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Réfer. : 1204A .
Auteur : Khunrath, Heinrich.
Titre : Amphithéâtre de l'Eternelle Sapience.
S/titre : seule vraie.
Editeur : Guilielmus Antonivs. Hanav.
Date éd. : 1609.
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AMPHITHEATRE
CHRISTIANO - KABBALISTIQUE
DIVINO - MAGIQUE
PHYSICO - CHIMIQUE
TER - TRI - UNO - CATHOLIQUE
DE L'ETERNELLE
S
A P I E N C E
SEULE VRAIE
DISPOSE PAR
HENRI KHUNRATH
DE LEIPZIG
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H A N A V
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1609
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E X T R A I T
DU PRIVILEGE DE L'EMPEREUR
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Par Privilège de Sa Majesté sacrée Impériale, défense est faite, dans toutes les limitesdu Saint Empire Romain et de tous les Royaumes et Domaines de sa Majesté, à tous
Dessinateurs, Graveurs, Typographes, Libraires, et en un mot à tous ceux qui fabriquent
et font commerce des livres, de contrefaire soit en partie ou en totalité des caractères
semblables ou d'autre forme, de remanier ou de faire remanier, de reproduire ailleurs par
gravure ou impression, de vendre ou distribuer ouvertement ou en secret, les oeuvres d'Henri
Khunrath, de Leipzig, Docteur en Médecine, qu'elles soient écrites ou dessinées, médicinales,
chimiques, kabbalistiques, ou traitant de toute autre science occulte, latines ou allemandes,
traduites d'autres auteurs ou écrites et inventées par lui-même, et en particulier parmi
celles-ci, l'AMPHITHEATRE Christiano-Kabbalistique, Divino-Magique, Physico-Chimique et
Ter-Tri-uno-Catholique de l'Eternelle Sapience, seule vraie, sans avoir obtenu auparavant
le consentement du dit Docteur Henri Khunrath ou de ses héritiers, et cela par l'espace de
dix années, à partir du premier jour où il lui plaira de donner cette édition. Si quelqu'un,
en commettant une de ces actions, était assez téméraire pour essayer, en quelque lieu que ce
soit, de mépriser, négliger ou transgresser ce Privilège et Interdit Impérial, non seulement
il sera privé, de fait, de tous les exemplaires ainsi contrefaits ou reproduits (ce que pourront
faire ledit Henri Khunrath ou ses héritiers ou leurs mandataires en quelque lieu que ce soit,
ou par eux-mêmes, car nous leur accordons à ce sujet toute autorité, ou par l'intermédiaire
du magistrat du lieu dont ils pourront requérir l'aide) mais il sera en outre irrémissiblement
condamné en expiation de la fraude à une amende de dix marks d'or pur envers le fisc
Impérial, et à une amende égale au profit du dit Docteur Khunrath ou de ses héritiers,
etc., etc.
Prague, le premier jour de juin. Année 1598.
RUDOLPHUS.
Par ordre exprès de Sa Majesté Impériale et Sacrée.
A. BENCK.
Auquel il a été ajouté le sceau de cire rouge de Sa Majesté Impériale.
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@
A
L'E T E R N E L, A L'I N V I S I B L E, AU SEUL SAPIENT, AU MEILLEUR
DE TOUS LES ETRES,
INFINI ET OMNIPOTENT
צֶבָאוֹת
אְלֶחִים יְהוָֹה
(TZEBAOTH) (AELOHIM) (TETRAGRAMMATON)
A U
D I E U D E S D I E U X
L'ETRE DES ETRES
TRI-UN
SAINT, SAINT, SAINT
AU PERE, et AU FILS, incarné dans la plénitude du temps
J E S U H - C H R I S T, ainsi qu'au
SAINT- ESPRIT,
De l'Universalité des choses existantes, créées et
renfermées dans tout l'UNIVERS
AUTEUR, CONSERVATEUR, GUBERNATEUR
pour toujours;
A son SEIGNEUR et SOUVERAIN Universel, bénignissime,
en le craignant filialement, l'aimant uniquement, l'adorant
humblement; et dans toute l'éternité, avec la
dévotion qu'il lui doit, avec raison
le louant;
@
II.
A TOUTE LA MILICE OMNIPOTENTE DE L'ARMEE SPIRITUELLE
ET CELESTE, respectueusement rassemblée; à ces esprits
de flamme qui sont les ministres de IEHOVAH, divinement concédés
à moi, et m'assistant de leur plein gré, par leur
office didactique et tutélaire,
III.
A SON PROCHAIN (à celui qui aime véritablement et artistiquement son
Dieu) à tout fidèle, quel qu'il soit, en l'aimant
extrêmement,
IV.
A LUI-MEME serviteur et organe de DIEU (que la jactance et la calomnie
soient loin de sa bouche!) avec tout le soin possible, suivant la mesure
des DONS, par le SEIGNEUR, très libéralement
accordés.
V.
(*1) A TOUTE LA SACRO-SAINTE ECRITURE BIBLIQUE, utile vers. pour instruire, pour démontrer, pour corriger, pour conduire dans la
justice, afin que l'HOMME DE DIEU soit parfait, étant préparé à
toute oeuvre de bien,
VI.
A LA NATURE mirifique, régie par les ELOHIM dans le MONDE universel
(et à son fils, appelé la MAGNESIE des Philosophes jamais odieuse,
qui doit être considéré comme MOUVEMENT
et LUMIERE,
Enfin:
(*1) S. Paul II. Timoth. III. vers. 16.
@
VII.
AUX SCIENCES ET ARTS, tous en général, par lesquels la gloire de
DIEU est étendue sur tout l'Orbe Terrestre, et principalement aux sciences les
plus secrètes et les plus sublimes qui s'accomplissent spagyriquement
par le moyen du FEU qui éprouve toutes
choses,
CET AMPHITHEATRE
DE L'ETERNELLE SAPIENCE
SEULE VRAIE
Et même
De ces vierges très chastes, qui, comme ELLE touchent presque aux demeures
sacrées les plus secrètes, et dont il n'existe pas, parmi les Sciences et
Arts utiles, sur tout l'Orbe Terrestre, au genre humain, de plus
augustes, de plus saintes et (à cause de l'UTILITE et des
FRUITS, tant macro et micro-cosmiques que DIVINS,
salutaires dans l'Eternité) de plus éminentes
par exemple
DE LA KABBALE, DE LA MAGIE ET DE L'ALCHIMIE,
Prudentissimement, Theo- et Philo-SOPHIQUEMENT auxiliatrices (par un artifice
miraculeux et multiple) de LEUR HEROINE très sainte, dans l'ORATOIRE et le
LABORATOIRE macro- et micro-COSMIQUE, nécessairement repurgées sous la
conduite et par l'assistance de RUACH-HHOCHMAH-EL, et selon la norme
de Vérité de la plus Sainte et CHRETIENNE PHILOSOPHIE, seule
vraie, de tous ces spectres trompeurs, de ces sophismes exécrables,
diaboliquement et faussement substitués à la
VERITE elle même; conformées de nouveau sincèrement
par la dextérité catholique à l'exemple de
l'Archétype; dignement restituées et
restaurées dans leur primordiale
Simplicité et Bonté tri-uno
Catholique,
@
CHRISTIANO - CABALISTIQUE
D I V I N O - M A G I Q U E
et aussi
PHYSICO-CHIMIQUE
TERTRIVNO-CATHOLIQUE
Dans lequel, Theo- et Philo-SOPHIQUEMENT est enseignée la VRAIE SAPIENCE et son
étude qui est la source la plus sincère de la PHILOSOPHIE, l'origine naturelle
de l'INTELLECT, la Puissance et la Lumière essentielle DE LA NATURE catholiquement
répandue dans le MONDE et réellement, synoptiquement,
catholiquement existante dans son FILS qui est la MAGNESIE des
Sages; et aussi le DROIT OU la LOI DE DIEU divinement écrite
dans nos coeurs, et même la méthode d'entendre et
d'interpréter habilement et orthodoxement la BIBLE
sacrée; et encore la SCIENCE de l'arbre de Vie
du Bien et du Mal, et des choses honnêtes
et honteuses, toutes choses qui sont
abondamment expliquées;
OEUVRE, Théorique et Pratique, attestant une άυτοψἰᾳ (fi de Momus et de Zoïle) réellement
supérieure, nouvellement corrigé, AMPHITHEATRIQUEMENT pourvu de QUATRE cercles et
d'autres FIGURES hiéroglyphiques, artistiquement gravées sur cuivre, afin de relever et
venger la cause de la VERITE qui, en certains lieux, souffre au mépris de la pudeur une
violence très inique, qui est comme gémissante, pliant sous le poids des calomnies et
presque (ô douleur!) succombant, proche de la mort; par lequel aussi est fournie aux
hommes l'occasion nullement blâmable d'expérimenter et de pratiquer excellemment en
public certains autres arts et industries, et qui, par un pieux mouvement de l'âme, et dans
l'UTILITE commune et pour l'UTILITE du monde
CHRETIEN est enfin, et avec grand'peine (mais
assez tôt, si comme je l'espère, il est
suffisamment parfait)
envoyé,
qui enseigne, autant qu'il le peut et le doit, la SAPIENCE VRAIE et QUAND, COMMENT, POURQUOI,
en COMBIEN DE TEMPS, à QUI, QUOI, OU, à L'AIDE DE QUOI elle est enseignée ; le PLUS HAUT
DES BIENS de l'HOMME, fécond autant dans la vie future que dans cette vie, don
de DIEU, singulier, ter-tri-un, catholicissime,
c'est-à-dire:
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l'Agnition, Cognation, Union la Cognition la Cognition
et Fruition et Fruition
/--------------^---------------\/-----------^-------------\/-------------^-------------\
DE IEHOVAH
DU MONDE majeur, et de JESUS-CHRIST
DE SON IPSEITE PROPRE, et de son Fils, la MAGNESIE
qu'il a envoyé, et des
Tri-Une. des Philosophes, qu'il a
Livres de la Sacro-Sainte donné; l'un comme Ecriture, Tri-Une.
l'autre Tri-Un./-------------------------------------------^------------------------------------------\
C'est-à-dire
qui les montre par la SOPHIA orthodoxe
catholiquement
T O U T E S
L E S T R O I S
comme dans un limpide miroir;
DONT
L'A P O C A L Y P T I Q U E
C L E F TRI-UNE
des mystères impénétrables (puisque le PERE DES LUMIERES, ouvrant le trésor de sa Bénignité divine, la lui a libéralement
concédé) dignement réservée au pouvoir de l'auteur de CET OEUVRE,
par sa LOI
Tri-une, sainte, équitable et juste
c'est-à-dire
au moyen de LA FOI,
DU SILENCE LEGITIME
et
DES BONNES OEUVRES
(qui concernent au moins l'âme reconnaissante).
@
N'est due qu'aux seuls fils de la DISCIPLINE et de la DOCTRINE,
qu'aux fidèles et purs héritiers aimés
candidats à la SACRO-SAINTE SAPIENCE
car les choses sacrées ne doivent pas être données aux chiens, ni les
perles projetées aux pourceaux, violemment obsédés par le diabolisme;
car TOUTES CHOSES ne conviennent pas à tous,
mais suivant
QUI, OU, AUXQUELS, POURQUOI, COMMENT
QUAND et COMBIEN
DE L'AME RECONNAISSANTE,
DE LA GRATULATION, DE LA CHARITE,
DE LA REVERENCE, DE L'ATTENTION,
DE L'ADMIRATION,
DE L'HONNEUR DU,
Donc
HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG,
fidèle amateur de la THEOSOPHIE et
DOCTEUR en l'une et l'autre médecine;
le CONSACRE humblement, le DEDIE officieusement,
l'OFFRE amicalement, l'INTITULE dignement,
le LEGUE religieusement,
le DONNE respectueusement, le DISPOSE studieusement,
PAR IEHOVAH
qui l'inspire, qui l'enflamme, le stimule et l'accorde
TRI - UN
Docte, Ducteur, Inventeur et Auteur,
EN L'AN DE MASCHIACH
envoyé selon la promesse Divine,
MDCIV.
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HALLELU - IAH!
HALLELU - IAH! HALLELU - IAH! Phy Diabolo !
Trois et quatre fi à tous les calomniateurs, quels qu'ils soient, aucun excepté!
A
I E H O V A H TRI - UN
LOS, HONNEUR ET GLOIRE.
AMEN
@
A U
L E C T E U R
C A N D I D E ,
SALUT
L'OEUVRE INSIGNE DE CET AMPHITHEATRE, dans lequel l'auteur, Henri Khunrath, de Leipzig,à la fois Docteur en Médecine et en Philosophie, a proposé à tous la SAPIENCE DIVINE,
HUMAINE, MACRO et MICRO - COSMIQUE, Divino-Magique, Christiano-Cabalistique et Physico-
Chimique, à admirer par l'application, à observer par les YEUX, à contempler par l'ESPRIT,
à rechercher par les oeuvres dans l'Oratoire et le Laboratoire; cet oeuvre, ami et candide
lecteur, nous te le donnons maintenant, intégral et absolu. L'auteur lui-même, prévenu par
une mort prématurée, en avait laissé après lui une partie imparfaite, peu importante,
il est vrai. En mourant, il en imposa la charge à mes épaules d'une force, certes, bien
inférieure, afin que cet Oeuvre posthume fut, par mes soins, produit à la lumière, tant parce
que je fus lié à lui de la plus intime familiarité, que parce qu'il m'a fait participant
à ses desseins dans cet oeuvre que je dois éditer, avec d'autres laissés par lui plus secrets.
Je donne donc cet oeuvre dans sa plus grande exactitude afin qu'il soit livré à la publicitétel que, du mieux que j'aie pu le comprendre, l'auteur lui-même l'aurait publié; et si dans
le nombre, tous n'en sont pas satisfaits, que ceux-ci considèrent la magnitude de ce TRAVAIL
et fassent mieux. Il me reste à te donner quelques avis sur la fin de l'oeuvre. Que de soins
pour acquérir le SAVOIR que l'esprit humain désire naturellement, de l'aveu de tous! Combien
de volumes des livres des sciences sont feuilletés! Combien d'ennuis sont éprouvés ?
quelles sommes sont dépensées; que d'élucubrations, de veilles, de labeurs sont employés?
dont la fin ultime est, ou vanité, ou indigence, souvent même la ruine des forces du corps
et le délire de l'âme, jusqu'au moment ou la raison humaine montre l'entrée et la route
difficile qui mène à la Philosophie parfaite. Tout autrement procède notre Théosophie dans
cet OEUVRE; car d'abord elle ne coûte ni tant de travaux, ni tant d'argent. Ecoute-la elle-
même te parler: « Elle est facilement vue de ceux qui l'aiment, et trouvée par ceux qui
la cherchent; elle préoccupe ceux qui la désirent ardemment, de sorte qu'elle se montre
la première à eux. Qui, dès la Lumière aura veillé pour elle, ne travaillera pas; il la trouvera
ASSISE à la porte de sa maison. Ensuite elle ne cause pas tant de soucis; sa conversation (*1)
n'a aucune amertume, son intimité aucun ennui, mais de la joie et du plaisir. » Facile
et spontanée est donc cette nôtre Sapience. Tels sont tous les VRAIS DONS de DIEU. Tandis
que les tromperies du monde, les illusions, fantaisies, sophistiqueries du Diable coûtent
beaucoup de travail et beaucoup d'argent.
Enfin c'est pourquoi on doit d'avance dissuader du mépris de cet ouvrage, parce que
(*1) Sapient. VI, vers. 12, 14, 15. Sapient. VIII, vers. 16.
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- 12 -
condamner la chose non encore lue, et repousser la chose non encore comprise, est d'un
homme fou et inepte. Je te le demande: est-ce que doivent être méprisés les astres, parce
que tu n'en connais pas dignement la science? Est-ce que doivent être rejetées et foulées
aux pieds les plantes, que la féconde mère Terre fait croître pour nous, parce que tu en ignores
les symboles et les forces occultes? Combien d'inutiles et vides foetus enfante l'Esprit humain ?
Et cependant tu leur donnes souvent la première place dans ta bibliothèque, et ils tiennent
dans ton esprit le premier rang en Philosophie. Tu te souviendras donc de ne pas considérer
cet AMPHITHEATRE comme contenant une Philosophie fausse et vaine; mais qu'il traite
de l'ETERNELLE SAPIENCE SEULE VRAIE, que pour ta mort et ton plus grand mal tu négligerais
et mépriserais. ADIEU et que cet Amphithéâtre te conduise à l'Agnition de DIEU
à la Cognition de toi-même, à la Dignition de la Nature, à l'Illumination de l'Ame, à la
Pureté de l'esprit, à la Santé du corps.
Donné à Wernigerode, dans le célèbre comté Stolbergique en Frise, dans les Ides demars de l'année de l'enfantement salutaire de la Vierge, 1609.
ERASMUS WOLFART. S.
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ELOGE:
DU GRAND ET ADMIRABLE
AMPHITHEATRE DU TRES CELEBRE
DN. HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG,
DOCTEUR en l'une et l'autre MEDECINE et
INSTAURATEUR de L'ETUDE DE
LA SAPIENCE
PAR
THEOPHILE ARETIUS
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En vain quelqu'un entreprendra de pénétrer plus haut Dans les mystères du Verbe cachés par Dieu Ou de plonger son regard dans les arcanes S'il n'est par sa contemplation des choses célestes Séparé du commerce des hommes. Heureuses âmes, auxquelles une si grande grâce fut donnée D'entendre les langues Angéliques dans leur corps mortel, De sentir la voix de DIEU dans leur poitrine humaine! Ou est celui qui de nos jours, possède la sagacité? Ou se cache maintenant l'échelle d'or des Cieux, Par laquelle descendent les Etres d'en haut? A qui a été donné de découvrir l'entrée des séjours sacrés ? Et qui nous conduira aux Divinités pies? Difficile est, crois-moi, d'entrer dans la voie Qui mène à ce but, car il n'a pas été donné à tous De voir clairement ces divines lumières sidérales Qui habitent l'espace. Cependant, bien que nous pensions qu'il fut autrefois permis D'approcher par une familiarité humaine, De ces bienheureux esprits angéliques, C'est par un art infiniment abstrus, je crois, Qu'il te faudra renouveler des plus anciens auteurs. Le soleil s'est couché; il a été submergé
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- 14 -
Au loin dans l'Océan. Et bientôt les ténèbres informes surgissent, Et l'immédicable erreur prévaut; Le menteur sort sa tête du fond de l'enfer. Limpide est la source de la SOPHIA; c'est la divine KABBALE Que possèdent les MAGES qui offraient Et l'encens odorant des Sabéens Et le SEL, dans la coupe dont le nom est un secret, A celui qui donne la VIRIDITE. Nul, sans la permission de DIEU Ne possédera cette SOPHIA triple: Théologie, Astronomie et Science médicinale Nul sans l'inspiration divine, ne sera grand ni élevé. La triple Sapience influe de la source abondante et une, Du souffle éthéréen, de l'esprit infusé en toutes choses, Qui fortifie les terres, remplit l'air, la mer et les astres Tu m'en seras témoin, Roi de paix Dont l'âme possédait autant de gemmes de la SOPHIA, Qu'il y a de grains de sable sur les rivages; De qui le coeur avait atteint par la Sapience, Les sommets les plus inaccessibles. Combien de fois ici, la belle colombe gémissante, Par les soupirs de son coeur Du haut du mont Liban avait appelé? Car elle avait choisi une compagne pour sa vie. O viens, ma bien-aimée, supplie ton cher fiancé Le Roi de Solyme; et par la Divinité sacrée il jure D'être pour toi un chaste et fidèle époux. Ce présent de la confiance de IEHOVAH Nous vint par Abraham, qui s'entretint avec lui; Puis parti de la race chaldéenne, il le porta en Egypte, Et le fit connaître dans les terres de l'Idumée. C'est grâce à toi que fut connue de Jacob La science des choses; grâce à toi, IEHOVAH, à toi échelle de DIEU, Par la grande vision des cieux ouverts. C'est toi qui fit naître dans son troupeau Des agneaux de couleurs diverses Afin qu'il put se libérer de la dette de Rachel. C'est par toi que le Pharaon d'Egypte Comprit les songes qui lui furent traduits Lorsque le sage et prudent Joseph Lui prédit les choses futures, Après la mystique prophétie de la coupe. Elevé à la cour d'Egypte, Moïse en fut pénétré;
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- 15 -
Par elle, il put se tenir lui-même en face de IEHOVAH, Au milieu de l'éclat de cette divine et double Lumière. Par elle encore, sincère, exempt de crime Et d'avarice honteuse, il connut et scruta Jusque dans leurs profondeurs Les choses cachées de DIEU Et sut parler judicieusement à son saint peuple. C'est par cette royale puissance, que l'adroit Arabe Sut résoudre les énigmes du roi des Isacides Que nul autre des plus sapients n'avait pu éclaircir Par elle, Daniel, plus savant que les Mages, Dans leur royale école de la Perse, Leur en donna une notion exacte Et prédit également aux deux monarques Un sinistre destin: A l'un qu'il serait déchu de la puissance souveraine; A l'autre, qu'il serait dégradé au rang des bêtes. Combien, à cause d'elle nous semble prestigieux Le nom trois fois grand d'Hermès. C'est elle qui, respectueuse de DIEU Visita le berceau du CHRIST, Qu'enseigna Reuchlin dans son de Verbo mirifico; C'est elle que le sage Agrippa Dévoila de sa bouche admirable; Que dévoila l'Hermès helvétique, fils des Muses, Objet de haine pour les fats, Lumière admirable pour les sapients, Qui posséda la Sapience Qui surpasse les pensées humaines. La Germanie entière, sublime Soleil, T'adresse ses actions de grâces. Par un agréable poème, cette divine Sapience est célébrée; Elle est (crois-moi) la science, La vraie Lumière de la Nature qui t'explique Les forces abstruses du monde immense; C'est une très-glorieuse Lumière. Sans elle, toutes choses stagnent, Plongées dans des ténèbres profondes; Elle te sera un flambeau; elle sera le guide Qui te conduira en te précédant, Dans les mystères les plus cachés de toutes choses. Et ainsi tu ne seras pas un spectateur inerte De cet admirable Amphithéâtre; et son étude Ne sera pas pour toi une étude fastidieuse; Mais tu seras un hôte intime, érudit et agissant
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Et non un hôte indécis et toujours errant. Elle révèle le cours et les propriétés des étoiles Et indique la succession des temps Et la recherche de vicissitudes des choses; Elle s'oppose à l'impétuosité Des vents et de la mer. Elle règle le lever des astres et le cours de la vie; Par elle l'accroissement des choses est enseigné; Et tu pourras tirer des trésors de la terre. C'est elle qui résout les trois principes de toutes chose, Cette Théosophie est persuasive; elle l'emporte Sur toutes les autres, quelles qu'elles soient; C'est Elle, DEESSE engendrée de DIEU, Epouse des Dieux et génitrice des choses Qu'honore l'assemblée des Philosophes. La Médecine est ton oeuvre, ô DEESSE; Les tremblements frénétiques cèdent à ton pouvoir; L'hydropisie est détruite, la noueuse goutte, La lèpre immonde qui rend l'homme un vivant cadavre, La toux et la consomption qui, comme par des flammes, Dévorent jusqu'au centre les os desséchés, L'humeur apoplectique corrompue, la fureur épileptique, La fièvre qui corrompt et souille la gorge, Toutes ces chimères, tu les vaincs, Quoique jusqu'ici indomptées et insaisissables. Salut, aimable bienfaitrice! Salut, Lumière longtemps attendue! Tu es venue enfin, chassant les nuées du Ciel. Je t'adresse ma louange, HENRI KHUNRATH, Asklépide, immortel honneur des Philosophes, Divin Prométhée, de l'avoir choisie pour amie, D'avoir fait revivre Cette génération des Grâces agréable à DIEU Cette Sapience admirable Mise de nouveau en lumière dans cet AMPHITHEATRE Et qu'on apercevait à peine dans les oeuvres des anciens. L'impuissante envie, les cris des sots, Le sifflement de l'enfer succombent sous de meilleures puissances. O par quel fortuné labeur, quel doux travail, Quels bienheureux soins? Que les fruits en sont féconds! Combien la voie est agréable, exempte d'ennuis! C'est par toi que ce trésor sera tiré de la poussière Et rendu à la Lumière Gloire des Muses, toi qui es mon Pylades,
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Vis toutes les années de Nestor! Adieu. Perce les secrets les plus obscurs du Ciel et de la Terre; Gravis les sommets les plus élevés et les plus inaccessibles, De la Médecine, de la Chimie et de la Divine Kabbale. Vis longtemps; que ta santé prospère Et que ta mort soit bienheureuse!
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E P I G R A M M E
POUR L'EDITION DE L'AMPHITHEATRE DU TRES GLORIEUX
HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG
DOCTEUR EN MEDECINE et PHILOSOPHE INSIGNE
Et le premier de notre époque, etc., son Auteur respectable.
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Toi qui te réjouis de censurer, tu ne peux rien censurer ici;
Toute oeuvre s'efface devant cet Amphithéâtre physique;
Khunrath, le plus grand des MEDECINS,
Par une inspiration divine, par l'amour du vrai
Par une pensée envoyée d'en haut,
Instruit, illumine les mystères
Par l'usage de la Sophia,
Redresse les erreurs, revivifie les membres viciés.
De toutes les forces, il n'en est pas
Dans le monde, d'égale à la sienne.
Il est renommé dans cet art divin
Comme le lion est réputé pour sa griffe puissante
Les dons de DIEU varient par la gloire
Qui naît des livres répandus dans le monde;
Mais celui-ci est certes un noble don;
Et par lui, le génie d'un seul homme
S'élève cent fois et cent fois plus haut
Que ne le peuvent à grand'peine mille autres.
M. ZUBERUS
P. L.
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2
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SUR
L'AMPHITHEATRE
DE TRES GLORIEUX ET TRES SAVANT HOMME
DN.
HENRI KHUNRATH
TRES CELEBRE DOCTEUR EN MEDECINE
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Celui qui veut s'approcher du MONDE qui est au dessus du monde On qui s'efforce de connaître Ce qui est en lui-même ou hors de lui-même N'a plus besoin de recourir Aux oeuvres anciennes et abandonnées Ou aux nouvelles qui en sont de vaines copies; Qu'il renonce plutôt au monde et à lui-même Et fuie les ténébreuses erreurs. Qu'il vienne, ô KHUNRATH, prendre place A ton théâtre qui, par le feu céleste de ton génie, Nous montre, par le divin miroir d'Emeraude de la Sapience, Les mystères du Macrocosme et du Microcosme. L'Asclépie Hygea règne par la Panacée d'Hermès Et répand ses dons divins aux seuls dignes. Par ton génie, KHUNRATH, tu dévoiles dans ton théâtre L'envie dévorante. Poursuis; Le fondement sur lequel tu as établi ton théâtre Restera inébranlable Tant que sera le Macrocosme, tant que sera le Microcosme
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Dédié par JEAN SEUSSIUS, du Conseil ecclésiastique
privé de l'Electeur de Saxe, à son très-cher ami,
en considération de son rang et de son amitié.
Dresde, dans les Ides de Mars, Ann. 1604.
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P R O S Φ O N E S E
ou ACCLAMATION
DE THEODORE AQUILINUS, P. L., AMATEUR DE THEOSOPHIE
AU
SAGE PHILOSOPHE
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Les Muses futiles, depuis longtemps délaissées?
Ne souffrent pas les chants profanes
Et ne sont pas inspirées d'Apollon.
Ce fut autrefois une folle entreprise,
Une imposture, un aveuglement, un songe,
D'exciter Phoebus inflexible, dans l'antre Delphique;
D'appeler les Muses Déesses,
De croire mériter et attirer les dons de DIEU
En les demandant aux fontaines,
Aux bois et aux montagnes.
Maintenant une autre force dirige l'Esprit, grand DIEU;
Elle demande d'autres moeurs;
Elle exige de l'homme le don de sa vie;
Afin que nous vivions par le Père;
Elle défend de s'attacher aux choses vaines,
Oisiveté ou négoce et lettres profanes,
Afin que nous observions ses lois.
L'art subtil des Philosophes, des Rhéteurs
Et les fictions des Poètes
Obscurcissent sa Lumière admirable;
Tant de langues instruisent
Qui ne prouvent rien
Comme si elles apportaient le Salut
Qui dévoile la Vérité.
Que peuvent trouver
Ceux qui cherchent le Bien et le Vrai
+@
S O M M
D E
L'A M P H I T H E A T R E D E
S E U L E
CHRISTIANO-CABALISTIQUE, DIVINO
Ter-tri-uno -
de HENRI KHUNR
Savant assidu en Théosophie
/
I / DIEU, et Celui qu'il a \ ¦
L'Agnition ¦ envoyé, JESUS - CHRIST ¦ ¦
de DIEU ¦ et le Livre de la ¦ ¦
et de Celui qu'il a envoyé ¦ Sacro-sainte Ecriture; ¦ ¦
JESUS ¦ ¦ ¦
CHRIST < TOI - MEME ¦ ¦
Et la compréhension des ¦ ¦ ¦
Livres de la Sacro-Sainte ¦ Et le MONDE majeur, ¦ ¦
Ecriture ¦ et celui qu'il a donné, ¦ ¦
¦ son fils la MAGNESIE ¦ ¦
en et par: \ des Sapients ¦ ¦
¦ Et ainsi,
¦
/ (TOI - MEME ¦ comme dans ¦
¦ ¦ un clarissime ¦
II ¦ DIEU, et Celui qu'il a envoyé ¦ miroir, ou par
Apprends
¦ La notion ¦ JESUS-CHRIST, et le Livre ¦ une source ô
¦ de TOI - MEME < de la Sacro-sainte Ecriture ¦ limpidissime, H O M M E ¦ ¦ ¦ la SAPIENCE ¦
en et par: ¦ Et le MONDE majeur, ¦ vraie, est(ce pourquoi ¦ ¦ Et celui qu'il a donné, son ¦ à toitu es venu dans < \ FILS, la MAGNESIE des Sages > offerte le MONDE) ¦ / ¦ en ¦
III ¦ LE MONDE majeur, ¦ un donsous la conduite¦ La Cognition ¦ Et celui qu'il a donné, son ¦ de DIEU
¦ DU MONDE majeur ¦ FILS, la MAGNESIE des ¦ Ter-tri-uno le Père des ¦ et de celui qu'il a donné, son ¦ Sapients, qui est consubs- ¦ catholique Lumières.
¦ FILS, la MAGNESIE des ¦ tantielle à ses Parents et la ¦ par le ¦
Philosophes, c'est-à-dire le ¦ splendeur de la gloire et ¦ SAINT ¦
SUJET prédestiné et parfait ¦le caractère de la substance ¦ ESPRIT ¦ de la PIERRE des
Philosophes, ¦ pri-matérielle, catholique, ¦
¦
catholique ou universelle, < dans laquelle synoptico- ¦ ¦
plus que parfaite, par la ¦ catholiquement habita ¦ ¦
Régénération Physique ¦ corporellement toute la ¦ ¦
(avec l'aide de l'art chimique ¦
plénitude de la NATURE ¦
¦
plus que perfectible) c'est- ¦ ¦ ¦
à-dire primaternelle, et pour ¦ TOI - M E M E ¦ ¦
cela catholique ou univer- ¦ ¦ ¦
selle, et (VO+)-ielle ¦ DIEU, et Celui qu'il a envoyé,¦
¦
¦ JESUS-CHRIST, et le Livre ¦
\
en et par: \ de la Sacro-sainte Ecriture /
Regarde; Lis; Observe; Comprends; Exam
ΠΑΝΤΑ ΔΙΘ
ELOHIM OMNIA REN
PSAU
f. 4.
Tu mas rempli de joie, IEHOVAH,
dans tes oeuv ADSIT
f. 5. Que tes oeuvres sont magnifiques, IEHOVAH! et com f. 6.
L'homme insensé ne connaîtra pas et le fou ne les Hallelu-IAH!
Halle Phy au Encore et encore Phy aux calomniate
A M
+@
A I R E
L A S A P I E N C E E T E R N E L L E
V R A I E
MAGIQUE
et aussi PHYSICO-CHIMIQUE
Catholique
ATH, DE LEIPZIG,
et Docteur en Médecine.
CHRISTIANO-
\ / \ THEOSOPHIQUEMENT KABBALISTIQUEMENT
¦ ¦ EN ORANT ¦ tu comprendras c'est-à-dire ¦ ¦ dans ¦ et par la méthode de la
¦ ¦ ¦ imprimeras en ton esprit KABBALE CHRETIENNE:
¦ ¦ l'ORATOIRE ¦ CES TROIS ¦
¦ ¦ CHOSES DIVINO
¦ ¦ ¦ c'est-à-dire MAGIQUEMENT
¦ ¦ ¦ ¦
¦ ¦ LE SOUVERAIN BIEN c'est-à-dire ¦ ¦ ¦ dans ce monde par la méthode de la MAGIE ou ¦ ¦ ¦ Divin, micro et SAPIENCE DIVINE qui est
¦ (Lesquelles ¦ ¦ macro-COSMIQUE! unique,
quoique abondante
¦ ¦ ¦ Ter-tri-unet multiforme (πολοποικιλος. ¦ méthodes ¦ ¦ catholicissime S. Paul, Ephés III, 10),
¦ ¦ ¦ TOUTet multipliée, (πολυποιμὲς. ¦ enseignent ¦ ¦ en Sapience, VII, 22),
¦ ¦ ¦ T O U S! laquelle méthode est bonne,
¦ cet ¦ et ¦ multiple
et variée par ses
¦ ¦ ¦ LA FIN, ô Homme manifestations;
non seule- > A M P H I - < > de ta bienheureuse vie ! ment publique,
mais ¦ ¦ ¦ secrète, plus secrète et
¦ T H E A - ¦ ¦ secrétissime;
bien notée, ¦ ¦ ¦ Cette SOPHIA droitement observée et ¦ T R E) ¦ ¦ cette PHILO-SOPHIA pieusement usitée par les ¦ ¦ ¦ suprême! et la VOIE qui y Philosophes les plus sublimes ¦ ¦ ¦ conduit et non par les pervers: ¦ ¦ ¦ Théosophique, Ter-tri-une, ¦
¦ ¦ Catholique, Linéaire, Seule
¦
¦ ¦ Vraie par laquelle TOUS les
¦
¦ ¦ biens (Oh! combien innom- ¦
¦ ¦ brables ! combien admira- ¦
¦ ¦ bles!) NOUS sont donnés! PHYSICO-CHIMIQUEMENT
¦ ¦ ¦ Toute AUTRE CHOSE est ou c'est-à-dire ¦ ¦ ¦ superficielle ou circonféren-par la méthode de la chimie ¦ ¦ ¦ tielle, ou fausse, ou nulle. physico-artificielle et de
¦ ¦ ¦ l'ALCHIMIE, conforme à
¦ ¦ LABORANT ¦ la norme de la nature.
¦ ¦ ¦ ¦
¦ dans le ¦ ¦
¦ ¦
¦
¦ LABORATOIRE¦ /
\ /
ne; Recherche; Juge; Eprouve; Profite.
ΟΝ ΚΙΝΕΙdunt laboribus.
ME XCII
res, et j'exulterai par ce qui a été fait de tes mains.
mbien profondes sont tes cogitations!
s connaîtra pas.
lu-IAH!
Hallelu-IAH!
Diable.
eurs quels qu'ils soient! nul excepté !
EN
@
- 20 -
Sans chercher l'origine même du Vrai,
La source et la fomentation du Bien: DIEU?
Nul ne pourra voir, sinon par le Christ.
Il est la Lumière de la Vérité, la Voie des Voies,
La Force, l'Esprit, la Main, la Puissance du Père,
Le Soleil d'Equité, la Source des biens, le Fleuron de DIEU,
L'Issu de DIEU, le Créateur du Monde;
Lui, le Maître qui tient notre vie en son pouvoir,
S'est fait homme pour nous; s'est abaissé;
Il s'est revêtu de la mortalité de notre vie,
Etablissant ainsi une éternelle alliance
Entre les hommes et Dieu Lui-même.
C'est pour nous qu'il fait luire dans le Ciel
La lumière des étoiles;
Il dissipe la tristesse qui engourdit le corps;
Il rénove la disposition de l'Esprit;
Il accueille ceux en qui la volupté coupable
A fait place à la Chasteté;
Il revendique tout notre être par la Loi du Seigneur
Et veut dans notre coeur, en tout temps, en tous lieux,
Etre compris, recherché, choisi;
Il veut être craint et aimé.
Et, je t'en prie, ne crois pas inerte ou perverse
La science ici exposée en entier;
Ne l'accuse pas d'impiété.
Comment la piété pourrait-elle être éloignée du chrétien?
Car l'argument est réciproque:
Ce qui est chrétien est pieux; et l'impie
N'est pas soumis au Christ.
Cet oeuvre entièrement mystique,
Cet admirable Amphithéâtre enseignera
Et montrera à ton coeur
Par les nombres éternels, un et trois,
A trouver la fin excellente
Et le but unique à atteindre
Par lesquels tu auras la possession de DIEU.
-----------------
@
ORAISON THEOSOPHIQUE
D U
C H R E T I E N P R U D E N T
A
L A
S O U R C E D E S A P I E N C E LE CHRIST, LE PLUS PARFAIT
DES ETRES
-----------------
Christ, fais que je devienne Sapient, Parce que Tu es seul la Sapience du Père Et que celui-là seul est Sapient Qui est Sapient avec Toi. Qui dissipera l'obscurité qui me voile la Lumière, Afin que je connaisse la douce voie du salut ? Je m'adresse à Toi, parce que, pour les mortels, Tu es Toi-même la Lumière Par laquelle toutes choses créées ont vu le jour. Donne-moi la LUMIERE DE LA NATURE Ecarte les ténèbres; que nos pensées S'inspirent de Ton Esprit. Je confesse, il est vrai, que je ne suis pas digne D'un tel honneur; je suis misérable; Je suis accusé, ô Christ de grands crimes. Mais toutefois j'ai confiance En l'effusion de Ton sang, dont la plus petite goutte Effacera mes souillures. Si Tu me donnes la Vie, pourquoi donc Ne point me donner aussi Tous les avantages de cette Vie Que tu nous offres dans ta bonté? Car il n'est pas de grâces Que nous ne devions recevoir Lorsque, dis-Tu, nous les demandons Au Père, en Ton nom.
@
- 22 -
Je ne cherche pas le lucre; je ne m'efforce pas De m'attirer la gloire; Toi seul es ma gloire et mon lucre. Mais ne me donne pas Ces richesses qu'admire l'avare, Car toutes choses périssent Et les trésors du monde n'ont pas de stabilité. Dirige mon entreprise; Emplis mon esprit des célestes feux, Et, par Ta prudence, Détourne les ombres dangereuses. Rien ne me sera obscur Et je serai facilement conduit Dans les mystères de la Nature, Si Toi-même, ô Christ me montres la voie. Et je Te rendrai grâces, Et je T'adresserai mes louanges, Car l'homme ne possède rien de meilleur Que ce qu'il remet entre Tes mains.
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@
I S A G O G E
ou
H Y P O T Y P O S E
ou
ABREGE
ET
ESQUISSE
DU
P R O L O G U E
SUIVANT
DE
L'AMPHITHEATRE
CHRISTIANO - KABBALISTIQUE
DIVINO - MAGIQUE
ET
PHYSICO - CHIMIQUE
DE LA
S A P I E N C E
E T E R N E L L E SEULE VRAIE
ET ADRESSE
CATHOLIQUEMENT
A U X
H O M M E S A TOUS UNIVERSELLEMENT, ET A CHACUN
EN PARTICULIER.
@
- 24 -
Le présent PROLOGUE de l'ETUDE de la SAPIENCE vraie, et de la manière de PHILOSOPHER
avec rectitude est assimilé à l'ECHELLE mystique des SEPT GRADES orthodoxes, par laquelle
(DIEU appelant et conduisant, le GENIE stimulant, le TALENT coopérant, le TRAVAIL exact et
actif absolvant) la doctrine vraiment sapiente, tant par la SAPIENCE vraie que par son
sapient apologiste (suivant le voeu très candide de IEHOVAH lui-même) ascend THEOSOPHIQUEMENT
à la PORTE du dit AMPHITHEATRE, laquelle, bien qu'étroite, menue et méprisée, est
cependant assez auguste et majestueuse; EN et PAR laquelle tout fils fidèle de la DOCTRINE,
persévérant constamment jusqu'à la fin ENTRERA joyeusement, et où il OBTIENDRA heureusement
CE SOUVERAIN BIEN, Ter-tri-Uno catholicissime, c'est-à-dire: premièrement, l'agnition
de DIEU et de celui qu'il a envoyé, JESUS-CHRIST, et l'intellection exacte du Livre de la
Sacro-Sainte Ecriture; deuxièmement la cognition de SOI-MEME; troisièmement la cognition
du MONDE majeur et de Celui qu'il a donné, son FILS, la MAGNESIE des Philosophes,
du SUJET prédestiné et parfait de la PIERRE des Philosophes, catholique ou universelle, plus
que parfaite par la Régénération physique, avec l'aide de l'Art de la Chimie, plus que perfectible;
Et ceci premièrement: EN et PAR DIEU et Celui qu'il a envoyé, JESUS-CHRIST, et par
le Livre de la Sacro-Sainte Ecriture; deuxièmement, en et par SOI-MEME; troisièmement,
en et par le MONDE majeur et Celui qu'il a donné, son FILS, la MAGNESIE des Sapients TOUTE
en TOUS (qui, pour cette raison, Tri-unement composée par אלחים ELOHIM tri-un, d'un
Corps, d'un Esprit et d'une Ame, a été placée principalement dans le Paradis de ce
monde); et dont il JOUIRA Théosophiquement comme d'un don et d'une récompense excellente
de sa victoire.
CE PROLOGUE CONTIENT autant de VERSETS qu'il y a de jours dans l'année, c'est-à-dire trois
cent soixante-cinq, afin que, par CHACUN des jours de l'année entière, par une égale et
soigneuse contemplation, il soit acutissimement médité de celui qui aime sincèrement la
SOPHIA, considéré avec tout l'effort de la pensée, et comme souvent repassé dans son esprit,
de sorte que ce salutaire aliment de la DOCTRINE THEOSOPHIQUE, destiné à l'âme, se change
en une douce récréation de l'âme, en une nourriture de l'âme très-efficace, aussi convenable
qu'agréable; ainsi donc, par l'espace d'une année entière (car crois bien que l'acquisition
de l'expérience, surtout pour celui qui n'est que très-récemment initié, n'est pas le
travail d'un jour, d'une semaine ni d'un mois!) et aussi par l'aide et l'assistance du RUACH-
HHOCHMAN-EL, ou ESPRIT DE LA SAPIENCE DE DIEU, envoyé par le père DES LUMIERES, qu'il ne
soit pas goûté seulement des lèvres, et superficiellement, mais qu'il soit profondément et
fréquemment ingéré et de nouveau goûté, et, de plus, qu'il enseigne non seulement
QUINT-ESSENTIELLEMENT QUELLE, COMBIEN et COMMENT SUAVE est la SAPIENCE vraie, mais encore
quelle est la règle pour PHILOSOPHER sincèrement; et enfin, et surtout qu'il fasse pénétrer
sa DOCTRINE dans les plus intimes profondeurs du coeur humain.
Et nul vraiment ne goûtera facilement et dignement ces festins somptueux et magnifiques,
et même THEOSOPHIQUES, et bien peu deviendront sapients si chacun n'est auparavant,
au moyen d'une réverbération et d'une tribulation suffisante, par l'
Amour de la Croix
entièrement humilié; arraché à la mollesse par une vie austère (et par les épreuves de
l'esprit) au moins insignement préparé; puis, s'il n'est chrétiennement lavé dans l'Eau
des larmes de la pénitence de toute impureté, jusqu'à ce qu'il soit devenu propre et candide,
et si encore, par la pratique de la philosophie, toutes les vanités de ce monde
immonde ne sont complètement rejetées par lui et laissées loin de lui; de sorte qu'il soit,
par cette méthode, rendu spirituel et bien préparé, heureusement disposé à ce banquet.
C'est pourquoi il faudra qu'il se soit lui-même souvent essayé, sévèrement examiné, très-
exactement éprouvé et ainsi suffisamment probe, constant, irrépréhensible, pour qu'il soit
@
- 25 -
légitimement reçu au nombre des Fils et des fidèles de la DOCTRINE et de la SAPIENCE, et
inscrit aux annales, et qu'il s'associe dignement et solennellement au banquet
Théosophique
et qu'il soit marqué à juste titre au nombre des convives. Voici maintenant le
SOMMAIRE de cette ECHELLE des sept degrés prologétiques.
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A R G U M E N T
D U
P R E M I E R G R A D E
LE PREMIER GRADE est celui par lequel tous
les Hommes, sans exception, tous, en
général et en particulier, par une affection vive envers tout le genre humain, sont fidèlement
appelés de toutes parts, soigneusement invités à
Entendre avec ardeur et de leur
mouvement propre le
Sapient, c'est-à-dire le vrai et parfait
Théosophe de l'ETERNELLE
SAPIENCE, seule vraie, le magnifique et royal apologiste divinement constitué et subdélégué;
et aussi la SAPIENCE elle-même, citée ci-dessus; par eux-mêmes d'abord; ensuite par
l'Amour, l'Admiration et l'Etude de la MAGIE (SOPHIA) ou SAPIENCE DIVINE, c'est-à-dire de
la
Philosophie Théosophique, la plus sainte et la seule légitime et vraie; puis dans lequel
encore, les disciples à initier, pour les causes énoncées plus haut, sont gravement et
révérentement (avec respect et dévotion) accoutumés
à obéir sans contradiction.
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A R G U M E N T
D U
S E C O N D G R A D E
LE SECOND GRADE est celui où, après avoir reçu cette Semence Divine (par l'appel du
DIVIN ELOHIM et l'action de DIEU, le Père des
Lumières), on doit
persévérer avec bonheur
dans cette bienheureuse
Obédience primitive, sans qu'il en répugne à la conscience; puis
aimer la SAPIENCE ETERNELLE, seule vraie, source et fondement unique, seul, catholique et
éternelle, seule mère de toute Vérité, de la Vertu, de la bonne Sapience, de la Cognition et
de l'Intelligence vraie, et aussi, par conséquent, de la
Philosophie Théosophique infiniment
sacrée, seule légitime et vraie, tant par les choses de la Religion que par les Arts et
les Sciences utiles au genre humain, comme aussi par la
Philosophie orthodoxe; de tout
ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit (en considération du
don bénignement concédé et communiqué), et par tout genre d'oblation et de tradition de
soi-même, et en général par toute pensée ou sentiment venant du fond de l'Etre;
continuer
ardemment cette étude;(a)
abandonner entièrement cette sapience seulement humaine,
(a) I. Corinth. II, v 4, 5, 13.
@
- 26 -
(b) charnelle, (c) mondaine, fausse et estimée des hommes, enflée de l'ambitieuse éloquence,
(d) par les sublimes et sophistiques discours (e) et les paroles persuasives de ceux qui sont habiles
dans les sciences, et par les vaines couleurs de la puissance oratoire (de laquelle l'apôtre
S. PAUL, par l'ordre Divin, nous détourne fidèlement) qui s'enorgueillit superbement
et se fait la rivale de la SAPIENCE DIVINE et vraie; qui trompe par de (f) faux raisonnements et
par la vraisemblance des discours, diaboliquement née et propagée et divulguée très pernicieusement
par ses admirateurs, qui sont son organe (semblable à elle-même), bâtarde, illégitime
et même profane, génitrice de tous les vices, ténèbres, erreurs, séduction et confusion
de cette pseudo-
Philosophie ((g) appelée par le vase d'élection du SEIGNEUR, qui a eu connaissance
du troisième ciel et révélation des mystères du Paradis, (h)
Vaine tromperie et déception),
qui parfois triomphe de la vraie SAPIENCE elle-même et la rejette loin d'elle, et que
tu vois ici fort bien dépeinte sous ses véritables couleurs (ou plutôt par ses productions
stercorales, par lesquelles seules elle est caractérisée);
haïr le chien et le serpent qui est
(*1) pire; et même sévèrement et de toutes ses forces, les
abominer, les
exécrer et les
détester;
éloigner et
détourner les autres du culte de cette fausse sapience, de toutes ses forces et
par une assiduité infatigable, ou du moins afin qu'ils la suivent et s'y attachent moins;
afin que, par suite de réflexions, ils commencent à
haïr ce qu'ils doivent fuir maintenant
et toujours.
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A R G U M E N T
D U
T R O I S I E M E G R A D E
LE TROISIEME GRADE est celui où, par la Grâce de IEHOVAH, il nous est fait
connaître et
savoir, Comment et
Combien Belle, Glorieuse et
Incomparable est la SAPIENCE ETERNELLE,
seule vraie, qui est la seule racine, le fondement et le principe unique, seul catholique et
éternel, de la
Philosophie la plus sincère, la plus saine et la plus vraie, et même de toute
la THEOSOPHIE ou méthode de
philosopher avec rectitude; en outre, aussi, qu'est-ce qui est
particulièrement dit de cette PHILOSOPHIE vraie ?
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A R G U M E N T
D U
Q U A T R I E M E G R A D E
LE GRADE QUATRIEME est celui où l'on apprend à
connaître ce que donnera la SAPIENCE
vraie; auprès
de quel Docteur ou Maître, et
où elle doit être cherchée et trouvée; d'
où elle
vient, dans
Quels Livres elle est transmise; en
combien de manières, dès le commencement,
elle s'est manifestée à toutes les
créatures et principalement aux Hommes; et, jusqu'au-
(b) Rom. VIII, v 7. II. Cor. II. v 12.
(c) I. Cor. I v 20. et I. Cor. III. v 19.
(d) I. Cor. II v 1 et 14.
(e) I. Cor. I v 17.
(f) Coloss. II. v 4.
(g) Actes 9. v 15 II. Cor. XII. v 1 et 4.
(h) Coloss. II. v 8.
(*1) O race exquise vraiment!
@
- 27 -
jourd'hui, en quels lieux elle a
apparu, tant dans le
Macro et Microprosope à qui elle s'est
offerte à contempler un grand nombre de fois, que dans la BIBLE sacrée (et principalement
par l'
Enthousiasme par lequel, sans aucune tromperie, plusieurs sont vraiment illuminés
des rayons de l'ESPRIT DE LA SAPIENCE DE DIEU)?
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A R G U M E N T
D U
C I N Q U I E M E G R A D E
LE CINQUIEME GRADE, est celui par lequel on peut
savoir à qui sera donnée la vraie
SAPIENCE et à
qui elle ne le sera pas; qui est son élève fidèle, naturel et légitime, c'est-à-
dire
Théo et
Philosophe orthodoxe;
qui est sophiste; de quelle manière ou
par quelle étude
et
par quelle méthode elle doit être recherchée;
à qui elle vient et se communique; par
quels aides ou
moyens; quand et
en combien de manières (IEHOVAH aidant et consentant) elle
veut, doit et peut être obtenue ou perçue;
si enfin, parmi les secrets les plus sublimes de
cette
Philosophie la plus sincère,
Divinement révélée, il
en est ou n'
en est pas qui peuvent
être exposés, décrits, enseignés, révélés et communiqués à d'autres, et
par qui, à qui
pourquoi ou par quelles causes graves,
combien, par quelles lois ou conditions, comment,
et quels lieux, quand et lesquels?
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A R G U M E N T
D U
S I X I E M E G R A D E
Le GRADE SIXIEME nous fait
savoir quels sont les
Biens et les
Dons de la vraie SAPIENCE;
quels sont les
Exercices pour l'
étude de la
Sapience, c'est-à-dire de la
Philosophie vraie;
quel en est l'
Usage ou l'
Abus, le
Fruit et la
Fin; et quels
Trésors sont donnés encore et
leurs diverses sortes lorsque la
Doctrine parvient réellement aux fils, selon la volonté de
IEHOVAH.
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A R G U M E N T
D U
S E P T I E M E E T U L T I M E G R A D E
Le SEPTIEME et ultime grade consiste à
mépriser tous les Sophistes, quels qu'ils soient,
comme s'ils étaient poussière, (Die das Eitele so lieb haben und die Lügen so gerne),
c'est-à-dire qui aiment la vanité et recherchent avidement le mensonge, qui attaquent
@
- 28 -
(*1) calomnieusement la VERITE et qui méprisent et condamnent frivolement non seulement
la SAPIENCE seule vraie, et pour cette raison aussi le seul mode de
philosopher avec rectitude,
qui est né d'elle, ou la méthode
Théosophique et orthodoxe de cet AMPHITHEATRE
DE LA SAPIENCE éternelle, mais encore même les amateurs assidus et fidèles, pieux adeptes
de la VERITE et de la SAPIENCE. Et qui plus est, de les
considérer tous très-magnanimement
et vraiment philosophiquement comme
néant, et de les
estimer intrépidement chacun
comme un vain souffle, de se
préparer allègrement et se
disposer entièrement soi-même
à la confession et à la défense philosophique de la VERITE légitime (en proportion de la
grâce que DIEU a donnée), et aussi de la
propager utilement à la postérité, de la lui
communiquer
comme elle le doit être et même de se
réjouir en action de grâce de ce que le
sophiste qui opine aveuglément n'étend pas plus loin le labyrinthe de son erreur, et que
le vrai et savant PHILOSOPHE existe, qui (se réglant d'après la SAPIENCE ETERNELLE et la
VERITE) marche suivant la ligne droite de la
Vérité sans aucune déviation; enfin jusqu'à
ce qu'on soit agrée du très petit nombre qui,
théosophiquement doctes, voient et connaissent
seuls la VERITE catholique. Ce qui est un signe qui ne doit certes pas être contemné, de la
VERITE.
-----------------
(*1) La fin de tous les sophistes est tragique à cause de leur contemnement
de la vérité, sinon en cette vie, certainement au dernier jugement; et à
quoi sont invités ceux qui voient porter atteinte à la vérité et qui à cause
d'elle sont opprimés.
@
P R O L O G U E
I.
PREMIER GRADE PROLOGETIQUE
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION 0 PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| OU SACRO SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| I. ECOUTE, ô mon Fils, dit SALOMON Prov. I. | I. ECOUTE, ô mon Fils, dit SALOMON, (*1) |
| fils de DAVID, Prophète et Roi d'ISRA-EL, vers. 1. | fils de David, Prophète et Roi d'ISRA-EL,
|
| Roi Sapient, panégyriste sublime et le | Roi Sapient, panégyriste sublime et le |
| plus remarquable de tous de la SA- | plus remarquable de tous de la SA- |
| PIENCE ETERNELLE, seule vraie, ECOUTE, Ibid. | PIENCE ETERNELLE, seule vraie, ECOUTE,
|
| ô mon fils, dit-il, ces miennes paraboles vers. 2. | ô mon fils, dit-il ces miennes para- |
| afin de connaître la SAPIENCE et la DIS- | boles, afin de connaître la SAPIENCE |
| CIPLINE et de comprendre les paroles de | et l'ERUDITION et de comprendre les dis- |
| la PRUDENCE, | cours de l'INTELLIGENCE. |
| II. Et pour recevoir l'ERUDITION de la Ibid. | II. Pour recevoir l'ERUDITION de l'IN- |
| DOCTRINE, la JUSTICE et la faculté de vers. 3. | TELLIGENCE, la JUSTICE et la faculté de (*2)
|
| JUGER et l'EQUITE: | JUGER et les RECTITUDES: |
| III. Afin que l'Astuce soit donnée vers. 4. | III. Pour donner la callidité aux |
| à l'enfant; la Science et l'Intellect à | simples, à l'enfant la Science et la Cogi- |
| l'adolescent. | tation. |
| |
|
| IV. Le Sapient, les entendant de- vers. 5. | IV. Le Sapient les entendra et aug- |
| viendra plus Sapient, et l'Intelligent | mentera en lui la connaissance de la |
| acquerra l'art de gouverner. | Doctrine, et l'intelligent possédera les |
| | conseils. |
| V. Il considérera les paraboles et vers. 6. | V. Afin de comprendre la parabole |
| l'interprétation; les paroles des Sa- | et l'élocution, les paroles des Sapients |
| pients et leurs énigmes. | et leurs énigmes. |
| VI. Ecoute, ô mon Fils, et reçois Prov. IV, | VI. Ecoute, ô mon Fils, et reçois |
| mes discours, et les années de ta vie vers. 10. | mes paroles, et que les années de ta vie
|
| se multiplieront. | soient multipliées. |
| VII. Je te montrerai la voie de la vers. 11. | VII. Je t'ai enseigné à marcher par |
| SAPIENCE et te conduirai par les sentiers | la voie de la SAPIENCE; je t'ai fait suivre |
| de l'EQUITE: | les droits sentiers. |
| VIII. Lorsque tu seras entré, tes pas vers. 12. | VIII. Lorsque tu marcheras, ton pas |
| ne seront plus resserrés et en courant tu | ne sera pas arrêté, et lorsque tu courras, |
| ne rencontreras pas de pierre d'achop- | tu ne heurteras pas. |
| pement. | |
| IX. Car je suis le Fils tendrement Ibid. | IX. Puisque je suis le fils cher à mon |
| aimé de mon père, et l'unigénéré aux vers. 3. | père, et l'unique entre les fils de ma
|
| yeux de ma mère: | mère. |
| X. Je suis véritablement moi-même Sapient. VII, | X. Je suis moi-même véritablement (*3) |
| un homme mortel semblable à tous les vers. 1. | un homme mortel semblable à tous les
|
| autres, et de la race terrestre de celui | autres, et j'ai été procréé de cet homme |
(*1) Ici la SAPIENCE sera véritablement enseignée.
(*2) FORCE. UTILITE et FRUITS de la vraie SAPIENCE
(*3) La condition de tous les hommes à l'entrée comme au sortir de
cette vie est la même.
@
- 30 -
| qui le premier a été créé, et j'ai été | qui, le premier a été formé de la terre. |
| figuré sous forme de chair, dans le | |
| ventre de ma mère, | |
| XI. Pendant dix mois j'ai été coa- vers. 2. | XI. Pendant dix mois, j'ai pris chair |
| gulé dans le sang, de la semence de | dans l'utérus de ma mère; formé de la |
| l'homme, dans le délectement propice | semence de l'homme, j'ai été coagulé |
| du sommeil. | dans le sang, dans la volupté du som- |
| | meil, qui accompagne cette (formation). |
| XII. Etant né, j'ai reçu l'air com- vers. 3, | XII. Et, de plus, étant né, j'ai aspiré |
| mun, et je suis tombé dans la même | l'air commun; je suis tombé dans la |
| terre; et j'ai comme tous les autres | même terre exposée aux maux et aux |
| émis pour la première fois ma voix, | incommodités, et j'ai émis ma première |
| en pleurant. | voix semblablement aux autres en |
| | pleurant, |
| XIII. J'ai été nourri, enveloppé de vers. 4. | XIII. J'ai été élevé dans les langes |
| langes, et entouré de grands soins. | et les soins. |
| XIV. Car il n'en est point parmi les vers. 5. | XIV. Car nul Roi n'a connu une |
| Rois, dont le commencement de la | autre manière de naître: |
| naissance soit différent. | |
| (*1) XV. Il n'est pour tous qu'une ma- vers. 6. | XV. Mais l'entrée dans la vie est |
| nière d'entrer à la vie et aussi qu'une | semblable pour tous et la sortie égale- |
| manière d'en sortir. | ment. |
| |
|
| XVI. Et il m'instruisait (mon Père) et Prov. III | XVI. Et lui-même m'instruisait et |
| me disait: Que ton coeur reçoive mes vers. 4. | me disait: Que ton coeur garde mes
|
| paroles; garde mes préceptes et tu vi- | discours; garde mes préceptes et tu vi- |
| vras. | vras. |
| XVII. Possède la SAPIENCE, pos- vers. 5. | XVII. Recueille la SAPIENCE, recueille |
| sède la PRUDENCE; n'oublie point les | l'INTELLIGENCE; n'oublie point les pa- |
| paroles de ma bouche ni ne t'en dé- | roles de ma bouche ni ne t'en détourne. |
| tourne. | |
| XVIII. Ne l'abandonne point et elle vers. 6. | XVIII. Ne l'abandonne point et elle |
| te gardera; aime-la et elle te conser- | te gardera; aime-la et elle te conser- |
| vera. | vera: |
| XIX. Le commencement de la SA- vers. 7. | XIX. Acquiers donc la SAPIENCE, c'est |
| PIENCE, c'est de chercher à posséder la | le commencement de la SAPIENCE, et |
| SAPIENCE; et acquiers la PRUDENCE au | acquiers l'INTELLIGENCE au moyen de |
| moyen de tout ce que tu possèdes. | toutes tes richesses. |
| XX. Saisis-la avec effort, et elle vers. 8. | XX. Exalte-la et elle t'exaltera; elle |
| t'exaltera: tu seras glorifié par elle | te glorifiera lorsque tu l'auras embras- |
| lorsque tu l'auras embrassée. | sée: |
| XXI. Elle donnera à ta tête un aug- vers. 9. | XXI. Elle donnera à ta tête un |
| ment de grâces, et elle te protégera | augment de grâce et te remettra une |
| d'une couronne éclatante. | couronne de beauté. |
| (*2) XXII. O mon fils n'oublie pas ma Prov. III. | XXII. O mon Fils, n'oublie pas ma |
| Loi, et que ton coeur garde mes pré- vers. 1. | Loi, et que ton coeur garde mes pré-
|
| ceptes. | ceptes. |
| (*3) XXIII. Car ils te donneront la Lon- vers. 2. | XXIII. Parce qu'ils te donneront la |
| gueur des jours et les années de la vie, | Longueur des jours et les années de la |
| et la paix. | vie, et la paix. |
| XXIV. La miséricorde et la vérité vers. 3. | XXIV. Que la miséricorde et la vé- |
| ne t'abandonneront point; place-les | rité ne t'abandonnent point; attache- |
| autour de ton cou, et trace-les sur les | les à ton coeur et écris-les sur la table de |
| tables de ton coeur. | ton coeur. |
| (*4) XXV. Et tu trouveras grâce et bonne vers. 4. | XXV. Et tu trouveras grâce et intel- |
(*1) Job. I, 22. I. Timoth. VI, 7.
(*2) APPRENDS
(*3) L'étude infatigable de la vraie sapience, donne les années de la vie,
et la paix.
(*4) Comment trouver grâce et succès aux yeux de Dieu et des hommes.
Exhortation à la conservation et à la contemplation des préceptes ou de
cette doctrine de la Loi.
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- 31 -
| discipline devant DIEU et devant les | lect parfait aux yeux de DIEU et des |
| hommes. | hommes. |
| XXVI. Qu'ils ne s'éloignent pas de Prov. IV, | XXVI. Qu'ils ne s'éloignent pas de |
| devant tes yeux; garde les (mes discours) vers. 21. | devant tes yeux; mais garde-les (mes
|
| au milieu de ton coeur. | discours) au milieu de ton coeur. |
| XXVII. Ils sont la vie de ceux vers. 22. | XXVII. Ils sont la vie de ceux |
| qui les trouvent, et la santé de toute | qui les trouvent et la santé de leur |
| chair. | chair. |
| XXVIII. Lorsque tu marches, qu'Ils Prov. VI, | XXVIII. Lorsque tu déambules, qu'elle |
| marchent avec toi; lorsque tu dormi- vers. 22. | te conduise (cette doctrine de la Loi ou des
|
| ras, qu'Ils te gardent, et en te réveil- | préceptes), lorsque tu dormiras, qu'elle te |
| lant, parle avec Eux. | garde; et lorsque tu seras réveillé, qu'elle |
| | converse avec toi: |
| XXIX. Parce que le MANDEMENT est vers. 23. | XXIX. Parce que le mandement est |
| une lampe et la Loi une lumière et | comme une lampe et la Loi comme une |
| l'incrépation de la DISCIPLINE, la voie | lumière, et que les incrépations de l'éru- |
| de la vie. | dition sont la voie de la vie. |
| XXX. Possède la SAPIENCE parce Prov. XVI, | XXX. Acquérir la SAPIENCE est beau- |
| qu'elle est meilleure que l'or, et ac- vers. 7. | coup plus excellent qu'acquérir l'or pré-
|
| quiers la PRUDENCE, parce qu'elle est | cieux, et acquérir l'intelligence est |
| plus précieuse que l'argent. | beaucoup plus excellent qu'acquérir |
| | l'argent rare. |
| XXXI. Maintenant donc, ô mon fils, Prov. V, | XXXI. Maintenant alors, ô mes fils, |
| écoute-moi et ne te détourne pas des pa- vers 7. | obéissez-moi, et ne vous éloignez pas
|
| roles de ma bouche, vers. 11, et que tu | des discours de ma bouche, vers. 11, |
| ne gémisses pas enfin, vers. 12, en di- | et que vous ne rugissiez pas enfin, |
| sant: Ah! pourquoi ai-je détesté la | vers. 12, en disant: Comment ai-je |
| Discipline, et mon coeur n'a-t-il pas ac- | haï l'érudition, et comment mon coeur |
| quiescé aux remontrances, | a-t-il méprisé la remontrance, |
| XXXII. Et n'ai-je pas écouté la voix | XXXII. Et n'ai-je pas obtempéré à la
|
| de ceux qui m'enseignaient, ni prêté vers. 13. | voix de ceux qui m'instruisaient, ni
|
| l'oreille aux maîtres ? | prêté l'oreille à ceux qui m'ensei- |
| | gnaient ? |
| (En vérité, en vérité, je te le dis:) | (En vérité, en vérité, je te le dis:)
|
| |
|
| XXXIII. Mon Fils, que ton âme de- Prov; XXIII, | XXXIII. Mon Fils, que ton coeur de- |
| vienne sapiente, et mon coeur se ré- vers. 15. | vienne sapient; mon coeur se réjouira,
|
| jouira avec toi. | et moi-même, je me réjouirai: |
| XXXIV. Et mes reins exulteront vers. 16. | XXXIV. Et mes reins exulteront, |
| quand tes lèvres auront parlé selon la | lorsque tes lèvres diront les choses |
| droiture. | droites. |
| Mais courage! | |
| XXXV. Est-ce que la SAPIENCE (חְכָמְחָ, Prov. VIII, | XXXV. LA SAPIENCE (חְכָמְחָ, HHOCH-
|
| HHOCHMAH) ne crie pas, et la PRUDENCE vers. 1. | MAH) ne crie-t-elle pas, et l'INTELLIGENCE (*1)
|
| (בינח BINAH) ne donne-t-elle pas sa | ne donne-t-elle pas sa voix?
|
| voix ? (La voici elle-même ou elles-mê- | |
| mes). | |
| XXXVI. En se tenant sur les som- vers. 2. | XXXVI. Elle se tient à la sommité |
| mets les plus élevés au-dessus de la | des lieux les plus élevés, le long |
| route, et au milieu des sentiers; vers. 3. | route et dans les sentiers.
|
| XXXVII. Près des portes de la ville, | XXXVII. Près des portes, à l'entrée
|
| aux entrées, elle parle ainsi: | de la ville, elle s'écrie: |
| XXXVIII. O hommes, c'est à vous vers. 4. | XXXVIII. O hommes, c'est à vous |
(*1) LA SAPIENCE se recommande elle même et appelle tous les hommes à elle.
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- 32 -
| que je clame, et ma voix s'adresse aux | que je clame, et ma voix s'adresse aux |
| fils des hommes. | fils des hommes. |
| XXXIX. Comprenez, enfants, ce vers. 5. | XXXIX. Comprenez, simples, ce |
| qu'est l'astuce, et vous, insensés, ren- | qu'est l'astuce, et vous, insensés com- |
| trez en vous-mêmes. | prenez en votre coeur. |
| XL. Ecoutez, parce que je vais par- vers. 6. | XL. Ecoutez, parce que je parlerai |
| ler de grandes choses, et mes lèvres | de choses dignes d'honneur, et l'aper- |
| s'ouvriront afin qu'elles proclament des | tion de mes lèvres aura lieu pour les |
| choses droites. | choses droites. |
| XLI. Ma gorge méditera la VERITE, vers. 7. | XLI. Parce que mon palais pronon- |
| et mes lèvres détesteront l'impie. | cera la vérité, et que l'impiété est l'abo- |
| | mination de mes lèvres. |
| XLII. Justes sont tous mes ser- vers. 8. | XLII. Dans la Justice sont toutes les |
| mons, rien n'est en eux, dépravé ni per- | paroles de ma bouche; rien n'est, en |
| vers. | elle, dépravé ni pervers. |
| XLIII. Ils sont droits pour les intel- vers. 9. | XLIII. Elles sont entièrement droites |
| ligents et équitables pour ceux qui ont | pour l'intelligent et droites pour ceux |
| trouvé la science. | qui ont trouvé la science. |
| XLIV. Reçois ma Discipline et non vers. 10. | XLIV. Reçois mon Erudition, et non |
| l'argent; préfère la Doctrine à l'or. | l'argent, et que la science soit élue par |
| | toi, plutôt que l'or. |
| XLV. Car la SAPIENCE est meilleure vers. 11. | XLV. Parce que la SAPIENCE est |
| que toutes les richesses les plus pré- | meilleure que la perle précieuse, et que |
| cieuses et tout ce qui est désirable ne | toutes les choses désirables ne lui peu- |
| lui peut être comparé: | vent être égalées. |
| XLVI. Maintenant donc, mes en- Ibid. | XLVI. Maintenant alors, mes en- |
| fants, écoutez-moi. Bienheureux ceux vers. 32. | fants, obéissez-moi, et bienheureux ceux
|
| qui gardent mes voies. | qui garderont mes voies. |
| XLVII. Ecoutez la DISCIPLINE et soyez vers. 33. | XLVII. Ecoutez l'ERUDITION et soyez |
| sapients, afin de ne jamais la rejeter. | sapients et ne la repoussez pas. |
| XLVIII. Bienheureux l'homme qui vers. 34. | XLVIII. Bienheureux l'homme qui |
| m'entend et veille quotidiennement à | m'écoute en se tenant quotidiennement |
| mon seuil et qui observe à ma porte. | auprès de mon seuil et en observant à |
| | mes portes. |
| (*1) XLVIX. La SAPIENCE (dit encore le Roi Prov. I, | XLIX. La SAPIENCE (dit encore le Roi |
| très sapient) parle au dehors; elle fait vers. 20. | très sapient) clame au dehors; elle fait
|
| entendre sa voix sur les places publi- | entendre sa voix sur les places publi- |
| ques: | ques: |
| L. Elle clame à la tête des assem- vers. 21. | L. Elle clame à la tête des assem- |
| blées et profère ses paroles aux portes | blées tumultueuses et à l'entrée des |
| de la ville en disant: | portes, dans la ville; elle prononce |
| | elle-même ses discours, et dit: |
| LI. Jusques à quand, enfants, aime- vers. 22. | LI. Jusques à quand, simples, aime- |
| rez-vous l'enfance, et fous, désirez-vous | rez-vous la simplicité; êtres dérisoires, |
| ce qui vous est nuisible, et imprudents, | chercherez-vous la dérision, et fous au- |
| haïrez-vous la science? | rez-vous en haine la science ? |
| (*2) LII. Convertissez-vous à ma correp- vers. 23. | LII. Convertissez-vous à mon incré- |
| tion; voici que je proférerai mon ESPRIT | pation; voici que je retirerai mon Esprit |
| sur vous, et que je vous montrerai mes | en vous, et que je vous fais connaître |
| paroles. | mes paroles. |
| LIII. Parce que je vous ai appelés vers. 24. | LIII. Parce que je vous ai appelés et |
| et que vous avez refusé; que j'ai | vous avez refusé; que j'ai étendu ma |
| étendu ma main, et nul ne se trouva | main et nul ne se trouva pour y prêter |
| pour me voir. | attention: |
(*1) La SAPIENCE se plaint d'être méprisée des sophistes, et prédit la ruine
des contempteurs.
(*2) Esaïe, LXV, 12. Et. LXVI, 4. Jerem, VII, 13.
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- 33 -
| LIV. Vous avez méprisé tout mon vers. 25. | LIV. Vous avez fait mépris de tout |
| conseil et négligé toutes mes incrépa- | mon conseil et vous n'avez pas voulu |
| tions. | de mon incrépation: |
| LV. Et moi aussi, je rirai à votre vers. 26. | LV. Et moi aussi je rirai dans votre |
| mort et je me moquerai lorsqu'il vous | contrition; je me moquerai quand sera |
| sera advenu ce que vous craignez. | venu l'objet de votre crainte. |
| LVI. Lorsque le malheur imprévu vers. 27. | LVI. Lorsque, dis-je, l'objet de votre |
| sera venu, et que la mort aura fondu | crainte sera venu comme une désola- |
| sur vous comme une tempête; quand | tion, et que votre contrition sera venue |
| viendra sur vous la tribulation et l'in- | comme un tourbillon, lorsque viendra |
| fortune. | sur vous la tribulation et l'infortune. |
| LVII. Alors ils m'invoqueront et je vers. 28. | LVII. Alors ils m'invoqueront et je |
| ne les exaucerai point; ils se lèveront | ne les exaucerai point; ils me cherche- |
| dès le matin et ne me trouveront point: | ront dès le matin et ils ne me trouve- |
| | ront point: |
| LVIII. Et cela parce qu'ils auront eu vers. 29. | LVIII. Et cela parce qu'ils ont haï la |
| en aversion la DISCIPLINE et qu'ils n'au- | Science et qu'ils n'ont pas fait choix de |
| ront point gardé la CRAINTE DU SEIGNEUR. | la CRAINTE DE IEHOVAH. |
| LIX. Et qu'ils n'ont point acquiescé vers. 30. | LIX. Et qu'ils n'ont point acquiescé |
| à mon Conseil et se sont éloignés de | à mon conseil et ont méprisé toute mon |
| toute ma correption. | incrépation. |
| LX. Ainsi ils mangeront le fruit de vers. 31. | LX. Ainsi ils mangeront du fruit de |
| leur voie et seront rassasiés de leurs | leur voie, et seront rassasiés de leurs |
| conseils. | conseils. |
| LXI. L'aversion des enfants les fera vers. 32. | LXI. Parce que le repos des simples |
| mourir, et la prospérité des fous les | les fera mourir et la prospérité des fous |
| perdra. | les perdra. |
| LXII. Mais celui qui M'écoute, repo- vers. 33. | LXII. Mais celui qui m'obéit habi- |
| sera sans terreur, et il jouira de l'abon- | tera dans la confiance et reposera loin |
| dance, soustrait à la crainte de tous | de la crainte du mal. |
| les maux. |
|
| C'est pourquoi, droitement |
|
| et sagement, l'homme |
|
| sapient conclut |
|
| et admoneste |
|
| ainsi: |
|
| LXIII. Meilleure est la SAPIENCE que Sapient. VI, | LXIII. |
| la force, et l'homme prudent que vers. 1. | (Ce verset manque dans le texte grec).
|
| l'homme fort. | |
| LXIV. Ecoutez donc (aussi), ô Rois, et vers. 2. | LXIV. Ecoutez donc, Rois, et prêtez (*1) |
| comprenez; soyez informés, juges de | attention; soyez informés, juges de la |
| la terre entière. | terre entière. (*2)
|
| LXV. Prêtez l'oreille, vous qui con- vers. 3. | LXV. Prêtez l'oreille, vous les mo- |
| tenez les multitudes et qui vous plai- | dérateurs du peuple, et qui vous glo- |
| sez dans le grand nombre de nations: | rifiez de la multitude des nations. |
| LXVI. Parce que cette puissance vous vers. 4. | LXVI. Parce que cette domination (*3) |
| est donnée par le SEIGNEUR et cette gran- | vous est donnée par le SEIGNEUR et ce |
| deur par l'ALTESSE, qui interrogera | pouvoir par l'Altissime, qui s'enquerra |
| vos oeuvres et scrutera vos cogitations. | de vos oeuvres et perscrutera vos conseils. |
| LXVII. Parce que lorsque vous étiez vers. 5. | LXVII. Parce que lorsque vous étiez |
| les ministres des Royaumes, vous | les ministres de son Royaume, vous |
| n'avez pas jugé droitement, et n'avez | n'avez pas jugé droitement et n'avez pas |
| pas gardé la LOI DE LA JUSTICE, ni n'avez | conservé la loi, ni n'avez suivi le conseil |
| marché suivant la volonté de DIEU. | de DIEU. |
3
(*1) Prov. XVI, 32. Eccles. IX, 18. Eccles. VII, 20.
(*2) Le Sapient exhorte les grands à la justice et à la Sapience.
(*3) Rom. XIII, vers. 1.
+@
.... TROIS CHOSES sont, qui,
comme l'en
----------------------------------------------------------------------------------------------------
I
II
M O S E H :
HERMES et les plus antiques LES PHILOSO
SAPIENTS:
Pati
I. CORPS:
I. MATI I . TERRE et EAU:
\ dit Inférieur. Pati ¦
Terre onctueuse, lente, tenace ¦ et glutineuse;
¦ Eau circum et super-fuse; de
¦ sorte que de ces deux Eléments ¦ (ainsi nommés, presque
Hy- ¦ léments) ces énormes mas-
¦ Ceux-ci formant l'ENTITE première, créée, tri-une, cat
ses Aqueuses réunies en
> un seul corps subsis-
¦ II. ESPRIT: II. ME taient.
¦ ¦
du Monde, Aether, qui est un qui est presque
II. CIEL :
¦ Corps Spirituel et un Esprit
¦
Corporel, perméant tout, presque déjà
(y. 261 et quest. 6, fig. troisième ¦ le plus élevé. non-Ame et
de cet Amphithéâtre) / corps con
deux ex
Ici au lieu du
(privé de sa Lu
place sa
Prep pour
III. RUACH ELOHIM,
III. AME:
c'est-à-dire:
du Monde; dont la viridité bénie ou Μορφὴ qui
fait germer toutes choses.
la chose; l'Esprit de DIEU se reposant
Lion viride: Duenech sur les Eaux. Genès. I.
viride.
(y
261 et quatrième fig. de la
troisième quest. de cet Amphithéâtre).
C O R O
Si tu considères ces trois choses PRIMORDIALES à divers égards, et I°
ou per se, ou mixtionnés ensemble; II°
Abstraitement c'est un excrément onctueux, fuligineux; le sel, une
volatile ou fluide; en coagulation ou fixe; alors objections. Ce qui est di DOC
+@
primordialement constituent le MONDE
seignent:
----------------------------------------------------------------------------------------------------
III IV V
PHES antiques: LES PHYSICOCHIMSTES: Ici on peut rapporter les
QUATUORELEMENTISTES:
ERE, ΥΛΗ; I. SOUFRE et SEL DE LA I. TERRE et EAU:
ente. NATURE:
c'est-à-dire
Terre épaisse, Eau sèche, ne onctueuse. mouillant pas les mains.
que, le ΧΑΟΣ. Le Soleil et la Lune hermétique.
DIAT: II. MERCURE II. AIR et FEU.
que non corps mais c'est-à-direâme ou presque Esprit éthériforme opérant sui-presque déjà vant la nature des étincellesjoignant les de NATURE auxquelles il estextrêmes. joint; à la similitude de la Pla-Principe, Aristote nète de (VO+) dans le firmamentmière de Vérité) qui possède une nature va-paration. L'Effet riée et complètement versatile;la cause. car elle est chaude avec le chaud, froide avec le froid,
et suit la nature de ce avec quoi
elle est conjointe.
RME: III. NATURE: III. ESSENCE:
donne L'ESSENCE à Essence. QUINTE
l'Agent.
LLAIRE
Physiquement Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement. etc.
concrètement; III° Purement ou impurement (car pour le soufre
terre inculte; le mercure un phlegme); IV°
en solution
tu te pourras sortir heureusement du labyrinthe des
dit ici suffit au fils de la
TRINE.
@
- 34 -
| LXVIII. Il apparaîtra à vous horri- vers. 6. | LXVIII. Il viendra à vous d'une fa- |
| blement, et sous peu de temps, parce | çon horrible et soudain, parce que le |
| que le jugement sera très dur pour | jugement sera rendu très sévèrement |
| ceux qui gouvernent. | contre les grands. |
| LXIX. Car on concède la Miséricorde vers. 7. | LXIX. Car les hommes infimes, sont |
| au petit; mais le puissant souffrira | dignes de miséricorde; on informera |
| puissamment les tourments. | sévèrement contre les puissants. |
| (*1) LXX. DIEU ne soustraira personne vers. 8. | LXX. Le SEIGNEUR n'épargnera per- |
| et ne craindra la magnitude d'aucun, | sonne, ni ne craindra la magnitude, |
| parce qu'il a fait le petit comme le | parce qu'il a créé l'infime comme l'élevé |
| grand dans l'IPSEITE, et que ses soins | dans l'IPSEITE, et accordé pareillement |
| s'étendent également à tous. | sa providence à tous. |
| LXXI. Mais aux plus forts il advien- vers. 9. | LXXI. Aux puissants adviendra |
| dra une cruciation plus grande. | réellement une inquisition véhémente. |
| LXXII. (car) il n'est point de sapience, Prov. XXI, | LXXII. Point n'est de sapience' ni |
| il n'est point de prudence, il n'est vers. 30. | d'intelligence, ni de conseil contre IE-
|
| point de conseil contre le SEIGNEUR. | HOVAH. |
| (Car) | (Car)
|
| (*2) LXXIII. Echapper à ta main, ô, SEI- Sapient XVI, | LXXIII. Que quelqu'un échappe à ta |
| GNEUR, est impossible, parce que tout le vers. 15. | main, ceci ne peut être; attendu que le
|
| monde (orbs) est la vengeance des vers. 17. | monde (mundus) lui-même, est la ven- |
| justes. | geance des justes. |
| (*3) LXXIV. C'est donc à vous, ô Rois | LXXIV. A vous donc, tendent ces |
| (s'écrie ici encore et non hors de propos Sapient. VI. | miens discours, ô tyrans, afin que vous
|
| notre Sage), que s'adressent ces miens vers. 10. | appreniez la SAPIENCE et que vous ne
|
| discours, afin que vous appreniez la | l'offensiez pas. |
| SAPIENCE et que vous ne la perdiez pas. | |
| LXXV. Car ceux qui auront gardé la vers. 11. | LXXV. Car ceux qui auront con- |
| JUSTICE seront jugés justement; et ceux | servé saintement les droits et les de- |
| qui auront appris les devoirs trouve- | voirs de sainteté seront regardés comme |
| ront de quoi répondre. | saints, et ceux qui seront instruits au- |
| | ront de quoi répondre. |
| LXXVI. Désirez donc ardemment mes vers. 12. | LXXVI. Recherchez donc mes dis- |
| discours; aimez-les et vous aurez la | cours et désirez-les, et vous obtiendrez |
| DISCIPLINE. | l'Erudition. |
| (*4) LXXVII. Si donc vous vous délectez Ibid | LXXVII. Si donc vous vous délectez |
| dans les trônes et les sceptres, o Rois vers. 22. | dans les trônes et les sceptres, ô Rois des
|
| du peuple, aimez la SAPIENCE, afin que | peuples, honorez la SAPIENCE, afin que |
| vous régniez perpétuellement. | vous régniez perpétuellement. |
| LXXVIII. Aimez (ô aimez) la LU- vers. 23. | LXXVIII. |
| MIERE DE LA SAPIENCE; vous tous qui | Ce verset manque dans le texte grec. |
| commandez aux peuples. | |
| LXIX. Car la multitude des Sapients vers. 26. | LXXIX. Car la multitude des Sapients |
| est la santé de tout l'orbe Terrestre, et un | est le salut du Monde, et un Roi pru- |
| Roi Sapient, la stabilité de son peuple. | dent la stabilité du peuple: |
| LXXX. Recevez donc la DISCIPLINE vers. 27. | LXXX. Pour cela soyez donc ins- |
| par mes discours, et elle vous sera | truits par mes paroles, et qu'elles vous |
| profitable. | soient utiles. |
Apprenez donc ô mortels
LA SAPIENCE
et
(*5) LXXXI. Aimez la JUSTICE, vous qui Sapient, I. LXXXI. Aimez la JUSTICE, vous quijugez la Terre. vers. 1. jugez la Terre.
(*1) Deuter. X, 17. 2 Paral. XIX, 7. Job. XXXIV, 19. Eccl. XXXV, 16.
Act. X, 34. Rom. II, 41. Galt. II, 6. Ephes. VI, 9. Coloss. III, 25.
I. S. Pier. I, 17.
(*2) Car la CREATURE exercera la vengeance du juste contre le mauvais.
(*3) Sapient V. 18. et jusqu'à la fin. Et chap. XIX.
(*4) Nombres. XXVII. 16. II. Rois. XIV, 11. III. Rois. III. 9.
(*5) III. Rois. III, 3. Isaïe. LVII. 1.
@
II.
SECOND GRADE PROLOGETIQUE
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES
|
| ou SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| LXXXII. Ecoutez, fils, la DISCIPLINE Prov. IV, | LXXXII. Ecoutez, fils, la Discipline (*1) |
| du Père, et soyez attentifs afin que vous vers. 1. | du Père, et soyez attentifs, afin de con-
|
| sachiez la PRUDENCE. | naître l'Intelligence. |
| LXXXIII. Je vous accorderai un DON vers. 2. | LXXXIII. Parce que je vous donne |
| excellent; n'abandonnez pas ma Loi. | une Doctrine excellente; n'abandonnez |
| | pas ma Loi. |
| LXXXIV. Ne rejette pas, mon fils, Prov. III, | LXXXIV. Ne rejette pas, mon fils, la |
| la DISCIPLINE DU SEIGNEUR, et ne perds vers, 11. | CORRECTION DE IEHOVAH et ne te donne (*2)
|
| pas courage lorsque tu reçois de lui la | pas à l'ennui à cause de son incrépa- |
| correption: | tion: |
| LXXXV. Car celui que le SEIGNEUR vers. 12. | LXXXV. Car celui que IEHOVAH aime, |
| aime, il le corrige et il se complaît en | reçoit de lui l'incrépation, et de même |
| lui comme un père en son fils. | qu'un père la donne à son fils qu'il aime |
| | extrêmement. |
| LXXXVI. Tiens la DISCIPLINE; ne la Prov. IV, | LXXXVI. Appréhende la correction; |
| quitte point; garde-la, parce qu'elle est vers. 13. | ne la quitte point, garde-la, parce qu'elle
|
| ta voie. | est ta vie. |
| LXXXVII. Achète la VERITE et ne Prov. XXIII, | LXXXVII. Achète la VERITE et ne la
|
| vends pas la SAPIENCE, ni la DOCTRINE, vers. 23. | vends pas; achète la Sapience et l'érudi-
|
| ni l'INTELLIGENCE. | tion et l'intelligence. |
| LXXXVIII. Sème (aussi) ta semence Eccl. XI, | LXXXVIII. Sème ton grain dès le |
| la matin, et que ta main ne cesse pas vers. 6. | matin, et que le soir tu ne fasses point
|
| le soir. | reposer ta main. |
| LXXXIX. (Car) la LUMIERE est douce vers. 7. | LXXXIX. Douce vraiment est la Lu- |
| et l'oeil est délecté à voir le SOLEIL. | mière; joyeux est l'oeil de contempler le |
| | Soleil. |
| XC. Va à la fourmi, ô paresseux et Prov. VI, | XC. Va à la fourmi, paresseux: re- |
| considère ses voies, et apprends la SA- vers. 6. | garde ses voies et sois sapient. (*3)
|
| PIENCE. | |
| XCI. Elle qui, bien qu'elle n'ait vers. 7. | XCI. Laquelle, bien que n'ayant ni |
| ni chef, ni précepteur, ni prince, | chef, ni préfet, ni seigneur, |
| XCII. Prépare en été sa nourriture vers. 8. | XCII. Néanmoins elle prépare en été |
| et amasse pendant la moisson ce qu'elle | sa nourriture, et amasse pendant la |
| mange. | moisson ses aliments. |
| XCIII. Jusques à quand dormiras - vers. 9. | XCIII. Jusques à quand dormiras- |
| tu, paresseux; quand te lèveras-tu de | tu, paresseux ? Quand surgiras-tu de ton |
| ton sommeil? | sommeil ? |
| XCIV. Tu dormiras un peu, tu vers. 10. | XCIV. En prenant un peu de som- |
(*1) Le Sapient admoneste et enseigne quelle est la sapience et le fruit
qu'on en recueille, et quelle est la voie à chercher pour y pénétrer.
(*2) La correction de DIEU doit être supportée avec joie. Hébr XII. 5.
Apocal. III, 17.
(*3) Le paresseux est exhorté au travail et à l'étude et à l'investigation
de la Sapience.
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- 36 -
| sommeilleras un peu; tu conjoindras | meil, un peu de repos, un peu de con- |
| un peu tes mains afin que tu dormes. | jonction des mains, afin de dormir: |
| XCV. Et ton indigence viendra vers. 11. | XCV. Et ton indigence viendra |
| comme un voyageur; et la pauvreté | comme un voyageur, et la pauvreté |
| comme un homme armé. Si vraiment | comme un homme armé d'un bouclier. |
| tu n'es pas paresseux, ta moisson vien- | |
| dra comme une fontaine et l'indigence | |
| fuira loin de toi. | |
| XCVI. Celui qui amasse dans la Prov. X, | XCVI. Celui qui amasse dans l'été |
| MOISSON est un fils sapient; mais celui vers. 5. | est un fils intelligent; mais celui qui
|
| qui se repose pendant l'ETE, un enfant | dort dans la moisson est un enfant qui |
| de confusion. | agit avec confusion. |
| Ensuite | |
| XCVII. La femme insensée et criarde Prov. IX. | XCVII. La femme insensée, qui fait |
| et pleine de séduction et qui ne sait vers. 13. | du tumulte est simple et ne sait rien
|
| rien du tout, | du tout. |
| XCVIII. S'assit à la porte de sa mai- vers. 14. | XCVIII. Et s'assoit au seuil de sa |
| son, sur un siège, en un lieu élevé | maison sur un siège, dans les lieux |
| de la ville, | élevés de la ville. |
| XCIX. Afin qu'elle appelât ceux qui vers. 15. | XCIX. Afin qu'elle appelle ceux qui |
| passent sur le chemin et poursuivent | passent par le chemin, et qui se diri- |
| leur itinéraire, | gent dans leurs sentiers, disant: |
| C. Qui est enfant, se détourne vers vers. 16. | C. Quiconque est simple se détourne |
| moi; et elle a parlé au pervers: | ici; et elle a dit à celui qui manque de |
| | coeur: |
| CI. Les eaux furtives sont plus vers. 17. | CI. Les eaux dérobées sont douces, et |
| douces, et le pain caché est suave. | le pain caché est suave. |
| CII. Et il a ignoré que les géants vers. 18. | CII. Et il ne sait pas, le simple, que les |
| sont là, et que ses convives sont dans | morts sont là, et que ceux invités par |
| les profondeurs de l'enfer. | elle sont dans les profondeurs de l'enfer. |
| Car celui qui s'en approche descend Extrait des |
|
| aux enfers et celui qui s'éloigne d'elle Septante. |
|
| est sauvé. | |
| (*1) CIII. (O) mon fils, garde mes dis- Prov. VII. | CIII. O mon fils, garde mes discours |
| cours, et cache en toi mes préceptes. vers. 1. | et cache auprès de toi mes préceptes.
|
| Mon fils, honore le SEIGNEUR et tu Des Septante. | |
| auras l'autorité et la force, car ensuite | |
| tu ne craindras rien. | |
| CIV. Conserve mes MANDEMENTS et vers. 2. | CIV. Garde mes préceptes et tu vi- |
| tu vivras; et ma Loi comme la pupille | vras, et ma Loi comme la pupille de tes |
| de ton oeil. | yeux. |
| CV. Lie-la à tes doigts; écris-la sur vers. 3. | CV. Attache-la à tes doigts; écris-la |
| les tables de ton coeur. | sur la table de ton coeur. |
| CVI. Dis à la SAPIENCE tu es ma vers. 4. | CVI. Dis à la SAPIENCE, toi es ma |
| soeur, et appelle la PRUDENCE, ton | soeur et appelle l'INTELLIGENCE, ton al- |
| amie. | liée. |
| CVII. Afin qu'elle te garde de la vers. 5. | CVII. Afin qu'elle te garde de la |
| femme étrangère, et de l'indigne qui | femme indigne, de l'étrangère qui adou- |
| rend ses paroles douces. | cit ses discours. |
| CVIII. Que ton esprit ne soit pas Ibid. | CVIII. Ne détourne pas ton coeur vers |
| entraîné dans les voies de celle-ci et que vers. 25. | ses voies, et que tu n'erres pas dans ses
|
| tu ne t'oublies pas dans ses sentiers. | sentiers. |
| CIX. Car elle en a abattu plusieurs, vers. 26. | CIX. Car elle en a fait choir plusieurs, |
| blessés, et les plus forts ont été mis à | blessés, et tous les forts, tués d'elle. |
| mort par elle. |
|
(*1) Exhortation à la SAPIENCE et à l'observation des préceptes.
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- 37 -
| CX. Voies de l'enfer, sa maison, pé- vers. 27. | CX. Voies de l'enfer, sa maison, des- |
| nétrant aux parties intérieures de la | cendant au chevet de la mort. |
| mort. | |
| CXI. Si la SAPIENCE pénètre ton coeur Prov. II. | CXI. Quand la SAPIENCE aura péné- |
| et la SCIENCE plaît à ton âme, vers. 10. | tré ton coeur et que la cognition sera (*1)
|
| | douce à ton âme, |
| CXII. Le CONSEIL, te gardera et la vers. 11. | CXII. La cogitation te gardera et |
| PRUDENCE te servira. | l'Intelligence te conservera, |
| CXIII. Afin que tu sois délivré de la vers. 12. | CXIII. Afin qu'elle te délivre de la |
| voie mauvaise et de l'homme qui dit | voie mauvaise et de l'homme parlant de |
| des choses perverses: | choses perverses: |
| CXIV. Qui laissent le chemin droit vers. 13. | CXIV. Qui délaissent les sentiers droits |
| et marchent par les voies ténébreuses. | afin qu'ils marchent par les voies téné- |
| | breuses. |
| CXV. Qui se réjouissent lorsqu'ils vers. 14. | CXV. Qui se réjouissent de faire le |
| ont mal fait, et exultent dans les choses | mal, exultent dans les perversités du |
| pessimes: | mal. |
| CXVI. Dont les voies sont perverses vers. 15. | CXVI. Dont les sentiers sont pervers, |
| et leurs démarches infâmes. | et qui sont pervers dans leurs voies. |
| CXVII. Afin que tu sois arraché à la vers. 16. | CXVII. Afin qu'elle t'arrache, dis-je |
| femme indigne, à l'étrangère qui adou- | à la femme étrangère, à l'indigne qui |
| cit ses sermons. | adoucit ses discours. |
| CXVIII. Et abandonne le guide de sa vers. 17. | CXVIII. Qui déserte le guide de son |
| puberté, et a oublié son pacte de Dieu. | adolescence et a oublié son pacte de DIEU. |
| CXIX. Car sa maison est inclinée vers. 18. | CXIX. Parce que s'est inclinée vers la |
| vers la mort et ses sentiers aux enfers. | mort, sa maison; et aux morts, ses sen- |
| | tiers conduisent. |
| CXX. Tous ceux qui entrent vers vers. 19. | CXX. Tous ceux qui entrent vers elle, |
| elle ne retourneront point, ni ne ren- | ne retourneront point ni ne prendront |
| treront dans les sentiers de la vie. | les sentiers de la vie. |
| CXXI. Afin que tu marches dans la vers. 20. | CXXI. Afin que tu marches, dis-je, |
| bonne voie et que tu gardes le chemin | par la voie des bons, et que tu gardes les |
| des justes. | sentiers des justes. |
| CXXII. Pourquoi es-tu séduit, mon Prov. V. | CXXII. Pourquoi te délectes-tu, mon |
| fils, par une indigne, et restes-tu dans vers. 20. | fils, avec une autre, et embrasses-tu le
|
| le sein d'une autre ? | sein de l'étrangère, |
| CXXIII. Le SEIGNEUR regarde atten- vers. 21. | CXXIII. Quand devant les yeux de |
| tivement les voies de l'homme (homo) | IEHOVAH sont les voies de l'homme (vir) |
| et considère toutes ses démarches. | et qu'il pondère tous ses sentiers? |
| CXXIV. Ses iniquités le prennent, vers. 22. | CXXIV. Ses iniquités le prendront, |
| l'impie, et il est contraint par les liens | l'impie, et il sera tenu par les liens de |
| de ses péchés. | son péché. |
| CXXV. Il mourra parce qu'il n'a pas vers. 23. | CXXV. Il mourra, de ce qu'il n'a pas |
| eu la Discipline, et dans la multitude | écouté l'érudition, et à cause de la mul- |
| de sa folie il sera déçu. | titude de sa folie, il errera: |
| CXXVI. Applique-toi (ainsi) en tout à Prov. IV. | CXXVI. Applique-toi (donc) entre (*2) |
| la garde de ton COEUR, parce que de lui vers. 23. | toutes choses à la garde de ton COEUR,
|
| procède la vie. | parce que, de lui s'élèvent les vies. |
| CXXVII. Détourne de toi la BOUCHE vers. 24. | CXXVII. Détourne de toi la perversité (*3) |
| dépravée, et loin de toi soient les lèvres | de la BOUCHE, et éloigne de toi la dépra- |
| qui détractent. | vation des lèvres. |
| CXXVIII. Que tes YEUX voient droit, vers. 25. | CXXVIII. Que tes YEUX regardent (*4) |
| et que tes paupières précèdent tes | dans la droiture, et que tes paupières |
| démarches. | dirigent ta voie devant toi. |
(*1) LA SAPIENCE délivre de la voie des impies, de la débauche et des
sophistes et dirige dans la bonne voie.
(*2) LE COEUR.
(*3) LA BOUCHE.
(*4) LES YEUX.
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- 38 -
| (*1) CXXIX. Dirige le sentier pour tes vers. 26. | CXXIX. Pondère le sentier de tes PIEDS |
| PIEDS, et toutes tes voies seront sta- | et toutes tes voies seront dirigées. |
| bles. | |
| CXXX. Ne décline à dextre ni à se- vers. 27. | CXXX. Ne décline à dextre ni à se- |
| nestre: écarte ton pied du mal. | nestre; détourne ton pied du mal. |
| CXXXI. Si tu deviens sapient, tu le Prov. IX, | CXXXI. Si tu deviens sapient, tu seras |
| seras par toi-même; mais si tu es mo- vers. 12. | sapient par toi-même; mais si tu es mo-
|
| queur, toi seul porteras le mal. | queur, tu porteras seul la peine. |
| |
|
| S O M M A I R E. | |
| |
|
| CXXXII. Qui renonce la SAPIENCE et Sap. III, | CXXXII. Car, qui estime pour néant la |
| la DISCIPLINE est malheureux, et leur vers. 11. | SAPIENCE et la DISCIPLINE est misérable;
|
| espérance est vide, et leurs travaux | l'espérance de telles gens est vaine et |
| sans fruit, et leurs oeuvres inutiles. | leurs travaux infructueux et leurs oeuvres |
| | inutiles. |
-----------------
(*1) LES PIEDS ou la démarche.
@
III.
TROISIEME GRADE PROLOGETIQUE.
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L HEBREU
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| CXXXIII. Je référerai ce qu'est la Sapient. VI, | CXXXIII. Je référerai ce qu'est la |
| SAPIENCE, et de quelle manière elle a vers. 24. | SAPIENCE et comment elle est née, et ne
|
| été faite, et je ne vous cacherai point | vous cèlerai pas les mystères; mais je |
| les sacrements de DIEU, mais je pousse- | pousserai mon investigation dans la |
| rai mon investigation dès le commen- | cognition d'elle, dès la première origine, |
| cement de la naissance et je mettrai en | et je proférerai ouvertement ni ne négli- |
| lumière la science d'elle et ne négli- | gerai la vérité. |
| gerai point la vérité. | |
| CXXXIV. Car dans la SAPIENCE est Sapient. VII, | CXXXIV. Car en Elle est l'ESPRIT
|
| l'esprit d'Intelligence, Saint, Unique, vers. 22. | Intelligent, Saint, Simple, Multiple,
|
| Multiple, Subtil, Discret, Mobile, non | Subtil, Mobile, Illustre, Impollué, Pers- |
| souillé, Certain, Suave, aimant le Bien, | picace, Innuisible, cherchant le Bien, |
| Aigu, à qui rien ne peut défendre de | Aigu, Prompt, Bénéfique, |
| bien faire, | |
| CXXXV. Humain, Bénin, Stable, Cer- vers. 23. | CXXXV. Humain, Stable, Certain, |
| tain, Sûr, ayant tous pouvoirs, voyant | Sûr, voyant tout, et perméant tous les |
| tout et qui garde tous les esprits, Intel- | Esprits Intelligents, purs et subtilissi- |
| ligible, Mondé et Subtil. | mes. |
| CXXXVI. Car la SAPIENCE est la plus vers. 24. | CXXXVI. Il n'est nul mouvement dont |
| mobile de toutes les choses mobiles, | l'agilité surpasse la SAPIENCE qui, à |
| car elle atteint partout, à cause de sa | cause de sa pureté demeure et passe par |
| pureté. | toutes choses. |
| CXXXVII. C'est une vapeur de la vers. 25. | CXXXVII. C'est une vapeur de la |
| vertu de DIEU, et l'Emanation de la | vertu de DIEU, et le déflux sincère de la |
| Clarté sincère de l'Omnipotent, et c'est | gloire de l'Omnipotent, et pour cela rien |
| pourquoi aucune souillure en elle ne | de pollué en elle ne tombe. |
| se trouve. | |
| CXXXVIII. Puisqu'elle est la can- vers. 26. | CXXXVIII. Car elle est la splendeur (*1) |
| deur de la LUMIERE éternelle, et le mi- | de la Lumière éternelle et le miroir de la |
| roir sans tache de la MAJESTE DE DIEU | vertu de DIEU, nullement souillé, l'image |
| et l'image de sa BONTE. | de sa BONTE. |
| CXXXIX. (Aussi cette) SAPIENCE est plus Ibid. | CXXXIV. (car) ELLE-MEME est plus |
| spécieuse que le SOLEIL, et au-dessus vers. 29. | spécieuse que le SOLEIL et placée au-
|
| de toute la disposition des étoiles; com- | dessus du lieu de toutes les étoiles, et |
| parée à la lumière elle est trouvée | comparée à la lumière elle est trouvée |
| supérieure. | supérieure. |
| CXL. Car la nuit lui succède, mais vers. 30. | CXL. Car la nuit suit celle-ci, mais |
| la malice ne vainc pas la SAPIENCE. | la malice ne vainc pas la SAPIENCE. |
(*1) S. Paul aux Hébr. I. vers. 3.
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- 40 -
| CXLI. Elle atteint donc fortement Sapien. VIII, | CXLI. Elle s'étend ainsi fortement |
| d'une fin à une autre fin et dispose vers. 1. | d'un extrême à un autre extrême, et
|
| TOUTES CHOSES suavement. | elle modère toutes choses utilement. |
| CXLII. (Car) elle est belle et la SA- Sapient. VI. | CXLII. Elle est très belle et la SAPIENCE |
| PIENCE n'est jamais flétrie. vers. 13. | n'est jamais flétrie.
|
| CXLIII. Elle glorifie sa générosité, Sapient. VIII, | CXLIII. Elle illustre sa noblesse en |
| ayant l'intimité de DIEU; et le SEIGNEUR vers. 3. | ce qu'il vit unie avec DIEU, et le SEI-
|
| de toutes choses l'aime. | GNEUR de toutes choses l'aime. |
| CXLIV. (Elle) préoccupe ceux qui la Sapient. VI, | CXLIV. En avertissant elle s'offre à |
| désirent, afin qu'elle se montre la pre- vers. 14. | connaître à ses attachés.
|
| mière à eux. | |
| CXLV. Parce que les dignes d'elle, vers. 17. | CXLV. Parce que les dignes d'elle, |
| Elle-même tourne, les cherchant, et | Elle-même les cherche en tournant, et |
| dans les voies elle se montre à eux | dans les voies, se montre bénévolement |
| avec hilarité, et dans toutes choses la | à eux-mêmes et en toute cogitation s'of- |
| providence s'offre à eux. | fre à eux. |
| CXLVI. Je l'ai aimée (cette SAPIENCE) Sapient. VIII, | CXLVI. Je l'ai aimée et cherchée dès |
| et je l'ai recherchée dès ma jeunesse vers. 2. | ma jeunesse; je me suis étudié à me l'ad-
|
| et j'ai cherché à me l'assumer épouse, | joindre épouse, et suis pris d'amour de |
| et je suis devenu amateur de ses | sa pulchritude. |
| formes. | |
| CXLVII. Je l'ai apprise sans fiction, Sapient. VII, | CXLVII. Je l'ai perçue sans fraude, |
| et la communique sans envie et ne vers. 13. | la communique sans envie, et ne cache
|
| cache pas son honnêteté. | pas ses richesses. |
| Maintenant parle ainsi | |
| d'Elle-même | |
| LA SAPIENCE: | |
| (*1) CXLVIII. Le SEIGNEUR m'a possédée Prov. VIII. | CXLVIII. IEHOVAH m'a possédée dans |
| au commencement de ses voies avant vers, 22, | le principe de sa voie, de tout temps,
|
| qu'il créât aucune chose dans le prin- | avant ses oeuvres. |
| cipe. | |
| (*2) CXLIX. J'ai reçu l'ordination dès vers. 23. | CXLIX. Dès les siècles je fus princi- |
| l'éternité, et dès le temps le plus re- | piée dans le principe avant la Terre. |
| culé, avant que la Terre fût. | |
| CL. Les abîmes n'étaient pas encore vers. 24. | CL. Lorsque les gouffres n'étaient pas |
| et j'avais déjà été conçue, et les | encore, j'étais formée, lorsque n'étaient |
| fontaines des Eaux n'avaient pas en- | pas encore les fontaines abondantes des |
| core fait éruption. | Eaux. |
| CLI. Les montagnes n'étaient pas vers. 25. | CLI. Avant que les montagnes fussent |
| encore constituées en gravitante masse, | fondées; avant les collines, j'étais for- |
| et avant les collines j'étais enfantée. | mée. |
| CLII. Il n'avait pas encore fait la vers. 26. | CLII. Il n'avait pas encore fait la |
| Terre et les fleuves, et les pôles de | Terre et les grandes places, et la sommité |
| l'orbe de la Terre. | de l'orbe de la Terre. |
| CLIII. Quand il préparait les cieux, vers. 27. | CLIII. Quand il préparait les Cieux, |
| j'étais présente; quand il entourait les | j'étais là; quand il décrivait un cercle |
| abîmes d'une loi certaine et d'une li- | sur la superficie de l'abîme: |
| mite: | |
| CLIV. Quand il affermissait les es- vers. 28. | CLIV. Quand il affermissait les Cieux |
| paces éthériformes, en haut, et qu'il | d'en haut, quand il fortifiait les sources |
| équilibrait les fontaines des Eaux. | de l'abîme: |
| CLV. Lorsqu'il traçait à la mer ses vers. 29. | CLV. Quand il posait à la mer ses |
| limites, et posait une loi aux Eaux | statuts, et aux eaux, afin qu'elles ne |
| afin qu'elle ne passassent point leurs | passassent point leurs limites; quand il |
(*1) Sapient. XI, 9.
(*2) Eccles. XXIV, 14.
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- 41 -
| bornes, quand il suspendait les fon- | décrivait les fondements de la Terre: |
| dements de la Terre, | |
| CLVI. J'Etais avec LUI, composant vers. 30. | CLVI. J'étais auprès de LUI, comme |
| toutes choses, et je me délectais par | un disciple, et j'étais en joie quotidien- |
| chaque jour, me jouant en tout temps | nement, et je joue devant lui en tout |
| devant LUI: | temps: |
| CLVII. Me jouant dans l'orbe des vers. 31. | CLVII. Je joue dans l'orbe de la Terre, |
| Terres et mes délices d'être avec les | et mes délectations, avec les fils des |
| fils des hommes. | hommes. |
| CLVIII. Moi (חכמח, HHOCHMAH) la Ibid. | CLVIII. Moi (חכמח, HHOCHMAH), |
| SAPIENCE, j'habite dans le conseil, et je vers. 12. | la SAPIENCE, j'habite dans l'astuce, et
|
| suis présente parmi les cogitations éru- | je me trouve dans la science des cogita- |
| dites. | tions. |
| CLIX. La CRAINTE du SEIGNEUR hait vers. 13. | CLIX. LA CRAINTE DE IEHOVAH est avoir |
| le mal, l'arrogance et la superbe; je | en haine le mal, la superbe et l'arrogance, |
| déteste la voie dépravée et la bouche | et je hais la voie mauvaise et la bouche |
| bilingue. | parlant de perversités. |
| CLX. Ceux qui M'aiment, je les vers. 17. | CLX. Ceux qui m'aiment, je les |
| aime, et ceux qui, dès le matin veil- | aime, et qui me cherchent me trouvent. |
| lent pour MOI, ME trouveront. | |
| CLXI. Je marche dans les voies de vers. 20. | CLXI. Je m'avance parmi les sentiers |
| la JUSTICE et dans le milieu des sentiers | de la JUSTICE, au milieu des sentiers du |
| du jugement. | jugement. |
| | Ecoutons de nouveau le Sapient:
|
| CLXII. Le SEIGNEUR fonda la Terre Prov. III. | CLXII. IEHOVAH fonda la Terre dans |
| par la SAPIENCE, et stabilisa les Cieux vers. 19. | la SAPIENCE: et stabilisa les Cieux dans
|
| par la PRUDENCE. | l'INTELLIGENCE. |
| CLXIII. Par sa SAPIENCE ont jailli les vers. 20. | CLXIII. Dans la SCIENCE les abîmes |
| abîmes et les nuées se sont concréti- | ont jailli eux-mêmes, et les cieux distil- |
| sées en rosée. | lent la rosée. |
| CLXIV. Qui est monté au Ciel et qui Prov. XXX, | CLXIV. Qui est monté au ciel et des- |
| est descendu? Qui a contenu l'Esprit vers. 4. | cendu? Qui a colligé le vents en ses
|
| en ses mains'? Qui a retenu les Eaux | poings: Qui a congrégé; les Eaux, dans |
| comme dans un vêtement? Qui a sus- | un vêtement? Qui a stabilisé toutes les |
| cité toute les bornes de la Terre ? QUEL | bornes de la Terre? Quel nom est le Sien, |
| NOM EST LE SIEN, et QUEL EST LE NOM DE | et quel est LE NOM DE SON FILS, si tu le |
| SON FIL, le sais-tu ? | sais ? |
| CLXV. (Par conséquent), mon fils, vers. 13. | CLXV. Mange, mon fils, le miel parce |
| mange le MIEL parce qu'il est bon, et | qu'il est bon, et le rayon de miel, qui est |
| le rayon de miel très doux à ta gorge, | doux à ton palais. |
| CLXVI. Comme à ton âme est la doc- | CLXVI. Comme suave sera à ton âme
|
| trine de la SAPIENCE, laquelle, quand tu vers. 14. | la cognition de la SAPIENCE, si tu la
|
| l'auras trouvée, tu auras de nouveau | trouves; et elle sera ta récompense; et |
| l'espérance et ton espérance ne périra | ton expectation ne se perdra point. |
point.
-----------------
@
IV.
QUATRIEME GRADE PROLOGETIQUE.
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC:
|
| (*1) CLXVII. LE SEIGNEUR donne la SA- Prov II, | CLXVII. IEHOVAH donne la SAPIENCE; |
| PIENCE, et de sa bouche la PRUDENCE et vers.6. | de sa bouche sort la cognition et l'Intel-
|
| la SCIENCE. | ligence. |
| CLXVIII. Il gardera le salut des vers. 7. | CLXVIII. Il cachera l'essence pour les |
| droits et protégera ceux qui marchent | droits et sera le bouclier de ceux qui |
| simplement, | marchent parfaitement, |
| CLXIX. Conservant les sentiers de vers. 8. | CLXIX. Afin qu'ils gardent les sen- |
| la Justice et gardant les voies des | tiers du jugement et il gardera la voie de |
| saints. | ses miséricordieux. |
| * Alors, tu connaîtras la Justice et Prov. II, | * Alors tu connaîtras la Justice, et le
|
| le jugement et l'équité et tout sen- | Jugement et les Rectitudes et tout sen- |
| tier excellent. | tier excellent. |
| CLXX. Afin qu'il soit notoire à tous, Sapient. XVI, | CLXX. Afin qu'il soit notoire que le |
| qu'il importe de prévenir le SOLEIL pour | soleil doit être prévenu pour le rendre |
| TA BENEDICTION et de T'adorer à l'Orient | l'action de grâce, et tu dois être salué |
| de la LUMIERE. | au lever de la lumière. |
| CLXXI. Tu (SEIGNEUR) es celui qui Sapient. XVI, | CLXXI. Tu (IEHOVAH) as appris à |
| libère de tout mal. vers. 8. | nos ennemis que tu es celui qui délivre
|
| | de tout mal. |
| CLXXII. Tu es, SEIGNEUR, celui qui a vers. 13. | CLXXII. Tu (IEHOVAH) as puissance |
| puissance de vie et de mort et qui | de vie et de mort; tu mènes aux portes |
| mène aux portes de la mort et en ra- | des enfers et tu en ramènes. |
| mène. | |
| CLXXIII. La Bénédiction du SEI- Prov. X, | CLXXIII. La Bénédiction de IEHOVAH |
| GNEUR fait les riches, et l'affliction ne vers. 22. | enrichit, et IEHOVAH ne joint pas la dou-
|
| s'associera pas à eux. | leur à sa bénédiction. |
| CLXXIV. LE NOM DU SEIGNEUR est une Prov. XVIII, | CLXXIV. Comme une forte tour est |
| tour très forte; le juste y a recours et vers. 10. | le NOM DE IEHOVAH; le juste y aura re-
|
| il sera exalté. | cours et il sera exalté. |
| CLXXV. Beaucoup de cogitations Prov. XIX, | CLXXV. Beaucoup de cogitations sont |
| dans le coeur de l'homme, mais la vo- vers. 21. | dans le coeur de l'homme, mais le conseil
|
| lonté du SEIGNEUR permanera. | de IEHOVAH permane. |
| CLXXVI. On apprête un cheval pour Prov. XXI, | CLXXVI. Un cheval a été apprêté |
| le jour du combat; mais le SEIGNEUR vers. 31. | pour le jour du combat; mais IEHOVAH
|
| donne le salut. | est le salut lui-même. |
| CLXXVII. Beaucoup recherchent la Prov. XXIX, | CLXXVII. Beaucoup cherchent la face |
| face du prince et le jugement pour cha- vers. 26. | du dominateur; et le jugement de cha-
|
| cun vient du SEIGNEUR | cun sort de IEHOVAH. |
(*1) La Sapience, la science et l'Intelligence sont des dons de DIEU.
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| CLXXVIII. Comme les divisions des Prov. XXI, | CLXXVIII. Comme les ruisselets des |
| eaux, de même le coeur du Roi dans la vers. 1. | eaux est le coeur du Roi dans la main de
|
| main du SEIGNEUR; il l'inclinera de tel | IEHOVAH; il l'incline partout où il veut. |
| côté qu'il voudra. | |
| CLXXIX. Toute voie de l'homme lui vers. 2. | CLXXIX. Toute voie est droite à ses |
| semble droite; mais le SEIGNEUR pèse | yeux; IEHOVAH pondère les coeurs. |
| les coeurs. | |
| CLXXX. Les sorts sont mis dans le Prov. XVI, | CLXXX. Le SORT est projeté dans le |
| pli d'un manteau mais ils sont tem- vers. 33. | pli d'un manteau, et le jugement de ce
|
| pérés par le SEIGNEUR. | sort provient de IEHOVAH. |
| CLXXXI. (C'est pourquoi) aie confiance Prov. III, | CLXXXI. Foi de IEHOVAH en tout ton (*1) |
| dans le SEIGNEUR, de tout ton coeur, et vers. 5. | coeur; et ne te repose pas sur ton intel-
|
| ne te repose point sur ta Prudence. | ligence. |
| CLXXXII. Révèle ton oeuvre au SEI- Prov. XVI, | CLXXXII. Dévolue ton oeuvre à IEHO- |
| GNEUR et tes cogitations seront dirigées. vers. 3. | VAH et tes cogitations seront affermies. (*2)
|
| CLXXXIII. Dans toutes tes voies, Prov. III, | CLXXXIII. Dans toutes tes voies, re- |
| (donc, ô mortel) reconnais le SEIGNEUR et vers. 6. | connais-LE:, et l'Ipséité dirigea tes sen-
|
| l'IPSEITE dirigera tes sentiers. | tiers. |
| CLXXXIV. Ne sois point sapient vers. 7. | CLXXXIV. Ne sois point sapient à |
| suivant toi-même; crains DIEU et éloi- | tes yeux; crains IEHOVAH, et éloigne toi |
| gne-toi du mal. | du mal. |
| CLXXXV. DIEU m'a donné de dire à Sapient VII, | CLXXXV. DIEU m'a donné de parler |
| mon gré, des paroles dignes de ce qui vers. 15. | à mon gré et de penser suivant la di-
|
| m'a été donné, parce que son IPSEITE | gnité des choses qui m'ont été données; |
| est le guide de la SAPIENCE, et qu'il | parce que son ipséité est le guide de la |
| amende les sapients. | Sapience, et le modérateur des sapients. |
| CLXXXVI. Car dans sa main, nous vers. 16. | CLXXXVI. Car nous sommes dans Sa |
| et nos discours et toute la SAPIENCE et | main, aussi bien que nos discours, avec |
| les SCIENCES des oeuvres et la DISCIPLINE. | toute la prudence et la science des oeuvres. |
| CLXXXVII. Lui-même m'a donné | CLXXXVII. DIEU m'a donné la vraie
|
| ces choses qui sont la SCIENCE vraie. | cognition des choses qui sont dans la |
| | Nature. |
| Voici ensuite combien donne DIEU. |
|
| Prov. IX, | |
| CLXXXVIII. La SAPIENCE s'est édi- vers. 1. | CLXXXVIII. La SAPIENCE a édifié sa |
| fié une maison; elle a taillé sept | maison; elle a taillé ses sept colonnes: |
| colonnes, | |
| CLXXXIX. Elle a immolé ses vic- vers. 2. | CLXXXIX. Elle a immolé ses victi- |
| times, mixtionné son vin et proposé la | mes, mixtionné son vin, et aussi pré- |
| table. | paré sa table. |
| CXC. Elle a envoyé ses servantes vers. 3. | CXC. Elle a envoyé ses jeunes filles |
| afin qu'elles appellent à la citadelle, et | et appelé sur les sommets des lieux les |
| aux murailles de la cité. | plus élevés de la cité, en disant: |
| CXCI. Si quelqu'un est enfant qu'il vers. 4. | CXCI. Quiconque est simple décline (*3) |
| vienne à moi; et aux insipients elle a | ici. Aux manquants de coeur elle a dit |
| dit: | aussi: |
| CXCII. Venez, mangez mon pain vers. 5. | CXCII. Venez, mangez mon pain et |
| et buvez le vin que j'ai mixtionné pour | buvez du vin que j'ai mixtionné. |
| vous. | |
| CXCIII. Quittez (donc) l'enfance et vers. 6. | CXCIII. Quittez simples, votre voie |
| vivez et marchez par les voies de la | et que vous viviez; et avancez par la |
| PRUDENCE. | voie de l'Intelligence. |
| (Ce que je vous ai montré fidèlement et |
|
| que je vous confie paternellement). |
|
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(*1) On doit se confier à DIEU.
(*2) Psaum. XXXVII, vers. 5. I. Epit. de S. Pierre, V, 7.
(*3) LA SAPIENCE invite tous à elle.
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V.
CINQUIEME GRADE PROLOGETIQUE.
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| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| ou SACRO- SAINTE | DE L'HEBREU
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| CXCIV. Qui est BON, recevra la grâce Prov. XII, | CXCIV. Le Bon recevra le bienfait |
| du SEIGNEUR; celui qui, au contraire se vers. 2. | de IEHOVAH et DIEU condamnera l'homme
|
| confie dans ses cogitations est insi- | des mauvaises cogitations. |
| pient. | |
| CXCV. Les hommes méchants ne Prov. XXVIII, | CXCV . Les hommes méchants ne com- |
| pensent pas au jugement; ceux qui, vers. 5. | prennent pas le jugement; ceux qui, au
|
| au contraire recherchent le SEIGNEUR | contraire cherchent IEHOVAH compren- |
| remarqueront TOUTES CHOSES. | nent toutes choses. |
| CXCVI. La Bénédiction du SEIGNEUR Prov. X, | CXCVI. Les bénédictions sont sur la |
| est sur la tête du juste; le visage des vers. 6. | tête du juste; le visage des impies ca-
|
| impies cache l'iniquité. | che l'iniquité. |
| CXCVII. Tout trompeur est l'abo- Prov. III, | CXCVII. Le pervers est l'abomina- |
| mination du SEIGNEUR, et avec les SIM- vers. 32. | tion de IEHOVAH et avec les Droits son
|
| PLES sa conversation. | secret. |
| CXCVIII. Lui-Même jouera les trom- vers. 34. | CXCVIII. LUI-MEME vraiment insul- |
| peurs et donnera aux doux la grâce. | tera aux trompeurs et aux humbles |
| | donne la grâce. |
| * Le coeur dépravé est abominable Prov. II, | * Les pervers du coeur sont abomina- |
| au SEIGNEUR, et sa volonté est dans ceux vers. 20. | bles à IEHOVAH, et la voie du parfait est
|
| qui marchent simplement. | son bienfait. |
| CXCIX. Qui est d'un coeur pervers Prov. XVII, | CXCIX. Le pervers du coeur ne trou- |
| ne trouvera pas la BIEN; et qui détourne vers. 20. | vera pas le bien; et qui est détourné dans
|
| sa langue tombera dans le mal. | sa langue tombera dans le mal. |
| (*1) CC. Meilleur est le pauvre, marchant Prov. XXVIII, | CC. Plus noble est le pauvre qui mar- |
| dans sa simplicité que le riche dans sa vers. 6. | che dans sa perfection que le riche lui-
|
| voie dépravée. | même, par des voies perverses. |
| CCI. Que sert au fou d'avoir des ri- Prov. XVII, | CCI. Que peut-être l'objet précieux, |
| chesses puisqu'il ne peut acheter la vers. 16. | dans la main du fou, pour qu'il achète
|
| SAPIENCE ? | la SAPIENCE, puisqu'il n'a pas de coeur. |
| CCII. La CRAINTE DU SEIGNEUR est la Prov. XV, | CCII. LA CRAINTE DE IEHOVAH, est l'é- |
| Discipline de la SAPIENCE, et HUMILITE vers. 33. | rudition de la SAPIENCE, et avant la
|
| précède la gloire. | gloire, l'humilité. |
| CCIII. Où a été la superbe sera aussi Prov. XI, | CCIII. Quand vient la superbe vient |
| l'affront; au contraire où est l'Humilité, vers. 2. | aussi l'ignominie, et avec les humbles
|
| là est la Sapience. | la Sapience: |
| Prov. XVI, vers. 5. Tout arrogant est | Prov. XVI, vers. 5. Tout superbe de
|
| l'abomination du SEIGNEUR. | coeur est l'abomination de IEHOVAH. |
| CCIV. Dans le coeur du prudent re- vers. 33. | CCIV. Dans le coeur de l'Intelligent |
(*1) Proverb. XIX, vers. 1.
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| pose la SAPIENCE, et il enseignera tous | repose la SAPIENCE; et au milieu des fous |
| les ignorants. | lui-même est connu. |
| CCV. Qui marche avec les Sapients Prov. XIII, | CCV. Qui marche avec les sapients |
| sera sapient; l'ami des fous deviendra vers. 20. | sera sapient; mais qui est l'ami du fou
|
| semblable. | sera écrasé. |
| CCVI. Où n'est pas la SCIENCE de Prov. XIX, | CCVI. Car sans la science le désir n'est |
| l'AME, n'est pas le BIEN. vers. 2. | pas bon.
|
| CCVII. (Car) je ne ferai pas route avec Sap. VI. | CCVII. Je ne ferai certes pas route avec |
| l'envie desséchante (dit le sapient) parce vers. 25. | celui que l'envie dessèche parce qu'ainsi
|
| qu'un tel homme n'est pas participant | il ne participera pas à la SAPIENCE. |
| à la SAPIENCE. | |
| CCVIII. Le VIN est chose luxurieuse Prov. XX, | CCVIII. Le vin rend dérisoire et la |
| et l'ébriété tumultueuse; quiconque | bière (שֵׁכָר séchar, sicera) rend tumul- |
| s'y délectera ne sera pas Sapient. | tueux; tout homme qui y prend sa joie |
| | ne sera pas sapient. |
| CCIX. Le coeur sapient cherche la Prov. XV, | CCIX. Le coeur intelligent cherche la |
| DOCTRINE et la bouche des fous se re- vers. 14. | SCIENCE et la bouche des fous se repaît
|
| paît d'impéritie. | de folie. |
| CCX. La CRAINTE du SEIGNEUR est le Prov. I, | CCX. La CRAINTE de IEHOVAH est le |
| principe de la SAPIENCE. Les fous mé- | principe de la SCIENCE; les fous mépri- |
| prisent la SAPIENCE et la DOCTRINE. | sent la Sapience et l'Erudition. |
| CCXI. La CRAINTE du SEIGNEUR est la Prov. XIV, | CCXI. La CRAINTE de IEHOVAH est |
| source de la vie pour détourner la vers. 27. | comme une veine de vie, afin d'éloigner
|
| ruine de la mort. | des filets de la mort. |
| CCXII. Le principe de la SAPIENCE est vers. 10. | CCXII. Le principe de la SAPIENCE |
| la CRAINTE du SEIGNEUR, et la SAPIENCE | est la crainte de IEHOVAH, et la science |
| des Saints, la PRUDENCE. | des Saints, l'Intelligence. |
| CCXIII. Que ton coeur n'envie (donc) Prov. XXIII, | CCXIII. Que ton coeur n'envie pas les |
| pas les pécheurs; mais sois tout le vers. 17. | pécheurs; sois plutôt tout le jour dans
|
| jour dans la crainte du SEIGNEUR. | la crainte de IEHOVAH. |
| CCXIV. Car tu auras l'espoir dans le vers. 18. | CCXIV. Parce que la récompense |
| très-nouveau, et ton attente ne sera pas | existe réellement et que ton espérance |
| déçue. | ne sera pas renversée. |
| CCXV. Songez (ô mortels) au Seigneur Sap. 1, | CCXV. Songez, (ô hommes) au SEI- |
| dans la bonté, et cherchez-le dans la vers. 1. | GNEUR dans la bonté, et cherchez-le dans
|
| simplicité du coeur: | la simplicité du coeur: |
| CCXVI. Parce qu'il est trouvé par vers. 2. | CCXVI. Parce qu'il est trouvé par (*1) |
| ceux qui ne le tentent pas; il apparaît | ceux qui ne le tentent pas, et il se montre |
| à ceux qui ont foi en lui. | à ceux qui ne se défient pas de lui. |
| CCXVII. Car les cogitations perverses vers. 3. | CCXVII. Car les cogitations perverses (*2) |
| séparent de DIEU et si sa force est éprou- | séparent de DIEU; quand sa puissance |
| vée, il corrige les insensés. | est tentée il confond les insensés. |
| CCXVIII. Parce que la SAPIENCE n'en- vers. 4. | CCXVIII. Parce que la Sapience n'en- |
| trera pas dans l'âme malévole, ni n'ha- | trera pas dans l'âme malicieuse ni n'ha- |
| bite dans le corps sujet du péché. | bitera dans le corps coupable du péché. |
| CCXIX. Car si tu invoques la SA- Prov. II, | CCXIX. Car si tu clames vers l'In- |
| PIENCE, et si tu inclines ton coeur à la vers. 3. | telligence et que tu donnes ta voix à
|
| PRUDENCE, | l'Intelligence: |
| CCXX. Si tu la recherches comme de vers. 4. | CCXX. Si tu la recherches comme de |
| l'argent et si tu creuses pour la trou- | l'argent et que tu la recherches comme |
| ver comme pour des trésors: | des trésors, |
| CCXXI. Alors tu comprendras la vers. 5. | CCXXI. Alors tu comprendras la |
| crainte du SEIGNEUR et tu trouveras la | CRAINTE de IEHOVAH, et tu trouveras la |
| science de DIEU. | cognition de DIEU. |
(*1) Deuter. IV, vers. 29. II, Paralip. XV, vers. 4.
(*2) Comment DIEU doit être cherché et quels sont ceux auxquels il se montre.
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| CCXXII. CAR TE CONNAITRE (ô SEIGNEUR) Sap. XV, | CCXXII. Car TE connaître est la Jus- |
| est la JUSTICE consommée, et connaître vers. 3. | tice consommée, et comprendre ta puis-
|
| ta JUSTICE et ta VERTU est la racine de | sance, la racine de l'immortalité. |
| l'immortalité . | |
| CCXXIII. C'est pourquoi je l'ai CHOI- Sap. VII, | CCXXIII. C'est pourquoi j'ai choisi, |
| SIE, et le sens m'a été donné; et J'IN- vers. 7. | et la prudence m'a été donnée; j'ai in-
|
| VOQUE, et l'ESPRIT de SAPIENCE est venu | voqué, et l'Esprit de Sapience est venu |
| en moi. | à moi. |
| CCXXIV. Je l'ai préférée aux royau- vers. 8. | CCXXIV. Je l'ai préférée aux sceptres |
| mes et aux trônes et j'ai méprisé les | et aux royaumes, et j'ai estimé pour rien |
| richesses en comparaison d'elle. | les richesses auprès d'elle. |
| CCXXV. Je ne lui ai pas comparé la vers. 9. | CCXXV. Je ne lui ai certes pas com- |
| pierre précieuse, parce que tout l'or, | paré la Pierre précieuse, parce que l'or |
| en comparaison d'elle n'est qu'un peu | opposé à elle n'est qu'un peu de sable, |
| de sable, et l'argent sera estimé comme | et l'argent comparé avec elle est estimé |
| de la boue devant elle. | de la boue. |
| CCXXVI. Je l'ai aimée plus que le vers. 10. | CCXXVI. Je l'ai aimée plus que la |
| salut et la beauté et je me suis proposé | santé et la pulchritude des formes, et |
| de l'avoir pour Lumière, parce que sa | j'ai souhaité extrêmement d'en jouir |
| lumière est inextinguible. | comme lumière parce que sa splendeur |
| | ne peut être supprimée. |
| CCXXVII. (En effet) elle est facilement Sapient. VI, | CCXXVII. Elle est facilement perçue |
| vue de ceux qui l'aiment et est trouvée vers. 13. | de ceux qui l'aiment, et trouvée par ceux
|
| par ceux qui la cherchent. | qui la cherchent. |
| CCXXVIII. Elle préoccupe ceux qui vers. 14. | CCXXVIII. En devançant, elle s'offre |
| la désirent, de sorte qu'elle se montre | à connaître à ses fidèles. |
| à eux la première. | |
| CCXXIX. Celui qui, dès la LUMIERE vers. 15. | CCXXIX. Celui qui dès le matin se |
| aura veillé pour elle ne travaillera pas, | lèvera pour elle, ne travaillera pas, car |
| car il la trouvera assise à sa porte. | il la trouvera assise à sa porte. |
| CCXXX. Donc occuper d'Elle ses CO- vers. 16. | CCXXX. Car la cogitation reçue d'elle, |
| GITATIONS, c'est le sens consommé, et | c'est la perfection de la prudence, et qui, |
| qui veillera pour Elle sera bientôt en | veillera pour elle sera immédiatement |
| sécurité. | en sécurité. |
| CCXXXI. Parce que les dignes d'ELLE, vers. 17. | CCXXXI. Parce que les dignes d'elle, |
| ELLE-MEME tourne les cherchant, et dans | elle-même les cherche en tournant; et |
| les voies Elle se montre à eux avec | dans les voies se montre bénévolement à |
| hilarité et dans toutes choses la provi- vers. 18. | eux-mêmes, et en toute cogitation s'offre
|
| dence s'offre à eux. | à eux. |
| CCXXXII. Donc son commencement vers. 18. | CCXXXII. Donc son commencement |
| est le vrai désir de la DISCIPLINE. | est la vraie recherche de l'érudition; le |
| | souci de l'érudition, l'amour. |
| CCXXXIII. Donc le soin de la DISCI- vers. 19. | CCXXXIII. L'amour, l'observation de |
| PLINE est la dilection; la dilection est | ses lois est la conservation de l'immor- |
| la garde de ses LOIS; la garde de ses | talité. |
| lois est la consommation de l'incor- | |
| ruption. | |
| CCXXXIV. Et l'incorruption fait vers. 20. | CCXXXIV. Ensuite l'immortalité fait |
| l'homme proche de DIEU. | que nous accédons proche de Dieu. |
| CCXXXV. Ainsi le DESIR de la SA- vers. 21. | CCXXXV. La recherche de la Sa- |
| PIENCE conduit au ROYAUME ETERNEL. | pience conduit donc au Royaume. |
| CCXXXVI. Entrant (ainsi) dans ma Sap. VIII, | CCXXXVI. Entré dans ma maison, |
| maison je dormirai avec elle. Sa Con- vers. 16. | je dormirai avec elle et sa fréquentation
|
| versation n'a pas d'amertume et son | n'a nulle acerbité et son intimité nul |
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| intimité aucun ennui, mais de la joie | ennui, mais de la joie et du plai- |
| et du plaisir. Vers. 18. Je tournais la | sir. Vers. 18. Je la cherchais en tour- |
| cherchant afin de me l'assumer à | nant afin de l'attirer auprès de moi. |
| moi. | |
| CCXXXVII. Ne parle pas téméraire- Eccles. V, | CCXXXVII. Ne te hâte pas par ta (*1) |
| ment et que ton coeur ne soit pas ra- vers. 1. | bouche, et que ton coeur ne se presse pas
|
| pide à proférer des discours devant | de proférer des paroles devant DIEU, |
| DIEU, car DIEU est dans le Ciel et toi | parce que DIEU est dans le Ciel, et toi |
| sur la Terre; c'est pourquoi, que soient | sur la Terre. C'est pourquoi, que soient |
| rares tes discours. | rares tes paroles. |
| CCXXXVIII. (Et) Si tu as voué quelque vers. 3. | CCXXXVIII. Lorsque tu auras voué (*2) |
| chose à DIEU, ne temporise pas pour | un voeu à DIEU, ne tarde pas à le lui rendre, |
| le rendre; car la promesse infidèle et | parce que DIEU ne place pas son bienfait |
| folle lui déplaît mais ce que tu auras | dans les fous, donc, ce que tu as voué, |
| voué, rends-le. | rends-le. |
| CCXXXIX. Bien meilleur est de ne vers. 4. | CCXXXIX. Mieux est que tu ne voues |
| rien VOUER que de ne point rendre | pas, plutôt que tu voues et que tu ne |
| après le VOEU, les choses promises. | rendes pas. |
| CCXL. Les victimes des impies sont Prov. 15, | CCXL. Le sacrifice des impies est l'a- |
| abominables au SEIGNEUR; les VOEUX des vers. 8. | bomination de IEHOVAH; mais l'oraison (*3)
|
| justes lui sont placables. | des droits est ce qui lui plaît. |
| CCXLI. L'Erudit dans le VERBE trou- Prov. 16, | CCXLI. Celui qui comprend la chose |
| vera les choses bonnes, et qui ESPERE vers. 20. | trouvera le Bien, et le confiant en IEHOVAH
|
| en le SEIGNEUR est bienheureux. | est bienheureux. |
| Prov. XXVIII, vers. 25, qui ESPERE | Prov. XXVIII, vers. 25. Qui a foi à
|
| dans le SEIGNEUR sera guéri. | IEHOVAH sera engraissé. |
| CCXLII. Ceux qui se CONFIENT à Lui Sap. III, | CCXLII. Ceux qui placent leur foi en |
| comprendront la VERITE, et les fidèles vers. 9. | Lui, comprennent la vérité, et les fidèles
|
| dans la dilection se reposent en Lui, | en charité, permanent en Lui; parce |
| parce que le don et la paix est pour ses | qu'il a grâce et miséricorde envers ses |
| élus. | saints, et qu'il prend soin de ses élus. |
| CCXLIII. Loin des impies est le SEI- Prov. XV, | CCXLIII. Car IEHOVAH est loin des |
| GNEUR; et il exaucera les ORAISONS des vers. 29. | impies; mais il exauce l'oraison des jus-
|
| justes. | tes. |
| CCXLIV. Qui décline ses oreilles Prov. XXVIII, | CCXLIV. Qui détourne son oreille, |
| pour ne pas entendre la LOI, son ORAI- vers. 9. | afin de ne pas entendre la loi, son orai-
|
| SON sera exécrable. | son même sera SON abomination. |
| CCXLV. Celui qui cache ses scélé- vers. 13. | CCXLV. Celui qui couvre ses iniquités |
| ratesses ne réussira point; mais celui | ne sera jamais heureux; mais celui qui |
| qui les aura confessées et s'en retire, | les confesse et les abandonne, obtiendra |
| obtiendra MISERICORDE. | MISERICORDE. |
| CCXLVI. Par la miséricorde et la Prov. XVI, | CCXLVI. Par la miséricorde et la |
| vérité, est rachetée l'iniquité; et dans vers. 6. | vérité, est rachetée l'iniquité; et dans la
|
| la CRAINTE DU SEIGNEUR on s'éloigne du | crainte de IEHOVAH on s'écarte du mal. |
| mal. | |
| CCXLVII. Ceux-là errent (donc) qui Prov. XIV, | CCXLVII. N'errent-ils pas ceux qui |
| accomplissent le mal; mais la Miséri- vers. 22. | pensent le mal? Mais la miséricorde et |
| corde et la Vérité préparent les Biens: | la vérité à ceux qui pensent le bien. |
| CCXLVIII. Ceux (donc) par qui est Prov. XXI, | CCXLVIII. Celui par qui sont recher- |
| suivie la Justice et la Miséricorde trou- vers. 21. | chées la justice et la miséricorde, trou- |
| veront vie, justice et gloire. | vera vie, justice et gloire. |
| CCXLIX. J'étais un enfant ingénieux Sap. XVIII, | CCXLIX. J'étais un enfant doué d'un |
| et j'avais reçu du sort une bonne âme. vers. 19. | naturel excellent, ayant reçu du sort une
|
| | bonne âme. |
(*1) Ne rien prononcer témérairement auprès de DIEU.
(*2) LE VOEU. Deuteron, XXV, vers. 21.
(*3) Eccles. XXXIV, vers. 23.
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| CCL. Et comme je devenais meilleur, vers. 20. | CCL. Puisque vraiment je devenais |
| je vins vers un corps non souillé. | bon, j'entrai dans un corps impollué. |
| CCLI. Et comme je savais que je ne vers. 21. | CCLI. Puisque le comprenais que je |
| pourrais autrement être continent, à | ne pourrais autrement que par lui être en |
| (*1) moins que DIEU ne me donne cela, et | puissance de moi-même, à moins que ceci |
| c'était déjà la Sapience de savoir que | ne me fut donné de DIEU, et c'était déjà |
| ce don était de lui; je m'adresserai au | de la Prudence de comprendre que ce |
| SEIGNEUR, et lui fis ma déprécation et | bienfait venait de lui, je m'adressai au |
| dis du plus profond de mon coeur: | SEIGNEUR et lui fis mon oraison, et dis |
| | de tout mon coeur: |
| (*2) CCLII. DIEU de mes pères et SEI- Sap. XI, | CCLII. DIEU de mes pères et SEIGNEUR de |
| GNEUR de miséricordes, qui as fait TOU- | Miséricorde, qui as crée toutes choses par |
| TES CHOSES par ton VERBE, | ton verbe, |
| CCLIII. Et qui as constitué l'homme vers. 2. | CCLIII. Et qui as fait l'homme par ta |
| par la SAPIENCE afin qu'il dominât les | Sapience afin qu'il dominât sur les cho- |
| créatures qui, par toi ont été faites, | ses par toi créées, |
| CCLIV. Afin qu'il dispose l'orbe Ter- vers. 3. | CCLIV. Et qu'il administre le monde |
| restre en Equité et Justice, et qu'il juge | en Sainteté et Justice, et qu'il exerce le |
| le jugement dans la direction du coeur: | Jugement en rectitude du coeur. |
| (*3) CCLV. Donne-moi la SAPIENCE, as- vers. 4. | CCLV. Donne moi la SAPIENCE assise |
| sise sur ton trône, et que je ne sois pas | avec toi sur ton trône, et ne me chasse |
| réprouvé parmi tes enfants: | pas du nombre de tes serviteurs. |
| (*4) CCLVI. Parce que je suis ton serviteur vers. 5. | CCLVI. Parce que je suis ton servi- |
| et le fils de ta servante, un homme in- | teur et le fils de ta servante, un homme |
| firme et de peu de temps, et faible pour | imbécile et de brève vie, et trop infirme |
| l'Intellection du Jugement et des Lois. | pour comprendre le Jugement et les Lois. |
| CCLVII. Et si quelqu'un est con- vers. 6. | CCLVII. Car si quelqu'un est parfait |
| sommé entre les fils des hommes, si | entre les fils des hommes, si pourtant ta |
| ta SAPIENCE est absente de lui, il sera | Sapience est absente de lui il sera estimé |
| compté pour rien. | pour rien. |
| (*5) CCLVIII. Tu m'as élu Roi à ton vers. 7. | CCLVIII. Tu m'as élu roi de ton peu- |
| peuple et juge de tes fils et de tes | ple et juge de tes fils et de tes filles. |
| filles. | |
| (*6) CCLIX. Et tu m'as dit d'édifier un vers. 8. | CCLIX. Tu m'as ordonné d'édifier un |
| Temple sur ta montagne sainte, et un | Temple sur ta montagne sainte, et un |
| autel dans la cité de ton habitation, à la | autel dans la ville de ton habitation à |
| similitude de ton tabernacle saint que | l'instar du Tabernacle saint que tu as |
| tu as préparé dès le commencement. | préparé dès le commencement. |
| CCLX. Et avec toi la SAPIENCE qui vers. 9. | CCLX. Et avec toi est la Sapience qui |
| connaît tes oeuvres, qui était présente | connaît ton oeuvre, qui était présente |
| lorsque tu façonnais le monde, et qui | lorsque tu fis le monde, qui sait ce qui |
| savait ce qui plaît à tes yeux, et quelle | est agréable à tes yeux, et ce qui est droit |
| rectitude dans les préceptes. | dans tes préceptes. |
| CCLXI. Envoie-la des cieux, ton vers. 10. | CCLXI. Envoie-la des cieux sacrés, |
| sanctuaire et du trône de ta Magni- | et envoie-la du trône de ta gloire, afin |
| tude, afin qu'elle soit avec moi, et | qu'elle travaille présentement avec moi, |
| TRAVAILLE avec moi afin que je sache | et que je comprenne ce qui est agréable |
| ce qui est agréable à toi. | à toi. |
| CCLXII. Car elle sait et comprend vers. 11. | CCLXII. Car elle connaît et comprend |
| TOUTES CHOSES et me conduira sobre- | toutes choses, et me conduira modéré- |
| ment dans mes oeuvres, et me gardera | ment dans toutes mes actions et me gar- |
| en sa puissance. | dera dans sa gloire. |
| CCLXIII. Et mes oeuvres seront vers, 12. | CCLXIII. Et mes oeuvres seront agré- |
| agréables, et je conduirai ton peuple | ables, et je jugerai droitement ton peu- |
(*1) La SAPIENCE doit donc être appelée du ciel par les prières et les
voeux assidus.
(*2) ORAISON de Salomon pour obtenir la sapience.
(*3) III. Rois, III, vers. 9.
(*4) Psaum. CXV, vers. 16.
(*5) I. Paralip. XXVIII, vers. 5.
(*6) II. Paralip. I, vers. IX.
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| justement, et je serai digne du trône | ple, et serai digne du trône de mon père. |
| de mon Père. | |
| CCLXIV. Car quel est l'homme qui vers. 13. | CCLXIV. Car quel est l'homme qui |
| pourra savoir le conseil de DIEU? ou | comprend le conseil de DIEU? ou qui |
| qui pourra projeter sa cogitation sur ce | comprend en son âme ce que veut DIEU ? |
| que veut DIEU? | |
| CCLXV. Car les cogitations des mor- vers. 14. | CCLXV. Car les cogitations des mor- |
| tels sont timides, et nos prévoyances | tels sont timides, et nos opinions falla- |
| incertaines. | cieuses. |
| CCLXVI. Car le corps qui se cor- vers. 15 | CCLXVI. Car le corps, sujet à la cor- |
| rompt aggrave l'âme, et cette habita- | ruption aggrave l'âme, et ce domicile |
| tion terrestre déprime les sens par les | terrestre, plein de soins, déprime l'esprit. |
| multiples cogitations. | |
| CCLXVII. Et difficilement nous esti- vers. 16. | CCLXVII. Et difficilement nous par- |
| mons ce qui est sur la terre, et nous | venons à former une conjecture sur ce |
| discernons avec peine ce qui est devant | qui est sur terre, et nous trouvons avec |
| nos yeux; ce qui est alors dans les cieux, | peine ce qui se trouve dans nos mains; |
| qui le connaîtra? | qui donc alors a pénétré ce qui est dans |
| | les cieux? |
| CCLXVIII. Et qui saura ton senti- vers. 17. | CCLXVIII. Qui connaît ton conseil à |
| ment, A MOINS QUE TU NE DONNES L'ES- | moins que tu ne donnes la SAPIENCE, et |
| PRIT SAINT DU PLUS HAUT DES CIEUX: | que tu n'envoies ton Esprit saint, du plus |
| | haut des Cieux. |
| CCLXIX. Et que soient corrigés les vers. 18. | CCLXIX. Car les voies de ceux qui |
| sentiers de ceux qui sont sur la Terre, | habitent la Terre ont été redressées, et |
| et que les hommes apprennent ce qui | ils ont appris ce qui t'est agréable, |
| t'est agréable? | |
| CCLXX. Car, par la SAPIENCE ont été vers. 19. | CCLXX. Et par la SAPIENCE ont été |
| guéris tous ceux qui t'ont plu, à toi, | conservés. |
| SEIGNEUR dès le principe. | |
| CCLXXI. Je t'ai demandé (en outre) Prov. XXX, | CCLXXI. J'ai postulé vers toi pour |
| DEUX CHOSES; ne me les dénie pas avant vers. 7. | deux choses; ne me les prohibe pas avant
|
| que je meure, | que je meure. |
| CCLXXII. Mène loin de moi la vanité vers. 8. | CCLXXII. Eloigne de moi la vanité et |
| et les paroles mensongères. Tu ne me | la parole mensongère. Tu ne me donne- |
| donneras ni la mendicité ni les ri- | ras ni la pauvreté ni les richesses; mé- |
| chesses; attribue-moi seulement ce qui | nage moi la nourriture qui me convient: |
| est nécessaire à ma vie; | |
| CCLXXIII. De peur que, rassasié je vers. 9. | CCLXXIII. De peur que, rassasié je |
| sois induit à te nier et à dire: Qui | renonce en disant: qui est IEHOVAH? |
| est le SEIGNEUR? ou qu'étant forcé par | et de peur que, me trouvant pauvre, je |
| la pauvreté je ne dérobe et que je par- | dérobe, et que j'assume en vain le nom |
| jure le nom de mon DIEU. | de mon DIEU. |
| Voici Eccl. X. |
|
| CCLXXIV. Après l'INDUSTRIE (enfin vers. 10. | CCLXXIV. Et l'excellence de la rec- |
| vraiment) vient la SAPIENCE! | tification est la Sapience. |
Aussi, toi, fils de la Doctrine, qui par la grâce de IEHOVAH,
as ainsi obtenu la SAPIENCE ou quelques-uns de ses
DONS super excellents,
| CCLXXV. Donne (aussi) au sapient Prov. IX. | CCLXXV. Donne au sapient l'incré- |
| l'occasion, et la SAPIENCE lui sera aug- vers. 9. | pation et il sera plus sapient; enseigne
|
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| mentée; enseigne le juste, et il se | le juste, et il augmentera la doctrine. |
| hâtera de recevoir. | |
| CCLXXVI. Ne parle (donc) pas aux Prov. XXIII, | CCLXXVI. Ne parle pas aux oreilles |
| oreilles des insipients, parce qu'ils vers. 9. | du fou, parce qu'il condamnera la pru-
|
| mépriseront la Doctrine de ton dis- | dence de tes discours. |
| cours. | |
| CCLXXVII. Le père du juste exulte vers. 24. | CCLXXVII. Le père du juste exultera |
| de joie; qui engendra le sapient se | en exaltant, et celui qui engendre le |
| réjouira en lui. | sapient se réjouira en lui. |
| CCLXXVIII. L'oreille qui écoute les Prov. XV, | CCLXXVIII. L'oreille qui écoute l'in- |
| incrépations de vie demeurera au mi- vers. 31. | crépation de vie, demeurera au milieu
|
| lieu des sapients. | des sapients. |
| CCLXXIX. Celui qui rejette la Dis- vers 32. | CCLXXIX. Qui néglige la Discipline |
| cipline, méprise son âme; mais qui | méprise son âme; mais qui entend l'in- |
| acquiesce aux incrépations est posses- | crépation possède le coeur. |
| seur du coeur. Prov. XIII, |
|
| CCLXXX. L'indigence et l'ignominie vers. 18. | CCLXXX. La pauvreté et l'ignominie |
| à celui qui déserte la Discipline; mais | à ceux qui s'éloignent de la correction, |
| celui qui acquiesce à la remontrance | mais qui garde l'incrépation aura l'hon- |
| sera glorifié. | neur. |
| CCLXXXI. Car celui qui instruit le Prov. IX, | CCLXXXI. Qui corrige le dérisoire, |
| dérisoire se fait lui-même injure, et vers 7. | reçoit lui-même l'ignominie, et qui re-
|
| qui reprend l'impie se fait lui-même | prend l'impie reçoit lui-même sa tache. |
| une tache. | |
| CCLXXXII. Ne reprends point le dé- vers. 8. | CCLXXXII. Ne reprends donc pas le |
| risoire, de peur qu'il te haïsse; en- | dérisoire, de peur qu'il t'ait en haine; |
| seigne le sapient et il t'aimera. | reprends le sapient et il t'aimera. |
| CCLXXXIII. Le dérisoire (en effet) Prov. XIV, | CCLXXXIII. Le dérisoire cherche la |
| cherche la SAPIENCE et ne la trouve vers. 6. | Sapience et ne la trouve pas; mais la
|
| pas; la doctrine des prudents est fa- | science est facile à trouver à l'intelligent. |
| cile. | |
| CCLXXXIV. Sur la face du prudent, Prov. XVII, | CCLXXXIV. Dans le regard de l'In- |
| luit la SAPIENCE; les yeux des fous sont vers. 21. | telligent apparaît la SAPIENCE, et les yeux
|
| aux confins de la Terre. | du fou sont à l'extrémité de la Terre. |
| CCLXXXV. On comprendra l'enfant Prov. XX, | CCLLXXXV. Et l'enfant sera connu |
| par ses inclinations, si pures et droites vers. 11. | par ses oeuvres, si pure et droite est son
|
| sont ses oeuvres. | oeuvre. |
| CCLXXXVI. Qui marche frauduleu- Prov. XI, | CCLXXXVI. Qui marche frauduleu- |
| sement révélera les arcanes; mais qui vers. 13. | sement révèle le secret, mais le fidèle
|
| est fidèle cèle la chose confiée par son | d'esprit cèle la chose. |
| ami. | |
| CCLXXXVII. Qui révèle les mystères Prov. XX, | CCLXXXVII. Qui révèle le secret, s'a- |
| et marche frauduleusement, et dilate vers, 19. | vance frauduleusement et avec celui qui
|
| ses lèvres, ne te mêle pas avec lui. | séduit par ses lèvres, ne te mêle pas. |
| CCLXXXVIII. Beaucoup d'hommes vers. 6. | CCLXXXVIII. Une multitude d'hom- |
| sont appelés miséricordieux, mais un | mes où chacun prêche la miséricorde; |
| homme fidèle, qui (facilement) le trou- | mais l'homme sincère, qui le trouvera? |
| vera? | |
| CCLXXXIX. Ne fais (donc) pas de mal Prov. III, | CCLXXXIX. Ne pense donc pas de |
| à ton ami, puisqu'il a confiance en vers. 29. | mal contre ton ami puisqu'il est en sé-
|
| toi. | curité avec toi. |
| CCXC. (Car qui rend le mal pour le Prov. XVII, | CCXC. C'est comme pour l'épreuve de |
| bien, le mal ne s'écarte jamais de sa vers 13 et 3. | l'argent, et dans un creuset, que IEHOVAH
|
| maison. | éprouve les coeurs. |
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VI.
SIXIEME GRADE PROLOGETIQUE.
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| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| CCXCI. TOUS LES BIENS (atteste l'Homme Sap. VII, | CCXCI. Tous les biens se sont appro- |
| sapient) sont venus à moi également vers. 11. | chés de moi avec, et en même temps
|
| avec (LA SAPIENCE) elle, et d'innom- | qu'elle, et par ses mains d'innombrables |
| brables faveurs par ses mains. | richesses. |
| CCXCII. Et je me suis réjoui en vers. 12. | CCXCII. Je me suis réjoui en toutes |
| toutes choses; parce que cette SAPIENCE | choses parce que la Sapience est leur |
| m'antécédait, et j'ignorais qu'elle est la | auteur, et j'ignorais réellement qu'elle- |
| mère de toutes ces choses. | même est leur mère. |
| CCXCIII. Car elle est un trésor in- vers. 14. | CCXCIII. Car elle est pour les hommes |
| fini pour les hommes; ceux qui en ont | un trésor inépuisable; ceux qui en ont |
| usé sont faits participants à l'amitié de | usé sont unis d'amitié avec DIEU et sont |
| DIEU et sont recommandés à cause des | recommandés à cause de la Discipline. |
| dons de la DISCIPLINE. | |
| CCXCIV. LUI-MEME m'a donné la vers. 17. | CCXCIV. Car DIEU m'a donné la co- |
| SCIENCE vraie des choses qui sont; afin | gnition vraie des choses qui sont dans |
| que je sache la disposition de l'orbe | la nature, afin que je comprenne la cons- |
| des Terres et les vertus des Eléments, | titution du Monde et la force des Elé- |
| | ments, |
| CCXCV. Le commencement et la vers. 18. | CCXCV. Le commencement, la fin, le |
| consommation et le milieu des temps, | milieu du temps, les vicissitudes des sols- |
| les permutations des vicissitudes et les | tices et la variété des saisons, |
| consommations des temps, | |
| CCXCVI. Les mutations des cou- vers. 19. | CCXCVI. Les circuits des années et les |
| tumes et les divisions des temps et | dispositions des étoiles, |
| du cours de l'année et les dispositions | |
| des étoiles, | |
| CCXCVII. La nature des animaux et vers. 20. | CCXCVII. La nature des animaux et |
| les instincts violents des bêtes, la force | les instincts violents des bêtes, la force |
| des vents et les cogitations des hom- | des vents et les cogitations des hommes, |
| mes, les différences des arbrisseaux | les différences des plantes et les facul- |
| et les vertus des racines, | tés des racines, |
| CCXCVIII. Et j'ai appris toutes les vers. 27. | CCXVIII. Et j'ai même connu tou- |
| choses qui sont absconses et impré- | tes les choses qui sont cachées et non en- |
| vues. Car la SAPIENCE, ouvrière de toutes | core dévoilées, car la Sapience, ouvrière |
| choses me l'a enseigné. | de toutes choses me l'a enseigné. |
| CCXCIX. Et puisque la SAPIENCE est vers. 27. | CCXCIX. Puisqu'elle est unique, elle |
| une, elle peut TOUT; et permanent en | peut tout, subsistant en elle-même, elle |
| elle-même, elle rénove toutes choses | rénove toutes choses, et, se transférant |
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- 52 -
| et se transfère parmi les nations dans | dans chaque âge dans les âmes saintes, |
| les Ames Saintes et constitue les Amis | et forme les Amis de DIEU et les Pro- |
| de DIEU et les Prophètes. | phètes. |
| CCC. Car DIEU n'aime personne, si Vers. 28. | CCC. Car DIEU n'aime personne, si ce |
| ce n'est celui qui habite avec la SA- | n'est celui qui se complaît avec la Sa- |
| PIENCE. Et, | pience. |
| CCCI. Lorsque les voies de l'homme Prov. XVI, | CCCI. Lorsque les voies de l'homme |
| (homo) seront agréées du Seigneur, il vers. 7. | (vir) seront agréées de IEHOVAH, il rendra
|
| convertira aussi à la paix ses ennemis. | aussi pacifiques ses ennemis. |
| CCCII. (car) elle est Doctrice de la Sap. VIII, | CCCII. Elle est habile et initiée dans |
| DISCIPLINE de DIEU et électrice de ses ou- vers. 4. | la science de DIEU et électrice de ses ou-
|
| vrages. | vrages. |
| CCCIII. Et si l'on souhaite les ri- vers. 5. | CCCIII. Que si la possession des ri- |
| chesses dans la vie, quoi de plus riche | chesses est désirable en cette vie quoi de |
| que la SAPIENCE qui a fait TOUTES CHOSES? | plus riche que la SAPIENCE par qui toutes |
| | choses sont faites ? |
| CCCIV. Si le sens oeuvre, qui plus vers. 6. | CCCIV. Si la Prudence agit et produit |
| qu'elle est l'artisan des choses qui | une oeuvre, qui est plus artificieuse qu'elle |
| sont ? | dans les constitutions des choses? |
| CCCV. Et si quelqu'un aime la JUS- vers. 7. | CCCV. Et si quelqu'un aime vraiment |
| TICE, les grandes vertus sont ses ou- | la JUSTICE, les vertus sont son ouvrage; |
| vrages; car elle enseigne la sobriété et | car elle enseigne la Tempérance et la |
| la PRUDENCE, la JUSTICE et la VERTU au- | Prudence, la Justice et la Fortitude, au- |
| près desquelles rien n'est plus utile | près desquelles rien n'est plus utile aux |
| aux hommes dans la vie. | hommes dans la vie. |
| CCCVI. Et si quelqu'un désire la vers. 8. | CCCVI. En outre, si quelqu'un désire |
| multitude de la SCIENCE, elle sait le | l'usage de beaucoup de choses, elle con- |
| passé et estime l'avenir; elle sait les | naît ce qui est ancien et conjecture des |
| ruses des discours et les dissolutions | choses à venir; elle comprend les ruses |
| des arguments; elle sait les signes et | des discours et les explications des énig- |
| les monstres avant qu'ils paraissent et | mes; elle pronostique les signes et les |
| ce qui doit arriver dans les temps et | prodiges et les choses essentielles des |
| dans les siècles. | saisons et des temps. |
| CCCVII. Je me suis donc proposé de vers. 9. | CCCVII. J'ai donc décrété de me l'ad- |
| m'adjoindre CETTE Sapience pour vivre | joindre comme compagne habituelle de |
| avec moi, sachant qu'elle me commu- | ma vie, sachant certainement qu'elle |
| niquera des biens et sera l'allocution de | sera pour moi la pourvoyeuse des biens |
| mes ennuis. | et la consolatrice des peines et des tour- |
| | ments. |
| CCCVIII. J'aurai, à cause d'ELLE de vers. 10. | CCCVIII. J'acquerrai à cause d'elle |
| la lumière dans les assemblées, et | de la gloire dans le vulgaire et, jeune, |
| jeune, de l'honneur chez les vieil- | de l'honneur chez les vieillards. |
| lards. | |
| CCCIX. On trouvera mon acuité dans vers. 11. | CCCIX. On trouvera mon acuité dans |
| le jugement et je serai admirable de- | le jugement et je serai admirable devant |
| vant les puissants, | les puissants. |
| Et les faces des princes m'admire- | |
| ront. | |
| CCCX. Ils s'arrêteront, moi me tai- vers. 12. | CCCX. Ils m'attendront, moi me tai- |
| sant et me regarderont parlant, et lors- | sant m'écouteront attentivement par- |
| que je serai abondant en paroles, ils | lant, et lorsque je m'étendrai longue- |
| mettront leur main sur leur bouche. | ment, ils poseront leur main sur leur |
| | bouche. |
| CCCXI. J'aurai en outre par Elle vers. 13. | CCCXI. A cause d'elle j'obtiendrai |
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| l'immortalité, et je resterai en mé- | l'immortalité, et je laisserai ma mémoire |
| moire éternelle pour ceux qui sont à | sempiternelle à la postérité. |
| venir après moi. | |
| CCCXII. Je disposerai les peuples, et vers. 14. | CCCXII. Je gouvernerai les peuples |
| les nations me seront soumises. | et les nations me seront soumises. |
| CCCXIII. Les Rois à redouter me vers. 15. | CCCXIII. Lorsque les Tyrans formi- |
| craindront en m'entendant, on verra | dables m'entendront, ils me redouteront; |
| que je suis bon dans la multitude et | on verra que je suis bon dans la multi- |
| fort dans la guerre. | tude et courageux dans la guerre. |
| CCCXIV. Ayant pensé ces choses vers. 17. | CCCXIV. Ayant donc considéré ces |
| en moi, et commémorant dans mon | choses en moi, par le plus grand soin |
| coeur parce que l'immortalité est dans | de l'âme, considérant que l'immor- |
| la cogitation de la SAPIENCE, | talité est dans la cognation de la Sa- |
| | pience, |
| CCCXV. Et une bonne délectation vers. 18. | CCCXV. Et une bonne délectation |
| dans son amitié et des honneurs sans | dans son amitié et des richesses inépui- |
| défection dans les oeuvres de ses mains, | sables dans les oeuvres de ses mains, et |
| et la SAPIENCE dans l'évolution de son | la prudence dans son entretien et sa |
| langage, et la grande réputation dans | collocution et la gloire dans la commu- |
| la communication de SES discours. | nication de ses discours. |
| CCCXVI. Bienheureux l'homme qui Prov. III, | CCCXVI. Bienheureux l'homme qui (*1) |
| trouve la SAPIENCE et en qui la PRUDENCE vers. 13. | trouve la Sapience, et l'homme qui pro-
|
| se trouve abondamment. (Il faut lire: | duit en lumière l'Intelligence. |
| et qui répand la Prudence). | |
| CCCXVII. Meilleure est son acquisi- vers. 14. | CCCXVII. Parce que meilleure est sa |
| tion et son fruit que la négociation de | négociation que la négociation de l'ar- |
| l'or et de l'argent le plus excellent et | gent et son produit est meilleur que |
| le plus pur. | l'or. |
| CCCXVIII. Elle est plus précieuse vers. 15. | CCCXVIII. Elle est plus précieuse |
| que toutes choses et toutes choses qui | que la perle et toutes les choses dési- |
| sont désirées ne valent pas à lui être | rables par toi ne l'égalent pas. |
| comparées. | |
| CCCXIX. La longueur des jours est vers. 16. | CCCXIX. La longueur des jours est |
| dans sa droite et les richesses et la | dans sa droite et les richesses et la |
| gloire à sa gauche. | gloire à sa gauche. |
| CCCXX. Ses voies sont belles et tous vers. 17. | CCCXX. Ses voies, voies délectables, |
| ses sentiers pacifiques. | et tous ses sentiers la paix. |
| CCCXXI. Elle est l'arbre de VIE pour vers. 18. | CCCXXI. Elle est l'arbre de vie pour |
| ceux qui l'auront approchée et bien | ceux qui l'approchent et bienheureux |
| heureux celui qui la tiendra. | ceux qui la tiennent. |
| CCCXXII. (Car) la SAPIENCE a ou- Sap. X, | CCCXXII. Parce que la Sapience a |
| vert la bouche des muets et elle a vers. 21. | ouvert la bouche des muets et qu'elle a
|
| rendu disertes les langues des en- | rendu disertes les langues des enfants. |
| fants. | |
| CCCXXIII. Avec moi (dit ultérieure- Prov. VIII, | CCCXXIII. En ma possession est le |
| ment la SAPIENCE elle-même) est le CON- vers. 14. | Conseil et la Sapience; je suis l'Intel-
|
| SEIL, et l'EQUITE; mienne est la PRUDENCE, | ligence; mienne est la Fortitude. |
| mienne la FORTITUDE. | |
| CCCXXIV. Par moi règnent les Rois; vers. 15. | CCCXXIV. Par moi règnent les Rois, |
| et les fondateurs de Lois décernent les | et les Princes décernent la Justice. |
| choses justes. | |
| CCCXXV. Par moi les Princes com- vers. 16. | CCCXXV. Par moi les Princes do- |
| mandent et les puissants décernent la | minent et les Princes, et tous les juges |
| Justice. | de la Terre. |
(*1) Eloge de la SAPIENCE.
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| CCCXXVI. Avec moi sont les ri- vers. 18. | CCCXXVI. Avec moi sont les richesses |
| chesses et la gloire, la justice et les | et la gloire, les substances stables et la |
| oeuvres superbes. | justice. |
| CCCXXVII. Meilleur est mon fruit vers. 19. | CCCXXVII. Meilleur est mon fruit |
| que l'or et la pierre précieuse; et ma | que l'or et l'obryzum; et mon produit |
| race que l'argent pur. | que l'argent pur. |
| CCCXXVIII. Afin que j'enrichisse vers. 21. | CCCXVIII. Afin que je rende ceux |
| ceux qui m'aiment et que je remplisse | qui m'aiment héritiers perpétuels et que |
| leurs trésors, | je remplisse leurs trésors. |
| CCCXXIX. Qui m'aura trouvée, trou- vers. 35. | CCCXXIX. Car qui me trouve, trouve |
| vera la vie, et il puisera le salut du | la vie et puise la volonté de IEHOVAH. |
| SEIGNEUR. | |
| CCCXXX. Mais qui péchera en moi Prov. IX, | CCCXXX. Mais qui pèche contre moi |
| blessera son âme. Tous ceux qui me vers. 11. | méprise son âme: tous ceux qui m'ont
|
| haïssent, haïssent la mort. | en haine aiment la mort. |
| CCCXXXI. Par moi (en effet) seront vers. 22. | CCCXXXI. Car par moi seront multi- |
| multipliés tes jours; et les années | pliés tes jours, et les années seront ajou- |
| seront ajoutées à ta vie. | tées à ta vie. |
| CCCXXXII. Mon Fils (admoneste de Prov. III, | CCCXXXII. Mon Fils, que ces choses |
| nouveau notre Sapient) que ces choses ne vers. 21. | ne s'éloignent pas de tes yeux; garde la
|
| s'échappent point de devant tes yeux; | Loi et la Cogitation. |
| garde la Loi et le CONSEIL. | |
| CCCXXXIII. Et ils seront la vie de vers. 22. | CCCXXXIII. Et ils seront la vie de |
| ton âme et l'agrément de ton cou. | ton Ame et l'agrément de ta gorge. |
| CCCXXXIV. Alors tu connaîtras la Prov. II, | CCCXXXIV. Alors tu connaîtras la |
| Justice et le Jugement et l'Equité, et vers | . 9. |Justice et le Jugement, et les Rectitudes
|
| tous les bons sentiers. | et tous les bons sentiers. |
| CCCXXXV. Alors tu marcheras fidu- Prov. III, | CCCXXXV. Alors tu marcheras avec |
| cialement dans ta voie, et ton pied vers. 23. | confiance dans ta voie et ton pied ne
|
| ne heurtera point. | heurtera point. |
| CCCXXXVI. Si tu dors tu ne crain- vers. 24. | CCCXXXVI. Si tu es couché tu ne |
| dras point; tu reposeras et ton som- | craindras point; lorsque tu reposeras, |
| meil sera suave. | ton sommeil sera suave. |
| CCCXXXVII. Tu ne seras pas épou- vers. 25. | CCCXXXVII. Tu ne craindras pas |
| vanté par une terreur soudaine, ni | une épouvante soudaine, ni qu'elle |
| par l'irruption des puissances des im- | vienne par la désolation des impies. |
| pies. | |
| CCCXXXVIII. Car le SEIGNEUR sera vers. 26. | CCCXXXVIII. Parce que IEHOVAH |
| à ton côté et gardera que ton pied ne | sera ta confiance et gardera ton pied de |
| soit capturé. | la capture. |
| CCCXXXIX. La SAPIENCE a libéré des Sapient. X, | CCCXXXIX. La Sapience a libéré ses |
| douleurs ceux qui l'ont observée. vers. 9. | adorateurs des tourments.
|
| (*1) CCCXL. Honore (donc) le SEIGNEUR de Prov. III, | CCCXL. Honore donc IEHOVAH de tes |
| tes biens et des prémices de tous tes vers. 9. | richesses et des prémices de tous tes pro-
|
| fruits. | duits. |
| CCCXLI. Et tes greniers seront rem- vers. 10. | CCCXLI. Et tes greniers seront rem- |
| plis et tes pressoirs regorgeront de vin. | plis jusqu'à saturation, et tes pressoirs |
| | seront remplis de vin nouveau jusqu'à |
| | rompre. |
| (*2) CCCXLII. Bois l'eau de ta citerne Prov. V, | CCCXLII. Bois l'eau de ta citerne et |
| et ce qui coule de ton puits. vers. 15. | ce qui coule du milieu de ton puits.
|
| CCCXLIII. Que tes fontaines se dis- vers. 16. | CCCXLIII. Que tes fontaines dérivent |
| persent dehors; dérive les eaux dans | dehors, et divise tes eaux dans les places |
| les places publiques. | publiques. |
(*1) Tobie, IV, 7. S. Luc. XIV, 13.
(*2) Elle veut que vivions de nos propres biens, sans en faire part aux
autres.
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| CCCXLIV. Possède-les seul, et que vers. 17. | CCCXLIV. Qu'elles soient à toi seul, |
| les autres étrangers n'y participent pas | et pas d'étrangers avec toi. |
| avec toi. | |
| CCCXLV. Car (vraiment) le fruit des Sap. III, | CCCXLV. Car le fruit des bons tra- |
| bons travaux est glorieux et la racine vers. 15. | vaux est glorieux et la racine de la Pru-
|
| de la SAPIENCE ne finit pas. | dence ne meurt pas. |
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VII.
SEPTIEME GRADE PROLOGETIQUE.
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| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| ou SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
| CCCXLVI. Ne te délecte pas dans les Prov. IV, | CCCXLVI. Ne marche pas dans les |
| sentiers des impies, et que la voie des vers. 14. | sentiers des impies et ne marche pas
|
| mauvais ne te plaise point. | dans la voie des mauvais. |
| CCCXLVII. Fuis loin d'elle; n'y vers. 15. | CCCXLVII. Laisse-la; n'y passe pas; |
| passe pas; décline et ne t'y arrête pas. | décline loin d'elle, et passe. |
| CCCXLVIII. (Car) il est une voie qui Prov. XIV. | CCCXLVIII. Car une voie est droite |
| est vue droite par l'homme et dont la vers. 12. | devant les hommes; et sa fin, voie de la
|
| fin mène à la mort. | mort. |
| CCCXLIX. Mais le sentier des justes Prov. IV, | CCCXLIX. Mais le sentier des justes |
| procède comme une lumière splen- vers. 18. | comme une Lumière brillante; il pro-
|
| dide et croît jusqu'au jour parfait. | gresse et illumine jusqu'au jour parfait. |
| CCCL. La voie des impies est téné- vers. 19. | CCCL. Car la voie des impies est |
| breuse; ils ne savent où ils se préci- | comme des ténèbres; ils ne savent où ils |
| pitent. | tombent. |
| CCCLI. Car (vraiment) la VIEILLESSE est Sapient. IV, | CCCLI. La vieillesse est honorable, non |
| vénérable, non (toutefois) par la longueur vers. 8. | parce qu'elle a obtenu la longueur de la
|
| de la vie ni par le nombre des années | vie, ni par le nombre déterminé des |
| comptées. Mais le sens de l'homme | années; vers. 9, mais les cheveux blancs, |
| est ses cheveux blancs. Vers, 9, et le | pour les hommes sont la Prudence, et |
| temps de la vieillesse est la vie im- | le temps de la vieillesse est la vie sans |
| maculée. Prov. XVI, 31. La vieillesse | nulle tache. Prov. XVI, vers. 31. La |
| est une couronne de dignité; elle se | vieillesse est une couronne de gloire, elle |
| trouve dans les voies de la JUSTICE. | est trouvée dans la voie de la justice. |
| CCCLII. Il est de Proverbe quel Ado- Prov. XXII, | CCCLII. L'enfant suivant sa voie, |
| lescent, suivant sa première voie, vers. 6. | même lorsqu'il sera vieux ne s'en éloi-
|
| même lorsqu'il sera vieux ne s'en | gnera point. Ibid., XXVII, vers. 22. car |
| éloignera point. Ibid. XXVII, vers 22. | si tu broyais le fou dans un mortier |
| Quand tu broierais le fou dans un mor- | comme du blé, le frappant avec un pi- |
| tier comme une tisane, frappant sur | lon, tu n'éloignerais pas de lui sa folie. |
| lui avec un pilon, tu ne lui enlèverais | car Eccles. I, vers. 15. Le pervers ne |
| pas sa folie. (Car) Eccles. 1. vers. 15. | peut être dirigé et le défectueux ne peut |
| Les pervers sont difficilement corrigés | être nombré. |
| et le nombre des fous est infini. | |
| CCCLIII. Le moqueur n'écoute pas Prov. XIII, | CCCLIII. Le dérisoire n'écoute pas |
| lorsqu'on raisonne. vers. 1. | l'incrépation.
|
| CCCLIV. Réponds donc au fou selon Prov. XXVI, | CCCLIV. Réponds donc au fou selon |
| sa folie, de peur qu'il ne se croie sage. vers. 5. | sa folie de peur qu'il ne soit sapient à
|
| | ses yeux. |
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- 57 -
| CCCLV. Il vaut mieux (certes) ren- Prov. XVII, | CCCLV. Rencontrer une ourse privée |
| contrer une ourse à qui on a ravi ses vers. 12. | de ses petits est mieux à propos que le
|
| petits qu'un fat confiant en sa folie. | fou dans sa folie. |
| CCCLVI. La voie du fou est droite Prov. XII, | CCCLVI. La voie du fou est droite à |
| à ses yeux; mais qui est sapient écoute vers. 15. | ses yeux; et qui obtempère au conseil
|
| les conseils. | est sapient. |
| CCCLVII. Qui (justement) reprend un Prov. XXVIII, | CCCLVII. Qui reprend l'homme qui |
| homme trouve (à juste titre) grâce (cha- vers. 23. | rétrograde trouve mieux grâce que celui
|
| que fois) qu'ensuite il se trouvera près | qui flatte par la langue. |
| de lui, mieux que celui qui déçoit par | |
| les flatteries de sa langue. | |
| CCCLVIII. L'homme qui contemne Prov. XXIX, | CCCLVIII. L'homme repris qui en- |
| avec une tête dure celui qui le corrige, vers. 1. | durcit sa tête sera soudain frappé et
|
| il lui surviendra une chute soudaine | jamais ne sera guéri. |
| dont la guérison ne suivra jamais. | |
| CCCLIX. Qui marche dans un che- Prov. XIV, | CCCLIX. Qui marche dans sa recti- |
| min droit et craint DIEU est méprisé | tude craint IEHOVAH; mais ceux qui |
| de celui qui marche dans une voie | pervertissent leurs voies les méprisent. |
| infâme. | |
| CCCLX. Les justes abominent les Prov. XXIX, | CCCLX. L'homme inique est l'abomi- |
| hommes impies, et les impies abomi- vers. 27. | nation des justes; mais la voie étroite est
|
| nent ceux qui sont dans la voie droite | l'abomination des impies. |
| (mais) | |
| CCCLXI. La simplicité des justes les Prov. XI, | CCCLXI. La perfection des droits les |
| dirigera; et la supplantation des mé- vers. 3. | conduira; mais les perversités des pré-
|
| chants les ruinera. | varicateurs les perdra. |
| CCCLXII. La fortitude du simple, Prov. X, | CCCLXII. La fortitude pour le par- |
| voie du SEIGNEUR, et la peur pour ceux vers. 29. | fait est la voie de IEHOVAH, et la peur
|
| qui font le mal. | pour ceux qui commettent l'iniquité. |
| CCCLXIII. Qui craint les hommes Prov. XXIX, | CCCLXIII. La crainte des hommes |
| bientôt tombera; qui espère dans le vers. 25. | dresse un piège; et qui a foi à IEHOVAH
|
| SEIGNEUR sera surélevé. | sera exalté. |
| CCCLXIV. (Car) toute parole de DIEU Prov. XXX, | CCCLXIV. Toute parole de DIEU est |
| est un bouclier embrasé pour ceux qui vers. 5. | éprouvé comme par le feu; elle est un
|
| espèrent en lui. | bouclier pour ceux qui espèrent en lui. |
| CCCLXV. N'ajoute rien du tout à vers. 6. | CCCLXV. N'ajoute pas à ses paroles, |
| ses paroles, de peur que tu en sois | de peur que tu en sois repris et répré- |
| repris et trouvé menteur. | hensible comme menteur. |
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@
INTERPRETATIONS
ET
A N N O T A T I O N S
de HENRI KHUNRATH, de Leipzig
Savant assidu en THEOSOPHIE et DOCTEUR
en l'une et l'autre MEDECINE.
Par lesquelles, orthodoxement, le TEXTE DU PROLOGUE précédent,
IEHOVAH aidant, a été enfin dans ce siècle éclatant, nécessairement et considérablement
dégagé de son obscurité, non pas quant aux paroles, ce qui a déjà été fait suffisamment
par d'autres, mais plutôt quant aux CHOSES y contenues, ce qui, dans les
écrits Théosophiques les plus sublimes n'avait pas ENCORE été fait jusqu'ici
(Démontre habilement le contraire, je t'en prie !) par la norme catholique
tri-une de la Vérité Théosophique (qui est la Sacro-Sainte
Ecriture Biblique: Le Livre macro-cosmique de la Nature,
et le Témoignage de la Conscience dans le
microcosme).
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2 INTERPRETATIONS----------------------------------------------------------------------------------------
I.
G R A D E
P R O L O G E T I Q U E
PREMIER EXPOSE
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| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| ou SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE
|
| | DU GREC
|
(*1) I. ECOUTE; ô mon Fils, dit Prov. I, | I. ECOUTE, ô mon Fils, dit SALOMON, |
| SALOMON, Fils de DAVID, Prophète et Roi | fils de DAVID, Prophète et Roi d'ISRA-EL, |
| d'ISRA-EL, en Jérusalem, Roi sapient, pa- | Roi Sapient, panégyriste sublime de la |
| négyriste sublime de la SAPIENCE ETER- | SAPIENCE ETERNELLE, seule vraie, et le |
| NELLE, seule vraie, et le plus remarqua- Ibid. | plus remarquable de tous; ECOUTE, mon
|
| ble de tous, ECOUTE, mon fils, dit-il, ces vers. 2. | fils, dit-il ces miennes paraboles, afin |
(*2) miennes paraboles afin de connaî- | de connaître la SAPIENCE et l'ERUDITION, |
| tre la SAPIENCE et la DISCIPLINE et de com- | et de comprendre l'éloquence de l'INTEL- |
| prendre les paroles de la PRUDENCE. | LIGENCE. |
Suivent
L E S
E X P L I C A T I O N S
du Prologue.
ECOUTE] Autant des oreilles de la raison, de l'intellect et de l'esprit, que des sens ou du corps;
afin que tu ne sois pas compté au nombre de ceux qui ont des oreilles et n'entendent point, des yeux
et ne voient point, que le Prince ténébreux de ce Monde immonde rend sourds, muets et aveugles
par le mauvais orgueil.
Mon Fils] Le Fils n'est autre que l'HOMME ou VIR, Hébreu et Latin: et ici,
lorsque le Roi sapient parle à tous, c'est de cette voix Catholique qu'il fait usage. Car la SAPIENCE
appelle tous les hommes: Prov. VIII, vers. 4 et IX, 4. C'est elle qui, incarnée, dit:
Venez tous à moi,
vous qui travaillez et êtes accablés; je vous réconforterai, καττ ὲξοχἠν, ce qui doit s'entendre par
excellence, mon Fils et héritier bien-aimé, de la DOCTRINE, de la DISCIPLINE et de la SAPIENCE ETERNELLE.
Panégyriste sublime] Parce qu'il est Roi, fils de Roi et par IEHOVAH LUI-MEME et par L'ESPRIT DIVIN de la
SAPIENCE (III. Rois. III) illuminé, enseigné et conduit. Lequel, comme on sait, nous devons entièrement
croire, sapientement élu et constitué dans cette expérience par la SOPHIA SUPERCELESTE.
Afin de
connaître la SAPIENCE, etc.] Toutes les choses dont ce passasse donne l'énumération sont des Biens et
des Dons du DIEU Miséricordieux et Bénin qui viennent de sa pure Bonté par l'Esprit-Saint de SAPIENCE
et qu'il donne en diverses manières, c'est-à-dire: ou médiatement ou immédiatement, en des temps
ou lieux divers (suivant ce qu'il juge convenir à la gloire de son nom divin et être profitable au prochain
de ceux auxquels il distribue ou donne le don). Dieu ne donne pas toutes choses à un seul;
mais les plus secrètes, les plus véridiques et choisies sont communiquées ainsi qu'il convient aux fils
de la Doctrine, c'est-à-dire aux plus fidèles et à ceux qui sont véritablement élus (ceux-ci peu nombreux)
et doués de la dextérité nécessaire. C'est pourquoi, Le Lis, dans le traité
de Lapide Philm,
parle ainsi: Si DIEU, dit-il,
sait que dans l'homme se trouve un esprit fidèle, il lui intimera la vérité.
(*1) SALOMON oracle de la SAPIENCE DIVINE
(*2) FORCE UTILITE et FRUITS de l'étude de la vraie SAPIENCE.
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DU GRADE PREMIER
3------------------------------------------------------------------------------------------------
Sois donc dans la crainte de DIEU, (par les Dix revêtements Christiano-Kabbalistiques, marqués par la
figure seconde de cet amphithéâtre) en réduisant le Binaire et le Ternaire par le Quaternaire à la simplicité
de l'unité, en te confiant dans les forces divinement concédées, en cherchant le Royaume de
DIEU ainsi que sa Justice, de tout ton coeur, toute ton âme, toutes tes forces, tout ton esprit, ou au
moins cherche en étudiant théosophiquement, car alors IEHOVAH ne repoussera pas ta volonté;
parce que dans la recherche du bien (par un mouvement vers le mieux) la bonne volonté est suffisante.
C'est quelque chose de produire peu lorsqu'on ne peut donner au-delà; car, lorsque les forces manquent
la volonté n'en est pas moins louable. Dieu aime l'obéissance à sa volonté. DIEU n'a pas coutume, rapporte
S. Paul, d'éteindre le flambeau allumé. Si ton but est la gloire de DIEU et phy pour le diable, il sera
profitable à toi-même et à ton prochain; (c'est-à-dire pourquoi, à qui, quand et combien) en ascendant
par l'Echelle de la Conjonction et de l'U'lion, et même en descendant par les Dix Grades de la cognition,
ce que tu demanderas, en Orant et Laborant, tu l'obtiendras facilement de IEHOVAH; et aussi soit
par le sens, par la science ou par la foi, tu pourras ascendre à la cognition parfaite de TOUTES CHOSES
qui sont réellement. Car le SEIGNEUR (rien de plus certain) accomplira ta volonté, toi qui le crains.
Psaum. CXLX, 19 (vulg. CXLIX), voy. versets CLXIX et CCCXXXIV. Que tout doute (conçu par le diable
en toi) s'éloigne donc de toi: En travaillant sapientement et avec effort, crois par DIEU et en DIEU
avec une confiance ferme et non par une foi hésitante, et tu trouveras ce que tu cherches; ceci te
sera donné; tu recevras; il en sera ainsi. O incrédulité bestiale! Prie DIEU afin qu'il augmente ta foi.
La foi est un don de DIEU. Ne me la reprends jamais, je t'en conjure, Seigneur!
II. Et pour recevoir l'ERUDITION Ibid. | II. Et pour recevoir l'ERUDITION de |
| de la DOCTRINE, la JUSTICE et la faculté vers. 3. | l'INTELLIGENCE, la JUSTICE et la faculté
|
| de JUGER et l'EQUITE: | de JUGER et les RECTITUDES. |
Et pour recevoir] l'Erudition qui vient par grâce Divine, infiniment habile et qui s'adonne à celui
qui a un céleste et saint désir. Remarquons aussi que c'est ici l'Intelligence érudite, non cette intelligence
vulgaire, commune, et que l'on trouve facilement; mais celle qui connaît l'érudition céleste,
théologique, macro et microcosmique. Celle-ci est distribuée en
Justice, qui concerne l'âme de l'homme,
en
Jugement, qui concerne son corps; en
Rectitude, qui concerne son esprit et qui règle son devoir, ses
moeurs et sa vocation, afin qu'il agisse saintement dans les choses divines, justement dans les choses
humaines et avec rectitude dans les siennes propres, c'est-à-dire envers Dieu, envers les hommes et
envers lui-même.
| III. Et pour donner la callidité aux vers. 4. | III. Afin que soit donnée à l'en- |
| simples; à l'enfant la SCIENCE et la COGI- | fant l'astuce, et la SCIENCE et |
| TATION. | l'INTELLIGENCE et à l'adolescent. |
Afin que soit donnée à l'enfant] Il appelle ici Enfants (de même qu'au vers. XXXIX) les simples qui,
par leurs seuls conseils, ne peuvent se diriger, et pour cette raison attendent l'aide de DIEU et de la
SAPIENCE, adjutrice de DIEU; qui ne sont pas prudents par eux-mêmes, Prov. III, 7, comme le sont les
sapients de ce siècle, S. Paul aux Rom., XII, 16; à ceux-ci DIEU cache sa Sapience; ce dont
notre Sauveur rend grâces à son Père céleste. S. Matth. XI, 25,
Aux enfants, dit-il, tu as révélé ces
choses. L'astuce] L'astuce signifie ici la circonspection et la prudence, afin que nous ne soyons ni surpris
ni séduits par les ruses du monde; mais afin que nous soyons prudents comme des serpents et
simples comme des colombes. S. Matth. X, 16; c'est-à-dire (comme l'interprète S. Paul, aux Rom.
XVI, 19.)
sapients dans le bien, simples dans le mal. Comprends donc, ô enfant, l'Astuce et blâme les
insensés.
La Science, etc.] La science et les cogitations sont jointes ici, afin que nous apprenions à
méditer; en méditant à approfondir la science; en approfondissant la science, à prier DIEU; et en
priant, à travailler.
IV. Le Sapient les entendant de- vers. 5. | IV. Le Sapient les entendra et aug- |
| viendra plus sapient, et l'Intelligent ac- | mentera en lui la connaissance de la |
| querra l'art de gouverner. | Doctrine; et l'Intelligence possédera les |
| | conseils. |
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4 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Deviendra plus Sapient] Plus celui qui enseigne à l'expérience de l'âge, plus il excelle; de même le
sapient est plus sapient. Il y a plusieurs grades parmi les fils de la Doctrine; l'un a la prééminence
sur l'autre; nul de ceux-ci pourtant ne doit être contemné.
Admire les grands champs; cultive le petit,
enseigne judicieusement Virgile. C'est comme si Salomon disait: Celui qui est doué d'Intelligence et
qui suit mes principes acquerra non seulement les arts vulgaires, mais encore les plus secrets et les
plus cachés, et ainsi sera plus sapient; et alors, affermi et puissant par le jugement, la sapience et
l'expérience, il obtiendra Théosophiquement, dans toutes choses possibles, les conseils ingénieux et
subtils qui lui seront révélés de jour en jour. Ceux qui entreprennent d'acquérir l'art de la SAPIENCE,
il importe qu'ils le reçoivent d'un plus sapient, du SAPIENTISSIME DIEU, en Orant Théosophiquement
et Laborant Physico-Chimiquement.
Le conseil] est la raison des choses à accomplir, en les rapportant
toujours toutes à DIEU, à l'homme, à soi-même. Ceci sera divinement reçu en Orant, afin que la fin
salutaire s'ensuive.
V. Il considérera les paraboles vers. 6. | V. Afin de comprendre la parabole et |
et l' interprétation; les paroles | l'élocution, les paroles des Sapients et |
| des Sapients et leurs énigmes. | leurs énigmes. |
Les Paraboles] Personne ne comprendra les discours occultes, pleins de mystères et de choses
secrètes, sinon par la SAPIENCE de DIEU qui les révèle. Ce sont eux que la Reine de Saba essaya d'obtenir
de Salomon. C'est par eux que furent divinement enseignés le Patriarche Joseph, et David, le
Roi-Prophète; on les trouve encore dans les Prophètes et dans l'Apocalypse de S. Jean. Par eux
aussi furent célèbres les Egyptiens qui en cachèrent les mystères sous leurs figures hiéroglyphiques.
De là ces images mystiques par lesquelles les Mages, avec un art admirable, ont représenté les Mystères
Divins Théologiques, Politiques, Naturels et la nature cachée des choses. De là ces énigmes de
la Table d'Emeraude Hermétique, et les insignes figures de la pierre des Philosophes. Apprends ici
(toi qui as soif du nectar de la vérité, caché par les Sapients), la voie et la méthode pour parvenir à la
compréhension des énigmes, des paraboles, des allégories, des discours mystiques des anciens Sages,
dans TOUS les écrits cabalistiques, magiques, chimiques. Si tu as la SAPIENCE pour soeur et la PRUDENCE
pour amie (selon le vers. CVI), tu comprendras et apprendras Théosophiquement TOUTES CHOSES.
L'interprétation] La mensuration, comme disent les Hébreux et la pondération du verbe. Ici se rapporte
la Gimétrie des Kabbalistes:
Tevos rasche ou
Neoteriken. Ou (comme Jean Dée, de Londres,
l'explique dans ses Aphorismes aux Parisiens et dans sa Préface qui précède sa Monade hiéroglyphique,
dédiée au Roi Maximilien), la Géométrie
Notariacon et
Tzyruph. Et celle-ci s'appelle dans les
livres,
Kabbale réelle, ou του̑ ὅντος; celle-là qui est la vulgaire,
Grammaire kabbalistique ou του̑ λεγομένου̑;
et c'est de cette dernière seulement que traitent les plus remarquables ouvrages que peuvent écrire les
hommes. Il convient ici de placer quelques vers que le très illustre Jean Oléarius, Docteur en Théologie
et Professeur de Langue Hébraïque dans l'illustre académie Julia, a écrits à Prague sur S. Paul,
avant sa vingt-septième année, en éloge de la Kabbale:
Pas un point, pas un iota de la loi, Pas une lettre de ce qui se trouve écrit Dans les livres Prophétiques ne périra. Le Christ, leur auteur, l'affirme. Qui pourrait croire qu'une telle importance Soit attachée à de si petits détails: Considère pourtant le nom de JESUS, Du Maître des chrétiens, et tu en seras assuré. Car tu ne trouveras rien, crois-le bien De plus beau que la Kabbale; Et rien de plus parfaitement doux à l'âme. Désire donc sa sainte étude, afin que le Christ Comme à Saint Paul te dévoile les mystères Et ajoutes-y de fréquentes prières.
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DU GRADE PREMIER
5------------------------------------------------------------------------------------------------
| VI. Ecoute, mon fils et reçois mon Prov. IV, | VI. Ecoute, mon fils, et reçois mes |
éloquence et les années de ta vers. 10. | paroles, et que les années de ta vie soient
|
| vie se multiplieront. | multipliées. |
Se multiplieront] Au moyen de la PHYSICO-CHIMIE (qui, dans ce siècle, est comme la suivante fidèle
de la SAPIENCE VRAIE, OU comme une vierge qui parvient jusqu'au chevet des secrets de la nature),
cette SOUVERAINE donne libéralement au fils industrieux de la Discipline les essences précieuses des
Végétaux, des Animaux et de leurs parties; des Minéraux, des Pierres, des Gemmes, des Perles et des
Métaux; et même la PIERRE DES PHILOSOPHES, très véritable Médecine catholique de notre restauration
et do notre conservation; et dont l'usage légitimement médical donne la longueur des jours. PROV. III. 2.
Et chap. IX, II.
VII. Je te montrerai la voie de vers. 11. | VII. Je t'ai enseigné à marcher par |
| la SAPIENCE et te conduirai par les sen- | la voie de SAPIENCE; je t'ai fait suivre |
| tiers de l'EQUITE. | les droits sentiers. |
La voie de la SAPIENCE] La voie royale de la SAPIENCE est la CRAINTE DU SEIGNEUR par laquelle on va
aux astres de la Divinité. Les sentiers de l'Equité sont LES LOIS et les MANDEMENTS DU VERBE DIVIN.
C'est cette lumière et cette lampe de l'Ame, de l'Esprit et du Corps qui doit conduire à ce SOUVERAIN
BIEN DE L'HOMME (DON DE DIEU) ter-tri-un, catholique, et dont il est traité dans cet Amphithéâtre.
Heureux, trois et quatre fois heureux qui marche avec rectitude.
| VIII. Lorsque tu y seras entré, tes vers. 12. | VIII. Lorsque tu marcheras ton pas |
pas ne seront plus resserrés, et en | ne sera pas arrêté, et lorsque tu courras |
courant tu ne rencontreras pas | tu ne heurteras rien. |
En courant] Dans le stade ou dans la carrière de toute ta vie, tant active que contemplative.
Tu ne rencontreras, etc.] Ni ne seras conduit par la philosophie et les vaines subtilités, du centre de la
vérité Théosophique à la glissante circonférence des sophismes mondains ou des mensonges diaboliques.
Au centre, la vérité; à la circonférence le mensonge. Qu'on s'efforce donc à parvenir au centre.
Car
tu avanceras en sécurité vers le centre.
IX. Car je suis le Fils ten- Ibid, | IX. Puisque je suis le fils cher à mon |
| drement aimé de mon père, et l'unigé- vers. 3. | père et l'unique entre les fils de ma mère.
|
| néré aux yeux de ma mère: |
|
Tendrement] Car l'exemple et le mandement sont clairement enseignés dans ce passage aux enfants
tendres et jeunes qui doivent, dès les premières années de leur age, être instruits et élevés dans la
DISCIPLINE de la SAPIENCE VRAIE. Doivent-ils l'être tous? Plût à Dieu! mais Mercure, c'est-à-dire l'homme
éloquent, ne se façonne pas d'un bois quelconque; et ξύλον άγκύλον οὐδέποπ όρθὸν, c'est-à-dire:
Le bois
tors ne deviendra jamais droit, hémistiche qui se trouve dans Galien. Lesquels donc alors, je vous le
demande ? Ceux qui sont doués d'un naturel d'exceptionnel génie, comme au verset CCXLIX, et ceux
qui sont pourvus d'une bonne âme. Et il ne faut pas attendre qu'ils soient parvenus à la vieillesse
des années. Car, comme le dit très bien Horace:
L'amphore garde longtemps une odeur lorsqu'elle en a été
une fois imprégnée. Et ainsi,
on doit s'y habituer dès les plus tendres années. Il est de proverbe dit le Sapient,
Prov. XXII, 6,
que l'Adolescent, suivant sa première voie, même lorsqu'il sera vieux ne s'en éloignera point.
Car ils peuvent, excepté s'ils reçoivent à temps l'instruction, dépraver et pervertir leur bon naturel
primitif. La jeunesse est également admonestée afin, à l'exemple du Roi, que lorsqu'ils sont enfants
ils soient obédients et se complaisent en leurs parents, et que leurs parents leur tiennent lieu de précepteurs
fidèles.
@
6 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
(*1) X. Je suis véritablement moi - Sap. VII, | X. Je suis moi-même véritablement |
même un homme mortel, sem- vers. 1. | un homme mortel, semblable à tous et
|
| blable à tous et de la race terrestre de | j'ai été procréé de cet homme qui, le pre- |
| celui qui, le premier, a été créé; et j'ai | mier a été formé de la Terre. |
| été figuré sous forme de chair dans le |
|
| ventre de ma mère. |
|
Je suis véritablement moi-même l'homme mortel] autrement dit: à qui DIEU révélera-t-il ses mystères?
Me communiquera-t-il les secrets de la Nature? A moi vraiment? Qui suis-je donc? Sinon un
pécheur, et par suite un mortel? et par conséquent indigne de tant de Biens et de Dons de DIEU, c'est-
à-dire des trésors infinis de la SAPIENCE éternelle dont il est fait mention dans ce Prologue? Je réponds
que j'avoue être indigne de tels dons, mais que cependant j'en ai besoin. Considère le Roi sapient,
qui, ne marchant pas encore parfaitement dans les préceptes de David son père (car il immolait sur
les hauts lieux et brûlait des parfums) ne fut pas moins, par le songe d'une seule nuit, comblé par
DIEU de la Sapience des choses supérieures comme des inférieures. III. Rois, 3. Et au moment même
où il possédait la prudence dans le gouvernement des choses, à un tel point que nul ne lui fut comparable,
il disait néanmoins: Je suis un homme mortel, semblable à tous, etc. C'est ainsi (continué-je)
que Bezeleel fut cependant rempli de l'Esprit de DIEU, de la Sapience, de l'intelligence et de la Science
en toutes choses, pour inventer et exécuter tout ce qui se peut faire en or ou en argent, en airain,
en marbre et pierres précieuses, et tous les ouvrages en bois; et que Achaliab lui fut donné pour
compagnon; et dans leur coeur, instruit en toutes choses, fut placée la SAPIENCE par le SEIGNEUR, afin
qu'ils accomplissent tout ce qui leur avait été prescrit par Moseh. Exod. XXXI, 3. Ainsi également
David, qui, n'ayant pas étudié les lettres, fut cependant par l'élection de DIEU, de berger créé Prophète,
et le premier des Docteurs ès-choses Divines, puisque, par elles, il paracheva les Psaumes et
ainsi laissa loin de lui les plus exquis Poètes. Il était pécheur pourtant, adultère et homicide; cependant
il ne perdit pas le nom de juste, puisqu'il se réhabilita toujours par de fréquentes pénitences.
Hélie, dit S. Jacques, V, 17 (qui vient fort à propos dans l'objection présente) était un homme SEMBLABLE
A NOUS (en lui-même, bien qu'Apôtre, et sans le considérer hors de l'assemblée commune) sujet
à toutes les affections; et cependant, il pria avec ferveur afin qu'il ne plût pas sur la terre, et il cessa
de pleuvoir pendant trois ans et six mois. Et il pria de nouveau et le ciel donna la pluie, et la terre
son fruit. Et ainsi de suite. Ne persiste pas en objectant: « Tu ne dois pas, ami, te comparer à
ceux-ci; DIEU s'est servi spécialement de ces organes exceptionnels pour accomplir de grandes choses;
en considérant que leurs vocations et la tienne sont différentes, tu jugeras que tu diffères également
d'eux-mêmes. » C'est quelque chose, certes, que tu dis là excellent homme, vais-je te répondre, et qui
vraiment m'arrêterait si je n'en étais détourné par tant et de telles et si nombreuses vocations, invitations,
admonitions, adhortations catholiques et enfin même comminations sous la peine très grave de
l'ire de Dieu, opposées tant par la SAPIENCE elle-même que par le Sapient, ce qu'on verra souvent dans ce
Prologue, et si la Promesse Catholique de la VERITE, invitant tous les hommes, n'excluant personne,
si souvent répétée peu après avoir été déjà mentionnée, ne s'y opposait absolument. Je crois plus en
elle, unique et seule vraie que dans tout le cortège captieux de tes dubitations. Je suivrai donc
sapientement la SAPIENCE et le Sapient qui m'appelle et me stimule à la Divine patience. Pourquoi
m'en exclurais-je moi-même puisque je n'en suis pas exclu par DIEU? Mais quelqu'un doutera encore
et dira: Je suis jeune, et n'ai point encore de cheveux blancs. Je réponds: DIEU ne fait pas acception
de personnes, etc., Vers. XXXVIII, CLXXXIV, CCXCIX et que ce n'est point par la seule multitude des années
que la vieillesse est rendue docte et agréable à DIEU, comme dans le Vers. CCCLI. Que ce se soit aussi
une consolation et un exemple de penser que Joseph, David, Salomon, Daniel, Jérémie, Timothée, etc.,
et d'autres (même dans notre siècle) innombrables, quoique jeunes, ne furent pas insensés et furent
possesseurs (par la grâce de DIEU) des trésors inépuisables de la SAPIENCE. Qu'il soit de même répondu
à l'objection de l'ignorance ou de l'oubli des diverses langues, c'est-à-dire Hébraïque, Grecque, Latine,
etc. que Dieu a souvent coutume de faire des Sapients et Docteurs de ceux qui ne parlent que leur seule
et unique langue maternelle. Les exemples sont faciles à trouver, innombrables et dans tous les
peuples. IEHOVAH est celui qui donne la faculté de bien parler et la SAPIENCE, Exod. IV, II, S. Matth.,
X, 19, S. Marc., XIII, 11, S. Luc., XII, 11 et 12.
L'Esprit du Seigneur a parlé par moi, dit David, II, Rois
ou Sam. XXIII, 2,
et son discours a été sur ma langue. Les saints hommes de DIEU ont parlé, inspirés par
l'Esprit Saint, II, Ep. de S. Pierre, I, 21. Pour cela donc, tu ne douteras pas de la grâce de DIEU, dont
la miséricorde est depuis l'éternité jusque dans l'éternité sur ceux qui le craignent; Psaum. CIII, 17
(*1) La condition de tous les hommes, à l'entrée et au sortir de cette vie
est la même.
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(vulg. CII). Mais exception faite de ceux qui sont tellement dénués de facultés qu'ils ne peuvent secouer
leur paresse ni leur défiance envers Toi, DIEU bon, vers. CCXVI et CCCXXIV. Autant que je puisse chercher
dans le catalogue prolixe des anciens fondateurs de Sciences et d'Arts (les Païens non exclus) et dans
notre siècle, des savants et des instaurateurs de ces mêmes sciences et de tous leurs adeptes, Théosophiquement
docteurs et ducteurs, j'en trouve la majeure partie ignorante de nombreuses langues
sinon de celle qu'ils avaient coutume d'écrire dès leur enfance. Tous ceux-ci, dis-je, étaient mortels,
comme toi, comme moi et comme nous le sommes tous, et de plus pécheurs. Nous avons aujourd'hui
le même DIEU que le tien et le leur: nous avons été faits par le même Créateur, ELOHIM, un (tous
formés à son image et similitude), nous nous servons comme eux de la consolation, de la défense,
du ministère, de la garde et de la direction dans nos voies, que nous procurent les mêmes bons
Esprits (que DIEU nous les envoie!), nous jouissons des mêmes inclinations, dans le même Monde; de
même qu'à tous, la PROMESSE très vraie, catholique de la même SAPIENCE ETERNELLE, incarnée dans la
plénitude des temps nous est donnée. Qui donc diras-tu est celle-là de laquelle tu te glorifies tant
et en laquelle tu as tant de confiance? Je te réponds de suite: C'est la SAPIENCE qui doit s'incarner
que tu as entendue et entends dans ce Prologue; c'est la même incarnée, l'ipsissime VERITE, comme
dit S. Jean, XIV, 12:
Amen, Amen, je vous le dis, c'est-à-dire à tous, en général et en particulier,
qui
croit en moi fera lui-même les oeuvres que je fais et en fera de plus grandes que celles-ci; parce que je vais à
mon Père Et, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai afin que le Père soit glorifié dans
le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom (vers. CLXXIV)
je le ferai. Et S. Matth., XVII, 19:
Les disciples s'approchèrent secrètement de JESUS et dirent: Pourquoi n'avons-nous pu chasser ce
démon? JESUS leur répondit: A CAUSE DE VOTRE INCREDULITE (Et vraiment aujourd'hui!).
Amen, je vous
le dis en vérité; si vous aviez de la foi, comme un grain de sénevé vous diriez à cette montagne: Transporte-
toi d'ici là; et elle s'y transporterait, et RIEN NE VOUS SERAIT IMPOSSIBLE.
Car cette sorte ne se chasse que par
l'oraison et le jeûne. Et dans S. Luc.. XVII, 6, le SEIGNEUR a dit:
Si vous aviez la foi comme un grain de
sénevé, vous diriez à cet arbre à mûres: Déracine-toi et va te transplanter au milieu de la mer; et il vous obéirait.
Ainsi aie donc la foi. Nous crierons donc avec les disciples du CHRIST
(Id., même chap. 5): O
SEIGNEUR augmente en nous la foi. De cette manière, toi qui t'es confié au Christ en son nom, lorsque
tu auras appris par l'exercice Théosophique à prier le Père au nom de JESUS CHRIST CRUCIFIE et à CROIRE,
tu pourras TOUT. Tu continues ensuite, dubitateur, en disant: Le Christ en a dit autant aux Apôtres
dans ce passage de S. Marc, XVI, 17:
Ceux qui croiront en moi seront marqués ainsi: ils chasseront les
démons en mon nom, etc. Or ceci ne s'applique réellement pas à tous les ministres de l'Eglise catholique
(et encore moins aux simples Chrétiens) ni à tous les temps ni à tous les lieux. Je te le demande, ô mon
Seigneur, est-ce qu'il n'a pas été dit également aux Apôtres:
Recevez l'Esprit Saint; les péchés seront remis
à ceux à qui vous les remettrez et retenus à ceux à qui vous les retiendrez, S. Jean, XX, 22. Et: Allez dans le
monde universel, prêchez l'Evangile à toutes les créatures. Qui aura cru et aura été baptisé, etc. S. Marc,
XVI, 15. Parfaitement. Si donc il a tant donné aux Apôtres, pourquoi à eux plutôt qu'à d'autres ? Si
vous excluez ceux-là, pourquoi inclure plutôt (comme vous le dites) ceux-ci? Il faut montrer le mandement
séparatoire. Si les promesses de la force attachée à la foi ne sont pas catholiques, pourquoi
en usez-vous comme consolation pour l'assemblée universelle des hommes ? S'il en est ainsi (pour ne
rien dire de plus) pourquoi enseignez-vous des fables ? O le chapitre sinistre ! le XIe de l'Epîtr. aux Hébr.,
il se trouve avec moi contre vous. Je crains que, si le maître des chrétiens revenait au monde, il n'eût
beaucoup à vous reprendre de l'incrédulité et de la dureté de votre coeur, parce que, vous êtes de ceux
qui (convaincus de la vérité par le témoignage de la Conscience) savent fort bien tout ce qu'il a dit;
et pourtant vous ne croyez pas. Car personne ne doit désespérer des Biens et des Dons de la SAPIENCE
Eternelle, qu'on doit obtenir Théo-sophiquement; la main du SEIGNEUR ne manque jamais de libéralité
envers tous ceux qui l'invoquent dans la foi et la vérité. Je te rappelle à ce propos l'histoire du boiteux,
guéri par la foi, Actes, III. Que tes yeux, maintenant, mon frère, ainsi que ton Esprit se dirigent
vers la lumière éternelle et contemplent tout notre Amphithéâtre et alors il t'enseignera la Lumière de
TOUTE vérité. Mais il importe que le spectateur qui veut atteindre au centre soit illuminé par l'Esprit
de SAPIENCE. Autrement cette Sapience Théosophique, divinement annoncée par nous, ne sera que
ténèbres. J'ajoute ceci: c'est un blasphème gigantesque de vouloir excuser sa paresse et sa défiance
anti-chrétienne en citant la primitive Eglise, confirmée par des miracles. Nous avons la promesse
Catholique de la VERITE éternelle, donnée une fois pour toutes, et qui ne nous fera pas défaut dans
l'Eternité. Ton incrédulité (témoigne le Christ, S. Matth., XVII, 20) est ce qui fait obstacle aux Biens et
aux Dons mirifiques de DIEU. La promesse de DIEU, le Meilleur et le plus Grand des êtres, est constante,
ferme et toujours invariable, confirmée et affermie par le sceau de DIEU (qui est la VERITE, que
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8 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
tu ACQUERRAS par la figure première de cet Amphithéâtre) pourvu que tu prennes garde de n'en pas
repousser ou empêcher inconsidérément l'opération ou l'effet par ta malice et ta défiance. Beaucoup
de Théologiens (objectera-t-on encore) disent historiquement beaucoup de choses de la Foi, et pourtant
ne démontrent pas par le plus petit effet la présence de la force de cette foi agissante. Ceux-ci nient donc
(je ne parle pas des bons) par leur vie et leur actes ce que leurs bouche enseigne. Je sais le contraire
par des Théologiens qu'on ne peut révoquer en doute, aussi bien de notre temps que du temps de nos
pères; tu le sais par toi-même; d'autres nous l'enseignent et en témoignent. Tu dois accomplir et achever
par la Foi des choses merveilleuses et rares, non pas afin de confirmer la Doctrine de la Religion
laquelle (même sans tes avis) je sais avoir été déjà suffisamment confirmée; mais (remarque bien ce
que je veux, pour montrer la force de la Foi (ainsi qu'il convient au Fidèle si favorisé par la Foi) et
pour exercer chrétiennement envers ton Prochain nécessiteux, le devoir de Charité. C'est pourquoi je
désirerais que personne ne croie que peuvent être véritablement Théologiens, quel que soit leur âge,
quelle que soit leur aptitude à disputer, ceux qui sont souillés par toutes sortes de vices: superbe,
hypocrisie, avarice, haine, envie, ivresse et souvent (sous le manteau de la religion) luxure, et, le
le don de la Foi agissante et la lumière de l'esprit étant négligés, qui s'adonnent à toutes les affections
animales. AXIOME:
Autant chacun de nous se sera soumis passivement à Dieu, autant il aura la foi. Autant il
aura la foi, autant il aura la force pour accomplir les choses merveilleuses. Je n'entends pas cette Foi morte,
S. Jacques, II, 17 (qui n'est pas plus la Foi, que le diable n'est un saint, ni que l'homme mort n'est un
homme) mais la foi vive et agissante, telle qu'elle est décrite dans la 2e Ep. de S. Pierre, I. SOMMAIRE:
Crois chrétiennement; vis Théo-Sophiquement; prie, en jeûnant dans l'Esprit et la Vérité, selon les
Règles et la Doctrine de cet Amphithéâtre; et, j'en prends DIEU à témoin, tu obtiendras de IEHOVAH (pour
son honneur, pour l'utilité honnête de ton pauvre Prochain, et phy pour le diable !) en collaborant
sapientement ce que tu demandes Chrétiennement, voy. vers. CCCXXXV.
Semblable à tous les autres] Par
Adam protoplaste, c'est-à-dire formé le premier, qui a bu l'iniquité, qui est formé de la terre, dans la
même condition ou Loi que tous les autres; Et pour cela, aujourd'hui Roi, demain cadavre.
La mort
rend égaux et le sceptre et la charrue.
(*1) XI. Pendant dix mois j'ai été vers. 2, | XI. Pendant dix mois, j'ai pris forme |
| coagulé dans le sangs, de la semence | de chair dans l'utérus de ma mère, formé |
| de l'homme dans le délectement pro- | de la semence de l'homme, j'ai été coa- |
| pice au sommeil. | gulé dans le sang, et par la volupté du |
| | sommeil qui l'accompagne. |
Pendant dix mois] Comme l'homme du peuple dans l'utérus maternel, qui est situé entre la vessie
et les intestins. De là cette exclamation de Realdus Columbus, anatomiste Romain:
O homme, combien
tu es vain de t'enorgueillir de ton faste, toi qui es né entre l'urine et les excréments! Considère, je t'en prie,
mon frère, ce que tu es, et cesse de t'enorgueillir: n'es-tu pas un foetus à ta naissance, une vaine
bulle pendant toute ta vie, et la pâture des vers après ta mort? D'ailleurs dans les Saintes Ecritures,
l'homme est parfois appelé
boue, Genès. II, 7. Job. X, 9;
poussière, Genès. III, 19;
cendre, Genès. XVIII,
27.
Pourquoi t'enorgueillis-tu, terre et cendre? Eccles. de Jésus. X, 9.
Puisque nous sommes un limon, une boue immonde, Pourquoi nous enorgueillir quand nous ignorons l'heure de notre mort.
| XII, Etant né, j'ai reçu l'air commun, vers. 3. | XII. Et, de plus, étant né, j'ai aspiré |
| et je suis tombé dans la même terre, et | l'air commun, et je suis tombé dans la |
comme tous les autres j'ai émis ma | même terre exposée aux maux et aux |
première voix en pleurant. | incommodités et j'ai émis ma première |
| | voix semblablement aux autres, en pleu- |
| | rant. |
Ma première voix] Laquelle? peut-être A pour les mâles et E pour les femelles, suivant que le
remarque le noble Eib. I. V. D. au traité du mariage, et que toutes les obstétrices affirment l'avoir
observé.
En pleurant] Et il est ainsi (comme dit S. Augustin) le prophète de ses calamités futures.
D'où Job, XIII, 1, a dit:
L'homme né de la femme vit peu de temps; il est rempli de beaucoup de misères.
(*1) Job. X, vers 10.
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Syracides nous en donne la raison, chap. XL. Car c'est, dit Sénèque, la fin d'un mal qui marque la veille
d'un autre. Ce dont Job, était parfaitement bien instruit lorsqu'il dit, chap. VII, vers. 3 et 4:
J'ai des
mois vides et je compte pour moi des nuits laborieuses. Si je dors, je dis: quand me lèverai-je? et m'étant levé
j'attends le soir, et je suis rempli de douleurs jusqu'à la nuit. Meilleur est donc le jour de la mort que le jour
de la naissance. Eccles. VII, 2.
| XIII. J'ai été nourri, enveloppé de vers. 4. | XIII. J'ai été élevé dans les langes et |
| langes et entouré de grands soins. | les soins. |
XIV. Car il n'y en a point vers. 5. | XIV. Car nul Roi n'a connu une autre |
parmi les Rois dont le commen- | manière de naître. |
| cement de la Naissance ait été différent. |
|
Il n'y en a point parmi les Rois] etc. C'est pourquoi Pétrone Arbiter s'écrie;
Hélas! Hélas! Quelnéant que le faible mortel? Le commencement ait été] De peur qu'il n'ait eu une cause de s'enorgueillir.
Nous sommes tous formés d'une masse corrompue.
| XV. Il n'y a pour tous qu'une ma- vers. 6. | XV. Mais l'entrée dans la vie est sem- |
nière d'entrer à la vie et la fin | blable pour tous et la sortie également. (*1) |
| est semblable. |
|
La fin est semblable] La Loi Catholique imposée à tous est de mourir une fois. S. Paul. Hebr. IX, 27.
La voie de la mort doit être foulée par tous dit Horace. Odes Liv. I. Et Cornelius Gallus dit très bien:
La même voie de la mort est pour tous. Quoique cependant La façon de sortir de la vie soit différente.
Ne considère donc la vie, mon frère que comme une fumée passagère, une ombre vaine.
Les joursde notre vie passent comme l'ombre, I. Paral XXIX, 15;. Job, VIII, 9, et XIV, 2. Psaum. CIX, 23 et CXLIV, 4.
Eccles, VII, 1. Sapience, II, 5, et V, 9.
Ils s'évanouissent comme la fumée, Psaum. CII, 4,
passent rapidement
comme la toile est coupée par le tisserand, Job. VII, 6,
sont plus rapides qu'un courrier, Job. IX, 25;
Ils
sont remplis de soucis comme ceux de l'araignée, Psaum. XC, 9,
comme les veilles dans la nuit, Psaum. XC,
4 et 6.
Notre vie est un souffle. Job. VII, 7,
une vapeur qui parait peu de temps et est détruite ensuite, S.
Jacques, IV, 14 et 15,
qui passe comme les nuages. Psaum. VII, 9.
Toute chair est comme du foin et toute sa
gloire comme la peur des champs, qui s'épanouit le matin et meurt le soir. Esaïe, XL, 6, 7. Job. XIV, 2.
Psaum. XC, 4 et 6, Eccles. XIV, 18. Le Roi Prophète considérant, d'une part cette fragilité de la vie
humaine; de l'autre l'amplitude infinie de la majesté Divine, emporté par la stupeur, s'écrie éperdu:
Qui est l'homme, pour que tu te souviennes de lui? Psaum. VIII, 4 et 5. De même, lorsque Xerxès, qui était
un puissant Roi et un guerrier intrépide, contemplait d'un lieu élevé la multitude infinie et innombrable
des hommes de son armée, il versait des larmes en pensant qu'aucun de ceux qu'il admirait maintenant
ne serait survivant dans cent années. Compense donc la brièveté de cette vie par sa qualité
et son intégrité, toi qui te dis Chrétien; ne pense pas à vivre beaucoup de temps, mais à vivre selon
le bien. Et puisque rien n'est plus certain que la mort et rien de plus incertain que l'heure de la
mort, prépare-toi à bien mourir en vivant saintement dans la Crainte de DIEU.
| XVI Et il m'instruisait (mon Père) et Prov. IV. | XVI. Et lui-même m'instruisait et |
| me disait: Que ton coeur reçoive mes vers. 4. | me disait: Que ton coeur garde mes dis-
|
paroles; garde mes préceptes , et | cours; garde mes préceptes et tu vivras. |
| tu vivras. |
|
Et tu vivras] Tu seras fort âgé sur la terre et tu jouiras ensuite de la vie dans l'Eternité dans la
Jubilation ultime. Du verbe de vie émane la vie. Le verbe de DIEU est Esprit et vie: Donc celui qui
gardera le verbe vivifique aura la vie comme récompense.
(*1) Job. I, 21. I. Timoth. VI, 7.
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(*1) XVII. Possède la SAPIENCE; vers. 5. | XVII. Recueille la SAPIENCE; re- |
| possède la PRUDENCE; n'oublie point les | cueille l'INTELLIGENCE; n'oublie point |
paroles de ma bouche ni ne | les paroles de ma bouche, ni ne t'en dé- |
| t'en détourne. | tourne. |
Possède la SAPIENCE] DIEU n'aime personne hormis celui qui habite avec la SAPIENCE et a une habitude
avec elle, dit le Sapient, vers. CCC.
Ni ne t'en détourne] Qui s'éloigne des paroles de DIEU ne pourra
jamais accéder à DIEU lui-même, à la source de SAPIENCE.
XVIII. Ne l'abandonne pas et vers.6 | XVIII. Ne l'abandonne pas et elle te |
elle te gardera; aime-La et elle | gardera; aime-La et elle te conservera. |
| te conservera. |
|
Ne l'abandonne pas] Car qui abandonne la SAPIENCE, la SAPIENCE l'abandonne avec juste raison à son
tour; qui la méprise est digne d'en être pareillement méprisé.
Aime-la] Aime et tu seras aimé. Le
Sapient (ce qui est digne de remarque) qui forme son fils à la SAPIENCE vraie, oeuvre autant (ainsi qu'on
le voit dans plusieurs endroits de ce prologue) en exhortant à l'amour de la SAPIENCE qu'en l'enseignant;
comme si celui qui aime la SAPIENCE y était presque préparé. O puissante force de l'amour!
L'amour animé par la vraie foi, peut Tout. Voy. vers. CCXXX.
XIX. Comme principe de la vers. 7. | XIX. Le principe de la SAPIENCE est |
| SAPIENCE, possède la SAPIENCE; et par | donc d'acquérir la SAPIENCE, et |
| tout ce que tu possèdes, acquiers la | par toutes tes richesses acquiers l'INTEL- |
| PRUDENCE. | LIGENCE. |
Comme principe de la SAPIENCE] Il importe que ton conseil, dans toutes tes actions, théoriques ou
pratiques, soit l'Esprit de la SAPIENCE de DIEU, RUACH HHOCHMAH EL, l'Ange du grand conseil. En Jupiter
(Jove), c'est-à-dire IEHOVAH, est la SAPIENCE IPSISSIME, la Muse des Muses, l'Origine de la Poésie,
disait fort sapientement l'antiquité païenne.
Par toutes tes richesses] Par les Biens du Corps, de
l'Ame et de la Fortune, par la totalité absolue de ce que tu possèdes; par tout ton coeur, toute ton
âme, toutes tes forces, tout ton esprit, DIEU te l'inspirant et te la donnant. D'où le Sapient dit:
vers. CCLI,
Je me suis adressé au SEIGNEUR;
je l'ai prié et j'ai dit de tout mon coeur.
XX. Saisis-la avec effort, et elle vers. 8. | XX. Exalte-la et elle t'exaltera; elle |
| t'exaltera; tu seras glorifié par elle, | te glorifiera lorsque tu l'auras embras- |
| lorsque tu l'auras embrassée. | sée. |
Elle l'exaltera] afin que tu administres ses richesses, car tu seras constitué toi-même l'héritier de ses
trésors inépuisables (qui sont ceux qu'on verra exposés par la suite) dans cette vie, et tu posséderas
le Royaume perpétuel, le Sabbat des Sabbats, dans l'ultime Jubilation.
(*2) XXI. Elle donnera à ta tête un vers. 9. | XXI. Elle donnera à ta tête un aug- |
| augment de grâces et elle te proté- | ment de grâces et remettra une couronne |
gera d'une couronne éclatante. | de beauté. |
Un augment de grâces] Couronne élégante de grâces. Tu seras couronné du Laurier de la grâce divine,
non seulement devant le peuple mais devant toute l'universalité des créatures; tu sauras beaucoup
de choses en comparaison des autres hommes. Voy. vers. XXV et CCCVIII avec ceux qui suivent. Non
seulement la SAPIENCE promet saintement dans ce Prologue un ornement de grâce aux fils de la Discipline
et de la Doctrine, ses fidèles héritiers bien-aimés, mais elle le leur donne réellement dans cette
(*1) Il enseigne la voie pour chercher la Sapience et ses fruits.
(*2) Prov. I, 9.
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vie et dans l'autre.
Une couronne éclatante] Tu seras honoré à cause de la crainte de DIEU qui est la
source de toutes les vertus. Sénèque dit:
Jamais la glorieuse vertu ne sombre dans les eaux du Styx.
XXII, O mon fils, n'oublie pas Prov. III, | XXII. O mon fils, n'oublie pas ma (*1) |
ma LOI, et que ton coeur garde vers. 1. | LOI, et que ton coeur garde mes Pré-
|
| mes Préceptes. | ceptes. |
|
|
Mon Fils] Le très suave nom de Fils indique l'affection paternelle de celui qui instruit fidèlement.
Garde] Que le fallacieux imposteur, l'esprit malin, au lieu de ma Loi n'occupe pas ton coeur et n'y
élise pas domicile.
| XXIII. Car ils te donneront la lon- vers. 2. | XXIII. Parce qu'ils te donneront la (*2) |
| gueur des jours et des années de la | longueur des jours et des années de la |
vie et la paix. | vie et la paix. |
La paix] De deux sortes: l'externe, temporelle et mondaine; c'est pourquoi, dit le Sapient
(Prov. XVI, 7) lorsque les voies de l'homme plaisent au SEIGNEUR il convertit aussi ses ennemis à la
paix: Et l'interne, ou de l'âme, éternelle et supercéleste, que, seule et unique, la SAPIENCE incarnée
donne en pur don, et que le monde immonde ne peut donner. Le véritable moyen de parvenir à cette
paix, est de faire à nous-mêmes une guerre, tant corporelle que spirituelle, externe et interne, et de
repousser chrétiennement le BINAIRE: (comme le montre la figure seconde de cet Amphithéâtre), c'est-
à-dire de combattre opiniâtrement contre nos vices; et alors nous vaincrons par la SAPIENCE. Que notre
vie soit donc toujours un combat sur la terre, Job, VII, 1,
Sers dans la bonne milice en ayant la foi et la
bonne conscience. S. Paul, I, Tim. I, 18 et 19. S. Paul décrit les armes de ce combat spirituel:
Ephès. VI, 13 et suiv. Celui là vaincra vraiment qui se sera vaincu d'abord lui-même; et personne ne
vaincra hormis celui qui est Israélite, voy. vers. CCCXX. Invoquons avec DAVID, Psaum. CXLIV, 1
(vulg. CXLIII) IEHOVAH, afin qu'il enseigne à nos mains le combat et apprenne à nos doigts à faire la
guerre, et qu'il nous donne les forces nécessaires pour vaincre la bête nuisible de la DUALITE. La vraie
paix de l'âme est en le seul JESUS-CHRIST, et en cette vraie foi qui s'appuie sur le mérite du Christ par
laquelle se soutient notre paix. S. Paul. Rom. V, 1. Que la paix de DIEU qui s'élève au-dessus de tout
sens garde nos coeurs et nos intelligences en Jésus-Christ.
XXIV. La Miséricorde et la Véri- vers. 3. | XXIV. Que la miséricorde et la vérité (*3) |
té ne t'abandonneront point; pla- | ne t'abandonnent point; attache-les à |
| ce-les autour de ton cou, et trace-les | ton cou et écris-les sur la table de ton |
sur les tables de ton coeur: | coeur: |
La Miséricorde] O homme bienheureux, toi qui est circonfus par la Miséricorde et la Vérité Divine,
dans toutes tes actions et tes travaux! Tout ce que tu veux tu l'obtiens facilement
(En orant et laborant)
de IEHOVAH. Je vous avertis, vous tous qui cherchez le SOUVERAIN BIEN, afin que vous soyez tous
en elles.
Place-les] Que mes Lois soient toujours dans ta bouche, dans ton coeur, dans la gorge et sur
ta langue; place-les devant tes yeux, tant de l'âme que du corps, ordonne-leur de les méditer, de
les lire, de les étudier, nuit et jour, toute ta vie. Que ton coeur exhale le verbe du SEIGNEUR et non
du diable.
Sur les tables de ton coeur] Pour lesquelles la Loi est divinement inscrite pour nous.
XXV. Et tu trouveras grâce et vers. 4. | XXV. Et tu trouveras grâce et intel- |
| bonne Discipline devant DIEU et de- | lect parfait aux yeux de DIEU et des (*4) |
| vant les hommes. | hommes. |
Tu trouveras grâce] De même que la grande vertu est agréée des grands, c'est-à-dire des bons, car
seul est véritablement grand celui qui est bon, de même la vertu maxima est agréée du meilleur de
(*1) APPRENDS.
(*2) L'étude infatigable de la SAPIENCE vraie, donne des années de la vie et
de la paix. Deuter. VIII, 1 et XXX, 16.
(*3) Moyen de trouver la miséricorde et la vérité.
(*4) Comment trouver grâce et succès devant les yeux de DIEU et des hommes.
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12 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
tous les êtres.
Une voix fut entendue du ciel: S. Matth. III, 17:
Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je
me suis parfaitement complu. Ecoute-le. Car si tu l'écoutes Chrétiennement (comme un Archétype) et
si tu l'imites, alors tu seras vraiment un fils adoptif de DIEU, en considération de son vrai fils; aimé
par l'aimé, sapient par la SAPIENCE, tu plairas à DIEU, parce qu'il habite avec la SAPIENCE, vers. CCC;
tu seras ami de DIEU, vers, CCXCVIII et CCXCIX; et tu trouveras la grâce, etc., comme il est dit dans le
texte. Voy. vers. XXI et CCCVIII, avec quelques-uns des suivants.
| (*1) XXVI. Qu'ils ne s'éloignent pas de de- Prov. IV, | XVI. Qu'ils ne s'éloignent pas de |
| vant tes yeux; garde-les (mes discours) vers. 21. | devant tes yeux; mais garde-les (mes
|
| au milieu de ton coeur. | discours) au milieu de ton coeur. |
Au milieu de ton coeur] Dans l'extrémité et la solitude de l'Esprit, séparés des choses sensibles par la
rétraction en DIEU, et dans la plus profonde retraite de sa sublimation et de son exaltation, que ces
discours soient toujours devant tes yeux. Si tu ne les garde pas au fond de ton coeur, à la mémoire
et à la révérence de DIEU succéderont les phantasmes diaboliques charnels et mondains.
XXVII. Ils sont la vie de vers. 22. | XXVII. Il sont la vie de ceux qui les |
ceux qui les trouvent et la santé | trouvent et la santé de toute leur chair. |
| de toute chair. |
|
Ils sont la vie] Les paroles de vie, sortant de la source même de vie, sont les donatrices de la vie.
Seuls les experts le savent. La Foule des Lévites n'a pas goûté la douceur de la vie et ne la goûtera
jamais. Que tout homme prie DIEU qu'il lui fasse miséricorde et qu'il le reçoive au nombre des fils
de la SAPIENCE, afin qu'il jouisse de la vie, en DIEU.
La santé de toute chair] Notre chair mortellement
blessée par les affections, les désirs, les concupiscences charnelles, qui sont (ô douleur) autant de
plaies putrides et purulentes ne peut être guérie que par le verbe vivant de DIEU qui vivifie toutes
choses. Que ceci s'opère donc par le rejet du Binaire, comme l'enseigne la seconde figure de cet
Amphithéâtre.
XXVIII. Lorsque tu marche- Prov. VI, | XXVIII. Lorsque tu déambuleras, |
| ras, qu'elles marchent avec toi; lorsque vers. 22. | qu'elle te conduise (cette Doctrine de la Loi
|
| tu dormiras, qu'elles te gardent, et | ou des Préceptes); lorsque tu dormiras, |
en te réveillant parle avec elles. | qu'elle te garde; et lorsque tu seras ré- |
| | veillé, qu'elle converse avec toi. |
Lorsque tu marcheras] Partout, en tous lieux, en tous temps; le jour à Lumière du Soleil; la nuit à
celle de la Lune, ou à la Lumière artificielle, médite dans la LOI et le VERBE du SEIGNEUR, Bibliquement
Macro et Micro-Cosmiquement écrits ou transmis par tradition; converse avec la SAPIENCE du
seul SAPIENT; entretiens Théosophiquement de bouche et de coeur une collocution avec IEHOVAH;
invite, par des voeux fidèles et de pieuses prières, RUACH HHOCHMAH-EL, c'est-à-dire l'Esprit de la
SAPIENCE de DIEU, à te devenir familier, et à se constituer l'auteur et le précepteur de tous les conseils
et travaux de toute ta vie; interroge dans l'Oratoire la SAPIENCE de DIEU, afin qu'elle veuille bien être
pour toi le meilleur des conseils; et suis sapientement ses conseils dans le Laboratoire, aussi bien en
public qu'en secret; tu ne t'en repentiras pas. Tu éprouveras, par l'onction de l'Esprit-Saint, l'inspiration
d'en haut, l'émotion divine, le ravissement, la transfiguration, l'enseignement, si tout d'abord
et avant toutes choses (comme nous l'avons dit) religieusement et avec la vénération due, tu t'adresses
Théosophiquement à IEHOVAH par des méditations et des soliloques. Les sceaux seront brisés; le LIVRE
de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de Toi-même, ter-tri-un, catholique, scellé (pour tous les
autres) de sept sceaux, te sera ouvert; tu verras des yeux de l'Esprit et du Corps les délices de la bienheureuse
épouse; tu auras par les Travaux (Christiano-Kabbalistiques, Physico-Magiques et Physico-
Chimiques de la SAPIENCE, les grandes richesses du richissime Salomon; tu posséderas Physiquement,
Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement, etc., comme dans les figures seconde, troisième et
(*1) Exhortation à la conservation et à la contemplation des préceptes ou
de cette Doctrine de la Loi.
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DU GRADE PREMIER
13------------------------------------------------------------------------------------------------
quatrième de cet Amphithéâtre, les Trésors infinis de la SAPIENCE vraie. La vie proférera le verbe de
vie; le Livre ouvrira le livre tandis que la mort n'enseignera que la science de mort. Ceci est vraiment
le mode de philosopher des Sapients. Par cette méthode sapiente dans le Livre Catholique, Tertri-un
de DIEU, l'Omnipotence, la Miséricorde infinie et la Bonté du Très-Haut se montreront à ta
contemplation, dont le nom est IEHOVAH, dont la gloire et la majesté remplissent les Cieux, remplissent
la Terre, remplissent la Mer, remplissent TOUTES CHOSES.
Hallelu-jah; Hallelu-jah; Hallelu-jah. O béate
vision, par qui TOUTES CHOSES sont vues!
En te réveillant] Premièrement du sommeil sensible, de
grand matin, lorsque tu es encore couché, et ensuite du sommeil du péché, de la nuit des ténèbres
de l'esprit pénitentiellement écartée, afin que se lève en toi le SOLEIL de TOUTE VERITE (Voy. vers. CLX).
XXIX. Parce que le MANDEMENT vers. 23. | XXIX. Parce que le MANDEMENT est |
| est une lampe et la LOI une lumière, et | comme une lampe et la LOI comme une |
| l'incrépation de la DISCIPLINE, la voie | lumière : et que les incrépations de |
| de la vie. | l'érudition sont la voie de la vie. |
Parce que le MANDEMENT
est une lampe] Je t'en prie, ô IEHOVAH, que ton VERBE, Bibliquement, Macro
et Micro-Cosmiquement écrit me soit une lampe non seulement pour éclairer mes pas, mais pour
éclairer mon Ame, mon Entendement, ma raison et mes sens dans toutes mes actions; et puisque de
Lui seul, tri-un, viendra la vérité de toutes choses, accorde-le moi bénignement, ô
Hhochmah él! QUI
EST LA VOIE, LA VERITE ET LA VIE. Amen.
| XXX. Acquérir la SAPIENCE est beau- Prov. XVI, | XXX. Possède la SAPIENCE |
| coup plus excellent qu'acquérir l'or pré- vers. 16. | parce qu'elle est meilleure que l'or, et
|
| cieux, et acquérir l'intelligence est beau- | acquiers la PRUDENCE parce qu'elle est |
| coup plus excellent qu'acquérir l'argent | plus précieuse que l'argent. |
| rare. |
|
Possède la SAPIENCE] Ce vieux distique s'y rapporte parfaitement:
Qui est meilleur que l'or? la jaspe. Et que la jaspe? la vertu.
Et que la vertu? DIEU. Et que la DIVINITE? Rien.
DIEU, la vertu, la Pierre des Philosophes (désignée philosophiquement pour d'excellentes raisons et
non sans mystère sous le nom de Jaspe à cause de sa couleur verte ou sanguine), l'or, TOUTES CHOSES,
la SAPIENCE de DIEU les donne, dans l'Oratoire et le Laboratoire. Voy. vers. XLV. Avec elle me viendront
TOUS LES BIENS, vers. CCXCI. Je dois donc chercher la SAPIENCE et la PRUDENCE avec d'autant plus
d'ardeur que l'une est meilleure que l'or et l'autre plus précieuse que l'argent. Les richesses pécuniaires
(qui sont ombre et choses caduques semblables à une fumée) et les trésors d'iniquité ne serviront
de rien à l'impie au jour de la vengeance. Ta SAPIENCE est l'arbre de vie, et la JUSTICE (que la
SAPIENCE ETERNELLE incarnée, dont le trésor est infini et pour cela inépuisable, nous donne en pur
don) seule délivre de la mort. Prov. X, 2, XI, 4. Psaum. XLIX. Ecclés. de Jésus, V, 10. Sophonias, I,
13. Zacharias, IX.
XXXI. Maintenant donc, ô Prov. V, | XXXI. Maintenant alors, mes fils |
| mon fils, écoute-moi, et ne te détourne vers. 7. | obéissez-moi, et ne vous éloignez pas
|
| pas des paroles de ma bouche, et ne vers. 11. | des discours de ma bouche; et que tu ne
|
| gémis pas enfin en disant: (Ah!) Pour- vers. 12. | rugisses pas, enfin en disant: (Ah!) Com-
|
| quoi ai-je détesté la DISCIPLINE et pour- | ment ai-je haï l'ERUDITION et comment |
| quoi mon coeur n'a-t-il pas acquiescé | mon coeur a-t-il méprisé la remontrance, |
| aux remontrances, |
|
Maintenant] Tant de fois averti, invité par les récompenses, presque alléché par les flatteries. De
même que l'acquisition de la Sapience est Gloire, Vie et Joie, de même le mépris de la Sapience est
ignominie, mort, deuil et sanglot perpétuel..
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14 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
XXXII. N'ai-je pas écouté la vers. 13. | XXXII. Et n'ai je pas obtempéré à la |
| voix de ceux qui m'enseignaient, ni | voix de ceux qui m'instruisaient et n'ai- |
prêté l'oreille aux Maîtres? (Amen, | je pas prêté l'oreille à ceux qui m'en- |
| Amen je te le dis). | seignaient? (Amen, Amen, je te le dis.) |
N'ai je pas écouté la voix, etc.] Ni observé ce que DIEU me commandait par la voix et l'enseignement,
dans la Nature, dans la Sacro-Sainte Ecriture et dans ma Conscience.
Aux Maîtres] c'est-à-dire ceux
qui sont vraiment Maîtres, qui enseignent les Sciences et les Arts excellents des secrets mystères de
DIEU, abondamment pourvus des Biens et des Dons de la Nature; et l'oeuvre, dis-je, de Bereshit et
de Mercavah, vers CLXII, selon la Loi et le Témoignage de la Sacro-Sainte Ecriture, du Grand Livre
de la Nature, de la Conscience droite, Christiano-Kabbalistiquement, Physico-Magiquement et Physico-Chimiquement;
non Païennement sophistiquement ni fabuleusement. Car nous sommes enseignés
par l'Esprit de SAPIENCE, autant par les Maîtres vivants, Sapients et habiles, Divinement envoyés
à nous, ou muets, c'est-à-dire les Livres des Sapients, et par la clef de l'Esprit Saint qui les ouvre,
que par l'inspiration seule et nue ou la révélation secrète. Les Sciences excellentes, les Arts secrets, la
Pierre philosophale, qui est le nom que lui donne le vulgaire, et même le mode de sa préparation,
ces deux secrets de l'Art, TOUTES CHOSES, le Theo-sophe peut ainsi les apprendre. C'est pourquoi, soit
Prince, soit Noble, ne sois pas insensé, de peur de passer pour fou devant le DIEU des Sapients, et
afin de ne pas avoir à te repentir de cette folie, obéis à celui qui te reprend selon le bien; (L'exhortation
d'un ami est toujours bonne, dit Homère, Iliade, XL). C'est au Précepteur de te corriger Théosophiquement
et au savant de te régénérer de tes vices et de tes erreurs. Juvénal, Satire VII, s'écrie:
Les Dieux immortels veulent que le précepteur Tienne saintement lieu de père.Et Alexandre le Grand était digne de louanges lorsqu'il disait si bien:
qu'il ne devait pas moins à son
précepteur Aristote qu'à son Père, parce qu'il avait reçu de son Père le don de vivre et de son Précepteur les
principes pour bien vivre. Néanmoins, tout ceci dépend de la volonté de DIEU.
Car ceci ne dépend ni de
celui qui veut ni de celui qui s'avance par lui-même, mais de DIEU qui fait miséricorde (et qui devance) dit
S. Paul. Ep. aux Rom. IX, 16 et VII, 18:
Car la volonté est près de moi mais je ne trouve pas la force d'accomplir
le bien. (Donc il est nécessaire que DIEU soit coopérateur.) Et S. Paul dit ensuite, vers. XXII et
suiv.
Car je me délecte dans la voix de DIEU; mais je sens dans mes membres une autre loi qui répugne à la
Loi de mon Esprit et me tient captif pour la Loi du péché qui est dans mes membres. (Il est donc nécessaire
que DIEU en accomplisse l'action). De même que DIEU a coopéré dès le commencement du monde,
Ecclés. de Jésus, LI, II, de même le Christ a coopéré par les Apôtres, envoyés dans le monde universel,
afin de prêcher l'Evangile à toutes les créatures, et par les signes par lesquels il confirme ensuite
leurs discours. S. Marc, XVI, vers. dernier. Afin que DIEU ait pitié de toi, implore avec une fidèle disposition
de l'âme, la MISERICORDE du Miséricordieux.
XXXIII. Mon fils, que ton Prov. XXIII, | XXXIII. Mon Fils, que ton coeur de- |
| âme devienne sapiente, et mon coeur vers. 15. | vienne sapient, mon coeur se réjouira
|
| se réjouira avec toi. | et moi-même (je me réjouirai). |
Que ton âme devienne Sapiente vers. CCLXXVII, notre Sapient dit avec raison: qui a engendré le
Sapient se réjouit en lui. De même ici: Les parents, les précepteurs exultent de joie lorsqu'ils voient
la bonne doctrine bien placée, et que les perles ne sont pas foulées sous les pas des boeufs. Je dis
ceci pour tous ceux auxquels il adviendra de voir notre Amphithéâtre.
| XXXIV. Et mes reins exulte- vers. 16. | XXXIV. Et mes reins exulteront |
ront quand tes lèvres auront | quand tes lèvres diront les choses droites. |
| parlé selon la droiture. |
|
Quand tes lèvres auront parlé selon la droiture] c'est-à-dire quand tu auras confessé la vérité, selon
mon utile et fidèle instruction. Et quand par une astuce malicieuse, tu cèlerais la vérité, cette réticence
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DU GRADE PREMIER
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n'affaiblirait pas un instant mon autorité, mais je dis avec Cicéron:
A quoi bon les paroles quand
se trouvent les témoignages des choses? L'esprit qui a conscience d'une bonne renommée se rit du mensonge. Que
mes actes se complaisent toujours dans le bien. Ces paroles de Tertullien sont propres à nous consoler:
Lorsque nous sommes damnés par le monde, nous sommes absous par le SEIGNEUR.
Mais courage!
| XXXV. Est-ce que (חכמח HHOCHMAH) Prov. VIII, | XXXV. La SAPIENCE (חכמח HHOCH- |
la SAPIENCE ne crie pas, et (בינח vers. 1. | MAH) ne crie-t-elle pas, et l'INTELLIGENCE (*1)
|
BINAH) la PRUDENCE ne donne-t- | ne donne-t-elle pas sa voix? |
| elle pas sa voix? (Voyez, c'est elle-même |
|
| ou ce sont elles-mêmes !) |
|
La SAPIENCE
crie] En quel lieu? dans tout l'Univers; par exemple dans les livres de la Nature et de
la Créature, de la Sacro-Sainte Ecriture et de la Conscience propre, et même en toutes choses où elle
s'offre aux désirs; les Astres, en scintillant, clament et nous invitent à la Lumière Eternelle; les Vents
clament et annoncent l'Esprit du SEIGNEUR qui habite en chacun d'eux; les Eaux clament et nous
appellent au Fleuve Cristallin du Paradis et à ces eaux occultes des Philosophes; la terre clame et
par mille voix, par les fleurs et les fruits, et elle s'émaille de tant de couleurs Philosophiques de la
Nature; la terre clame quand elle tremble et s'ébranle, afin que nous comprenions le renversement
du monde.
Donne sa voix] Quelle est-elle? Elle est Tri-une; la voix de la Nature, celle de la Sacro-
Sainte Ecriture et celle de la Loi de la conscience, ces trois étincelles de la Justice Divine. Nous écoutons
cette Voix catholique par les treilles des sens, de la raison, de l'Intellect et de l'Ame, dans
l'Oratoire en Orant, et dans le Laboratoire en laborant Micro et Macro-Cosmiquement, Physiquement,
Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement, etc. Comme l'indiquent les figures seconde et quatrième
de cet Amphithéâtre. La voix de DIEU est en Tous par Toutes choses et vient de Toutes choses
vers Tous. Voyez l'exposé, vers. CLXXXV.
| XXXVI. En se tenant sur les som- vers. 2. | XXXVI. Elle se tient au sommet des |
mets les plus élevés au-dessus | lieux les plus élevés, le long de la route |
de la route et au milieu des sen- | et dans les sentiers; |
| tiers. |
|
Au-dessus de la route] de tout l'Univers, c'est-à-dire par Toutes choses qui sont dans tout l'Univers,
selon que nous l'avons annoté dans la quatrième figure de cet Amphithéâtre.
Au milieu des sentiers]
En présence de tous, en général et en particulier, en quelque lieu que ce puisse être, en présence de
DIEU, des Anges, des Hommes, du Monde.
XXXVII. Près des portes de vers. 3. | XXXVII. Près des portes, à l'entrée |
la ville, aux entrées, elle parle | de la ville, elle clame: |
| ainsi: |
|
Près des portes] Comme en public, aux regards de tous, devant tous, par tout l'Univers créé, afin
que nul ne se puisse excuser. Les anciens rendaient la justice aux portes des cités. Vers XLIX.
Elle
parle] Par quelle voix? Réellement admirable, ce qui n'est point extraordinaire si, comme le dit
Hugues (Métellus?):
elle accomplit les merveilles des merveilles. Voyez ces voix ou langues diverses de la
SAPIENCE annotées dans la figure quatrième de cet Amphithéâtre et dans la préface
in Zebelem publiée
par moi. Et il est digne de remarque que la SAPIENCE du Très-Haut, par amour de notre amour, afin
que nous l'aimions, descend du haut du trône de sa Grandeur jusqu'à la profondeur de notre humilité
et ne dédaigne pas de se conjuguer et d'unir la lumière de son immortalité avec le limon de notre
mortalité. Voyez l'Exposé, vers. CLVII. Ce ferment admirable rend le mortel immortel. La Pierre des
Philosophes, seule Christiano-Cabalistique, Hyperphysico-Magique et vraiment Divine est ici connue.
O SAPIENCE, que les yeux de mon âme s'ouvrent afin que je te voie; et mes oreilles afin que je t'entende;
(*1) La SAPIENCE se recommande elle même et appelle à elle tous les hommes.
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16 INTERPRETATIONS----------------------------------------------------------------------------------------
purge mes Sens, ma Raison et mon Intellect afin que je te comprenne; pénètre la langue de
mon coeur afin que je te goûte! Fais donc, je t'en prie, que je sois élevé par l'attraction de ton aimant,
que je sois sublimé, par le feu de ton Esprit, et conjugué et uni avec toi.
XXXVIII. O hommes, c'est à vers. 4. | XXXVIII. O hommes, c'est à vous que |
| vous que je clame, et ma voix s'adresse | je clame, et ma voix s'adresse au fils |
| aux fils des hommes. | des hommes. |
O hommes] Hommes, c'est-à-dire, selon les Hébreux, ceux qui sont nobles, par la race et la Doctrine;
et fils des hommes, c'est-à-dire les humbles, les obscurs et les plébéiens. DIEU ne fait acception
de personne; mais tous ceux qui, de quelque race, ordre, âge ou état que ce soit, craignant DIEU et
rendant la Justice sont acceptés de lui. Actes des Ap. X, 35. C'est pour cela que la SAPIENCE, sans
distinction, appelle tous les hommes, vers. I. Devant DIEU, le paysan égale le Noble; par la raison
que l'un comme l'autre ont été rachetés au même prix du pouvoir du diable. Tant celui-ci que celui-là.
Et même le noble, par sa race, n'a pas la plus petite prééminence sur le plébéien probe et honnête,
car dans cette vie, la vertu ennoblit l'humilité. Sais-tu quelle est la vraie noblesse? Ecoute Juvénal.
Satire VII.
La vertu est la seule et unique noblesse. Il convient de se reposer sur la vertu et non sur les liens
du sang. L'homme est chose méprisable, hormis s'il pratique la vertu. L'homme est regardé comme supérieur
ou plus grand, à cause de sa race, de ses richesses, de ses charges, de ses honneurs, mais mieux
vaut encore que ce soit pour sa seule vertu. Car l'homme le plus infime de la plèbe peut être doué de
celle-ci et l'homme le plus noble par la race peut en manquer. C'est de ces nobles, seulement de nom,
qu'un Italien dit très spirituellement:
Le noble est une bête, qui s'assoit sur une bête, qui tient une bête
sur son poing et qui, au milieu des bêtes qui courent çà et là, chasse et poursuit lui-même une bête. Oh! quelle
belle description de ce genre de nobles! Et le
Roi ignorant, disait le Roi Alphonse,
est un âne couronné.
Et un autre, contre la jactance provenant des richesses, de la race, de la noblesse ou du sang, chante
ces vers:
Bien que tu sois né de parents libres et glorieux Tu ne peux être néanmoins qu'une grande bête. Ajoute la gloire de ton père; attribue-toi la renommée de tes proches, Tu ne peux être néanmoins qu'une grande bête. Que les richesses soient à toi et les meubles fastueux et précieux Tu ne peux être néanmoins qu'une grande bête. Enfin, qui que tu sois, si la prudence n'est pas avec toi Je te le dis, en vérité, tu seras toujours une grande bête.
Ecoute donc maintenant, toi que DIEU, père et auteur de la vraie noblesse, veut ennoblir. I. Rois, II,
30:
C'est pourquoi le SEIGNEUR DIEU
d'Israël dit: J'avais solennellement dit que ta maison et la maison de
ton père servirait devant ma face jusque dans l'éternité. Mais maintenant le Seigneur dit: Loin de moi
cette pensée; mais quiconque m'aura honoré, je le glorifierai, et ceux qui me contemnent seront ignobles.
XXXIX. Comprenez enfants, vers. 5. | XXXIX. Comprenez, simples, l'astuce |
l'astuce et vous, insensés ren- | et vous, insensés, comprenez en votre |
| trez en vous-mêmes. | coeur. |
Enfants] Simples, qui êtes facilement entraînés çà et là, persuadés et séduits par le mal. De même
qu'au verset III. Prions donc la SAPIENCE vraie, afin qu'elle s'accoutume à réconforter par la mirifique
douceur de la vérité ceux qui sont enfants et vraiment humbles, à les remplir de joie et de lumière,
et qu'elle daigne, nous tous qui travaillons dans l'Oratoire et le Laboratoire, nous combler de sa bénédiction
céleste et de sa grâce Divine. Il est à remarquer que comme le succès de la volonté continue
provient entièrement de la volonté Divine, celui qui exerce la Kabbale, la Magie et l'Alchimie, aura
soin de ne commettre aucune faute en aucun point de cette Impétration. Afin que IEHOVAH te favorise,
et qu'un rayon de son Soleil supercéleste t'illumine dans tes travaux, souviens-toi d'étudier.
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DU GRADE PREMIER
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L'Astuce] sous entendu, bonne. C'est-à-dire la prévoyance, la subtilité. Car ce mot est toujours pris
en bonne part dans ce prologue.
XL. Ecoutez, parce que je vers. 6. | XL. Ecoutez, parce que je parlerai |
| vais parler de grandes choses et mes | de choses dignes d'honneur, et l'aper- |
lèvres s'ouvriront afin de pro- | tion de mes lèvres aura lieu pour les |
| clamer des choses droites. | rectitudes: |
Ecoutez] ECOUTEZ, voyez, observez avec une soigneuse attention et sans négligence les discours de
la SAPIENCE.
De grandes choses] Vraiment grandes, et dignes de la très-grande SAPIENCE du Très-Haut,
qui doivent être soigneusement écoutées par l'âme purifiée de toutes perturbations et par l'Intellect
Théosophiquement expurgé, et scrutées, recherchées et observées par la vérité ou la clef (au moyen
de l'illumination Divine) adaptée à la serrure. Si tu accomplis ceci, tu acquerras, théoriquement et
pratiquement les fruits insignes de la SAPIENCE.
Afin de proclamer les choses droites] Donc quiconque ne
concorde pas en raison harmonique avec le VERBE Bibliquement, Macro et Micro-cosmiquement écrit
de la SAPIENCE ETERNELLE, touchant les choses Physiques, Hyperphysiques et Divines, ne peut être
dans la vérité et la droiture; qu'il fuie donc autant que possible les sophismes du diable que déguise
le monde immonde.
XLI. Ma gorge méditera la vers. 7. | XLI. Parce que mon palais pronon- |
| VERITE, et mes lèvres détesteront l'im- | cera la VERITE et que l'impiété est l'abo- |
| pie. | mination de mes lèvres. (*1) |
La vérité] La vérité elle-même ne veut et ne peut proférer que la vérité pure. Elle-même incarnée
nous dit: JE SUIS LA VOIE, LA VERITE ET LA VIE. La tromperie ne se trouve pas dans sa bouche. A l'imitation
de la SAPIENCE vraie, tous ses disciples méditeront la vérité, et leurs lèvres détesteront les
impies, les dérisoires, les fous, quel que soit le degré d'estime dont ils jouissent, soit par le rang ou
par la réputation de leur doctrine mondaine. Aussi, j'en atteste DIEU, j'estime pour rien et pour
néant ces Centaures et ces téméraires, nobles par rapport à leurs semblables, mais au regard de DIEU
et du Sapient, ignobles. De tels êtres sont une abomination devant ma face. Je ne veux pas la
moindre détractation de la vraie noblesse. Tu sais toi-même que les urnes brisées se trouvent partout.
XLII. Justes sont tous mes vers. 8. | XLII. Dans la Justice sont toutes les |
| sermons, rien n'est en eux dépravé ni | paroles de ma bouche; rien n'est en elles, |
| pervers. | dépravé ni pervers. |
Justes sont, etc.] Les discours de la SAPIENCE, de l'aveu de tous, peuvent être considérés comme des
oracles purs (ils le sont en effet) vrais, justes et droits, venant sapientement du sanctuaire de l'Esprit
Divin. Car de la Source de la Justice, de la Bonté, de la Sapience et de la Vie, rien ne peut émaner
que de juste, que de bon, que rempli de Sapience, que de vivifique.
XLIII. Ils sont droits pour les vers. 9. | XLIII. Elles sont extrêmement droites |
| intelligents, et équitables pour ceux | pour l'Intelligent et droites pour ceux |
| qui ont trouvé la science. | qui ont trouvé la science. |
Ils sont droits] Aplanis, bien exposés et faciles à l'intellect. A qui? Aux Intelligents, c'est-à-dire aux
Sapients ou sectateurs de la SCIENCE vraie; par laquelle seule se trouve en nous le moyen de comprendre
et la possession de la jouissance. Le Sapient n'appelle pas ici Intelligents ceux qui, dans les
différents idiomes des langues Hébraïque, Grecque, Latine ne comprennent autre chose que le sens
étymologique littéral; mais ceux qui en recueillent comme la noix, c'est-à-dire la partie la plus succincte
de l'esprit, et qui en trouvent la moelle. Ce sont les Intelligents par l'Intelligence, autrement
(*1) S. Jean, XIV, vers. 6.
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18 INTERPRETATIONS----------------------------------------------------------------------------------------
dit par la SAPIENCE qui sont appelés. C'est de ceux-ci que parlent les Philosophes Physico-Chimiques
lorsqu'ils disent:
Nous écrirons pour les Intelligents et les Savants et non pour les ignorants. Ajoute: Celui
que le rayon de la lumière de la SAPIENCE n'éclaire pas (Micro ou Macro-cosmiquement) soit dans
l'Oratoire ou le Laboratoire, ou par le Maître des Sapients, celui-là est ignorant et aveugle et ne sait
par ses travaux rien de vrai de la SAPIENCE vraie et ne comprend rien, et ne peut juger de rien.
Pour cela, vaines toutes ses théories, vains tous ses travaux.
XLIV. Reçois ma DISCIPLINE et vers. 10. | XLIV. Reçois mon Erudition et non |
| non l'argent; préfère la DOCTRINE à | l'argent, et que la Science soit élue par |
| l'or: | toi plutôt que l'or. |
Reçois la Discipline et non l'argent] Le Sapient nous exhorte à rechercher la SAPIENCE et non l'argent;
le règne de DIEU et sa Justice et non l'opulence. C'est cet art que possédait et exerçait le Roi-Prophète
David, selon qu'il le dit dans le Psaume CXIX, 14:
Je me suis délecté dans la voie de tes
témoignages comme parmi toutes les richesses. J'oserais même saintement affirmer que l'avarice
(φιλαργυρἰα) ou le désir effréné de posséder beaucoup (πλεονεξἰα) n'est pas le moindre obstacle à cause
duquel si peu obtiennent la Pierre Philosophale (tant les autres sont béants d'admiration devant tant
de richesses et d'argent) comme si le principal but du Philosophe était de posséder en abondance
l'or et l'argent! Toi qui erres, les troisième et quatrième figures de cet Amphithéâtre t'enseigneront
par la Kabbale, la Magie et la Physico-Chimie quels sont les fruits qui proviennent des exercices de
la SAPIENCE. L'or et l'argent occupent une place infime parmi les fruits de la Pierre Philosophale;
cependant beaucoup de ceux qui y travaillent, recherchent les théories de la SAPIENCE en vue de
seules richesses et des vains honneurs du monde: ce but qu'ils poursuivent est pourtant celui auquel
ils devraient le moins penser. S'ils cherchent d'abord le Royaume de DIEU et sa Justice, toutes
les autres choses (y compris l'or et l'argent) se montreront à eux. Donc, ceux qui font avant ce qui se
doit faire après (ὕστερον πρότερον) ou qui attellent le cheval derrière le char <Wagen spannen> et qui se proposent une fin qui n'est pas légitime dévient de la droite voie, errenloin d'elle et se perdent misérablement dans leurs vanités. Que le Philosophe cherche dans la rectitude;
Si DIEU trouve un coeur fidèle, il lui révélera certainement la Science et l'Art.
(*1) XLV. La SAPIENCE est meil- vers. 11. | XLV. Parce que la SAPIENCE est meil- |
| leure que toutes les richesses les plus | leure que la perle précieuse, et que |
| précieuses, et tout ce qui est désirable | toutes les choses désirables ne lui peu- |
| ne lui peut être comparé. | vent être égalées. |
Car la Sapience est meilleure] Parce qu'elle donne TOUTES CHOSES, selon les versets XXX, CCCXIV et
CCCXV. Parce qu'elle est beaucoup plus préférable à l'or et à l'argent, beaucoup plus précieuse et plus
digne d'être choisie que les négociations mondaines, que tout trafic pécuniaire, que toute la vaine gloire
de ce monde immonde; ce que croient bien peu les habitants de ce monde immonde: Les
riches ignobles ne croient pas possible une telle chose. Mais qui pense sérieusement qu'il doit mourir
méprise facilement toutes les choses de ce monde immonde. Afin de mourir un jour saintement,
apprends à bien vivre; et afin que tu puisses vivre pieusement, apprends à mourir. Voy. vers.
CCCXXIV, CCCXVII, CCCXVIII et CXXVII.
XLVI. Maintenant donc, mes Ibid | XLVI. Maintenant alors, mes enfants |
| enfants, écoutez-moi. Bienheureux vers. 32. | obéissez-moi, et bienheureux ceux qui
|
| ceux qui gardent mes voies. | garderont mes voies. |
Maintenant] Ensuite, puisque tu as entendu qui, quelle et combien grande JE SUIS, MOI, LA SAPIENCE.
Ceux qui gardent mes voies] c'est-à-dire ceux qui servent et accomplissent mes mandements. Vous êtes
mes amis, dit le Christ, la SAPIENCE incarnée, S. Jean. XV, 14, si vous ACCOMPLISSEZ les choses que je
vous enseigne. Et
Ibid. chap. XIII, vers. 17. Vous serez Bienheureux si vous les ACCOMPLISSEZ. S. Luc.
(*1) La SAPIENCE: doit être préféré à l'or.
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DU GRADE PREMIER
19------------------------------------------------------------------------------------------------
VIII, 21:
Ceux-là sont ma mère et mes frères, qui écoutent le verbe de DIEU
et l'ACCOMPLISSENT. Faire
ce qu'enseigne la SAPIENCE de DIEU, c'est marcher dans ses voies. C'est pourquoi, que celui qui
veut acquérir la vie, corrige d'abord sa vie, afin que la vie vienne à lui. Le Christ est l'Archétype
qui enseigne, induit et qui doit être imité par le Sapient Bienheureux et vraiment Chrétien.
Il faut remarquer que, pendant tout le temps que nous demeurons sur cette terre, bien qu'il soit
nécessaire que nous existions et vivions dans ce Monde, nous devons néanmoins fuir quotidiennement
et abandonner le monde immonde. Comment cela? Si nous n'adhérons pas, dis-je, par le
coeur, les paroles et les actes aux mondains immondes, alors nous ne vivons pas mondainement avec
ce monde immonde; alors nous suivons le Christ et nous imitons l'Archétype par la vie Théosophique.
Et ceci, c'est approcher de DIEU. Qui l'approche sera illuminé, joint et uni à lui. Il est
nécessaire que celui qui choisit l'union DEIFIQUE et les sublimes contemplations devienne par son
âme, spirituel, bon et sublime dans l'Esprit du Tout-Puissant. La conjonction et l'union se fait entre
semblables et non entre dissemblables. Au lieu de s'égarer dans la circonférence mondaine, c'est
dans le centre, c'est-à-dire DIEU, que l'on trouvera et que l'on connaîtra DIEU lui-même Voy. vers. CXXXII.
Par cette voie de la SAPIENCE, tu t'écarteras du monde en compagnie du Christ, bien que tu continues
à vivre et à converser quotidiennement dans ce Monde; car tout en étant mondainement au milieu
des vivants, tu ne vis pas mondainement, mais Théosophiquement, et avec le Christ. Le Christ
mangeait et conversait avec les pécheurs, les Publicains, les Pharisiens, les hérétiques; tu le pourras
également, toi qui n'étais il n'y a qu'un instant qu'un pécheur énorme, un Publicain, un Pharisien, un
hérétique, etc. Qu'il reste donc dans le centre, celui qui poursuit un but kabbalistique. Car il n'est
pas aussi bien d'en sortir, tandis qu'il est bien meilleur d'y rester. O IEHOVAH, reste en moi, afin que
je reste en toi; constitue-moi ton Christophore, afin que j'émerge du gouffre de ce monde immonde,
que j'évite les rochers et que j'atteigne heureusement le port avec la plus grande sécurité, en gardant
tes voies. Amen.
XLVII. Ecoutez la DISCIPLINE vers. 33. | XLVII. Ecoutez l'ERUDITION et soyez (*1) |
| et soyez Sapients afin de ne jamais la | sapients et ne la repoussez pas |
| rejeter. | rejeter. |
Ecoute: la DISCIPLINE] L'étude de la SAPIENCE Divine est toujours plus douce que le Nectar et l'Ambroisie,
mais seulement à ceux qui comprennent, qui dès l'enfance ont appris à obéir aux injonctions
des Sapients, et qui ont goûté d'abord l'amertume de la DISCIPLINE. Le Sapient nous exhorte ici à tant
de soins et tant de fidélité, afin que nous écoutions docilement par notre volonté propre, soumise
à la volonté Divine, ce que l'Esprit de DIEU, RUACH HHOCHMAH EL, notre très fidèle précepteur murmure
suavement aux oreilles de notre Esprit. O Sainte DISCIPLINE.
| XLVIII. Bienheureux l'homme qui vers. 27. | XLVIII. Bienheureux l'homme qui |
m'entend, qui veille quotidien- | m'écoute en se tenant quotidiennement
|
| nement à mon seuil et qui observe à | auprès de mon seuil en observant à mes |
| ma porte. | portes. |
Qui veille à mes portes] Les portes de la SAPIENCE ETERNELLE sont au nombre de trois: la Bible sacro-sainte,
les Créatures ou la Nature, c'est-à-dire le Macro-cosme avec toute la milice céleste de l'armée Spirituelle;
et le Micro-cosme, selon le corps et l'esprit, et enfin, l'Ame
(mens) Divine dans l'homme.
O heureux, trois et quatre fois heureux, et tant dans cette vie que dans la vie future et bienheureuse,
celui qui, aux portes de la SAPIENCE veille dès le matin (comme au verset CLXX), qui écoute quotidiennement
(voy. verset XXVIII et CLVIII), qui voit Théosophiquement dans toute sa vie et qui observe
sapientement à ses portes la Sapience vraie, parlant merveilleusement, répondant et enseignant. Ici
il apprendra de cette manière et s'il le veut TOUTES CHOSES. Vers. V. Voy. fig. de cet Amphithéâtre.
XLIX. La SAPIENCE (dit encore Prov. I, | XLIX. La SAPIENCE (dit encore le Roi (*2) |
le Roi très sapient) parle au dehors; vers. 20. | très sapient) clame au dehors; elle fait
|
| elle fait entendre sa voix sur les pla- | entendre sa voix sur les places publi- |
| ces publiques. | ques: |
(*1) Ceux qui écoutent la Discipline sont sapients.
(*2) La SAPIENCE se plaint d'être méprisée et prédit la ruine des
contempteurs.
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20 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
La SAPIENCE] Mot à mot, en hébreu: LES SAPIENCES. Car on lit: Hhochmoth qui est pluriel parce
qu'elle est, en effet, un Esprit multiple (Sapient, VII, 22) et πολυποικἰλος, c'est-à-dire multiforme.
Ephés., III, 10. Voy. troisième partie de cet Amphithéâtre, quest. quatrième.
Parle au dehors] Publiquement
et devant tous, dans le Macro et le Micro-cosme (ver. XXXVII, afin que les mortels ne soient
pas excusables au jour du jugement. S. Paul, Rom., I, 20. Non seulement la Sacro Sainte Ecriture,
mais aussi toutes les Créatures et tous les êtres de ce monde (l'herbe la plus infime enseigne la présence
de DIEU, comme chante le Poète Chrétien avec juste raison), et la conscience de l'Homme nous
parlent admirablement du Créateur et Formateur Tri-un de toutes choses, c'est-à-dire la SAPIENCE
elle-même, et nous montrent Théo-Sophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-
Chimiquement, Physico-Magiquement, Hyperphysico-Magiquement et Kabbalistiquement sa Bonté
et sa Puissance infinie répandue dans tout l'Univers, comme d'un lieu élevé au-dessus de toutes
choses, tous temps et tous lieux et duquel nous pourrions entendre, voir, observer et comprendre.
| L. Elle clame à la tête des assem- vers. 21. | L. Elle clame à la tête des assemblées |
blées et profère ses paroles aux | tumultueuses, et aux portes de la ville |
| portes de la ville, en disant: | elle-même prononce ses discours et dit: |
Aux portes] A la manière des juges, qui, chez les anciens, rendaient la justice aux portes de la ville,
comme dans un lieu public, au regard de tous, et dans la foule des hommes. Ici la SAPIENCE discerne
les caractères, ordonne les jugements, établit des lois, administre la justice, exerce la vindicte, afin
qu'apparaissent et soient manifestés les admirables et justes jugements de DIEU; et afin que se manifeste
à tous les yeux la Providence et la Sapience, non humaine, mais Divine, qui gouverne le
Monde. En effet, quand le juste juge émet du haut de son Trône son jugement et lorsqu'il promulgue
sa sentence dans sa vengeance infiniment juste et inopinée, la terre tremble et se tait.
(*1) LI. Jusques à quand, en- vers 22. | LI. Jusques à quand, simples) aime- |
fants, aimerez-vous l'enfance, | rez-vous la simplicité, et dérisoires, |
et fous, désirerez-vous ce qui | chercherez-vous la dérision, et, fous, |
| vous est nuisible, et imprudents, | aurez-vous en haine la science? |
| haïrez-vous la science ? |
|
Enfants] Les enfants, sont ici ceux qui sont désignés dans le vers. III.
L'Enfance]. L'impéritie,
l'étourderie et la paresse.
Fous] Comme aux versets CCI et CCV, désirerez-vous la malice, superbes,
l'orgueil et le mépris de DIEU et du Prochain; détracteurs, la détraction? C'est la plainte de la
SAPIENCE, provenant d'une véritable douleur. O insensés et fous, à quel abîme courez-vous!
LII. Convertissez-vous à ma vers. 23. | LII. Convertissez-vous à mon incré- |
correption; voici que je profère | pation; voici que je retirerai mon esprit |
mon ESPRIT sur vous et que je | en vous et que je vous fais connaître mes |
| vous montrerai mes paroles. | paroles. |
Convertissez-vous] Repentez-vous, ô fous qui avez perdu le sens et qui remplissez le monde.
Je profèremon Esprit sur vous] Je répandrai avec effusion, ou plutôt j'insufflerai en vous mon Esprit qui est
la veine de l'Intellect, la source de la SAPIENCE, le fleuve de Science, le trésor inépuisable des richesses,
tant Corporelles que Spirituelles, surpassant toutes de beaucoup les richesses des Perses. Voy. vers. CVI
et CCXXIII.
Je vous montrerai] Comment? Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement; et je vous ferai
savoir par toutes choses (qui se présenteront à vous) mon âme, ma volonté et ma sentence par la
Christiano-Kabbale, la Divino-Magie, et la Physico-Chimie dont l'étude Tri-une forme la vraie
THEOSOPHIE catholique, vers. CXLII.
(*1) Esaias, LXI, vers. 12. Et LXVI, 4. Jérém. VII, 13.
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DU GRADE PREMIER
21------------------------------------------------------------------------------------------------
| LIII. Parce que je vous ai appelés et vers. 24. | LIII. Parce que je vous ai appelés et |
vous m'avez refusée; que j'ai | vous m'avez refusée; que j'ai étendu ma |
| étendu ma main et nul ne se trouva | main, et nul ne se trouva pour y prêter |
| pour me voir. | attention. |
J'ai étendu ma main] De manière à indiquer le silence et l'attention, ou bien pour appeler du doigt.
Et aussi, dans un sens mystique la main de la Sapience représente toutes les créatures par lesquelles
nous sommes attirés vers le Créateur. De quelque côté que nous nous tournions, la SAPIENCE étend
sa main et brigue notre amitié, en nous montrant et offrant les torrents de sa Bonté et de sa
Bienveillance.
LIV. Vous avez méprisé tout vers. 25. | LIV. Vous avez fait mépris de tout |
| mon conseil et négligé toutes mes in- | mon conseil et vous n'avez pas voulu |
| crépations. | de mon incrépation. |
Vous avez méprisé mon conseil] Trompés et aveuglés par l'amour et les séductions de ce Monde
immonde, en éludant ma Loi et ma Doctrine vous m'avez éludée Moi-même, c'est à dire DIEU, et vous
avez négligé la conduite de l'Esprit-Saint. O insensés et pervers de coeur! De même que le mauvais
conseil est pour celui qui conseille les pires choses, de même la dérision pour le dérisoire.
LV. Et moi aussi, je rirai à votre vers. 26. | LV. Et moi aussi je rirai dans votre |
| mort et je me moquerai lorsqu'il vous | contrition; je me moquerai quand sera |
| sera advenu ce que vous craignez. | venu l'objet de votre crainte. |
Et moi aussi] Rien de plus horrible que de mériter le rire de DIEU
(à DEO
irrideri); rien de plus
misérable que l'homme abandonné de DIEU comme les exemples du Pharaon, de Saül, de François
Spiera et de beaucoup d'autres en témoignent. De même que l'honneur, l'oeil et la conscience ne
supportent rien qui les ternissent, de même DIEU. Sa Divine majesté est inviolable.
| LVI. Lorsque le malheur imprévu vers. 27. | LVI. Lorsque, dis-je, l'objet de votre |
| sera venu, et que la mort aura fondu sur | crainte sera venu comme une désola- |
| vous comme une tempête; quand vien- | tion, et que votre contrition sera venue |
dra sur vous la tribulation et | comme un tourbillon, lorsque viendra |
| l'infortune. | sur vous la tribulation et l'infortune. |
La tribulation et l'infortune] Car les fidèles souffrent aussi les tribulations et l'infortune mais pour
une fin et un but tout différents; parce qu'ils ont DIEU pour ami qui les délivre ainsi du mal; tandis
que les impies, les dérisoires et les fous sont complètement destitués de cet auxiliaire et ne
connaissent pas le jour de sa visitation; c'est pourquoi ils périssent misérablement; ils ont en partage
le tartare et sont destinés aux furies vengeresses.
LVII. Alors ils m'invoqueront et vers. 28. | LVII. Alors ils m'invoqueront, et je |
| je ne les exaucerai point; ils se lève- | ne les exaucerai point; ils me cherche- |
ront dès le matin et ne ME trou- | ront dès le matin et ils ne me trouve- |
| veront point: | ront point: |
Et je ne les exaucerai pas] Parce qu'ils viendront après la fête. Venir à temps est toujours le meilleur.
Soyez avertis, je vous prie, par la similitude des dix vierges, cinq folles et cinq prudentes.
S. Matth., XXV. Apprêtez au temps de la grâce, l'huile de l'Esprit-Saint pour les lampes de vos esprits,
la Doctrine pour vos âmes, afin que possède un aliment et que luise fructueusement la lampe de votre
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22 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Ame, divinement allumée par cette lumière du Père des lumières, qui luit au milieu des ténèbres du
monde, et fuit les puissances des ténèbres, et par laquelle vient tout Bien et tout Don parfait. Dès le
matin donc, lorsque vous entendrez la voix de la SAPIENCE vraie, ayez soin de ne point fermer vos
oreilles.
Ne ME
trouveront point] Parce qu'ils n'auront point suivi la seule et unique voie Royale qui
mène à la SAPIENCE (qui est la CRAINTE DU SEIGNEUR) ils ne la rencontreront ni ne la trouveront
vraiment; ils marchent dans les sophismes, et dans les folies fanatiques et insensées de la Sapience
mondaine; aussi par les voies ténébreuses, s'écartant de la vérité, ils devient de la ligne droite pour
la sénestre, et rien ne se présentera à eux bien qu'ils se soient levés de grand matin. Nous enseignons
donc qu'il est impossible de chercher, de trouver et de connaître DIEU, sans DIEU ou de parler de DIEU
sans DIEU. D'où ce commandement:
ne parlez pas de DIEU
sans lumières. Car sans sa volonté, sans sa
lumière, il n'est dans l'homme, rien d'innocent, comme chante l'Eglise.
(*1) LVIII. Et cela parce qu'ils vers. 29. | LVIII. Et cela parce qu'ils ont haï la |
| auront eu en aversion la DISCIPLINE et | Science et qu'ils n'ont pas fait choix de |
| qu'ils n'auront pas gardé la CRAINTE du | la CRAINTE DE IEHOVAH. |
SEIGNEUR.
| LIX. Et qu'ils n'auront point ac- vers. 30. | LIX. Et qu'ils n'ont point acquiescé |
| quiescé à mon CONSEIL et se seront | à mon conseil et ont méprisé toute mon |
| éloignés de toute ma correption. | incrépation. |
Et cela parce que] Donc, que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre ce que l'Esprit de
vérité dit aux fils des hommes.
LX. Ainsi ils mangeront le vers. 31. | LX. Ainsi ils mangeront du fruit de |
| fruit de leur voie et ils seront rassa- | leur voie, et ils seront rassasiés de leurs |
| siés de leurs conseils. | conseils. |
Ainsi ils mangeront] Ils jouiront donc des fruits de leurs études et de leurs labeurs, qui sont diamétralement
en contradiction avec les fruits de la Théo-sophie. Et quels sont les fruits de ces labeurs?
Ils sont vraiment bien choisis; par exemple: la vanité, la ruse, les sophismes, l'avarice (racine
de tous les maux) l'orgueil (que DIEU brise) la confiance mensongère, la folie, le désespoir, l'ignominie,
la tristesse, le remords de la mauvaise conscience (dont le ver rongeur ne se lasse pas),
la confusion et la mort éternelle qui est l'enfer. Qu'ils usent donc de leurs conseils pervers jusqu'à
saturation et même jusqu'à la nausée. Puisqu'ils ne voudront pas obéir à la SAPIENCE vraie, ils seront
abandonnés (par le juste jugement de DIEU) aux pensées réprouvées, afin qu'ils obéissent à l'esprit
des ténèbres, de mensonge, d'erreur et de séduction, et se perdent dans l'ignominie. Et ce n'est pas
sans raison, puisqu'eux-mêmes l'ont voulu; ils ont abandonné DIEU; pour cette raison, DIEU, en
retour les abandonnera dans sa justice, afin que par leur conseil pervers, ils se divisent perversement
et se perdent. Leur perdition viendra d'eux-mêmes. Ils l'ont voulue; ils l'auront.
LXI. L'aversion des enfants vers. 32. | LXI. Parce que le repos des simples |
les fera mourir et la prospérité | les fera mourir et la prospérité des fous |
| des fous les perdra. | les perdra. |
L'aversion des enfants] Cette révolte ou rébellion les conduira à la mort, car le mauvais conseil est
pour le donneur de mauvais conseils.
La prospérité des fous] Le coeur des impies sera tellement aveuglé
par la réussite des choses mondaines, en présence du monde, qu'ils pourront bien moins recevoir
la correction salutaire. Par la croix et la tribulation, la voix de DIEU rappelle à la pénitence.
(*1) La cause pour laquelle les mortels dévient de la ligne droite, dans
toutes les sciences possibles.
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DU GRADE PREMIER
23------------------------------------------------------------------------------------------------
LXII. Mais celui qui M'écoutera vers. 33. | LXII. Mais celui qui m'obéit habi- |
reposera sans terreur, et il joui- | tera dans la confiance et reposera loin |
| ra de l'abondance, soustrait à la crainte | de la crainte du mal. |
| de tous les maux. |
|
Celui qui m'écoutera] Voy. vers. CCCXXXVI et VII, avec quelques uns des précédents et des suivants,
La piété ne peut donner à personne la crainte des maux et des peines, mais au contraire l'espérance
et la récompense de la vie; car elle est l'arbre de vie dont les fruits sont la paix et la joie de
l'Esprit.
Il jouira de l'abondance] Le Seigneur comblera les pauvres de biens et remplira de richesses
ceux qui en sont dénués. Gloire et richesses dans la maison de ceux qui craignent le Seigneur.
C'est pourquoi, droitement
et sagement, l'homme
sapient conclut
et admoneste
ainsi:
LXIII. Meilleure est la SAPIENCE Sap. VI, | LXIII. |
| que les forces, et l'homme prudent, que vers. 1. | Ce verset manque dans le texte grec. (*1)
|
| l'homme fort. |
|
Meilleure est la SAPIENCE] Car elle est la source de tous les Biens, selon que le Sapient nous l'a
sapientement enseigné plusieurs fois dans ce prologue. Voy. vers. XLV et CCCXXVIII. Et certainement
la SAPIENCE Divine surpasse toute force; car souvent une grande puissance est subjuguée par son
unique, sérieuse et pieuse prière. Ainsi Moïses, par ses mains levées au ciel dompte la puissance
d'Amalek. Exod. XIV, 11. Iosaphat, par un seul hymne maîtrisa la force des fils d'Ammon et de Moab
et dissipa leur armée. II, Paralip. XX, 22. Combien de fois David n'apaisa-t-il pas par ses hymnes la
férocité de Saül et d'autres ennemis ? Ceux qui connaissent la nature occulte des choses pourraient
produire un grand nombre de documents semblables que le vulgaire regarde comme miracles. Et les
héros ont tiré un grand secours des forces de la Nature, comme l'atteste l'histoire. Combien de fois
en effet, par une insigne prudence, une victoire n'a-t-elle pas été obtenue, ou quelque autre avantage,
ou bien un peuple n'a-t-il pas été délivré ? L'Egypte ne fut-elle pas sauvée par la Sapience de
Joseph ? La Perse par celle de Daniel ? Le peuple Israélite par celle de Moïses ? En ces occasions,
certes, la Sapience fut meilleure que les forces.
LXIV. Ecoutez donc (aussi) ô vers. 2. | LXIV. Ecoutes donc, Rois, et (*2) |
| Rois et comprenez; soyez informés, | prêtez attention, et soyez informés, |
| juges de la Terre entière. | juges de la terre entière. |
Ecoutez donc, Rois] Vous tous qui placez votre confiance dans les armes et les guerriers; pourquoi
ne formez-vous pas vos armées, de soldats de Sapience, s'appliquant à la Divine Kabbale et à la Magie
Céleste, qui protégeraient vos états et combattraient avec les armes de la Sapience et de la Prudence?
Pourquoi ne recherchez-vous pas les Joseph et les Daniel qui ont un appui très ferme et des armes
dans la vertu et la Sapience Divine et Naturelle ? Par le mot Rois, le Sapient entend encore ici tous
les Magistrats, les Recteurs et les gouverneurs Ecclésiastiques, Politiques et Scolastiques, de la volonté,
du gouvernement et de l'administration desquels dépend l'Univers entier.
LXV. Prêtez l'oreille, vous qui vers. 3. | LXV. Prêtez l'oreille, vous les mo- |
contenez les multitudes et qui | dérateurs du peuple, et qui vous glo- |
| vous plaisez dans le grand nombre des | rifiez de la multitude des nations |
| nations. |
|
Qui contenez] Tant dans l'état Ecclésiastique et Scolastique, que Politique. Vous qui vous plaisez à
6
(*1) Prov. XVI, 32. Ecclés. IX, 18. Eccles. VII, 20.
(*2) Le Sapient exhorte les grands à la justice et à la Sapience.
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24 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
être appelés interprètes et possesseurs de la SAPIENCE vraie et de ses Biens et Dons dans les Universités,
les Académies, etc., vous, dis-je, qui contenez, c'est-à-dire qui régissez et gouvernez les
multitudes de la jeunesse, vous (je le dis et vous le dites aussi en attestant les raisons de votre charge)
êtes aussi Rois, c'est-à-dire Recteurs des peuples; apprenez-donc et enseignez la SAPIENCE, dit le Sapient;
non pas dans les extravagances fanatiques de certains Païens insensés (parmi lesquels ce
ténébreux Aristote est le prince et le maître) mais plutôt dans les sources des livres de la Sacro-
Sainte Ecriture et de la Nature, et par DIEU lui-même, parlant Théosophiquement en votre ipséité Divinement
purgée et illuminée. L'amateur de la SAPIENCE vraie prouvera et jugera donc TOUTES CHOSES par
la loi et le témoignage des dits livres; le FEU Physique, qui atteste DIEU, rendra Physico-chimiquement
témoignage de la Vérité; l'Expérience qui réfute le syllogisme confirmera la Vérité par le sceau
de la Pratique. Que l'autorité de l'homme menteur ne règne donc point dans les écoles, mais la seule
VERITE de la volonté Divine, selon la Sacro-Sainte Ecriture, la Nature et vos consciences droites.
Les multitudes]
On ne doit pas se glorifier de la multitude du peuple, mais de l'administration prudente qui
a lieu à l'aide d'hommes sapients qui peuvent fléchir les âmes des hommes, vous les concilier et
les contenir dans leurs devoirs; qui peuvent apercevoir les choses utiles, prévoir les malheurs, défaire
les ennemis, par la piété, la vertu, l'oraison, la prudence.
| (*1) LXVI. Parce que cette puissance vers. 4. | LXVI. Parce que cette domination |
| vous est donnée par le SEIGNEUR | vous est donnée par le SEIGNEUR et ce |
et cette grandeur par l'ALTIS- | pouvoir par l'Altissime, qui s'enquerra |
SIME, qui interrogera vos oeuvres | de vos oeuvres et perscrutera vos conseils. |
| et scrutera vos cogitations. |
|
Cette grandeur par L'ALTISSIME] Car il ne suffit pas d'avoir des Etats, des multitudes de peuples et la
puissance sur ceux ci; mais il est nécessaire aussi de demander au SEIGNEUR la Sapience et la Prudence
pour gouverner le peuple; en la demandant, de la chercher; en la cherchant de s'en rendre
maître; après s'en être rendu maître, de la suivre. Car, du Souverain Gouverneur de toutes choses
émane le pouvoir sur les peuples et l'usage équitable de la Sapience. Ne dirigez donc pas le peuple
par vos seuls conseils humains, mais par les conseils divins, ce qui doit être cherché et trouvé par
la Sapience Théo-Sophique.
Qui interrogera, etc.] Voyez donc, Tyrans, ce que vous aurez à répondre
pour votre tyrannie, tant envers les étrangers, qu'envers vos sujets; et vous Théo-sophistes, pour
le fanatique, l'impie, le blasphémateur, l'inconvertible, dont vous déformez insolemment l'esprit par
votre monomanie de disputer; et vous, juges pervers, pour les injustices que vous exercez impudemment;
et vous Pseudo-Médecins et Académiciens d'une certaine sorte (car on en rencontre d'orthodoxes)
pour vos chefs ou maîtres aveugles et boiteux dont les autorités pestilentielles (tandis que,
malicieusement vous faites moins de cas des livres de la Sacro-Sainte Ecriture et de la Nature; de DIEU
lui-même, en n'écoutant pas l'Esprit de sa SAPIENCE; du FEU, très artificieux et très sagace interprète
de la Nature; de l'EXPERIENCE, enfin, qui rend un témoignage éclatant à la Vérité) imprègnent et
régissent perversement vos sens, votre raison et votre esprit, dans les secrets de la Nature; et desquels
vous êtes imbus et séduits dans les points les plus nécessaires de la Doctrine salutaire; et vous
(dont la conscience, chez quelques-uns réclame elle-même) qui imbuez sinistrement, qui séduisez très
pernicieusement et faites délirer la plus tendre fleur de la jeunesse. Malheur, malheur au jour du
jugement à vous qui perpétrez de telles et si nombreuses choses. Je n'imagine point ceci; avant moi
beaucoup de saints Pères ont vitupéré du fond de l'âme contre ce mal diabolique; et avec moi vitupèrent
les plus Doctes hommes des temps passés ainsi que de notre époque, parmi lesquels
Reuchlin,
Erasme, H. C. Agrippa, Philippe Théophraste Paracelse, Vigelius, et d'autres, vraiment célèbres par
l'étude de la SAPIENCE, presque innombrables, et même tous ceux qui de tout leur coeur veulent voir
la vérité saine et sauve. Rentrez-donc en vous-mêmes, vous tous qui êtes ainsi et si souvent admonestés
et convertissez-vous au mieux; réformez votre perverse méthode d'enseigner et d'apprendre,
et accordez enfin la palme à la vérité. Mais j'ai bien peur que les chiens enragés ne puissent supporter
la chaîne. O temps! O moeurs!
| LXVII. Parce que, lorsque vous étiez vers. 5. | LXVII. Parce que, lorsque vous étiez
|
ministres des Royaumes, vous | ministres de son Royaume, vous |
(*1) S. Paul. Rom. XIII, 4.
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DU GRADE PREMIER
25------------------------------------------------------------------------------------------------
| n'avez pas jugé droitement et n'avez | n'avez pas jugé droitement et n'avez |
gardé LA LOI DE LA JUSTICE, ni | conservé la loi, ni n'avez suivi le conseil |
n'avez marché suivant la volonté | de DIEU. |
| de DIEU. |
|
Ministres de son Royaume] D'où il est évident que les Royaumes appartiennent à DIEU et sont seulement
concédés pour un temps aux princes. Puis donc, ô Rois et Princes, que vous n'êtes tous que
les ministres de DIEU et de ses Royaumes, gardez-vous d'administrer le Royaume par votre volonté,
mais par celle de DIEU votre SEIGNEUR. La Justice de DIEU est la volonté de DIEU qu'il vous faut chercher
par l'Esprit de SAPIENCE; s'il en est autrement, vous n'apprendrez pas encore à juger droitement
Vous n'avez pas jugé droitement] Vous n'avez pas enseigné droitement, vous qui êtes esclaves des mensonges
des Grecs; vous avez été et vous êtes les séducteurs et les dépravateurs de la tendre jeunesse.
O pestilentielle audace! C'est pourquoi, avertis par notre Sapient, et par tant de fidèles et aimés interprètes
de la SAPIENCE ayant délaissé la lumière des mensonges des Païens non éclairés, et relégués
en exil au delà des monts Caspiens, convertissez-vous enfin à la vérité, et, pressés à la source supercéleste
de la SOPHIA catholique et tri-une, en Orant et Laborant Théo-sophiquement avec ardeur,
Christiano-Kabbalistiquement, Divino-magiquement, Physico-chimiquement selon les Lois et la Doctrine
de cet Amphithéâtre, et dans les livres, dis-je, de la Sacro-Sainte Ecriture et de la Nature, et,
en vous mêmes régénérés par la méthode de la pénitence et illustrés par un rayon de la Théosophie,
puisez alors cette liqueur céleste, et buvez-en pour la saturation de vos âmes. Pénétrez-en les profondeurs,
non Sophistiquement, mais Théosophiquement; vous trouverez alors la mine de la SAPIENCE;
et par elle, les eaux vives et jaillissantes qui contiennent la vérité Physique, Physico-Médicale, Physico-Chimique,
Physico-Magique, Hyperphysico-Magique, Ethique, Politique, Kabbalistique, Théosophique,
UNIVERSELLE. Physiquement et Ethiquement que les Chrétiens et les Grecs (sans parler des
oeuvres et des écrits des autres) couvrent de confusion les antagonistes de la Vérité.
La loi de la Justice]
Divine, tri-une, Divinement placée dans la Sacro-Sainte Ecriture, dans la Nature et dans vos Consciences.
La volonté de DIEU] Bibliquement, Macro et Micro-cosmiquement révélée et transmise dans
les choses susdites.
LXVIII. Il apparaîtra à vous vers. 6. | LXVIII. Il viendra à vous d'une fa- |
| horriblement, et dans peu de temps, | çon horrible, et soudain, parce que le |
parce que le jugement sera très | jugement sera rendu, très sévèrement |
| dur pour ceux qui gouvernent. | contre les grands. |
Il apparaîtra] Car le SEIGNEUR viendra assurément et ne tardera pas. Habacuc, II, 3.
Le jugementsera très dur] De même que les ministres craignent la face du Roi, ainsi vous devez craindre le Roi
suprême dont vous êtes les ministres. Car toute violence et injure faite au peuple, qui outrage la Justice,
excite contre elle-même une violence; et la Justice retourne son glaive contre celui qui l'administre
injustement.
LXIX. Car on concède la Mi- vers. 7. | LXIX. Car les hommes infimes, sont |
séricorde au petit; mais les | dignes de miséricorde; on informera |
| puissants souffriront puissamment les | sévèrement contre les puissants. |
| tourments. |
|
On concède la miséricorde au petit] Car à qui il a été plus donné, on demandera aussi davantage
Mais les puissants] De même qu'un arbre élevé, lorsqu'il est abattu ou qu'il est frappé par la foudre
émet un bruit immense, de même ceux qui auront abusé de la grande puissance auront une fin horrible
et tragique. Il est donc essentiel d'avoir l'Esprit de Sapience, qui gouverne les conseils, prête
l'auxiliaire et dirige les événements.
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26 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
(*1) LXX. DIEU ne soustraira per- vers. 8. | LXX. Le SEIGNEUR n'épargnera per- |
| sonne et ne craindra la magnitude | sonne, ni ne craindra la magnitude, |
d'aucun, parce qu'il a fait | parce qu'il a créé l'infime comme l'élevé |
| le petit comme le grand dans l'IP- | dans l'IPSEITE, et accorde pareillement |
SEITE, et que ses soins s'éten- | sa providence à tous. |
| dent également à tous. |
|
Personne] Nul ne plaît à DIEU, aussi grand et illustre qu'il soit, qui ne respecte pas la SAPIENCE et
dans lequel la Crainte de IEHOVAH n'a pas son siège. Celui qui repoussera l'Esprit de IEHOVAH, celui-là,
comme Saül, s'écroulera dans la mort. Celui en qui il n'est rien de Divin, la SAPIENCE, Consultrice de
DIEU s'en éloignera.
Le petit et le grand, etc.] Le Pauvre et le Riche, comme dit le Sapient dans
les Proverbes.
Ses soins s'étendent également] Il faut comprendre ici que, par la vraie Sapience, DIEU
prend soin de tous les hommes, répand les rayons de sa bienveillance sur tous; communique sa
Bonté à tous, sans faire tort à personne. Donc nul ne doit être méprisé, nul opprimé, nul abominé.
DIEU n'a pas une plus grande sollicitude pour l'élevé que pour l'infime: ni n'a la plus petite préférence
pour le noble (puisqu'il lui diminuera encore le temps de rendre ses comptes; ce qui veut dire:
rends raison de ton gouvernement) plutôt que pour le plébéien. Il ne fera grâce à aucun; il demandera
un compte aussi rigoureux, à l'un comme à l'autre. Voy. vers. XXXVIII et XLI.
LXXI. Mais aux plus forts il vers. 9. | LXXI. Aux puissants adviendra |
| adviendra une cruciation plus grande. | réellement une inquisition véhémente. |
Aux plus forts] DIEU renverse les plus puissants, lorsqu'ils abusent de leur force contre DIEU et les
hommes. Et comme les forts doivent, par leur grande force être abaissés, les petits seront élevés.
Qu'on ne croie pas à l'adage: La censure est indulgente pour les corbeaux et impitoyable pour les
colombes. Il est nécessaire d'administrer justement toutes choses.
| LXXII. (Car) il n'est point de Sapience, Prov. XXI, | LXXII. Point n'est de Sapience, ni |
| il n'est point de prudence, il n'est vers. 30. | d'Intelligence, ni de conseil contre
|
point de conseil contre le SEI- | IEHOVAH. |
| GNEUR. |
|
Contre le SEIGNEUR] Parce que toute vraie Sapience est du côté de DIEU; la vraie Sapience ne
peut combattre contre DIEU; car la Sapience qui est contre DIEU n'est pas la Sapience de DIEU, mais
celle du monde; elle n'a pas DIEU pour auteur, mais le diable. C'est donc une folie, que les ténèbres
combattent contre la Lumière, semblable à celle de la mouche combattant contre l'éléphant. La
SAPIENCE de DIEU est la Lumière que nulle Philosophie humaine ne peut obscurcir; elle est plus
Lumineuse que toute habileté humaine ou serpentine; c'est pourquoi elle pénétrera, renversera et
obtiendra la palme contre toute sophistication. Quand luira l'heure et le jour de la vraie Sapience,
toutes les larves de la philosophie mondaine s'évanouiront. De même que lorsque s'est levé le soleil
de justice, Jésus-Christ, toutes les ombres et les larves des religions profanes se sont évanouies;
et c'est en vain que les ténèbres des fausses religions s'efforcent encore d'éteindre ce splendide Soleil;
(car ce que DIEU a décrété ne peut être changé par les hommes.) Et comme les Juifs s'efforcèrent en
vain de reconstruire et d'instaurer le temple Hiérosolymitain, ainsi viendra bientôt le temps où
émergera la NOUVELLE LUMIERE THEOSOPHIQUE, que nos minuscules Sapients s'efforceront en vain
d'éteindre.
| (Car) | (Car)
|
| (*2) LXXIII. Echapper à ta main, o, SEI- Sap. XVI, | LXXIII. Que quelqu'un échappe à ta |
| GNEUR, est impossible, parce que tout le vers. 15. | main, ceci ne peut être; attendu que le
|
| monde (ORBS) est la vengeance des vers. 17. | monde (mundus) lui-même, est la ven-
|
| justes. | geance des justes. |
(*1) Deut. X, 17. II, Paral. XIX, 7. Job. XXXIV, 19. Eccl. XXXV, 16.
Act. X, 34. Rom. II. 11. Galat. II, 6. Ephés. VI, 9. Coloss. III, 25.
I. S. Pier. I, 17.
(*2) Car la CREATURE exercera la juste vengeance contre les mauvais. Sap. V,
18 et jusqu'à la fin et chap. XIX.
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DU GRADE PREMIER
27------------------------------------------------------------------------------------------------
Echapper à ta main] La main de DIEU est sur toutes les créatures. Elle est double: Auxiliatrice
et Vengeresse. Nous apercevons la main auxiliatrice de DIEU quand le Soleil luit pour nous, quand
l'Air souffle pour nous, quand la Terre reverdit pour nous, quand l'eau l'arrose pour nous. Nous
apercevons la main vengeresse de DIEU quand le Soleil refuse son influx, quand la violence des vents
se fait sentir, quand la terre reste stérile, quand les eaux l'inondent; toutes les créatures exercent
la vengeance contre nous, et quand DIEU excite tout le Macro-cosme contre nous, afin que le Ciel
lance la foudre, la peste, la famine. Et parce que DIEU tient en sa main le Ciel et la Terre, il est donc
impossible de fuir sa main. Si tu considères le Microcosme, vois combien il est facile à DIEU de lui
ravir l'esprit et d'y mettre à la place insanité et fureur; de lui ravir la Sapience et de le changer en
brute, comme l'atteste l'exemple de Nabuchodonosor. Donc la main Auxiliatrice de DIEU doit être
Reconnue EN TOUTES CHOSES; et la main Vengeresse de DIEU doit être Crainte en TOUTES CHOSES.
| LXXIV. C'est donc à vous, O Rois, Sap. VI, | LXXIV. A VOUS donc, tendent ces |
| (s'écrie ici encore et non hors de propos vers. 10. | miens discours, ô tyrans, afin que
|
| notre Sage), que s'adressent ces miens | vous appreniez la SAPIENCE et que vous |
discours afin que vous appre- | ne l'offensiez pas.
|
| niez la SAPIENCE et que vous ne la per- |
|
| diez pas. |
|
O Tyrans] Il appelle Tyrans, les Rois et les Princes, en bonne part. Τὺραννος,
Seigneur ou
Roi; comme
dit Trogus-Pompéius:
On les appelle Rois en considération de la grandeur de leur majesté, et ils sont placés
parmi les bons par leur modération éprouvée; on les appelle Tyrans en considération de leur force. Τυραννέω,
je règne. Comme dans ce passage d'Euripides: Les
Rois deviennent sapients par la fréquentation des
sapients. Ainsi, ce nom, chez les anciens n'était pas plus une formule de blâme ou d'envie que celui
de Roi. Dans la suite, il est vrai, la malice croissant, lorsque les Rois superbes commencèrent
à régner, le nom de Tyran fut seulement donné à ceux qui dominèrent, non par le droit et les lois
équitables, mais par la violence et les inclinations de leur âme, de sorte que leur cruauté fit que ce
nom fut pris en mauvaise part. Vers. LXIV. Le texte grec les appelle Βασιλει̑ς, c'est-à-dire Rois. Il faut
entendre non seulement les Magistrats Politiques mais aussi (comme il a déjà été dit) inclusivement
les Ecclésiastiques et les Scholarques.
Afin que vous appreniez la Sapience] Apprenez, ainsi qu'il
convient à de vrais Philosophes, la SAPIENCE VRAIE, car (cela est certain) la plus grande partie de vous
autres tourne dans les voies de labyrinthe de leurs Sciences et de leurs Arts (qui sont de petits ruisseaux
des Dons et des Biens de la SAPIENCE, plutôt que les Sciences et les Arts eux-mêmes) et se tient
dans les vestibules, et comme dans l'écorce au lieu d'être dans la noix de la SAPIENCE, ou la SAPIENCE
ELLE-MEME; apprenez-la donc, de peur que vous ne rendiez hommage aux servantes de la Sophia
et à ses Vierges cubiculaires que d'une façon rudimentaire au lieu de baiser Théosophiquement leurs
douces lèvres par le baiser de la théorie et de la pratique; et même de peur que vous les fouliez aux
pieds, que vous les frappiez diaboliquement de la foudre d'un anathème (par un abus qui les offenserait)
ou que vous condamniez antichrétiennement leurs fidèles serviteurs chrétiens. Voy. vers. CXIII.
Ce dont la plupart de nos ancêtres se sont plaints, ce dont nous nous plaignons, et ce dont beaucoup
se plaindront après nous, c'est de voir renversé, le Sapient mode de philosopher des KABBALISTES et des
MAGES, c'est-à-dire des SAPIENTS; et de voir régner les sophismes, et de voir les Sapients de ce monde
immonde, tous insensés, tomber de plus en plus bas dans tous les crimes, et entraîner avec eux à la
mort (ô DIEU!) ceux qui les suivent. Voy. vers. CXII et quelques-uns des suivants. Et aussi, XXVIII
et CLXXXVII.
| LXXV. Car ceux qui auront gar- vers. 11. | LXXV. Car ceux qui auront con- |
dé la JUSTICE seront juges juste- | servé saintement les droits et les de- |
ment; et ceux qui auront appris | voirs de Sainteté seront regardés |
| les devoirs trouveront de quoi répon- | comme saints, et ceux qui seront ins- |
| dre. | truits auront de quoi répondre. |
LA JUSTICE] Divine; divinement transmise et écrite dans la Sacro-Sainte Ecriture, la Nature et nos
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28 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Consciences. Ceux qui garderont cette Justice seront jugés justement, parce que la SAPIENCE elle-même
rendra témoignage devant son père à ceux qui ont été et qui sont les fils de la Doctrine et de la Discipline,
les fidèles aimés de la SAPIENCE.
Seront regardés comme Saints] Non pas ceux qui ont suivi
l'ombre de la justice et de la sainteté, μόρφωσιν *χοντες τη̑ς εύσεβεἰας, <Gottseligkeit> c'est-à-dire la seule apparence de la piété; mais ceux qui auront été vraiment leorganes de la justice, de la piété et de la sainteté, par lesquels la foi vive et l'Esprit Saint auront
exercé les vraies oeuvres de justice et de piété; ils seront jugés comme Saints, c'est-à-dire auront
le vivant témoignage de la piété et de la foi salvifiques qui répondront pour eux.
Ceux qui auront
appris les devoirs] qui sont vrais, droits et justes, dans TOUTES CHOSES POSSIBLES. Où cela? Dans le livre
de DIEU, catholique, tri-un, c'est-à-dire de la Sacro-Sainte-Ecriture, de la Nature, et de notre Ame
purgée et Divinement illuminée. Car IEHOVAH est vraiment l'âme de l'Ame. Et de quelle manière?
Théosophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement, etc., comme
l'enseigne cet Amphithéâtre; en Orant et en Laborant, vers. CLXXXVII.
| LXXVI. Désirez donc ardemment mes vers. 12. | LXXVI. Recherchez donc mes dis- |
discours; aimez-les et vous au- | cours et désirez-les, et vous obtiendrez |
| rez la DISCIPLINE. | l'Erudition. |
Et vous aurez la DISCIPLINE] Et par conséquent tous les fruits et usages de la Discipline, souvent
énumérés dans notre Prologue par le Sapient.
| (*1) LXXVII. Si donc vous vous délectez Ibid. | LXXVII. Si donc vous vous délectez |
| dans les trônes et les sceptres, ô Rois vers. 22. | dans les trônes et les sceptres, ô Rois des
|
du peuple, aimez la SAPIENCE, afin | peuples, honorez la SAPIENCE;, afin que |
| que vous régniez perpétuellement. | vous régniez perpétuellement. |
Afin que vous régniez perpétuellement] Afin que vous soyez héritiers de la SAPIENCE éternelle, car la
fleur de la seule Piété et de la Vertu (c'est-à-dire la SAPIENCE) est perpétuelle.
LXXVIII. Aimez (ô aimez) la vers. 23, | LXXVIII. |
| LUMIERE DE LA SAPIENCE, vous tous qui | Ce verset manque dans le texte grec. |
| commandez aux peuples. |
|
La lumière de la SAPIENCE] VOUS tous qui (soit Politiquement, Ecclésiastiquement ou Scolastiquement)
commandez aux peuples, aimez la LUMIERE de la SAPIENCE Eternelle; la Lumière Divine, dis-je,
de la Vérité Divine Divinement née, et luisant dans la Sacro-Sainte Ecriture, dans le Livre de la
Nature et dans l'Ame ou l'Esprit purifiés de l'homme Théosophiquement purgé. Le monde est un
oiseau de nuit en comparaison de cette Lumière. O Lumière Eternelle d'entre les Lumières Eternelles,
illumine (je t'en prie) mon âme d'un rayon de ta Lumière Divine; luis, je t'en conjure, dans le
temple Micro-cosmique de mon savoir, afin que je te connaisse en moi et moi en toi, dans la SAPIENCE
ETERNELLE seule vraie. Amen. Vers. CLXX. Car je verrai dans ta Lumière, la Lumière tri-une de la
Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de mon Ame, laquelle lumière est obscurcie (ô honte) par les
ténèbres de mon ignorance et de mes superfluités. Voy. vers. CXXVI.
| LXXIX. Car la multitude des sa- vers. 26. | LXXIX. Car la multitude des sapients |
pients est la santé de tout l'orbe | est le salut du Monde, et un Roi pru- |
Terrestre, et un Roi sapient, la | dent la stabilité du peuple. |
| stabilité de son peuple: |
|
La santé de l'orbe Terrestre] Beaucoup demandent pourquoi le monde entier est placé dans la malignité?
Je réponds: la doctrine de ce passage nous en avertit: Parce que toutes choses sont pleines
(*1) Nomb. XXVII, 16. II. Rois, XIV, 11. III. Rois, III, 9.
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DU GRADE PREMIER
29------------------------------------------------------------------------------------------------
de fous; autrement le monde ne serait pas immonde. Car la multitude des Sapients est la santé de
l'Univers. D'où vient alors qu'il y a tant d'insensés? Parce qu'ils n'obéissent pas aux avertissements
des Sapients, vers. XXXII. Pourquoi n'obéissent-ils pas? A cause de leur propre malice, que leur reproche
Jérémie, II, 19. Ils l'ont voulue; qu'ils l'aient.
Un Roi sapient, etc.] Malheur au peuple dont le Roi
(Politique, Ecclésiastique ou Scolastique) est un enfant; (c'est-à-dire insensé, vers. CCV) et dont les
Princes mangent dès le matin. Bienheureuse la Terre dont le Roi est Noble (par la vertu) et dont les
Princes se nourrissent au temps convenable, et pour se soutenir et non par luxure. Car le ferme état
du peuple consiste dans la Sapience et la Prudence du Roi; et l'état débile dans la luxure de ses
débauchés qui sont perdus par la gloutonnerie. L'Ame très prudente est une âme sobre. Notez ceci,
vous qui êtes des amphores de Bacchus, et corrigez ce sinistre mode de vivre et de boire; sinon, par
votre ivresse excessive, vous vous dirigerez vers la folie, la maladie, l'indigence et finalement serez
rôti avec le diable dans l'enfer. Vers. CCCV.
| LXXX. Recevez donc la DISCI- vers. 27. | LXXX. Pour cela soyez donc ins- |
PLINE par mes discours, et elle | truits par mes paroles, et qu'elles vous |
| vous sera profitable. | soient utiles. |
Par mes discours] Par ma Loi et ma Doctrine que je vous transmets et qui sont dextrement exposées,
de la source catholique tri-une, dans cet Amphithéâtre. Toi qui désires les fruits de la SAPIENCE,
plante dans ton coeur son arbre, qui est le Verbe et la Parole de DIEU, et alors il t'en donnera les
fruits.
Apprenez donc, ô mortels
LA SAPIENCE
ET
LXXXI. Aimez la JUSTI- Sap. 1. | LXXXI. Aimez la JUSTICE vous qui |
CE VOUS qui jugez la Terre. vers. 1. | jugez la Terre.
|
La Justice] Ce qui est juste et équitable, dans la Sacro-Sainte Ecriture, le Livre de la Nature et vos
consciences droites.
Vous qui jugez] Ecclésiastiquement, Politiquement et Scolastiquement.
Ici doit être insérée la figure du second grade.
-----------------
III. Rois. III, 3. Esaïe, LVI, 1.
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30 INTERPRETATIONS----------------------------------------------------------------------------------------
II
GRADE PROLOGETIQUE
SECOND EXPOSE
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| ou SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE,
|
| | DU GREC
|
(*1) LXXXII. Ecoutez, fils, la DIS- Prov. IV. | LXXXII. Ecoutez, fils la Discipline |
| CIPLINE du père, et soyez attentifs afin vers. 1. | du Père, et soyez attentifs afin de con-
|
| que vous sachiez la PRUDENCE. | naître l'Intelligence. |
Ecoutez, fils] Le sapient montre ici la voie légitime conduisant à la SAPIENCE et à l'obtention de ses
fruits, qui est d'être attentif à la Discipline du Père, par laquelle surtout sont corrigées les affections
vicieuses, afin de devenir capables de recevoir la lumière divine. Car, là où la chair est plus
domptée, l'Esprit est illuminé davantage. Entendre la Doctrine, et obéir en écoutant, et demander à
DIEU en obéissant la gubernation, c'est là le commencement de la vraie ILLUMINATION.
LXXXIII. Je vous accorderai un vers. 2. | LXXXIII. Parce que je vous donne |
| DON excellent; n'abandonnez pas ma | une Doctrine excellente, n'abandonnez |
| Loi. | pas ma Loi. |
Un DON
excellent] Ce don est vraiment excellent. Quel est-il donc? Le don souverain qui n'a point de
supérieur, le don catholique, Ter-tri-un, c'est-à-dire: l'Agnition, la Cognition, la Cognation, l'Union et
la Fruition de IEHOVAH, de la Créature et de la Nature et de vous-mêmes, à l'heureuse obtention desquelles
conduit notre Amphithéâtre. Mais comment cela? La SAPIENCE elle-même répond en disant:
N'abandonnez pas ma Loi. Comme si elle disait: ah! je vous en prie, vous, fils très chers, n'abandonnez
pas ma Loi; voici que, si vous restez fidèlement attachés à moi, si vous permanez dans ma
Loi, je vous accorderai mes Biens et mes Dons infinis, cachés dans mon VERBE, Bibliquement, Macro
et Micro-Cosmiquement transmis et écrit.
| (*2) LXXXIV. Ne rejette pas, mon fils, Prov. III, | LXXXIV. Ne rejette pas, mon Fils |
la DISCIPLINE DU SEIGNEUR et ne vers. 11. | la CORRECTION DE IEHOVAH, et ne te donne
|
| perds pas courage lorsque tu reçois de | pas à l'ennui à cause de mon incrépa- |
| lui la correption. | tion: |
Ne perds pas courage] Car toute affliction est la voix de DIEU pour la pénitence. Voy. ici le
Psaum. CXIX, 71 (vulg. CXVIII)
C'est un bien pour moi que tu m'aies humilié afin que je connaisse tes justifications.
Et IEHOVAH dit ces consolantes paroles, Psaum. L, 15 (vulg. XLIX)
Invoque-moi au jour de la tribulation
et je te délivrerai. Priez donc, en jeûnant, sans colère ni hésitation; sans emportement et sans
(*1) Le sapient admoneste et enseigne quelle est la Sapience, quel fruit on
en recueille et quelle est la voie à chercher pour persévérer.
(*2) La correction de DIEU doit être supportée avec joie. Hébr. XII, 5.
Apocal. III. 17.
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DU GRADE SECOND
31------------------------------------------------------------------------------------------------
vous irriter, ni vous croire abandonnés du conseil de DIEU ou injustement affligés (ô combien souvent
les plus pieux même, sont ainsi tentés! crois en ceux qui l'ont éprouvé) sans hésitation, en
croyant fermement que DIEU vous prêtera secours. Recevez donc comme un bienfait paternel, la
Discipline qui vous appelle à la pénitence et à la cognition de la Miséricorde Divine. Par l'affliction,
la foi sera confirmée, parce que nous nous sentirons secourus par DIEU. Quelles choses ne connaît
pas celui qui est tenté ? La Tribulation est l'Ecole pratique, et engendre l'expérience.
LXXXV. Car celui que le vers. 12. | LXXXV. Car celui que IEHOVAH aime, |
| SEIGNEUR aime, il le corrige et il se | reçoit de l'incrépation, et de même |
| complaît en lui comme un père en son | qu'un père la donne à son fils qu'il aime |
| fils. | extrêmement. |
Celui qui aime le SEIGNEUR, etc.] A ceci se rapporte le Psaume LXXIII en entier (vulg. LXXII) qui est
le Psaume d'Asaph. Lisez-le.
LXXXVI. Tiens la DISCIPLINE; Prov. IV, | LXXXVI. Appréhende la correction; |
| ne la quitte point; garde-la, parce vers. 13. | ne la quitte point; garde la parce qu'elle
|
| qu'elle est ta voie. | est ta vie, |
La DISCIPLINE] La Doctrine et la piété, qui sont utiles pour TOUTES CHOSES, c'est-à-dire la Crainte de
DIEU. La Vie] Qu'il corrige donc sa vie et marche dans les voies de la SAPIENCE, celui qui veut acquérir
la vie. Il est impossible sans la vie d'acquérir la vie. Le fruit de la Discipline est la vie; celui de la
LXXXVII. Achète la VERITE Prov. XXIII, | LXXXVII. Achète la VERITE et ne la |
| et ne vends pas la SAPIENCE, ni la vers. 23. | vends pas; achète la Sapience et l'Eru-
|
| DOCTRINE, ni l'INTELLIGENCE. | dition et l'Intelligence. |
Achète la VERITE] Donne ton temps et tes oeuvres, afin que, recevant la volonté du SEIGNEUR, tu te
pourvoies de la Vérité; et ne place pas au dessus de la SAPIENCE les futilités mensongères de certains
Païens non illuminés Divinement. Ce que signifie ne pas vendre la SAPIENCE, voy. vers. CCI.
Le monde
peut être déçu; toi tu veux être sapientement instruit. Et comment s'achète la Vérité? Nullement certes par
l'argent; mais par l'investigation pieuse, les prières assidues et les travaux infatigables, dans l'Oratoire
et le Laboratoire.
LXXXVIII. Sème (aussi) ta Ecclés. XI, | LXXXVIII. Sème ton grain dès le |
| semence le matin, et que ta main ne vers. 6. | matin, et que le soir tu ne fasses point
|
| cesse pas le soir. | reposer ta main. |
Sème le matin] De même que le ciel du Macro-Cosme, au matin et au soir, féconde la terre de sa
rosée et revivifie aussi le Micro-Cosme, ainsi, toi-même,
dès le matin répands la semence des pieuses
précations et des Louanges Divines au soir. Et de même que les anciens donnaient aux Muses l'Aurore
amie, offre-toi aux bons Anges dès l'Aurore amie. L'oraison vers DIEU est une très féconde semence;
la libéralité, le bienfait, l'aumône, une très fructueuse semence. Les oeuvres de Charité sont
une très heureuse semence; mais l'amendement de toute la vie est la meilleure des semences. Tu
sèmeras donc cette semence dans la fleur de la jeunesse jusqu'au soir de la vieillesse, jusqu'à ce que
s'ensuive la moisson de la vie éternelle.
LXXXIX. (Car) douce est la vers. 7. | LXXXIX. Douce vraiment est la LU- |
| LUMIERE et l'oeil est délecté à voir le | MIERE; joyeux est l'oeil de contempler |
| SOLEIL. | le Soleil, |
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32 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
La LUMIERE, etc.] DIEU est la LUMIERE souveraine, infiniment pure, immaculée. Le Christ est la vraie
LUMIERE, le SOLEIL de Justice; l'Esprit Saint est la LUMIERE et l'ECLAT de la SAPIENCE. La LUMIERE est un
(*1) Ange; la LUMIERE est la vérité, la vie et la joie; la LUMIERE est l'amict et le vêtement de DIEU. O combien
il est agréable d'admirer par les yeux de l'Ame et d'atteindre par l'Esprit cette Lumière éternelle,
infinie; de recevoir par la foi cette LUMIERE incréée et incarnée dans le Sauveur; de contempler
cette LUMIERE créée dans les Anges; de l'admirer, rayonnante dans la LUMIERE Micro-Cosmique de la
Nature et dans les Luminaires du Ciel; de l'exciter, luisante, dans l'âme du Micro-Cosme; de considérer
cet admirable URIM, dans la Bénite et Unique Pierre des Philosophes. Car douce est cette Lumière
et délectable; plus sereine que l'Aurore; plus belle que la Lune, plus splendide que le Soleil. Elle est
l'image de la fulgurante, resplendissante et glorieuse face du Sauveur et de l'éclatante blancheur de
ses vêtements. Car tu as été élue et choisie par moi, candide et rubiconde, toi à qui nos corps régénérés
et glorifiés seront complètement semblables, puisqu'ils resplendiront à l'égal des luminaires du
Ciel. O Douce Lumière et délectable aux yeux!
(*2) XC. Va à la fourmi, ô pares- Prov. VI, | XC. Va à la fourmi, paresseux; re- |
| seux et considère ses voies, et ap- vers. 6. | garde ses voies et sois sapient:
|
| prends la SAPIENCE. |
|
Va à la fourmi] Non-seulement à la fourmi, mais aussi à tous les animaux, quels qu'ils soient; car
en chacun d'eux tu verras luire une étincelle de la Sapience ou de la Prudence. Aventinus, dans les
Annales des Boiens ou anciens Germains et Gaulois, prouve par de prolixes histoires que la chasteté
conjugale de la CIGOGNE est très rigoureuse, tellement que si le mâle surprenait sa propre femelle en
adultère (si cette impudence avait lieu), il la déchirerait et la lacérerait avec les poussins conçus
par la mère dans l'adultère. Sur la fidélité des CHIENS il existe un phalecion qui ne manque pas d'élégance,
de Jacob Mycillus, dont le commencement est:
Entre tous les quadrupèdes, comme très fidèle, Entre tous les quadrupèdes, comme un plaisir, Entre tous les quadrupèdes, comme leur Roi, Le chien Est connu, vénéré et admiré, etc.
Voyez dans Plutarque, au livre de l'Industrie des Animaux un grand nombre d'exemples choisis, de
la fidélité du chien. Une idée de la fidélité, de la constance, du courage, de la grâce et de la douceur
du joli petit chien tendrement aimé de Jules César Scaliger nous est donnée par son épitaphe, dans
la première partie des poèmes de son Maître. Les exemples d'autres chiens ne manquent pas presque
partout où il vous plaira. L'ELEPHANT, le plus grand des animaux terrestres est docile, clément,
prudent, doué d'une excellente mémoire; φιλανθροπον, ami de l'homme, suivant Pline, liv. VIII de son
Histoire Naturelle, et
Juste Lipse, dans ses Lettres, suivant aussi le témoignage de l'expérience de chaque
jour; car des témoins oculaires et dignes de foi affirment qu'il a donné de notre temps des exemples
de magnanimité, à Anvers, à Lisbonne, et à Vienne. L'ALOUETTE est aussi renommée chez les savants,
à cause de la louange qu'elle adresse merveilleusement à DIEU et de l'action de grâces qu'elle lui rend
pour ses Dons et ses Biens; car il est reconnu que sept fois, elle vole en haut puis redescend avant
de prendre à terre un seul grain pour sa nourriture. N'est-ce pas là louer DIEU raisonnablement et lui
rendre grâces? Elles sont en cela beaucoup plus sapientes qu'un grand nombre d'hommes inhumains.
Qui a appris à l'hirondelle à se construire une maison avec tant d'art? Il y a sur la terre, dit
Agour, fils de Iakeh (Prov. XXX, vers. 24, etc.) quatre choses fort petites; et elles sont plus sapientes
que les hommes les plus sapients: les fourmis, ce peuple infime qui prépare sa nourriture pendant
la moisson, les petits lièvres, cette faible troupe qui établit sa demeure dans les rochers; la sauterelle
qui n'a pas de roi et qui marche par bandes; le lézard qui marche sur ses mains et vit dans le palais
du roi. Un vaste champ nous serait ouvert si nous voulions traiter des vestiges de la Sapience et de
la Prudence dans les différents animaux. Mais le peu qui a été dit (le plus qu'il a été possible ici) suffit.
J'ajouterai ici: Plutarque a connu ceci lorsqu'il a dit que les ζὼα ἄλογα ou brutes animales étaient λογικά
c'est-à-dire doués de raison: (sinon complètement, il eût pu dire qu'ils avaient au moins quelques
atomes ou étincelles de raison et de vertus) ce que Lactance également a établi et que de nos jours Guillaume
(*1) Psaum. CIV, vers 2.
(*2) Le paresseux est exhorté au travail et à l'étude et à l'investigation
de la Sapience.
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DU GRADE SECOND
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Onciacus a défendu en traitant par écrit des mystères des nombres. Et tous ont fort bien pensé que,
(et à mon sens également) puisque une étincelle de la Sapience Divine luit dans tous les animaux,
c'est-à-dire terrestres, aquatiques et volatiles, ils ne sont pas complètement irraisonnables, mais à un
degré bien inférieur aux hommes, car en ceux-ci la Sapience luit, de beaucoup plus abondante.
Je crains bien que, si le Créateur avait donné à quelques animaux (car tous les hommes ne sont pas
prudents et sapients au même degré) les avantages de la parole, cela seul suffirait à leur donner tout
ce qui leur manque. Mais le défaut de langage parlé est compensé par le langage des oeuvres et des
actes; que ceux qui l'ont expérimenté décident. Les Créatures gémissantes dont il est parlé, dans
S. Paul, Rom. VIII, 22, ne signifient pas autre chose. On objectera ces paroles du Psalmiste:
Ceux
en qui l'intellect n'est pas. L'objection est vraiment faible. N'a-t-on pas coutume d'en dire autant des
hommes véhéments, emportés et féroces qui pourtant, ne sont pas destitués de raison, DIEU est
admirable dans ses oeuvres; tout l'univers parle et témoigne de sa Bonté, de son Omnipotence, de sa
Sapience et les manifeste (tant particulièrement qu'universellement) de sorte que ceux qui observent
DIEU parlant macro-cosmiquement seront ceux qui le comprendront.
| XCI. Elle qui, bien qu'elle n'ait vers. 7. | XCI. Laquelle, bien que n'ayant ni |
ni chef, ni précepteur, ni prince, | chef, ni préfet, ni seigneur. |
Chef] Visible ou externe; car elle en a un interne qui est la Nature, préceptrice (qui ne l'enseigne
pas d'une manière insensée) très fidèle et sapiente.
XCII. Prépare en été sa nour- vers. 8. | XCII. Néanmoins, elle prépare en été |
| riture et amasse pendant la moisson ce | sa nourriture et amasse pendant la mois- |
| qu'elle mange. | son ses aliments. |
Prépare en été] Même par la fourmi il nous est sapientement enseigné que nous devons travailler.
Nous devons Théosophiquement Orer et Sapientement Laborer par tout ce qui nous appartient. C'est
pourquoi S. Paul, Ephés. IV, 28, enseigne que chacun travaille de ses mains à quelque bon ouvrage
afin qu'il ait ainsi quelque chose à donner à qui souffre de la nécessité. Ceci est la volonté de DIEU
qui exècre l'oisiveté parce que l'
oisiveté produit les vices. La paresse est le temple de Satan, selon Ezéchiel;
car entre les péchés de Sodome, il cite la paresse, dans le chap. XVI, 49, où on lit:
Ceci a été l'iniquité
de Sodome: l'orgueil, la saturation du pain et l'abondance, et la paresse d'elle et de ses filles; et elles n'ont
point tendu la main à l'indigent ni au pauvre. Et elles se sont élevées et ont commis des abominations; et je
les ai détruites comme vous l'avez vu. Souviens-toi que la paresse signifie ici cette oisiveté et cette apathie
honteuse qui rend le mal agréable; cette absence de vie et cette maladie hectique qui prive de
tous les biens et qui n'est ni honnête ni libérale; voyez plus loin à ce sujet le vers. CCV. La main doit
travailler avec habileté, comme l'enseignait parfaitement l'Antiquité vénérable; et elle le doit faire
en été, c'est-à-dire dans le temps opportun. Voy. vers. CLXX. Prends donc garde de ne pas remettre
au lendemain ou à un temps éloigné l'étude et les travaux de la SAPIENCE; aujourd'hui, aujourd'hui,
prie, apprends, observe, annote tout ce que l'Esprit de vérité te suggère Théosophiquement; aujourd'hui,
aujourd'hui travaille, prépare studieusement pour ton corps, ton esprit et ton âme la nourriture
de la SAPIENCE, de la Christiano-Kabbale, de la Physico-Magie et de la Physico-Chimie. Examine
avec soin la balance de la raison pour le négoce suprême tant que ne sera pas venu avec le soir le
labyrinthe duquel tu ne pourras pas sortir. Ne diffère donc point de suivre Celui qui t'avertit
sagement et de te livrer aux bons travaux (mentaux et manuels). <thue balde> c'est-à-dire: ce que tu veux faire et expérimenter, fais-le promptement. Car la vie esbrève, mais l'art est long.
| XCIII. Jusques à quand dormiras - vers 9. | XCIII. Jusques à quand dormiras-tu, |
| tu, paresseux; quand te lèveras - | paresseux? Quand surgiras-tu de ton |
tu de ton sommeil? | sommeil. |
De ton sommeil] Très pernicieux, non seulement de la paresse, mais aussi de la malice, de la
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+@
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34 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
dérision, de l'incrédulité, de l'ignorance et de la négligence, tant de la réputation que de la vie,
de l'âme et du corps. Prov. XX, 13,
N'aime pas le sommeil, de peur que la pauvreté ne t'opprime; ouvre
les yeux et rassasie-toi de pain.
XCIV. Tu dormiras on peu; tu vers. 10. | XCIV. En prenant un peu de som- |
| sommeilleras un peu; tu conjoindras | meil, un peu de repos, un peu de com- |
| un peu tes mains afin que tu dormes. | plication des mains, afin de dormir: |
Tu sommeilleras un peu] Ce peu a toujours coutume de s'accroître et de devenir immense, suivant
ces paroles:
L'erreur est petite au commencement, grande à la fin. Le paresseux, par ses retards, se dissipe
lui-même et dissipe les dons de DIEU.
(*1) XCV. Et ton indigence vien- vers. 11. | XCV. Et ton indigence viendra |
| dra comme un voyageur et ta pauvreté | comme un voyageur, et ta pauvreté |
comme un homme armé. Si vrai- | comme un homme armé d'un bouclier. |
| ment tu n'es pas paresseux ta moisson | (Le reste manque dans le texte grec). |
viendra comme une fontaine et l'indigence
fuira loin de toi.
Ton indigence et ta pauvreté] Non pas seulement de pain, mais plutôt de SAPIENCE, de Prudence et d'Intelligence,
tant dans les choses Naturelles, Artificielles, Mécaniques, etc., que Métaphysiques et Divines.
Ici se rapportent les Proverbes:
Qui récuse le travail récuse les honneurs. Honneur et peine se rencontrent.
Que celui qui veut connaître le profit connaisse d'abord la peine. De même, Prov. X, 4. La main relâchée
produit la pauvreté; mais la main des forts engendre les richesses. Et, ibid. XIV, 23. Dans toute oeuvre bonne
sera l'abondance; mais où l'on parle beaucoup l'indigence se verra souvent. Car nul fruit ne provient du
discours étendu. Les gens du peuple disent, en Germanie: <. Les bénédictions
ne suffisent pas. Que les mains soient mises en oeuvre au nom du Seigneur; et alors s'ensuivront
le profit et l'émolument.
Si tu n'es pas paresseux, etc.] Et ceci: Celui qui est debout et
infatigable reçoit beaucoup et souvent.
Que le Père de famille soit le premier hors du lit et le dernier
couché.
XCVI. Celui qui amasse dans Prov. X, | XCVI. Celui qui amasse dans l'été |
| la MOISSON; est un Fils sapient; mais vers. 5. | est un fils intelligent; mais celui qui
|
| celui qui se repose pendant l'ETE, un | dort dans la moisson est un enfant qui |
| enfant de confusion. | agit avec confusion. |
Dans la moisson] Dans l'occasion ou dans le temps opportun. Car
le front chevelu devient chauve dansla suite. Il faut remarquer cette parole de l'Empereur Ferdinand:
Souvent un jour donne ce qu'une année
entière ne suffit pas à donner en d'autres circonstances. Observe donc le Temps, le lieu, les personnes et
l'occasion dans les choses que tu dois accomplir; que chacun s'empresse de profiter de l'occasion qui
lui est offerte par DIEU de bien conduire une chose. S. Paul, suivant la même opinion, ordonne de
racheter le temps; Ephès. V, 16. C'est l'été, non seulement de l'année, mais aussi de la jeunesse de
toute la vie, de l'occasion, du temps, des amis, des précepteurs, des promotions, des biens du corps,
et de l'Ame et des décisions de la Fortune: Ton Génie ou ton Bon Esprit peut et veut; il peut et veut
parce qu'il t'incite, lorsque, mû en toi, tu perçois par lui le bien. Ce mouvement, cette impulsion
interne et externe est la vocation Divine, dans laquelle, selon la doctrine de l'Apôtre, on doit fidèlement
permaner, en Orant et Laborant. 1. Cor. VII, 20. Voy. vers. CLXX, CLXXVII.
XCVII. La femme insensée et Prov. IX, | XCVII. La femme insensée, qui fait |
| criarde et pleine de séductions et qui vers. 13. | du tumulte est simple et ne sait rien
|
| ne sait rien du tout, | du tout. |
(*1) Prie et travaille; DIEU donnera aussitôt.
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La femme insensée] La Sapience mondaine est cette femme insensée, qui, pour cette raison est appelée
insensée parce qu'elle n'est illuminée d'aucun rayon de la Céleste Sapience. Tout ce que le génie
de l'homme engendre sans l'illumination de l'Esprit Saint est la suprême folie; de cette folie s'ensuivent
les bruyantes, bourdonnantes et tumultueuses contentions; les questions, les subtilités, les
sophismes qui se résolvent enfin en vent et en fumée. Pourtant cette orgueilleuse mérétrice fardée et
vêtue d'un manteau de pourpre, par ses fraudes et ses séductions en leurre un grand nombre, et par
des titres spécieux pallie sa folie et par tous les degrés de la folie conduit insensiblement ses disciples
jusqu'à la larve suprême. Sur ceci, voy. plusieurs versets, CVII à CXVII.
XCVIII. S'assit à la porte de vers. 14. | XCVIII. Et s'assoit au seuil de sa |
sa maison, sur un siège, en un | maison sur un siège, dans les lieux |
| lieu élevé de la ville. | élevés de la ville. |
A la porte] De même que la porte de la Sapience est vraiment la crainte de DIEU et les prières assidues,
ainsi la porte de la maison de la folie est l'ignorance de DIEU et la fantaisie particulière de
chacun, qui s'attache aux bagatelles et aux jeux de mots, et se montre elle-même fastueusement. Et
de même que les vestibules de la maison sont toujours beaux et splendides, de même la porte de la
folie est ornée de grandes ampoules de paroles oiseuses.
En un lieu élevé, etc.] Quoique hormis le fard
et l'attrait des vaines paroles, la Sapience mondaine ne possède que le néant, elle se montre néanmoins,
assise au lieu élevé de la cité, c'est-à-dire qu'elle se concilie l'Opinion des Sapients, ravit les
hommes d'admiration pour elle, et est adorée de tous comme une Divinité, tandis que la vraie Sapience
est opprimée et chassée; de même que les Scribes, les Pharisiens et les Grands-Prêtres s'asseyaient
au lieu élevé, c'est-à-dire jouissaient de la complète autorité tandis que le Christ, notre
Sauveur, qui est la Sapience vraie, était abaissé et méprisé.
XCIX. Afin qu'elle appelât ceux vers. 15. | XCIX. Afin qu'elle appelle ceux qui |
| qui passent sur le chemin et poursui- | passent sur le chemin, et qui se diri- |
| vent leur itinéraire. | gent dans leurs sentiers, disant: |
Ceux qui passent sur le chemin] Beaucoup sont attirés aux sentiers de la folie, par les vains titres, les
honneurs, les récompenses, la louange de l'érudition, et acquiescent à cette molle et verbeuse philosophie,
et restent ignares de la vraie Sapience qui doit être cherchée et acquise par une voie toute
différente et bien éloignée. C'est cette dernière que notre Roi très sapient nous montre dans le livre
de la Sapience. Ah! vous qui passez par la voie de cette très brève et très misérable vie, apprenez
à vous diriger prudemment et pieusement dans vos sentiers, afin que vous soyez conduits à la porte,
et à la porte de la Sapience Eternelle.
| C. Qui est enfant se détourne vers vers. 16. | C. Quiconque est simple se détourne |
moi; et elle a parlé aux pervers. | ici; et elle a dit à celui qui manque de |
| | coeur: |
Elle a parlé aux pervers] L'insensé, le pervers et le fou est celui qui se laisse tromper par la
Sapience mondaine qui leurre les simples par des honneurs, des voluptés et des richesses qui s'enfuient
et s'évanouissent en fumée. Les Fils de la Sapience cherchent les honneurs par l'humilité, les
voluptés par la sobriété, les richesses par la bénignité, la joie par les larmes, la science par l'expérience
dans l'Oratoire et le Laboratoire.
CI. Les eaux furtives sont plus vers. 17. | CI. Les eaux dérobées sont douces, et |
douces, et le pain caché est suave. | le pain caché est suave. |
Les eaux furtives] Toutes les Sciences non divinement et non Divino-Magiquement et Christiano-
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36 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Cabalistiquement acquises par les prières et les larmes sont les eaux furtives, qui ne sont pas divinement
données; c'est pourquoi elles ne sont pas des dons parfaits, révélés par le père des lumières;
donc elles sont trompeuses, fausses et d'aucun profit. Elles sont douces parce qu'elles sont acquises
sans mortification de la chair, sans vraie pénitence, sans vraie crainte de DIEU; c'est pourquoi elles
sont douces selon la chair.
Le pain caché] furtivement acquis, n'est pas le pain de Sapience et de
vie, dont se nourrit l'âme; mais c'est le pain de la volupté mondaine, des oeuvres et des honneurs
futiles; c'est pourquoi il est suave pour la chair, mais mortel pour l'âme.
| (*1) CII. Et il a ignoré que les géants sont vers. 18. | CII. Et il ne sait pas, le simple, que les |
là et que ses conviés sont dans | morts sont là, et que ceux invités par |
| les profondeurs de l'enfer. | elle sont dans les profondeurs de l'enfer. |
| Car celui qui s'en approche descend (Extrait des | |
| aux enfers, et celui qui s'éloigne d'elle Septante) | |
| est sauve. |
|
Dans les profondeurs de l'enfer] Ceci est la fin de la Sapience mondaine immonde, vers laquelle se dirigent
aussi tous ceux qui en sont imbus, enflés et gonflés. Ici leur splendeur sera convertie en ténèbres,
leur luxe en misère, leurs voluptés en crucifiement, leur joie en lamentation, leurs honneurs
en ignominie, leurs richesses en fétidité abominable. Car celui qui, dans cette vie, n'est pas le domicile
de la SAPIENCE Eternelle, de la Lumière Divine et de l'Esprit Saint, sera l'habitacle des ténèbres,
de l'horreur infernale des esprits mauvais; parce qu'il a cherché la Lumière dans les Ténèbres et
qu'il a demandé la Vérité au mensonge.
O Eternelle Vérité conduis-nous; Eternelle Voie, dirige-nous;
Eternelle Vie, vivifie-nous; Eternelle Lumière, illumine-nous: Eternel Salut, sauve-Nous, de peur que notre
festin ne soit dans les profondeurs de l'enfer, mais que nous nous asseyions au contraire au plus haut des
cieux, à la table de la Sapience Eternelle, pour être rassasiés dans l'éternité de l'aspect de Dieu.
CIII. (O) mon fils, garde mes Prov. VII, | CIII. O mon fils, garde mes discours |
discours et cache en toi mes pré- vers. 1. | et cache auprès de toi mes préceptes.
|
| ceptes. |
|
| Mon fils, honore le SEIGNEUR et tu (Des Septante) | |
| aura l'autorité et la force, car ensuite |
|
| tu ne craindras rien. |
|
Mon Fils] Que DIEU te convertisse au mieux, toi qui, par une arrogance ignoble et mondaine, méprises
les admonitions du Sapient ainsi que les miennes, paternelles et fraternelles.
Cache en toi mes
préceptes] Nombreux et presque incalculables sont les impédiments que les esprits malins et imposteurs
opposent au génie humain, et par lesquels ils obstruent la voie qui mène à la salutaire conversion
et illumination. Quel est, je t'en prie, le nombre des séductions du Monde? et le nombre des
voluptés, par lesquels, comme avec de la glu sont retenus les coeurs des mortels, comme chante le
Poète:
Votre flatterie est une véritable glu. Et de même que ceux qui usent d'opium s'endorment, de
même, par l'opium du styx et de l'enfer, les âmes des mortels tombent dans le sommeil du lethé et
dans l'oubli profond des choses Célestes. C'est pourquoi le Sapient avertit ici, afin que le fils de la
Théosophie cache ses préceptes dans les plus secrètes parties de son coeur, et qu'il garde mémoire
de son joug fidèle. Car si les vivants discours de DIEU sont oblitérés dans la poitrine humaine,
l'Esprit d'Illumination et de Sapience s'éloigne, et alors succède l'esprit de ténèbres et de folie.
| (*2) CIV. Conserve mes MANDEMENTS vers. 2. | CIV. Garde mes Préceptes et tu vi- |
et tu vivras; et ma LOI comme | vras, et ma Loi comme la pupille de tes |
| la pupille de ton oeil. | yeux. |
Et tu vivras] Parce qu'ils sont la vie de ceux qui les trouvent. Voy. vers. XXVII. O très glorieuse
sentence pleine de Sapience! Car de même que la pupille est le siège des rayons visuels et de la
(*1) Exhortation à la Sapience et à l'observation des préceptes.
(*2) Il exhorte à la contemplation du VERBE de DIEU afin que nous soyons
sauvés de la souillure de l'Esprit et du Corps.
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lumière visuelle, de même, les préceptes de DIEU sont la lumière et les rayons lumineux dans les
esprits des hommes.
CV. Lie-la à tes doigts; écris - vers. 3. | CV. Attache-la à tes doigts; écris-la |
la sur les tables de ton coeur. | sur la table de ton coeur. |
Lie-la à tes doigts] Comme en anneau de souvenir. C'est l'ANNEAU des Théosophes, de l'assistance
de l'Esprit du Bien.
Lie sans cesse mes préceptes dans ton coeur et attache-les autour de ta gorge. Prov. VI,
21.
Et ces paroles que je te donne aujourd'hui seront dans ton coeur; et tu les narreras à tes fils et tu les
méditeras assis dans ta maison et marchant dans le chemin en dormant comme en veillant; et tu les lieras
comme un signe dans ta main; elles seront et se mouveront entre tes yeux; et tu les écriras au seuil et à la
porte de ta maison. Deuter. VI, 6. Tout ceci, sache-le, a été écrit pour nous servir de doctrine. C'est
pourquoi, ici apprends-la.
Sur les tables de ton coeur; Ce vertueux PENTACLE de Salomon (non celui des
Nécromanciens ou Cacomages, qui est fantastique et blasphématoire) qui doit être suspendu au cou
de ton esprit. Voy. la figure quatrième de cet Amphithéâtre.
CVI. Dis à la SAPIENCE; tu es vers. 4. | CVI. Dis à la SAPIENCE: Tu es ma |
| ma soeur; et appelle la PRUDENCE ton | soeur; et appelle l'INTELLIGENCE, ton al- |
| amie. | liée; |
Dis à la SAPIENCE, etc.] DIEU bon, qu'est ceci? Dire à la SAPIENCE Eternelle; tu es MA SOEUR, et
appeler la PRUDENCE DE DIEU mon Amie! Oserais-je cela, moi mortel? Que ferai-je? J'obtempérerai
sapientement au Sapient; désirant du plus profond de mon coeur, par la stimulation du mouvement
de la SAPIENCE elle-même, versant, à cause de la joie interne, les larmes pénitentielles, matière
primordiale de la Régénération, je dis et je dirai toujours à la SAPIENCE de IEHOVAH; sois mon amie,
formosa mea, ma colombe! Je te choisis, ô toi il qui je m'adresse parce que toi seule me plais! Viens
dans le jardin de mon Ame! Viens, viens, viens, mon coeur! mes délices!
O Hhochmahel! ô Benahél!
ô très fructueux avènement de la SAPIENCE vraie en nous! J'aime beaucoup le mot que le Philosophe
Socrates, Athénien, portait sculpté dans son sceau:
La Sapience de l'homme est son amie; sa folie est
son ennemie. Quoi de plus semblable, je t'en prie, aux paroles du passage cité de notre Sapient, si
nous l'entendons pieusement et Chrétiennement de la SAPIENCE Eternelle, seule vraie? JESUS-CHRIST,
θεαυθρωπος, (qui est la SAPIENCE de DIEU faite chair à cause de nous? est vraiment un ami, et même
un frère très suave, qui pénètre les choses incertaines. En cet Archétype, l'imitant fidèlement,
connaissons, essayons et impétrons TOUTES CHOSES, Christiano-Kabbalistiquement, et Physico-Magiquement,
Théosophiquement. Par la SAPIENCE sont conservés ceux, quels qu'ils soient, qui ont plu
au SEIGNEUR dès le principe, vers. CCLXX, Voy. ch. X en entier du Livre de la Sapience. Ensuite:
Tu as dit, ô le meilleur des frères; S. Matth. VIII, 20.
Les renards ont des repaires et les oiseaux du ciel
ont des nids, et le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. En moi, je t'en conjure, incline la tête: je me
découvre tout à toi, je suis tout à toi; non plus pour que tu te reposes, mais qu'à cause de toi, pour
le Corps, l'Esprit et l'Ame, soit à moi le repos éternel. Saint Augustin concorde avec nos paroles dans
ses méditations, chap. VII et VIII, où il dit:
Je t'aime, mon DIEU, d'un très grand amour; mais je désire
t'aimer davantage; donne moi donc de t'aimer toujours autant que je le veux, autant que je le dois, afin que
tu sois ma seule intention et toute ma méditation; de te méditer chaque jour sans cesse, de te connaître dans le
sommeil de la nuit; fais que mon Esprit parle avec toi, que mon Ame s'entretienne avec toi; que mon coeur soit
illustré de la lumière de ta Sainte Vision, afin que, toi étant mon ducteur, mon recteur, je marche de vertu en
vertu, et que je te voie enfin, o DIEU des Dieux dans Sion, non pas comme dans un Miroir, au travers des mystères
et des énigmes, mais alors vraiment face à face. Amen. Approfondis ce que je veux, fils de la Doctrine.
CVII. Afin qu'elle te garde de vers. 5. | CVII. Afin qu'elle te garde de la |
| la femme étrangère et de la femme in- | femme indigne, de l'étrangère qui adou- |
| digne qui rend ses paroles douces. | cit ses discours. |
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38 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
De la femme étrangère] Dont il est dit, vers. CXVII. La fornication avec elle conduit à la perte éternelle:
car elle a du miel dans la bouche et du poison arsénieux (rongeant les parties secrètes) dans
le coeur.
CVIII. Que ton esprit ne soit pas Ibid. | CVIII. Ne détourne pas ton coeur vers |
| entraîné dans les voies de celle-ci, et vers. 25. | ses voies, et que tu n'erres pas dans ses
|
| que tu ne t'oublies pas dans ses sentiers. | sentiers. |
Que ton esprit ne soit pas entraîné] La Sapience mondaine est une mérétrice, puisque par ses attraits
charnels, par le faste, l'arrogance, l'orgueil, les voluptés, les honneurs, les richesses, elle attire les
esprits des hommes; toutefois l'Ame humaine n'est pas illuminée par toutes ces choses, mais au
contraire couverte de ténèbres, corrompue et souillée. Ses sentiers sont des sentiers de déception qui
ne conduisent pas à la véritable fin des hommes, à la vraie et éternelle Sapience, mais à la mort et à
la confusion. La Divine Sapience est une vierge qui ne se joint pas, ne se marie pas et ne copule
pas avec les âmes impures, mais avec celles qui sont imbues de la crainte de DIEU et qu'elle illumine
par sa pureté, et qu'elle conduit à la source de la SAPIENCE et à la primordiale lumière, Jésus-Christ,
dont elle est l'épouse. Voyez ci-dessous, vers. CXVIII.
CIX. Car elle en a abattu plu- vers. 26. | CIX. Car elle en a fait choir plusieurs, |
| sieurs, blessés, et les plus forts ont été | blessés, et tous les forts, tués d'elle. |
| mis à mort par elle. |
|
Elle en a abattu plusieurs, blessés] Beaucoup de ceux qui auront couché avec cette mérétrice, hommes
dont le naturel, en d'autres circonstances, n'était pourtant pas mauvais, sont gravement infectés de
son venin subtil comme d'une contagion épidémique, de sorte qu'à grand peine ils éprouvent dans
l'agonie de la mort quelque adoucissement à leurs maux; beaucoup, parmi les plus forts, c'est-à-dire
ceux qui (au regard de leurs semblables) passent pour doctes et très sapients (bien qu'ils soient
pourtant très insensés) par les ténèbres de cette Sapience si insensée, sont blessés mortellement et,
jetés à terre, expirent misérablement (les exemples en sont innombrables et faciles à trouver) et
périssent dans leurs vanités, et, dis-je, restent gisants, ensevelis dans l'abîme des ténèbres. Apprends,
ô fils, par l'exemple des autres.
Car heureux celui que l'expérience d'autrui rend prévoyant.
CX. Voies de l'enfer, sa mai- vers. 27. | CX. Voies de l'enfer, sa maison, des- |
| son, pénétrant aux parties intérieures | cendant au chevet de la mort. |
| de la mort. |
|
Voies de l'Enfer] Qui conduisent à l'endroit d'où elles viennent. Les voies de la Sapience Divine sont
droites, et conduisent aux demeures célestes et éternelles, pénètrent aux parties secrètes de la Vie;
les voies de l'impiété sont les voies qui conduisent à l'enfer, aux acerbités intérieures de la mort.
La fin de la Sapience Vraie et Divine est la vie; celle de la fausse et mondaine est la mort. Car cette
astuce serpentine a introduit la mort dans le monde: La Divine Sapience (incarnée, qui est le fils de
DIEU) a vraiment donné la vie au monde.
(*1) CXI. Si la SAPIENCE pénètre ton Prov. II, | CXI. Quand la SAPIENCE aura péné- |
coeur et la SCIENCE plaît à ton âme. vers. 10. | tré ton coeur et que la cognition sera
|
| | douce à ton âme, |
Si la SAPIENCE
pénètre] Si ton coeur goûte le nectar de la SAPIENCE.
Plaît à ton âme] de sorte que tu
décides de te l'adjoindre pour l'usage et l'habitude de ta vie, vers. CCCVII, et de lui dire de tout ton
coeur, tu es ma soeur, et d'appeler la PRUDENCE ton amie, vers. CVI, et de te l'adjoindre pour épouse,
(*1) La SAPIENCE délivre de la voie des impies, de la débauche et des
Sophistes, et dirige dans la bonne voie.
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DU GRADE SECOND
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vers. CXLVI, et de dormir avec elle, vers. CCXXXVI O combien de douceur pour ceux qui t'aiment,
Seigneur!
CXII. Le Conseil te gardera, vers. 11. | CXII. La cogitation te gardera et |
| et la Prudence te servira, | l'Intelligence te conservera, |
Le conseil te gardera] Non humain, mais Divin, que IEHOVAH a envoyé du plus haut des cieux. Que
les pas de ton âme ne heurtent pas contre la pierre des déceptions et des erreurs. Et ainsi seront
corrigées les voies des hommes sur la terre, et ils apprendront les salutaires conseils de la vie et des
actions.
| CXIII. Afin que tu sois délivré vers. 12. | CXIII. Afin qu'elle te délivre de la |
de la voie mauvaise, et de | voie mauvaise et de l'homme parlant de |
l'homme qui dit des choses per- | choses perverses: |
| verses: |
|
De la voie mauvaise] C'est-à-dire du dogme de la Sapience mondaine ou séculière; puisque cette
Philosophie est complètement destituée de la lumière de la Vérité, elle n'est donc qu'une folie toute
sophistique et insensée aux yeux de DIEU, comme l'atteste S. Paul, I. Cor. I, 20. C'est pourquoi il dit
aux Coloss. II, 8:
Prenez garde que personne ne vous déçoive par la Philosophie et par des raisonnements
vains et fallacieux, selon une tradition humaine, ou selon les éléments du monde et non selon le Christ. C'est-
à-dire par la Philosophie qui manque du souffle de DIEU et de l'illustration Divine, et qui s'appuie
sur sa propre prudence fantastique et mondaine, et non sur la lumière de la vérité, Divinement
écrite, transmise et manifestée dans les Livres de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de la
Conscience.
Qui dit des choses perverses] De toute manière possible. Qu'il soit Diabologue ou Juge pervers,
ou Cacomédecin ou Pseudo-Physicien ou Sophiste, ou tout autre, substituant à la Droiture
l'ombre vaine et fausse de la vérité. De telle sorte que dans toute espèce d'état (ce dont se plaignent
tous les vrais amants de la Justice) quoique ceux qui tiennent aujourd'hui le gouvernement des
choses dirigeables soient considérés comme sapients, il n'est presque pas assuré que la Doctrine de
la SAPIENCE soit purement professée. Tant a de force la fumée de la malice! Car si ceux-ci se donnent
tout entiers à la VERITE (engendrée des Dieux) ils sont appelés insanes, ignares, irréligieux, voir
même hérétiques; ils sont pris en haine; ils mettent même leur tête en péril, subissent des outrages
et sont privés souvent de l'usage de la lumière. C'est la récompense des amateurs de la SAPIENCE, dans
ce monde immonde. Comme la SAPIENCE incarnée qui est la tête, est injurieusement attaquée, nous-
mêmes qui sommes les membres, nous supportons les tourments. Car c'est la souveraine félicité,
pour les Meilleurs, de souffrir par les plus mauvais. O temps! ô moeurs! que DIEU donne à ceux-ci
l'appui et la fin. Amen, répond tout amateur de la Théo-Sophie.
| CXIV. Qui laissent le chemin droit vers. 13. | CXIV. Qui délaissent les sen- |
| et marchent par les voies ténébreuses, | tiers étroits, et marchent par les voies |
| | ténébreuses. |
Qui délaissent] C'est-à-dire ceux qui délaissent les vrais sentiers de la SAPIENCE; et que la SAPIENCE abandonne
à son tour, et qu'elle livre aux sens réprouvés, par la plus parfaite équité (S. Paul, Rom., I, 28
et suiv.), de sorte qu'ils marchent dans les voies ténébreuses, et font des actions indignes, sont remplis
de toute injustice (pèse ces paroles, je t'en prie, toi qui juges la Terre, Ecclésiastiquement, Politiquement
et Scolastiquement, vers. LXV et suiv.) d'impudicité, de malice, d'avarice; ils sont pleins d'envie, de
meurtres, de contentions, de dols; ils sont corrompus dans leurs moeurs, dénonciateurs, calomniateurs,
ennemis de DIEU, coutumélieux, orgueilleux, glorieux, excogitateurs de maux, insoumis à leurs
parents, dénués d'intelligence, non fidèles dans les pactes, étrangers à l'affection de charité; infidèles,
immiséricordieux. Que celui qui a la volonté et se réjouit de s'appeler et d'être fils de la SAPIENCE vraie,
examine ses actes et ses faits et approche sa Conscience de cette pierre de touche (de quelque ordre,
7
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40 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
état ou faculté qu'il soit). Ces SIGNATURES nous démontrent avec la plus parfaite évidence que ceux qui
sont tels qu'on les a décrits plus haut ne peuvent rien savoir ni opiner de ferme, de solide et de droit;
puisque lorsqu'ils opinent ils sont toujours en contestation et en dispute, et ne parviennent jamais à la
fin de la vérité.
Car en disputant trop, la vérité s'enfuit, suivant les proverbes de Publius Clodius ou
Varron.
CXV. Qui se réjouissent lors vers. 14. | CXV. Qui se réjouissent de faire le |
qu'ils ont mal fait et exultent dans | mal, exultent dans les perversités du |
| les choses pessimes: | mal. |
Lorsqu'ils ont mal fait] Lorsqu'ils ont habilement et très frauduleusement substitué le faux au vrai,
l'inique à l'équitable, le néfaste au juste; auprès desquels le Droit et la Justice, la Vérité et la Conscience
ne sont rien sinon un vain et public objet de trafic, et auprès du vulgaire ignorant et profane
qui estime peu selon la vérité et beaucoup selon l'opinion, la recherche de la gloire. Qu'ils périssent,
ceux qui, du blanc se tournent vers le noir.
Dans les choses pessimes] Malheur à ceux-ci; parce qu'ils
commettent ce qui ne sera pas facilement remis: le péché contre la Conscience.
CXVI. Dont les voies sont per- vers. 15. | CXVI. Dont les sentiers sont pervers, |
| verses, et leurs démarches infâmes. | et qui sont pervers dans leurs voies. |
Les voies sont perverses] Ah! comment ne seraient-elles pas perverses? Lorsque les larves très pernicieuses
de l'orgueil, des sophismes, des mensonges, des litigieuses raisons, des conclusioncules, des
déceptions et des faussetés sont malicieusement préférées et de beaucoup, à la face splendide de la vérité.
A cause de quoi leurs démarches sont vraiment infâmes.
| (*1) CXVII. Afin que tu sois arraché vers. 16. | CXVIII. Afin qu'elle t'arrache, dis-je |
et à la femme indigne et à | à la femme étrangère, à l'indigne qui |
l'étrangère qui adoucit ses ser- | adoucit ses discours. |
| mons. |
|
A la femme indigne] Le Sapient ne traite pas ici seulement de la souillure charnelle, mais aussi de
celle des sens, de la raison et de l'âme, comme il est évident au verset CVIII. Car de même que les colloques
pervers corrompent les bonnes moeurs, de même les dogmes faux corrompent les bons esprits.
La Sapience mondaine, astucieuse, vaine, orgueilleuse, litigieusement disputatoire, ampoulée, proférant
dans un bavardage de vaines paroles, des sons vides de sens, et par les prestiges de la dialectique
(je distingue, ami Lecteur entre le véritable usage et l'abus) et par les ambages des sophistes tendant
les rets de la séduction, est précisément cette femme séductrice, flatteuse et indigne (Prov. VII) et cette
femme étrangère, folle et verbeuse qui, par un titre très mensonger, se fait diaboliquement passer auprès
des fous pour la SAPIENCE vraie, tandis que, suivant S. Paul, il n'y a pas de plus parfaite folie aux yeux de
DIEU que la sapience terrestre, que doit désapprendre celui qui vraiment désire savoir. Dans les oeuvres
philosophiques de Louis Vivès, écoutez le vieux Philosophe (qu'il faut regarder comme un maître en
son art) possédant l'autorité de la Doctrine et de l'expérience: Ce que, dans ma jeunesse, dit-il, j'ai cru
sublime et élevé et ce que j'ai pris pour des trésors en Philosophie, je vois, maintenant que je suis
converti et vieux, que ce ne sont que des excréments et autant d'impédiments à la vie pieuse et aux
études nécessaires. C'est cela même. Car les Saints Pères, S. Jérôme, S. Ambroise, S. Augustin,
S. Cyprien, S. Hilaire, S. Basile, S. Cyrille, Tertullien, Bernhard, Prudence, Isidore, et beaucoup
d'autres hommes pieux et doctes (dont je pourrais si j'en avais le temps et le lieu, dresser un prolixe
catalogue, leurs écrits l'attestant abondamment) ne se sont pas peu repentie des peines qu'ils avaient
dépensées autrefois en traitant de la Philosophie séculière, toujours disputatoire, païenne, terrestre;
et tous, après de nombreux et pénibles travaux pour elle, conviennent enfin en eux-mêmes qu'elle
est le fléau, la peste de la vérité, de la science solide, de la Loi de DIEU et de la Religion du Christ.
(*1) La souillure, tant de la raison et de l'âme que du corps, doit être
évitée.
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DU GRADE SECOND
41------------------------------------------------------------------------------------------------
Fuyez donc, fuyez ô adolescents, la mérétrice; et à l'exemple de l'Empereur Maximilien Ier écoutez
ceux qui philosophent Païennement ou profanement comme des grenouilles et non comme des rossignols.
Que celui qui peut comprendre comprenne (si le diable ne l'en empêche) et se corrige.
A l'étrangère] La pérégrine Grecque qui n'est pas approuvée dans son mensonge, par le témoignage interne
de l'Esprit-Saint. La raison en vient de ce que la Sapience ne s'acquiert pas par les paroles enjolivées
et fardées de la Rhétorique, ni par les tortuosités des syllogismes par lesquels cette Etrangère
attire les enfants et les insouciants à son amour (hélas! honteux et indigne !) mais par la Lumière de
l'âme Divinement éclairée, tombant (Enthousiastiquement) sur l'intellect et mettant en mouvement la
libre volonté de croire; ce qui est la plus noble voie pour savoir toutes choses.
Qui adoucit ses sermons]
Dialectiquement, Rhétoriquement. Sénèque nous dit:
L'oraison flatteuse est un poison très doux. Qui y
ajoute facilement foi sera facilement trompé. Cicéron dit également avec grande justesse: Les forces et le
nerf de la Sapience sont de ne pas facilement croire. Et Euripides: Rien n'est meilleur et plus utile au juge
que la défiance des hommes. Apprenez donc, ô mortels, qui êtes tant et si souvent avertis, à vous garder
d'imiter l'erreur de ceux qui sont errants, par suite de l'ardeur de leur jeunesse et de leur ignorance
plutôt que la pénitence de ceux qui, par l'age sont devenus plus sapients.
CXVIII. Et abandonne le guide vers. 17. | CXVIII. Qui déserte le guide de son |
de sa puberté et a oublié son | adolescence et a oublié son pacte de DIEU. |
| pacte de DIEU. |
|
La fin de sa puberté] C'est-à-dire DIEU lui-même; qui, par sa SAPIENCE, dans le Grand-Livre de la
Nature, dans la Loi (dans le Micro et le Macrocosme) Divinement transmise, dans son Verbe écrit,
depuis le commencement du monde l'a détournée de la malice et invitée à suivre la voie Royale de
la VERITE, et l'appelle et l'invite encore aujourd'hui.
Son pacte de DIEU,
etc.] A l'exemple de son Père,
c'est-à-dire du diable qui n'a pas persévéré dans la vérité. S. Jean, VIII, 44, et dont elle est la fille
très obéissante. Tous ceux qui se joignent et se conjoignent à elle en mariage, oublient complètement
leur pacte avec DIEU, et se constituent enfants du diable, et ont pour parent l'ennemi de DIEU, de la
Créature, de la Nature et de tout le genre humain. < ! Une honnête compagnie!
Afin que tu te tiennes sur tes gardes, je t'en avertis, ami.
CXIX. Car sa maison est incli- vers. 18. | CXIX. Parce qu'elle a incliné sa |
| née vers la mort, et ses sentiers aux | maison vers la mort, et que ses sentiers |
| enfers. | conduisent aux morts. |
Et inclinée] Sa doctrine conduit à la ruine du Corps, de l'Esprit et de l'Ame, dans cette vie et dans
l'éternité; mais la Loi du Sapient est une source de vie pour que tu évites la ruine de la mort. Prov.
XIII, 14.
CXX. Tous ceux qui entrent vers. 19. | CXX. Tous ceux qui entrent vers elle, |
| vers elle ne retourneront point ni ne | ne retourneront point ni ne prendront |
rentreront dans les sentiers de | les sentiers de la vie. |
| la vie. |
|
Qui entrent] Qui en enseignant et travaillant s'approchent d'elle, se délectent d'elle, s'associent à elle
l'embrassent et la suivent; ceux qui boivent à sa coupe, ce qui advient fréquemment parmi les hommes,
lorsqu'ils sont charmés, enivrés par le breuvage de Circé, sont transformés en bêtes féroces et en
porcs immondes.
Les sentiers de la vie] Ils sont au nombre de DIX que tu verras dans la seconde figure
de cet Amphithéâtre. Celui qui, revêtu Théosophiquement de ces dix vêtements de la Régénération
marche en eux, est UNI AVEC DIEU; ils ont heureusement conduit à la source de vie, à l'Océan de
SAPIENCE les Mages Kabbalistes venant (selon le verset CLXX) d'Orient, par l'étoile éclatante de la
SAPIENCE qui s'était levée Micro et Macrocosmiquement.
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42 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
(*1) CXXI. Afin que tu marches vers. 20. | CXXI. Afin que tu marches, dis-je, |
dans la bonne voie et que tu | par la voie des bons, et que tu gardes les |
| gardes les chemins des justes. | sentiers des justes. |
Afin que tu marches dans la bonne voie] La bonne voie est la voie de la Sapience, de la justice, de
la sanctification, de la rédemption, de la vérité, de la vie. S. Paul, I. Cor. I, 30. Et les voies universelles
du Seigneur sont miséricorde et vérité. Psaum. XXV, 10 (Vulg. XXIV). La bonne voie est la voie
de l'humilité, de la mansuétude, de la constance, de la taciturnité, de la foi, de la charité, de l'espérance,
de la patience. Selon S. Jean, VIII, 31, la SAPIENCE incarnée disait à ceux qui, Juifs, croyaient
en lui:
Si vous demeurez dans ma parole, vous serez véritablement mes disciples, et vous connaîtrez la vérité
et la vérité vous libérera. C'est pourquoi, reste, je te le conseille, dans la parole de la SAPIENCE, afin que
tu sois disciple de la SAPIENCE, préceptrice très fidèle et qui ne sait pas tromper; afin que tu connaisses
TOUTE VERITE; que tu avances, Kabbaliste, Mage, Physico-Chimiste, dans la bonne voie, tant dans les
choses Physiques et Hyperphysiques que Divines, et que, par le dogme de vérité tu sois libéré de
l'erreur et de la déviation.
Les chemins des justes] sont les exemples de vertus, de piété, et principalement
l'imitation de la vie du Christ, notre Sauveur. C'est pourquoi l'Apôtre dit: I Cor. XI, 1:
Soyez
mes imitateurs comme je le suis du Christ. C'est par cette voie qu'il faut s'exciter dans l'Oratoire et le
Laboratoire. De plus, cette voie t'est montrée synoptiquement dans cet Amphithéâtre et dans ce
Prologue, par ces sept grades, qui nous conduisent au Sanctuaire de la Sapience Eternelle, seule
vraie.
CXXII. Pourquoi es-tu séduit, Prov. V, | CXXII. Pourquoi te délectes-tu, mon |
| mon fils, par une indigne, et restes-tu vers. 20. | avec une autre, et embrasses-tu le
|
| dans le sein d'une autre? | sein de l'étrangère, |
Pourquoi es-tu séduit] La Divine Sapience doit être aimée et embrassée comme une épouse. Car le
Roi Sapientissime avait décidé de se fiancer avec elle. Et certes, Elle s'unit volontiers en mariage avec
nos âmes. Et c'est aussi pour cette raison que la SAPIENCE DE DIEU Incarnée a, par incarnation, contracté
mariage avec le genre humain. Vois combien intimement s'est conjointe avec toi la Sapience de DIEU,
comment elle s'est fait elle-même un domicile de la nature humaine, pour qu'elle pût l'habiter dans
toute la plénitude de la Déité. Ah! pourquoi te jettes-tu dans le sein de la mérétrice (la sapience
mondaine immonde) tandis que la Vierge céleste, pure, chaste, intacte, pleine de grâces, de dons,
de bienfaits et d'immortalité a commencé depuis longtemps à dépérir en toi. Il est donc nécessaire,
par l'amour Divin de choisir et d'épouser cette vierge. Tandis que c'est l'amour du monde qui entoure
et allèche cette mérétrice, la sapience mondaine et vaine, qui est indulgente pour les plus honteuses
passions.
| CXXIII. Le SEIGNEUR regarde atten- vers. 21. | CXXIII. Quand devant les yeux de |
tivement les voies de l'homme | IEHOVAH sont les voies de l'homme (vir) |
(homo) et considère toutes ses | et qu'il pondère tous ses sentiers? |
| démarches. |
|
Les voies de l'homme] Lorsque ton âme convoite les choses mondaines, les honneurs, les voluptés,
les richesses, tes voies sont perverses et tu dévies du SOUVERAIN BIEN.
Considère tes démarches] Tes
études, tes conseils, tes fourberies, tes tromperies, tes ruses, tes désirs insensés sont tes démarches,
que le Seigneur considère, que les Anges regardent, que ta conscience observe et accuse, que les
diables énumèrent. DIEU qui scrute tous les coeurs et les reins et connaît les cogitations universelles
des esprits, I. Paral. XXVIII, 9, abomine le coeur dépravé et le livre (si tu ne te repens pas) aux créatures
vengeresses, qui exercent la vengeance contre tous ceux que DIEU abomine. Car c'est la plus grande
misère, c'est l'enfer même, que d'être délaissé par DIEU.
(*1) Marche avec les bons.
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DU GRADE SECOND
43------------------------------------------------------------------------------------------------
CXXIV. Ses iniquités le pren- vers. 22. | CXXIV. Ses iniquités le prendront, |
dront, l'impie; et il est contraint | l'impie, et il sera tenu par les liens de |
| par les liens de ses péchés. | son péché. |
Ses iniquités] Toute iniquité inflige d'elle-même sa peine et sa blessure; il n'est pas de vice qui
n'engendre lui-même sa maladie particulière. De même que toute vertu est elle-même sa très belle
récompense; aussi tout vice est lui-même sa très cruelle récompense. Car toute graine produit le
fruit qui lui est propre. La miséricorde est le fruit de la miséricorde; la bénignité, le fruit de la bénignité,
et vice versa, le fruit de l'immiséricorde est l'immiséricorde et la cruauté.
Il est contraint par
les liens de ses péchés] Le péché est vraiment la plus grande servitude et captivité; l'impie est ainsi
lié, et il lui est impossible de fuir la peine. La Sapience Divine est la vraie liberté, qui libère l'âme
de l'homme des chaînes de la folie, des erreurs, des ténèbres, des plaies, des vices et des pièges du
désespoir.
| CXXV. Il mourra parce qu'il n'a pas vers. 23. | CXXV. Il mourra, de ce qu'il n'a pas |
| eu la DISCIPLINE, et dans la multitude | écouté l'érudition, et à cause de la mul- |
| de sa folie, il sera trompé. | titude de sa folie, il errera. |
Il errera] L'âme humaine non illuminée par la lumière de la Sapience Divine est pleine d'erreurs
de telle sorte que les plus minimes de ses actions ne sont exemptes d'erreur; si elles se rapportent à
DIEU, il erre; si à la Nature, il délire; si à lui-même, il s'abuse; si à son prochain, il est trompé. En
somme, il ne peut considérer sans erreur ni la plus petite étoilette du Ciel, ni la plus infime herbette
de la Terre; parce que toutes ses cogitations sont erreurs. Ceci est vraiment la multitude de sa folie,
qui ne peut porter avec elle rien autre que la mort et la ruine. Car l'homme est précipité de la source
de la Lumière dans l'abîme des Ténèbres, duquel il ne peut sortir à moins qu'il ne devienne divinement
adepte de l'Esprit de Sapience.
| CXXVI. Applique-toi (ainsi) en tout Prov. IV. | CXXVI. Applique-toi (donc) entre LE COEUR (*1) |
à la garde de ton COEUR, parce vers. 23. | toutes choses à la garde de ton COEUR,
|
| que de lui procède la vie. | parce que, de lui s'élèvent les vies. |
Ton COEUR] La SAPIENCE a son siège dans le Coeur; prends donc garde que la vaine Sapience n'occupe
et n'emplisse ce siège. Car elle est ce serpent antique qui aveugle l'esprit, et instille son virus par
un grand nombre de pièges; il souille le coeur par la luxure, l'enfle par l'orgueil, l'enflamme par la
colère, le dévaste par l'envie, qui sont tous des oeuvres du diable. Considère donc ceci afin que tu
gardes ton COEUR de ce venin; conserve-le donc et ouvre-le à la Céleste Sapience, à la crainte de DIEU,
à la foi incorrompue (qui purifie le coeur) à la charité non fardée, à l'espérance immuable, à la patience
inébranlable, à l'humilité très aimable. Que ton COEUR soit l'officine de l'oraison et de la prière,
l'instrument des plus saints gémissements, et le domicile de la piété.
CXXVII. Détourne de toi la vers. 24. | CXXVII. Détourne de toi la perversité (*2) |
| BOUCHE dépravée et loin de toi soient | de la BOUCHE, et éloigne de toi la dépra- |
| les lèvres qui détractent. | vation des lèvres. |
LA BOUCHE
dépravée] Accoutume-toi à la constance et à la gravité dans les dits et les faits. Car les
anges, tes gardiens sont des Esprits constants et graves, ennemis de toute légèreté; ils sont des Esprits
vrais, et amants de la vérité. Car les Esprits apostats sont menteurs, décepteurs, illusoires, légers, inconstants,
et quand ils parlent de mensonges, c'est d'eux-mêmes qu'ils parlent et ils ouvrent leur propre
trésor, parce que le diable calomniateur est le frère du mensonge. DIEU est vrai; le Christ est
vérité; l'Esprit Saint est l'esprit de vérité. Seule, la Sapience Divine est vraie, plus vraie, vérissime.
(*1) LE COEUR.
(*2) LA BOUCHE
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44 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
(*1) CXXVIII. Que tes YEUX voient ers. 25. | CXXVIII. Que tes YEUX regardent |
| droit, et que tes paupières précèdent | dans la droiture, et que tes paupières |
| tes démarches. | dirigent la voie devant lui. |
Que tes YEUX] Que les yeux de ton esprit soient toujours et sans cesse diriges vers la miséricorde, la
justice, la sapience, l'omnipotence, la vérité et la bénignité de DIEU et à l'imitation de l'exemple de
la vie du Christ; de même alors, ta vie sera droitement dirigée. Considère dans le Soleil, le Soleil de
Justice; dans les étoiles, les élus; dans les fleurs, le Paradis; dans l'homme, ta misère: en DIEU le
Père, la grâce infinie; dans le Christ, la fraternité aimable; dans l'Esprit Saint, la charité communicable;
dans les Anges, la glorification; dans le Macrocosme, la Divine Providence; dans le Microcosme,
la Divine Sapience.
(*2) CXXIX. Dirige les sentiers pour tes vers. 26. | CXXIX. Pondère le sentier de tes PIEDS |
| PIEDS, et toutes tes voies seront stables. | et toutes tes voies seront dirigées. |
Les PIEDS] Les PIEDS signifient les devoirs de la vocation légitime. Aie soin d'abord d'avoir une légitime
vocation pour les choses qui doivent être régies; ensuite ne tente rien au dehors de ta vocation;
car tu aurais un très malheureux succès. Les Anges sont des Esprits Divinement destinés à
être d'une certaine manière administrateurs de notre vocation.
Qu'ils te gardent dans tes voies, dit le
Psalmiste. Psaum. XCI, 11. Donc s'ils t'abandonnent hors de ta vocation, tu heurteras tes pieds aux
pierres de la mort.
CXXX. Ne décline à dextre ni vers. 27. | CXXX. Ne décline à dextre ni à sé- |
| à sénestre; écarte ton pied du mal. | nestre; détourne ton pied du mal. |
A dextre] A dextre inclinent ceux qui deviennent insolents dans les affaires prospères; à sénestre
ceux qui sont brisés par l'adversité. A dextre déclinent ceux qui par des promesses, et à senestre par
des menaces, dévient de la droiture. Ne sois ni trop hardi ni trop faible:
(dans le juste milieu tu seras
parfaitement en sécurité); ne sois ni avare ni prodigue; mais libéral, afin de ne point dissiper tes
biens avec profusion ni de cacher tes trésors par avarice, car l'un et l'autre sont des maux desquels
tu dois détourner ton pied. Car le diable et le monde tendent des pièges et des rets, tant à dextre
qu'à sénestre, de sorte que si tu ne peux être pris par les lacs de la luxure tu le seras par les chaînes
et les liens de l'avarice, par lesquels le coeur de l'homme s'enfonce dans la perdition.
CXXXI. Car si tu deviens sa- Prov. IX, | CXXXI. Si tu devient sapient, tu seras |
| pient, tu le seras par toi-même; mais vers. 12. | sapient par toi-même; mais si tu es mo-
|
| si tu es moqueur, toi seul porteras le | queur, tu porteras seul la peine. |
| mal. |
|
Car si tu devient sapient] Il vaut donc mieux obtempérer à la SAPIENCE vraie et devenir sapient à son
avantage, que de s'attacher aux illusoires et de délirer à son détriment. C'est en vain que cherchera
à savoir celui qui n'entreprendra pas de savoir par soi-même. L'impiété est punie elle-même.
S O M M A I R E
CXXXII. Qui renonce la SA- Sap. III, | CXXXII. Car qui estime pour néant |
| PIENCE et la DISCIPLINE est malheureux vers. 11. | la SAPIENCE ET LA DISCIPLINE est misé- |
et leur espérance est vide, et | rable; l'espérance de telles gens est vaine |
| leurs travaux sans fruit et leurs oeuvres | et leurs travaux infructueux et leurs |
| inutiles. | oeuvres inutiles. |
(*1) LES YEUX
(*2) LES PIEDS ou la démarche.
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DU GRADE SECOND
45------------------------------------------------------------------------------------------------
LA SAPIENCE
et la DISCIPLINE] Toi qui renies, rejettes, foules au pieds et désertes la SAPIENCE et la
CRAINTE DU SEIGNEUR, en quoi pourrais-tu être heureux?
Et leur espérance est vide] Ils sont toujours
cherchant, dans tout mystère et secret possible, et ne parviennent jamais à la fin de la Vérité; se
perdent misérablement dans les vanités de leurs cogitations, de leurs opinions et de leurs travaux; et
parce qu'ils rejettent la SAPIENCE vraie et son commencement qui est la crainte de DIEU, ils ne peuvent
orer Théosophiquement ni Laborer sapientement et avec fruit. Le conseil ne peut valoir quand il est
contre le SEIGNEUR et quand même tous les sapients insensés de ce monde immonde s'assembleraient
pour disputer, il en naîtrait Babel, c'est-à-dire la confusion, dans leurs sens, leur raison et leurs esprits;
et ils se jetteraient dans l'opinion réprouvée, pour tomber enfin (en prenant et faisant une chose
pour une autre) d'erreur en erreur. Notez ceci, vous qui cherchez la Pierre des Philosophes, et qui
aspirez Kabbalistiquement, Magiquement, Chimiquement, Théosophiquement, etc., à comprendre, savoir
posséder et accomplir les choses sapientement annotées dans la quatrième figure de cet Amphithéâtre;
vous-mêmes, dis-je, avant que d'en traiter Théosophiquement, apprenez (DIEU le permettant,
ayant compassion et opérant) afin que vous soyez éclairés, extraits des vilenies du péché, libérés des
superfluités, des impuretés, absous, séparés, dépurés, conjugués (ô abîme du mystère de DIEU ! il n'est
pas un point dans cette union qui existe par sa libre volonté ou qui subsiste par lui-même, mais seulement
par la miséricorde de DIEU,
Ensoph! Ensoph!) sublimés au plus haut grade de la perfection
(par le Divin artifice du feu divin) c'est-à-dire exaltés et conjoints mentalement avec DIEU lui-même
dans l'Esprit et la Vérité; avant, dis-je, d'entreprendre d'extraire de la Mine de la SAPIENCE, la Pierre
des Philosophes qui est la vraie MAGNESIE Catholique des Théosophes, et les autres trésors de la SAPIENCE;
autrement (sois-en assuré) tu perdrais ton temps et ta peine. Les Biens et les Dons de DIEU
sont, furent et seront toujours ceux dont il est traité dans notre Amphithéâtre, et dépendent de DIEU
seul, sublime, glorieux, rempli de toute Justice et Bonté, et qu'il donne ou reprend à qui il veut.
Remarque: L'HOMME est la Matière qui doit être purifiée, le Corps à l'état de sujétion; DIEU est l'âme
qui vivifie; et l'ESPRIT Saint est le lien qui par sa vertu produit l'UNION qui conduit et donne entrée au
Royaume perpétuel. O admirable harmonie, Macro et Micro-Cosmiquement régénératrice!
Car seul celui qui aime la régénération et qui est vraiment sous la conduite
singulière de DIEU, connaîtra ces Régénérations; partout ailleurs
ce sont forêts Bohémiques, erratiques
et ténébreuses.
Ici doit être insérée la figure du troisième grade.
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46 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
III
GRADE PROLOGETIQUE
TROISIEME EXPOSE
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| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE,
|
| | DU GREC
|
| CXXXIII. Je référerai CE QU'EST la Sap. VI, | CXXXIII. Je référerai CE QU'EST LA |
SAPIENCE, et de quelle manière elle vers. 24. | SAPIENCE et comment elle est née, et ne |
| a été faite, et je ne vous cacherai point | vous cèlerai pas les mystères; mais je |
les Sacrements de DIEU, mais je | pousserai mon investigation dans la
|
| pousserai mon investigation dès le | cognition d'elle, dès la première ori- |
| commencement de la naissance et je | gine et je proférerai ouvertement ni ne |
| mettrai en lumière la science d'elle et | négligerai la Vérité. |
ne négligerai point la vérité.
Elle a été faite] C'est-à-dire comment elle a existé, comment elle a été engendrée dans les siècles des
siècles de l'utérus (Psaum. CX. 3) imperscrutable et éternel de la Divinité.
Les Sacrements de DIEU]
c'est-à-dire les mystères de DIEU. Non seulement celui qui est le signe pratique de la grâce ce qui est
la signification propre du mot Sacrement; mais tout ce qui est nécessaire, beau et utile à connaître
touchant DIEU, la NATURE et l'HOMME est appelé
Sacrement. Car la vraie SAPIENCE est TER-TRI-UNE, renfermant
la Théologie, la Médecine et l'Astronomie; ou, comme il nous est révélé au chap. VII et VIII
de la Sapience, la cognition des mystères Divins, la prudence de l'administration et de la gubernation
politique, l'ordre des choses de toute la Nature, les causes, les mouvements et les vertus des choses
célestes et les forces des choses terrestres, par lesquelles éclatent l'Omnipotence, la Sapience, la
Miséricorde, la Vérité, la Justice et le Jugement du Créateur.
(*1) CXXXIV. (Car) dans la SAPIENCE Sap. VII, | CXXXIV. Car en Elle est l'ESPRIT |
| est l'Esprit d'Intelligence, Saint, Uni- vers. 22. | Intelligent, Saint, Simple, Multiple,
|
que, Multiple, Subtil, Disert, | Subtil, Mobile, Illustre, Impol- |
Mobile, Non souillé, Certain, | lué, Perspicace, Invisible, cherchant |
| Suave, aimant le Bien, Aigu, à qui rien | le Bien, Aigu, Prompt, Béné- |
| ne peut défendre de Bien faire, | fique, |
Dans la SAPIENCE
est l'Esprit] Elle est et s'appelle πνευ̑μα μονογενὲς καἰ πολυμερὲς; souffle monogène et
pluriforme Unigénéré ou Uniengendré et Multiple qui est né et produit de l'Unique et simple Nature
de DIEU, et qui pourtant étend par le Monde ses parties innombrables, comme des rameaux. La Multiplicité
est en effet attribuée à cet Esprit de DIEU, à cause de la variété des vertus et des forces infuses
dans les Choses, dans lesquelles il descend. Voy. vers. CCXXIII et la troisième partie de cet Amphithéâtre,
(*1) L'ESPRIT DE SAPIENCE.
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DU GRADE TROISIEME
47------------------------------------------------------------------------------------------------
Quest. 4 et 6. Grâce à DIEU, dit fort bien S. Augustin,
l'unité se trouve en plusieurs choses, et (j'ajoute)
dans l'unité, la pluralité. Subtil] Ténu, nullement appesanti par aucune charge grossière et corporelle,
mais léger et rapide, et pour cela εὐκινητος, c'est-à-dire Mobile, dans lequel est la souveraine célérité.
Illustre] Splendide et lucide, vers. CXXXVII, VIII.
Non souillé] Incontaminé, c'est-à-dire pur, vide de
toute tache et de toute maculature. Car puisque la Nature est lucide et splendide, elle possède une
splendeur pure, comme dit S. Jean. Ep. I. Chap. I, 5. DIEU est lumière; en lui ne sont nulles ténèbres.
Prompt] Qui n'est pas arrêté ou que rien ne peut arrêter car par sa force il pénètre toutes choses
et rompt tous les impédiments.
| CXXXV. Humain, Bénin, Stable, vers. 23. | CXXXV. Humain, Stable, Certain, |
Certain, Sûr, ayant tous | Sûr, voyant tout et perméant tous les |
| pouvoirs, voyant tout, et qui garde | Esprits intelligents purs et subtilis- |
| tous les Esprits, Intelligible, Mondé | simes. |
| et Subtil. |
|
Certain, sûr] En sécurité, à l'abri de tout souci; quiet et tranquille.
Ayant tous pouvoirs] Qui peut
toutes choses ou est doué d'omnipotence. Car c'est l'Esprit du DIEU Omnipotent et qui ne peut être
Omnipotent que par DIEU.
| CXXXVI. Car la SAPIENCE est la plus vers. 24. | CXXXVI. Il n'est nul mouve- |
| mobile de toutes les choses mobiles | ment dont l'agilité surpasse la SAPIENCE |
| car elle atteint partout à cause de sa | qui, à cause de sa pureté demeure, et |
| pureté. | passe par toutes choses. |
Il n'est nul mouvement] La SAPIENCE est plus mobile que tout mouvement, c'est-à-dire par la célérité
de son mouvement vaine tout mouvement et pénètre en TOUTES CHOSES à cause de sa pureté et de sa
subtilité. Considère cela, mon fils, comme étant ce que les Sapients entendaient en philosophant sur
le MOUVEMENT PERPETUEL. Ce MOUVEMENT (dirais-je avec Hermès, dans la Table que la VENUS des Philosophes,
par la fécondité de sa VIRIDITE bénie, a instituée et composée pour en traiter, et qui a été appelée
à cause de cela,
Table d'Emeraude) est la force de toute la force du fort: c'est pourquoi il vaincra
toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Elle meut sapientement, conserve potentiellement,
anime et vivifie TOUTES CHOSES. Si tu connais la NATURE (que tous les Anciens et les Pères orthodoxes
ont affirmé très véritablement et très pieusement être θεου̑ φωνὴν, c'est-à-dire la
voix de DIEU)
Théosophiquement, et par l'abstrait et par le concret, et universellement et particulièrement, tu connais
(crois-moi) le MOUVEMENT PERPETUEL des Sapients. Je te renvoie aux versets CLIV et CLXXVIII. Et à la
figure, la définition et l'exposition de la Pierre des Philosophes qui est la troisième de cet Amphithéâtre.
Souviens-toi ici d'étudier en priant DIEU afin que, coopérant Théosophiquement il t'inspire et
te montre la vérité. J'en ai connu beaucoup, dans les cours des Princes qui cherchaient mécaniquement
(ah! en vain), un mouvement perpétuel de bois ou de fer. S'ils eussent étudié la SACRO-SAINTE
ECRITURE, la NATURE et EUX-MEMES, Théosophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, comme
dans les 2e et 3° figures de cet Amphithéâtre, ils eussent réellement trouvé le MOUVEMENT non seulement
perpétuel, mais encore vraiment Eternel, Divin et Naturel, dans l'un comme dans l'autre monde
des Sapients. Ce mouvement CATHOLIQUE, seul vrai, le vulgaire frivole, empêché par l'esprit de séduction
ne le connaîtra pas. C'est l'aveugle qui conduit l'aveugle; c'est pourquoi leurs labeurs seront
vains. C'est un mouvement qu'il faut mouvoir, qu'exhibent les Sophistes et non pas le mouvement
qui meut.
CXXXVII. C'est une VAPEUR vers. 25. | CXXXVII. Car c'est une vapeur de (*1) |
de la vertu de DIEU et L'EMA- | la vertu de DIEU et le déflux sincère |
NATION de la Clarté sincère de | de la gloire de l'Omnipotent et pour cela |
l'Omnipotent et c'est pourquoi au- | rien de pollué en lui ne tombe |
| cune souillure, en elle ne se trouve. |
|
(*1) Quelle est la SAPIENCE.
+@
+@
@
48 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Une vapeur] Un Esprit,
Ruach, comme l'appellent les Hébreux.
La vertu de DIEU] L'Essence Divine,
TOUTE en TOUS. Vers. CCCIII. Ensoph! Ensoph! quelle profondeur! quelle profondeur! ma bouche
reste muette. Je ne répéterai point ceci: Confère typiquement la pierre des Philosophes, quelle,
de quelle qualité et aussi grande qu'elle soit, avec cette SAPIENCE incarnée, et par contre, tu connaîtras
l'harmonie admirable du Servateur du Monde majeur, avec le Sauveur du Monde mineur, mystère
(DE LA VAPEUR DE LA VERTU DE DIEU EMANANT DANS L'UNIVERS) admirable, ce dont il convient de garder
le silence plutôt que de jeter des perles au monde immonde pour qu'elles soient foulées aux pieds.
Ils sont ainsi nommés L'UN ET L'AUTRE par excellence. Car, comme nous le savons encore par S. Paul,
Coloss. I, 20, DIEU réconcilie toutes choses par le FILS (Θεανθρωπον) et pacifie par le sang de sa croix (car
la figure première de cet Amphithéâtre est la Croix Sainte, le Christ lui-même crucifié, qui vainc
CRUCIFORMEMENT le royaume du diable, signe mystérieux des anciens Mages, par lequel nous-mêmes
pouvons vaincre Théo-Sophiquement) tout ce qui est sur les Terres et dans le Ciel. Et dans l'Epître
aux Ephès. I, 10:
Il instaurerait toutes choses qui sont dans le Ciel et sur la Terre, c'est-à-dire, non-seulement
les Ames, le Soleil, la Lune, les Etoiles, l'air; mais les bêtes terrestres, les arbres, les herbes,
la Terre elle-même, la mer, les neuves, les fontaines et les êtres qui vivent dans l'eau; car la Terre a
été maudite à cause de l'homme, Genés. III, 17. Car c'est pourquoi la CREATURE gémit pour la libération
et entendre en ce temps ainsi que nous-mêmes, S. Paul, Rom. VIII, 22, en clamant sa voix:
Libérez-nous
du mal: (Sang du Christ, réellement, et non sans mystère répandu à profusion sur la terre) ainsi
qu'il est constant par l'expérience, pour que le FILS DU MONDE MAJEUR, CATHOLIQUE (θεόκοσμον) augmente les
forces, et oeuvre dans le genre humain. Plût à DIEU que certains Théologiens qui, à notre époque, disputent
chaque jour peu chrétiennement, établissent aussi leur oeuvre en lui (imitant ainsi les plus anciens
Patriarches, Sages ou Sapients) afin qu'ils apprennent à lire, à voir, à toucher, à connaître
MASCHIAH par le type réel, dans le Livre Catholique de la Nature, et certainement ils connaîtraient et
atteindraient plus véritablement (conduits ainsi par la Lumière de la Nature et la main de L'ESPRIT
SAINT) la Doctrine de DIEU, par la Personne du Christ, par le devoir et par tous les articles de la Religion
Chrétienne, que par la disputation verbeuse. Car le Livre de la Nature explique le livre de la Sacro-
Sainte Ecriture, et vice versa. Apprenez donc à connaître le SEL DE LA SAPIENCE TRES ANTIQUE, LE VITRIOL
CATHOLIQUE DE LA NATURE qui se trouve catholiquement dans la seule MINE DE LA SAPIENCE; et vous connaîtrez
Théo-Sophiquement TOUT EN TOUTES CHOSES. Et bien que, selon le siècle il n'est presque rien
de plus ignominieux, de plus méprisé, de moins honoré que cette Mine; cependant c'est elle que le
monde contemne iniquement, que glorifie dignement le Théo-Sophe. Voy. vers. CLVII, CLXII, CLXXXVII,
et tout cet Amphithéâtre, passim. Donne-la moi, o IEHOVAH, à l'intérieur de peur que je ne craigne, et à
l'extérieur de peur que je ne redoute les foudres des Théo-Sophistes, Amen. Sache que j'ai soif de la
vérité.
L'Emanation] Les Kabbalistes comptent DIX Emanations de DIEU sortant des Sources sacrées,
et qu'ils appellent SEPHIRVTH ou (comme beaucoup d'Hébreux prononcent de nos jours) SHIRVS, c'est-
à-dire Numérations ou Emanations parmi lesquelles en second lieu ils placent la SAPIENCE. Consultez
sur celles-ci la première partie de cet Amphithéâtre, et çà et là les écrits des Kabbalistes. Voy. vers.
CLXXIV. Ce qui émane de DIEU est certainement Divin; or la SAPIENCE est une EMANATION DE DIEU; donc
elle est Divine et par suite Eternelle. Les Emanations de DIEU sont les étincelles et les rayons de la
Divinité. Il faut remarquer les phrases: J'ai procédé de DIEU, S. Jean. VIII, 42; Vous m'avez envoyé,
Je suis sorti du Père, S. Jean, XVII, 8. Par ce passage de l'Emanation est affirmée la définition de la
Philosophie vraie, vers. CCXVII.
La Clarté de l'Omnipotent] C'est ici la SAPIENCE incarnée; S. Jean, XVII,
4:
Père, je t'ai glorifié sur la terre, j'ai consommé l'oeuvre que tu m'avais donné à accomplir; et maintenant,
toi mon Père, glorifie-moi en toi-même, de cette gloire que j'ai eue en toi avant que le Monde fût. Et un peu
plus loin: Parce que je suis sorti de toi, c'est-à-dire émané. Voy. chap. XVII, liv. II Capnion, de
Verbo
Mirifico. Aucune souillure] Apprends (afin d'être Sapient) à conférer Sapientement les Antécédents avec
les conséquents, le Prologue avec les figures de cet Amphithéâtre et vice versa, et aussi sur ce fondement,
tu connaîtras pourquoi la PIERRE des Philosophes, Catholique et Physico-Chimique, résiste aux
puissances diaboliques; et opère aussi mirifiquement d'innombrables oeuvres non moins merveilleuses.
Voyez la quatrième figure de cet Amphithéâtre.
CXXXVIII. Puisqu'elle est la vers. 26. | CXXXVIII. Car elle est la splendeur |
| candeur de la LUMIERE éternelle, et | de la lumière éternelle et le miroir de |
le Miroir sans tache de la MA- | la vertu de DIEU nullement aspergé de |
JESTE de DIEU, et l'image de sa | maculatures et l'image de sa BONTE. |
| BONTE. |
|
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DU GRADE TROISIEME
49------------------------------------------------------------------------------------------------
La Candeur de la lumière éternelle] La LUMIERE divine, éternelle ne fut (certes) pas depuis l'éternité
sans candeur; elle sera donc la SAPIENCE éternelle (dont il s'agit ici). C'est cette lumière qui luit dans
les ténèbres et que les ténèbres n'ont pas comprises. S. Jean I, 5.
Le miroir sans tache] Médite Harpocratiquement
sur ce MIROIR et son signe réel dans le Macro et le Micro-cosme, tant particulier qu'universel,
SECRETISSIME. Voy. vers CCXXII. Il n'est pas permis (bien que je le voudrais) de parler de toutes
choses à cause du Monde immonde. Que ce mystère reste donc profondément posé dans l'Esprit. Ce
DIEU du Ciel qui révèle les mystères (Daniel, II, 28) peut donner à qui il veut de scruter Christiano-
Kabbalistiquement, Divino-Magiquement et Physico-Chimiquement ce que sont l'URIM et le THUMMIM,
Exod. XXVIII, 30.
L'image de sa bonté] De cette image se doit Théosophiquement servir le Christiano-
Kabbaliste; que soient rejetées les images des Cacomanes, S. Paul, Hébr. I, 1 et suiv. DIEU parlait
autrefois aux pères dans les Prophètes, par une très grande variété de moyens et de manières; mais
dans ces temps très nouveaux il nous parle dans le FILS qu'il a constitué héritier de l'universalité des
choses qu'il a faites par lui, dans les siècles des siècles. Lui qui, étant la splendeur de la gloire et la
figure (χαρακτὴρ) de sa substance (υ̑ποστάσεως,
subsistance) POURTANT TOUTES CHOSES PAR LE VERBE DE SA PERFECTION
(vers. CLIV), opérant la purgation des péchés, siégeant à la droite de sa majesté, au plus haut
des cieux; aussi élevé au-dessus des Anges, par sa puissance, que différent d'eux par le nom dont il
a hérité. C'est lui qui est l'IMAGE DE DIEU, S. Paul, II. Cor. IV, 4.
| CXXXIX. (Aussi) la SAPIENCE (celle-ci) Ibid. | CXXXIX. (Car) ELLE-MEME est plus |
| est plus spécieuse que le SOLEIL, vers. 29. | spécieuse que le SOLEIL, et placée au-
|
| et au-dessus de toute la disposition des | dessus du lieu de toutes les étoiles, et |
étoiles; comparée à la Lumière | comparée à la lumière, elle s'est trouvée |
| elle s'est trouvée supérieure. | supérieure . |
Plus spécieuse que le SOLEIL] Pourquoi non? Car elle est le SOLEIL de Justice, Malachie. IV, 2, éternel,
luisant sur toutes choses et l'Orient qui nous visite d'en haut, S. Luc, I, 78. C'est pourquoi Salomon
dans le
Schir haschirim, c'est-à-dire le Cantique des Cantiques, chap. VI, 9 s'écrie: Qui est celle qui
s'avance presque comme l'aurore qui se lève, belle comme la Lune, éclatante comme le Soleil,
terrible comme une armée rangée en bataille?
Comparée à la Lumière, etc.] Sur la LUMIERE Voy. vers.
CCLXI .
CXL. Car la nuit lui succède; vers. 30. | CXL. Car la nuit suit celle-ci, mais |
mais la malice ne vainc pas la | la malice ne vainc pas la SAPIENCE. |
| SAPIENCE. |
|
Lui succède] AU SOLEIL, le grand Luminaire, dans le Firmament, qui préside aux jours. Genès. I, 16.
La malice ne vainc pas] Car la SAPIENCE A ETE, EST, ET SERA cette PIERRE de vérité, solide, fixe et ferme,
contre laquelle n'ont prévalu et ne prévaudront jamais les portes de l'enfer; et de ses entrailles fluent
des fleuves d'eau vive. S. Jean, VII, 38; dont le type réel est la Pierre des Philosophes, dans le Grand
livre de la Nature. Heureux celui à qui elle est indiquée, et de qui, ayant été indiquée, elle est connue.
La Passion, la Résurrection et la Personne même de JESUS-CHRIST; la Matière, la Préparation et la
plus que perfection dans le corps glorifié de la PIERRE PHILOSOPHALE, la Régénération de Toi-même,
formé à l'image et à la similitude de DIEU, selon le Corps, l'Esprit et l'âme, te manifesteront, par
l'harmonie Catholique de très nombreux secrets. Observe l'Harmonie des livres de la Sacro-Sainte Ecriture
et de la Nature; apprends à lire et à comprendre sapientement un Livre entre tous les autres: La
Bible, dans la Nature et Toi-même; la Nature, dans la Bible et Toi-même; Toi-même, dans la Bible
et la Nature; et alors tu seras Sapient. Tu trouveras: IEHOVAH et celui qu'il a envoyé; JESUS-CHRIST,
et dans la Sacro-Sainte Ecriture, et dans la Nature; universellement dans la Pierre des Philosophes;
particulièrement dans tout l'Univers créé, en chaque créature, en Toi-même, par chacun de ces modes;
LA NATURE, catholiquement, en et par le VERBE écrit et même incarné, en et par elle-même, dans la
Pierre philosophale et en Toi-même; Particulièrement dans la Sacro-Sainte Ecriture et chacune des
parties du mondes; TOI-MEME, en et par Toi-même, par la Nature et la Créature; et par DIEU dans le
CHRIST et le VERBE écrit; Universellement et Particulièrement comme ci-dessus; Théosophiquement,
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50 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement, Physico-Magiquement, Hyperphysico-
Magiquement, Kabbalistiquement, selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre; par l'Influence,
la Lumière et le Mouvement Divin. Ceci, typiquement TOUT EN TOUS ET EN TOUTES CHOSES, Catholiquement.
Et c'est là la SAPIENCE.
(*1) CXLI. Elle atteint donc for- Sap. VIII, | CXLI. Elle s'étend ainsi fortement |
| tement d'une fin à une autre fin et vers. 1. | d'un extrême à un autre extrême, et
|
dispose toutes choses suave- | elle modère toutes choses utilement.
|
ment.
Elle atteint à la fin, etc.] Cet Esprit de SAPIENCE par lequel la machine du monde entier est régie, et
qui renferme le Ciel et occupe, pénètre, emplit toutes choses. Et il lui convient d'être unique et simple,
bien qu'il soit doué d'innombrables, incompréhensibles, ineffables propriétés, dons, idées, sciences,
vertus, raisons originelles des choses, et de spirituelles et puissantes vertus, si mirifiquement
distinctes, que l'Esprit humain ne peut assez admirer et connaître leur variété. Ces Esprits sont
les auteurs et les origines des générations et des corruptions, des vertus spécifiques, de toutes choses,
et c'est d'eux que dépend la cognition de la Nature. Et ainsi cet Esprit de SAPIENCE est et peut TOUTES
CHOSES en Tous et en TOUTES CHOSES.
Dispose toutes choses] Parce qu'il est le MOUVEMENT perpétuel catholique.
Je dis peu et je laisse (certainement) volontiers beaucoup à la méditation du Sapient. Prie,
afin que IEHOVAH soit à toi par ses conseils, et alors tu comprendras enfin. Je veux que tu sois fils de
la SAPIENCE, c'est-à-dire attentif, mu par l'impulsion du rayon du Soleil de la Divine illustration,
doux et humble de coeur, et non arrogant, et demi-savant par trop de précipitation, c'est-à-dire
sophiste.
CXLII. (Car) elle est belle, et Sap. VI. | CXLII. Elle est très belle, et la SA- |
la SAPIENCE n'est jamais flétrie. vers. 13. | PIENCE n'est jamais flétrie.
|
Elle est belle] Elle est vraiment extrêmement belle; car elle est l'Emanation sincère de la clarté du
DIEU omnipotent et la candeur de la lumière éternelle, illuminant le Monde Intelligible, Majeur et
Mineur et le SOLEIL luisant sur TOUTES CHOSES. Voy. vers. LXXVIII et CXXXVII.
La SAPIENCE
n'est jamais
flétrie] En raison de ce qu'elle est éternelle. Seul, l'Eternel ne tombe pas sous la corruption dans
l'éternité. Remarque: Ce qui ne se flétrit jamais est éternel: or la SAPIENCE possède cette qualité,
donc elle est Eternelle et par conséquent elle est DIEU. Voy. vers. CLVI.
CXLIII. Elle glorifie sa géné- Sap. VIII, | CXLIII. Elle illustre sa noblesse, en |
| rosité, ayant l'intimité de DIEU, et vers. 3. | ce qu'elle vit, unie avec DIEU, et le SEI-
|
le SEIGNEUR de toutes choses | GNEUR de toutes choses l'aime. |
| l'aime. |
|
Elle glorifie sa générosité] Elle illustre magnifiquement sa générosité, ayant, Eternelle, une Eternelle
familiarité avec le DIEU Eternel. Etant d'une naissance divine, pourquoi ne vivrait-elle pas familièrement
avec DIEU ? Et par conséquent (toute proportion gardée) ceux aussi auxquels elle permet une
familiarité avec elle? Je monte, dit cette Sapience incarnée, à mon Père et à notre Père, à mon
DIEU et à votre DIEU, S. Jean, XX, 17. Afin que là où je suis vous y soyez. Ibid. XIV. 3. C'est-à-dire
qu'ils soient faits Amis de DIEU et constitués Prophètes auxquels DIEU (comme un ami à un ami) révèle
médiatement ou immédiatement ses arcanes et inspire et communique les Biens et les Dons des trésors
innombrables et inépuisables de la SAPIENCE. Toi donc, ô homme, fait à l'image et à la similitude
de DIEU, imite le Créateur et aime aussi sa SAPIENCE afin que (aussi Théosophiquement réformé) tu
vives, conforme en ce point à l'Archétype dans la vie éternelle.
Le SEIGNEUR
de toutes choses l'aime]
Comme dit la SAPIENCE Incarnée, S. Jean, XVII, 24:
Mon Père m'a aimé avant la constitution du monde,
et ibid vers. 26,
afin que la dilection dont mon Père m'a aimé soit en eux et moi en eux.
(*1) Il persévère dans les louanges de la Sapience.
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DU GRADE TROISIEME
51------------------------------------------------------------------------------------------------
CXLIV. (Elle) préoccupe ceux Sap. VI, | CXLIV. En avertissant, à ses attachés (*1) |
| qui la désirent, afin qu'elle se montre vers. 14. | elle s'offre à connaître.
|
| la première à eux. |
|
Elle préoccupe, etc.] Elle prévient ceux qui la désirent afin qu'ils la connaissent d'avance; de sorte
qu'elle se fait connaître à eux la première, et s'offre de son propre mouvement; aussi elle fait ses
délices d'être avec les fils des hommes, de même qu'aux vers. CXLV et CLVII. Car elle est φθανειν,
devançante, (terme dont se sert ici le Sapient) pour occuper les premières places, en quelque chose
que ce soit, comme dans un amour mutuel ou dans l'obtention de bénéfices; aussi dans l'étude de la
SAPIENCE, la SAPIENCE elle-même s'offre la première à connaître à eux; auxquels donc? A ceux qui la
désirent, qui l'aiment, vers. XVIII, qui la choisissent, qui l'invoquent, vers. CXLII et CCXXIII.
CXLV. Parce que les dignes vers. 17. | CXLV. Parce que les dignes d'elle, |
d'elle, Elle-même tourne, les | elle-même les cherche en tournant, et |
cherchant, et dans ses voies elle | dans les voies, se montre bénévolement |
| se montre à eux avec hilarité, et dans | à eux-mêmes, et en toute cogita- |
| toutes choses la Providence s'offre à | tion s'offre à eux. |
eux .
Les dignes d'elle, etc.] Ceux qui véritablement, c'est-à-dire de tout leur coeur (vers. CCLI) de toute leur
âme, de tout leur esprit, de toutes leurs forces, Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement, l'aiment,
la cherchent, l'entendent, la voient, l'observent le jour comme la nuit dis-je, dans la LOI DE
DIEU, la méditent Théosophiquement; car le plus souvent (puisqu'on se rit de la simplicité du juste,
Job, XII, 4) elle est en dérision aux yeux du monde immonde. Malheur donc au Monde qui, méprisant
malicieusement la SAPIENCE vraie, sera méprisé par Elle en retour, puisque, en outre, sa damnation
sera éternelle, vers. CXCVIII.
Qui persévérera jusqu'à la fin sera couronné. Car par l'assidue méditation,
notre Esprit s'exerce, se stabilise et se fixe dans les notions supérieures: car ce n'est pas
(crois-moi) le labeur d'un seul jour. Il importe que nous opérions insensiblement une migration des
notions mauvaises aux Bonnes, des corporelles aux spirituelles, des sensibles aux mentales, des terrestres
aux Divines, si nous voulons être capables des choses Bonnes, Spirituelles et Divines. Ce sont
les degrés des ascensions, voy. vers. CCXVIII.
Elle-même tourne, etc.] C'est-à-dire: elle cherche de tous
côtés, par toute la terre, en tout temps et en tous lieux, jusqu'à ce qu'elle ait trouvé celui qui a vraiment
la SAPIENCE vraie dans le coeur, afin que sa sollicitude et sa bénévolence envers ses amateurs
fidèles et aimés se montre et se déclare effectivement, c'est-à-dire en lui communiquant ses trésors
infinis. Voy. vers. CXLII, CXLIV, CLX. Si tu cherches la SAPIENCE, par contre elle te cherchera et t'attirera,
magnétiquement vers elle; trouve-la et elle te trouvera. <also sie auch hinwiderumb;> de même que l'homme se sera comporté envers elle et aura cherché à l'obtenirde même elle se comportera envers lui. Dans ses voies] Quelles sont ces voies ? Non autres que les livres
de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de notre Ame chrétiennement purgée par la pénitence
(vers. CXI). En marchant nous-mêmes Sapientement, dis-je, dans ces voies de la SAPIENCE, si nous
Orons Théo-Sophiquement, si nous Laborons Sapientement, la SAPIENCE DIVINE se montrera à nous
admirablement et mirifiquement, voy. vers. XLVIII.
Dans toute cogitation] Bénignement conçue, comprise
et informée par leur opinion, leur jugement et leur esprit. Car φαντάζεσθαι (que nous lisons à
cet endroit) signifie
imaginer et informer quelque chose par la cogitation et l'esprit. Ainsi la SAPIENCE dit
qu'elle se présente elle-même à leurs esprits et à leurs cogitations afin de se montrer et se communiquer
amicalement à eux. L'homme voit DIEU, auquel DIEU apparaît, auquel il se montre afin d'être
vu, ou auquel la SAPIENCE DE DIEU se représente elle-même, ce qui en général ne se produit pas vulgairement
mais dans la Sacro-Sainte Ecriture, la Nature et le miroir de l'Ame Théosophiquement
lavée et mondifiée, vers. CCCXXXVI. On ne saurait estimer assez cette Puissance, vraiment remarquable,
qui fleurit dans l'homme, qui excelle par la raison, et domine (par la volonté et la permission de DIEU)
ainsi les Créatures, de sorte que non seulement celui qui en a besoin en jouit dans les choses présentes,
mais encore celui qui pénètre les choses éloignées et les arcanes se sert et jouit (conduit par
DIEU) du Génie et du talent. Et il est vraiment digne de remarque combien non expert et érudit paraît
ce siècle! Combien peu de cette Raison et de ὀ λόγος renferme ce vermisseau mortel! auquel il a été
(*1) La SAPIENCE s'offre elle-même à ceux qui la cherchent.
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52 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
donné de connaître toute l'éternité, l'étendue, la hauteur et la profondeur de toute la machine du
Monde, puisque lui seul, parmi tous les êtres créés connus, peut observer le Créateur, entendre et
comprendre ce principe florissant de l'âme, élevé, métaphysique et rationnel. Qu'il s'en empare donc
par sa raison, qu'il la cultive par son esprit et qu'il la désire par toute la vigueur de ses sens; que
tout ce qui existe soit à elle; et enfin ayant sagement abandonné la Philosophie humaine, qu'il s'étudie
à lui ressembler. Car toutes les choses qu'il accomplira seront excellentes. Que DIEU la donne à
tous ceux qui se déclarent amants de la SAPIENCE, Amen.
CXLVI. Je l'ai aimée, (cette Sap. VIII, | CXLVI. Je l'ai aimée et cherchée dès |
| SAPIENCE) et je l'ai recherchée dès ma vers. 2. | ma jeunesse, je me suis étudié à me
|
jeunesse et j'ai cherché à | l'adjoindre épouse, et suis pris d'amour
|
me l'assumer Epouse, et je suis | de sa pulchritude. |
| devenu amateur de ses formes. |
|
Je l'ai aimée] Pourquoi non? Puisque le SEIGNEUR LUI-MEME (comme il suit) l'aime également. Aime-
la aussi, toi mon frère, je te le conseille; non pas la Nigromantie ou la Cacomanie ou la Sophistique,
(vers. CXVIII) vraie fille du diable; aime la SAPIENCE (sur l'ordre du Sapient, vers. CVI et l'invitation de
la SAPIENCE elle-même) comme je l'aime; et afin qu'ELLE AUSSI m'aime en retour, et que je ne m'éloigne
jamais de son Amour, daigne ô IEHOVAH me l'accorder bénignement, Amen. O Art Admirable de
l'Amour Divin, inconnu au Monde immonde! Heureux qui goûte à la coupe des amateurs de la
SAPIENCE; infiniment heureux qui en est enivré.
Et j'ai cherché] De grand matin, dans l'Eté; dès ma
première enfance, dès mon adolescence dans laquelle s'est allumé dans mon âme l'amour de la
SAPIENCE et de son étude. Mais comment? Théosophiquement, selon les Lois et la Doctrine de cet
Amphithéâtre. Suis donc le fidèle conseil de l'amateur de la Théosophie: en orant pieusement dans
le Jeûne, en méditant, en pratiquant les soliloques,
écoute, vois, observe: et en Laborant en outre
Sapientement, confie-toi aux promesses de la SAPIENCE. DIEU n'abandonne jamais celui qui a confiance.
Et ceux qui cherchent ainsi le SEIGNEUR considèrent (comprennent) TOUTES CHOSES. Prov. XXVIII. 5. Voy.
vers. IX, XCVI et CLXX.
A me l'assumer épouse] Comme entre l'époux et l'épouse s'établit la conjonction la
plus étroitement parfaite, qu'il en soit ainsi, (je le désire) dans l'éternité (que DIEU me la donne) entre
moi-même et la Sapience éternelle, qui est ma colombule, belle et splendide
(pulchra mea, formosa mea).
Commence, je t'en conjure, toi mystique concubine Abysag la Sunamite à coucher dans mon sein;
réchauffe mon âme par ta sainte ferveur, et mes membres qui ont froid par tes étreintes, ma chère âme!
mon coeur!
Je suis devenu amateur de ses formes] J'ai aimé ses formes parce que mon amie est toute belle,
vers. CCCXX. Et si elle était vue (écrit fort bien en parlant de la SAPIENCE le païen Cicéron, d'après Platon
Divinement inspiré) avec les yeux charnels, elle exciterait en tous d'admirables amours. Elle en excita
de sublimes et nombreuses en Salomon (qui l'aperçut par les yeux de l'âme ainsi qu'il convient à
nous autres, amateurs de la Théosophie) comme les passages présents le montrent suffisamment. La
SAPIENCE Divine résume les formes de toutes les choses éminentes par leur beauté. Qui donc, je le
demande peut assez songer à la pulchritude de DIEU le Père? Qui, parmi les fils des hommes peut
admirer assez cet être splendide par sa forme? Qui pourra aimer assez cette flamme féconde de l'Esprit
Saint, qui vivifie toutes choses. La Pulchritude de la Sapience est, dans les Anges, splendeur;
dans les Astres, éclat; dans les Cieux, candeur; dans l'Air, lumière; dans la Terre, viridité; dans
l'Eau, limpidité; dans les Fleurs, couleur; dans les Animaux, proportion; dans l'Homme, beauté et
figure; dans l'Ame, raison; dans les Fidèles, FOI. Qui donc ne se l'élirait pour épouse, excepté le
plus fou de tous les hommes? Qui ne désirerait pas sa pulchritude? De quel côté que tu te tournes
elle offre sa face à ta contemplation, soit dans les choses célestes, soit dans les choses terrestres. Et
vraiment, contempler cette forme et cette pulchritude interne des choses, c'est atteindre enfin au lit
de la Sapience, c'est le baiser intime de cette Epouse. Découvre-toi donc à moi, ô ma soeur, ma
toute belle; montre-moi ta face véritable, non seulement la forme extrême et la pulchritude des choses,
mais interne et intime; car tu ne m'aimes que si tu m'ouvres ton coeur.
(*1) CXLVII. Je l'ai apprise sans Sap. VIII, | CXLVII. Je l'ai perçue sans fraude, |
fiction et la communique sans vers. 13. | la communique sans envie et ne cache
|
| envie; et je ne cache pas son hon- | pas ses richesses. |
nêteté.
(*1) II. Rois. 13.
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DU GRADE TROISIEME
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Je l'ai apprise sans fiction] Sans frustration ou sans mal; car jamais le Sapient n'a été frustré dans
l'opinion qu'il avait de la SAPIENCE, parce qu'il est expert dans la vraie Doctrine, utile et fructueuse.
Et
la communique sans envie] Voy. vers. CCVII.
Maintenant
parle ainsi d'elle-même
LA SAPIENCE
CXLVIII. Le SEIGNEUR m'a Prov. VIII, | CXLVIII. IEHOVAH m'a possédée dans (*1) |
possédée au commencement de vers. 22. | le principe de sa voie, de tout temps,
|
| ses voies; avant qu'il créât aucune | avant ses oeuvres. |
| chose dans le principe. |
|
Le SEIGNEUR
m'a possédée] C'est-à-dire m'a acquise ou engendrée. Le mot
Canah qui signifie acquérir,
est employé pour posséder ou engendrer, Genès. IV, 1: J'ai possédé l'homme par IEHOVAH. C'est par
erreur que certains lisent:
me créa. Au commencement de ses voies] Les voies éternelles de l'Eternel
(c'est-à-dire l'Etre même du SEIGNEUR) existent de toute éternité; donc sa SAPIENCE est éternelle. Le
commencement c'est l'éternité elle-même. Montre-moi (calomniateur), le commencement des voies de
DIEU, et je te montrerai le commencement de sa SAPIENCE. La SAPIENCE (ainsi qu'il est évident par
tout le contexte) n'est donc pas une créature, mais la créatrice de toutes les créatures.
CXLIX. J'ai reçu l'ordination vers. 23. | CXLIX. Dès les siècles je fus (*2) |
| dès l'éternité, et dès le temps le plus | principiée, au commencement, avant la |
| reculé, avant que la Terre fût. | Terre. |
Dès l'éternité] Retire toi, Satan, toi qui nies malicieusement l'éternité de la SAPIENCE DE DIEU. IEHOVAH
t'en avertit.
Je fus principiée] J'ai eu un pouvoir égal à celui de DIEU, avant que le monde fut créé.
Car le mot
Nasac (qu'on lit ici) signifie en Hébreu,
dominer. Voy. Sap. II, vers. 18 et suiv.
| CL. Les Abîmes n'étaient pas encore vers. 24. | CL. Lorsque les gouffres n'étaient |
et Moi, j'avais déjà été conçue, | pas encore, j'étais formée, lorsque n'é- |
| et les fontaines des Eaux n'avaient pas | taient pas encore les fontaines abon- |
| encore fait éruption. | dantes en Eaux. |
J'avais déjà été conçue] Par qui? par le seul DIEU. Car tout ce qui est hors de DIEU est le Néant. Et
où? Dans l'utérus ou le sein imperscrutable de la Divinité. Psaum. CX, 3 (vulg. CIX). Je t'ai engendré
avant Lucifer. Terre, garde-toi de vouloir connaître ce qui est trop élevé; mais tiens-toi à ton
rang afin que la Majesté Divine ne châtie le curieux.
CLI. Les montagnes n'étaient vers. 25. | CLI. Avant que les montagnes fussent |
| pas encore constituées en gravitantes | fondées; avant les collines, j'étais for- |
masses et avant les collines, MOI, | mée. |
| j'étais engendrée. |
|
Les montagnes n'étaient pas encore, etc.] Mot à mot, étaient immergées par les Eaux, et j'étais placée
dans la Terre.
J'étais engendrée] De sorte que, conçue par la conception Divine, et enfantée ou produite
(ce qui nous est incompréhensible, et par conséquent inénarrable) je fus Divinement engendrée. Ensoph,
(*1) Sap. IX, 9.
(*2) Eccl. XXIV, 14.
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54 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Infini, est abîme, nuit pour celui qui est curieux comme un insensé, mais Lumière, Soleil pour
le fidèle, qui croit sapientement à la simple vérité de la Sacro-Sainte Ecriture. Les technographes et
les maîtres croient à tout ce qui est habile en son art; les Phythagoriciens se reposèrent sur son
αὐτὸς ἔφα,
il l'a dit; les Mecablim, c'est-a-dire les Kabbalistes, sur son
emoru Hachamim; ainsi dirent les
Sapients. Suis-donc, toi qui te dis chrétien, la coutume de croire adoptée par les chrétiens. A qui? à
celui en qui tu crois. Conçu et engendré par DIEU, n'a-t-il pas le droit d'être et de passer pour FILS DE
DIEU? Pourquoi pas?
| CLII. Il n'avait pas encore fait la vers. 26. | CLII. Il n'avait pas encore fait la |
| Terre et les fleuves, et les pôles de | Terre et les grandes places, et |
| l'orbe de la Terre. | le sommet de l'orbe de la Terre, |
Et les grandes places] Et les parties qui sont hors d'elle-même. Par ceci il faut entendre la portion
habitable de la Terre qui apparaît au-dessus des eaux, qui est appelée ensuite le sommet ou tête de
l'élément terrestre; c'est comme s'il était dit: Il n'avait pas encore découvert la face de la Terre, il
n'avait pas encore rendu la Terre habitable.
| CLIII. Quand il préparait les Cieux, vers. 27. | CLIII. Quand il préparait les Cieux, |
| j'étais présente; quand il entourait les | j'étais là; quand il décrivait un cercle |
Abîmes d'une loi certaine et | sur la superficie de l'Abîme, |
| d'une limite? |
|
D'une loi certaine] Quand il disposait en son milieu le centre de la Terre qui est extrêmement pur et
qu'il ramenait les Abîmes, c'est-à-dire l'Eau et la Terre, à la figure sphérique et circulaire, en un
mot, lorsqu'il constituait le globe inférieur du Monde, le Créateur, ELOHIM établit et prescrivit une Loi
certaine qu'on ne peut ni ne doit oser transgresser contre sa volonté. Argument très excellent de la SAPIENCE
immense et de l'infinie Patience de IEHOVAH. Remarque: Trouver la terre très pure dans le
centre de la Terre est un terme usité par les Philosophes, aussi bien par les aveugles et les claudicants
que par les voyants et même par ceux qui marchent dans la voie Royale, les vrais fils de la Doctrine
et de la SAPIENCE vraie. Ces malheureux borgnes
(monoculi) ignorent où se trouve le CENTRE physique
de la Terre; à quoi sert leur imagination? Désires-tu réellement l'apprendre? Je dirai: cherche le
Feu
(Vulcanum); c'est lui qui, dans tout corps terrestre, par la main limpidissime et obstétricale de
Neptune, en manifestant Physico-Chimiquement son centre très candide, te le montrera à tous tes
sens;
tu le verras, tu le toucheras, tu le goûteras, tu l'entendras, tu l'olfacteras. Que veux-tu de plus
ample? Le Philosophe me comprendra; non le sophiste. Ce que j'ai dit est très grand. Voyez la troisième
figure de cet Amphithéâtre.
CLIV. Quand il affermissait vers. 28. | CLIV. Quand il affermissait les cieux |
| les espaces éthériformes, en haut, et | d'en-haut, quand il fortifiait les sources |
| qu'il équilibrait les fontaines des Eaux, | de l'Abîme, |
Quand il affermissait les espaces éthériformes, en haut] Quand il affermissait l'Esprit éthéréen, c'est-
à-dire le Ciel (Genès. I, 1) crée; et, en le solidifiant par son VERBE (Genès. I, 6) constituait le FIRMAMENT.
Sur le Ciel et ce qu'il est, voy. la troisième partie de cet Amphithéâtre, quest. V, et vers. CCLXI.
Les vanités de ces demi-savants s'évanouissent donc, de ceux qui enseignent des fables sur toute la
machine du Monde et disent que la NATURE, dans nos temps n'est pas aussi végétative, saine, florissante
et valente qu'aux âges éloignés ou du temps de nos pères; que le Ciel, depuis son existence s'est abaissé
de 8,000 milliaires; que le Soleil, la Lune et les Etoiles ont beaucoup perdu de leur lumière primitive;
que les herbes, les fleurs, les fruits, etc., les Animaux terrestres, aquatiques ou volatils n'ont
pas aujourd'hui tant de force, de puissance et d'aptitude au travail qu'ils n'en avaient il y a cent ou
mille ans; et même que la Nature se débilite de jour en jour par la vieillesse et que ses forces sont
diminuées à cause de notre péché. Grandes paroles si elles étaient vraies. Si vous connaissiez, messeigneurs,
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DU GRADE TROISIEME
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la NATURE de la NATURE, c'est-à-dire ce qu'elle est, quel est son Etre; quelle, quante et de
quelle sorte est Sa Loi; par qui elle a été imposée à la Créature, et à quelle fin, vous parleriez autrement.
En ce qui concerne le Ciel, dites-moi, je vous en prie, si vous avez jamais remarqué que la Circonférence
circulairement affermie ait jamais tombé vers le centre ? Ne lisez-vous pas: PAR LE VERBE
DU SEIGNEUR
les Cieux ont été affermis et par l'esprit de sa bouche, toute vertu d'eux-mêmes, Psaum. XXXIII, 6
(vulg. XXXII).
Et il fit le Firmament; et DIEU
appela le firmament: Ciel, Genès. I, 8. S'il était tombé,
quel serait l'appui, le soutien
(firmamentum)? fort beau, vraiment! Serait-ce là ce si glorieux affermissement
des Cieux par le VERBE DU SEIGNEUR! O ignorants! Il est dit ensuite que DIEU fit les luminaires
dans le firmament du Ciel, pour qu'ils séparent le jour d'avec la nuit et qu'ils soient des signes
pour les temps, les jours et les années; et qu'en luisant ils illuminent la terre. Et cela fut ainsi fait;
et DIEU fit deux grands luminaires: le grand luminaire pour présider au jour; et le petit luminaire
pour présider à la nuit, et ensuite les étoiles. Genès. I, 14 et suiv. Ne sont-ce pas là les vertus des
Cieux, affermies par l'Esprit de la bouche de IEHOVAH ? Qui donc, étant sain d'esprit niera que le Soleil,
la Lune et les Etoiles divisent le jour et la nuit, qu'ils soient des signes des temps, des jours et
des années, qu'ils luisent et ainsi illuminent la terre, qu'ils président au jour et à la nuit, aussi bien
aujourd'hui qu'il y a mille ans? Où la chose parle d'elle-même, à quoi bon être plus prolixe en preuves ?
LA PAROLE DE DIEU: « QUE LA TERRE PRODUISE l'herbe verte qui produit la semence et l'arbre pomifère
qui produit le fruit suivant son espèce et qui renferme sa semence en lui-même; que les Eaux
PRODUISENT l'être rampant et vivant de la Vie animée et les volatiles sur la Terre sous le firmament du
Ciel; Que la Terre PRODUISE l'être animé vivant chacun selon son espèce, les animaux domestiques
(jumenta) et les reptiles et les bêtes de la Terre selon leur espèce »; cette PAROLE DE DIEU, dis-je, est accomplie;
LES CHOSES PRODUITES, animées et fortifiées par la Bénédiction Divine: « CROISSEZ et MULTIPLIEZ
», ont crû et se sont multipliées depuis le commencement du Monde; elles croissent et se multiplient
encore aujourd'hui; elles croîtront (par la vigueur de la LOI, Divinement établie une fois pour
toutes) et se multiplieront jusqu'à la fin du Monde, par le FEU, la rénovation. LE VERBE DE DIEU demeure
éternellement, Isaïe, XL, vers. 8. Ainsi sera mon VERBE, dit IEHOVAH (Esaïe, IV, 11) qui sort de
ma bouche; il ne reviendra pas à moi vide; mais il fera tout ce que j'ai voulu, et il prospérera dans
celles à qui je l'aurai envoyé. <c'est-a-dire à cause de cela il n'y a pas eu une seule vicissitude, et tout ce qui possède la vie est aussi excellent
de nos jours qu'il y a des milliers d'années. Que signifie donc ceci, je t'en prie? Le Ciel est mon
siège et la Terre est l'escabelle pour mes pieds, Esaïe, chap. I, XVI, 1; S. Matth. V, 55. Actes des Ap. VII,
49. TOUTES CHOSES SONT PLEINES DE DIEU (JOVIS). Prie IEHOVAH afin qu'il soit parmi tes conseils. Le passage
de S. Paul aux Rom. VIII, 22 ne fortifie nullement ce que tu objectes, ô excellent ami; il y est
seulement fait mention de créatures gémissantes, et non de défection de la Nature. O VIRIDITE BENIE,
QUI FAIT GERMER TOUTES CHOSES. Par les figures première, seconde et troisième de cet Amphithéâtre, tu
trouveras, Théosophe, à contempler la VIRIDITE RUACH ELOHIM; toi, Kabbaliste, LA LIGNE VIRIDE, L'UNIVERS
GIRANT; Mage, LA NATURE; Physico-Chimiste, LE LION VIRIDE, DUENECH VIRIDE; ADROP, LA QUINTE ESSENCE.
Il suffit. Qui donc, en effet, lorsque Harpocrate rappelle au silence et ordonne de se retirer, s'empresserait
de rompre le Céleste sceau de la Taciturnité? J'ajouterai une seule chose à vos Observations et
Démonstrations mathématiques, en répondant: Le globe de la Terre se peut accroître par la vertu
végétative et le Mouvement perpétuel de son centre vivant, et s'approcher du Ciel en croissant; mais
le Ciel ne peut s'approcher de la Terre en tombant. Mais c'est assez parlé de ceci pour le moment. Je
réserve cette Doctrine pour un endroit plus commode.
CLV. Lorsqu'il traçait à la vers. 29. | CLV. Quand il posait à la mer ses |
| mer ses limites, et posait une loi aux | statuts, et aux Eaux, afin qu'elles ne |
| Eaux, afin qu'elles ne passassent point | passassent point leurs limites; quand il |
| leurs bornes; quand il suspendait les | décrivait les fondements de la Terre: |
| fondements de la Terre: |
|
A la mer ses limites] Le décret de DIEU un, est la cause pour laquelle la mer est contenue entre ses
limites et ses bornes certaines, et qu'elle se joue, flue et reflue en elles. C'est ce que le Psaume CIV, 9 et
Job, XXVI, 10 confirment. C'est le perpétuel témoignage miraculeux que le SEIGNEUR nous a proposé de
Sa Puissance et de Sa Bonté envers nous. S'il en était autrement, les Eaux couvriraient encore une
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56 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
fois et immédiatement toute la Terre. Clamons donc avec joie, dans notre reconnaissance: C'est par
la Miséricorde du DIEU Omnipotent que nous ne sommes pas engloutis.
CLVI. J'ETAIS avec LUI, com- vers. 30. | CLVI. J'ETAIS auprès de LUI comme |
posant toutes choses; et me dé- | un disciple et j'étais en joie quotidien- |
lectais par chaque jour, me | nement, et je joue devant lui en tout |
| jouant en tout temps devant LUI. | temps: |
J'ETAIS] EHIEH. Il faut remarquer: Exod. III, 14 que DIEU dit à Moseh: EHIEH ESER EHIEH, JE SERAI
CELUI QUI SERAI.
Il dit en outre: ainsi tu diras aux enfants d'Israël: EHIEH, JE SERAI,
m'a envoyé vers vous,
Les Septante et l'Edition vulgate traduisent en ce passage: JE SUIS CELUI QUI SUIS pour JE SERAI CELUI
QUI SERAI. Car on rencontre fréquemment en Hébreu ce futur placé pour le présent. Or les Hébreux
écrivent ainsi pour désigner par cette locution, l'éternité; ils affirment qu'il a été indiqué par elle la
souveraine, omnipotente et sempiternelle stabilité de DIEU qui toujours a été, est, sera. DIEU seul
peut dire: JE SUIS et JE SERAI. Car, lorsque nous parlons de DIEU, tous les temps sont confondus et unis.
S. Jean a exprimé en grec ce nom de DIEU dans l'Apocal. I, 4, en disant: άπο ὁ ὤν, καἰ ὁ ἦν, καἰ ὁ
ἐρχόμενος, c'est-à-dire, par celui QUI EST, et QUI ETAIT et QUI SERA. Et de même aussi dans l'Oraison Dominicale:
Notre Père, QUI ES
dans les cieux. Ainsi la SAPIENCE incarnée JESUS-CHRIST dit encore ailleurs:
JE SUIS
la voie, la Vérité et la Vie. Et:
Avant Abraham, J'ETAIS. Ce Kabbalistique et non méprisable
EHIEH, lorsqu'il en sera traité en son lieu (par la volonté de DIEU) sera expliqué par la figure première
dans cet Amphithéâtre de la SAPIENCE Eternelle, seule vraie, dans l'exposition du nom divin de
DIEU. Désiste-toi donc, maintenant, ô calomniateur, de ton très pernicieux délire, en niant autant la
Divinité que l'Eternité de la SAPIENCE (qui est incarnée dans le temps). J'ETAIS, EHIEH, c'est-à-dire DIEU;
c'est-à-dire la SAPIENCE DE DIEU qui dispose toutes choses. il faut noter que notre Sapient entend ici
par SAPIENCE ce que S. Jean, chap. I, entend par VERBE. Donc, le VERBE fait chair, et la SAPIENCE DE
DIEU incarnée dans le temps sont même chose: DIEU, le FILS DE DIEU, qui ETAIT, EST et SERA depuis
l'Eternité jusqu'à l'éternité. Que répondras-tu, impie, à ceci? Tout ce qui était avant le Monde créé
est DIEU; or la SAPIENCE était avant le Monde créé; donc la SAPIENCE est DIEU. C'est pourquoi lorsque
S. Jean l'Evangéliste enseigne d'après le Sapient que le VERBE était déjà dans le Principe, il affirme
immédiatement qu'il était auprès
(apud) de DIEU, qui seul est avant
(anté) le Principe. Et puisque tout
ce qui est avant le Principe est nécessairement DIEU, il affirme donc avec raison que le VERBE est
DIEU lui-même, sans qu'on puisse soupçonner qu'il y ait de ce fait deux DIEUX. Le Commencement ou
Principe de la Création existe exclusivement avant toute chose créée. Car il est le principe des choses
créées. DIEU donc, dont il est le VERBE (par lequel il a crée toutes choses dans le Principe) n'a pas créé
son VERBE, sinon il n'aurait pas existé avant le Principe. quoi donc alors? DIEU a engendré de lui-même,
DIEU de DIEU, de toute éternité, car on ne peut pas pousser l'investigation plus loin. Elle s'évanouit
donc ainsi et se réduit à néant comme elle le doit être, cette fanatique, hérétique, blasphématoire et très
pestilentielle parole des Ariens: Il fut un moment (c'est-à-dire temps ou éternité, ou tout ce qu'Arius aurait
pu ou voulu sous-entendre) où il (le fils de DIEU) n'était pas. La science du FEU qui éprouve et juge
toutes choses sublunaires, témoin physique et invincible de DIEU dans ce Monde, te montre par cet argument
irréfutable extrait Macro et Micro-Cosmiquement du Livre de la Nature contre tous les Antitrinitaires,
le CREATEUR TRI-UN, en expliquant Physico-Chimiquement le grand Livre de la Nature, afin que
tu voies la CREATURE tri-une confesser, représenter et enseigner universellement et particulièrement
ELOHIM (qui dans le Principe créa le Ciel et la Terre, etc. Genès. I.) TRI-UN. Ensuite le CORPS, l'ESPRIT et
l'AME qui composent l'HOMME expriment suffisamment la Divine similitude tri-une suivant laquelle
l'Homme tri-un est fait. Car il faut distinguer entre la Similitude et l'Image. SOMMAIRE: TOUTES CHOSES SONT
TRI-UNES parce qu'elles ont été faites par le TRI-UN. C'est l'admirable voix de DIEU dans la Nature par la
Créature. Voy. figure troisième de cet Amphithéâtre, propos. I, distinct. 7.
Me délectais] Et en retour
IEHOVAH se délectait et se délecte en ELLE, c'est-à-dire son fils qui LUI-MEME, c'est-à-dire Le MEME,
L'IPSEITE, que Capnion, Liv. 2. de
Verbo Mirifico, chap. 16, place parmi les noms de DIEU) fait de
toute éternité ses délices. Il nous reste le témoignage de celle-ci, incarnée, S. Matth XVII, 5. CELUI CI
est mon Fils bien aimé en qui je me suis bien complu; écoutez-le. Ecoutons donc le Fils de DIEU et ce qu'il
dit (par la volonté et le mandat du Père qui l'a envoyé pour notre cause) de lui-même dans son
Verbe Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement écrit, et non Arius ni Swermeros, Desquamations du
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DU GRADE TROISIEME.
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diable. Si donc la SAPIENCE a été avant les siècles; si elle est le Fils de DIEU; Si elle fut présente lorsque
le Père créa le Monde; si maintenant elle se délecte dans la société des hommes et demeure dans
l'éternité, qui donc, ayant une notion saine de la religion hésitera à la déclarer éternelle?
Me jouant]
Du Jeu (de toute éternité) Divin; parce qu'il est ineffable et inénarrable. Que dirai-je? L'ignorance
et la fragilité humaine dans les choses Divines est une nuit profonde; et même un parfait NEANT.
Qu'elle tienne donc compte de cette parole des Chrétiens: CROIS; En qui? en celui auquel tu crois.
En croyant, sois soumis à DIEU; étant soumis, crains DIEU; en le craignant, vis
droitement; en vivant droitement, purifie ton coeur; ayant alors le coeur pur, ce
que tu crois, tu le verras.
CLVII. Me jouant dans l'orbe vers. 31. | CLVII. Je joue dans l'orbe de la Ter- |
des Terres et mes délices d'être | re, et mes délectations avec les fils des |
| avec les fils des hommes. | hommes. |
Me jouant dans l'orbe, etc.] Par sa voix mirifique (comme c'est indiqué dans la quatrième figure de
cet Amphithéâtre), par ses mirifiques opérations, Macro et Micro-Cosmiquement; par la vertu variée
et efficace, par les Dons et les Biens tant spirituels que corporels, qui nous montrent innombrablement
son Omnipotence et Bonté inépuisable, ainsi que celle du Père Infini, en témoignant et enseignant
admirablement dans les Livres de la Nature, de la Sacro-Sainte Ecriture et dans nos Ames
pénitentiellement lavées et purifiées. Elle se joue également dans l'orbe des Terres; parce qu'elle
régit, sauve, inspire la crainte, console, vivifie, procure la vie éternelle, et défend contre Satan et
les portes de l'enfer.
D'être avec les fils des hommes] Tellement qu'elle s'est elle-même faite homme
dans la plénitude du temps, qu'elle a habité et a évolué corporellement parmi les hommes; et ainsi
elle a déclaré sa bienveillance envers les hommes. Que dirai-je?' Je reste muet, comblé de joie et d'admiration
pour la grandeur du miracle! Il faut observer que Alexandre de Ales, Jean Scot, avec
d'autres Théologiens scolastiques, affirment que le Fils de DIEU, à cause de son immense et ineffable
amour envers le genre humain, se serait incarné, même si le péché n'avait pas été introduit dans le
Monde; tant ils espéraient bien de l'amour de la SAPIENCE Divine envers l'Homme formé à l'image et
à la similitude de DIEU. S. Thomas d'Aquin, bien qu'il pense autrement, reconnaît pourtant que cette
opinion n'a rien que de très véritable lorsqu'il dit savoir seulement à ce sujet que s'il s'est offert en
oblation, c'est parce qu'il l'a voulu. Et même Gabriel Biel, parmi les plus récents sententiaires, dit
clairement et très habilement qu'on peut disputer de cette chose avec probabilité dans les deux sens
opposés tant que l'une n'aura pas été expressément révélée. Que l'Eglise en décide. Enfin la SAPIENCE
Eternelle fait ses délices des esprits saints des hommes (comme le confirme l'expérience réitérée) de
telle sorte qu'elle les transforme en elle-même, afin que l'Homme émigre ainsi mentalement dans la
société et le sanctuaire des Bons Anges de DIEU et en DIEU lui-même (même dans cette vie), et que
DIEU habite dans l'homme, et qu'il s'assoie, Roi, sur son trône microcosmique, tri-un, ressuscité,
vraiment catholique. Voy. vers. CXXXII. O combien Divinissime est cette métamorphose en DIEU! Et
elle sera à moins qu'on ne rejette pas le Binaire. Phy pour le Diable, qui introduit la dissension et la
dissimilitude entre la volonté de DIEU et de l'Homme. Celui qui est UN par excellence (DIEU), qui n'est
jamais en contradiction avec lui-même, veut ce qui est UN; et il est contraire à tout ce qui est double
par les dissidences ; et afin qu'il me conduise parfaitement à la simplicité de la Monade, nuit et jour,
par la chrétienne humilité, je soupire, j'invoque, je prie, je pleure. Je mentirais si je niais que
quelque chose de la Puissance Divine (loin de moi toutefois la pensée de m'en glorifier) m'ait assisté
et se soit montré quelquefois à moi, soit en veillant, soit en dormant, selon que je l'avais moi-même
Théosophiquement voulu. Hallelujah. La Réduction à la simplicité de la Monade (qui est exposée
dans la figure seconde de cet Amphithéâtre) est la Méthode ou la voie par laquelle l'HOMME doit ou
peut être régénéré, restitué dans son intégrité, Divinement ramené à DIEU duquel il s'était écarté par
sa propre dissension, être fait nouvel homme, conjugué, illuminé et uni à DIEU, et comme DEIFIE. Car
nous sommes, selon l'Ame, tellement capables de Divinité, qu'il nous est permis de surpasser même
les Esprits Angéliques, et de nous unir avec DIEU. Il faut redire encore ici qu'on doit faire Théosophiquement
abandon, en l'UNITE, de toute dissidence, c'est-à-dire du Binaire, parce qu'en lui, qui est
UN, il n'est pas de contraire; autrement cela ne se pourrait. Si tu es sapient tu apprendras harmoniquement
de ce fait, la Régénération de la Pierre catholique des Philosophes; et tu connaîtras en
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58 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
vérité l'harmonie admirable et régénératrice du Macro et du Micro-cosme, en laborant Physico-Chimiquement,
sous la conduite de la SAPIENCE. C'est la THEOLOGIE tri-une, Biblique, Macro et MicroCosmique,
Catholique et plus-que-parfaite. Que tout homme, de cette manière, étudie donc ceci;
qu'il entende Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement la Sacro-Sainte Ecriture. Qu'il connaisse
la Nature et soi-même; qu'il reconnaisse DIEU comme Créateur, Rédempteur, Sanctificateur: (TOUT
en TOUS). Et le connaître; et l'ayant connu, l'imiter, c'est la SAPIENCE. Et ainsi l'homme s'assoira sur
son trône, qui est son AME, par laquelle l'Homme est appelé un DIEU, selon l'Oracle qui a dit:
Vous
êtes des Dieux et vous êtes tous les fils du Très-Haut. Psaum. LXXXII, 6 (vulg. LXXXI). Ceci est très véritablement
vrai. Il existe certains Théo-Sophistes railleurs, mondains immondes, bavards, qui refusent
de reconnaître la force ou la moelle de ce nôtre Discours, et qui sont, pour cette raison, calomniateurs;
ceci ne doit pas nous étonner car ils manquent de l'illumination de l'Esprit de SAPIENCE ou ne
cherchent pas à percevoir ou à déguster (aveuglés et impédimentés dans leur esprit par l'obsession
du diable) la moelle de cette Doctrine. Qu'il leur soit donc répondu par ce passage de S. Paul, I. Corinth.
I, où il est écrit:
Je perdrai la Sapience des sapients et je réprouverai la Prudence des prudents. Où
est le sapient? Où le scribe ? Où les disputeurs de ce siècle? DIEU n'a-t-il pas rendu folle la Sapience
de ce monde? Qui est fou devant DIEU, est le plus sapient au regard des hommes; et qui est infirme
devant DIEU est regardé comme le plus fort parmi les hommes. Ceux qui sont fous dans le monde,
DIEU les élira afin de confondre les sapients; et les infirmes du monde, DIEU les élira afin de confondre
les forts. DIEU choisit ceux qui sont méprisés et regardés comme ignobles par le monde, et il détruira
ceux qui ne le sont pas plutôt que ceux qui le sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant sa face.
Ceci est la Théosophie vraie, germaine, tri-une, efficace, qui soumit autrefois à la vérité et les vanités
des Philosophes et les sceptres indomptables des Princes, et qui peut les soumettre encore aujourd'hui,
et sur laquelle la chair ne peut porter un jugement. Il est vrai que jamais, dans les Saintes
Ecritures, nous ne lisons que le Christ (bien qu'un grand nombre de ses miracles ait été rapporté)
ait fait un sapient d'un fou. Pourquoi donc alors me confierais-je à l'insensé?
| CLVIII. MOI (חכמח HHOCHMAH) la Ibid. | CLVIII. MOI (חכמח HHOCHMAH) la
|
| SAPIENCE, j'habite dans le Conseil, et vers. 12. | SAPIENCE, j'habite dans l'astuce et je
|
| je suis présente parmi les cogi- | me trouve dans la science des cogita- |
| tations érudites. | tions. |
Je suis présente parmi les cogitations érudites] Non pas dans les cogitations ou les discours grossiers,
obscènes, impies, blasphématoires, honteux, prononcés par le fou ou l'insensé, ce qui n'est pas digne
d'elle, S. Paul, Ephès. V. 4; ni dans les paroles de malédictions, rageusement et scabieusement prononcées
contre le prochain par les hommes furieux. Que celui qui cherche la Sapience vraie fuie
tout cela et s'en tienne complètement éloigné. De tels hommes, dit le docte Erasme par un pieux
mouvement de son âme, portent un cadavre putréfié dans le sépulcre de leur coeur, et exhalent une
puanteur qui corrompt et empoisonne leur prochain. Ils n'exhalent rien du baume de la Sophia
Céleste. Les corps des hommes pieux sont les temples bienveillants et parfaitement instruits de
l'Esprit Saint de la SAPIENCE; les corps des impies sont des sépulcres de cadavres. Car autant un
corps destitué de son âme est mort, autant est morte une âme abandonnée de DIEU et qui se manifeste
également, fi, par d'immondes odeurs. Il n'est pas de cadavre corporel qui offense les narines des
hommes, autant que la fétidité de l'âme dans son sépulcre offense les narines Divines de tous les Etres
Célestes, c'est-à-dire des bons Esprits. DIEU parlera la langue et les vivantes paroles de DIEU, parce qu'ainsi
il entretient la vie. Applique-toi Théosophiquement, par les forces Divinement concédées à toi, à réduire
le TERNAIRE, par la rejection du Binaire, à la simplicité de la Monade, au moyen du Quaternaire,
comme l'enseigne la seconde figure de cet Amphithéâtre, au nom de la SAPIENCE manifestée dans la
chair, c'est-à-dire JESUS-CHRIST crucifié; et, puisque ton Corps, ton Esprit et ton Ame (c'est-à-dire toi
tout entier) seront réunis au nom de JESUS, à méditer alors sur la SAPIENCE, par le jeûne Chrétien
dans l'Oratoire; exerce-toi religieusement par le soliloque, dans l'esprit et la vérité; et en vérité,
HHOCHMA-EL (qui est en hébreu le nom de la SAPIENCE DE DIEU) sera présente à toutes les cogitations,
oraisons, soliloques, méditations; et créera et conservera en toi un coeur pur; elle innovera l'Esprit
juste dans tes viscères; elle te fera connaître de Saintes, sapientes et artificieuses cogitations; elle te
remplira de l'esprit de Prudence (Exod. XXVIII, 3) θεοπνευστικω̑ς, c'est-à-dire en t'inspirant Divinement,
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DU GRADE TROISIEME
59------------------------------------------------------------------------------------------------
et t'instituera et te conduira dans la vérité de l'Agnition, de la Cognition, de la Cognation,
de l'Union et de la Fruition (comme l'indique le titre de cet ouvrage) de IEHOVAH, de la CREATURE
et de la NATURE et aussi de TOI-MEME; et tu seras plus précieux aux yeux de DIEU que la main
n'est précieuse aux yeux de chaque homme; il importe que je sois envers DIEU ce que DIEU me commande
d'être. SOMMAIRE: Crois, Vis, Ore et Labore Théosophiquement, et tu éprouveras ainsi comme
les autres que ce que je t'ai dit est le plus certain. Que celui dont la foi hésite ne croie pas qu'il
obtiendra rien de DIEU, atteste S. Jacques dans son Epître Canonique, chap. 1, vers. 6 et 7. De même
que, contre ceux qui nient les Principes, il ne faut disputer de rien, sinon des Principes; de même à
celui qui manque de Foi il n'incombe rien en Orant et Laborant, sinon de s'appliquer à la vraie Foi:
afin qu'ainsi la Foi (qui est un Don de DIEU) lui soit Divinement inspirée, et qu'elle naisse en lui,
augmente et se conserve. En agissant ainsi, TOUTES CHOSES nécessaires et utiles à toi-même, tu les
obtiendras Théosophiquement de DIEU, et elles t'adviendront avec prospérité en Orant et Laborant.
CLIX. La CRAINTE du SEIGNEUR vers. 13. | CLIX. La CRAINTE de IEHOVAH est |
| hait le mal, l'arrogance et la superbe; | avoir en haine le mal, la superbe et |
| je déteste, et la voie dépravée et la | l'arrogance, et je hais la voie mauvaise |
| bouche bilingue. | et la bouche parlant de perversités. |
La CRAINTE DU SEIGNEUR
hait le mal, etc.] Pourquoi! Parce que le SEIGNEUR qu'elle craint (comme on
doit craindre le SEIGNEUR) est BON; elle hait l'arrogance et la superbe parce qu'elle craint le Très-Haut,
l'Eternel, le Terrible, le Fort; elle hait la voie dépravée parce qu'elle craint celui qui scrute toutes
choses, le Dieu Jaloux, le Juste; elle déteste la bouche bilingue parce qu'elle craint le Meilleur, seul
Sapient, très Véritable; et ainsi la CRAINTE DE IEHOVAH EST LE COMMENCEMENT DE LA SAPIENCE, qui est de
jouir de la Bénignité immense de IEHOVAH, Longanime et Miséricordieux. Voyez la figure seconde de
cet Amphithéâtre. Celle-ci est notre réformation à l'exemple de l'Archétype, à l'image et similitude
duquel (Genès. 9) nous sommes formés. Heureux l'homme qui craint le SEIGNEUR. Car à celui-là rien
ne sera impossible, parce que le SEIGNEUR fait la volonté de ceux qui le craignent. Psaum. CXLV, 19.
CLX. Moi, ceux qui m'aiment, vers. 17. | CLX. Ceux qui m'aiment, je les ai- |
je les aime, et ceux qui dès le | me, et qui me cherchent me trouvent. |
| matin veillent pour MOI, ME trouve- |
|
ront.
Ceux qui m'aiment, je les aime] Par la loi du talion; qui aime est digne d'être aimé. Voy. vers. CXLV.
Qui dès le matin veillent] Parce que celui qui me cherche avec vigilance dés sa première jeunesse, nuit
et jour, avant l'aurore, avant de sortir du lit, en méditant dans ma Loi tri-une, c'est-à-dire de la
Nature, de la Sacro-Sainte Ecriture et de la Conscience, me trouvera. Vers. XXVIII. Comme Elcana
avec ses femmes se leva de grand matin et adora avec elles le Seigneur. 1. Rois. I, 19.
CLXI. Je marche dans les vers. 20. | CLXI. Je m'avance parmi les sentiers |
| voies de la JUSTICE, et au milieu des | de la JUSTICE, au milieu des sentiers du |
| sentiers du jugement. | jugement. |
Dans les voies de la JUSTICE] Aussitôt que l'âme fidèle aura épousé la Sapience Divine, et que celle-ci
aura copulé par un céleste mariage avec l'âme pieuse, la Sapience ornera son épouse de l'amour de
la Justice et la remplira de la haine de l'injustice, c'est-à-dire des injures contre DIEU et le prochain;
elle donnera à l'âme illuminée un jugement dextre, recte, sincère, incorrompu sur toutes choses qui
manifestent la Gloire de DIEU ou profitent au salut du prochain. Car la Gloire de DIEU et le salut du
peuple consistent dans la Justice et le jugement.
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60 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Ecoutons de nouveau
LE SAPIENT
CLXII. Le SEIGNEUR fonda la Prov. III, | CLXII. IEHOVAH fonda la Terre dans
|
Terre par la SAPIENCE, et stabilisa vers. 19. | la SAPIENCE, stabilisa les Cieux dans
|
| les cieux par la PRUDENCE. | l'INTELLIGENCE. |
Le SEIGNEUR
fonda par la SAPIENCE, etc.] C'est pourquoi si tu désires être parfaitement instruit de la
création du Monde, du Chaos, de la primordiale ΥΛΗ, ou Matière première, de l'Ame du Monde appelée
Nature, du Médiateur, c'est-à-dire de l'Esprit Ethériforme (qui est le Ciel) qui unit et fait copuler ces
deux extrêmes, la Matière et la Forme, le Corps et l'Ame, dans tout le globe sublunaire (qui est mû
par DIEU); du Ciel, c'est-à-dire de l'Esprit éthériforme solidement affermi en haut, d'où son nom de
Firmament; des Principes, des Eléments et de leurs fruits; de toutes choses qui sont contenues dans
l'Univers depuis le plus haut des Cieux jusqu'au plus bas du Centre de la Terre; et enfin de tout l'ornement
Macro et Micro-Cosmique: (ce qui est l'oeuvre Kabbalistique du Beresith, c'est-à-dire la
SAPIENCE DE LA NATURE) Si tu désires, dis-je en être instruit, enseigné et informé dans le Beresith,
(tiens cela pour certain et non pour une simple opinion) aie souvent recours Théosophiquement
à la SAPIENCE de IEHOVAH (VERBE DE DIEU, par lequel toutes choses sont faites, et sans lequel
aucune des choses existantes n'aurait été faite. S. Jean, I, 3) suivant les Lois et la Doctrine de cet
Amphithéâtre; écoute-la, vois-la, observe-la t'instruisant merveilleusement dans la Sacro-Sainte
Ecriture, dans le Livre de la Nature et dans ton Ame Divinement illuminée; tu la trouveras, seule et
unique préceptrice véritable, te conduisant dans la Vérité Naturelle, hyperphysique et Divine, UNIVERSELLE.
O toi, Christiano-Kabbaliste, Physico-Mage et Physico-Chimiste, en Orant et Laborant (comme
l'enseigne cet Amphithéâtre) en entrant sapientement par les cinquante portes de l'Intelligence, auxquelles
les Kabbalistes consacrent tant de pénibles études, et qui furent divinement reçues par Mosah,
serviteur de DIEU et annotées dans un ordre admirable, Genès. 1, tu ascendras, revêtu de l'onction
de l'huile de l'Esprit-Saint, tu ascendras, dis-je (comme par l'échelle de Jacob) à l'oeuvre de la MERCAVA
qui est la SAPIENCE de la Divinité touchant les plus sublimes contemplations et la science vraiment
spirituelle, afin que tu jouisses de DIEU, Paternel, Fraternel et Ami, ce qui est le Sabbat des
Sabbats, le Iobel ultime éternel. Ceci est la voie royale et catholique, par laquelle on doit trouver la
PIERRE (que beaucoup d'anxieux ont cherchée sinistrement et cherchent encore) des Philosophes,
Saturninement placée par IEHOVAH dans le centre du Monde. Les autres sont toutes des ambages
Labyrinthiformes. Toi qui connais le SEL DE SATURNE Catholique et dont le mystère resplendit Philosophiquement
dans le Dénaire, garde le silence. Il faut donner du foin au boeuf et seulement du
sucre au perroquet. O fous et impies, qui, avant d'avoir obtenu l'onction de l'Esprit-Saint, travaillez
d'après quelques perfides Philosophes païens (esprits malins, maîtres d'erreur) commencez donc à
apprendre de celle qui est SAPIENCE Eternelle, incarnée dans le siècle, seule vraie, à rentrer en vous-
mêmes par l'influx sacré de l'Esprit-Saint dans ses paroles elles-mêmes (conduit par la main de DIEU)
que vous pourrez recevoir et que vous devriez connaître. La SAPIENCE DE IEHOVAH unique et seule, doit,
peut et veut nous enseigner sapientement dans son Livre Tri-un, c'est-à-dire dans la Sacro-Sainte
Ecriture, la Nature et le Miroir de notre Ame. Voy. vers. CCLX.
Et stabilisa les Cieux] C'est-à-dire il affermit
l'Esprit éthéréen qui est et est appelé le Ciel. C'est le Firmament! Genès 1. PAR LE VERBE DU SEIGNEUR,
les Cieux sont affermis, et par l'Esprit de sa bouche, tous leurs ornements. Psaum. XXXIII, 6
(vulg. XXXII). Voy. vers, CCLXI et la figure troisième de cet Amphithéâtre. Quest. cinquième.
CLXIII. PAR SA SAPIENCE ont vers. 20. | CLXIII. Dans sa SCIENCE les abîmes |
jailli les Abîmes, et les nuées se | ont jailli eux-mêmes, et les Cieux distil- |
| sont condensées en rosée. | lent la rosée. |
Par sa Sapience] De qui? de IEHOVAH. Si DIEU est éternel, pourquoi ne serait-elle pas éternelle?
Les
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DU GRADE TROISIEME
61------------------------------------------------------------------------------------------------
abîmes] Remarquons qu'ici se présente la Doctrine insigne des ABIMES. L'abîme est la CAUSE, l'Origine,
le Siège, la Source, la Retraite profondissime, abstrusissime, occultissime, imperscrutable et ineffable
des choses Naturelles, Supernaturelles, Spirituelles, Divines, Eternelles et Infernales, qui produit
d'admirables effets et qui n'est compréhensible par nulle investigation ou pénétration de la raison
humaine. C'est cet Abîme de la Création dont parle Moïse, Gen. I, 2. Et les ténèbres étaient sur la
face de l'Abîme: c'est aussi l'Abîme de l'Ecriture Sainte dont parle Ezechiel, chap. XLVII, Ecclesiastiq.
1, 2 et XXIV, 8. C'est l'Abîme de la Providence, dont parle le Psaume CXXXIX tout entier. C'est l'Abîme
de l'Omnipotence et de la Sapience Divine dont parle Esaïe, chap. XL. C'est l'Abîme de la prédestination
dont parle S. Paul, Ephes. I, 4 et Rom. IX. C'est l'Abîme de la Dilection, de la Rédemption
et du Christ lui-même dont parle S. Jean, III et S. Paul, Rom. V. C'est l'Abîme des jugements de DIEU,
dont parle le Psaume, XXXVI, 7. La multitude de tes jugements est un abîme. Eccl. XXXVIII. Ses conseils
sont dans l'abîme. C'est encore l'abîme de la misère humaine et du péché et du coeur dépravé,
Jérém. XVII, 9. Ezech. XXVI, 19. C'est l'abîme de l'enfer, Apoc., IX, 1 et 2. C'est enfin l'abîme de la vie
et de la joie éternelle, où toutes choses sont sans fin ni terme. Ezech. XXXI, 4. Il a exalté cet abîme
c'est-à-dire la béatitude et la prospérité infinies. Et par ce moyen nous expliquerons, autant qu'il
convient à cet ouvrage, ce qu'est l'Abîme de la Création et de la Providence. L'abîme de la Création
et des choses Naturelles, ce sont les Sources, les Origines, les Trésors, les Fontaines invisibles très
purs, perpétuels, très cachés dans les centres des Eléments purissimes et simplicissimes; c'est-à-dire de
la Terre, de l'Eau, de l'Air et du Firmament, dans lesquels trésors occultissimes sont gardées à perpétuité
jusqu'à la Résolution du monde, les Raisons séminaires des choses et conservatrices des
espèces: puisqu'en effet elles administrent les figures, proportions et coutumes des Animaux, Végétaux,
Minéraux, fleuves, vents, tempêtes, sérénités, temps, âges et de toutes choses par lesquelles
sont produits les états et les temps dans la scène visible de ce monde, et qu'elles dirigent la République
de toute la vie humaine, et le cours, flux et reflux de toute la Nature. Orphée appelle cet Abîme
Naturel: Nuit, Ténèbres, Nébulosité, Diane incomprise et jamais vue des mortels, c'est-à-dire nue,
dans l'hymne qui commence ainsi: Νύξ γλύεσις πάντον. L'abîme de la Providence est l'ordre infiniment
abstrus des Conseils Divins, administrateur de toute la Nature et de la vie humaine, par qui sont
régis les temps, les âges, les mutations, les années, les mois, les jours, les heures, les minutes. Il est
l'auteur, le modérateur et le dispensateur des choses naturelles et des actions humaines, des devoirs,
des vocations, des études, des périls, des calamités, des afflictions, des Libérations, de la vie et de la
mort de l'Homme. L'abîme de la Sapience est décrit au liv. de la Sap. VII.
| CLXIV. Qui est monté au Ciel et qui Prov. XXX, | CLXIV. QUI est monté au Ciel et |
| est descendu? Qui a contenu l'Esprit vers. 4. | descendu? QUI a colligé les vents en ses
|
| en ses mains? Qui a retenu les Eaux | poings? QUI a congrégé les Eaux dans |
| comme dans un vêtement? Qui a sus- | un vêtement? QUI a stabilisé toutes les |
| cité toutes les bornes de la Terre? | bornes de la Terre? Quel non, est le sien |
QUEL NOM EST LE SIEN et quel EST | et quel est LE NOM DE SON FILS, si tu le |
| LE NOM DE SON FILS, le sais-tu? | sais ? |
QUEL NOM EST,
etc.] Le Sapient vaticine ici de la SAPIENCE incarnée et du NOM ineffable et admirable
de IEHOVAH. Le Psalmiste nous enseigne comment nous devons nous servir sapientement des Noms de
DIEU dans l'Oratoire: Psaum. XVIII, 2 et 3 (vulg. XVII).
Le Seigneur est ma fortitude, mon refuge, ma
forteresse, mon libérateur: mon DIEU est mon rocher, mon protecteur, ma corne de salut, mon refuge. Et Moïse,
Exod. XXXIV, 6: SEIGNEUR notre DIEU, Bon, Bénin, Miséricordieux, Clément, Longanime, plein de
Miséricorde et de Bonté. Le nom de JESUS est le nom au-dessus de tout nom, devant lequel tout genou
de ceux qui sont dans le ciel, sur la terre et au-dessous de la terre, fléchit. CE NOM est la cause effectrice
de tous les divins miracles, si l'Ame s'y est préparée rituellement, Théo-sophiquement et Mystiquement
par la foi et l'invocation. Et celui qui, par cette foi, s'est conjoint, a copulé, et s'est véritablement
UNI avec le Nom de JESUS, cèdent toutes les vertus des cieux, toutes les forces terrestres,
toutes les forces diaboliques, toutes choses qui, provenant du règne du péché et du diable, infestent
les corps et les âmes des hommes.
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+@
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62 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
| CLXV. (Par conséquent) mon fils, Prov. XXIV, | CLXV. Mange, mon fils, le miel par- |
mange le MIEL parce qu'il est bon, vers. 13. | ce qu'il est bon, et le rayon de miel qui
|
| et le rayon de miel, très doux à ta | est doux à ton palais. |
gorge.
Le MIEL] Athénée rapporte que Démocrite étant malade, vécut pendant quelques jours, seulement
de miel; et lorsque celui-ci vint à faire défaut, ce philosophe mourut. Suivant Diogènes Laërce, c'est
par l'odeur du pain chaud, étant proche de la mort, qu'il prolongea sa vie pendant trois jours. La
très douce Doctrine de la SAPIENCE Eternelle (qui est le pain de vie, S. Jean, VI, 35) mangée par la
bouche du coeur purifié et mondifié, non-seulement te revivifiera, toi qui es léthaliquement couché
par la mort des péchés, mais encore te préservera de la mort éternelle. De même que les abeilles confectionnent
leur miel de la rosée et des fleurs, de même le miel de la Sapience Divine est formé de la
Rosée Céleste, Spirituelle, Divine, c'est-à dire de l'ESPRIT SAINT, et de la fleur de ton Ame, c'est-à-
dire: Foi, Amour, Espérance et Invocation, et dont la moindre parcelle reçue par l'âme pieuse et
fidèle surpasse la douceur, la délectation et la volupté du monde entier. Comme dit le Psalmiste:
Tes
paroles me sont plus douces que le miel et le rayon de miel, Psaum. XIX, vers. 11 (vulg,. XVIII) et CXIX,
vers. 103 (vulg. CXVIII) Ta douceur, ô SEIGNEUR, me rend douces toutes les choses amères de ce monde.
Mange donc le MIEL de la PIERRE, LE CHRIST, parce que, par son Baume très salutaire, tu seras délivré,
dans le Corps, l'Esprit et l'Ame, de la corruption annihilative (Deuter. XXXII, 13) tandis que s'il te
fait défaut, tu seras conduit à la mort. C'est dans ce miel très suave que se trouve le SEL DE LA SAPIENCE,
ainsi nommé sapientement par les sapients. Il est digne de remarque, certes, que cet enseignement
de la Divine Bénignité, cette phrase soit restée comme témoignage jusqu'à nos jours, même
parmi les philosophes profanes, tandis que ces misérables hommes ne comprenaient pas (par la
volonté de DIEU) ce qu'ils disaient. Il est une secrète force de cette locution. Apprends-la, mon fils.
CLXVI. Comme à ton âme vers. 14. | CLXVI. Comme sauve sera à ton âme |
| est la DOCTRINE DE LA SAPIENCE, laquelle | la cognition de la SAPIENCE, si |
quand tu l'auras trouvée, tu au- | tu la trouves; et elle sera, ta récompen- |
| ras de nouveau l'espérance et ton es- | se, et ton expectation ne se perdra |
| pérance ne périra point. | point. |
Comme la Doctrine, etc.] Car JESUS, SAPIENCE du Père faite chair, est la Fleur du Miel Divin, la
Manne de la Rosée Supercéleste, le Miel dans la bouche, le Miel dans le coeur, la PIERRE (S. Paul, I.
Corinth. X, 1) sur laquelle est édifiée l'Eglise, S. Matth. XVI, 18.
La Cognition de la SAPIENCE] La Cognition
de la SAPIENCE vraie est la LUMIERE dans l'Ame, dissipant les ténèbres de l'ignorance et toutes
les opinions fausses et incertaines. Et cette cognition diffère autant de l'opinion et des conjectures
incertaines, que la lumière diffère des ténèbres et le corps de l'ombre. DIEU doit être instamment
prié, afin qu'il illumine nos esprits. Prends donc garde, prends garde de ne pas demander
la lumière des ténèbres aux esprits malins qui sont apostats et menteurs. Prends
garde de ne pas chercher la Lumière vraie dans l'ombre, c'est-à-dire chez
les hommes non illuminés par la vraie Lumière, qui s'enorgueillissent
de leur propre Sapience et te font accepter et te
vendent leurs fantaisies spéculatives et leurs
songes pour la Sapience.
Tu auras de nouveau] voy. ci-dessous
vers. CCXXIV.
Ici doit être insérée la figure du quatrième grade.
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DU GRADE QUATRIEME
63------------------------------------------------------------------------------------------------
IV
G R A D E
P R O L O G E T I Q U E
QUATRIEME EXPOSE
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| | NOUVELLE |
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION |
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES, |
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU, |
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE, |
| | DU GREC |
CLXVII. Le SEIGNEUR donne Prov. II, | CLXVII. IEHOVAH donne la SAPIENCE; |
| la SAPIENCE, et de sa bouche la PRUDENCE vers. 6. | de sa bouche sort la cognition et l'Intel-
|
| et la SCIENCE. | ligence. |
Le SEIGNEUR
donne, etc.] Comme dit S. Jacques dans son Epître, chap. I, vers. 5:
Si quelqu'un (*1)
des vôtres manque de SAPIENCE,
qu'il la demande à DIEU qui donne à tous avec affluence et sans reprocher, et
elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande dans la foi et sans hésiter. Car celui qui hésite est semblable au
flux de la mer qui est mû par le vent et emporté çà et là. Que cet homme-là ne croie donc pas (qu'il soit
élevé ou infime, noble ou plébéien, <, qu'il recevra la plus petite chose (quelle
qu'elle soit) du SEIGNEUR. L'homme dont l'âme est double, est inconstant en toutes ses voies. Voy.
vers. CCXVI et CCLL Si donc, ce qui est vrai, IEHOVAH donne la SAPIENCE, c'est en vain que nous
nous appuierons sur notre seule prudence, et que nous y ajouterons en laborant par quelque art
humain. Le Livre, sans la clef de l'Esprit Saint, ne révèle rien. C'est donc avec raison que Jules
César Scaliger, Exercit. 359, I, dit:
Notre pérégrination dans l'étude des lettres sans la lumière divine,
n'est qu'un misérable errement. Elle doit être cherchée auprès de IEHOVAH, THEOSOPHIQUEMENT, c'est-à-dire
Christiano-Kabbalistiquement, Divino-Magiquement et Physico-Chimiquement, dans l'Oratoire et le
Laboratoire, Micro et Macro-Cosmiquement; elle doit être obtenue du SEIGNEUR qui l'inspire et la
donne avec largesse. Elle est un don de DIEU. C'est pourquoi le très Docte Capnion (dont la mémoire
soit éternelle à cause de sa divine habileté dans l'étude de la Kabbale), au liv. de verbo mirifico, I,
chap. VII, définit fort bien la Philosophie (qui se nomme ainsi à cause de l'amour de la SAPIENCE) un
Souffle
(spiraculum) de DIEU et une Illustration Divine. Donc, puisque la vraie Sapience est un souffle
de DIEU et une Illustration Divine, la Sapience du monde immonde (réellement folle et insensée) est
un souffle du diable (qui, au témoignage de l'Apôtre est le prince de ce monde,
à l'exemple duquel
toute la terre est ordonnée) et un aveuglement de l'esprit. C'est pourquoi elle est folie aux yeux de DIEU
et aux yeux des hommes illustres de l'Esprit de DIEU. Le fleuve de la SAPIENCE vraie doit être dérivé
de l'océan de la SAPIENCE au moyen des siphons de son Livre Ter-tri-un et Catholique et sous la
direction de la grâce divine, amené dans le Paradis de notre âme; mais l'eau boueuse des marais
du prince de ce monde immonde ne doit pas être extraite de ses fétides lagunes pour être conduite
par les canaux des sophismes et des erreurs. Le premier donne la Science vraie et salutaire des
choses Divines et humaines; la seconde donne la vicieuse, turgescente, fausse, sophistique, stérile
et immonde Sapience mondaine. Voy. vers. CLXXXVII.
(*1) La Sapience, la science et l'Intelligence sont des dons de DIEU.
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64 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
CLXVIII. Il gardera le salut vers. 7. | CLXVIII. Il cachera l'essence pour |
| des droits et protégera ceux qui mar- | les droits et sera le bouclier de ceux qui |
| chent simplement, | marchent parfaitement, |
Le salut des droits] Les fruits de la Divine Sapience sont infinis: et le plus grand est le Salut de
l'Ame. Divinement conservés et gardés, ils sont comme un trésor éternel pour le juste. Et, comme
l'indique le texte hébreu, l'essence même des choses ou ce qui donne à toutes choses l'essence est le
trésor du juste; ce qui n'est rien autre que DIEU LUI-MEME qui est TOUTES CHOSES EN TOUS. IEHOVAH est
donc LUI-MEME le salut du juste; SON IPSEITE est le bouclier du juste, qui protège celui-ci contre les
flèches du diable et des hommes ennemis et contre les malignes impressions du Macro-Cosme. C'est
l'ombre du Très-Haut et la Protection de l'Omnipotent contre les horreurs de la nuit, contre les traits
rapides de chaque jour, contre le démon qui combat à midi, contre la peste marchant dans les ténèbres.
Psaum. XCI. Tous ces maux n'atteindront pas ceux qui marchent dans l'intégrité, c'est-à-dire
en DIEU, IPSEITE, et en son fils JESUS-CHRIST.
| CLXIX. Conservant les sentiers de la vers. 8. | CLXIX. Afin qu'ils gardent les sen- |
JUSTICE, et gardant les voies des | tiers du jugement: et il gardera la voie |
| Saints. | de ses miséricordieux. |
| * Alors tu connaîtras la Justice et le Prov. II, | * Alors tu connaîtras la Justice et le |
| Jugement, et l'équité et tout sentier vers. 9. | Jugement et les Rectitudes et tout sen-
|
| excellent. | tier excellent. |
Gardant les voies des Saints] C'est le fruit parfait de la Divine Sapience. Que les pieux gardent donc
la Faveur et la grâce de DIEU, de peur qu'ils ne s'écartent des sentiers de la JUSTICE. La Sapience
Divine est une Lumière perpétuelle qui montre la voie dans les ténèbres, qui éloigne l'âme des
erreurs, qui délivre des conseils insensés, qui réprime les vaines cogitations. Moi, je t'enseignerai,
dit la SAPIENCE, quelles sont les choses utiles; je te donnerai l'Intellect et je t'instruirai dans cette
voie par laquelle tu progresseras; je fixerai mes yeux sur toi. Psaum. XXXII, 8 (vulg. XXXI). O SAPIENCE
Eternelle, enseigne-nous, dirige-nous par la norme éternelle, informe-nous par la règle éternelle:
Informe-moi ô mon DIEU, qu`elle est ta volonté sainte Daigne me donner ta main pour conduire mes pas; Car voici que tu seras toujours avec moi ô mon DIEU Et le signe divin de ton esprit me conduira par le droit sentier.
| CLXX. Afin qu'il soit notoire à tous Sap. XVI, | CLXX. Afin qu'il soit notoire que le |
qu'il importe de prévenir le SO- vers. 28. | Soleil doit être prévenu pour te rendre
|
| LEIL pour TA BENEDICTION et qu'on doit | l'action de grâces, et tu dois être salué |
T'adorer à l'Orient de TA LUMIERE. | au lever de la lumière. |
De prévenir le SOLEIL] De devancer le Soleil; non-seulement cet Oeil visible (comme dit Hermès) qui
est le grand luminaire du Firmament, mais aussi le soleil DIVIN; et au lever de sa lumière, il faut, en
nous, ô IEHOVAH te précéder et marcher devant toi, te rencontrer, s'approcher de toi par des supplications
(S. Paul, I Tim. II, 2) par des oraisons et des postulations; te prévenir, au temps et lieu
opportuns, par nos labeurs tant de l'esprit que du corps, en actions de grâces (car l'action de grâces
est une invitation à donner davantage) des rayons de ta bénédiction bénignement influés; et enfin te
consulter Théosophiquement sur toutes nos entreprises, et agir avec toi. Voy. Prov., XIV, 11. L'enfant
connaîtra beaucoup par ses études, si ses oeuvres sont pures et droites. NOTE: De même que la Manne,
nourriture du peuple Judaïque dans le désert devait être recueillie avant le lever du Soleil afin qu'elle
ne fût pas liquéfiée par les rayons du Soleil, de même la manne de la Divine Sapience doit être recueillie
dans les vases de la prière du matin, et en veillant dès le matin aux portes de la SAPIENCE.
Notre Soleil, qui est en nous, précède le Soleil Macro-Cosmique; qu'il se lève donc préférablement
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DU GRADE QUATRIEME
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dans le ciel interne Micro, plutôt que dans le ciel externe Macro-Cosmique; car les célestes veilleuses qui
sont les véhicules de la Lumière et de la Sapience aident à repousser les ténèbres intérieures. C'est le
Soleil se levant en nous que décrit le Cantique des cantiques:
Je dors et mon Coeur veille. Ce n'est pas sans
raison que le Psaume LXXVIII, 25 (vulg,. LXXVII) appelle la Manne, le pain des Ames. Car la Manne supernaturellement
engendrée par la Sapience Divine est un fruit de la Divine Sapience. Donc la Sapience
qui procède de la bouche de DIEU est le vrai pain des Anges, dont ceux-ci se nourrissent suavement.
Et parce que Jésus-Christ est le verbe du Père et la Sapience du Père, il est donc la vraie Manne des chrétiens
croyants. Et il doit être reçu d'un coeur soumis, d'une âme attentive, avant que notre âme soit
agitée par les afflictions et soit divisée par les soucis que chacun de nos jours apporte avec lui.
A l'Orient
de TA LUMIERE] C'est-à-dire du plus grand matin au crépuscule matutinal (car celui qui cherche le bien
se lève avec joie au point du jour (Prov. XI, 27), au lever du soleil, à l'aurore qui plaît aux muses, et
véritablement à cette heure bienheureuse, non-seulement du jour naturel, mais de ta vie, de la pieuse
dévotion, des concepts excellents de l'esprit, etc.; et aussitôt qu'il sera levé ainsi (c'est ce lever que
l'école des Kabbalistes nomme l'Aurore), lorsque tu te sentiras mû d'un bon mouvement par l'impulsion
de l'Esprit du bien en toi, quand ton coeur s'enflammera, se dilatera et s'accroîtra afin d'accomplir
cet oeuvre; alors, pour entrer Micro et Macro-Cosmiquement dans l'Oratoire, ore et exerce-toi
Théosophiquement à méditer par le soliloque chrétien (tu sauras alors servir et seconder le Temps,
le Lieu, le Ciel, les Astres, les Génies, la Milice de l'Armée céleste, DIEU, c'est-à-dire TOUT :) écoute,
vois, observe selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre ce Que IEHOVAH en TOI-MEME, dans la
NATURE et dans la SACRO-SAINTE ECRITURE, te suggérera et te répondra: puis afin d'entrer aussi dans le
Laboratoire,
Labore sapientement suivant la Divine institution susdite, Kabbalistique, c'est-à-dire
cachée, et véritablement usitée par les très anciens Sapients; et par ce moyen, DIEU te donnera cette
grâce sans retard. Ne diffère pas cet exercice quand tu sens l'aiguillon de l'Esprit Saint et du bien;
Car
c'est pour le front chevelu que la calvitie doit venir plus tard. Car toutes choses ont leur temps, comme
l'attestent Salomon et notre expérience. C'est pourquoi quand et où nous entraînent les volontés du
destin il faut les suivre avec obéissance. Aujourd'hui, nous enseigne le Psalmographe Royal, lorsque
vous entendrez la voix de IEHOVAH, gardez vous d'être comme les mulets et les chevaux dans lesquels
il n'est pas d'intellect. Psaum. XXXII, vers. 9 (vulg,. XXXI). Invoque donc DIEU (Macro et Micro-Cosmiquement)
au seul Orient, et non à l'Occident, voy. vers. XCVI.
CLXXI. Tu (SEIGNEUR) es ce- Sap XVI, | CLXXI. Tu (IEHOVAH) as appris à nos |
| lui qui libère de tout mal. vers. 8. | ennemis que tu es celui qui délivre de
|
| | tout mal. |
Celui qui libère, etc.] DIEU le meilleur et le plus élevé de tous Etres dispense avec variété les
rayons de sa sapience et les dispose pour le salut et l'aide des hommes. Car la Sapience divine n'est pas
une vaine et inane science, mais une vertu auxiliatrice, infinie, qui possède les forces auxiliatrices qui
opèrent le salut des hommes. Et lorsque le genre humain est accablé par diverses (oh! douleur) et
même innombrables calamités (à cause du péché commis) la Sapience de DIEU contient autant de
remèdes tant Spirituels que Naturels, qu'elle nous distribue fidèlement de son abîme, par ses fidèles
servantes et pédissèques.
| CLXXII. Tu es, SEIGNEUR, celui qui vers. 13. | CLXXII. Tu (IEHOVAH) as puissance |
| a puissance de vie et de mort, et | de vie et de mort; tu mènes aux portes |
qui mène aux portes de la mort | des enfers et tu en ramènes. |
et en ramène.
Qui mène aux portes de la mort, etc.] Voici ce qui est l'Ecole, l'Atelier ou Ergastérium de la Sapience
Divine. Elle mortifie ses adorateurs, afin qu'elle les vivifie ainsi; elle les conduit aux portes de la
mort afin que, par la même voie, elle les élève aux portes du Ciel. Le coeur contrit et humble postule
pour la SAPIENCE; elle s'élève en celui-ci un magnifique domicile. Lors donc qu'elle brise l'homme
elle l'édifie lui-même; lorsqu'elle le détruit, elle le rénove; lorsqu'elle l'humilie, elle l'exalte; lorsqu'elle
l'obténèbre, elle lui influe une nouvelle lumière; lorsqu'elle détourne l'homme de la fréquentation
des hommes, elle l'introduit dans le commerce des Etres célestes.
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66 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
CLXXIII. La Bénédiction du Prov. X, | CLXXIII. La Bénédiction de IEHOVAH |
| SEIGNEUR fait les riches, et l'affliction vers. 22. | enrichi, et IEHOVAH ne joint pas la dou-
|
| ne s'associera pas à eux. | leur à sa bénédiction, |
La Bénédiction du SEIGNEUR,
etc.] Les Fruits de la Divine Sapience sont les dons et Biens du Corps,
de l'Ame et de l'Esprit, de tous genres; car ils s'appliquent d'eux-mêmes à toutes les créatures, et
affluent vers elles avec une telle abondance que la SAPIENCE (qui est Reine et Dominatrice des
créatures) habite en leurs âmes comme un Roi Unique. Puisqu'elle est la liberté des créatures, sa fin
propre et spéciale, qu'elle serve donc à la gloire de DIEU et aux hommes aimés de DIEU, héritiers de
la vie éternelle. Puisque les Anges, administrateurs de l'Esprit, par l'ordination de DIEU, servent à
cette gloire de leur propre mouvement, pourquoi les autres créatures, soumises au ministère des
Anges ne rempliraient-elles pas ces mêmes fonctions? Et de même que la cause de la malédiction est
l'inobédience du Protoplaste, apportant avec elle des calamités de tout genre, stérilité des Eléments
et pénurie des choses, de même la cause de la Bénédiction est la PIETE et la CRAINTE DE DIEU. Cette
Bénédiction n'est autre chose que cette vertu qui procède de la bouche de DIEU, vivifique, multipliant
et fécondant la Nature des choses, comme si elle se répandait en flots abondants. On peut citer ici
les exemples des Patriarches, de quelques Rois et des Saints. Ensuite ces richesses qui sont la vraie
source de Sapience n'apportent pas avec elle la douleur lorsqu'elles affluent, n'engendrent pas la douleur
en celui en qui elles entrent; car la source des richesses que possèdent les pieux fidèles aimés de
DIEU est la Sapience elle-même. Elle est meilleure que l'or, vers. XXX, et que tous les objets les plus
précieux, vers. V, que l'or et la pierre précieuse, vers. CCCXXVII. Parce qu'elle donne elle-même TOUTES
CHOSES, vers. CCXCI.
CLXXIV. LE NOM DU SEIGNEUR Prov. XVIII, | CLXXIV. Comme une forte tour est |
| est une tour très forte; le juste y a re- vers. 10. | le NOM de IEHOVAH; le juste y aura re-
|
| cours, et il sera exalté. | cours et il sera exalté, |
LE NOM DU SEIGNEUR
est une tour très forte] Psaum. XC, 14 (vulg. XC). Je le protégerai. Pourquoi? Parce
qu'il a connu mon NOM. LE NOM DE DIEU est l'Omnipotence, la Sapience et la Miséricorde de DIEU. Qui
se confie soi-même à ce grand et mirifique nom et dépend de lui seul est vraiment enfermé dans
cette citadelle puissante. Ce nom de DIEU renferme toutes les vertus et puissances. Qui donc se
confie au NOM DE IEHOVAH et de JESUS est entouré de toutes les vertus et puissances. Par cette citadelle
divine et salutaire, par ces forteresses Angéliques, toute humaine puissance qui milite contre les
pieux, se dissipe et se résout en ombre; et les tours et les royaumes les plus puissants sont brisés et
dévastés lorsqu'ils s'en séparent. Le Roi David dans sa fuite n'était protégé par aucun secours visible
et n'était muni d'aucun rempart ni d'aucune citadelle externe; cependant sous l'égide, la protection
et l'ombre du Très-Haut, il était bien mieux protégé que s'il avait occupé la ville la mieux fortifiée.
Apprends donc à invoquer le NOM DE DIEU avec Seth. Genès, IV, verset ultime; avec Abram, Genès.
XII, 8, XIII, 4 et (Abraham) XXI, 33; avec Moseh, Exod. XXXIV, 5; avec Aaron et ses fils, Nombres, VI,
vers. ultime; avec le peuple Israëlitique, Deuteron, XXVI, 2, XXVIII, 10 et XXXII, 3; avec David et tout
Israël, I. Paralip. XIII, 6 et XVI, 2 et 8 et Psaum. CXV, 4; avec Salomon, III. Rois, VIII, 23 et 43; II,
Paralip. XII, 20, avec Elia, III, Rois, XVIII, 24; avec Elisée, IV, Rois, v. 11; avec le Roi Asa, II, Paralip. XIV.
11; avec le juge Iosaphat, II, Paral. XX, 6 et 9; avec Iesu, fils de Sirach, LI, 14; avec Jérémie, Lamentations,
III, 55; avec Azaria au milieu de la flamme, Daniel, III, 26; avec les trois jeunes hommes,
Sidrach, Misach et Abdénago, dans le bûcher ardent, ibid. vers. 52; avec les Prêtres, I, Machabées,
VII, 37; avec les disciples du Christ et tous les saints et les hommes pieux; par l'Oraison dominicale,
S. Matth. VI, 9; id. S. Jean, XIV, 13 et XV, 16 et XVI, 23. O SEIGNEUR DIEU, combien Admirable est ton
Nom dans la Terre Universelle, Psaum. VIII, vers. I et dernier. Je chanterai le nom du SEIGNEUR
l'Altissime, Psaum. VII, verset ultime. Je me réjouirai et je m'exalterai en toi, je chanterai ton nom,
ô Altissime, Psaum. IX, 3. IEHOVAH est son nom, Judith, IX, 10 et XVI, 3. IEHOVAH ZEBAOTH, SEIGNEUR
DES ARMEES est mon nom, Esaias, LI, 15.
Quiconque invoquera le nom du SEIGNEUR (manifesté aux hommes
dans la SAPIENCE Eternelle incarnée, JESUS-CHRIST, S. Jean, XVII, 6)
sera sauvé, Ioël, II, 32. Actes, II, 21.
S. Paul aux Rom. X, 13. Ici se rapporte la Doctrine des Kabbalistes sur les noms de DIEU et les Dix
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DU GRADE QUATRIEME
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SPHIROS (vers. CXXXVII) ou EMANATIONS ou Numérations (comme ils les appellent) de DIEU, par lesquelles
tout l'ELOHIM TRI-UN s'avance dans l'universalité des choses, entouré d'elles comme d'ornements et
de vêtements dignes d'une telle majesté; et chaque fois qu'une Ame des bienheureux touche Théo-
Sophiquement la frange de ces vêtements, DIEU répond: quelqu'un m'a touché, car j'ai senti moi-
même une vertu sortir de moi, vers. CCXXII et CCLII. Nous avons représenté ceci dans les première
figure de cet Amphithéâtre, et, avec la permission de DIEU nous en avons traité longuement et à
propos dans cette explication. Certains chercheront pourquoi j'ai introduit dans cet Amphithéâtre
ces NOMS HEBREUX? Or si l'on connaissait réellement la force secrète de ce Décret des Prêtres de
Zoroastre (le Prince des choses sacrées): « VOUS NE CHANGEREZ RIEN DANS LES NOMS SACRES BARBARES
(c'est-à-dire Hébraïques) », ceci ne serait pas interprété sinistrement.
CLXXV. Beaucoup de cogita- Prov. XIX, | CLXXV. Beaucoup de cogitations sont (*1) |
| tions dans le coeur de l'homme; mais vers. 21. | dans le coeur de l'homme; mais le con-
|
| la volonté du SEIGNEUR permanera. | seil de IEHOVAH permane. |
Beaucoup de cogitations, etc.] Ainsi, c'est à l'Homme de préparer l'âme et au SEIGNEUR de gouverner la
langue, Prov. XVI, 1.
Les sorts se placent dans le sein, mais ils sont tempérés par le SEIGNEUR. Ibid. vers.
33. L'homme prépare l'âme, c'est-à-dire s'offre lui-même, ordonne dans son cerveau et délibère dans
son âme; mais DIEU dispose et donne la réussite des conseils et des labeurs. Puis donc que IEHOVAH est
le seul qui favorise et dirige nos théories et nos pratiques, les actions et les labeurs de nos sens et de
notre raison, de notre esprit et de nos mains, nous devons par la supplication mentale (en esprit et
vérité) implorer son aide afin qu'en toutes choses il nous donne et nous inspire de bien vouloir,
connaître, être et pouvoir. S'il le veut, toutes choses réussiront dextrement; s'il ne le veut pas: sinistrement.
Car l'étude et les travaux de la SAPIENCE ne possèdent pas
par eux-mêmes le pouvoir d'agir
librement et de produire l'effet qu'on en attend, mais seulement par la miséricorde et la volonté de
DIEU dont le nom soit Béni dans tous les siècles, Amen. Révèle-toi, ô SEIGNEUR, à mes yeux de l'âme,
de l'intellect, de la raison et des sens; et je considérerai les merveilles de ta loi (Psaum. CXIX, 18,
Vulg. CXVIII) tri-une, Catholique, c'est-à-dire de la Nature, de la Sacro-Sainte Ecriture et de ma conscience.
Heureux l'homme (Psaum. XCIV, 12, vulg. XCIII) que tu as enseigné, ô SEIGNEUR, et à qui tu
as appris ta LOI (tri-une, Catholique comme on vient de le dire).
Non pour nous, SEIGNEUR,
non pour
nous, mais à ton nom doit être donnée la gloire. Psaum. CXV, 1 (vulg. CXIII, 9). Garde donc tes cogitations,
et que tes lèvres conservent la Discipline et suivant le conseil de Chilon,
que ta langue ne devance pas
ton esprit. La langue est comme la torche de la sédition; c'est pourquoi tous doivent s'efforcer avec
soin de la contenir. C'est pourquoi Zénon ne permet de discourir que lorsque la langue s'est bien
imprégnée de l'esprit. Pense toujours; pourquoi parler? Ecoute avec avidité; mais parle avec lenteur
et prudence.
CLXXVI. On apprête un che- Prov. XXI, | CLXXVI. Un cheval a été apprêté |
| val pour le jour du combat; mais le vers. 31. | pour le combat; mais IEHOVAH est le sa-
|
| SEIGNEUR donne le Salut. | lut lui-même. |
On apprête un cheval] La Sapience Divine est victorieuse du monde et de toute puissance mondaine
et même diabolique. Toutes les créatures cèdent et se rendent à la Divine Sapience. C'est par elle
que se gouvernent les étoiles du Ciel qui combattent contre les ennemis. Par elle milite l'éther et les
vents conjurés entrent en action. Quiconque sait donc légitimement user de la Sapience Divine pourra
enchaîner les ennemis très puissants et les jeter dans les fers, Psaum. CXLIX, 8. Cet art, si quelque
autre toutefois l'a connu, David, ce très puissant guerrier, le posséda parfaitement. Il parle ainsi:
Ceux-ci sont sur des chars, ceux-là sur leurs chevaux; mais pour nous, nous invoquerons au nom du Seigneur
Notre DIEU, Psaum. XX, 8. (vulg. XIX, 7).
Le Seigneur a brisé la puissance des arcs, des boucliers, des
glaives, et la guerre. Psaum. LXXVI, 4 (vulg. LXXV, 3). Combien de fois, par les seules prières de son
armée il ajouta à sa force et obtint d'insignes victoires? Iosaphat, par son hymne mit en fuite une
armée innombrable, II, Paralip. XX, 22 et suiv. L'Ange du Seigneur, prié par Ezéchias frappa en
une nuit cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans les camps des Assyriens. IV, Rois, XIX, 35. Toutes
(*1) L'Homme propose, DIEU dispose.
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68 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
ces victoires sont celles de la Divine Sapience qui est seule gubernatrice des Choses et des Empires de
tout ce Monde. Et bien qu'il advienne beaucoup de ruine et de confusion dans les règnes, les villes,
les principautés et les Empires, néanmoins, la Sapience Divine les administre tous prudentissimement
suivant l'éternelle justice de DIEU le plus grand et le meilleur des Etres.
CLXXVII. Beaucoup recher- Prov. XXIX, | CLXXVII. Beaucoup cherchent la |
| chent la face du Prince, et le juge- vers. 26. | face du Dominateur; et le jugement de
|
| ment pour chacun vient du SEIGNEUR. | chacun sort de IEHOVAH. |
Beaucoup recherchent la face du Prince] C'est-à-dire ambitionnent la familiarité et la grâce du Prince.
Ecoute donc le conseil du Prophète Royal et Aulique:
Gardez-vous de vous confier dans les Princes et
dans les fils des hommes, dans lesquels n'est pas le salut. Psaum. CXLVI, 3 (vulg. CXLV.) Et:
Il est bon de
se confier au SEIGNEUR
plutôt que de se confier à l'homme: Il est bon d'espérer dans le SEIGNEUR,
plutôt que
d'espérer dans les Princes. Psaum. CXVIII, 8 et 9 (vulg. CXVII). Parce que la volonté humaine est susceptible
de mutation; tandis que la volonté de DIEU est véritablement ferme, constante et perpétuelle.
Esaïe, LIV, 10: car les montagnes seront ébranlées et les collines trembleront; mais la miséricorde ne
se retirera pas de toi et l'alliance de ma paix ne sera pas ébranlée, dit le Seigneur qui te fait miséricorde.
Le Seigneur est le DIEU qui donna à Daniel la grâce et la miséricorde en présence du
Prince des Eunuques; et il peut, s'il le veut, te les donner. Parce que
Il est plus sûr et il vaut mieux se confier en DIEU seul Que de croire à mille des premiers d'entre les hommes.
| CLXXVIII. Comme les divisions des Prov. XXI, | CLXXVIII. Comme les ruisselets des |
eaux, de même le coeur du Roi vers. 1. | eaux est le coeur du Roi dans la main
|
| dans la main du SEIGNEUR; il l'incline- | de IEHOVAH; il l'incline partout où il |
| ra de tel côté qu'il voudra. | veut. |
De même le coeur du Roi, etc.] L'expérience quotidienne atteste que DIEU, suivant son bon plaisir
retarde et annihile les cogitations, les actions et les labeurs des hommes. Ceci est donc vrai:
La Divine puissance se joue parmi les choses humaines.
IEHOVAH répand tant la bénédiction que la malédiction, sur l'oeuvre comme sur l'homme, à qui et
quand il veut. LUI-MEME constitue les Rois, et il les dépose, les exalte, les humilie, les édifie, les
détruit, les bénit, les maudit; TOUS sont dans son omnipotente main. Si donc tu désires que ce que tu
accomplis auprès de la personne des Princes se tourne à ton utilité et à celle du prochain ainsi qu'à
l'honneur de DIEU, Ore donc et Labore Théosophiquement, afin que tu sois dans l'Amour de DIEU (ô
CET ART DE L'AMOUR DIVIN qu'enseigne notre Amphithéâtre) et ami de DIEU; alors tu seras bienvenu
auprès du Prince (si ce que tu recherches plaît à DIEU) qui se montrera clément, gracieux et bénin
Car tout ce que DIEU veut, il le leur impose de force. On doit toujours ajouter:
Que ta volonté soit faite
ô SEIGNEUR! Il faut remarquer l'histoire d'Alexandre le Grand qui, ayant attaqué la ville de Tyr
cause du refus de l'impôt, marchait avec son armée sur Jérusalem lorsque le grand Pontife Iaddus
parvint à fléchir son âme en marchant au devant de lui revêtu de ses habits sacerdotaux. On lit la
même chose sur Attila lorsqu'il attaqua Rome. Ahasuérus fut fléchi par Esther afin qu'il ne fît pas
en un seul jour exterminer tous les Juifs. Vois donc, apprends, juge si le Sapient, étant donné qu'il
domine les astres, ne peut pas aussi dominer les âmes et les esprits des hommes? DIEU,
dans son courroux
est fléchi par la voix qui le prie; pourquoi pas l'homme? Mais comment, par quel art, par quelle
industrie, par quel Rayon? Par ceux de la Sapience Divine. Ne sois pas assez simple en ton âme
pour croire que c'est sans art ni sans assistance singulière de la Sapience Divine que Laban, dans
son sommeil a pu entendre cette voix:
Prends garde de ne rien dire à Jacob que d'humain. Est-ce par
hasard qu'Alexandre le Grand a vu en songe le grand Pontife marcher au devant de lui en vêtement
sacerdotaux? Ouvre les oreilles et recherche cette Sapience. Car si les Chrétiens reçoivent de
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DIEU une puissance au-dessus de toute la force de notre ennemi le plus acharné, le diable, pourquoi
pas aussi sur les Ames des hommes qui sont régies par le diable?
CLXXIX. Toute voie de l'hom- vers. 2. | CLXXIX. Toute voie est droite à ses |
| me lui semble droite; mais le SEIGNEUR | yeux; car IEHOVAH pondère les coeurs. |
| pèse les coeurs. |
|
Toute voie de l'homme, etc.] De si profondes ténèbres occupent les âmes des hommes qu'ils ne
peuvent, à cause d'elles examiner et considérer les intimes profondeurs de leur coeur. Quelle que soit
l'intention pour laquelle un homme poursuit ses actions et ses conseils, DIEU seul, pondérateur des
esprits la connaît, bien qu'elle soit cachée aux yeux des hommes. Car LUI-MEME est LE SEIGNEUR qui
scrute les coeurs de tous les hommes, et connaît toutes les cogitations des esprits. I. Paral. XXVIII, 9.
Psaum. VII, 10. καρδιογνώστης, le seul qui connaît les coeurs de tous les hommes, Actes des Ap. I, 24.
Un grand nombre d'actions humaines sont dissimulées sous un fard si subtil qu'on les croirait parfaitement
droites et émanant de la source de la rectitude et de la justice, de l'amour et de la charité;
et dont la fin, cependant, n'est que l'amour propre, l'honneur et l'avantage personnels. Mais la
Lumière de la Sapience vraie disperse tous ces nuages diaboliques; et la balance de la Justice
Divine les éprouve, les manifeste et les met en Lumière devant la face de DIEU. Car nos actions, bien
que soumises à la Lumière de la raison humaine paraissent bonnes, légitimes et justes; mais étant approchées
de la Lumière de la Sapience Divine elles deviennent très ineptes, très fausses et très injustes.
CLXXX. Les SORTS sont mis Prov. XVI, | CLXXX. Le SORT est projeté dans le |
| dans le pli d'un manteau; mais ils vers. 33. | pli d'un manteau et le jugement de ce
|
| sont tempérés par le SEIGNEUR. | sort provient de IEHOVAH. |
Les sorts sont mis dans le pli, etc.] Si les sorts ainsi placés, traitent de choses secrètes, abstruses,
cachées à nous, difficiles et obscures, et cependant utiles, salutaires, et infiniment nécessaires (dans
les grandes angoisses et nécessités), il s'en faut donc de beaucoup qu'ils soient illicites et prohibés
dans la page sacrée, puisqu'ils sont eux-mêmes tempérés par le SEIGNEUR, c'est-à-dire régis par la
Divine Providence; puisqu'ils sont véritablement la Divine Réponse. Ce dont nous possédons dans
le recueil des Saintes Ecritures, non-seulement des mandements très clairs mais aussi des témoignages
et des exemples exprès, presque innombrables. Ces témoignages sont les suivants: Esaias,
XXXIV, 17: LUI-MEME (LE SEIGNEUR)
a envoyé son sort (en divisant la Terre de Canaan au peuple
Israëlitique)
et sa main l'a divisée entre eux avec mesure. Et le Sapient s'écrie: Prov. XVIII, vers. 18:
Le
sort comprime les contradictions et il juge même entre les puissants. C'est donc avec raison que le Divin
Poète et Prophète-Roi remet ses sorts au Seigneur en disant:
Dans tes mains ô SEIGNEUR
sont mes
sorts, Psaum. XXXI, 16 (vulg. XXX, 15). Les exemples sont nombreux et se trouvent souvent dans les
livres saints; il est ordonné par DIEU à Aaron, frère de Moïse en se tenant devant le Seigneur à l'entrée
du tabernacle du témoignage, de jeter le sort sur deux boucs, pour connaître celui qui sera
pour le SEIGNEUR et celui qui sera le bouc émissaire; afin d'offrir pour le péché celui sur lequel sera
tombé le sort qui le destinait au SEIGNEUR, etc. Lévitique, XVI, 8. Lorsque le peuple d'Israël eut violé
le pacte de DIEU en dérobant ce qui avait été frappé d'anathème, et qu'il fut vaincu à cause de cela
par ses ennemis les hommes de la ville de Haï, et pensa prendre la fuite, alors Iosuah rechercha
par le sort celui qui était anathème, d'abord en jetant le sort sur les tribus, puis sur toutes les
familles de la tribu désignée, puis sur toutes les maisons de cette famille, puis enfin sur tous les
membres de la maison, en recherchant ainsi l'homme même, auteur de l'anathème. Iosuah, VII,
vers. 14 et suiv. Le Prophète Samuel en élisant et en désignant par le sort celui qui serait appelé à
être Roi des Israélites, le jeta sur toutes les tribus d'Israël, et le sort tomba sur la tribu de Benjamin;
il jeta ensuite le sort sur la famille de Métri; et parvint ensuite à Saül, fils de Cis. I. Rois. X,
20. Et un peu plus loin, vers. 24, Samuel dit alors à tout le peuple:
Voyez donc celui que le SEIGNEUR
a élu (PAR LE SORT)
parce qu'il n'en est pas de semblable à lui dans tout le peuple. De même encore David
le Prophète Royal divisa lui-même les Lévites par le sort (afin de savoir dans quel ordre ils devaient
entrer pour accomplir leur ministère dans la maison du Seigneur), ainsi qu'on peut le lire au I. Liv.
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70 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
des Paralipomènes, XXIV, 31. C'est ainsi que Ionas fut reconnu par le sort comme étant la cause de
toute la tempête qui mettait le navire en péril. Ionas, I, vers. 7. Le sort jeté dans l'urne placée
devant Haman tomba sur le douzième mois appelé
Adur comme étant celui où la nation des Juifs
devait être exterminée, Esther. III. 7. Et en effet, tous les Juifs faisaient pénitence vêtus seulement
d'un sac la tête couverte de cendres, clamaient à haute voix vers DIEU et le priaient ardemment par
les jeûnes, les pleurs et les gémissements (selon le chap. IV, vers. 1 et 2) afin qu'ils obtinssent grâce
et miséricorde de DIEU; donc, sans aucun doute, cette sentence (de l'extermination des Juifs) ordonnée
par le sort (interprète de la volonté Divine) ne devait jamais être commuée ni révoquée. On
peut aussi considérer les exemples du Nouveau Testament: Le lieu du ministère et de l'apostolat
de Mathias (afin qu'il remplaçât Judas qui en était déchu par son crime) ne fut-il pas désigné par le
sort? Actes des Apôtres, I. verset dernier. DIEU lui-même approuva ce procédé lorsqu'il ordonna aux
Israélites de distribuer par le sort la terre de Canaan. Mais en sorte, dit-il, Nombres XXVI, 56,
que
tout ce qui sera atteint par le sort sera reçu du plus grand nombre ou du plus petit nombre. Et, chap. XXXIII,
vers. 54; Divisez entre vous par le sort la Terre (que je vous ai donnée en possession); vous en
donnerez une plus grande partie au plus grand nombre et une moindre au plus petit nombre; et
chacun, suivant ce que désignera le sort, recevra ainsi son héritage, et la possession sera divisée
par tribus et familles. Et cette coutume de désigner par le sort a toujours été en usage. Car c'est ainsi
que les Romains élisaient autrefois par les sorts des dés
(tesserarum sortes) leurs Dictateurs, Consuls,
Sénateurs et Tribuns du peuple. Et même encore de nos jours, dans la plupart des lieux et presque
partout, les charges, en quelque état que ce soit, les dons, les héritages se distribuent par les sorts.
D'où l'Ecclésiastique (de Jésus fils de Sirach) ch. XIV, vers 15:
Ne laisseras-tu pas à d'autres tes douleurs
et tes labeurs qu'ils se partagent par la division du sort? Mais ce qui en a été dit ici suffit. Car ce n'es
pas à nous d'indiquer ici tout ce qui se pratique pour confirmer cet art divin et géomantique de
la divination; mais tout ce qui en été dit par nous jusqu'ici montre avec la plus grande évidence
que DIEU est lui-même le Modérateur, le Recteur, l'Auteur, le Fauteur, le Défenseur et le Promoteur
des sorts.
(*1) CLXXXI. (C'est pourquoi) aie Prov. III, | CLXXXI. Foi de IEHOVAH en tout ton |
| confiance dans le SEIGNEUR, de tout ton vers. 5. | coeur, et ne te repose pas sur ton intel-
|
coeur et ne te repose point sur | ligence. |
ta prudence.
Aie confiance, etc.] Défie-toi de toi-même; abandonne et remets toi même à DIEU toutes tes entreprises.
Remets tous tes soins dans le SEIGNEUR et lui-même te nourrira. Psaum. LV, 23 (vulg. LIV, 22).
Il sera lui-même ton directeur. Que ce passage te serve de signe:
Mon aide viendra du SEIGNEUR
qui a
fait le Ciel et la Terre, Psaum. CXXI, 2. Celui qui espère dans le SEIGNEUR sera secouru, ou (comme il
est dit textuellement en Hébreu)
engraissé (impinguabitur) dans son Corps, son Esprit et son Ame; afin
qu'ainsi une âme saine soit dans un corps sain, Macro et Micro-Cosmiquement, intérieurement et
extérieurement. En un mot, que IEHOVAH, dans toutes tes actions et tes labeurs soit le commencement
et la fin,
(prora et puppis) l'Alpha et l'Oméga. Voy. vers. CCCXXIX. Sans l'Inspiration, l'Aide et la Conduite
de DIEU, tu ne pourras rien connaître d'élevé. En DIEU seul qui est TOUT en toutes choses, tu pourras
Théo-Sophiquement TOUT.
Ne te repose pas sur ta prudence] Qui se repose sur sa Prudence, sur ses
imaginations, sur ses conseils et ses labeurs fanatiques, tandis qu'il méprise orgueilleusement la LOI
de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de sa conscience droite, est fou; c'est pourquoi il marchera
follement dans ses voies. Le Monde juge païennement que la fortune accompagne toujours
notre prudence. D'où les proverbes:
Ce sont les moeurs qui établissent la fortune de chacun. Et:
Chacun
(par sa prudence)
est l'artisan de sa fortune. Et Sénèque dit:
Cède à la Raison et supporte l'Infortune.
Et Juvénal:
Nulle Puissance ne manque dès qu'on possède la prudence. Et notre Sapient enseigne au contraire:
que IEHOVAH (auteur et SEIGNEUR de la fortune) envoie la fortune et qu'il retire ou donne abondamment
la prudence et le succès. On doit observer également ceci dans les travaux Physico-Chimiques
qui, à moins que nous n'obtenions du SEIGNEUR de bien connaître, être et pouvoir, ne peuvent être
terminés et institués suivant la ligne droite de la vérité dans la Nature. Prions donc Théo-Sophiquement
dans l'Oratoire en travaillant avec effort afin que DIEU nous instruise et qu'il ne retire pas son
Saint Esprit de nous; qu'il nous bénisse ainsi que nos oeuvres, qu'il garde notre âme, nos sens et
(*1) On doit se confier à DIEU.
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DU GRADE QUATRIEME
71------------------------------------------------------------------------------------------------
notre raison afin que nous ne soyons pas séduits par les moqueries et les fantaisies diaboliques;
qu'il garde nos mains et nos pieds afin qu'ils ne détruisent pas l'oeuvre. Cicéron, Païen prudent, a été
trompé, partie par beaucoup de ses propres conseils et raisons, partie par sa confiance en sa sapience
et son industrie personnelle et en éprouva de très grandes peines; Tout ce qu'il a accompli
au moyen de la prudence mondaine est retracé par les nombreuses, tristes et tragiques expressions
écrites dans son exil et qui sont contenues dans le troisième livre des Epîtres à Atticus et dans
ses dernières à Octavius. C'est pourquoi il s'exclame en mourant: « Je ne fus jamais Sapient ».
Le Psaum. XXXIII, 17 (XXXII) dit donc avec raison:
Il est trompeur d'attendre son salut dans son cheval.
Et Psaume CXXVII:
Si le SEIGNEUR
ne garde la Cité, etc. Ecclésiaste, XI, 5. Puisque tu ignores quelle
est la voie de l'Esprit et de quelle manière sont liés les os dans le ventre de la mère, ainsi tu ne
connais pas l'oeuvre de DIEU qui est l'artisan de toutes choses. Que notre raison ou la témérité de
notre génie ne s'arrête donc pas tant de prudence qu'elle croie pouvoir (en se dirigeant par elle-même)
sans aucune singulière ni spécifique Bénédiction de Dieu, gouverner seule la vie, les actions ou les
travaux, créer par elle même la fortune ou le succès, être par elle-même en volonté et en puissance
d'accomplir quelque chose de bien; qu'elle place et constitue plutôt chrétiennement TOUTES CHOSES dans
la Main de DIEU Omnipotent et Miséricordieux; qu'elle aie sa foi dans le SEIGNEUR (comme le Sapient nous
le persuade sapientement) de tout son coeur, depuis le commencement jusqu'à la fin de ses voies, c'est-
à-dire de tous ses labeurs et actions, dans l'Oratoire et le Laboratoire. S'il n'est rien ici en quoi le
Théosophe doive faillir, il n'en est pas de même du sophiste dans son Labyrinthe. La volonté de
IEHOVAH est un guide plus sûr que le fil d'Ariane, pour nous qui palpitons dans le grand labyrinthe
de ce monde immonde. Obtempère donc, toi qui recherches studieusement la Kabbale, la Magie et
l'Alchimie, et examine-toi ici à cette pierre de touche; si ta confiance est dans le SEIGNEUR, tu recevras
du SEIGNEUR l'accomplissement de ta volonté, et toutes choses te réussiront avec prospérité; tu seras
trois et quatre fois heureux tant dans la théorie que dans la pratique et tu ne seras pas confondu
dans l'éternité (selon que l'atteste l'Expérience elle-même avec la Sacro-Sainte Ecriture). C'est ainsi
qu'au livre II des Macchabées, VIII, 36, Nicanor enseignait que les Juifs avaient DIEU pour protecteur
et qu'à cause de cela ils étaient INVULNERABLES parce qu'ils suivaient les Lois constituées par lui-même.
C'est encore ce que veut dire le vers suivant, inscrit sur une vieille tapisserie dans une certaine ville
de France, où était représentée une femme qui filait; et le Roi de France, François Ier disputait souvent
de cette sentence:
DIEU,
dans l'Olympe unit l'âme à celui qui a tissé les fils.
c'est-à-dire DIEU aide le travail de la vocation; il unit le fileur avec les fils; et c'est cet aide ou auxiliaire
lui-même qui en nous lorsque nous travaillons, nous exhorte à le désirer, et réunit enfin l'âme
dans l'Olympe; il nous appelle lui-même en haut vers le ciel pour méditer et prier. Ce n'est pas en
vain que j'ai ajouté ce passage d'Hermès, vers. CCCXVII.
Qui ne se produit pas par son âme, etc. Ici se
cache le secret de la CONJONCTION et de l'UNION dans sa Pierre Physico-Chimico-Catholico-Divine, de
laquelle beaucoup ont parlé ouvertement, mais non pas très parfaitement. Voy. vers. CXXXII.
CLXXXII. Révèle ton oeuvre Prov. XVI, | CLXXXII. Dévolue ton oeuvre à IEHO- |
| au SEIGNEUR et tes cogitations seront vers. 3. | VAH, et tes cogitations seront affermies. (*1)
|
| dirigées. |
|
Révèle ton oeuvre au SEIGNEUR] Que tout studieux de la Théosophie note diligemment ceci, et toi
qui Ores et qui Labores de toute manière possible. En toutes choses, avant de commencer, consulte
Théo-Sophiquement LE SEIGNEUR, et LUI-MEME sera ton directoire, versets CLXXXI et CCCXXIX.
CLXXXIII. Dans toutes tes Prov. III, | CLXXXIII. Dans toutes tes voies re- |
| voies (donc ô mortel) reconnais le SEI- vers. 6. | connais-LE, et l'IPSEITE dirigera tes sen-
|
| GNEUR et l'IPSEITE dirigera tes sentiers. | tiers. |
Dans toutes tes voies] Dans tous tes négoces et labeurs, pense, propose-toi pour précepteur et suis
LUI-MEME qui est LA SAPIENCE du Père, la SAPIENCE faite chair pour nous, dans lequel (comme dans une
9
(*1) Psaum. XXXVII, 5. I. S. Pier. V, 7.
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72 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
mine), sont cachés tous les trésors de la SAPIENCE et de la SCIENCE. S. Paul aux Coloss. II, 3. Et idem chap.
III, 17. l'Apôtre nous ordonne: Tout ce que vous faites, en verbe ou en oeuvre, faites-le au nom de
Notre-Seigneur JESUS-CHRIST. C'est donc auprès de IEHOVAH, par sa SAPIENCE incarnée que tout homme
acquiert Théo-Sophiquement les Dons et les Biens de la SAPIENCE; LUI-MEME (HV) seul dirige les pas
de mes cogitations et des labeurs de mes mains; la raison en est que lui seul accorde avec largesse
l'heureux succès. O Hhochmahél, SAPIENCE de DIEU! ô Bînahél, Prudence de DIEU! JESUS, SAPIENCE
incarnée de IEHOVAH aie pitié de moi et enseigne-nous la vérité, dans l'Oratoire et le Laboratoire.
Amen. Voyez la figure seconde de cet Amphithéâtre, et verset CVI.
(*1) CLXXXIV. Ne sois point sapient vers. 7. | CLXXXIV. Ne sois pas sapient à tes |
suivant toi-même; dans DIEU | yeux; crains IEHOVAH et éloigne-toi du |
| et éloigne-toi du mal. | mal. |
(*2)
Ne sois pas Sapient] Comme ont coutume de faire les sapients mondains académiques, qui s'enflent
à cause de la science. Ils sont complètement plongés dans les chimères et les mensonges: <voller dunste und kunste> CRAINS DIEU] C'est là tout l'homme. Ecclés. XII, 13. C'est vraiment la religiocatholique ou universelle, Sapient, I, 1. Actes des ap. X, 35. Voy. vers. CCXCIX, CCCI et CCCXLII. C'est
ici qu'il faut faire chrétiennement Pénitence.
CLXXXV. DIEU m'a donné Sap. VII, | CLXXXV. DIEU m'a donné de parler |
de dire à mon gré, et de pré- vers. 15. | à mon gré et de penser suivant la di-
|
| sumer des choses dignes de ce qui m'a | gnité des choses qui m'ont été données; |
été donné, parce que son IPSEITE | parce que son Ipséité est le guide de la |
| est le guide de la SAPIENCE, et l'émen- | Sapience et le modérateur des Sapients. |
dateur des Sapients.
DIEU
m'a donné] et non le Diable. C'est un Don de DIEU, vers. CLXXXVII. DIEU donne également
aujourd'hui et il y a mille ans, à moi, à toi, aux autres; pourvu que nous y prenions garde, que nous
ne l'empêchions pas nous-mêmes et que nous ne manquions pas à nous-mêmes. DIEU est toujours
plus prompt à donner la SAPIENCE que nous à la recevoir.
De dire à mon gré] C'est-à-dire suivant la
commodité et la faculté de l'oraison par laquelle ce qui est conçu et pensé par l'âme s'exprime facilement.
Cette force de l'Oraison est appelée Faconde ou Eloquence.
De présumer] De penser dignement
de tout ce qui est donné par DIEU. Car c'est un Don singulier de DIEU, d'entendre, voir et observer ce
que DIEU suggère sapientement à l'amateur de SAPIENCE et répond à son fidèle et studieux aimé. DIEU
parle à beaucoup qui cependant ne comprennent pas et n'observent pas lorsqu'il leur parle ou leur
répond; et même (oh! malheur!) après avoir été repris des préceptes pervers, sont séduits par la
malice elle-même et négligent et dédaignent d'observer et de comprendre Théo-Sophiquement. DIEU,
en tous lieux et en tout temps nous harangue, dans le Ciel, l'Air, la Terre; et même en nous-mêmes
il a placé comme un signal précis pour nous en faire souvenir. Et très peu (ce qui est regrettable)
entendent la voix de DIEU parlant Catholiquement. La multitude ne pouvait entendre les discours de
DIEU; c'est pourquoi ils clamaient à Moïse: (Exod. XX, 19) Parle-nous toi-même afin que nous entendions;
mais que le SEIGNEUR ne nous parle pas, car peut-être nous mourrions. On voit donc ici que
toutes choses sont pleines de fous. Voy. versets XXXV, XXXVII et CXC et CXCVII. Ensuite: Non-seulement il
faut penser, mais il faut aussi parler; car il en est certains qui sentent droitement, mais cependant
ne savent pas habilement ni distinctement exposer ce qu'ils ont ressenti. C'est pourquoi nous voyons
ceux qui, par eux-mêmes sont bons, perdre toute occasion de faire le bien lorsqu'il ne savent pas en
traiter.
Son IPSEITE
est le guide de la SAPIENCE] LE SEIGNEUR, LUI, L'IPSEITE, HV (vers. CLVI) qui accorde
aux hommes la SAPIENCE, l'Eloquence, la modération du discours est le directeur, le gouverneur des
Sapients, le commencement et la fin
(prora et puppis). (Car il subjugue sans cesse toutes choses, par ce
que nous mêmes sommes dans sa main, et nous et nos discours.
(*1) S. Paul, Rom. XII, 16.
(*2) La Religion catholique, c'est-à-dire universelle.
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DU GRADE QUATRIEME
73------------------------------------------------------------------------------------------------
CLXXXVI. Car dans sa main, vers. 16, | CLXXXVI. Car nous sommes dans Sa |
nous et nos discours et toute la | main, aussi bien nous que nos discours, |
| SAPIENCE et les SCIENCES des oeuvres et | avec toute la prudence et la science des |
| la DISCIPLINE. | oeuvres. |
Car dans sa main, etc] C'est pourquoi, vraiment, dans les afflictions et tribulations que nous avons
à souffrir il faut demander patiemment et sapientement au conseil certain de DIEU, de descendre en
nous. D'où S. Paul, (I. Corinth., XI, 32) dit:
Lorsque nous sommes jugés nous sommes châtiés par le SEIGNEUR
(non par hasard ni témérairement),
afin que nous ne soyons pas damnés dans ce monde. Et le Christ,
S. Matth., X, 29, S. Luc, XII, 6, enseigne qu'aucun passereau ne tombe sans la volonté du Père: et
encore bien moins les hommes qui sont formés à l'image et à la similitude de DIEU (l'Archétype). C'est
une grande consolation pour le Chrétien affligé, tenté et éprouvé. Voy. vers. LXXXIV.
Toute la Sapience
et les oeuvres, etc.] Toute Prudence; théorie et pratique; toutes nos actions et nos labeurs, dans
l'Oratoire et le Laboratoire et même dans toute la vie, entrepris théosophiquement en vue de la
SAPIENCE vraie et des fruits qu'on en doit recueillir; et par conséquent la Pierre des Philosophes,
le plus haut BIEN de l'Art et de la Nature, est un DON de DIEU le Très-Haut. C'est pourquoi, toi
qui cherches à opérer la conjonction du Soleil avec la Lune, sache qu'il est nécessaire pour cette
science que les âmes soient purifiées par DIEU, puisqu'elle est le Don et le secret des secrets de DIEU
et la soeur de la Philosophie et des Philosophes, parce qu'elle tire son existence de DIEU par inspiration.
Ici et ainsi, apprends, Alchimiste, à rechercher la Pierre Bénite et Catholique des Sapients;
Catholiquement, Théo-Sophiquement; non particulièrement, Sophistiquement: dans le Catholicisme
et non dans le particularisme qui est un solécisme. Fais le même jugement sur la vraie Kabbale et la
Magie.
Toute grâce excellente et tout don parfait vient d'en haut et descend du Père des lumières. S. Jacques,
I, 17.
CLXXXVII. LUI-MEME m'a don- vers. 17. | CLXXXVII. DIEU m'a donné la vraie |
né ces choses qui sont la | cognition des choses qui sont dans la |
| SCIENCE vraie. | Nature |
LUI-MEME
m'a donné] Qui? DIEU; non le diable, non l'esprit malin, familier, nigromantique.
Toutegrâce excellente et tout don parfait vient d'en haut et descend du Père des lumières. Epît. de S. Jacques,
I, vers. 17, et non du prince des ténèbres. Ce fourbe obténèbre l'esprit et ne l'illumine pas; il l'aveugle
et ne lui fait pas voir la Vérité; parce qu'il est le père du mensonge et l'esprit de division et non
d'Union. Voy. vers. CLXVII et CLXXXV.
Ces choses qui sont] Qui existent, qui sont et subsistent réellement,
c'est-à-dire des choses Divines et Humaines: de l'Oeuvre de Mercavah et de Bereshit, ou Mecubalim
comme les appellent les Hébreux, c'est-à-dire qu'ils ont reçues de DIEU.
La science vraie] Non l'opinion,
mais la science, de tout point éloignée du mensonge et de l'erreur. Car elle traite de toutes les choses
(comme le déclarent les hommes doctes) qui sont établies sous le Ciel et non humainement (vers. CXLII)
tandis que ce que nous appelons réellement Science n'est plutôt qu'une opinion. C'est pourquoi on
doit la chercher auprès de DIEU seul (par la Loi et la Doctrine de cet Amphithéâtre) et de lui seul elle
doit être attendue. Beaucoup opinent, mais peu savent. Celui qui opine ne sait pas.
Voici ensuite combien donne DIEU:
| CLXXXVIII. La SAPIENCE s'est édi- Prov. IX, | CLXXXVIII. La SAPIENCE a édifié sa (*1) |
fié une maison; elle a taillé vers. 1. | maison; elle a taillé ses sept colonnes;
|
sept colonnes, |
|
Une maison] Qu'est-elle? TRI-UNE, savoir: Primo; la NATURE et la CREATURE, c'est-à-dire tout le
Monde majeur, avec les créatures Spirituelles; et le Corps et l'Esprit de l'Homme, c'est-à-dire le Monde
mineur; Secundo, l'ESPRIT ou l'AME de l'homme Divinement inspirée; Troisièmement, la Sacro-Sainte
Ecriture, qui est le VERBE DE DIEU Bibliquement écrit.
Sept colonnes] Sur lesquelles la SAPIENCE a fondé
et bâti sa maison tri-une, et qui sont:
(*1) LA MAISON DE LA SAPIENCE.
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74 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
LE CORPS \
L'ESPRIT >
\ / Macro \ L'AME
/ ¦ Trois Colonnes ¦ ¦ >
< > Cosme. Soit SIX colonnes. LE CORPS \
¦ dans le ¦ ¦ L'ESPRIT >
/ \ Micro / L'AME
/
LES ECRITURES, par lesquelles le VERBE est écrit dans la BIBLE, soit une colonne, qui
est la septième. Et c'est là le sacré SEPTENAIRE.
(*1) CLXXXIX. Elle a immolé ses vers. 2. | CLXXXIX. Elle a immolé ses victi- |
| victimes, mixtionné le VIN et proposé | mes, mixtionné son vin, et aussi prépa- |
| sa table. | ré sa table. |
Elle a immolé ses victimes] C'est-à-dire, de son propre mouvement et par la faveur de sa parfaite
Libéralité, elle se présente et offre à tous les invités; elle peut et veut et se réjouit de les combler avec
clémence de ses Biens et de ses Dons inépuisables, tant spirituels que corporels, temporels et éternels;
de sorte que, remplis de nectar Divin, et saturés de la manne de la Sophia Céleste, les vrais amateurs
de la Théosophie, tous ses fidèles aimés soient faits participants des trésors inépuisables de la
SAPIENCE au nombre desquels (gloire à DIEU), je sais ce que je dois véritablement être. Halleluiah!
Halleluiah! Halleluiah! Phy Diabolo.
(*2) CXC. Elle a envoyé ses Ser- vers. 3. | CXC. Elle a envoyé ses jeunes filles |
vantes, afin qu'elles appellent à | et appelé sur les sommets des lieux les |
| la Citadelle et aux murailles de la cité. | plus élevés de la cité, en disant: |
Elle a envoyé ses servantes] Les servantes de la SAPIENCE vraie sont tous les Arts et les SCIENCES
excellents, connus par l'exercice, prouvés par l'expérience, tendant honnêtement à la fin utile de la
vie humaine. Car l'Antiquité savante a cru avec raison que l'honneur et la réputation étaient répandus
par DIEU et sa SAPIENCE dans les Arts excellents; car c'est par eux qu'ils nous exposent ses mystères,
ses secrets et ses arcanes. Vers. LXXIV et CCLXI. Il faut compter parmi les servantes de la
SAPIENCE vraie certaines qui sont très usitées d'un grand nombre et bien connues et vulgaires; et
d'autres jusqu'ici restées plus secrètes, qui sont comme des vierges cubiculaires (quoique souvent, ô
douleur! en l'homme image de DIEU, elles soient, par le péché de l'origine, par le diable et ses organes,
couvertes de la fange impure de la sophistique et complètement souillées) et qui sont: LA
KABBALE (non celle qui est littérale, vulgairement employée par les Juifs, c'est-à-dire:
Notareken, Gimétria,
Tevosrache, vers. V, qui est inférieure; mais celle qui est cachée et de beaucoup supérieure,
connue seulement des Théo-Sophes, par l'Influence, la Lumière et le Mouvement Divins) la MAGIE et
ses soeurs: LA PHYSIOGNOMIE, LA METOPOSCOPIE, LA CHIROMANCIE et la Doctrine de chaque SIGNATURE des
Choses Naturelles; l'ALCHIMIE, l'ASTROLOGIE aussi, avec sa fille, la GEOMANCIE et quelques AUTRES qui,
merveilleusement et presque miraculeusement, conversent et prennent soin de leur SOUVERAINE mirifique.
Crains cependant, je t'en prie, ô mon frère, d'emprunter aux Sciences et Arts non immondes
par eux-mêmes, les mensonges du prince de ce monde immonde, les vices et les erreurs des pseudo-
arts, auxquels, par l'ordre et la volonté de la SAPIENCE vraie (par une peine juste et digne) se prostituent
de bon gré les chercheurs mondains de la VERITE, non encore Théo-Sophiquement lavés et
purgés, c'est-à-dire fats, au lieu d'atteindre la VERITE elle-même. Car ainsi la vertu, autant que le vice,
produit souvent des crimes. Les choses sacrées, à vrai dire, sont profanées parce qu'elles sont profanément
usurpées par les profanes. Car le bien converti en abus devient le mal.
Tout est pur pour ceux
qui sont purs, S. Paul. à Tit. I, 15, aux Rom. XIV, 20.
Et nous savons que pour ceux qui aiment DIEU,
tout
coopère dans le bien S. Paul aux Rom. VIII, 28, et vers. CCLXI. Toutes choses sont des biens ou des maux
suivant les usages divers qu'on en fait. Qu'il me soit donc nommé, je t'en prie, une chose quelconque,
(*1) LE BANQUET
(*2) LES SERVANTES.
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DU GRADE: QUATRIEME
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soit science, soit art, qui, dans toute l'universalité des choses n'ait pas autant son abus que son usage
légitime et probe. Et par quel privilège, je vous en prie, seraient exemptes les sciences susdites? Que
Justice soit donc faite; qu'il soit rendu à chacun ce qui lui est dû sans qu'il lui soit jamais fait tort.
DIEU réforme l'homme souillé par le péché. Les Arts et Sciences les plus secrets et qui ont été corrompus
doivent aussi être réformés; EUX-MEMES doivent être considérés comme des Médiateurs Théosophiques
en en faisant sapientement usage dans la crainte de DIEU et en rejetant les sophistiques et
les impies. On dit en proverbe: Il faut nettoyer l'enfant sale, mais se garder de renverser après le
bain malpropre: <. Et toi, calomniateur,
bien que tu ne comprennes pas ceci, laisse ce que tu ne peux connaître. Je sais qu'on peut
proférer un grand nombre d'objections, tirées des saintes écritures, du droit canonique ou civil, des
Pères, etc.; mais par la distinction entre l'usage véritable et légitime et l'abus, nous répondrons suffisamment
à toutes les objections de tous les bavards. C'est un péché qu'il faut pardonner aux misérables
ignorants, en souhaitant leur résipiscence. Voy. vers. CLVII, CLXXXVII et CCXCIV.
Afin qu'elles
appellent, etc.] Pour les conduire; afin que les fidèles aimés et les amateurs de la Théo-Sophie parviennent,
au moyen d'elles, dans l'Agnition, la Cognition, l'Union et la Fruition de leur SOUVERAINE
Divine et qu'ils soient faits participants des trésors inépuisables de la SAPIENCE, dans le temple de sa
maison tri-une (Biblique, Macro et Micro-Cosmique) et qui sont très vaillamment retranchés et cachés
derrière les murailles de l'ignorance et des superfluités, fort élevées à cause des péchés des hommes.
Les Sapients affirment que jamais le Sapient ne s'élèvera dans les oeuvres de la Mercavah ou du Bereshit,
à moins qu'il n'observe DIEU parlant avec lui, lui répondant ou l'enseignant au moyen d'un
certain secret, par l'intervention duquel il comprendra humainement la Méthode Théo-Sophique et
Divine.
CXCI. Si quelqu'un est enfant, vers. 4, | CXCI. Quiconque est simple décline |
| qu'il vienne à MOI; et aux insipients elle | ici. Aux manquants de coeur elle a dit |
| a dit : | aussi: |
Enfant] Simple, comme au verset III.
CXCII. Venez, mangez mon vers. 5. | CXCII. Venez, mangez mon pain et (*1) |
| pain et buvez le VIN que j'ai mixtionné | buvez du vin que j'ai mixtionné. |
pour vous.
Venez, etc.] Ainsi la SAPIENCE incarnée a dit:
Venez à moi, vous tous qui travaillez et je vous réconforterai.S. Matth., XI, vers. 28.
Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. S. Jean, VII, vers. 37.
| CXCIII. Quittez (donc) l'enfance et vers. 6. | CXCIII. Quittez, simples votre voie, |
vivez, et marchez par les voies | et que vous viviez; et avancez par la |
| de la PRUDENCE. | voie de l'Intelligence. |
(Que je vous ai montrées fidèlement et
que je vous confie paternellement.)
Par les voies de la Prudence] Les voies de la PRUDENCE et de l'INTELLIGENCE, c'est-à-dire les grades de
la COGNITION et l'ECHELLE de l'UNION avec DIEU par laquelle, la SAPIENCE de IEHOVAH (dont les délices
sont d'être avec les fils des hommes) descendant par la clémence de sa volonté, et nous, au
contraire ascendant, pénitentiellement revêtus comme d'un vêtement, du Dénaire,
SIGNATURE de perfection) de la Régénération, nous approchons, par
l'intervention de l'Esprit-Saint, nous nous conjoignons, et nous
nous unissons, de et avec DIEU et nous jouissons de
IEHOVAH dans l'éternité; ces voies, dis-je,
vois-les dans la figure seconde de
cet Amphithéâtre
Ici doit être insérée la figure du cinquième grade.
(*1) La SAPIENCE invite tous les hommes à elle.
+@
+@
@
76 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
V
GRADE PROLOGETIQUE
CINQUIEME EXPOSE
-----------------
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE,
|
| | DU GREC
|
CXCIV. Qui est bon recevra la Prov. XII, | CXCIV. Le Bon recevra le bienfait de |
| grâce du SEIGNEUR; celui qui, au con- vers. 2. | IEHOVAH et DIEU condamnera l'homme
|
| traire, se confie dans ses cogitations | des mauvaises cogitations. |
est insipient.
Recevra la grâce, etc.] Puisque la grâce de DIEU rend les hommes bons, ainsi elle favorise ceux qui sont
les divins domiciles de la piété et de la crainte, et les orne de nombreux Dons de la grâce. Il existe
divers grades de Dons. De même que les rayons solaires illuminent obscurément un verre obscur,
mais le transperceraient davantage s'il était un peu plus clair, et l'illumineraient enfin avec la plus
grande clarté s'il était clarissime et pellucide; de même si l'âme humaine est un peu purgée, elle est
réellement illuminée par le rayon de l'éternelle Sapience, mais très obscurément: si elle est un peu
plus purgée des vices, elle est plus clairement illuminée; et enfin si elle est absolument purgée, ayant
rejeté absolument toutes choses, elle est très clairement illuminée par la vision intime de DIEU, comme
l'atteste le Sauveur, S. Matth., V, vers. 8:
Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'eux-mêmes
verront DIEU. Et S. Paul. Hébr., XII, 14:
Aimez la Sainteté, sans laquelle nul ne verra DIEU. Quelle est
donc cette vision? C'est la cognition des mystères Divins, que le Psalmiste appelle la Sapience occulte
de DIEU. Psaum. LI, 8. Aucun homme des mauvaises cogitations ne la recevra de DIEU; mais il sera
rempli des ténèbres intérieures et extérieures; ce qui sera sa véritable condamnation.
| CXCV. Les hommes méchants ne Prov. XXVIII, | CXCV. Les hommes méchants ne |
| pensent pas au jugement; ceux qui, vers. 5. | comprennent pas le jugement ceux
|
| au contraire, recherchent le SEIGNEUR, | qui, au contraire cherchent IEHOVAH, |
| remarqueront TOUTES CHOSES. | comprennent toutes choses. |
Ne comprennent pas le jugement] Beaucoup de choses adviennent dans la vie commune, qui sont les
jugements du SEIGNEUR; mais les impies ne les comprennent pas; ils les croient l'objet du hasard et
ne reconnaissent pas la Prudence admirable de DIEU. Car ceux qui possèdent l'Esprit de la Sapience
Divine sont capables de juger ce qui conduit au salut ou à la perte des hommes; et de plus ils jugent
dans toutes les actions des hommes, quelle est la conclusion et la fin à laquelle elles tendent. Les
nombreux jugements de DIEU sont un abîme.
Ceux qui cherchent IEHOVAH] Grandes (oh! douleur!) sont
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DU GRADE CINQUIEME
77------------------------------------------------------------------------------------------------
les ténèbres de la raison humaine qui, sans les Divines Révélations, ne peut percevoir la raison, la
cause et la fin de nulle oeuvre de DIEU. Par quel moyen, et par quelle voie il faut parvenir aux révélations
de ce genre, notre Sapient nous l'enseigne excellemment par cet axiome précieux: Ceux qui
cherchent le SEIGNEUR comprennent TOUTES CHOSES. L'exemple en est donné par le Patriarche Joseph,
le Prophète Daniel et beaucoup d'autres. Celui de Job est mémorable, chap. XXXII, vers. 7 et 8: J'espérais
que l'âge avancé parlerait, et que la multitude des années enseignerait la Sapience. Mais,
comme je le vois, l'Esprit est dans les hommes et l'inspiration de l'Omnipotent donne l'Intelligence.
CXCVI. La Bénédiction du Prov. X, | CXCVI. Les Bénédictions sont sur la |
| SEIGNEUR est sur la tête du juste; le vi- vers. 6. | tête du juste; le visage des impies cache
|
| sage des impies cache l'iniquité: | l'iniquité. |
La Bénédiction du SEIGNEUR, etc.] Autrefois les Rois, les Grands Prêtres et les convives aimables
étaient oints de Baume; on imposait les mains sur leur tête en les bénissant; de même la Sapience
Divine oint ses adorateurs du Baume de l'Esprit, orne ses convives de dons et impose ses mains salutaires
sur la tête des justes. Car, de même que la tête est l'ornement et la beauté de l'homme, ainsi
la Divine SAPIENCE (qui est la couronne très auguste de la tête) ajoute à l'homme un ornement de
beaucoup plus éclatant. Présente-toi donc au trône de la SAPIENCE, les genoux fléchis; demande sans
cesse et avec constance, de bouche et d'esprit, la Bénédiction spirituelle; et que la Bénédiction descende
sur ta tête à l'instar du Baume qu'on verse. Mais que le visage des impies, qui ne profère que
l'arrogance, l'orgueil, l'outrage et l'immondice, soit couvert de confusion.
CXCVII. Tout trompeur est Prov. III, | CXCVII. Le pervers est l'abomination (*1) |
l'abomination du SEIGNEUR et a- vers. 32. | de IEHOVAH; et avec les droits son se-
|
| vec les SIMPLES sa conversation. | cret. |
Tout trompeur] Le Pervers de coeur et le bilingue, déclinant de DIEU, abandonne la Crainte de DIEU.
C'est pourquoi ils seront renversés, car IEHOVAH abomine le déserteur, c'est-à-dire celui qui, s'éloignant
de la hauteur des contemplations et des actions Divines, s'abaisse aux penchants
(decliva) de
ce monde immonde, autant que le bon Esprit de SAPIENCE l'avait élevé.
Avec les simples.] Avec les
droits, les intègres, les incontaminés, n'ayant rien de simulé ni de dissimulé, avec ceux-ci, dit le
Sapient, IEHOVAH parle Théo-Sophiquement par son VERBE Bibliquement, Divinement, Macro et Micro-
Cosmiquement écrit, et révélé et communique Kabbalistiquement, Physico-Magiquement et Physico-
Chimiquement ses mystères et ses secrets jusque dans l'Oratoire et le Lab-Oratoire. Le Philosophe a
dit: Si DIEU trouve le coeur fidèle, il lui révélera certainement la vérité de ses secrets. Heureux celui
qui possède ainsi IEHOVAH dans ses conseils. Consulte la quatrième figure de cet Amphithéâtre.
Sa
conversation] O admirable sermocination du Dieu admirable! c'est la voix de DIEU en Tous, par Tous,
pour Tous, à Tous. DIEU nous parle, toujours et partout: DIEU se plaît à parler Bibliquement, Macro
et Micro-Cosmiquement; et il nous incombe, à nous qui sommes formés à l'image et à la similitude de
DIEU, d'écouter, voir, observer IEHOVAH, sonnant, tonnant, parlant et répondant (car il ne parle pas
pour le sourd), dans la Sacro-Sainte Ecriture, dans la Nature et en Nous mêmes, suivant l'ordre annoté
dans la quatrième figure de cet Amphithéâtre. Voy. versets XXXV, XXXVII et CCCXLII.
CXCVIII. LUI-MEME jouera les vers. 34. | CXCVIII. LUI-MEME vraiment insul- |
trompeurs et donnera aux doux | tera aux trompeurs, et aux humbles |
| la grâce. | donne la grâce. |
Jouera les trompeurs] Certes il rendra lui-même les bouffons ridicules en leur rendant la pareille par
la Loi du Talion. Ils se moquent de la SAPIENCE; mais ELLE se moquera d'eux en retour. C'est la LOI
très équitable de cette SAPIENCE incarnée: avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré on
vous mesurera. Avec les Saints IEHOVAH! est Saint; et avec l'homme immaculé il est innocent; avec l'élu
il est élu, avec le pervers il est pervers, comme il est dit dans le Psaume XVIII, 25.
Aux doux] Aux
(*1) Malédiction pour les impies, bénédictions pour les Pieux.
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78 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Humbles: il exalte ceux-ci; il dépose les superbes. L'Humilité ou mansuétude et l'abjection de soi-
même dans la Crainte de DIEU (aux yeux de DIEU) c'est l'invention, l'exaltation et la sublimation glorieuses
de soi en DIEU, avec les fruits de la SAPIENCE. Car DIEU exalte les humbles de coeur et réduit
les superbes. Voy. vers. CCII.
| * Le coeur dépravé est abo- Prov. XI, | * Les pervers de coeur sont abomina- |
| minable au SEIGNEUR; et sa volonté est vers. 20. | bles à IEHOVAH et la voie du parfait est
|
dans ceux qui marchent simple- | son bienfait. |
ment.
Le coeur dépravé] C'est-à-dire fou, comme dans les versets LI, CCI et CCV.
Marchant simplement] Immaculément,
innocemment, dans l'intégrité, la probité et l'incorruption, et non vicieusement; mais qui,
selon le bon plaisir du SEIGNEUR et revêtus de la SAPIENCE incarnée imitent l'Archétype à l'image et à
la similitude duquel ils sont formés. C'est d'eux que parle le Psaume CXLVII, 11.
Le Bienfait du SEIGNEUR
est sur ceux qui le craignent et en ceux qui espèrent en sa miséricorde: Dans toutes leurs actions,
IEHOVAH inspire à ceux-ci de bien vouloir, connaître, être et pouvoir, et de ne pas s'égarer dans le
labyrinthe de la dualité. Marche donc simplement, toi qui Ores et qui Lab-Ores.
CXCIX. Qui est d'un coeur Prov. XVII, | CXCIX. Le pervers de coeur ne trou- |
| pervers ne trouvera pas le BIEN, et qui vers. 20. | vera pas le bien; et qui est détourné
|
| détourne sa langue tombera dans le | dans sa langue tombera dans le mal. |
mal.
Qui est d'un coeur pervers] Au coeur pervers est conjointe aussi la langue perverse, qui découvre le
trésor du coeur et se tend à elle-même un piège de mort. Car la langue du pervers est la préparatrice
de sa propre ruine, et l'impie périt ainsi par sa langue. Et c'est de ces érudits pervers qu'est né le
proverbe: < (le savant c'est le pervers?, c'est-à-dire qui aiment éperdument cette
mérétrice vaine et folle de laquelle nous avons parlé plus haut et qui, même, l'adorent comme une
idole. Ceux qui vraiment sont Simples et Droits de coeur s'adjoindront comme Epouse la SAPIENCE
Divine, Secrète, Assistrice du Trône de DIEU, véritable et fidèle Doctrice des Mystères de DIEU, de
la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de TOUS les Arts, et ainsi ils recevront les Biens et les Dons
de la SAPIENCE Eternelle. Voy. vers. CLXXXVII et CCXCIV.
CC. Meilleur est le pauvre, Prov. XXVIII, | CC. Plus noble est le pauvre qui mar- |
marchant dans sa simplicité, que Vers. 6. | che dans sa perfection, que le riche lui-
|
| le riche dans sa voie dépravée. | même par des voies perverses. |
Meilleur est le pauvre, etc.] Le pauvre adhère à DIEU seul et à la SAPIENCE par la foi simple, et il
marche sapientissimement dans sa simplicité parce qu'il plaît à DIEU; or plaire à DIEU est la plus
grande félicité et la vraie richesse. Etre content de son sort, garder son esprit étranger à l'avarice,
à l'orgueil, aux vains honneurs, aux voluptés; marcher dans la simplicité et l'intégrité, c'est une
grande partie de la Sapience.
Que le riche, etc,] Le monde immonde est avare des Biens terrestres qui
sont la source de tous les maux, les corrupteurs des âmes, les aiguillons de l'arrogance et de la vaine
gloire, les oreillers des voluptés, et enfin, au lieu de la récompense, précipitent dans la mort éternelle
tous ceux qui y adhèrent.
(*1) CCI. Que sert au fou d'avoir Prov. XVII, | CCI. Que peut être l'objet précieux |
des richesses puisqu'il ne peut vers. 16. | dans la main du fou pour qu'il achète
|
| acheter la SAPIENCE? | la SAPIENCE puisqu'il n'a pas de coeur? |
Au fou, etc.] Le Sapient appelle fou, dans ce passage, non-seulement celui qui est dépourvu de
(*1) O folie du riche.
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DU GRADE CINQUIEME
79------------------------------------------------------------------------------------------------
toute crainte de DIEU, comme au verset CCV, mais encore le superbe, l'arrogant, celui qui s'adonne
sans cause à la colère, l'opiniâtre entêté dans sa chimère, et le querelleur injuste; quelle que soit la
grandeur de ses richesses, ce n'est pourtant qu'un fou lorsqu'il s'enorgueillit d'être si riche devant
ses pareils. S. Paul nous dit: Ep. aux Galates, VI, 3:
Si un homme estime qu'il est quelque chose bien qu'il
ne soit rien, il s'abuse. Ceux que la vaine gloire tourmente sont fous, dit Caton. En outre, celui qui pense
faire le mal est appelé fou, Prov. XXIV, 8. De sorte que sont vraiment fous devant DIEU, les railleurs
impies dans le coeur desquels ne se trouve ni DIEU lui-même, ni les mystères de la LOI Divine ou du
VERBE DE DIEU (écrit ou incarné) ni les secrets de la Nature. Ceux-ci, aussi éminents et nobles qu'ils
paraissent aux yeux du monde immonde, ne pourront se soutenir au jour du jugement, mais (parce
qu'ils sont fous) seront donnés à l'ignominie éternelle. Voy. vers. CCV.
Puisqu'il ne peut acheter la
SAPIENCE] La SAPIENCE ne se vend pas à prix d'argent; et ne se transmet pas non plus héréditairement
aux enfants; il importe, par d'abondantes prières adressées de tout notre coeur à IEHOVAH, de la
demander et de l'obtenir de la Bénignité du Bénin (afin qu'il nous l'envoie Bénignement). SOMMAIRE:
Il faut Orer, en Esprit et en Vérité pour Elle, et Laborer sapientement pour ses Trésors qui en
seront heureusement la conséquence. Elle doit donc sapientement entrer dans l'ORATOIRE et le LABORATOIRE
selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre. Voy. vers. LXXXVII. Note: le fou, en ce
passage peut être entendu de celui qui est profanement docte: Et les avantages de la richesse et du
talent sans la crainte de DIEU, forment un Erudit fou ou un Fou érudit, <narrischer Sprarchgelehrter> Le fou est lettré, non docte
CCII. LA CRAINTE DU SEIGNEUR Prov. XV, | CCII. LA CRAINTE DE IEHOVAH est l'é- |
| est la Discipline de la SAPIENCE: et vers. 33. | rudition de la SAPIENCE: et avant la
|
'HUMILITE précède la gloire. | gloire, l'humilité. |
La crainte du SEIGNEUR, etc.] Comme aux versets CLIX et CCX.
L'Humilité] de l'Ame. La Mansuétude
est la douceur et la facilité des moeurs, de même que l'orgueil est la mort. La Contrition précède
l'orgueil. Prov. XVI, 18. Comme dit la Bienheureuse Vierge dans le Cantique: LE SEIGNEUR a dispersé
les superbes par la volonté de son coeur. Il a déposé les puissants du trône et a exalté les humbles.
S. Luc, I, vers. LI et LII.
CCIII. Où a été la superbe Prov. XI. | CCIII. Quand vient la superbe, vient |
| sera aussi l'affront; au contraire, où vers. 2. | aussi l'ignominie; et avec les humbles
|
| est l'Humilité, là est la SAPIENCE. Prov. | la SAPIENCE. Prov. XVI, vers. 5. Tout |
XVI, vers. 5. Tout arrogant est l'a- | superbe de coeur est l'abomination de |
| bomination du SEIGNEUR. | IEHOVAH. |
Où a été la Superbe, etc.] IEHOVAH abomine les superbes car les superbes résistent à la majesté
Divine; c'est pourquoi DIEU aussi résiste aux Superbes. S. Pierre, Epîtr. V. 5. Parce que les
humbles seulement sont soumis à la grâce Divine, DIEU donne alors la grâce aux humbles. Parce
que les Superbes attaquent la majesté de DIEU, DIEU les punit ou par l'erreur de leurs conseils ou par
l'infélicité dans les fins de leurs actions, de sorte que tous leurs conseils et leurs entreprises soient
convertis en leur propre ignominie, confusion et ruine; et, au contraire il orne les humbles de la
Lumière, du Don de l'Esprit d'Intelligence, de conseil, de fortitude, de puissance, de cognition qui
sont les dons et les sources des heureux succès dans la gubernation et les actions humaines.
L'Abomination
du SEIGNEUR] DIEU veut que nous connaissions et confessions de bouche et de coeur que ce
sont des Biens et des Dons de DIEU dont nous jouissons dans toute la vie; et que nous n'attribuions
rien à notre prudence et à nos forces.
Non par nous Seigneur non par nous, mais en ton Nom donne la
gloire. Psaum. CXV, 1.
Mieux vaut le patient que l'arrogant. Ecclés. VII, 9.
CCIV. Dans le coeur du Pru- Prov. XIV, | CCIV. Dans le coeur de l'Intelligent |
| dent repose la SAPIENCE et il enseigne- vers. 33. | repose la SAPIENCE; et au milieu des
|
| ra tous les ignorants, | fous, lui-même est connu. |
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80 INTERPRETATIONS
Dans le coeur] Dans l'Ame, qui est l'Agiasterium ou le Sanctuaire de la SAPIENCE; le temple MicroCosmique
de Minerve. Ainsi. Prov. XVII, 94, le Sapient dit:
Sur la face du prudent luit la Sapience. Et
Ecclés. VIII, vers. 1. La Sapience de l'Homme luit sur son visage, c'est-à-dire physiognomoniquement,
métoposcopiquement.
CCV. Qui marche avec les Sa- Prov. XIII, | CCV. Qui marche avec les Sapients, |
pients sera Sapient, l'ami des vers. 20. | sera Sapient; mais qui est l'ami du fou
|
| fous deviendra semblable. | sera écrasé. |
Qui marche avec les Sapients, etc.] C'est-à-dire avec ceux qui suivent la doctrine des Livres de la
Nature et de la Sacro-Sainte Ecriture et le témoignage de leur propre conscience; celui qui fait ceci
en Orant fidèlement et Laborant sapientement ascend, par une voie droite et très certaine, à la Souveraine
Science des choses Divines et Humaines et la connaît réellement. TOUTES CHOSES sont soumises
aux lois et témoignages de celles-ci, sans lesquelles nous n'oserions parler aux amis de la VERITE. Car
si ton âme, ô fils, est ainsi illuminée par un rayon de la SAPIENCE éternelle (et c'est DIEU LUI-MEME
selon Mercure Trismégiste, qui est l'oeil de notre Ame, sans la lumière de qui (dis-je) elle reste
aveugle, tant dans les choses Physiques et Hyperphysiques que Divines, et sans quoi nous ne verrons
jamais non plus la lumière soit de la Sacro-Sainte Ecriture, soit de la Nature, soit de la Cognition de
nous-mêmes), alors, conduit par cette tant ineffable lumière, tu marcheras sûrement au milieu de
toutes les ténèbres des erreurs; alors, librement, sans aucune faute, tu pourras pénétrer fructueusement
tous les genres de discipline, bons ou mauvais (en leur genre); alors, à l'instar d'Ulysses (pour
me servir des paroles d'Henri Corneille Agrippa que, par ses excellents écrits, j'ai reconnu comme
un bon et philosophique Evangéliste, parce que ses discours présupposent une âme Théo-Sophique,
non Nigromantique), si vous entrez dans les cavernes des Cyclopes et si vous descendez aux enfers,
vous en reviendrez sains et saufs; si vous approchez des Lotophagos et des Syrtes, vous en retournez
en sécurité; si vous buvez la coupe de Circé vous ne serez pas changés; si vous naviguez près de
Scylla vous ne serez pas engloutis: si vous entendez les Sirènes vous ne vous endormirez pas, mais
vous serez juges de tous, comme dit l'Apôtre, et ne serez point jugés.
L'ami des fous] Le cloaque de tous
les vices de tous les genres assemblés est appelé folie par notre Sapient et par les Stoïciens, qui furent
de très braves défenseurs de la vertu; dans les Saintes Lettres elle est nommée Malice et Folie; de
même que l'Absolue Probité de tout ordre et de tout genre est indifféremment nommée SAPIENCE. Fuis
la fréquentation des Fous, c'est-à-dire des vicieux ou des méchants (comme il est dit au verset CCI, et
desquels, oh! douleur, l'Etat, les sciences et les arts sont souvent encombrés) car nul poison, nul
fléau ne nuit davantage qu'une semblable familiarité des fous diaboliques. Dans l'étude de la Kabbale
et de la Magie, fuis les Nigromanciens (comme le Diable lui-même, de qui ils sont l'organe), dans
l'Alchimie, ceux qui travaillent et se dirigent sophistiquement, parce qu'ils sont fous. Prends soin de
ne jamais leur dire: salut; et qu'ils ne soient pas non plus familiers avec toi. Le voisin contracte la
peste de son voisin.
Confie-toi avec sécurité à DIEU, mais avec prudence au mortel Et considère avant s'il est digne de ta confiance.
Car, se confier à un grand nombre sans les examiner soigneusement prépare les plus grands dommages.
Le grain corrompu, dit Juvénal,
suffit pour gâter toute la grappe. Grande est la force de l'habitude
et des conversations, dans le bien comme dans le mal. Il faut marcher avec le petit nombre de ceux
qui sont bons. Chacun est semblable à ceux dont la conversation le délecte. Car
on connaît d'après
ceux qu'il fréquente celui qu'on ne connaît pas par lui-même. L'ami est l'ombre de l'ami. Mais la SAPIENCE
vainc la malice (Sap. VII, vers. 30); cherchons donc à obtenir dans la SAPIENCE de DIEU, faite chair, le
triomphe contre la Malice, car si nous sommes sapients en elle, nous vaincrons aussi en elle. Que l'UN
soit donc avec toi et non pas seul parce qu'il est UN; car le Tri-un est dans le TRI-UN. La SAPIENCE
incarnée a dit: là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, JE SUIS au milieu d'eux. Le mâle et
la femelle qui sont DEUX; le Corps, l'Esprit et l'Ame qui sont TROIS essences distinctes, assemblées
dans la personne du studieux de la Théo-Sophie au nom de JESUS-CHRIST crucifié, de la SAPIENCE incarnée
du Père sont UN; au milieu de qui se trouve celui QUI ETAIT, QUI EST, QUI SERA: DIEU; LA SAPIENCE
DE DIEU; L'ESPRIT DE LA SAPIENCE DIVINE. Alors tu reconnaîtras très clairement et véritablement,
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DU GRADE CINQUIEME
81------------------------------------------------------------------------------------------------
comme dit Scipio, que jamais tu n'es moins ennuyé que lorsque tu parais ennuyé, jamais moins seul
que lorsque tu es seul. Et: la pluralité te rendra ennuyé. O bienheureuse tranquillité, nullement
indolente, que le monde immonde ne comprend pas. Seul, jouit de cette tranquillité l'ami de DIEU, et
non celui des fous qui sont mondainement et profanement Sapients. L'homme sans pudeur ne comprendra
pas ceci.
CCVI. Où n'est pas la SCIENCE Prov. XXIX, | CCVI. Car sans la Science le désir |
| de l'AME n'est pas le BIEN. vers. 2. | n'est pas bon.
|
Où n'est pas la SCIENCE, etc.] La où ne sont pas les conseils modérés, la cause est corrompue en
agissant suivant le mal. La Sapience enseigne donc à son fidèle amateur et adorateur d'agir en tout
considérément, prudemment, pieusement et modérément, et d'envisager toujours la fin. Et par
contre, le Vulgaire ignorant de la Sapience se jette dans les affaires temporelles sans aucune crainte
de DIEU; et DIEU n'étant pas consulté, les fous sont entraînés par les conseils insensés comme dans
un torrent et dans un fleuve rapide. Car la précipitation est aveugle et imprévoyante; et l'oubli de
DIEU dirige dans la mauvaise voie et conduit à la fin la plus exécrable.
CVII. (Car) je ne ferai pas Sap. VI, | CCVII. Je ne ferai certes pas route (*1) |
| route avec l'envie desséchante (dit le vers. 25. | avec celui que l'envie dessèche, parce
|
| Sapient:) parce qu'un tel homme n'est | qu'ainsi il ne participera pas à la Sa- |
| pas participant à la SAPIENCE. | pience. |
Je ne ferai pas route avec l'envie desséchante] Je ne communiquerai pas, je n'aurai rien de commun, je
ne résiderai pas avec l'envie. Car l'usage des Philosophes est de ne rien envier. C'est pourquoi la
pieuse antiquité
(vetustas) voulait que les portes des Muses dussent rester ouvertes. Non cependant
pour tous sans distinction. Et pour lesquels donc? Pour les seuls fils de la Doctrine et de la Discipline.
Car les Dons de DIEU ne doivent être communiqués candidement et libéralement qu'à ceux qui
jouissent d'un caractère et d'un naturel candide et libéral; (car les perles ne doivent pas être projetées
aux pourceaux obsédés par le Diable, vers. CCCXLIV. Le très Docte Zwingle en parle rectement
dans les Tables Hippocratiques, pag. 37. Telle fut, dit-il, la majesté de ces divers arts chez les Anciens,
qu'ils n'étaient communiqués qu'aux initiés, soit de vive voix, ce qu'ils appelaient άκροατὰς, ce
pourquoi la Kabbale des Hébreux porte ce nom; soit par écrit, mais si obscurément que le vulgaire
profane en était empêché et que l'arcane était communiqué aux seuls intelligents (vers. XXLIII). On voit
réellement que cette prostitution a dérobé aux Arts l'efficacité et l'autorité, à cause du mépris qui en
est fait. Ceux qui dévoilent les arcanes des arts aux étrangers sont également dignes de mépris, de
même que doivent être blâmés avec raison à cause de l'envie, ceux qui ne veulent pas même les communiquer
aux initiés. Ceux-ci comme ceux-là. C'est dans ce sens qu'on doit interpréter prudemment les
paroles citées de notre Sapient et celles du verset CXLVII. Tu objecteras peut-être, railleur, l'envie du
Souverain Bien, qu'éprouvent Physico-Chimiquement les Philosophes, dans la Nature et dans l'Art.
Ecoute donc le Philosophe Rosinus: Le décret de DIEU est que cette chose doit être cherchée avec
envie par les savants, non à cause de l'avarice du monde, de peur que les méchants la connaissant
deviennent plus habiles dans l'accomplissement des choses profanes, mais afin que les Philosophes
rendent raison de leurs péchés. Ensuite tu as également dans les paroles de Zwingle, déjà citées, une
réponse suffisamment honnête, suffisante, juste et équitable.
CCVIII. Le VIN est chose luxu- Prov. XX, | CCVIII. Le vin rend dérisoire et la |
| rieuse, et l'ébriété tumultueuse; qui- vers. 1. | bière (שֵׂכרָ Sechar, sicera) rend tumul-
|
| conque s'y délectera ne sera pas Sa- | tueux; et tout homme qui y prend sa |
| pient: | joie ne sera pas Sapient. |
Le VIN
est chose luxurieuse, etc.] Héraclites a dit:
La folie est difficile à cacher; dans le vin c'est com-
(*1) Le malicieusement envieux n'est pas participant à la Sophia Divine.
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82 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
plètement impossible. Et Caton:
Un seul excepté, nul homme sobre n'a jamais essayé de renverser la République.
Platon:
Dans la vie peu sobre nul ne sera jamais Sapient et encore moins modéré. Sénèque:
Les vices
conçus dans le vin par une habitude endurcie de la folie subsistent, même sans le vin. La Sapience ne doit
donc pas être cherchée au fond des coupes. Tu souhaiteras qu'il te soit permis de boire dans la coupe
d'argent du Patriarche Joseph (Genès. XLIV, vers. 5), dans laquelle il prophétisait et vaticinait sur
les choses futures. Qui niera que cette coupe ait été certainement composée Astronomiquement
d'Electrum philosophique, par l'art suprême Divino-Magique? Celles que le Mysteriarque Aureolus de
Hohenheim a composées de ce même Electrum et qu'il a laissées à sa postérité, existent encore. C'est
une coupe semblable que la Sapience présente à boire dans le Cant. des Cantiques, ch. VIII, 2, à ses
amateurs, et elle les enivre ainsi de Nectar Céleste. Ces Influences Célestes et ces trésors astraux, qui
sont les gardiens de toute Sapience naturelle, s'influent et descendent très volontiers d'eux-mêmes
dans les âmes sobres, qui ont soif de Sapience. Le fou ivre et plein de vin ne peut atteindre le Ciel et
restera toujours dans son épaisseur.
| CCIX. Le Coeur du Sapient cherche la Prov. XV, | CCIX. Le coeur intelligent cherche la |
DOCTRINE et la bouche des fous se vers. 14. | SCIENCE, et la bouche des fous se repaît
|
| repaît d'impéritie. | de folie. |
Se repaît d'impéritie] Le Païen dit avec raison:
Rien au monde n'est plus déraisonnable que l'Hommeignorant (imperitus); il ne restera qu'un fou, même après qu'il aura été lavé.
(*1) CCX. La CRAINTE DU SEIGNEUR Prov. I, | CCX. La crainte de IEHOVAH est le |
| est le principe de la SAPIENCE; Les vers. 7. | principe de la SCIENCE, les fous mépri-
|
fous méprisent la SAPIENCE et la | sent la SAPIENCE et l'Erudition. |
DOCTRINE.
La crainte du SEIGNEUR] Ce n'est pas là cette CRAINTE qu'éprouvent les coupables qui ont mérité les
supplices, appelée SERVILE par les Théologiens, et qui n'est autre que la fureur et le ver de la conscience
timorée qui ronge et use quotidiennement l'âme mauvaise ou l'âme qui a conscience de sa culpabilité;
mais la crainte divine et salutaire provenant de DIEU lui-même, appelée FILIALE, et inspirée par le plus
élevé et le plus excellent amour, pour parler avec les Kabbalistes. De même aussi les versets CCXII et
CCXXXII.
Les fous méprisent] Ceux-là sont donc fous, qui méprisent notre AMPHITHEATRE; la raison en
est que sa DOCTRINE émane (la chose parle d'elle-même) des sources de la SAPIENCE.
| CCXI. LA CRAINTE DU SEIGNEUR est Prov. XIV, | CCXI. La CRAINTE DE IEHOVAH est |
| la source de la vie, pour détour- vers. 27. | comme une veine de vie afin d'éloigner
|
| ner la ruine de la mort. | des filets de la mort. |
La source de la vie] De même que l'inobédience et le contemnement de DIEU, l'amour-propre et la superbe
sont le principe et la source de la mort et de toutes les calamités, et vraiment la ruine et le piège de la
mort et de l'enfer; de même, la crainte de IEHOVAH jointe à la foi et à l'amour divin, et qui est appelée
filiale est vraiment la source et la veine de vie; c'est pourquoi l'Esprit Saint est l'Esprit de la crainte de
DIEU, c'est-à-dire l'auteur de la crainte de DIEU; et Dieu a placé son bienfait excellent dans cette sainte
crainte, de telle sorte qu'il se délecte en elle comme un père en son fils unique et il lui révèle les
arcanes de la Sapience, en reposant sur lui l'Esprit de Science, d'Intelligence et de Cognition.
CCXII. LE PRINCIPE de la SA- Prov. IX, | CCXII. Le principe de la SAPIENCE |
| PIENCE est la CRAINTE DU SEIGNEUR; vers. 22. | est la crainte de IEHOVAH; et la Science
|
| science des Saints, la PRUDENCE. | des Saints, l'Intelligence. |
LE PRINCIPE
de la SAPIENCE] Voy. versets CCX et CCXXXII. Job., XXVIII, 28. Voici la CRAINTE DU SEIGNEUR
(*1) LA CRAINTE DU SEIGNEUR, Ecclés. I, 16. Psaum. CX.
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qui est elle-même LA SAPIENCE; et l'INTELLIGENCE est de s'éloigner du mal. La CRAINTE filiale de DIEU
est l'ipsissime AMOUR; Craindre DIEU c'est l'aimer. O quel fructuosissime ART D'AIMER! et combien fidèlement
l'enseigne notre Amphithéâtre. Celui-ci est DIVIN; l'autre, mondain et Ovidien est immonde.
CCXIII. Que ton coeur n'envie Prov. XXIII, | CCXIII. Que ton coeur n'envie pas les |
| (donc) pas les pécheurs, mais sois vers. 17. | pécheurs; soit plutôt tout le jour dans
|
tout le jour dans la crainte du | la CRAINTE DE IEHOVAH. |
SEIGNEUR.
N'envie pas, etc.] La mauvaise volonté et la folle imitation des moeurs profanes, de la bassesse, des
voluptés, des débauches, des délices, de l'orgueil, de l'ambition, du luxe, de l'usure, de la colère, de
la domination, etc., attirent un grand nombre à la perte extrême. Crains d'être transforme ainsi en
larve mondaine et suis Jésus-Christ pour qu'il te transforme en son image.
Tout le jour] Toute la vie;
tous les jours de ta vie; et ALORS (non avant) tu recevras comme une rosée la manne nectaréenne et
supercéleste de la SAPIENCE (comme l'indique la figure seconde de cet Amphithéâtre) et la pluie d'eau
(par l'ondoiement de l'esprit) et de feu (par l'ardeur du coeur) et tu goûteras par la langue de l'Ame
altérée de vérité combien le SEIGNEUR est suave et agréable; tu seras tout entier (de Corps, Esprit et
Ame) comme un arbre qui est planté auprès du cours des eaux, qui donne son fruit en son temps;
dont la feuille ne tombe pas; et TOUTES LES CHOSES que tu entreprendras (car la SAPIENCE de IEHOVAH orera
et laborera avec toi, vers. CCLXI) prospéreront. (Et ainsi tu parviendras à la Pierre des Philosophes),
Psaum. I, 3. Tu expérimenteras également qu'il est très vrai que la Piété soit utile à toutes choses.
I. Paul, I. Timoth. IV, 8.
CCXIV Car tu auras l'espoir vers. 18. | CCXIV. Parce que la récompense |
| dans le très nouveau, et ton attente ne | existe réellement et que ton espé- |
| sera pas déçue. | rance ne sera pas renversée. |
Tu auras l'espoir dans le très nouveau] Parce que tu demeures dans l'assistance du Très-Haut, tu restes
dans la protection du DIEU du Ciel. Tu dis au SEIGNEUR; tu es mon suscepteur, (mon asile) et
j'espérerai, ô mon DIEU, dans celui qui est mon refuge. Voy. Psaum. XCI, en entier. Ce psaume ainsi
que tous les autres, Pénitentiels, Bénédicteurs, Malédicteurs, Libérateurs, Vengeurs, etc., est ainsi,
te dis-je le plus puissant Antidote et défenseur contre toutes les adversités. Les Hébreux ont observé
ceci; les Chrétiens l'ont prouvé; tu l'expérimenteras toi-même si, chaque jour tu récites Davidiquement
les Psaumes de David. Et combien il est grand et rare de prier Davidiquement? Nul ne le comprend
hormis ceux qui sont puissamment exercés dans l'école de la croix et des tribulations; pour
ceux-là seuls, le PSAUTIER est le Promptuarium Catholique et abondamment pourvu des précations.
Laus à DIEU pour le peu que j'en connaîtrai. Je parlerai plus amplement de ce secret en un lieu plus
commode.
Ton espérance ne sera pas renversée] La SAPIENCE ne te décevra pas; car elle est exempte de
toute fraude; mais tu recevras d'elle des fruits éternels, vérissimes et dulcissimes. Il en est tout au
contraire de la SAPIENCE mondaine, parce qu'elle est pleine de fraudes, d'erreurs et d'incertitudes;
elle ne laisse après elle aucun fruit salutaire; mais la misère, les douleurs de l'âme, les erreurs, les
afflictions, le désespoir et la mort.
CCXV. Songez (ô mortels), au Sap. I, | CCXV. Songez (ô hommes) au SEI- |
SEIGNEUR dans la bonté; et cher- vers. 1. | GNEUR dans la bonté, et cherchez-le dans
|
| chez-le dans la simplicité du coeur. | la simplicité du coeur: |
Au SEIGNEUR] Et à ses oeuvres, ses Biens et ses Dons, selon la volonté de sa vérité, dans la Sacro-
Sainte Ecriture, dans le Livre de la Nature et dans les témoignages de votre conscience.
Dans la simplicité]
Dans la simplicité de la colombe, c'est-à-dire dans l'intégrité, en imitant l'Archétype; non
dans l'astuce ou la callidité du serpent diabolique. La Simplicité est la Sainte Amie de la Vérité de la
SAPIENCE Eternelle. Ne feins pas, et que les maux ne te contraignent pas d'être mauvais; sois Bon;
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84 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
que le secours du meilleur soit en toi, même si tous les maux sont autour de toi. Sois prudent, de
peur d'être trompé, et simple, de peur de te tromper, S. Matth., X, 16.
Le pire conseil est pour le
donneur de mauvais conseils.
| (*1) CCXVI. Parce qu'il est trouvé par vers. 2. | CCXVI. Parce qu'il est trouvé par |
ceux qui ne le tentent pas; | ceux qui ne le tentent pas, et il se mon- |
il apparaît à ceux qui ont | tre à ceux qui ne le tentent pas, et il se mon- |
| foi en lui. | tre à ceux qui ne se défient pas de lui. |
Qui ne le tentent pas] Ce n'est pas en vain que la Loi Divine avertit:
Tu ne tenteras pas ton SEIGNEUR
DIEU; Deuter, VI, 16. S. Matth. IV, 7. S. Luc. IV, 12. On ne peut pas plaisanter avec IEHOVAH, ce Jaloux.
Rapporte ici le dixième Canon de la quatrième partie de cet Amphithéâtre dans la réformation instauratoire
et rénovatoire de la Magie et par contre dans l'extirpation éradicatoire de la Nigromancie.
Alors tu me comprendras dans la PROPOSITION dont il s'agit. Voy. versets CXLII, CCXVII et CCLI. Celui
qui consulte Théo-Sophiquement ne tente pas DIEU, mais celui qui consulte témérairement, plaisamment
et arrogamment.
Il apparaît] Εμφανἰζεται, il se montre. Ce verbe signifie la cognition par laquelle
DIEU se montre et se déclare ou s'offre à connaître aux hommes pieux, de quelque manière que ce
soit, médiatement ou immédiatement, Macro ou Micro-Cosmiquement. Ainsi la SAPIENCE éternelle,
manifestée dans la chair, JESUS-CHRIST, dans S. Jean, XIV, 21, nous dit: ἐμφανἰσω ἐμαυτὸν,
je me
manifesterai et me déclarerai moi-même. Voy. versets CXLII et CXCV. Et sois intelligent.
Qui ont foi en lui]
Le Sapient enseigne que l'incrédulité (τὴν άπιστἰαν) est l'impédiment par lequel la Vérité est le moins
connue et les Dons de DIEU moins obtenus. L'Incrédulité (je l'affirme constamment étant instruit par
l'Expérience) est comme une main sinistre par laquelle nous repoussons perversement les DONS de
DIEU qu'il nous offre bénignement de son propre mouvement. Car de même que la porte des miracles,
la main pour obtenir du SEIGNEUR les Biens et les Dons admirables, est la Foi; au contraire la défiance
ou incrédulité est la perle ou l'expulsion des miracles et c'est l'impédiment pour obtenir de IEHOVAH
les choses grandes et admirables, et pour les parachever en nous (car le Théo-Sophe est à DIEU ce que
la main est à l'homme). C'est donc avec raison que Capnion, homme admirable qui ne sera jamais
assez loué s'écrie au livre De Verbo Mirifico, II, chap. 6: DIEU
fait alliance avec l'homme; non pas
indifféremment avec tous mais avec celui qui se distingue par la Sainteté, la Piété, la Religion et principalement
surtout par la confiance de la CREDULITE. De même pour l'UNION mentale avec DIEU; DIEU ne s'unit
pas avec nous lorsque nos crimes l'en empêchent. L'Incrédulité n'est pas un des moindres de tous les
crimes. De même que le juste vit par sa foi, ainsi le voyant voit par sa foi. DIEU se garde d'abandonner
celui qui a la foi, chante le Poète Chrétien. Et le philosophe Morien:
Celui qui craint de se confier n'est
pas parfait dans la vérité. Et c'est surtout au Sapient qu'il ne convient pas de se défier en nulle chose.
Car s'il craint de se confier il désespérera bientôt. Et s'il désespère, son âme vacillera et aucun effet
de son intention ne s'en suivra. Voy. vers. CLXVII. Exerce ton esprit à ceci. Clamons donc tous avec
les disciples du Christ: SEIGNEUR
augmente en nous la FOI. Crois afin de voir. J'en ai assez dit.
CCXVII. Car les cogitations vers. 3. | CCXVII. Car les cogitations perverses |
| perverses séparent de DIEU; et si sa | séparent de DIEU; quand sa puis- |
| force est éprouvée, il corrige les in- | sance est tentée, il confond les insensés. |
sensés.
Car les cogitations perverses séparent, etc.] DIEU
est un esprit chaste; il veut par l'esprit chaste (de Corps,
d'Esprit et d'Ame)
être appelé, cherché, trouvé et retenu. Vous ne pouvez, dit S. Paul, être à la fois
des adeptes de la débauche et de l'Esprit-Saint. Prie DIEU afin que, par sa grâce, il excite et confirme
en toi avec la haine des vices, l'amour des vertus; c'est la CRAINTE DE DIEU.
Quand sa puissance, etc.]
C'est-à-dire celle de DIEU dont la Puissance ne peut être tentée sans le plus grand péril du Corps, de
l'Esprit et de l'Ame. Car ce sont là les deux vices (et comme les signatures qui les indiquent) des
infidèles: le premier celui de défiance, le second, d'audace et de témérité en DIEU; et ils le tentent
ainsi. Apprends ceci de peur de tenter IEHOVAH par des questions frivoles, par des pétitions superbes,
nuisibles à ton prochain ou à toi-même. Voy. verset CCXVI.
(*1) Deut. IV, 29. II, Paral. XV, 4. Comment DIEU doit être cherché, et
quels sont ceux par qui il est trouvé.
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| CCXVIII. Parce que la SAPIENCE vers. 4. | CCXVIII. Parce que la Sapience n'en- |
n'entrera pas dans l'âme malé- | trera pas dans l'âme malicieuse ni n'ha- |
| vole; ni n'habite dans le corps | bitera dans le corps coupable de péché. |

sujet aux péchés.
N'entrera pas dans l'âme malévole.] La raison en est que nulle UNION ne se fait entre les dissemblables.
Comment conjoindre la Lumière avec les ténèbres: le bénévole avec le malévole, la vérité avec le
mensonge, le bien avec le mal? La réduction à la simplicité de la Monade n'aura pas lieu si le Binaire
n'est pas rejeté; point d'union avec IEHOVAH sans, d'abord, la déviation loin de Toi-Même et l'abnégation
de Toi. Diverge du mal et fais le bien. Psaum. XXXIV, vers. 15. Eloigne-toi de toi même qui es
déformé, et selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre, reforme-toi à l'Exemple de l'Archétype;
suis patiemment et imite Théo-Sophiquement la SAPIENCE incarnée; alors l'Esprit de SAPIENCE Hhochmahél
habitera en toi; alors IEHOVAH, le Père; JESUS-CHRIST crucifié, le Père; l'ESPRIT-SAINT, l'Ami, entrera
en toi, habitera et s'assoira, ROI, dans son palais et sur son trône Micro-Cosmique qui est
TOI-MEME, tri-un, rénové, vraiment catholique suivant la figure seconde de cet Amphithéâtre: transmué
en mieux par la Lotion pénitentielle, Esaias, I, 16, tu te conjoindras et t'uniras avec DIEU; tu
seras illuminé par le rayon du Soleil supercéleste. Et, pur de coeur, tu verras DIEU en toi et toi en
DIEU; TOUT en TOUT. Le terrestre s'unit aux choses terrestres, le mondain aux choses mondaines, issues
du Prince de ce monde immonde; le spirituel aux choses spirituelles, issues des bons Esprits en raison
de l'administration qui leur est déléguée par DIEU, Macro et Micro-Cosmiquement; le Divin aux choses
Divines, issues de DIEU lui-même. De quelle manière celui qui n'est pas pur présume-t-il atteindre au
pur? Toi qui es terrestre et mondain, abstiens-toi de prétendre aux choses spirituelles et Divines. Tu
juges de celles-ci, dont tu n'as jamais goûté la douceur comme un aveugle juge des couleurs. Voy.
versets XLVI et CLVII. Tu m'as estimé mondain immonde, moi et ce livre; ne m'examine pas trop mondainement.
Cherche le verset XLVI.
Sujet aux péchés] De peur donc, que tu pèches, ô fils de SAPIENCE,
car DIEU lui-même voit (car en tous lieux les yeux du SEIGNEUR contemplent les Bons et les Mauvais,
Proverb XV, 3) et pourquoi ne verrait-il pas? lui qui a formé l'oeil; pourquoi n'entendrait-il pas? lui
qui a planté l'oreille, Psaum. XCIV, vers. 9. Ton Ange gardien, Psaum. XCI, vers. 11, ministre de DIEU,
Psaum. CIV, vers. 4, se tient debout auprès de toi; la Conscience (aux mille témoins) réclame; le
diable (l'ennemi très violent du genre humain) accuse. Représente-toi devant les yeux, je t'en prie,
mon frère, qui es sollicité au péché, représente-toi ton Ange gardien, assidu spectateur et témoin de
tout ce que tu fais et penses; DIEU inspecteur, aux yeux duquel toutes choses sont évidentes, qui est
assis sur les cieux et sonde les abîmes; et d'autre part l'action tellement honteuse qu'on a honte de
l'accomplir ouvertement en présence d'un simple et misérable homme: ne craindras-tu donc pas de
la commettre aux yeux de ton Ange gardien, de DIEU et de tout le choeur des êtres célestes la regardant
et l'écrasant? Phy en quel abîme tomberais-tu?
CCXIX. Car si tu invoques la Prov. II, | CCXIX. Car si tu clames vers l'intel- |
| SAPIENCE et si tu inclines ton coeur à la vers. 3. | ligence et que tu donne ta voix à l'In-
|
| PRUDENCE, | telligence: |
Si tu invoques] De même qu'il est pieux d'implorer la Miséricorde Divine et l'aide de l'Omnipotence
de DIEU; ainsi, que l'ipsissime Christianisme invoque donc la SAPIENCE de IEHOVAH elle-même
(HHOCHMAHEL) incarné dans le siècle ultime pour obtenir Théo-Sophiquement la SAPIENCE, celle incarnée,
que notre Sapient a invoquée.
CCXX. Si tu La recherches vers. 4. | CCXX. Si tu la recherches comme |
| comme de l'argent et que tu creuses | l'argent et que tu la recherches comme |
pour la trouver comme pour des | des trésors. |
trésors:
Si tu LA
recherches] Si, Chrétiennement, tu estimes moins les vanités du monde immonde que la
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86 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
SAPIENCE, aussi splendides et pécunieuses qu'elles soient, et si tu recherches la SAPIENCE. Mais, diras-
tu, Où, par quels auxiliaires, Pourquoi, Comment, Quand? Ecoute; frappe aux portes de la SOPHIA
supercéleste, indiquées au verset XLVIII, dans l'Oratoire et le Laboratoire, suivant les Lois et la Doctrine
de cet Amphithéâtre, et tu la trouveras, DIEU aidant.
Comme pour des trésors] Dans la terre mondaine
et dans les profondeurs des montagnes et des rochers, les sources des biens ont été creusées
pour y trouver des trésors. La terre de SAPIENCE est le LIVRE tri-un, Catholique, c'est-à-dire de la
SACRO-SAINTE ECRITURE et de la NATURE et de notre AME Divinement illuminée; scrute avec ardeur les
richissimes veines de celle-là selon les Lois et la Doctrine de ce présent Amphithéâtre, et tu trouveras
la SAPIENCE, IEHOVAH te l'accordant; creuse-la ensuite Christiano-Kabbalistiquement, Divino-Magiquement
et Physico-Chimiquement, comme pour y chercher des trésors, puis cache-la prudemment dans
la cassette de ton coeur; et j'ose alors te promettre, moi qui écris vraiment ceci, que tu plairas à DIEU,
que tu recevras la volonté du SEIGNEUR, que tu obtiendras de Lui, par Elle, dans tes négoces, conseils
et labeurs, de bien vouloir connaître, être et pouvoir; et ainsi tu attireras le salut de l'Esprit et de
l'Ame. Il n'est pas de calamité, crois-le bien, ou de torrent d'adversité étouffant ainsi l'ardeur impétrante
de celui qui adhère à DIEU par la foi, qui ne puissent être restitués par la Pierre de SAPIENCE
que rejetèrent ceux qui bâtissaient, Psaum. CXVIII (vulg. CXVII) vers. 22. La Pierre, c'est la SAPIENCE
faite chair. C'est JESUS-CHRIST qui possède la source du feu céleste et la veine des eaux vives jaillissant
dans la vie éternelle. Ceci a été fait par le SEIGNEUR et c'est un miracle à nos yeux, dirai-je avec le
Psalmiste.
(*1) CCXXI. Alors tu comprendras vers. 5. | CCXXI. Alors tu connaîtras la CRAIN- |
| la CRAINTE DU SEIGNEUR et tu trouveras | TE de IEHOVAH et tu trouveras la |
| la Science de DIEU. | cognition de DIEU. |
Alors] Après que tu auras cherché Théosophiquement la SAPIENCE et que tu l'auras scrutée par la
Méthode susdite. Les Dieux (ELOHIM) aident les Esprits et les Mains qui s'appliquent et s'approchent
sapientement.
Il n'est pas donné aux Muses de suivre la voie publique et vulgaire, c'est-à-dire mondaine;
car la voie vulgaire est la voie du monde, la voie Académique.
La cognition de DIEU] Toi, demi-savant
(sciolus) qui nies peu Chrétiennement que DIEU puisse être connu par nous, dispute donc sur ces paroles-ci
avec notre Sapient. O hommes diaboliques!
| CCXXII. Car TE connaître (ô SEIGNEUR) Sap. XV, | CCXXII. Car TE connaître est la Jus- |
est la JUSTICE consommée, et sa- vers. 3. | tice consommée, et comprendre ta puis-
|
| voir ta JUSTICE et ta VERTU est la ra- | sance, la racine de l'Immortalité. |
| cine de l'immortalité. |
|
Te connaître, etc.] L'agnition de DIEU, solide, intègre, vraie et parfaite, est la justice qui renferme
en elle-même toutes les vertus. Car CONNAITRE DIEU, c'est non-seulement disserter sapientement sur
la Nature Divine (qu'il me soit permis avec S. Pierre, Ep. Il, chap. 1, 4, de dire Nature Divine) mais
aussi comprendre et accomplir sa volonté, qui est déclarée dans la LOI (par la voix de la Justice Divine)
et dans son VERBE LUI-MEME Macro et Microcosmiquement écrit; c'est-à-dire craindre DIEU et
croire en sa miséricorde. Ainsi, dit Hieremias, chap. IX, 24: Que l'homme se glorifie de me connaître,
moi qui suis le SEIGNEUR faisant Jugement, Justice et Miséricorde; c'est-à-dire punissant les pécheurs
et pardonnant (à cause de la SAPIENCE incarnée, c'est-à-dire JESUS-CHRIST crucifié) à ceux qui font pénitence;
et exerçant la miséricorde envers ceux qui me craignent et qui croient en moi. S. Jean, I
Epît. ch. II, 3 et 4: nous savons en cela que nous le connaissons (DIEU) si nous observons ses mandements.
Qui se dit connaître DIEU et ne garde pas ses mandements est menteur, et la vérité n'est
pas en lui. Ainsi le Psaume CXLVII, 11 (vulg. CXLVI) renferme l'abrégé de cette Doctrine:
Etre agréable
au SEIGNEUR
est sur ceux qui le craignent et sur ceux qui espèrent sur sa miséricorde. Et le Christ, dans
S. Jean, XVII, 3:
C'est la vie éternelle que de te connaître comme le seul vrai DIEU
et celui que tu as envoyé,
JESUS-CHRIST. C'est la seule racine de l'immortalité. C'est réellement une grande part de la SAPIENCE,
que de connaître la Créature et la Nature; une plus grande de se connaître soi-même; la majeure et
souveraine, de connaître DIEU. Il a été rectement, sainement, vraiment et sapientement dit par S. Augustin:
(*1) La science de DIEU.
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« Donne-moi, SEIGNEUR, de me connaître et que je te connaisse. » Que ceci soit aussi répété
par moi. O IEHOVAH, aide-moi et accorde-moi de vouloir! Amen. J'ajoute: Tu te connaîtras TOI-MEME
quand, par la lumière DEIFIQUE resplendissante, dans le miroir tri-un de la majesté DIVINE tri-une (qui
est L'UNIVERS créé, le VERBE écrit et incarné et l'AME en nous-mêmes Divinement inspirée) par les yeux
et du corps et de l'esprit, Théo-Sophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement,
Physico-Magiquement, Hyperphysico-Magiquement, Kabbalistiquement, tu te verras,
regarderas et contempleras Toi-même. Alors tu verras telles qu'elles sont toutes les choses que tu accompliras;
tu verras les marques, les difformités et les taches du corps, de l'esprit et de l'âme: C'est
pourquoi tu pourras clamer pénitentiellement à IEHOVAH, avec le Psalmographe Royal, Ps. LI:
Fais-
moi miséricorde, ô DIEU,
selon la grande miséricorde, et efface mes iniquités selon la multitude de tes compassions.
Lave-moi plus amplement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché, et ce qui suit. Lave, ô
SEIGNEUR, ce qui est sordide; arrose ce qui est aride; sanifie ce qui est malade; dirige ce qui est dévié.
Alors tu seras lavé et purifié; alors, Théo-Sophiquement ainsi lavé et purgé, tu connaîtras DIEU;
parce que bienheureux les purs de coeur; car ceux-ci verront DIEU. S. Matth. V, vers. 8. Alors tu
auras cherché et trouvé le Règne de DIEU et sa justice; alors TOUTES les autres CHOSES (les Biens et les
Dons de l'Esprit de SAPIENCE annotés au verset suivant, si tu ores Théosophiquement et labores Sapientement)
se donneront à toi (Macro et Micro-Cosmiquement). Bienheureux donc, et sapient, qui se
connaît droitement. Qui connaîtra DIEU et Soi-même, TOUTES LES CHOSES citées pourront être à lui.
Voyez la figure seconde de cet Amphithéâtre.
Savoir] Où donc? Dans les livres de la Sacro-Sainte
Ecriture, de la Nature et dans Toi-même, illuminé par le rayon de la Divinité.
CCXXIII. C'est pourquoi je l'ai Sap. VII, | CCXXIII. C'est pourquoi j'ai choisi et |
| l'ai CHOISIE, et le sens m'a été donné; vers. 7. | la prudence m'a été donnée; j'ai invo-
|
| et j'ai INVOQUE, et est venu en moi | qué et l'Esprit de Sapience est venu à |
l'ESPRIT de SAPIENCE. | moi. |
Je l'ai CHOISIE] Il n'a pas perdu son temps aux lettres dans les Académies, et n'a pas entendu les
Grecs, Dialecticiens, Rhétoriciens, ni n'a fait usage de la méthode d'étudier, très usitée de nos jours.
Ce mode de philosopher est rejeté par l'Apôtre S. Paul, I. Corinth. I, 19, etc. et Epit. aux Coloss. II,
v. 8. Mais il a choisi et invoqué cette SOPHIA supercéleste qui surpasse toutes les solennités et les trésors
de ce monde. Il a certes été Sapient. On sait que S. Augustin choisit trois choses pour lui-même:
S. Paul pour l'Eloquence, Rome pour la gloire et le Christ pour compagnie. Je choisis de posséder la Pierre
des Philosophes et d'en jouir parfaitement pendant vingt années avec tous ses fruits et utilités; alors
j'aurai été vraiment fortuné et bienheureux tant dans cette vie que dans la vie future, si j'en use Théo-
Sophiquement. C'est pourquoi il faut observer que le désir de l'Ame doit naître d'abord avec ardeur;
puis (vers. CXLIV) l'invocation ensuite ou la prière. Fais donc semblablement; reviens en Toi-même; ne
suppose rien (en et par DIEU) d'impossible (puisque tu as les promesses de DIEU qui doit t'aider et qui
t'aide, vers. X) en toi; Place ta confiance dans le SEIGNEUR (en observant Christiano-Kabbalistiquement)
et tu comprendras; veuille Théo-Sophiquement et tu parviendras. C'est sur ce fondement
qu'est construit l'ORATOIRE de notre Amphithéâtre, indiqué par S. Matth. VI, 6, et qui est celui de la
vigilance et de la confiance Chrétienne, non de l'audace et de la témérité. Crois fermement; vis dans
la Crainte de DIEU; Ore en jeûnant en Esprit et Vérité et Labore sapientement; il te sera donné sans
délai; tu seras constitué ami de DIEU et tu seras fait participant au fruit de cette SAPIENCE. L'Ame
enivrée de DIEU voit, comme dans un miroir, DIEU en soi et soi en DIEU; et même TOUT ce qu'elle veut
et choisit, vers. CXXXVIII. Ceci est la Lune Micro-Cosmique des Kabbalistes, croissante, pleine et décroissante;
suivant l'approche, l'opposition diamétrale ou la déclinaison du SOLEIL Divin. Pendant
la Lune croissante, les bons Esprits s'avanceront avec la permission de DIEU; au temps de la
Pleine Lune c'est DIEU Lui-même; mais à la Lune décroissante, prie DIEU de peur que tu ne
sois séduit et entraîné loin du sentier droit de la Vérité, par les puissances des Ténèbres.
Est venu en moi] Quand? Non pas avant que je l'aie choisie et invoquée. Ceci n'est pas l'oeuvre
d'un jour ou d'une nuit. Il faut travailler à la sueur de son front pour obtenir la récompense (en
recevant la grâce de DIEU, versets CXLII et CXLV). Arrête-toi ici et médite Harpocratiquement sur ceci;
c'est là une de ces choses qui sont mieux comprises, appréciées, estimées par le silence plutôt que
par les paroles. La SAPIENCE vraie ne s'apprend pas humainement, verset CXLII, par la seule vertu
10
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88 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
des livres et des parchemins, mais s'insinue et vient Divinement en nous; elle ne reçoit pas la
lumière de nos études, comme les autres Sciences, mais elle la produit elle-même, et, comme de son
promptuaire, elle rayonne et luit dans les hommes non indignes (verset CXLV). La lettre en elle-
même n'est utile à rien; c'est l'ESPRIT DE LA SOPHIA supercéleste venant Divinement en nous, qui instruit,
qui enseigne, qui vivifie, qui illumine, qui explique le livre, l'interprète et l'expose. Digne est
JESUS-CHRIST seul, c'est-à-dire la SAPIENCE du Père, d'interpréter le LIVRE (savoir: de la Sacro-Sainte
Ecriture, de la Nature et de l'Esprit Divinement infus en nous) et de rompre ses sceaux. Halleluiah.
Il a été rectement dit:
Où opère la grâce de l'Esprit-Saint, l'occultation des Philosophes ne sert à rien; de
même que leur manifestation est inutile, là où manque cette même grâce. Instruit par l'Expérience, j'ai
éprouvé plus d'une fois que ceci est infiniment vrai. Je me rappelle, en réfléchissant bien, avoir lu
dans les Philosophes les plus secrets ou avoir entendu de leur bouche, en conversant avec plusieurs
d'entre eux, certaines paroles et emphases de locutions dont je n'avais pas saisi le véritable esprit, bien
qu'elles enseignassent la vérité; mais ensuite, avec le temps, le voile de l'ignorance étant levé pour
moi (grâce à la Miséricorde Divine, sans aucun doute), par l'ESPRIT de SAPIENCE, et en une heure
même et en un moment (par la direction, comme je le suppose, de mon Bon Génie et par la grâce de
DIEU qui m'assiste) je compris plus que dans l'espace, auparavant, d'une année entière. Car l'Esprit
spire où et quand il veut. Ce que les Dons de DIEU confèrent aux humbles et aux obédients (soumis
en leur intellect, vers. CCCVII) par l'Esprit de SAPIENCE, surpasse toute raison humaine; ils sont soustraits
et cachés aux argutieux et subtils mondains immondes. C'est l'absolue vérité. Il veut recueillir
l'eau avec un tamis, celui qui sans l'explication (médiate ou immédiate, versets XXXII, LXXIV et suiv.
CLXXXVII) de l'ESPRIT DE SAPIENCE veut apprendre dans le livre. Le livre est seulement l'index qui nous
montre les nombreuses supplications qu'il faut adresser à IEHOVAH pour qu'il nous communique (suivant
sa très libre volonté) les arcanes de la Nature, qu'il nous enseigne les secrets, nous inspire TOUTE
vérité. Ce qui est enseigné au verset CLXVII et répété au verset LXV reste donc bien vrai, et confirmé,
savoir:
que la Philosophie est le spiraculum de Dieu et l'illustration Divine. Parce que le SEIGNEUR donne la SAPIENCE.
C'est pourquoi jamais un homme n'est grand (comme Cicéron l'a observé et annoté, liv. II de la
nature des Dieux) sans le souffle Divin. Heureux donc, trois et quatre fois heureux, celui qui suit
IEHOVAH dans ses conseils comme ceci est indiqué dans notre Oratoire; car il recevra du SEIGNEUR, la
volonté, c'est-à-dire, de bien vouloir, connaître, pouvoir et être, dans toutes ses actions et ses labeurs,
vers. CCCXXIX. Je prie ardemment (avec S. Jean Chrysostôme) et même du fond du coeur, afin que
DIEU miséricordieux et bénin exauce mes prières et mes gémissements, ouvre les oreilles du coeur, et
affermisse en moi la foi; qu'il donne l'esprit capable des mystères divins, le raisonnement sobre et
la vie pleine de devoirs et de vertus, à moi et à tous les sectateurs studieux de la Sapience vraie,
afin que nous pensions, méditions et accomplissions les choses qui viennent de DIEU et qui nous sont
salutaires dans toute la vie; Amen, répond tout amant de la Sapience, Amen! L'ESPRIT DE SAPIENCE]
Hhochmaél, versets LII et CVI. Qui est admirable et vraiment Divin. Car il créé (Job. XXXIII, 4:
l'Esprit du SEIGNEUR me fit. Psaum. CIV, 30:
Tu enverras ton Esprit et ils seront créés) soutient, fortifie,
et parachève toutes choses, partout où il est répandu. Psaum. CXXXVIII, 7. S. Paul aux Rom. VIII. 11,
I Ep. aux Corinth. II, 4. Sapient, I, 7. L'Esprit du Seigneur a rempli l'orbe des terres. TOUTES CHOSES
SONT PLEINES DE IOVIS, vers. CLIV. Il donne la Sapience et la faculté de discourir, S. Matth. X, 20.
S. Cyprien nous dit à ce propos:
Il n'est pas difficile à DIEU
d'inspirer à son confesseur la constance et
l'assurance dans le discours, lui qui, au livre des Nombres, a fait parler une ânesse même, contre Balaam.
Il fait des miracles, S. Paul, Ep. aux Rom. XV, par la vertu des signes et des prodiges, et par la
vertu de l'Esprit Saint. Il pénètre dans les abîmes de DIEU, Ep; aux Corinth. II, 10:
L'Esprit scrute
toutes choses, même les abîmes de DIEU. Il distribue les Biens, I Cor. XII, 11. Donc, puisqu'il est le distributeur
bénin de tous les Biens et Dons, cherchons-les auprès de lui seul et non auprès de l'esprit
malin, vers. CLXXXV, CCV, CCVI et CCXCVIII. Fi soit pour le Diable, Amen. C'est encore lui qui fait les
Fils de DIEU, S. Paul aux Rom. VIII, 14: Tous ceux qui se dirigent par l'Esprit de DIEU, ceux-là sont
fils de DIEU. Il sanctifie: Rom, I, 4. Il régit l'Eglise et désigne ses ministres, Actes XIII, 4, Esaias,
XLVIII, 16: LE SEIGNEUR DIEU m'a envoyé avec son Esprit. Il dispense avec largesse la grâce et la paix,
Apocal. I, 4. Il justifie, I. Corinth. VI, 11. Les justifications sont dans le nom de NOTRE SEIGNEUR
JESUS-CHRIST et dans l'Esprit de notre DIEU. Il fait les hommes libres; II, Corinth. III, 17: Où est l'esprit
du SEIGNEUR, là est la liberté. Il régénère, il meut les coeurs pour les bonne oeuvres et l'invocation.
Il est appelé l'Esprit de prières, Zachar. XII, 10. Il a tiré le peuple de l'Egypte, Esaias, LXIII, 13
et 14: L'Esprit du SEIGNEUR l'a conduit comme un cheval. Il remet les péchés. S. Jean, XX, 23:
Recevez
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DU GRADE CINQUIEME
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le Saint Esprit, tout ce que vous remettrez, etc., comme s'il disait: l'Esprit remettra, non pas vous. Il
révèle les mystères, S. Jean XVI, 13; c'est pourquoi il est et s'appelle l'auteur de toute sainte révélation
et vision et le maître des choses cachées. Il donne la Foi, I, Corinth., 11. Il excite les pieux mouvements,
S. Paul, aux Rom., VIII, 26. Il enseigne les fidèles, S. Jean, XVI, 13. SOMMAIRE: Par la vertu
et l'assistance de cet ESPRIT, tu pourras TOUT. Sers-le Théo-Sophiquement et il te dirigera LUI-MEME,
toi et tes entreprises dans l'ORATOIRE et le LABORATOIRE. C'est pourquoi l'ESPRIT DE SAPIENCE est appelé
Multiple et Multiforme, vers. XLIX et CXXXIV, et ceci peut être suffisamment prouvé de tout ce qui a
été dit. C'est pourquoi S. Paul, I, Corinth. XII, 4, etc., dit:
Il y a des Divisions des Grâces, mais il n'y
a qu'un même Esprit. Et il y a des divisions dans les sujets
(ministrationes), mais il n'y a qu'un même
SEIGNEUR. Et il y a des divisions dans les opérations, mais c'est vraiment le même DIEU qui opère
TOUTES CHOSES en TOUS. En effet, à l'un est donnée la manifestation de l'Esprit, pour en faire usage; à
un autre est donné par l'Esprit le langage de la Sapience; à un autre, le langage de la Science selon
le même Esprit; à un autre la Foi dans le même Esprit; à un autre la grâce d'opérer les guérisons,
par le même Esprit; à un autre le don des miracles; à un autre le don de Prophétie; à un autre le
discernement des Esprits; à un autre le don de parler diverses langues; à un autre l'interprétation
des langues. Mais c'est le même Esprit qui opère toutes ces choses, en se divisant en chacun, selon
qu'il le veut. Et, S. Paul, 1, Cor. VII, 7:
Chacun reçoit de DIEU
son don particulier, celui-ci d'une manière,
celui-là d'une autre: que le nom de IEHOVAH
soit béni dans les siècles des siècles. Amen. J'ajoute: Cet ESPRIT
DE DIEU est triplement FAMILIER aux Sapients. 1° Divinement; immédiatement; par l'Influence, la Lumière
et le Mouvement; médiatement, Bibliquement et même associé à l'humaine chair; 2° Macro-
Cosmiquement dans la Nature; (qui est RUACH ELOHIM, Genès. I, OU l'Ame du Monde), Catholiquement,
c'est-à-dire par l'universelle vertu ou opération dans la Pierre des Philosophes; ou Particulièrement
dans chacune des Créatures tant Spirituelles que Corporelles et dans toutes les choses qui viennent
de celles-ci, par tout l'univers créé; 3° Micro-Cosmiquement, dans l'Homme, et même Somatiquement
c'est-à-dire corporellement ou immatériellement, dans le Corps et l'Esprit en raison de la quinte
Essence, simplement par l'
Anima ou
Mens, qui est une particule du Souffle Divin. Parcours soigneusement
tout cet Amphithéâtre (toi qui es sottement Philosophe) et tu trouveras ensuite ici plusieurs
éclaircissements sur ces sujets. Phy pour le diable avec sa familiarité très-pernicieuse et très-pestilentielle.
Encore Phy. En DIEU nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes (comme l'enseigne
S. Paul d'après Aratus (Arator?) Actes des Ap. XVII, 28) et de qui nous sommes la race; ne profanons
donc pas les Temples de DIEU que le CHRIST s'est lui-même consacrés par son sang; mais que
l'Esprit de DIEU habite en nous. I, Ep. aux Cor. III, 16.
CCXXIV. Et je l'ai préférée aux vers. 8. | CCXXIV. Je l'ai préférée aux sceptres (*1) |
| royaumes et aux trônes et j'ai méprisé | et aux royaumes, et je l'ai estimé pour |
| les richesses en comparaison d'elle. | rien les richesses auprès d'elle. |
Je l'ai préférée aux Royaumes, etc.] Voy. vers. XLV, CCLXVII, CCCXVIII et CCCXXVII. La SAPIENCE vraie
doit être préférée à bon droit à toutes les choses et les trafics mondains; puisqu'elle est la seule qui
découvre et explique les secrets de la nature; elle donne les trésors inépuisables, elle unit aux Anges
bienheureux, elle conjugue avec DIEU, elle rend vraiment heureux et béat. Elle donne TOUT, les Biens
aux bons, les maux aux mauvais (et ils en sont dignes).
| CCXXV. Je ne lui ai pas comparé vers. 9. | CCXXV. Je ne lui ai certes pas com- |
la pierre précieuse, parce que | paré la Pierre Précieuse parce que l'or |
| tout l'or, en comparaison d'Elle n'est | opposé à elle n'est qu'un peu de sable et |
| qu'un peu de sable, et l'argent sera es- | l'argent comparé avec elle est estimé de |
timé comme de la boue devant | la houe. |
| Elle. |
|
En pierre précieuse] On pourra non ineptement soupçonner que notre Sapient parle de la Pierre
des Philosophes à cause de la conjonction causale qui suit:
Parce que tout l'or, etc. En effet une des
vertus de cette Pierre, entre beaucoup d'autres, lorsqu'elle est rituellement appliquée, est de trans-
(*1) Combien il faut travailler pour obtenir la Sapience. Job. XXVIII, 18.
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90 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
muer les métaux inférieurs en supérieurs, c'est-à-dire en Argent et en Or.
Comme de la boue] Dans
toute la force du terme; en effet qu'est-ce que l'argent (toute erreur des hommes dissipée), sinon
un limon blanc, formé de terre et d'eau en excès, et l'or, un limon rouge formé d'eau et de terre en
excès, puis congelé et rendu fixe? Il est un sapient dicton du Sapient: Quiconque est admirateur de
l'or hait la disposition à la vertu et les arts honnêtes.
| CCXXVI. Je l'ai aimée plus que le vers. 10. | CCXXVI. Je l'ai aimée plus que la |
| salut et la beauté et je me suis proposé | santé et la pulchritude des formes, et |
de l'avoir pour LUMIERE, parce | j'ai souhaité extrêmement d'en jouir |
| que sa LUMIERE est inextinguible. | comme lumière parce que sa splendeur |
| | ne peut être supprimée. |
De l'avoir pour Lumière, etc.] Car elle est la Lumière luisant dans les ténèbres, qui vient dans le
Monde et que le Monde n'a pas connue. S. Jean, I. Il est Sapient avec le sapient, celui qui se propose
de l'avoir pour Lumière; c'est pourquoi Syrach dit au dernier chapitre de l'Ecclésiastique:
J'ai étendu mes mains en haut et sa sapience a lui dans mon âme et a illuminé mes ignorances. Je t'en
prie, ô Hhochmaél, SAPIENCE de DIEU, lumière et lampe de l'âme, par mes mains et mes pieds, sois
mienne, dans l'un et autre Oratoire (Micro et Macro-Cosmique) et dans le Lab-Oratoire. Daigne. ô
toi, lumière des nations, lumière des coeurs, illustrer mon coeur du rayon de ton illumination,
chasser les ténèbres des ignorances de mon esprit, disposer mes actions et mes labeurs, influer
en eux la bénédiction de l'heureux succès et me montrer et me communiquer la vérité en toutes
choses. Amen. Voy. vers. LXXVIII.
CCXXVII. (En effet) elle est faci- Sap VI. | CCXXVII. Elle est facilement perçue |
lement vue de ceux qui l'aiment, vers. 13. | de ceux qui l'aiment et trouvée par
|
et est trouvée par ceux qui | ceux qui la cherchent. |
| la cherchent. |
|
Facilement vue] O béatissime vision et même DEI-fique, de voir la SAPIENCE dans le Livre de la Sacro-
Sainte Ecriture; dans la Nature, et mentalement en soi-même! Quoi de plus heureux! Quoi de plus
bienheureux! Néanmoins ceci ne peut naître dans le coeur par les objets mondains; ce ne peut être
engendré seulement que par les Dieux. Voy. versets LII, CXCV, CCXVIII.
Qui l'aiment] Car DIEU attire
celui qui marche vers lui. Voy. versets CXLV, CLX.
Est trouvée] C'est pourquoi Salomon, Ecclés. VII, 25,
dit en gémissant: grande est sa profondeur, ou bien: profonde, profonde! (car c'est ainsi qu'on lit
en Hébreu) qui la trouvera? c'est comme s'il eût dit: O combien il est difficile de trouver la
SAPIENCE entre tant et de si nombreuses folies de ce monde immonde, séduisant et détournant de la
droite ligne de vie de la vérité. Il faut trouver la SAPIENCE, parce qu'elle descend plutôt Divinement
qu'elle n'est acquise humainement (c'est-à-dire par l'humaine prudence, par le raisonnement,
la fantaisie ou la spéculation). LE SEIGNEUR donne la SAPIENCE. Prov. II, 6, et Bienheureux ceux qui la
trouvent. Prov. III, 13. Elle ne sera donc trouvée que par un petit nombre. Par lesquels donc, je t'en
prie? Voici la sapiente réponse du Sapient.
Ceux qui la cherchent] Comment? en Orant par les jeûnes,
dans la Crainte de DIEU, en vivant Théo-Sophiquement et en Laborant sapientement selon les Lois
et la Doctrine de cet Amphithéâtre. Elle sera trouvée par ceux qui dès le matin veillent pour elle,
vers. CLX, et qui ne la tentent pas, vers. CCXVI. Car DIEU vend TOUTES CHOSES (comme il est dit en Proverbe)
contre les labeurs. Les Dieux (Elohim) aident les mains qui font Théo-Sophiquement violence,
vers. XCII, avec quelques-uns des suivants. Toutefois, ce n'est pas à cause de nos mérites et de notre
sainteté que brille sur nous la splendeur de la si vénérée Divinité et Lumière
(Numen et Lumen) mais
par un DON de DIEU miséricordieux. Consulte ici le dernier chapitre de Iésu Syrach que je te recommande
tout particulièrement.
CCXXVIII. Elle préoccupe vers. 14. | CCXXVIII. En devançant elle s'offre |
| ceux qui la désirent, de sorte qu'elle | à connaître à ses fidèles. |
| se montre à eux la première. |
|
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Elle préoccupe] Voyez l'explication de ceci, ci-dessus, vers. CXLIV.
CCXXIX. Celui qui, dès la vers 15. | CCXXIX. Celui qui, dès le matin, se |
| LUMIERE aura veillé pour elle, ne | lèvera pour elle ne travaillera pas; car |
| travaillera pas, car il la trouvera | il la trouvera assise à sa porte. |
assise à ses portes. |
|
Celui qui, dès la Lumière] Comme il est dit aux versets XCVI et CLXX; et ceci est annoté encore en
certains autres passages de ce Prologue.
Assise à ses portes, etc.] Auxquelles? à celles de tes Sens, de
ta Raison, de ton Intellect et de ton Ame. Car elle se donne médiatement et immédiatement à tous
ceux qui la choisissent et s'appliquent suivant la loi de cet Amphithéâtre, à l'entendre, la voir et
l'observer parlant et enseignant dans les Livres de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de soi-
même. Dieu veuille que tous les hommes sentent et comprennent la Sapience les assistant et se présentant
d'elle-même à eux! O combien cela serait excellent pour eux!
CCXXX. Donc, occuper d'Elle vers. 16. | CCXXX. Car la cogitation reçue |
| ses cogitations, c'est le sens consommé, | d'elle, c'est la perfection de la pru- |
| et qui veillera pour elle sera bientôt | dence, et qui veillera pour elle sera |
| en sécurité. | immédiatement en sécurité. |
Occuper d'Elle ses cogitations] Voy. versets XVIII et CXLII. De même que ceux qui veulent contracter
un mariage commencent par entretenir une conversation amicale, de même ceux qui recherchent
l'union conjugale de la Sapience Eternelle reçoivent d'elle de pieuses, saintes, très belles et très
aimables cogitations, et offrent aux yeux de leur âme une image très belle de la Sapience, telle que
le Sapientissime Roi l'a dépeinte dans les premiers chapitres des Proverbes, et au livre VII de la
Sapience. Ces cogitations, engendrées de la plénitude de la Sapience, sont le lien et l'accouplement
doués de la vertu magnétique céleste; elles sont les sources des allocutions et des soliloques de la
Divine Sapience; et la vraie Sapience est à un tel point caressante, familière et humaine que son
amateur ne reste jamais sans une suavissime réponse; mais elle répond par une voix interne,
occulte, intellectuelle et mentale; quelquefois même par un baiser de jocondité et par un mouvement
divinissime, comme l'atteste le Cant. des Cant. I, vers. 1:
Qu'il me baise du baiser de sa bouche,
car son fruit est doux à ma gorge.
CCXXXI. Parce que les dignes Vers. 17. | CCXXXI. Parce que les dignes d'Elle, |
| d'ELLE, Elle-même tourne, les cher- | Elle-même les cherche en tournant; et |
| chant, et dans les voies ELLE se mon- | dans les voies se montre bénévolement |
| tre à eux avec hilarité, et dans toutes | à eux-mêmes, et en toute cogitation |
| choses la Providence s'offre à eux. | s'offre à eux. |
Parce que les dignes d'elle, etc.] Voyez l'explication de ceci au verset CXLV.
| CCXXXII. Donc, son commencement vers. 18. | CCXXXII. Donc son commencement |
est le vrai désir de la DISCIPLINE. | est la vraie recherche de l'érudition; le |
| | souci de l'érudition, l'amour. |
Le vrai désir de la DISCIPLINE] Car celui qui aime la discipline, c'est-à-dire l'admonition, la correction,
la répréhension et la déhortation pour sortir de la voie mauvaise, de la voie vicieuse, celui-là
aime la science; mais celui qui hait les incrépations est insipient. Prov. XII, 1. Telle est aussi la DISCIPLINE
de DIEU dans la tribulation et la croix; elle nous envoie et permet Divinement celles-ci afin
qu'elles nous appellent à la pénitence, et que nous éprouvions en elles la consolation Divine par
laquelle nous sentons que nous sommes aimés, enseignés et défendus par IEHOVAH.
La vexation donne
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92 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
l'intellect dit Esaias, XXVIII, 19. D'où S. Paul:
La Tribulation produit la patience; la patience la probation,
c'est-à-dire l'agnition de la volonté de DIEU envers nous. Celui qui n'est pas tenté que sait-il,
disait avec raison la pieuse Antiquité. Sois banni de notre Oratoire et de notre Laboratoire, toi qui
repousses la castigation; je t'annonce que jamais tu ne deviendras Christiano-Kabbaliste, Physico-
Mage ou Physico-Chimiste; tu resteras un sophiste. En acceptant patiemment sa croix, on porte en
même temps celle du Christ; on le suivra lui-même en l'imitant; on s'ouvrira cette porte des vertus
et on entrera au REGNE PERPETUEL DE LA SAPIENCE; en fuyant la Discipline on se la fermera. On parviendra
aux splendeurs augustes par une voie et une porte étroites. Il importe que nous soyons
d'abord avec le CHRIST dans les Enfers avant d'ascendre avec lui dans le Ciel.
L'amour] Nulle conjonction
et copulation ne peut avoir lieu sans l'intervention de l'amour et du saint désir. Car ceux
qui sont imbus de l'amour mérétriciel, c'est-à-dire mondain et vain, sont indignes de la conjonction
de la Sapience Céleste. Crois-moi, ceux qui veulent les choses terrestres ne peuvent avoir les choses
célestes. Et quiconque aime est digne d'être aimé. Et vraiment ce saint amour de la Sapience est la
flammule de l'Esprit Saint, allumée par les prières assidues. Celle-ci brillant en nos coeurs ouvre la
voie qui mène à la Sapience Céleste. Car aimer la Sapience, c'est réellement l'acquérir. La Sapience
Divine est tellement fidèle dans l'amour, qu'elle ne peut donner son saint amour à l'amant qui ne
l'aime pas en retour et qui ne satisfait pas le saint désir de son amour.
CCXXXIII. Donc le soin de la vers. 19. | CCXXXIII. L'amour, l'observation de |
| DISCIPLINE est la dilection; et la dilection | ses lois; et l'observation des lois est la |
| est la garde de ses LOIS; la garde de ses | conservation de l'immortalité. |
| lois est la consommation de l'incor- |
|
| ruption. |
|
Donc le soin de la DISCIPLINE] Ici apparaît, qui, quelles, et quand sont les fructuosissimes utilités de
la CRAINTE DE DIEU.
CCXXXIV. Et l'incorruption vers. 20. | CCXXXIV. Ensuite l'immortalité fait |
| fait l'homme proche de DIEU. | que nous accédons proche de DIEU. |
L'Incorruption fait que, etc.] L'Homme, régénéré par la rejection du Binaire (vers. CXVIII, devient
proche et ami de DIEU qui est l'ENTITE éternelle et immortelle, et lui est conjoint et uni; tant dans
cette vie que dans la vie future.
Car bienheureux les purs de coeur: parce qu'ils verront DIEU. S. Matth.
V, 8.
| CCXXXV. Ainsi le DESIR DE LA SAPIENCE vers. 21. | CCXXXV. La recherche de la Sapience |
conduit au ROYAUME ETERNEL. | conduit donc au Royaume. |
Au ROYAUME ETERNEL] C'est-à-dire de DIEU. Si vous cherchez par dessus tout ce Royaume (dont le
commencement est dans cette vie et le complément dans la vie future) et sa Justice, TOUS les autres
dons, c'est-à-dire les trésors immenses et les fruits infinis de la SAPIENCE se donneront à vous. Ce
Règne est le Sabbat des Sabbats, la Jubilation ultime (suivant la Doctrine des Kabbalistes, résumée
par nous dans la seconde figure de cet Amphithéâtre) et la Terre des vivants, c'est-à-dire l'immortalité
qui est la vie éternelle où nous éprouverons des joies très douces et très suaves en voyant la
gloire de DIEU face à face, ou en jouissant de DIEU lui-même, de l'éternité dans l'éternité. SOMMAIRE:
Cherche d'abord Catholiquement le Catholicon Tri-un (comme l'enseigne notre Amphithéâtre)
qui est de posséder l'Agnition de DIEU, de te connaître Toi-même et principalement dans la Nature
et l'Art excellent, c'est-à-dire, j'ose l'affirmer, la Pierre Philosophale; alors donc, si tu Ores chrétiennement
et si tu Labores sapientement (diversement suivant les diverses circonstances) TOUTES CHOSES,
spéciales ou particulières, en toutes choses possibles (s'il plaît à DIEU, vers. 1) te seront accordées.
Reçois le Royaume de beauté et le Diadème de splendeur de la main du Seigneur, parce que sa
droite te couvrira et son bras saint (ψ) te défendra. Sap. V, 17.
Tu habiteras dans l'aide du Très-Haut
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DU GRADE CINQUIEME
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et tu permaneras dans la protection de DIEU. Psaum. XCI, 1, tu seras protégé par la main de DIEU et
tu verras les merveilles de DIEU. Sap. XIX, 8. En tout temps et en tout lieu, DIEU t'ASSISTERA. Ibid.
vers. 20.
CCXXXVI. Entrant (ainsi) dans Sap. VIII, | CCXXXVI. Entré dans ma maison je |
| ma maison, je dormirai avec Elle. Sa vers. 16. | dormirai avec Elle et sa fréquentation
|
| conversation n'a pas d'amertume et son | n'a nulle acerbité et son intimité nul |
intimité aucun ennui, mais de | ennui, mais de la joie et du plaisir |
la joie et du plaisir (vers. 18) Je | (vers. 18). Je la cherchais en tournant |
| tournais, la cherchant afin de me | afin de l'attirer auprès de moi. |
| L'assumer à moi. |
|
Entrant dans ma maison, etc.] Comme Daniel entra dans sa maison, Daniel, II, 17 et VI, 10. Il faut
noter que: Toutes les assistances de la SAPIENCE sont ou publiques ou privées; il s'agissait autrefois
des publiques: maintenant des privées; en indiquant la délectation privée qui élit domicile avec la
SAPIENCE en exerçant Théo-Sophiquement ses méditations et soliloques dans la maison de l'Oratoire,
tant externe ou visible, (qui est le Sanctuaire Monastique, appelé ainsi à cause de la Monade ou
Unité), qu'interne et invisible qui est celui du coeur pénitentiellement purifié et de l'âme Divinement
illuminée, vers. CCXXIII. En entrant aussi dans la maison du Laboratoire Physico-Chimique. Nous
sommes avertis ici comment notre Ame, loin de la contagion secrète des choses terrestres, adhère
profondément à DIEU par les secrètes contemplations; de sorte que dans l'intérieur même de son
lit, en jouissant Christiano-Kabbalistiquement, Divino-Magiquement et Physico-Chimiquement des
délices supercélestes Macro et Micro-Cosmiques, elle peut clamer (en ovation) de bouche et de coeur
avec Esaias XXIV, 16: Mon secret est à moi, mon secret est à moi.
De la joie et du plaisir] La joie
interne, la joie arcane, la joie connue de ceux-là seuls qu'elle atteint, et qui, enfin, ne s'évanouit pas
et ne s'efface pas avec les joies du Monde, mais s'accumule dans la joie éternelle.
Je tournais la cherchant,
etc.] Où cela? Dans la LOI DU SEIGNEUR, dans le Livre de la Nature et dans Moi-même. Et comment,
je te le demande?
En l'aimant, versets XVIII, CXLII et CXLVI. En craignant DIEU, vers. CCX; en veillant
à ses portes et en observant aux portes de sa ville, vers XLVIII. En ayant foi en elle, vers CCXVI, en la
désirant ardemment, vers CCLX, en veillant pour elle dès la Lumière, vers. CCXXIX. En la choisissant,
en l'invoquant, vers. CCXXIII et CCLI. En me proposant de l'avoir pour lumière, vers. CCXXIX et de me
l'attirer pour la vie commune, vers. CCCVII. De même, de même pour Nous qui accomplissons tout ceci
suivant les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre, la SAPIENCE vraie se montrera aussi. Cherchons-
la donc maintenant Théosophiquement; elle préoccupera ceux qui la désirent, vers. CXLIV.
CCXXXVII. Ne parle pas Eccl. V, | CCXXXVII. Ne te hâte pas par ta (*1) |
| témérairement, et que ton coeur ne vers. 3. | bouche, et que ton coeur ne se presse
|
| soit pas rapide à proférer des Discours | de proférer des paroles devant |
| devant DIEU: parce que DIEU est dans le | DIEU; parce que DIEU est dans le Ciel, |
| Ciel et toi sur la Terre; c'est pourquoi, | et toi sur la Terre; c'est pourquoi que |
| que soient rares tes discours. | soient rares tes paroles. |
Ne parle pas témérairement.] Le scrutateur des coeurs aime l'allocution du coeur intime, pur et sincère,
suivant le Psaum. XIX, 15. Et les Paroles de ma bouche seront telles qu'elles te complaisent, et
la méditation de mon coeur sera toujours devant ta face, ô Seigneur mon adjuteur et mon rédempteur.
Ton discours se formera donc de ce que tu diras à DIEU dans le fond de ton coeur et non des lèvres;
et il est mieux à propos que tu converses avec DIEU par de soupirs projetés de l'intimité de ton
coeur, que par des paroles téméraires. Car les soupirs des hommes pieux procèdent du Saint-Esprit
quand il gémit en nous; les paroles, le plus souvent viennent de l'humaine fantaisie, et grande est
la différence entre les paroles de l'Esprit et les paroles de la bouche.
(*1) Ne rien prononcer témérairement auprès de DIEU.
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94 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
| (*1) CCXXXVIII. (Et) si tu as voué quel- vers. 3. | CCXXXVIII. Lorsque tu auras voué |
| que chose à DIEU, ne temporise pas | un voeu à DIEU, ne tarde pas à le lui |
| pour le rendre, car la promesse infi- | rendre parce que DIEU ne place pas son |
| dèle et folle lui déplaît; mais ce que | bienfait dans les fous; donc, ce que tu |
| tu auras voué, rends-le. | as voué, rends-le. |
Si tu as voué quelque chose à DIEU, etc.] Le Sapient parle d'un usage de l'Ancien Testament. Car les
hommes pieux avaient établi l'usage de promettre à DIEU des Sacrifices eucharistiques, dans les
grandes difficultés. Comme Hanna, I, Samuel, I, vers. 11, lorsqu'il demandait un fils à DIEU, voua et
promit qu'il le consacrerait lui-même au Seigneur; comme aussi Iephthé, Juges, XI. 30. Vouez et
rendez à votre Seigneur DIEU, dit le Psalmographe, Ps. LXXVI, 12 (vulg. LXXV). Et une fois que quelque
chose est sorti de tes lèvres, tu l'observeras. Deuter. XXIII, vers. 23. De semblables voeux proviennent
du souverain amour de DIEU de son très saint désir et de la sincère gratitude de l'âme; aussi ils
doivent être rendus à DIEU sans délai. Ainsi le Patriarche Jacob ayant vu en songe l'échelle céleste
voua à DIEU, lorsqu'il fut réveillé, de construire en ce lieu même une maison de DIEU, c'est-à-dire de
propager lui-même l'agnition et le vrai culte de DIEU et la doctrine du Messiah, Genès. XXVIII, 20.
Nous avons voué à DIEU, dans le Nouveau Testament, le voeu de l'obédience filiale dans le Baptême,
et nous rendons ce voeu à DIEU par la sainteté et la justice, la foi, la pénitence et l'humilité. Nous
définirons donc ainsi le voeu du Nouveau Testament: Le voeu est l'obligation de rendre les honneurs
marqués dans la première table de la loi, et qui sont: la crainte de DIEU, la foi, la dilection, la patience,
l'invocation, l'action de grâces, la confession et la prédication du Nom Divin. Ces voeux doivent être
ponctuellement rendus à DIEU par tous les Chrétiens. Mais il est des voeux spéciaux, puisque nous
sommes obligés, outre la libéralité accoutumée envers le prochain, à un certain bienfait particulier
et singulier par lequel l'honneur de DIEU et le salut des Hommes soient amplifiés; et ceci, sans
nulle hypocrisie, ni témérairement, mais par une intime et sincère gratitude de l'âme, à cette fin que
le bienfait reçu de DIEU que nous obtenons par des prières rejaillisse aussi sur le prochain.
| CCXXXIX. Bien meilleur est de ne vers. 4. | CCXXIX. Mieux est que tu ne voues |
rien VOUER que de ne point ren- | pas, plutôt que tu voues et que tu ne |
| dre après le VOEU, les choses promises. | rendes pas. |
De ne point rendre les choses promises] Dans quelle disposition les voeux doivent être faits, cela a été
dit dans le verset précédent. J'ajouterai maintenant ceci: si tu voues quelque chose à DIEU, soit dans
le culte de la première table comme au Ps. XXII, 23: Je narrerai ton nom à mes frères; item. Ps. LI,
15: J'enseignerai tes voies iniques; soit dans les oeuvres de Miséricorde de la seconde Table, ce que
tu dois vouer et rendre est comme le témoignage de ta gratitude envers DIEU, et le sceau de ton
oraison par quoi tu engages ta foi et ta gratitude envers DIEU. Car si tu violes ta foi et ne la tiens pas,
certainement tu détermineras DIEU à retirer de toi son Bienfait et sa libéralité et à te demander compte
de ses biens.
(*2) CCXL. Les victimes des im- Prov. XV, | CCXL. Le sacrifice des impies est |
| pies sont abominables au SEIGNEUR; vers. 8. | l'abomination de IEHOVAH, mais l'ORAI-
|
| les VOEUX des justes lui sont placables. | SON des droits est ce qui lui plaît. |
Les victimes des impies sont abominables] Il faut remarquer cette différence des vrais et des faux cultes.
Les hypocrites offrent à DIEU les seules pratiques externes de son culte, l'audition de la parole, la célébration
des fêtes, l'usage des sacrements, les prières prolixes, les superbes et précieuses aumônes,
sans nulle foi et intégrité de la bonne conscience. Donc toutes les oeuvres de ceux-ci sont abominables
aux yeux de DIEU; parce qu'elles proviennent d'un coeur pervers et non purifié. Mais les adorateurs
du vrai DIEU qui accomplissent ses oeuvres avec une foi sincère plaisent tellement à DIEU en tout et
dans les plus petites oeuvres, que le courant des eaux fraîches produit par la charité et qu'ils sont
admis à puiser, prend sa source de DIEU, dans ses trésors inépuisables et provient du sanctuaire même
de DIEU.
(*1) LE VOEU. Deuteron, XXIII, vers. 21.
(*2) Ecclés. XXXIV, vers. 23.
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DU GRADE CINQUIEME
95------------------------------------------------------------------------------------------------
CCXLI. L'Erudit dans le VERBE Prov. XVI, | CCXLI. Celui qui comprend la chose |
| trouvera les Choses Bonnes, et qui vers. 20. | trouvera le bien, et le confiant en
|
| ESPERE en le SEIGNEUR est bienheureux. | IEHOVAH est bienheureux. Prov. XXVIII, |
Prov. XXVIII, vers. 25. Qui | vers. 25. Qui a foi à IEHOVAH serez en- |
| ESPERE dans le SEIGNEUR sera guéri. | graissé. |
L'Erudit dans le VERBE] C'est-à dire la Doctrine de la Sapience, et comment elle doit être recherchée
par la crainte de DIEU, comment elle doit être acquise par les prières assidues, comment on doit s'unir
et copuler avec elle par l'Amour et le désir. O glorieuse doctrine, et verbe Saint, plein de béatitude,
plein de graisse, et gras de tous les biens temporels et éternels!
Qui espère dans le Seigneur] Le fruit
de cette espérance est la félicité perpétuelle. Psaum. CXLVI, 5. Bienheureux celui de qui le DIEU de
Jacob est l'aide, et dont l'espérance est dans le Seigneur DIEU lui-même; et qui le sert avec foi dans
l'éternité. Très fou et très malheureux est celui qui s'enorgueillit de sa confiance dans sa propre
sapience, son industrie, ses talents et ses oeuvres; car l'Esprit de Sapience s'éloignant des choses
mortelles, elles entraînent dans la mort et deviennent des poisons et des fléaux pour ceux qui les
possèdent.
| CCXLII. Ceux qui se CONFIENT en lui Sap. III, | CCXLII. Ceux qui placent leur foi |
| comprendront la VERITE, et les vers. 9. | en lui, comprennent la vérité; et les
|
| fidèles dans la dilection se reposent en | fidèles en charité permanent en lui; |
| Lui, parce que le don et la paix est | parce qu'il a grâce et miséricorde en- |
| pour ses élus. | vers ses saints et qu'il prend soin de ses |
| | élus. |
Comprendrons la VERITE] Ainsi nous dit la SAPIENCE incarnée, S. Jean, VIII, vers. 31: Si vous demeurez
dans ma parole, vous êtes vraiment mes Disciples et vous connaîtrez la vérité. La vérité, dis-je, TOUTE,
dans les choses Théo-Sophiques, Juridiques, Physiques, Physico-Médicales, Physico-Chimiques,
Physico-Magiques, Hyperphysico-Magiques et Christiano-Kabbalistiques, en et par la Sacro-Sainte
Ecriture, le Livre de la Nature et Toi-Même, Divinement oint de l'huile de l'Esprit de SAPIENCE; en
Orant et Laborant. Prie donc le SEIGNEUR, afin que les gouttes de l'ESPRIT DE LA SOPHIA super-Céleste
tombent en pluie et soient distillées par le SEIGNEUR même dans le réceptacle de ton Ame, pénitentiellement
lavée et mondifiée; et qu'en étant enivré et abreuvé (Toi qui es follement infatué de ta prudence)
tu suives sapientement tout ce qu'elle te suggérera ELLE-MEME; afin que, l'assistant, tu permanes dans
la vérité et que la vérité permane en toi. Car, sans la direction de l'éternelle vérité, tu ne goûteras
jamais la vérité des choses Humaines et Divines ni ne seras sapient.
CCXLIII. Loin des impies est Prov. XV, | CCXLIII. Car IEHOVAH est loin des |
| le SEIGNEUR; et il exaucera les ORAISONS vers. 29. | impies; mais il exauce l'oraison des
|
| des justes. | justes. |
Loin des impies est le SEIGNEUR] C'est la souveraine misère de ne pas jouir de la présence de DIEU et la
souveraine béatitude d'avoir DIEU présent et propice. Les impies sont frustrés dans l'exaudition de
leurs prières et rien n'est plus misérable et malheureux. De même que la perdition et la disgrâce des
sujets est extrême, quand ils sont repoussés de la face du Roi, malgré leurs supplications, de même
c'est la perte extrême que de n'être pas écouté de DIEU. Et le contraire est la souveraine consolation
que notre Sapient chante ici avec le Psaume CLV, 18: Proche est le SEIGNEUR de tous ceux qui l'invoquent;
de tous ceux qui l'invoquent dans la vérité. Il fait la volonté de ceux qui le craignent, et
écoute leur déprécation et les rend saufs.
CCXLIV. Qui décline ses Prov. XXVIII, | CCXLIV. Qui détourne son oreille
|
| oreilles pour ne pas entendre la LOI, vers. 9. | afin de ne pas entendre la loi, son
|
son ORAISON sera exécrable. | oraison même sera SON abomination. |
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96 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
Qui décline ses oreilles] Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ce que l'Esprit de VERITE
dit aux fils des hommes;
qu'il décline du mal et fasse le bien: qu'il craigne DIEU et accomplisse la justice;
et qu'il obtempère bénévolement à celui qui le reprend; autrement il n'obtiendra ni n'accomplira
rien de bon, soit dans l'ORATOIRE, soit dans le LABORATOIRE. Car, celui qui aura décliné ses oreilles
de peur d'entendre la SAPIENCE, parlant, enseignant et admonestant dans la SACRO-SAINTE ECRITURE, le
Livre de la NATURE et SOI-MEME.
Son ORAISON
sera exécrable] L'Oraison qui est acceptée de DIEU doit être
un sacrifice projeté du coeur pénitent, contrit et humble; autrement elle est abominable à DIEU. Car si
l'arbre déplaît comment le fruit pourra-t-il plaire? Et de plus, la vie immaculée est toute une oraison
auprès de DIEU, un sacrifice agréable, un culte très agréable à DIEU. C'est par l'oeuvre, non avec les
paroles que tu dois parler devant DIEU; s'il en est autrement notre oraison sera dans le péché.
Psaume CIX, 7.
| CCXLV. Celui qui cache ses scéléra- vers. 13. | CCXLV. Celui qui couvre ses ini- |
| tesses ne réussira point; mais celui | quités ne sera jamais heureux; mais |
qui les aura confessées et s'en | celui qui les confesse et les abandonne |
| retire, obtiendra MISERICORDE. | obtiendra MISERICORDE. |
Et s'en retire] Il est entièrement nécessaire dans la conversion et l'investigation de la vraie Sapience,
de se délivrer des fautes contre la conscience, de purifier le coeur, l'âme, l'esprit, le corps, et
qu'il devienne ainsi le vase de la Miséricorde et de la Grâce de DIEU, l'habitacle de l'Esprit-Saint,
l'Organe salutaire de DIEU. LAVEZ-VOUS, soyez purs; que tous les profanes soient loin d'ici, que rien
de ce qui est pollué n'entre; que rien de contaminé ne s'approche de la montagne de DIEU; sanctifiez-
vous; demain vous verrez la gloire du Seigneur. Ainsi Esaias commence, non sans raison, sa prophétie,
chap. I, 16, par ces paroles: Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la malice de
vos cogitations, cessez d'agir perversement et apprenez à bien faire; alors enfin, venez à moi; quand
vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige et la laine.
Que tout notre
être τὸ ὁλὸκληρον ὑμω̑ν) dit l'Apôtre,
votre corps (σω̑μα),
votre âme (ψυχὴ)
et votre esprit (πνεὖμα)
soient
saints. I, Ep. Thessal. V, 23, et de nouveau, Ep. aux Rom. XII, 1:
Je vous obsècre, par la miséricorde de
DIEU,
que vous exhibiez votre corps, hostie vivante, agréable à DIEU, etc.
CCXLVI. Par la miséricorde Prov. XII, | CCXLVI. Par la miséricorde et la |
| et la vérité, est rachetée l'iniquité; vers. 6. | vérité, est rachetée l'iniquité, et dans
|
| et dans la CRAINTE DU SEIGNEUR on s'éloi- | la crainte de IEHOVAH on s'écarte du |
| gne du mal. | mal. |
Par la miséricorde et la vérité] La miséricorde signifie autant la miséricorde de DIEU envers nous,
que notre Charité envers le prochain. Et c'est ici cet esprit de vérité, ayant rectement le sentiment de
DIEU, attribuant à lui seul la louange de la vérité, qui selon les promesses qu'il nous a faites, pardonne,
se présente, porte secours et communique les secrets à ceux qui l'invoquent, en esprit et vérité,
révèle les mystères, comble de Biens et de Dons innombrables et infinis. Salomon apprend à
décliner du mal, à ceux qui craignent DIEU (d'une crainte filiale qui est l'ipsissime amour, vers. CCX),
qui le croient et croient en lui, qui aiment le prochain de tout coeur. Sois donc miséricordieux et sincère
envers le prochain, afin que tu sois comblé par DIEU, de la Miséricorde et de la Vérité Divine.
| CCXLVII. Ceux-là errent (donc), Prov. XIV, | CCXLVII. N'errent-ils pas, ceux qui |
qui accomplissent le mal; mais vers. 22. | pensent le mal? Mais la miséricorde et
|
| la MISERICORDE et la VERITE préparent | la vérité à ceux qui pensent le bien. |
| les biens. |
|
Qui accomplissent le mal] Le fruit ne peut pas être plus excellent que sa semence; tout ce que sèmera
l'homme, il le récoltera de même. Archelaüs, Roi de Macédoine, parce qu'il avait tué trois héritiers
légitimes et envahi le royaume, fut enfin tué par un adolescent qui lui perça le foie de son glaive; c'est
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DU GRADE CINQUIEME
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pourquoi on fit ce vers sur lui: « En frappant les autres il s'est atteint lui-même au foie ». La
miséricorde et la vérité sont deux pédissèques et compagnes fidèles pour tous ceux qui honorent la
pitié et la Crainte de DIEU.
CCXLVIII. Celui (donc) qui suit Prov. XXI, | CCXLVIII. Celui qui recherche la |
| la JUSTICE et la MISERICORDE, trouvera vers. 21. | justice et la miséricorde, trouvera vie,
|
| vie, justice et gloire. | justice et gloire. |
Celui qui suit la justice, etc.] Qui sème la justice récoltera les fruits de justice qui sont: la gloire,
l'honneur, la félicité, la joie de la bonne conscience et la vie; mais de l'injustice et de l'impiété rien
ne peut naître, que l'ignominie, l'infélicité, l'affliction de la Conscience et la fétide mort. C'est aussi
ce qu'a écrit le Comique Païen dans ce fragment: La Vertu est la plus belle des richesses; la Vertu
surpasse toutes choses; la Vertu contient réellement tous les biens en elle.
CCXLIX. J'étais un enfant in- Sap. VIII, | CCXLIX. J'étais un enfant doué d'un |
| génieux, et j'avais reçu du sort une vers. 19. | naturel excellent, ayant reçu du sort
|
| bonne âme. | une bonne âme. |
Ingénieux] Né avec un bon naturel ou non doué d'une nature mauvaise, et appelé par la vocation
interne de la SAPIENCE; ευφυἰα (que nous lisons ici) signifie la naturelle bonté du génie et de l'âme,
ce que les Latins ont coutume d'appeler:
indoles. Car Mercure ne se confectionne pas d'un bois quelconque,
c'est-à-dire le savoir ne s'acquiert pas par tous indifféremment, mais par celui qui y est né
apte et idoine. Que celui qui est ainsi Divinement appelé, suive obédientissimement, je le conseille,
ce à quoi la Providence l'entraîne, de peur qu'en répugnant à l'ordination Divine, il n'excite contre
lui la fureur du SEIGNEUR, Voy. versets XCVI et CLXX.
| CCL. Et comme je devenais meil- vers. 20. | CCL. Puisque vraiment je devenais |
leur, je vins vers un corps non | bon, j'entrai dans un corps impollué. |
| souillé. |
|
Je vins vers un corps non souillé] Je me suis appliqué à la pureté du Corps, de l'Esprit et de l'Ame qui
nous rend très familiers avec les Anges et capables de recevoir l'Esprit-Saint. Car il n'est pas de vice
auquel soit aussi directement opposé cet Esprit
Hhochmaél, amateur de pureté, que l'impudicité; jamais
il ne se repose et ne se délecte autant que dans les âmes virginales purifiées par la lotion Théo-
Sophique. Car c'est l'Esprit DE SAPIENCE IPSEIQUE, incontaminé, vers. CXXXIV. Voy. versets CLVIII et
CCXVIII. Vêtus dès le matin nous nous lavons la face afin que rien de sordide ne s'y trouve, combien
plus grand doit être le soin de laver notre âme afin que nous l'offrions aimable et belle au SEIGNEUR.
| CCLI. Et comme je savais que je ne vers. 21. | CCLI. Puisque je comprenais (*1) |
| pourrais autrement être continent à | que je ne pouvais autrement |
| moins que DIEU ne me donne cela, et | que par lui être en puissance de moi- |
| c'était déjà de la Sapience de sa- | même, à moins que ceci ne me fut (*2) |
voir que ce don était de lui, je | donné de DIEU, et c'était déjà de la |
m'adressai au SEIGNEUR, et lui | Prudence, de comprendre que ce bien- |
fis ma déprécation et lui dis | fait venait de lui, je m'adressai au |
| du plus profond de mon coeur. | SEIGNEUR, lui fis mon oraison, et lui |
| | dis de tout mon coeur: |
Que je ne pouvais autrement que par lui] Parce que je ne pouvais autrement jouir de la SAPIENCE,
(*1) C'est de la Sapience, de savoir de qui la SAPIENCE est le don.
(*2) Donc la Sapience vraie est appelée d'en haut par les prières et les
voeux assidus.
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98 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
parce que je ne pouvais l'atteindre, l'acquérir ni la posséder par aucun autre mode, moyen ou voie
(quel que soit son nom). Ce n'est pas dans les livres de ceux qui philosophent Païennement, ni dans
les conjuratoires des Nigromanciens, ni par le diabolique esprit familier, ni humainement par l'acuité
du génie, par la raison orgueilleuse ou par tout autre mode humain, enflé de la Sapience mondaine
insipiente; mais auprès du DIEU unique, LE MEILLEUR, LE PLUS GRAND, qui seul, Théo-Sophiquement
(comme l'enseigne tout cet Amphithéâtre), quand et à qui il veut, donne la SAPIENCE, et de qui vient
tout don parfait, Ep. de S. Jacques, I, vers. 17. Notez ceci, vous qui cherchez sinistrement la Pierre
des Philosophes, LE MOUVEMENT PERPETUEL et les autres trésors de la SAPIENCE vraie; et (tant de fois
avertis) amendez-vous enfin. Fraternellement, je me rends utile aux fils de la Doctrine par ce mien
Amphithéâtre; qu'en retour ma mémoire soit toujours en bénédiction parmi eux.
C'était déjà de LA
SAPIENCE
de savoir, etc.] C'est vraiment de la SAPIENCE de savoir où il faut chercher la SAPIENCE, auprès
de qui, par quels auxiliaires, pourquoi, par quelle méthode ou voie; ce qui, enfin (avec la direction
de DIEU) a été Théo-Sophiquement et suffisamment démontré par nous (loin de nous la pensée de
nous en glorifier) dans notre Amphithéâtre (que se crèvent les entrailles des Momus). Que soit béni dans
les siècles des siècles le nom de IEHOVAH, qui, après de longues, innombrables, laborieuses et somptueuses
ambages des vanités et des ennuis (vers. CLXXXVII), loin des ténèbres des faussetés et des
erreurs, m'a conduit enfin peu à peu dans le refuge de la cognition de DIEU, de la Nature et de Moi-
même, par la norme de vérité de la Sacro-Sainte Ecriture, du Livre de la Nature et du témoignage de
la propre et droite conscience, selon le Corps, l'Esprit et l'Ame; dans l'Oratoire, en Orant Théo-Sophiquement;
dans le Laboratoire, en Laborant Sapientement, Divinement, Macro et Micro-Cosmiquement.
Halleluiah, Halleluiah, Halleluiah! Phy Diabolo, et pour ses desquamations. Le monde
immonde ne fait rien de sapient. Ne retire pas ton Esprit-Saint de moi, ô SEIGNEUR; rends-moi la joie
salutaire à toi-même, et confirme-moi par l'Esprit Principal, Kabbalistiquement, Magiquement et
Physico-Chimiquement, afin que je voie toujours la lumière de vérité dans ta lumière. Psaum. LI, 13.
Je m'adressai au SEIGNEUR] Non aux hommes; non aux écoles des Pseudophilosophants ni aux Esprits
malins, quand bien même ils se transformeraient eux-mêmes autant qu'ils le voudraient, en Anges
de lumière; non au diable lui-même,
Astaroth, Bérith, Floron, (phy)
Méphostophilos, Barro, Rémissès,
non aux soeurs hideuses et infâmes de l'infecte fétidité, aux bêtes pestilentissimes, toutes de la même
farine et très vicieuses et méchantes, non (simplement, et
per se) à aucune Créature, qu'elle soit corporelle
ou spirituelle; mais à cette seule et unique ENTITE SPIRITUELLE, A L'ETERNEL SAPIENTISSIME, OPTIME,
POTENTISSIME, INFINI, IEHOVAH ELOHIM ZEBAOTH, Créateur des Esprits, du Ciel, de la Terre, de la Mer, de
TOUTES CHOSES, de tout ce que contient en lui l'Univers créé. C'est à cet unique et seul ESPRIT, qui FUT
dès le commencement du Monde, qui, maintenant et toujours, EST et SERA, qu'il appartient de donner
LA SAPIENCE, et à nul autre, sauf le cas d'une administration déléguée par le PREMIER. Car l'IPSEIQUE ne
donne pas sa gloire à d'autres, Esaias, XLII, 8, parce qu'il est le Fort, le Jaloux et ne peut souffrir de
pair.
Et lui fis ma déprécation] L'amateur studiosissime de la Théosophie s'accorde avec le SEIGNEUR; il
s'approche, dis-je, de DIEU, l'Altissime, Omnipotent Créateur de tout l'Univers, seul et unique et non
autre. Et comment, diras-tu, par quelle méthode, par quelle voie? En orant, non nigromantiquement,
c'est-à-dire en consacrant diaboliquement et superstitieusement, en exorcisant ou en conjurant,
comme font les pseudokabbalistes. L'oraison en Esprit et Vérité suffira seule. Qu'elle s'en aille au malheur,
avec son maître et ses disciples, toute l'école pestilentissime, la Nigromancie, dont, par la quatrième
figure de cet Amphithéâtre qu'il faut soigneusement contempler, j'ai proposé l'abolition extirpatoire
Christiano-Kabbalistique et la réformation et l'instauration duratoire de la Vraie Magie, qui
est misérablement déformée par elle. NOTE: Le studieux de la vraie SAPIENCE choisit, cite et appelle
vraiment l'ESPRIT d'assistance et familier; mais qui et quel est-il? Réellement non autre que Hhochmahél,
c'est-à-dire celui de la SAPIENCE DE DIEU, de IEHOVAH lui même, vers. CCXXIII. Toi, mon fils, fais de même
et tu seras sapient, voy. versets XXVIII et CVI.
Et lui dis du plus profond de mon coeur] Non superficiellement,
non légèrement ou négligemment (de bouche seulement, tandis que le coeur est bien éloigné, comme
a coutume de parler à tort et à travers le monde immonde), mais vraiment en Esprit et Vérité (réformé
tout entier, c'est-à-dire de Corps, d'Esprit et d'Ame, à l'exemple de l'Archétype, et le représentant par
la parole et les actes de la vie) de tout coeur, par l'âme élevée et sublimée en DIEU, ne pensant à rien sinon
à DIEU et à sa SAPIENCE. Observe, en Orant Théosophiquement ce mode et ce rite usité par notre Sapient
et par ses semblables (comme on pourrait le prouver par les Saintes Ecritures) dans les grandes et difficiles
circonstances, et par lequel la pieuse antiquité, en JESUS-CHRIST qui devait être crucifié et non crucifié
en vain, s'approchait de IEHOVAH pour converser avec lui; il se fera connaître à toi si tu considères
attentivement les dessins et les inscriptions des figures première, seconde et quatrième de cet Amphithéâtre.
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DU GRADE CINQUIEME
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Il sera besoin ici de la CLEF secrétissime. Je te conseillerai pourtant de contempler par l'Esprit
Théosophiquement purgé ce qui est dit aux chap. XIX et XX, liv. III du
de Verbo Mirifico du doctissime
Capnion; tu ne t'en repentiras point. L'homme pieux et docte n'a pas voulu (à cause des
légèretés des dérisoires et des fous) semer au vent les arcanes voilés et les symboles secrétissimes,
mais plutôt les susurrer à l'oreille, aux fils de la Doctrine. Il est certainement des images, des signes,
des notes et des symboles esquissés des choses supérieures par lesquels nous sommes portés à connaître
les substances, les vertus et les opérations d'en haut, Célestes et Spirituelles par un certain
sentier d'abstraction ou voie d'assimilation, ou par toute autre raison ou modes possibles à nous,
revêtus de chair. Que ces paroles suffisent au Sapient.
| CCLII. DIEU de mes Pères et Sap. IX, | CCLII. DIEU des Pères et SEIGNEUR (*1) |
SEIGNEUR de Miséricorde, qui as vers. 1. | de Miséricorde, qui as créé toutes choses
|
| fait TOUTES CHOSES par ton VERBE, | par ton verbe, |
SEIGNEUR
de miséricorde] La Miséricorde étant exercée, implore le DIEU de Miséricorde; la Justice,
implore le DIEU Juste; la Puissance, l'Omnipotent. Vous donc, en qui est sa sollicitude, son soin, et qui
êtes avides des merveilles qu'elle doit accomplir, considérez soigneusement des yeux et de l'âme, les
NOMS DIVINS annotés par moi en la figure première de cet Amphithéâtre (plusieurs peuvent être recueillis
dans les Saintes Ecritures) et choisissez parmi cette assemblée, cette armée et presque cette légion de
Noms Sacrés, celui dont il convient le plus de faire pieusement usage suivant la nature particulière
des opérations auxquelles vous consacrez votre temps, car tout le choeur immense des Etres célestes
peut suivre Théo-Sophiquement ces symboles de la Divinité. Parce que, suivant le vers d'Homère,
aucun des Dieux secondaires n'ose rester en repos aux séjours célestes quand IOVIS est en mouvement.
Les Noms Divins, quoiqu'ils soient Hébraïques, et pour cela peu connus de quelques-uns sont cependant
très utiles, crois-le, pour ceux qui, avec une foi simple et sincère et une pure disposition, les
écoutent ou les entendent; il faut aussi, par eux, inviter les Anges qui sont favorables et ont le discernement,
à accomplir l'oeuvre. Voy. vers. CCXXIV. Plusieurs choses touchant ceci (avec permission
de DIEU) seront exposées en leur temps.
| CCLIII. Et qui as constitué l'homme vers. 2. | CCLIII. Et qui as fait l'homme par |
par ta SAPIENCE afin qu'il domi- | ta Sapience afin qu'il dominât sur les |
| nât la créature qui, par toi a été faite, | choses par toi créées, |
Afin qu'il dominât les créatures] Et même les Eléments, comme ont parlé droitement et physiquement
les Philosophes chimiques. Car ceci était nécessaire afin que l'Homme qui est formé à l'image
de DIEU (dans la Justice et la Sainteté vraie, Ephès. IV, 24) et à sa similitude (à celle de DIEU un, par
l'unité de sa personne; à celle de DIEU tri-un dans ses Essences, par son Corps, son Esprit et son
Ame tous trois distincts) représentât l'Archétype Omnipotent, par la grande puissance de sa domination.
CCLIV. Afin qu'il dispose vers. 3. | CCLIV. Et qu'il administre le Monde |
| l'Orbe Terrestre en Equité et Justice, | en Sainteté et Justice, et qu'il exerce le |
| et qu'il juge le jugement dans la di- | jugement en rectitude du coeur. |
| rection du coeur. |
|
Afin qu'il dispose l'orbe des Terres] Non seulement suivant la Loi écrite du DECALOGUE, mais aussi
par celle de la Conscience (cette étincelle de la Justice Divine) de l'Homme, Divinement donnée par
ELOHIM le Créateur Juste. C'est le témoignage de l'Image de DIEU.
CCLV. Donne-moi la SAPIENCE vers. 4. | CCLV. Donne-moi la SAPIENCE assise (*2) |
| assise sur ton trône et que je ne sois | avec toi sur ton trône, et ne me chasse |
pas réprouvé parmi tes enfants: | pas du nombre de tes serviteurs: |
(*1) ORAISON de Salomon pour obtenir de DIEU la Sapience.
(*2) III, Rois, III, vers. 9.
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100 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
La SAPIENCE
assise sur son trône] Si quelqu'un a, dans ses labeurs, la SAPIENCE assise sur le trône
de DIEU, l'assistant, comment, je te le demande, pourra-t-il errer? Car elle est le séjour de IEHOVAH
depuis l'éternité; c'est pourquoi elle est l'assistrice de sa seule gloire, c'est-à-dire la SAPIENCE (dont
notre Sapient a traité dans ce Prologue) éternelle; autrement (combien il est inutile de me contraindre
à dire de telles choses), DIEU auquel tu ne refuseras pas (diaboliquement) d'être éternel eût été insipient,
fou et malsain de toute éternité. S'il en est ainsi comment l'insipient aurait-il pu autrefois créer
la SAPIENCE? Que IEHOVAH te reprenne, toi qui donnes l'occasion de penser ainsi, afin que tu n'oses parler
de même.
Parmi tes enfants] Le fils du Roi convoite d'être compté parmi les enfants de DIEU; l'amant
de la SAPIENCE, parmi ses serviteurs; le Roi parmi ses ministres, afin qu'il serve sapientement DIEU
en toutes choses; c'est pourquoi il postule pour l'ESPRIT DE SAPIENCE.
| (*1) CCLVI. Parce que je suis ton servi- vers. 5. | CCLVI. Parce que je suis ton servi- |
| teur, et le fils de ta servante, un | teur et le fils de ta servante, un homme |
| homme infirme et de peu de temps, et | imbécile et de brève vie, et trop infirme |
faible pour l'intellection du | pour comprendre le jugement et les |
| Jugement et des Lois. | Lois. |
Faible pour l'intellection, etc.] Tout homme est fou à moins que la SAPIENCE ne le conduise. Tout
homme est menteur à moins que la Vérité Divine ne l'illustre et le régisse; aussi grand qu'il soit aux
yeux du monde immonde. Prends soin que IEHOVAH t'assiste dans les conseils.
CCLVII. Et si quelqu'un est vers. 6. | CCLVII. Car si quelqu'un est parfait |
| consommé entre les fils des hommes, | entre les fils des hommes, si pourtant |
| si ta SAPIENCE est absente de lui, il sera | ta Sapience est absente de lui, il sera |
| compté pour rien. | estimé pour rien. |
Et si quelqu'un est consommé, etc.] Comme s'il disait: Si quelqu'un (né, soit à la cour, soit aux
champs) est extrêmement doué de la mondaine Sapience, soit de la Sapience fallacieuse et astucieuse
du courtisan ou de celle du sophiste étudiant et se jouant contre sa propre conscience par de très
faux et contentieux conclusioncules; néanmoins il est fou et nul et même une ordure (σκύβαλον) aux
regards de DIEU puisque la SAPIENCE DU SEIGNEUR est absente de lui. Voyez ce qui a été dit ci-dessus
de la femme étrangère et indigne.
(*2) CCLVIII. Tu m'as élu Roi à vers. 7. | CCLVIII. Tu m'as élu Roi de ton peu- |
| ton peuple et juge de tes fils et de tes | ple et juge de tes fils et de tes filles. |
| filles. |
|
Tu m'as élu Roi, etc.] A l'imitation de cette Oraison, quiconque est amant et studieux de la THEOSOPHIE
peut et doit aussi former ses prières, en changeant ce qui doit y être changé (suivant la diversité
de la vocation de chacun), et dire: Toi, SEIGNEUR, qui m'as constitué Théologue, Jurisconsulte,
Médecin, Physicien, Gubernateur, Scolastique, Mécanicien, etc., et qui m'as ordonné d'édifier ton
Eglise, de rendre la justice, de sanifier les aegrotants, d'interroger le livre de la Nature, d'administrer
le droit et la justice, de former la jeunesse, de disposer ceci ou cela, etc., etc., donne-moi la SAPIENCE
afin que, etc.
| CCLIX. Et tu m'as dit d'édifier un vers. 8. | CCLIX. Tu m'as ordonné d'édifier |
Temple sur ta montagne sainte | un Temple sur ta montagne sainte, et |
| et un autel dans la cité de ton habita- | un autel dans la ville de ton habitation |
| tion, à la similitude de ton tabernacle | à l'instar du tabernacle saint, que tu as |
| saint que tu as préparé dans le com- | préparé dès le commencement. |
| mencement. |
|
(*1) Psaum. CXV, vers. 16.
(*2) I. Paral. XXVIII 5, II. Paral. I. 9.
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DU GRADE CINQUIEME
101------------------------------------------------------------------------------------------------
Sur ta montagne sainte] Autrefois, non sans mystère sur la montagne, et maintenant, dans l'Esprit,
veut être adoré le Père des Esprits. Accorde-nous bénignement, ô SEIGNEUR, d'élever nos coeurs en
haut vers TOI; afin que nous soyons capables d'ascendre mentalement à et en toi par ton VERBE,
Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement écrit, comme par l'échelle de JACOB Amen!
| CCLX. Et avec toi la SAPIENCE vers. 9. | CCLX. Et avec toi est la Sapience (*1) |
qui connaît tes oeuvres, qui était | qui connaît ton oeuvre, qui était pré- |
| présente lorsque tu façonnais l'orbe des | sente lorsque tu fis le Monde, qui sait |
terres et qui savait ce qui plaît | ce qui est agréable à tes yeux et ce qui |
| à tes yeux, et quelle rectitude dans | est droit dans les précepte. |
les principes.
Qui connaît tes oeuvres] Car TOUTES CHOSES ont été faites par le VERBE (SAPIENTISSIME, vers. CLVI et CLXII);
et sans lui, rien de ce qui est fait n'a été fait, S. Jean, I, 3. NOTE: Puisqu'on doit ajouter foi à tout
artisan dans les choses se rapportant à son art, et que TOUTES CHOSES ont été faites par la SAPIENCE; pour
cette raison choisis-la pour préceptrice en TOUTE CHOSE bonne; ajoute foi à la DOCTRINE de cette seule et
unique. C'est elle qui, par la Loi et la Doctrine de cet Amphithéâtre, te conduira dans la vérité
Physico-Chimique, Magique, Kabbalistique, TOTALE.
Ce qui plaît] Pourquoi pas? Car elle est la SAPIENCE
DU PERE, l'assistrice de ses demeures et la conseillère de l'Eternel, depuis l'éternité.
CCLXI. Envoie-la des vers. 10. | CCLXI. Envoie-la des Cieux sacrés, |
Cieux, ton sanctuaire, et du trône | et envoie-la du trône de ta gloire, afin |
de ta Magnitude, afin qu'elle | qu'elle travaille présentement avec moi, |
| SOIT avec moi et LABORE avec moi afin | et que je comprenne ce qui est agréable |
| que je sache ce qui est agréable à TOI. | à toi. |
Envoie-la] DIEU donne et envoie la SAPIENCE; non l'homme ou aucun livre (humain); elle est trouvée
auprès de DIEU, non des hommes ou d'aucune autre créature, versets CLXVII et CLXXXVII Elle est
communiquée par l'Influence, la Lumière et le Mouvement du Soleil Divin. Clamons donc tous de
tout notre coeur: Cieux Divins, versez d'en haut votre rosée, et que les nuées laissent pleuvoir la
SAPIENCE DU SAPIENTISSIME; que s'ouvre la Terre de mon AME et que germe l'homme nouveau; et que,
réformé à l'exemple de l'Archétype, il vive dans l'éternité.
Des Cieux ton sanctuaire] MOSEH, Véracissime historien de toute la Nature, car il fut enseigné et conduit
par la seule VERACITE, influence, lumière et mouvement du SOLEIL DE VERITE, dit dans la Genèse,
I, 1:
Dans le principe créa ELOHIM, LE CIEL. CECI est, proprement et hébraïquement, suivant sa nature
et sa substance, l'appellation du mot SCHAMAIM, comme ESCHVAMAIM; FEU et EAU, Feu aqueux ou
Eau Ignée, en grec ΑΙΘΗΡ, Aither, comme αἰθαὴρ, de αἰθω, je brûle et άὴρ, esprit; ESPRIT ARDENT: Une
eau igni-spiritiforme; un esprit aéro-igniforme; une Eau-esprit igniforme <Wasseriger feweriger Geist; Ein feweriges Geistwasser> UN LATEX ETHEREEN, c'est-à-dire tout ce dont Aristote smoque ineptissimement en reprenant les autres, afin d'établir ses propres faussetés sur l'éternité du
monde. CECI, ELOHIM le distribua triplement dans l'UNIVERSALITE des mondes.
Primo, INFERIEUREMENT, il s'infusa dans la TERRE et l'EAU, de sorte que ce fût non seulement le
siège et le véhicule de l'AME du Monde
(Anima Mundi), mais encore le MEDIUM qui conjoint et le LIEN qui
fait copuler et unit les deux extrêmes qui sont: la MATIERE première et la FORME, c'est-à-dire HYLE et
L'ANIMA MUNDI, la NATURE, RUACH ELOHIM; comme on peut le voir aux versets CLXII et CLXXXVII et
aux questions V et VI de la troisième partie de cet Amphithéâtre. Tout le globe inférieur est plein de
SCHAMAIM, Ciel ou Esprit Ethéréen; car il pénètre tous les Corps de la masse sublunaire; il est diffus
par et en TOUTES CHOSES par la volonté de DIEU; et l'on ne trouve rien (l'Expérience l'atteste), dans
tout l'orbe des Terres et la circonférence de l'Océan, qui soit privé de son étincelle. Ce mixte habite,
se trouve et réside dans les Eléments et leurs fruits; il y est coagulé et congelé, et même fixé dans
quelques-unes. CECI est le Feu Géant de la Nature, qui éprouve toutes choses, qui se délivre Physico-
Chimiquement des liens des coagulations et des fixations et se résout en ESPRIT, en se rendant
visible et s'exposant à tous les sens; en se séparant des superfluités auxquelles il est mêlé, il
(*1) Prov. VIII, 22. S. Jean, I, 3.
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102 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
s'épure et se restitue à sa primordiale liberté. C'EST LE CIEL INFERIEUR PREMIER, dont l'étincelle est
l'
Alcool vini qui est Esprit, Eau et Feu. Dans toutes les choses qu'on peut examiner, les Laboratoires
des Physico-Chimistes manifestent et exhibent SCHAMAIM ou le CIEL, par un artifice nullement
inconnu des Physicosophistes. Mets un frein à ta langue pétulante, sophiste qui lis ou entends ceci;
et souviens-toi (avant que d'en être repris) d'étudier Physico-Chimiquement; de peur que tu ne
dises un jour (ce qui n'est pas d'un sapient):
Je ne le savais pas. N'aie pas honte d'être un charbon,
car DIEU l'IPSEIQUE ne rougira pas, au temps de l'ultime jugement, d'être le Feu dans lequel les Cieux
s'abîmeront par un cataclysme immense, par la chaleur duquel se résoudront les Eléments et se
consumera la Terre et toutes les oeuvres qui sont en elle. II, Ep. de S. Pierre, III, 10. LE MONDE est JUGE
aujourd'hui PHYSICO-CHIMIQUEMENT par les philosophes; mais il sera JUGE THEOSOPHIQUEMENT PAR LE FEU au
jour ultime, par DIEU L'IPSEIQUE.
Secundo, SUPERIEUREMENT, non mêlé avec les Eléments et leurs superfluités, mais par et en soi (animé
cependant par la NATURE) il congela, solidifia, constitua et façonna le corps dur et solide, c'est-à-dire
l'affermit. Car les CIEUX sont affermis par le VERBE DU SEIGNEUR et de L'ESPRIT de sa bouche
(Ruach
Elohim, l'Emanation Divine, vers. CXXXVII), vient toute leur vertu, Psaum. XXXIII, 6. Son esprit a
orné les Cieux, Job, XXVI, 13. Car DIEU a dit: Genès. I, 6: Que soit fait RACHIA (c'est-à-dire l'extension
ou l'expansion solide, ferme et compacte); d'où les Latins ont fait le FIRMAMENT; les Germains
ont très bien dit: < (une citadelle, un fort, firmament); car ceci est plus dur et plus durable
que ce qu'on pourra imaginer en airain ou en diamant; Les Cieux solidissimes ont été fondus
comme de l'airain, Job. XXXVII, 18; c'est pourquoi le firmament ne souffrira de diminution, ni par la
chaleur de sa lumière ou de son feu, ni par la vitesse de son mouvement, et encore moins sera-t-il
consumé avant que vienne le jour très-nouveau du SEIGNEUR. IEHOVAH a étendu ses Cieux, Esaïas XLIV,
24 et XLV, 12.
Qui a étendu les Cieux comme une chose infime et leur a donné l'expansion comme un tabernacle
pour habiter. Esaias, XL, 22. Particulièrement Esaïas, XXXIV, 4: Et se desséchera, dit-il, toute
milice (ornement) des Cieux, et LES CIEUX se PLIERONT (COMPLICABUNTUR), <, c'est-à-
dire, ils deviendront rapprochés ensemble par un roulement) comme un LIVRE (LIBER), c'est-à-dire
l'écorce intérieure adhérente au bois, suivant le second sens du mot latin LIBER; et toute milice
d'eux tombera (comme tombe la feuille de la vigne et du figuier), dans le milieu des eaux (en
quelque interstice et séparation d'entre les eaux), et divisera les eaux d'avec les eaux: Et DIEU fit le
Firmament (de telle sorte qu'il soit comme une très ferme voûte
(fornix) que DIEU éleva contre les
eaux et par laquelle il les retint dans la sublimité), et il divisa les eaux qui étaient sous le firmament
d'avec celles qui étaient sur le Firmament. Et cela fut fait ainsi. Et DIEU appela le Firmament
(RACHIA, Extension, Expansion) CIEUX (c'est-à-dire
Schamaim; de la Nature et de la Substance des
Eaux ignées; de même que
Rachia est tiré de la quantité et de la qualité externes c'est-à-dire de
l'extension et de la firmation de la matière). Nul donc ne doutera maintenant que les Eaux
véritables soient au-dessus du Firmament.
Eaux qui êtes au-dessus des CIEUX,
bénissez le SEIGNEUR, Daniel,
III, 60. Toi qui étends le CIEL (Schamaim, appelé Firmament) comme une lente; qui couvres par
les Eaux ses parties supérieures (la superficie la plus éloignée), Psaume CIV, 3 (vulg. CIII, 2 et 3).
Louez le SEIGNEUR, Cieux des Cieux; et que les Eaux qui sont au-dessus des Cieux (c'est-à-dire le
premier et le second) louent le NOM DU SEIGNEUR, Psaum. CXLVIII, 4. C'est à nous de rechercher Théosophiquement
quelles sont ces EAUX SUPERCELESTES; quel est leur genre, leur substance et leur
nature. Enseigné et guidé par l'Influence, la Lumière et le Mouvement du SOLEIL DIVIN, je dis donc, au
nom du SEIGNEUR, que les EAUX SUPERCELESTES sont d'un seul et même genre de substance, duquel
était ce LATEX Ethéréen brûlant incombustiblement et retrouvé du temps de nos pères, à Padoue en
Italie, dans un monument vétustissime, dans une urnule d'argile qui contenait deux ampoules,
l'une d'or et l'autre d'argent; dont la vertu de cette purissime liqueur entretint une lampe pendant
plusieurs années, comme l'ont annoté dans leurs collections d'inscriptions anciennes, Pierre Apianus
et Barthélemi Amantius. Hermolaüs Barbare rappelle également cette chose dans le corollaire
sur Dioscorides, où il traite des Eaux en général: « Il est, dit-il, une Eau Céleste, ou plutôt Divine des
chimistes, que Démocrites et Mercure Trismégiste ont connue, et qui est appelée tantôt
Eau Divine,
tantôt
Latex Scythique, tantôt πνευ̑μα, c'est-à-dire Esprit de la Nature de l'Ether, et Essence Quinte
des choses; c'est pourquoi l'Or potable et cette tant raillée Pierre des Philosophes qui n'a pas
encore été retrouvée (par les Chimi-Sophistes, j'imagine, dont tout le monde est rempli, et qui ne
sera jamais trouvée par eux; le contraire est suffisamment démontré des Théo-Sophes, dans cet
Amphithéâtre), et qui ne coûte que du sable. C'est encore ce même genre de latex, comme je le
pense (continue toujours le même), que signifie l'Epigramme trouvée tout récemment dans le terri-
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DU GRADE CINQUIEME
103------------------------------------------------------------------------------------------------
toire de Padoue, près de la petite place forte d'Este; ce monument de briques et partant très fragile
a été brisé par l'imprudence des mains rustiques et dispersé dans la terre. Voici cette Epigramme,
dans le goût des très anciens Païens, et qui est rapportée par Conrad Gesner, médecin de Zurich, à
la page 5 de son livre
des Herbes Lunaires et des choses qui luisent la nuit:
Ne touchez pas, esclaves, au présent sacré de Pluton; Ce qui est dans l'urne est ignoré de vous.(*1) Car Maximus Olibius a enfermé dans ce modeste vase Les Eléments digérés et ordonnés par un grave labeur. Que celui qui en est le gardien use d'une telle abondance Afin que la récompense d'un si précieux latex ne soit pas perdue.
Dans cette urne, une autre urnule fut trouvée avec l'inscription de ces vers: sur lesquels voyez
aussi la Préface du Livre des Remèdes secrets, d'Evonymus Gesner Philatrus:
Eloignez-vous d'ici, misérables valets. Que cherchez-vous avec vos yeux curieux? Loin d'ici avec votre Mercure à pétase et à caducée; Ce don très grand et sacré a été fait par le très grand Pluton.
C'est cela même. Un vieil auteur nous confirme la vérité de cette eau, dans l'APOCALYPSE DE L'ESPRIT
DU MONDE SECRET, affirmant saintement entre autres choses, que cet Esprit
(Schamaïm, Ciel) éthéréen,
existant dans le corps aqueux plus que parfaitement glorifié, peut brûler sensiblement dans une
lampe habilement construite, sans aucune diminution ou consomption de soi-même, à perpétuité. A
notre époque également, on a retrouvé dans des antres très anciens de la Germanie Inférieure et de
la Grèce, de semblables lampes, brûlant perpétuellement sans affusion d'aliment nouveau, par le
latex éthéréen, de très suave odeur, comme nous savons que les histoires et les hommes dignes de
foi l'ont attesté. La condition du Feu de ce latex super-Céleste est tant et si admirable et même
presque super Naturelle, qu'il brûle dans un vase très exactement clos, et que sa flamme s'éteint par
et dans notre air, lorsque le vase est ouvert. < fewer> c'est-à-dire: c'est une eau et un feu d'une nature toute différente que notre eau et notre feordinaires. C'est pourquoi les Philosophes Physico-Chimiques nous disent : Notre eau est un feu (car
Schamaïm est formé d'eau ignée Super-Céleste) qui consume plus ardemment les corps que notre feu
vulgaire. LE CREATEUR ELOHIM Omnipotent a ordonné et concédé de trouver cette eau vraiment admirable
et mirifique (à qui? au seul Sapient; et jamais aux Physicosophistes) même dans cette région
Elémentaire. Et où donc vraiment? Dans l'Unique, certes, et seule Mine de la SAPIENCE, cette Magnésie
des Sapients, qui est la Matière due et vraie de la Pierre des Philosophes; dans laquelle IEHOVAH
DIEU non-seulement a posé et sapientement réservé le Ciel, mais encore la Terre et l'Eau, c'est-
à-dire la matière première ou la semence de tout ce Monde, dans l'état primordial catholique dont
l'existence a duré jusqu'à ce jour, l'étincelle Catholique animée de l'AME DU MONDE (fig. 3 de cet Amphithéâtre,
quest. 7), de telle sorte que, en et par le sujet Macro-Cosmique Catholiquement synoptique,
en préparant Physico-Chimiquement, et même en traitant Christiano-Kabbalistiquement, sera
révélée et indiquée la cognition du Créateur et de celui qu'il a envoyé, JESUS-CHRIST crucifié; de la
Nature et de toute Créature, et par conséquent (car c'est conforme à la vérité), de celles qui sont au-
dessus du Ciel (savoir le premier et le second), c'est-à-dire des Eaux Super-Célestes, Schamaïm, des
Eaux Ignées ou du Troisième Ciel, tabernacle de DIEU et sanctuaire des Anges; et même la cognition
de soi-même; et il sera ainsi révélé au Théo-Sophe par le Livre de la Nature sypnotiquement Catholique,
combien est admirable la Sapience, la Puissance, la Bonté du Créateur. Je pourrais ici facilement
montrer de suffisantes causes de l'UTILITE de la Pierre Philosophale, Christiano-Kabbalistiquement
DIVINE (fig. quatrième de cet Amphithéâtre, où il est traité de l'URIM et du THUMIM), S'il était
faste de rompre le sceau céleste de l'occulte révélation et de divulguer les mystères de DIEU. Qu'il
suffise au fils de la Doctrine (à la Méditation Théosophique de qui je suis même d'avis de laisser
quelque chose) que je montre présentement et que cet Amphithéâtre enseigne en plusieurs endroits
(car il ne sied pas au Théosophe de trop philosopher non-seulement sur l'UTILITE des Cieux, mais
encore sur leur Substance, Essence et Nature) que les EAUX SUPERCELESTES (qui doivent être trouvées
par le Sapient dans la nature des choses inférieures) sont purissimes, subtilissimes, ignées, lucidis-
11
(*1) (Il parle du quadruple élémentaire, quadruplement élémentairement)
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104 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
simes, plus que parfaites et pour cette raison incorruptibles, perpétuellement fixes en soi, c'est-à-dire
permanentes; cependant liquides et fluides, inflammables, peu combustibles; l'USAGE qu'on en peut
faire est tel qu'elles sont et constituent Schamaïm ou le Troisième Ciel, dans la région super suprême,
qui est d'eau dans la superficie la plus rapprochée de nous, et de feu dans la plus éloignée; c'est un
feu flagrant, une eau ardente. Que signifie ceci? Ceci signifie que si l'Eau si nobilissime
existe, contre l'opinion et l'idée communes, dans celles-ci, c'est-à-dire les choses inférieures
bien que dans le seul Macro-Cosme synoptiquement catholique) et que le feu aqueux si admirable,
de substance et de Nature supercéleste est trouvé en elles Sapientement par le seul Sapient,
combien plus le doit-il être dans la région super suprême, c'est-à-dire au-dessus du Firmament, dans
le Monde (à cause de l'usage Divin susdit) hyperphysique. S'il n'en était pas ainsi, la Mine de
SAPIENCE ne représenterait pas par une image réelle le Macro-Cosme Catholique. Que jamais, entre
les Physico-Chimiquement Sapients, il ne soit pensé, encore moins établi ou enseigné le contraire.
JE POURSUIS: Dans LES CIEUX, par la vertu et comme par une certaine préhension ou puisement
(cochlea) du VERBE de IEHOVAH, dans la sublévation et (comme il est dit) la constitution du FIRMAMENT,
bientôt, aussitôt et sur-le-champ, il a existé en même temps un certain grand et haut intervalle entre
le Ciel et la Terre qui est appelé LOCUS; car de même qu'il n'est pas de montagne sans vallée, ni de
mains qui, étant d'abord jointes, sont disjointes ensuite et séparées, sans qu'il y ait d'espace médial
entre elles; de même le Ciel et la Terre ne peuvent exister sans cet interstice et cette distance, dès
qu'a été accomplie la sublimation de leur séparation, déduction et sécrétion mutuelle. Ezéchiel,
VIII, 3: L'Esprit m'a élevé entre le Ciel et la Terre. Il est nécessaire que, primitivement, ce lieu ait été
entièrement VIDE, et qu'ensuite il ait été rempli par les humeurs aqueuses, les vapeurs et les exhalaisons
qui s'évaporent continuellement chaque jour de la région inférieure (qui sont les matières
des divers météores) et qui tendent vers la région supérieure et même par les innombrables corps
terrestres puisqu'ils y séjournent, croissent en longueur et en largeur, aspirent et se meuvent. C'est
l'admirable Laboratoire Macro-Cosmique perpétuel, catholique, du DIEU admirable, où la Nature est
présidente et laborante. DIEU DIT en outre:
Que soient faits les Luminaires dans le Firmament du Ciel,
(c'est-à-dire
Rachia Schamaïm dans l'expansion du Ciel, ou de l'esprit éthéréen aqueux, affermi)
et qu'ils divisent le jour et la nuit; et qu'ils soient des signes et des Temps; et des jours et des années; afin
qu'ils luisent dans le Firmament du Ciel, et illuminent la Terre. Et il fut fait ainsi. Et DIEU
fit deux grands
luminaires; le grand luminaire afin qu'il présidât au jour et le petit luminaire afin qu'il présidât à la nuit
et les étoiles. Et il les posa dans le FIRMAMENT DU CIEL, (c'est-à-dire dans Rachia, extension ou expansion
de Schamaïm affermi)
afin qu'ils luisent sur la Terre et président au jour et à la nuit et divisent la lumière
et les ténèbres. NOTE: Comment les Astres sont des insignes (en hébreu AOT) c'est-à-dire des signes
qui indiquent, et presque un Alphabet dans le tome du Livre Céleste du Monde Majeur, par lesquels
DIEU (qui a paternellement soin de nous) nous parle de variées et grandes choses, et nous montre,
nous annonce et nous prédit les choses qui sont et qui doivent être, avant même qu'elles adviennent,
cela je te l'enseignerai ailleurs plus amplement (DIEU me le concédant). Voyez versets XXXV et CCCLIII.
Ici est le CIEL SECOND, Sublime, la Région vraiment éthéréenne. Ici se trouvent le Soleil, la Lune et
les Etoiles; qui sont en effet ses astres, PREMIER et inférieur (à sa manière); ce que savent et attestent
les Sapients. Ils se meuvent l'un et l'autre par un mouvement harmonique ou sympathique (l'un
envers l'autre), celui qui est inférieur comme celui qui est supérieur, et vice versa. C'est ce mouvement
qui persuade la certitude (comme je l'ai dit) des indications. DIEU est Admirable dans ses
oeuvres. SOMMAIRE: TOUTES CHOSES confluent, conspirent, s'accordent ensemble, Micro et Macro-Cosmiquement.
Enfin le Firmament du Ciel, au témoignage d'Esaïas, LI, 6 (les liens des coagulations
étant rompus par le FEU) se liquéfiera comme une fumée, car il sera réduit en ce qu'il était avant sa
congélation, solidification et firmation, c'est-à-dire sera libre ESPRIT.
Tertio, SUPRA-SUPERIEUREMENT, au-dessus de RACHIA SCHAMAIM, c'est-à-dire le Firmament du Ciel, il ne
mêla point SCHAMAIM aux Eléments (comme dans le Premier) et encore moins le souilla de leurs excréments
et superfluités ni ne le congela et l'affermit dans un corps solide (comme dans le Second); mais
(par sa vertu Omnipotente) en les plus-que-parfaisant par et en soi, il constitua les EAUX SUPERCELESTES
telles que nous les avons décrites un peu avant, et PERMANENTES à perpétuité; et en manifestant leur
feu, toujours ardentes dans la superficie extrême, sans consomption d'elles-mêmes, et luisantes d'une
lumière candidissime jamais obscurcie par aucune fumée: Ici, c'est le CIEL Empyreum, lucidissime; et
même la LUMIERE inaccessible que (comme un lieu consentané à la Divinité), DIEU habite, S. Paul, I. Timoth.
VI, 16. C'est pour cette raison que Platon apprit des Brahmanes des Indes que la Quinte-Essence
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DU GRADE CINQUIEME
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de la Divinité réside Divinement et a établi sa demeure dans l'Essence ignée. C'est peut-être
aussi pourquoi, au sens de S. Thomas d'Aquin (bien que l'auteur de l'Aurore des Philosophes
croie le contraire, chap. XIX) il dit sans nul blasphème que DIEU et ses Anges ne peuvent manquer
du feu de l'eau ardente mais qu'ils en font usage quotidiennement. Il n'en peut manquer
puisqu'il ne l'a pas voulu: il a voulu, au contraire, en user Souverainement, Supérieurement
et Inférieurement, pour siège et trône de sa majesté, et pour Médiateur convenant il ses usages
variés. Il en a plu ainsi au SEIGNEUR; que cela te plaise de même. ICI, c'est le CIEL ou les CIEUX
(Schamaïm) des CIEUX, Deuter. X, 14. III, Rois. VIII, 27 Psaum. CXV, 16. Néhem. IX, 6, le TROISIEME au
regard des deux autres l'inférieur et le plus inférieur encore; et dans lequel S. Paul, II, Corinth. XII,
2, attiré par l'Aimant
(magnes) Divin a été ravi en Esprit; dans lequel il a entendu les paroles mystérieuses
qu'il n'est pas permis à l'homme de dire; c'est l'
Immense, le Plus élevé, Deuter, IV, 32, l'Ultime
car la Sacro-Sainte Ecriture n'en mentionne pas d'ultérieur ou de supérieur. Αγιαστήριον, c'est-à-dire
sanctuaire de nos Anges, qui voient continuellement la face de DIEU notre Père. S. Matth. XVIII, 10.
C'est le Paradis de la félicité suprême, le Siège et le Trône des esprits bienheureux. O jour de joie
(pour me servir chrétiennement des paroles de Cicéron, traité de la Vieillesse) lorsque j'irai vers ce
concile et cette assemblée des âmes! Lequel? En haut, au Ciel où est le SEIGNEUR DIEU (HV) LUI-MEME,
Deuter. IV, 39. Vers lequel et au-dessus duquel N. S. JESUS-CHRIST crucifié est monté le quarantième
jour après sa Résurrection, ύψηλότερος οὐρανω̑ν,
qui a été élevé au-dessus des Cieux, S. Paul, Hébr. VII, 26.
Qui est monté au-dessus des Cieux. Ephès. IV, 10.
Qui siège à la droite de DIEU le Père, d'où il viendra, Act.
des Ap. I, 10. S. Matth. XXVI, 64,
juger les vivants et les morts. S. Matth. XXV, 31. Act. des Ap. X, 14,
et
le monde par le FEU, Esaïas, LXVI, 15;. II Ep. de S. Pierre, III, 7. C'est de ces mêmes CIEUX SAINTS,
Psaum. CII, 20 (vulg. CI, 19) dans lesquels le SEIGNEUR DIEU L'IPSEIQUE est élevé, Deuter. IV, 39,
Iosuah, II, 11. Eccles. V, 1; de ce Sanctuaire, de ce magnifique habitacle des Cieux, Deuter. XXVI, 15.
II, Paralipom. XXX, 27; de ce Saint, de ce Siège de sa gloire, Esaïas, LXIII, 15, de cette sainte Demeure,
Baruch, II, 16, de ce saint Temple de sa gloire, du Trône de son règne, Daniel, III, 53, que notre Royal
Théosophe demanda à IEHOVAH de lui envoyer la SAPIENCE; c'est de ce Même CIEL que nous demandons
dans notre ORATOIRE THEOSOPHIQUE, en Esprit et en Vérité, qu'il nous l'envoie vraiment par un
mode Théo-Sophique. COROLLAIRE: SCHAMAIM, c'est-à-dire le CIEL, clairement expliqué par notre Doctrine
enseignera très salutairement d'où provient la LUMIERE (en Hébreu AOR) Genès, I, 3, Fomentatrice
de la splendeur et de l'illumination, et même (par son mode de disposition) du JOUR, vers. CXXXIX:
il t'enseignera aussi comment des TENEBRES, II Corinth. IV, 6 (car Schamaïm ou le Ciel, et par conséquent
le CHAOS universel à cause de sa Lumière ignée interne non encore Divinement manifestée, était
ténébreux et non visible) par la force Divine reçue, constante et ferme, resplendit (non autrement que
se manifeste dans un lieu ténébreux le feu qui provient de l'Esprit de vin) et naquit le JOUR, sans
lequel l'Univers, cet oeuvre immense de DIEU, à cause de cette absence ou de ce manque de
LUMIERE, eût été obscur et ignoré de nous; comment chaque jour, travaille naturellement et se manifeste
par son art, UR ou LE FEU, lequel ne peut pas être sans chaleur, et qui par son Effet, exhibe et
démontre continuellement la CHALEUR; lui qui est certainement en toutes choses (car en toutes choses
existe vraiment Schamaïm animé par la NATURE) le gardien de toute Forme et de toute Espèce, le stimulant,
le Principe Naturel et Artificiel, Organique (tant internement qu'externement) et impulsif ou
moteur (κινητικόν) OU opérateur (ὲνεργητικὸν) constitué par DIEU, des Forces Naturelles dans les causes
des actions et de tout ce qui doit être produit et dirigé; et dans les choses de l'AME à laquelle (par le
moyen de Schamaïm) il dispense multiformément ses Dons (puisqu'il les contient à l'instar d'une
obstétrice fidèle, à laquelle il est Micro et Macro-Cosmiquement attribué; Pourquoi, ou à quel égard
la CHALEUR est et est dite Divine, Céleste, Elémentaire, Naturelle, naturée
(insitus) ou innée, se rapportant
dans une certaine proportion à la seule chaleur des astres, d'où les actions des hommes
(DE LUI-MEME) sont si diverses; Dans quel sens (nullement vulgaire, en attribuant à chacun ce qui lui
est dû) on doit interpréter ces phrases des Philosophes: Le CIEL est animé; il agit dans les choses
Inférieures par l'Influence, la Lumière et le Mouvement; le Ciel est la principale cause pour laquelle
les Eléments, bien que de nature contraire les uns les autres sont mêlés et conjugués ensemble; il est
en relation avec la matière première comme l'homme avec son épouse aimée; il s'attache puissamment
aux choses inférieures; il engendre les Corps inférieurs dans la Terre non autrement que le Mâle transfuse
sa semence dans la femelle; il est l'auteur
(parens) de toutes choses; il est l'Instrument par lequel DIEU
agit en nous; il est la cause de tout ce qui est engendré; il communique la Forme et l'Espèce, qu'il introduit
dans la matière préparée; il régit toutes les choses que contient ce monde; il féconde les semences;
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106 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
toute fécondité est répandue par le CIEL; et toutes AUTRES PHRASES semblables à celles-ci; ALORS TV
POURRAS RECTEMENT PHILOSOPHER DES SECRETS DE LA NATURE. Qui bien distingue, bien enseigne et bien apprend.
Du trône de ta Magnitude] LE SEIGNEUR a dit, Esaias, LXVI, 1: Le Ciel est mon séjour et mon siège.
Psaum. CIII, 19: LE SEIGNEUR a préparé son trône dans le Ciel Psaum. CXXIII, 1:
Je lèverai mes yeux
vers toi, qui habites dans les cieux. Psaum. X, 4: Le SEIGNEUR a son trône dans le Ciel. S. Matth. VI, 9.
Notre Père qui es dans les Cieux. A noter: Du trône de la celsitude Divine, rien ne provient que de Divin,
que d'éternel; donc la SAPIENCE (Emanation Divine, vers. CXXXVII) est non créée, non formée,
nullement née ou faite à la manière des créatures, mais engendrée du Père Divin Eternel, Divine, Eternelle;
de sorte qu'il vaut mieux le croire Chrétiennement, par une âme fidèle, que d'essayer de le
comprendre par une imagination fanatique.
Qu'elle soit avec moi, etc.] Afin que l'ESPRIT FAMILIER m'assiste,
vers. CCXXIII. Prie DIEU le TRES HAUT, ô Toi qui désires parvenir à la fin souhaitée de ton oeuvre
Physico-Chimique, afin que t'assiste le bon ESPRIT D'ASSISTANCE et que non-seulement il garde très fidèlement
ton oeuvre du très acharné ennemi diable, auteur de toute confusion; mais encore qu'il
t'exhorte aussi à Laborer sapientement; et qu'il te détourne de ce qui pourrait apporter quelque nuisance
à ton oeuvre, de peur que tu ne fasses quelque faute. On ne doit pas certes estimer pour peu, qu'il
préside au Laboratoire des Sapients; mais il faut entrer respectueusement dans l'Agiasterium et travailler
ainsi sous sa direction, de peur que tu n'offenses ton bon génie qui te garde, Toi et ton oeuvre
Les Porcs mondains ne me comprendront pas; les Philosophes seuls comprendront mon esprit et mon
sens et le suivront. Afin que l'ESPRIT D'ASSISTANCE soit mien, qu'il Ore avec moi; qu'il Labore avec
moi; qu'il institue sapientement, dirige, dispose, adjuve, amplifie, bénisse et rende heureux mon
Ame, mon Intellect, ma Raison, mes Cogitations et mes Sens et mes Actions et tous mes Labeurs,
versets XXVIII, CXLV, CLVIII, CLXXXI et CCXCII. Ceci est le grand mystère,
Mysterium Magnum, de très peu
observé, sans lequel jamais, toi qui le donnes comme chrétien, tu ne parachèveras la Pierre des Philosophes
(bien que, en et par les Principes Naturels, selon la Méthode Naturelle tu te diriges artificiellement
et rectement vers la fin désirée) vers. CXXXII. Sois-le par la vie et les actes, toi qui veux
être estimé, dit et être Philosophe chrétien. C'est un Don de DIEU dont Hermès et les autres ont eu le
secret par inspiration Divine; qui se tient inébranlablement Macro-Cosmiquement sur le Corps, l'Esprit
et l'Ame: pour lequel, afin qu'il se répande Micro-Cosmiquement sur nous, il faut Orer Théosophiquement
de Corps, d'Esprit et d'Ame selon les Lois de la Doctrine de cet Amphithéâtre, et peiner
et laborer Kabbalistiquement, Magiquement et Physico-Chimiquement. Afin que IEHOVAH Tri-un, en
coopérant avec Toi-même tri-un, et à tes Travaux, en le suivant dans l'oeuvre Physico-Chimico-
Triuno-Catholique, juge digne de t'inspirer, de le combler de ses dons, de l'accorder de bien vouloir,
connaître, être et pouvoir, souviens-toi qu'il faut opérer Théosophiquement. Que celui qui peut comprendre
comprenne; j'en ai assez dit. Observe: Les Sciences et Arts excellents sont parfois nommés
INCERTAINS, non parce qu'ils sont incertains, par et en eux-mêmes, ou que quelquefois ceux qui présument
d'en traiter d'eux-mêmes les connaissent mal; mais parce que la VOLONTE DE DIEU FAIT DEFAUT
aux artisans opérateurs.
En Dieu résident toutes les bénédictions. L'homme doit obtenir le bonheur de Dieu:
An Euttes Sagen ists alles gelegen. Man musz auch das Glück von Gott haben>. Car pourquoi donc, je t'en priepourquoi l'Omnipotent IEHOVAH, s'il peut te punir de sa malédiction Divine, ou te retirer (à cause du
péché) ce sien don, ou te priver des trésors et des fruits de la Sapience, pourquoi, dis-je ne le pourrait-il
lui qui a tout créé, qui intervertit lorsqu'il le veut, l'ordre de la Nature, de même qu'il a arrêté
le Soleil au milieu du Ciel selon la volonté de Iosuah et l'a empêché de redescendre pendant tout
l'espace d'un jour, Jos. X, 13. A la demande d'Ezechiah, DIEU réduisit l'ombre par les lignes par lesquelles
elle descendait déjà sur l'horloge d'Achaz, en rétrogradant de dix degrés, IV. Rois, XX, 11.
Les Trois Hommes Hébreux, Sadrach, Mesech et Abdenago, envoyés au milieu de la fournaise (Babylonique)
de feu ardent, ne furent pas touchés par le feu, Daniel III, 21 et suiv. Et tout ceci eut lieu
par le DIEU omnipotent qui a la Nature dans sa main Omnipotente, et la régit comme il veut. Il faut
donc obtenir de DIEU de VOULOIR pour nous. C'est ce que veut dire ce grand comte Pic de la Mirandole
(bien que pour cette parole il ait été tourmenté par un certain homme de grande autorité) lorsqu'il
s'écrie:
C'est en vain que recherchera la Nature, celui que PAN (c'est-à-dire le DIEU de toute la Nature)
n'aura pas attiré. Ce qui peut se faire, Théo-Sophiquement dans l'Oratoire, DIEU aidant, selon les lois
et la doctrine de cet Amphithéâtre. Voy. vers. CXC. SOMMAIRE: Les Sciences et les Arts les plus secrets
sont et restent incertains, si, par la vertu de la plus noble opération jointe et subdéléguée du TRES
HAUT, et enfin par la VERTU DIVINE il ne sont pas animés et fortifiés. C'est ce que dit encore Salomon
(vers. CCCXXIX), lorsqu'il ordonne de recevoir la volonté du SEIGNEUR et d'habiter avec la
SAPIENCE, vers. CCC.
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DU GRADE CINQUIEME
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CCLXII. Car elle sait et com- vers. 11. | CCLXII. Car elle connaît et com- |
| prend TOUTES CHOSES et me conduira | prend toutes choses et me conduira mo- |
sobrement dans mes oeuvres et | dérément dans toutes mes actions et me |
| me gardera en sa Puissance. | gardera dans sa gloire. |
Car elle sait et comprend TOUTES CHOSES] C'est pourquoi étant faite ton amie, ta soeur et ton épouse,
elle peut, elle veut sapientement t'instruire de toutes choses, parce qu'elle l'a promis, vers. CLXXXVII.
Elle dont tous les sermons sont justes; il n'y a rien en eux de dépravé ni de pervers, vers, XLII.
Sobrement] Non seulement sans ébriété mais même dextrement, avec sapience, suivant la ligne droite
de la vérité.
CCLXIII. Et mes oeuvres se- vers 12. | CCLXIII. Et mes oeuvres seront |
| ront agréables et je jugerai droitement | agréables, et je jugerai droitement ton |
| ton peuple et serai digne du trône de | peuple et serai digne du trône de mon |
| mon Père. | Père. |
Et mes oeuvres seront agréables, etc.] Quand donc, sinon lorsque la SAPIENCE aura Oré et Laboré avec
lui-même. Ainsi, nous qui sommes Sapients en DIEU, nous pouvons TOUT ce que nous voulons; mais,
studieux de la Théo-Sophie, nous ne voulons que ce que veut DIEU LUI-MEME. C'est pourquoi quelque
chose que nous fassions selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre, nous réussirons, comme
il est dit au Psaume I.
CCLXIV. Car quel est l'hom- vers. 13. | CCLXIV. Car quel est l'homme qui (*1) |
| me qui pourra savoir le conseil de | comprend le conseil de DIEU? ou qui |
| DIEU? ou qui pourra projeter sa cogita- | comprend en son âme ce que veut DIEU? |
tion sur ce que veut DIEU?
Quel est l'homme, etc.] Par la même objection que ci-dessous vers. CCXCVII. A laquelle voyez la réponse,
vers. CCLXVIII.
CCLXV. Car les cogitations vers. 14. | CCLXV. Car les cogitations des mor- |
| des mortels sont timides, et nos pré- | tels sont timides et nos opinions falla- |
| voyances incertaines. | cieuses. |
Car nos cogitations, etc.] En tant que nôtres, par elles-mêmes et absolument; car par nous-mêmes,
tant que nous nous appuyons seulement sur notre Prudence, nous opinons mais ne savons pas.
Toutes nos cogitations, spéculations, ratiocinations, inventions et opérations sont incertaines si elles
ne sont pas animées et fortifiées par l'inspiration de la vérité et de la vertu Divines. Autrement il
n'existe que fantaisies.
CCLXVI. Car le corps qui se vers. 15. | CCLXVI. Car le corps sujet à la cor- |
corrompt aggrave l'Ame; et cette | ruption aggrave l'âme, et ce domicile |
| habitation terrestre déprime les sens | terrestre plein de soins déprime l'esprit. |
qui pensent beaucoup de choses.
Le corps qui se corrompt, etc.] De même S. Paul dit que l'homme externe est φθειρὸμενον, corrompu,
et qu'avec ses exigences et ses besoins il corrompt et est corrompu. Donc l'USAGE du BINAIRE doit être
rejeté. Voy. fig. seconde de cet Amphithéâtre.
Et cette habitation terrestre déprime, etc.] Notre âme, à
cause du péché, logée dans le corps corruptible et mortel, est tenue recluse comme dans une prison
(*1) Esaïas, XL, 13. Rom.. XI, 14. I. Corinth. II. 16.
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108 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
ténébreuse, de sorte que l'homme ne peut, en et par lui-même, avoir rectement l'agnition de DIEU et
la cognition de la Nature et de soi-même. C'est pourquoi il faut prier DIEU afin qu'elle soit attirée par
l'exercice Théo-Sophique en l'amour de DIEU (les affections de la chair étant pénitentiellement vaincues
et surmontées) à la contemplation et à l'étude des choses Divines, Spirituelles et Naturelles et
qu'elle soit Divinement extraite comme des profondeurs de la prison pour être placée au sommet de la
demeure, et qu'elle commence alors à contempler ce qu'elle ne pouvait pas voir de sa place précédente,
et qu'elle jouisse secrètement et à sa manière, du colloque dulcissime de IEHOVAH et des bons
esprits subdélégués par DIEU; qu'elle s'enivre du nectar Divin et qu'elle parvienne ainsi à la cognition
et à la fruition de tout l'UNIVERS, vers. CXLV. Nul ne comprendra ceci hormis le studieux fidèle
de l'Amour Divin.
CCLXVII. Et difficilement vers. 16. | CCLXVII. Et difficilement nous par- |
| nous estimons ce qui est sur la Terre; | venons à former une conjecture sur ce |
| et nous discernons avec peine ce qui | qui est sur terre, et nous trouvons avec |
| est devant nos yeux; ce qui est alors | peine ce qui est dans nos mains; qui |
| dans les Cieux, qui le connaîtra? | donc alors connaîtra ce qui est dans les |
| | Cieux? |
Et difficilement nous estimons, etc.] Voy. vers. CLXXXVII.
| (*1) CCLXVIII. Et qui saura Ton senti- vers. 17. | CCLXVIII. Qui connaît ton conseil à |
ment A MOINS QUE TU NE DONNES | moins que tu ne donnes la SAPIENCE et |
| l'ESPRIT SAINT DU PLUS HAUT DES CIEUX. | que tu n'envoies ton Esprit |
| | Saint du plus haut des Cieux? |
A moins que tu ne donnes l'ESP.] C'est la sapiente réponse du Sapient lui-même, à l'objection des versets
CCLXIV et CCXCVII. Car le seul ESPRIT de DIEU et celui à qui LUI-MEME se découvre et se révèle, connaît
les arcanes de DIEU dit S. Paul, I. Corinth, II, 11. DIEU dans le Ciel est celui qui révèle les mystères,
les choses profondes et cachées, Daniel, II, 28. SOMMAIRE: Dans la SAPIENCE de DIEU nous savons, nous
comprenons et nous pouvons (IEHOVAH le voulant) TOUTES CHOSES. Et puisque chacun est le meilleur
interprète de ses propres paroles, où donc, je te le demande, puiseras-tu plus certainement et plus
véritablement une cognition vérissime de la Nature, de la Sacro-Sainte Ecriture et de Toi-Même que
dans la Vérité même ? Comment DIEU (qui est la vérité ipsissime) se donne à nous par les conseils, ce
nôtre Amphithéâtre te l'enseigne Théo-Sophiquement. Souviens-toi ici d'étudier Pythagoriquement; ne
te place pas, fils, avant le père, je t'en avertis fraternellement.
Tu n'envoies] Rapporte ici les paroles de
la seconde figure de cet Amphithéâtre: Il conviendra donc que vous soyez d'abord pieusement lavés,
etc., et ce qui suit.
Ton Esprit Saint] L'ESPRIT DE SAPIENCE versets CCXXIII et CCLXI. Non diabolique ni
mauvais; venant du haut des cieux et non des profondeurs de l'enfer; car c'est MEDIATEMENT, soit par
l'Ange de Lumière et non la bête des ténèbres, soit par les ORGANES Naturels ou Artificiels (car DIEU
agit par diverses MEDIATIONS envers nous, toutes également admirables, puisqu'il est lui-même Admirable)
fidèlement serviteurs de la SAPIENCE vraie dans cette scène mondaine, que nous percevons, connaissons
et comprenons le plus commodément et humainement les CHOSES DIVINES. Car les Sciences et
Arts excellents sont les ministres ou comme les Apôtres (qu'il me soit permis de parler ainsi pour la
cause que j'enseigne) de la SAPIENCE, qu'elle a envoyés dans le Monde, afin qu'ils prêchent aux fils de
la Discipline et de la Doctrine, fidèles héritiers aimés de la SAPIENCE, l'Evangile, c'est-à-dire la nouvelle
joyeuse et bonne, touchant les trésors mirifiquement inépuisables de leur SOUVERAINE.
| CCLXIX. Et que soient corrigés les vers. 18. | CCLXIX. Car les voies de ceux |
| sentiers de ceux qui sont sur la Terre | qui habitent la Terre ont été redressées |
| et que les hommes apprennent ce qui | et ils ont appris ce qui t'est agréable. |
t'est agréable:
(*1) L'ESPRIT de SAPIENCE est envoyé.
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DU GRADE CINQUIEME
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Car les voies de ceux, etc.] Voyez versets XXVIII, LXXIV, CLVII, CLVIII, CLXXXVII et CCXCIV. Puisque c'est
ainsi, et AINSI, c'est-à-dire par notre méthode et notre voie, qu'ont appris tous les autres, par
exemple notre Sapient et même tous les sapients (car il n'est nul grand homme sans le souffle Divin)
il nous faudra donc également insister sur leurs vestiges afin que suivant le même mode, nous
soyons instruits par le même ESPRIT DE SAPIENCE qui les a enseignés, et que nous soyons sapients. Car
tout ce qui est écrit a été écrit pour notre enseignement.
| CCLXX. Car par la SAPIENCE ont été vers. 19. | CCLXX. Et par la SAPIENCE ont été |
guéris tous ceux qui t'ont plu à | conservés. |
toi, SEIGNEUR, dès le Principe.
Tout ceux qui t'ont plu, etc.] Puisque vraiment nul ne plaît à DIEU hormis celui qui habite avec la
SAPIENCE, vers. CCC. Il nous faut étudier Théo-Sophiquement afin que nous habitions avec Elle; et
alors nous plairons à DIEU, nous serons aimés de LUI et nous obtiendrons TOUT en Orant et Laborant
dans la foi vraie suivant les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre. La Foi ferme et pure est une
efficacissime chose pour l'âme.
CCLXXI. Je T'ai demandé (en Prov. XXX, | CCLXXI. J'ai postulé vers toi pour |
| outre) DEUX CHOSES; ne me les dénie pas vers. 7. | deux choses; ne me les prohibe pas
|
| avant que je meure. | avant que je meure: |
CCLXXII. Mène loin de moi la vers. 8. | CCLXXII. Eloigne de moi la vanité |
vanité et les paroles menson- | et la parole mensongère; tu ne me don- |
| gères. Tu ne me donneras ni la men- | neras ni la pauvreté ni les richesses; |
| dicité ni les richesses; attribue-moi | ménage-moi la nourriture qui me con- |
| seulement ce qui est nécessaire à ma | vient: |
vie.
Je t'ai demandé DEUX CHOSES] Le Roi très sapient considérant l'homme et la vie intérieurs et extérieurs
demande à DIEU la gubernation de l'un et de l'autre. Pour l'âme, il choisit et demande l'éloignement
de la vanité et du mensonge; pour le corps la médiocrité de la fortune. Car l'homme
laissé seul à lui-même tombe dans les ténèbres et les erreurs de l'esprit et il s'abandonne aussi à la
félicité externe et au succès. Car, de la piété et de la crainte du Seigneur qui est la source de la
Sapience, flue toute l'incolumité de tout le corps et de la vie externe. Ainsi l'homme sera cet arbre
qui est planté le long du décours des eaux, qui donnera du fruit en son temps, dont la feuille ne
tombera pas; et toutes choses qu'il entreprendra prospérerons. Psaum. I, 3.
La Vanité] Qu'est-ce que
la vanité sinon la Sapience mondaine immonde qui est folle, aveugle, téméraire, orgueilleuse, ignare
de DIEU, superstitieuse, idolatrice, contemptrice DIEU, séditieuse, cruelle, sanguinolente, audacieuse,
inhumaine, querelleuse, inquiète, hypocrite, philonique, impudente, incontinente, truculente, avare,
calomniatrice, menteuse, déceptrice, fausse, arrogante, bilingue, trompeuse et en somme non autre
que cette astuce et malice serpentine née avec l'homme naturel, et cette chute déplorable du protoplaste,
cette ruine horrible qui le conduit et l'entraîne toujours à la mort éternelle.
Les paroles mensongères]
On s'oppose au Mensonge par l'Agnition et l'Invocation vraie de DIEU; car l'Agnition et
l'Invocation de DIEU sont les sources éternelles de la bénédiction et de la béatitude; mais le mensonge,
c'est l'ignorance de DIEU, l'idolâtrie, la superstition, le contemnement et la non-vocation de
DIEU; c'est l'abîme de la malédiction, temporelle et éternelle. Il ne choisit pas les richesses ni la pauvreté
parce que
Les âmes s'enivrent le plus souvent de la prospérité; Jésus l'éclatante loi du Monde était pauvre.
CCLXXIII. De peur que, rassa- vers. 9. | CCLXXIII. De peur que, rassasié, je |
| sié, je sois induit à te nier et à dire: | ne renonce en disant: qui est IEHOVAH? |
| Qui est le SEIGNEUR? ou qu'étant forcé | et de peur que, me trouvant pauvre, je |
| par la pauvreté je dérobe et que je | dérobe et que j'assume en vain le nom |
| parjure le NOM de mon DIEU. | de mon DIEU. |
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110 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
De peur que rassasié, etc.] Les biens médiocres de la vie sont choisis par le sapient. Les richesses et
les biens sont
les sources des maux, dit le Poète. Pharaon, du haut de sa souveraine puissance et opulence,
proféra imprudemment et arrogamment cette parole: Qui est IEHOVAH? C'est pourquoi il fut
englouti lui-même avec toutes ses richesses dans la mer Rouge parce qu'il avait tenté le Seigneur le
plus puissant et élevé, et que, dans l'endurcissement de son esprit il n'avait pas voulu le révérer, le
craindre et le reconnaître, après tant de prodiges supernaturels et pleinement divins. Ils errent donc
ceux qui, dans notre philosophie la plus secrète recherchent seulement des monceaux d'or; ceci est
d'un Insipient, non d'un Sapient. Car la Sapience est cultrice et amatrice de DIEU et non de l'or. Cette
Epouse Céleste est exempte de toute avarice, luxure, orgueil, forte et marche vêtue d'un habit simple,
vil, pourtant honnête et propre; elle use modestement des richesses et se prépare à supporter l'adversité;
ainsi elle amasse comme un trésor des Mystères Divins et Naturels; elle soutient la pauvreté,
les peines, les labeurs et ne cède pas facilement aux malheurs.
Car ni les biens ni les flatteries ne l'enorgueillissent: ni les aspérités ne la brisent Mais les joies de la foi invincible, vraiment l'adjurent.
| CCLXXIV. Après l'INDUSTRIE (enfin Eccl. X, | CCLXXIV. Et l'excellence de |
| vraiment) suit la SAPIENCE ! vers. 10. | la rectification est la Sapience.
|
L'excellence de la rectification, etc.] Combien distorte et dépravée est la Nature humaine, les infirmités
quotidiennes, hallucinations, ténèbres, erreurs, l'attestent suffisamment; c'est pourquoi une rectification
et émendation de la nature perverse doit être instituée pour chaque moment; c'est de cette nôtre
correction et rectification que la Sapience est la fin. La source de tous les maux naît avec nous, par
laquelle les hommes, se permettent toutes choses et dont ils ne désirent jamais l'émendation; c'est-à-dire
l'amour-propre ou
philautia, par lequel chacun est naturellement ami de soi-même et se délecte dans
ses opinions. Mais cette maladie
(morbus) en laquelle tous se complaisent avec excès est vraiment la
source de toutes les erreurs et de tous les délits dans la vie. Par conséquent la réformation de la nature
et de l'amour-propre est complètement nécessaire si, admirateur de la SAPIENCE, tu désires aspirer
à la LUMIERE de la SAPIENCE vraie.
Ainsi, toi, fils de la DOCTRINE, qui par la grâce de IEHOVAH
as ainsi obtenu la SAPIENCE ou quelques-uns de ses
DONS super excellents.
| CCLXXV. Donne (aussi) au Sapient Prov. IX, | CCLXXV. Donne au Sapient l'incré- |
| l'occasion, et la SAPIENCE lui sera aug- vers. 9. | pation et il sera plus Sapient; enseigne
|
mentée; enseigne le juste et il se | le juste, et il augmentera la Doctrine. |
hâtera de recevoir.
(*1) Et il se hâtera de recevoir] Même avec une immense action de grâces et avec la rémunération due àson labeur. Ce sont les SIGNATURES des héritiers fidèles et aimés de la SAPIENCE. Car ceux qui sont
oublieux des bienfaits veulent, fils, se placer avant le père, <.C'est l'oeuf qui veut en remontrer à la poule (proverbe allemand); ceux-ci sont des ingrats, de la
maison desquels ne s'éloignera pas le mal.
| (*2) CCLXXVI. Ne parle (donc) pas Prov. XXIII, | CCLXXVI. Ne parle pas aux oreilles |
aux oreilles des insipients; parce vers. 19. | du fou, parce qu'il condamnera la Pru-
|
| qu'ils mépriseront la Doctrine de ton | dence de tes discours. |
| discours. |
|
Aux oreilles des insipient, etc.] De peur que tu ne fasses oubli de ce précepte, je t'en avertis fraternellement.
Car ce n'est pas auprès de tous, ni en tout temps, ni complètement qu'il convient et est
(*1) La signature du Sapient.
(*2) Où et pourquoi les Sapients ne doivent pas parler.
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DU GRADE CINQUIEME
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indifférent de parler et de prophétiser des mystères, des arcanes et des secrets de DIEU, de l'Homme,
de l'Esprit et de la Nature; et ce n'est pas non plus entièrement sûr; mais (comme il a déjà été dit
souvent) il faut considérer à qui, quand et combien. Car beaucoup doivent parler mais peu doivent
établir. Il faut ménager le temps, le lieu, les personnes. Prends garde aussi, comme en avertit un
certain homme Religieux, que quelque Saturne n'aperçoive tes livres témoignant des arcanes de peur
que (ce qui s'adresse à un grand nombre qui ont oublié ce précepte) tu ne sois ignominieusement
jeté et foulé aux pieds des boeufs. Plût à Dieu qu'il est toujours lui-même la mémoire de ceci! Ne
projette pas les perles aux pourceaux obsédés du diable. Il est profitable de se taire souvent en temps
et lieu.
| CCLXXVII. Le Père du juste exulte vers. 24. | CCLXXVII. Le Père du juste exultera |
de joie: qui engendrera le Sa- | en exultant, et celui qui engendre le |
| pient se réjouira en lui. | Sapient se réjouira en lui. |
Qui engendrera, etc.] Non seulement le fils suivant la nature, corporellement engendré de sa semence:
mais le fils de la Doctrine et de la Discipline, sapientement engendré par la Doctrine, l'institution et les
préceptes salutaires. Voy. verset XXXIV. Cette phrase est usitée parmi les Sapients: ô mon fils, ô mon
fils!
CCLXXVIII. L'oreille qui Prov. XV, | CCLXXVIII. L'oreille qui écoute l'in- |
| écoute les incrépations de vie demeu- vers. 31. | crépation de vie, demeurera au milieu
|
| rera au milieu des Sapients. | des Sapients. |
L'oreille qui écoute] De même que par la porte des oreilles est entrée l'inobédience et la malice dans
le coeur de l'homme, de même en écoutant la voix de l'admonition et de la castigation, la Sapience
entre dans l'esprit. Et, de même qu'en écoutant la voix du diable, tout le coeur de l'homme est Corrompu
et souillé, de même, en écoutant la voix de DIEU dans le Livre de la Sacro-Sainte Ecriture, de
la Nature, et dans soi-même, le coeur de l'homme est libéré de la corruption, de la putrescence diabolique
et de l'ignorance. Car DIEU orne et récompense l'étude de la Sapience, en cette vie par la plus
grande lumière, intelligence, science, cognition des choses spirituelles et naturelles, conseil, force de
foi, consolation et succès dans la gubernation publique et domestique, et après cette vie par des récompenses
immortelles.
CCLXXIX. Celui qui rejette la vers. 32. | CCLXXIX. Qui néglige la Discipline |
| DISCIPLINE méprise son âme; mais qui | méprise son âme; mais qui entend l'in- |
acquiesce aux incrépations est | crépation possède le coeur. |
possesseur du coeur
La Discipline] De même que celui qui néglige la médecine, hait et méprise la santé du corps, et est
l'ennemi de cette vie corporelle; de même celui qui néglige la discipline qui est la médecine de l'âme
est ennemi et homicide de son âme. Et de même que ceux qui craignent le Seigneur et qui déclinent
du mal, auront la santé pour l'ombilic et l'irrigation des os, Prov. III, 8; au contraire, pour ceux qui
méprisent la Discipline et la Crainte du Seigneur viendront l'invétération, la langueur et le ver rongeur
de la conscience. Psaum. XXXII, 3.
Est possesseur du coeur] C'est-à-dire est le dominateur de ses
affections, colère, haine, joie, tristesse, crainte. volupté; et si quelqu'un apprend à régir et modérer
rectement ces affections, assurément celui-ci agira prudemment en toutes choses et avec la possession
et la modération de son coeur, il possédera la gloire et l'honneur.
CCLXXX. L'indigence et Prov. XIII, | CCLXXX. La pauvreté et l'ignominie |
| l'ignominie à celui qui déserte la DIS- vers. 18. | à ceux qui s'éloignent de la correction,
|
| CIPLINE; mais celui qui acquiesce à la | mais qui garde l'incrépation aura l'hon- |
| remontrance sera glorifié. | neur. |
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112 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
L'indigence et l'ignominie] L'homme naturel qui s'éloigne complètement des voies de la Sapience
vraie, la Sapience elle-même le corrige indéfiniment d'innombrables corrections afin qu'il retourne
dans sa voie et qu'il soit délivré de sa folie innée et congénitale. Si l'homme sapient admet cette
correction, il sera orné par la Sapience correctrice de beaucoup de récompenses parmi lesquelles sont
les richesses honnêtes et légitimes et même les honneurs; si vraiment l'homme fat repousse la discipline,
la Sapience s'éloigne de lui et la pauvreté et l'ignominie, fille de l'impiété lui succèdent alors.
CCLXXXI. Car celui qui ins- Prov. IX, | CCLXXXI. Qui corrige le dérisoire, |
| truit le dérisoire se fait lui-même in- vers. 7. | reçoit lui-même l'ignominie, et qui re-
|
| jure, et qui reprend l'impie se fait lui - | prend l'impie reçoit lui-même sa tache. |
| même une tache. |
|
Celui qui instruit le dérisoire] Il faut donc examiner prudemment quels sont ceux auxquels nous
confions les mystères, les arcanes et les secrets; de peur que le diable ne suscite le coucou ingrat.
(*1) CCLXXXII. Ne reprends point vers. 8. | CCLXXXII. Ne reprends donc pas le |
| le dérisoire de peur qu'il te haïsse; en- | dérisoire, de peur qu'il ne t'ait en haine; |
| seigne le Sapient et il t'aimera. | reprends le Sapient et il t'aimera. |
Ne reprends point le dérisoire] Laterem enim vel Aethiopem lavabis, tu laverais la brique ou le nègre,
proverb. popul., tu perdrais ton temps et ta peine. Rappelle-toi ce que disent les Allemands: Le
Diable a mêlé tous les fous ensemble; il faudrait avoir beaucoup de temps à perdre pour entreprendre
de les instruire car tous les fous se croient sages. » Evite-les. Prends garde de donner aux chiens ce
qui est saint. Les Epicuriens et les athées deviennent plus furieux lorsqu'on les reprend; au contraire,
les pieux et dociles qui craignent DIEU profitent dans la Sapience et dans beaucoup d'autres dons
excellents.
CCLXXXIII. Le dérisoire (en Prov. XIV, | CCLXXXIII. Le dérisoire cherche la |
| effet) cherche la SAPIENCE et ne la trouve vers. 6. | Sapience et ne la trouve pas; mais la
|
| pas; la Doctrine des prudents est fa- | science est facile à trouver à l'intelligent. |
cile.
Le dérisoire cherche, etc.] L'homme de caractère sceptique et railleur n'est nullement capable de la
Sapience. Car la SAPIENCE aime l'âme simple et avide d'apprendre; elle le nourrit de miel et de rayon
de miel, et l'enivre du nectar de la Sapience. L'Ame apte à la cognition, dit Ptolémée, est plus proche
du vrai que celui qui s'exerce dans la science avec toute l'ardeur possible. Cette aptitude d'esprit est
un don céleste; et c'est en priant qu'elle s'acquiert.
CCLXXXIV. Sur la face du pru- Prov. XVII, | CCLXXXIV. Dans le regard de l'in- |
| dent luit la SAPIENCE; les yeux des fous vers. 24. | telligent apparaît, la SAPIENCE; et les
|
| sont aux confins de la Terre. | yeux du fou sont à l'extrémité de la |
| | Terre. |
Sur la face du prudent, etc.] C'est-a-dire: le visage du Sapient est modeste et les yeux inconstants
des fous circomvaguent et sont des indices de légèreté; car le visage est le miroir de l'âme. Comme
dans les eaux resplendit le visage de ceux qui s'y regardent, ainsi les coeurs des hommes sont manifestes
aux prudents. Prov. XXVII, 19. Et connais avec soin l'état de tes brebis, et considère tes troupeaux,
Ibid., vers. XXIII. La Sapience de l'homme luit sur son visage, et le Potentissime change sa
face, Ecclés., VIII, 1. Donc explore Metoposcopiquement, Physignomoniquement, Chiromantiquement
les hommes, les disciples, comme autrefois Pythagoras. De même que toutes choses créées ont été
peintes et ornées par la Nature de certains signes et notes et sont ainsi les divins portraits de l'insigne
(*1) Signature du Sapient.
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DU GRADE CINQUIEME
113------------------------------------------------------------------------------------------------
Nature, dans une certaine proportion figure et mesure, ce pourquoi on peut porter un jugement sur l'esprit
interne et latent et sur les occultes propriétés des choses; de même cette propriété occulte des choses et cet
esprit latent se manifestent eux-mêmes par quelques signes certains et par des marques externes, et
suivant sa nature et son caractère impriment une signature, figure, proportion et indice, tels que les
Sapients peuvent les reconnaître; ces Signatures sont le commencement et comme l'alphabet et le
premier élément de la Magie Naturelle. Ainsi principalement ces signes doivent être connus dans le
visage et les habitudes de l'homme. Car la signature de toute la nature se retrouve dans le Micro-
Cosme. Ces caractères et notes hiéroglyphiques de la Nature possèdent un sens et une explication par
laquelle elles peuvent être judicieusement comprises par les Sapients et experts dans cette écriture et
littérature naturelle. Car la Nature ne ment jamais ni ne donne un faux témoignage d'elle-même;
elle ne déçoit pas ses chercheurs; de sorte qu'ils apprennent parfaitement à comprendre cette écriture.
Le Ciel a ses signes; le Feu, l'Air, l'Eau, la Terre, les Végétaux, les Animaux, les Minéraux, les
Métaux ont leurs signatures; les Anges ont leurs marques; tous les Prophètes, tous les Apôtres, tous
les Saints; même le Sauveur lui même a le signe du Fils de l'Homme, la figure de la Croix.
| CCLXXXV. On comprendra l'en- Prov. XX, | CCLXXXV. Et l'enfant sera connu |
fant par ses inclinations, si pures vers. 11. | par ses oeuvres, si pure et droite est son
|
| et droites sont ses oeuvres. | oeuvre. |
Par ses inclinations] Par ses actions, en tant que signatures et charactérismes naturels. NOTE: Les
hommes grands et illustres sont suscités par trois modes: 1. Un feu d'une nature extraordinaire est
divinement excité en eux et par lequel ils sont portés à accomplir des choses glorieuses et qui les
désigne et les fait briller dès leur première jeunesse, comme on le voit dans le Patriarche Joseph,
en David, Salomon, Daniel, Iosias, etc. Ceux-ci sont choisis dans l'utérus maternel pour être les instruments
de la Divine providence et les organes des oeuvres de DIEU. II. L'Influence naturelle des
astres et les fruits des astres, toutes les fois qu'ils parviennent à maturité, doivent présenter au
monde quelque bienfait naturel, et le produire de leurs trésors (car toute Sapience naturelle est dans
les astres); ils désignent donc, dès ce principe de sa conception un naturel quelconque d'où ils
forment des hommes illustres en divers arts, suivant les diverses facultés et les diverses fonctions
auxquels ils s'occupent. C'est ce que chante le Poète:
Le génie céleste surgit plus rapide que ses années Et supporte avec douleur la fuite du temps.
III. Le Ciel est quelquefois interne dans l'Homme, qui est illuminé alors par l'Esprit Saint ou par
des dons singuliers de l'Esprit Saint, acquis par la FOI et l'ORAISON. Ici est caché l'Esprit kabbalistique
et l'école de la subtile philosophie Théophrastique.
| CCLXXVI. Qui marche frauduleu- Prov. XI, | CCLXXXVI. Qui marche frauduleu- |
sement révèle les arcanes; mais vers. 13. | sement révèle le secret, mais le fidèle
|
| qui est fidèle cèle la chose confiée par | d'esprit cèle la chose. |
son ami.
Mais qui est fidèle, etc.] Par la foi, l'oraison et la taciturnité sont acquis beaucoup de mystères
célestes et d'arcanes naturels. C'est pourquoi Esaias chante, chap. XXIV, vers. 16:
Mon secret est pour
moi, mon secret est pour moi. Et David, Psaum. LI, 8: les choses incertaines et occultes de ta Sapience
ont été manifestes pour moi. C'est pourquoi l'Apôtre S. Paul dit encore:
Dans le Christ Jésus, tous les
trésors de la Sapience et de la Science sont cachés. Epit. aux Coloss. II, 3. Demandez donc, cherchez,
frappez. Ce sont les mots ἄρρητα, mystères ineffables, du paradis et du troisième Ciel dont parle
l'Apôtre, II, Cor. XII, 4.
C'est une excellente vertu de garder le silence Au contraire une grave faute de parler de ce qu'il faut taire.
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114 INTERPRETATIONS------------------------------------------------------------------------------------------------
CCLXXXVII. Qui révèle les Prov. XX, | CCLXXXVII. Qui révèle le secret, s'a- |
| Mystères et marche frauduleusement vers. 19. | vance frauduleusement et avec celui qui
|
| et dilate ses lèvres, ne te mêle pas avec | séduit par ses lèvres, ne te mêle pas. |
lui.
Qui révèle les mystères, etc.] Quiconque aspire aux choses les plus secrètes, soit divines soit naturelles,
il est nécessaire qu'il s'assujettisse à la constance, la gravité et la taciturnité. C'est avec ceux-
ci que les bons Anges sont révélateurs des Mystères; ils fuient loin de tous les inconstants, légers et
bavards. Donc toi aussi, fils de Sapience, fuis de même les hommes légers et bavards de peur que tu
ne marches toi-même à la mort.
CCLXXXVIII. Beaucoup vers. 6. | CCLXXXVIII. Une multitude d'hom- |
| d'hommes sont appelés miséricordieux; | mes où chacun prêche la miséricorde; |
| mais un homme fidèle, qui (facilement) le | mais l'homme sincère, qui le trouvera? |
trouvera?
Beaucoup d'hommes sont appelés miséricordieux, etc.] C'est-à-dire beaucoup d'hommes sont appelés
saints et passent pour tels, mais le vraiment bon et fidèle, qui le trouvera? Car seul Dieu considère
les coeurs des hommes et discerne toutes les choses gardées et simulées des choses sincères et vraies.
C'est donc prudentissimement qu'il faut fréquenter les hommes. Car il n'est pas de plus grand mal
dans l'amitié que l'adulation, la flatterie et l'assentation. Sous quelque nom que ce soit, ce vice doit
être flétri; tout ce que disent les hommes légers et faux est en vue de la volupté; rien pour la
vérité. Cicéron,
in Laelio.
CCLXXXIX. Ne fais (donc) pas Prov. III. | CCLXXXIX. Ne pense donc pas de |
| de mal à ton ami puisqu'il a confiance vers. 29. | mal contre ton ami puisqu'il est en sé-
|
| en toi. | curité avec toi. |
Ne fais pas de mal, etc.] L'Esprit imbu de la vraie Sapience, et fils de la Sophia est le Médecin et
non le destructeur de l'humaine société. Car l'âme capable de Sapience généreuse est l'amante de la
vérité et de la justice, l'ennemie vraiment de toute sophistique et injustice. Il faut surtout user
d'une parfaite équité (ἐπιεἰκεια) pour les délits secrets du prochain qu'il faut cacher et corriger; ce
n'est point lui créer de nouveaux pièges et de nouveaux maux. Nulle blessure n'est plus cruelle, dit
Sophocles, que d'être trompé par un ami. Souvent l'ami est pernicieux.
CCXC. (Car) qui rend le mal Prov. XVII, | CCXC. C'est comme pour l'épreuve de |
| pour le bien, le mal ne s'écartera ja- vers. 13 et 3. | l'argent, et dans un creuset que |
| mais de sa maison. | IEHOVAH éprouve les coeurs. |
Qui rend le mal, etc.] De même que la gratitude s'allie à la vérité et à la justice que DIEU aime; de
même que l'ingratitude est produite par le mensonge et l'injustice. Puisqu'il hait très fortement ces
maux et les déteste souverainement, nul doute que les ingrats doivent être punis de DIEU.
Et cette parole de Xenophon est digne de mémoire:
Les Hommes qui ne sont pas accoutumés à la gratitude envers ceux qui méritent bien, sont ensuite ingrats envers DIEU.
Que IEHOVAH
éprouve les coeurs.] Il scrute également les coeurs et les reins
par le FEU de la croix et des tribulations. Car le FEU éprouve
toutes choses. Et si DIEU trouve le coeur fidèle, certainement
il lui révélera ses secrets et lui accordera ses
dons et ses biens:
Il sait quand et où il faut bénir ou s'opposer: < <
Ici doit être insérée la figure du sixième grade.
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DU GRADE SIXIEME 115
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VI
GRADE PROLOGETIQUE
SIXIEME EXPOSE
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| ou SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE,
|
| | DU GREC
|
CCXCI. TOUS LES BIENS (atteste Sap. VII, | CCXCI. Tous les biens se sont appro- |
| l'Homme Sapient) SONT VENUS à moi éga- vers. 11. | chés de moi avec et en même temps
|
| lement avec (LA SAPIENCE) elle, et d'in- | qu'elle, et par ses mains d'innombrables |
nombrables honnêtetés par ses | richesses. |
mains.
Tous les biens sont venus à moi, etc.] Voy. versets CCCXIV, CCCXV, CCCXXXIV et CCCXXXVIII. Par ses mains]
Par les labeurs manuels Théosophiques de la SAPIENCE dans l'Oratoire et le Laboratoire, selon les Lois
et la Doctrine de cet Amphithéâtre; non par la négociation mondaine immonde, vers. CCCXVII. C'est
pourquoi il est dit au Psaume CXXVIII, 2: Tu mangeras les labeurs de tes mains. C'est le torrent redondant,
la veine, la source de la SAPIENCE, Prov. XIV, 4.
| CCXCII. Et je me suis réjoui en toutes vers. 12. | CCXCII. Je me suis réjoui en toutes |
choses, et parce que cette | choses, parce que la Sapience est leur |
| SAPIENCE m'antécédait et j'ignorais | auteur; et j'ignorais réellement qu'elle- |
qu' elle est la mère de toutes ces | même est leur mère. |
choses.
Parce que cette SAPIENCE m'antécédait, etc.] Comme s'il eût dit: Parce qu'elle était avec moi théoriquement
et pratiquement, parce qu'elle Orait et Laborait avec moi, versets CCLXI et CCCII. Elle est la
mère de toutes choses] SOMMAIRE des SOMMAIRES: Qui n'est pas fils de la DISCIPLINE, c'est-à-dire de la
CRAINTE DU SEIGNEUR, n'a pas pour soeur ni pour épouse cette SAPIENCE vraie (mère de tous les Biens et
les Dons de DIEU); celui qui ne l'a pas pour amie Ore en vain, Labore en vain, parce qu'il ne puise
pas le Salut et la Volonté du SEIGNEUR, verset CCCXXIX, et, par conséquent, ne sera pas héritier des
Trésors infinis de la SAPIENCE. Puisque tout est dans la réduction à la simplicité de la Monade, il faut
donc y parvenir. Voy, versets CLVII, CLVIII, et CCXIII, et seconde figure de cet Amphithéâtre.
CCXCIII. Car elle est un tré- vers, 14, | CCXCIII. Car elle est pour les hom- |
| sor infini pour les hommes; ceux qui | mes un trésor inépuisable; ceux qui en ont (*1) |
en ont usé sont faits participants à | usé sont unis d'amitié avec DIEU et sont |
| l'amitié de DIEU, et sont recommandés | recommandés à cause des dons de la |
à cause des dons de la DISCIPLINE. | Discipline. |
(*1) Amitié de DIEU.
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116 INTERPRETATIONS
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Car elle est un trésor infini, etc.] Parce qu'elle-même est Eternelle, Immense, Omnipotente, Infinie;
et ses trésors, pour cette raison, sont inépuisables et infinis. Dés le commencement du monde elle a
toujours donné; elle donne aujourd'hui et c'est pourquoi elle ne veut et peut manquer de donner
avec largesse en tout âge. L'amitié de DIEU] De sorte qu'ils obtiennent la jouissance de DIEU Paternel.
Fraternel et Ami du souverain BIEN. Voy. seconde figure de cet Amphithéâtre. Car nous sommes
créés afin que nous connaissions, contemplions, aimions et vénérions ce Bien suprême, dans la
Sacro-Sainte Ecriture, le Livre de la Nature et le témoignage de la Conscience propre; en lui nous
sommes rachetés afin que nous en jouissions toujours. Cet unique peut remplir abondamment l'âme
toujours insatiable de l'homme. O cette fructuosissime amitié! NOTE: Puisque tous les biens que
possèdent les amis leur sont communs, que n'obtiendra pas de DIEU l'homme devenu ami de DIEU!
Il faut s'efforcer Théosophiquement de devenir l'ami de DIEU; alors, en jeûnant, Ore en Esprit et
Vérité; alors Labore sapientement dans les choses qu'enseigne cet Amphithéâtre; et IEHOVAH se montrera
à toi et te donnera sans retard. Car tu auras puisé le salut et la volonté en Dieu, ton ami, et en
la SAPIENCE, ton amie. La SAPIENCE est la conciliatrice de l'amitié qui doit être instaurée avec DIEU
parce qu'elle joint l'homme à DIEU dans la Crainte de DIEU et, ceci étant fait, il obtient de DIEU de
bien vouloir connaître, être et pouvoir dans les mystères Divins et les secrets de la Nature (Divinement,
par l'influence, la lumière et le mouvement, ou par le Maître Sapient que DIEU t'envoie ou
qu'il est lui-même pour toi, vers. XXXII) Voy. verset CCXCIX. A cause des dons de la DISCIPLINE] A cause
de la CRAINTE DE DIEU qui est le commencement de la SAPIENCE, vers. CCX qui nous confie à DIEU.
CCXCIV. LUI-MEME m'a donné vers. 17. | CCXCIV. Car DIEU m'a donné la co- |
| la SCIENCE vraie des choses qui | gnition vraie des choses qui sont dans |
sont; afin que je sache la | la Nature, afin que je comprenne la |
| disposition de l'Orbe des Terres | constitution du Monde et la force des |
et les vertus des Eléments. | Eléments. |
LUI-MEME m'a donné] Voyez ci-dessus vers. CLXXXVII. Afin que je sache] Qui, quelles et quantes
choses? Non seulement les mystères des choses Divines, mais vraiment TOUT, comme il sera démontré
par ce qui suit. Et comment? demanderas-tu encore. Immédiatement, te répondrai-je, et médiatement
suivant la très libre volonté de DIEU; et encore Théo-Sophiquement, Physiquement, Physico-
Médicalement, Physico-Chimiquement, Physico-Magiquement, Hyperphysico-Magiquement, Kabbalistiquement,
suivant la Loi et la Doctrine de tout cet Amphithéâtre. Les paroles que j'ai rapportées
sont peu nombreuses; cependant leur sens se répand de lui-même au loin. Tu demandes des Définitions;
vraiment je te les donne. La THEOSOPHIE est la Théologie, dans le Ternaire (c'est-à-dire Bibliquement,
Macro et Micro-Cosmiquement), Catholique, Mirifique, de IEHOVAH l'Admirable (verset CCVII. La voix de
DIEU en Tout, par Tout, de Tout, à Tout, vers. XXXV). LA PHYSIQUE est la cognition et tractation de l'un et l'autre
Monde, c'est-à-dire le Majeur en entier et le Mineur (selon le Corps et l'Esprit qu'il a reçus du Macrocosme)
par la Tradition, la Nature et l'Art, Universellement, par et dans la Sacro-Sainte Ecriture, la Pierre des
Philosophes et nous-mêmes; Particulièrement par et dans les parties de l'un et l'autre. La PHYSICOMEDECINE est
l'art de connaître le grand Livre de la Nature (Macro et Micro-Cosmiquement); afin que tu puisses lire
(*1) universellement que particulièrement) Toi-même dans le monde majeur et vice versa, le Monde
majeur en toi même; pour conserver la santé du corps humain et en expulser les maux (vers. CCXCVII).
La PHYSICOCHIMIE est l'art de dissoudre chimiquement par la méthode de la nature, de purifier et de réunir
convenablement les choses Physiques; l'Universel (Macro-Cosmiquement la Pierre des Philosophes; Micro-
Cosmiquement les parties du corps humain; qu'on se garde de verser la calomnie sur la première de
ces figures) et les particuliers, TOUTES CHOSES du globe inférieur. La MAGIE des Vétustissimes Sapients
(appelés Mages chez les Perses, Philosophes chez les Grecs, Sapients chez les Latins, Brahmanes chez les
Indiens ou Gymnosophistes suivant l'expression grecque; Sacerdotes et Mekubales chez les Egyptiens,
Prophètes et Kabbalistes chez les Hébreux, Chaldéens chez les Babyloniens et même les Assyriens,
Druides, Bardes et Semnothéi chez les Celtes gaulois) UNIVERSELLEMENT pratiquée est semblable à l'étude de
la Kabbale chez les Hébreux, souverainement parfaite et absolue puisqu'elle consistait pieusement et sapientement
dans le culte des Etres Divins, la tractation des Etres spirituels et la conversation avec eux, et l'investigation
des choses naturelles; Bien que ces derniers, les Hébreux, aient devancé considérablement les autres
dans cet exercice, au moyen de leur Guide plus bienfaisant. Et la PHYSICOMAGIE (l'oeuvre seul de Beresith,
(*1) Ici se rapporte la signature.
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DU GRADE SIXIEME 117
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c'est-à-dire de la Sapience de la Nature, vers. CLXII) est la mirifique méthode pour pratiquer l'Art
Naturel (Macro et Micro-Cosmiquement). L'HYPERPHYSICOMAGIE (ainsi appelée en considération de la
Doctrine Naturelle) est la pieuse et utile conversation, tant en veillant qu'en dormant, médiatement
et immédiatement, avec les bons Anges, ces êtres flamboyants, ministres de DIEU, suivant l'administration
qui leur a été déléguée par DIEU. La KABBALE est la symbolique RECEPTION, Théo-Sophiquement
échue du sort, de la Divine révélation pour la salutifère agnition de DIEU et de Maschiah, pour la (*1)
cognition, l'union et la fruition des Formes qui ont été séparées de la Nature (dans le Macro et le
Micro-Cosme) et de nous-mêmes; et même pour l'intellection vraie de la Sacro-Sainte Ecriture; ou
immédiatement, ou par le médiateur convenable (par lequel nous puissions connaître les êtres divins)
tant Universellement que Particulièrement. Te voici instruit. Ce notre Amphithéâtre, Philosophiquement
expliqué donne abondamment aux fils de la Doctrine les Expositions nécessaires et suffisantes
Dieu aidant) en leur temps. Sois content de ce qui est ici présentement; garde-toi de calomnier ce que
tu ignores. Un Homme illustre et très versé dans les sciences les plus communes (mais dont je tairai
le nom pour ménager son honneur) a émis dans ses poèmes les jugements les plus froids et les plus
sévères sur la Magie, l'Alchimie et la Kabbale: <, c'est-à-dire:
Chacun juge de toutes choses selon qu'il les comprend. Ceux-là méritent plutôt la miséricorde que la
répréhension. Car leurs railleries ne portent aucun préjudice à la vérité; puisqu'ils atteignent plutôt
l'abus (qui n'efface pas la substance de la chose) que l'usage légitime et vrai, comme si la faiblesse de
l'artisan devait tendre à l'indignité de l'art. Par le même procédé, on pourrait vraiment remarquer
des traces d'Hérésies dans les Saintes Ecritures (mais où avec juste raison?). J'AJOUTE: Quelqu'un
demandera: D'où prends-tu ce que tu nous proposes dans ce tien Amphithéâtre? Je réponds ingénument
avec notre Sapient (et même d'autant plus volontiers que je donnerai satisfaction à certains
Aristarques; non cependant que je veuille rien prétendre arrogamment par moi-même, ce que j'affirme
dans la meilleure et plus solennelle forme du droit) DIEU ME L'A DONNE, A MOI (le plus infime de
tous les Philosophes); JE L'AI REÇU DU SEIGNEUR, tant immédiatement que médiatement. Et comment
donc, je t'en prie? demanderas-tu encore. Je vais te le dire. Tu l'as entendu plus haut, c'est-à-dire
Théo-Sophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, etc, comme ci-dessus. Car moi, enflammé
par le feu Divin et par une grande ardeur de scruter les choses altissimes, j'ai recherché et examiné
par moi-même et par d'autre, (par emption ou commutation, etc.) selon que l'occasion ou le temps
ont permis de le pouvoir faire, tous les monuments sculptés, peints ou écrits (en ce pays ou à l'étranger)
des Philosophes des divers peuples, tant vétustissimes et anciens que Néotériques, symboliquement
ou mystiquement, hiéroglyphiquement, figurativement, énigmatiquement, paraboliquement,
allégoriquement, arcaniquement, secrètement ou manifestement; j'ai feuilleté, relu et relu encore les
Livres des Théo-Sophes, des Kabbalistes, des Mages, des Physico-Chimistes, c'est-à dire des vraiment
Sapients, et même des Sophistes et de ceux, non illuminés, qui ont philosophé Païennement;
et par des voeux et des soupirs licites et permis au chrétien, j'ai opté, invoqué, oré, et celui qui seul
est digne, JESUS la SAPIENCE du PERE m'a ouvert (la chose parle d'elle-même) non seulement les livres
que j'ai énumérés, mais encore le Livre de DIEU dans le ternaire Catholique qui est la Sacro-Sainte
Ecriture et le Monde, l'un et l'autre, majeur et mineur; il en a brisé les sceaux (verset CCXXIII et
figure seconde de cet Amphithéâtre) de sorte que, maintenant encore il m'explique et m'interprète
de jour en jour ce Livre des Livres. Depuis la quinzième année de mon âge j'ai élaboré infatigablement
dans l'officine de Vulcain, avec des frais (certes) non minimes, cependant (grâce à DIEU) efficaces;
seul et avec des compagnons, fidèles à moi, parfois infidèles, tantôt dextrement, tantôt sinistrement;
car quel est le bien qui jamais ne comporte de mal? Les uns m'ont enseigné, les autres
m'ont nui. J'ai observé ce que la Nature m'avait enseigné (par l'Art obstétricant); ô fructuosissime
Kabbale Physico-Chimique! J'ai annoté soigneusement mes sermons, mes labeurs et non seulement
les concepts de mon esprit pressentant, mais encore ceux des autres. Quand vous dormiez profondément,
ô hommes paresseux, j'ai veillé en laborant. J'ai médité avec soin, de nuit et de jour sur tout
ce que j'avais vu, lu, entendu, appris; debout, assis, marchant, couché, à la lumière du Soleil, de la
Lune, sur les rives ou les fleuves, dans les prés, les montagnes, les bois, les forêts, ou même à la lumière
de la lampe ou de la chandelle de cire, dans la chambre où j'avais fait brûler des parfums (pour
récréer les esprits animaux du cerveau), en me mouvant pathétiquement; je vécus et conférai (car je
pense qu'il faut apprendre non ineptement de tout le monde) avec les vieillards et les jeunes gens,
les Religieux et les laïcs (je ne parle pas puérilement ou sénilement mais scientifiquement) avec les
Princes et ceux qui sont nés dans la haute noblesse; avec les doctes et les indoctes, les simples et
(*1) La Divine étude de la Kabbale.
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118 INTERPRETATIONS
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ceux qui sont couverts d'une peau de renard, les prudents et les insipients; avec les rustiques et les
idiots, les riches et les pauvres; avec les Théo-Sophes et les Théo-Sophistes, les bons et les mauvais,
les blancs et les noirs; (pour m'en informer au moins et non pour approuver, car le mal n'est pas
dans la science mais l'usage seul damne) avec ceux qui sont exercés à la théorie et les contemplations,
puis avec ceux qui sont experts dans la pratique; avec les mécaniciens dont j'ai fréquemment visité
les officines, < (aussi bien avec ceux qui ont l'esprit épais et éloigné de
toute science) avec les matelots comme avec les montagnards (car il faut croire que chacun est expert en
son art): < (qu'avec les doctissimes); avec les Juifs, les Chrétiens, les sectaires et même les
athées; je les ai écoutés tous, n'en méprisant aucun; j'ai fait bon visage avec ceux (suivant le conseil très
utile de Raymond Lulle) qui vont par le monde; car on peut trouver des biens non minimes auprès de
quelques-uns, car (je déclare la vérité) sous la pourpre, la soie et le brocart se cache souvent la folie; et
par contre j'ai trouvé plus d'une fois quelque Sapience sous le vêtement sordide. N'aie pas honte du Sapient
pauvre ou de celui qui est mal vêtu je te le conseille; secours le nécessiteux, tu ne t'en repentiras
point. J'ai consulté DIEU Théo-Sophiquement et je l'ai observé me parlant et me répondant dans la Sacro-
Sainte Ecriture, la Nature et moi-même; et par les avertissements et sous la conduite de son saint ESPRIT,
j'ai eu le don de discrétion des Esprits (S. Paul, I. Corinth., XII, 10) et le sens et la discrétion du
bien et du mal (S. Paul, Ep. aux Hébr. V, 14) afin que je retins ce qui était Bon (que je propose) et que
je rejette le mal (que j'ai expurgé). J'ai pérégriné longtemps; j'ai visité ceux que je croyais savoir
quelque chose par leur expérience ou valoir par leur jugement ferme, et non pas toujours en vain;
car par IEHOVAH, bénin envers moi, mouvant ainsi leurs coeurs, les disposant et inclinant, ils disputèrent
et conférèrent amicalement avec moi et sans voiles des choses mystiques les plus secrètes
(heureux, quelques-uns, d'avoir rencontré le fils de la Doctrine, attentif et altéré de vérité) ils
m'accordèrent sans regret de parcourir les Musées et les Bibliothèques, de contempler les Laboratoires,
d'inspecter leurs labeurs et avouèrent fraternellement qu'ils les avaient recherchés pendant nombre
d'années avec de grands frais et des travaux d'Hercule; ils me donnèrent en pur don des préparations
(parmi lesquelles, j'en atteste DIEU, par une ordination admirable, j'obtins de l'un d'eux le
LION VIRIDE catholique de DIEU, et le SANG DU LION, c'est-à-dire l'OR, non du vulgaire, mais des PHILOSOPHES;
je l'ai vu de mes yeux, je l'ai touché de mes mains, je l'ai goûté de ma langue, je l'ai olfacté de mes
narines; ô combien DIEU est admirable dans ses oeuvres!) des préparations, dis-je, desquelles j'ai fait
un fructuosissime usage envers mon prochain souffrant, dans les cas désespérés, et ils me révélèrent
sincèrement les moyens de les préparer (par l'inspiration de la miséricorde de IEHOVAH). Ainsi il
importe, suivant la doctrine de S. Paul, I, aux Thessalon. V, 21, de tout éprouver et de retenir ce qui est
bon. Ainsi il m'importe d'apprendre, d'apprendre encore, de philosopher; car la minime partie de
ceux qui sont dans les Universités des Académies, apprend et enseigne. C'est dans l'Université de
DIEU, Péripathétiquement c'est-à-dire circumambulatoirement qu'il nous faut étudier et apprendre.
C'est la méthode admirable par laquelle DIEU Admirable se donne à moi; c'est cette voie par laquelle
(comme je le sais très certainement et non par simple opinion) j'ai marché (verset XXVIII et CLVII). Qui
me l'a donnée, DIEU seul dis-je; immédiatement et médiatement; puis encore par subdélégation la
Nature, le Feu, l'Art, les Maîtres, tant vivants que muets, les biens corporels et spirituels, en veillant
et dormant (versets XXXII et CLVII. C'est pourquoi, en humilité chrétienne je chante à bon droit avec
reconnaissance avec la Bienheureuse Vierge: Il a fait pour moi de grandes choses, lui le puissant,
S. Luc 1, 49. Et je dis avec le Prophète Royal: Le SEIGNEUR est Misérateur et Miséricordieux, Longanime
et très miséricordieux. Il ne sera pas toujours irrité ni ne menacera dans l'éternité. Il n'a pas agi envers nous
selon nos péchés ni ne nous a rétribués selon notre iniquité. Parce qu'il a corroboré sa miséricorde sur ceux qui
le craignent, comme l'altitude de la Terre au Ciel. Autant l'Orient est distant de l'Occident autant il a éloigné
de nous nos iniquités. Comme fait miséricorde le père des fils, le SEIGNEUR est miséricordieux pour ceux qui
le craignent. Parce qu'il connaît notre figment, il s'est souvenu que nous ne sommes que poussière. Psaum.
CIII, vers. 8 et suiv. (vulg. CII). Croyez fermement qu'il est vrai et certain qu'en craignant DIEU
vous ne perdrez jamais son nom, qui par la pénitence chrétienne (qui est de craindre DIEU et de
s'éloigner du mal, vers. CLIX) renaît constamment du péché. Si quelqu'un, par hasard, s'offensait de
ce que j'écris et enseigne ici, il pourrait se reporter aux Laboratoires Philosophiquement instruits,
voir les travaux de l'Art et de la Nature et ensuite comprendre les formes, les essences et les propriétés
des choses avant d'écrire, en crevant d'envie, quoi que ce soit d'ineptissime contre les
arcanes de DIEU et la Lumière de vérité.
COROLLAIRE: Le Roi Geber (comme on peut le voir dans son livre de la Divinité) après avoir accom-
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DU GRADE SIXIEME 119
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pli diversement et en vain de nombreux, variés et pénibles travaux en Alchimie fut enfin Divinement
instruit par la vision d'un songe (ce qu'il est très facile à DIEU d'accomplir et non impossible d'obtenir
pour le Croyant, en Orant et Laborant Théosophiquement) de la matière unique, vraie, dans la tri-unité
catholique, de la Pierre Catholique et unique des Philosophes (car il peut exister réellement autant
de Pierres que de choses, qui peuvent être considérées spécialement, mais néanmoins ne sont pas spéciales,
particulièrement et ne sont point particulières. L'Universel vient de l'universel; le particularisme
est un solécisme). L'Auteur du grand Rosaire a dépeint tout l'oeuvre jusqu'à l'achèvement bien
qu'il n'ait pas jugé à propos de s'étendre au delà du temps du LION; je sais, dit-il (enseigné par l'Influence
Divine, et conduit par la Lumière de la Nature), que l'Oeuvre parviendra nécessairement à
une telle substance. Et il est impossible de savoir ceci, sinon de le savoir par DIEU ou par le Maître qui
l'enseigne. Bernard comte de la Marche Trévisane ayant usé de la même méthode d'apprendre que
moi-même, pratiqua l'art pendant deux années avant de le conduire, par ses travaux, à la perfection
absolue. Le bon Lombard de Ferrare qui a écrit la Nouvelle Perle précieuse avant d'avoir complètement
préparé la Bénite Pierre Catholique, dit au chapitre XV de l'ouvrage cité: Nous avons vu les livres de
plusieurs Sapients, et nous les avons étudiés tant que l'a permis notre modique génie, bien que nous
ne nous soyons donnés que rarement à l'opération et au travail, etc. Voyez-le lui-même. De même
Denis Zachaire et plusieurs autres courant dans le même stade ont remporté (la Divine Clémence les
favorisant) la couronne de victoire (βραβει̑ον). Car il importe que dans cette étude la Doctrine précède
l'expérience et non le contraire; suivons les exemples de Rhasis, d'Avicenne et des autres philosophes
qui nous ont rapporté par écrit qu'ils l'avaient eux-mêmes connue avant de l'avoir expérimentée, par
une cogitation subtile, véhémente et longue. C'est par cette méthode que j'ai décrite et que DIEU m'a
donnée (pourquoi ne déclarerais-je pas la vérité sans nulle glorification), que je sais et écris; LUI
qui opère TOUT en Tous m'a donné la SAPIENCE afin que je sache quelques choses des secrets mystiques
et arcanes de la Sacro Sainte Ecriture et du Monde, l'un et l'autre; et bien que je ne sois pas
au suprême grade, je rends humblement grâce à DIEU pour celui auquel je suis parvenu (verset IV).
Car à chacun, dit S. Paul aux Romains, XII, 7, est donnée la manifestation de l'esprit pour l'utilité, etc. Car
c'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, se divisant en chacun selon qu'il le veut, et
dont le Nom soit Béni dans les siècles des siècles. Toutes choses ont leur temps, Ecclés. III, 1. Il a été
temps jusqu'ici d'apprendre par la méthode susdite; il est temps maintenant pour servir à ma mémoire,
d'écrire, peindre et annoter; il sera temps en dernier lieu (DIEU le voulant et me l'accordant) de produire
TOUTES CHOSES dans l'Oratoire et le Laboratoire, à la fin complète, et de transférer parfaitement
l'usage tri-un c'est-à-dire, Divin, Macro et Micro-Cosmique. Phy diabolo. DIEU le veuille. Amen. La disposition
de l'orbe des terres] La constitution du Monde. Comment a été fait le Monde, voyez verset CL avec
quelques-uns des suivants. Si tu considères attentivement l'ENTITE catholique tri-une, première, qui
est à la figure troisième de cet Amphithéâtre et ses reliques que DIEU a Catholiquement posées et
enfermées dans la masse particulière et a réservées au Sapient pour les usages Théo-Sophiques, tu
sauras traiter Physico-Chimiquement dans le Laboratoire; tout l'admirable artifice par lequel
L'ELOHIM CREATEUR a constitué (je ne dis pas créé) le Monde, t'apparaîtra. Ici apprends à connaître ce
qu'est la MAGNESIE Catholique du Monde Catholique, des Philosophes Physico-Chimiques. Si tu connais
l'un, tu connaîtras l'autre. Alors tu comprendras ce que j'ai annoté aux versets XXVIII, CLVII et
CLXII et dans la quatrième figure de cet Amphithéâtre, où j'ai traité de l'usage tri-un de la Pierre
Philosophique. Tu ne pourras considérer ceci à moins que tu ne sois Sapient. A cause de l'ingratitude
du Monde, je suis contraint à regret (DIEU m'en est témoin) à clore mes lèvres de mon doigt. Cependant
j'ai été fidèlement utile aux fils de la Doctrine par les figures seconde et troisième de cet Amphithéâtre,
et leur serai utile encore par ce qui suit. Car..... (1). Les vertus des Eléments] Et des fruits
qu'ils ont produits, Genès. I. Ceux-ci te seront enseignés ainsi que leur usage Physico-Médical, par
l'analyse Physico-Chimique préparatoire susdite.
CCXCV. Le commencement et vers. 18. | CCXCV. Le commencement, la fin, le |
| la consommation et le milieu des | milieu du temps, les vicissitudes |
| temps, les permutations des vicissi- | des solstices, et la variété des |
| tudes et les consommations des temps, | saisons, |
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(1) Voir la suite au tableau ci-contre.
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120 INTERPRETATIONS
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Le commencement et la consommation] Ceci par les Astres, comme en un Alphabet Céleste, peut être
lu et su par un Maître exercé dans l'Astronomie et l'Astrologie. Les vicissitudes des solstices.] Les mutations
des versions, c'est-à-dire les conversions du Soleil qui sont deux; l'une hivernale par laquelle
il commence à s'approcher vers nous; l'autre estivale, lorsqu'il cesse de progresser plus loin, mais
commence à redescendre vers les Cercles inférieurs (qui ont été trouvés, au grand avantage de l'étude).
Les deux solstices sont appelés ἡλἰου τρὀπαἰ, versions du soleil, d'où les tropiques ont tiré leur nom. La
variété des saisons] Les commutations des temps. Consulte ici les Ephémérides de l'Air de Mizaldus
et le Prognosticon Meteorographicon perpetuum de Scultetus. Item, les observations et la pratique de
Bauwern> Rien ne manque pour chaque temps
CCXCVI. Les mutations des vers. 19. | CCXCVI. Le cours de l'année |
| coutumes et les divisions des temps, le | et les dispositions des étoiles, |
| circuit des années et la position des |
|
| étoiles; |
|
Les mutations des coutumes, etc.] des Tempéraments des corps humains qui varient, se meuvent et
s'inclinent suivant la disposition et la constitution du Ciel et des Constellations. Et même les actions
des hommes sont rendues par elles-mêmes plus faciles ou plus difficiles parce que toutes choses qui
sont sous le Soleil ont leur temps particulier destiné à certaines actions. Le cours de l'année.] Les
cercles ou circuits des années et les positions des Astres. Et cette conversion répétée du Soleil qui
forme les années, qu'on appelle vulgairement révolution des années.
CCXCVII. Les natures des ani- vers. 20. | CCXCVII. Les natures des animaux, |
maux et les instincts violents | les instincts violents des bêtes, la force |
des bêtes et la force des vents | des vents et les cogitations des hommes, |
et les cogitations des hommes, | les différences des plantes et les facul- |
les différences des arbrisseaux | tés des racines. |
et
les vertus des racines.
Les natures des animaux.] Voyez ce qui suit. Les instincts violents des bêtes] Les accès de férocité des
bêtes sauvages. Certains renversent la disposition en prenant le genre pour l'espèce. Car θυμοειδὴς
Animus est cette partie, dans les bêtes comme dans les hommes, dans laquelle est le siège de la
colère (iracundia) ce qui s'entend: force irascible, dans les bêtes. La force des vents] Les générations,
les propriétés, les vertus et opérations des vents; la salubrité ou insalubrité de l'Air. Les cogitations
des hommes] Ceci, même à notre époque (j'en atteste la SAPIENCE elle-même) a été concédé par la
SAPIENCE vraie à quelques hommes pieux et bons (parmi lesquels la colonne de l'Empire Romain) (?)
non ignorés de moi, mais presque familiers, au moyen de ses pédissèques fidèles et aimées, c'est-à-dire
les Sciences et Arts excellents les plus secrets (vers. LXIV et CXC) et Théosophiques; je pourrais le
prouver par des témoignages vrais et certains, si je ne les réservais pour un endroit plus commode,
pour la CLEF secrétissime, peut-être, de cet Amphithéâtre. Mais diras-tu (comme au vers. CCLXIV), DIEU
seul qui est καρδιογνώστης, scrutateur des coeurs, connaît ces choses. C'est vrai. Le Sapient lui-même
te répondra sapientement au verset CCLXVIII. Les différences des arbrisseaux, etc.] La Doctrine de la
SIGNATURE des choses naturelles (qui est l'ART HERMETIQUE) est fort bien à sa place ici; car par les signes
indicatifs Divinement imprimés et axés en elles, elles parlent aux hommes, leur déclarent les facultés
et les forces et s'exposent à eux telles qu'elles sont. C'est par cette science que fut conduit Adam, le
premier parent de nous tous, et il imposa à tous les êtres animés de la Terre et à tous les volatiles
du Ciel, leurs noms essentiels et propres. Genès II, 19. C'est par son aide que Salomon (la lumière de la
Nature s'étant levée en lui) put disputer sur les végétaux, depuis le cèdre qui est sur le Liban jusqu'à
l'hysope qui sort de la muraille, et disserter des animaux domestiques et des oiseaux et des reptiles
et des poissons. III Rois, IV, 33. Celui qui refuse d'apprendre cet ALPHABET PHYSICOMEDICAL dans le livre
de la Nature restera borgne (monoculus) et claudicant en médecine. C'est lui que Philippe Théophraste
Paracelse (qui est vraiment l'Asclepiades germain comme en témoigne réellement Pierre Ramus) a tiré
des ténèbres de l'oubli et remis très fructueusement en lumière: Jean-Baptiste Porta, Napolitain l'a
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DU GRADE SIXIEME 121
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expliqué d'une autre manière dans les Phytognomoniques; moi (après Paracelse, le premier de tous,
et les Phytognomoniques de Porta n'étant pas encore connus ni vus en Germanie) je l'ai publiquement
enseigné et défendu en l'An du Christ 1588, le vingt-quatrième jour d'Août, dans vingt-huit
thèses imprimées en poursuivant (IEHOVAH souverain aidant) le grade de Docteur en Médecine, sur le
conseil et décret de l'amplissime collège Médical dans l'Académie de Bâle; et je le défendrai de toutes
mes forces pour la gloire et l'honneur du DIEU admirable (avec l'aide de lui- même) tant que je vivrai.
Ce ne sont point bagatelles qu'enseigne le Physicien en traitant des SIGNATURES des choses naturelles;
mais ce sont bagatelles au contraire que vendent les bagatellistes. Les vertus des racines] L'analyse
Physico-Chimique peut considérablement prêter secours en ceci.
CCXCVIII. Et j'ai appris toutes vers. 21. | CCXCVIII. Et j'ai même connu toutes (*1) |
| les choses qui sont absconses et im- | les choses qui sont cachées et non encore |
prévues; car la SAPIENCE, ou- | dévoilées, car la Sapience, ouvrière de |
| vrière de toutes choses me l'a ensei- | toutes choses me l'a enseigné. |
gné.
Et j'ai appris toutes les choses qui sont absconses et imprévues] Mystiquement, arcanement, secrètement
dans la Sacro-Sainte Ecriture, dans la Nature et enfin dans la vie commune. Car la SAPIENCE,
ouvrière de toutes choses me l'a enseigné] Tant médiatement qu'immédiatement par des révélations, et
en dormant et en veillant; même par des oracles. Et par qui, par quels moyens, je t'en prie, ou
comment? Tu recevras une réponse suffisante, dans tout ce Prologue, passim, et dans la figure quatrième
de cet Amphithéâtre. Enseigne-moi, je t'en conjure, Ruach Hhochmahel Esprit de la SAPIENCE; de
DIEU (versets I et CCXXIII, car je désire, je choisis, j'ai soif d'être enseigné, institué et informé par
toi seul (désormais comme jusqu'à présent). Vous qui êtes percontateurs des mystères de DIEU, investigateurs
des secrets cachés de la Nature, et même de toutes les choses qui sont absconses et imprévues,
je vous avertis fraternellement, dis-je, de ne vous jamais approcher des Esprits malins nigromantiques,
familiers et diaboliques, qui se transforment en Anges de Lumière. II Ep. aux Corinth.
XI, 14; fuyez, fuyez (je vous le conseille) ceux-là; avec l'étude de la SAPIENCE vraie viendront à vous
TOUS les Biens (verset CCXCI). Cherchez-la elle seule et unique par la Loi et la Doctrine de cet Amphithéâtre.
Laissez la Sapience noire avec son infernal maître. Apprenez à chercher Daniéliquement les
révélations des choses cachées auprès de DIEU, ce dont vous trouverez la méthode, au chap. II, 17 et
suivants de Daniel. Item, fig. quatrième de cet Amphithéâtre.
| CCXCIX. Et puisque (LA SAPIENCE) vers. 27. | CCXCIX. Puisqu'elle est Unique, elle |
est une, elle peut TOUT, et | peut tout, subsistant en elle-même, elle |
| permanent en elle-même, rénove toutes | rénove toutes choses, et se transférant |
choses; et se transfère par- | dans chaque âge dans les âmes saintes, |
| mi les nations dans les Ames saintes et | forme les Amis de DIEU et les Pro- |
constitue les Amis de DIEU | phètes. |
et
les Prophètes.
Une] Elle est l'unique, vraiment catholique du DIEU Un, omnipotent, c'est-à-dire universelle; c'est
pourquoi elle peut TOUT en TOUS et en TOUTES CHOSES. C'est une chose merveilleuse, digne d'observation,
que pour cette raison elle peut TOUT puisqu'elle est UNE ou unique. O merveille au-dessus de
toute merveille, TRI-UNE, Universelle, verset CCCIII. Parmi les Nations, etc.] DIEU ne fait pas acception
de personnes; mais elle est reçue de lui en toute race, peuple ou nation qui le craint et accomplit la
Justice (c'est-à-dire décline du mal et fait le bien, Psaum. XXXVII, XXVII). Actes des Apôtres, X, 34 et
35. Ceci est la Religion Catholique, vers. CLXXXIV. C'est ce que l'Ecclésiaste, XII, 13, entend par tout
homme. Celui qui se placera sous sa sujétion, même si, vivant sous la loi ancienne, il n'a pas été circoncis
ou dans la loi nouvelle il n'a pas été baptisé (je parle de ceux qui ont vécu ou vivent hors de
l'assemblée visible de l'Eglise; car ce n'est pas la privation des sacrements qui damne, mais le mépris;
et le Baptême ne se donne pas seulement par l'eau, mais par la flamme, c'est-à-dire le Feu de
l'Esprit du DIEU admirable dont les voies sont imperscrutables et que nous devons admirer; car rien
(*1) La SAPIENCE DE DIEU révèle les arcanes mystiques et les secrets.
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122 INTERPRETATIONS
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de ce qui est formé à l'image et il la similitude de DIEU n'est abandonné) sera fait Ami de DIEU et,
participant de la SAPIENCE vraie; par l'efficacité de la SAPIENCE Eternelle de l'Omnipotent, de la Miséricorde
qui devait (autrefois) s'incarner, et qui s'est incarnée (dans la plénitude du temps) c'est-à-
dire de JESUS-CHRIST qui devait être et a été crucifié, du Sauveur Catholique en tous. Les exemples
peuvent en être donnés, non païennement, non impiement, bien que parmi les Païens ou impies
on en trouve d'innombrables. Ceux-ci, s'ils n'eussent pas été amis de DIEU n'eussent jamais possédé
par la grâce Divine, les trésors inépuisables de la SAPIENCE (dont l'énumération se trouve ça et là
dans ce Prologue). Se transfère] Elle est donc vraiment (comme nous l'avons allégué plus haut d'après
Capnion) le Spiraculum de DIEU et l'Illustration Divine, donnée par DIEU, envoyée et non apprise par
quelque art humain; bien que je ne désapprouve pas certaines cérémonies Théo-Sophiques, c'est-à-
dire Divino-Magiques faites en vue de l'obtenir de DIEU, desquelles il est souverainement néfaste de
parler publiquement. Les Amis de DIEU] Puisqu'un ami, ainsi que l'a dit rectement Cicéron au livre
de l'Amitié, est comme un autre soi-même, il est vrai également comme l'enseigne Capnion au livre
de Verbo Mirifico, que l'homme uni à DIEU est presque un DIEU humain ou un homme Divin. Voyez
vers. CCXCIII. Tu pourras, mon frère, étant fait ami de DIEU, rempli de l'Influence de la Lumière et
du Mouvement de l'Esprit de SAPIENCE, tu pourras, dis-je, attirer à toi ipsissime (que l'envie soit loin
de ce discours) et avoir pour dévoués ou Hermès Trismégiste, ou Bezeleël, Achaliab, Pythagoras,
Socrates, Platon, Démocrites, Hippocrates, Geber, Calid, Haly, Morien, Parménides, Homère, Virgile,
Ovide, Raymond Lulle, Arnauld de Villeneuve, Isaac, Ulmannus, Bernard le Trévisan, Paracelse,
Zachaire, etc., de sorte que tu n'auras plus à rechercher l'aide ou le conseil de leurs livres et de leurs
manuscrits dont auparavant, à cause de ton ignorance tu étais admirateur. Car tu bois au même Océan
de SAPIENCE que tous ces Sapients; c'est pourquoi de même que jusqu'ici tu en as suivi d'autres, de
même plus tard tu seras toi-même suivi. Tu seras enseigné par le Pimandre, c'est-à-dire l'Esprit de la
Divine puissance (Théo-Didactiquement), de sorte que tu pourras dire avec David, au chap. XXIII du
IIe Livre des Rois (Samuel), vers. II: L'Esprit du Seigneur a parlé par moi et son discours est sur ma langue.
Les Philosophes ne sont pas des auteurs, mais seulement des interprètes de la Nature et de son Grand
Livre; l'un en est plus pénétré que l'autre; mais chacun suivant ce qui lui a été donné. Car si tous les
livres et manuscrits de ces philosophes étaient complètement détruits, néanmoins, les Sciences et les
Arts pourraient être restitués par cette méthode Théo-Sophique. Car celui qui le premier a enseigné,
étant devenus amis, Lui et toi, il t'enseignera amicalement parce qu'il le veut, car il l'a promis; il
t'a toujours donné sans jamais t'abandonner; donc il peut toujours donner. Et si comme l'enseigne
par écrit un certain homme docte et pieux, Michael Neander, un jeune homme de seize ans peut
humainement, par sa méthode devenir parfait Philosophe Académique; combien il est préférable de se
soumettre à celui de qui vient tout bien et qui est dispensateur des dons, afin que tu deviennes (comme
l'enseignent de nombreux exemples) par sa méthode Christiano-Kabbalistique et Divino-Magique un
Théosophe parfait et absolu. Voy. versets X, CLXXXVII, CCCXLII. O SAPIENCE DE IEHOVAH, Hhochmahél, dont
les délices sont d'être avec les fils des hommes, CLVII. Lave-moi (vers. CCXXII) et je serai purifié; sois
à moi; réjouis-toi en moi et joins-toi à mon âme afin que je sois ami de DIEU, que je me réjouisse
en toi, et que je transmigre tout en DIEU. Constitué les Prophètes] Ceux qui reçoivent les révélations
Divines, et leurs interprètes qui prédisent les choses futures, sont réellement appelés Prophètes ou
Vaticinateurs. Donc les Prophètes sont induits à prophétiser par les apparitions et les institutions
des Anges, par les énigmes, les figures; par un verbe clair et exprès, par le souffle interne de l'Esprit
de DIEU, tant en veillant qu'en dormant, immédiatement et médiatement, et en recevant les oracles
de DIEU. Voyez Nombres, chap. XII et figure quatrième de cet Amphithéâtre. Tu diras: Comment
discernerai-je l'esprit? Ecoute; La discrétion des Esprits est un Don de DIEU, S. Paul, I. Corinth., X, 10,
Les signes de l'ESPRIT bon sont la VERITE de laquelle DIEU scelle tout ce qui est à lui (car c'est la VERITE,
sceau de DIEU, que tu ACHETERAS, fig. première de cet Amphithéâtre) et la PIETE, puisque l'étude de la
vraie piété conduit tous les hommes à l'observance du DIEU un; les signes de l'Esprit du Mal sont le
MENSONGE et la SEDUCTION qui éloigne du DIEU VRAI, et bien que, parfois cet esprit conseille, dise et
fasse le vrai, jamais ses signes ne combattent (quant à l'utilité et à la fin) avec la Loi divinement
rapportée dans la Sacro-Sainte Ecriture, la Nature et notre Conscience. Sur ceci voyez et lisez
chap. XIII du Deuteronome. Tout ce que tu fais, accomplis-le Théo-Sophiquement, et considère DIEU,
la Charité du prochain et la conscience propre; c'est là agir prudemment et envisager la fin. Tu
objecteras: Ce méchant fourbe qui se transforme en Ange de Lumière et séduit les imprévoyants et
les simples, s'immiscera toujours parmi les bons. Je réponds: nous savons par le verbe de DIEU qu'il
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DU GRADE SIXIEME 123
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est du devoir des Bons Anges de DIEU, de défendre de leurs ennemis les pieux et ceux qui craignent
DIEU, et de les garder de tout mal. Psaum. XXXIV, vers. 8: Il enverra l'Ange du Seigneur dans le circuit
de ceux qui le craignent et il les délivrera. Psaum. XXXV, vers. 4, 5 et 6: Que soient confondus et couverts de
honte ceux qui cherchent mon âme. Qu'ils soient renversés et confondus ceux qui pensent de mauvaises choses
contre moi. Qu'ils deviennent comme la poussière à la face du vent, l'Ange du Seigneur les pressant. Que leur
voie soit glissante et de ténèbres, et l'Ange du Seigneur les poursuivant. Et Psaum. XCI, vers. 10 et suivants.
Le mal n'aura pas accès près de toi et le fléau n'approchera pas de ton Tabernacle. Parce que il t'a recommandé
à ses Anges afin qu'ils te gardent dans toutes tes voies. Ils te porteront dans tes mains de peur que tu ne heurtes
ton pied contre la pierre. Je marche donc me confiant en eux et en priant DIEU et en observant DIEU me
répondant.
CCC. Car DIEU n'aime personne, vers. 28. | CCC. DIEU n'aime personne, si ce (*1) |
| si ce n'est celui qui habite avec la SA- | n'est celui qui habite avec la Sapience. |
PIENCE .
DIEU n'aime personne si ce n'est, etc.] Cette parole du Sapient a frappé (j'en atteste DIEU) mon âme
lorsque je la lus. DIEU bon, qu'est ceci? DIEU n'aime personne sinon celui qui habite avec la SAPIENCE;
qui marche dans ses voies; qui aime DIEU de tout son coeur et son Prochain comme soi-même; qui
par dessus et avant toutes choses cherche le règne de DIEU; qui craint DIEU et opère la justice; c'est-
à-dire le THEOSOPHE qui seul est la demeure de la SAPIENCE vraie, obéissant à sa mirifique souveraine
s'étant donné tout entier (de Corps, d'Esprit et d'Ame) à elle seule et la servant; ou au moins la
recherchant, vers, I. Elle recherche tout homme. Nul ne peut servir deux maîtres: la SAPIENCE
Eternelle et le monde immonde. On a coutume de dire, dans cette étude si pieuse et si sainte, si
honnêtement fructueuse, pour le prochain et pour nous-mêmes: Lorsque le monde est ami <,
DIEU est ennemi <, et vice versa. S. Jacques. IV, 4.
CCCI. Lorsque les voies de Prov. XVI, | CCCI. Lorsque les voies de l'homme |
| l'homme (homo), seront agréées du SEI- vers. 7. | (vir) seront agréées de IEHOVAH, il rendra
|
| GNEUR, il convertira aussi à la paix ses | aussi pacifiques ses ennemis. |
ennemis.
Lorsque les voies de l'homme seront agréées, etc.] Afin que tu plaises au SEIGNEUR, marche dans les
voies de la SAPIENCE (verset VII). Car nul n'aime DIEU sinon celui qui habite avec la SAPIENCE, vers. CCC.
Et alors le SEIGNEUR contraindra tes ennemis à former la paix avec toi; ou il les dispersera par
l'Esprit de sa puissance, comme il est dit, Sapience, XI, 21. C'est pourquoi Achor, chef des enfants
d'Ammon, Judith, V, 17 et 19, disait: Nul n'a insulté à ce peuple sinon lorsqu'il s'est éloigné du SEIGNEUR
son DIEU. Et toutes les fois qu'ils ont fait pénitence pour s'être éloigné du culte de leur DIEU, DIEU
leur a donné la force de résister.
CCCII. (Car) elle est Doctrice Sap. VIII, | CCCII. Car elle est habile et initiée |
| de la DISCIPLINE de DIEU, et électrice de vers. 4. | dans la science de DIEU et électrice de
|
| ses ouvrages. | ses ouvrages. |
Elle est Doctrice, etc.] Doctrice, électrice et inventrice de la science des oeuvres de DIEU, et comme
une Prêtresse ou Maîtresse artificiosissime tant des mystères de la Sacro-Sainte Ecriture et des secrets
de la Nature qu'il faut rechercher et retrouver, que de la DISCIPLINE c'est-à-dire de la CRAINTE DE DIEU,
versets XIV, V, et CCVIII.
CCCIII. Et si l'on souhaite les vers. 5. | CCCIII. Que si la possession des ri- |
| richesses dans la vie, quoi de plus | chesses est désirable en cette vie quoi de (*2) |
| riche que la SAPIENCE et qui a fait | plus riche que la SAPIENCE, parmi toutes |
| TOUTES CHOSES. | choses sont faites? |
(*1) Afin que DIEU nous aime, cherchons la SAPIENCE.
(*2) LA SAPIENCE donne TOUTES CHOSES.
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Si l'on souhaite les richesses, etc.] Non toutefois pour que tu t'enorgueillisses ou que tu fasses mondainement
quelque immonde chose; mais afin que tu vives honnêtement et que tu sois l'Eleemosynaire
ou dispensateur des aumônes de DIEU, et dans ce grand hôpital, subvenant à ton Prochain nécessiteux.
Si tu choisis à cette fin les richesses, cherche la SAPIENCE vraie; elle te donnera par les sapients
labeurs de tes mains, dans le LABORATOIRE de la SAPIENCE, d'où, à ton tour, tu pourras aussi donner,
comme DIEU. Voyez versets CCXCI, CCCXVII et CCCXIX. Les richesses obtenues par les travaux de la SAPIENCE,
sont un Don de Dieu, verset CCCXXVI. Qui a fait TOUTES CHOSES.] Parce qu'il est TOUT en Tous et en Toutes
choses, vers. CCXCIX. Le sens de ces quelques paroles est très étendu, et même infini. Exerce Théo-
Sophiquement les travaux de l'Esprit suivant la Doctrine de cet Amphithéâtre; tu obtiendras des
merveilles. Voy. verset CXXXVII. Par la cognition, possession et fruition de ceux-ci, les vrais Philosophes
mépriseront le monde immonde. Rappelons cette phrase du Romain Morien: Tous ceux qui ont
TOUT avec eux, n'ont pas besoin de l'aide d'autrui. Et Théophraste Paracelse: Celui qui peut être à lui-
même n'est pas à autrui. C'est la liberté dorée.
CCCIV. Si le sens oeuvre, qui vers. 6. | CCCIV. Si la Prudence agit et produit |
plus qu'Elle est l'artisan des | une oeuvre, qui est plus artificieuse qu'elle |
| choses qui sont? | dans la constitution des choses? |
Si le sens oeuvre, etc.] Si l'on peut accomplir et effectuer quelque chose par le sens, la raison, la
prudence, l'intellect et l'art, qui donc est, ou pourra être trouvé plus artificieux qu'ELLE (qui donne,
sait, comprend et opère TOUT dans les choses de la Nature? L'Artisan] Car elle est (comme le prouve
l'expérience) l'effectrice de toutes choses qui sont ou accomplissent les Biens, ou dans la Nature, ou dans
la vie. Tu lui confieras donc la direction de Toi-même, et aussi dans ton Oratoire et ton Laboratoire;
de sorte que l'Esprit familier te gouverne, t'enseigne, te conduise, te garde et te donne avec largesse,
de bien connaître, vouloir, être et pouvoir en TOUTES CHOSES.
CCCV. Et si quelqu'un aime la vers. 7. | CCCV. Et si quelqu'un aime vraiment |
| JUSTICE, les grandes vertus sont ses ou- | la JUSTICE, les vertus sont ses ouvrages; |
vrages; car elle enseigne la So- | car elle enseigne la Tempérance et la |
briété et la PRUDENCE, et la JUS- | Prudence, la Justice et la Fortitude, au- |
TICE et la VERTU, auprès des- | près desquelles rien n'est plus utile aux |
| quelles rien n'est plus utile aux hom- | hommes dans la vie. |
| mes dans la vie. |
|
Si quelqu'un aime la Justice, etc.] Si quelqu'un aime ce qui est juste et équitable (vers. LXXI), il
possédera par le moyen de la SAPIENCE, ce qui est enseigné aux versets XXXIX et suivants. Car ELLE
réside aussi dans les hommes qui sont conformes et bien disposés par les vertus et les moeurs en les
aidant à étudier pour vivre conformément au Décalogue. La sobriété] Qui est la porte de toutes les
vertus. L'âme sèche est prudentissime; l'Esprit obèse tend en bas, non en haut. L'ivresse (crapula)
[par laquelle le Diable embourbe (concacat) les cerveaux des buveurs (bibulorum)] est plus infecte que
toutes les latrines, vers. LXXIX. Ecoute S. Paul, aux Ephés., V, 18: Prenez garde, dit-il, de ne pas
vous enivrer de vin dans lequel est la luxure; mais remplissez-vous du Saint-Esprit en parlant vous-mêmes
au SEIGNEUR du fond de vos coeurs par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels; et en rendant
grâces en tout temps et pour toutes choses à DIEU et au Père au nom de notre SEIGNEUR JESUS-CHRIST. Le
jeûne chrétiennement institué, avec l'abstinence de l'excès de nourriture et de boisson et des voluptés
illicites, avec le deuil et l'humilité de l'âme, la confession des péchés et la précation s'efforçant simplement
d'obtenir la Divine Clémence, sont comme les balais par lesquels nous nous nettoyons et
purgeons pour la venue de l'hôte Sacro-Saint, dans son temple Catholique (figure seconde de cet
Amphithéâtre, et verset CCXVIII) tri-un, Micro-Cosmique, rénové. Car le JEUNE dompte la chair,
engendre l'humilité, met en fuite la témérité, allume la lumière de chasteté, aiguise l'Intellect, élève
l'Esprit, administre les conseils salubres, éloigne les maladies et obtient (par la grâce) la grâce
Divine. La Justice] Celle qui renferme en elle toutes vertus. Auprès desquelles rien n'est plus utile, etc.]
Car en vivant ainsi nous sommes constitués amis de DIEU; autrement point du tout; parce que la
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SAPIENCE n'entrera point dans l'âme malévole, vers. CCXVIII. Car DIEU n'aime personne sinon celui qui
habite avec la SAPIENCE, vers. CCC.
| CCCVI. Et si quelqu'un désire vers. 8. | CCCVI. En outre, si quelqu'un désire |
la multitude de la SCIENCE, elle | l'usage de beaucoup de choses, elle con- |
sait le passé et estime l'avenir; elle | naît ce qui est ancien et conjecture des |
sait les ruses des discours et les | choses à venir; elle comprend les ruses |
| dissolutions des arguments; elle sait | des discours et les explications des énig- |
les signes et les monstres avant | mes; elle pronostique les signes et les |
qu'ils paraissent, et ce qui doit | prodiges, et les choses essentielles des |
| arriver dans les temps et les siècles. | saisons et des temps, |
La multitude de la Science, etc.] Car si quelqu'un désire les Sciences cachées, les Arts secrets et
l'Expérience des choses nombreuses, ELLE sait les choses passées, présentes et futures; mais non seulement,
Elle-même veut savoir ces choses, mais encore elle peut vertueusement, veut librement et se
réjouit amicalement de les révéler Théosophiquement au moyen de ses servantes les plus fidèles et
de ses vierges presque cabiculaires (vers. LXXIV et CCLXX) c'est-à-dire les Sciences et les Arts excellents
les plus secrets, suivant les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre, à son véritable studieux, c'est-
à-dire son fidèle aimé, de les communiquer, les donner et d'inspirer ses travaux par un heureux succès.
Elle sait les ruses des discours] Les Subtilités de l'oraison et les solutions des énigmes, qui sont
les sentences obscures et implicites telles que les proposa à Salomon, la Reine des pays du Midi ou
de Saba, III. Rois, X, 1 et II. Paralip., IX, 1. Item des Paraboles, Allégories, Métaphores et autres
figures, vers. V. Les dissolutions des arguments] Parce qu'elle est la VERITE, qui s'accorde avec l'Expérience,
qui réfute tout syllogisme sophistique. Les signes et les monstres, etc.] Non seulement Elle les
sait; mais (comme je l'ai déjà dit) elle les dévoile aux hommes. Comment? Par l'annonciation de ses
vierges cubiculaires et qui sont (je déclare la vérité) quelquefois à moi familières; Chrétiennement au
chrétien. Ce qui doit arriver dans les temps et les siècles] C'est pour cela qu'elle peut constituer et constitue
les Prophètes (vers. CCCV).
CCCVII. Je me suis donc pro- vers. 9. | CCCVII. J'ai donc décrété de me l'ad- |
posé de m'adjoindre CETTE Sa- | joindre comme compagne habituelle de |
| pience pour vivre avec moi, sachant | ma vie, sachant certainement qu'elle |
qu'elle me communiquera des | sera pour moi la pourvoyeuse des biens |
| biens et sera l'allocution mes en- | et la consolatrice des peines et des tour- |
| nuis. | ments. |
Je me suis proposé, etc.] Je me suis proposé ce Divin et souverain bien. Tu me l'as proposé aussi à
moi-même, ô Hhochmahel; je te prie afin que tu le tiennes ferme et fixe en moi. Amen. De m'adjoindre
pour vivre, etc.] Comme soeur et amie, vers. CVI. Je dois me l'assumer Epouse, vers CXLVI, me
l'associer afin que vienne en moi son Esprit familier, vers. CCXXIII. Dans le jardin de mon âme. Sachant]
Sachant certainement, et non opinant. Que le studieux de la SAPIENCE ne tombe pas dans la
Défiance de la SAPIENCE qui le doit assister; car il sera frustré sans obtenir le bien promis, vers. I et
CCXVI. Me communiquera des biens, etc.] Sachant que la SAPIENCE est l'assistrice du trône de DIEU (vers.
CCLV), qu'elle a été déjà faite mon Amie, qu'elle me sera donnée (par DIEU ami) dans les méditations et
les soliloques (versets XXVIII, CLVIII, CLXII, CLXX, CCCXXXVI, etc.) qui doivent être sapientement et fructueusement
institués par les travaux de la SAPIENCE; qu'elle est la conseillère sapientissime et fidèle consolatrice
en même temps, de mes soins et de mes inquiétudes. Car elle est le repos dans le travail, la
fraîcheur dans la sécheresse, la consolation dans les pleurs, comme chante avec raison l'Eglise. Sachant
que dans les doutes, elle se donnera en conseil, et dans les soins et les inquiétudes, en grande
consolation. Les seuls fidèles et experts comprendront ceci, dans lesquels les sens et affections ainsi
que la raison purement humaine étant endormis, la LUMIERE de l'AME Divinement allumée tombe sur
l'Intellect en mouvant la libre volonté de croire, ce qui est la VOIE NOBILISSIME DE LA CONNAISSANCE. Ce que
dans l'Oraison pour Archias, M. Tullius Cicéron écrit avec perfection sur les lettres, peut et doit avec
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beaucoup plus de raison être transféré à l'étude de la SAPIENCE vraie: Ces études, dit-il, nourrissent l'adolescence,
divertissent la vieillesse, ornent les choses favorables, prêtent consolation et refuge dans les choses adverses,
elles nous délectent chez nous, ne nous empêchent point au dehors; elles nous protègent en voyage, à la
campagne. Et si nous ne pouvons atteindre à elles ou si nos sens ne peuvent les goûter, néanmoins nous devons
les admirer, de même que nous le voyons dans les autres. C'est cela même. Très heureux donc, celui qui
habite avec la SAPIENCE et ELLE avec lui.
CCCVIII. J'aurai à cause d'ELLE vers. 10. | CCCVIII. J'acquerrai à cause d'elle, |
| de la lumière dans les assemblées, et, | et la gloire dans le vulgaire et, jeune, |
| jeune, de l honneur chez les vieillards. | de l'honneur chez les vieillards. |
J'aurai à cause d'elle de la lumière, etc] La raison en est que l'ignorance est mère de l'admiration;
l'admiration engendre la lumière, la gloire, l'honneur. Car ceux que tu enseignes sont des ignorants.
Ensuite: puisque cette SAPIENCE est glorieuse, vers. CXLII, elle rend glorieux également les fils de la
Doctrine et de la Discipline et ses fidèles héritiers aimés (dont les commencements sont dans la vie
mortelle, et le complément dans la vie future) qu'ils soient jeunes ou vieux par l'âge, versets XXI et
XXV, tant parmi la plèbe que parmi les sénateurs du peuple à cause des Biens et des Dons de la
SAPIENCE, bénignement concédés à eux. Car ceux-ci sont en DIEU IPSEIQUE, QUI ETAIT, EST, SERA TOUT en
tous, notre vraie GLOIRE et victoire.
(*1) CCCIX. Et on trouvera mon vers. 11. | CCCIX. On trouvera mon acuité dans |
| acuité dans le jugement et je serai ad- | le jugement et je serai admirable devant |
mirable devant les puissants, | les puissants. |
| et les faces des princes m'admire- |
|
| ront. |
|
On trouvera mon acuité, etc.] Qui jugera plus justement et avec plus d'acuité que celui qui a la
SAPIENCE DE IEHOVAH dans ses conseils? Devant les puissants] Heureux, et trois et quatre fois heureux
les Puissants, s'ils admirent, écoutent, aiment les Sapients et leur obéissent. Alors ils seront ce qu'ils
doivent être. Car les Rois deviennent Sapients par la fréquentation des Sapients, vers. LXXIV.
CCCX. Ils s'arrêteront, moi vers. 12. | CCCX. Ils m'attendront, moi me tai- |
| me taisant et me regarderont parlant; | sant, m'écouteront attentivement par- |
| et lorsque je serai abondant en pa- | lant, et lorsque je m'étendrai longue- |
roles ils mettront leur main sur | ment, ils poseront leur mains sur leur |
| leur bouche. | bouche. |
Ils s'arrêteront, moi me taisant, etc.] Attendant avec une grande expectation que je parle, certains
de quelque chose de singulier. Garde-toi de penser, de ce que je proférerai quelque chose de singulier,
que rien ne puisse être dit, qui n'ait été dit déjà. O malheureux! ceci est un insigne argument de ta
défiance et de ta paresse. Comme si l'Esprit de SAPIENCE pouvait être épuisé de telle sorte qu'il ne
puisse ou ne veuille pas également aujourd'hui en toi comme dans les autres anciens trouver des
choses nouvelles et inouïes auparavant? Jusques à quand voudras-tu donc être esclave d'un autre
génie? Ils mettront leur main sur leur bouche] Cette apposition et admotion de la main sur la bouche
signifie l'attachement et l'affection souveraine, que les Grecs appellent φιληκρἰα, car ceux qui se
taisent ainsi sont dans le plus grand silence et la plus grande attention.
CCCXI. J'aurai en outre par vers. 13. | CCCXI. A cause d'elle j'obtiendrai |
| ELLE l'immortalité, et je resterai en | l'immortalité et je laisserai ma mémoire |
| mémoire éternelle pour ceux qui sont | sempiternelle à la postérité. |
| à venir après moi. |
|
(*1) Fruits de la SAPIENCE.
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J'aurai eu à cause d'elle l'immortalité] Car la SAPIENCE donne la gloire éternelle. Et si ce que dit le
Païen est vrai: La muse des hommes dignes de louanges les empêche de mourir, combien cela est plus vrai
de notre Sapient? Car la mémoire du juste est accompagnée de louanges: le nom des impies pourrira.
Proverb. X, 7. La mémoire du Sapient est toujours en bénédiction. Car les livres sont des vases de mémoire
et la renommée perpétuelle des Sapients. Ainsi moi, Henri Khunrath, de Leipzig, Docteur en Médecine,
amateur de Théo Sophie, par cet Amphithéâtre (Los à DIEU) je laisserai à la postérité une bonne
et honnête mémoire parmi les bons; même dans le mépris du diable et de ses desquamations. Et bien
que je ne sois pas accompagné du fard du discours, sachez que j'ai recherché plutôt la vérité de la cause
que l'ornement de la locution. Je rends ainsi grâces à mon DIEU de ce que j'ai voulu montrer (grâce à
DIEU) ce signe de vertu, Sapience, V, 14.
CCCXII. Je disposerai les peu- vers. 14. | CCCXII. Je gouvernerai les peuples, |
ples, et les nations me seront | et les nations me seront soumises. |
| soumises. |
|
Je disposerai les peuples, etc.] Tant doctrinalement que politiquement. Et les nations me seront soumises]
Parce que je suis Roi.
| CCCXIII. Les Rois à redouter vers. 15. | CCCXIII. Lorsque les Tyrans formi- |
me craindront en m'entendant; | dables m'entendront ils me redouteront; |
on verra que je suis bon dans la | on verra que je suis bon dans la multi- |
| multitude, et fort dans la guerre. | tude et courageux dans la guerre. |
Me craindront, etc.] Je serai formidable à mes adversaires et ennemis, et la SAPIENCE (qui est avec
moi répandra la terreur parmi eux, elle qui m'a été concédée à titre d'épouse par le SEIGNEUR. Dans la
multitude, etc.] En temps de paix j'apparaîtrai bon au vulgaire, à cause de la JUSTICE par laquelle les
hommes sont appelés bons, et fort en temps de guerre, à cause de la SAPIENCE qui est meilleure que les
forces du corps, vers. LXIII.
CCCXIV. Ayant pensé à ces vers. 17. | CCCXIV. Ayant donc considéré ces (*1) |
| choses en moi, et commémorant dans | choses en moi par le plus grand soin de |
mon coeur, parce que l'immor- | l'âme, considérant que l'immortalité est |
| talité est dans la cogitation de la | dans la cognation de la Sapience, |
| SAPIENCE, |
|
Ayant pensé à ces choses en moi, etc.] Non légèrement, non superficiellement, mais studieusement et
soigneusement dans mon coeur, en pesant toutes ces choses, c'est-à-dire les trésors, les labeurs, les
fruits et utilités de la SAPIENCE, dans la balance de l'âme. Notre Sapient a conjoint l'étude et la méditation
avec les travaux entrepris dans la SAPIENCE; ce en quoi il doit être studieusement imité de nous,
en Orant et Laborant en même temps. Parce que l'immortalité est, etc.] Il a placé ici un abrégé des
utilités de la SAPIENCE, desquelles il a été parlé prolixement dans les lignes précédentes.
CCCXV. Et une bonne délec- vers. 18. | CCCXV. Et une bonne délectation |
| tation dans son amitié, et des hon- | dans son amitié et des richesses inépui- |
| neurs sans défection dans les oeuvres | sables dans les oeuvres de ses mains, et |
| de ses mains, et la SAPIENCE dans | la Prudence dans son entretien et sa |
| l'évolution de son langage et la grande | collocution, et la gloire dans la commu- |
| réputation dans la communication de | nication de ses discours. |
| ses Discours. |
|
Et une bonne délectation dans son amitié] Trois choses sont commandées ici au fils de la Sapience:
(*1) Fruits et utilités de la SAPIENCE vraie.
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128 INTERPRETATIONS
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1° L'Amitié de la Sapience Eternelle; 2° ensuite ses travaux; 3° enfin son entretien. Nul ne peut vraiment
être fait participant à ses travaux et son colloque avant d'avoir contracté auparavant avec elle-
même une ferme et inviolable amitié, ce qui ne peut se faire que par l'abandon et la répudiation de la
Sapience mondaine immonde. Et enfin tu pourras puiser dans l'Amitié de la Sapience Eternelle, cette
délectation qui n'entraîne avec elle nul regret (άμεταμέλητα); dans ses travaux, les honnêtes richesses;
dans son colloque, la prudence et la gloire.
(*1) CCCXVI. Bienheureux l'hom- Prov. III, | CCCXVI. Bienheureux l'homme qui |
| me qui trouve la SAPIENCE, et en qui la vers. 13. | trouve la Sapience, et l'homme qui pro-
|
| PRUDENCE se trouve abondamment. | duit en lumière l'Intelligence. |
| (Il faut lire: et qui répand la Prudence). |
|
Bienheureux l'homme, etc.] Qui, je te le demande, est plus heureux que celui qui trouve la SAPIENCE?
Puisque, dans tout l'Univers, rien n'est plus parfait, plus excellent et plus utile que la SAPIENCE.
La raison en est qu'elle est donnée par DIEU. Elle-même fait les amis de DIEU, constitue les
Prophètes, donne la longueur des jours, les honneurs, les richesses, TOUTES CHOSES. Voy. versets CCCXIV
et CCCXV. Qui donc parmi les mortels ne la chercherait pas et ne l'aimerait pas toute sa vie? Que la
lèpre le dévore et qu'il soit chassé hors des limites du monde.
| (*2) CCCXVII. Meilleure est son acquisi- vers. 14. | CCCXVII. Parce que meilleure est sa |
tion et son fruit que la négocia- | négociation que la négociation de l'ar- |
tion de l'or et de l'argent le plus | gent; son produit est meilleur que l'or. |
| excellent et le plus pur. |
|
Que la négociation de l'or, etc.] Que la négociation mondaine, qui est financière, usuraire, dissolvante,
déceptoire, etc., qui contient tous les maux; instituée par un exercice infatigable, en vue des seules richesses
pécuniaires, or et argent. La SAPIENCE s'acquiert seulement par la pratique mentale Théo-Sophique,
d'inspiration Divine, dans l'un et l'autre Oratoire; des fruits de SAPIENCE non infimes sont produits
par la négociation Sapiente des travaux manuels. Hermès, ch. I, dit: Dans un temps aussi long je n'ai
pas manqué d'expérimenter que je n'ai pas engendré cette science et cet art par un travail de l'Ame; mais je l'ai
reçue par l'inspiration vive de DIEU seul, qui a jugé digne de me les découvrir à moi son serviteur. Et un peu
après: Rendez grâces à DIEU qui vous a enseigné cette science (médiatement et immédiatement), car il aime
ceux qui sont reconnaissants. Le plus excellent et le plus pur] Car le SOUVERAIN BIEN (DON DE DIEU) pour
l'Homme réduit à la simplicité de la Monade, ou s'étudiant Théosophiquement à s'y réduire, confère
certainement l'Agnition, la Cognition, la Cognation, l'Union et la Fruition de IEHOVAH, de la CREATURE
et de la NATURE, et de l'HOMME LUI-MEME, c'est-à-dire Catholiquement TOUTES CHOSES; et en lui, ter-tri-un
consiste la BEATITUDE plus que parfaite, vraie souveraine Catholique, fructueusement durable, ici et
dans l'éternité. Car tous les mystères de DIEU (ceux qu'il veut nous faire savoir) et les secrets de la
Nature, toute raison des coutumes et des justes Lois, toute connaissance des choses passées, présentes
et futures, jaillissent, émanent, et sont dérivés en nous de la source inépuisable de la SAPIENCE
éternelle seule vraie; ils sont admirablement révélés et transmis à nous par ses discours des Livres
de la Sacro-Sainte Ecriture et par les merveilles du Macro- et Micro-Cosme, et sont entendus, vus,
observés par les Fils de la Doctrine et de la Discipline. Il n'est pas facile à tout homme d'aller à Corinthe,
ni au Sanctuaire de la SAPIENCE! Il faut Orer Théo-Sophiquement, Laborer Sapientement; il
faut courir avec grand effort dans le stade de l'Oratoire et du Laboratoire, Christiano-Kabbalistiquement,
Divino Magiquement et Physico-Chimiquement, selon les Lois et la Doctrine de cet Amphithéâtre.
Le βραβει̑ον ou prix de la victoire sera décerné au victorieux, non à celui qui dort du sommeil
des vices ni au paresseux.
| CCCXVIII. Elle est plus précieuse vers. 15. | CCCXVIII. Elle est plus précieuse |
que toutes choses; et toutes | que la perle et toutes les choses désira- |
| choses qui sont désirées ne valent pas | bles par toi ne l'égalent pas. |
| à lui être comparées. |
|
(*1) Eloge de la SAPIENCE.
(*2) Dons et fruits de la SAPIENCE.
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Toutes choses] Mondaines dont la gloire est vaine; car la Sapience est connue et recherchée pour
elle-même; parce qu'en elle sont les choses internes, l'Or et l'Argent, et non externes, et en même
temps l'inquisition de la vérité. Car c'est par les Labeurs de la Sapience, c'est-à-dire Christiano-
Kabbalistiques, Divino-Magiques et Physico-Chimiques que s'acquiert la Pierre des Philosophes qui
donne le Soleil et la Lune, en et par soi, auxquels sont ajoutés tous les autres arts, non pour eux-
mêmes, mais pour les choses étrangères, l'Or et l'Argent. C'est pourquoi la SAPIENCE par elle-même,
de sa fontaine perpétuelle de Bénignité, donne avec très grande largesse (suivant le mode qui a été
dit) les richesses innombrables, le trésor infini, les Biens et les Dons susdits de l'Ame, du Corps et de
la Fortune. Voyez versets XLV, CCXXIV et CCCXXVII.
CCCXIX. La longueur des vers. 16. | CCCXIX. La longueur des jours est |
| jours est dans sa droite et les richesses | dans sa droite, et les richesses et la |
| et la gloire à sa gauche. | gloire à sa gauche. |
La longueur des jours] Car au moyen de la PHYSICO-CHIMIE (qui est dans le siècle la fidèle pédissèque
de la SAPIENCE vraie et comme la vierge cubiculaire près des secrets de la Nature), cette SOUVERAINE
donne largement et bénignement au fils industrieux de la Discipline les Essences précieuses et subtiles,
salutairement efficacissimes des Végétaux, des Animaux et de leurs parties, des Minéraux, des
Pierres, des Gemmes, des Pierres et des Métaux, et la PIERRE DES PHILOSOPHES, très véritable Médecine
catholique de notre restauration et de notre conservation; de l'usage médical desquels provient légitimement
la longueur des jours. Les RICHESSES, également par la force mirifique de la Bénite Pierre
catholique susdite, par laquelle les métaux inférieurs sont réellement convertis en métaux supérieurs,
c'est-à-dire en Argent et en Or et fructuosissimement transmués, en essence et en forme. La GLOIRE,
enfin, par l'usage Christiano-Kabbalistiquement Divin de la Pierre plus que parfaite. Voyez la figure
quatrième de cet Amphithéâtre. Il faut observer: De ce que la droite est plus digne que la gauche,
il faut de beaucoup préférer le sain et long état de la vie aux richesses pécuniaires. Voy. vers CCCXXVI.
CCCXX. Ses voies sont belles vers. 17. | CCCXX. Ses voies, voies délectables |
| et tous ses sentiers pacifiques. | et tous ses sentiers, la paix. |
Ses voies sont belles] Toute belle est la SAPIENCE ma soeur, à cause de la vérité dans la Doctrine et les
Labeurs; et de l'utilité qui provient de ses fruits. Elle est pacifique ou plutôt la paix elle-même, parce
qu'elle apaise fructueusement l'inquiétude de l'âme envoyée par DIEU lui-même à l'homme, même
touchant les choses Physico-Artificielles (sur quoi on peut voir la troisième partie de cet Amphithéâtre,
num. I, Preuve 5), remplit suffisamment le désir ardent et rend l'homme tout entier tranquille
et quiet, et pacifique de la vraie paix (vers. XXII) internement et externement.
CCCXXI. Elle est l'arbre de VIE vers. 18. | CCCXXI. Elle est l'arbre de vie pour |
| pour ceux qui L'auront approchée; et | ceux qui l'approchent, et bienheureux |
| bienheureux celui qui La tiendra. | ceux qui la tiennent. |
Elle est l'arbre de vie] Selon le Corps, l'Esprit et l'Ame; dans cette vie et dans la vie future. On peut
même entendre par cet Arbre de vie, la cognition de DIEU, de soi-même, de la Nature, car ces trois
cognitions sont les fruits de la SAPIENCE. Donc de cet effet et conséquence (comme d'une signature indicatrice)
il faut juger aussi et conclure que les Théo-Sophes exerçant sapientement les Travaux de la
SAPIENCE (c'est-à-dire Christiano-Kabbalistiques, Physico-Magiques et Physico-Chimiques) sont
ainsi immatriculés (car ceux-ci saisissent et tiennent la SAPIENCE avec ses fruits) dans le catalogue
des justes. Car le fruit du juste est un arbre de vie, Prov. XI, 30. Passivement et activement. C'est
une grande consolation pour celui qui donne Théo-Sophiquement son temps à la Kabbale, à la Magie,
à l'Alchimie. C'est la certification de la vocation divine.
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130 INTERPRETATIONS
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CCCXXII. (Car) la SAPIENCE a Sap. X, | CCCXXII. Parce que la Sapience a |
| ouvert la bouche des muets et a rendu vers. 21. | ouvert la bouche des muets et qu'elle a
|
| disertes les langues des enfants. | rendu disertes les langues des enfants. |
La SAPIENCE a ouvert la bouche, etc.] L'Eloquence vraie est conjointe avec la Sapience; et elle naît de
la cognition infaillible des choses vraies. Car, où ces choses, tirées des trésors Spirituels, Naturels et
Divins de la Sapience vraie, font défaut, la pénurie de ces choses, ou rend l'homme inhabile dans
les notions ardues, ou porte l'âme à se répandre en vaine et folle causerie et vaniloquence,
odieuse à DIEU, aux Anges et aux hommes. La fausse éloquence est née de cette astuce serpentine,
et a pour but de tromper les âmes des hommes par les attraits, les couleurs et les persuasions des
paroles.
| CCCXXIII. Avec moi (dit ultérieure- Prov. VIII, | CCCXXIII. En ma possession |
| ment la SAPIENCE ELLE-MEME) est le CON- vers. 14. | est le Conseil et la Sapience, je suis l'In-
|
| SEIL et l'EQUITE; mienne est la PRU- | telligence; mienne est la fortitude. |
| DENCE; mienne la FORTITUDE. |
|
En ma possession est le Conseil et la SAPIENCE] Non pas des sapients insipients de ce monde immonde,
régnant impiement çà et là dans l'Etat Ecclésiastique et Politique, par l'astuce du diable, ou Païennement
en certaines écoles contre la SAPIENCE vraie (qui enseigne par la simple vérité et vraie simplicité,
ou Théo-Sophiquement, ou Physiquement, ou Physico-Chimiquement, ou Physico-Magiquement,
etc., en et par les livres de Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de l'Ame pure) orgueilleusement
(ô douleur!) selon les rêveries de certains Païens, et séduisant impunément la jeunesse. A la
SAPIENCE Eternelle seule appartiennent le Conseil, la Sapience, la Prudence et la Fortitude; sans le
souffle de l'Esprit de laquelle nul ne sera jamais véritablement Sapient, Philosophe, précieux dans
le Conseil, Prudent, Fort; sans l'inspiration et l'illustration de laquelle il n'est nulle doctrine vraie,
solide et saine.
CCCXXIV. Par moi règnent vers. 15. | CCCXXIV. Par moi règnent les Rois, |
| les Rois, et les fondateurs de Lois dé- | et les princes décernent la justice. |
| cernent les choses justes. |
|
Par moi] Par ma Loi qui est l'étincelle de ma SAPIENCE et de ma Justice, et à cause de cela conforme
à moi-même. Je suis moi même ma Loi, la Justice, la Vérité, le Salut et l'Ame du Royaume.
Moi, j'institue les Magistrats, et j'opère les mutations des empires selon ma volonté.
CCCXXV. Par moi les Princes vers. 16. | CCCXXV. Par moi les Princes domi- |
| commandent; et les puissants décer- | nent et les princes et les juges de la |
| nent la justice. | Terre. |
Les Princes commandent] Mot à mot, principiabunt, princifient, c'est-à-dire remplissent les devoirs des
Princes, des Souverains et des Empereurs. Les Hébreux qui de nos jours vivent en Allemagne, traduisent
dans la langue de ce pays: le Roi a régné, < Tous les Princes règnent-ils
vraiment par la SAPIENCE? Non, mais ceux-là seulement (comme il est dit au verset CLX) qui l'aiment
et qui veillent dès le matin pour elle; non ceux qui aiment les débauches et les ivresses (comessationes
et potationes) et qui ont leur ventre pour DIEU; qui simulent des Dieux et qui vivent dans la
Bacchanale.
CCCXXVI. Avec moi sont les vers. 18. | CCCXXVI. Avec moi sont les richesses |
| richesses et la gloire, la justice et les | et la gloire les choses stables et la jus- |
| oeuvres superbes. | tice. |
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DU GRADE SIXIEME 131
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Les richesses et la gloire, etc.] Les biens nombreux et grands; les richesses non seulement de toujours,
et durables dans l'éternité, mais aussi pécuniaires et temporelles. D'où il est évident que les
richesses ne sont pas condamnables en elles-mêmes, puisqu'elles sont un Don singulier de la SAPIENCE
provenant des travaux de la SAPIENCE. Contemplez, je vous en prie, au moins l'usage d'une oeuvre
Physico-Chimique, Catholique (je me tais volontiers maintenant sur les oeuvres Kabbalistiques et Magiques),
ou des fruits transmutatoires, annoté véritablement dans les troisième et quatrième parties
de cet Amphithéâtre, vous admirerez les forces et les Secrets de la SAPIENCE dans la Nature (par
l'art) et vous serez affirmés dans la Vérité par la vérité des Trésors Naturels de la SAPIENCE Eternelle,
vous qui êtes étudiants théoriquement et pratiquement de la SAPIENCE vraie. Voyez versets XXX,
CCCXIV, CCCXV, CCCXIX.
CCCXXVII. Meilleur est mon vers. 19. | CCCXXVII. Meilleur est mon fruit |
| fruit que l'or et la Pierre précieuse; et | que l'or et l'obryzum, et mon produit |
| ma race, que l'argent pur. | que l'argent pur. |
Meilleur est mon fruit, etc.] Suivant le témoignage de DIEU lui-même, Liv. III. Rois, III, 3. Où on
lit: Or Salomon aima le SEIGNEUR, marchant dans les préceptes de David son père, excepté qu'il immolait
dans les hauts lieux et brûlant des parfums. LE SEIGNEUR apparut à Salomon en songe, en Gabaon, pendant la
nuit, en disant: Demande ce que tu veux que je te donne. Et Salomon dit: Tu donneras donc à ton serviteur
un coeur docile, afin qu'il puisse juger ton peuple et discerner entre le bien et le mal. Ce discours fut donc
agréable aux yeux du SEIGNEUR de ce que Salomon avait postulé pour cette chose. Et le SEIGNEUR, dit à Salomon:
Parce que ton verbe a postulé pour ceci et que tu n'as pas demandé pour toi les jours nombreux, ni les
richesses, ni l'âme de tes ennemis, mais que tu as postulé pour la Sapience pour discerner le jugement, voici que
j'ai fait suivant tes discours, et je t'ai donné un coeur sapient et intelligent si bien qu'aucun n'aura été semblable
à toi auparavant et qu'aucun ne le soit après toi; mais je t'ai donné ce que tu n'as pas demandé, c'est-à-dire
les richesses et la gloire, de sorte que nul n'aura été semblable à toi parmi les Rois dans tous les siècles passés.
Si donc tu marches dans mes voies et gardes mes préceptes et mes mandements comme ton père a marché, je ferai
tes jours longs. Salomon s'éveilla donc et comprit ce qu'était le songe; et lorsqu'il vint à Jérusalem, il se tint
devant l'arche de l'alliance du SEIGNEUR et offrit des holocaustes et offrit des victimes pacifiques, et un grand
festin à tous ses serviteurs. Tout fruit de la SAPIENCE Eternelle est bon; le meilleur est celui qui est
Divin, parce qu'il dure au-delà des âges. Voyez versets XLV et CCXXIV.
CCCXXVIII. Afin que j'enri- vers. 21. | CCXXVIII. Afin que je rende ceux |
| chisse ceux qui m'aiment, et que je | qui m'aiment héritiers perpétuels, et que |
remplisse leurs trésors. | je remplisse leurs trésors. |
Afin que j'enrichisse] Dans le Corps, l'Esprit et l'Ame; par les Biens et Dons du Corps, de l'Ame et
de la Fortune comme on les appelle communément; Durables dans le temps et l'éternité. Leurs trésors]
Du Corps, de l'Esprit et de l'Ame et appelés de la Fortune. Internes et Externes; corporels et (*1)
spirituels.
| CCCXXIX. Qui m'aura trouvée vers. 35. | CCCXXIX. Car qui me trouve, trouve |
trouvera la vie, et il pui- | la vie et puise la volonté de IEHOVAH. |
| sera le salut du SEIGNEUR. |
|
Trouvera la vie] Car elle est une source de vie; et si quelqu'un en approche et vient à elle et boit,
S. Jean IV, 14, Esaïas LV, l, Apoc. XXI, 6, il trouvera non seulement la durée éternelle, mais aussi temporelle,
et en ce monde, par les fruits des labeurs Physico-Chimiques de la SAPIENCE. Car la longueur
des jours est dans sa droite. Voyez. verset CCCXIX. Il puisera le salut, etc ] Il sera reconnaissant au
SEIGNEUR, afin qu'il le comble de sa faveur et qu'il le remplisse de sa bénédiction dans tous ses travaux
et actions; de sorte qu'il obtienne ou acquière de IEHOVAH la volonté, c'est-à-dire de Bien vouloir,
connaître, être et pouvoir, selon sa volonté en toutes choses qu'il veut ou choisit en Orant et
(*1) Fin de la Sapience.
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132 INTERPRETATIONS
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Laborant Théo Sophiquement. SOMMAIRE: LE SEIGNEUR sera pour lui le promptuaire d'où il recevra
tout ce qui lui plaira. Voy. vers. CLXXXI.
CCCXXX. Mais qui péchera en vers. 36. | CCCXXX. Mais qui pèche contre moi |
| moi blessera son âme. Tous ceux qui | méprise son âme; tous ceux qui m'ont |
| me haïssent aiment la mort. | en haine aiment la mort. |
Péchera en moi] Celui-là pèche purement contre la SAPIENCE éternelle et commet un crime de lèse-
majesté Divine, qui se rit grossièrement de sa Loi, de sa Doctrine et de ses admonitions tant fidèles
qu'amicales, et par contre méprise négligemment le témoignage de la conscience; il se fait injure à
lui-même (aveuglé par le diable), parce qu'il s'opprime tout entier, frustrant le Corps, l'Esprit et
l'Ame (Macro et-Micro-Cosmiquement) de la Bénédiction Divine.
CCCXXXI. Par moi (en effet) Prov. IX, | CCCXXXI. Car par moi seront multi- |
| seront multipliés tes jours, et les an- vers. 11. | pliés tes jours, et les années seront
|
| nées seront ajoutées à ta vie. | ajoutées à ta vie. |
Par moi, etc.] Par ma Bénédiction et par les fruits des labeurs de tes mains (sous ma direction)
dans l'Oratoire et le Laboratoire, desquels il a été parlé souvent dans ce Prologue.
| (*1) CCCXXXII. Mon fils, (admoneste de Prov. III, | CCCXXXII. Mon fils, que ces choses |
| nouveau paternellement notre Sapient) vers. 21. | ne s'éloignent pas de tes yeux; garde
|
| que ces choses ne s'échappent point | la Loi et la cogitation. |
de devant tes yeux. Garde |
|
la LOI et le CONSEIL. |
|
De devant tes yeux] Devant tes yeux, non seulement du Corps, mais aussi de l'Ame; de jour et de
nuit, qu'elles soient observées par toi. La LOI] Dans laquelle la doctrine saine et la vérité se reposent
elles-mêmes.
CCCXXXIII. Et ils seront la vers. 22. | CCCXXXIII. Et ils seront la vie de |
| vie de ton âme et l'agrément de ton | ton Ame et l'agrément de ta gorge. |
| cou. |
|
La vie de ton âme] Suivant la Loi et le Verbe de DIEU, la vie, c'est-à-dire DIEU, est restituée à l'âme
de celui qui meurt chrétiennement, et qui était morte par l'infélicité extrême. C'est pourquoi, afin
que ton âme soit toujours vivante, garde la Loi et le Conseil de la SAPIENCE vive. Quelle autre chose
est la vie de l'âme, sinon DIEU, source de vie, le verbe du Père, Lumière et vie des hommes, et l'Esprit
du Père et du Fils vivifiant notre âme par la foi. Quoi donc est la mort de l'âme, sinon la séparation
de DIEU, source de vie, la perte du verbe vivifiant, la privation de la Lumière spirituelle à laquelle
succèdent les ténèbres spirituelles dans lesquelles habitent les esprits des ténèbres véhiculant
avec elles les erreurs et les horreurs infernales, qui sont les prisons de l'âme et les liens de la mort
externe.
(*2) CCCXXXIV. Alors tu connaî- Prov. II, | CCCXXXIV. Alors tu connaîtras la |
| tras la JUSTICE et le JUGEMENT est l'EQUITE vers. 9. | justice et le jugement et les rectitudes
|
et tous les bons sentiers. | et tous les bons sentiers. |
Alors] C'est-à-dire lorsque tu chercheras sapientement la SAPIENCE comme une richesse et que tu
l'auras scrutée et creusée comme pour des trésors, vers. CCXX, et que tu auras devancé le soleil et
(*1) Par les lignes suivantes, le verbe de DIEU et son conseil nous est
promis prospèrement.
(*2) Fruits et utilité de la SAPIENCE.
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DU GRADE SIXIEME 133
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que tu auras adoré à l'Orient de sa lumière, vers. CLX, Tous les bons sentiers:] Tant dans les choses
corporelles, naturelles, humaines et séculières, que spirituelles, hyperphysiques, Divines et éternelles.
TOUS les biens viendront à moi ensemble avec elle, dit le Sapient, vers. CCXCI.
CCCXXXV. Alors tu marche- Prov. III, | CCCXXXV. Alors tu marcheras avec |
| ras fiducialement dans ta voie, et ton vers. 33. | confiance dans ta voie, et ton pied ne
|
| pied ne heurtera point. | heurtera point. |
Alors tu marcheras fiducialement] Si DIEU, dans notre vie est pour nous, qui sera contre nous? S'il te
soutient, qui te terrassera? Reçois donc maintenant chrétiennement de tout ton coeur la promesse de la
victoire. Applique-toi maintenant à être un membre vivant de la SAPIENCE de DIEU incarnée, imitant
Théo-Sophiquement l'Archétype suivant la Loi et la Doctrine de cet Amphithéâtre; et ainsi, faisant
partie du Corps, tu pourras tout sur la Tête. En toi-même tu n'es qu'un imbécile; mais en lui tu
n'auras aucune faiblesse. C'est elle notre gloire, notre victoire. C'est la voie Théo-Sophique par laquelle
il faut obtenir de IEHOVAH de bien vouloir, connaître, être et pouvoir dans les choses Kabbalistiques,
Magiques, Chimiques, TOUT en TOUTES CHOSES.
| CCCXXXVI. Si tu dors, tu ne crain- vers. 34. | CCCXXXVI. Si tu es couché tu ne |
dras point; tu reposeras et ton | craindras point, lorsque tu reposeras |
| sommeil sera suave. | ton sommeil sera suave. |
Ton sommeil sera suave] Et, en dormant, dans le miroir de l'Ame virginale, c'est-à-dire purifiée par
la lotion de la pénitence, des souillures des péchés, tu seras averti, enseigné, instruit, rempli
de la Doctrine loetifére par des Visions Divines. L'âme tranquille est comme un banquet perpétuel,
Proverb. XV, 15. Et S. Augustin nous dit: Le riche en conscience dort plus sûrement sur la terre que
dans la pourpre. Sur les Visions hypnotiques ou les Révélations somniales ou les insomnies Divines et
indicatrices des présages, contente-toi Laconiquement de ceci: L'AME, complètement libre de tous les
soins blâmables, sobre et saine dans un corps sain, Reine et Dominatrice de ses affections et des ses
vices, en puissance d'elle-même et pénétrée Théosophiquement d'elle-même, peut à bon droit entreprendre
de connaître et expliquer les secrets de tout l'Univers créé (parce qu'il est une particule de
la faveur DIVINE du CREATEUR de l'Univers), d'être unie aux Esprits Bons; de dénombrer les choses
passées, de contempler les Nouvelles, de prévoir les futures, enfin de se représenter Divinement
comme dans un miroir les mystères et l'auteur de toutes choses (par l'irradiation de lui-même).
SOMMAIRE: Notre Ame jointe à l'ESPRIT DE LA SAPIENCE DE DIEU, pénitentiellement lavée et purifiée,
Théo-Sophiquement élevée par les ailes et sublimée par le feu de l'amour Divin dans l'Agiostérium,
c'est-à-dire le Sanctuaire des bons Esprits ou des Anges de DIEU (ce qui peut avoir lieu pour l'homme,
tant veillant que dormant) comprend, en les recevant Kabbalistiquement, les choses Spirituelles,
contemple les choses supercélestes, voit beaucoup de choses Physiques en et par les hyperphysiques (non
seulement per se, mais encore par les sens et les choses sensibles intermédiantes); ses forces intérieures
étant endormies et absorbées, c'est-à-dire étant en extase ou extériorisation (excessus) ou rapt en DIEU souverain,
elle comprend les choses les plus élevées, c'est-à-dire Divines; elle voit et appréhende ineffablement
TOUTES CHOSES. L'exorde du Pymandre d'Hermès Trismégiste (qui étaient inspiré de l'Esprit Divin)
peut être rapporté ici à cause de l'excellence de sa Doctrine: comme je pensais à la Nature des choses,
dit-il, et que je dirigeais toute l'acuité de mon Esprit vers les choses supérieures, les sens du corps étant déjà
endormis comme il advient à ceux qui, par excès de nourriture ou par fatigue, sont plongés dans le sommeil,
subitement il me sembla apercevoir quelque chose d'immense par la magnitude du corps qui, m'appelant par
mon nom, s'écria de la sorte: Que désires-tu, ô Mercure, apprendre et comprendre? Je suis Pymander, Esprit
de Divine Puissance; vois ce que tu veux; car je serai partout avec toi. Et moi je désire apprendre la nature
des choses et connaître DIEU. Et Pymander répondit: Je t'apprendrai à me connaître et moi en toutes les
choses que tu auras choisies. Ayant dit ceci, il changea de forme et me révéla subitement l'universalité des
choses. S. Cyprien, Epîtres, lib. IX, Epître 9: Je me souviens, dit-il, de ce qui m'a été montré et que
le SEIGNEUR m'a trouvé digne de recevoir la révélation, et ces visions ne doivent pas être tenues pour ridicules et
ineptes comme il advint pour Joseph, dont les frères disaient: Voici notre songeur. Ce sont celles-ci vraiment.
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134 INTERPRETATIONS
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Et ce jugement des frères sur leur frère? Il est assez scommatique! Je ne suis pas étonné
si mes frères mondains portent ce même jugement sur moi. Quoi qu'il en soit, il reste pourtant certain
que ceux auxquels DIEU se révèle (soit médiatement, soit immédiatement ne doivent pas être
tenus pour de vains songeurs. Cicéron dit: Il est en nous quelque chose qui présage et devine. Quoi donc?
L'Ame (mens) qui présage les biens et les maux. Il en est plusieurs exemples tant dans notre Age que
dans l'antiquité, que je réserve pour un endroit plus commode; pour lequel j'en réserve un grand
nombre, avec ample déduction. J'ajouterai, pour parachever, ce passage du livre Epidorpidum de
Jules-César Scaliger, sur la vérité des songes:
Qui nie les songes véritables, rêve lui-même en parlant,
Car nous avons plus d'une fois observé et très fréquemment
Qu'il est bien rare de passer une nuit sans songer.
Très instruit de la vérité, je parle non pour ma propre cause, mais pour celle des Thomistes. O qui
est plus heureux que celui qui est libéré de tous soins!
CCCXXXVII. Tu ne seras pas vers. 25. | CCCXXXVII. Tu ne craindras pas |
| épouvanté par une terreur soudaine, | une épouvante soudaine, ni qu'elle |
| ni par l'irruption des puissances des | vienne par la désolation des impies. |
| impies. |
|
Tu ne seras pas épouvanté] Tu ne seras pas terrorisé, en dormant ou en veillant par des larves de
spectres, que je sais obséder beaucoup d'hommes considérés comme grands et puissants dans
le monde (même de notre temps); ni tu ne seras stimulé par les furies de la conscience mauvaise.
Grande est la force de la Conscience. Les Biens sont la douce nourricière de la vieillesse; les maux
rongent les misérables jusque dans la moelle. Quelle volupté ne manque, là où règne la tranquillité;
nulle tristesse ne fait défaut, où est le mal. Rien n'est plus doux pour l'homme que la tranquillité de
l'âme. Lis la Sapience, chap. XVII, versets 10 et 11; chap. XVIII, vers. 17.
CCCXXXVIII. Car le SEIGNEUR vers. 26. | CCCXXXVIII. Parce que IEHOVAH sera |
| sera à ton côté et gardera que ton pied | ta confiance et gardera ton pied de la |
| ne soit capturé. | capture. |
Car le SEIGNEUR sera, etc.] Car IEHOVAH est le mur, c'est-à-dire le CERCLE de feu des Théo-Sophes (qui
surpasse de beaucoup celui qui est peint ou figuré par les pseudomages) entourant d'une inclusion
défensoire ceux qui le craignent; repoussant les spectres effrayants (terriculamenta) des ennemis, et
mettant complètement en fuite toutes les parties adverses. L'Ange du SEIGNEUR est dans le circuit de
ceux qui le craignent, Psaum. XXXIV, vers. 8 (vulg. XXXIII, 7). Ne soit capturé] Par la force, l'astuce
ou la fausse doctrine des adversaires; de peur que tu ne sois séduit par les fourberies sophistiques du
diable et que tu ne dévies de la ligne droite de la vérité. C'est pourquoi implore le conseil et l'aide du
SEIGNEUR DIEU omnipotent afin qu'il te fasse obtenir les oeuvres de Bereshit et de Mercavah, c'est-à-
dire la cognition des choses humaines et divines (par la Philosophie et la Théologie) dans l'Oratoire
et le Laboratoire, suivant la ligne droite (je parle avec Morien), c'est-à-dire la voie linéaire de la
vérité, heureusement, sans aucune déviation. Ceci s'accomplira rectement, suivant que tu l'auras
rectement voulu toi-même. Selon que tu le crois toi-même, et que tu Ores et Labores, ceci
adviendra pour toi. Tu avoueras enfin qu'il a été de la miséricorde de DIEU que nous ne soyons pas
engloutis.
| CCCXXXIX. La SAPIENCE a libéré des Sap. X, | CCCXXXIX. La Sapience a |
| douleurs ceux qui l'ont observée. vers. 9. | libéré ses adorateurs des tourments.
|
A libéré des tourments] Car premièrement la Sapience imbue et orne l'âme de la cognition de beaucoup
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de choses divines et humaines, d'où l'âme est réconfortée d'une suave joie. Car plus l'âme de
l'homme ascend et s'élève dans la cognition de DIEU et de la Nature, plus elle est remplie d'une suavité et
d'une joie profondes; d'où l'âme est de plus en plus enflammée de l'amour du Créateur et UNIE à DIEU;
d'où la tranquillité et la sérénité naît dans la conscience. Ensuite la Sapience libère son adorateur
des tourments, comme elle a délivré Joseph de la prison; lorsque les rayons de la Sapience ayant
brillé et éclaté en lui par l'interprétation et l'exposition du songe du Roi, il fut libéré de sa prison et
érigé et élevé à la dignité royale.
CCCXL. Honore (donc) le SEI- Prov. III, | CCCXL. Honore IEHOVAH de tes ri- |
| GNEUR de tes biens et des prémices de vers. 9. | chesses, et des prémices de tous tes pro-
|
| tous tes fruits. | duits. (*1)
|
Honore le SEIGNEUR, etc.] Non le diable, en vivant mondainement. D'une âme reconnaissante avoue
que c'est de DIEU que te proviennent les Dons et les Biens que tu as reçus, que tu reçois et que tu
recevras. Car c'est ce que signifie le rite des prémices à offrir, Deuter. XXVI. Et ainsi l'action de
grâces est une invitation à donner davantage, tant dans les choses spirituelles que séculières. C'est
sur ce fondement qu'est construit le second corollaire de la troisième figure de cet Amphithéâtre: de
la DIME. Tu honoreras le SEIGNEUR, si étant Eleemosynaire de DIEU dans ce grand hôpital, tu exerces
en pensée et en acte les oeuvres de Miséricorde avec joyeuse action de grâces envers ton Prochain
nécessiteux, au moyen des Biens et des Dons concédés à toi par la Clémence Divine et favorable.
Donne à tous, sinon à la Chrétienté ou à la Religion, au moins à l'Humanité; en ceci tu imiteras
l'Archétype, le Tout Puissant et le Très-Haut qui, tant pour les mauvais que pour les Bons fait lever le
Soleil, et donne la nourriture et le vêtement à TOUS, entièrement, universellement et particulièrement.
DIEU aime celui qui donne avec hilarité, S. Paul, II Corinth., IX, 7. Aime les Pieux dans le Christ,
les impies à cause du Christ qui nous a tant aimés, même étant ses ennemis, qu'il s'est offert tout
entier en sacrifice pour nous racheter. Aime les premiers parce qu'ils sont bons, et non moins les
autres afin que tu les rendes bons. Il importe de haïr les vices, non les hommes. Qui obturera son
oreille à la clameur du pauvre et clamera lui-même ne sera pas écouté, Prov. XXI, 13. Car il sera
mesuré par la même mesure avec laquelle il aura mesuré, S. Matth. VII, 2.
CCCXLI. Et tes greniers seront vers. 10. | CCCXLI. Et tes greniers seront rem- |
| remplis et tes pressoirs regorgeront de | plis jusqu'à saturation et tes pres- |
| vin. | soirs seront remplis de vin jusqu'à |
| | rompre. |
Et tes greniers, etc.] Le SEIGNEUR fera descendre sur toi la pluie du soir et la rosée du matin de sa
Bénédiction, afin que les aires de tes granges soient remplies Macro et Micro-Cosmiquement, selon
le Corps, l'Esprit et l'Ame, Externement et Internement. Et DIEU te constituera, comme Israël, sur
une terre magnifique, afin que tu manges les fruits des champs, que tu suces le miel de la pierre et
l'huile du rocher durissime. Le Beurre du troupeau et le lait des brebis avec la graisse des agneaux
et des béliers, et les boucs avec la fleur du froment, et que tu boives le plus pur sang de la vigne.
Deuter. XXXII, 13 et 14.
CCCXLII. Bois l'eau de ta ci- Prov, V, | CCCXLII. Bois l'eau de ta citerne et |
| terne et ce qui coule de ton puits. vers. 15. | ce qui coule du milieu de ton puits. (*2)
|
Bois l'eau] Comme s'il était dit d'user de tes Biens et de tes Dons, non-seulement externes, mais
aussi internes, bénignement concédés à toi par DIEU; et que tu ne sois pas l'esclave ou le singe des
Opinions d'autrui, et que tu veuilles jurer par les paroles et sentences de quelque maître déviant des
sentiers droits de la vérité, c'est-à-dire insipient, soit Théologien, Jurisconsulte, Médecin, Physicien,
Chimiste, Mage, Kabbaliste, quelle que soit sa renommée devant le monde, par l'autorité ou l'Antiquité.
Les grands hommes, crois-le bien, commettent de grandes erreurs: Un homme illettré est droit
et ne commet pas d'hérésie en comparaison de ceux qui sont mal instruits et qui dévient de la bonne
13
(*1) Tobie, IV, 7. S. Luc, XIV, 13.
(*2) Elle veut que nous vivions de nos propres travaux sans en faire part
aux autres.
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136 INTERPRETATIONS
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route. L'antiquité n'exempte pas de la folie. Lors donc qu'il aura été concédé à quelqu'un Divinement
illuminé, de philosopher Théo-Sophiquement, qu'il use et jouisse du pouvoir de la liberté Philosophique,
suivant son génie et son talent; qu'il entende, voie, observe en chaque chose, IEHOVAH
parlant, enseignant et répondant dans la Sacro-Sainte Ecriture, dans le livre de la Nature et dans soi-
même. Puisqu'il n'a jamais été de vrai Pythagoricien, comme l'atteste un homme doctissime, qui
n'ait pas connu les Dieux (Elohim), de même, dis-je, nul ne sera jamais Davidicien qui n'entende le SEIGNEUR
parlant en lui-même, Psaum. LXXXV, 9, et jamais de vrai chrétien qui ne goûte en soi l'onction
de l'Esprit-Saint de la SAPIENCE. DIEU ne fait pas acception de personnes, mais (selon la doctrine
de la Religion Universelle, vers. CLXXXIV et CCCIV) dans toute nation celui-là est reçu de lui, qui le
craint et opère la justice, Actes des Ap., X, 35. Ne te défies donc pas, mon fils, de TOI-MEME, c'est-à-
dire de ta personne en Orant en esprit et vérité et en vivant Théo-Sophiquement, par l'onction venue
du Saint-Esprit, vers. X. Chacun de nous, la grâce Divine opérant, influant et donnant, doit et peut
connaître la Doctrine de la vérité; et pour pouvoir l'enseigner et l'apprendre aux autres, il faut non
seulement qu'il la voie par les yeux d'autrui et l'entende par les oreilles d'autrui; mais il faut qu'il la
reçoive de DIEU lui-même. De même qu'il est avantageux à chacun, pour la sustentation de son corps
et celle de sa famille, d'avoir à la maison des provisions de nourriture, de même il faut toujours tenir
prête la Doctrine de vérité dans le Sanctuaire de son âme Divinement illuminée, où l'on puisse la
consulter pour soi et pour les autres. Voici que mon génie me tire l'oreille, m'avertissant des lacérations
et des railleries des moqueurs (nasuti). Que ferai-je? Dois-je retenir la vérité? A Dieu ne plaise,
car je sais que c'est la condition de la vérité d'avoir toujours des antagonistes suscités par le diable,
foulant aux pieds la vérité mais ne pouvant la supprimer. La vérité (Ἀλήθεια) trouble beaucoup les
fous.
| CCCXLIII. Que tes fontaines se dis- vers. 16. | CCCXLIII. Que tes fontaines |
| persent dehors; dérive les eaux dans | dérivent dehors et divise tes eaux dans |
| les places publiques. | les places publiques. |
Que tes fontaines dérivent, etc.] Exerce chrétiennement les oeuvres de charité envers ton Prochain
nécessiteux, par les fruits de tes labeurs. N'oublie pas les Lazares. Donnez et il vous sera donné: quand
est-il advenu que vous n'ayez point reçu?
CCCXLIV. Possède-les seul, vers. 17. | CCCXLIV. Qu'elles soient à toi seul, |
| et que les étrangers n'y participent | et pas d'étrangers avec toi. |
| pas avec toi. |
|
Possède-les seul] Tout bien est réellement communicatif, mais non, sans distinction, communicable,
parce que toutes choses ne conviennent pas à tous, mais suivant qui, quand et combien, comme
S. Grégoire de Nazianze et nous-même l'avons si souvent allégué. Les Talmudistes observent ceci:
Quand même tes amis seraient nombreux, tu en trouveras à peine un sur mille à qui tu doives révéler les arcanes.
Garde même ta bouche close pour qui couche en ton sein, de peur que tu ne sois contristé
le lendemain, puisque tu ne sais ce que chaque jour apporte. Imite le CHRIST qui dit à ses disciples
(je dis ses disciples): Il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de DIEU; mais pour les autres
en paraboles, afin que voyant ils ne voient point, et entendant ils n'entendent point. S. Luc, VIII, 10. Morien
Romain, Philosophe chrétien, se souvint de ce précepte lorsqu'il s'écarta du sentiment du Roi Calid;
il passa sous silence le plus haut Bien de la Nature et de l'Art; il ne lui révéla point réellement l'Art
et la Science. Alanus dit de ceci: Mon fils, mets un chapeau sur ta bouche pour ne pas nuire à toi-même.
C'est pourquoi si je parle secrètement de certaines choses des plus secrètes, garde-toi d'être en colère
contre moi; il ne convient pas au Philosophe de transgresser les préceptes des sapients, de peur que
les arcanes ne s'avilissent et qu'il excite contre lui la Malédiction Divine.
CCCXLV. (car vraiment) le fruit Sap. III, | CCCXLV. Car le fruit des bons tra- |
| des bons travaux est glorieux, et la ra- vers. 15. | vaux est glorieux et la racine de la
|
| cine de la SAPIENCE ne finit pas. | Prudence ne meurt pas |
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DU GRADE SIXIEME 137
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Le fruit des bons travaux] Des travaux des hommes c'est-à-dire de ceux qui s'étudient de toutes leurs
forces, la SAPIENCE de IEHOVAH conduisant et enseignant, à se réduire à la simplicité de la Monade.
Ceux-ci sont comme l'arbre qui est planté le long du cours des eaux qui donne son fruit en son temps,
et dont la feuille ne tombe pas; et TOUTES CHOSES, qu'ils feront, quelles qu'elles soient, prospérerons.
Voy. le Psaum. I en entier. Par les actions de ceux-ci (non des fous) et par leurs travaux et actions
il leur sera inspiré de DIEU de bien vouloir, connaître, être et pouvoir; de même que Zadith, fils aîné
de Hamuel l'a indiqué à un petit nombre (en traitant de l'oeuvre Physico-Chimico-Catholique);
nous-même nous l'avons un peu expliqué çà et là dans l'exposition de ce Prologue.
Que celui qui peut comprendre, comprenne. Ici se cache un très
grand arcane, observé par un petit nombre. Dieu veuille que par
mon admonition si fidèle les fous
deviennent Sapients.
Ici doit être insérée la figure du septième grade.
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138 INTERPRETATIONS
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VII
GRADE PROLOGETIQUE
SEPTIEME EXPOSE
| | NOUVELLE
|
| VERSION PASSAGES CITES | TRADUCTION
|
| ANCIENNE DE LA | DES PROVERBES,
|
| OU SACRO-SAINTE | DE L'HEBREU,
|
| VULGATE ECRITURE | ET DE LA SAPIENCE,
|
| | DU GREC
|
CCCXLVI. Ne te délecte pas Prov. IV, | CCCXLVI. Ne marche pas dans les |
| dans les sentiers des impies, que la vers. 14. | sentiers des impies, et ne marche pas
|
| voie des mauvais ne te plaise point. | dans la voie des mauvais. |
Ne te délecte pas, etc.] Quand tu auras enfin monté à ce septième grade de la Sapience, prends
garde de ne pas être entraîné par les habitudes et les affections des hommes mauvais comme par un
torrent; recherche la constance des Anges, afin que les attraits mondains ne fassent dévier ton coeur
comme les femmes idolâtres ont fait dévier le coeur du Roi Salomon.
CCCXLVII. Fuis loin d'elle, vers. 15. | CCCXLVII. Laisse-la, n'y passe pas |
| n'y passe pas; décline et ne t'y arrête | décline loin d'elle et passe. |
| pas. |
|
Fuis loin d'elle] Joseph fuyait la mérétricule par amour de la chasteté, en lui laissant son manteau.
Fuis aussi, toi, ce monde immonde; de peur que tu ne spolies et dépossèdes ton âme immortelle
de sa gloire éternelle, de ses voluptés et délices immortelles et de ses richesses éternelles, à cause
d'une vaine gloire, de hideuses voluptés et d'une honteuse avarice.
| CCCXLVIII. (Car) il est une voie qui Prov. XIV, | CCCXLVIII. Car une voie est droite |
| est vue droite par l'homme et dont la vers. 12. | devant les hommes; et la fin, voie de la
|
fin mène à la mort. | mort. |
Mène à la mort] Car si tu abandonnes la Sapience elle t'abandonnera en retour et te rejettera dans les
ténèbres profondes, dans les erreurs des conseils, dans l'infélicité des succès, dans le précipice de la
mort. Quand bien même tu verrais droite la voie de la volupté et des honneurs, la fin, cependant en
est calamiteuse: car les voluptés sont brèves et momentanées et jamais sincères; mais toujours sont
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DU GRADE SEPTIEME 139
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mêlées de chagrins et de remords de conscience, et laissent après elles les afflictions de l'âme et les
maladies du corps.
| CCCXLIX. Mais le sentier des Justes Prov. IV, | CCCXLIX, Mais le sentier des Justes, |
| procède comme une Lumière splen- vers. 18. | comme une Lumière brillante, pro-
|
| dide, et croît jusqu'au jour parfait. | gresse et illumine jusqu'au jour parfait. |
Une lumière brillante] Cet astre phosphorescent se levant dans les coeurs des hommes pieux est le
Christ Jésus, vraie lumière illuminant tout homme qui vient en ce monde; c'est lui qui chasse les
ténèbres de l'esprit, qui allume la lumière de la foi, la flamme de la charité, le rayon de l'espérance,
l'astre de l'humilité, la fulguration de la mansuétude, la splendeur de la piété, l'étincelle de la crainte
Divine, la Lumière de l'oraison, l'étoile de la patience invincible, l'étoile de la miséricorde, la foudre
de la justice, jusqu'à ce que cette nuit ténébreuse de la chair s'évanouisse et que le jour ou la lumière
de la Nouvelle Jérusalem luise complètement
CCCL. La voie des impies est ers. 19. | CCCL. Car la voie des impies est |
| ténébreuse; ils ne savent pas où ils | comme des ténèbres; ils ne savent où ils |
| se précipitent. | tombent. |
La voie des impies est ténébreuse] Donc, de même que la lumière croît dans les pieux, les ténèbres et
les fureurs croissent dans les impies. Car toute la vie des impies est une nuit pleine de l'ignorance de
DIEU et des biens permanents, et même de toute cette vie nouvelle par laquelle l'Homme est devenu
Lumière dans le Christ Jésus. Donc, de ces ténèbres, erreurs et fureurs des impies, rien ne peut en résulter
que ruines perpétuelles et inopinées, jusqu'à la mort extrême.
CCCLI. (Car) La VIEILLESSE est Sap. IV, | CCCLI. La vieillesse est honorable, non |
| vénérable, non (toutefois) par la lon- vers. 8. | parce qu'elle a obtenu la longueur de la
|
| gueur de la vie ni par le nombre des | vie, ni par le nombre déterminé des |
années accomplies. Mais le sens | années, vers. 9. Mais les cheveux blancs |
| de l'homme sont ses cheveux blancs. | sont pour les Hommes, la Prudence; et (*1) |
| vers. 9. et le temps de la vieillesse est | le temps de la vieillesse est la vie sans |
| la vie immaculée. | nulle tache. |
Prov. XVI, vers. 31. La vieil- | Prov. XVI, vers. 31. La vieillesse est
|
| lesse est une couronne de dignité; elle | une couronne de gloire, elle est trouvée |
| se trouve dans les soies de la JUSTICE. | dans la voie de la Justice. |
La vieillesse est vénérable] La dignité et l'autorité de la vieillesse ne proviennent nullement de ce qu'elle
est estimée à cause de la longueur de la vie ou du long espace des années, mais plutôt par la Sapience
et la Prudence qui constituent l'ornement de cet âge et par la vie nullement déformée par la
tache des crimes énormes, c'est-à-dire pure et intègre, purement et chastement passée. Ainsi deux
choses constituent la véritable vieillesse et l'ornement des années de la vieillesse, c'est-à-dire la PRUDENCE
et l'INTEGRITE ou pureté de la VIE. Cet âge n'en refuse pas de si jeunes, que nous ne puissions
également bien, et quelquefois un peu mieux discerner que certains vieillards ineptes, puisque ce
n'est pas de l'âge mais du génie et de l'inspiration Divine que provient l'Intelligence. Ce n'est pas le
nombre des années et la multitude des jours qui donnent la Science vraie; mais c'est le génie (Ingenium)
qui, célestement infusé de l'Esprit du SEIGNEUR, prête la SAPIENCE, même aux enfants; ce qui,
dans le livre de Job, chap. XXXII, vers. 6, est attesté par plusieurs raisons, d'Héliu, fils de Barachiel
de la race de Buz. Lorsque Samuel était petit enfant, il reçut l'Esprit du SEIGNEUR, Samuel III. La Sapience
Héroïque, la vertu et la félicité étaient en David un effet spécial de la présence de l'Esprit de
SAPIENCE et des opérations particulières de l'Esprit Saint. Car c'étaient non seulement des dons de la
nature; mais la Lumière du Fils de DIEU était dans son âme et un ardent mouvement de l'Esprit-
(*1) Quelle vieillesse doit être honorée.
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140 INTERPRETATIONS
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Saint dans sa volonté et son coeur. C'est lui qui, n'ayant pas encore vingt années, fut oint par Samuel
sur l'ordre de DIEU et rempli de l'Esprit-Saint (I. Rois (Sam.) XVI, vers. 13); et si dans cette circonstance
tous les sapients de ce monde immonde eussent prêté assistance à Samuel, ils eussent jugé sans
aucun doute que les plus âgés d'entre les fils d'Isaï eussent été plus aptes à la gubernation, de même
que Samuel lui-même fut déçu au commencement par l'apparence extérieure; mais DIEU n'ayant
égard ni à l'âge ni à la nature ni à aucune autre prérogative charnelle, transmit la royauté à David
adolescent, l'éleva, le fortifia, le garda, l'aida, tandis que ses autres frères furent moins estimés; et
David supporta patiemment la jalousie de ceux-ci. C'est ce qu'il dit de lui-même, II Rois (Samuel),
XXIII, 2: L'Esprit du Seigneur a parlé par moi, et son discours est sur ma langue. Et, Psaum. CXIX, vers.
99 et 100 (Vulg. CXVIII). J'ai compris au-dessus de tous ceux qui m'enseignaient, parce que tes témoignages
c'est ma méditation. J'ai compris par-dessus les vieillards, parce que j'ai cherché tes mandements. Et verset
CXXX. La déclaration de tes discours illumine et donne l'intellect aux petits. Salomon dans sa jeunesse
reçut la SAPIENCE, III Rois III, 12. Daniel, enfant de douze ans, est rempli de l'Esprit-Saint. Aux
quatre enfants, Daniel, Anania, Mizael et Azaria (Daniel, I, 17), DIEU donne la Science et la Discipline
en tout livre et toute sapience; et à Daniel l'intelligence de toutes visions et songes. Et toute
parole et intellect de la Sapience, sur lesquels le Roi les interrogea, il les trouva dix fois mieux en eux
qu'en tous les devins et mages qui étaient dans l'étendue de son royaume. Iésus, fils de Syrach dit:
Lorsque j'étais encore jeune, avant que je m'écarte, j'ai recherché ouvertement la SAPIENCE dans mon
oraison; dès ma jeunesse je la cherchais. Ecclésiastiq., chap. ultime, vers. 18. L'Apôtre S. Paul ne
veut pas que Timothée (qui était jeune) soit méprisé à cause de sa jeunesse, I. Corinth. XVI, 11. Et
Ierémias entendit du SEIGNEUR: Ne dis point: parce que je suis un enfant; car tu iras partout où je
t'enverrai et tu parleras de tout ce que je te demanderai, Ierém. I, 7. Et dans l'Ecclésiast., IV, 13, il
est dit: Mieux vaut l'enfant pauvre et sapient que le roi vieux et fou qui ne sait pas prévoir pour l'avenir.
Et tous ces exemples sont vraiment pris à la source de la Sacro-Sainte Ecriture. Et s'il nous était
permis, DIEU bon, de nous étendre aussi à tous les autres, quel champ nous serait ouvert ici pour
discourir. Mais nous en rapporterons seulement quelques-uns. Lorsque Alexandre le Grand (par le
nom et par les actes) était encore jeune, il y eut en lui une admirable force de la Nature, par laquelle
aussi il surpassait en prudence les vieillards les plus sapients, à cause d'une sagacité de génie par
laquelle il pouvait juger parfaitement des choses présentes et prévoir les éventualités futures. Lorsque
les Vénètes envoyèrent des hommes imberbes vers l'Empereur d'Orient et que le Tyran fut indigné
comme s'ils eussent été envoyés par outrage, l'un d'eux lui répondit intrépidement: On ne doit pas
proférer un jugement sur les hommes et leur doctrine d'après leur âge seul, car s'il en était
ainsi, les boucs se trouveraient dans une condition meilleure que celle des hommes. Celui que
la vertu élève ne doit pas être méprisé, quand même il est jeune par lui-même. Quels et
combien de grands chefs d'armée, de notre temps: Mauritius Nassovius, Sigismundus Transylvanus,
Donb Iohana Austria, etc., nés par un singulière influence pour ces actes, ont pré-
excellé, jeunes, contre des vieillards, ceci ne peut être obscur pour personne, hormis pour celui
qui est tout à fait ignare de la cognition historique. Car DIEU, le Très-Haut et le Tout-Puissant Souverain
Monarque du Monde, lorsqu'il a dessein de stabiliser ou de transférer les royaumes mondains,
excite de la même manière les organes par lesquels il confère l'autorité, c'est-à-dire la Crainte, la
Justice, la Sapience, le Conseil, la Félicité des succès, et dont nul parmi les mortels, même très puissant,
ne peut empêcher les desseins. Car ses héros sont revêtus et armés d'une force invincible et
supernaturelle. Les noms, les faits et gestes de ceux-ci sont inscrits au ciel corruptible; c'est pourquoi
les Astronomes habiles (non point par exemple ces vulgaires sophistes calculateurs, mais ceux qui
connaissent l'art des Mages venus d'Orient) peut véritablement et parfaitement rechercher tous faits
et gestes et les exposer avec plus d'assurance encore que par les lettres, quand bien même tous
les livres historiques seraient détruits, ce qui pourra paraître incroyable aux ignares. Au contraire,
les noms, les faits et gestes des Héros de l'Eglise dont la vertu s'est puissamment manifestée
dans la jeunesse de leur corps et de leur âge, comme ceux de Joseph, Samuel, David, Salomon,
Daniel, ne sont points inscrits dans le ciel corruptible, mais dans le ciel éternel, où ils peuvent être
lus par tous les élus. C'est pourquoi donc, on ne doit pas rechercher le nombre des années en présence
du naturel excellent, ni considérer l'âge en celui qui brille par la vertu et qui a la force en ses
mains. es paroles de Valère Maxime, liv. III, chap. I, viennent fort à propos: il est inique de croire
qu'il n'est pas encore à propos d'honorer celui qui est déjà mûr par la vertu. Et notre époque n'est
pas complètement destituée d'exemples. Car il en et (grâce à DIEU) et on pourrait encore en
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DU GRADE SEPTIEME 141
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trouver quelques-uns aujourd'hui dans lesquels le génie et la rapide prudence des choses est
venue avant la barbe, comme chante le Poète Aulus Persius, Satire IV: Jeunes par le corps, vieux par
l'esprit. Au contraire, les Allemands disent: On considère le vieillard comme un fou, principalement
parce qu'ils sont tous remplis de sottises. De même disent-ils encore: La vieillesse ne combat jamais
contre la folie. Et: Le vieillard est deux fois enfant. Pourquoi? parce que le délire croît avec la vieillesse
comme on dit en proverbe. Mais les sens de l'homme sont ses cheveux blancs, etc.] Ces paroles sont précieuses
et dignes de remarque et qu'il faut jeter aux vieux fous à longue barbe qui méprisent et plaisantent
grossièrement la jeunesse Théo-Sophiquement Sapiente et Prudente. Ceux qui sont instruits
par des dons héroïques, possèdent avant les années, une âme et des qualités viriles. La vieillesse est
une couronne de dignité, etc.] Ceci est très vrai, même chez les païens, car Ovide dit: VI. Fast.
Grande était autrefois la révérence pour les cheveux blancs,
Et les rides des vieillards avaient leur prix.
Mais la vieillesse de qui? Le Sapient répondra: De celui qui se trouve dans les voies de la justice.
Car deux hommes furent trouvés par Daniel dans les voies de l'injustice, et quoique vieillards ils
furent dignement lapidés. De quel profit et utilité est la vieillesse si la probité et la constante intégrité
de la vie ne lui sont pas jointes, et si les hommes ne vieillissent pas dans la probité et la
Sapience? Le jeune homme vraiment sapient est, je l'avoue, un oiseau rare; cependant il a été
trouvé, il est trouvé aujourd'hui encore, et il sera trouvé.
CCCLII. Il est de proverbe que Prov. XXII, | CCCLII. L'enfant suivant sa voie, |
| l'Adolescent suivant sa première voie, vers. 6. | même lorsqu'il sera vieux ne s'en éloi-
|
| même lorsqu'il sera vieux ne s'en éloi- | gnera point. |
| gnera point. | Ibid. XXVII, vers. 22. Car si tu broyais
|
| Ibid. XXVII, vers. 22. Quand tu broie- | le fou dans un mortier comme du blé, |
| rais le fou dans un mortier, comme | le frappant avec un pilon, tu n'éloi- |
| une tisane, frappant sur lui avec un | gnerais pas de lui sa folie. Et, de même |
| pilon, tu ne lui enlèverais pas sa folie. | Ecclés. 1, vers. 15. Le pervers ne peut |
| Car, Ecclés. I, vers. 15, les pervers sont | être dirigé et le défectueux ne peut être |
| difficilement corrigés, et le nombre des | nombré. |
| fous est infini. |
|
L'adolescent suivant sa voie, etc.] Les esprits de malice, de ruse, de dol, de perversité, de mensonge,
d'orgueil, de débauche, de colère, de blasphème, d'envie, de calomnie, d'astuce, infestent les
esprits des enfants dès l'âge le plus tendre. Donc, s'ils ne sont élevés dans une bonne discipline,
dans la piété et la crainte du Seigneur, ils conserveront l'empire de cet esprit malin et son siège dans
l'âme insipiente. Et même par ces scandales et obstacles, ils émigrent et passent dans les âmes des
enfants. C'est pourquoi notre Sauveur, S. Matth. XVIII, 16, a voué à l'exécration ceux qui donnent aux
enfants des occasions de scandale. Car de même et très certainement, les esprits malins sont chassés
des possédés, principalement si en même temps dans l'intimité de son coeur, le possédé prie et soupire:
(car jamais l'esprit des ténèbres ne peut soutenir une telle force et esprit de prière) ainsi réellement
par l'exercice de la piété et de la crainte divine, les enfants sont prémunis contre l'infestation
hostile des esprits malins. C'est pourquoi les esprits imposteurs et impurs s'efforcent avec opiniâtreté
et par leur seule puissance d'occuper la première place dans l'homme et de prendre racine dans la
volonté corrompue par le vice naturel, la faute originelle et par les affections impures avant que
n'advienne la force supérieure et céleste de l'éducation pieuse. Ensuite, de même que les semences
croissent et grandissent quotidiennement dans les champs, et parviennent enfin à l'état de fleurs et
de fruits, de même les semences des vices naturels, n'étant point impédimentées, croissent de jour
en jour et se fortifient avec l'âge. Et de la même manière également, si les semences de la piété et
de la crainte de DIEU, par une droite éducation sont semées dans les âmes, elles croissent également
et se résolvent en fleurs de piété et fruits des bonnes oeuvres.
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142 INTERPRETATIONS
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CCCLIII. Le moqueur n'écoute Prov. XIII, | CCCLIII. Le dérisoire n'écoute pas |
| pas lorsqu'on raisonne. vers. 1. | l'incrépation.
|
Le moqueur, etc.] Le subsannateur, le demi-savant précoce, le mondain immonde, qui, indifférent,
méprise la crainte de DIEU et les corrections fidèles des amants de DIEU, préférant à ceux-ci (contre les
Lois de l'Ecole des Théo Sophes) ceux qui vivent mondainement. Par la raison que les hommes mauvais
ne pensent pas au jugement de DIEU, qui cependant apparaîtra horriblement et assez tôt (puisque
suffisamment bien) aux illusoires, et qui administre la justice même en cette vie, par le ver de la
conscience qui les ronge âcrement.
CCCLIV. Réponds donc au fou Prov. XXVI, | CCCLIV. Réponds donc au fou selon |
| selon sa folie, de peur qu'il ne se voie vers. 5. | sa folie, de peur qu'il ne soit sapient à
|
| Sapient. | ses yeux. |
Réponds donc au fou, etc.] Puisque les causes probables t'invitent à répondre, une réfutation peut
être modestement opposée, qui contienne des choses utiles et salutaires aux pieux lecteurs et auditeurs,
de sorte que quelques-uns soient affermis ou sanifiés. Il ne faut pas combattre avec les adversaires
par des injures ou des sarcasmes, et ainsi ne pas répondre au fou en usant de sa folie,
de peur qu'on te juge semblable; car la victoire n'est pas placée dans la calomnie, mais dans la
vérité.
CCCLV . Il vaut mieux, (certes) Prov. XVII, | CCCLV. Rencontrer une ourse pri- |
| rencontrer une ourse à qui on a ravi vers. 12. | vée de ses petits est mieux à propos que
|
| ses petits qu'un fat confiant en sa folie. | le fou dans sa folie. |
Il vaut mieux, etc.] Ceux qui sont plus avides de la dispute que de la vérité et défendent opiniâtrement
leur propre opinion et censurent très odieusement ceux qui s'en écartent. Tu te souviendras donc
d'avoir égard au temps:
Lorsque la fureur est en marche cède-lui:
Car toute violence est difficile à réprimer.
CCCLVI. La voie du fou est Prov. XII, | CCCLVI. La voie du fou est droite à ses |
| droite à ses yeux. Mais qui est Sapient vers. 15. | yeux; et qui obtempère au conseil est
|
| écoute les conseils. | Sapient. |
La voie du fou est droite, etc.] Chacun veut aller où il veut; c'est pourquoi le monde est plein de
fous. C'est pourquoi tout homme déraisonnable qui n'est pas soumis à une règle doit être hérétique
et non dans la droite voie. Oui certainement. Que le Sapient rougisse de parler sans le témoignage de
la Sacro-Sainte Ecriture, du Livre de la Nature et de la conscience droite. Chacun flatte ses propres
vices et embrasse les opinions conçues en son âme comme le singe embrasse ses petits.
| CCCLVII. Qui (justement) reprend un Prov. XXVIII, | CCCLXVII. Qui reprend l'homme qui |
| homme, trouve (à juste titre) grâce vers. 23. | rétrograde trouve mieux grâce que celui
|
| (chaque fois) qu'ensuite il se trouvera | qui flatte par la langue. |
près de lui, mieux que celui qui |
|
| déçoit par les flatteries de sa langue. |
|
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DU GRADE SEPTIEME 143
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Qui déçoit par les flatteries de sa langue, etc.] Alexandre le Grand, discernant un adulateur d'un
fidèle ministre, disait: Hephaestion est φιλαλέξανδρον, ami d'Alexandre; mais Craterus est φιλοβασιλέα,
ami du Roi. Et bien qu'il aimât Hephaestion, il tint Craterus en plus grand honneur et estime. Car
le premier était aimé à cause des flatteries; mais le second était jugé digne d'honneur à cause de la
vertu.
CCCLVIII. L'homme qui con- Prov. XXIX, | CCCLVIII. L'homme repris qui en- |
| temne avec une tête dure celui qui le vers. 1. | durcit sa tête sera soudain frappé et
|
| corrige, il lui surviendra une chute | jamais ne sera guéri. |
| soudaine dont la guérison ne suivra |
|
| jamais. |
|
Qui contemne celui qui le corrige] Tite Live, Liv. III, Decad. 3: J'ai souvent observé dit-il, qu'un
homme prenait conseil de lui-même sur le parti à suivre; un second obéissait ponctuellement à celui qui l'avertissait;
mais celui qui ne décidait rien par lui-même et n'obéissait point non plus n'était qu'un petit génie.
Puisque la première disposition de l'âme nous est interdite, il faut observer attentivement la seconde
et tandis que nous apprenons à commander, il nous faut au contraire nous habituer prudemment
il obéir dans notre âme.
CCCLIX. Qui marche dans un Prov XIV, | CCCCLIX. Qui marche dans sa recti- |
| chemin droit et craint DIEU est mé- vers. 2. | tude craint IEHOVAH, mais ceux qui per-
|
| prisé de celui qui marche dans une | vertissent leurs voies le méprisent. |
| voie infâme. |
|
Qui marche dans un chemin droit, etc.] C'est-à-dire qui, en craignant le Seigneur institue sa voie et
sa vie droitement et sapientement; tandis que le contempteur de DIEU perd sa voie et sa vie et s'expose
à un péril extrême. Lorsque Telamon, père d'Ajax, lui eût dit de combattre avec vigueur, mais de
demander la victoire à DIEU, Ajax répondit comme un homme insensé et superbe: Que les lâches pouvaient
vaincre avec l'aide de DIEU, mais lui sans aucun DIEU; et ainsi il pervertit sa voie, détruisit sa
vie parce qu'il s'était confié désespérément à ses propres forces.
CCCLX. Les justes abominent les Prov. XXIX, | CCCLX. L'homme inique est l'abomi- |
| hommes impies, et les impies abomi- vers. 27. | nation des justes; mais la voie droite
|
| nent ceux qui sont dans la voie droite. | est l'abomination des impies. |
Les hommes impies] L'impie est celui qui est étranger à la cognition de DIEU, contempteur de DIEU
ou hypocrite, inconstant dans la foi, Esaias, LVII, vers. 20. Les impies sont comme la mer bouillonnante
qui ne peut se reposer. Impie est celui qui, par la foi, la vie, les moeurs et l'âme, est étranger
au verbe de DIEU. Ceux-ci sont abominés par l'homme juste et pieux, doué et illuminé de la vraie foi,
transformé en l'image du Christ, par la vie, l'esprit et l'âme. Car de même sont extrêmement opposées
et se combattent l'Image de DIEU et l'image du diable; de même l'homme juste qui porte l'Image de
de DIEU et du Christ, est opposé à l'impie en qui est l'image de Satan; et vice versa.
CCCLXI. La simplicité des Prov. XI, | CCCLXI. La perfection des droits les |
| justes les dirigera et la supplantation vers. 3. | conduira; mais la perversité des pré-
|
| des pervers les ruinera. | varicateurs les perdra. |
La simplicité des justes] Le Psaume XXXVII est une explication très claire de cette sentence; lis-le en
entier.
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144 INTERPRETATIONS
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| CCCLXII. La fortitude du simple, Prov. X, | CCCLXII. La fortitude pour le par- |
voie du SEIGNEUR et la peur pour vers. 19. | fait est la voie de IEHOVAH et la peur
|
| ceux qui font le mal. | pour ceux qui commettent l'iniquité. |
La peur pour ceux qui, etc.] Tu vois ici la différence entre la bonne et la mauvaise conscience.
Cicéron dit dans l'oraison pour Milon: Grande est la force de la conscience dans l'une et l'autre partie;
de sorte que ceux qui n'ont rien commis ne craignent pas, tandis que ceux qui ont péché voient toujours la
peine se dresser devant leurs yeux. La force de la conscience et la force οὐσιώδεις ou critique, ne peuvent
dans l'homme, être complètement éteintes ou effacées de l'Ame.
CCCLXIII. Qui craint l'homme Prov. XXIX, | CCCLXIII. La crainte des hommes |
| bientôt tombera; qui espère dans le vers. 25. | dresse un piège, et qui a foi en IEHOVAH
|
| SEIGNEUR sera surélevé. | sera exalté. |
Qui craint l'homme, bientôt, etc.] Lis le Psaume CXLVI (CXLV) en entier.
CCCLXIV. (Car) toute parole Prov. XXX, | CCCLXIV. Toute parole de DIEU est |
| de DIEU est un bouclier pour ceux qui vers. 5. | éprouvée comme par le feu; elle est un
|
| espèrent en lui. | bouclier pour ceux qui espèrent en lui: |
Toute parole de DIEU, etc.] Observe ici, apprends et réponds dans l'intimité de ton coeur; que le sermon
de DIEU te soit un bouclier, et ajoute foi à la Vérité et aux promesses Divines. Car il est dit clairement
que le sermon de DIEU est embrasé et purifié, c'est-à-dire sans scories, sans dol, sans fausseté,
et qui doit certainement accorder la victoire aux croyants. Tu en as des exemples dans l'Ep. de
S. Paul aux Hébr. I. Le Psaume XIX, chante insignement aussi l'Eloge du Verbe Divin, vers. 9 (vulg.
XVIII, 8). Droites, les Justices du Seigneur, réjouissant les coeurs; lucide, le précepte du Seigneur, illuminant
les yeux. Vers. 10 (9); Sainte, la crainte du Seigneur, permanent dans les siècles des siècles; vrais,
les jugements du Seigneur et ils sont justifiés. Vers. 11 (10). Ils sont plus désirables que beaucoup d'or et que la
pierre précieuse, et plus doux que le miel et le rayon de miel Vers. 12 (11). Aussi ton serviteur les garde; et
en les gardant, une grande récompense.
CCCLXV. N'ajoute rien du tout vers. 6. | CCCLXV. N'ajoute pas à ses paroles |
| à ses paroles, de peur que tu en sois | de peur que tu en sois repris et répré- |
| repris et trouvé menteur. | hensible comme menteur. |
N'ajoute rien du tout, etc.] La raison en est que tout homme est menteur; seul, DIEU est la source
limpide de la vérité; c'est pourquoi c'est la Loi de DIEU immaculée, qui convertit les âmes; c'est le
témoignage fidèle de DIEU qui donne la Sapience aux petits enfants. Psaum. XIX, vers, 8. Le Verbe
Eternel de DIEU, dès le commencement, vrai de la vérité même, irrépréhensible, et recrée les âmes des croyants.
Car il renferme l'agnition de DIEU et du Sauveur; et cette agnition est la vie éternelle, S. Jean, XVII, 3.
Et c'est vraiment la Règle et la norme de vie, immaculée, sincère, intègre, parfaite, ne contenant
rien d'inique ni de vain, écartant les âmes des erreurs, détournant du mal, instaurant l'image de
DIEU; elle est fidèle, non trompeuse, parce que DIEU tient ses promesses; elle accorde la Sapience aux
rudes, aux indoctes et aux fous, selon le monde (I, Ep. aux Corinth. II) et tranquillise la conscience;
elle montre les vrais cultes de DIEU, les promesses infaillibles; et avec ses sacrements, la foi, l'espérance,
la dilection, l'humilité, la patience, l'invocation et la glorification du nom Divin.
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DU GRADE SEPTIEME 145
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Sache-le! Chaque fois que je lisais, dès l'âge le plus tendre, les paroles du Prologue ci-dessus dans
les livres du Roi Sapient, toujours cette pensée se présentait en mon âme (sans aucun doute par
la monition de la voix de DIEU parlant en moi): Ce sont de grandes et presque incroyables choses
que tu lis ici, touchant les fruits et les trésors de la SAPIENCE; cependant point du tout fausses,
feintes ou mensongères. Ah! comment parviendras-tu à leur cognition? DIEU sait, car je ne pourrais
le dire, jusqu'à quel point j'ai été altéré de vérité; J'invoquai donc DIEU, afin qu'il me montrât la
VERITE; et RUACH HHOCHMAEL, L'ESPRIT DE LA SAPIENCE DIVINE m'a conduit par la méthode que j'ai exposée
au verset CCXCIV. Dans l'UNIVERSELLE vérité de choses que j'ai traitées dans cet Amphithéâtre Universel.
Gloire à DIEU in excelsis, de ce qu'il aura manifesté de telles choses aux amateurs de la Théo-
Sophie, héritiers fidèles et aimés de la SAPIENCE Eternelle, seule vraie.
JE PARACHEVE cet Oeuvre par ces quelques
paroles de la Doctrine du
SAPIENT
| Ne recherche rien davantage, mon Eccl. XII, | Prends garde, mon fils de chercher |
| fils (dit le Roi Sapient); il n'y a nulle fin vers. 12. | davantage; il n'y a pas de fin à faire |
| à faire plusieurs livres, et la fréquente | plusieurs livres, et la doctrine nom- |
| méditation est l'affliction de la chair. | breuse est l'affliction de la chair. |
| |
|
| Ecoutons (donc) tous ensemble la fin vers. 13. | La fin de tout ce discours est à |
| de ce parler. Crains DIEU et observe ses | entendre; crains DIEU et garde ses |
| MANDEMENTS; Car c'est là tout l'homme. | mandements, parce que ceci est tout |
| | l'homme. |
| |
|
| Et toutes choses qui se font, DIEU les vers. 14. | Parce que DIEU produira toute oeuvre |
| produira en jugement à cause de toute | en jugement qui portera sur toute chose |
| faute; soit pour le mal, soit pour le | cachée, soit pour le bien, soit pour le |
| bien. | mal. |
C'est pourquoi, ô mortels,
| Mieux vaux aller à une maison de Ecclés. VII, | Mieux vaut aller à une maison de |
| deuil qu'en une maison de festin car en vers. 3. | deuil qu'aller à une maison de fes-
|
| la première on est averti de la fin de | tin; car en la première est ce qui est |
| tous les hommes et l'homme vivant | la fin de tous les hommes, et le voyant |
| pense à ce qui sera. | il le place sur son coeur. |
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146 INTERPRETATIONS
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| Vanité (donc) des vanités, dit recte- Ecclés. I, | Vanité des vanités dit vraiment |
| ment l'ECCLESIASTES vanité des vanités, vers. 2. | l'Ecclésiastes; vanité des vanités, et
|
| et TOUT est vanité; | tout est vanité; |
Je le dis, Moi HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG, fidèle amateur de THEOSOPHIE et DOCTEUR en l'une et l'autre
MEDECINE, avec tous les fils fidèles de la DOCTRINE, en général et en particulier, de TOUT ce qui est, se
trouve, existe, se lit et se fait en dehors et sans l'assistance de la SAPIENCE ETERNELLE, seule vraie, et
de sa DOCTRINE orthodoxe, et de son ETUDE Philo-Sophique.
J'AI DIT.
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J'A J O U T E
Maintenant donc, VOUS ô mortel, en cette page FINALE, vous qui adorez IEHOVAH et
auxquels la SAPIENCE tient un peu au coeur, tant de fois avertis par MOI, amateur et fils
fidèle et aimé de la THEOSOPHIE (que toute envie soit loin de cette affirmation) par l'inspiration
et la grâce de DIEU (de qui j'ai toujours été sujet et, Laus à IEHOVAH je le suis encore en
ce présent Oeuvre que j'offre aux hommes) dans cet AMPHITHEATRE par le Catholicisme
simple de la VERITE; et le simplicisme catholique de la VERITE, CHRISTIANO-KABBALISTIQUEMENT
DIVINO-MAGIQUEMENT, et même PHYSICO-CHIMIQUEMENT, soit par l'Ecriture ou la Peinture,
non sophistiquement fausses ou impudemment mensongères, mais telles que, saintement,
gravement et irréfragablement le confirment la Sacro-Sainte Ecriture Biblique, le livre
(*1) universel de la Nature et la Conscience de l'homme Divinement infuse, par la méthode tri-
une, telle que nul avant moi jusqu'ici (sans inane gloriation; pourquoi ne me serait-il pas
permis d'avouer la vérité) ne l'avait montrée orthodoxement et graphiquement, je vous en
prie dis-je, ne méprisez pas la DOCTRINE de la SAPIENCE ETERNELLE, seule vraie, et la DOCTRINE
aussi saine que salutaire fondée dans la Sacro-Sainte Ecriture Biblique, le Livre
(*1) Cicéron, oraison pour Milon et Orais. 3 contre Salust Grande est la
force de la conscience. Quintilien, liv 5. La conscience aux mille témoignages.
+@
+@
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DU GRADE SEPTIEME 147
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Macro-Cosmique de la Nature, et la Loi Divinement écrite dans nos coeurs; mais ascendez
maintement Théosophiquement VERS et DANS cet AMPHITHEATRE DE LA SAPIENCE
ELLE-MEME, et à la PORTE de celui-ci par l'ECHELLE de ses sept Grades; en lui,
observantissimes des SEPT LOIS qui y sont jointes, entrez avec une dévotion
non hypocrite, et contemplez-LA soigneusement des yeux tant de l'Ame
que du Corps, purifiés tant pénitentiellement que rituellement
des sordides séductions des rudesses et des fantaisies de
l'esprit; et vous marcherez sapientement, dis-je, vers
votre salut, et temporel et éternel,
AMEN.
J'A I D I T
QUI EST BIEN INSTRUIT DE LA DROITE VOIE:
A DEJA PARCOURU UNE BONNE PARTIE
DU DIFFICILE ITINERAIRE.
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148 INTERPRETATIONS DU GRADE SEPTIEME
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A M O M U S E T Z O I L E.
L'h o m m e i n t e l l i g e n t a u x i m p e r t i n e n t s.
Il est facile de critiquer (μωμει̑σθαι) et difficile d'imiter (μιμει̑σθαι).
Chacun peut blâmer ce qu'il lui est impossible d'égaler.
Tu peux ceci mieux; or celui qui peut faire mieux
qu'il le montre donc. Si tu es encore dans le bon
chemin, si tu conviens que tu te trouves
mieux imprégné de la science, alors je
ne mérite aucun blâme. Et de ce que
tu me dois, il faut en retour te
montrer reconnaissant.
Il est injuste de juger de tout un livre par une petite
partie, avant que tout le livre soit bien connu
et soigneusement examiné.
HENRI KHUNRATH,
de LEIPZIG, fidèle
amateur de la THEOSOPHIE
et DOCTEUR
de l'une et l'autre
MEDECINE.
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ISAGOGE A LA PREMIERE FIGURE DE L'AMPHITHEATRE 149
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קָדוֹשׁ קָדוֹשׁ קָדוֹשׁ
(QADOSH, QADOSH, QADOSH)
יְחוֹחָ צֶכָאוֹת
(TETRAGRAMMATON TSEBAOTH)
Q U I E T A I T; Q U I E S T;
Q U I S E R A .
PLEINS SONT LES CIEUX, PLEINE EST
TOUTE TERRE DE LA MAJESTE
DE SA GLOIRE.
חלְלוִיחָ ; חלְלוִיחָ
(HALLELU-IAH; HALLELU-IAH)
חלְלוִיחָ
(HALLELU-IAH)
I.
L A V E Z-V O U S, S O Y E Z
P U R S.
II.
יְחוֹחָ (TETRAGRAMMATON) U N
E F F E C T E U R D E T O U T E S C H O S E S; A Y E Z-L E
E T V O U S A U R E Z T O U T E S L E S P U I S S A N C E S
M I N I S T R A N T E S.
@
150 ISAGOGE A LA
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III.
A U P R E M I E R D E S E T R E S
S O I E N T L E S V O E U X E T P R I E R E S;
A U X I N F E R I E U R S
L E S H Y M N E S.
IV.
S I P A R Q U E L Q U E C I R C O N S T A N C E L A
P E T I T I O N E U T P R O C E D E
V E R S L E S E T R E S I N F E R I E U R S
Q U E C E N'E N S O I T P A S
L E B U T F I N A L
M A I S E N R A I S O N S E U L E M E N T
D E L'A D M I N I S T R A T I O N D E L E G U E E
P A R L E P R E M I E R D E S
E T R E S
-----------------
@
FIGURE SECONDE DE L'AMPHITHEATRE 151
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I S A G O G E
ou
I N T R O D U C T I O N B R E V E
A LA FIGURE SECONDE
DE CET AMPHITHEATRE
-----------------
IL NOUS CONVIENDRA donc, d'abord pieusement lavés et pénitentiellement purgés, de
nous offrir, et, suppliants, par la foi sincère, de nous recommander à la Déifique Lumière;
et les sens séditieux complètement fermés et réprimés, et l'âme quiète et pure de toute
passion, tant immédiatement que médiatement, aussi bien en dormant qu'en veillant,
d'attendre patiemment cette manne rorante et tombant d'en haut de la SAPIENCE Eternelle
et supercéleste, et cette pluie nectaréenne et d'eau et de feu distillant goutte à goutte sur
la terre, et descendant dans nos coeurs, nos âmes, nos forces et nos esprits, c'est-à-dire
dans le Corps, l'Esprit et l'Ame ou le TERNAIRE MICROCOSMIQUE ressuscité ; et ainsi d'être DIVINEMENT
embrasés, illustrés, illuminés, sanctifiés; de JOUIR de יְחוֹחָ, de SUPPORTER (PATI)
LES CHOSES DIVINES; et même d'être ineffablement ravis en DIEU, et presque DEIFIES. Nous
devons donc louer et adorer (principalement dans les SOLILOQUES quotidiens et surtout
ceux du matin) cette MER immense de MISERICORDE et cet OCEAN infini de toute BONTE duquel
jusqu'à nous, dérivent les rayons, distillent les ruisseaux et émanent les fleuves divinissimes,
non seulement du VERBE mirifique JESUS CHRIST (יְחשוחָ ΧΡΙΣΤΟΥ) CRUCIFIE et des
noms sacrés de יְחוֹחָ et de tous les verbes (qui sont pour nous les demeures sensibles de la
DIVINITE et même les monuments commémoratifs qui nous les enseignent; et aussi les
stimulants, les adjuvants et les allégements des passions de l'AME et de l'ESPRIT en nous,
et les promoteurs énergiques d'une opération admirable, en nous, et hors de nous) qui
désignent et exhibent ensemble la DIVINITE (NUMEN); mais encore de toutes les choses admirables
(car יְחוֹחָ seul a fait les choses admirables). O heureux, trois et quatre fois
heureux celui qui est ravi en admiration, méditation, et perception de celles-ci. Nous
sentons ainsi la DIVINITE (NUMEN) souveraine réellement présente; nous entendons véridiquement,
14
@
152 ISAGOGE A LA
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nous voyons suffisamment, nous observons fructueusement יְחוֹחָ l'admirable,
parlant mirifiquement et en NOUS et en la NATURE et en l'ECRITURE; nous consultons sans
tromperie les bons ANGES qui nous assistent amicalement, nous avertissent fidèlement,
nous enseignent familièrement par l'ordre bénin de יְחוֹחָ et nous conduisent sûrement
dans nos voies. C'est pourquoi, inclinés jusqu'à terre, cet hymne a été; dûment proféré par
NOUS avec d'autres non différents de celui-ci, sur le mode et l'accent Ionique, du fond de
l'âme enflammée d'ardeur pour les choses sacrées:
Et générateur et artisan de toutes chose,
Roi des êtres supérieurs, Lumière du génie, espoir des hommes,
Tremblement de l'ombre ténébreuse du Phlegethon,
Amour incrédibile des habitants des cieux,
Peur invincible des habitants du tartare,
Religion célèbre des enfants de la terre,
אְלֶחינו אֲדׄנָינו אֲדׄנָי
(Elohinou Adonaïnou Adonaï)
Βασιλεύς παντοκρατωρ προτογλυεθλός
(Roi, Omnipotent, Nourricier)
DIEU un, DIEU le même, DIEU nourricier
En descendant d'en haut, pénètre en NOUS.
TOI, TOI, TOI,
Demeure ici,
Excite les inertes
Avertis-nous des choses erronées
Enseigne-nous les choses vraies.
-----------------
@
FIGURE SECONDE DE L'AMPHITHEATRE 153
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LOI INTRODUCTOIRE
V.
Q U E L E S A N G E S (ΑΓΓΕΛΟΙ
Q U I V O L E N T V E R S יְחוֹחָ E T E N S U I T E
V E R S N O U S
S O I E N T P O U R N O U S
R E V E R E N C E E T C R A I N T E.
VI.
Q U E S O I T E N V E R S E U X
L'O B E I S S A N C E E M P R E S S E E
S E L O N L'A P P R O B A T I O N C O N N U E.
VII.
S I V O U S O S E Z T R A I T E R
D E L E U R S M Y S T E R E S S A C R E S
Q U E C E S O I T
O U V E R T E M E N T A U X D I G N E S
O B S C U R E M E N T A U X P R O F A N E S.
Ensuite:
C O N N A I T R E יְחוֹחָ
par
LA SACRO-SAINTE ECRITURE, LA CREATURE
et aussi par SOI-MEME; et encore
par sa lumière, immédiatement levée en ton âme,
Théosophiquement, Naturellement, Kabbalistiquement.
TE CONNAITRE TOI-MEME,
PAR LE LIVRE
De la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature de tout l'Univers qui est, et Macro-Cosmique
c'est-à-dire universel, et Micro-cosmique, ou de Toi-même; selon ton Corps
et ton Esprit; et enfin de
TON AME, conjointe à DIEU,
Théo-Sophiquement, Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-Chimiquement,
Physico-Magiquement, Hyperphysico-Magiquement,
Kabbalistiquement.
@
I S A G O G E
ou
I N T R O D U C T I O N B R E V E
A L A F I G U R E T R O I S I E M E
de l'Amphithéâtre.
C O N N A I S L A N A T U R E
UNIVERSELLEMENT
et
PARTICULIEREMENT
par le LIVRE
DE LA SACRO-SAINTE ECRITURE; ET DE LA NATURE
ELLE-MEME
qui est, et le Monde majeur, universel; et le Monde mineur
c'est-à-dire l'homme, selon son corps et
son esprit.
Enfin
ou médiatement, par les ANGES, ou immédiatement dans le miroir
de ton âme purgée
par
D I E U L U I-M E M E
Théo-Sophiquement; Physiquement; Physicomédicalement; Physicochimiquement;
Physicomagiquement; Hyperphysicomagiquement;
Kabbalistiquement.
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ISAGOGE A LA FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 155
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I.
LA PIERRE DES PHILOSOPHES EXISTE; car CELLE-CI:
1° L'EXPERIENCE, maîtresse de toutes choses, suffisante même seule, l'atteste infailliblement;
n'est-ce pas être plus que fou, que de lui résister? Celle-ci (bien que préparée par
d'autres) LE PONTIFE ROMAIN et SA MAJESTE IMPERIALE l'ont reconnue vertueusement efficace;
beaucoup de Rois, dans tout l'Orbe des Terres, l'ont vue, et même quelques Electeurs de
l'Empire Romain; certains Princes, Comtes, Barons, Nobles et (à cause de la vertu et de
la doctrine) Docteurs, qui étaient dans l'intimité de ces nobles, l'ont vue; et même dans
toute nation Judaïque, Païenne, Chrétienne, et même Turque, beaucoup de tout état et de
tout ordre, tant Ecclésiastiques que Politiques, lettrés aussi bien qu'illettrés, l'ont vue de
leurs yeux (étonnés par le miracle de la Nature produit par l'Art) l'ont touchée de leurs
mains. J'en parle savamment. Je cite tous ceux-ci comme témoins; toi, chercheur de
physico-chimie, interroge les amants de la vérité; ils attesteront volontiers, pour renforcer
la vérité, que la chose est véritablement ainsi.
2° LA RAISON, vraie et certaine, ductrice fidèle des sages, la confirme gravement; elle
qui, en dirigeant l'esprit, l'empêche d'entrer en tel chemin étroit ou tortueux, mais l'admet
promptement dans un autre plus ample.
3° LES SAPIENTS, dont le nombre et si grand, les auteurs gravissimes (desquels il existe
çà et là des monuments se rapportant à ce sujet) tous ensemble, harmoniquement, l'ont
affirmé non témérairement même avec les serments les plus sacrés; qui sont tous véridiques
(parce que ces hommes sont doctes et bons) et considérés comme tels jusqu'à ce
que le contraire soit suffisamment prouvé sur eux-mêmes. Et pourquoi pas? Puisque l'on
doit croire tout artiste dans ce qu'il enseigne sur son art, pourquoi ne devra-t-on pas, en
cette matière, ajouter foi à eux-mêmes plutôt qu'aux ignorants? Car les artistes, de toute
sorte, savent parfaitement et vérissimement disserter, parler et juger de la nature de leur
oeuvre.
4° LA NATURE, adjutrice (ministra) jamais oisive de DIEU dans la machine de ce monde,
nous l'enseigne fidèlement de jour et de nuit par des voies et modes nombreux dans ses
opérations (comme le rapportent les Théosophes et le confirment les experts) et nous en
donne une ferme assurance.
5° L'ESPRIT (MENS), étincelle la plus haute et la plus lucide de l'âme (animus) humaine,
Divine et immortelle, que DIEU a douée d'une constitution telle, que par le désir inhérent
à sa nature et par toutes les forces qu'elle peut déployer, elle tend et appète sans cesse
vers les choses suprêmes et optimes; or cet aiguillon de la bonne convoitise (car elle vient
de DIEU), cette impatience de l'âme (seuls les experts la connaissent), ce désir ardent de
posséder la PIERRE DES PHILOSOPHES, s'il n'était pas dans la nature des choses, il faudrait
donc que DIEU L'IPSEIQUE l'eût inséré en vain en ceux (car je ne parle pas ici des vicieux) qui
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156 ISAGOGE A LA
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soit plus prudents, plus sapients et plus religieux que les autres. Cependant il n'a rien
fait en vain!
6° LA CONFORMITE TYPIQUE, vraiment admirable (dans la Nature) de cette PIERRE avec la
Sacro-Sainte Trinité Divine; avec tout l'Univers créé; et même avec le λόγος incarné de
DIEU, c'est-à-dire Maschiah promis et envoyé; et aussi avec les sacrements et les mystères
si hauts et si profonds de la religion chrétienne, et qui oblige justement tout homme sain
d'esprit à la croire et à la déclarer véritable. J'aurais honte de parler contre la vérité. Seuls
les savants peuvent le comprendre. En vérité, en vérité je vous le dis: si l'un existe, l'autre
existe également.
7° Enfin (puisque le CREATEUR, comme l'atteste S. Paul aux Rom. 1, veut être connu de
la CREATURE) DIEU, par quelques-uns de ses organes (car DIEU ne donne pas tout à un seul)
auxquels il l'avait bénignement accordé dès le commencement du Monde, a pu et voulu
(l'expérience atteste ce vouloir) et il veut encore (parce que sa miséricorde est éternelle)
que soit connu du genre humain combien est admirable la Sapience, la puissance infinie,
la bénignité immense du CREATEUR, etc., c'est-à-dire quel est DIEU LUI-MEME considéré
comme modèle mirifique, non seulement par la CREATURE, par le monde majeur, seulement
per se ou simplement et dans ses parties, indistinctement, par une cognition particulière;
mais aussi par le FILS du monde majeur (qui est l'interprète de l'art, c'est-à-dire de la
PHYSICOCHIMIE) dans le sujet catholique, catholiquement, abondamment et explicativement;
et ensuite que le genre humain apprenne clairement à connaître יְחוֹחָ Tri-un, auteur de
tant de biens et de dons; à l'admirer et le vénérer seul, à le collouer avec une âme
reconnaissante, à le méditer profondément et à se conjoindre et se réunir inséparablement
avec son ipséité. Donc, de même qu'il était du sapientissime יְחוֹחָ de juger qu'il fallait
choisir et trouver cette voie comme étant la plus commode pour parvenir à le connaître; de
même il est de nous d'approuver, d'aimer et de suivre ce qu'il a choisi lui-même; de le
comprendre salutairement LUI-MEME (ainsi qu'en son Fils, interprète de la Sacro-Sainte
Ecriture) par le fils de la nature, ce style Physico-Chimique, DIEU l'ayant ordonné ainsi
dans le Livre et le Miroir de la NATURE (que nous avons certainement, catholique et splendidissime
dans la PIERRE des Philosophes) proposés par DIEU à nous; de voir et connaître
utilement aussi le MONDE, et de même qu'il doit être rénové par le feu à la fin de ce monde
(saeculum) comment et par qui il a été construit dans le principe par le feu; et enfin de nous
connaître fructueusement NOUS-MEMES.
------------------------------------------------------------------------------------------------
II.
QUELLE EST LA PIERRE DES PHILOSOPHES?
LA PIERRE DES PHILOSOPHES est רוִחַ אֱלחִים, RUACH ELOHIM (qui reposait, incubebat sur les
eaux, Genès. I) conçu par la médiation du Ciel, (יְחוֹחָ seul, par sa pure bonté le voulant
ainsi) et fait corps, vrai et tombant sous les sens, dans l'utérus virginal du monde majeur
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 157
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primogénéré (προτοτοκος) ou du chaos créé, c'est-à-dire la TERRE, vide et inane, et l'EAU;
c'est le fils né dans la lumière du Macrocosme, d'aspect vil (aux yeux des insensés)
difforme, et presque infime; consubstantiel cependant et semblable à son auteur (parens),
petit Monde (ne t'imagine pas qu'il s'agisse de l'homme ou de quelque autre chose, de ou
par lui) catholique, tri-un, Hermaphrodite, visible, sensible au tact à l'ouïe, à l'olfaction
et au goût, local et fini! manifesté régénératoirement par lui-même, et, au moyen de la
main obstétricale de l'art de la physico-chimie, glorifié en son corps dès son assomption;
pouvant servir à des commodités ou USAGES presque infinis et mirifiquement salutaires au
microcosme et au macrocosme dans la triunité catholique. O toi fils de perdition, laisse
donc assurément le vif-argent (ὐδράργυρον) et avec lui toutes les choses, quelles qu'elles
soient, mangoniquement préparées par toi. Tu es le type du pêcheur, non du Sauveur;
tu peux et dois être délivré et non délivrer toi-même. Tu es la figure du médiateur qui
mène à l'erreur, à la ruine et à la mort, et non de celui qui est bon et qui mène à la vérité,
à l'accroissement et à la vie. Il a régné, règne et régnera naturellement et universellement
sur les choses naturelles; il est le fils catholique de la Nature, le SEL (sache-le) de SATURNE,
fusible suivant sa constitution particulière, permanent partout et toujours dans la Nature
par lui-même; et, par son origine et sa vertu, UNIVERSEL. Ecoute et sois attentif; CE SEL EST
LA PIERRE TRES ANTIQUE. C'est un mystère! dont le noyau (nucleus) est dans le DENAIRE. Tais-
toi Harpocratiquement! (qui peut comprendre comprenne; j'ai dit. LE SEL DE SAPIENCE, non
sans cause grave, a été orné par les Sapients de bien des surnoms; ils ont dit qu'il n'était
rien de plus utile dans le monde, que lui et le SOLEIL. Etudie ceci.
------------------------------------------------------------------------------------------------
III.
POURQUOI EST-ELLE APPELLEE PIERRE, ET POURQUOI DES PHILOSOPHES ?
Elle est appelée PIERRE parce que c'est le nom qui lui est donné parmi le vulgaire
aveugle pour les yeux qui voient, sourd pour les oreilles qui entendent. DIEU LUI-MEME,
pour des causes certaines rapportées dans les écrits des maîtres de la Sapience a gravement
prohibé de la révéler à qui que ce soit. C'est pourquoi tous les philosophes voudraient
plutôt mourir que de la divulguer. Car, au juste jugement de DIEU, le secret secrétissime
de l'ART est, a toujours été (car יְחוֹחָ Lui-même en est le gardien fort et jaloux) et sera
(lui et sa solution) très justement scellé d'un sceau au moyen des foudres de l'anathème,
par les Sapients, jaloux à bon droit de le dérober aux indignes. Je citerai pourtant ces philosophes
lorsqu'ils en parlent philosophiquement eux-mêmes: on l'appelle ainsi,
disent-ils, parce que sa génération et sa régénération est aussi comme celle des pierres
car elle est produite de l'humide visqueux et glutineux et du sec terrestre. Et: parce que
par sa coction (qui procède en épaississant, incrassendo) elle est durcie en une pierre permanente
@
158 ISAGOGE A LA
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et fixe (qui se broie et s'emploie comme une pierre). Alphidius dit: Si son
véritable nom eût été pierre on ne l'eût pas appelée pierre. Et d'autres: La pierre n'est
pas une pierre. Voici donc ce que disent philosophiquement les philosophes. Qu'une
réponse plus claire soit profondément retenue en notre esprit de peur que nous n'excitions
contre nous la fureur divine. La Pierre occulte est celle des PHILOSOPHES, non des insensés
et des idiots; non celle des impies et des vicieux contre leur conscience. Ce qu'est le Philosophe
c'est-à-dire l'amateur de la Sapience vraie, cela t'est parfaitement enseigné par la
seconde partie de cet Amphithéâtre. Je te laisse fraternellement à considérer ces deux
axiomes: Le principe conduit à sa fin dont elle est l'intention. Et puisque les causes de
tant de choses sont cachées il faut se diriger dans leur investigation par les signes et les
effets. Contente-toi de ceci.
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IV.
QU'EST-CE QUE רוִחַ אֱלֺחַים RUACH ELOHIM QUI REPOSAIT SUR LES EAUX.
Genès. 1.
רוִחַ אֱלֺחִים RUACH ELOHIM est l'ESPRIT, le souffle saint, la respiration de יְחוֹחָ le saint;
la Vapeur de la vertu de DIEU Omnipotent et sachant tout et une certaine EMANATION ou
émission de fécondité vitale du premier et souverain moteur, vivifique et puissante, provenant
du gouffre profondissime de sa Divinité, où sont les FORMES (IDEAE) c'est-à-dire les
Exemplaires, les Espèces, les Raisons séminatrices primordiales et radicales, les volontés
opératoires, et les causes effectrices de toutes les choses qui, conçues et préexistantes dans
l'intelligence de l'ARCHETYPE et artisan suprême (חָכְמָח Hhochmah la SAPIENCE les produisant
dans sa Bonté) doivent être ensuite produites et accomplies à l'avenir dans le
Monde. TOUTES ces choses (ELOHIM créateur et formateur, l'ayant ordonné et commandé par
son VERBE, Genès. I), qu'il a voulu douer d'existence dans ce Théâtre mondain, ont été
produites et faites dans ce globe sublunaire et revêtues de TERRE et d'EAU, ὔλη ou matière
première commune et universelle, par l'intervention du CIEL. J'ajoute: RUACH ELOHIM est
μορφή ou la FORME de toutes choses, interne, οὐσιάδης, essentielle; l'AME universelle du
Monde; la Vertu substantielle subsistant per se, cause de toute créature de ce Monde qui
doit subsister; l'ESSENCE (parce qu'il est incréé) vraiment QUINTE; et (pour me servir d'une
expression très usitée) la NATURE ipsissime et substantifique des choses. C'est la PUISSANCE
(NUMEN) de DIEU et la Divine Raison insérée dans tout le monde et ses parties, et auteur et
artisan de toutes ces choses. C'est l'ESPRIT UN (par l'essence et le nombre) de DIEU; c'est
l'Ame une de cette Université une, visible et corporelle; âme catholique, mais cependant
πολυποικἰλος; c'est-à-dire multiforme (Sapience VII, 22; S. Paul aux Ephès. III, 10) et dont les
divers rayons et ETINCELLES furent enfermés dans le môle de la première masse matérielle,
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 159
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et de là dispersés et dissipés; et ces étincelles de l'Ame universelle et une, disjonctivement
et séparativement innombrables, habitent maintenant dans les parties du Monde qui
furent disjointes ensuite et séparées de la masse du corps et même de sa circonférence.
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V.
QU'EST-CE QUE LE CIEL?
LE CIEL, est l'ESPRIT ETHEREEN corporel ou le corps éthéréen spirituel, non sujet à la
corruption, et perméant toute la machine du Monde; en haut affermi par le VERBE DU SEIGNEUR
ce qui est le FIRMAMENT; en bas incorporé à toute la masse sublunaire; c'est pourquoi le
le Ciel est un, aussi bien celui qui est en haut que celui qui est en bas, et d'une seule et
même essence et substance. Ce dernier cependant, par le labeur sagace de la Physico-
chimie peut-être manifesté aux sens et être recueilli pour l'usage des hommes.
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VI.
COMMENT רוִחַ אֱלֺחִים RUACH ELOHIM, PAR LA MEDIATION DU CIEL a été
conçu et fait vrai corps tombant sous les sens dans l'utérus virginal du Monde
majeur primogéneré (du Chaos créé) c'est-à-dire TERRE vide et inane
et EAU?
C'est vraiment l'opinion et le consensus unanimes de tous les philosophant que les
EXTREMES ne peuvent se conjoindre, s'unir et copuler sans un médiateur leur convenant.
Or RUACH ELOHIM, Esprit (par Essence) Divin, incréé, simplicissime, exempt de toute masse
corporelle, mobile spontanément et per se, πολυτοικἰλος, c'est-à-dire multiforme ou rempli de
formes, et même l'ipsissime FORME des choses; et l'ABIME, la MATIERE ténébreuse, incapable
par elle-même de mouvement, tri-une, c'est-à-dire CIEL, TERRE inane et vide et EAU, ETRE
(ENS) corporel, confusément mélangé, dès le commencement-créé du néant, c'est-à-dire de
nulle substance ou principe matériel existant per se, par DIEU LUI-MEME (car c'est à lui seul
qu'il appartient de créer, κτιζειν), ce sont là réellement les extrêmes. Donc dans l'intervalle
du CIEL, du MEDIATEUR participant à sa manière des deux extrêmes (parce qu'il est
CORPS spirituel et Esprit corporel) RUACH ELOHIM (par la bénigne volonté du seul יְחוֹחָ en
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160 ISAGOGE A LA
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descendant et s'insinuant dans la circonférence et toutes les parties les plus secrètes et en
dispersant au plus intime et au plus profond les Etincelles ou Rayons de sa fécondité) pénétrait
jusqu'au CENTRE dans cet ETRE (ENS) CREE tout entier; ainsi il informait (par lui-même)
d'une FORME cette masse ou môle énorme, rude (ΧΑΟΣ) confuse et informe, séminatrice du
monde futur, ὕλη ou matière fangeuse, VIRGINALE (car elle n'avait encore ni conçu ni produit
auparavant); il l'aimait et l'imprégnait d'une AME purissime; il perméait, remplissait
de chaleur, vivifiait et fécondait ce qui était Tohu Va Bohu, vide et inane; il illuminait ce
qui était ténébreux, distinguait ce qui était confus, ornait ce qui était rude et impoli;
ordonnait ce qui était confus et désordonné; et il fut ainsi conçu dans son UTERUS OU CENTRE
(par qui tout encore aujourd'hui se meut, se sustente et se conserve) intime (l'Esprit
éthéréen, c'est-à-dire le CIEL, servant comme il a été dit, d'intermédiaire) et concrétisé et
fait corps ou corporel. Observe et admire maintenant ce mystère typique, la conception,
dis-je du Servateur et Sauveur de l'un et l'autre Monde; du Monde majeur et du Monde
mineur ou genre humain. Sur ce dernier nous lisons ce qui est écrit: VERBUM caro factum
est; sur le premier nous savons par la KABBALE que RUACH ELOHIM a été fait corps. Et: DIEU
s'est manifesté dans la chair, et l'ESPRIT DE DIEU s'est manifesté dans le corps. Celui-ci est
fils du Monde majeur, DIEU et créature, catholique; celui-là est fils de DIEU, θεάντρωπος c'est-
à-dire DIEU et homme; l'un a été conçu dans l'utérus du Monde majeur, l'autre dans
l'utérus du Monde mineur, l'un et l'autre VIRGINAUX. Ensoph! Ensoph! profondité des
profondités et altitude des altitudes. Je dis sans nul blasphème: LA PIERRE des PHILOSOPHES,
Servateur du Monde majeur est dans le LIVRE ou MIROIR de la NATURE, le type de JESUS-
CHRIST crucifié, Sauveur de tout le genre humain, c'est-à-dire du Monde mineur. Connais
naturellement le CHRIST par la Pierre; et apprends Théosophiquement ce qu'est la Pierre
par le CHRIST. Je ne m'écarte en rien ici du Livre de la SACRO-SAINTE ECRITURE. Ce mode
admirable d'enseigner et d'apprendre a plu au DIEU admirable; qu'il plaise également et à
moi et à toi. Que la fraternité chrétienne, je t'en prie, juge et apprécie; Et moi je suis
chrétien par la grâce de Dieu; et je veux l'être et le rester.
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VII.
COMMENT ET OU EST NE DANS LA LUMIERE LE FILS DU MACROCOSME
d'aspect vil (aux yeux de l'insensé), difforme et presque infime; consubstantiel
et semblable à son auteur (parens), Petit monde (non homme) catholique,
tri-un, Hermaphrodite, visible, sensible au tact, à l'ouïe, à l'olfaction,
et au goût, local et fini?
OU? Dans la terre sainte catholique qu'il habite heureusement maintenant encore; dans
le règne de Saturne. LE FILS DU MACROCOSME est formé de la semence et du sang de son
auteur, et repoussé naturellement de son utérus pour paraître à la lumière. VIL, DIFFORME
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 161
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D'ASPECT ET PRESQUE MEPRISABLE (aux yeux de l'insensé), risée pour le monde, il est cependant
très précieux aux yeux du Sapient. JESUS CHRIST n'avait pas de plus parfaite figure
dans la nature. Il est CONSUBSTANTIEL, SEMBLABLE A SON AUTEUR (PARENS) parce qu'il est formé
de la semence et de la substance de son auteur. CATHOLIQUE, selon le Corps, l'Esprit et l'Ame
et même selon les vertus et opérations. Il possède un CORPS catholique parce qu'il est
formé de la semence du Monde, de l'essence et de la substance de la Matière première
catholique; il est une particule de la matière (ὔλη) primordiale et universelle, c'est-à-dire
terre et eau, dans le principe des choses créées; dans un état encore universel, non pas
(DIEU le voulant ainsi) spécial ou particulier comme les corps de toutes les autres choses
du globe sublunaire qui sont spécifiés (pour parler ainsi) et particularisés par les rayons
et étincelles spéciales de l'Ame du monde, c'est-à-dire d'une propriété ou nature particulière
ou spéciale. L'ESPRIT est aussi d'une condition universelle; et l'AME qui est une étincelle
de l'Ame catholique du Monde est également catholique, c'est-à-dire universelle de Nature,
de propriété et d'opération. Ici le catholicisme seul a sa raison d'être; le particularisme
est un solécisme. LE CATHOLICON des Physico-Chimistes ne s'obtiendra que de ce qui est
catholique. Car tout est produit semblablement à son semblable. Et, telle semence, tel
germe. Arrière donc et au loin (jusque par delà les monts Caspiens) toutes matières
spéciales ou particulières de quelque ordre, nom ou vertu qu'elles soient. Il faut rechercher
ce qui est catholique et rejeter ce qui est particulier. C'est donc en vain et faussement
que nous recherchons dans la multitude particulière ce que nous avons dans le tri-un
Universel. Ce qu'ils disent est vrai: AUTANT DE PIERRES QUE DE CHOSES, sous-entendu PARTICULIERES;
mais du seul fils universel du Monde majeur provient la seule Pierre universelle.
On peut aussi extraire une PIERRE de TOUTES CHOSES; c'est-à-dire une pierre particulière
de ce qui est particulier; mais l'Universelle de ce qui est Universel. En TOUTES CHOSES
(chacune suivant sa manière) particulièrement; dans notre chaos UN et CATHOLIQUE, catholiquement.
J'AJOUTE: c'est pour cette seule et unique cause qui provient certainement
de ces choses mêmement et simplement catholiques desquelles, dans la création première,
tout cet UNIVERS visible et corporel a été formé avec ses parties, c'est pour cette cause,
dis-je, qu'il est puissant, par et en soi et seul suffisant (régénéré cependant après sa
passion) pour exercer, dans les fruits spéciaux et particuliers de cet ETRE créé comme dans
ses consanguinés (en son mode), ses forces mirifiques, catholiques et justement toutes
ensemble. Cette vertu propre et particulière, si admirablement efficace de l'étincelle de
l'âme du Monde, Catholique, Universelle ne sera parfaitement trouvée de ceux qui sont
véritablement sapients, que dans le corps Catholique. C'est pourquoi notre PIERRE a justement
mérité le nom de CATHOLIQUE; elle peut et doit véritablement être appelée UNIVERSELLE.
TRI-UNE; UNE dans sa composition ou dans son tout; et de ce que hormis ou sans elle il
n'en est pas d'autre qui lui soit semblable en vertu mirifique. TRINE, en essence et subsistance;
car elle est composée d'un corps, Terre et Eau; d'un Esprit éthéréen qui est le Ciel
par la copulation d'un médiateur; et d'une Ame, étincelle catholique de l'Ame et de la
Vie du Monde, soit trois hypostases ou subsistances, distinctes et diverses. C'est pourquoi
notre Pierre est Trine et Une, c'est-à-dire Tri-une: Terrestre, Céleste et DIVINE. Elle est
appelée aussi VEGETALE, ANIMALE et MINERALE parce que c'est d'elle-même, en substance
et en être que les Végétaux, les Animaux et les Minéraux, c'est-à-dire toutes les choses
Terrestres, Aquatiques et souterraines ont tiré naissance, comme on l'a montré un peu
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auparavant. Et c'est pourquoi, elle peut avoir une action mirifique sur elles. Et comme
elles sont nourrie, et conservées elles-mêmes par la Pierre, la Pierre par contre (à sa
manière) l'est aussi par elles. Enfin elle est TRI-UNE parce qu'on trouve un composé de trois
substances diverses et distinctes: SEL, MERCURE et SOUFRE dans la Pierre TRI-UNE.
Sommairement: La matière véritable et propre de cette Pierre si admirable est Une
et Trine; de laquelle tous les Philosophes préparent vraiment le magistère certain: elle
est une dans sa trinité catholique (non particulière, non pérégrine ou spéciale et spécifiée);
elle est tripartite dans son unité universelle. Ensuite: Les anciens ont rectement
opiné et conjecturé que DIEU était un puisque le monde était un; par contre que le
monde était un puisque DIEU est un; la Sacro-Sainte Ecriture n'en mentionne pas
d'autres; s'ils eussent existé elle l'eût rappelé. C'est pourquoi sans absurdité je puis
dire: si le Monde est un, de même la Pierre catholique des Philosophes est une,
représentant catholiquement l'univers un du Monde un et son créateur et formateur un.
Si tu demandes pourquoi il n'est seulement qu'un Monde et pourquoi seulement une
Pierre catholique des Philosophes, je te répondrai: Parce que DIEU n'a pas voulu qu'il y en
eût plusieurs. La raison en est que tout ce qu'il a voulu il l'a fait. Psaum. CXV, 3. Pourquoi
ne l'a-t-il pas voulu, demande-le à lui-même qui seul le sait. HERMAPHRODITE: Contemple
attentivement la présente figure et tu y verras et liras une suffisante réponse. Plusieurs
des choses qui suivront sont par elles-mêmes assez claires et manifestes. Pour plusieurs
autres, dans la définition, les mots présupposent l'esprit.
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VIII.
POURQUOI IL EST MANIFESTE REGENERATOIREMENT PAR LUI-MEME.
et comment au moyen de la main obstétricale de l'art de la Physico-
Chimie il est glorifié en son corps, dès son assomption?
Tu pourras demander à tout ce qui précède une REPONSE plénière à la première question.
Il reste celle-ci: Comment par la main obstétricale de l'art de la Physico-Chimie est-il
glorifié en son corps? Par le REGIME (REGIMEN) tri-un. Car par le PREMIER REGIME de l'oeuvre
catholique et Physico-Chimique, par divers instruments et travaux des mains et par l'art
varié du Feu au moyen d'ADROP (qui se nomme Saturne en sa langue), c'est-à-dire PLOMB
DES SAPIENTS, COEUR DE SATURNE, les liens de la coagulation étant dextrement relâchés, le
DUENECH VIRIDE et le VITRIOL DE VENUS (qui est la matière exigée pour la Bénite Pierre) s'offrira
à nous. LE LION VIRIDE, abscons et latent, se manifeste alors, étant attiré hors de sa
caverne du mont de Saturne par les allèchements et les flatteries convenables à sa nature.
Tout le SANG épais et coulant abondamment des blessures du Lion, transpercé d'une lance
aïgue, est soigneusement recueilli. ΥΛΗ et LILI, le LIMON, la TERRE mouillée humide, onctueuse
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 163
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et boueuse, ADAMIQUE, première matière de la création de ce Monde majeur, de
nous-même et de notre vigoureuse Pierre, est rendue visible. LE VIN (que les sapients ont
nommé sang de la terre) venant de la matière une et catholique des Philosophes, le ROUGE
de Raymond Lulle, appelé, à cause de sa rougeur (couleur de la force) épaisse, dense et
obscure, noir plus noir que le noir même se montrera alors. Le LIEN par lequel l'Ame est
liée au Corps et réunie en une seule masse se relâchera et se dissoudra. L'ESPRIT et l'AME
(esprit animé) s'éloignent peu à peu et se séparent insensiblement du corps; quand ceci
est fait, le fixe est rendu volatil, et le corps immonde, de jour en jour, se corrompt, se
détruit, se meurt, se noircit et s'incinère. Cette cendre, ô mon fils, ne la crois pas vile;
elle est le diadème de ton corps; en elle se cache notre pygmée qui vainc et terrasse, les
géants. Il. Par le SECOND REGIME: (qui est travail de femmes et jeu d'enfants), dans le VASE
un, cristallin, circulaire et justement proportionné à la quantité de matière, par un artifice
physico-magique, dans le FOUR un de l'Athanor, Hermétiquement et même Kabbalistiquement
scellé par le Théosophe, et par le FEU un, LE CORPS, L'ESPRIT et L'AME, par un soin
très exact et par des travaux d'Hercule, extérieurement lavés, mondifiés et purgés, sont
de nouveau composés; ils se mêlent, se corrompent d'eux-mêmes; et sans coopération
manuelle, par les seuls travaux de la nature, ils sont dissous, distillés, séparés, sublimés,
conjugués, mêlés de nouveau; ils copulent et se réunissent; et ce qui est fixe devient
pleinement volatil; ils sont coagulés aussi, per se; ils sont colorés de diverses manières, calcinés,
fixés; et au contraire ce qui était volatil est rendu fixe; et un monde nouveau et rénové
est constitué. Souviens-toi que, dans la mixtion, suivant les poids et proportion de la nature
de ces substances purifiées à la superficie ou extérieurement, il faut diligentissimement
observer et trouver le secret triple de la COMPOSITION connu seulement d'un très petit nombre;
autrement, l'esprit animé ne peut être conjugué avec le corps, ni, par contre, le corps ne peut
être réuni à l'esprit. Ceci étant parfaitement accompli, le nouveau CHAOS de la Nature
catholique et du nouveau monde futur paraîtra, venant de l'ancien; il sera expliqué,
séparé; les parties séparées, c'est-à-dire de nature interne et radicale et centrale, Divines,
seront ornées, sans l'aide d'aucun travail des mains; tu jugeras que cela est accompli
lorsque tu sentiras en toi-même un mouvement interne, et alors, oh! tu pleureras de
joie! Tu comprendras certainement pourquoi le péché de l'origine est divinement effacé et
séparé par le feu de l'amour Divin, dans la régénération et du Corps, et de l'Esprit et de
l'Ame. Je n'écris pas des fables. Tu toucheras de tes mains, tu verras de tes yeux l'AZOTH,
c'est-à-dire le (UO+) Catholique des Philosophes qui te suffit seul pour obtenir notre
Pierre, avec le Feu interne et externe, Physicomagiquement uni cependant par une nécessité
inévitable avec le Feu Olympique par une harmonie sympathique. Si tu ne connais
pas parfaitement ce secret de Vulcain profondément caché; si tu n'apprends pas ponctuellement
à t'en servir dans le four tri-un, sphériquement rond, instruit ou par l'art
ou par un usage fréquent ou par DIEU LUI-MEME en pratiquant la Kabbale, tu travailleras
en pure perte et en vain (quand bien même tu aurais la matière requise). Les TENEBRES
apparaissent sur la face de l'abîme; la Nuit, Saturne et l'Antimoine des Sapients apparaissent;
la noirceur et la tête de corbeau des Alchimistes, et toutes les couleurs du
Monde apparaissent à l'heure de la conjonction; l'arc-en-ciel (Iris) aussi, nonce de DIEU,
et la queue du paon. Ce sont des mystères remarquables que ceux qui sont enseignés touchant
l'arc-en-ciel et dans le vieux et le nouveau Testament. Enfin, après que l'oeuvre
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164 ISAGOGE A LA
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aura passé de la couleur cendrée au blanc et au jaune, tu verras la PIERRE des PHILOSOPHES,
notre ROI et DONATEUR des Dominants, sortir de son sépulcre vitreux pour monter sur son
lit (thalamus) ou trône dans cette scène mondaine, dans son corps glorifié, c'est-à-dire
REGENERE et PLUS QUE PARFAIT, autrement dit l'Escarboucle brillante, très rayonnante de
splendeur, et dont les parties subtilissimes et dépuratissimes, par la paix concordante de
la mixtion, sont inséparablement liées et assemblées en UN; égale, Diaphane comme le
Cristal; compacte et pondérosissime, d'une facile fusion dans le feu comme la résine, et
fluente comme la cire et plus que le vif-argent, sans fumée cependant; transperçant et
pénétrant les corps solides et compacts, comme l'huile pénètre le papier: soluble et
liquescente dans toute liqueur et commiscible à elle; friable comme le verre; de la couleur
du safran lorsqu'elle est en poudre, mais rouge comme le rubis lorsqu'elle est en
masse intègre (laquelle rougeur est la SIGNATURE de la parfaite fixation et de la fixe perfection);
colorant et teignant constamment; fixe dans les tribulations de toutes les expériences
et même dans les épreuves par le soufre dévorant et les eaux ardentes et par la
persécution véhémentissime du feu; toujours durable, incalcinable, et, à l'instar de la Salamandre,
PERMANENTE et jugeant justement TOUTES CHOSES (car elle est à sa manière TOUT en
tous) et clamant: Voici; je rénoverai toutes choses. III. Par le TROISIEME REGIME s'accomplit
l'UNION inséparable de la PIERRE PHILOSOPHIQUE avec le Monde majeur dans ses parties, ce
qui est et s'appelle FERMENTATION. Note ce mystère harmonique: Ce qui, dans la Kabbale
est l'UNION avec DIEU de l'homme réduit à la simplicité de la Monade, est la même chose,
en Physico-Chimie, que la FERMENTATION de notre Pierre glorieuse et plus que parfaite avec
le Macrocosme dans ses parties. Et de même que l'homme uni à DIEU, en raison de DIEU
est presque un Dieu humain ou un homme Divin, c'est-à-dire presque DEIFIE, et, pour cette
raison peut tout ce qu'il veut, puisque c'est ce que veut DIEU LUI-MEME; de même la
PIERRE des PHILOSOPHES fermentée avec le Monde majeur dans ses parties, en raison de ce
ferment, se transforme en ce qu'elle voudra et opère diversement tout en tout, suivant les
natures diverses de chaque chose; et elle coégalera toutes choses totalement, singulièrement
et universellement. Par ceci, ô fils de la doctrine, tu pourras comprendre un peu
pourquoi les philosophes ont imposé à leur AZOTH le nom de MERCURE qui adhère aux corps.
Si tu comprends parfaitement ceci, sois celui dont on peut vraiment dire: Il a déjà accompli
la moitié de l'oeuvre, puisqu'il a bien commencé. La PIERRE des Philosophes fermente
non-seulement simplement avec la Terre et l'Eau, mais encore avec leurs fruits, c'est-à-
dire avec les végétaux, les animaux et les minéraux; c'est-à-dire avec les médecines
préparées par l'art spagyrique au moyen des Végétaux, des Animaux et des
Minéraux; de sorte que ceux-ci sont exaltés en vertu par le feu catholique
de cette Bénite PIERRE et sont déduits plus que parfaitement
et en acte, par sa propre puissance. Elle fermente aussi
avec les métaux, savoir: la PIERRE, à l'état de souveraine
blancheur, avec l'argent pur, au
blanc; la PIERRE, couleur de sang,
avec l'or obryzum, au rouge.
Et ceci est l'oeuvre des
trois jours.
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 165
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IX.
QUEL EST SON AVANTAGE ET QUEL EST SON USAGE, presque infinis
mirifiquement salutaires, et pour le Microcosme
et pour le Macrocosme.
LA PIERRE régénérée et plus parfaite opère dans la TRI-UNITE CATHOLIQUE, c'est-à-dire
selon le Corps, l'Esprit et l'Ame (l'être catholique) dans le Corps, l'Esprit et l'Ame (catholiquement)
du Monde et mineur et majeur, comme l'ont rapporté les sapients et les artisans
(auxquels il faut ajouter foi) expertissimes en cet art (qui est le plus subtil de tous
pour scruter les secrets de la NATURE), tant immédiatement que médiatement. De même
que la vertu de la PIERRE consiste en action, son USAGE consiste en PROJECTION (pour me
servir, suivant les Physicochimistes, du terme des Physicochimistes).
Et elle est
DIVINE MICROCOSMIQUE; MACROCOSMIQUE.
Car elle est אוִרִים URIM et ¦ Elle est le FLAMBEAU catholi-¦ Parfaitement fermentée, elle
תֻמִים et THUMMIM par lequel ¦ que qui allume mirifiquement ¦ transmue les METAUX inférieurs
יְחוֹחָ TROIS FOIS GRAND parle ¦ en l'âme de l'homme la LU- ¦ en supérieurs et en forme et en
Kabbalistiquement des choses ¦ MIERE DE LA NATURE (externe- ¦ essence, selon la vérité, avec un
grandes et abstruses, émet sa ¦ ment et internement et conve- ¦ très grand lucre. C'est pourquoi
voix et donne une réponse au ¦ nablement employé). Pour quoi ¦ on pourra obtenir des richesses
Théo-Sophe. Elle est similitrice ¦ pas? Puisqu'elle est elle-même ¦ immenses qui mettront en fuite
optissime de la CREATION du ¦ la lumière ipséique de la Na- ¦ la pauvreté, et tout ce qui se
MONDE, et aussi de la FORMA- ¦ ture luisant dans les ténèbres ¦ peut acquérir par or ou par ar-
TION de l'HOMME, mâle et fe- ¦ du monde. Lorsqu'elle aura ¦ gent. Elle trace, forme les cail-
melle, et de leur CHUTE miséra- ¦ paru en toi tu connaîtras le ¦ loux en GEMMES non sophisti-
blement déplorable. Elle est ¦ Créateur par la créature et ¦ ques mais vraies et naturelles;
l'exemple du MARIAGE excel- ¦ même le Messiah promis à la ¦ et du cristal elle fait un rubis
lent, pieux, pudique, magnifi- ¦ pieuse et religieuse antiquité; ¦ ou une escarboucle luisant avec
que; le TYPE de l'INCARNATION ¦ tu comprendras quel est le ¦ une grande splendeur; car elle
du ΛΟΓΟΣ DIVIN, rédempteur et ¦ MOUVEMENT PERPETUEL, des Sa- ¦ rend maniable et potable tout
sauveur de tout le genre hu- ¦ pients, encore insipientement ¦ POISON ou venin; elle réunit ar-
main, c'est-à-dire du Monde mi- ¦ cherché par les insipients et ¦ tificieusement plusieurs perles
neur; qui a été conçu du Saint- ¦ jamais trouvé et qui ne doit ¦ en une seule. L'AZOTH de cette
Esprit dans l'utérus de la bien- ¦ jamais l'être par eux d'au- ¦ pierre, c'est-a-dire le (UO+) des Phi-
heureuse Vierge; l'image de son ¦ cune époque. Elle chasse et re- ¦ losophes réduit les CORPS en
inénarrable PASSION innocen- ¦ pousse les ESPRITS malins de ¦ matière première; (car elle est
tissime, de sa MORT SALUTIFERE, ¦ ceux qui sont obsédés. Pour- ¦ la matière première animée par
de sa SEPULTURE honorable, de sa ¦ quoi pas? Il existe dans la ¦ la forme catholique) et rend vé-
DESCENTE aux enfers pleine de ¦ nature des puissances parti- ¦ ritablement potables tous les ME-
consolation, de sa RESURREC- ¦ culières auxquelles cèdent les ¦ TAUX (comme je l'ai vu moi-
TION victorieuse; de son ASCEN- ¦ malignes puissances; pour- ¦ même) le CRISTAL, LES GEMMES,
SION glorieuse dans le ciel avec ¦ quoi pas? L'auteur de la con- ¦ les PERLES, les CAILLOUX (SILI-
son corps emprunté aux choses ¦ fusion ne peut supporter la ¦ CES) et les PIERRES (même du
¦ symétrie. Elle aiguise et en- ¦ microcosme) et même les MINE-
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166 ISAGOGE A LA
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internes dans l'utérus virginal; ¦ noblit le GENIE (par un usage ¦ RAUX, et elle les conserve, dis-
et enfin de sa SESSION à la droite¦ médical) et concilie ainsi le SA- ¦ je par la puissance de sa vertu.
du DIEU Omnipotent. C'est la ¦ VOIR orgueilleux avec la PRU- ¦ Elle délivre les ANIMAUX des
Preuve infaillible du JUGEMENT ¦ DENCE. Elle excite admirable- ¦ maladies et les conserve par la
ULTIME et redoutable qui doit ¦ ment une HILARITE perpétuelle ¦ vigueur de sa vertu. Elle vi-
avoir lieu par le feu pour les vi-¦ (toute violence externe absente) ¦ vifie et ressuscite les VEGE-
vants et les morts et même pour ¦ et une AUDACE honnête (qui est ¦ TAUX presque morts, fermen-
le Monde entier; elle est l'Exem- ¦ la Fortitutde de l'Ame). Elle est ¦ tée par l'essence spécifique des
ple clémentissime de la REMIS- ¦ la vérissime MEDECINE catholi- ¦ simples et méthodiquement ap-
SION des PECHES; et de la libera- ¦ que de notre RESTAURATION et de¦ pliquée à eux en corroborant
tion des impuretés des ténèbres. ¦ notre CONSERVATION; qui chasse ¦ en eux l'humide natif (par l'hu-
Elle est le vif témoignage de la ¦ vigoureusement avec la coo- ¦ mide catholique permanent) et
RESURECTION de NOTRE CHAIR ¦ pération de DIEU les MALA- ¦ les sauve (en cette occasion) de
et même avec grande innova- ¦ DIES tant externes qu'internes, ¦ la mort imminente. Dans une
tion et gloire. Et même l'exem- ¦ qu'elles soient du Corps ou de ¦ lampe construite à cet effet, son
ple veracissime de la CONJONC- ¦ l'Esprit ou de l'Ame; et même ¦ eau permanente, allumée arti-
TION de chaque AME avec son ¦ toutes celles qui sont incura- ¦ ficieusement, brûle d'une façon
ESPRIT et son CORPS propre, in- ¦ bles pour les pseudo-médecins, ¦ permanente et perpétuellement.
dissoluble dans l'éternité. Elle ¦ et qui conserve tout l'homme ¦ Et (pour conclure beaucoup en
est la Formule de notre REGE- ¦ (prédisposé) sain et robuste de ¦ peu de mots) elle est efficace
NERATION spirituelle et corpo- ¦ corps et d'esprit jusqu'au terme ¦ miraculeusement dans TOUS les
relle, et le perfectissime et cla-¦ de la vie qui lui est prédestiné ¦ fruits du globe inférieur et même
rissime miroir du SABBAT des ¦ par DIEU. ¦ sur les Esprits sublunaires. Car
SABBATS et par conséquent de la ¦ ¦ toutes ces choses pour de très
béatitude éternelle; l'IMAGE vive ¦ ¦ graves raisons obéissent natu-
du mystère de l'union indivisi- ¦ ¦ rellement à cette PIERRE.
ble de la SACRO-SAINTE TRINITE
DIVINE.
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S O M M A I R E M E N T.
LA PIERRE des PHILOSOPHES est la matière, l'objet et le sujet magnifiques de tout ce qui
est admirable dans le Ciel et sur la Terre. Et même le THEATRE amplissime et miraculeux
des miracles et des secrets de tout l'Univers, expliquant réellement les Livres de la Sacro-
Sainte Ecriture et de la Nature. Par sa contemplation soigneuse nous montons Théosophiquement
et nous sommes attirés Naturellement et sensiblement comme par des degrés
inclinés et élevés, à l'agnition de יְחוֹחָ, et aisés et faciles, à la cognition profonde, vraie
et parfaite de la NATURE et de NOUS-MEMES. Car c'est la mer immense de la Bonté éternelle,
de la Sapience et de l'Omnipotence de DIEU juste et miséricordieux et le grand Témoignage
de sa Bénignité en nous. Voici donc; tu en connais l'USAGE catholiquement Tri-un, savoir:
DIVIN, Microcosmique et Macrocosmique; lesquels se divisent en: Physique et physico-
médical, c'est-à-dire pour les hommes, les Végétaux, les Animaux, les Minéraux, les
Métaux et toutes les choses aquatiques et souterraines; et en Physicomagique, Hyperphysicomagique,
Théosophique et Kabbalistique.
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FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE 167
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LA PIERRE DES PHILOSOPHES PEUT-ELLE (comme on le rapporte)
ETRE MULTIPLIEE?
ELLE LE PEUT. Et même en qualité et en quantité. Et la MULTIPLICATION de la PIERRE des
Philosophes n'est autre que la réitération de l'oeuvre catholique, Physicochimique, au
moyen de la pierre glorifiée avant la fermentation dans sa fontaine catholique, c'est-à-dire
par l'AZOTH de nouveau dissous par le second régime. Et plus l'oeuvre de la multiplication
est réitéré souvent, plus aussi l'oeuvre devient parfait en vertu, et ceci jusqu'à
l'infini.
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Q U A T R E
C O R O L L A I R E S.
I. Les dépenses pour tout cet oeuvre depuis le commencement jusqu'à la complète fermentation
(le vêtement et la nourriture exceptés) n'excèdent pas au maximum la valeur de
trente thalers; j'en parle savamment, enseigné fraternellement par celui qui le sait. Ceux
qui enseignent autre chose errent.
II. De même qu'il faut sacrifier à DIEU la dixième partie des biens mondains en oeuvres
pieuses et employer les neuf autres à l'usage du monde, de même il convient par contre au
Théosophe de dépenser seulement la dixième partie de cette Pierre aux usages mondains et
d'offrir les neuf parties restantes à DIEU seul et au prochain nécessiteux. Ce qui est le propre
de l'éleemosynaire de DIEU dans ce grand hôpital.
III. Le servateur de ce Monde majeur, c'est-à-dire la PIERRE des Philosophes est le type de
JESUS CHRIST crucifié, Sauveur de tout le genre humain, c'est-à-dire du Monde mineur, dans
le livre ou Miroir de la Nature; c'est pourquoi tu dois connaître naturellement le CHRIST
par cette Pierre, et comprendre Théosophiquement la PIERRE des Philosophes par le CHRIST;
ainsi la religieuse et pieuse tradition antique de la promesse du Messie est encore plus certainement
faite, de, en et par la Nature. Ainsi les Païens ou les Turcs qui regardent comme
néant (ô DIEU!) la Sacro-Sainte Ecriture, peuvent être amenés à reconnaître par le livre de la
Nature la raison et le sens de la vérité; et (la grâce Divine coopérant) être convertis au
Christianisme. De même pour les Juifs.
IV. Qui aura appris droitement à connaître les mystères de la Sacro-Sainte Ecriture et
aussi à lire dans le livre de la Nature et de Soi-même, par contre deviendra mirifique inventeur
15
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168 ISAGOGE A LA FIGURE TROISIEME DE L'AMPHITHEATRE
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des trésors de la SAPIENCE Eternelle. Car le livre explique le livre. Ce mode admirable
d'apprendre et d'enseigner a plu au DIEU admirable; qu'il plaise de même et à moi et à toi.
Ensoph ! Ensoph! Ensoph !
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E N I G M E.
Le premier TOUT en tous a transmis au troisième TOUT le premier et le second TOUT en tous (car
du premier TOUT vient le second) afin qu'en dernier lieu il eût l'agnition, la
cognition et la possession de TOUT en TOUT et de TOUTES CHOSES (catholiquement).
Quel est son nom si tu le sais? Ecoute ce conseil:
Marche dans les voies de la Doctrine et des Lois
de cet Amphithéâtre, et יְחוֹחָ t'enseignera
TOUT paternellement.
LE SCEAU DE LA NATURE ET LA SIMPLICITE DE L'ART.
J'AI DIT
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@
I S A G O G E
ou
I N T R O D U C T I O N B R E V E
A LA FIGURE QUATRIEME
de l'Amphithéâtre.
L'H O M M E
ETUDIANT
DE TOUT SON COEUR, DE TOUTE SON AME,
DE TOUTES SES FORCES, DE TOUT SON ESPRIT,
LA GRACE DIVINE
LE STIMULANT ET L'AGITANT
(ce qui est un don de DIEU miséricordieux)
D O I T C O N N A I T R E יְחוֹחָ
FAIRE L'ABNEGATION
DE: SOI-MEME (par sa cognition personnelle)
E T C O N T E M N E R
(par la cognition également de la lumière de la nature)
L E M O N D E I M M O N D E.
@
170 ISAGOGE OU INTRODUCTION BREVE
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I. Revêtu saintement de la ROBE CANDIDE de l'intégrité chrétienne, c'est-à-dire de simplicité,
rectitude et probité; les reins ceints de la CEINTURE D'OR de la Vérité Divine; marchant
dans cette scène mondaine en dominant le diable, les concupiscences et les affections de la
chair par le SCEPTRE impérial de la liberté CHRETIENNE.
II. Décoré au doigt annulaire de l'ANNEAU admonitoire de l'ASSISTANCE de la Grâce Divine,
c'est-à-dire de la puissante et catholique promesse donnée par CELUI dans la bouche duquel
nul tromperie ne fut jamais, lorsqu'il a dit: Amen, Amen, je VOUS le dis: si VOUS demandez
quelque chose au PERE en MON NOM, il Vous le donnera; demandez et Vous recevrez.
III. Orné, couvert ou divinement marqué au front de l'homme intérieur, du ת (TAU),
signature du vrai catholique tenant lieu de MITRE ou LAME DOREE SACERDOTALE ou de COURONNE
ROYALE.
IV. Aspergé chrétiennement par l'EAU BENITE des larmes pénitentielles et de la nouvelle
obédience et par l'hysope ASPERSOIRE de la croix et des tribulations.
V. Qu'il suspende à son COU et tienne devant les yeux de son âme conjointe et unie à
DIEU, indélébilement peint dans les TABLES vraiment DOREES de son coeur pur et exempt
des souillures léthifères des péchés, avec le PINCEAU de la foi sincère et le CINABRE de l'ardentissime
amour Divin, et même fortement gravé avec le MARTEAU de l'espérance ferme,
יחשוח ΧΡΙΣΤΟΣ le CHRIST, DIEU et HOMME crucifié, pentagrammaton, CARACTERE ipsissime
de יְחוֹחָ tetragrammaton et FIGURE de l'hypostase (ou être subsistant par soi-même) paternelle;
SCEAU DU PERE et non seulement IMAGE ou ICONE (ΕΙΚΟΝ) mais lumière (άπαύχασμα) et
vraie splendeur du Père, VERBE DE DIEU, VERTU DE DIEU et SAPIENCE DE DIEU incarnée.
Voici le SIGNACULUM qui vainc et met en fuite les parties adverses! Le PENTACLE mirifique
des cinq hiéroglyphes et des cinq plaies du VERBE mirifique! Le puissant ALMADEL!
VI. Enfermé dans le CERCLE de feu de יְחוֹחָ, du double GLAIVE du Verbe Divin, de l'APPUI
de la foi candide et vive dans le Christ, DIEU ducteur, le mouvant et régissant; invinciblement
muni du protecteur omnipotent contre les portes de l'enfer, ELOHIM ZEBAOTH.
VII. En gardant fidèlement le SERMENT perpétuellement indissoluble, prêté saintement
une fois pour toutes par des CEREMONIES très saintes dans le baptême chrétien autant par
la LOTION aqueuse de l'onde sacrée que par l'ONCTION de l'huile du souffle sacro-saint, au
sujet de la FOI OU PACTE de convention avec l'ESPRIT Sapientissime, Optime, Potentissime,
Infini, Jaloux, tri-un, auquel il s'est assujetti tout entier tri-unement, c'est-à-dire de corps,
d'esprit et d'âme; et, en ne violant pas néfastement la foi donnée à celui qui l'a racheté
par son sang [envers lequel tu es débiteur (chirographarius debitor) et obligé en retour de
lui donner ton sang]
VIII. Illuminé par la LAMPE et les FLAMBEAUX brûlant sans cesse, de l'éternelle lumière de
lumière, et divinement allumés en son âme
IX. En sacrifiant patiemment l'HOLOCAUSTE que יְחוֹחָ ESPRIT SOUVERAIN et TOUT-PUISSANT
ne méprisera pas, c'est-à-dire celui de l'esprit affligé et du coeur contrit envers lui-même
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A LA FIGURE QUATRIEME DE L'AMPHITHEATRE 171
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par la SUFFUMIGATION de la pieuse dévotion et de l'oraison ardente volant vers DIEU, les
MAINS, et de l'âme et de la langue, soigneusement lavées.
X. Par cette PROPOSITION, enfin, non témérairement quelconque, légère, folle ou inane,
mais au contraire licite, honnête et pour cette raison non opposée à DIEU, et infiniment
utile et nécessaire à soi-même ou à son prochain, fermement inscrite dans l'âme suppliante
et pénitentiellement purgée des souillures léthifères des péchés (ce qui est le vrai PARCHEMIN
VIERGE pur et mondifié des Théosophes, non des cacomages) par le CALAME des
cogitations intègres et des imaginations droites, au moyen du CINABRE ardent du désir de
savoir et humblement offerte à l'ALTISSIME par l'annonciation de l'élévation en LUI; dans le
JEUNE CHRETIEN, tant celui portant sur la superfluité de nourriture du corps que sur les concupiscences
et les affections vicieuses, les GENOUX, ceux du corps et ceux du coeur humblement
FLECHIS, en espérant indubitablement d'obtenir bien heureusement (par la Divine Clémence)
ce qui a été désiré et choisi; en veillant dès le MATIN dans la CHAPELLE (SACELLUM) ou
SANCTUAIRE (ADYTUM) monastique et presque érémitique de l'ORATOIRE et s'adressant à
יְחוֹחָ pour obtenir la SAPIENCE sainte, qu'il soit, de bouche et de coeur, CHRISTOPHORE, CRUCIFORMEMENT,
c'est-à-dire en ESPRIT et VERITE, sans intermission.
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172 ISAGOGE OU INTRODUCTION BREVE
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EN ORANT
/---------------------------------------------^-----------------------------------------------\
IL ENTEND IL VOIT IL OBSERVE
La voix mirifique, admirablement sonnante, tonnante et loquente de
יְחוֹחָ L'A D M I R A B L E
DANS
/---------------------------------------------^-----------------------------------------------\
LA SACRO-SAINTE LA NATURE: SOI-MEME;
ECRITURE;
Macro et Microcosmique- Selon, l'âme dans le mi-
Historiquement, ou ment; roir de l'esprit joint à DIEU
Littéralement; Théosophiquement; ou illuminé par la lumière
Moralement; Physiquement; Divine; et ceci tant en dor-
Tropologiquement; Physicomédicalement; mant qu'en veillant suivant
Anagogiquement; Physicochimiquement; aussi les mille témoignages
Physiquement; Physicomagiquement; de la conscience propre, at-
Typiquement; Hyperphysicomagique- testant la vérité selon la Loi
Kabbalistiquement; ment; Divinement écrite en nos
Théo-Sophiquement. Kabbalistiquement. coeurs.
Par le CIEL, par la TERRE, par les EAUX, par l'AIR, les étoiles, les feux, les nuées, les vents,
les rochers, les gemmes, les pierres, les minéraux; par les Animaux terrestres, aquatiques
et volatils; par tous les végétaux, par les herbes, les semences, les arbres, les arbrisseaux,
les fruits; par les nombres, les lettres, les points, par l'HOMME selon le CORPS et les parties
du corps, et l'ESPRIT, qui (et dans le corps et sans le corps) est naturellement FAMILIER, et
et quand l'HOMONCULUS des Philosophes est préparé par la PIERRE des Philosophes et glorifié
par la régénération. Et même par TOUTES les CREATURES même invisibles, c'est-à-dire non
physiques, comme sont tous les soldats des armées spirituelles, célestes ou infernales, c'est-
à-dire les ANGES bons ou mauvais et par TOUTES CHOSES qui sont nées des choses visibles et
physiques, c'est-à-dire des créatures, ou qui sont naturelles per se ou artistiquement élaborées
par la main industrieuse de l'artisan, qui sont comme des MEDIATEURS parfaitement
adaptés à nous par lesquels nous sentons humainement les choses divines. O combien
admirable est la voix de DIEU en tout, par tout, vers tout! afin que, par cet USAGE nous
sachions sans erreur, nous connaissions et prévoyions selon la volonté de יְחוֹחָ toutes choses
passées, présentes et futures (selon la volonté de DIEU). Et que, placés dans la nature, nous
dominions nous-mêmes (conduits par DIEU) sur la Nature; et que nous accomplissions et
achevions sans difficulté ces choses mêmes dont les causes (souvent même naturelles) sont
ignorées des Sapients de ce monde, et qui sont admirées à cause de cela, mais non crues
par les hommes très habiles dans la philosophie profane, et seulement connues et dignes
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A LA FIGURE QUATRIEME DE L'AMPHITHEATRE 173
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des adorateurs et des disciples fidèles et aimés de la SAPIENCE éternelle. En somme, le Théosophe
peut ce qu'il veut; car il veut ce que veut DIEU LUI-MEME. Il peut tout en DIEU. Voici
le secret, où, par quels auxiliaires, pourquoi, comment, quand, rien n'est impossible au
CROYANT!
E T
L E T H E O S O P H E E S T C E L U I:
I. DONT L'AME saine, ni oppressée par la masse des négoces et des soins mondains immondes
est dans un CORPS sain;
II. Qui ne marche pas avec aucuns Sophistes, mais suivant fermement le sentier de la
SAPIENCE Eternelle et de la SACRO-SAINTE VERITE catholique et persévérant en lui avec une
âme constante jusqu'à la fin de l'impétration, ce qui est un don du DIEU jaloux.
III. Qui n'est pas embarrassé dans les vanités des soins temporels, dans les fantaisies
splendides, les misères et les fables et les sottises bientôt transitoires de la misérable Sapience
de ce monde immonde; mais au contraire tout entier de jour et de nuit dans les
méditations et les travaux de la SAPIENCE éternelle.
IV. Qui est fait Ami de יְחוֹחָ, droitement enseigné par le seul précepteur catholique de
tous les Sapients, par l'Antiquissime, le candidissime et même le fidélissime des jours,
selon sa très libre volonté, et ceci ou immédiatement ou médiatement, c'est-à-dire par le
maître spirituel ou corporel, le bon nonce de יְחוֹחָ. Et par les Livres, savoir de la Sacro-
Sainte Ecriture et de la Nature, et même les manuscrits (chartacei) des interprètes de la
Nature qui sont tous authentiques puisque seul par l'examen du lieu, l'Esprit de DIEU jugeant
droitement en cette matière en est le censeur le plus équitable de tous.
V. Qui n'est pas subordonné par la puissance ou par l'argent, aux autres hommes (surtout
à ceux qui sont indignes de ces biens et dons); mais qui est au contraire suffisamment
riche par soi-même pour n'être point continuellement inquiet de sa nourriture et d'une
vêture honnête. Car il est impossible à l'indigent ou au non libre de philosopher. L'art
libre veut l'homme tout entier et libre.
VI. Qui est très exercé et expert à la pratique manuelle des travaux de la Physico-
chimie.
VII. Qui connaît comme un véritable amateur de la Théo-Sophie c'est-à-dire Philosophe,
et observe obéissamment la Nature administratrice toujours active de la majesté éternelle
et ineffable dans le théâtre spéciosissime de ce monde, et constituée bénignement par DIEU
fidèle ductrice pour tous les amateurs de la Sophia.
VIII. Qui l'imite prudemment par un art studieux dans les principes naturels, en l'attirant
doucement (parce qu'elle est ministre) et lentement (parce que son action est lentissime)
sans la contraindre par une violence emportée (comme un ennemi).
IX. Qui attend patiemment avec une constance industrieuse et une patience laborieuse,
hilare et serein d'âme et de visage (avec le consentement de יְחוֹחָ) les fruits des travaux
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174 ISAGOGE OU INTRODUCTION BREVE
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de la SAPIENCE vraie qui ne sont donnés qu'aux âmes divines, avec le ferme propos d'en
user pieusement et sapientement c'est-à-dire d'en dissiper fraternellement les ruisseaux en
retenant seulement la source dans la crainte de DIEU (ce qui est le devoir de l'eleemosynaire
de DIEU, dans ce grand hôpital).
X. Qui ne divulgue pas les secrets, mais se tait harpocratiquement en rendant grâces
immortelles à DIEU immortel, par la quiétude de la joie et le silence pour tant de biens et
de dons si paternels (de peur qu'il n'attire le péril sur soi et qu'il ne soit l'occasion de
maléfice dans les autres et pour cette raison soit misérablement anéanti par la colère de
יְחוֹחָ)
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D E U X C O R O L L A I R E S
I. Le servateur de ce Monde majeur; c'est-à-dire la PIERRE des Philosophes est le type de
JESUS-CHRIST crucifié, sauveur de tout le genre humain, c'est-à-dire du Monde mineur, dans
le livre ou Miroir de la Nature; c'est pourquoi tu dois connaître naturellement le CHRIST par
cette Pierre, et comprendre Théo-Sophiquement la PIERRE des Philosophes par le CHRIST,
ainsi la religieuse et pieuse tradition antique de la promesse du Messie est encore plus certainement
faite, de, en et par la Nature. Ainsi les Païens ou les Turcs qui regardent comme
néant (ô DIEU!) la Sacro-Sainte Ecriture, peuvent être amenés à reconnaître par le livre de
la Nature la raison et le sens de la vérité; et (la grâce divine coopérant) être convertis au
Christianisme. De même pour les Juifs.
II. Qui aura appris droitement à connaître les mystères de la Sacro-Sainte Ecriture et
aussi à lire dans le livre de la Nature et de soi-même, par contre deviendra mirifique inventeur
des trésors de la SAPIENCE Eternelle. Car le livre explique le livre. Ce mode admirable
d'apprendre et d'enseigner a plu au DIEU admirable; qu'il plaise de même, et à moi et à toi.
Ensoph! Ensoph ! Ensoph!
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E N I G M E
Le premier TOUT en tous a transmis au troisième TOUT le premier et le second TOUT en TOUS
(car du premier TOUT vient le second) afin qu'en dernier lieu il eût l'agnition, la cognition,
et la possession de TOUT en TOUT et de TOUTES CHOSES (catholiquement). Quel est son nom si tu
le sais? Ecoute le conseil: Marche dans les voies de la Doctrine et des Lois de cet Amphithéâtre
et יְחוֹחָ t'enseignera TOUT, paternellement.
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A LA FIGURE QUATRIEME DE AMPHITHEATRE 175
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Q U E T O U T E S C H O S E S
soient en vue
de célébrer et de connaître
L'HONNEUR, LA LOUANGE, LA GLOIRE, LA PUISSANCE
LA SAPIENCE ET LA BONTE.
D E יְחוֹחָ DIEU, SEUL TRES-HAUT
ET SOUVERAIN
et en vue
DES AVANTAGES PARTICULIERS DU PROCHAIN SOUFFRANT,
innombrablement salutaires
et dans le temps et dans l'éternité,
Et du souverain mépris et de la détestation éternelle du
diable et de ses putrides
desquamations.
Hallelu-jàh: Hallelu-jàh: Hallelu-jàh
Phy Diabolo.
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176 EPILOGUE OU CONCLUSION
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EPILOGUE
ou
C O N C L U S I O N
DE TOUT
L'O E U V R E
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Vous AVEZ ENTENDU maintenant, ô mortels, spectateurs optimes, par le héraut Royal
et sapientissime de la SOPHIA SUPER CELESTE et par Moi son interprète, amateur fidèle de la
THEOSOPHIE, et même par l'IPSEIQUE SAPIENCE éternelle de l'Eternel, seule vraie, ce qu'est
(*1) la SAPIENCE; quelle et quante elle est; quelles choses lui sont opposées; quels en sont les
Trésors, Usages, Effets et Fruits; Combien, Où, par quels Aides, Pourquoi, Comment,
Quand il Faut Orer et Laborer pour l'OBTENIR, ELLE et Tous les Trésors inépuisables, singuliers
et universels qui proviennent heureusement d'elle; quelle est la Méthode ou la Voie
pour la chercher; à qui elle est donnée, et à qui elle ne l'est pas; par qui et à quelle fin.
Vous avez vu et considéré cet AMPHITHEATRE lui-même. O plaise à DIEU (en lisant
la DOCTRINE dans le Prologue de l'Amphithéâtre et en l'examinant avec soin dans l'Amphithéâtre
du Prologue) qu'ayant sapientement contemplé les jeux Amphithéâtraux et les
spectacles Amphithéâtriques Christiano-Kabbalistiques, Magiques et Physico-Chimiques
de la SAPIENCE VRAIE, vous les compreniez dextrement; et que vous exerçant et agissant
ainsi vous-mêmes fidèlement dans vos ORATOIRES et LABORATOIRES vous les imitiez Théosophiquement.
Et j'ai peur qu'il y en ait à peine un sur mille. Car il n'appartient pas à tout
le monde, croyez bien que je dis vrai, de parvenir à la porte de la vérité; et ce n'est pas
à tout homme qu'il est donné de connaître Bibliquement, Macro et Microcosmiquement
dans le CATHOLICISME TRI-UN: DIEU et celui qu il a envoyé JESUS CHRIST; puis SOI-MEME
(*2) et le MONDE majeur et celui qu'il a envoyé, son Fils, la MAGNESIE des Philosophes. Seuls
le pourront ceux qui sont engendrés par les Dieux (ELOHIM), c'est-à-dire ceux qui (comme
l'indique la figure seconde) en rejetant le Binaire ont réduit ou étudient de tout coeur
à réduire le Ternaire par le Quaternaire à la simplicité de la Monade (la grâce Divine
coopérant.) Apprenez que c'est un prophète non un fou, qui vous a dit: que connaîtra
de vrai, que saura de solide, de quoi pourra traiter fructueusement celui qui n'est pas
encore pénitentiellement lavé et purgé; qui n'est pas auditeur infatigable de DIEU professeur
dans l'Université de ce monde et du Feu expliquant Physico-Chimiquement la partie
inférieure du Livre de la NATURE; qui n'est pas Bibliquement, Macro et Microcosmiquement
(*1) SOMMAIRE DE TOUT L'OEUVRE.
(*2) Par qui sera compris cet amphithéâtre; par qui il ne le sera pas.
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DE TOUT L'OEUVRE 177
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catholique; qui n'est pas illuminé de l'ESPRIT DE SAPIENCE; celui dis-je qui n'a pas
goûté la moelle et le nectar de cet Amphithéâtre; l'Impur non pieusement exercé dans
l'école de la croix et des tribulations, non Physico-Chimiquement vulcanique; le sophiste,
pseudo-physicien, caco-médecin, labyrinthiforme, circonférentiel, déceptoirement particulariste,
prestigiateur ou diabolique? Que le fils de cette si sainte DOCTRINE et DISCIPLINE
examine et apprenne Théosophiquement, avant de porter un jugement sur cet Amphithéâtre.
J'exige un Lecteur, je veux un Auditeur, je désire un Contemplateur, je requiers (*1)
un juge Catholique, Orthodoxe, Bibliquement, Macro et Microcosmiquement exercé dans
les matières Théo-Sophiques, Physiques, Physico-médicales, Physico-chimiques, Physicomagiques,
Hyperphysico-magiques, Kabbalistiques; irradié, illuminé, embrasé et stimulé
au Bien dans la Charité par l'Influence, la Lumière et le Mouvement du SOLEIL DIVIN; Pythagorique;
non pas fils précoce, avant le père; disputant et philosophant Théosophiquement,
c'est-à-dire d'après la Loi et le Témoignage de la Sacro-Sainte Ecriture, du Livre de la Nature
et de la Conscience droite; non Païennement et profanement. Que tel soit le lecteur, l'auditeur,
le contemplateur le juge; non autrement. Loin d'ici profanes. Il faut donc considérer
avec vigilance qui, quels et quants sont les amateurs de cet Amphithéâtre et consulter (*2)
Théo-Sophiquement IEHOVAH pour savoir à qui nous devons confier la PHILOSOPHIE VRAIE,
Catholique, Tertriune et la Méthode de PHILOSOPHER, vraiment et catholiquement usitée
par les Sapients. Ces choses ne doivent certainement pas être témérairement proférées dans
toute oreille pérégrine ou toute conscience polluée. De même qu'il n'est pas permis, comme
dit Saint Grégoire de Nazianze, de disputer toujours et publiquement de DIEU, de même
il n'est pas du tout prudent de disputer des mystères des arcanes et des secrets de DIEU
et de la Nature; mais en ayant égard à qui, auxquels et au nombre de ceux-ci. Car la (*3)
parole de la SAPIENCE est trop élevée pour être ineptement découverte aux IDIOTS (quand
bien même ils sont nés dans la noblesse) qui vivent mondainement immondement même
s'ils sont réputés chrétiens de nom; puisqu'ils ne peuvent rien comprendre, saisir et savoir
sapientement de grand ni de sublime; puisqu'ils sont indociles et rampants à terre comme
des êtres vils, et qu'ils jugent perversement toutes choses d'après leur fantastique cervelle.
Autant vaudrait verser du nectar sur le fumier, jeter les perles aux pourceaux ou
jeter des roses sous les pieds des ânes. Les Arcanes étant publics sont méprisés; et profanés
ils laissent échapper la grâce. Est-il honnête ou non, je le demande, que le trésor
(gazophylacium) des Arcanes soit ouvert aux FOURBES et à ceux qui sont encore moins (*4)
dignes du vocable d'hommes; aux inconstants; à ceux qui sont sordides dans leur vie,
obscènes dans leurs discours, menteurs, préférant le soin des histrions, des bouffons
(moriones), des chevaux et des chiens à la Loi et la Doctrine de la SAPIENCE; pour lesquels
tout secret est une fable; et même à ceux qui admirent toutes les autres choses mondaines
immondes? Répondez catégoriquement, je vous en prie, Messeigneurs. Celui qui fait cela,
à mon avis commet un sacrilège. Aux PROFANES, c'est-à-dire à ceux qui sont complètement (*5)
étrangers à l'étude et à l'Amour de la SAPIENCE VRAIE, à ceux qui se prennent eux-mêmes
avec d'autres plus faibles et plus simples, dans les captions vaines comme dans des toiles
d'araignées; qui opposent puérilement les observations de la dialectique à la vérité même;
qui par leur orgueilleux bavardage (garrulitas) empêchent les hommes de grand génie
de scruter et de découvrir les choses les plus cachées; qui ne veulent pas, comme ont
coutume de faire les chevaux ardents et impétueux, se plier sous le joug impérieux de la
(*1) Index de ce qui et requis du Lecteur, de l'Auditeur e du Contemplateur.
(*2) Auxquels doit être communiqué cet amphithéâtre: auxquels, non.
(*3) LES IDIOTS. Que peut comprendre celui qui, a les yeux bandés!
(*4) LES FOURBES.
(*5) LES PROFANES.
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178 EPILOGUE OU CONCLUSION
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VERITE; et qui, ayant repoussé lascivement et avec pétulance notre pilote qui est la CRAINTE
DE DIEU dans la charité chrétienne, dévient loin des sentiers de la SAPIENCE, et s'écartent
insouciants de la ligne droite et du centre VRAI DE LA VERITE, vers la circonférence du mensonge
et ne tendent qu'à ce seul but, soit qu'ils se tiennent dans des questions séductoirement
captieuses, soit qu'ils dénaturent perversement les choses fidèlement et simplement
dites; à ceux-ci, dis-je, n'est-il pas très honteux et en même temps inutile d'offrir des
trésors de la SAPIENCE ? Principalement parce qu'ils ne sont pas si ignorants de la
PHILOSOPHIE VRAIE et de la Charité chrétienne que les ennemis les plus acharnés. Qu'adviendrait-il
si dans une telle cause de semblables Accusateurs et Juges étaient constitués?
Ne s'efforceraient-ils pas d'allumer immédiatement au moyen des étincelles de la saine
DOCTRINE non droitement comprise ou sinistrement interprétée, les incendies immenses des
calomnies, qui se disperseraient jusqu'à l'extrémité des Indes et s'élèveraient jusqu'au
Ciel? Que le bon GENIE les élève à un esprit meilleur. Il leur est impossible d'entendre
dans son parfait esprit et dans son sens vrai un seul mot des mystères de DIEU
ou des secrets de la NATURE ni de pouvoir en juger. Vers qui donc me tournerai-je?
(*1) A qui donc confierai-je dignement ce mien talent? Aux seuls fils de la DISCIPLINE et de
la DOCTRINE, c'est-à-dire à ceux auprès desquels cette étude de la SAPIENCE VRAIE, dans
la Tri-unité catholique, est en honneur, et qui en font de tout coeur leurs délices.
Fleuris donc maintenant ô AMPHITHEATRE, enfanté (au moyen de la grâce Divine obstétricante)
par mon génie Divinement infus; fleuris-donc parmi les vraiment Sapients. Je n'ai
(*2) cure du vulgaire profane. Ce n'est pas d'après la naissance mais d'après le coeur que je
juge un homme vulgaire. Vulgaires sont ceux qui admirent d'inanes images des choses pour
les choses vérissimes, de quelque Etat, Ordre ou Condition qu'ils soient ou prétendent être.
C'est pourquoi ne juge pas que quelque chose soit vraie ou droite parce que les plus âgés,
parce que les premiers de la nation, parce que la majeure partie des hommes l'établit ou la
fait ainsi, mais au contraire et surtout estime-la vraie et droite si elle cadre avec la règle
catholique de la VERITE, Tri-une c'est-à-dire la Loi et la Doctrine de la Sacro-Sainte Ecriture,
de la Nature et le témoignage de la Conscience pure et droite. Et même, mon frère
que ce soit pour toi un devoir de tenir pour suspect ce qui plaît au grand nombre. Car de
tout temps le vulgaire a été le pire conseiller pour la manière de vivre ou de juger. Or,
jamais, ô douleur! on ne s'est efforcé dans les choses humaines d'empêcher les plus mauvaises
de plaire au grand nombre et quelquefois même, contre la conscience, aux plus
éminents des hommes. Prends garde de raisonner ainsi: personne n'a enseigné ceci; de
plus grands que moi ont marché dans ces voies; tel grand Philosophe, tel grand Théologien,
tel grand Prince a embrassé cette opinion, etc.; ceci est enseigné dans les Académies; c'est
le dogme de tous les Professeurs les Ecclésiastiques l'enseignent ainsi; ainsi opinent et
jugent les Politiques, et ceux-ci ne sont certainement pas le vulgaire. O quel satanique
mode de philosopher qui s'élève de lui-même au dessus de toute VERITE de la SAPIENCE de
DIEU, et qui est vraiment digne d'être précipité, chargé de chaînes au fond du tartare. Que
les grands noms ne t'émeuvent en rien du tout. Il est pestilentissime de s'appuyer sur l'autorité
des hommes. Le Théosophe examine, éprouve et juge TOUTES CHOSES d'après la Loi et
(*3) le Témoignage de la Sacro-Sainte Ecriture, du Livre de la Nature et de la Conscience droite.
Ceux qui ne font pas ceci ne verront pas l'aurore de la VERITE. C'est l'unique Pierre de
touche de la VERITE; c'est la norme Tri-une de la Vérité; c'est l'Archétype ou l'Exemplaire
(*1) Les fils de la DOCTRINE et de la DISCIPLINE.
(*2) LE VULGAIRE.
(*3) La pierre de touche de la VERITE.
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DE TOUT L'OEUVRE 179
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Catholique, Tri-un, seul authentique, d'où quiconque s'éloignant de moins d'un ongle
s'écarte de la droiture et court hors de la voie. Que ton âme, ô mon Frère, qui aspire au
point culminant de la VERITE, s'écarte complètement des actes et des opinions du vulgaire.
Il est trompé et se trompe celui-qui s'attache aux discours du vulgaire. Le sapient seul me
plaît; donc ce nôtre Amphithéâtre de la SAPIENCE VRAIE lui plaira; surtout par sa lecture (*1)
fréquemment répétée et par sa contemplation; et même par sa Doctrine Théo-Sophiquement
reçue de lui et sapientement transférée ad usum dans l'Oratoire et le Laboratoire. Que si
quelqu'un se plaint que beaucoup de PARTICULARITES aient été omises, je veux qu'il sache
que cet AMPHITHEATRE est CATHOLIQUE c'est-à-dire UNIVERSEL; qu'il entre Théo-Sophiquement
dans l'ORATOIRE et sapientement dans le LABORATOIRE et DIEU lui révélera et lui enseignera
(s'il lui plaît et s'il le juge profitable pour toi) Christiano-Kabbalistiquement, Divino-Magiquement
et Physico-Chimiquement TOUT LE PARTICULARISME. Hui! ne voyez-vous pas que (*2)
j'irrite les frelons et peut-être les coucous désagréables? Vraiment j'irrite le fou furieux et
j'excite les Fantaisies contre ma propre armure. Néanmoins, l'ESPRIT DE SAPIENCE aidant, la
clef Catholique et Tri-une de la VERITE par laquelle nous résisterons aux emportés et
nous repousserons leur assaut, ne fera défaut ni à moi ni aux autres disciples de la PHILOSOPHIE
vraie. Quelle est l'étendue de l'UTILITE de ce nôtre Amphithéâtre, je veux qu'on l'estime non
d'après mes paroles, mais d'après la chose elle-même (qui parle suffisamment). Le livre (*3)
destiné à passer à la postérité doit avoir son génie, a dit Martial. Cet AMPHITHEATRE a son
BON GENIE. Cet oeuvre (grâces à DIEU), honore son Maître, moi le Sapient <
sey dank seinen Meister, das weisz ich> Cette question de Cicéron dans le IVe livre des Tusculanes es
ridicule et presque basse (ardelionicum): que trouvera de grand dans les choses humaines,
dit-il, celui de qui la grandeur et l'éternité de tout ce monde est connue? AU CONTRAIRE
disons Théosophiquement: Que trouvera de grand, dans l'usage de la lumière celui de
qui DIEU IPSEIQUE Eternel est connu Bibliquement, Macro et Micro-Cosmiquement; de qui
la NATURE et toute CREATURE est connue; de qui (comme il en était peut-être de Cicéron)
est connue la Magnitude et toute Nature, Propriété et Qualité de l'un et l'autre Monde, non
seulement Mathématiquement, mais aussi Physiquement, Physico-Médicalement, Physico-
Chimiquement, Physico-Magiquement, Hyperphysico-Magiquement, Kabbalistiquement,
Théosophiquement. Car le Créateur t'a formé (plasmavit) de la terre, ô homme; le sauveur
t'a racheté, l'Esprit-Saint t'a sanctifié, afin que tu connaisses le CATHOLICON TRI-UN et SACRO-
SAINT et que tu jouisses sapientement de lui-même dans la fructueuse Tri-unité Théo-
Sophique, ici et dans l'éternité, et que tu admires dans l'humilité le Créateur mirifique et
sa Créature admirable. Plus le Sapient descend profondément dans la contemplation de la
Créature et surtout du Créateur, plus il trouve matière à admirer dignement la SAPIENCE,
la BONTE et l'OMNIPOTENCE de IEHOVAH. Ceci se voit en notre Amphithéâtre. Ceci se voit en
TOUTES CHOSES, Catholiquement. Tout ce que tu apprendras par ce moyen te conduira aux (*4)
secrets les plus abstraits. Je vous avertis donc, ô mes très chers frères, fils de la Doctrine,
afin que vous traitiez-saintement des choses saintes selon les Lois et la doctrine de cet
Amphithéâtre, et que les mystères ne soient profanés ni auprès du vulgaire ignorant ni en
publie, et que vous ne soyez pas foulés vous-mêmes aux pieds des boeufs. LE SEIGNEUR notre
maître a défendu de donner ce qui est sacré aux chiens; à un tel point qu'il a dit à ses disciples:
Il vous a été donné (à vous qui n'êtes pas le vulgaire) de connaître le mystère du
royaume de DIEU; mais aux AUTRES (le vulgaire) seulement en paraboles. S. Luc, VIII,
(*1) Au seul Sapient plaira cet Amphithéâtre.
(*2) Comment doit s'obtenir la cognition des choses PARTICULIERES.
(*3) UTILITE de cet Amphithéâtre.
(*4) Admonition fraternelle;
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180 EPILOGUE OU CONCLUSION
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vers. 10. Conférez fraternellement entre vous des oeuvres merveilleuses de DIEU; dans
l'assemblée des Théosophes, c'est-à-dire de ceux qui aiment du fonds du coeur la
VERITE DE LA SAPIENCE VRAIE, qui en sont altérés et la suivent, en mépris du diable et
(*1) de ses desquamations. DIEU bon! par combien et quels artifices d'impédiments
(presque innombrables, j'en atteste le souverain JAH) le diable ennemi de la VERITE
ne m'a-t-il pas attaqué pendant nombre d'années, par lesquels j'étais détourné de
mon projet si pieux et de mon oeuvre laborieusement et coûteusement entrepris, afin que
(*2) je ne bâtisse pas cet AMPHITHEATRE et que je n'érige pas en lui à la SAPIENCE, l'OMNIPOTENCE
et à la BONTE de IEHOVAH ce monument insigne d'honneur, de louange, de gloire; ce souvenir
(Μυνμόσυνον) de charité pour mon PROCHAIN, mémorial de MOI-MEME, aide de ma faible
mémoire, Phy Sempiternel et Témoignage de haine publique pour le DIABLE; DIEU bon,
dis-je, de combien de machinations séductoires et tentatoires n'ai-je pas été assailli par
cet ami des ténèbres! m'opposant la hauteur de la Doctrine; autrefois la faiblesse du Génie,
puis la quantité des frais et dépenses, et la difficulté des travaux; maintenant la réputation
de nouveauté singulière et affectée, ensuite les calomnies des profanement philosophant;
les reproches presque infâmes à cause des Sciences et Arts les plus profonds; l'envie des
faux frères dans l'étude et la faculté similaire; et même combien de myriades de ceux-ci; cependant,
fortifié et animé par l'ESPRIT de la SAPIENCE et de la FORTITUDE Divine qui a illuminé
mon esprit afin que je puisse me livrer à la méditation, il m'a donné la confidence vraie
afin que j'écrivisse; il m'a ouvert la bouche afin que je parlasse et me l'ouvre maintenant
afin que je parle; j'ai suivi ce à quoi la Providence (Fata) m'appelait; et, persévérant dans
ce pieux zèle sous la conduite et par la vertu de l'ESPRIT j'ai déjoué Théo-Sophiquement
toutes ces machinations, de sorte que, IEHOVAH, me donnant les facultés et les forces, j'ai
facilement traversé les ennuis, les impédiments et les infortunes comme une autre mer
Rouge, et je me suis évadé, sain et sauf, du labyrinthe des errements. Voici que je vois la
fin de mes MAUX! C'est pourquoi, ô IEHOVAH, ENTITE SPIRITUELLE, TRI-UN, Eternel, Sapientissime,
Optime, Potentissime, EHIEH ESER EHIEH (Je serai celui qui serai) IAH, IEHOVAH,
ELOHIM, EL, ELOEHIM GIBOR, ELOHAI, IEHOVAH ZEBAOTH, SCHADAY, ADONAI MELECH, Terrible, Vrai,
Fort, Jaloux, Juste, Longanime, Miséricordieux, d'une immense Bonté, voyant tout, PERE,
Fils, SAINT-ESPRIT, Créateur du Ciel, de la Terre, des Eaux et Formateur de TOUT ce que
contient l'UNIVERS, moi HENRI KHUNRATH formé HOMME à ton Image (comme tous les hommes
dans ADAM protoplastes) en Sapience, Bonté, Justice Vérité, Sainteté, Multipotence,
Immortalité; et à ta Similitude c'est-à-dire véritablement Un en personne, Triple en
Essence, savoir: d'un Corps terrestre, d'un Esprit Céleste (SCHAMAIM) et d'une Ame Divinement
inspirée; réformé par la grâce dans le CHRIST; je te rends humblement à Toi
l'Altissime d'immenses et souveraines grâces de ce que tu as exaucé avec clémence mes
prières, mes lachrymations, mes voeux et mes soupirs si souvent et pénitentiellement
répandus vers TOI dès ma première jeunesse pour obtenir la SAPIENCE VRAIE, et de ce que
tu m'as montré, par ta pure bonté, la VERITE de toutes les choses dont traite le présent
Amphithéâtre, Ter-tri-un, Catholique. Je prie de tout mon coeur ta MISERICORDE afin que
tu m'envoies de tes Cieux Saints RUACH HHOCHMAH-EL, L'ESPRIT de la SAPIENCE afin qu'il
m'assiste et me soit toujours familier, qu'il me dirige dextrement, m'avertisse et m'enseigne
Sapientement; qu'il Ore, Labore et soit avec moi; qu'il me donne de bien vouloir,
connaître, être et pouvoir dans les choses physiques, Physicomédicales, Physicochimiques,
(*1) Les artifices des impédiments du diable.
(*2) Pourquoi a été construit cet amphithéâtre!
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DE TOUT L'OEUVRE 181
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Physicomagiques, Hyperphysicomagiques, Kabbalistiques et Théosophiques, quelles
qu'elles soient; en TOUTES CHOSES et dans chaque action de ma vie; et de peur que je n'erre
hors de la voie de la vérité, que la Lumière de Justice luise en moi, et que le SOLEIL de
l'Intelligence naisse en moi, dans mon âme et mon coeur. Fais, ô IEHOVAH que dans tes
Biens et pour tes Biens je sois à toi ce que la main est à l'homme; que je suive uniquement
la VERITE Catholique, Tertriune, Biblique, Macro et Micro-Cosmique de ta SAPIENCE;
que je m'empare légitimement de la SAPIENCE ET DE LA PHILOSOPHIE VRAIE et du légitime
mode de PHILOSOPHER (étant fait ami de DIEU) dans son Trésor (Gazophylacium) catholique
Ter-tri-un, c'est-à-dire le Livre de la Sacro-Sainte Ecriture, de la Nature et de la Conscience
pure et droite. Charme-moi (bea) tout entier, je t'en obsècre, par l'Influence, la Lumière
et le mouvement de TON SOLEIL SUPERCELESTE. Concède-moi bénignement, je t'en prie,
d'avoir, avec une âme saine dans un corps sain, les facultés et forces nécessaires pour
conduire parfaitement à la fin complète toutes ces choses vraies dont tu m'as fait connaître
innombrablement la Théorie et la Pratique; que j'en use librement tant que je vivrai, à
ton honneur, louange et gloire et pour l'utilité honnête de moi-même et de mon Prochain
(suivant mon voeu chrétien) et pour un phy éternel au diable et à ses desquamations. Que
mon bon ANGE, ô SEIGNEUR, ton flamboyant ministre, qui en raison de l'administration
déléguée par TOI est à ma droite et à ma gauche, devant moi, derrière, et haut et en bas et
même circulairement, mette en fuite les larrons ou esprits malins qui se tiennent dans la
région de l'air; qu'il réprime leur malice; qu'il me défende contre le lion tournoyant et
rugissant, de peur qu'il ne me dévore, et enfin qu'il me garde et m'avertisse du mal environnant,
de peur que je ne périsse. Délivre moi, ô SEIGNEUR, de tout Mal; et accorde moi, ainsi
de passer par les choses temporelles sans perdre pendant ce temps les BIENS Eternels; et
que je jouisse de IEHOVAH Paternel, Fraternel et Ami pour le salut catholique ici et dans
toute Eternité fructuosissime. Par et suivant la SAPIENCE incarnée du PERE, NOTRE-SEIGNEUR
JESUS CHRIST CRUCIFIE, qui, DIEU, vit et rogne dans la TRIUNITE dans les siècles des siècles.
AMEN. En l'heureuse année de l'ère Chrétienne 1602.
HENRI KHUNRATH
DE LEIPZIG, fidèle AMATEUR
DE LA THEOSOPHIE, et Docteur
en l'une et l'autre Médecine.
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AU CANDIDE LECTEUR, SALUT.
Dans la suite de l'exposition de tous les grades, candide lecteur, ces mots se sont glissés
par erreur: Ici doit être insérée la figure du premier, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, septième grade. Or
aucun grade n'a de figure particulière. Mais c'est l'Amphithéâtre lui-même qui s'accorde
avec les figures et qui possède ses Introductions, ce dont j'ai voulu t'avertir de peur que tu
ne vinsses à penser que cela pût signifier quelque chose. Adieu.
I M P R I M E A
H A N A V
Par Guilielmus ANTONIVS
M D C I X
Avec privilège de Sa Majesté Sacrée Impériale pour
un espace de dix ans à partir du
premier jour d'impression.