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Réfer. : 0420B .
Auteur : Dujols, Pierre.
Titre : Le Livre d'Images sans Paroles.
S/titre : Où toutes les opérations de la Philosophie...
Editeur : Editions les 3 R. Amboise.
Date éd. : 2015 .
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M U T U S
L I B E R
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**** A T T E N T I O N ****
Ce document étant sujet à droits d'auteur,
n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.
**** A T T E N T I O N ****
Il a été tiré de cet ouvrage
deux cent quatre_vingt-cinq exemplaires
numérotés et paraphés de lEditeur,
plus dix exemplaires hors commerce
non numérotés.
N° xxx
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HYPOTYPOSE
C e titre, bien qu'il y paraisse, n'a pas la moindre prétention. Il est tout à fait
technique, le seul convenable et génuine au sujet, car il trace, dans sa conci-
sion, le plan de notre étude. Une hypotypose (de υπο
sous et Τυπος
empreinte,
emblème) est une explication placée sous des figures abstraites. Or le
Mutus Liber
est un recueil d'images énigmatiques.
Il s'est formé autour du Mutus Liber une légende absurde. Une Ecole -- qui
n'a d'hermétique que le nom -- a fait à cet ouvrage une réputation d'obscurité impé-
nétrable et, de ce chef, le vénère comme un sacrement, sans le comprendre. C'est
une erreur ; de même que traduire
Mutus Liber par le
Livre muet, sans paroles, est
un contresens philosophique. Tous les signes adoptés par l'industrie humaine pour
manifester la pensée sont des verbes. Les Latins -- ce mot entendu congrûment --
appellent le dessin, la peinture, la sculpture et l'architecture, au moyen desquels les
Hiérogrammates réservent aux élus les arcanes de la Science,
mutoe artes, c'est-à-dire
les
arts symboliques.
Qu'est-ce qu'un symbole ? Συμβολη est une convention ; Συμβολον, un signe de
reconnaissance. Un symbole est donc ce que nous nommons aujourd'hui un « Code »,
un système tacite d'écriture adopté pour la correspondance diplomatique, voire com-
merciale, les communications télégraphiques, sémaphoriques, etc. Pour un homme
illettré, tout livre est
mutus. Un volume en hébreu, sanscrit, chinois, est un
mutus
liber pour le plus grand nombre, encore qu'ils soient instruits dans leur propre
langue. Il faut donc se faire à cette idée, toute simple, que le
Mutus Liber est un
livre comme les autres et qu'il peut se lire en clair, si l'on en possède la grille.
D'ailleurs, les ouvrages d'alchimie, en vers, en prose, en latin, en français ou
tout autre idiome, ne sont eux-mêmes que des cryptogrammes. Bien qu'écrits avec
les lettres banales de l'alphabet et le vocabulaire commun, ils n'en demeurent pas
moins indéchiffrables pour quiconque en ignore la clef. A dire vrai, entre les deux
procédés stéganographiques, celui du
Mutus Liber est encore le plus transparent, car
l'image objective est certainement plus parlante que les tropes littéraires et les figures
de rhétorique, surtout en une matière aussi expérimentale que celle de la chimie.
En épinglant ces quelques pages de commentaires aux planches allégoriques du
Mutus Liber, nous nous sommes proposé, sans quitter le manteau du philosophe,
d'en faciliter la lecture, par une interprétation sincère, aux véritables inquisiteurs de
science, probes, patients, laborieux comme les diligentes abeilles, et non aux curieux,
désoeuvrés et frivoles, qui passent leur vie à papillonner inutilement de livre en livre,
sans jamais s'arrêter à aucun pour en extraire la mellifique substance.
Eh quoi ! la grammaire, la géographie, l'histoire, les mathématiques, la physique,
la chimie et le reste ne deviennent accessibles qu'après de longs et pénibles efforts,
et l'on voudrait entrer au débotté dans le « Palais du Roi » sans observer les conve-
nances et se soumettre aux lois de l'étiquette ! Une lecture hâtive et superficielle ne
saurait remplacer l'étude austère et grave. Les sciences profanes elles-mêmes ne sont
pénétrables et assimilables qu'à la suite d'un travail soutenu et prolongé.
On peut nous objecter que l'Université compte d'illustres grammairiens, géo-
graphes, historiens, mathématiciens, physiciens et chimistes, mais qu'on n'y signala
jamais le moindre alchimiste. Et si l'agrégé d'alchimie est inconnu, c'est que l'alchimie
est une chimère. Cet argument
ad hominem n'est pas sans réplique : Une chose
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**** A T T E N T I O N ****
Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
**** A T T E N T I O N ****
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Achevé d'imprimer
le vingt trois de Juin MCMXIV
sur les presses de l'"UNION".
46, Boulevard Saint-Jacques
P A R I S.
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