon Homère, effrontée de fille. Neptune
de Jupiter & de Dioné; & qui excite les tremblements
suivant l'opinion la plus com- de terre, y vint; Mercure,
mune, elle naquit des parties ce Dieu si utile, s'y trouva;
mutilées de Coelus, mêlées de même qu'Apollon, ce
avec l'écume de la mer. Une Roi qui darde si bien une flè-
conque marine lui servit de che. La pudeur empêcha les
berceau, & les Zéphyrs la Déesses de s'y rendre; mais
transportèrent dans l'île de tous les Dieux qui donnent
Chypre, où elle fut élevée les richesses aux hommes, se
par les Nymphes. Quoique tenaient à l'entrée, & admi-
la plus belle des Déesses & raient l'ouvrage de Vulcain.
toujours accompagnée par Un d'entr'eux dit alors: Tôt
les Grâces, elle fut mariée ou tard on est pris quand on
à Vulcain, le plus laid des fait mal; qui aurait cru que
Dieux; mais aussi s'en plai- Vulcain, ce boiteux qui mar-
gnait-elle amèrement, & lui che si lentement, eût atteint
fit beaucoup d'infidélités. & pris Mars, le plus habile
Mars la courtisa, & Vul- de l'Olympe. Apollon de
cain informé par le Soleil, son côté disait à Mercure:
de la bonne intelligence qui Mercure, fils de Jupiter,
régnait entre son épouse & le Messager des Dieux, source
Dieu de la guerre, fabriqua des richesses, vous ne seriez
une chaîne imperceptible de pas fâché de vous voir ainsi
fer, dont il n'était pas possi- pris auprès de Vénus la do-
ble de se débarrasser quand rée. Non vraiment, répon-
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VE VE 517

dit Mercure, quand même Vénus prit parti pour les
tous les Dieux & les Déesses Troyens, & fut blessée par
devraient m'y voir & en ri- Diomede, dans le même
re. C'est ainsi que raillaient combat où il blessa aussi
tous les Dieux immortels, Mars. Les Egyptiens comp-
& Neptune-même; mais il taient Vénus au nombre de
sollicitait cependant auprès leurs grands Dieux. Parmi
de Vulcain la délivrance de les fleurs la rose était consa-
Mars, & promit de payer crée particulièrement à Vé-
pour lui, en cas qu'il prît la nus, parce que cette fleur
fuite sans le faire. Vulcain se avait été teinte du sang de
rendit donc à sa prière, & cette Déesse, qu'une de ses
ayant rompu le filet enchan- épines avait blessée, lors-
té, Mars se sauva dans la qu'elle accourait au secours
Thrace, & Vénus à Paphos d'Adonis. Le myrte lui était
dans l'île de Chypre. Ho- aussi dédié, parce que cet
mère, Odys. liv. 8. arbrisseau se plaît sur le bord
De ce commerce naquit des eaux. Les colombes lui
Antéros ou le Contr'amour, étaient particulièrement con-
quelques-uns disent Cupi- sacrées, & on les appelle
don. communément les oiseaux
Vénus eut aussi affaire à de Vénus; elles étaient at-
Mercure, il en vint Herma- tachées à son char.
phrodite. Elle aima aussi pas- Le père Hardouin a don-
sionnément Adonis & An- né de l'adultère de Vénus
chyse. De ce dernier elle eut & de Mars une explication
Enée. Dans le différend sur- aussi spirituelle que singuliè-
venu entre Junon, Pallas & re, (Apol. d'Hom. p. 200.)
Vénus, au sujet de la pomme M. l'Abbé Banier s'en mo-
d'or jetée par la Discorde au que, comme de celle de Pa-
milieu du festin des noces de léphate. Pour le faire avec
Pélée & de Thétis, Pâris raison, il aurait dû en don-
choisi pour arbitre, adjugea ner une meilleure; mais dans
la pomme à Vénus, qui lui son système il n'était pas
fournit les moyens d'enlever possible. Lui, ni les autres
Hélène, femme de Ménélas, Mythologues ne sauraient
reconnue pour la plus belle réussir tant qu'ils n'auront
de son sexe. Cet enlève- pas recours à la source des
ment occasionna la guerre fables, c'est-à-dire à la Phi-
de Troie, dans laquelle losophie Hermétique. Les
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518 VE VE

Chimistes-mêmes vulgaires ἄρης; il appelle Vénus do-
savent que Vénus est unie rée, χρυση̑ άφροδιτη Mercure
avec un feu qui se trouve source des richesses, δα̑τορ
aussi dans Mars, & qu'ils ὲάων; Neptune qui excite les
ont tant d'analogie de na- tremblements de terre, πο-
ture, que du Mars on peut σεἰδαον γαιήοκε ou ἐνοσιχδαν.
faire Vénus; il n'est donc pas Le tremblement de terre
surprenant qu'il y ait entre qu'il excite n'est autre que la
eux un amour mutuel; c'est fermentation. Homère fait
même ce feu ou Vulcain qui plus; il désigne la cause de
les unit & qui forme le lien l'alliance de Vulcain avec
ou la chaîne dans laquelle il Vénus, en disant que sa mai-
les embarrassa. Le Soleil ou son, celle même où les Dieux
l'or découvrit leur commer- s'assemblèrent, celle où Vé-
ce; parce que ce feu, ce nus fit affront à son époux,
grain fixe qui se trouve dans était une maison d'airain,
Mars & Vénus, est de la χαλκοβατὲς δω̑. On trouve
nature-même du Soleil. Et l'explication des autres traits
si Mercure ambitionne le de la fable de Vénus dans le
sort de Mars, c'est qu'il lui liv. 3. chap. 8. des Fables
manque ce dont abonde ce Egypt. & Grecq. dévoilées.
Dieu guerrier; voilà la vraie VERA LILIUM. Mé-
raison qui a engagé Homère lange de mercure sublimé
à introduire Apollon ou l'or avec le régule.
des Philosophes, comme fai- VERGILIES. Nom des
sant ce reproche à Mercure. Pléiades. On donne aussi ce
Mars & Vénus ne sauraient nom aux plantes nouvelles
être déliés qu'à la prière de du printemps.
Neptune, ou de l'eau, parce VE'RITE'. Les Anciens
que cette séparation ne peut regardaient la Vérité comme
se faire que par la dissolu- une Déesse, fille de Satur-
tion en eau, par le moyen ne. Philostrate dans l'image
du même feu interne ap- d'Amphiaraüs, représente la
pelé Vulcain. Les épithè- Vérité comme une jeune
tes qu'Homère donne aux Vierge, couverte d'un habit
Dieux acteurs & spectateurs dont la blancheur est celle
sont suffisantes pour prouver de la neige. Démocrite di-
la vérité de mon explication. sait que la Vérité était ca-
Il dit de Mars qu'il se servait chée dans le fond d'un puits.
d'un frein d'or, χρυσήνιος Les Philosophes Herméti-
@

VE PS 519

ques expliquent ce puits des de Philalèthe dans son trai-
allégories, des fables & des té qui a pour titre: Enarra-
énigmes dans lesquelles la tio methodica trium Medici-
vérité de la science Hermé- narum Gebri, pag. 39.
tique & ses opérations sont Verre DE PHARAON,
ensevelies comme dans l'obs- ou VERRE MALLE'ABLE.
curité d'un puits très pro- Les Sages ont souvent dit
fond, duquel il est très diffi- qu'ils avaient le secret de
cile de pouvoir la tirer. rendre le verre malléable, au
VERRE. Matière dure, moyen de leur élixir. L'his-
sèche, cassante, transparen- toire nous apprend qu'un
te, formée de l'humide radi- homme fut puni de mort
cal incorruptible des mixtes, pour en avoir présenté un
par la violence du feu, qui vase à un Empereur Ro-
en sépare les parties hétéro- main. Les Philosophes ne
gènes & combustibles. s'exposeront pas à un dan-
Plusieurs se sont imaginé ger semblable. D'ailleurs il
que le verre ou la matière faut les expliquer de leur
dont on le fait, était celle pierre au blanc. Quelques-*
que les Philosophes em- uns l'entendent de la pou-
ploient pour faire leur pier- dre même de projection,
re; parce que le verre est une parce qu'elle est incorrupti-
matière très fixe, & que tout ble, & qu'elle résiste com-
se réduit en verre par une me le verre à l'action du feu
longue & violente action du le plus vif, sans en être al-
feu. Ce n'est cependant pas térée, ni volatilisée.
l'idée qu'il faut appliquer au Verre DES PHILOSO-
terme de verre, lorsqu'on le PHES s'entend quelquefois
trouve dans les ouvrages des du vase dans lequel se fait
Philosophes; quoique Ray- l'oeuvre.
mond Lulle interrogé, qu'est-* Verre PHILOSOPHI-
ce que c'était qu'un Philo- QUE qui a pouvoir sur tou-
sophe, répondit: c'est celui tes choses. C'est la poudre
qui sait faire le verre. Ce de projection, qui change
savant homme entendait, tous les métaux en sa nature,
comme les autres Adeptes, & fait des impressions sur
leur magistère au blanc, qui tous les individus des trois
est une matière claire, lui- règnes, en les guérissant de
sante, & ayant l'éclat du leurs infirmités. Elle s'allie
verre. C'est l'interprétation avec tout, se dissout dans
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520 VE VE

toutes sortes de liqueurs, & est la base & le principe.
pénètre les corps les plus VESICA AENEA. Cu-
durs & les plus compactes. curbite de cuivre.
Comme petit-monde, elle VESSICARIA DIS-
agit sur les astres-mêmes; & TILLATORIA. Voy. l'ar-
comme aimant universel, ticle précédent.
elle en pompe les influences VESTA était fille de Sa-
les plus pures, pour les com- turne, selon Homère, qui
muniquer aux corps avec les- par des raisons connues aux
quels on la mêle. Elle agit Philosophes, l'a réunie avec
jusques sur les esprits, dont Mercure dans une Hymne
elle développe les facultés, commune. Cette Déesse
& les rend capables de pé- était, comme Vulcain, le
nétrer dans les secrets les symbole personnifié du feu.
plus cachés du sanctuaire de Pour indiquer que le feu
la Nature. Raym. Lulle. qu'elle représentait, était
VERSEAU. Signe du perpétuel & inextinguible,
Zodiaque. Les Chimistes on établit des Vestales char-
Hermétiques le prennent gées d'entretenir un feu pur
pour symbole de la disso- dans le temple de la Déesse.
lution & de la distillation. Ces Vestales devaient, pour
Voyez Zodiaque. cette raison, être vierges, &
VERTO. Poids pesant les Romains faisaient enter-
un quarteron, ou la quatriè- rer toutes vives celles qui
me partie d'une livre. par négligence avaient laissé
VERTU DU CIEL. éteindre le feu sacré confié
Feu implanté & inséparable à leurs soins, ou qui avaient
de la matière de l'oeuvre, laissé donner atteinte à leur
qui mis en action par un au- virginité. Voyez les Fables
tre feu, produit le soufre des Egypt. & Grecq. dévoilées,
Philosophes, appelé Mi- liv. 3. ch. 4. & liv. 4. ch. 5.
nière de feu céleste. VESTALES. Jeunes fil-
VERTU PREMIERE. les vierges, établies à Ro-
Les Chimistes Hermétiques me, & consacrées au ser-
ont donné ce nom à leur vice du temple de la Déesse
mercure, & non au mercure Vesta. Voyez Vesta.
vulgaire; parce que le leur VESTE TE'NE'BREU-
renferme les vertus & pro- SE. Matière de l'oeuvre au
priétés des choses supérieu- noir.
res & inférieures, & qu'il en VESUVE. Montagne du
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VE VI VI 521

Royaume de Naples. Elle leur sert de nourriture. Il est
vomit du feu de temps en particulièrement celle des
temps, & il en sort perpétuel- métaux Hermétiques, parce
lement de la fumée. Les Phi- qu'il les nourrit dans le vase,
losophes ont donné les noms les fortifie, & les conduit à
de Vésuve & d'Etna, autre la perfection.
volcan, à la matière de leur Viande DES MORTS
oeuvre, parce qu'elle con- qui les fait ressusciter. C'est
tient un feu naturel, qui se le mercure des Sages, qui
manifeste quand on sait le tue les vivants, & donne la
développer & le mettre en vie aux morts; c'est-à-dire
état d'agir. qui dissout & fait tomber en
VE^TIR le pourpoint de putréfaction les métaux phi-
pourpre, le manteau royal, losophiques, appelés vivants
la chemise blanche, la veste pour les distinguer de ceux
ténébreuse, sont des expres- du vulgaire, & rend ceux du
sions qui ne signifient que vulgaire métaux des Philo-
cuire, digérer la matière de sophes, par conséquent mé-
l'oeuvre jusqu'à ce qu'elle taux vivants.
prenne les couleurs dont VICTOIRE (Rempor-
parlent les Philosophes. La ter la). C'est cuire la ma-
veste ténébreuse est la cou- tière de l'oeuvre jusqu'à ce
leur noire, la chemise blan- qu'elle ait acquis la couleur
che est la couleur blanche, blanche. Telle est la victoire
le manteau royal & le pour- que Jupiter remporta sur les
point de pourpre sont la cou- Géants. Mais chanter la vic-
leur rouge. Ce dernier est toire, c'est pousser la cuisson
celui que prit Apollon pour jusqu'à la couleur de pour-
chanter la victoire rempor- pre. Voyez Pourpre.
tée par les Dieux sur les VICUNIRAS. Bézoard.
Géants. Voyez la neuvième VIE. Les Philosophes di-
Clef de Basile Valentin. sent que leurs métaux ont
UFFITUFFE. Odeur vie, & que ceux du vulgaire
du mercure des Sages, aussi sont morts. Ils appellent aussi
forte & aussi désagréable que Vie & Résurrection, la cou-
celle des sépulcres & des leur blanche qui survient à la
tombeaux. matière après la couleur noi-
VIANDE DU COEUR. re. Ils donnent aussi la vie à
Mercure des Philosophes, leur mercure, & disent qu'il
principe des métaux & qui faut unir la vie avec la mort,
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522 VI VI

pour que le mort tue le vi- lorsqu'il y est question de ce
vant, & qu'ils ressuscitent que fit Médée pour redon-
ensemble. Les Philosophes ner à Eson toute la vigueur
ajoutent aussi qu'il faut join- d'un jeune homme.
dre la vie à la vie, c'est-à-* VIERGE. Lune ou eau
dire, des deux substances mercurielle des Philosophes
mercurielles du Trévisan, après qu'elle a été purifiée
n'en faire qu'une pour com- des soufres impurs & arsé-
poser le mercure double. nicaux auxquels elle avait
Rappeler les morts à la été mariée dans sa mine.
vie, c'est volatiliser le fixe; Avant cette purification, elle
& ôter la vie aux vivants, est nommée la Femme prosti-
c'est fixer le volatil. La Fa- tuée. Les Adeptes ont donné
ble donnait ces propriétés à à cette Vierge le nom de
Mercure. Ainsi la vie est le Beia; & l'Auteur de l'Oeu-
mercure, & la mort est le vre secret de la Philosophie
soufre des Sages. Voyez Hermétique, dit: que sans
Avicennae declarario lapidis donner atteinte à sa virgini-
Physici, filio suo Aboali. té, elle a pu contracter un
VIEILLARD DES PHI- amour spirituel avant que de
LOSOPHES. Ces termes s'unir par un mariage avec
ont deux sens. On prend son frère Gabritius, parce que
ce Vieillard communément cet amour spirituel ne l'a
pour le soufre des Sages; rendue que plus blanche,
mais quand on considère le plus pure, plus vive & plus
mercure comme le principe propre à l'objet du mariage.
des métaux, ou le nomme Prenez donc, ajoute-t-il
le Vieillard. (Can. 58.), une vierge ai-
Le Vieillard rajeuni est lée, très pure & très nette,
le soufre ou l'or des Philo- pénétrée & animée de la se-
sophes réincrudé & réduit à mence spirituelle du premier
sa première matière, ou en mâle, & néanmoins vierge
mercure duquel il a été fait. quoiqu'elle ait conçu; vous
V. Ressusciter, Escu- la connaîtrez à ses joues ver-
lape. C'est dans ce sens-là meilles: joignez-la à un se-
qu'il faut entendre les Phi- cond mâle, sans crainte d'a-
losophes, quand ils parlent dultère; elle concevra de
du rajeunissement que pro- nouveau par la semence cor-
duisait l'eau de la fontaine porelle du second, & mettra
de Jouvence, & les fables enfin au monde un enfant
@

VI PR 533

Hermaphrodite, qui sera la son grand ou petit circulé.
source d'une race de Rois Le vin des Sages est leur
très puissants. menstrue ou dissolvant uni-
Ils ont encore appelé Ai- versel, & la vigne de laquelle
gle cette vierge ailée, & le il se tire, est une vigne qui
second mâle Lion. Voyez n'a qu'une racine, mais plu-
ces deux articles. sieurs rejetons qui en sor-
Vierge est aussi le nom tent; & de même qu'un cep
d'un des signes du Zodiaque. a plusieurs branches qui pro-
Voyez Zodiaque. duisent des raisins, mais dont
VIGNE DES SA- les uns par accident n'ac-
GES. Matière de laquelle quièrent pas une maturité
les Chimistes Hermétiques aussi parfaite que les autres,
extraient leur mercure. le cep qui produit les raisins
VIN. Raymond Lulle, philosophiques est sujet à des
Jean de Roquetaillade, con- accidents qui empêchent la
nu sous le nom de De Rupe- maturité de quelques-uns &
scissa, ont beaucoup parlé les laissent en verjus. Ils ont
du vin rouge & du vin blanc tous la même racine pour
comme principe & matière nourrice, mais la sève n'a
de la quintessence philoso- pu se digérer également. Et
phique. Il ne faut cependant de même qu'avec un mé-
pas les prendre à la lettre; lange de bon vin fermenté
car quoiqu'on puisse tirer & du verjus on ferait une
une très bonne quintessence espèce de vinaigre dissolvant
du vin ou du tartre, inutile- de beaucoup de mixtes de
ment les travaillerait-on la nature, de même avec le
pour en extraire le dissol- verjus & le bon vin des Phi-
vant des Philosophes. Ils losophes on fait leur vinai-
n'en ont ainsi parlé que par gre dissolvant, ou vinaigre
similitude; & Paracelse dit très aigre.
que ceux qui ne peuvent VINAIGRE. Eau mer-
trouver l'alkaest des Philo- curielle des Sages, ou leur
sophes ou leur mercure, dissolvant universel, leur lait
n'ont qu'à travailler à vola- de vierge, leur eau ponti-
tiliser le tartre, & qu'ils trou- que; c'est le vinaigre de la
veront au moins quelque nature, mais composé de dif-
chose d'utile. Plusieurs ex- férentes choses sorties d'une
pliquent ce que je viens de même racine.
rapporter de Paracelse, de Vinaigre ANTIMO-
@

524 VI VI

NIAL SATURNIEN. Matière Philosophes; c'est-à-dire leur
du magistère préparée pour mercure.
être mise dans le vase, & VINGT-UN. Il faut être
digérée suivant le régime Adepte pour savoir la rai-
philosophique. Prends, dit son que les Philosophes ont
Artéphius, de l'or cru, eu de donner le nom de
battu en feuilles, ou en la- vingt-un à leur magistère au
mes, ou qu'il soit calciné par blanc, & l'expliquer ici, ce
le mercure, & le met en no- serait violer une partie du
tre vinaigre antimonial, sa- secret qui leur est si fort re-
turnien, & du sel armoniac, commandé; aussi n'en disent-*
& met le tout dans un vase ils rien dans leurs ouvrages,
de verre. & Philalèthe s'est contenté
Vinaigre DES MON- de nous dire, comme par
TAGNES. Le même que vi- grâce, que les Philosophes
naigre simplement dit, mais entendent par vingt-un la
appelé vinaigre des mon- même chose que soufre, &
tagnes, parce que les Chi- une racine de l'art, ou le sel
mistes Hermétiques donnent des métaux; ce qui revient
le nom de montagne aux mé- à leur matière cuite & digé-
taux. Voyez Montagne. rée au blanc parfait.
Vinaigre TRE'S-AIGRE VINUM CON-* \
ou VINAIGRE RECTIFIE', \
est, selon les Chimistes, du VINUM COR-* \
vinaigre distillé plusieurs fois, \ Esprit
& cohobé à chaque fois sur VINUM ES-* > de vin
ses fèces. Il devient si violent / recti-*
& d'une nature si ignée, que / fié.
quelques-uns ont prétendu VINUM AL-* /
qu'il dissolvait les pierres & /
les métaux; mais ce n'est pas VINUM CAPRINUM.
une dissolution radicale com- Urine de chèvre.
me celle du mercure des Phi- VINUM ESSATUM.
losophes; elle est de la nature Vin dans lequel on a fait di-
de celle des eaux-fortes, qui gérer, infuser & macérer des
ne produisent qu'une divi- plantes, tels que le vin d'ab-
sion des parties, & qui ne sinthe, &c.
réduisent pas les métaux à VINUM COS. C'est
leur premier principe, ce que du vin excellent, & qui a
fait le vinaigre très aigre des toutes les qualités suivantes
@

VI VI 525

qu'exige l'Ecole de Salerne. nent ce nom à l'huile de sel;
Vina probantur odore, sapo- & les Philosophes à la ma-
re, nitore, colore. tière de laquelle ils extraient
leur eau céleste.
VINUM HIPPOCRA- VISITE des choses ca-
TICUM. Vin dans lequel chées. Dissolvant des Sages,
on a mêlé du sucre & des aro- qui pénètre les corps les plus
mates. durs, & en extrait la tein-
VINUM MEDICA- ture qu'ils cachent & ren-
TUM. Vin dans lequel on ferment.
a fait infuser des drogues VISQUALENS. Gui,
médicinales, tel que le vin espèce d'arbuste qui croit sur
de quinquina. les arbres.
VIPERE. Matière des VITRIFICATION.
Philosophes en putréfaction, Cuisson de la pierre au rouge.
ainsi nommée parce qu'elle VITRIOL. Il est peu de
est alors un des plus violents matière qui ait tant exercé
& des plus actifs poisons qu'il les Chimistes que le vitriol
y ait; c'est pour cela que les commun. Ils l'ont pris pour
Philosophes disent que leur la matière du magistère des
matière est un grand poi- Philosophes; & il faut avouer
son avant sa préparation, & que rien n'était plus propre
un souverain remède après à tromper ceux qui prennent
qu'elle est préparée, de mê- les paroles des Sages à la let-
me que la vipère. Philalèthe tre. Ils se sont d'ailleurs tant
recommande aussi très ex- répandus en éloges sur ce sel
pressément de se tenir sur ses minéral, qu'il est bien diffi-
gardes, quand on travaille cile de ne pas donner dans
cette matière, & d'en pré- le piège qu'ils tendent aux
server ses yeux, son nez & ignorants, au moins en appa-
ses oreilles. rence, puisqu'ils avertissent
Vipère DE REXA. Ma- tous qu'il ne faut pas s'arrê-
tière de l'oeuvre parvenue à ter aux mots, mais au sens
la couleur noire. Prends la qu'ils cachent. Ils ont en con-
Vipère de Rexa; coupe-lui séquence proposé l'énigme
la tête: c'est-à-dire, ajoute suivante, dont les lettres ini-
Flamel, ôte-lui sa noirceur. tiales de chaque mot réunies
VIRAGO. V. Eve. font Vitriolum. Visitabis in-
VIRIDITAS SOLIS. teriora Terrae, rectificando in-
Les Chimistes vulgaires don- venies occultum lapidem, ve-
@

526 VI VI

ram medicinam. Quelques-* cond au blanc. Si à ces deux
uns au lieu d'occultum lapi- vitriols joints ensemble par
dem ont mis oleum limpidum. due proportion, on ajoute le
Tout l'oeuvre & sa matière mercure de l'or, & le tout
sont, disent-ils, contenus passé par le feu des vrais
dans ces paroles. Mais com- Chimistes, on le rendra,
me ce terme de vitriol est dit-il, semblable en vertu,
équivoque, & qu'il peut s'en- en puissance & richesse à ce
tendre de tous les vitriols magnifique Prince que plu-
tant naturels qu'artificiels, sieurs cherchent & que peu
extraits des pyrites, des mi- trouvent.
néraux, des eaux vitrioliques En parlant des cristaux
ou des métaux, les Chi- d'étain ou vitriol de Jupiter,
mistes ont eu tort de l'appli- Planis-campi observe qu'é-
quer en particulier au vitriol tant mêlés avec celui du
Romain, ou à celui de Hon- mercure & réduits en huile,
grie, dont le premier parti- cette huile rend le soufre so-
cipe de Mars, & le second laire végétal. Roger Bacon
de Vénus. Il est vrai que qui avait observé la même
Rupe Scissa dit qu'il faut chose, en fut si étonné, qu'il
prendre le Romain; mais s'il commença son Traité qui a
avait fallu en faire usage pour titre, Miroir des sept
comme étant la matière de chapitres, par le nom de Ju-
la pierre, l'aurait-il nommé piter, & chaque chapitre a
par son nom propre? Quand pour commencement une
on sait qu'ils cachent le nom des lettres de ce nom mis en
propre de la matière presque logogriphe comme celui de
avec plus de soin que tout le Vitriolum. Les voici: In
reste, on se tient sur ses gar- Verbis Praesentibus Invenies
des contre l'ingénuité appa- Terminum Exquisitum Rei.
rente de ces Auteurs. On n'en aurait pas moins
Planis-campi a expliqué de tort de regarder cette pré-
cette espèce de logogriphe paration comme un achemi-
Visitabis, &c. du vitriol de nement à l'oeuvre des Philo-
l'or fait avec l'huile de Sa- sophes; quoique les derniè-
turne; d'autres l'ont entendu res lettres de chaque mot qui
du vitriol de l'argent fait par finit chaque chapitre, étant
le même moyen. Le pre- réunies, composent le mot
mier, dit cet Auteur, sert à Stannum: savoir, projectio-
travailler au rouge, & le se-* niS, debeT, totA, tameN,
@

VI VI 527

bitumeN, nutU, aeternuM. première semence éloignée
Bacon avait en vue tout au- qui se trouve dans les élé-
tre Jupiter que l'étain com- ments, les plantes & les ani-
mun. maux qui servent à sa nour-
Il ne faut donc pas s'a- riture, mais la semence pro-
muser à tous ces pièges que pre de l'homme travaillée
les Philosophes tendent aux dans lui-même par la Natu-
ignorants, & à ceux que l'a- re. On réussirait aussi mal,
mour des richesses tyrannise si pour faire du pain on pre-
assez pour leur faire risquer nait du grain de froment tel
les biens réels dont ils sont qu'il est, ou du pain déjà cuit
en possession, pour courir & parfait. Ce n'est ni l'un ni
après des monts d'or qu'on l'autre, mais la farine, qui
leur promet. Ceux qui vou- est faite du grain, & travail-
dront pénétrer dans le sens lée pour cet effet.
caché de ces paroles: Visi- Les Philosophes assurent
tabis, &c. doivent étudier qu'on ne peut parler plus
la Nature & ses procédés, clairement de la matière &
les combiner avec ce que des opérations de l'oeuvre
disent les Auteurs Herméti- que l'a fait Hermès dans sa
ques, & voir ensuite si ce Table d'Emeraude, en ces
qu'ils disent de la matière termes:
de l'oeuvre peut convenir à » Ceci est vrai, & sans
ce que la Nature emploie » mensonge, ce qui est des-
pour semence des métaux, » sous est semblable à ce qui
non pas précisément com- » est dessus. Par ceci on a &
me semence éloignée, mais » on fait les merveilles de
prochaine, & de quelle ma- » l'oeuvre d'une seule chose.
tière on doit l'extraire. Etre » Et comme tout se fait d'un
ensuite bien convaincu, tant » par la médiation d'un, ainsi
par l'expérience journalière » toutes choses se font par la
que par ce que disent les Phi- » conjonction. Le Soleil en
losophes, qu'on ne doit pas » est le père, & la Lune la
prendre les deux extrêmes, » mère. Le vent l'a porté
mais le milieu qui participe » dans son ventre. La Terre
des deux. Comme pour faire » est sa nourrice, la mère de
un homme, on ne réussirait » toute perfection. Sa puis-
pas en prenant une tête, un » sance est parfaite, s'il est
bras & les autres membres » changé en terre. Séparez
d'un homme parfait, ni la » la terre du feu, & le subtil
@

528 VI VI

» de l'épais avec prudence turne. De l'autre côté est la
» & sagesse. Il monte de la Lune, au-dessous Vénus &
» terre au ciel, & redescend puis Jupiter. Au milieu est
» du ciel en terre. Il reçoit une coupe dans laquelle tom-
» par-là la vertu & l'effica- bent un rayon du Soleil &
» cité des choses supérieu- un rayon de la Lune; &
» res & inférieures. Par ce sous le pied de cette coupe
» moyen vous aurez la gloire est placé, comme pour sou-
» de tout. Vous chasserez les tien, le caractère astrono-
» ténèbres, toute obscurité mique de Mercure. Au-des-
» & tout aveuglément; car sous de tous ces caractères
» c'est la force des forces qui sont d'un côté un Lion &
» surmonte toutes forces, & de l'autre une Aigle à dou-
» qui pénètre les corps les ble tête, comme celle des
» plus durs & les plus solides. armes de l'Empire. L'un
» En cette façon le monde a marque le fixe & l'autre le
» été fait, & les conjonctions volatil. Les amateurs de cet-
» surprenantes & les effets te Science pourront faire
» admirables qu'il produit. leurs réflexions là-dessus.
» Voilà le chemin & la voie On peut dire en général
» pour faire toutes ces mer- que le Vitriol vert des Phi-
» veilles. C'est ce qui m'a losophes est leur matière
» fait donner le nom d'Her- crue, leur Vitriol blanc est
» mès Trismégiste, ou trois leur magistère au blanc, &
» fois grand, ayant les trois leur Vitriol rouge, ou leur
» parties de la sagesse ou phi- Colcotar, est leur soufre par-
» losophie du monde univer- fait au rouge.
» sel. Voilà tout ce que j'ai VITRIOLA METAL-
» à dire de l'oeuvre solaire. LICA. Sels des métaux.
Pour accompagner cette VITRIOLUM NO-
Table d'Emeraude, on y a VUM. Vitriol blanc.
joint un emblème chimique VITRIOLUM LIQUE-
enfermé dans un double cer- FACTUM. Vitriol liquide,
cle. Entre les deux circonfé- ou eau vitriolique des mines
rences sont écrites les paro- qui ne peut se cristalliser.
les que j'ai rapportées, Vi- Planis-campi.
sitabis, &c. D'un côté on VITRUM HYACIN-
voit le Soleil, au-dessous le THINUM. Verre d'anti-
caractère de Mars, & au-* moine.
dessous de Mars celui de Sa-* VITRUM PHILOSO-
PHORUM
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VI UL UL 529

PHORUM. Alambic, ou sé sous l'habit de femme, &
le vase de verre qui contient caché à la Cour de Lyco-
la matière de l'oeuvre. mede, il l'emmena avec lui.
VITTELLUM POLI. Voyez Achille. Il engagea
Alun. Philoctete à venir au siège
VIVIFICATION. Vo- & à y apporter les flèches
latilisation de la matière fixe, d'Hercule, desquelles on ne
à l'aide du mercure. pouvait le passer. Il tua Rhé-
VIVIFIER. Donner la sus & prit les chevaux, il en-
vie. Voyez Vie. leva le Palladium avec Dio-
ULISSIPONA. Plante mede, & les cendres de
connue sous le nom de Ser- Laomédon, & fit plusieurs
pentaire. autres actions remarquables
ULRACH. Sang de dra- dont on voit le détail dans la
gon. harangue qu'il prononça de-
ULVA. Feuille de mer. vant tous les Chefs de l'ar-
ULYSSE, Roi des îles mée des Grecs, pour que les
d'Ithaque & de Dulichie, armes d'Achille lui fussent
fils de Laerte & d'Anticlie, adjugées préférablement à
était un Prince éloquent, Ajax.
fin, rusé, artificieux, pru- Après la prise de Troie,
dent & plein de science. Il Ulysse tua Orsiloque fils d'I-
contribua plus que tout autre domenée, & fit immoler Po-
à la prise de Troie. Il épousa lixene aux mânes d'Achille,
Pénélope, & en eut un fils & il fut cause qu'on précipita
nommé Télémaque. Ulysse Astianax du haut d'une tour.
aimait si passionnément Pé- Ulysse se sépara ensuite
nélope, qu'il contrefit l'in- des autres Princes Grecs &
sensé pour ne pas se séparer se mit en mer pour retourner
d'elle, quand il fut invité par à Ithaque; une tempête le
les Grecs à les accompagner jeta vers les côtes de Sicile,
au siège de Troie. Palamede où Polypheme lui dévora six
découvrit sa feinte, & l'obli- de ses Soldats. Ulysse trou-
gea de partir avec les autres. va le moyen de l'approcher
Ulysse se vengea de Pala- pendant son sommeil, & lui
mede, en lui supposant des creva l'oeil avec un tison ar-
intrigues avec les Troyens, dent. De-là après avoir usé
& le fit lapider. Voyez Pa- de toute son adresse pour
lamede. Ulysse commença sortir de la caverne de ce fa-
par découvrir Achille dégui-* meux Cyclope, il fut voir
L l
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530 UL UL

Eole, Roi des vents, qui lui thys. Calypso régnait dans
fit présent d'une outre où tous l'île d'Ogygie, & reçut par-
les vents étaient renfermés, faitement bien ce Héros: elle
excepté le Zéphyr. Ulysse le retint pendant sept ans &
n'en fut donc point battu, en eut plusieurs enfants. Mer-
jusqu'à ce que ses compa- cure s'était mêlé de cette af-
gnons eurent l'imprudence faire, comme il faisait ordi-
d'ouvrir l'outre; les vents en nairement de tous les amours
liberté, soufflèrent si rude- des Dieux. La description
ment qu'ils repoussèrent son qu'Homère fait de Mercure
vaisseau jusqu'à l'île d'Eole, à cette occasion mérite d'ê-
qui refusa de réitérer la mê- tre rapportée.
me faveur. En poursuivant Jupiter, dit cet Auteur,
sa route, il aborda au port parla à Mercure & l'envoya
des Listrigons, peuples in- à Calypso, à la sollicitation
humains qui dévorèrent plu- de Minerve, pour engager
sieurs de ses compagnons. cette Nymphe Déesse à faire
Ulysse en partit bien vite & un bon accueil à Ulysse, &
dirigea sa route vers l'île où qu'il put retourner sain &
Circé faisait son séjour. Cette sauf dans son pays. Mercure
Enchanteresse transforma en fit ce message avec plaisir. Il
cochons plusieurs de ceux attacha à ses souliers ses ta-
qui accompagnaient notre lonnières d'or, au moyen
Héros. Ulysse eut recours à desquelles il volait sur terre
Mercure, qui lui donna un & sur mer avec le vent. Il
remède pour obliger Circé à prit aussi son caducée avec
rendre la forme humaine à lequel il tourne l'esprit des
ceux qu'elle avait métamor- hommes comme il veut, &
phosés. les endort ou les réveille à
Circé accorda ses faveurs & fantaisie. Du ciel il des-
à Ulysse, qui en eut deux cendit sur la mer en tenant
enfants. Là il consulta Tiré- sa baguette à la main, & y
sias, & pour cela descendit était porté sur les vagues très
aux Enfers en prenant les à son aise. Mercure aborda
conseils & les moyens que enfin dans l'île de Calypso,
lui indiqua Circé. Voyez & se rendit à la caverne que
Circé. cette Nymphe habitait. Il
Ulysse, selon Homère, l'y trouva, & un grand feu
aborda aussi chez Calypso, allumé dans son foyer. Elle
fille de l'Océan & de Te-* y travaillait à la toile, en
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UL UL 531

chantant mélodieusement, Scylla & de Carybde. Il
& entremêlait de l'or dans la en partit sur un vaisseau
toile qu'elle tressait. Les envi- que lui fournit Alcinoüs, &
rons de cette caverne étaient arriva enfin à Ithaque, où
charmants par l'abondance s'étant caché chez Eumée,
des arbres toujours verts, un de ses domestiques, il
des fleurs dont les prairies prit des mesures pour se dé-
étaient émaillées, & des vi- faire de ceux qui courtisaient
gnes chargées de raisins. avec importunité Pénélope
La description de ce sé- sa fidèle épouse, & qui dissi-
jour enchanté est compara- paient tout son bien malgré
ble à celui de Nysa, dont elle. Il se défit de tous, &
voyez l'article. Les discours régnait paisiblement, lorsque
& la conversation que Mer- Télegone son fils, qu'il avait
cure & Calypso tinrent en- eu de Circé, arriva à Itha-
semble seraient trop longs, que. Ignorant qui il était,
on peut les voir dans le liv. 5. Ulysse s'opposa à sa descen-
de l'Odyssée. te, & Télegone en se défen-
Au sortir de l'île de Ca- dant, lui donna un coup de
lypso, Ulysse arriva au pays lance, dont il mourut suivant
des Phéaciens qui habitaient la prédiction de Tirésias.
l'île de Corcyre, & ren- J'ai passé beaucoup de
contra Nausicaa, fille d'Al- traits de l'histoire de ce Hé-
cinoüs Roi de cette île; elle ros: on peut les voir dans
était venue voir laver la les- l'Odyssée d'Homère. J'en ai
sive; elle accueillit très bien expliqué les principales cir-
Ulysse & l'introduisit chez constances dans le liv. 6. des
son père. Ses Sujets vivaient Fables ch. 5. fat. 1. on peut
dans le luxe & l'abondance; y avoir recours. Je dirai seu-
la danse, la musique, & la lement qu'Ulysse est le sym-
joie accompagnaient tous les bole de l'Artiste Philosophe
festins. Les jardins d'Alci- dans la description de la
noüs étaient superbes, & guerre de Troie, & le sym-
tout dans le palais était d'une bole de ceux qui cherchent
magnificence sans égale. Ce la pierre sans être Adeptes,
lieu de délices lui était ce dans l'Odyssée.
semble réservé pour lui faire UMBILICUS MARINI.
oublier tous les dangers qu'il Fève de mer.
avait courus par la rencontre UMBILICUS TERRAE.
des Sirènes & des écueils de Cyclamen.
L l ij
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532 UN VO VO

UMO. Etain. que cet Art n'a point l'ava-
UNEDO. Néflier. rice pour objet, qu'il est pos-
UNICORNI MINERA- sible, vrai, nécessaire; mais
LIS. Terre sigillée rouge. qu'il ne doit être communi-
UNION. Volatilisation qué qu'aux enfants des Sages.
du corps & coagulation de Il en donne trois définitions.
l'esprit; ce qui se fait par la Nous avons rapporté la pre-
même opération. Les Philo- mière, voici les autres. Cet
sophes l'ont appelée Union Art est comme un régime se-
de la terre & de l'eau. Cette cret qui démontre & fait voir
opération se fait par la pu- clairement la disposition, l'il-
tréfaction. Alors les éléments lumination, la conversion,
sont confondus, l'eau con- la constriction, la rétention,
tient l'air, & la terre con- la métallification, la purifi-
tient le feu, les deux ne font cation, la multiplication, &
qu'un tout appelé Hylé ou la proportion des corps na-
Cahos. Cette union de la turels, & de cette espèce
terre & de l'eau se fait aussi d'onctuosité inconnue au vul-
dans la fixation du volatil. gaire, qui cause l'adhésion
Union DES ESPRITS. des différentes parties de ces
C'est l'eau sèche. corps entr'elles: qui explique
Union DES ENNEMIS. les liens invisibles de l'âme &
C'est la fixation de l'eau mer- du corps, le caché & la chose
curielle volatile avec le sou- cachante, le dense & le rare,
fre fixe des Philosophes. le divin & l'humain, la for-
UNIQUE. Mercure des me & la matière, le fixe &
Sages. le volatil, les métaux & les
UNIR LES E'LE'MENS. pierres, le dur & le mol, le
C'est cuire la matière. pur & l'impur, le simple &
UNQUASI. Argent-vif. le mixte; le tout par un arti-
VOARCHADUMIE. fice institué par le Dieu tout-*
Art libéral doué de la vertu puissant, au moyen du feu,
de la Science occulte. C'est de l'air, de l'eau & de la terre,
ce qu'on appelle autrement ou sous le grand Arcane des
la Science cabalistique des quatre lettres hébraïques la-
métaux. Jean-Augustin Pan- med, kuph, cadic & samech,
theus, Prêtre Vénitien, en a qui signifient dans la Vaor-
fait un Traité, que l'on trouve chadumie la même chose que
dans le second volume du zain, nun, mem & iod.
Théâtre Chimique. Il dit La troisième définition est
@

VO VO 533

telle. La Voarchadumie est matière au noir; parce qu'il
un Art de veine d'or, qui n'est pas plus possible de
fournit une substance pleine réussir dans le magistère, si
d'une vertu métallique ex- l'on ne fait d'abord passer la
tractive. Cet Art explique matière par la noirceur, ou
aussi quelle est la forme fixe si, comme dit Raymond
intrinsèque, & la couleur Lulle, on ne la renvoie
jaune naturelle de l'or, ses dans son pays natal, qui est
parties hétérogènes, com- l'Egypte, qu'il serait possi-
bustibles, volatiles, que l'Art ble de traverser les mers avec
peut conduire à la perfection. un vaisseau qui n'aurait point
Il définit ensuite la matière de voiles.
de cet oeuvre, une substance VOLANS. Argent-vif.
pesante, corporelle, fixe, VOLATIL. Qui vole,
fusible, ductile, teinte, ra- qui s'élève en haut, qui se
réfiée & cachée de l'argent-* sublime au haut du vase dans
vif ou mercure & d'un soufre la distillation, ou qui s'éva-
incombustible métallique, pore par l'action du feu com-
réduite & transmuée en vrai mun, ou du feu inné dans la
or au moyen de la cémenta- matière, cause de la fermen-
tion. tation. On dit volatil par
Notre Auteur dérive le comparaison avec les oi-
terme Voarchadumia des seaux.
langues chaldéenne & hé- Les Philosophes appellent
braïque, & le compose de en général volatil leur mer-
Voarch, mot chaldéen qui cure ou eau mercurielle au
en français signifie Or, & commencement de l'oeuvre,
de Mea à adumot, mots hé- par comparaison à la vola-
braïques qui veulent dire de tilité du mercure vulgaire.
deux choses rouges; c'est-à-* Cette volatilité leur a donné
dire, de deux cémentations lieu de nommer ce mercure
parfaites. de tous les noms des choses
VOILES, ou Voiles du volatiles, tels que ceux d'Ai-
vaisseau de Jason. La Fable gle, de Vautour, de Dragon
dit que ces voiles étaient noi- volant, d'Air, d'Eau, &
res; & comme on explique d'une infinité d'autres noms
communément cette fable qu'on trouve répandus dans
des opérations du grand oeu- ce Dictionnaire, particuliè-
vre, les Philosophes ont don- rement dans l'article Ma-
né le nom de Voile à leur tière.
L l iij
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534 VO VO UR

VOLATILES. Les vola- parce qu'alors elle est en pu-
tiles nous apportent la ma- tréfaction, que la putréfac-
tière de la pierre. Ces ex- tion développe & sépare le
pressions des Philosophes ont bon du mauvais, qu'elle ma-
trompé bien des Chimistes, nifeste ce qui était caché, &
qui prenant les termes à la enfin parce que la Fable dit
lettre, ont cru que volatile que Saturne vomit la pierre
signifiait oiseau; mais les qu'il avait dévorée au lieu
Adeptes ne parlent que par de Jupiter, & que dans l'o-
similitudes, & donnent le pération du magistère le noir
nom de volatiles aux navires est le plomb, ou le Saturne
qui nous apportent l'or des des Philosophes, auquel suc-
Indes. Michel Majer l'expli- cède le gris blanchâtre qu'ils
que dans ce sens-là au liv. 6. appellent Jupiter.
des Symboles de sa Table VOYAGEUR. Mercure
d'Or, page 270. La vraie des Philosophes, ainsi nom-
Pantaure, dit-il, contient la mé de ce que la Fable dit
vertu séminale de l'or, qui que Mercure était le Messa-
est le père de l'oeuvre, & le ger des Dieux.
vrai or philosophique. Celui Les Voyages d'Osiris, de
qui cherche cette pierre n'a Bacchus, de Néoptoleme
que faire d'aller dans les In- sont des symboles de l'oeu-
des pour la chercher dans les vre Hermétique. Voyez les
creux des montagnes, les vo- articles de ces Divinités, &
latiles nous l'apportent de les Fables Egypt. & Grecq,
ce pays-là, non les petits oi- dévoilées.
seaux, mais les plus grands, URANUS. V. Célus,
& même les vaisseaux à qui Ciel.
les voiles servent d'ailes. URINA TAXI. Eau de
VOLATILISATION. tartre, ou tartre dissout.
V. Sublimation. URINA VINI. Vinai-
VOLATILISER. Ren- gre.
dre une chose volatile de fixe URINAL. (Sc. Herm.)
qu'elle était. Tout l'Art con- Fourneau secret des Philo-
siste à volatiliser le fixe, & à sophes, que Flamel dit qu'il
fixer le volatil. n'aurait jamais pu trouver si
VOLONTE'. Soufre des Abraham Juif ne l'eût peint
Sages, ou leur or vif. avec son feu proportionné,
VOMISSEMENT. Ma- dans lequel consiste une
tière des Philosophes au noir, grande partie du secret.
@

UR UR VU 535

URINALIS HERBA. Urine est aussi une me-
Linaire. sure des Anciens. Elle con-
URINE DU PE'RI- tenait quarante livres de vin,
CARDE. Eau renfermée ou trente-cinq livres d'huile.
dans le péricarde. URITUR. Cinabre.
Urine DES JEUNES Rullandus.
COLE'RIQUES. Mercure USFIDA. Scories d'or.
des Philosophes, selon Ar- USIFER. \
téphius. USIFUR. / Soufre.
Urine ou Urine D'EN-& USRUB. Plomb, Sa-
FANTS. Un grand nombre de turne.
Chimistes pensant que l'u- WAMAS. Vinaigre des
rine humaine était la vraie Philosophes.
matière dont les Adeptes VULCAIN, fils de Ju-
font leur mercure, ont tra- piter & de Junon, eut à
vaillé chimiquement l'urine, peine vu le jour que son père
& l'ont fait passer par toutes le jeta du ciel en terre, par-
les opérations de l'Art. C'est ce qu'il le trouva trop laid
de-là que nous sont venus & trop difforme. Il tomba
l'invention du sel armoniac dans la mer, ou Thétis aux
artificiel, l'esprit volatil d'u- pieds d'argent, fille du vieil-
rine, & le phosphore uri- lard Nérée, le reçut, & con-
neux. Raymond Lulle n'a fia son éducation à ses soeurs.
pas peu contribué à cette (Homère.) Vulcain devenu
erreur, par la recette d'une grand, fit son séjour dans
opération sur l'urine inférée l'île de Lemnos. Il épousa
dans ses recettes secrètes, Vénus, ou une des Grâces.
de même que Géber & plu- Cicéron compte plusieurs
sieurs autres Philosophes qui Vulcains. Le premier était,
ont souvent parlé d'urine & dit-il, fils du Ciel: le se-
d'urine d'enfants, quand ils cond du Nil; les Egyptiens
ont traité de leur matière. qui le regardaient comme
Mais Philalèthe a fixé l'idée un de leurs grands Dieux,
qu'on devait appliquer à ces le premier d'entr'eux, &
expressions, lorsqu'il dit leur Dieu tutélaire, le nom-
qu'elles ne signifient autre maient Opas: le troisième
chose que leur magistère par- était fils de Jupiter & de Ju-
fait au blanc, comme on non, ou de Junon seule, se-
peut le voir dans son Traité lon Hésiode: le quatrième
de Vera confectione Lapidis était fils de Ménalius.
Philosophici. L l iv
@

536 VU UV ZU

Les Grecs regardaient temple superbe, & une statue
Vulcain comme le Dieu des colossale haute de soixante-*
Forgerons, & Forgeron lui-* quinze pieds. Les Rois d'E-
même. C'est l'idée qu'en gypte furent pris pendant
donne Diodore de Sicile, longtemps du nombre des
lorsqu'il dit que ce Dieu est Prêtres qui desservaient ce
le premier Auteur des ou- temple. Le boeuf Apis y
vrages de fer, d'airain & était nourri avec beaucoup
d'or, en un mot, de toutes de soins. Voy. Apis. Le lion
les matières fusibles. lui était consacré.
Tous les ouvrages de ce Il n'est pas surprenant
Dieu étaient des chefs-d'oeu- qu'on ait regardé Vulcain
vre, tels que le palais du So- comme le Dieu de ceux qui
leil, la chaise d'or à ressort travaillent aux métaux, puis-
qu'il envoya à Junon pour se qu'il est le feu même qui les
venger d'elle, & dans la- forme dans les entrailles de
quelle cette Déesse se trouva la terre. Les chefs-d'oeuvre
prise comme dans un trébu- qu'on lui attribue sont des
chet, la ceinture de Vénus, ouvrages purement fabuleux
la chaîne imperceptible dans qui indiquent les qualités de
laquelle il arrêta cette Déesse ce Dieu, & la façon même
dans le temps qu'elle était de le représenter avec un
avec Mars, le collier d'Her- bonnet bleu est assez remar-
mione, les armes d'Achille quable. Ne serait-ce pas pour
& celles d'Enée, la couronne la même raison qu'on don-
d'Ariadne, le fameux chien nait à Neptune une espèce
d'airain que Jupiter donna à de manteau bleu. Vulcain
Europe; Pandore, cette fem- est le feu des Philosophes
me qui a tant causé de maux Hermétiques, c'est pourquoi
à la terre; les cymbales d'ai- Hermès & les Egyptiens l'a-
rain dont il fit présent à Mi- vaient en si grande vénéra-
nerve, qui les donna à Her- tion. Voyez l'explication des
cule pour chasser les oiseaux fables inventées à son sujet,
du lac Stymphale; enfin sa dans les Fables Egypt. &
propre maison d'airain. Gr. dévoilées, liv. 1. sect. 3.
Les Egyptiens sont ceux ch. 1. & liv. 3. ch. 11.
qui ont honoré ce Dieu avec UVULCARIA. Laurier
plus de sentiments de gran- d'Alexandrie.
deur & de magnificence. Ils UZIFUR. Cinabre;
lui élevèrent à Memphis un Pierre rouge des Sages.
@

UZ XA XY YA 537

UZURUP. Saturne, Bois de l'arbre qui porte le
plomb. baume.
XYLOCASSIA. Bois de
X. cannelle.
X On trouve l'X dans
quelques Auteurs pour Y.
désigner une once. Y ALOS. Verre.
XANTHE, fleuve de la YARIA ou JARIA.
Troade, autrement appelé Vert-de-gris.
Scamandre. Les Anciens di- YARIM. Vert-de-gris.
saient que l'eau de ce fleuve YCAR. Médecine philo-
avait la propriété de donner sophique.
la couleur d'or à la toison des YDENS. Mercure.
brebis qui en buvaient. YDRICIUM. Argent-*
XENECHDON. Para- vif.
celse a donné ce nom à un YDROCEUM. Mercure
préservatif contre la peste, des Sages.
qu'il composait d'arsenic, de YELDIE. Matière de
dictame, de crapauds & de l'oeuvre Hermétique. Ce ter-
plusieurs simples. On le por- me signifie aussi quelquefois
te en amulette. Rullandus. le mercure.
XENEXTON. Voyez YELION. Verre.
Xenechdon. YERCIA. Poix noire,
XEROMIRUM. On- ou la matière de l'oeuvre en
guent dessiccatif. putréfaction.
XIPHIDIUM. Glaïeul. YESIR. Terre des Sages.
XIPHIUM. Glaïeul. Prenez garde de mettre trop
XIR. Matière de l'oeu- de mercure sur la terre, lors-
vre au noir, ou en putré- que vous l'imbiberez: faites
faction. en sorte qu'elle en soit seule-
XISSIUM. Vinaigre. ment couverte, & ne faites
XISTAN. Vert-de-gris pas surnager le mercure de
en poudre. deux ou trois doigts, comme
XOLOCH COPALLI. disent quelques-uns, parce
Gomme copal. que la terre serait inondée &
XYLAGIUM. Bois submergée; mais lorsqu'Ye-
saint. sir sera simplement imbibé,
XYLOALOES. Bois mettez-le dans votre vase,
d'aloès. que vous scellerez herméti-
XYLOBALSAMUM. quement. Cl. Buccinae.
@

538 YE YH YL YR

YEUX. La Fable dit leur blanche, que les Philo-
qu'Argus avait cent yeux sophes appellent leur argent.
& que Junon les transporta YLE'. Voyez Hylé.
sur la queue du paon, après YLIASTRIQUE. Voy.
que Mercure eut tué Argus Cagastrum.
par ordre de Jupiter, qui YLIASTRUM. Pre-
voulait se défaire de ce gar- mière matière de laquelle le
dien importun, que Junon soufre, le sel & le mercure
avait donné à Io. Ces yeux des Sages ont été faits.
de la queue de paon sont les YN, \
couleurs de l'Iris qui se ma- YOMO, > Vert-de-gris.
nifestent sur la matière de YOS. /
l'oeuvre pendant le cours des YRIDIS. Orpiment.
opérations. V. Argus. YRIS. Fer, Mars.
YEUX DE POISSON. Les YSIR. Pierre des Sages,
Philosophes comparent aux & le mercure duquel on la
yeux de poisson certaines es- fait.
pèces de bulles sulfureuses Z.
qui s'élèvent au-dessus de la
matière de l'oeuvre; ce qui Z signifiait autrefois une
les a engagés à dire qu'il fal- demi-once; mais quel-
lait tendre des filets, & pê- ques-uns l'employaient aussi
cher le poisson Echéneis qui pour un gros.
nage dans la mer philoso- ZAAPH. Pierre des Phi-
phique. Quelques Adeptes losophes, ou leur soufre par-
ont dit que la matière res- venu au rouge. Il est ainsi
semblait alors à du bouillon nommé à cause de sa qualité
gras, sur lequel surnagent des chaude & sèche.
étoiles de graisse: ils ont en ZADDAH. Antimoine.
conséquence nommé la ma- ZAFARAM. Limaille de
tière en cet état Brodium sa- fer brûlée dans un vase de
ginatum. cuivre.
YFIR. Mercure des Phi- ZAFFRAM. Ocre,
losophes réduit en poudre terre minérale qui participe
impalpable, comme les ato- du fer.
mes qui voltigent aux rayons ZAHAU. Magistère au
du soleil. rouge.
YGROPISSOS. Bitume. ZAIBAC. Mercure.
YHARIT. Matière de ZAIBAR. Argent-vif.
l'oeuvre parvenue à la cou-* Paracelse.
@

ZA ZE ZE 539

ZAIDIR. Vénus, & son ZEGI. Vitriol.
vert-de-gris. ZEHERECH ALC-
ZAMBAC. Jasmin. KAS. Vert-de-gris.
ZANCRES. Orpiment. ZEIDA. Mercure.
ZANDARITH. Moyen- ZELOTUM. Pierre mer-
ne substance qui participe du curielle.
corps & de l'esprit, c'est-à-* ZELUS, fils de Pallas &
dire, du volatil & du fixe, de Styx, fut retenu par Ju-
Artéphius l'explique du ma- piter, en récompense de ce
gistère au blanc, & dit que que sa mère avait secouru
c'est la même chose que Cor- Jupiter contre les Géants. Ce
sufle & Cambar. Dieu rendit aussi de grands
ZARAS. Or. honneurs à cette Déesse, la
ZARCA. Jupiter, étain. combla de présents, & vou-
ZARFA. Etain. lut que son nom fût employé
ZARFRAHOR. Mercu- dans le serment inviolable
re des Philosophes. des Dieux.
ZARNE. Orpiment des ZEMASARUM. Cina-
Sages. bre.
ZARNEC ou ZAR- ZEMECH. Pierre Lazul.
NECK. Soufre des Philo- ZEN GIFUER. Ci-
sophes. nabre.
ZARNIC. Orpiment. ZENIC. Mercure des
ZARSRABAR. Argent-* Philosophes.
vif. ZE'PHIRE. Vent enfant
ZATANEA. Fleurs des Dieux. C'est la pierre
d'Agnus-castus. au blanc.
ZAUCRE. Orpiment. ZERACHAR. Mercure.
ZAUHIRON. Safran ZERCI. Vitriol.
oriental. ZERICUM. Arsenic.
ZAZAR. Sucre. ZERIFARI. Petit-lait.
ZEBD. Beurre. ZERNA. Mousse.
ZEBED. Excrément hu- ZERNIC. Orpiment des
main. Philosophes.
ZEBLICIUM. Pierre ZEROBILEM. Zo-
Serpentine. diaque.
ZEC. Gomme Adra- ZERUMBETH. Behen.
gante. ZETE'S, fils d Antiope
ZECO. Tragacanthe. & de Jupiter, & frère d'Am-
ZEFR. Poix. phion. Voyez Amphion.
@

540 ZE Zl ZI ZO

ZETHES ou ZETHUS, se sont imaginés qu'il fallait
fils de Borée & frère de Ca- réduire le zinc en fleurs, puis
laïs, fut un des Argonautes, en sel & en eau ardente, &
& travailla avec son frère à le fixer avec le nitre. La Chi-
délivrer Phinée des Harpyes mie a fait de très belles cho-
qui le tourmentaient sans re- ses avec le zinc.
lâche. Voyez les Fables dé- ZIPAR. Rhubarbe.
voilées, liv. 2. ch. 1. ZIT. Soufre rouge des
ZIBACH. Magistère au Philosophes.
blanc. ZITUM. Bière.
ZIBUTUM. Mercure. ZIVA. Pierre des Sages
ZIMAR. Vert-de-gris. au blanc.
ZIMAX. Vitriol vert ZIZIPHA ou ZIZY-
d'Arabie duquel on fait l'ai- PHA. Jujube.
rain. Planiscampi. ZIZIPHUS ou ZIZY-
ZIMEN. Vitriol. PHUS. Jujube.
ZINCH. Voyez Zink. ZODIAQUE. Cercle
ZINGAR. Vert-de-gris. imaginé dans le Ciel, &
ZINGIFUR. Cinabre. qu'on suppose posé de biais
ZINIAR. Vert-de-gris. entre les deux parties du
ZINIAT. Levain, fer- monde. Il est coupé à angles
ment. obliques de vingt-trois de-
ZINK. Minéral métalli- grés & demi par l'Equateur
que, ou mélange de plusieurs au commencement des si-
métaux non mûrs, au nom- gnes du Bélier & de la Ba-
bre de quatre, mais qui ont lance. Le Zodiaque partage
l'apparence de cuivre. Pla- le Monde obliquement à l'é-
niscampi. Le zinc vulgaire gard de l'Equateur, en deux
est une espèce d'antimoine parties égales, dont l'une est
blanc, qui blanchit l'étain & appelée septentrionale, dans
jaunit le cuivre rouge. C'est laquelle sont les signes sep-
avec lui qu'on fait le similor. tentrionaux; on nomme l'au-
Quelques-uns le font avec la tre partie méridionale, &
tuthie. Plusieurs Chimistes elle contient les signes mé-
ont travaillé sur le zinc, par- ridionaux.
ce qu'ils ont cru qu'il était la L'obliquité du Zodiaque
matière du grand oeuvre. La & le cours biaisant du Soleil
Chimie dévoilée de Delo- contribuent à produire la di-
que & les ouvrages de Res- verse température des sai-
pour en sont une preuve. Ils sons. Ils servent à la généra-
@

ZO ZO 541

tion des choses vivantes en tentrionaux, & les six der-
montant vers notre Zénith, niers méridionaux. On ap-
& à la corruption en descen- pelle encore les six premiers
dant vers le Nadir. ascendants, parce que le So-
On divise ordinairement leil depuis le premier degré
le Zodiaque en douze parties du Capricorne jusqu'à la fin
égales qu'on appelle Signes, des Gémeaux, monte &
dont la suite se compte d'oc- s'approche de notre Zénith,
cident en orient, en com- ou point central; & les six
mençant par le point où le autres descendants, parce que
Soleil avançant de son mou- le Soleil en y passant, s'éloi-
vement propre, passe de la gne de notre Zénith.
partie méridionale du globe Les Astrologues disent que
à la partie septentrionale. lorsqu'une planète se trouve
C'est le premier degré du dans certains de ces signes,
premier signe du printemps elle a plus de vertu, que ses
appelé Aries ou le Bélier. influences sont plus effica-
Ces douze signes occupent ces, & ce signe est appelé
les douze mois de l'année, exaltation; le signe opposé
& le Soleil entre tous les se nomme déjection ou chute,
mois dans un de ces signes, comme si la planète y per-
dont les noms sont le Bélier dait quelque chose de sa ver-
ou Aries, le Taureau ou tu. Ainsi lorsque le Soleil se
Taurus, les Gémeaux ou trouve dans le Bélier, il est
Gemini, l'Ecrevisse ou Can- dans son exaltation, & la
cer, le Lion ou Leo, la Vier- Balance est sa déjection. Le
ge ou Virgo, la Balance ou Taureau est l'exaltation de
Bilance, le Scorpion ou Scor- la Lune, & le Scorpion sa
pius, le Sagittaire ou Sagit- chute. Le Lion est l'exalta-
tarius, le Capricorne ou Ca- tion de Mercure, & le Ver-
pricornus, le Verseau ou seau sa déjection: la Vierge
Aquarius. est aussi l'exaltation de Mer-
Les trois premiers occu- cure & les Poissons sa chute;
pent les trois mois du prin- parce qu'excepté le Soleil &
temps, les trois suivants ceux la Lune, chaque planète a
de l'été, la Balance, le Scor- deux signes d'exaltation &
pion & le Sagittaire se trou- deux de déjection, comme
vent dans l'automne, & les elles ont aussi deux maisons.
trois derniers dans l'hiver. La maison propre du So-
Les six premiers sont sep-* leil est le Lion, celle de la
@

542 ZO ZO

Lune est l'Ecrevisse. Celles pricorne & les Poissons.
de Mercure sont les Gé- Les Egyptiens qui avaient
meaux & la Vierge: le Ca- observé les Astres & mesuré
pricorne & le Verseau sont leur cours, partagèrent l'an-
celles de Saturne, dont la née en mois & en saisons, la
Balance & le Scorpion sont réglant sur le cours du So-
l'exaltation, & le Bélier & leil, & les mois sur celui de
le Taureau la chute. Jupiter la Lune, & divisèrent le Ciel
a pour maisons les Poissons en douze parties, à chacune
& le Sagittaire, pour exal- desquelles ils donnèrent le
tation l'Ecrevisse, & pour nom d'un animal. Lucien
déjection le Capricorne. Les (Traité le l'Astrologie judi-
maisons de Mars sont le Scor- ciaire) ajoute que les Egyp-
pion & le Bélier, son exal- tiens révéraient le boeuf Apis
tation est le Capricorne, & en mémoire du Taureau cé-
sa chute l'Ecrevisse. Vénus leste, & que dans l'Oracle
a pour maison le Taureau & qui lui était consacré, on ti-
la Balance, pour exaltation rait les prédictions de la na-
le Verseau & les Poissons, ture de ce signe, comme les
& pour déjection le Lion & Africains de celle du Bélier,
la Vierge. en mémoire de Jupiter Am-
Ces signes ont aussi des mon qu'ils adoraient sous
qualités relatives à celles des cette figure.
éléments. Trois sont ignés ou Les Egyptiens crurent donc
chauds, savoir le Bélier, le reconnaître quelques quali-
Lion & le Sagittaire; trois tés semblables, quelqu'ana-
aériens, les Gémeaux, la logie dans ces signes & les
Balance & le Verseau; trois animaux qui les représen-
aqueux, le Cancer, le Scor- taient; c'était sans doute ce
pion & les Poissons; trois qui leur avait aussi donné
terrestres, le Taureau, la lieu d'inventer la fable de la
Vierge & le Capricorne. métamorphose des Dieux en
On en compte aussi six animaux, pour éviter de
masculins & diurnes, qui tomber entre les mains de
sont le Bélier, les Gémeaux, Typhon.
le Lion, la Balance, le Sa-
gittaire & le Verseau; & six .. Duxque gregis fit Jupiter,
féminins nocturnes, savoir unde, recurvis
le Taureau, l'Ecrevisse, la Nunc quoque formatur Libys
Vierge, le Scorpion, le Ca-* & cum Cornibus Ammon.
@

ZO ZO 543

Diane avait pris la figure tes ces observations, & s'y
d'une chatte, Fele soror Phoe- sont conformés dans leurs
bi; Bacchus celle d'un bouc, raisonnements sur les sept pla-
Proles Semeleia capro; Ju- nètes terrestres, ou les sept
non celle d'une vache blan- métaux. Ils les ont comparés
che, Niveâ Saturnia vaccâ; aux planètes célestes, & leur
Mercure se cacha sous celle ont supposé un cours qui for-
de l'ibis, Cyllenius ibidis me l'année philosophique.
alis; Vénus sous celle d'un Paracelse dit qu'il faut faire
poisson, Pisce Venus latuit; parcourir à Saturne toutes les
ou, comme dit Manilius, sphères des autres. Basile Va-
(Astr. l. 4.) Inseruitque suos lentin dit dans la 6e Clef:
squammosis piscibus ignes. » Remarques qu'il faut que
Ces qualités chaudes, froi- » tu soulève la Balance cé-
des, aqueuses ou sèches fu- » leste, & que tu mette dans
rent donc les raisons qui en- » le côté gauche le Bélier, le
gagèrent les Egyptiens à » Taureau, l'Ecrevisse, le
donner aux planètes & aux » Scorpion & le Capricorne,
signes du Zodiaque des noms » & dans le côté droit les
d'animaux, & appelèrent » Gémeaux, le Sagittaire, le
ces constellations maisons ou » Verseau, les Poissons & la
lieux dans lesquels les planè- » Vierge; fais que le Lion
tes faisaient leur séjour passa- » porte-or se jette dans le
ger pendant leur cours. » sein de la Vierge, & que
Quand Hermès ou ses Dis- » ce côté-là de la Balance
ciples eurent observé la mê- » pèse plus que l'autre. En-
me analogie entre les planè- » fin que les douze signes du
tes & les signes, ou du moins » Lion Zodiaque faisant leurs
qu'ils eurent imaginé les mê- » constellations avec les sept
mes qualités dans Vénus & » Gouverneurs de l'Univers,
le Taureau, par exemple, » se regardent tous de bon
ils assignèrent le Taureau » oeil, & qu'après que toutes
pour maison à Vénus, Aries » les couleurs seront passées,
pour celle de Mars, Gemini » la vraie conjonction se fasse,
pour celle de Mercure, le » & le mariage, afin que le
Lion pour celle du Soleil, le » plus haut soit rendu le plus
Cancer pour celle de la Lu- » bas, & le plus bas le plus
ne, & ainsi des autres. » haut. »
Les Philosophes Disciples Plusieurs Chimistes Her-
d'Hermès ont eu égard à tou-* métiques ont dit qu'il fallait
@

544 ZO ZO

commencer l'oeuvre au prin- plus haut, ensuite Jupiter en
temps, par le cours du Soleil descendant, puis Mars, le
dans les signes du Bélier, du Soleil, Mercure, Vénus &
Taureau & de Gemini; d'au- la Lune. » Afin que vous
tres en hiver, par le Capri- » puissiez mieux concevoir
corne, le Verseau & les Pois- » comment les métaux s'al-
sons. C'est que les uns en » lient & donnent leur se-
s'exprimant ainsi, ont eu » mence, observez le Ciel
égard à la matière qu'il faut » & les sphères des planè-
prendre pour faire l'oeuvre, » tes, dit le Cosmopolite,
& les autres aux premières » (Tract. 9. ). Voyez que
opérations. Le Cosmopolite » Saturne est le plus élevé,
dit que leur mercure se tire » Jupiter lui succède, puis
du ventre d'Aries, au moyen » Mars, ensuite le Soleil,
de leur acier, que dans un » Venus, Mercure & la Lu-
autre endroit il appelle ai- » ne. Considérez que les ver-
mant; & ajoute qu'il y a un » tus des planètes ne mon-
second acier semblable au » tent pas, mais descendent;
premier, créé par la Nature » & l'expérience nous ap-
même: celui qui saura l'ex- » prend que de Vénus on ne
traire des rayons du Soleil » fait pas Mars, mais bien de
& de la Lune, trouvera ce » Mars Vénus, parce que
que tant de gens cherchent. » celle-ci a sa sphère plus
Un de leurs hiéroglyphes » basse. De même on change
représente Atlas portant sur » aisément Jupiter en Mer-
ses épaules la sphère du Mon- » cure, parce que Jupiter est
de, sur laquelle est marquée » le second en descendant
une partie du Zodiaque, qui » du Ciel, & Mercure le se-
renferme les six signes dont » cond en montant de la
j'ai parlé plus haut, & la fi- » Terre; Saturne est le plus
gure du Soleil entre les signes » haut, & la Lune la plus
des Poissons & du Bélier, & » basse. Le Soleil se trouvant
la Lune s'y trouve placée » au milieu, se mêle avec
entre le Verseau & les Pois- » toutes les autres planètes,
sons. Le Cosmopolite de » mais il ne saurait jamais
concert avec les autres Phi- » être perfectionné par les
losophes & les Astrologues » intérieures. Sachez donc
placent les planètes diffé- » qu'il y a une grande cor-
remment des Astronomes. » respondance entre Saturne
Ceux-ci mettent Saturne le » & la Lune, au milieu des-
» quels
@

ZO ZO 545

» quels le Soleil se trouve tière pendant le cours des
» placé; qu'il y a aussi beau- opérations. L'aérienne mar-
» coup d'analogie entre Ju- que la volatilisation, l'hu-
» piter & Mercure, de même mide ou aqueuse la dissolu-
» qu'entre Mars & Vénus, tion, la terrestre & l'ignée la
» parce que le Soleil se trouve fixation. La dissolution & la
» aussi entre ces planètes. » putréfaction de leur or est
L'Anonyme qui a joint leur hiver; pendant ce temps
une figure hiéroglyphique à là leur Soleil cueilli au prin-
la Table d'Emeraude d'Her- temps, parcourt les signes du
mès, a placé les planètes un Capricorne, du Verseau &
peu différemment; il n'a pas des Poissons. De-là il passe
eu en vue de présenter leur dans les autres signes en ré-
cours, mais seulement leur trogradant toujours, dans
position relative. Il a mis au chaque saison, de manière
haut & sur la même ligne le qu'a la fin il se trouve dans
Soleil & la Lune; au-dessous le lieu de son exaltation d'où
du Soleil, Mars & Saturne; il était parti, & puis dans sa
de l'autre côté sous la Lune, propre maison, qui est le
Vénus & puis Jupiter, & Lion porte-or, comme l'a
Mercure au milieu de toutes. dit Basile Valentin. C'est la
On voit par ce que nous raison pour laquelle cet Au-
avons dit jusqu'ici que le Zo- teur a dit qu'il fallait le met-
diaque des Philosophes n'est tre dans la Balance, & le
pas le même que le Zodia- jeter dans le sein de la Vier-
que céleste, quoique le pre- ge, faisant en sorte que ce
mier ait un grand rapport côté de la Balance pèse plus
par ses qualités avec le se- que l'autre, c'est-à-dire, que
cond. Les signes des Philo- le fixe l'emporte sur le vo-
sophes sont les opérations de latil. Tous les signes aériens
l'oeuvre qu'il faut parcourir & aqueux sont volatils, &
pour parvenir à leur autom- les chauds de même que les
ne, dernière saison de leur terrestres sont fixes. L'air des
année, parce qu'elle est celle Philosophes est caché dans
où ils recueillent les fruits de leur eau, & leur feu dans
leurs travaux. Voyez Sai- leur terre. Celui qui veut
sons. Ces qualités aérien- étudier la Philosophie Her-
nes, aqueuses, chaudes & métique, doit donc faire l'ob-
terrestres sont les états diffé- jet de ses méditations du Zo-
rents où se trouve leur ma-* diaque des Philosophes, ob-
M m
@

546 ZO ZO ZU

server bien sérieusement les ZORABA. Vitriol.
qualités relatives de leurs ZORUMBETH ou ZE-
planètes & de leurs signes; RUBETH, est une espèce
voir en quoi ils diffèrent, & de Zédoaire qui a la racine
en quoi ils se ressemblent, ronde.
pourquoi l'une trouve son ZOTICON. Magistère
exaltation dans un signe qui des Philosophes poussé au
sert de maison à l'autre, & blanc parfait.
d'où cela peut provenir; ZUB ou ZUBD. Beurre.
pourquoi on a placé une pla- ZUCCAIAR ou ZUC-
nète dans un signe plutôt CAR. Fleurs d'Agnus-*
que dans un autre, & enfin castus.
quel rapport ont ces signes ZUMEC. Soufre des
avec les saisons philosophi- Philosophes au rouge.
ques, & la correspondance ZUMELAZULI. Magis-
des planètes relativement à tère parvenu à la rougeur
leur position, tant dans les de pavot.
signes du Zodiaque, que dans ZUNZIFAR. Cinabre.
le Ciel dont parle le Cosmo- ZUNITER ou ZITTER
polite. & ZUVITER. Marcassite.
ZOPISSA. Poix, ZYMAR, Vert-de-gris.

FIN.
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P R I V I L E G E D U R O I.

L OUIS, par la grace de Dieu, Roi de France, &
de Navarre: A nos amés, & féaux Conseillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Re-
quêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Conseil, Prevôt
de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenants Civils,
& autres nos Justiciers qu'il appartiendra; SALUT. Notre
amé le Sieur Jean-Baptiste-Claude BAUCHE, Libraire à
Paris, nous a fait exposer qu'il desireroit faire imprimer, &
donner au Public des Ouvrages qui ont pour titre: Caroli
altionis enumeratio Methodica stirpium Littoris & agri
Niceaensis; Fables Egyptiennes & Grecques, & le DIC-
TIONNAIRE MYTHO-HERME'TIQUE, par Dom PER-
NETY; la Topographie de l'Univers ,par l'Abbé Expilly;
s'il nous plaisoit lui accorder nos Lettres de privilége pour
ce nécessaires: A CES CAUSES, voulant favorablement
traiter l'Exposant, Nous lui avons permis & permet-
tons par ces Présentes de faire imprimer lesdits Ouvrages
autant de fois que bon lui semblera, & de les vendre
& faire vendre & débiter par tout notre Royaume pen-
dant le tems de six années consécutives, à compter du
jour de la date des Présentes. Faisons défense à tous
imprimeurs, Libraires, & autres personnes de quelque
qualité & condition qu'elles soient, d'en introduire d'im-
pression étrangére dans aucun lieu de notre obéissance;
comme aussi d'imprimer ou faire imprimer, vendre, faire
vendre, débiter ni contrefaire lesdits Ouvrages, ni d'en
faire aucun extrait sous quelque prétexte que ce soit, d'aug-
mentation, correction, changement, ou autres, sans la
permission expresse & par écrit dudit Exposant, ou de
ceux qui auront droit de lui, à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits, de 3000 liv. d'amende contre
chacun des contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers
à l'Hôtel-Dieu de Paris, & l'autre tiers audit Exposant,
ou à celui qui aura droit de lui, & de tous dépens, dom-
mages & interêts; à la charge que ces Présentes seront
enrégistrées tout au long sur le Régistre de la Communauté
des Imprimeurs & Libraires de Paris dans trois mois de la

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date d'icelles, que l'impression desdits Ouvrages sera faite
dans notre Royaume, & non ailleurs, en bon papier, &
beaux caractéres, conformément à la feuille imprimée,
attachée pour modéle sous le Contre-scel des Présentes,
que l'Impétrant se conformera en tout aux Réglemens de
la Librairie, & notamment à celui du 10 Avril 1725. qu'a-
vant de les exposer en vente les Manuscrits qui auront servi
de Copie à l'impression desdits Ouvrages, seront remis dans
le même état où l'Approbation y aura été donnée, ès mains
de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier de Fran-
ce le Sieur de Lamoignon, & qu'il en sera ensuite remis
deux Exemplaires de chacun dans notre Bibliothéque
publique, un dans celle de notre Château du Louvre, &
un dans celle de notre très-cher & féal Chevalier, Chan-
celier de France le Sr de Lamoignon; le tout à peine
de nullité des Présentes; du contenu desquelles vous
mandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposant, &
ses ayans causes, pleinement & paisiblement, sans souffrir
qu'il leur soit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons
que la Copie des Présentes qui fera imprimée tout au long
au commencement, ou à la fin dudit Ouvrage, soit tenue
pour dûement signifiée, & qu'aux Copies collationnées
par l'un de nos amés & feaux Conseillers-Secrétaires,
foi soit ajoutée comme à l'Original; commandons au pre-
mier notre Huissier ou Sergent sur ce requis, de faire
pour l'exécution d'icelles tous actes requis & nécessaires,
sans demander autre permission, & nonobstant clameur
de Haro, charte Normande, & Lettres à ce contraires.
CAR tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le 24 jour
du mois d'Octobre, l'an de grace 1757. & de notre Régne
le quarante-troisiéme. Par le Roi en son Conseil.
LE BEGUE.
Registré sur le Registre 14e. de la Chambre Royale des libraires & Imprimeurs de Paris, No. 244. fol. 218. conformement aux anciens Réglemens confirmés par celui du 28 Février 1723. A Paris le 27 Octobre
1757. P. G. LE MERCIER, Syndic.
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