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Réfer. : 1703 .
Auteur : Dom Pernety, Antoine-Joseph.
Titre : Dictionnaire Mytho-Hermétique.
S/titre : Dans lequel on trouve Les Allégories Fabuleuses...
Editeur : Chez Bauche. Paris.
Date éd. : 1758 .
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P R E F A C E.
J Amais Science n'eut plus besoin de Dictionnaire
que la Philosophie Hermétique. Ceux dans les
mains de qui tombent les Livres faits sur cette ma-
tière, ne sauraient en soutenir la lecture une demi-
heure seulement; les noms barbares qu'on y trou-
ve, semblent vides de sens, & les termes équivo-
ques qui sont placés à dessein presque dans toutes
les phrases, ne présentent aucun sens déterminé.
Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit
pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille
noms à une même chose; que leurs Ouvrages ne
sont qu'un tissu d'énigmes, de métaphores, d'allé-
gories, présentées même sous le voile de termes
ambigus, & qu'il faut se défier des endroits qui pa-
raissent faciles à entendre à la première lecture (1).
| (1) Nolite in lectione | mysticis nominibus, & ar-
|
| meorum scriptorum inhae- | canis operationibus; in obs-
|
| rere syllabis, sed legendo | curis enim veritas delitescit,
|
| utiquè considerate naturam, | nec unquam dolosius quam
|
| & ejusdem possibilitatem. | quûm apertè, nec veriùs
|
| Cosm. Praef: in Aenigma. | quam cum obscurè scribunt
|
| Veritatis amator paucos | Philosophi. Arcan. Hermet.
|
| autores, sed optimae notae | Philos. opus, can. 9.
|
| & exploratae fidei manibus | A multiplici verborum si-
|
| terat; facilia intellectu sus- | gnificatione studiosus lector
|
| pecta habeat, maximè in | caveat, dolosis enim anfrac-
|
| | a iij
|
@
ij P R E F A C E.
Ils font mystère de tout, & semblent n'avoir écrit
que pour n'être pas entendus. Ils protestent cepen-
dant qu'ils n'écrivent que pour instruire, & pour
instruire d'une Science qu'ils appellent la clef de
toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain,
de la vérité leur met la plume à la main: la recon-
naissance d'une faveur si signalée que celle d'avoir
reçu du Créateur l'intelligence d'un mystère si re-
levé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont
reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du mystère; ce
serait même un crime digne d'anathème que de
lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire.
Pouvaient-ils se dispenser d'écrire mystérieuse-
ment? Si l'on exposait au grand jour cette Science
dans sa simplicité, les femmes, les enfants même
voudraient en faire l'épreuve: le Paysan le plus
stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ
de Mars comme Jason: il cultiverait la terre phi-
losophique, dont le travail ne serait pour lui qu'un
amusement, & dont les moissons abondantes lui
procureraient d'immenses richesses, avec une vie
très longue, & une santé inaltérable pour en jouir.
Il fallait donc tenir cette Science dans l'obscu-
rité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions,
à l'imitation des anciens Prêtres de l'Egypte, des
Brahmanes des Indes, des premiers Philosophes de
la Grèce & de tous les pays, dès qu'on sentait la
nécessité de ne pas bouleverser tout l'ordre & l'har-
| tibus, & ancipiti oratione, | adulterandae veritatis studio;
|
| imò plerumque contrariâ, | ideo ipsorum scripta voci-
|
| ut videtur Philosophi myste- | bus ambiguis & homony-
|
| ria sua explicant, implican- | mis abundant. Ibid. Can.
|
| dae & occultandae, non | 15.
|
@
P R E F A C E. iij
monie établis dans la société civile. Ils suivaient
en cela le conseil du Sage (1).
Mal à propos traite-t-on de fous les Philosophes
Hermétiques: n'est-ce pas se donner un vrai ridicule
que de décider hardiment que l'objet de leur Science
est une chimère, parce qu'on ne peut pas le péné-
trer, ou qu'on l'ignore absolument? C'est en juger
comme un aveugle des couleurs. Quel cas les gens
sensés doivent-ils donc faire des jugements critiques
de quelques Censeurs sur cette matière, puisque tout
le mérite de ces jugements consiste dans le froid assai-
sonnement de quelques bons mots à l'ombre des-
quels ils cachent leur ignorance, & qu'ils sèment
faute de bon grain, pour faire illusion à des Lecteurs
imbéciles, toujours disposés à leur applaudir. Mé-
ritent-ils qu'on fasse les frais d'une réponse? Non:
on peut se contenter de les envoyer à l'école du
Sage (2). Moins dédaigneux & moins méprisant
que ces Censeurs bouffis d'orgueil & d'ignorance,
& aveuglés par le préjugé, Salomon regardait les
hiéroglyphes, les proverbes, les énigmes & les
paraboles des Philosophes comme un objet qui
méritait toute l'attention & toute l'étude d'un
homme sage & prudent (3).
Je voudrais qu'avant que d'étaler leur mépris
| (1) Sapientes abscondunt | Sapientiam omnium anti-
|
| scientiam. Prov. c. 10. v. 14. | quorum exquiret sapiens, &
|
| (2) Homo versutus celat | in Prophetis vocabit.... in
|
| scientiam. Ibid. c. 12. v. 23. | versutias parabolarum simul
|
| (3) Sapiens animadvertet | introibit; occulta proverbio-
|
| parabolam & interpretatio- | rum exquiret, & in abscon-
|
| nem, verba sapientum & | ditis parabolarum conversa-
|
| aenigmata eorum. Ibid. c. 1. | bitur. Ecclesiastici, cap. 39.
|
| | a iv
|
@
iv P R E F A C E.
pour la Philosophie Hermétique, ils prissent la
peine de s'en instruire. Sans cette précaution ils
s'attireront à bon droit le reproche, que
les insensés
méprisent la science & la sagesse, & qu'ils ne se re-
paissent que d'ignorance; & je leur dirai avec Ho-
race:
Odi prophanum vulgus & arceo. C'est en
effet au sujet de ces mêmes mystères que les an-
ciens Prêtres disaient:
Procul ô procul este pro-
phani.
Mon Traité des Fables Egyptiennes & Grecques
développe une partie de ces mystères. De l'obliga-
tion dans laquelle j'étais de parler le langage des
Philosophes, il en est résulté une obscurité qu'on
ne peut dissiper que par une explication particu-
lière des termes qu'ils emploient, & des méta-
phores qui leur sont si familières. La forme de Dic-
tionnaire m'a paru la meilleure, avec d'autant plus
de raison qu'il y peut servir de Table raisonnée,
par les renvois que j'ai eu soin d'inférer, quand il
a été question d'éclaircir des fables déjà expli-
quées.
Beaucoup de gens regardent la Médecine Para-
celsique comme une branche de la Science Hermé-
tique; & Paracelse son auteur ayant, comme les
Disciples d'Hermès, fait usage de termes barbares,
ou pris des autres langues, j'ai cru rendre service
au Public d'en donner l'explication suivant le sens
dans lequel ils ont été entendus par Martin Rul-
land, Johnson, Planiscampi, Becker, Blanchard
& plusieurs autres. Si je n'ai pas toujours cité ces
Auteurs, non plus que les Philosophes Herméti-
ques, je les ai rappelés assez souvent pour con-
vaincre le Lecteur que je ne parle ordinairement
@
P R E F A C E. v
que d'après eux. Ceux qui les ont lus avec atten-
tion, les y reconnaîtront aisément.
Afin que le Lecteur puisse juger que mes expli-
cations des termes & des métaphores des Philoso-
phes, ne sont pas arbitraires & de mon invention,
je rapporterai ici quelques-uns de leurs textes
avec lesquels il pourra les comparer. Il y verra
d'ailleurs qu'ils sont tous d'accord entr'eux, quoi-
qu'ils s'expriment différemment.
Les Sages, dit Isaac Hollandais, ont donné beau-
coup de noms différents à la pierre. Après qu'ils ont
eu ouvert & spiritualisé la matière, ils l'ont ap-
pelée une
Chose vile. Quand ils l'ont eu sublimée,
ils lui ont donné les noms de
Serpent & des
Bêtes
venimeuses. L'ayant calcinée, ils l'ont nommée
Sel ou quelqu'autre chose semblable. A-t-elle été
dissoute, elle a pris le nom d'
Eau, & ils ont dit
qu'elle se trouvait partout. Lorsqu'elle a été ré-
duite en huile, ils l'ont appelée une
Chose vis-
queuse, & qui se vend partout. Après l'avoir con-
gelée, ils l'ont nommée
Terre, & ont assuré qu'elle
était commune aux pauvres & aux riches. Quand
elle a eu acquis une couleur blanche, ils lui ont
donné le nom de
Lait Virginal, & ceux de toute
autre chose blanche que ce puisse être. Lorsque de
la couleur blanche elle a passé à la rouge, ils l'ont
nommée
Feu & de tous les noms des choses rou-
ges. Ainsi dans les dénominations qu'ils ont don-
nées à la pierre, ils ont eu égard aux différents états
où elle se trouve jusqu'à sa perfection.
Liv. I.
ch.
126.
de ses oeuvres sur les Minéraux.
Ce mélange de trois choses s'appelle Pierre bé-
nite, minérale, animale, végétale, parce qu'elle
@
vi P R E F A C E.
n'a point de nom propre.
Minérale, parce qu'elle
est composée de choses minérales;
végétale, parce
qu'elle vit, & végète;
animale, parce qu'elle a un
corps, une âme & un esprit, comme les animaux.
De son ventre noir on l'appelle
Noir fétide. On la
nomme encore dans cet état,
Chaos, Origine du
monde, Masse confuse, pour moi je l'appelle
Terre.
Notre eau prend les noms des feuilles de tous les
arbres, des arbres-mêmes, & de tout ce qui pré-
sente une couleur verte, afin de tromper les in-
sensés. On l'appelle aussi
Eau bénite, la tempé-
rance des Sages, Vinaigre très aigre, Corps disso-
luble, Gomme des Philosophes, Chose vile, chère,
précieuse, Corps dur & opaque, mol & transparent,
Exaltation de l'eau, Angle de l'oeuvre. Observez
qu'on appelle le Soleil & la Lune le père & la
mère de la pierre dans la composition de l'élixir,
ce que dans l'opération de la même pierre, on ap-
pelle
Terre ou
Nourrice. Arnaud de Villeneuve,
Comment. sur Hortulain, pag. 25. & 35.
La pierre des Philosophes est une, mais on lui
donne une infinité de noms, parce qu'elle est
aqueuse, aérienne, terrestre, ignée, phlegmati-
que, colérique; elle est soufre & argent-vif; ses
superfluités se changent en une véritable essence,
avec l'aide de notre feu: & qui veut en ôter quel-
que chose, ne parviendra jamais à la perfection de
l'oeuvre. Les Philosophes n'ont jamais dévoilé ce
secret.
Pontanus, Epître.
Notre pierre se nomme d'une infinité de ma-
nières, car elle prend les noms de toutes les choses
noires. Lorsqu'elle quitte la noirceur, les noms
qu'on lui donne rappellent les choses dont la vue
@
P R E F A C E. vij
égaie & fait plaisir, comme les blanches & les
rouges. Ce n'est cependant qu'une seule chose.
Ri-
plée, ch. 3.
du Supplément. Si vous l'appelez eau,
vous dites vrai, si vous dites qu'elle n'est pas eau,
vous ne le niez pas à tort.
Ibid. pag. 139.
Lorsqu'on cuit ces principes avec prudence &
sagesse, on en fait une chose qui prend beaucoup
de noms. Lorsqu'elle est rouge, on l'appelle
Fleur
d'or, Ferment de l'or, Colle d'or, Soufre rouge,
Orpiment. Quand elle est encore crue, on la nomme
Plomb d'airain, Verge & Lame de métal. Les Phi-
losophes appellent l'airain
Monnaie, Ecu; & la
noirceur
Plomb. Ibid. pag. 142.
Notre eau s'appelle Eau de vie, Eau nette, Eau
permanente & perpétuelle, & d'une infinité d'au-
tres noms. On la nomme
Eau de vie, parce qu'elle
donne la vie aux corps morts, & qu'elle purifie &
illumine ce qui est corrompu & souillé.
Arnaud de
Villeneuve, Miroir d'Alchymie, pag. 11. & 27.
L'argent vif est appelé le Père dans la généra-
tion des métaux, la
Véritable vigne, Plomb, Phé-
nix, Pélican, Tantale, Dédale, Serpent, Fon-
taine, Puits, Porte, Argent-vif des Philosophes,
Présure, Lait, Ferment, Serf fugitif & de beau-
coup d'autres noms.
Desiderabile, pag. 71.
Pendant que l'oeuvre est encore cru, notre
argent-vif s'appelle
Eau permanente, Plomb, Cra-
chat de la Lune, Etain. Lorsqu'il est cuit il se
nomme
Argent, Magnésie, Soufre blanc. Quand
il a pris la couleur rouge, on lui donne les noms
d'
Orpiment, de
Corail, d'
Or, de
Ferment, de
Pierre, d'
Eau lucide. Ibid. pag. 22.
Notre eau prend quatre couleurs principales; la
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viij P R E P A C E.
noire comme du charbon, la blanche comme la
fleur de lys, la jaune semblable à la couleur des
pieds de l'émerillon, & la rouge pareille à la cou-
leur du rubis. On appelle la noire
Air, la blanche
Terre, la jaune
Eau, & la rouge
Feu. Ibid. p. 100.
Le suc de lunaire, l'eau-de-vie, la quintessence,
le vin ardent, le mercure végétable ne sont qu'une
même chose. Le suc de lunaire se fait de notre vin,
connu de peu de personnes; c'est avec lui que nous
faisons notre dissolution & notre or potable; sans
lui nous ne pouvons rien faire.
Rosarium.
Notre pierre est comme les animaux, composée
d'un corps, d'une âme & d'un esprit. Le corps im-
parfait s'appelle
Corps, le ferment
Ame, & l'eau
Esprit. Le corps imparfait est pesant, infirme &
mort; l'eau le purge & le purifie en le subtilisant
& en le blanchissant; le ferment donne la vie au
corps, & lui donne une meilleure forme. Le corps
est Vénus, ou la femelle; l'esprit est Mercure, ou
le mâle, & l'âme est composée du Soleil & de la
Lune.
Ibid.
L'eau des Philosophes s'appelle le Vase d'Her-
mès; c'est d'elle qu'ils ont dit, toutes les opéra-
tions se font dans notre eau; savoir, la sublima-
tion, la distillation, la calcination, la solution &
la fixation. Elles se fond dans cette eau comme dans
un vase artificiel: ce qui est un grand secret.
Ibid.
pag. 193.
Cambar, Ethelia, Orpiment, Zendrio, Ebse-
meth, Magnésie, Chuhul sont des noms de notre
argent-vif sublimé du Cambar. Lorsqu'il est par-
venu au blanc, on l'appelle
Plomb d'Eburich, Ma-
gnésie, Airain blanc. Sentent. 54.
@
P R E F A C E. ix
Les Philosophes ont donné beaucoup de noms
différents à cette pierre, afin d'obscurcir la science;
car lorsqu'elle a été mise dans le vase physique, elle
prend différents noms suivant les diverses couleurs
qui lui surviennent: pendant la putréfaction elle se
nomme
Saturne, & après
Magnésie. Miroir d'Ar-
naud de Villeneuve.
Terre feuillée, Soufre blanc, Fumée blanche,
Orpiment, Magnésie & Ethel signifient la même
chose.
La Tourbe.
On appelle le corps Fer, Mars, Carmot, Al-
magra, Vitriol, Sang, Huile rouge, Urine rouge,
Jeunesse, Midi, Eté, Mâle, & de plusieurs autres
noms qu'on lui a donné respectivement à sa couleur
& à ses propriétés.
Ibid.
D E S O P E R A T I O N S.
Notre magistère se fait d'une seule chose, par une
seule voie, & par une même opération.
Lilium.
Vous n'avez besoin que d'une chose, savoir no-
tre eau; & d'une seule décoction, qui est de cuire:
il n'y a qu'un seul vase pour le blanc & pour le
rouge.
Alphidius.
Quoique les Sages parlent de beaucoup de choses
& de divers noms, ils n'ont cependant entendu
parler que d'une seule chose, d'une seule disposi-
tion, & d'une seule voie.
Morien.
Le blanc & le rouge sortent d'une même racine,
sans mélange de choses d'une autre nature. Nous
n'y ajoutons rien d'étranger, & nous n'en ôtons
rien, sinon les superfluités pendant la préparation.
Ibid.
@
x P R E F A C E.
Rhasis après avoir dit la même chose, ajoute:
Cette matière se dissout elle-même, se marie, se
blanchit, se rougit, devient noire, safranée, &
se travaille elle-même jusqu'à la perfection de
l'oeuvre.
Sachez que si vous prenez autre chose que notre
airain, & que vous le travailliez avec autre chose
qu'avec notre eau, vous ne réussirez pas. La Tourbe.
Du nombre des Matières qui composent
le Magistère.
Notre pierre doit se faire du Soleil & de la Lune:
de ces deux l'un doit être un mâle rouge, & une
femelle blanche.
Isaac Hollandais, liv. 1.
ch. 61.
La conjonction du Soleil & de la Lune fait notre
pierre; le Soleil tire la substance de la Lune, & lui
donne sa propre couleur & sa nature. Ce qui se fait
par le feu de la pierre.
Raymond Lulle, Codicille.
Notre pierre ne se fait pas d'une chose indivi-
duelle, mais de deux choses, qui étant de même
nature n'en sont qu'une seule.
Le même.
Le Soleil est son père, & la Lune sa mère. Le
vent l'a porté dans son ventre.
Hermès.
Il n'entre dans notre magistère que le frère & la
soeur, c'est-à-dire, l'agent & le patient, le soufre &
le mercure.
Aegidius de Vadis.
Notre argent-vif est une eau claire, notre arsenic
est un argent pur, & notre soufre un or très pur.
Toute la perfection du magistère consiste dans ces
trois choses.
Il n'y a qu'une pierre; cette chose unique n'est
pas une en nombre, mais en genre; comme le
@
P R E F A C E. xj
mâle & la femelle sont seuls suffisants pour engen-
drer, de même la pierre des Philosophes se fait de
deux choses, de l'esprit & de l'âme, qui sont le
Soleil & la Lune; on y ajoute un troisième, le corps
métallique, sans que ce nombre de deux en soit
augmenté, parce que ce corps métallique est com-
posé des deux autres.
Scala Philosophorum.
Dans notre composé se trouvent le Soleil & la
Lune en vertu & en puissance, & le mercure en
nature.
Ludus puerorum, pag. 137.
Joignez votre fils très cher à sa soeur blanche par
parties égales, & donnez leur un breuvage d'a-
mour, dont ils boiront jusqu'à s'enivrer, & jusqu'à
ce qu'ils feront réduits en poudre très subtile. Sou-
venez-vous cependant que les choses pures & nettes
ne s'unissent qu'à celles qui le sont: sans cette atten-
tion, ils engendreraient des enfants différents d'eux-
mêmes, & impurs.
Aristote le Chimiste.
Le Dragon ne meurt que mêlé avec son frère &
sa soeur.
Rosarium.
Trois choses suffisent pour tout le magistère,
savoir la fumée blanche, l'eau céleste, & le Lion
vert, c'est-à-dire, l'airain d'Hermès, & l'eau fétide
qui est la mère des métaux, avec laquelle on fait
l'élixir depuis le commencement jusqu'à la fin.
Ibid.
La matière des Philosophes est eau, mais une
eau composée de trois choses: le Soleil est le mâle,
la Lune est la femelle, & le Mercure est le sperme.
Car pour engendrer, outre le mâle & la femelle, il
faut une semence.
Ibid.
Il n'entre qu'un seul corps immonde dans notre
magistère, les Philosophes l'appellent communé-
@
xij P R E F A C E.
ment
Lion vert. C'est le milieu ou moyen pour
joindre les teintures entre le Soleil & la Lune, Ces
deux principes matériels & formels doivent être
dissous.
Riplée.
Rien n'est engendré que par son espèce, & les
fruits ne produisent que des fruits semblables. L'eau
des Philosophes est le ferment des corps, & les corps
sont leur terre, même après qu'ils sont devenus
noirs par la préparation du feu. Les Philosophes
leur donnent alors le nom de
Feu noir; & dans
la seconde opération, ceux de
Charbon de la mon-
tagne, Poix, Antimoine, Alcali, Sel alcali,
Marcassite, Magnésie, Argent-vif extrait de Cam-
bar, leur Chaux, Verre & Eau mondifiée. Rosinus
à la fin du premier livre à Euthicte.
Joignez un mâle vivant avec une femelle vi-
vante, afin qu'ils forment un sperme, & qu'ils en-
gendrent un fruit de leur espèce.
Cosmopolite.
Notre eau est une eau céleste, qui ne mouille
pas les mains; ce n'est pas l'eau vulgaire, mais elle
semble presque l'eau de pluie. Le corps est l'or qui
donne la semence. La Lune (qui n'est pas l'argent
vulgaire) reçoit la semence de l'or. Le même.
Des Opérations.
Les noms de décoction, commixtion, mélange,
sublimation, contrition, dessèchement, ignition,
déalbation, rubification, & de quelqu'autre nom
qu'on puisse appeler l'opération, ce n'est qu'un
seul régime qu'on nomme simplement
décoction
&
contrition. Alanus.
Sachez que toutes les opérations appelées pu-
tréfaction,
@
P R E F A C E. xiij
tréfaction, solution, coagulation, ablution & fixa-
tion, consistent dans la seule sublimation, qui se
fait dans un seul vase, & non dans plusieurs, dans
un seul four.
Arnaud de Villeneuve.
Résoudre, calciner, dissoudre, sublimer, tein-
dre, laver, cuire, rafraîchir, arroser, extraire, coa-
guler, humecter, imbiber, fixer, broyer, réduire
en poudre, distiller, dessécher, sont une même
chose.
Le même.
Gardez-vous bien de penser que lorsque nous
parlons de sublimation, ou que nous sublimons en
effet, nous entendions parler de séparation de la
matière qui est au fond du vase d'avec celle qui est
au-dessus. Dans notre sublimation les parties fixes
ne s'élèvent pas, mais seulement les volatiles.
Alanus.
L'ingression, la submersion, la conjonction, la
complexion, la composition & le mélange ne sont,
dans notre Art, qu'une même chose.
Avicenne.
Du Feu.
Souvenez-vous de donner toujours un feu très
doux, l'ouvrage pourra en être plus long.
Isaac Hol-
landais, liv. 1.
ch. 9.
Toutes les fois que la pierre changera de couleur,
vous augmenterez le feu peu à peu, jusqu'à ce que
tout demeure fixe dans le fond.
Le même.
Notre feu est minéral & égal; il est continuel; il
ne s'élève point en vapeurs à moins qu'on ne l'ex-
cite trop; il participe du soufre; il se prend d'ail-
leurs que de la matière; il dissout tout, détruit,
congèle, calcine; & ce feu, avec un feu doux,
@
xiv P R E F A C E.
achève l'oeuvre.
Pontanus. Le Trévisan dit la même
chose en mêmes termes.
Le feu du premier degré est semblable à celui de
la poule qui couve ses oeufs pour faire éclore des
poussins, ou comme la chaleur naturelle qui digère
la nourriture pour la tourner en substance des corps,
ou comme celle du fumier, ou enfin comme celle
du Soleil dans Aries. C'est pourquoi quelques Phi-
losophes ont dit qu'il fallait commencer l'oeuvre le
Soleil étant dans ce signe, & la Lune dans celui du
Taureau. Ce degré de feu doit durer jusqu'à la blan-
cheur; lorsqu'elle paraît, on augmente le feu peu
à peu jusqu'à la parfaite dessiccation de la pierre:
cette chaleur est semblable à celle du Soleil lors-
qu'il passe du signe du Taureau à celui des Gémeaux.
La pierre étant desséchée est réduite en cendres, on
fortifie le feu jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite-
ment rouge, & qu'elle prenne le manteau royal.
Cette chaleur se compare, & est la même que celle
du Soleil dans le signe du Lion.
Scala Philoso-
phorum, pag. 107.
Le mercure est un feu; ce qui a fait dire au Phi-
losophe: Sachez que le mercure est un feu, qui
brûle les corps beaucoup mieux que le feu com-
mun.
Rosarium.
La chaleur de votre feu doit être celle de la cha-
leur du Soleil au mois de Juillet; afin que par une
douce & longue cuisson, votre eau s'épaississe, &
se change en terre noire.
Le même.
Notre argent-vif en un feu qui brûle tout corps
avec plus d'action que le feu commun; il les mor-
tifie en même temps; il réduit en poudre, & tue
tout ce qu'on mêle avec lui.
La Tourbe.
@
P R E F A C E. xv
Du Vase.
Le vase des Philosophes est leur eau. Hermès,
Ludus puerorum.
Nous n'avons besoin que d'un vase, d'un four-
neau, & d'une seule opération ou régime; ce qui
doit s'entendre après la première préparation de la
pierre.
Flamel. L'Auteur du Rosaire s'exprime ab-
solument dans les mêmes termes.
Les vases requis pour l'oeuvre s'appellent Alu-
del, Crible, Tamis, Mortier, parce que la matière
s'y broie, s'y purifie & s'y perfectionne.
Calid.
Le vase doit être rond, avec un cou long, un
orifice étroit, fait de verre, ou d'une terre de même
nature, & qui en ait la compacité; l'ouverture sera
scellée.
Bachon.
Du Temps.
Il nous faut un an pour parvenir au but de nos
espérances. Nous ne saurions en moins de temps
former notre chaux.
Riplée.
Le temps requis pour la perfection de l'élixir est
au moins d'un an.
Rosaire.
Les Philosophes ont déterminé plusieurs durées
de temps pour la cuisson de notre Art. Quelques-uns
l'ont fixée à un an, d'autres à un mois, d'autres à
trois jours, d'autres enfin à un seul. Mais de même
que nous appelons
un jour la durée du temps que
le soleil met à parcourir le ciel depuis l'orient jus-
qu'à l'occident, les Sages ont nommé un jour l'in-
tervalle qui s'écoule depuis le commencement de
la cuisson jusqu'à la fin. Ceux qui parlent d'un
@
xvj P R E F A C E.
mois, ont égard au cours du Soleil dans un signe
du Zodiaque. Ceux qui font mention de trois jours,
considèrent le commencement, le milieu & la fin
de l'oeuvre: & ceux enfin qui fixent ce temps à un
an, le disent eu égard aux quatre couleurs qui for-
ment leurs quatre saisons.
Anonymus.
Des Couleurs.
Quand vous verrez la noirceur, soyez assuré que
la véritable conjonction est faite. Avant que la vé-
ritable couleur blanche se manifeste, la matière
prendra toutes les plus belles couleurs du monde
en même temps. Vous verrez sur les bords de la
matière de la pierre, comme des pierres précieuses
orientales, & comme des yeux de poissons. Alors
soyez assuré que la véritable blancheur ne tardera
pas à paraître.
Isaac Hollandais.
Le secret de notre véritable dissolution est la
noirceur de charbon faite du Soleil & de la Lune:
cette noirceur indique une conjonction & une
union si intime de ces deux, qu'ils seront à l'ave-
nir inséparables: ils se changeront en une poudre
très blanche.
Raymond Lulle.
Au bout de quarante jours que la matière aura
été mise à une chaleur lente & médiocre, elle de-
viendra noire comme de la poix, ce que les Phi-
losophes appellent Tête de corbeau, & le Mercure
des Sages.
Alanus.
La chaleur agissant sur l'humidité produit pre-
mièrement la noirceur, puis la blancheur, de cette
blancheur la couleur citrine, & de celle-ci la rouge
Arnaud de Villeneuve.
@
P R E F A C E. xvij
Quelques-uns ont dit qu'on voyait pendant le
cours de l'oeuvre toutes les couleurs qu'on peut ima-
giner; mais c'est un sophisme des Philosophes, car
les quatre principales seulement se manifestent. Ils
ne l'ont dit que parce que ces quatre sont la source
de toutes les autres. La couleur rouge signifie le
sang & le feu; la citrine la bile & l'air; la blanche
le phlegme & l'eau; la noire la mélancolie & la
terre. Ces quatre couleurs sont les quatre élé-
ments.
Rosaire.
Du style énigmatique.
Ce serait une folie de nourrir un âne avec des
laitues ou d'autres herbes rares, disent plusieurs
Philosophes, puisque les chardons lui suffisent. Le
secret de la pierre est assez précieux pour en faire un
mystère. Tout ce qui peut devenir nuisible à la So-
ciété, quoiqu'excellent par lui-même, ne doit point
être divulgué, & l'on n'en doit parler que dans des
termes mystérieux.
Harmonie Chymique.
Notre Science est comme une partie de la Ca-
bale, elle ne doit s'enseigner clairement que de
bouche à bouche. Aussi les Philosophes n'en ont-ils
traité que par énigmes, par métaphores, par allé-
gories, & par des termes équivoques: on en devi-
nerait autant dans le silence de Pythagore, que
dans leurs écrits.
Aegidius de Vadis, cap. 10. Les
secrets prophétiques, naturels, spagyriques & poé-
tiques sont pour la plupart cachés sous le même
voile.
Ibid.
La plupart des Traités composés sur cette Science
(Hermétique) sont si obscurs & si énigmatiques
@
xviij P R E F A C E.
qu'ils sont inintelligibles à tout autre qu'à leurs
Auteurs.
Margarita Novella.
Celui qui se dégoûtera aisément de la lecture des
livres des Philosophes, n'est pas fait pour la Science
& n'y parviendra pas. Un livre en éclaircit un autre;
l'un dit ce que l'autre a omis. Mais il ne faut pas
s'imaginer qu'une lecture d'un même livre suffise
pour en avoir l'intelligence, deux, trois & même
dix fois répétée elle n'est pas capable de mettre au
fait de ce qu'on désire apprendre.
Bacaser in Turba.
Cette Science est un don de Dieu, & un mystère
caché dans les livres des Philosophes, sous le voile
obscur des énigmes, des métaphores, des paraboles
& des discours enveloppés, afin qu'elle ne vienne
pas à la connaissance des insensés qui en abuse-
raient, & des ignorants qui ne se donnent pas la
peine d'étudier la Nature. Ceux qui désirent y par-
venir doivent s'appliquer à éclaircir leurs esprits
en lisant avec attention, & en méditant les textes
& les sentences des Philosophes, sans s'amuser à la
lettre, mais au sens qu'elle renferme.
Aurora Con-
surgens.
Recourez à Dieu, mon fils, tournez votre coeur
& votre esprit vers lui, plutôt que vers l'Art; car
cette Science est un des plus grands dons de Dieu,
qui en favorise qui il lui plaît. Aimez donc Dieu
de tout votre coeur & de toute votre âme, & votre
prochain comme vous-même; demandez cette
Science à Dieu, avec instance & persévérance, & il
vous l'accordera.
Alanus.
Toute sagesse vient de Dieu, & a été avec lui
de toute éternité. Celui donc qui désire la sagesse
doit la chercher dans Dieu, & la lui demander;
@
P R E F A C E. xix
parce qu'il la distribue abondamment, sans repro-
che. Il est le principe & la fin, la hauteur & la pro-
fondeur de toute science, & le trésor de toute sa-
gesse; car de lui, dans lui & par lui sont toutes
choses, & sans lui on ne peut réussir à rien de bien.
A lui donc soit honneur & gloire dans tous les siè-
cles des siècles.
Albert le Grand dans la Préface
de son Traité d'Alchymie.
J'aurais pu multiplier le nombre de ces textes
des Philosophes: on en trouverait plus qu'il n'en
faut pour former un gros volume; mais ceux-là
suffiront pour mettre le Lecteur au fait de la ma-
nière de s'expliquer de ceux qui ont écrit sur la ma-
tière & les procédés de la Science Hermétique. Ce
nuage épais qu'on trouve répandu dans tous leurs
ouvrages, cette obscurité affectée, ce mystère que
si peu de gens peuvent pénétrer, sont sans contredit
la véritable raison qui a fait & fait encore regarder
la Pierre Philosophale comme une chimère, mal-
gré le témoignage de tant d'Auteurs, & les faits
comme certains qui déposent en faveur de sa réalité.
Les Savants, dit-on, la traitent d'extravagance &
de folie. Que conclure de-là? Ne serait-ce pas une
preuve, que ceux qu'on appelle Savants, sont bien
éloignés de tout savoir? & qu'ils pourraient dire
d'eux à plus juste titre ce qu'un ancien Sage de la
Grèce disait de lui-même:
J'ignore tant de choses,
que je puis dire, je sais seulement que je ne sais
rien. Ignore-t-on d'ailleurs que les découvertes ex-
traordinaires, telles, par exemple, que celle de la
poudre & de ses effets, n'ont d'abord trouvé dans
les Savants-mêmes que des railleurs & des incré-
dules? Ce qu'on nomme la science a souvent ses
@
xx P R E F A C E.
préjugés infiniment plus difficiles à vaincre que
l'ignorance même. Il me semble que plus un
homme a d'étendue de génie & de connaissances,
moins il doit nier, & plus il doit voir de possibilité
dans la Nature. A être crédule il y a plus à gagner
qu'à perdre. La crédulité engage un homme d'es-
prit dans des recherches qui le désabusent, s'il était
dans l'erreur, & qui toujours l'instruisent de ce
qu'il ignorait.
DICTIONNAIRE
@
D I C T I O N N A I R E
M Y T H O - H E R M E T I Q U E
| ABAM est | Amethée & Nonius; d'au-
|
| le même que | tres, avec Claudien (lib. 1.
|
| plomb. | de raptu Proserpinae), en
|
| AABARTA- | admettent quatre, Aethon,
|
| MEN. Voyez | Orphné, Nycté & Abastor.
|
| Saturne. Ruland. | Leurs noms seuls déclarent
|
| ABADIR. Pierre que | ce qu'on entendait par ces
|
| Rhée substitua à Jupiter | chevaux, c'est-à-dire, la pu-
|
| qu'elle venait de mettre au | tréfaction & la volatilisation
|
| monde, & qu'elle présenta | de la matière des Philoso-
|
| à Saturne qui devait le dé- | phes dans le vase, pendant
|
| vorer. Priscien. | que cette matière est au noir,
|
| Dans le système des Phi- | ou qu'elle a atteint la couleur
|
| losophes Hermétiques, c'est | noire, signe de la véritable
|
| la fixation de la matière, qui | dissolution. L'un de ces noms
|
| commence au règne de Ju- | signifie noir, l'autre obscur,
|
| piter, après la couleur noire. | le troisième nuit, &c. Voyez
|
| Voyez Jupiter, Satur- | les Fables Egyptiennes &
|
| ne, Rhée, Règne, & le | Grecques dévoilées, liv. 3.
|
| livre 3. des Fables Egyp- | chap. 6.
|
| tiennes & Grecques dévoi- | ABESAMEN est la boue
|
| lées, chap. 3. & suiv. | ou le cambouis qui s'atta-
|
| ABASTER, ABAS- | che aux essieux des roues.
|
| TOR. Nom d'un des che- | Johnson.
| vaux qui tirait le char de | ABLUTION en termes
| | Pluton. Les uns n'en ont | de Philosophie Spagyrique,
| | compté que trois, Abaster, | ne signifie pas l'action de la-
| | | A
| |
@
| ver quelque chose avec de | tion sur Abramane & Zo-
|
| l'eau ou autre liqueur; mais | roastre. Elle a pour titre:
|
| purifier la matière qui est en | Eloge du Poëme lyrique de
|
| putréfaction, au moyen d'un | l'Opera de Zoroastre. A Pa-
|
| feu continué sans interrup- | ris, chez d'Houry fils, 1750.
|
| tion, jusqu'à ce que la ma- | Voyez Amelite.
|
| tière de noire devienne blan- | ABREUVER, c'est di-
|
| che. Voici les termes de l'un | gérer, cuire la matière du
|
| d'entr'eux. Ablution est une | grand oeuvre. On dit abreu-
|
| aspersion ou lavement de la | ver, parce que cette matière
|
| noirceur, tache, souillure, | en se volatilisant, monte en
|
| puanteur, &c. de la matière, | espèce de vapeurs, qui re-
|
| par la continuation du se- | tombent sur la terre demeu-
|
| cond degré du feu d'Egypte. | rée au fond du vase. Voyez
|
| Anonymus Epist. ad Nort- | Laver, Lavements.
|
| man. filium dilectum. | ABRIC, c'est le soufre
|
| Le même dit ailleurs que | des Philosophes, non le sou-
|
| les Philosophes entendent | fre du vulgaire, ou tout autre
|
| aussi par les eaux, les rayons | soufre minéral ou métallique
|
| & la lueur de leur feu. | naturel. Voyez Soufre.
|
| Les Anciens ont caché | ABSEMIR, un des noms
|
| cette ablution sous l'énigme | que les Philosophes ont don-
|
| de la Salamandre, qu'ils di- | né à la matière de l'Art.
|
| sent se nourrir dans le feu ; & | ABSYRTHE, frère de
|
| du lin incombustible, qui s'y | Médée, qu'elle coupa en
|
| purifie, & s'y blanchit, sans | morceaux, & dont elle dis-
|
| s'y consumer. | persa les membres sur le
|
| ABNELEITEM, c'est | chemin qu'elle prit, en s'en-
|
| l'alun. | fuyant avec Jason. Cette fa-
|
| ABOIT ou ABIT, c'est | ble ne signifie autre chose
|
| la céruse. | que la dissolution de la ma-
|
| ABRAMANE est un | tière dans la seconde opéra-
|
| nom supposé pour former la | tion de l'oeuvre. Voyez les
|
| fiction de Zoroastre sur la | Fables dévoilées, liv. 2. c. 1.
|
| création du monde, & la | ABYLA, montagne d'A-
|
| manifestation de la lumière. | frique auprès du détroit de
|
| Un Auteur anonyme, qui | Gibraltar. C'est une des co-
|
| s'arroge le nom de Philoso- | lonnes d'Hercule. On la
|
| phe Hermétique sans l'être | nomme aujourd'hui Almi-
|
| en effet, a fait une disserta- | na. Voyez les Fables Egyp-
|
@
| AC | AC 3
|
| |
|
| tiennes & Grecques dévoi- | de ce que, par sa vertu acti-
|
| lées, liv. 5. | ve, il purifie leur leton, &
|
| ACAID. C'est un des | le fait passer de la couleur
|
| noms barbares que les Chi- | noire à la blanche, qu'ils ap-
|
| mistes ont donné au vinai- | pellent lumière.
|
| gre. | ACHAMECH. Quel-
|
| ACALACH, ou le Sel, | ques Chimistes ont donné
|
| suivant la façon de s'expri- | ce nom aux scories de l'ar-
|
| mer des Sectateurs de la Phi- | gent. Johnson.
|
| losophie Spagyrique. Pla- | ACHELOYS, Fleuve
|
| niscampi. | de la Grèce, que les Poètes
|
| ACALAI, c'est le Sel. | ont feint être fils du Soleil &
|
| ACANOR, pot de terre | de la Terre, ravageait tou-
|
| percé de plusieurs trous dans | tes les terres qu'il arrosait;
|
| son fond & dans ses côtés. | Hercules le lia.
|
| Johnson, & Paracelse. | Cet Acheloys, selon les
|
| ACARTUM, est un des | Philosophes Spagyriques,
|
| noms du minium. D'autres | est le Mercure philosophi-
|
| le nomment Azimar. | que dont les esprits consu-
|
| ACATO, ou la Suie. | ment & dissolvent tout ce
|
| ACAZDIR ou ALCA- | qu'on y met. Le Philosophe,
|
| NI, ou ALOMBA. C'est | comme un autre Hercule, le
| la même chose que le Jupiter | lie, c'est-à-dire, fixe & coa-
| | des Chimistes, ou l'étain. | gule ces esprits selon l'Art;
| | Johnson. | & par ce moyen lui arrache
| | ACCATUM, signifie le | une corne, qui devient corne
| | clinquant, l'oripeau. | d'abondance, c'est-à-dire,
| | ACEDIA, ou ACADIA | en fait la pierre philosophale,
| | suivant Planiscampi. Four- | qui, par sa multiplication &
| | neau en usage dans la Spa- | sa projection, enrichit & pro-
| | gyrique, ainsi nommé de ce | duit l'abondance de toutes
| | qu'il ne demande que très | sortes de biens. Voyez les
| | peu de soins pour y entrete- | Fables Egypt. & Grecques
| | nir le feu. | dévoilées, liv. 5.
| | ACETUM ACERRI- | ACHERON, Fleuve de
| | MUM, Eau mercurielle des | l'Enfer, le premier qui se
| Sages. | présentait aux ombres qui
| | ACHACHI, ou Eau de | descendaient dans l'Empire
| | lumière: c'est le Mercure des | de Pluton. C'est la première
| | Philosophes, ainsi nommé | putréfaction de la matière
| | |
A ij
@
| 4 AC | AC
|
| |
|
| avant l'entière dissolution. | qui a donné occasion à plus
|
| Les Poètes ont feint en con- | d'un Chimiste de chercher
|
| séquence que les eaux de | la pierre philosophale dans
|
| ce fleuve prétendu étaient | l'acier, métal que l'on em-
|
| puantes, amères & de très | ploie à faire des outils; mais
|
| mauvais goût. Ce qui a fait | en vain travaillent - ils sur
|
| dire aux Philosophes Her- | ce métal comme sur les au-
|
| métiques, que leur eau mer- | tres. L'acier des Sages est la
|
| curielle dans cet état, est | mine de leur or philosophi-
|
| amère, sentant l'odeur des | que, un esprit pur par-dessus
|
| cadavres, & très venimeuse. | tout, un feu infernal & se-
|
| Voyez les Fables Egypt. & | cret, très volatil dans son
|
| Grecq. dévoilées, l. 3. c. 6. | genre, & réceptacle des ver-
|
| ACHERUSE, marais | tus supérieures & inférieu-
|
| ou lac de la Tesprotie, par | res, le miracle du monde,
|
| lequel passe le fleuve Ache- | que Dieu a scellé de son
|
| ron, qui de-là va se précipi- | sceau, enfin la clef de tout
|
| ter dans les Enfers. C'est par-* | l'oeuvre philosophique. C'est
|
| là que Pluton se sauva quand | la partie la plus pure & vo-
|
| il enleva Proserpine. Voyez | latile de la matière, dont les
|
| l'explication de cette fable | Sages font le grand oeuvre.
|
| dans le livre 4e des Fables | Il n'a point d'autres noms
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | dans aucune langue, qui ne
|
| chap. de Cérès. | signifie la quintessence des
|
| ACHILLE, fils de Pélée | choses de l'Univers. Les Phi-
|
| & de Thétis, Héros sans | losophes lui ont donné le
|
| lequel les Grecs n'auraient | nom d'acier, parce qu'il a
|
| pu s'emparer de la ville de | une telle sympathie avec la
|
| Troie, Voyez cette fable & | terre d'où on l'extrait, qu'il
|
| son explication dans tout le | y est sans cesse rappelé,
|
| cours du livre 6e des Fables | comme à son Aimant.
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées. | ACORDINA, c'est la
|
| ACIDE, Or philosophi- | Tuthie.
|
| que, soufre des Sages, ou | ACRISE, père de Da-
|
| le magistère parvenu à la | naé mère de Persée, qui cou-
|
| couleur rouge. | pa la tête de Méduse, dont
|
| ACIER. Les Philosophes | le seul aspect transformait
|
| ont beaucoup parlé de leur | tous les êtres vivants en ro-
|
| acier, entr'autres le Cosmo- | chers. Voyez cette fable &
|
| polite & le Philalèthe. Ce | son explication chimique
|
@
| AD | AD 5
|
| |
|
| dans le 3e livre des Fables | ADARNECH, ou
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | ADARNETH, ou AZAR-
|
| chap. 14. § 3. | NET. C'est l'orpiment, en
|
| ACSUO. Terme de la | termes de Chimie.
|
| Philosophie Spagyrique, | ADARRIS. La fleur ou
|
| qu'on emploie pour signifier | l'écume salée de l'eau de la
|
| le corail rouge. | mer.
|
| ACUREB, veut dire du | ADDITION. Voyez
|
| Verre. Planiscampi. | Ajouter.
|
| ACUSTO, signifie le | ADEBESSI. C'est la tor-
|
| Nitre. | tue des Philosophes, c'est-à-
|
| ADABISI ou ADE- | dire l'écorce qui renferme la
|
| BEZI. Tortue des Philoso- | vraie matière du mercure
| phes Spagyriques. | des Sages. Un Auteur inter-
| | ADAM est un nom que | rogé qu'elle était la matière
| | les Philosophes ont donné à | crue de l'Art, répondit: c'est
| | leur magistère lorsqu'il est | la tortue avec la graisse de la
| | parfait au rouge, parce que | vigne; & un emblème phi-
| | leur matière étant la quin- | losophique représente Basile
| | tessence de l'Univers & la | Valentin apprêtant une tor-
| | première matière de tous les | tue avec du vin.
| | individus de la Nature, elle | ADEG. Lait aigri. Johns.
| | a un parfait rapport avec | ADECH. Les Philoso-
| | Adam, dans lequel Dieu ra- | phes Hermétiques donnent
| | massa la plus pure substance | ce nom à la partie de l'hom-
| | de tous les êtres, & que d'ail- | me que nous nommons com-
| | leurs Adam, qui signifie rou- | munément l'aine; quelque-
| | ge, exprime la couleur & les | fois ils entendent aussi l'es-
| | qualités du magistère. | prit, qui se forme des idées
| | ADAMITE. Espèce de | communes des choses pour
| | tartre blanc, ou terre feuil- | les imiter dans les ouvrages
| | lée, que les Philosophes Her- | de ses mains.
| | métiques ont nommé Terre | ADEHEM ou ALHO-
| | Adamique, Tartre, Terre | HONEC. Lame de fer, de
| | vierge, Adamita, &c. | cuivre ou d'autres matières.
| | ADAPTATION. Voyez | Johnson.
| | Convenance. | ADER, ou ADO, ou
| | ADARIGE. Nom que | ADHO. Lait frais & nou-
| | quelques Chimistes ont | veau duquel on a enlevé la
| | donné au sel armoniac. On | crème. Johnson.
| | dit aussi Adirige. | A iij
| |
@
| 6 AD | AD
|
| |
|
| ADES. Voyez Pluton. | ADMETE, Roi de Thes-
|
| ADHAEC. Esprit qui en- | salie, dont Apollon, après
|
| tretient la vie & le mouve- | avoir été chassé du Ciel, gar-
|
| ment dans le corps des ani- | da les troupeaux. Apollon
|
| maux. Les Philosophes Her- | en ayant été bien traité, ob-
|
| métiques distinguent dans | tint des Parques qu'il ne
|
| l'homme trois parties qui | mourrait pas, s'il trouvait
|
| constituent son humanité; | quelqu'un qui voulut bien
|
| savoir, l'âme, l'esprit & le | s'offrir à la mort pour lui.
|
| corps. L'âme immortelle & | Alceste son épouse & son
|
| spirituelle qui se nourrit & | amante se présenta, & fut
|
| s'entretient de Dieu même, | sacrifiée. Hercules descendit
|
| comme en étant une espèce | dans le ténébreux séjour de
|
| d'extension, suivant ce qu'en | Pluton, & en ayant délivré
|
| dit Hermès dans son Ascle- | Alceste, il la rendit à Ad-
|
| pius; l'esprit qui tient com- | mete son ami. Voyez Al-
|
| me le milieu entre l'âme & | ceste.
|
| le corps pour les unir en- | ADMINISTRER. Don-
|
| semble, & qui se nourrit de | ner, fournir, procurer.
|
| ce qu'il y a de plus subtil | ADMISURAB. C'est la
|
| dans la nature, & de la quin- | terre philosophique.
|
| tessence des éléments, au | ADO. Voyez Ader.
|
| moyen de la respiration ; & | ADONIADES ou
|
| enfin le corps crasse & ter- | ADONIENNES. Fêtes en
|
| restre, qui se nourrit de terre | l'honneur d'Adonis. Voyez
|
| & d'eau, comme en ayant | son article.
|
| été composé. Voyez le Trai- | ADONIS. La Fable nous
|
| té de Physique dans le pre- | rapporte qu'Adonis fut aimé
|
| mier volume des Fables | de Vénus; qu'il fut tué à la
|
| Egyptiennes & Grecques | chasse par un sanglier fu-
|
| dévoilées & réduites au mê- | rieux, & que Vénus en étant
|
| me principe, dont ce Dic- | informée, accourut à lui pour
|
| tionnaire n'est qu'une espèce | le secourir; elle rencontra
|
| de Table raisonnée. | dans son chemin un rosier à
|
| ADHEBE, même chose | fleurs blanches, aux épines
|
| qu'Adec. | duquel s'étant piquée le pied,
|
| ADHO. Voyez Ader. | il en sortit du sang qui chan-
|
| ADIBAT. Mercure des | gea en rouge la couleur blan-
|
| Philosophes Hermétiques. | che des fleurs. Les Syriens
|
| ADIRLAPIS, C'est le | adoraient particulièrement
|
| Sel armoniac. |
|
@
| AD | AD 7
|
| |
|
| Adonis, comme les Egyp- | cuisson des Philosophes n'est
|
| tiens Apis; l'un & l'autre si- | qu'une pure digestion conti-
|
| gnifiaient la matière Philo- | nuée au même degré du feu
|
| sophique, qui aimée de Vé- | des Sages.
|
| nus, c'est-à-dire de la Lune | ADRAM, ou Sel gem-
|
| Philosophique, se réunissent | me.
|
| ensemble & se prêtent un | ADRARAGI. L'un des
|
| secours mutuel. Isis & Osiris | noms que les anciens Chi-
|
| étaient le mari & la femme, | mistes ont donné au safran
|
| le frère & la soeur, le fils & | commun, & que les Chi-
|
| la mère; & les deux histoi- | mistes Hermétiques donnent
|
| res sont tout-à-fait sembla- | à la matière de leur Art,
|
| bles. Un sanglier tue Ado- | quand elle est parvenue par
|
| nis, Vénus y court; Typhon | la cuisson à la couleur sa-
|
| tue Osiris, Isis y accourt: | franée.
|
| celle-ci ramasse les membres | ADRASTE'. Nymphe
|
| dispersés d'Osiris, Vénus ca- | aux soins de laquelle Rhée
|
| che Adonis blessé sous une | confia l'éducation de son fils
|
| laitue. Tout cela représente | Jupiter, après l'avoir sauvé
|
| allégoriquement ce qui se | de la voracité de Saturne.
|
| passe dans le vase Philoso- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| phique, comme le savent | Grecques, liv. 3. chap. 4.
|
| les Adeptes. Voyez l'expli- | ADROP. Nom que les
|
| cation de cette fiction dans | Philosophes Hermétiques
|
| les Fables Egyptiennes & | ont donné à la matière qu'ils
|
| Grecques dévoilées, T. 2. | emploient dans le grand
|
| ADORAT. Terme bar- | oeuvre. Guy du Mont (Gui-
|
| bare de Chimie, qui signi- | do de Monte) a fait un Traité
|
| fie le poids de quatre livres. | qui a pour titre de Philoso-
|
| ADOS ou ADOT. Eau | phico Adrop, inséré dans le
|
| ferrée. Elle se tait en faisant | VIe tome du Théâtre Chi-
|
| rougir au feu un morceau de | mique.
|
| fer plusieurs fois, & qu'on | ADSAMAR. On trou-
|
| éteint autant de fois dans de | ve ce terme dans quelques
|
| l'eau pure. | Alchimistes, pour signifier
|
| ADOUCIR, c'est le | urine.
|
| même que cuire. C'est dans | ADULPHUR. Cendre,
|
| ce sens que Raymond Lulle | ou sable.
|
| dit, que leur feu adoucit les | ADUMA. La pierre
|
| choses aigres & amères. La | des Philosophes parvenue
|
A iv
@
| 8 AE | AE
|
| |
|
| au rouge, avant qu'elle soit | Fables Egypt. & Grecques
|
| élixir. | dévoilées.
|
| AEAQUE. V. Eaque. | AETHNA. Montagne de
|
| AEEA. Ile où Circé fai- | la Sicile, qui vomit toujours
|
| sait son séjour. Voyez le li- | des flammes ou de la fumée.
|
| vre 2. chap. 7. des Fables | Les Poètes ont feint que Ju-
|
| Egyptiennes & Grecques | piter renferma dessous un des
|
| dévoilées. | Géants qui voulaient chasser
|
| AELLO. L'une des Har- | les Dieux du ciel; que les
|
| pies. Voyez les Fab. Egypt. | tremblements de terre, que
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 3. | l'on ressent dans les envi-
|
| chap. 1. | rons, sont occasionnés par
|
| AESON, père de Jason | les mouvements que se don-
|
| selon la Fable, fut rajeuni | ne ce Géant, pour choisir
|
| par Médée, après quelle | une situation moins gênante,
|
| l'eut fait couper en petits | & que les flammes & la fu-
|
| morceaux, & fait cuire dans | mée qui sortent par le som-
|
| une chaudière. Cette fable, | met de cette montagne, sont
|
| selon les Chimistes, signifie | celles de la forge de Vul-
|
| que la matière du grand oeu- | cain, que ce Dieu, forge-
|
| vre semble mourir dans le | ron des foudres de Jupiter
|
| vase par la putréfaction, & | & des armes des Héros, a
|
| puis revit, & pour ainsi dire, | établie dessous. Quelques
|
| rajeunit en devenant poudre | Chimistes donnent à leur
|
| au blanc & puis au rouge. | feu le nom d'Aethna, parce
|
| C'est ce qu'on peut voir dans | que c'est un feu concentré
|
| tous les livres des vrais Phi- | & naturel qui agit perpétuel-
|
| losophes. Voyez les Fables | lement, & n'est pas toujours
|
| citées dans l'art. précédent. | manifeste.
|
| AESPHARA. Incinéra- | AETHON. L'un des che-
|
| tion de la chair ou de la subs- | vaux qui traînaient le char
|
| tance du corps des animaux. | de Pluton. V. Abaster.
|
| Planiscampi. | AETHRA ou ETHRE.
|
| AETE'S, Roi de Colchos, | Fille de Pithée, femme d'E-
|
| père de Médée, possesseur | gée, & mère de Thésée.
|
| de la toison d'or, que les Ar- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| gonautes lui enlevèrent. Il | Grecq. dévoilées, l. 6. c. 3.
|
| était fils du Soleil. Voyez | AFFAX & AFFARIS.
|
| ce que signifie cette fiction, | Toutes sortes d'attraments.
|
| dans le liv, 2, chap. 1. des | AFFENIQUE ou AF-
|
@
| AF | AG 9
|
| |
|
| FENICUM. Johnson dit | & ce qu'elles signifient chi-
| que les Chimistes donnent | miquement, dans tout le li-
| | ce nom à l'âme des choses. | vre 6. des Fables Egypt. &
| | AFFEOS ou AFFROS. | Grecques dévoilées.
| | Mot corrompu du mot grec | AGAR. Nom donné à la
| | aphros, écume. Les Chi- | chaux des Philosophes par
| | mistes le prennent dans le | les Alchimistes, & à la
| | même sens. | chaux commune par quel-
| | AFFERMER. Assurer, | ques anciens sectateurs de la
| | donner pour certain. | Chimie vulgaire. Ils l'ont
| | AFFIDRA. C'est la cé- | aussi appelée Algit, & Al-
| | ruse. | gerit.
| | AFFLAMBER. Voyez | AGAZOPH. Voyez Pe-
| | Enflamber. | riminel.
| | AFFORMAS. Ancien | AGE D'OR ou SIE'CLE
| | terme chimique, qui veut | D'OR. Temps du règne de
| | dire du verre. | Saturne. Voyez ce qu'on
| | AFFRAGAR. C'est le | doit entendre par l'âge d'or,
| | minium selon Rullandus, & | dans le liv. 2. chap. 6. des
| | le vert-de-gris suivant Pla- | Fables Egypt. & Grecques
| | niscampi. | dévoilées.
| | AFFRENGI. C'est en- | Age signifie aussi règne,
| | core le minium. | chez les Philosophes. Voyez
| | AFFRODINE. Nom | Règne.
| | que les Chimistes ont cor- | AGENOR, Père de Cad-
| | rompu du grec Aphrodite, | mus & d'Europe. Voyez
| | & par lequel ils entendent | l'explication des fables in-
| | Vénus, & le cuivre. | ventées sous leurs noms,
| | AFFROTON. Ecu- | liv. 3. ch. 14. §. 5. des Fab.
| | meux. Voyez Affeos. | Egypt. & Grecq. dévoilées.
| | AFFROP. Nom que | AGENT. L'Alchimie
| | les Philosophes Spagyriques | reconnaît plusieurs agents
| | donnent à la matière du | dans l'opération de l'oeuvre,
| | grand oeuvre. | deux en puissance, & deux
| | AGALLA. Sel préparé, | actuels, qui mettent en ac-
| | suivant Planiscampi. | tion ceux qui n'étaient d'a-
| | AGAMEMNON. Chef | bord agents qu'en puissance.
| | de l'armée des Grecs qui fi- | Les deux agents actuels
| | rent le siège de Troie. Voyez | sont le feu céleste & le feu
| | sa généalogie & son histoire, | central, qui préparent la ma-
| |
@
| 10 AG | AG
|
| |
|
| tière à l'Artiste. Après la pré- | tinuel, qu'il ne produit point
|
| paration de la pierre faite par | de vapeurs, s'il n'est excité
|
| l'Artiste, ces deux agents se | avec trop de violence; qu'il
|
| réduisent en un seul, qui est | participe du soufre, qu'il n'est
|
| le feu philosophique. | point pris ou tiré de la ma-
|
| Les deux agents en puis- | tière, qu'il dissout & ramas-
|
| sance sont le soufre & le feu | se, qu'il calcine, congèle &
|
| inné de la matière, qui pour | coagule tout; qu'il s'acquière
|
| devenir agents actuels n'ont | par industrie & par l'art, &
|
| besoin que d'être excités par | qu'il coûte peu de frais, s'il
|
| le feu philosophique. Il y a | en coûte quelques-uns.
|
| encore un autre agent sur | AGNEAU est aussi un
|
| lequel les Philosophes ont | des noms de la matière que
|
| presque tous gardé le silen- | les vrais Chimistes em-
|
| ce, & le rejettent même en | ploient pour faire la pierre
|
| apparence; c'est le feu élé- | Philosophale. Quand cette
|
| mentaire qu'ils ne nomment | matière a passé par les diffé-
|
| jamais, & dont ils ne par- | rentes préparations requises
|
| lent que par énigmes, pour | pour la purifier de ses parties
|
| tromper & donner la tor- | hétérogènes, on lui donne
|
| ture à ceux qui veulent en- | quelquefois le nom d'agneau
|
| treprendre le grand oeuvre. | sans tache, agnus immacu-
|
| Après la connaissance de la | latus, comme on peut le
|
| matière, tout le secret gît | voir dans le livre qui a pour
|
| dans l'administration & le | titre: Enarratio methodica
|
| régime de ce feu. | trium Gebri verborum, com-
|
| Agent. L'agent interne | posé par Philalèthe.
|
| des Alchimistes est le feu | AHOT. Nom donné au
|
| inné de la matière, qui étant | lait des Philosophes, qu'ils
|
| excité par l'externe, digère, | appellent lait de la Vierge,
|
| putréfie, & cuit cette ma- | & que les Chimistes vul-
|
| tière beaucoup mieux que le | gaires donnent au lait com-
|
| feu élémentaire ne saurait | mun.
|
| faire. Cet agent est le plus | AHUSAL. C'est le sou-
|
| grand secret de l'Art; & pour | fre Philosophique, & non
|
| l'obtenir, il faut se comporter | le soufre vulgaire, comme
|
| comme Thetis avec Achille. | l'ont mal interprété la plu-
|
| Un des Ecrivains modernes | part des Chimistes; qui l'ont
|
| sur cet Art (Pontanus) dit, | aussi nommé Akibot, Al-
|
| qu'il est minéral, égal, con- | chimit.
|
@
| AI | AI 11
|
| |
|
| AIAR, ou Pierre Bori- | matière en le réincrudant.
|
| que. | Chaque sublimation, sui-
|
| AIARAZATH. Voyez | vant Philalèthe, est une ai-
|
| Alahabar. | gle; & quoique sept suffi-
|
| AJAX. Héros Grec qui | sent, on peut les pousser jus-
|
| se signala au siège de Troie, | qu'à dix. Ainsi quand ils di-
|
| & qui ayant violé Cassan- | sent qu'il faut mettre sept ai-
|
| dre dans le temple de Mi- | gles pour combattre le lion,
|
| nerve, fut foudroyé par cette | nous n'entendons pas, dit le
|
| Déesse en punition de son | même Auteur, qu'il faille
|
| crime. Voyez son histoire, | mettre sept parties de mer-
|
| liv. 6. des Fables Egyptien- | cure ou de volatil contre le
|
| nes & Grecques dévoilées. | lion ou une partie du fixe,
|
| Il y avait au même siège | mais notre mercure sublimé
|
| un autre Héros du même | & exalté sept fois. Plus il y
|
| nom, fils de Telamon & | aura d'aigles contre le lion,
|
| d'Hesione; il disputa avec | dit Basile Valentin, moins
|
| Ulysse pour avoir les armes | le combat sera long. Tour-
|
| d'Achille. Voyez le livre ci- | mentez le lion, ajoute le
|
| té ci-devant. | même Auteur, jusqu'à ce
|
| AIBACHEST ou AI- | que l'ennui le prenne & qu'il
|
| BATHEST. Nom que quel- | désire la mort. Faites - en
| ques Chimistes ont donné à | autant de l'aigle jusqu'à ce
| | la matière de la pierre puri- | qu'elle pleure; recueillez ses
| | fiée de ses parties hétérogè- | larmes & le sang du lion, &
| | nes; & parvenu au blanc | mêlez-les ensemble dans le
| | après la putréfaction. | vase philosophique. Tout ce-
| | AIDONE'E. Voyez Plu- | la ne signifie que la dissolu-
| | ton. | tion de la matière, & sa vo-
| | AIGLE. Nom que les | latilisation.
| | Philosophes Hermétiques | L'Aigle était un oiseau
| | ont donné à leur mercure | consacré à Jupiter, par la
| | après sa sublimation. Ils | raison que le Mercure des
| | l'ont ainsi appelé, premiè- | Sages se volatilise, & em-
| | rement à cause de sa volati- | porte le fixe avec lui, dans
| | lité ; secondement, parce que | le temps que le Jupiter des
| | comme l'aigle dévore les au- | Philosophes, ou la couleur
| | tres oiseaux, le mercure des | grise, succède à Saturne, ou
| | Sages détruit, dévore, & ré- | à la couleur noire. L'aigle
| | duit l'or même à sa première | que Jupiter envoya pour dé-
| |
@
| 12 AI | AI
|
| |
|
| vorer le foie de Prométhée, | mie vulgaire, & volatilisa-
|
| ne signifie aussi que l'action | tion de la matière dans le
|
| du volatil sur le fixe ou pierre | sens Hermétique.
|
| ignée, qu'ils ont appelé mi- | Aigle volante. Mercure
|
| nière de feu céleste. C'est | des Philosophes.
|
| pourquoi on a feint que Pro- | AIGU. C'est le magistère
|
| méthée avait volé le feu du | au rouge.
|
| ciel; & que pour le punir, | AIMANT. Les Sages n'ont
|
| Jupiter le fit attacher à un | pas fait moins d'éloges de
|
| rocher, qui désigne la pierre | leur aimant que de leur acier.
|
| fixe des Sages, & que son | Mais il ne faut pas s'imagi-
|
| foie, la partie la plus chaude | ner que cet aimant soit l'ai-
|
| de l'homme, y était conti- | mant vulgaire. Ils ne lui ont
|
| nuellement dévoré par un | donné ce nom qu'à cause de
|
| aigle, quelques-uns ont dit | sa sympathie naturelle avec
|
| un vautour, ce qui revient | ce qu'ils appellent leur acier.
|
| au même. Cette aigle était | Celui-ci est la mine de leur
|
| dite, pour cette raison, fille | or, & l'aimant est la mine de
|
| de Typhon & d'Echidna, | leur acier. Le centre de cet
|
| c'est-à-dire de la putréfac- | aimant renferme un sel ca-
|
| tion de la matière. Voyez | ché, un menstrue propre à
|
| les Fables Egypt & Grecq. | calciner l'or philosophique.
|
| dévoilées, liv. 5. ch. 17. | Ce sel préparé forme leur
|
| Les Spagyriques appel- | mercure, avec lequel ils font
|
| lent Aigle le sel armoniac, | le magistère des Sages au
|
| & le mercure sublimé, à | blanc & au rouge. Il devient
|
| cause de la facilité avec la- | une mine de feu céleste, qui
|
| quelle ils se subliment. Mais | sert de ferment à leur pierre,
|
| ce n'est ni du mercure vul- | pour la multiplier, en faire
|
| gaire, ni du sel armoniac des | l'élixir, la poudre de projec-
|
| Droguistes qu'on doit l'en- | tion, & la médecine univer-
|
| tendre, c'est de ceux des | selle. Et tout cela se fait par
|
| Philosophes. | une opération simple, sans
|
| Aigle dévorant le lion. | beaucoup de frais, mais dans
|
| Expression Hermétique, qui | un temps un peu long. Les
|
| exprime la volatilisation du | Sages donnent aussi le nom
|
| fixe par le volatil, ou du sou- | d'aimant à leur mercure déjà
|
| fre par le mercure des Sages. | fait, & à la partie fixée de
|
| Aigle étendue. Sel ar- | la matière qui fixe la vola-
|
| moniac sublimé dans la Chi- | tile.
|
@
| AI | AI 13
|
| |
|
| AJOUTER. On ne doit | duquel, en continuant l'opé-
|
| pas, par ce terme, penser | ration, on fait la terre, & de
|
| que les Philosophes préten- | cette terre le feu. Et ainsi
|
| dent qu'il faille ajouter une | nous convertissons les élé-
|
| matière nouvelle à celle qui | ments l'un en l'autre; car en
|
| est déjà dans le vase, mais | convertissant les éléments on
|
| seulement qu'il faut conti- | trouve ce qu'on cherche.
|
| nuer à cuire. Et quand ils di- | L'air des Philosophes n'est
|
| sent nous n'ôtons rien, ni | donc qu'une eau coagulée
|
| nous n'ajoutons rien à la | par le feu, & réduite en pou-
|
| pierre, il faut les entendre à | dre ou fleurs blanches très
|
| la lettre ; mais quand ils di- | subtiles.
|
| sent ensuite, nous en ôtons | AIRAIN D'HERME'S.
|
| seulement le superflu, & | Terme de Chimie, dont se
|
| nous lui ajoutons ce qui lui | servent les Philosophes Her-
|
| manque, c'est-à-dire que | métiques, pour signifier le
|
| nous lui donnons la perfec- | corps imparfait dont ils doi-
|
| tion qu'elle n'avait pas, au | vent se servir pour l'oeuvre
|
| moyen des opérations du | de la pierre. Ils lui donnent
|
| magistère. | également ce nom, avant
|
| AIR, est aussi un nom | qu'il soit purifié de ses hété-
|
| que les Chimistes Hermé- | rogénéités, comme pendant
|
| tiques donnent à leur mer- | la putréfaction & la décoc-
|
| cure subtilisé, & sublimé en | tion continuée qu'il lui faut
|
| fleurs blanches, ou terre très | pour le rendre soufre incom-
|
| ténue, qu'ils appellent aussi | bustible. Ils le nomment aussi
|
| l'Oiseau d'Hermès, l'Aigle, | Laiton, Orpiment, Lion vert,
|
| &c. Alexandre dit dans la | Arsenic, & de divers autres
|
| Tourbe, ou Code de vérité, | noms qu'on peut voir au ter-
|
| quand vous aurez tiré l'eau | me Matière, & dans les ar-
|
| de l'air, l'air du feu, & le | ticles qui les concernent.
|
| feu de la terre, vous aurez | Airain NOIR. Matière
|
| fait tout l'oeuvre. Aristote le | des Philosophes pendant la
|
| Chimiste dit aussi: il faut | putréfaction, ou leur laiton
|
| changer l'air en eau, con- | qu'il faut blanchir.
|
| vertir cette eau en feu, de | Airain BLANC. C'est le
|
| ce feu extraire l'air; car c'est | laiton blanchi, ou la pierre
|
| du feu chimique fixé, & de | au blanc.
|
| notre eau que l'on fait l'air, | Airain INCOMBUSTI-
|
| qu'il faut convertir en feu, | BLE, Magistère au rouge
|
@
| 14 AI | AL
|
| |
|
| parfait, parce qu'alors il ne | ALCEANI. Terme de
|
| craint plus les atteintes du | science Hermétique. C'est le
|
| feu. | changement de la forme su-
|
| AIRAZAT. Quelques | perficielle des métaux, com-
|
| Chimistes ont donné ce | me la déalbation de Vénus,
|
| nom au Saturne, mais il faut | qui est une fausse teinture de
|
| l'entendre de celui des Phi- | Lune ou argent, &c. Pla-
|
| losophes. | niscampi.
|
| AITMAD. C'est l'anti- | ALAFAR. C'est le vase
|
| moine vulgaire suivant les | Philosophique, & non le
|
| Chimistes, l'antimoine Sa- | vase de verre qui renferme
|
| turnial, ou Philosophique, | la matière de l'oeuvre.
|
| quand on le prend Hermé- | ALAFARANGI. Action
|
| tiquement. Voyez le livre | de laver & d'épurer le plomb
|
| d'Artéphius à ce sujet. | brûlé. Planiscampi.
|
| AIZOI. Johnson donne | ALAFOR, ou le Sel al-
|
| ce nom à la joubarbe, dans | cali.
|
| son traité de Lue Hungaricâ, | ALAHABAR ou A-
|
| pag. 100. | LOOC. Même chose qu'A-
|
| AKEM. Paracelse a em- | labari.
|
| ployé ce terme pour signi- | ALARTAR. C'est l'aes-
|
| fier du beurre cuit. Johnson. | ustum, ou cuivre brûlé.
|
| AKIBRIT. Voyez Al- | ALASALET. Quelques
|
| kibric. | Chimistes ont donné ce
|
| AKILIBAT ou ALO- | nom au sel armoniac.
|
| TIN. C'est la térébenthine, | ALASTROB. Voyez
| suivant Planiscampi. | Alabahi.
| | ALABARI ou AIRA- | ALATANS. Nom que
| | ZAT. Plomb des Philoso- | quelques-uns ont donné à la
| phes, qu'ils ont aussi appelé | litharge. Johnson.
| | Coeur de Saturne. C'est pro- | ALAURAT. C'est le
| | prement la matière de l'Art, | nitre des Philosophes, &
| | qui se tire de la race de Sa- | non le salpêtre vulgaire, sur
| | turne. | lequel tant de Chimistes se
| | ALACAB. Sel armoniac | sont exercés à pure perte.
| | Philosophique, que les Chi- | ALAZER. Soufre vif,
| | mistes vulgaires interprètent | ou Ambrosien. Il est rou-
| | du sel armoniac commun. | geâtre, transparent, & res-
| | ALACAP. Voy. Aigle | semble beaucoup à l'orpi-
| | des Philosophes. | ment fixé. Quelques Chi-
| | |
@
| AL | AL 15
|
| |
|
| mistes peu versés dans le vé- | sont incombustibles. Les an-
|
| ritable sens des Auteurs Her- | ciens se servaient de la scis-
|
| métiques, particulièrement | sile, qui ressemble à l'alun
|
| de Geber, ont pris ce soufre | de plume, pour faire une
|
| pour celui des Philosophes, | toile dans laquelle ils brû-
|
| qui n'est autre que leur ma- | laient les corps des morts,
|
| tière parvenue à la couleur | pour en conserver les cen-
|
| de ce soufre Ambrosien, au | dres. On trouve ces deux
|
| moyen de la cuisson Philo- | sortes d'amiantes sur les
|
| sophique. | montagnes des Pyrénées. Il
|
| ALBAIT ou ALFURA. | y croît aussi une plante, si
|
| Un des noms de la céruse. | nous en croyons Pomet, qui
|
| ALBANUM. Sel d'urine. | mise dans l'eau pour y être
|
| ALBARAS. Arsenic. | rouie comme le chanvre, &
|
| ALBAR AERIS. Terre | ensuite travaillée de même,
|
| feuillée des Philosophes, ou | produit une toile incombus-
|
| leur laiton blanchi, leur Lu- | tible.
|
| ne, leur Diane nue; enfin | ALBETUD. Les Chi-
|
| leur matière parvenue au | mistes ont quelquefois don-
|
| blanc. | né ce nom au galbanum.
|
| ALBERICK. Cuivre dé- | ALBIFICATION.
|
| capé & blanchi par quel- | Voyez Blanchir.
|
| ques opérations chimiques. | ALBIMEC. C'est l'orpi-
|
| On y réussit avec l'arsenic, | ment.
|
| mais le cuivre reste cassant, | ALBOR. Urine.
|
| & comme régulifié. | ALBORACH. Matière
|
| ALBESTOS. Matière | des Philosophes parvenue à
|
| onctueuse, & bitumineuse, | la blancheur.
|
| combustible, & de couleur | ALBORCA. V. Mer-
|
| de fer. On la trouve dans | cure Philosophique.
|
| l'Arcadie, & Johnson dit | ALBOS. Creuset.
|
| qu'on ne peut l'éteindre | ALBOTAR. Céruse.
|
| quand elle est allumée. Je | ALBOTIM, ALBO-
|
| croirais que cet Auteur se | TAI, ALBOTRA. Même
|
| trompe, & qu'il a pris le sens | chose que Albotar, ou cé-
|
| contraire, de celui qu'il fal- | ruse.
|
| lait, parce que la pierre | ALBUSAO. C'est le
|
| amiante, qui est de deux | soufre des Sages; quelques
|
| espèces, se nomme Albestes | Chimistes ont donné ce
|
| & Albeston. L'une & l'autre | nom au soufre commun.
|
@
| 16 AL | AL
|
| |
|
| ALCABRICK. V. Al- | dire qu'en termes de Philo-
|
| kibrick. | sophie Hermétique, lait ai-
|
| ALCADY. Vitriol ou at- | gri & mercure des Sages ne
|
| trament blanc, ou sel blanc | sont qu'une même chose.
|
| des Sages. | ALCEBRIS VIF. C'est,
|
| ALCAFIEL. Antimoine | en Chimie, le soufre vif
|
| Philosophique ou matière | ou naturel; mais dans l'art
|
| Saturnienne propre à l'oeu- | Hermétique, c'est la pierre
|
| vre des Sages. | ignée, la matière parvenue
|
| ALCALHAL. Vinaigre | au rouge dans la première
|
| en termes de Chimie vul- | opération des Philosophes.
|
| gaire; mais ce vinaigre n'est | ALCE'E. V. Hercule.
|
| pas celui des Philosophes, | ALCESTE, fille de Pe-
|
| qui n'est autre chose que leur | lias & femme d'Admete,
|
| eau pontique, ou leur mer- | offrit sa vie pour sauver celle
|
| cure dissolvant. | de son mari. Hercules des-
|
| ALCALIGATAM. | cendit aux Enfers; après y
|
| Composition chimique fai- | avoir lié le Cerbère, il ra-
|
| te avec de la mumie & de | mena Alceste dans le séjour
|
| l'esprit alcali; si l'on y ajoute | des vivants, & la rendit à son
|
| du mercure doux, c'est, dit | époux. Voyez le liv. 5. ch.
|
| Planiscampi, un admirable | 21. des Fables Egypt. &
|
| remède pour la goutte, & | Grecques dévoilées.
|
| surtout si elle procède d'un | ALCHABRIC. Voyez
|
| reste de maladie vénérienne. | Alkibric.
|
| ALCAMOR. V. Ala- | ALCHAEST. Voyez
|
| habar. | Alkaest.
|
| ALCANI. V. Acazdir. | ALCHARIT ou ZAI-
|
| ALCANNA ou ALCO- | BACH. C'est le mercure,
|
| NA. Espèce de canne ou | mais celui des Philosophes.
| arbrisseau creux & noueux, | ALCHAZANON. Boue
| | dont les Arabes se servaient | qui tombe des meules à ai-
| | autrefois pour faire des pi- | guiser. On en fait un mastic
| | ques. On l'emploie aujour- | excellent. Johnson.
| | d'hui dans la médecine au | ALCHIERAM. Nom
| | lieu de gayac. Johnson. | que quelques Chimistes ont
| | ALCAOL signifie quel- | donné à la tête morte qui
| | quefois du lait aigri, & d'au- | reste au fond de la cucurbite
| | tres fois du mercure. John- | après la distillation. Rullan-
| | son. Cet Auteur aurait dû | dus.
| | | ALCHI-
| |
@
| AL | AL 17
|
| |
|
| ALCHITRAM, le mê- | La fausse Alchimie ne
|
| me qu'Alchieram. On trou- | peut mieux se définir, que
|
| ve ce nom dans quelques | l'art de se rendre misérable
|
| Chimistes, pour signifier | tant du côté de la fortune
|
| l'huile de genièvre, la poix | que de la santé.
|
| liquide, & Rullandus le don- | La vraie consiste à per-
|
| ne à l'arsenic préparé. | fectionner les métaux, & à
|
| ALCHITURA. C'est la | entretenir la santé. La fausse
|
| poix liquide. | à détruire l'un & l'autre.
|
| ALCHONOR. V. Ala- | La première emploie les
|
| habar. | agents de la Nature, & imite
|
| ALCHIMIE. Presque | ses opérations. La seconde
|
| tous les Auteurs varient sur | travaille sur des principes
|
| la définition de cette science, | erronés, & emploie pour
|
| parce qu'il y en a de deux | agent le tyran & le destruc-
|
| sortes, l'une vraie & l'autre | teur de la Nature.
|
| fausse. La première se défi- | La première, d'une ma-
|
| nit, selon Denis Zachaire, | tière vile & en petite quan-
|
| une partie de la Philosophie | tité, fait une chose très pré-
|
| naturelle, qui apprend à faire | cieuse. La seconde, d'une
|
| les métaux sur la terre, en | matière très précieuse, de
|
| imitant les opérations de la | l'or même, fait une matière
|
| Nature sous terre, d'aussi | très vile, de la fumée & de
|
| près qu'il est possible. Para- | la cendre.
|
| celse dit que l'Alchimie est | Le résultat de la vraie est
|
| une science qui montre à | la guérison prompte de tou-
|
| transmuer les genres des mé- | tes les maladies qui affligent
|
| taux l'un en l'autre. | l'humanité. Le résultat de la
|
| Mais la vraie définition | fasse sont ces mêmes maux,
|
| qu'on peut tirer de tout ce | qui surviennent communé-
|
| que les bons Auteurs disent | ment aux souffleurs.
|
| de la vraie Alchimie, est | L'Alchimie est tombée
|
| telle: l'Alchimie est une | dans le mépris, depuis que
|
| science, & l'art de faire une | le grand nombre de mauvais
|
| poudre fermentative, qui | Artistes en ont imposé aux
|
| transmue les métaux impar- | gens trop crédules & igno-
|
| faits en or, & qui sert de re- | rants, par leurs supercheries.
|
| mède universel à tous les | L'or est l'objet de l'ambition
|
| maux naturels des hommes, | des hommes; les dangers
|
| des animaux & des plantes. | auxquels l'on est obligé de
|
| | B
|
@
| 18 AL | AL
|
| |
|
| s'exposer sur mer & sur terre, | couvertes utiles à la société.
|
| pour se procurer ce précieux | Les vrais Alchimistes ne
|
| métal, ne rebutent que peu | font point trophée de leur
|
| de gens. Un homme se pré- | science; ils ne cherchent pas
|
| sente; il sait, dit-il, le | à escroquer l'argent d'au-
|
| moyen de faire croître dans | trui, parce que, comme di-
|
| votre propre maison la mi- | sait Morien au Roi Calid,
|
| nière de tous les trésors, sans | celui qui possède tout, n'a
|
| d'autres risques que celui | besoin de rien. Ils font part
|
| d'une partie de ceux que | de leurs biens à ceux qui en
|
| vous possédez. Sur son ver- | manquent. Ils ne vendent
|
| biage, dont on ne connaît | point leur secret; s'ils en
|
| pas le faux, parce qu'on | communiquent la connais-
|
| ignore le procédé de la Na- | sance à quelques amis, ce
|
| ture, on se laisse gagner, on | n'est encore qu'à ceux qu'ils
|
| sème son or, & l'on ne re- | croient dignes de le posséder
|
| cueille que de la fumée; on | & d'en faire usage selon le
|
| se ruine, on finit enfin par | bon plaisir de Dieu. Ils con-
|
| détester l'imposteur, & dou- | naissent la Nature & ses opé-
|
| ter de la vérité de l'existence | rations, & se servent de ces
|
| de l'Alchimie, parce qu'on | connaissances, pour parve-
|
| n'est pas parvenu au but | nir, comme dit S. Paul, à
|
| qu'elle se propose en pre- | celle du Créateur. Qu'on lise
|
| nant un chemin opposé à ce- | les ouvrages d'Hermès Tris-
|
| lui qui y conduit. | mégiste leur chef, ceux de
|
| Il est peu d'Artistes vrais | Geber, de Morien, de Saint
|
| Alchimistes; il en est beau- | Raymond Lulle, du Cosmo-
|
| coup qui travaillent selon les | polite, de d'Espagnet, & de
|
| principes de la Chimie vul- | tant d'autres Philosophes Al-
|
| gaire. Ces derniers puisent | chimistes. Il n'en est pas un
|
| dans leur art des sophistica- | seul qui ne prêche sans cesse
|
| tions sans nombre; c'est lui | l'amour de Dieu & du pro-
|
| qui fournit tous ces impos- | chain, qui ne déclame con-
|
| teurs, qui après s'être rui- | tre les faux Alchimistes, &
|
| nés, cherchent à ruiner les | qui ne publie hautement que
|
| autres. C'est lui que l'on de- | les procédés de la vraie Chi-
|
| vrait mépriser par ces rai- | mie ou Alchimie sont les
|
| sons, si l'on n'en avait de | mêmes que ceux que la Na-
|
| plus fortes de l'estimer, par | ture emploie, quoiqu'abré-
|
| le grand nombre de ses dé- | gés par le secours de l'Art;
|
@
| AL | AL 19
|
| |
|
| mais absolument différents | les opérations alchimiques,
|
| de ceux qui sont en usage | n'est pas le feu vulgaire de
|
| dans la Chimie vulgaire. | nos cuisines, connu sous le
|
| Qu'on ne se flatte donc pas | nom de feu élémentaire.
|
| d'y parvenir par son moyen; | C'est un feu céleste répandu
|
| & qu'elle serve de pierre de | partout, qui est la princi-
|
| touche à ceux qui seraient | pale cause de la pierre, tant
|
| exposés à être trompés par | vantée des Philosophes, dont
|
| des charlatans & des impos- | ils disent qu'il est le père. Et
|
| teurs. | ce feu n'agirait cependant
|
| Le type ou modèle de | pas, s'il n'était excité par un
|
| l'art Alchimique ou Hermé- | feu céleste volatil, qui se tire
|
| tique, n'est autre que la Na- | par la distillation philosophi-
|
| ture elle-même. L'Art plus | que d'une terre connue des
|
| puissant que la Nature, par | Philosophes, qu'ils appellent
|
| les mêmes voies qu'elle lui | la mère de leur pierre. Be-
|
| marque, dégage, en certains | cher a pris la défense & dé-
|
| cas, plus parfaitement les | montré l'existence de l'Al-
|
| vertus naturelles des corps | chimie, dans son Supplé-
|
| des prisons où elles étaient | ment de sa Physique.
|
| renfermées; il amplifie leur | ALCIMAD. Voyez Al-
|
| sphère d'activité, & rassem- | timad.
|
| ble les principes qui les vivi- | ALCIMEDE, femme
|
| fient. | d'Eson & mère de Jason.
|
| Les opérations de la Na- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| ture ne différent qu'en ter- | Grecques dévoilées, liv. 2.
|
| mes seulement des opéra- | chap. 1.
|
| tions de l'Alchimie, qui sont | ALCMENE, femme
|
| au nombre de sept; savoir, | d'Amphitryon, fut trompée
|
| calcination, putréfaction, so- | par Jupiter, sous la forme de
|
| lution, distillation, sublima- | son époux, & avec le secours
|
| tion, conjonction, coagula- | de Mercure sous la figure de
|
| tion ou fixation. Mais ces ter- | Sosie; il en naquit Hercu-
|
| mes doivent s'entendre phi- | le. Les Alchimistes disent
|
| losophiquement, c'est-à-dire | qu'Alcmene représente l'eau
|
| conformément au procédé | métallique, qui est mariée
|
| de la Nature, qu'il faut bien | avec l'or des Philosophes,
|
| connaître avant de vouloir | sous le nom d'Amphitryon;
|
| l'imiter. | Jupiter qui est le symbole du
|
| Le feu qui sert le plus dans | soufre, se joint à cette eau
|
| | B ij
|
@
| 20 AL | AL
|
| |
|
| par l'adresse du Chimiste, | tiles, telles que la fleur de
|
| ou Sosie, & de cette union | farine, quand elles sont sans
|
| naît Hercule, ou le mercure | mélange. Mais ce terme ne
|
| Philosophique. Voyez les | s'applique guères aujour-
|
| Fables Egypt. & Grecques | d'hui par les Chimistes qu'à
|
| dévoilées, liv. 5. ch. 1. & | l'esprit-de-vin rectifié.
|
| suivants. | Alcool Minéral. Subs-
|
| ALCOB. C'est l'aes-* | tance très pénétrante, & la
|
| ustum. Quelques-uns l'in- | plus subtile partie des élé-
|
| terprètent du sel armoniac; | ments, très fixe, & extrê-
|
| mais il doit s'entendre du | mement digérée par un feu
|
| mercure des Philosophes. | astral & invisible. Cette
|
| ALCOFOL. Voy. Ati- | substance se trouve dans tous
|
| mad. On dit aussi Alcosol. | les mixtes; mais l'art l'extrait
|
| ALCOHOL. C'est l'an- | d'un seul pour la faire entrer
|
| timoine. | dans la composition de la
|
| ALCOL. Quelques Chi- | pierre philosophale, & de
|
| mistes ont donné ce nom au | l'élixir universel, qui sert de
|
| vinaigre. | médecine à toutes les mala-
|
| ALCOLISME. Action | dies des trois règnes.
|
| de triturer, broyer, corro- | ALCOOLISATION.
|
| der, réduire en poudre. | Réduction d'un corps en ses
|
| ALCONE. Oripeau, | plus petites parties; c'est la
|
| laiton, en fait de Chimie; | même chose, selon les Phi-
|
| mais en termes Herméti- | losophes Spagyriques, que
|
| ques, c'est le laiton des Phi- | calcination philosophique;
|
| losophes, qu'il faut blanchir. | car ils se servent indifférem-
|
| ALCOOL Glaceati Cor- | ment de l'un & de l'autre de
|
| neoli. Poudre de cristal, très | ces termes pour exprimer la
|
| subtile & impalpable. | même chose. II ne faut ce-
|
| Alcool est le nom que | pendant pas confondre l'al-
|
| les Chimistes donnent à | coolisation avec la calcina-
|
| toutes les substances pures, | tion des Chimistes vulgai-
|
| extraites par distillations, ou | res; car dans la science Her-
|
| autrement, des corps des | métique, on ne se sert de ce
|
| animaux, végétaux ou miné- | dernier terme que par simi-
|
| raux. C'est ce que d'autres | litude.
|
| appellent Esprits. | ALCOPHIL NOIR, Al-
|
| Paracelse donne aussi ce | cophil nigra. C'est un des
|
| nom aux poudres très sub- | noms que les Alchimistes
|
@
| AL | AL 21
|
| |
|
| ont donné à l'antimoine. On | Alectorius. Espèce de pierre
|
| dit aussi Alcophit. | brillante & presque transpa-
|
| ALCORE. C'est le talc. | rente comme du cristal, de
|
| ALCUBRIT ou ALCU- | la grosseur d'une fève. On
|
| BRITH. V. Alkibric. | la trouve dans le ventricule
| ALCUR. Soufre. | des vieux chapons & des
| | ALEBION, frère de Li- | vieux coqs, si l'on en doit
| | bys, tué par Hercule. Voyez | croire Albert. Les anciens
| | les Fables Egypt. & Grecq. | disaient que l'alectorie ren-
| | dévoilées, liv. 5. chap. 12. | dait l'homme qui la portait
| | ALEC. C'est le sel. | courageux, très fort; & lui
| | ALECH. Même chose | procurait beaucoup de ri-
| | que vitriol. | chesses. C'est pour cela, di-
| | ALECHARIT. Mercure | saient - ils, que Milon Cro-
| | commun & non vulgaire, | toniate sortait toujours vic-
| | mais celui des Philosophes. | torieux du combat. Ils la re-
| | ALECHIL. Nom que | gardaient aussi comme un
| | quelques Chimistes ont | philtre, & lui donnaient la
| | donné au trépied sur lequel | propriété de modérer la soif.
| | on pose quelque vase, pen- | Johnson.
| | dant les opérations chimi- | ALEFANTES. C'est le
| | ques. | Flos solis.
| | ALECTO. L'une des Fu- | ALEMBACI. Plomb
| | ries, qui avec ses deux soeurs | brûlé ou calciné.
| | Tysiphone & Mégère, filles | ALAMBIC. Les Philoso-
| | de l'Acheron & de la Nuit, | phes Hermétiques donnent
| | selon quelques-uns, filles de | quelquefois ce nom à leur
| | Jupiter, selon d'autres, fu- | mercure, parce que c'est par
| | rent constituées pour tour- | son moyen qu'ils font leurs
| | menter les ombres dans le | prétendues distillations, su-
| | royaume de Pluton. Elles | blimations, &c.
| | représentent l'action de l'eau | ALEMBROTH. Nom
| | mercurielle appelée Dra- | que les Philosophes Spagy-
| | gon, sur la partie fixe de la | riques ont donné quelque-
| | matière, pendant la putré- | fois au sel de leur mercure,
| | faction & la volatilisation. | qu'ils appellent aussi le sel
| | Voyez le livre 3. des Fables | des Philosophes, & la clef
| | Egypt. & Grecq. dévoilées, | de l'Art.
| | chap. 6. | Alembroth est encore
| | ALECTORIE, Lapis | le nom que quelques Chi-
| | | B iij
| |
@
| 22 AL | AL
|
| |
|
| mistes ont donné au sel de | en fait de Chimie vulgaire;
|
| tartre, qu'ils ont aussi ap- | & l'aigle des Philosophes,
|
| pelé le Magistère des Ma- | quand il s'agit de science
|
| gistères. Johnson. Rull. | Hermétique.
|
| ALEMZADAR. Sel | ALFUR. Safran com-
|
| armoniac. | mun pour les Chimistes, &
|
| ALERNET. Orpiment. | safran des Sages, ou la ma-
|
| ALES. Tout sel composé | tière des Philosophes parve-
|
| du mélange de plusieurs au- | nue, par la digestion, à la
|
| tres sels. | couleur de safran.
|
| ALETH. Jupiter des | ALFURA ou ALBAIT.
|
| Philosophes, & l'étain des | La céruse; ou la matière de
|
| Chimistes. | l'oeuvre parvenue au blanc.
|
| ALEUSANTI. Voyez | ALFUSA. C'est la tu-
|
| Alosanti. | thie.
|
| ALEXANTHI. Fleurs | ALGALI. Nitre. En ter-
|
| d'airain. | mes de science Hermétique,
|
| ALEXIR. Toute méde- | c'est la première matière de
|
| cine chimique. | l'oeuvre.
|
| ALEZARAM. Lavure de | ALGAMET. Charbon.
|
| plomb, ou Saturne des Phi- | ALGATIA. Civette.
|
| losophes nettoyé & blanchi. | ALGEROTH. Poudre
|
| ALFACIO. V. Atimad. | du mercure de vie.
|
| ALFACTA ou ALFA- | ALGIBICH. Voyez Al-
|
| TA. C'est le même que dis- | kibrick.
| tillation. | ALHENOT. V. Ala-
| | ALFADIDAM. Scories, | habar.
| | écume de fer, non celles | ALHOFOL. Antimoine.
| | qui restent dans la fournaise | ALHOHONEC, Voyez
| | mais celles qu'on appelle | Adehem.
| | aussi pailles de fer, qui tom- | ALHOHONOC. Voyez
| | bent auprès de l'enclume, | Alahabar.
| | quand on y bat le fer au | ALIAS. Même chose que
| | marteau. | Vase.
| | ALFATIDA. Cuivre | ALIBA. Une des colon-
| | brûlé. Il signifie aussi limaille | nes qu'Hercule planta aux
| | de cuivre. | confins de la Mauritanie.
| | ALFIDUS. Le même que | Voyez les Fables Egypt. &
| | Céruse. | Grecques dévoilées, liv. 5.
| | ALFOL. Sel armoniac. | chap. 12.
| |
@
| AL | AL 23
|
| |
|
| ALIGULE. Toute con- | livre 2. de Nat. rerum.
|
| fection chimique. | Martin Rullandus dit que
|
| ALIMENT de la Pierre. | l'Alkaest est un mercure pré-
|
| C'est le feu. | paré, non du tartre, com-
|
| ALINZADIR & ALIN- | me quelques-uns l'ont cru,
|
| ZIADIR. C'est le sel armo- | trompés par un endroit de
| niac. | Van-Helmont, où il dit en
| | ALIOCAB. Sel armo- | parlant de l'Alkaest: Si vous
| | niac. | ne pouvez parvenir à décou-
| | ALISTITES. Sel armo- | vrir ce secret du feu, appre-
| | niac. | nez au moins à rendre le sel
| | ALIX. Sel commun pré- | de tartre volatil, pour fai-
| | paré. | re vos dissolutions par son
| | ALKAEST. Liqueur | moyen. Van-Helmont, de
| | qui, selon Paracelse & Van-* | Febribus.
| | Helmont, dissout tous les | Michel Toxite dit aussi
| | corps visibles, & les réduit | que l'Alkaest est un mercure
| | à leur première matière. Il | préparé pour les maladies du
| | diffère de ce que les vrais | foie.
| | Chimistes appellent leur | Plusieurs Chimistes ont
| | Mercure. Cette dissolution | prétendu que l'Alkaest ne
| | est naturelle, douce, sans | différait point du grand & du
| | corrosion; elle conserve la | petit circulé de Paracelse,
| | semence des corps, la dis- | fait avec l'esprit-de-sel com-
| | pose à la génération; au lieu | mun; d'autres ont cru l'avoir
| | que les dissolutions des Chi- | trouvé dans l'étymologie du
| | mistes ordinaires se font par | nom même Alkali est, com-
| | des eaux fortes, qui partici- | me si l'on disait c'est du sel
| | pent, dans leurs effets, du | alcali; mais comme les sels
| | feu élémentaire qui détruit | alcalis des cendres, de la
| | & tue, au lieu de vivifier. | soude, du tartre, &c. ne
| | C'est pourquoi les Philoso- | produisaient pas l'effet de
| | phes hermétiques disent: | l'alkaest, on imagina d'alka-
| | Les Chimistes détruisent, | liser le nitre en le fixant.
| | nous édifions; ils brûlent | Glauber en fit son sel, au-
| | par le feu, nous par l'eau; | quel il donna le nom de sel
| | ils tuent, nous ressuscitons. | admirable. Mais ni les uns ni
| | Ils lavent par l'eau, nous par | les autres n'ont réussi. Un
| | le feu, &c. Paracelse en dé- | Auteur, dont je ne me rap-
| | crit la préparation dans son | pelle pas le nom, dit que
| | | B iv
| |
@
| 24 AL | AL
|
| |
|
| c'est une liqueur très com- | tière philosophique parve-
|
| mune chez les Arabes. Para- | nue à la couleur de pourpre
|
| celse ni Van Helmont n'ont | dans la première prépara-
|
| pas expliqué assez claire- | tion. Alors c'est leur soufre
|
| ment ce qu'ils entendaient | vif, leur or, leur Apollon,
|
| par cette liqueur dissolvante, | leur minière de feu céleste,
|
| pour qu'on puisse la deviner | leur Prométhée, leur Osi-
|
| par la lecture de leurs ouvra- | ris, &c.
|
| ges. Il diffère du dissolvant | ALKIN. Cendres gra-
|
| des Philosophes, en ce que | velées, ou cendres des Phi-
|
| celui-ci s'unit inséparable- | losophes, qu'il ne faut pas
|
| ment à ce qu'il dissout, & | mépriser, dit Morien, parce
|
| l'autre s'en sépare sans dimi- | qu'elles contiennent le dia-
|
| nution. | dème de leur Roi, leur Bac-
|
| ALKAL. Cendres gra- | chus, leur Esculape, &c.
|
| velées ou clavelées. | ALKIR. C'est la fumée
|
| ALKALAC. Sel fixe. | & les charbons.
|
| ALKALAP. Etain, Ju- | ALKOEL. Johnson dit
|
| piter. | que c'est une espèce de
|
| ALKALAT. Fleur de | plomb très fin, tiré des mi-
|
| sel, ou sel sublimé. | nes où l'on trouve le lapis
|
| ALKALID. V. Allor. | lazuli; quelques-uns ont ap-
|
| ALKALIE. Vase des | pelé ce plomb Antimoine.
|
| Philosophes. | ALKOOLISER. Voyez
|
| ALKANT. Mercure des | Alcoolisation.
|
| Sages. | ALKOSOR. Camphre.
|
| ALKARA. Cucurbite. | ALKY-PLOMB. Voyez
|
| ALKASOR. Pierre au | Altey-Plomb.
|
| rouge, ou le soufre. | ALLABOR, ALCA-
|
| ALKAUT. Mercure, ou | MOR, ALCHONOR,
|
| argent vif. | ALLARINOCH, ALRA-
|
| ALKAUTUM. Nom | CAS. Tous ces noms signi-
|
| que quelques Chimistes ont | fient la même chose qu'A-
|
| donné à l'arsenic; d'autres au | lahabar.
|
| cuivre brûlé ou aes-ustum. | ALLOR. Aes-ustum en
|
| Johnson. | grenailles.
|
| ALKIBERT. Voyez Al- | ALLUTEL. V. Alu-
|
| kibric. | del.
|
| ALKIBIC, ALKIBRIC. | ALMACAUDA, Li-
|
| Soufre des Sages, ou la ma- | tharge.
|
@
| AL | AL 25
|
| |
|
| ALMAGRA. Les Chi- | ALME ou ALMA. Eau
|
| mistes ordinaires donnent ce | philosophique.
|
| nom au bol, au cuivre, au | ALMECHAFIDE. Cui-
|
| laiton ; mais les Philosophes | vre, airain.
|
| Chimistes ne l'entendent | ALMENE. Sel gemme.
|
| que de la matière de leur | ALMETAI. Scories de
|
| pierre. O! bon Roi, vous | fer.
|
| devez savoir parfaitement | ALMIBA. Etain, Jupi-
|
| avant toutes choses, que la | ter.
|
| fumée rouge, & la fumée | ALMISA. C'est le musc,
|
| blanche, & le lion vert, & | si nous en croyons Planis-
|
| almagra, & l'immondice de | campi.
|
| la mort, & le limpide, & le | ALMISADIR ou AL-
|
| sang, & l'eudica, & la terre | MIZADIR. Vert-de-gris,
|
| fétide, sont des choses dans | rouille de cuivre. Paracelse
|
| lesquelles consiste tout le | semble l'entendre dans ce
|
| magistère. Morien. Alma- | sens-là, quand il s'écrit par
|
| gra est le laiton que j'ai nom- | un Z. au lieu d'un S. Mais
|
| mé ci-dessus la terre rouge. | les Philosophes appellent
|
| Idem. C'est-à-dire le soufre | leur sel armoniac Almisa-
|
| Philosophique. | dir, Almisadit, & quelque-
|
| ALMAKIST. Litharge. | fois Almisadu.
|
| ALMARAGO. Corail. | ALMISARUB. Terre
|
| ALMARCAT. Lithar- | philosophique, qu'il faut
|
| ge, ou scories de l'or. | cultiver, pour y semer le
|
| ALMARGAZ. Plomb | grain d'or qui doit produire
|
| réduit en litharge dans la | au centuple, & davantage.
|
| coupelle. | Voyez Terre Feuillée.
|
| ALMARGEN & AL- | ALNEC ou ALLENEC.
|
| MARGOL. Corail. | Etain, Jupiter.
| ALMARKASITE. | ALO. Sel commun pour
| | Voyez Mercure. | la Chimie, & sel des métaux
| | ALMARTACK. Lithar- | dans le sens Hermétique.
| | ge calcinée. | ALOCAF. Sel armo-
| | ALMARZIDA. Lithar- | niac.
| | ge d'argent. | ALOFIL. Bande de lin-
| | ALMAT. Céruse, ou | ge, qu'on emploie pour
| | rouille de plomb. | sceller les vases. Johnson.
| | ALMATKASITE. Ar- | ALOMBA. V. Alaha-
| | gent vif. | bar, Acazdir.
| |
@
| 26 AL | AL
|
| |
|
| ALOMBARI. Plomb | ALTIMION. Scories de
|
| brûlé. Planiscampi. | plomb.
|
| ALOOC. Voyez Ala- | ALTINGAT. Vert-de-
|
| habar. | gris, rouille de cuivre.
|
| ALOS. Sel en général. | ALTINURAUM. Vi-
|
| ALOSANTHI. Fleurs | triol, attrament.
|
| de sel. | ALTIT. Assa foetida.
|
| ALOSET. Mercure des | ALTOFET. Anti-
|
| Philosophes. | moine.
|
| ALOTIN. Voyez Aki- | ALUACH ou ALU-
|
| libat. | HEC. Jupiter, étain.
|
| ALOUS. Fils du Soleil | ALUDEL ou ALU-
|
| & d'Antiope. Voyez les Fa- | TEL. Vase requis pour le
|
| bles Egypt. & Grecques, | grand oeuvre. Geber le dé-
|
| liv. 3. chap. 14. §. 6. | crit ainsi dans la 4e partie
|
| ALRACHAS. Voyez | du liv. 1. de sa Somme de
|
| Alahabar. | la perfection. L'Aludel doit
|
| ALSECH. Alun. | être fait d'un verre épais éga-
|
| ALSELAT. Cuivre brû- | lement partout; toute autre
|
| lé, aes-ustum. | matière ne vaut rien pour cet
|
| ALSUFIR. Couleur rou- | effet, à moins qu'elle ne soit
|
| ge qui survient au magistère | d'une substance qui ait beau-
|
| des Sages à la fin des opé- | coup d'affinité avec le verre,
|
| rations. Calid, chap. 1. des | telle que celle des cailloux.
|
| Secrets de l'Alchimie. | Car le verre seul est propre
|
| ALTAFOR. Camphre. | par sa consistance & sa subs-
|
| ALTAMBUS. Pierre | tance inaltérable à retenir les
|
| rouge, ou pierre du sang | esprits ténus & subtils des
|
| humain; c'est l'élixir Philo- | mixtes, qui s'évaporeraient
|
| sophique. | par les pores des autres ma-
|
| ALTARA. Cucurbite. | tières. Les métaux même ne
|
| ALTEY-PLOMP. Sel | valent rien pour cela; parce
|
| de Saturne, ou matière dou- | que l'affinité qu'ils ont avec
|
| ce, extraite du plomb au | les esprits minéraux & mé-
|
| moyen du vinaigre. John- | talliques, en feraient une
|
| son. Voyez Ame de Sa- | réunion, au lieu de les laisser
|
| turne. | sublimer.
|
| ALTHANACA. Orpi- | Mais Geber comme les
|
| ment. | autres Philosophes n'enten-
|
| ALTIMAR. Aes-ustum, | dent pas toujours le vase de
|
cuivre calciné.
@
| AL | AL 27
|
| |
|
| verre, par le terme Aludel; | pas l'alun vulgaire, mais un
|
| souvent, & le plus commu- | sel principe de l'alun, des
|
| nément, ils désignent sous ce | autres sels, des minéraux &
|
| nom le vase philosophique, | des métaux.
|
| qu'il ne faut pas confondre | Alun ALAFURI. Sel
|
| avec le vase dans lequel on | alcali.
|
| renferme la matière. C'est | Alun DE ALAP. Sel de
|
| pourquoi quand ils disent de | Grèce. Planiscampi.
|
| sceller hermétiquement l'A- | Alun ALKALI. C'est le
|
| ludel, cela veut dire, qu'il | nitre fixé.
|
| faut fixer le mercure des Sa- | Alun ALKORI. Nitre
|
| ges. Voyez Vase. | simple.
|
| Les Chimistes vulgaires | Alun MARIN. Esprit
|
| ont interprété Aludel par | humide de l'air, qui vivifie
|
| fourneau, cucurbite; lors- | tous les êtres sublunaires,
|
| que les Adeptes en parlent | par la chaleur qui l'accom-
|
| en semblant indiquer un | pagne.
|
| fourneau, il faut l'entendre | Alun SYRACH, Alun
|
| de leur fourneau secret, qui | ALKOKAR, Alun ALFU-
|
| quelquefois se prend pour la | RIN. Alun calciné.
|
| matière de laquelle ils ex- | ALUNIBUR. Argent,
|
| traient leur mercure; d'au- | Lune des Philosophes, leur
|
| tres fois, de leur soufre ani- | pierre au blanc parfait.
|
| mé, vif, ou pierre ignée, | ALUNSEL. Quelques
|
| qui entretient & conserve le | Chimistes appellent ainsi
|
| feu interne & agissant de | les gouttes qui tombent du
|
| l'oeuvre. Aludel se prend en- | chapiteau de l'alambic dans
|
| core pour le mercure même | le récipient. Rullandus.
|
| animé. | ALUSAR. Manne.
|
| ALUDIT. Mercure des | ALUSEN. Toute ma-
|
| Sages. | tière soufrée.
|
| ALUECH. Jupiter, | ALUSIR. Nom que
|
| étain purifié. | quelques Adeptes ont don-
|
| ALUMBOTI. Plomb | né à la pierre fixée au rouge
|
| calciné. | de couleur de pourpre.
|
| ALUMONODIG. Sel | ALZAFAR. Cuivre
|
| armoniac. | brûlé.
|
| ALUN. Nom que les Phi- | ALZEGI. Attrament.
|
| losophes ont donné quel- | ALZEMAFOR. Cina-
|
| quefois à leur sel, qui n'est | bre.
|
@
| 28 AL AM | AM
|
| |
|
| ALZERNAD. Magistè- | prit le nom de corne d'abon-
|
| re au rouge. | dance. Voyez-en l'explica-
|
| ALZILAT. Poids de | tion chimique, liv. 3. ch. 4.
|
| trois grains. Johnson. | & ailleurs, des Fables Egyp-
|
| AMALGAMER. Faire | tiennes & Grecq. dévoilées.
|
| la réunion du mercure phi- | AMAZONES. Les
|
| losophique avec le soufre ou | histoires anciennes sont plei-
|
| l'or des Sages; non pas à | nes des actions de ces fem-
|
| la maniere des Chymistes | mes guerrières ainsi nom-
|
| vulgaires, en broyant dans | mées. On compte au nom-
|
| un mortier ou autrement, | bre des travaux d'Hercule
|
| une matière solide avec un | la victoire qu'il fut obligé de
|
| corps liquide; mais en con- | remporter sur elles, pour
|
| duisant le feu des Philoso- | pouvoir enlever à Hyppo-
|
| phes, suivant le régime pres- | lite leur Reine, un baudrier
|
| crit; c'est-à-dire, en perfec- | orné de diamants & de rubis
|
| tionnant l'oeuvre par la cuis- | qu'Euristhée avait demandé
|
| son ou digestion continuée, | à Hercule. Après que celui-
|
| au feu égal, sulfureux, en- | ci eut pris cette Reine, il la
|
| vironné & qui ne brûle pas. | donna à Thésée qui l'avait
|
| Voyez Artéphius, sur le ré- | accompagné, & porta le
|
| gime du Feu. | baudrier à Euristhée.
|
| AMALGRA ou AL- | Les Philosophes Hermé-
|
| MAGRA. Soufre des Phi- | tiques expliquent ce travail
| losophes, ou pierre au rouge. | d'Hercule dans le même sens
| | AMAR. Vinaigre des | que ses autres travaux. C'est
| | Sages, & leur dissolvant. | une allégorie, disent-ils, de
| | Les Chimistes vulgaires ont | la perfection du grand oeu-
| | quelquefois donné ce nom | vre de la pierre, & de la
| | au vinaigre commun. | médecine parfaite au blanc
| | AMALTHE'E. Chèvre | & au rouge, représentée par
| | qui fournit le lait dont les | ce baudrier, orné de rubis &
| | Nymphes nourrirent Jupiter. | de diamants; parce qu'il n'y
| | Ce Dieu la transporta au | a rien au monde de si pré-
| | ciel, & fit présent à ses nour- | cieux que cette médecine
| | rices d'une des cornes de | universelle. Voyez les Fa-
| | cette chèvre, à laquelle il | bles Egypt. & Grecq. dé-
| | donna la propriété de pro- | voilées, liv. 5.
| | curer à ces Nymphes tout ce | AMBROSIE. Nour-
| | qu'elles désireraient; elle en | riture des Dieux; c'est le
| |
@
| AM | AM 29
|
| |
|
| mercure des Philosophes | pellicule de couleur d'arc-
|
| Hermétiques, principe de | en-ciel, que vous enlèverez
|
| tous les métaux. | adroitement avec une cuil-
|
| AME. Magistère parfait | ler de verre ou d'ivoire, &
|
| au rouge; parce qu'alors il | la mettrez dans un vase ou
|
| est proprement le ferment | creuset, qui puisse résister
|
| qui anime la pierre pour en | au feu. Après avoir enlevé
|
| faire l'élixir. | cette première, vous agite-
|
| Les Chimistes donnent | rez l'eau, & quand elle sera
|
| aussi ce nom au soufre | reposée, il se formera une
|
| moyen, parce que de même | seconde pellicule, que vous
|
| que l'âme conserve le corps | enlèverez comme la pre-
|
| par une chaleur & un hu- | mière. Vous continuerez
|
| mide radical qui empêchent | l'opération jusqu'à ce qu'il
|
| la dissolution des parties, de | ne s'en formera plus. Cette
|
| même le soufre moyen, | Ame de vitriol mise à un feu
|
| comme un baume, agglutine | violent, devient rouge com-
|
| les parties, en conserve l'u- | me du sang, & ne s'y con-
|
| nion & la cohésion. | sume pas. Lorsque les vases
|
| Ame DE SATURNE. | sont à l'air, il faut les garan-
|
| Anima Saturni, ou Althea | tir de la pluie & de la pous-
|
| plumbi. Terme de Chi- | sière. Cette poudre rouge,
|
| mie. Douceur très suave du | mêlée en petite quantité
|
| plomb, extraite avec le vi- | avec du cuivre décapé & li-
|
| naigre, puis précipité avec | quéfié, y fait un effet sur-
|
| l'eau commune. Planisc. | prenant, de même qu'avec
|
| Ame DU VITRIOL. | les autres métaux. Minsych.
|
| Soufre vitriolique que l'on | Ame SENSIBLE. C'est le
|
| extrait de la façon suivante. | sel armoniac, suivant Man-
|
| Ayez des terrines vernissées, | get.
|
| tenant environ quatre pin- | AMELITE. Les Egyp-
|
| tes chacune, mettez-y trois | tiens donnaient ce nom à la
|
| bonnes pintes d'eau de pluie | femme imaginaire de Zo-
|
| filtrée, & trois poignées de | roastre, & n'entendaient
|
| vitriol commun en poudre; | par-là que l'humidité de l'air
|
| remuez bien le tout, & lais- | subtil, extrêmement raré-
|
| sez dissoudre le vitriol, après | fié, servant de véhicule au
|
| avoir mis les vases à l'air ou | feu céleste signifié par Zo-
|
| au soleil; il se formera sur | roastre, qui faute de cet air
|
| la superficie de l'eau une | pur & délié, ne pourrait
|
@
| 30 AM | AM
|
| |
|
| se manifester sensiblement. | autre. Ainsi un métal n'est
|
| Leur union indivisible, qui | pas propre à perfectionner
|
| fait la vie de tous les êtres | un végétal, & un végétal le
|
| de la Nature, a été de tous | serait encore moins à l'égard
|
| les temps le digne objet de | du minéral. Mais comme la
|
| l'attention & du culte des | nature tend toujours à la per-
|
| anciens Philosophes Natu- | fection des êtres, & qu'elle
|
| ralistes, ainsi que l'Histoire | emploie les voies les plus
|
| nous l'apprend en traitant | simples & par degrés; le
|
| des religions les plus accré- | règne minéral ayant été en
|
| ditées. L'on feint qu'Abra- | quelque façon créé le pre-
|
| mane ou Denis, Prince des | mier, a pu servir de base au
|
| ténèbres, est opposé à Zo- | règne végétal; & le règne
|
| roastre, auquel ce premier | animal, comme le plus par-
|
| déclare une guerre ambi- | fait, ayant été formé des
|
| tieuse, dont l'événement ne | deux autres, se nourrit &
|
| peut être qu'à la gloire de | s'entretient d'eux; sans ce-
|
| Zoroastre, c'est-à-dire à celle | pendant qu'ils puissent se ser-
|
| de la lumière, puisque les | vir mutuellement de semen-
|
| ténèbres ne sont qu'une pri- | ce; parce que chaque règne
|
| vation de lumière, & qu'une | a la sienne spécifiée & dé-
|
| privation n'a point d'exis- | terminée. II faut donc pren-
|
| tence. | dre celle du minéral pour
|
| AMENDER. On trou- | faire l'oeuvre des Philoso-
|
| ve ce terme dans presque | phes, & non celles des deux
|
| tous les Auteurs Chimi- | autres règnes.
|
| ques, pour signifier perfec- | AMENE. Sel marin ou
|
| tionner. La nature s'amende | commun.
|
| en nature; nature amende | AMENTUM. Alun.
|
| nature: ils entendent par ces | AMETHE'E. Nom d'un
|
| termes, que la nature se sert | des chevaux qui tiraient le
|
| toujours dans ses opérations | char de Pluton. V. Abas-
|
| de choses homogènes pour | ter.
|
| perfectionner ses ouvrages, | AMIANTE. Pierre
|
| & que les parties de matière | incombustible. Voyez Al-
|
| qui composent les individus | bestos. Les Philosophes
|
| d'un règne, sont plus propres | ont donné le nom d'A-
|
| à perfectionner les individus | miante à leur pierre, parce
|
| de ce même règne, que cel- | qu'elle résiste aux atteintes
|
| les qui seraient prises d'un | du feu le plus violent.
|
@
| AM | AM 31
|
| |
|
| AMISADIR. Voyez Al- | les-mêmes au son de sa lyre;
|
| misadir. | Mercure avait été son maî-
|
| AMISADER & AMI- | tre de musique. Voyez les
|
| SADIR. Sel armoniac phi- | Fables Egypt. & Grecques
| losophique. | dévoilées, liv. 3. chap. 14.
| | AMITHAON. Fils de | §. 6.
| | Créthée & oncle de Jason. | AMPHYTRION. Epoux
| | Voyez les Fables Egypt. & | d'Alcmene, selon la Fable.
| | Grecq. liv. 2. chap. 1. | Voyez ce qu'il signifie selon
| | AMMON. Le même | l'explication des Alchimis-
| | que Jupiter, Dieu des Egyp- | tes dans l'art. Alcmene.
| | tiens. Voyez le livre 1. des | AMYCUS, Roi de Be-
| | Fables Egypt. & Grecques | brycie, fils de Neptune &
| | dévoilées, sect. 3. chap. 8. | de la Nymphe Melie, dé-
| | Ammon fut adoré en Ly- | fiait les étrangers aux pa-
| | bie sous la figure d'un bé- | lets; Pollux, un des Argo-
| | lier, soit parce que Jupiter | nautes, accepta le défi, &
| | en se sauvant avec les au- | tua Amycus. Fables Egypt.
| | tres Dieux en Egypte, pour | & Grecq. dévoilées, liv. 1.
| | se soustraire à la poursuite | chap. 1.
| | des Géants, prit la forme | AN. Soufre des Philoso-
| | de cet animal; soit, comme | phes, ainsi nommé, parce
| | le disent d'autres, que Jupi- | qu'étant en même temps leur
| | ter sous la figure d'un bélier, | Apollon, leur Soleil, il di-
| | ait fait sourdre une fontaine, | rige ensuite les opérations
| | pour désaltérer l'armée de | de la pierre pendant le cours
| | Bacchus. | des quatre saisons de l'année
| | AMNIS ALKALISA- | philosophique, requises pour
| | TUS. Quelques Chimistes | la perfection de l'oeuvre.
| Spagyriques ont ainsi nom- | C'est pourquoi ils l'ont aussi
| | mé les sources d'eau, qui en | appelé le Père de la pierre.
| | passant & se filtrant à travers | ANACAB. Sel armo-
| | les terres calcaires, se sont | niac des Sages.
| | imprégnées de sels alcalis. | ANACHRON. Voyez
| | AMOGABRIEL. Ci- | Anathron.
| | nabre. | ANATHRON. Espèce
| | AMPHION. Fils de Ju- | de sel qui croit sur les pier-
| | piter & d'Antiope. Il bâtit | res; & qui diffère du salpê-
| | la ville de Thèbes, & les | tre. Quand on le fait cuire,
| | pierres s'arrangeaient d'el- | il devient une espèce d'alun
| | |
@
| 32 AM | AM
|
| |
|
| acide. Si l'on pousse le feu, | ANCHRE. C'est la
|
| il prend la forme de la trans- | chaux, ainsi nommée à cau-
|
| parence du verre, & laisse | se de sa propriété qu'elle a de
|
| une écume, que les Anciens | fixer les choses volatiles.
|
| regardaient faussement com- | ANCINAR. Borax.
|
| me un fiel de verre. Ils l'ap- | ANCOSA. Laque.
|
| pelaient Foex Vitri. Planis- | ANDENA. Chalyps
|
| campi. | Orientalis, est un acier
|
| Rulland le nomme Sagi- | qu'on nous apporte de l'O-
|
| men vitri Baurac. | rient. Il se liquéfie au feu,
|
| ANATON, signifie | comme les autres métaux,
|
| quelquefois l'écume ou sel | & peut être jeté en moules.
|
| de verre; mais ordinaire- | Rulland.
|
| ment on le prend pour le sel | ANDROGYNE ou
|
| nitre. | HERMAPHRODITE.
|
| ANATOSIER. Sel ar- | Nom que les Chimistes
|
| moniac. | Hermétiques ont donné à
|
| ANATRIS. Mercure. | la matière purifiée de leur
|
| ANATRUM, Verre co- | pierre, après la conjonction.
|
| loré de différentes couleurs. | C'est proprement leur mer-
|
| On l'appelle plus commu- | cure, qu'ils appellent mâle
|
| nément Terre sarrasine ou | & femelle, Rebis, & de
|
| Smaltum. | tant d'autres noms, qu'on
|
| ANATUM. Coque | peut voir dans l'article Ma-
|
| d'oeuf. | tière.
|
| ANCE'E, fils de Nep- | Ils l'ont nommé ainsi, par-
|
| tune & d'Astipalée, fut un | ce qu'ils disent que leur ma-
|
| des Argonautes; il succéda | tière se suffit à elle-même
|
| à Typhis dans la conduite | pour engendrer, & mettre
|
| du navire Argo. Fabl. Egyp- | au monde l'enfant royal,
|
| tiennes & Grecques dévoi- | plus parfait que ses parents.
|
| lées, liv. 2. Chap. 1. | Que leur matière est une;
|
| ANCHISE, père d'E- | c'est leur azoth, duquel ils
|
| née, qui le sauva sur ses épau- | répètent souvent que l'azoth
|
| les de l'embrasement de la | & le feu suffisent à l'Artiste;
|
| ville de Troie, après que | que néanmoins elle conçoit,
|
| les Grecs s'en furent rendu | elle engendre, elle nourrit,
|
| les maîtres. Fables Egypt. | elle manifeste enfin ce Phé-
|
| & Grecq. dévoilées, Des- | nix tant désiré, sans addition
|
| cente d'Enée aux Enfers. | d'autre matière étrangère.
|
| | Il
|
@
| AN | AN 33
|
| |
|
| Il faut cependant savoir que | Hermétique, c'est le soufre
|
| leur matière est composé de | fixe & incombustible des
|
| deux & même de trois, sel, | Philosophes, qui fixe le mer-
|
| soufre & mercure; mais que | cure, & en fait l'élixir pro-
|
| tout n'est autre que le fixe | pre à fixer en or les métaux
|
| & le volatil, qui étant joints | imparfaits.
|
| & réunis dans les opéra- | ANGES. Les Philoso-
|
| tions, ne font plus qu'une | phes Chimiques donnent
|
| matière qu'ils appellent alors | quelquefois ce nom à la ma-
|
| Androgyne, Rebis, &c. | tière volatile de leur pierre.
|
| ANDROMEDE, fille | Ils disent alors que leur corps
|
| de Cephée & de Cassiopée, | est spiritualisé; & qu'on ne
|
| fut exposée à un monstre ma- | réussira jamais dans le grand
|
| rin, & délivrée par Persée | oeuvre, si on ne corporifie
|
| qui l'épousa. La Fable feint | les esprits, & ne spiritualise
|
| que tout cela se passa en | les corps. Cette opération
|
| Ethiopie, parce que les Phi- | est la sublimation philoso-
|
| losophes emploient l'allé- | phique; & l'on doit savoir
|
| gorie des dragons qui com- | que le fixe ne se sublime
|
| battent entr'eux, ou qui sont | jamais, s'il n'est aidé du
|
| vaincus par des Héros, pour | volatil.
|
| exprimer le combat du fixe | ANGLE. La chose a trois
|
| & du volatil dans le temps | angles. Terme de science
|
| que la dissolution de la ma- | Hermétique. Les Philoso-
|
| tière la rend noire comme | phes disent que leur ma-
|
| de la poix fondue. Voyez | tière, ou le mercure philo-
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | sophal, est une chose qui a
|
| liv. 3. chap. 14. §. 3. | trois angles en sa substance,
|
| ANDURAC. Orpiment | quatre en sa vertu, deux en
|
| rouge. | sa matière, & une en sa ra-
|
| ANERIC. Soufre. | cine. Ces trois angles sont
|
| ANERIT. Soufre vif. | le sel, soufre & mercure;
|
| ANFAKA. Présure, ma- | les quatre sont les éléments;
|
| tière fixe des Sages. | les deux, le fixe & le vola-
|
| ANFICARTO-ES- | til; & une, c'est la matière
|
| PRIT. Esprit-de-sel. | éloignée, ou le chaos d'où
| ANFIR-FILS. Mercure | tout a été fait.
| | philosophique. | ANIADA. Terme de
| | ANFUKA. Matière coa- | Philosophie Spagyrique, qui
| | gulée. En termes de science | veut dire les forces & les
| | | C
| |
@
| 34 AN | AN
|
| |
|
| vertus des astres, dont, di- | tion, & qu'elle a une âme
|
| sent-ils, nous recevons les | de couleur sanguine, à sa-
|
| influences célestes par l'ima- | voir l'esprit invisible de vi-
|
| gination & la fantaisie. Dans | triol. Joan. de Rupe Scissa.
|
| le sens moral, ce sont les | ANIMATION, en
|
| grâces que nous recevons | termes de science Herméti-
|
| par les Sacrements. Rulland. | que. Donner au mercure
|
| ANIADIN signifie lon- | un esprit métallique, qui le
|
| gue vie, selon les Philoso- | vivifie, pour ainsi dire, &
|
| phes Chimiques. Planis- | le rend propre à produire
|
| campi. | le soufre philosophique. Le
|
| ANIADUM, selon le | Philalèthe & Bernard Tré-
|
| sens moral des Philosophes | visan ont beaucoup parlé de
|
| Hermétiques, veut dire les | cette animation. Le Trévi-
|
| grâces que le Saint - Esprit | san l'appelle alors, Mercure
|
| infuse en nous. Ou, selon | double. Quelques Chimis-
|
| Ruland, c'est l'homme mê- | tes ont entendu les paroles
|
| me spirituel, régénéré en | de Philalèthe, comme s'il
|
| nous, après qu'on a dé- | parlait du mercure vulgaire,
|
| pouillé l'homme terrestre ou | mêlé avec l'or aussi vulgai-
|
| le vieil Adam. | re; mais il faut l'expliquer
|
| ANIMAL. Les Philoso- | du mercure & de l'or vif des
|
| phes Hermétiques ont don- | Philosophes.
|
| né ce nom à leur matière, | ANIMER. Donner au
|
| après qu'elle a passé par la | mercure philosophique une
|
| putréfaction. Son nom na- | âme métallique. Voyez Ani-
|
| turel est Animal; & quand | mation.
|
| elle a ce nom, elle sent bon, | ANNEAU du Souverain
|
| & il ne demeure ni obscu- | Lien. Termes de Philoso-
|
| rité, ni mauvaise odeur en | phie Chimique, qui signi-
|
| elle. Morien. | fient les différentes liaisons
|
| Animal est aussi un des | des quatre éléments qui sem-
|
| noms que les Philosophes | blent faire une chaîne dont
|
| Hermétiques ont donné à la | le mercure philosophal est
|
| matière préparée de la pier- | le produit, & comme l'an-
|
| re. Prenez, avec la béné- | neau qui les unit.
|
| diction de Jésus-Christ, l'a- | Anneau d'Or couvert
|
| nimal avec tout son sang. | d'argent. C'est la pierre au
|
| On l'appelle Animal, parce | blanc, qui dans son extérieur
|
| qu'elle croît dans la sublima- | est blanche, & cache l'or,
|
@
| AN | AN 35
|
| |
|
| ou la rougeur dans son inté- | ordre, & même de l'année
|
| rieur. Quelques - uns l'ont | philosophique. C'est dans le
|
| dit du nitre. | même sens qu'il faut expli-
|
| ANNE'E. Les Philo- | quer Pline, lorsqu'il dit, que
|
| sophes ont un calcul diffé- | l'année philosophique est le
|
| rent du calendrier vulgaire, | mois commun, il fallait ajou-
|
| quand il s'agit de compter | ter philosophique. D'autres
|
| leurs années, leurs mois, | disent que l'année philoso-
|
| leurs semaines & leurs jours. | phique est de sept ans &
|
| Ils comparent le temps qu'il | neuf mois. Au bout des trois
|
| faut pour parfaire l'oeuvre, | premières années le mercure
|
| à l'année commune, parce | ou vinaigre philosophique
|
| qu'ils partagent leurs opéra- | devient médecine; après
|
| tions en quatre temps, com- | cinq ans, le mercure ne l'est
|
| me l'année commune en | plus, c'est la terre feuillée;
|
| quatre saisons. Ils ont adop- | & sept ans expirés parfont
|
| té les mêmes dénomina- | le magistère & la médecine
|
| tions, & on les trouvera | universelle, auquel temps il
|
| expliquées dans leurs arti- | faut encore ajouter neuf mois
|
| cles. | pour l'élixir ou poudre de
|
| Philalèthe dit que les Sa- | projection.
|
| ges réduisent les années en | On peut dire en général,
|
| mois, les mois en semaines, | que l'année des Philosophes
|
| & les semaines en jours; | n'est pas déterminée par le
|
| mais cette réduction n'est | nombre des jours. Si l'agent
|
| pas encore une règle géné- | ou le feu philosophique est
|
| rale, suivant laquelle on | bien administré suivant les
|
| doit s'imaginer que les Phi- | règles de l'art, l'oeuvre sera
|
| losophes travaillent; puis- | plutôt finie. Mais quelque
|
| que l'Adepte, qui fit la pro- | nombre de jours que l'on
|
| jection devant Helvétius le | emploie, l'année Hermé-
|
| père, lui dit que l'oeuvre | tique sera toujours complè-
|
| pouvait se faire en quatre | te; parce qu'elle aura eu ses
|
| jours. On peut consulter là-* | quatre saisons. L'hiver qui
|
| dessus le Vitulus Aureus du | est le commencement de
|
| même Helvétius. | l'oeuvre, dure jusqu'après
|
| Philalèthe fait même re- | la putréfaction: le printemps
|
| marquer qu'il faut entendre | commence lorsque la ma-
|
| cette réduction de l'année, | tière sortant de la putréfac-
|
| de la médecine du troisième | tion se volatilise, & passe de
|
| | C ij
|
@
| 36 AN | AN
|
| |
|
| la couleur noire à la blan- | ANODE. Urine.
|
| che; l'été dure depuis que la | ANONTAGE. Pierre
|
| couleur blanche se change | philosophale.
|
| en couleur orangée jusqu'au | ANOXADIC. Sel ar-
|
| rouge de rubis. Alors c'est | moniac.
|
| l'automne, temps où l'Artiste | AN-PERE, ou PERE
|
| recueille les fruits de ses tra- | DE L'ANNE'E. C'est le
|
| vaux. | soufre des Philosophes, ou
|
| Ainsi quand les Philoso- | leur Soleil, ainsi nommé de
|
| phes disent qu'il faut trois | ce qu'il dirige le cours de
|
| ans pour parfaire l'oeuvre, | l'année Hermétique dans la
|
| ils ont raison dans leur sens; | seconde opération & les sui-
|
| mais il ne faut pas l'entendre | vantes.
|
| de trois années vulgaires: | ANTARIC, ANTA-
|
| c'est des trois opérations re- | RIS, ANTARIT, sont trois
|
| quises: la première, pour | termes qui ne signifient que
|
| faire leur soufre ou minière | la même chose; c'est-à-dire
|
| du feu; la seconde, pour la | le mercure des Sages.
|
| pierre ou l'élixir; la troisiè- | ANTHOS. Fleur de
|
| me, pour la multiplication: | Romarin. Rosmarinus. Pa-
|
| & comme on peut répéter | racelse a transporté cette si-
|
| la multiplication jusqu'à sept | gnification aux métaux, &
|
| fois, quelques-uns ont dit | s'est servi de ce terme pour
|
| qu'il fallait neuf ans, d'au- | signifier leur quintessence,
|
| tres douze. Ce qui ne doit | ou l'élixir aurifique. Voyez
|
| s'entendre que de la réité- | les Archidoxes, & son traité
|
| ration de chaque opération; | de Natura rerum.
|
| puisque Morien nous assure | ANTHE'E, fils de Nep-
|
| que la seconde est une ré- | tune & de la Terre, géant
|
| pétition de la première. Phi- | d'une prodigieuse grandeur.
|
| lalèthe a nommé les trois | Il faisait son séjour dans les
|
| premières opérations, les | déserts de la Lybie, où il
|
| médecines du premier, du | obligeait les passants de lut-
|
| second & du troisième ordre | ter contre lui, & les étouf-
|
| de Géber. Voyez Temps. | fait. Hercule le combattit,
|
| ANNORA. Terme de | & vint à bout de l'étouffer
|
| Chimie, qui signifie en gé- | entre ses bras, après l'avoir
|
| néral de la chaux vive; mais | soulevé & lui avoir fait per-
|
| plus particulièrement de la | dre terre. Voyez ce que l'on
|
| chaux de coquilles d'oeufs. | doit entendre Hermétique-
|
@
| AN | AN 37
|
| |
|
| ment, liv. 5. chap. 15. des | tes les propriétés de la pierre
|
| Fables Egypt. & Grecques | Philosophale, tant pour la
|
| dévoilées. | guérison des maladies du
|
| ANTICAR. Borax. | corps humain, que pour
|
| ANTIMOINE. Nom | la transmutation métallique.
|
| que les Philosophes ont don- | Voyez son Triomphe de
|
| né à la matière sulfureuse | l'Antimoine.
|
| mercurielle qui fait partie du | ANTIMUM. Miel du
|
| composé philosophique. | printemps.
|
| Tout le secret donc de ce | ANTIOPE. Fille de
|
| vinaigre antimonial, con- | Nyctée, & femme de Ly-
|
| siste en ce que par son moyen | cus, qui la répudia & la
|
| nous sachions tirer du corps | chassa pour épouser Dircé,
|
| de la magnésie l'argent vif | parce qu'il apprit que Jupi-
|
| qui ne brûle point. C'est-là | ter, métamorphosé en Sa-
|
| l'antimoine & le sublimé | tyre, avait joui d'Antiope.
|
| mercuriel. Artéphius. | Amphion & Zéthus naqui-
|
| Les Chimistes se trom- | rent de ce commerce. Lors-
|
| pent quand ils prennent l'an- | qu'ils furent devenus grands,
|
| timoine vulgaire pour la ma- | ils vengèrent leur mère en
|
| tière des Sages. La chose à | faisant périr Lycus & Dircé.
|
| laquelle les Philosophes don- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| nent le nom d'antimoine est | Grecques, liv. 3. chap. 14.
|
| leur eau permanente, leur | §. 6.
|
| eau céleste, en un mot, leur | Antiope, que quelques-
|
| mercure; parce que celui-ci | uns nomment Hippolite.
|
| nettoie, purifie & lave l'or | une des Amazones que
|
| philosophique, comme l'an- | combattit Thésée. Voyez
|
| timoine commun purifie l'or | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| vulgaire. | dévoilées, liv. 5. ch. 13. &
|
| Basile Valentin dit que | 22. & liv. 6. ch. 3.
|
| l'antimoine préparé spagy- | ANUBIS, Dieu des
|
| riquement, est un antidote | Egyptiens, était le symbole
|
| contre tous les venins. Il | de Mercure. On l'adorait
|
| l'appelle le grand Arcane, | sous la figure d'un homme
|
| la Pierre de feu; & avance | ayant une tête de chien, &
|
| qu'il a tant de vertus qu'au- | un caducée à la main droite.
|
| cun homme n'est capable de | Voyez ce qu'on entendait
|
| les découvrir toutes: & que | par Anubis, Fables Egypt.
|
| peu s'en faut qu'il n'ait tou-* | & Grecq. dév. liv. 1. ch. 8.
|
| | C iij
|
@
| 38 AN AP | AP
|
| |
|
| ANUCAR. Borax. | chant, que les Prêtres nour-
|
| APHEBRIOCK. Soufre | rissaient dans le temple de
|
| philosophique. | Vulcain, auquel ils le sacri-
|
| APHIDEGI. Céruse. | fiaient au bout de quelques
|
| APHRODISIE. Les | années, en le noyant, & lui
|
| Adeptes donnent quelque- | donnaient ensuite le nom de
|
| fois ce nom à leur matière, | Serapis. Ils faisaient après
|
| au temps où la pierre est par- | un grand deuil de sa mort
|
| venue à être ce qu'ils appel- | jusqu'à ce qu'ils en avaient
|
| lent Vénus, & disent qu'elle | trouvé un semblable pour lui
|
| a pour lors atteint l'âge de | être substitué. Ce boeuf, se-
|
| Vénus, c'est-à-dire, la cou- | lon l'explication des Philo-
|
| leur orangée. | sophes Spagyriques, porte
|
| APHRODITE. Voyez | par sa couleur noire & blan-
|
| Venus. | che, le vrai caractère de la
|
| APHRONITUM. Ecu- | matière de leur oeuvre, & le
|
| me de nitre. II y a beaucoup | symbole d'Osiris & d'Isis.
|
| de relation & de rapport en- | Ce que les Grecs ont ensuite
|
| tre l'écume du nitre & le ni- | imité par la fable du Mino-
|
| tre même, comme le sel avec | taure, les boeufs de Geryon,
|
| son écume. L'écume du nitre | les boeufs de Jason & les au-
|
| est la même chose que la | tres. Voyez les Fab. Egypt.
|
| fleur des pierres & des mu- | & Grecq. dévoilées, liv. 1.
|
| railles; c'est une matière lé- | section 3. chap. 1.
|
| gère, friable, âcre. Il faut | APOLLON, fils de Ju-
|
| choisir celle qui tire sur la | piter & de Latone; selon
|
| couleur de pourpre. L'écu- | Hérodote, fils de Dionysius
|
| me du nitre varie selon les | & d'Isis. Mais il importe
|
| matières & les lieux où elle | peu de qui Apollon soit né,
|
| croît. L'aphronitum diffère | s'il faut rapporter cette fa-
|
| de la fleur des pierres d'Asie | ble comme une allégorie du
|
| en ce qu'il n'est point brûlé; | grand oeuvre, suivant le sen-
|
| s'il était résout au feu, il au- | timent des Philosophes Her-
|
| rait les mêmes propriétés & | métiques. Car, selon eux,
|
| les mêmes vertus. Rul. | il faut entendre la même
|
| APIS, chez les anciens | chose par Osiris & par Ju-
|
| Egyptiens, était un boeuf | piter, par Latone, Isis & Ju-
|
| noir partout le corps, ex- | non. Cependant il semble
|
| cepté une tache blanche en | qu'il convient mieux de dire
|
| forme de croissant ou appro- | que Latone fut sa nourrice
|
@
| AP | AQ 39
|
| |
|
| & sa mère en même temps. | par l'apposition du mercure
|
| On prend communément | citrin pour passer de la cou-
|
| Apollon pour le soleil qui | leur blanche à la rouge, cette
|
| nous éclaire, & les Chimis- | façon de parler ne doit pas
|
| tes pour leur soleil ou partie | s'entendre d'une addition de
|
| agente de leur oeuvre, com- | mercure à la matière qui est
|
| me ils prennent leur lune | dans le vase, puisqu'ils ont
|
| pour la femelle ou la partie | soin d'avertir qu'elle a en
|
| patiente. C'est pourquoi ils | elle tout ce qui lui est né-
|
| expliquent & appliquent aux | cessaire pour sa perfection.
|
| opérations de leur Art toutes | Ces termes signifient seule-
|
| les choses que la Fable nous | ment qu'il faut continuer la
|
| a appris d'Apollon, & de ses | cuisson, pour que la couleur
|
| fils Orphée, Hyménée & | citrine succède à la blanche,
|
| Jaleme qu'il eut de Calliope, | puis l'orangée, & enfin la
|
| Delphus qu'il eut d'Acachal- | rouge, au moyen de la di-
|
| lide, Coronus de Chrisorte, | gestion du mercure des Phi-
|
| Linus de Terpsichore, Es- | losophes. Voyez Ajouter.
|
| culape de Coronis. Voyez | AQUALA. Arsenic phi-
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | losophique.
|
| dévoilées, liv. 3. chap. 12. | AQUAOLVES. Vinai-
|
| Apollon est regardé com- | gre distillé. Les Chimistes
|
| me le maître des Muses, l'in- | emploient quelquefois ce
|
| venteur de la Médecine, | terme pour signifier l'eau-
|
| comme Devin, Oracle & | forte. Johnson.
|
| Poète, & comme Guerrier | AQUASTRE. Nom que
|
| armé d'arc & de flèches, | Paracelse a donné à ce que
|
| puisque c'est lui qui tua le | nous appelons esprit, tant
|
| serpent Typhon, dit Python | celui que nous entendons
|
| par anagramme. | par âme, que l'esprit pure-
|
| APOSPERMATIS- | ment animal. Il l'appelle
|
| MUM DRACONIS. Mer- | ainsi, parce qu'il est dit dans
| cure de Saturne. | l'Ecriture, que l'esprit de
| | APPAREILLER. Ap- | Dieu était porté sur les
| | prêter, disposer, mettre une | eaux.
| | chose avec une autre. Voyez | AQUILENA. C'est un
| | l'article suivant. | nom que Paracelse a donné
| | APPOSITION. Lorsque | à la plante connue sous ce-
| | les Chimistes Hermétiques | lui de consoude-royale, ou
| | disent qu'il faut commencer | pied-d'alouette.
| | | C iv
| |
@
| 40 AR | AR
|
| |
|
| ARACAB. Aigle des | l'autre lunaire, c'est-à-dire,
|
| Philosophes. | dont l'un produisait de l'or,
|
| ARACEUM. Lut pour | & l'autre de l'argent.
|
| sceller les vases. Planis C. | Arbre D'ARGENT. Ma-
|
| ARANCON. Laton, ou | gistère au blanc, ou la ma-
|
| matière de l'oeuvre en pu- | tière après la putréfaction.
|
| tréfaction. | Arbre D'OR ou SOLAI-
|
| ARAXOS. Suie. | RE. C'est la pierre au rouge.
|
| ARBRES. Arbores. Pa- | Arbre DE MER. C'est
|
| racelse a donné ce nom aux | le corail, & les madrépores.
|
| tumeurs & aux marques qui | Arbre DE VIE. Nom
|
| ternissent & défigurent la | que les Philosophes Hermé-
|
| couleur vive & naturelle de | tiques ont donné quelque-
|
| la peau; & il ne les appelle | fois à leur mercure; mais
|
| ainsi que dans leur commen- | plus communément à leur
|
| cement, & avant qu'elles | élixir, parce qu'il est alors
|
| soient tournées en ulcères. | la médecine des trois règnes,
|
| Arbre est aussi le nom | ou leur panacée universel-
|
| que les Philosophes ont don- | le; qu'il ressuscite les morts,
|
| né à la matière de la pierre | c'est-à-dire les métaux im-
|
| philosophale, parce qu'elle | parfaits, qu'il élève à la per-
|
| est végétative. Le grand ar- | fection de l'argent, s'il est
|
| bre des Philosophes, c'est | au blanc, & à celle de l'or,
|
| leur mercure, leur teinture, | s'il est au rouge. Ils l'ont
|
| leur principe, & leur raci- | aussi appelé Bois de vie.
|
| ne; quelquefois c'est l'ou- | ARCALTES. Paracelse
|
| vrage de la pierre. Un Au- | nomme ainsi le fondement
|
| teur anonyme a fait à ce | de la terre, ou la colonne
|
| sujet un traité intitulé: de | par laquelle il suppose allé-
|
| l'Arbre Solaire, de Arbore | goriquement qu'elle est sou-
|
| Solari. On le trouve dans le | tenue. Il la nomme aussi Ar-
|
| 6e tome du Théâtre Chi- | chaltes, & Rulandus Ar-
|
| mique. Le Cosmopolite, | chates.
|
| dans son Enigme adressée | ARCANE. (Médecine.)
|
| aux Enfants de la vérité, sup- | Paracelse dit qu'on entend
|
| pose qu'il fut transporté dans | par ce terme une substance
|
| une Ile ornée de tout ce que | incorporelle, immortelle,
|
| la nature peut produire de | fort au-dessus des connais-
|
| plus précieux, entr'autres de | sances des hommes, & de
|
| deux arbres, l'un solaire & | leur intelligence. Mais il
|
@
| AR | AR 41
|
| |
|
| n'entend cette incorporéité | nouvelle, en consumant tou-
|
| que relativement, & par | tes leurs impuretés, en y in-
|
| comparaison avec nos corps; | troduisant de nouvelles for-
|
| & il ajoute que les arcanes | ces, & un baume plein de
|
| sont d'une excellence fort | vigueur, qui fortifie la nature
|
| au-dessus de la matière dont | humaine.
|
| nos corps sont composés; | Le mercure de vie fait à
|
| qu'ils différent comme le | peu près le même effet, en
|
| blanc du noir; & que la pro- | renouvelant la nature il fait
|
| priété essentielle de ces ar- | tomber les cheveux, les on-
|
| canes est de changer, alté- | gles, la peau, & en fait re-
|
| rer, restaurer & conserver | venir d'autres à la place.
|
| nos corps. L'arcane est pro- | La teinture montre ses ef-
|
| prement la substance qui | fets à la manière de Rebis,
|
| renferme toute la vertu des | qui transmue l'argent & les
|
| corps, dont elle est tirée. Le | autres métaux en or. Elle
|
| même Paracelse distingue | agit de même sur le corps
|
| deux sortes d'arcanes, l'un | humain; elle le teint, le
|
| qu'il appelle perpétuel, le | purge de tout ce qui peut le
|
| second pour la perpétuité. Il | corrompre, & lui donne une
|
| subdivise ensuite ces deux | pureté & une excellence au-
|
| en quatre, qui sont, la pre- | dessus de tout ce qu'on peut
|
| mière matière, le mercure | imaginer. Elle fortifie les or-
|
| de vie, la pierre des Philo- | ganes, & augmente telle-
|
| sophes, & la teinture. | ment le principe de vie,
|
| Les propriétés du pre- | qu'elle en prolonge la durée
|
| mier arcane ou de la pre- | fort au-delà des bornes or-
|
| mière matière, sont de ra- | dinaires. Idem.
|
| jeunir l'homme qui en fait | Arcane se prend aussi
|
| usage, & de lui donner une | pour toutes sortes de tein-
|
| nouvelle vie, comme celle | tures tant métalliques, que
|
| qui arrive aux végétaux, qui | végétales ou animales. Pa-
|
| se dépouillent de leurs feuil- | racelse l'a employé plusieurs
|
| les tous les ans, & se renou- | fois dans ce sens-là.
|
| vellent l'année d'après. | Arcane, en termes de
|
| La pierre des Philosophes | science Hermétique, doit
|
| agit sur nos corps comme le | s'entendre de l'eau mercu-
|
| feu sur la peau de la sala- | rielle épaisse, ou mercure
|
| mandre; elle en nettoie les | animé par la réunion du sou-
|
| taches, les purifie & les re- | fre philosophique.
|
@
| 42 AR | AR
|
| |
|
| ARCHE'E DE LA | ARE'S, en termes de
|
| NATURE. Les Physiciens | science Hermétique, signifie
| & particulièrement les Phi- | le dispensateur de la Nature,
| | losophes Spagyriques appel- | caché dans les trois princi-
| | lent ainsi l'agent universel, | pes, soufre, sel & mercure,
| | & particulier à chaque in- | dont ils disent que tout est
| | dividu; ce qui met toute la | composé dans le monde. Ils
| | Nature en mouvement, dis- | ajoutent que ce dispensateur
| | pose les germes & les se- | donne la forme aux indivi-
| | mences de tous les êtres | dus, & en diversifie les es-
| | sublunaires à produire & à | pèces, de manière que l'un
| | multiplier leurs espèces. | ne prenne point la matière
| | ARCHEMORE, fils de | spécifique de l'autre. Arès
| | Lycurgue, fut nourri par | n'est point cependant l'Ar-
| | Hypsiphile, & mourut tout | chée de la Nature ou Iliaster,
| | jeune de la morsure d'un ser- | dont voyez l'article; mais
| | pent. On institua en son | après que celui-ci a tout dis-
| | honneur les jeux Néméens. | posé pour les genres, Arès
| | Voyez les Fables Egypt. & | succède & arrange les for-
| | Grecques dévoilées, liv. 4. | mes & les espèces des in-
| | chap. 8. | dividus.
| | ARCHILAT. C'est la | ARE'TON. Laiton des
| | pesanteur ou le poids de | Philosophes.
| | trois grains. | ARETHUSE, fille de
| | ARCOS. Aes-ustum, | Nérée & de Doris, com-
| | cuivre brûlé. | pagne de Diane, fut chan-
| | ARE'CIE. Ile où abor- | gée en une fontaine du mê-
| | dèrent les Argonautes dans | me nom. Voyez les Fables
| | leur voyage de la Colchide, | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| | pour la conquête de la toi- | liv. 4. chap. 3.
| | son d'or. Voyez les Fables | ARFARD. Arsenic phi-
| | Egypt. & Grecq. dévoilées, | losophique.
| | liv. 2. cha. 1. | ARFIORA. Céruse. En
| | AREMAROS. Ci- | termes de science Herméti-
| | nabre. | que, c'est le Saturne des Sa-
| | ARENA. Matière de la | ges, ou la matière parvenue
| | pierre dissoute & en putré- | au blanc après avoir passé
| | faction. | par la putréfaction. C'est ce
| | ARENAMEN, ARE'- | que les Adeptes appellent
| | NARMEI. Bol Armene ou | aussi leur Diane nue, leur
| |
d'Arménie. Lune, &c.
@
| AR | AR 43
|
| |
|
| ARGENT. Lorsque les | mence des métaux, au lieu
|
| Philosophes disent, notre | que le vulgaire est un mé-
|
| Argent ou notre Lune, ce | tal déjà fait. Ils lui ont donné
|
| n'est pas de l'argent vulgai- | le nom d'argent-vif, parce
|
| re, dont on fait les ustensi- | qu'il est volatil, blanc, clair,
|
| les, les meubles & la mon- | froid, humide, coulant, &
|
| naie, qu'ils parlent, c'est de | susceptible de coagulation
|
| leur matière quand elle est | comme le vulgaire, dont il
|
| parvenue au blanc parfait | est la semence. Voyez Mer-
|
| par le moyen de la cuisson. | cure Philosophique.
|
| Ce terme s'entend aussi de | Argent-VIF. Ce terme
|
| leur eau mercurielle, qu'ils | signifie quelquefois non le
|
| appellent aussi Femelle, Be- | mercure des Sages, mais
|
| ja, Sperme, &c. Quelques-* | leur magistère au blanc qui
|
| uns le nomment Or blanc, | en est composé. Les Philo-
|
| Or cru. | sophes lui ont donné ce nom
|
| Argent COMMUNI- | par équivoque, pour le dis-
|
| CANT. Les Philosophes ont | tinguer de l'argent commun
| donné ce nom au sel qui | & vulgaire, qu'ils appellent
| | entre dans la composition | Argent-mort.
| | de la pierre philosophale. | Argent-VIF EXALTE'.
| | Jean de Roquetaillade. | Lune des Philosophes, ainsi
| | Argent DE MERCURE. | nommée de ce que ce mer-
| | Elixir au blanc, ainsi nommé | cure est purifié & poussé à
| | de ce qu'il est composé du | un degré de perfection qu'il
| | mercure philosophique. | n'avait pas avant d'être par-
| | Argent DU PEUPLE. | venu au blanc.
| | Quelques Chimistes ont | Argent-VIF ANIME'.
| | donné ce nom au sel. Johns. | Mercure des Sages après son
| | Argent-VIF des Phi- | union avec la pierre ignée,
| | losophes. Il faut faire atten- | le soufre philosophique.
| | tion qu'argent-vif & vif-* | Argent-VIF COAGU-
| | argent n'est pas la même | LE' ou PURIFIE'. C'est le
| | chose. Le vif-argent est le | magistère au blanc.
| | mercure vulgaire, & l'ar- | ARGO. Nom que la
| | gent-vif est celui des Phi- | Fable a donné au navire
| | losophes Hermétiques. Ils | que montait Jason, quand
| | s'expriment ainsi pour mar- | il fut à la conquête de la toi-
| | quer l'action & la vie de | son d'or avec Hercule, Hy-
| | leur mercure, qui est la se- | las, Orphée, Etalide, Am-
| |
@
| 44 AR | AR
|
| |
|
| phion, Augias, Calaïs, Cas- | vellus ou Toison d'or, pour
|
| tor, Pollux, Céphée, Iphi- | expliquer chimiquement
|
| cle, Eson, Lyncée, Mopse, | cette expédition. Il est peu
|
| Méléagre, Pélée, Télamon, | d'Auteurs Alchimiques qui
|
| Zetis & plusieurs autres. | n'en aient parlé. Et à dire la
|
| Les Alchimistes expli- | vérité, l'étymologie du nom
|
| quent cette expédition com- | de Jason, qui veut dire art
|
| me une allégorie de la pierre | de guérir, suffirait seule pour
|
| Philosophale, & particuliè- | rendre vraisemblable l'expli-
|
| rement parce que le navire | cation des Philosophes Her-
|
| était fabriqué des chênes | métiques. Voyez les Fables
|
| parlants de Dodone. V. Ja- | Egyptiennes & Grecques,
|
| son, Argonautes, & le | liv. 2. chap. 1.
|
| traité des Fables Egypt. & | ARGUS (Yeux d'). Les
|
| Grecques dévoilées, liv. 2. | Chimistes Hermétiques ont
|
| chap. 1. | dit que les yeux d'Argus fu-
|
| ARGONAUTES. Hé- | rent transportés sur les plu-
|
| ros qui, selon la Fable, ac- | mes de la queue du Pan,
|
| compagnèrent Jason pour | pour signifier les différentes
|
| faire la conquête de la toi- | couleurs qui surviennent à
|
| son d'or. Quelqu'explication | la matière de la pierre pen-
|
| morale ou physique qu'on | dant la coction.
|
| ait voulu donner à cette Fa- | ARIADNE, fille de Mi-
|
| ble, on n'a pu réussir à en | nos & de Pasiphaé, favorisa
|
| faire d'application plus juste | Thésée dans son entreprise
|
| qu'en la regardant, avec les | contre le Minotaure, & lui
|
| Alchimistes, comme une | donna un peloton de fil, au
|
| allégorie du grand oeuvre de | moyen duquel il sortit du
|
| la médecine universelle, ou | labyrinthe après qu'il eut
|
| pierre philosophale. Tous les | vaincu ce monstre. Thésée
|
| Chefs de cette expédition | l'enleva & l'épousa. Arrivés
|
| ont vécu, selon la Fable, | dans l'île de Naxo, Thésée
|
| dans des temps si éloignés les | y laissa Ariadne, que Bac-
|
| uns des autres, qu'il n'est pas | chus épousa dans la suite.
|
| possible de donner la moin- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| dre vraisemblance à leur réu- | Grecques dévoilées, liv. 3.
|
| nion, Aloysius. | ch. 1. & liv. 5. ch. 14. §. 2.
|
| Martianus, outre plusieurs | ARIES ou BELIER.
|
| autres, a fait un volume en- | Ces termes sont mystérieux
|
| tier sous le titre de Aureum | dans les écrits des Philoso-
|
@
| AR | AR 45
|
| |
|
| phes Chimiques; ils disent | sublimé. On dit aussi Arca-
|
| que leur matière se tire du | nec, & Artenech. Johnson.
|
| ventre d'Aries. Quelques-* | ARSENIC, en termes
|
| uns, prenant ces termes à la | de Chimie Hermétique, se
|
| lettre, ont cru que cette ma- | prend tantôt pour le mer-
|
| tière était de la fiente de | cure des Sages, tantôt pour
|
| Bélier; mais les Philosophes | la matière dont il se tire, &
|
| parlent du Bélier signe du | tantôt pour la matière en pu-
|
| Zodiaque, & non du Bélier | tréfaction. Quelques - uns
|
| animal. | ayant trouvé dans les vers
|
| ARIDURA ou SECHE- | d'une des Sibylles, que le
|
| RESSE, est un des noms | nom de la matière d'où se
| que Paracelse a donné à la | tire le mercure philosophal,
| | maladie que nous appelons | était composé de neuf let-
| | Phtisie, & les Anglais Con- | tres, dont quatre sont voyel-
| | somption. | les, les autres consonnes,
| | ARLES CRUDUM. Pe- | qu'une des syllabes est com-
| | tites gouttes d'eau qui tom- | posée de trois lettres, les
| | bent au mois de Juin, en | autres de deux, ont cru
| | forme de rosée, semblable | avoir trouvé cette matière
| | à celle du mois de Mai. Rul. | dans Arsenicum, d'autant
| | D'autres, selon le même Au- | plus que les Philosophes di-
| | teur, les appellent Hydatis, | sent que leur matière est un
| | Stalagnei, Stagen, Straax. | poison des plus dangereux;
| | AROP. V. Adrop. | mais la matière de la pierre
| | AROPH. Mandragore. | est celle-là même dont l'ar-
| | Paracelse dit que l'aroph | senic & les autres mixtes ont
| | guérit la pierre des reins & | été formés, & le mercure
| | la gravelle. | des Sages ne se tire pas de
| | ARROSER Cuire, di- | l'arsenic; puisque l'arsenic
| | gérer la matière philosophi- | se vend chez les Apothicaires
| | que. Ce terme ne doit s'ap- | & les Droguistes, & la mi-
| | pliquer qu'au temps où la ma- | nière du mercure se trouve
| | tière se sublime en vapeurs | partout, dans les bois, sur
| | & retombe sur la matière en | les montagnes, sur les val-
| | forme de gouttes de pluie & | lées, sur l'eau, sur terre, &
| | de rosée, c'est-à-dire, après | par tous pays.
| | la putréfaction. | Philalèthe & plusieurs au-
| | ARSAG. Arsenic. | tres Philosophes ont aussi
| | ARSANECK. Arsenic | donné le nom d'arsenic à
| |
@
| 46 AR | AR AS
|
| |
|
| leur matière en putréfac- | Pythagore consentit à souf-
|
| tion, parce qu'alors elle est | frir la circoncision pour y
|
| un poison très subtil & très | être initié. S. Clément Alex.
|
| violent. Quelquefois ils en- | l. 1. Strom.
|
| tendent par arsenic leur prin- | ARUERIS. Dieu d'E-
|
| cipe volatil, qui fait l'office | gypte. Sa mère vint au mon-
|
| de femelle. C'est leur Mer- | de enceinte de lui. Voyez
|
| cure, leur Lune, leur Vé- | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| nus, leur Saturnie végétale, | dévoilées, liv. 1.
|
| leur Lion vert, &c. Ce nom | ARUNCULA GRAN-
|
| d'arsenic lui vient de ce qu'il | DE. C'est la matière de la
|
| blanchit leur or, comme l'ar- | pierre des Sages.
|
| senic vulgaire blanchit le | ASABON. Savon. En
|
| cuivre. | fait de science Hermétique,
|
| ART SACERDOTAL. | c'est l'azoth des Philosophes
|
| était, chez les Egyptiens, | avec lequel ils blanchissent
|
| celui que nous appelons | leur laiton.
|
| actuellement la Philosophie | ASABUM. Etain, Ju-
|
| Hermétique. Voyez l'Intro- | piter des Sages.
|
| duction du liv. 1. des Hiéro- | ASAGEN. Sang de
|
| glyphes Egyptiens. Alkan- | dragon.
|
| di cité par Kirker. | ASAGI. Vitriol, ou at-
|
| Cet art consistait dans la | trament rouge.
|
| connaissance parfaite des | ASAMAR. Vert-de-gris.
|
| procédés de la Nature dans | ASMON. Sel armoniac.
|
| la production des mixtes, & | Voyez Almisadir.
|
| ne s'enseignait que par des | ASCALAPHE, fils du
|
| hiéroglyphes & des termes | fleuve Acheron & d'Orphné
|
| mystérieux, dont on ne don- | Nymphe des Enfers, fut
|
| nait la véritable explication | changé en hibou, pour avoir
|
| qu'à ceux qu'une épreuve | accusé Proserpine d'avoir
|
| très longue faisait juger di- | mangé trois grains de gre-
|
| gnes d'être initiés dans un si | nade. Homère dit Ascala-
|
| grand mystère. Les Prêtres | phe fils de Mars & d'Astio-
|
| étaient obligés de garder le | ché. Voyez l'explication de
|
| secret sous peine de mort à | cette fiction dans le liv. 4.
|
| ceux qui le violeraient. Il ne | chap. 3. des Fables Egypt.
|
| se communiquait que dans | & Grecques dévoilées.
|
| le Sanctuaire. Saint Justin, | ASCLEPIOS. V. Es-
|
| quaest. ad Ortod. | culape.
|
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| AS | AS 47
|
| |
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| ASDENEGI. Pierre | qu'il en a l'odeur, lorsqu'il
|
| Ematite. | est nouvellement extrait de
|
| ASEB ou ASEP. Alun. | sa minière. Cette odeur, dit
|
| ASED. Lion des Philo- | Raymond Lulle, est des plus
|
| sophes. | fortes; mais par la circula-
|
| ASENEC. Soleil ou or | tion elle se change en une
|
| des Sages. | quintessence d'une odeur la
|
| ASFOR. Alun. | plus suave, & devient une
|
| ASINAT. Nom Arabe | médecine contre la lèpre &
|
| donné à l'antimoine. Basile | les autres maladies.
|
| Valentin, dans son Char | ASSAGEAI. Sang de
|
| triomphal de ce minéral. | dragon. Planiscampi.
|
| ASINGAR. Vert-de-gris. | ASSATION. Action de
|
| ASMAGA. Alliage des | digérer, cuire, sublimer, vo-
|
| métaux. | latiliser, fixer la matière de
|
| ASMARCECH. Li- | l'oeuvre.
|
| tharge. | ASTIOCHE'. Mère
|
| ASMUM. Poids pour pe- | d'Ascalaphe & d'Ialmenus,
|
| ser; tels sont, la livre, l'on- | qu'elle mit au monde dans
|
| ce, le gros, &c. | la maison d'Actor. Voyez
|
| ASOPE, fils de l'Océan | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| & de Thetis, fut père d'E- | liv. 4. chap. 3. Astioché fut
|
| gine, enlevée par Jupiter | aussi mère de Tlepoleme,
|
| transformé en feu. Asope | qu'elle avait eu d'Hercule.
|
| poursuivant Jupiter, fut mé- | ASTRE, en termes de
|
| tamorphosé en fleuve par | Chimie, est la substance
|
| ce Dieu. Voyez les Fables | ignée, fixe, principe de la
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | multiplication, extension &
|
| liv. 3. ch. 14. §. 6. | génération de tout. Cette
|
| ASOPER. Quelques | substance tend toujours d'el-
|
| Chimistes ont ainsi appelé | le-même à la génération;
|
| la suie. | mais elle n'agit qu'autant
|
| ASROB. Matière des | qu'elle est excitée par la cha-
|
| Philosophes en putréfaction, | leur céleste, qui se trouve
|
| leur Tête de Corbeau, leur | partout.
|
| Saturne. | ASTRUM. Terme dont
|
| ASSA-FOETIDA. Les | les Philosophes chimiques
|
| Philosophes Hermétiques | se servent pour signifier une
|
| ont donné ce nom à leur | plus grande vertu, puissan-
|
| mercure, dit Riplée, parce | ce, propriété, acquise par la
|
@
| 48 AS AT | AT
|
| |
|
| préparation qu'on a donné à | musait à les ramasser l'une
|
| une chose. Comme astrum | après l'autre, Hyppomenes
|
| du soufre, ou astrum sulphu- | avançait toujours chemin,
|
| ris, signifie le soufre réduit | & trouva par ce moyen ce-
|
| en huile, dont les vertus sur- | lui de l'atteindre. Etant un
|
| passent de beaucoup celles | jour lasse de la chasse, elle
|
| du soufre en nature. Astrum | donna un coup de poin-
|
| salis ou du sel, c'est le sel | çon dans un rocher, placé
|
| réduit en eau ou en huile. | auprès d'un temple d'Escu-
|
| Astrum mercurii ou du mer- | lape, & en fit sortir une fon-
|
| cure, c'est du mercure su- | taine, de l'eau de laquelle
|
| blimé. On donne ce nom | elle se désaltéra.
|
| aux alcools, aux quintessen- | Atalante, disent les Phi-
|
| ces des choses. | losophes Spagyriques, n'est
|
| ASUB. Terme Arabe | autre que la matière volatile
|
| que les Latins expriment par | du grand oeuvre qui ne peut
|
| Alumen, & les François par | être arrêtée que par la ma-
|
| Alun. | tière fixe signifiée par les
|
| ASUBEDEGI. Johnson | pommes d'or, puisqu'il n'y
|
| explique ce terme de Para- | a rien de plus fixe que la ma-
|
| celse par Caillou taillé pour | tière radicale de l'or. Quand
|
| couper les autres pierres, | on dit qu'elle fit sortir une
|
| comme le diamant pour cou- | fontaine du rocher, c'est que
|
| per le verre. | la pierre philosophale donne
|
| ASUGAR. Vert-de-gris. | de l'eau, dont on fait de la
|
| ATAC. Nitre, ou sal- | terre, puis encore de l'eau,
|
| pêtre philosophique. | &c. On ajoute qu'Atalante
|
| ATALANTE, fille de | coucha dans le temple de sa
|
| Schaenée, avait une agilité | mère avec Hyppomenes;
|
| si grande à la course qu'on | c'est qu'on met dans le vase
|
| ne pouvait l'égaler; ce qui | philosophique le fixe & le
|
| engagea son père à ne vou- | volatil, dont on fait comme
|
| loir la donner en mariage | le mariage, dont il est tant
|
| qu'à celui qui l'atteindrait. | parlé dans les livres des Phi-
|
| Après que plusieurs l'eurent | losophes. Voyez les Fables
|
| tenté inutilement, Hyppo- | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| menes, par le conseil de Vé- | liv. 2. ch. 3.
|
| nus, prit trois pommes d'or | Il y a une autre Atalante,
|
| qu'il jetait après elle en la | fille de Jasius, qui se trouva
|
| suivant; pendant qu'elle s'a- | à la chasse de Calydon, elle
|
| | fut
|
@
| AT | AT 49
|
| |
|
| fut changée en lionne. L'une | par un feu philosophique,
|
| & l'autre ne sont chimique- | inné dans cette matière, mais
|
| ment que la même person- | qui y est engourdi, & ne
|
| ne, & par conséquent la | peut se développer que par
|
| même chose. | l'art. Voyez Fourneau,
|
| ATEBRAS. Vaisseau | Feu.
|
| sublimatoire des Chimistes. | ATIMAD ou ALCO-
|
| Johnson. | PHIL. Antimoine. On dit
|
| ATHAMAS, fils d'Eole, | aussi Alcimad, Alfacio.
|
| épousa Néphelé, de laquelle | ATLAS, fils de Jupiter
|
| il eut Phrixus & Hellen, qui | & de Clymene, ou de la
|
| donnèrent occasion à l'ex- | Nymphe Asie, fut averti par
|
| pédition des Argonautes. | l'Oracle de se donner de
|
| Voyez liv. 4. chap. 9. des | garde d'un des fils de Jupi-
|
| Fables Egypt. & Grecques | ter. Persée en ayant été mal
|
| dévoilées. | accueilli, lui présenta la tête
|
| ATHANOR. En termes | de Méduse, qui le métamor-
|
| de Chimie vulgaire, est un | phosa en la montagne qui
|
| fourneau ayant la forme | porte le nom d'Atlas. Voyez
|
| d'un carré, ou d'un carré | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| long, auprès duquel est une | dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 3.
|
| tour, qui communique à un | ATTRAMENT. Vi-
|
| des côtés par un tuyau. On | triol.
|
| remplit de charbons cette | Attrament FUSIBLE.
|
| tour, on l'allume, & la cha- | Alcali.
|
| leur se communique au four- | ATRE'E, fils de Pelops &
|
| neau par le tuyau. Je ne | d'Hyppodamie, père d'A-
|
| m'arrêterai pas à en faire une | gamemnon & de Menelas,
|
| description plus détaillée, | fut ennemi juré de Thyeste
|
| parce que chaque Chimiste | son frère, & faisant semblant
|
| le fait faire à sa guise. On lui | de se réconcilier avec lui, il
|
| a donné le nom d'Athanor | l'invita à un repas, où il lui
|
| par similitude au fourneau | présenta en mets deux de ses
|
| secret des Philosophes, qui | enfants, dont le Soleil eut
|
| conserve son feu continuel- | tant d'horreur qu'il retourna
|
| lement & au même degré. | en arrière. Cette fable ne
|
| Mais ce dernier n'est pas un | signifie autre chose chimi-
|
| fourneau de l'espèce de celui | quement, que la réincruda-
|
| des Chimistes. Leur Atha- | tion de l'or des Philosophes,
|
| nor est leur matière animée | qui par la dissolution re-
|
| | D
|
@
| 50 AT AV | AV AY
|
| |
|
| tourne à sa première matiè- | Grecques dévoilées, liv. 5.
|
| re. Voyez le reste de cette | chap. 8.
|
| fable expliquée dans le li- | AVORA. Chaux d'oeufs.
|
| vre 3. ch. 14. §. 4 des Fa- | AURANCUM & AU-
|
| bles Egyptiennes & Grec- | RANEUM. Paracelse &
|
| ques dévoilées. | plusieurs autres ont ainsi ap-
|
| ATROP. V. Adrop. | pelé les coques d'oeufs.
|
| ATTINGAT ou ATIN- | AURARIC. Mercure
|
| GAR. Vert-de-gris. | des Philosophes.
| ATTINGIR. Cucurbite | AUTEL. Quelques
| | de terre. Johnson. | Adeptes ont donné ce nom
| | ATTREMPENCE | à leur mercure, & à leur ma-
| | D'ALPHIDIUS. Terme | tière dans le vase pendant
| de Philosophie chimique. | les opérations. Voyez-en un
| | C'est le mercure philoso- | exemple, Fables Egypt. &
| | phal, dans lequel on dispose | Grecques dévoilées, liv. 3.
| | par la cuisson l'équilibre des | chap. 14. §. 3.
| | quatre éléments, de manière | AUTOMNE. Temps où
| | qu'ils ne puissent plus se sur- | l'Artiste recueille les fruits
| | monter, & fassent par leur | de ses travaux. Il est d'une
| | union un mixte incorrup- | complexion froide & sèche.
| | tible. | Souvenez-vous donc bien
| | ATUREB. Verre. | qu'il faut dissoudre en hiver,
| | AVERICH. Soufre. | cuire au printemps, coaguler
| | AUGIAS, fils du Soleil | en été, & cueillir les fruits
| | & de Naupidame. Eurystée | en automne, c'est-à-dire,
| | ordonna à Hercule de net- | donner la teinture.
| | toyer l'étable où Augias te- | AUVER. Eau douce.
| | nait ses boeufs, qui étaient | Paracelse, dans son traité de
| | en grand nombre. Augias | la Nature des choses.
| | promit pour récompense à | AYBORZAT. Galba-
| | Hercule, de lui donner la | num.
| | dixième partie de ses bes- | AYCAFORT. Voyez
| | tiaux. Hercule accepta l'of- | Alartar.
| | fre, & nettoya l'étable en y | AYCOPHES & AY-
| | faisant passer le fleuve Al- | CUPHER. Cuivre brûlé.
| | phée. Augias refusa de tenir | AYMAN ou AIMANT.
| | sa promesse, & Hercule le | Matière au moyen de la-
| | tua pour s'en venger. Voyez | quelle les Philosophes sa-
| | les Fables Egyptiennes & | vent extraire leur eau mer-
| | |
@
| AZ | AZ 51
|
| |
|
| curielle, qui ne mouille pas | c'est le minium des Philo-
|
| les mains, des rayons du | sophes, ou la pierre parve-
|
| soleil & de la lune. Sachez | nue au rouge.
|
| que l'arbre solaire tire son | AZET. Voyez Azoth.
|
| origine de cette eau, dit le | AZIMAR, selon Ru-
|
| Cosmopolite, qu'elle seule | land, veut dire du vert-de-
|
| est capable de le dissou- | gris ou fleur-d'airain, ou
|
| dre, & qu'elle s'extrait des | même de l'aes-ustum; & se-
|
| rayons du soleil & de la | lon Planiscampi, il signifie
|
| lune par la force de notre | du minium.
|
| aimant, que j'ai ci-devant | AZINABAN. Terme
|
| nommé acier. Philalèthe s'en | dont les Philosophes Spagy-
|
| est servi dans le même sens. | riques ont usé pour signifier
|
| Voyez Aimant. | les fèces, ou l'impur qu'ils
|
| AZAA. Matière de la | séparent de la matière pure
|
| pierre des Sages. | des Sages.
|
| AZAMO. Chaleur In- | AZOC. Mercure des
|
| dienne. Termes dont se sont | Philosophes. Ce n'est pas le
|
| servis quelques Alchimistes | mercure vulgaire cru, tiré
|
| pour déterminer un degré du | simplement de sa mine; mais
|
| feu propre à l'oeuvre philo- | un mercure extrait des corps
|
| sophique. Voyez Feu des | dissous par l'argent-vif. Ce
|
| Philosophes. | qui fait un mercure bien plus
|
| AZAPHORA. Cuivre | mûr. Bern. Trévisan, Epit.
|
| brûlé, ou aes-ustum. | à Thomas de Boulogne.
|
| AZARNET. V. Adar- | C'est avec ce mercure que
|
| nech. | les Philosophes lavent leur
|
| AZEC. Attrament, vi- | laiton; c'est lui qui purifie le
|
| triol. | corps impur avec l'aide du
|
| AZECI. Vitriol philoso- | feu; & par le moyen de cet
|
| phique. | azoc on parfait la médecine
|
| AZEDEGIM. Pierre | propre à guérir toutes les
|
| Hématite. | maladies des trois règnes de
|
| AZEG. Vitriol. | la Nature. Cet azoc doit se
|
| AZEGI. Attrament vi- | faire de l'élixir. Ibid.
|
| triolique. | AZOCH. V. Azoth.
|
| AZEL. Alun. | AZOG. V. Azoth.
|
| AZEMASOR. Cina- | AZOGEN. Sang de dra-
|
| bre, quelquefois le minium; | gon. C'est la pierre au rou-
|
| mais dans ce dernier cas, | ge, parce qu'elle est formée
|
| | D ij
|
@
| 52 AZ | AZ
|
| |
|
| du mercure des Philosophes, | rée, & bien purifiée, ou le
|
| qu'ils appellent Dragon. | mercure philosophal suffi-
|
| AZOMAR & AZI- | sent à l'Artiste pour le com-
|
| MAR. Cinabre, suivant | mencement & la perfection
| quelques Chimistes; & le | de tout l'oeuvre; mais le mer-
| | minium, selon d'autres. | cure doit être tiré de sa mi-
| | Johnson. | nière par un artifice ingé-
| | AZOMSES. Mercure | nieux. Bernard Trévisan dit,
| | des Philosophes. | (la parole délaissée) que
| | AZON. Mercure des Sa- | tout le monde voit cette mi-
| | ges purifié & travaillé. | nière altérée & changée en
| | AZONEC. Sel armo- | une matière blanche & sè-
| | niac, ou l'Aigle philosophi- | che, en manière de pierre,
| | que. Voyez Mercure. | de laquelle l'argent-vif & le
| | AZOTH. Nom que les | soufre philosophiques sont
| | Philosophes Hermétiques | extraits par une forte igni-
| | ont donné plus communé- | tion. Les Philosophes ont
| | ment à leur mercure. Ces | donné beaucoup de noms à
| | choses sont en la miséricorde | cet Azoth; Quintessence-
| | de Dieu, & nous avons seu- | astrale, Serf-fugitif, Esprit-
| | lement besoin dans notre | animé, Ethelia, Auraric,
| | oeuvre de l'azoth & du feu. | &c. Voyez Mercure &
| | Basile Valentin. Le feu & | Matière.
| | l'azoth lavent & nettoient le | Azoth, selon Planiscampi,
| | laiton, c'est-à-dire la terre | signifie moyen d'union, de
| | noire, & lui ôtent son obs- | conservation, ou médecine
| | curité. Clang. Bucc. Le feu | universelle. Il fait aussi re-
| | & l'eau, qui est l'azoth, la- | marquer que le terme Azoth
| | vent le laiton & le nettoient | doit être regardé comme le
| | de sa noirceur. Arn. de Vill. | principe & la fin de tout
| | Il faut faire deux parts du | corps, & qu'il renferme tou-
| | corps coagulé, dont l'une | tes les propriétés cabalisti-
| | servira d'azoth pour laver & | ques, comme il contient la
| | mondifier l'autre, qui s'ap- | première & la dernière let-
| | pelle laiton, qu'il faut blan- | tre des trois langues matri-
| | chir. Nic. Flam. | ces, l'Aleph & le Thau des
| | Quand les Philosophes di- | Hébreux, l'Alpha et l'O-
| | sent que l'azoth & le feu suf- | méga des Grecs, l'A & le Z
| | fisent pour l'oeuvre, c'est-à-* | des Latins.
| | dire que la matière prépa- | Azoth est aussi le nom que
| |
@
| AZ BA | BA 53
|
| |
|
| quelques Chimistes vulgai- | Bacche. Voyez les Fables
|
| res ont donné à un précipité | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| de mercure commun, ou | liv. 3. ch. 14. §. 2. & liv. 4.
|
| vulgaire, fait (comme ils le | ch. 1.
|
| disent) per se. On en trouve | BACCHUS. Fils de Ju-
|
| la manière dans la Chimie | piter & de Sémelé, fille de
|
| Médicinale de M. Malouin, | Cadmus. La Fable dit qu'il
|
| T. II. pag. 196. On a aussi | naquit des cendres de sa
|
| nommé ce précipité de mer- | mère, comme Esculape. El-
|
| cure, Azoth de Heslingius, | le nous le représente ailé,
|
| & Or horizontal, parce que | ayant des cornes, une tête
|
| sa couleur est d'un rouge | de taureau, mâle & femelle,
|
| jaunâtre approchant de la | jeune & vieil, barbu, &
|
| couleur aurore. | sans barbe. C'est le même
|
| AZUB. Alun. | que les Egyptiens nom-
|
| AZUBO. Vase Hermé- | maient Dionysius. Toutes
|
| tique. | les histoires que l'on fait de
|
| AZUC. Corail rouge. | lui, ne sont, au sentiment
|
| AZUMEN. Terme | des Philosophes Spagyri-
|
| arabe employé par quel- | ques, qu'une allégorie des
|
| ques Chimistes pour signi- | opérations de leur Art, qu'ils
|
| fier poids. | appellent par excellence le
|
| | grand oeuvre. Bacchus est le
|
| B. | même, selon eux, qu'Ado-
|
| | nis, Apollon, le Soleil, Osi-
|
| BACAR, signifie un | ris & tant d'autres, comme
|
| poids, suivant Rulland. | le témoigne Orphée dans
|
| BACCHANALES. Fê- | son Hymne à Adonis, où il
|
| tes instituées en l'honneur | dit que tous ces noms diffé-
|
| de Bacchus. V. Orgies, | rents n'indiquent que la mê-
|
| Dionysiennes. | me personne. On le feint
|
| BACCHANTES. Prê- | quelquefois ailé pour dési-
|
| tresses de Bacchus, qui cou- | gner le moment de sa volati-
|
| raient de nuit vêtues de | lisation; ayant une tête de
|
| peaux de panthères, de ti- | taureau ou de bouc, parce
|
| gres, les cheveux épars, des | que ces animaux lui étaient
|
| torches & des flambeaux al- | consacrés comme à Osiris;
|
| lumés à la main. Elles dan- | mâle & femelle, à cause que
|
| saient au son des tambours, | la matière des Philosophes,
|
| en criant souvent: Euhoê | ou leur Rebis, est androgyne;
|
| | D iij
|
@
| 54 BA | BA
|
| |
|
| jeune & vieux, parce que | faire circuler dans l'oeuf.
|
| cette matière semble rajeu- | BAIGNER. Remarquez
|
| nir dans les opérations, | que calciner, teindre, laver,
|
| comme on peut le voir dans | blanchir, baigner, &c. sont
|
| l'article Vieillard. Voyez les | une même chose, & que
|
| Fables Egypt. & Grecques | tous ces mots veulent dire
|
| dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 2. | seulement cuire la matière,
|
| BAGEDIA. Poids de | jusqu'à ce qu'elle soit par-
|
| douze onces, ou d'une li- | faite. Synésius.
|
| vre, selon l'usage de la Mé- | BAIN. Vinaigre des Sa-
|
| decine. | ges, avec lequel ils lavent
|
| BAIAC ou BEIAC. Cé- | leur laiton; c'est leur dissol-
|
| ruse. | vant, qu'ils appellent leur
|
| BAIGNER. Les Philo- | Mercure.
|
| sophes Chimiques disent | Bain DE DIANE. Voyez
|
| qu'ils préparent un bain pour | Mercure Philosophi-
|
| le Soleil & la Lune, pour le | que.
|
| Roi & la Reine, &c. Dans | Bain DU ROI. Eau per-
|
| les figures d'Abraham Juif, | manente, ou mercure des
|
| rapportées par Flamel, est | Sages, à laquelle ils ont don-
|
| un Roi, dit celui-ci, ayant | né le nom de Bain du Roi,
|
| un grand coutelas, qui fait | parce que leur or est lavé &
|
| tuer en sa présence par des | baigné par cette eau qui s'en
|
| Soldats, quantité de petits | distille & s'y recohobe sans
|
| enfants, les mères desquels | cesse, jusqu'à ce que la su-
|
| pleuraient aux pieds des im- | blimation l'ait desséchée.
|
| pitoyables Gendarmes, & | Bain DU SOLEIL. C'est
|
| ce sang était puis après mis | la même chose que bain du
|
| dans un grand vaisseau, | Roi, parce que l'or est le
|
| dans lequel le Soleil & la | Roi des métaux, & que ce
|
| Lune du Ciel se venaient | bain ou mercure des Sages
|
| baigner. Cette fontaine est | mondifie l'or philosophique.
|
| seulement pour le Roi du | Bain-MARIE, en ter-
|
| pays, qu'elle connaît bien, | mes de Science Herméti-
|
| & lui elle; & est dedans | que, est le fourneau des Sa-
|
| icelle fontaine à se baigner | ges, le fourneau secret, &
|
| deux cens quatre-vingt deux | non celui des Chimistes vul-
|
| jours. Trévisan. Ils enten- | gaires. On donne quelque-
|
| dent quelquefois par bai- | fois ce nom au mercure phi-
|
| gner, cuire la matière, la | losophal. Ce qu'ils appellent
|
@
| BA | BA 55
|
| |
|
| Bain s'entend aussi d'une | même la poudre de projec-
|
| matière réduite en forme de | tion faite de la pierre au
|
| liqueur, comme quand on | blanc, ou au rouge, & pro-
|
| veut faire la projection sur | jetée sur le mercure ou les
|
| un métal, ils disent qu'il doit | autres métaux, les tue, pour
|
| être au bain, c'est-à-dire en | ainsi dire, en les fixant, &
|
| fusion. | les change en argent ou
|
| BALITISTERE. Terre | en or.
|
| rouge, ou matière de l'oeu- | BASSAD. Corail.
|
| vre parvenue à la couleur | BASURA. Semence.
|
| rouge par la digestion du feu | BATITURA - RAMI.
|
| philosophique. | Ecailles ou scories de cuivre.
|
| BALZIAM. Fèves. | Batitura de l'airain se prend
|
| BARACH du Pain. C'est | aussi pour les scories de quel-
|
| le nitre tiré du sel. Johnson. | que métal que ce soit. Johns.
|
| BARCATA. Ouvertu- | BATTRE, en termes de
|
| re, crevasse par où la cha- | science Hermétique. Agiter
|
| leur d'un fourneau peut s'é- | trop fort la matière, donner
|
| chapper. | un feu trop violent. Quand
|
| BARDADIA. Le poids | les esprits sont trop battus,
|
| d'une livre. | disent les Philosophes, ils
|
| BARNA. Vase de verre. | soutiennent impatiemment
|
| BARNAAS, BARNA- | le choc, ils s'élèvent & cas-
|
| BAS, BARNABUS. Sal- | sent le vaisseau, ou se brû-
| pêtre des Philosophes, ou | lent.
| | leur vinaigre très aigre. | BATTUS ou BATTE.
| | BARURAC. Verre. | Berger changé en pierre de
| | BASED ou BESED. | touche par Mercure, pour
| | Corail. | avoir violé la promesse qu'il
| | BASILIC. Les Philoso- | lui avait faite de ne pas dé-
| | phes Chimistes ont donné | couvrir le vol des boeufs
| | quelquefois ce nom à leur | d'Admete, de la garde des-
| | mercure, parce qu'il dissout | quels Apollon s'était char-
| | tout. Quelques-uns l'enten- | gé. Voyez les Fables Egypt.
| | dent de la pierre au blanc, | & Grecq. dévoilées, liv. 3.
| | & d'autres de la pierre au | ch. 14. §. 1.
| | rouge; parce que comme les | BAUDRIER. On compte
| | Anciens disaient que le Ba- | parmi les travaux d'Hercule
| | silic tuait par sa seule vue | la victoire qu'il remporta sur
| | ceux sur qui il la fixait, de | les Amazones, à la Reine
| | | D iv
| |
@
| 56 BA | BA
|
| |
|
| desquelles il enleva le bau- | & une terre vierge, adami-
|
| drier garni de diamants & | que, vitriolique, feuillée,
|
| de rubis. Les Alchimistes | qui se tire du centre de la
|
| disent que par ce baudrier, | terre, & qui néanmoins se
|
| il faut entendre la pierre phi- | trouve par toute la terre
|
| losophale & la médecine au | habitée. Voyez Raymond
|
| blanc & au rouge, signifiée | Lulle & les autres Philoso-
|
| par la blancheur des dia- | phes, dans la Bibliothèque
|
| mants & la couleur rouge | curieuse Chimique de Man-
|
| des rubis. | get. C'est la pierre au blanc.
|
| BAUL. Urine. | Baurac se prend aussi
|
| BAUME UNIVERSEL | pour toute espèce de chose
|
| DE LA NATURE. C'est, | salée.
| selon les Philosophes Spa- | BAYDA. Cucurbite.
| | gyriques, leur élixir au blanc | BDELLERUM. Sangsue.
| | ou au rouge, qui guérit tou- | BDOLA. Soufre.
| | tes les infirmités des trois | BELIER. Soufre des Phi-
| | règnes de la Nature, & per- | losophes parfait au rouge. Il
| | fectionne tous ses individus. | a pris ce nom de sa qualité
| | Baume EXTERNE DES | chaude & sèche, comme
| | ELE'MENTS. Quintessence de | celle du bélier. Les Adeptes
| mercure. | disent qu'ils tirent leur acier
| | BAURAC. Les Chi- | du ventre du bélier, & ils
| | mistes vulgaires ont inter- | appellent aussi cet acier leur
| | prété ce terme, l'écume du | aimant. Voyez Aries. Mais
| | verre. Mais les Philosophes | quand le Cosmopolite &
| | Hermétiques l'entendent de | Philalèthe s'expriment ainsi,
| | la matière de la pierre phi- | ils entendent parler de la ma-
| | losophale, qui ne se tire pas | tière même de l'oeuvre, de
| | des fèces du verre ni de son | laquelle ils font leur soufre.
| | écume, mais d'une matière | BELISIS, Corail des Phi-
| | qui renferme les quatre élé- | losophes.
| | ments sous deux choses visi- | BELLEROPHON, fils
| | bles, l'eau & la terre ; non | de Glauque, après divers
| | l'eau de pluie, de fontaine, | exploits, combattit la Chi-
| | de mer ou aucune eau sem- | mère, & s'en défit au moyen
| | blable; ni une terre telle que | des secours que les Dieux lui
| | celle sur laquelle nous mar- | donnèrent. Voyez les Fables
| | chons; mais une eau céleste, | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| | vive, permanente & sèche, | liv, 3. chap. 14. §. 3.
| | |
@
| BE | BE BI 57
|
| |
|
| BELLONE. Déesse de | de son eau, comme le beurre
|
| la guerre, confondue sou- | du petit-lait.
|
| vent avec Minerve & Pal- | BHACTA. Terre rouge.
|
| las, dont voyez les articles. | BIARCHETUNSIM.
|
| BEMBEL ou BENIBEL. | Céruse.
|
| Terme de science Herméti- | BICHE. Les Poètes ont
|
| que. Mercure philosophal, | feint qu'Hercule avait pris à
|
| ou l'ouvrage de la pierre des | la course & tué une Biche,
|
| Sages. Dict. Herm. | dont les pieds étaient d'airain
|
| BERINBRUCH. Pierre | & les cornes d'or. C'est une
|
| qu'on trouve aux environs | fable bien visible, puisqu'on
|
| de Spire & dont les effets sur- | ne vit jamais un tel ani-
|
| prenants sont rapportés dans | mal, & les Philosophes Spa-
|
| les ouvrages de Duchêne, | gyriques prétendent qu'elle
|
| de la Violette, dit Querce- | renferme les opérations du
|
| tan, dans ceux d'Anselme | grand oeuvre; que sous le
|
| de Boot, & de Crollius. | nom de cette Biche, il faut
|
| BESEC. Mercure des | entendre le suc métallique,
|
| Sages. | ou la partie volatile du mer-
|
| BESED. Corail. | cure, que la partie plus sul-
|
| BE^TE VENIMEUSE | fureuse arrête & précipite
|
| DES SAGES. Les Philo- | dans le fond du vase, & la
| sophes Hermétiques pren- | coagule avec lui, d'où lui
| | nent ces termes tantôt pour | naissent des cornes d'or;
| | le mercure & tantôt pour la | c'est-à-dire, la pierre philo-
| | pierre parfaite. Dans le pre- | sophale. Voyez les Fables
| | mier sens, c'est parce que | Egypt. & Grecques dévoi-
| | le mercure est un dissolvant | lées, liv. 2. ch. 4.
| | universel; & dans le second, | BIEN DES BIENS. Pier-
| | parce que la pierre parfaite | re philosophale, dont l'ac-
| | au blanc ou au rouge change | quisition emporte avec elle
| | la nature des métaux, les dé- | tous les biens de ce monde,
| | truit, pour ainsi dire, pour | les richesses & la santé.
| | leur donner une nouvelle | Bien A PLUSIEURS
| | forme intrinsèque, en les | NOMS. Mercure animé.
| | transmuant en or ou argent. | BILADEN. Acier.
| | BEURRE. Matière des | BIMATER. V. Bac-
| | Sages, qu'ils ont nommée | chus.
| | beurre, parce qu'elle est vis- | BITRINATI, Tout vase
| | queuse, & qu'elle se sépare | de verre.
| |
@
| 58 BL | BL BO
|
| |
|
| BLACINAL. Plusieurs | LAIRE. Elle précède la par-
|
| métaux fondus ensemble. | faite blancheur dans l'oeuvre
|
| BLANC-ESPRIT. Mer- | de la pierre philosophale. Ce
|
| cure des Sages. | sont des espèces de petits fi-
|
| Blanc DU NOIR. Ma- | laments blancs qui paraissent
|
| gistère au blanc parfait, qui | à mesure que la noirceur ou
|
| n'a pu parvenir à la blan- | le règne de Saturne passe,
|
| cheur qu'en passant par la | & que le règne de Jupiter
|
| couleur noire, vrai indice de | lui succède.
|
| la parfaite putréfaction. | Le BLANCHIR des
|
| BLANCHEUR. Les | Philosophes. C'est cuire la
|
| Philosophes disent que lors- | matière jusqu'au blanc par-
|
| que la blancheur survient à | fait. Blanchissez le laiton &
|
| la matière du grand oeuvre, | déchirez vos livres, crainte
|
| la vie a vaincu la mort, que | que vos coeurs ne soient dé-
|
| leur Roi est ressuscité, que | chirés par l'inquiétude. Code
|
| la terre & l'eau sont de- | de Vérité.
|
| venues air, que c'est le ré- | BODID. Oeuf des Phi-
|
| gime de la Lune, que leur | losophes.
|
| enfant est né, & que le Ciel | BOEUF. Animal adoré
|
| & la Terre sont mariés; par- | en Egypte. Voyez Apis,
|
| ce que la blancheur indique | Serapis. La Fable feint
|
| le mariage ou l'union du fixe | qu'Hercule enleva les boeufs
|
| & du volatil, du mâle & de | de Geryon, Mercure ceux
|
| la femelle, &c. | qu'Apollon gardait pour Ad-
|
| La blancheur après la pu- | mete. Voyez l'explication
|
| tréfaction est un signe que | de ces fictions dans les Fa-
|
| l'Artiste a bien opéré. La | bles Egypt. & Grecques dé-
|
| matière a pour lors acquis | voilées, liv. 1. chap. 1. &
|
| un degré de fixité que le feu | suiv. liv, 2. chap. 14. §. 1.
|
| ne saurait détruire; c'est | & liv. 5. ch. 12.
|
| pourquoi il ne faut que con- | BOF. Chaux vive.
|
| tinuer le feu pour perfection- | BOIS. Voyez Arbre.
|
| ner le magistère au rouge; | Bois d'Or. Arbre so-
|
| & lorsque l'Artiste voit la | laire des Philosophes.
|
| parfaite blancheur, les Phi- | Bois DE PERROQUET.
|
| losophes disent qu'il faut dé- | C'est l'aloès.
|
| chirer les livres, parce qu'ils | Bois DE PARADIS.
|
| deviennent inutiles. | Aloès.
|
| BLANCHEUR CAPIL- | Bois DE VIE. C'est la
|
@
| BO | BO BR 59
|
| |
|
| pierre parfaite, qui devenue | mis & inséré dans le col d'une
|
| médecine universelle, gué- | autre.
|
| rit toutes les infirmités du | BOUC. Animal adoré
|
| corps humain, & conserve | chez les Egyptiens. Ces peu-
|
| l'homme en santé jusqu'au | ples l'avaient consacré à Osi-
|
| terme prescrit par la Sagesse | ris, & les Grecs à Bacchus,
|
| divine. | comme étant le symbole du
|
| BOITEUX (le). C'est, | principe fécondant de la na-
|
| en termes de Chimie Her- | ture, ce feu inné qui vivi-
|
| métique, Vulcain ou le feu, | fie tout. Voyez les Fables
|
| que la Fable nous représente | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| sous la forme d'un homme | liv. 1. sect. 3. chap. 5.
|
| boiteux. Basile Valentin l'a | Le Bouc servait aux Egyp-
|
| représenté ainsi dans la plan- | tiens dans leurs figures hié-
|
| che qui est à la tête de la pre- | roglyphiques pour signifier la
|
| mière de ses douze Clefs. | partie de la matière de la
|
| BOL JUDAIQUE. | pierre philosophale, que les
|
| Guimauve. | Alchimistes nomment leur
|
| BOLESIS. Le même | soufre; c'est pourquoi les
|
| que Belisis. | Egyptiens avaient consacré
|
| BOLESON. Baume. | cet animal à Bacchus, qui
|
| BORADES. Limaille | n'était autre chez eux qu'O-
|
| des métaux. | siris, à qui ils avaient aussi
|
| BORAX. Pierre des Phi- | donné les noms d'Apollon,
|
| losophes au blanc. | Adonis, &c.
|
| BORE'E, fils d'Astrée, | BOUE. Les Philosophes
|
| enleva Orithie, dont il eut | ont quelquefois donné ce
|
| Calaïs & Zethe. Voyez les | nom à leur matière, ce qui
|
| Fables Egypt. & Grecques | a induit en erreur plusieurs
|
| dévoilées, liv. 2. ch. 1. | Chimistes, qui ont travaillé
|
| BORIN. Vinaigre téré- | sur la boue & le limon. Mais
|
| benthiné, ou alcalisé. | Philalèthe nous apprend
|
| BORITIS. C'est la ma- | qu'on ne doit appliquer ce
|
| tière des Sages en putréfac- | nom de boue que lorsque la
|
| tion ou au noir. | matière est en putréfaction.
|
| BOTRACHIUM. Ache | BRACIUM. Cuivre,
|
| de Sardaigne, appelée par | Vénus.
|
| les Botanistes Apium risus. | BRARICIA. Verre.
|
| BOTUM BARBA- | BRASE. Charbons.
|
| TUM. Col d'une cucurbite | BRETAN. Bois de Brésil.
|
@
| 60 BR | BR
|
| |
|
| BRIARE'E, fils du Ciel | un brouillard, qui s'élève de
|
| & de la Terre, le plus ter- | la matière, & se condense
|
| rible & le plus redoutable | dans l'air des Philosophes,
|
| de tous les Géants. Tous les | d'où elle retombe pour ar-
|
| noms des Géants signifient | roser leur terre, la purifier
|
| quelque chose qui tend à la | & la féconder.
|
| destruction, comme la tem- | BROYER, en termes de
|
| pête, la fureur, le tonnerre, | Chimie, c'est cuire la ma-
|
| les vents impétueux, &c. | tière, & non la piler dans un
|
| On peut voir là-dessus l'His- | mortier, ou autrement.
|
| toire du Ciel de M. Peluche, | BRULER, Assare, en
|
| qui en donne les étymolo- | termes de Philosophie chi-
|
| gies fort au long. Voyez ce | mique, ne doit pas se pren-
|
| qu'ils signifient chimique- | dre pour calciner ou mettre
|
| ment dans les Fables Egypt. | au feu; mais cuire simple-
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 3. | ment la matière dans son
|
| ch. 2. 3. & 4. | vase, & à feu doux.
|
| BRISE'IS, fille de Brisès, | BRUMAZAR. Nom que
|
| se nommait d'abord Hippo- | quelques Philosophes Chi-
|
| demie. Lorsque les Grecs | miques ont donné à leur
|
| s'emparèrent de la ville de | mercure. C'est une vapeur
|
| Lyrnesse, Briséïs captive | grasse, onctueuse, dont l'Au-
|
| échut par le sort à Achille. | teur de Clangor Buccinae
|
| Agamemnon la lui ayant | parle en ces termes: Le pain
|
| enlevée de force, Achille en | fermenté & cuit est dans son
|
| conçut un tel dépit qu'il cher- | degré de perfection: de mê-
|
| cha tous les moyens de s'en | me l'or quand il est purifié
|
| venger, & ne voulut pren- | par le feu, est un corps fixe,
|
| dre les armes contre les | & n'est plus susceptible de
|
| Troyens, que pour venger | fermentation, s'il n'est mêlé
|
| la mort de son ami Patrocle. | avec Brumazar, c'est-à-dire
|
| Voyez les Fables Egypt. & | la première matière des mé-
|
| Grecques dévoilées, liv. 6. | taux, dans lequel il se résout
|
| C'est par la colère d'Achille | en cette première matière.
|
| qu'Homère commence son | Prenons donc cette première
|
| Iliade. | de laquelle l'or est composé,
|
| BROMIUS. Surnom de | & au moyen de l'art nous
|
| Bacchus. Voyez Bacchus. | en ferons le ferment philo-
|
| BROUILLARD. Va- | sophique. Becher.
|
| peur épaisse, ressemblant à | BUBASTE. V. Diane.
|
@
| BU CA | CA 61
|
| |
|
| BURAC. Toute espèce | CABEL. Excrément hu-
|
| de sel. | main.
|
| BURINA. Poix. | CABET. Ecailles du fer.
|
| BUSIRIS, Roi d'Egyp- | CABIRIA. Surnom de
|
| te, tuait & massacrait ses | Cérès. Voyez Cérès.
|
| hôtes. Hercule le vainquit | CACHYMIA. Ecume
|
| & le tua. Ce Busiris, selon | ou scorie d'argent.
|
| les Alchimistes, est le sou- | CACUS, fils de Vulcain
|
| fre incombustible & les im- | selon la Fable, est, suivant
|
| puretés qui enveloppent la | l'explication des Alchimis-
|
| vraie matière de la pierre, | tes, le feu commun. Cacus
|
| & la tiennent comme dans | représenté comme un mons-
|
| un état de mort. L'Artiste | tre terrible, demi-homme,
|
| détruit par le feu ces impu- | & vomissant toujours du feu,
|
| retés, & en délivre par ce | ce sont les fourneaux des
|
| moyen l'Egypte, qui re- | Chimistes ordinaires & des
|
| présente la terre philoso- | Fondeurs, qui vomissent sans
|
| phique. | cesse un feu contre-nature,
|
| D'autres expliquent cette | qui ravage tout ce qu'on lui
|
| fable différemment. Busi- | présente, qui le détruit, &
|
| ris, selon eux, est pris pour | en change toute la nature.
|
| le mercure philosophique, | Ce Cacus est vaincu par Her-
|
| dont l'activité des esprits dis- | cule, le symbole du mercure
|
| sout, putréfie, & donne, | des Philosophes, qui dans la
|
| pour ainsi dire, la mort à | transmutation corrige ce que
|
| tous les métaux avec les- | Cacus avait gâté, en enle-
|
| quels on le mêle. L'Artiste | vant les troupeaux d'Hercu-
|
| dans les opérations de la | le, c'est-à-dire en rendant les
|
| pierre philosophale, fixe & | métaux ordinaires sans vie,
|
| coagule ces esprits mercu- | & en leur ôtant cette qualité
|
| riels. | générative que l'on trouve
|
| C. | dans la matière métallique
|
| | qui sert de base à toutes les
|
| CAB. Or philosophi- | opérations du grand oeuvre.
|
| que. | Quelques Alchimistes don-
|
| CABALATAR & CA- | nent à leur soufre le nom de
|
| BALATUR. Sel nitre des | Cacus, & celui d'Hercule à
| Sages. | leur sel. Voyez les Fables
| | CABEBI. \ | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| | CABEH. / Mâchefer. | liv. 5. chap. 20.
| |
@
| 62 CA | CA
|
| |
|
| CADEGI. Voyez Ma- | loir couper les jambes & les
|
| labathron. | ailes à Mercure. Voyez son
|
| CADIMA AURI. Li- | origine, ses propriétés & son
|
| tharge d'or. | usage dans les Fables Egypt.
|
| CADMIE est un des | & Grecques dévoilées, ar-
|
| noms que les Philosophes | ticle de Mercure, liv. 3. ch.
|
| Hermétiques ont donné à la | 14. §. 1. On a aussi donné
|
| matière de leur pierre. Quel- | le caducée à Bacchus.
|
| ques-uns ont aussi nommé | Le caducée était composé
|
| Cadmie les parties hétéro- | de trois parties, de la tige
|
| gènes de cette matière, qu'il | d'or surmontée d'une pom-
|
| ne faut point faire entrer dans | me de fer, & de deux ser-
|
| l'oeuvre. C'est proprement | pents, qui semblent vouloir
|
| la pierre au rouge. | se dévorer. L'un de ces ser-
|
| CADMUS, fils d'Age- | pents représente la partie vo-
|
| nor Roi de Phénicie, fut en- | latile de la matière philoso-
|
| voyé par son père à la pour- | phique, l'autre signifie la
|
| suite d'Europe sa soeur, en- | partie fixe qui se combattent
|
| levée par Jupiter métamor- | dans le vase; l'or philoso-
|
| phosé en taureau blanc. Il | phique dont la tige est le
|
| bâtit la ville de Thèbes, | symbole, les met d'accord
|
| épousa Hermione ou Har- | en les fixant l'un & l'autre,
|
| monie, fille de Mars, & fu- | & en les réunissant en un seul
|
| rent l'un & l'autre changés | corps inséparablement.
|
| en serpents. Voyez les Fa- | CAFFA. Camphre.
|
| bles Egypt. & Grecques dé- | CAGASTRUM. Terme
|
| voilées, liv. 1. sect. 4. | que Paracelse a inventé pour
|
| CADUCE'E. Les Philo- | signifier l'image de quelque
|
| sophes chimiques ont don- | chose de réel, ou une chose
|
| né à leur dissolvant le nom de | qui n'est telle qu'en appa-
|
| Caducée de Mercure, parce | rence. C'est le contraire d'y-
|
| qu'ils prétendent que les in- | liastrum. Il dit que cagastrum
|
| venteurs de la Fable avaient | est ce que le sel nitre est à la
|
| intention d'indiquer ce dis- | première matière de tout,
|
| solvant par le Caducée. C'est | ou comme la chair de l'hom-
|
| pourquoi Abraham Juif met | me à sa première matière. La
|
| dans sa première figure hié- | chair d'Adam, après le pé-
|
| roglyphique un Mercure te- | ché, devint Cagastrique. Il y
|
| nant son caducée, & Saturne | a de même deux sortes de
|
| avec sa faux qui semble vou- | vie, l'une est yliastrique ou
|
@
| CA | CA 63
|
| |
|
| celle de l'esprit, & l'autre | la matière, & les effets par
|
| cagastrique ou celle de la | la putréfaction.
|
| partie animale. Paracelse, | CAL. Arsenic philoso-
|
| de Azoth. | phique, ou la matière des
|
| CAGASTRIQUE. Ce | Chimistes Hermétiques,
|
| qui n'est pas nécessaire dans | tant pendant sa dissolution,
|
| le corps de l'homme, & ce | parce qu'alors elle est un
|
| qui n'y est quasi mis par la | grand poison, que lorsqu'elle
|
| Nature que comme un or- | est parvenue au blanc. Voyez
|
| nement; tels sont les che- | Arsenic.
|
| veux, la barbe, le poil, les | CALAIS, fils de Borée,
|
| mamelles, &c. au con- | & l'un des plus célèbres Ar-
|
| traire de ce qui y est yliastri- | gonautes, poursuivit, avec
|
| que, comme le coeur, les | son frère Zethès, les Harpies
|
| parties nobles, &c. | qui désolaient le bon homme
|
| CAHOS & Tombeau | Phinée. On les représentait
|
| où doit sortir l'Esprit. Les | avec des ailes & des che-
|
| Physiciens Chimistes en- | veux azurés. Hercule les fit
|
| tendent par ces termes la | périr. Voyez les Fab. Egypt.
|
| matière de la pierre pendant | & Grecq. dévoilées, liv. 2.
|
| le temps de la putréfaction, | chap. 1.
|
| lorsqu'elle est noire, & que | CALAMBAC. Aloès.
|
| les éléments semblent alors | CALCADIN. Colcotar,
|
| confondus ensemble. | ou matière des Philosophes
|
| CAILLE'. Matière des | parvenue au rouge.
|
| Sages coagulée. | CALCADIS. Vitriol.
|
| CAIN. Nom que les Phi- | Quelques Chimistes ont
|
| losophes ont donné à leur | donné ce nom au sel alcali.
|
| matière en putréfaction & | CALCATON. Trochis-
|
| parvenue au noir, peut-être | que d'arsenic. Johnson.
|
| à cause de la malédiction | CALCHAS. Devin fa-
|
| que Dieu prononça contre | meux de l'armée des Grecs,
|
| lui au sujet du meurtre qu'il | qui, aidés de ses conseils,
|
| avait commis envers son frè- | firent de grands exploits con-
|
| re Abel, ou parce que les | tre les Troyens. Il indiqua
|
| désordres de ses descendants | aux premiers le moyen d'a-
|
| furent la cause du déluge | paiser le courroux de Dia-
|
| qui fit périr presque tout le | ne, & prédit que la ville de
|
| genre humain. Ce déluge est | Troie ne pourrait être prise
|
| figuré par la dissolution de | qu'après la neuvième année
|
@
| 64 CA | CA
|
| |
|
| du siège, sur ce qu'un dra- | phique se fait avec le feu hu-
|
| gon avait dévoré en leur | mide, ou eau pontique des
|
| présence neuf petits moi- | Sages, qui réduit les corps
|
| neaux & leur mère. Cal- | à leurs premiers principes,
|
| chas mourut de chagrin pour | sans détruire leurs vertus sé-
|
| avoir trouvé un certain Mop- | minales & germinatives; au
|
| se plus habile que lui dans | lieu que la calcination faite
|
| l'art de deviner. Voyez les | par le feu vulgaire, détruit
|
| Fables Egypt. & Grecques, | les semences des corps, ce
|
| liv. 6. | qui lui a fait donner le nom
|
| CALCINATION. Puri- | de Tyran de la Nature.
|
| fication & pulvérisation des | II y a deux sortes de cal-
|
| corps par le moyen du feu | cinations vulgaires; l'une
|
| extérieur qui en désunit les | qui se fait à feu ouvert, telle
|
| parties en séparant ou éva- | que celle de la cendre; &
|
| porant l'humide qui les liait, | celle qui se fait dans des va-
|
| & en faisait un corps solide. | ses fermés. Dans la première
|
| Les Philosophes Spagyri- | les parties sulfureuses vola-
|
| ques se servent quelquefois | tiles s'envolent en partie, &
|
| indifféremment des termes | privent par-là les sels d'une
|
| de calcination, corruption, | force & d'une vertu, qu'ils
|
| & putréfaction, pour signi- | conservent dans la seconde
|
| fier la même chose. Ils en- | espèce de calcination. Tous
|
| tendent cependant plus sou- | les sels tirés des cendres de
|
| vent par le terme de calci- | celles-ci se cristallisent, &
|
| nation, l'opération qui suit | il n'en est pas de même des
|
| celle de la rubification de la | autres, qu'on ne peut avoir
|
| pierre. Il y a encore une au- | que par l'évaporation de
|
| tre calcination proprement | l'humidité poussée au sec.
|
| dite, & telle qu'on l'entend | Il y a diverses sortes de
|
| communément, qui est re- | calcinations. Les unes qu'on
|
| quise dans la préparation de | appelle sèches, les autres hu-
|
| la matière. C'est une purifi- | mides, les unes corrosives,
|
| cation ou mondification de | les autres qui ne le sont point.
|
| cette même matière, que | Les calcinations humides
|
| quelques-uns appellent recti- | sont vaporeuses ou immer-
|
| fication, d'autres ablution, | sives.
|
| d'autres séparation, dont | Les vaporeuses se font en
|
| voyez les articles. | exposant des corps métalli-
|
| La calcination philoso- | ques ou autres, à la fumée
|
| | ou
|
@
| CA | CA 65
|
| |
|
| ou à l'exhalaison de quelque | CALCINATUM MA-
|
| matière. Les immersives se | JUS. Tout ce qui est adouci
|
| font en mettant le corps | par l'Art chimique, & qui
|
| qu'on veut calciner dans des | n'a pas cette douceur de sa
|
| liqueurs corrosives, comme | nature, comme le mercure
|
| eaux fortes ou esprits ar- | doux, l'âme du plomb, le
|
| dents, de manière qu'elles y | sel & autres semblables pré-
|
| soient submergées. | parations. Planiscampi.
|
| Les calcinations sèches | Calcinatum MINUS.
|
| sont proprement ce qu'on | Tout ce qui est doux natu-
|
| appelle Cémentations, dont | rellement.
|
| voyez l'article. | CALCITARI. C'est l'al-
|
| On appelle aussi calcina- | cali en général.
|
| tion sèche, celle qui se fait | CALCITEA. Traga-
|
| par le feu, telle que celle de | canthe.
|
| la chaux à bâtir, de la sou- | CALCITHEOS. Li-
|
| de, des sels qu'on blanchit | tharge, ou laiton blanchi
|
| dans des creusets, des cen- | des Philosophes.
|
| dres qui viennent du bois | CALCITIS. V. Cal-
|
| brûlé ou d'autres matières. | cadin.
|
| Dans ces calcinations sè- | CALCOCOS. Cuivre
|
| ches, on distingue encore | brûlé, ou aes-ustum.
|
| celles qui se font à feu ou- | CALCOKEUMENOS.
|
| vert, à feu clos, & à feu de | Aes-ustum.
|
| réverbère. Voyez Feu, Ré- | CALCOTA. Colcotar
|
| verbère. | philosophique.
|
| Quelquefois calciner la | CALCUTIUM. Cuivre
|
| matière, c'est la blanchir & | brûlé.
|
| la purger de sa noirceur par | CALDAR. Etain, ou
|
| l'art, le feu philosophique, | Jupiter.
|
| & l'azoth. Le signe de la | CALGFUR. Terme
|
| parfaite calcination est la | arabe, dont quelques Chi-
|
| blancheur. | mistes se sont servis pour
|
| CALCINER, en termes | dire du girofle.
|
| de Philosophie chimique. | CALIDE. Trochisque
|
| Voyez Calcination. | d'arsenic.
|
| CALCINATOIRE. Le | CALIDITE'. Qualité de
|
| vaisseau calcinatoire des Phi- | la matière fixe des Philoso-
|
| losophes Hermétiques n'est | phes. Ils ont donné ce nom
|
| autre que l'oeuf des Sages. | de calidité à leur mâle, ou
|
| | E
|
@
| 66 CA | CA
|
| |
|
| fixe. Le premier est appelé | Sages parvenue à la blan-
|
| calidité & siccité, ou soufre; | cheur.
|
| le dernier, argent-vif, ou | CAMBIC-SUC. C'est
|
| frigidité & humidité. Fla- | la gomme Gutta-gamba.
|
| mel. | CAMBILL. Terre rouge
|
| CALIETTE. Champi- | des Philosophes.
|
| gnon du genévrier. | CAMBYSE, Roi de
|
| CALIX CHYMICUS. | Perse, s'étant emparé de l'E-
|
| Verre d'antimoine. | gypte, tua le boeuf Apis, se
|
| CALLECAMENON. | moqua des Dieux de l'E-
|
| Cuivre brûlé. | gypte comme fabuleux, &
|
| CALLENA. Salpêtre. | envoya son armée pour dé-
|
| CALLIRHOE'. Fille de | truire le temple de Jupiter
|
| l'Océan, & femme de Chry- | Ammon. Il retourna dans
|
| saor. Voyez l'article de ce | son pays avec des richesses
|
| dernier. | immenses. Voyez les Fables
|
| CALMET. Antimoine | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| des Philosophes. | lées, liv. 1. sect. 2.
|
| CALPE'. Montagne éle- | CAMERETH. Mercure
|
| vée sur les confins de l'Es- | des Philosophes fixé au rou-
|
| pagne du côté de l'Afrique, | ge, ou le soufre des Sages.
|
| vers le détroit de Gibraltar. | CAMES & CAMET.
|
| Les Poètes ont feint qu'Her- | Argent, ou matière philo-
|
| cule la sépara d'une autre | sophique poussée au blanc.
|
| qui est vis-à-vis en Afrique, | CANCINPERICON.
|
| & nommée Abyla. Ces | Fumier ou ventre de cheval,
|
| deux avant cette séparation | échauffé.
|
| n'en faisaient qu'une. Ce | CANCRE ou CAN-
|
| sont ce qu'ils ont aussi ap- | CER. La pierre des Philo-
|
| pelé les Colonnes d'Her- | sophes fixée au rouge, ainsi
|
| cule. Voyez les Fab. Egypt. | nommée à cause de sa com-
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 5. | plexion chaude & sèche, &
|
| chap. 12. | de sa vertu ignée, qui l'a fait
|
| CALTICIS. V. Cal- | nommer Pierre de feu, Mi-
|
| cadin. | nière de feu céleste.
|
| CALUFAL. C'est l'huile | CANICULE (Feu de).
|
| des Indes. | Quelques Philosophes Her-
|
| CALUSA - CYPTAS. | métiques ont ainsi appelé
|
| Cristal. | leur troisième feu, ou degré
|
| CAMBAR. Matière des | de feu, par comparaison à
|
@
| CA | CA 67
|
| |
|
| la chaleur de la Canicule, | afin de les en séparer, & de
|
| qui est la plus forte de toute | les avoir purs. On tire les
|
| l'année. Ce n'est pas qu'il | métaux de leurs capes au
|
| faille augmenter le feu ex- | moyen du repassement.
|
| térieur au troisième degré, | CAPRICORNE. Man-
|
| puisqu'ils disent qu'il doit | get dit que quelques Chi-
|
| être égal & continu pen- | mistes ont donné ce nom au
|
| dant tout le cours de l'oeu- | plomb. Il aurait dit vrai s'il
|
| vre: cette augmentation doit | l'avait expliqué du plomb ou
|
| s'entendre du feu intérieur. | Saturne des Philosophes; &
|
| Cette équivoque a induit | ils l'ont ainsi appelé, parce
|
| beaucoup de gens en erreur. | que le Capricorne désigne le
|
| CANOPE. L'un des | solstice d'hiver, comme la
|
| Dieux adorés en Egypte. Il | matière de l'oeuvre parve-
|
| était représenté sous la figure | nue au noir, ou Saturne des
|
| d'un vase ovale posé sur une | Philosophes, indique leur
|
| de ses pointes; l'autre oppo- | hiver.
|
| sée portait une tête d'hom- | CARAB. Gousse des lé-
|
| me; & sur le vase étaient | gumes.
|
| figurés plusieurs hiérogly- | CARAHA. Nom que les
|
| phes. Voyez ce qu'on doit | Alchimistes ont donné à un
|
| entendre par Canope dans | de leurs vaisseaux philoso-
|
| le livre 1. ch. 9. des Fables | phiques; c'est le premier: le
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées. | second se nomme Aludel,
|
| CANTACON. Safran | dont voyez l'article.
|
| des Philosophes. Quelques | CARDEL. Moutarde.
|
| Chimistes l'ont interprété | CARDIR. Jupiter, ou
|
| du safran commun. | l'étain.
|
| CANZE, CANNA, | CARDIS. Mars, ou le fer.
|
| CARNIT. Vase chimique. | CARENA. La vingt-
| Johnson. | quatrième partie d'une gout-
| | CAPE. Terre minérale | te. Johnson.
| | qui fait corps & compose les | CARMITI. La pesanteur
| | pierres métalliques avec le | d'une obole ou d'une maille.
| | métal, & qui n'est point mé- | Johnson.
| | tal elle-même. C'est cette | CARUMFEL. Girofle.
| | matière pierreuse qui occa- | CARSUFLE'. V. Cor-
| | sionne les opérations qu'il | suflé.
| | faut nécessairement faire | CASIBO. Cyprès.
| | pour tirer l'aloi des métaux; | CASMET. Antimoine.
| | | E ij
| |
@
| 68 CA | CA
|
| |
|
| CASPA. La matière phi- | CATHOCHITES.
|
| losophique au blanc. | Substance gommeuse & glu-
|
| CASSIBOR & CAS- | tineuse, qui se trouve dans
|
| SIDBOTT. Coriandre. | l'île de Corse, selon Soli-
| CASSIOPE'E, femme de | nus & Pline. Johnson dit
| | Céphée Roi d'Ethiopie, s'é- | qu'elle a la propriété d'attirer
| | tant vantée d'être plus belle | la chair & les mains, aux-
| | que les Néréides, en fut pu- | quelles elle s'attache forte-
| | nie par l'obligation où elle | ment, comme l'aimant attire
| | se trouva d'exposer sa fille | le fer, l'ambre les pailles,
| | Andromede pour être dévo- | &c.
| | rée par un Monstre marin. | CATILLIA ou CAR-
| | Persée tua ce Monstre, & la | TILIA. Poids de neuf on-
| | délivra. Voyez les Fables | ces.
| | Egypt. & Grecques dévoi- | CATMA. Nom que
| | lées, liv. 3. ch. 14. §. 3. | quelques Chimistes ont don-
| | CASTOR & POLLUX. | né à l'or en limaille. Johnson.
| | Frères jumeaux, fils de Ju- | CATROBIL. Terre
| | piter & de Léda, femme de | commune chez les Chimis-
| | Tyndare. Jupiter changé en | tes vulgaires, & terre des
| | cygne, ayant eu commerce | Philosophes chez les Adep-
| | avec Léda, elle accoucha de | tes.
| | deux oeufs, chacun desquels | CAUCASE. Montagne
| | renfermait deux jumeaux; | d'Asie, sur laquelle la Fable
| | de l'un sortirent Pollux & | dit que Jupiter fit attacher
| | Hélène, de l'autre Castor & | Prométhée, & lui faisait dé-
| | Clytemnestre. | vorer le foie par une aigle,
| | Castor & Pollux accom- | en punition de ce qu'il avait
| | pagnèrent Jason dans son ex- | dérobé le feu du Ciel. Sui-
| | pédition de Colchos pour la | vant le sens des Chimistes
| | conquête de la toison d'or, | Hermétiques, le mont Cau-
| | où Pollux tua Amycus. Cas- | case n'est autre que le mont
| | tor ayant été tué par Lyn- | Philosophique, ou le vase de
| | cée, Pollux obtint de Jupi- | l'Art & de la Nature, parce
| | ter de pouvoir communiquer | qu'à ce dernier est attaché &
| | son immortalité à Castor, & | lié le feu des Philosophes,
| | ils en jouissaient alternati- | que d'Espagnet & plusieurs
| | vement. Voyez les Fables | autres appellent Minière de
| | Egypt. & Grecques, liv. 2. | feu céleste. Voyez les Fables
| | ch. 1. liv. 3. ch, 14. §. 4. & | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| |
liv. 6. cha. 3. liv. 5. ch. 17.
@
| CA CE | CE 69
|
| |
|
| CAUDA VULPIS RU- | admet deux, l'une fille d'At-
|
| BICURDI. Minium du | las, laquelle eut commerce
| plomb. | avec Jupiter; l'autre était
| | CECROPS, Fondateur | une des Harpies, fille de Ju-
| | du Royaume d'Athènes, | piter & de la Terre. Les
| | était originaire d'Egypte | Poètes, & ceux qui ont dit
| | d'où il porta le culte des | après eux que les sept filles
| | Dieux dans la Grèce. La Fa- | d'Atlas ont formé les sept
| | ble dit qu'il était moitié | Pléiades, & que chacune
| | homme & moitié serpent. | d'elles a un rapport avec une
| | Voyez les Fables Egypt. & | des planètes, donnent Ce-
| | Grecques, liv. 1. sect. 4. | leno à Saturne. On dirait
| | CEDUE. L'air. | qu'ils ont consulté les Adep-
| | CEINTURE DE VE'- | tes pour donner cette expli-
| | NUS, appelée CESTE. | cation; elle ne pouvait en
| Elle avait, selon la Fable, | effet y mieux convenir, puis-
| | la propriété non-seulement | que Celeno vient d'un mot
| | de rendre aimable celle qui | grec qui signifie obscurité,
| | la portait, mais encore de | noirceur, & le Saturne des
| | rallumer les feux d'une pas- | Philosophes n'est autre que
| | sion éteinte; c'est pourquoi | la matière de l'oeuvre parve-
| | Junon, brouillée avec Jupi- | nue au noir pendant qu'elle
| | ter, emprunta de Vénus cet- | est en putréfaction. On peut
| | te ceinture, pour captiver la | voir dans l'article Harpie
| | bienveillance de ce Dieu. | ce qu'elle signifie de plus.
| | Mercure étant encore en- | Voyez aussi les Fabl. Egypt.
| | fant, joignit à ses autres fri- | & Grecq. dévoilées, liv. 2.
| | ponneries le vol de cette | chap. 1.
| | mystérieuse ceinture. Voyez | CELOPA ou CHELO-
| | les Fables Egypt. & Grecq. | PA. Jalap.
| | dévoilées, liv. 3. chap. 14. | CENDRE. Les Secta-
| | §. 1. & liv. 6. | teurs de la science Hermé-
| | Les Philosophes Hermé- | tique appellent souvent cen-
| | tiques expliquent cette cein- | dre la matière de la pierre
| | ture du petit cercle de cou- | putréfiée dans l'aludel, par-
| | leurs différentes qui se forme | ce que la chaleur extérieure
| | autour de la matière à cha- | agissant sur le mixte du vais-
| | que fois qu'elle commence | seau en sépare l'humide qui
| | à changer de couleur. | en liait les parties, & après
| | CELENO, La Fable en | l'avoir desséché, laisse le
| | | E iij
| | |
@
| 70 CE | CE
|
| |
|
| mixte comme une poudre, | cule vint après, & acheva
|
| ou cendre, & la matière | de les détruire.
|
| dans cet état est en putré- | Le mariage de Pyrithoüs
|
| faction ou corruption; car | avec Déidamie est celui des
|
| l'un & l'autre terme le pren- | Philosophes, qui se fait dans
|
| nent indifféremment pour si- | le vase avec le fixe igné &
|
| gnifier la même chose. | le volatil mercuriel. Avant
|
| Les Philosophes Hermé- | la parfaite réunion des deux,
|
| tiques disent qu'il ne faut pas | il se fait un combat de l'un
|
| mépriser la cendre, & Mo- | & de l'autre, qui produit la
|
| rien dit qu'elle est le dia- | dissolution & la volatilisa-
|
| dème du Roi. Il faut enten- | tion indiquées par les Lapi-
|
| dre ces termes de la matière | thes, dont le nom signi-
|
| après qu'elle a été en putré- | fie s'élever avec arrogan-
|
| faction; parce qu'alors elle | ce. Voyez l'explication plus
|
| semble de la cendre & que | étendue dans le liv. 5. ch. 6.
|
| de cette cendre doit sortir le | des Fables Egyptiennes &
|
| soufre philosophique, qui est | Grecques dévoilées.
|
| le diadème du Roi. | CENTRE DU MON-
|
| Cendre DE TARTRE. | DE. C'est la matière de la
|
| Soufre des Philosophes par- | pierre des Philosophes, & la
|
| fait au rouge. | pierre même quand elle est
|
| CENIOTEMIUM. | dans sa perfection. Les Phi-
|
| Mercure préparé pour la vé- | losophes l'ont ainsi nommée,
|
| role. | parce qu'ils disent que toutes
|
| CENTAURES (Les) | les propriétés de l'Univers y
|
| étaient fils d'Ixion & d'une | sont comme réunies.
|
| nuée, excepté le Centaure | Centre DE L'OEUF.
|
| Chiron, qui fut fils de Sa- | C'est le jaune.
|
| turne & Phillyre. Ils avaient | CEPINI. C'est le vi-
|
| la partie supérieure du corps | naigre.
|
| de forme humaine, & de- | CERATION. Temps où
|
| puis la ceinture jusqu'au bas | la matière passe de la cou-
|
| de la forme d'un cheval. | leur noire à la grise & puis
|
| Ayant été invités aux noces | à la blanche; ce qui se fait
|
| de Pyrithoüs, ils y cherchè- | par la seule digestion &
|
| rent querelle aux Lapithes, | cuisson continuées sans ad-
|
| & il y eut un sanglant com- | dition de quoi que ce soit.
|
| bat entr'eux, où les derniers | CERAUNO-CRYSON.
|
| restèrent vainqueurs. Her- | Or fulminant.
|
@
| CE | CE 71
|
| |
|
| CERBERE. Dans le | chimistes vomissent du feu,
|
| sens des Chimistes vulgai- | comme ceux des Chimis-
|
| res, c'est le nitre; mais les | tes ordinaires; car le feu de
|
| Philosophes entendent bien | la Philosophie Spagyrique
|
| autre chose par le Cerbère de | n'est pas le feu vulgaire,
|
| la Fable. Les Poètes Philo- | mais le feu de la nature, un
|
| sophes ont imaginé qu'un | feu qui échauffe sans brûler.
|
| chien à trois têtes, la gueule | Et qui connaîtra ce feu, &
|
| béante, gardait la porte des | la manière de le graduer, est
|
| Enfers, & qu'il y était en- | bien avancé dans la science
|
| chaîné par une chaîne triple. | Hermétique. Que celui qui
|
| Les Alchimistes prétendent | veut étudier cette science ait
|
| que toutes les fables des an- | donc Hercule, & sache le
|
| ciens Poètes ne sont que des | marier à propos avec Thésée
|
| énigmes, dont ils se sont ser- | son compagnon inséparable,
|
| vis pour cacher les opéra- | il aura bientôt le secret des
|
| tions de la pierre philoso- | trois règnes.
|
| phale. Ils disent en consé- | CERCLE, en termes de
|
| quence qu'il faut entendre | science Hermétique, signi-
|
| par Cerbère ce chien à trois | fie circulation de la matière
|
| têtes, ou la matière de la | dans l'oeuf des Philosophes.
|
| pierre philosophale compo- | C'est dans ce sens qu'ils
|
| sée de sel, de soufre & de | appellent leur opération le
|
| mercure, renfermée dans le | mouvement des cieux, les
|
| triple vase des Philosophes, | révolutions circulaires des
|
| qui sont les trois chaînes qui | éléments, & qu'ils nomment
|
| lient Cerbère; ou que la ma- | aussi le grand oeuvre la Qua-
|
| tière est elle-même le palais | drature du cercle Physique.
|
| de Pluton Dieu des Enfers, | Michel Majer a fait un petit
|
| & que le triple vaisseau est | traité sur ce sujet, qui a pour
|
| le chien à trois têtes qui gar- | titre: De Circulo quadrato
|
| de la porte du palais & en | Physico, sive de Auro.
|
| empêche l'entrée. Cette der- | Ils divisent aussi la prati-
|
| nière explication me paraît | que de la pierre philosophale
|
| plus vraisemblable; car il est | en sept cercles ou opérations;
|
| dit que ce Cerbère vomissait | & tout consiste cependant à
|
| du feu; ce qui est le propre | dissoudre & à coaguler. Le
|
| des fourneaux. On ne doit | premier cercle est la réduc-
|
| pas cependant entendre par-* | tion de la matière en eau. Le
|
| là que les fourneaux des Al-* | second est de coaguler cette
|
| | E iv
|
@
| 72 CE | CE CH
|
| |
|
| eau en terre fixe. Le troi- | convertie en air, on l'appelle
|
| sième est la digestion de la | Cerveau; lorsqu'elle est de-
|
| matière, qui se fait très len- | venue feu, on lui donne le
|
| tement; c'est pourquoi les | nom de Coeur de cerf: Quel-
|
| Philosophes disent que les | ques Alchimistes disent
|
| révolutions de ce cercle se | qu'alors le cerf est livré aux
|
| font dans le fourneau secret. | chiens, pour être dévoré.
|
| Elle cuit la nourriture de | C'est-à-dire qu'on l'expose à
|
| l'enfant des Sages, & la con- | l'action du feu pour y être
|
| vertit en parties homogènes, | digérée & fixée.
|
| comme l'estomac prépare les | CERVELLE DE
|
| aliments pour les tourner en | BOEUF. C'est, en termes
|
| la substance du corps. D'Es- | de Chimie, du tartre brûlé.
|
| pagnet n'admet que trois cer- | Johnson.
|
| cles, par la répétition des- | CE'RUSE. (Sc. Herm.)
|
| quels on parvient, dit-il, à | Quelques Chimistes se sont
|
| réduire l'eau en terre, & à | imaginé que la céruse était
|
| concilier les ennemis, c'est-* | la matière des Philosophes,
|
| à-dire, le volatil avec le fixe, | parce qu'elle est faite du
|
| l'humide avec le sec, le froid | plomb, & que les Adeptes
|
| avec le chaud, l'eau avec le | disent que leur Mercure est
|
| feu. | fils de Saturne, mais, si l'on
|
| CERDAC. Mercure. | s'en rapporte à Philalèthe,
|
| CE'RE'S. Fille de Saturne | ils entendent par céruse le
|
| & d'Ops, & soeur de Jupi- | magistère au blanc; comme
|
| ter & de Neptune, de Pluton | on peut le voir dans son trai-
|
| & de Junon. Cérès fut re- | té qui a pour titre: Enarra-
|
| gardée comme mère de Plu- | tio methodica trium medici-
|
| tus & de Proserpine; Pluton | narum Gebri.
|
| enleva celle-ci & la consti- | CESTE DE VE'NUS.
|
| tua Reine des Enfers. Voyez | Voyez Ceinture.
|
| cette fable & son explica- | CEXIM. Vinaigre.
|
| tion chimique dans les Fa- | CHAIA. Matière des
|
| bles Egyptiennes & Grec- | Philosophes parvenue à la
|
| ques dévoilées, liv. 4. ch. 2. | couleur blanche.
|
| & 3. | CHACEF. Vase de terre.
|
| CERVEAU ou COEUR | Johnson.
|
| DE CERF. Terme de Chi- | CHALEUR. Action du
| mie. C'est la matière des | feu, qui produit sur les corps
| | Philosophes; quand elle est | un effet plus ou moins vif,
| |
@
| CH | CH 73
|
| |
|
| selon que les parties ignées | leur naturelle surmontée,
|
| sont en plus grande ou moin- | abandonne la circonférence
|
| dre quantité, & plus ou | & se retire au centre ; alors
|
| moins agitées. Lorsque cette | les parties éloignées privées
|
| action du feu est modérée, | du lien qui les unissait, se
|
| elle est proprement dite cha- | séparent de proche en pro-
|
| leur; lorsqu'elle est violente | che changent de confor-
|
| jusqu'à causer la séparation | mation organique; & cette
|
| des parties des corps sur les- | chaleur ne trouvant plus la
|
| quels elle agit, on doit l'ap- | même matière disposée com-
|
| peler adustion, ignition. | me elle doit l'être pour être
|
| Nous ne jugeons des de- | animée, agit sur elle diffé-
|
| grés de chaleur que par les | remment. Elle fait comme
|
| sens, & par ses effets. On | un effort dans le centre; les
|
| distingue plusieurs sortes de | parties voisines trop violem-
|
| chaleurs, la naturelle & l'ar- | ment agitées, communi-
|
| tificielle, l'interne & l'ex- | quent leur mouvement im-
|
| terne. | modéré à celles qui les tou-
|
| La naturelle est l'effet du | chent, celles-ci aux autres,
|
| feu inné dans tous les Etres, | d'où naît la fermentation, à
|
| qui fut implanté & commu- | celle-ci succède la corrup-
|
| niqué à la matière dès la | tion, enfin une nouvelle gé-
|
| création, lorsque l'esprit de | nération.
|
| Dieu était porté sur les eaux. | Le froid n'est pas toujours
|
| Cette chaleur donne la vie à | nécessaire pour causer la dis-
|
| tout, parce qu'elle est une | solution des parties des mix-
|
| émanation du principe de la | tes: la chaleur innée aug-
|
| vie par essence. Dès que cet- | mentée au-delà du degré re-
|
| te portioncule de vie aban- | quis pour l'entretien de la vie
|
| donne un sujet, la dissolu- | du corps qu'elle vivifie, en
|
| tion des parties succède à cet | cause aussi la destruction.
|
| abandon, parce qu'elle en | Les parties fatiguées par
|
| était le lien. | trop de mouvement, se dé-
|
| Deux causes contraires | tachent, se dérangent, &
|
| produisent cet effet; le froid | ouvrent un passage libre à ce
|
| son ennemi lorsqu'il domi- | feu, qui s'évanouit pour ainsi
|
| ne, & l'action même de ce | dire, & laisse après lui des
|
| feu poussée à un degré trop | marques funestes de son ac-
|
| violent. | tion & de son absence. Cette
|
| Par le premier, cette cha- | chaleur naturelle est propre-
|
@
| 74 CH | CH
|
| |
|
| ment celle que nous appe- | CHANGER LES NA-
|
| lons interne. | TURES. Voyez Nature.
|
| Il y a une autre chaleur | CHANQUE. Nitre des
|
| naturelle, celle du soleil. | Philosophes.
|
| L'interne, dont nous ve- | CHAOS veut dire con-
|
| nons de parler, semble n'ê- | fusion & mélange. C'était,
|
| tre qu'une chaleur en puis- | selon les Anciens, la matière
|
| sance, qui n'agirait point, si | de l'Univers avant quelle
|
| elle n'était excitée par la | eut reçu une forme déter-
|
| chaleur naturelle externe, | minée. Les Philosophes ont
|
| ou par la chaleur artificielle. | donné par similitude le nom
|
| On l'appelle artificielle, | de Chaos à la matière de
|
| parce que l'art la manifeste, | l'oeuvre en putréfaction, par-
|
| l'augmente ou la diminue, | ce qu'alors les éléments ou
|
| & la dirige à son gré. Les | principes de la pierre y sont
|
| Artistes lui donnent plusieurs | tellement en confusion, que
|
| noms pris des matières qu'ils | l'on ne saurait les distin-
|
| emploient, ou des opéra- | guer. Ce chaos se dévelop-
|
| tions qu'ils sont par son | pe par la volatilisation, cet
|
| moyen. On trouvera tous | abîme d'eau laisse voir peu
|
| ces noms expliqués dans | à peu la terre à mesure que
|
| l'article Feu. | l'humidité se sublime au haut
|
| CHALCOS. Cuivre. | du vase. C'est pourquoi les
|
| CHALCUTE. Aes-* | Chimistes Hermétiques ont
|
| ustum, ou cuivre brûlé. | cru pouvoir comparer leur
|
| CHAMBAR. Magnésie | oeuvre, ou ce qui s'y passe
|
| philosophique. | pendant les opérations, au
|
| CHAMBELECH. Elixir. | développement de l'Univers
|
| CHAMPS E'LISE'ES. | lors de la création.
|
| Lieu de repos, où les Poètes | CHAPITEAU. Quel-
|
| ont feint que Mercure con- | ques Chimistes ont ainsi ap-
|
| duisait les âmes des Héros | pelé la lessive, & l'eau de
|
| & des Justes après leur mort. | savon. Johnson.
|
| Voyez ce qu'on doit enten- | Chapiteau D'ALAM-
|
| dre par les Champs Elysées, | BIC. Les Philosophes ont
|
| dans l'explication de la Des- | donné ce nom à la matière
|
| cente d'Enée aux Enfers, à | de l'oeuvre parvenue au noir.
|
| la fin des Fables Egyptien- | CHARBON. Presque
|
| nes & Grecques dévoilées. | tous les Philosophes disent
|
| CHANDEL. Coloquinte. | que leur feu n'est point un
|
@
| CH | CH 75
|
| |
|
| feu de charbon; & ils disent | l'oeuvre. II faut du charbon,
|
| vrai, parce qu'ils ne regar- | mais dans un temps seule-
|
| dent pas le feu de nos cui- | ment, qui est celui de l'é-
|
| sines, ou des laboratoires | preuve.
|
| chimiques, comme leur feu. | Charbons DU CIEL.
|
| Quand il s'agit du régime du | Ce sont les étoiles.
|
| feu, il faut l'entendre du ré- | Charbons HUMAINS.
|
| gime du feu philosophique, | Excréments des hommes.
|
| & non du feu de charbon. | CHARIOT DE PHAE-
|
| Philalèthe & plusieurs au- | TON. C'est un des noms
|
| tres, comme Denis Zachai- | que les Philosophes Chimi-
|
| re, parlent du feu de char- | ques ont donné au grand
|
| bon comme d'un feu néces- | oeuvre. Phaëton est le sym-
|
| saire à l'oeuvre. Ce dernier | bole des mauvais Artistes,
|
| dit entr'autres, que ses pa- | qui ayant tout ce qu'il faut
|
| rents voyant la quantité de | pour faire la pierre, igno-
|
| menus charbons dont il avait | rent le feu philosophique,
|
| fait provision, lui disaient | ou ne savent pas le con-
|
| qu'il serait accusé de faire la | duire, & brûlent la matière,
|
| fausse monnaie. Philalèthe | représentée par la Terre à
|
| dit que celui qui entreprend | laquelle ce fils du Soleil mit
|
| l'oeuvre ne doit pas être du | le feu pour n'avoir pas su
|
| nombre des pauvres, à cause | conduire le chariot de son
|
| des dépenses de vases & de | père.
|
| charbons dont il faut faire | CHARON, fils de l'E-
|
| usage. Il réduit même la | rebe & de la Nuit, selon
|
| quantité qu'il en faut pour | Hésiode, était le Nauton-
|
| tout l'oeuvre, à cent mesures | nier des Enfers; il passait les
|
| pour les trois ans entiers. | âmes séparées des corps par
|
| Voyez sur cela son ouvrage | les trois fleuves, l'Acheron,
|
| qui a pour titre: Enarratio | le Styx & le Cocyte. Les
|
| methodica trium medicina- | Chimistes Hermétiques re-
|
| rum Gebri. On ne doit ce- | gardent Charon comme le
|
| pendant pas prendre toutes | symbole de la couleur grise
|
| ses paroles à la lettre, car | qui n'est qu'un passage de la
|
| d'Espagnet que Philalèthe a | noire à la blanche; & les
|
| suivi pas à pas, dit qu'il reste | trois fleuves sont les putré-
|
| très peu de dépenses à faire | factions qui arrivent dans les
|
| à celui qui a les matières | trois opérations de l'oeuvre,
|
| préparées & convenables à | que Geber a nommé la Mé-
|
@
| 76 CH | CH
|
| |
|
| decine du premier, du se- | que en effet des vicissitudes
|
| cond & du troisième ordre. | de grandeur dans la prunelle
|
| Dans chacune la matière | des yeux de cet animal. Elle
|
| doit se dissoudre & se putré- | se conforme aux change-
|
| fier, & parvenir à la couleur | ments des phases de la Lune.
|
| noire, à laquelle succède la | Elle augmente lorsque cette
|
| grise, qui est Charon; c'est | planète est dans son crois-
|
| pourquoi on le dit fils de | sant; elle diminue lorsque la
|
| l'Erebe & de la Nuit. Pen- | Lune est dans son déclin.
|
| dant cette couleur grise la | CHAUX, en termes de
|
| matière se volatilise, l'esprit | Chimie, se dit de toutes sor-
|
| se sépare du corps, & le lai- | tes de corps réduits en pou-
|
| ton philosophique se blan- | dres impalpables, soit par
|
| chit: voilà le passage des | l'action du feu, soit par les
|
| âmes par les trois fleuves | eaux fortes. Quelques-uns
|
| pour parvenir aux champs | prétendent qu'on ne doit
|
| Elysées, représentés par la | donner le nom de chaux
|
| blancheur. Voyez les Fables | qu'aux poudres des corps
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | métalliques ou des miné-
|
| liv. 3. ch. 6. | raux; & que celles des au-
|
| CHARTRE DES PHI- | tres doivent se nommer cen-
|
| LOSOPHES. C'est la Ta- | dres. On dit chaux de Lune
| ble d'Emeraude d'Hermès, | ou d'argent, chaux de Sa-
| | ainsi nommée, parce que | turne ou de plomb, &c.
| | c'est le premier écrit connu | Chaux DES PELERINS.
| | sur la Pierre philosophale. | C'est le tartre.
| | Quelques-uns ont pris ces | Chaux-VIVE est aussi
| | termes dans le sens de pri- | un terme de Science Her-
| | son, & ont entendu le four- | métique, que les Sages ont
| | neau & l'oeuf des Philoso- | employé pour signifier la
| | phes. | matière au blanc.
| | CHAT. Cet animal était | CHEF-D'OEUVRE DE
| | un symbole hiéroglyphique | L'ART. C'est la pierre des
| | chez les Egyptiens, qui l'a- | Philosophes, l'élixir parfait
| | doraient sous le nom d'Ae- | au rouge. Quelques Chi-
| | lurus. Il représentait la Lune | mistes lui ont donné ce nom
| | ou Mercure philosophique, | avec raison, puisque c'est la
| | parce que le Chat semble | plus excellente chose que
| | ressentir les effets des in- | l'homme ait pu imaginer
| | fluences lunaires, On remar- | pour son bien-être.
| |
@
| CH | CH 77
|
| |
|
| CHEIZI ou CHEIRI. Pa- | pour cela qu'ils ont imaginé
|
| racelse le prend pour le mer- | anciennement des chevaux
|
| cure quand il parle des miné- | pour traîner le char du So-
|
| raux, & pour des fleurs lors- | leil & des Dieux. Laomedon
|
| qu'il est question des végé- | refusa à Hercule les chevaux
|
| taux. Ainsi lorsqu'il dit, de la | qu'il lui avait promis pour
|
| fleur cheizi ou cheiri tirée de | récompense de ce qu'il avait
|
| l'argent, il faut entendre l'é- | délivré Hésionne. Hercule
|
| lixir philosophique au blanc. | fit manger Diomede à ses
|
| Quelques autres le prennent | propres chevaux. Voyez les
|
| pour l'antimoine, d'autres | Fables Egypt. & Grecques
|
| pour l'or potable. Johnson. | dévoilées, l. 5. c. 11. & 14.
|
| CHELOPA. Jalap. | CHEVEUX. C'est le
|
| CHE^NE CREUX. | Rebis philosophique.
|
| Fourneau des Sages. La Fa- | CHE'VRE AMAL-
|
| ble parle d'un chêne creux | THE'E. V. Amalthée.
|
| contre lequel Cadmus perça | La Chèvre était adorée en
|
| le dragon qui avait dévoré | Egypte comme le Bouc,
|
| ses compagnons. La lance | dont voyez l'article.
|
| qu'employa Cadmus est le | CHIBUR ou CHIBUT.
|
| feu, le serpent signifie le | Soufre des Sages quand il est
|
| mercure. Le chêne creux | parvenu à la couleur rouge.
|
| étant le fourneau secret des | CHIEN. Cet animal était
|
| Sages, on voit pourquoi les | en grande vénération chez
|
| Anciens l'avaient consacré à | les Egyptiens sous le nom
|
| Rhéa femme de Saturne. | d'Anubis. Il était chez eux
|
| CHESEP. L'air que nous | le symbole du Mercure des
|
| respirons; c'est aussi celui des | Sages; aussi les Anciens l'a-
|
| Philosophes. Si vous ne ti- | vaient-ils consacré à ce Dieu
|
| rez l'eau de l'air, la terre de | ailé. Plusieurs ont donné le
|
| l'eau, & le feu de la terre, | nom de Chien à la matière
|
| vous ne réussirez point dans | du grand oeuvre. L'un l'ap-
|
| l'oeuvre, disent Avicenne & | pelle Chien d'Arménie, l'au-
|
| Aristote. | tre dit que le Loup & le
|
| CHEVAL. Les Chi- | Chien se trouvent dans cette
|
| mistes Hermétiques ont sou- | matière; qu'ils ont une mê-
|
| vent pris cet animal pour le | me origine, & néanmoins
|
| symbole des parties volatiles | que le Loup vient d'Orient
|
| de leur matière, à cause de | & le Chien d'Occident. Ra-
|
| sa légèreté à la course. C'est | sis. L'un représente le fixe
|
@
| 78 CH | CH
|
| |
|
| & l'autre le volatil de la ma- | lées, dans les articles des
|
| tière. | Dieux & des Héros susnom-
|
| Chien D'ARME'NIE est | més.
|
| un des noms que les Philoso- | CHISIR MINE'RALE.
|
| phes Hermétiques ont donné | Soufre principe des métaux.
|
| à leur soufre, ou au sperme | CHISTI PABULUM.
|
| mâle de leur pierre. | Urine d'un enfant.
|
| CHIENNE DE CO- | CHOP-CHINA. C'est
|
| RASCENE est un des noms | le Kina.
| que les Philosophes chimi- | CHOSE VILE. Lorsque
| | ques ont donné à leur mer- | les Philosophes ont dit que
| | cure, ou sperme féminin de | leur matière est vile, mépri-
| | leur pierre. | sée, jetée dans les rues &
| | CHIMERE (la), fille | sur les fumiers, ils ont parlé
| | de Typhon & d'Echidna, | sincèrement, parabolique-
| | était un monstre ayant la | ment, & allégoriquement.
| | tête & la poitrine du lion, | On la jette réellement, par-
| | le ventre & le train de der- | ce qu'on en ignore le prix;
| | rière d'une chèvre, & une | mais quand ils l'appellent
| | queue de dragon. Bellero- | une chose vile, c'est qu'on
| | phon fut envoyé pour com- | ne jette communément que
| | battre la Chimère, & de- | les choses viles & méprisa-
| | meura vainqueur avec le se- | bles & que leur matière en
| | cours du cheval Pégase, & | putréfaction ressemble à tout
| | les armes dont les Dieux lui | ce qui est putréfié, que l'on
| | avaient fait présent. Voyez | jette sur le fumier à cause de
| | les Fables Egypt. & Grecq. | sa puanteur, & qu'on regar-
| | dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 3. | de non-seulement comme
| | CHIRON le Centaure | inutile, mais comme dom-
| | fils de Saturne & de Phil- | mageable. Il ne faut donc
| | lyre. Chiron devint le maître | pas s'imaginer que la ma-
| | d'Esculape, de Jason, d'A- | tière des Sages, quoique si
| | chille, &c. S'étant blessé par | commune dans son principe
| | mégarde avec une des flè- | que tout le monde peut l'a-
| | ches d'Hercule son disciple, | voir, se trouve toute prépa-
| | la plaie s'envenima au point | rée en mercure. On donne
| | qu'il en mourut, après avoir | à la vérité ce soin à la Natu-
| | obtenu cette grâce de Jupi- | re, mais il faut l'aider, en lui
| | ter. Voyez les Fables Egyp- | fournissant ce qui est requis,
| | tiennes & Grecques dévoi- | & de la manière requise.
| |
@
| CH | CH 79
|
| |
|
| Ceux qui prennent le mer- | elle est feu, elle est air, & ne
|
| cure vulgaire pour cette cho- | ressemble à aucun de ces élé-
|
| se vile, se trompent donc | ments. Comme elle renferme
|
| bien lourdement. Paracelse | les propriétés & les vertus
|
| dit au sujet de cette matière, | des choses supérieures & in-
|
| que la pierre qu'une femme | férieures de l'Univers, on
|
| jette à sa vache, vaut sou- | lui donne à juste titre les
|
| vent mieux que la vache | noms de tous les individus,
|
| même. | sans qu'elle soit nullement
|
| Chose (la) qui a les | spécifiée à aucuns d'eux en
|
| pieds noirs, le corps blanc | particulier. Cette diversité
|
| & la tête rouge. C'est, en | de noms a trompé, & induit
|
| termes de Science Hermé- | tous les jours en erreur un
|
| tique, l'ouvrage de la pierre; | grand nombre de gens qui
|
| parce que la matière devient | cherchent la pierre; mais
|
| d'abord noire dans la putré- | elle n'a proprement qu'un
|
| faction, puis blanche dans | nom connu de tout le mon-
|
| la régénération, enfin rouge | de, des hommes comme des
|
| dans la fixation. Les Philo- | femmes, des vieux comme
|
| sophes ne parlent guères que | des enfants, des savants com-
|
| de ces trois couleurs, parce | me des ignorants; parce que,
|
| qu'elles sont les principales, | comme dit Morien, elle est
|
| & que les autres durent fort | pour le riche comme pour le
|
| peu. | pauvre, pour l'avare com-
|
| Chose UNIQUE. Ma- | me pour le prodigue, pour
|
| tière des Philosophes après | les vieux & les jeunes, pour
|
| sa conjonction de l'esprit & | ceux qui sont debout comme
|
| du corps, ou mercure animé | pour ceux qui sont assis; &
|
| des Sages. Cette matière est | comme dit Basile Valentin,
|
| véritablement unique dans | qu'elle renferme toutes cho-
|
| son espèce, quoique fort | ses, parce qu'elle est toutes
|
| commune, & que personne | choses.
|
| ne puisse s'en passer, mais | Il faut bien distinguer la
|
| elle acquiert encore mieux | manière des Sages avant la
|
| cette qualité d'unique après | putréfaction & après la pu-
|
| sa putréfaction. Elle contient | tréfaction. Dans le premier
|
| tout, quoiqu'elle ne ressem- | cas, elle est telle que je l'ai
|
| ble proprement à rien de ce | décrite lorsque j'ai dit qu'elle
|
| qui existe dans le monde. | était pour tout le monde;
|
| Elle est eau, elle est terre, | dans le second, elle est pro-
|
@
| 80 CH | CH CI
|
| |
|
| prement la matière des Sa- | signifie cette fiction dans le
|
| ges; elle est leur mercure, | livre 6. des Fables Egypt.
|
| & la minière de leurs mé- | & Grecques dévoilées.
|
| taux; & c'est d'elle qu'ils di- | CHRYSE'S. Voyez l'ar-
|
| sent, que leur mercure ren- | ticle précédent.
|
| ferme tout ce que cherchent | CHRYSOCALCOS.
|
| les Philosophes. C'est leur | Oripeau.
|
| azoth qui suffit avec le feu. | CHRYSOR. Vulcain
|
| CHRONOS. Voyez Sa- | des Phéniciens. Voyez Vul-
|
| turne. | cain.
|
| CHRYSAOR. Fils de | CHYBUR. Soufre. Pa-
|
| Neptune & de Méduse, se- | racelse dit (Lib. de Nar.
|
| lon quelques-uns; & selon | rerum) qu'il n'y a point de
|
| d'autres, né du seul sang qui | meilleur remède que le Chy-
|
| coula de la blessure faite à | bur, pour les maladies du
|
| Méduse par Persée. Chry- | poumon, quand il est pré-
|
| saor fut père de Geryon. | paré & sublimé trois fois
|
| Voyez cette fiction expli- | avec des chaux minérales.
|
| quée dans les Fables Egypt. | CHYLE. Matière des
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 3. | Philosophes en putréfaction.
|
| ch. 14. §. 3. | CIBATION. Nutrition
|
| CHRYSE'IS, fille de | de la matière sèche des Phi-
|
| Chrysès Prêtre d'Apollon, | losophes avec son propre
|
| échut par le sort à Agamem- | lait, donné modérément.
|
| non, Chef de l'armée des | Riplée. Si l'on donne ce lait
|
| Grecs qui allaient faire le | en trop grande abondance,
|
| siège de la ville de Troie, | l'enfant deviendra hydropi-
|
| Chrysès la demanda à Aga- | que, & la terre sera submer-
|
| memnon, qui la lui refusa, | gée par le déluge. Il faut
|
| Ce père désolé s'adressa à | donc l'administrer peu à peu
|
| Apollon; & ce Dieu, pour | & avec proportion.
|
| venger son Prêtre, suscita | CIBUR & CHIBUT.
|
| une peste effroyable dans le | Voyez Chybur.
|
| camp des Grecs. Calchas | CICEBRUM. C'est l'eau
|
| consulté, répondit qu'il fal- | des Philosophes.
|
| lait rendre Chryséis à son | CIDMIA. Litharge.
|
| père, & que la peste cesse- | CIEL. Ce terme a diffé-
|
| rait. Agamemnon s'y déter- | rents sens chez les Philo-
|
| mina quoique malgré lui, & | sophes Hermétiques. Il se
|
| la peste cessa. Voyez ce que | prend en général pour le
|
| | vase
|
@
| CI | CI 81
|
| |
|
| vase des Sages dans lequel | l'Epoux & l'Epouse qui s'em-
|
| font leur séjour Saturne, | brassent très étroitement;
|
| Jupiter & tous les autres | parce que l'esprit volatil ne
|
| Dieux. | sert de rien s'il n'est rendu
|
| Ciel VE'GE'TABLE. C'est | fixe en la nature duquel il
|
| leur eau mercurielle, leur | doit passer.
|
| quintessence céleste tirée du | CIMME'RIENNES
|
| vin philosophique. Christo- | (Ombres). Ce sont les brouil-
|
| phe Parisien. | lards qui s'élèvent dans le
|
| Ciel DES PHILOSO- | vase philosophique pendant
|
| PHES se prend aussi pour la | la putréfaction.
| quintessence ou matière plus | CINABRE. Matière
| | épurée des éléments. Telle | métallique, de laquelle on
| | est la pierre philosophale & | tire le mercure vulgaire.
| | l'élixir parfait au rouge. Pa- | Les Anciens donnent aussi
| | racelse a fait un ouvrage | ce nom au sang de dragon.
| | qui porte pour titre: Coelum | Pline, liv. 33. c. 7. de son
| | Philosophorum. II y traite | Histoire Naturelle, l'appelle
| | de tous les métaux sous les | Cinabre des Indes, pour le
| | noms des planètes, & il y | distinguer du métallique; &
| | dit dans l'article de Saturne: | ajoute qu'il se forme du sang
| | que si les Alchimistes sa- | des dragons qui se battent
| | vaient ce qu'il contient, ils | contre les éléphants, dont
| | ne travailleraient que sur cet- | l'énorme poids les accable,
| | te matière. | quand l'éléphant tombe sur
| | Ciel. Les Philosophes | eux en mourant.
| | Hermétiques ont aussi don- | On trouve aussi le nom
| | né ce nom au feu céleste qui | de Cinabre dans plusieurs
| | anime les corps élémentés. | Auteurs, pour dire Minium.
| | Les corps sont plus forts ou | Plusieurs Chimistes ont
| | plus faibles, selon qu'ils con- | mal-à-propos pris le cina-
| | tiennent plus ou moins de | bre vulgaire & naturel pour
| | ce feu; & leur longue durée | la matière de l'oeuvre des
| | dépend de la forte union de | Philosophes; on ne saurait
| | l'esprit céleste avec l'humide | en tirer que du mercure com-
| | radical. Cette union est ce | mun, ou argent-vif vulgaire.
| | que les Philosophes appel- | Le cinabre des Sages est
| | lent le Ciel & la Terre réu- | leur mercure sublimé, puri-
| | nis & conjoints, le Frère & | fié, fixé au rouge, qu'ils ap-
| | la Soeur, Gabritius & Beja, | pellent soufre. C'est alors ce
| |
@
| 82 CI | CL
|
| |
|
| serviteur rouge dont parle | CLARETE. Blanc
|
| Trévisan. | d'oeuf.
|
| CINYRAS est accusé | CLARTE', en termes de
|
| par les Poètes d'avoir com- | Science Hermétique, signi-
|
| mis un inceste avec sa pro- | fie la blancheur qui succède
|
| pre fille Myrrha, & de cet | à la noirceur de la matière
|
| inceste, disent-ils, naquit | en putréfaction.
|
| Adonis. Voyez ce que signi- | CLEF. Terme de Scien-
|
| fie cette fiction dans les Fa- | ce Hermétique, qui signifie
|
| bles Egypt. & Grecques dé- | tant la connaissance de la
|
| voilées, liv. 4. ch. 4. | matière propre à l'oeuvre,
|
| CIRCE' l'Enchanteresse, | que la manière de la travail-
|
| fille du Soleil & de la Nym- | ler. Il se prend aussi pour les
|
| phe Perseïs; elle était soeur | marques de l'ouvrage bien
|
| d'Aetès Roi de Colchos. Ja- | ou mal conduit. Dans ce
|
| son & Médée se retirèrent | dernier sens, la première clef
|
| chez elle, après qu'il se fut | est la noirceur qui doit pa-
|
| emparé de la toison d'or. | raître au plus tard après le
|
| Voyez les Fables Egypt. & | quarantième ou quarante-
|
| Grecques dévoilées, liv. 2. | deuxième jour, faute de la-
|
| chap. 1. | quelle couleur l'Artiste doit
|
| CIRE. Matière des Sages | croire qu'il n'a pas bien opé-
|
| poussée au blanc. | ré, & il faut alors recom-
|
| CIRCULATION est un | mencer. Basile Valentin,
|
| terme de Science Herméti- | Religieux Bénédictin, a fait
|
| que, qui outre le sens chi- | un ouvrage sur la pierre phi-
|
| mique, signifie encore la réi- | losophale, intitulé les Douze
|
| tération des opérations du | Clefs. Georges Riplée, An-
|
| grand oeuvre pour la multi- | glais, en a fait un sur le même
|
| plication de la quantité & | sujet qui a pour titre, les
|
| des qualités de la pierre. | Douze Portes.
|
| CISEAUX. C'est le feu | CLIBANIQUEMENT,
|
| des Philosophes, de même | suivant la proportion du four-
|
| que la lance, l'épée, &c. | neau. Flamel dit d'après Ca-
|
| CIST ou KIST. Mesure | lid, si ton feu n'est mesuré
|
| des liquides, contenant deux | clibaniquement; c'est-à-dire,
|
| pintes ou quatre livres. John- | avec poids & mesure des ma-
|
| son. | tières, qui ne sont que le sou-
|
| CLANCHEDEST. | fre & le mercure des Philo-
|
| Acier. | sophes.
|
@
| CL CO | CO 83
|
| |
|
| CLOUER. Fixer la ma- | parable du fixe & du volatil
|
| tière volatile, par la diges- | en une masse si fixe qu'elle
|
| tion que l'on en fait quand | ne craint point les atteintes
|
| elle est mêlée avec la fixe. | du feu le plus violent, &
|
| CLYTEMNESTRE, | communique sa fixité aux
|
| fille de Jupiter & de Léda, | métaux qu'elle transmue.
|
| & femme d'Agamemnon, | COAGULE. Présure.
|
| qu'elle fit mourir après son | COAGULER, en ter-
|
| retour de la guerre de Troie, | mes de Chimie Herméti-
|
| pour jouir plus à son aise de | que, signifie donner une con-
|
| son amant Egysthe. Oreste, | sistance aux choses liquides,
|
| fils d'Agamemnon, vengea | non en en faisant un corps
|
| la mort de son père, & fit | compacte*, ou dont les par-
|
| périr sa mère avec Egysthe | ties seraient liées comme
|
| dans le temple d'Apollon. | celles du lait devenu fro-
|
| Voyez les Fables Egypt. & | mage, mais en les desséchant
|
| Grecques dévoilées, liv. 3. | de leur humidité superflue,
|
| chap. 14. §. 4. | & en réduisant le liquide en
|
| COAGULATION. | poudre, & puis en pierre.
|
| Terme de Physique & de | Les Philosophes chimi-
|
| Chimie. C'est le lien de la | ques appellent aussi coagu-
|
| composition des mixtes, qui | ler, cuire la matière jusqu'à
|
| fait le mutuel attouchement | la perfection du blanc ou du
|
| des parties. La coagulation | rouge.
|
| n'est que le rudiment de la | COBALES. Voyez Sa-
|
| fixation. Il y a deux sortes de | tyres.
|
| coagulations, comme deux | COBASTOLI. Cendre.
|
| sortes de solutions. L'une se | COCILI0. Poids de
|
| fait par le froid, l'autre par | onze onces. Johnson.
|
| le chaud, & chacune se sub- | COCYTE. L'un des
|
| divise encore en deux, l'une | fleuves ou marais de l'Enfer.
|
| est permanente, l'autre ne | Voyez Pluton, Enfer.
|
| l'est pas. La première s'ap- | COELUS. Voyez Ciel.
|
| pelle fixation, & l'autre sim- | COEUR. Quelques Chi-
|
| plement coagulation. Les | mistes ont donné ce nom au
|
| métaux sont un exemple de | feu, d'autres à l'or quand ils
|
| celle-là, les sels le sont de | ont parlé des métaux. Johns.
|
| celle-ci. | COHOB. Sable.
|
| La Coagulation philoso- | COHOBATION. Di-
|
| phique est la réunion insé-* | gestion & circulation de la
|
| | F ij
|
@
| 84 CO | CO
|
| |
|
| matière dans le vase, pen- | pressé, il briserait les portes
|
| dant lesquelles la partie vo- | de sa prison, & s'enfuirait
|
| latile monte au haut du vase, | sans espérance de le rattra-
|
| & en retombant elle se mê- | per; c'est-à-dire qu'il ne faut
|
| le, pénètre, & se cohobe | pas trop pousser le feu, afin
|
| d'elle-même avec la partie | que le mercure, ou esprits
|
| fixe qui se trouve au fond. | volatils de la matière, ne
|
| Telle est la cohobation phi- | casse pas le vase; ce qui ar-
|
| losophique; terme employé | riverait infailliblement sans
|
| seulement par similitude, & | cette attention: ou si le vase
|
| par comparaison avec la co- | était assez fort pour résister,
|
| hobation prise dans le sens | le mercure se brûlerait & de-
|
| des Chimistes vulgaires. | viendrait inutile.
|
| COHOBER est aussi un | Quelques Adeptes ont
|
| terme de Science Herméti- | donné le nom de colère à la
|
| que, qui se dit dans le même | matière parvenue à la cou-
|
| sens des Chimistes, mais | leur orangée.
|
| cependant sans addition de | COLLE. On trouve ce
|
| nouvelle matière, & sans le | terme dans quelques Chi-
|
| secours de l'Artiste. | mistes, pour signifier le fiel
|
| COHOPH. Paracelse se | de taureau. Johnson.
|
| sert souvent de ce terme au | Colle D'OR. Borax
|
| lieu de cohober, cohobation. | ou chrysocolle des Anciens.
|
| COHOS. Toutes les par- | Colle d'or, dans le sens Her-
|
| ties du corps renfermées sous | métique, veut dire la ma-
|
| la peau. Quelques Chimis- | tière des Philosophes en pu-
|
| tes l'ont employé par allu- | tréfaction après le mélange
|
| sion au terme de cahos, & | du mercure & de l'or des
|
| pour faire voir le contraste de | Sages. Cette réunion a pris
|
| l'ordre & de l'arrangement | chez eux le nom de Ma-
|
| des parties du corps humain, | riage.
|
| avec la confusion du cahos. | COLOMBE. D'Espa-
|
| COLERE. Les Philo- | gnet & Philalèthe ont em-
|
| sophes Hermétiques disent | ployé l'allégorie de la Co-
|
| qu'il faut bien prendre garde | lombe pour désigner la par-
|
| de ne pas trop pousser Vul- | tie volatile de la matière de
|
| cain, de peur d'irriter Mer- | l'oeuvre des Sages. Le pre-
|
| cure, dont la colère est fort | mier a emprunté de Virgile
|
| à craindre pour l'Artiste, | (Eneid. liv. 6.) ce qu'il dit
|
| parce que se trouvant trop | de celle de Vénus, pour le
|
@
| CO | CO 85
|
| |
|
| temps de la génération du fils | COMIDI & COMISDI.
|
| du Soleil ou règne de Vénus | Gomme arabique.
|
| philosophique. Le second a | COMMIXTION. Quel-
|
| dit que les colombes de Dia- | ques Philosophes ont substi-
|
| ne sont les seules qui soient | tué ce terme à ceux de con-
|
| capables d'adoucir la féro- | jonction, mariage, union.
|
| cité du dragon; c'est pour le | La commixtion se fait pen-
|
| temps de la volatilisation, où | dant la putréfaction, parce
|
| les parties de la matière sont | que le fixe & le volatil se
|
| dans un grand mouvement, | mêlent alors pour ne plus se
|
| qui cesse à mesure que la cou- | séparer.
|
| leur blanche, ou la Diane | COMPAGNON. Mer-
|
| Hermétique se perfectionne. | cure philosophique animé
|
| Les Souffleurs doivent bien | de son soufre, & poussé au
|
| faire attention à cela, s'ils | blanc.
|
| ne veulent pas perdre leur | COMPAR. Les Adeptes
|
| argent à faire des mélanges | entendent par ce terme le
|
| fous d'argent vulgaire avec | fixe & le volatil, mercure &
|
| d'autres matières pour par- | l'or des Sages, qui agissent
|
| venir au magistère des Phi- | successivement dans l'oeu-
|
| losophes. | vre; le mercure ou la fe-
|
| COLONNES D'HER- | melle prend d'abord la do-
|
| CULE. Ce sont deux mon- | mination, jusqu'à la fin de
| tagnes situées au détroit de | la putréfaction; lorsque la
| | Gibraltar; l'une est appelée | matière commence à se des-
| | Calpé, du côté de l'Espagne; | sécher & à blanchir, l'or
| | celle qui est à l'opposite en | prend le dessus. Ils travail-
| | Afrique, se nommait Abyla. | lent ensuite de concert à la
| | Voyez ces deux articles. | perfection de l'oeuvre.
| | COMBUSTION. Vieux | COMPLEXION. Temps
| | mot que l'on trouve dans les | où la matière est dans une
| | ouvrages de quelques Chi- | parfaite dissolution, ce qui
| | mistes, pour signifier l'action | est indiqué par une couleur
| | trop violente du feu sur la | très noire. Le terme de com-
| | matière. | plexion signifie le même que
| | COMERISSON est un | putréfaction, submersion,
| | des noms de la pierre des | mixtion.
| | Sages parvenue à la blan- | COMPOSE'. Le composé
| | cheur. | des Philosophes est ce qu'ils
| | COMETZ. Une demi-* | appellent aussi leur compôt.,
| | goutte. | F iij
| |
@
| 86 CO | CO
|
| |
|
| leur confection. Donc cette | la naissance de l'homme &
|
| noirceur de couleur ensei- | des animaux.
|
| gne qu'en ce commence- | CONCIERGE DU PA-
|
| ment la matière ou le com- | LAIS. (Sc. Herm.) Plu-
|
| posé commence à se pourrir, | sieurs Chimistes ont inter-
|
| & se dissoudre en poudre | prété ce terme de l'Artiste;
|
| plus menue que les atomes | mais Bernard, Comte de la
|
| du soleil, lesquels se chan- | Marche Trévisanne, connu
|
| gent ensuite en eau perma- | sous le nom du bon Trévi-
|
| nente. Flamel. | san, l'entendait du mercure
|
| COMPOSITION. Mé- | ou eau philosophique, qui
|
| lange des principes matériels | administre au fourneau se-
|
| de l'oeuvre. Ce terme veut | cret la chaleur requise, parce
|
| dire la même chose que mix- | que ce fourneau secret & le
|
| tion, assemblage de plusieurs | vase philosophique ne sont
|
| choses, mais de même na- | autre que cette eau, comme
|
| ture; c'est-à-dire l'union du | on peut le voir dans les ar-
|
| mercure & du soufre des | ticles Vase, Fourneau, secret.
|
| Philosophes, qui, quoique | CONDER. Encens mâ-
|
| deux choses différentes, sor- | le, Oliban.
|
| tent néanmoins de la même | CONFECTION. Mé-
|
| racine, comme les feuilles & | lange de plusieurs choses,
|
| les fleurs d'une plante. | c'est-à-dire du mercure & du
|
| COMPOST, en termes | soufre philosophiques. L'oeuf
|
| de Philosophie chimique, | des Philosophes, dit Flamel,
|
| signifie la matière de la pierre | est un matras de verre, que
|
| au noir; parce qu'alors les | tu vois peint en forme d'é-
|
| quatre éléments sont comme | critoire, & qui est plein de
|
| unis. | confection de l'Art, c'est-à-
|
| CONCEPTION. Ma- | dire, de l'écume de la mer
|
| riage, union qui se fait du | rouge, & du souffle du vent
|
| volatil & du fixe de la ma- | mercuriel.
|
| tière des Philosophes pen- | CONFITURE. Elixir
|
| dant qu'elle est en putréfac- | des Philosophes. Qu'il soit
|
| tion. Les Chimistes Her- | fait confiture composée d'es-
|
| métiques disent que la con- | pèce de pierre, & qu'il en
|
| ception du fils du Soleil & | soit fait une médecine pour
|
| de leur jeune Roi se fait dans | guérir, purger & transmuer
|
| ce temps-là. Ce terme a été | tous corps en vraie Lune.
|
| employé par comparaison à | Flamel.
|
@
| CO | CO 87
|
| |
|
| CONGE'LATION, en | tion des principes. Riplée.
|
| termes de Science Hermé- | II y a trois espèces de con-
|
| tique, signifie la même chose | jonctions. La première est
|
| que coagulation. C'est pro- | appelée double. Elle se fait
|
| prement un endurcissement | entre l'agent & le patient,
|
| d'une chose molle, par le | le mâle & la femelle, la for-
|
| dessèchement de l'humidité | me & la matière, le mercure
|
| & la fixation du volatil. C'est | & le soufre, le subtil & l'é-
|
| dans ce sens qu'Hermès a | pais.
|
| dit, que la force de la ma- | La seconde s'appelle tri-
|
| tière sera parfaite, si l'eau est | ple, parce qu'elle réunit trois
|
| réduite en terre; parce que | choses, le corps, l'âme &
|
| tout le magistère consiste à | l'esprit. Faites donc en sorte
|
| réduire la matière en eau par | de réduire la trinité à l'unité.
|
| la solution, & à la faire re- | La troisième est dite qua-
|
| tourner en terre par la coa- | druple, parce qu'elle réunit
|
| gulation. Congeler, teindre | les quatre éléments en un
|
| & fixer ne sont que la même | seul visible, mais qui ren-
|
| opération continuée dans le | ferme les trois autres. Sou-
|
| même vaisseau. | venez-vous, dit Riplée, que
|
| CONGE'LER signifie | le mâle a cinq vaisseaux re-
|
| faire le mariage, réunir le | quis pour la fécondité, &
|
| volatil au fixe, joindre les | la femelle quinze. Sachez
|
| natures, faire la paix entre | donc que notre Soleil doit
|
| les ennemis; ce qui se fait | avoir trois parties de son
|
| d'abord par la solution, & | eau, & notre Lune neuf.
|
| puis par la coagulation. | Conjonction signifie
|
| CONJONCTION. Réu- | aussi l'union du fixe & du
|
| nion des natures répugnan- | volatil, du frère & de la
|
| tes & contraires en unité | soeur, du Soleil & de la Lu-
|
| parfaite. Cette conjonction | ne. Elle se fait pendant la
|
| les convertit tellement l'une | noirceur qui survient à la
|
| en l'autre, qu'elle en fait un | matière pendant la putréfac-
|
| mariage indissoluble même | tion. Les Philosophes l'ap-
|
| à la plus grande violence | pellent aussi Conception,
|
| du feu. Les Philosophes dé- | Union des éléments, Com-
|
| finissent encore cette con- | mixtion.
|
| jonction, un assemblage & | Conjonction DE
|
| une réunion des qualités sé- | L'AME AVEC LE CORPS.
|
| parées, ou une adéqua-* | Expression Hermétique, qui
|
| | F iv
|
@
| 88 CO | CO
|
| |
|
| signifie le moment où la ma- | CONVERSION DES
|
| tière parvient au blanc. A | E'LE'MENTS. (Sc. Herm.)
|
| l'heure de la blancheur, ou | Ceux qui prennent à la let-
|
| de la conjonction de l'âme | tre les termes des Philoso-
|
| avec le corps (dit Philalè- | phes Hermétiques se sont
|
| the) on verra de grands mi- | imaginés que leurs éléments
|
| racles; c'est-à-dire, toutes | étaient en effet quatre cho-
|
| les couleurs imaginables. | ses distinctes & séparées,
|
| Conjonction TE'- | qu'il fallait extraire d'une
|
| TRAPTIVE. Mélange in- | matière, & qu'il fallait en-
| time des principes du com- | suite convertir l'une en l'au-
| | posé des Sages. | tre; c'est-à-dire, faire par
| | CONNEXION. Voyez | exemple de l'huile de l'eau,
| | Composition, Mix- | & de la terre du feu, ou du
| | tion. | feu faire de l'air, & de l'air
| | CONTRITION, en | faire de l'eau, & de l'eau
| | termes de Philosophie chi- | faire de la terre. Par les opé-
| | mique, signifie réduire en | rations de la Chimie vul-
| | poudre, mais seulement en | gaire on extrait de chaque
| | desséchant l'humidité de la | mixte quatre choses, un es-
| | matière par le régime du | prit, une eau flegmatique,
| | feu, & non pas qu'il faille | une huile, & une terre ap-
| | la broyer dans un mortier | pelée caput mortuum ou tête
| | ou autrement. | morte. D'autres ont nommé
| | CONVENANCE ou | ces quatre choses un sel, un
| | ADAPTATION, est lors- | soufre, un mercure, & une
| que la projection se fait sur | terre damnée, ou inutile.
| | un métal en fusion, ou ré- | Ceux qui se sont imaginés
| | duit en forme coulante ou | parvenir au magistère des
| | mercurielle; alors on dit que | Philosophes par ces opéra-
| | ce métal a de la convenance, | tions de la Chimie vulgaire,
| | ou similitude de nature avec | ont donné le nom d'air à
| | l'élixir fait du mercure des | l'huile, que d'autres ont ap-
| | Sages. Les Philosophes re- | pelée soufre, celui de feu à
| | commandent aussi de choisir | l'esprit, celui d'eau à l'eau
| | pour faire l'oeuvre une ma- | flegmatique, & enfin celui
| | tière qui ait de la convenance | de terre les uns au sel, les
| | avec le métal; parce que | autres à la terre damnée.
| | d'un arbre on ne fait pas un | Mais les éléments des Phi-
| | boeuf, ni d'un boeuf un métal, | losophes sont tout-à-fait dif-
| | |
@
| CO | CO 89
|
| |
|
| férents; leurs opérations sont | lange du fixe & du volatil,
|
| celles de la Nature & non | que les Adeptes appellent
|
| de la Chimie vulgaire; leur | mâle & femelle.
|
| feu est renfermé dans leur | COQ. Animal que les
|
| terre & ne s'en sépare point, | Anciens avaient consacré à
|
| & leur air est contenu dans | Minerve & à Mercure. Les
|
| leur eau. Ils n'ont donc que | Chimistes Hermétiques ont
|
| deux éléments visibles, dont | comparé leur feu au coq, à
|
| il faut faire la conversion; | cause de sa vigueur, de son
|
| c'est-à-dire que leur eau | activité & de son ardeur, &
|
| change leur terre en sa na- | ont donné en conséquence
|
| ture liquide d'eau, & qu'en- | le nom de Coq à leur soufre
|
| suite tout le composé qui | parfait au rouge.
|
| était devenu eau, doit de- | CORAIL ROUGE est
|
| venir terre; en devenant eau | un des noms que les Phi-
|
| tout devient volatil, & étant | losophes ont donné à leur
|
| réduit en terre tout devient | pierre quand elle est fixée
|
| fixe. Ainsi quand ils parlent | au rouge, qui est le degré
|
| du froid & de l'humide, il | de sa perfection. C'est sans
|
| faut entendre leur eau, & le | doute pour cette raison que
|
| chaud & le sec sont leur | les Anciens ont feint que le
|
| terre. | corail s'était formé comme
|
| CONVERTIR LES | Ckrysaor, du sang répandu
|
| E'LE'MENTS. Terme de | de la blessure que Persée fit
| Chimie Hermétique. Dis- | à Méduse; puisque les Phi-
| | soudre & coaguler; faire le | losophes Hermétiques ont
| | corps esprit, & l'esprit corps, | pris également Chrysaor &
| | le volatil fixe, & le fixe vo- | le corail pour symbole de
| | latil: tout cela ne signifie que | leur soufre parfait.
| | la même chose. La Nature | CORBATUM. Cuivre.
| | aidée de l'Art, le fait dans | CORBEAU, en termes
| | le même vase des Philoso- | de Science Hermétique, si-
| | phes par la même opération | gnifie la matière au noir
| | continuée. Lorsque la ma- | dans le temps de la putré-
| | tière est bien purifiée & scel- | faction. Alors ils l'appellent
| | lée dans l'oeuf, il s'agit seu- | aussi la Tête du corbeau, qui
| | lement de conduire le feu. | est lépreuse, qu'il faut blan-
| | COPHER. Bitume ou | chir, en la lavant sept fois
| | Asphalte. | dans les eaux du Jourdain,
| | COPULATION, Mé- | comme Nahaman. Ce sont
| |
@
| 90 CO | CO
|
| |
|
| les imbibitions, sublima- | de corps parfaits & de corps
|
| tions, cohobations, &c. de | imparfaits. On ne réussira ja-
|
| la matière, qui se font d'el- | mais à faire une bonne mul-
|
| les-mêmes dans le vase par | tiplication, si l'on ne réduit
|
| le seul régime du feu. | les corps parfaits en leur pre-
|
| CORBINS. Ouvrage de | mière matière, c'est-à-dire
|
| la pierre des Philosophes. | en mercure. Parce que dès
|
| Dict. Herm. | qu'ils sont parfaits, on ne
|
| CORDUMENI. Carda- | peut rien en faire de plus
|
| mome. | tant qu'ils resteront dans cet
|
| CORNE D'AMAL- | état de perfection.
|
| THE'E. Les Philosophes | Corps se prend aussi par
| Hermétiques disent que cet- | les Chimistes pour le sel
| | te fable doit s'expliquer de | philosophique, ou leur terre
| | la pierre philosophale, parce | feuillée, qui s'imprègne du
| | qu'outre les biens de la for- | soufre & du mercure com-
| | tune, elle donne tous les | me d'une âme & d'un esprit.
| | biens capables de satisfaire | Vous ne réussirez jamais,
| | les désirs de l'homme dans | disent-ils, si vous ne spiri-
| | ce monde. Voyez les Fables | tualisez le corps, & ne cor-
| | Egypt. & Grecques dévoi- | porifiez l'esprit; c'est-à-dire,
| | lées, liv. 3. ch. 4. | si vous ne rendez le fixe vo-
| | Corne DE CERF. Bec | latil, & le volatil fixe. Ils ap-
| | du chapiteau des alambics, | pellent aussi corps leur ma-
| | selon quelques Chimistes. | gnésie, leur ferment, leur
| | COROCRUM. Fer- | teinture; & ils disent en con-
| | ment de la pierre. | séquence, que le corps ne
| | CORONIS. La Fable en | pénètre point les corps sans
| | nomme deux, l'une comp- | le secours de son esprit.
| | tée parmi les Hyades, l'au- | Corps IMPARFAIT.
| | tre mère d'Esculape; celle-* | C'est l'arsenic des Philoso-
| | ci périt de la main d'Apol- | phes, leur Lune, leur fe-
| | lon, & fut changée en cor- | melle. Dès le commence-
| | neille. Voyez les Fables | ment de l'oeuvre, il faut cal-
| | Egypt. & Grecques dévoi- | ciner le corps parfait en le
| | lées, liv. 3. ch. 12. §. 2. | mariant avec le corps impar-
| | CORPS. Les philoso- | fait. Phil. On doit aussi pu-
| | phes appellent corps ce qu'ils | rifier ce corps en lui ôtant
| | nomment aussi métaux. C'est | tout son soufre superflu, brû-
| | pourquoi ils parlent souvent | lant & combustible, & ma-
| |
@
| CO | CO 91
|
| |
|
| nifester ce qu'il a dans son | monte au ciel, pour y être
|
| intérieur. Le signe de sa par- | glorifié. Pour le dire sans
|
| faite sublimation ou dépura- | énigme, c'est le soufre par-
|
| tion, est une couleur blan- | fait au rouge, qui doit être
|
| che, céleste, éclatante com- | dissous par le mercure, dont
|
| me celle de l'argent le plus | il a été formé; & lui-même
|
| fin bien bruni, & dans ses | forme l'Androgyne ou Rebis
|
| cassures l'éclat du marbre ou | des Philosophes après son
|
| de l'acier le plus poli. Alors | union avec le mercure.
|
| cette femme prostituée est | Corps BLANC. Terre
|
| rétablie dans son état de vir- | feuillée des Philosophes, ou
|
| ginité intacte, & peut être | magistère au blanc.
|
| donnée en mariage au Soleil | Corps IMPROPRE-
|
| terrestre, quoiqu'elle soit sa | MENT DIT. Magistère ou
|
| mère, & sa soeur. Philal. | mercure des Sages, lorsqu'il
|
| Corps DISSOLUBLE. | n'est pas encore entièrement
|
| C'est la minière même du | fixe.
|
| mercure dissolvant des Sa- | Corps LE PLUS VOI-
|
| ges. C'est le corps terrestre | SIN. Les Philosophes ont
|
| que ce mercure doit laver & | ainsi appelé leur magistère
|
| purifier. Ce qui a engagé les | au blanc, parce qu'il est dans
|
| Philosophes à dire, que le | un état qui approche le plus
|
| mercure engrosse sa propre | de la fixité parfaite, qui est
|
| mère, qu'il la fait mourir, | leur magistère au rouge.
|
| qu'il la purifie, la ressuscite | Corps IMMONDE. C'est
|
| enfin avec lui-même, parce | le mercure avant sa prépa-
|
| qu'il s'y unit si intimement | ration; quelquefois dans le
|
| qu'il ne s'en sépare jamais. | temps de sa putréfaction dans
|
| Ce corps est fixe, & le mer- | l'oeuf philosophal, & alors
|
| cure est volatil. Il doit subir | on l'appelle aussi Corps mort.
|
| la torture du feu & de l'eau, | Corps CONFUS. Voyez
|
| mourir & renaître par l'eau | Corps Immonde.
|
| & l'esprit, pour parvenir en- | Corps MIXTE. Matière
|
| fin à un repos éternel. Phi- | au noir.
|
| lalèthe dit que la couleur de | Corps NET ET PUR.
|
| ce corps est brune, un peu | Matière au blanc.
|
| rougeâtre & sans éclat; qu'il | Corps PROPRE DE
|
| doit être dissous & exalté; | L'ART. C'est la pierre au
|
| il faut ensuite qu'il subisse la | rouge, ou l'or des Philo-
|
| mort, qu'il ressuscite, & qu'il | sophes.
|
@
| 92 CO | CO
|
| |
|
| Corps ROUGE. Voyez | cipitation se fait par la fixa-
|
| Corps Propre. | tion de ce soufre volatil,
|
| Corps MORT. La ma- | cette fixation par la conden-
|
| tière au noir pendant la pu- | sation, cette condensation
|
| tréfaction, appelée aussi | par la réfrigération intrinsè-
|
| Mort, Nuit, Ténèbres, Sé- | que, & cette réfrigération
|
| pulcre, Tombeau, &c. | par l'addition des sels lixi-
|
| CORRECTUM. Vinai- | viants.
|
| gre distillé. | On doit conclure de là
|
| CORROSIF. Les Philo- | que plus on raréfie un esprit
|
| sophes rejettent de l'oeuvre | ardent, tel, par exemple,
|
| toute eau forte, ou autre dis- | que celui du vin, plus on a
|
| solvant corrosif. Ceux-là se | un corrosif violent; ou un
|
| trompent donc bien fort, | soufre ou un sel mercuriel de
|
| qui tourmentent les métaux, | plus en plus corrosif, selon
|
| l'or, l'argent, le mercure, | qu'il est plus rectifié par les
|
| par les eaux fortes pour en | distillations réitérées.
|
| faire le dissolvant philosophi- | CORSUFLE' ou CAR-
|
| que, ou pour en tirer le sou- | SUFLE'. Soufre des Philo-
|
| fre & la teinture aurifique. | sophes fixé au rouge.
|
| Le mercure des Sages doit | CORTEX MARIS.
|
| dissoudre l'or (des Philoso- | Mercure des Sages.
|
| phes) sans corrosion, com- | CORUSCUS. La pilo-
|
| me l'eau chaude dissout la | selle.
|
| glace. | CORYBANTES. Prê-
|
| CORROSION. Action | tres de Cybèle, mère des
|
| du sel & du soufre mercu- | Dieux. Ils solennisaient les
|
| riels, volatils & très raréfiés | fêtes de cette Déesse au son
|
| de certains corps, qui par | du tambour, & dansaient au
|
| leur pénétration & sulfuréité | son des flûtes, des trompet-
|
| brûlent & désunissent les par- | tes, en faisant un grand bruit
|
| ties des corps avec lesquels | avec leurs armes. C'est par
|
| ils sont mêlés. On remarque | ce moyen qu'ils empêchè-
|
| cette action dans l'eau-forte, | rent Saturne d'entendre les
|
| qui prouve cette définition | cris du petit Jupiter, que
|
| quand on altère son activité | Rhée avait confié à leurs
|
| par la précipitation de ce | soins. Voyez ce qu'on doit
|
| soufre mercuriel. Elle perd | entendre par les Corybantes,
|
| alors toute son ignéité & sa | Fables Egypt. & Grecques
|
| vertu corrosive. Cette pré- | dévoilées, liv, 3. chap. 4.
|
@
| CO | CO 93
|
| |
|
| COS. Ile qu'Hercule ra- | que l'on donne en général
|
| vagea, selon la Fable; parce | à tous les remèdes faits pour
|
| qu'Eurypile, Roi de l'Ile, | corriger les défauts de la
|
| ne l'avait pas bien reçu. Les | peau, & entretenir la beau-
|
| Philosophes Spagyriques re- | té, ou la procurer. Ce terme
|
| gardent l'Ile de Cos com- | a été fait de Cosmet, Anti-
|
| me le symbole de leur ma- | moine, parce que les An-
|
| tière mise dans le vase pour | ciens employaient beau-
|
| y être digérée. Si l'on y met | coup ce minéral à l'usage
|
| trop de mercure, qui n'est | dont nous venons de parler.
|
| autre chose qu'Hercule, le | L'Ecriture sainte en parle en
|
| vase se brisera, toute la ma- | plus d'un endroit.
|
| tière se répandra ou se dis- | COSUMET. Voyez
|
| sipera ; & c'est le ravage | Cosmec.
|
| qu'Hercule fit dans l'Ile de | COTONORIUM. Li-
|
| Cos. II faut donc avoir grand | queur.
|
| soin de ne pas verser trop | COULEUR. Les cou-
|
| abondamment le mercure | leurs des choses, & parti-
|
| sur la matière contenue dans | culièrement des fleurs, ont
|
| le vase, elle en serait inon- | leur principe dans le soufre
|
| dée. Si l'on en met trop peu, | & le sel mercuriels des corps
|
| le feu y prendra, le vase se | colorés. Une preuve bien
|
| brisera, & tout sera perdu. | convaincante, c'est qu'à me-
|
| Il faut arroser souvent & peu | sure que ces parties volatiles
|
| à peu. C'est cette précaution | s'évaporent, la couleur s'é-
|
| manquée, qui fait que beau- | vanouit, du moins son éclat
|
| coup d'Alchimistes ne réus- | & sa vivacité, & fait place
|
| sissent pas, quoiqu'ils tra- | à une autre couleur moins
|
| vaillent d'ailleurs sur la vraie | vive, composée d'un soufre
|
| matière, & qu'ils se servent | plus terrestre & moins subtil.
|
| des fourneaux & du feu phi- | Il est d'ailleurs certain qu'on
|
| losophique requis dans les | ne trouve point de couleurs
|
| opérations du grand oeuvre. | dont le sujet ne soit gras,
|
| COSMAI. Teinture ou | oléagineux & très combus-
|
| eau de safran. | tible.
|
| COSMEC & COS- | Couleur. Les Philoso-
|
| MET. Antimoine des Phi- | phes Hermétiques regardent
| losophes, & des Chimistes | les couleurs qui surviennent
| | vulgaires. | à la matière pendant l'opé-
| | COSMETIQUE. Nom | ration du grand oeuvre,
| |
@
| 94 CO | CO
|
| |
|
| comme les clefs de cet Art, | solution de la matière. Elle
|
| & les indices certains de la | doit toujours précéder la
|
| vérité & bonté de la matiè- | blanche & la rouge.
|
| re, & du bon régime du feu. | La blanche marque la
|
| Ils en comptent trois princi- | fixation bien avancée de la
|
| pales qui se succèdent, mais | matière; & la rouge sa fixa-
|
| dont la succession est inter- | tion parfaite.
|
| rompue par quelques autres | Toutes ces couleurs doi-
|
| couleurs passagères & de | vent reparaître dans l'opé-
|
| peu de durée. La première | ration de la multiplication;
|
| principale est la couleur noi- | mais elles sont d'une durée
|
| re, qui doit le faire voir au | d'autant plus courte, qu'on
|
| quarante-deuxième jour au | réitère plus souvent les opé-
|
| plus tard. Elle disparaît peu | rations pour perfectionner
|
| à peu, & fait place à la blan- | & multiplier la quantité &
|
| che. A celle-ci succède la | les qualités de la pierre.
|
| citrine, qu'ils appellent leur | Lorsque la matière est
|
| Or. Enfin, la couleur rouge | comme de la poix noire fon-
|
| se montre, & c'est la Fleur | due, ils l'appellent le Noir
|
| de leur or, leur Couronne | plus noir que le noir même,
|
| royale, &c. Les couleurs | leur Plomb, leur Saturne,
|
| passagères sont la verte, qui | leur Corbeau, &c. Et ils di-
|
| marque l'animation & la vé- | sent qu'il faut alors couper
|
| gétation de la matière; la | la tête du Corbeau avec le
|
| grise, ou le règne de Jupi- | glaive ou l'épée, c'est-à-dire
|
| ter, qui suit immédiatement | avec le feu, en le continuant
|
| la noire, ou le règne de Sa- | jusqu'à ce que le Corbeau se
|
| turne; les couleurs de la | blanchisse.
|
| queue du paon. La couleur | Ces différentes couleurs,
|
| Tyrienne, ou couleur de | que la matière prend en se
|
| pourpre, indique la perfec- | cuisant, ont donné lieu aux
|
| tion de la pierre. | Philosophes d'appeler cette
|
| Si la couleur rouge paraît | matière de presque tous les
|
| avant la noire, c'est un signe | noms des individus de la Na-
|
| qu'on a trop poussé le feu, | ture. Son odeur & ses pro-
|
| & que l'ouvrage ne réussira | priétés lui en ont fait don-
|
| pas. Il faut alors recommen- | ner quelques autres; & ils
|
| cer. | avouent dans leurs Ouvra-
|
| La noire est un indice de | ges, qu'ils n'ont jamais nom-
|
| putréfaction & d'entière dis- | mé cette matière par son
|
@
| CO | CO 95
|
| |
|
| nom propre vulgaire, au | LESTE, Corona Coelica,
|
| moins lorsqu'ils en ont parlé | en termes d'Alchimie, si-
|
| pour la désigner. On peut | gnifie Esprit de vin. Mais
|
| voir une partie de ces noms | quand Raymond Lulle &
|
| dans l'article Matière des | les autres Philosophes par-
|
| Philosophes. | lent de l'esprit-de-vin, du
|
| COULEUVRE. Serpent | vin blanc, du vin rouge, il
|
| ou reptile honoré par les | ne faut pas les prendre à la
|
| Païens comme représentant | lettre; ils entendent par ces
|
| Esculape. Voyez Escula- | termes le mercure rouge &
|
| pe. Les Poètes ont feint que | le mercure blanc qu'ils em-
|
| les Gorgones & les Furies | ploient dans le grand oeu-
|
| avaient des couleuvres en- | vre.
|
| trelacées dans leurs che- | Couronne ROYALE.
|
| veux. Voyez Méduse. On | C'est la pierre parfaite au
|
| représentait Saturne ayant à | rouge, & propre à faire la
|
| la main une couleuvre qui | pierre de projection.
|
| dévore sa queue. Voyez Sa- | Couronne VICTO-
|
| turne. | RIEUSE. C'est la même
|
| Les Philosophes Hermé- | chose que Couronne royale.
|
| tiques ont donné le nom de | Quelques Philosophes ont
|
| Serpent & de Couleuvre à la | cependant donné ce nom à
|
| matière de leur Art. Voyez | la matière lorsqu'elle com-
|
| les Figures d'Abraham Juif, | mence à sortir de la putré-
|
| dans Flamel. | faction, ou de la couleur
|
| COUPER avec des ci- | noire, parce qu'ils disent
|
| seaux ou tout autre instru- | qu'alors la mort est vaincue,
|
| ment, signifie cuire, digérer | & que leur Roi triomphe
|
| la matière sans ouvrir ni re- | des horreurs du tombeau,
|
| muer le vase. Ainsi couper | de l'empire des ténèbres.
|
| la tête du corbeau, veut dire | COUVERCLE DU
|
| continuer la cuisson & la di- | VASE. C'est le noir plus
|
| gestion de la matière de l'oeu- | noir que le noir même, ou
|
| vre parvenue à la couleur | la matière parfaitement dis-
|
| noire, pour la faire passer à | soute, & dans une entière
|
| la grise, & de-là à la blan- | putréfaction.
|
| che. Les ciseaux, l'épée, la | CRACHAT DE LA
|
| lance, sont le feu philoso- | LUNE. C'est la matière de
|
| phique. | pierre Philosophale avant sa
|
| COURONNE CE'- | préparation. Les Sages don-
|
@
| 96 CR | CR
|
| |
|
| nent aussi ce nom à leur mer- | dissolution, l'eau dans la-
|
| cure préparé. | quelle se résout cette matiè-
|
| Plusieurs Chimistes ont | re, paraît de couleur bleu
|
| donné le nom de Crachat de | céleste, puis violette, ensuite
|
| la Lune, ou Sputum Lunae, | rouge, pourprée, & s'éclair-
|
| au flos coeli, & ont travaillé | cissant après cela, elle de-
|
| avec lui, comme sur la vé- | vient couleur d'aurore, &
|
| ritable matière du grand oeu- | enfin ambrée couleur d'or.
|
| vre; & il est vrai que ce flos | La pellicule surnage très
|
| coeli est bien capable d'in- | long-temps dans cette eau; &
|
| duire en erreur. Il est assez | il se précipite au fond du ma-
|
| difficile de décider de sa na- | tras dès le commencement
|
| ture. C'est une espèce d'eau | de la dissolution, une espèce
|
| congelée, sans odeur & sans | de poudre blanche comme
|
| saveur, ressemblant à une | de l'amidon. Mais pour cela
|
| fraise de veau verte, qui sort | il faut avoir cueilli le flos
|
| de terre pendant la nuit, ou | coeli avant le lever du soleil,
|
| d'abord après la cessation | & l'avoir nettoyé exacte-
|
| d'un grand orage. Dans les | ment, morceau à morceau,
|
| plus grandes chaleurs, cette | de toute la terre & autres ma-
|
| matière conserve une froi- | tières étrangères qui pour-
|
| deur très grande quand on | raient s'y être attachées. Plu-
|
| la tient à l'ombre. Sa matière | sieurs personnes m'ont assuré
|
| aqueuse est très volatile, & | qu'on faisait avec le flos coeli
|
| s'évapore à la moindre cha- | un excellent remède pour
|
| leur à travers une peau ex- | guérir un nombre de mala-
|
| trêmement mince qui la con- | dies. Il faut avoir soin de ne
|
| tient. Elle ne se dissout, ni | point toucher ni cueillir le
|
| dans le vinaigre, ni dans | flos coeli avec aucun métal,
|
| l'eau, ni dans l'esprit-de-vin; | mais seulement avec du bois
|
| mais si on renferme le flos | ou du verre.
|
| coeli tout nouveau dans un | CRAIE BLANCHE.
|
| vase bien scellé & luté, il s'y | Matière de l'Art parvenue
|
| dissout de lui-même en une | au blanc.
|
| eau extrêmement puante, | Craie NOIRE. Matière
|
| sentant comme les excré- | pendant la putréfaction.
|
| ments humains très corrom- | CRETE (Ile de) dans
|
| pus, ce qui manifeste une | laquelle fut élevé Jupiter.
|
| abondance de soufre volatil. | Voyez les Fables Egypt. &
|
| Au commencement de la | Grecq. dévoilées, liv. 3. c. 4.
|
| | CRETHE'E,
|
@
| CR | CR 97
|
| |
|
| CRETHE'E, fils d'Eole, | me, qui étant devenu éper-
|
| père d'Eson & d'Amythaon. | dument amoureux de la
|
| Voyez le liv. 2. ch. 1. des | Nymphe Smilax, fut chan-
|
| Fables Egypt. & Grecques | gé en une plante que nous
|
| dévoilées. | nommons safran. Les Chi-
|
| CRIBLE. Les Philoso- | mistes Hermétiques ont quel-
|
| phes ont donné ce nom à | quefois appelé Crocus, ou
|
| leur aimant ou corps impar- | safran, leur matière fixée au
|
| fait, qu'ils ont aussi appelé | rouge-orangé.
|
| Argent-vif d'Occident, & | CROIX. Les croix, en
|
| assez souvent Mercure des | Chimie vulgaire, sont des
|
| Philosophes coagulé & non | caractères qui indiquent le
|
| fixe; c'est la même matière | creuset, le vinaigre, & le
|
| qu'ils ont nommée Dragon | vinaigre distillé. Mais en fait
|
| Babylonien, Lion vert, Vi- | de Science Hermétique, la
|
| naigre très aigre, Eau de la | croix est, comme chez les
|
| mer, Feu secret, Saturnie | Egyptiens, le symbole des
|
| végétable, Herbe triom- | quatre éléments. Et comme
|
| phante qui croit sur les mon- | la pierre philosophale est,
|
| tagnes; mais proprement | disent-ils, composée de la
|
| leur Lune, Soeur & femme | plus pure substance des élé-
|
| du Soleil, son Ombre, Eve, | ments grossiers, c'est-à-dire,
|
| Beya, Fille de Saturne, & | de la substance même des
|
| Vénus, enfin leur Femelle. | éléments principes, ils ont
|
| CRIBLER. C'est cuire la | dit: in cruce salus, le salut
|
| matière, & la purifier par la | est dans la croix ; par simili-
|
| sublimation philosophique. | tude du salut de nos âmes
|
| CROCODILE. Les | rachetées par le sang de Jé-
|
| Chimistes Hermétiques, à | sus-Christ attaché sur l'arbre
|
| l'imitation des Egyptiens, | de la croix. Quelques-uns
|
| ont mis le crocodile dans | d'entr'eux ont même poussé
|
| leurs hiéroglyphes, pour | la hardiesse plus loin, &
|
| symbole de la matière de leur | n'ont pas craint d'employer
|
| oeuvre; parce qu'il vit sur | les termes du nouveau Tes-
|
| terre & dans l'eau, & que | tament pour former leurs al-
|
| leur matière est aussi eau & | légories & leurs énigmes
|
| terre alternativement. | Jean de Roquetaillade, con-
|
| CROCOMMA. Marc | nu sous le nom de Jean de
|
| de l'huile. | Rupe Scissa, & Arnaud de
|
| CROCUS. Jeune hom-* | Villeneuve disent dans leurs
|
| | G
|
@
| 98 CR | CR
|
| |
|
| ouvrages sur la composition | fait sur la manière de procé-
|
| de la pierre des Philosophes: | der dans les opérations du
|
| il faut que le Fils de l'Homme | grand oeuvre. Ce sont eux qui
|
| soit élevé sur la croix avant | ont inventé les caractères qui
|
| que d'être glorifié; pour dé- | sont en usage encore aujour-
|
| signer la volatilisation de la | d'hui dans les livres de Chi-
|
| partie fixe & ignée de la ma- | mie, pour signifier tant les
|
| tière. Jean de Dée, Anglais, | drogues que les opérations
|
| a fait dans son traité de l'oeu- | requises pour leurs prépara-
|
| vre des Sages, une compa- | tions. On trouve ces caractè-
|
| raison très étendue de la | res chimiques, avec leur ex-
|
| pierre philosophale, avec le | plication, dans presque tous
|
| mystère de notre Rédemp- | les ouvrages modernes qui
|
| tion. Son traité a pour titre; | traitent de la Chimie vulgai-
|
| Monas Hieroglyphica. | re; je crois qu'il est inutile de
|
| CRYBTIT. Soufre. | les rapporter ici, d'autant plus
|
| Voyez Kybric. | qu'on les trouve rarement
|
| CRYPTOGRAPHIE. | dans les traités Hermétiques
|
| Art d'écrire en caractères | qui nous restent. Mais com-
|
| non apparents, ou inconnus, | me on y voit quelquefois
|
| ou défigurés, qu'on appelle | d'autres caractères, & des
|
| communément écriture en | manières d'écrire & de s'ex-
|
| chiffres. Cette manière d'é- | primer qui ne sont pas ordi-
|
| crire est en usage particuliè- | naires, j'en inférerai quel-
|
| rement parmi les Ambassa- | ques exemples dans cet ar-
|
| deurs des Princes, afin que | ticle.
|
| si leurs lettres étaient inter- | Premier exemple.
|
| ceptées, on ne pût pas dé- | Antimoine.
|
| chiffrer ce qu'elles contien- | Asphalte ou bitume.
|
| nent. Chacun peut se former | Orpiment.
|
| une cryptographie à sa guise. | Sel armoniac.
|
| Cardan, Tritheme, Schot, | Or.
|
| Kircher, Porta et plusieurs | Orpiment rouge.
|
| autres ont fait des traités sur | Vitriol Romain.
|
| cet Art. | Soufre.
|
| Les Philosophes Hermé- | Alun.
|
| tiques toujours attentifs à ca- | Alun de plume.
|
| cher le secret de leur Art, ont | Sel nitre.
|
| quelquefois usé de ce moyen | Mercure.
|
| dans les ouvrages qu'ils ont | Mercure.
|
@
| CR | CR 99
|
| |
|
| Second exemple. | métiques ils ont fait usage
|
| | des planètes & des signes.
|
| Les opérations de l'oeu- |
|
| vre exprimées par les douze | 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
|
| signes. | ou
|
| |
|
| 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
|
| La calcination. |
|
| La congélation. | 9. 10. 11. 12.
|
| La fixation. | ou
|
| La dissolution. |
|
| La digestion. |
|
| La distillation. | 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.
|
| La sublimation. |
|
| La séparation. | 8. 9. 10. 100. 200.
|
| L'incération. |
|
| La fermentation. | Quelques-uns ont em-
|
| La multiplication. | ployé les caractères chimi-
|
| La projection. | ques au lieu des lettres de
|
| | l'alphabet, de la manière
|
| D'autres ayant égard aux | qu'on le trouve expliqué
|
| influences des signes & des | dans le Bouquet Chimique
|
| planètes sur les membres & | de Planiscampi.
|
| parties du corps humain, | On y trouve aussi des
|
| ont substitué les noms de ces | chiffres au lieu de lettres,
|
| membres aux noms des si- | ainsi:
|
| gnes par lesquels ils signi- | 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9.
|
| fiaient les opérations, ou les | a. e. i. o. u. l. m. n. r.
|
| choses dont nous venons de | ou
|
| parler. Ils en ont même for- | 9. 8. 7. 6. 5. 4. 3. 2. 1.
|
| mé divers alphabets tels que | a. e. i. o. u. l. m. n. r.
|
| les suivants. |
|
| Ou avec tout l'alphabet
|
| a b c d e f g h | mêlé avec des chiffres, de la
|
| manière suivante:
|
| i l m n o p q r |
|
| l.b.c.d.2.f.g.h.3.k.6.7.
|
| s t u x y z. | a.b.c.d.e.f.g.h.i.k.l.m.
|
| Quand il s'est agi d'ex- | 8.4.p.q.9.s.t.5.x.y.z.
|
| primer des nombres arith-* | n.o.p.q.r.s.t.u.x.y.z.
|
| | G ij
|
@
| 100 CR | CR
|
| |
|
| Autrement en changeant | Quelques-uns ont écrit à
|
| les lettres, & les substituant | rebours à la manière des Hé-
|
| les unes aux autres; prenant, | breux, ainsi:
|
| par exemple, l'n pour l'a, |
|
| ainsi: | Prenez la matière que vous
|
| | savez; faites-en le mercure
|
| a.b.c.d.e.f.g.h.i.l.m. | selon l'art, & de ce mercure
|
| n.o.p.q.r.s.t.u.x.y.z. | vous ferez l'oeuvre.
|
| |
|
| On prend dans l'exemple | Zenerp al ereitam euq suou
|
| précédent l'a pour l'n, le b | zevacs; setiaf-ne el erucrem
|
| pour l'o, & ainsi de suite. Et | noles tra'l, te ed ec erucrem
|
| par conversion l'n pour l'a, | suou zeref ervuoe'l.
|
| l'o pour le b, &c. |
|
| On en voit qui ont pris les | Ceux qui ont voulu mieux
|
| caractères des planètes pour | cacher la chose, ont ajouté
|
| indiquer les sept jours de la | une lettre inutile au com-
|
| semaine, par les noms qui | mencement, au milieu, & à
|
| leur conviennent; & les ont | la fin de chaque mot. Exem-
|
| aussi appliqués aux sept opé- | ple:
|
| rations de l'art Hermétique, | L'azoth des Philosophes est
|
| savoir, à la dissolution, pu- | leur mercure.
|
| tréfaction, calcination, dis- | Ml'abzothi adoesp uphi-
|
| tillation, coagulation, subli- | loqsophesa lesati pleruri
|
| mation, & fixation. Ils ont | imeracuret.
|
| donné aussi les douze con- |
|
| sonnes b, c, d, f, g, l, m, | Ces exemples doivent suf-
|
| n , p, r, s, t, aux douze | fire pour montrer les diver-
|
| mois de l'année, aux douze | ses façons d'écrire en ma-
|
| signes, & aux douze régimes | nière cachée; mais ils ont
|
| de l'Art. Et q, x, z, k, aux | employé aussi des figures
|
| quatre éléments, aux quatre | symboliques & des hiéro-
|
| saisons, aux quatre vents car- | glyphes sur lesquels on ne
|
| dinaux, aux quatre humeurs | peut donner aucune règle
|
| du corps humain; ils ont ré- | certaine, parce que chaque
|
| servé l'h pour exprimer l'es- | Philosophe les a imaginés à
|
| prit universel du monde, | sa fantaisie, comme on peut
|
| parce que c'est une lettre as- | le voir dans les Figures de
|
| pirée, & que cet esprit du | Senior, d'Abraham Juif, de
|
| monde se trouve dans l'air | Flamel, de Majer, de Basile
|
plus particulièrement. Valentin, & de tant d'autres.
@
| CU | CY 101
|
| |
|
| CUBIT. Terre ou soufre | parce qu'elle avoir mis quel-
|
| rouge des Sages. | ques obstacles à l'enlève-
|
| CUCURBITE. Four- | ment de Proserpine. Voyez
|
| neau secret des Philosophes; | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| quelquefois le vase qui con- | dévoilées, liv. 4. ch. 3.
|
| tient la matière du fourneau | CYANE'ES. Deux Iles
|
| secret, dans lequel se cuit & | autrement appelées Sym-
|
| se digère la matière de l'art | plegades, qui se trouvent à
|
| Hermétique. | l'entrée du Pont-Euxin. Les
|
| CUIRE. C'est laisser agir | Argonautes passèrent entre
|
| la matière unique dans son | ces deux écueils, qui se heur-
|
| unique vase, par le feu phi- | taient l'un contre l'autre, à
|
| losophique, sans jamais y | ce que dit la Fable. Voyez
|
| toucher, jusqu'au point con- | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| nu des Sages; c'est-à-dire | dévoilées, liv. 2. ch. 1.
|
| jusqu'à la perfection de cha- | CYBELE. Mère des
|
| que opération, ou disposi- | Dieux & des Hommes. Hé-
|
| tion, pour s'expliquer com- | siode la fait fille du Ciel &
|
| me Morien. | de la Terre, & femme de
|
| CUIVRE & LAITON, | Saturne. Cette Déesse avait
|
| ou LETON. Matière au | plusieurs noms; on l'appe-
|
| noir, qu'il faut blanchir. | lait Ops, Proserpine, Cérès,
|
| CURCUM. Curcuma. | Isis, Rhée. On la représen-
|
| CURETES. Peuples de | tait ayant une couronne sur
|
| l'Ile de Candie, qu'on nom- | la tête formée de plusieurs
|
| mait autrefois l'Ile de Crète. | tours, & une clef à la main,
|
| On a souvent confondu les | assise dans un char traîné par
|
| Curetes avec les Coryban- | quatre lions. Voyez Isis,
|
| tes & les Dactyles; on les a | Cérès, Rhée, dans les Fables
|
| aussi appelés Idéens, à cause | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| du fameux mont Ida qui se | lées, liv. 1. c. 4. liv. 4. c. 2.
|
| trouve dans cette Ile. Com- | & 3. liv. 3. c. 4.
|
| me les Anciens entendaient | CYCIMA. Litharge.
|
| par les Curetes la même | CYCLOPES. Géants nés
|
| chose que par les Coryban- | du Ciel & de la Terre, se-
|
| tes, voyez l'article de ces | lon Hésiode; de Neptune &
|
| derniers. | d'Amphitrite, suivant Euri-
|
| CYANE, Nymphe de Si- | pide. Les Poètes nous les
|
| cile, fut changée en la fon- | ont représentés comme mi-
|
| taine de ce nom par Pluton, | nistres de Vulcain pour le
|
| | G iij
|
@
| 102 CY | CY
|
| |
|
| service de sa forge. Ils n'a- | gnes, parce que tant dans la
|
| vaient qu'un oeil rond au | première opération que dans
|
| milieu du front. | la seconde, la matière doit
|
| Apollon pour se venger | passer du noir à la couleur
|
| de ce qu'ils avaient forgé les | blanche. Dans la première
|
| foudres dont Jupiter frappa | opération se fait la métamor-
|
| Esculape, les tua à coups de | phose du fils de Neptune, &
|
| flèches, ce qui fut cause que | dans la seconde celle du frère
|
| Jupiter le bannir du Ciel. | de Phaëton.
|
| Voyez les Fables Egypt. & | Il y a encore un troisième
|
| Grecques dans les chapitres | Cygnus, fils de Mars. Her-
|
| de Vulcain & d'Apollon. | cule tua celui-ci, & emmena
|
| CYDAR. Etain, ou Ju- | son fils Hylas dans le temps
|
| piter. | de l'expédition pour la con-
|
| CYGNE. Oiseau dont le | quête de la toison d'or. Tuer
|
| plumage est d'une blancheur | ou fixer le volatil sont une
|
| éblouissante. Il était consa- | même chose dans le sens des
|
| cré à Vénus & à Apollon. | Philosophes. Ainsi changer
|
| Les Philosophes Herméti- | le fils de Neptune en cygne,
|
| ques l'ont très souvent pris | ou tuer Cygnus, ne sont
|
| pour le symbole de leur ma- | qu'une & même chose, par-
|
| tière parvenue au blanc. | ce que la couleur blanche ne
|
| CYGNUS. La Fable fait | se manifeste que lorsque la
|
| mention de plusieurs person- | matière se fixe dans la pre-
|
| nages de ce nom, l'un frère | mière opération. Dans la se-
|
| ou proche parent de Phaë- | conde, le fixe qui avait été
|
| ton, l'autre fils de Neptune, | volatilisé par la dissolution &
|
| tous deux changés en cy- | la putréfaction, se fixe une
|
| gnes. Ce qui signifie la même | seconde fois en parvenant au
|
| chose quant au sens hermé- | blanc. Hercule emmène avec
|
| tique; puisque, comme fils | lui Hylas dans la conquête
|
| de Neptune, il est sorti de | de la toison d'or; cet Hylas
|
| l'eau mercurielle, ou mer | est l'enfant philosophique,
|
| philosophique, qui étant le | dont Hercule prend soin jus-
|
| principe de l'Apollon des Sa- | qu'à la perfection de l'oeu-
|
| ges, père de Phaëton, le frère | vre, qui est proprement la
|
| de celui-ci ne saurait man- | conquête de la toison d'or.
|
| quer d'être aussi très proche | CYLLENE. Montagne
|
| parent du premier. On les | d'Arcadie sur laquelle Maia
|
| dit tous deux changés en cy- | mit Mercure au monde, d'où
|
@
| CY DA | DA 103
|
| |
|
| il fut nommé Cyllenien. | On dit qu'ils montrèrent les
|
| Voyez les Fables Egypt. & | premiers à mettre le feu en
|
| dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 1. | usage pour les besoins & les
|
| CYNNABAR. Ci- | commodités de la vie, &
|
| nabre. | que c'est à eux à qui l'édu-
|
| CYNOCEPHALE. Es- | cation de Jupiter fut confiée.
|
| pèce de singe ayant la tête | On les appelait aussi Cure-
|
| de chien. Les Egyptiens ré- | tes, & Corybantes. Voyez
|
| véraient beaucoup ce mons- | le chapitre de Jupiter dans
|
| tre, parce que les Prêtres | les Fables Egyptiennes &
|
| leur faisaient entendre que | Grecques dévoilées.
|
| c'était Osiris; pendant que | DAENECK Voyez
|
| ces mêmes Prêtres ne re- | Duenez.
|
| gardaient Osiris que comme | DAIB. Or philosophi-
|
| le symbole de la partie de | que.
|
| la matière du grand oeuvre | DAIMORGON. La plu-
|
| qu'ils appelaient le Mâle, le | part des Anciens donnaient
|
| Soufre, le Soleil, &c. Mais | ce nom à ce qu'ils appe-
|
| ils n'en agissaient ainsi que | laient le Génie de la Terre,
|
| pour cacher au vulgaire les | ce que ce même nom signi-
|
| mystères de ce prétendu Osi- | fie; mais les philosophes
|
| ris, qui leur étaient confiés | Hermétiques l'entendaient
|
| sous peine de la vie. C'est ce | du feu qui anime la Nature,
|
| qui engagea Démocrite Ab- | & dans le particulier cet es-
|
| déritain de se faire recevoir | prit inné & vivifiant de la
|
| au nombre de ces Prêtres, | terre des Sages, qui agit dans
|
| pour apprendre les secrets | tout le cours des opérations
|
| de la vraie Chimie, cachés | du grand oeuvre. Quelques-
|
| sous les figures hiéroglyphi- | uns l'ont nommé Demorgon.
|
| ques des Egyptiens. Voyez | Raymond Lulle a fait un
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | traité des opérations de la
|
| dévoilées, liv. 1. sect 3. c. 7. | pierre, qu'il a intitulé: De-
|
| | morgon. Ce traité est en for-
|
| D | me de dialogue, & Demor-
|
| | gon est un des interlocu-
|
| DABAT. C'est le gui | teurs.
|
| de chêne. | DAMATAU. Gomme
|
| DABESTIS. Tortue. | des Philosophes.
|
| DACTYLES. Peuples | DANAE'. La Fable dit que
|
| qui habitaient le Mont Ida. | Jupiter voulant jouir de Da-
|
| | G iv
|
@
| 104 DA | DA
|
| |
|
| naë renfermée dans une tour, | de tout cela dans les Fables
|
| s'y introduisit sous la forme | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| d'une pluie d'or. Selon les | DANATI. Poids de six
|
| Philosophes Spagyriques, il | grains.
|
| faut expliquer cette fable des | DANAUS. Voyez Da-
|
| opérations de la pierre Phi- | naïdes.
|
| losophale. La tour où Da- | DANIC ou DANICH.
|
| naë était renfermée, est l'a- | Terme arabe que quelques
|
| thanor ou four philosophi- | Médecins & quelques Chi-
|
| que fait en forme de tour, | mistes ont employé pour
|
| dans lequel on met l'oeuf, & | signifier une demi-dragme;
|
| dans cet oeuf le mercure, re- | Fernel pour six grains seule-
|
| présenté par Danaë, avec | ment, Agricola & d'autres
|
| lequel on fait la jonction, | pour huit.
|
| ou, comme ils disent, le ma- | DANSIR. Sable.
|
| riage du soufre représenté | DAPHNAEUS. Surnom
|
| par Jupiter. Voyez les Fa- | d'Apollon. V. APOLLON.
|
| bles Egypt. & Grecques, | DAPHNE', fille du fleu-
|
| liv. 3. ch. 14. §. 3. | ve Pénée, en fuyant pour se
|
| DANAIDES, filles de | soustraire aux poursuites d'A-
|
| Danaüs, au nombre de cin- | pollon, eut recours à son pè-
|
| quante, mariées aux cin- | re, qui la changea en laurier.
|
| quante fils d'Egypte. Da- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| naüs ayant appris de l'Ora- | Grecques dévoilées, liv. 3.
|
| cle qu'un de ses gendres le | chap. 12.
|
| ferait périr, il engagea ses | DARAU. Gomme des
|
| filles à tuer chacune son | Philosophes.
|
| mari la première nuit de | DARDANIE. Premier
|
| leurs noces. Hypermnestre | nom de la ville de Troie,
|
| fut la seule qui épargna le | qui lui fut donné de son fon-
|
| sien nomme Lyncée, qui en | dateur.
|
| effet tua dans la suite Da- | DARDANUS, fils de
|
| naüs, & s'empara de ses | Jupiter & d'Electre, ayant
|
| Etats. La Fable dit que pour | mis à mort son frère Jasius,
|
| punition de leurs maricides, | s'enfuit en Samothrace, &
|
| les Danaïdes furent con- | de-là en Phrygie, où il bâtit
|
| damnées par les Dieux à | la ville de Dardanie. Voyez
|
| verser de l'eau dans un vase | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| percé, jusqu'à ce qu'il fût | dévoilées, liv. 6. cha. 1. &
|
| plein. Voyez l'explication | suivant.
|
@
| DA DE | DE 105
|
| |
|
| DATEL ou TATEL. | cembre E, ce terme signifie
|
| Stramonium, ou Morelle fu- | le magistère au blanc, parce
|
| rieuse. | que la neige tombe au mois
|
| DAVERIDON. Huile | de Décembre, & que la ma-
|
| d'aspic. | tière au blanc est comme de
|
| DAVITI. Poids de six | la neige; les Adeptes l'ont
|
| grains d'orge. | même quelquefois appelée
|
| DAURA. Quelques-uns | de ce nom.
|
| ont employé ce terme ara- | DE'CEPTE, DE'CEP-
|
| be pour signifier l'ellébore, | TION. Vieux mots que l'on
|
| d'autres l'or en feuilles. Rul- | trouve assez souvent dans
|
| land & Planiscampi. | Bernard Trévisan & dans
|
| DE'AB. Or vulgaire chez | Flamel, pour signifier trom-
|
| les Chimistes, & or philo- | perie des Souffleurs, des
|
| sophique quand il s'agit de | Charlatans.
|
| science Hermétique. | DE'CEVEURS. Trom-
|
| DE'ALBATION. Ter- | peurs, affronteurs. Ce terme
|
| me de science Hermétique. | est gaulois, & se trouve sou-
|
| Cuire la matière jusqu'à ce | vent dans ses Auteurs que
|
| qu'elle ait perdu sa noirceur | j'ai cités dans l'article précé-
|
| & qu'elle soit devenue blan- | dent.
|
| che comme la neige. On | DE'COCTION, en ter-
|
| l'appelle autrement lotion | mes de Chimie Herméti-
|
| ou lavement; & c'est dans | que, signifie l'action de di-
|
| ce sens que les Philosophes | gérer, circuler la matière
|
| disent: lavez le laiton jusqu'à | dans le vase, sans addition
|
| ce que vous lui ayez ôté | d'aucune chose étrangère.
|
| toute son obscurité. | Voyez Cuire.
|
| DE'BESSIS. Tortue. | DECUIRE, signifie faire
|
| DE'CEMBRE. Magistère | rétrograder une chose cuite
|
| au noir, ou temps de la putré- | du degré de cuisson qu'on
|
| faction de la matière, ainsi | lui avait donné; mais en ter-
|
| nommé de ce que les Phi- | mes de Chimie Herméti-
|
| losophes donnent le nom | que, quelques Philosophes
|
| d'Hiver à cette opération, | l'ont employé pour signifier
|
| & que le mois de Décembre | la digestion, la cuisson de la
|
| est le commencement de la | matière des Sages. Voyez
|
| saison ou la Nature paraît | Cuire.
|
| oisive, engourdie & endor- | DECOMPOSITION.
|
| mie. Quand ils disent Dé- | Séparation des parties d'un
|
@
| 106 DE DI | DE
|
| |
|
| mixte pour en découvrir les | crate. Ce corps s'y résout en
|
| principes; c'est proprement | liqueur, & tombe dans le
|
| l'analyse. Mais en fait de | récipient mis au-dessous.
|
| Philosophie Hermétique, il | La seconde est la défail-
|
| ne signifie autre chose que | lance vaporeuse; elle se fait
|
| la réduction du corps de l'or | à l'air ouvert, qu'on appelle
|
| des Sages à sa première ma- | sub dio.
|
| tière, ce qui se fait par la dis- | La troisième est celle que
|
| solution au moyen du mer- | Rulland appelle Deliquium
|
| cure des Philosophes. | embapticum, défaillance par
|
| DEDALE, le plus sa- | immersion. Elle se fait de
|
| vant Artiste de la Grèce, ha- | deux manières: la première,
|
| bile Architecte, ingénieux | en mettant le corps qu'on
|
| Sculpteur, était fils d'Hyme- | veut faire résoudre en eau,
|
| tion, petit-fils d'Eupoleme. | dans un vase à travers les
|
| Dédale fit le célèbre laby- | pores duquel l'eau dans la-
|
| rinthe de Crète, dans lequel | quelle il est plongé ne puisse
|
| il fut renfermé avec son fils | passer, ou dans une vessie,
|
| Icare, & duquel ils se sau- | ou dans un vase de cire, afin
|
| vèrent au moyen des ailes | que l'eau du bain puisse pé-
|
| qu'ils se fabriquèrent. Voyez | nétrer & suinter.
|
| les Fables Egypt & Grecq. | Si la liqueur dans laquelle
|
| dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. | on plonge ces sortes de va-
|
| DEEB. Pierre au rouge. | ses est chaude, c'est ce qu'on
|
| DEFAILLANCE, De- | appelle défaillance au bain-
|
| liquium, en termes de chi- | marie. Lorsque la défaillance
|
| mie, est une résolution en | se fait dans l'eau froide, elle
|
| liqueurs d'un corps sec & | retient le nom de deliquium
|
| coagulé. Les corps qui par- | ou défaillance.
|
| ticipent du sel sont les seuls | La seconde manière se fait
|
| qui tombent en défaillance. | aussi par immersion, mais le
|
| Il y a trois sortes de défail- | corps mis seulement dans un
|
| lances. L'une appelée des- | sachet de toile, ou plongé à
|
| cension froide, qui se fait en | nu dans quelque liqueur
|
| exposant dans une cave, ou | pour l'y laisser résoudre;
|
| autre lieu humide & frais, comme | comme l'on fait aux gom-
|
| un corps coagulé ou calci- | mes, aux sucs coagulés, au
|
| né, sur un marbre, une table | sucre, &c. Dans ce dernier
|
| de pierre ou de verre, ou | cas particulièrement, il faut
|
| dans une chauffe d'Hippo- | choisir pour son opération
|
@
| DE | DE 107
|
| |
|
| des liqueurs par le moyen | suivie en mariage par le
|
| desquelles on fait la défail- | fleuve Acheloüs: Hercule
|
| lance, qui puissent être aisé- | en étant aussi devenu amou-
|
| ment séparées du corps dis- | reux, combattit pour l'avoir
|
| sout, en cas qu'on veuille | contre Acheloüs, & l'ayant
|
| l'avoir tel; parce que la li- | vaincu, il s'empara de Dé-
|
| queur dissolvante & le corps | janire. Dans le temps qu'il
|
| dissout ont quelquefois des | l'emmenait, il trouva sur son
|
| qualités contraires. | chemin un fleuve large &
|
| DEGEGI. Poule, ou | profond qu'il lui fallait tra-
|
| chaleur de la poule qui cou- | verser: ne pouvant le faire,
|
| ve, c'est-à-dire, la chaleur | il confia Déjanire au Cen-
|
| naturelle à la chose. Ainsi | taure Nessus pour la passer à
|
| quand les Philosophes re- | l'autre bord. Nessus le fit &
|
| commandent de donner au | l'ayant transportée de l'au-
|
| régime du feu de l'oeuvre le | tre côté, il voulut lui faire
|
| degré de la chaleur d'une | violence. Hercule s'en étant
|
| poule qui couve; ce n'est pas | aperçu, décocha une flèche
|
| de faire un feu artificiel au | à Nessus, qui en mourut.
|
| degré de cette chaleur d'une | Pour se venger d'Hercule, le
|
| poule, mais de laisser agir la | Centaure dévêtit sa robe
|
| nature avec le feu inné & | toute ensanglantée, la donna
|
| implanté dans la matière, | à Déjanire, en la priant de
|
| feu naturel pour le minéral, | la remettre à Hercule, & de
|
| comme celui de la poule l'est | l'engager à la vêtir. Hercule,
|
| pour l'animal. | pour complaire à Déjanire,
|
| DEGRE'S DE FEU. | la reçut, s'en vêtit, fut sur-
|
| V. Inspissation. | pris d'une sueur qui tenait
|
| DEHAB, DEHEB & | de la rage, construisit un bû-
|
| DEHEHEB. Or des Philo- | cher & s'y brûla, d'où il fut
| sophes. | transporté an Ciel, & mis au
| | DEHENE. Sang. | rang des Dieux. Cette fable
| | DEHENES. Attrament. | expliquée par les Alchimis-
| | DEHENEZ. Vitriol Ro- | tes, est le symbole de la der-
| | main. On l'a ainsi appelé | nière opération du grand oeu-
| | Decenec. | vre, c'est-à-dire, de la per-
| | DEHIM, DEHIN, & | fection de la pierre. Déjanire
| | DEM. Sang humain. | signifie la nature métalli-
| DEJANIRE, fille d'Oe- | que, le Centaure la matière
| | née Roi d'Etolie, fut pour- | purifiée devenue terre feuil-
| | |
@
| 108 DE | DE
|
| |
|
| lée, ou au blanc, & Hercule | DELEGI-AZFUR. Mi-
|
| le mercure philosophique. | robolants.
|
| Lorsque la matière est par- | DELIER LE CORPS,
|
| venue au blanc, & qu'elle a | en termes de science Her-
|
| passé par toutes les couleurs, | métique, c'est tirer le mer-
|
| elle n'a plus que le rouge, | cure de sa minière, où il est
|
| ou la couleur de sang à pren- | retenu comme par des liens
|
| dre, qui est celle de sa per- | formés par les parties hété-
|
| fection. Lorsqu'elle est dans | rogènes avec lesquelles il est
|
| son état de blancheur, si on | mêlé. Il se dit aussi de la pu-
|
| l'enivre de l'eau mercurielle, | tréfaction de la matière après
|
| & que l'on augmente le de- | sa dissolution. V. Ouvrir.
|
| gré du feu, comme celui de | DELUGE. Les Philoso-
|
| la canicule, Hercule alors, | phes entendent par ce terme
|
| ou le mercure, prend le vê- | la distillation de leur matiè-
|
| tement du Centaure teint de | re, qui après être montée
|
| sang, c'est-à-dire la couleur | en forme de vapeurs au haut
|
| rouge, qui est celle d'un | du vase, retombe sur la terre
|
| homme en fureur, & se Vi- | comme une pluie qui l'inon-
|
| trifie, qui est le dernier de- | de toute entière.
|
| gré de perfection. | DEM. Sang humain.
|
| DEIDAMIE, fille | DEMORGORGON.
|
| de Lycomede chez lequel | Voyez Daimorgon.
|
| Achille se cacha déguisé en | DENEQUAT. Borax.
|
| femme, pour ne pas aller au | DENOQUOR. Borax.
|
| siège de Troie. Achille de- | DENSIR. Sable.
|
| vint amoureux de Déidamie, | DENTS DU SER-
|
| obtint ses bonnes grâces, & | PENT. La Fable dit
|
| en eut Pyrrhus. Voyez ce | que Cadmus sema dans le
|
| que signifie cette fiction dans | champ de Mars les dents
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | du Dragon qui avait dévoré
|
| dévoilées, liv. 6. | ses compagnons. Philalèthe
|
| DEIPHOBE', fille de | recommande à l'Artiste de
|
| Glauque, autrement nom- | s'instruire de ce que c'est que
|
| mée Sibylle de Cumes. Ce | ces dents & les compagnons
|
| fut elle que la Fable suppose | de Cadmus. Quelques-uns
|
| avoir conduit Enée dans sa | expliquent cette action de
|
| descente aux Enfers. Voyez | Cadmus de la première pré-
|
| à la fin du 6e liv. des Fables | paration de la matière des
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées. | Sages, & Flamel en fait
|
@
| DE | DE 109
|
| |
|
| l'application à la seconde, | parties hétérogènes, qui s'en
|
| c'est-à-dire à ce qui se passe | séparent & se précipitent au
|
| dans le vase après la putré- | fond du vase dans lequel est
|
| faction. Celui qui lave, ou | renfermée la liqueur. On dit
|
| plutôt ces lavements, qu'il | cette liqueur dépose, pour
|
| faut continuer avec l'autre | dire que ce qu'on y avait
|
| moitié, ce sont, dit Flamel, | mélangé se précipite en for-
|
| les dents de ce Serpent que | me de sédiment. Les eaux
|
| le sage Opérateur sèmera | minérales déposent; les si-
|
| dans la même terre, d'où | rops mal cuits déposent le
|
| naîtront des Soldats qui s'en- | sucre, &c.
|
| tre-tueront eux-mêmes. Ce | DEPOUILLER. Purifier
|
| sont donc les imbibitions du | la matière, séparer le pur
|
| mercure. | d'avec l'impur. Il faut faire
|
| DENUDATION. Pu- | boire à outrance le vieux
|
| tréfaction de la matière, & | Dragon par le nombre ma-
|
| sa dissolution. De-là, dit Fla- | gique de trois fois sept. Il dé-
|
| mel, sont sorties tant d'allé- | pouillera pour lors ses vieil-
|
| gories sur les morts, les sé- | les écailles qui le couvrent,
|
| pulcres, les tombes. Les | & il quittera cette lèpre qui
|
| autres l'ont nommée calci- | l'infecte, comme Naaman se
|
| nation, dénudation, sépara- | lava sept fois dans les eaux
|
| tion, trituration, assation. | du Jourdain. D'Espagnet.
|
| Dénudation PHILO- | DERAUT. Urine.
|
| SOPHIQUE. Les Chimistes | DERQUET. Voyez
| Hermétiques ont employé | Vernis.
| | ce terme, pour dire la puri- | DERSES. Les Alchi-
| | fication de leur matière; c'est | mistes entendent par ce ter-
| | dans ce sens qu'ils ont dit: | me les vapeurs terrestres qui
| | O qu'heureux est celui qui a | forme la sève, d'où naissent
| | pu voir la Diane toute nue; | tous les végétaux. Rulland.
| | c'est à-dire, leur matière pu- | DESCENSION. Distil-
| | rifiée de toutes hétérogénéi- | ler par descension, c'est pro-
| | tés: ou leur matière dans le | prement la filtration des li-
| | règne de la Lune, c'est-à-* | queurs, mais en termes de
| | dire, au parfait blanc. Flam. | science Hermétique, c'est la
| | DENYS. V. Bacchus. | circulation de la matière.
| | DEPOSER, en termes | DESENI. Mirobolants.
| | de Chimie, signifie une li- | DESSECHER. Cuire la
| | queur empreinte de quelques | matière, la fixer par la cir-
| |
@
| 110 DE | DE DI
|
| |
|
| culation, jusqu'à la perfec- | ce de bruit ou de sifflement
|
| tion du soufre ou de la pierre. | qui se tait quand les parties
|
| DESSICCATION. Coa- | volatiles de quelques mé-
|
| gulation & fixation de l'hu- | langes sortent avec impétuo-
|
| midité mercurielle. | sité, ou sont fixées par l'aide
|
| DESSOUS. Mettre des- | d'un feu vif. Ce sifflement
|
| sous ce qui est dessus, & | arrive, suivant les Philoso-
|
| dessus ce qui est dessous, c'est | phes, dans le moment de la
|
| spiritualiser les corps & cor- | projection sur le mercure.
|
| porifier les esprits; c'est-à-* | DEUE. Matière due, re-
|
| dire, en termes de Chimie | quise & véritable. Trévisan
|
| Hermétique, fixer le volatil, | dit qu'il travailla quarante
|
| & volatiliser le fixe. Ce qu'on | ans sur diverses matières,
|
| appelle aussi la Conversion | qu'il nomme, & qu'il ne put
|
| des éléments. V. Conver- | réussir, parce qu'il n'opérait
|
| tir. | pas sur la matière due.
|
| Les Philosophes disent aussi | DEVERIDEN. Huile de
|
| que ce qui est dessous est sem- | nard ou de lavande.
|
| blable à ce qui est dessus, | DIACELTATESSON.
|
| pour signifier que la partie | Spécifique pour les fièvres,
|
| volatile de la matière est de | inventé par Paracelse.
|
| même nature que la fixe, | DIADE^ME. Couleur
|
| qu'au commencement tout | rouge qui survient à la ma-
|
| est venu d'une seule & uni- | tière de la pierre, à la fin de
|
| que matière, & que tout | chaque disposition ou opé-
|
| c'est-à-dire le volatil & le | ration. Ne méprisez pas la
|
| fixe, retourneront à un, & | cendre, car le diadème de
|
| ne feront plus qu'un corps. | notre Roi y est caché. Mo-
|
| DESTRUCTION, en | rien.
|
| termes de science Herméti- | DIAMANT. Pierre par-
|
| que, signifie la dissolution | venue au blanc.
|
| radicale des corps dans le | DIAMASCIEN. Fleurs
|
| mercure philosophal; ou la | de cuivre.
|
| réduction des métaux à leur | DIAMETRE SPAGY-
|
| première matière, qui est le | RIQUE. Equilibre ou tem-
|
| mercure des Sages. | pérament des éléments dans
|
| Destruction signifie | la pierre.
|
| aussi la noirceur, la putré- | DIANE, fille de Jupiter
|
| faction de la matière. | & de Latone, & soeur d'A-
|
| DETONATION, Espè- | pollon, naquit dans l'île de
|
@
| DI | DI 111
|
| |
|
| Délos, & quoique soeur ju- | donnent le nom de Lune, ils
|
| melle d'Apollon, elle servit | entendent leur eau mercu-
|
| de Sage-femme à Latone | rielle. D'Espagnet dit que
|
| pour qu'elle mit son frère au | l'enseigne de Diane est la
|
| monde. Elle se plaisait beau- | seule capable d'adoucir la
|
| coup à la chasse, où elle se | férocité du Dragon philoso-
|
| faisait accompagner par plu- | phique. Philalèthe appelle
|
| sieurs Nymphes. Un jour | cette enseigne de Diane, ou
|
| qu'elle se baignait avec el- | la couleur blanche, les Co-
|
| les, Actéon l'ayant vue nue | lombes de Diane. Voyez une
|
| dans le bain, cette Déesse | plus ample explication dans
|
| pour le punir de la témérité | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| avec laquelle il s'en était ap- | dévoilées, liv. 3. ch. 13.
|
| proché, le changea en cerf. | DIAPENSIA. Plante
|
| Alors ses chiens qui le mé- | connue sous les noms de
|
| connurent, se jetèrent sur | Pied-de-lion & Alchémille.
|
| lui & le dévorèrent. Diane | DIATESSADELTON.
|
| devint enfin amoureuse du | Précipité du mercure.
|
| Berger Endymion, & allait | DICALEGI. Etain, ou
|
| souvent lui rendre visite, | Jupiter des Philosophes.
|
| malgré le projet qu'elle avait | DICTE'. Antre où naquit
|
| formé de conserver toujours | Jupiter. C'est le vase philo-
|
| sa virginité. On la représen- | sophique.
|
| tait avec un arc & un car- | DIEUX. Nombre d'Au-
|
| quois plein de flèches; quel- | teurs ont supposé que les
|
| quefois avec une torche al- | Dieux du Paganisme avaient
|
| lumée, montée sur un char | été des hommes que leurs
|
| tiré par des biches, ou par | belles actions, & les services
|
| un cerf & un taureau. | qu'ils avaient rendus à l'hu-
|
| Les Anciens lui donnaient | manité, avaient fait déifier;
|
| particulièrement trois noms; | mais quand on remonte à
|
| au ciel ils l'appelaient Lu- | l'origine des premiers Dieux
|
| cine, en terre Diane, & Pro- | connus du Paganisme, on
|
| serpine aux enfers. | voit clairement, quand on
|
| Diane est proprement la | n'est pas aveuglé par le pré-
|
| matière au blanc, couleur | jugé, qu'ils prirent naissance
|
| qui paraît dans l'oeuvre avant | chez les Egyptiens. Héro-
|
| la rouge appelée Apollon. | dote nous l'assure en plus
|
| Alors c'est Diane toute nue. | d'un endroit de son Histoire.
|
| Quand les Philosophes lui | Philon de Biblos, traducteur
|
@
| 112 DI | DI
|
| |
|
| de Sanchoniaton, semble | l'une à l'autre, n'est inventée
|
| donner à entendre que ces | que pour cacher au vulgaire
|
| Dieux, pour la plupart, | les mystères de la vraie Chi-
|
| avaient été des hommes tels | mie, de même que les tra-
|
| qu'Osiris, Isis, Horus; mais | vaux d'Hercule, la conquête
|
| quand on l'examine de près, | de la Toison d'or, le jardin
|
| on voit bientôt qu'il pensait | des Hespérides, le siège de
|
| comme Hermès dans son | Troie, les voyages d'Osi-
|
| Asclepius, c'est-à-dire, que | ris, de Dionysius ou Bac-
|
| ces Dieux n'avaient pas été | chus, l'histoire de Cadmus,
|
| hommes, mais fabriqués par | celle de Thésée, d'Amphi-
|
| des hommes. L'idolâtrie a | trion, en un mot, tout ce
|
| fait naître tous ses Dieux du | qu'Orphée, Homère, Hé-
|
| mariage prétendu de la Ter- | siode, Hérodote, Virgile &
|
| re & du Ciel, & puis de | les autres nous ont laissé sur
|
| Vulcain & Mercure, ce qui | les Dieux, les Demi-Dieux
|
| a fait dire aux Alchimistes | & les Héros; les Métamor-
|
| que toute la Fable n'est qu'u- | phoses d'Ovide même bien
|
| ne allégorie des opérations | entendues, conduisent au
|
| de la pierre philosophale, | même but. On peut en ju-
|
| parce que Mercure & le Feu | ger par les écrits des Philo-
|
| représenté par Vulcain, sont | sophes Spagyriques, qui ont
|
| les principes de tout, l'un | employé très souvent ces
|
| actif & l'autre passif. Les | fables pour rendre obscurs
|
| Egyptiens n'entendaient au- | leurs écrits, comme avaient
|
| tre chose par Isis & Osiris, | fait les Anciens. Voyez mon
|
| comme on peut le voir dans | Traité des Fables Egypt. &
|
| leurs lieux, & c'est des Egyp- | Grecques dévoilées.
|
| tiens que les autres Nations | DIGESTION. Action
|
| ont tiré leur culte; il n'y a | par laquelle on met un corps
|
| eu que les noms de changés. | liquide avec un fluide pour
|
| Les principaux, au nombre | en faire le mélange en tout
|
| de douze, étaient six Dieux | ou en parties, pour en ex-
|
| & six Déesses, savoir, Ju- | traire la teinture, pour les
|
| piter, Neptune, Mars, Mer- | disposer à la dissolution, à la
|
| cure, Vulcain & Apollon, | putréfaction, pour les faire
|
| Junon, Vesta, Cérès, Vé- | circuler, & par ce moyen
|
| nus, Diane & Minerve. | volatiliser le fixe, & fixer le
|
| L'histoire de chacun prise à | volatil, au moyen d'une cha-
|
| part, & relativement même | leur convenable. Presque
|
| | toutes
|
@
| DI | DI 113
|
| |
|
| toutes les opérations du | par les chevaux, dissolvent
|
| grand oeuvre se réduisent à | & mettent, pour ainsi dire,
|
| la digestion, que les Philo- | à mort les métaux avec les-
|
| sophes ont appelée de di- | quels on amalgame ce mer-
|
| vers noms, suivant ce qu'ils | cure; & qu'Hercule, qui est
|
| ont remarqué qui se passait | le symbole du soufre fixant
|
| dans le vase pendant tout | & coagulant, donne le mer-
|
| le cours de l'oeuvre. Ainsi | cure philosophique à dévorer
|
| quand ils usent des termes | à ses esprits dans l'oeuf phi-
|
| de distillation, sublimation, | losophique. Fabri. Mais il
|
| imbibitions, cération, ins- | me semble qu'Hercule serait
|
| pissation, descension, cuis- | plutôt le symbole de l'Ar-
|
| son, solution, coagulation, | tiste qui travaille sur ce mer-
|
| &c. ils n'entendent autre | cure philosophique. Selon ce
|
| chose qu'une & même opé- | dernier sens, on peut expli-
|
| ration, ou la digestion répé- | quer les hôtes & les étran-
|
| tée dans les médecines du | gers qui vont voir Diomede,
|
| premier, du second & du | par cette troupe de mauvais
|
| troisième ordre. | Alchimistes qui travaillent
|
| DIKALEGI. Etain phi- | sur le mercure, représenté
|
| losophique. | par Diomede, & qu'il fait dé-
|
| DIMENSION. Les | vorer par ses chevaux, c'est-
|
| Adeptes disent que leur | à-dire, par ses esprits volatils
|
| pierre a les trois dimensions | qu'ils cherchent à fixer, &
|
| des autres corps, savoir la | qui se ruinent dans la pour-
|
| hauteur, la largeur & la pro- | suite de ce dessein, & se trou-
|
| fondeur. Voyez-en l'expli- | vent comme dévorés. Il n'en
|
| cation dans leurs articles. | est pas de même d'un vrai
|
| DIOMEDE, Roi de | Philosophe représenté par
|
| Thrace, selon la Fable, était | Hercule; il dompte le mer-
|
| si cruel qu'il faisait dévorer | cure & le donne à dévorer
|
| par ses chevaux les étrangers | à ses propres chevaux, & en
|
| qui venaient chez lui. Her- | fait sortir un nouveau Roi,
|
| cule y fut, s'en saisit, & le fit | ou la pierre de projection,
|
| manger lui-même par ses | qui est le vrai or, & qui au
|
| propres chevaux. Les Philo- | lieu de tyranniser ses hôtes
|
| sophes Hermétiques disent | les reçoit si bien qu'il en fait
|
| que Diomede représente le | des Rois semblables à lui.
|
| mercure philosophique, dont | Il y avait un autre Dio-
|
| les esprits corrosifs, signifiés | mede, fils de Tydée & de
|
| | H
|
@
| 114 DI | DI
|
| |
|
| Déiphile, qui fut un des plus | deux ou trois parties de l'ar-
|
| célèbres des Héros qui le | senic, qui fait l'office de la
|
| trouvèrent dans l'armée des | femelle, & quatre parties ou
|
| Grecs au prétendu siège de | plus, jusqu'à douze, de l'eau
|
| Troie. Voyez les Fables | de la mer des Sages. Que le
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | tout étant bien mêlé, on le
|
| liv. 5. ch. 11. & livre 6. | mettra dans le vase, lequel
|
| DIONYSIAQUES. Fê- | ayant été bien scellé, on le
|
| tes célébrées en l'honneur de | mettra dans l'athanor, & on
|
| Bacchus. Voyez le 4e livre | lui donnera le régime re-
|
| des Fables dévoilées. | quis.
|
| DIONYSIUS ou DIO- | DISQUE DU SOLEIL
|
| NYSUS. V. Bacchus. | Les Chimistes Hermétiques
| DIRCE', femme de Ly- | ont quelquefois donné ce
| | cus, exerça de grandes cruau- | nom à leur mercure mêlé
| | tés envers Antiope, première | avec l'or philosophique.
| | femme de ce Lycus, qui la | DISSOLVANT. Les
| | répudia & la chassa pour Dir- | Philosophes Hermétiques
| | cé. Les enfants d'Antiope, | donnent à leur mercure le
| | Zethès & Amphion, vengè- | nom de dissolvant universel,
| | rent les insultes faites à leur | que Van-Helmont & Para-
| | mère en attachant Dircé à | celse ont donné à leur al-
| | la queue d'un taureau in- | kaest. L'Anonyme, connu
| | dompté, qui la mit en piè- | sous le nom de Pantaleon,
| | ces. Les Dieux par commi- | dit que l'alkaest peut se tirer,
| | sération, la changèrent en | & se tire de la même minière
| | fontaine. Voyez les Fables | que le mercure des Sages,
| | dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 6. | mais par des manipulations
| | DISPOSITION. Com- | différentes, & qu'ils diffé-
| | posé philosophique, appelé | rent en ce que l'alkaest ne
| | par Morien disposition, par | se mêle jamais avec les corps
| | Trévisan poids ou propor- | qu'il dissout, au lieu que le
| | tion, & par d'autres compo- | mercure s'y mêle si intime-
| | sition. C'est le mélange des | ment qu'il ne peut plus en
| | trois principes combinés phi- | être séparé par aucun arti-
| | losophiquement. Philalèthe | fice. Ce dernier Auteur est
| | dans son Vade mecum, dit | singulièrement estimé par les
| | qu'il faut prendre une partie | Alchimistes; ses ouvrages
| | du corps rouge ou blanc, | au nombre de quatre se trou-
| | qui font la fonction de mâle; | vent dans le second volume
| |
@
| DI | DI 115
|
| |
|
| de la Bibliothèque de Chimie | duction des corps en leur
|
| curieuse de Manget. | première matière; c'est-à-
|
| DISSOLUTION. | dire, l'or & l'argent des Phi-
|
| Les Philosophes chimiques | losophes en leur mercure,
|
| n'entendent pas par ce ter- | duquel ils avaient été for-
|
| me la réduction simple d'un | més. Dissoudre & coaguler
|
| corps dur en liquide; mais | deux ou trois fois font toutes
|
| la réduction d'un corps en | les opérations de l'art des
|
| sa première matière; c'est-* | Sages, ou Prêtres de l'E-
|
| à-dire, en ses principes élé- | gypte.
|
| mentés, & non pas élémen- | DISTILLATION (la)
|
| taires; car ils n'ont jamais | est le cinquième degré pour
|
| prétendu réduire l'or, par | parvenir à la transmutation
|
| exemple, en air, eau, terre | des choses naturelles. Plu-
|
| & feu, mais en mercure, | sieurs Chimistes compren-
|
| composé de ces quatre élé- | nent sous le terme de distil-
|
| ments; quoiqu'il participe | lation, l'ascension, la coho-
|
| plus de l'eau & de la terre | bation, l'ablution, la fixa-
|
| que des deux autres, com- | tion & l'imbibition. Cette
|
| me tout le règne minéral. | opération subtilise toutes les
|
| Ils distinguent plusieurs | eaux & les huiles. On tire
|
| dissolutions dans l'opération | par son moyen l'eau des li-
|
| de la pierre philosophale; | queurs & l'huile des corps
|
| l'une imparfaite, & l'autre | gras.
|
| parfaite: la première est celle | La distillation fixe beau-
|
| qui précède la putréfaction; | coup de choses quand elle
|
| parce que la dissolution pro- | est réitérée après la cohoba-
|
| prement dite, ne se fait que | tion des liqueurs sur les fèces.
|
| dans le temps que la matière | Tous les minéraux aqueux
|
| est au parfait noir. Tout leur | se fixent par ce moyen. Elle
|
| oeuvre, disent-ils, consiste | change la nature & les pro-
|
| dans la dissolution & la coa- | priétés des choses, d'amères
|
| gulation réitérées plus d'une | elle les rend douces, & de
|
| fois. | douces amères; cela n'arrive
|
| DISSOUDRE. Réduire | cependant pas toujours.
|
| un corps solide en matière | Distillation, en ter-
|
| liquidé. On appelle aussi | mes de Philosophie chimi-
|
| cette opération, décomposi- | que, ne se dit que par simi-
|
| tion; & en termes propres | litude avec la distillation des
|
| de science Hermétique, ré-* | Chimistes vulgaires, Le vo-
|
| | H ij
|
@
| 116 DI | DI DO
|
| |
|
| latil de leur matière emporte | gure d'un alambic pour dis-
|
| & fait monter avec lui le | tiller en descendant; mais
|
| fixe, ce dernier à son tour | quand il s'agit de science
|
| fait descendre le volatil; & | Hermétique, les termes de
|
| cette circulation, qui se fait | Distiller en montant ou en
|
| dans le vase scellé herméti- | descendant ne doivent s'en-
|
| quement, est proprement la | tendre que de la circulation
|
| distillation philosophique, à | des matières dans le vase
|
| laquelle ils donnent aussi les | scellé.
|
| noms de conversion des élé- | DITALEM. Jupiter des
|
| ments, circulation, cohoba- | Philosophes.
|
| tion, ascension, descension, | DIVISER. V. Cuire
|
| sublimation, &c. qui ne sont | la Matière.
|
| qu'une & même opération | DIVISION. Lorsque les
|
| dans le même vaisseau, sans | Philosophes disent diviser,
|
| qu'on le remue aucunement, | partager en deux ou plu-
|
| depuis que la jonction & le | sieurs parties, il ne faut pas
|
| mélange de l'or a été fait | les entendre d'une division
|
| avec le mercure préparé. | ou séparation faite avec la
|
| Distillation DES SA- | main, mais de celle qui se
|
| GES. Ce n'est autre chose | fait dans le vase, par l'aide
| que la circulation de la ma- | du feu. C'est la putréfaction.
| | tière appelée Rebis. | DOAL. Or hermétique.
| | DISTILLER EN MON- | DOLET. Vitriol rouge,
| | TANT. C'est faire monter | ou colcotar. Rulland. Ou
| les vapeurs des matières au | plutôt la pierre au rouge,
| | chapiteau qui couvre la cu- | qui est le colcotar des Phi-
| | curbite, au moyen du feu | losophes.
| | administré dessous l'alambic. | DON CE'LESTE.
| | Distiller en descendant, c'est | Terme de science Herméti-
| | mettre le feu au-dessus de la | que. C'est la matière du ma-
| | matière; il l'échauffe, raré- | gistère, que Morien appelle
| | fie les vapeurs, qui trouvant | le don de Dieu, le secret des
| | moins de résistance dans le | secrets du Tout-puissant,
| | bas, s'y portent & tombent | qu'il a révélé à ses saints Pro-
| | dans les vases placés des- | phètes, dont il a mis les âmes
| | sous. On appelle cette opé- | dans son Paradis. Entret.
| | ration Distillation contre na- | du Roi Calid.
| | ture. Geber dans son Traité | DONNER un feu doux;
| | des Fourneaux, donne la fi- | c'est-à-dire, administrer
| | |
@
DO DR DR 117
| |
|
| faire un feu doux & lent. | tout venin, & guérit toutes
|
| Donner à boire est la même | morsures de bêtes venimeu-
|
| chose que digérer, faire cir- | ses. Quelques-uns préten-
|
| culer la matière dans le vase, | dent qu'on trouve de ces sor-
|
| de manière qu'après s'être | tes de pierres dans la tête des
|
| élevée en vapeurs, elle re- | serpents, des vipères & au-
|
| tombe sur la terre qui est au | tres reptiles, & qu'elles ont
|
| fond du vaisseau, pour l'a- | la même vertu que les Dra-
|
| breuver. V. Inspirer. | conites.
|
| DORIPE. Nymphe qui | DRAGON. Les Philo-
|
| eut commerce avec Anyé, | sophes chimiques indiquent
|
| fils de Staphyle. Trois en- | assez communément les ma-
|
| fants en vinrent, Oeno, Sper- | tières du grand oeuvre par
|
| mo & Elaïs. Voyez les Fa- | deux dragons qui se combat-
|
| bles Egypt. & Grecques dé- | tent, ou par des serpents,
|
| voilées, liv. 1. ch. 14. §. 2. | l'un ailé, l'autre sans ailes,
|
| DOUBLE (Mercure). | pour signifier la fixité de l'u-
|
| C'est le Rebis, ou le mercure | ne, & la volatilité de l'autre.
|
| des Sages animé par l'or des | Les Egyptiens peignaient
|
| Philosophes. | ces serpents tournés en cer-
|
| DOUCEUR DE SA- | cle, se mordant la queue,
|
| TURNE. C'est la céruse, | pour signifier, dit Flamel,
| selon quelques-uns; & le | qu'ils sont sortis d'une même
| | sel de Saturne, suivant d'au- | chose, qu'elle se suffit à elle-
| | tres. | même, & qu'elle se parfait
| | DOVERTALLUM, ou | par la circulation, indiquée
| | DIVERTALIUM, ou DI- | par le cercle. Ce sont ces
| VERTALLUM. Généra- | dragons que les Poètes ont
| tions des mixtes par la com- | feint être les gardiens du jar-
| | binaison des parties des élé- | din des Hespérides & de la
| | ments. | Toison d'or; Jason, selon la
| | DRACONITES. Pierre | Fable, répandit sur ces dra-
| | que les Anciens disaient être | gons le jus préparé par Mé-
| | formée dans la tête des dra- | dée. Ce sont ces serpents en-
| | gons, d'où on ne pouvait | voyés par Junon au berceau
| | l'avoir qu'en leur coupant la | d'Hercule, que ce Héros,
| | tête pendant qu'on les sur- | encore enfant, déchira. Ce
| | prenait endormis. Elle est, | berceau signifie le berceau
| | selon Rulland & Albert, de | de l'oeuvre ou son commen-
| | couleur blanche, elle chasse | cement. Ce sont ces deux
| | | H iij
| | | |
@
| 118 DR | DR
|
| |
|
| serpents du caducée de Mer- | frère & sa soeur, c'est-à-dire,
|
| cure, avec lequel il faisait | s'il n'est mêlé dans le vase
|
| des choses si surprenantes, | philosophique avec le soufre
|
| & au moyen duquel il chan- | son frère, & l'humeur radi-
|
| geait de figure quand il vou- | cale innée, ou eau mercu-
|
| lait. Flamel dit avoir été dé- | rielle, qui est sa soeur, qui
|
| terminé à peindre les deux | par sa volatilité le rend vo-
|
| matières de l'oeuvre sous la | latil, le sublime, lui fait chan-
|
| figure de deux dragons, par | ger de nature, le putréfie, &
|
| la grande puanteur qu'elles | ne fait plus ensuite qu'un
|
| exhalent, & parce qu'elles | corps avec lui. Quand il
|
| sont un très violent poison; | n'existe plus sous la forme
|
| mais il ajoute que l'Artiste | de terre ou dragon, alors la
|
| ne sent point cette puanteur, | porte du jardin des Hespé-
|
| parce qu'elle est renfermée | rides est ouverte, & l'on
|
| dans le vase. | peut y cueillir sans crainte
|
| Dragon A TROIS | les pommes d'or, de la fa-
|
| GUEULES. C'est le même | çon que l'expliquent les li-
| mercure lorsqu'il est animé, | vres des vrais Philosophes
| | parce qu'il contient alors les | Spagyriques.
| | trois principes chimiques, | Dragon AI^LE'. C'est
| | sel, soufre & mercure. | leur mercure, ou sperme fé-
| | Le Dragon EST MORT. | minin; le volatil de leur ma-
| | Expressions qui signifient la | tière, qui combat contre le
| | putréfaction de la matière, | fixe, & qui doit enfin deve-
| | lorsqu'elle est parvenue au | nir fixe comme lui.
| | noir très noir. | Dragon SANS AILES.
| | Le Dragon gardien du | C'est le sperme masculin, le
| | jardin des Hespérides, re- | soufre, ou le fixe.
| | présente la terre, cette masse | Dragon DE'VORANT
| | informe & indigeste qui ca- | SA QUEUE. C'est la matière
| | che dans son sein la semence | de la pierre lorsqu'elle cir-
| | de l'or, qui doit fructifier par | cule dans le vaisseau philo-
| | les opérations de l'Alchimie | sophique. Les Sages em-
| | représentée par le jardin des | ploient ce terme dans beau-
| | Hespérides. C'est ce dragon | coup de circonstances diffé-
| | représenté si souvent dans | rentes des opérations du ma-
| | les figures symboliques de la | gistère. Lorsqu'il est préparé
| | Philosophie Spagyrique, qui | avant la jonction avec le fixe,
| | ne peut mourir qu'avec son | ils l'appellent Dragon vo-
| |
@
| DR DU | DU EA 119
|
| |
|
| lant, Dragon igné, dont il | DUAMIR. Rullandus dit
|
| faut incorporer le sang avec | que c'est une espèce de ser-
|
| le suc de la Saturnie végéta- | pent qui entre dans la con-
|
| ble. Dragon qui veille sans | fection de la thériaque.
|
| cesse à la garde de la toison | DUDAIM. Mandragore.
|
| d'or, ou de la porte du jar- | DUELECH. Espèce de
|
| din des Hespérides; parce | tartre qui se forme dans le
|
| que le mercure philosophal | corps humain, & s'y pétrifie
|
| étant très volatil, est très | dans quelques-uns en pierre
|
| difficile à endormir, c'est-à-* | spongieuse, particulièrement
|
| dire à fixer; & l'on ne peut | dans les reins & dans la ves-
|
| le faire qu'avec le secours du | sie, & chez d'autres dans la
|
| suc des herbes que Médée | poitrine; c'est pourquoi on
|
| indiqua à Jason. | en a vu qui crachaient des
|
| Dragon DE'VORANT, | pierres.
|
| lorsqu'après avoir été mêlé | DUENECH. Nom que
|
| avec l'or, il le dissout, & le | quelques Chimistes Hermé-
|
| réduit en sa première ma- | tiques ont donné à leur ma-
|
| tière. | tière au noir, qu'ils appellent
|
| Dragon ADOUCI. | encore le Laiton qu'il faut
|
| Mercure doux. Rulland. | blanchir. On le nomme aussi
|
| Les deux Dragons de Fla- | Duenech vert ou Antimoine.
|
| mel, sont le fixe & le vo- | DUENEGE. C'est le
|
| latil. | vitriol.
|
| Le Dragon IGNE' dont | DUENEZ ou DAE-
|
| le sang s'incorpore avec la | NECK. Limaille de fer.
|
| Saturnie végétale, c'est le | DUNEQUER. Borax.
|
| soufre des Philosophes qui | DUZAMA. Ouvrage de
|
| s'unit avec le mercure. | la pierre.
|
| Dragon VOLANT. | DYAMASSIEN ou
|
| Voyez Dragon Ailé. | DIAMASCIEN. Fleur
|
| Le Sang du Dragon. | d'airain.
|
| C'est, chez les Chimistes | E
|
| vulgaires, la teinture d'an- |
|
| timoine. | EACUS ou EAQUE.
|
| Dragon dit simplement. | Un des Juges des En-
|
| C'est le mercure. | fers, fils de Jupiter & d'E-
|
| DRIFF. Van-Helmont a | gire, fille du fleuve Asope,
|
| donné ce nom-là au sable | obtint de son père le repeu-
|
| & à la terre vierge. | plement de son pays dénué
|
| | H iv
|
@
| 120 EA | EA
|
| |
|
| de sujets, qui étaient morts | Eau FE'TIDE. Aqua Foe-
|
| de la peste, en changeant | tida. C'est le mercure phi-
|
| des fourmis en hommes. | losophique.
|
| Voyez l'explication de cette | Eau CORRODANTE.
|
| fiction dans les Fables Egyp- | C'est le vinaigre & toute li-
|
| tiennes & Grecques dévoi- | queur corrosive.
|
| lées, liv. 3. ch. 14 §. 5. | Eau HOLSOBON. C'est
|
| EAU. Les Philosophes | l'eau du sel extrait du pain.
|
| chimiques se servent sou- | Eau DE LIS. Aqua Lilii.
|
| vent de ce terme, non pas | C'est l'eau d'orpiment.
|
| pour signifier l'eau commu- | Eau DE MERCURE.
|
| ne, mais leur mercure. Ils y | C'est le mercure même des
|
| joignent ordinairement quel- | Philosophes.
|
| ques adjectifs, comme | Eau PHILOSOPHIQUE.
|
| Eau CE'LESTE. Aqua | C'est, selon quelques-uns, le
|
| Coelestis. C'est l'eau-de-vie | vinaigre sublimé; selon d'au-
|
| rectifiée, non l'eau-de-vie | tres, l'esprit-de-vin circulé,
|
| ordinaire, mais leur quin- | enfin leur eau permanente &
|
| tessence mercurielle. | mercurielle, qui ne mouille
|
| Eau DU CIEL. Aqua | point les mains.
|
| Coelestina. C'est leur mer- | Eau PALESTINE. C'est
|
| cure même. Quelquefois ils | la fleur d'airain, ou le vert-
|
| entendent par ce mot l'esprit | de-gris.
|
| de vin bien rectifié, parce | Eau DE PLUIE. Aqua
|
| qu'il est d'une nature si lé- | Pluvialis. C'est l'eau douce
|
| gère & si facile à se subli- | commune.
|
| mer, qu'il semble participer | Eau ROUGE. C'est l'eau
|
| de celle du Ciel. Rulland | de vitriol ou de leur soufre;
|
| Eau D'ALREGI. C'est | qu'ils appellent aussi Aqua
|
| l'eau de chaux. | megi, Aqua segi.
|
| Eau DU CERVEAU. | Eau DES PHILOSOPHES.
|
| Aqua Cerebri. En termes de | Voyez Mercure des Phi-
|
| Chimie, c'est de l'huile de | losophes. Quelques Chi-
|
| tartre par défaillance. | mistes ont cru mal-à-propos
|
| Eau D'ELSABON. C'est | que c'était du vinaigre dis-
|
| le sel commun réduit en eau | tillé, d'autres l'eau-de-vie
|
| par l'humidité de l'air. | du vin, ou l'esprit-de-vin
|
| Eau DES FE'CES DU | rectifié, sur ce que Raymond
|
| VIN. C'est l'huile de tartre | Lulle dit que leur quintes-
| par défaillance. | sence est tirée du vin, &
| |
@
| EA | EA 121
|
| |
|
| qu'il l'appelle quelquefois | Chimistes entendent par ces
|
| Vin; mais ils auraient vu | termes, tantôt l'esprit de ni-
|
| leur erreur, s'ils avaient fait | tre, tantôt le sel alcali, &
|
| attention que Raymond Lul- | tantôt l'eau-forte.
|
| le lui-même, dit qu'il ne faut | Eau PERMANENTE.
|
| pas l'entendre à la lettre, & | Nom que les Philosophes
|
| que quand il dit que les Phi- | Hermétiques ont donné à
|
| losophes tirent leur mercure | leur mercure.
|
| du vin, il ne parle que par | Eau VENIMEUSE. Lune
|
| similitude; & que ce mer- | des Sages.
|
| cure, ou eau philosophique, | Eau ARSENICALE. Lion
|
| s'extrait de la mer rouge des | vert des Philosophes. Voyez
|
| Philosophes. Voyez le Tes- | Arsenic.
|
| tament de Raymond Lulle, | Eau ROUGE, Eau SA-
|
| & son traité de la Quintes- | FRANE'E, Eau MORTE.
|
| sence. | Eau du soufre des Philoso-
|
| Eau PURIFIE'E. Ma- | phes.
|
| gistère au blanc. | Eau DES DEUX FRERES
|
| Eau-FORTE. Aqua for- | EXTRAITE DE LA SOEUR.
|
| tis. Les Philosophes Hermé- | C'est le sel armoniac phi-
|
| tiques n'entendent pas par | losophique.
|
| ces termes l'eau-forte com- | Eau-FORTE ou DE SE'-
|
| mune, ni l'eau-régale des | PARATION. Lorsque les
|
| Chimistes ordinaires, mais | Chimistes Hermétiques di-
|
| leur mercure, qui dissout | sent dans leurs écrits, qu'il
|
| tous les corps d'une dissolu- | faut dissoudre tel ou tel corps
|
| tion naturelle, sans corro- | dans l'eau-forte, ils enten-
|
| sion, & sans détruire la se- | dent leur vinaigre très aigre,
|
| mence germinative des mé- | leur eau pontique, leur mer-
|
| taux & des autres corps | cure, & non les eaux-fortes
|
| sublunaires; parce qu'ils pré- | composées par la Chimie
|
| tendent que ce mercure est | ordinaire; parce que les Sa-
|
| le principe de ces mêmes | ges demandent une dissolu-
|
| corps. | tion radicale des corps, &
|
| Eau MARINE, en ter- | non une dissolution impar-
|
| mes de science Hermétique, | faite, telle que celle des
|
| signifie leur mercure; parce | eaux-fortes ou eaux-régales
|
| qu'il est extrait de ce qu'ils | dont on se sert communé-
|
| appellent leur Mer rouge. | ment.
|
| Eau DE NITRE. Les | Eau-DE-VIE. C'est le
|
@
| 122 EA | EA
|
| |
|
| mercure même des Philoso- | eaux-fortes; telles sont les
|
| phes, leur quintessence, & | eaux ou esprits de miel, de
|
| non l'eau distillée du vin. | la corne de cerf, des ani-
|
| Quelquefois ils donnent ce | maux, des plantes mêmes,
|
| nom à des eaux composées | comme le vinaigre distillé,
|
| d'esprit-de-vin & de plusieurs | l'esprit-de-vin rectifié. Les
|
| drogues propres à guérir di- | eaux-fortes sont ordinaire-
|
| verses maladies. | ment composées de miné-
|
| Eau SALMATINE. C'est | raux corrosifs, & ne font ja-
|
| l'eau de mer. | mais une dissolution radi-
|
| Eau SATURNIENNE. | cale. Ce sont des espèces de
|
| Aqua Saturnia. C'est celle | limes qui réduisent les corps
|
| qui contient la nature des | en poudre, mais non en leur
|
| trois premiers principes, telle | première matière.
|
| que celle des bains chauds, | Eau SE'CHE, qui ne
|
| les eaux minérales, qui sont | mouille point les mains. A
|
| naturellement médicinales. | cet égard il faut faire atten-
|
| Quelques-uns entendent par | tion que ceux d'entre les Sa-
|
| Eau Saturnienne, celle qui | ges qui donnent ce nom à
|
| se filtre par les pores de la | leur mercure, suivent la voie
|
| terre, & dont se font les pier- | sèche dans l'opération du
|
| res précieuses transparentes. | magistère; parce que ceux
|
| Rulland. | qui suivent la voie humide,
|
| Eau DE MEGI. Voyez | comme Paracelse, Basile Va-
|
| Eau Rouge. | lentin, &c. appellent leur
|
| Eau DE SEGI. Voyez | mercure Lait de vierge, à
|
| Eau Rouge. | cause qu'il est en liqueur
|
| Eau DISTILLE'E. Les Phi- | blanchâtre, & qui mouille
|
| losophes Hermétiques en- | les mains, au lieu que l'au-
|
| tendent souvent par ces ter- | tre est un mercure coulant,
|
| mes, tantôt de l'eau simple | de la nature du mercure vul-
|
| distillée de quelque matière | gaire.
|
| que ce puisse être, tantôt des | Eau VENIMEUSE, parce
|
| eaux-fortes & de dissolution. | qu'il semble tuer les métaux
|
| Sous les eaux simples distil- | par son venin, en détruisant
|
| lées, ils comprennent cer- | leur configuration extérieure
|
| tains secrets spécifiques pour | & en les réduisant à leur pre-
|
| dissoudre les corps sans cor- | mière matière; ce qu'ils ont
|
| rosion; elles ont plus de feu | dit par similitude avec les
|
| & moins d'acrimonie que les | venins qui tuent le corps hu-
|
@
| EA | EA 123
|
| |
|
| main, après la mort duquel | qu'elle a en effet une odeur
|
| ils le réduisent à ses premiers | de pourriture comme l'assa-
|
| principes, qui est la cendre. | foetida.
|
| Eau DE MER ou Eau | Eau MINE'RALE; parce
|
| SALE'E DES SAGES. Voyez | qu'elle est tirée du règne mi-
| Mercure Chimique. | néral, & qu'elle est métal-
| | Quelques Chimistes pre- | lique.
| | nant ces termes à la lettre, | Eau DE CE'LESTE GRA-
| | ont cru que la matière d'où | CE; parce que la science qui
| | les Sages tirent leur mercure | apprend à extraire ce mer-
| | était l'eau de la mer propre- | cure de sa minière, est un
| | ment dite mais ils doivent | don de Dieu & une faveur
| | avoir appris que les Philo- | céleste.
| | sophes ne s'expriment dans | Eau DES EAUX; parce
| | leurs Livres que par simili- | qu'elle est en effet une eau
| | tude, & par énigmes. | principe qui contient la subs-
| | Eau DE NUE'ES. Voyez | tance des quatre éléments.
| | Mercure. | Eau MONDIFIE'E DE LA
| | Eau-DE-VIE DES PHI- | TERRE; parce que le mer-
| | LOSOPHES. Quelques-uns | cure en est la plus pure par-
| trompés par les expressions | tie. Mais ce nom lui est par-
| | de Jean de Rupe Scissa, & | ticulièrement donné lorsque
| | de Raymond Lulle, qui par- | la matière est parfaite au
| | lent de leur mercure comme | blanc.
| | s'il était extrait du vin, ont | Eau DE VIE DES SAGES
| | cru mal-à-propos que le mer- | se dit aussi de leur élixir par-
| | cure philosophique en était | fait, & dans l'état qu'il doit
| | une quintessence, ou un sel | être pour servir de méde-
| | de tartre; mais ils auraient | cine soit au corps humain,
| | dû faire attention que les An- | soit aux métaux imparfaits.
| | ciens ne connaissaient peut-* | Eau PONTIQUE est en-
| | être pas l'esprit-de-vin, qui se | core un des noms du mer-
| | fait par des distillations qui | cure des Sages, qu'ils ont
| | leur étaient inconnues, & | appelé ainsi à cause de sa
| | qui n'ont été cependant in- | ponticité, qui l'a encore fait
| | ventées depuis, que sur les | nommer Vinaigre très aigre.
| | recettes mal-entendues & | Eau CE'LESTE ELE-&
| | répandues çà & là dans leurs | MENTAIRE; parce que le
| | écrits. | mercure est, selon les Phi-
| | Eau PUANTE; parce | losophes, le fils du Soleil &
| | |
@
| 124 EA | EA
|
| |
|
| de la Lune, & la quintes- | qu'il lui donna. Enchyridion
|
| sence coagulée des éléments. | Physicae.
|
| Eau DE FEU ou IGNE'E; | Eau DORE'E, lorsque le
|
| parce que ce mercure con- | mercure est parfait au rouge.
|
| tient le feu de la Nature, lors- | Eau RADICALE DES
|
| qu'il est animé, & qu'il a | ME'TAUX; parce qu'elle en
|
| alors tout ce qui est néces- | est la racine & le principe.
|
| saire pour être cuit, digéré, | Eau VEGETABLE; c'est
|
| & pour communiquer en- | l'eau-de-vie, ou esprit-de-
|
| suite à l'or une vertu multi- | vin rectifié.
|
| plicative que ce métal n'au- | Eau DE LA MER SALE'E.
|
| rait pas par lui-même | Voyez Urine.
|
| Eau DOUCE, à cause de | Eau DES MICROCOS-
|
| sa propriété pour dissoudre | MES. C'est l'esprit de nitre.
|
| l'or & l'argent sans corro- | Dict. Herm.
|
| sion. | Eau DES EQUINOXES.
|
| Eau SECONDE; parce | C'est proprement la rosée
|
| que le mercure est une es- | du printemps & celle de l'au-
|
| pèce d'eau-forte, mais dou- | tomne, dont les propriétés
|
| ce, & qui dissout les métaux | sont admirables pour la gué-
|
| sans corrosion. | rison de beaucoup de mala-
|
| Eau ANTIMONIALE-* | dies, lorsqu'elles sont tra-
|
| SATURNIALE-MERCU- | vaillées par une main ha-
| RIELLE; parce que l'anti- | bile dans la Spagyrique. Les
| moine participe beaucoup | Philosophes ont donné ce
| | du plomb, appelé Saturne | nom à leur mercure pour
| | par les Chimistes, & qu'ils | tromper les ignorants; quel-
| | disent que leur Mercure est | ques-uns d'entr'eux ayant
| | petit-fils de Saturne. | pris ces expressions à la let-
| | Eau DE BLANCHISSE- | tre, ont cru que c'était la
| | MENT; parce que c'est leur | matière d'où il fallait extraire
| azoth, avec lequel ils disent | le mercure des Sages, & ont
| | qu'il faut blanchir le laiton, | perdu leurs peines & leur
| | & lui ôter son obscurité. | argent.
| | Eau BENITE; parce | Eau EPAISSIE. Mercure
| | qu'ils disent que le secret | des Philosophes, dans son
| | pour faire ce mercure est un | état de conjonction de l'es-
| | don du Ciel, & que c'est | prit avec le corps, ou tel
| | celle que Jacob souhaitait à | qu'il est lorsque les Sages di-
| | Joseph dans la bénédiction | sent que le mercure renferme
| | | |
@
| EA | EA 125
|
| |
|
| tout ce que cherchent les Phi- | Eau E'TOILE'E.
|
| losophes. Quand l'esprit & | Eau FEUILLE'E.
|
| le corps sont réunis, & qu'ils | Eau AZOTHIQUE.
|
| composent ce mercure, on | Eau DE VIE METAL-
|
| ne les distingue plus par des | LIQUE.
|
| noms différents, & l'on ne | Eau PONDEREUSE.
|
| leur donne plus qu'un & seul | Eau DU STYX.
|
| nom de Mercure, parce qu'il | Dans les opérations de la
|
| est alors proprement le mer- | médecine du troisième or-
|
| cure animé, ou mercure des | dre, ils l'ont nommé
|
| Sages. | Eau SULFUREUSE.
|
| Eau QUI BLANCHIT LA | Eau DIVINE.
|
| PIERRE INDIENNE. Ma- | Eau DES NUE'ES.
| gistère au blanc. | Eau VENENEUSE.
| | Eau DE MONDE. C'est | Eau D'OR.
| | le mercure dans l'opération | Eau DU PHLEGETON.
| | de la médecine du premier | Préparation alchimique du
| | ordre, ou la première pré- | tartre. Pl. Campi.
| | paration pour le magistère, | Eau DE CHASTETE'. Eau
| | de même que les eaux sui- | composée dont se servent
| | vantes. | ceux qui veulent garder la
| | Eau E'LEVE'E. | continence avec plus de fa-
| | Eau EXALTE'E. | cilité. On en trouve la re-
| | Eau DE L'ART. | cette dans le livre d'Adrien
| | Eau ARDENTE. | Mynsicht, pag. 286.
| | Eau DE FONTAINE. | Eau DES DAMES ou DE
| | Eau MONDIFIANTE. | FARD, est une eau qui adou-
| | Eau PREMIERE. | cit la peau, la blanchit, &
| | Eau SIMPLE. | donne un teint frais. Voyez
| | Eau DE SANG. | Mynsich, pag. 189.
| | Lorsque les Philosophes | Eau D'AMOUR. Nom
| | ont donné le nom d'Eau à | que Beguin, dans sa Chi-
| | ce mercure dans le temps de | mie, a donné à une eau ex-
| | la seconde préparation ou la | traite du sang humain, au
| | médecine du second ordre, | moyen de laquelle il pré-
| | ils l'ont appelé: | tendait composer un philtre
| | Eau PESANTE. | propre à concilier & conser-
| | Eau DE TALC. | ver l'amour entre les époux.
| | Eau DE VIE. | Eau DE SANTE', est une
| | Eau D'URINE. | eau distillée du sang hu-
| |
@
| 126 EB EC | EC
|
| |
|
| main, des fleurs de chéli- | ou Enigme du Cosmopolite.
|
| doine, du miel vierge, & | ECHEL. Matière de l'oeu-
|
| de plusieurs aromates. Pa- | vre au noir très noir, ou en
|
| racelse appelle cette eau, | putréfaction parfaite.
|
| Baume sur tout autre bau- | ECHIDNA. Femme de
|
| me; & le recommande beau- | Typhon, & mère du dragon
|
| coup dans la Médecine. | Python, qui n'est autre que
|
| EBDANIC. Le Mars | l'anagramme de Typhon;
|
| ou le fer. | elle engendra aussi le dragon
|
| EBEL. Semence de la | qui gardait le jardin des Hes-
|
| sauge, suivant quelques-uns; | pérides, celui qui défendait
|
| & les baies de genièvre, | l'entrée de la forêt de Mars
|
| si nous en croyons Rullan- | où était suspendue la toison
|
| dus. | d'or. Typhon & Echidna
|
| EBISEMET. Randeric. | n'ont engendré que des dra-
|
| EBISEMETH. Matière | gons ou des serpents; ce qui
|
| des Chimistes Hermétiques | a fait croire aux Philosophes
|
| dans le temps de sa putré- | Hermétiques que toutes les
|
| faction. | fables que l'on rapporte sur
|
| ECHENEIS. Petit pois- | le compte des uns & des au-
|
| son de la forme d'une grande | tres, ne sont que des allégo-
|
| limace, lequel, si nous en | ries des opérations de la
|
| croyons Pline le Naturaliste, | pierre philosophale. Echid-
|
| a la vertu d'arrêter subite- | na, selon eux, dénote la
|
| ment les plus gros vaisseaux | substance froide & humide,
|
| qui voguent à pleines voiles, | qu'ils emploient, & qu'ils
|
| dès qu'il s'y attache. Cet Au- | nomment la Lune, la Soeur,
|
| teur dit que Marc-Antoine à | la Femme, la Femelle,
|
| la bataille d'Actium, & Ca- | Beïa, &c. & Typhon est
|
| ligula en éprouvèrent mal- | l'autre partie de leur matière
|
| heureusement les effets. Liv. | qu'ils appellent leur Soleil,
|
| 9. ch. 25. & liv. 32. ch. 1. | le Mâle, le Feu, Gabri-
|
| Quelques Philosophes Her- | tius, Kibrik, &c. mais dans
|
| métiques ont donné le nom | le temps de la putréfaction
|
| d'Echeneis à leur matière | des ingrédients ou principes
|
| fixe, parce qu'elle fixe celle | philosophiques de l'oeuvre.
|
| qui est volatile, en se réu- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| nissant avec elle, pour ne | Grecques dévoilées.
|
| faire plus qu'un corps insé- | Echidna est aussi un
|
| parable. Voyez la Parabole | nom de la vipère femelle.
|
@
| EC ED | ED EG 127
|
| |
|
| ECHIS. C'est la vipère | EDETZ. Or vulgaire
|
| mâle. | préparé hermétiquement.
|
| ECLIPSE DU SOLEIL | EDIC & EDICH. Le
|
| ET DE LA LUNE. Les | Mars, ou le fer.
| Philosophes Chimistes di- | EDIR. L'acier philoso-
| | sent que le Soleil & la Lune | phique, & l'acier fin.
| | sont éclipsés, lorsque leur | EDULCORER. Laver
| | matière est dans une entière | une matière salée, jusqu'à
| | dissolution, & qu'elle res- | en ôter tout le sel. Ce terme
| | semble à de la poix fondue; | vulgairement pris, signifie
| | parce qu'ils appellent leur | aussi adoucir l'âcreté & la
| | matière Soleil & Lune, & | propriété corrosive des sels,
| | que dans l'état de putréfac- | esprits ou autres matières.
| | tion, qui est un état de ténè- | Raymond Lulle a employé
| | bres, leur matière a perdu | plus d'une fois ce terme pour
| | son éclat. | signifier la cuisson ou diges-
| | ECORCE DE LA MER. | tion du mercure des Philo-
| | C'est le vinaigre antimonial | sophes jusqu'à sa fixation.
| | saturnien d'Artéphius, le vi- | EFFERVESCENCE.
| | naigre très aigre des Philo- | Terme de Physique, qui si-
| | sophes, ou leur mercure. | gnifie l'action de deux mix-
| | Ecorce NOIRE. C'est | tes, qui, en se pénétrant,
| | l'écorce de mer en putré- | produisent de la chaleur,
| | faction. | comme il arrive dans pres-
| | ECUME DE LA MER | que tous les mélanges des
| | ROUGE. Matière des Phi- | acides & des alcalis, & la
| losophes préparée pour l'oeu- | plupart des dissolutions mi-
| | vre, ou minière de leur mer- | nérales. Homberg.
| | cure. Flamel est le premier | EFFUSION. Première
| | qui ait donné ce nom à cette | purification de la pierre des
| | minière. | Sages, ou la médecine du
| | Ecume DES DEUX | premier ordre.
| | DRAGONS. C'est la matière | EFFYDES ou EFFI-
| au noir. Quelques Chimis- | DES. Céruse.
| | tes ont donné ce nom au | EGE'E. Fils de Pandion,
| | beurre d'antimoine | Roi d'Athènes, père de Thé-
| | Ecume DE VERRE. Sel | sée qu'il eut d'Ethra. Pour
| | de soude, ou sel qui surnage | remplir les conditions d'un
| | le verre pendant sa fusion. | traité que les Athéniens
| | EDES. Or de Sages. | avaient fait avec Minos,
| | | |
@
| 128 EG | EG EL
|
| |
|
| Roi de Candie, Egée y en- | ils avaient conspiré. Ho-
|
| voyait tous les ans sept jeu- | mère, Iliade, liv. 1.
|
| nes gens qui y devaient com- | Les Dieux lui donnaient le
|
| battre le Minotaure renfermé | nom de Briarée, & les hom-
|
| dans le labyrinthe; le sort | mes celui d'Egeon. Voyez
|
| échut sur Thésée à la qua- | Briarée, Géants.
|
| trième année. II partit avec | EGIALE'E. Frère de
|
| des voiles noires, suivant | Médée, autrement nommé
|
| l'usage; & en cas qu'il revînt | Absyrthe, dont voyez l'ar-
|
| victorieux, Thésée devait | ticle.
|
| substituer des voiles blan- | EGILOPS. Fétu.
|
| ches aux noires lorsque son | EGINE. Fille d'Asope &
|
| vaisseau serait parvenu à la | mère d'Eaque. V. Eaque.
|
| hauteur de l'Attique. Thé- | EGISTHE, fils de
|
| sée oublia de faire ce chan- | Thyeste & de Polopeie sa
|
| gement de voiles, dont il | fille, tua son oncle Atrée,
|
| était convenu avec son pè- | devint amoureux de Cly-
|
| re; celui-ci ayant aperçu | temnestre, & fit mourir Aga-
|
| de loin les voiles noires du | memnon son époux. Oreste,
|
| vaisseau de Thésée, crut qu'il | fils de ce dernier, vengea la
|
| avait péri comme les autres | mort par celle d'Egisthe &
|
| dans le combat du Minotau- | de Clytemnestre. Voyez ce
|
| re; le désespoir le prit, & il | que signifient ces crimes pré-
|
| se précipita du haut du ro- | tendus, dans les Fab. Egypt.
|
| cher où il était, dans la mer. | & Grecq. dévoilées, liv. 3.
|
| Voyez l'explication de cette | chap. 14. §. 4.
|
| fiction dans les Fables Egyp- | EGLE'. L'une des Hespé-
|
| tiennes & Grecques dévoi- | rides, filles d'Hesper. Voyez
|
| lées, liv. 5. ch. 22. & liv. 6. | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| ch. 3. | dévoilées, liv. 2. ch. 2.
|
| EGEON ou BRIARE'E. | ELAIS. Voyez Doripe.
|
| Géant d'une grandeur énor- | ELANULA. Alun des
|
| me, fils du Ciel & de la | Philosophes.
|
| Terre. Les Poètes ont feint | ELAQUIR. Couperose,
|
| qu'il avait cent bras & cin- | ou vitriol vert.
|
| quante ventres; qu'il com- | ELEAGNON. Arbris-
|
| battit contre les Dieux, & | seau appelé Agnus Castus.
|
| les mit en déroute; ce qui | ELECTRE. Les Philo-
|
| les obligea de faire la paix | sophes ont ainsi appelé une
|
| avec Jupiter contre lequel | de leurs matières; Paracelse
|
@
| EL | EL 129
|
| |
|
| la nomme Electre immeur. | Electre. Mélange des
|
| C'est la même qu'Artéphius | sept métaux fondus ensem-
|
| nomme moyenne substance | ble pour n'en faire qu'un
|
| entre la mine & le métal. | même composé. Théophr.
|
| Elle est une chose ni tout-à-* | C'est d'une semblable com-
|
| fait parfaite, ni tout-à-fait | position qu'était faite la clo-
|
| imparfaite. Elle était en voie | chette de Virgile du temps du
|
| de perfection; mais la Nature | Roi Artus, par le son de
|
| ayant trouvé des obstacles | laquelle l'histoire rapporte
|
| dans ses opérations, l'a lais- | qu'il précipitait du haut d'un
|
| sée imparfaite; c'est pour- | pont dans la rivière, tous
|
| quoi les Philosophes disent | ceux qui passaient sur ce
|
| qu'il faut commencer où la | pont, coupables d'adultères,
|
| Nature a fini. Cet Electre | hommes ou femmes. Rull.
|
| est de race de Saturne, c'est | Paracelse rapporte qu'il a vu
|
| pourquoi quelques-uns l'ont | un Espagnol ayant une clo-
|
| appelé Vénus qui a été sur- | chette semblable, sur la-
|
| prise par Vulcain en adul- | quelle il y avait divers ca-
|
| tère avec Mars. D'autres | ractères gravés, & qu'au son
|
| l'ont nommé Diane, parce | de cette clochette l'Espagnol
|
| qu'il a un bois qui lui est con- | faisait paraître & disparaître
|
| sacré. C'est dans cette forêt | des spectres, & d'autres pro-
|
| qu'était suspendue la toison | diges, à sa volonté.
|
| d'or. Il est nommé Electre, | Electre. Fille d'Atlas,
|
| parce qu'il est composé de | l'une des Pleyades. Voyez
|
| deux substances; & Electre | Atlas.
|
| immeur, parce qu'il doit ve- | Il y eut une Nymphe de
|
| nir à sa maturité par les opé- | ce nom, fille de l'Océan &
|
| rations de l'Artiste. Cet Elec- | de Thétis; celle qui fut fille
|
| tre est proprement la Lune | d'Atlas devint mère de Dar-
|
| des Philosophes, qu'ils ap- | danus, par le commerce
|
| pellent quelquefois Eau, | qu'elle eut avec Jupiter.
|
| quelquefois Terre, Plante, | Voyez le liv. 6. des Fables
|
| Arbre, Dragon, Lion vert, | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| Ombre du Soleil, &c. | ELECTRUM SUCCI-
|
| Electre est aussi un des | NUM. C'est, suivant Pla-
|
| noms que les Philosophes | niscampi, une espèce d'am-
|
| Hermétiques ont donné à | bre artificiel, ou matière mé-
|
| leur magistère parvenu à la | tallique composée de quatre
|
| couleur blanche. | parties d'or le plus fin, &
|
@
| 130 EL | EL
|
| |
|
| d'une cinquième d'argent le | physique, ou mathématique.
|
| mieux coupellé. Les vases | Physiquement, en tant qu'ils
|
| qu'on en forme, dit le même | produisent les corps, les
|
| Auteur, manifestent le ve- | nourrissent, les conservent,
|
| nin ou poison qu'on y aurait | ou les détruisent. Ils les con-
|
| versé, mêlé avec quelque li- | sidèrent mathématiquement,
|
| queur que ce soit: cette ma- | en tant qu'ils servent aux usa-
|
| tière fait alors un bruit com- | ges mécaniques, comme à
|
| me si le vase craquait & | brûler le bois, aux impul-
|
| éclatait, & forme une es- | sions, à la navigation, au
|
| pèce d'arc très visible. | mouvement. 4°. Ils le pren-
|
| ELEI ou ELEIXIR. Mé- | nent souvent pour l'essence
|
| decine Hermétique, ou or | & la substance même des
|
| potable. | individus, & pour leur for-
|
| ELEISIR. Elixir philoso- | me; comme l'élément de
|
| phique parvenu au blanc. | Vénus est la substance du
|
| ELEMENT. On a dis- | cuivre, c'est-à-dire, les prin-
|
| puté longtemps sur le nom- | cipes; de même que l'on dit
|
| bre & les qualités des élé- | les Eléments d'une Science,
|
| ments. Les Péripatéticiens | pour dire les Principes de
|
| en admettaient quatre, le | cette Science.
|
| feu, l'air, la terre & l'eau, | Il n'y a point d'élément
|
| auxquels ils attribuaient des | simple; la terre, par exem-
|
| qualités sèches ou humides. | ple, est un composé de ter-
|
| C'étaient, selon eux, des | re, d'eau, d'air & de feu. Il
|
| corps simples, & néanmoins | en est de même des autres
|
| principes de tous les êtres | trois; & on donne à chacun
|
| composés, selon la diversité | le nom de celui qui y do-
|
| de leur mélange. | mine. L'excès y cause de
|
| Les Chimistes prennent | l'altération, & la proportion
|
| ce terme en quatre sens dif- | due du mélange y occasion-
|
| férents. 1°. Dans le sens d'A- | ne du repos. Ils agissent tous
|
| ristote, pour un corps sim- | les uns sur les autres; & si
|
| ple, principe constituant | c'est directement, ils s'altè-
|
| avec le ciel toute la masse | rent. Le feu agit sur l'eau par
|
| du monde. 2°. Pour le prin- | le moyen de l'air, sur la terre
|
| cipe des mixtes, existant en | au moyen de l'eau; s'il y agit
|
| puissance ou en acte dans | immédiatement, il la brûle.
|
| tous les corps sublunaires. | L'air est la nourriture du feu,
|
| 3°. Suivant son existence | l'eau sert d'aliment à la terre,
|
@
| EL | EL 131
|
| |
|
| & tous agissent de concert | ELIDRION. C'est le
|
| pour la formation & la com- | mercure.
|
| position des mixtes. Voyez | ELIDRIUM. Mastic.
|
| le Traité de Physique géné- | ELIOS ou LE SOLEIL.
|
| rale, dans la première partie | Un des huit grands Dieux
|
| des Fables Egypt. & Grecq. | de l'Egypte, suivant Héro-
|
| dévoilées. | dote. Voyez Apollon.
|
| ELEMPTIS. Or ou So- | ELIXIR. (Sc. Herm.)
|
| leil des Sages. | L'élixir n'est autre chose, se-
|
| ELEPHAS SPAGYRI- | lon le bon Trévisan, que la
|
| QUE. Eau-forte. | réduction du corps en eau
| ELERNA. Mine de | mercurielle, & de cette eau
| | plomb. | on extrait l'élixir, c'est-à-
| | ELESMATIS. Plomb | dire un esprit animé. Le ter-
| | brûlé. | me Elixir vient étymologi-
| | ELEUSIS, Roi d'une | quement de E & lixis, c'est-
| | Ville de même nom dans | à-dire, de l'eau; parce que
| | l'Attique, accueillit très gra- | dans l'oeuvre tout se fait avec
| | cieusement Cérès dans le | cette eau.
| | temps qu'elle cherchait sa fille | L'Elixir est la seconde
| | Proserpine que Pluton lui | partie, ou la seconde opéra-
| | avait ravie. Cérès par recon- | tion de l'oeuvre des Sages,
| | naissance, facilita les cou- | comme le Rebis est la pre-
| | ches d'Ione, épouse d'Eleu- | mière, & la Teinture la troi-
| | sis, & se chargea de nourrir | sième. D'où l'on doit con-
| | Triptoleme qu'Ione mit au | clure que l'azoc n'est point
| | monde. Pendant le jour elle | requis pour l'élixir, puisqu'il
| | lui donnait de l'ambroisie, & | se tire de l'élixir même. Il
| | pendant la nuit elle le ca- | y a trois sortes d'élixirs dans
| | chait sous le feu allumé. | le magistère. Le premier est
| | Ayant été découverte, Cé- | celui que les Anciens ont ap-
| | rès se retira, & apprit à Trip- | pelé Elixir des corps. C'est
| | toleme l'agriculture, qu'elle | celui qui se fait par la pre-
| | lui ordonna d'enseigner aux | mière rotation, qui est pous-
| | hommes. C'est dans cette | sée jusqu'au noir. Le second
| | Ville que furent instituées les | se fait par sept imbibitions,
| | fêtes célèbres de Cérès, ap- | jusqu'au blanc & au rouge.
| | pelées Mystères Eleusiens. | Le troisième, appelé Elixir
| | Voyez les Fables Egypt. & | des esprits, se fait par la fer-
| | Grecq. dévoilées, l. 4. c. 2. | mentation. Ce dernier se
| | | I ij
| |
@
| 132 EL | EL
|
| |
|
| nomme aussi Elixir du feu. | mentation causée par la pou-
|
| C'est avec lui que se fait la | dre de projection, qui y sert
|
| multiplication. | comme de levain à la pâte,
|
| Elixir PARFAIT AU | & y occasionne ce change-
|
| BLANC. Termes dont les | ment subit qui du plomb,
| Chimistes Hermétiques se | mercure, cuivre, &c. fait
| | servent pour exprimer l'état | un or vrai, & même plus
| | de leur matière cuite, digé- | parfait que l'or des mines.
| | rée & calcinée à blancheur. | Cet Elixir est aussi mé-
| | Lorsqu'elle est jointe à son | decine pour le corps hu-
| | ferment & qu'elle a atteint | main; Raymond Lulle s'é-
| | ce degré de perfection, elle | tend fort au long sur les pro-
| | convertit en argent tous les | priétés de cette panacée, &
| | métaux imparfaits sur les- | dit avoir été tiré des portes de
| | quels elle est projetée. Elle | la mort par son secours. Her-
| | est alors également méde- | mès l'appelle la Force de tou-
| | cine pour les végétaux & les | te force, & les Alchimistes
| | minéraux; elle est propre à | Or potable, dont voyez l'ar-
| | faire les pierres précieuses, | ticle.
| | les perles. C'est la vraie huile | Elixir COMPLET.
| | de Talc tant vantée des An- | Teinture corporelle extraite
| | ciens. Quelques Philosophes | des corps parfaits métalli-
| | ont prétendu qu'elle était | ques, au moyen d'une vraie
| | aussi médecine pour le corps | dissolution, & d'une natu-
| | humain, mais particulière- | relle & parfaite congélation.
| | ment pour les femmes; par- | D'autres le définissent un
| | ce qu'étant moins ignée que | composé des espèces lim-
| | lorsqu'elle est parfaite au rou- | pides & les plus pures des
| | ge, elle est plus tempérée, | choses, d'où il en résulte un
| | & plus propre aux maladies | antidote ou médecine, qui
| | du sexe féminin. | purge & guérit les animaux
| | Elixir PARFAIT AU | de toutes leurs maladies.
| | ROUGE. Ouvrage de la | Cet Elixir est composé
| pierre poussée à sa perfec- | de trois choses, savoir de la
| | tion. Les Philosophes lui ont | pierre lunaire, de la solaire
| | donné le nom d'Elixir, ter- | & de la mercurielle. Dans la
| | me arabe qui signifie fer- | lunaire est le soufre blanc,
| | ment, parce que dans la | dans la solaire le soufre rou-
| | transmutation des métaux | ge, & la mercurielle con-
| | imparfaits il se fait une fer- | tient l'un & l'autre.
| | |
@
| EL | EL EM 133
|
| |
|
| ELKALEI. Marais, | métiques. Virgile entr'autres
|
| étang, mer des Sages. | en a fait un détail très cir-
|
| ELMANTES. Vers de | constancié dans son récit de
|
| terre. | la descente d'Enée aux En-
|
| ELOANX. Orpiment. | fers. On peut voir l'explica-
|
| ELOME. Orpiment. | tion que j'en ai donnée à la
|
| ELOPITINUM. Vitriol. | fin du 6e livre des Fables
|
| ELOS-MARIS. Plomb | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| brûlé. | ELZARON. C'est le sel
|
| ELPIS. Scorie d'argent. | des Sages, qu'ils appellent
|
| ELPOSILINGI. Ecume | leur corps, leur gomme. Pre-
|
| ou écaille de fer. | nez le corps clair, pris sur les
|
| ELQUALITER. Vitriol | petites montagnes, qui ne se
|
| vert. | fait point par la putréfaction,
|
| ELTZ. Fleurs d'airain. | mais par le seul mouvement.
|
| ELURUS ou le Dieu | Broyez ce corps avec la
|
| Chat. Dieu des Egyptiens. | gomme Elzaron & les deux
|
| Voyez Chat. | fumées. Car la gomme Elza-
|
| ELYSE'ES (les Champs). | ron est le corps qui saisit l'es-
|
| Lieu de retraite & de délices | prit. Marie, Epît. à Aros.
|
| que les âmes des justes al- | ELZIMAR. Fleurs d'ai-
|
| laient habiter après la mort, | rain.
|
| pendant que celles des mé- | EMA. Sang.
|
| chants allaient subir dans le | EMBLEGI. Mirobolants.
|
| Tartare les tourments & les | EMBLE^ME. Les Philo-
|
| supplices auxquels Minos, | sophes Hermétiques se sont
|
| Eaque & Rhadamante les | expliqués plus souvent par
|
| condamnaient. Les Poètes | emblèmes & par énigmes
|
| Grecs & Latins ont tâché de | que dans des discours suivis
|
| nous donner des Champs | & à la portée de tout le
|
| Elysées l'idée la plus flatteu- | monde. D'Espagnet prétend
|
| se, la plus attrayante, & la | même qu'il est plus aisé de
|
| plus aimable. La description | pénétrer leurs pensées & de
|
| qu'ils en font est à peu près | dévoiler leurs sentiments dans
|
| la même que celle de l'île | leurs emblèmes que dans
|
| de Nisa, où ils disent que | leurs écrits. Michel Majer a
|
| Bacchus fut nourri, & celle-* | fait un traité entier d'Emblè-
|
| ci est très conforme à la des- | mes Hermétiques, qui a pour
|
| cription que les Philosophes | titre: Atalanta fugiens. Ce
|
| font de l'île des Sages Her-* | même ouvrage est connu
|
| | I iij
|
@
| 134 EM | EM
|
| |
|
| sous le titre Secretissimorum | par allégories. C'est lui que
|
| Naturae secretorum scruti- | la Fable nous représente sous
|
| nium. D'Espagnet dit qu'on | le voile de la naissance de
|
| y voit les secrets des Adep- | Bacchus, d'Esculape, d'A-
|
| tes presqu'aussi clairement | chille; & la manière de le
|
| représentés que dans un mi- | faire, par le récit de l'éduca-
|
| roir. C'est aux amateurs de | tion que Chiron le Centaure
|
| cette Science à décider si ce | leur a donné. Apollon &
|
| témoignage est mérité. | Diane frères jumeaux, en-
|
| EMBRYON. Les Philo- | fants de Jupiter & de Latone,
|
| sophes chimiques donnent | sont cet embryon devenu en-
|
| aussi ce nom à leur mercure | fant, puis en âge d'homme;
|
| avant qu'il soit extrait de sa | & lorsque la Fable ajoute
|
| minière, & à leur soufre lors- | que Diane servit de sage-*
|
| qu'il n'est pas encore mani- | femme pour mettre au jour
|
| festé. Michel Majer dans ses | Apollon, c'est que le soufre
|
| Emblèmes chimiques les re- | rouge ne doit jamais paraî-
|
| présente sous la forme d'un | tre avant le blanc: ce der-
|
| enfant placé au nombril d'un | nier s'appelle le règne de la
|
| homme qui a les bras éten- | Lune, & l'autre celui du So-
|
| dus, & dont les doigts & les | leil. Ainsi la Fable s'expli-
|
| cheveux brûlent & exhalent | que fort aisément suivant les
|
| une épaisse fumée, avec ces | interprétations des Philoso-
|
| termes au-dessous: Le vent | phes chimiques, comme on
|
| l'a porté dans son ventre. | peut le voir dans les articles
|
| Dans un autre emblème, | Jupiter, Esculape, Apol-
|
| une femme ayant un globe | lon, &c.
|
| au lieu de poitrine, sur le- | EMERAUDE DES
|
| quel s'élèvent deux ma- | PHILOSOPHES. Nom
|
| melles allaite un enfant, | qu'ils ont donné au flos coeli,
|
| qu'elle soutient de la main | & quelques-uns à la rosée
|
| droite, avec ces paroles: La | des mois de Mai & de Sep-
|
| Terre est sa nourrice, le So- | tembre. Ils regardent cette
|
| leil est son père, & la lune | dernière comme le mâle,
|
| sa mère. | parce qu'elle est plus cuite &
|
| Toutes ces expressions doi- | digérée par les chaleurs de
|
| vent être prises à la lettre, & | l'été; & l'autre ils l'appellent
|
| ne sont point énigmatiques. | femelle, parce qu'elle est plus
|
| Mais lorsqu'ils parlent de | froide, plus crue, & qu'elle
|
| leur soufre, ils ne le font que | participe plus de l'hiver.
|
@
| EM EN | EN 135
|
| |
|
| Quelques Chimistes pre- | trême qui lui survient dans
|
| nant ces paroles à la lettre, | cet état de putréfaction.
|
| ont crû que la rosée était la | ENDE'IDE ou EN-
|
| matière dont les Philosophes | DE'IS. Mère de Pelée,
|
| Hermétiques firent leur mer- | père d'Achille. V. Pelée.
|
| cure, parce qu'ils disent sou- | ENE'E, fils de Vénus &
|
| vent dans leurs livres que le | d'Anchyse, fut un des prin-
|
| mercure est mâle & femelle; | cipaux Héros qui défendi-
|
| & se sont imaginés en con- | rent la Ville de Troie con-
|
| séquence que l'union de la | tre les Grecs, qui ne s'en
|
| rosée de Mai avec celle de | rendirent maîtres qu'au bout
|
| Septembre formait le ma- | de dix ans de siège. Enée se
|
| riage si recommandé par les | réfugia en Italie, & pendant
|
| vrais Chimistes. Mais ils au- | son voyage il fit sa descente
|
| raient dû faire attention que | aux Enfers, accompagné de
|
| la matière de leur mercure | la Sibylle, qui lui servit de
|
| doit être minérale, parce | guide. Voyez à la fin du 6e
|
| que d'un boeuf il ne naît | livre des Fables Egypt. &
|
| qu'un boeuf, d'un homme un | Grecques dévoilées.
|
| homme, & que l'on se trom- | ENESTRUM. C'est, dit
|
| perait lourdement si d'un ar- | Planiscampi, le firmament
|
| bre ou d'une plante on vou- | perpétuel aux éléments qua-
|
| lait faire un métal. | druples, ou esprit prophéti-
|
| EMPATER. Congeler, | que, qui par des signes pré-
|
| fixer la matière volatile de | cédents, présage assurément
|
| l'oeuvre des Sages. | le futur.
|
| ENCARIT. Chaux vive; | ENFANT. Les Chi-
|
| mais c'est celle des Philoso- | mistes Hermétiques donnent
|
| phes, & non la chaux avec | assez souvent ce nom à leur
|
| laquelle on bâtit. | soufre, & quelquefois à leur
|
| ENCE'LADE. Géant | mercure. Les quatre enfants
|
| que l'on a souvent confondu | de la Nature sont les quatre
|
| avec Typhon. Il fut fou- | éléments, desquels elle se sert
|
| droyé par Jupiter dans le | pour former tous les êtres
|
| combat des Géants contre | sublunaires. Les Alchimis-
|
| les Dieux. V. Géants. | tes disent que deux de ces
|
| ENCRE. Matière de | éléments sont mâles & deux
|
| l'oeuvre dans le temps de sa | femelles, deux pesants &
|
| parfaite dissolution, ainsi | deux légers. Les Philosophes
|
| nommée de la noirceur ex-* | chimistes trouvent cet en-
|
| | I iv
|
@
| 136 EN | EN
|
| |
|
| fant formé par la Nature, & | ter le degré outre mesure.
|
| tout leur secret consiste à le | On y voit aussi le terme Af-
|
| tirer de sa matrice ou mi- | flamber, dans le même sens.
|
| nière; ils le nourrissent en- | ENGENDREMENT
|
| suite d'un lait qui lui est pro- | ET NOCES. C'est le temps
|
| pre, le même que Thétis | où le volatil & le fixe de la
|
| donnait à Achille, & ils en | matière de l'oeuvre se dissol-
|
| forment leur soufre. Cet en- | vent ensemble, & se réunis-
|
| fant est, selon eux, plus no- | sent pour n'être plus séparés.
|
| ble & plus parfait que ses | De ces deux il s'en forme
|
| père & mère, quoiqu'il soit | par conséquent un troisième,
|
| fils du Soleil & de la Lune, | qu'on dit engendré, parce que
|
| que la Terre ait été sa pre- | les Philosophes donnent le
|
| mière nourrice. | nom de mâle au fixe, & ce-
|
| ENFER. Les Philosophes | lui de femelle au volatil.
|
| Hermétiques appellent de ce | ENGENDRER. Voyez
|
| nom le travail inutile, & | l'article précédent.
|
| pour ainsi dire éternel, des | E'NIGME. Discours allé-
|
| faux Alchimistes, qui sont | gorique, qui sous une enve-
|
| continuellement au milieu | loppe de mots ambigus &
|
| des fourneaux allumés, & | équivoques, renferme un
|
| qui ne voient jamais Dieu, | sens vrai. Les anciens Phi-
|
| quoiqu'ils le désirent sans | losophes ont enseigné leur
|
| cesse; c'est-à-dire, qui ne | Philosophie naturelle & chi-
|
| parviennent point à la per- | mique sous des emblèmes,
|
| fection du grand oeuvre, qui | des figures hiéroglyphiques
|
| leur donnerait tout ce qui | & des énigmes, afin que le
|
| peut satisfaire le coeur hu- | vulgaire & même les sa-
|
| main dans cette vie. Quel- | vants, qui ne seraient pas ini-
|
| quefois ils appellent du nom | tiés dans leurs mystères, n'y
|
| d'Enfer leur matière en pu- | comprissent rien. Les Al-
|
| tréfaction, parce que le noir | chimistes modernes suivent
|
| est l'image des ténèbres, & | en cela les anciens.
|
| que l'Enfer est un lieu de té- | ENNA. Prairies où Pro-
|
| nèbres & d'horreur. | serpine cueillait des narcisses
|
| ENFLAMBER. Vieux | dans le temps que Pluton l'en-
|
| mot que l'on trouve dans les | leva. V. Proserpine.
|
| ouvrages de Flamel & du | ENNEMI. L'un des noms
|
| Trévisan, pour signifier don- | que les Philosophes ont don-
|
| ner trop de feu, en augmen- | né à leur matière au blanc;
|
@
| EN | EN 137
|
| |
|
| mais en général ils ont ap- | science Hermétique. C'est
|
| pelé Ennemis le fixe & le | un reproche que les Philo-
|
| volatil, parce qu'ils sem- | sophes se font les uns aux
|
| blent se combattre perpé- | autres sur le style énigma-
|
| tuellement, au moins jusqu'à | tique, les sophistications &
|
| ce que l'un des deux ait ab- | les allégories qu'ils ont ré-
|
| solument vaincu l'autre, & | pandues dans leurs livres
|
| l'ait rendu de sa propre na- | pour tromper les ignorants.
|
| ture. Quand le fixe a fixé le | Ce terme doit s'entendre
|
| volatil après avoir été lui-* | dans le sens que l'on dit, un
|
| même volatilisé, les Adep- | homme est jaloux de son se-
|
| tes disent qu'ils ont fait la | cret, il le tient caché. Il est
|
| paix entre les ennemis, parce | à remarquer que ceux qui
|
| qu'alors ils deviennent telle- | font de tels reproches aux
|
| ment unis qu'ils sont insépa- | autres Philosophes méritent
|
| rables. | très souvent ce nom à plus
|
| ENTALI. Alun de plu- | juste titre, & dans les en-
|
| me. | droits mêmes où ils parais-
|
| ENTRANT. Qui pénè- | sent parler avec la plus gran-
|
| tre, qui a de l'ingrès. Les | de ingénuité, c'est alors qu'il
|
| Philosophes disent que leur | faut se défier le plus de leurs
|
| poudre de projection est par- | discours. Car toutes leurs re-
|
| faite, lorsque par la cuisson | cettes sont communément
|
| elle est devenue entrante, | ce qu'on appelle de la graine
|
| fondante & tingente; parce | pour les sots; c'est dans les
|
| qu'alors elle a toutes les pro- | endroits les plus obscurs &
|
| priétés requises pour la trans- | énigmatiques que la vérité
|
| mutation. | est cachée. Il faut d'ailleurs
|
| ENVIE. En fait de scien- | savoir qu'ils n'ont presque
|
| ce Hermétique, ce terme ne | jamais tout dit de suite, &
|
| signifie pas jalousie du bien | que le plus grand nombre
|
| d'autrui, & désir de le lui | n'a parlé que de la seconde
|
| enlever, mais une discrétion | opération.
|
| poussée à outrance à l'égard | ENUR. Vapeur de la
|
| du secret de la pierre, c'est-* | terre qui sert de semence &
|
| à-dire, de sa matière & des | de nourriture aux pierres.
|
| procédés qu'il faut tenir pour | EOUS. Un des chevaux
|
| la faire. | du Soleil.
|
| ENVIEUX. Terme fort | EPAPHUS, fils de Ju-
|
| usité dans les ouvrages de | piter & d'Io, eut dispute
|
@
| 138 EP | EP
|
| |
|
| avec Phaëton sur la vérité | EPHIALTE & OTUS.
|
| de sa race; celui-ci piqué, | Deux frères Géants, fils de
|
| voulut lui prouver qu'il était | Neptune; ils firent la guerre
|
| véritablement fils du Soleil, | Dieux. V. Géants.
|
| & pour cet effet demanda | EPHODEBUTS. Quel-
|
| avec beaucoup d'instances à | ques Chimistes ont donné
|
| son père de lui laisser con- | ce nom à leur pierre parfaite
|
| duire son char un jour seule- | au rouge, à cause de la cou-
|
| ment. Il l'obtint; mais mal- | leur de pourpre du vêtement
|
| heureusement pour lui, il le | qui portait autrefois ce nom.
|
| mena si mal qu'il aurait in- | La Fable dit qu'Apollon en
|
| cendié toute la terre, si Ju- | prit un semblable, quand il
|
| piter ne l'avait précipité dans | chanta sur sa lyre la victoire
|
| le fleuve Erydan. Voyez ce | que Jupiter remporta sur les
|
| que signifie cette fiction dans | Géants.
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | EPIPOLAPSIS. Subli-
|
| dévoilées, liv. 3. chap. 12. | mation philosophique.
|
| & suivants. | EPOSILINGI. Mâche-
|
| EPAR. Plusieurs Chi- | fer.
|
| mistes ont donné ce nom à | EPOSILINGUA. Ecu-
|
| l'air. Johnson. | me de fer.
|
| EPE'E. C'est le feu des | EPOUSE. Mercure ou
|
| Philosophes, de même que | eau mercurielle & volatile
|
| la lance, le cimeterre, la | des Philosophes, qu'ils ont
|
| hache, &c. | aussi appelée Soeur, Fem-
|
| EPERVIER. Oiseau de | me, Beja, &c.
|
| proie carnassier & d'une na- | Epouse ENRICHIE DES
|
| ture chaude & ignée. Les | VERTUS DE SON EPOUX.
|
| Egyptiens l'avaient en con- | (Sc. Herm.) Expressions
|
| séquence consacré à Osiris, | dont Salomon s'est servi dans
|
| & les Philosophes Hermé- | le Code de Vérité, pour signi-
|
| tiques l'ont employé dans | fier la pierre au blanc. Sa-
|
| leurs hiéroglyphes pour si- | lomon ajoute, que la puis-
|
| gnifier leur matière fixe so- | sance, l'honneur, la gloire,
|
| laire, qu'ils ont aussi appe- | la force & la royauté lui ont
|
| lée Minière de feu céleste. | été données; que sa tête
|
| EPHESE ou BAIN. Se- | est ornée d'une couronne
|
| conde opération de la pierre, | rayonnante de sept étoiles,
|
| dans laquelle le feu humide | & qu'il est écrit sur ses ha-
|
| dissout le feu sec. | bits: Je suis la fille unique
|
@
| EP ER | ER 139
|
| |
|
| des Sages, entièrement in- | rieux, qu'il porta tout vivant
|
| connue aux fols. | à Eurysthée. Voyez l'expli-
|
| EPOUSER. Action par | cation de cette fable dans
|
| laquelle le fixe & le volatil | l'article Eurysthée.
|
| de la matière des Philoso- | ERYPILE, l'un des Hé-
|
| phes se réunissent insépara- | ros Grecs qui firent le siège
|
| blement. Ces noces se font | de Troie, eut pour sa part
|
| dès le temps de la dissolution, | des dépouilles de cette Ville
|
| & l'union s'achève dans le | un coffre dans lequel était
|
| temps de la fixation. | une statue de Bacchus de la
|
| EPOUX. C'est l'or phi- | main de Vulcain, que Jupi-
|
| losophique. | ter avait donnée à Darda-
|
| EQUIVOQUE. Les | nus. Erypile ayant ouvert
|
| Chimistes Hermétiques se | ce coffre & jeté les yeux
|
| sont appliqués à embrouiller | sur cette statue, devint fu-
|
| le sens de leurs paroles, en | rieux. Dans un de ces mo-
|
| choisissant les termes qui | ments d'intervalle que la fu-
|
| sont susceptibles de divers | reur lui laissait, il alla con-
|
| sens, non pas pour tromper | sulter l'Oracle de Delphes,
|
| & induire en erreur, puis- | qui lui répondit qu'il devait
|
| qu'ils en avertissent le Lec- | s'arrêter dans un lieu où il
|
| teur, mais pour rendre leurs | trouverait des gens prêts à
|
| pensées plus difficiles à pé- | offrir un sacrifice barbare, y
|
| nétrer. | déposer le coffre, & y éta-
|
| EREBE, Dieu né du Ca- | blir son domicile. Erypile
|
| hos & des Ténèbres, épousa | se rembarqua, se laissa aller
|
| la Nuit, & en eut divers en- | au gré des vents, & aborda
|
| fants, Voyez Enfer. | à la côte de Patras, où étant
|
| ERICHTONIUS. Fils | descendu dans le temps qu'on
|
| de Dardanus, Roi de Troie. | allait immoler un jeune gar-
|
| Voyez le livre 6. des Fables | çon & une jeune fille à Dia-
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées. | ne Triclaria, il se présenta
|
| ERIDAN. Fleuve d'Ita- | avec son coffre; on inter-
|
| lie dans lequel Phaëton fut | rompit le sacrifice, & on ou-
|
| précipité, pour avoir mal | vrit le coffre, persuadé qu'il
|
| conduit le chariot du Soleil | y avait dedans quelque Di-
|
| son père. V. Phaëton. | vinité. Ils reconnurent Bac-
|
| ERYMANTHE. Mon- | chus, & instituèrent une fête
|
| tagne d'Arcadie sur laquelle | annuelle en son honneur,
|
| Hercule prit un sanglier fu- | & le nommèrent Bacchus
|
@
| 140 ER ES | ES
|
| |
|
| Esymnete. Erypile guérit de | toute son histoire fabuleuse
|
| sa fureur, & fixa sa demeure | n'est qu'une allégorie des
|
| dans ce pays-là. Voyez les | opérations & de la matière
|
| Fables Egypt. & Grecques, | de la Médecine universelle.
|
| liv. 3. ch. 14. §. 2. & liv. 6. | Sa naissance seule suffirait
|
| ERYX fut vaincu par | pour le prouver; car il est
|
| Hercule. Voyez le livre 5. | dit qu'il fut tiré des cendres
|
| des Fables Egypt. & Grecq. | de sa mère par Mercure, &
|
| dévoilées. | que le père de Coronis s'ap-
|
| ES ou AES, ou AIRAIN. | pelait Phlegye, du grec
|
| Voyez Corps ou Terre | Phlegein, en français Brû-
|
| des Philosophes. Lai- | ler.
|
| ton. | D'ailleurs la Fable dit que
|
| ESCULAPE, fils d'A- | Jupiter eut affaire avec Lato-
|
| pollon & de la Nymphe | ne, d'où naquirent Diane &
|
| Coronis, fille du Roi Phle- | Apollon, & d'Apollon Escu-
|
| gyas, fut tiré par Mercure | lape; parce que la blancheur
|
| du ventre de sa mère après | précède toujours le rouge,
|
| qu'elle eut été tuée par Dia- | après lequel vient Coronis
|
| ne, & consumée sur le bû- | ou le noir, d'où sort ensuite
|
| cher où elle avait été mise. | Esculape ou cette médecine
|
| Il fut nourri par Trigone, & | dorée & universelle dont les
|
| élevé par le Centaure Chi- | effets sont si surprenants tant
|
| ron, qui lui apprit la Méde- | sur les corps humains que
|
| cine dans une perfection si | sur les métaux. Voyez: une
|
| grande, que par son moyen | explication plus étendue de
|
| la Fable dit qu'il ressuscita | cette fiction dans le 3e livre,
|
| Hyppolite dévoré par ses | chap 12. §. 2. des Fables
|
| propres chevaux. Esculape, | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| selon quelques-uns, eut pour | lées.
|
| femme Epione, & pour en- | ESEBON ou ALSA-
|
| fants Machaon & Podalire, | BON. Sel commun.
|
| Jaso & Hygiée. On le re- | ESON, fils de Crethée,
|
| présentait un bâton à la | & frère de Pelias qui le dé-
|
| main, avec des serpents qui | trôna. Eson étant devenu
|
| l'environnaient, & il fut tou- | vieux & caduque, fut rajeuni
|
| jours honoré par les Païens | par Médée que Jason avait
|
| comme le Dieu de la Méde- | amenée avec lui à son re-
|
| cine. C'est pourquoi les Al- | tour de la conquête de la toi-
|
| chimistes prétendent que | son d'or. Voyez les Fables
|
@
| ES | ES 141
|
| |
|
| Egygt. & Grecq. dévoilées, | cure, quoiqu'il soit un corps
|
| liv. 2. ch. 1. | métallique; mais ils appel-
|
| ESPRIT. Les Philoso- | lent esprit tout ce qui n'est
|
| phes Hermétiques n'enten- | pas dur, compacte*, solide;
|
| dent pas par ces termes une | & corps tout ce qui forme
|
| substance immatérielle, mais | une masse coagulée & fixée,
|
| une substance extrêmement | dont les parties sont difficiles
|
| tenue, subtile, pénétrante, | à séparer. Tout ce qui est li-
|
| répandue dans tous les mix- | quide & volatil est esprit,
|
| tes, & spécifiée dans chacun | quand il participe du mer-
|
| d'eux suivant sa nature, ses | cure commun. Tout ce qui
|
| qualités, & le règne de la | est compacte & fixe est
|
| Nature auquel il appartient. | corps. Tels sont les métaux
|
| Ils reconnaissent aussi un | parfaits, & le fixe des im-
|
| esprit universel physique, | parfaits, les sels fixes des
|
| igné, répandu dans tout l'U- | trois règnes. L'âme est le mi-
|
| nivers, qu'il vivifie par son | lieu ou le lien qui lie le fixe
|
| action continuée sans inter- | avec le volatil.
|
| ruption: ils lui donnent le | Les Chimistes ont aussi
|
| nom d'Archée de la Nature, | appelé leur mercure:
|
| & le regardent comme le | Esprit DE MERCURE.
|
| principe indéterminé de tous | Esprit CRU, Esprit
|
| les individus. Voyez les | DU CORPS CUIT, signifient
|
| Principes généraux de Phy- | la même chose que Mercure
|
| sique dans les Fables Egypt. | dissolvant des Philosophes.
|
| & Grecques dévoilées. | Esprit DE VIE, parce
|
| Quelquefois les Chimis- | qu'il vivifie les métaux qui
|
| tes Hermétiques appellent | sont comme morts dès qu'ils
|
| aussi Esprit leur mercure, à | ont perdu, en sortant de la
|
| cause de sa volatilité. Ils don- | mine, cet esprit qui les y vi-
|
| nent encore ce nom à leur | vifiait, & leur donnait une
|
| matière parvenue au blanc. | vertu multiplicative.
|
| Mais communément ils joi- | Esprit DES PHILOSO-
|
| gnent une épithète à ce ter- | PHES, parce que les Sages
|
| me Esprit, comme on peut | seuls ont le secret de le ren-
|
| le voir dans les articles sui- | dre esprit en le délivrant de
|
| vants. | la prison ou corps dans le-
|
| Esprit FUGITIF. Nom | quel la Nature l'avait ren-
|
| que les Philosophes Hermé- | fermé.
|
| tiques ont donné à leur mer- | Esprit UNIVERSEL.
|
@
| 142 ES | ES ET
|
| |
|
| C'est proprement le nitre ré- | ticuliers de chaque règne de
|
| pandu dans l'air, imprégné | la Nature.
|
| de la vertu des astres, & qui | Essatum VINUM. Es-
|
| animé par le feu de la Na- | prit de vin rectifié, au moyen
|
| ture, fait sentir son action | duquel on extrait les teintu-
|
| dans tous les êtres sublu- | res, les odeurs & les essen-
|
| naires. Il est leur aliment, il | ces des corps.
|
| leur donne la vie, & les en- | ESSENCE. Matière des
|
| tretient dans cet état autant | Philosophes parvenue à la
|
| de temps que son action n'est | couleur blanche. Les Adep-
|
| point empêchée par le dé- | tes lui ont aussi donné le nom
|
| faut des organes, ou par la | d'Essence blanche. Voyez
|
| désunion des parties qui les | Quintessence.
|
| composent. | ESSENSIFIER. Cuire,
|
| Esprit VEGETABLE, en | digérer la matière de l'oeu-
|
| termes de Chimie, signifie | vre pour en faire l'essence
|
| soufre. | des Chimistes Hermétiques.
|
| Esprit PUANT. Terme | ESTIBIUM. Antimoine.
|
| de science Hermétique, qui | ESTOMAC D'AU-
|
| signifie la même chose que | TRUCHE. Les Philoso-
|
| soufre philosophique. C'est | phes Chimiques donnent ce
|
| aussi la matière au noir & le | nom à leur dissolvant, ou
|
| mercure en putréfaction. | mercure philosophique; &
|
| Esprit SUBLIME'. Mer- | les Chimistes ordinaires l'in-
|
| cure des Sages extrait de sa | terprètent de l'eau-forte
|
| minière & purifié. | commune.
|
| Esprit DE L'OR, ou | ETAIN. Métal blanc,
|
| OR EN ESPRIT. Mercure | auquel les Chimistes ont
| des Philosophes Herméti- | donné le nom de Jupiter,
| | ques. | fils de Saturne. En termes
| | Esprit DE MIEL. | de Philosophie Hermétique,
| | Glazer dit qu'il réduit tous | c'est la couleur grise, qui
| | les métaux en vitriol, c'est-* | dans les opérations de l'oeu-
| | à-dire, en mercure; mais la | vre, succède immédiatement
| | chose est fausse. | à la couleur noire appelée
| | ESSATTA. Art de tirer | Saturne, ou Laiton qu'il faut
| | les essences des mixtes. | blanchir, Plomb livide, &c.
| | ESSATUM ESSEN- | Etain CALCINE'. C'est
| | TIEL. Vertus, propriétés | la pierre parvenue au blanc,
| essentielles aux mixtes par- | que les Philosophes appel-
| | |
@
| ET | ET 143
|
| |
|
| lent aussi Chaux d'étain, | Ciel sur un char de feu; car
|
| Lune dans son plein, Diane | alors paraîtra la rougeur, qui
|
| nue, &c. L'étain vulgaire a | sera permanente dans toutes
|
| une propriété qu'on ne re- | les révolutions faites par cinq
|
| marque pas dans les autres | cuissons après la vraie blan-
|
| métaux, c'est d'augmenter | cheur.
|
| de poids quand on le calci- | ETHEB. Terme de
|
| ne, au lieu que les autres | Science Hermétique, qui si-
|
| métaux diminuent. On di- | gnifie parfait; ainsi lorsque
|
| rait qu'il absorbe les parties | les Philosophes disent que
|
| ignées des charbons, ou que | leur poudre convertit tant
|
| sa chaux est un aimant de | ou tant de parties de plomb,
|
| l'esprit universel qui se cor- | étain, &c. en étheb, il faut
|
| porifie avec lui. | entendre en or ou en argent,
|
| Etain DES PHILOSO- | qu'ils regardent comme des
|
| PHES, ou leur Plomb blanc. | métaux parfaits.
| C'est leur mercure dépouillé | ETHEL est un des noms
| | de sa noirceur, avant qu'il | que les Philosophes ont don-
| | soit parvenu au blanc par- | né à leur vase ou oeuf des
| | fait. | Sages. Lorsque le corps sera
| | E'TE'. Matière au blanc | réduit en poudre impalpa-
| | ou régime du feu du troi- | ble, il faut le sublimer dans
| | sième degré. Sa complexion | l'éthel, avant de le mêler
| | est ignée. Ce troisième de- | avec notre airain; & ce qui
| | gré fixe le mercure, & sa | empêcherait la teinture &
| | chaleur est semblable à celle | l'ingrès, demeurera au fond
| | du soleil dans le signe du | de l'éthel. Auriga Chemicus.
| | Lion. Il faut le continuer | ETHELIA est, selon les
| | jusqu'au rouge. Lorsque ce | Philosophes Spagyriques,
| | rouge est absolument digé- | cette âme cachée & métal-
| | ré, il est si fixe qu'il ne craint | lique, ou ce soufre de nature
| | plus le feu. Notre Dragon, | concentré dans les métaux
| | dit Philalèthe, est alors dé- | imparfaits, que leur eau mer-
| | coré de toutes les vertus cé- | curielle extrait & sépare des
| | lestes & terrestres. Souve- | impuretés terrestres qui l'en-
| | nez-vous aussi que chacune | veloppent, & qui la tiennent
| | de ces chaleurs doit être le | comme en prison.
| | double de l'autre. C'est dans | Ethelia est aussi un
| | ce régime que les fruits ap- | des noms qu'ils ont donné à
| | paraissent, & qu'il monte au | leur matière en putréfaction
| |
@
| 144 ET EV | EV
|
| |
|
| qui forme ce qu'ils appellent | grand oeuvre des Philoso-
|
| leur Saturne, leurs métaux | phes Chimiques. O bon
|
| imparfaits, leur corps im- | Roi, dit Morien, vous devez
|
| monde, leur laiton qu'il faut | savoir parfaitement avant
|
| blanchir. | toutes choses, que la fumée
|
| ETOILES DES PHI- | rouge, & la fumée blanche,
|
| LOSOPHES. Ils donnent | & la fumée orangée, & le
| communément ce nom aux | Lion vert, & Almagra, &
| | couleurs qui surviennent | l'immondice du mort, &
| | dans le vase pendant les | le limpide, & le sang, &
| | opérations du grand oeuvre. | l'Eudica, & la terre fétide,
| | Mais ils prennent ordinaire- | sont des choses dans lesquel-
| | ment les termes de Planètes | les consiste tout le magistè-
| | & d'Etoiles pour signifier | re. Morien explique dans la
| | leurs métaux; ou les planè- | suite ce que c'est qu'Eudica.
| | tes terrestres, c'est-à-dire les | Eudica, dit-il, est la chose
| | métaux vulgaires. | la plus secrète de toutes cel-
| | Etoile AU COU- | les que je viens de nom-
| | CHANT. Sel armoniac. | mer. On l'appelle autrement
| Etoile DE LA TERRE. | Moszhacumia, ce qui signi-
| | Talc. | fie fèces ou immondices du
| | EVAN. Surnom de Bac- | verre. Il ne faut cependant
| | chus. | pas s'imaginer que Morien
| | EVAPORATION. Sé- | entende par ces termes, les
| | paration des esprits ou ma- | excréments ou superfluités
| | tière spiritueuse des corps, | hétérogènes qui se trouvent
| | par l'action de l'air ou du | dans les creusets des Verre-
| | feu. Le mercure des Sages | ries: c'est la base de tous les
| | a deux taches originelles, dit | êtres, & par conséquent du
| | d'Espagnet; la première est | verre. C'est la pierre au
| | une terre impure, sulfureuse | blanc.
| | que l'on en sépare par le bain | Eudica. (Sc. Herm.)
| | humide; la seconde est une | Eau mercurielle des Philo-
| | humidité superflue qui s'est | sophes, faite pour défendre
| | nichée entre cuir & chair, & | le corps de la terre de com-
| | qui le rend hydropique; il | bustion, ce qui lui a fait don-
| | faut la faire évaporer par le | ner par Morien le nom de
| | bain sec du feu doux & bé- | fiel ou fèces de verre, parce
| | nin de la Nature. | que les fèces de verre mê-
| | EUDICA. Matière du | lées avec les métaux en fu-
| | | sion,
| | |
@
| EU | EU 145
|
| |
|
| sion, empêchent qu'ils ne | mistes Hermétiques à la ma-
|
| soient brûlés. C'est cet Eu- | tière du grand oeuvre parve-
|
| dica qui accoutume la ma- | nue à la couleur blanche.
|
| tière aux atteintes du feu. | EUROPE, soeur de Cad-
|
| C'est ce serviteur rouge qu'il | mus & fille d'Agenor, fut
|
| faut marier avec sa mère odo- | enlevée par Jupiter changé
|
| rante; ce Pyrrhus, fils d'A- | en Taureau blanc. Il en eut
|
| chille, aux cheveux rouges, | Minos & Rhadamanthe.
|
| aux yeux noirs, & aux pieds | Voyez l'explication de cette
|
| blancs. Ce Chevalier armé | fiction, liv. 3. ch. 14. §. 5.
|
| pour combattre le Dragon, | EURYDICE. Voyez
|
| & lui arracher la vierge in- | l'article d'Orphée.
|
| tacte Beja, ou blanche; Per- | EURYSTHE'E, Roi de
|
| sée qui en présentant la tête | Mycènes, ayant obtenu le
|
| de Méduse, défend Andro- | pouvoir de commander à
|
| mede, fille de Cassiope & | Hercule, il l'obligea d'aller
|
| de Céphée Roi d'Ethiopie, | tuer un Sanglier furieux qui
|
| contre le Monstre marin, la | ravageait toute la montagne
|
| délie des chaînes qui la re- | d'Erymanthe; Hercule y
|
| tenaient, & la prend pour | fut, s'en saisit & le porta tout
|
| épouse. | vivant à Eurysthée. Cette
|
| Eudica. Quelques-uns | fable selon l'explication des
|
| croient qu'il faut entendre | Alchimistes ou Philosophes
|
| ce terme de la matière au | Spagyriques, est le symbole
|
| blanc; d'autres, avec le Phi- | du grand oeuvre. Le mont
|
| lalèthe, l'expliquent de la | Erymanthe signifie le vais-
|
| matière en putréfaction. | seau philosophique, qu'ils
|
| EVE. Magistère des Sa- | appellent assez communé-
|
| ges, lorsqu'il est parvenu à | ment Montagne. Le Sanglier
|
| la blancheur. | est le mercure philosophi-
|
| EUPHEMUS. L'un des | que, dont les esprits corro-
|
| Argonautes, & leur Pilote. | sifs détruisent tout ce qu'on
|
| C'est à lui que Triton donna | leur donne à dissoudre. Her-
|
| une motte de terre, dont la | cule est l'Artiste qui travaille
|
| signification est expliquée | ce mercure, le lie en le
|
| dans le liv. 2. chap. 1. des | fixant; & après l'avoir ani-
|
| Fables Egypt. & Grecques | mé de son soufre, en fait la
|
| dévoilées. | pierre philosophale, & la
|
| EUPHRATE est un des | médecine universelle repré-
|
| noms donnés par les Chi-* | sentée par Eurysthée.
|
| | K
|
@
| 146 EU | EU EX
|
| |
|
| Fabri dit que cette fable | vaux d'Hercule expliqués
|
| dévoile ce que les Philoso- | dans le 5e livre des Fables
|
| phes se sont toujours efforcés | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| de cacher, c'est à-dire la ma- | EURYTHUS, Roi
|
| tière de leur pierre, & l'en- | d'Oechalie, avait une fille
|
| droit où l'on doit chercher | vierge qu'il refusa de donner
|
| cette matière. Voici com- | en mariage à Hercule. Celui-
|
| ment il s'explique dans son | ci ravagea toute l'Oechalie,
|
| livre intitulé: Hercules Pio- | tua Eurythus, & se maria
|
| chymicus. Sous cette fable, | avec Iole sa fille. Eurythus,
|
| dit-il, est caché le plus ex- | selon les Alchimistes, signi-
|
| cellent & le plus admirable | fie l'esprit minéral & les par-
|
| secret de la Chimie; car | ties hétérogènes qui noircis-
|
| elle nous découvre ce que | sent & corrompent la ma-
|
| les Philosophes ont enve- | tière chimique qui renferme
|
| loppé du ténébreux voile de | cette terre vierge dont Iole
|
| l'énigme. Elle nous montre | est le symbole. Hercule ou
|
| quel est, & en quel lieu l'on | le mercure philosophique
|
| trouve ce Sanglier d'Ery- | cherche à s'unir avec cette
|
| manthe, qui est le vrai mer- | terre vierge, mais Eurythus
|
| cure des Philosophes; car de | s'y oppose par ses parties hé-
|
| la fleur de Vénus & du mer- | térogènes. Le mercure phi-
|
| cure vulgaire, préparés com- | losophique putréfie Eury-
|
| me il faut, l'on tire cette va- | thus, le tue, pour ainsi dire,
|
| peur onctueuse dont les Phi- | & par ce moyen obtient Iole
|
| losophes font tant de cas. On | par force, s'unit avec elle, &
|
| le voit par le terme d'Ery- | en la sublimant, l'élève au
|
| manthaeus, qui ne signifie | haut du vase, que les Alchi-
|
| autre chose que fleur de Vé- | mistes nomment le Ciel, &
|
| nus; car Erycine était un | en fait une terre feuillée, d'où
|
| surnom de Vénus, & An- | doit naître ce fils admirable
|
| thos en grec, signifie Fleur | qui fait la joie de l'Univers,
|
| en français. Je laisse au Lec- | & sa félicité.
|
| teur savant dans la Philo- | EXALTATION. Voyez
|
| sophie Spagyrique à juger si | Sublimation.
|
| Fabri était Philosophe, ou | Exaltation D'EAU.
|
| s'il en donne à garder, com- | C'est la fixation du mercure
|
| me ces Messieurs ont cou- | des Sages en pierre; parce
|
| tume de faire. On trouve | qu'alors l'eau mercurielle est
|
| cette fable & les autres tra- | exaltée en perfection com-
|
@
| EX | EX 147
|
| |
|
| me dit Hermès dans la Table | feu philosophique, au moyen
|
| d'Emeraude. | duquel une couleur succède
|
| Exaltation. Les Phi- | à une autre. C'est dans ce
|
| losophes Hermétiques com- | sens qu'ils disent, qu'il faut
|
| ptent l'exaltation entre les | extraire la rougeur de la
|
| sept opérations du grand oeu- | blancheur, parce que la blan-
|
| vre; c'est la sublimation phi- | cheur doit toujours précéder
|
| losophique prise dans le sens | la rougeur de la matière:
|
| de sublimation ou perfection. | c'est pourquoi la Fable dit
|
| EXALTER, en termes | que Diane, soeur d'Apol-
|
| de Science Hermétique. Su- | lon, servit de sage-femme à
|
| blimer, perfectionner. Lors- | sa mère, pour lui aider à
|
| que les Philosophes disent | mettre au monde Phoebus,
|
| que leur matière est exaltée, | qui est le même qu'Apollon
|
| il faut entendre, ou qu'elle | ou le Soleil; & que les Phi-
|
| est subtilisée par la sublima- | losophes Chimiques appel-
|
| tion, ou qu'elle a déjà acquis | lent Diane nue, Lune, Or
|
| le degré de perfection qu'elle | blanc, leur matière au blanc
|
| doit avoir pour être élixir au | parfait; & qu'ils nomment
|
| blanc ou au rouge. | Soleil, Apollon ou leur Or,
|
| Exalter. Perfectionner; | la matière parfaite au rouge.
|
| ce qui se fait non par les opé- | Quand on dit qu'il faut com-
|
| rations de la Chimie vul- | mencer l'oeuvre par l'extrac-
|
| gaire, mais par la simple di- | tion du mercure, on doit en-
|
| gestion à l'aide du feu phi- | tendre ce terme dans sa signi-
|
| losophique. Lorsque l'oeuvre | fication vulgaire.
|
| est parfaite, ils donnent à | EXTRAIRE LE SUC
|
| leur poudre le nom de Pierre | DE LA SATURNIE VE'-
|
| exaltée. | GE'TABLE. C'est tirer le
|
| EXCRE'MENT DU | mercure de sa minière.
|
| SUC DU PLAN DE | Extraire LES E'LE-
| BACCHUS. C'est le tartre. | MENTS. Continuer le régime
| EXTRACTION, en | du feu pour les opérations.
| | termes de Chimie Hermé- | Si vous ne savez pas ex-
| | tique, ne signifie pas, comme | traire l'eau de l'air, la terre
| | dans la Chimie ordinaire, | de l'eau, & le feu de la terre,
| | une expression du suc de | vous ne réussirez pas dans
| | quelque plante, ou de quel- | l'oeuvre, dit Aristote le Chi-
| | que animal, &c. mais une | miste. C'est-à-dire, qu'il faut
| | continuation du régime du | continuer les opérations du
| | | K ii
| | |
@
| 148 EX | EZ FA
|
| |
|
| magistère de manière que | & sa parfaite fixation; c'est-
|
| vous réussissiez à voir le ré- | à-dire, le mercure cru &
|
| gime des couleurs dans leur | la poudre de projection.
|
| ordre; d'abord le noir, qui | EYEB. Or.
|
| est une preuve de la disso- | EZEPH. Soleil des Phi-
|
| lution de la matière en eau; | losophes.
|
| ensuite le blanc, qui est la | EZIMAR. Fleurs d'ai-
|
| terre feuillée des Philoso- | rain.
|
| phes; enfin la couleur rou- | F
|
| ge, qui est le feu des Sages |
|
| ou la minière de leur feu, | FABA. Le tiers d'un scru-
|
| c'est-à-dire, leur soufre vif | pule.
|
| & animé. | FABA AGRESTIS.
|
| EXTRE^MES. Les extrê- | Lupins.
|
| mes de l'oeuvre sont les élé- | FABIOLA. Fleurs de
|
| ments principes de tout, & | fèves.
|
| l'or perfection de l'oeuvre. | FABLES. On s'est beau-
|
| Il ne faut point prendre les | coup tourmenté l'esprit pour
|
| éléments ni l'or pour la ma- | trouver des systèmes au
|
| tière de l'oeuvre, mais une | moyen desquels on pût ex-
|
| matière qui participe des | pliquer les Fables anciennes
|
| éléments principes, ou ma- | qu'Homère, Hésiode & plu-
|
| tière seconde des mixtes mé- | sieurs autres nous ont trans-
|
| talliques. De même que pour | mises. Les Mythologues les
|
| faire du pain, on ne prend ni | ont regardées comme des
|
| du pain cuit, ni l'eau & la | leçons de morale, d'autres
|
| terre qui sont les principes | comme des explications de
|
| du froment; mais la farine | physique, quelques-uns n'y
|
| même du froment. | voient que des traits de la
|
| EXTRE'MITE'S DE LA | politique la plus raffinée,
|
| PIERRE. Philalèthe les ap- | quelques autres pensent y
| pelle dimensions, & dit que | trouver l'histoire entière des
| | le mercure en est une & l'é- | temps qu'ils appellent néan-
| | lixir complet l'autre. Les mi- | moins fabuleux, & malgré
| | lieux sont les corps ou mé- | toute la torture que tous ces
| | taux philosophiques impar- | Savants ont donné à leurs
| | faits. Les deux extrémités | esprits, ils n'ont pu réussir à
| | dans l'oeuvre sont la trop | les expliquer de manière à
| | grande crudité de la matière | satisfaire les gens sensés &
| | avant qu'elle soit préparée, | les moins difficiles. Il ne fal-
| |
@
| FA | FA 149
|
| |
|
| lait pour y réussir, que re- | tres sous peine de la vie à
|
| monter jusqu'à la source des | celui qui le révélerait. On
|
| Fables, suivre leur naissance | sait d'ailleurs qu'ils se le
|
| & leurs progrès; on aurait | transmettaient sous le voile
|
| vu que les Fables Grecques | des fables & des hiérogly-
|
| n'étaient qu'une imitation de | phes. En fallait-il davantage
|
| celles des Egyptiens. Les | pour fixer les idées sur l'ob-
|
| plus anciens Auteurs ont eu | jet des fables? Je crois avoir
|
| même soin de nous avertir | prouvé, je dirais même dé-
|
| que Musée, Orphée, &c. | montré que les fables n'en
|
| les avaient puisées en Egyp- | avaient point d'autre, dans
|
| te, & les avaient transpor- | mon traité des Fables Egyp-
|
| tées dans la Grèce. | tiennes & Grecques dévoi-
|
| Le lieu de leur naissance | lées & réduites au même
|
| une fois trouvé, il ne s'agis- | principe. C'est donc dans la
|
| sait plus que de découvrir le | matière & les procédés de
|
| père de tant d'enfants; on au- | cet art Sacerdotal ou Her-
|
| rait vu que ce fut Hermès | métique qu'il fallait chercher
|
| Trismégiste, ce grand hom- | & puiser les explications de
|
| me, cet homme célèbre dont | ces fables, & non dans l'his-
|
| la mémoire sera éternelle- | toire, la morale ou la poli-
|
| ment en vénération. Exami- | tique. Je l'ai fait dans le Traité
|
| nant ensuite quel but il pou- | que je viens de citer, & dans
|
| vait se proposer en les in- | les différents articles de My-
|
| ventant, on aurait trouvé | thologie insérés dans ce Dic-
|
| qu'il avait rassemblé un cer- | tionnaire, où, pour abréger,
|
| tain nombre d'hommes choi- | je me contente le plus sou-
|
| sis de sa main comme capa- | vent de renvoyer au Traité
|
| bles d'être instruits des scien- | ci-dessus.
|
| ces qu'il voulait leur appren- | FACCA DE MALA-
|
| dre, & de garder le secret | QUA. Anacardes.
|
| sur cet art Sacerdotal, qu'il se | FACINUM. Airain.
|
| proposait en conséquence de | FACTION. Action de
|
| leur enseigner par des énig- | faire, manière de procéder à
|
| mes, des paraboles, des al- | une chose. Faction de notre
|
| légories & des fables qu'il | divin oeuvre. Zachaire.
|
| inventa pour cet effet. Pres- | FADA. Matière de l'oeu-
|
| que tous les Auteurs anciens | vre parvenue à la blancheur.
|
| ont parlé de ce secret qui | FAIM DES PHILOSO-
|
| était recommandé aux Prê-* | PHES. Désir ardent d'ap-
|
| | K iij
|
@
| 150 FA | FA FE
|
| |
|
| prendre tout ce qui regarde | au blanc, qui indique le prin-
|
| l'art Hermétique, & les con- | temps philosophique; parce
|
| naissances que l'on peut ac- | que la couleur noire qui la
|
| quérir par son moyen. | précède, annonce la mort
|
| FAISAN D'HERME'S. | du sujet, & le froid de la ma-
|
| Nom que quelques Philoso- | tière qui semble alors dans
|
| phes Chimiques ont donné | l'inaction, comme la Nature
|
| au mercure des Sages, tant | paraît y être pendant l'hi-
|
| à cause de sa volatilité, qu'à | ver.
|
| cause des différentes couleurs | FAUX DE SATURNE
|
| qu'il prend dans le cours des | qui coupe les ailes & les jam-
|
| opérations du grand oeuvre. | bes à Mercure. Expressions
|
| FALCANOS. Arsenic. | des Philosophes, par lesquel-
|
| FALEX. Fer. | les ils entendent la partie fixe
|
| FASDIR ou SASDIR. | de la matière de l'oeuvre qui
|
| Etain, Jupiter. | fixe la volatilité du mercure
|
| FAUFEL. Aréca & Ca- | des Sages. Nicolas Flamel
|
| techu. | nous a conservé une figure
|
| FAULEX. Acier. | symbolique d'Abraham Juif,
|
| FAUNES, qu'on appelle | où Saturne est représenté
|
| aussi Satyres, Sylvains. Ils | sous la figure d'un vieillard
|
| habitaient les bois & les fo- | caduque, la bouche béante
|
| rêts. Voyez ce qu'ils signi- | & une faux à la main, pour-
|
| fient dans l'article de Bac- | suivant Mercure.
|
| chus. | FEBLECH. Fer ou acier
|
| FAVONIUS. Vent qui | des Philosophes.
|
| souffle de l'endroit du ciel où | FEBUS. Enfant vierge
|
| le soleil se couche au temps | FECES. Terme de scien-
|
| des équinoxes. Les Anciens | ce Spagyrique, pris du latin
|
| l'appelaient le Vent de gé- | foeces. Il signifie crasse, lie,
|
| nération & de production, | impuretés, limon, ordure,
|
| le Zéphyr ou Porte de vie | excrément, & les parties les
|
| parce qu'il souffle plus com- | plus grossières, impures &
|
| munément au printemps, lors- | étrangères qui se précipitent
|
| que la Nature semble se re- | au fond des vases, & que
|
| nouveler & prendre une | l'on appelle autrement rési-
|
| nouvelle vie. Les Philoso- | dence, particulièrement lors-
|
| phes Hermétiques ont don- | qu'il s'agit des liqueurs quand
|
| né le nom de Favonius à la | elles se purifient d'elles-mê-
|
| matière de l'oeuvre parvenue | mes, comme le vin.
|
@
| FE | FE 151
|
| |
|
| FECES DU NITRE. | melle, ou androgyne; mais
|
| Salpêtre. | lorsqu'ils parlent en particu-
|
| FECLA. Lie de vin. | lier de femelle, ils entendent
|
| FEDEUM ou FEDUM. | leur mercure, & par mâle le
|
| Safran. | soufre.
|
| FELDA. Argent, Lune | Femelle BLANCHE.
|
| des Philosophes. | C'est le mercure au blanc.
|
| FEL VITRI. Ecume de | FER DES PHILOSO-
|
| verre. | PHES. Magistère parvenu
|
| FEL DRACONIS. | au rouge couleur de rouille
|
| Mercure de l'étain. | de fer, parce qu'alors sa cou-
|
| FEMME. Les Chimis- | leur approche de celle du
|
| tes Hermétiques ont donné | Crocus Martis. On appelle
|
| communément le nom de | cette circonstance de l'oeu-
|
| Femme ou de Femelle à leur | vre le Règne de Mars. Voyez
|
| Lune, ou mercure des Phi- | Règne.
|
| losophes; quelquefois aussi | FERMENT, en termes
|
| à leur matière volatile dans | d'Alchimie, est une matière
|
| tous les états où elle se trouve | fixe, qui, mêlée avec le mer-
|
| pendant le cours des opéra- | cure, le fait fermenter &
|
| tions du magistère. C'est ce | lui donne sa propre nature,
|
| qui la leur a fait personnifier | comme le levain fait à la
|
| pour en composer les an- | pâte.
|
| ciennes fables tant Grecques | Ferment. (Sc. Herm.)
|
| qu'Egyptiennes, dans les- | Il y a plusieurs sortes de fer-
|
| quelles on lui a donné les | ments; les uns sont simples,
|
| noms de Cybèle, Cérès, | les autres composés. Les sim-
|
| Isis, Latone, Coronis, Eu- | ples sont ceux qui sont homo-
|
| rope, Léda, &c. Quand ils | gènes & sans mélanges, tels
|
| l'ont appelée Femme blan- | que les éléments & les âmes
|
| che, ils avaient en vue la cir- | extraites de leurs corps. Les
|
| constance où cette matière | composés sont ceux qui ont
|
| est parvenue au blanc. | été mêlés avec d'autres, tels
|
| Femme DES PHILOSO- | que les corps réduits en na-
|
| PHES. C'est le mercure; & | ture de soufre, & joints avec
| l'homme, ou le mâle, est le | leur huile. Il y a aussi des
| | soufre. | ferments sulfureux des corps
| | FEMELLE. Les Philoso- | imparfaits; on les appelle fer-
| | phes Chimiques disent que | ments moyens. Mais si l'on
| | leur mercure est mâle & fe- | ignore la façon de réduire les
| | | K iv
| |
@
| 152 FE | FE
|
| |
|
| métaux parfaits en leur pre- | mortifier & à endurcir; car
|
| mière matière; c'est-à-dire, | sans cela on ne pourrait la
|
| en leur mercure, on tentera | fixer. La cendre d'argent
|
| en vain de parvenir à la fin | est ferment dans l'oeuvre au
|
| de l'oeuvre, parce qu'on ne | blanc, & la cendre d'or dans
|
| pourra faire ni ferment sim- | l'oeuvre au rouge. L'or &
|
| ple, ni ferment composé, en | l'argent des Philosophes est
|
| quoi consiste le secret de l'é- | leur eau, & cette eau est le
|
| lixir. | ferment du corps; ces corps
|
| Il faut observer de plus | sont leur terre; le ferment
|
| qu'il y a deux sortes de ma- | de cette eau divine est une
|
| tière première: l'une est pro- | cendre, parce qu'elle est fer-
|
| chaine, l'autre éloignée. La | ment du ferment.
|
| prochaine est l'argent-vif, | Il faut donc joindre l'ar-
|
| l'éloignée est l'eau; car l'ar- | gent avec l'argent, & l'or
|
| gent-vif a été premièrement | avec l'or; c'est-à-dire, l'eau
|
| eau, puis terre, ensuite eau, | avec la cendre, ou le fer-
|
| & enfin eau sèche. La ré- | ment avec le ferment. Tout
|
| duction des corps parfaits en | cela s'entend de la médecine
|
| mercure, ou en leur première | du second ordre, qui consiste
|
| matière, n'est qu'une résolu- | à joindre l'humide avec le
|
| tion d'une matière parfaite, | sec, d'abord après leur pré-
|
| fixe, blanche, rouge & con- | paration. L'humide est l'es-
|
| gelée. | prit liquide purgé de toute
|
| Les ferments doivent être | impureté, & le sec est le
|
| très bien préparés avant de | corps pur & calciné.
|
| les employer pour la fer- | Lorsque le magistère est
|
| mentation. Cette prépara- | parvenu à un certain degré
|
| tion consiste à les faire passer | de perfection, il faut y ajou-
|
| par tous les principaux ré- | ter un ferment, qui est l'or,
|
| gimes du magistère; c'est-à-* | afin qu'il change toute la
|
| dire, qu'ils doivent premiè- | matière en sa propre nature,
|
| rement ressembler à de la | & détermine le magistère à
|
| poudre calcinée au moyen | la nature métallique, qui
|
| de la liquéfaction, ensuite | avant ce mélange était in-
|
| devenir une poudre dissoute, | déterminé. Après que ce mé-
|
| puis une poudre congelée, | lange a fermenté, toute la
|
| & enfin une poudre subli- | pierre est tellement fixe,
|
| mée & exaltée. | qu'elle devient ferment, &
|
| Tout le secret consiste à | principe de fixité pour tous
|
@
| FE | FE 153
|
| |
|
| les métaux sur lesquels elle | ces métaux, & confondu
|
| sera projetée. Quand on | avec des parties hétérogè-
|
| veut s'en tenir au blanc, il | nes & terrestres diversement
|
| faut prendre la Lune pour | combinées entr'elles, de ma-
|
| ferment, & bien prendre | nière que la différence des
|
| garde à ne pas s'y tromper. | combinaisons faisait la di-
|
| Quelques-uns donnent le | versité des métaux, dont le
|
| nom de ferment au mercure, | principe est le même, mais
|
| quand on en fait les imbibi- | la cuisson & la digestion dif-
|
| tions pour la multiplication | férentes. Ce ferment ne fait
|
| de la pierre. La pierre phi- | qu'achever & perfectionner
|
| losophale parfaite n'est pro- | en peu de temps cette cuisson,
|
| prement qu'un ferment qui | que la Nature n'aurait pu
|
| se mêle & s'insinue dans tou- | faire que dans la durée de
|
| tes les parties des métaux | plusieurs siècles; & qu'elle
|
| imparfaits sur lesquels on la | n'aurait même jamais fait
|
| projette en très petite quan- | dans les métaux imparfaits,
|
| tité, à proportion du degré | faute d'un agent assez actif
|
| de perfection qu'on lui a | pour en séparer l'impur qui
|
| donné par les opérations réi- | s'y mêle sans cesse par le dé-
|
| térées sur la même matière. | faut de la matière où ils sont
|
| Elle en sépare tout l'impur | renfermés.
|
| & l'hétérogène, & s'appro- | FERMENTATION, en
|
| priant tout ce qui est de sa | terme de Physique, est une
|
| nature, en fait de l'or si le | séparation naturelle de la
|
| ferment est or, de l'argent si | matière sulfureuse d'avec la
|
| le ferment est argent. C'est | saline dans un corps, ou lors-
|
| donc mal-à-propos qu'on dit | que par la jonction de ces
|
| que les Alchimistes cher- | deux matières, il se compose
|
| chent à faire de l'or; la pre- | naturellement un mixte.
|
| mière intention des vrais Phi- | Fermentation. Action
|
| losophes est de trouver un | de l'air sur les mixtes, qui en
|
| remède contre les maux qui | s'y raréfiant, en altère la
|
| affligent la nature humaine; | forme, en désunit les parties
|
| la seconde est de trouver un | sans y produire une dissolu-
|
| ferment, qui, mêlé avec les | tion entière comme la pu-
|
| métaux imparfaits, puisse | tréfaction. La fermentation
|
| manifester ce qu'ils contien- | tient le milieu entre la liqué-
|
| nent d'or, qui avant la pro- | faction & la putréfaction,
|
| jection était renfermé dans | Toutes trois font des effets
|
@
| 154 FE | FE
|
| |
|
| de la raréfaction; mais la pu- | sure que l'air, qui y est en-
|
| tréfaction introduit des par- | fermé, s'y raréfie. On voit
|
| ties aqueuses dans les pores | aussi cette ébullition ou gon-
|
| des mixtes, la fermenta- | flement dans les mélanges
|
| tion des parties aériennes, | des matières minérales. Lors-
|
| la liquéfaction des parties | que, par exemple, on verse
|
| ignées. Il y a trois espèces | de l'huile de tartre sur de
|
| de fermentations; celle qui se | l'alun. La même chose ar-
|
| fait par enflure, gonflement, | rive, si après avoir fait sécher
|
| tuméfaction, ébullition, & | la chaux des métaux faite à
|
| inflammation ou échauffe- | l'eau forte, on jette un peu
|
| ment interne du mixte; la | de cette chaux dans de l'huile
|
| seconde est proprement la | de tartre. Glauber.
|
| fermentation; & la troisième | Les gens qui ferment le
|
| est l'acétification ou aigreur | foin avant qu'il soit bien sec,
|
| survenant au mixte. La pre- | ont, malheureusement pour
|
| mière se voit dans toutes les | eux, une funeste preuve de
|
| enflures qui surviennent aux | cette ébullition ou échauffe-
|
| parties molles des animaux, | ment; le fumier de cheval
|
| quand ils ont pris du venin, | s'échauffe aussi par lui-mê-
|
| ou qu'ils ont reçu quelque | me. Cette ébullition qu'on
|
| coup un peu violent, ou | appelle aussi effervescence,
|
| qu'elle est occasionnée & | est comme une préparation
|
| causée par quelque maladie; | à la fermentation & à la pu-
|
| tels sont les boutons avant | tréfaction.
|
| qu'ils soient purulents, les | La fermentation propre-
|
| bubons, les pustules de la | ment dite, est la raréfaction
|
| petite vérole, des maux vé- | d'un corps dense, par l'in-
|
| nériens, &c. On dit alors | terposition de l'air dans ses
|
| que le sang fermente, & il | pores. Le trop grand froid,
|
| faudrait plutôt dire qu'il y a | la trop grande chaleur, &
|
| ébullition dans le sang. Be- | l'empêchement de l'accès li-
|
| cher. Cette ébullition ou gon- | bre de l'air ou de son action
|
| flement se fait aussi remar- | sont des obstacles à la fer-
|
| quer dans les viandes qu'on | mentation. Elle doit donc se
|
| appelle venteuses, ou fla- | faire dans un vase ouvert,
|
| tulentes, telles que les pois | ou dans lequel il y ait assez
|
| & autres légumes sembla- | de vide pour que l'air puisse
|
| bles; lorsqu'on les fait cuire, | s'y raréfier. Au commence-
|
| on les voit se gonfler à me- | ment de la fermentation le
|
@
| FE | FE 155
|
| |
|
| mouvement du vaisseau y est | l'odeur, & le supplément des
|
| contraire; sur la fin il y aide, | êtres. Et tout cela ne signifie
|
| pourvu qu'il ne soit pas trop | que la réduction de puissance
|
| violent. Lorsque la fermen- | en acte du corps qui donne
|
| tation se fait dans un vase | la teinture & de celui qui la
|
| ouvert, le corps fermenté a | reçoit.
|
| beaucoup moins de force | Si vous ne savez donner
|
| que lorsqu'elle est faite dans | le feu au feu, le mercure au
|
| un vase fermé ou bouché, ce | mercure, vous ne réussirez
|
| que l'on remarque dans les | jamais; c'est en quoi consiste
|
| vins qu'on appelle foux. Le | toute la perfection du ma-
|
| levain fait fermenter la pâte. | gistère & la médecine du se-
|
| L'acétification ou aigreur | cond ordre. Il faut aussi sa-
|
| est le commencement de la | voir que tous les termes ci-
|
| fermentation, comme elle en | après se rapportent à cette
|
| est une espèce quand elle est | médecine; inspirer, vivifier,
|
| complète; & cette aigreur | semer, mettre, mêler, join-
|
| a la raréfaction pour cause. | dre, infuser, incorporer, ma-
|
| L'élévation & évaporation | rier, donner, épouser, fer-
|
| des parties subtiles & sulfu- | menter, tuer, mortifier, con-
|
| reuses des liqueurs est la cau- | geler, fixer & teindre.
|
| se de l'aigreur; & si la fer- | La fermentation est une
|
| mentation se fait dans un vase | des opérations que les Phi-
|
| clos, elle sera beaucoup plus | losophes ont tenu des plus
|
| longue; par cette raison l'ai- | secrètes, & n'en ont parlé
|
| greur en sera plus forte, & | que par énigmes & parabo-
|
| ne succédera à la fermenta- | les fort obscures, afin de ne
|
| tion que lorsque les parties | point en découvrir le secret,
|
| grossières auront enveloppé | lequel si l'on ignore, on tra-
|
| & condensé les parties sub- | vaille en vain. Hermès dans
|
| tiles. Les vins les plus vio- | le 7e livre de ses Traités, en
|
| lents sont les meilleurs pour | parle plus clairement qu'au-
|
| faire le vinaigre. | cun autre Philosophe, lors-
|
| Fermentation. (Sc. | qu'il dit que les ferments sont
|
| Herm.) Philalèthe définit la | composés de leur propre pâ-
|
| fermentation Hermétique, | te; il ajoute ensuite que les
|
| dans la médecine du second | ferments blanchissent le com-
|
| ordre, l'incorporation de ce- | posé, l'empêchent d'être brû-
|
| lui qui anime, la restauration | lé, retardent le flux de la tein-
|
| de la saveur, l'inspiration de | ture, consolident les corps,
|
@
| 156 FE | FE
|
| |
|
| & en augmentent l'union. | La fermentation se fait ainsi,
|
| Ceux qui cherchent le fer- | suivant Philalèthe: Prenez
|
| ment dans les minéraux sont | une partie de ce soufre igné
|
| dans l'erreur. | & trois parties d'or très pur,
|
| Ce que les Philosophes | faites fondre le soleil dans un
|
| appellent proprement fer- | creuset neuf, & quand il sera
|
| mentation est l'opération de | liquéfié, jetez-y votre sou-
|
| l'élixir. Il ne suffit pas pour | fre, prenant bien garde qu'il
|
| parfaire le grand oeuvre, de | n'y tombe aucun charbon.
|
| pousser le magistère au rou- | Quand ils seront fondus en-
|
| ge. La pratique de la pierre, | semble, jetez le tout dans
|
| dit d'Espagnet, s'achève par | un vase de terre, ou dans un
|
| deux opérations; l'une con- | autre creuset, & vous aurez
|
| siste à créer le soufre ou ma- | une masse très rouge & fria-
|
| gistère, l'autre à faire l'élixir, | ble. Prenez une partie de
|
| & ce dernier se fait par la fer- | cette masse en poudre fine,
|
| mentation. En vain tenterait-* | que vous mêlerez avec deux
|
| on la projection, si la pierre | parties de mercure philoso-
|
| n'est fermentée. Le magis- | phique. Mêlez bien le tout,
|
| tère au rouge est un soufre | & l'ayant mis dans l'oeuf,
|
| ou une terre très subtile, ex- | recommencez la première
|
| trêmement chaude & sèche; | opération, avec le même ré-
|
| elle cache dans son intérieur | gime; vous pourrez réitérer
|
| un feu de nature très abon- | cette fermentation, si vous
|
| dant, qui a la vertu d'ouvrir | le voulez.
|
| & de pénétrer les corps des | FERMENTER. Les
|
| métaux, & de les rendre | Philosophes recommandent
|
| semblable à elle; ce qui lui | très souvent de fermenter la
|
| a fait donner le nom de père | matière; mais ils n'enten-
|
| & de semence masculine. | dent pas toujours la même
|
| Mais de ce soufre il faut en | chose. Quelquefois ils par-
|
| créer un second, qui pourra | lent de la fermentation pour
|
| ensuite être multiplié à l'in- | la confection de l'élixir, &
|
| fini. Ce soufre se multiplie | quelquefois de la continua-
|
| de la même matière dont il | tion du régime pour passer
|
| a été fait, en y ajoutant une | d'une couleur à une autre;
|
| petite partie du premier, & | c'est dans ce dernier sens
|
| fermentant le tout avec le | qu'il faut les entendre, lors-
|
| ferment rouge ou blanc, se- | qu'ils disent qu'il faut épais-
|
| lon l'intention de l'Artiste. | sir, teindre & fermenter la
|
@
| FE | FE 157
|
| |
|
| première composition. C'est | de quantité contre quelque
|
| la même chose que semer | corps que ce soit, le pénè-
|
| l'or dans la terre blanche | tre, le traverse, & en désu-
|
| feuillée. Philalèthe l'expli- | nit les parties à peu près de
|
| que ainsi dans son traité | la même manière que nous
|
| De vera Confectione Lapidis | voyons agir le feu ordinaire.
|
| Philosophici. Semez votre | Ces deux feux n'agissent pas
|
| or, dit-il d'après Hermès, | par le même moyen. Le feu
|
| dans une terre blanche feuil- | du soleil agit par lui-même,
|
| lée. Semez, c'est-à-dire, joi- | il est poussé par cet astre seul,
|
| gnez, fermentez; votre or, | il agit également dans le vi-
|
| c'est-à-dire, l'âme & la vertu | de comme dans l'air libre.
|
| tingente; dans une terre feuil- | Notre feu ordinaire n'agit
|
| lée, c'est-à-dire, dans votre | que selon les lois de l'équili-
|
| matière dépouillée de toutes | bre des liqueurs. L'air plus
|
| ses superfluités. | pesant que la flamme, la
|
| FERMER. Coaguler, | pousse selon ces lois, sans
|
| remettre en corps, fixer une | quoi elle serait sans mouve-
|
| matière liquide ou volatile. | ment, & peut-être sans ac-
|
| FERU. Jupiter, ou étain. | tion; car elle ne saurait sub-
|
| FEU, en termes de Phy- | sister ni agir dans un lieu
|
| sique, matière de la lumière. | vide d'air. Les effets de ces
|
| C'est le Feu proprement dit. | deux feux sont en consé-
|
| Le feu ordinaire tel que ce- | quence un peu différents. Un
|
| lui de nos fourneaux & de | métal fondu avec un verre
|
| nos cheminées, est un liquide | ardent, & coagulé après, a
|
| composé de la matière de la | les pores & les interstices
|
| lumière & de l'huile du bois, | plus serrés que le même mé-
|
| du charbon, ou des autres | tal qui aurait été mis en fu-
|
| matières combustibles & in- | sion par notre feu ordinaire,
|
| flammables. | parce que les parties de ce-
|
| Le feu du soleil n'est que | lui-ci qui se sont engagées &
|
| la simple matière de la lu- | qui ont pénétré dans les in-
|
| mière répandue dans l'air, | terstices de ce métal, sont
|
| sans le mélange d'aucune | plus grossières & ont laissé
|
| matière huileuse du bois, ou | des passages plus ouverts.
|
| semblable, poussée par le | De-là vient aussi que les dis-
|
| soleil. Cette matière étant | solvants ordinaires des mé-
|
| réunie par un verre ardent, | taux agissent moins sur ces
|
| & poussée en assez gran- | métaux mis en fusion par le
|
@
| 158 FE | FE
|
| |
|
| feu du soleil, que sur ceux | contient la matière sur la-
|
| qui l'ont été par le feu com- | quelle on opère; tel est le feu
|
| mun. | de fusion, qui est de deux
|
| Feu, en termes de Chi- | sortes:
|
| mie, se dit également de tout | Le feu de charbons & ce-
|
| ce qui fait l'office du feu élé- | lui de flammes. L'un & l'au-
|
| mentaire. Ils le réduisent ce- | tre servent aux fusions, cé-
|
| pendant à plusieurs sortes, | mentations, épreuves, cal-
|
| qui sont: | cinations, réverbères. Celui
|
| Le feu naturel inné dans | de flammes se nomme feu
|
| la matière, dont chaque in- | vif; il sert particulièrement
|
| dividu a une portion, qui agit | pour le réverbère.
|
| plus ou moins, selon qu'il est | Quelques-uns emploient
|
| excité par le feu solaire, ou | aussi des mottes de Tan-
|
| le feu de cendres, qui con- | neurs pour avoir un feu doux
|
| siste à mettre des cendres | & égal.
|
| dans un vase, où l'on met le | Les Philosophes Hermé-
|
| vaisseau qui contient les ma- | tiques ont aussi leur feu, au-
|
| tières sur lesquelles on fait | quel ils donnent des proprié-
|
| des opérations, & l'on en- | tés tout-à-fait opposées au
|
| tretient le feu vulgaire des- | feu élémentaire dont nous ve-
|
| sous, qui échauffe les cen- | nons de parler.
|
| dres, & les cendres le vais- | Riplée distingue quatre
|
| seau avec la matière conte- | sortes de feux: le naturel,
|
| nue. Le feu de cendres a une | l'innaturel, le feu contre na-
|
| chaleur moyenne entre le | ture, & le feu élémentaire.
|
| feu de sable & le bain-marie. | Raymond Lulle ne le divise
|
| Le feu de sable n'est autre | qu'en trois: le feu naturel,
|
| que le sable substitué à la | le non naturel, & le feu con-
|
| cendre. Sa chaleur tient le | tre nature; mais tous disent
|
| milieu entre le feu de sable & | que le feu qu'ils appellent
|
| le suivant. | philosophique n'est pas le feu
|
| Le feu de limailles, que | vulgaire; & que tout le se-
|
| l'on met au lieu de sable, | cret de l'Art consiste dans la
|
| quand on veut avoir une cha- | connaissance de la matière
|
| leur plus vive. Ce feu appro- | de l'oeuvre & dans le régime
|
| che beaucoup de celui qu'on | du feu.
|
| appelle feu ouvert ou feu li- | Pontanus dit qu'il ne se tire
|
| bre, c'est-à-dire, qui agit im- | point de la matière de la pier-
|
| médiatement sur le vase qui | re; qu'il est ingénieux, &
|
@
| FE | FE 159
|
| |
|
| qu'il a travaillé trois ans sur | qu'il est excité par l'exté-
|
| la vraie matière, sans pou- | rieur.
|
| voir réussir, parce qu'il igno- | Ce feu est celui qu'ils ont
|
| rait le feu philosophique, | appelé naturel, parce qu'il
|
| dont il a été instruit par la | est dans la matière; & contre
|
| lecture du livre d'Artéphius, | nature, parce que c'est une
|
| (Clavis major). Christophe | eau qui fait de l'or un esprit,
|
| Parisien, dans son traité de | ce que le feu vulgaire ne sau-
|
| Arbore Solari, fait un paral- | rait faire. Les Philosophes
|
| lèle du feu vulgaire & du feu | nomment aussi feux contre
|
| philosophique, où il en mar- | nature toutes les eaux-fortes
|
| que toutes les différences. | vulgaires, par opposition à
|
| Bernard Comte de la Mar- | leur eau qui vivifie tout, au
|
| che Trévisanne, connu sous | lieu que les eaux-fortes dé-
|
| le nom du Bon Trévisan, dit | truisent la nature.
|
| dans son traité de la Parole | Le feu des Sages se gradue
|
| délaissée: Faites un feu non | comme celui des Chimistes
|
| de charbons, ni de fient, mais | vulgaires, mais d'une ma-
|
| vaporant, digérant, conti- | nière bien différente. Le pre-
|
| nuel, non violent, subtil, en- | mier degré est celui du so-
|
| vironné, environnant, ae- | leil en hiver, c'est pourquoi
|
| reux, clos, incomburant, al- | ils disent qu'il faut commen-
|
| térant. | cer l'oeuvre sur la fin de l'hi-
|
| Pontanus dit que ce même | ver; le second est celui d'A-
|
| feu est métallique & qu'il | ries ou du printemps; le troi-
|
| participe du soufre. | sième est celui du mois de
|
| Il faut distinguer chez les | Juin; & le quatrième celui
|
| Sages deux sortes de feu, le | du mois d'Août. Ils ont don-
|
| feu inné de la matière, & le | né divers noms à ces degrés
|
| feu externe & excitant. Ils | de feu: Feu de Perse, Feu
|
| donnent aussi le nom de feu | d'Egypte, Feu des Indes, &c.
|
| à leur mercure ou eau cé- | Ils semblent même se con-
|
| leste; & quand ils partent de | tredire ouvertement entre
|
| ce dernier, ils disent comme | eux. Lorsque l'un dit, il faut
|
| Van-Helmont: les Chimistes | augmenter le feu à chaque
|
| vulgaires brûlent & calcinent | mutation de couleurs (Arn.
|
| avec le feu, & nous avec l'eau. | de Villeneusve); l'autre dit,
|
| C'est ce feu en puissance qui | il faut toujours un feu du
|
| ne brûle pas les mains, & qui | même degré. Mais on doit
|
| manifeste son pouvoir lors- | savoir que l'un parle du feu
|
@
| 160 FE | FE
|
| |
|
| extérieur, & l'autre du feu | lent les Philosophes pour
|
| interne. | s'accommoder à la manière
|
| Chaque règne de la Na- | de penser & d'agir des Chi-
|
| ture a son feu analogue, dont | mistes vulgaires, il est bon
|
| il faut faire usage dans les | d'avertir qu'il ne faut pas se
|
| opérations philosophiques. | laisser tromper par leur in-
|
| Lorsqu'ils se servent du ter- | génuité apparente sur cet ar-
|
| me Popansis, ils entendent | ticle, & quoique Basile Va-
|
| la coction qui mûrit la ma- | lentin nous dise que le feu
|
| tière par la chaleur naturelle; | des Philosophes est le feu
|
| Epsesis ou Elixation, c'est | vulgaire, on ne doit cepen-
|
| par leur mercure & leur cha- | dant l'entendre que du feu
|
| leur humide; Opsesis ou As- | commun à tout le monde,
|
| sation, c'est la coction qui | c'est-à-dire, du feu de la Na-
|
| se fait par la chaleur sèche. | ture qui est répandu dans tous
|
| Gaston le Doux. | les individus, & qui leur
|
| Feu DE SUPPRESSION | donne la vie. Il est aisé de
|
| ou AZOTIQUE. C'est celui | s'en convaincre quand on suit
|
| qui environne tout le vais- | les Philosophes pas à pas, &
|
| seau. | qu'on les lit avec attention;
|
| Feu MATE'RIEL. C'est | deux exemples suffiront pour
|
| celui de cendres. | cela. D'Espagnet dit, en par-
|
| Feu VE'GE'TAL. C'est le | lant de l'extraction du mer-
|
| tartre. | cure des Sages: Plusieurs ont
|
| Feu INFERNAL. C'est un | cherché notre mercure dans
|
| lieu médiocrement chaud. | le vitriol & le sel, quelques-*
|
| Feu AZOTIQUE. Voyez | uns dans la matière du verre,
|
| Feu de Suppression. | parce qu'elle a une humeur
|
| Feu SECRET. C'est ce- | radicale si opiniâtrement at-
|
| lui du mercure des Sages. | tachée & adhérente aux cen-
|
| Feu HUMIDE. C'est | dres, qu'elle ne cède qu'à la
|
| l'azoth. | plus grande violence du feu;
|
| Feu DIT SIMPLEMENT. | mais notre mercure se mani-
|
| C'est le soufre. | feste par le doux feu de la
|
| Feu ET EAU. C'est le sou- | Nature, qui a la vérité agit
|
| fre & le mercure. | beaucoup plus lentement. Il
|
| Feu CENTRAL. C'est le | ajoute même: Fuyez le fra-
|
| soufre de la matière. | tricide, fuyez le tyran du
|
| Après avoir rapporté quel- | monde, de qui il y a tout à
|
| ques-uns des feux dont par-* | craindre dans tout le cours
|
| | de
|
@
| FE | FE 161
|
| |
|
| de l'oeuvre. Philalèthe s'ex- | propre à mêler les matières
|
| plique ainsi, dans son ou- | & à exclure le froid.
|
| vrage qui a pour titre; Enar- | Feu ARTIFICIEL. C'est
|
| ratione methodica trium Ge- | le mercure dissolvant des Phi-
|
| bri medicinarum, feu de vera | losophes.
|
| Lapidis philosophici confec- | Feu CORRODANT. Mer-
|
| tione. Après avoir parlé des | cure dissolvant des Sages.
|
| différents régimes qu'on doit | Feu CONTRE NATURE.
|
| observer pendant les quatre | C'est le même que Feu cor-
|
| saisons philosophiques, on | rodant.
|
| voit clairement par ce que | Feu HUMIDE. Voyez
|
| nous venons de dire, que | Feu Artificiel.
|
| quoiqu'il n'y ait qu'une seule | Feu. Très souvent les
|
| opération pour la confection | Chimistes donnent ce nom
|
| de notre pierre, savoir une | aux huiles, & aux liqueurs
|
| seule décoction avec le feu na- | fortes, ardentes & brûlantes.
|
| turel, l'état de la chaleur va- | Le Feu de Venus est l'huile
|
| rie cependant de trois ma- | extraite du soufre du cuivre.
|
| nières. | On l'appelle aussi Etre ou
|
| Il est bon de remarquer | Essence de Vénus.
|
| qu'il y a un feu extérieur ex- | Feu. (Sc. Herm.) Mer-
|
| citant, c'est-à-dire, que la | cure des Sages. Il faut l'en-
|
| matière doit être conservée | tendre aussi de la matière au
|
| dans un degré de chaleur | noir. Feu étranger, Feu de
|
| continuelle; mais que ce feu | charbons, Feu de fumier, Feu
|
| ne doit être, comme le dit le | innaturel, Feu de putréfac-
|
| Trévisan, qu'un garde froi- | tion. Toutes ces expressions
|
| dure; & l'Auteur du Grand | sont allégoriques, & Phila-
|
| Rosaire recommande un feu | lèthe dit qu'elles ne signifient
|
| extérieur d'une chaleur si | autre chose que la matière
|
| tempérée, qu'elle ne doit | des Philosophes poussée au
|
| point excéder la chaleur in- | noir.
|
| térieure de la matière. | Feu SAINT-ANTOINE.
|
| Que l'on fasse donc un feu | Quelques Chimistes se sont
|
| administré proportionnelle- | encore servi de ces termes
|
| ment à celui de la Nature, | pour exprimer la chaleur na-
|
| un feu subtil, aérien, clos, en- | turelle. Johnson.
|
| vironné, persévérant, cons- | Feu E'TRANGER. Mer-
|
| tant, évaporant, digérant, | cure des Sages après la réu-
|
| humide, pénétrant, altérant, | nion du corps & de l'esprit,
|
| | L
|
@
| 162 FE | FE
|
| |
|
| Feu INNE'. Voyez Feu | lorsqu'on ensevelit le vase
|
| Etranger. | dans du charbon, de ma-
|
| Feu HUMIDE, s'entend | nière qu'il en soit environné
|
| aussi de la chaleur du fumier | dessus, dessous & par les cô-
|
| & du bain de vapeur. Il se | tés. On l'allume peu à peu
|
| prend quelquefois pour le | dessous, & on l'entretient
|
| Bain-marie. | lorsque les charbons sont
|
| Feu DE PUTRE'FAC- | tous enflammés, en y ajou-
|
| TION. V. Feu Humide. | tant de nouveaux à mesure
| Feu DE FIENT ou DE | que les autres se consument,
| | FUMIER. C'est lorsqu'on | si l'opération le demande.
| enterre le vase où est la ma- | Feu LIBRE est celui
| | tière dans du fumier chaud | dont la chaleur frappe im-
| | de cheval. Cette chaleur est | médiatement la matière ou
| | d'un grand usage pour la di- | le vaisseau qui contient cette
| | gestion des matières, & leur | matière. C'est en quoi il dif-
| | putréfaction. | fère des bains.
| | Feu DIGE'RANT. Cha- | Feu EMPE^CHE' ou DE
| | leur douce, soit sèche, soit | MILIEU, est celui qui ne se
| | humide, à laquelle on expose | fait sentir à la matière, ou au
| | la matière qu'on veut faire | vase qui la renferme, qu'au
| | digérer, renfermée dans un | moyen d'un autre vase dans
| | vaisseau clos ou non. | lequel celui-ci est contenu.
| | Feu DE CHARBONS. | Les bains de sables, de cen-
| | C'est lorsqu'on met la ma- | dres, &c. sont des Feux de
| | tière seule, ou dans un vase, | milieu, ou empêchés.
| | sur des charbons allumés. | Feu DE NATURE. Ra-
| | Feu DE FLAMMES. Cha- | cine ou principal ingrédient
| | leur la plus violente de tou- | du composé philosophique.
| | tes, particulièrement si on | Riplée l'appelle Père du troi-
| | l'excite avec des soufflets. | sième menstrue. C'est propre-
| | C'est lorsqu'on expose la ma- | ment le soufre mûr & digéré
| | tière nue, ou dans un vase, | de l'or des Sages.
| | à l'ardeur de la flamme. Elle | Feu DE LA TERRE. C'est
| | est d'usage pour les calcina- | le soufre ou phlogistique.
| | tions, fusions des matières | Feu CONTRE NATURE.
| | dures & compactes. Elle est | C'est un des principes maté-
| | la plus usitée pour le réver- | riels du composé des Philo-
| | bère. | sophes. C'est par la réunion
| | Feu DE ROUE. C'est | de ce feu avec celui de na-
| | |
@
| FE | FE 163
|
| |
|
| ture qu'il en résulte un troi- | est le feu de lampe, qui est
|
| sième appelé Feu innaturel. | un feu continuel, humide,
|
| Feu INNATUREL. Ré- | vaporeux, aérien, & il y a
|
| sultat de la réunion du feu | de l'artifice à le trouver. Il
|
| de nature & du feu contre | s'explique peu après en ces
|
| nature des Philosophes. Ce | termes: Le second est le feu
|
| feu innaturel est la cause de | de cendres..... ou, pour
|
| la putréfaction, de la mort | mieux dire, ce feu est cette
|
| du composé, & de la vraie | chaleur fort douce, qui vient
|
| & parfaite solution philoso- | de la vapeur tempérée de la
|
| phique. Ces feux ne sont | lampe. Philalèthe le dit en-
|
| donc point, comme les Phi- | core plus clairement, dans
|
| losophes l'assurent avec rai- | son traité qui a pour titre:
|
| son, un feu de charbons, de | Manuductio ad rubinum Coe-
|
| cendres, de sable ou de lam- | lestem. Notre eau, dit-il, n'est
|
| pe, & ce sont proprement | pas le mercure vulgaire, c'est
|
| ce feu de nature, &c. qu'ils | une eau vive, claire, bril-
|
| appellent leur Feu secret, | lante, blanche comme la nei-
|
| leur Feu philosophique. C'est | ge, chaude, humide, aérien-
|
| de ces feux qu'il faut enten- | ne, vaporeuse & digérante.
|
| dre tout ce qu'en ont dit Ar- | C'est cette chaleur de la
|
| téphius, Pontanus, Riplée | lampe qui étant administrée
|
| & tous les autres Philoso- | avec douceur, & étant tem-
|
| phes; & lorsque Pontanus | pérée, entourera la matière
|
| dit qu'il se tire d'ailleurs que | & la cuira, jusqu'à ce que
|
| de la matière, il faut l'enten- | par la calcination, elle pro-
|
| dre du feu de nature miné- | duise le feu de cendres. C'est
|
| ral & sulfureux qui se trouve | dans ces feux que le vase est
|
| dans le principe essentiel, | scellé hermétiquement. Cet-
|
| dont le poids de la matière | te eau est notre vase, & dans
|
| n'est pas augmenté. | elle se trouve notre fourneau
|
| Feu DE LAMPE. Eau ou | secret, la chaleur duquel doit
|
| mercure des Philosophes, & | être modérée & administrée
|
| non le feu d'une lampe or- | en proportion géométrique
|
| dinaire, comme quelques-* | pour que l'oeuvre réussisse.
|
| uns l'ont conclu des paroles | Feu DE CENDRES. Se-
|
| d'Artéphius, lorsqu'il dit: | cond feu requis, selon Ar-
|
| Nous avons proprement trois | téphius, pour la perfection
|
| feux, sans lesquels l'art ne | du magistère. Mais on ne
|
| peut être parfait. Le premier | doit pas l'entendre du feu de
|
| | L ij
|
@
| 164 FE | FE
|
| |
|
| cendres de bois ou autre ma- | jusqu'à ce que la matière ne
|
| tière, tel qu'est le feu de cen- | distille plus rien.
|
| dres des Chimistes. Les Phi- | Feu DE REVERBERE.
|
| losophes Hermétiques l'en- | Voyez Réverbère.
|
| tendent de la vapeur douce, | Feu DE GE'NE'RATION.
|
| tempérée du Feu de lampe, | C'est le feu philosophique.
|
| dont voyez l'article. | Feu CE'LESTE. C'est le
|
| Feu EXTERNE. Le feu | mercure des Philosophes,
|
| des Philosophes qu'ils appel- | quand il s'agit de Science
|
| lent externe, ne s'entend pas | Hermétique. En Physique,
|
| du feu extérieur, mais du feu | c'est le feu solaire.
|
| étranger à celui de la matière | Feu CE'LESTE ENCLOS
|
| du magistère. C'est de ce feu | DANS UNE EAU. C'est le
|
| externe qu'ils parlent, lors- | mercure philosophique.
|
| qu'ils disent qu'il faut donner | Feu DRAGON. Voyez
|
| le feu au feu, & le mercure | Feu Céleste. On l'ap-
|
| au mercure. Ce que Majer | pelle Dragon, parce qu'il
|
| a représenté dans ses Emblè- | dévore tout ce qui est cor-
|
| mes, par un homme tenant | rompu.
|
| un flambeau allumé qu'il ap- | Feu DE LA MATIERE
|
| proche d'un feu allumé dans | est ce qu'ils ont appelé leur
|
| une forge, & par un Dieu | Or vif, leur Feu secret & leur
|
| Mercure qui va joindre un | Agent, &c.
|
| autre Mercure. Ce feu est | Feu DE LION. C'est
|
| appelé par quelques-uns | l'élément du Feu, appelé
|
| Feu occasionné, Ignis occa- | Aether.
|
| sionatus. Ce feu sert aussi de | On distingue ordinaire-
|
| nourriture à l'Enfant philo- | ment dans le feu quatre de-
|
| sophique. | grés de chaleur. Le premier
|
| Feu ALGIR, en termes | est celui du bain, du fumier,
|
| d'Alchimie, est le feu le | ou de digestion. C'est le plus
|
| plus vif qu'on puisse avoir. | doux, & ce que nous appe-
|
| Feu E'LEMENTAIRE est | lons tiède. Il se connaît par
|
| quelquefois pris par les Chi- | le tact, & par les effets. Il
|
| mistes pour le soufre. Rull. | faut pour le tact, que la main
|
| Feu SANS LUMIERE. | puisse soutenir l'effet du feu
|
| C'est le soufre des Philoso- | sans une sensation vive; elle
|
| phes. | ne doit faire qu'une douce
|
| Feu DE CHASSE. C'est, | & légère impression. Le feu
|
| en Chimie, un feu continué | vaporeux des Philosophes est
|
@
| FE | FE 165
|
| |
|
| de ce genre; ils le compa- | taux. Lorsqu'on dit aussi que
|
| rent à la chaleur qu'éprou- | le premier degré est celui du
|
| vent les oeufs lorsque la poule | bain d'eau, il faut encore
|
| les couve, ou à celle que | faire attention que l'eau s'é-
|
| l'on sent lorsqu'on applique | chauffe par différents degrés,
|
| la main sur la peau d'un | le premier est lorsqu'elle
|
| homme sain. | commence à tiédir, le se-
|
| Le second degré est celui | cond quand elle fume & se
|
| du bain de cendres; il est | fait notablement sentir, le
|
| plus vif que celui du bain | troisième lorsqu'elle altère
|
| d'eau tiède, ou du bain va- | les organes, & le quatriè-
|
| poreux; mais il doit être | me lorsqu'elle commence à
|
| néanmoins si modéré, qu'en | bouillir, qui est son plus
|
| se faisant sentir plus vive- | grand degré de chaleur, qui,
|
| ment, les organes n'en soient | selon les observations, n'aug-
|
| point altérés. | mente plus pendant l'ébul-
|
| Le troisième est une cha- | lition. Ces degrés sont en-
|
| leur qu'on ne doit pas pou- | core plus aisés à observer
|
| voir supporter sans se brûler, | dans l'huile que dans l'eau.
|
| telle que celle du bain de sa- | Feu PHILOSOPHIQUE.
|
| ble, ou de limaille de fer. | Les propriétés de ce feu sont
|
| Le quatrième est une cha- | telles: c'est avec lui que les
|
| leur aussi violente qu'on | Sages lavent leur matière,
|
| puisse la donner, c'est celle | ce qu'ils ne disent que par
|
| des charbons ardents & de la | similitude, parce que ce feu
|
| flamme, qui sépare, désunit | purifie leur mercure.
|
| les parties des mixtes, & les | Il fait tout & détruit tout.
|
| réduits en cendres ou en fu- | Il congèle le mélange de la
|
| sion. Tel est le feu de ré- | pierre. Il corrige le froid de
|
| verbère. | la terre & de l'eau, & leur
|
| Tous ces degrés ont ce- | donne une meilleure com-
|
| pendant encore chacun leurs | plexion. Il lave les impuretés
|
| degrés d'intensités, & lors- | de l'eau, & ôte l'humidité
|
| qu'on les compare entr'eux | superflue de la matière. Lui
|
| relativement aux corps sur | seul change la nature & la
|
| lesquels la chaleur agit, ce | couleur de l'eau & de la ter-
|
| qu'on regarderait comme le | re. Il vivifie & illumine le
|
| quatrième degré par rapport | corps, lorsqu'il se mêle avec
|
| à une plante, ne serait que le | lui. Ce feu putréfie, & fait
|
| premier eu égard aux mé-* | ensuite germer de nouvelles
|
| | L iij
|
@
| 166 FE | FE FI
|
| |
|
| & différentes choses. Il fer- | soleil, dont la chaleur vivi-
|
| me les pores du mercure, lui | fiante animait toute la Na-
|
| donne du poids, & le fixe. | ture. Les noms les plus con-
|
| Sa vertu aigue & pénétrante | nus sous lesquels le Feu était
|
| est si active, que rien ne l'é- | adoré, sont Vulcain & Vesta.
|
| gale quand il s'agit de puri- | On peut voir ce qu'on en-
|
| fier les corps. II conduit à | tendait chez les Egyptiens
|
| maturité tout le compôt, il | & les Grecs par ce Dieu &
|
| le subtilise & le rubéfie. Il | cette Déesse, dans les Fables
|
| ôte tout le venin & la mau- | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| vaise odeur de la matière. Il | FEVE est le nom que quel-
|
| change la qualité de la pierre | ques Chimistes ont donné
|
| & en augmente la quantité. | à la troisième partie du poids
|
| Il est enfin comme un juge | d'un scrupule.
|
| qui discerne & sépare le bon | FIDA. Or des Philoso-
|
| du mauvais. II faut remar- | phes.
|
| quer, suivant Philalèthe, que | FIDDA. Argent des
|
| tout ce que nous venons de | Chimistes Hermétiques.
|
| dire du feu, regarde la mé- | FIDER.& Céruse.
|
| decine du premier ordre. | FIDEUM. Safran.
|
| Feu SACRE'. Les Chal- | FIDEX. Céruse.
|
| déens adoraient le Feu, & | FIDHE'. Lune des Phi-
|
| la ville d'Ur prit son nom de | losophes.
|
| là: ils y entretenaient per- | FIDO. Argent-vif des
|
| pétuellement un feu. Les | Sages.
|
| Perses étaient encore plus su- | FIEL DU DRAGON.
|
| perstitieux sur ce sujet que les | Mercure de l'étain.
|
| Chaldéens; ils avaient des | Fiel DE VERRE. Ecume
|
| temples qu'ils nommaient | de verre, ou sel qui se sépare
|
| Pyrées, destinés uniquement | & surnage le verre pendant
|
| à conserver le Feu sacré. Les | qu'il est en fusion.
|
| Grecs, les Romains, les | FIENT ou FIENT DE
|
| Gaulois avaient aussi une | CHEVAL. Matière de
|
| grande vénération pour le | l'oeuvre au noir, ou en pu-
|
| feu. Son culte subsiste mê- | tréfaction.
|
| me encore aujourd'hui dans | FILLE DE PLATON.
|
| les Indes & en plusieurs | Nom que quelques Philoso-
|
| pays de l'Amérique. Quel- | phes chimiques ont donné
|
| ques Auteurs ont prétendu | au mercure des Sages.
|
| que ce n'était qu'à cause du | Fille D'HIPPOCRATE.
|
@
| FI | FI 167
|
| |
|
| C'est la pierre au blanc par- | Fils DE SATURNE.
|
| fait. Dict. Herm. | Mercure des Philosophes.
|
| Fille DU GRAND SE- | FILS D'UN JOUR.
|
| CRET. C'est la pierre philo- | C'est la poudre de projec-
| sophale que tant de monde | tion. Quelques-uns ont don-
| | cherchent, & que si peu trou- | né ce même nom à l'oeuf des
| | vent, à cause du grand se- | oiseaux, quand il est frais.
| | cret que les Philosophes chi- | FILTRE DES PHILO-
| | miques ont gardé sur les dif- | SOPHES. C'est leur mer-
| | férentes opérations nécessai- | cure.
| | res pour y parvenir. | Filtre DE LA NATURE.
| | FILLETIN. Ce sont des | C'est l'air.
| | lames de fer. Rulland. | FILUM ARSENICALE.
| | FILS DU SOLEIL ET | Arsenic sublimé.
| | DE LA LUNE. C'est le | FIREX. Huile en gé-
| mercure des Sages. Son père | néral.
| | est le Soleil, & sa mère est | FIRMAMENT. Quel-
| | la Lune. Hermès. | ques Chimistes ont donné
| | Fils DE LA VIERGE. | ce nom à la pierre appelée
| | C'est le même mercure, ap- | Lapis-lazuli, à cause de sa
| | pelé ainsi, parce qu'il s'ex- | couleur bleue, parsemée de
| | trait d'une terre vierge, vi- | petits brillants qui y forment
| | triolique & adamique, qui n'a | comme des étoiles.
| | encore rien produit. Quand | Firmament, en termes
| | les Philosophes Hermétiques | de science Hermétique, c'est
| | parlent de terre, il ne faut | le haut du vase.
| | pas s'imaginer qu'ils enten- | FIRSIR ou FIRSIT.
| | dent la terre sur laquelle nous | Chaleur ou feu chimique.
| | marchons, quoiqu'ils disent | FIXATION. Action ou
| | qu'on la foule souvent aux | opération par laquelle on
| | pieds. | rend fixe une chose volatile
| | Fils DES PHILOSO- | de sa nature. Le principe de
| | PHES. Ce sont les enfants | la fixation est le sel fixe, &
| de la Science, ceux qui y | la digestion à un feu Conve-
| | sont parvenus par la lecture | nable. Les Chimistes Her-
| | des livres ou par les instruc- | métiques disent que la per-
| | tions verbales des Adep- | fection de la fixation ne peut
| | tes. | s'obtenir que par les opéra-
| | Fils DE VE'NUS. C'est | tions & les procédés de la
| | l'oripeau, ou le laiton. | pierre des Philosophes, que
| | | L iv
| | | |
@
| 168 FI FL | FL
|
| |
|
| leur matière seule en est sus- | de résistance, & lui donne
|
| ceptible, & qu'elle a atteint | ordinairement une direction
|
| ce degré lorsque par la cuis- | qui l'éloigne de la terre. Les
|
| son elle est poussée jusqu'à la | petites parties de la flamme
|
| couleur rouge de rubis. Cette | sont si menues, qu'elles sont
|
| opération se fait par un feu | capables de passer à travers
|
| philosophique du troisième | les corps les plus solides en
|
| degré. | s'insinuant dans leurs inters-
|
| FIXER, en termes de | tices, lorsqu'elle est poussée
|
| science Hermétique, c'est | violemment contre ces corps
|
| cuire la matière après qu'elle | par l'air, dont le pressage
|
| est devenue noire par la pu- | est plus ou moins violent,
|
| tréfaction, jusqu'à parfaite | selon que cet air est plus ou
|
| blancheur, & enfin jusqu'à | moins condensé par le froid,
|
| la rougeur de rubis. Elle est | par le vent, ou par un souffle
|
| alors tellement fixe, qu'elle | artificiel, tel que celui des
|
| résiste à l'action du feu le | soufflets, des chalumeaux,
|
| plus violent. Fixer est pro- | &c. Le passage violent de
|
| prement changer un sel vo- | la flamme au travers des
|
| latil en sel fixe, & de ma- | corps qui en sont pénétrés,
|
| nière qu'il ne s'évapore, ni | dérange & désunit les par-
|
| ne se sublime plus. Le volatil | ties de ces corps. Cette désu-
|
| ne se fixe jamais par lui-* | nion produit dans les uns une
|
| même, comme le fixe ne se | décomposition presqu'entiè-
|
| volatilise point seul; mais ce- | re de leurs parties, comme
|
| lui qui domine sur l'autre, | il arrive à tous les corps qui
|
| change le plus faible en sa | se réduisent en cendres; dans
|
| propre nature. | les autres, elle ne produit
|
| FIXION signifie même | qu'une simple fusion, com-
|
| chose que fixation. | me dans les métaux & dans
|
| FLAMME. Liquide com- | les corps qui se vitrifient,
|
| posé de la matière de la lu- | dont les petites parties se réu-
|
| mière & de l'huile des ma- | nissent & redeviennent un
|
| tières combustibles. Elle est | corps solide dès que la vio-
|
| beaucoup plus légère que | lence de la flamme com-
|
| l'air qui nous environne. Cet | mence à cesser.
|
| air qui la presse inégalement, | Flamme est aussi un ter-
|
| la fait vaciller dans la direc- | me de science Hermétique,
|
| tion qu'il lui donne, la pousse | qui doit s'entendre d'une hu-
|
| du côté où il trouve moins | midité décuite par la cha-
|
@
| FL | FL 169
|
| |
|
| leur, faite onctueuse & aé- | PHILOSOPHES. C'est la per-
|
| rienne par la continuation du | fection de la pierre.
|
| feu. Elle paraît comme une | Fleur DE L'OR.& C'est
|
| lumière, tantôt plus claire, | tantôt le mercure des Phi-
|
| tantôt plus colorée ou plus | losophes, & tantôt la cou-
|
| obscure, selon le plus ou le | leur citrine.
|
| moins de pur ou d'impur | Fleur DE LA SAGESSE.
|
| dont elle est composée. Elle | C'est leur élixir parfait au
|
| est la source des couleurs | blanc, ou au rouge.
|
| tant vantées par les Philo- | Fleur DE PE^CHER.
|
| sophes chimiques. Diction. | C'est le mercure philoso-
|
| Hermétiques. | phique.
|
| FLE'CHES (les) d'Apol- | Fleur SATURNIENNE.
|
| lon & celles d'Hercule ne | V. Fleur de Pêcher.
|
| sont autre chose que le feu | Fleur DE L'AIR. En
|
| des Philosophes, suivant Fla- | termes de Chimie, c'est la
|
| mel dans les explications de | rosée.
|
| ses Figures hiéroglyphiques. | Fleur DE L'EAU. C'est
|
| FLEURS. Les Philoso- | la fleur du sel.
|
| phes Hermétiques donnent | Fleur DE LA TERRE.
|
| ce nom aux esprits enclos | C'est la rosée & la fleur du
|
| dans la matière. Ils recom- | sel.
|
| mandent très expressément | Fleur DU CIEL, Flos
|
| de donner toujours un feu | Coeli. C'est une espèce de
|
| doux, parce que ces esprits | manne, que l'on trouve ra-
|
| sont tellement vifs qu'ils cas- | massée sur l'herbe au mois de
|
| seraient le vase, quelque fort | Mai particulièrement; elle
|
| qu'il fût, ou se brûleraient. | diffère de la manne, en ce
|
| Ils expriment aussi par ce | que celle-ci est douce, & se
|
| nom de Fleurs, les différen- | recueille sur les feuilles des
|
| tes couleurs qui surviennent | arbres en forme de grains;
|
| à la matière pendant les opé- | le flos coeli au contraire se
|
| rations de l'oeuvre. Ainsi la | trouve sur l'herbe & n'a pres-
|
| Fleur de Soleil, c'est la cou- | que point de saveur. On tire
|
| leur citrine-rougeâtre, qui | par l'art chimique une li-
|
| précède la rougeur de rubis. | queur du flos coeli, dont les
|
| Le lys c'est la couleur blan- | propriétés sont admirables.
|
| che, qui paraît avant la ci- | Quelques Chimistes se sont
|
| trine. | imaginé que c'était la ma-
|
| Fleur DU SEL DES | tière dont le servent les Phi-
|
@
| 170 FL | FL FO
|
| |
|
| losophes Hermétiques pour | ont inventé les Fables, ont
|
| le grand oeuvre, mais mal-* | pris très souvent les fleuves
|
| à-propos. | & les rivières pour signe al-
|
| Fleur DES MURAIL- | légorique de leur mercure
|
| LES. Salpêtre. | ou eau mercurielle ; & en
| Fleur simplement dit, | personnifiant ces fleuves, ils
| | ou Fleur D'AIRAIN. C'est | les ont fait pères de plusieurs
| | la matière de l'oeuvre sur la | Nymphes, dont ils ont aussi
| | fin de la putréfaction, dans | employé les noms suivant ce
| | le temps qu'elle commence à | qu'ils voulaient désigner de
| | blanchir. | volatil dans la matière du
| | Fleur DE CHEIRI. | grand oeuvre. Tels sont le
| | Essence de l'or. | fleuve Achéloüs, le fleuve
| | Fleur DU SOLEIL. | Asope, le Scamandre, le
| | Blancheur étincelante & | Xanthe, &c. On peut voir
| | plus brillante que celle de | l'explication Hermétique de
| | la neige même lorsque le so- | ces fictions, dans les Fables
| | leil darde ses rayons dessus: | Egyptiennes & Grecques
| | c'est celle de la matière de | dévoilées.
| | l'oeuvre Hermétique parve- | FLOS ROSINAE ME-
| | nue au blanc. | TALLICAE. Fleur de sou-
| | Fleur DE SAPIENCE. | fre.
| | Elixir parfait au rouge. | Flos SALIS ou Flos
| | Fleur DE L'OR. Corps | MARIS. Blanc ou sperme
| | fixe du magistère; ce qu'il | de baleine.
| | ne faut pas entendre d'au- | Flos SECTAE CROAE
| | cune fleurs ou teintures ex- | ou CROCEAE. Quelques
| | traites de l'or commun, mais | Chimistes ont ainsi appelé
| | de l'or Philosophique, c'est-* | la fleur de safran, l'extrait
| | à-dire, de la partie fixe du | de la fleur de chélidoine.
| | composé du magistère, au | D'autres ont donné ce nom
| | moyen de laquelle on fixe | à la fleur de muscade.
| | l'autre partie volatile, par la | FLOX. C'est la flamme.
| | seule cuisson gouvernée avec | FOEDULA. Toute es-
| | prudence & le régime re- | pèce de mousse.
| | quis. On appelle aussi Fleur | FOENIX. V. Phénix.
| | d'or la couleur citrine qui | FOLIER. Cuire, digérer
| | suit la blanche. | la matière du grand oeuvre
| | FLEUVE. Les anciens | pour parvenir à en faire la
| | Philosophes Hermétiques qui | terre feuillée des Philoso-
| |
@
| FO | FO 171
|
| |
|
| phes, dans laquelle il faut | vent la voie humide pour
|
| semer le grain de l'or. | l'ouvrage du magistère, com-
|
| FONDANT, qui aide à | me ont fait Paracelse, Ba-
|
| la fusion des choses avec les- | sile Valentin, Aegidius de
|
| quelles il est mêlé. En ter- | Vadis & quelques autres.
|
| mes de science Hermétique, | Quelquefois ils donnent aussi
|
| fondant veut dire qui est | le nom de Fontaine à leur
|
| d'une très facile fusion. Un | mercure, comme font ceux
|
| des signes de la perfection | qui suivent la voie sèche,
|
| de l'élixir philosophique & | tels que Geber, Bernard
|
| de la poudre de projection, | Trévisan, d'Espagnet, le
|
| est qu'ils soient fondants com- | Cosmopolite, le Philalèthe,
|
| me de la cire quand on la | &c.
|
| présente au feu, & qu'ils se | Fontaine DU TOR-
|
| fondent & se liquéfient dans | RENT. C'est la même chose.
|
| toutes sortes de liqueurs. | Fontaine DE JOU-
|
| FONDEMENT DE | VENCE. Les Alchimistes
|
| L'ART. Les uns donnent | prétendent que quand les
| ce nom au mercure préparé | Anciens parlent de cette fa-
| | des Philosophes, d'autres à la | meuse fontaine & de celle
| | matière parvenue au blanc. | d'Hyppocrêne, on doit l'en-
| | FONDRE, en termes de | tendre de l'élixir parfait du
| | science Hermétique, c'est | magistère des Philosophes
| | purifier & cuire la matière | Hermétiques, parce qu'ils
| | jusqu'à ce qu'elle se réduise | disent que cet élixir est un
| | en eau épaisse, & noire com- | baume vital, & un remède
| | me de la poix. Quelquefois | universel qui conserve en san-
| | les Philosophes se servent de | té, & fait même, pour ainsi
| | ce terme au lieu de faire dis- | dire, rajeunir ceux qui en font
| | soudre, réduire en eau, sub- | usage, en renouvelant leurs
| | tiliser, volatiliser. | forces & en les conservant
| | FONTAINE, en termes | fort au-delà des bornes com-
| | de Philosophie chimique, | munes de la vie humaine. Ar-
| | signifie communément la | téphius, qui passe parmi les
| | matière d'où l'on extrait le | Alchimistes pour un Adep-
| | mercure sous la forme d'une | te, dit d'un grand sang froid
| | eau laiteuse & pondéreuse, | au commencement de son
| | que les Alchimistes appel- | livre qui a pour titre Clavis
| | lent Lait virginal. Ce mer- | major, qu'il l'a composé à
| | cure est pour ceux qui sui-* | l'âge de mille ans, & que se
| |
@
| 172 FO | FO
|
| |
|
| voyant près de sa fin, il a | FORCE. Ils entendent par
|
| bien voulu laisser ce gage de | cette expression, l'élixir par-
|
| son amour aux enfants de la | fait au rouge, ou leur poudre
|
| Sagesse. | de projection, qui vient à
|
| Fontaine DE FLAMEL. | bout de surmonter toutes les
|
| C'est le vase qui renferme la | maladies des trois règnes,
|
| matière de l'oeuvre. C'est | quelques opiniâtres qu'elles
|
| aussi le mercure. | puissent être.
|
| Fontaine DES ME'- | FORE^T. Lorsque les Phi-
|
| TAUX. Argent-vif des Sa- | losophes Hermétiques disent
| ges. | que leur matière se trouve
| | Fontaine DU TREVI- | dans les forêts, il ne faut pas
| | SAN. Mercure des Philoso- | prendre les choses à la lettre,
| phes. | & aller chercher cette ma-
| | Fontaine DES PHILO- | tière dans les bois; elle y est
| | SOPHES. Quelquefois ils en- | à la vérité, mais comme elle
| tendent par ces termes la | est partout, & non pas plu-
| | matière de laquelle ils tirent | tôt dans les bois qu'ailleurs.
| | leur mercure; mais plus or- | Ils entendent par le terme
| | dinairement le mercure lui-* | de forêt, la matière terrestre
| | même. | dans laquelle leur vraie ma-
| | FORCE est aussi un ter- | tière prochaine est comme
| | me de science Hermétique, | confondue, & d'où il faut la
| | qui doit s'entendre tant de la | tirer comme d'un cahos &
| | propriété agissante du mer- | d'une confusion, où elle est
| | cure des Philosophes, que | si bien cachée aux yeux du
| | des esprits qu'il renferme. | vulgaire, que les seuls Phi-
| | Quand ils disent donc que | losophes l'y aperçoivent,
| | toute sa force est convertie en | quoiqu'un nombre infini de
| | terre, c'est-à-dire qu'il est réel- | personnes s'en servent assez
| | lement devenu terre blanche | communément, qu'elle se
| | fixe à toute épreuve. Pren- | vende publiquement & à un
| | dre la force des choses supé- | prix très modique, & même
| | rieures & inférieures, c'est | qu'elle ne coûte rien, se trou-
| | faire l'extraction du mercure, | vant partout. C'est cette
| | & le mettre ensuite, bien pu- | matière terrestre & superflue
| | rifié, en digestion pour le | dont il faut la dégager, que
| | faire circuler, & enfin le fixer | tous les Philosophes, tant an-
| | en terre au fond du vase. | ciens que modernes, enten-
| | Force DE TOUTE | dent par leurs forêts, les lieux
| | | |
@
| FO | FO 173
|
| |
|
| sombres, ombrageux, obs- | est appelée Microcosme, de
|
| curs, leurs cavernes, &c. | même que l'homme.
|
| C'est aussi sur ce principe | Forme DE LA FEMME.
|
| qu'ils disent: Fac manifestum | Pierre au blanc. Quelque-
|
| quod est occultum. Mettez à | fois on entend par ce terme
|
| découvert ce qui est caché. | l'eau sèche ou mercurielle,
|
| Forêt NE'ME'ENNE. Les | la Lune des Philosophes.
|
| Poètes ont feint qu'Hercule | FOUDRE (la) DE JU-
|
| y tua un Lion d'une gran- | PITER, forgée par les Cy-
|
| deur énorme, qui y rava- | clopes sous la direction de
|
| geait tout. Les Philosophes | Vulcain, est le feu des Phi-
|
| Spagyriques prétendent que | losophes, qui, par sa pro-
|
| cette forêt est le symbole de | priété résolutive, dissout d'a-
|
| la matière de la pierre phi- | bord les corps imparfaits
|
| losophale, & que le Lion qui | dans l'oeuvre; & par la vertu
|
| y fut tué par Hercule, est le | fixative, les réduit ensuite en
|
| sel fixe que cette matière | poudre ou cendre qui se fixe
|
| contient. Ce sel métallique | de manière à ne plus crain-
|
| qu'ils appellent aussi Lion | dre les atteintes du feu le
|
| vert, a tant de force qu'il | plus violent.
|
| convertit tout dans sa pro- | FOURMIS RON-
|
| pre nature, & dévore tous | GEANTES. C'est une
|
| les métaux. Hercule, qui est | maladie appelée aussi For-
|
| le mercure, le coagule, & | mica repens; elle est connue
|
| par-là semble le tuer; il en | plus particulièrement sous le
|
| prend même la peau, c'est-* | nom de Herpes.
|
| à-dire, il en prend la forme | FOURNAISE. (Science
|
| qu'il ne quitte plus. | Herm.) Fourneau philoso-
|
| FORME DE L'HOM- | phique, ou fourneau secret,
|
| ME. Soufre des Philosophes | qu'ils ont appelé Vaisseau-*
| parfait au rouge. On lui a | triple, Athanor, Crible, Fu-
| | donné ce nom, parce que | mier, Bain-marie, Sépulcre,
| | l'homme, en qualité de mâle, | Urinal, Lion-vert, Prison;
| | donne la forme humaine à | & Flamel, la Maison & l'Ha-
| | la semence qui produit l'en- | bitacle du poulet. Il faut bien
| | fant dans le ventre de la | remarquer que le fourneau
| | mère, comme le soufre phi- | secret des Philosophes, n'est
| | losophique à l'égard de la fe- | pas le fourneau extérieur
| | melle ou mercure des Sages, | que Trévisan appelle Garde-*
| | & que la pierre philosophale | froidure, mais la matière qui
| |
@
| 174 FO | FO
|
| |
|
| conserve le feu des Philo- | » pieds ou environ; l'on
|
| sophes. | » adaptera au milieu une
|
| FOURNEAU. Les Phi- | » plaque de fer ou de cui-
|
| losophes chimiques ont aussi | » vre, percée de quantité de
|
| leur fourneau, dont ils font | » trous, soutenue de quatre
|
| un grand secret. D'Espagnet | » ou cinq broches de fer, en-
|
| qui passe entr'eux pour véri- | » châssée dans les parois du
|
| dique, le décrit ainsi. » Ceux | » fourneau. Le diamètre de
|
| » qui sont expérimentés dans | » cette plaque aura près d'un
|
| » les opérations du magistè- | » pouce de moins que le dia-
|
| » re, ont appelé Fourneau | » mètre intérieur du four-
|
| » ou four le troisième vase | » neau, afin que la chaleur
|
| » qui renferme les autres & | » puisse se communiquer plus
|
| » conserve tout l'oeuvre, & | » aisément, tant par les trous
|
| » ils ont affecté de le cacher | » que par l'espace qui reste
|
| » fort secrètement. Ils l'ont | » vide entre la plaque & les
|
| » nommé Athanor, parce | » parois. Au-dessous de la
|
| » qu'il entretient comme un | » plaque sera pratiquée une
|
| » feu immortel & inextin- | » petite porte pour adminis-
|
| » guible; car il administre | » trer le feu, & au-dessus
|
| » dans les opérations un feu | » une autre pour examiner
|
| » continuel, quoiqu'inégal | » les degrés du feu avec la
|
| » quelquefois, selon la quan- | » main. Vis-à-vis de cette
|
| » tité de la matière & la gran- | » dernière on pratiquera une
|
| » deur du fourneau. | » petite fenêtre close avec
|
| » On doit le faire de bri- | » du verre, afin de pouvoir
|
| » ques cuites, ou de terre | » par là voir les couleurs qui
|
| » glaise, ou d'argile bien | » surviennent à la matière
|
| » broyée & tamisée, mêlée | » pendant les opérations. Le
|
| » avec du fient de cheval & | » haut du fourneau doit être
|
| » du poil, afin que la force de | » fait en dôme, & la calotte
|
| » la chaleur ne le fasse point | » doit être amovible, pour
|
| » crevasser: les parois au- | » pouvoir mettre les vases
|
| » ront trois ou quatre doigts | » contenant la matière sur le
|
| » d'épaisseur, pour pouvoir | » trépied des arcanes, qui
|
| » mieux conserver la cha- | » sera posé précisément au
|
| » leur, & résister à sa vio- | » milieu de la plaque. Lors-
|
| » lence. | » qu'on a posé ainsi les vases,
|
| » Sa forme sera ronde, sa | » on met la calotte sur le
|
| » hauteur intérieure de deux | » fourneau, & on en lute
|
@
| FO | FO 175
|
| |
|
| » les jointures de manière | tre pour les calcinations, un
|
| » que tout ne fasse plus qu'un | troisième pour la fusion, un
|
| » corps. Il faut aussi avoir | quatrième pour le réverbère,
|
| » soin de bien clore les pe- | un autre pour les digestions,
|
| » tites fenêtres, pour empê- | plusieurs enfin pour les di-
|
| » cher que la chaleur ne s'ex- | verses distillations. Tous les
|
| » hale. » | Philosophes chimiques s'ac-
|
| Philalèthe en donne une | cordent tous à dire qu'il n'en
|
| description à peu près sem- | faut qu'un seul qui sert à tou-
|
| blable. | tes ces différentes opérations
|
| Quoique les Philosophes | qui se font toutes dans le mê-
|
| chimiques n'aient pas com- | me vase sans le changer de
|
| munément divulgué la cons- | place. Ce qui a fait dire au
|
| truction du fourneau dont | Cosmopolite, connu sous le
|
| nous venons de parler, ce | nom de Sendivogius: Si Her-
|
| n'est cependant pas celui | mès, le père des Philosophes,
|
| qu'ils appellent leur Four- | ressuscitait aujourd'hui, avec
|
| neau secret; ils entendent | le subtil Geber, le profond
|
| souvent par-là le feu de la | Raymond Lulle, ils ne se-
|
| Nature, qui agit dans les mi- | raient pas regardés comme
|
| nes pour la composition des | des Philosophes par nos Chi-
|
| métaux; & plus souvent leur | mistes vulgaires, qui ne dai-
|
| eau céleste ou leur mercu- | gneraient presque pas les
|
| re, c'est pourquoi Philalèthe | mettre au nombre de leurs
|
| (Fons Chemicae Philosophi- | Disciples, parce qu'ils igno-
|
| cae) dit: Nous n'avons donc | reraient la manière de s'y
|
| qu'un vase, qu'un fourneau, | prendre pour procéder à tou-
|
| qu'un feu, & tout cela n'est | tes ces distillations, ces cir-
|
| qu'une chose, savoir notre | culations, ces calcinations &
|
| eau. | toutes ces opérations innom-
|
| Si la Chimie Hermétique | brables que nos Chimistes
|
| est vraie, ceux qui cherchent | vulgaires ont inventées pour
|
| la pierre philosophale par les | avoir mal entendus les écrits
|
| vases de la Chimie vulgaire, | allégoriques de ces Philoso-
|
| ont donc grand tort de faire | phes.
|
| construire tant de différents | Fourneau DE PARESSE
|
| fourneaux, suivant les opé- | se dit, en termes de Chi-
|
| rations différentes auxquel- | mie, d'un fourneau fait de
|
| les ils veulent procéder. L'un | telle façon, qu'avec peu de
|
| pour les sublimations, un au-* | feu & peu de travail, il s'é-
|
@
| 176 FR | FR
|
| |
|
| chauffe & communique sa | l'argent, Venus & Mars, Ju-
|
| chaleur à plusieurs autres. | piter & Saturne, & Mercure
|
| On l'appelle aussi Henri le | en est dit le père. Voyez
|
| Paresseux. Manget. | Rulland.
|
| FRAPPER, en termes de | Frère. Magistère au
|
| Chimie Hermétique, signi- | rouge. Aristée, dans le Code
|
| fie conduire le régime du | de Vérité, dit au Roi: Don-
|
| feu. Frapper trop les esprits, | nez-nous le frère & la soeur,
|
| c'est donner un trop grand | ou Gabricius & Beïa, pour ce
|
| feu. | qu'il ne se peut faire de gé-
|
| Frapper DU GLAIVE. | nération véritable sans eux,
|
| Cuire la matière. On dit dans | ni ne se peut aucun arbre
|
| le même sens, frapper avec | multiplier.... le frère mène
|
| l'épée, le sabre, le marteau. | sa soeur, non pas le mari sa
|
| FRERES. Les Philoso- | femme; & quand ils seront
|
| phes chimiques donnent ce | devenus un, ils engendreront
|
| nom aux métaux, & appel- | un fils plus parfait qu'eux-*
|
| lent les Frères estropiés tous | mêmes.
|
| les métaux imparfaits, dont | FRIDANUS. Mercure
|
| les impuretés contractées | dissolvant des Sages.
|
| dans la mine, qui leur sert | FROMENT est un nom
|
| de matrice, doivent être pu- | que les Philosophes Hermé-
|
| rifiées par l'élixir parfait au | tiques donnent par allégorie
|
| blanc, si la transmutation | à leur mercure, parce que
|
| doit se faire en argent; ou | de même que, selon la pa-
|
| par l'élixir au rouge, si l'on | role de J. C., le grain de
|
| veut leur donner la perfec- | froment ne produit rien, s'il
|
| tion de l'or. Voyez l'Azoth | ne pourrit en terre, le mer-
|
| de Basile Valentin. | cure des Sages ne donnera
|
| Frères (les deux). Quel- | jamais le soufre aurifique,
|
| ques Chimistes ont donné | s'il n'est putréfié dans le vase
|
| ce nom aux planètes qui | & parvenu au noir très noir,
|
| sont également éloignées du | vrai signe de putréfaction &
|
| Soleil; ainsi Saturne & la | dissolution entière.
|
| Lune ont été appelés les | FRUIT. Magistère au
|
| deux frères, Jupiter & Mer- | rouge, ainsi nommé de ce
|
| cure, Mars & Vénus. D'au- | qu'il est proprement le fruit
|
| tres leur ont donné ce nom | des travaux de l'Artiste.
|
| à cause de l'affinité qu'ils ont | Fruit A DOUBLES
|
| ensemble, comme l'or & | MAMELLES. C'est la
|
| | pierre
|
@
| FR | FR 177
|
| |
|
| pierre au blanc & au rouge | germer & fructifier dans la
|
| parfaite, qui l'une & l'autre | Nature. Ils entendent ce-
|
| sortent d'une même racine, | pendant plus spécialement la
|
| c'est-à-dire, le mercure des | vapeur qui s'élève de la ma-
|
| Philosophes. | tière renfermée dans le vase
|
| Fruit SOLAIRE ET LU- | philosophique, & retombe
|
| NAIRE. Même chose que | sur la matière, parce qu'elle
| fruit à doubles mamelles; | ne trouve point d'issue. C'est
| | ou le soufre blanc & le sou- | celle dont Hermès a voulu
| | fre rouge produits par les ar- | parler dans sa Table d'Eme-
| | bres solaire & lunaire, dont | raude, lorsqu'il dit: Le vent,
| | parle Cosmopolite dans son | c'est-à-dire l'air, l'a porté
| | Enigme aux Enfants de la | dans son ventre. Ce qui s'ex-
| | Science. | plique aussi du mercure des
| | FULIGO METALLO- | Sages.
| | RUM. Arsenic. | Fumée ou FUME'E
| FULMEN HOC LO- | IGNE'E. Matière en putré-
| | CO. Fleurs de l'argent cou- | faction. On le dit aussi du
| pellé. Planiscampi. | dissolvant des Philosophes.
| | FULMINATION, en | Fumée TRE'S-FORTE.
| | termes de l'art métallique, | C'est le soufre.
| | signifie dépuration graduée | Fumée AQUEUSE ou
| | des métaux. On a donné ce | simplement Fumée. Ma-
| | nom, parce que les métaux | tière des Sages après la réu-
| | deviennent brillants & jet- | nion de l'esprit & du corps.
| | tent de temps en temps des es- | Fumée ARABIQUE.
| | pèces de clartés comme des | Lieu médiocrement chaud.
| | éclairs, pendant qu'on les | Dict. Hermétique,
| | purifie; & qu'il se forme par-* | Fumée BLANCHE. (Sc.
| | dessus une pellicule rougeâ- | Herm.) C'est avec raison,
| | tre, qui, quand elle dispa- | dit Riplée, que les Philoso-
| | raît, laisse voir par interval- | phes ont donné ce nom à
| | les des petites lueurs éblouis- | leur mercure; car en le dis-
| | santes. Rulland. | tillant il paraît d'abord com-
| | FUME'E DES PHILO- | me une fumée blanche, qui
| | SOPHES. Nom que quel- | monte avant la teinture rou-
| ques Chimistes Herméti- | ge. Adrop. Phil.
| | ques ont donné aux vapeurs | Fumée ROUGE. Nom
| | qui s'élèvent de la terre, & | que les Philosophes Hermé-
| | y retombent, pour faire tout | tiques ont donné à leur ma-
| | | M
| | | | |
@
| 178 FU | FU
|
| |
|
| tière quand elle est purifiée | FURIES. Déesses infer-
|
| & a pris la couleur rouge. | nales, filles de l'Acheron &
|
| Morien dit que la fumée rou- | de la Nuit. On les nommait
|
| ge est l'orpiment rouge; mais | aussi Erynnes, Euménides,
|
| cela doit s'entendre de l'or- | & Dires. Elles étaient trois,
|
| piment des Philosophes, | Mégère, Tisiphone & Alec-
|
| comme lorsqu'il ajoute que | to. Voyez les Fables Egypt-
|
| la fumée blanche est l'argent-* | & Grecq. dévoilées, liv. 3.
|
| vif, & la fumée orangée, le | chap. 6.
|
| soufre orangé. | FUSIBILITE'. Qualité
|
| Pour dire la vérité, la fu- | qu'ont certains corps de se
|
| mée rouge est l'or ou la pierre | fondre à la chaleur. Ce ter-
|
| au rouge, la fumée blanche | me ne se dit guères que des
|
| est la pierre au blanc, ou la | métaux. Cette qualité leur
|
| Lune, ou le mercure philo- | vient du mercure; car ceux
|
| sophique. | qui abondent plus en mer-
|
| Un Auteur dit que fumée | cure, ont plus de fusibilité;
|
| rouge signifie la même chose | ceux qui en ont le moins,
|
| que sang du Lion vert. | ont plus de dureté & résis-
|
| FUMER LA TERRE. | tent davantage à l'action du
|
| C'est cuire le compôt, pour | feu. Bien des Chimistes
|
| me servir des termes de Fla- | trompés par une expérience
|
| mel, jusqu'à ce que la ma- | commune, ont attribué cette
|
| tière soit en putréfaction. | fusibilité au soufre, sur ce
|
| FUMIER DE CHE- | que le soufre ajouté au fer
|
| VAL. Matière au noir. | rouge le met en fusion; mais
| FUMIGATION. Opé- | ils auraient dû faire attention
| | ration chimique, par la- | que le charbon ou le soufre
| | quelle on rend les métaux | qu'on ajoute, n'accélèrent la
| | friables, en les exposant à la | fusion que parce qu'ils ab-
| | vapeur du plomb fondu, ou | sorbent les esprits & sels aci-
| | du mercure. | des. Becher.
| | FUMIGER. Exposer un | FUSIBLE. Qui est sus-
| | corps à la fumée d'un autre, | ceptible de fusion. Plus les
| | pour lui en faire éprouver les | métaux abondent en mer-
| | impressions. | cure, plus ils sont fusibles.
| | FURFIR. Couleur rouge | Dans quelques-uns, tels que
| | qui survient à la matière de | le fer & le cuivre, ce mer-
| | l'oeuvre par la continuation | cure est si embarrassé de par-
| | seule de la cuisson. | ties terrestres, acides & hé-
| |
@
| FU | FY GA 179
|
| |
|
| térogènes, qu'ils sont très | FYADA. Fumée blan-
|
| difficiles à mettre en fusion, | che des Philosophes.
|
| sans addition de quelques |
|
| fondants, tels que l'antimoi- | G
|
| ne, le borax ou d'autres sels. |
|
| Le verre est aussi fusible, les | GABERTIN. Partie fixe
|
| sels, les cailloux & toutes | de la matière du grand
|
| les matières vitrifiables. On | oeuvre; la volatile se nomme
|
| rend le sel de tartre fusible & | Beja.
|
| pénétrant, en le mêlant bien | GABRICIUS. Soufre
|
| avec de l'esprit-de-vin en | des Philosophes.
|
| quantité à peu près égale. | GABRIUS. Même chose
|
| On y met ensuite le feu. | que Gabertin.
|
| Après que l'esprit-de-vin est | GALA. Lait.
|
| consumé, on réitère l'opé- | GAMATHEI. Pierres
|
| ration jusqu'à trois ou quatre | sur lesquelles on a gravé des
|
| fois, & alors ce sel devient | figures pour en faire des Ta-
|
| si pénétrant que mis sur une | lismans.
|
| plaque de fer rougie au feu, | GANNANA-PERIDE.
|
| il se fond comme de la cire, | C'est le Kina-kina.
|
| & la perce en laissant après | GANYMEDE, fils de
|
| lui une trace blanche, qui | Tros Roi de Troie, fut en-
|
| approche beaucoup de la | levé au ciel par Jupiter, qui
|
| couleur de l'argent. Les | avait pris pour cela la figure
|
| Chimistes Hermétiques di- | d'un aigle. Les Philosophes
|
| sent que leur élixir doit être | Hermétiques expliquent cet-
|
| fusible comme de la cire, & | te fable comme une allégorie
|
| pénétrant jusqu'aux intimes | de leur grand oeuvre. Ga-
|
| parties des métaux impar- | nymede est la partie fixe de
|
| faits sur lesquels on en fait | leur matière, mise dans l'oeuf
|
| la projection. | philosophique avec la partie
|
| FUSION. Liquéfaction | volatile, appelée Aigle, qui
|
| des corps solides par l'action | enlève au ciel, c'est-à-dire
|
| du feu. Plus les métaux abon- | au haut du vase, la partie
|
| dent en humidité onctueuse, | fixe, & retombent enfin tou-
|
| plus la fusion en est facile. | tes deux au fond, pour s'y
|
| Le fer n'est susceptible de | fixer en matière solide, qu'ils
|
| fusion qu'à un très grand feu, | appellent Pierre philosopha-
|
| ou mêlé avec l'antimoine. | le. Quand on dit que Gany-
|
| Voyez Fusible. | mede, après avoir été enlevé
|
| | M ij
|
@
| 180 GA | GA
|
| |
|
| au ciel, devint l'Echanson | aux pommes qui cuisent au
|
| de Jupiter; c'est pour expri- | feu.... C'est lui qui rend les
|
| mer cette pluie formée par | vins violents quand il est re-
|
| la matière volatilisée, qui en | tenu par force dans des ton-
|
| tombant, abreuve la matière | neaux. C'est lui qui donne la
|
| grise appelée Jupiter, qui se | force à la poudre à canon.
|
| trouve au fond du vase. | Ce gaz se manifeste dans
|
| GAS(Z). Terme dont s'est | l'huile chaude où l'on jette
|
| servi Van-Helmont pour ex- | du vin ou de l'eau en petite
|
| primer la substance spiri- | quantité, ou sur du plomb
|
| tueuse & volatile qui s'éva- | fondu. Van-Helmont pré-
|
| pore des corps. Son Tra- | tend par-là, que ce gaz dif-
|
| ducteur l'appelle un esprit | fère de l'air. Voyez ses Prin-
|
| sauvage. | cipes de Physique, 1. part,
|
| Pour mieux faire conce- | chap. XV.
|
| voir ce qu'il entend, voici | GATRINUM. Cendres
|
| l'exemple qu'il apporte de ce | clavelées.
|
| gaz. Que l'on brûle soixante-* | GAZAR. Galbanum.
|
| deux livres de charbon, il ne | GAZARD. Laurier.
|
| restera guères plus d'une li- | GE'ANTS. Enfants du
|
| vre de cendres, Donc, dit-* | Ciel & de la Terre. Ils firent
|
| il, le surplus ne sera qu'es- | la guerre aux Dieux & vou-
|
| prit. Cet esprit ou gaz ne | lurent détrôner Jupiter, qui
|
| peut pas être détenu dans | les foudroya tous. J'ai expli-
|
| des vaisseaux, ni être réduit | qué ce qu'on doit entendre
|
| en corps visible, que sa vertu | par ces Géants dans les Fa-
|
| séminale ne soit préalable- | bles Egyptiennes & Grec-
|
| ment éteinte. Les corps le | ques dévoilées, liv, 3. ch. 3.
|
| contiennent, & souvent s'en | & 4. Les Philosophes n'ont
|
| vont tout en cet esprit..... | en effet eu d'autre intention
|
| C'est un esprit coagulé cor- | en inventant la fable des
|
| porellement, qui est excité | Géants, que d'exprimer la
|
| par une acquisition de fer- | dissolution de la matière du
|
| ment, comme on voit au | grand oeuvre, & le combat
|
| pain, vin, hydromel, &c. | qui se fait alors entre la par-
|
| Ou par quelque addition | tie volatile qui dissout, & la
|
| étrangère, comme par le sel | fixe qui est dissoute en eau,
|
| armoniac avec l'eau-forte; | mais qui remporte enfin la
|
| ou par quelque disposition | victoire en fixant son enne-
|
| altérative, comme on voit | mie, qui était une eau mer-
|
@
| GE | GE 181
|
| |
|
| curielle. L'étymologie seule | GEMMA TARTAREA.
|
| des noms donnés aux plus | Pierres qui s'engendrent dans
|
| fameux de ces Géants, suffit | le corps des hommes.
|
| pour confirmer dans cette | GE'NE'RATION est
|
| idée. Briareus dérive de Be- | aussi un terme du grand Art.
|
| ri, subversa; Othus de Onit- | Les Philosophes Herméti-
|
| toth, tempestatum vices; | ques le comparent à la géné-
|
| Ephialtes de Evi ou Ephi, | ration de l'homme. La pre-
|
| nubes, & de Althah, caligo, | mière partie de cet Art, c'est
|
| ou nubes caliginis, ou nubes | l'accouplement, la seconde
|
| horrida; Encelade de Ence- | la conception ou génération,
|
| led, fons temporaneus, tor- | la troisième la grossesse, la
|
| rens, le ravage des eaux; | quatrième l'enfantement, la
|
| Porphyrion de Phour, fran- | cinquième la nourriture. S'il
|
| gere, frustulatim difringere; | n'y a donc point d'accouple-
|
| Mimas de Maim, grandes | ment, il n'y aura pas de gé-
|
| pluies; Rhaecus de Rouach, | nération, d'autant que l'or-
|
| le vent. M. Peluche en me | dre des opérations du ma-
|
| fournissant ces étymologies | gistère ressemble à la pro-
|
| dans son Histoire du Ciel, | duction de l'homme. Mor.
|
| tom. 1. pag. 107. & 108. ne | La génération, dans le grand
|
| s'imaginait certainement pas | oeuvre, se fait lorsque la ma-
|
| approcher si près du but sans | tière est dans une entière dis-
|
| le savoir; car la dissolution | solution, qu'ils appellent pu-
|
| de la matière, sa volatilisa- | tréfaction, ou le noir très
|
| tion & sa chute en pluie y | noir.
|
| sont manifestement décla- | GENRE COMMUN.
|
| rées. | C'est, en Chimie, le sel
|
| GELAPO. Jalap. | marin; quelques-uns don-
|
| GELE'E DU LOUP. | nent ce nom au nitre, d'au-
|
| Nom que quelques Chi- | tres au vitriol; mais on doit
|
| mistes ont donné à la tein- | l'entendre du sel universel
|
| ture congelée de l'antimoi- | répandu dans tous les indi-
|
| ne, parce qu'ils appellent | vidus sublunaires, parce qu'il
|
| Loup ce minéral. | est la base de tous les corps,
|
| GELSEMIN. Jasmin. | & comme leur premier prin-
|
| GELUTA, GELUTE, | cipe.
|
| sont des noms que Paracelse | GENTARUM. Succin,
|
| a donné à une plante con- | ou ambre.
|
| nue sous celui de Carline. | GEPSIN. Plâtre.
|
| | M iij
|
@
| 182 GE GI | GL GO
|
| |
|
| GERME. Mercure des | GIT. Chaux vive.
|
| Philosophes, principe & se- | GITENON. Colle de
|
| mence de tous les métaux, | farine.
|
| sans être métal lui-même | GLACE DE MARIE,
|
| actuellement, mais seule- | Glacies Mariae. Talc &
|
| ment en puissance. | pierre arabique.
|
| GERSA. C'est la céruse. | GLACIES DURA.
|
| GERYON, fils de Chry- | Cristal.
|
| saor, était un géant à trois | GLAIVE. Les Philoso-
|
| têtes ou trois corps. Il avait | phes ont donné ce nom à
|
| en sa possession les plus | leur feu, comme celui de
|
| beaux boeufs du monde; Eu- | sabre, épée, cimeterre, ha-
|
| rysthée ordonna à Hercule | che, lance, marteau, &c.
|
| de les enlever à Geryon, & | Glaive NU RESPLEN-
|
| de les lui amener; Hercule | DISSANT. C'est la matière
|
| obéit, tua Geryon & em- | parvenue à la blancheur.
|
| mena ses boeufs. Voyez l'ex- | GLESSUM. Ambre,
|
| plication de cette fiction dans | succin.
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | GLISOMARGO. Terre
|
| dévoilées, liv. 5. ch. 12. | de Crète.
|
| GESOR. Galbanum. | GLUTEN. C'est le fiel
|
| GI. Terre. | de taureau. Il s'entend aussi
|
| GIALAPPA. Jalap. | de la sinovie de Paracelse,
|
| GIBAR. Toute méde- | qui est semblable au blanc
|
| cine métallique. | d'oeuf. Planiscampi.
|
| GIBUM. Fromage. | GLUTINIS TENACI-
|
| GICH. Plâtre. | TAS. Résine minérale.
|
| GILLA VERGRIL- | GOBEIRA. Poussière.
|
| LUS. Sel de vitriol, ou | GOMME DU SOLEIL.
| calcantum. | Matière de l'oeuvre parve-
| | GIR. Chaux vive. | nue au blanc.
| | GIRGIES. Cailloux | Gomme DE L'OR. C'est
| | blancs. | le soufre qui fait partie de
| | GIRMER. Tartre. | la matière du grand oeuvre.
| | GISENTERE. Nom | Gomme DES SAGES.
| | que quelques Chimistes ont | Terme de Science Hermé-
| | donné aux vers de terre, | tique. C'est le mercure en
| | comme si l'on disait intestins | putréfaction. Quelquefois ils
| | de la terre. | l'entendent, comme Mo-
| | GISISSIM. Gomme. | rien, du soufre parfait au
| |
@
| GO | GR 183
|
| |
|
| blanc, qu'ils appellent Gom- | entendent par gouffre la ma-
|
| me blanche; & du soufre par- | tière au noir très noir.
|
| fait au rouge, qu'ils nom- | GRAISSE Matière des
|
| ment Gomme rouge. | Philosophes au noir, ainsi
|
| Gomme BLANCHE. Ma- | nommée parce qu'elle res-
|
| tière de la pierre, lorsque | semble à de l'huile noire.
|
| le magistère est parfait au | GRANDE-MERE. Sur-
|
| blanc. | nom donné à Cybèle, ou la
|
| Gomme ROUGE. Ma- | Terre, parce qu'on la regar-
|
| tière au rouge, ou le sou- | dait comme la mère & le
|
| fre des Philosophes. | principe de tout ce qui existe.
|
| Gomme DU PEROU, | GRAND OEUVRE est
|
| Gomme DE GAMANDRA, | un des noms que les Philo-
| Gomme DE JENU. Gomme | sophes chimiques ont donné
| gutte. | à leur Art, à cause de la diffi-
| | GOPHRITH. Magistère | culté de l'apprendre, d'y
| | au rouge. | réussir, & des deux grands
| | GORGONES, filles | objets qu'ils se proposent,
| | de Phorcis, nommées Eu- | l'un de faire un remède uni-
| | ryale, Sthenyon & Mé- | versel pour les maladies des
| | duse. Elles avaient la pro- | trois règnes de la Nature; &
| | priété de pétrifier tous ceux | l'autre, plus particulier, de
| | sur qui elles jetaient la vue. | transmuer les métaux im-
| | Voyez ce qu'elles signifient | parfaits en or, plus pur mê-
| | dans les Fables Egypt. & | me que celui des mines.
| | Grecques dévoilées, liv 3. | GRANULER. Réduire
| | ch. 14. §. 3. | un métal fondu en grenailles.
| | GOTNE. Coton. | GRANUS. Pierre de
| | GOTNE MSEGIAR. | porphyre pour broyer les in-
| | Coton. | grédients des composés chi-
| | GOUFFRE, en termes de | miques.
| | Science Hermétique, signi- | GRASSA. Borax.
| | fie tantôt le mercure parfait | GRASSALE. Terrine ou
| | des Sages, parce qu'il est un | écuelle de terre. Dict. Herm.
| | dissolvant universel, dans le- | GRE'ES. Nom des Gor-
| | quel les métaux particuliè- | gones. Voyez Gorgones.
| | rement semblent s'englou- | GRENADE. Pierre au
| | tir, pour ne plus reparaître | rouge.
| | ce qu'ils étaient auparavant. | GRIFFON. Les Phi-
| | Quelquefois les Philosophes | losophes Hermétiques ont
| | | M iv
| | |
@
| 184 GR GU | HA
|
| |
|
| donné ce nom à leur ma- | DRA, GUTTA GAM-
|
| tière, parce que les Anciens | BA, GUTTA GAUMA,
|
| ont feint que le Griffon était | GUTTA GENU. Gomme-*
|
| un animal qui avait la tête | gutte.
|
| & la poitrine d'un Aigle, & | H
|
| le reste du corps comme un |
|
| Lion. C'est pourquoi ils di- | H ABIT TE'NE'-
|
| sent qu'il faut mettre ensem- | BREUX. Couleur
|
| ble le Lion & l'Aigle, & les | noire qui survient à la ma-
|
| faire combattre jusqu'à ce | tière de l'oeuvre pendant la
|
| qu'ils ne fassent qu'un, c'est-* | putréfaction.
|
| à-dire, qu'il faut mêler le | HABITACLE DU
|
| volatil avec le fixe, & les | POULET. Vase Hermé-
|
| faire circuler ensemble jus- | tique. V. Fournaise.
|
| qu'à ce que tout demeure en | HABRAS. Plante con-
|
| un corps fixe. Voilà l'ani- | nue sous le nom de Staphi-
|
| mal fabuleux de Pline & des | sagria ou Herbe aux poux.
|
| autres Naturalistes, qui en | HACHE. Feu des Phi-
|
| ont pris l'idée des Chimistes | losophes. Frapper avec la
|
| Hermétiques, qui disaient | hache, c'est cuire la ma-
|
| qu'il veillait à la garde des | tière.
|
| trésors, & qu'il était consa- | HACUMIA. Même
|
| cré au Soleil. | chose qu'Eudica, suivant
|
| L'Auteur du Dictionnaire | Morien.
|
| Hermétique dit mal-à-pro- | HADID. Fer, acier des
|
| pos que le Griffon des Phi- | philosophes.
|
| losophes est l'antimoine. | HAE. Pierre au blanc.
|
| GRILLER. Cuire. | HAGAR. Pierre Armé-
|
| GUININA. Magistère | nienne.
|
| au blanc. | HAGER. Pierre d'Ar-
|
| GUMA. Mercure des | ménie.
|
| Philosophes, ou leur Lune. | HAGER ALIENDI.
|
| Guma DE PARADIS. | Pierre Judaïque.
|
| Orpiment. | HAGER ARCHTA-
|
| Guma GUMI. Ferment | MACH. Pierre d'Aigle.
|
| des Sages. | HAGER ALZARNAD.
|
| GUMICULA. Valériane. | Mercure des Sages digéré
|
| GUMMI. Gomme des | & cuit au rouge de pavot.
|
| Philosophes. | HAL. Terme emprunté
|
| GUTTA GAMAN- | de l'arabe, dont plusieurs
|
@
| HA | HA 185
|
| |
|
| Chimistes se sont servi pour | plication de la fiction dont
|
| signifier le sel. | il fut le sujet, dans les Fa-
|
| HALCAL. Vinaigre. | bles Egyptiennes & Grec-
|
| HALCYONIUM. Ecu- | ques dévoilées liv. 1.
|
| me de la mer. | HANDAL HAN-&
|
| HALEINE. Ce mot si- | DEL. Coloquinte.
|
| gnifie quelquefois de la fu- | HARA. Genièvre.
|
| mée. Johnson. Et quelque- | HARMALA. Rue sau-
|
| fois le fumier de cheval, que | vage.
|
| les Chimistes appellent ven- | HARMAT. Baies de
|
| tre de cheval. Mais en termes | genièvre.
|
| de Science Hermétique, il | HARMEL. Semence de
|
| veut dire la matière de l'oeu- | la rue sauvage.
|
| vre en putréfaction. | HARMONIAC (Sel).
|
| HALEREON. Aigle des | (Sc. Herm.) Quelques Phi-
|
| Philosophes. | losophes ont donné le nom
|
| HALIACMON. Fleuve | de Sel harmoniac à leur ma-
|
| de la Macédoine, qui a la | tière, non que le sel qui porte
|
| propriété de faire devenir | communément ce nom, soit
|
| blanches les brebis qui ne le | naturel ou artificiel, doive
|
| sont pas, quand elles boi- | être regardé comme la ma-
|
| vent de son eau. Pline, liv. | tière des Philosophes; mais
|
| 31. ch. 2. On dit en consé- | parce que cette matière est
|
| quence en manière de parler | une espèce de sel composé
|
| dans l'art Hermétique, qu'il | par combinaisons harmoni-
|
| faut faire boire le Dragon & | ques, comme disent Ray-
|
| le Corbeau philosophiques | mond Lulle & Riplée. Voy.
|
| dans le fleuve Haliacmon, | Armoniac.
|
| pour dire qu'il faut blanchir | HARMONIE ou HER-
|
| le laiton, ou faire passer du | MIONE, fille de Mars &
|
| noir au blanc la matière de | de Vénus, épousa Cadmus
|
| l'oeuvre. On écrit aussi Aliac- | fils d'Agenor. Cadmus eut
|
| mon. | d'elle entr'autres enfants, Se-
|
| HALIMAR. Cuivre. | melé, mère de Bacchus.
|
| HALLE. De la glu. | Voyez l'explication de cette
|
| HAMMON. Un des | fable dans les Fables Egypt.
|
| plus grands Dieux de l'E- | & Grecq. dévoilées. Voyez
|
| gypte, aussi nommé Jupiter. | aussi l'article de Cadmus.
|
| On le représentait avec une | HARPOCRATE. Fi-
|
| tête de bélier. Voyez l'ex-* | gure ou statue d'un homme
|
@
| 186 HA | HA HE
|
| |
|
| tenant deux doigts sur la | Phinée, & infectaient ceux
|
| bouche fermée, & cachant | qu'elles y laissaient. Zethès
|
| de l'autre main ce que la | & Calaïs, fils de Borée, l'en
|
| pudeur ne permet pas de | délivrèrent, & les chassèrent
|
| montrer. Cette statue se trou- | jusqu'aux îles Plotes. Voyez
|
| vait dans tous les temples | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| Egyptiens, qui l'appelaient | dévoilées, liv. 2. ch. 1.
|
| le Dieu du silence. On le | HASACIUM. Sel armo-
|
| mettait ainsi dans tous les | niac.
|
| temples pour faire souvenir | HAUTEUR. (Science
|
| les Prêtres qu'ils devaient | Herm.) Dimension allégo-
|
| garder le silence sur les se- | rique & mystérieuse de la
|
| crets cachés sous leurs fi- | pierre des Sages. Si nous en
|
| gures hiéroglyphiques. Ces | devons croire Philalèthe, la
|
| secrets, selon que l'a très | hauteur n'est autre chose que
|
| bien expliqué Michel Majer | ce que la matière des Phi-
|
| dans son Arcana Arcanissi- | losophes présente à nos yeux
|
| ma, n'étaient autres que ce- | dans le temps de sa prépara-
|
| lui de la vraie Chimie, que | tion. Par exemple, le corps
|
| l'on vante tant sous le nom | ou la matière de notre Art,
|
| du grand oeuvre, ou de la | dit-il dans son traité De vera
|
| Pierre philosophale. On peut | confectione Lapidis Philoso-
|
| voir les applications heureu- | phici, est noir dans sa pre-
|
| ses des fables Egyptiennes | mière disposition, qui se fait
|
| aux opérations de cet Art, | par la putréfaction; cette
|
| dans le livre des Fables | noirceur qui frappe nos yeux
|
| Egypt. & Grecques dévoi- | & que nous appelons froide
|
| lées, liv. 1. chap. 7. | & humide, est ce qui se ma-
|
| HARPYES. Monstres en- | nifeste à notre vue; & cette
|
| fants de Neptune & de la | disposition est ce que nous
|
| Terre. Elles avaient la tête | appelons hauteur de notre
|
| d'une femme, avec un visage | corps.
|
| pâle & blême, le corps d'un | HE'BE', Déesse de la jeu-
|
| vautour, des ailes de fer | nesse, fille de Jupiter & de
|
| des griffes aux pieds & aux | Junon, suivant Homère; ou
|
| mains, & un ventre énorme | de Junon seule, sans avoir
|
| par sa grandeur. On les nom- | connu d'homme, mais pour
|
| mait Ocypeté, Aello, Ce- | avoir mangé beaucoup de
|
| laeno. Elles enlevaient les | laitue dans un festin où Apol-
|
| mets de dessus la table de | lon l'avait invitée, Hébé fut
|
@
| HE | HE 187
|
| |
|
| constituée Echansonne de | & Achille lui ôta la vie.
|
| Jupiter, & donnée ensuite | Hector était le symbole de
|
| en mariage à Hercule après | la partie fixe de l'oeuvre Her-
|
| son apothéose. | métique, & Achille celui de
|
| Hébé signifie proprement | l'eau ignée mercurielle. C'est
|
| la médecine Hermétique, | pourquoi on a feint qu'A-
|
| donnée en mariage à Her- | pollon, Diane, Vénus &
|
| cule, c'est-à-dire mise entre | Mars avaient pris le parti
|
| les mains de l'Artiste après | d'Hector; & Junon, Thetis,
|
| sa perfection, afin qu'il en | le fleuve Scamandre, Mer-
|
| fasse usage pour la santé du | cure & Minerve celui d'A-
|
| corps humain, la guérison | chille. Il n'était pas possible
|
| des maux qui l'affligent, & | de réussir à s'emparer de la
|
| son rajeunissement pour le- | ville de Troie, c'est-à-dire
|
| quel on invoquait Hébé. | à parfaire l'oeuvre, si l'on ne
|
| HEBRIT. Soufre rouge | dissolvait, & si l'on ne faisait
|
| des Philosophes. | tomber en putréfaction la
|
| HE'CATE, Déesse des | partie fixe par l'eau mercu-
|
| Enfers, fille de Jupiter & de | rielle, ce qui était faire mou-
|
| Cérès, selon Orphée; de Ju- | rir Hector. Voyez l'explica-
|
| piter & d'Astérie, selon d'au- | tion plus développée de cette
|
| tres. Hécate présidait aux ac- | fiction, dans le 6e livre des
|
| couchements & aux songes. | Fables Egypt. & Grecques
|
| Elle est la même que Diane, | dévoilées.
|
| qui se nommait la Lune dans | HE'CUBE, fille de Dy-
|
| le Ciel, Diane sur la Terre, | mas, & femme de Priam
|
| & Hécate dans les Enfers. | Roi de Troie, ayant vu im-
|
| Voyez Diane. | moler sa fille Polixene sur le
|
| HECTOR, fils de Priam, | tombeau d'Achille, & son
|
| fut un des plus grands Héros | fils Polydore massacré par la
|
| entre ceux qui défendirent | trahison de Polymestor, elle
|
| la ville de Troie contre les | en conçut un tel dépit qu'elle
|
| Grecs. La destinée de cette | creva les yeux à Polymes-
|
| ville était attachée à la vie | tor; & dans le temps qu'elle
|
| d'Hector. Jupiter le prit sous | se sauvait pour se soustraire
|
| sa protection, & le soutint | aux poursuites des Grecs qui
|
| longtemps contre les pour- | s'étaient emparés de la ville
|
| suites de Junon qui voulait | de Troie, elle fut changée
|
| le faire périr; mais enfin il | en chienne. Voyez le 6e livre
|
| l'abandonna à sa destinée, | des Fables Egypt. & Grecq.
|
@
| 188 H E | HE
|
| |
|
| HEDELTABATENI. | mari Tlepolème tué au siège
|
| Térébenthine. Planiscampi. | de Troie, envoya dans le
|
| HEL. Vinaigre. Johnson | bain où était Hélène, deux
|
| & Planiscampi. | femmes de chambre qui la
|
| HELCALIBAT. Téré- | pendirent à un arbre. Voyez
|
| benthine. | les Fables Egypt. & Grec-
|
| HELE ou HELLE. | ques dévoilées, liv. 6.
|
| Gui de chêne. | HELIADES, filles du
|
| HELEBRIA. Ellébore | Soleil & de Clymene, &
|
| blanc à fleurs rouges. | soeurs de Phaëton. Voyez
|
| HELENE, fille de Jupi- | Phaëton.
|
| ter & de Leda, soeur de | HELICON. Montagne
|
| Castor, de Pollux & de | de la Grèce, située près de
|
| Clytemnestre, fut la plus | celle du Parnasse, l'une &
|
| belle femme du monde. Mé- | l'autre consacrées à Apollon
|
| nelas l'épousa; & Pâris, fils | & aux Muses. Voyez Mu-
|
| de Priam, ayant adjugé la | ses.
|
| pomme d'or à Vénus com- | On voyait autrefois dans
|
| me à la plus belle des Dées- | la Macédoine un fleuve qui
|
| ses, Vénus lui mit Hélène | portait le nom d'Helicon
|
| entre les mains pour récom- | La Fable dit que les femmes
|
| pense de ce qu'il avait porté | de la Thrace mirent en piè-
|
| son jugement en sa faveur. | ces Orphée sur son rivage,
|
| Pâris enleva Hélène, & | & furent toutes noyées dans
|
| l'emmena à la cour de Priam. | les eaux de ce fleuve. Voyez
|
| Ménelas pour s'en venger | Orphée.
|
| mit dans ses intérêts tous les | HELICONIADES. Sur-
|
| Princes de la Grèce, & con- | nom des Muses.
|
| duisit contre Priam une ar- | HELIOTROPIUM.
|
| mée formidable qui fit le siè- | Mélisse de Théophraste. Pa-
|
| ge de Troie. Au bout de | racelse.
|
| dix ans les Grecs s'emparè- | HELLE', fille d'Athamas
|
| rent de cette ville, & Mé- | & de Néphele, s'enfuit en
|
| nelas ramena Hélène avec | Phrygie avec son frère Phri-
|
| lui. Après la mort de Mé- | xus, pour se soustraire aux
|
| nelas les Lacédémoniens la | mauvais traitements de sa
|
| chassèrent de leur ville: elle | belle-mère. Ils montèrent
|
| se retira à Rhodes chez Po- | l'un & l'autre sur un mouton
|
| lixo, qui pour venger, dit | à toison d'or, & voulurent
|
| Hérodote, la mort de son | ainsi traverser la mer; mais
|
@
| HE | HE 189
|
| |
|
| Hellé effrayée par les flots, | & douce au toucher.
|
| tomba dans l'eau & s'y | On trouve de l'Hématite
|
| noya. Voyez les Fables | noire en Egypte, en Perse,
|
| Egypt. & Grecques dévoi- | en Allemagne. Quand elle
|
| lées, liv. 2. ch. 1. | est infusée, elle teint l'eau
|
| HELMINTHICA. Tout | en couleur de safran. Rul-
|
| médicament vermifuge. | land dit qu'on en trouve aussi
|
| HELNESED. Corail. | de verte.
|
| HELSATON. Sel dé- | Sérapion, Pline, Dios-
|
| crépité. | coride, parlent beaucoup de
|
| HELSEBON HEL-& | l'Hématite, & en font un
|
| SOBON. Sel commun pré- | grand éloge.
| paré. | HEMIOBOLON. La
| | HELUNHAI. L'anneau | douzième partie d'une drag-
| | dit de Salomon. | me.
| | HOEMATITES (Pierre) | HEMIOLIUM. Les uns
| | ou Pierre sanguine, ou Fe- | emploient ce mot pour si-
| | ret d'Espagne, est une pierre | gnifier une demie-once; les
| | pesante, participant du fer, | autres, avec Blancart, pour
| | des mines duquel elle se | le poids de douze gros, ou
| | tire. Il y en a de plusieurs | une once & demie.
| | espèces. Celle qu'on appelle | HEMIPAGIA. Migrai-
| | Feret est dure, de couleur | ne.
| | brune-rougeâtre, mais de- | HENRI ROUGE. Colco-
| | venant rouge comme du | tar.
| | sang à mesure qu'on la met | Henri LE PARESSEUX.
| | en poudre. Elle est disposée | Athanor.
| | en aiguilles pointues. La | HERBE BLANCHE qui
| | plus estimée est nette, pe- | croît sur les petites monta-
| | sante, dure, avec des lignes | gnes; ces expressions en
| | noirâtres par dehors, & | termes du grand art ne si-
| | comme du cinabre en de- | gnifient autre chose que la
| | dans. La sanguine nous vient | matière cuite & parfaite au
| | communément d'Angleter- | blanc. On ne trouve ces ter-
| | re, elle n'est point en ai- | mes que dans le Dialogue
| | guilles; on la taille au couteau | de Marie & d'Aros, où
| | pour en faire des crayons, | Marie la nomme Herbe blan-
| | appelés crayons rouges. On | che, claire & honorée. Quel-
| | doit la choisir rouge brune, | ques-uns l'ont expliqué du
| | pesante, compacte, unie, | mercure des Sages, d'autres
| |
@
-
| de la minière d'où on l'ex- | tière aux travaux d'Hercule,
|
| trait; mais la circonstance | à cause de la difficulté que
|
| où Marie l'emploie désigne | l'on trouve à y réussir.
|
| la matière au blanc, parce | HERCULE est aussi le
|
| que les Philosophes donnent | nom que les Alchimistes
|
| quelquefois le nom de pe- | donnent à leurs esprits mé-
|
| tites montagnes à leur four- | talliques, dissolvants, digé-
|
| neau & à leur vase. | rants, sublimants, putréfiants
|
| Herbe PHILOSOPHALE. | & coagulants. Ils regardent
|
| Herbe saturnienne & Her- | les travaux d'Hercule com-
|
| be médicinale. Termes du | me le symbole du grand
|
| grand art, qui signifient la | oeuvre, ou des opérations
|
| même chose, c'est-à-dire, | de la pierre philosophale.
|
| le mercure des Sages; quel- | On peut voir à ce sujet le
|
| quefois la minière d'où se | Traité de Pierre-Jean Fabre
|
| tire ce mercure. Les Chi- | Médecin de Montpellier,
|
| mistes lui donnent ce nom | qui a pour titre: Hercules
|
| générique d'herbe, à cause | Piochymicus, imprimé à
|
| de sa qualité végétative. | Toulouse en 1634. Il y ex-
|
| Herbe TRIOMPHANTE | plique les travaux d'Hercule,
|
| (Sc. Herm.). Matière mi- | par le rapport qu'ils ont avec
|
| nérale faisant partie du com- | les opérations de l'Alchimie,
|
| posé des Philosophes. C'est | avec tant de vraisemblance,
|
| celle qu'ils appellent leur | qu'on peut assurer avec lui,
|
| Femelle, leur Crible, dont | que presque toute la Fable
|
| voyez l'article. | n'est qu'un tissu de symboles
|
| Herbe POTAGERE. | énigmatiques du grand oeu-
|
| Pierre au blanc. | vre; ceux qui sont au fait
|
| Herbe SATURNIENNE, | en feront aisément l'appli-
|
| ou Saturnie végétable. Ma- | cation. Anthée, par exem-
|
| tière de laquelle les Philo- | ple, ce Géant si redoutable,
|
| sophes Hermétiques savent | fils de la Terre, qu'Hercule
|
| extraire leur mercure. | ne put vaincre tant qu'il tou-
|
| HERCULE se prend | cha la Terre sa mère; mais
|
| le plus souvent pour l'artiste | qui fut suffoqué dès qu'il fut
|
| laborieux, & savant dans | élevé en l'air, représente la
|
| l'art chimique; ce qui a en- | terre métallique grossière,
|
| gagé la plupart des Auteurs | & qui ne peut devenir pro-
|
| qui en ont traité, à compa- | pre à la teinture des métaux,
|
| rer la préparation de la ma- | qu'après avoir été sublimée
|
@
| HE | HE 191
|
| |
|
| par le mercure ou les esprits | posé à s'y baigner aussi. Elle
|
| métalliques sublimants repré- | le sollicita avec beaucoup
|
| sentés par Hercule. Cette | d'instances, & ne pouvant
|
| terre après avoir été subli- | l'engager à seconder ses dé-
|
| mée doit mourir ou être | sirs amoureux, elle courut à
|
| étouffée dans les airs, c'est-* | lui pour l'embrasser, & pria
|
| à-dire, doit changer de fi- | en même temps les Dieux de
|
| gure, de forme & de na- | lui accorder que de leurs
|
| ture, doit être changée en | deux corps il ne s'en fit
|
| vapeur aqueuse, & puis re- | qu'un; ce qui lui fut accordé.
|
| tomber pour être putréfiée, | Hermaphrodite obtint alors
|
| & ensuite ressusciter de ses | que tous ceux qui se baigne-
|
| cendres comme le phoenix. | raient dans cette fontaine,
|
| Tous les livres des Philoso- | soit homme ou femme, par-
|
| phes le disent, entr'autres | ticiperaient à l'un & à l'au-
|
| Clangor Buccinae, p, 482. | tre sexe. La matière de l'art
|
| Celui qui saura convertir | Hermétique tient de Mercu-
|
| notre terre en eau, cette eau | re & de Vénus, & porte
|
| en air, cet air en feu, ce feu | elle-même le nom de Mer-
|
| en terre, possédera le ma- | cure des Philosophes: plus
|
| gistère d'Hermès, qui n'est | d'un Adepte lui ont donné le
|
| autre que la pierre Philoso- | nom de Vénus, & c'est en
|
| phale. Mais le plus commu- | effet de l'un & de l'autre
|
| nément Hercule est le sym- | qu'elle est composée. Il est
|
| bole de l'artiste qui em- | à remarquer que ce fils de
|
| ploie le mercure philoso- | Mercure & de Vénus ne de-
|
| phique pour faire tout ce | vint Hermaphrodite qu'a-
|
| qu'on lui attribue. Voyez les | près son union avec la Nym-
|
| Fables Egypt. & Grecques | phe Salmacis, & la matière
|
| dévoilées, liv. 5e. où l'on | ne prend aussi le nom de
|
| explique tous les travaux | Rebis & d'Hermaphrodite
|
| d'Hercule. | qu'après la jonction du sou-
|
| HERMAPHRODITE, | fre & du mercure des Sages
|
| fils de Mercure & de Vé- | dans leur fontaine, qui est,
|
| nus, se promenait dans un | dit Trévisan, la fontaine où
|
| lieu solitaire, où il y avait | le Roi & la Reine se bai-
|
| une fontaine. La Nymphe | gnent, comme le firent Sal-
|
| Salmacis qui s'y baignait, | macis & Hermaphrodite. La
|
| fut éprise de la beauté du | propriété qu'acquit alors cet-
|
| jeune homme qui s'était dis-* | te fontaine de rendre parti-
|
@
| 192 HE | HE
|
| |
|
| cipant des deux sexes tous | & particulièrement celui de
|
| ceux qui s'y baigneraient, | tous les individus du règne
|
| & précisément la propriété | minéral.
|
| de l'eau mercurielle des Phi- | HERME'TIQUE. Ter-
|
| losophes, qui est prise pour | me de Chimie. La science
|
| la femelle, & qui ne fait | Hermétique reconnaît Her-
|
| plus qu'un corps des corps | mès pour son propagateur,
|
| qu'on y baigne, parce qu'ils | & quelques-uns le regar-
|
| s'y dissolvent radicalement, | dent comme le premier qui
|
| & s'y fixent ensuite de ma- | y ait excellé; ce qui lui a
|
| nière à ne jamais pouvoir | fait donner son nom. Le
|
| être séparés. C'est pour cette | grand art, la Philosophie
|
| raison que quelques Philo- | Hermétique, le grand oeu-
|
| sophes ont donné le nom | vre, l'ouvrage de la pierre
|
| d'Hermaphrodite à leur ma- | philosophale, le magistère
|
| tière fixée au blanc. | des Sages, sont toutes ex-
|
| HERME'S surnommé | pressions synonymes de la
|
| Trismégiste, ou trois fois | science Hermétique. La Phy-
|
| grand, est regardé comme | sique Hermétique dépend de
|
| le père de l'Alchimie, qui | cette science, qui fait con-
|
| de lui a pris le nom d'Art | sister toue les êtres sublunai-
|
| Hermétique. Il était Egyp- | res dans trois principes, le
|
| tien, & le plus savant hom- | sel, le soufre & le mercure,
|
| me connu jusqu'à présent. | & rapporte toutes les mala-
|
| Voyez son histoire & les | dies au défaut d'équilibre
|
| fables qu'on a inventées à | dans l'action de ces trois prin-
|
| son sujet dans le premier li- | cipes; c'est pourquoi elle se
|
| vre des Fables Egyptiennes | propose pour objet la re-
|
| & Grecques dévoilées. | cherche d'un remède, qui
|
| Hermès est aussi le nom | entretienne cet équilibre
|
| que quelques Chimistes ont | dans les corps, ou qui y re-
|
| donné au nitre. Blancart. | mette ces trois principes,
|
| Hermès ODORANTE. | lorsque l'un d'eux vient à
|
| C'est le Kermès, suivant | dominer avec trop de vio-
|
| Raymond Lulle. | lence sur les autres. Le se-
|
| Hermès est encore un | cond objet de cet art, est
|
| des noms, & le nom pro- | de composer ce qu'ils ap-
|
| pre du mercure des Philo- | pellent élixir au blanc ou
|
| sophes, parce qu'il est en | au rouge, qu'ils nomment
|
| effet le mercure des corps, | aussi poudre de projection,
|
| | ou
|
@
| HE | HE 193
|
| |
|
| ou pierre philosophale: ils | ou autres; ce qui se fait en
|
| prétendent avec cet élixir | les bouchant de manière
|
| changer les métaux impar- | qu'ils ne laissent échapper
|
| faits en argent avec l'élixir | aucune des parties volatiles
|
| au blanc, ou en or avec | des corps qu'ils renferment.
|
| l'élixir au rouge. On a re- | Pour y parvenir, on fait rou-
|
| gardé dans tous les temps | gir le haut du col du vais-
|
| comme des fous ceux qui | seau, & on en rapproche les
|
| se sont adonnés à ces re- | bords jusqu'à ce qu'ils soient
|
| cherches, quoiqu'ils se nom- | collés ensemble. Quelque-
|
| ment les vrais Sages & les | fois on y met un bouchon
|
| vrais Philosophes, à qui seuls | de verre, lorsque le vase est
|
| la Nature est connue. Ils | de cette matière, & ayant
|
| prétendent que les Philoso- | mis du verre pilé sur les
|
| phes de l'Antiquité, Démo- | joints, on le fond à la lampe
|
| crite, Platon, Socrate, Py- | d'émailleurs. On dit aussi
|
| thagore, &c. étaient tous | sceller du sceau des Philo-
|
| initiés dans les secrets de | sophes, des Sages; mais
|
| cette science, que les hié- | quand on le dit des opéra-
|
| roglyphes des Egyptiens & | tions du grand oeuvre, on
|
| toutes les fables qui compo- | ne doit pas l'entendre du
|
| sent la Mythologie, n'ont | vase qui contient la matière;
|
| été inventés que pour ensei- | mais du sceau secret avec
|
| gner cette science. Voyez | lequel ils scellent la matière
|
| sur cela les Fables Egypt. | même; c'est la fixation du
|
| & Grecques dévoilées. | volatil.
|
| HERME'TIQUE (Sceau) . | HERMIONE ou HAR-
|
| Voyez Sceau. | MONIE, fille de Mars &
|
| HERME'TIQUE (Mé- | de Vénus, & femme de
|
| decine). Elle réduit toutes | Cadmus. Ces deux derniers
|
| les causes des maladies au | furent changés en serpents
|
| sel, au soufre & au mercu- | ou dragons. Voyez Cad-
|
| re; & les guérit par des re- | mus.
|
| mèdes travaillés hermétique- | HERMIONE, fille de
|
| ment, & extraits des trois | Ménélas & d'Hélène, fut
|
| règnes. Blancart. | d'abord fiancée à Oreste,
|
| HERME'TIQUE- | fils d'Agamemnon; Pyrrhus
|
| MENT. Ce terme ne se | l'épousa à son retour de
| dit que de la manière de | Troie. Mais Oreste sans
| | sceller les vases chimiques | doute du consentement
| | | N
| |
@
| 194 HE | HE
|
| |
|
| d'Hermione fit massacrer | dans les matières terrestres.
|
| Pyrrhus dans le Temple | Apollon & Neptune en dé-
|
| d'Apollon. V. Oreste. | sirent ardemment le sacrifi-
|
| HERMOGE^NE. Nom | ce, c'est-à-dire, que l'hu-
|
| que Basile Valentin a donné | mide & le chaud inné de
|
| au mercure des Philosophes, | chaque chose, désirent leur
|
| comme principe, & père | réunion avec cette terre vier-
|
| de la pierre des Sages. Ce | ge, pour produire quelque
|
| savant homme a composé | chose de pur, & donner la
|
| le symbole de sa dixième | liberté à cette matière ignée
|
| Clef de l'oeuvre Herméti- | & cet humide radical, qui
|
| que, d'un triangle qui ren- | se trouvent emprisonnés dans
|
| ferme deux cercles concen- | les matières grossières de la
|
| triques, à l'angle droit est la | terre. Fabri. Le monstre ma-
|
| figure chimique du Soleil, | rin est une humidité super-
|
| à l'angle gauche celle de la | flue, qui semble noyer, &
|
| Lune, à l'angle du bas celle | comme vouloir dévorer Hé-
|
| de Mercure. Sur chaque fi- | sionne. Voyez les Fables
|
| gure & au milieu du cercle | dévoilées, liv. 5. ch. 14.
|
| sont des mots hébreux que | HESNIC. Le poids d'un
|
| je n'entends pas. Au-dessus | quarteron, ou la quatrième
|
| du côté qui forme le haut | partie d'une livre.
|
| du triangle est écrit: Je suis | HESPE'RIDES, filles fa-
|
| né d'Hermogêne; le long du | buleuses, que les Poètes ont
|
| côté gauche: Hyperion m'a | feint avoir un jardin, dans
|
| choisi, & le long du côté | lequel croissaient des pom-
|
| droit: Sans Jamsuph je suis | mes d'or. Ce jardin, selon
|
| contraint de périr. | l'explication des Philosophes
|
| HERNEC. Orpiment | Spagyriques, est le sym-
|
| des Philosophes. | bole de l'Alchimie, par les
|
| HE'SIONNE, fille de | opérations de laquelle on
|
| Laomédon Roi de Troie, | fait germer, croître, fleurir
|
| selon la Fable, fut exposée | & fructifier cet arbre solai-
|
| pour être dévorée par un | re, dont le fruit surpasse l'or
|
| monstre marin, qu'Hercule | commun en beauté & bon-
|
| tua. Les Philosophes ou | té, puisqu'il convertit les au-
|
| Adeptes disent qu'Hésionne | tres métaux en sa propre na-
|
| est cette terre vierge qui | ture; ce que ne peut faire
|
| renferme leur eau mercu- | l'or vulgaire. Le Dragon qui
|
| rielle, & qui est cachée | gardait le jardin des Hespé-
|
@
| HE HI | HI 195
|
| |
|
| rides, est le symbole des | HIE'ROGLYPHES.
|
| difficultés qu'il faut surmon- | Caractères mystérieux in-
|
| ter pour parvenir à la per- | ventés par Hermès Trismé-
|
| fection de la pierre philoso- | giste, & employés par les
|
| phale, & en même temps | Egyptiens particulièrement
|
| celui de la putréfaction du | pour enseigner l'art sacerdo-
|
| mercure. | tal. Voyez cet article. Dans
|
| Les Hespérides étaient | les quatre sortes d'hiérogly-
|
| trois soeurs, filles d'Hespé- | phes en usage chez les Egyp-
|
| rus, frère d'Atlas. Elles se | tiens, la seconde était la
|
| nommaient Eglé, Aréthuse | seule usitée quand il s'agis-
|
| & Hespéréthuse. Ceux qui | sait de parler des mystères
|
| seront curieux d'en voir une | de la Nature, & de ceux de
|
| application plus détaillée, | l'art Sacerdotal ou Hermé-
|
| peuvent consulter mon traité | tique. Abénéphi. Presque
|
| des Fables Egypt. & Grec- | tous les Alchimistes ont
|
| ques dévoilées, liv. 2. ch. 2. | imité les Egyptiens. Ils ne
|
| HESPERIS, espèce de | se sont expliqués que par
|
| giroflier ou violier, ainsi | symboles, allégories, mé-
|
| nommé, de ce que ses fleurs | taphores, fables & énigmes.
|
| ont beaucoup plus d'odeur | HIE'ROPHANTES.
|
| le soir que pendant le reste | Prêtres célèbres à Athènes,
|
| de la journée. Blancard. | chargés d'enseigner les cho-
|
| HE'TE'ROGE^NE. Qui | ses sacrées, & les mystères
|
| n'est pas de même nature. | à ceux qui voulaient être
|
| La matière des Philosophes | initiés. Ils avaient soin des
|
| est mêlée de beaucoup de | Temples. Voyez les Fables
|
| parties hétérogènes qu'il faut | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| en séparer pour avoir le mer- | lées, liv. 4.
|
| cure des Philosophes pur & | HILLA. Boyau jejun-
|
| sans tâches. | non.
|
| HEXAGIUM. Poids de | HILLUS ou HILUS, fils
|
| quatre scrupules, suivant | d'Hercule & de Déjanire,
|
| quelques-uns, & d'une | épousa Jolé, & tua dans la
|
| dragme & demie, suivant | suite Eurysthée, pour ven-
|
| d'autres. Blancard. | ger son père des maux que
|
| HIDROS. Sueur. | lui avait suscité ce Roi.
|
| HIDROTIQUES (Mé- | Voyez Hercule.
|
| dicaments) ou sudorifiques. | HIMEN ou HYMEN.
|
| HIDUS. Vert-de-gris. | Nom que Raymond Lulle a
|
| | N ij
|
@
| 196 HI | HI
|
| |
|
| donné a l'unique vase que les | maus à la course du char.
|
| Philosophes emploient pour | C'était la condition que ce
|
| faire le magistère des Sages. | Roi d'Elide imposait à ceux
|
| HIN. Assa foetida. | qui demandaient sa fille en
|
| HIPPOCENTAURES. | mariage. V. Oenomaus.
|
| Monstres demi-hommes & | HIPPODAMIE ou
|
| demi-chevaux, que les Poè- | DE'IDAMIE, fille du Roi
|
| tes ont feint avoir habité au- | d'Argos, prit pour mari Pi-
|
| trefois près du mont Pélion. | rithous. Celui-ci invita les
|
| Ces monstres sont de la na- | Centaures à ses noces; ils y
|
| ture des autres de la Fable, | excitèrent du trouble; Her-
|
| c'est-à-dire, imaginés pour | cule & Thésée, amis de Pi-
|
| symbole de la dissolution de | rithous, prirent son parti,
|
| la matière de l'oeuvre Her- | attaquèrent les Centaures,
|
| métique. Ce qui est assez | en tuèrent un grand nom-
|
| clairement déclaré par la si- | bre, & mirent les autres en
|
| gnification étymologique du | fuite. Voyez les Fables dé-
|
| lieu de leur habitation pré- | voilées, liv. 5. ch. 22.
|
| tendue; car Pelos veut dire | Les noces de l'oeuvre se
|
| noir, d'où on a fait Pélion. | font pendant la putréfaction
|
| On sait que la couleur noire | de la matière signifiée par
|
| est la marque & le signe de | les Centaures. Hercule ou
|
| la putréfaction & de la dis- | l'Artiste de concert avec
|
| solution parfaite de la ma- | Thésée, ou le mercure des
|
| tière. Voyez Centaures. | Philosophes achèvent la dis-
|
| HIPPOCRE^NE. Fon- | solution, désignée par la
|
| taine située près du mont | mort des Centaures, & pro-
|
| Hélicon en Béotie, & con- | cure la volatilisation indi-
|
| sacrée aux Muses. Les Poè- | quée par ceux qui prennent
|
| tes ont feint que le cheval | la fuite. Pirithous est la ma-
|
| Pégase la fit sourdre en frap- | tière fixe, Hippodamie est
|
| pant la terre avec le pied. | la volatile.
|
| Voyez l'explication de cette | HIPPOLITE, fils de
|
| fable dans les Fables Egypt. | Thésée & d'Hippolite, Rei-
|
| & Grecques dévoilées, liv. | ne des Amazones, eut une
|
| 3. ch. 14. §. 3. | si grande passion pour la
|
| HIPPODAMIE, fille | chasse, qu'il en était unique-
|
| d'Oenomaus, épousa Pélops, | ment occupé. Phédre sa bel-
|
| après que celui-ci eût par | le-mère devint amoureuse
|
| stratagème vaincu Oeno-* | de lui, & ne pouvant le faire
|
@
| HI | HI 197
|
| |
|
| consentir à ses désirs, elle | Sages, & y meurt, c'est-à-*
|
| s'en vengea en l'accusant au- | dire qu'il s'y fixe; car mou-
|
| près de Thésée d'avoir voulu | rir & se fixer sont deux ter-
|
| attenter à son honneur. Thé- | mes synonymes en fait de
|
| sée trop crédule chassa Hip- | science Hermétique, comme
|
| polite son fils de sa présence. | volatiliser signifie donner la
|
| Celui-ci en fuyant la colère | vie. Voyez dans le liv. 3.
|
| de son père était monté sur | ch. 12. §. 2. des Fables dé-
|
| un char pour s'éloigner de | voilées ce qu'il faut enten-
|
| lui; comme il passait sur le | dre par la résurrection d'Hip-
|
| rivage de la mer, Neptune | polite, faite par l'art d'Es-
|
| suscita un monstre marin, qui | culape.
|
| s'étant présenté aux chevaux | Hippolite ou ANTIO-
|
| d'Hippolite, les effraya, leur | PE, Reine des Amazones,
|
| fit prendre le mords aux | épousa Thésée après sa dé-
|
| dents, & les obligea de traî- | faite. Voyez le liv. 5. c. 13,
|
| ner le char à travers les ro- | des Fables Egypt. & Grecq.
|
| chers, où il se fracassa; Hip- | dévoilées.
|
| polite culbuta, & y périt. | HIPPOMENE, fils de
|
| Esculape le ressuscita. La | Macarée, se mit sur les rangs
|
| passion d'Hippolite pour la | pour épouser Atalante. Il la
|
| chasse, est la disposition de | vainquit à la course par le
|
| la matière à être volatilisée; | moyen de trois pommes d'or
|
| cette volatilisation marque | qu'il jeta successivement
|
| une espèce d'éloignement & | derrière lui, & qu'Atalante
|
| d'aversion pour l'union avec | s'amusa à ramasser. Voyez
|
| la terre qui reste au fond du | les Fables dévoilées, liv. 2.
|
| vase, indiquée par Phédre | chap. 3.
|
| mariée avec le mercure re- | HIPPURIS. C'est la
|
| présenté par Thésée. Com- | prêle, la queue du cheval,
|
| me c'est le mercure lui-même | en latin Equisetum.
|
| qui est cause de la volatilisa- | HIRUN DINARIA.
|
| tion, on a feint que Thésée | Dompte venin, Asclepias.
|
| avait chassé son fils de sa pré- | HISMAT. Scories d'ar-
|
| sence. Il est en effet son fils | gent.
|
| puisqu'il est fait du mercure | HISPANACH. Epinards.
|
| même. Après sa volatilisa- | HIVER. Les Sages ont
|
| tion, il retombe dans la mer | donné quelquefois ce nom à
|
| des Philosophes, où se forme | leur mercure; mais ils s'en
|
| le rocher ou la pierre des | servent communément dans
|
| | N iij
|
@
| 198 HI | HO
|
| |
|
| un sens allégorique, pour si- | cure se mortifie, que la terre
|
| gnifier le commencement de | conçoit & qu'elle change de
|
| l'oeuvre, ou le temps qui pré- | nature.
|
| cède la putréfaction. C'est | HOLCE. Dragme.
|
| pourquoi ils disent commu- | HOLSEBON. Sel com-
|
| nément, qu'il faut commen- | mun décrépité.
|
| cer par l'hiver, & le finir par | HOMERE, Poète Grec,
|
| l'automne; parce que de | peut-être le plus ancien, a
|
| même que la nature semble | composé divers ouvrages; il
|
| morte en hiver & ne pro- | nous reste entr'autres son
|
| duit encore rien, de même | Iliade, son Odyssée & quel-
|
| le mercure des Sages dispose | ques Hymnes. On l'appelle
|
| seulement à la génération, | le Prince des Poètes, tant à
|
| qui ne peut se faire sans cor- | cause du sublime de la Poé-
|
| ruption, & la corruption ne | sie, que parce qu'il semble
|
| survient que par la putré- | être la source dans laquelle
|
| faction. Le régime du feu | les autres ont puisé; c'est
|
| est alors du premier degré. | pourquoi Pline l'appelait la
|
| Le mercure dissout son corps. | Fontaine des beaux esprits.
|
| Et les Philosophes disent que | Homère avait voyagé en
|
| ce degré du feu doit être | Egypte, & y avait appris
|
| semblable à la chaleur d'une | les mystères de l'Art Sacer-
|
| poule qui couve; d'autres à | dotal. Il imagina la fiction
|
| la chaleur de l'estomac, à la | de la guerre & du siège de
|
| chaleur du fumier; d'autres | Troie pour traiter cet Art
|
| enfin à une chaleur sembla- | allégoriquement; ce qu'il a
|
| ble à celle du soleil au mois | fait dans son Iliade. Il fit aussi
|
| de Mars, ou dans le signe | son Odyssée, ou les Erreurs
|
| d'Aries. C'est pour cela | d'Ulysse, pour représen-
|
| qu'ils ont dit qu'il fallait | ter les erreurs où tombent
|
| commencer l'oeuvre au signe | les Philosophes Hermétiques
|
| du Bélier, pendant que la | avant de parvenir à la con-
|
| Lune est dans celui du Tau- | naissance du véritable secret
|
| reau. Et tout cela ne signifie | de cet Art. On y voit clai-
|
| autre chose que la chaleur | rement les procédés faux &
|
| modérée philosophiquement | erroneux (pour me servir des
|
| au commencement de l'oeu- | termes mêmes des Philoso-
|
| vre. | phes) de ceux qui n'étant
|
| C'est dans ce temps d'hiver | pas encore initiés dans ces
|
| philosophique que le mer-* | mystères, font des chutes
|
@
| HO | HO 199
|
| |
|
| presqu'à chaque pas qu'ils | torture sans réussir à expli-
|
| font. Ulysse est le véritable | quer Homère d'une manière
|
| portrait de ces Chimistes | satisfaisante, s'ils supposent
|
| qui ayant une fois adopté un | à ce Poète d'autres idées que
|
| système & une recette, la | celles-là.
|
| travaillent conformément à | HOMME. La plupart
|
| leurs préjugés, malgré que | des Philosophes ont com-
|
| la Nature s'offre à eux com- | paré la confection du ma-
|
| me Calypso, & ils l'aban- | gistère à la génération de
|
| donnent ensuite de la ma- | l'homme, & ont en consé-
|
| nière que fit Ulysse. Ils s'ins- | quence personnifié les deux
|
| truisent comme Ulysse le fut | parties ou ingrédients de l'oeu-
|
| par Tyresias; mais toujours | vre, le fixe & le volatil. Ils
|
| indécis, ils font mille opéra- | ont appelé le fixe mâle, & lui
|
| tions sur des recettes diffé- | ont donné des noms d'hom-
|
| rentes, comme Ulysse abor- | mes; & le volatil femelle, &
|
| da en différents pays sans se | l'ont indiqué par des noms
|
| fixer à aucun. | de femmes. C'est de cette
|
| Riplée, Trévisan, Za- | manière que les Egyptiens
|
| chaire ont imité Homère; ils | & les Grecs anciens, initiés
|
| ont fait le détail des erreurs | dans les mystères de l'Art
|
| où ils sont tombés avant de | Sacerdotal ou Hermétique,
|
| réussir, & ont donné ensuite | ont inventé les fables.
|
| métaphoriquement & allé- | Homme dit simplement,
|
| goriquement la véritable ma- | signifie le fixe.
|
| nière de procéder aux opé- | Homme E'LEVE' s'entend
|
| rations du grand oeuvre. Il | de la matière des Philoso-
|
| ne faudrait que donner une | phes digérée, dissoute & en
|
| édition commentée d'Ho- | putréfaction.
|
| mère faite par un Philosophe | Homme ARME' DE CAS-
|
| Hermétique, pour prouver | QUE signifie le mercure di-
|
| au Public la vérité de ce que | géré & parvenu à la couleur
|
| j'avance. Le peu d'explica- | noire. C'est une dénomina-
|
| tions que j'ai données de | tion tirée par comparaison
|
| l'Iliade dans le 6e livre des | de la figure du Dieu Mer-
|
| Fables Egyptiennes & Grec- | cure, représenté avec un cas-
|
| ques dévoilées, suffisent pour | que en tête, tenant son ca-
|
| donner une idée claire du | ducée, autour duquel deux
|
| reste. Les Mythologues se | serpents entortillés semblent
|
| donneront éternellement la | se combattre.
|
| | N iv
|
@
| 200 HO | HU
|
| |
|
| Homme ROUGE. C'est | qu'il est le principe & la base
|
| le soufre des Philosophes, | de l'or philosophique.
|
| ou le magistère au rouge. | HORIZONTIS. Or po-
|
| HOMOGE^NE. Qui est | table.
|
| de même nature, qui est | HORUS ou ORUS, fils
|
| composé de parties absolu- | d'Osiris & d'Isis, fit la guerre
|
| ment similaires entr'elles, & | à Typhon, & le fit périr avec
|
| qui peuvent, étant rappro- | l'aide d'Isis. Horus mourut
|
| chées, s'unir intimement. | cependant, mais sa mère le
|
| Telles sont les parties de | ressuscita, & le rendit im-
|
| l'eau, qui mêlées avec de | mortel. Horus succéda à sa
|
| l'eau, ne peuvent plus en | mère, qui avait elle-même
|
| être distinguées. Tel est l'or | succédé à Osiris son époux;
|
| pur mêlé avec d'autre or pur. | mais Horus fut le dernier
|
| Un métal ne peut se mêler, | des Dieux qui régnèrent en
|
| comme on dit, per minima | Egypte. Voyez ce que signi-
|
| ou intimement avec un vé- | fient ces fictions, dans les
|
| gétal; mais seulement avec | Fables Egypt. & Grecques
|
| quelques parties de ce végé- | dévoilées, liv 1. ch. 5.
|
| tal quand elles sont métalli- | HUCCI ou HUNC.
|
| ques de leur nature. On en | C'est l'étain, ou Jupiter.
|
| trouve dans plusieurs plan- | HUILE, quoique simple-
|
| tes, & dans différents arbres | ment dit, n'est pas une ma-
|
| lorsqu'ils croissent sur des | tière dont on doive se servir
|
| mines, On prétend même | pour la confection de l'oeu-
|
| que les Chinois savent ex- | vre; ils ont donné ce nom à
|
| traire du mercure vulgaire | la matière même lorsqu'elle
|
| coulant du pourpier sauvage. | a pris une couleur & une vis-
|
| L'expérience a prouvé qu'on | cosité huileuse, pendant la
|
| trouve dans le chêne des par- | putréfaction dans l'oeuf phi-
|
| ties ferrugineuses. La cendre | losophique. Tabula Scientiae
|
| de pavot cornu se mêle avec | majoris. Par l'huile les Phi-
|
| les métaux en fusion. | losophes désignent souvent
|
| HOREUM. Miel tiré de | le feu secret des Sages.
|
| la ruche pendant l'été. | Huile BE'NITE. Huile
|
| HORIZON. Nom que | incombustible. C'est leur
|
| quelques Chimistes ont don- | soufre. Ils donnent quelque-
|
| né au mercure de l'or; & les | fois ce nom à leur pierre
|
| Philosophes Hermétiques au | parfaite au blanc ou au rou-
|
| mercure des Sages, parce | ge, parce qu'elle coule & se
|
@
| HU | HU 201
|
| |
|
| fond au feu comme le beurre | mistes ont mis en oeuvre tout
|
| ou l'huile figée. | leur savoir pour la compo-
|
| Huile DE LA NATURE. | ser; ils ont calciné, purifié,
|
| C'est le premier sel qui sert | sublimé, &c. cette matière,
|
| de base à tous les autres. On | & n'en ont jamais pu ex-
|
| l'appelle Huile, parce qu'il | traire cette huile si précieuse,
|
| est onctueux, fondant & pé- | C'est que les Anciens n'en
|
| nétrant; Huile de la Nature, | ont parlé que par allégorie,
|
| parce qu'il est la base de tous | & que sous ce nom ils ont
|
| les individus des trois règnes, | entendu l'huile des Philoso-
|
| & qu'il en est aussi le conser- | phes Hermétiques, autre-
|
| vateur matériel & le restau- | ment leur élixir au blanc par-
|
| rateur. C'est le meilleur, le | fait, au lieu que les Chi-
|
| plus noble, le plus fixe, & | mistes modernes ont pris les
|
| en même temps le plus vo- | termes des Anciens à la let-
|
| latil avant sa préparation. | tre, & ont perdu leurs pei-
|
| Lorsque l'Art veut l'em- | nes, parce que le talc n'est
|
| ployer, il doit de fixe le ren- | pas la matière d'où cette
|
| dre volatil, & puis de volatil | huile doit s'extraire.
|
| fixe; le résoudre & le coa- | Huile DE MARS. (Sc.
|
| guler, c'est tout l'oeuvre. | Herm.) Soufre des Philoso-
|
| Huile ESSENTIELLE. | phes parfait au rouge.
|
| C'est le soufre volatil des | Huile INCOMBUSTI-
|
| métaux philosophiques; c'est-* | BLE. (Sc. Herm.) Magistère
|
| à-dire, leur âme, ou le mâ- | au rouge; on l'appelle in-
|
| le, le soleil, l'or des Sages. | combustible, à cause de sa
|
| Huile DE SATURNE. | fixité.
|
| (Sc. Herm.) Matière des | Huile ROUGE. Voyez
|
| Philosophes au noir, ainsi | Huile de Mars.
|
| nommée, parce qu'ils ap- | Huile VIVE. Magistère
|
| pellent Plomb leur matière | au blanc.
|
| en putréfaction. | Huile VE'GE'TALE. Huile
|
| Huile DE SOUFRE. | du tartre des Philosophes,
|
| (Sc. Herm.) Matière au | & non du tartre vulgaire.
|
| noir. | Huile HE'RACLIENNE.
|
| Huile DE TALC. Les | Huile extraite du bois de
|
| Anciens ont beaucoup parlé | gayac, ou du bouis. Il est
|
| de cette huile, à laquelle ils | bon contre l'épilepsie & les
|
| attribuaient tant de vertus | maux de dents.
|
| que presque tous les Chi-* | HUMATION. Action
|
@
| 202 HU | HU
|
| |
|
| par laquelle l'on met dans le | ce que la fixation du volatil
|
| vase la matière de la pierre | est une espèce de mort, &
|
| des Sages, pour l'y faire pu- | que ce qui était eau pendant
|
| tréfier. Quelques Chimistes | la dissolution, devient terre
|
| ont comparé cette action à | en se fixant.
|
| la sépulture de Jésus-Christ, | HUMECTATION. (Sc.
|
| parce qu'on scelle le vase | Herm.) Donner à la pierre
|
| après y avoir mis la matière, | son humidité, lorsqu'elle est
|
| comme on scella le tombeau | parfaite, & qu'on veut la
|
| de notre Sauveur; & que la | multiplier. V. Imbibition,
|
| matière ne s'y dissout, ou | Multiplication.
|
| putréfie, que pour ressusciter. | HUMECTER. Cuire,
|
| Plusieurs d'entre les Philoso- | digérer. V. Imbibition.
|
| phes Chimiques ont trouvé | HUMEURS. Paracelse
|
| tant de ressemblance dans la | ne voulait pas qu'on dît d'un
|
| vie, la passion, &c. de Jésus-* | homme, qu'il est sanguin,
|
| Christ, avec les opérations | ou mélancolique, ou pitui-
|
| du grand oeuvre des Sages, | teux; parce que tout homme
|
| qu'ils n'ont point fais diffi- | est sanguin, mélancolique &
|
| culté de se servir des termes | flegmatique tout ensemble;
|
| mêmes de l'évangile pour ex- | mais il voulait qu'on appe-
|
| primer allégoriquement tout | lât la bile soufre rouge, le
|
| leur procédé; parce que, | phlegme soufre blanc im-
|
| disent-ils, Dieu a institué le | prégné de sels, & la mélan-
|
| grand oeuvre pour le salut | colie mercure.
|
| de nos corps, comme il a | HUMIDE IGNE'. Mer-
|
| envoyé son Fils pour le salut | cure des Sages animé de son
|
| de nos âmes. Ils ajoutent, | soufre. Quelquefois les Phi-
|
| que la science Hermétique | losophes entendent par ce
|
| jette sur les mystères de la | terme la matière de l'oeuvre
|
| religion Chrétienne, un jour | au noir.
|
| si grand, qu'il n'est pas pos- | Humide RADICAL DE
|
| sible d'être Philosophe Her- | LA NATURE, ou l'humidité
|
| métique, sans être bon Chré- | visqueuse. C'est le mercure
|
| tien. | des Philosophes, qui est la
|
| HUMATION, en ter- | base de tous les individus des
|
| mes de science Hermétique | trois règnes de la Nature;
|
| signifie proprement la pu- | mais qui est plus particuliè-
|
| tréfaction de la matière; & | rement la semence & la base
|
| quelquefois sa fixation, par-* | des métaux, quand il est
|
@
| HU | HU HY 203
|
| |
|
| préparé philosophiquement | font d'elles-mêmes, lorsque
|
| pour faire l'oeuvre Hermé- | cette même humidité retom-
|
| tique. | be sur la terre qui est demeu-
|
| HUMIDITE' dit simple- | rée au bas.
|
| ment, signifie le mercure, | Humidité VISQUEUSE.
|
| dissolvant universel des Phi- | Voyez Humidité de la
|
| losophes. | Pierre.
|
| Humidité DE LA PIER- | Humidité AQUEUSE.
|
| RE. C'est aussi le mercure | Mercure après la putréfac-
| qui est une eau sèche, qui | tion de la matière.
| | ne mouille point les mains, | Humidité BRULANTE.
| | & qui ne s'attache qu'à ce | Mercure des Sages, ainsi
| | qui est de sa nature. Ceux | nommé de ce qu'il a plus
| | qui prétendent qu'il y a deux | d'action & de force sur l'or
| | voies, la sèche & l'humide | même que le feu élémen-
| | pour faire le magistère, ap- | taire. C'est pourquoi les Phi-
| | pellent humidité de la pierre | losophes disent, nous brû-
| | l'eau permanente des Sages | lons avec l'eau, & les Chi-
| | sous forme d'eau laiteuse, | mistes avec le feu.
| | nommée lait de vierge, hu- | Humidité PERMANEN-
| | midité visqueuse. Ceux qui | TE. V. Eau Permanente.
| | n'admettent que la voie sè- | HUNC ou HUNT ou
| | che, l'appellent eau sèche | HUCCI. Etain, Jupiter.
| | simplement. Mais c'est un | HUSACE. Sel armo-
| | leurre que ces deux voies; | niac.
| | les uns & les autres suivent | HUVO. \ Jupiter des
| | la même sous deux noms | HUUT. / Chimistes.
| | différents; ils n'ont égard | HYACINTHE, fils d'A-
| | dans ces dénominations | micle, fut tué par Apollon,
| | qu'aux différentes formes | qui l'aimait beaucoup. Ce
| | sous lesquelles se montre leur | Dieu en jouant au palet le
| | mercure dans le cours des | fit tomber par mégarde sur
| | opérations. | la tête d'Hyacinthe, qui pé-
| | Rendre à la pierre son hu- | rit du coup. Les Poètes ont
| | midité, c'est faire les imbi- | feint qu'Apollon le changea
| | bitions, c'est-à-dire, conti- | en la fleur d'Hyacinthe, &
| | nuer le régime du feu philo- | que l'on voit encore sur cette
| | sophique, qui fait sublimer | fleur ces deux lettres A, I,
| | cette humidité au haut du | qui composent l'exclamation
| | vase, d'où les imbibitions se | lamentable que fit ce Dieu
| |
@
| 204 HY | HY
|
| |
|
| après cet accident. Voyez | subit une espèce de mort,
|
| ce que signifie cette fable | & semble acquérir à chaque
|
| dans l'article d'Apollon. | instant un nouveau genre de
|
| HYADES, filles d'Atlas | vie par les différents degrés
|
| & d'Ethra, furent, selon | de perfection qu'elle prend,
|
| quelques-uns les nourrices | de même que l'hydre pre-
|
| de Bacchus. On en nomme | nait dix nouvelles têtes
|
| six, Eudore, Ambrosie, | quand Hercule lui en cou-
|
| Prodice, Coronis, Phileto | pait une; ce qui est très
|
| & Poliso: d'autres y ajou- | clairement le symbole de la
|
| tent Thionne. Ces préten- | multiplication de la pierre.
|
| dues filles d'Atlas ne sont | Car autant de fois que l'on
|
| autres que les vapeurs mer- | recuit & que l'on dissout la
|
| curielles qui montent au haut | pierre avec du nouveau mer-
|
| du vase, & retombent en | cure, elle acquiert le décu-
|
| pluie sur la matière fixe si- | ple de vertu, & a dix fois
|
| gnifiée par Bacchus. Le nom | autant de force transmuta-
|
| seul d'Hyades, qui veut dire | toire qu'elle en avait avant
|
| pluvieux, exprime suffisam- | cette nouvelle décoction.
|
| ment la chose. | Voyez les Fables Egypt.
|
| HYARIT. Argent, Lune | & Grecq. dévoilées, liv. 5.
|
| des Philosophes. | chap. 4.
|
| HYDATIS. V. Arles | HYDRE. Les Sages ont
|
| Crudum. | comparé leur élixir à l'hy-
|
| HYDATODES VI- | dre, parce que la pierre se
|
| NUM. Vin trempé d'eau. | renouvelle & augmente en
| HYDEROS. Hydropi- | quantité & en qualité à cha-
| | sie. | que fois qu'on répète l'opé-
| | HYDRARGIROSIS. | ration sur le même élixir,
| | Onction mercurielle. | & que dans chaque opéra-
| | HYDRE. Serpent à plu- | tion la putréfaction survient;
| | sieurs têtes qu'Hercule tua | ce qui est une espèce de
| | dans le marais de Lerna. | mort, ils disent qu'alors l'ar-
| | Les Philosophes Spagyri- | tiste coupe la tête à l'Hydre,
| | ques disent que l'hydre re- | & qu'il en renaît dix à la
| | présente la semence métal- | place; parce qu'à chaque
| | lique, laquelle si l'on digère, | réitération de l'oeuvre sur la
| | & si l'on cuit dans le vase | même pierre, sa vertu aug-
| | philosophique, s'altère & se | mente de dix degrés par pro-
| | change de manière qu'elle | gression, c'est-à-dire, que
| |
@
| HY | HY 205
|
| |
|
| si après la première opéra- | mé d'Hercule, qui tua Théo-
|
| tion l'élixir était assez par- | damas pour enlever le fils.
|
| fait pour qu'une de ses par- | Hercule en allant à la con-
|
| ties en pût transmuer en or | quête de la Toison d'or,
|
| dix d'un métal imparfait | aborda avec les autres Ar-
|
| après la seconde opération, | gonautes en une terre où
|
| & une partie en transmuera | Hylas disparu ayant été cher-
|
| cent, &c. | ché de l'eau. On feignit que
|
| Hydre. Matière du ma- | les Nymphes l'avaient en-
|
| gistère avant la déalbation. | levé. Hercule courut les bois
|
| » Notre Lion, dit Philalè- | en cherchant & appelant
|
| » the, étant mis dans notre | son cher Hylas; mais inu-
|
| » mer devient notre Hydre: | tilement. Voy. l'explication
|
| » elle mange ses têtes & sa | de cette fable dans le liv. 5.
|
| » queue. Et sa tête & sa | ch. 14. des Fables Egypt.
|
| » queue sont son esprit & | & Grecq. dévoilées.
|
| » son âme. Cette âme & cet | HYLE'. Terme pris du
|
| » esprit sont sortis de la boue, | grec ύλη̑, & qui signifie fo-
|
| » dans laquelle sont deux | rêt, cahos, confusion. C'est
|
| » choses contraires, l'eau & | aussi le nom que la plupart
|
| » le feu. L'un vivifie l'autre, | des Alchimistes donnent à
|
| » & celui-ci tue celui-là. Il | la matière de la pierre phi-
|
| » faut les plonger dans notre | losophale.
|
| » Hydre, & puis sept fois | Hylé. (Science Herm.)
|
| » dans notre mer, jusqu'à | Quelques-uns disent qu'il
|
| » ce que tout soit absolu- | faut entendre par ce terme
|
| » ment sec, c'est-à-dire | la matière d'où les Philoso-
|
| » jusqu'au blanc. « | phes tirent leur mercure;
|
| HYDRELOEUM. Mix- | d'autres, qu'il signifie la mê-
|
| tion d'eau & d'huile. | me matière au noir, & Phi-
|
| HYDRIA. Dieu de l'Eau | lalèthe dit qu'on donne le
|
| chez les Egyptiens. Voyez | nom de Hylé à la matière
|
| Canope. | parvenue au blanc. Voyez
|
| HYDROPEGE. Eau de | son Traité De vera confec-
|
| fontaine. | tione lapidis Phici, ou Enar-
|
| HYGIEIA, fille d'Escu- | ratio methodica trium medi-
|
| lape, Déesse de la Santé. | cinarum Gebri, pag. 38.
|
| Voyez Esculape. | Hylé. Matière première
|
| HYLAS, fils de Théo- | substance radicale, humide
|
| damas, fut extrêmement ai-* | radical, dernier aliment, se-
|
@
| 206 HY | HY
|
| |
|
| mence prolifique, sont des | les des eaux ou esprits avec
|
| expressions presque synony- | lesquels ces huiles passent
|
| mes d'une même chose dans | dans le récipient pendant la
|
| chaque règne. Le Breton. | distillation.
|
| HYLEC. Voyez Hylé. | HYPOGLOSSIS ou
|
| HYLLUS, fils d'Hercule. | BATRACHION. Rainet,
|
| Voyez Hillus. | tumeur de grenouille, & le
|
| HYMEN. Voy. Himen. | remède qui guérit cette ma-
|
| HYPECOON. Cumin | ladie, de même que l'â-
|
| sauvage: d'autres préten- | preté du larynx.
|
| dent que ce terme doit s'en- | HYPOGLOTTIDES.
|
| tendre d'une espèce de pa- | (Pilules) Ce sont des con-
|
| vot cornu. Plancard. | serves, des pilules qu'on laisse
|
| HYPE'RION, père du | fondre sur la langue pour
|
| Soleil, selon la Fable, si- | adoucir la toux.
|
| gnifie le Mercure philoso- | HYPOPHE'ON. Voyez
|
| phique, père de l'or; car | Hypecoon.
|
| rien n'est plus subtil que le | HYPOPHORES. Ulcè-
|
| mercure. Et Théja regardée | res fistuleux.
|
| comme la mère du Soleil, | HYPOPYON. Oeil pu-
|
| doit s'entendre du soufre. | rulent.
|
| Olaus Borrichius. | HYPOSPHAGMA. Oeil
|
| HYPERMNESTRE. | meurtri.
|
| L'une des filles de Danaüs, | HYPOSTASE. Matière
|
| fut la seule des cinquante qui | de l'oeuvre au blanc.
|
| ne suivit pas les ordres de son | HYPSIPHILE, fille de
|
| père, qui consistaient à tuer | Thoas Roi de Lemnos, sau-
|
| chacune son mari la pre- | va la vie à son père, contre
|
| mière nuit de leurs noces. | la résolution que les femmes
|
| Hypermnestre épargna le | de cette île avaient prise de
|
| sien nommé Lincée, qui dans | tuer tous les hommes qui y
|
| la suite fit mourir Danaüs. | habitaient. Elle se sauva de
|
| Voyez Danaüs. | l'île après que Jason l'eut
|
| HYPNOTICA. Médi- | connue, & laissée enceinte.
|
| caments soporifiques. | Elle eut de lui deux enfants,
|
| HYPOCHOERIS. Lai- | Thoas & Euneus. Licurgue
|
| tron épineux. | Roi de Thrace, reçut Hyp-
|
| HYPOCLAPTIQUE. | siphile chez lui, & la fit nour-
|
| (Vase) Espèce d'entonnoir | rice de son fils Archemore.
|
| à séparer les huiles essentiel-* | Etant un jour dans un bois
|
@
| JA | JA 207
|
| |
|
| avec son nourrisson, des | des Fables Egyptiennes &
|
| Grecs extrêmement pressé | Grecques dévoilées.
|
| de la soif, la prièrent de leur | JANUS à deux visages
|
| donner quelques secours: | signifie, selon les Alchimis-
|
| elle le fit, & les conduisit à | tes, la matière de la pierre
|
| une fontaine qui n'était pas | philosophale, qu'ils nom-
|
| loin de là. Son zèle fut si | ment Rebis, comme faite &
|
| grand, que pour aller plus | composée de deux choses. Ils
|
| vite, elle laissa le petit Ar- | font régner ce Janus avec
|
| chemore seul sur l'herbe. | Saturne, parce que cette
|
| Elle s'amusa à raconter en | matière mise dans le vase
|
| peu de mots son histoire aux | prend d'abord la couleur
|
| Grecs, & retourna où elle | noire attribuée à Saturne.
|
| avait laissé le jeune Prince. | Voyez une explication plus
|
| Pendant ce temps-là un ser- | étendue de Janus & de ses
|
| pent lui avait ôté la vie, & | attributs dans le liv. 3. ch. 3.
|
| il venait d'expirer. Les Grecs | & suiv. des Fables Egypt.
|
| affligés de cette funeste aven- | & Grecques dévoilées.
|
| ture tuèrent le serpent, firent | JAPET, fils du Ciel &
|
| à cet enfant de superbes fu- | de la Terre, eut de la Nym-
|
| nérailles, & instituèrent des | phe Asie Hesper, Atlas,
|
| Jeux en son honneur, qui | Epiméthée & Prométhée.
|
| devaient se célébrer dans la | Voyez Atlas.
|
| suite tous les trois ou tous | JARDIN. Le Jardin des
|
| les cinq ans. Ce sont ceux | Philosophes est le vase qui
|
| que l'on appela Jeux Né- | contient la matière du grand
|
| méens. Voyez les Fables | oeuvre. Les couleurs sont les
|
| Egypt. & Grecques dévoi- | fleurs de ce Jardin, que le
|
| lées, liv. 4. ch. 8. & liv. 2. | feu de la Nature, aidé du
|
| ch. 1. | feu artificiel, fait naître &
|
| J. | éclore. Le Dragon des Hes-
|
| | pérides veille à la porte du
|
| J A, fille d'Atlas & soeur | Jardin des Sages, dont il
| de Maïa, mère de Mer- | garde l'entrée. D'Espagnet
| | cure. Voyez Maïa. | donne ainsi la description de
| | JABORA. Mandragore. | ce Jardin.
| | IACCHOS. L'un des | Lorsqu'on a trouvé le
| | noms de Bacchus. Voyez ce | moyen d'ouvrir la porte du
| | qu'il signifie dans le liv. 3. | Jardin des Philosophes, on
| | ch, 14. §. 2, & liv. 4. ch, 2, | trouve dès l'entrée une fon-
| |
@
| 208 IA | IA
|
| |
|
| taine d'eau très-lympide qui | d'autres, dorées comme la
|
| sort de sept sources, & qui | première. Vous trouverez
|
| l'arrose tout entier. Il faut y | ensuite de beaux lys, d'un
|
| faire boire le Dragon par le | blanc éclatant, & enfin l'im-
|
| nombre magique de trois | mortelle amarante d'une
|
| fois sept, jusqu'à ce qu'il en | belle couleur de pourpre.
|
| soit tellement enivré, qu'il | Tout ce que nous venons de
|
| dépouille ses vêtements. Mais | rapporter d'après d'Espa-
|
| on n'en viendra jamais à | gnet, doit s'entendre de la
|
| bout si Vénus porte-lu- | seconde opération, que pres-
|
| mière, & Diane cornue ne | que tous les Philosophes ap-
|
| nous sont propices & favo- | pellent la première, parce
|
| rables. On doit chercher | qu'ils supposent qu'on a le
|
| dans ce Jardin trois sortes | mercure tout préparé. Cette
|
| de fleurs, qu'il faut néces- | préparation est cependant ce
|
| sairement y trouver pour | qu'il y a de plus difficile,
|
| réussir. Tout auprès du seuil | puisqu'ils l'ont appelée les
|
| de la porte se voient des | travaux d'Hercule. Mais
|
| violettes printanières, qui | peu d'entr'eux en ont parlé,
|
| arrosées par des petits ruis- | parce que tout leur secret gît
|
| seaux, formés par des sai- | presque dans cette opéra-
|
| gnées faites au fleuve doré, | tion; la seconde, qui est la
|
| font prendre à ces violettes | formation du soufre lunifi-
|
| une couleur brillante d'un | que & solifique, est appe-
|
| saphir foncé. Le soleil vous | lée un ouvrage de femmes
|
| servira de guide. Vous ne | & un jeu d'enfants.
|
| séparerez point ces fleurs de | La fontaine que l'on trou-
|
| leurs racines jusqu'à ce que | ve à l'entrée du Jardin, est
|
| vous en composiez votre | le mercure des Sages, qui
|
| pierre, parce qu'elles don- | sort des sept sources, parce
|
| nent plus de suc & de tein- | qu'il est le principe des sept
|
| ture, lorsqu'elles sont fraî- | métaux, & qu'il est formé
|
| chement cueillies: alors vous | par les sept planètes, quoi-
|
| les cueillerez d'une main sub- | que le Soleil seul soit ap-
|
| tile & ingénieuse: ce que | pelé son père, & la Lune
|
| vous ferez très aisément, si | seule sa mère. Le Dragon
|
| votre mauvais destin ne s'y | qu'on y fait boire, est la pu-
|
| oppose: lorsque vous en au- | tréfaction qui survient à la
|
| rez cueilli une, la racine | matière, qu'ils ont appelé
|
| vous en produira bientôt | Dragon, à cause de sa cou-
|
@
| JA | JA 209
|
| |
|
| leur noire & de sa puan- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| teur. Ce Dragon quitte ses | Grecques dévoilées, liv. 4.
|
| vêtements, lorsque la cou- | ch. 2. & 3.
|
| leur grise succède à la noire. | JASO, fille d'Esculape
|
| Vous ne réussirez point si | & d'Epione, que quelques-*
|
| Vénus & Diane ne vous | uns nomment Lampotie, eut
|
| sont favorables, c'est-à-dire, | pour frères Machaon & Po-
|
| si, par le régime du feu, | dalire, & pour soeurs Hy-
|
| vous ne parvenez à blanchir | giéa, Eglé & Panacéa. Jaso
|
| la matière qu'il appelle dans | fut regardée comme Déesse
|
| cet état de blancheur, le | de la Médecine, aussi son
|
| règne de la Lune, auquel | nom veut-il dire guérison,
|
| succède celui de Vénus, puis | comme celui de Panacéa si-
|
| celui de Mars, enfin celui du | gnifie Médecine universelle.
|
| Soleil. Vous ne séparerez | Voyez les Fables Egypt. &
|
| point ces fleurs de leurs ra- | Grecques dévoilées, liv. 3,
|
| cines, &c. c'est-à-dire, qu'il | chap. 12. §. 2.
|
| ne faut rien ôter du vase, | JASON, selon la Fable,
|
| alors vous les cueillerez d'u- | était fils d'Eson & de Poly-
|
| ne main subtile & ingénieu- | mede fille d'Autolicus. Il eut
|
| se; non pas qu'il faille alors | Créthée pour aïeul, Eole
|
| ôter quoique ce soit de | pour bisaïeul, qui était fils
|
| l'oeuf, ni même l'ouvrir; | de Jupiter. Eson avait pour
|
| mais faire succéder les cou- | frère un nommé Pélias, sous
|
| leurs les unes aux autres, au | la tutelle duquel il mit Ja-
|
| moyen du régime du feu. | son; mais la mère de celui-ci
|
| Par ce moyen on aura d'a- | le mit entre les mains de Chi-
|
| bord les violettes de couleur | ron pour y apprendre la Mé-
|
| de saphir foncé, ensuite le | decine. Etant devenu grand
|
| lys, & enfin l'amarante, | & bien instruit, il redeman-
|
| ou la couleur de pourpre, | da à Pélias le Royaume que
|
| qui est l'indice de la perfec- | son père Eson lui avait laissé
|
| tion du soufre aurifique. | en mourant. Pélias ne vou-
|
| JASION, fils de Jupiter | lut consentir à cette restitu-
|
| & d'Electre, fille d'Atlas, | tion, qu'à condition que Ja-
|
| épousa Cybèle, dont il eut | son irait préalablement faire
|
| un fils nommé Corybas. Cé- | la conquête de la Toison
|
| rès, dont il fut très aimé, lui | d'or. Ce que Jason exécuta,
|
| donna Plutus: & Jasion fut | après s'être associé cinquante
|
| enfin mis au rang des Dieux, | braves compagnons presque
|
| | O
|
@
| 210 JA | JA
|
| |
|
| tous descendus des Dieux | Jason ne fut jamais Médecin
|
| comme lui. Ayant donc pré- | ou Chirurgien, puisqu'il n'a
|
| paré tout ce qu'il crut né- | jamais existé en réalité; mais
|
| cessaire pour cette expédi- | la Fable dit qu'il fut instruit
|
| tion, Pallas lui conseilla la | par Chiron, le même qui
|
| construction & la forme du | instruisit aussi Hercule &
|
| navire, dont le mât fut | Achille. Chiron lui apprit
|
| fait d'un chêne pris dans la | donc l'expérience manuelle,
|
| forêt de Dodone. Il aborda | Médée la théorie nécessaire
|
| d'abord à Lemnos pour se | pour la perfection de l'oeu-
|
| rendre Vulcain propice, puis | vre. Jupiter un de ses ancê-
|
| à Marsias, à Cius, en Ibérie, | tres; & Médée, femme de
|
| à Bébrycie & vers les Syrtes | Jason, était petite-fille du
|
| de Lybie, où ne pouvant | Soleil & de l'Océan, & fille
|
| passer, ses compagnons & | d'Aeéte, dont les soeurs
|
| lui portèrent le navire Argo | étaient Circé l'Enchanteres-
|
| sur leurs épaules pendant | se, & Pasiphaé qui engen-
|
| douze jours, & la remirent | dra le Minotaure. La mère
|
| en mer; & après avoir vain- | de Médée fut Idie, aussi En-
|
| cu tous les obstacles qui s'op- | chanteresse, par où l'on peut
|
| posaient à leur dessein, ils | juger que cette parenté ne
|
| arrivèrent enfin à Colchos, | pouvait pas mieux convenir
|
| où par l'art de Médée, ils | qu'à Jason, qui devait être
|
| vinrent à bout d'enlever la | un grand Médecin, & un
|
| Toison d'or. | grand Scrutateur des cho-
|
| Si peu que l'on veuille | ses naturelles. Il se choisit
|
| faire d'attention à cette his- | cinquante compagnons de
|
| toire fabuleuse, & que l'on | voyage, tous issus des Dieux.
|
| soit instruit des mystères de | On en peut voir les noms
|
| l'art Chimique, si peu même | dans l'histoire de la Fable.
|
| que l'on ait lu les livres des | Le navire Argo fut construit
|
| Auteurs qui en traitent, l'on | des chênes de Dodone, qui
|
| reconnaîtra aisément que | donnaient des oracles. Cette
|
| cette prétendue histoire n'est | grosse & grande masse fut
|
| qu'une allégorie du grand | portée par cinquante hom-
|
| oeuvre, comme on va le voir | mes dans les déserts de la
|
| par l'explication suivante. | Lybie pendant douze jours;
|
| Jason tire son étymologie | Orphée son Pilote ne la gou-
|
| du grec, & ne veut dire autre | vernait que par sa musique
|
| chose que l'Art de guérir. | & son chant; enfin ce na-
|
@
| JA | JA 211
|
| |
|
| vire périt de vieillesse, en- | perfection, & n'a presque
|
| sevelit Jason sous ses débris, | plus d'écueils à craindre.
|
| & fut mis au rang des astres. | Ceux qui désirent une ex-
|
| Que veulent dire tous ces | plication chimique plus dé-
|
| lieux où aborda le navire? | taillée, trouveront de quoi
|
| Pourquoi d'abord à Lemnos | se satisfaire amplement dans
|
| pour se rendre Vulcain fa- | le chapitre 1. du livre 2. des
|
| vorable? Pourquoi Euripyle | Fables Egypt. & Grecques
|
| donna-t-il de la terre en pré- | dévoilées.
|
| sent à Jason? C'est qu'Euri- | JASSA. Herbe de la Tri-
|
| pyle était fils de Neptune, | nité.
|
| que de l'eau on fait de la | JAUNE D'OEUF. (Sc.
|
| terre, & que de cette terre | Herm.) Beaucoup de Chi-
|
| il faut faire de l'eau; c'est | mistes ont travaillé sur les
|
| aussi de cette terre que Mé- | jaunes d'oeufs comme sur la
|
| dée augura bien de l'expédi- | matière des Sages, quoique
|
| tion. Ce n'est pas aussi sans | presque tous disent ouverte-
|
| raison que Phinée fut délivré | ment que ce n'est point cela.
|
| des Harpies par Calaïs & | Leur jaune d'oeuf est leur
|
| Zetès, tous deux fils d'Eole; | magistère au rouge.
|
| puisque Basile Valentin dit | IBERIS. Espèce de cres-
|
| dans sa sixième Clef, que | son, ou de cardamine, ou
|
| deux vents doivent souffler, | lepidium, appelé sisymbrium
|
| l'un le vent d'orient, qu'il | par Dioscoride.
|
| appelle Vulturnus, & l'autre | IBIGA. Chamaepytis.
|
| le vent du midi, ou Notus. | IBIS. Oiseau aquatique
|
| Après que ces deux vents | qu'on ne trouve que dans
|
| auront cessé, les Harpies se- | l'Egypte. Il ressemble à la
|
| ront mises en fuite, c'est-à-* | cigogne, & il y en a de deux
|
| dire les parties volatiles de- | espèces, l'une noire & l'au-
|
| viendront fixes. | tre blanche. Ils se nourrissent
|
| Ils trouvèrent aussi sur leur | de serpents, de chenilles, de
|
| route les deux rochers Cya- | sauterelles. Les Egyptiens
|
| nées, dont il faut éviter l'é- | employèrent la figure de cet
|
| cueil au moyen d'une co- | oiseau dans leurs hiérogly-
|
| lombe; cette colombe que | phes, pour signifier en pre-
|
| signifie-t-elle autre chose que | mier lieu une partie de la
|
| la matière parfaite au blanc? | matière du grand oeuvre;
|
| Ce qui marque infaillible- | parce que l'Ibis étant un
|
| ment que l'oeuvre tend à sa | grand destructeur de ser-
|
| | O ij
|
@
| 212 JC | ID
|
| |
|
| pents, il devenait le symbole | Son poil est dur comme ce-
|
| de cette partie volatile qui | lui du loup, blanchâtre ou
|
| dissout & volatilise la fixe, | jaunâtre; son museau est
|
| assez souvent désignée par | noir & ressemble à celui du
|
| des serpents. Quelquefois | cochon; ses oreilles sont pe-
|
| l'Ibis blanc indiquait la ma- | tites, rondes; ses dents & sa
|
| tière au blanc, & I'Ibis noir | langue approchent de celles
|
| la matière en putréfaction. | du chat; ses jambes sont noi-
|
| ICARE, fils de Dédale, | res; sa queue est longue &
|
| voulut se sauver de l'île de | grosse par le bout d'en haut.
|
| Crète, où Minos le tenait | On trouve cet animal au
|
| renfermé avec Dédale son | bord du Nil en Egypte; il
|
| père. Celui-ci fabriqua des | est amphibie, & connu sous
|
| ailes pour lui & pour son fils. | les noms de Rat d'Egypte
|
| Ils prirent leur vol; mais | ou de Rat d'Inde. Il se nour-
|
| Icare n'ayant pas suivi les sa- | rit de petits rats, de serpents,
|
| ges conseils de son père, qui | de lézards, de limaçons, de
|
| lui avait recommandé de vo- | grenouilles; il ronge le ven-
|
| ler toujours bas, s'éleva trop | tre des crocodiles pendant
|
| haut; l'ardeur du soleil fon- | qu'ils dorment, pour en man-
|
| dit la cire dont ces ailes | ger le foie & les intestins,
|
| étaient formées, & Icare | & casse aussi leurs oeufs.
|
| tomba dans la mer, où il se | Cet animal était autrefois
|
| noya. Dédale & Icare sont | en grande vénération chez
|
| le symbole de la partie fixe | les Egyptiens, qui l'em-
|
| du magistère, qui se volati- | ployaient dans leurs hiéro-
|
| lise. Dédale représente le | glyphes dans le même sens
|
| premier soufre, d'où naît le | que l'Ibis.
|
| second, qui après s'être su- | IDA. Deux montagnes
|
| blimé au haut du vase, re- | ont porté ce nom, l'une en
|
| tombe dans la mer des Phi- | Phrygie, l'autre dans l'île
|
| losophes. Le labyrinthe où | de Crète. C'est sur le mont
|
| ils étaient renfermés est le | Ida que Jupiter se reposait
|
| symbole de la matière en | pendant que les Dieux com-
|
| putréfaction, comme on peut | battaient entr'eux, les uns
|
| le voir expliqué dans l'article | pour les Grecs contre les
|
| Minotaure. | Troyens, les autres pour les
|
| ICHNEUMON. Animal | Troyens contre les Grecs.
|
| à quatre pieds, grand com- | Voyez le liv. 3. ch. 4. & le
|
| me un chat; mais plus long. | liv. 6. des Fables dévoilées.
|
@
| ID JE | JE 213
|
| |
|
| IDA était aussi une des | Eole, en l'honneur de Me-
|
| Nymphes qui nourrirent Ju- | licerte. D'autres disent que
|
| piter. C'est de là qu'il por- | ce fut Thésée, & non Sisy-
|
| tait le nom d'Idoeus. Voyez | phe, qui les institua. Le sen-
|
| Jupiter. | timent le plus commun par-
|
| IDAEA. Victorialis, ou | mi les Mythologues, est que
|
| Allium Alpinum. | Thésée ne fit que les renou-
|
| IDYIA, fille de l'Océan | veler. Voyez le liv. 4. ch. 9.
|
| & femme d'Aeetès, fut mère | des Fables Egypt. & Grecq.
|
| d'Absyrthe & de Médée. | dévoilées.
|
| Voyez Médée. | Jeux NE'ME'ENS, insti-
|
| JESSEMIN. Jasmin pe- | tués, selon les uns, par Her-
|
| tit arbrisseau. | cule, après qu'il eut délivré
|
| JET D'E'TOILES. | la forêt de Némée de ce Lion
|
| Voyez Nostoch. | si célèbre dans la Fable; se-
|
| JEU D'ENFANTS. Les | lon d'autres, par Adraste &
|
| Philosophes ont donné ce | ceux qui l'accompagnaient
|
| nom à l'ouvrage de la pierre, | dans l'expédition de Thèbes.
|
| après la préparation du mer- | Ils furent institués en l'hon-
|
| cure, parce que la Nature | neur d'Archemore, fils de
|
| fait presque tout, & qu'il ne | Lycurgue. Voyez le ch. 8.
|
| faut qu'avoir soin d'entrete- | du liv. 4. des Fables Egypt.
|
| nir le feu, néanmoins selon | & Grecques dévoilées.
|
| certaines règles. Voyez Oeu- | Jeux OLYMPIQUES, les
|
| vre. | plus célèbres & peut-être les
|
| JEUX. Sortes de specta- | plus anciens de la Grèce, fu-
|
| cles que la Religion avait | rent institués par Hercule.
|
| consacrés & qu'on donnait | Pausanias dit que quelques-*
|
| dans la Grèce dans les temps | uns en attribuaient l'institu-
|
| les plus reculés, & qui pri- | tion à Jupiter même, après
|
| rent naissance dans les temps | qu'il eut remporté la victoire
|
| fabuleux. Aussi les suppose-* | sur les Titans; qu'Apollon y
|
| t-on pour la plupart institués | disputa & remporta le prix
|
| par des Dieux ou des Héros | de la course sur Mercure, &
|
| de ce temps-là, descendus des | celui du pugilat sur Mars.
|
| Dieux du Paganisme. Les | Voyez le liv. 4. ch. 6. des
|
| principaux étaient les sui- | Fables Egypt. & Grecques
|
| vants: | dévoilées.
|
| Jeux ISTHMIQUES insti- | Jeux PYTHIQUES ou
|
| tués par Sisyphe, fils du Dieu | PYTHIENS, institués en
|
| | O ij
|
@
| 214 JE IG | IL IM
|
| |
|
| l'honneur d'Apollon, on ne | ILIASTRE. Cahos, ou
|
| sait pas trop par qui, mais | les trois principes, soufre,
|
| cependant en mémoire de | sel & mercure des Philoso-
|
| la défaite du serpent Python | phes chimiques, réunis dans
|
| par ce Dieu. Voyez le ch. 7, | la minière de laquelle ils les
|
| du liv. 4. des Fables dév. | extraient. Ils ont aussi donné
|
| Il y avait une infinité d'au- | ce nom à leur matière en pu-
|
| tres Jeux, mais ceux dont je | tréfaction, parce que ces
|
| viens de parler sont connus | trois principes y paraissent
|
| de la plus haute antiquité. | alors confondus.
|
| Les Philosophes Herméti- | ILLECH ou ILECH.
|
| ques prétendent que ces Jeux | V. Cahos, Hylé.
|
| & bien d'autres dont nous | ILLECH CRUD. Mixte
|
| ne faisons pas mention, fu- | composé des trois principes,
|
| rent institués en vue du grand | soufre, sel & mercure, dont
|
| oeuvre, & de ce qui se passe | tout être sublunaire & ma-
|
| dans les opérations de cet | tériel a été fait.
|
| Art. Voyez les Fables dé- | ILLEIAS. Première ma-
|
| voilées citées ci-devant. | tière de tout.
|
| JEUNESSE. Magistère | ILLEIDOS. Air élé-
|
| des Philosophes parfait au | mentaire qui entretient la vie
|
| rouge. | de tout. On dit aussi Illeidus.
|
| IFFIDES. Céruse. | ILLIASTER, ILLIAS-
|
| IGNE'. Qui est du feu, | TES, ILLIADUM. Voyez
|
| qui participe du feu. Basile | Iliastre, Illinctus ou
|
| Valentin appelle pierre ignée | Eclegma. Look.
|
| ou de feu, la pierre qui ré- | ILUS, fils de Tros Roi
|
| sulte des opérations qu'il rap- | des Troyens, & père de
|
| porte dans son Char Triom- | Laomedon, donna le nom
|
| phal de l'Antimoine. Les | d'Ilion à la ville de Troie.
|
| Philosophes Hermétiques | Voyez les Fables Egypt. &
|
| donnent souvent cette épi- | Grecques dévoilées, liv. 6.
|
| thète à leur matière fixe, | IMBIBER. Cuire, digé-
|
| leur soufre. | rer la matière de l'oeuvre
|
| IGNIS LEONIS. Feu | Hermétique, la faire subli-
|
| du soufre des Sages. | mer en vapeurs de manière
|
| IGNIS PRUINUS | qu'elle retombe en espèce
|
| ADEPTUS. Quintessence | de pluie qui abreuve & im-
| du vitriol rectifiée avec le | bibe la terre philosophique
| | tartre. Planiscampi. | restée au fond du vase.
| |
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| IM | IM 215
|
| |
|
| IMBIBITION, en ter- | le met dans un creuset sur
|
| mes de Philosophie Hermé- | un feu très doux, & on l'im-
|
| tique, est la même chose que | bibe goutte à goutte avec son
|
| distillation, & souvent aussi | huile rouge jusqu'à ce que
|
| la même que sublimation & | tout fonde & coule sans fu-
|
| cohobation. Elle se fait lors- | mée. D'Espagnet dit qu'il ne
|
| que la matière enfermée | faut point craindre que le
|
| dans l'oeuf se sublime & | mercure s'évapore, parce
|
| monte en forme de vapeurs | que la terre, qui est très fixe,
|
| au haut du vase, où ne trou- | le boit avec avidité. C'est
|
| vant point d'issue, elle est | alors que l'élixir a toute la
|
| obligée de retomber sur elle-* | perfection dont il est suscep-
|
| même, jusqu'à ce que fixée, | tible.
|
| elle ne circule plus. | Les Philosophes nomment
|
| Imbibitions PHILOSO- | aussi Imbibition les vapeurs
|
| PHIQUES. On a donné ce | qui montent au haut du vase
| nom à la manière d'humecter | pendant que la matière cir-
| | la matière des Philosophes, | cule, parce que ces vapeurs
| | après qu'elle est devenue | retombent gouttes à gouttes
| | soufre blanc ou soufre rouge, | sur la terre qui reste au fond
| | pour la multiplier en quan- | du vaisseau ou oeuf philoso-
| | tité & en qualités. Ces im- | phique. Il faut bien prendre
| | bibitions se font goutte-à-* | garde de ne pas se mépren-
| | goutte jusqu'à ce que la ma- | dre dans les imbibitions, &
| | tière n'ait plus soif. Quand | ne pas les faire avec le blanc
| | on veut multiplier le soufre | pour le rouge, ou avec le
| | blanc, on fait le même com- | rouge pour le blanc.
| | me au rouge. | IMBLEGI. Mirobolants.
| | Il y a encore une autre | IMMERSION. Action
| | imbibition pour la perfection | par laquelle on met un mé-
| | de l'élixir. Après avoir fait | tal dans un dissolvant, pour
| | un amalgame avec trois par- | qu'il s'y réduise en chaux.
| | ties de terre rouge ou fer- | On le dit aussi de tout corps
| | ment rouge pour la pierre | mis dans un liquide, ou mêlé
| | solifique, le double d'eau & | avec quelque poudre sèche,
| | d'air pris ensemble, & que | soit pour ôter à ce corps une
| | cette matière, au moyen de | acrimonie nuisible, soit pour
| | la digestion, est parvenue au | ramollir son écorce trop du-
| | rouge parfait & diaphane, | re, soit enfin pour en corro-
| | on en prend à volonté, on | der le superflu. Blancard.
| | | O iv
| |
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| 216 IM | IN
|
| |
|
| IMMONDICE DU | leurs semences avec impé-
|
| MORT. (Sc. Herm.) Ma- | tuosité; elles s'embarrassent
| tière des Philosophes au | dans les doigts, & les salis-
| | noir. | sent. C'est de là qu'on lui a
| | IMPARTIBLE. Les | donné les noms d'Herbe im-
| | Chimistes appellent leur | patiente, & de Noli me tan-
| | mercure le seul impartible | gere, M. Tournefort l'a ap-
| | connu des Sages. Diction. | pelée Balsaminea lutea.
| | Herm. | IMPREGNATION. Il
| | IMPASTATION. Lors- | n'y aura point d'imprégna-
| | que la matière tombe en pu- | tion, s'il n'y a point de con-
| | tréfaction dans l'oeuf, & | jonction, dit Morien, c'est-*
| | qu'elle est devenue noire, | à-dire, que si l'on ne fait
| | elle s'est épaissie en consis- | pas le mariage du mâle &
| | tance de poix noire coulan- | la femelle, ou ce qui est la
| | te; alors elle est comme de | même chose, du fixe & du
| | la pâte, ou comme de la | volatil, ils ne pourront agir
| | boue: ce qui a fait nommer | l'un sur l'autre, & produire
| | cette opération Impastation. | un troisième corps qui par-
| | IMPATIENTE (Herbe). | ticipera des deux. Cette im-
| | Espèce de balsamine qui | prégnation se fait dans le
| | pousse une tige à la hauteur | temps que le volatil & le fixe
| | d'un pied & demi, tendre, | sont dans une dissolution en-
| | lisse, luisante, verte, vide, | tière, parce qu'alors ils se
| | rameuse. Ses feuilles sont | pénètrent per minima, & se
| | rangées alternativement, | confondent, pour ainsi dire,
| | semblables à celles de la | l'un dans l'autre, de manière
| | mercuriale, mais un peu plus | qu'après avoir circulé, ils de-
| | grandes, dentelées; les fleurs | viennent inséparables.
| | sont jaunes, marquées de | On dit aussi imprégnation
| | points rouges, comme cel- | en Chimie, pour signifier la
| | les de la balsamine: elles | communication des proprié-
| | sont attachées à des pédi- | tés d'un mixte faite à un au-
| | cules qui sortent des aisselles | tre de quelque manière qu'on
| | des feuilles. Il leur succède | la fasse. Par exemple, quand
| | des fruits longs, menus, | on donne au tartre la vertu
| | noueux, d'un blanc verdâ- | émétique de l'antimoine, ce
| | tre, rayé de lignes vertes. | qui le fait appeler Tartre
| | Quand ils sont mûrs, & | stibié.
| | qu'on les touche, ils jettent | INCENDIE. Les Philo-
| |
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| IN | IN 217
|
| |
|
| sophes Hermétiques appel- | le même mercure, dont on
|
| lent Incendie le degré du feu | s'est servi dans la composi-
|
| trop vif & trop violent don- | tion de la pierre. Avec le
|
| né à la matière. Alors elle | mercure rouge si la pierre a
|
| se brûle, & ne peut plus ser- | été poussée au rouge, &
|
| vir de rien. Fuis le tyran du | avec le mercure blanc si on
|
| monde, le fratricide qui cause | ne l'a cuite qu'au blanc.
|
| des incendies. D'Espagnet. | Les Philosophes ont donné
|
| C'est-à-dire, qu'il faut con- | le nom d'Incération à plu-
|
| duire le feu extérieur avec | sieurs opérations; mais l'in-
|
| beaucoup de prudence, il | cération proprement dite est,
|
| l'appelle Fratricide, parce | selon Philalèthe, celle qui se
|
| qu'il éteint le feu intérieur de | fait dans la multiplication en
|
| la matière; & Tyran du mon- | quantité, lorsque l'on mêle
|
| de, parce qu'il détruit tout | de l'or avec l'élixir pour le
|
| dans la Nature. L'impatience | rendre fondant comme la
|
| fait que bien des Artistes ne | cire, & le déterminer plus
|
| réussissent pas; la vertu con- | particulièrement au métalli-
|
| traire est nécessaire au Phi- | que. Ce mélange est pres-
|
| losophe. Tous la recomman- | qu'absolument nécessaire;
|
| dent, & disent que la préci- | car Riplée assure que sans lui
|
| pitation vient du diable. | bien des Artistes ont perdu
|
| INCE'RATION. Action | leur poudre de projection,
|
| par laquelle on met peu à | parce qu'ils la projetaient
|
| peu du mercure sur la ma- | d'abord sur des métaux im-
|
| tière devenue soufre, soit | parfaits.
|
| pour la multiplier, soit pour | INCESTE. (Sc. Herm.)
|
| rendre l'élixir parfait. Voyez | Les Philosophes disent que
|
| Imbibition. | le grand oeuvre se fait par
|
| L'Incération rend la pierre | l'inceste du frère & de la
|
| philosophale fusible, fon- | soeur. Les disciples de Py-
|
| dante comme cire, aigue, | thagore disent (Epître d'A-
|
| pénétrante. Elle se fait par | rislée, à la fin de la Tourbe
|
| imbibition des choses humi- | des Philosophes au Roi des
|
| des sur la matière pulvérisée; | côtes de la mer: Vos sujets
|
| en réitérant plusieurs fois | n'engendrent point, parce
|
| cette imbibition qui se fait | que vous conjoignez les mâ-
|
| gouttes à gouttes, & qu'il faut | les avec les mâles; & le Roi
|
| dessécher autant de fois. Cet- | dit: Quelle chose est con-
|
| te humidité n'est autre que | venable à conjoindre? Aris-
|
@
| 218 IN | IN
|
| |
|
| lée répondit: Amenez-moi | me du Roi. La cendre des
|
| Gabertin votre fils & sa soeur | Philosophes est leur terre
|
| Beya; elle est de matière | feuillée, dans laquelle ils
|
| substantielle de Gabertin; & | jettent la semence aurifique,
|
| par leur mariage, nous serons | qui doit produire au centu-
|
| hors de tristesse, & non au- | ple, un fruit plus beau &
|
| trement. Et incontinent que | plus parfait que n'était celui
|
| Beya eut accompagné son | qui a fourni la semence.
|
| mari & frère Gabertin, & | INCOMBUSTIBLE
|
| qu'il fut couché avec elle, il | (Soufre). Les Chimistes
|
| mourut, & perdit sa vive | Hermétiques donnent le
|
| couleur. D'Espagnet en par- | nom d'Incombustible à leurs
|
| lant de ce qui précède cette | soufres, parce qu'ils sont si
|
| opération, dit que Beya a | fixes que le feu ne peut plus
|
| pu sans crime, & sans don- | leur faire sentir ses atteintes
|
| ner atteinte à sa virginité, | tyranniques & destructives.
|
| contracter un amour spiri- | INCORPORER. Voyez
|
| tuel avant de donner sa foi | Inspirer.
|
| à Gabritius, qui est le même | INCUBE. Quelques Phi-
|
| que Gabertin, afin d'être | losophes ont donné ce nom
|
| plus blanche, plus alerte, | à leur Lune, qu'ils ont aussi
|
| & plus propre aux actes du | appelée femme du Soleil.
|
| mariage qu'elle doit contrac- | Rullandus. Les Anciens ont
|
| ter avec lui. | aussi donné le nom d'Incu-
|
| Les Adeptes disent aussi | bes aux Faunes & aux Sa-
|
| que dans cette union du | tyres.
|
| mâle & de la femelle, se | INCUDA. Voy. Beya.
|
| trouve l'inceste du père & | INFINI. Soufre des Phi-
|
| de la fille, de la mère & du | losophes, ainsi nommé, de
|
| fils: parce que dans cette | ce qu'il peut être multiplié à
|
| opération les corps retour- | l'infini.
|
| nent à leur première matière, | INFLUENCE. Les
|
| composée des éléments & | Adeptes expliquent toutes
|
| des principes de la Nature, | les productions minérales &
|
| qui semblent s'y confondre. | végétales par les influences
|
| INCINE'RATION. Ac- | des astres, particulièrement
|
| tion par laquelle on réduit | du Soleil & de la Lune. Ces
|
| un corps en cendres. Ne | influences sont portées dans
|
| méprisez pas la cendre, dit | l'air par l'action du feu; l'air
|
| Morien, car c'est le diadè-* | qui est comme le médiateur
|
@
| IN | IN 219
|
| |
|
| entre le feu & l'eau, les com- | les corps jusques dans leurs
|
| munique à ce dernier élé- | plus petites parties. C'est
|
| ment, celui-ci à la terre, qui | pourquoi elle est esprit &
|
| leur sert de matrice. Les po- | corps, ou corps spiritualisé;
|
| res de la terre donnent à ces | car pour réussir dans le ma-
|
| influences la liberté de péné- | gistère, il faut spiritualiser les
|
| trer jusqu'au feu central, qui | corps & corporifier les es-
|
| les repousse, & en les subli- | prits, ou, ce qui est le même,
|
| mant les renvoie par d'au- | volatiliser le fixe & fixer le
|
| tres pores jusqu'à la superfi- | volatil. Tout cela se fait dans
|
| cie, où le froid les condense | une même opération après
|
| en pierres, gravier, cailloux, | la jonction ou le mariage du
|
| &c. si elles n'ont pas trouvé | mâle & de la femelle. Le
|
| un soufre métallique qui les | Dragon ailé de Flamel em-
|
| ait accrochées en chemin. | porte avec lui le Dragon sans
|
| Celles qui poussent jusqu'à | ailes, & celui-ci à son tour
|
| la superficie, & qui y ren- | ramène à terre le Dragon
|
| contrent des semences végé- | ailé. Michel Majer a repré-
|
| tales propres à se dévelop- | senté cette opération dans ses
|
| per, elles les fécondent, les | Emblèmes par un nid d'oi-
|
| ouvrent, & par leur aimant | seau, d'où s'envole un petit,
|
| naturel attirent de l'air des | qu'un autre demeuré dans le
|
| parties semblables, qui se | nid retient. Le fixe ne se vo-
|
| joignant à celles qui sont déjà | latiliserait jamais seul, & le
|
| dans la terre, s'amassent peu | volatil ne se fixerait point par
|
| à peu, & par l'action du feu | lui-même.
|
| élémentaire & la réaction du | Le soufre philosophique
|
| feu central font une espèce | donne l'ingrès à la pierre,
|
| de circulation, qui produit | c'est son feu, dit d'Espagnet.
|
| tout dans les deux règnes | Elle tire sa teinture & sa fixité
|
| minéral & végétal. Voyez | du ferment, & sa fusibilité
|
| d'Espagnet Enchyrid. Phy- | du mercure, qui est le me-
|
| sicae restitutae. | dium au moyen duquel se
|
| INGRE'S. Propriété pé- | fait l'union des teintures du
|
| nétrante. Les Philosophes | soufre & du ferment. Le sou-
|
| chimiques disent que leur | fre est un enfant de l'art Her-
|
| pierre est entrante, tingente | métique, le ferment est fils
|
| pénétrante, ou qu'elle a | de la Nature. C'est pour cela
|
| de l'ingrès; c'est-à-dire que | que les Philosophes disent
|
| quoique corps, elle pénètre | que leur matière ne se trouve
|
@
| 220 IN | IN
|
| |
|
| point dans les boutiques des | Beya d'Arislée, qui tue son
|
| Droguistes, ni dans les au- | frère & mari Gabertin, &
|
| tres; & que Marie dit, l'un | ce même Gabertin qui res-
|
| s'achète & l'autre se fait; | suscite dans son fils, plus
|
| parce qu'elle parle de la con- | beau & plus parfait qu'il n'é-
|
| fection de l'élixir, & non de | tait auparavant. La femelle
|
| celle du soufre qu'elle sup- | est le volatil, & le mâle est
|
| pose fait. L'ingrès s'entend | le fixe. Le Dictionnaire Her-
|
| de la faculté pénétrante de | métique & les autres Lexi-
|
| la poudre pour la transmu- | cographes d'après lui, disent
|
| tation. | mal-à-propos que l'ingrossa-
|
| INGRESSION. Action | tion est la même chose que
|
| par laquelle les matières se | la conversion des éléments
|
| mêlent de manière à ne pou- | bas & grossiers en ceux qui
|
| voir plus être séparées. La | sont hauts & légers; car
|
| putréfaction opère ce mé- | quoique l'ingrossation se fasse
|
| lange dans le temps que la | dans le temps que le fixe se
|
| dissolution est parfaite, & | volatilise, la conversion des
|
| que la matière est au noir. | éléments est encore autre
|
| Les Auteurs du Dictionnaire | chose. C'est, selon Aristote
|
| de Trévoux & de l'Encyclo- | le Chimiste & tous les Phi-
|
| pédie ignoraient ce que c'est | losophes, la conversion de
|
| qu'ingression quand ils l'ont | la terre en eau, de l'eau en
|
| confondu avec ingrès. | air, de l'air en feu, & du
|
| INGROSSATION. | tout en terre, selon ce qui
|
| Action par laquelle le volatil | est dit: Vous êtes terre, &
|
| & le fixe de la matière des | vous retournerez en terre. Et
|
| Sages se mêlent intimement, | Hermès dans la Table d'E-
|
| après avoir longtemps com- | meraude: Sa puissance sera
|
| battu ensemble. La femelle, | parfaite, si elle est réduite en
|
| dit d'Espagnet, prend d'a- | terre.
|
| bord le dessus du mâle, & | INHUMATION. (Sc.
|
| le domine de manière à le | Herm.) C'est à peu près la
|
| changer dans sa propre na- | même chose qu'Humation,
|
| ture; elle ne le quitte point | dont voyez l'article. Quel-
|
| qu'elle ne soit devenue gros- | ques-uns cependant l'enten-
|
| se. Alors le mâle reprend | dent du temps de la putréfac-
|
| vigueur, & gagne le dessus | tion; parce qu'alors, selon
|
| à son tour. Il la domine & la | d'Espagnet, l'esprit est com-
|
| rend semblable à lui. C'est | me mort & enseveli dans la
|
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| IN | IN 221
|
| |
|
| terre. C'est ce que les Phi- | INSPIRER. Joindre
|
| losophes appellent Tête du | l'âme à son corps, ou blan-
|
| corbeau, règne de Saturne, | chir la matière, ce qui se fait
|
| Dragon Babylonien, &c. | avec une seule matière dans
|
| c'est-à-dire la matière en | un seul vase, sans y toucher
|
| putréfaction, ou le noir très | de la main.
|
| noir. Ils l'ont nommé Inhu- | INSPISSATION. Opé-
|
| mation, parce que la ma- | ration qui suit celle de la dis-
|
| tière putréfiée a l'odeur des | solution des corps, & qui
|
| corps morts, que le noir re- | cependant n'est en effet que
|
| présente le deuil, & le séjour | la même, puisque le corps
|
| ténébreux du tombeau où les | ne se dissout ou ne se spiri-
|
| corps se pourrissent, & que | tualise point, que l'esprit ne
|
| la matière est fermée dans | se corporifie. L'inspissation
|
| un vase scellé. | se fait par un feu du second
|
| INO, fille de Cadmus & | degré. On remarquera à ce
|
| d'Hermione ou d'Harmonie, | sujet que quand les Philoso-
|
| épousa Athamas après qu'il | phes parlent des degrés de
|
| eut répudié Néphélé. Elle | leur feu qu'il faut administrer
|
| eut de très mauvaises façons | à leur matière, ils n'enten-
|
| pour les enfants de Néphélé, | dent pas qu'il faille augmen-
|
| ce qui fit entrer Athamas | ter ou diminuer le feu com-
|
| dans une fureur si violente | me le font les Chimistes
|
| qu'il arracha d'entre les bras | vulgaires dans leurs four-
|
| d'Ino un de ses enfants, & le | neaux, au moyen des regis-
|
| fit périr en le brisant contre | tres, ou des soufflets, ou
|
| une pierre. Ino saisie de peur, | d'une plus grande quantité
|
| s'enfuit avec son fils Meli- | de charbons; mais qu'il faut
|
| certe, & se précipita dans la | augmenter le feu secret ou
|
| mer avec lui. Neptune les | de la matière, par une di-
|
| reçut, & mit Ino au rang des | gestion; à mesure que la ma-
|
| Déesses marines, sous le nom | tière devient plus fixe, son
|
| de Leucothoé, & Melicerte | feu augmente par degrés, &
|
| au nombre des Dieux après | ces degrés se mesurent par
|
| l'avoir nommé Palémon. | les couleurs qu'elle prend.
|
| Voyez le liv. 4. ch. 9. des | INTERMEDE. Troi-
|
| Fables Egypt. & Grecques | sième matière que l'on ajoute
|
| dévoilées. | à deux autres dans les opé-
|
| INSIPIDE. Magistère au | rations chimiques, ou mé-
|
| blanc. | caniques, soit pour les réu-
|
@
| 222 IN IO | JO
|
| |
|
| nir, soit pour les séparer, | forme. Ovide dit qu'elle
|
| soit enfin pour les mettre en | épousa dans la suite Osiris
|
| action. Les sels différents en- | Roi du pays, & qu'après sa
|
| tr'eux, ne se joignent jamais | mort elle y fut adorée sous
|
| si bien que par un intermède | le nom d'Isis. Voyez les Fa-
|
| terreux. Mém. de l'Acad. de | bles Egypt. & Grecq. dé-
|
| 1702. page 48. | voilées, liv. 1. ch. 4. liv. 3.
|
| Les Philosophes donnent | chap. 4.
|
| le nom d'intermède à leur | JOBATE, Roi de Ly-
|
| mercure, & l'appellent aussi | cie, reçut Bellerophon chez
|
| philtre ou breuvage d'amour, | lui, & l'envoya combattre
|
| lien & moyen propre à join- | la Chimère. Après avoir
|
| dre les teintures inséparable- | éprouvé sa probité & son
|
| ment. | courage, il lui donna sa fille
|
| INTUBUM INTU-& | Philonoé en mariage. Voyez
|
| BUS. Endive, espèce de | Bellerophon.
| chicorée. | JOCASTE, fille de
| | IO, fille du fleuve Ina- | Créon Roi de Thèbes, épou-
| | que. Jupiter en étant devenu | sa Laïus & en eut Oedipe,
| | amoureux, la changea en | qui dans la suite tua son père,
| | vache, pour tromper la ja- | & épousa sa mère Jocaste
| | lousie de Junon. Cette Dées- | sans la connaître, parce que
| | se trop clairvoyante avait si | Créon l'avait promise à celui
| | bien éclairé les pas de Jupi- | qui devinerait l'énigme pro-
| | ter qu'elle découvrit ses allu- | posée par Sphinx. Oedipe en
| | res, & lui demanda cette | eut deux garçons & deux
| | vache. Après qu'elle l'eut | filles. Mais ayant reconnu
| | obtenue, elle la mit sous la | son erreur, & découvert le
| | garde d'Argus, qui avait cent | mystère de sa naissance, son
| | yeux. Jupiter donna ordre à | parricide & son inceste, il se
| | Mercure de se défaire d'Ar- | creva les yeux, & Jocaste se
| | gus. Mercure exécuta sa | fit mourir de désespoir.
| | commission; mais Junon ir- | Toute cette fable ne signi-
| | ritée, envoya contre Io des | fie autre chose que l'inceste
| | taons qui la piquèrent sans | dont parlent si souvent les
| | relâche. Pour s'en débarras- | Philosophes dans leurs ou-
| | ser Io se jeta dans la mer, | vrages. On y voit également
| | qu'elle traversa à la nage, & | des parricides, & tous ces
| | fut aborder en Egypte, où | crimes prétendus de la Fable
| | Jupiter lui rendit sa première | se trouvent expliqués chi-
| |
@
| JO | JO 223
|
| |
|
| miquement dans les Fables | ne font pas les mêmes que
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | les jours ordinaires. Leur an-
|
| liv. 3. ch. 14. §. 4. liv. 4. | née, selon Pline, est d'un
|
| chap. 4. & dans une infinité | mois seulement, quelques-*
|
| d'autres endroits. | uns disent que c'est d'un mois
|
| JOINDRE. Assembler, | commun, d'autres disent d'un
|
| mêler, réunir une chose à | mois lunaire, d'autres d'un
|
| une autre. V. Inspirer. | mois à la manière de comp-
|
| IOLAS, fils d'Iphiclus & | ter des anciens Egyptiens.
|
| neveu d'Hercule, qu'il ac- | La preuve que leur année
|
| compagna dans le temps que | n'est pas l'année commune,
|
| ce Héros combattit l'Hydre | c'est qu'ils expliquent la du-
|
| de Lerne. Iolas avait du feu, | rée des voyages d'Isis & de
|
| avec lequel il brûlait les bles- | Bacchus, & celle du temps
|
| sures qu'Hercule faisait à | qu'il fallait aux vaisseaux de
|
| l'Hydre, pour empêcher que | Salomon pour aller chercher
|
| les têtes qui renaissaient aux | & rapporter l'or d'Ophir,
|
| mêmes endroits ne pullulas- | comme d'une même durée,
|
| sent de nouveau. Voyez les | quoique les premiers em-
|
| Fables Egypt. & Grecques, | ployaient douze ans pour
|
| liv. 5. ch.4. | chaque voyage, & les vais-
|
| IOLE', fille d'Euryte Roi | seaux de Salomon n'étaient
|
| d'Oecalie, fut promise en ma- | absents que trois ans. Michel
|
| riage à Hercule, qui en était | Mayer dans son livre Arca-
|
| devenu amoureux. Euryte | na Arcanissima, dit que qui
|
| la lui ayant ensuite refusée, | sait combiner & réduire à
|
| Hercule tua Euryte, & en- | la même durée ces différents
|
| leva Iolé. Voyez Euryte. | laps de temps, sait compter
|
| IOS. Toutes sortes de | à la manière des Philosophes
|
| venins. Rullandus. | Hermétiques.
|
| Ios est aussi le nom d'une | Leurs saisons ne s'enten-
|
| île de la mer Egée, l'une | dent pas non plus de nos sai-
|
| des Sporades, près de l'île | sons ordinaires. Les leurs se
|
| de Candie. Elle devint fort | passent dans le vase philo-
|
| célèbre par la tradition qui | sophique. Ils commencent
|
| y assignait le tombeau d'Ho- | leur opération en hiver & la
|
| mère. Pline, liv. 4. ch. 12. | finissent en automne. Mais
|
| JOUR. Les jours des | leur hiver est le temps de la
|
| Chimistes Hermétiques se | putréfaction, ou la matière
|
| comptent différemment & | au noir; parce qu'elle est
|
@
| 224 JO | IP
|
| |
|
| alors comme dans un état de | tous les Philosophes disent
|
| mort, & qu'elle se dispose à | que c'est le temps de la joie,
|
| la génération, à peu près | parce qu'ils voient Diane
|
| comme fait la Nature pen- | toute nue, & qu'ils ont évité
|
| dant les frimas & les gla- | tous les écueils de la mer.
|
| çons. Leur printemps est le | Le Code de vérité dit: Blan-
|
| règne de Jupiter, ou lorsque | chissez le laton, & déchirez
|
| la matière se dépouille de la | vos livres; ils vous sont inu-
|
| couleur noire, qu'ils appel- | tiles alors, ils ne vous cau-
|
| lent tête de Corbeau, écaille | seraient que de l'embarras,
|
| du vieux Dragon, &c. Leur | des doutes, des inquiétudes,
|
| été est le temps de la blan- | & vous ne devez avoir que
|
| cheur, ou le règne de la | de la joie. C'est que lorsque
|
| Lune; & leur automne est | la matière est au blanc, il
|
| le temps de la rubification ou | faut être maladroit pour ne
|
| de la perfection de l'élixir; | pas réussir à la conduire au
|
| parce que de même que l'au- | rouge parfait, puisque tout le
|
| tomne est le temps de cueillir | volatil est alors fixé de ma-
|
| les fruits, la perfection de | nière à pouvoir souffrir le feu
|
| l'élixir est celui où l'Artiste | le plus actif & le plus vio-
|
| jouit des fruits de ses tra- | lent.
|
| vaux. | IPHIANASSE. Voyez
|
| JOURDAIN, (Science | Iphigénie.
|
| Herm.) est un nom que les | IPHICLUS, fils d'Alc-
|
| Philosophes ont donné à leur | mene & d'Amphitryon,
|
| mercure dissolvant; parce | frère jumeau d'Hercule, né
|
| que ce mercure doit laver | d'Alcmene & de Jupiter,
|
| sept fois le corps dissoluble | doit s'entendre, selon les
|
| pour le purifier, comme l'E- | Philosophes Spagyriques, de
|
| criture rapporte que Naha- | l'humeur aqueuse qui se trou-
|
| man se lava sept fois dans les | ve toujours mêlée avec le
|
| eaux du Jourdain pour être | mercure représenté par Her-
|
| guéri de la lèpre. | cule. Il faut séparer cette hu-
|
| JOIE DES PHILOSO- | meur aqueuse du mercure,
|
| PHES. Lorsque la pierre ou | quand on veut le mettre en
| la matière des Philosophes | usage.
| | est parvenue au blanc par- | Hésiode parle d'un Iphi-
| | fait, qui est leur or blanc, | clus qui était si léger à la
| | leur soufre blanc, l'Eudica | course, qu'il allait sur les
| | de Morien, leur cygne, alors | eaux comme sur terre, &
| | | qu'il
| |
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| IP | IP IR 225
|
| |
|
| qu'il marchait sur les épis | CIDOS. Barbe de bouc.
|
| de blé sans les faire pen- | IPPIA. Surnom de Mi-
|
| cher. Ce qui est dit pour | nerve.
|
| marquer la grande volatilité | IRIO ou IRION. Vélar.
|
| de l'eau mercurielle des Phi- | Tortelle, Erysimum.
|
| losophes. | IRIS, fille de Thaumas
|
| IPCACIDOS. Plante | & d'Electra, & soeur des
|
| appelée Barbe-de-bouc. | Harpies, selon Hésiode.
|
| IPHIGE'NIE, fille d'A- | Electra était fille de l'O-
|
| gamemnon & de Clytem- | céan, & Thaumas fils de
|
| nestre, fut désignée pour être | Pontus & de la Terre. Iris
|
| sacrifiée à Diane, afin d'a- | était la Messagère de Junon,
|
| paiser le courroux de cette | comme Mercure fut celui de
|
| Déesse irritée contre les | Jupiter, l'un & l'autre por-
|
| Grecs qui allaient faire le | taient sur la terre les ordres
|
| siège de Troie, parce qu'A- | de ces Divinités. Elle était
|
| gamemnon avait tué un cerf | vêtue d'une robe de diffé-
|
| qui lui était consacré, elle | rentes couleurs, & ne quit-
|
| excitait des tempêtes perpé- | tait presque jamais Junon;
|
| tuelles. L'oracle décida que | & Apollonios de Rhodes
|
| Diane ne serait apaisée que | nous apprend qu'elle l'en-
|
| par le sang de celui qui avait | voya à Thétis. Quelquefois,
|
| tué le cerf. Il fut résolu de | mais rarement, Jupiter l'em-
|
| sacrifier Iphigénie. Diane | ploya. Homère en donne
|
| émue de pitié enleva Iphi- | plus d'un exemple. L'em-
|
| génie de dessus l'autel, & y | ploi le plus important d'Iris
|
| substitua une biche. Elle | était d'aller couper le che-
|
| transporta Iphigénie dans la | veu fatal des femmes qui al-
|
| Tauride, où elle fut Prê- | laient mourir, & de délivrer
|
| tresse de la Déesse. Oreste | leurs âmes de leurs corps,
|
| y étant venu pour se purger | comme Mercure le faisait à
|
| de son parricide, Iphigénie | l'égard des hommes.
|
| qui était sa soeur, le reconnut, | Les Philosophes Hermé-
|
| lui sauva la vie, & s'enfuit | tiques donnent par similitude
|
| avec lui, emportant la statue | le nom d'Iris à leur matière,
|
| de la Déesse. Voyez les Fa- | quand après la putréfaction
|
| bles Egyptiennes & Grec- | elle prend les couleurs de
|
| ques dévoilées, liv. 3. chap. | l'arc-en-ciel. Ils prétendent
|
| 14. §. 4. | que tout ce que la Fable a
|
| IPOACIDOS ou IPCA-* | imaginé sur les emplois d'Iris
|
| | P
|
@
| 226 IS | IS
|
| |
|
| auprès de Junon, doivent | mystères d'Isis. C'est une
|
| s'entendre de ce qui se passe | grande plaque de cuivre gra-
|
| dans le vase Hermétique: | vée au premier burin. Sur ce
|
| que délivrer les âmes des | fond de cuivre ou de bronze
|
| corps des femmes, c'est pré- | était un émail noir, entre-
|
| cisément sublimer la partie | mêlé avec art de petites ban-
|
| volatile de la matière qui | des d'argent. Lorsqu'en 1525
|
| demeure au fond; ce qui se | le Connétable de Bourbon
|
| fait à point nommé dans le | prit la ville de Rome, un
|
| temps que les couleurs de l'I- | Soldat qui s'en était saisi dans
|
| ris se manifestent sur cette | le pillage, la vendit à un Ser-
|
| matière; qu'Iris par ce moyen | rurier. Elle passa de-là dans
|
| devient en effet la Messagère | les mains du Cardinal Bem-
|
| de Junon, parce que Junon | bo, & puis au Duc de Man-
|
| est prise pour l'humidité va- | toue, qui heureusement la
|
| poreuse de l'air renfermé | fit graver dans toute sa gran-
|
| dans le vase, & qui occupe | deur, & avec beaucoup
|
| tout le vide qu'y laisse la | d'exactitude, par un nommé
|
| matière. La généalogie d'I- | Enée Vico de Parme; car
|
| ris l'indique assez, puisqu'on | l'original s'est perdu. Je n'en
|
| la dit petite-fille de Pontus | donnerai pas ici la descrip-
|
| & de la Terre, c'est-à-dire, | tion; ceux qui seront curieux
|
| de la mer ou eau mercu- | de la voir, la trouveront dans
|
| rielle, & de la terre philo- | l'ouvrage de Pignorius, in-
|
| sophique. | titulé: Mensa Isiaca, qui fut
|
| ISCHOEMON. Espèce | imprimé à Amsterdam en
|
| de gramen, auquel on a sans | 1669. Le P. Kirker en a parlé
|
| doute donné ce nom, de ce | dans son Oedipus Aegyptia-
|
| qu'il est propre à arrêter les | cus. Il a cru y apercevoir
|
| hémorragies. | les mystères les plus cachés
|
| ISCHAS. Figue sè- | de la Théologie Egyptien-
|
| che. | ne, & est entré dans un très
|
| ISIAQUE. Table Isia- | grand détail à ce sujet. Pi-
|
| que. Monument de l'Anti- | gnorius semble n'avoir eu
|
| quité, où l'on trouve Isis, | pour objet que la description
|
| Osiris, & presque tous les | mécanique de cette Table.
|
| Dieux de l'Egypte, avec | On en trouve aussi la repré-
|
| leurs symboles. On lui a | sentation dans l'Antiquité
|
| donné le nom d'Isiaque, | expliquée de D. Bernard de
|
| parce qu'elle renferme les | Monfaucon, & dans le Re-
|
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| IS | IT JU 227
|
| |
|
| cueil d'Antiquités de M. le | du Paganisme, mais honorée
|
| Comte de Caylus. | sous des noms différents. Cé-
|
| Tout y paraît mystérieux | rès, Junon, la Lune, la
|
| & énigmatique, suivant le | Terre, Proserpine, Thetis,
|
| génie des Egyptiens; & il | la Mère des Dieux ou Cy-
|
| faudrait un ouvrage entier | bèle, Vénus, Diane, Hé-
|
| pour en donner une expli- | cate, Rhamnusia, &c. la Na-
|
| cation suivie & détaillée. Il | ture même n'étaient qu'une
|
| sera plus aisé d'en trouver le | même chose avec Isis. Ce
|
| dénouement en puisant ces | qui lui fit donner le nom de
|
| explications dans la Philo- | Mirionyme, ou la Déesse à
|
| sophie Hermétique, qui était | mille noms. Aussi les Philo-
|
| proprement celle des Egyp- | sophes Hermétiques d'après
|
| tiens; puisqu'Isis, Osiris & | Hermès, qui avait donné ce
|
| les autres Dieux du pays | nom Isis, n'entendaient au-
|
| n'étaient que des Dieux Her- | tre chose par cette Déesse,
|
| métiques, comme il est aisé | que la partie volatile, hu-
|
| de s'en convaincre par les | mide, froide, patiente & fe-
|
| preuves rapportées dans le | melle de l'art Hermétique
|
| Traité des Fables Egypt. & | ou Sacerdotal, comme on
|
| Grecques dévoilées, liv. 1. | peut le voir clairement au
|
| & liv. 4. | livre 1. des Fables Egypt.
|
| ISIR. L'Auteur du Dic- | & Grecq. dévoilées, ch. 1.
|
| tionnaire Hermétique dit que | 2. 3. & 4.
|
| les Philosophes entendent | ISTHMIQUES (Jeux).
|
| parce terme l'élixir au blanc, | V. Jeux Isthmiques.
|
| & que les Sages le nomment | ITERATION. Opéra-
|
| ainsi lorsqu'on veut le multi- | tion de la médecine du troi-
|
| plier; mais je crois que les | sième ordre, ou de l'ordre
|
| Philosophes se servent de ce | supérieur, que l'on appelle
|
| nom pour signifier la même | communément la multipli-
|
| chose que ce qu'ils expri- | cation.
|
| ment par Isis, dont voyez | JUGEMENT. Raymond
|
| l'article. | Lulle a donné ce nom à la
|
| ISIS était une des princi- | projection de la poudre Her-
|
| pales Déesses de l'Egypte & | métique sur les métaux im-
|
| de beaucoup d'autres pays. | parfaits; parce que c'est dans
|
| Beaucoup d'Auteurs l'ont | cette occasion où l'artiste est
|
| regardée, & avec raison, | jugé sur les opérations; &
|
| comme la Déesse universelle | que par la réussite ou non
|
| | P ij
|
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| 228 JU | JU
|
| |
|
| réussite, il juge s'il a bien ou | grands & riches royaumes
|
| mal opéré, & qu'il est alors | pour se la faire adjuger: ces
|
| récompensé suivant ses oeu- | belles propositions ne lui fi-
|
| vres. | rent pas la même impression
|
| JUGES. Les Poètes ont | que les promesses de Vénus,
|
| feint que Pluton avait établi | à laquelle il l'adjugea. Elle
|
| pour Juges des Enfers son | conçut de là une haine im-
|
| empire Eaque, Minos & | placable contre les Troyens,
|
| Rhadamante. Voyez leurs | & engagea la guerre qui fit
|
| articles. | périr Pâris & la ville de
|
| JUNON, fille de Saturne | Troie. Toute cette fiction
|
| & d'Ops, épousa Jupiter | se trouve expliquée dans le
|
| son propre frère jumeau. | chapitre 5. du liv. 3. des
|
| Elle fut nourrie par les Nym- | Fables Egypt. & Grecques
|
| phes, filles de l'Océan. Ju- | dévoilées.
|
| piter avant de l'épouser la | JUNONIS ROSA. Les
|
| trompa sous la forme du | anciens Poètes ont feint que
|
| coucou. Elle devint mère de | Junon ayant répandu de son
|
| Mars, d'Argé, d'Illithye & | lait sur la terre, il en sortit
|
| d'Hébé. Elle eut aussi Vul- | la plante connue sous le nom
|
| cain, mais sans avoir eu af- | de Lys. Ce même lait ré-
|
| faire à aucun homme. Elle | pandu dans le ciel y forma
|
| fit toujours un fort mauvais | aussi cette multitude d'étoi-
|
| ménage avec Jupiter, qui à | les, qui composent la voie
|
| la vérité lui fournissait sans | lactée, comme on peut le
|
| cesse des sujets de jalousie, | voir dans le ch. 1. du liv. 5.
|
| par la quantité de Nymphes | des Fables Egyptiennes &
|
| avec lesquelles il s'amusait. | Grecques dévoilées.
|
| Jupiter perdit un jour pa- | JUPITER, père des
|
| tience, & irrité des mau- | Dieux & des hommes, com-
|
| vaises façons de Junon, il | me l'appellent les Poètes,
|
| la suspendit avec une chaîne | manqua de périr dès sa nais-
|
| d'or, & lui attacha une en- | sance. Saturne son père
|
| clume de fer à chaque pied. | avait fait un traité avec son
|
| Les Dieux & Déesses inter- | frère Titan, par lequel il
|
| cédèrent pour elle, & Ju- | s'était obligé à faire périr
|
| piter se laissa fléchir. Elle | tous les enfants mâles qui lui
|
| fut une des trois Déesses qui | naîtraient; & pour observer
|
| disputèrent la pomme d'or; | ce traité Saturne dévorait ses
|
| elle promettait à Paris de | enfants à mesure qu'ils ve-
|
@
| JU | JU 229
|
| |
|
| naient au monde. Rhée son | dans le Tartare. Ainsi pos-
|
| épouse le trompa quand il | sesseur tranquille de l'Uni-
|
| fut question de Jupiter. Sitôt | vers, il en fit le partage avec
|
| qu'il fut né, elle enveloppa | ses deux frères Neptune &
|
| un caillou dans des langes | Pluton; il donna les eaux &
|
| & le présenta à Saturne, qui | la mer à Neptune, les enfers
|
| ne soupçonnant point de su- | à Pluton, & se réserva le
|
| percherie, avala le caillou; | ciel & la terre.
|
| mais comme il se trouva de | Il soutint une seconde
|
| trop dure digestion, il le vo- | guerre contre les Géants,
|
| mit. | qu'il foudroya tous, & dé-
|
| Ce n'était pas assez d'a- | livra par là tous les habitants
|
| voir ainsi trompé Saturne, il | de l'Olympe des craintes &
|
| fallait soustraire Jupiter à sa | des frayeurs que ces fils de
|
| vue, & aux attentions cu- | la Terre leur avaient impri-
|
| rieuses des Titans. Rhée | mées. Ce Dieu bienfaisant
|
| pour cet effet le fit porter | voulut alors mériter le titre
|
| chez les Corybantes, qui | glorieux de père des Dieux
|
| faisaient retentir sans cesse le | & des hommes qu'on lui
|
| son bruyant de plusieurs ins- | donna dans la suite; il com-
|
| truments d'airain, pour em- | mença à tromper sa propre
|
| pêcher qu'on entendit les | soeur jumelle, & pour cela
|
| cris. A ce bruit les mouches | il se changea en coucou, &
|
| à miel accoururent, & four- | feignant d'être poursuivi par
|
| nirent tout ce qui dépendait | un oiseau de proie, il se ré-
|
| d'elles pour la nourriture de | fugia entre les bras de Ju-
|
| cet enfant. Les Nymphes, | non, qui le cacha dans son
|
| les Naïades, une chèvre | sein. Jupiter saisit l'occasion
|
| même, tout s'empressait en- | favorable, reprit sa première
|
| fin de contribuer à sa conser- | forme, & ne trouva pas Ju-
|
| vation. | non rebelle. Il l'épousa dans
|
| Quand Jupiter fut devenu | la suite.
|
| grand, & qu'il eut appris que | L'humeur amoureuse de
|
| Saturne & les Titans avaient | Jupiter ne lui permit pas de
|
| conspiré sa perte dès sa nais- | s'en tenir à cette épouse. Il
|
| sance même, il chercha tous | prit tous les moyens imagi-
|
| les moyens de s'en venger. | nables de satisfaire sa passion
|
| Il leur fit la guerre; & les | pour les femmes; ce qui
|
| ayant vaincus, il mutila son | brouilla les époux plus d'une
|
| père, & précipita les Titans | fois, & leur fit faire un très
|
| | P iij
|
@
| 230 JU | JU
|
| |
|
| mauvais ménage. Soit pour | rent cependant toujours dans
|
| ne pas irriter la jalousie de | les fables qu'ils imaginèrent
|
| Junon, soit pour venir plus | au sujet de ce Dieu, à l'objet
|
| facilement à boue de ses | qu'avaient eu en vue les Phi-
|
| desseins amoureux, Jupiter | losophes de l'Egypte, lors-
|
| prit mille formes différentes | qu'ils inventèrent celles de
|
| quand il voulut avoir affaire | leur Jupiter. Cet objet caché
|
| avec les beautés humaines. | à presque tous les Mytholo-
|
| Il se présenta à elles tantôt | gues, se trouve éclairci avec
|
| sous la forme d'un cygne, | les fictions auxquelles il a
|
| tantôt sous celle d'un tau- | donné lieu, dans le 3e liv.
|
| reau, puis sous celles d'un | chap. 4. & suiv. des Fables
|
| satyre de feu, de pluie | Egyptiennes & Grecques
|
| d'or, & d'une infinité d'au- | dévoilées.
|
| tres manières; Sémélé fut la | Jupiter. Les Chimistes
|
| seule qui pour son malheur | donnent ce nom au métal
|
| le reçut avec toute sa gloire | que nous appelons commu-
|
| & sa majesté. On trouve ces | nément Etain; mais les Al-
|
| différentes métamorphoses | chimistes entendent souvent
|
| dans le quatorzième livre de | autre chose, comme dans
|
| l'Iliade d'Homère, & dans | l'explication qu'ils donnent
|
| le sixième des Métamorpho- | de la fable d'Amphitryon &
|
| ses d'Ovide. | d'Alcmene, où Jupiter est
|
| De toutes ces visites na- | pris pour cette chaleur céleste
|
| quirent une infinité d'enfants, | & ce feu inné qui est la pre-
|
| qui devinrent tous des Dieux | mière source, & comme la
|
| ou des Héros, tels que Bac- | cause efficiente des métaux,
|
| chus, Esculape, Castor, | c'est pourquoi ils disent que
|
| Pollux, Thésée, Persée & | le mercure, qui est leur pre-
|
| tant d'autres. Les Egyptiens | mier & principal agent du
|
| qui le mettaient au nombre | grand oeuvre, est représenté
|
| de leurs plus grands Dieux, | sous le nom d'Hercule, en-
|
| ne lui donnaient pas un si | gendré d'Alcmene & de Ju-
|
| grand nombre de descen- | piter, parce qu'Alcmene est
|
| dants; les Grecs qui avaient | pris pour le symbole de la
|
| emprunté ce Dieu des Egyp- | matière terrestre & sèche,
|
| tiens, lui en adjugèrent sui- | qui est comme la matrice de
|
| vant leur fantaisie; mais les | l'humidité métallique sur la-
|
| plus anciens de leurs Philo- | quelle agit Jupiter.
|
| sophes Poètes se conformè- | Jupiter EN PLUIE
|
@
| JU | JU IX 231
|
| |
|
| D'OR. (Sc. Herm.) Voyez | tous les métaux sur lequel
| Danaé. | agit le feu de la Nature pour
| | Jupiter converti en ai- | les former; la Fable dit que
| | gle, & qui enlève Ganime- | Mercure était fils & ambas-
| | de, ne signifie autre chose | sadeur de Jupiter. Jupiter a
| | que la purification de la ma- | le ciel pour sa demeure or-
| | tière par la sublimation phi- | dinaire, & la terre pour le
| | losophique. | lieu de ses plaisirs; c'est que
| | L'Auteur du Dictionnaire | cette chaleur de la Nature
| | de Trevoux n'avait guères | semble venir du ciel, &
| | lu les Auteurs qui traitent de | qu'elle lui est communiquée
| | la pierre philosophale, ou | en partie par le Soleil. Si les
| | du grand art, quand il dit | Philosophes disent que Jupi-
| | que les Philosophes appel- | ter a choisi la terre pour le
| | lent Jupiter leur or phi- | lieu de ses plaisirs, c'est que
| | losophique. Ils disent par- | la terre est la matrice dans
| | tout que leur mercure a le | laquelle s'enfantent tous les
| | Soleil pour père, & la Lune | êtres sublunaires des trois
| | pour mère. Ils regardent Ju- | règnes, par l'activité géné-
| | piter comme le père & le | rative de cette chaleur na-
| | maître des Dieux, non pas | turelle dénommée Jupiter
| | parce que l'or est le plus par- | par les Anciens, qui ont
| | fait des métaux, & qu'ils | donné à la Terre différents
| | appellent leur or Jupiter; | noms, tels que Cérès, Da-
| | mais parce que Jupiter, se- | naë, Sémélé, &c. dont voy.
| | lon eux, n'est autre chose | les articles.
| | que la chaleur générative & | JUSSA ou JUISA.
| | innée des corps, au moyen | Gypse, plâtre.
| | de laquelle les métaux se for- | IXIA. Espèce de char-
| | ment dans la terre; c'est dans | don, appelé Carline. Il y
| | ce sens que la Fable dit, que | en a de deux sortes, l'une
| | Jupiter est père d'Apollon | que l'on appelle Caméléon
| | & de Diane, de Mars, de | blanc, qui est le plus estimé,
| | Vénus, de Mercure, &c. | l'autre Caméléon noir.
| | parce que sous le nom d'A- | IXION était fils de
| | pollon ou du Soleil, les Chi- | Phlégias; d'Antion, suivant
| | mistes entendent l'or, sous | Diodore de Sicile, quelques-*
| | celui de Diane ou la Lune, | uns le nomment Aetion. Il
| | l'argent, &c. & comme le | épousa Dia ou Clia, fille
| | mercure est le principe de | d'Eionée ou Deionée, dont
| | | P iv
| |
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| 232 IX | IX
|
| |
|
| il eut Pyrithoüs. Il se brouil- | d'autres. Les Centaures pri-
|
| la avec son beau-père, pour | rent naissance de ce fan-
|
| n'avoir pas voulu donner à | tôme, & Jupiter se contenta
|
| sa fille ce dont ils étaient | pour lors de chasser Ixion de
|
| convenus. Ixion le fit périr | la cour céleste. Mais ce té-
|
| misérablement, & n'ayant | méraire n'en devint pas plus
|
| pu trouver personne qui vou- | sage; il osa se vanter d'avoir
|
| lût l'absoudre de ce crime, | déshonoré le maître des
|
| & en faire l'expiation, il | Dieux, qui pour le punir de
|
| eut recours à Jupiter. Ce | son insolence, le précipita
|
| Dieu en eut pitié, le reçut | d'un coup de foudre dans le
|
| dans le ciel, & lui permit | Tartare, où Mercure eut
|
| même de manger à la table | commission de l'attacher à
|
| des Dieux. Ce bienfait si- | une roue environnée de ser-
|
| gnalé ne servit qu'à en faire | pents, qui devait tourner sans
|
| un ingrat, & un téméraire. | relâche.
|
| Ixion frappé des charmes de | Les Philosophes Hermé-
|
| Junon, eut l'insolence de la | tiques interprètent cette fa-
|
| solliciter à satisfaire sa pas- | ble des Souffleurs & autres
|
| sion. Cette sévère Déesse | Artistes ignorants, qui veu-
|
| offensée d'une telle téméri- | lent entreprendre de faire
|
| té, en informa Jupiter, qui | l'oeuvre sans le savoir; &
|
| regarda d'abord cette accu- | passent tout leur temps à éle-
|
| sation comme un piège qu'on | ver des fourneaux & à les
|
| lui tendait contre Ixion, qui | abattre, à suer sang & eau
|
| passait pour son fils. Il vou- | dans l'exécution de mille pro-
|
| lut s'éclaircir par lui-même. | cédés ruineux, au bout des-
|
| Il convint avec Junon qu'elle | quels ils n'embrassent que de
|
| permettrait à Ixion un en- | la fumée, qui leur laisse des
|
| tretien particulier avec elle. | soufres impurs & des cendres
|
| Pour l'instant du rendez-* | inutiles: qui enfin comme
|
| vous, Jupiter forma avec | Ixion attachés à une roue
|
| une nuée un fantôme qui | laborieuse de travaux fati-
|
| ressemblait parfaitement à | gants, font & recommen-
|
| Junon. Ixion épris de plus en | cent une infinité d'opéra-
|
| plus ne put se contenir, & | tions sans jamais en avoir
|
| Jupiter vit bien qu'il ne tenait | une heureuse issue, Voyez
|
| pas à Ixion que le père des | les Fables Egypt. & Grec-
|
| Dieux ne reçût l'affront qu'il | ques dévoilées, liv. 5. ch.
|
| avait fait à Tyndare & à tant | 22.
|
@
| KA KE | KI KO 233
|
| |
|
| | KIBRICH ou KIBRITH.
|
| K. | Terme de Science Hermé-
|
| | tique, dont se sont servis
|
| KAB. Lait aigri. John- | quelques Chimistes pour
|
| son. | signifier le soufre philoso-
|
| KACHIMIE ou KAKI- | phique. Il faut rectifier sur
|
| MIE. Minéral qui n'est pas | ce corps Kibrich, & Zu-
| encore venu à sa perfection, | beth, c'est-à-dire, les deux
| | ou demi-métal, qui est en- | fumées, qui comprennent &
| | core dans sa matrice comme | qui embrassent les deux lu-
| | l'enfant dans le ventre de la | minaires, & mettre dessus
| | mère aux premiers mois de | ce qui les ramollit, & qui
| | sa grossesse. | est l'accomplissement des
| | KAIB. C'est du lait cail- | teintures & des esprits, &
| | lé, aigri. | les véritables poids de la
| | KALD. Voyez Vinai- | Science. Marie.
| | gre. | KIMENNA. Une grosse
| | KALNOS. Fumée. | bouteille.
| | KAMAR ou CAMAR. | KIMIT E'LEVE'. Blanc
| | Argent. | de cinabre. Planiscampi.
| | KAMBAR. Voy. Cam- | KIRATH. Poids de qua-
| | bar. | tre grains.
| | KAMIR. Levain, fer- | KIST. Oppoponax. Ce
| | ment des Philosophes. | terme signifie aussi un poids
| | KANECH. Roseau. | de quinze grains: quelques-*
| | KANFOR. Etain, Jupi- | uns l'entendent de quatre li-
| | ter. | vres, d'autres de deux me-
| | KAPRILI. Soufre. | sures de vin. Planiscampi.
| | KASAM. Fer. | KOMA & KOMAR-
| | KAYL. Lait aigre. | TOS. Chaux vive.
| | KAYSIR. Ecume de la | KONIS. Cendre.
| | mer. | KOST. Bois de hêtre.
| | KAZDIR, KASDIR | KUHUL. Plomb des Phi-
| | KACIR, KACISSEROS. | losophes; laton qu'il faut
| Etain, ou Jupiter. | blanchir; ou la matière de
| | KEIRI ou KEIRIM. | l'oeuvre en putréfaction, &
| | Narcisse, suivant quelques-* | parvenue au noir très noir.
| | uns; & violier ou giroflée | KUKUL. V. Kuhul.
| | jaune, suivant d'autres, qui | KUMEN. Union, lien des
| | l'écrivent aussi Cheiri. | parties des corps. Rulland
| | |
@
| 234 KY LA | LA
|
| |
|
| KYBRIUS. Arsenic. | modèle du labyrinthe qu'il
|
| KYMENNA. Matras, | fit construire dans l'île de
|
| bouteille de verre. | Crète, & qui devint si célè-
|
| KYMIT SUBLIME'. | bre par la fable du Mino-
|
| Cinabre. | taure. Le troisième fut fait
|
| KYMOLEA. Boue. | dans l'île de Lemnos; on y
|
| L | voyait 150 colonnes de mar-
|
| | bre. Porsenna fit bâtir le qua-
|
| LABOS BALSAMUM. | trième en Italie dans le lieu
|
| Eau dans laquelle on a | où il fut inhumé. Pline fait la
|
| éteint un métal. | description de ces quatre la-
|
| LABRUM VENERIS. | byrinthes dans le livre que
|
| Chardon à Bonnetier. | j'ai cité ci-devant.
|
| LABRUM on LABIUM. | La Philosophie Herméti-
|
| Vase dans lequel on met | que qui imagina la fable de
|
| l'eau pour distiller au bain-* | Thésée & du Minotaure, prit
|
| marie. | occasion du labyrinthe de
|
| LABYRINTHE. On | Crète pour embellir cette
|
| entend par labyrinthe, une | fiction, & indiquer en même
|
| espèce d'édifice rempli de | temps les difficultés qui se pré-
|
| chambres & d'avenues, dis- | sentent dans les opérations
|
| posées de manière que l'on | du grand oeuvre, par celles
|
| entre de l'une dans l'autre, | qu'il y avait à se tirer du la-
|
| sans pouvoir retrouver la | byrinthe quand on s'y était
|
| sortie. Les Auteurs font men- | engagé. Il ne faut pas moins
|
| tion de quatre principaux. | que le fil d'Ariane, fourni
|
| Le premier & le plus célè- | par Dédale même, pour y
|
| bre se voyait en Egypte, | réussir; c'est-à-dire qu'il faut
|
| dans le district de la ville ap- | être conduit & dirigé par un
|
| pelée par quelques-uns Hé- | Philosophe qui ait fait l'oeu-
|
| racléopolis; on le regardait | vre lui-même. C'est ce que
|
| comme une des merveilles | Morien nous assure dans son
|
| du monde, & Pline (liv. 36. | Entretien avec le Roi Calid.
|
| ch. 16.) l'appelle Potentissi- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| mum humani opus. Hérodote | Grecques dévoilées, chapi-
|
| dit qu'un nombre de Rois | tre de Thésée.
|
| d'Egypte y avaient fait tra- | LAC. Les Philosophes
|
| vailler successivement avec | ont souvent donné ce nom
|
| des frais immenses. On pré- | à leur vase & au mercure qui
|
| tend que Dédale le prit pour | y est renfermé; parce que
|
@
| LA | LA 235
|
| |
|
| c'est une eau qui n'a point | avait été donné au mercure
|
| d'issue, comme celle d'un lac | à cause de sa ressemblance
|
| qui communément n'a point | en fluidité & en blancheur
|
| de communication qu'avec | avec le lait vulgaire, & ont
|
| les rivières qui s'y jettent. | cru avoir trouvé cette eau
|
| Mais ordinairement les Phi- | mercurielle dans l'eau blan-
|
| losophes ont ajouté des épi- | che du mercure vulgaire tra-
|
| thètes au terme de Lac, afin | vaillé chimiquement; mais
|
| de désigner les changements | Zachaire les désabuse, en as-
|
| qu'éprouve leur eau mercu- | surant que ce nom ne lui a
|
| rielle pendant le cours des | été donné que parce que le
|
| opérations. Ils l'ont nommé | mercure des Philosophes se
|
| Lac bouillant, lorsque cette | caille & se coagule au moyen
|
| eau mercurielle est animée | du corps fixe, qu'il nomme
|
| par le soufre philosophique; | Coagule pour cette raison.
|
| Lac plein d'eau croupie, pour | Lait VIRGINAL. (Sc.
|
| indiquer le temps de la putré- | Herm.) C'est le mercure des
|
| faction; & Lac desséché, dans | Sages, sous la forme d'eau
|
| le temps que leur eau mercu- | laiteuse dans la voie hu-
|
| rielle est changée en terre. | mide. Quelques-uns lui ont
|
| Lac puant signifie la même | donné ce nom dans la voie
|
| chose que la dissolution de la | sèche, lorsqu'il est cuit au
|
| matière, qui n'est parfaite | blanc.
|
| que lorsque cette matière est | Lait DE LA VIERGE ou
|
| absolument putréfiée; c'est | Lait DES PHILOSOPHES.
|
| le menstrue puant. | C'est la même chose que lait
|
| LACHANUM. Herba- | virginal. Lorsque les Sages
|
| ges, légumes. | disent qu'il faut nourrir la
|
| LACHESIS. L'une des | pierre de son lait, cela doit
|
| Parques, fille de Jupiter & | s'entendre dans deux sens
|
| de Thémis, ou de la Nuit & | différents, ou du feu externe
|
| de l'Erebe. Voyez Enfer. | qu'il faut entretenir pour
|
| LACINIAS. Filtre de | pousser la pierre à sa perfec-
|
| laine. Planiscampi. | tion, ou du mercure même
|
| LACUNE. Terre sigil- | dont elle est composée; &
|
| lée. On dit aussi Latuné. | dans ce dernier sens, il s'agit
|
| LAIT. (Sc. Herm) Eau | de la multiplication ou de la
|
| mercurielle des Philosophes. | confection de l'élixir. Voyez
|
| Quelques Chimistes se sont | Elixir, Multiplica-
|
| imaginés que ce nom de lait | tion, Feu.
|
@
| 236 LA | LA
|
| |
|
| Cuire le lait, c'est-à-dire | avec l'huile ou l'esprit-de-*
|
| cuire le mercure des Sages, | vin; leur feu de lampe est
|
| autrement la pierre au blanc, | celui de leur matière. Voyez
|
| pour la pousser au rouge. | Artéphius, sur les Feux.
|
| La pierre se nourrit de son | LUNARIA. Plante ap-
|
| lait, c'est-à-dire de son eau | pelée Savonaria en latin,
|
| ou sperme dont elle a été | & Savoniere en français.
|
| faite, qui n'est autre que le | LANCE. Terme de
|
| mercure Hermétique. | science Hermétique, qui si-
|
| Lait DE LA LUNE. Res- | gnifie le feu dont les Artistes
|
| cemberg a donné ce nom à | se servent pour l'ouvrage de
|
| l'espèce d'agaric qui naît sur | la pierre des Sages. La hache
|
| les rochers. | qui servit pour fendre la tête
|
| LAMAC. Gommé ara- | à Jupiter, & le faire ainsi ac-
|
| bique. | coucher de Pallas, l'épée de
|
| LAMARE. Soufre. | Jason, la massue d'Hercule,
|
| LAMATI. Gomme ara- | les flèches d'Apollon, &c.
|
| bique. Johnson. | signifient la même chose.
|
| LAMERE'. Soufre vif. | LANGAGE. (Sc. Herm.)
|
| LAMIES. Monstres que | Les Philosophes n'expriment
|
| la Fable nous a peints ayant | point le vrai sens de leurs
|
| la tête semblable à celle d'u- | pensées en langage vulgaire,
|
| ne très belle femme, & le | & il ne faut pas les interpré-
|
| reste du corps comme celui | ter suivant les idées que pré-
|
| d'un serpent. On feignait | sentent les termes en usage
|
| qu'ils dévoraient les enfants. | pour exprimer les choses
|
| Ils ne signifient autre chose | communes. Le sens que pré-
|
| que l'eau mercurielle appe- | sente la lettre n'est pas le
|
| lée femme avant la putréfac- | leur. Ils parlent par énig-
|
| tion, qui lui fait donner le | mes, métaphores, allégo-
|
| nom de serpent pendant ce | ries, fables, similitudes, &
|
| temps-là. Leur cruauté indi- | chaque Philosophe les tourne
|
| que la dissolution. | suivant la manière dont il est
|
| LAMPACOS. \ | affecté. Un Adepte Chi-
|
| LAMPATAN. / China. | miste explique ses opéra-
|
| LAMPE. (Sc. Herm.) | tions philosophiques en ter-
|
| Lorsque les Philosophes par- | mes pris des opérations de
|
| lent du feu de lampe comme | la Chimie vulgaire; il parle
|
| de leur feu, il ne faut pas les | de distillations, sublima-
|
| entendre d'un feu de lampe | tions, calcinations, circula-
|
@
| LA | LA 237
|
| |
|
| tions, &c. des fourneaux, | Merlin & Denis Zachaire
|
| des vases, des feux en usage | exposent l'oeuvre sous l'allé-
|
| parmi les Chimistes, com- | gorie d'un Roi qui arme con-
|
| me ont fait Geber, Para- | tre ses ennemis, le premier
|
| celse, &c. Un homme de | pour combattre, le second
|
| Guerre parle de sièges, de | pour soutenir un siège. Mer-
|
| batailles, comme Zachaire. | lin dit que le Roi, avant de
|
| Un homme d'Eglise parle | monter à cheval, demanda
|
| en termes de morale, com- | à boire de l'eau, qu'il aimait
|
| me Basile Valentin dans son | beaucoup; qu'il en but tant,
|
| Azoth. Ils ont en un mot | qu'il en fut incommodé jus-
|
| parlé si obscurément, en des | qu'à la mort, & qu'une mé-
|
| termes si différents, & en des | decine l'ayant ressuscité, il
|
| styles si variés qu'il faut être | monta à cheval, combattit
|
| au fait pour les entendre, & | ses ennemis & les vainquit.
|
| qu'un Philosophe serait très | Cette eau n'est autre que le
|
| souvent embarrassé pour en | mercure des Philosophes,
|
| expliquer totalement un au- | que leur or, appelé Roi,
|
| tre. Les uns ont varié les | boit avec ardeur; parce qu'ils
|
| noms, changé les opéra- | sont de même nature, & que
|
| tions; les autres ont com- | comme disent les Philoso-
|
| mencé leurs livres par le mi- | phes, nature aime nature,
|
| lieu des opérations, les au- | nature se réjouit en sa na-
|
| tres par la fin; quelques-uns | ture; & selon le proverbe
|
| ont entremêlés des sophisti- | vulgaire, chaque chose aime
|
| cations; celui là a omis quel- | son semblable. Le mercure
|
| que chose, celui-ci a ajouté | philosophique est une eau
|
| du superflu. L'un dit prenez | dissolvante; la dissolution est
|
| telle chose, l'autre dit qu'il | une espèce de mort, puis-
|
| ne faut pas prendre cette | qu'elle ne se fait parfaitement
|
| même chose. Rupescissa sou- | que dans la putréfaction; voi-
|
| tient que le vitriol Romain | là la mort du Roi. Ce Roi
|
| est la vraie matière des Phi- | ressuscite, parce que la pu-
|
| losophes; & ceux qui re- | tréfaction est le principe de la
|
| connaissent Rupescissa pour | génération, corruptio unius
|
| Adepte, vous recomman- | est generatio alterius. Ce qui
|
| dent de ne point prendre le | se prouve par beaucoup de
|
| vitriol Romain ni tout autre. | textes d'autres Philosophes.
|
| Nous allons expliquer tout | Bassen, dans la Tourbe,
|
| cela par des exemples. | dit: Mettez le Roi dans le
|
@
| 238 LA | LA
|
| |
|
| bain, afin qu'il surmonte na- | la plus haute de toutes, deux
|
| ture. Cette eau est la fon- | plantes d'une propriété &
|
| taine du Trévisan, où le Roi | d'une vertu supérieure à tou-
|
| entre seul, & où il se baigne | tes les autres plantes. Il lui
|
| pour se purifier; il y meurt, | en apporta, elle s'en ceignit,
|
| & y ressuscite; car la même | & se trouva dès le moment
|
| eau tue & vivifie. Les Phi- | guérie de toutes ses infirmi-
|
| losophes ont même donné le | tés. Elle reconnut ce service
|
| nom de vie & de résurrection | de son Médecin, par des ri-
|
| à la couleur blanche qui suc- | chesses infinies.
|
| cède à la noire, & ils ont | Hermès, ou quelqu'un sous
|
| appelé mort cette dernière. | son nom, a parlé de l'oeuvre
|
| Denis Zachaire s'est ex- | en style problématique, &
|
| pliqué allégoriquement plus | a dit: J'ai considéré le rare
|
| au long dans le siège de | & admirable oiseau des Phi-
|
| ville qu'il suppose, il parle | losophes, qui vole perpé-
|
| de la matière sous le nom de | tuellement au signe d'Aries.
|
| celui qui soutient le siège, & | Si on le divise, si on le dis-
|
| de ceux qui le font, & donne | sout en beaucoup de parties,
|
| une idée des couleurs qui | quoique petit, & que son
|
| surviennent à cette matière | obscurité soit dominante, il
|
| successivement, en indiquant | te demeurera, comme étant
|
| les couleurs des étendards & | de tempérament & de com-
|
| des drapeaux des uns & des | plexion terrestre. Lorsqu'il
|
| autres. | se manifeste sous diverses
|
| D'autres se sont expliqués | couleurs, il est appelé ai-
|
| paraboliquement. Le Roi Ar- | rain, plomb, &c. Etant en-
|
| tus, par exemple, dit dans | suite brûlé à un feu violent
|
| la Tourbe: Une grande Tré- | au nombre moindre quatre
|
| sorière tomba malade de di- | jours, au moyen sept, & au
|
| verses maladies, pâles-cou- | plus grand dix, on le nomme
|
| leurs, hydropisie, paralysie. | terre d'argent; elle est en
|
| Elle était extrêmement jau- | effet d'une grande blancheur
|
| ne depuis le haut de la tête | & s'appelle air, gomme d'or
|
| jusqu'à la poitrine; depuis la | & soufre. Prends une partie
|
| poitrine jusqu'aux cuisses elle | d'air, & la mets avec trois
|
| était blanche & enflée, & | parties de l'or apparent; le
|
| paralytique jusqu'en bas. El- | tout mis au bain au nom-
|
| le dit à son Médecin de lui | bre moindre vingt jours, au
|
| chercher sur une montagne | moyen trente, au plus grand
|
@
| LA | LA 239
|
| |
|
| quarante, te donnera ton ai- | toutes les tempêtes de la
|
| rain, vrai feu des Teintu- | mer, nous fîmes appeler le
|
| riers, réconciliant les Pèle- | Roi, & nous lui rendîmes
|
| rins, appelé feu d'or, &c. | son fils vivant, de quoi nous
|
| Cet excellent soufre doit être | rendîmes louanges à Dieu.
|
| gardé soigneusement, car il | Toutes ces manières de
|
| sert à beaucoup de choses. | s'expliquer forment un lan-
|
| Arislée s'explique en style | gage extrêmement difficile
|
| typique, lorsqu'il dit: En | à entendre; mais quelques
|
| nous promenant sur les bords | Philosophes pour voiler en-
|
| de la mer, nous vîmes que | core mieux leur oeuvre, ont
|
| les habitants de ces côtes cou- | employé l'énigme. Le Cos-
|
| chaient ensemble, & n'en- | mopolite entr'autres en a mis
|
| gendraient pas; ils plantaient | une très longue à la suite de
|
| des arbres & semaient des | ses douze Traités. Il suppose
|
| plantes qui ne fructifiaient | que voyageant du pôle Arcti-
|
| pas. Nous leur dîmes alors, | que au pôle Antarctique, il
|
| s'il y avait un Philosophe | fut jeté sur le bord de la
|
| parmi vous, vos enfants en- | mer; une rêverie l'y saisit
|
| gendreraient & multiplie- | pendant qu'il y voyait les
|
| raient, vos arbres fructifie- | Melosines qui y voltigeaient
|
| raient & ne mourraient pas, | & les Nymphes qui y na-
|
| vos fruits se conserveraient, | geaient. Il était attentif pour
|
| & vous seriez des Rois vail- | découvrir s'il ne verrait point
|
| lants qui surmonteriez tous | de poisson Echénéis dans
|
| vos ennemis. Nous deman- | cette mer. Il s'endormit sur
|
| dâmes au Roi son fils Gaber- | ces entrefaites, & le vieillard
|
| tin, & sa soeur Beya, qui | Neptune lui apparut avec
|
| était une fille belle & très | son trident. Ce Dieu lui
|
| blanche, délicate & parfai- | montra deux mines, l'une
|
| tement aimable; nous joi- | d'or, l'autre d'acier; puis
|
| gnîmes le frère & la soeur, | deux arbres, l'un solaire,
|
| & Gabertin mourut pres- | l'autre lunaire; & lui dit que
|
| qu'aussi-tôt. Le Roi voyant | l'eau pour les arroser & les
|
| cela, nous emprisonna; & | faire fructifier, se tirait du So-
|
| à force de prières & de sup- | leil & de la Lune au moyen
|
| plications ayant obtenu sa | d'un aimant. Saturne prit la
|
| fille Beya, nous fumes 80. | place de Neptune, & mit
|
| jours dans les ténèbres de la | dans cette eau le fruit de l'ar-
|
| prison, & après avoir essuyé | bre solaire, qui s'y fondit
|
@
| 240 LA | LA
|
| |
|
| comme la glace dans l'eau | naît s'il a bien ou mal opéré.
|
| chaude. Cette eau, ajouta-* | Plusieurs Philosophes ont
|
| t-il, lui sert de femme, & a | joint un discours à ces hiéro-
|
| la propriété de le perfection- | glyphes, mais cette explica-
|
| ner de manière que lui seul | tion apparente est toujours
|
| suffira sans qu'il soit besoin | aussi difficile à entendre que
|
| d'en planter d'autres. Car | le symbole même, souvent
|
| quand ils se sont perfection- | davantage. Tels sont ceux
|
| nés l'un & l'autre, ils ont la | de Nicolas Flamel, de Sé-
|
| vertu de rendre tous les au- | nior, de Basile Valentin,
|
| tres semblables à eux. | ceux de Michel Major, quoi-
|
| Les Anciens employaient | que d'Espagnet dise que ces
|
| communément les fables, & | derniers font comme des es-
|
| celles des Egyptiens & des | pèces de lunettes qui nous
|
| Grecs n'ont été inventées | découvrent assez clairement
|
| qu'en vue du grand oeuvre, | la vérité que les Philosophes
|
| si nous en croyons les Phi- | ont cachée.
|
| losophes qui les ont souvent | LANS. Argent qui a souf-
|
| rappelées dans leurs ouvra- | fert la fonte, & que les Phi-
|
| ges. C'est en suivant leurs | losophes appellent argent
|
| idées que je les ai expliquées | mort.
|
| dans le Traité que j'ai donné | LAOC ou LAOS. Etain,
|
| au Public, sous le titre de: | Jupiter.
|
| Les Fables Egyptiennes & | LAOCOON, fils de
|
| Grecques dévoilées. | Priam & d'Hécube, & Prê-
|
| Quelques Philosophes ont | tre d'Apollon, fit tout son
|
| employé un langage muet | possible pour dissuader les
|
| pour parler aux yeux de l'es- | Troyens d'admettre le che-
|
| prit. Ils ont présenté par des | val de bois, que les Grecs
|
| symboles & des hiérogly- | feignirent être un présent
|
| phes à la manière des Egyp- | qu'ils offraient à Minerve.
|
| tiens, tant les matières re- | Les Dieux contraires à la
|
| quises pour l'oeuvre, que | conservation de cette ville
|
| leurs préparations, & sou- | le punirent, en envoyant
|
| vent jusqu'aux signes dé- | deux serpents marins qui le
|
| monstratifs, ou les couleurs | dévorèrent dans le Temple,
|
| qui surviennent à cette ma- | lui & ses deux enfants. Ces
|
| tière pendant le cours des | serpents marins sont les ser-
|
| opérations; parce que c'est | pents sortis de la mer des
|
| à ces signes que l'Artiste con-* | Philosophes, qui dissolvent
|
@
| LA | LA 241
|
| |
|
| la partie fixe dans le vase, | monstre. Hercule s'offrit à la
|
| temple de l'Apollon Her- | délivrer moyennant un pré-
|
| métique. Voyez les Fables | sent de quelques chevaux.
|
| Egyptiennes & Grecques | Hercule tua le monstre, &
|
| dévoilées, liv. 6. | délivra Hésione; mais Lao-
|
| LAODICE, soeur de | medon refusa de donner à
|
| Laocoon, se précipita du | Hercule les chevaux qu'il
|
| haut d'un rocher dans la | lui avait promis. Hercule tua
|
| mer. C'est la pierre volati- | Laomedon, & donna Hé-
|
| lisée qui retombe au fond du | sione en mariage à Télamon
|
| vase pour s'y fixer avec l'eau | qui l'avait accompagné dans
|
| mercurielle appelée mer. | son expédition. Voyez les
|
| LAOMEDON, fils | Fables Egypt. & Gr. dévoi-
|
| d'Ilus, Roi de Troie, ac- | lées, liv. 5. ch. 14. & liv. 6.
|
| cueillit très bien Neptune & | LAOS ou LAOC. Ju-
|
| Apollon, qui furent lui ren- | piter des Sages.
|
| dre visite sous un habit dé- | LAPIS DES PHILO-
|
| guisé. Ils lui offrirent de bâtir | SOPHES. Soufre ou ma-
|
| les murs de sa ville, moyen- | tière de l'oeuvre fixée, que
|
| nant certaines conditions, | les Chimistes Hermétiques
|
| desquelles il convint avec | ont aussi appelée Sel de l'or.
|
| eux. Ils élevèrent les mu- | LAPIS GALISEUS-
|
| railles de Troie, & Lao- | TAIN. Vitriol romain.
|
| medon refusa de les payer | LAPIS ARENOSI. Ju-
|
| suivant leurs conventions. | piter. Planiscampi.
|
| Ces Vieux irrités de son | LAPIS lNFERNUM.
|
| procédé l'en punirent. Apol- | Pierre ponce.
|
| lon en envoyant une peste | LAPIS PORCINUS.
|
| très meurtrière, qui faisait | Bardane.
|
| périr beaucoup de monde | LAPITHES. Voyez Py-
|
| dans la ville, Neptune inon- | ritous.
|
| da le pays, & fit sortir de | LAPPAGO. Grateron,
|
| la mer un monstre qui rava- | Reble, Aparine.
|
| geait tous les environs de | LARGEUR. Les Philo-
|
| Troie. On consulta l'Ora- | sophes donnent à leur ma-
|
| cle sur les moyens de faire | tière trois dimensions, com-
|
| cesser ces fléaux: il répondit | me les Géomètres aux corps
|
| qu'il fallait pour cela exposer | ordinaires. Ce que les pre-
|
| Hésione, fille de Laomedon, | miers appellent largeur, est
|
| pour être dévorée par ce | la préparation de la matière
|
| | Q
|
@
| 242 LA | LA
|
| |
|
| au moyen de laquelle ils en | qu'il est devenu blanc, on
|
| font la médecine. La hau- | est assuré de réussir. Il prend
|
| teur est, selon eux, ce qu'il | alors les noms de laton blanc,
|
| y a de manifeste dans leur | or blanc, terre feuillée, dans
|
| matière, & la largeur est le | laquelle il faut semer l'or,
|
| moyen que l'on prend pour | c'est-à-dire, la couleur rou-
|
| parvenir à ce que ce mani- | ge. Quand il a acquit cette
|
| feste tient caché. La hauteur | couleur rouge, c'est leur la-
|
| était froide & humide, & | ton rouge, leur soufre aurifi-
|
| par le changement de dispo- | que, leur Salamandre, leur
|
| sition la largeur succède, | Apollon.
|
| c'est-à-dire, le chaud & le | LATON IMMONDE.
|
| sec, parce que le manifeste | C'est la matière en dissolu-
|
| cache toujours son contraire. | tion & en putréfaction, à la-
|
| LARON. Mercure des | quelle les Adeptes donnent
|
| Sages. | aussi les noms de terre sépul-
|
| LARUSUS. Piloselle. | crale, corps immonde,
|
| LASER. Suc ou gomme | dragon Babylonien, tête de
|
| de benjoin. | corbeau noir plus noir que
|
| LATERIUM. Lessive ou | le noir même.
|
| capitel. Planiscampi. | LATON NON NET.
|
| LATHYRIS. Esule gran- | Voyez Laton Immonde.
|
| de, ou Epurge. | LATONE, fille de Coée
|
| LATHYRUS. Espèce de | le Titan, de Phoebé, selon
|
| légume appelée Gerres. | Hésiode & Ovide, ou de
|
| LATON ou LAITON, | Saturne, suivant Homère,
|
| ou LETON des Philoso- | tenait un rang distingué par-
|
| phes. Mercure des Sages, | mi les douze Dieux hiéro-
|
| ou leur matière considérée | glyphiques des Egyptiens.
|
| pendant la putréfaction. Ce | Elle venait immédiatement
|
| terme de laton s'entend plus | après Vulcain, & ces peu-
|
| généralement du fixe dissout | ples lui avaient élevé un
|
| avec le volatil. C'est pour- | Temple couvert d'or & dé-
|
| quoi ils disent: Blanchissez | coré du même métal, com-
|
| le laton, & déchirez vos li- | me étant la mère d'Apollon
|
| vres, de peur que vos coeurs | & de Diane.
|
| ne soient déchirés par l'in- | La Fable dit que Jupiter
|
| quiétude. Le mercure, qui | en étant devenu amoureux,
|
| est le volatil & leur azoth, est | eut commerce avec elle. Ju-
|
| ce qui blanchit le laton. Lors-* | non jalouse envoya le ser-
|
@
| LA | LA 243
|
| |
|
| pent Python contre Latone, | la circulation de la matière
|
| laquelle pour éviter sa dent | dans le vase. Elle s'élève en
|
| meurtrière prit la fuite, & | vapeur au haut de l'oeuf, s'y
|
| erra longtemps sur la terre | condense, & retombe com-
|
| & sur la mer, elle aborda | me une rosée sur la matière
|
| enfin à l'île de Délos, qui | qui reste au fond, cette pluie
|
| n'était pas encore fixée. Nep- | la blanchit, de noire qu'elle
|
| tune l'affermit alors contre | était pendant le règne de Sa-
|
| les flots, dont auparavant | turne; c'est le lavement des
|
| elle était le jouet, & Latone | Philosophes, & ce qu'ils ap-
|
| y accoucha premièrement | pellent blanchir le laton ou
|
| de Diane, qui servit de sage-* | leton.
|
| femme à sa mère, pour lui | LAUDANUM. Nom
|
| aider à mettre au monde | que Paracelse donnait à une
|
| Apollon son frère jumeau. | composition d'or, de corail,
|
| Apollon devenu grand tua | de perles, &c. C'était un
|
| le serpent Python à coup de | spécifique pour les fièvres.
|
| flèches. Voyez cette fiction | LAUDINA. Angélique.
|
| expliquée dans le liv. 3. ch. | LAVEMENT DES
|
| 12 & 13. des Fables Egypt. | PHILOSOPHES. Voyez
|
| & Grecques dévoilées. | Lavandier.
|
| Latone. Les Alchimis- | LAVER LE LATON.
|
| tes disent qu'il faut laver le | Voyez Blanchir le La-
|
| visage de Latone; c'est-à-* | ton. Les Philosophes disent
|
| dire, qu'il faut extraire l'eau | qu'il faut laver le leton sept
|
| de leur terre vierge par la | fois dans les eaux du Jour-
|
| dissolution, & se servir de | dain, pour lui ôter sa lèpre,
|
| cette eau pour blanchir la | comme l'Ecriture dit que
|
| terre même, qui est leur La- | l'on fit à Nahaman; c'est-à-*
|
| tone. Ils nomment cette eau | dire, qu'il faut le faire passer
|
| le sang de Latone. | par les règnes des sept Pla-
|
| LATRO. Mercure des | nètes; ou par les sept diffé-
|
| Philosophes. Philalèthe. | rentes opérations ou cercles,
|
| LAVANDIER DES | qui se succèdent les uns aux
|
| PHILOSOPHES. Nom | autres.
| que les Chimistes Hermé- | Laver. Lorsque les Phi-
| | tiques ont donné à Jupiter, | losophes Hermétiques se
| | lorsque le temps de son règne | servent de ce terme pour
| | est en vigueur pendant les | exprimer une opération de
| | opérations de la pierre. C'est | l'oeuvre, quand la matière
| | | Q ij
| |
@
| 244 LA | LE
|
| |
|
| est dans l'oeuf philosophique; | mas & d'Ino, fut tué par son
|
| on ne doit pas entendre qu'il | père, qui le froissa contre
|
| faut tirer la matière de son | une pierre. Voyez. Ino.
|
| vase, & la laver dans l'eau | LEDA, femme de Tyn-
|
| ou autre liqueur; mais qu'il | dare, ayant eu commerce
|
| faut entretenir ou augmenter | avec Jupiter changé en cy-
|
| le degré du feu, qui purifie | gne, accoucha de deux oeufs,
|
| beaucoup mieux les choses | desquels naquirent Castor &
|
| qu'aucune liqueur. Ainsi | Pollux, Hélène & Clytem-
|
| quand ils disent: Lorsque | nestre. Voyez les Fables
|
| l'Artiste verra la noirceur | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| nager dessus la matière, cette | lées, liv. 3. ch. 14. §. 4. &
|
| noirceur est une terre noire, | liv. 6. ch. 2 & 3.
|
| puante, sulfurée, infecte, | LEFFAS. Van-Helmont
|
| corrompante, qu'il faut sépa- | a adopté ce nom de Para-
|
| rer d'avec le pur, en lavant | celse, pour exprimer la sève
|
| & relavant tant de fois avec | des plantes. Planiscampi écrit
|
| la nouvelle eau, que la ma- | Lossas; mais il s'est trompé,
|
| tière devienne toute blanche. | ou son Imprimeur.
|
| Cela signifie seulement qu'il | LEMNOS. Ile de la mer
|
| faut entretenir le feu dans le | Egée, autrefois célèbre dans
|
| même degré jusqu'à la blan- | les Fables, parce qu'on fei-
|
| cheur de la matière. | gnait que Vulcain y avait
|
| Laver AU FEU. Les | établi ses forges. On lui don-
|
| Philosophes donnent le nom | nait aussi le nom d'Ophieu-
|
| de Feu à leur mercure, qui | sa, d'Ophis, serpent, à cause
|
| par sa circulation blanchit | de la quantité de serpents
|
| leur laton. Ce qui leur a fait | qu'on y trouvait. C'est dans
|
| dire, les Chimistes lavent | cette île qu'abordèrent d'a-
|
| & blanchissent avec l'eau, | bord les Argonautes qui s'y
|
| & nous avec le feu. | arrêtèrent deux ans, & Ja-
|
| Laver ou SION. Be- | son leur Chef y courtisa Hyp-
|
| cabunga, plante aquatique. | siphile, dont il eut des en-
|
| LAUM. Amandes amè- | fants. Voy. les Fables Egyp-
|
| res. | tiennes & Grecques dévoi-
|
| LAXA CYMOLEA. Sel | lées, liv. 2. ch. 1.
|
| qui se forme sur les pierres. | LEMPNIAS. Orpiment.
|
| LAZULE. Voyez Lapis | LE'PHANTE ou LE'-
|
| des Philosophes. | PHANTES. Premier tartre,
|
| LE'ARQUE, fils d'Atha- | ou bol tenant le milieu entre
|
@
| LE | LE 245
|
| |
|
| la pierre & le lut. Planis- | la galle de Mars. L'hydro-
|
| campi. | pisie du mercure consiste
|
| LE'PRE (Gr. Art.). Par- | dans son trop d'aquosité &
|
| ties hétérogènes, impuretés | de crudité, qui lui viennent
|
| terrestres que les métaux con- | de la froideur de sa matrice;
|
| tractent dans la mine, & que | ce vice est un péché origi-
|
| la seule poudre de projection | nel qu'il communique &
|
| est capable de guérir. Geber | transmet à tous les métaux
|
| & quelques autres Chimis- | qui en sont engendrés.
|
| tes ont décrit fort au long les | Quoique le Philosophe
|
| vices des métaux imparfaits. | ait nommé le mercure une
|
| L'argent est parfait, l'or l'est | quintessence faite par la Na-
|
| encore davantage; ils ont | ture, il est néanmoins si
|
| cependant leurs infirmités & | aqueux & si froid, qu'il ne
|
| leurs maladies. Il y en a de | peut être guéri que par un
|
| deux sortes dans les métaux: | soufre bien puissant. Le sou-
|
| la première, qu'on appelle | fre interne prédominant au
|
| originelle, & qu'on regarde | mercure, le cuit, le digère,
|
| presque comme incurable, | l'épaissit, & le fixe en un
|
| vient du premier mélange | corps parfait; & le soufre
|
| des éléments en l'argent-vif | externe, adustible, & sépa-
|
| ou mercure qui est leur prin- | rable de la vraie substance
|
| cipe. La seconde se trouve | des métaux suffoque l'inter-
|
| dans l'union du soufre & du | ne, lui ôte son activité, &
|
| mercure. Plus les éléments | mêle ses impuretés avec cel-
|
| sont donc épurés, plus ils | les du mercure; ce qui pro-
|
| sont proportionnellement | duit les métaux imparfaits.
|
| mêlés & homogènes, plus | La maladie des métaux n'é-
|
| ils ont de poids, de malléa- | tant qu'accidentelle, elle
|
| bilité, de fusion, d'exten- | peut donc être guérie; c'est
|
| sion, de fulgidité & d'incor- | pourquoi nous voyons que
|
| ruptibilité permanente. | la Nature commence tou-
|
| Cette seconde maladie, | jours par l'imparfait pour ten-
|
| qui vient du soufre plus ou | dre à la perfection.
|
| moins impur, fait l'imper- | Les causes de ces mala-
|
| fection des métaux, savoir | dies sont la terrestréité, l'a-
|
| la lèpre de Saturne, la jau- | quosité, la combustibilité,
|
| nisse de Vénus, l'enrhume- | l'aéréité des éléments en leur
|
| ment ou le cris de Jupiter, | mélange. La première em-
|
| l'hydropisie de Mercure, & | pêche l'union des substances;
|
| | Q iij
|
@
| 246 LE | LE
|
| |
|
| la seconde les rend crues; | l'eau rendent le plomb pe-
|
| la troisième inflammables, | sant, mol, noir & impur.
|
| & la quatrième volatiles. La | L'air & l'eau font l'étain
|
| première empêche la péné- | blanc, mol, aigre, léger &
|
| tration & l'ingrès; la secon- | fusible. Le feu & la terre
|
| de est un obstacle à la di- | font le fer rouge, pesant,
|
| gestion, & la sublimation de | dur, impur & de difficile fu-
|
| la matière; la troisième em- | sion. L'eau & l'air mêlés d'un
|
| pêche son incorruptibilité, | peu de terre, font le mercure
|
| & la quatrième s'oppose à sa | froid, fluide, aqueux, pe-
|
| fixation. | sant & vaporeux. Le feu &
|
| L'impureté de la terre doit | l'air rendent le cuivre jaune
|
| être lavée par l'eau, la froi- | & rouge, combustible, vo-
|
| deur de l'eau est corrigée par | latil & impur. La terre, l'eau
|
| l'air, la volatilité de l'air est | & l'air mêlés proportionnel-
|
| fixée par le feu. L'art doit | lement, font la perfection
|
| imiter la Nature; laver la | de l'argent, de même que le
|
| terre métallique par sa pro- | mélange proportionné de la
|
| pre eau; chauffer & digérer | terre, de l'eau, de l'air &
|
| l'aquosité de l'eau par l'air, | du feu fait celle de l'or.
|
| & congeler l'humidité vo- | La chaleur & la sécheresse
|
| latile de l'air par le feu. | du fer doivent être tempé-
|
| La chaleur & la sécheresse | rées par l'humidité de l'ar-
|
| prédominantes au fer, le | gent-vif. La froideur de Sa-
|
| rendent chaud & colérique. | turne par la chaleur du cui-
|
| La froideur & la sécheresse | vre. L'humidité & la chaleur
|
| font le plomb pesant & mé- | de Jupiter par la sécheresse
|
| lancolique. La chaleur & | & la froideur de l'arsenic;
|
| l'humidité font l'étain jovial | & l'humidité & la froideur
|
| & sanguin. L'humidité & la | de Mercure par la chaleur
|
| froideur font l'argent fleg- | & la sécheresse du soufre
|
| matique. | propre & convenable. En
|
| L'humidité & la chaleur | deux mots, il faut décaper
|
| mêlées imparfaitement, font | Vénus par son savon, ôter
|
| le cuivre plein d'une teinture | le cris à Jupiter par son blanc
|
| imparfaite, & les qualités | d'oeuf, les ailes au vieillard
|
| de l'une & de l'autre mêlées | Saturne par un fin acier, la-
|
| proportionnellement, font | ver Mars dans le bain où
|
| le tempérament de l'or & | Vulcain lava le Soleil, don-
|
| sa perfection. La terre & | ner à boire à Mercure un bon
|
@
| LE | LE 247
|
| |
|
| soufre, & rétrécir la Lune | mier & le moins usité est
|
| avec un bon sel ou une bon- | proprement le sens propre
|
| ne terre vierge. | de levain qui fait fermenter,
|
| LERNE ou LERNA. | & cela lorsqu'ils comparent
|
| Marécage dans lequel habi- | leur oeuvre aux métaux; par-
|
| tait l'Hydre qu'Hercule tua, | ce que de même que le le-
|
| & de laquelle les têtes re- | vain aigrit la pâte & la chan-
|
| naissaient à mesure qu'il les | ge en sa nature, de même la
|
| coupait. Ce marais a pris son | poudre de projection, qui
|
| nom de Lernax qui en grec | est un vrai or, fait fermenter
|
| signifie un vase. Ce vase est | les métaux imparfaits & les
|
| celui de l'art Hermétique, | change en or.
|
| dans lequel est renfermée la | Le second sens de ce ter-
|
| matière de l'oeuvre signifiée | me levain, est qu'il faut l'en-
|
| par l'Hydre. Elle s'y pu- | tendre, suivant Zachaire, du
|
| tréfie, & enfin s'y fixe au | vrai corps & de la vraie ma-
|
| moyen du feu philosophi- | tière de l'oeuvre. » Mais faut
|
| que indiqué par le flambeau | » être soigneux & vigilant,
|
| du compagnon d'Hercule. | » ajoute le même Auteur,
|
| Voyez les tables Egypt. & | » pour ne point perdre la
|
| Grecques dévoilées, liv. 5. | » propre heure de la nais-
|
| chap. 4. | » sance de notre eau mer-
|
| LESSIVE. Azoth des | » curielle, afin de lui con-
|
| Philosophes, ainsi nommé | » joindre son propre corps,
|
| de ce qu'il blanchit le laiton | » que nous avons ci-devant
|
| des Sages. | » appelé levain, & mainte-
|
| LETA. Couleur rouge. | » nant l'appelons venin. »
|
| Manget. | Les Philosophes entendent
|
| LETHE'. L'un des fleu- | ordinairement par levain, le
|
| ves qu'il faut passer avant | soufre rouge ou l'or des Sa-
|
| d'arriver à l'Empire de Plu- | ges, & le soufre blanc ou
|
| ton. En le passant on buvait | leur Lune. Quand il s'agit
|
| de son eau, & l'on oubliait | de la multiplication en quan-
|
| absolument tout ce qu'on | tité pour la projection, ils
|
| avait appris, vu & fait dans | entendent l'or & l'argent
|
| le cours de la vie. Voyez | vulgaires.
|
| Enfer, Pluton. | LEUCASIE. Chaux
|
| LEVAIN. Les Philoso- | vive.
|
| phes ont pris ce terme en | LEUCELECTRUM.
|
| deux sens différents. Le pre-* | Ambre blanc.
|
| | Q iv
|
@
| 248 LE LI | LI
|
| |
|
| LEUCOENUS. Vin | LIEN. Onctuosité des
|
| blanc. | corps qui en lie les parties,
|
| LEUCOLACHANUM. | réunir le volatil avec le fixe,
|
| Valériane sauvage. | empêche l'évaporation des
|
| LEUCOPHAGUM. | esprits, & forme le composé
|
| Blanc-manger, remède pour | des êtres sublunaires.
|
| guérir la phtisie. Il se fait | Lien DES TEINTURES.
|
| avec de la chair de chapon | Mercure des Philosophes,
|
| & de perdrix broyée dans | appelé Medium conjangendi
|
| un mortier, & arrosée avec | tincturas.
|
| du lait d'amandes. | Lien DE L'ARGENT-VIF.
|
| LEUCOSIS. Action par | C'est l'or philosophique, ou
|
| laquelle on blanchit le lai- | la fixation du mercure: ce
|
| ton philosophique: ce qui | qui arrive lorsque la matière
|
| se fait par la circulation de | de l'oeuvre est parvenue à
|
| l'azoth dans le vase des Phi- | la couleur rouge.
|
| losophes. V. Déalbation. | LIER. Réunir, rappro-
|
| LEUCOTHE'E. Voyez | cher, rendre adhérentes les
|
| Ino. | parties séparées d'un corps.
|
| LEVIGER. Réduire un | C'est proprement coaguler.
|
| corps dur & solide en pou- | En termes de Philosophie
|
| dre impalpable. | Hermétique, lier signifie or-
|
| LIAB. Vinaigre. | dinairement fixer, comme
|
| LIBANOTIS. Romarin. | délier veut dire dissoudre, vo-
|
| LIBER. Surnom de Bac- | latiliser.
|
| chus. | LIGATURE. Voyez
|
| LIBYS ou LYBYS, frère | Sceau.
|
| d'Alebion tué par Hercule. | LIGNE est un des noms
|
| Voyez les Fables Egypt. & | que les Philosophes ont don-
|
| Grecques dévoilées, liv. 5. | né à la matière du grand
|
| chap. 12. | oeuvre. Voyez Poule.
|
| LICHAS, domestique | LIGNI HE'RACLEI.
|
| d'Hercule, lui porta la robe | Bois de noyer; quelques-*
|
| teinte du sang du Centaure | uns ont donné ce nom au
|
| Nessus. Hercule étant entré | bouis. Planiscampi.
|
| en fureur après l'avoir prise, | LILI. L'Auteur du Dic-
|
| jeta Lichas dans la mer. | tionnaire Hermétique dit que
|
| Voyez Lychas. | Lili est en général toute ma-
|
| LICURGUE. Voyez | tière propre à faire quelque
|
| Lycurgue. | teinture excellente; antimoi-
|
@
| LI | LI 249
|
| |
|
| ne ou autre chose. C'est sans | LIMODORUM. Oro-
|
| doute de là que Paracelse a | banche.
|
| donné à l'extraction d'une | LIMPIDE. Morien don-
|
| teinture des métaux le nom | ne ce nom à une des choses
|
| de Lilium. Mais quant au | qui entrent dans la compo-
|
| terme Lili, cet habile hom- | sition du magistère. C'est le
|
| me entendait tout autre cho- | mercure. V. Almagra.
|
| se, comme on peut le voir | LINCTUS. Looch.
|
| dans son traité de la Trans- | LINE'AIRE (Voie).
|
| mutation des métaux, & | (Gr. Art.) Les Philosophes
|
| dans celui du Fondement de | Hermétiques emploient sou-
|
| la Sagesse & des Sciences. | vent ces termes dans leurs
|
| LILIUM. Teinture phi- | écrits, pour exprimer la sim-
|
| losophique, ou l'élixir par- | plicité des procédés du grand
|
| fait de l'art Hermétique. | oeuvre. Ils disent qu'il faut
|
| Lilium INTER SPINAS. | suivre la voie linéaire de la
|
| Chèvrefeuille. | Nature; c'est-à-dire qu'il ne
|
| LIMBE DE LA NA- | faut point s'amuser aux cal-
|
| TURE. Corps réduit en ses | cinations, sublimations, dis-
| premiers principes élémen- | tillations & autres opérations
| | tés, & non élémentaires. Il | de la Chimie vulgaire, mais
| | faut observer que lorsque les | agir tout simplement comme
| | Chimistes Hermétiques di- | la Nature fait, sans multipli-
| | sent, qu'il faut réduire les | cité de fourneaux & de vases.
| | corps à leur première ma- | LION. Les Philosophes
| | tière, ils ne prétendent pas | Chimistes emploient sou-
| | les réduire à l'état des élé- | vent ce terme dans leurs ou-
| | ments du feu, de l'air, de | vrages, pour signifier une
| | l'eau & de la terre; mais à | des matières qui entrent dans
| | la première matière compo- | la composition du magistère.
| | sée de ces éléments. A cette | En général c'est ce qu'ils ap-
| | matière qui constitue la base | pellent leur Mâle ou leur So-
| | de tous les corps des trois | leil, tant avant qu'après la
| | règnes animal, végétal & | confection de leur mercure
| | minéral. | animé. Avant la confection,
| | LIMER. Dissoudre la | c'est la partie fixe, ou ma-
| | matière de l'oeuvre, ce n'est | tière capable de résister à
| | autre chose que la cuire, la | l'action du feu. Après la con-
| | digérer jusqu'à ce qu'elle se | fection, c'est encore la ma-
| | réduise en poudre. | tière fixe qu'il faut employer,
| |
@
| 250 LI | LI
|
| |
|
| mais plus parfaite qu'elle n'é- | me Auteur, quelques pages
|
| tait avant. Au commence- | après, explique ce qu'il en-
|
| ment c'était le Lion vert, | tend par Lion vert.
|
| elle devient Lion rouge par | Lion (le Vieil). Partie
|
| la préparation. C'est avec le | fixe de la pierre, appelée
|
| premier qu'on fait le mercu- | vieille, parce qu'elle est le
|
| re, & avec le second qu'on | principe de tout.
|
| fait la pierre ou l'élixir. | Lion VERT. (Sc. Herm.
|
| Lorsqu'on trouve dans les | Matière que les Philosophes
|
| écrits des Philosophes le ter- | Chimiques emploient pour
|
| me de Lion employé sans | faire le magistère des Sages;
|
| addition, il signifie le soufre | cette matière est certaine-
|
| des Sages, soit blanc, qu'ils | ment minérale, & prise du
|
| appellent aussi Or blanc, soit | règne minéral. Elle est la
|
| rouge, qu'ils nomment sim- | base de tous les menstrues
|
| plement Or. | dont les Philosophes ont par-
|
| Quelquefois ils donnent | lé. C'est de cette matière
|
| le nom de Lion à la poudre | qu'ils ont composé leur dis-
|
| de projection, parce qu'elle | solvant universel, qu'ils ont
|
| est or parfait, plus pur que | ensuite acué avec les essen-
|
| l'or même des mines, & | ces des végétaux, pour faire
|
| qu'elle transforme les mé- | le menstrue végétal; avec les
|
| taux imparfaits en sa propre | essences des animaux, pour
|
| substance, c'est-à-dire en or, | le menstrue animal; & avec
|
| comme le Lion dévore les | les essences des minéraux,
|
| autres animaux, & les tourne | pour le menstrue minéral.
|
| en sa substance, parce qu'il | Ils ont donné le nom de
|
| s'en nourrit. | Lion vert à cette matière
|
| Lorsqu'ils se servent du | pour plusieurs raisons, dit
|
| terme de Lion pour signifier | Riplée: 1°. parce que c'est
|
| leur mercure, ils y ajoutent | par lui que tout reverdit &
|
| l'épithète qualificative de | croît dans la nature. 2°. Par-
|
| vert, pour le distinguer du | ce que c'est une matière en-
|
| mercure digéré & fait sou- | core acide & non mûre,
|
| fre. C'est dans ce sens qu'il | bien éloignée de la perfec-
|
| faut entendre ces expressions | tion de l'or vulgaire; mais
|
| de Morien: » Prenez la fu- | qui par le secours de l'art,
|
| » mée blanche, & le Lion | devient infiniment au-dessus
|
| » vert, & l'Almagra rouge, | de ce Roi des métaux: c'est
|
| » & l'immondice. « Le mê-* | un or vert, un or vif, encore
|
@
| LI | LI 251
|
| |
|
| imparfait, & qui par cette | mond Lulle, Geber & tant
|
| raison a la faculté de réduire | d'autres nomment Esprit
|
| tous les métaux en leur pre- | puant, Spiritus foetens, ou
|
| mière matière, & de vola- | Sang du Lion vert. Par le
|
| tiliser les plus fixes. 3° Parce | sixième ils entendent le vi-
|
| que le mercure qu'on extrait | triol commun, qu'ils nom-
|
| de cette matière rend sem- | ment Lion vert des fols,
|
| blable à lui-même, & détruit | quelquefois le vert-de-gris.
|
| tous les autres corps, com- | Le septième est le mercure
|
| me le Lion fait des autres | vulgaire sublimé avec le sel
|
| animaux. 4°. Enfin, parce | & le vitriol, mais qui n'est
|
| qu'il donne une dissolution | point la vraie matière des
|
| verte. | Sages. Riplée appelle quel-
|
| On doit aussi faire atten- | quefois ce Lion vert, Seri-
|
| tion, dit Jean Seger Wein- | con. On en tire deux esprits
|
| denfeld (de Secretis Adepto- | visqueux; le premier blanc,
|
| rum), que les Philosophes | opaque, ressemblant à du
|
| distinguent plusieurs sortes | lait, ce qui lui a fait donner
|
| de Lions verts. Par le pre- | le nom le Lait de la vierge,
|
| mier ils entendent le soleil | & par Paracelse Colle de
|
| ou l'astre qui nous éclaire, | l'aigle, Gluten aquilae. Le se-
|
| & qui fait tout végéter dans | cond esprit est de couleur
|
| le monde. Par le second, le | rouge, très puant, appelé
|
| mercure, non le vulgaire, | communément Sang du Lion
|
| mais celui qui est commun | vert. Ce sont ces esprits que
|
| à tous les individus, & par | les Philosophes, à l'imitation
|
| conséquent plus commun | de Raymond Lulle, ont ap-
|
| que l'argent-vif ou mercure | pelé Vin blanc & Vin rouge,
|
| commun; ce qui a fait dire | ce qu'il ne faut point enten-
|
| aux Philosophes, que leur | dre du vin blanc ou vin rouge
|
| mercure se trouve partout | communs.
|
| & dans tout. Par le troisième | Lion ROUGE. Les Phi-
|
| ils entendent la dissolution | losophes Spagyriques appel-
|
| même de leur matière, qu'ils | lent ainsi la matière terrestre
|
| appellent aussi Adrop. Par le | & minérale qui demeure au
|
| quatrième, c'est cet Adrop | fond du vase après la subli-
|
| ou vitriol Azoquée, appelé | mation des esprits qui en sont
|
| Plomb des Sages. Par le cin- | sortis, & qu'ils appellent Ai-
|
| quième, c'est leur menstrue | gles. Ce Lion rouge est aussi
|
| puant, que Riplée, Ray-* | ce qu'ils nomment Laton.
|
@
| 252 LI | LI
|
| |
|
| Lion VOLANT, Lion | une espèce de désunion de
|
| RAVISSANT. V. Mercure | leurs parties, qui les font li-
| des Sages. Il est appelé | quéfier & fluer au feu. Be-
| | volant, parce qu'il est vola- | cher.
| | til; & ravissant, parce que | LIQUE'FACTION PHI-
| | c'est le dissolvant universel | LOSOPHIQUE. Matière de
| | de la Nature. | l'oeuvre en putréfaction. Elle
| | Lion NE'ME'EN. Animal | est alors dans une véritable
| | fabuleux descendu de l'orbe | liquéfaction, parce que la
| | de la Lune, & envoyé par | putréfaction est le principe
| | Diane pour ravager la forêt | de la dissolution.
| | de Némée. Hercule entre- | LIQUEUR VE'GE'-
| | prit de le prendre, & de le | TALE. Mercure des Phi-
| | mener à Eurysthée. Il y | losophes, ainsi nommé, non
| | réussit, comme on le voit | de ce qu'il soit en effet une
| | dans le ch. 2. du liv. 5. des | eau ou un suc extrait des vé-
| | Fables Egypt. & Grecques | gétaux, mais parce qu'il a en
| | dévoilées. | lui un principe végétatif, &
| | LIQUE'FACTION. Il y | qu'il est primordialement le
| | a trois sortes de liquéfactions | principe de la végétation.
| | dans les minéraux. Quel- | Liqueur VE'GE^TABLE
| | ques-uns ont des parties ter- | CRUE. C'est le mercure des
| | restres, ce qui les fait dissou- | Sages avant sa préparation.
| | dre dans leur continu, les | Liqueur VE'GE'TABLE
| | fait liquéfier & fluer d'un | SATURNIENNE. Matière sa-
| | flux mercuriel. Les corps | line qui entre dans la com-
| | qui fluent ainsi s'appellent | position du mercure des Sa-
| | mercures, quoiqu'impropre- | ges. Elle se tire de la plante
| | ment; car lorsque le plomb | que les Philosophes appel-
| | flue ainsi, il faudrait l'appe- | lent aussi Saturnienne; non
| | ler plomb-vif, & non argent-* | que ce soit proprement une
| | vif. | plante, mais ils en parlent
| | D'autres minéraux ont des | par similitude & par allégo-
| | eaux dans leurs pores; ils se | rie. » On trouve dans les
| | dissolvent au feu: ce sont les | » lieux Saturniens, dit Phi-
| | eaux minérales. | » lalèthe, une certaine herbe
| | D'autres enfin contiennent | » appelée Saturnienne, dont
| | de l'air & des parties ignées | » les branches paraissent sè-
| | dans leurs pores, ce qui oc- | » ches, mais sa racine est
| | casionne leur dilatation, avec | » pleine de suc. Recueillez
| |
@
| LI | LI LO 253
|
| |
|
| » cette herbe avec sa racine, | mercure dont il s'agit, n'est
|
| » & portez-la jusqu'au pied | pas le mercure vulgaire, c'est
|
| » de la montagne de Vénus, | celui, dit Planiscampi, qui se
|
| » où ayant creusé par l'aide | trouve en quantité dans le
|
| » de Vulcain, vous y enter- | Téréniabin & le Nostoch.
|
| » rerez votre herbe, dont | Liquor ESSENTIALIS.
|
| » la vapeur ouvrira & péné- | Substance nutritive des ali-
|
| » trera les pores de la terre. « | ments. Planiscampi.
|
| Quelques Chimistes ont | Liquor MUMIA DE
|
| appelé le vin Liqueur végé- | GUMMI. Huile des gom-
|
| table, mais les Philosophes | mes. Planiscampi.
|
| Hermétiques ne l'entendent | Liquor AQUILEGIUS.
|
| pas ainsi. | Eau-de-vie.
|
| Liqueur DE MUMIE. | Liquor MICROCOSMI.
|
| Paracelse a donné ce nom à | Mumie, ou extrait de Mu-
|
| la graisse humaine. | mie. Quelques-uns donnent
|
| LIQUIDITE'. Etat d'un | ce nom au sang humain & à
|
| corps dont les parties qui le | son essence.
|
| constituent ne sont pas ad- | Liquor SALIS. Esprit
|
| hérentes. Il y a deux sortes | de sel préparé philosophi-
|
| de liquidité, l'une qui mouille | quement, appelé par Para-
|
| les mains, comme celle de | celse Baume de nature.
|
| l'eau, & l'autre qui ne mouil- | LIRION. La plante ap-
|
| le pas les corps sur lesquels | pelée Lys.
|
| est le fluide, telle est celle | LITHARGE D'AR-
|
| du mercure commun & de | GENT. Matière de l'oeu-
|
| celui des métaux. Cette der- | vre parvenue à la blancheur
|
| nière fluidité a sa cause dans | par la cuisson des Sages.
|
| les parties terrestres qui se | Litharge D'OR. Pierre
|
| sont insinuées dans les pores | au rouge, ou soufre des Phi-
|
| des métaux en plus grande | losophes.
|
| quantité qu'elle n'était re- | LIXANDRAM. Sel ar-
|
| quise. Becher. | moniac.
|
| LIQUIDUM DE RE- | LOBUS. Plante appelée
|
| SOLUTO. Tout ce qui est | Phaséole.
| liquide de sa nature, comme | LOFFAS. Voyez Lef-
| | l'eau, le mercure. | fas.
| | LIQUOR MERCURII. | LOMENTUM. Farine
| | Baume presqu'universel pour | de fèves.
| | la guérison des maladies. Le | LOT. Urine.
| |
@
| 254 LO | LO
|
| |
|
| LOTON. V. Laton. | que pour la perfection de
|
| & Leton des Philoso- | l'oeuvre.
|
| phes. | LOTIUM. Urine d'en-
|
| LOTONE'. Poids d'une | fant.
|
| once. | LOTUS. Arbre consa-
|
| LOTION. Circulation | cré à Apollon & à Vénus.
|
| de la matière dans le vase | Les Egyptiens faisaient en-
|
| des Philosophes; elle monte | trer dans leurs hiéroglyphes
|
| en vapeurs, & retombe en | la plante appelée Lotus, &
|
| pluie sur le terrestre qui de- | représentaient Horus, fils
|
| meure au fond, le blanchit | d'Osiris & d'Isis, assis sur
|
| & le purifie, comme la rosée | cette plante; ils la mettaient
|
| sur les toiles neuves dans les | aussi quelquefois à la main
|
| Blanchisseries. | d'Isis. Elle était consacrée à
|
| La lotion des Philosophes | Horus, parce que ce Dieu
|
| n'est qu'un terme appliqué | ne différait pas de l'Apollon
|
| par similitude. Ils lavent avec | Egyptien ou Hermétique.
|
| le feu, comme ils brûlent | Voyez les raisons de tout
|
| avec l'eau. Leur lotion n'est | cela dans le premier livre des
|
| qu'une purification de leur | Fables Egypt. & Grecques
|
| matière faite par le feu phi- | dévoilées.
|
| losophique. Qu'on ne se lais- | LOUP. Cet animal était
|
| se donc point tromper par | consacré à Apollon, & était
|
| l'Auteur qui dit: Allez voir | en grande vénération chez
|
| les femmes qui font la lessive, | les Egyptiens. Voyez pour-
|
| & qui blanchissent le linge, | quoi, dans le liv. 1. ch. 8.
|
| voyez comment elles font, & | des Fables Egypt. & Grec-
|
| faites comme elles. Il veut | ques dévoilées.
|
| dire simplement, ôtez à la | Loup. Quelques Chi-
|
| matière ses impuretés, & | mistes ont donné ce nom à
|
| cela par le feu philosophi- | l'antimoine; mais il doit s'en-
|
| que ou le feu même de la | tendre du mercure des Sa-
|
| matière; car un autre Auteur | ges. Prends un Loup affamé
|
| nous assure qu'elle se dissout, | & ravissant, sujet, à cause
|
| se purifie, se congèle, se | de l'étymologie de son nom,
|
| noircit, se blanchit ou se ru- | au guerrier Mars; mais de
|
| béfie d'elle-même; qu'on | race tenant de Saturne;
|
| n'en ôte rien, & qu'on y | comme étant son fils. Bas.
|
| ajoute simplement dans un | Valent. Le mercure est dit
|
| certain sens ce qui lui man-* | petit-fils de Saturne.
|
@
| LO LU | LU 255
|
| |
|
| Loup GRIS. Anti- | mière à leur soufre rouge;
|
| moine. | parce qu'ils l'appellent aussi
|
| LUBEN. Encens. | Soleil, & que le soleil nous
|
| LUBRICUM. Ma- | transmet la lumière.
|
| tière de l'oeuvre parvenue au | LUMINAIRE. Les deux
|
| blanc. | grands luminaires des Sages
|
| LUCIFER. Magistère | sont l'or & l'argent des Phi-
|
| lorsqu'il sort de la putréfac- | losophes; c'est-à-dire la ma-
|
| tion. Il est ainsi nommé de | tière de l'oeuvre parvenue à
|
| ce que les Philosophes ap- | la couleur blanche qu'ils ap-
|
| pellent lumière la matière | pellent Lune, & le magistère
|
| parvenue au blanc, & que | au rouge qu'ils nomment So-
|
| cette blancheur est annon- | leil.
|
| cée par un petit cercle blanc | LUNAIRE. (Gr. Art.)
|
| qui se forme sur le noir au- | Les Philosophes ont donné
|
| tour de la matière. | le nom de Suc de Lunaire à
|
| LUDUS. Paracelse & | leur mercure, qu'ils ont aussi
|
| Crollius ont employé ce ter- | appelé Crachat de la Lune,
|
| me pour signifier le sédiment | Fils du Soleil & de la Lune;
|
| qui s'attache au fond des | non que ce mercure soit en
|
| pots de chambre. | effet le suc d'une plante ap-
|
| Ludus PUERORUM. | pelée Lunaire, dont les Bo-
|
| Ouvrage de la pierre après | tanistes reconnaissent deux
|
| sa première préparation. | espèces, la grande & la pe-
|
| LULFAR ou ALIOFAR. | tite; mais parce qu'ils nom-
|
| Perles. | ment Lune leur mercure; que
|
| LUMIERE. Les Chi- | Marie, soeur de Moïse, dit
|
| mistes Hermétiques donnent | être deux plantes blanches
|
| ce nom au mercure quand il | que l'on cueille sur les petites
|
| blanchit après la putréfac- | montagnes, & que Philalè-
|
| tion; & c'est alors que se fait | the appelle Herbe Satur-
|
| la séparation des ténèbres & | nienne.
|
| de la lumière. Ils nomment | Lunaire LUXURIEUSE.
|
| aussi Lumière la poudre de | C'est le même mercure ap-
|
| projection, parce qu'elle | pelé femelle, que les Phi-
|
| semble éclairer les métaux | losophes disent être si luxu-
|
| imparfaits, quand elle les | rieuse, qu'elle agace le mâle
|
| transmue en or ou argent. | & ne le quitte point qu'elle
|
| Les Philosophes ont quel- | ne soit devenue grosse. Voy.
|
| quefois donné le nom de Lu-* | d'Espagnet, Can. 22.
|
@
| 256 LU | LU
|
| |
|
| Lunaire ou LUNARIA. | pourquoi Apulée l'a appe-
|
| Soufre de nature. | lée la Nature, & lui fait dire
|
| LUNE (la) était une des | qu'elle est une & toutes cho-
|
| grandes Divinités des Egyp- | ses. C'est de cette Lune que
|
| tiens, connue sous le nom | se forme l'autre, ou l'Isis,
|
| d'Isis. Macrobe & Vossius | soeur & femme d'Osiris,
|
| réduisent à la Lune presque | c'est-à-dire cette même eau
|
| toutes les Divinités du sexe | mercurielle volatile, réunie
|
| féminin révérées dans les | avec son soufre, & parve-
|
| temps de l'idolâtrie. Cérès, | nue à la couleur blanche
|
| Diane, Lucine, Vénus, | après avoir passé par la cou-
|
| Uranie, la Déesse de Syrie, | leur noire ou la putréfaction.
|
| Cybèle, Isis, Vesta, Astar- | Considérée dans ces deux
|
| té, Junon, Minerve, Libi- | états, elle prend tous les
|
| tine, Proserpine, Hécate & | noms que nous avons rap-
|
| plusieurs autres qui n'étaient | portés ci-devant. Les Philo-
|
| formées que d'après l'Isis des | sophes Chimiques ne lui
|
| Egyptiens, ne sont que des | donnent communément que
|
| noms différents donnés à la | ceux de Lune, Diane, Diane
|
| Lune. Ces deux Auteurs ont | nue, & quelquefois Vénus.
|
| raison, & ils ont entrevu la | Lune. Ce terme se prend
|
| vérité sans la connaître, ou | en plusieurs sens; tantôt les
|
| du moins sans pénétrer l'in- | Philosophes entendent leur
|
| tention de ceux qui ne con- | mercure simple, tantôt leur
|
| naissaient qu'une même cho- | matière au blanc, & tantôt
|
| se sous ces différents noms. | l'argent vulgaire. Lorsqu'ils
|
| Comme ces Divinités pré- | disent que leur pierre est faite
|
| tendues n'avaient d'autre | avec le Soleil & la Lune, on
|
| origine que l'Isis des Egyp- | doit l'entendre de la matière
|
| tiens, il aurait fallu les ex- | volatile pour la Lune, & de
|
| pliquer de la même manière | la fixe pour le Soleil. Ils ap-
|
| & dans le sens des Prêtres | pellent aussi Lune leur sou-
|
| d'Egypte, qui était celui | fre blanc, ou or blanc. Le
|
| d'Hermès leur premier insti- | règne de la Lune arrive dans
|
| tuteur. | les opérations, lorsque la
|
| La Lune Hermétique est | matière après la putréfaction
|
| de deux sortes. La première | change sa couleur grise en
|
| est leur eau mercurielle ap- | blanche.
|
| pelée Isis, la mère & le | Quand les Sages parlent
|
| principe des choses; c'est | de leur Lune dans cet état,
|
| | ils
|
@
| LU | LU 257
|
| |
|
| ils l'appellent Diane, & di- | ont donné une infinité de
|
| sent qu'heureux est l'homme | noms, dont quelques-uns
|
| qui a pu voir Diane toute | semblent se contredire; mais
|
| nue; c'est-à-dire la matière | il faut faire attention que ces
|
| au blanc parfait. Il est heu- | noms sont relatifs soit aux
|
| reux en effet, parce que la | opérations, soit aux couleurs
|
| perfection du soufre rouge, | de l'oeuvre, soit aux qualités
|
| ou or philosophique, ne dé- | de cette matière. Ils l'ont ap-
|
| pend plus que de la conti- | pelée tantôt eau & tantôt
|
| nuation du feu. | terre. Respectivement au
|
| L'éclipse du Soleil & de | corps parfait, elle est un es-
|
| la Lune est le temps de la pu- | prit pur; & relativement à
|
| tréfaction de la matière, ou | l'eau minérale elle est corps,
|
| la couleur noire. Diane, se- | mais un corps hermaphro-
|
| lon la Fable, est soeur d'A- | dite. Respectivement à l'or
|
| pollon; elle est l'aînée, & a | & à l'argent, c'est un mer-
|
| servi de sage-femme à sa | cure vif, une eau fugitive. Si
|
| mère, pour mettre son frère | on la compare au mercure,
|
| au monde. C'est que la cou- | elle paraît une terre, mais
|
| leur rouge, prise pour le So- | une terre adamique, un ca-
|
| leil, ne paraît qu'après la | hos; elle est un vrai Prothée.
|
| blanche, que l'on nomme | Lune FEUILLE'E. Pierre
|
| Lune. | au blanc.
|
| Lune DES PHILOSO- | Lune CORNE'E. Les
|
| PHES. (Sc. Herm.) Matière | Chimistes donnent ce nom
| des Philosophes, non uni- | à la chaux d'argent faite par
| | que, mais faisant partie du | l'eau-forte de la façon sui-
| | composé. Ce n'est pas l'ar- | vante. Faites dissoudre dans
| | gent vulgaire, ni le mercure | deux onces d'eau-forte une
| | extrait de l'argent: c'est la | once d'argent fin; lorsque la
| | Saturnie végétable, la fille | dissolution est achevée je-
| | de Saturne, appelée par | tez-y de l'esprit de sel com-
| | quelques-uns Vénus, par | mun, qui fera précipiter l'ar-
| | d'autres Diane, parce qu'elle | gent dissout. Vous édulco-
| | a une forêt qui lui est con- | rerez ensuite cette chaux, &
| | sacrée. L'argent vulgaire fait | vous aurez la Lune cornée.
| | l'office de mâle dans les opé- | Lune RESSERRE'E. Ar-
| | rations de l'oeuvre, & la | gent de coupelle. Quand les
| | Lune des Philosophes fait | Chimistes lui donnent le
| | l'office de femelle. Ils lui | nom de Luna compacta, ils
| |
@
| 258 LU | LY
|
| |
|
| entendent parler de la Lune | doivent passer de l'un dans
|
| philosophique, ou matière | l'autre, ou y circuler, ne se
|
| de l'oeuvre parvenue à la | dissipent & ne s'évaporent.
|
| blancheur, & alors ils l'ap- | LYCHAS. Domestique
|
| pellent aussi Or blanc, & | d'Hercule. V. Lichas.
|
| Mère de la pierre. | LYCIUS. Surnom d'A-
|
| Lune, chez les Chimistes | pollon.
|
| vulgaires, signifie propre- | LYCOCTONUM. Aco-
|
| ment l'argent dont on fait la | nit.
|
| monnaie & les meubles. | LYCOMEDE, Roi de
|
| LUPINUS. Poids d'une | Scyros, nourrit & éleva dans
|
| demi-dragme. Fernel le | sa Cour Achille fils de Thé-
|
| prend pour six grains, & | tis. Il s'y cacha sous l'habit
|
| Agricola pour huit. | de femme pour ne pas se
|
| LUPULUS. Plante con- | trouver au siège de Troie.
|
| nue sous le nom d'Houblon. | Ulysse l'y découvrit, & le
|
| LUPUS RECEPTI- | mena à ce siège, parce que
|
| TIUS, LUPUS SALIC- | cette ville ne pouvait être
| TARIUS. V. Lupulus. | prise sans la présence d'A-
| LUT. Voyez Sceau | chille. Voyez les Fables
| | d'Hermès. Dans les opé- | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| | rations les vaisseaux doivent | liv. 6. Fatal. 1.
| | être tellement lutés, qu'il ne | LYCURGUE, père
| | s'y rencontre aucune ouver- | d'Archémore, confia l'édu-
| | ture par où les esprits puis- | cation de cet enfant à Hyp-
| | sent s'évaporer. S'il s'y en | siphile, fille de Thoas qui
| | trouvait l'oeuvre périrait, ou | régnait à Lemnos. Pen-
| | le vase se briserait. | dant qu'Hypsiphile était allé
| | Le lut est proprement une | montrer à des Princes Grecs
| | espèce de mortier composé | une fontaine pour les désal-
| | de différentes matières, dont | térer, un serpent mordit &
| | les Artistes se servent pour | fit périr de sa morsure le pe-
| | enduire ou encroûter les vais- | tit Archémore. Les Grecs
| | seaux de verre, afin qu'ils ré- | par reconnaissance instituè-
| | sistent mieux à l'action du | rent des jeux en l'honneur
| | feu. Le lut sert aussi à join- | d'Archémore, & leur don-
| | dre les ouvertures de deux | nèrent le nom de Jeux Né-
| | vaisseaux, ou leurs becs de | méens. V. Hypsiphile.
| | communication, pour em- | LYCUS, Roi de Thèbes,
| | pêcher que les esprits qui | ayant voulu faire violence à
| | |
@
| LY | LY MA 259
|
| |
|
| Mégare, Hercule vint au se- | dans la suite la mort de ses
|
| cours de celle-ci & tua Ly- | frères par celle de Danaüs.
|
| cus. C'est le précis de la | V. Hypermnestre.
|
| fable, que les Alchimistes | LYSIDICE, fille de
|
| expliquent ainsi. Lycus veut | Pelops & d'Hippodamie,
|
| dire en grec la même chose | épousa Electrion, selon quel-
|
| que Loup en français. Tous | ques-uns, & en eut Alcmene
|
| les Philosophes Spagyriques | mère d'Hercule. D'autres di-
|
| & particulièrement Basile | sent qu'Alcmene fut fille d'E-
|
| Valentin, Religieux Béné- | lectrion & d'Anaxo. Voyez
|
| dictin en Allemagne, enten- | Alcmene, Hercule.
|
| dent par le Loup l'esprit mé- |
|
| tallique. Toute matière mé- | M
|
| tallique est composée d'un |
|
| corps, d'une âme & d'un | M ACEDO, Dieu des
|
| esprit. Mégare est l'âme, & | Egyptiens, que ces
|
| Hercule est le corps. L'esprit | peuples représentaient sous
|
| comme le plus vif, est féroce | la figure d'un loup, comme
|
| & vorace, & pendant la pu- | Anubis sous celle d'un chien.
|
| tréfaction il veut attenter sur | Quelques Auteurs disent
|
| l'âme & la corrompre; mais | qu'ils accompagnèrent l'un
|
| comme elle est hors de ses | & l'autre Osiris dans ses
|
| atteintes à cause de sa se- | voyages. Voyez comment
|
| mence ignée & de son abon- | on doit interpréter chimi-
|
| dance d'éther, le combat qui | quement cette fable, dans le
|
| se fait entr'eux est très vif & | livre 1. des Fables Egyp.
|
| très long, le corps alors se | & Grecq. dévoilées, ch. 8.
|
| saisit de l'esprit, le coagule, | MACE'RATION. Atté-
|
| le fixe, & le tue, pour ainsi | nuation d'un mixte faite par
|
| dire. | sa propre humidité, ou dans
|
| LYNCE'E, fils d'Egyp- | quelque menstrue étranger.
|
| tus, ayant épousé Hyperm- | La macération précède la
|
| nestre fille de Danaüs, celui-* | putréfaction & y dispose le
|
| ci ordonna à toutes ses filles, | mixte.
|
| au nombre de cinquante, de | MACHA. Ver volant.
|
| tuer leurs époux la première | Rullandus.
|
| nuit de leurs noces. Toutes | MACHAL. Toute ma-
|
| obéirent, excepté la seule | tière fixe. Rullandus.
|
| Hypermnestre. Lyncée son | MACHAON, fils d'Es-
|
| époux se sauva, & vengea | culape & d'Epione, se trouva
|
| | R ij
|
@
| 260 MA | MA
|
| |
|
| avec Podalire son frère à la | choses surprenantes & ad-
|
| guerre de Troie, & y fut | mirables. Ils savaient faire
|
| blessé d'une flèche. Voyez | jouer tous les ressorts de la
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | Nature, & de leur action
|
| dévoilées, liv. 3. chap. 12. | mutuelle il en résultait des
|
| §. 2. & liv. 6. | prodiges que l'on prenait
|
| MACHINAR. Matière | pour des miracles.
|
| dont on vernit les pots de | Les Mages croyaient la
|
| terre. Johnson. | résurrection des corps &
|
| MACRA. De la terre | l'immortalité de l'âme. Ils
|
| rouge. Johnson. | faisaient profession de la Ma-
|
| MADIC. Petit-lait sor- | gie, mais de cette Magie
|
| tant du beurre. | sublime, & pour ainsi dire
|
| MAGALE. Terme latin | céleste, exercée par les plus
|
| qui signifie une hutte, une ca- | grands hommes de l'Anti-
|
| bane en français; mais Pa- | quité, à laquelle on a donné
|
| racelse par ce terme enten- | dans la suite le nom de Théur-
|
| dait toutes sortes de parfums | gie, pour la distinguer de la
|
| faits avec des minéraux. | Magie superstitieuse & con-
|
| MAGES. Philosophes, | damnable qui s'exerce par
|
| Prêtres & Sacrificateurs de | l'abus des choses naturelles
|
| la Perse, qui se rendirent | & des choses saintes, avec
|
| autrefois célèbres par leur | l'invocation des esprits ma-
|
| science & leur sagesse. Leur | lins; au lieu que la Théurgie
|
| doctrine était la même que | consiste dans la connaissance
|
| celle des Prêtres d'Egypte | & la pratique des secrets les
|
| successeurs d'Hermès, la mê- | plus curieux & les moins
|
| me que celle des Brahma- | connus de la Nature.
|
| nes chez les Indiens, des | MAGISTERE. C'est
|
| Druides chez les Gaulois, | l'opération du grand oeuvre,
|
| des Chaldéens chez les Ba- | la séparation du pur d'avec
|
| byloniens, des Philosophes | l'impur, la volatilisation du
|
| chez les Grecs, &c. Philon | fixe, & la fixation du volatil
|
| nous apprend dans son livre | l'un par l'autre, parce qu'on
|
| des Lois particulières, que | n'en viendrait jamais à bout
|
| leur science avait pour objet | en les travaillant séparément.
|
| la connaissance de la Nature | Les Philosophes disent que
|
| & de son Auteur; & que | leur magistère a pour prin-
|
| cette connaissance leur était | cipe un, quatre, trois, deux
|
| si familière qu'ils faisaient des | & un. Le premier un est la
|
@
| MA | MA 261
|
| |
|
| première matière dont tout | distillations réitérées on fait
|
| a été fait: quatre sont les | perdre la mauvaise odeur
|
| quatre éléments formés de | aux huiles des animaux ou
|
| cette première matière: trois | des végétaux.
|
| sont le soufre, le sel & le | Magistère DES FIXES,
|
| mercure, qui sont les trois | lorsque des corps volatils &
|
| principes des Philosophes: | spiritueux on en fait des corps
|
| deux c'est le Rebis, ou le | fixes par la circulation, ou
|
| volatil & le fixe; & un est | que l'on durcit les corps mous
|
| la pierre ou le résultat des | de leur nature.
|
| opérations, & le fruit de | Magistère DE CON-
|
| tous les travaux Herméti- | SISTANCE, quand on coa-
|
| ques. Quelquefois les Phi- | gule ou qu'on épaissit une
|
| losophes appellent Magistère | chose liquide, soit pour la
|
| chaque opération, qui sont | conserver sans altération, soit
|
| la préparation du mercure, | pour lui donner plus de pro-
|
| la fabrication du soufre, la | priétés. Tels sont les extraits,
|
| composition de l'élixir. | les cristallisations des sels,
|
| En fait de Chimie vul- | &c.
|
| gaire il y a trois sortes de ma- | Magistère DE COU-
|
| gistères, qui prennent leurs | LEUR, lorsqu'on ajoute une
|
| dénominations des motifs | couleur étrangère à un corps,
|
| qui les font entreprendre. | ou que l'on manifeste une
|
| Les uns regardent la qualité | couleur intrinsèque. Tel est
|
| des mixtes, les autres leur | le sel de tartre qui est blanc
|
| substance, leurs couleurs, | extérieurement, & rouge en
|
| odeurs, &c. On dit: | puissance, de même que le
|
| Magistère D'ODEUR, | nitre. On fait paraître la cou-
|
| lorsque par le secours de l'art | leur rouge du premier en y
|
| on ôte d'une confection, d'un | mêlant de l'esprit-de-vin. Ce
|
| remède, &c. une odeur dé- | terme se dit aussi des cou-
|
| sagréable & dégoûtante, en | leurs que l'on donne aux mé-
|
| leur conservant leurs pro- | taux.
|
| priétés, comme lorsque l'on | Magistère DE POIDS,
|
| mêle autant pesant de feuil- | quand on augmente le poids
|
| les de grande-scrofulaire | naturel des corps sans en aug-
|
| que de séné dans une mé- | menter le volume.
|
| decine, pour ôter au séné | Magistère DES POU-
|
| son odeur désagréable & son | DRES, lorsqu'on réduit un
|
| goût dégoûtant, Quand par | corps en poudre impalpable,
|
| | R iij
|
@
| 262 MA | MA
|
| |
|
| soit par la trituration, soit par | corrige, par exemple, une
|
| la calcination, soit par la pu- | acrimonie. Tout l'art des
|
| tréfaction, soit enfin par la | Cuisiniers consiste dans ces
|
| dissolution. | opérations.
|
| Magistère DES PRIN- | Magistère DU SON,
|
| CIPES, lorsqu'on décompose | quand on donne aux corps
| les corps, & qu'on les ré- | une liaison de parties qui les
| | duit à leurs principes. Les | rend plus sonores qu'ils ne
| | Chimistes vulgaires préten- | le sont naturellement; tel est
| | dent faire cette opération par | le métal des cloches: le cui-
| | la force du feu élémentaire, | vre & l'étain pris séparément
| | au moyen des distillations, | & en même masse, ne don-
| | sublimations, &c. Ils tirent | neraient pas le même son
| | du phlegme, de l'esprit, de | qu'ils font quand ils sont réu-
| | l'huile, du sel, & le caput | nis. La différente cuisson de
| | mortuum ou tête morte; mais | la brique, des métaux leur
| | ils se trompent, puisque leurs | donne un son plus parfait, &
| | prétendus principes peuvent | on juge souvent de la per-
| | encore se réduire en d'autres | fection ou de la bonté des
| | que le feu élémentaire ne | métaux & de certains corps
| | saurait séparer, ou qu'il dé- | par leur son.
| | truit. Pour réduire les corps | Magistère DU VOLA-
| | à leurs premiers principes, | TIL, lorsque d'un corps fixe
| | on ne peut le faire que par | on le rend volatil. Les Phi-
| | un agent naturel tiré de ces | losophes Hermétiques disent
| | mêmes principes. Si le corps | vous ne réussirez point, si
| | est très sulfureux, il faut | vous ne spiritualisez les corps
| | un dissolvant mercuriel, qui | & ne corporifiez les esprits;
| | prenne le dessus sur le soufre | c'est-à-dire, si vous ne ren-
| | Becher. | dez volatil le fixe, & fixe le
| | Magistère DE QUA- | volatil.
| | LITE', lorsqu'on ôte à un | MAGMA. Marc, ce qui
| mixte une mauvaise qualité, | reste au fond d'une cucurbite
| | comme lorsque d'un poison | après la distillation. On l'ap-
| | on en fait un baume. | pelle plus proprement Tête
| | Magistère DE SA- | morte. Le terme Magma se
| | VEUR, lorsqu'on donne une | dit aussi plus particulière-
| saveur agréable à ce qui en | ment de ce qui reste après
| | avait une dégoûtante, ou qui | l'expression d'un suc, d'une
| | n'en avait pas; ou quand on | liqueur.
| | | |
@
| MA | MA 263
|
| |
|
| MAGNE'S. Le Cosmo- | dit-il, notre magnésie dans
|
| polite s'est servi de ce terme | laquelle consiste tout notre
|
| pour signifier la matière du | secret; & notre secret final
|
| mercure philosophique. Il | est la congélation de notre
|
| dit qu'elle a une vertu aiman- | argent-vif dans notre ma-
|
| tine qui attire des rayons du | gnésie au moyen d'un cer-
|
| Soleil & de la Lune le mer- | tain régime.
|
| cure des Sages. V. Aimant. | Magnésie DES PHILO-
|
| Magnès ARSENICAL, | SOPHES est le nom que Pla-
|
| est une poudre faite avec de | niscampi donne à un amal-
|
| l'arsenic cristallin, du soufre | game fluide d'argent & de
|
| vif & du soufre cru, parties | mercure.
|
| égales; elle est admirable, | Magnésie LUNAIRE est
|
| dit Planiscampi, pour l'at- | le régule d'antimoine, de
|
| traction du venin pestifère, | même que la
|
| appliqué sur la tumeur. | Magnésie SATUR-
|
| Magnès VITRARII. Sel | NIENNE, qui est aussi ap-
|
| alcali. | pelée Plomb des Philoso-
|
| MAGNE'SIE. Matière | phes & le premier Etre des
|
| d'où les Philosophes ex- | métaux.
|
| traient leur mercure. Sou- | MAGNESIS MA-
|
| vent ils donnent ce nom de | GNENSIUS est le sang
|
| Magnésie à leur plomb, ou | humain réduit en poudre
|
| la matière au noir pendant | par une opération philoso-
|
| la putréfaction, quelquefois | phique.
|
| à leur mercure préparé. | MAGNETICUS TAR-
|
| Magnésie BLANCHE, | TAREUS. Pierres qui se
|
| c'est le soufre ou or blanc, | forment dans le corps hu-
|
| la matière dans le vase pen- | main.
|
| dant le règne de la Lune. | MAGOREUM. Médi-
|
| Magnésie ROUGE, | cament qui agit sans qu'on
|
| c'est le soufre rouge des Phi- | puisse en découvrir la cause
|
| losophes, leur or, leur So- | physique, telle est la pou-
|
| leil. | dre de sympathie, l'unguen-
|
| Raymond Lulle (Theor. | tum armarium de Paracel-
|
| cap. 30.) donne le nom sim- | se, &c.
|
| ple de Magnésie à la terre | MAGRA. Terre rouge.
|
| feuillée des Philosophes, ou | MAIA, fille d'Atlas &
|
| leur matière parvenue à la | mère de Mercure. Voyez
|
| blancheur. Cette terre est, | Mercure.
|
| | R iv
|
@
| 264 MA | MA
|
| |
|
| MAIN DROITE. Ma- | de couleur orangée, avec un
|
| gistère au rouge, ainsi ap- | rouleau sur lequel est écrit:
|
| pelé de ce que sans lui on | Dele mala quae feci. Il ex-
|
| ne peut réussir à faire l'oeu- | plique lui-même ces paroles
|
| vre. Philalèthe. | en ces termes: Ote-moi ma
|
| Main GAUCHE. Magis- | noirceur. Car mal signifie
|
| tère au blanc. | par allégorie la noirceur. On
|
| MAISON DE VERRE. | trouve le même terme pris
|
| Oeuf ou vase philosophique, | au même sens dans la Tour-
|
| qu'ils ont aussi appelé Pri- | be: Cuis jusqu'à la noirceur,
|
| son du Roi | qui est mal.
|
| MAISON DU POULET | MALADORAM. Sel
|
| DES SAGES. C'est le four | gemme.
| ou fourneau appelé Atha- | MALARIBIO. Opium.
| | nor; mais plus particulière- | MALARIBRIC. Voyez
| | ment le vase qui y est ren- | Malaribio.
| | fermé. | MALE. (Sc. Hermet.)
| | MAIUS NOSTER. | Magistère au rouge. Il faut
| | C'est la rosée philosophique | bien prendre garde, quand
| | & l'aimant des Sages. | on lit les ouvrages des Phi-
| | MAL. Terme métapho- | losophes, par quel endroit
| | rique qui signifie la putré- | des opérations ils commen-
| | faction & la dissolution de | cent à parler. Un grand nom-
| | la matière des Sages dans | bre ont omis le magistère &
| | l'oeuf Hermétique. Les Phi- | le supposent déjà fait. C'est
| | losophes ont employé ce | pourquoi ils disent: Prenez
| | terme, parce que l'idée qu'il | le mâle & joignez-le à sa
| | présente est toujours un prin- | femelle. Ils parlent alors du
| | cipe de destruction ou une | magistère parfait au rouge.
| | destruction même d'un être; | MALCHORUM ou
| | c'est dans ce sens que l'on | MALEHORUM. Sel
| | dit, la mort est le plus grand | gemme.
| | des maux, parce que la mort | MALECH. Sel com-
| | est une dissolution des corps. | mun.
| | La fièvre est un mal, parce | MALICORIUM. Ecor-
| | qu'elle est une cause ou prin- | ce d'orange.
| | cipe de destruction. | MALINATHALLA.
| | Flamel dans ses Figures | Plante appelée en français
| | hiéroglyphiques représente | Souchet, en latin Cyperus.
| | un homme habillé de noir & | MALTACODE. Médi-
| |
@
| MA | MA 265
|
| |
|
| cament dans lequel il entre | phes ont donné ce nom à
|
| de la cire. Blanchard. | leur Saturnie végétable, par
|
| MAMOLARIA. Plante | comparaison avec le marbre
|
| connue sous le nom de Bran- | dont les Peintres se servent
|
| che Ursine. | pour broyer leurs couleurs,
|
| MANBRUCK. Argent | parce que ce marbre philo-
|
| commun & vulgaire. | sophique broie, divise & at-
|
| MANDELLA. Semence | ténue l'or des Philosophes.
|
| d'ellébore noir. | Voyez Crible.
|
| MANHEB. Scories des | Le marbre des Sages Her-
|
| métaux. | métiques est proprement leur
|
| MANNA CHYMICO- | mercure; mais ils ont aussi
|
| RUM ou MANNA MER- | donné le même nom à leur
| CURIALIS. C'est un pré- | matière parvenue au blanc
| cipité blanc de mercure, | par la cuisson, parce qu'elle
| | qu'on fait ensuite passer par | est alors éclatante comme le
| | l'alambic sous forme blan- | marbre blanc poli.
| | che comme la neige. On lui | MARCHED. Litharge.
| | donne aussi le nom d'Aqui- | MARCASSITE. Matiè-
| | la coelestis. Blanchard. | re minérale dont il y a beau-
| | Beguin dit, dans sa Chi- | coup d'espèces, car toutes
| | mie, que cette manne se fait | les pierres qui contiennent
| | en dissolvant le mercure dans | peu ou beaucoup de métal
| | de l'eau-forte, qu'il faut en- | sont appelées de ce nom.
| | suite le précipiter avec l'eau | On le donne même à plu-
| | de mer, ou salée, & puis | sieurs pierres sulfureuses dont
| | distiller ce précipité d'abord | on ne peut tirer aucun mé-
| | à petit feu. | tal; il suffit pour cela qu'el-
| | MANNE. Mercure des | les contiennent beaucoup de
| | Philosophes. Ils l'ont aussi | soufre ou de vitriol: dans ce
| | appelé Manne divine, parce | dernier cas on devrait plu-
| | qu'ils disent que le secret de | tôt les nommer simplement
| | l'extraire de sa minière est un | Pyrites. Plusieurs Chimis-
| | don de Dieu, comme la ma- | tes ont pris les marcassites
| | tière même de ce mercure. | pour la matière du grand oeu-
| | MANUS CHRISTI. Su- | vre; ils n'avaient pas lu sans
| | cre perlé. | doute les ouvrages de Ber-
| | MARATHRUM. Fe- | nard Comte de la Marche
| | nouil. | Trévisanne, qui dit claire-
| | MARBRE. Les Philoso-* | ment que les marcassites ne
| | |
@
| 266 MA | MA
|
| |
|
| sont pas la matière requise. | pur, si l'on veut que le fils
|
| MARGA est une cer- | qui naîtra de ce mariage ait
|
| taine matière un peu grasse | un degré de perfection qu'il
|
| & onctueuse que l'on trouve | puisse communiquer à tous
|
| dans quelques pierres; ce qui | ses frères & sujets.
|
| lui a fait donner le nom de | Mariage DU FRERE
|
| Moelle des cailloux. | ET DE LA SOEUR signifie,
|
| MARIAGE. Rien n'est | en termes de Science Her-
|
| plus usité dans les écrits des | métique, le mélange du sou-
|
| Philosophes que ce terme. | fre & du mercure dans l'oeuf
|
| Ils disent qu'il faut marier le | philosophique. C'est ce qu'ils
|
| Soleil avec la Lune, Gaber- | appellent aussi la copulation
|
| tin avec Beya, la mère avec | du mâle & de la femelle. Et
|
| le fils, le frère avec la soeur; | quand les Philosophes disent
|
| & tout cela n'est autre chose | que de ce mariage naît un
|
| que l'union du fixe avec le | enfant beaucoup plus beau
|
| volatil, qui doit se faire dans | & plus excellent que son
|
| le vase par le moyen du feu. | père & sa mère, ils enten-
|
| Toutes les saisons sont | dent par-là l'or ou la poudre
|
| propres à faire ce mariage; | aurifique, qui transmue les
|
| mais les Philosophes recom- | métaux imparfaits en par-
|
| mandent particulièrement le | faits; c'est-à-dire, en or ou
|
| printemps, comme celle où la | argent.
|
| Nature est plus disposée à la | Mariage. Les Chi-
|
| végétation. Basile Valentin | mistes Hermétiques ont don-
|
| dit que l'époux & l'épouse | né aussi ce nom à l'union du
|
| doivent être dépouillés de | fixe & du volatil dans le temps
|
| tous leurs vêtements, & être | de leur mélange avant la su-
|
| bien nets & lavés avant d'en- | blimation, c'est alors le ma-
|
| trer au lit nuptial. D'Espa- | riage de Beya & de Gaber-
|
| gnet & tous les autres assu- | tin, du frère & de la soeur,
|
| rent que l'oeuvre ne réussira | du Soleil & de la Lune; &
|
| pas, si le mâle & la femelle | dans le temps de l'union par-
|
| ne sont tellement purifiés | faite qui se fait par la subli-
|
| qu'il n'y reste aucune partie | mation, c'est le mariage du
|
| hétérogène. Tout le secret | Ciel & de la Terre, d'où
|
| de la préparation du mercure | sont sortis tous les Dieux des
|
| consiste dans cette purifica- | Païens. C'est la réconcilia-
|
| tion. Le ferment ou levain | tion des principes contraires,
|
| doit être aussi parfaitement | la régénération du mixte, la
|
@
| MA | MA 267
|
| |
|
| manifestation de clarté & | Thrace. Mars était un des
|
| d'efficace, la couche nup- | douze grands Dieux de l'E-
|
| tiale d'où doit naître l'enfant | gypte. Homère le dit fils de
|
| royal des Philosophes, plus | Jupiter & de Junon; les
|
| puissant que ses pères & mè- | Grecs l'appelaient Arès, &
|
| res, & qui doit communi- | les Latins sont les seuls avec
|
| quer son sceptre & sa cou- | Apollodore qui l'aient dit
|
| ronne à ses frères. C'est ce | fils de Junon sans la partici-
|
| que les Chimistes ont ap- | pation d'aucun homme. Le
|
| pelé l'inceste du père & de | caractère féroce du Dieu
|
| la fille, du frère & de la soeur, | Mars ne l'empêcha pas d'ê-
|
| de la mère & du fils. | tre sensible aux appas de
|
| MARIS. Poids de 83 li- | Vénus: il la courtisa, & en
|
| vres & 3 onces. Blanchard. | obtint des faveurs. Le Soleil
|
| MARISCA. Figue. | qui s'en aperçut, en avertit
|
| MARMORARIA. | Vulcain époux de Vénus,
|
| Acanthe ou Branche-ursine. | qui les prit sur le fait, au
|
| MARS. Quelquefois les | moyen d'un rets de métal
|
| Philosophes Hermétiques | qu'il forgea, ce Dieu boi-
|
| prennent ce terme dans le | teux exposa ensuite sa fem-
|
| sens ordinaire des Chimis- | me & Mars à la risée des
|
| tes; mais quand ils parlent | Dieux, & ne les délia qu'à
|
| de leur Mars, c'est de la ma- | la sollicitation de Neptune.
|
| tière digérée, & cuite à un | Voyez ce que signifient ces
|
| certain degré; ils disent alors | fictions, dans les Fables
|
| qu'elle passe par le règne de | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| Mars. C'est quand elle com- | liv. 2. ch. 8. & 10.
|
| mence à rougir. | Quand il s'agit de Chi-
|
| Mars, Dieu de la guer- | mie vulgaire, Mars signifie
|
| re & des combats, naquit | l'acier, le fer.
|
| de Junon sans connaissance | MARTACH ou MAR-
|
| d'homme. Piquée & jalouse | THAT. Litharge.
|
| de ce que Jupiter avait en- | MARTECH. Les Chi-
|
| fanté Minerve sans son se- | mistes Hermétiques ont don-
|
| cours, elle médita le moyen | né ce nom à leur matière
|
| de concevoir sans Jupiter; | considérée dans le temps de
|
| Flore indiqua pour cet effet | la putréfaction.
|
| une fleur à Junon, qui en fit | MARTHEK. Quelques-*
|
| usage; elle conçut & mit | uns expriment par ce terme
|
| Mars au monde dans la | la pierre au rouge, le fer-
|
@
| 268 MA | MA
|
| |
|
| ment de l'oeuvre; mais Luc, | créés, parce qu'elle contient,
|
| dans le Code de Vérité, dit: | disent-ils, en puissance tou-
|
| Prenez Marthek & le blan- | tes les qualités & proprié-
|
| chissez; ce qui signifie le la- | tés des choses élémentaires.
|
| ton, ou la matière au noir. | C'est un cinquième élément,
|
| MARUCH. Huile. John- | une quintessence, le principe
|
| son. | & la fin matériels de tout.
|
| MASAL. Terme em- | Gerhard Dorn dit que c'est
|
| ployé dans quelques ouvra- | la matière-même dont les
|
| ges Chimiques, pour signi- | cieux sont composés, que
|
| fier du lait aigri. | c'est la quintessence de notre
|
| MASARDEGI. Plomb. | matière sublunaire, incor-
|
| MASAREA. Piloselle. | ruptible, & conservatrice de
|
| MASELLUM. Etain, | ce bas monde, le vrai végé-
|
| Jupiter. | tatif, l'âme des éléments, qui
|
| MASTACH. Prépara- | préserve de corruption tous
|
| tion d'opium fort en usage | les corps sublunaires, & leur
|
| chez les Turcs. Quelques-* | donne le degré de perfection
|
| uns l'appellent Ansion, ou | qui convient à chaque es-
|
| Amphion. | pèce: qu'avec l'aide de l'Art
|
| MASSALIS. Mercure | on peut l'en séparer & la
|
| des Philosophes. | communiquer aux trois rè-
|
| MASSE DE COQUE- | gnes animal, végétal & mi-
|
| MAR. Matière de l'oeuvre. | néral: que cette matière en-
| MASSERIUM. Mercure | fin est ce que les Alchimistes
| | Hermétique. | appellent l'Oiseau d'Hermès
| | MATERSYLVA. Chè- | qui descend continuellement
| | vrefeuille. | du ciel en terre, & y remonte
| | MATIERE, en termes | sans cesse. On peut voir tous
| | de Philosophie Hermétique, | les autres éloges qu'il lui
| | est le sujet sur lequel s'exerce | donne dans son Traité de
| | cette Science pratique. Tous | Lapide Metaphysico. Mais
| | ceux qui ont écrit sur cet Art | la matière des cieux diffère-*
| | se sont appliqués à cacher le | t-elle de celle de la terre?
| | vrai nom de cette matière, | Est-elle nécessaire pour la
| | parce que si elle était une | végétation, la conservation,
| | fois connue, on aurait la | & l'altération des corps su-
| | principale clef de la Chi- | blunaires? Peut-elle être la
| | mie. Ils l'ont nommée de | matière prochaine de l'art
| | tous les noms des individus | Chimique? Je laisse les deux
| |
@
| MA | MA 269
|
| |
|
| premiers à décider aux Phy- | matière des Chimistes, dans
|
| siciens Naturalistes, & le | laquelle ils distinguent la se-
|
| troisième point aux Alchi- | mence mâle qui tient lieu de
|
| mistes, dont la vraie matière | forme, & la semence femelle
|
| première n'est autre que les | qui est la matière propre à
|
| accidents de la première ma- | recevoir cette forme. C'est
|
| tière des Sectateurs d'Aristo- | pourquoi lorsque les Chi-
|
| te. Les Chimistes prennent | mistes parlent de leur pre-
|
| cette matière, parce qu'elle | mière matière, ils entendent
|
| est la semence des choses | le plus souvent la semence
|
| & que la semence de chaque | femelle, quoiqu'ils parlent
|
| être est sa première matière | quelquefois de l'une jointe
|
| qui nous soit sensible. Toutes | avec l'autre. Alors ils disent
|
| les fois donc que les Philo- | qu'elle a tout ce qui lui est
|
| sophes Hermétiques parlent | nécessaire, excepté le feu ou
|
| de leur première matière, on | agent extérieur, que l'Art
|
| doit toujours l'entendre de la | fournit à la Nature: comme
|
| semence des corps. | le dit Empedocles dans le
|
| Il y aurait beaucoup de | Code de Vérité.
|
| choses à observer sur cette | Il n'est pas rare aussi de
|
| première matière des Chi- | voir dans les livres d'Alchi-
|
| mistes; mais c'est à ceux qui | mie, tout ce qui produit se-
|
| font des Traités du Grand | mence être pris pour la ma-
|
| oeuvre, à en parler avec | tière du grand oeuvre, de la
|
| toute l'étendue qu'elle mé- | même manière que l'on peut
|
| rite. Je me contenterai donc | dire l'homme & les animaux
|
| de dire avec Becher (Oedi- | composés des plantes, parce
|
| pus Chymicus) que tous les | qu'ils s'en nourrissent. Ils
|
| corps ne sont point en tota- | s'expriment ainsi en parlant
|
| lité cette première matière | de la matière éloignée, com-
|
| tant recherchée; mais qu'ils | me ils parleraient de la pro-
|
| la contiennent, & qu'ils la | chaine, de la puissance com-
|
| sont en effet quant à la puis- | me de l'acte, de la cause
|
| sance; ce qui doit même | comme de l'effet; ce qui ne
|
| s'entendre des métaux, qui | contribue pas peu à faire
|
| ne peuvent être censés cette | prendre le change aux lec-
|
| première matière qu'après y | teurs qui ne sont pas versés
|
| avoir été réduits. | dans cette Science.
|
| C'est donc la semence des | Cette matière ne se trouve
|
| corps, qui est la première | donc que dans la semence
|
@
| 270 MA | MA
|
| |
|
| des corps, & dans le point | posent chaque individu de
|
| de perfection propre à la gé- | ces trois règnes.
|
| nération; c'est-à-dire, quand | La première matière, des
|
| elle n'a pas été corrompue | Chimistes, éloignée est une
|
| ou altérée par la Nature ou | eau pondéreuse produite par
|
| l'Art: & quand on la prend | une vapeur mercurielle; la
|
| telle, elle a la puissance | prochaine est eau mercu-
|
| d'engendrer, qui n'attend | rielle qui ne mouille point
|
| qu'à être réduite à l'acte au | les mains, comme le dit Saint
|
| moyen du feu. Si on la prend | Thomas dans son Commen-
|
| généralement, sans avoir | taire sur le 3e livre d'Aris-
|
| égard à la forme, elle se | tote touchant les Météores.
|
| trouve dans tous les corps, | La fin que se proposent les
|
| mais non pas prise comme | Chimistes dans la pierre phi-
|
| matière ayant forme chi- | losophale étant d'élever les
|
| mique. Dans les animaux | métaux imparfaits à la per-
|
| elle s'appelle Menstrue, dans | fection de l'or, au moyen de
|
| les végétaux Eau de pluie, | sa forme & de sa matière; il
|
| & dans les minéraux Eau | faut donc que l'une & l'autre
|
| mercurielle. Elles partent | soient métalliques & miné-
|
| toutes d'une même racine, | rales.
|
| & composent cependant, | Les Alchimistes ne sau-
|
| selon Becher, trois matiè- | raient réussir dans leur des-
|
| res tout-à-fait différentes, | sein, si, comme dit Aristote
|
| quoiqu'elles aient beau- | le Chimiste, ils ne réduisent
|
| coup d'affinité entr'elles, | les corps en leur première
|
| n'étant qu'une eau subtile & | matière, c'est-à-dire en leur
|
| visqueuse; mais comme el- | matière séminale, & ne la
|
| les différent par leur propre | mettent ensuite dans une ma-
|
| substance, il n'est pas possi- | trice propre à y produire des
|
| ble à l'Art de les changer | fruits si désirés.
|
| l'une en l'autre. Celle des | Pour le premier article,
|
| animaux semble être faite | tout le monde sait que les
|
| pour l'union, celle des vé- | choses ne se détruisent que
|
| gétaux pour la coagulation, | par les contraires; c'est le
|
| & celle des minéraux pour | soufre qui donne la forme, il
|
| la fixation; ce que l'on re- | faut donc se servir de mer-
|
| marque aisément dans la dif- | cure pour le dissoudre, &
|
| férence de l'union & de la | après cette dissolution, on
|
| liaison des parties qui com-* | ajoutera un soufre pour coa-
|
@
| MA | MA 271
|
| |
|
| guler & fixer le mercure, | du soufre qui y est mêlé, &
|
| en en faisant le mariage dans | par conséquent toutes ces
|
| le vase propre à cet effet. | sortes de sels ne doivent être
|
| Les Philosophes Hermé- | regardés que comme des
|
| tiques ont toujours parlé de | mixtes, & non des sels prin-
|
| cette matière & des opéra- | cipes. Le sel des Philosophes
|
| tions de l'Art dans des ter- | doit se comprendre abstrac-
|
| mes allégoriques & énigma- | tivement de ce soufre, & ils
|
| tiques. Le soufre & le sel, | ne l'ont ainsi nommé que
|
| comme les deux principes | parce que sa forme acciden-
|
| constituant de cette matière, | telle lui donne souvent l'ap-
|
| ont été nommés, le premier | parence de glace, ou de sel
|
| Roi, Mâle, Lion, Crapaud, | coagulé, ou qu'il se résout
|
| feu de nature, Graisse du | en eau aussi aisément que le
|
| Soleil, le Soleil des corps, | sel.
|
| le Lut de sagesse ou sapience, | C'est ce sel qu'ils appel-
|
| le Sceau d'Hermès, le Fu- | lent proprement la matière
|
| mier & la Terre des Philoso- | propre à recevoir la forme.
|
| phes, Huile incombustible, | C'est pourquoi ils l'ont nom-
|
| Mercure rouge, & une infi- | mé Humide radical, Mens-
|
| nité d'autres noms même de | true, Corps en puissance,
|
| diverses langues, qui tous | Chose ou Substance capable
|
| cependant signifient quelque | à recevoir toutes sortes de for-
|
| matière fixe, coagulante ou | mes, Reine, Femelle, Aigle,
|
| glutineuse; parce qu'ils attri- | Serpent, Eau céleste, Ecume
|
| buent au soufre, la forme, la | de la Lune, Clef, Mercure
|
| chaleur innée, le sperme, | blanc, Mercure des Philoso-
|
| l'âme, l'odeur, la couleur, | phes, Eau de vie & de mort,
|
| la saveur, la fixité, & tout | Cire où l'on imprime le sceau
|
| ce qui est capable de causer | d'Hermès, Eau de glace,
|
| la cohésion des parties des | Plaie des Philosophes, Fon-
|
| corps. | taine, Bain du Roi, Bain
|
| Le second principe, ou sel, | des corps, vinaigre très
|
| qui comprend toutes les eaux | aigre, Savon, & tant d'au-
|
| différentes dont nous avons | tres noms qu'on trouvera ci-*
|
| parlé, comme semences des | après par ordre alphabéti-
|
| trois règnes, n'est pas le sel | que, & dont la plupart se-
|
| commun, ou le sel des corps, | ront expliqués dans les arti-
|
| acide, ou qui brûle la lan- | cles qui les concernent.
|
| gue; car cette saveur vient | La plus grande partie des
|
@
| 272 MA | MA
|
| |
|
| Philosophes pensent que tout | Voici une partie des noms
|
| a pour principe une eau sa- | que les Philosophes Hermé-
|
| vonneuse, c'est-à-dire, com- | tiques ont donné à leur ma-
|
| posée de deux substances, | tière. La plupart sont expli-
|
| l'une saline & l'autre oléa- | qués dans ce Dictionnaire,
|
| gineuse, appelée Cahos, & | parce que, disent Morien &
|
| propre à recevoir quelque | Raymond Lulle, c'est dans
|
| forme que ce puisse être; | l'intelligence de ces noms si
|
| que Dieu l'a divisée en deux | différents d'une même chose,
|
| parties, en eau grossière, & | que consiste tout le secret de
|
| en eau subtile; la première | l'Art. Les uns sont tirés du
|
| visqueuse, huileuse ou sulfu- | grec, les autres de l'hébreu,
|
| reuse, la seconde saline, sub- | quelques-uns de la langue
|
| tile & mercurielle. Il les sub- | arabe, plusieurs du latin &
|
| divisa encore en trois parties | du français.
|
| générales; de la plus subtile |
|
| il forma les animaux, de la | Absemir.
|
| plus crasse les métaux, & de | Acier.
|
| celle qui participe des deux | Adam.
|
| il en composa les végétaux; | Adarnet.
|
| de manière que celle d'un | Adrop.
|
| règne ne saurait être trans- | Affrop.
|
| muée radicalement en un | Agneau.
|
| autre règne, par aucune opé- | Aibathest.
|
| ration de l'Art. La pratique | Aigle.
|
| de la Chimie prouve à ceux | Aigle des Philosophes.
|
| qui douteraient de ce systè- | Aigle volante.
|
| me, dit Becher, qu'il n'est | Aimant.
|
| pas la production d'un cer- | Air.
|
| veau creux. Le soufre agit | Airain.
|
| sur le sel en l'agglutinant & | Airain brûlé.
|
| lui donnant ainsi la forme: | Airain incombustible.
|
| le sel agit sur le soufre en le | Airain noir.
|
| dissolvant & le putréfiant; | Alartar.
|
| & l'un joint avec l'autre en | Albar Aeris.
|
| quantité proportionnée, con- | Albira.
|
| stituent une eau visqueuse & | Alborach.
|
| vitriolique, qui est la pre- | Alchaest.
|
| mière matière de la Nature | Alcharit.
|
| & de l'Art. | Alcophil,
|
| | Alembroth.
|
@
| MA | MA 273
|
| |
|
| Alembroth. | Azoch.
|
| Aloeam. | Azoth.
|
| Alkusal. |
|
| Almagra. | Bain.
|
| Almizadir. | Bain de Diane.
|
| Alocines. | Bain du Roi.
|
| Aludel. | Bain du Soleil.
|
| Alun. | Bain-Marie.
|
| Alus. | Bain Vaporeux.
|
| Alzernad. | Beïa.
|
| Alzon. | Berbel.
|
| Amalgra. | Beurre.
|
| Ame. | Bien.
|
| Ame de Saturne. | Bien Communicatif.
|
| Ame des Eléments. | Blanc du Noir.
|
| Ame du Monde. | Blancheur.
|
| Anachron. | Bois.
|
| Anathuel. | Bois de Vie.
|
| Anathron & Anatron. | Bois d'Or.
|
| Androgyne. | Borax.
|
| Antimoine. | Boritis.
|
| Antimoine des parties de | Borteza ou Boreza.
|
| Saturne. | Brebis.
|
| Antybar. | Brouillard.
|
| Arbre. |
|
| Arbre Lunaire. | Cadmie.
|
| Arbre Philosophique. | Caducée.
|
| Arbre Solaire. | Caïn.
|
| Arbre Métallique. | Cambar.
|
| Arémaros. | Camereth.
|
| Argent. | Cancre.
|
| Argent-vif. | Caspa.
|
| Argent-vif coagulé. | Caspachaïa.
|
| Argyrion. | Cendre.
|
| Arneth ou Zarnich. | Cendre de Tartre.
|
| Arsenic. | Cendre Fusible.
|
| Asmarcech. | Cendre Incombustible.
|
| Astima. | Cendre Noire.
|
| Atimad. | Chaï.
|
| Aycafort, | Chaïa.
|
| | S
|
@
| 274 MA | MA
|
| |
|
| Crachat de la Lune, | Corps Immonde.
|
| Chameau. | Corps Impropre.
|
| Champ. | Corps Noir.
|
| Chaos. | Corps Mixte.
|
| Chaux. | Corps Confus.
|
| Chaux Vive. | Corps Imparfait.
|
| Chemin. | Corsufle.
|
| Ches. | Couronne du Roi.
|
| Chesseph. | Couteau.
|
| Chesseph Hai. | Crapaud.
|
| Chibur. | Cristal.
|
| Chien. | Crible.
|
| Chien Corascénien. |
|
| Chienne d'Arménie. | Dangereux.
|
| Chose croisée ou tour- | Décembre.
|
| mentée. | Décembre E.
|
| Chose vile. | Deeb.
|
| Chyle. | Dehab.
|
| Ciel. | Diabeste.
|
| Ciel moyen. | Dispositif Moyen.
|
| Ciel des Philosophes. | Douceur du Beurre.
|
| Clarté du Soleil. | Duenech.
|
| Clef des Métaux. | Dragon.
|
| Clef de l'Oeuvre. | Dragon Volant.
|
| Coeur de Saturne. | Dragon Rampant.
|
| Coeur du Soleil. | Dragon Babylonien.
|
| Colcotar. |
|
| Colère. | Eau Ardente.
|
| Colle d'Or. | Eau Azotique.
|
| Compagnon. | Eau de Talc.
|
| Compar. | Eau de l'Art.
|
| Compost. | Eau de Sang.
|
| Composé. | Eau de Fontaine.
|
| Confection. | Eau de Vie.
|
| Contenant. | Eau d'Urine.
|
| Contenu. | Eau Etoilée.
|
| Coq. | Eau Feuillée.
|
| Corbeau. | Eau Hyléale.
|
| Corps Blanc. | Eau Mondifiante.
|
| Corps Contraire. | Eau Brûlante.
|
@
| MA | MA 275
|
| |
|
| Eau Pesante. | Femelle.
|
| Eau Pondéreuse. | Femme.
|
| Eau Première. | Fer.
|
| Eau Sèche. | Ferment.
|
| Eau Simple. | Ferment Sublimé.
|
| Eau Visqueuse. | Fèces Calcinées.
|
| Eau du Styx. | Fèces Dissoutes.
|
| Ebemich. | Femme prostituée.
|
| Ebesemeth. | Feu.
|
| Elément. | Feu Naturel.
|
| Elément cinquième. | Feu contre Nature.
|
| Elixir. | Feu Innaturel.
|
| Elsaron. | Feu Aqueux.
|
| Enfer. | Feu Liquide.
|
| Estomac d'Autruche. | Feu de Cendres,
|
| Embryon. | Feu de Sable.
|
| Ennemi. | Feu de Lampe.
|
| Epée. | Feu Artificiel.
|
| Epouse. | Feu Corrodant & non
|
| Espatule. | Corrosif.
|
| Esprit. | Feu Humide.
|
| Esprit Cru. | Fiel.
|
| Esprit Universel. | Fils béni du Feu.
|
| Esprit Corporifié. | Fils du Nil.
|
| Esprit Cuit. | Fils (petit) de Saturne.
|
| Esprit de la Clarté, | Fils du Soleil & de la
|
| Esprit Pénétratif. | Lune.
|
| Etain. | Flegme.
|
| Eté. | Fleur d'Airain.
|
| Ethélie Blanche. | Fleur du Soleil.
|
| Etoile Scellée. | Fontaine.
|
| Etre Métallique. | Fontaine du Roi.
|
| Euphrate. | Forme.
|
| Eudica. | Forme de l'Homme.
|
| Eve. | Frère.
|
| Excrément du Verre. | Frère du Serpent,
|
| | Fridanus.
|
| Favonius. | Fruit.
|
| Fada. | Fruit de l'Arbre Solaire.
|
| Faucon. | Fumée Blanche.
|
| | S ii
|
@
| 276 MA | MA
|
| |
|
| Fumée Citrine. | Iris.
|
| Fumée Rouge. | Jud he voph hé.
|
| Fumier. |
|
| | Karnech.
|
| Gabertin. | Kenchel.
|
| Gabritius. | Kibrich.
|
| Gabrius. | Kinna.
|
| Giumis. |
|
| Glace. | Lac Bouillant.
|
| Gomme Blanche. | Lac Desséché.
|
| Gomme Rouge. | Lait.
|
| Gomme d'Or. | Lait de Vierge.
|
| Gophris. | Laton.
|
| Granusae. | Lazul.
|
| Gur. | Lessive.
|
| | Ligne.
|
| Hageralzarnad. | Lion.
|
| Hebrit. | Lion Rouge.
|
| Hermaphrodite. | Lion Vert.
|
| Hirondelle. | Larmes de l'Aigle.
|
| Homme. | Liqueur Végétable.
|
| Huile. | Litharge.
|
| Huile de Mars. | Loup.
|
| Huile Incombustible. | Lucifer.
|
| Huile Rouge. | Lumière.
|
| Humide Blanc. | Lumière du Plomb.
|
| Humide Radical. | Lune.
|
| Humidité. | Lune Feuillée.
|
| Humidité Brûlante. |
|
| Hydre de Lerne. | Magnès.
|
| Hylé. | Magnésie.
|
| Hypostase Blanche. | Magnésie Blanche.
|
| Hiver. | Magnésie Rouge.
|
| | Main Gauche.
|
| Jaune d'oeuf. | Main Droite.
|
| Immondice du Mort. | Mal.
|
| Infini. | Mâle.
|
| Insipide. | Marbre.
|
| Jour. | Marcassite.
|
| Jourdain. | Marcassite du Plomb.
|
@
| MA | MA 277
|
| |
|
| Mars. | Occident.
|
| Martheeka. | Oeil des Poissons.
|
| Marthek. | Oeuf.
|
| Masse de Coquemart. | Oeuf des Philosophes.
|
| Matière. | Oint.
|
| Matière de la Matière. | Oiseau d'Hermès.
|
| Matière de toutes formes. | Olive.
|
| Matière Lunaire. | Ollus.
|
| Matin. | Ombre.
|
| Médaille de Fauheh. | Ombre du Soleil.
|
| Médecine de l'Esprit. | Or.
|
| Médecine des trois ordres. | Or de Gomme.
|
| Mélancolie. | Or Ethée.
|
| Menstrue Animal. | Or Feuillé.
|
| Menstrue Minéral. | Or d'Orient.
|
| Menstrue Végétal. | Or du Bec.
|
| Mer. | Or du Corail.
|
| Mercure. | Or Romain.
|
| Mère. | Orient.
|
| Mère des Métaux. | Orpiment.
|
| Mère de l'Or. |
|
| Mesure | Père.
|
| Microcosme. | Père unique de toutes
|
| Midi. | choses.
|
| Miel. | Phénix.
|
| Minière. | Phison.
|
| Minière de l'Or. | Pierre.
|
| Ministère. | Pierre Animale.
|
| Mizadir. | Pierre Ardente.
|
| Mort. | Pierre Etoilée.
|
| Mort Amère. | Pierre des Philosophes.
|
| Mozhacumia. | Pierre comme dans les
|
| | chapitres des Livres.
|
| Nature. | Pierre non Pierre.
|
| Neusi. | Pierre Indienne.
|
| Noir plus noir que le noir-* | Pierre Indrademe.
|
| même. | Pierre Minérale.
|
| Nuée. | Pierre Métallique.
|
| Nutus. | Pierre Rouge.
|
| Nature cinquième. | Pierre Végétale.
|
| | S iij
|
@
| 278 MA | MA
|
| |
|
| Plomb. | Salive de la Lune.
|
| Plomb Blanc. | Salive des Champignons.
|
| Plomb des Philosophes. | Salive Incombustible.
|
| Poil Humain. | Salive Précieuse.
|
| Point. | Sang.
|
| Poisson Echénéis. | Sang de Dragon.
|
| Poudre. | Sang du Lion.
|
| Poudre tirée de la cendre. | Sang de la Salamandre.
|
| Poule. | Sang Humain.
|
| Poussin d'Hermogêne | Sang Spirituel.
|
| Présure du Lait. | Saumure.
|
| Printemps. | Saumure Marine.
|
| Prison. | Savon.
|
| Pureté du Mort. | Savon des Sages.
|
| Prostituée (la). | Saturne.
|
| | Sébleinde.
|
| Queue de Paon. | Secret de l'Ecole.
|
| | Sedena.
|
| Raceen. | Seigneur des Pierres.
|
| Racine des Métaux. | Sel Alcali.
|
| Rameau d'Or. | Sel Alvisadir.
|
| Rarum. | Sel des Sages.
|
| Randerich. | Sel de Lunaire.
|
| Rayon du Soleil. | Sel Fusible.
|
| Rayon de la Lune. | Sel Nitre.
|
| Récon. | Sel d'Urine.
|
| Réhéson. | Sel des Sels.
|
| Résidence. | Sel Solaire.
|
| Risoo. | Sel Alembroc.
|
| Roi. | Sel des Pèlerins.
|
| Rose dans les épines. | Semence.
|
| Rosée. | Sentier.
|
| Rosée de Mai. | Sépulcre.
|
| Rougeur. | Sérinech.
|
| Rubis. | Séricon.
|
| * Sable. | Serpent.
|
| Safran. | Serpent dévorant sa queue.
|
| Salamandre. | Serpent Ailé.
|
| Salé. | Serpent sans Aile.
|
| Salpêtre. | Serpent de Cadmus.
|
@
| MA | MA 279
|
| |
|
| Serviteur. | Témaychum.
|
| Serviteur Fugitif. | Ténèbres.
|
| Serviteur Rouge. | Terre.
|
| Seth. | Terre Adamique.
|
| Smeratha. | Terré de Reste.
|
| Sodo des Philosophes. | Terre Feuillée.
|
| Soeur. | Terre Glaise.
|
| Soeur Première. | Terre Grasse.
|
| Soeur du Serpent. | Terre des Tombeaux.
|
| Soir. | Terre Puante.
|
| Soleil. | Terre Rouge.
|
| Soleil Terrestre. | Terre Vierge.
|
| Soleil Eclipsé. | Terre Damnée.
|
| Solution Fixe. | Tête de Corbeau.
|
| Solution Volatile. | Tête morte du Corbeau.
|
| Soufre de Nature. | Tévos.
|
| Soufre Ambrosien. | Thabritis.
|
| Soufre Rouge. | Thélima.
|
| Soufre Incombustible. | Thériaque.
|
| Soufre Zarnet. | Theta ou Thita.
|
| Soufre des Métaux. | Thion.
|
| Sperme des Philosophes. | Timar.
|
| Sperme du Mercure. | Toarch.
|
| Sperme de tout. | Troisième.
|
| Sperme des Métaux. | Tuchia.
|
| Splendeur. |
|
| Splendeur de la Mer. | Vaisseau.
|
| Splendeur du Soleil. | Vaisseau des Philosophes.
|
| Sublimé. | Vaisseau Scellé.
|
| Suc de Lunaire. | Vapeur.
|
| Sueur du Soleil. | Vautour.
|
| Sirop de Grenades. | Venin.
|
| | Venin Mortifère.
|
| Talc. | Venin Teignant.
|
| Tamuae. | Vent.
|
| Tartare ou Enfer. | Vénus.
|
| Tartre. | Verre de Métal.
|
| Taureau. | Verjus.
|
| Teinture d'Hermès. | Verre.
|
| Teinture des Métaux. | Vert-de-gris.
|
| | S iv
|
@
| 280 MA | MA
|
| |
|
| Vertu des Astres. | L'on connaît les vrais Phi-
|
| Vertu Minérale. | losophes à la matière qu'ils
|
| Vie. | emploient pour le magistè-
|
| Vieille exténuée. | re. Ceux-là sont dans l'er-
|
| Vieillesse. | reur qui se servent de diver-
|
| Vierge. | ses matières pour composer
|
| Vigne des Sages. | leur mercure, c'est-à-dire de
|
| Vin Blanc. | matières de diverses natures.
|
| Vin Rouge. | Elle est une, & quoiqu'elle
|
| Vinaigre. | se trouve partout & en tout,
|
| Vinaigre des Philosophes. | elle ne peut se tirer que de sa
|
| Vinaigre très aigre. | propre minière. C'est une
|
| Vipère. | eau visqueuse, un esprit cor-
|
| Virago. | porifié. Elle est la même ma-
|
| Virilité. | tière que celle dont la Nature
|
| Visitation de l'Occulte. | se sert pour faire les métaux
|
| Vitriol. | dans les mines; mais il ne
|
| Vitriol Romain. | faut pas s'imaginer que ce
|
| Vitriol Rouge. | sont les métaux-mêmes, ou
|
| Union des Esprits. | qu'elle s'en tire; car tous
|
| Urine d'Enfants. | les Philosophes recomman-
|
| Vulphi. | dent de laisser les extrêmes
|
| Vulpes. | & de prendre le milieu;
|
| | comme pour faire du pain
|
| Xit. | on ne prend, dit Philalèthe,
|
| | ni le grain, ni le son, mais la
|
| Yharit. | farine. On ne fait pas non
|
| Ylé. | plus du pain avec du pain
|
| | cuit. Il ne faut pas aussi cher-
|
| Zaaph. | cher à former une matière
|
| Zahav. | des quatre éléments, qui sont
|
| Zaibac. | les principes principiants de
|
| Zéphyr. | tout; mais une matière élé-
|
| Zibac. | mentée, qui contienne en
|
| Zink. | elle-même les quatre élé-
|
| Zit. | ments, & qui soit la semence
|
| Ziva. | des métaux. Cette matière
|
| Zotichon. | a été voilée par les Anciens
|
| Zumech. | sous diverses fables, mais
|
| Zumelazuli. | plus particulièrement sous
|
@
| MA | MA 281
|
| |
|
| celles d'Hercule & d'An- | posée. Notre eau, dit Phi-
|
| thée, de Pyrrha & de Deu- | lalèthe, est composée de
|
| calion. Mais si quelqu'un | plusieurs choses, c'est-à-dire
|
| veut réussir dans les opéra- | d'une seule & unique chose
|
| tions du magistère, qu'il ap- | faite de diverses substances,
|
| prenne auparavant, dit Phi- | mais d'une & même essence.
|
| lalèthe, ce qu'on entend par | Il faut que dans notre eau il
|
| les compagnons de Cadmus, | se trouve un feu, une liqueur
|
| quel est le Serpent qui les | saturnienne-végétable, & un
|
| dévora, ce que c'est que le | lien du mercure. Ce feu est
|
| chêne creux contre lequel il | minéral-sulfureux, sans être
|
| transperça ce Serpent; ce | proprement minéral, loin
|
| qu'on entend par les Colom- | d'être métallique. C'est un
|
| bes de Diane, qui surmon- | cahos ou esprit, sous la for-
|
| tent le Lion en l'amadouant; | me d'un corps, qui n'est ce-
|
| ce Lion vert, qui est un vrai | pendant pas corps, puisqu'il
|
| Dragon Babylonien, dont | est tout volatil, & qui n'est
|
| le venin fait tout mourir: ce | pas aussi absolument esprit,
|
| que c'est que le caducée de | puisqu'il ressemble à un mé-
|
| Mercure, &c. | tal liquéfié.
|
| Cette matière est appelée | Quelquefois les Philoso-
|
| vile, & Philalèthe entr'au- | phes ont restreint le nom de
|
| tres dit que le prix des prin- | Matière à leur mercure ani-
|
| cipes matériels de l'oeuvre ne | mé, & non à la matière d'où
|
| passe pas trois louis d'or. Il | il est extrait.
|
| ajoute que quant à la fabri- | Matière VRAIE DES
|
| que de l'eau sèche des Sages, | ME'TAUX. C'est, selon les
|
| deux écus suffisent pour en | Philosophes, le mercure des
|
| faire une livre. Il assure de | Sages imprégné & animé de
|
| plus qu'on peut avoir autant | son soufre. C'est une eau vis-
|
| de matière principe de cette | queuse, & une vapeur qui
|
| eau, qu'il en faudrait pour | se congèle & se fixe plus ou
|
| animer deux livres de mer- | moins, selon le degré de
|
| cure. | coction qu'elle reçoit. Cette
|
| Plusieurs Philosophes di- | vapeur est un argent-vif, non
|
| sent que les pauvres ont au- | le vulgaire. La pierre philo-
|
| tant de cette matière que les | sophale est composée de cet
|
| riches; mais il faut l'enten- | argent-vif cuit, digéré &
|
| dre de la matière principe | exalté: c'est pourquoi il pé-
|
| dont celle des Sages est com- | nètre les métaux, achève de
|
@
| 282 MA | MA ME
|
| |
|
| les cuire, & leur donne la | C'est la violette, selon Blan-
|
| perfection de l'or; parce qu'il | chard, qui pense qu'on lui a
|
| est or lui-même, & un or | donné ce nom de la suavité
|
| vif, animé, infiniment plus | de son odeur, qui la fait tant
|
| parfait que l'or vulgaire. | rechercher des Dames.
|
| Matière LUNAIRE. | MAZA. Macarons. Blan-
|
| Dissolvant des Sages. | chard.
|
| Matière UNIQUE DES | MECAL ou MEKAL.
|
| ME'TAUX. Magistère au | Poids.
| blanc. | MECERI. Opium.
| | MASSE CONFUSE. | MECON. Pavot.
| | Voyez Laton. | MECONIUM. Extrait
| | MATHEDORAM. Sel | de pavot noir, & condensé
| | gemme. | en masse.
| | MATIN. Magistère au | On donne aussi le nom de
| | rouge, appelé Matin par | Meconium aux premiers ex-
| | les Philosophes, parce que | créments noirs comme de la
| | sa couleur est d'abord au- | poix, que rend un enfant
| | rore avant d'être parfaite au | après être sorti du ventre de
| | rouge. | sa mère. Ces excréments sé-
| | MATRICE. (Sc. Herm.) | chés & réduits en poudre,
| | Les Philosophes donnent ce | guérissent l'aveuglement qui
| | nom à la minière de leur | n'est pas de naissance, si on
| | mercure, & à leur vase. Le | met de temps en temps de cette
| | premier, parce que c'est dans | poudre dans l'oeil. Il faut
| | la minière où il se corporifie | conserver cette poudre bien
| | & se forme; & le second, | sèche dans un flacon bien
| | parce que le vase fait la fonc- | bouché, & dans un lieu sec.
| | tion de la matrice des ani- | ME'DECIN DES PLA-
| | maux où se parfait la géné- | NE'TES. Ce n'est pas le
| | ration. | mercure des Philosophes
| | La matrice de la matière | comme le dit l'Auteur du
| | d'où les Philosophes ex- | Dictionnaire Hermétique,
| | traient leur mercure, est la | c'est le Philosophe lui-même
| | terre, selon Hermès, dans sa | qui emploie le mercure des
| | Table d'Emeraude. Quel- | Sages pour guérir l'imper-
| | ques Chimistes disent que | fection des métaux, qu'ils
| | le sel marin est la matrice de | appellent Planètes.
| | la nature métallique. | La médecine guérit & ce
| | MATRONALIS FLOS. | Médecin l'administre. La
| |
@
| ME | ME 283
|
| |
|
| pierre des Philosophes ou la | pour une maladie bien re-
|
| poudre de projection sont | connue, mais qui très igno-
|
| cette médecine qui perfec- | rants d'ailleurs, regardent ces
|
| tionne les métaux, & guérit | spécifiques comme des re-
|
| les maladies des trois règnes | mèdes à tous maux, & les
|
| de la Nature. | administrent à tort & à tra-
|
| ME'DECINE. Art d'in- | vers aux risques de la vie des
|
| venter, de connaître, de | malades qui tombent entre
|
| préparer & d'administrer les | leurs mains.
|
| remèdes propres à guérir les | On a donc tort de crier si
|
| maladies qui affligent le | fort contre les Médecins, &
|
| corps humain, & à le con- | ceux-ci n'ont pas plus de rai-
|
| server dans un état de bonne | son de s'élever si hautement
|
| santé. Les uns disent que cet | contre les Empiriques; si
|
| Art est long & très difficile | on voulait être de bonne foi,
|
| à apprendre, les autres avec | on avouerait qu'il y a au
|
| Paracelse assurent qu'il est | moins autant de charlatanis-
|
| court & très aisé. Les pre- | me dans l'exercice de la Mé-
|
| miers considèrent sans doute | decine Galénique, que dans
|
| la Médecine suivant les prin- | celui de la Médecine Em-
|
| cipes de l'Ecole Galénique; | pirique. Il se trouve de part
|
| c'est celle que professent au- | & d'autre de beaux diseurs
|
| jourd'hui les Médecins que | & de très mauvais Méde-
|
| l'on appelle Docteurs en | cins. Décrier tous les Empi-
|
| Médecine, dont les princi- | riques comme on fait ordi-
|
| pes soumis aux systèmes que | nairement, & vouloir leur
|
| chacun imagine à sa fantai- | refuser l'administration de
|
| sie, font de la Médecine Ga- | leurs remèdes, c'est priver
|
| lénique une science conjec- | le Public d'une ressource qu'il
|
| turale dont la pratique est | ne trouve pas très souvent
|
| souvent très périlleuse pour | dans ceux que le titre de
|
| les malades qui y ont re- | Docteur leur présente com-
|
| cours. Mais il faut cepen- | me d'habiles gens. Tout le
|
| dant avouer qu'il vaut encore | monde sait que le remède
|
| mieux s'adresser à ceux que | de la bonne femme tire com-
|
| l'expérience annonce dans le | munément d'affaire la plu-
|
| Public pour des Médecins | part de ceux que toutes les
|
| habiles, qu'à ces Empiri- | drogues de la Pharmacie
|
| ques ignorants, qui peuvent | employées doctoralement
|
| avoir des secrets spécifiques | avaient peut-être mis dans
|
@
| 284 ME | ME
|
| |
|
| le mauvais état où ils sont, | voie ceux qui seraient tentés
|
| au lieu de les guérir. Non | d'avoir recours aux ouvrages
|
| omnia possumus omnes. On | de Paracelse, que j'ai inséré
|
| n'ignore pas qu'un Médecin | & expliqué dans ce Diction-
|
| ne peut pas lui seul savoir | naire un grand nombre de
|
| tous les remèdes propres à | termes Paracelsiques. Plu-
|
| guérir toutes sortes de ma- | sieurs Auteurs en ont fait une
|
| ladies; loin donc de se dé- | étude particulière, tels que
|
| créditer en permettant à ses | Becher, Rullandus, John-
|
| malades, en ordonnant mê- | son, &c. & c'est dans les
|
| me des remèdes indiqués par | ouvrages de ces Savants que
|
| d'autres, il gagnerait une | j'ai puisé mes explications.
|
| confiance plus grande, ap- | Le vrai & unique moyen
|
| prendrait des remèdes qu'il | de remédier à tous ces in-
|
| ignore, & en ferait usage | convénients, serait de publier
|
| dans des cas semblables. | le procédé de ce qu'on ap-
|
| Paracelse réduisait tout | pelle la Médecine universelle,
|
| l'art de guérir à des principes | ce seul remède guérirait tou-
|
| très simples pour la théorie | tes les maladies; mais ceux
|
| & la pratique. Avait-il rai- | qui passent pour l'avoir su
|
| son? Je serais tenté de le | & mis en pratique, décla-
|
| croire. Toujours est-il vrai | rent qu'il en résulterait en-
|
| qu'il faisait des cures admi- | core de plus grands incon-
|
| rables, & qu'il se fit une | vénients pour la société, à
|
| grande réputation. S'il avait | cause des abus qu'en feraient
|
| écrit ses ouvrages d'une ma- | les méchants. Ils ne l'ont donc
|
| nière plus intelligible, peut-* | enseigné dans leurs Traités
|
| être qu'aujourd'hui on lui | sur cette matière que d'une
|
| rendrait la justice qu'on lui | manière énigmatique, allé-
|
| refuse. Il a fait mystère de | gorique, métaphorique, &c.
|
| tout; il a employé des noms | afin, disent-ils, qu'elle ne de-
|
| étrangers pour exprimer des | vienne intelligible qu'à ceux
|
| choses connues: on a pris le | que Dieu voudra en favori-
|
| change; on a mal composé | ser. C'est pour la leur ren-
|
| ses remèdes; ils n'ont pas eu | dre moins difficile, qu'après
|
| tout le succès qu'on en de- | avoir combiné ces Auteurs
|
| vait espérer sur sa parole, & | entr'eux, & recueilli les di-
|
| l'on en a conclu que Para- | verses explications qu'ils
|
| celse n'était qu'un Charlatan. | donnent les uns des autres,
|
| C'est pour remettre dans la | je les ai insérées dans ce
|
@
| ME | ME 285
|
| |
|
| Dictionnaire. Heureux ceux | posé; elles affaiblissent en
|
| qui à la faible lueur de ce | évacuant, elles ruinent le
|
| flambeau pourront décou- | tempérament, & conduisent
|
| vrir la vérité cachée dans | enfin au tombeau, quand la
|
| l'obscurité & les ténèbres | nature n'a pas la force de ré-
|
| dont ils ont enveloppé leurs | sister au poisson qu'elles con-
|
| ouvrages. | tiennent & que l'on donne
|
| Médecine. Les Philo- | avec le baume.
|
| sophes distinguent plusieurs | Les Philosophes donnent
|
| sortes de médecines, quoi- | encore le nom de Médecine
|
| qu'elles aient toutes un mê- | aux différentes opérations du
|
| me objet, qui est la guérison | grand oeuvre, c'est pourquoi
|
| des maladies qui surviennent | ils en comptent de trois sor-
|
| aux individus des trois rè- | tes. La première est celle
|
| gnes de la Nature. Ils appel- | qu'ils appellent Médecine du
|
| lent Médecine de l'ordre su- | premier ordre. C'est, selon le
|
| périeur, leur élixir quand il | Philalèthe, la préparation de
|
| est parfait pour la guérison | la pierre, qui précède l'opé-
|
| des maux du corps humain, | ration de la préparation par-
|
| & pour la transmutation des | faite; elle s'appelle propre-
|
| métaux imparfaits en or. Ils | ment la séparation des élé-
|
| lui ont quelquefois donné ce | ments, & la purification de
|
| nom quand leur pierre est | chacun d'eux par eux-mêmes
|
| seulement parfaite au blanc. | selon que l'exige la Nature.
|
| Leur Médecine de l'ordre in- | Le magistère se fait par cette
|
| férieur est leur élixir projeté | préparation, que les Philoso-
|
| sur un métal imparfait; il de- | phes ont déguisée sous plu-
|
| vient pur par cet élixir, & | sieurs noms qui ne signifient
|
| peut servir, après la cuisson, | presque que la même chose,
|
| pour projeter sur les autres | & qui se fait par un même
|
| métaux imparfaits. Cette | régime, c'est-à-dire cuire le
|
| médecine n'est point propre | compôt. Ainsi quand ils di-
|
| pour les maladies du corps | sent distiller à l'alambic, sé-
|
| humain. Celle de l'ordre su- | parer l'âme de son corps,
|
| périeur les guérit en le con- | rôtir, abreuver, calciner,
|
| fortant, ou le rajeunissant. | frotter, nourrir, ajuster en-
|
| Médée s'en servit pour le | semble, manger, assembler,
|
| père de Jason. Les médecines | corriger, cribler, couper
|
| que l'on prend chez les Apo- | avec des ciseaux, blanchir,
|
| thicaires ont un effet tout op-* | dessécher, distiller, diviser,
|
@
| 286 ME | ME
|
| |
|
| unir les éléments, les séparer, | à leur première matière.
|
| les corriger, les purifier, les | Les Philosophes ont ap-
|
| changer l'un dans l'autre, les | pelé cette médecine le Jour
|
| extraire, exalter, folier, fon- | du jugement. Laissez les fols
|
| dre, engendrer, frapper d'un | chercher notre oeuvre, &
|
| glaive de feu, puiser, hu- | tomber d'erreurs en erreurs
|
| mecter, imbiber, empâter, | en le cherchant, ils ne par-
|
| ensevelir dans le fient, incé- | viendront jamais à sa per-
|
| rer, laver, aiguiser, polir, | fection jusqu'à ce que le So-
|
| limer, frapper du marteau, | leil & la Lune soient con-
|
| mortifier, noircir, putréfier, | vertis en un seul corps; ce
|
| arroser, tourner en rond, ru- | qui ne pourra se faire avant
|
| bifier, dissoudre, sublimer, | le jour du jugement. Morien.
|
| broyer, réduire en poudre, | On lui a donné ce nom, dit
|
| tous ces termes appartien- | Philalèthe, parce que dans
|
| nent à la médecine du pre- | cette conjonction parfaite,
|
| mier ordre, & signifient une | ou vrai mariage, se fait la
|
| & même opération. | séparation des élus & des
|
| La Médecine du second or- | damnés, c'est-à-dire de la
|
| dre est cette préparation de | terre grossière & impure,
|
| la pierre, qui suit immédia- | appelée damnée par les Chi-
|
| tement celle dont nous ve- | mistes mêmes vulgaires, &
|
| nons de parler. Elle se nom- | de la plus pure substance de
|
| me la préparation parfaite. | la matière de la pierre. Cette
|
| On l'appelle aussi fixion, | substance n'est autre que la
|
| fermentation, création de la | poudre qui monte des fèces
|
| pierre, & conjonction par- | s'en sépare. C'est la cen-
|
| faite des éléments. Geber la | dre de la cendre, la terre ex-
|
| nomme l'oeuvre courte, opus | traite, sublimée, honorée &
|
| breve. | élue. Ce qui reste au fond
|
| Cette médecine prépare | est la cendre des cendres,
|
| donc parfaitement la pierre, | une terre damnée, rejetée,
|
| elle la fixe, & la fait fermen- | les fèces & scories des corps,
|
| ter. Le ferment de la pierre | qu'il faut rejeter, parce qu'el-
|
| se fait de la pure matière des | les n'ont aucun principe de
|
| métaux, c'est-à-dire du sou- | vie; & tout ce qui ne sera
|
| fre de nature & de la vapeur | pas de la vraie pureté des
|
| des éléments, & ce ferment | éléments sera détruit au jour
|
| ne devient tel, que lorsque la | du jugement. Raim. Lulle.
|
| Lune & le Soleil sont réduits | Alors les éléments qui se
|
@
| ME | ME 287
|
| |
|
| trouveront purs, élevés au-* | les poids, les mesures du
|
| dessus des fixes & resplen- | temps & du feu, sans quoi il
|
| dissants comme le cristal; | perdra son travail & ses pei-
|
| parce qu'ils seront devenus | nes. Philalèthe.
|
| terre incorruptible, qui ne | La première médecine mon-
|
| craindra point les atteintes | difie & teint les corps, mais
|
| du feu. Id. Elle se fait par | cette teinture n'est qu'appa-
|
| une même opération, d'une | rente, & s'en va dans la
|
| même chose, & dans un seul | coupelle. La seconde fait le
|
| vase. Ainsi le but de cette | même effet, mais la teinture
|
| médecine est de convertir la | qu'elle donne est permanen-
|
| pierre en terre fixe, spiri- | te & fixe, quoique sans uti-
|
| tuelle & tingeante. | lité. La troisième pousse la
|
| Médecine DU TROI- | pierre à sa perfection, & la
|
| SIE'ME ORDRE. C'est la pré- | multiplie en quantité & en
| paration de la pierre que les | qualité.
| | Philosophes appellent Mul- | La première est l'oeuvre
| | tiplication. | de la Nature, la seconde est
| | Il faut savoir cinq choses | l'oeuvre de l'Art, & la troi-
| | à l'égard de cette médecine: | sième l'est de l'Art & de la
| | 1°. Que les Philosophes ré- | Nature, & se nomme aussi
| | duisent les années en mois, | la Médecine de l'ordre supé-
| | les mois en semaines, les se- | rieur.
| | maines en jours, & les jours | Médecine UNIQUE.
| | en heures. 2°. Que toute | Pierre au blanc.
| | chose sèche boit avidement | ME'DE'E, fille d'Aeetes
| | toute humidité de son espè- | Roi de Colchos, fils du So-
| | ce. 3°. Qu'elle agit sur cette | leil, eut pour mère Idyia,
| | humidité beaucoup plus vite | fille de l'Océan. Jason étant
| | qu'elle ne faisait auparavant. | arrivé à Colchos pour la
| | 4°. Que plus il y a de terre, | conquête de la toison d'or,
| | moins il y a d'eau, & que la | Médée devint amoureuse de
| | solution s'en fait mieux & | lui. Elle fit usage de son art
| | plus promptement. 5°. Que | enchanteur pour favoriser
| | toute solution se fait selon la | l'entreprise de son amant.
| | convenance de la chose à | Au moyen des pharmaques
| | dissoudre; & que tout ce qui | qu'elle lui donna, il dompta
| | dissout la Lune dissout aussi | les taureaux qui jetaient du
| | le Soleil. Si l'Artiste veut | feu par les narines, tua le
| | donc réussir, il doit savoir | dragon qui gardait la toison
| |
@
| 288 ME | ME
|
| |
|
| d'or, en sema les dents dans | que le feu en sortit dès que
|
| le champ de Mars, d'où na- | Glaucé l'eut ouverte. D'au-
|
| quirent des hommes armés | tres enfin ont dit que c'était
|
| qui s'entre-tuèrent, & il s'em- | une robe.
|
| para de la toison d'or. | Médée ne se contenta pas
|
| Après cette expédition | de cette vengeance, elle
|
| Médée se sauva de chez son | massacra devant Jason mê-
|
| père avec Jason, qui l'épou- | me deux enfants qu'elle avait
|
| sa. Quand ils furent arrivés | eu de lui, & se sauva dans
|
| en Thessalie, Médée rajeu- | l'air sur un char attelé de
|
| nit Eson, père de Jason. Les | deux dragons ailés. Voyez
|
| filles de Pélias ayant vu ce | ces fictions expliquées dans
|
| prodige, désirèrent que Mé- | le premier chapitre du se-
|
| dée rendit le même service à | cond livre des Fables Egypt.
|
| Pélias; celle-ci feignant d'y | & Grecques dévoilées.
|
| consentir, trouva le moyen | MEDIMNUS. Mesure
|
| de venger Jason des mauvais | contenant cent huit livres,
|
| procédés que Pélias avait eu | ou six boisseaux. Blanchard.
|
| pour Eson. Elle engagea les | MEDIUM ou SUBS-
|
| filles de Pélias à le couper | TANCE MOYENNE
|
| en morceaux & à le faire | DES CORPS. C'est le
|
| cuire dans une chaudière | mercure des Sages; parce
|
| avec un mélange de Plantes | que la matière d'où il se tire
|
| aromatiques. Le secret pré- | n'a pas reçu de la Nature tou-
|
| tendu n'eut pas le succès | te la perfection dont elle est
|
| qu'elles en attendaient. | capable; l'Art la prend dans
|
| Jason étant ensuite devenu | cet état, & achève ce que la
|
| amoureux de Glaucé, fille | Nature avait commencé.
|
| de Créon, répudia Médée. | Médium ENTRE LE ME'-
|
| Celle-ci sut dissimuler son | TAL ET LE MERCURE.
|
| dépit, & sous prétexte de | C'est, selon Synésius, la
|
| faire présent à Glaucé d'une | vraie matière de l'oeuvre.
|
| couronne, elle la composa | Artéphius dit que c'est le
|
| de manière que le feu prit à | mercure même des Philoso-
|
| la tête de sa rivale dès qu'elle | phes.
|
| l'eut mise sur sa tête, & elle | MEDULLA LACTIS
|
| fut consumée. Quelques Au- | ou MOELLE DU LAIT.
|
| teurs disent que c'était une | C'est le beurre & la crème,
|
| petite cassette que Médée di- | qu'on appelle aussi Fleur du
|
| sait être pleine de bijoux, & | lait.
|
| | MEDUSE,
|
@
| ME | ME 289
|
| |
|
| ME'DUSE, fille de Phor- | Mel ROSCIDUM ET
|
| cys & de Céto, avait deux | AEREUM. Manne.
|
| soeurs auxquelles on donna | Mel SATURNI, ou Miel
|
| le nom de Gorgones de mê- | de Saturne. C'est le sel de
|
| me qu'à Méduse. Neptune | plomb, qu'on appelle aussi
|
| devint amoureux de celle-ci | Beurre & Sucre de Saturne.
|
| qui était très belle, & eut | MELA. Plomb.
|
| commerce avec elle dans le | ME'LANCOLIE signi-
|
| temple même de Minerve. | fie la putréfaction de la ma-
|
| Cette Déesse indignée de la | tière. Les Philosophes ap-
|
| profanation de son temple, | pellent aussi cette opération
|
| changea en serpents les che- | calcination, incinération,
|
| veux de Méduse, & lui | prégnation. On a donné ce
|
| donna la propriété de mé- | nom à la matière au noir,
|
| tamorphoser en pierre tous | sans doute parce que la cou-
|
| ceux qu'elle regarderait. Per- | leur noire a quelque chose
|
| sée suscité par Pallas qui lui | de triste, & que l'humeur du
|
| prêta son bouclier & sa lan- | corps humain appelée mé-
|
| ce, & aidé des talonnières | lancolie, est regardée com-
|
| de Mercure, fut attaquer Mé- | me une bile noire & recuite,
|
| duse & lui coupa la tête. Du | qui cause des vapeurs tristes
|
| sang qui sortit de sa blessure | & lugubres.
|
| naquirent Chrysaor, père de | MELANGE. Conjonc-
|
| Géryon, & le cheval Pé- | tion combinée de deux ou
|
| gase. La tête de Méduse con- | plusieurs corps, d'où il ré-
|
| serva encore après sa mort | sulte un composé qu'on ap-
|
| sa propriété de changer en | pelle mixte. Ces différentes
|
| pierre ceux qui la regar- | combinaisons font différents
|
| daient, Persée en fit usage | mixtes, & puisque de huit
|
| contre Atlas, qui l'avait mal | corps on peut combiner
|
| reçu. Voyez les Fab. Egypt. | 40320 mixtes, on ne doit
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 3. | pas être surpris de la diver-
|
| chap. 14. §. 3. | sité infinie qui s'en trouve
|
| MEL JUNIPERINUM, | dans la Nature.
|
| ou Miel de genièvre. C'est | Il y a deux sortes de mé-
|
| l'extrait de genièvre. | langes ou mixtions, l'une
|
| Mel NOVUM, ou Miel | que Becher appelle superfi-
|
| nouveau. C'est la quintes- | cielle, & l'autre centrale.
|
| sence d'antimoine. Planis- | Le mélange superficiel est
|
| campi. | celui qui se fait de manière
|
| | T
|
@
| 290 ME | ME
|
| |
|
| que les parties des corps mé- | secs avec ceux qui sont hu-
|
| langés puissent se séparer de | mides. Il est cependant bon
|
| nouveau, comme si l'on mê- | de savoir que l'extrême-
|
| le de l'absinthe avec de l'es- | ment humide & l'extrême-
|
| prit de-vin, après une longue | ment sec sont les deux con-
|
| digestion, ces deux corps | traires, & ne s'unissent pres-
|
| font un mélange superficiel, | que jamais ensemble.
|
| parce que en mettant le | ME^LANGE (Sc. Herm.).
|
| tout dans l'alambic, on sé- | Lorsque les Sages parlent de
|
| pare l'esprit-de-vin de l'ab- | mélange, il ne faut pas s'i-
|
| sinthe qui reste dans la cu- | maginer qu'ils entendent
|
| curbite en forme d'extrait. | parler de l'union des deux
|
| Le mélange central se fait, | choses différentes, & prises
|
| par exemple, lorsque l'eau | hors du vase. C'est une &
|
| de pluie se mêle avec les | même chose qui se sépare en
|
| semences de manière qu'elle | deux, & qui par la coction
|
| devient un corps homo- | se réduit à une. Voilà le vrai
|
| gène avec elles, & qu'on | mélange, qui se fait précisé-
|
| ne peut plus les séparer. Tou- | ment dans le temps de la pu-
|
| tes les dissolutions dans l'eau | tréfaction.
|
| forte sont des mélanges su- | MELANOPIPER. Poire
|
| perficiels. Le mélange des | noire.
|
| aliments avec notre propre | MELANOS MEGMA.
|
| substance, font des mélanges | Savon noir.
|
| centraux. La base de ce der- | MELANTER. Opium.
|
| nier mélange, est la sympa- | MELANZANA. Pom-
|
| thie, qui se trouve entre | me d'amour.
|
| l'humide & le sec. La base | ME'LAONES ou ME'-
|
| du mélange superficiel n'est | LONES. Petits vers de terre
|
| que la densité & la rareté des | noirs qui en sortent au mois
|
| différents corps qui compo- | de Mai dans les prairies,
|
| sent le mélange. D'où l'on | & qui exhalent une odeur
|
| peut conclure que le magné- | agréable, quand on les écra-
|
| tisme de la Nature a comme | se. On a donné ce même
|
| deux pôles, où tendent les | nom à une espèce de petit
|
| mélanges des corps compo- | scarabée de couleur verte do-
|
| sés. Les corps rares recher- | rée. Rulland.
|
| chent, ont une espèce d'ap- | ME'LE'AGRIS. Plante
|
| pétence ou sympathie avec | appelée Fritillaire, peut
|
| les corps denses, & les corps | être nommée Méléagris, de
|
@
| ME | ME 291
|
| |
|
| ce que sa fleur est tachetée | MELOCARPUS. Fruit
|
| comme un oiseau appelé en | de l'Aristoloche.
|
| latin Meleagris. C'est une | MELUSI. Mercure.
|
| espèce de perdrix qui se trou- | MEMBRANE DE LA
|
| ve dans la Barbarie. | TERRE. Matière de la-
|
| MELECH. Sel commun. | quelle les Philosophes ex-
|
| ME^LER. Voyez Mé- | traient leur mercure.
|
| lange. | MENALIPPE. Reine
|
| MELGA. Salamandre. | des Amazones, fut prise
|
| MELIA. Frêne. | dans un combat par Hercu-
|
| MELIBOEUM ou ME- | le, qui garda son baudrier &
|
| LIBOCUM. Cuivre. | ses armes pour les porter à
| MELICERTE, fils d'A- | Eurystée. Voyez Amazo-
| | thamas & d'Ino. En se sau- | nes.
| | vant avec sa mère pour se | ME'NE'LAS, fils d'Atrée
| | soustraire aux mauvais trai- | & d'Erope, selon Homère,
| | tements d'Athamas, ils se | épousa Hélène, fille de Ju-
| | précipitèrent dans la mer. | piter & de Léda. Pâris la lui
| | Les Dieux par commiséra- | ayant enlevée, tous les Prin-
| | tion changèrent Ino en Dées- | ces de la Grèce prirent parti
| | se marine sous le nom de | pour lui, & assemblèrent
| | Leucothoé, & Mélicerte en | une armée formidable pour
| | Dieu marin sous le nom de | le venger. Ils assiégèrent
| | Palémon. C'est en l'honneur | Pâris & Hélène dans la ville
| | de celui-ci qu'on institua les | de Troie où ils s'étaient re-
| | Jeux Isthmiques. Voyez les | tirés. La ville se rendit au
| | Fables Egypt. & Grecques | bout de dix ans de siège.
| | dévoilées, liv. 4. ch. 9. | Pâris fut tué, & Ménélas re-
| | MELICRATUM. Hy- | prit Hélène. Voyez les Fa-
| | dromel qui se fait d'une par- | bles Egypt. & Grecq. dé-
| | tie de miel sur huit parties | voilées, liv. 6.
| | d'eau. | MENFRIGE. Mastic.
| | MELIPHYL- \ | MENSIRACOST.
| | LUM. > | Manne.
| MELISSO- > Mélisse. | MENSTRUE. C'est
| | PHYLLUM. / | proprement dans le règne
| MELLISODIUM. | animal un sang qui s'écoule
| | Plomb brûlé. | tous les mois par les parties
| | MELLOSE. Vers de | naturelles des femmes, &
| | terre. | des femelles de quelques
| | | T ij
| | | |
@
| 292 ME | ME
|
| |
|
| animaux. Michel Schot dit | ner pris des animaux, com-
|
| dans son Traité de Physio- | me la fiente de brebis, sur
|
| nomie, que les hommes Juifs | ce qu'il est écrit que cette
|
| y sont aussi sujets. On a aussi | matière est animale, & que
|
| donné le nom de Menstrue, | quelques-uns ont dit com-
|
| quoiqu'improprement, aux | me Aristote & Riplée, que
|
| eaux végétales & métalli- | c'est terminus ovi, le Cos-
|
| ques, qu'on regarde comme | mopolite, qu'elle se tire du
|
| le principe féminin de ces | ventre du bélier. On en a
|
| deux règnes, & dans les- | vu aussi distiller, circuler,
|
| quelles on met quelque chose | digérer, &c. l'eau de rosée,
|
| à dissoudre. | parce qu'elle se cueille aux
|
| Menstrue DES PHI- | équinoxes, & que quelques
|
| LOSOPHES. Voyez Mer- | Philosophes lui ont donné
| cure des Sages. Quel- | ce nom; mais tous ces Chi-
| | ques Chimistes ignorant les | mistes ont pris mal à propos
| | principes de la Nature & du | les écrits des Sages selon le
| | grand oeuvre, ont regardé | sens que présente la lettre;
| | diverses choses comme men- | puisqu'ils ont soin d'avertir
| | strue des Philosophes, ou | qu'ils ne parlent que par
| | comme matière, d'ou l'on | analogie & similitudes.
| | doit extraire ce mercure. Les | Menstrue. Le menstrue
| | uns ont travaillé sur les sels, | des Philosophes est propre-
| | sur les minéraux, sur les ter- | ment leur mercure; cepen-
| | res de différentes espèces; | dant ils prennent souvent ce
| | parce que les Sages disent | terme pour la matière qui
| | que leur matière est miné- | contient ce mercure. L'eau
| | rale; d'autres ont employé | est le menstrue qui contient
| | pour cet effet les végétaux, | la semence des choses, &
| | la grande & la petite lu- | les porte dans la terre en
| | naire, la chélidoine, &c. | s'insinuant par ses pores. La
| | parce qu'ils avaient lu dans | terre qui leur sert de matri-
| | les livres des Adeptes que | ce, les couve, les digère,
| | cette matière est végétale. | tant par la chaleur propre
| | D'autres enfin ont travaillé | au sperme, qu'avec l'aide
| | sur les oeufs, les cheveux, | du feu céleste, & met enfin
| | la corne, les menstrues des | au jour les individus qui doi-
| | femmes, les secondines, | vent en venir selon l'espèce
| | l'urine, le sang humain, & | déterminée du sperme. Le
| | tout ce qu'ils ont pu imagi-* | sperme diffère du menstrue
| |
@
| ME | ME 293
|
| |
|
| en ce que celui-ci n'est que | ce n'est pas le mercure des
|
| le réceptacle de l'autre. | Sages.
|
| D'Espagnet. | Menstrue SECOND.
|
| Menstrue BLANCHI. | C'est le laton des Philoso-
|
| Mercure Hermétique qui | phes.
|
| contient les deux Dragons | MER. La mer des Phi-
|
| de Nicolas Flamel. | losophes est bien différente
|
| Menstrue PUANT ou | de cet amas d'eau salée, sur
|
| EAU FOETIDE. C'est ce que | laquelle s'exposent si témé-
| Geber & Raymond Lulle | rairement la plupart des
| | appellent Esprit fétide, ou | hommes pour chercher les
| | le soufre des Sages; nous | richesses du Potozi & des
| | n'avons besoin dans tout | autres contrées. Leur mer se
| | l'oeuvre que de l'eau vive & | trouve par tout; & les Sages
| | de l'esprit fétide. Ce mens- | y naviguent avec une tran-
| | true puant est la matière en | quillité qui n'est point alté-
| | putréfaction. | rée par les vents, ni les tem-
| | Menstrue ESSENTIEL, | pêtes. Leur mer en général
| | sans lequel on ne peut rien | sont les quatre éléments, en
| | faire; c'est la même cho- | particulier c'est leur mercu-
| | se. | re; quelquefois la matière
| | Menstrue VE'GE'TAL. | d'où il faut l'extraire, parce
| | Raymond Lulle dit que le | que Flamel appelle ce mer-
| | menstrue des Sages s'acue | cure l'Ecume de la mer Rou-
| | avec les végétaux; mais non | ge, & le souffle du vent mer-
| | que leur menstrue soit pro- | curiel; ce qui est la même
| | prement végétal. Quelques-* | chose que le serviteur rouge
| | uns donnent ce nom à l'es- | du Trévisan. C'est en s'ex-
| | prit de-vin rectifié sept fois | posant sur cette mer, pleine
| | par l'alambic, ou à la maniè- | d'écueils pour les mauvais
| | re qu'enseignent Raymond | Chimistes, qu'un si grand
| | Lulle & Jean de Roque- | nombre d'entr'eux font nau-
| | taille, connu sous le nom | frage, & perdent leur for-
| | de Jean de Rupescissa; par- | tune en courant après un or
| | ce qu'ils prétendent que cette | qu'ils ne savent pas tirer de
| | eau ardente a la propriété de | sa minière.
| | tirer la teinture de l'or, & | Mer SE'CHE. C'est ce
| | de produire des choses mer- | qu'ils appellent aussi eau sè-
| | veilleuses. C'est en effet une | che, eau permanente, eau
| | bonne quintessence; mais | astrale, & leur mercure.
| | | T iij
| |
@
| 294 ME | ME
|
| |
|
| Mer REPURGE'E. Ma- | Mercure. Vapeur mi-
|
| gistère parvenu à la blan- | nérale, onctueuse, visqueu-
|
| cheur. | se, crasse, congelée dans les
|
| MERADUM. V. Al- | pores de la terre en une li-
|
| mizadir. | queur homogène & incom-
|
| MERCURE ou AR- | bustible. Basile Valentin &
|
| GENT VIF. Métal coulant | Sendivogius définissent le
| composé d'une terre métal- | mercure, un sel acide de na-
| | lique & d'une terre fluidifi- | ture minérale. Ces défini-
| | ante; c'est pourquoi il y a | tions conviennent au mer-
| | autant de mercures que de | cure, principe des métaux
| | métaux, qui peuvent être | & du mercure vulgaire, con-
| | mêlés avec cette terre flui- | nu sous le nom de vif-argent,
| | difiante. Il y a une si grande | qui est un vrai métal. On
| | sympathie entre cette terre | doit donc distinguer deux
| | mercurielle ou fluidifiante, | sortes de mercure, le vul-
| | & les métaux, que quand | gaire, & le mercure princi-
| | elle y est une fois mêlée, | pe. Le premier est mort,
| | elle s'y accroche si ferme- | quand il est hors de sa mine,
| | ment, qu'elle si* coagule plu- | parce que son feu interne est
| | tôt que de s'en laisser sépa- | assoupi, & qu'il ne peut plus
| | rer. C'est dans cette admi- | agir, s'il n'est mis en action
| | rable sympathie que consiste | par le mercure principe. Le
| | tout le secret de la Philoso- | second est appelé, non pas
| | phie Hermétique, ou du | vif-argent, mais argent-vif
| | grand oeuvre: c'est-à-dire, | par les Physiciens Chimis-
| | à avoir cette terre mercu- | tes, pour le distinguer du
| | rielle, pure, & dans l'état où | commun, & marquer sa
| | elle se trouve avant d'être mê- | puissance vive, qui agit dans
| | lée avec aucun métal. C'est | les mines; ou qui hors des
| | en cela que consiste la diffé- | mines n'attend que d'être ex-
| | rence du mercure commun | cité par les mains d'un ha-
| | d'avec le mercure des Philo- | bile Artiste, pour agir en-
| | sophes. Le premier est com- | core avec plus d'effet sur les
| | posé de cette terre mercu- | métaux.
| | rielle & d'une terre métalli- | Le mercure paraît à nos
| | que; le second n'est pro- | yeux sous trois voiles diffé-
| | prement qu'une terre mer- | rents, dont la Nature l'a ha-
| | curielle ou fluidifiante. Be- | billé; 1°. sous la forme d'un
| | cher. | fluide, qui ne mouille pas
| |
@
| ME | ME 295
|
| |
|
| les mains, quand on le tou- | cahos. C'est une matière mi-
|
| che; c'est le vif-argent vul- | nérale. Le Philalèthe définit
|
| gaire, qu'on appelle mercure | ce mercure une eau ou va-
|
| vierge, quand il sort de la | peur sèche, visqueuse, rem-
|
| mine, & que l'avarice ne l'a | plie d'acidités, très subtile,
|
| pas altéré par quelque mé- | se dissipant aisément au feu,
|
| lange: 2°. sous la figure de | qui dissout les métaux par
|
| cinabre: 3°. sous celle d'ar- | une dissolution naturelle, &
|
| senic ou réalgar. Le mercure | qui réduit leur esprit de puis-
|
| principe est celui que les Phi- | sance en acte.
|
| losophes Hermétiques van- | Le mercure composé est
|
| tent tant, & le mercure vul- | celui dont nous venons de
|
| gaire est celui dont se servent | parler, auquel on a ajouté
|
| communément les Chimis- | une seconde matière, &
|
| tes ordinaires & les Méde- | qu'en conséquence ils ap-
|
| cins. | pellent rebis, laton, airain
|
| Mercure DISSOLVANT, | des Philosophes, &c. Pres-
|
| dont les Philosophes Spagy- | que tous les Philosophes ne
|
| riques se servent pour réduire | parlent que de celui-ci dans
|
| les métaux, les minéraux, | leurs ouvrages. Nous avons
|
| les végétaux & tous les corps | déjà défini le mercure com-
|
| à leur première matière. Il | mun.
|
| y a trois sortes de mercure | Mercure BLANC DES
|
| dans le sens des Alchimis- | SAGES. C'est la pierre au
|
| tes: le mercure dissolvant | blanc.
|
| simple; le mercure dissolvant | Mercure ROUGE. C'est
|
| composé, qui est propre- | le magistère au rouge par-
|
| ment leur vrai mercure, & | fait.
|
| le mercure commun, ou ce- | Mercure UNIVERSEL.
|
| lui qui se tire des métaux. | C'est l'esprit répandu dans
|
| Le mercure simple est une | tout l'Univers pour l'animer.
|
| eau extraite selon les prin- | Mercure CRU. C'est
|
| cipes de leur Art, d'une ma- | le dissolvant des Sages, non
|
| tière dont ils ont eu grand | pas l'argent vif vulgaire, ap-
|
| soin de taire le vrai nom, & | pelé mercure cru par les
|
| à laquelle ils en ont donné | Chimistes.
|
| une infinité que l'on peut | Mercure PRE'PARANT
|
| voir dans l'article Matière. | (Sc. Herm.). Dissolvant des
|
| Ils l'appellent plus commu- | Philosophes, qui prépare le
|
| nément magnésie, plomb, | corps dissoluble, pour par-
|
| | T iv
|
@
| 296 ME | ME
|
| |
|
| venir à la perfection du ma- | tière, comme le pensent pres-
|
| gistère. | que tous les faux Adeptes.
|
| Mercure DU COU- | Le mercure est volatil, & ne
|
| CHANT. Pierre au blanc. | sert de rien s'il n'est fixé au
| Mercure E'PAISSI. V. | blanc ou au rouge. Abra-
| | Eau Epaissie. | ham a représenté un Vieil-
| | Mercure DES MINE'- | lard, pour signifier la lon-
| | RAUX ET DES ME'TAUX. | gueur du temps nécessaire
| C'est le Mercure des Philo- | pour cette opération.
| | sophes. | Le Mercure extrait du
| | Mercure STE'RILE. (Sc. | Serf rouge, est proprement
| | Herm.). C'est le mercure | le mercure des Sages dans le
| | pris abstractivement de son | temps de sa première prépa-
| | soufre, parce que la femelle | ration.
| | représentée par leur mercure | Le mercure rubifié, est la
| | est toujours stérile sans la | pierre au rouge, appelée
| | conjonction & l'action du | aussi mercure animé.
| | mâle signifié par le soufre. | Mercure COURONNE'.
| | Le mercure des Philosophes | C'est l'élixir parfait des Sa-
| | ne se trouve point sur la terre | ges, qu'ils appellent leur
| | des vivants; c'est-à-dire, tout | Roi, dont la tête est ornée
| | préparé. Mais il se tire de la | d'un diadème à trois cou-
| | terre même des vivants, & | ronnes, pour manquer son
| | de la terre vierge qui est au | pouvoir sur les trois règnes
| | centre, & dans l'intérieur de | de la Nature.
| | cette terre des vivants; & | Mercure SULFURE'
| | cela par un artifice ingé- | est le vrai mercure des Sa-
| | nieux, très simple, mais seu- | ges, qui diffère du vulgaire
| | lement connu des Sages. Le | en ce que celui-ci n'a point
| | Cosmopolite dit, que cela se | un soufre qui l'anime, &
| | fait par le moyen de leur | l'autre en a un inséparable,
| | acier, & le Philalèthe par | qui n'attend que d'être ex-
| | leur aimant. | cité.
| | Mercure, à qui le vieil- | Mercure ANIME' (Sc.
| | lard veut couper les pieds | Herm.). C'est le mercure
| | avec sa faux, est un emblè- | double des Sages. Pantaléon
| | me qu'Abraham Juif, a em- | prétend que Bernard, Comte
| | ployé pour signifier la fixa- | de la Marche Trévisane, est
| | tion du mercure des Sages, | le premier d'entre les Philo-
| | & non pour signifier la ma-* | sophes, qui ait introduit le
| | |
@
| ME | ME 297
|
| |
|
| mercure animé dans le grand | dents, discrets, craignants
|
| oeuvre; que d'Espagnet, | Dieu, enfin tels qu'ils les
|
| Philalèthe l'ont imité, & | souhaitent pour être initiés
|
| que tous les Philosophes | dans les mystères du grand
|
| modernes y ont applaudi. | oeuvre.
|
| C'est le mercure des Sages | Mercure CRISTAL-
|
| animé du soufre métallique, | LIN, est du mercure sublimé
|
| par le moyen rapporté dans | plusieurs fois, & réduit en
|
| la Philosophie des Métaux | forme de cristaux transpa-
|
| du Trévisan, dans l'endroit | rents.
|
| où il parle de la fontaine | Mercure CORALLIN,
|
| dans laquelle il vit dissoudre | est du mercure auquel on a
|
| son livret d'or, comme la | donné la couleur rouge avec
|
| glace fond dans l'eau chau- | de l'huile d'oeufs, ou autres
|
| de. | eaux. Rulland.
|
| Mercure DOUBLE. V. | Mercure, fils de Ju-
|
| Mercure Animé. | piter & de Maïa, naquit sur
|
| Mercure DEUX FOIS | le mont Cyllene dans l'Ar-
|
| NE'. C'est le même. | cadie, Junon oublia sa ja-
| Mercure VEGETAL. | lousie à l'égard de ce fils de
| | Voyez Menstrue Végé- | Jupiter; elle prit même tant
| | tal. | d'intérêt à sa conservation,
| | Mercure DE VIE (Sc. | qu'elle se chargea de le nour-
| | Herm.). C'est l'élixir des | rir de son lait. D'autres pen-
| | Sages composé de leur mer- | sent que ce fut Ops.
| | cure. Ils le nomment ainsi, | Mercure était presqu'en-
| | parce qu'il transmue les mé- | core au berceau qu'il mon-
| | taux imparfaits, qu'ils ap- | tra son penchant pour le
| | pellent morts; & que ce | vol. Etant entré dans la for-
| | mercure est en effet le prin- | ge de Vulcain, il lui vola
| | cipe de la génération, & de | ses outils; & le jour même
| | la conservation des indivi- | il vainquit à la lutte Cupi-
| | dus de la Nature. | don. Il enleva le sceptre de
| | Mercure MYSTE- | Jupiter, & la peur du feu
| | RIEUX. C'est encore le | fut la seule raison qui lui
| même: ainsi nommé, parce | empêcha de voler aussi ses
| | que tous les Adeptes en font | foudres.
| | un vrai mystère à tous ceux | Jupiter l'employa dans
| | qui ne le sont pas, à moins | ses messages; il le chargea
| | qu'ils ne les trouvent pru-* | de balayer la salle d'assem-
| | |
@
| 298 ME | ME
|
| |
|
| blée des Dieux, & l'occu- | eut touché, ils furent d'ac-
|
| pait en qualité de son Echan- | cord. Mercure s'en servait
|
| son avant l'enlèvement de | pour pacifier les différents,
|
| Ganymede. | & pour rendre amis les en-
|
| On lui avait donné des | nemis.
|
| ailes qu'il avait attachées à | Jupiter voulant soustraire
|
| son chapeau & aux talons | Io changée en Vache, à la
|
| de ses souliers; elles lui ai- | garde scrupuleuse d'Argus,
|
| daient à expédier plus | chargea Mercure de le dé-
|
| promptement ses messages. | faire de ce gardien; ce qu'il
|
| Il ne dormait ni jour ni | exécuta. Voyez l'explica-
|
| nuit, parce qu'il était char- | tion de ces fictions & des
|
| gé de recevoir les âmes des | autres qu'on a inventées à
|
| mourants, & de les con- | son sujet, dans le liv. 3e.
|
| duire au séjour de Pluton, | chap. 14. §. 1. des Fables
|
| & aux Champs-Elysées. Il | Egyptiennes & Grecques
|
| portait à la main une verge | dévoilées.
|
| d'or, autour de laquelle | Mercure TRISME'-
|
| étaient deux serpents entor- | GISTE, le plus ancien des
|
| tillés, qui semblaient vou- | Philosophes connus. C'est de
|
| loir se dévorer; mais la ver- | son nom grec Hermès que
|
| ge avait la propriété de les | ceux qui savent le grand
|
| concilier. | oeuvre, ont pris le nom de
|
| Lorsqu'Apollon fut chassé | Philosophes Hermétiques.
|
| du Ciel, & qu'il se rendit | Voyez Hermès.
|
| gardien des troupeaux d'Ad- | Mercurialis SEVA.
|
| mete, Mercure vola les | Eau naturelle & primitive
|
| boeufs qu'il gardait. Il eut | de l'alun, que Planiscampi
|
| même l'adresse d'enlever | dit être le principe du mer-
|
| l'arc & les flèches d'Apol- | cure.
|
| lon, pour empêcher ce Dieu | Mercurii ASTRUM.
|
| de les faire servir à sa ven- | Mercure sublimé, ou sa
|
| geance. | quintessence.
|
| Mercure inventa la lyre, | Mercurius LAXUS.
|
| & l'échangea avec Apollon | Turbith minéral.
|
| pour le caducée qu'il porta | Mercurius CORPO-
|
| toujours dans la suite. Mer- | RALIS METALLORUM.
|
| cure en essaya la vertu sur | Mercure des métaux préci-
|
| deux serpents qui se bat- | pité.
|
| taient, aussitôt qu'elle les | Mercurius MINERA-
|
@
| ME | ME 299
|
| |
|
| LIUM. Oléaginosité ex- | qu'ils appellent Lune, soient
| traite de la mine d'or ou | les matières qu'il faut pren-
| | d'argent. Planiscampi. | dre pour faire le grand oeu-
| | Mercurius REGENE- | vre.
| | RATUS, ou Mercure régé- | Mère DE LA PIERRE.
| néré. C'est le premier être | Matière de l'oeuvre parve-
| | ou principe du mercure. | nue au blanc; ce même nom
| | Mercurius A NATU- | convient mieux à l'eau mer-
| | RA COAGULATUS. Tout | curielle, puisque c'est d'elle
| métal solide. | que se forme la matière de
| | Mercurius METHEO- | la pierre.
| | RISATUS. Mercure de vie. | Mère DE TOUS LES
| Mercurius CRISTAL- | ELE'MENTS. C'est le cahos,
| | LINUS. Mercure sublimé | Hylé, la matière première
| plusieurs fois, & rendu par | dont les Eléments ont été
| | ce moyen clair & transpa- | faits, & des Eléments toutes
| | rent comme du cristal. | choses.
| | Mercurius CORAL- | Mère DE TOUS LES
| | LINUS. Précipite* rouge de | ME'TAUX. Les Sages ont
| mercure. | donné ce nom à leur mer-
| | MERDASENGI. Pou- | cure, parce qu'ils disent qu'il
| | dre de plomb brûlé. | est le principe des métaux;
| | MERE. Les Philosophes | ce que quelques Chimistes
| | Spagyriques donnent quel- | ont interprété du mercure
| | quefois le nom de Mère au | vulgaire.
| | vase qui renferme la matière | La mère a mangé son en-
| | du grand oeuvre; mais ils | fant. Expressions allégori-
| | disent plus communément | ques employées par quel-
| | que le Soleil est le père de | ques Philosophes, pour dire
| | la pierre, & que la Lune en | que la terre philosophale a
| | est la mère, parce que, se- | bu toute son eau, qui en
| | lon eux, la matière de la | était sortie; c'est ce qu'ils
| | pierre, comme de toute au- | appellent Cohobation.
| | tre chose, est engendrée des | Mettre ou sceller la mère
| | quatre éléments, mêlés & | sur le ventre de son enfant.
| | combinés par les influences | C'est nourrir l'enfant philo-
| | de ces deux luminaires; & | sophique, qui est le soufre,
| | &* non pas que l'or ordi- | avec le lait virginal, duquel
| | naire qu'ils appellent aussi | il a été formé, le soufre ou
| | Soleil, & l'argent vulgaire | l'enfant fixe alors avec lui
| | | | | | |
@
| 300 ME | ME
|
| |
|
| ce lait virginal, qui était vo- | qu'ils ne divulgueront jamais
|
| latil: fixer, c'est sceller. | qu'à ceux qu'ils veulent bien
|
| MERLE DE JEAN. | initier? Quelques-uns ont
|
| Un Philosophe s'est exprimé | appelé le mercure des Phi-
|
| ainsi, pour signifier le noir | losophes la Merveille du
|
| qui survient à la matière par | monde.
|
| la putréfaction. Merle blanc; | MESBRA. Tuthie.
|
| c'est la pierre au blanc, la | MESEL. Etain, Ju-
|
| Lune des Sages, Diane, &c. | piter.
|
| MERLE BLANC, ou | MESSAGER DES
|
| BLANCHI. Matière de l'oeu- | DIEUX. C'est l'esprit uni-
| vre, après que les règnes de | versel répandu dans toute la
| | Saturne & de Jupiter ont | nature, ou le mercure des
| | fait place à celui de la Lune. | Philosophes, qui en est for-
| | MERVEILLE DES | mé.
| | MERVEILLES (Scien- | MEST. Lait aigri.
| ce herm.). C'est le vrai nom | MESTUDAR, ou
| | de l'élixir parfait, parce que | NESTUDAR. Sel ar-
| | rien sur la terre n'est plus | moniac.
| | merveilleux; c'est pourquoi | MESURE DES SA-
| | la plupart des Philosophes | GES. Le Dictionnaire her-
| | nomment le grand oeuvre, | métique cite Alphidius, &
| | l'Oeuvre de la sagesse divine. | dit en conséquence que le
| | Y a-t-il rien de plus admi- | mercure des Sages est leur
| | rable en effet, que de voir | mesure; il aurait mieux dit
| | un peu de poudre changer | s'il l'avait expliqué du poids.
| | un poids immense, de quel- | Philalèthe ne parle que de
| | que métal imparfait que ce | la mesure du temps, & ajoute
| | soit, en or? guérir toutes les | que si l'on ignore le poids,
| | maladies du corps humain | la mesure du temps & le feu,
| | & des animaux, celles mê- | on perdra son temps & ses
| | me que la Faculté de Méde- | peines; ce qui doit s'enten-
| | cine regarde comme incura- | dre de la multiplication.
| | bles? faire produire en vingt-* | ME'TAL. Les métaux
| | quatre heures des feuilles, | des Philosophes sont cette
| | des fleurs & des fruits, pen- | matière de laquelle on ex-
| | dant que la nature ne le fait | trait l'esprit, & duquel
| | qu'en des années entières? | esprit on fait la pierre au
| | & enfin bien d'autres choses | blanc & la pierre au rouge.
| | que les sages savent, mais | Leurs métaux parfaits sont
| | |
@
| ME | MA 301
|
| |
|
| ces pierres mêmes; souvent | porifie dans les entrailles de
|
| ils les appellent Corps. | la terre, à mesure que le
|
| Les anciens Chimistes | feu central la sublime vers
|
| ont donné aux métaux les | la superficie; elle devient
|
| noms des sept Planètes, | une eau visqueuse, qui s'al-
|
| parce qu'ils ont cru y remar- | lie avec différents soufres;
|
| quer des propriétés & des | elle se cuit & se digère avec
|
| couleurs analogues à celles | eux, d'une manière plus ou
|
| que l'Astrologue reconnaît | moins parfaite, suivant le
|
| dans les Planètes. Ils ont | plus ou moins de pureté de
|
| nommé en conséquence le | la matrice où les métaux se
|
| plomb Saturne, l'étain Ju- | forment.
|
| piter, le fer Mars, l'or le | Métal COULANT. C'est
|
| Soleil, le cuivre Vénus, | le mercure.
|
| l'argent vif Mercure, & l'ar- | ME'TAS, ou ME'TAL.
|
| gent Lune. | Quelques Chimistes ont
|
| On distingue les métaux | donné ce nom au poids que
|
| en parfaits, qui sont l'or & | nous appelons communé-
|
| l'argent; & en imparfaits, | ment un gros, une dragme.
|
| qui sont le cuivre, le fer, le | ME'TAUX. (Science
|
| plomb, l'étain & le mercure. | herm.) Lorsque les Sages
|
| Les Philosophes appellent | parlent des métaux, ils n'en-
|
| aussi Métaux imparfaits la | tendent pas communément
|
| matière de l'oeuvre, lorsque | ceux qui sont en usage dans
|
| pendant les opérations elle | le commerce de la vie; il ne
|
| est affectée d'autres couleurs | faut les expliquer dans ce
|
| que de la blanche & de la | sens que lorsqu'ils parlent de
|
| rouge. Ces deux dernières | la transmutation des métaux
|
| composent les règnes du So- | imparfaits en or ou en ar-
|
| leil & de la Lune, les autres | gent. Leurs métaux ne sont
|
| font les règnes des autres | autres que les différents états
|
| Planètes. | de leur mercure pendant les
|
| La plupart des Chimistes | opérations du magistère. Ces
|
| ne comptent pas le mercure | états sont au nombre de sept,
|
| parmi les métaux, & pré- | comme il y a sept Planètes
|
| tendent qu'il n'en est que la | & sept métaux communs;
|
| semence; mais la vraie ma- | c'est pourquoi ils donnent le
|
| tière des métaux n'est, à | régime de leur oeuvre aux
|
| proprement parler, qu'une | sept Planètes, qu'ils disent
|
| vapeur, un esprit qui se cor- | dominer à chaque état, &
|
@
| 302 ME | ME
|
| |
|
| chaque domination se mani- | Les Poètes ont donné à ce
|
| feste par des couleurs diffé- | laton le nom de Latone, mè-
|
| rentes. Le premier régime | re de la Lune & du Soleil;
|
| est celui du mercure, qui pré- | parce que le régime de la
|
| cède la couleur noire. Le se- | lune est une suite de l'a-
|
| cond est celui de Saturne, qui | blution du laton, qui par là
|
| dure tout le temps de la pu- | devient blanc, & d'une blan-
|
| tréfaction, jusqu'à ce que la | cheur éclatante comme celle
|
| matière commence à deve- | de la Lune. Vénus domine
|
| nir grise; c'est alors que les | ensuite, & c'est dans le temps
|
| Sages appellent leur matière, | que la matière prend une
|
| plomb des Philosophes. Le | couleur citrine, qui tire sur
|
| troisième est celui de Jupiter, | un rouge plombé, ou de
|
| fils de Saturne, qui fut sous- | rouille de fer, & pour lors
|
| trait, selon la Fable, à ton | vient le régime de Mars ami
|
| père vorace, que Jupiter mu- | de Vénus, qui dure jusqu'à
|
| tila pour lui ôter la faculté | la couleur orangée, repré-
|
| d'engendrer: des parties mu- | sentée par l'aurore avant-*
|
| tilées & jetées dans la mer, | courrière du soleil. Phoebus
|
| naquit Vénus; ce qu'il faut | frère de Diane, paraît enfin
|
| entendre de la couleur noire | sous la couleur de pourpre.
|
| qui ne reparaît plus dans le | Les Poètes ont feint que
|
| magistère. Et dès lors Jupi- | Diane sa soeur servit de sage-*
|
| ter est le père des Dieux, | femme à sa mère Latone lors-
|
| avec Junon représentée par | qu'elle mit le soleil au mon-
|
| l'air renfermé dans le vase, | de, parce que le rouge vrai
|
| & l'humidité qui s'y est mê- | or & vrai soleil des Philoso-
|
| lée. | phes, ne paraîtrait jamais,
|
| Tout le régime de Jupiter | si le blanc ou Diane n'avait
|
| est employé à laver le laton; | paru auparavant. L'on voit
|
| ce qui se fait par l'ascension | par là combien les Mytho-
|
| & la descension successives | logues se trompent dans les
|
| du mercure sur sa terre. Cette | explications arbitraires qu'ils
|
| eau représente la mer, dont | donnent de la Fable, qui
|
| le flux & reflux est marqué | n'est qu'une allégorie mul-
|
| par ces ascensions & descen- | tipliée du grand oeuvre.
|
| sions continuelles. Mais les | L'Adepte est seul capable de
|
| Philosophes ont une autre | donner aux fables la vérita-
|
| mer, qu'on verra expliquée | ble explication qui leur con-
|
| dans son article. | vient. Les incestes, les adul-
|
@
| ME | MA 303
|
| |
|
| tères, & les autres crimes | ai fait le détail dans l'article
|
| que les Poètes ont imputés | Lèpre.
|
| aux Dieux, ne seront alors | ME'TEMPSYCOSE.
|
| que des opérations de la | Translation de l'âme d'un
|
| science hermétique, personi-* | être vivant dans le corps d'un
|
| déifiées, pour allégoriser tout | autre être qui n'était vivant
|
| ce qui se fait successivement | qu'en puissance. On dit que
|
| dans le grand oeuvre. | Pythagore avait puisé le sen-
|
| Les souffleurs & les Chi- | timent de la Métempsycose
|
| mistes vulgaires ne se trom- | chez les Prêtres d'Egypte,
|
| pent pas moins lourdement | & cela est vrai, mais les sec-
|
| lorsqu'ils travaillent sur les | tateurs de la Philosophie her-
|
| métaux communs, dans la | métique prétendent qu'on a
|
| pensée qu'ils parviendront au | mal expliqué ce système de
|
| magistère par leur moyen. | Pythagore, & qu'on lui a
|
| Car quoique d'eux soit l'en- | prêté un sens qu'il n'avait
|
| trée de notre oeuvre, dit le | pas. Les Sages d'Egypte
|
| bon Trévisan, & que notre | apprirent à Pythagore la
|
| matière, par tous les dits des | transmutation métallique,
|
| Philosophes, doit être com- | que ce Philosophe traita en-
|
| posée de vif-argent, & vif-* | suite énigmatiquement dans
|
| argent n'est en autres choses | ses Ouvrages. Ceux qui n'é-
|
| qu'ès métaux..... Toute- | taient pas au fait du grand
|
| fois ne sont-ils pas notre | oeuvre entendirent tout ce
|
| pierre tandis qu'ils demeu- | qu'il avait écrit selon le sens
|
| rent en forme métallique; | que la lettre présentait, &
|
| car il est impossible qu'une | non selon l'esprit. L'idée de
|
| matière ait deux formes. No- | Pythagore n'était autre que
|
| tre pierre est une forme di- | de donner à entendre que
|
| gne moyenne entre métal | l'esprit, ou ce qui constitue
|
| & mercure. Le même Au- | l'âme des métaux parfaits,
|
| teur parle fort au long des | passait par la transmutation
|
| métaux dans son Ouvrage | dans le plomb, le fer, & les
|
| sur la pierre, auquel, pour | autres métaux imparfaits, &
|
| cette raison, il a donné le ti- | les rendait autres qu'ils n'é-
|
| tre de Philosophie des mé- | taient auparavant. Ol. Ber-
|
| taux. | richius.
|
| Les Chimistes & Métal- | Les Académiciens n'en-
|
| lurgistes disent que les mé- | tendaient pas par Métemp-
|
| taux ont des maladies; j'en | sycose la translation de l'âme
|
@
| 304 ME | ME
|
| |
|
| intellectuelle de l'homme | peut être converti en agneau,
|
| dans le corps d'un autre hom- | l'agneau en loup; le foin en
|
| me, d'un animal, ou d'une | boeuf, le boeuf en homme,
|
| plante; mais seulement la | l'homme en foin, &c. Car
|
| translation, ou plutôt la con- | l'élixir ou humide radical de
|
| version de l'âme animale | chaque mixte, rempli des es-
|
| elixirielle, en une autre, pour | prits de ce mixte, est appelé
|
| lui donner la vie animale; | âme, parce que c'est le sujet
|
| c'est de cette façon que la | immédiat de l'âme vivante,
|
| nature agit sans cesse. La | comme l'esprit en est la cause
|
| dissolution du corps des ani- | efficiente; c'est en ce sens
|
| maux laisse évaporer les es- | que le grand monde est dit
|
| prits volatils de cet animal, | animé.
|
| l'esprit fixe se mêlant avec | ME'TIS. Jupiter posses-
|
| ceux de la terre; les uns & | seur paisible de l'Olympe,
|
| les autres séparés de la sub- | après avoir foudroyé les
|
| stance terrestre qui les te- | Géants, épousa Métis, Dées-
|
| naient emprisonnés, agissent | se dont la connaissance était
|
| magnétiquement sur leurs | supérieure à celle de tous les
|
| semblables, qui agissent éga- | Dieux & de tous les hom-
|
| lement de leur côté. La na- | mes. Mais dans le temps
|
| ture, par leur réunion, forme | qu'elle était prête d'accou-
|
| de nouveaux mixtes, ou | cher de Minerve, Jupiter ins-
|
| semblables, ou différents, se- | truit qu'elle était destinée à
|
| lon la matrice où ils se ren- | être mère d'un fils qui de-
|
| contrent. Des excréments des | viendrait le souverain de
|
| animaux, ou de leurs corps | l'univers, avala la mère &
|
| tombés en putréfaction en- | l'enfant, afin qu'il pût ap-
|
| tière, des plantes se nourris- | prendre d'elle le bien & le
|
| sent, d'autres animaux se | mal. Ce fut par le conseil
|
| nourrissent de ces plantes, | de Métis que Jupiter fit pren-
|
| & par un cercle continuel, | dre à son père Saturne un
|
| les uns se métamorphosent | breuvage qui lui fit vomir,
|
| dans les autres; ce qui fait | premièrement la pierre qu'il
|
| que rien ne périt dans le | avait avalée, & ensuite tous
|
| monde, & que son volume | ses enfants qu'il avait dé-
|
| n'augmente pas, malgré | vorés.
|
| l'augmentation possible & | Quelque temps après que
|
| même réelle de ses individus | Jupiter eut avalé Métis, il
|
| spécifiques. Ainsi le loup | se sentit saisi d'une grande
|
| | douleur
|
@
| ME | MI 305
|
| |
|
| douleur de tête; il eut re- | même chose qu'enfantement,
|
| cours à Vulcain, qui d'un | dont voyez l'article.
|
| coup de hache lui fendit la | Mettre EN POUDRE.
|
| tête. Minerve sortit toute | C'est dissoudre philosophi-
|
| armée par la blessure, & | quement la matière de l'oeu-
|
| même dans un âge fort avan- | vre dans le vase. Cette dis-
|
| cé. Voyez l'explication chi- | solution se fait au moyen de
|
| mique de tout cela dans les | la putréfaction; elle réduit
|
| Fables Egypt. & Grecques | le compost, dit Flamel, en
|
| dévoilées, Liv. 3. chap. 4. | une poudre impalpable, &
|
| & 9. | aussi subtile que les atomes
|
| METOPIUM. Gal- | qu'on voit voltiger aux rayons
|
| banum. Blanchard. | du soleil.
|
| METROS. Pierre au | MEZERAEUM. Espèce
|
| rouge parfait. | de plante qui est de la classe
|
| METTRE. (Sc. Herm,) | de la lauréole; quelques-uns
|
| Lorsque les Sages disent dans | la nomment Chamelée.
|
| leurs livres, mettez ceci, ajou- | MICHA MICHACH.&
|
| tez cela, il ne faut pas croire | Cuivre, Vénus. Rullandus
|
| qu'ils recommandent d'ajou- | MICLETA. Médica-
|
| ter ou de mettre quelque | ment propre à arrêter les
|
| chose d'étranger ou même | hémorragies.
|
| d'analogue à ce qui a été | MICROCOSME.
|
| mis une fois dans le vase; | On donne ordinairement à
|
| ils entendent seulement qu'il | l'homme ce nom, qui signi-
|
| faut continuer de cuire le | fie petit Monde; parce que
|
| compost, à qui il ne manque | l'homme est l'abrégé du
|
| rien que la coction, sans cesse | grand. Les Philosophes le
|
| entretenue jusqu'au blanc ou | donnent aussi à leur magis-
|
| au rouge. | tère, parce qu'il contient,
|
| Mettre dessous ce qui | disent-ils, toutes les vertus
|
| est dessus, & ce qui est dessus | des choses supérieures & in-
|
| dessous. C'est ce que les Phi- | férieures.
|
| losophes appellent convertir | MIDAS, Roi de Phry-
|
| les éléments, changer les na- | gie, & fils de Cibele, cher-
|
| tures; c'est-à-dire, rendre | cha à gagner la bienveillance
|
| volatil le fixe, & fixer le vo- | de Bacchus, en faisant bon
|
| latil. | accueil à Silene. Un jour
|
| Mettre AU MONDE. | que ce père nourricier du
|
| Expression qui signifie la | Dieu du vin s'était enivré,
|
| | V
|
@
| 306 MI | MI
|
| |
|
| & dormait près d'une fon- | le punir d'avoir si mal jugé,
|
| taine, Midas le fit lier avec | lui fit croître les oreilles en
|
| une guirlande de fleurs. On | forme d'oreilles d'âne. Voy.
|
| le conduisit dans cet état au | l'explication de cette fable
|
| Palais du Roi, qui le traita | dans le Livre II. des Fables
|
| parfaitement bien, & le fit | Egyptiennes & Grecques
|
| ensuite mener à Bacchus. Ce | dévoilées, ch. 5.
|
| Dieu fut charmé de le voir; | MIDI. Soufre parfait
|
| & pour récompenser Midas, | des Philosophes. Ils lui ont
|
| il lui offrit de lui accorder | donné ce nom, parce qu'ils
|
| sans exception tout ce que | l'ont appelé Soleil, & que
|
| ce Roi lui demanderait. Mi- | cet astre est dans son plus
|
| das, sans trop de réflexion, | haut degré lorsqu'il est au
|
| demanda que tout ce qu'il | midi.
|
| toucherait fût changé en or. | MIEL Dissolvant des
|
| Bacchus lui donna cette pro- | Philosophes.
|
| priété. Lorsque Midas vou- | MIFRES. Asphalte.
|
| lut manger, il fut fort étonné | MIGMA. Mélange de
|
| de voir les viandes même | différents simples, pour en
|
| qu'il touchait, changées en | former un médicament.
|
| or, & par conséquent hors | MILCONDAT. Sang
|
| d'état d'en faire sa nourriture; | de dragon.
|
| & craignant de mourir de | MILIEU DU CIEL.
|
| faim, il eut recours à Bac- | Quelques Auteurs Hermé-
|
| chus, & le pria instamment | tiques ont appelé ainsi la
|
| de le délivrer d'un don si | matière dissolvante du grand
|
| funeste. Bacchus y consen- | oeuvre, parce qu'ils disent
|
| tit, & lui ordonna pour cet | que le vent a porté leur eau
|
| effet d'aller se laver dans le | sèche, leur mercure, dans
|
| fleuve Pactole. Midas y fut, | son ventre, & qu'il se trouve
|
| & communiqua aux eaux de | en principes dans l'air.
|
| ce fleuve la propriété qui lui | Milieu ENTRE LA
|
| était si onéreuse. | MINE ET LE METAL. C'est
|
| Il survint dans la suite un | la matière de l'oeuvre. Mi-
|
| différend entre Apollon & | lieu pour réunir les teintu-
|
| le Dieu Pan, sur le chant & | res, c'est le mercure philo-
|
| la Musique. Midas fut choisi | sophique. Milieu entre le
|
| pour arbitre, & jugea sotte- | métal & le mercure, c'est
|
| ment que Pan chantait mieux | le soufre parfait.
|
| qu'Apollon. Ce Dieu pour | MILITARIS, ou
|
@
| MI | MI 307
|
| |
|
| STRATIOTES. Joubarbe | qu'il la conserve bien pré-
| aquatique, ainsi nommée de | cieusement. Il n'y a rien dans
| | sa vertu pour arrêter le sang | le monde de si excellent.
| | des blessures. On a aussi don- | MINE'RAL. Mixte par-
| | né le même nom à la plante | ticipant des principes des
| | connue sous celui de Mille-* | métaux. Les minéraux mé-
| | feuilles. | talliques sont composés de
| | MINA ou MNA. Sui- | parties très simples & homo-
| | vant Dioscoride, c'était au- | gènes, ce qui en rend le mé-
| | trefois un poids de seize on- | lange très fixe, & presqu'in-
| | ces, ou 128 dragmes. La | capables de corruption. Leur
| | mine Attique pesait douze | base est une terre grossière
| | onces & demie, la Romaine | & vitrifiable; & comme ils
| | douze onces, & celle d'A- | n'ont pas des organes de
| | lexandrie vingt onces, ou | même que les végétaux &
| | 160 dragmes. Blanchard. | les animaux, ils se forment
| | MINE. Matière de la- | par simple accrétion, & ont
| | quelle se forment les métaux | tous une même forme, ou,
| | & les minéraux dans les en- | pour mieux dire, n'en ont
| | trailles de la terre. Cette ma- | point de déterminée, com-
| | tière, suivant les principes | me l'a chaque espèce des
| | de la Philosophie Herméti- | deux autres règnes de la Na-
| | que, n'est d'abord qu'une va- | ture. Ils ont cependant aussi
| | peur que les éléments pous- | une semence, mais là même
| | sent avec l'air & l'eau dans | pour tous, qui ne consiste
| | les entrailles de la terre. Le | pas dans l'assemblage de di-
| | feu central la sublime vers | verses parties mais dans un
| | la superficie; elle se digère & | sujet très simple, auquel sont
| | se cuit avec le soufre qu'elle | conjointes & adhérentes
| | rencontre, & suivant le de- | beaucoup d'autres parties
| | gré de pureté du mélange & | qui en constituent la forme
| | de la matrice, les métaux se | apparente.
| | forment plus ou moins par- | Il entre trois ingrédients
| | faits. | dans le composé minéral,
| | Mine DE FEU CE'LESTE. | une semence, une humidité
| | Magistère au rouge, ou sou- | onctueuse qui s'y attache,
| | fre des Philosophes. Que ce- | & enfin un humide mer-
| | lui qui a eu le bonheur de | curiel qui l'augmente & le
| | parvenir à faire cette mine | nourrit. La semence est la
| | de feu céleste, dit d'Espagnet, | même pour tous les miné-
| | | V ij
| |
@
| 308 MI | MI
|
| |
|
| raux & les métaux; mais | biens. Il est surprenant que
|
| comme tous les enfants que | tous les Philosophes répétant
|
| ferait un même homme avec | sans cesse que leur matière
|
| une ou plusieurs femmes, | ou leur mercure ne se tirent
|
| seraient presque tous diffé- | point de ces choses, il se
|
| rents. | trouve cependant un si grand
|
| Les minéraux diffèrent | nombre de gens qui ne veuil-
|
| aussi entr'eux, selon la ma- | lent pas les croire. Leur ma-
|
| trice où la semence est dé- | tière est minérale, mais elle
|
| posée & prend accroisse- | est en même temps végétale
|
| ment. La nourriture & les | & animale, & ne se tire ce-
|
| différentes proportions des | pendant d'aucun de ces trois
|
| ingrédients qui entrent dans | règnes en particulier, parce
|
| le mixte en constituent la di- | qu'elle les renferme tous, en
|
| versité. Becher explique fort | étant le principe & la base.
|
| au long la nature des miné- | MINERVE. Les Egyp-
|
| raux dans sa Physica subter- | tiens avaient mis une Mi-
|
| ranea, & personne avant lui | nerve au nombre de leurs
|
| ne l'avait fait d'une manière | grands Dieux, & elle était
|
| plus vraisemblable. | révérée particulièrement à
|
| Les Philosophes disent que | Saïs. Ils disaient qu'elle était
|
| leur matière est minérale: elle | femme de Vulcain, le plus
|
| l'est en effet; mais il ne faut | ancien & le premier de tous
|
| pas s'imaginer qu'ils tirent | leurs Dieux. Les Libyens la
|
| leur mercure d'aucun miné- | disaient fille de Neptune &
|
| ral tel qu'il puisse être, ex- | du lac Tritonide, & que Ju-
|
| cepté, comme dit Philalèthe, | piter l'avait adoptée pour sa
|
| du premier principe des sels, | fille. Mais les Grecs débi-
|
| mais qui n'est cependant | taient qu'elle était propre-
|
| point sel, ni n'a aucune for- | ment fille de ce père des
|
| me de sel. En vain les faux | Dieux. Jupiter, disaient-ils,
|
| Adeptes emploient-ils donc | après la guerre des Titans,
|
| les minéraux, les marcassites | se voyant, du consentement
|
| & les sels tant des végétaux | des autres Dieux, maître du
|
| que des minéraux, ni les sels | Ciel & de la Terre, épousa
|
| borax, les sels gemme, le | Métis, qui passait pour la
|
| nitre, l'alun, le vitriol & les | plus sage & la plus prudente
|
| attraments, ils n'en retireront | fille qui fût dans le monde:
|
| que de la cendre & la perte | mais la voyant prête d'ac-
|
| de leurs peines & de leurs | coucher, & ayant appris du
|
@
| MI | MI 309
|
| |
|
| Ciel qu'elle allait mettre au | ma dans une corbeille & le
|
| monde une fille d'une sagesse | fit nourrir.
|
| consommée, & un fils à qui | Vulcain, Minerve & Pro-
|
| les Destinées réservaient | méthée avaient un autel
|
| l'Empire du monde, il la dé- | commun; & aux solennités
|
| vora. Quelque temps après se | des uns & des autres on por-
|
| sentant une grande douleur | tait des flambeaux & des
|
| de tête, il eut recours à Vul- | torches allumées, avec des
|
| cain, qui d'un coup de hache | corbeilles. La chouette, le
|
| lui fendit le cerveau, d'où | dragon & le coq lui étaient
|
| sortit Minerve toute armée, | consacrés.
|
| sous la forme d'une jeune | Minerve est ordinairement
|
| fille d'un âge fait, de sorte | représentée le casque en tête,
|
| qu'elle fut dès lors en état de | une pique d'une main, & un
|
| secourir son père dans la | bouclier de l'autre, avec l'é-
|
| guerre des Géants où elle se | gide sur la poitrine. Cette
|
| distingua beaucoup. Sur la fin | Déesse fut la protectrice des
|
| du combat elle trouva Bac- | Héros; Hercule & Ulysse
|
| chus très maltraité, mais | l'éprouvèrent dans toutes les
|
| palpitant encore; elle le re- | occasions. La raison en est
|
| leva, le présenta à Jupiter, | que ce sont tous des Héros
|
| qui lui redonna ses forces & | chimiques, & que cette
|
| sa vigueur. | Déesse était dans la même
|
| Minerve eut dispute avec | catégorie; ce qui a fait dire
|
| Neptune, à qui aurait la pré- | qu'il tomba une pluie d'or
|
| férence pour nommer la ville | à Rhodes le jour de & nais-
|
| d'Athènes, Minerve l'em- | sance. Voyez l'explication
|
| porta par le jugement des | de toutes ces fictions dans
|
| douze grands Dieux. Elle | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| priva Tirésias de la vue, par- | dévoilées, liv. 3. chap. 9. &
|
| ce qu'il avait eu la témérité | liv. 6.
|
| de la regarder nue dans le | Par Minerve armée les Chi-
|
| bain. Vulcain voulut faire | mistes entendent ordinaire-
|
| violence à cette Déesse; mais | ment leur mercure. Quand
|
| elle se défendit si bien, que | la Fable dit qu'elle naquit du
|
| sans souffrir aucun affront, | cerveau de Jupiter par un
|
| Vulcain devint père d'Eric- | coup de hache que lui donna
|
| thonius, & la Terre sa mère. | Vulcain, c'est le mercure
|
| Minerve ayant pris l'enfant, | qui se sublime par la coction
|
| qui était contrefait, l'enfer-* | que fait le feu, ou Vulcain.
|
| | V iij
|
@
| 310 MI | MI
|
| |
|
| Les Philosophes s'expriment | blanche est leur magistère au
|
| dans le même sens de la Fa- | blanc, & leur minière rouge
|
| ble, lorsqu'ils disent qu'il faut | est leur pierre au rouge dans
|
| frapper du glaive, du sabre, | le premier oeuvre.
|
| du couteau, pour taire sortir | MINISTERE. Mercure
|
| l'enfant du ventre de sa mère. | dissolvant des Sages. Ils l'ont
|
| C'est comme s'ils disaient: | quelquefois appelé premier
|
| cuisez la matière de l'oeuvre | ministère, parce qu'il faut
|
| pour la pousser au degré de | commencer l'oeuvre par la
|
| perfection dont elle est sus- | purification des matières, &
|
| ceptible. | que c'est dans cette purifica-
|
| MINIERE. Les Philoso- | tion que se forme le mercure
|
| phes donnent le nom de mi- | des Philosophes.
|
| nière à plusieurs choses. Ils | MINIUM. Soufre rouge,
|
| appellent de ce nom la ma- | ou minière de feu céleste.
|
| tière d'où ils savent extraire | MINOS, fils de Jupiter
|
| leur mercure, & alors ils la | & d'Europe, épousa Pasi-
|
| nomment proprement mi- | phaé, fille du Soleil. Il était
|
| nière de leur mercure; mais | Roi de Candie, & eut guerre
|
| ordinairement lorsqu'ils di- | entr'autres contre les Athé-
|
| sent simplement notre mi- | niens. Après les avoir vain-
|
| nière, ou la minière des mé- | cus, il les obligea de lui en-
|
| taux, ils entendent alors leur | voyer tous les ans pour tri-
|
| mercure animé, ou, ce qui | but sept jeunes garçons des
|
| en la même chose, leur ma- | premiers de la République,
|
| tière après la putréfaction | pour combattre le Minotaure
|
| dans la médecine du premier | dont Pasiphaé était accou-
|
| ordre, parce que c'est dans | chée, & qu'il avait renfermé
|
| la putréfaction que se fait la | dans le labyrinthe que Dé-
|
| réunion du corps & de l'es- | dale avait construit. Thésée
|
| prit. Philalèthe dit que l'acier | à qui le sort était échu pour
|
| des Sages est la minière de | combattre ce monstre, le
|
| leur or, & que leur aimant est | vainquit & s'en retourna
|
| la minière de leur acier. | triomphant à Athènes. La
|
| Plusieurs Adeptes ont ap- | Fable nous représente Mi-
|
| pelé Minière leur soufre, | nos comme un Juge si intè-
|
| parce que ce corps rouge est | gre que Pluton le choisit,
|
| le principe & le commence- | avec Eaque & Rhadamante,
|
| ment de leur teinture & de | pour juger les morts, & les
|
| leurs métaux. Leur minière | envoyer aux champs Elysées,
|
@
| MI | MI 311
|
| |
|
| ou au Tartare. Voyez les | humain, & pour la transmu-
|
| Fables Egypt. & Grecques | tation des métaux en or.
|
| dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. | MISADIR ou MISATIS.
|
| MINOTAURE. Monstre | Sel armoniac.
|
| ayant la forme humaine de- | MISAL. Lait aigre.
|
| puis la tête jusqu'à la cein- | MISATIS. V. Misadir.
|
| ture, & le reste du corps | MISSADAM. Mercure
|
| comme celui d'un taureau. | ou argent-vif.
|
| Pasiphaé, femme de Minos, | MISSERASSI. Talc,
|
| le mit au monde, & Minos | plâtre.
|
| le fit enfermer dans le laby- | MISY. Matière minérale,
|
| rinthe, où on le nourrissait | espèce de chalcitis qui par-
|
| de chair humaine. Thésée, | ticipe du vitriol. Sa substance
|
| fils du Roi d'Athènes, qui | est dure, luisante & brillante
|
| avait été envoyé pour le | de couleur d'or. On la trou-
|
| combattre, gagna les bon- | vait autrefois dans les mines
|
| nes grâces d'Ariadne, fille | de cuivre de Chypre, sui-
|
| de Minos, à laquelle Dédale | vant Dioscoride; aujourd'hui
|
| qui avait construit le laby- | on ignore ce que c'est. Blan-
|
| rinthe, avait découvert le | chard dit que c'est une espèce
|
| moyen d'en sortir. Elle don- | de rouille qui naît sur le chal-
|
| na à Thésée un peloton de | citis, comme le vert-de-gris
|
| fil au moyen duquel il trouva | sur le cuivre.
|
| l'issue, après avoir vaincu le | MIXADIR. Sel armo-
|
| Minotaure. Voyez ces fic- | niac.
|
| tions expliquées dans les Fa- | MIXTE. Assemblage de
|
| bles Egyptiennes & Grecq. | plusieurs corps homogènes
|
| dévoilées, liv. 3. c. 14. §. 5. | ou hétérogènes. On peut ré-
|
| & liv. 5. C. 22. | duire tous les mixtes à trois
|
| MIRABILIS PERU- | classes, dans le système que
|
| VIANA. Solanum odorant, | tout est composé de terre &
| ainsi nommé de la variété | d'eau.
| | admirable des fleurs de cette | La première renferme les
| | plante. | mixtes faits d'eau & d'eau,
| | MIRACLE DE L'ART. | la seconde ceux qui sont
| | C'est la poudre de projec- | constitués de terre & de ter-
| | tion au blanc & au rouge, | re, & la troisième ceux qui
| | ainsi nommée de ce que l'Art | ont pour principes la terre
| | ne peut rien faire de plus par- | & l'eau. Les deux dernières
| | fait pour la santé du corps | classes contiennent les trois
| | | V iv
| |
@
| 312 MI | MN MO
|
| |
|
| règnes de la Nature, l'ani- | mixtion une union des mis-
|
| mal, le végétal & le mi- | cibles altérés, conjoints par
|
| néral. | tous les côtés de leurs plus
|
| Dans ces trois règnes les | petites parties. Par miscibles
|
| mixtes même de chaque rè- | ils entendent les éléments.
|
| gne sont différents, selon la | Pantheus Venetus.
|
| différence des proportions | MNA. Voyez Mina.
|
| du mélange. | MNEMOSYNE, fille du
|
| Dans le règne minéral le | Ciel & de la Terre, eut de
|
| mélange se fait par la seule | Jupiter les neuf Muses. Voy.
|
| accrétion, parce que toutes | l'article des Muses.
|
| ses parties constituantes sont | MOIS PHILOSOPHI-
|
| presque similaires entr'elles. | QUE. Les Chimistes Her-
|
| Les végétaux se font par ac- | métiques font leurs mois de
|
| crétion, altération, digestion | quarante jours, qui est le
|
| & végétation, à cause de | temps de la putréfaction de
|
| leurs parties dissimilaires, de | la matière. Mais ils disent
|
| même que le règne animal, | que le mois est une période
|
| qui, outre l'accrétion, &c. | qui imite le mouvement de
|
| du règne végétal, requiert | la Lune; c'est pourquoi quel-
|
| encore l'action & l'union de | ques-uns le font de trente,
|
| ce que nous appelons âme. | autres de quarante jours.
|
| Le mélange qui forme le | On l'appelle philosophique,
|
| corps des animaux consiste | parce que les Philosophes
|
| dans l'union; celui des végé- | Hermétiques le comptent
|
| taux, dans la coagulation; | ainsi pour le temps de leur
|
| celui des minéraux, dans la | opération. Il ne faut cepen-
|
| fixation. Becher. | dant pas s'imaginer qu'ils en-
|
| MIXTION. Tout com- | tendent par-là quarante jours
|
| posé des différentes parties | naturels, il en faut beaucoup
|
| de plusieurs choses comme | moins; mais ils s'expriment
|
| confondues ensemble. Les | ainsi énigmatiquement pour
|
| Philosophes Spagyriques se | le temps, comme pour la ma-
|
| servent assez indifféremment | tière & pour le vase. Voyez
|
| des termes d'ingression, sub- | Temps.
|
| mersion, conjonction, con- | MOISSON. Les Adeptes
|
| nexion, complexion, com- | disent: Le temps de la moisson
|
| position au lieu de mixtion, | est arrivé, pour signifier
|
| pour tromper les curieux | que l'oeuvre Hermétique est
|
| ignorants; & ils définissent la | achevé, que la poudre de
|
@
| MO | MO 313
|
| |
|
| projection est parfaite, & | ment: il s'élève d'entr'elles
|
| que par l'usage qu'on peut | une tige à la hauteur de trois
|
| en faire en transmuant les | ou quatre pieds, ronde, nue,
|
| métaux imparfaits en or ou | verte, creuse, portant en son
|
| en argent, on recueille les | sommet une ombelle ou bou-
|
| fruits des travaux qu'on a | quet de petites fleurs à six ou
|
| essuyés. | sept feuilles pointues, dispo-
|
| MOLHORODAM. Sel | sées en rond, blanches ou
|
| gemme. | rougeâtres. Après qu'elles
|
| MOLIBDENA. Mine de | sont passées il paraît des pe-
|
| plomb. | tits fruits triangulaires, divi-
|
| MOLIPDIDES. Pierre | sés intérieurement en trois
|
| de Saturne ou de plomb. | loges, qui contiennent des
|
| MOLLIFICATION. | semences presque rondes,
|
| Même chose que solution, | noires, ressemblantes à cel-
|
| trituration, putréfaction. | les de l'oignon. Sa racine est
|
| MOLLUGO. Espèce de | bulbeuse, grosse ordinaire-
|
| gratteron, dont la graine ne | ment comme le poing, noire
|
| s'attache pas aux habits. | en dehors, blanche en de-
|
| MOLY. Homère a parlé | dans.
|
| du Moly comme d'une plan- | MOLYBDAENA. Plante
|
| te de grandes vertus, & dit | appelée Persicaire. Molyb-
|
| que Mercure en fit présent à | daena est aussi un nom donné
|
| Ulysse quand il fut dans l'île | à la litharge, & à la mine de
|
| où Circé faisait son séjour. | plomb.
|
| Elle s'était formée, dit la | MONDE (Petit). Pierre
|
| Fable, du sang d'un Géant | parfaite des Philosophes,
|
| qu'on avait tué. Nos Bota- | ainsi appelée de ce qu'ils
|
| nistes ont donné le nom de | disent qu'elle renferme tou-
|
| Moly à une espèce d'ail qui | tes les propriétés du grand
|
| ne diffère guères de l'ail com- | monde, & qu'elle en est
|
| mun que parce qu'elle n'a | comme l'abrégé.
|
| point de mauvaise odeur. | MONDIFICATION.
|
| Elle pousse de sa racine cinq | Préparation des matières
|
| feuilles longues d'un pied ou | crues dont les Philosophes
|
| d'un pied & demi, larges de | extraient leur mercure. Cet-
|
| deux ou trois doigts, épais- | te préparation est la première
|
| ses, pointues, vertes; mais | opération de l'oeuvre & pré-
|
| couvertes souvent d'une pou- | cède celle de la parfaite pré-
|
| dre qui s'en sépare facile-* | paration, Elle consiste dans
|
@
| 314 MO | MO
|
| |
|
| la séparation des parties pu- | Artiste, & non le défaut du
|
| res d'avec les impures, & | feu de charbons ou autres
|
| des parties sulfureuses, com- | matières pour la faire agir,
|
| bustibles & arsenicales d'a- | comme l'a interprété l'Au-
|
| vec les mercurielles propre- | teur du Dictionnaire Her-
|
| ment dites. Quelques-uns | métique.
|
| ont appelé cette mondifica- | MORT, dans le sens
|
| tion, purification, rectifica- | chimique, est l'état actuel
|
| tion, administration. Le signe | de la putréfaction des mix-
|
| qui indique cette mondifica- | tes; & la régénération est
|
| tion parfaite, est une couleur | leur résurrection. C'est pour-
|
| céleste, blanche, éclatante | quoi ils distinguent deux états
|
| de la matière, & ressem- | de mort. L'un la mort abso-
|
| blante à celle du plus bel | lue, qui est une séparation
|
| argent. | essentielle, & la perte des
|
| MONTAGNE. Les | racines & de la forme intime
|
| Philosophes ont donné ce | du mixte, incapable après
|
| nom aux métaux par com- | cette mort de reprendre sa
|
| paraison. Nos corps (dit Ri- | première forme. L'autre état
|
| plée, 2. part.) ont pris leurs | est celui de la mort acciden-
|
| noms des planètes, ce qui | telle, qui n'est qu'une sépa-
|
| les a fait nommer à bon droit | ration des excréments, sans
|
| montagnes, par comparai- | altération des racines pures,
|
| son d'où l'Ecriture dit, lors- | & de la forme intrinsèque
|
| que l'eau se tourmentera & se | qui contient l'idée du mixte.
|
| troublera, les montagnes se | Cette mort est celle du grain
|
| précipiteront au fond de la | dans la terre avant qu'il ger-
|
| mer. | me; de la semence dans la
|
| Quelquefois les Alchi- | matrice, & de tout ce qui se
|
| mistes ont entendu par le | renouvelle par la génération.
|
| terme de Montagne, leur | MORT DES E'LE'-
|
| vase, leur fourneau, & toute | MENS. (Sc. Herm.) Chan-
|
| matière métallique. | gement de la forme appa-
|
| MORA BACCI, MO- | rente de la matière du ma-
|
| RA BATI, ou MORA | gistère; telle, par exemple,
| VACINIA & VACCI- | qu'est cette matière en terre
| NIA. Buisson. | après la solution: c'est ce que
| MORFONDEMENT. | les Philosophes appellent
| | Etat de la matière des Sages | conversion des éléments.
| | entre les mains d'un mauvais | MORTIER. Mercure ou
| | | |
@
| MO | MO 315
|
| |
|
| dissolvant des Philosophes, | succède jamais. Dans la mor-
|
| ainsi nommé de ce que par | tification l'humide radical
|
| son moyen l'or des Sages ou | de la terre dans les végé-
|
| le corps dissoluble se réduit | taux, & celui de la semence
|
| en poudre impalpable, & | dans les animaux, domine
|
| ressemblante, dit Flamel, | pour un temps la chaleur in-
|
| aux atomes qui voltigent | née & vivifiante; mais au
|
| aux rayons du soleil. | bout d'un temps cet esprit
|
| MORTIFICATION, | igné aidé de la chaleur ex-
|
| en termes de Chimie, est | terne, reprend de nouvelles
|
| une espèce de pulvérisation | forces, & dominant à son
|
| qui dispose les corps morti- | tour l'humide radical, achè-
|
| fiés à une nouvelle généra- | ve la génération.
|
| tion; telle est celle des se- | MORTIFIER. Voyez
|
| mences des végétaux, que | Cuire la Matière. C'est
|
| l'on met dans la terre pour | aussi changer la forme exté-
|
| les faire germer & pousser | rieure d'un mixte, comme
|
| de nouveaux jets semblables | on fait celle du mercure en
|
| à ceux qui les avaient pro- | le rendant fixe de volatil
|
| duits. C'est à cet égard que | qu'il était.
|
| l'on a fait l'axiome, la cor- | MOSARDEGI. Plomb.
|
| ruption d'un corps, est le | MOSEL. Jupiter, étain.
|
| commencement de la généra- | Ce terme, dans quelques
|
| tion d'un autre; car il est dé- | Chimistes, signifie du mer-
|
| montré qu'il ne se fait point | cure.
|
| de génération qui n'ait été | MOOT. Même chose
|
| précédée de mortification. | qu'Eudica.
|
| On a donné à cette espèce | MOULIN DES SA-
|
| de corruption le nom de mor- | GES. C'est le dissolvant des
|
| tification, parce que cette | Philosophes. Ils lui ont don-
|
| putréfaction se faisant lente- | né ce nom par la même rai-
|
| ment, les semences semblent | son qu'ils l'ont appelé Mar-
|
| mourir. Elle diffère de la pu- | bre, Crible, Mortier, dont
|
| tréfaction proprement dite, | voyez les articles.
|
| en ce que celle-là n'est que | MOURIR. Ce terme a
|
| pour un temps, & qu'elle n'est | deux sens dans les ouvrages
|
| pas une vraie corruption ou | des Philosophes. Il se prend
|
| pourriture, à laquelle la gé- | pour faire tomber en putré-
|
| nération de la même espèce | faction & en dissolution, afin
|
| de plantes ou d'animaux ne | de procurer une nouvelle vie
|
@
| 316 MO MU | MU
|
| |
|
| à l'enfant philosophique. Il | en sa première matière. Pour
|
| s'entend aussi de la fixation | cet effet les Philosophes
|
| du volatil, après la volatili- | prennent la matière cuite &
|
| sation. Ce qui a fait dire à | préparée par la Nature, &
|
| Philalèthe: il faut dessécher | la réduisent en sa première
|
| la matière & la fixer; alors | matière, ou mercure philo-
|
| elle sera morte. On la fer- | sophique, d'où elle a été
|
| mente ensuite, & le ferment | tirée.
|
| qui est son âme, la revivi- | Pour avoir une pleine con-
|
| fiera. | naissance de cette opération
|
| MOYEN pour joindre & | il faut observer cinq choses.
|
| unir les teintures. C'est le | 1°. Que les Adeptes ré-
|
| mercure des Philosophes. | duisent les années en mois,
|
| Moyen DISPOSITIF. | les mois en semaines, les se-
|
| Magistère au blanc. | maines en jours, les jours en
|
| MOZ. Myrrhe. | heures, &c.
|
| MOZHACUMIA. Mer- | 2°. Les Philosophes ont
|
| cure des Sages. | pour axiome que toute chose
|
| MU. Meum. | sèche boit avidement l'hu-
|
| MUCAGO. Mucilage. | midité de son espèce.
|
| MUCARUM & MU- | 3°. Que le sec agit alors
|
| CHARUM. Nom barbare | plus promptement sur son
| donné au sirop de roses, & | humide qu'il ne faisait au-
| | à leur infusion. | paravant.
| | MULTIPLICATION. | 4°. Que plus il y a de
| | Opération du grand oeuvre | terre & moins d'eau, plutôt
| | au moyen de laquelle on | la solution se fera.
| | multiplie la poudre de pro- | 5°. Que toute solution se
| | jection, soit en qualité, soit | fait suivant la convenance,
| | en quantité à l'infini, selon | & que tout ce qui dissout la
| | le bon plaisir de l'Artiste. | Lune, dissout aussi le Soleil.
| | Elle consiste à recommencer | MURPUR. Cuivre, Vé-
| | l'opération déjà faite, mais | nus.
| | avec des matières exaltées | MUSADIR. Sel armo-
| | & perfectionnées, & non | niac.
| | avec des matières crues com- | MUSE'E. Ancien Poète
| | me auparavant. Tout le se- | Grec, l'un des premiers qui
| | cret, dit un Philosophe, est | ait porté les Fables Egyp-
| | une dissolution physique en | tiennes dans la Grèce.
| | mercure, & une réduction | MUSES. Les Muses, au
| |
@
| MU | MU MY 317
|
| |
|
| nombre de neuf, sont com- | elles demandèrent des ailes
|
| munément regardées com- | aux Dieux, pour s'échapper
|
| me filles de Jupiter & de | de ses mains. Elles les obtin-
|
| Mnemosyne. Diodore de | rent; elles prirent la fuite, &
|
| Sicile dit que les Muses ne | il perdit la vie en les pour-
|
| différaient point des Chan- | suivant.
|
| teuses qui accompagnèrent | Les Alchimistes regar-
|
| Osiris dans ses conquêtes en | dent les Muses comme le
|
| Orient. On ne pouvait mieux | symbole des parties volatiles
|
| représenter leur origine & | de la matière de l'oeuvre Her-
|
| leurs occupations que l'a fait | métique. On peut en voir les
|
| Hésiode dans sa Théogonie. | raisons dans le livre 3. ch. 14.
|
| Apollon a toujours été re- | §. 3. des Fables Egyptien-
|
| gardé comme présidant à | nes & Grecques dévoilées.
|
| l'assemblée des Muses; & | MUZADIR. Sel armo-
|
| rien n'est si charmant que ce | niac.
|
| qu'on dit des concerts du | MYACANTHA. Petit
|
| Parnasse où ce Dieu prési- | arbrisseau appelé Brusc.
|
| dait, & où elles chantaient | MYOSOTIS. Plante
|
| d'une manière capable de | nommée Oreille-de-souris.
|
| charmer les hommes & les | MYRRHA, fille de Cy-
|
| Dieux. Hercule a aussi passé | niras, devint amoureuse de
|
| pour leur conducteur; & | son propre père, avec lequel
|
| c'est de là que lui est venu | elle commit un inceste par
|
| le nom de Musagete. Les | un stratagème de sa nourrice
|
| Muses furent aussi regardées | qu'elle avait mise dans sa
|
| comme des Déesses guerriè- | confidence. Son père ayant
|
| res; & on les a souvent con- | découvert le fait, chassa Myr-
|
| fondues avec les Bacchan- | rha, qui se réfugia dans l'A-
|
| tes, parce qu'en effet elles | rabie, où elle fut changée en
|
| n'en différaient point. Plu- | l'arbre qui porte la myrrhe,
|
| tarque nous apprend mê- | & y mit au monde Adonis
|
| me qu'on leur faisait des sa- | le fruit de ses amours. Voyez
|
| crifices avant que de donner | les Fables Egypt. & Grecq,
|
| bataille. | dévoilées, liv. 4. ch. 4.
|
| Un jour de mauvais temps, | MYSTERE. Opération
|
| dit la Fable, les Muses se | ou confection du grand oeu-
|
| mirent à l'abri chez Pyrenée: | vre, ainsi appelée de ce que
|
| il les trouva de son goût, & | tous les Philosophes en font
|
| voulut leur faire violence; | un mystère qu'ils ne décou-
|
@
| 318 MY NA | NA
|
| |
|
| vrent qu'à leurs plus intimes | tréfaction, ainsi nommée de
|
| amis. Quelques-uns ont don- | ce que le bitume est d'un
|
| né le nom de Mystère à la | brun-noir, & que la ma-
|
| première matière de l'oeu- | tière des Philosophes en pu-
|
| vre, parce que c'est elle qu'ils | tréfaction, ressemble à de la
|
| ont le plus caché dans tous | poix noire.
|
| leurs ouvrages. | NAPORAN. Coquillage
|
| MYSTRUM. Mesure | de mer qui donne la couleur
|
| des Anciens. La grande con- | de pourpre. Les Adeptes
|
| tenait trois onces d'huile; la | ont quelquefois donné ce
|
| petite six dragmes. | nom à leur soufre parfait,
|
| | parce qu'il a cette couleur.
|
| N. | NAR. Feu.
|
| | NARBASAPHAR. Le-
|
| NAIADES. Nymphes | ton ou cuivre; mais il faut
|
| des Eaux. Ce nom | l'entendre de l'airain des Sa-
|
| vient d'un mot grec, qui | ges.
|
| signifie couler. Les Poètes | NARCISSE. Fleur blan-
|
| ont pris cette idée des Phi- | che, en laquelle la Fable dit
|
| losophes Hermétiques, qui | qu'un jeune homme d'une
|
| les premiers ont personnifié | beauté surprenante, fils du
|
| les matières de leur oeuvre, | fleuve Céphise, & d'une
|
| & les opérations requises, | Nymphe, fut changé. Pro-
|
| avec les couleurs qui se ma- | serpine fut enlevée par Plu-
|
| nifestent pendant l'union de | ton dans le temps qu'elle cueil-
|
| la partie fixe avec la vola- | lait des narcisses. Voyez ce
|
| tile. Cette dernière étant une | que tout cela signifie liv. 4.
|
| eau mercurielle coulante, | ch. 3. des Fables Egypt. &
|
| ils lui ont donné le nom gé- | Grecques dévoilées.
|
| néral de Naïade. | NASSE. Fourneau.
|
| NANPHORA. Huile de | NATARON. Nitre.
|
| pierre. Planiscampi. | NATRON. Espèce de
|
| NAPE'ES, Nymphes des | sel alcali fixe, dont les an-
|
| Bocages & des Forêts. En | ciens Egyptiens se servaient
|
| Chimie Hermétique, elles | pour faire du verre, ou pour
|
| sont comme toutes les Nym- | blanchir & dégraisser les
|
| phes le symbole de l'eau | étoffes, & qui en s'unissant
|
| mercurielle. | à toutes les liqueurs huileu-
|
| NAPHTE ou BITUME | ses, lymphatiques, & autres
|
| Matière de l'oeuvre en pu-* | graisses, produit sur les corps
|
@
| NA | NA 319
|
| |
|
| les mêmes effets qu'opère | de se tromper. Cette nature
|
| sur le cuir la chaux dont on | ou cause seconde est un es-
|
| se sert pour les tanner. Les | prit universel, vivifiant &
|
| Egyptiens s'en servaient | fécondant, la lumière créée
|
| aussi pour embaumer les | dans le commencement, &
|
| corps que nous connaissons | communiquée à toutes les
|
| aujourd'hui sous le nom de | parties du macrocosme. Les
|
| Mumies d'Egypte. Après | Anciens l'ont appelé un es-
|
| les avoir vidées des intes- | prit igné, un feu invisible,
|
| tins & de la cervelle, ils | & l'âme du monde.
|
| mettaient ces corps pendant | L'ordre qui règne dans
|
| 70 jours dans le Natron; | l'Univers n'est qu'une suite
|
| & quand ils étaient suffi- | développée des lois éter-
|
| samment imprégnés de ce | nelles. Tous les mouvements
|
| sel, on remplissait la tête, | des différentes parties de la
|
| la poitrine & le ventre de | masse en dépendent. La Na-
|
| matières résineuses & bitu- | ture forme, altère & cor-
|
| mineuses. Merc. de France, | rompt sans cesse, & son mo-
|
| Janvier 1751. | dérateur présent par tout ré-
|
| NATURE. L'oeil de | pare continuellement les al-
|
| Dieu, Dieu même toujours | térations de son ouvrage.
|
| attentif à son ouvrage, est | Le terme de Nature s'en-
|
| proprement la Nature mê- | tend aussi de la partie de
|
| me, & les lois qu'il a po- | l'Univers que compose le
|
| sées pour sa conservation, | globe terrestre, & tout ce
|
| sont les causes de tout ce | qui lui appartient. Dans ce
|
| qui s'opère dans l'Univers. | dernier sens la Nature, se-
|
| A ce premier moteur ou | lon tous les Physiciens &
|
| principe de génération & | les Chimistes, est divisée en
|
| d'altération, les anciens Phi- | trois parties, qu'ils appellent
|
| losophes en joignaient un | règnes; savoir, le règne
|
| second corporifié, auquel | animal, le végétal, & le
|
| ils donnaient le nom de Na- | minéral. Tous les individus
|
| ture, mais c'était une na- | de ce monde sublunaire sont
|
| ture secondaire, un servi- | compris dans cette division,
|
| teur fidèle qui obéit exac- | & il n'en est aucun qui n'ap-
|
| tement aux ordres de son | partienne à un de ces trois
|
| maître, ou un instrument | règnes. Tous trois partent
|
| conduit par la main du sou- | du même principe, & néan-
|
| verain ouvrier, incapable | moins sont composés de trois
|
@
| 320 NA | NA
|
| |
|
| substances différentes, qui | mentation des corps. Be-
|
| en sont les semences; sa- | cher dit n'avoir pu réussir à
|
| voir, le menstrue pour les | condenser ce gaz, qui s'é-
|
| animaux, l'eau de pluie pour | vapore du vin lorsqu'il fer-
|
| les végétaux, & l'eau mer- | mente dans les tonneaux.
|
| curielle pour les minéraux. | Dans ces trois classes d'in-
|
| Chaque règne est encore | dividus, la semence est dif-
|
| composé d'un assemblage de | férente, & selon le même
|
| trois substances, analogues | Auteur, contraire l'une à
|
| en quelque manière avec | l'autre à certains égards;
|
| celle des autres règnes; | quoiqu'elles aient beaucoup
|
| c'est-à-dire, d'une substance | d'affinité entr'elles, comme
|
| subtile, ténue, spiritueuse | sorties d'un même principe,
|
| & mercurielle, d'une subs- | l'une ne peut devenir se-
|
| tance grossière, terrestre & | mence d'un règne différent
|
| crasse, & d'une troisième | du sien: de manière que le
|
| moyenne, & qui participe | Créateur ayant une fois sé-
|
| des deux. Il n'est point de | paré ces trois substances du
|
| corps d'où l'art ne vienne à | même principe, elles ne sont
|
| bout de séparer ces trois | plus transmuables l'une dans
|
| espèces de principes. | l'autre. Ceux qui scrutent la
|
| Outre ces trois substances | Nature, y trouvent un ca-
|
| on en remarque comme une | ractère trine, qui semble por-
|
| quatrième, qui peut se rap- | ter l'empreinte du sceau de
|
| porter à la première par sa | la Trinité. Les Théologiens
|
| ténuité & sa subtilité; mais | verront dans ce caractère
|
| qui semble en différer, en | des mystères & des choses
|
| ce qu'il est comme impossi- | si surprenantes, qui se font
|
| ble à l'art de la réduire en | toutes par trois, qu'elles sont
|
| esprit liquoreux; au lieu que | bien capables d'affermir no-
|
| l'autre se condense en eau, | tre foi. Les Physiciens ha-
|
| tel que l'esprit-de-vin & les | biles & judicieux voient que
|
| autres liqueurs subtiles, aux- | ce nombre ternaire des trois
|
| quelles l'on donne le nom | règnes est bien digne de tou-
|
| d'Esprit. Cette matière in- | te leur attention. L'âge d'un
|
| condensable, est celle que | homme, quelque prolongé
|
| J. B. Van-Helmont appelle | qu'il soit, n'est pas suffisant
|
| Gaz. C'est celle qui se fait | pour observer les opérations
|
| sentir, & qui s'évapore dès | étonnantes & admirables
|
| le commencement de la fer-* | qui se passent dans les labo-
|
| | ratoires
|
@
| NA | NA 321
|
| |
|
| ratoires de ces trois règnes. | le Roi Prophète, Que vos
|
| Y a-t-il rien de plus incom- | ouvrages, Seigneur, sont
|
| préhensible que ce qui se | magnifiques, vous avez fait
|
| passe dans le ténébreux sé- | tout avec une grande sagesse.
|
| jour, où se conçoit & s'en- | Ces trois règnes ont en-
|
| gendre l'homme; d'une subs- | core une différence dans leur
|
| tance si vile, si corruptible, | manière d'être, qui les dis-
|
| d'une manière si simple & | tingue l'un de l'autre. Les
|
| si commune, en peu de | animaux ont un corps, dont
|
| mois, composé cependant | les parties ne semblent for-
|
| d'une infinité de veines, de | mer qu'un assemblage fait
|
| nerfs, de membranes, de | par union; les végétaux par
|
| valvules, de vases, & d'au- | coagulation, & les minéraux
|
| tres organes, dont le moin- | par fixation. Ces derniers ne
|
| dre ne saurait être imité par- | se trouvent que dans les en-
|
| faitement par le plus habile | trailles de la terre, & moitié
|
| Artiste de l'Univers. Quoi | hors de terre; les animaux
|
| de plus admirable, que de | font tous hors de terre, ou
|
| voir dans une nuit, par une | en sont totalement séparés.
|
| même pluie, dans une mê- | L'étude de la Nature porte
|
| me terre, tant de différents | avec elle tant d'agréments,
|
| végétaux, si divers en cou- | tant de plaisir & tant d'uti-
|
| leurs, en odeur, en saveur, | lité, qu'il est surprenant de
|
| en figure, germer & croître, | voir si peu de gens s'y ap-
|
| & en si grande quantité, | pliquer.
|
| qu'il n'est homme au monde | Quelques Anciens rédui-
|
| qui les ait seulement tous | saient tout en combinaison,
|
| vus, loin d'en avoir connu | & admettaient les nombres
|
| les propriétés. Les fossiles | comme forme de tout ce qui
|
| n'ont rien de moins admi- | existe, ou comme la loi, sui-
|
| rable, & nous ne sommes | vant laquelle tout se forme
|
| pas plus en état d'en expli- | dans la Nature. Tycho Bra-
|
| quer parfaitement la géné- | hé a recueilli ses réflexions
|
| ration, que celle des deux | là dessus dans une carte ex-
|
| autres règnes. Nous en sa- | trêmement rare aujourd'hui,
|
| vons beaucoup, nous en | à laquelle il a donné pour ti-
|
| ignorons encore peut-être | tre: Calendarium naturale
|
| davantage; mais ce qui nous | magicum perpetuum profun-
|
| est connu suffit certainement | dissimam rerum secretissima-
|
| pour nous faire écrier avec | rum contemplationem, to-
|
| | X
|
@
| 322 NA | NA
|
| |
|
| tiusque Philosophiae cogni- | tes les autres parties du corps,
|
| tionem complectens. Il y parle | L'unité est donc la source
|
| de presque de toute la Na- | de l'amitié, de la concorde
|
| ture qu'il range sous les nom- | & de l'union des choses,
|
| bres depuis l'unité jusqu'à | comme elle est le principe
|
| douze. Comme la plupart | de leur extension; parce
|
| des Lecteurs seront bien aise | qu'une unité répétée produit
|
| d'en avoir quelqu'idée. Voi- | deux. Ce nombre deux est
|
| ci en substance ce qu'elle | le principe de la génération
|
| contient. | des choses, composées de
|
| Tout est combiné & com- | deux; savoir, de la forme
|
| posé dans la Nature selon | & de la matière, du mâle
|
| certaines mesures invariables | & de la femelle, de l'agent
|
| formées, pour ainsi dire, sur | & du patient; c'est pourquoi
|
| des nombres qui semblent | ce nombre est celui du ma-
|
| naître les uns des autres. Il | riage & du microcosme, &
|
| y a plusieurs choses uniques | signifie la matière procréée.
|
| dans le monde qui nous re- | La forme, le mâle & l'a-
|
| présentent l'unité. Un Dieu | gent sont la même chose.
|
| principe & fin de toutes cho- | Le soleil, la terre, le coeur
|
| ses, & qui n'a point de com- | la forme, & ce que les As-
|
| mencement, de même que | trologues appellent tête du
|
| dans les nombres rien ne | Dragon, sont regardés com-
|
| précède l'unité. Il n'aura | me mâle. La lune, l'eau, le
|
| aussi point de fin, comme | cerveau, la matière & la
|
| l'unité peut s'ajouter à l'u- | queue du dragon sont la fe-
|
| nité par une progression in- | melle, les premiers repré-
|
| finie. | sentés par Adam, les seconds
|
| Il n'y a qu'un Soleil, d'où | par Eve. Aussi Dieu n'a-t-il
|
| semble procéder la lumière, | créé qu'un mâle & une fe-
|
| qu'il communique à tout l'U- | melle, & rien dans l'Uni-
|
| nivers, après l'avoir reçue. | vers ne s'engendre sans le
|
| Il n'y a qu'un macrocosme | concours de l'un avec l'au-
|
| & une âme de l'Univers. | tre. Ce qui nous est repré-
|
| Dans le monde intelligible | senté par les deux Chéru-
|
| & matériel une seule pierre | bins qui couvraient l'arche
|
| des Sages, & dans le mi- | de leurs ailes, & par les deux
|
| crocosme un coeur, source | tables de la loi données à
|
| de la vie, d'où la lumière | Moïse, qui y étaient ren-
|
| vitale se communique à tou-* | fermées.
|
@
| NA | NA 323
|
| |
|
| L'unité ajoutée au nom- | la loi de la Nature; le temps
|
| bre deux fait trois nombres | de la loi, ou la loi de Moï-
|
| sacré, très puissant & par- | se, & le temps de la grâce ou
|
| fait; & la seconde division | la loi de grâce.
|
| de la Nature & de son prin- | Trois vertus Théologa-
|
| cipe Dieu en trois personnes | les, la foi, l'espérance & la
|
| Père, Fils, & Saint-Esprit. | charité.
|
| Le fils est engendré du Père, | Trois puissances intellec-
|
| & le Saint-Esprit procède | tives dans le microcosme;
|
| des deux. Aussi le Créateur | la mémoire, l'esprit & la
|
| semble avoir voulu se ma- | volonté.
|
| nifester à nous dans tout le | Trois règnes dans la Na-
|
| livre de la Nature, com- | ture; le minéral, le végétal
|
| me il en était le commen- | & l'animal, dans lequel
|
| cement, il semble avoir for- | l'homme ne doit point être
|
| mé l'homme de toute la | compris en particulier, par-
|
| quintessence des choses, | ce qu'il est composé de la
|
| pour être le spectateur de | quintessence des trois.
|
| l'Univers, & y reconnaître | Trois sortes d'éléments;
|
| son Auteur. Tout aussi dans | les purs, les composés &
|
| la Nature est composé de | les décomposés.
|
| trois, & divisé par trois: | Trois principes matériels
|
| trois personnes en Dieu, | de tous les mixtes; soufre,
|
| trois hiérarchies des Anges, | sel & mercure.
|
| la suprême, la moyenne & | Trois qualités de ces prin-
|
| la basse, qui multipliée par | cipes; le volatil, le fixe, &
|
| elle-même forme neuf, dont | un troisième qui participe
|
| nous parlerons ci-après. Il | des deux.
|
| y a trois sortes d'âmes dans | Trois divisions de la jour-
|
| l'Univers, l'intelligente, la | née selon la création; le
|
| sensitive & la végétative. | jour, la nuit & le crépus-
|
| Ces trois âmes se trouvent | cule.
|
| dans l'homme, la sensitive | Trois mesures des choses;
|
| & la végétative dans les ani- | le commencement, le mi-
|
| maux, & la végétative seule | lieu & la fin.
|
| dans les plantes. | Trois mesures du temps;
|
| Il y a eu trois sortes de | le passé, le présent & le fu-
|
| temps écoulés ou qui s'écou- | tur.
|
| lent depuis la création, le | Trois dimensions dans les
|
| temps de la Nature, appelé | corps; la longueur, la lar-
|
| | X ij
|
@
| 324 NA | NA
|
| |
|
| geur & la Hauteur. | sieurs autres, le fondement
|
| Trois principes de l'hom- | de tous les nombres, la fon-
|
| me; l'âme, l'esprit & le | taine de nature, comme
|
| corps. | renfermant le nombre par-
|
| Trois parties dans le corps | fait dont tout a été créé.
|
| du microcosme correspon- | C'est pourquoi l'on partage
|
| dant à autant de parties | l'Univers en quatre éléments,
|
| du macrocosme; la tête, la | le feu, l'air, l'eau & la ter-
|
| poitrine & le ventre. La tête | re; aux trois premiers des-
|
| au ciel, la poitrine au fir- | quels répondent deux planè-
|
| mament ou à l'air, le ventre | tes à chacun; savoir, le
|
| à la terre. | Soleil & Mars au feu, Ju-
|
| Trois éléments principaux; | piter & Vénus à l'air, Sa-
|
| le feu, l'air & l'eau. | turne & Mercure à l'eau;
|
| Un esprit un peu éclairé | la Terre a en partage le
|
| & instruit de la Nature, | Soleil, la Lune & les Etoi-
|
| verra sans peine que toutes | les fixes.
|
| ces choses divisées en trois | On compte aussi quatre
|
| ne sont cependant qu'une | points cardinaux dans le
|
| & même chose; comme les | monde, l'Orient, l'Occi-
|
| trois personnes ne font qu'un | dent, le Midi & le Septen-
|
| Dieu. Le temps passé, le pré- | trion.
|
| sent & le futur ne font qu'un | Quatre vents Eurus, Zé-
|
| & même temps; la hauteur, | phirus, Aquilo & Auster.
|
| la largeur & la longueur d'un | Quatre qualités des élé-
|
| corps, ne font qu'un corps. | ments; la lumière du feu,
|
| L'âme, l'esprit & le corps | le diaphane de l'air, la mo-
|
| ne composent qu'un hom- | bilité de l'eau, & la solidité
|
| me; toutes ces choses sont | de la terre.
|
| néanmoins très distinctes | Quatre principes de l'hom-
|
| entr'elles, & nous en con- | me correspondants aux qua-
|
| cevons la différence, aussi | tre éléments; l'âme au feu,
|
| bien que la réunion pour | l'esprit à l'air, l'âme animale
|
| en faire l'unité; pourquoi | à l'eau, & le corps à la
|
| douterait-on donc de l'exis- | terre.
|
| tence d'un Dieu en trois | Quatre humeurs princi-
|
| personnes? | pales dans le corps du petit
|
| Une unité ajoutée à trois | monde; la bile, le sang, la
|
| produit quatre, qui devient, | pituite & la mélancolie.
|
| selon Thico Brahé & plu-* | Quatre facultés de son
|
@
| NA | NA 325
|
| |
|
| âme; l'intellect, la raison, | Quatre Evangélistes; S.
|
| l'imagination & le senti- | Marc, S. Jean, S. Mathieu
|
| ment. | & S. Luc.
|
| Quatre degrés progres- | Quatre animaux sacrés;
|
| sifs; être, vivre, apprendre | le lion, l'aigle, l'homme &
|
| & comprendre. | le boeuf.
|
| Quatre mouvements dans | Quatre sortes de mixtes;
|
| la Nature; l'ascendant, ou | les animaux, les plantes, les
|
| du centre à la circonféren- | métaux & les pierres.
|
| ce; le descendant, ou de la | Quatre sortes d'animaux;
|
| circonférence au centre; le | ceux qui marchent, ceux
|
| progressif ou horizontal, & | qui volent, ceux qui nagent
|
| le circulaire. | & ceux qui rampent.
|
| Quatre termes de la Na- | Quatre qualités physiques
|
| ture; la substance, la qua- | des corps chaud, humide,
|
| lité, la quantité & le mou- | froid & sec.
|
| vement. | Correspondance des mé-
|
| Quatre termes mathéma- | taux aux éléments; l'or & le
|
| tiques; le point, la ligne, | fer au feu; le cuivre & l'é-
|
| la superficie, & la profon- | tain à l'air; l'argent-vif à
|
| deur ou la masse. | l'eau; le plomb & l'argent
|
| Quatre termes physiques; | à la terre.
|
| la vertu séminale ou se- | Quatre sortes de pierres
|
| mence des corps, leur gé- | qui leur répondent; les pier-
|
| nération, leur accroissement | res précieuses & éclatantes,
|
| & leur perfection. | comme le diamant & le ru-
|
| Quatre termes métaphy- | bis, &c. les pierres légères
|
| siques; l'être ou l'existence, | & transparentes, comme le
|
| l'essence, la vertu ou le pou- | talc; les pierres dures &
|
| voir d'agir, & l'action. | claires, comme le caillou;
|
| Quatre vertus morales; | les pierres opaques & pe-
|
| la prudence, la justice, la | santes, comme le marbre,
|
| tempérance & la force. | &c.
|
| Quatre complexions ou | Des douze signes trois ré-
|
| tempéraments; la vivacité, | pondent à chaque élément;
|
| la gaieté, la nonchalance | le Bélier, le Lion & le Sa-
|
| & la lenteur. | gittaire au feu; les Gémeaux,
|
| Quatre saisons; l'hiver, | la Balance & le Verseau à
|
| le printemps, l'été & l'au- | l'air; le Cancer, le Scor-
|
| tomne. | pion & les Poissons à l'eau;
|
| | X iij
|
@
| 326 NA | NA
|
| |
|
| le Taureau, la Vierge & le | a été achevé le sixième jour
|
| Capricorne à la terre. | de la création, & ce jour-là
|
| Le nombre cinq est con- | Dieu regarda tout ce qu'il
|
| sacré à Mercure, dit Thico | avait fait, & tout était par-
|
| Brahé, & n'est pas moins | faitement bon.
|
| mystérieux que ceux qui le | Il y a six cercles imagi-
|
| précédent. On y voit l'eau, | nés dans le ciel; l'arctique,
|
| l'air, le feu & la terre dont | l'antarctique, les deux tro-
|
| est composé tout mixte qui | piques, l'équinoxial & l'é-
|
| fait un cinquième tout abré- | cliptique.
|
| gé des quatre. | Six planètes errantes; Sa-
|
| Cinq sens; la vue, l'ouïe, | turne, Jupiter, Mars, Vé-
|
| l'odorat, le goût & le tou- | nus, Mercure & la Lune.
|
| cher. | Il y a six manières d'êtres
|
| Cinq genres de mixtes; | ou modes des corps; la gran-
|
| les pierres, les métaux, les | deur, la couleur, la figure,
|
| plantes, les zoophytes & les | la position relative, le repos
|
| animaux. | & le mouvement.
|
| Cinq sortes d'animaux; | Le cube a six faces.
|
| les hommes, les quadrupè- | Six degrés de l'homme;
|
| des, les reptiles, les pois- | l'entendement, la mémoire,
|
| sons & les oiseaux. | le sentiment, le mouvement,
|
| Cinq extrémités commu- | la vie & l'animalité.
|
| nes aux animaux mâles & | Six parties principales ex-
|
| femelles; la tête, les deux | térieures dans la tête de
|
| bras & les deux pieds. | l'homme & des autres ani-
|
| Cinq doigts à chaque pied | maux; deux yeux, deux
|
| & à chaque main de l'hom- | oreilles, le nez & la bou-
|
| me. | che.
|
| Cinq parties principales | Mais la Nature semble se
|
| dans l'intérieur du corps; le | plaire au nombre sept plus
|
| coeur, le cerveau, le pou- | qu'en tout autre, & les Py-
|
| mon, le foie & la rate. | thagoriciens qui le regar-
|
| Cinq parties dans les plan- | daient comme le nombre le
|
| tes, la racine, la tige, les | plus mystérieux, l'appe-
|
| feuilles, la fleur & la se- | laient en conséquence la voi-
|
| mence. | ture de la vie humaine. La
|
| La Nature a comme reçu | vertu de ce nombre, di-
|
| sa dernière perfection par le | saient-ils, se manifeste dans
|
| nombre six; car le monde | toutes les générations de la
|
@
| NA | NA 327
|
| |
|
| Nature, & sert particulière- | il commence à décliner, &
|
| ment pour la génération de | la septième dizaine est ordi-
|
| la Nature humaine. Elle sert | nairement à peu près le ter-
|
| à le composer, à le faire con- | me de sa vie, comme le dit
|
| cevoir, à le former, à l'en- | le Roi David.
|
| fanter, à le nourrir & à le | La plus haute taille de
|
| faire vivre. Aristote dit qu'il | l'homme est communément
|
| y a sept cellules dans la ma- | de sept pieds.
|
| trice, si la semence y de- | Dans le grand monde il
|
| meure sept heures la con- | y a sept planètes, sept pléia-
|
| ception se fait, les premiers | des, sept jours de la se-
|
| sept jours, elle devient pro- | maine. A chaque sept jours
|
| pre à recevoir la figure hu- | la Lune change de quar-
|
| maine; l'enfant est parfait, | tiers.
|
| naît & vit quand il vient au | Le flux & reflux de la mer
|
| monde à sept mois; après | est plus sensible le septiéme
|
| sept jours il jette le superflu | jour de la Lune, & à chaque
|
| de son nombril; après deux | septénaire. On ne finirait
|
| fois sept jours ses yeux se | pas si l'on voulait rapporter
|
| tournent du côté de la lu- | ici tout ce qui se fait par sept
|
| mière; c'est pourquoi les | dans la Nature. On peut
|
| nourrices doivent avoir | voir dans l'Ecriture Sainte
|
| grand soin de placer tou- | combien ce nombre de sept
|
| jours l'enfant de manière | était mystérieux. Tout sem-
|
| qu'il puisse voir la lumière | blait y aller par sept; les
|
| directement, ce défaut d'at- | prières, les fêtes, les puri-
|
| tention fait beaucoup d'en- | fications, &c. sept vaches
|
| fants louches; après sept mois | maigres & sept grasses, sept
|
| les dents commencent à lui | épis de blé, sept plaies de
|
| pousser; après le troisième | l'Egypte, sept ans de fami-
|
| septénaire il commence à | ne, Naaman lavé sept fois
|
| parler; à sept ans les dents | dans le Jourdain; David
|
| lui tombent; au second sep- | loue sept fois Dieu dans la
|
| ténaire d'années il commen- | journée; sept dons au S.
|
| ce à avoir la faculté géné- | Esprit, &c. Le reste de la
|
| rative; au troisième septé- | Carte de Ticho Brahé re-
|
| naire il se fortifie, & prend | garde plus particulièrement
|
| à peu près tout son accrois- | les planètes & les signes du
|
| sement; au quatrième il est | Zodiaque, avec leurs vertus
|
| homme parfait; au septiéme | & propriétés cabalistiques;
|
| | X iv
|
@
| 328 NA | NA
|
| |
|
| c'est pourquoi je le passe sous | l'homme ou des animaux,
|
| silence. | le nitre, le vitriol, les attra-
|
| NATURE FUYANTE. | ments, le sel commun ou
|
| Matières volatiles, qui n'est | tout autre sel; antimoine,
|
| point permanente au feu, | bismuth, zinc, orpiment,
|
| tel qu'est le mercure com- | arsenic, soufre, & quelqu'-
|
| mun. Il faut se donner de | espèce que ce puisse être des
|
| garde de toutes ces matières | minéraux, excepté un seul,
|
| métalliques de nature fuyan- | dit Philalèthe, qui est leur
|
| tes, parce qu'elles ne sont | premier être.
|
| point propres au magistère. | Il ne faut donc point pren-
|
| Les Philosophes recom- | dre à cet effet le mercure
|
| mandent partout de ne faire | vulgaire, ni les mercures
|
| entrer dans la composition | extraits des métaux, ni les
|
| de la pierre que des choses | métaux seuls, quoiqu'ils
|
| de même nature; parce que | soient tous de même natu-
|
| nature s'éjouit en sa propre | re. Les souffleurs doivent
|
| nature, nature amende na- | faire attention que Morien
|
| ture, nature perfectionne | les avertit, que tout ce qui
|
| nature, nature contient na- | s'achète cher est inutile, &
|
| ture, & nature est contenue | ne vaut rien pour l'oeuvre;
|
| par nature, comme le dit | que si l'on ne trouve pas la
|
| Parmenides dans le Code de | matière du magistère vile,
|
| Vérité. La raison de cela est | méprisée, jetée, même quel-
|
| que les principes de la ma- | quefois sur les fumiers, &
|
| tière du magistère font les | foulée aux pieds dans les
|
| mêmes que ceux des mé- | endroits où elle est, en vain
|
| taux, & que n'étant pas en- | mettra-t-on la main à la
|
| core animés de l'âme pro- | bourse pour l'acquérir, puis-
|
| prement métallique, ils ont | qu'on peut l'amasser soi-*
|
| cependant la faculté de se | même sur les montagnes,
|
| réunir ensemble dans le mé- | dans les plaines, & dans
|
| lange qu'on en fait. Qu'on | tous les pays; qu'elle ne
|
| ne s'imagine donc pas réussir | coûte rien, que la peine de
|
| à faire l'oeuvre, en prenant, | la chercher, & de la ramas-
|
| pour matière du magistère, | ser; que la bénigne Nature
|
| des plantes, ou des sels des | la forme toute disposée, à
|
| végétaux, des cheveux, du | l'oeuvre, & que l'ingénieux
|
| sang humain, de l'urine, ou | Artiste n'a qu'à aider la Na-
|
| toute autre chose prises de | ture, pour qu'elle lui donne
|
@
| NA | NA 329
|
| |
|
| cette eau céleste & divine; | natures; ce n'est pas de faire
|
| ce Mercure des Sages si re- | passer les mixtes d'un règne
|
| cherché de tant de gens, & | dans la nature d'un autre
|
| trouvé de si peu de person- | règne, comme serait un vé-
|
| nes. Que le studieux ama- | gétal dans la nature métal-
|
| teur de la Science Hermé- | lique; mais de spiritualiser
|
| tique, se grave bien profon- | les corps, & corporifier les
|
| dément dans l'esprit qu'il | esprits, c'est-à-dire, fixer
|
| doit imiter la Nature; se ser- | le volatil, & volatiliser le
|
| vir des mêmes principes & | fixe: ce qu'ils appellent aussi
|
| des mêmes voies, pour par- | mettre le dessous dessus, &
|
| venir au même but, qu'elle | le dessus dessous. Réduire la
|
| n'emploie pas des animaux | terre en eau, & l'eau en
|
| pour faire une plante, mais | terre.
|
| la semence de cette même | Nature se joint par na-
|
| plante, ou une plante pour | ture; nature contient nature;
|
| faire un métal, ni du métal | nature s'éjouit en nature;
|
| pour faire un animal; mais | nature amende nature; na-
|
| les semences de chaque cho- | ture aime nature; nature
|
| se pour faire chaque chose. | surmonte nature; nature re-
|
| Qu'il apprenne à connaître | tient nature: sont des façons
|
| la Nature, & ne se trompe | de parler des Philosophes,
|
| pas en prenant pour végétal | pour signifier que le dissol-
|
| ce qui est minéral, ou pour | vant philosophique doit être
|
| minéral ce qui est animal. | de même nature que le corps
|
| Pour avoir cette connaissan- | qui doit être dissous; que
|
| ce, c'est à Dieu ou à un Phi- | l'un perfectionne l'autre dans
|
| losophe qu'il faut recourir. | le cours des opérations, &
|
| Il faut prier avec instance & | l'union des deux se tait d'a-
|
| droiture de coeur, avec hu- | bord par la putréfaction, &
|
| milité & persévérance; & | ensuite par la fixation. Le
|
| Dieu si bon, si miséricor- | mercure dissout le fixe qui
|
| dieux refusera-t-il à l'hom- | est de même nature, puis-
|
| me, qui est son image, ce | qu'il en a été fait; le soufre,
|
| principe de santé & de ri- | ou le fixe fixe ensuite le
|
| chesses, lui qui accorde la | mercure, & en fait la pou-
|
| nourriture aux petits des cor- | dre de projection.
|
| beaux, qui l'invoquent? | C'est pourquoi les Chi-
|
| Lorsque les Philosophes | mistes Hermétiques disent
|
| disent qu'il faut changer les | que les natures diverses ne
|
@
| 330 NA NE | NE
|
| |
|
| s'amendent point; c'est-à-* | Terme que Paracelse a in-
|
| dire, ne sont pas capables | venté pour signifier l'âme
|
| de se perfectionner, parce | animale de l'homme. Il dit
|
| qu'elles ne peuvent s'unir | qu'elle habite dans l'eau qui
|
| parfaitement. Ainsi les sucs | est autour du coeur, & qu'elle
|
| de la plante appelée lu- | n'est pas plus grosse que le
|
| naire, ni quelqu'autre suc | petit doigt de la main d'un
|
| de plante que ce puisse être, | homme. Il ajoute qu'il y a
|
| ne vaut rien pour l'oeuvre | trois vies ou trois essences
|
| métallique. Le mercure pré- | dans l'homme, qui toutes
|
| tendu fixé par leur moyen, | trois peuvent être appelées
|
| est une supercherie toute | Esprit; savoir, l'esprit du
|
| pure. | ciel, ou l'air; l'esprit du mi-
|
| NAUFRAGE (Sc. | crocosme, qui est proprement
|
| Herm.). Les Philosophes | l'âme animale; & l'esprit de
|
| Hermétiques appellent ainsi | tous les muscles. C'est ce qui
|
| les erreurs des Chimistes | l'a engagé à comprendre tou-
|
| dans la recherche de la pierre | tes ces vies ou esprits sous le
|
| des Sages, parce qu'ils ap- | nom de Nécrocomicum.
|
| pellent leur mercure mer; | NE'CROLE. Necroleus.
|
| & que ce mercure & ses | Celui qui des premiers a écrit
|
| propriétés sont absolument | savamment d'une chose. Pa-
|
| inconnus aux Chimistes | racelse dit que Moïse a été
|
| souffleurs. | un des Nécroles de la Philo-
|
| NAVIRE ARGO (le). | sophie des Adeptes. Nostra
|
| Vaisseau que montèrent les | in Adepta Philosophia Ne-
|
| Argonautes pour la conquê- | croleus, & Antesignanus
|
| te de la Toison d'or. Voyez | Moyses factus est. Paracelse
|
| le liv. 2. ch. 1. des Fables | de Azoth.
|
| Egypt. & Grecques. | NECROLIUM. Remède
|
| NAXOS. Ile dans la- | souverain pour conserver la
|
| quelle Bacchus trouva Ariad- | santé. Raymond Lulle l'ap-
|
| ne, après que Thésée l'y eut | pelait son nigrum, &c. Pla-
|
| abandonnée. Voyez les Fa- | niscampi.
|
| bles Egypt. & Grecques dé- | NECTAR. Boisson des
|
| voilées, liv. 5. ch. 22. | Dieux. C'est la médecine des
|
| NEBULGEA. Espèce de | Philosophes. Le nectar a pris
|
| sel qu'on trouve coagulé sur | son nom de νέος, juvenis, &
|
| les cailloux & les pierres. | κτάομαι, possideo; comme si
|
| NE'CROCOMICUM. | l'on disait, boisson qui con-
|
@
| NE | NE 331
|
| |
|
| serve la jeunesse. Les Philo- | de Némée il y avait un lion
|
| sophes Hermétiques attri- | furieux, qui ravageait tout,
|
| buent la même propriété à | Hercule le tua. V. Forêt.
|
| leur médecine. Dans le cours | NE'ME'ENS (Jeux).
|
| des opérations de l'oeuvre, | Voyez Jeu.
|
| ils donnent le nom de Nectar | NE'OGALA. Lait nou-
|
| à leur mercure, ou azoth, | veau.
|
| parce qu'il abreuve la ma- | NEOPTOLEME. Sur-
|
| tière qui reste dans le fond | nom donné à Pyrrhus, fils
|
| du vase, qu'ils ont appelée | d'Achille. V. Pyrrhus.
|
| Saturne, Jupiter, Vénus, | NEPENTHES. Remède
|
| &c. | dont Homère dit qu'Hélène
|
| NEIGE. Les Alchi- | faisait usage, & dont on lui
|
| mistes expliquent de l'huile | avait fait présent en Egypte.
|
| d'or, ou soufre de la pier- | Ce remède guérissait toutes
|
| re, cette neige dont parle | sortes de maladies, & con-
|
| Pindare, quand il dit, que le | servait toujours la joie & la
|
| Roi des Dieux répandit dans | satisfaction dans le coeur de
|
| la ville de Rhodes une gran- | ceux qui en faisaient usage.
|
| de quantité de neige dorée, | Il faut l'interpréter de la pa-
|
| faite par l'art de Vulcain. | nacée universelle des Philo-
|
| Ol. Borrichius. | sophes Hermétiques. Elle est
|
| Neige. (Sc. Herm.) Ma- | le seul remède qui puisse pro-
|
| gistère au blanc, parce qu'il | duire cet effet, parce qu'il
|
| se précipite alors une poudre | donne la santé & les riches-
|
| blanche comme la neige. Et | ses, & procure une longue
|
| lorsqu'ils disent qu'il faut cui- | vie pour en jouir. Théodore
|
| re la neige, c'est-à-dire, qu'il | Swinger a donné le nom de
|
| faut continuer la digestion & | Népenthes à une opiate dont
|
| la circulation du compost. | la base est le laudanum; cette
|
| NEITH. Nom de la | opiate, dit Blanchard, a des
|
| Minerve Egyptienne. | effets admirables, quand on
|
| NELE'E, fils de Neptune | la donne contre les vapeurs
|
| & de Tyro fille de Salmo- | & la mélancolie. Elle délivre
|
| née, eut de Chloris, fille | de toute langueur & tristesse,
|
| d'Amphion, douze fils, | & donne de la joie & de la
|
| qu'Hercule tua, excepté | gaieté.
|
| Nestor. Voyez les Fables | NEPHELAE. Ce nom
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées. | se donne aux petites taches
|
| NE'ME'E. Dans la forêt | blanches & légères qui sur-
|
@
| 332 NE | NE
|
| |
|
| viennent sur l'oeil & sur les | Neptune les Eaux, & Plu-
|
| ongles. On appelle aussi Ne- | ton la Terre ou les Enfers.
|
| phelae ces petites nuées qui | Neptune épousa Amphitri-
|
| nagent dans l'urine. | te, & eut beaucoup d'en-
|
| NEPHELE', femme | fants de plusieurs Nymphes
|
| d'Athamas, lui donna deux | qu'il séduisit en se transfor-
|
| enfants, Phrixus & Hellé. | mant de toutes sortes de
|
| Athamas la répudia, pour | manières.
|
| épouser Ino, fille de Cad- | Jupiter le chassa du Ciel
|
| mus, de laquelle il eut Léar- | avec Apollon, parce qu'ils
|
| que & Mélicerte. Ino indis- | avaient conspiré contre lui.
|
| posa l'esprit de son époux | Ils se retirèrent auprès de
|
| contre sa rivale & ses en- | Laomedon, & bâtirent la
|
| fants. Phrixus & Hellé se | ville de Troie. Laomedon
|
| sauvèrent pour se soustraire | n'ayant pas donné à Nep-
|
| aux emportements d'Atha- | tune le salaire dont ils étaient
|
| mas. Ils montèrent sur un | convenus, ce Dieu s'en ven-
|
| bélier à toison d'or, & vou- | gea en inondant tout le pays.
|
| lurent ainsi traverser la mer | On consulta l'Oracle pour
|
| pour se retirer à Colchos. | apprendre les moyens de
|
| Hellé tomba dans la mer & | faire cesser ce fléau; il ré-
|
| y périt, Phrixus arriva à bon | pondit que Neptune ne se-
|
| port. Néphele fut ensuite mé- | rait point apaisé qu'on n'eût
|
| tamorphosée en nuée, c'est | exposé la fille de Laomedon
|
| ce que signifie son nom. | pour être dévorée par un
|
| Voyez l'explication de ces | monstre marin; ce qui fut
|
| fables, dans le chap. 9. du | fait. Hésione fut exposée,
|
| liv. 4. des Fables Egypt. & | Hercule tua le monstre & la
|
| Grecques dévoilées. | délivra.
|
| NEPHTE'. L'une des | Neptune eut un différend
|
| femmes de Typhon. Voyez | avec Minerve à qui donne-
|
| Typhon. | rait le nom à la ville d'Athè-
|
| NEPSU. Etain. | nes. On convint que celui
|
| NEPTUNE, fils de Sa- | des deux qui procurerait aux
|
| turne & d'Ops, frère de Ju- | hommes la chose la plus utile
|
| piter & de Pluton. Ces trois | aurait la préférence. Nep-
|
| frères après avoir chassé leur | tune frappa la terre, il en
|
| père du Ciel, partagèrent | sortit un cheval; Minerve la
|
| entr'eux l'Empire de l'Uni- | frappa aussi, on vit pousser
|
| vers. Jupiter eut le Ciel, | un olivier avec ses fleurs &
|
@
| NE | NE 333
|
| |
|
| ses fruits; l'Aréopage la dé- | quelle il n'est pas possible de
|
| clara victorieuse. | réussir. C'est dans le même
|
| Les Tritons & les au- | sens, selon les vrais Chi-
|
| tres Dieux marins accom- | mistes, qu'il faut interpréter
|
| pagnaient toujours Neptu- | les prédictions des calamités
|
| ne, qui était porté sur un | de Troie, que le même Né-
|
| char fait d'une conque ma- | rée fit à Pâris. Orphée dit
|
| rine, & attelé de chevaux | que Nérée était le plus an-
|
| noirs. Neptune fut regardé | cien des Dieux, parce que
|
| par les Anciens comme l'au- | la matière de la pierre est la
|
| teur de tous les tremblements | substance dont tout est com-
|
| de terre. Voyez le reste des | posé sur la terre. Voyez les
|
| Fables qu'on a inventées à | Fables Egypt. & Grecques
|
| son sujet & leur explication, | dévoilées, liv. 2. ch. 2. &
|
| dans les Fables Egypt. & | part. 1. p. 108. 523.
|
| Grecques dévoilées, liv. 3. | NE'REIDES. Nymphes
|
| chap. 7. | de la mer. Voyez Nérée.
|
| NERE'E, fils de l'Océan | NERION. En grec Rho-
|
| & de Thétis, selon quelques-* | dodaphné, en français Lau-
|
| uns; selon d'autres, fils de | rier-rose.
|
| la Terre & de la Mer: il | NESSUS, Centaure, fils
|
| épousa sa soeur Doris dont il | d'Ixion & d'une nuée, vou-
|
| eut un grand nombre de fil- | lut faire violence à Déjanire,
|
| les, appelées de son nom | qu'Hercule lui avait confiée
|
| Néréides. Elles passaient tout | pour lui faire traverser le
|
| leur temps à danser & à folâ- | fleuve Evene. Hercule s'en
|
| trer autour du char de Tri- | aperçut de l'autre bord, lui
|
| ton. Les Nymphes de Jupi- | décocha une flèche dont Nes-
|
| ter & de Thémis envoyèrent | sus mourut. Se sentant blessé
|
| Hercule à Nérée pour être | à mort, il donna à Déjanire
|
| instruit de ce qu'il aurait à | sa tunique teinte de son sang,
|
| faire pour enlever sûrement | en lui faisant entendre que
|
| les pommes d'or du jardin | cette tunique aurait la vertu
|
| des Hespérides. Ce n'est pas | d'empêcher Hercule d'en ai-
|
| sans raison qu'Hercule va | mer d'autres qu'elle, s'il la
|
| consulter Nérée, puisque ce- | vêtait seulement une fois,
|
| lui-ci étant fils de la Terre & | & qu'elle augmenterait mê-
|
| de l'Eau, est le symbole de | me les feux dont il brûlait
|
| la matière du grand oeuvre, | pour elle. Déjanire la prit,
|
| sans la connaissance de la-* | engagea Hercule à la vêtir,
|
@
| 334 NE NI | NI
|
| |
|
| & ce Héros se sentit saisir | contient la matière, ou le
|
| d'un feu qui le dévorait. | vaisseau triple que Flamel ap-
|
| Voyez Dejanire, & les | pelle l'Habitacle du poulet.
|
| Fables Egypt. & Grecques | NIL. Le fleuve du Nil
|
| dévoilées, liv. 5. ch. 19. | fut mis au rang des grands
|
| NESTOR, fils de Nélée | Dieux de l'Egypte, sans
|
| & de Chloris, fut un des | doute, disent quelques My-
|
| Héros grecs qui firent le | thologues, à cause des grands
|
| siège de Troie. Il s'était | avantages qu'il procurait à
|
| trouvé, avant cette guerre, | ce pays par des déborde-
|
| aux noces de Pyrithoüs, où | ments. On lui donne aussi le
|
| il combattit courageusement | nom Océan. Le but des cé-
|
| contre les Centaures. Aga- | rémonies religieuses & du
|
| memnon ne demandait que | culte que les Egyptiens ren-
|
| dix Nestors pour venir à bout | daient à ce fleuve, était d'ap-
|
| du siège de Troie. Nestor | prendre au peuple que l'eau
|
| vécut jusqu'à un âge si avan- | est le principe de toutes cho-
|
| cé, que quand on souhaite | ses, & qu'avec le feu qui lui
|
| une longue vie à quelqu'un, | donne sa fluidité, & qui l'en-
|
| on lui désire les années de | tretient, elle avait donné la
|
| Nestor. Voyez les Fables | vie & le mouvement à tout
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | ce qui existe. L'eau du Nil
|
| liv. 6. | fécondait non-seulement les
|
| NESTUDAR. Sel ar- | champs, qui sans lui seraient
|
| moniac. | devenus stériles & déserts;
|
| NETTOYER. Voyez | mais il procurait encore cette
|
| Laver, Blanchir. | fécondité aux femmes & aux
|
| Nettoyer L'E'TABLE | animaux. Il n'est pas rare de
|
| D'AUGIAS. C'est purifier la | voir dans ce pays-là des bre-
| matière de ses impuretés ter- | bis qui ont porté des deux ou
| | restres & aqueuses. Voyez | trois agneaux à la fois, des
| | Augias. | chèvres qui allaitent trois ou
| | NEVEU. Grande cuve | quatre cabris, ainsi des au-
| | de cuivre. | tres.
| | NEUSI. Magistère au | Les fêtes qu'on célébrait
| | rouge. | en l'honneur du Nil étaient
| | NEUTHA. Amnios. | des plus célèbres. Les an-
| | NID DU POULET. | ciens Rois d'Egypte y assis-
| | Mercure des Sages. C'est | taient accompagnés de leurs
| | aussi quelquefois le vase qui | Ministres, de tous les Grands
| |
@
| NI | NI 335
|
| |
|
| du Royaume & d'une foule | le fleuve Achéloüs. Mais si
|
| innombrable de peuple. | Maxime de Tyr avait pu pé-
|
| Les Indiens rendaient de | nétrer dans les idées des pre-
|
| grands respects au Gange, | miers Philosophes, il aurait
|
| dont les eaux, auxquelles ils | deviné l'objet de ces fables.
|
| attribuaient de grandes ver- | Il aurait vu que ces Maîtres
|
| tus, passaient parmi eux pour | de la Philosophie pensaient
|
| saintes & sacrées. | que l'eau avait été la pre-
|
| Le culte rendu à l'eau en | mière matière de tout, &
|
| Egypte & dans la Perse se | qu'animée du feu de la lu-
|
| répandit dans tout l'Orient, | mière, elle répand cet esprit
|
| & même dans les pays du | dans tous les êtres. Voilà la
|
| Nord. | raison physique qui a fait in-
|
| Vossius assure la même | venter les fables. Venant en-
|
| chose des anciens Germains | suite au particulier de la Phi-
|
| & de quelques autres peu- | losophie Hermétique, l'eau
|
| ples, comme on peut le voir | est la base de l'oeuvre, le
|
| dans son savant Traité de | principe & l'agent. Par son
|
| l'origine & du progrès de | feu & son action sur le corps
|
| l'Idolâtrie. | parfait, qu'elle réduit à son
|
| On sait que les Grecs ne | premier principe, elle a four-
|
| furent pas moins attentifs à | ni la matière à ce grand nom-
|
| révérer l'Océan, les fleuves | bre de fables qu'on trouve
|
| & les eaux. Ils n'entrepre- | expliquées dans le Traité des
|
| naient aucun voyage par | Fables Egypt. & Grecques
|
| eau qu'ils ne fissent aupara- | dévoilées.
|
| vant quelques libations & | NIOBE', fille de Tan-
|
| des sacrifices aux Divinités | tale & d'Euryanasse, fut ma-
|
| marines. | riée à Amphion, qui bâtit
|
| Maxime de Tyr rapporte | une Ville au son de sa lyre.
|
| quelques raisons qui purent | Niobé en eut six garçons &
|
| engager différents peuples à | six filles. Fière de sa fécon-
|
| honorer les fleuves qui arro- | dité, elle insulta Latone, qui
|
| saient leur pays: les uns | pour se venger, engagea
|
| pour leur utilité, les autres | Apollon & Diane à faire pé-
|
| pour leur beauté, ceux-ci | rir les enfants de cette té-
|
| pour leur vaste étendue, | méraire. Ce Dieu & cette
|
| ceux-là par quelque tradi- | Déesse les tuèrent à coups
|
| tion fabuleuse, telle que celle | de flèches. Le chagrin qu'en
|
| du combat d'Hercule avec | eut Niobé toucha les Dieux,
|
@
| 336 NI | NI
|
| |
|
| qui la changèrent en rocher. | porée, coagulée, ensuite
|
| Voyez les Fables Egypt. & | dissoute à l'air, évaporée,
|
| Grecques dévoilées, liv. 3. | coagulée & dissoute de nou-
|
| chap. 12. | veau bien des fois, devenait
|
| NISA. Ville bâtie par | l'aimant du Cosmopolite,
|
| Bacchus dans son expédition | d'où l'on devait extraire le
|
| des Indes, en mémoire de | mercure Hermétique dissol-
|
| l'île du même nom, où il fut | vant de l'or. Mais ils auraient
|
| nourri & élevé par les Nym- | dû faire attention que cet
|
| phes. La description des | Auteur en parlant du nitre,
|
| beautés de cette île est très | ne parle pas du commun,
|
| conforme à celle que le Cos- | mais du philosophique. C'est
|
| mopolite fait de l'île qu'il | pourquoi il dit toujours notre
|
| feint avoir vu en songe. Voy. | nitre. L'eau-mère du nitre est
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | la matière dont on fait la fa-
|
| dévoilées, liv. 3. chap. 14. | meuse poudre de Santinelli.
|
| §. 2. Voyez Nysa. | On fait évaporer toute l'hu-
|
| NITRE. Il y en a de plu- | midité de cette eau après
|
| sieurs sortes; le naturel & | l'avoir mise dans une chau-
|
| l'artificiel. Le premier se | dière de fer, sur un feu clair.
|
| trouve attaché sur la surface | Quand la matière est deve-
|
| des murailles, ou sur les ro- | nue comme une pierre gri-
|
| chers. Le second se tire par | sâtre sans être brûlée, on la
|
| lixiviation des terres & des | laisse refroidir, on la met en
|
| décombres des murailles. | morceaux dans de grandes
|
| Celui d'Alexandrie est un | terrines de grès, avec beau-
|
| peu coloré de rouge faible. | coup d'eau, où elle se dissout;
|
| L'ancien nitre des Egyptiens | on retire cette première eau
|
| nous est comme inconnu. | sans troubler les fèces, on
|
| Plusieurs Chimistes ont pré- | remet une seconde eau, &
|
| tendu que l'eau-mère du ni- | ainsi de suite plusieurs fois
|
| tre, ou cette eau rougeâtre | jusqu'à ce que l'eau n'ait plus
|
| qui reste après la cristallisa- | la saveur de sel marin ni ni-
|
| tion du nitre, était la pre- | treux. On décante l'eau, &
|
| mière eau Stygienne des Phi- | on fait sécher les fèces qui
|
| losophes. Ils ont en consé- | semblent de l'amidon. On
|
| quence appelé le nitre Cer- | met ces fèces en poudre pour
|
| bere, Sel infernal, Mercure; | l'usage. Cette poudre a des
|
| ils ont même prétendu que | vertus admirables pour dé-
|
| cette eau-mère filtrée, éva-* | sobstruer & pour purifier le
|
sang
@
| NI NO | NO 337
|
| |
|
| sang. Quelques-uns ont ap- | que de la seconde opéra-
|
| pelé les cendres gravelées | tion, où le fixe est dissous
|
| nitre d'Alexandrie. Rullan- | par l'action du volatil. Dans
|
| dus. Blanchard dit qu'on a | les Fables le noir indique
|
| donné au nitre les noms Bau- | toujours cette putréfaction,
|
| rach, Algali, sel Anderonae, | de même que le deuil, la
|
| Anatron, Cabalatar, &c que | tristesse, souvent la mort.
|
| Basile Valentin l'indiquait | Thétis allant implorer la
|
| par celui de Serpent de ter- | protection de Jupiter pour
|
| re, Serpens terrenus. | Achille, se présenta à ce
|
| NITRIALES. Toutes | Dieu en habit d'un noir plus
|
| pierres calcaires. | noir que le noir même, dit
|
| NITRON. Ecume de | Homère. Lorsqu'Iris fut la
|
| verre. Rullandus. | trouver de la part de Jupi-
|
| NOAS. Terme Arabe que | ter, pour qu'elle déterminât
|
| quelques-uns ont employé | son fils Achille à rendre à
|
| pour celui de cuivre. Rul- | Priam le corps d'Hector, Iris
|
| land. | la trouva habillée de noir
|
| NOCES. Réunion du | dans le fond de sa caverne
|
| fixe & du volatil dans l'oeu- | marine. Cette putréfaction
|
| vre du magistère & de l'é- | est toujours indiquée par
|
| lixir. Ces noces se font plus | quelque chose de noir dans
|
| d'une fois avant de parvenir | les ouvrages des Philoso-
|
| au point parfait de la poudre | phes. C'est tantôt la tête de
|
| de projection. | corbeau, la veste ténébreu-
|
| Les Philosophes les ont | se, le merle de Jean, les
|
| désignées sous les fables des | ténèbres; tantôt la nuit, l'é-
|
| noces de Pélée & de Thé- | clipse du Soleil & de la Lu-
|
| this, sous celles de Pyri- | ne, l'horreur du tombeau,
|
| thoüs, &c. Voyez leurs ar- | l'enfer & la mort. Ils nom-
|
| ticles. | ment encore la couleur noire
|
| NOCHAT. Cuivre. | qui survient à la matière,
|
| NOERA. Chapiteau d'un | leur plomb, leur Saturne,
|
| alambic. Rulland. | leur airain qu'il faut blanchir,
|
| NOIR PLUS NOIR | la tête de More. Ils s'accor-
|
| QUE LE NOIR ME^ME. | dent tous à dire que la noir-
| C'est la matière de l'oeuvre | ceur se manifeste vers le qua-
| | en putréfaction; parce qu'a- | rantième jour de la cuisson.
| | lors elle ressemble à la poix | Ils l'appellent aussi la clef de
| | fondue. Il ne se dit guères | l'oeuvre, & le premier signe
| | | Y
| |
@
| 338 NO | NO
|
| |
|
| démonstratif, parce que, dit | parvenue au blanc, ils l'ont
|
| Flamel, si tu ne noircis pas, | nommé eau purifiée, neige,
|
| tu ne blanchiras pas: si tu | cygne, &c. Après le blanc
|
| ne vois pas en premier lieu | vient la couleur citrine, alors
|
| cette noirceur avant toute | les Philosophes disent notre
|
| autre couleur déterminée | huile, notre air, & de tous
|
| sache que tu as failli en | les noms des choses spiri-
|
| l'oeuvre, & qu'il te faut re- | tueuses, volatiles, comme
|
| commencer. | ils l'avaient appelée eau de
|
| NOIRCEUR DE LA | sel, alun, &c. lorsqu'elle
|
| NUIT. V. Noir, Nuit. | était au blanc. Quand elle
| NOIRCIR. Cuire la ma- | est parvenue au rouge, ils
| | tière, pour la faire dissoudre | la nomment ciel, soufre rou-
| | & putréfier. Voy. le Traité | ge, or, escarboucle, rubis,
| | Hermétique dans la premiè- | & enfin du nom de toutes
| | re partie des Fables Egypt. | les choses rouges, tant des
| | & Grecques dévoilées. | pierres que des plantes, &
| | NOM (Sc. Herm.). Rien | des animaux. Quant aux
| | dit Morien, n'a tant induit | noms des opérations, on les
| | en erreur, ceux qui étudient | trouve expliquées dans les
| | les livres des Philosophes | articles qui les concernent.
| | Chimiques, que la multi- | Qu'on sache seulement que
| | tude des noms qu'ils ont don- | la sublimation philosophique
| | nés à leur matière, & à l'u- | n'est qu'une purification de
| | nique opération que l'on doit | la matière par elle-même,
| | faire pour parvenir au ma- | ou une dissolution des corps
| | gistère. Mais que l'on sache | en mercure.
| | que la matière étant unique | NOMBRIL DE LA
| | n'a qu'un seul nom propre | TERRE. Les anciens Grecs
| | dans chaque langue. Les dif- | donnèrent ce nom à l'Ile de
| | férentes couleurs qui sur- | Délos; parce qu'ils disaient
| | viennent à cette matière, lui | qu'elle était le milieu de la
| | ont fait donner tous les noms | Terre. Ils le prouvaient par
| | des matières qui sont aussi | la Fable, qui dit que Jupiter
| | colorées. Par exemple lors- | fit partir deux aigles, l'une
| | qu'elle est au noir, les Phi- | à l'Orient, l'autre à l'Occi-
| | losophes l'ont appelée en- | dent, & qu'elles se rencon-
| | cre, boue, tête de corbeau, | trèrent dans l'île de Délos,
| | & de tous les noms des cho- | après avoir volé sans relâche
| | ses noires. Quand elle est | toujours directement, &
| |
@
| NO | NO 339
|
| |
|
| avec la même vitesse. Voy. | soufflent très fort: comme
|
| les Fables Egypt. & Grec- | le vent Notus ou de Midi
|
| ques dévoilées, liv. 3. ch. 4. | est humide & pluvieux, on
|
| & 12. | a feint qu'il s'élevait dans le
|
| NOMIUS. Surnom de | vase dans le temps de la vo-
|
| Mercure. | latilisation de la matière qui
|
| NONIUS. Nom d'un | s'élève en vapeurs, & re-
|
| des chevaux qui traînait le | tombe en espèce de pluie,
|
| char de Pluton. V. Abas- | qui fertilise la terre philoso-
|
| ter. | phique; & comme ce vent
|
| NORA. Chaux, nitre & | des Philosophes est formé
|
| tout sel. Rulland. | par cette matière, qui est le
|
| NOSTOCH. Espèce | principe des Dieux de la Fa-
|
| d'éponge terrestre, couverte | ble, il se trouve par-là en-
|
| d'une pellicule assez forte; | fant des Dieux, mais des
|
| elle vient de la grosseur des | Dieux Hermétiques.
|
| éponges femelles, quelque- | NOURRICE. Les Phi-
|
| fois grosse comme la tête | losophes appellent ainsi la
|
| d'un homme. On la trouve | minière, ou matière de la-
|
| dans les prairies aux mois | quelle ils tirent leur mercure
|
| de Juin, Juillet & Août. | & leur soufre; ce qui doit
|
| Elle est légère, rousse, | s'entendre avant la première
|
| trouée en dedans comme | préparation, & pendant la
|
| l'éponge. Lorsqu'elle est sur | seconde. Michel Majer a
|
| pied & encore fraîche, elle | représenté l'enfant philoso-
|
| fait un trémoussement quand | phique par un emblème, où
|
| on la remue, à peu près | l'on voit une femme ayant
|
| comme du flan ou de la ge- | un globe terrestre au milieu
|
| lée de viande. Quelques-* | de la poitrine; de ce globe
|
| uns l'ont appelé jet d'étoi- | sortent deux mamelles,
|
| les. Rulland. C'est une es- | auxquelles sont attachées les
|
| pèce de vesse-de-loup. | lèvres d'un enfant qui les
|
| NOTUS. Le vent Notus | suce, soutenu par les bras
|
| était fils des Dieux, comme | de la femme; au dessous
|
| Borée & le Zéphyr; les | sont écrits ces mots, tirés
|
| autres étaient enfants de Ty- | de la Table d'Emeraude
|
| phon, suivant Hésiode. Ba- | d'Hermès: Nutrix ejus est
|
| sile Valentin dit que le vent | terra; la Terre est sa nour-
|
| Notus & un autre se font | rice. Mais quand il s'agit des
|
| sentir dans l'oeuvre, & qu'ils | nourrices des Dieux, ordi-
|
| | Y ij
|
@
| 340 NO | NU
|
| |
|
| nairement elles sont dési- | sa minière en en séparant les
|
| gnées par les parties vola- | parties terrestres, aqueuses
|
| tiles, ou l'eau mercurielle | & hétérogènes, dans les-
|
| des Philosophes, comme on | quelles il est enseveli comme
|
| peut le voir dans mon traité | le noyau est enveloppé de
|
| des Fables Egyptiennes & | son écorce. Laissez l'écorce
|
| Grecques dévoilées. | & prenez le noyau, dit Phi-
|
| NOURRIR. V. Cuire. | lalèthe; c'est-à-dire, pre-
|
| C'est à cette opération qu'il | nez l'amande, & laissez le
|
| faut rapporter ce que dit la | bois qui la couvre.
|
| Fable, lorsqu'elle nous ap- | NUBA. Cuivre. On a
|
| prend que Thétis nourrissait | donné le nom nuba à la man-
|
| Achille d'ambroisie pendant | ne qu'on amasse en Irlande,
|
| le jour, & qu'elle le cachait | parce qu'elle en a une cou-
|
| sous la cendre pendant la | leur rougeâtre, comme celle
|
| nuit, pour l'accoutumer au | du cuivre. Planiscampi dit
|
| feu, qui devait être son élé- | qu'elle est couleur de rose,
|
| ment. | & qu'elle est la seconde es-
|
| NOURRITURE DE | pèce de Téréniabin.
|
| L'ENFANT. Ce terme | NUCHAT. Airain.
| s'entend du feu & du mer- | NUE'E qui éclipse le So-
| | cure philosophique; car il | leil. Expressions qui signi-
| | est dit dans la Fable que | fient la noirceur, & la pu-
| | Thétis, mère d'Achille, | tréfaction de la matière. Les
| | le nourrissait de nectar & | nuées des Philosophes sont
| | d'ambroisie pendant le jour, | les vapeurs qui s'élèvent de
| | & le cachait sous la cendre | la matière au haut du vase,
| | pendant la nuit. Achille est | où elles circulent, se con-
| | le symbole du feu du mer- | densent, & retombent en
| | cure, d'où doit naître l'en- | pluie ou rosée, que les Adep-
| | fant, qui est même souvent | tes appellent rosée de Mai.
| | signifié par Achille, mais | La pluie d'or qui tomba
| | encore mieux par Pyrrhus | dans l'île de Rhodes au
| | son fils. La nourriture est | moment de la naissance de
| | le mercure, & l'enfant est | Minerve, était produite par
| | le magistère qui doit en sor- | ces nuées. Elles forment aussi
| | tir. | celles dont Jupiter environ-
| | NOYAU. Mercure des | nait Io pour la soustraire aux
| | Philosophes, ainsi nommé | yeux de la jalouse Junon.
| | de ce qu'il faut le tirer de | Ce sont encore ces nuées
| |
@
| NU | NY 341
|
| |
|
| dans lesquelles Junon & | tiope, conçut une grande
|
| Jupiter se cachaient sur le | aversion pour elle, ce qui
|
| Mont-Ida. Cette nuée est | l'obligea à se retirer chez
|
| aussi celle qu'embrassa Ixion, | Epopée, Roi de Sycione,
|
| & celle dans laquelle Né- | qui l'épousa. Elle en eut Zé-
|
| phélé fut métamorphosée; | thus & Amphion, qu'on dit
|
| enfin celles sur lesquelles Iris | fils de Jupiter. Voyez An-
|
| était portée, quand elle fai- | tiope.
|
| sait ses messages. Car Iris | NYCTE'E était aussi le
|
| ou les couleurs de la queue | nom d'un des chevaux at-
|
| du paon ne se manifestent | telés au char de Pluton.
|
| que dans le temps que la ma- | NYCTIMENE, fille de
|
| tière se volatilise. | Nyctéus, fut éprise d'amour
|
| NUHAR. Airain. Vénus. | pour son père même, &
|
| NUIT (la), fille de la | trouva le moyen de s'unir
|
| Terre & du Cahos. Orphée | avec lui sans qu'il la recon-
|
| dit qu'elle était la mère des | nût. Ayant découvert la
|
| Dieux. Elle s'allia avec l'E- | chose, il voulut la tuer; mais
|
| rebe, dont elle eut beau- | les Dieux la changèrent en
|
| coup d'enfants. | chat-huant. Cette fable s'ex-
|
| Les Philosophes prennent | plique de la même manière
|
| aussi la Nuit pour symbole | que celle de Myrrha, dont
|
| de leur matière parvenue au | voyez l'article.
|
| noir, ou en putréfaction. Elle | NYMPHES, filles de
|
| est alors en effet la mère des | l'Océan & de Thétis; Hé-
|
| Dieux chimiques, parce | siode les fait naître de l'écu-
|
| qu'ils ne donnent le nom de | me de la mer, ainsi que Vé-
|
| Saturne à leur matière, que | nus. On leur donnait des
|
| lorsqu'elle est au noir plus | noms analogues aux lieux
|
| noir que le noir même; & | qu'on supposait qu'elles ha-
|
| Saturne est le premier de ces | bitaient. Limniades, celles
|
| Dieux. | qui fréquentaient les étangs;
|
| NUMMUS. Matière de | Napées, celles qui prési-
|
| l'oeuvre au noir. | daient aux Bocages: celles
|
| NUSIADAL. \ | qui se plaisaient dans les Bois
|
| NUSIADAT. > Sel ar-* | Dryades; & Hama-Drya-
|
| NUSSIADAI. / moniac. | des, celles qui s'attachaient
|
| NUX UNGUENTA- | à quelqu'arbre particulier;
|
| RIA. Ben. | celles des montagnes Oréa-
| NYCTE'E, père d'An-* | des: celles enfin qui habi-
| | | Y iij
| |
@
| 342 NY | NY
|
| |
|
| taient la Mer, Néréides. | la Nature, qui était la base
|
| Porphyre (de Antr. Nymp. | de la génération de tous les
|
| p. 25.), pensait que l'idée | mixtes.
|
| des Nymphes était venue de | NYSA. Ville située sur
|
| l'opinion que les Anciens | les confins de l'Arabie & de
|
| avaient, que les âmes des | l'Egypte, dans laquelle Bac-
|
| morts erraient autour des | chus naquit. Il fut nourri par
|
| tombeaux où leurs corps | les Nymphes dans une île
|
| étaient enterrés, ou dans les | du même nom, formée par
|
| lieux qu'elles avaient habi- | les eaux du fleuve Triton.
|
| tés pendant leur vie. Mais | C'était le pays le plus agréa-
|
| Homère donne le nom de | ble du monde; des eaux lim-
|
| Nymphes à des Bergères, & | pides y arrosaient des prai-
|
| à des Dames illustres. Hé- | ries verdoyantes & émaillées
|
| siode en faisait monter le | de fleurs; il abondait en tou-
|
| nombre à trois mille, & les | tes sortes de fruits, & la vi-
|
| fait vivre plusieurs milliers | gne y croissait d'elle-même.
|
| d'années. C'est aux Nym- | La température de l'air y
|
| phes que Jupiter, Bacchus, | était si salutaire, que tous les
|
| & la plupart des Dieux & | habitants y vivaient sans in-
|
| des Déesses doivent leur | commodités jusqu'à une ex-
|
| nourriture & leur éducation. | trême vieillesse. Voyez les
|
| Homère fait une description | Fables Egypt, & Grecques
|
| admirable de l'antre des | dévoil. liv. 3, ch. 14. §, 2.
|
| Nymphes. Elles gardaient | NYSADIR. Sel armo-
|
| les troupeaux du Soleil, & | niac.
|
| suivant ce qu'en dit le même | NYSOE. Sel armoniac.
|
| Auteur, elles tenaient plus | Rullandus.
|
| de la beauté & de la nature |
|
| des Déesses, que de celles | O.
|
| des femmes. |
|
| En général les Nymphes | O pris simplement est un
|
| sont prises par les Alchi- | caractère chimique qui
|
| mistes pour les parties vola- | signifie l'alun; lorsqu'il est
|
| tiles de la matière du grand | coupé horizontalement par
|
| oeuvre. C'est pourquoi les | le milieu ou par son diamè-
|
| Anciens avec Orphée pen- | tre, il indique le sel com-
|
| saient que les Nymphes | mun: s'il est coupé perpen-
|
| étaient proprement l'humeur | diculairement, c'est le nitre.
|
| aqueuse animé par le feu de | Un O coupé horizontalement
|
@
| OA | OA OB 343
|
| |
|
| avec un point au dessus & | Cuivre calciné.
|
| au dessous de la ligne, dé- | Digérer.
|
| note aussi le sel commun, | Esprit.
|
| Un O avec une flèche qui lui | Feu de roue.
|
| touche par le côté opposé | Huile.
|
| au fer, signifie le fer, l'a- | Huile.
|
| cier, Mars. Deux O réunis | Jour.
|
| par un chevron en forme de | Mercure.
|
| paires de lunettes, veut dire | Mercure précipité.
|
| aimant. Un O surmonté d'u- | Mercure précipité.
|
| ne croix, c'est l'antimoine; | Mercure sublimé.
|
| si la croix est au dessous, | Mercure sublimé.
|
| c'est Vénus ou le cuivre. | Nitre.
|
| Deux O réunis par une ligne | Nuit.
|
| perpendiculaire ou horizon- | Or ou Soleil.
|
| tale, marque l'arsenic. Trois | Orpiment.
|
| O placés en triangles signi- | Poudre.
|
| fient huile. Deux O auprès | Purifier.
|
| l'un de l'autre avec un trait | Réalgar.
|
| montant à chacun, dit jour. | Réalgar.
|
| Un O surmonté d'une de- | Mars.
|
| mie lune & une croix au | Safran de Mars.
|
| dessous veut dire mercure, | Sel alcali.
|
| argent-vif. Un O avec un | Sel gemme.
|
| point au milieu, signifie l'or. |
|
| Voici tous ces caractères | Soufre noir.
|
| avec ceux où l'O entre com- | Sublimer.
|
| me partie principale. | Sel armoniac.
|
| Acier, Fer ou Mars. | Verre.
|
| Alun. | Verdet, ou Vert-de-*
|
| Antimoine. | gris,
|
| Argent-vif ou Merc. | ou Vitriol.
|
Arsenic. | OABELCORA. Cucur-
|
| Arsenic. | bite. Planiscampi.
|
| Cire. | OBAC. Sel armoniac.
|
| Cinabre. | OBELCHERA ou
|
| Cuivre, Vénus. | OBELKERA. Cucurbite.
|
| Cuivre calciné, ou Aes | OBRIZUM. Or calciné
|
| ustum. | en couleur brune.
|
| Cuivre calciné. | OCAB. Sel armoniac.
|
| | Y iv
|
@
| 344 OC | OC
|
| |
|
| OCE'AN, fils de Coelus | le Soleil céleste nous prive
|
| & de Vesta, fut regardé | de sa lumière lorsqu'il se
|
| comme un Dieu & le père | couche. Quand la couleur
|
| des Dieux. Il épousa Té- | blanche se manifeste après
|
| thys, & en eut beaucoup | la noirceur de la matière
|
| d'enfants, les fleuves, les | putréfiée, on l'a appelée
|
| ruisseaux, Protée, Ethra, | Orient, parce qu'il semble
|
| femme d'Atlas, Persé, mère | que le Soleil Hermétique
|
| de Circe, une infinité de | sort alors des ténèbres de la
|
| Nymphes. Quelques An- | nuit.
|
| ciens disaient Océan, fils | OCCULTE. Soleil des
|
| du Ciel & de la Terre. Ho- | Philosophes caché dans le
|
| mère parle beaucoup des | ventre de la magnésie. C'est
|
| fréquents voyages des Dieux | ce Soleil, dit Philalèthe,
|
| chez Océan. Les Philoso- | que nous honorons; parce
|
| phes ont donné le nom d'O- | que sans lui notre arcane ne
|
| céan & de Mer à leur eau | pourrait être dépouillé de
|
| mercurielle, principe des | ses imperfections. Mais ce
|
| Dieux Chimiques & Her- | Soleil n'est pas l'or vulgaire,
|
| métiques. Avec la partie fixe | les Sages seuls le voient, le
|
| de l'oeuvre, elle enfante en | sentent, l'aperçoivent & le
|
| se volatilisant toutes ces | connaissent. Et ce Soleil,
|
| Nymphes qu'on dit être fil- | ajoute-t-il, ne saurait per-
|
| les d'Océan. C'est avec el- | fectionner notre teinture par
|
| les que Saturne, Jupiter & | lui seul; il a besoin du se-
|
| les autres Dieux ont com- | cours de la Lune, qui le
|
| merce, & desquelles nais- | subtilise & le rende volati-
|
| sent les Héros de la Fable, | l, en le purifiant de ses im-
|
| comme on peut le voir dans | puretés. Cette Lune est la
|
| mon Traité des Fables | mère & le champ dans le-
|
| Egypt. & Grecques dévoi- | quel on doit semer notre So-
|
| lées. | leil. Rendre l'occulte mani-
|
| OCCIDENT. Nom | feste, c'est extraire le mer-
|
| que quelques Chimistes ont | cure de sa minière; c'est
|
| donné à la matière de l'oeu- | aussi cuire la matière en pu-
|
| vre en putréfaction. C'est la | tréfaction jusqu'à ce que la
|
| dissolution du Soleil Her- | blancheur, & les autres cou-
|
| métique; on l'appelle Oc- | leurs succédantes se mani-
|
| cident, parce que ce Soleil | festent. Faire le manifeste
|
| perd alors son éclat, comme | occulte & l'occulte manifeste;
|
@
| OC | OD 345
|
| |
|
| ces expressions ne signifient | que qu'ils parlent alors du
|
| autre chose que dissoudre le | temps où cette matière est
|
| fixe dans l'eau mercurielle | en putréfaction. Car le mê-
|
| volatile, pour le volatiliser | me Auteur dit que l'Artiste
|
| ensuite. | la juge telle, parce qu'elle
|
| OCCUPATION. Mé- | est dans un état de mort,
|
| lange du corps parfait avec | comme un cadavre dans son
|
| la matière dont il a été com- | tombeau. C'est pourquoi
|
| posé, par poids & mesure | Morien dit qu'elle a l'odeur
|
| dans un vase convenable, | des cadavres. Raymond
|
| & à un feu philosophique. | Lulle qui s'exprime aussi
|
| OCHEMA. Toute li- | dans ce sens-là, nous aver-
|
| queur ou véhicule, avec le- | tit qu'il succède une odeur
|
| quel on mêle les médica- | si suave à cette mauvaise,
|
| ments. | qu'elle attire tous les oiseaux
|
| OCHRUS, OCHRUM, | des environs sur le haut de
|
| OCHRA. Pois de la petite | la maison: c'est-à-dire, que
| espèce: espèce de légume. | la matière se volatilise après
| | OCOB, OCOP, OTOP. | la putréfaction, & monte
| | Sel armoniac. | au haut du vase, pour se
| | OCYPETE', une des | précipiter ensuite dans la mer
| | Harpies. Voy. Harpies. | des Philosophes.
| | OCYROE'. Nymphe, | OEDIPE, fils de Laïus &
| | fille du Centaure Chyron. | de Jocaste. Son père ayant
| | Voyez Chyron, & les Fa- | appris de l'oracle qu'il mour-
| | bles dévoilées, liv. 3. ch. 7. | rait de la main de son fils,
| | ODEUR. Les Philoso- | le fit exposer afin qu'il périt.
| | phes disent que l'on distin- | Un Berger l'ayant trouvé
| | gue la matière de leur Art à | suspendu par un pied à un
| | son odeur; qu'elle a celle | arbre, le délia, & le porta
| | d'assa-foetida, celle des tom- | au Roi de Corinthe. La
| | beaux & des sépulcres. Mais | Reine, qui n'avait point
| | il ne faut pas l'entendre de | d'enfants, l'adopta & le nour-
| | la matière crue, & considé- | rit. Quand il fut grand, il
| | rée avant sa première pré- | apprit de l'Oracle qu'il au-
| | paration. Nicolas Flamel | rait des nouvelles de ses pa-
| | nous apprend que l'Artiste | rents s'il allait dans la Pho-
| | ne sent pas cette mauvaise | cide. Il se mit en chemin,
| | odeur, à moins qu'il ne brise | & ayant rencontré son père,
| | ses vaisseaux; ce qui indi-* | il le tua sans le connaître.
| |
@
| 346 OE | OE
|
| |
|
| Arrivé à Thèbes, il devina | poursuivait la lance à la main
|
| & donna la solution de l'é- | pour le tuer, s'il ne rempor-
|
| nigme que Sphinx avait pro- | tait pas la victoire suivant
|
| posée; Jocaste qui devait | les conventions. Oenomaus
|
| être la récompense de celui | en avait déjà fait périr plu-
|
| qui résoudrait cette énigme, | sieurs, lorsque Pélops, qui
|
| fut adjugée & mise entre les | n'en fut point intimidé, se
|
| mains d'Oedipe qui l'épousa, | présenta pour entrer en lice.
|
| & en eut deux fils, Ethéo- | Mais il usa de supercherie;
|
| cle & Polynice, avec deux | il gagna Myrtile, cocher
|
| filles, Antigone & Ismene. | d'Oenomaus, & l'engagea à
|
| Oedipe reconnu ensuite ses | faire briser le char de ce
|
| crimes, & se creva les yeux. | Prince, qui périt dans la
|
| Voyez les Fables Egypt. & | chute; & Pélops obtint Hip-
|
| Grecques dévoilées, liv. 3. | podamie. Voyez les Fables
|
| OENE'E, père de Déja- | dévoilées, liv. 6. Fatalité 4.
|
| nire, fut tué par Hercule, | OENOMEL. Vin miellé.
|
| qui épousa sa fille. V. Dé- | OENONE. Nymphe qui
|
| janire. | faisait son séjour sur le Mont-*
|
| OENO, l'une des filles | Ida. Elle se prit d'amour pour
|
| d'Anius, obtint de Bacchus | Pâris dans le temps qu'il
|
| le pouvoir de changer tout | n'était encore que Ber-
|
| ce qu'elle voudrait en blé, | ger, avant qu'il eût adjugé
|
| huile & vin. Voyez les Fa- | la pomme d'or à Vénus.
|
| bles Egypt & Grecq. dé- | Cette Nymphe lui prédit
|
| voilées, liv. 3. chap. 14. | qu'il serait la cause de la
|
| §. 2. | ruine de son pays. Quand
|
| OENOLOEUM. Mélange | Pâris fut blessé au siège de
|
| d'huile & de vin. | Troie, il se fit transporter
|
| OENOMAUS, père | sur le Mont-Ida auprès d'Oe-
|
| d'Hippodamie, ayant ap- | none, & expira entre ses
|
| pris de l'oracle que son gen- | bras. Elle en eut tant de
|
| dre le ferait périr. Pour évi- | chagrin, qu'elle mourut de
|
| ter ce danger & se défaire | douleur. Voyez le livre 6.
|
| de tous ceux qui courtisaient | des Fables Egypt. & Grec-
|
| sa fille, il leur déclara qu'il | ques dévoilées.
|
| ne la donnerait qu'à celui | OENOPION, fils d'A-
|
| qui le vaincrait à la course | riadne & de Thésée. Voyez
|
| du char. L'amant devait pas- | Ariadne.
|
| ser devant, & Oenomaus le | OENOTHERA. Plante
|
@
| OE | OE 347
|
| |
|
| appelée Lysimachia. | munément la matière mê-
|
| OETA. Montagne deve- | me du magistère qui con-
|
| nue célèbre par la mort | tient le mercure, le soufre
|
| d'Hercule, & sa sépulture. | & le sel, comme l'oeuf est
|
| Voyez les Fables Egypt. & | composé du blanc, du jaune
|
| Grecques dévoilées, liv. 5. | & de la pellicule ou la co-
|
| chap. 1. | que qui renferme le tout.
|
| OEUF DES PHILOSO- | Cette matière est appelée
|
| PHES (Sc. Herm.) Un grand | oeuf, parce que rien ne res-
| nombre de Chimistes s'est | semble mieux à la concep-
| | imaginé que les Sages ap- | tion & à l'enfantement de
| | pelaient oeuf des Philoso- | l'enfant dans le ventre de sa
| | phes, le vase dans lequel ils | mère, & à la génération
| | renferment leur matière pour | des poulets, que les opéra-
| | la cuire; & ils lui ont donné | tions du magistère, & de la
| | en conséquence la figure | pierre philosophale; ce qui
| | d'un oeuf; Quoique cette for- | devrait servir de guide aux
| | me soit à la vérité la plus | Artistes, & non les règles
| | propre pour la circulation; | inventées de la Chimie vul-
| | ce n'est point là l'idée ni le | gaire, qui détruit tout, au
| | sens des Sages; ils ont en- | lieu d'édifier.
| | tendu par les termes d'oeufs | Raymond Lulle dit que
| | des Philosophes, non le con- | la matière de l'oeuvre s'ac-
| | tenant, mais le contenu, qui | cumule en forme d'oeuf,
| | est proprement le vase de la | lorsqu'elle se fixe: c'est pour-
| | Nature, & cela même pen- | quoi on lui a donné le nom
| | dant la putréfaction; parce | oeuf, lorsqu'elle est parvenue
| | que le poulet philosophique | à la blancheur; quelques-*
| | y est renfermé, & que le | uns pendant qu'elle est en
| | feu interne de la matière ex- | putréfaction.
| | cité par le feu extérieur, | OEUVRE. Les Philoso-
| | comme le feu interne de | phes comptent plusieurs oeu-
| | l'oeuf excité par la chaleur | vres, quoiqu'il n'y en ait pro-
| | de la poule, se ranime peu | prement qu'une, mais divi-
| | à peu, & donne la vie à la | sée en trois parties. La pre-
| | matière dont il est l'âme, | mière qu'ils appellent oeuvre
| | d'où naît enfin l'enfant phi- | simple, est la médecine du
| | losophique, qui doit enrichir | premier ordre, ou la pré-
| | & perfectionner ses frères. | paration de la matière qui
| | Oeuf signifie plus com-* | précède la parfaite prépa-
| |
@
| 348 OE | OE
|
| |
|
| ration, c'est l'oeuvre de la | renfermé dans ces quatre
|
| Nature. | nombres 448. 344. 256.
|
| La seconde partie appe- | 224. qu'il est même impos-
|
| lée oeuvre moyenne, est la | sible de réussir sans la con-
|
| préparation parfaite, la mé- | naissance de ces nombres.
|
| decine du second ordre, l'é- | Je les ai mis ici pour la sa-
|
| lixir & l'oeuvre de l'Art. | tisfaction de ceux qui vou-
|
| La troisième est la mul- | dront se donner la peine d'en
|
| tiplication, & l'oeuvre de | chercher l'explication.
|
| l'Art & de la Nature. | Toutes ces opérations
|
| La première préparation | composent proprement ce
|
| purge, mondifie les corps | qu'on appelle le grand oeu-
|
| & les teint en apparence; | vre, l'oeuvre des Sages. Ainsi
|
| mais sa teinture n'est pas per- | nommé de son excellence
|
| manente à la coupelle. | par dessus toutes les autres
|
| La seconde opération, ou | productions de l'Art. Mo-
|
| médecine du second ordre, | rien dit que c'est le secret des
|
| mondifie & teint les corps | secrets que Dieu a révélé
|
| d'une teinture permanente, | aux saints Prophètes, dont
|
| mais sans beaucoup de pro- | il a mis les âmes dans son
|
| fit. | saint Paradis.
|
| La médecine du troisième | Le grand oeuvre tient donc
|
| ordre est proprement le | le premier rang entre les bel-
|
| grand oeuvre. Il demande | les choses; la nature sans l'art
|
| plus de sagacité & d'indus- | ne peut le faire, & l'art sans
|
| trie, & teint parfaitement | la nature l'entreprendrait en
|
| les corps avec beaucoup de | vain. C'est le chef-d'oeuvre
|
| profit, parce qu'un grain | qui borne la puissance des
|
| seul convertit en or ou ar- | deux; ses effets sont si mira-
|
| gent des millions de grains | culeux que la santé qu'il pro-
|
| des métaux imparfaits. Phi- | cure & conserve, la perfec-
|
| lalèthe assure qu'il a expli- | tion qu'il donne à tous les
|
| qué fort clairement tout l'oeu- | composés de la nature, &
|
| vre & son régime dans son | les grandes richesses qu'il
|
| ouvrage, qui a pour titre: | produit, ne sont pas ses plus
|
| Enarratio methodica Trium | hautes merveilles. S'il puri-
|
| Gebri medicinarum seu de | fie les corps, il éclaire les
|
| vera confectione lapidis Phi- | esprits; s'il porte les mixtes
|
| losophici; & ajoute à la fin | au plus haut point de leur
|
| de cet ouvrage que tout est | perfection, il élève l'enten-
|
@
| OE | OE 349
|
| |
|
| dement aux plus hautes con- | couleur blanche succède à la
|
| naissances. Plusieurs Philo- | noire, il sort des ténèbres du
|
| sophes y ont reconnu un | tombeau, & ressuscite glo-
|
| symbole parfait des mystè- | rieux; il monte au ciel, tout
|
| res de la Religion Chré- | quintessencié; de là, dit Rai-
|
| tienne; ils l'ont appelé le | mond Lulle, il vient juger
|
| Sauveur de l'humanité & de | les vivants & les morts, &
|
| tous les êtres du grand mon- | récompenser chacun selon
|
| de, par la raison que la mé- | ses oeuvres; c'est-à-dire, que
|
| decine universelle, qui en | les bons Artistes, les Philo-
|
| est le résultat, guérit tou- | sophes, connaissent par les
|
| tes les maladies des trois | effets, qu'ils ont bien opéré,
|
| règnes de la nature; qu'il | & cueillent les fruits de leurs
|
| purge tous les mixtes de leurs | travaux, pendant que les
|
| taches originelles, & répare | souffleurs ne trouvent que
|
| par sa vertu le désordre de | cendres & poussières, & sont
|
| leur tempérament. Com- | condamnés au feu perpétuel
|
| posé de trois principes purs | de leurs fourneaux, sans pou-
|
| & homogènes, pour ne cons- | voir jamais réussir. Raimond
|
| tituer qu'une substance très | Lulle ajoute que l'élixir a la
|
| supérieure à tous les corps, | puissance de chasser les dé-
|
| il devient le symbole de la | mons, parce qu'ils sont en-
|
| Trinité; & les adeptes disent | nemis de l'ordre, du concert
|
| que c'est de là qu'Hermès en | & de l'harmonie, & qu'il
|
| a parlé dans son Pymandre, | remet les principes des cho-
|
| comme l'aurait fait un Chré- | ses dans un accord parfait;
|
| tien. Leur élixir est originai- | c'est en rétablissant cet ac-
|
| rement une partie de l'esprit | cord, qu'il remet l'équilibre
|
| universel du monde, corpo- | dans les humeurs du corps
|
| rifié dans une terre vierge, | humain, & qu'il en guérit
|
| d'où il doit être extrait pour | les maladies.
|
| passer par toutes les opéra- | Toutes ces merveilles qui
|
| tions requises avant d'arriver | ont charmé le coeur des Phi-
|
| à son terme de gloire & de | losophes, en éclairant leur
|
| perfection immuable. Dans | esprit sur les plus obscurs &
|
| la première préparation il | les plus mystérieux secrets
|
| est tourmenté, comme le dit | de la nature, ont irrité l'es-
|
| Basile Valentin, jusqu'à ver- | prit des ignorants, qui ne ju-
|
| ser son sang; dans la putré- | gent de tout que par les sens.
|
| faction il meurt; quand la | Ils ont en conséquence a-
|
@
| 350 OE | OE
|
| |
|
| boyé contre ce trésor, dont | à le cacher, & qu'ils l'ont
|
| ils ne pouvaient avoir la | appelé en même temps un
|
| possession, & ont fait passer | amusement de femmes, &
|
| le grand oeuvre pour une | un jeu d'enfants. Lorsqu'ils
|
| savante chimère, une rê- | ont dit que c'était un ou-
|
| verie, une illusion. Ils ne | vrage de femmes, souvent
|
| peuvent comprendre qu'une | ils ont fait allusion à la con-
|
| substance élémentaire puisse | ception de l'homme dans le
|
| guérir toutes sortes de maux, | ventre de sa mère; parce que
|
| quelque incurables que les | suivant Morien, l'ouvrage
|
| Médecins ordinaires les | de la pierre est semblable à
|
| aient déclarés; ils ne sau- | la création de l'homme: pre-
|
| raient se persuader qu'elle | mièrement, il faut la con-
|
| puisse agir sur tous les corps | jonction du mâle & de la
|
| d'une manière si étonnante, | femelle; en second lieu, la
|
| que du cristal elle fasse des | conception, puis la naissan-
|
| diamants, du plomb elle fasse | ce, enfin la nourriture & l'é-
|
| de l'or; & accusent les Phi- | ducation.
|
| losophes d'impostures, lors- | Le grand oeuvre est aussi
|
| qu'ils assurent qu'ils l'ont fait, | appelé mer orageuse, sur la-
|
| & qu'ils en ont fait les expé- | quelle ceux qui s'embar-
|
| riences. Heureusement pour | quent sont exposés perpé-
|
| les Philosophes, des gens | tuellement à faire naufrage,
|
| savants, bien reconnus pour | & cela à cause des grandes
|
| tels, comme sont Becher, | difficultés qui se rencontrent
|
| Stahl, Kunkel, Borrichius, | pour réussir parfaitement.
|
| & tant d'autres, ont pris la | On peut voir ces difficultés
|
| défense du grand oeuvre, & | dans le Traité de Theobal-
|
| en ont soutenu la réalité & | dus de Hocelande, & dans
|
| l'existence. Il n'est pas né- | le Traité de l'or de Pic de
|
| cessaire, après ce qu'ils en | la Mirandole.
|
| ont dit, d'en faire l'apologie. | OISEAU. Les Philo-
|
| On peut voir le Discours | sophes ont pris assez ordi-
|
| préliminaire qui se trouve à | nairement les oiseaux pour
|
| la tête des Fables Egyptien- | symbole des parties volatiles
|
| nes & Grecques dévoilées. | de la matière du grand oeu-
|
| Il faut que le grand oeu- | vre, & ont donné divers
|
| vre soit une chose bien aisée | noms d'oiseaux à leur mer-
|
| à faire, puisque les Philoso- | cure: tantôt c'est un aigle,
|
| phes se sont tant appliqués | tantôt un oison, un corbeau,
|
@
| OI | OI 351
|
| |
|
| un cygne, un paon, un phé- | paon, à cause des mêmes
|
| nix, un pélican; & tous ces | couleurs qui se font admirer
|
| noms conviennent à la ma- | sur la queue de cet animal.
|
| tière de l'Art, suivant les | Vient ensuite la blancheur,
|
| différences de couleur ou | qui ne pouvait être mieux
|
| d'état qu'elle éprouve dans | exprimée que par le cygne.
|
| le cours des opérations. Les | La rougeur de pavot qui suc-
|
| Philosophes ont de même eu | cède, a donné lieu d'imagi-
|
| égard dans ces dénomina- | ner le phénix, qu'on dit être
|
| tions, aux caractères des oi- | rouge, parce que son nom
|
| seaux dont ils ont emprunté | même exprime cette cou-
|
| les noms, pour en faire l'ap- | leur. Ainsi chaque Philoso-
|
| plication métaphorique à leur | phe a emprunté des oiseaux
|
| matière. Quand ils ont vou- | qu'il connaissait, les noms
|
| lu désigner la volatilité & | qu'il a cru convenir à ce qu'il
|
| l'action du mercure dissol- | voulait exprimer. C'est pour-
|
| vant sur la partie fixe, ils | quoi les Egyptiens avaient
|
| l'ont appelé aigle, vautour, | introduit dans leurs hiérogly-
|
| parce que ce sont des oiseaux | phes les deux sortes d'Ibis,
|
| forts & carnassiers. Tel est | noire & blanche, qui dévo-
|
| celui que la Fable dit avoir | raient les serpents, & en pur-
|
| rongé le foie de l'infortuné | geaient le pays. On voit une
|
| Prométhée. C'est l'aigle qui | quantité d'exemples de ces
|
| doit combattre le lion, sui- | allégories dans les Fables
|
| vant Basile Valentin & les | Egyptiennes & Grecques
|
| autres Adeptes. La putré- | dévoilées.
|
| faction est exprimée par ce | OISEAU D'HERME'S.
|
| combat, auquel succède la | Mercure des Philosophes.
|
| mort des deux adversaires. | OISEAU sans ailes. Sou-
|
| La noirceur étant une suite | fre des Sages. Senior a pris
|
| de la putréfaction, ils ont | pour symbole des matières
|
| dit que des corps des deux | volatile & fixe de l'Art, deux
|
| combattants il naissait un cor- | oiseaux qui se battent, l'un
|
| beau; tant parce que cet oi- | ayant des ailes, placé dessus
|
| seau est noir, que parce qu'il | un qui n'en a pas; l'un &
|
| se repaît de corps morts. A | l'autre se tiennent par la
|
| la noirceur succèdent les cou- | queue, & celui qui a des ai-
|
| leurs variées de l'arc-en-ciel. | les développées, semble
|
| On a dit en conséquence que | vouloir enlever l'autre, qui
|
| le corbeau était changé en | semble faire tous ses efforts
|
@
| 352 OL | OL
|
| |
|
| pour ne pas perdre terre. | geâtre.
|
| Oiseau DES SAGES. | OLIVE. Magistère au
|
| Mercure philosophique. | rouge. Quelques-uns l'ont
|
| Oiseau DORE'. Ma- | nommé Olive perpétuelle.
|
| gistère avant sa fixation; ainsi | OLIVIER. Arbre con-
|
| nommé, de ce qu'il contient | sacré à Pallas, parce qu'on
|
| les principes de l'or, & qu'il | dit qu'elle le fit sortir de terre
|
| est volatil. | en la frappant, & qu'à cause
|
| Oiseau VERT. Matière | de l'utilité de son fruit, l'A-
|
| de l'oeuvre avant sa prépa- | réopage décida en faveur de
|
| ration. | Minerve qu'elle aurait la
|
| OISON D'HERMO- | préférence sur Neptune, pour
|
| GENE. Dissolvant des Phi- | nommer la ville d'Athènes.
| losophes, que le Trévisan a | Voyez Minerve.
| | nommé le Portier du Palais | OLLUS. Matière au
| | du Roi. | noir.
| | L'Oison était consacré à | OLUS ATRUM. Plante
| | Junon, par la raison qu'elle | appelée grande hache.
| | est le symbole de l'humidité | OLYMPE. Montagne
| | mercurielle, de laquelle est | de Thessalie, dont le sommet
| | formé ce dissolvant. | se perd dans les nues. Les
| | OLEANDER. Rosace, | Poètes l'ont prise pour le
| | laurier-rose. | Ciel, & ont dit que les Dieux
| | OLEUM ARDENS. | y faisaient leur séjour. Voyez
| | Huile de tartre rectifié. | les Fables dévoilées.
| | Oleum COLCHO- | OLYMPIQUES (Jeux.)
| | THARINUM. Huile rouge | Voyez Jeux.
| de vitriol. | OMBRE. Les Philoso-
| | Oleum PALESTRINUM. | phes ont appelé Ombre du
| | Vinaigre. | Soleil les parties hétérogè-
| | Oleum VITRIOLI | nes & impures avec lesquel-
| | AURIFICATUM. Huile | les le grain fixe de l'or chi-
| de vitriol édulcoré avec l'or. | mique est mêlé, & desquel-
| | C'est proprement l'huile in- | les il faut le séparer. Ils ont
| | combustible des Philoso- | donné le même nom à leur
| | phes. | saturnie végétable, à leur
| | Oleum TERRAE. Es- | lune, leur électre.
| | pèce d'huile Pétrole, mais | Ombres CIMME-
| | d'une odeur plus gracieuse, | RIENNES. Couleur noire
| | & d'une couleur un peu rou-* | de la matière dans le temps de
| | | sa
| | | |
@
| OM | ON 353
|
| |
|
| sa putréfaction. C'est la mê- | mercure, quoiqu'animé de
|
| me chose que la voile noire | la valeur & de la force d'Her-
|
| du vaisseau de Thésée à son | cule, n'en était pas moins
|
| retour de Crète. La Fable | eau mercurielle.
|
| donne aussi le même nom | ONAGRA. Plante con-
|
| d'Ombre aux parties volatiles | nue sous le nom de Lysi-
|
| qui circulent dans le vase, & | machia. Les Anciens lui don-
|
| les a exprimées par les Om- | nèrent les noms Onagra, &
|
| bres qui errent le long du | Onothera, de ce qu'ils
|
| fleuve Cocyte. Voyez En- | croyaient qu'elle avait la
|
| fer, Champs Elysées. | vertu d'amollir la force des
|
| OMPHALE, selon la | ânes, quand on les frappait
|
| Fable, était Reine des Ly- | avec cette plante.
|
| diens. Hercule devint amou- | ONITIS. Espèce d'o-
|
| reux d'elle, jusqu'à faire la | rigan, qui a sans doute pris
|
| folie de se vêtir de ses habits, | le nom Onitis, de ce que les
|
| de prendre sa quenouille & | ânes en mangent volontiers,
|
| de filer, sans néanmoins que | & préférablement à beau-
|
| cet amour rabattît rien de | coup d'autres plantes.
|
| son courage, dont il donna | ONOBRYCHIS. Sain-
|
| des preuves dans le combat | foin.
|
| où il vainquit Cercopas. Les | ONOLOSAT. Poids
|
| Alchimistes disent qu'Om- | d'une obole, ou demi-scru-
|
| phale est leur terre, dont | pule.
|
| Hercule, ou leur mercure, | OPAS. Surnom de Vul-
|
| est amoureux, jusqu'à deve- | cain.
|
| nir, dans l'opération, une | OPHIRISI. Mercure
|
| même chose avec elle, & | animé des Philosophes.
|
| que Cercopas signifie les par- | OPOBALSAMUM.
|
| ties hétérogènes qu'il sépare, | Baume liquide, ou Huile de
|
| & purifie par sa puissance & | noix muscade.
|
| son activité. Les Philosophes | OPOCHRISMA. On-
|
| ayant coutume de prendre | guent, ou Baume sympathi-
|
| des femmes pour symbole | que, qui guérit les plaies en
|
| de leur eau mercurielle, il | en frottant seulement l'arme
|
| fallait nécessairement dans | qui l'a faite. On l'appelle
|
| cette circonstance, feindre | aussi Unguentum armarium.
|
| qu'Hercule avait pris les ha- | OPRIMETHIOLIM.
|
| bits d'Omphale, & avait fait | Esprit minéral qui concourt
|
| son ouvrage; parce que ce | à la formation des métaux &
|
@
| 354 OP | OR
|
| |
|
| des minéraux. | plus proprement le nom Or
|
| OPS, fille du Ciel & de | vif, lorsqu'elle est devenue
|
| Vesta, soeur & femme de | soufre des Philosophes, ou
|
| Saturne, fut adorée sous le | magistère au rouge, ou mi-
|
| nom de Cybèle, & était re- | nière de feu.
|
| gardée comme la Déesse des | Or E'THE'ES. Or philo-
|
| richesses; parce qu'étant la | sophique.
|
| terre philosophique, elle est | Or ALTERE'. C'est l'or
|
| en effet la base de l'oeuvre | vif des Sages.
|
| hermétique, source des ri- | Or BLANC. Magistère
|
| chesses comme de la santé. | des Philosophes parvenu à
|
| En qualité de femme, on | la blancheur. Ils lui ont don-
|
| la prend pour l'argent-vif. | né ce nom, à cause de sa
|
| OR, le plus pur & le | blancheur, & que de lui naît
|
| plus parfait de tous les mé- | l'or jaune & rouge, c'est-à-*
|
| taux, a été appelé par les | dire la pierre au rouge par-
|
| Adeptes, Soleil, Apollon, | fait, qui est leur véritable or,
|
| Phoebus, & de divers autres | leur soleil, leur ferment, leur
|
| noms, particulièrement lors- | fumée rouge.
|
| qu'ils ont considéré ce métal | Or EN ESPRIT. C'est
|
| comme philosophique. L'or | l'or des Sages réduit à sa pre-
|
| qui sert à faire les monnaies, | mière matière, qu'ils appel-
|
| les vases & les autres choses | lent réincrudé, & volatilisé
|
| en usage dans la société ci- | par leur mercure.
|
| vile, est appelé Or mort, | Or DES PHILOSOPHES.
|
| pris respectivement à celui | Lorsqu'ils disent prenez l'or,
|
| qui est la base de l'oeuvre; | ils n'entendent pas l'or vul-
|
| parce que les Philosophes | gaire; mais la matière fixe
|
| disent que tous les métaux | de l'oeuvre dans laquelle leur
|
| qui ont souffert la fusion ont | or vif est caché & comme
|
| perdu la vie par la tyrannie | en prison. Ainsi leur or à
|
| du feu. Leur or vif est ce | 24 carats est leur or pur &
|
| grain fixe, principe de fixité, | sans mélange de parties hé-
|
| qui anime le mercure des | térogènes.
|
| Sages & la matière de la | Or VOLATIL. Or ful-
|
| pierre, c'est-à-dire l'humide | minant. Crollius.
|
| radical des métaux, la por- | Or DU CORAIL. Ma-
|
| tion la plus digérée de la va- | tière fixe au rouge.
|
| peur onctueuse & minérale | Or DE GOMME. Ma-
|
| qui les forme. Mais elle prend | tière fixe des Philosophes.
|
@
| OR | OR 355
|
| |
|
| Or EXALTE', \ Poudre | moyen fixer ensuite le vo-
|
| Or MULTIPLIE', > de pro-* | latil. L'or se détruit par une
|
| Or SUBLIME', / jection. | eau qui est de sa nature, &
|
| Or VIVIFIE'. C'est l'or | non par aucun autre dissol-
|
| réincrudé, & volatilisé. | vant, parce que toutes cho-
|
| Or DE L'ALCHIMIE. | ses se réduisent à leurs pre-
|
| Soufre des Philosophes. | miers principes par leurs
|
| Or FEUILLE'. Soufre | principes mêmes. Toute au-
|
| des Sages en dissolution. | tre dissolution est violente &
|
| Or BLANCHI. Voyez | contre nature; c'est plutôt
|
| Fumée Blanche. | une séparation, une division
|
| Or & argent à l'égard de | des parties du corps, qu'une
|
| la pierre. Ce sont les deux | véritable dissolution. Il faut
|
| ferments pour le blanc & | que cette dissolution soit vraie
|
| pour le rouge. Ces deux | & radicale, pour qu'elle
|
| métaux ne sont qu'un argent | puisse être un acheminement
|
| vif congelé, digéré & cuit | à une nouvelle génération.
|
| par le feu de leur propre sou- | Ceux qui veulent réussir dans
|
| fre. L'or vulgaire, le plus | l'Art Hermétique, doivent
|
| parfait de tous les métaux, | donc bien prendre garde à
|
| ne peut comme tel être por- | ne pas prendre un dissolvant
|
| té par l'Art à un degré plus | d'une nature qui ne soit pas
|
| haut; mais lorsqu'il est réduit | de nature métallique; car
|
| en sa première matière par | s'ils ne se fixent pas à la se-
|
| une voie secrète & philoso- | mence même des métaux,
|
| phique, l'Art, dit Philalè- | extraite de sa minière, ils
|
| the, peut alors l'élever à une | ne réussiront jamais.
|
| perfection beaucoup plus | ORE'ADES. Nymphes
|
| étendue que celle qu'il avait | des montagnes.
|
| reçu de la nature. De mort | OREPIS. Vapeur brû-
|
| qu'il était avant sa réincru- | lante du tartre. Planiscampi.
|
| dation, il devient vivant au | ORESTE, fils d'A-
|
| moyen du mercure des Sa- | gamemnon & de Clytem-
|
| ges, qui étant vivant, le | nestre, quitta la maison pa-
|
| ressuscite. C'est pourquoi les | ternelle dès le bas âge, pour
|
| Philosophes disent qu'il faut | se soustraire aux embûches
|
| ressusciter le mort, & faire | qu'Egyste, amant de Cly-
|
| mourir le vivant; c'est-à-* | temnestre, lui tendait, après
|
| dire, dissoudre, putréfier & | avoir fait périr son père Aga-
|
| volatiliser le fixe, & par son | memnon. Quand Oreste fut
|
| | Z ij
|
@
| 356 OR | OR
|
| |
|
| parvenu à un certain age, il | Oreste soutenait qu'il était
|
| fut secrètement retrouver sa | lui-même Oreste. Enfin
|
| soeur Electre, & concertè- | Thoas Roi du Pays, fit livrer
|
| rent entr'eux les moyens de | Oreste entre les mains d'I-
|
| se venger du meurtrier de | phigénie, qui le reconnut
|
| leur père. Ils prirent si bien | pour son frère. Ayant appris
|
| leurs mesures, qu'ils firent | le sujet du voyage d'Oreste,
|
| périr Egyste & Clytemnes- | elle enleva elle-même la
|
| tre dans le Temple, où ils | statue de Diane, dont elle
|
| sacrifiaient. Oreste tua en- | était Prêtresse, & ils s'en-
|
| suite Pyrrhus, fils d'Achille, | fuirent avec, après avoir tué
|
| qui lui avait enlevé Her- | Thoas. De retour à Athè-
|
| mione. Il se sentit après cela | nes, Oreste y fit les expia-
|
| saisi d'une fureur ou d'une | tions requises pour ses meur-
|
| manie, qui ne lui donnait | tres, & revint dans son bon
|
| presque aucun moment de | sens. Il mourut ensuite de la
|
| relâche; de manière qu'il | morsure d'un serpent. Voyez
|
| courait les pays errant çà & | l'explication de cette fiction
|
| là comme un vagabond. | dans les Fables Egyptiennes
|
| L'Oracle consulté là-dessus, | & Grecques dévoilées, Liv.
|
| répondit que pour être déli- | 3. ch. 14. §. 4.
|
| vré de cette fureur, il fallait | ORGIES. Fêtes célè-
|
| qu'il se transportât dans la | bres anciennement en l'hon-
|
| Tauride, & y enlevât la | neur de Bacchus. Voyez les
|
| statue de Diane du Temple | Fables Egyptiennes & Grec-
|
| où elle y était révérée. Il | ques dévoilées, Livre 4.
|
| prit avec lui Pylade son in- | chap. 1.
|
| time ami, qui l'y accompa- | ORIENT. Mercure
|
| gna. A peine y furent-ils | des Philosophes. Quelques
|
| arrivés, qu'ils furent arrêtés | Chimistes ont donné le nom
|
| & mis en prison, pour être | Orient à l'urine. Mais sou-
|
| sacrifiés à Diane, que l'on | vent les Adeptes entendent
|
| croyait se rendre propice par | par ce terme la couleur blan-
|
| l'effusion du sang des étran- | che qui succède à la noire,
|
| gers. Comme un des deux | par allusion à l'orient, où se
|
| devait être conservé, & que | lève le Soleil quand il sort
|
| le sort de mort était tombé | des ténèbres de la nuit.
|
| sur Oreste, quand on de- | ORION eut pour pères
|
| mandait celui-ci pour le sa- | Jupiter, Neptune & Mer-
|
| crifier, Pylade se présentait, | cure. Ces trois Dieux voya-
|
@
| OR | OR 357
|
| |
|
| geant sur la terre, logèrent | vés chez Phinée, ils le dé-
|
| chez Hyréius, qui leur fit la | barrassèrent des Harpies,
|
| meilleure chère qu'il put. Ils | qui le tourmentaient perpé-
|
| lui demandèrent ce qu'il vou- | tuellement, & infectaient
|
| drait pour récompense, & | toutes les viandes qu'on lui
|
| lui promirent de le lui ac- | servait. Voyez Calaïs.
|
| corder. Il leur répondit qu'il | ORIZEUM. Or.
|
| ne souhaitait rien tant au | ORIZEUM FOLIA-
|
| monde que d'avoir un fils. | TUM. Or en feuilles; c'est
|
| Peu de temps après ils lui | l'or philosophique en disso-
|
| procurèrent un fils de la ma- | lution.
|
| nière dont le racontent les | ORIZEUM PRAECIPI-
|
| Fables. Ce fils, nommé | TATUM. Or en safran.
|
| Orion, s'adonna beaucoup | ORIZONTIS. Teinture
|
| à la chasse, & mourut en- | d'or.
|
| fin d'une flèche que lui dé- | ORNUS. Frêne sauva-
|
| cocha Diane, suivant le té- | ge.
|
| moignage d'Homère. Orion | OROBO. Verre des mé-
|
| est le symbole de l'enfant | taux.
|
| philosophique, né de Jupi- | OROGAMO. Or, se-
|
| ter, ou de la matière par- | lon Rulland.
|
| venue à la couleur grise; de | ORPHE'E, fils d'Apol-
|
| Neptune, ou de la mer des | lon & de la Nymphe Cal-
|
| Philosophes, & du Mercure | liope; selon quelques-uns,
|
| des Sages. La chasse à la- | fils d'Oeagre & de Polymi-
|
| quelle il s'adonne, est la vo- | ne, père de Musée, & dis-
|
| latilisation de la matière; & | ciple de Linus. Mercure fit
|
| la mort que Diane lui donne, | présent à Orphée de la lyre,
|
| est la fixation d'Orion, ou | dont il jouait avec tant de
|
| de la matière volatilisée, & | perfection, que les fleuves
|
| qui se fait quand la couleur | s'arrêtaient dans leur course
|
| blanche, appelée Diane, | pour l'entendre; les rochers
|
| paraît. | s'animaient, & le suivaient;
|
| ORITHYE, fille d'E- | les tigres & les autres ani-
|
| recthée, fut enlevée par Bo- | maux féroces s'apprivoi-
|
| rée, & de leur commerce | saient, toute la Nature de-
|
| naquirent Calaïs & Zéthus, | venait sensible au son de la
|
| qui accompagnèrent Jason à | lyre d'Orphée.
|
| la conquête de la Toison | Il se perfectionna dans les
|
| d'or. Quand ils furent arri-* | sciences par la fréquentation
|
| | Z iij
|
@
| 358 OR | OR
|
| |
|
| des Prêtres d'Egypte, qui | les autres femmes; & les
|
| lui dévoilèrent tous les mys- | Bacchantes pour s'en ven-
|
| tères d'Isis & d'Osiris qui | ger, le mirent en pièces.
|
| leur étaient confiés, & il en | Voyez les Fables Egypt. &
|
| rapporta les fables & les so- | Grecq. dévoilées, liv. 3.
|
| lennités qui furent adoptées | ORPHNE'. Nom d'un
|
| dans la Grèce. Mais Orphée | des chevaux qui traînaient
|
| en communiquant à son pays | le char de Pluton. Voyez
|
| les connaissances qu'il avait | Abaster.
|
| acquises en Egypte, il s'ac- | ORPIMENT. Soufre des
|
| commoda aux notions de ses | Philosophes caché dans leur
|
| compatriotes, & s'y rendit | mercure, pris pour la se-
|
| respectable en leur persua- | mence masculine & agente.
|
| dant qu'il avait découvert | Ils entendent souvent sous
|
| les secrets des Dieux & de | le nom d'orpiment le soufre
|
| la Nature, avec l'art de gué- | philosophique parfait, c'est-*
|
| rir les malades. | à-dire, la pierre au blanc
|
| Il épousa Eurydice, & | ou au rouge; quelquefois la
|
| l'aima si passionnément, que | matière même du magistère
|
| la mort la lui ayant enlevée, | avant sa préparation, com-
|
| il fut la chercher dans les | me on peut le voir dans l'ar-
|
| Enfers. Pluton & Proserpine | ticle arsenic.
|
| se laissèrent toucher aux ten- | ORUS, fils d'Isis & d'O-
|
| dres sons de la lyre d'Or- | siris, selon les Egyptiens,
|
| phée, & lui permirent d'em- | Diodore dit qu'Orus ayant
|
| mener avec lui sa chère Eu- | été tué par les Titans, Iris
|
| rydice dans le séjour des vi- | l'avait ressuscité & rendu im-
|
| vants; mais à condition qu'el- | mortel. Orus, selon les An-
|
| le le suivrait, & qu'il ne | ciens, n'était autre qu'A-
|
| tournerait pas la tête jusqu'à | pollon: sa mère Isis lui avait
|
| ce qu'elle fût arrivée sur la | appris l'art de deviner & de
|
| terre. Orphée n'eut pas assez | guérir toutes les maladies.
|
| de patience, & son amour | Cet Orus, selon les Philo-
|
| ne lui permit pas d'être privé | sophes Hermétiques, comme
|
| si longtemps de la vue de | le dit Michel Majer dans son
|
| son épouse; il regarda der- | Arcana arcanissima, est cet
|
| rière lui; Eurydice lui fut | enfant philosophique né de
|
| enlevée de nouveau, & il | Gabritius son père & de Beia
|
| la perdit pour toujours. Or- | sa mère, ou si l'on veut d'I-
|
| phée méprisa ensuite toutes | sis & d'Osiris, de Jupiter
|
@
| OS | OS 359
|
| |
|
| & de Latone, le trésor des | le même que Bacchus chez
|
| Egyptiens, pour l'amour du- | les Grecs, & qu'Adonis chez
|
| quel ses aïeux entreprirent | les Phéniciens.
|
| tant de voyages & de tra- | Les Philosophes Hermé-
|
| vaux, & par le moyen du- | tiques disent qu'il faut en-
|
| quel les hommes font de si | tendre toutes les fables des
|
| grands prodiges. C'est en | Egyptiens dans un sens bien
|
| deux mots l'or philosophi- | différent de celui qu'elles
|
| que, & la médecine univer- | présentent d'abord à l'esprit.
|
| selle. V. les Fables Egypt. | Ils n'avaient inventé tous ces
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 1. | noms & ces fables, que pour
|
| chap. 5. | cacher au vulgaire le secret
|
| OSATIS. Guède, Pas- | de la véritable manière de
|
| tel. | faire de l'or & la médecine
|
| OSCIEUM. Plante ap- | universelle. Isis & Osiris
|
| pelée Ache. | sont donc la vraie matière
|
| OSIRIS. Dieu des Egyp- | de cet Art mystérieux; cette
|
| tiens, fils de Saturne, épou- | matière est androgyne; ils
|
| sa sa soeur Isis, & se rendit | l'appellent aussi la lune &
|
| recommandable aux peuples | le Soleil, le soufre & le mer-
|
| sur lesquels il régnait, par | cure, le frère & la soeur, &c.
|
| des bienfaits sans nombre. Il | En comparant l'oeuvre à la
|
| fit un voyage dans les In- | conception des animaux,
|
| des, pour apprendre aux | qui ne peut se faire sans la
|
| habitants de ces contrées l'art | jonction du mâle & de la
|
| de cultiver la terre. A son | femelle; il se trouve dans
|
| retour Typhon son frère le | leur matière rebis, l'agent &
|
| fit périr, & coupa son corps | le patient, d'où naît enfin un
|
| en morceaux. Isis ramassa | fils plus beau, plus puissant
|
| les membres dispersés, les | que ses parents; c'est-à-dire
|
| enferma séparément dans | l'élixir, & l'or qui a la pro-
|
| différents cercueils, & les | priété de transmuer les au-
|
| donna en garde aux Prêtres | tres métaux en or, ce que
|
| du pays, instruits par Mer- | n'aurait pu faire la matière
|
| cure, & leur défendit sous | avant sa préparation. Mich.
|
| peine de la vie de divulguer | Majer.
|
| le lieu de la sépulture d'O- | On lui avait donné ce
|
| siris. | nom d'Osiris, parce qu'il
|
| Osiris était chez les Egyp- | signifie feu caché, principe
|
| tiens le symbole du Soleil, | actif & vivifiant de la Na-
|
| | Z iv
|
@
| 360 OS | OT OU
|
| |
|
| ture. C'est pourquoi on le | OTAP. Sel armoniac
|
| disait être le même que le | rougi par l'eau de Colcho-
|
| Soleil, à cause du principe | tar.
|
| de chaleur & de vie que cet | OTER. Lorsque les Phi-
|
| astre répand dans tous les | losophes disent qu'il faut ôter
|
| êtres de l'Univers. La vie | ou mettre, ils n'entendent
|
| fabuleuse d'Osiris est une | pas qu'il faille diminuer ou
|
| allégorie des opérations re- | ajouter quelque chose dans
|
| quises de la Philosophie Her- | le vase; mais seulement qu'il
|
| métique, & une exposition | faut continuer à cuire la ma-
|
| de tout ce qui se passe dans | tière, parce qu'elle se dis-
|
| le cours de ces opérations. | sout, elle se purifie, se pu-
|
| Voyez les Fictions Egypt. | tréfie, se congèle, se coa-
|
| & Grecques dévoilées, li- | gule, se noircit, se blanchit
|
| vre 1 chap. 2. & 3. | & fait toutes ses opérations
|
| OSEMUTUM. Fil de | d'elle-même, sans que l'Ar-
|
| fer. | tiste y mette la main.
|
| OSMUNDA. Espèce de | OTHAN. Mercure des
|
| fougère appelée Fougère | Philosophes.
|
| royale. | OTHUS & EPHIAL-
|
| OSOROR. Opium. | TE, Géants, fils de Nep-
|
| OSSA. Montagne de | tune & d'Iphidamie, femme
|
| Thessalie, que la Fable dit | d'Aloeus. Les Poètes ont
|
| avoir autrefois fait partie du | feint qu'en neuf ans ces deux
|
| Mont-Olympe, & qu'Her- | Géants avaient cru de la gran-
|
| cule l'en sépara pour donner | deur & de la largeur de neuf
|
| passage au fleuve Pénée. Le | journaux de terrein. Ils fu-
|
| Mont-Ossa était le lieu où | rent assez téméraires pour
|
| les Centaures & les Géants | combattre les Dieux, Apol-
|
| faisaient leur séjour. Voyez | lon les fit périr à coups de
|
| les Fables Egypt. & Grec- | flèches. Homère, liv. II.
|
| ques dévoilées. | de son Odyssée. Voyez les
|
| OSSAPARALELLI. | Fables Egypt. & Grecques
|
| Spécifique pour la goutte. | dévoilées, liv. 3. chap. 7.
|
| Planiscampi. | & 13.
|
| OSTRUTIUM, ou AS- | OUBELCORE. Cucur-
|
| TRANTEA, ou MAGIS- | bite.
| TRANTIA. Impératoire. | OUVRAGE DE PA-
| OSYRIS. Plante connue | TIENCE. C'est le grand
| | sous le nom de Linaire. | oeuvre, ainsi nommé, parce
| | |
@
| OU | OU OX 361
|
| |
|
| qu'il est extrêmement long | ner en suivant les procédés
|
| à faire. C'est pourquoi les | simples de la Nature. Faut-*
|
| Philosophes recommandent | il tant de fourneaux, tant
|
| tous d'avoir de la patience, | de vaisseaux, tant d'opéra-
|
| & de ne point se rebuter | tions, pour réduire une ma-
|
| par la longueur du temps; | tière solide en eau sans ad-
|
| que toute précipitation vient | dition, & la remettre en-
|
| du démon; que la Nature | suite en terre sans y rien
|
| a ses poids, ses mesures & | ajouter; la réduire de nou-
|
| son temps déterminé pour par- | veau en eau avec addition,
|
| venir à ses fins. | la remettre encore en terre
|
| OUVRAGE DE FEMME. | sans addition; enfin résou-
|
| Les Philosophes disent pres- | dre & coaguler? Voilà tout
|
| que tous, que le grand oeu- | l'oeuvre, à laquelle il n'est
|
| vre est un ouvrage de femme | pas possible de parvenir par
|
| & un jeu d'enfants, pour signi- | les calcinations, les réver-
|
| fier la facilité de parfaire la | bérations, les solutions, les
|
| pierre à ceux qui sont ins- | distillations, les sublima-
|
| truits des opérations. Et la | tions, les cohobations, & les
|
| chose est vraie sans doute; | autres opérations sans nom-
|
| car si elle eut été bien diffi- | bre de la Chimie vulgaire.
|
| cile, ils ne se seraient pas | OUVRIR. Dissoudre la
|
| tant appliqués à les cacher. | matière, faire les corps mous
|
| Plusieurs disent même que | & fluides. Les Philosophes
|
| s'ils les disaient ouverte- | envieux, dit Flamel, n'ont
|
| ment & clairement, on se | jamais parlé de la multipli-
|
| moquerait d'eux; & que | cation que sous ces com-
|
| si l'on venait à les en croire | muns termes de l'Art, ou-
|
| sur leurs paroles, les plus | vre, ferme, lie, délie. Ils
|
| stupides même laisseraient | ont appelé ouvrir & délier
|
| leurs métiers & leur pro- | faire le corps mol & fluide
|
| fession pour entreprendre | comme de l'eau, & fermer
|
| de faire la pierre philoso- | ou lier, le coaguler par une
|
| phale. En effet, il suffit pour | décoction plus forte.
|
| réussir de prendre une ma- | OXATIS. Oseille.
|
| tière que la Nature a laissée | OXELEUM. Vinaigre
|
| imparfaite, une matière vile | battu avec de l'huile.
|
| & méprisée de tout le mon- | OXOS. Vinaigre.
|
| de, que les insensés foulent | OXYACANTHA. Ber-
|
| aux pieds; & la perfection-* | beris.
|
@
| 362 OX OY | PA
|
| |
|
| C'est aussi le nom de l'ar- | PACHUNTICA. Ingré-
|
| brisseau appelé Aubépine. | dients qui épaississent, qui
|
| OXYCROCEUM. Mé- | donnent de la consistance à
|
| dicament composé de vinai- | un médicament. Quelques
|
| gre, de safran & de quel- | Philosophes ont donné le
|
| ques autres drogues. | nom de Pachunticum au
|
| OXYDERCICA. Col- | soufre des Sages, parce qu'il
|
| lyres ou remèdes propres à | coagule, & fixe leur mer-
|
| aiguiser la vue. | cure.
|
| OXYGALA. Lait aigri. | PACTOLE. Fleuve de
|
| OXYLAPATHUM. Pa- | Lydie, qui prend sa source
|
| relle. | au Mont-Tmolus. Les An-
|
| OXYRHODINUM. | ciens disaient que les eaux
|
| Vinaigre rosat. | de ce fleuve roulaient des
|
| OXUS. Plante appelée | paillettes d'or, & qu'il avait
|
| Tresse, Alleluya, Pain de | reçu cette propriété de Mi-
|
| cocu. | das qui s'y lava, pour se dé-
|
| OXYTRIPHYLLUM. | barrasser du don funeste que
|
| Trèfle acide: ainsi appelé | Bacchus lui avait fait de
|
| de ce qu'il a un petit goût | changer en or tout ce qu'il
|
| aigrelet, & qu'il est à trois | toucherait. Voyez les Fables
|
| feuilles comme le trèfle | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| commun. | lées, liv. 2. chap. 5.
|
| OYE D'HERME'S. | &POEON.& Médecin qui
|
| Mercure des Philosophes. | guérit Pluton de la blessure
|
| OYE D'HERMOGE^- | que lui fit Hercule, lorsque
|
| NE. Matière de la pierre | ce Dieu des Enfers l'attaqua
| volatilisée après la noirceur. | dans le temps qu'il nettoyait
| | OYSEAU. Voyez Oi- | l'étable d'Augias. C'est de
| | seau. | ce Poeon que la plante con-
| | OZO. Arsenic. | nue sous le nom de pivoine
| | | en français, a été appelée
| | P. | poeonia en latin.
| | | PAILLE DU POULET.
| | P. Veut dire en Chimie | Flamel dit lui-même qu'il a
| & en langage de Mé- | donné ce nom à la cendre
| | decins, une poignée. | de l'écuelle sur laquelle est
| | P. AE. \ | posé le vase des Philoso-
| PAR. > Parties éga-* | phes.
| PART. AEQ. / les. | PAJON. Bézoard.
| | | | |
@
| PA | PA 363
|
| |
|
| PALAMEDE, fils de | réussir en mêlant dans le
|
| Nauplius, Roi de l'île d'Eu- | vase deux matières de dif-
|
| boée, encouru la haine & | férentes natures, contre le
|
| l'aversion d'Ulysse, au point | sentiment de tous les Philo-
|
| que celui-ci le fit lapider par | sophes. Palaméde ou l'Art,
|
| les Grecs. Ulysse feignit d'ê- | du grec Palame, lui mit de-
|
| tre insensé pour ne pas aller | vant les yeux son fils encore
|
| à la guerre de Troie, & | jeune, qui par son nom lui
|
| attela pour cet effet deux | fit entendre qu'il était bien
|
| animaux de différentes es- | éloigné de réussir à ce qu'il
|
| pèces, avec lesquels il la- | se proposait. Ulysse aussi-
|
| bourait les bords de la mer, | tôt s'aperçut de son erreur,
|
| & y semait du sel au lieu de | quitta sa charrue mal atte-
|
| grains. Palaméde mit devant | lée, suivit les Grecs, ou la
|
| la charrue Télémaque en- | véritable voie qui conduit à
|
| core dans le bas âge. Ulysse | la perfection de l'oeuvre,
|
| arrêta sa charrue pour ne pas | & y réussit par la prise de
|
| blesser son fils, & fit con- | Troie; entreprise dont il
|
| naître par cette attention | ne serait jamais venu à bout
|
| qu'il n'était pas aussi insensé | s'il n'eût fait lapider Pala-
|
| qu'il voulait le faire croire. | méde, c'est-à-dire, s'il n'eût
|
| Ulysse partit donc avec les | enterré l'or philosophique
|
| autres Princes Grecs, & se | dans le vase représenté par
|
| vengea de Palaméde, en | la tente, pour fixer le mer-
|
| supposant que celui-ci était | cure signifié par les Grecs.
|
| d'intelligence avec Priam. Il | PALE'MON, fils d'A-
|
| fit enterrer pour cet effet une | thamas & d'Ino, s'appelait
|
| somme d'argent dans la tente | premièrement Mélicerte;
|
| de Palaméde, & fit inter- | mais il prit le nom de Pa-
|
| cepter une lettre supposée | lémon, après qu'il eût été
|
| de Priam. Les Grecs don- | mis au nombre des Dieux
|
| nèrent dans le piège, & la- | marins. Voy. Mélicerte.
|
| pidèrent Palaméde. | PALET. Espèce de car-
|
| Toute cette fiction n'a | reau ordinairement de pier-
|
| d'autre but que de nous ap- | re, quelquefois de bois, ou
|
| prendre qu'Ulysse au lieu de | de fer, avec lequel on jouait
|
| travailler sur la véritable ma- | anciennement. Les palets
|
| tière de l'oeuvre attelait deux | étaient fort grands & fort
|
| animaux de différentes es- | pesants, & il en arrivait quel-
|
| pèces, c'est-à-dire, croyait | quefois des accidents funes-
|
@
| 364 PA | PA
|
| |
|
| tes. Ce fut d'un coup de ces | se saisit de ce Géant & l'é-
|
| palets qu'Apollon tua le jeu- | corcha.
|
| ne Hyacinthe, & Persée son | PAN, fils de Mercure &
|
| grand-père Acrise. Voyez | de la Nymphe Dryops, se-
|
| Acrise & Hyacin- | lon Homère, de Mercure
|
| the. | & de Pénélope, suivant Hé-
|
| PALLADIUM. Petite fi- | rodote, du Ciel & de la
|
| gure de Pallas, de trois cou- | Terre, suivant d'autres, était
|
| dées de haut, tenant une | un des plus grands Dieux
|
| lance de la main droite, & | des Egyptiens, qui le re-
|
| de la gauche une quenouille | gardaient comme le père de
|
| & un fuseau. Les Poètes ont | la Nature. Ils le représen-
|
| feint qu'elle était tombée du | taient sous la figure d'un
|
| ciel dans la ville de Troie, | bouc. Voyez le premier li-
|
| & que cette ville ne serait | vre des Fables Egypt. &
|
| jamais prise par les Grecs, | Grecques dévoilées.
|
| s'ils ne s'emparaient d'abord | PANACE'E, était une
|
| de cette figure. Les Alchi- | des Divinités de la Méde-
|
| mistes disent qu'elle est le | cine: elle a donné son nom
|
| symbole des qualités que | aux remèdes spécifiques pour
|
| doit avoir l'Artiste qui en- | un grand nombre de mala-
|
| treprend le grand oeuvre; la | dies. La panacée universelle
|
| prudence, la subtilité d'es- | est un des résultats de l'oeu-
|
| prit, la connaissance de la | vre Hermétique, & celui-là
|
| Nature & la science de cet | seul que les anciens Philo-
|
| art. Voy. les Fables Egypt. | sophes se sont d'abord pro-
|
| & Grecq. dévoilées, liv. 6. | posé. Il est vraisemblable
|
| Fatalité 3. | que la transmutation des
|
| PALLAS, Déesse des | métaux n'était pas leur pre-
|
| Arts & des Sciences, née | mier objet, & que la ré-
|
| du cerveau de Jupiter, par | flexion seule sur la force &
|
| le coup de hache que lui | les propriétés de leur méde-
|
| donna Vulcain. C'est elle | cine, la leur fit envisager
|
| qui favorisa toujours Her- | comme propre à produire
|
| cule & Ulysse dans tous | cet effet qui réussit selon
|
| leurs exploits. Voyez Mi- | leurs espérances. Voyez le
|
| nerve. | Discours préliminaire à la
|
| Pallas est aussi le nom | tête du Traité des Fables
|
| d'un des Géants qui firent la | Egyptiennes & Grecques
|
| guerre à Jupiter. Minerve | dévoilées.
|
@
| PA | PA 365
|
| |
|
| PANCHYMAGO- | fit présent à Pandore d'une
|
| GUM. Sublimé doux. | boëte fermée, pleine de tou-
| PANCRACE. Un des | tes sortes de maux, & l'en-
| | exercices des Jeux des an- | voya à Epiméthée, frère
| | ciens Grecs. On l'appelait | de Prométhée, qui eut l'im-
| | aussi la lutte. Hercule de- | prudence de l'ouvrir. Tous
| | meura vainqueur à tous les | ces maux prirent l'essor, &
| | Jeux, comme on peut le voir | il n'eut que l'adresse d'y re-
| | dans le livre 4. des Fables | tenir l'espérance. Prométhée
| | Egyptiennes & Grecques | à qui Jupiter avait d'abord
| | dévoilées. | envoyé Pandore, se défia
| | PANDATOEA. Elec- | du piège qu'on lui tendait,
| | tuaire solide. | & ne voulut pas la recevoir
| | PANDALITIUM. Pa- | pour sa compagne. C'est
| | naris. | pourquoi Jupiter envoya
| | PANDEMIQUE (Ma- | Mercure pour attacher Pro-
| | ladie), est celle qui attaque | méthée sur le mont Cau-
| | indifféremment tout le mon- | case, où un vautour devait
| | de: c'est à peu près la mê- | lui ronger le foie perpétuel-
| | me chose qu'épidémique. | lement. V. Prométhée.
| | PANDORE. Hésiode a | PANNUS. Tache na-
| | feint qu'elle était la plus | turelle de la peau, appor-
| | belle & la première femme | tée en naissant, ou survenue
| | du monde. Vulcain, dit-il, | par l'effet de quelque ma-
| | la fabriqua, & après qu'il | ladie.
| | l'eut animée, il la présenta | PANTORE'E ou PAN-
| | aux Dieux, qui en furent si | TAURE. Nom que les
| | émerveillés, qu'ils s'empres- | Brahmanes donnaient à la
| | sèrent tous de la décorer de | matière du grand oeuvre.
| | ce qu'ils avaient de plus | Comme si l'on disait toute
| | excellent. Vénus lui fit part | or. Apollonius de Thyame
| | de sa beauté, Pallas de sa | rapporte beaucoup de cho-
| | sagesse, Mercure de son élo- | ses que les Brahmanes lui
| | quence, Apollon de la mu- | avaient appris de cette pré-
| | sique, Junon de ses riches- | tendue pierre, qu'ils disaient
| | ses, & ainsi des autres. Ju- | avoir la vertu de l'aimant.
| | piter irrité contre Prométhée | Voyez Michel Majer, au
| | de ce qu'il avait enlevé le | premier & au sixième livre
| | feu du ciel, fit servir cette | de sa Table dorée. Il n'est pas
| | femme à sa vengeance, il | nécessaire, dit-il, d'aller
| |
@
| 366 PA | PA
|
| |
|
| chercher cette pierre aux In- | de la Médecine, & en publia
|
| des, depuis que les volatiles | pour cet effet des principes
|
| nous l'apportent. V. Vo- | très simples, dont il paraît
|
| latiles. | qu'il avait une très grande
|
| PAON. Oiseau consacré | connaissance. Il fit toujours
|
| à Junon. La Fable dit que | des cures admirables des
|
| cette Déesse jalouse deman- | maladies même les plus dé-
|
| da à Jupiter la Nymphe Io | sespérées. Cette nouveauté,
|
| changée en vache, & après | sa science & ses succès lui
|
| l'avoir obtenue, elle la donna | firent beaucoup de jaloux,
|
| en garde à Argus qui avait | par conséquent un grand
|
| cent yeux. Jupiter chargea | nombre d'ennemis. Ses ou-
|
| Mercure de le défaire de ce | vrages écrits en style méta-
|
| gardien importun. Mercure | phorique, sont aujourd'hui
|
| le fit en effet périr, & Junon | devenus presque inintelligi-
|
| transporta ses cent yeux sur | bles, malgré les clefs qu'on
|
| la queue du paon. Voyez | a eu soin de mettre à la fin.
|
| Argus. Les Philosophes | On a cependant deviné un
|
| Hermétiques disent que cette | grand nombre de ses remè-
|
| fable est une allégorie de l'é- | des, qui sont encore aujour-
|
| tat de la matière de l'oeuvre | d'hui en usage. Il a souvent
|
| au moment où les couleurs | changé les noms des ingré-
|
| de la queue de paon se ma- | dients, & en a substitué de
|
| nifestent sur sa superficie. | barbares & inconnus à ceux
|
| PAPHUS, fils de Pyg- | sous lesquels on les connais-
|
| malion & de la Statue que | sait ordinairement. Comme
|
| ce célèbre Statuaire avait | cet Auteur est souvent entre
|
| faite. V. Pygmalion. | les mains de ceux qui s'ap-
|
| PARACELSE. Célèbre | pliquent à l'étude de la Phi-
|
| Médecin Allemand qui vi- | losophie Hermétique, j'ai cru
|
| vait vers la fin du XVIe siè- | devoir leur rendre le service
|
| cle. On a de lui un grand | d'expliquer dans ce Diction-
|
| nombre d'ouvrages sur des | naire la plupart de ces noms
|
| matières Philosophiques, | barbares, d'après Becher,
|
| Métallurgiques & Médici- | Johnson, Rullandus & quel-
|
| nales. On le croit disciple | ques autres Auteurs. La Mé-
|
| de Basile Valentin, Reli- | decine Paracelsique est la
|
| gieux Bénédictin d'Allema- | même que la Médecine Her-
|
| gne. Paracelse voulut réfor- | métique, si nous en croyons
|
| mer la théorie & la pratique | Blanchard.
|
@
| PA | PA 367
|
| |
|
| PARADISI GRANA. | voient parmi les Bergers &
|
| Cardamome. | les habitants du mont Ida. La
|
| PARALYSIS HERBA | Discorde qui ne fut point
|
| ou PARALYTICA. Pri- | appelée avec les autres
|
| mevère. | Dieux & Déesses aux no-
|
| PARDALIANCHES. | ces de Pélée & de Thétis,
|
| Aconit. | jeta au milieu du repas une
|
| PAREGORIQUE (Mé- | pomme d'or, sur laquelle
|
| dicament), est celui qui a | était écrit: pour la plus belle.
|
| une propriété anodine & | Junon, Pallas & Vénus pré-
|
| adoucissante, qui apaise les | tendirent chacune en parti-
|
| douleurs, tel est le baume | culier que cette pomme leur
|
| tranquille. | appartenait. Les Dieux ne
|
| PARIS, fils de Priam | voulant pas se porter pour
|
| Roi de Troie. Sa mère Hé- | Juges dans cette dispute, Ju-
|
| cube étant enceinte de lui, | piter ordonna que le juge-
|
| songea qu'elle avait conçu | ment en serait déféré à Pâris.
|
| une torche allumée qui de- | Mercure fut député pour l'en
|
| vait embraser toute l'Asie. | avertir, & les trois Déesses
|
| L'Oracle consulté, répondit | se présentèrent devant notre
|
| qu'elle mettrait au monde | Berger. Chacune chercha à
|
| un fils qui serait la cause de | le gagner par les promesses
|
| la ruine totale de son pays. | les plus flatteuses. Junon lui
|
| Priam pour éviter ce désas- | offrit des richesses immen-
|
| tre, fit exposer le nouveau | ses, Pallas lui promit la sa-
|
| né, pour qu'il fût dévoré par | gesse, & Vénus le tenta en
|
| les bêtes, mais Hécube le fit | lui promettant de le mettre
|
| enlever, & le confia aux | en possession de la plus belle
|
| Bergers du mont Ida pour | femme du monde. Pâris,
|
| être élevé parmi eux. On le | après avoir bien examiné les
|
| nomma Alexandre. Devenu | Déesses, adjugea la pomme
|
| grand il fut épris des appas | à Vénus, qui lui tint parole.
|
| de la Nymphe Oenone, de | Pâris se fit ensuite reconnaî-
|
| laquelle il eut deux enfants. | tre à Troie pour fils de
|
| Pâris (c'est ainsi qu'on l'ap- | Priam, & fit après cela un
|
| pela dans la suite) se fit une | voyage à la Cour de Méné-
|
| réputation de droiture & de | las Roi de Sparte, & y étant
|
| probité dans ses jugements, | devenu amoureux d'Hélène,
|
| qui le faisait choisir pour ar- | qui en était Reine, Vénus
|
| bitre des différends qui s'éle- | lui procura les moyens de
|
@
| 368 PA | PA
|
| |
|
| l'enlever; ce qu'il fit, & | les raisons dans le 3e livre,
|
| l'emmena à Troie. Méné- | chap. 14. §. 3. des Fables
|
| las intéressa tous les Princes | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| Grecs pour venger l'affront | PARONYCHIA. Petite
|
| qu'il avait reçu de Pâris, & | plante, qui peut-être a été
|
| se mit avec son frère Aga- | nommée ainsi des mots grecs
|
| memnon à la tête d'une ar- | para & onux, près de l'on-
|
| mée formidable, pour re- | gle, comme si l'on disait:
|
| demander Hélène. Priam | Herbe propre à guérir les
|
| l'ayant refusée, les Grecs | maux qui viennent auprès
|
| firent le siège de Troie, qui | des ongles.
|
| dura dix ans. Pâris se trouva | Paronychia est aussi le
|
| aux mains avec Ménélas | nom qu'on a donné au mal
|
| pendant le siège, & Venus | qui vient au bout des doigts,
|
| voyant son protégé plus fai- | appelé autrement Panaris.
|
| ble, l'enleva du milieu du | PARQUES, Déesses au
|
| combat. Hector son frère | nombre de trois, préposées
|
| ayant été tué par Achille, | pour exécuter les destinées
|
| & celui-ci étant entré dans | des hommes, & disposer de
|
| le temple d'Apollon pour se | la vie des humains à leur gré.
|
| marier avec Polyxene, Pâris | Hésiode les dit filles de Ju-
|
| lui décocha une flèche, qui | piter & de Thémis, d'autres
|
| atteignit ce Héros au talon, | de l'Erebe & de la Nuit. Se-
|
| seul endroit où il n'était pas | lon Orphée, elles font leur
|
| invulnérable. Achille mou- | séjour dans une caverne obs-
|
| rut de la blessure; & Pyrrhus | cure, & vivent de très bon
|
| son fils blessa à son tour Pâ- | accord. Elles sont nommées
|
| ris, qui fut rendre les derniers | Clotho, Lachésis, Atropos.
|
| soupirs entre les bras d'Oe- | Lachésis, la plus jeune, tient
|
| none. Quelques-uns disent | une quenouille qui repré-
|
| qu'il mourut d'une flèche | sente la destinée des hom-
|
| empoisonnée d'Hercule que | mes; Clotho file, & Atropos
|
| Philoctete lui tira. Voyez le | coupe le fil, quand le mo-
|
| 6e livre des Fables Egypt. | ment de la mort est venu.
|
| & Grecq. dévoilées, ch. 3. | La première préside à la nais-
|
| & suiv. | sance, la seconde à la vie, &
|
| PARNASSE. Montagne | l'autre donne la mort en cou-
|
| sur laquelle la Fable dit que | pant le fil. Elles suivent les
|
| les Muses & Apollon fai- | ordres du Destin; & on les
|
| saient leur séjour. Voyez-en | nommait aussi Gardiennes
|
| | des
|
@
| PA | PA 369
|
| |
|
| des Archives des Dieux. | que le mercure est la femelle
|
| Voyez les Fables Egypt. & | & la mère des métaux, &
|
| Grecques, liv. 3. chap, 6. | que le soufre en est le père,
|
| & liv. 4. chap. 3. | à cause de sa qualité chaude
|
| PARTHENIA ou PAR- | & coagulante.
|
| THENOS. Surnom de Mi- | PATIENCE. L'ouvrage
| nerve. | de la pierre est, disent les
| | PARTIE AVEC PAR- | Sages, un ouvrage de pa-
| | TIE. Mélange d'or & d'ar- | tience, à cause de la longueur
| gent. Paracelse. | du temps & du travail qu'il
| | PARTIE UNE. Ma- | faut pour le conduire à sa
| | gistère au rouge. | perfection. C'est pourquoi
| | PASIPHAE'. Fille du | Géber dit que nombre d'Ar-
| | Soleil & de Perséis, & fem- | tistes l'ont abandonné par
| | me de Minos Roi de Crète. | ennui; d'autres par la même
| | Elle devint amoureuse d'un | raison ont voulu le précipi-
| | taureau, & Dédale lui pro- | ter, & n'ont pas réussi.
| | cura les moyens de satisfaire | PATIENT. Substance
| | sa passion. Elle en conçut un | sur laquelle agit une autre
| | monstre qui fut nommé Mi- | substance, pour parvenir à la
| | notaure; Minos le renferma | génération de quelque mix-
| | dans le labyrinthe que Dé- | te. Le mercure est le patient
| | dale avait construit, & Thé- | dans l'oeuvre de la pierre, &
| | sée tua ce monstre. Voyez | le soufre avec le feu sont les
| | Minos, Thésée, Mino- | agents.
| | taure. | PATROCLE, fils de
| | PASSERINA. Plante | Ménétius & de Sténélé;
| | connue sous les noms Alcine, | étant encore enfant il tua le
| | Morgeline. | fils d'Amphidamas, & se
| | PASSIF. Qui semble ne | sauva dans la Phthie, où Pé-
| | pas agir, qui reçoit l'action | lée le reçut & le mit avec
| | de l'agent. Les Philosophes | son fils Achille sous la disci-
| | se servent quelquefois de ce | pline du Centaure Chiron.
| | terme au lieu de celui de | C'est de là que se noua cette
| | patient, qui veut dire la mê- | liaison intime entre Achille
| | me chose. V. Patient. | & Patrocle, qui dura jusqu'à
| | PATER METALLO- | la mort de celui-ci. Hector
| | RUM. C'est le soufre, ainsi | l'ayant tué au siège de Troie,
| nommé de ce que les Phi- | Achille qui avait résolu de
| | losophes Hermétiques disent | ne point combattre pour les
| | | A a
| | | |
@
| 370 PE | PE
|
| |
|
| Grecs, ne put résister au dé- | Mont Hélicon, y frappa du
|
| sir de venger la mort de son | pied un rocher, d'où il sor-
|
| ami. Il fit trêve alors avec | tit aussitôt une fontaine qui
|
| la colère qu'il avait conçue | fut nommée Hippocrene.
|
| contre Agamemnon, de ce | Pallas donna Pégase à Bel-
|
| qu'il lui avait enlevé sa chère | lerophon, pour aller com-
|
| Briséis. Thétis lui donna de | battre la Chymere, & par
|
| nouvelles armes à la place | son moyen il la vainquit.
|
| de celles qu'il avait prêtées | Voyez Méduse, Belle-
|
| à Patrocle, & qu'Hector lui | rophon.
|
| avait enlevées. Il fit d'abord | PEGERNUS. Mer-
|
| les funérailles de son ami, & | cure des Sages.
|
| ne cessa pas de combattre | PELE'E, fils d'Eaque
|
| qu'il n'eût tué Hector. Voy. | & de la Nymphe Egine,
|
| les Fables Egypt. & Grec- | épousa Thétis, & la rendit
|
| ques dévoilées, Liv. 6. | mère d'Achille. Voyez les
|
| PAULADADA ou | Fables Egypt. & Grecques
|
| PAULADADUM. Es- | dévoilées, Liv. 6. ch. 2.
| pèce de terre sigillée, qui | PELLE DE FER. Ma-
| | se trouve en Italie. | tière de l'oeuvre en putré-
| | PAVOT des Philoso- | faction.
| | phes. Pierre parfaite au rou- | PELIAS, fils de Nep-
| | ge, ainsi nommée de ce qu'el- | tune & de Tyro, frère d'E-
| | le a la couleur des pavots | son, Roi de Thessalie, con-
| | des champs. | çut une grande aversion con-
| | PEDASE, l'un des che- | tre Jason son neveu, & l'en-
| | vaux d'Achille, né de Zé- | voya à la conquête de la
| | phir & de la cavale Podan- | Toison d'or, pour l'exposer
| | ge; c'est pourquoi Homère | à périr, & se défaire de lui.
| | dit que sa course égalait celle | Pélias fit mourir Eson. Mé-
| | du vent. | duse pour venger Jason con-
| | PEGANUM. Plante | tre Pélias, engagea les filles
| | appelée Rhue. | de ce dernier à le couper en
| | PEGASE. Cheval ailé, | morceaux, & à les faire cui-
| | né, selon les uns, de Nep- | re dans un chaudron, leur
| | tune & de Méduse, &, sui- | ayant persuadé qu'il ressus-
| | vant les autres, du sang seul | citerait plus jeune & dans
| | de Méduse, sorti par la bles- | toute sa vigueur. Elles le
| | sure que lui fit Persée. Pé- | firent, mais il ne ressuscita
| | gase s'étant envolé sur le | pas, Voy. les Fables Egypt.
| |
@
| PE | PE 371
|
| |
|
| & Grecques, Liv. 2. ch. 1. | PENE'E, fils de l'Océan
|
| PELION. Montagne | & de Thétis, était un fleuve
|
| de Thessalie, appelée aussi | de Thessalie; il épousa Créu-
|
| Ossa, dont voyez l'article. | se, dont il eut Iphéus &
|
| PELLICULE. Ma- | Stilbia. Apollon eut de cette
|
| tière de l'oeuvre pendant | Nymphe Centaurus & La-
|
| qu'elle est en putréfaction, | pithus. Voyez Centaures.
|
| ainsi nommée de ce qu'il se | PENELOPE, fille
|
| forme une pellicule sur sa | d'Icare & de Péribée, eut
|
| superficie, noire & luisante | Pan de son commerce avec
|
| comme de la poix fondue. | Mercure. Elle épousa Ulysse,
|
| PELOPS, fils de Tan- | & devint le modèle de la
|
| tale & de Taygette, fut ser- | chasteté conjugale. Harce-
|
| vi cuit dans le repas que son | lée sans relâche par nombre
|
| père fit aux Dieux. Cérès | d'Amans, qui lui faisaient la
|
| fut la seule qui ne s'en a- | cour pendant qu'Ulysse était
|
| perçut pas; elle en détacha | au siège de Troie, & son
|
| une épaule qu'elle mangea. | absence assez longue, qui en
|
| Les Dieux, par pitié pour | fut une suite, elle leur pro-
|
| Pélops, le ressuscitèrent, & | mit de consentir à leurs dé-
|
| lui donnèrent une épaule | sirs aussitôt qu'elle aurait
|
| d'ivoire à la place de celle | fini une toile qu'elle avait
|
| que Cérès avait mangée. | commencée; mais la nuit
|
| Pélops devenu grand, fut | elle défaisait ce qu'elle avait
|
| à la Cour d'Oenomaüs, & | tressé pendant le jour. Elle
|
| combattit contre lui à la | continua ce manège jusqu'au
|
| course du chariot, pour avoir | retour d'Ulysse, qui les fit
|
| sa fille Hippodamie en ma- | tous périr. Avant le siège
|
| riage. Cet Amant avait ga- | de Troie, Pénélope avait
|
| gné Myrtile, cocher d'Oe- | eu d'Ulysse un fils nommé
|
| nomaüs, qui ajusta son char | Télémaque.
|
| de manière qu'il se brisa dans | L'histoire de Pénélope est
|
| la course, & Oenomaüs se | le portrait des opérations
|
| tua. Pélops épousa Hippo- | des mauvais Artistes, qui
|
| damie, & en eut Atrée & | ne suivent pas la véritable
|
| Thyeste. Voyez les Fables | voie qui conduit à la perfec-
|
| Egyptiennes & Grecques | tion de l'oeuvre, & qui dé-
|
| dévoilées, Liv. 4. ch. 6. & | truisent le soir les opérations
|
| Liv. 6. Fatalité 4. | du matin. Ulysse est le mo-
|
| PELUDO. Miel cuit. | dèle des bons Artistes, qui
|
| | A a ij
|
@
| 372 PE | PE
|
| |
|
| détruisent à leur arrivée les | Onguent ou baume propre
|
| opérations & les procédés | à guérir les meurtrissures &
|
| mal concertés des mauvais | les excoriations de la peau.
|
| Artistes. L'Odyssée d'Ho- | PE'PANSIS. Cuisson
|
| mère est l'exposé des erreurs | propre à donner de la per-
|
| où ils tombent à chaque pas | fection à une chose, ou à en
|
| qu'ils font; & I'Iliade, ou | corriger une qui est gâtée.
|
| l'histoire de la guerre de | PEPANTIQUE. Pre-
|
| Troie, est la description de | mière chaleur requise pour
|
| la conduite qu'il faut tenir | digérer la matière de l'oeu-
|
| comme Ulysse, pour parve- | vre, & la disposer à la pu-
|
| nir au but que se propose un | tréfaction pour une nouvelle
|
| véritable Philosophe. Voy. | génération.
|
| les Fables Egyptiennes & | PEPASTIQUE (on-
|
| Grecques dévoilées, L. 6. | guent) est celui qu'on ap-
|
| PENTACULES. Ce | pelle aussi maturatif, qui
|
| sont des espèces de sceaux, | dispose & amène une tumeur
|
| sur lesquels sont gravés des | à la suppuration, en adoucis-
|
| lignes, des traits, des carac- | sant & en apaisant la dou-
|
| tères inconnus, qu'on dit | leur, comme si l'on disait,
|
| avoir une propriété admira- | un onguent qui mûrit par la
|
| ble pour guérir les maladies | cuisson.
|
| pour lesquelles on les fait. | \ espèce d'é-*
|
| Ils sont composés des mé- | \ sule, appel-*
|
| taux qui ont un rapport aux | > lée réveille-*
|
| signes & aux Planètes, sous | / matin des
|
| la domination desquels on | / vignes.
|
| les grave. Voyez les Archi- | Peplus, est aussi le
|
| doxes de Paracelse. | nom qu'on donnait autrefois
|
| PENTADACTYLON. | à une robe blanche sans
|
| Palma Christi. | manches, brochée d'or, sur
|
| PENTAMYRON. On- | laquelle étaient représentés
|
| guent composé de cinq in- | les actions & les combats de
|
| grédients, savoir, de styrax | Minerve, de Jupiter & des
|
| calamite, de mastich, d'o- | Héros. On la portait en pro-
|
| pobalsamum, de cire & d'on- | cession comme une bannière,
|
| guent nardique. | dans les fêtes des Panathé-
|
| PENTAPLEURUM. | nées, ou instituées en l'hon-
|
| Grand plantain. | neur de Minerve.
|
| PENTATHETON, | PEPSIS. Voyez Fer-
|
@
| PE | PE 373
|
| |
|
| mentation. | pendant seulement au col.
|
| PERCER avec la lance | PERIAPTUM. Voy.
|
| ou avec la flèche, le javelot, | Periamma.
|
| &c. C'est cuire la matière de | PERICLYMENUM.
|
| l'oeuvre avec le feu philoso- | Chèvrefeuille.
|
| phique, appelé lance, ja- | PERICLYMENE, fils
|
| velot, &c. | de Nélée, & frère de Nes-
|
| PERCIPIOLUM. Re- | tor. Neptune lui donna le
|
| mède spécifique pour quel- | pouvoir de prendre toutes
|
| que maladie. Blanchard. | sortes de formes, pour se
|
| Planiscampi. | soustraire aux poursuites de
|
| PERCOLATION. | ses ennemis. Hercule ne s'y
|
| Vieux mot qui signifie filtra- | laissa pas surprendre; & dans
|
| tion, pour clarifier une li- | le temps que Periclymene,
|
| queur trouble & limoneuse, | après avoir blessé Hercule,
|
| en la faisant passer tout dou- | s'envolait sous la forme d'ai-
|
| cement à travers un papier | gle, Alcide lui décocha une
|
| de trace, ou une étoffe ser- | flèche, qui le perça, & le
|
| rée. | fit périr.
|
| PERDICIUM. Plante | PERIMEDE, fille
|
| appelée Pariétaire. | d'Eole, épousa le Fleuve
|
| PERDONIUM. Vin | Achéloüs, & en eut Hippo-
|
| d'herbe. Planiscampi. | damus & Orestée.
|
| PERE. Pierre des Phi- | PERIMINEL. Opé-
|
| losophes, parvenue au rou- | ration par laquelle on réduit
|
| ge; ou leur soufre, appelé | une matière en cendres.
|
| Père, tant à cause qu'il fait | L'autre s'appelle Adulplur,
|
| l'office de mâle dans la gé- | quand on la réduit en sable
|
| nération de l'enfant hermé- | fin. Ces deux opérations réu-
|
| tique, que parce qu'il est le | nies, se nomment Agazoph.
|
| principe & comme le père | PERIPLOCA. Espè-
|
| de la teinture des Sages. Ils | ce de convolvulus.
|
| disent aussi que le Soleil est | PERIPHETE'S. Bri-
|
| le père, & la Lune la mère | gand d'Epidaure, qui avait
|
| de la matière de leur pierre. | une massue pour armes. Thé-
|
| Hermès, Table d'émeraude. | sée en passant par ce pays,
|
| PERIAMMA. Amu- | fut attaqué par ce brigand.
|
| lette, ou médicament qu'on | Thésée le combattit, & le
|
| dit guérir, ou du moins adou- | tua. Ravi d'avoir gagné cette
|
| cir les maladies, en le sus-* | massue, il la porta toujours,
|
| | A a iij
|
@
| 374 PE | PE
|
| |
|
| comme Hercule porta la peau | d'Acrise. Celui-ci ayant été
|
| du lion de Némée. Voyez | averti par l'Oracle que son
|
| Thésée. | petit-fils lui ôterait la vie, il
|
| PERISTERON. Ver- | fit enfermer Danaé sa fille
|
| veine, plante que les An- | dans une tour d'airain, afin
|
| ciens appelaient sacrée. | de la mettre à l'abri des pour-
|
| PERLE des Chimistes. | suites des hommes. Jupiter
|
| Rosée du printemps, ainsi | ayant été épris des charmes
|
| nommée de ce qu'elle se réu- | de Danaé, se glissa dans la
|
| nit en gouttes qui ressem- | tour sous la forme d'une pluie
|
| blent à des perles. Quel- | d'or. Danaé se laissa gagner,
|
| ques Chimistes l'ont regar- | & devint enceinte. Acrise
|
| dée comme la véritable ma- | s'étant aperçu de la grosses-
|
| tière de l'oeuvre hermétique; | se de sa fille, la fit enfermer,
|
| & comme les Philosophes | avec le fils qu'elle avait mis
|
| disent qu'il faut deux matiè- | au monde, dans un coffre de
|
| res, l'une mâle, l'autre fe- | bois, qu'il fit ensuite jeter à
|
| melle, ils ont donné le nom | la mer. Les vagues jetèrent
|
| de mâle à la rosée d'automne | ce coffre sur les bords de l'Ile
|
| ou du mois de Septembre, | de Sériphe, où régnait Po-
|
| & celui de femelle à celle du | lydecte; Dictys son frère
|
| mois de Mai; parce, disent-* | pêchait alors, & retira le
|
| ils, que celle du printemps | coffre dans son filet. Il l'ou-
|
| participe plus du froid de | vrit, y trouva Danaé & son
|
| l'hiver qui l'a précédée, & | fils encore vivants; & ayant
|
| l'autre de la chaleur & du | appris leur histoire, il les
|
| chaud de l'été. | mena au Palais, où Poly-
|
| PERO, fille de Nélée | decte les traita avec toutes
|
| & de Chloris, fut courtisée | sortes d'humanité. Ce Roi ne
|
| de beaucoup d'Amans. Né- | tarda pas à sentir les impres-
|
| lée déclara qu'il ne la don- | sions des appas de Danaé,
|
| nerait en mariage qu'à celui | & la sollicita avec toutes les
|
| qui enlèverait les boeufs | instances possibles à satisfaire
|
| d'Hercule, & les lui amène- | ses désirs amoureux. Danaé
|
| rait, Bias fils d'Amythaon, | fut toujours rebelle; & Po-
|
| l'entreprit, & y réussit, aidé | lydecte n'osant employer la
|
| de son frère Mélampe. Bias | force à cause de Persée, qui
|
| épousa Péro. | était toujours avec sa mère,
|
| PERSE'E, fils de Ju- | il envoya ce jeune homme
|
| piter & de Danaé, petit-fils | pour combattre Méduse, &
|
@
| PE | PH 375
|
| |
|
| lui en apporter la tête. Per- | lydecte la vertu de la tête
|
| sée se mit en devoir d'exé- | de Méduse, & le convertit
|
| cuter cette entreprise péril- | en rocher. Persée fut ensuite
|
| leuse, & obtint pour cet ef- | à Larisse, où il trouva Acrise
|
| fet le bouclier de Minerve, | son aïeul; & y ayant insti-
|
| avec un miroir, les talon- | tué des jeux & des réjouis-
|
| nières ailées de Mercure, & | sances publiques pour mar-
|
| un cimeterre dont ce Dieu | quer la joie qu'il avait de
|
| lui fit aussi présent; Pluton | revoir ce pays, il jeta mal-
|
| lui donna un casque & un | heureusement son palet sur
|
| sac. Avec tout cet attirail, | Acrise, qui périt de la bles-
|
| Persée allait, dit Hésiode, | sure. Persée mourut enfin,
|
| aussi vite que le vent, & vo- | & fut placé dans la constel-
|
| lait aussi légèrement que la | lation qui porte son nom.
|
| pensée. Il parvint aux Gor- | Voyez l'explication des cir-
|
| gones, & d'un coup de ci- | constances de la vie de ce
|
| meterre il coupa la tête à | Héros dans les Fables Egyp-
|
| Méduse, & la présenta à | tiennes & Grecques dévoi-
|
| Minerve, qui lui avait guidé | lées, Liv. 3. ch. 14. §. 3.
|
| le bras. Du sang sorti de la | PERSEPHONE. Voyez
|
| plaie naquit Pégase, sur le- | Proserpine.
|
| quel Persée monta; & vo- | PETIGO. Plante ap-
|
| lant à travers la vaste éten- | pelée Hépatique des bois.
|
| due des airs, il eut occasion | PEUCE'. Arbre nommé.
|
| d'éprouver la vertu de la tête | Pin.
|
| de Méduse avant son retour | PEUPLIER. Arbre
|
| vers Polydecte. Andromede | consacré à Hercule, parce
|
| avait été exposée, attachée | qu'il en cueillit quelques
|
| à un rocher sur le bord de | branches, en allant aux En-
|
| la mer, pour être dévorée | fers pour délivrer Thésée.
|
| par un monstre marin. Per- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| sée qui l'aperçut, présenta | Grecques dévoilées, Liv. 5.
|
| la tête de Méduse au mons- | ch. 22.
|
| tre, le tua, délivra Andro- | PHACE'. Lentille, es-
|
| mede, & l'épousa. Ce Hé- | pèce de légume.
|
| ros passa de là en Maurita- | PHAEDRE. Voyez
|
| nie, où il changea Atlas en | Phedre.
|
| cette montagne qui porte | PHAE'TON, fils du
|
| encore son nom. Arrivé à | Soleil & de la Nymphe Cly-
|
| Sériphe, il fit éprouver à Po-* | mene, s'étant offensé de ce
|
| | A a iv
|
@
| 376 PH | PH
|
| |
|
| qu'Epaphe fils de Jupiter lui | PHAE'TUSE, l'une
|
| reprochait qu'il n'était pas | des filles d'Apollon & de
|
| fils du Soleil, Clymene lui | Clymene, soeur de Phaëton.
|
| conseilla, pour le prouver, | Lampétie son autre soeur,
|
| d'aller trouver le Soleil, & | avec Phaëtide, pleurèrent si
|
| de lui demander la permis- | amèrement le malheureux
|
| sion de conduire son char | sort de leur frère, que les
|
| un jour seulement. Il fut donc | Dieux touchés de compas-
|
| trouver le Soleil, & lui fit | sion, les convertirent en peu-
|
| tant d'instances pour l'en- | pliers.
|
| gager à lui promettre de lui | PHAGEDENA. Ulcère
|
| accorder une grâce qu'il vou- | rongeant; ce qui a fait ap-
|
| lait lui demander, que le | peler Phagedenica les on-
|
| Soleil lui jura par le Styx de | guents propres à ronger les
|
| ne pas la lui refuser. Phaë- | chairs superflues.
|
| ton s'expliqua, & le Soleil | PHALLUS. Représen-
|
| lui accorda la conduite de | tations des parties du corps
|
| son char, après avoir fait son | d'Osiris, qu'Isis ne put trou-
|
| possible pour le détourner | ver. Voyez Osiris. On
|
| de cette folle entreprise, & | portait cette représentation
|
| lui avoir donné toutes les | dans les solennités instituées
|
| instructions nécessaires pour | en leur honneur, & parmi
|
| éviter le péril qui le mena- | les Grecs dans celles de Bac-
|
| çait. A peine Phaëton eût-* | chus. Voyez Orgies, &
|
| il pris les rênes, que les che- | les Fables Egyptiennes &
|
| vaux du Soleil sentant une | Grecques dévoilées, Liv. 1.
|
| main moins propre à les | & 4. ch. 1.
|
| conduire, coururent à leur | PHANLEC. Fer ap-
|
| fantaisie, & ne prenant pas | pelé Mars.
|
| le chemin ordinaire, ils s'ap- | PHASIS. Fleuve de la
|
| prochèrent trop de la terre. | Colchide, dans lequel pas-
|
| Cérès craignant un embra- | sèrent les Argonautes. Voy.
|
| sement total, porta ses plain- | le chap. 1. du Liv. 2. des
|
| tes à Jupiter, qui foudroya | Fables Egyptiennes & Grec-
|
| aussitôt Phaëton, & le pré- | ques.
|
| cipita dans le fleuve Eridan. | PHE'BUS. Voy. Apol-
|
| Voyez l'explication de cette | lon.
|
| Fable dans les Fables Egyp- | PHEDRE. Fille de Mi-
|
| tiennes & Grecques dévoi- | nos, & femme de Thésée,
|
| lées, Liv. 3. | devint éperdument amou-
|
@
| PH | PH 377
|
| |
|
| reuse de son fils Hippolyte. | Phenix, fils d'Amin-
|
| Ne pouvant le faire consen- | tor, fut maudit par son père
|
| tir à la passion, elle l'accusa | pour avoir eu commerce avec
|
| auprès de Thésée d'avoir | une de ses concubines, à la
|
| voulu attenter à son hon- | persuasion de sa mère. Phé-
|
| neur. Thésée ayant ajouté | nix se retira chez Pelée père
|
| foi trop imprudemment, | d'Achille, & devint le Men-
|
| chassa Hippolyte de sa mai- | tor de ce dernier. Il l'accom-
|
| son, & pria Neptune son | pagna à la guerre de Troie,
|
| père de le venger de l'affront | & y commandait les Dolo-
|
| que ce fils avait voulu lui | pes. Il devint enfin aveugle,
|
| faire. Hippolyte se retirait | comme le dit Homère au
|
| sur son char, lorsqu'un mons- | prem. livre de l'Iliade. Voy.
|
| tre marin fit peur à ses che- | les Fables Egypt. & Grec-
|
| vaux, qui prirent le mors aux | ques, liv. 6.
|
| dents, brisèrent le char à tra- | PHEREPHATA. Nom
|
| vers les rochers, & firent | de Proserpine. Voyez ce
|
| périr Hippolyte. Phédre re- | qu'il signifie, liv. 4. chap. 3.
|
| connut sa faute, & se pendit | des Fables Egypt. & Grec-
|
| de désespoir. Voyez les Fa- | ques dévoilées.
|
| bles Egypt. & Grecques | PHERES, fils de Jason
|
| Liv. 5. ch. 22. | & de Médée, fut égorgé par
|
| PHELLODRIS & | sa mère, pour se venger de
|
| PHELLOS. Liège. | ce que Jason l'avait aban-
| PHENIX. Oiseau fa- | donnée pour en épouser une
| | buleux consacré au Soleil. | autre.
| | Les Egyptiens feignaient que | PHILADELPHUS.
| | cet oiseau était rouge, qu'il | Apparine, glouteron.
| | était unique dans le monde, | PHILANTHROPOS.
| | & que tous les cent ans il | Voyez Philadelphus.
| | venait dans la ville du So- | PHILETO. Une des
| | leil, où il se fabriquait un | Hyades. Voyez Hyades.
| | tombeau d'aromates, y met- | PHILOCTETE. Fils
| | tait le feu, & renaissait de | de Poean, était si intime ami
| | ses cendres. Le phénix n'est | d'Hercule, que ce héros en
| | autre que le soufre rouge des | mourant sur le Mont Oeta,
| | Philosophes. Voyez les Fa- | lui fit présent de son arc &
| | bles Egypt. & Grecques dé- | de ses flèches, teintes du sang
| | voilées, Liv. 6. ch. 5. fata- | de l'hydre de Lerne, après
| | lité première. | l'avoir obligé par serment de
| |
@
| 378 PI | PH
|
| |
|
| ne révéler à personne le lieu | la prise de cette ville, Ma-
|
| de sa sépulture, ni l'endroit | chaon, fils d'Esculape, &
|
| où il aurait déposé ses flè- | Médecin célèbre, guérit Phi-
|
| ches. L'Oracle consulté sur | loctete avec la rouille de la
|
| l'événement de l'entreprise | lance d'Achille. Voyez l'ex-
|
| du siège de Troie, ayant | plication de toutes ces cir-
|
| déclaré que cette ville ne | constances dans les Fables
|
| pouvait être prise sans qu'on | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| fit usage des flèches d'Her- | lées, liv. 6. fatal. 2.
|
| cule, les Grecs découvri- | PHILOSOPHE. Ama-
|
| rent que Philoctete en était | teur de la sagesse, qui est ins-
|
| le dépositaire. Il était ami | truit des secrètes opérations
|
| des Troyens; par consé- | de la Nature, & qui imite
|
| quent difficile de le détermi- | ses procédés pour parvenir à
|
| ner à fournir quelque chose | produire des choses plus par-
|
| à leur désavantage. Ulysse | faites que celles de la Na-
|
| fut choisi pour l'y engager, | ture même. Le nom de Phi-
|
| & il y réussit. Philoctete ne | losophe a été donné de tout
|
| voulant pas violer son ser- | temps à ceux qui sont véri-
|
| ment, montra seulement du | tablement instruits des pro-
|
| pied le lieu où étaient ces | cédés du grand oeuvre, qu'on
|
| flèches. Ulysse l'engagea | appelle aussi Science, & Phi-
|
| même à se joindre aux Grecs; | losophie hermétique, parce
|
| mais en chemin faisant Phi- | qu'on regarde Hermès Tris-
|
| loctete laissa malheureuse- | mégiste comme le premier
|
| ment tomber une de ces flè- | qui s'y soit rendu célèbre.
|
| ches sur son pied, & la bles- | Ils prétendent qu'eux seuls
|
| sure forma un ulcère si puant, | méritent à juste titre ce nom
|
| que les Grecs, par le conseil | respectable, parce qu'ils se
|
| d'Ulysse, abandonnèrent Phi- | vantent d'être les seuls qui
|
| loctete dans l'Ile de Lem- | connaissent à fond la nature,
|
| nos. Les Grecs voyant qu'ils | & que par cette connaissan-
|
| ne pouvaient réussir à pren- | ce ils parviennent à celle du
|
| dre Troie sans les flèches | Créateur, auquel ils rendent
|
| dont Philoctete était dépo- | leurs devoirs & leurs hom-
|
| sitaire, députèrent de nou- | mages avec beaucoup d'at-
|
| veau Ulysse, qui l'amena au | tention, d'amour & de res-
|
| siège de la ville. Dès que | pect. Ils disent que cet amour
|
| Philoctete fut arrivé, il com- | est le premier pas qui conduit
|
| battit Pâris, & le tua. Après | à la sagesse, & le recom-
|
@
| PH | PH 379
|
| |
|
| mandent sans cesse à leurs | mercure philosophique, par-
|
| disciples, qu'ils nomment | ce que c'est par son moyen
|
| enfants de la Science. Voyez | qu'on sépare le pur de l'im-
|
| le Discours préliminaire, & | pur. Le Philtre est aussi l'A-
|
| le Traité hermétique à la tête | zot des Sages, qui blanchit
|
| du premier volume des Fa- | le laton ou le corps immon-
|
| bles Egypt. & Grecques dé- | de, & le dépouille de ses
|
| voilées. | impuretés.
|
| Cette Philosophie Egyp- | PHILTRER. Voyez
|
| tienne est la source des Fa- | Philtre.
|
| bles, & l'origine des Dieux | PHINE'E, fils de Phé-
|
| physiques & astronomiques | nix, Roi de Salmidesse, fut
|
| qui sont expliqués dans le | puni d'aveuglement par les
|
| Traité que je viens de citer. | Dieux, pour avoir fait cre-
|
| PHILOSOPHIE. Voyez | ver les yeux à ses enfants.
|
| Philosophe. | Ils le firent aussi tourmenter
|
| PHILTRATION. Ac- | par les Harpyes, qui enle-
|
| tion par laquelle on purifie, | vaient ou gâtaient les vian-
|
| on clarifie une liqueur, en | des qu'on lui servait, Calaïs
|
| en séparant le subtil de l'é- | & Zethus le délivrèrent de
|
| pais, le terrestre & le gros- | ces monstres, lorsqu'ils pas-
|
| sier du liquide, les fèces de | sèrent chez lui en allant à la
|
| la liqueur. Elle se fait en fai- | conquête de la Toison d'or.
|
| sant passer une liqueur à tra- | Phinée, par reconnaissance,
|
| vers un linge, un morceau | enseigna aux Argonautes la
|
| d'étoffe, ou du papier sans | route qu'ils devaient tenir,
|
| colle. | pour arriver heureusement
|
| PHILTRE. En Chimie | dans la Colchide, & pour
|
| vulgaire, c'est un morceau | s'en retourner dans leur pa-
|
| d'étoffe ou de feutre, coupé | trie. Voyez tout cela expli-
|
| & cousu en forme de cône | qué chimiquement dans les
|
| creux & renversé, dans le- | Fables Egyptiennes & Grec-
|
| quel on met une liqueur, | ques dévoilées, liv. 2. ch. 1.
|
| pour la faire passer à travers, | PHIOLE PHILO-
|
| afin de la clarifier. On le | SOPHALE. C'est quel-
|
| fait aussi avec du papier gris, | quefois le fourneau des Sa-
|
| ou du papier sans colle adap- | ges, plus communément le
|
| té dans un entonnoir. Mais | vase de terre, ou l'oeuf phi-
|
| en termes de Chimie her- | losophal.
|
| métique, Philtre signifie | PHIONITIE. Inimi-
|
@
| 380 PH | PH
|
| |
|
| tié naturelle, ou antipathie | avoir toujours un rocher sus-
|
| d'un animal ou d'un mixte | pendu sur sa tête. Virgile
|
| contre un autre, telle que | nous le donne pour le Pré-
|
| celle des chats contre les | dicateur des Enfers.
|
| souris, des araignées contre | .... Plegyas miserrimus
|
| les crapauds, des cigognes | omnes
|
| contre les grenouilles, d'un | Admonet, & magnâ testatur
|
| chien enragé contre l'eau, | voce per umbras,
|
| d'un pôle de l'aimant contre | Discite justitiam moniti &
|
| l'autre. Les Philosophes di- | non temnere Divos.
|
| sent que leur Dragon a de la | Aeneid. lib. VI.
|
| phionitie contre l'eau, & |
|
| qu'il faut le forcer à en boire | Inutile sermon, fait à des
|
| & à s'y laver, pour le dé- | gens qui ne peuvent plus en
|
| pouiller de son écaille vieille | profiter.
|
| & impure. Philal. Rull. | L'histoire de Phlegyas n'est
|
| PHISON. Soufre des | qu'une allégorie que l'on
|
| Philosophes ou magistère au | trouve expliquée dans les
|
| rouge. | Fables Egypt. & Grecques
|
| PHLE'GE'TON. L'un | dévoilées, liv. 3. ch. 12. &
|
| des fleuves de l'Empire té- | liv. 5. ch. 22.
|
| nébreux de Pluton. Voyez | PHLOGIUM. Espèce de
|
| Enfer. | violettes, ainsi nommées de
|
| PHLEGME. Eau ou va- | ce qu'on voit sur leurs fleurs
|
| peur qui s'élève de la ma- | quelques traits de couleur de
|
| tière de l'oeuvre, & qui en | feu.
|
| se cohobant d'elle-même, | PHLOGISTIQUE.
|
| la blanchit. C'est pourquoi | (Chimie.) Feu fixé & de-
|
| quelques Philosophes ont | venu principe des corps.
|
| donné le nom de phlegme | C'est la matière inflamma-
|
| au mercure, & à la pierre | ble, ou soufre principe. Le
|
| parvenue à la blancheur. | phlogistique dans les métaux
|
| PHLEGYAS, fils de | fait l'union de leurs parties,
|
| Mars, & père d'Ixion & de | puisqu'ils se convertissent en
|
| la Nymphe Coronis, ayant | chaux dès qu'ils en sont pri-
|
| appris que sa fille avait eu | vés, & qu'on les réduit en-
|
| commerce avec Apollon, il | suite à leur premier état en
|
| insulta ce Dieu qui le fit périr | y ajoutant de nouveau phlo-
|
| à coups de flèches. Il fut con- | gistique. De cette quantité de
|
| damné dans le Tartare à | phlogistique plus ou moins
|
@
| PH | PH 381
|
| |
|
| grande ou du degré de co- | buerait une plus grande va-
|
| hésion des principes des mé- | leur au fer qu'à l'argent, ou
|
| taux, l'on peut réduire leur | au cuivre, puisqu'il résiste
|
| valeur relative indépendante | bien plus à la fusion que ces
|
| de celle que l'opinion leur | deux métaux. L'excès de
|
| attribue; car plus ces subs- | phlogistique produit dans les
|
| tances résistent au feu, plus | métaux le même effet que
|
| elles ont de solidité, plus | son défaut. Ils rendent l'un
|
| leur poli est éclatant. C'est | & l'autre les matières miné-
|
| donc de cette résistance que | rales dures & intraitables au
|
| dépend le prix des métaux, | feu.
|
| & non de leur rareté ou de | Le phlogistique se trouve
|
| leur abondance. Aussi l'or | dans tous les individus de la
|
| que le feu ne peut dompter, | Nature. Dans l'animal ce
|
| & qui paraît avoir le moins | phlogistique abonde dans les
|
| de phlogistique qu'il est pos- | parties graineuses ou huileu-
|
| sible pour l'union de ses par- | ses & qui sont les plus suscep-
|
| ties, est-il regardé comme le | tibles d'inflammation. M.
|
| premier des métaux. L'ar- | Wipacher (Dissertation im-
|
| gent que le feu ne pénètre | primée parmi les Elémens
|
| qu'avec la plus grande diffi- | de Chymie de Boerhave) re-
|
| culté, à moins qu'on n'y | garde les esprits animaux
|
| ajoute du plomb, du borax, | comme une matière ignée,
|
| ou quelque sel alcali, suc- | à laquelle il donne le nom
|
| cède immédiatement à l'or. | de Phlogistique automate.
|
| Viennent ensuite le cuivre, | Ce feu a été connu des an-
|
| le fer, l'étain, le plomb, le | ciens comme des modernes,
|
| bismuth & le zinc. Au reste | particulièrement des Philo-
|
| par cette résistance, il ne faut | sophes Hermétiques, qui en
|
| pas entendre celle que ces | ont presque toujours parlé
|
| métaux opposent à leur fu- | par allégories & par méta-
|
| sion, mais la constance avec | phores, & lui ont presque
|
| laquelle ils persistent dans | toujours donné les noms des
|
| leur état de fusion, avec le | divers feux employés dans
|
| plus ou moins d'évaporation | les opérations de la Chimie
|
| & de déchet; ou, si l'on | vulgaire. Voyez à cet égard
|
| veut, la difficulté plus ou | le traité de Physique géné-
|
| moins grande qu'ils ont à se | rale, à la tête des Fables
|
| convertir en chaux ou en | Egypt. & Grecques dévoi-
|
| scories: sans cela on attri-* | lées.
|
@
| 382 PH | PH
|
| |
|
| PHOEBUS. Surnom d'A- | Phryxus aborda heureuse-
|
| pollon. Voyez son article. | ment en Colchide, où il
|
| PHOENIX. Voyez Phé- | consacra son mouton à Ju-
|
| nix. | piter, d'autres disent à Mer-
|
| Phoenix est aussi un des | cure, d'autres à Mars. C'est
|
| noms du palmier qui porte | la toison de ce mouton qu'on
|
| des dattes. | appela dans la suite la Toi-
|
| PHORBAS, Chef des | son d'or, pour la conquête
|
| Phlégiens, tuait & massa- | de laquelle Jason & les au-
|
| crait tous ceux qui lui tom- | tres Argonautes s'exposèrent
|
| baient sous la main. Apollon | à tant de dangers. Voyez les
|
| le vainquit & le fit mourir. | Fables Egypt. & Grecques
|
| PHORCYS, fils de | dévoilées, liv. 2. chap. 1. &
|
| Neptune & de la Terre, de- | liv. 4. chap. 9.
|
| vint père des Gorgones, | PHTA. Dieu des Egyp-
|
| Stheno, Euryale & Méduse. | tiens, le même que Vulcain.
|
| V. Gorgones. | PHTARTICUM. Mé-
|
| PHORGIS. V. Phor- | dicament propre à corrom-
|
| cys. | pre les chairs & à les faire
|
| PHOSPHORE ou Porte-* | venir à suppuration.
|
| lumière, est un des noms que | PHTEIROCTONON.
|
| les Philosophes ont donné | Staphys agria ou Herbe aux
|
| au petit cercle blanc qui se | poux.
|
| forme sur la matière de l'oeu- | PHTHORA. Le même
|
| vre quand elle commence à | que Staphys agria.
|
| blanchir. Ils l'ont ainsi ap- | PHTHIRION. Herbe
|
| pelé, parce qu'il annonce la | aux poux.
|
| blancheur qu'ils ont nommée | PHU ou PHY. Valé-
|
| lumière. | riane.
|
| PHRYXUS, fils d'Atha- | PHYLLIRE. Nymphe
|
| mas & de Néphélé, voulant | aimée de Saturne, de la-
|
| se soustraire avec Hellé sa | quelle il eut le Centaure
|
| soeur, aux embûches que | Chiron. Voyez Chiron.
|
| leur tendait Ino leur belle-* | PHILLYTIS. Espèce de
|
| mère, prirent le parti de se | scolopendre.
|
| sauver en Colchide, & mon- | PHYLLUM. Mercuriale.
|
| tés l'un & l'autre sur un mou- | Blanchard.
|
| ton, ils s'exposèrent aux va- | PHYSALIS. Fleurs de
|
| gues de la mer. Hellé épou- | lupin.
|
| vantée, tomba & se noya. | PHYSALOS. Crapaud.
|
@
| PH PI | PI 383
|
| |
|
| PHYTEUMA est une | Saturne fut obligé de la vo-
|
| espèce de plante de la classe | mir.
|
| des linaires. Blanchard. | Cette pierre devint très
|
| PIED. Couper les pieds | célèbre dans l'Antiquité: les
|
| à Mercure; expressions qui | Latins, suivant Priscien le
|
| veulent dire, fixer sa volati- | Grammairien, la nommaient
|
| lité. Les Philosophes ont sou- | Abadir; & les Grecs, si nous
|
| vent employé ces expres- | en croyons Hésychius, Bae-
|
| sions, & Abraham Juif a | tylos. On les croyait ani-
|
| représenté hiéroglyphique- | mées, & on les consultait
|
| ment dans sa première figure | comme les Théraphims. Ces
|
| un Vieillard ailé, la bouche | pierres étaient rondes &
|
| béante, & une faux à la | d'une médiocre grandeur.
|
| main, qui paraît en action | Isidore, ainsi qu'on le voit
|
| pour couper les jambes à un | dans sa Vie écrite par Da-
|
| jeune homme sous la figure | mascius, disait qu'il y avait
|
| de Mercure. | des Baetyles de différentes
|
| PIERIE. Contrée de la | sortes, que les uns étaient
|
| Macédoine, où les Muses | consacrés à Saturne, d'autres
|
| habitaient; ce qui leur fit | à Jupiter ou au Soleil, &c.
|
| donner le nom de Pierides. | Voyez Saturne.
|
| PIERRE se dit, en ter- | Pierre PHILOSO-
|
| mes de Science Hermétique, | PHALE. Résultat de l'oeu-
|
| de tout ce qui est fixe, & ne | vre Hermétique, que les
|
| s'évapore point au feu. | Philosophes appellent aussi
|
| Pierre que Saturne | Poudre de projection. On
|
| avala, & rendit ensuite, ne | regarde la pierre philoso-
|
| signifie autre chose que la | phale comme une chimère
|
| matière fixe de l'oeuvre qui | pure, & les gens qui la cher-
|
| se trouve dissoute & con- | chent sont regardés comme
|
| fondue avec la volatile pen- | des fous. Ce mépris, disent
|
| dant la putréfaction appelée | les Philosophes Herméti-
|
| Saturne. Il la vomit, dit la | ques, est un effet du juste
|
| Fable, & elle fut déposée | jugement de Dieu, qui ne
|
| sur le mont Hélicon; parce | permet pas qu'un secret si
|
| qu'après la putréfaction & la | précieux soit connu des mé-
|
| dissolution, cette matière vo- | chants & des ignorants. Les
|
| latilisée se fixe de nouveau, | plus célèbres & les plus sa-
|
| & redevient pierre; c'est | vants Chimistes modernes
|
| pourquoi la Fable dit que | non seulement ne regardent
|
@
| 384 PI | PI
|
| |
|
| pas la pierre philosophale | res. La pierre du premier
|
| comme une chimère, mais | ordre est la matière des Phi-
|
| comme une chose réelle. | losophes parfaitement puri-
|
| Becher, Stalh & nombre | fiée & réduite en pure subs-
|
| d'autres l'ont défendue & | tance mercurielle. La pierre
|
| soutenue contre les assauts | du second ordre est la même
|
| répétés de l'ignorance, & | matière cuite, digérée &
|
| des gens qui pour l'ordinaire | fixée en soufre incombusti-
|
| s'élèvent contr'elle sans en | ble. La pierre enfin du troi-
|
| connaître autre chose que le | sième ordre, est cette même
|
| nom. Voyez le Discours | matière fermentée, multi-
|
| préliminaire du Traité des | pliée & poussée à la dernière
|
| Fables Egypt. & Grecques | perfection de teinture fixe,
|
| dévoilées. V. Alchimie. | permanente, & tingeante.
|
| Pierre ADIZ. Sel ar- | Triomphe Hermétique.
|
| moniac des Sages. | Pierre ATTICOS.
|
| Pierre ANIMALE. | V. Pierre Borique.
|
| Sang humain. On a aussi | Pierre BE'NITE. Voyez
|
| donné ce nom aux différen- | Pierre Parfaite.
|
| tes espèces de Bézoards. | Pierre BORIQUE. La-
|
| Pierre ARABIQUE. | pis Borricus. Nom que les
|
| Rulland prétend que c'est le | Sages ont donné à leur ma-
|
| Talc, qu'on appelle aussi | tière au blanc. D'autres l'ont
|
| Pierre spéculaire, Pierre à | appelée Pierre Atticos. Pan-
|
| la Lune, Glace de Marie. | dulphe, Discours 21. dans
|
| Voyez Pline, liv. 36. c. 22. | la Tourbe; & Lucas, Disc.
|
| Pierre. Les Sages ont | 22. l'ont nommée Aiar.
|
| donné ce nom à leur matière | Pierre D'ARGENT.
|
| dans bien des circonstances | Mercure des Philosophes
|
| où elle se trouve, selon son | après qu'il a été animé; c'est-*
|
| plus ou moins de cuisson & | à-dire, qu'il a reçu son âme
|
| de perfection. Philalèthe dit | & son esprit; ce qui se fait
|
| dans son Traité de verâ Con- | quand la matière parvient à
|
| fectione lapidis Philosophi- | la blancheur.
|
| ci, que les termes de pierre, | Pierre DE BACCHUS
|
| pierre unique, ne signifient | ou DE DENYS, est une
|
| que la matière des Sages | pierre dure, noire & mar-
|
| poussée au blanc par la cuis- | quée assez souvent de taches
|
| son philosophique. | rouges. Pline, Solinus &
|
| Il y a trois sortes de pier-* | Albert disent qu'étant broyée
|
| | &
|
@
| PI | PI 385
|
| |
|
| & infusée dans l'eau, elle lui | l'oeuvre parvenue à la cou-
|
| donne l'odeur & le goût du | leur safranée.
|
| vin, & qu'elle empêche | Pierre FAMEUSE, en
|
| l'ivresse ou la guérit. C'est | termes de Chimie, n'est
|
| de là qu'elle a pris son nom. | autre que le sel d'urine.
|
| Pierre DE CHE'RUBIM. | Pierre DE CHAUX se
|
| Soufre des Sages. | dit aussi, en termes de Chi-
|
| Pierre D'HIRONDEL- | mie, des scories du cuivre.
|
| LE. Lapis Chelidonis. Petites | Rullandus.
| pierres de la grosseur & de | Pierre (la grande). C'est
| | la forme d'une graine de | la pierre philosophale.
| | lin. Dioscoride dit qu'on les | Pierre DORE'E se dit
| | trouve dans le ventricule des | de l'urine même, en termes
| | petites hirondelles, quand la | de Chimie. Rull.
| | Lune est au croissant. On en | Pierre DE MONTAGNE.
| | trouve ordinairement deux | C'est la Tortue, & le Rebis
| | différentes en couleurs. Pline | des Alchimistes.
| | dit qu'elles sont rouges & | Pierre ET NON PIER-
| | mêlées de taches noires d'un | RE. Les Philosophes Her-
| | côté, & de l'autre toutes | métiques ont donné ce nom
| | noires. Les Anciens leur at- | à leur magistère parfait, &
| | tribuaient de grandes pro- | non à la matière dont ils le
| | priétés, mais qui ressentent | font, comme quelques Chi-
| | un peu la fable. | mistes le pensent mal à pro-
| | Pierre DE LA LUNE. | pos. Ils ne l'ont point appelé
| | C'est le Talc, si nous en | pierre, de ce qu'il ait aucune
| | croyons Avicenne qui en | ressemblance aux pierres,
| | traite fort au long. Mais la | mais parce qu'il résiste aux
| | pierre de la Lune des phi- | atteintes du feu le plus vio-
| | losophes est la matière de | lent, comme les pierres.
| | l'oeuvre parvenue au blanc. | C'est une poudre impalpa-
| | Pierre D'HE'PHES- | ble très fixe, pesante & de
| | TION. Pyrites. | bonne odeur, ce qui l'a fait
| Pierre DE MEDE'E. | nommer poudre de projec-
| | C'est l'Hématite noire de | tion, & non pierre de pro-
| | Pline, qui en parle dans le | jection.
| | 10e chapitre de son 37e li- | Pierre DE TOUTES
| | vre. | COULEURS. Quelques
| | Pierre ETHESIENNE. | Chimistes ont donné ce
| | Topaze, ou la matière de | nom au verre. Manget.
| | | B b
| | |
@
| 386 PI | PI
|
| |
|
| Pierre E'TOILE'E. | de se servir du sang humain
|
| Soufre des Philosophes. | ni d'aucun animal, pour faire
|
| Pierre INDIENNE. Ma- | l'oeuvre; & il assure claire-
|
| gistère au rouge. | ment qu'il ne parle dans cette
|
| Pierre INDRADEME, | circonstance que par allégo-
|
| PIERRE LAZUL. Voyez | rie. La pierre est vile, & doit
| Pierre Indienne. | être faite avec la semence des
| | Pierre LUNAIRE. Ma- | métaux; mais elle est pré-
| | gistère au blanc. | cieuse par ses effets admira-
| | Pierre MINE'RALE. | bles sur les infirmités des trois
| | Mercure des Sages après la | règnes de la Nature.
| | conjonction de l'esprit & du | Pierre SOLAIRE. Sou-
| | corps, c'est-à-dire, lorsque | fre rouge, ou magistère au
| | la matière commence à se | rouge. Ces soufres sont une
| | fixer. | production de l'Art, & non
| | Pierre PRE'DITE. Ma- | de la Nature; en vain les
| | gistère au blanc. | Chimistes les cherchent-ils
| | Pierre PARFAITE. | sur ou dans la terre, comme
| | Elixir au rouge. | une chose qu'elle produit.
| | Pierre RONDE. Ma- | Elle donne seulement la ma-
| | tière parvenue à la blan- | tière dont on les fait, com-
| | cheur. | me elle donne le grain dont
| | Pierre ROUGE. Soufre | on fait le pain.
| | des Philosophes. | Pierre VERTE. Matière
| | Pierre SANGUINAIRE. | des Philosophes en putré-
| | Eau sèche des Philosophes, | faction. Elle est appelée
| | qui change les corps en es- | verte, parce qu'elle est en-
| | prits. Elle est la vertu du | core crue, & n'a pas acquis
| | sang spirituel, sans lequel on | par la digestion le degré de
| | ne peut rien faire. Artéphius. | sécheresse & de perfection
| | Flamel en parle aussi à l'oc- | qu'il lui faut.
| | casion de sa figure hiérogly- | Pierre UNIQUE. C'est
| | phique, où il représente des | l'élixir parfait, qui est uni-
| | enfants que des soldats égor- | que, parce qu'il n'y a point
| | gent, & desquels ils mettent | de mixte dans le monde qui
| | le sang dans un baquet où | lui soit comparable pour ses
| | le Soleil & la Lune viennent | propriétés.
| | se baigner. Il dit à ce sujet, | Pierre qui naît sagement
| | que ce serait une chose impie | en l'air. C'est la matière de
| | & tout-à-fait déraisonnable | l'oeuvre, dont Hermès a dit,
| |
@
| PI | PI 387
|
| |
|
| le vent, ou l'air, l'a portée | fre des Sages, leur minière
|
| dans son ventre. Elle naît | de feu céleste.
|
| dans la sublimation; car s'il | Pierre DE PARADIS.
|
| n'y avait pas d'air dans le | Poudre de projection, le mi-
|
| vase, la volatilisation ne | racle de l'Art & de la Natu-
|
| pourrait se faire, & le vais- | re. Quelques-uns ont donné
|
| seau risquerait de se briser. | ce nom au mercure des Phi-
|
| Elle y renaît même plusieurs | losophes.
|
| fois, parce que le fixe doit | Pierre ANIMALE, VE'-
|
| être volatilisé à chaque opé- | GETALE ET MINERALE.
|
| ration, que Morien appelle | C'est l'élixir parfait, com-
|
| disposition. L'humide radi- | posé de la quintessence des
|
| cal est la base des mixtes des | trois règnes. Non qu'il faille
|
| trois règnes, & le principe | pour la composer, prendre
|
| de leur vie, parce qu'il a | une chose de chaque règne;
|
| toujours en lui le feu qui ani- | mais parce qu'elle en est le
|
| me tout. La pierre est com- | principe, & qu'elle est mé-
|
| posée de l'humide radical des | decine propre à guérir leurs
|
| métaux, comme le plus fixe; | infirmités, & à les pousser
|
| c'est pourquoi elle opère tant | au degré de perfection dont
|
| de merveilles, en fortifiant | ils sont capables. Il ne faut
|
| la nature, & en réparant ses | pas confondre les termes de
|
| pertes, ce que les aliments | pierre des Philosophes avec
|
| ne peuvent faire que très | ceux de pierre Philosophale.
|
| imparfaitement. | La première doit s'entendre
|
| Quand on dit que la pierre | de la matière de l'oeuvre, &
|
| contient toutes choses, & | la seconde de l'oeuvre dans
|
| que toutes choses sont d'elle | sa perfection.
|
| & par elle, c'est parce qu'é- | Pierre DE TOUCHE,
|
| tant l'humide radical de tout, | Battus fut changé en pierre
|
| elle en est le principe. | de touche par Mercure,
|
| Pierre CITRINE. Ou- | pour avoir eu l'indiscrétion
|
| vrage de la pierre poussé à | de dire où Mercure avait mis
|
| la couleur de topaze. | les boeufs d'Admete, qu'il
|
| Pierre PREMIERE. | avait volé pendant qu'Apol-
|
| Magistère au blanc avant la | lon les gardait. V. Battus.
|
| multiplication, c'est-à-dire, | PILE'R. Voyez Cuire.
|
| le premier soufre de l'oeuvre, | PILI ZENII. Poils blancs
|
| la Lune des Philosophes. | de la queue du lièvre, Pla-
|
| Pierre SECONDE. Sou-* | niscampi.
|
| | B b ij
|
@
| 388 PI | PI
|
| |
|
| PILOS. Argile. | me chrysittes de l'or, argy-
|
| PINANG. Areca. | rittes de l'argent, fiderittes
|
| PINDE. Montagne de la | du fer, calcites du cuivre,
|
| Thessalie, consacrée à Apol- | molybdittes du plomb.
|
| lon & aux Muses. Voyez | PISO. Mortier.
|
| Muses. | PISSASPHALTOS. As-
|
| PIRITHOUS, fils | phalte, bitume des Indes.
|
| d'Ixion, lia une étroite ami- | PISSASPHALTUS. As-
|
| tié avec Thésée. Il lui aida à | phalte.
|
| enlever Hélène, à condition | PISSELEON. Poix.
|
| que Thésée lui prêterait son | PITYS. Arbre appelé
|
| bras pour se procurer aussi | Pin.
|
| une femme. Les noces de | PITYUSA. Esule.
|
| Pirithoüs, qui voulait épou- | PLANETES. Les Egyp-
|
| ser Hippodamie, furent trou- | tiens commencèrent les pre-
|
| blées par les Centaures; | miers à diviniser les planè-
|
| Thésée vengea son ami. Ils | tes, suivant le sentiment des
|
| concertèrent ensuite d'aller | Mythologues. Mais les Phi-
|
| aux Enfers enlever Proser- | losophes Hermétiques pré-
|
| pine femme de Pluton. Ce | tendent que les Prêtres d'E-
|
| Dieu se saisit d'eux, & les | gypte ne parlaient que par
|
| fit lier dans l'endroit même | allégories, quand ils don-
|
| où il les avait fait arrêter. | naient les planètes pour des
|
| Hercule ayant été envoyé | Divinités, sous les noms d'I-
|
| par Eurysthée pour enlever | sis pour la Lune, d'Osiris
|
| le chien Cerbère, rencontra | pour le Soleil, de Jupiter
|
| son ami Thésée, & le délivra | pour l'astre qui porte ce
|
| de sa captivité; il y laissa Pi- | nom, & ainsi des autres,
|
| rithoüs, parce qu'il ne put | comme on peut le voir dans
|
| obtenir sa liberté de Pluton. | les Fables Egyptiennes &
|
| Voyez les Fables Egypt. & | Grecques dévoilées. L'objet
|
| Grecques dévoilées, liv. 5. | d'Hermès Trismégiste était
|
| ch. 22. On écrit aussi Py- | de voiler sous une allégorie,
|
| rithoüs. | l'oeuvre qu'on appelle Her-
|
| PIRRITTES ou PYRI- | métique, sa matière & ses
|
| TES. On donne ce nom à | procédés. Il imagina un rap-
| toutes sortes de marcassites, | port des métaux avec les sept
| | qu'on distingue en particu- | planètes, & leur donna les
| | lier par le nom du métal | mêmes noms qui leur sont
| | qu'elles contiennent: com-* | demeurés jusqu'à nos jours.
| |
@
| PI | PL 389
|
| |
|
| C'est pourquoi les planètes | corder les Philosophes dans
|
| des Chimistes sont les mé- | les contradictions apparentes
|
| taux vulgaires, & les planè- | qu'on trouve dans leurs ou-
|
| tes des Philosophes sont les | vrages, quand ils parlent du
|
| métaux philosophiques. La | temps requis pour la perfec-
|
| matière parvenue à la cou- | tion de l'oeuvre. V. Temps.
|
| leur noire par la putréfac- | PLATYOPHTAL-
|
| tion est leur Saturne ou leur | MON. Antimoine.
|
| plomb, la couleur grise qui | PLECMUM. Plomb.
|
| succède à la noire est leur | PLEIADES, filles d'At-
|
| Jupiter ou leur étain, la cou- | las & de la Nymphe Pleione,
|
| leur blanche est leur Lune | au nombre de sept. Orion
|
| ou argent, la couleur safra- | les poursuivit pendant cinq
|
| née est leur Vénus ou leur | ans sans pouvoir se concilier
|
| cuivre, de même que la cou- | leurs bonnes grâces, ni ob-
|
| leur verte; la couleur de | tenir d'elles aucune faveur.
|
| rouille de fer est leur Mars | Elles prièrent les Dieux de
|
| ou leur fer, & la couleur | les garantir de ses poursuites,
|
| rouge-pourprée est leur So- | & elles furent transportées
|
| leil ou leur or. Cette succes- | au Ciel. Quelques-uns di-
|
| sion de couleurs forme leur | sent qu'elles furent nourrices
|
| Zodiaque, & leurs saisons. | de Bacchus, & qu'elles se
|
| Comme ces couleurs doi- | nommaient Electre, Alcyo-
|
| vent paraître successivement | ne, Céléno, Maïa, Astéro-
|
| & toujours dans le même | pe, Taygete & Mérope.
|
| ordre pour chaque opéra- | Cette dernière seule de la
|
| tion, qui se répètent trois | constellation qu'elles for-
|
| fois pour la perfection de | ment, ne paraît plus. Les
|
| l'oeuvre, sans y comprendre | Poètes feignent que honteuse
|
| la multiplication, savoir la | d'avoir épousé un mortel,
|
| fabrique du soufre, celle de | elle disparut. D'autres disent
|
| la pierre & celle de l'élixir, | que c'est Electre, qui se ca-
|
| les Philosophes disent com- | cha le visage avec les mains
|
| munément qu'il faut trois ans | pour ne pas voir la ruine de
|
| pour achever l'oeuvre. Ceux | Troie, & du Royaume
|
| qui y comprennent la mul- | qu'elle avait fondé avec
|
| tiplication, comptent les an- | Dardanus son époux. Ces
|
| nées par le nombre de fois | sept étoiles paraissent à la
|
| qu'ils réitèrent chaque opé- | tête du Taureau, deux aux
|
| ration. Voilà le moyen d'ac-* | cornes, deux aux yeux, deux
|
| | B b iij
|
@
| 390 PL | PL
|
| |
|
| aux narines, & la septième, | turne, ils abandonneraient
|
| beaucoup plus obscure, au | toute autre matière pour ne
|
| milieu du front. Elles com- | travailler que sur celle-là.
|
| mencent à se manifester vers | Riplée dit au contraire que
|
| le milieu du mois de Mai. | de quelle manière qu'on tra-
|
| Voyez les Fables Egypt. & | vaille le plomb, il demeu-
|
| Grecques dévoilées, liv. 2. | rera toujours plomb; & qu'il
|
| ch. 2. & liv. 3. ch 14. §. 3. | ne faut pas prendre le fils
|
| PLEIONE, fille de l'O- | dont la mère est sujette à tant
|
| céan & de Thétis, épousa | d'impuretés. Le plomb des
|
| Atlas, dont elle eut les Pléia- | Philosophes, ou leur Satur-
|
| des. | ne, est la matière de l'oeuvre
|
| PLERES ARCHONTI- | parvenue au noir pendant la
|
| CUM. Poudre céphalique. | putréfaction. Ils l'ont aussi
| PLEROTIQUE (On- | appelée en cet état Plomb
| | guent) est celui qui rétablit | noir.
| | les chairs, & remplit les | Plomb FONDU. Même
| | vides que les ulcères ou | chose que plomb noir.
| | blessures ont coutume de | Plomb BLANC. Matière
| | laisser. | parvenue au blanc. Quel-
| | PLISTHENE, fils de | ques-uns donnent ce nom au
| | Pélops & d'Hippodamie, | mercure Hermétique.
| | laissa en mourant ses deux | Plomb DES PHILOSO-
| | enfants Agamemnon & Mé- | PHES. Planiscampi dit que
| | nélas sous la tutelle de son | c'est l'antimoine, dont Pa-
| | frère Atrée, qui les éleva | racelse distingue deux espè-
| | comme les siens propres. | ces, l'une qu'il appelle an-
| | PLOMA. Bouillon blanc, | timoine noir ou saturnien,
| | plante appelée en latin Ver- | l'autre antimoine blanc ou
| | bascum. | jovial. Artéphius dit qu'il
| | PLOMB. Eau de tous les | faut prendre l'antimoine des
| | métaux, selon Paracelse. Le | parties de Saturne; mais il
| | plomb passe pour le plus mol | explique ensuite son idée,
| | & le plus vil des métaux. Les | lorsqu'il dit qu'il appelle an-
| | Chimistes l'appellent Sa- | timoine la matière de l'Art,
| | turne, & les Philosophes | parce qu'elle en a les pro-
| | Hermétiques le Père des | priétés. Il pourrait donc bien
| | Dieux. Paracelse dit que si | se faire que Paracelse & les
| | les Alchimistes connais- | autres qui nomment l'anti-
| | saient ce que contient Sa-* | moine comme la matière du
| |
@
| PL | PL PO 391
|
| |
|
| grand oeuvre, l'entendissent | Voyez les Fables Egypt. &
|
| dans le même sens qu'Arté- | Grecques dévoilées, liv. 4.
|
| phius. Il ne faut donc pas se | ch. 3. La porte des Enfers
|
| laisser abuser par les noms. | était gardée par un chien à
|
| Morien avertit lui-même que | trois têtes qui vomissait du
|
| rien n'a tant induit en erreur | feu, & empêchait les om-
|
| que les différents noms don- | bres de sortir du Tartare
|
| nés à la matière & aux opé- | quand elles y étaient entrées.
|
| rations. | Hercule enleva ce Cerbère
|
| PLUIES D'OR. La Fa- | pour obéir à Eurysthée, &
|
| ble fait mention de plusieurs | Pluton pour s'en venger, fut
|
| pluies d'or. Jupiter se chan- | combattre Hercule pendant
|
| gea en pluie d'or pour jouir | qu'il nettoyait les étables
|
| de Danaé renfermée dans | d'Augias. Hercule blessa Plu-
|
| une tour. Il tomba une pluie | ton, qui se retira dans son
|
| d'or dans l'île de Rhodes | Empire ténébreux. Ibid. liv.
|
| quand Minerve naquit du | 5. ch. 8. Pluton fut regardé
|
| cerveau de Jupiter. Les An- | comme le Dieu des richesses,
|
| ciens ont caché sous le voile | & tous les animaux qu'on lui
|
| de ces fables la volatilisation | sacrifiait étaient noirs. Ibid.
|
| de l'or philosophique, qui | liv. 3. ch. 6.
|
| retombe en forme de pluie | PLUTUS, fils de Jason
|
| sur la matière qui reste au | & de Cérès, selon Hésiode,
|
| fond du vase. Voyez les Fa- | fut aussi honoré comme Dieu
|
| bles Egypt. & Grecq. dé- | des richesses. L'ancien Scho-
|
| voilées, liv. 2. ch. 7. | liaste d'Hésiode regarde cet-
|
| PLUTON, fils de Sa- | te généalogie comme une
|
| turne & d'Ops, ayant par- | pure allégorie, & avec rai-
|
| tagé l'Empire du monde | son, puisque Cérès & Jasion
|
| avec Jupiter & Neptune ses | sont deux personnages fabu-
|
| frères, les Enfers lui échu- | leux, comme on peut le voir
|
| rent. Rebuté & rejeté de | dans les Fables Egyptiennes
|
| toutes les Déesses à cause de | & Grecq dévoilées, liv. 4.
|
| sa laideur & du lieu téné- | ch. 2. & 3.
|
| breux de son séjour, il fut | PODALYRE ou PO-
|
| obligé, pour avoir une épou- | DALIRE, fils d'Esculape &
|
| se, d'enlever Proserpine, fille | de Machaon, excella dans la
|
| de Cérès, & l'emmena dans | Médecine, & accompagna
|
| les Enfers sur son char traîné | les Grecs au siège de Troie.
|
| par quatre chevaux noirs. | PODARCE, premier
|
| | B b iv
|
@
| 392 PO | PO
|
| |
|
| nom de Priam Roi de Troie, | chaque chapitre, prouvent
|
| reçut la couronne des mains | bien que ce système ne peut
|
| d'Hercule, après que ce Hé- | se soutenir, & que les Poètes
|
| ros eut délivré Hésione ex- | n'ont pu avoir l'histoire pour
|
| posée à un monstre marin, | objet. La conformité des fa-
|
| & tué Laomedon, père de | bles Grecques avec celles
|
| Podarce. Voyez Priam, & | des Egyptiens, dont elles ne
|
| les Fables Egypt. & Grecq. | sont qu'une imitation, suffi-
|
| dévoilées, liv. 5. ch. 14. | rait pour faire abandonner
|
| POETES. Les Poètes | ce système. Les Philosophes
|
| ont inventé des personnages | Hermétiques mieux instruits
|
| & leur ont supposé des ac- | ce semble du véritable objet
|
| tions, non pas pour imagi- | des fables Egyptiennes, ont
|
| ner des fables pures & sans | expliqué les Poètes Grecs
|
| objet, comme pourraient | par la Philosophie Herméti-
|
| l'être des contes de Fées; | que, c'est-à-dire Homère &
|
| mais pour instruire, soit de | Hésiode; car Homère avait
|
| la Morale, soit de la Physi- | puisé ses fables en Egypte,
|
| que. Beaucoup de Mytholo- | & les autres Poètes ont puisé
|
| gues prétendent voir dans | les leurs dans ce Prince de la
|
| Homère & les autres An- | Poésie. Hermès était l'Au-
|
| ciens l'histoire des siècles, | teur de ces fables; il était
|
| qu'ils appellent cependant | donc naturel de les expliquer
|
| fabuleux; mais s'ils étaient | par Hermès-même, ou par
|
| de bonne foi, ils avoueraient | ceux qu'il avait initiés dans
|
| qu'il n'est pas possible de | les mystères de son art. C'est
|
| combiner les événements que | pourquoi on trouve les fa-
|
| les Poètes rapportent, de | bles si souvent rappelées
|
| manière à en faire une his- | dans les ouvrages Herméti-
|
| toire suivie. M. l'Abbé Ba- | ques. Je les ai expliquées
|
| nier après avoir recueilli tout | conformément à leurs idées
|
| ce qu'ont dit les Auteurs à | dans mon Traité des Fables
|
| cet égard, a essayé de rap- | Egyptiennes & Grecques
|
| porter toutes les fables à | dévoilées: ce qui fait que je
|
| l'histoire, & a fait trois gros | renvoie le Lecteur à ces ex-
|
| volumes pour les expliquer | plications, parce que ce Dic-
|
| conformément à ce système; | tionnaire n'en est, à propre-
|
| mais les contradictions per- | ment parler, qu'une Table
|
| pétuelles, & les anachronis- | raisonnée.
|
| mes qu'on trouve presqu'à | POIDS. Tout l'art con-
|
@
| PO | PO 393
|
| |
|
| siste, selon les Philosophes, | soudre & à coaguler, à vo-
|
| dans les poids & proportions | latiliser & à fixer.
|
| des matières. Qu'on ne s'a- | Les Philosophes ont aussi
|
| lambique pas l'esprit pour | appelé Poids, le procédé
|
| trouver ces poids. Je leur ré- | requis dans les opérations.
|
| ponds, dit Trévisan, qu'aux | Voyez Disposition.
|
| lieux de la minière, il n'y a | POIL HUMAIN. Quel-
|
| nul poids; car poids est quand | ques Philosophes ont donné
|
| il y a deux choses. Mais | ce nom à leur mercure dis-
|
| quand il n'y a qu'une subs- | solvant, ce qui a fait penser
|
| tance, il n'y a point de re- | à quelques Artistes que les
|
| gard au poids; mais le poids | cheveux & le poil humain
|
| est au regard du soufre qui | étaient la matière de l'oeu-
|
| est au mercure: car l'élément | vre. Ils n'avaient pas lu sans
|
| du feu qui ne domine point | doute le Traité de la Philo-
|
| au mercure cru, est celui | sophie des Métaux de Tré-
|
| qui digère la matière. Et pour | visan, qui nomme les che-
|
| ce, qui est bon Philosophe, | veux & le poil au nombre
|
| sait combien l'élément du | des choses qui sont exclues
|
| feu est plus subtil que les | de l'oeuvre, de même que
|
| autres, & combien il peut | tout ce qui peut être pris &
|
| vaincre en chacune compo- | sort des animaux.
|
| sition tous les autres éléments. | POINT. Les Philosophes
|
| Et ainsi le poids est en la | appellent point, punctum,
|
| composition première élé- | leur magistère au blanc,
|
| mentale du mercure, & rien | parce que tout l'oeuvre dé-
|
| autre chose. Phil. des Mét. | pend de là. Ils ont dit en
|
| Il ne s'agit donc pas de | conséquence: blanchissez le
|
| peser les matières pour faire | laton, & déchirez vos livres.
|
| le mercure des Philosophes, | Car lorsqu'on y est parvenu,
|
| puisque la Nature y met elle-* | on est assuré de réussir en
|
| même les proportions requi- | continuant seulement le ré-
|
| ses. C'est dans le second & | gime du feu.
|
| le troisième oeuvre où les | POISSON. Lorsque la
|
| poids sont à observer, afin | matière est parvenue à un
|
| que le volatil puisse au com- | certain degré de cuisson, il
|
| mencement surmonter le fixe | se forme sur sa superficie de
|
| & le volatiliser, & que le fixe | petites bulles qui ressemblent
|
| puisse dominer à son tour. | aux yeux des poissons. Voyez
|
| Car tout l'art consiste à dis-* | Yeux.
|
@
| 394 PO | PO
|
| |
|
| POLEMONIUM. Plante | chercher la tête de Méduse.
|
| connue sous le nom de Béen | Persée obéit malheureuse-
|
| blanc. | ment pour Polydecte, qui
|
| POLIR. C'est cuire, di- | sans doute en ignorait les
|
| gérer la matière de l'oeuvre | propriétés. Persée la lui pré-
|
| pour la mener à sa perfec- | senta à son retour, & Poly-
|
| tion. | decte à cette vue fut converti
|
| POLISO. Une des Hya- | en rocher. V. Persée.
|
| des. Voyez Hyades. | POLYGOPHORA.
|
| POLLUX, fils de Jupiter | Vins fumeux, ou toutes au-
|
| & de Léda, frère de Castor, | tres liqueurs qui enivrent.
|
| d'Hélène & de Clytemnes- | POLYNEURON. Plan-
|
| tre. Pollux était frère jumeau | tain.
|
| de Clytemnestre. Les deux | POLYPHARMACON.
|
| frères se rendirent très célè- | Remède bon à plusieurs ma-
|
| bres par de grandes actions, | ladies.
|
| & accompagnèrent Jason à | POLYPHE^ME. L'un
|
| la conquête de la toison d'or. | des Cyclopes, fils de Nep-
|
| Pollux pendant ce voyage | tune & de la Nymphe Thoo-
|
| tua Amycus qui défiait les | se, selon Homère, était d'une
|
| étrangers au combat du ces- | taille monstrueuse & gigan-
|
| te. Castor ayant été tué par | tesque: il n'avait qu'un oeil
|
| Lyncée, Pollux obtint de | au milieu du front, & était
|
| Jupiter qu'il pourrait com- | d'un caractère brutal, & fort
|
| muniquer son immortalité à | adonné aux femmes. Il fai-
|
| Castor, & qu'ils vivraient & | sait sa demeure dans une
|
| mourraient alternativement. | grotte des montagnes de Si-
|
| Voyez Castor. | cile, où il nourrissait beau-
|
| POLYDECTE, Roi de | coup de bestiaux. Il aimait
|
| l'île de Sériphe, reçut dans | éperdument la Nymphe Ga-
|
| son palais Danaé & Persée | lathée, & tua Acis son rival.
|
| son fils, qu'Acrise avait ex- | Ulysse ayant été jeté par la
|
| posés aux vagues de la mer | tempête sur les côtes de Si-
|
| pour les y faire périr. Poly- | cile, Polyphême dévora
|
| decte fut épris des charmes | quatre de ses compagnons.
|
| de Danaé; mais il ne put | Ulysse ayant trouvé moyen
|
| obtenir ses faveurs. Persée | de l'enivrer, lui creva l'oeil
|
| lui parut un Argus incom- | avec un tison ardent, & s'en-
|
| mode & redoutable; pour | fuit avec les autres compa-
|
| s'en débarrasser il l'envoya | gnons de ses voyages.
|
@
| PO | PO 395
|
| |
|
| POLYPODES. Petits | voulurent pas se porter pour
|
| insectes appelés Cloportes, | Juges de ce différend, & en-
|
| Porcelets. | voyèrent Junon Pallas &
|
| POLYXENE, fille de | Vénus qui se la disputaient,
|
| Priam & d'Hécube, fut ac- | à Pâris pour en décider. Il
|
| cordée à Achille par Priam. | l'adjugea à Vénus, ce qui fut
|
| Ils s'assemblèrent dans le | la première cause de la guer-
|
| temple d'Apollon pour faire | re de Troie. Voyez le liv. 6.
|
| le mariage; & Pâris, frère | des Fables Egypt. & Grecq.
|
| de Polyxene, s'étant caché | dévoilées, ch. 2. & suiv.
|
| derrière la statue d'Apollon, | Hippoméne sur le conseil
|
| décocha une flèche à Achille | de Vénus, prit trois pommes
|
| & l'atteignit au talon seul | d'or, & les jeta à Athalante
|
| endroit où il pouvait être | pour l'arrêter dans sa course,
|
| blessé. Achille mourut de la | & il y réussit. V. Athalan-
|
| blessure, & Pyrrhus son fils | te. Ces pommes avaient été
|
| vengea la mort de son père | cueillies dans le jardin des
|
| par celle de Polyxene, qu'il | Hespérides, où elles crois-
|
| sacrifia sur son tombeau. | saient en abondance. Her-
|
| Voyez Achille. | cule les enleva toutes pour
|
| POMAMBRA. Pastille, | obéir à Eurysthée. Les feuil-
|
| ou composition de plusieurs | les mêmes de l'arbre qui les
|
| choses odoriférantes, parmi | produisait étaient d'or. Ces
|
| lesquelles l'ambre se fait sen- | pommes sont les mêmes que
|
| tir particulièrement. C'est | celles dont parle le Cosmo-
|
| comme si l'on disait Pomme | polite dans sa Parabole aux
|
| d'ambre. | Enfants de la Science, c'est-*
|
| POMME D'OR. Les | à-dire l'or philosophique.
|
| fables font mention de plu- | Cueillir les pommes du jar-
|
| sieurs pommes d'or: la Dis- | din des Hespérides, c'est,
|
| corde en jeta une sur la ta- | dans le style Hermétique,
|
| ble pendant le repas des | faire le soufre des Philoso-
|
| noces de Pélée & de Thé- | phes. Les jeter à Athalante,
|
| tis; elle y avait mis une ins- | c'est fixer le volatil; & l'ad-
|
| cription: pour la plus belle. | juger à Vénus, c'est finir le
|
| Les Déesses qui se trouvaient | premier oeuvre par la fixa-
|
| à ces noces prétendirent cha- | tion de la partie volatile,
|
| cune en particulier que cette | pour travailler ensuite à la
|
| pomme leur appartenait. Les | composition de la pierre, &
|
| Dieux, Jupiter-même, ne | de l'élixir représentée par le
|
@
| 396 PO | PO
|
| |
|
| siège & la prise de la ville | POSEIDON. Surnom de
|
| de Troie. | Neptune.
|
| Pomme ODORIFE- | POSEIDONIES. Fêtes
|
| RANTE. V. Pomanbra. | en l'honneur de Neptune.
| POPULAGO. Plante | POSSET. Petit-lait, que
| | connue sous le nom de Pas-* | l'on compose en faisant bouil-
| | d'âne, Tussilage. Elle a été | lir du lait: lorsqu'il bout, on
| | nommée Populago de ce que | y jette de la bière qui le fait
| | ses feuilles sont blanches | tourner. On le coule à tra-
| | d'un côté comme celles du | vers un linge quand il est
| | Peuplier. | tourné: ce qui est coagulé
| | PORCELLO. Petits in- | demeure dans le linge, &
| | sectes appelés Cloportes. | le petit-lait passe dans un
| | PORFILIGON. Ecaille | vaisseau mis dessous pour le
| | de fer. | recevoir. On donne ce petit-*
| | PORPHYRION. Un des | lait dans les fièvres ardentes.
| | Géants qui firent la guerre | Dans les fluxions de poi-
| | aux Dieux, voulut faire vio- | trine, on fait un petit-lait
| | lence à Junon en présence | semblable avec du vin d'Es-
| | de Jupiter-même. Ce Dieu | pagne au lieu de bière; &
| | & Hercule le poursuivirent | l'on en fait boire chaud une
| | & le firent périr. | cuillerée de quart-d'heure en
| | PORRO NITRI. Sel | quart-d'heure jusqu'à la con-
| | fusible. | currence d'une chopine au
| | PORROSA. Milleper- | moins.
| | tuis, ou Hypéricon. | POT E'TROIT DES
| | PORTE signifie la même | PHILOSOPHES. Vaisseau
| | chose que clef, entrée, ou | qui contient la matière de
| | moyens d'opérer dans tout | l'oeuvre.
| | le cours de l'oeuvre. Riplée | POUDRE DE PRO-
| | en a fait un Traité qu'il a in- | JECTION. Résultat de
| | titulé les douze Portes, com- | l'oeuvre Hermétique, ou
| | me Basile Valentin a intitulé | poudre qui étant projetée
| | le sien les douze Clefs, c'est-* | sur les métaux imparfaits en
| | à-dire les douze opérations | fusion, les transmue en or
| | qu'il faut faire pour parvenir | ou en argent, suivant que
| | à la perfection de la pierre | l'oeuvre a été poussée au
| | philosophale, ou poudre de | blanc ou au rouge. Voyez
| | projection. | Pierre Philosophale.
| | POSCA. Oxycrat. Blan- | Poudre NOIRE, Ma-
| | chard. |
| |
@
| PO | PO 397
|
| |
|
| tière des Sages en putréfac- | les demande pour ses géné-
|
| tion. | rations. La poule est la fe-
|
| Poudre BLANCHE. | melle, ou l'eau mercurielle;
|
| Matière de l'oeuvre fixée au | le coq est le soufre des Phi-
|
| blanc. | losophes. Cette poule des
|
| Poudre DISCONTI- | Sages a une chaleur natu-
|
| NUE'E. Matière des Sages | relle comme les poules vul-
| lorsqu'elle est sortie de la pu- | gaires; mais cette chaleur
| | tréfaction, & qu'elle s'élève | ne suffit pas pour la géné-
| | avec la couleur blanche. | ration du poulet, elle n'est
| | Mettre en poudre, c'est | propre qu'à le couver; &
| | dissoudre l'or des Philoso- | pour la génération & la fé-
| | phes. Flamel dit que cette | condité, il faut y ajouter la
| | dissolution réduit cet or, ou | semence ignée & chaude du
| | soufre, en poudre menue | coq. Les deux semences réu-
| | comme les atomes qui vol- | nies forment le germe qui se
| | tigent aux rayons du soleil. | développe & se perfectionne
| | POULE. Les Philoso- | lorsqu'il est couvé par la
| | phes recommandent de don- | poule. Le feu extérieur n'est,
| | ner au vase Hermétique une | dit Trévisan, que le garde-*
| | chaleur semblable à celle | froidure; de même que les
| | d'une poule qui couve. Bien | poules vulgaires ne pondent
| | des gens se sont imaginé | guères, & ne couvent pas
| | qu'il fallait mesurer le degré | pendant les frimas, mais
| | du feu extérieur & de char- | seulement lorsque le prin-
| | bons, ou de lampe, ou tel | temps amène une tempéra-
| | autre semblable feu élémen- | ture d'air plus douce.
| | taire & artificiel, avec celui | POULET DES SA-
| | d'une poule qui couve, & | GES. Soufre des Philoso-
| | ont mis un thermomètre dans | phes. L'Auteur du Diction-
| | le fourneau pour fixer la cha- | naire Hermétique dit mal-à-*
| | leur au même degré; mais ils | propos que le poulet des
| | sont dans l'erreur. Les Phi- | Sages est le mercure. Le
| | losophes parlent dans cette | poulet est ce qui est engen-
| | circonstance du feu intérieur | dré, & non pas ce qui en-
| | & de la nature, comparé | gendre.
| | avec raison à celui de la poule | Poulet ayant la tête
| | qui couve, parce que l'une | rouge, les plumes blanches,
| | & l'autre chaleurs sont natu- | & les pieds noirs; c'est la
| | relles, & telles que la nature | matière de l'oeuvre qui com-
| |
@
| 398 PO PR | PR
|
| |
|
| mence à devenir noire par la | PRASIS. Vert-de-gris.
|
| putréfaction, puis blanche à | PRATUM VIRIDE.
|
| mesure que la rosée philo- | Fleurs d'airain. Planiscampi.
|
| sophique ou l'azoth la puri- | PRE'CIPITATION.
|
| fie, enfin rouge quand elle | Défaut que les Philosophes
|
| est parfaitement fixée. Fla- | reprochent à ceux qui s'en-
|
| mel appelle en conséquence | nuient de la longueur de
|
| le vase des Philosophes l'Ha- | l'oeuvre. Gardez-vous bien
|
| bitacle du poulet. | de la précipitation, car vous
|
| Poulet D'HERMO- | gâteriez tout, dit Morien.
|
| GENE. Matière parvenue à | Toute précipitation vient du
| la blancheur. | diable, ajoute-t-il, & sou-
| | POURPRE. Les fables | venez-vous qu'il faut beau-
| | disent qu'Apollon s'habilla | coup de patience; qu'on ne
| | de couleur de pourpre lors- | doit point cueillir un fruit
| | qu'il chanta sur sa lyre la | avant sa maturité, & que le
| | victoire que Jupiter & les | temps de cette maturité est
| | Dieux remportèrent sur les | déterminé par la Nature.
| | Géants. Que les Troyens | Orphée ne put ramener des
| | couvrirent le tombeau d'He- | Enfers Eurydice son épouse,
| | ctor d'un tapis de couleur de | pour n'avoir pas eu la pa-
| | pourpre, que Priam porta | tience d'attendre qu'elle en
| | des étoffes de couleur de | fût sortie avant que de tour-
| | pourpre en présent à Achil- | ner la tête pour la voir.
| | le; & tout cela ne signifie | PREGNATION. Temps
| | que la couleur rouge pour- | où la matière est en putré-
| | prée qui survient à la matière | faction. Il est ainsi nommé
| | lorsqu'elle est parfaitement | de ce que la corruption est
| | fixée. Les Philosophes l'ont | un acheminement à la géné-
| | aussi appelée Pourpre, Ru- | ration, & qu'il n'y a point de
| | bis, Phénix lorsqu'elle est | conception quand la putré-
| | dans cet état. | faction n'a pas précédé.
| | POUST. Opium. | PRENDRE. Lorsque les
| | PRAECIPITATUS PHI- | Philosophes disent: prenez
| | LOSOPHICUS. Mercure | ceci, prenez cela, ils n'enten-
| précipité par le feu interne | dent pas qu'il faille rien pren-
| | de l'or, ou l'or essencifié. | dre avec les mains, soit pour
| | Planiscampi. | ajouter quelque chose à la
| | PRAET. NAT. ou P. N. | matière une fois mise dans le
| | Outre nature. | vase, ou pour en ôter quel-
| | |
@
| PR | PR 399
|
| |
|
| ques parties; mais seulement | rieure empêche seulement le
|
| qu'il faut continuer le régime | froid.
|
| & les opérations jusqu'à la | PREPARATION.
|
| perfection du soufre dans la | Action par laquelle on ôte
|
| médecine du premier ordre, | les choses superflues de la
|
| de la pierre dans la médecine | matière, & on lui ajoute cel-
|
| du second, & de l'élixir dans | les qui lui manquent. Il y a
|
| la médecine du troisième. | trois sortes de préparations
|
| Le terme prendre s'entend | dans l'oeuvre, ou la confec-
|
| cependant quelquefois dans | tion du magistère; la pre-
|
| le sens naturel; lorsque, par | mière est manuelle, & non
|
| exemple, il faut mettre le | philosophique; c'est pour-
|
| fixe & le volatil dans le vase, | quoi les Philosophes l'ont
|
| ou le soufre & le mercure, | omise dans leurs écrits, quoi-
|
| pour animer ce mercure, & | que la réussite de l'oeuvre en
|
| en faire le Rebis. Après cette | dépende. La seconde est la
|
| conjonction le mercure a, | préparation philosophique
|
| disent les Philosophes, tout | des agents, que les Philoso-
|
| ce qu'il faut pour la perfec- | phes appellent la première;
|
| tion de l'oeuvre, & tout ce | & Philalèthe, la préparation
|
| que cherchent les Philoso- | imparfaite. La troisième est
|
| phes. Voyez le Traité de | la confection de l'élixir, ou
|
| Philalèthe, qui a pour titre: | la préparation complète &
|
| Enarratio methodica trium | parfaite. Mais les prépara-
|
| Gebri Medicinarum, seu de | tions philosophiques succes-
|
| vera confectione lapidis Phi- | sives ne sont qu'une même
|
| losophorum. Le même Au- | opération repérée, suivant
|
| teur dit dans son Traité de | Morien, qui les appelle dis-
|
| l'Entrée ouverte du Palais | positions.
|
| fermé du Roi: Il y a un oeu- | PRESMUCHIM,
|
| vre très secret & purement | PRESMUCHUM, &
|
| naturel, & celui-là se fait | PRESMUCKIS, ne sont
|
| dans notre mercure avec | qu'une même chose, appe-
|
| notre or. C'est à cet oeuvre | lée Céruse.
|
| qu'il faut attribuer tous les | PRESURE (Sc. herm.)
|
| signes dont parlent les Phi- | Corps fixe du composé de
|
| losophes: il ne se fait ni avec | l'oeuvre, ainsi nommé, parce
|
| le feu, ni avec les mains, | qu'il coagule, congèle, &
|
| mais par la chaleur intérieure | fixe l'eau mercurielle vola-
|
| toute seule; la chaleur exté-* | tile, que plusieurs Philoso-
|
@
| 400 PR | PR
|
| |
|
| phes ont appelé Lait, parce, | le voile des Fables Egyp-
|
| dit Zachaire, qu'ainsi que le | tiennes, qu'ils habillèrent à
|
| caillé ne diffère du lait que | la Grecque. Ce sont ces Fa-
|
| par un peu de solidité acqui- | bles que j'ai expliquées dans
|
| se par la coction, de même | mon Traité des Fables Egy-
|
| notre présure caillé, ou coa- | ptiennes & Grecques dévoi-
|
| gulé, ne diffère de notre mer- | lées.
|
| cure que par la coction qu'il | PRIAM, fils de Laomé-
|
| a acquise. | don Roi de Troie, était
|
| PRE^TRES. Les Prê- | frère d'Hésione. Après que
|
| tres Egyptiens étaient des | Hercule eut délivré cette
|
| Philosophes choisis, & ins- | Princesse du monstre marin
|
| truits par Hermès Trismé- | auquel elle avait été exposée
|
| giste, dans la science de la | pour être dévorée, il tua
|
| Nature & de la Religion. Il | Laomédon, parce qu'il ne
|
| leur communiqua la pre- | tint pas la promesse qu'il lui
|
| mière, sous promesse de la | avait faite. A la prière d'Hé-
|
| garder pour eux avec un se- | sione il mit Priam sur le trô-
|
| cret inviolable, & ne les | ne, & lui ôta le nom de Po-
|
| initiait dans ces mystères | darce qu'il portait aupara-
|
| qu'après une longue épreuve | vant. Ce Roi eut entr'autres
|
| de leur discrétion. Il leur en- | enfants d'Hécube son épouse,
|
| seignait cette science, sous | Pâris qui par le rapt d'Hé-
|
| l'ombre des hiéroglyphes | lène, fut cause de la guerre
|
| qu'il avait inventés, & qu'il | de Troie, de la ruine de sa
|
| leur expliquait. Les Prêtres | patrie; Hector qui tua Pa-
|
| en faisaient de même à l'é- | trocle & succomba sous les
|
| gard de ceux qu'ils jugeaient | coups d'Achille. Après la
|
| dignes d'être initiés, & amu- | mort de celui-ci, & la ville
|
| saient le peuple par des Fa- | de Troie ayant été prise,
|
| bles, dit Origene, pendant | Pyrrhus, fils d'Achille, tua
|
| qu'ils philosophaient sous le | Priam dans le temple de Ju-
|
| voile des noms des Dieux | piter, où il s'était réfugié.
|
| du pays, qu'ils avaient ima- | Voyez l'explication de cette
|
| ginés. Musée, Lin, Mélam- | allégorie, dans les Fables
|
| pe, Orphée, Homère, & | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| quelques autres Philosophes | liv. 5. ch. 14. & liv. 6.
|
| Poètes Grecs, apprirent ces | PRIAPE, fils de Bacchus
|
| secrets des Egyptiens, & les | & de Vénus. Junon jalouse
|
| portèrent dans leur pays sous | de cette Déesse, fit tant par
|
| | ses
|
@
| PR | PR 401
|
| |
|
| ses enchantements qu'elle | nous paraissent les plus sim-
|
| rendit monstrueux & tout | ples, sont même composées.
|
| contrefait le fils que Vénus | Et si nous faisons bien atten-
|
| portait dans son sein. Vénus | tion au terme de principe,
|
| l'ayant mis au monde, l'éloi- | nous verrons bientôt qu'il
|
| gna de sa présence à cause | peut s'appliquer différem-
|
| de sa laideur, & le fit nourrir | ment; car 1°. on peut dire
|
| à Lampsaque. Devenu dans | que Dieu est le principe de
|
| la suite la terreur des maris, | tout; 2°. la Nature; 3°. le
|
| il fut chassé de cette Ville; | feu, comme l'auteur du mé-
|
| mais les habitants ayant été | lange des parties, & comme
|
| affligés d'une maladie se- | les entretenant par sa cha-
|
| crète, le rappelèrent, & il | leur. 4°. On appelle aussi
|
| fut depuis l'objet de la véné- | principe des choses, ce qui
|
| ration publique. On plaçait | en constitue les parties mis-
|
| sa statue dans tous les jar- | cibles, qu'on peut regarder
|
| dins. Il paraît que les Grecs | d'abord en général relati-
|
| imaginèrent le culte de Pria- | vement à l'Univers, & en
|
| pe à l'imitation de l'infâme | particulier comme consti-
|
| usage du Phallus chez les | tuant tel ou tel individu. Ce
|
| Egyptiens & les Phéniciens. | qui forme deux sortes de
|
| Voyez les Fables Egypt. & | principes, les uns éloignés,
|
| Grecques dévoilées, liv. 4. | & les autres prochains. Ainsi
|
| ch. 1. & 4. | le principe le plus éloigné
|
| PRINCIPE. Ce de quoi | du corps humain est la ter-
|
| une chose tire son commen- | re, d'où se forment les ali-
|
| cement, ou ce qui constitue | ments, qui en sont les prin-
|
| l'essence d'un individu. Cette | cipes prochains; de ces ali-
|
| définition ne s'entend que | ments se forme la semence,
|
| des choses physiques. Les | ou principe le plus prochain
|
| principes d'une chose doi- | des animaux. On peut aussi
|
| vent être simples, purs, & | conclure de ce que nous ve-
|
| non mélangés; parce qu'ils | nons de dire, qu'on distin-
|
| doivent former un mixte ho- | gue encore deux sortes de
|
| mogène. Ceci ne doit pas | principes; les uns actifs,
|
| s'entendre dans l'ordre & res- | comme Dieu, la Nature,
|
| pectivement au mélange gé- | &c. & les autres passifs, tels
|
| néral fait pour la création du | que les parties matérielles &
|
| monde; parce que dans ce | constituantes des êtres phy-
|
| cas les parties des corps qui | siques. Quelques-uns nom-
|
| | C c
|
@
| 402 PR | PR
|
| |
|
| ment ces principes, les pre- | principe nommé racine, &
|
| miers formels, & les seconds | par Riplée base de l'oeuvre,
|
| matériels; par les formels on | est le père du troisième mens-
|
| entend l'agent; & par les | true de Raymond Lulle; ces
|
| matériels le patient. Les pre- | deux Auteurs le regardent
|
| miers principes sont la terre | comme le premier & le plus
|
| & l'eau; les prochains sont | essentiel, parce qu'il déter-
|
| les premiers mixtes qui en | mine & glorifie les deux au-
|
| ont été faits. Le principe spé- | tres substances mercurielles
|
| cial ou plus prochain est la | crues, pures & tirées simple-
|
| semence spéciale de chaque | ment de leurs mines. Ce pre-
|
| individu. C'est encore ce qui | mier principe n'augmente
|
| a fait donner aux principes | pas le poids de la matière;
|
| éloignés ou premiers prin- | les deux autres l'augmen-
|
| cipes, le nom de principes | tent, & sont cause de la mort
|
| principiants, & aux autres | du composé. Ils allument le
|
| celui de principes principiés. | feu contre-nature; & par la
|
| Principes. (Sc. Herm.) | conjonction de celui-ci avec
|
| Les Philosophes appellent | le feu de nature renfermé
|
| souvent principes les ingré- | dans le troisième sujet dont
|
| dients qui composent le ma- | nous avons parlé, il se forme
|
| gistère, & non les principes | un feu innaturel ou moyen,
|
| ou règles de la science Her- | d'où naît la putréfaction, &
|
| métique. Il entre trois prin- | ensuite le complément de
|
| cipes dans l'oeuvre, dont | l'oeuvre.
|
| chacun est respectivement | Tous ces principes peu-
|
| nommé principe essentiel, & | vent être regardés comme
|
| les deux autres superficiels; | essentiels sous divers points
|
| quoique tous les trois soient | de vue, & par comparaison
|
| absolument nécessaires. No- | des uns aux autres & rela-
|
| tre oeuvre, dit le Trévisan, | tivement à l'oeuvre. Nous
|
| est composé d'une racine & | avons déjà dit comment un
|
| de deux substances mercu- | des principes devait être re-
|
| rielles, qui étant cependant | gardé comme premier &
|
| de même nature, se rédui- | principal. Le principe qui
|
| sent à un seul principe. Ce | renferme le feu contre-natu-
|
| qui a fait dire à plusieurs | re, appelé par Riplée Lion
|
| Philosophes: Nous n'avons | vert, par Flamel Dragon Ba-
|
| qu'une matière, un régime | bylonien, & par le Trévisan
|
| & un fourneau. Le premier | Portier du palais, est nommé
|
@
| PR | PR 403
|
| |
|
| par tous les Philosophes la | me; & ces trois principes
|
| Clef de l'oeuvre, parce que | réunis par la solution, se pu-
|
| c'est lui qui fait presque tout, | tréfient, pour acquérir une
|
| que sans lui on travaillerait | nouvelle vie plus glorieuse
|
| en vain, & que dans lui est | que celle qu'ils avaient au-
|
| caché tout le secret de la Phi- | paravant.
|
| losophie Hermétique. Il est | PRINCIPE DES ME'-
|
| le jardin des Sages où ils sè- | TAUX. Magistère au blanc.
|
| ment leur or, où cet or croît | Les philosophes distinguent
|
| & se multiplie. L'Auteur du | encore trois principes dans
|
| Grand Rosaire l'appelle Ra- | les métaux, qu'ils appellent
|
| cine de l'Art & le Savon des | principes naturels ou de la
|
| Sages. Quelquefois les Phi- | nature; savoir, le sel, le
|
| losophes le nomment leur | soufre & le mercure. Ce sont
|
| Lune, leur Soufre, leur Mer- | leurs principes principiés,
|
| cure, leur Terre, & c'est en- | engendrés des quatre élé-
|
| fin presque la seule chose | ments premiers principes de
|
| qu'ils ont cachée dans leurs | tous les mixtes. Ils regardent
|
| écrits; étant donc regardé | le soufre comme le mâle ou
|
| comme la base de l'oeuvre, | l'agent, le mercure comme
|
| on peut le nommer principe | femelle ou patient, & le sel
|
| essentiel. | comme le lien des deux.
|
| On doit regarder à son | Ainsi quand les Philosophes
|
| tour la seconde substance | disent qu'il faut réduire les
|
| mercurielle comme principe | métaux à leurs premiers prin-
|
| essentiel, puisqu'elle est l'eau | cipes, ou à leur première
|
| minérale qui extrait les tein- | matière, ils n'entendent pas
|
| tures, les cache dans elle, & | qu'il faut les faire rétrograder
|
| ranime le feu caché dans l'au- | jusqu'aux éléments, mais seu-
|
| tre, en le délivrant de la pri- | lement jusqu'à ce qu'ils soient
|
| son où il était renfermé. | devenus mercure, non mer-
|
| L'effet que chaque prin- | cure vulgaire, mais mercure
|
| cipe opère dans l'oeuvre est | des Philosophes. Voyez à ce
|
| tel. Le corps est le principe | sujet la Philosophie des Mé-
|
| de la fixité, & ôte aux deux | taux du Trévisan, les douze
|
| autres leur volatilité; l'es- | Traités du Cosmopolite, &
|
| prit donne l'ingrès en ou- | le Traité de Physique au com-
|
| vrant le corps; & l'eau par | mencement des Fab. Egypt.
|
| le moyen de l'esprit, tire le | & Grecques dévoilées.
|
| feu de sa prison, elle est l'a-* | PRINTEMPS. Temps où
|
| | C c ij
|
@
| 404 PR | PR
|
| |
|
| le mercure prend le tempé- | ne les en délivra qu'après
|
| rament & la complexion | qu'ils lui eurent rendu son
|
| chaude & humide de l'air. | fils Gabertin. Trévisan parle
|
| Ce qui se fait par un feu du | aussi de prison dans le même
|
| second degré. Cette chaleur | sens. Troisièmement, pour
|
| doit être médiocre & tem- | le mercure, qui en dissolvant
|
| pérée, mais plus forte que | le fixe le tient comme en
|
| celle de l'hiver. Le soufre | prison pendant tout le temps
|
| pendant ce régime dessèche | de la noirceur, qu'ils ont aussi
|
| le mercure. Il produit les | appelée Sépulcre, Tom-
|
| herbes & les fleurs philoso- | beau. Quatrièmement, pour
|
| phiques, c'est-à-dire les cou- | la fixation même du mer-
|
| leurs qui précédent le blanc, | cure. C'est dans ces trois
|
| & la blancheur elle-même. | derniers sens qu'on doit en-
|
| La matière alors ne peut plus | tendre la prison de laquelle
|
| être détruite. Les Philoso- | parle Basile Valentin dans la
|
| phes, pour déterminer ce | Préface de ses Douze Clefs,
|
| passage du noir au blanc, | en ces termes: Je (Saturne)
|
| l'ont nommé printemps, de | ne rejette la faute de ma ca-
|
| même que la matière elle-* | lamité sur aucun autre que
|
| même. | Mercure, qui par sa négli-
|
| PRISON. Les Philoso- | gence & son peu de soin m'a
|
| phes prennent ce terme en | causé tous ces malheurs:
|
| plusieurs sens différents. Pre- | c'est pourquoi je vous con-
|
| mièrement, pour les parties | jure tous de prendre sur lui
|
| terrestres, grossières & hé- | vengeance de ma misère; &
|
| térogènes, dans lesquelles | puisqu'il est en prison, que
|
| leur mercure & leur or sont | vous le mettiez à mort, &
|
| enfermés comme dans une | le laissiez tellement corrom-
|
| prison, de laquelle il faut les | pre, qu'il ne lui reste aucune
|
| délivrer. Secondement, pour | goutte de sang.
|
| le vase dans lequel on met | Mercure devint si orgueil-
|
| la matière de l'oeuvre, pour | leux de se voir huile incom-
|
| travailler au magistère. C'est | bustible, qu'il ne se reconnut
|
| dans ce sens qu'il faut enten- | plus pour lui-même. Ayant
|
| dre Arislée quand il dit que | jeté ses ailes d'aigle, il dé-
|
| le Roi des côtes de la Mer le | vora sa queue glissante de
|
| fit enfermer dans une étroite | dragon, déclara la guerre à
|
| prison, où il les retint qua- | Mars, qui ayant assemblé
|
| rante jours & plus, & qu'il | sa compagnie de Chevaux-*
|
@
| PR | PR 405
|
| |
|
| légers, fit prendre Mercure, | pour signifier les couleurs
|
| le mit prisonnier entre les | qui se succèdent. C'est l'ex-
|
| mains de Vulcain, qu'il cons- | plication qu'il y donne lui-*
|
| titua Geôlier de la prison, | même en ces termes: Donc
|
| jusqu'à ce qu'il fût de nou- | avec le consentement de
|
| veau délivré par le sexe fé- | Perenelle, portant sur moi
|
| minin. | l'extrait de ces figures (d'A-
|
| La Lune se présenta com- | braham Juif), ayant pris
|
| me une femme vêtue d'une | l'habit & le bourdon de Pè-
|
| robe blanche; elle se jeta | lerin, en la même façon
|
| aux pieds des assistants, & | qu'on me peut voir au de-
|
| après plusieurs soupirs ac- | hors de cette même arche,
|
| compagnés de larmes, elle | en laquelle je mets ces figu-
|
| les pria de délivrer le Soleil | res hiéroglyphiques par de-
|
| son mari, qui était empri- | dans le cimetière (des saints
|
| sonné par la tromperie de | Innocents à Paris) où j'ai aussi
|
| Mercure, déjà condamné à | mis contre la muraille,
|
| mort par le jugement des au- | d'un & d'autre côté, une
|
| tres Planètes. | procession où sont représen-
|
| PRIVINUM. Premier | tées par ordre toutes les cou-
|
| tartre. Planiscampi. | leurs de la pierre, ainsi qu'el-
|
| PROCE'DE'. Opération. | les viennent & finissent, avec
|
| Manière d'agir. Les procé- | cette écriture française:
|
| dés de l'art Hermétique dans | Moult plaît à Dieu proces-
|
| la composition de la pierre | sion
|
| des Sages, sont une imitation | S'elle est faite en dévotion.
|
| de ceux que la Nature em- |
|
| ploie dans la composition | C'est dans cette même
|
| des mixtes. | vue que les anciens Philo-
|
| PROCESSION. Nico- | sophes Egyptiens, Grecs,
|
| las Flamel a employé dans | avaient institué des proces-
|
| ses figures hiéroglyphiques, | sions pour les solennités des
|
| l'emblème d'une procession | fêtes d'Osiris, de Bacchus,
|
| à laquelle beaucoup de mon- | de Cérès, d'Adonis, &c.
|
| de assistent vêtus de diffé- | dans lesquelles on portait
|
| rentes couleurs, tant pour | divers symboles des cou-
|
| indiquer les ascensions & | leurs dans l'ordre qu'elles se
|
| descensions successives de la | manifestent, comme on peut
|
| matière, qui se font par sa | le voir dans le 4e livre des
|
| circulation dans le vase, que | Fables Egypt. & Grecques.
|
| | C c iij
|
@
| 406 PR | PR
|
| |
|
| PROFONDEUR. Di- | tal en fusion: on couvre le
|
| mension philosophique de la | creuset, & on laisse agir cette
|
| pierre. La hauteur & la pro- | poudre pendant un quart-*
|
| fondeur sont les deux extrê- | d'heure ou environ, & après
|
| mes, & la largeur en est le | avoir laissé refroidir la ma-
|
| milieu qui les unit. Le noir | tière, on la retire. Si elle
|
| est la hauteur, le blanc la | était cassante, il faudrait la
|
| largeur, & le rouge la pro- | projeter sur une petite quan-
|
| fondeur. Philalèthe. | tité du même métal en fu-
|
| PROJECTION. Les | sion; parce que ce serait une
|
| Sectateurs de la Philosophie | preuve qu'on y aurait mis
|
| Hermétique appellent pou- | trop de poudre.
|
| dre de projection, une pou- | PROMETHE'E, fils
|
| dre, résultat de leur Art, | de Japet & de Clymene,
|
| qu'ils projettent en très | forma l'homme du limon,
|
| petite quantité sur les mé- | dit la Fable, & le fit avec
|
| taux imparfaits en fusion, au | tant d'industrie, que Minerve
|
| moyen de laquelle ils les | même en fut saisie d'éton-
|
| transmuent en or ou en ar- | nement. Elle voulut contri-
|
| gent, suivant le degré de sa | buer à la perfection de cet
|
| perfection. | ouvrage: elle transporta Pro-
|
| Il est à remarquer que dans | méthée au ciel, pour qu'il y
|
| la projection tout le métal | fit choix de ce qu'il y juge-
|
| sur lequel on projette la pou- | rait convenable. Y ayant vu
|
| dre, ne se transmue pas en | plusieurs corps animés du
|
| or ou en argent, si on ne l'a | feu céleste, il en admira la
|
| bien purifié avant que de le | beauté; & pour en doter sa
|
| mettre en fusion. Il n'y a que | figure, il toucha de sa ba-
|
| le mercure, à cause qu'il a | guette le chariot du Soleil,
|
| moins de parties impures & | en enleva une étincelle, la
|
| hétérogènes, & qu'il a beau- | porta en terre, & en anima
|
| coup plus d'analogie avec | sa figure. Jupiter indigné de
|
| l'or. | ce larcin, résolut de punir
|
| Pour faire la projection sur | tout le genre humain pour
|
| le mercure, il suffit de le faire | le vol de Prométhée. Il or-
|
| un peu chauffer; on projette | donna donc à Vulcain de
|
| la poudre avant qu'il fume. | forger une femme de figure
|
| On enveloppe cette poudre | parfaite, à laquelle il donna
|
| dans un peu de cire, & on | une boîte remplie de maux.
|
| jette cette pelote sur le mé-* | Prométhée, à qui elle se pré-
|
@
| PR | PR 407
|
| |
|
| senta, ne voulut pas s'y fier; | qu'ils en imprègnent la terre
|
| Epiméthée son frère s'y lais- | qui est au fond du vase, en
|
| sa surprendre, reçut la boëte, | se cohobant avec elle. En se
|
| l'ouvrit, & tous les maux | fixant avec elle, Prométhée
|
| qui affligent l'humanité, en | se trouve attaché par Mer-
|
| sortirent. Jupiter ne se con- | cure sur le rocher, & les
|
| tenta pas de cette vengean- | parties volatiles qui agissent
|
| ce; il punit aussi l'auteur du | sans cesse sur cette terre,
|
| vol, & ordonna à Mercure | sont le vautour, ou l'aigle,
|
| de se saisir de Prométhée, | qui lui déchirent le foie. Her-
|
| de l'attacher à un rocher du | cule, ou l'Artiste, le délivre
|
| Mont Caucase, & envoya | de ce tourment en tuant l'ai-
|
| un vautour pour lui dévorer | gle, c'est-à-dire, en fixant
|
| le foie. Il rendit le supplice | ces parties volatiles. Voyez
|
| plus long, en donnant à ce | les Fables Egypt. & Grec-
|
| foie la propriété de se régé- | ques dévoilées, Liv. 2. ch.
|
| nérer à mesure que le vau- | 2. & liv. 5. ch. 17.
|
| tour le dévorait. Hercule | PROPOLIS, ou PRO-
|
| qui avait été très intimement | POLIX, est une espèce
|
| lié avec Prométhée, résolut | de ciment ou cire grossière,
|
| de le délivrer de ce tour- | d'un goût un peu amer, &
|
| ment; il décocha une flèche | d'une couleur noirâtre, de
|
| contre le vautour, le tua, & | laquelle les abeilles endui-
|
| délia son ami. | sent les fentes de leurs ru-
|
| Les Philosophes herméti- | ches, & même l'entrée,
|
| ques trouvent dans cette fa- | quand les approches de l'hi-
|
| ble un symbole de leur oeu- | ver les obligent de s'y ren-
|
| vre, & disent que Promé- | fermer. Planis-campi l'ap-
|
| thée représente leur soufre | pelle Cire vierge, d'autres
|
| animé du feu céleste, puis- | Cire sacrée. Quand on en
|
| qu'il est lui-même une miniè- | met sur des charbons ardents,
|
| re de ce feu, selon le témoi- | elle exhale une odeur à peu
|
| gnage de d'Espagnet. Le So- | près semblable à celle de l'a-
|
| leil est son père, & la Lune | loès. Lémeri dit que cette
|
| sa mère: c'est dans sa vola- | matière est une espèce de
|
| tilisation avec le mercure | mastic rougeâtre ou jaune.
|
| qu'il s'envole au ciel des Phi- | PROPOMA. Boisson
|
| losophes, où ils s'unissent | composée de vin & de miel,
|
| ensemble, & remportent ce | ou de sucre.
|
| feu en terre; c'est-à-dire | PROPORTION. Com-
|
| | C c iv
|
@
| 408 PR | PR
|
| |
|
| binaison des poids, des prin- | PROSTITUE'E. La
|
| cipes matériels du composé | femme prostituée des Philo-
|
| de l'oeuvre hermétique. Voy. | sophes est leur Lune, leur
|
| Disposition, Poids. | Saturnie végétable, leur Dra-
|
| PROSERPINE. Fille | gon Babylonien; l'art la pu-
|
| de Jupiter & de Cérès, fut | rifie de toutes ses souillures,
|
| enlevée par Pluton dans le | & lui rend sa virginité. Lors-
|
| temps qu'elle cueillait des nar- | qu'elle est dans cet état, les
|
| cisses dans la prairie. Pluton | Philosophes la nomment vier-
|
| en fit son épouse, & la dé- | ge. Prenez, dit d'Espagnet,
|
| clara Reine des Enfers. Cé- | une vierge ailée, encein-
|
| rès la chercha par mer & par | te de la semence spirituelle
|
| terre; & ayant appris qu'elle | du premier mâle, & donnez-*
|
| était avec Pluton, Cérès | la en mariage à un second,
|
| s'adressa à Jupiter pour la | sans crainte d'adultère.
|
| r'avoir. Jupiter promit qu'il | PROTHE'E. Fils de
|
| la lui ferait rendre, pourvu | l'Océan & de Thétis, fut un
|
| que Proserpine n'eût rien | Dieu marin, qui prenait tou-
|
| mangé pendant le séjour | tes sortes de figures quand il
|
| qu'elle avait fait dans cet | lui plaisait. Il gardait les
|
| Empire ténébreux. Mais As- | troupeaux de Neptune. On
|
| calaphe, qui seul lui avait vu | s'adressait à lui pour savoir
|
| cueillir une grenade, dont | l'avenir, & trompait les cu-
|
| elle avait mangé trois grains, | rieux, par les différentes for-
|
| n'eut pas la discrétion de le | mes qu'il prenait. Pour en
|
| taire. Jupiter ordonna donc | avoir raison, il fallait le lier;
|
| que Proserpine demeurerait | alors il reprenait sa forme
|
| six mois avec Pluton, & six | naturelle, & annonçait les
|
| mois avec Cérès. Voyez | choses futures à ceux qui l'a-
|
| l'explication de cette fable | vaient mis dans cet état. Or-
|
| dans le Liv. 4. chap. 3. des | phée appelle Prothée le prin-
|
| Fables Egypt. & Grecques | cipe de tous les mixtes & de
|
| dévoilées. | toutes choses, & le plus an-
|
| PROSERPINACA. | cien de tous les Dieux. Il
|
| Plante appelée Centinode, | dit qu'il tient les clefs de la
|
| Corregiole, Renouée. | nature, & préside à toutes
|
| PROSPHEROMENA. | ses productions, comme étant
|
| Médicaments pris par la bou- | le commencement de la na-
|
| che, tels que les purgatifs, | ture universelle. Les Latins
|
| les cordiaux, &c. | lui donnèrent le nom de Ver-
|
@
| PR | PS 409
|
| |
|
| rumne, à cause de la variété | appris sa mort, fit faire une
|
| des figures & des formes qu'il | statue qui ressemblait à son
|
| prenait. | mari défunt, & la tenait
|
| Prothée n'est autre que | toujours auprès d'elle. Enfin
|
| l'esprit universel de la na- | le chagrin de la perte de cet
|
| ture, esprit igné répandu dans | époux qu'elle aimait éperdu-
|
| l'air; l'eau le reçoit de l'air, | ment, la porta à se donner
|
| & le communique à la terre. | la mort, pour aller le rejoin-
|
| Il se spécifie dans chaque rè- | dre. Le mariage de Protési-
|
| gne de la nature, & s'y cor- | las & de Laodamie est celui
|
| porifie en prenant diverses | du fixe & du volatil de la
|
| formes, suivant les matrices | matière de l'oeuvre hermé-
|
| où il est déposé. Quand on | tique; l'embarquement des
|
| sait le lier & le garrotter, | Grecs est la dissolution & la
|
| disent les Philosophes, c'est-* | volatilisation de cette ma-
|
| à-dire, le corporifier & le | tière; le débarquement est
|
| fixer, on en fait ce qu'on veut; | le commencement de la fi-
|
| il annonce alors l'avenir, puis- | xation nouvelle de la matière
|
| qu'il se prête aux opérations, | volatilisée; & comme les
|
| au moyen desquelles vous | Philosophes appellent mort
|
| produisez ce que vous avez | cette fixation, l'Oracle avait
|
| en vue. Les Chimistes her- | dit avec raison que le pre-
|
| métiques en font la pierre & | mier qui mettrait pied à ter-
|
| l'élixir, tant pour la transmu- | re, c'est-à-dire qui d'eau vo-
|
| tation des métaux, que pour | latile se changerait en terre,
|
| conserver la santé à ceux qui | serait tué par les Troyens,
|
| se portent bien, & la rendre | qui dans toute l'Iliade sont
|
| à ceux qui sont malades. | pris pour le symbole de la
|
| PROTE'SILAS, fils | terre fixe des Philosophes.
|
| d'Iphiclus, épousa Laoda- | Voyez les Fables Egypt. &
|
| mie. Peu de temps après son | Grecques dévoilées, Liv. 6.
|
| mariage, il partit pour le siè- | PSALACHANTE.
|
| ge de Troie. L'Oracle avait | Nymphe qui aimait éperdu-
|
| dit que celui qui le premier | ment Bacchus, duquel se
|
| mettrait pied à terre, serait | voyant méprisée, elle se don-
|
| tué. Protésilas voyant qu'au- | na la mort, & fut changée
|
| cun des Grecs n'osait le fai- | en la plante qui porte son
|
| re, descendit avec fermeté, | nom.
|
| & fut tué en effet par un | PSAMMETICUS,
|
| Troyen. Laodamie ayant | Roi d'Egypte, fut le premier
|
@
| 410 PS | PS
|
| |
|
| qui permit aux Etrangers | PSORICA. Médica-
|
| le commerce de ses Etats. | ment composé pour guérir la
|
| Les Grecs commencèrent | galle, la rogne.
|
| à les fréquenter, & s'ins- | PSORICUM. Com-
|
| truisirent chez les Prêtres | posé de deux parties de cal-
|
| Egyptiens de la Philoso- | citis, & d'une de cadmie,
|
| phie qu'Hermès leur insti- | ou d'écume d'argent, pulvé-
|
| tuteur leur avait enseignée. | risées, & mêlées ensemble
|
| Cette Philosophie étant don- | avec du vinaigre blanc. On
|
| née sous le voile des fictions, | met le tout dans un vase,
|
| les Grecs rapportèrent dans | qu'on scelle bien, & on le
|
| leur pays les fables qu'ils | place dans le fumier de che-
|
| avaient apprises, & les di- | val chaud pendant quarante
|
| vulguèrent, habillées à la | jours. On fait après cela sé-
|
| Grecque. Ce sont ces fic- | cher cette matière sur des
|
| tions que j'ai expliquées dans | charbons ardents, jusqu'à ce
|
| mon Traité des Fables Egyp- | qu'elle soit devenue rouge.
|
| tiennes & Grecq. dévoilées. | Planis-campi.
|
| PSAMMISMUS. Bain | PSYCHE'. Quoique la
|
| de sable chaud, dans lequel | fable de Psyché ne soit pas
|
| on enterre les pieds des hy- | du nombre des fictions Egy-
|
| dropiques, pour dessécher | ptiennes, elle n'en renferme
|
| les humeurs qui se portent | pas moins les mêmes prin-
|
| aux jambes, & les font en- | cipes, & celui qui l'a imagi-
|
| fler. | née a eu le même objet en
|
| PSAMMODEA. Sé- | vue: elle est trop belle pour
|
| diment sablonneux de l'urine. | la passer sous silence; c'est
|
| PSAMMOS, ou SA- | d'après Apulée que nous la
|
| MOS. Sable. | rapporterons.
| PSILOTHRON. Cou- | De trois filles qu'avaient
| | levrée, bryone. | un Roi & une Reine, la plus
| | Psilothron est aussi le | jeune était la plus belle, &
| | nom que l'on donne aux on- | la nature, en la formant, y
| | guents topiques qu'on appli- | avait donné tellement ses
| | que pour faire tomber le poil | soins, qu'elle paraissait s'être
| | & les cheveux. En français | surpassée. On venait de tous
| | on l'appelle dépilatoire. | côtés à la Cour de ce Roi
| | PSINCUS & PSINC- | pour voir cette beauté singu-
| | KIS. Céruse. | lière, & de l'admiration on
| PSORA. Galle. | passait à l'amour le plus pas-
| | |
@
| PS | PS 411
|
| |
|
| sionné. Vénus jalouse de | rien. A des repas également
|
| voir Gnide, Paphos, Cy- | abondants & délicats succé-
|
| thère abandonnés & déserts | daient des concerts admira-
|
| par le concours prodigieux | bles, & les plaisirs se sui-
|
| qu'attirait Psyché, ordonna | vaient les uns & les autres,
|
| à Cupidon de la blesser d'une | sans que Psyché aperçût
|
| de ses flèches, & de la ren- | même qui les lui procurait.
|
| dre amoureuse d'un objet in- | La nuit arrivée, l'époux qui
|
| digne de ses charmes. Cupi- | lui était destiné s'approchait
|
| don voulut exécuter les or- | d'elle & la quittait avant le
|
| dres de sa mère, mais Psyché | jour, ce qui dura plusieurs
|
| fit sur lui la même impression | nuits de suite.
|
| qu'elle faisait sur les autres, | L'Amour informé des re-
|
| & il en devint éperdument | cherches que les soeurs de
|
| amoureux. Les soeurs de Psy- | Psyché faisaient d'elle, lui
|
| ché furent mariées à des Sou- | défendit d'abord de les voir;
|
| verains; mais personne n'osa | mais l'ayant trouvée triste &
|
| aspirer à sa possession. L'ora- | rêveuse, il lui permit de leur
|
| cle d'Apollon consulté sur la | parler, à condition qu'elle
|
| destinée de cette jeune Beau- | ne suivrait pas leurs conseils.
|
| té, répondit qu'elle n'aurait | Le même Zéphyr qui l'avait
|
| pas un mortel pour époux, | conduite dans ce lieu en-
|
| mais un Dieu redoutable aux | chanté, y transporta ses
|
| Dieux & à l'Enfer même: il | soeurs. Psyché, après leur
|
| ajouta qu'il fallait exposer | avoir fait part de son bon-
|
| Psyché sur une haute mon- | heur, les renvoya chargées
|
| tagne au bord d'un préci- | de présents. Ces deux Prin-
|
| pice, parée d'ossements qui | cesses jalouses résolurent de
|
| annonçassent le deuil & la | la perdre; & comme Psyché
|
| tristesse. On obéit à l'Ora- | leur avait dit que son mari
|
| cle, & à peine fut-elle au | ne s'était pas encore montré
|
| lieu indiqué, qu'un doux Zé- | à elle, quoiqu'il l'aimât éper-
|
| phir la porta au milieu d'un | dument, elles en prirent oc-
|
| bois, dans un palais superbe | casion, dans une autre en-
|
| brillant d'or & d'argent, & | trevue, de lui rappeler l'o-
|
| dont chaque pavé était une | racle d'Apollon, qui lui avait
|
| pierre précieuse. Ce palais | parlé confusément de je ne
|
| lui parut inhabité, mais des | sais quel monstre, & lui di-
|
| voix l'invitèrent à y faire son | rent que son époux était un
|
| séjour. Elle n'y manquait de | serpent, qui la ferait périr.
|
@
| 412 PS | PS
|
| |
|
| Psyché effrayée de ce dis- | en éprouvant la pointe d'une
|
| cours, commença à soup- | de ses flèches. La blessure
|
| çonner quelque chose sur ce | trop légère pour l'occuper
|
| que son mari ne voulait pas | préférablement aux charmes
|
| se manifester à elle, & leur | de l'Amour, ne l'empêcha
|
| dit qu'elle suivrait leur con- | pas de voir Cupidon qui s'en-
|
| seil, si elles lui indiquaient | volait; Psyché veut l'arrêter
|
| les moyens de se débarrasser | par le pied, Cupidon l'en-
|
| de cette inquiétude. Elles lui | lève; l'emporte, & la laisse
|
| conseillèrent de cacher une | enfin tomber. Il s'arrêta sur
|
| lampe allumée avec un ra- | un cyprès, lui reprocha amè-
|
| soir; & que quand le monstre | rement le peu de confiance
|
| serait endormi, elle se servit | qu'elle avait eu à ses con-
|
| de la lampe pour le voir, & | seils, & disparut. Psyché au
|
| du rasoir pour l'égorger. Psy- | désespoir, se précipita dans
|
| ché suivit ce conseil, elle | un fleuve; mais les Nym-
|
| sortit du lit, prit la lampe & | phes, les Naïades qui res-
|
| le rasoir; mais au lieu d'un | pectent l'épouse de l'Amour,
|
| monstre elle aperçut l'A- | la portèrent sur les bords.
|
| mour endormi; son teint | Elle y rencontra le Dieu
|
| vermeil, sa jeunesse, ses ailes | Pan, qui lui conseilla d'a-
|
| développées, sa chevelure | paiser l'Amour. Elle errait
|
| blonde & flottante le lui | par le monde en cherchant
|
| firent reconnaître. | les moyens de parvenir à son
|
| Saisie d'étonnement, & | but, lorsqu'elle rencontra
|
| au désespoir d'avoir fait un | une de ses soeurs; elle lui fit
|
| tel affront à un si aimable | part de son aventure, & lui
|
| époux en doutant de son | dit que l'Amour pour mieux
|
| bonheur, elle était sur le | se venger, avait résolu d'é-
|
| point d'employer contre elle-* | pouser une de ses soeurs. En-
|
| même le fer dont elle avait | flée de cette espérance, cette
|
| voulu égorger son mari, lors- | soeur s'échappe du palais, se
|
| qu'une goutte d'huile tomba | rend où le Zéphyr l'avait en-
|
| de sa lampe sur l'épaule de | levée la première fois, &
|
| l'Amour, & le réveilla. Ses | s'imaginant qu'il la transpor-
|
| charmes la rappelèrent à | terait encore, elle s'élança,
|
| elle; elle apaisa son cour- | se laissa tomber & périt mi-
|
| roux. En examinant l'arc de | sérablement. Psyché tendit
|
| Cupidon & son carquois, elle | le même piège à son autre
|
| s'était un peu blessée au doigt | soeur, qui eut la témérité de
|
@
| PS | PS 413
|
| |
|
| s'y laisser prendre, & y périt | immobile, mais des fourmis
|
| aussi. | officieuses se chargèrent de
|
| Cependant Vénus infor- | ce travail, & lui en évitèrent
|
| mée des douleurs que Cupi- | la peine. Vénus lui com-
|
| don souffrait, chercha Psy- | manda ensuite d'aller de l'au-
|
| ché pour la punir. Cette | tre côté d'une rivière très
|
| épouse affligée cherchait tou- | profonde & très rapide ton-
|
| jours son mari, & étant ar- | dre des moutons à toison
|
| rivée prés d'un temple, elle | dorée, & lui en apporter la
|
| offrit à Cérès une gerbe d'é- | laine. Prête à se précipiter
|
| pis qu'elle avait ramassés, la | dans cette rivière, une voix
|
| priant de la prendre sous sa | sortie d'un roseau lui apprit
|
| protection; mais la Déesse | un moyen facile de se pro-
|
| lui fit savoir qu'elle ne pou- | curer cette laine, qu'elle
|
| vait faire autre chose que de | porta à la Déesse.
|
| la garantir de son ennemie. | Une femme irritée ne s'a-
|
| Junon qu'elle rencontra, lui | paise pas aisément, aussi Vé-
|
| fit à peu près la même ré- | nus ne se calma-t-elle pas par
|
| ponse. Psyché prit donc le | une obéissance si prompte;
|
| parti d'aller chercher l'A- | elle lui ordonna encore de
|
| mour auprès de Vénus sa | lui aller chercher une urne
|
| mère. Mais cette Déesse ja- | pleine d'une eau noire qui
|
| louse, sans faire attention à | coulait d'une fontaine gar-
|
| Psyché, monta dans l'O- | dée par des dragons. Une
|
| lympe, & pria Jupiter d'or- | aigle se présenta, prit l'urne,
|
| donner à Mercure de cher- | la remplit de cette eau, la lui
|
| cher cette infortunée, & de | remit entre les mains pour la
|
| la lui amener. Une des Sui- | rendre à Vénus. Cette Déesse
|
| vantes de Vénus la lui mena, | presqu'à bout, imagine un
|
| & cette Déesse irritée lui ar- | travail encore plus difficile.
|
| racha les cheveux, déchira sa | Vénus se plaint qu'elle a
|
| robe, la maltraita de coups, | perdu une partie de ses at-
|
| lui ordonna ensuite de sépa- | traits en pansant la plaie de
|
| rer dans la journée tous les | son fils, & ordonne à Psyché
|
| grains différents de pois, de | de descendre au Royaume
|
| froment, d'orge, de millet, | de Pluton, & d'y demander
|
| de pavots, de lentilles & de | à Proserpine une boëte où
|
| fèves qu'elle avait fait ra- | fussent quelques-uns de ses
|
| masser exprès en un tas. Psy- | charmes. Alors Psyché ne
|
| ché demeurait interdite & | croyant pas qu'il fût possible
|
@
| 414 PS | PS
|
| |
|
| de descendre dans le séjour | qu'une vapeur infernale &
|
| des morts, sans mourir, était | somnifère, qui la saisit à l'ins-
|
| sur le point de se précipiter | tant, & la fit tomber endor-
|
| du haut d'une tour lorsqu'une | mie à terre. Cupidon guéri
|
| voix lui apprit le chemin des | de sa plaie, toujours pas-
|
| Enfers, & lui dit d'aller au | sionné pour sa chère Psyché,
|
| Ténare, qu'elle y trouverait | se sauva par une des fenêtres
|
| le chemin qui conduit au sé- | du palais de Vénus, & trou-
|
| jour de Proserpine; mais | vant sa chère épouse endor-
|
| qu'elle ne s'y engageât pas | mie, l'éveilla de la pointe
|
| sans s'être munie d'un gâteau | d'une flèche, remit la vapeur
|
| à chaque main, & de deux | dans la boëte, & lui dit de
|
| pièces de monnaie, qu'elle | la porter à sa mère.
|
| tiendrait à la bouche, où | Cupidon fut alors trouver
|
| Charon en prendrait lui-* | Jupiter, qui fit assembler les
|
| même une après l'avoir pas- | Dieux, & déclara que le
|
| sée dans sa barque; & que | Dieu d'Amour garderait sa
|
| quand elle rencontrerait le | Psyché, sans que Vénus pût
|
| chien Cerbère, qui garde | s'opposer à leur union. Il
|
| l'entrée du palais de Proser- | ordonna en même-temps à
|
| pine, elle lui jetterait un de | Mercure d'enlever Psyché
|
| ses gâteaux. Qu'enfin Pro- | dans le Ciel, où elle but de
|
| serpine lui ferait un accueil | l'ambroisie dans la compa-
|
| favorable; qu'elle l'inviterait | gnie des Dieux, & devint
|
| à s'asseoir dans un grand fes- | immortelle. On prépara le
|
| tin; mais qu'elle devait re- | festin des noces, qui furent
|
| fuser ses offres, s'asseoir à | célébrées; les Dieux y jouè-
|
| terre, & ne manger que du | rent chacun leur rôle, &
|
| pain bis; qu'alors Proserpine | Vénus-même y dansa.
|
| lui donnerait la boëte, & | Tous les Mythologues ont
|
| qu'elle se donnât bien de | regardé cette fable comme
|
| garde de l'ouvrir. | une allégorie, qui marque,
|
| Psyché profita de tous ces | disent-ils, les maux que la
|
| conseils & reçut la boëte tant | volupté, signifiée par l'A-
|
| désirée; mais à peine fut elle | mour, cause à l'âme, sous le
|
| sortie des Enfers, qu'elle ou- | symbole de Psyché. Mais on
|
| vrit la boëte dans le dessein | peut l'expliquer Herméti-
|
| de prendre pour elle quel- | quement comme les autres
|
| ques-uns des attraits qu'elle | fables. Psyché est, selon les
|
| renfermait. Elle n'y trouva | Adeptes, l'eau mercurielle;
|
@
| PS | PS 415
|
| |
|
| & Cupidon avec son flam- | qui s'y trouve, la putréfie &
|
| beau, son arc & ses flèches | y fait survenir la couleur
|
| représente la terre fixe, chau- | noire, symbole de la nuit.
|
| de & ignée, minière du feu | C'est alors, disent les Philo-
|
| céleste, suivant d'Espagnet. | sophes, que se fait l'union
|
| Il est en conséquence dit fils | des deux, signifiée par les
|
| de Vénus & de Vulcain, & | approches de Cupidon. Psy-
|
| Psyché fille d'un Roi & | ché n'avait garde de recon-
|
| d'une Reine, c'est-à-dire du | naître alors son amant, il
|
| Soleil & de la Lune, disent | était véritablement ce dra-
|
| les Philosophes. Ses charmes | gon si prôné par les Philoso-
|
| firent impression sur Cupi- | phes, ce serpent Python, ce
|
| don même, aussi ne pouvait-* | monstre informe dont il est
|
| elle épouser qu'un Dieu, se- | tant parlé dans tous leurs
|
| lon l'oracle d'Apollon; car | ouvrages. Mais Cupidon n'a
|
| l'eau mercurielle ne peut | que le nom de serpent, &
|
| s'allier & s'unir intimement | n'en a pas la forme; il n'a
|
| qu'avec un Dieu Herméti- | pas pour cela perdu sa beau-
|
| que, c'est-à-dire un métal | té, elle n'est que cachée par
|
| philosophique, redoutable à | l'obscurité de la nuit; sitôt
|
| l'Enfer-même, puisqu'il res- | que Psyché s'aidera de la lu-
|
| suscite glorieux de la putré- | mière d'une lampe pour le
|
| faction, appelée Enfer, dont | voir, c'est-à-dire, dès que la
|
| voyez l'article. | couleur blanche succédera à
|
| Psyché exposée sur une | la noire, elle reconnaîtra le
|
| montagne d'où Zéphyr la | plus beau des Dieux, & le
|
| transporte dans un palais | plus redoutable. Il avait les
|
| brillant d'or, d'argent & de | ailes étendues & dévelop-
|
| pierreries, & où l'Amour | pées prêt à s'envoler, ce qu'il
|
| vient la visiter pendant la | fit en effet sitôt qu'il fut éveil-
|
| nuit, représente cette vapeur | lé par une goutte de l'huile
|
| qui s'élève au haut du vase | incombustible de la lampe
|
| hermétique, dans lequel Ba- | dont parle Artéphius, qui
|
| sile Valentin dit que souffle | tomba sur l'épaule de l'A-
|
| le Zéphyr. Flamel la compare | mour. Il prit son vol, & en-
|
| à une fleur admirable, bril- | leva Psyché qui voulait le
|
| lante d'or & d'argent, agitée | retenir. C'est la volatilisation
|
| par le vent. Cette vapeur dé- | de la matière qui s'élève au
|
| posée & descendue au fond | haut du vase, où le volatil &
|
| du vase, dissout la matière | le fixe montent ensemble.
|
@
| 416 PS | PS
|
| |
|
| Cupidon laisse tomber Psy- | putréfaction, dont l'eau noire
|
| ché qui se précipite dans | qu'une aigle puise dans une
|
| l'eau mercurielle; mais elle | fontaine, pour rendre service
|
| ne s'y noiera pas; les Naïa- | à Psyché, est un symbole
|
| des respectent l'épouse de | encore plus significatif. La
|
| l'Amour, elles la porteront | toison dorée que Vénus de-
|
| sur les bords; elle errera en- | mande, est le soufre des Sa-
|
| suite dans le monde en cher- | ges, & la même que celle
|
| chant l'Amour, puisque la | que Jason enleva. Mais pour
|
| matière en circulant pendant | parvenir à cette couleur par-
|
| la volatilisation erre dans le | faitement noire, appelée
|
| vase jusqu'à ce qu'elle ait | Enfer par les Philosophes, il
|
| rencontré la terre philoso- | faut que Psyché descende au
|
| phique représentée par Cé- | Royaume de Pluton, pour y
|
| rès, qui cependant ne peut | demander à Proserpine une
|
| encore la mettre à l'abri de | boëte remplie de ses char-
|
| l'indignation de Vénus, par- | mes. Elle n'y réussira même
|
| ce qu'elle n'est pas elle-* | pas, si elle ne se munit de
|
| même encore fixe. Junon, | deux gâteaux & de deux
|
| ou l'humidité de l'air, ne lui | pièces de monnaie. Psyché
|
| en promet pas davantage. | y va; elle rencontre Cha-
|
| Psyché prend donc le parti | ron, ce vieillard sale, puant,
|
| d'aller chercher l'Amour | couvert de haillons, & ayant
|
| chez Vénus sa mère, c'est-* | une barbe grise; elle y doit
|
| à-dire dans la couleur citrine | aussi trouver Cerbère, à qui
|
| appelée Vénus qui succède | elle donnera un de ses gâ-
|
| à la blanche. Cette Déesse | teaux, & parviendra enfin à
|
| pria Jupiter d'envoyer Mer- | Proserpine, ou la couleur
|
| cure pour chercher Psyché. | blanche, qui lui fera présent
|
| Voilà le mercure Philoso- | de la boëte que Psyché cher-
|
| phique en action. Psyché est | che. L'Auteur de cette fable
|
| présentée à Vénus, qui la | n'a pas cru sans doute né-
|
| maltraite, & l'oblige à diffé- | cessaire d'entrer dans un dé-
|
| rents travaux, qui indiquent | tail plus long, parce que
|
| tout ce qui se passe dans les | la seconde opération n'est
|
| opérations de l'oeuvre sui- | qu'une répétition de la pre-
|
| vante. Les différents grains | mière. Il s'est contenté de
|
| amassés en un tas sont sépa- | dire que cette boëte renfer-
|
| rés par des fourmis; c'est la | mait une vapeur somnifère,
|
| dissolution de la pierre & la | qui saisit Psyché dès qu'elle
|
l'ouvrit,
@
| PS PU | PU 417
|
| |
|
| l'ouvrit, afin d'indiquer par | dice du Mort, & que la cou-
|
| cette vapeur la volatilisa- | leur blanche étant par elle-*
|
| tion, & par son effet la fixa- | même le symbole de la pu-
|
| tion, ou le repos qui lui suc- | reté, succède à la noire,
|
| cède. C'est dans cet état que | Quand elle est dans ce der-
|
| Cupidon la trouve, la con- | nier état, ils disent qu'il faut
|
| duit au Ciel, & s'unit avec | laver & purifier le laton;
|
| elle pour toujours. | ainsi quand il est lavé, il est
|
| PSYTICUM. Médica- | pur.
|
| ment rafraîchissant. | PURGER. Voyez Net-
|
| PSYLOTRHUM. Voy. | toyer.
|
| Psilothron. | PURIFICATION. Sé-
|
| PTERIS. Fougère. | paration des parties impures
|
| PTERNA. Chaux. | d'avec celles qui sont pures,
|
| PUCELLE RHEA. Eau | ou des parties hétérogènes
|
| mercurielle avant qu'elle soit | des homogènes, ou des par-
|
| unie à son soufre. Prenez, | ties corrompues d'avec celles
|
| dit d'Espagnet, une vierge, | qui ne le sont pas.
|
| qui quoiqu'imprégnée de la | Il y a diverses sortes de
|
| vertu & semence du pre- | purifications. L'une se fait
|
| mier mâle, n'a cependant | par le feu, l'autre par l'eau;
|
| point souffert d'atteinte à sa | la première se nomme cal-
|
| virginité parce qu'un amour | cination, coupelle, rectifica-
|
| spirituel n'est pas capable de | tion, &c. la seconde s'ap-
|
| la souiller: mariez-la à un | pelle ablution, mondifica-
|
| second mâle. | tion, séparation, &c. La
|
| PUCHO. Tenesme. | purification de la matière est
|
| PUGILAT. Un des exer- | absolument requise pour la
|
| cices pratiqués dans les jeux | préparer à la seconde opé-
|
| des Grecs & des Romains. | ration du grand oeuvre, ap-
|
| Voyez Jeux. | pelée par le Philalèthe la
|
| PUISER. C'est la même | parfaite préparation, qui se
|
| chose que cuire. | fait par la réduction de l'hu-
|
| PURETE' DU MORT. | mide avec le sec, immédia-
|
| Matière des Philosophes par- | tement après la purification.
|
| venue à la couleur blanche. | Cette première préparation
|
| On l'a ainsi nommée de ce | ou purification se fait par les
|
| que la couleur noire occa- | calcinations, distillations,
|
| sionnée par la putréfaction, | solutions & congélations;
|
| est appelée Mort, Immon-* | c'est-à-dire par la séparation
|
| | D d
|
@
| 418 PU | PU
|
| |
|
| du superflu, & par l'addition | tion se fait aussi par l'action
|
| de ce qui manque à la ma- | d'un feu étranger sur la ma-
|
| tière. Trois régimes sont re- | tière. C'est dans ce sens que
|
| quis pour cela; le premier | les Philosophes Spagyriques
|
| est de réduire la matière à la | disent que leur matière de la
|
| nature du feu par la calcina- | pierre est en putréfaction,
|
| tion; le second, de la résou- | lorsque la chaleur du feu ex-
|
| dre en eau par la solution; | trinsèque mettant en action
|
| le troisième, de la réduire en | le feu interne de cette ma-
|
| air par la distillation; & le | tière, ils agissent de con-
|
| quatrième, de la réduire en | cert sur elle, échauffent le
|
| terre par la congélation. | mélange, en séparent l'hu-
|
| Tous ces régimes doivent | midité qui liait les parties, &
|
| s'entendre de l'oeuvre phi- | après plusieurs circulations
|
| losophique. Mais il y a une | dans le vaisseau aludel scellé
|
| purification de la matière de | hermétiquement, réduisent
|
| laquelle il faut extraire le | la matière en forme de pous-
|
| mercure. Les Philosophes | sière; ce qui leur a donné
|
| n'ont presque point parlé | lieu d'appeler cendre la ma-
|
| de cette purification, quoi- | tière putréfiée, & de trom-
|
| qu'elle soit absolument re- | per les ignorants en appe-
|
| quise; ils l'ont passée sous | lant calcination cette action
|
| silence, tant parce que c'est | par laquelle la matière sem-
|
| la clef de l'oeuvre, que parce | ble réduite en une espèce
|
| qu'elle se fait manuellement | de chaux. C'est pourquoi
|
| & qu'elle n'est pas philoso- | Hermès dit que le noir blan-
|
| phique. Elle consiste à sépa- | chit la cendre; & Parme-
|
| rer toutes les parties terres- | nide, dans la Tourbe: La pu-
|
| tres & hétérogènes de la | tréfaction détruit notre ma-
|
| matière, premièrement par | tière, lui donne une autre
|
| un bain humide, dit d'Espa- | manière d'être, comme la
|
| gnet, puis par un bain sec, | calcination fait aux pierres.
|
| échauffé par le feu doux & | Voyez Calcination,
|
| bénin de la Nature. | Corruption.
|
| PUSCA ou POSCA. | Riplée définit la putréfac-
|
| Oxycrat. | tion, la mort des corps, &
|
| PUTRE'FACTION. | la division des matières de
|
| Corruption de la substance | notre composé, qui les con-
|
| humide des corps, par dé- | duit à la corruption, & les
|
| faut de chaleur; la putréfac-* | dispose à la génération. La
|
@
| PU | PU 419
|
| |
|
| putréfaction est l'effet de la | corps putréfié; elle le trans-
|
| chaleur des corps entretenue | mue dans une nouvelle ma-
|
| continuellement, & non | nière d'être, pour lui faire
|
| d'une chaleur appliquée ma- | produire un fruit tout nou-
|
| nuellement. Il faut donc se | veau. Tout ce qui a vie y
|
| donner garde de pousser la | meurt; tout ce qui est mort
|
| chaleur excitante & exté- | s'y putréfie, & y trouve une
|
| rieure au-delà d'un degré | nouvelle vie. La putréfaction
|
| tempéré: la matière se ré- | ôte toute âcreté des esprits
|
| duirait en cendre sèche & | corrosifs du sel, & les rend
|
| rouge, au lieu du noir, & | doux; elle change les cou-
|
| tout périrait. | leurs; elle élève le pur au-*
|
| La putréfaction succède | dessus & précipite l'impur,
|
| ordinairement à la solution | en les séparant l'un de l'autre.
|
| & souvent on la confond | Lorsque les Physiciens di-
|
| avec la digestion & la circu- | sent qu'il ne se fait point de
|
| lation. On regarde la putré- | génération sans que la pu-
|
| faction comme le quatrième | tréfaction ait précédé, on
|
| degré des opérations chi- | ne doit pas l'entendre d'une
|
| miques: elle en est le princi- | corruption ou putréfaction
|
| pal & devrait être regardée | intime des principes du mixte
|
| comme le premier; mais | & de la substance propre du
|
| l'ordre & le mystère deman- | composé, mais de celle qui
|
| dent qu'on lui donne cette | produit simplement la solu-
|
| place, dit Paracelse; elle est | tion du sperme extérieur, &
|
| connue de très peu de gens; | qui dégage les principes des
|
| & ces degrés, ajoute-t-il, | liens qui les embarrassaient
|
| (Liv. VII. de la Nature des | & les empêchaient d'agir.
|
| Choses) doivent se succéder | Lorsque la putréfaction passe
|
| comme les anneaux d'une | ce degré, les diverses espè-
|
| chaîne ou les échelons d'une | ces de mixtes n'engendrent
|
| échelle; desquelles si l'on en | pas leurs semblables, & dé-
|
| ôte un, il y aurait une inter- | génèrent en d'autres mixtes,
|
| ruption, le prisonnier se sau- | comme le froment dégénère
|
| verait, l'on ne pourrait par- | en ivraie. Ainsi la putréfac-
|
| venir au but que l'on se pro- | tion entière, ou substantielle,
|
| pose, & tout l'oeuvre périrait. | éteint la forme du mixte.
|
| La putréfaction a tant d'ef- | La putréfaction physique
|
| ficace, qu'elle détruit la na- | est la purgation de l'humide
|
| ture ancienne & la forme du | radical, par la fermentation
|
| | D d ij
|
@
| 420 PY | PY
|
| |
|
| naturelle & spontanée des | PYLADE, fils de Stro-
|
| principes purs & homogènes | phius, se lia avec Oreste
|
| avec les impurs & hétéro- | d'une amitié si intime, qu'il
|
| gènes. | s'offrit à la mort pour lui,
|
| Les Philosophes ont quel- | lorsqu'il l'accompagna dans
|
| quefois donné le nom de | la Tauride pour enlever la
|
| putréfaction à leur matière | statue de Diane, dont Iphi-
|
| parvenue au noir, parce que | génie était Prêtresse. Voyez
|
| la noirceur en est l'effet & le | Oreste.
|
| véritable signe. | PYNANG. Aréca.
|
| PYLUS. Ile où les Poè- | PYR DU SOLEIL.
|
| tes ont feint que régnait | Soufre philosophique.
|
| Nélée; Hercule vint dans | PYRAMIDE. Masse
|
| cette île, tua Nélée & toute | d'une ou plusieurs pierres
|
| sa famille, excepté Nestor, | assemblées en pointe fort
|
| & blessa Junon d'un dard à | élevée. Les pyramides sont
|
| trois pointes, dans le temps | carrées. Les plus renom-
|
| qu'elle voulait secourir Né- | mées sont celles d'Egypte.
|
| lée. Pylus, selon les Philo- | Pline dit qu'il y en avait trois
|
| sophes Spagyriques, est le | principales, mises au nom-
|
| symbole de la matière phi- | bre des merveilles du mon-
|
| losophique dans laquelle do- | de. La plus grosse & la plus
|
| mine Nélée ou le soufre mi- | haute contenait huit arpents,
|
| néral, qu'Hercule ou le mer- | ayant dans chacun des côtés
|
| cure tue en le purifiant par | de sa base 883 pieds, & dans
|
| la putréfaction, qui est une | le haut 25. La moyenne
|
| espèce de mort. Sa famille | avait 737 pieds en tout sens,
|
| sont les esprits métalliques | & la troisième 363. Les frais
|
| que le mercure fixe après la | pour les construire furent
|
| putréfaction, & Nestor qui | immenses, & prouvent bien
|
| reste seul, signifie le sel qui | que l'or était extrêmement
|
| reste intact. Junon est la | commun chez les Egyptiens.
|
| matière aurifique, céleste | Voyez les Fables Egyptien-
|
| & incorruptible qui semble | nes & Grecques dévoilées,
|
| vouloir se joindre à Nélée | livre premier.
|
| contre Hercule, qui la blesse | PYRAENUS. Esprit-de-*
|
| d'un dard à trois pointes, | vin, comme si l'on disait Feu
|
| parce que sa nature & sa | du vin.
|
| substance sont mercurielles, | PYRETICUM. Médica-
|
| sulfureuses & salines. | ment fébrifuge.
|
@
| PY | PY QU 421
|
| |
|
| PYRITHOUS. Voyez | tour; & comme Polyxene
|
| Pirithoüs. | avait été la cause de la mort
|
| PIROIS ou PYROUS. | d'Achille, il l'immola sur son
|
| Nom d'un des chevaux du | tombeau. De retour de cette
|
| Soleil. Columelle dit (liv. | expédition, il épousa Her-
|
| 10.) que quelques-uns ont | mione fille de Ménélas &
|
| aussi donné ce nom à la pla- | d'Hélène, quoique déjà fian-
|
| nète de Mars, à cause de sa | cée à Oreste, ce qui lui coûta
|
| couleur rougeâtre. | la vie; car Oreste le tua de-
|
| PYRONOMIE. Art de | vant l'autel d'Apollon. Voy.
|
| régler & conduire les de- | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| grés de chaleur pour les opé- | dévoilées, liv. 6.
|
| rations chimiques. Les Phi- | PYTHIENS. Jeux Py-
|
| losophes Hermétiques disent | thiens ou Pythiques. Ils fu-
|
| unanimement, que tout leur | rent institués en l'honneur
|
| secret consiste dans le régime | d'Apollon, après qu'il eut
|
| du feu, quand on a la ma- | tué le serpent Python. Voyez
|
| tière de la pierre. V. Feu, | Jeux.
|
| Chaleur. | PYTHIUS. Surnom d'A-
|
| PYROS. Froment. Blan- | pollon.
|
| chard. | PYTHON. Serpent hor-
|
| PYROTECHNIE. Voy. | rible & monstrueux, né de
|
| Pyronomie. | la fange & de la boue laissée
|
| PYROTICUM. Cautè- | par le déluge de Deucalion.
|
| re, vésicatoires. | Apollon épuisa presque tou-
|
| PYROUS. V. Pyroïs. | tes les flèches de son carquois
|
| PYRRHUS, fils d'A- | contre ce monstre, qu'il tua
|
| chille & de Déidamie, fut | enfin. C'est en mémoire de
|
| aussi appelé Néoptoleme. | cette victoire qu'on institua
|
| Après la mort de son père | les jeux Pythiques. Voyez
|
| tué par Pâris, il se rendit au | les Fables Egypt. & Grecq.
|
| siège de Troie, parce qu'une | dévoilées, liv. 4. ch. 7.
|
| des destinées de cette ville |
|
| portait qu'elle ne pourrait | Q.
|
| être prise si un des descen- | Q. Pl. signifie autant que
|
| dants d'Eaque n'y assistait. | l'on veut.
|
| Pyrrhus y tua Priam au mi- | Q. V. A volonté.
|
| lieu de ses Dieux, & préci- | Q. S. Suffisamment.
|
| pita le jeune Astianax, fils | QUADRANS. Quatre
|
| d'Hector, du haut d'une | onces.
|
| | D d iij
|
@
| 422 QU | QU
|
| |
|
| QUADRATUS. Sur- | DRAGON. C'est le ma-
|
| nom de Mercure. | gistère au rouge, ou le soufre
|
| QUANDROS. Pierre | rouge des Philosophes.
|
| blanche, que les Anciens di- | Queue DE PAON. Ce
|
| saient se trouver dans la cer- | sont les couleurs de l'arc-en-*
|
| velle des vautours. Ils pen- | ciel, qui se manifestent sur
|
| saient qu'elle avait la pro- | la matière dans les opéra-
|
| priété de faire venir le lait | tions de la pierre. Pour indi-
|
| aux femmes. | quer les couleurs qui sur-
|
| QUANLI. Plomb. | viennent à cette matière,
|
| QUARIS. Fiel de pierre. | Basile Valentin & plusieurs
|
| QUARTARIUM. Le | autres Philosophes ont em-
|
| même que quadrants. Il si- | ployé pour symboles suc-
|
| gnifie aussi une mesure con- | cessifs, le corbeau pour la
|
| tenant cinq onces de vin, | couleur noire, le paon pour
|
| ou quatre onces & demie | les couleurs variées de l'arc-*
|
| d'huile. | en-ciel, le cygne pour la
|
| QUEBOLIA. Mirobo- | blanche, & le phénix pour
|
| lants. | la rouge.
|
| QUEBRIC. Arsenic des | Queue DE RENARD
|
| Philosophes. | ROUGE. Minium.
|
| QUEBRIT. Soufre des | QUIAMOS. Vena terrae.
|
| Sages. | Couperose.
|
| QUEBULI. Mirobolants. | QUIBRIT. Soufre des
|
| QUEMLI. Plomb. | Philosophes. Morien.
|
| QUERCULA. Plante | QUINTESSENCE. La
|
| appelée chamaedrys, petit | quintessence, le magnétisme
|
| chêne. | spécifique, le lien, la se-
|
| QUEUE DE DRA- | mence des éléments, la com-
|
| GON. C'est, selon Hermès, | position des éléments purs
| le mercure des Philosophes | sont, dit le Breton (Philo-
| | en putréfaction. | sophie Spagyrique), des ex-
| | Queue BLANCHE DU | pressions synonymes d'une
| | DRAGON. Huile du mer- | même chose, d'une même
| cure, ou la pierre au blanc, | matière ou sujet, dans lequel
| | ainsi nommée de ce que la | réside la forme. C'est une
| | couleur noire est appelée | essence matérielle dans la-
| | Dragon, & que la blanche | quelle l'esprit céleste est en-
| | lui succède. | fermé, & opère. On pour-
| | Queue ROUGE DU | rait définir la quintessence
| | |
@
| QU | RA 423
|
| |
|
| un cinquième principe des | pierre la propriété de faire
|
| mixtes, composé de ce qu'il | découvrir les secrets, & d'ex-
|
| y a de plus pur dans les qua- | citer des songes extraordi-
|
| tre éléments. | naires à ceux qui la portaient
|
| Quintessence DES | sur eux pendant le sommeil.
|
| E'LE'MENS. C'est le mercure |
| des Philosophes. Raymond | R.
| | Lulle & Jean de Roquetail- |
| | lade, connu sous le nom de | R. ou R/ signifie prenez,
| | Jean de Rupe Scissa, ont | mettez.
| | fait chacun un Traité qui a | RAAN.Sel armoniac.
| | pour titre: de Quinta Essen- | RAARI.Sel armoniac.
| | tia, dont l'objet est la com- | RABEBOYA.Racine
| | position du mercure Hermé- | du grand Flamula ou grand
| | tique. L'un & l'autre don- | Flambe. Quelques-uns ont
| | nent le change aux ignorants, | donné le nom de Rabeboya
| | en parlant de cette quintes- | à la Lune, ou femelle des
| | sence, comme si elle se faisait | Sages.
| | avec l'esprit-de-vin vulgaire, | RABIEL.Sang de dra-
| | au lieu qu'il faut l'entendre | gon.
| | du vin philosophique. Jean | RABIRA.Etain, Jupiter.
| | Séger Weidenfeld en a traité | RABRIC.Soufre des Phi-
| | fort au long dans son ouvrage | losophes.
| | qui a pour titre: de Secretis | RACARI.Sel armoniac.
| | Adeptorum, sive de usu Spi- | RACHI. \ Mercure des
| | ritus vini Lulliani. Cet es- | RACHO. / Sages.
| | prit de-vin est absolument | RACINE. Quelques
| | minéral, & non végétal, | Physiciens Chimistes ont
| | mais acué & rendu plus puis- | donné le nom de racines à
| | sant avec les végétaux, sui- | ce que d'autres appellent
| | vant l'usage qu'on veut en | principes, & les ont nom-
| | faire, dit le même Raymond | més différemment, quoi-
| | Lulle. | qu'ils ne soient que les mê-
| | QUINTE NATURE. | mes choses. Ils appellent ra-
| | Mercure dissolvant des Phi- | cines les principes des mix-
| | losophes. | tes, le fixe pur & le volatil
| | QUIRIS. Pierre que l'on | pur; tout ce qui entre d'ail-
| | trouve dans le nid des hup- | leurs dans la composition du
| | pes. Quelques anciens Na- | mixte est censé hétérogène,
| | turalistes attribuaient à cette | & non racine, parce qu'il est
| | | D d iv
| |
@
| 424 RA | RA
|
| |
|
| un obstacle à l'union parfaite | Racine DE L'ART.
|
| des racines, d'où dépend la | Pierre au blanc. Il ne faut
|
| durée; & qu'il en occasionne | pas confondre la racine de
|
| la séparation, d'où s'ensuit la | l'art avec la racine de l'oeu-
|
| mort. C'est par cette raison | vre, parce que le commen-
|
| que l'union des principes, | cement de l'oeuvre est la
|
| faite par l'Alchimie, est per- | préparation manuelle, que
|
| manente & incorruptible. | tout le monde peut faire, de
|
| Racine. (Sc. Herm.) | la matière crue, au lieu que
|
| Mercure des Sages pendant | l'art philosophique ne com-
|
| la putréfaction. Ils ont dit | mence qu'après cette pré-
|
| que leur matière ou plutôt | paration, de laquelle pres-
|
| leur mercure était composé | qu'aucun Philosophe n'a par-
|
| de deux choses sorties d'une | lé. Ainsi la racine de l'oeuvre
|
| même racine; parce qu'en | prise dans son principe, est
|
| effet d'une & unique ma- | la matière crue, & la racine
|
| tière, molle, & qui se trouve | de l'art est le mercure pré-
|
| partout, comme dit le Cos- | paré & la matière au blanc.
|
| mopolite, on tire deux cho- | Racine DES ME'TAUX.
|
| ses, une eau & une terre, | Quelques-uns ont donné ce
|
| qui réunies ne font plus qu'u- | nom à l'antimoine, d'autres
|
| ne seule chose & ne se sépa- | au mercure vulgaire. Les
|
| rent jamais. Cette réunion | uns & les autres se sont
|
| n'en fait plus qu'une seule | trompés. Par Antimoine &
|
| racine, qui est la semence & | Mercure on doit entendre
|
| la vraie racine des métaux | ceux des Philosophes Her-
|
| philosophiques. | métiques, qui sont la même
|
| La racine de l'oeuvre est, | chose, & qui est elle-même
|
| selon Trévisan, le principal | la racine de l'antimoine &
|
| ingrédient du composé phi- | du mercure vulgaires; c'est-*
|
| losophique; c'est pourquoi | à-dire, ce en quoi tout se
|
| Riplée le nomme la base. | résout.
|
| C'est le soufre mûr du So- | Racine se dit aussi des
|
| leil des Sages, par la vertu | principales parties du corps
|
| duquel les deux autres subs- | humain, d'où les autres sem-
|
| tances mercurielles se mû- | blent dépendre ou tirer leur
|
| rissent & acquièrent le degré | origine. Le cerveau est la
|
| de perfection de l'or. Les | racine de tous les ligaments,
|
| Philosophes l'ont aussi nom- | le coeur est la racine de tous
|
| mé le Feu de Nature. | les membres, & le foie est
|
@
| RA | RA 425
|
| |
|
| celle du sang. Ces racines | Royaume de Pluton, & dont
|
| ne souffrent souvent que par | il fallait nécessairement être
|
| accident. En les conservant | muni pour aborder Proser-
|
| en santé, on conserve tout | pine, est le symbole de la
|
| le corps; mais il faut aussi | matière des Sages, suivant
|
| guérir les accidents, pour | que l'explique d'Espagnet. Il
|
| conserver le principal. Pa- | est pris d'un arbre sembla-
|
| racelse. | ble à celui qui produisait les
|
| Racine DES TEINTU- | pommes des Hespérides, &
|
| RES DU SOLEIL ET DE LA | à celui où était suspendue la
| LUNE. C'est le mercure des | toison d'or. Mais la difficulté
| Sages uni à son soufre. | est de reconnaître cette bran-
| | RACRI. Sel armoniac. | che & ce rameau; car les
| | RADIRA. Etain, Jupi- | Philosophes, dit le même
| | ter. | Auteur, se sont étudiés plus
| | RADIX CAVA. Espèce | particulièrement à le cacher
| | d'aristoloche, dont la racine | que toute autre chose. Celui-*
| | est creuse. | là seul peut l'arracher: qui
| | RAIB. Pierres de toutes | Maternas agnoscit aves.
| | espèces. | .... & geminae cui fortè
| | RAISIN DE CHE^NE. | columbae,
| | Assemblage de petits glo- | Ipsa sub ora viri coelo venere
| | bules rouges en dehors, | volantes.
| | blancs & presque laiteux en |
| | dedans, d'un goût très styp- | Voyez une explication plus
| | tique, que l'on trouve au | étendue à la fin du sixième
| | printemps sur les racines du | livre des Fables Egypt. &
| | chêne; c'est dans ce temps-là | Grecques dévoilées.
| | qu'il faut les cueillir, parce | RAMED. Rhubarbe.
| | qu'en été ils deviennent li- | RAMICH. Noix de
| | gneux. On les fait sécher à | galle.
| | l'ombre, & on les pulvérise | RAMIGI, RAMIGIRI.
| | ensuite. C'est un spécifique | Colophane.
| | pour la dysenterie, les flux | RANAC. Sel armoniac.
| | de sang, & les hémorragies. | RANDERIC. Matière
| | Rulland. | de l'oeuvre, ou Rebis, avant
| | RAMAG. Cendre. | qu'elle soit parvenue à la
| | RAMEAU D'OR. Ce- | blancheur.
| | lui qu'Enée porta avec lui, | RASAHETI. Aes ustum,
| | pour avoir entrée dans le | cuivre brûlé.
| | |
@
| 426 RA | RA RE
|
| |
|
| RASAR. Etain. | faut pas l'entendre à la lettre.
|
| RASAS. Plomb blanc. | Voyez Vin.
|
| RASEOS. \ Cuivre, | RAYONS DU SOLEIL
|
| RASOES. / Vénus. | ET DE LA LUNE. Les
|
| RASTIS. Jupiter chi- | Philosophes disent, d'après
|
| mique. | Hermès, que leur eau mer-
|
| RASTOL. Cuivre, ai- | curielle s'extrait des rayons
|
| rain. | du Soleil & de la Lune au
|
| RASTUL. Sel. | moyen de leur aimant; quel-
|
| RAVED. Rhubarbe. | ques Chimistes se donnent
|
| RAVED-SENI. Rhu- | en conséquence la torture
|
| barbe d'orient. | pour trouver un aimant ou
|
| RAXAD. Sel armoniac. | un attrament qui puisse pro-
|
| RAYB. Voyez Raib. | duire ou attirer cette matiè-
|
| RAYMOND LULLE. | re: Borrichius les désabuse
|
| Philosophe Hermétique, l'un | avec tous les véritables Phi-
|
| des plus savants, des plus | losophes, lorsqu'ils disent
|
| subtils, & dont la lecture est | que la matière de laquelle il
|
| des plus recommandée, | faut extraire ce mercure se
|
| comme ayant écrit le plus | trouve sur terre, & que c'est
|
| clairement sur les principes | une terre vierge: qu'il ne
|
| des choses, & comme ayant | faut point en conséquence
|
| le plus pénétré dans les se- | chercher à la pêcher dans
|
| crets de la Nature. D'Espa- | l'air. Raymond Lulle dit po-
|
| gnet loue particulièrement | sitivement qu'elle se tire de
|
| son Testament ancien, son | la terre, & Hermès dit que
|
| Codicille, sa Théorie & sa | la terre est sa nourrice.
|
| Pratique. Zachaire y ajoute | RE'LGAL ou RE'AL-
|
| la Lettre de cet Auteur au | GAR. Magistère au rouge.
|
| Roi d'Angleterre Robert, & | REBIS. (Sc. Herm.)
|
| dit que sa lecture lui a fait | Matière des Sages dans la
|
| connaître son erreur. Ray- | première opération de l'oeu-
|
| mond Lulle parle peu de | vre. L'esprit minéral cru
|
| l'eau tant désirée des Philo- | comme de l'eau, dit le bon
|
| sophes, mais ce qu'il en dit | Trévisan, se mêle avec son
|
| est très significatif. Quant au | corps dans la première dé-
|
| régime, personne n'en a écrit | coction en le dissolvant. C'est
|
| plus clairement que lui. Il | pourquoi on l'appelle Rebis,
|
| parle sans cesse de vin blanc | parce qu'il est fait de deux
|
| & de vin rouge; mais il ne | choses, savoir du mâle &
|
@
| RE | RE 427
|
| |
|
| & de la femelle, c'est-à-dire | faire. S'ils avaient étudié les
|
| du dissolvant & du corps | principes de la Nature & du
|
| dissoluble, quoique dans le | grand oeuvre dans les ou-
|
| fond ce ne soit qu'une même | vrages des vrais Philosophes,
|
| chose & une même matière. | ils ne se laisseraient pas sur-
|
| Les Philosophes ont aussi | prendre. Ils y verraient que
|
| donné le nom de Rebis à la | la matière est une, vile,
|
| matière de l'oeuvre parve- | commune, & que celui qui
|
| nue au blanc, parce qu'elle | a une quantité suffisante de
|
| est alors un mercure animé | cette matière, a plus besoin
|
| de son soufre, & que ces | de patience & de travail, que
|
| deux choses sorties d'une | de dépenses à faire; que l'oeu-
|
| même racine ne font qu'un | vre ne gît pas dans la multi-
|
| tout homogène. V. Andro- | tude des choses, & qu'il ne
|
| gyne, Hermaphrodite. | faut qu'une nature, un vase
|
| Rebis se prend aussi pour | & un fourneau. Qu'ils lisent
|
| les excréments humains, & | Trévisan, Zachaire, ils se-
|
| pour la fiente de pigeons. | ront bientôt désabusés de ces
|
| REBOLEA. Excréments | recettes trompeuses. Si les
|
| brûlés. | Philosophes donnent quel-
|
| REBOLI. Liqueur de | quefois des recettes, ils ont
|
| mumie. | soin d'avertir qu'on ne doit
|
| REBONA. Fiente cal- | pas les entendre à la lettre,
|
| cinée au feu. | & que quand ils disent pre-
|
| REBOSOLA ou REBI- | nez ceci, mettez cela, ils ne
|
| SOLA. Spécifique tiré de | prétendent pas qu'il faille
| l'urine, contre l'ictéricie. | ajouter ou mettre quelque
| | RECETTE. Procédé ou | chose étrangère à ce qui est
| | mémoire instructif pour faire | déjà dans le vase; mais seu-
| | le grand oeuvre. On les ap- | lement qu'il faut continuer
| | pelle ainsi, parce qu'ils com- | le régime pour procurer à la
| | mencent comme les ordon- | matière un changement de
| | nances des Médecins, par le | couleur, & la pousser d'un
| | mot latin Recipe, qui veut | état moins parfait à un plus
| | dire prenez. | grand degré de perfection. Il
| | Les ignorants se laissent | ne faut donc les entendre à
| | prendre pour dupes par des | la lettre quand ils disent pre-
| | fripons qui leur présentent | nez, que lorsqu'il faut pre-
| | des recettes fausses, & leur | mièrement mettre la matière
| | demandent de l'or pour en | dans le vase, pour en faire
| |
@
| 428 RE | RE
|
| |
|
| le mercure, ensuite le sou- | a représenté ce volatil & ce
|
| fre; quand de ce soufre & du | fixe sous diverses figures em-
|
| mercure il faut faire le Rébis | blématiques, d'animaux &
|
| pour parvenir à faire la pier- | d'oiseaux; Flamel, sous
|
| re, & enfin pour de cette | celle de deux dragons, l'un
|
| pierre avec le mercure, en | ailé, l'autre sans ailes. Mais
|
| faire l'élixir. Voilà toute | qui prendra-t-on pour arbitre
|
| l'oeuvre. | de leur différend? & qui sera
|
| RECFAGE. Dissolution | le médiateur de cette paix?
|
| du corps par un esprit hu- | Il en faut deux, selon tous
|
| mide & igné. | les Philosophes, Vulcain &
|
| RECHAM. Marbre. | Mercure; c'est pour cela
|
| RECIPIENT, en ter- | qu'on représente ce dernier
|
| mes de Chimie, est un ma- | avec un caducée, autour du-
|
| tras ou ballon adapté au bec | quel sont entortillés deux ser-
|
| du chapiteau d'un alambic | pents, mâle & femelle, &
|
| ou d'une cornue, pour rece- | de propriétés opposées. Les
|
| voir la liqueur qui en distille. | Poètes disent aussi que Mer-
|
| En termes de Philosophie | cure accordait les ennemis,
|
| hermétique, le récipient est | & rappelait les âmes dans
|
| la terre qui demeure au fond | les corps. La Fable donne
|
| du vase, & qui boit & reçoit | un exemple du pouvoir qu'a
|
| les vapeurs qui se condensent | Vulcain de réunir les choses
|
| au haut du vase, & retom- | différentes, lorsqu'elle dit
|
| bent en pluie. Le récipient | que Vulcain surprit Mars &
|
| est le corps, & les vapeurs | Vénus en adultère, & les
|
| sont l'esprit, qui se corporifie | lia ensemble jusqu'à ce que
|
| en s'unissant avec la terre, | Mercure vînt les délier.
|
| qui le fixe. | RECONCILIER LES
|
| RECONCILIATION | ENNEMIS (Sc. hermét.).
|
| (Sc. herm.). Les Philoso- | Expressions philosophiques,
|
| phes hermétiques recom- | qui signifient la réunion du
|
| mandent de réconcilier les | fixe avec le volatil, au moyen
|
| ennemis, & de faire la paix | du mercure & de Vulcain.
|
| entr'eux, de manière qu'ils | Voyez Réconciliation.
|
| soient unis inséparablement; | RECTIFICATION.
|
| c'est-à-dire qu'il faut réunir | Nouvelle dépuration d'un
|
| le volatil avec le fixe, en | corps ou d'un esprit chimi-
|
| sorte que le volatil devienne | que, par la distillation réité-
|
| fixe à jamais. Lambspringius | rée, ou par quelqu'autre opé-
|
@
| RE | RE 429
|
| |
|
| ration en usage pour cet ef- | duise dans les quatre élé-
|
| fet. En termes de Chimie | ments, parce qu'ils ne sont
|
| hermétique, c'est la même | que la première matière éloi-
|
| chose que sublimation, ou | gnée; mais en mercure her-
|
| exaltation de la matière de | métique, qui est la première
|
| l'oeuvre à un degré plus par- | matière prochaine des mé-
|
| fait. Voyez Sublimation. | taux philosophiques.
|
| RECTIFIER. Don- | Réduction se dit aussi
|
| ner un plus grand degré de | de la réunion d'une chose
|
| perfection. Voyez Subli- | avec une autre. C'est ce que
|
| mer. | d'Espagnet appelle la réin-
|
| REDUC. Poudre mé- | sération de l'âme dans la
|
| tallique faite par la calcina- | pierre, lorqu'elle l'a perdue;
|
| tion. On la réduit en liqueur, | ce qui se fait, dit-il, en l'al-
|
| & enfin en régule. Planis- | laitant & en la nourrissant
|
| campi. | d'un lait spirituel & rorifique,
|
| REDUCTION. Ré- | jusqu'à ce qu'elle ait acquis
|
| trogradation d'une chose par- | une force capable de résister
|
| venue à un certain degré de | aux atteintes du feu. Cette
|
| perfection, à un degré qui | réduction est donc une opé-
|
| l'est moins, comme si avec | ration par laquelle on incère,
|
| du pain on faisait du grain de | on engraisse, on nourrit, on
|
| froment. Ainsi la réduction | engrosse, on subtilise, & l'on
|
| des métaux en leur première | réunit les éléments, ou prin-
|
| matière, si recommandée par | cipes, en sorte que le feu
|
| les Philosophes, est la rétro- | agisse sur l'air, l'air sur l'eau,
|
| gradation des métaux philo- | l'eau sur la terre, &c.
|
| sophiques, & non vulgaires, | REDUIRE, s'entend
|
| en leur propre semence, | aussi dans deux sens diffé-
|
| c'est-à-dire en mercure her- | rents, comme le terme Ré-
|
| métique. Cette réduction | duction, dont voyez l'ar-
|
| s'appelle aussi réincrudation, | ticle.
|
| & se fait par la dissolution | RE'EZON. Soufre des
|
| du fixe par le volatil de sa | Philosophes parfait au rouge.
|
| propre nature, & duquel il | REFECTIVUM. Mé-
|
| a été fait. | dicament qui rétablit les for-
|
| Ainsi la réduction des mé- | ces perdues.
|
| taux en leur première ma- | REFRACTION. Même
|
| tière, n'est pas une opéra- | chose que conversion des
|
| tion par laquelle on les ré-* | éléments.
|
@
| 430 RE | RE
|
| |
|
| REGIME (Sc. herm.). | feu doit être modéré jusqu'au
|
| Les Philosophes disent que | noir & au commencement
|
| tout consiste dans le régime | du blanc; on augmente alors
|
| du feu. Il ne faut pas se lais- | ce feu par degrés, jusqu'à
|
| ser prendre au sens littéral | parfaite exsication ou incé-
|
| de ces paroles. Toute la | ration de la pierre.
|
| réussite de l'oeuvre dépend | On fortifie encore ce feu
|
| en effet du régime du feu; | jusqu'au rouge. Dastin dit:
|
| mais ils entendent par ces | le feu sera léger dans la solu-
|
| paroles, non seulement la | tion, médiocre dans la subli-
|
| conduite du feu extérieur, | mation, tempéré dans la coa-
|
| excitant, & conservant la | gulation, continu dans la
|
| matière des impressions de | déalbation, & fort dans la
|
| l'air froid; il faut aussi les | rubification. Le trop grand
|
| entendre du régime du feu | feu gâte & brûle les fleurs du
|
| philosophique, c'est-à-dire, | magistère; un feu trop petit
|
| du feu de nature, & du feu | n'excite pas assez, & rien ne
|
| contre nature, afin que de | se fait. Qu'on fasse donc bien
|
| ces deux bien combinés, | attention qu'il y a deux cha-
|
| naisse un troisième, que les | leurs dans notre oeuvre, sa-
|
| Philosophes appellent feu | voir, celle du soufre, & celle
|
| innaturel. Ces trois feux, | du feu extérieur; celui-ci ne
|
| avec le feu extérieur, sont | se prend pas de la substance
|
| les quatre feux qu'Artéphius | de la matière de l'oeuvre,
|
| dit être nécessaires dans l'oeu- | parce qu'il n'est point perma-
|
| vre. Il n'en nomme cepen- | nent avec la quantité & le
|
| dant que trois, parce qu'il | poids du mercure. Celui du
|
| ne parle que des feux philo- | soufre au contraire fait corps
|
| sophiques, & ce sont ces feux | avec le mercure, & l'anime;
|
| qu'il faut proportionner géo- | il fait partie du magistère, &
|
| métriquement; c'est en cela | en est une intégrale & essen-
|
| que consiste tout le secret du | tielle. C'est pourquoi Aros
|
| régime. | dit: le mercure & le feu te
|
| On doit cependant faire | doivent suffire; ce qu'il faut
|
| attention, dit Philalèthe, que | entendre après la première
|
| quoique l'action de notre | conjonction. Quelques Phi-
|
| pierre soit unique, c'est-à-* | losophes donnent pour exem-
|
| dire la cuisson avec le feu | ple du régime que l'on doit
|
| naturel, l'état de cette cha- | tenir dans les opérations de
|
| leur varie de trois façons. Le | l'oeuvre, le cours du Soleil
|
@
| RE | RE 431
|
| |
|
| dans les quatre saisons de | fet que les quatre couleurs
|
| l'année, & disent qu'il faut | principales qui surviennent
|
| commencer en hiver. Mais | à la matière philosophique
|
| on ne doit pas les entendre | pendant les opérations de
|
| de l'hiver vulgaire, c'est de | l'oeuvre, comme on peut
|
| l'hiver philosophique, c'est-* | le voir dans tous les Li-
|
| à-dire du temps où la matière | vres des Adeptes, qui trai-
|
| se dispose à la génération par | tent des opérations de la
|
| la dissolution & la putréfac- | pierre. La première couleur
|
| tion de la partie fixe par l'ac- | est le noir, qu'ils attribuent à
|
| tion du volatil & du feu in- | Saturne; la seconde, le blanc,
|
| terne. Cet hiver peut se trou- | qu'ils donnent à Jupiter; la
|
| ver pendant l'été vulgaire, | troisième, le citrin, qui ca-
|
| parce qu'on peut commen- | ractérise Vénus; & la qua-
|
| cer l'oeuvre en tout temps. | trième, le rouge, ou la cou-
|
| Zachaire & Flamel le fi- | leur de pourpre, qui convient
|
| rent au printemps. V. Temps, | à Mars.
|
| Saison. | Règne se dit aussi des
|
| REGIR. Gouverner, | divisions ou classes sous les-
|
| conduire une opération. V. | quelles on range tous les
|
| Régime. | êtres sublunaires. On en
|
| REGNE. (Sc. herm.) | compte trois, auxquelles on
|
| La Fable feint quatre règnes | a donné les noms de règne
|
| principaux des Dieux, que | minéral, règne végétal, &
|
| les poètes ont aussi appelés | règne animal. Sous le pre-
|
| âges. Le premier fut celui | mier on comprend les mé-
|
| de Saturne, appelé l'âge | taux, les minéraux, les pier-
|
| d'or; le second, celui de Ju- | res précieuses & brutes, les
|
| piter, ou l'âge d'argent; le | cailloux, les terres calcaires
|
| troisième, l'âge de cuivre, | & gypseuses, les bols, les
|
| ou celui de Vénus; & le qua- | bitumes & les sels. Le se-
|
| trième enfin, l'âge de fer, | cond renferme les arbres, les
|
| ou celui de Mars. Les My- | plantes, & tous les végétaux.
|
| thologues ont expliqué ces | Le troisième enfin est formé
|
| quatre règnes ou âges dans | des animaux de toutes espè-
|
| un sens moral, & les Adep- | ces, quadrupèdes, volatils,
|
| tes avec plus de raison, l'ex- | reptiles, poissons, & crusta-
|
| pliquent dans le sens philo- | cées.
|
| sophico-chimique; car ces | Les individus de chaque
|
| quatre règnes ne sont en ef-* | règne se multiplient par une
|
@
| 432 RE | RE
|
| |
|
| semence analogue & spéci- | » ches que si notre lunaire
|
| fiée pour ce règne; de ma- | » était de même nature que
|
| nière qu'un chien engendre | » les autres plantes, elle ser-
|
| un chien, un arbre produit | » virait comme elle de ma-
|
| un arbre, & les métaux ont | » tière propre au feu pour
|
| une semence générale pro- | » brûler, & ne remporterait
|
| pre à tous les individus mé- | » de lui qu'un sel mort, ou,
|
| talliques. Il ne faut pas em- | » comme l'on dit, la tête
|
| ployer la semence propre à | » morte. Quoique nos pré-
|
| un règne, pour produire un | » décesseurs aient écrit am-
|
| individu d'un autre règne. | » plement de la pierre végé-
|
| Ceux-là se trompent donc, | » tale, si tu n'es aussi clair-
|
| qui croient extraire le mer- | » voyant que Lyncée, leurs
|
| cure philosophique, semence | » écrits surpasseront ta por-
|
| des métaux, des sels alcalis | » tée; car ils l'ont seulement
|
| des plantes, ou des parties | » appelée végétale, à cause
|
| prises des animaux. » Sois | » qu'elle croit, & se multi-
|
| » diligent à la recherche des | » plie comme une chose vé-
|
| » choses qui s'accordent avec | » gétale.
|
| » la raison, & avec les livres | » Bref, sache qu'aucun
|
| » des Anciens, dit Basile Va- | » animal ne peut étendre
|
| » lentin (Avant-propos) | » son espèce, s'il ne le fait
|
| » sache que notre pierre ne | » par le moyen de choses
|
| » prend point naissance des | » semblables & d'une mê-
|
| » choses combustibles, parce | » me nature. Voilà pour-
|
| » qu'elle combat contre le | » quoi je ne veux point que
|
| » feu, & soutient tous ses ef- | » tu cherches notre pierre
|
| » forts, sans en être aucune- | » autre part ni d'autre côté
|
| » ment altérée. Ne la tire | » que dans la semence de sa
|
| » donc point de ces matières, | » propre nature, de laquelle
|
| » dans lesquelles la nature, | » nature l'a produite. Tires
|
| » toute puissante qu'elle est | » de là aussi une conséquen-
|
| » ne peut la mettre. Par | » ce certaine, qu'il ne te faut
|
| » exemple, si quelqu'un di- | » aucunement choisir à cet
|
| » sait que notre pierre est de | » effet une nature animale.
|
| » nature végétale, ce qui | » Or, mon ami, afin que
|
| » néanmoins n'est pas possi- | » je t'enseigne d'où cette se-
|
| » ble, quoiqu'il paroisse en | » mence & cette matière est
|
| » elle je ne sais quoi de vé- | » puisée, songe en toi-même
|
| » gétal, il faut que tu sa- | » quelle fin & à quel usage
|
| | tu
|
@
| RE | RE 433
|
| |
|
| » tu veux faire la pierre; | gule comme étant la matière
|
| » alors tu sauras qu'elle ne | du grand oeuvre, & l'ont
|
| » s'extrait que de racine mé- | nommé le Loup. Philalèthe
|
| » tallique, ordonnée par le | n'a pas peu contribué à les
|
| » créateur à la génération | induire en erreur, parce qu'il
|
| » seulement des métaux. Re- | dit dans son Introitus aper-
|
| » marques premièrement, | tus, dans lequel il paraît le
|
| » dit le même Auteur (Lu- | désigner assez clairement.
|
| mière des Sages), que nul | Mais Artéphius qui parle de
|
| » argent-vif commun ne sert | l'antimoine, & le nomme
|
| » à notre oeuvre; car notre | même par son propre nom,
|
| » argent-vif se tire du meil- | dit aussi que cet antimoine
|
| » leur métal, par art spagy- | est l'antimoine des parties
|
| » rique, & qu'il est pur, sub- | de Saturne, & l'appelle an-
|
| » til, reluisant, clair comme | timoine Saturnial, & dit,
|
| » eau de roche, diaphane | notre vinaigre antimonial
|
| » comme cristal, & sans | Saturnien. Il s'explique en-
|
| » ordures. | suite, en disant qu'il appelle
|
| Dans le règne minéral, | leur matière antimoine, non
|
| l'or est le plus excellent avec | pas parce qu'elle l'est en ef-
|
| le diamant; dans le végétal, | fet, mais parce qu'elle en a
|
| c'est le Vin; & dans l'animal, | les propriétés; ce qui suffit
|
| l'homme. | pour jeter un jour sur l'en-
|
| REGULE est un terme | droit de Philalèthe, & em-
|
| générique, très en usage par- | pêcher les ignorants de dé-
|
| mi les Chimistes, pour ex- | penser leur argent à travailler
|
| primer la masse qui reste au | sur l'antimoine vulgaire, ni
|
| fond du creuset, quand on y | sur son régule.
|
| a fondu quelque: morceau de | REGULIFIER. Ré-
|
| mine minérale ou métalli- | duire un métal en régule.
|
| que. On donne plus ordi- | REILLI. Sel acide, ou
|
| nairement ce nom de régule | de vinaigre.
|
| au culot d'antimoine; & | REINCRUDATION.
|
| quand il est mêlé avec d'au- | Rétrogradation. Voyez Ré-
|
| tres métaux, on y ajoute le | duction.
|
| nom du métal. Ainsi on ap- | REINCRUDER. Ré-
|
| pelle régule martial, celui | duire un corps à ses premiers
|
| où il entre du fer, ou Mars | principes. Artéphius dit que
|
| &c. Nombre de Chimistes | réincruder signifie décuire,
|
| ont regardé ce dernier ré-* | ramollir les corps jusqu'à ce
|
| | E e
|
@
| 434 RE | RE
|
| |
|
| qu'ils soient dépouillés de | lusion à la propriété préten-
|
| leur consistance dure & sè- | due de ce poisson, parce que
|
| che. On ne peut réussir dans | cette partie fixe arrête la par-
|
| l'oeuvre, si on ne réincrude | tie volatile en la fixant.
|
| le corps parfait, & si on ne | RENDRE l'âme à la
|
| le réduit à sa première ma- | pierre après la lui avoir en-
|
| tière. Voyez Réduire. | levée. Expressions qui signi-
|
| REINE. Eau mercu- | fient les imbibitions de la ma-
|
| rielle des Philosophes, qu'ils | tière volatile sur la fixe.
|
| ont ainsi nommée, parce | REPAS délicieux des
|
| qu'ils ont appelé Roi leur | Philosophes. C'est lorsque
|
| soufre, qui doit être marié | leur science leur fait décou-
|
| avec cette eau, son épouse | vrir quelque secret de la na-
|
| naturelle, & sa mère. Basile | ture qu'ils ignoraient.
|
| Valentin & Trévisan sont les | RESERVOIR des eaux
|
| deux qui ont employé plus | supérieures & inférieures.
|
| particulièrement ce terme de | Mercure des Sages. Ils l'ont
|
| Reine. | ainsi appelé de ce qu'il est
|
| RE'ITERATION de | l'abrégé du petit monde, &
|
| destruction. C'est lorsqu'on | qu'il est comme la quintes-
|
| fait la seconde disposition, | sence des éléments.
|
| pour parvenir à la pierre | RESIDENCE. Ma-
|
| après avoir fait le soufre. | gistère au rouge, nommé
|
| Morien dit que cette dispo- | résidence, parce qu'en lui
|
| sition ou seconde opération, | réside tout ce qu'il faut pour
|
| est une répétition ou réitéra- | animer le mercure, dont il
|
| tion de la première. | est lui-même comme le ré-
|
| REMORA ARATRI. | sidu & le résultat, & que
|
| Plante connue sous le nom | quand ils ont été réunis &
|
| d'Arrête-boeuf. | travaillés, ils composent un
|
| REMORE. Nom d'un | tout capable de demeurer
|
| petit poisson que les Anciens | éternellement dans le feu,
|
| disaient avoir la propriété | & de résister à ses plus for-
|
| d'arrêter un vaisseau dans sa | tes atteintes.
|
| course, quoique voguant à | RESINE CARDIA-
|
| pleines voiles. Les Philoso- | QUE. Gomme, ou extrait
|
| phes hermétiques ont donné | de la racine d'angélique.
|
| le nom de Remore & d'E- | Résine DE LA TERRE.
|
| chénéis à la partie fixe de la | C'est le soufre.
|
| matière de l'oeuvre, par al-* | Résine POTABLE DE
|
@
| RE | RE 435
|
| |
|
| LA TERRE. Soufre sublimé | duire le corps dissoluble en
| réduit en liqueur appelée | eau, par le moyen du mer-
| | huile ou baume de soufre. | cure; c'est le réincruder,
| | Résine MINERALE. | pour le faire tomber en pu-
| | Soufre. | tréfaction, & le disposer à
| | Résine D'OR. Teinture | la génération du fils du so-
| | extraite de ce métal. | leil. Quand on emploie ce
| | RESOLUTION, en | terme pour l'opération de la
| | termes de Physique & de | Médecine du troisième or-
| | Chimie, signifie désunion | dre, il signifie non seulement
| | des parties d'un corps mixte. | réduire la matière au blanc
| | On trouve, par la résolution, | ou au rouge, & l'élixir en
| | cinq choses dans tous les | mercure philosophique, mais
| | corps, mais quelques-unes | le préparer, le sublimer, le
| | plus abondantes dans les | calciner, le purifier, le con-
| | uns que dans les autres. 1°. | joindre, le séparer, le laver,
| | Un corps éthéré, ou subs- | le distiller, le fondre, l'en-
| | tance spiritueuse, appelée | durcir, le triturer, l'incérer,
| | esprit ou mercure. 2°. Une | &c. parce qu'une même opé-
| | substance sulfureuse & vo- | ration fait tout cela dans un
| | latile. Ces deux le sont telle- | même vase, avec trois ma-
| | ment, qu'elles s'évaporent | tières de même nature.
| | fort aisément dans l'air, si | RESSUSCITER. Voyez
| | l'on n'apporte bien des pré- | Résurrection.
| | cautions pour les conserver; | RE'SURRECTION.
| | elles participent beaucoup | Les Philosophes Herméti-
| | du Gaz de Vanhelmont, 3°. | ques appellent ainsi le pas-
| | Un sel. 4°. Du phlegme, | sage du noir au blanc dans
| | ou partie aqueuse. Enfin une | l'opération du grand oeuvre;
| | terre, appelée Tête morte. | parce que le nom marque la
| | Ces deux dernières substan- | putréfaction, qui est un signe
| | ces sont comme le réceptacle | de mort. Ils donnent aussi
| | des trois autres. | ce nom à la transmutation
| | Résolution signifie | des métaux imparfaits en or;
| | aussi Dissolution, Réduction, | car, selon eux, le plomb, le
| | dont voyez les articles. | fer, &c. sont des métaux
| | RESOUDRE. C'est | morts, qui ne peuvent être
| | désunir les parties d'un corps | ressuscités & glorifiés qu'en
| | solide. En termes de Chi- | devenant or, comme le plus
| | mie Hermétique; c'est ré-* | haut degré de leur perfection.
| | | E e ij
| |
@
| 436 RE | RE
|
| |
|
| RE^TS. Filet à pêcher. | Action par laquelle on re-
|
| Les Chimistes Hermétiques | met un mixte dans le premier
|
| ont donné ce nom à leur ai- | état qu'il avait avant d'être
|
| mant, parce qu'il attire & | corrompu par des mélanges.
|
| prend leur acier, comme un | REVIVIFIER. Rendre
|
| filet prend le poisson. Voyez | à un mixte déguisé son pre-
|
| Aimant. Ce rêts doit s'en- | mier état qu'il avait reçu de
|
| tendre de la fixation, qui ar- | la nature. On revivifie le
|
| rête & fixe les parties na- | mercure du cinabre & des
|
| geantes & voltigeantes dans | autres préparations qu'on lui
|
| l'eau mercurielle, que les Phi- | donne, en le faisant redeve-
|
| losophes appellent leur mer. | nir un mercure coulant. On
|
| Cette mer nourrit le poisson | revivifie les métaux, après
|
| Remore ou Echénéis, dont | les avoir réduits en chaux par
|
| parlent le Cosmopolite & | la calcination, ou par les eaux
|
| d'Espagnet, c'est-à-dire le | fortes. En termes de Science
|
| grain fixe de l'or des Sages. | Hermétique, revivifier c'est
|
| RETORTE. Vase de | redonner la vie, c'est-à-dire
|
| verre, de pierre, de terre, | rendre l'âme à son corps.
|
| ou de fer, en forme de bou- | Voyez Rendre.
|
| teille, dont le col est courbé | RHA. Rhapontic.
|
| sur le côté. Il sert à distiller | RHADAMANTE,
|
| sans chapiteau. On l'appelle | fils de Jupiter & d'Europe,
|
| aussi Cornue. | fut choisi avec Eaque &
|
| REVERBERE, ou Feu | Minos, pour être Juge de
|
| DE REVERBERE. C'est un | l'Empire ténébreux de Plu-
| feu de flamme qui circule & | ton. Voyez les Fables Egyp-
| | revient sur la matière qui la | tiennes & Grecques dévoi-
| | produit, comme fait la flam- | lées, Liv. 3. ch. 14 §. 5.
| | me dans un four à cuire le | RHAMNUSIE. Surnom
| | pain. Le feu de réverbère des | de la Déesse Némésis.
| | Philosophes est le feu inté- | RHEA ou RHE'E. Une
| | rieur de la matière qui cir- | des grandes Divinités des
| | cule dans le vase fermé, & | Egyptiens, fille du Ciel &
| | scellé hermétiquement. | de la Terre, eut aussi les
| | REVERBERER. C'est | noms d'Ops, Cybelle &
| | cuire ou faire circuler la ma- | Vesta. Elle épousa son frère
| | tière dans le vase philoso- | Saturne, & en eut Jupiter,
| | phique. | Neptune & Pluton, Junon,
| | REVIVIFICATION. | Cérès & Vesta. Mais Sa-
| |
@
| RH | RH 437
|
| |
|
| turne ayant appris qu'un de | Livre VI. Fatalité VI.
|
| ses enfants le détrônerait, & | RHIZOTOMUM.
|
| ayant usurpé l'Empire sur | Médicament spécifique pour
|
| Titan son frère, ils firent un | guérir radicalement une ma-
|
| traité, par lequel Saturne s'o- | ladie.
|
| bligeait à faire périr tous les | RHODELAEUM. Huile
|
| enfants mâles qui naîtraient | rosat.
|
| de lui. Saturne, pour tenir | RHODES, Ile de la
|
| sa parole, les dévorait à me- | Mer Méditerranée, dans la-
|
| sure que Rhea les mettait au | quelle la Fable dit que Cad-
|
| monde; ce qui la jetait dans | mus aborda de l'Egypte,
|
| une extrême affliction. Lors- | qu'il y édifia un temple à
|
| qu'elle fut prête d'accoucher | Neptune, dont il donna la
|
| de Jupiter, elle concerta les | garde à quelques Phéniciens,
|
| moyens de le dérober à la | & fit des présents à Minerve,
|
| cruauté de son père; en con- | entre lesquels se trouvait un
|
| séquence, après être accou- | vase de cuivre très beau,
|
| chée, elle donna le petit | très remarquable, & fait à
|
| Jupiter aux Corybantes pour | l'antique; que ce Pays était
|
| l'élever, & présenta un cail- | ravagé par des serpents. Cette
|
| lou enveloppé de langes à | Fable, selon l'explication
|
| Saturne, qui le dévora. Voy. | des vrais Chimistes, ren-
|
| les Fables Egyptiennes & | ferme en abrégé tout le grand
|
| Grecques dévoilées, Liv. 3. | oeuvre; car, dit Michel
|
| ch. 3. & 4. | Maier, pourquoi ce présent
|
| RHESUS, Roi de | d'un vase de cuivre fait à
|
| Thrace, vint au secours des | l'antique, si ce n'est pour
|
| Troyens avec une puissante | nous donner à entendre qu'il
|
| cavalerie. Dolon le trahit | faut faire plus d'attention à
|
| auprès d'Ulysse & de Dio- | la matière qu'à la forme? Et
|
| mede, qui pénétrèrent la | quant à la terre de Rhodes,
|
| nuit dans le camp où était | c'est la vraie terre philoso-
|
| Rhésus, le tuèrent, & enle- | phique, & non aucune au-
|
| vèrent ses chevaux avant | tre, qui toutes seraient inu-
|
| qu'ils eussent pu boire dans | tiles à cet oeuvre. Les ser-
|
| le fleuve Xanthe, condition | pents dont il est parlé, ne sont-*
|
| absolument requise pour | ce pas ceux dont presque
|
| prendre la ville de Troie. | tous les livres des Chimistes
|
| Voyez les Fables Egyptien- | parlent? Toute l'histoire de
|
| nes & Grecques dévoilées, | Cadmus, qu'on peut voir
|
| | E e iij
|
@
| 438 RI | RI
|
| |
|
| dans son article, éclairera | vie des métaux.
|
| encore mieux cette explica- | On conclurait donc mal
|
| tion. | à propos des expressions ci-*
|
| Il tomba une pluie d'or | dessus, que les hommes pau-
|
| dans l'île de Rhodes au mo- | vres possèdent la matière de
|
| ment de la naissance de Mi- | l'oeuvre également comme
|
| nerve. Voyez Minerve, | les riches, & qu'ils sont en
|
| Pluie D'Or. | état d'en faire les frais & les
|
| RHODODAPNE', ou | opérations. Il faut une gran-
|
| RHODODENDRUM. | de connaissance de la natu-
| Laurier-rose. | re; ce qu'on ne peut acqué-
| | RHODOMEL. Miel | rir sans étude. Il faut se four-
| | rosat. | nir la matière & les vases,
| | RHODOSTAGMA. | & n'avoir pas l'esprit occupé
| | Eau rose. | à se procurer les moyens de
| | RHOE. Sumac. | subsistance journalière, ce
| | RHOEAS. Coquelicot, | qui ne convient aucunement
| | pavot rouge sauvage. | aux gens pauvres. Lorsque
| | RHUS. Voyez Rhoe. | les Philosophes disent que
| | RHYPTICUM. Mé- | la matière est vile, ils la con-
| | dicament détersif. | sidèrent dans son état de pu-
| | RIASTEL. Sel. | tréfaction & de dissolution
| | RICHE. Autant en ont | en eau, qui est commune à
| | les pauvres comme les riches, | tout le monde. C'est aussi
| | disent les Philosophes. Ce | dans ce sens-là qu'ils disent
| | qui ne doit pas s'entendre | qu'elle ne coûte rien, ou très
| | des hommes, mais des mé- | peu de chose, de même que
| | taux; c'est-à-dire, que les | leur feu, qui est commun,
| | bas métaux ou les métaux | c'est-à-dire, commun à tous
| | imparfaits ont également, | les êtres physiques, puisqu'il
| | comme l'or & l'argent, ce | leur donne la manière d'être,
| | grain fixe & ce mercure que | & les y conserve.
| | les Philosophes cherchent. | RIEN. Les Philosophes
| | Ils sont plus près dans l'or, | ont disputé longtemps, &
| | l'argent & le mercure, parce | disputeront encore pour dé-
| | que l'or & l'argent sont en | terminer ce que l'on doit
| | effet plus fixes, & que le | entendre par Rien. Dieu a
| | mercure est lui-même un | tout créé de rien; c'est le
| | mercure, ayant aussi ce grain | texte sacré qui nous le dit.
| | fixe, ou ce feu qui fait la | Le sentiment le plus proba-
| |
@
| RI | RI 439
|
| |
|
| ble & le plus commun, est | cru que ces Philosophes con-
|
| tiré de l'étymologie même | fondaient leur cahos avec le
|
| du terme; rien est ce qui n'a | rien, ou la chose dont Dieu
|
| point d'existence. Quelques-* | a tout créé.
|
| uns ont prétendu que ce rien | Un grand nombre pen-
|
| ou non-être est quelque cho- | sent qu'avant la création,
|
| se relativement à lui-même, | Dieu seul avait existence;
|
| & n'est rien quant aux cho- | qu'il n'y avait ni lieu, ni
|
| ses créées; à peu près comme | vide, & que Dieu remplis-
|
| le commun du peuple ap- | sait tout par son immensité.
|
| pelle vide tout ce qui n'est | C'est la façon de penser des
|
| pas occupé par un corps pal- | gens sensés; car, ou il ne
|
| pable & sensible. D'autres | faut point admettre de Dieu,
|
| disent que ce rien doit s'en- | ce qui répugne au sens com-
|
| tendre de la première ma- | mun, ou il ne faut rien sup-
|
| tière de toutes choses, in- | poser qui ait existé éternelle-
|
| forme & comme dans le ca- | ment avec Dieu; pas même
|
| hos, avant la détermination | le vide, puisque ce serait
|
| que Dieu lui a donnée pour | un lieu, quoique impropre-
|
| devenir telle ou telle chose | ment dit, supposé hors de
|
| existante comme elle est, & | l'immensité de Dieu; ce qui
|
| que c'est dans cette même | ne peut exister avec l'idée
|
| matière que tous les corps | que nous avons de ses per-
|
| peuvent être réduits. | fections infinies. Ce n'est pas
|
| La plupart des Naturalis- | en conséquence de cela que
|
| tes semblent le penser, Para- | quelques Physiciens moder-
|
| celse entr'autres: mais il ne | nes admettent le vide dans
|
| faut pas l'entendre à la let- | la nature.
|
| tre; car il ne s'exprime guè- | Lorsque les Chimistes
|
| res ainsi que quand il parle | disent réduire les corps à rien,
|
| de la fonction des corps & | on doit l'entendre de l'alté-
|
| de leur putréfaction; & com- | ration & du changement
|
| me les Philosophes Hermé- | qu'ils font dans la configu-
|
| tiques donnent le nom de | ration actuelle des corps,
|
| cahos à la matière du grand | soit par la solution ou la cal-
|
| oeuvre, & qu'ils disent que | cination.
|
| cette matière est celle dont | Il ne faut pas se laisser in-
|
| tout est composé; il n'est | duire en erreurs par la ma-
|
| pas surprenant que ceux qui | nière de s'exprimer des Phi-
|
| ne les entendent pas, aient | losophes Hermétiques, lors-
|
| | E e iv
|
@
| 440 RI | RO
|
| |
|
| qu'ils disent que leur matière | que les Philosophes ont don-
|
| ne coûte rien; ils font alors | né aux couleurs qui survien-
|
| allusion à l'état de cette ma- | nent à la matière pendant les
|
| tière réduite en eau par la | opérations. Ils ont dit en
|
| dissolution. On sait que l'eau | conséquence que leur Roi,
|
| ne coûte rien. Ils en disent | leur Reine changent de robes
|
| autant du feu, parce qu'ils | suivant les saisons. Ainsi
|
| entendent alors parler du feu | Robe BLANCHE, est la
|
| de la matière, le même qui | couleur blanche, qui succède
|
| est commun à tous les indi- | à la noire, appelée
|
| vidus de la nature. | Robe TENEBREUSE;
|
| RILLUS. Lingotière. | celle qui paraît, ou du moins
|
| RISIGALLUM, ou | doit paraître dans le cours
|
| ROSAGALLUM. Espèce | des opérations philosophi-
| d'orpiment d'une couleur | ques; car dans la première
| | rouge blafarde. | préparation de la matière
| | RIVIERE. Les Philo- | crue, on ne doit pas cher-
| | sophes ont souvent person- | cher ces couleurs.
| | nifié des rivières, pour en | Robe DE POURPRE, est
| | former les symboles de l'eau | la couleur rouge du soufre
| | mercurielle des Sages, & | parfaitement fixé. C'est pour-
| | ont dit, comme les Poètes, | quoi la Fable dit qu'Apollon
| | qu'elles étaient filles de l'O- | vêtit une robe de couleur
| | céan. Voyez Acheloüs, | de pourpre, pour chanter
| | Persée. | sur sa lyre la victoire que Ju-
| | Rivière ALKALISE'E. | piter avait remportée sur les
| | Les Chimistes ont donné | Géants.
| | ce nom aux fontaines dont | Les Philosophes appellent
| | l'eau est chargée d'un sel al- | aussi du nom de Robe les
| | cali, & disent que cette eau | parties terrestres & grossiè-
| | s'imprègne de ces sels en | res dans lesquelles sont ren-
| | passant par des pierres cal- | fermés l'or vif des Sages &
| | cinées naturellement dans | leur mercure; ils disent en
| | la terre. Le système de Be- | conséquence qu'il faut dé-
| | cher sur l'origine des fon- | pouiller les vêtements & les
| | taines minérales, paraît plus | robes de leur Roi & de leur
| | vraisemblable; on peut le | Reine, & les bien purifier
| | voir dans sa Physica sub- | avant de les mettre dans le
| | terranea. | lit nuptial, parce qu'ils doi-
| | ROBE, est un des noms | vent y entrer purs, nus, &
| |
@
| RO | RO 441
|
| |
|
| tels qu'ils sont venus au mon- | son premier feu, ce grain
|
| de. Bas. Valentin. | fixe qui doit surmonter la
|
| ROBES. Vinaigre. | froideur & la volatilité de
|
| ROBUB. Conserve de | ce mercure. Basile Valentin
|
| fleurs ou de fruits. | semble l'entendre dans ces
|
| ROCHER. Les Philoso- | deux sens au commence-
|
| phes ont souvent fait allusion | ment de ses douze Clefs.
|
| à la dureté des rochers pour | Dans la suite il donne le
|
| signifier la fixité de leur ma- | nom de Roi au soufre par-
|
| tière, & les anciens Sages en | fait, & même à la poudre
|
| ont formé leurs fables, & | de projection. On ne sau-
|
| leurs métamorphoses de plu- | rait, dit-il, remporter la vic-
|
| sieurs personnes en rochers: | toire, si le Roi n'a empreint
|
| tels qu'Atlas, Polydecte, Se- | sa force & sa vertu à son
|
| ryphe & divers autres, par | eau, & s'il ne lui a donné
|
| l'aspect de la tête de Mé- | une clef de sa livrée ou cou-
|
| duse; c'est-à-dire, par la pro- | leur royale, pour être dis-
|
| priété fixative du grain fixe | sous par elle, & rendu invi-
|
| ou soufre des Sages. | sible. Leur Roi est aussi le
|
| Ils ont aussi donné le nom | même que leur Lion. Quand
|
| de Rocher à leur vase, par | ils en parlent comme pou-
|
| similitude; parce que leurs | dre de projection, ils disent
|
| métaux s'y forment, com- | que c'est un Roi qui aime
|
| me les métaux vulgaires, & | tellement ses frères, qu'il
|
| l'or particulièrement, dans | leur donne sa propre chair à
|
| le roc. | manger, & les rend ainsi
|
| ROHEL. Sang de dra- | tous Rois comme lui, c'est-*
|
| gon. | à-dire Or.
|
| ROI. Ce nom a deux | ROMPRE. Dissou-
|
| sens différents chez les Phi- | dre, réduire en poudre ou
|
| losophes. Il s'entend plus | en eau.
|
| ordinairement du soufre des | RORELLA. Plante con-
|
| Sages, ou l'or philosophi- | nue sous le nom de Ros
|
| que, par allusion à l'or vul- | solis.
|
| gaire, appelé Roi des mé- | ROSAGALLUM. Voy.
|
| taux. Mais quelquefois ils | Risigallum.
|
| entendent par le nom de | ROSCOD. Vinaigre.
|
| Roi la matière qui doit en- | ROSE. Les Fables disent
|
| trer d'abord dans la confec- | que la fleur appelée rose fut
|
| tion du mercure, & qui est | consacrée à Vénus, parce
|
@
| 442 RO | RO
|
| |
|
| qu'une épine de rosier blessa | traite par l'esprit de sel, le
|
| cette Déesse dans le temps | tout mêlé enduite avec le sel
|
| qu'elle accourait au secours | de perles.
|
| d'Adonis qui se mourait, & | ROSE'E. Plusieurs Chi-
|
| que son sang teignit en rouge | mistes ont regardé la rosée
|
| cette fleur qui jusque-là | des mois de Mai & de Sep-
|
| avait été blanche. Cette fa- | tembre comme la matière de
|
| ble se trouve expliquée dans | l'oeuvre Hermétique, fondés
|
| le liv. 3. ch. 8. & le liv. 4. | sans doute sur ce que plu-
|
| ch. 4. des Fables dévoilées. | sieurs Auteurs ont avancé
|
| Elle ne signifie autre chose | que la rosée était le réservoir
|
| que le changement de la | de l'esprit universel de la
|
| couleur blanche de la ma- | Nature. François du Soucy
|
| tière philosophique en cou- | Sieur de Gerzan, en fait un
|
| leur rouge, par la jaune in- | si grand éloge dans son Trai-
|
| termédiaire appelée Vénus. | té qui a pour titre: le Projet
|
| On trouve même souvent | de la Création du Monde,
|
| dans les livres des Philoso- | qu'il semble vouloir insinuer
|
| phes, la rose comme sym- | qu'en vain voudrait-on pren-
|
| bole des couleurs rouge & | dre une autre matière pour
|
| blanche. | faire l'oeuvre Hermétique.
|
| Abraham Juif dans Fla- | Beaucoup d'autres paraissent
|
| mel, feint un rosier garni de | dans le même sentiment;
|
| roses blanches & rouges, | mais quand on médite sérieu-
|
| planté sur le sommet d'une | sement sur les textes des vrais
|
| montagne, où les vents souf- | Philosophes, dans lesquels
|
| flent avec violence. Ainsi | ils parlent de rosée, on est
|
| leur rose blanche est leur ma- | bientôt convaincu qu'ils n'en
|
| tière parvenue à la couleur | parlent que par similitude,
|
| blanche, & leur rose rouge | & que la leur est une ro-
|
| est leur soufre aurifique. | sée proprement métallique,
|
| Rose MINE'RALE est | c'est-à-dire, leur eau mer-
|
| l'or philosophique. | curielle sublimée en vapeurs
|
| Rose se prend quelque- | dans le vase, & qui retombe
|
| fois pour le tartre, selon | au fond en forme de rosée
|
| Rulland. | ou de petite pluie. Ainsi
|
| Rose DE VIE. C'est, sui- | quand ils parlent de rosée
|
| vant Manget, une liqueur | du mois de Mai, c'est celle
|
| faite avec l'eau-de-vie & la | du mois de Mai de leur prin-
|
| teinture de l'or très pur, ex-* | temps Philosophique, sur le-
|
@
| RO | RU 443
|
| |
|
| quel domine le signe des Gé- | Rouge SANGUIN. Ma-
|
| meaux de leur Zodiaque, | gistère parvenu par la cuisson
|
| différent du Zodiaque com- | à la couleur de pourpre
|
| me on peut le voir dans l'ar- | ROUGEUR. Même
|
| ticle Zodiaque. Philalèthe a | chose que rouge.
|
| même dit positivement que | ROUGIR. C'est cuire &
|
| leur rosée est leur eau mer- | digérer la matière de l'oeu-
|
| curielle au sortir de la pu- | vre jusqu à ce qu'elle ait at-
|
| tréfaction. | teint la couleur de pavot des
|
| Rosée ou Rosée CE'- | champs.
|
| LESTE. Mercure des Philo- | ROUILLE. Couleur de
| sophes. | rouille de fer que prend la
| | Rosée SOLAIRE. Voyez | matière avant que de par-
| | Pluie D'Or. | venir à la couleur pourprée.
| | ROTA. Colophane. | C'est pourquoi les Philoso-
| | ROTATION. V. Cir- | phes ont donné le nom de
| | culation. | Mars à cette couleur, dont
| | ROTINGENIUS. Co- | la durée est, selon eux, le
| | lophane. | temps du règne de ce Dieu.
| | ROTIR. V. Cuire. | C'est pour cela que Basile
| | ROUE. Suite des opéra- | Valentin dit que Vénus don-
| | tions de l'oeuvre Herméti- | ne à Mars la couronne roya-
| | que. Tourner la roue, c'est | le, pour que le Soleil la
| | observer le régime du feu. | prenne de ses mains.
| | Faire la circulation de la | RUBELLA. Liqueur
| | roue, c'est recommencer les | spiritueuse & dissolvante,
| | opérations, soit pour faire la | propre à tirer la teinture des
| | pierre, soit pour la multi- | corps. Telles sont l'esprit de
| | plier en qualité. La roue élé- | Vénus, & l'alkaest de Pa-
| | mentaire des Sages est la | racelse & de Van-Helmont,
| | conversion des éléments phi- | plus particulièrement que
| | losophiques, c'est-à-dire, le | tous les autres menstrues
| | changement de terre en eau, | dissolvants.
| | puis d'eau en terre; l'eau | RUBIFICATION. Con-
| | renferme l'air, & la terre | tinuation du régime Hermé-
| | contient le feu. V. Con- | tique au moyen duquel on
| | version. | parvient à faire passer la ma-
| | ROUGE. Terme de | tière de la couleur blanche
| | l'Art Hermétique, qui signi- | à la rouge.
| | fie le soufre des Philosophes. | RUBIFIER. Rendre
| |
@
| 444 RU | RU
|
| |
|
| rouge. V. Rubification. | cependant si nécessaire, que
|
| RUBINUS SULPHU- | sans elle on ne peut réussir.
|
| RIS. Baume de soufre. | Ils donnent cent noms diffé-
| RUBIS. Magistère au | rents à la même chose, &
| | rouge parfait. | rien, dit Morien, n'a tant
| | Rubis PRE'CIEUX. | induit en erreur les curieux
| | Poudre de projection. | de cette Science. V. Ma-
| | RUMEX. Espèce de pa- | tière. Souvent ils infèrent
| | tience dont le suc est rafraî- | à dessein des espèces de con-
| | chissant, & dont on donne | tradictions, qui n'en sont pas
| | la racine à sucer à ceux qui | pour ceux qui sont au fait,
| | ont soif. Blanchard. | mais qui dégoûtent beau-
| | RUPTORIUM. Causti- | coup ceux qui veulent étu-
| | que, pierre infernale. | dier leurs ouvrages. L'un dit
| | RUSANGI. \ Cuivre | qu'il ne faut prendre qu'une
| | RUSATAGI. / brûlé. | chose, l'autre dit qu'il en faut
| | RUSCIAS. Mercure. | nécessairement deux, l'autre
| | RUSE. Les Philosophes | trois; & ils ont raison, quoi-
| | emploient la ruse pour ca- | qu'ils paraissent contraires,
| | cher le secret de leur Art, & | parce que le premier entend
| | faire prendre le change aux | cette unique chose de leur
| | ignorants. Ils ont affecté pour | mercure; le second, de leur
| | cet effet de ne s'expliquer | mercure animé ou Rebis; &
| | que par des termes méta- | le troisième, de leurs trois
| | phoriques, par des équivo- | principes renfermés dans ce
| | ques, des énigmes, des allé- | mercure, savoir le sel, le
| | gories & des fables. Ils con- | soufre & le mercure, ou l'es-
| | fondent dans leurs écrits le | prit, l'âme & le corps. Leur
| | commencement & la fin, & | chose unique est le premier
| | communément ils parlent de | principe des métaux, ou leur
| | la première préparation phi- | semence; les deux choses
| | losophique comme si c'était | sont, dit Trévisan, deux
| | en effet celle par laquelle on | substances mercurielles ex-
| | doit d'abord commencer, | traites de la même racine;
| | quoiqu'il y ait une prépara- | & les trois choses sont les
| | tion manuelle de la matière | deux extrêmes & le milieu
| | crue, dont ils ne parlent | qui sert à les réunir, qu'ils
| | point, ou n'en font mention | ont appelé medium conjun-
| | que sous le terme de subli- | gendi tincturas, poculum
| | mation du mercure. Elle est | amoris, &c.
| |
@
| SA | SA 445
|
| |
|
| | SAISONS. Les Philoso-
|
| S. | phes ont leurs quatre sai-
|
| | sons, comme les quatre de
|
| S N. signifie selon la na- | l'année vulgaire; mais elles
| ture. | sont bien différentes. Ils en-
| | S. seule veut dire la | tendent par saisons les di-
| | moitié du poids des ingré- | vers états successifs où se
| | dients indiqué auparavant. | trouve la matière de l'Art
| | SABENA ou SABON. | pendant le cours des opéra-
| | Lessive de laquelle on fait le | tions, & ces saisons se re-
| | savon. | nouvellent chaque année
| | SABLE. Feu de sable. | philosophique, c'est-à-dire
| | Voyez Feu. | chaque fois que l'on réitère
| | SABRE. Feu des Phi- | l'opération pour parvenir à
| | losophes. | la perfection de l'oeuvre.
| | SACTIN. Vitriol. | Leur hiver est le temps de la
| | SACUL. Succin. | dissolution, & de la putré-
| | SADIR. Scories des mé- | faction: le printemps succède
| | taux. | & dure depuis que la cou-
| | SAFRAN, simplement | leur noire commence à s'é-
| | dit, & Safran de Mars des | vanouir, jusqu'à ce que la
| | Sages. C'est la matière de | couleur blanche soit parfai-
| | l'Art parvenue par la cuisson | te: cette blancheur & la sa-
| | à la couleur safranée. | franée qui suit, forment leur
| | SAGANI SPIRITUS. | été; la couleur rouge qui
| | Ce sont les éléments. | vient après, est leur autom-
| | SAGDA ou SAGDO. | ne. C'est pourquoi ils disent
| | Espèce de limon pierreux | que l'hiver est la première
| | qui s'attache aux navires. | saison de l'année, & qu'il
| | Pline, Solinus & Albert le | faut commencer l'oeuvre en
| | Grand disent qu'il a une ver- | hiver. Ceux qui recomman-
| | tu attractive pour le bois, | dent de commencer au prin-
| | comme celle de l'aimant pour | temps, n'ont en vue que la
| | le fer. | matière avec laquelle il faut
| | SAGES. V. Philoso- | faire l'oeuvre, & non le com-
| | phes. | mencement du travail de
| | SAGITH & SEGITH. | l'Artiste, puisqu'il peut le
| | Vitriol. | faire dans tout le cours des
| | SAHAB. Mercure. | saisons vulgaires.
| | SAIC. Argent-vif. | SAL AMARUM. Argent
| |
@
| 446 SA | SA
|
| |
|
| vulgaire, que quelques-uns | Sal PRACTICUM. Mé-
|
| appellent aussi Sel nitre. | lange de nitre & de sel ar-
|
| Sal ANATHRUM. Voyez | moniac, par parties égales,
|
| Anathron. | mis à la cave dans une ter-
|
| Sal CRISTALLINUS. Sel | rine neuve & sans vernis,
|
| cuit d'urine d'homme. | suspendue ou élevée au-*
|
| Sal ENIXUM. Sel dissout | dessus de terre. Ce mélange
|
| en huile. | se résout en liqueur, & s'at-
|
| Sal FUSILE. Sel décré- | tache en forme de sel sur la
|
| pité. Quelques-uns le pren- | surface extérieure du vase.
|
| nent pour le sel gemme. | Sal TABARI. Sel alem-
|
| Planiscampi. | brot.
|
| Sal GEMMAE. Sel gem- | Sal TABERZET. Tartre
|
| me ou sel de terre, parce | blanc.
|
| qu'il se tire des mines où il | SALAMANDRE. Es-
|
| se forme naturellement dans | pèce de lézard que les An-
|
| la terre. On lui a donné le | ciens croyaient pouvoir vi-
|
| nom de sel gemme, ou de | vre dans le feu, sans en être
|
| pierres précieuses, de ce qu'il | consumée. Les Philosophes
|
| est clair & transparent com- | Hermétiques ont pris cet
|
| me le cristal. | animal pour symbole de leur
|
| Sal PEREGRINORUM. | pierre fixée au rouge, c'est
|
| Composition de sel nitre, de | pourquoi ils l'ont appelée la
|
| sel fusible, de sel gemme, | Salamandre qui est conçue
|
| de galanga, macis, cubèbes, | & qui vit dans le feu. Quel-
|
| alcali tiré du vin, de la li- | quefois ils ont donné ce nom
|
| queur des baies de geniè- | à leur mercure; mais plus
|
| vre. Elle fortifie l'estomac, | ordinairement à leur soufre
|
| aide à la digestion, préserve | incombustible. La Salaman-
|
| de putréfaction, & empêche | dre qui se nourrit du feu, &
|
| de vomir ceux qui vont sur | le Phénix qui renaît de ses
|
| mer. Planiscampi. | cendres, sont les deux sym-
|
| Sal PHILOSOPHORUM. | boles les plus communs de
|
| Composition de sel d'or, | ce soufre.
|
| d'antimoine, de vitriol, de | SALEFUR. Safran.
|
| réglisse, de germandrée, de | SALIS ASTRUM.
|
| chicorée, de valériane, d'ab- | Huile de sel.
|
| sinthe & de sel commun, ad- | SALIVE DE LA LUNE.
|
| mirable pour guérir les can- | Mercure des Philosophes,
|
| cers & le noli-me-tangere. | ou la matière de laquelle on
|
| Planiscampi. |
|
@
| SA | SA 447
|
| |
|
| extrait ce mercure. Les an- | tune Nélée & Pélias. Voyez
|
| ciens Sages l'ont représenté | ces deux articles.
|
| sous la fable du Lion de Né- | SALTABARI. Sel alem-
|
| mée descendu de l'orbe de | brot.
|
| la Lune. Hercule le tua, & | SAMBAC. Jasmin.
|
| en porta la peau le reste de | SAMECH. Sel de tartre.
|
| sa vie, pour preuve de sa | SANDARACHA
|
| victoire. Voyez Lion. | GRAECORUM. Arsenic
|
| Salive INCOMBUSTI- | brûlé, ou orpin rouge réduit
|
| BLE. Mercure des Sages. | en poudre.
| SALIUNCA. Lavande, | SANDERICH. Pierre au
| | Nard celtique. | blanc.
| | SALLENA. Espèce de | SANG (Sc. Herm.)
| | salpêtre. Planiscampi. | Beaucoup de Chimistes ont
| | SALMACIS. Nym- | travaillé sur le sang des ani-
| | phe qui devint éperdument | maux, le prenant pour la
| | amoureuse d'Hermaphrodi- | matière dont les Philosophes
| | te. Elle s'approcha de lui | font leur magistère. Quel-
| | dans une fontaine, qui de- | ques-uns de ces derniers l'ont
| | puis prit le nom de la Nym- | en effet nommée Sang, &
| | phe; elle le pressa, & lui fit | Sang humain; mais Phila-
| | beaucoup d'instances pour | lèthe dit qu'on doit appliquer
| | l'engager à satisfaire ses dé- | le sens de ces expressions à
| | sirs passionnés; ne pouvant | leur matière au noir. En
| | l'y déterminer, elle courut | nommant Sang leur matière,
| | à lui pour l'embrasser, & | ou plutôt leur mercure, ils
| | pria les Dieux de lui accor- | ont fait allusion au sang des
| | der que leurs deux corps | animaux qui porte la nourri-
| | n'en fissent plus qu'un; elle | ture dans toutes les parties
| | fut exaucée. Hermaphrodite | du corps, & qui est le prin-
| | obtint aussi que tous ceux | cipe de leur constitution cor-
| | & celles qui se baigneraient | porelle; il en est de même
| | dans cette fontaine, partici- | de leur mercure, qui est la
| | peraient aux deux sexes. | base & le principe des mé-
| | V. Hermaphrodite. | taux. Ainsi le sang des petits
| | SALMICH. Mercure | enfants qu'Hérode fait égor-
| | des Sages, ou la matière de | ger dans les Hiéroglyphes
| | laquelle on la tire. | d'Abraham Juif, est une allé-
| | SALMONE'E, père de | gorie de l'humide radical des
| | Tyro, laquelle eut de Nep-* | métaux extrait de la minière
| |
@
| 448 SA | SA
|
| |
|
| des Philosophes, donnée | chimistes. Teinture d'anti-
|
| sous le symbole des enfants; | moine.
|
| parce que cette matière est | Sang DE MERCURE.
|
| encore crue, & laissée par la | Teinture de mercure. En
|
| Nature dans la voie de la | termes de Science Hermé-
|
| perfection. Le Soleil & la | tique, c'est le mercure des
|
| Lune viennent se baigner | Sages animé & digéré.
|
| dans ce sang, puisqu'il est | Sang DE L'HYDRE DE
|
| la fontaine des Philosophes | LERNE. Dissolvant des Phi-
|
| dans laquelle se baignent | losophes.
|
| leur Roi & leur Reine. Fla- | Sang DE LA TERRE
|
| mel qui prévoyait bien que | ou AIGREUR MINE'RALE.
|
| quelques-uns prendraient | C'est l'huile de vitriol.
|
| cette allégorie à la lettre, & | Sang SPIRITUEL. Mer-
|
| eu soin de prévenir le Lec- | cure des Philosophes.
|
| teur, en disant qu'on doit | Sang DU LION VERT.
|
| bien se donner de garde de | Mercure des Sages.
|
| prendre le sang humain pour | SANGLIER D'ERY-
|
| matière de l'oeuvre, que ce | MANTHE. Mercure des
|
| serait une folie & une chose | Sages. V. Eurysthée.
|
| abominable. | SANGUINALIS. Plan-
|
| Sang DE BREBIS. Mer | te connue sous le nom de
|
| cure des Sages. | corne-de-cerf.
|
| Sang DE L'ANIMAL. | SANGUINARIA. Voy.
|
| Eau mercurielle, ainsi ap- | Sanguinalis.
|
| pelée de ce que les Philo- | SANGUIS DRA-
|
| sophes donnent le nom de | CONIS. C'est la patience
|
| Lion à leur matière, & qu'il | rouge.
|
| faut, disent-ils, tourmenter | SAPHIR. Pierre Pré-
|
| le Lion jusqu'à ce qu'il donne | cieuse de couleur bleue. Les
|
| son sang. Bas. Valentin. | Philosophes ont donné le
|
| Sang DE LATONE. Eau | nom de Saphir à leur eau
|
| sèche extraite de la terre | mercurielle. Voyez-en la
|
| vierge des Sages. | raison dans l'article Eau cé-
|
| Sang DE LA SALA- | leste.
|
| MANDRE. Rougeur qui | SAPHIRICUM-*
| paraît dans le récipient lors- | ANTHOS, ou Fleur de
| | qu'on distille le nitre & le | Saphir. C'est le saphir ré-
| | vitriol. | duit en eau mercurielle, &
| | Sang DU DRAGON des | la lune aussi réduite en mer-
| | | cure,
| |
@
| SA | SA 449
|
| |
|
| cure, mêlés ensemble; ce | des interprétations morales,
|
| qui fait, dit Planiscampi, un | quelquefois physiques. Ces
|
| médicament admirable con- | fêtes étaient instituées en
|
| tre les maladies du cerveau. | l'honneur de Saturne, d'où
|
| SAPO SAPIENTIAE. | les Philosophes extraient
|
| Sel commun réduit en huile. | leur mercure, qui prend la
|
| Les Philosophes appellent | domination sur l'or son su-
|
| leur azoth sapo sapientiae, | périeur en tout, pendant le
|
| ou savon de la sagesse, parce | temps du règne de Saturne,
|
| qu'il lave, déterge & purifie | c'est-à-dire pendant le temps
|
| le laton de toutes ses impu- | de la couleur noire ou de la
|
| retés, c'est-à-dire de la noir- | putréfaction. Alors le do-
|
| ceur. | mestique domine sur son
|
| SARCA. Fer, Mars. | maître, qui reprend ensuite
|
| SARCION. Pierre rousse. | sa domination.
|
| Manget. | SATURNE, un des
|
| SARCOTICUM. On- | grands Dieux des Egyptiens.
|
| guent propre à faire renaître | était fils du Ciel & de la
|
| les chairs. | Terre, selon quelques-uns
|
| SAS DE LA NATURE. | du Ciel & de Vesta; & sui-
|
| C'est l'air. | vant Platon, en son Timée,
|
| Sas HERME'TIQUE. Eau | Saturne était fils de l'Océan
|
| mercurielle. | & de Thétis. Il épousa Ops
|
| SATIR. Eau salée des | ou Rhéa sa soeur, & s'em-
|
| Philosophes. | para du Royaume de son
|
| SATURNALES. Pen- | père, après l'avoir mutilé.
|
| dant les Saturnales chez les | Titan, frère de Saturne, à
|
| Romains, les Mercuriales ou | qui, comme aîné, apparte-
|
| Herméales chez les Grecs, | nait le Royaume, fit la
|
| les domestiques prenaient la | guerre à celui-ci pour s'en
|
| place des maîtres, & ceux-* | emparer. Il le céda cepen-
|
| ci servaient leurs domesti- | dant à Saturne, à condition
|
| ques. Bien des gens n'ont | qu'il ne conserverait aucun
|
| jamais pu trouver la raison | des enfants mâles qui lui naî-
|
| d'un tel procédé, & il ne faut | traient, afin que la couronne
|
| pas en être surpris. Les My- | retombât dans sa famille.
|
| thologues ne sont pas com- | Saturne consentit avec plai-
|
| munément Philosophes Her- | sir à cette condition, parce
|
| métiques, & ne cherchent | qu'il avait appris qu'un de
|
| guères qu'à donner à la fable | ses fils le détrônerait. Sa-
|
| | F f
|
@
| 450 SA | SA
|
| |
|
| turne pour tenir sa parole, | tes de biens. Voyez l'expli-
|
| dévorait lui-même tous les | cation chimique de cette
|
| enfants mâles qui lui nais- | fable, dans le liv. 3. ch. 3.
|
| saient. Ops qui en était très | des Fables Egypt. & Grecq.
|
| mortifiée, usa d'un strata- | dévoilées.
|
| gème pour les conserver. Se | Saturne, chez les
|
| sentant enceinte & prête | Chimistes vulgaires, est le
|
| d'accoucher, elle se munit | plomb. Les Philosophes Her-
|
| d'un caillou, & après avoir | métiques donnent le nom de
|
| mis Jupiter au monde, elle | Saturne à plusieurs choses.
|
| le donna à nourrir aux Co- | La première est la couleur
|
| rybantes, & lui substitua son | noire, ou la matière parve-
|
| caillou, qu'elle enveloppa | nue à cette couleur par la
|
| de langes, & le présenta à | dissolution & la putréfaction.
|
| Saturne, qui le dévora, sans | La seconde est le plomb
|
| y faire attention. Metis fit | commun, le plus imparfait
|
| prendre dans la suite à Sa- | des métaux, & par cette rai-
|
| turne un breuvage qui lui fit | son le plus éloigné de la ma-
|
| rendre le caillou & les en- | tière du grand oeuvre. Gar-
|
| fants qu'il avait engloutis. | dez-vous bien, dit Riplée,
|
| Titan s'étant aperçu de la | de travailler sur le Saturne
|
| supercherie de Rhéa, fit la | vulgaire, parce qu'il est dit,
|
| guerre à son frère, s'empara | ne mangez point du fils dont
|
| de Saturne & de son épouse, | la mère est corrompue; &
|
| & les mit en prison, où ils | croyez-moi, bien des gens
|
| restèrent jusqu'à ce que Ju- | tombent dans l'erreur en tra-
|
| piter, devenu grand, les en | vaillant sur Saturne. Saturne
|
| délivra. Saturne craignit alors | sera toujours Saturne, dit
|
| pour lui les effets de la pré- | Avicenne. Ryplée, Philor-
|
| diction qu'on lui avait faite, | cii, cap. 2.
|
| & tendit des embûches à Ju- | La troisième est l'Adrop
|
| piter. Celui-ci les ayant dé- | des Sages, ou Vitriol azo-
|
| couvertes, fit la guerre à son | quée de Raymond Lulle.
|
| père, le détrôna & le mutila. | La quatrième est le cuivre
|
| Saturne se retira en Italie | commun, le premier des mé-
|
| dans le pays Latium, où ré- | taux, comme l'assure Arnaud
|
| gnait Janus, qui le reçut très | de Villeneuve dans son Mi-
|
| humainement. Ils régnèrent | roir le l'Alchimie, disp. 8.
|
| conjointement, & procurè- | vol. 4 du Théatre Chymique.
|
| rent à leurs Sujets toutes sor-* | Plusieurs Philosophes, dit-*
|
@
| SA | SA 451
|
| |
|
| il, ont exercé leur science | parce que quelques-uns d'en-
|
| sur les planètes; & notre | tr'eux le nomment ou sem-
|
| première planète s'appelle | blent l'indiquer pour la ma-
|
| Vénus, la seconde Saturne, | tière de laquelle il faut ex-
|
| la troisième Mercure, la qua- | traire le mercure des Philo-
|
| trième Mars, la cinquième | sophes. Artéphius appelle
|
| Jupiter, la sixième la Lune | cette matière Antimoine des
|
| & la septième le Soleil. Ba- | parties de Saturne, & leur
|
| sile Valentin dit que la géné- | mercure Vinaigre antimo-
|
| ration du cuivre suit immé- | nial saturnien. Mais il s'ex-
|
| diatement ou tient le pre- | plique ensuite en disant qu'il
|
| mier lieu après Mercure. | appelle cette matière Anti-
|
| Bas. de rebus Nat. & super | moine, parce qu'elle en a les
|
| Nat. c. 4. Rien, dit Para- | propriétés. Le plus grand
|
| celse (Lib. 4. Philos. de Ele- | nombre la nomment Race
|
| mento Aquae), n'a plus d'affi- | de Saturne, & Saturnie vé-
|
| nité avec les minéraux que | gétale. Mais en vain cherche-
|
| le vitriol. Le vitriol est le | rait-on à substituer le mer-
|
| dernier dans la séparation | cure extrait du plomb au
|
| des minéraux, & la généra- | mercure vulgaire, il ne serait
|
| tion des métaux suit immé- | que moins pur que lui, &
|
| diatement la sienne, entre | par-là même serait encore
|
| lesquels le cuivre tient la | plus éloigné de l'oeuvre. Il
|
| première place. | faut trouver une matière qui
|
| Le cinquième n'est autre | ait la propriété de purifier &
|
| que la préparation philoso- | de fixer le mercure. Les Sa-
|
| phique du cuivre philosophi- | ges, dit Philalèthe, l'ont
|
| que, au moyen du menstrue | cherchée dans la race de
|
| végétable; ce qui lui a fait | Saturne, & l'y ont trouvée,
|
| donner le nom de Plante | en y ajoutant un soufre mé-
|
| Saturnienne végétable, afin | tallique qui lui manquait.
|
| de le distinguer du cuivre | Saturne CORNU. Nom
|
| avant sa préparation. Mais | que les Chimistes ont donné
|
| ce menstrue végétable est le | à du plomb dissout dans de
|
| menstrue philosophique. | l'eau-forte, & précipité avec
|
| Plusieurs ont pris l'anti- | l'esprit de sel.
|
| moine pour le plomb des | SATURNIE VE'GE'TALE
|
| Sages, tant à cause des élo- | ou VE'GE'TABLE. Matière,
|
| ges que plusieurs Auteurs | & un des principaux ingré-
|
| donnent à ce minéral, que | dients du magistère des Phi-
|
| | F f ij
|
@
| 452 SA | SA SC
|
| |
|
| losophes. Elle est, disent les | & mercuriels font sur les or-
|
| Sages, de race de Saturne. | ganes du goût. Les sels n'ont
|
| C'est pourquoi quelques-uns | par eux-mêmes aucun goût,
|
| l'ont nommée Vénus, Ecu- | & l'on ne doit attribuer leur
|
| me de la mer rouge, leur | mordacité qu'à l'ignéité que
|
| Lune & leur Femelle. On | leur communique un soufre
|
| la qualifie végétable, parce | mercuriel & volatil, qui y
|
| qu'elle végète pendant les | est toujours mêlé, & qu'il est
|
| opérations, & qu'elle ren- | très difficile d'en séparer.
|
| ferme le fruit de l'or qu'elle | Les saveurs différentes, amè-
|
| produit dans son temps, lors- | res, douces, acides, ne vien-
|
| qu'elle est semée dans une | nent que de la différence du
|
| terre convenable, & qu'on | mélange du soufre avec le
|
| y applique le régime requis | sel; & plus ces saveurs sont
|
| du feu, qui doit être gou- | pénétrantes, plus il y a de
|
| verné à l'imitation de celui | soufre mercuriel.
|
| de la Nature. V. Saturne. | SAVON DES SAGES.
|
| SATURNIEN (Vinai- | Azoth des Philosophes, avec
|
| gre). Mercure des Philos. | lequel ils purifient, lavent &
|
| SATYRES. La Fable | blanchissent leur laton. Voy.
|
| dit que c'était une espèce | Azoth & Mercure.
|
| d'hommes ayant deux peti- | SAURE. Cresson de fon-
|
| tes cornes à la tête, & la | taine.
|
| forme de boucs depuis la | SAXIFRAGE. Cristal
|
| ceinture jusqu'aux pieds; | pâle-citrin. Planiscampi.
|
| qu'ils accompagnaient Bac- | SAXIFRAGE est aussi le
|
| chus avec les Corybantes & | nom que l'on donne en gé-
|
| les Bacchantes. Les Satyres | néral à tout médicament
|
| ayant appris la mort d'Osiris | propre à dissoudre la pierre
|
| que Typhon avait massacré | & la gravelle dans les reins
|
| inhumainement firent reten- | & dans la vessie.
|
| tir les rivages du Nil de leurs | SAYRSA. Mars ou fer.
|
| hurlements & de leurs plain- | SBESTEN. Chaux vive.
|
| tes. Aussi est-ce le Dieu Pan | Rullandus.
|
| Egyptien qui a donné lieu | SCAMANDRE. Fleuve
|
| aux Satyres des Grecs. Voy. | de Phrygie qui prend sa sour-
|
| ce que signifient ces Mons- | ce au mont Ida. Homère dit
|
| tres dans l'article Osiris. | que les Dieux l'appellent
|
| SAVEUR. Sensation que | Xanthe, & les hommes Sca-
|
| les esprits sulfureux, salins | mandre. La ville de Troie
|
@
| SC | SC 453
|
| |
|
| n'aurait jamais été prise, si | même que Sceau Herméti-
|
| les Grecs n'avaient empêché | que.
|
| les chevaux de Rhésus de | Les Sept Sceaux d'Her-
|
| boire dans ce fleuve. Voyez | mès sont les opérations se-
|
| Rhésus. | crètes de l'oeuvre philoso-
|
| SCAOPTEZE. C'est-à-* | phique.
|
| dire Flamme. Dict. Herm. | SCEB ou SEB. Alun.
|
| SCARELLUM. Alun de | SCEDENIGI. Pierre
|
| plume. | Hématite.
|
| SCARTEA. Orvale, | SCELLER. Voyez Séel-
|
| Toute-bonne. | ler.
|
| SCEAU ou SCE'EL. | SCHONAM. Sel des
|
| Matière des Philosophes au | Philosophes.
|
| noir. Il faut entendre la mê- | SCIDEN. Céruse.
|
| me chose par Sceau Hermé- | SCIENCE HERME'TI-
|
| tique, & non la manière de | QUE. Les Adeptes ou Phi-
|
| sceller les vases avec la ma- | losophes disent que cette
|
| tière même dont ils sont | science est la clef de toutes
|
| composés. | les autres, parce qu'elle don-
|
| Le Sceau Hermétique vul- | ne la connaissance de toute
|
| gaire est de trois sortes, & | la Nature. Elle consiste à ap-
|
| se fait en fondant à la flamme | prendre la manière de faire
|
| de la lampe le cou du vase | un remède propre à guérir
|
| philosophique ou autre, & | tous les maux qui affligent
|
| en en rapprochant les bords | l'humanité, à conserver les
|
| de manière qu'ils se soudent | hommes en vigueur & dans
|
| ensemble, & empêchent l'air | une santé parfaite aussi long-
|
| d'y entrer ou d'en sortir. La | temps que la constitution du
|
| seconde manière consiste à | corps humain peut le per-
|
| boucher le vase avec un bou- | mettre; à faire une poudre
|
| chon de verre, qui prenne | appelée Poudre de projec-
|
| bien juste dans toute sa cir- | tion, qui jetée en quantité
|
| conférence; on le lute en- | proportionnée sur les mé-
|
| suite avec un bon mastic. La | taux en fusion, les transmue
|
| troisième façon est d'adapter | en or ou en argent, suivant
|
| au col du vase un autre vase | le degré de perfection qu'on
|
| semblable, mais plus petit, | lui a donné. Voyez Pana-
|
| & renversé. On les lute aussi | cée, Pierre Philoso-
|
| avec du mastic. | phale, Poudre de Pro-
|
| Sceau DES SCEAUX. Le | jection & Alchimie.
|
| | F f iij
|
@
| 454 SC | SC SE
|
| |
|
| SCIRON. Fameux bri- | C'est la troisième partie d'une
|
| gand qui attaquait les pas- | dragme.
|
| sants, & leur faisait souffrir | SCRUPULE. Le tiers
|
| tous les maux imaginables. | pesant d'un gros.
|
| Thésée le fit périr & jeta | SCYLLA & CARYB-
|
| son corps dans la mer, où | DE. Monstres fabuleux,
|
| ses os se changèrent en ro- | ou rochers de la mer Médi-
|
| cher. Cette fable ne signifie | terranée, contre lesquels les
|
| que la dissolution & la pu- | vaisseaux se brisent souvent.
|
| tréfaction désignées par les | Les Argonautes ne les évi-
|
| brigandages, & la mort de | tèrent qu'en envoyant une
|
| Sciron est la fixation en | colombe, qui leur servit de
|
| pierre de la matière des Phi- | guide. Voyez Argonau-
|
| losophes, dont la métamor- | tes, & les Fables Egypt.
|
| phose des os de Sciron est le | & Grecq. dévoilées, liv. 2.
|
| symbole. Voyez l'Histoire | chap. 1.
|
| de Thésée. | SCYTICA RADIX.
|
| SCIRONA. Rosée d'au- | Réglisse.
|
| tomne, suivant Rullandus. | SEB signifie ordinaire-
|
| SCIRPUS. Jonc com- | ment de l'alun, mais quel-
|
| mun. | quefois l'or. Rulland. En
|
| SCOLYMUS. Arti- | termes de Chimie Hermé-
|
| chaut. | tique, c'est la matière par-
|
| SCORAX. Gomme d'o- | venue à la couleur blanche,
|
| livier. Rullandus. | appelée Alun & Or blanc.
|
| SCORIES. Impuretés | SEBLEINDE. Matière
|
| qui se séparent des minéraux | de l'oeuvre.
|
| & des métaux pendant la | SECACUL. Plante ap-
|
| fusion. | pelée Sceau de Salomon.
|
| SCORITH. Soufre. | SECRET DES SE-
|
| SCORODON. Ail. | CRETS. Art de faire la
|
| SCORODO PRA- | pierre des Sages, ainsi nom-
|
| SUM. Ail porreau, rocam- | mé tant à cause du secret que
| bole. | les Philosophes gardent à cet
| | SCORPION. Quelques | égard, à l'imitation des Prê-
| | Chimistes ont donné ce | tres d'Egypte, qu'à cause de
| | nom au soufre des Philoso- | son excellence. Une des rai-
| | phes. Manget. | sons qu'apportent les Philo-
| | SCRIPTULUS. Scrupu- | sophes pour s'excuser de ce
| | le, poids usité en Médecine. | qu'ils ne divulguent pas un
| |
@
| SE | SE 455
|
| |
|
| secret si utile à ceux qui le | TERRE. Plomb, selon
|
| savent, c'est que tout le | Manget.
|
| monde voudrait y travailler, | SEIGNEUR DES ME-
|
| & abandonnerait les autres | TAUX. Saturne; mais le
|
| arts & métiers si nécessaires | Roi des métaux est l'or.
|
| à la vie. Toute la société en | Seigneur DES PIER-
|
| serait troublée & boulever- | RES. Sel alcali.
|
| sée. | Seigneur DES MAI-
|
| SECRET DE L'ECOLE. | SONS CELESTES. C'est le
|
| C'est particulièrement la | signe qui y domine. Voyez
|
| connaissance de la vérita- | Zodiaque.
|
| ble & prochaine matière de | SEL. Substance compo-
|
| l'oeuvre, & de sa première | sée de peu de terre sulfureuse
|
| préparation. | & de beaucoup d'eau mer-
|
| SEDEN. Vase philoso- | curielle. Les Chimistes en-
|
| phique. | tendent par sel la matière
|
| SEDEN & SEDINA. | substantielle des corps, dont
|
| Sang de dragon. | le soufre est la forme.
|
| SE'ELLER. Fermer le | On compte en général
|
| vase, le clore hermétique- | trois sortes de sels princi-
|
| ment. Voyez Sceau. | paux, le nitreux, le marin
|
| Seeller la Mère dans | & le vitriolique; quelques-*
|
| ou sur le ventre de son En- | uns y ajoutent le tartareux.
|
| fant, c'est fixer le mercure | Le marin passe pour être le
|
| au moyen du soufre philo- | principe des autres. De ce
|
| sophique, qui en a été formé. | sel volatilisé se forme le ni-
|
| Cette opération doit s'enten- | tre, du nitre le tartre, & du
|
| dre de l'oeuvre de la pierre, | tartre cuit & digéré le vitriol.
|
| & de celui de l'élixir. Le | Ils partagent encore les sels
|
| sceau qui sert à cela est un | en trois classes, qu'ils appel-
|
| petit cercle blanc qui se ma- | lent sel volatil, sel moyen
|
| nifeste sur les bords de la | & sel fixe. Le premier ou le
|
| matière quand elle com- | volatil mêlé avec le soufre
|
| mence à quitter la noirceur | volatil, est proprement le
|
| & à se fixer. | mercure, ou le principe des
|
| SEGAX, Sang de dra- | odeurs, des couleurs & des
|
| gon. | saveurs: le sel moyen qui en
|
| SEGITH. Vitriol philo- | est la base, avec le sel fixe,
|
| sophique. | qu'ils appellent proprement
|
| SEIGNEUR DE LA | corps: de manière que le
|
| | F f iv
|
@
| 456 SE | SE
|
| |
|
| soufre & le sel fixe sont | de métal rougie au feu.
|
| comme dans un tableau, la | Sel DES ME'TAUX. Plu-
|
| toile toute imprimée, & prê- | sieurs Chimistes prenant ces
|
| te à recevoir l'ébauche; le | termes à la lettre, se sont
|
| sel & le soufre moyen sont | imaginé que la matière des
|
| l'ébauche même; & le sel | Philosophes était les métaux
|
| avec le soufre mercuriels ou | réduits en sels ou vitriol,
|
| volatils, sont les couleurs | parce que les Sages donnent
|
| fines ménagées, & le vrai | le nom de Sel des métaux à
|
| coloris, ou la dernière main | cette matière; mais il faut
|
| d'un tableau. | expliquer ces termes de leur
|
| Sel. Terre feuillée des | magistère au blanc, parce
|
| Sages, ou pierre au blanc, | que de même que le sel est
|
| qui est en effet un sel, mais | le principe des métaux vul-
|
| le premier être de tous les | gaires, le sel des Sages est
|
| sels, sans être tiré d'aucun | la racine & la première ma-
|
| sel particulier, comme ni- | tière des métaux philosophi-
|
| tre, alun, vitriol, &c. | ques.
|
| Sel ALCHALI. Le ma- | Sel DES INDES. Sel
|
| gistère des Sages est un Sel | gemme.
|
| alchali, parce qu'il est la | Sel ROUGE. Soufre rou-
|
| base de tous les corps; mais | ge des Philosophes.
|
| en vain pour le faire se ser- | Sel ANDERON. C'est le
|
| virait-on du sel de soude, | nitre.
|
| ou de quelque autre sel al- | Sel ALLOCAPH. Sel ar-
|
| chali de quelque plante; car, | moniac.
|
| comme dit Basile Valentin, | Sel DE HONGRIE. Sel
|
| le sel des plantes est un sel | gemme.
|
| mort, qui n'entre point dans | Sel AMER. Alcali.
|
| le magistère. | Sel DE GRECE. Alun.
|
| Sel ELEBROT. C'est la | Sel INDIEN. Mercure
|
| même chose que Sel alchali, | des Sages.
|
| ou le magistère au blanc. | Sel DE NOM. Sel gemme.
|
| Sel FUSIBLE. Matière | Sel DE PAIN. Sel marin
|
| des Sages cuite & parfaite | ou commun.
|
| au blanc; elle est appelée | Sel FOU. Salpêtre.
|
| Sel fusible, parce qu'elle est | Sel ALOCOPH. Sel ar-
|
| en effet un sel, & que ce sel | moniac.
|
| fond comme la cire, quand | Sel ROUGE DES INDES.
|
| on le met sur une lamine | Anathron.
|
@
| SE | SE 457
|
| |
|
| Sel DES SAGES. Sel ar- | tion, & dans le temps qu'elle
|
| moniac naturel. Mais le sel | volatilise le fixe ou le soufre,
|
| des Sages, ou Philosophes | ou l'or des Sages.
|
| hermétiques, est leur matiè- | Sel HARMONIAC. Ma-
|
| re parvenue à la blancheur. | tière parvenue à la couleur
|
| Sel INFERNAL. Nitre. | blanche; ainsi appelée de
|
| | ce que l'harmonie commen-
|
| Sel TABERZET, \ | ce à s établir entre les prin-
|
| Sel CRYSTALLIN, \ Sel | cipes de l'oeuvre, qui pen-
|
| Sel DE CAPPA- > gem-* | dant la putréfaction était un
|
| DOCE, / me. | cahos plein de confusion.
| Sel LUCIDE, / | Sel ACIDE. Mercure
| | Sel ADRAM, / | philosophique.
| | Sel SOLAIRE. Sel ar- | &Sel FIXE.& Soufre des
| | moniac des Philosophes. | Sages.
| | Sel HONORE'. Matière | Sel VOLATIL. Mercure
| | de laquelle se fait le mercure | hermétique.
| | hermétique. | Sel VEGETAL. Sel de
| | Sel FLEURI. C'est le | tartre.
| | mercure même, ou eau sè- | Sel DE SATURNE. Plomb
| | che des Sages. C'est pour- | réduit en sel.
| | quoi Marie (dans son Epître | Sel UNIVERSEL. Mer-
| | à Aros) dit, prenez les fleurs | cure des Sages.
| | qui croissent sur les petites | SEMELE', fille de Cad-
| | montagnes. | mus, devint mère de Bac-
| | Sel BRULE'. Matière de | chus, pour avoir accordé ses
| | l'oeuvre au noir. | faveurs à Jupiter. Junon dé-
| | Sel SPIRITUALISE', ou | guisée en vieille, & sous la
| | Esprit de sel des Philosophes. | figure de sa nourrice, lui
| | C'est leur mercure préparé | conseilla de demander en
| | par la sublimation herméti- | grâce à Jupiter qu'il vînt
| | que. | la voir avec toute sa ma-
| | SEL PE'TRE DES SAGES. | jesté, & de la même ma-
| | Nitre Philosophique. | nière qu'il se présentait à
| | Sel DE TERRE, \ Mercure | Junon son épouse. Jupiter y
| | Sel DE VERRE, > des Sa-* | ayant consenti, vint lui ren-
| | Sel DE LA MER, / ges. | dre visite avec ses foudres &
| | Sel ARMONIAC DES | ses tonnerres. Le palais de
| | PHILOSOPHES. Matière de | Sémélé, & Sémélé elle-*
| l'oeuvre pendant sa sublima-* | même en furent réduits en
| | |
@
| 458 SE | SE
|
| |
|
| cendres. Jupiter ordonna en- | SEMER. C'est cuire,
|
| suite à Mercure de tirer l'en- | continuer le régime du feu.
|
| fant de ses cendres. Voyez | Semez votre or dans une
|
| Bacchus. | terre blanche feuillée, &
|
| SEMENCE, dit sim- | bien préparée; c'est-à-dire,
|
| plement, signifie, en termes | faites passer votre matière
|
| d'Alchimie, le soufre des | de la couleur blanche à la
|
| Philosophes. Mais lorsqu'ils | couleur rouge. Les Philoso-
|
| disent Semence des métaux, | phes ont pris très souvent
|
| ils entendent leur mercure, | l'agriculture pour symbole
|
| & quelquefois leur magistère | des opérations de l'art her-
|
| parvenu à la couleur blan- | métique; ce qui a fait ima-
|
| che. | giner la fable de Triptole-
|
| Quand les Adeptes par- | me instruit de l'agriculture
|
| lent en général de la semence | par Céres, & les circons-
|
| des métaux vulgaires, & | tances de la vie d'Osiris &
|
| qu'ils instruisent de la ma- | de celles de Bacchus, ou la
|
| nière dont ils se forment dans | Fable, disent qu'ils appri-
|
| les entrailles de la terre, la | rent aux hommes l'art de
|
| semence de laquelle ils par- | semer & de planter. Voyez
|
| lent, est une vapeur formée | leurs articles.
|
| par l'union des éléments, | SEMINALIS, Corri-
|
| portée dans la terre avec l'air | giole, renouée.
|
| & l'eau, sublimée ensuite par | SEMIS, qui s'écrit par
|
| le feu central jusqu'à la su- | S, veut dire une demi-once,
|
| perficie. Cette vapeur se | une demi-livre, &c.
|
| corporifie, & devient onc- | SEMISSIS, le même
|
| tueuse ou visqueuse, s'ac- | que Semis.
|
| croche en se sublimant, au | SEMUNCIA. Demi-*
|
| soufre qu'elle entraîne avec | once.
|
| elle, & forme les métaux | SEMPERVIVUM MA-
|
| plus ou moins parfaits, sui- | RINUM. Aloès.
|
| vant le plus ou moins de pu- | SENCO. Plomb.
|
| reté du soufre & de la ma- | SENDANGI. Pierre
|
| trice. Voyez les douze Trai- | hématite.
|
| tés du Cosmopolite, & la | SEPARATION. Effet
|
| Physique générale qui est au | de la dissolution du corps
|
| commencement du Traité | par son dissolvant. Cette
|
| des Fables Egypt, & Grec- | séparation arrive dans le
|
| ques dévoilées, | temps que la matière devient
|
@
| SE | SE 459
|
| |
|
| noire; alors commence la | une énigme sur le grand art,
|
| séparation des éléments. Ce | dans ces termes:
|
| noir se change en vapeur; |
|
| c'est la terre qui devient eau. | Septem sunt urbes, septem pro
|
| Cette eau se condense, re- | more metalla,
|
| tombe sur la terre, & la | Suntque dies septem, septi-
|
| blanchit; cette blancheur est | mus est numerus;
|
| l'air. A cette blancheur suc- | Septem litterulae, septem sunt
|
| cède la rougeur, & c'est l'air | ordine verba.
|
| qui devient feu. | Tempora sunt septem, sunt
|
| Cette séparation ne diffè- | totidemque loca:
|
| re point de la solution du | Herbae septem, artes septem,
|
| corps & de la congélation | septemque lapilli.
|
| de l'esprit, parce que ces | Septemcumque tribus divide;
|
| trois opérations n'en font | cautus eris
|
| qu'une, puisqu'il ne se fait | Dimidium nemo tunc praeci-
|
| point dans l'oeuvre de solu- | pitare petescet:
|
| tion du corps sans congéla- | Summa: hoc in numero cuncta
|
| tion de l'esprit. | quiete valent.
|
| SEPARER l'âme du |
|
| corps. C'est volatiliser la ma- | Mais tous ces sept cercles,
|
| tière, la faire sublimer. | règnes, opérations, ne sont
|
| SEPT (Sc. herm.). Ce | qu'une même opération con-
|
| nombre mystérieux dans l'E- | tinuée; c'est-à-dire, cuire la
|
| criture Sainte, l'est aussi dans | matière dans le vase par un
|
| le grand oeuvre. Les Philo- | régime de feu, conduit selon
|
| sophes en parlent souvent; | les règles de l'art. Dans cette
|
| ils ont sept planètes, sept rè- | même opération se font la
|
| gnes, sept opérations, sept | putréfaction, la solution, la
|
| cercles, sept métaux; ils di- | distillation, la sublimation,
|
| sent que leur oeuvre ressem- | la calcination, la circulation,
|
| ble à la création du monde, | & l'incération ou imbibition,
|
| qui a été faite en sept jours. | qui sont au nombre de sept.
|
| S. Thomas d'Aquin dit dans | Quelques-uns y ajoutent la
|
| son Epître à Frère Raynaug | coagulation & la fixation;
|
| son ami, que l'oeuvre se fait | mais ils omettent la distilla-
|
| en trois fois sept jours & un. | tion & la circulation, quoi-
|
| Jacques Bohom, dans son | que cette dernière soit la seu-
|
| Traité qui a pour titre, Aqua- | le opération de tout l'oeuvre.
|
| rium Sapientum, propose | Flamel, dans son Traité,
|
@
| 460 SE | SE
|
| |
|
| explique les sept paroles des | fleurs représentent quelque
|
| Philosophes dans sept cha- | insecte lascif & très fécond.
|
| pitres. Paracelse disait qu'il | Blanchard.
|
| y avait sept planètes dans le | SERAPINUS. Gomme
|
| feu, sept métaux dans l'eau, | arabique.
|
| sept herbes en terre, sept | SERAPIS. Un des
|
| Tereniabin dans l'air, & sept | grands Dieux de l'Egypte,
|
| membres principaux dans | le même qu'Osiris & Apis.
|
| le corps de l'homme. Par | Voyez ces deux articles.
|
| Tereniabin, il entend la man- | SERAPIUM. Sirop.
|
| ne, que les Anciens appe- | SEREX. Lait aigri.
|
| laient Threr. | SERF, ou SERVI-
|
| SEPTENTRION. | TEUR. Mercure des Phi-
|
| Quelques Chimistes ont | losophes, qu'ils ont aussi
|
| donné ce nom à l'eau forte, | appelé Serf fugitif, à cause
|
| d'autres au mercure des Phi- | de sa volatilité.
|
| losophes parce qu'ils disent | SERICIACUM. Ar-
|
| qu'il est le principe de l'or, | senic.
|
| & que l'or vient du septen- | SERICON. Minium.
|
| trion. | Quelques-uns ont appelé
|
| SEPULCRE. Quel- | Sericon la matière de l'oeu-
|
| ques Adeptes ont ainsi ap- | vre parvenu à la couleur
|
| pelé le vase de verre qui | rouge.
|
| contient le compôt ou la | SERINECH. Magistère
|
| matière de l'oeuvre. Mais | au blanc.
|
| d'autres ont donné le nom | SERIOLA ou SERIS.
|
| de sépulcre à une des ma- | Endive.
|
| tières qui renferme l'autre, | SERIPHE. Ile où ré-
|
| comme ensevelie dans son | gnait Polydecte, lorsque
|
| sein; & plus souvent à la | Danaé & Persée y abordè-
|
| couleur noire qui survient | rent; elle est pleine de pier-
|
| pendant la putréfaction, par- | res & de rochers. Voyez
|
| ce que la corruption est un | Polydecte. On dit que
|
| signe de mort, & la couleur | cette quantité de pierres vient
|
| noire une marque de deuil. | de ce que Persée en changea
|
| Quelquefois le terme de sé- | tous les habitants en pierre,
|
| pulcre a été usité pour signi- | en leur montrant la tête de
|
| fier le dissolvant des Sages. | Méduse.
|
| SERAPIAS ORCHIS. | SERIS. Voyez Serio-
|
| Espèce de satyrion dont les | la.
|
@
| SE | SE 461
|
| |
|
| SERNEC. Vitriol. | & qui sont ensuite mis d'ac-
|
| SERPENT. Rien n'est | cord par la fixation.
|
| plus commun que les ser- | Serpent VOLANT.
|
| pents & les dragons dans les | Mercure des Philosophes,
|
| énigmes, les tables & les | ainsi nommé à cause de sa
|
| figures symboliques de la | volatilité.
|
| Science hermétique. Les | Serpent qui dévora les
|
| deux que Junon envoya con- | compagnons de Cadmus, &
|
| tre Hercule, dans le temps | que Cadmus tua en le per-
|
| qu'il était encore au ber- | çant de sa lance contre un
|
| ceau, doivent s'entendre des | chêne creux. C'est toujours
|
| sels métalliques, que l'on ap- | le même mercure que l'Ar-
|
| pelle Soleil & Lune, le frère | tiste fixe au moyen du feu
|
| & la soeur. On les appelle | des Sages, appelé lance.
|
| serpents, parce qu'ils naissent | Serpent DE MARS.
|
| dans la terre, qu'ils y vivent, | Matière de l'oeuvre en pu-
|
| & qu'ils y sont cachés sous | tréfaction. » Les anciens Ca-
|
| des formes variées, qui les | » balistes, dit Flamel, l'ont
|
| couvrent comme des habits. | » décrite dans les Métamor-
|
| Ces serpents furent tués par | » phoses sous différentes his-
|
| Hercule, qui signifie le mer- | » toires, entr'autres sous celle
|
| cure philosophique, & qui | » du Serpent de Mars, qui
|
| les réduit à la putréfaction | » avait dévoré les compa-
|
| dans le vase, ce qui est une | » gnons de Cadmus, lequel
|
| espèce de mort. Le nom de | » le tua en le perçant contre
|
| serpent a été aussi donné au | » un chêne creux. Remar-
|
| mercure, parce qu'il est cou- | » que ce chêne «.
|
| lant comme l'eau, & qu'il | Serpent né du limon de
|
| serpente comme elle. | la terre. Mercure des Philo-
|
| Serpent VERT. Mer- | sophes. Voyez Python.
|
| cure des Sages. | Serpent qui dévore sa
|
| Serpent des Philoso- | queue, était celui que l'on
|
| phes. C'est aussi le même | mettait à la main de Saturne,
|
| mercure, qui en circulant | comme symbole de l'oeuvre,
|
| dans le vase, forme des pe- | dont la fin, disent les Philo-
|
| tits ruisseaux, qui serpentent | sophes, rend témoignage au
|
| comme l'esprit-de-vin. | commencement. C'est le
|
| Serpents du Caducée de | mercure des Sages, suivant
|
| Mercure, sont le fixe & le | Philalèthe. Planis-campi l'in-
|
| volatil, qui se combattent, | terprète de l'esprit de vitriol
|
@
| 462 SE | SE
|
| |
|
| cohobé plusieurs fois sur sa | » affirment autre teinture
|
| tête morte. Voyez Sa- | » que la nôtre, non vraie, ne
|
| turne. | » portant quelque profit. Et
|
| SERPENTINE. La Tour- | » se taisent ceux qui vont di-
|
| be parle de la couleur ser- | » sant & sermonnant autre
|
| pentine, ou couleur verte, | » soufre que le nôtre, qui
|
| & dit qu'elle est un signe de | » est caché dedans la ma-
|
| végétation. Philalèthe l'ap- | » gnésie, & qui veulent ti-
|
| pelle la verdeur désirée; & | » rer autre argent-vif que
|
| Raymond Lulle dit que la | » du serviteur rouge, & au-
|
| matière de l'oeuvre est de | » tre eau que la nôtre, qui
|
| couleur de lézard vert. C'est | » est permanente, qui nulle-
|
| sans doute la raison pour la- | » ment ne se conjoint qu'à
|
| quelle la plupart des Philo- | » sa nature, & ne mouille
|
| sophes l'ont appelée Satur- | » autre chose, sinon chose
|
| nie végétable. | » qui soit la propre unité de
|
| SERPHETA. Dissolvant | » sa nature «. Bern. Tré-
|
| de la pierre. Planis-campi. | visan, Philosophie des mé-
|
| SERPIGO. Mousse. | taux.
|
| SERRIOLA. Endive. | SESCUNCIA. Une
|
| SERTULA CAMPA- | once & demie, ou douze
|
| NA. Mélilot. | dragmes.
| SERVITEUR. Les Phi- | SESQUI, signifie la
| | losophes ont donné ce nom | quantité d'un poids ou d'une
| | à leurs matières, parce qu'el- | mesure & demie. Sesquili-
| | les travaillent suivant leurs | bra, une livre & demie;
| | désirs, & qu'elles obéissent | sesquiuncia, une once &
| | à leur volonté. Mais ils y | demie; sesquimensis, un mois
| | ont communément ajouté | & demi, &c.
| | des épithètes qui les dési- | SEULO. Plomb, Sa-
| | gnent. Ainsi Serviteur fugi- | turne.
| | tif veut dire le mercure vo- | SEUTLOMALACHE.
| | latil. Philalèthe semble l'en- | Quelques-uns l'interprètent
| | tendre de la matière, ou de | de la bette, d'autres des épi-
| | ce même mercure parvenu | nards, d'autres enfin de la
| | à la blancheur. | mauve. Blanchard.
| | Serviteur ROUGE. | SEXCUNX. Voyez
| | Matière de laquelle les Phi- | Sescuncia.
| | losophes extraient leur mer- | SEXTARIO. Poids de
| | cure. » Se taisent ceux qui | deux onces.
| |
@
| SI | SI 463
|
| |
|
| SEXTULA. Quatre | Anciens ont représenté com-
|
| scrupules. | me un vieillard de petite
|
| SEXTULO. Une drag- | stature, gros & ventru, chau-
|
| me. | ve, ayant les oreilles droi-
|
| SEXUNX. Six onces, | tes & pointues, se soutenant
|
| ou demi-livre, suivant l'an- | à peine, parce qu'il était
|
| cienne manière de compter | presque toujours ivre, le
|
| la livre de médecine, qui | plus souvent monté sur un
|
| n'était composée que de dou- | âne, accompagné de satyres
|
| ze onces. | & de Bacchantes. Midas le
|
| SEZUR. Or. | surprit un jour endormi au-
|
| SFACTE. Huile de | près d'une fontaine de vin,
|
| myrrhe. | le lia d'une guirlande de
|
| SIBAR. Argent-vif. | fleurs, & le mena à Bac-
|
| SIBEDATA. Herbe | chus, qui en était fort en
|
| à l'hirondelle. Planis-campi. | peine. Bacchus récompensa
|
| SICILICUS ou SI- | Midas de ce bienfait, en lui
|
| CILIUM. Nom d'un | donnant la propriété de chan-
| poids pesant une demi-once. | ger en or tout ce qu'il tou-
| | Quelques-uns le prennent | cherait. Voyez Bacchus,
| | seulement pour le quart. | Midas.
| | Blanchard. | SILIPIT. Cuivre, ai-
| | SICYOS & SICYS. | rain.
| | Concombre. | SILO. Terre.
| | SIDA. Nom donné à | SILPHYUM. Laserpi-
| | la guimauve par quelques-* | tium.
| | uns, d'autres le donnent à | SIMMITIUM. Cé-
| | l'orange. Blanchard. | ruse.
| | SIEF ALBUM. Collyre | SIMPLES. Zachaire a
| | sec. | substitué ce terme à celui
| | SIELO CINETICUM. | d'ingrédients, ou matières de
| | Remède propre à exciter la | l'oeuvre.
| | salivation. | SIMUS. Gilsa de Para-
| | SIGALION, Dieu du | celse.
| | silence. Voyez Harpo- | SINAPISIS. Bol Ar-
| | crate. | mene.
| | SIGIA ou SIGRA. | SINON. Amomum.
| | Storax. | SINONIA ou SINO-
| | SILENE. Père nour- | VIA, est le gluten, ou sub-
| | ricier de Bacchus, que les | stance mucilagineuse & tar-
| |
@
| 464 SI | SOE
|
| |
|
| tareuse qui se pétrifie dans | vail. Cet infortuné est le
|
| les jointures des membres, | portrait des mauvais Artistes,
|
| & forme cette chaux qu'on | qui travaillent toute leur vie
|
| voit sortir des nodus de la | sans pouvoir venir à bout de
|
| goutte. | porter la pierre au haut de
|
| SION & SIUM. Bé- | la montagne hermétique, où
|
| cabumga, selon quelques-* | les travaux des Philosophes
|
| uns; cresson de fontaine, | finissent.
|
| selon d'autres. Blanchard. | SITANIUM. Espèce
|
| SIPAR. Argent-vif. | de froment plus petit que le
|
| SIRA. Orpiment. | blé ordinaire.
|
| SIRENES. Monstres | SIUM. Voyez Sion.
|
| marins, que la Fable dit | SMALTERNIUM.
|
| avoir la forme d'une jeune | Succin.
|
| fille jusqu'à la ceinture, & | SMYRNA. Myrrhe.
|
| la partie inférieure sembla- | SOEUR. Magistère au
|
| ble à celle des poissons; | blanc, ainsi nommé, parce
|
| ayant au surplus une voix | qu'ils l'appellent aussi leur
|
| charmante, chantant si mé- | Lune, ou Diane, & que la
|
| lodieusement, & jouant si | Lune est soeur du Soleil,
|
| admirablement des instru- | comme Beja l'était de Ga-
|
| ments de musique, qu'elles | bricius, ou Gabertin. Don-
|
| attiraient à elles tous ceux | nez-nous, dit Arislée dans
|
| qui les entendaient, les as- | la Tourbe, donnez-nous
|
| soupissaient, & les faisaient | Beja & son frère Gabertin,
|
| ensuite périr. Homère en | nous les unirons ensemble
|
| parle fort au long dans son | d'un lien indissoluble, afin
|
| Odyssée. | qu'ils puissent engendrer un
|
| SISON. Amomum. | fils bien plus parfait que leurs
|
| SISYPHE, fils d'Eole, | parents. La Fable dit aussi
|
| ayant décelé les amours de | que Diane était soeur de
|
| Jupiter avec Egine, fille du | Phébus, & qu'elle servit de
|
| fleuve Asope, fut condamné | Sage-femme à sa mère pour
|
| dans le Tartare à rouler sans | mettre son frère au monde,
|
| cesse un rocher du bas d'une | parce que le blanc doit tou-
|
| montagne jusqu'au sommet; | jours précéder le rouge, qui
|
| lorsqu'il y était arrivé, le | est le soleil des Philosophes,
|
| rocher roulait au bas, & | & qu'ils naissent tous deux
|
| Sisyphe était obligé de re- | d'une même mère Latone,
|
| commencer le même tra-* | ou, ce qui est la même
|
| | chose,
|
@
| SO | SO 465
|
| |
|
| chose de la matière des Phi- | gons de Flamel. Ils appel-
|
| losophes. | lent encore Soleil le feu inné
|
| SOEUR. Mercure des | dans la matière. Comme le
|
| Sages. Voyez Beïa. | volatil & le fixe sont tirés
|
| SOIR (le). Les Philo- | de la même source mercu-
|
| sophes ont ainsi appelé leur | rielle, les Philosophes disent
|
| mercure & leur magistère au | que le Soleil est le père, &
|
| blanc, parce que les vapeurs | la Lune la mère de la pierre
|
| s'élèvent le soir, & retom- | des Sages. Quelquefois ils
|
| bent sur la terre. De même | l'entendent à la lettre quand
|
| leur mercure arrose sa terre, | ils parlent de la matière éloi-
|
| qui devient leur terre fruc- | gnée de l'oeuvre, parce qu'il
|
| tueuse & fertile, leur terre | s'agit alors de cette vapeur
|
| feuillée, dans laquelle ils sè- | que le Soleil & la Lune cé-
|
| ment le grain fermentatif de | leste semblent former dans
|
| leur or. | l'air, d'où elle est portée
|
| SOL, dit simplement, | dans les entrailles de la terre
|
| signifie le soufre des Philo- | pour y former la semence
|
| sophes. En termes de Chi- | des métaux, qui est la propre
|
| mie vulgaire, c'est l'or. | matière du grand oeuvre.
|
| SOLATER. Argent-vif. | Les Adeptes ont donné
|
| SOLEIL, la grande | par similitude & par allégo-
|
| Divinité des Egyptiens, des | rie les noms d'arbre solaire
|
| Phéniciens, des Atlantides, | & d'arbre lunaire au soufre
|
| &c. fut honoré sous divers | rouge, & au soufre blanc
|
| noms chez les différentes | qu'ils font pour parvenir à la
|
| Nations. On le confondit | perfection de leur poudre de
|
| presque partout avec Apol- | projection. Voyez Arbre.
|
| lon, & on lui donnait la | SOLELASAR. Alcali.
|
| même généalogie. Voyez | SOLIDITE'. La solidité
|
| Apollon. | est opposée à la liquidité, &
|
| Chez les Chimistes le So- | il y en a de trois sortes. La
|
| leil est l'or vulgaire. Les Phi- | première est la consistance,
|
| losophes appellent soleil leur | qui arrive lorsque les parties
|
| soufre, leur or. | des corps sont rapprochées
|
| Le Soleil des Sages de | & adhérentes les unes aux
|
| source mercurielle, est la par- | autres en forme de gelée, ou
|
| tie fixe de la matière du grand | qu'ils ne fluent pas; mais de
|
| oeuvre, & la Lune est le | manière que la solution en
|
| volatil; ce sont les deux dra-* | soit très aisée par les deux
|
| | G g
|
@
| 466 SO | SO
|
| |
|
| agents ordinaires, l'eau & le | seulement; comme lorsque
|
| feu. La seconde espèce de | d'un marc d'argent on en sé-
|
| solidité est celle des corps, | pare la moitié, ou que d'une
|
| qu'on appelle coagulés. La | once de plomb on en sépare
|
| troisième est la fixation qui | quelques parties, qui pri-
|
| arrive lorsque les parties en | ses séparément, peuvent
|
| sont très étroitement liées | être regardées comme des
|
| ensemble, & d'une manière | touts.
|
| compacte, comme les mé- | Lorsque j'ai dit que la pu-
|
| taux & les pierres. La pre- | tréfaction est la vraie solu-
|
| mière espèce est celle des | tion du règne animal, je n'en
|
| parties molles des animaux; | exclus pas le règne végétal;
|
| la seconde est celle des vé- | mais parce que la putréfac-
|
| gétaux; & la troisième, des | tion est le commencement
|
| minéraux. Becher. | du règne animal, & qu'elle
|
| SOLSEQUIUM. Soufre | est beaucoup plus violente
|
| des Philosophes. | que celle des végétaux, qui
|
| SOLUTION. Désunion | n'est proprement qu'une cor-
|
| naturelle ou artificielle des | ruption analogue à la pu-
|
| corps. La naturelle est de | tréfaction.
|
| trois sortes, selon les trois | La solution artificielle est
|
| règnes de la nature. La pu- | une division des parties d'un
|
| tréfaction est la solution du | corps, faite par l'art, comme
|
| règne animal, la fermenta- | les solutions des métaux par
|
| tion celle du végétal, & la | les eaux fortes, la calcina-
|
| liquéfaction celle du miné- | tion par le feu élémentaire,
|
| ral. Les causes de la solution | &c.
|
| sont les mêmes que celles | Beaucoup de gens com-
|
| du mélange, mais dont les | prennent la dissolution & la
|
| effets sont contraires, parce | résolution, sous le terme de
|
| que leurs proportions sont | solution. On dit communé-
|
| différentes, & que la raré- | ment succéder celle-ci à la
|
| faction fait dans l'un ce que | sublimation & à la distilla-
|
| la condensation fait dans | tion, pour faire dissoudre la
|
| l'autre. La solution se divise | matière restée au fond du
|
| encore en solution du tout, | vase.
|
| & en solution dans le con- | Il y a deux sortes de solu-
|
| tinu; la première se fait dans | tions, l'une se fait au froid,
|
| la quantité & la qualité, & | l'autre à la chaleur; la pre-
|
| la seconde dans la quantité | mière s'emploie pour les sels,
|
@
| SO | SO 467
|
| |
|
| les corrosifs, les corps cal- | selon les opérations. Dans
|
| cinés, en un mot, tout ce | la première préparation de
|
| qui participe du sel & du | la matière, de laquelle pres-
|
| corrosif s'y réduit en huile, | que aucun Philosophe n'a
|
| en eau ou en liqueur. Elle | parlé, parce qu'ils ne la re-
|
| se fait à l'air, ou dans un lieu | gardent pas comme philoso-
|
| humide, à couvert de la pluie | phique, il se fait une solu-
|
| & de la poussière. Tout ce | tion du corps dur, & une li-
|
| que le froid dissout se con- | quéfaction qui réunit les deux
|
| gèle au chaud en poudre ou | corps dans un seul, en sépa-
|
| en pierre. | rant les scories de l'un & de
|
| La solution qui se fait par | l'autre. Le corps de l'un
|
| le moyen du feu, regarde | prend seulement l'esprit de
|
| les corps gras & sulfureux. | l'autre, sans augmentation
|
| Tout ce que la chaleur dis- | sensible de poids, & les es-
|
| sout, le froid le coagule. Il | prits ne pénètrent & ne s'u-
|
| est bon de remarquer que | nissent aux corps que dans
|
| tout ce qui se dissout au froid | la solution. Les corps se sub-
|
| humide cache dans son inté- | tilisent, leurs parties s'atté-
|
| rieur un feu corrosif; au con- | nuent, & approchent plus
|
| traire tout ce qui se résout | de la nature de l'esprit. La
|
| par la chaleur, a hors du feu | première solution philoso-
|
| une froideur adoucissante. | phique sépare l'esprit du
|
| La solution philosophique | corps, & le lui rend; d'où il
|
| est la conversion de l'humi- | arrive qu'il n'y a point de
|
| de radical fixe en un corps | vraie solution des corps sans
|
| aqueux. La cause qui pro- | coagulation de l'esprit. Ainsi
|
| duit cette solution, est l'es- | quoique les Philosophes par-
|
| prit volatil caché dans la pre- | lent de la solution comme
|
| mière eau. Quand cette eau | d'une opération séparée &
|
| a fait la solution parfaite du | différente de la coagulation,
|
| fixe, elle est appelée fon- | ce n'est cependant que la
|
| taine de vie, nature, Diane | même.
|
| nue & libre. | La solution, dissolution
|
| Les Philosophes ne com- | & résolution, sont propre-
|
| ptent qu'une solution plu- | ment la même chose que la
|
| sieurs fois répétée dans l'oeu- | subtilisation. Le moyen de
|
| vre; tout consiste à dissoudre | la faire selon l'art, est un
|
| & à coaguler. Ces solutions | mystère que les Philosophes
|
| sont néanmoins différentes | ne révèlent qu'à ceux qu'ils
|
| | G g ij
|
@
| 468 SO | SO
|
| |
|
| jugent capables d'être ini- | mation de sa terre superflue,
|
| tiés. Elle ne se fait, disent-* | & c'est alors de la fleur de
|
| ils, que dans son propre sang, | soufre. Mém. de l'Acad. de
|
| c'est-à-dire dans la propre | 1703. p. 32.
|
| eau dont le corps même a | Les Chimistes admettent
|
| été composé. | trois sortes de soufre, qui ne
|
| SONIR. Or, soleil. | sont que le même, modifié
|
| SOUFFLET. Recevoir | différemment; le soufre vo-
|
| un soufflet. C'est briser ses | latil ou mercuriel, le soufre
|
| vases. | moyen, & le soufre fixe.
|
| SOUFRE. Nom que | Voyez Matière, Sel.
|
| l'on donne en général à tou- | Soufre (Sc. hermét.).
|
| tes les matières inflamma- | Lorsque les Philosophes par-
|
| bles dont on se sert dans la | lent de leur soufre, il ne faut
|
| Chimie, telles que sont le | pas s'imaginer qu'ils parlent
|
| soufre commun, les bitumes, | du soufre commun dont on
|
| les huiles, &c. Quelquefois | fait la poudre à canon & les
|
| les Chimistes donnent ce | allumettes, ni aucun autre
|
| même nom à des matières | soufre séparé & distinct de
|
| nullement inflammables, | leur mercure. Quoiqu'ils di-
|
| mais seulement colorées sans | sent qu'il faut prendre un
|
| aucune autre raison, parti- | soufre, un sel & un mercure,
|
| culièrement dans les matiè- | ces trois choses se trouvent
|
| res minérales, en sorte que | à la vérité dans leur matière,
|
| l'on voit le mot de soufre | mais elles n'y sont pas sen-
|
| attribué à bien des matières | siblement distinctes. Leur
|
| même très opposées entre | soufre est artificiel, leur mer-
|
| elles. On donne le soufre en | cure l'est aussi, & l'art ma-
|
| particulier au soufre commun, | nifeste leur sel. Mais tout
|
| qui paraît composé de qua- | cela ne fait qu'une chose qui
|
| tre différentes matières; sa- | les renferme toutes trois.
|
| voir, de terre, de sel, d'une | Philalèthe.
|
| matière purement grasse ou | Lorsqu'ils disent en géné-
|
| inflammable, & d'un peu de | ral notre soufre, on doit les
|
| métal. Les trois premières | entendre de leur pierre au
|
| matières y sont à peu près | blanc ou au rouge; dans ce
|
| en portions égales, & sont | cas ils les distinguent par la
|
| presque tout le corps du sou- | couleur. Leur rouge est leur
|
| fre commun, quand on le | minière du feu céleste, dit
|
| suppose épuré par la subli-* | d'Espagnet, leur ferment,
|
@
| SO | SO 469
|
| |
|
| le principe actif de l'oeuvre, | sophique; car Raymond
|
| dont le mercure est le prin- | Lulle entr'autres nous assure
|
| cipe passif. Ce n'est pas que | que le soufre des Sages n'est
|
| le mercure n'agisse aussi, | point distingué sensiblement
|
| puisqu'il a un feu interne, & | de leur mercure, & leur
|
| que par tout où il y a feu, | mercure ne se fait point avec
|
| il y a action; mais on le | le soufre commun, naturel
|
| compare à la femelle, qui | ou factice.
|
| dans la génération est censée | Soufre VIF (Sc. herm.).
|
| passive. | C'est le même que soufre
|
| Les Philosophes ont don- | rouge. Rullandus donne le
|
| né à ce soufre une infinité de | nom de soufre rouge à l'ar-
|
| noms qui conviennent tous | senic.
|
| à ce qui est mâle, ou fait | Soufre DE VITRIOL.
|
| l'office de mâle dans la gé- | C'est l'âme de ce minéral.
|
| nération naturelle. C'est leur | Soufre NOIR. Anti-
|
| or, qui n'est point actuelle- | moine. Planis-campi.
|
| ment or, mais qui l'est en | Soufre ONCTUEUX.
|
| puissance. | Soufre des Philosophes.
|
| Soufre BLANC, Corps | Soufre NARCOTIQUE
|
| composé de la pure essence | du vitriol. Extrait du vitriol
|
| de métaux, que quelques-* | dont on trouve le procédé
|
| uns appellent un argent-vif | dans la Chimie de Béguin.
|
| conduit de puissance en acte, | Paracelse regardait ce soufre
|
| & extrait, par les opérations | comme un excellent anodin,
|
| du magistère, de tous les | & le préférait à tous les au-
|
| principes de la Médecine du | tres.
|
| premier ordre. Philalèthe. | Soufre AMBROSIEN,
|
| Soufre ROUGE. Plu- | est un soufre naturel rouge,
|
| sieurs Chimistes ont tra- | beaucoup transparent, &
|
| vaillé sur le soufre naturel, | ressemblant au grenat, mais
|
| & de mine, appelé sulphur | formé en gros morceaux.
|
| nativum par les Latins, | Soufre VERT. Huile
|
| comme étant la vraie matiè- | de cinabre. Dict. Herm.
|
| re des Philosophes; mais | Soufre INCOMBUSTI-
|
| quand ceux-ci lui ont donné | BLE. C'est celui des Sages.
|
| ce nom, c'est dans le temps | Soufre VRAI DES PHI-
|
| qu'elle est parfaite au rouge | LOSOPHES. C'est le grain
|
| ou au blanc. Elle est alors | fixe de la matière le véri-
|
| proprement le soufre philo-* | table agent interne qui agit,
|
| | G g iij
|
@
| 470 SO | SP
|
| |
|
| digère, cuit sa propre ma- | la solution qu'on y parvient,
|
| tière mercurielle, dans la- | & l'on ne saurait y réussir,
|
| quelle il se trouve renfermé. | si l'on ignore leur construc-
|
| Soufre ZARNET. Sou- | tion & leurs principes, par-
|
| fre philosophique. | ce qu'ils servent à cette dis-
|
| Soufre OCCULTE, Le | solution. On sépare les par-
|
| même que celui de l'article | ties hétérogènes & acciden-
|
| précédent. | telles, pour avoir la facilité
|
| Soufre DE NATURE. | de réunir & de rejoindre in-
|
| C'est encore le même. Quel- | timement les homogènes.
|
| ques-uns cependant donnent | La Philosophie Spagyrique
|
| ce nom à la matière parve- | proprement dite, est la mê-
|
| nue à la couleur blanche. | me que la Philosophie Her-
|
| L'Auteur du Dictionnaire | métique.
|
| Hermétique pourrait s'être | SPARA. Semence des
|
| trompé, lorsqu'il dit que le | métaux.
|
| soufre de nature est le mens- | SPARGANIUM. Glaïeul
|
| true essentiel fait avec le mer- | aquatique. Blanchard.
|
| cure & l'esprit-de-vin sept | SPARTIUM & SPAR-
|
| fois rectifié, qui dissout la | TIUN. Espèce de genêt
|
| chaux du soleil & de la lune, | propre à faire des liens.
|
| ou du moins qui en tire la | SPATHA. Ecorce, pe-
|
| teinture, laquelle par des | lure du fruit de palmier.
|
| opérations faciles & occul- | SPATULA FOETIDA.
|
| tes, on redonne à l'or. Le | Iris puant.
|
| soufre universel est, selon le | SPATULE DE FER
|
| même Auteur, la lumière | ou DE PIERRE. Matière
|
| de laquelle procèdent tous | de l'oeuvre en putréfaction,
|
| les soufres particuliers. | & parvenue à la couleur
|
| SPAGYRIQUE (Phi- | noire.
|
| losophie). Science qui ap- | SPECIFIQUE UNI-
|
| prend à diviser les corps, à | VERSEL. Voyez Pana-
|
| les résoudre, & à en séparer | cée.
|
| les principes, par des voies, | SPERAGUS. Asperge.
|
| soit naturelles, soit violentes. | SPERME. Semence des
|
| Son objet est donc l'altéra- | individus dans les trois rè-
|
| tion, la purification, & mê- | gnes, animal, végétal & mi-
|
| me la perfection des corps, | néral. Dans le premier, c'est
|
| c'est-à-dire leur génération | une substance blanche, hu-
|
| & leur médecine. C'est par | mide, onctueuse, composée
|
@
| SP | SP 471
|
| |
|
| des parties les plus pures du | Sperme FE'MININ.
|
| sang. Dans les végétaux, | Argent-vif des Philosophes.
|
| c'est la semence même, com- | Sperme MASCULIN.
|
| posée de parties huileuses & | Soufre des Sages, ou le grain
|
| onctueuses. Ce qui leur a fait | fixe, qui se développe dans
|
| donner le nom de soufre par | le sperme féminin, & agit
|
| les Chimistes. Le sperme | sur lui, pour produire l'en-
|
| des métaux est ce qu'ils ap- | fant philosophique, plus vi-
|
| pellent proprement soufre. | goureux & plus excellent
|
| Aristote dit que c'est une | que ses parents.
|
| vapeur, ce qu'il faut enten- | SPERNIOLUM. Frais
|
| dre d'une vapeur onctueu- | de grenouilles.
|
| se, sulfureuse & mercurielle. | SPHERE. Ce terme se
|
| Les Philosophes ont nommé | prend, dans les ouvrages
|
| cette vapeur une liqueur | des Philosophes, en diffé-
|
| étherée. Cette vapeur est un | rents sens; quelquefois pour
|
| soufre minéral, qui pénètre | les sphères des planètes,
|
| les pierres métalliques & s'y | quelquefois pour le fourneau
|
| fixe. Le principe éloigné de | secret. Flamel l'a pris dans
|
| cette vapeur est le soufre | ce dernier sens.
|
| commun. Le soufre minéral | Sphère DU SOLEIL.
|
| est une humeur onctueuse, | Quintessence des Sages, ou
|
| incombustible, & que les | leur mercure, qu'il faut ex-
|
| Philosophes Hermétiques | traire des rayons du Soleil
|
| appellent leur Soleil & leur | & de la Lune avec l'acier
|
| Semence masculine. Bécher. | ou aimant philosophique. On
|
| Il ne faut pas confondre le | appelle communément sphè-
|
| sperme avec la semence, l'un | re l'étendue dans laquelle
|
| est le véhicule de l'autre. Le | une chose est renfermée. Il
|
| sperme est le grain génératif | est donc bon d'observer que
|
| & le principe des choses, | les sphères du Soleil & de la
|
| c'est pourquoi les Philoso- | Lune s'étendent à tout ce qui
|
| phes ont donné le nom de | peut contenir de l'or & de
|
| sperme des métaux au sou- | l'argent, en acte ou en puis-
|
| fre, & celui de semence au | sance.
|
| mercure. Le germe dans les | SPHINX. Monstre fabu-
|
| semences des végétaux est | leux né de Typhon & d'E-
|
| le sperme. | chidna. Il avait la tête & la
|
| Sperme DU MERCURE. | poitrine semblables à celles
|
| C'est le mercure même des | d'une jeune fille, le corps
|
| Sages. | G g iv
|
@
| 472 SP ST | ST
|
| |
|
| d'un chien, les griffes d'un | STAPHYLINOS. Pa-
|
| lion, la queue d'un dragon, | nais.
|
| & la voix humaine. Ce | STARMAR. Vapeur de
|
| monstre se tenait caché dans | la terre qui forme la semence
|
| une caverne près de la ville | des métaux. C'est le mercure
|
| de Thèbes, & arrêtait les | des Philosophes.
|
| passants pour leur proposer | STATUES. Matières
|
| des énigmes à résoudre. Il | qui entrent dans la compo-
|
| dévorait ceux qui n'y réus- | sition du magistère des Sa-
|
| sissaient pas. Oedipe se pré- | ges. Raymond Lulle a em-
|
| senta & résolut celle qui lui | ployé ce terme dans ce sens-*
|
| fut proposée. Il épousa en | là, sans doute d'après Her-
|
| conséquence celle qui avait | mès, qui leur donne aussi le
|
| été promise pour récom- | nom de Statues, & les ap-
|
| pense. Voyez Oedipe. | pelle des Dieux fabriqués de
|
| SPIRITUS. Argent-vif. | mains d'hommes. Il prenait
|
| Planiscampi. | alors les statues des Idoles,
|
| SPIS-GLAS. Antimoi- | qui en étaient les symboles,
|
| ne. Bas. Valentin. | pour la chose même. Sénior
|
| SPLENDEUR. Ma- | dans son allégorie de la
|
| gistère au blanc. | chasse du Lion, dit: » Je ra-
|
| SPODIUM. Cendre | » masse les mains & les pieds,
|
| d'or. Quelques-uns donnent | » & je les échauffe dans l'eau
|
| ce nom au pompholix ou | » extraite des corps des sta-
|
| tuthie grise. | » tues, des pierres blanches
|
| SPUTUM LUNAE. | » & jaunes, qui tombe dans
|
| Mercure Hermétique. Voy. | » les temps de pluie, & que
|
| Crachat de la Lune. | » nous avons soin de ramas-
|
| STAGEN. Voy. Arles | » ser pour faire cuire la tête
|
| Crudum. | » & les pieds de ce Lion. «
|
| STALAGMI. Voyez | Raymond Lulle que je viens
|
| Stagen. | de citer, s'exprime à peu près
|
| STALTICUM. Voyez | dans les mêmes termes, dans
|
| Sarcoticum. | le chap. 4. de son Codicille.
|
| STAPHYLE, fils de | » C'est pourquoi, dit-il, vous
|
| Bacchus, eut une fille nom- | » tirez ce Dieu des coeurs des
|
| mée Rhéo, qui d'Apollon | » statues par un bain humide
|
| eut Anye. Voyez les Fables | » de l'eau, & par un bain sec
|
| Egypt. & Grecq. dévoilées, | » du feu. « On peut voir com-
|
| liv. 3. chap. 14. §. 2. | ment les statues étaient des
|
@
| ST | ST 473
|
| |
|
| hiéroglyphes du grand oeu- | STROPHIUS. Père de
|
| vre, dans le Traité des Fa- | Pylade. V. Pilade.
|
| bles Egyptiennes & Grecq. | STUPIO. Etain, Jupiter.
|
| dévoilées, liv. 1. & liv. 3. | STYMPHALIDES.
|
| STELLA TERRAE. | Oiseaux d'une grandeur &
|
| Talc. | d'une grosseur si prodigieuse
|
| STENO. Nom d'une des | qu'ils éclipsaient la lumière
|
| Gorgones. | du soleil avec leurs ailes.
|
| STE'RILITE' DU MER- | Hercule instruit par Miner-
|
| CURE. Elle ressemble à | ve, les chassa des bords du
| celle des femelles, qui ne | fleuve Stymphalide, d'où ils
| | peuvent enfanter & conce- | se retirèrent dans l'île d'Aré-
| | voir sans l'approche du mâle. | tie. Les Philosophes Spagy-
| | C'est pourquoi les Philoso- | riques expliquent cette fable
| | phes lui ont donné le nom | de ce qui se passe dans les
| | de femelle, & au soufre celui | opérations du grand oeuvre.
| | de mâle. | Ces oiseaux, disent-ils, re-
| | STE'ROPE'S. Forgeron | présentent les esprits du
| | de Vulcain. V. Vulcain. | mercure philosophique, qui
| | STIBIUM. Nom chal- | montent & descendent dans
| | déen de l'antimoine, selon | l'oeuf philosophique. L'Ar-
| | Basile Valentin. | cadie signifie la terre qui se
| | STILBUS. Antimoine. | forme dans le vase, & l'eau
| | STIMMI. Antimoine. | qui surnage est le lac Stym-
| | STOEBE. Scabieuse. | phalide d'où ces oiseaux ou
| | Blanchard. | esprits s'élèvent & qui sem-
| | STOMOMA. Ecaille de | blent éclipser le soleil, parce
| | fer. | que la matière devient noi-
| | STRAAX. Voy. Arles | re pendant la putréfaction;
| | Crudum. | Hercule symbole de la puis-
| | STRATIFICATION. | sance fixante & coagulante
| | Action par laquelle on met | de l'or physique renfermé
| | des choses différentes couche | dans le vase, ou pris pour
| | sur couche, ou lit sur lit, dans | l'Artiste, les tue à coups de
| | un creuset. Cette opération | flèches, & les chasse par le
| | se fait dans la Chimie, lors- | bruit des timbales d'airain,
| | qu'on veut calciner ou cé- | qui ne sont autres que les
| | menter un minéral ou un | vapeurs métalliques de Vé-
| | métal, avec du sel ou autre | nus, comme on peut le voir
| | matière pour le purifier. | dans l'article Eurysthée, jus-
| |
@
| 474 ST | SU
|
| |
|
| qu'à ce qu'ils se retirent dans | priété de dissoudre toutes
|
| l'Ile d'Arétie, c'est-à-dire, | sortes de matières, & qu'au-
|
| que l'eau mercurielle soit | cun vase de quelque matière
|
| desséchée, car Arétie a une | métallique qu'il soit, ne sau-
|
| grande analogie avec le mot | rait résister à son action. Les
|
| latin aresco, qui signifie en | Auteurs disent qu'elle ne
|
| français sécher. | peut être contenue que dans
|
| Quelquefois ils expliquent | la corne du pied d'un mulet
|
| ces oiseaux Stymphalides de | ou d'un âne. Les Poètes ont
|
| la teinture d'antimoine; car | feint que c'était un des fleu-
|
| les Alchimistes appellent | ves de l'Enfer, quelques-uns
|
| assez souvent oiseaux les es- | faisaient ce fleuve fils de l'O-
|
| prits mercuriels & arseni- | céan & de Thétis, & d'au-
|
| caux de l'antimoine, à cause | tres de l'Achéron. Les Dieux
|
| de leur volatilité; & oiseaux | avaient tant de respect pour
|
| Stymphalides, à cause que | ce fleuve, que les serments
|
| les vapeurs de ces esprits | & les promesses qu'ils fai-
|
| sont dangereuses & mortel- | saient par lui étaient irrévo-
|
| les. Le feu, comme un autre | cables. Si quelqu'un venait
|
| Hercule, les tue de ses flè- | à l'enfreindre, il était privé
|
| ches, en corrigeant ce qu'ils | pendant cent ans de la table
|
| ont de mauvais. Mais cette | des Dieux. Voyez les Fables
|
| explication n'est pas confor- | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| me à ce que disent les Au- | liv. 3. ch. 6.
|
| teurs dans leurs Traités Phi- | SUBLIMATION. (Sc.
|
| losophiques, d'autant qu'ils | Herm.) Purification de la
|
| donnent le nom d'antimoine | matière par le moyen de la
|
| à leur matière, par la seule | dissolution & de la réduction
|
| raison qu'elle en a les pro- | en ses principes. Elle ne con-
|
| priétés, comme dit Arté- | siste pas à faire monter la
|
| phius, & non parce qu'elle | matière au haut du vase, &
|
| est un véritable antimoine. | l'y faire attacher, séparée du
|
| Voyez les Fables Egypt. & | caput mortuum & des fèces;
|
| Grecques, liv. 5. ch. 9. | mais à purifier, subtiliser &
|
| STYX. Fontaine d'Ar- | épurer la matière de toutes
|
| cadie, qui tombe d'un ro- | parties terrestres & hétéro-
|
| cher fort élevé, & dont l'eau | gènes, lui donner un degré
|
| est un poison mortel pour | de perfection dont elle était
|
| tous les animaux qui en boi- | privée, ou plutôt la délivrer
|
| vent. On lui attribue la pro-* | des liens qui la tenaient com-
|
@
| SU | SU 475
|
| |
|
| me en prison, & l'empê- | rables des minéraux par le
|
| chaient d'agir. | moyen de la sublimation.
|
| La sublimation est la pre- | On en fixe beaucoup, & on
|
| mière préparation nécessaire | les rend propres à résister
|
| à la matière, tant pour de- | aux atteintes les plus vives
|
| venir mercure, que pour for- | du feu. Pour y réussir on
|
| mer le soufre & la pierre. | rebroie le sublimé avec ses
|
| D'Espagnet dit que c'est la | fèces, on répète la sublima-
|
| préparation dont les Philo- | tion, & cela jusqu'à ce que
|
| sophes n'ont pas parlé, parce | rien ne se sublime plus. Lors-
|
| que c'est un ouvrage manuel | que tout est fixe, on le retire
|
| que tout le monde peut faire, | du vase, & on l'expose à
|
| même sans être instruit des | l'air ou à la cave, pour en
|
| opérations de la Chimie | faire une huile, qu'on digère
|
| vulgaire. Elle est sans doute | ensuite à un feu lent pour le
|
| cette préparation des agents | réduire en pierre. Ces pier-
|
| difficile par dessus toute au- | res ont des propriétés surna-
|
| tre chose du monde, comme | turelles, selon le minéral
|
| le dit Flamel, mais très aisée | dont elles sont tirées.
|
| à ceux qui la savent. | La sublimation adoucit
|
| C'est le second degré, & | beaucoup de corrosifs par la
|
| très nécessaire, par où il faut | conjonction de deux matiè-
|
| passer pour parvenir à la | res, & rend corrosives beau-
|
| transmutation des corps. On | coup de choses douces. La
|
| entend souvent sous le terme | plupart de celles-ci devien-
|
| de sublimation, la fixation, | nent styptiques, austères,
|
| l'exaltation & l'élévation. | amères. Paracelse dit que les
|
| Elle approche même beau- | métaux sublimés avec le sel
|
| coup de la distillation; car | armoniac se résolvent en
|
| de même que dans celle-ci | huile quand on les expose à
|
| l'eau monte & se sépare de | l'air, & se durcissent en pier-
|
| toutes les parties phlegmati- | res quand on digère cette
|
| ques & purement aqueuses, | huile au feu. Cette sublima-
|
| & laisse le corps au fond du | tion est purement une opé-
|
| vase, de même dans la su- | ration de la Chimie vul-
|
| blimation le spirituel se sé- | gaire, il ne faut pas la con-
|
| pare du corporel, le volatil | fondre avec la sublimation
|
| du fixe dans les corps secs | Philosophique de laquelle
|
| tels que sont les minéraux. | nous avons parlé au com-
|
| On extrait des choses admi-* | mencement de cet article.
|
@
| 476 SU | SU
|
| |
|
| SUBLIMATOIRE | enlève un crapaud, par un
|
| (Vaisseau). C'est l'oeuf qui | serpent ailé qui en emporte
|
| renferme la matière de l'oeu- | un autre sans ailes, par un
|
| vre. Voyez Oeuf. | dragon qui quitte son écaille,
|
| SUBLIME'. Plusieurs ont | par le vautour qui dévore le
|
| été trompés par ce terme | foie de Prométhée, & par
|
| qu'ils ont pris pour le nom | une infinité de fables & d'al-
|
| de la matière dont les Philo- | légories dont on peut voir
|
| sophes font leur magistère; | l'explication dans les fables
|
| mais il faut l'entendre de la | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| matière parvenue à la cou- | Sublimé MERCURIEL.
|
| leur blanche que les Adeptes | Argent-vif des Sages par-
|
| appellent Mercure sublimé, | venu à la couleur blanche
|
| c'est-à-dire, purifié, exalté. | après la putréfaction.
|
| Quelquefois ce terme s'ap- | SUBLIMER. Purifier,
|
| plique à la matière au noir, | cuire, exalter, perfectionner
|
| mais très rarement. Quand | la matière de l'oeuvre, l'éle-
|
| on lui donne ce nom dans | ver à un degré de perfection
|
| ce sens-là, on a égard à la | qui lui manque pour devenir
|
| purification, & à la sépara- | plus excellente que l'or mê-
|
| tion qui se fait alors des par- | me, & avoir la propriété de
|
| ties grossières & terrestres | changer les métaux impar-
|
| du laton des Philosophes, | faits en or. Voyez Subli-
|
| que l'azoth blanchit en le | mation.
|
| lavant de ses impuretés, ap- | SUBMERSION. C'est la
|
| pelées par quelques Philo- | dissolution de la matière par
|
| sophes les Immondices du | la putréfaction; parce qu'elle
|
| mort. | est noire & aqueuse, & que
|
| Dans cette sublimation | les matières se confondent
|
| sont comprises toutes les au- | & se submergent l'une dans
|
| tres opérations: savoir, la | l'autre. Les Philosophes ont
|
| distillation, assation, cuis- | donné à ce mélange plusieurs
|
| son, coagulation, putréfac- | noms qui ne signifient que
|
| tion, calcination, séparation | la même chose, ingression,
|
| & conversion des éléments. | conjonction, union, com-
|
| Sans elle l'extraction des | plexion, composition, mix-
|
| principes est impossible. | tion, humation, &c.
|
| Les Philosophes ont repré- | SUBTILIATION. Ré-
|
| senté symboliquement cette | duction de la matière de
|
| opération par un aigle qui | l'oeuvre à ses principes; ce
|
@
| SU | SU 477
|
| |
|
| qui se fait par la dissolution | Matière de l'oeuvre parve-
|
| & la putréfaction. Elle se ré- | nue à la couleur blanche.
|
| duit en eau mercurielle, & | Suc DE LUNAIRE. Mer-
|
| puis en poudre subtile com- | cure hermétique extrait de la
|
| me les atomes qui voltigent | pierre connue dans les cha-
|
| aux rayons du soleil, dit | pitres des livres, disent les
|
| Flamel. | Philosophes, & non de la
|
| SUBTILIER. Voyez | plante appelée Lunaire, ou
|
| l'article précédent. | de quelqu'autre que ce puisse
|
| SUC. Ce terme signifie | être, puisqu'ils recomman-
|
| communément une liqueur | dent expressément de ne
|
| extraite de quelque végétal | prendre aucun végétal pour
|
| ou animal; & comme le | faire l'oeuvre, n'ayant au-
|
| mercure des Philosophes est | cune analogie avec le mé-
|
| d'abord une espèce de li- | tal. Ils ont donné aussi à cette
|
| queur, ils lui ont donné le | Lunaire les noms de Vénus
|
| nom de Suc de leur plante | & de Saturnie végétale; c'est
|
| Saturnienne végétable, ou | pourquoi on appelle aussi ce
|
| Suc de Lunaire, mais en vain | Suc de Lunaire:
|
| cherche-t-on dans la Botani- | Suc DE LA SATURNIE,
|
| que cette plante Saturnienne | qui est la même chose.
|
| & cette Lunaire, parce que | Suc DE LA LIQUEUR
|
| ce ne sont point des plantes, | VE'GE'TABLE. Quelques-uns
|
| & que les Philosophes n'en | disent que c'est le vin & d'au-
|
| parlent ainsi que par allégo- | tres le vinaigre, d'autres le
|
| rie. C'est proprement leur | marc de raisin. Un Auteur a
|
| matière, qui, quoique prin- | représenté Basile Valentin
|
| cipe de végétation, n'est | faisant une sauce à une tor-
|
| point plante. Ils l'ont nom- | tue avec du raisin.
|
| mée Saturnienne, parce que | Suc BLANC. Argent-vif
|
| ce Mercure est dit petit-fils | des Philosophes.
|
| de Saturne; & Lunaire, | SUDUR. Sucre.
|
| parce que le Soleil est le | SUEUR ou SUEUR
|
| père de leur matière & la | DU SOLEIL. Mercure des
|
| Lune en est la mère. Sou- | Sages; ils ont quelquefois
|
| vent par le terme de suc ils | donné ce nom à leur matière
|
| entendent leur magistère au | en putréfaction.
|
| blanc, & quelquefois leur | SUFFO. Pain de pour-
|
| matière au noir. | ceaux, cyclamen.
|
| Suc DES LYS BLANCS. | SUPERFICIE. On
|
@
| 478 SU | SY SU
|
| |
|
| trouve ce nom dans Rul- | SUPPRESSION (Feu de)
|
| landus interprété par blanc | est celui qu'on fait dessus le
|
| d'oeufs. | vase, ou même dedans, sui-
|
| SUPERFLU. (Science | vant Riplée & Géber.
|
| Herm.) Géber & les autres | SUTTER. Sucre.
|
| Philosophes qui l'ont suivi, | SUIE DES ME'TAUX.
|
| ont dit qu'il y avait dans leur | Arsenic.
|
| matière une partie superflue | SYCAMINOS. Meurier.
|
| qu'il fallait en ôter. On prend | SYCE. Figue.
|
| communément ces termes à | SYLVAE MATER.
|
| la lettre, & l'on s'imagine | Chèvrefeuille.
|
| qu'il faut en effet séparer | SYMAR. Vert-de-gris.
|
| quelque chose de la matière | SYMPLEGADES, ou
|
| dans la médecine du second | CYANE'ES, sont deux
|
| ordre; d'autres qu'il ne faut | écueils situés près du Pont-*
|
| rien ôter absolument; & les | Euxin, & si peu éloignés
|
| uns & les autres ont raison: | l'un de l'autre qu'ils semblent
|
| car ces superfluités doivent | se toucher, ce qui a fait dire
|
| être séparées dans leur temps; | aux Poètes qu'ils se heur-
|
| mais les vrais Sages savent | taient. Il en est parlé dans
|
| que cette séparation se fait | la fable de la conquête de la
|
| d'elle-même dans la méde- | toison d'or. Voyez Jason,
|
| cine dont nous parlons, & | Toison D'Or.
|
| que cette espèce de superflu | SYNACTICUM. Médi-
|
| est très utile à l'oeuvre; ce | cament astringent.
|
| qui a engagé le Philalèthe | SYNCRITICUM. An-
|
| à le nommer superflu très | tispasmodique.
|
| utile. | SYRINX. Nymphe qui
|
| Ce superflu est une huile | résista toujours aux poursui-
|
| ou une espèce de limon du | tes du Dieu Pan, & se sauva
|
| corps qui nage sur le mens- | auprès du fleuve Ladon en-
|
| true après que le corps est | tre les bras des Naïades, où
|
| dissous. Ce limon est abso- | elle fut changée en roseau.
|
| lument nécessaire pour la | SIROP DE GRENA-
|
| conversion du corps en hui- | DES. Pierre au rouge.
|
| le; & cette conversion est | SYRTES. Bancs de sable
|
| si nécessaire, qu'on ne pour- | ou écueils des côtes de la
|
| rait réussir dans l'oeuvre sans | mer de Libye, du côté de
|
| cela; parce qu'on ne pour- | l'Egypte. Les Argonautes
|
| rait avoir les principes de | manquèrent d'y périr, & fu-
|
| l'Art. |
|
@
| SY TA | TA 479
|
| |
|
| rent obligés de porter leur | reçut les Dieux à sa table,
|
| navire sur les épaules pen- | & leur servit entr'autres mets
|
| dant douze jours. Voyez | son fils Pélops. Cérès fut la
|
| Argonautes. | seule qui ne le reconnut pas.
|
| | Elle en détacha une épaule,
|
| T. | qu'elle mangea. Les Dieux
|
| T AAUT ou THAUT. | le ressuscitèrent, & rempla-
| Voyez Thot. | cèrent cette épaule par une
| | TABLEAUX DES | d'ivoire. Jupiter punit Tan-
| | PHILOSOPHES. Ce sont | tale en le condamnant dans
| leurs livres, leurs allégories, | les Enfers à souffrir une faim
| | leurs hiéroglyphes, &c. | & une soif perpétuelle, quoi-
| | TAGETES. Tanaisie. | qu'au milieu de l'eau & que
| | TAL. Alcali. | les fruits lui descendent jus-
| | TALC des Philosophes. | qu'à la bouche; quand il veut
| | Pierre des Sages fixée au | les prendre, ils s'enfuient de
| | blanc. C'est en vain que l'on | ses mains. Voyez les fables
| | cherche à faire l'huile de talc | Egypt. & Grecq. dévoilées,
| | avec le talc vulgaire. Les | liv. 6. chap. 4.
| | Philosophes ne parlent que | TARAGUAS. Bézoard.
| | du leur, & c'est à ce dernier | TARAXICUM. Pissen-
| | qu'il faut attribuer toutes les | lit.
| | qualités desquelles les livres | TARGAR. Huile de ge-
| | font tant d'éloges. | nièvre.
| | TAMIS DES SAGES. | TARITH. Mercure.
| | Mercure Hermétique. | TARTAR. Tartre.
| | Tamis DE LA NATURE. | TARTARE, fils du
| | C'est l'air à travers lequel | Cahos, lieu ténébreux où
| | passent les influences des | les méchants étaient envoyés
| | astres pour venir jusqu'à | pour subir les tourments aux-
| | nous. | quels ils étaient condamnés.
| | TAMUE. Matière de | Voyez Enfer. Le Tartare
| | l'oeuvre préparée & cuite au | des Philosophes est la ma-
| | rouge-de-pavot. | tière de l'oeuvre en putré-
| | TAMUS ou TANUS. | faction. Quelquefois ils en-
| | Couleuvrée, bryone. | tendent par Tartare le tra-
| | TANECH. Pierre-* | vail inutile & fatiguant des
| | ponce. | mauvais Artistes, & disent
| | TANTALE, fils de Ju- | qu'ils sont condamnés au
| | piter & de la Nymphe Plote, | Tartare.
| | |
@
| 480 TA | TA
|
| |
|
| TARTRE. (Sc. Herm.) | grands Dieux. Les Philoso-
|
| Basile Valentin & quelques | phes Grecs instruits par ces
|
| autres Philosophes ont dit | Prêtres de ce qu'ils enten-
|
| que le tartre dissout les mé- | daient par le taureau, inven-
|
| taux; ce qui a fait naître | tèrent beaucoup de fables,
|
| l'idée à plusieurs Chimistes | dans lesquelles ils introduisi-
|
| de le regarder comme la | rent cet animal, & indiquè-
|
| matière dont les Philosophes | rent la qualité chaude & so-
|
| font leur magistère. Philalè- | laire de la matière, en disant
|
| the cependant dit qu'il faut | que ces taureaux jetaient du
|
| expliquer le terme de tartre | feu & de la flamme par la
|
| de la même manière que la | bouche & les narines. Tels
|
| tête du corbeau; & ceux qui | sont ceux que Jason surmonta
|
| sont les moins versés dans | & mit sous le joug pour leur
|
| cette science, savent que | faire labourer le champ de
|
| ces expressions signifient la | Mars, afin de s'emparer par
|
| matière des Philosophes au | ce moyen de la toison d'or
|
| noir. | suspendue dans la forêt de
|
| Le tartre blanc, ou le sel | ce Dieu. Tel était celui dont
|
| de tartre des Sages, est leur | Hercule débarrassa l'île de
|
| magistère parvenu à la cou- | Crète. Les pieds des uns &
|
| leur blanche. | des autres étaient d'airain.
|
| Tartre DE MARBRE. | Europe fut enlevée par un
|
| Ce sont les pierres qui se | taureau, Pasiphaé devint
|
| forment dans le corps hu- | amoureuse d'un taureau;
|
| main. On les nomme ainsi | Cadmus suivit un boeuf, &
|
| de la matière terrestre & tar- | bâtit une ville dans l'endroit
|
| tareuse dont elles se forment. | où il s'arrêta. Le fleuve Aché-
|
| TAUREAU. Animal | loüs se changea en taureau
|
| quadrupède d'un grand usa- | pour combattre Hercule;
|
| ge pour l'agriculture. Les | Prothée prenait la forme de
|
| Philosophes l'ont donné très | taureau, &c.
|
| souvent pour hiéroglyphe de | Les Prêtres d'Egypte nour-
|
| la matière du grand oeuvre. | rissaient avec beaucoup de
|
| Les Egyptiens avaient en | soins un taureau noir ayant
|
| conséquence beaucoup de | seulement une tache blan-
|
| vénération pour cet animal, | che, & le logeaient dans le
|
| que les Prêtres présentaient | temple de Vulcain le plus
|
| au peuple comme le sym- | grand de leurs Dieux. Osi-
|
| bole d'Osiris, un de leurs | ris, dont ce taureau était le
|
| | symbole,
|
@
| TE | TE 481
|
| |
|
| symbole, signifiait feu ca- | toutes les saisons. Ceux qui
|
| ché, & avait pour soeur & | sont au fait de l'Astrologie
|
| pour épouse Isis, ou une va- | en devineront aisément les
|
| che, qui avait Mercure pour | raisons, pourvu qu'ils aient
|
| Conseiller & Administrateur | aussi lu attentivement les li-
|
| de tout l'Empire pendant les | vres des Philosophes. Voyez
|
| voyages d'Osiris son mari, | Zodiaque.
|
| & après sa mort. Osiris était | Il paraît que l'Auteur du
|
| lui-même le symbole du So- | Dictionn. Hermétique n'a-
|
| leil & Isis l'était de la Lune; | vait pas médité longtemps
|
| mais du Soleil & de la Lune | & sérieusement les ouvrages
|
| des Philosophes, & non des | des Philosophes, & combiné
|
| astres qui nous éclairent, ou | leurs raisonnements sur les
|
| des astres terrestres, l'or & | fables, lorsqu'il interprète
|
| l'argent, que les Chimistes | les taureaux qui gardaient la
|
| vulgaires appellent Soleil & | toison d'or, par le feu vul-
|
| Lune. | gaire entretenu dans des
|
| Les Egyptiens parfaite- | fourneaux chimiques, dont
|
| ment instruits des secrets les | les registres représentent les
|
| plus cachés de la Nature, | narines de ces animaux. Le
|
| imaginèrent en conséquence | taureau furieux qui ravageait
|
| les signes du Zodiaque, tou- | l'île de Crète, & qui avait
|
| jours par allusion à leur Art | des pieds d'airain comme
|
| Hermétique, que les Philo- | ceux que Jason mit sous le
|
| sophes assurent être la clef | joug, font voir clairement
|
| de toutes les sciences. Ils assi- | que ces allégories ou fables
|
| gnèrent pour cet effet les | ne peuvent s'entendre des
|
| trois signes du Bélier, du | fourneaux chimiques, mais
|
| Taureau & de Gemini pour | du fourneau secret des Phi-
|
| ceux qui président au com- | losophes.
|
| mencement de l'année ou du | Hercule après avoir pris
|
| printemps, parce qu'ils sont le | le taureau de l'île de Crète,
|
| commencement de l'oeuvre. | le conduisit à Eurysthée,
|
| Les Philosophes en suivant | c'est-à-dire, à la plus grande
|
| le système des anciens Dis- | fixité, comme on peut le
|
| ciples d'Hermès, ont dit | voir dans le livre 5. ch. 1.
|
| pour cette raison, qu'il fal- | 7. & 10. des Fables Egypt.
|
| lait commencer l'oeuvre au | & Grecq. dévoilées. Tant
|
| printemps, quoiqu'on puisse | que l'eau mercurielle des
|
| le commencer en effet dans | Philosophes demeure sur la
|
| | H h
|
@
| 482 TE | TE
|
| |
|
| terre des Sages, signifiée par | servent à en extraire d'au-
|
| l'île de Crète, cette terre | tres, telle est celle du ma-
|
| est ravagée par la dissolu- | gistère des Sages, ou leur
|
| tion, & incapable de rien | mercure. On les divise en-
|
| produire; mais sitôt qu'Her- | core en teintures naturel-
|
| cule arrête le taureau, ou | les & teintures artificielles.
|
| fixe cette eau, pour le me- | Dans celles-ci les unes sont
|
| ner à Eurysthée, elle devient | dites animales, quand elles
|
| propre à la végétation; on | sont extraites des animaux;
|
| peut la cultiver pour y se- | métalliques, quand on les
|
| mer l'or philosophique. | tire des métaux, &c. On les
|
| TEFRA. Cendre. | nomme quelquefois huiles,
|
| TEINDRE, en termes | esprits, quintessences, selon
|
| de Science Hermétique, si- | qu'elles participent plus ou
|
| gnifie conduire le régime du | moins des qualités des cho-
|
| Feu, l'administrer à la matière | ses qui ont ces dénomina-
|
| pour la digérer & la cuire de | tions. Manget, Beguin.
|
| manière qu'elle prenne suc- | La teinture est le dernier
|
| cessivement les différentes | degré de la transmutation
|
| couleurs desquelles les Phi- | des corps naturels. Elle con-
|
| losophes font mention, & | duit à la perfection toutes les
|
| qu'ils appellent signes dé- | choses imparfaites. Paracelse
|
| monstratifs. C'est de là qu'on | définit la teinture une ma-
|
| les a nommés Teinturiers. | tière très noble, qui teint les
|
| TEINTURE, en termes | corps métalliques, & hu-
|
| de Chimie, ne signifie pas | mains, & les change en une
|
| l'extraction de la simple cou- | essence bien plus excellente
|
| leur des mixtes, mais les | & une manière d'être infini-
|
| couleurs essentielles aux- | ment plus parfaite que celles
|
| quelles sont adhérentes les | dont ils jouissaient aupara-
|
| vertus & les propriétés des | vant. Elle pénètre les corps
|
| corps dont ces teintures sont | & les fait fermenter comme
|
| extraites. L'art Spagyrique | le levain.
|
| distingue plusieurs espèces | La teinture qui transmue
|
| de teintures; les unes sont | les métaux doit être fixe,
|
| dites passives, parce qu'elles | fusible comme la cire, & in-
|
| sont simplement extraites, | combustible de manière que
|
| comme la teinture de roses; | mise sur une lame rougie
|
| les autres se nomment acti- | au feu, elle y fonde sans fu-
|
| ves, & ce sont celles qui | mée, & y pénètre comme
|
@
| TE | TE 483
|
| |
|
| l'huile pénètre le papier. | qu'elle a, & ne pourrait tein-
|
| La vraie teinture des mé- | dre qu'un poids d'argent égal
|
| taux est le soufre métallique | à celui de l'or duquel elle a
|
| exalté. Le mercure est ap- | été extraite; au lieu qu'un
|
| pelé le milieu ou moyen | grain seul de teinture philo-
|
| propre à joindre & à réunir | sophique poussée au point
|
| les teintures. La pierre au | de perfection dont elle est
|
| rouge & la pierre au blanc | susceptible, teindra un mil-
|
| réduites en élixir ou en pou- | lion de grains de métal de
|
| dre de projection, sont les | quelqu'espèce qu'il soit.
|
| deux seuls & vrais principes | Teinture ROUGE ou
|
| des teintures des métaux; | TEINTURE DE POURPRE
|
| toute autre teinture n'est que | est la même que Teinture
|
| tromperie, supercherie & | illuminante.
|
| sophistication. | TE'LAMON, fils d'Ea-
|
| Teinture VIVE. Pierre | que & frère de Pélée, fut
|
| au rouge. | père d'Ajax, qui de lui fut
|
| Teinture ILLUMI- | appelé Télamonien. Téla-
|
| NANTE DES CORPS. Mê- | mon était un des Argonau-
| me chose que poudre de | tes, & accompagna Hercule
| | projection. Quelques-uns | lorsqu'il délivra Hésione de
| | ont cependant pris ces ex- | la dent meurtrière du mons-
| | pressions comme signifiant | tre marin auquel elle était
| | la pierre au rouge, ou le sou- | exposée. Hercule la céda à
| | fre aurifique des Philosophes, | ce compagnon fidèle. Voyez
| | parce qu'ils le nomment So- | Hésione.
| | leil, & que le soleil est com- | TE'LE'MAQUE, fils
| | me le principe, ou le distri- | d'Ulysse & de Pénélope,
| | buteur de la lumière. En vain | était encore jeune quand son
| | les Chimistes cherchent-ils | père partit pour la guerre de
| | à tirer la teinture de l'or vul- | Troie. Pendant cette ab-
| | gaire pour en habiller d'au- | sence les Amants de Péné-
| | tres métaux; la véritable | lope maltraitèrent Téléma-
| | teinture de l'or consiste dans | que, qui quitta la maison pa-
| | son soufre radical, qui est | ternelle pour chercher Ulys-
| | inséparable du corps même | se. A son retour il chassa,
| | de l'or, suivant d'Espagnet. | avec l'aide de son père, tous
| | D'ailleurs quand la chose se- | ces Amants importuns. Voy.
| | rait possible, cette teinture | Ulysse.
| | ne pourrait donner que ce | TE'LEPHE, fils d'Her-
| | | H h ij
| |
@
| 484 TE | TE
|
| |
|
| cule & de la Nymphe Au- | Rois voulurent embellir &
|
| gé, fut exposé dans les bois, | eurent bien de la peine à
|
| où une biche l'allaita. Ceux | achever: c'était une grande
|
| qui le trouvèrent, le présen- | gloire si dans un long règne
|
| tèrent au Roi de Mysie, qui | un Prince avait pu achever
|
| l'adopta & le désigna son | un portique. Les plus célè-
|
| successeur. Ayant refusé le | bres furent celui de Jupiter
|
| passage aux Grecs qui al- | Olympien, celui d'Apollon
|
| laient au siège de Troie, il | à Delphes, devenu si célèbre
|
| fut blessé d'une flèche d'A- | par les oracles qui s'y ren-
|
| chille. La plaie devint ex- | daient; celui de la Diane
|
| trêmement douloureuse, & | d'Ephèse, chef-d'oeuvre de
|
| n'y trouvant pas de remède, | l'Art; le Panthéon, ouvrage
|
| il consulta l'Oracle, qui lui | de la magnificence d'Agrip-
|
| apprit que celui qui avait fait | pa, gendre d'Auguste; enfin
|
| le mal le guérirait. S'étant | celui de Bélus, composé seu-
|
| réconcilié avec Achille, ce- | lement d'une grande & ma-
|
| lui-ci lui donna de la rouille | gnifique tour à sept étages,
|
| du fer de sa lance; Télephe | dont le plus élevé renfermait
|
| l'appliqua & fut guéri. | la statue de ce Dieu, avec
|
| TELESME. Fin, per- | les autres choses dont parle
|
| fection, complément. | Hérodote.
|
| TEMERUS. Brigand | Les statues des Dieux
|
| que Thésée mit à mort. Voy. | qu'on y plaçait étaient d'or,
|
| Thésée. | d'ivoire ou d'ébène, quel-
|
| TEMEYNCHUM. Or | quefois composées de ces
|
| des Philosophes, ou leur ma- | trois matières, ce qui est à
|
| gistère au rouge. | remarquer par les raisons
|
| TEMPLES. C'est dans | que nous avons déduites
|
| l'Egypte qu'il faut chercher | dans le Traité des Fables
|
| l'origine des temples. Héro- | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| dote le dit formellement. | Quand il s'agissait de bâ-
|
| Cette coutume de bâtir des | tir un temple, on environ-
|
| temples passa d'Egypte chez | nait le lieu avec des rubans
|
| les autres Nations, par les | & des couronnes, & les
|
| Colonies qui y furent trans- | Vestales le purifiaient en le
|
| portées. On peut voir dans | lavant avec de l'eau pure
|
| l'Auteur ci-dessus, la ma- | & nette. Le Pontife après
|
| gnificence du temple de Vul- | avoir fait un sacrifice solen-
|
| cain en Egypte, que tant de | nel à la Divinité à laquelle
|
@
| TE | TE 485
|
| |
|
| il devait être dédié, touchait | qu'objet en vue dans la for-
|
| la pierre qui devait servir la | me de leurs temples? Si leurs
|
| première à former le fonde- | prétendus Dieux & les ac-
|
| ment, & le peuple l'y je- | tions qu'on leur attribue ne
|
| tait avec quelques pièces de | sont que des allégories de
|
| monnaie ou quelques mor- | l'oeuvre Hermétique, n'aura-*
|
| ceaux de métal qui n'avait | t-on pas raison de penser que
|
| pas encore passé par le creu- | cette forme ronde du tem-
|
| set. Les temples de Vulcain | ple, ou du lieu où étaient
|
| de Vénus son épouse, & de | placés les Dieux, était un
|
| Mars se plaçaient aux portes | symbole du vase qui con-
|
| des villes. Ceux de Mercure, | tient les Divinités Herméti-
|
| d'Apollon, de Minerve & | ques? Les Philosophes sa-
|
| des autres Dieux étaient au | vent bien pourquoi les tem-
|
| dedans des murs. Vitruve | ples de Vulcain, de Venus
|
| (Liv. 2. ch. 2.) apporte des | & de Mars étaient à la porte
|
| raisons de ces différences, | des villes. Il suffit même
|
| qui ont un air de vraisem- | d'avoir lu assez superficiel-
|
| blance, mais qui montrent | lement leurs livres, pour y
|
| qu'il n'était pas au fait de | remarquer qu'ils ont donné
|
| celles qui avaient déterminé | les noms de ces trois Dieux
|
| ceux qui l'avaient précédé à | aux matières du magistère
|
| en agir ainsi. | desquelles doivent se com-
|
| La plupart des temples | poser leur Mercure, leur Ju-
|
| étaient de figure ronde com- | piter, leur Diane & leur
|
| me le Panthéon, & ne rece- | Apollon, dont les temples,
|
| vaient de jour que par un | pour cette raison, étaient
|
| trou ou lanterne pratiquée | renfermés dans l'enceinte
|
| au milieu de la voûte. On | des villes.
|
| remarque cette forme dans | Dans la suite les temples
|
| les temples de l'antiquité la | prirent une autre forme par
|
| plus reculée. | la fantaisie des Architectes,
|
| Toutes ces choses ne se | qui trouvèrent le carré-*
|
| faisaient pas sans dessein; & | long plus susceptible des or-
|
| si les Egyptiens, suivant saint | nements qu'ils imaginèrent;
|
| Chrysostome, étaient mysté- | mais ils conservèrent presque
|
| rieux jusques dans leurs ma- | toujours rond ou en forme
|
| nières d'agir & dans leurs | de rotonde le lieu principal
|
| façons de s'habiller, peut-on | de l'intérieur des temples;
|
| douter qu'ils n'aient eu quel-* | les autres parties ne furent
|
| | H h iij
|
@
| 486 TE | TE
|
| |
|
| censées que comme des ac- | l'occident, les Philosophes
|
| compagnements, ou comme | ont donné le nom de jour au
|
| nécessaires pour loger le peu- | temps que dure notre coction.
|
| ple; tels sont les nefs & les | Ceux qui ont dit qu'il ne fal-
|
| collatéraux. | lait qu'un mois, ont eu égard
|
| TEMPS. Les Philosophes | au cours du soleil dans cha-
|
| semblent n'être pas d'accord | que signe céleste; & ceux
|
| entr'eux sur la durée des opé- | qui parlent d'un an ont en
|
| rations requises pour parve- | tête les quatre couleurs prin-
|
| nir à la fin de l'oeuvre Her- | cipales qui surviennent à la
|
| métique. Les uns disent qu'il | matière; car ces couleurs
|
| faut trois ans, d'autres sept, | sont leurs quatre saisons.
|
| d'autres jusqu'à douze; mais | Voyez Saisons.
|
| il s'en trouve qui réduisent | Les Philosophes disent
|
| cette durée à dix-huit mois, | communément que le grand
|
| Raymond Lulle à quinze, | oeuvre est un ouvrage de pa-
|
| Trévisan à peu près au même | tience; que l'ennui occasion-
|
| temps, & Zachaire dit qu'il | né par la longueur du travail,
|
| commença l'oeuvre le Lundi | a rebuté beaucoup d'Artistes,
|
| des fêtes de Pâques, & fit | & qu'il faut plus de temps que
|
| la projection vers le même | de dépenses pour parvenir à
|
| temps l'année suivante. Mais | son but. Ils ajoutent que la
|
| dans toutes ces manières de | couleur noire se manifeste
|
| s'exprimer qui paraissent se | & doit se manifester vers le
|
| contredire, les Philosophes | quarantième jour, si l'on a
|
| n'entendent que la même | bien opéré; que cette cou-
|
| durée du temps suivant leur | leur dure jusqu'au quatre-*
|
| façon de le compter; parce | vingt-dixième jour; alors la
|
| que leurs mois & leurs sai- | couleur blanche succède, &
|
| sons ne sont pas ceux du vul- | puis la rouge. Mais tout cela
|
| gaire. Il nous faut un an, dit | doit s'entendre de l'ouvrage
|
| Riplée, pour jouir des fruits | de la pierre, sans y com-
|
| que nous attendons de nos | prendre la préparation ma-
|
| travaux. Un Anonyme ex- | nuelle des agents ou princi-
|
| plique tous ces différents ter- | pes matériels de l'oeuvre.
|
| mes de la manière suivante. | Ainsi ceux qui parlent d'un
|
| Comme nous appelons un | an l'entendent d'une seule
|
| jour l'intervalle de temps qu'il | préparation philosophique,
|
| faut au soleil pour parcourir | telle que pourrait être celle
|
| le ciel depuis l'orient jusqu'à | du soufre; parce dans chaque
|
@
| TE | TE 487
|
| |
|
| opération les couleurs, qu'ils | que le noir-même.
|
| appellent saisons, doivent | TERENGIBIL. Manne.
|
| passer successivement. Ceux | TERENIABIN. Manne.
|
| qui font mention de trois | TERME, Dieu des
|
| ans, y comprennent les opé- | champs & des bornes. Il
|
| rations du soufre, de la pier- | était représenté sous la for-
|
| re, & celle de l'élixir. Quand | me d'une colonne, d'un tronc
|
| ils disent sept, neuf ou douze | d'arbre, &c. Il était censé
|
| ans, ils y renferment toutes | borner tout, sans être borné
|
| les opérations répétées pour | lui-même.
|
| la multiplication, & donnent | TERPSICHORE. Nom
|
| le nom d'année à chaque | d'une des Muses, dont voyez
|
| opération. Voyez Année, | l'article.
|
| Mois, Règne. | TERRE. Matière pe-
|
| TE'NARE. Promontoire | sante & poreuse, qui com-
|
| de la côte méridionale du | pose avec l'eau le globe que
|
| Péloponnèse; tout auprès | nous habitons.
|
| sont des gouffres dans la mer, | Le vulgaire prend com-
|
| que les Poètes ont feint être | munément pour la vraie ter-
|
| les portes de l'Enfer. C'est | re, ce qui paraît à nos yeux,
|
| par-là qu'Hercule y descen- | c'est-à-dire, l'excrément de
|
| dit pour enlever le chien | la terre & des autres éléments
|
| Cerbère, & en ramena son | qui entre dans la composi-
|
| ami Thésée. V. Enfer. | tion de tous les mixtes sujets
|
| TENEBRES. Les Phi- | à la mort ou à la corruption.
|
| losophes comparent presque | Mais dans ces excréments il
|
| toujours leur matière en pu- | y a un noyau, une vraie
|
| tréfaction aux ténèbres de la | terre principe, qui ne se dé-
|
| nuit, à celles de l'Egypte, & | truit point, qui fait la base
|
| à celles qui enveloppaient la | des corps, & qui les con-
|
| masse confuse du cahos avant | serve dans leur manière d'ê-
|
| la manifestation de la lumiè- | tre jusqu'à ce que quelqu'ac-
|
| re. C'est pourquoi ils ont | cident dissipe le lien qui unit
|
| quelquefois donné le nom | cette vraie terre avec ses ex-
|
| de Ténèbres à leur matière | créments. Cette terre se trou-
|
| au noir. | ve dans tous les mixtes, plus
|
| Ténèbres CYMME'- | abondamment dans les uns
|
| RIENNES Matière de l'oeu- | que dans les autres; c'est ce
| vre en putréfaction, appe- | principe que tant de Sophis-
| | lée aussi le Noir plus noir | tes cherchent en vain, &
| | | H h iv
| |
@
| 488 TE | TE
|
| |
|
| qu'ils trouveraient sans peine | de laquelle il faut extraire le
|
| s'ils connaissaient la Nature. | mercure Hermétique.
|
| Cette terre est la terre vierge | Terre DES PHILOSO-
|
| des Philosophes, & ce que | PHES. C'est leur soufre.
|
| l'on doit entendre par l'élé- | Terre DES FEUILLES.
|
| ment de la Terre. | Hermès a donné ce nom à
|
| Les Philosophes Hermé- | la matière de l'oeuvre en pu-
|
| tiques donnent le nom de | tréfaction; mais son nom
|
| terre à la minière qui renfer- | propre, dit Flamel, est le
|
| me la matière d'où ils ex- | Laton ou Laton qu'on doit
|
| traient leur mercure; & en- | blanchir.
|
| suite, dans les opérations, à | Terre FETIDE. Soufre
|
| la matière-même d'où ce | sublimé. En termes de Scien-
|
| mercure a été extrait. Ils | ce Hermétique, c'est le sou-
|
| donnent encore ce même | fre des Sages en putréfac-
|
| nom de terre à leur mercure | tion.
|
| fixé; & c'est dans ce dernier | Terre FEUILLE'E sim-
|
| sens qu'il faut entendre Her- | plement dite, signifie la ma-
|
| mès lorsqu'il dit, dans sa | tière au noir.
|
| Table d'Emeraude: Il aura | Terre FIDELE. Lune
|
| la force des forces lorsqu'il | des Philosophes.
|
| sera réduit en terre. Ils le | Terre FRUCTUEUSE.
|
| nomment alors Eau qui ne | Magistère au blanc.
|
| mouille point les mains; par- | Terre FE'CONDE ou
|
| ce que cette terre était pre- | Terre FERTILE. Pierre
|
| mièrement eau, & rede- | parvenue au blanc.
|
| viendra liquide toutes les | Terre D'OR. Litharge
|
| fois qu'on la mêlera avec | d'or.
|
| l'eau de laquelle elle était | Terre FIDELE. Argent
|
| composée. | philosophique.
|
| Terre BLANCHE | Terre GLAISE. Gom-
|
| FEUILLE'E. Matière de | me des Sages.
| l'oeuvre parvenue à la blan- | Terre NOIRE. Voyez
| | cheur. | Poudre Noire.
| | Terre CE'LESTE. Lune | Terre GRASSE. Voyez
| | des Sages. | Matière.
| | Terre D'ESPAGNE. | Terre POTENTIELLE.
| | Vitriol. | Magistère au blanc.
| | Terre ADAMIQUE ou | Terre PUANTE. Voyez
| | ADAMITE. C'est la matière | Terre Fétide.
| |
@
| TE | TE 489
|
| |
|
| Terre RESTANTE. Ma- | vierge, de laquelle nous fai-
|
| tière de l'oeuvre fixée à la | sons notre mercure. Raym.
|
| couleur blanche. | Lulle.
|
| Terre ROUGE. Soufre | Terre DAMNE'E. Terre
|
| rouge des Sages. Ce nom a | inutile, fèces d'une matière
|
| été donné au bol armene, | qu'on a purifiée. On donne
|
| & à l'orpiment. | aussi le nom de Terre dam-
|
| Terre SAINTE. Anti- | née à ce qui reste au fond du
|
| moine vitrifié. | vase après qu'on en a tiré le
|
| Terre SARRAZINE. | plus subtil par la distillation
|
| Email. Planiscampi. | ou la sublimation.
|
| Terre SOLAIRE. Ma- | Terre SAMIENNE.
|
| tière de l'oeuvre fixée au | Argent-vif sublimé avec le
|
| rouge, appelée aussi Soleil | talc.
|
| des Sages, ou mine de l'or. | TERSA. Moutarde.
|
| Quelques-uns ont appelé | TE^TE DU CORBEAU.
|
| Terre solaire le lapis-lazuli. | Matière de l'oeuvre en pu-
|
| Terre SULFUREUSE. | tréfaction.
|
| Matière des Sages en putré- | Tête DU DRAGON.
|
| faction. | C'est l'esprit mercuriel de la
|
| Terre MERCURIELLE. | matière, ou la partie vola-
|
| Matière de laquelle les Phi- | tile qui dissout la fixe; c'est
|
| losophes extraient leur mer- | pourquoi les Philosophes ont
|
| cure. Cette terre n'est pas le | dit que le Dragon dévore sa
|
| cinabre naturel ou artifi- | queue.
|
| ciel; mais cependant une | Tête MORTE.& Ce sont
|
| terre minérale & métalli- | les fèces qui demeurent au
|
| que. | fond de la cucurbite, ou de
|
| Terre VIERGE. Ce | la retorte, après la distilla-
|
| terme se dit du mercure des | tion ou la sublimation des
|
| Sages fixé en terre par la | esprits.
|
| cuisson philosophique, & de | Tête ROUGE. Les Phi-
|
| la matière de laquelle doit | losophes ont dit: que ce qui
|
| s'extraire ce mercure lui-* | a les pieds noirs, le corps
|
| même, appelé pour cela | blanc, & la tête rouge, est
|
| Eau sèche, qui ne mouille | le magistère. C'est-à-dire que
|
| pas les mains, & qui ne s'at- | l'oeuvre commence par la
|
| tache qu'à ce qui est de sa | couleur noire, passe ensuite
|
| propre nature. Il y a dans le | à la blanche, & finit par la
|
| centre de la terre une terre | rouge. Dans chaque opéra-
|
@
| 490 TE | TE TH
|
| |
|
| tion le rouge qui marque la | Ciel & de la Terre & femme
|
| perfection du soufre, de la | de l'Océan. Jupiter ayant été
|
| pierre & de l'élixir, a engagé | lié & garrotté par les autres
|
| les Philosophes à dire d'A- | Dieux, Téthys avec l'aide
|
| pollon & des autres person- | d'Egeon, le remit en liberté.
|
| nages feints des fables, qui | Téthys est l'eau mercurielle
|
| sont les symboles de ce sou- | des Philosophes, qui délie
|
| fre, de cette pierre ou de cet | en dissolvant, & met en li-
|
| élixir, qu'ils avaient les che- | berté en volatilisant le Jupi-
|
| veux roux ou blonds dorés, | ter des Sages, dont voyez
|
| tels que Pyrrhus fils d'A- | l'article.
|
| chille, &c. ou qu'ils étaient | TETRAPHARMA-
|
| habillés de couleur de pour- | CUM. Médicament com-
|
| pre, comme Apollon quand | posé de quatre ingrédients,
|
| il chanta la victoire de Jupi- | comme l'onguent Basilicum.
|
| ter sur les Géants. Avicenne | TETROBOLON.
|
| a tourné cette énigme de la | Poids de quatre dragmes.
|
| tête rouge, d'une autre ma- | TEUCRIUM. Plante
|
| nière. La chose, dit-il, qui a | connue sous le nom de Cha-
|
| la tête rouge, les yeux noirs | moedris ou Petit-chêne.
|
| & les pieds blancs est le ma- | TEVOS. Matière de
|
| gistère. Quelques Philoso- | l'oeuvre poussée au blanc.
|
| phes paraissent avoir voulu | THABRITIS. Jupiter
|
| expliquer cette tête rouge | des Philosophes.
|
| de la matière même de la- | THALIE. Ce nom a été
|
| quelle on fait le magistère, | donné à l'une des Grâces, à
|
| sur ce que d'autres ont dit | la Nymphe mère des Dieux
|
| qu'il faut extraire le mercure | Palices, & à une des neuf
|
| du serviteur rouge, & que | Muses.
|
| l'usage est d'appeler tête le | THAMAR. Fruit du pal-
|
| commencement d'une cho- | mier. Blanchard.
|
| se; alors il faudrait dire qu'A- | THAUMAS. Père d'Iris,
|
| vicenne n'aurait eu en vue | messagère de Junon.
|
| que l'oeuvre au blanc. | THAUT. V. Thot.
|
| TETHYS, fille du Ciel | THE'JA ou THE'A,
|
| & de Vesta soeur de Saturne, | mère du Soleil & de la Lu-
|
| femme de Neptune, mère | ne, ne signifie que la matière
|
| de toutes les Nymphes & | de laquelle on fait le soufre
|
| des fleuves, suivant Hésio- | blanc ou le soufre rouge des
|
| de. D'autres la disent fille du | Philosophes. V. Latone.
|
@
| TH | TH 491
|
| |
|
| THELESPHORE. Un | THERION MINERAL.
|
| des Dieux de la Médecine, | THERMANTICUM.
|
| fils d'Esculape, & frère de | Médicament qui échauffe.
|
| Panacée, de Jaso & d'Hi- | THERME. Bain. Les
|
| gyea. V. Esculape. | Philosophes ont donné le
|
| THELIMA. Pierre au | nom de Therme à leur eau
|
| rouge parfait. | mercurielle, parce qu'ils di-
|
| THELYPTERIS. Fou- | sent qu'elle est le bain où se
|
| gère. | baignent leur Roi & leur
|
| THEMIANTHUS. Or. | Reine.
|
| THEODAMAS, père | THERMOMETRE
|
| d'Hylas, fut vaincu par Her- | PHILOSOPHIQUE. Cha-
|
| cule, qui emmena son fils. | leur naturelle des mixtes.
|
| V. Hylas. | THE'SE'E, fils d'Egée &
|
| THERENIABIN. Voy. | d'Ethra, eut le bonheur de
|
| Tereniabin. | se préserver du poison que
|
| THE'RIAQUE. (Science | Médée sa belle-mère voulut
|
| Herm.) Quelques Philoso- | lui faire prendre. Les Athé-
|
| phes ont donné ce nom au | niens obligés par traité fait
|
| corps fixe du magistère, par | avec Minos, Roi de Crète,
|
| opposition au nom de Venin | de lui envoyer tous les ans
|
| que d'autres ont donné à ce | sept jeunes Athéniens pour
|
| même corps; parce que s'il | combattre le Minotaure en-
|
| n'est pas uni au mercure vo- | fermé dans le labyrinthe,
|
| latil à l'heure propre de la | décidaient par le sort quels
|
| naissance de l'eau mercuriel- | seraient les sept qu'on en-
|
| le, ce corps gâte tout l'oeu- | verrait. Le sort tomba sur
|
| vre, & que s'il y est joint à | Thésée. Avant que de partir
|
| propos, il le parfait. Mais le | Egée lui recommanda de
|
| sens le plus usité dans lequel | mettre des voiles blanches
|
| il faut prendre le terme de | à son retour, en cas qu'il
|
| Thériaque, est que les Phi- | revint victorieux, au lieu des
|
| losophes ont ainsi nommé | voiles noires que l'on mettait
|
| leur magistère parfait, parce | en partant. Thésée le pro-
|
| qu'il est le remède le plus | mit, s'embarqua, & aborda
|
| excellent de la Nature & de | dans l'île de Crète. Il y ga-
|
| l'Art, pour guérir tant les | gna les bonnes grâces d'A-
|
| venins que les autres mala- | riadne, fille de Minos. Elle
|
| dies du corps humain & des | demanda à Dédale le moyen
|
| métaux. | de sortir du labyrinthe, & il
|
@
| 492 TH | TH
|
| |
|
| lui donna un peloton de fil, | Reine Hippolite, qu'il épou-
|
| qu'elle remit à Thésée. Muni | sa & en eut un fils du même
|
| de ce peloton, Thésée entra | nom; prit le parti des Lapi-
|
| dans le labyrinthe, combat- | thes contre les Centaures,
|
| tit le Minotaure & le tua. Il | & descendit enfin aux En-
|
| avait défilé son peloton dès | fers avec Pyrithoüs pour en-
|
| l'entrée, & n'eut que la peine | lever Proserpine. Hercule,
|
| de suivre son fil & de refaire | son ami, y étant aussi allé
|
| son peloton pour en sortir. | pour prendre Cerbère, y
|
| Ariadne charmée de le re- | trouva Thésée & le ramena
|
| voir, consentit à partir avec | dans le séjour des vivants.
|
| lui, & Thésée l'emmena. Il | Quelques-uns mettent Thé-
|
| l'abandonna ensuite dans l'î- | sée au nombre des Argo-
|
| le de Naxo. V. Ariadne. | nautes. Les uns disent qu'il
|
| Egée voyant approcher le | fut tué par Lycomede, d'au-
|
| temps du retour du vaisseau | tres qu'il mourut d'une chute.
|
| qui avait transporté les sept | Thésée représente le mer-
|
| Athéniens à Crête, avait été | cure des Philosophes, ap-
|
| l'attendre sur le bord de la | pelé pour cette raison le bon
|
| mer. Thésée avait oublié de | ami d'Hercule, symbole de
|
| changer ses voiles, suivant la | l'Artiste. Toutes les expédi-
|
| promesse qu'il en avait faite | tions qu'on lui attribue sont
|
| à son père. Egée les voyant | les effets du mercure pen-
|
| noires, crut son fils péri, & | dant le cours des opérations
|
| de désespoir se jeta dans la | requises pour la perfection
|
| mer. | de l'oeuvre. Il fallait par con-
|
| Thésée se proposa Her- | séquent le mettre au nombre
|
| cule pour modèle, & lia une | des Argonautes, & même
|
| étroite amitié avec ce Héros. | des principaux. Il mourut en
|
| Il brava, comme lui, toutes | effet par les mains de Lyco-
|
| sortes de dangers, & eut part | mede, & perdit aussi la vie
|
| à beaucoup de ses exploits. | par une chute, mais dans
|
| Il tua d'abord le taureau de | deux circonstances différen-
|
| Gete dans la plaine de Ma- | tes de l'oeuvre. La première
|
| rathon, défit un sanglier fu- | est celle de la dissolution,
|
| rieux qui ravageait les cam- | appelée Mort, Tombeau,
|
| pagnes, purgea le pays d'u- | Sépulcre. La seconde est
|
| ne infinité de voleurs & de | celle de la fixation; parce
|
| brigands, fit la guerre aux | que la volatilisation étant
|
| Amazones, emmena leur | nommée Vie, la fixation qui
|
@
| TH | TH 493
|
| |
|
| marque le repos, est aussi | approcha pas, parce qu'il
|
| appelée Mort. Voyez les | avait appris que si elle voyait
|
| Fables Egypt. & Grecques | un Dieu, le fils qui en naî-
|
| dévoilées, liv. 3. chap. 14. | trait serait plus vaillant &
|
| §. 5. & le liv. 5. ch. 22. | plus puissant que son père.
|
| THESMOPHORE. Sur- | Jupiter la maria en consé-
|
| nom de Cérès. | quence à Pélée, & invita
|
| THESPIADES. Surnom | toute la Cour céleste aux
|
| des Muses. | noces qui s'en firent. La Dis-
|
| THESPIUS, fils | corde seule n'y fut point ap-
|
| d'Erichteus Roi d'Athènes, | pelée, & la ruine de l'Em-
|
| avait cinquante filles, dont | pire Troyen fut une suite de
|
| Hercule encore enfant jouit | sa vengeance, comme on
|
| en une seule nuit, & en eut | peut le voir dans les articles
|
| cinquante fils. Les Alchi- | de Pâris & d'Achille, &
|
| mistes entendent par Thes- | plus au long dans le 6e livre
|
| pius la matière crue & indi- | des Fables Egypt. & Grecq.
|
| geste des Philosophes, dont | dévoilées.
|
| cinquante parties, regardées | THIMI VENETIANI.
|
| comme ses filles, mêlées | Absinthe.
|
| dans le vase avec une seule | THION. Soufre des Phi-
|
| partie de mercure philoso- | losophes au rouge.
|
| phique préparé, produisent | THISMA. Filon de
|
| chacune un mâle, c'est-à-* | mine.
|
| dire, acquièrent par l'opéra- | THITA. Magistère des
|
| tion du mercure sur elles, | Sages dans sa fixation en
|
| une vertu multiplicative ca- | couleur de pourpre.
|
| pable de perfectionner cha- | THOARCH. Voyez
|
| cune un égal poids d'autre | Thion.
|
| matière. Ceci regarde la | THOAS, fils d'Ariadne
|
| multiplication de la pierre | & de Bacchus, devint Roi
|
| philosophale. | de l'île de Lemnos, & eut
|
| THESPROTIE. Con- | pour fille Hypsiphile. Les
|
| trée de l'Epire, que les My- | femmes de cette île ayant
|
| thologues ont quelquefois | conspiré ensemble pour en
|
| prise pour les Enfers. | faire périr tous les hommes,
|
| THETIS ou THETYS, | parce qu'elles s'en voyaient
|
| fille de Nérée Dieu marin, | méprisées, Hypsiphile fut la
|
| & de Doris. Jupiter l'aima | seule qui n'exécuta pas cet
|
| passionnément; mais il n'en | affreux projet: elle sauva son
|
@
| 494 TH | TI
|
| |
|
| père. Voyez Hypsiphile, | tiquement la matière de l'oeu-
|
| & le second liv. chap. 1. des | vre.
|
| Fables Egyptiennes & Grec- | TIERCELET. Com-
|
| ques dévoilées. | position chimique des Char-
|
| THON. Médecin Egyp- | latans qui se disent savants
|
| tien, dont l'épouse nommée | dans l'Art hermétique, avec
|
| Polydamna, fit présent à | laquelle ils dupent ceux qui
|
| Hélène d'un remède en- | sont assez crédules pour leur
|
| tr'autres qui avait la propriété | confier leur bourse.
|
| de faire oublier toute espèce | TIFACUM ou TIFA-
|
| de chagrin. Homère, Odys- | COUM. Mercure des Phi-
|
| sée, liv. 4. | losophes.
|
| THOT ou THAUT | TIFARUM, \ Soufre
|
| Dieu des Egyptiens, n'est | TIFASUM, > herméti-*
|
| autre que Mercure, ou Her- | TIFATUM, / que.
|
| mès, c'est-à-dire le mercure | TIFFAROM. Argent-*
|
| des Philosophes Herméti- | vif.
|
| ques. Un Philosophe du mê- | TIFFATAM, ou TIM-
|
| me nom prit le surnom de | PABAR. Soufre vif.
|
| Trismégiste, & inventa tou- | TIN. Soufre.
|
| tes les Fables Egyptiennes, | TINCAR ou TINC-
|
| desquelles furent imitées | KAR. Mercure des Sages
|
| toutes les anciennes fictions | cuit & digéré au blanc;
|
| des Grecs. Voyez Hermès, | Tinckar signifie aussi du bo-
|
| Mercure. | rax & du vert-de-gris.
|
| THYESTE, fils de Pé- | TINGENT. Propriété
|
| lops & d'Hippodamie, père | requise à la pierre des Phi-
|
| d'Egiste, & frère d'Atrée. | losophes, ou à leur poudre
|
| Voyez Atrée, Oreste, | de projection. Elle doit être
|
| Egiste. | tingente, c'est-à-dire propre
|
| THYONE'. Nom de | à donner aux métaux im-
|
| Sémelé, lorsqu'elle fut mise | parfaits la couleur & la tein-
|
| au nombre des Déesses. | ture fixe & permanente de
|
| THYRSE. Espèce d'ar- | l'or ou de l'argent, suivant
|
| mure que portaient Bacchus | le degré de perfection au-
|
| & les Bacchantes. | quel on l'a poussée.
|
| TICALIBAR. Ecume | TIRESIAS, Devin
|
| de mer. C'est l'écume de la | célèbre, fils d'Evore & de
|
| mer rouge, dont parle Fla- | Cariclo. Hésiode raconte
|
| mel, pour indiquer énigma-* | que Tirésias avait changé de
|
@
| TI | TI 495
|
| |
|
| sexe pour avoir tué un ser- | survient pour avoir vu Diane
|
| pent femelle qui venait de | nue dans le bain, est la cou-
|
| s'accoupler sur le Mont Cyl- | leur noire qui survient à la
|
| lene, ou le Mont de Mer- | matière en putréfaction dans
|
| cure, parce que ce Dieu y | le second oeuvre; car c'est
|
| était venu au monde. Le | le même aveuglement que
|
| même Auteur ajoute qu'il | celui de Phinée, dont voyez
|
| redevint homme au bout de | l'article. L'un & l'autre pré-
|
| sept ans, après avoir frappé | disaient l'avenir, parce que
|
| de sa baguette un serpent | la couleur noire est la pre-
|
| mâle qui sortait aussi de l'ac- | mière couleur & le premier
|
| couplement. Tirésias devint | signe démonstratif de l'oeu-
|
| ensuite aveugle, pour avoir | vre, qui annonce qu'on a
|
| regardé Diane nue dans le | bien opéré, qu'on est dans
|
| bain, d'autres disent parce | la véritable voie qui conduit
|
| qu'il avait décidé pour le | à la perfection de l'oeuvre,
|
| sentiment de Jupiter contre | & en prédit l'heureux suc-
|
| Junon, qui étaient en diffé- | cès. Il n'était pas possible
|
| rend pour savoir qui de | que Tirésias ne vît Diane
|
| l'homme ou de la femme | nue dans le bain, puisqu'il
|
| trouvait plus de plaisir dans | est lui-même ce bain. Heu-
|
| le mariage. Jupiter, pour | reux & mille fois heureux,
|
| le dédommager de la perte | dit un Philosophe, celui qui
|
| de ses yeux corporels, lui | a vu Diane nue dans le bain;
|
| donna la connaissance du | c'est-à-dire, qui est parvenu
|
| présent & de l'avenir. | à donner par la cuisson, la
|
| Tirésias ne signifie autre | couleur blanche à la matière
|
| chose que la matière de l'oeu- | renfermée dans le vase. Voy.
|
| vre changée en eau mercu- | Diane. Lorsque Homère
|
| rielle, que les Philosophes | dit qu'Ulysse invoqua l'om-
|
| appellent leur femelle; ce | bre de Tirésias, c'est que
|
| qui se fait après l'union de | l'Odyssée n'est qu'une des-
|
| deux serpents, tels que ceux | cription des erreurs des mau-
|
| du caducée de Mercure. Il | vais Artistes, qui prennent
|
| faut sept opérations de l'oeu- | l'ombre pour la réalité, mal-
|
| vre, pour de cette eau mer- | gré les bonnes instructions
|
| curielle faire le soufre ap- | que leur donnent les Philo-
|
| pelé mâle; c'est Tirésias | sophes dans leurs livres, tel-
|
| qui reprend sa première for- | les que celles de Circé à
|
| me. L'aveuglement qui lui | Ulysse, aussi lui disait-elle
|
@
| 496 TI | TI
|
| |
|
| de sacrifier un bélier noir à | TITAN, fils du Ciel
|
| Tirésias en particulier, & | & de la Terre, ou de Vesta,
|
| une bonne vache à tous les | & frère aîné de Saturne,
|
| autres en général. La vache | céda à celui-ci son droit sur
|
| ou le taureau, & le bélier, | l'Empire, à condition qu'il
|
| sont précisément les deux ani- | n'élèverait aucun des enfants
|
| maux hiéroglyphiques des | mâles que lui donnerait Ops
|
| ingrédients qui doivent com- | ou Rhée sa soeur & son épou-
|
| poser l'oeuvre, & le bélier | se, afin que la Couronne
|
| est en particulier le symbole | revînt à ses enfants. Titan
|
| du mercure, comme le tau- | ayant appris que Rhée avait
|
| reau l'était d'Osiris, sous les | soustrait Jupiter à la dent
|
| noms d'Apis & de Sérapis. | meurtrière de Saturne, il lui
|
| Il serait trop long de déduire | déclara la guerre, & le garda
|
| ici toutes ces instructions; il | en prison jusqu'à ce que Ju-
|
| suffira de dire que Circé re- | piter devenu grand, l'en re-
|
| commanda particulièrement | tira, & défit entièrement
|
| à Ulysse de ne point abor- | Titan & ses fils. Voyez Ju-
|
| der dans l'Ile du Soleil avant | piter, Saturne, & les
|
| que d'avoir descendu aux | Fables Egyptiennes & Grec-
|
| Enfers, le ténébreux séjour | ques dévoilées, Liv. 3. ch.
|
| de Pluton; ce qui revient | 3. & 4.
|
| parfaitement à ce que disent | TITANOS. Plâtre
|
| les Philosophes, que celui | brûlé.
|
| qui ne voit pas la couleur | TITAR. Borax.
|
| noire survenir la première à | TITE'E, femme d'U-
|
| la matière dans le vase, doit | ranus ou du Ciel, devint
|
| croire qu'il est dans l'erreur, | mère des Titans. C'est pro-
|
| qu'il a trop poussé le feu, & | prement la terre philosophi-
|
| brûlé les fleurs du compôt; | que, réduite en boue par la
|
| ce qui est indiqué plus spé- | dissolution. Voyez Terre.
|
| cialement par la couleur rou- | TITHON, fils de Lao-
|
| ge, livrée du soleil philoso- | médon Roi de Troie, était
|
| phique. | d'une beauté si parfaite,
|
| TIRFIAT ou TIRSIAT. | qu'Aurore en devint amou-
|
| Sel armoniac. | reuse, l'enleva, & en eut
|
| TISIPHONE. Une des | un fils nommé Memnon,
|
| trois Furies infernales. Voy. | qui amena des troupes au
|
| Furies. | secours de Priam, pendant
|
| TITAIA. Voy. Titée. | que les Grecs faisaient le siè-
|
| | ge
|
@
| TI | TM 497
|
| |
|
| ge de la ville de Troie, ca- | Théogene, était passionné
|
| pitale de son Royaume. V. | pour la chasse. Pendant qu'il
|
| Memnon. | était dans cet exercice, il
|
| TITHYE, fils de Ju- | aperçut une des compagnes
|
| piter & de la Nymphe Ela- | de Diane, qui se nommait
|
| re, devint un Géant d'une | Arriphé. La grande beauté
|
| prodigieuse grandeur. Jupi- | de cette Nymphe fit impres-
|
| ter pour soustraire sa mère | sion sur le coeur de Tmole;
|
| enceinte de lui, aux pour- | il en devint amoureux, &
|
| suites de la jalouse Junon, | ne tarda pas à lui faire con-
|
| la cacha dans la terre, dans | naître sa passion. Arriphé
|
| les entrailles de laquelle elle | pour ne pas tomber entre les
|
| mit au monde Tithye. Elle | mains de Tmole, prit le parti
|
| périt dans l'enfantement, & | de se sauver dans le Temple
|
| la Terre prit soin du nouveau | de Diane, où Tmole la sui-
|
| né. Devenu grand, il eut la | vit, & lui fit violence. Arri-
|
| témérité d'attenter à l'hon- | phé ne pouvant survivre à
|
| neur de Latone. Apollon & | cet affront, se donna la
|
| Diane ses enfants vengèrent | mort.
|
| l'affront qu'il avait voulu | Apollon ayant accepté le
|
| faire à leur mère, & le fi- | défi de Pan, qui croyait
|
| rent mourir à coups de flè- | mieux jouer de la flûte qu'A-
|
| ches, & précipiter aux En- | pollon de sa lyre, Tmole &
|
| fers, où il fut condamné à | Midas furent choisis pour ju-
|
| être sans cesse dévoré par un | ges: Tmole décida pour
|
| vautour. La masse de son | Apollon, & Midas adjugea
|
| corps était si énorme, qu'é- | la victoire à Pan. Les Dieux
|
| tant couché il couvrait en- | vengèrent ensuite sur Tmole
|
| viron neuf arpents de terre. | l'insulte faite à Arriphé; ils
|
| TLEPOLEME, fils | suscitèrent un taureau, qui
|
| d'Hercule & d'Astioché, se | enleva Tmole, le jeta sur
|
| joignit aux Grecs contre les | des pieux, dont les pointes
|
| Troyens. Il mena neuf vais- | le firent expirer dans les dou-
|
| seaux avec lui, & périt de | leurs les plus cuisantes. Il
|
| la main de Sarpédon pen- | fut enterré sur la montagne
|
| dant le siège d'Ilium. | qui depuis porta son nom.
|
| TMETICUM. Médica- | De cette montagne sortait
|
| ment atténuant. | le fleuve Pactole, dont les
|
| TMOLE, fils du Dieu | eaux roulaient des paillettes
|
| Mars & de la Nymphe | d'or, depuis que Midas, en
|
| | I i
|
@
| 498 TO | TO
|
| |
|
| s'y baignant, y laissa la fu- | verselle, de laquelle Médée
|
| neste propriété qu'il avait | fit usage pour rajeunir Eson,
|
| reçu de Bacchus, de chan- | père de Jason son amant.
|
| ger en or tout ce qu'il tou- | TOMBEAU. Les Phi-
|
| cherait. Voyez les Fables | losophes ont souvent em-
|
| Egyptiennes & Grecques | ployé les tombeaux pour
|
| dévoilées, Liv. 2. ch. 5. & | former des allégories sur la
|
| Liv. 3. ch. 12. | putréfaction de la matière
|
| TOISON D'OR. La | de l'oeuvre. Ils ont dit en
|
| Fable raconte que Jason avec | conséquence, qu'il fallait
|
| les Argonautes s'exposèrent | prendre la terre des tom-
|
| à une infinité de dangers, | beaux, qu'il faut mettre le
|
| pour se mettre en possession | Roi au tombeau, pour le ré-
|
| d'une Toison d'or que Phri- | duire en cendres, & le faire
|
| xus consacra à Mercure, & | ressusciter. Flamel & Basile
|
| qu'il suspendit dans la forêt | Valentin y ont fait allusion
|
| de Mars, près de la ville de | plus d'une fois. Ils ont aussi
|
| Colchos, où Aetes fils du | pris le tombeau pour le vase.
|
| Soleil, régnait. Médée, fille | Voyez Sépulcre.
|
| de ce Roi, favorisa Jason | TOPAZE. Pierre pré-
|
| dans son entreprise, & lui | cieuse de couleur jaune do-
|
| enseigna les moyens de sur- | ré; ce qui a fait donner le
|
| monter tous les obstacles qui | nom de topaze à la matière
|
| s'opposaient à l'exécution de | de l'oeuvre hermétique par-
|
| son dessein. Comme toute | venue à la couleur safranée
|
| cette Fable est expliquée très | TOPHUS. Matière
|
| au long dans le chapitre pre- | gypseuse & blanche, ressem-
|
| mier du second Livre des | blante à la chaux éteinte, &
|
| Fables Egypt. & Grecques | qui se forme particulière-
|
| dévoilées, j'y renvoie le | ment dans les jointures des
|
| Lecteur. Je dirai seulement | os du corps de ceux qui sont
|
| que cette toison est le sym- | sujets à de violentes attaques
|
| bole de la matière du grand | de goutte.
|
| oeuvre; les travaux de Jason | TOPIQUE. Médica-
|
| sont une allégorie des opé- | ment appliqué sur la peau,
|
| rations & des signes requis | tel que les emplâtres.
|
| pour arriver à sa perfection, | TORDYLIUM. Seseli
|
| & que la Toison d'or con- | de Crète.
|
| quise est la poudre de pro- | TORI. Loupe, excrois-
|
| jection, & la médecine uni-* | sance contre nature, qui
|
@
| TO | TO 499
|
| |
|
| survient aux plantes & aux | me garderai bien de mépri-
|
| arbres. | ser un signe, un symbole si
|
| TORREFACTION. | utile pour moi. Je te salue,
|
| Voyez Digestion. | aimable nature, tu es pour
|
| TORTUE. Les Philo- | moi d'un si heureux présage.
|
| sophes Hermétiques ont em- | Comment, étant de la race
|
| ployé la tortue pour sym- | des coquillages, vis-tu sur
|
| bole de la matière de l'Art, | ces montagnes? Je te por-
|
| parce qu'elle est cachée sous | terai chez moi, & tu m'y
|
| une écaille fort dure, dont | seras très nécessaire. Il vaut
|
| il faut la tirer pour en faire | mieux que je fasse quelque
|
| usage. Un d'entr'eux a fait | chose de bon de toi, que si
|
| représenter Basile Valentin | tu restais dehors pour nuire
|
| faisant une sauce avec du jus | à quelqu'un, car tu es par
|
| de raisin sur une tortue, pour | toi-même un poison très
|
| signifier la manière d'extraire | dangereux pendant que tu
|
| le mercure des Sages de sa | vis, & tu deviendras quel-
|
| mine, & leur grain aurifique | que chose de bon après ta
|
| qui doit animer ce mercure. | mort.
|
| C'est pour cela que la Fable | Mercure emporta donc la
|
| attribue à ce Dieu ailé l'in- | tortue chez lui; & après l'a-
|
| vention de l'instrument de | voir fait périr par le fer, il
|
| Musique appelé Tortue. La | chercha dans son esprit com-
|
| manière dont Mercure s'y | ment il la mettrait en usage,
|
| prit, l'endroit où il trouva | puisqu'avec elle il devait
|
| cet animal, & les choses qu'il | avoir des richesses infinies.
|
| y employa, sont très remar- | Il couvrit l'écaille avec du
|
| quables. Mercure, dit Ho- | cuir de boeuf, après avoir
|
| mère (Hymne en l'honneur | étendu & attaché la peau de
|
| de ce Dieu) Mercure cher- | la tortue avec des roseaux;
|
| chait les boeufs d'Apollon; | il y ajusta sept cordes faites
|
| en passant sur le bord es- | de boyaux de brebis. Il trou-
|
| carpé d'un antre, il y trouva | va ensuite le moyen de vo-
|
| une tortue, qui lui procura | ler les boeufs des Dieux, &
|
| des richesses infinies. Elle | les emmena en les faisant
|
| mangeait de l'herbe, & mar- | marcher à reculons, afin
|
| chait très lentement. Mer- | qu'on ne pût savoir le che-
|
| cure, ce fils très utile de Ju- | min qu'il avait pris.
|
| piter, ne put contenir sa | Le mal que Mercure dit
|
| joie en la voyant, & dit: je | de la tortue avant qu'elle soit
|
| | I i ij
|
@
| 500 TO | TO
|
| |
|
| morte & préparée, & l'uti- | TOUR. Quelques Phi-
|
| lité dont elle doit être après | losophes ont donné le nom
|
| sa préparation, s'accordent | de Tour à leur fourneau. La
|
| très bien avec ce que disent | Fable dit que Danaé fut en-
|
| les Philosophes de leur ma- | fermée par son père Acrise
|
| tière. Elle est un des grands | dans une tour d'airain, pour
|
| poisons avant sa préparation, | la soustraire aux poursuites
|
| & le plus excellent remède | de ceux qui la recherche-
|
| après qu'elle est préparée, | raient en mariage, parce
|
| dit Morien. Avec elle Mer- | qu'il avait appris de l'Oracle
|
| cure se procura des richesses | que l'enfant qui naîtrait de
|
| infinies, telles que sont celles | sa fille, le ferait périr. Jupi-
|
| que donne la pierre philoso- | ter se changea en pluie d'or,
|
| phale. Le cuir de boeuf & | & s'étant glissé par le toit
|
| les intestins de brebis ne sont-* | dans la tour, obtint les fa-
|
| ils pas les matières desquelles | veurs de Danaé, qui en con-
|
| se tire le mercure des Philo- | çut Persée. Voyez Danaé.
|
| sophes, puisque le Cosmo- | Tour DIAPHANE. Vase
|
| polite dit qu'il se tire des | de verre dans lequel on ren-
|
| rayons du Soleil & de la | ferme la matière, pour faire
|
| Lune, au moyen de l'aimant | l'oeuvre.
|
| des Sages, qui se trouve dans | TOURNER en rond.
|
| le ventre d'Aries. Avec ce | C'est faire circuler la matière
|
| mercure il est aisé de voler | dans le vase.
|
| les boeufs du Soleil. Plusieurs | TOUTES CHOSES.
|
| Philosophes Orientaux di- | Nom que Basile Valentin a
|
| saient que la tortue portait | donné à l'oeuvre de la pierre
|
| le signe caractéristique de Sa- | des Sages. Elle apporte, dit-*
|
| turne; & si peu qu'on ait lu | il, aux hommes divins toute
|
| les livres des Chimistes her- | sagesse & tout bonheur, &
|
| métiques, il n'est point de | de son propre nom on l'ap-
|
| Lecteur qui n'en conclue | pelle Toutes choses. Or ce-
|
| qu'il faut prendre une ma- | lui qui sera curieux de sa-
|
| tière de race de Saturne, | voir ce que c'est que toutes
|
| pour première matière de | choses dans toutes choses,
|
| l'oeuvre. | qu'il fasse à la terre de gran-
|
| TORUSCULA. Ré- | des ailes, & la presse telle-
|
| sine. | ment qu'elle monte en haut,
|
| TOSARTHRUS. Voy. | & vole par dessus toutes les
|
| Esculape. | montagnes, jusqu'au firma-
|
@
| TR | TR 501
|
| |
|
| ment, & alors qu'il lui cou- | d'être tant intérieure qu'ex-
|
| pe les ailes à force de feu, | térieure: une autre couleur,
|
| afin qu'elle tombe dans la | une autre vertu, une autre
|
| mer rouge, & s'y noie. En- | propriété, comme lorsque le
|
| suite qu'il fasse calciner la | métal est devenu verre par
|
| mer, & dessèche ses eaux | la force du feu, le bois char-
|
| par feu & par air, afin que | bon, l'argile brique, la peau
|
| la terre renaisse; alors en vé- | colle, le linge papier, &c.
|
| rité il aura toutes choses dans | Toute transmutation se fait
|
| toutes choses. | par degrés; on en compte
|
| TOXICUM. Poison, | communément sept, & les
|
| venin. C'est un des noms | autres que les Chimistes y
|
| donnés à la matière du grand | ont ajoutés, se réduisent à
|
| oeuvre, parce qu'en effet elle | ces sept, qui sont la calcina-
|
| est un poison très dangereux | tion, sublimation, solution,
|
| avant sa préparation, & de- | putréfaction, distillation,
|
| vient un remède à tous les | coagulation & teinture. Pa-
|
| maux après qu'elle est pré- | racelse. Ceux qui nient la
|
| parée. Ils ont aussi appelé | transmutation métallique, &
|
| toxicum leur eau mercurielle, | qui la regardent même com-
|
| parce qu'elle dissout les mé- | me impossible, sont ou de
|
| taux philosophiques, & les | mauvais Physiciens, ou ne
|
| réduit à leur première ma- | font guères attention à ce
|
| tière, ce qu'ils appellent tuer, | que la nature opère à chaque
|
| mettre au tombeau. | instant sous leurs yeux, &
|
| TRACHILIUM. Gan- | dans eux-mêmes. La nature
|
| telée. | trouvera-t-elle donc plus
|
| TRACHSAR. Métal | d'impossibilité à faire de l'ar-
|
| encore dans sa mine. | gent ou de l'or avec une ma-
|
| TRAGIUM. Fraxi- | tière qui était auparavant
|
| nelle. | plomb ou mercure, qu'elle
|
| TRAGOCEROS. | en trouvera à former le fro-
|
| Aloès. | ment, une rose, un fruit,
|
| TRANSMUTATION. | avec une matière qui aupa-
|
| (Phys.) Changement ou | ravant était foin, herbe, ou
|
| altération de la forme des | simplement eau de pluie?
|
| corps, de manière qu'elle ne | ou à former des os, des mus-
|
| ressemble plus à celle qu'il | cles, des nerfs dans un ani-
|
| avait auparavant, & qu'il ait | mal, avec une matière qui
|
| acquis une autre manière | avant d'être telle, avait été
|
| | Ii iij
|
@
| 502 TR | TR
|
| |
|
| froment, raisin, herbe, ou | vent de la matière au haut
|
| autre aliment. | du vase, & retombent en
|
| La transmutation métalli- | gouttes sur la terre qui est au
|
| que souffre bien moins de | fond. Voyez Rosée.
|
| difficultés. Les parties des | TRANSVERSE. Qui
|
| métaux, quels qu'ils soient, | ne va pas droit. Quelques
|
| sont bien plus homogènes | Chimistes Hermétiques ont
|
| entr'elles, que ne le sont | employé ce terme dans ce
|
| celles des animaux avec cel- | sens-là, lorsqu'ils ont dit que
|
| les des végétaux. Les prin- | les mauvais Artistes, qu'ils
|
| cipes constituants des métaux | appellent trompeurs, sophis-
|
| étant les mêmes dans tous, | tiqueurs, ne sont pas dans la
|
| il ne s'agit pour faire de l'or | vraie voie des Sages; que les
|
| avec du plomb, que de lier | leurs sont transverses, c'est-*
|
| les parties principes du | à-dire erronées, & ils expri-
|
| plomb avec le même lien | ment ainsi pour marquer la
|
| qui unit celles de l'or, en | différence de celle qu'ils sui-
|
| séparant les impures. Ce lien | vent dans les opérations de
|
| existe; la nature aidée de | l'oeuvre, & qu'ils appellent
|
| l'art, le manifeste, & l'on | pour cela linéaire, droite.
|
| ne doit pas juger que la | TRAUMATICA. Vul-
|
| transmutation des métaux | néraires.
|
| imparfaits en or est impossi- | TREIZIE'ME. Soufre
|
| ble ou ignorée, parce que | des Sages, au rouge.
|
| des faux Chimistes ne font | TRE'PIED. Cercle
|
| que des transmutations so- | posé sur trois pieds pour sou-
|
| phistiques. La Métempsy- | tenir quelque vase. Les Phi-
|
| cose des anciens Philosophes | losophes Hermétiques disent
|
| n'était autre que les transmu- | qu'il faut poser sur un trépied
|
| tations de la nature, prises | le vase qui contient la ma-
|
| dans leur vrai sens physique. | tière de l'oeuvre, afin qu'il
|
| TRANSUDATION. | soit à une distance de la cha-
|
| Terme de Chimie, qui se | leur & de la flamme, suffi-
|
| dit des eaux ou esprits, quand | sante pour la ressentir sans
|
| dans la distillation ils tom- | en être frappé. On prend
|
| bent gouttes à gouttes dans | communément ces expres-
|
| le récipient. Les Philosophes | sions dans le sens littéral;
|
| y ont fait allusion, en em- | mais a-t-on raison? ne serait-*
|
| ployant ce terme pour ex- | ce pas une allégorie prise
|
| primer les vapeurs qui s'élè-* | des trois principes qui com-
|
@
| TR | TR 503
|
| |
|
| posent la matière de l'oeuvre, | fices. Ils se sont contentés
|
| comme de trois pieds, sur | de dire qu'ils servaient sans
|
| lesquels ces trois principes | doute quelquefois à soutenir
|
| réduits en un seul tout, for- | des vases sacrés. Il y avait
|
| ment le cercle qui y est ap- | même des trépieds votifs,
|
| puyé? On a droit de le con- | que des Princes ou des par-
|
| clure, de ce que plusieurs | ticuliers consacraient dans
|
| Philosophes appellent ce tré- | les temples d'Apollon. Hé-
|
| pied, notre trépied, trépied | rodote parle dans son livre
|
| mystérieux. Un d'entr'eux | 9. d'un trépied d'or, que les
|
| semble même vouloir l'ex- | Grecs victorieux des Per-
|
| pliquer, lorsqu'il dit: nos | ses envoyèrent à Delphes:
|
| trois principes, soufre, sel | » Avant que de faire le par-
|
| & mercure, sont la base de | » tage des dépouilles des en-
|
| notre oeuvre, sur laquelle elle | » nemis, dit cet Auteur, les
|
| est appuyée comme sur un | » Grecs séquestrèrent l'ar-
|
| trépied. | » gent & l'or, en prirent un
|
| Jason avant de partir pour | » dixième pour le Dieu qu'on
|
| la conquête de la toison d'or, | » révérait à Delphes, & ils
|
| se munit d'un trépied, dont | » en firent un trépied d'or,
|
| il fit présent à un Triton qui | » qu'ils lui consacrèrent, &
|
| s'apparut à lui lorsqu'il se | » qu'on voit encore sur un
|
| trouva engagé dans le Lac | » serpent d'airain à trois tê-
|
| Tritonide. Ce Triton dé- | » tes. Il paraît par ces der-
|
| posa le trépied dans un tem- | nières paroles, que ce tré-
|
| ple. J'ai expliqué ce que | pied d'or était soutenu sur
|
| pouvait être ce trépied dans | un autre espèce de trépied,
|
| le chap. premier du second | formé par ces trois têtes de
|
| livre des Fables Egypt. & | serpent. Pausanias dit aussi
|
| Grecques dévoilées. | (in Phoc.) que ce même
|
| Il est à propos de remar- | trépied était soutenu par un
|
| quer ici que l'on voyait peu | dragon d'airain. Pouvait-on
|
| de temples où il n'y eût un | mieux indiquer les trois prin-
|
| trépied, sur tout dans ceux | cipes qui sont la base de l'or,
|
| d'Apollon. Les Mytholo- | ou de l'Apollon philosophi-
|
| gues n'en voyant pas préci- | que, à qui on les consa-
|
| sément l'usage, ont eu rai- | crait?
|
| son de ne pas les mettre au | On trouve une quantité
|
| nombre des instruments dont | de ces trépieds antiques dans
|
| on se servait dans les sacri-* | les cabinets des Curieux; on
|
| | Ii iv
|
@
| 504 TR | TR
|
| |
|
| en voit de toutes sortes de | quiétudes & des chagrins.
|
| figures, & même d'assez sin- | D'Espagnet dit que celui qui
|
| guliers, la plupart sont d'ai- | a trouvé le soufre rouge, leur
|
| rain ou de bronze. L'affec- | minière de feu céleste, a en
|
| tation de donner aux pieds | sa possession un trésor inesti-
|
| la forme de serpents, semble | mable, qu'il doit conserver
|
| faire une allusion plus par- | bien précieusement.
|
| ticulièrement indicative des | TRIANGLE Philo-
|
| principes de l'oeuvre, aux- | sophique. C'est la matière
|
| quels les Philosophes don- | de l'oeuvre pendant le cours
|
| nent pour l'ordinaire les | des opérations de l'élixir.
|
| noms de serpents & de dra- | Elle est nommée Triangle,
|
| gons. Comme les Dieux | parce qu'elle est composée
|
| d'Homère étaient des Dieux | de trois principes, sel, sou-
|
| Hermétiques, il n'est pas sur- | fre, & mercure, qui ne sont
|
| prenant qu'il parle de tré- | qu'une seule matière & un
|
| pieds, qui allaient tous seuls | seul corps homogène, com-
|
| à l'assemblée des Dieux; aus- | me les trois angles d'un trian-
|
| si étaient-ils l'ouvrage de | gle ne font qu'une figure.
|
| Vulcain. | Les Sages disent que ce trian-
|
| TRE'SOR INCOMPA- | gle est triple. Le premier est
|
| RABLE. C'est la poudre | celui qui est composé des
| de projection, source de tous | trois principes susdits; le se-
| | biens, puisqu'elle procure | cond l'est d'une âme, qui est
| | des richesses infinies, & une | le soufre d'un esprit, ou le
| | vie longue, sans infirmités, | mercure, & d'un corps, qui
| | pour en jouir. Quelques Phi- | est le sel. Le troisième est
| | losophes ont appelé le ma- | fait du soleil, de la lune &
| | gistère au blanc trésor incom- | du mercure des Sages. Ce
| | parable, de même que le | triangle travaillé & préparé
| | soufre parfait au rouge. Le | philosophiquement, forme
| | premier, parce que l'Artiste | le cercle ou l'or des Sages,
| | qui a pu parvenir à pousser | dont le caractère est le cer-
| | l'oeuvre au blanc, ne peut | cle. C'est pourquoi les chi-
| | plus se tromper, & qu'il est | mistes Hermétiques disent
| | assuré de réussir. Blanchissez | que le grand oeuvre est la
| | le laton, & déchirez vos li- | quadrature du cercle.
| | vres, disent les Adeptes, | TRICALILIBAR. Ecu-
| | afin que vos coeurs ne soient | me de la mer, ou matière de
| | plus tyrannisés par des in-* | la pierre des Philosophes.
| |
@
| TR | TR 505
|
| |
|
| TRICEPS. Surnom | sophes Hermétiques disent
|
| de Mercure. Les Poètes l'ont | que ce trident est le symbole
|
| nommé Mercure à trois tê- | des trois principes de l'oeu-
|
| tes, parce qu'ils parlaient | vre, qui se trouvent réunis
|
| d'après les Philosophes Her- | dans le mercure des Sages
|
| métiques, qui disent que | dès sa naissance même. C'est
|
| Mercure est composé de trois | pour la même raison que la
|
| principes, soufre, sel, & | Fable dit aussi que ce petit
|
| mercure; ce qui forme le | Dieu ailé & voleur déroba
|
| mercure des Sages. | les outils de Vulcain, les
|
| TRICEUM. Miel sau- | flèches d'Apollon, & la cein-
|
| vage ou d'automne. | ture de Vénus. Voyez les
|
| TRICOR. Or. | Fables Egyptiennes & Grec-
|
| TRIDENT. Les My- | ques dévoilées, liv. 3. ch. 7.
|
| thologues ont été fort em- | & ch. 14. §.1.
|
| barrassés pour trouver la rai- | TRIENS. Poids de qua-
|
| son qui a fait donner le tri- | tre onces.
|
| dent à Neptune. Les uns ont | TRIETERIDES. Fêtes
|
| dit que comme il était le | en l'honneur de Bacchus.
|
| Dieu des eaux, c'était pour | Voyez les Fables Egyptien-
|
| distinguer celles de la mer, | nes & Grecques, Liv. 4.
|
| l'eau douce, & celle des | ch. 1.
|
| étangs, qui participe des | TRIGIAS. Tartre,
|
| deux autres. M. l'Abbé | fèces du vin.
|
| Banier, pour trancher court, | TRIOBOLAM. Poids
|
| a mieux aimé dire simple- | d'une demi-dragme.
|
| ment que le trident était le | TRIPATER. Matière
|
| sceptre de la plupart des | des Sages, composée de trois
|
| Rois. S'ils avaient fait atten- | principes.
|
| tion que la Fable dit que | TRIPOLIUM. Espar-
|
| Mercure encore enfant vola | goute de mer.
|
| le trident de Neptune, les | TRIPTOLEME, fils
|
| premiers auraient très mal | d'Eléusis, naquit précisé-
|
| rencontré dans leur explica- | ment dans le temps que son
|
| tion, & le second n'aurait | père reçut chez lui Cérès qui
|
| pas osé avancer la sienne, | cherchait sa fille Proserpine
|
| puisque Mercure ne naquit | enlevée par Pluton. Elle
|
| ni ne fut élevé dans les Etats | s'offrit pour être sa nourrice;
|
| que M. l'Abbé Banier assi- | Eleusis l'accepta. Cérès le
|
| gne à Neptune. Les Philo-* | nourrissait d'ambroisie pen-
|
@
| 506 TR | TR
|
| |
|
| dant le jour, & le cachait | accompagnait toujours Nep-
|
| sous le feu pendant la nuit, | tune, avec une espèce de
|
| sans que le père en eût con- | trompette formée d'une con-
|
| naissance. Eléusis voyant | que marine. Il était aussi de
|
| que son fils faisait des pro- | la suite de Vénus quand elle
|
| grès surprenants, voulut en | naquit de l'écume de la mer,
|
| découvrir la cause; il épia | & qu'elle fut portée dans
|
| Cérès, & la prie sur le fait. | l'Ile où elle fut dans la suite
|
| Cette Déesse irritée, fit mou- | si révérée. C'est à Triton
|
| rir le père; & après avoir | que Jason fit présent d'un
|
| instruit Triptoleme de tout | trépied d'airain, pour que
|
| ce qui concerne l'art de l'A- | ce Dieu marin lui indiquât
|
| griculture, elle le fit monter | les moyens de se débarrasser
|
| sur un char attelé de deux | du Lac Tritonide, dans le-
|
| dragons, & l'envoya par | quel il s'était engagé. Voyez
|
| toute la terre apprendre l'art | les Fables Egyptiennes &
|
| de la cultiver à ses habitants. | Grecques dévoilées, Liv. 2.
|
| Voyez les Fables Egypt. | ch. 1.
|
| & Grecques dévoilées, Liv. | TRITURATION.
|
| 4. ch. 2. | Action par laquelle on réduit
|
| TRISMEGISTE. Sur- | un corps en poudre.
|
| nom de Mercure ou d'Her- | TRITURATION (Science
|
| mès, qui signifie trois fois | herm.) Lorsque les Philoso-
|
| grand; parce qu'il fut grand | phes disent qu'il faut triturer
|
| Philosophe, grand Prêtre, | les corps, ils n'entendent pas
|
| & grand Roi, disent les | d'une trituration faite dans
|
| Historiens & les Mytholo- | un mortier ou sur le marbre,
|
| gues; mais bien plutôt, com- | mais d'une dissolution des
|
| me il le dit lui-même dans | parties de la matière du ma-
|
| sa Table d'émeraude, parce | gistère, qui se fait d'elle-*
|
| qu'il avait les trois parties | même dans le vase, avec
|
| de la sagesse ou Philosophie | l'aide du feu, & par la pu-
|
| du monde universel. Voyez | tréfaction. Voyez-en la rai-
|
| Hermès. | son dans l'article composé.
|
| TRITON, Dieu ma- | TRITURER. Voyez
|
| rin, fils de Neptune & d'Am- | Broyer.
|
| phitrite, ou de la Nymphe | TROILE, fils de Priam.
|
| Salacie, ou enfin, selon d'au- | Une des fatalités de Troie
|
| tres, d'Océan & de Téthis. | était que cette ville ne serait
|
| Les Poètes ont feint qu'il | point prise tant que Troïle
|
@
| TR | TR 507
|
| |
|
| serait en vie. Il eut la témé- | du temps de Laomédon. Priam
|
| rité de se mesurer avec Achil- | qui succéda à Laomédon, eut
|
| le, qui le mit à mort. Voy. | un fils nommé Pâris, qui
|
| les Fables Egypt. & Grec- | ayant été établi par les Dieux
|
| ques dévoilées, Liv. 6. ch. | arbitre du différend survenu
|
| 5. Fatal. 6. | entre Junon, Minerve &
|
| TROISIE'ME. Soufre | Vénus, à l'occasion de la
|
| des Philosophes digéré & | pomme d'or jetée par la
|
| cuit jusqu'à la couleur rouge. | Discorde sur la table du fes-
|
| On la nomme troisième, | tin des noces de Pelée & de
|
| parce que le rouge est la | Thétys, adjugea cette pom-
|
| troisième des couleurs prin- | me à Vénus, & encourut par
|
| cipales que prend la matière | là la disgrâce des deux au-
|
| de l'oeuvre pendant le cours | tres Déesses. Vénus pour
|
| des opérations. | récompense, lui procura la
|
| TRONUS & TRO- | belle Hélène, femme de
|
| NOSIA. Noms que quel- | Ménelas, que Pâris enleva.
| ques Naturalistes ont donné | Ce rapt fut la cause de la
| | à une espèce de manne qui | guerre que les Grecs firent à
| | se trouve au printemps & en | Priam, & du siège célèbre que
| | été sur les feuilles des arbres. | la ville de Troie soutint pen-
| | Elle est blanche, douce, | dant près de dix ans avant
| | gluante, & de bonne odeur; | que de le rendre. Ce siège
| | les feuilles du rosier blanc en | est une allégorie toute pure,
| | sont quelquefois toutes cou- | des opérations de l'oeuvre
| | vertes. | hermétique, comme on peut
| | TROS, Roi de Troie, | le voir par les explications
| | fils d'Erichtonius, eut pour | que nous en avons données
| | fils Ilus, Ganimede & Assa- | dans le livre sixième des Fa-
| | racus. Tros donna son nom | bles Egyptiennes & Grec-
| | à la ville de Troie, qui s'ap- | ques dévoilées. Basile Va-
| | pelait auparavant Dardanie, | lentin s'est servi de la même
| | du nom de son fondateur | allégorie dans son Traité du
| | Dardanus. Voyez le livre 6. | vitriol; il y parle d'Hector,
| | des Fables Egypt. & Grec- | d'Achille, &c.
| | ques dévoilées. | TRUNGIBIN. Manne.
| | TROYE. Ville célèbre | TUBEROSA. Hyacin-
| | de la Phrygie, fondée par | the orientale.
| | Dardanus, & bâtie par Apol- | TUER, a deux signifi-
| | lon, Vulcain & Neptune, | cations chez les Philosophes
| |
@
| 508 TU | TY
|
| |
|
| hermétiques; il se prend | TYPHON ou TY-
|
| pour dissoudre, & faire tom- | PHOEE, était fils du Tar-
|
| ber en putréfaction. C'est | tare & de la Terre, selon
|
| ainsi qu'Hercule & Thésée | Hésiode, & de Junon seule,
|
| tuaient les prétendus mons- | suivant Homère. Cette Dées-
|
| tres, & les brigands de la | se, dit ce dernier, indignée
|
| Fable. On l'entend aussi de | de ce que Jupiter avait en-
|
| la fixation du volatil, parce | fanté Minerve sans connaî-
|
| que tuer, lier & fixer, sont | tre de femme, assembla les
|
| une même chose. Flamel a | Dieux, & leur en témoigna
|
| employé le terme tuer dans | son chagrin. Elle frappa en-
|
| ces deux sens, lorsqu'il a | suite la terre de sa main; &
|
| supposé deux dragons, l'un | ayant ramassé les vapeurs
|
| ailé, c'est-à-dire la partie vo- | dangereuses & nuisibles qui
|
| latile, & l'autre sans aile, ou | s'en élevèrent, elle en don-
|
| le fixe, qui se tuent mutuel- | na l'existence à Typhon. Sa
|
| lement. Le volatil commen- | taille était si démesurée, que
|
| ce par dissoudre le fixe, & | d'une main il touchait l'O-
|
| le fixe à son tour tue le vo- | rient, & de l'autre l'Occi-
|
| latil, en le fixant avec lui. | dent; ses pieds étant ap-
|
| TUMBABA. Soufre | puyés sur la terre, sa tête
|
| vif. | touchait aux étoiles, ses yeux
|
| TUMBIL. Terre. | étaient des charbons ardents,
|
| TURBITH MINERAL, | & il vomissait des flammes
|
| est une précipitation jaune | par la bouche & les nari-
|
| de Mercure. | nes; son corps était couvert
|
| TURRIONES. Pousse | de plumes entremêlées de
|
| nouvelle des arbres. | serpents, & ses pieds avaient
|
| TURRITA, TURRI- | la forme de la queue d'un
|
| TIS. Espèce de cresson. | dragon. Il se joignit aux au-
| Blanchard. | tres Géants, pour combattre
| | TURSIES Sel armo- | & détrôner les Dieux, &
| | niac. | leur imprima une telle ter-
| | TUSIASI. Soufre vif. | reur, qu'ils prirent le parti
| | TYDE'E, père de Dio- | de s'enfuir en Egypte, où,
| | mede, & fils d'Oenée, mou- | pour éviter de tomber entre
| | rut à Thèbes. Voyez Dio- | ses mains, ils lui donnèrent
| | mede. | le change, en prenant cha-
| | TYPHA. Roseau, masse | cun la forme d'un animal.
| | de jonc. | Mais enfin Apollon lui dé-
| |
@
| TY | VA 509
|
| |
|
| cocha un si grand nombre |
|
| de flèches, qu'après avoir | V.
|
| presque épuisé toutes celles |
|
| de son carquois, il vint à | VACCARIA. Plante
|
| bout de lui ôter la vie. Ce | appelée Perce-feuille,
|
| Typhon est le même que | nommée aussi Vaccaria, de
|
| Python. | ce que les vaches l'aiment
|
| En Egypte on disait que | beaucoup.
|
| Typhon était frère d'Osiris, | VAISSEAU. Les Phi-
|
| qu'au retour du voyage que | losophes ont souvent donné
|
| celui-ci fit dans les Indes, | le nom de vaisseau à leur
|
| Typhon lui tendit des em- | dissolvant, & l'ont aussi ap-
|
| bûches, & le massacra; qu'I- | pelé vase des Sages.
|
| sis ramassa les membres épars | Vaisseau DE LA NA-
|
| de son époux, & qu'avec | TURE. On l'entend premiè-
|
| l'aide d'Horus leur fils, elle | rement de l'air, qui reçoit le
|
| vengea sa mort par celle de | feu, & le transmet à l'eau;
|
| Typhon, & régna en paix. | secondement, l'eau qui est
|
| Voyez les Fables Egypt. | le réceptacle des semences,
|
| & Grecques dévoilées, Liv. | & les porte dans la terre;
|
| 1. ch. 3. & 6. & Liv. 3. ch. | troisièmement, la terre, qui
|
| 12. | est la matrice dans laquelle
|
| TYRIAQUE. Voyez | se corporifient & se déve-
|
| Thériaque. | loppent les semences. Quand
|
| TYRIENNE (couleur). | il s'agit de la formation pro-
|
| C'est la couleur de pourpre, | pre des métaux, le vaisseau
|
| ainsi appelée de ce que le | ou la matrice est le rocher.
|
| coquillage avec lequel on la | Mais quand il est question
|
| faisait autrefois, se pêchait | de l'oeuvre, le vaisseau
|
| près de Tyr, ville très an- | s'entend quelquefois de la
|
| cienne de la Phénicie. Les | matière qui contient le mer-
|
| Adeptes appellent le magis- | cure, quelquefois du mer-
|
| tère au rouge, Couleur Ty- | cure même.
|
| rienne. | Vaisseau D'HERME'S.
|
| TYRO, fille de Salmo- | C'est la terre des Philoso-
|
| née, eut deux enfants de Nep- | phes, qui renferme & cache
|
| tune, l'un nommé Pélias, | leur feu. Marie la Prophé-
|
| l'autre Nélée, dont voyez | tesse dit dans son Dialogue
|
| les articles. | avec Aros, que le vaisseau
|
| | d'Hermès n'est autre que la
|
@
| 510 VA | VA
|
| |
|
| mesure du feu philosophi- | qu'il ne faut qu'une matière,
|
| que. | un vaisseau, & un régime de
|
| Vaisseau. Navire. | feu.
|
| Celui des Argonautes fut | VAPEUR. Les Philo-
|
| composé des chênes parlants | sophes disent que la pre-
|
| de la forêt de Dodone. On | mière matière des métaux
|
| disait celui de Thésée immor- | est une vapeur, qui se cor-
|
| tel, ou incorruptible. Ho- | porifie & se spécifie en mé-
|
| mère donne l'épithète de | tal, par l'action du soufre
|
| noir presqu'à tous les vais- | auquel elle s'unit dans les
|
| seaux des Grecs, & distin- | entrailles de la terre. Et
|
| gue celui d'Ulysse de tous | comme ils ont appelé le
|
| les autres. Voyez l'explica- | magistère au blanc première
|
| tion de ce qui regarde ces | matière de leurs métaux, ils
|
| vaisseaux dans le Liv. 2. ch. | lui ont aussi donné le nom
|
| 1. Liv. 5. ch. 22. & le Liv. | de vapeur. Par ce même
|
| 6. des Fables Egypt. & | terme ils entendent quelque-
|
| Grecques dévoilées. | fois leur mercure dans le
|
| Vaisseau DOUBLE. | temps de la volatilisation,
|
| C'est celui de l'art, & celui | parce qu'il se sublime alors
|
| de la nature. Voyez Vase. | en vapeurs, pour retomber
|
| Vaisseau (triple.) C'est | en forme de rosée ou de pluie
|
| le fourneau secret des Philo- | sur la terre qui est au fond
|
| sophes. Quelques-uns l'ont | du vase, tant pour la blan-
|
| interprété du fourneau qui | chir que pour la féconder.
|
| contient le vase, qu'ils disent | VAS DIPLOMA.
|
| être triple en prenant Fla- | Vaisseau de verre double,
|
| mel à la lettre, de même que | ou bien épais.
|
| le Trévisan. Ce dernier en | Vas FICTILE. Vaisseau
|
| parlant de la fontaine où le | de terre, sans vernis.
|
| Roi vient se baigner, attiré | VASE. Vaisseau dans
|
| par l'eau, dit qu'elle est close | lequel on met la matière de
|
| & enfermée de trois encein- | l'oeuvre, pour qu'elle s'y
|
| tes, afin que les animaux ne | cuise, s'y digère, & s'y per-
|
| puissent pas en approcher. | fectionne. Ce vase doit être
|
| Mais tout cela est allégori- | de verre, comme la matière
|
| que, & le triple vaisseau ne | la plus propre à retenir les
|
| doit pas s'expliquer du four- | esprits subtils, volatils & mé-
|
| neau garde-froidure du Tré- | talliques du compôt philoso-
|
| visan, puisqu'ils disent tous | phique. Ce n'est pas de ce
|
@
| VA | VA 511
|
| |
|
| vase là dont les Chimistes | après le mariage. Tous les
|
| Hermétiques ont fait un mys- | Philosophes ont bien recom-
|
| tère, & qu'ils ont enveloppé | mandé à leurs élèves, ou
|
| sous le voile des allégories, | enfants de la science, comme
|
| des fables & des énigmes. | ils les appellent, d'étudier
|
| Le vase secret des Philoso- | & de connaître la nature de
|
| phes est leur eau, ou mer- | ce vase, parce qu'il est la
|
| cure, & non le vase de verre | racine & le principe de tout
|
| qui contient la matière. C'est | le magistère. Il faut donc le
|
| pourquoi ils disent que si les | distinguer du fourneau & du
|
| Philosophes avaient ignoré | vase contenant, parce que
|
| la qualité & la quantité du | Albert le Grand dit que le
|
| vase, ils ne seraient jamais | contenant engendre le con-
|
| venus à bout de l'oeuvre. | tenu. Hali dit en parlant de
|
| Notre eau, dit Philalèthe, | ce vase contenu: prenez no-
|
| est notre feu; dans elle con- | tre oeuf, frappez-le avec
|
| siste tout le secret de notre | une épée de feu, recevez
|
| vase, & la structure de no- | son âme, c'est là son lut.
|
| tre fourneau secret est fon- | Et Avicenne dit: notre pier-
|
| dée sur la composition de | re, ou mercure, doit être
|
| cette eau. Dans sa connais- | mise dans deux vases con-
|
| sance sont cachés nos feux, | nus.
|
| nos poids & nos régimes. | Les Brahmanes des In-
|
| Vase. Philalèthe & plu- | des firent voir à Apollonius
|
| sieurs autres en distinguent | de Thyanne un vase rempli
|
| deux; l'un contenant, & l'au- | d'une flamme couleur de
|
| tre contenu, & celui-ci est | plomb, & cette flamme ne
|
| aussi contenant. Ce dernier | passait point les bords du
|
| est proprement le vase phi- | vase. Voyez le Traité Her-
|
| losophique; ils l'appellent | métique à la tête des Fables
|
| aludel non verni, mais de | Egyptiennes & Grecques
|
| terre. Ce vase est le récep- | dévoilées.
|
| tacle de toutes les teintures, | VASTIER. Safran.
|
| &, eu égard à la pierre, il | VAU. Soufre rouge des
|
| doit contenir vingt-quatre | Sages.
|
| pleins verres de Florence, | VAUTOUR. Oiseau
|
| ni plus ni moins. Philalèthe | de proie très vorace, tenant
|
| ajoute que ce nombre de | de la nature de l'aigle. Les
|
| vingt-quatre doit être divisé | Anciens avaient consacré le
|
| en deux, c'est-à-dire douze | Vautour à Mars & à Junon.
|
@
| 512 VA | VE
|
| |
|
| Apollon fut appelé Vultu- | quelque plante ou autre ma-
|
| rius, ou Apollon aux vau- | tière végétale; & il ne faut
|
| tours. La Fable nous repré- | pas confondre une matière
|
| sente Prométhée attaché à | végétale ou qui végète, avec
|
| un rocher du Mont Caucase, | une matière végétable, ou
|
| & déchiré par un vautour, | qui a une vertu végétative.
|
| pour avoir volé le feu du | C'est pourquoi ils ne disent
|
| ciel. Ces allégories font allu- | pas que leur saturnie est vé-
|
| sion à l'eau mercurielle ig- | gétale , mais végétable, &
|
| née, chaude & volatile, qui | ils l'appellent ainsi, suivant
|
| en dissolvant le fixe, appelé | l'explication de plusieurs
|
| mine de feu céleste par quel- | d'entr'eux, parce qu'elle a
|
| ques Philosophes, semble le | une âme végétative, qui la
|
| dévorer. Voyez Promé- | cuit, la digère, & la con-
|
| thée. Hermès a fait la | duit à la perfection désirée.
|
| même allusion, lorsqu'il a | Ils recommandent même
|
| dit: Je suis le vautour per- | tous de ne rien prendre de
|
| ché au haut de la montagne, | végétal pour faire l'oeuvre.
|
| qui crie sans cesse, aide moi, | Ainsi les plantes appelées
|
| je t'aiderai. Le même Au- | lunaires ne sont pas celles
|
| teur ajoute: Je suis le blanc | dont il est fait mention dans
|
| du noir, le citrin du blanc, | les Livres Hermétiques. Il
|
| & le rouge du citrin, pour | semble qu'ils ont seulement
|
| indiquer les couleurs succes- | fait allusion aux végétaux,
|
| sives de l'oeuvre. | à cause de la verdeur ou
|
| Vautour volant sans | couleur verte qui survient en
|
| ailes. Mercure des Philoso- | certain temps à la matière de
|
| phes. | l'oeuvre; ce qui l'a aussi fait
|
| Le vautour qui vole dans | nommer Lion vert, c'est
|
| les airs, & le crapaud qui | l'explication de Riplée.
|
| marche sur la terre, sont le | Raymond Lulle dit ce-
|
| volatil & le fixe, desquels | pendant qu'il faut acuer, ou
|
| on fait la pierre des Sages. | rendre plus actif, plus péné-
|
| UBIDRUGAL. Matière | trant, leur mercure avec les
|
| dans une putréfaction par- | végétaux; il en nomme
|
| faite. | même plusieurs, tels que la
|
| VE'GE'TABLE. Lors- | chélidoine, &c. Mais il faut
|
| que les Philosophes se ser- | se donner de garde de l'en-
|
| vent de ce terme, ils n'ont | tendre à la lettre, puisqu'il
|
| pas intention de parler de | dit dans la Théorie de son
|
| | Testa-*
|
@
| VE | VE 513
|
| |
|
| Testament ancien: lorsque | qu'il dissout tous les corps
|
| vous aurez extrait votre ma- | avec lesquels on le met en
|
| tière de la terre, n'y mêlez | digestion. Ils disent aussi qu'il
|
| aucune poudre, aucune eau, | est un poison mortel avant
|
| ni aucune chose étrangère, & | sa préparation, & qu'il de-
|
| qui ne serait pas de sa nature. | vient thériaque ou contre-*
|
| Or tout le monde sait que | poison à tous les maux après
|
| les végétaux ne sont pas de | qu'il est préparé.
|
| nature minérale & métalli- | Venin est aussi le nom
|
| que. Les Philosophes ont ce- | donné au corps de la ma-
|
| pendant quelquefois donné | tière des Philosophes, qu'il
|
| au vin le nom de grand vé- | faut joindre avec l'eau mer-
|
| gétable; mais le vin blanc & | curielle à la propre heure de
|
| le vin rouge de Raymond | sa naissance. Voy. Levain.
|
| Lulle sont le menstrue des | Ce nom de venin lui a été
|
| Sages, & non les vins blancs | donné, premièrement, par-
|
| & rouges vulgaires. | ce que si, comme dit Za-
|
| VEINE. Pierre au rouge | chaire, nous ne le joignons
|
| ou soufre des Sages. | pas à son eau mercurielle au
|
| Veine DE VE'NUS. Ver- | moment de sa naissance, il
|
| veine. | fera dans le magistère ce que
|
| VENER. Mercure. | le venin fait dans nos corps,
|
| VENIN. Les Philoso- | & rendra toute l'opération
|
| phes Hermétiques disent que | inutile. Secondement, parce
|
| leur pierre est un venin mor- | qu'il ôte à l'eau mercurielle
|
| tel & un poison. Ce qu'il ne | la vie, c'est-à-dire, sa vola-
|
| faut pas entendre de la pierre | tilité, & que le mercure ne
|
| parfaite, puisqu'ils préten- | se fixe que par son moyen.
|
| dent au contraire que c'est la | Ce qui explique ces termes
|
| médecine universelle; mais | de Flamel: Quand notre ma-
|
| ils parlent ainsi de la matière | tière est parvenue à son ter-
|
| qui sert à faire la pierre, & | me, elle est jointe avec son
|
| lorsqu'elle est parvenue au | venin mortifère. Rosinus dit
|
| noir, parce qu'alors elle est | que ce venin est de grand
|
| putréfiée, & que toute cor- | prix. Haly, Morien & les
|
| ruption de matière est un | autres en parlent dans le
|
| poison mortel. | même sens.
|
| Plusieurs Philosophes ont | Venin DES VIVANTS.
|
| aussi donné le nom de Ve- | Mercure des Sages, ainsi
|
| nin à leur mercure, parce | nommé de ce qu'il tue &
|
| | K k
|
@
| 514 VE | VE
|
| |
|
| réduit en putréfaction les | Vent d'orient, qu'il nomme
|
| métaux des Philosophes, | aussi du Midi. Après qu'ils
|
| appelés vivants pour les dis- | auront soufflé, l'air se con-
|
| tinguer des métaux vulgai- | vertira en eau. Tout cela
|
| res. | indique la volatilisation de
|
| Venin DES TEINTU- | la matière qui monte en va-
|
| RIERS. Poudre de projec- | peurs au haut du vase, où
| tion, ainsi appelée de ce | elles se condensent, & re-
| | qu'elle fixe & teint en or les | tombent en pluie. Ce qui l'a
| | métaux volatils. | fait appeler Vent du midi,
| | Venin IGNE. Mercure | c'est parce que le vent qui
| | en putréfaction. | souffle de ce côté-là nous
| | VENT. Air agité. Her- | donne presque toujours la
| | mès a dit que le vent l'a porté | pluie.
| | dans son ventre; Raymond | Vent DU NORD (le)
| | Lulle l'a expliqué du soufre | est contraire à l'extraction du
| | contenu dans l'argent-vif; Il | menstrue universel. Ces ex-
| | a par conséquent pris le vent | pressions font allusion à la
| | pour le mercure des Sages. | rosée de Mai & de Septem-
| | Vent BLANC. Argent-* | bre, qui ne tombe pas lors-
| | vif & animé des Philoso- | que le vent du nord souffle.
| | phes. | Les Philosophes entendent
| | Vent DU VENTRE. | par ces expressions, que le
| | Quelques Chimistes l'ont | froid serait contraire aux
| | expliqué de la matière en | opérations, ce qui a engagé
| | putréfaction; d'autres du | le Trévisan à donner au four-
| | soufre, par la raison appor- | neau le nom de Garde-froi-
| | tée dans l'article Vent. | dure. Flamel nous a conser-
| | Vent CITRIN. Soufre. | vé les figures emblémati-
| | Vent D'ORIENT. Pierre | ques d'Abraham Juif, parmi
| | au rouge. | lesquelles on voit un rosier
| | Vent ROUGE. Orpi- | planté au pied d'un chêne,
| | ment. | & violemment agité par l'a-
| | Vent DOUBLE. Basile | quilon. On sait en général
| | Valentin (sixième Clef) l'ap- | que la fermentation excite
| | pelle Vulturnus, ou du Sud-* | une dilatation de l'air ren-
| | sud-est, & dit qu'on a d'a- | fermé dans le vase, & cette
| | bord besoin de ce double | dilatation occasionne un vent
| | vent, & puis d'un vent sim- | violent, qui fait souvent cas-
| | ple qui se nomme Eurus ou | ser les vaisseaux & les bou-
| |
@
| VE | VE 515
|
| |
|
| teilles. La bière & le vin | se de sa volatilité.
|
| de Champagne en sont des | Ventre D'ARIES. Les
|
| exemples bien sensibles. Le | uns l'interprètent du fer, &
|
| mélange de certains miné- | pensent en conséquence que
|
| raux ou métaux produit le | le fer ou l'acier est la matière
|
| même effet. | du grand oeuvre; les autres
|
| VENTRE. Les Alchi- | s'imaginent que le ventre
|
| mistes disent qu'il faut nour- | d'Aries est le commence-
|
| rir l'enfant Philosophique | ment du mois d'Avril, &
|
| dans le ventre de sa mère. | qu'il faut prendre pour ma-
|
| Par le ventre ils entendent | tière de l'oeuvre la rosée ra-
|
| tantôt le vase ou oeuf philo- | massée dans ce ventre d'A-
|
| sophique, & tantôt le mer- | ries. Mais le Cosmopolite
|
| cure qui a absorbé le soufre, | qui en a parlé presque le pre-
|
| ou le soufre qui a absorbé le | mier, dit que leur matière est
|
| mercure; car l'un étant sup- | un aimant qui se trouve dans
|
| posé le mâle & l'autre la fe- | le ventre d'Aries, au moyen
|
| melle, quand ils ont été con- | duquel aimant on extrait
|
| joints dans l'oeuf, il se fait | l'eau pontique des rayons
|
| une corruption, d'où naît | du soleil & de la lune. Il
|
| une génération métaphori- | dit, dans un autre endroit,
|
| que d'un enfant, qu'il faut | que le nom de cet aimant
|
| nourrir; non pas en y ajou- | est acier, que ces deux noms
|
| tant de la matière, ce qui | ne signifient qu'une même
|
| perdrait l'oeuvre; mais en | chose; mais il y a un autre
|
| donnant au feu le régime | acier, ajoute-t-il, qui ressem-
|
| requis. | ble au premier, que la nature
|
| Les Philosophes disent | elle-même a créé. Celui qui
|
| aussi qu'il faut remettre ou | saura le tirer des rayons du
|
| faire rentrer l'enfant dans le | soleil par un artifice admi-
|
| ventre de sa mère, c'est-à-* | rable, aura le premier prin-
|
| dire, faire dissoudre le fixe | cipe & le commencement
|
| dans le volatil, duquel il a | de notre oeuvre, que tant
|
| pris naissance. | de gens cherchent.
|
| Le vent l'a porté dans son | Ventre DU CHEVAL.
|
| ventre, est une expression | Les Chimistes vulgaires en-
|
| qui signifie que le grain fixe, | tendent ces termes du fu-
|
| le soufre, était d'abord con- | mier chaud de cheval, qui
|
| tenu dans le volatil ou le | donne une chaleur douce &
|
| mercure, appelé vent à cau-* | propre aux digestions & aux
|
| | K k ij
|
@
| 516 VE | VE
|
| |
|
| putréfactions; mais les Chi- | on y était pris; il l'étendit
|
| mistes Hermétiques le di- | sur le lit de Vénus, & quand
|
| sent de la matière même de | Mars voulut en approcher,
|
| leur Art pendant qu'elle est | ils s'y trouvèrent saisis. Vul-
|
| au noir ou en putréfaction. | cain qui se tenait caché aux
|
| Comme cette couleur noire | aguets, les ayant découverts,
|
| est la première de l'oeuvre, | cria si fort qu'il fit assembler
|
| ils ont dit que la chaleur du | tous les Dieux à ses cris dans
|
| ventre du cheval est le pre- | sa maison d'airain, & exposa
|
| mier feu, ou le premier de- | les deux captifs à leur risée.
|
| gré de feu requis pour l'oeu- | Je les retiendrai ainsi liés
|
| vre. | disait Vulcain, jusqu'à ce que
|
| VE'NUS, Déesse des | le père me rende tout ce que
|
| plaisirs & mère de l'Amour, | je lui ai donné pour avoir son
|
| était fille, selon Homère, | effrontée de fille. Neptune
|
| de Jupiter & de Dioné; & | qui excite les tremblements
|
| suivant l'opinion la plus com- | de terre, y vint; Mercure,
|
| mune, elle naquit des parties | ce Dieu si utile, s'y trouva;
|
| mutilées de Coelus, mêlées | de même qu'Apollon, ce
|
| avec l'écume de la mer. Une | Roi qui darde si bien une flè-
|
| conque marine lui servit de | che. La pudeur empêcha les
|
| berceau, & les Zéphyrs la | Déesses de s'y rendre; mais
|
| transportèrent dans l'île de | tous les Dieux qui donnent
|
| Chypre, où elle fut élevée | les richesses aux hommes, se
|
| par les Nymphes. Quoique | tenaient à l'entrée, & admi-
|
| la plus belle des Déesses & | raient l'ouvrage de Vulcain.
|
| toujours accompagnée par | Un d'entr'eux dit alors: Tôt
|
| les Grâces, elle fut mariée | ou tard on est pris quand on
|
| à Vulcain, le plus laid des | fait mal; qui aurait cru que
|
| Dieux; mais aussi s'en plai- | Vulcain, ce boiteux qui mar-
|
| gnait-elle amèrement, & lui | che si lentement, eût atteint
|
| fit beaucoup d'infidélités. | & pris Mars, le plus habile
|
| Mars la courtisa, & Vul- | de l'Olympe. Apollon de
|
| cain informé par le Soleil, | son côté disait à Mercure:
|
| de la bonne intelligence qui | Mercure, fils de Jupiter,
|
| régnait entre son épouse & le | Messager des Dieux, source
|
| Dieu de la guerre, fabriqua | des richesses, vous ne seriez
|
| une chaîne imperceptible de | pas fâché de vous voir ainsi
|
| fer, dont il n'était pas possi- | pris auprès de Vénus la do-
|
| ble de se débarrasser quand | rée. Non vraiment, répon-
|
@
| VE | VE 517
|
| |
|
| dit Mercure, quand même | Vénus prit parti pour les
|
| tous les Dieux & les Déesses | Troyens, & fut blessée par
|
| devraient m'y voir & en ri- | Diomede, dans le même
|
| re. C'est ainsi que raillaient | combat où il blessa aussi
|
| tous les Dieux immortels, | Mars. Les Egyptiens comp-
|
| & Neptune-même; mais il | taient Vénus au nombre de
|
| sollicitait cependant auprès | leurs grands Dieux. Parmi
|
| de Vulcain la délivrance de | les fleurs la rose était consa-
|
| Mars, & promit de payer | crée particulièrement à Vé-
|
| pour lui, en cas qu'il prît la | nus, parce que cette fleur
|
| fuite sans le faire. Vulcain se | avait été teinte du sang de
|
| rendit donc à sa prière, & | cette Déesse, qu'une de ses
|
| ayant rompu le filet enchan- | épines avait blessée, lors-
|
| té, Mars se sauva dans la | qu'elle accourait au secours
|
| Thrace, & Vénus à Paphos | d'Adonis. Le myrte lui était
|
| dans l'île de Chypre. Ho- | aussi dédié, parce que cet
|
| mère, Odys. liv. 8. | arbrisseau se plaît sur le bord
|
| De ce commerce naquit | des eaux. Les colombes lui
|
| Antéros ou le Contr'amour, | étaient particulièrement con-
|
| quelques-uns disent Cupi- | sacrées, & on les appelle
|
| don. | communément les oiseaux
|
| Vénus eut aussi affaire à | de Vénus; elles étaient at-
|
| Mercure, il en vint Herma- | tachées à son char.
|
| phrodite. Elle aima aussi pas- | Le père Hardouin a don-
|
| sionnément Adonis & An- | né de l'adultère de Vénus
|
| chyse. De ce dernier elle eut | & de Mars une explication
|
| Enée. Dans le différend sur- | aussi spirituelle que singuliè-
|
| venu entre Junon, Pallas & | re, (Apol. d'Hom. p. 200.)
|
| Vénus, au sujet de la pomme | M. l'Abbé Banier s'en mo-
|
| d'or jetée par la Discorde au | que, comme de celle de Pa-
|
| milieu du festin des noces de | léphate. Pour le faire avec
|
| Pélée & de Thétis, Pâris | raison, il aurait dû en don-
|
| choisi pour arbitre, adjugea | ner une meilleure; mais dans
|
| la pomme à Vénus, qui lui | son système il n'était pas
|
| fournit les moyens d'enlever | possible. Lui, ni les autres
|
| Hélène, femme de Ménélas, | Mythologues ne sauraient
|
| reconnue pour la plus belle | réussir tant qu'ils n'auront
|
| de son sexe. Cet enlève- | pas recours à la source des
|
| ment occasionna la guerre | fables, c'est-à-dire à la Phi-
|
| de Troie, dans laquelle | losophie Hermétique. Les
|
| | K k iij
|
@
| 518 VE | VE
|
| |
|
| Chimistes-mêmes vulgaires | ἄρης; il appelle Vénus do-
|
| savent que Vénus est unie | rée, χρυση̑ άφροδιτη Mercure
|
| avec un feu qui se trouve | source des richesses, δα̑τορ
|
| aussi dans Mars, & qu'ils | ὲάων; Neptune qui excite les
|
| ont tant d'analogie de na- | tremblements de terre, πο-
|
| ture, que du Mars on peut | σεἰδαον γαιήοκε ou ἐνοσιχδαν.
|
| faire Vénus; il n'est donc pas | Le tremblement de terre
|
| surprenant qu'il y ait entre | qu'il excite n'est autre que la
|
| eux un amour mutuel; c'est | fermentation. Homère fait
|
| même ce feu ou Vulcain qui | plus; il désigne la cause de
|
| les unit & qui forme le lien | l'alliance de Vulcain avec
|
| ou la chaîne dans laquelle il | Vénus, en disant que sa mai-
|
| les embarrassa. Le Soleil ou | son, celle même où les Dieux
|
| l'or découvrit leur commer- | s'assemblèrent, celle où Vé-
|
| ce; parce que ce feu, ce | nus fit affront à son époux,
|
| grain fixe qui se trouve dans | était une maison d'airain,
|
| Mars & Vénus, est de la | χαλκοβατὲς δω̑. On trouve
|
| nature-même du Soleil. Et | l'explication des autres traits
|
| si Mercure ambitionne le | de la fable de Vénus dans le
|
| sort de Mars, c'est qu'il lui | liv. 3. chap. 8. des Fables
|
| manque ce dont abonde ce | Egypt. & Grecq. dévoilées.
|
| Dieu guerrier; voilà la vraie | VERA LILIUM. Mé-
|
| raison qui a engagé Homère | lange de mercure sublimé
|
| à introduire Apollon ou l'or | avec le régule.
|
| des Philosophes, comme fai- | VERGILIES. Nom des
|
| sant ce reproche à Mercure. | Pléiades. On donne aussi ce
|
| Mars & Vénus ne sauraient | nom aux plantes nouvelles
|
| être déliés qu'à la prière de | du printemps.
|
| Neptune, ou de l'eau, parce | VE'RITE'. Les Anciens
|
| que cette séparation ne peut | regardaient la Vérité comme
|
| se faire que par la dissolu- | une Déesse, fille de Satur-
|
| tion en eau, par le moyen | ne. Philostrate dans l'image
|
| du même feu interne ap- | d'Amphiaraüs, représente la
|
| pelé Vulcain. Les épithè- | Vérité comme une jeune
|
| tes qu'Homère donne aux | Vierge, couverte d'un habit
|
| Dieux acteurs & spectateurs | dont la blancheur est celle
|
| sont suffisantes pour prouver | de la neige. Démocrite di-
|
| la vérité de mon explication. | sait que la Vérité était ca-
|
| Il dit de Mars qu'il se servait | chée dans le fond d'un puits.
|
| d'un frein d'or, χρυσήνιος | Les Philosophes Herméti-
|
@
| VE | PS 519
|
| |
|
| ques expliquent ce puits des | de Philalèthe dans son trai-
|
| allégories, des fables & des | té qui a pour titre: Enarra-
|
| énigmes dans lesquelles la | tio methodica trium Medici-
|
| vérité de la science Hermé- | narum Gebri, pag. 39.
|
| tique & ses opérations sont | Verre DE PHARAON,
|
| ensevelies comme dans l'obs- | ou VERRE MALLE'ABLE.
|
| curité d'un puits très pro- | Les Sages ont souvent dit
|
| fond, duquel il est très diffi- | qu'ils avaient le secret de
|
| cile de pouvoir la tirer. | rendre le verre malléable, au
|
| VERRE. Matière dure, | moyen de leur élixir. L'his-
|
| sèche, cassante, transparen- | toire nous apprend qu'un
|
| te, formée de l'humide radi- | homme fut puni de mort
|
| cal incorruptible des mixtes, | pour en avoir présenté un
|
| par la violence du feu, qui | vase à un Empereur Ro-
|
| en sépare les parties hétéro- | main. Les Philosophes ne
|
| gènes & combustibles. | s'exposeront pas à un dan-
|
| Plusieurs se sont imaginé | ger semblable. D'ailleurs il
|
| que le verre ou la matière | faut les expliquer de leur
|
| dont on le fait, était celle | pierre au blanc. Quelques-*
|
| que les Philosophes em- | uns l'entendent de la pou-
|
| ploient pour faire leur pier- | dre même de projection,
|
| re; parce que le verre est une | parce qu'elle est incorrupti-
|
| matière très fixe, & que tout | ble, & qu'elle résiste com-
|
| se réduit en verre par une | me le verre à l'action du feu
|
| longue & violente action du | le plus vif, sans en être al-
|
| feu. Ce n'est cependant pas | térée, ni volatilisée.
|
| l'idée qu'il faut appliquer au | Verre DES PHILOSO-
|
| terme de verre, lorsqu'on le | PHES s'entend quelquefois
|
| trouve dans les ouvrages des | du vase dans lequel se fait
|
| Philosophes; quoique Ray- | l'oeuvre.
|
| mond Lulle interrogé, qu'est-* | Verre PHILOSOPHI-
|
| ce que c'était qu'un Philo- | QUE qui a pouvoir sur tou-
|
| sophe, répondit: c'est celui | tes choses. C'est la poudre
|
| qui sait faire le verre. Ce | de projection, qui change
|
| savant homme entendait, | tous les métaux en sa nature,
|
| comme les autres Adeptes, | & fait des impressions sur
|
| leur magistère au blanc, qui | tous les individus des trois
|
| est une matière claire, lui- | règnes, en les guérissant de
|
| sante, & ayant l'éclat du | leurs infirmités. Elle s'allie
|
| verre. C'est l'interprétation | avec tout, se dissout dans
|
| | K k ij
|
@
| 520 VE | VE
|
| |
|
| toutes sortes de liqueurs, & | est la base & le principe.
|
| pénètre les corps les plus | VESICA AENEA. Cu-
|
| durs & les plus compactes. | curbite de cuivre.
|
| Comme petit-monde, elle | VESSICARIA DIS-
|
| agit sur les astres-mêmes; & | TILLATORIA. Voy. l'ar-
|
| comme aimant universel, | ticle précédent.
|
| elle en pompe les influences | VESTA était fille de Sa-
|
| les plus pures, pour les com- | turne, selon Homère, qui
|
| muniquer aux corps avec les- | par des raisons connues aux
|
| quels on la mêle. Elle agit | Philosophes, l'a réunie avec
|
| jusques sur les esprits, dont | Mercure dans une Hymne
|
| elle développe les facultés, | commune. Cette Déesse
|
| & les rend capables de pé- | était, comme Vulcain, le
|
| nétrer dans les secrets les | symbole personnifié du feu.
|
| plus cachés du sanctuaire de | Pour indiquer que le feu
|
| la Nature. Raym. Lulle. | qu'elle représentait, était
|
| VERSEAU. Signe du | perpétuel & inextinguible,
|
| Zodiaque. Les Chimistes | on établit des Vestales char-
|
| Hermétiques le prennent | gées d'entretenir un feu pur
|
| pour symbole de la disso- | dans le temple de la Déesse.
|
| lution & de la distillation. | Ces Vestales devaient, pour
|
| Voyez Zodiaque. | cette raison, être vierges, &
|
| VERTO. Poids pesant | les Romains faisaient enter-
|
| un quarteron, ou la quatriè- | rer toutes vives celles qui
|
| me partie d'une livre. | par négligence avaient laissé
|
| VERTU DU CIEL. | éteindre le feu sacré confié
|
| Feu implanté & inséparable | à leurs soins, ou qui avaient
|
| de la matière de l'oeuvre, | laissé donner atteinte à leur
|
| qui mis en action par un au- | virginité. Voyez les Fables
|
| tre feu, produit le soufre des | Egypt. & Grecq. dévoilées,
|
| Philosophes, appelé Mi- | liv. 3. ch. 4. & liv. 4. ch. 5.
|
| nière de feu céleste. | VESTALES. Jeunes fil-
|
| VERTU PREMIERE. | les vierges, établies à Ro-
|
| Les Chimistes Hermétiques | me, & consacrées au ser-
|
| ont donné ce nom à leur | vice du temple de la Déesse
|
| mercure, & non au mercure | Vesta. Voyez Vesta.
|
| vulgaire; parce que le leur | VESTE TE'NE'BREU-
|
| renferme les vertus & pro- | SE. Matière de l'oeuvre au
|
| priétés des choses supérieu- | noir.
|
| res & inférieures, & qu'il en | VESUVE. Montagne du
|
@
| VE VI | VI 521
|
| |
|
| Royaume de Naples. Elle | leur sert de nourriture. Il est
|
| vomit du feu de temps en | particulièrement celle des
|
| temps, & il en sort perpétuel- | métaux Hermétiques, parce
|
| lement de la fumée. Les Phi- | qu'il les nourrit dans le vase,
|
| losophes ont donné les noms | les fortifie, & les conduit à
|
| de Vésuve & d'Etna, autre | la perfection.
|
| volcan, à la matière de leur | Viande DES MORTS
|
| oeuvre, parce qu'elle con- | qui les fait ressusciter. C'est
|
| tient un feu naturel, qui se | le mercure des Sages, qui
|
| manifeste quand on sait le | tue les vivants, & donne la
|
| développer & le mettre en | vie aux morts; c'est-à-dire
|
| état d'agir. | qui dissout & fait tomber en
|
| VE^TIR le pourpoint de | putréfaction les métaux phi-
|
| pourpre, le manteau royal, | losophiques, appelés vivants
|
| la chemise blanche, la veste | pour les distinguer de ceux
|
| ténébreuse, sont des expres- | du vulgaire, & rend ceux du
|
| sions qui ne signifient que | vulgaire métaux des Philo-
|
| cuire, digérer la matière de | sophes, par conséquent mé-
|
| l'oeuvre jusqu'à ce qu'elle | taux vivants.
|
| prenne les couleurs dont | VICTOIRE (Rempor-
|
| parlent les Philosophes. La | ter la). C'est cuire la ma-
|
| veste ténébreuse est la cou- | tière de l'oeuvre jusqu'à ce
|
| leur noire, la chemise blan- | qu'elle ait acquis la couleur
|
| che est la couleur blanche, | blanche. Telle est la victoire
|
| le manteau royal & le pour- | que Jupiter remporta sur les
|
| point de pourpre sont la cou- | Géants. Mais chanter la vic-
|
| leur rouge. Ce dernier est | toire, c'est pousser la cuisson
|
| celui que prit Apollon pour | jusqu'à la couleur de pour-
|
| chanter la victoire rempor- | pre. Voyez Pourpre.
|
| tée par les Dieux sur les | VICUNIRAS. Bézoard.
|
| Géants. Voyez la neuvième | VIE. Les Philosophes di-
|
| Clef de Basile Valentin. | sent que leurs métaux ont
|
| UFFITUFFE. Odeur | vie, & que ceux du vulgaire
|
| du mercure des Sages, aussi | sont morts. Ils appellent aussi
|
| forte & aussi désagréable que | Vie & Résurrection, la cou-
|
| celle des sépulcres & des | leur blanche qui survient à la
|
| tombeaux. | matière après la couleur noi-
|
| VIANDE DU COEUR. | re. Ils donnent aussi la vie à
|
| Mercure des Philosophes, | leur mercure, & disent qu'il
|
| principe des métaux & qui | faut unir la vie avec la mort,
|
@
| 522 VI | VI
|
| |
|
| pour que le mort tue le vi- | lorsqu'il y est question de ce
|
| vant, & qu'ils ressuscitent | que fit Médée pour redon-
|
| ensemble. Les Philosophes | ner à Eson toute la vigueur
|
| ajoutent aussi qu'il faut join- | d'un jeune homme.
|
| dre la vie à la vie, c'est-à-* | VIERGE. Lune ou eau
|
| dire, des deux substances | mercurielle des Philosophes
|
| mercurielles du Trévisan, | après qu'elle a été purifiée
|
| n'en faire qu'une pour com- | des soufres impurs & arsé-
|
| poser le mercure double. | nicaux auxquels elle avait
|
| Rappeler les morts à la | été mariée dans sa mine.
|
| vie, c'est volatiliser le fixe; | Avant cette purification, elle
|
| & ôter la vie aux vivants, | est nommée la Femme prosti-
|
| c'est fixer le volatil. La Fa- | tuée. Les Adeptes ont donné
|
| ble donnait ces propriétés à | à cette Vierge le nom de
|
| Mercure. Ainsi la vie est le | Beia; & l'Auteur de l'Oeu-
|
| mercure, & la mort est le | vre secret de la Philosophie
|
| soufre des Sages. Voyez | Hermétique, dit: que sans
|
| Avicennae declarario lapidis | donner atteinte à sa virgini-
|
| Physici, filio suo Aboali. | té, elle a pu contracter un
|
| VIEILLARD DES PHI- | amour spirituel avant que de
|
| LOSOPHES. Ces termes | s'unir par un mariage avec
| ont deux sens. On prend | son frère Gabritius, parce que
| | ce Vieillard communément | cet amour spirituel ne l'a
| | pour le soufre des Sages; | rendue que plus blanche,
| | mais quand on considère le | plus pure, plus vive & plus
| | mercure comme le principe | propre à l'objet du mariage.
| | des métaux, ou le nomme | Prenez donc, ajoute-t-il
| | le Vieillard. | (Can. 58.), une vierge ai-
| | Le Vieillard rajeuni est | lée, très pure & très nette,
| | le soufre ou l'or des Philo- | pénétrée & animée de la se-
| | sophes réincrudé & réduit à | mence spirituelle du premier
| | sa première matière, ou en | mâle, & néanmoins vierge
| | mercure duquel il a été fait. | quoiqu'elle ait conçu; vous
| | V. Ressusciter, Escu- | la connaîtrez à ses joues ver-
| | lape. C'est dans ce sens-là | meilles: joignez-la à un se-
| | qu'il faut entendre les Phi- | cond mâle, sans crainte d'a-
| | losophes, quand ils parlent | dultère; elle concevra de
| | du rajeunissement que pro- | nouveau par la semence cor-
| | duisait l'eau de la fontaine | porelle du second, & mettra
| | de Jouvence, & les fables | enfin au monde un enfant
| |
@
| VI | PR 533
|
| |
|
| Hermaphrodite, qui sera la | son grand ou petit circulé.
|
| source d'une race de Rois | Le vin des Sages est leur
|
| très puissants. | menstrue ou dissolvant uni-
|
| Ils ont encore appelé Ai- | versel, & la vigne de laquelle
|
| gle cette vierge ailée, & le | il se tire, est une vigne qui
|
| second mâle Lion. Voyez | n'a qu'une racine, mais plu-
|
| ces deux articles. | sieurs rejetons qui en sor-
|
| Vierge est aussi le nom | tent; & de même qu'un cep
|
| d'un des signes du Zodiaque. | a plusieurs branches qui pro-
|
| Voyez Zodiaque. | duisent des raisins, mais dont
|
| VIGNE DES SA- | les uns par accident n'ac-
|
| GES. Matière de laquelle | quièrent pas une maturité
| les Chimistes Hermétiques | aussi parfaite que les autres,
| | extraient leur mercure. | le cep qui produit les raisins
| | VIN. Raymond Lulle, | philosophiques est sujet à des
| | Jean de Roquetaillade, con- | accidents qui empêchent la
| | nu sous le nom de De Rupe- | maturité de quelques-uns &
| | scissa, ont beaucoup parlé | les laissent en verjus. Ils ont
| | du vin rouge & du vin blanc | tous la même racine pour
| | comme principe & matière | nourrice, mais la sève n'a
| | de la quintessence philoso- | pu se digérer également. Et
| | phique. Il ne faut cependant | de même qu'avec un mé-
| | pas les prendre à la lettre; | lange de bon vin fermenté
| | car quoiqu'on puisse tirer | & du verjus on ferait une
| | une très bonne quintessence | espèce de vinaigre dissolvant
| | du vin ou du tartre, inutile- | de beaucoup de mixtes de
| | ment les travaillerait-on | la nature, de même avec le
| | pour en extraire le dissol- | verjus & le bon vin des Phi-
| | vant des Philosophes. Ils | losophes on fait leur vinai-
| | n'en ont ainsi parlé que par | gre dissolvant, ou vinaigre
| | similitude; & Paracelse dit | très aigre.
| | que ceux qui ne peuvent | VINAIGRE. Eau mer-
| | trouver l'alkaest des Philo- | curielle des Sages, ou leur
| | sophes ou leur mercure, | dissolvant universel, leur lait
| | n'ont qu'à travailler à vola- | de vierge, leur eau ponti-
| | tiliser le tartre, & qu'ils trou- | que; c'est le vinaigre de la
| | veront au moins quelque | nature, mais composé de dif-
| | chose d'utile. Plusieurs ex- | férentes choses sorties d'une
| | pliquent ce que je viens de | même racine.
| | rapporter de Paracelse, de | Vinaigre ANTIMO-
| |
@
| 524 VI | VI
|
| |
|
| NIAL SATURNIEN. Matière | Philosophes; c'est-à-dire leur
| du magistère préparée pour | mercure.
| | être mise dans le vase, & | VINGT-UN. Il faut être
| | digérée suivant le régime | Adepte pour savoir la rai-
| | philosophique. Prends, dit | son que les Philosophes ont
| | Artéphius, de l'or cru, | eu de donner le nom de
| | battu en feuilles, ou en la- | vingt-un à leur magistère au
| | mes, ou qu'il soit calciné par | blanc, & l'expliquer ici, ce
| | le mercure, & le met en no- | serait violer une partie du
| | tre vinaigre antimonial, sa- | secret qui leur est si fort re-
| | turnien, & du sel armoniac, | commandé; aussi n'en disent-*
| | & met le tout dans un vase | ils rien dans leurs ouvrages,
| | de verre. | & Philalèthe s'est contenté
| | Vinaigre DES MON- | de nous dire, comme par
| | TAGNES. Le même que vi- | grâce, que les Philosophes
| naigre simplement dit, mais | entendent par vingt-un la
| | appelé vinaigre des mon- | même chose que soufre, &
| | tagnes, parce que les Chi- | une racine de l'art, ou le sel
| | mistes Hermétiques donnent | des métaux; ce qui revient
| | le nom de montagne aux mé- | à leur matière cuite & digé-
| | taux. Voyez Montagne. | rée au blanc parfait.
| | Vinaigre TRE'S-AIGRE | VINUM CON-* \
| | ou VINAIGRE RECTIFIE', | \
| | est, selon les Chimistes, du | VINUM COR-* \
| | vinaigre distillé plusieurs fois, | \ Esprit
| | & cohobé à chaque fois sur | VINUM ES-* > de vin
| | ses fèces. Il devient si violent | / recti-*
| | & d'une nature si ignée, que | / fié.
| | quelques-uns ont prétendu | VINUM AL-* /
| | qu'il dissolvait les pierres & | /
| | les métaux; mais ce n'est pas | VINUM CAPRINUM.
| | une dissolution radicale com- | Urine de chèvre.
| | me celle du mercure des Phi- | VINUM ESSATUM.
| | losophes; elle est de la nature | Vin dans lequel on a fait di-
| | de celle des eaux-fortes, qui | gérer, infuser & macérer des
| | ne produisent qu'une divi- | plantes, tels que le vin d'ab-
| | sion des parties, & qui ne | sinthe, &c.
| | réduisent pas les métaux à | VINUM COS. C'est
| | leur premier principe, ce que | du vin excellent, & qui a
| | fait le vinaigre très aigre des | toutes les qualités suivantes
| | |
@
| VI | VI 525
|
| |
|
| qu'exige l'Ecole de Salerne. | nent ce nom à l'huile de sel;
|
| Vina probantur odore, sapo- | & les Philosophes à la ma-
|
| re, nitore, colore. | tière de laquelle ils extraient
|
| | leur eau céleste.
|
| VINUM HIPPOCRA- | VISITE des choses ca-
|
| TICUM. Vin dans lequel | chées. Dissolvant des Sages,
| on a mêlé du sucre & des aro- | qui pénètre les corps les plus
| | mates. | durs, & en extrait la tein-
| | VINUM MEDICA- | ture qu'ils cachent & ren-
| | TUM. Vin dans lequel on | ferment.
| a fait infuser des drogues | VISQUALENS. Gui,
| | médicinales, tel que le vin | espèce d'arbuste qui croit sur
| | de quinquina. | les arbres.
| | VIPERE. Matière des | VITRIFICATION.
| | Philosophes en putréfaction, | Cuisson de la pierre au rouge.
| | ainsi nommée parce qu'elle | VITRIOL. Il est peu de
| | est alors un des plus violents | matière qui ait tant exercé
| | & des plus actifs poisons qu'il | les Chimistes que le vitriol
| | y ait; c'est pour cela que les | commun. Ils l'ont pris pour
| | Philosophes disent que leur | la matière du magistère des
| | matière est un grand poi- | Philosophes; & il faut avouer
| | son avant sa préparation, & | que rien n'était plus propre
| | un souverain remède après | à tromper ceux qui prennent
| | qu'elle est préparée, de mê- | les paroles des Sages à la let-
| | me que la vipère. Philalèthe | tre. Ils se sont d'ailleurs tant
| | recommande aussi très ex- | répandus en éloges sur ce sel
| | pressément de se tenir sur ses | minéral, qu'il est bien diffi-
| | gardes, quand on travaille | cile de ne pas donner dans
| | cette matière, & d'en pré- | le piège qu'ils tendent aux
| | server ses yeux, son nez & | ignorants, au moins en appa-
| | ses oreilles. | rence, puisqu'ils avertissent
| | Vipère DE REXA. Ma- | tous qu'il ne faut pas s'arrê-
| | tière de l'oeuvre parvenue à | ter aux mots, mais au sens
| | la couleur noire. Prends la | qu'ils cachent. Ils ont en con-
| | Vipère de Rexa; coupe-lui | séquence proposé l'énigme
| | la tête: c'est-à-dire, ajoute | suivante, dont les lettres ini-
| | Flamel, ôte-lui sa noirceur. | tiales de chaque mot réunies
| | VIRAGO. V. Eve. | font Vitriolum. Visitabis in-
| | VIRIDITAS SOLIS. | teriora Terrae, rectificando in-
| | Les Chimistes vulgaires don- | venies occultum lapidem, ve-
| | |
@
| 526 VI | VI
|
| |
|
| ram medicinam. Quelques-* | cond au blanc. Si à ces deux
|
| uns au lieu d'occultum lapi- | vitriols joints ensemble par
|
| dem ont mis oleum limpidum. | due proportion, on ajoute le
|
| Tout l'oeuvre & sa matière | mercure de l'or, & le tout
|
| sont, disent-ils, contenus | passé par le feu des vrais
|
| dans ces paroles. Mais com- | Chimistes, on le rendra,
|
| me ce terme de vitriol est | dit-il, semblable en vertu,
|
| équivoque, & qu'il peut s'en- | en puissance & richesse à ce
|
| tendre de tous les vitriols | magnifique Prince que plu-
|
| tant naturels qu'artificiels, | sieurs cherchent & que peu
|
| extraits des pyrites, des mi- | trouvent.
|
| néraux, des eaux vitrioliques | En parlant des cristaux
|
| ou des métaux, les Chi- | d'étain ou vitriol de Jupiter,
|
| mistes ont eu tort de l'appli- | Planis-campi observe qu'é-
|
| quer en particulier au vitriol | tant mêlés avec celui du
|
| Romain, ou à celui de Hon- | mercure & réduits en huile,
|
| grie, dont le premier parti- | cette huile rend le soufre so-
|
| cipe de Mars, & le second | laire végétal. Roger Bacon
|
| de Vénus. Il est vrai que | qui avait observé la même
|
| Rupe Scissa dit qu'il faut | chose, en fut si étonné, qu'il
|
| prendre le Romain; mais s'il | commença son Traité qui a
|
| avait fallu en faire usage | pour titre, Miroir des sept
|
| comme étant la matière de | chapitres, par le nom de Ju-
|
| la pierre, l'aurait-il nommé | piter, & chaque chapitre a
|
| par son nom propre? Quand | pour commencement une
|
| on sait qu'ils cachent le nom | des lettres de ce nom mis en
|
| propre de la matière presque | logogriphe comme celui de
|
| avec plus de soin que tout le | Vitriolum. Les voici: In
|
| reste, on se tient sur ses gar- | Verbis Praesentibus Invenies
|
| des contre l'ingénuité appa- | Terminum Exquisitum Rei.
|
| rente de ces Auteurs. | On n'en aurait pas moins
|
| Planis-campi a expliqué | de tort de regarder cette pré-
|
| cette espèce de logogriphe | paration comme un achemi-
|
| Visitabis, &c. du vitriol de | nement à l'oeuvre des Philo-
|
| l'or fait avec l'huile de Sa- | sophes; quoique les derniè-
|
| turne; d'autres l'ont entendu | res lettres de chaque mot qui
|
| du vitriol de l'argent fait par | finit chaque chapitre, étant
|
| le même moyen. Le pre- | réunies, composent le mot
|
| mier, dit cet Auteur, sert à | Stannum: savoir, projectio-
|
| travailler au rouge, & le se-* | niS, debeT, totA, tameN,
|
@
| VI | VI 527
|
| |
|
| bitumeN, nutU, aeternuM. | première semence éloignée
|
| Bacon avait en vue tout au- | qui se trouve dans les élé-
|
| tre Jupiter que l'étain com- | ments, les plantes & les ani-
|
| mun. | maux qui servent à sa nour-
|
| Il ne faut donc pas s'a- | riture, mais la semence pro-
|
| muser à tous ces pièges que | pre de l'homme travaillée
|
| les Philosophes tendent aux | dans lui-même par la Natu-
|
| ignorants, & à ceux que l'a- | re. On réussirait aussi mal,
|
| mour des richesses tyrannise | si pour faire du pain on pre-
|
| assez pour leur faire risquer | nait du grain de froment tel
|
| les biens réels dont ils sont | qu'il est, ou du pain déjà cuit
|
| en possession, pour courir | & parfait. Ce n'est ni l'un ni
|
| après des monts d'or qu'on | l'autre, mais la farine, qui
|
| leur promet. Ceux qui vou- | est faite du grain, & travail-
|
| dront pénétrer dans le sens | lée pour cet effet.
|
| caché de ces paroles: Visi- | Les Philosophes assurent
|
| tabis, &c. doivent étudier | qu'on ne peut parler plus
|
| la Nature & ses procédés, | clairement de la matière &
|
| les combiner avec ce que | des opérations de l'oeuvre
|
| disent les Auteurs Herméti- | que l'a fait Hermès dans sa
|
| ques, & voir ensuite si ce | Table d'Emeraude, en ces
|
| qu'ils disent de la matière | termes:
|
| de l'oeuvre peut convenir à | » Ceci est vrai, & sans
|
| ce que la Nature emploie | » mensonge, ce qui est des-
|
| pour semence des métaux, | » sous est semblable à ce qui
|
| non pas précisément com- | » est dessus. Par ceci on a &
|
| me semence éloignée, mais | » on fait les merveilles de
|
| prochaine, & de quelle ma- | » l'oeuvre d'une seule chose.
|
| tière on doit l'extraire. Etre | » Et comme tout se fait d'un
|
| ensuite bien convaincu, tant | » par la médiation d'un, ainsi
|
| par l'expérience journalière | » toutes choses se font par la
|
| que par ce que disent les Phi- | » conjonction. Le Soleil en
|
| losophes, qu'on ne doit pas | » est le père, & la Lune la
|
| prendre les deux extrêmes, | » mère. Le vent l'a porté
|
| mais le milieu qui participe | » dans son ventre. La Terre
|
| des deux. Comme pour faire | » est sa nourrice, la mère de
|
| un homme, on ne réussirait | » toute perfection. Sa puis-
|
| pas en prenant une tête, un | » sance est parfaite, s'il est
|
| bras & les autres membres | » changé en terre. Séparez
|
| d'un homme parfait, ni la | » la terre du feu, & le subtil
|
@
| 528 VI | VI
|
| |
|
| » de l'épais avec prudence | turne. De l'autre côté est la
|
| » & sagesse. Il monte de la | Lune, au-dessous Vénus &
|
| » terre au ciel, & redescend | puis Jupiter. Au milieu est
|
| » du ciel en terre. Il reçoit | une coupe dans laquelle tom-
|
| » par-là la vertu & l'effica- | bent un rayon du Soleil &
|
| » cité des choses supérieu- | un rayon de la Lune; &
|
| » res & inférieures. Par ce | sous le pied de cette coupe
|
| » moyen vous aurez la gloire | est placé, comme pour sou-
|
| » de tout. Vous chasserez les | tien, le caractère astrono-
|
| » ténèbres, toute obscurité | mique de Mercure. Au-des-
|
| » & tout aveuglément; car | sous de tous ces caractères
|
| » c'est la force des forces qui | sont d'un côté un Lion &
|
| » surmonte toutes forces, & | de l'autre une Aigle à dou-
|
| » qui pénètre les corps les | ble tête, comme celle des
|
| » plus durs & les plus solides. | armes de l'Empire. L'un
|
| » En cette façon le monde a | marque le fixe & l'autre le
|
| » été fait, & les conjonctions | volatil. Les amateurs de cet-
|
| » surprenantes & les effets | te Science pourront faire
|
| » admirables qu'il produit. | leurs réflexions là-dessus.
|
| » Voilà le chemin & la voie | On peut dire en général
|
| » pour faire toutes ces mer- | que le Vitriol vert des Phi-
|
| » veilles. C'est ce qui m'a | losophes est leur matière
|
| » fait donner le nom d'Her- | crue, leur Vitriol blanc est
|
| » mès Trismégiste, ou trois | leur magistère au blanc, &
|
| » fois grand, ayant les trois | leur Vitriol rouge, ou leur
|
| » parties de la sagesse ou phi- | Colcotar, est leur soufre par-
|
| » losophie du monde univer- | fait au rouge.
|
| » sel. Voilà tout ce que j'ai | VITRIOLA METAL-
|
| » à dire de l'oeuvre solaire. | LICA. Sels des métaux.
|
| Pour accompagner cette | VITRIOLUM NO-
|
| Table d'Emeraude, on y a | VUM. Vitriol blanc.
|
| joint un emblème chimique | VITRIOLUM LIQUE-
|
| enfermé dans un double cer- | FACTUM. Vitriol liquide,
|
| cle. Entre les deux circonfé- | ou eau vitriolique des mines
|
| rences sont écrites les paro- | qui ne peut se cristalliser.
|
| les que j'ai rapportées, Vi- | Planis-campi.
|
| sitabis, &c. D'un côté on | VITRUM HYACIN-
|
| voit le Soleil, au-dessous le | THINUM. Verre d'anti-
|
| caractère de Mars, & au-* | moine.
|
| dessous de Mars celui de Sa-* | VITRUM PHILOSO-
|
| | PHORUM
|
@
| VI UL | UL 529
|
| |
|
| PHORUM. Alambic, ou | sé sous l'habit de femme, &
| le vase de verre qui contient | caché à la Cour de Lyco-
| | la matière de l'oeuvre. | mede, il l'emmena avec lui.
| | VITTELLUM POLI. | Voyez Achille. Il engagea
| | Alun. | Philoctete à venir au siège
| | VIVIFICATION. Vo- | & à y apporter les flèches
| | latilisation de la matière fixe, | d'Hercule, desquelles on ne
| | à l'aide du mercure. | pouvait le passer. Il tua Rhé-
| | VIVIFIER. Donner la | sus & prit les chevaux, il en-
| | vie. Voyez Vie. | leva le Palladium avec Dio-
| | ULISSIPONA. Plante | mede, & les cendres de
| | connue sous le nom de Ser- | Laomédon, & fit plusieurs
| | pentaire. | autres actions remarquables
| | ULRACH. Sang de dra- | dont on voit le détail dans la
| | gon. | harangue qu'il prononça de-
| | ULVA. Feuille de mer. | vant tous les Chefs de l'ar-
| | ULYSSE, Roi des îles | mée des Grecs, pour que les
| | d'Ithaque & de Dulichie, | armes d'Achille lui fussent
| | fils de Laerte & d'Anticlie, | adjugées préférablement à
| | était un Prince éloquent, | Ajax.
| | fin, rusé, artificieux, pru- | Après la prise de Troie,
| | dent & plein de science. Il | Ulysse tua Orsiloque fils d'I-
| | contribua plus que tout autre | domenée, & fit immoler Po-
| | à la prise de Troie. Il épousa | lixene aux mânes d'Achille,
| | Pénélope, & en eut un fils | & il fut cause qu'on précipita
| | nommé Télémaque. Ulysse | Astianax du haut d'une tour.
| | aimait si passionnément Pé- | Ulysse se sépara ensuite
| | nélope, qu'il contrefit l'in- | des autres Princes Grecs &
| | sensé pour ne pas se séparer | se mit en mer pour retourner
| | d'elle, quand il fut invité par | à Ithaque; une tempête le
| | les Grecs à les accompagner | jeta vers les côtes de Sicile,
| | au siège de Troie. Palamede | où Polypheme lui dévora six
| | découvrit sa feinte, & l'obli- | de ses Soldats. Ulysse trou-
| | gea de partir avec les autres. | va le moyen de l'approcher
| | Ulysse se vengea de Pala- | pendant son sommeil, & lui
| | mede, en lui supposant des | creva l'oeil avec un tison ar-
| | intrigues avec les Troyens, | dent. De-là après avoir usé
| | & le fit lapider. Voyez Pa- | de toute son adresse pour
| | lamede. Ulysse commença | sortir de la caverne de ce fa-
| | par découvrir Achille dégui-* | meux Cyclope, il fut voir
| | | L l
| |
@
| 530 UL | UL
|
| |
|
| Eole, Roi des vents, qui lui | thys. Calypso régnait dans
|
| fit présent d'une outre où tous | l'île d'Ogygie, & reçut par-
|
| les vents étaient renfermés, | faitement bien ce Héros: elle
|
| excepté le Zéphyr. Ulysse | le retint pendant sept ans &
|
| n'en fut donc point battu, | en eut plusieurs enfants. Mer-
|
| jusqu'à ce que ses compa- | cure s'était mêlé de cette af-
|
| gnons eurent l'imprudence | faire, comme il faisait ordi-
|
| d'ouvrir l'outre; les vents en | nairement de tous les amours
|
| liberté, soufflèrent si rude- | des Dieux. La description
|
| ment qu'ils repoussèrent son | qu'Homère fait de Mercure
|
| vaisseau jusqu'à l'île d'Eole, | à cette occasion mérite d'ê-
|
| qui refusa de réitérer la mê- | tre rapportée.
|
| me faveur. En poursuivant | Jupiter, dit cet Auteur,
|
| sa route, il aborda au port | parla à Mercure & l'envoya
|
| des Listrigons, peuples in- | à Calypso, à la sollicitation
|
| humains qui dévorèrent plu- | de Minerve, pour engager
|
| sieurs de ses compagnons. | cette Nymphe Déesse à faire
|
| Ulysse en partit bien vite & | un bon accueil à Ulysse, &
|
| dirigea sa route vers l'île où | qu'il put retourner sain &
|
| Circé faisait son séjour. Cette | sauf dans son pays. Mercure
|
| Enchanteresse transforma en | fit ce message avec plaisir. Il
|
| cochons plusieurs de ceux | attacha à ses souliers ses ta-
|
| qui accompagnaient notre | lonnières d'or, au moyen
|
| Héros. Ulysse eut recours à | desquelles il volait sur terre
|
| Mercure, qui lui donna un | & sur mer avec le vent. Il
|
| remède pour obliger Circé à | prit aussi son caducée avec
|
| rendre la forme humaine à | lequel il tourne l'esprit des
|
| ceux qu'elle avait métamor- | hommes comme il veut, &
|
| phosés. | les endort ou les réveille à
|
| Circé accorda ses faveurs | & fantaisie. Du ciel il des-
|
| à Ulysse, qui en eut deux | cendit sur la mer en tenant
|
| enfants. Là il consulta Tiré- | sa baguette à la main, & y
|
| sias, & pour cela descendit | était porté sur les vagues très
|
| aux Enfers en prenant les | à son aise. Mercure aborda
|
| conseils & les moyens que | enfin dans l'île de Calypso,
|
| lui indiqua Circé. Voyez | & se rendit à la caverne que
|
| Circé. | cette Nymphe habitait. Il
|
| Ulysse, selon Homère, | l'y trouva, & un grand feu
|
| aborda aussi chez Calypso, | allumé dans son foyer. Elle
|
| fille de l'Océan & de Te-* | y travaillait à la toile, en
|
@
| UL | UL 531
|
| |
|
| chantant mélodieusement, | Scylla & de Carybde. Il
|
| & entremêlait de l'or dans la | en partit sur un vaisseau
|
| toile qu'elle tressait. Les envi- | que lui fournit Alcinoüs, &
|
| rons de cette caverne étaient | arriva enfin à Ithaque, où
|
| charmants par l'abondance | s'étant caché chez Eumée,
|
| des arbres toujours verts, | un de ses domestiques, il
|
| des fleurs dont les prairies | prit des mesures pour se dé-
|
| étaient émaillées, & des vi- | faire de ceux qui courtisaient
|
| gnes chargées de raisins. | avec importunité Pénélope
|
| La description de ce sé- | sa fidèle épouse, & qui dissi-
|
| jour enchanté est compara- | paient tout son bien malgré
|
| ble à celui de Nysa, dont | elle. Il se défit de tous, &
|
| voyez l'article. Les discours | régnait paisiblement, lorsque
|
| & la conversation que Mer- | Télegone son fils, qu'il avait
|
| cure & Calypso tinrent en- | eu de Circé, arriva à Itha-
|
| semble seraient trop longs, | que. Ignorant qui il était,
|
| on peut les voir dans le liv. 5. | Ulysse s'opposa à sa descen-
|
| de l'Odyssée. | te, & Télegone en se défen-
|
| Au sortir de l'île de Ca- | dant, lui donna un coup de
|
| lypso, Ulysse arriva au pays | lance, dont il mourut suivant
|
| des Phéaciens qui habitaient | la prédiction de Tirésias.
|
| l'île de Corcyre, & ren- | J'ai passé beaucoup de
|
| contra Nausicaa, fille d'Al- | traits de l'histoire de ce Hé-
|
| cinoüs Roi de cette île; elle | ros: on peut les voir dans
|
| était venue voir laver la les- | l'Odyssée d'Homère. J'en ai
|
| sive; elle accueillit très bien | expliqué les principales cir-
|
| Ulysse & l'introduisit chez | constances dans le liv. 6. des
|
| son père. Ses Sujets vivaient | Fables ch. 5. fat. 1. on peut
|
| dans le luxe & l'abondance; | y avoir recours. Je dirai seu-
|
| la danse, la musique, & la | lement qu'Ulysse est le sym-
|
| joie accompagnaient tous les | bole de l'Artiste Philosophe
|
| festins. Les jardins d'Alci- | dans la description de la
|
| noüs étaient superbes, & | guerre de Troie, & le sym-
|
| tout dans le palais était d'une | bole de ceux qui cherchent
|
| magnificence sans égale. Ce | la pierre sans être Adeptes,
|
| lieu de délices lui était ce | dans l'Odyssée.
|
| semble réservé pour lui faire | UMBILICUS MARINI.
|
| oublier tous les dangers qu'il | Fève de mer.
|
| avait courus par la rencontre | UMBILICUS TERRAE.
|
| des Sirènes & des écueils de | Cyclamen.
|
| | L l ij
|
@
| 532 UN VO | VO
|
| |
|
| UMO. Etain. | que cet Art n'a point l'ava-
|
| UNEDO. Néflier. | rice pour objet, qu'il est pos-
|
| UNICORNI MINERA- | sible, vrai, nécessaire; mais
|
| LIS. Terre sigillée rouge. | qu'il ne doit être communi-
| UNION. Volatilisation | qué qu'aux enfants des Sages.
| | du corps & coagulation de | Il en donne trois définitions.
| | l'esprit; ce qui se fait par la | Nous avons rapporté la pre-
| | même opération. Les Philo- | mière, voici les autres. Cet
| | sophes l'ont appelée Union | Art est comme un régime se-
| | de la terre & de l'eau. Cette | cret qui démontre & fait voir
| | opération se fait par la pu- | clairement la disposition, l'il-
| | tréfaction. Alors les éléments | lumination, la conversion,
| | sont confondus, l'eau con- | la constriction, la rétention,
| | tient l'air, & la terre con- | la métallification, la purifi-
| | tient le feu, les deux ne font | cation, la multiplication, &
| | qu'un tout appelé Hylé ou | la proportion des corps na-
| | Cahos. Cette union de la | turels, & de cette espèce
| | terre & de l'eau se fait aussi | d'onctuosité inconnue au vul-
| | dans la fixation du volatil. | gaire, qui cause l'adhésion
| | Union DES ESPRITS. | des différentes parties de ces
| | C'est l'eau sèche. | corps entr'elles: qui explique
| | Union DES ENNEMIS. | les liens invisibles de l'âme &
| | C'est la fixation de l'eau mer- | du corps, le caché & la chose
| | curielle volatile avec le sou- | cachante, le dense & le rare,
| | fre fixe des Philosophes. | le divin & l'humain, la for-
| | UNIQUE. Mercure des | me & la matière, le fixe &
| | Sages. | le volatil, les métaux & les
| | UNIR LES E'LE'MENS. | pierres, le dur & le mol, le
| | C'est cuire la matière. | pur & l'impur, le simple &
| | UNQUASI. Argent-vif. | le mixte; le tout par un arti-
| | VOARCHADUMIE. | fice institué par le Dieu tout-*
| | Art libéral doué de la vertu | puissant, au moyen du feu,
| | de la Science occulte. C'est | de l'air, de l'eau & de la terre,
| | ce qu'on appelle autrement | ou sous le grand Arcane des
| | la Science cabalistique des | quatre lettres hébraïques la-
| | métaux. Jean-Augustin Pan- | med, kuph, cadic & samech,
| | theus, Prêtre Vénitien, en a | qui signifient dans la Vaor-
| | fait un Traité, que l'on trouve | chadumie la même chose que
| | dans le second volume du | zain, nun, mem & iod.
| | Théâtre Chimique. Il dit | La troisième définition est
| |
@
| VO | VO 533
|
| |
|
| telle. La Voarchadumie est | matière au noir; parce qu'il
|
| un Art de veine d'or, qui | n'est pas plus possible de
|
| fournit une substance pleine | réussir dans le magistère, si
|
| d'une vertu métallique ex- | l'on ne fait d'abord passer la
|
| tractive. Cet Art explique | matière par la noirceur, ou
|
| aussi quelle est la forme fixe | si, comme dit Raymond
|
| intrinsèque, & la couleur | Lulle, on ne la renvoie
|
| jaune naturelle de l'or, ses | dans son pays natal, qui est
|
| parties hétérogènes, com- | l'Egypte, qu'il serait possi-
|
| bustibles, volatiles, que l'Art | ble de traverser les mers avec
|
| peut conduire à la perfection. | un vaisseau qui n'aurait point
|
| Il définit ensuite la matière | de voiles.
|
| de cet oeuvre, une substance | VOLANS. Argent-vif.
|
| pesante, corporelle, fixe, | VOLATIL. Qui vole,
|
| fusible, ductile, teinte, ra- | qui s'élève en haut, qui se
|
| réfiée & cachée de l'argent-* | sublime au haut du vase dans
|
| vif ou mercure & d'un soufre | la distillation, ou qui s'éva-
|
| incombustible métallique, | pore par l'action du feu com-
|
| réduite & transmuée en vrai | mun, ou du feu inné dans la
|
| or au moyen de la cémenta- | matière, cause de la fermen-
|
| tion. | tation. On dit volatil par
|
| Notre Auteur dérive le | comparaison avec les oi-
|
| terme Voarchadumia des | seaux.
|
| langues chaldéenne & hé- | Les Philosophes appellent
|
| braïque, & le compose de | en général volatil leur mer-
|
| Voarch, mot chaldéen qui | cure ou eau mercurielle au
|
| en français signifie Or, & | commencement de l'oeuvre,
|
| de Mea à adumot, mots hé- | par comparaison à la vola-
|
| braïques qui veulent dire de | tilité du mercure vulgaire.
|
| deux choses rouges; c'est-à-* | Cette volatilité leur a donné
|
| dire, de deux cémentations | lieu de nommer ce mercure
|
| parfaites. | de tous les noms des choses
|
| VOILES, ou Voiles du | volatiles, tels que ceux d'Ai-
|
| vaisseau de Jason. La Fable | gle, de Vautour, de Dragon
|
| dit que ces voiles étaient noi- | volant, d'Air, d'Eau, &
|
| res; & comme on explique | d'une infinité d'autres noms
|
| communément cette fable | qu'on trouve répandus dans
|
| des opérations du grand oeu- | ce Dictionnaire, particuliè-
|
| vre, les Philosophes ont don- | rement dans l'article Ma-
|
| né le nom de Voile à leur | tière.
|
| | L l iij
|
@
| 534 VO | VO UR
|
| |
|
| VOLATILES. Les vola- | parce qu'alors elle est en pu-
|
| tiles nous apportent la ma- | tréfaction, que la putréfac-
|
| tière de la pierre. Ces ex- | tion développe & sépare le
|
| pressions des Philosophes ont | bon du mauvais, qu'elle ma-
|
| trompé bien des Chimistes, | nifeste ce qui était caché, &
|
| qui prenant les termes à la | enfin parce que la Fable dit
|
| lettre, ont cru que volatile | que Saturne vomit la pierre
|
| signifiait oiseau; mais les | qu'il avait dévorée au lieu
|
| Adeptes ne parlent que par | de Jupiter, & que dans l'o-
|
| similitudes, & donnent le | pération du magistère le noir
|
| nom de volatiles aux navires | est le plomb, ou le Saturne
|
| qui nous apportent l'or des | des Philosophes, auquel suc-
|
| Indes. Michel Majer l'expli- | cède le gris blanchâtre qu'ils
|
| que dans ce sens-là au liv. 6. | appellent Jupiter.
|
| des Symboles de sa Table | VOYAGEUR. Mercure
|
| d'Or, page 270. La vraie | des Philosophes, ainsi nom-
|
| Pantaure, dit-il, contient la | mé de ce que la Fable dit
|
| vertu séminale de l'or, qui | que Mercure était le Messa-
|
| est le père de l'oeuvre, & le | ger des Dieux.
|
| vrai or philosophique. Celui | Les Voyages d'Osiris, de
|
| qui cherche cette pierre n'a | Bacchus, de Néoptoleme
|
| que faire d'aller dans les In- | sont des symboles de l'oeu-
|
| des pour la chercher dans les | vre Hermétique. Voyez les
|
| creux des montagnes, les vo- | articles de ces Divinités, &
|
| latiles nous l'apportent de | les Fables Egypt. & Grecq,
|
| ce pays-là, non les petits oi- | dévoilées.
|
| seaux, mais les plus grands, | URANUS. V. Célus,
|
| & même les vaisseaux à qui | Ciel.
|
| les voiles servent d'ailes. | URINA TAXI. Eau de
|
| VOLATILISATION. | tartre, ou tartre dissout.
|
| V. Sublimation. | URINA VINI. Vinai-
|
| VOLATILISER. Ren- | gre.
|
| dre une chose volatile de fixe | URINAL. (Sc. Herm.)
|
| qu'elle était. Tout l'Art con- | Fourneau secret des Philo-
|
| siste à volatiliser le fixe, & à | sophes, que Flamel dit qu'il
|
| fixer le volatil. | n'aurait jamais pu trouver si
|
| VOLONTE'. Soufre des | Abraham Juif ne l'eût peint
|
| Sages, ou leur or vif. | avec son feu proportionné,
|
| VOMISSEMENT. Ma- | dans lequel consiste une
|
| tière des Philosophes au noir, | grande partie du secret.
|
@
| UR | UR VU 535
|
| |
|
| URINALIS HERBA. | Urine est aussi une me-
|
| Linaire. | sure des Anciens. Elle con-
|
| URINE DU PE'RI- | tenait quarante livres de vin,
|
| CARDE. Eau renfermée | ou trente-cinq livres d'huile.
| dans le péricarde. | URITUR. Cinabre.
| | Urine DES JEUNES | Rullandus.
| | COLE'RIQUES. Mercure | USFIDA. Scories d'or.
| des Philosophes, selon Ar- | USIFER. \
| | téphius. | USIFUR. / Soufre.
| | Urine ou Urine D'EN-& | USRUB. Plomb, Sa-
| | FANTS. Un grand nombre de | turne.
| Chimistes pensant que l'u- | WAMAS. Vinaigre des
| | rine humaine était la vraie | Philosophes.
| | matière dont les Adeptes | VULCAIN, fils de Ju-
| | font leur mercure, ont tra- | piter & de Junon, eut à
| | vaillé chimiquement l'urine, | peine vu le jour que son père
| | & l'ont fait passer par toutes | le jeta du ciel en terre, par-
| | les opérations de l'Art. C'est | ce qu'il le trouva trop laid
| | de-là que nous sont venus | & trop difforme. Il tomba
| | l'invention du sel armoniac | dans la mer, ou Thétis aux
| | artificiel, l'esprit volatil d'u- | pieds d'argent, fille du vieil-
| | rine, & le phosphore uri- | lard Nérée, le reçut, & con-
| | neux. Raymond Lulle n'a | fia son éducation à ses soeurs.
| | pas peu contribué à cette | (Homère.) Vulcain devenu
| | erreur, par la recette d'une | grand, fit son séjour dans
| | opération sur l'urine inférée | l'île de Lemnos. Il épousa
| | dans ses recettes secrètes, | Vénus, ou une des Grâces.
| | de même que Géber & plu- | Cicéron compte plusieurs
| | sieurs autres Philosophes qui | Vulcains. Le premier était,
| | ont souvent parlé d'urine & | dit-il, fils du Ciel: le se-
| | d'urine d'enfants, quand ils | cond du Nil; les Egyptiens
| | ont traité de leur matière. | qui le regardaient comme
| | Mais Philalèthe a fixé l'idée | un de leurs grands Dieux,
| | qu'on devait appliquer à ces | le premier d'entr'eux, &
| | expressions, lorsqu'il dit | leur Dieu tutélaire, le nom-
| | qu'elles ne signifient autre | maient Opas: le troisième
| | chose que leur magistère par- | était fils de Jupiter & de Ju-
| | fait au blanc, comme on | non, ou de Junon seule, se-
| | peut le voir dans son Traité | lon Hésiode: le quatrième
| | de Vera confectione Lapidis | était fils de Ménalius.
| | Philosophici. | L l iv
| | | |
@
| 536 VU | UV ZU
|
| |
|
| Les Grecs regardaient | temple superbe, & une statue
|
| Vulcain comme le Dieu des | colossale haute de soixante-*
|
| Forgerons, & Forgeron lui-* | quinze pieds. Les Rois d'E-
|
| même. C'est l'idée qu'en | gypte furent pris pendant
|
| donne Diodore de Sicile, | longtemps du nombre des
|
| lorsqu'il dit que ce Dieu est | Prêtres qui desservaient ce
|
| le premier Auteur des ou- | temple. Le boeuf Apis y
|
| vrages de fer, d'airain & | était nourri avec beaucoup
|
| d'or, en un mot, de toutes | de soins. Voy. Apis. Le lion
|
| les matières fusibles. | lui était consacré.
|
| Tous les ouvrages de ce | Il n'est pas surprenant
|
| Dieu étaient des chefs-d'oeu- | qu'on ait regardé Vulcain
|
| vre, tels que le palais du So- | comme le Dieu de ceux qui
|
| leil, la chaise d'or à ressort | travaillent aux métaux, puis-
|
| qu'il envoya à Junon pour se | qu'il est le feu même qui les
|
| venger d'elle, & dans la- | forme dans les entrailles de
|
| quelle cette Déesse se trouva | la terre. Les chefs-d'oeuvre
|
| prise comme dans un trébu- | qu'on lui attribue sont des
|
| chet, la ceinture de Vénus, | ouvrages purement fabuleux
|
| la chaîne imperceptible dans | qui indiquent les qualités de
|
| laquelle il arrêta cette Déesse | ce Dieu, & la façon même
|
| dans le temps qu'elle était | de le représenter avec un
|
| avec Mars, le collier d'Her- | bonnet bleu est assez remar-
|
| mione, les armes d'Achille | quable. Ne serait-ce pas pour
|
| & celles d'Enée, la couronne | la même raison qu'on don-
|
| d'Ariadne, le fameux chien | nait à Neptune une espèce
|
| d'airain que Jupiter donna à | de manteau bleu. Vulcain
|
| Europe; Pandore, cette fem- | est le feu des Philosophes
|
| me qui a tant causé de maux | Hermétiques, c'est pourquoi
|
| à la terre; les cymbales d'ai- | Hermès & les Egyptiens l'a-
|
| rain dont il fit présent à Mi- | vaient en si grande vénéra-
|
| nerve, qui les donna à Her- | tion. Voyez l'explication des
|
| cule pour chasser les oiseaux | fables inventées à son sujet,
|
| du lac Stymphale; enfin sa | dans les Fables Egypt. &
|
| propre maison d'airain. | Gr. dévoilées, liv. 1. sect. 3.
|
| Les Egyptiens sont ceux | ch. 1. & liv. 3. ch. 11.
|
| qui ont honoré ce Dieu avec | UVULCARIA. Laurier
|
| plus de sentiments de gran- | d'Alexandrie.
|
| deur & de magnificence. Ils | UZIFUR. Cinabre;
|
| lui élevèrent à Memphis un | Pierre rouge des Sages.
|
@
| UZ XA | XY YA 537
|
| |
|
| UZURUP. Saturne, | Bois de l'arbre qui porte le
|
| plomb. | baume.
|
| | XYLOCASSIA. Bois de
|
| X. | cannelle.
|
| X On trouve l'X dans |
| quelques Auteurs pour | Y.
| | désigner une once. | Y ALOS. Verre.
| | XANTHE, fleuve de la | YARIA ou JARIA.
| | Troade, autrement appelé | Vert-de-gris.
| | Scamandre. Les Anciens di- | YARIM. Vert-de-gris.
| | saient que l'eau de ce fleuve | YCAR. Médecine philo-
| | avait la propriété de donner | sophique.
| | la couleur d'or à la toison des | YDENS. Mercure.
| | brebis qui en buvaient. | YDRICIUM. Argent-*
| | XENECHDON. Para- | vif.
| | celse a donné ce nom à un | YDROCEUM. Mercure
| | préservatif contre la peste, | des Sages.
| | qu'il composait d'arsenic, de | YELDIE. Matière de
| | dictame, de crapauds & de | l'oeuvre Hermétique. Ce ter-
| | plusieurs simples. On le por- | me signifie aussi quelquefois
| | te en amulette. Rullandus. | le mercure.
| | XENEXTON. Voyez | YELION. Verre.
| | Xenechdon. | YERCIA. Poix noire,
| | XEROMIRUM. On- | ou la matière de l'oeuvre en
| | guent dessiccatif. | putréfaction.
| | XIPHIDIUM. Glaïeul. | YESIR. Terre des Sages.
| | XIPHIUM. Glaïeul. | Prenez garde de mettre trop
| | XIR. Matière de l'oeu- | de mercure sur la terre, lors-
| | vre au noir, ou en putré- | que vous l'imbiberez: faites
| | faction. | en sorte qu'elle en soit seule-
| | XISSIUM. Vinaigre. | ment couverte, & ne faites
| | XISTAN. Vert-de-gris | pas surnager le mercure de
| | en poudre. | deux ou trois doigts, comme
| | XOLOCH COPALLI. | disent quelques-uns, parce
| | Gomme copal. | que la terre serait inondée &
| | XYLAGIUM. Bois | submergée; mais lorsqu'Ye-
| | saint. | sir sera simplement imbibé,
| | XYLOALOES. Bois | mettez-le dans votre vase,
| | d'aloès. | que vous scellerez herméti-
| | XYLOBALSAMUM. | quement. Cl. Buccinae.
| |
@
| 538 YE YH | YL YR
|
| |
|
| YEUX. La Fable dit | leur blanche, que les Philo-
|
| qu'Argus avait cent yeux | sophes appellent leur argent.
|
| & que Junon les transporta | YLE'. Voyez Hylé.
|
| sur la queue du paon, après | YLIASTRIQUE. Voy.
|
| que Mercure eut tué Argus | Cagastrum.
|
| par ordre de Jupiter, qui | YLIASTRUM. Pre-
|
| voulait se défaire de ce gar- | mière matière de laquelle le
|
| dien importun, que Junon | soufre, le sel & le mercure
|
| avait donné à Io. Ces yeux | des Sages ont été faits.
|
| de la queue de paon sont les | YN, \
|
| couleurs de l'Iris qui se ma- | YOMO, > Vert-de-gris.
|
| nifestent sur la matière de | YOS. /
|
| l'oeuvre pendant le cours des | YRIDIS. Orpiment.
|
| opérations. V. Argus. | YRIS. Fer, Mars.
|
| YEUX DE POISSON. Les | YSIR. Pierre des Sages,
|
| Philosophes comparent aux | & le mercure duquel on la
|
| yeux de poisson certaines es- | fait.
|
| pèces de bulles sulfureuses | Z.
|
| qui s'élèvent au-dessus de la |
|
| matière de l'oeuvre; ce qui | Z signifiait autrefois une
|
| les a engagés à dire qu'il fal- | demi-once; mais quel-
|
| lait tendre des filets, & pê- | ques-uns l'employaient aussi
|
| cher le poisson Echéneis qui | pour un gros.
|
| nage dans la mer philoso- | ZAAPH. Pierre des Phi-
|
| phique. Quelques Adeptes | losophes, ou leur soufre par-
|
| ont dit que la matière res- | venu au rouge. Il est ainsi
|
| semblait alors à du bouillon | nommé à cause de sa qualité
|
| gras, sur lequel surnagent des | chaude & sèche.
|
| étoiles de graisse: ils ont en | ZADDAH. Antimoine.
|
| conséquence nommé la ma- | ZAFARAM. Limaille de
|
| tière en cet état Brodium sa- | fer brûlée dans un vase de
|
| ginatum. | cuivre.
|
| YFIR. Mercure des Phi- | ZAFFRAM. Ocre,
|
| losophes réduit en poudre | terre minérale qui participe
|
| impalpable, comme les ato- | du fer.
|
| mes qui voltigent aux rayons | ZAHAU. Magistère au
|
| du soleil. | rouge.
|
| YGROPISSOS. Bitume. | ZAIBAC. Mercure.
|
| YHARIT. Matière de | ZAIBAR. Argent-vif.
|
| l'oeuvre parvenue à la cou-* | Paracelse.
|
@
| ZA ZE | ZE 539
|
| |
|
| ZAIDIR. Vénus, & son | ZEGI. Vitriol.
|
| vert-de-gris. | ZEHERECH ALC-
|
| ZAMBAC. Jasmin. | KAS. Vert-de-gris.
|
| ZANCRES. Orpiment. | ZEIDA. Mercure.
|
| ZANDARITH. Moyen- | ZELOTUM. Pierre mer-
|
| ne substance qui participe du | curielle.
|
| corps & de l'esprit, c'est-à-* | ZELUS, fils de Pallas &
|
| dire, du volatil & du fixe, | de Styx, fut retenu par Ju-
|
| Artéphius l'explique du ma- | piter, en récompense de ce
|
| gistère au blanc, & dit que | que sa mère avait secouru
|
| c'est la même chose que Cor- | Jupiter contre les Géants. Ce
|
| sufle & Cambar. | Dieu rendit aussi de grands
|
| ZARAS. Or. | honneurs à cette Déesse, la
|
| ZARCA. Jupiter, étain. | combla de présents, & vou-
|
| ZARFA. Etain. | lut que son nom fût employé
|
| ZARFRAHOR. Mercu- | dans le serment inviolable
|
| re des Philosophes. | des Dieux.
|
| ZARNE. Orpiment des | ZEMASARUM. Cina-
|
| Sages. | bre.
|
| ZARNEC ou ZAR- | ZEMECH. Pierre Lazul.
|
| NECK. Soufre des Philo- | ZEN GIFUER. Ci-
| sophes. | nabre.
| | ZARNIC. Orpiment. | ZENIC. Mercure des
| | ZARSRABAR. Argent-* | Philosophes.
| | vif. | ZE'PHIRE. Vent enfant
| | ZATANEA. Fleurs | des Dieux. C'est la pierre
| | d'Agnus-castus. | au blanc.
| | ZAUCRE. Orpiment. | ZERACHAR. Mercure.
| | ZAUHIRON. Safran | ZERCI. Vitriol.
| | oriental. | ZERICUM. Arsenic.
| | ZAZAR. Sucre. | ZERIFARI. Petit-lait.
| | ZEBD. Beurre. | ZERNA. Mousse.
| | ZEBED. Excrément hu- | ZERNIC. Orpiment des
| | main. | Philosophes.
| | ZEBLICIUM. Pierre | ZEROBILEM. Zo-
| | Serpentine. | diaque.
| | ZEC. Gomme Adra- | ZERUMBETH. Behen.
| | gante. | ZETE'S, fils d Antiope
| | ZECO. Tragacanthe. | & de Jupiter, & frère d'Am-
| | ZEFR. Poix. | phion. Voyez Amphion.
| |
@
| 540 ZE Zl | ZI ZO
|
| |
|
| ZETHES ou ZETHUS, | se sont imaginés qu'il fallait
|
| fils de Borée & frère de Ca- | réduire le zinc en fleurs, puis
|
| laïs, fut un des Argonautes, | en sel & en eau ardente, &
|
| & travailla avec son frère à | le fixer avec le nitre. La Chi-
|
| délivrer Phinée des Harpyes | mie a fait de très belles cho-
|
| qui le tourmentaient sans re- | ses avec le zinc.
|
| lâche. Voyez les Fables dé- | ZIPAR. Rhubarbe.
|
| voilées, liv. 2. ch. 1. | ZIT. Soufre rouge des
|
| ZIBACH. Magistère au | Philosophes.
|
| blanc. | ZITUM. Bière.
|
| ZIBUTUM. Mercure. | ZIVA. Pierre des Sages
|
| ZIMAR. Vert-de-gris. | au blanc.
|
| ZIMAX. Vitriol vert | ZIZIPHA ou ZIZY-
|
| d'Arabie duquel on fait l'ai- | PHA. Jujube.
|
| rain. Planiscampi. | ZIZIPHUS ou ZIZY-
|
| ZIMEN. Vitriol. | PHUS. Jujube.
|
| ZINCH. Voyez Zink. | ZODIAQUE. Cercle
|
| ZINGAR. Vert-de-gris. | imaginé dans le Ciel, &
|
| ZINGIFUR. Cinabre. | qu'on suppose posé de biais
|
| ZINIAR. Vert-de-gris. | entre les deux parties du
|
| ZINIAT. Levain, fer- | monde. Il est coupé à angles
|
| ment. | obliques de vingt-trois de-
|
| ZINK. Minéral métalli- | grés & demi par l'Equateur
|
| que, ou mélange de plusieurs | au commencement des si-
|
| métaux non mûrs, au nom- | gnes du Bélier & de la Ba-
|
| bre de quatre, mais qui ont | lance. Le Zodiaque partage
|
| l'apparence de cuivre. Pla- | le Monde obliquement à l'é-
|
| niscampi. Le zinc vulgaire | gard de l'Equateur, en deux
|
| est une espèce d'antimoine | parties égales, dont l'une est
|
| blanc, qui blanchit l'étain & | appelée septentrionale, dans
|
| jaunit le cuivre rouge. C'est | laquelle sont les signes sep-
|
| avec lui qu'on fait le similor. | tentrionaux; on nomme l'au-
|
| Quelques-uns le font avec la | tre partie méridionale, &
|
| tuthie. Plusieurs Chimistes | elle contient les signes mé-
|
| ont travaillé sur le zinc, par- | ridionaux.
|
| ce qu'ils ont cru qu'il était la | L'obliquité du Zodiaque
|
| matière du grand oeuvre. La | & le cours biaisant du Soleil
|
| Chimie dévoilée de Delo- | contribuent à produire la di-
|
| que & les ouvrages de Res- | verse température des sai-
|
| pour en sont une preuve. Ils | sons. Ils servent à la généra-
|
@
| ZO | ZO 541
|
| |
|
| tion des choses vivantes en | tentrionaux, & les six der-
|
| montant vers notre Zénith, | niers méridionaux. On ap-
|
| & à la corruption en descen- | pelle encore les six premiers
|
| dant vers le Nadir. | ascendants, parce que le So-
|
| On divise ordinairement | leil depuis le premier degré
|
| le Zodiaque en douze parties | du Capricorne jusqu'à la fin
|
| égales qu'on appelle Signes, | des Gémeaux, monte &
|
| dont la suite se compte d'oc- | s'approche de notre Zénith,
|
| cident en orient, en com- | ou point central; & les six
|
| mençant par le point où le | autres descendants, parce que
|
| Soleil avançant de son mou- | le Soleil en y passant, s'éloi-
|
| vement propre, passe de la | gne de notre Zénith.
|
| partie méridionale du globe | Les Astrologues disent que
|
| à la partie septentrionale. | lorsqu'une planète se trouve
|
| C'est le premier degré du | dans certains de ces signes,
|
| premier signe du printemps | elle a plus de vertu, que ses
|
| appelé Aries ou le Bélier. | influences sont plus effica-
|
| Ces douze signes occupent | ces, & ce signe est appelé
|
| les douze mois de l'année, | exaltation; le signe opposé
|
| & le Soleil entre tous les | se nomme déjection ou chute,
|
| mois dans un de ces signes, | comme si la planète y per-
|
| dont les noms sont le Bélier | dait quelque chose de sa ver-
|
| ou Aries, le Taureau ou | tu. Ainsi lorsque le Soleil se
|
| Taurus, les Gémeaux ou | trouve dans le Bélier, il est
|
| Gemini, l'Ecrevisse ou Can- | dans son exaltation, & la
|
| cer, le Lion ou Leo, la Vier- | Balance est sa déjection. Le
|
| ge ou Virgo, la Balance ou | Taureau est l'exaltation de
|
| Bilance, le Scorpion ou Scor- | la Lune, & le Scorpion sa
|
| pius, le Sagittaire ou Sagit- | chute. Le Lion est l'exalta-
|
| tarius, le Capricorne ou Ca- | tion de Mercure, & le Ver-
|
| pricornus, le Verseau ou | seau sa déjection: la Vierge
|
| Aquarius. | est aussi l'exaltation de Mer-
|
| Les trois premiers occu- | cure & les Poissons sa chute;
|
| pent les trois mois du prin- | parce qu'excepté le Soleil &
|
| temps, les trois suivants ceux | la Lune, chaque planète a
|
| de l'été, la Balance, le Scor- | deux signes d'exaltation &
|
| pion & le Sagittaire se trou- | deux de déjection, comme
|
| vent dans l'automne, & les | elles ont aussi deux maisons.
|
| trois derniers dans l'hiver. | La maison propre du So-
|
| Les six premiers sont sep-* | leil est le Lion, celle de la
|
@
| 542 ZO | ZO
|
| |
|
| Lune est l'Ecrevisse. Celles | pricorne & les Poissons.
|
| de Mercure sont les Gé- | Les Egyptiens qui avaient
|
| meaux & la Vierge: le Ca- | observé les Astres & mesuré
|
| pricorne & le Verseau sont | leur cours, partagèrent l'an-
|
| celles de Saturne, dont la | née en mois & en saisons, la
|
| Balance & le Scorpion sont | réglant sur le cours du So-
|
| l'exaltation, & le Bélier & | leil, & les mois sur celui de
|
| le Taureau la chute. Jupiter | la Lune, & divisèrent le Ciel
|
| a pour maisons les Poissons | en douze parties, à chacune
|
| & le Sagittaire, pour exal- | desquelles ils donnèrent le
|
| tation l'Ecrevisse, & pour | nom d'un animal. Lucien
|
| déjection le Capricorne. Les | (Traité le l'Astrologie judi-
|
| maisons de Mars sont le Scor- | ciaire) ajoute que les Egyp-
|
| pion & le Bélier, son exal- | tiens révéraient le boeuf Apis
|
| tation est le Capricorne, & | en mémoire du Taureau cé-
|
| sa chute l'Ecrevisse. Vénus | leste, & que dans l'Oracle
|
| a pour maison le Taureau & | qui lui était consacré, on ti-
|
| la Balance, pour exaltation | rait les prédictions de la na-
|
| le Verseau & les Poissons, | ture de ce signe, comme les
|
| & pour déjection le Lion & | Africains de celle du Bélier,
|
| la Vierge. | en mémoire de Jupiter Am-
|
| Ces signes ont aussi des | mon qu'ils adoraient sous
|
| qualités relatives à celles des | cette figure.
|
| éléments. Trois sont ignés ou | Les Egyptiens crurent donc
|
| chauds, savoir le Bélier, le | reconnaître quelques quali-
|
| Lion & le Sagittaire; trois | tés semblables, quelqu'ana-
|
| aériens, les Gémeaux, la | logie dans ces signes & les
|
| Balance & le Verseau; trois | animaux qui les représen-
|
| aqueux, le Cancer, le Scor- | taient; c'était sans doute ce
|
| pion & les Poissons; trois | qui leur avait aussi donné
|
| terrestres, le Taureau, la | lieu d'inventer la fable de la
|
| Vierge & le Capricorne. | métamorphose des Dieux en
|
| On en compte aussi six | animaux, pour éviter de
|
| masculins & diurnes, qui | tomber entre les mains de
|
| sont le Bélier, les Gémeaux, | Typhon.
|
| le Lion, la Balance, le Sa- |
|
| gittaire & le Verseau; & six | .. Duxque gregis fit Jupiter,
|
| féminins nocturnes, savoir | unde, recurvis
|
| le Taureau, l'Ecrevisse, la | Nunc quoque formatur Libys
|
| Vierge, le Scorpion, le Ca-* | & cum Cornibus Ammon.
|
@
| ZO | ZO 543
|
| |
|
| Diane avait pris la figure | tes ces observations, & s'y
|
| d'une chatte, Fele soror Phoe- | sont conformés dans leurs
|
| bi; Bacchus celle d'un bouc, | raisonnements sur les sept pla-
|
| Proles Semeleia capro; Ju- | nètes terrestres, ou les sept
|
| non celle d'une vache blan- | métaux. Ils les ont comparés
|
| che, Niveâ Saturnia vaccâ; | aux planètes célestes, & leur
|
| Mercure se cacha sous celle | ont supposé un cours qui for-
|
| de l'ibis, Cyllenius ibidis | me l'année philosophique.
|
| alis; Vénus sous celle d'un | Paracelse dit qu'il faut faire
|
| poisson, Pisce Venus latuit; | parcourir à Saturne toutes les
|
| ou, comme dit Manilius, | sphères des autres. Basile Va-
|
| (Astr. l. 4.) Inseruitque suos | lentin dit dans la 6e Clef:
|
| squammosis piscibus ignes. | » Remarques qu'il faut que
|
| Ces qualités chaudes, froi- | » tu soulève la Balance cé-
|
| des, aqueuses ou sèches fu- | » leste, & que tu mette dans
|
| rent donc les raisons qui en- | » le côté gauche le Bélier, le
|
| gagèrent les Egyptiens à | » Taureau, l'Ecrevisse, le
|
| donner aux planètes & aux | » Scorpion & le Capricorne,
|
| signes du Zodiaque des noms | » & dans le côté droit les
|
| d'animaux, & appelèrent | » Gémeaux, le Sagittaire, le
|
| ces constellations maisons ou | » Verseau, les Poissons & la
|
| lieux dans lesquels les planè- | » Vierge; fais que le Lion
|
| tes faisaient leur séjour passa- | » porte-or se jette dans le
|
| ger pendant leur cours. | » sein de la Vierge, & que
|
| Quand Hermès ou ses Dis- | » ce côté-là de la Balance
|
| ciples eurent observé la mê- | » pèse plus que l'autre. En-
|
| me analogie entre les planè- | » fin que les douze signes du
|
| tes & les signes, ou du moins | » Lion Zodiaque faisant leurs
|
| qu'ils eurent imaginé les mê- | » constellations avec les sept
|
| mes qualités dans Vénus & | » Gouverneurs de l'Univers,
|
| le Taureau, par exemple, | » se regardent tous de bon
|
| ils assignèrent le Taureau | » oeil, & qu'après que toutes
|
| pour maison à Vénus, Aries | » les couleurs seront passées,
|
| pour celle de Mars, Gemini | » la vraie conjonction se fasse,
|
| pour celle de Mercure, le | » & le mariage, afin que le
|
| Lion pour celle du Soleil, le | » plus haut soit rendu le plus
|
| Cancer pour celle de la Lu- | » bas, & le plus bas le plus
|
| ne, & ainsi des autres. | » haut. »
|
| Les Philosophes Disciples | Plusieurs Chimistes Her-
|
| d'Hermès ont eu égard à tou-* | métiques ont dit qu'il fallait
|
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| 544 ZO | ZO
|
| |
|
| commencer l'oeuvre au prin- | plus haut, ensuite Jupiter en
|
| temps, par le cours du Soleil | descendant, puis Mars, le
|
| dans les signes du Bélier, du | Soleil, Mercure, Vénus &
|
| Taureau & de Gemini; d'au- | la Lune. » Afin que vous
|
| tres en hiver, par le Capri- | » puissiez mieux concevoir
|
| corne, le Verseau & les Pois- | » comment les métaux s'al-
|
| sons. C'est que les uns en | » lient & donnent leur se-
|
| s'exprimant ainsi, ont eu | » mence, observez le Ciel
|
| égard à la matière qu'il faut | » & les sphères des planè-
|
| prendre pour faire l'oeuvre, | » tes, dit le Cosmopolite,
|
| & les autres aux premières | » (Tract. 9. ). Voyez que
|
| opérations. Le Cosmopolite | » Saturne est le plus élevé,
|
| dit que leur mercure se tire | » Jupiter lui succède, puis
|
| du ventre d'Aries, au moyen | » Mars, ensuite le Soleil,
|
| de leur acier, que dans un | » Venus, Mercure & la Lu-
|
| autre endroit il appelle ai- | » ne. Considérez que les ver-
|
| mant; & ajoute qu'il y a un | » tus des planètes ne mon-
|
| second acier semblable au | » tent pas, mais descendent;
|
| premier, créé par la Nature | » & l'expérience nous ap-
|
| même: celui qui saura l'ex- | » prend que de Vénus on ne
|
| traire des rayons du Soleil | » fait pas Mars, mais bien de
|
| & de la Lune, trouvera ce | » Mars Vénus, parce que
|
| que tant de gens cherchent. | » celle-ci a sa sphère plus
|
| Un de leurs hiéroglyphes | » basse. De même on change
|
| représente Atlas portant sur | » aisément Jupiter en Mer-
|
| ses épaules la sphère du Mon- | » cure, parce que Jupiter est
|
| de, sur laquelle est marquée | » le second en descendant
|
| une partie du Zodiaque, qui | » du Ciel, & Mercure le se-
|
| renferme les six signes dont | » cond en montant de la
|
| j'ai parlé plus haut, & la fi- | » Terre; Saturne est le plus
|
| gure du Soleil entre les signes | » haut, & la Lune la plus
|
| des Poissons & du Bélier, & | » basse. Le Soleil se trouvant
|
| la Lune s'y trouve placée | » au milieu, se mêle avec
|
| entre le Verseau & les Pois- | » toutes les autres planètes,
|
| sons. Le Cosmopolite de | » mais il ne saurait jamais
|
| concert avec les autres Phi- | » être perfectionné par les
|
| losophes & les Astrologues | » intérieures. Sachez donc
|
| placent les planètes diffé- | » qu'il y a une grande cor-
|
| remment des Astronomes. | » respondance entre Saturne
|
| Ceux-ci mettent Saturne le | » & la Lune, au milieu des-
|
| | » quels
|
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| ZO | ZO 545
|
| |
|
| » quels le Soleil se trouve | tière pendant le cours des
|
| » placé; qu'il y a aussi beau- | opérations. L'aérienne mar-
|
| » coup d'analogie entre Ju- | que la volatilisation, l'hu-
|
| » piter & Mercure, de même | mide ou aqueuse la dissolu-
|
| » qu'entre Mars & Vénus, | tion, la terrestre & l'ignée la
|
| » parce que le Soleil se trouve | fixation. La dissolution & la
|
| » aussi entre ces planètes. » | putréfaction de leur or est
|
| L'Anonyme qui a joint | leur hiver; pendant ce temps
|
| une figure hiéroglyphique à | là leur Soleil cueilli au prin-
|
| la Table d'Emeraude d'Her- | temps, parcourt les signes du
|
| mès, a placé les planètes un | Capricorne, du Verseau &
|
| peu différemment; il n'a pas | des Poissons. De-là il passe
|
| eu en vue de présenter leur | dans les autres signes en ré-
|
| cours, mais seulement leur | trogradant toujours, dans
|
| position relative. Il a mis au | chaque saison, de manière
|
| haut & sur la même ligne le | qu'a la fin il se trouve dans
|
| Soleil & la Lune; au-dessous | le lieu de son exaltation d'où
|
| du Soleil, Mars & Saturne; | il était parti, & puis dans sa
|
| de l'autre côté sous la Lune, | propre maison, qui est le
|
| Vénus & puis Jupiter, & | Lion porte-or, comme l'a
|
| Mercure au milieu de toutes. | dit Basile Valentin. C'est la
|
| On voit par ce que nous | raison pour laquelle cet Au-
|
| avons dit jusqu'ici que le Zo- | teur a dit qu'il fallait le met-
|
| diaque des Philosophes n'est | tre dans la Balance, & le
|
| pas le même que le Zodia- | jeter dans le sein de la Vier-
|
| que céleste, quoique le pre- | ge, faisant en sorte que ce
|
| mier ait un grand rapport | côté de la Balance pèse plus
|
| par ses qualités avec le se- | que l'autre, c'est-à-dire, que
|
| cond. Les signes des Philo- | le fixe l'emporte sur le vo-
|
| sophes sont les opérations de | latil. Tous les signes aériens
|
| l'oeuvre qu'il faut parcourir | & aqueux sont volatils, &
|
| pour parvenir à leur autom- | les chauds de même que les
|
| ne, dernière saison de leur | terrestres sont fixes. L'air des
|
| année, parce qu'elle est celle | Philosophes est caché dans
|
| où ils recueillent les fruits de | leur eau, & leur feu dans
|
| leurs travaux. Voyez Sai- | leur terre. Celui qui veut
|
| sons. Ces qualités aérien- | étudier la Philosophie Her-
|
| nes, aqueuses, chaudes & | métique, doit donc faire l'ob-
|
| terrestres sont les états diffé- | jet de ses méditations du Zo-
|
| rents où se trouve leur ma-* | diaque des Philosophes, ob-
|
| | M m
|
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| 546 ZO | ZO ZU
|
| |
|
| server bien sérieusement les | ZORABA. Vitriol.
|
| qualités relatives de leurs | ZORUMBETH ou ZE-
|
| planètes & de leurs signes; | RUBETH, est une espèce
|
| voir en quoi ils diffèrent, & | de Zédoaire qui a la racine
|
| en quoi ils se ressemblent, | ronde.
|
| pourquoi l'une trouve son | ZOTICON. Magistère
|
| exaltation dans un signe qui | des Philosophes poussé au
|
| sert de maison à l'autre, & | blanc parfait.
|
| d'où cela peut provenir; | ZUB ou ZUBD. Beurre.
|
| pourquoi on a placé une pla- | ZUCCAIAR ou ZUC-
|
| nète dans un signe plutôt | CAR. Fleurs d'Agnus-*
|
| que dans un autre, & enfin | castus.
|
| quel rapport ont ces signes | ZUMEC. Soufre des
|
| avec les saisons philosophi- | Philosophes au rouge.
|
| ques, & la correspondance | ZUMELAZULI. Magis-
|
| des planètes relativement à | tère parvenu à la rougeur
|
| leur position, tant dans les | de pavot.
|
| signes du Zodiaque, que dans | ZUNZIFAR. Cinabre.
|
| le Ciel dont parle le Cosmo- | ZUNITER ou ZITTER
|
| polite. | & ZUVITER. Marcassite.
|
| ZOPISSA. Poix, | ZYMAR, Vert-de-gris.
|
FIN.
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P R I V I L E G E D U R O I.
L OUIS, par la grace de Dieu, Roi de France, &
de Navarre: A nos amés, & féaux Conseillers les
Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Re-
quêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Conseil, Prevôt
de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenants Civils,
& autres nos Justiciers qu'il appartiendra; SALUT. Notre
amé le Sieur Jean-Baptiste-Claude BAUCHE, Libraire à
Paris, nous a fait exposer qu'il desireroit faire imprimer, &
donner au Public des Ouvrages qui ont pour titre:
Caroli
altionis enumeratio Methodica stirpium Littoris & agri
Niceaensis; Fables Egyptiennes & Grecques, & le DIC-
TIONNAIRE MYTHO-HERME'TIQUE, par
Dom PER-
NETY;
la Topographie de l'Univers ,par l'Abbé Expilly;
s'il nous plaisoit lui accorder nos Lettres de privilége pour
ce nécessaires: A CES CAUSES, voulant favorablement
traiter l'Exposant, Nous lui avons permis & permet-
tons par ces Présentes de faire imprimer lesdits Ouvrages
autant de fois que bon lui semblera, & de les vendre
& faire vendre & débiter par tout notre Royaume pen-
dant le tems de six années consécutives, à compter du
jour de la date des Présentes. Faisons défense à tous
imprimeurs, Libraires, & autres personnes de quelque
qualité & condition qu'elles soient, d'en introduire d'im-
pression étrangére dans aucun lieu de notre obéissance;
comme aussi d'imprimer ou faire imprimer, vendre, faire
vendre, débiter ni contrefaire lesdits Ouvrages, ni d'en
faire aucun extrait sous quelque prétexte que ce soit, d'aug-
mentation, correction, changement, ou autres, sans la
permission expresse & par écrit dudit Exposant, ou de
ceux qui auront droit de lui, à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits, de 3000 liv. d'amende contre
chacun des contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers
à l'Hôtel-Dieu de Paris, & l'autre tiers audit Exposant,
ou à celui qui aura droit de lui, & de tous dépens, dom-
mages & interêts; à la charge que ces Présentes seront
enrégistrées tout au long sur le Régistre de la Communauté
des Imprimeurs & Libraires de Paris dans trois mois de la
@
date d'icelles, que l'impression desdits Ouvrages sera faite
dans notre Royaume, & non ailleurs, en bon papier, &
beaux caractéres, conformément à la feuille imprimée,
attachée pour modéle sous le Contre-scel des Présentes,
que l'Impétrant se conformera en tout aux Réglemens de
la Librairie, & notamment à celui du 10 Avril 1725. qu'a-
vant de les exposer en vente les Manuscrits qui auront servi
de Copie à l'impression desdits Ouvrages, seront remis dans
le même état où l'Approbation y aura été donnée, ès mains
de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier de Fran-
ce le Sieur de Lamoignon, & qu'il en sera ensuite remis
deux Exemplaires de chacun dans notre Bibliothéque
publique, un dans celle de notre Château du Louvre, &
un dans celle de notre très-cher & féal Chevalier, Chan-
celier de France le Sr de Lamoignon; le tout à peine
de nullité des Présentes; du contenu desquelles vous
mandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposant, &
ses ayans causes, pleinement & paisiblement, sans souffrir
qu'il leur soit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons
que la Copie des Présentes qui fera imprimée tout au long
au commencement, ou à la fin dudit Ouvrage, soit tenue
pour dûement signifiée, & qu'aux Copies collationnées
par l'un de nos amés & feaux Conseillers-Secrétaires,
foi soit ajoutée comme à l'Original; commandons au pre-
mier notre Huissier ou Sergent sur ce requis, de faire
pour l'exécution d'icelles tous actes requis & nécessaires,
sans demander autre permission, & nonobstant clameur
de Haro, charte Normande, & Lettres à ce contraires.
CAR tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le 24 jour
du mois d'Octobre, l'an de grace 1757. & de notre Régne
le quarante-troisiéme. Par le Roi en son Conseil.
LE BEGUE.
Registré sur le Registre 14e. de la Chambre Royale des libraires &
Imprimeurs de Paris, No. 244. fol. 218. conformement aux anciens
Réglemens confirmés par celui du 28 Février 1723. A Paris le 27 Octobre
1757. P. G. LE MERCIER, Syndic.
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