Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.

@

Page

Réfer. : 2422 .
Auteur : Anonyme.
Titre : La clef majeure d'Artéphius.
S/titre : Bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle.

Editeur : Mss 358.
Date éd. : 16xx .
@

Note au lecteur :
=================

Jean Vauquelin des Yvetaux (1651-1716), est
le rédacteur de cette copie.

Le présent manuscrit a été écrit avec un souci
de rapidité et d'efficacité.
Pour arriver à ces fins, le copiste a opté pour
les procédés suivants :

1) Beaucoup de termes récurrents ont été simplifiés
par des abréviations.
2) Très peu d'accents ont été portés, pour gagner
du temps.
3) Des apostrophes manquent pour la même raison.
4) Les termes de chimie ont été remplacés par les
signes conventionnels de l'époque. A ce propos,
dans le corps du texte, les signes de chimie
peuvent être déclinés de la manière suivante :
re, ou laire, se lit : or solaire.
al, se lit : martial.
5) La ponctuation est souvent inexistante.
6) Les signes de césures des mots sont absents.
7) Les ç sont souvent écrits : c.

Par ailleurs l'orthographe est, bien entendue,
celle de l'époque de la rédaction. Les majuscules
n'obéissent à aucune règle identifiable.


Pour rendre au mieux le document sans l'altérer,
j'ai été amené à prendre les libertés suivantes :

a) J'ai restitué les apostrophes dans le texte.
b) J'ai remplacé les abréviations par le mot
entier, à l'exception notable du mot philosophe
et de ses dérivés. Ils sont de la forme :
pphes pour philosophes, pphal pour philosophal, etc...
c) J'ai introduit une ébauche de ponctuation en
prenant bien garde à ne pas altérer le sens du
texte.
d) J'ai mis des signes de césure au mots coupés
d'une ligne sur l'autre.
e) J'ai rétabli les ç.
f) J'ai mis en fin de document deux images de pages
(en plus de la page de titre), pour donner un exemple
de rédaction du manuscrit.
g) J'ai mis entre parenthèse les suggestions de lettres
ou de mots manquants, ainsi que les syllabes en double.

N. B. Pour les mots non identifiés, je les ai insérés
sous forme d'image, à leur emplacement dans le texte
du manuscrit.

Le traducteur.

@
@

1133

La clef majeure d'Artephius. Sa théorie. page. 139.

Ce traité est divisé en 3. parties desquels l'un n'est complet
sans les 2. autres, car le 1.er a besoin du 2.e et du 3.e, le 2.e du 1.er et Theatrum Chimicum
du 3.e, et le 3.e du 1.er et du 2.e Le 1.er traite de la composition des tome 1.e page 198.
éléments supérieurs et inférieurs et des natures égales et inégales,
de leur mutuelle connexion et de la génération. Le 2.e traite Traduction B
de la génération des corps minéraux, tant naturels qu'artificiels. (*1*)
Le 3.e de la génération des plantes et animaux, et de la liaison du journal des
corps avec l'esprit, et aussi de l'âme de l'animal avec l'animal. savants
Chap. 1.er année 1867.
Louons Dieu qui regarde toutes choses et auquel rien ne
peut être caché, car il est allié à ses créatures par son verbe ou
parole, et séparé d'elles en ce qu'il est infiniment élevé au-dessus,
car il ne peut avoir crée aucune chose égale ou semblable à lui.
Des grands bénéfices de Dieu, celui qui a lié le corps mystique
avec le très subtil de tous les éléments est très grand, c'est-à-dire l'âme,
laquelle verra manifestement les choses occultés pourvu toute-
fois que les vertus du corps ne dominent point sur elles, car tant
plus les forces du corps seront vigoureuses d'autant plus par
nécessité les vertus de l'âme sont débilitée, et tant plus le corps
est débilité d'autant plus aussi la vue de son âme est ren-
due subtile et clairvoyante. A cette cause notre maître
Belenius pphe dit, mets la lumière en un vaisseau de verre
clair, et note que toute la sapience du monde consiste
en ces 3. choses suivantes, savoir est en la liaison de l'âme
corporelle avec l'âme corporelle, de l'âme corporelle avec la
spirituelle, et de l'âme spirituelle avec la spirituelle. Mais la liaison
de l'âme corporelle avec la corporelle est plus prochaine et
plus facile que la spirituelle avec la spirituelle.
Or les anciens sages ont bien peu écrit de ce 3.e cas, il ont
dit que nul ne pouvait parvenir à la science d'icelui, sa nature
et sa nativité étaient divines et spirituelles. Aussi tous les
anciens sages ont dit par après d'un commun consentement que
ce qui est dessus est comme ce qui est dessous, et au contraire
que toute chose subtile est de choses grosses et que toute chose
grosse est de chose subtile, et que toute la composition du
monde soit du grand du moyen ou du petit est une même (*2*)
composition. Et sachez que toute la liaison des choses
mondaines est comme la liaison des nombres, savoir
est d'unités, dizaines, centaines, et millénaires.
Car des doigts on nomme le 1.er article disant ainsi 1.2.3.4. page 199
lesquels assemblés font le nombre de 10. Semblablement si
vous dites 10.20.30.40. de ces nombres assemblés est pro-
crée le nombre de 100. La même chose arrive des cente-
naires et millénaires, car comme le nombre n'est autre chose
à d'autres, il est évident que l'unité ne prend point la na-
ture du nombre lorsque nous avons pris le binaire qui
est le 1.er des nombres, et que nous avons divisé en deux
parties égales. Il est manifeste que l'une de ces parties
sera l'unité, laquelle si nous voulons ajouter au binaire le
ternaire en sera produit. Que si on double le binaire le qua-
ternaire en naîtra, et si au quaternaire on ajoute l'unité
cela produira le nombre de 5. Et si au même quaternaire
l'on ajoute le binaire le nombre de 6. en sera produit. Et si
au quaternaire vous ajoutez le ternaire le 7.naire en sera pro-
duit, auquel si vous ajoutez l'unité vous aurez le 9.aire et si à
l'octonaire vous ajouter le binaire vous aurez les denaires, en même
sorte sont crées les centaines, les dizaines et les milliers des
centenaires. Mais il advint un jour que mon maître Bolenus
pphe m'appela et me dit courage mon fils étant pour (*3*)
tuer homme l'entendement subtil j'espère que tu pourras parvenir

*1* mot douteux : image
*2* mot douteux : image
*3* mot douteux : image
@

1134

au suprême degré de sapience. Je t'interroge donc et me réponds.
Je lui dis père miséricordieux et honorable interrogez le disciple
et je répondrais comme je pourrais.
4 genres ( Lors il me demanda en combien de genres est divisée la nature,
de nature( et je répondis en 4. Et il dit quels sont ces 4 ? Je dis le simple
( et le composé du simple, le composé du simple et le composé du
( composé. Et il me demanda lequel des deux est le 1.er ? Je lui
1° simple dis le simple, et il dit quel est ce simple ? Je lui dit deux
natures dont l'une est agente et l'autre patiente. Et il
me demanda à qui sont ces 2. natures ? La 1.e d'icelles est
nature de chaleur et la 2.e est la nature de froideur.
Quelle est la nature de chaleur ? c'est l'active, et la froideur
est la passive. Qu'est ce qui est après le simple ? Je lui
2° simple répondis le simple du simple. Il me demanda quel est
du simple celui-là ? Je lui répondis nature de chaleur et nature d'humidité,
et la nature de froideur et la nature de siccité. Il
me demanda comment sont engendrées ces 2. natures ? je lui dis
le créateur de toutes choses au commencement a dit soit
faite telle créature ; lors la nature fut crée de Dieu, savoir
la 1.e matière de laquelle Aristote au 1.er de la Physique
et Platon en son Timée ont semblablement écrit que c'est le
1.er passif ou réceptacle, laquelle n'a pu être dite ni grande
ni petite, subtile ni grosse, mouvante ni en repos, et
n'a pu être aussi déterminé par aucune détermination,
ni comparée à toutes choses en aucune choses, laquelle
toutes choses ont principalement été, savoir en puissance qui
est un être moyen ou milieu entre être et être de fait
parfait, et nullement être pour être réduit en acte. Après
il a créé la créature c'est-à-dire la cause aqueuse, l'être
à l'ordre céleste, laquelle il a délibéré appeler la lumière ou clarté.
Mais cette chose en cette sphère obtenait quelque créature propre
page 200 dans sa concavité. Et de cette nature et 1.e créature il advint
une autre créature de chaleur et de mouvement, de là après y en
avoir une de froideur et siccité. Et d'autant que ces 2. natures
était proches l'une de l'autre, la chaleur a frappé et réverbéré la
froideur, et la froideur s'est restreinte s'épaississant soi-même,
et d'autant que la nature de chaleur et de toute autre chose qui
subsiste et de pénétrer, la chaleur pénètre jusqu'au centre de la
froideur, et d'autant aussi que la fin de toutes choses que ce soit est
son centre, et que tout le mouvement que le repos est opposé au
mouvement, par cette raison ce mouvement d'autant qu'il a été au
centre, au milieu est succédé un autre mouvement au milieu,
car une partie de la chaleur s'est emparée avec une partie de
la froideur à soi semblable ou égale, et est advenu de cette
température la nature d'humidité. Et d'autant que cette nature
a été moyenne entre nature de chaleur et de frigidité, de là est
ensuivi qu'elle a pris le lieu moyen entre les deux, et est ce mouvement
là du centre jusques au milieu, entre le moindre et le suprême
et derechef, du plus bas au moyen, car une partie de la
chaleur est tempérée avec une partie de l'humidité égale à soi.
Et est sorti de ce tempérament la nature de chaleur et d'humidité
de laquelle le lieu ou la place (comme nous avons dit) a son
moyen ou milieu entre le lieu de froideur et d'humidité, et d'autant
comme nous avons dit que la nature d'humidité est composée
d'une partie de chaleur, et d'une partie de froideur égale
à soi, il s'ensuit que la nature de chaleur et d'humidité sera
d'une partie de froideur et de trois de chaleur. En même sorte la
nature de froideur et d'humidité est assemblée de nature de froideur
et d'humidité également, et parce que la nature d'humidité
est la moitié ou milieu de chaleur, ou milieu ou moitié de froideur,
il s'ensuit que les natures de froid et d'humidité sont trois
quarts de froideur et un quart de chaleur.
@

1135

Nous avons dit maintenant la 2.e sphère de la 1.e nature des 4
sphères ordonnées dont nous avons ci-dessus parlé, la 1.e desquelles
était froideur et humidité, laquelle sphère les anciens ont appelé
la sphère de l'esprit, et sur icelle la nature d'égalité qu'ils ont appelé
la sphère de l'âme, et par après la nature de chaleur et d'humidité,
qu'ils ont appelé la 3.e sphère, et au-dessus d'icelle au dernier lieu
la nature de chaleur et siccité, qu'ils ont appelé la 4.e sphère
et se sont là arrêtés. Et d'autant comme dit est que ces 2.
natures 1.e ont été mêlées ensemble, le mouvement lors n'a point
été en haut ni en bas ni à côté, mais toutes les sphères étaient
mues et menées de mouvements circulaires, et que nous
avons déjà dit que la chose étrange est contraire à toutes choses,
et que le mouvement de haut en bas n'est seulement opposé au
mouvement de bas en haut mais aussi au repos, et à cette cau-
se nous avons dit qu'une partie de chaleur, laquelle ne serait
point mêlée avec la nature de froideur en la génération d'hu-
midité, est demeurée en la partie basse et inférieure, étant
mêlée avec la froideur, parce qu'il ne se troue rien de vide
en la nature. Il faut supposer et croire qu'au lieu de cette cha-
leur qui est descendue et survenue est substituée quelque partie
de froideur égale à icelle. Il appert donc maintenant que ces
sphères étaient jointes et annexées ensemble, car la plus basse 201 page
et inférieure a été la sphère de froideur et humidité en la-
quelle sont 3. quarts de froideur et un quart de chaleur. Après
celle-là est la sphère d'égalité qui est la sphère de l'âme, de
laquelle la moitié est de nature de chaleur, et l'autre moitié
d'humidité et des trois quarts de chaleur et d'un quart de froideur.
Mais la suprême sphère qui est après elle est de nature de
chaleur et n'y a en elle aucune chose de froideur. Ainsi donc tu
vois comme ces sphères sont ordonnées ensemble.
Lors il me dit tu m'as démontré suffisamment les natures de cha-
leur et froideur, mais tu n'as encore exposé ce que c'est que siccité, et je
lui répondis. La siccité n'est autre chose que privation d'humidité.
Il me dit lors maintenant tu n'as déclaré que ce que c'est que simple et
simple du simple dis-moi à cette heure ce qui suit après ? Et j'ai 2. composé du
dit le composé du simple. Il me demande quel était celui-là ? simple
J'ai répondu que c'était les 4 éléments, savoir feu, eau, air, terre.
Il m'a demandé comment ils sont considérés ? Je lui ai répondu
la nature du feu autrement de la chaleur et siccité s'est tempérée
avec la nature de chaleur et humidité, et est provenue de ce tempéra-
ment égal l'élément du feu, et l'élément du feu s'est tempérée par la
nature d'humidité, et est venu de ce tempérament l'élément de l'air,
et l'élément de l'air s'est tempéré avec nature de froideur et hu-
midité, et est venu de ce tempérament l'élément de l'eau, et l'élément de
l'eau s'est tempéré avec la nature de froideur et siccité, et est
venu de ce tempérament égal l'élément de la terre. Le feu donc est
un air subtil chaud et sec, l'air est un feu chaud et humide,
l'eau est un air gros humide et froid, la terre est une eau grosse
froide et sèche. Il m'a demandé qui est ce qui est après le com-
posé du simple ? Et je lui dis le composé du composé. Et il dit 4.e le composé
qu'est-ce que cela ? Et je dis c'est le corps de l'âme corporelle, lequel est du du composé
corps animal et est le corps de l'esprit corporel. Et il me demanda
qu'est-ce que l'esprit du corps animal, et comment sont engendrés ces corps-
là des éléments ? Et je lui répondis l'élément du feu s'est tempéré
avec l'élément de l'air, et est provenu de ce tempérament le corps de
l'âme corporelle, et l'élément de l'eau s'est tempéré avec le corps de
l'âme corporelle, et est provenu de ce tempérament le corps de l'esprit
corporel, et le corps de l'esprit corporel s'est tempéré avec l'élément
de la terre, et est provenu de ce tempérament égal le corps corporel
du corps. Et après avec le corps corporel s'est mêlé l'eau et s'est
tempéré avec l'esprit le plus subtil d'icelui, et est provenu de ce
tempérament le corps du corps spirituel, et l'eau s'est tempéré avec
le subtil de ce corps spirituel, et est venu de ce tempérament égal 202 page
corps animal, et le feu s'est tempéré avec le corps animal, et s'est mêlé
@

1136

avec le plus subtil d'icelui, et est venu de ce tempérament le corps
de l'âme corporelle, et c'est ce que cherchent les sages anciens, du
tempérament duquel, avec égal tempérament de l'eau est engendré
comme nous avons dit le corps de l'esprit du corps égal, qui est
le soleil. Et notez qu'il y a diverses actions et influences des
influence des corps célestes en ces choses inférieures sans lesquelles tous les corps
astres sur les minéraux seraient or : car ils sont tous de même en semblables
choses inférieures choses, et ne sont aucunement différents que selon le plus ou le moins,
et selon la diversité de plus grande ou moindre décoction.
La diversité des La diversité d'iceux vient donc de la diversité des influences des
choses vient de corps célestes en ces corps inférieurs ; comme aussi le nombre d'iceux
la diversité des et le nombre de planètes et leur nature, leurs couleurs, leurs odeurs,
influences des leurs saveurs, et tous leurs autres accidents sont semblables avec
corps célestes les corps célestes. Car le plomb est de la partie de et sa nature est
plomb comme la nature. L'étain est de la partie de et sa nature comme
étain la nature. Le fer est de la partie de et sa nature est comme
fer la nature. L'argent-vif est de la partie de et sa nature est comme sa nature.
mercure et puis après les métaux sont mis l'un en l'autre et sont altérés
comme les éléments desquels ils consistent. Car le feu est fait air
et l'air est fait feu, l'air est fait eau, l'eau est faite terre et la
terre est faite eau, et ainsi des autres. Et sachez que toutes choses
toutes choses composées des éléments ont ainsi les 4. natures, savoir chaleur,
composées des 4 éléments humidité, froideur et sécheresse. Que si aucun dit aucune chose
être composée de 2 tant seulement pour raison de quoi tel composé
serait froid et sec comme la terre, sa nature comme la nature de la
terre, le tact et attouchement et odeur comme la terre, que s'il dit que
la terre est froide et sèche au 4.e degré et que le composé n'est pas
froid et sec au 4.e degré nous disons que quand il y a deux choses de même
complexion qui ne sont différentes que de degrés, à savoir que l'un
est au 4e et le reste au 1.er 2.e ou 3.e degré, qu'il est impossible
que celui qui est au 1.er 2.e ou 3.e puisse être empêché de parvenir
au 4.e, si ce n'est par la mixtion ou mélange à une qualité contraire.
Il n'aura donc point été mêlé de 2. seulement mais de 3.
desquels le contraire aura été mis. Et tu dois savoir que le
tout du minéral est subtil terreux et terrestre, et que la plante est
minéraux engendrés le subtil de la minière, et que le corps de l'animal est le subtil de la
des éléments plante : ainsi des éléments sont engendrés les corps des minéraux,
des minéraux sont engendrées les plantes, et des plantes les animaux,
des minéraux les d'autant que toutes choses se résolvent en choses dont elles ont été
plantes composées. Pour cette cause les animaux quand ils sont résolus, d'iceux sont
des plantes les engendrées les plantes par voie de résolution, en même sorte les
animaux plantes engendrent ou sont converties en minières, et les minières
en éléments, plus il est nécessaire que les éléments se résolvent en nature.
Mais il me dit dis-moi ce que c'est que épais ce que c'est que subtil
et délicat ? Et je répondis l'épais est le corps, le subtil est l'esprit et
le subtil de l'esprit animal c'est l'âme. Il me demanda qu'est-ce que
corps ? Je dis tout ce qu'on peut voir ou toucher, ou qui a quelque
chose d'apparent ou de caché ; ce qui paraît est la grosseur ou épaisseur,
et ce qui est caché est le subtil à savoir l'esprit ou l'âme, mais
le corps est la composition de l'âme et de l'esprit, mais sitôt que le
corps est corrompu dès lors ce qui est dit esprit s'appelle corps, et ce qui
était appelé âme par après est appelé esprit, c'est donc une chose
très grande parce que l'esprit est le subtil d'icelui corps, et l'âme est
le subtil de l'esprit, et toutes ces choses sont engendrées l'une de
l'autre comme nous avons dit, par voie de composition et de résolution,
et sont aussi séparés et altérés l'une de l'autre comme nous
avons dit aussi des éléments, et tout le total de ceci ne se fait sinon
par ingression d'une nature en une autre. Comme par exemple si nous
voyons qu'une chose soit froide et sèche au 4e degré et nous avons
intention de la charger de ce 4.e degré de froideur et siccité à même
degré de froideur et d'humidité, nous le muerons et changerons
1.nt du 4. degré de froideur et siccité au 3.e degré d'icelui
après au 2.e puis au 3.e et enfin à l'égal entre les susdites (*1*) la au 1.er
degré de variation ou changement vers l'humidité, par après au
2.e puis au 3.e et finalement au 4.e degré de froideur et d'humidité.

*1* mot douteux : image
@

1137

Et si derechef nous le voulons changer au 4.e degré de chaleur et humidité
nous le changerons 1.nt au 1.er puis au 2e de là au 3.e, et après en degré égal
de froideur et d'humidité, et puis après au 1.er degré de variation ou chan-
gement vers la chaleur, puis au 2.e 3.e et 4.e degré, lequel derechef nous
réduisons au même degré de chaleur et d'humidité, puis au 2.e 3.e et
4.e au 1.er, puis au degré d'égalité en chaleur et humidité, par après
au 1.er degré de siccité, puis au 2.e 3.e et 4.e degré comme dit est.
Nous la changerons donc aussi ainsi du 4.e degré de froideur et
la diversité d'iceux est selon la diversité des corps célestes, et leurs
natures, couleurs, odeurs et saveurs sont toujours selon la simili-
tude des corps célestes et correspondantes à iceux.
Disons donc qu'au commencement de la création chaque planète a été
en la direction de son signe ou cercle des signes appelé zodiaque,
d'où elles faisaient les opérations, lesquelles sont descendues en la terre
jusqu'à ce que les corps minéraux fussent engendrés proportionnellement
à toutes planètes. Par après ces corps célestes étaient mus page 204
ou se mouvaient de cette habitude au regard des inférieurs et
des minéraux 1.nt engendrés étaient conçus. Puis après fut réfor-
mé cet aspect des corps célestes au regard des inférieurs, et furent
engendrées les planètes de même nature qui étaient auparavant
sous la forme des corps minéraux ; puis après se passa pour la 2.e
fois ce mouvement ou les planètes étaient conçues ; et étant cet
aspect ordonné pour la 3.e fois furent engendrés les animaux de la mê-
me nature qui étaient auparavant sous la forme des plantes.
Concluons donc suivant ce que nous avons dit ci-dessus que la nature résumé du 1 chap
des corps minéraux est comme la nature de la terre froide et sèche. La
nature des plantes de la même nature de l'eau froide et humide
et la nature des animaux comme la nature de l'air chaude et humide.
Et si quelqu'un objecte et dit comment dites-vous que la nature des
minéraux est froide et sèche, et la nature des plantes froide et humide,
quand nous voyons plusieurs choses minérales tuer des animaux par leur
chaleur ? A cela je réponds que s'il se trouve un minéral qui tue
l'animal par sa chaleur, que la plante qui est de cette minière et ferait son
opération beaucoup plus forte, semblablement que l'animal qui provien-
drait de cette plante aurait encore beaucoup plus de force en son
opération que la dite plante. Si donc la minière est tempérée en la plante
qui est d'icelle, nous disons qu'elle est dans les opérations froide et sèche.
Et si derechef la plante est tempérée en l'animal en comparaison
d'icelui elle se trouvera froide et humide.
Chap. 2.e De la génération des minéraux.
Aucuns pphes ont dit que la nature de tous les minéraux est le avec mercure
le et ont dit conséquemment, puisque la nature des minéraux est et
préparons donc la racine tant que nous venions aux minéraux, et la soufre
cause de cette opération est qu'ils ont considéré les natures des corps miné-
raux seulement en la superficie. Car s'ils eussent regardé plus intéri-
eurement les secrets de nature, jamais ils ne fussent tombés en de telles
opinions. Nous disons donc que posé le cas que le et soient des 1.es
natures des corps minéraux, ce qui est congelé ou prêt à congeler a-
yant déjà altéré les dits et chacun en sa nature, dont nous
avons l'exemple en la composition du savon, car si l'on prend de l eau
tirée des cendres et de avec quelque autre chose et que cela soit décuit huile
par certaines décoctions d'iceux sera engendré le savon, mais si l'on pre-
nait chacune de ces choses séparément et que l'on les décuisit jusqu'à
ce que chacune soit congelée à part puis qu'on travaillât pour en com-
poser le savon il est certain qu'on ne le pourrait. Or quant au 1.nt
il était eau et sa nature est froide et humide, après cela elle a été
convertie en air, la nature duquel est chaude et humide ; puis encore
par après en feu la nature duquel est chaude sèche : puis encore
avec le feu l'eau s'est tempérée et a été la composition du mâle et
de la femelle. Supposé donc que la racine des corps minéraux soit et page 305
toutefois nous ne devons prendre ceux lesquels sont les corps minéraux,
mais bien plutôt nous devons prendre ceux qui sont des dits corps minéraux,
dont l'exemple est manifeste aux plantes, car nous savons que la génération
de la plante est d'eau et de terre subtile, comme nous avons dit ci-dessus,
et toutefois si nous prenions de l'eau et de la terre jamais il n'en (*1*)
ient la plante que nous désirons. Nous ne prendrons donc point ce de quoi

*1* mot douteux : image
@

1138

est la plante, mais ce en quoi est l'âme et la plante à savoir l'oeuf
ou semence d'icelle, et dès que nous savons que cet oeuf est engendré
de terre subtile avec le mélange de l'eau, nous le mettrons en terre
jusqu'à ce que se diminuant par putréfaction il croisse et soit accompli.
Nous disons aussi que la génération des minéraux en vertu de la terre
se fait de la sorte, car comme le soleil agit en ces corps inférieurs par
sa chaleur échauffant la terre, il reste toujours une partie de
cette chaleur dans les entrailles de la terre, et le soleil montant derechef
sur la terre et y trouvant de la chaleur cachée il faut que ces
2. chaleurs qui sont semblables montent naturellement ensemble par
Et quand elles rencontrent quelques parties d'eau elles la convertissent
en vapeur, laquelle vapeur en montant se meut et remue
jusqu'à ce qu'il cause sur icelle une chaleur proportionnée. Et quand le
soleil descend sur l'occident sa chaleur diminue proportionnellement
jusqu'à ce que sa vapeur soit épaisse et qu'elle descende en distillation,
et le soleil levé derechef l'élève pareillement et puis défaillant
sa chaleur comme dessus, elle descend distillant secondement.
De sorte qu'elle ne cesse de continûment subtiliser et distiller jusqu'à
ce que toute l qui est en cette eau soit distillée et dissoute avec
elle, et que le tout soit convertit en . Que si par cas fortuit elle rencontre
quelque partie de qui se mêle avec elle, et que la qualité de l'eau
or soit égale à la qualité du et un peu plus c'est à savoir tant qu'il
argent suffise pour l'incorporer, de cela est engendré l et l. et ainsi des
autres selon selon la qualité de leur décoction. Mais si la qualité du est plus
eau grande que la qualité de cette il sera engendré d'iceux un corps minéral
qui ne sera point de la minière des 7. métaux.
Or nous avons déjà dit qu'en la génération artificielle des corps minéraux
nous ne cherchons point ce de quoi ils sont composés, mais ce qui est
d'iceux comme nous avons montré aux plantes, par exemple quand nous
avons dit nous menons l'oeuf de la plante et considérons de quoi
il est composé, et après que nous savons que c'est d'une terre subtile
avec le mélange de l'eau nous le semons en terre. Tout ainsi faisons-nous
des minéraux nous prenons l'oeuf d'iceux et considérons
d'où il est engendré, et savons que c'est d'une mixtion de feu avec l
1° vol. Theatrum Ch. nous avons dit aussi que sans la comixtion du mâle et de la femelle
page 206 rien n'est du tout engendré, mais que nous prenons et approprions
cet oeuf à sa due et propre préparation. D'icelui est engendré l et la .
Tu dois savoir néanmoins que ceci ne se fait point sans putréfaction
et solution comme il advient aux plantes, car le feu n'entre point
sur icelles sans humidité, la cause ingrédiente est le chaud et humide,
car nature n'est point alliée sinon par la nature qui lui est plus
proche. Le feu donc comme nous avons dit encore qu'il soit teignant et
corps toutefois l'air et chaleur et humidité est cause de l'entrée ou
ingrès, mais parce que l'humidité de l'air est contraire à la siccité du feu
la froideur de l'eau y est nécessairement requise, parce qu'elle tempère le
feu et d'autant que l ne se figera ou fixera point au feu sans la
terre, elle y est aussi requisse nécessairement pour fixer ladite . Mais
nous avons déjà dit ci-dessus qu'aucune génération ne peut être
faite sans conjonction de mâle et de femelle, or le feu et l'air sont
masculins et l'eau et la terre sont féminins. Le feu est masculin
à l et l'air masculin à la terre. Mais le feu n'est point mêlé
avec l'eau sans médiateur qui est l'air, car l'air est plus prochain
du feu à raison de sa chaleur, et est aussi plus prochain de l'eau à
raison de son humidité. Nous avons déjà dit par plusieurs fois
que nature embrasse nature semblable à elle, l'air donc a raison de la
concorde avec le feu et l'eau engendre facilement, puis entre eux à savoir
entre le feu et l. Pareillement l'air est contraire à la terre selon les
2. qualités, car l'air est chaud et humide et le terre froide et sèche, mais
l à raison de son humidité convient avec l'air et à la terre à raison
de sa froideur l est donc moyenne et engendre concorde entre l'air et
la terre. Il est donc manifeste que l et le feu ne se peuvent conjoindre
sans le moyen de l'air en l'une des extrémité, et ainsi sans le moyen
de l'eau l'air et la terre en son autre extrémité. Et voilà ce que nous voulions.
Nous avons déjà déclaré que l'oeuf minéral est engendré de feu et
d. Et ainsi par conséquent nourri d'eux-mêmes. Le est masculin
et l féminine, il nous est donc nécessaire de rechercher ce mâle tant
page 207 que nous l'ayons trouvé, mais nous avons dit ci-dessus que les corps minéraux
sont de la nature de la terre, la qualité de laquelle est froide et sèche.
@

1139

Il est donc manifeste que la qualité du feu en iceux est fort petite, et moindre qu'au 2.e
degré sinon en pénétrance parce qu'il monte au végétable, et nous avons trouvé la
nature d'icelui végétable être froide et humide, et qu'il y a 3. 4rt de froideur
et un 4rt de chaleur et que cette 4.e partie de chaleur est fort profonde en
ces 3 4rt de froideur. Pour cette cause il faut monter au 3.e degré qui est l'animal.
Et parce que la nature de l'animal comme nous avons dit est chaude et humide
et est manifeste qu'il y a en icelle 3. 4rt de chaleur et un 4rt d'humidité, mais
parce que l'animal quand il est accompli est mêlé et que son gros tempérament avec
le subtil d'icelui, pour cette cause il n'a point de mouvement tendant en
bas mais bien en haut, et parce que nous prenons de l'animal ce qui n'est
accompli, et le mettons en une cucurbite avec son et distillons 1.nt
l de laquelle le manifeste est blancheur, et le culte du feu est rougeur.
Après nous distillons l'air duquel le manifeste est citrinité, et son occulte
est viridité, et le feu demeure en la terre. Nous allumons plus fort feu sur
icelle terre tant que nous en ayons tiré tout le feu de la terre et la terre de-
meure au fond noire sans aucune vie. En après nous gardons l'air et le
feu chacun en son vaisseau jusqu'à l'heure de la composition. Après nous
prenons de chacun d'iceux parties égales et les mêlons ensemble et d'au-
tant que cette est également composée des 4 natures, nous n'avons que
craindre dans notre opération, mais sommes assurés de la conception car
elle est teinte avec son feu et entre par son , et est aussi assez vide
de combustion par son et figée et fixée par la terre. Car l'eau est
alliée de la terre par sa frigidité, et l'air de l'eau par son humidité, et le
feu de l'air par sa chaleur. Pour exemple de la comixtion de qui est fer
chaud et sec avec qui est froid et humide est engendré l mais sachez étain
que la composition est double savoir commixtion totale et comixtion or
particulière. La particulière est quand le corps est resté au corps,
mais les espèces ne se mêlant point ensemble comme il advient es
corporalités fusibles, en la conjonction qui s'en fait à la seule fusion
du feu. La comixtion totale est quand les corps sont mêlés aux corps
avec tempérament ils épaississent les esprits, mais crois que ceci ne se
fait point sans putréfaction. Maintenant prenons garde pour quoi les
anciens sages ont dit qu'une partie de cet élixir tombe sur 1000. p. De
là naît un secret que tout subtil occupe six lieux au septuple au
regard du lieu occupé du gros, mais une partie de chaleur con-
vertit la en cela s'entend s'il est prit de minière et s'il est prit
de choses végétables 1. p. convertit 6. p. et s'il est de chose animale 1 p. page 208
en convertira 36. et ce en 1.er degré de subtilité. S'il est au 3.e degré
228. et s'il est au 4.e ou dernier degré 1. p. en convertira 6. fois
228 et c'est ce que nous voulons, car nous avons déjà déterminé de la
génération des corps des métaux suffisants, et ce tant du naturel que
de l'artificiel, et avec ce nous accomplissons le 2. chapitre.
Chap. 3.e Sommaire du 3.e chapitre.
Nous avons à traiter en ce chapitre de la génération des plantes provenant
des minéraux susdits, et pareillement de la génération des animaux provenant
des dites plantes, et comme il faut lier les esprits d'icelles plantes et aussi
de la liaison de l'âme de l'animal avec l'animal. Après ce que nous avons
dit des natures égales et inégales et des 4 éléments supérieurs et in-
férieurs au 2.e chap. et aussi de la génération des minéraux dans
le 2.e chapitre, nous dirons comme l'avons promis la génération des plantes
et animaux dans ce 3.e chapitre.
De la génération des Plantes.
Disons donc que nous avons dit des natures égales et inégales et que l eau
s'est tempérée avec la terre et que de ce tempérament est engendré la pierre,
après que l'air s'est tempéré avec la pierre et que de là s'est engendré la
terre, le manifeste de laquelle est apparent froid et sec et son occulte ou
caché chaud et humide. Puis après avec cette terre s'est engendré
l. Or nous avons dit que nature embrasse nature et celui qui est pro-
che ou voisin l'humidité de l'air et la froideur de l'eau à la froideur
de la terre et l'humidité de l'air a été allié à la chaleur d'icelui.
Quand donc le soleil d'orient monte la chaleur de cet air s'est alliée à la cha-
leur de ce soleil, il a donc été nécessaire à cette plante de s'étendre et de croî-
tre pour ce que nous avons déjà dit que la froideur de l'eau a été alliée à la
froideur de la terre, les parties les plus subtiles de la terre sont montées
avec les parties de cette , et se sont tempérées et mêlées avec elles, duquel
tempérament a été engendré l'oeuf de la plante, ou que l'oeuf était la dite plan-
te potentiellement ou en puissance. Après donc que cet oeuf est parvenu
@

1140

au terme de sa variation ou changement, son humidité de laquelle il était
nourri a été séparée de l'oeuf et il a été endurci et desséché.
Or nous savons la matière de cet oeuf être une mixtion ou conjonction
des plus subtiles parties de la terre avec l'eau, et qu'il a fallu que l'oeuf
soit nourri jusqu'à ce que ce qui était en lui par puissance fut réduit
en acte, et que de lui il soit engendré la plante de laquelle les feuilles et fleurs
et fruits sortent d'icelui, mais cet oeuf est différent de l'oeuf de minière
en ce qu'il n'a besoin de filtration afin que l'humidité de la putréfaction puissent
entrer es parties d'icelui et être mêlés avec icelles.Car si nous le
page 209 broyons nous corrompons la forme de la plante étant potentiellement
en icelui, et les feuilles seront converties en non feuilles, aussi es
parties de l'oeuf de la plante. Il n'y avait point tant de compaction
qui empêchait l'humidité d'icelui d'être élevé à l'humidité du
corps qu'il fallait pour le dissoudre. Ainsi donc il appert que la substance
de la plante consiste ou est provenue des parties de l'eau mêlées
avec les plus subtiles de la terre. Or nous avons dit ci-devant que
la plante est le subtil ou délicatesse de la minière, et que ce subtil est
engendré du tempérament de l'eau avec icelui, et voilà sa génération.
page 210 De la génération de l'animal.
Quand à la génération de l'animal elle est de la plante comme nous avons
dit ci-dessus si Dieu le veut, car lors que la plante se putréfie au ventre
d'icelui le subtil d'icelle est séparé du gros après la putréfaction et parce que
nous avons déjà dit que la nature de la plante est froide et humide
et qu'elle est engendrée du tempérament de l'eau avec les parties les plus subtiles
de la terre, la putréfaction étant donc faite. Les plus grosses parties
de la terre sont séparées de l'eau, et d'autant que la nature de l'eau
est froide et humide une partie de cette froideur et humidité avec
une partie assez égale de chaleur et humidité étant jointes ensemble
de leur tempérament l'animal est engendré avec son âme, qui est de sa nature
d'égalité, et l'autre partie monte au cerveau, de laquelle est engendrée la
nature des sens ou sentiments, et pour ce comme nous avons dit que 3. ou 4. ont
été une lumière et une obscurité il est nécessaire que la nature des
sens cette lumière commande l'obscurité, par ainsi cette obscurité de la
part des ténèbres est répercutée et réverbérée du coeur de l'illuminé,
pourvu que l'animal soit de droite stature comme est l'homme. Car si la
nature de l'animal n'est droite il n'a pas beaucoup de sens en son corps,
dont il puisse être aidé. Aussi est son dit sens répandu, ça et là en toutes
les parties de son corps, et c'est la cause pourquoi tous les animaux ne discourent
pas comme l'homme, mais la composition du corps humain consiste
en quelque comixtion ou mélange des natures égales avec des inégales,
et la nature d'égalité en la composition de l'homme consiste en 2. choses, desquelles
l'une est égalité apparente et l'autre est intrinsèque et intérieure. Et c'est la
nature de l'âme de laquelle nous avons parlé, mais l'égalité apparent consiste
en la composition égale du corps constructive des 4 humeurs
qui sont le sang chaud et humide de la nature de l'air, la chose chaude
et sèche de la nature du feu, le flegme froid et humide de la nature
de l'eau, et la mélancolie froide et sèche de la nature de la terre, dont
la figure est page 148. Donc l'égalité de ces 4 humeurs ou humidités
est cause de la conjonction de l'âme avec le corps mais si elle était corrompue
l'égalité apparente le serait aussi, et par conséquent la liaison de l'âme avec
le corps, et quand il advient que l'âme est séparée d'avec le corps, cette séparation
est appelée mort. Ceci néanmoins n'advient pas à tous mais à aucuns
cette égalité est seulement reculée ou altérée lorsque telle altération ou
changement se fait en qualité notable. Mais si la qualité est petite il adviendra
peut être quelque maladie ou perturbation, jusqu'à ce que par accident considérable
elle soit amenée à l'égalité, et par aventure qu'il ait aucunes
page 211 maladies auxquelles se joindra le démon. L'humeur totale de son tempérament
sera corrompue en perturbant la santé, et cela arrive principalement aux
maladies provenant de colère être chaude comme le feu, et le corps du
Diable est composé de 2. choses, savoir de feu et d'air. Et nous avons dit
ci-devant que toute chose subtile entre facilement en la chose grosse,
Il est donc manifeste puisque le feu est plus subtil que l'air que l'apparence
du corps du Diable est air en son occulte ou caché est feu. Voilà la
cause pour laquelle il se cache ou se mêle avec les humains, vu que les moyens
par lesquels nous voyons toutes choses est air, qui est conjoint à notre
@

1141

occulte ou intérieur. Puisque donc l'intérieur du Diable est de nature de feu,
il est manifeste que cela est contraire à la nature de notre âme qui est de
nature d'égalité. Quand donc il advient maladie au corps provenant de la
colère sortie hors de son tempérament en la nature d'égalité, laquelle est
cause de la conjonction de l'âme avec le corps. Parce que le diable quant à
son occulte est de la nature de la colère s'adjoignant à icelle colère il
augmente sa force sur les autres humeurs et y peut bientôt dominer
et commander, de sorte que l'âme se retirera du corps et sera séparé
d'icelui. Mais qui pourrait faire descendre cette lumière et clarté la
nature de laquelle est contraire à la nature occulte de Diable, il se
retirerait avec la maladie et infirmité du patient et retour-
nerait la santé, et l'homme demeurerait en repos et apaisé.
Or la manière par laquelle l'homme fait descendre cet esprit est qu'il
sache la nature de la plante de laquelle il désire faire descendre
l'esprit, et qu'il sache aussi la couleur, l'odeur et saveur susdite, afin que
telle qu'est la couleur, il prenne des vêtements de la même couleur,
et qu'il ouvre l'intérieur de son corps avec la nature de l'odeur et
saveur, qu'il prenne des viandes pour fortifier son corps par variation
et changement, tant qu'il approche du degré d'égalité, et cela ne doit
être caché à celui qui désire faire descendre l'esprit, qu'il ne se lasse
point d'user de telles viandes, et qu'il accoutume son estomac
afin qu'il ne les (*1*) point, et qu'il n'en appète point d'autres qui leur
empêche l'appétit d'icelle, et qu'il en mange chacune fois à l'heure
de la planète s'élevant droit sur ses pieds priant le créateur.
Après prenez garde quand cette étoile entrera en direction de son
signe, et qu'elle n'y entre point par une planète contraire mais qu'il
fasse une croix du corps minéral qui est dedans ladite planète
et qu'elle soit percée de la sommité jusques en bas et soit élevée
sur ses pieds, et qu'elle chevauche sur une figure convenable à la
chose, comme sur un lion ou serpent pour obtenir victoire de ses
ennemis, ou sur un oiseau pour se sauver des grands périls, ou la
(*2*), ou bien sur une chaire si l'on cherche d'être exalté et
honoré et ainsi des autres.
Raisons pourquoi nous avons choisi le signe de la croix
plus fort qu'un autre.
C'est d'autant que nous savons la chose à laquelle l'esprit que
nous demandons peut être capable, mais nous savons bien que
tout corps a longitude et latitude en forme de croix, et après
nous avons dit ci-devant que nature embrasse nature à lui semblable. page 212
C'est donc la cause pourquoi nous avons préféré la figure de
la croix à toute autre figure en cet endroit et si tu désires
de subjuguer quelques-uns afin qu'ils obéissent comme vrais ser-
viteurs à leur maître, imprime ou grave cette figure en la croix.
Defiat.
Puis après s'il avait été homme et que tu aies connu l'étoile do-
minante en sa nativité, tu feras la figure de cet homme ou à la pla-
nète dominante en icelle son heure, et quelle regarde le signe de
l'étoile contraire à la nativité, et soit avec elle en son signe,
et que cette étoile contraire soit infortunée. Cela fait mêle cette
figure avec la 1.e, mais si l'étoile qui domine en la nativité
n'était pas connue, tu composeras une image de l'electrum cons-
tellé mentionné à la fin de ce liure en la pratique d'icelui auquel tu
ajouteras les 7. principales pierres attribuées à la nature de chacune
planète. Et feras à l'heure que la planète règne et au nom d'icelle
et feras aussi que ces pierres regardent la croix en orient. Ainsi
nous voyons que la figure en nature est animée et quand l'esprit s'allie
à la croix la figure humaine a puissance sur cette figure soit
qu'elle soit humaine ou non. Après cela nous prenons un
encensoir de la même minière de laquelle nous avons fait la croix
et encensoir, qu'il soit seulement posé en la sommité afin que la
fumée ne porte pas ailleurs. Puis après nous avons un lit net
et pur non couvert, mais sur le duvet seulement seront répandues
des herbes qui sont de la nature de laquelle nous demanderons l'esprit
et qu'il n'y aie aucune chose de nuisible en ce lieu n'y près n'y loin.
Nous prendrons aussi des parfums qui soient de la nature de la pla-
nète et les mettrons dans l'encensoir de telle sorte que la fumée puisse

*1* mot douteux : image
*2* mot douteux : image
@

1142

passer droitement par le pertuis de la croix et soient faites toutes les
choses susdites à l'heure de la planète de laquelle nous demandons que
l'esprit descende. Cela fait l'esprit supérieur est allié à son semblable
à l'exemple de quoi nous voyons qu'en prenant deux chandelles
allumées l'une desquelles éteinte et fumante soit mise directement
sous l'autre qui est allumée, et voilà la manière de faire descendre
l'esprit. Quand donc cet esprit sera descendu qui est l'âme
animale ou spirituelle, et qu'il trouvera le corps préparé comme nous avons dit
il pénètre en icelui et s'allie à l'âme corporelle, laquelle âme corporelle
est infusée en chacun corps à raison de la similitude ou semblance
de l'une de ces natures avec l'autre. Mais si le corps n'est pas dûment préparé
il le rompt et détruit, et après retourne en son lieu. Il faut aussi
que nous dissolvions du corps duquel est faite la croix avec l'eau
égale à sa nature par putréfaction, jusqu'à ce que son âme corporelle
avec
parfum, afin que l'âme d'icelui s'allie au corps avec son élément,
et sera cause de même liaison au corps inférieur, jusqu'à ce qu'il s'applique
page 213 à son semblable. Et devez savoir que chaque planète a double fin
et sa propre disposition a aussi la disposition générale, l'effet en
est plus grand et plus fort, et sachez que l'âme spirituelle n'est point alliée
à l'âme corporelle sinon par matière semblable à icelle, et cela est
un des plus grands secrets ; mais la liaison de l'âme spirituelle qui est l'âme
de l'homme se doit faire par cette manière, à savoir si l'on
dispose bien la planète qui domine à l'heure de la naissance avec
celle qui domine à l'heure que l'âme fut conjointe à son corps.
Mais quand le corps est changé de la nature corporelle à la spirituelle et que
par après il est fait de spirituel animal, alors l'âme est alliée à son élément
et voit et connaît ce qu'elle ne pouvait voir et connaître auparavant
mais si la planète qui domine en la nativité d'aucun est infortuné,
tel homme sera malade aussi longtemps que l'esprit du corps
dominera sur les forces de l'âme ou bien ils sont égaux. Mais
après que l'âme aura acquit domination sur son corps dès lors cette
mauvaise fortune ne lui pourra nuire et ne lui adviendra aucun
empêchement de cela. Et quand il sera venu à cette connaissance
qu'il prenne des vêtements qui soit convenable en couleur et
des viandes, et qu'il s'accoutume à icelles tant qu'il sache que son estomac
les appète et n'en ressente point d'autre, et qu'il s'y accoutume peu à peu
après à savoir qu'il mange 1.nt une fois le jour après 2. j. une fois
puis en 3. jours continuant ainsi tant qu'il soit parvenu à ce point qu'il
puisse manger une fois sans fâcherie ni satisfaction de désirs et il parviendra
à ce qu'il demande. En après tout savoir que l'esprit descend
en deux manières la 1.e est la descente qu'il fait ici-bas et la 2.e est de son
obéissance de la 1.e a été suffisamment traité ci-dessus, mais quant à celle
d'obéissance, c'est une propre servitude que l'esprit descendant fait à celui
auquel il descend, pour faire et accomplir ses volontés par la permission
de Dieu, et aussi sont de très grands secrets. Que l'homme sache que tout gros
est fait subtil et tout subtil est fait esprit. Et tout esprit est fait
âme et la subtilisation de feu et d'éléments et en ce qui n'est pas mêlé
par combustion de feu et opère seulement. La 2.e est ce que les pphes ont
cherché, car toutes choses qui ont subtilisation des choses faites sont 3.
à savoir le 1.er corps corporel, la subtilisation de la minière duquel est
de son extérieur à l'intérieur. Le 2.e est le corps spirituel c'est-à-dire
la plante de laquelle la subtilisation est de l'une et de l'autre ensemble
le 3.e est l'animal duquel la subtilisation est de son intérieur à
l'extérieur, si c'est la volonté de Dieu auquel soit rendu tout honneur
et toute gloire en trinité parfaite es siècles des siècles.Amen.
Fin de la clef de la plus haute sapience et science humaine.
@

1143

2.e Partie ou pratique d'Artéphius.
Trois oeuvres sont en toute vérité et perfection selon la doctrine ci-dessus
écrite. C'est à savoir la minérale la végétale et l'animale, ainsi nommées
à cause des matières particulières de chacune d'icelles.
De la minérale. Chap. 1.er
Sache que toutes choses pour être réduites en sel doivent 1.nt être calcinées.
De la chaux en faire le sel, et du sel le . Sache aussi que si un corps n'est
putréfié, il n'est point dissous, c'est pourquoi il faut 1.nt pourrir le corps et en-
suite le distiller. Ne t'ennuie donc point à la putréfaction car c'est
tout ce qui donne entrée à l'opération. Sache qu'il y a 7. métaux, lesquels on
peut calciner et mettre en chaux. Et de leur chaux faire sel, et du sel eau,
et des pphes. C'est donc le commencement de l'oeuvre de calciner les
métaux afin que d'eux se fasse sel, et jamais d'autre sel n'est à entendre
et ne doit-on prendre en cet oeuvre, que les sels seulement qui sont faits
des métaux. Car ce sont ceux que les pphes veulent dire et qu'ils entendent
en cet état, parce qu'ils sont de la nature des métaux transformés, et pour ce
ainsi qu'ils transmuent et transforment les métaux et le , ce que nul autre
sel ne peut faire. On ne doit donc pas prendre les sels vulgaires pour
les sels des métaux, car ils ne donnent nul effet de transmutation et pour
ce je te dirais ci-après la manière de calciner le métal et d'en faire
sel et des pphes afin que transmutation ou transformation en soit
faite et vraie médecine qui ait puissance de transformer les métaux
en fin ou .
Comment on fait la chaux des métaux.
1.nt on fait la chaux des métaux et après leur calcination en fait céruse
très belle et fine par ablutions comme il sera dit ci-après. De la céruse on
en fait sel, et les sels ont une force grandement pénétrante à cause de leur
subtilité et ignéité qu'ils sont de choses fixes comme ou . Ces 2. sels seuls
ont le pouvoir de fixer les sels des autres métaux imparfaits moyennant
que l'on y ajoute et qu'on mêle au citrin la chaux citrine de l, et au
blanc la chaux blanche de la comme ci-après la notable pratique et
manière d'opérer te sera déclarée dans les chapitres suivants.
De la calcination des métaux.
Les métaux sont diversement et longuement calcinés au feu, Je dirais 1.nt la
calcination de ceux qui sont pour le citrin et .
La calcination de l'or se fait en un vaisseau ouvert en fournaise de verrier
ou de réverbère par 61. j. continuels après l'avoir auparavant rendu pur
par l ou autrement, et en lamines ténues et déliées et quand il est en chaux
on le doit laver en de pluie distillée par 4. fois ou par rosée de
mai distillée 2. fois, qui vaut mieux que l'eau de pluie. Puis bouillant
et cuisant en un vaisseau de verre sur cendres chaudes par 1. jour
avec son poids d distillée ou de rosée tant qu'il ait bu ou consumé ladite
eau, puis la calciner de nouveau au four 1. j. naturel et réitérer la dite
ablution et calcination jusqu'au nombre de 10. ou 12. fois, et tant que la dite
chaux soit très nette et très citrine claire et reluisante. Lors elle est
appelée céruse d et c'est la manière qu'on doit tenir pour faire céruse
de tous métaux après la calcination, ce que tu retiendras en ta mémoire.
est calciné en vaisseau ouvert comme l au four de verrier ou de
réverbère par 30. j. naturels et continuels, et après est faite céruse d'icelui par
la manière susdite, laquelle est une teinture rouge en manière de sang qui
est appelée céruse de .
est calciné en vaisseau clos et fourneau susdit en 30. j. et tant plus
tant mieux après d'icelui en faire céruse par la manière susdite.
est calciné comme les autres 3. en vaisseau ouvert par 30. j. ou plus
et est lavé et nettoyé comme dit est et on en fait une céruse très rouge.
Calcination des métaux pour le blanc et .
La est calcinée en un vaisseau ouvert comme l en 20. ou 30. j. et de sa
chaux lavée comme dit est est faite céruse claire reluisante un peu azurée.
est calciné en vaisseau clos au four susdit par 30. j. et de la chaux lavée
comme les autres est faite céruse très blanche.
est très volatil et pour ce ne se calcine comme les autres, mais il le faut dissoudre en
faites de 2. p. d et (*1*) de et qu'il sera dissout un peu de marin aussi
fort le ira au fond en chaux blanche, puis par inclination vous ôterez toute l'eau
et laverez la chaux comme dessus.
Pour tirer les sels des céruses des métaux.
O mon fils qui désirez savoir la transmutation des métaux et comme ils peuvent
être changés en et en . réjouit-toi en Dieu et l'aie toujours en ta mémoire et es yeux
de ta pensée. Sa grâce 1.nt invoquée je te dirais comme tu feras le sel de laquelle tu
voudras des céruses ci-dessus. Mets la céruse duquel corps tu voudras avec
autant de bon distillé par 3. ou 4. fois un peu tiédir sur les cendres, puis

*1* mot douteux : image
@

1144

laisse refroidir et bien rasseoir puis coule le par inclination du vaisseau
de façon que rien ne se mêle afin que tu aie la liqueur très claire, laquelle
tu mettras en un autre vaisseau de verre avec son sur cendres chaudes,
à feu lent, et en tireras de cette façon le , et quand tu verras que la congélation
commencera à se faire, ôte tout le feu et laisse refroidir le vaisseau sur
le fourneau. Et quand il sera froid le sel se congèlera très beau et luisant
très précieux et très fort très puissant, pénétrant et très animé lequel tu garderas
en un vaisseau de verre ou de pierre en un lieu bien sec. Mais prend
garde qu'en l'extraction du il y ait très petite chaleur afin que ton
sel ne se fonde et que son humidité radicale ne monte avec le , car
autrement tu n'aurait sel qui valût, mais seulement les fèces au fond du
vaisseau sans humeur et sans qui est appelé , duquel tu auras à
besogner en tes opérations comme par moi te sera dit en l'extraction de
tes sels, et mets et retiens en ta mémoire. Les devises des 7. maîtres sels
qui ont puissance de transmuer et convertir les natures combustibles
des métaux imparfaits, de parfaire ce qui défaut en eux et les muer en
ou en selon que la matière sera composée au blanc ou au citrin en parfaite
fixation à tous examens. Le sel de est appelé sel nitre c'est le plomb duquel
le sel est de couleur très luisante et très blanche. Le sel de est
appelé sel commun rouge comme sang très clair et très luisant.
Le sel de appelé sel alcali de couleur verte et très reluisante.
Le sel de l est appelé sel Elbrot ou Alembrot ou Abroch de couleur
citrine comme fin ambre. Le sel de est appelé sel armoniac
clair et reluisant et c'est tant pour le blanc que pour le rouge. Le sel de
est appelé sel gemme clair et reluisant de la couleur du saphir. Le sel de
est dit sel de talc couleur de talc très blanc en lustre de fin . Ce secret de
faire les sels des métaux est la clef du 1.er oeuvre.
Venons maintenant à la manière d'accorder ces sels selon qu'ils accordent
ou discordent avec les métaux, car toujours on fait transmutation de ceux
qui s'accordent le mieux ensemble et qui sont plus prochain en nature
et propriété comme sont les sels tirés par art des corps des métaux parfaits
et qui sont les principaux, car nulle médecine de transmutation n'est faite
en eux, mais pour faire une médecine particulière on ajoute bien un des
sels des métaux imparfaits comme il sera dit ci-après. Sel gemme et sel elbrot
s'accordent en 2. parties procédant à la pratique que quand les sels des métaux sont
faits et que d'iceux on désire faire médecine par les métaux pour guérir les
corps des imparfaits iceux transmuer en fin ou . Or mon fils puisque
tu désires une vraie doctrine je te dit que sans la bénédiction de Dieu tu ne
peux rien mais que tu peut tout par icelle. Puis donc que tu as fait et extrait
le sel des métaux et que d'iceux tu peut tirer leur eau qui est dite eau des
corps et des pphes regarde si tu veux oeuvrer au blanc et prends les sels
qui s'accordent pour l'oeuvre que tu veux faire et ne mêle point
ceux qui sont ordonnés seulement pour le blanc avec ceux qui ne sont que pour le
citrin, car tel oeuvre ne vaudrait rien, et pour ce retiens bien en ta mémoire
ce que je t'ai ci-devant dit au blanc au citrin . androgyne.
Or venons à l'effet ou procédons à la pratique par ordre. Je présuppose
que tu sois fort désireux de connaître totalement le fait d'icelle, et comme chaque
choses que nature n'a pas rendu parfaite le peut devenir par art, mon fils
les médecines qui sont faites des choses parfaites et que nature a englouties
en ses minières comme sont et , sont les principales qui entrent en cet art,
et pour ce pour plutôt voir l'expérience je te dirais aucunes branches 1.nt des teintures
auxquelles tu prendras consolation, et dont tu te pourra aider à ton besoin pour
avoir moyen de passer plus outre, car par icelles tu pourras connaître l'effet
(*1*) des médecines de la pierre.
Pour teindre donc en très fin en voici 2. manières dont voici la moindre.
au nom de Dieu 2. p. de sel albrot et 1. p. de sel gemme et les dissout en fort
, mets les dissolutions en un vaisseau de verre de pierre bien luté avec son
et récipient, et distille au B. m. doucement pour en tirer seulement le , et
garde bien que les sels ne se fondent par trop de puis incorpore avec lesdits
sels une part de chaux de fin . Puis le vaisseau bien luté laisse le fondre
à moyenne chaleur l'espace de 4. h., laisse refroidir sur le fourneau et
auras une médecine couleur d'ambre reluisante ayant l'astre citrin fondant,
entrant, teignant et transmuant fondue en fin , aussi bon que de
minière à toute épreuve 1. p. sur 20. de fondue et se peut multiplier
en la dissolvant avec qui en a été tiré et restera comme dit est avec nouvelle
chaux et augmentera de 10. parties en vertus et subtilité.
Pour l'autre manière plus noble incorpore bien ensemble 2. p. de sel
albrot et 1. p. de sel gemme, et les mets en vase fort et clos en putréfaction

*1* mot douteux : image
@

1145

jusqu'à ce qu'ils soient résout en liqueur belle et claire, après fait les distiller
à feu très lent et en tire toute l'humidité qui est leur menstruel l elle. l
et le des pphes extrait par art des corps de et auquel menstruel tu dis-
soudra une P. de fin , après cette même dissolution tu imbiberas les
fèces des dits sels qui étaient demeurés au fond du vaisseau petit à petit,
jusqu'à ce qu'elles aient bu toute leur humidité lle qui leur avait
été ôtée, et soient réanimées et revivifiées de nouveau, après toutes
les dissolutions et congélation de ces choses accomplies et parfaites de telle
couleur que la 1.e, mais de plus grand effet force et vertu, car un poids va sur
100. Et si tu la dissous pour la 2.e fois en nouveau au menstrual et la congèle
derechef et comme dessus, un poids choit sur 1000. Car par chacune dissolution
et congélation sa vertu augmente de 10. p. et ainsi, et cette dernière méde-
cine choit sur tous métaux imparfaits consumant tout ce qu'ils ont d'imparfait
et convertit toute leur pure essence de en or parfait.
Pour le blanc tu peux prendre 2. p. de sel gemme et 1. p. de sel elbrot et avec
une P. de chaux de . et ce sera médecine pour le blanc.
Particuliers sur les métaux pour le rouge.
Il y a aussi en l'oeuvre minérale plusieurs branches particulières dont les
teintures n'ont effet que sur un seul corps métallique seulement, mais les 2.
ci-dessus sont générales parce qu'en cela il n'y a point de diversité
Sur 2. p. de sel elbrot et 1. p. de sel alcali avec 1. p. de chaux
d en pareil nombre et poids que la moindre médecine ci-devant
écrite cette médecine choit sur seulement qu'elle transmue en fin .
Sur 2. p. de sel albrot et 1. p. de sel nitre, avec 1. p. de chaux d.
Sur n'ayant point de liqueur fusible il ne peut être converti ni en
ni en néanmoins son sel a très grande vertu sur le citrin. Et pour en faire
médecine 1. p. de sel commun avec 1. p. de chaux d et opère comme
au précédent, car ils convertissent tous les métaux en pur en pareil
nombre et se peut multiplier tout ainsi que la 1.e opération.
Sur 2. p. de sel elbrot 1. p. de sel gemme et 1. p. de sel armoniac
et 1. p. de chaux d congelant comme dit est, elle fixe le en pur et choit
sur tous autres métaux en pareille quantité qu'à la transmutation de la en
et se peut pareillement multiplier.
Particuliers sur les métaux pour le blanc.
L'oeuvre au blanc se fait tout comme au rouge pour les particuliers,
1. p. de sel gemme 1. p. de sel de talc et 2. p. de chaux de et
après tout ainsi comme dessus, dissolvant et coagulant cette médecine
convertit seulement en fine , et choit au commencement 1. p sur 20.
voilà donc la fin de l'oeuvre minérale.
Oeuvre végétable. Chap. 2e
Dieu le créateur tout puissant a crée 3. es excellents en la nature
un aux minéraux qui s'y trouve plus parfait en l et l qu'en aucun autre.
L'autre aux choses végétables qui se prend en la vigne. Le 3. aux animaux
qui s'engendre au foie principalement en l'animal parfait. En ces 3. consiste toute
la sapience de ce monde inférieur, car la pphie élémentaire ne
s'étend pas plus outre que ces 3. es aux humidités naturelles exactement
et radicalement considérés, car les minéraux ont ce moins parfait que les
plantes ou végétaux, parce qu'ils sont de la simple composition des 4. éléments.
Seulement la nature des minéraux participe le plus de la nature et qualité
de la terre. Et comme la terre n'engendre point d'elle-même une autre terre
semblable à elle, pareillement les corps minéraux après qu'ils sont tirés de
leurs minières ne croissent plus, et ne peuvent d'eux-mêmes engendrer
leurs semblables. Ce qui advient aux plantes qui ont leur plus pur
et plus parfait participent le plus de la nature et qualité de l'eau et qui
par leurs racines et semences peuvent d'elles-mêmes sans autre arti-
fice humain engendrer leurs semblables. Pareillement les animaux ont ce
plus subtil et parfait que les plantes pour les raisons ci-devant par toi-
même alléguées, quand tu a discouru de la génération des plantes et des
animaux, en somme ils ont plus de subtilité et perfection et dignité
l'un que l'autre, selon la naturelle propriété de l'élément de la nature
duquel ils participent le plus, de manière que les minéraux qui tien-
nent plus de la nature et qualité de la terre laquelle est la plus basse
et inférieure comme la lie et crasse des autres éléments, seront les moin-
dres en dignité et vertu. Les végétaux qui sont de la nature et qualité de
l plus pure et plus subtile que la terre, ont une vertu plus parfaite que les
minéraux. Les animaux qui tiennent le l'air plus pur que l'eau, seront plus
par la même raison de nature et qualité plus pure et accomplis que les plantes.
Mais de ces 3. es peuvent être faites 3. oeuvres particulières et parfaites, chacune
selon sa nature pour la transmutation des métaux, dont j'ai déjà donné expéri-
ences, venons à la 2.e.
@

1146

Oeuvre végétable.
Blanchissez 3 de au four de réverbère pulvérisez et mettez
dessus bonne qui surnage de 4. doigts bouchés le vase de verre à
demi-plein, mettez 7. j. en putréfaction qu'il se dissolue, puis
le distillez en très fort, donnant doux au commencement et fort
sur la fin comme , il montera une liqueur noirâtre avec l
de vie qui est séparable par la B. Imbibez-en les fèces de leur
poids égal de ladite et ayant bien incorporé le tout ensemble
réverbérez encore 24. h. et le tout bien calciné pulvérise et y mets
tant d qu'elle surnage de 4. doigts, puis mets 7. j. en putréfaction,
puis distillez comme devant, continuant tant de fois cette façon de
procéder qu'il ne demeure plus rien dudit tartre au fond du vaisseau.
toutes ces liqueurs ainsi rectifiées et les mets au bain pour
en tirer l'eau, puis faites sécher toute la matière au soleil tant qu'elle
soit blanche comme elle était au commencement, de laquelle 1. p. choit
sur 50. de bouillant au et qu'elle convertît en médecine, 1. p. de
laquelle après la fermentation transmue 50. p. de et en fine .
Et si tu la dissous et congèle derechef comme dit est elle y augmentera
de 10. p. pour chacune congélation et dissolution. Au surplus
si tu donnes seulement 1. grain poids de marc de ladite médecine avec
demi de mithridate et dans 1. et 1/2 d de chicorée ou de plantain
distillée, et l'administre au surplus selon la qualité des maladies
et des personnes, ce médicament ôte la racine et origine de toutes
sortes d'ulcères.
Oeuvre animale. Ch. 3.e
Les 3. oeuvres sont liées et enchaînées d'un lien merveilleux ensemble,
mais encore que la minérale soit la source et origine des 2. autres
elle est pourtant beaucoup inférieure à la végétable et animale, d'autant
que les corps qui approchent plus de la privation et non être sont moins
parfaits que les autres qui en sont les plus éloignés. Car les uns sont
comme l'apprentissage de la nature s'il faut ainsi parler et composés de
grosses et impures matières, les autres comme son chef-d'oeuvre sont engendrées
de la plus pure et plus parfaite substances par résolution
naturelle, conjointe à la nature et qualité de l'élément duquel elles participent
le plus, chacune d'elles selon sa nature comme dit est ci-dessus
en notre Clavicule. Mais leur liaison est en ce que le corps spirituel
participe de la 1.e du minéral et le contient plus parfaitement
qu'elle n'est contenue au corps du minéral, parce que par résolution
la plus noble partie du minéral a été transmuée au corps spirituel
avec le mélange de l'eau, et l'animal contient en soi l'un et
l'autre très parfaitement, d'autant que c'est le subtil du corps spirituel
comme nous avons dit ci-dessus au lieu pré-allégué, de manière
qu'avec bonne raison les sages anciens ont dit traitons de cette matière
qu'il n'y a qu'une seule pierre et une seule médecine, lesquelles en comparaison
d'icelles on peut dire qu'elles ne sont point encore que véritablement
et parfaitement, elles soient chacune de sa nature. Ne crois donc
pas l'opinion de ceux qui croient absolument et tiennent qu'il n'y a qu'une
seule et vraie matière, car ils n'ont pas considéré les choses naturelles
et leur profondeur, car quelques-uns ont dit qu'elle était uniquement végétable
et qu'elle ne pouvait être ailleurs qu'en quelque plantes et végétaux
ou simples végétaux, blâmant ceux qui cherchent cette matière aux minéraux,
métaux et animaux. Les autres ont dit qu'il n'y en avait point
d'autre que celle qui se prenait de l'animal, et que c'était folie de chercher
regard aux choses minérales et végétables, chacun
desquels a voulu soutenir son opinion par raison fort éloignées
de la vraie raison et expérience. Mais voyez en quoi ils peuvent être
aucunement excusables, c'est que chacun d'eux a par aventure trouvé quelque
effet véritables sur la matière, qu'il estime être seule et unique et pour n'être
fondée en bonne pphie, ils ont ainsi argumenté. Puisque la commune
sentence des pphes est qu'il n'y a qu'une seule pierre et une seule médecine
et que nous avons fait la pierre et la médecine d'une telle
chose, il faut donc conclure que de nulle autre chose que de celle-là
ne peut être faite, aucune pierre ni médecine propre à transmuer
les métaux imparfaits en vrai et . En quoi ils seront par trop
abusé n'entendant pas l'intention des sages anciens. Car quand ils ont dit
qu'il n'y avait qu'une seule pierre et une seule médecine, ils ont parlé
par comparaison seulement d'autant que comme dit est la minière
animale, sur laquelle ils ont pris que tous travaille, contient aussi les 2.
qui sont au-dessous d'elle, à savoir la minérale et la végétale et n'est
nullement contenue d'aucune d'icelle. Et puis nous savons certainement
que de chacun deux sils sont dûment travaillés se peuvent 3 oeuvres parfaits
@

1147

chacun suivant sa nature, mais les modernes se sont plus arrêtés au
minéral qu'a nul autre à cause de quoi plusieurs d'entre temps croient
que de lui seul se doivent faire l'oeuvre et non d'autre.
Venons maintenant à la pratique. Les Anciens ont toujours caché le
nom de la matière de cet oeuvre et n'ont point dit traitant d'icelle les vraies
marques de la parfaite minière, mais l'ont couverte de plusieurs énig-
mes et obscurités, afin qu'elle fut cachée aux indignes, ayant par ce moyen
rendue rare cette chose, la connaissance de laquelle pourrait apporter quelque
mal si elle tombait à découvert entre les mains de quelque homme méchant qui
préférerait son avarice à la crainte de Dieu et intérêt général du pu-
blic. Mais celui qui la cherchera avec humilité et crainte, elle
sera révélée par les sages aux lieux où il traitent d'une parfaite
médecine pour restaurer la chaleur naturelle débilitée et presque du tout
éteinte par le cours de nature ou bien par accident.
Pratique.
Nous prendrons donc de l'animal ce qui n'est accompli comme tu as dit au
2.e chapitre de la Clavicule quoique sommairement tu as déjà traité par forme
de théorie toute la pratique de cet œuvre, mais il est nécessaire de
l'amplifier davantage et de savoir par le menu toutes les particu-
larités d'une telle pratique. Après donc que tu auras trouvé et choisi
une minière très pure et très vierge qui double ou triple pour le (*1*)
le 7.naire et qui soit mâle. Quand tu auras ton laisse le reposer
au vaisseau jusqu'à ce qu'il soit épaissi et qu'il nage par dessus une
rousse ,laquelle tu ôteras comme inutile et superflue à cet oeuvre, et
laisse aussi ce vaisseau à l'air par 7. h. afin que la terre phhale de-
meure entièrement nettoyée de telles superfluités. Ce fait mets-là dans
un vaisseau de terre bien clos et la scelle de telle façon qu'aucun
air n'en puisse sortir, puis le met dans le fumier de cheval disposé
en cette sorte. Fais faire 2. fosses en terre en quelque lieu humide non
aquatique toutefois, et que chacune d'icelle soit profonde et large
de 4. pieds en quarré, tu en empliras une de fumier chaud et
poseras ton vaisseau le plus justement au milieu que tu pourras, puis
l'ayant couvert dudit fumier le laisseras ainsi par 8. j. entiers
sans y toucher. Cependant 6. j. après tu feras emplir l'autre fosse
de fumier chaud comme l'autre et la laissant ainsi fermenter jus-
que 8. j. Lequel venu tu feras un trou au milieu d'icelle et ayant
ôté ton vaisseau de la 1.re fosse tu le mettras en cette 2.e couvert
de fumier comme dessus sans le laisser refroidir. Continuant tel chan-
gement de 8. j. en 8. j. jusqu'à 40. j. accomplis, dans lequel temps la dite
matière sera parfaitement putréfiée et presque toute convertie en eau
qui est le véritable et parfait des pphes. Nota : que tel changement de
fumier ne se fait pas pour augmenter la chaleur mais pour laisser rafraîchir
la matière qui pourrait brûler par la trop véhémente chaleur que le fumier
acquerrait, s'il n'était tempéré par le moyen de tels rafraîchissements. Nota :
aussi que par un autre moyen tu peux bien faire cette putréfaction et par plu-
sieurs autres sortes comme au même fumier par une seule fosse de la
profondeur et longueur susdite dans laquelle tu enseveliras ton vaisseau
jusqu'à moitié d'icelui, et le laisseras ainsi sans y toucher 40. j. durant.
Ou bien si tu n'as la commodité d'avoir du fumier (encore que ce soit le
meilleur) tu peux faire la même putréfaction en la manière qui suit.
Du fourneau et de la lampe.
Faits bâtir un fourneau de terre et briques ensemble que sa figure soit ronde
qu'il soit large d'un pied en dedans et qu'il ait d'épaisseur pour le moins 4. doigts,
qu'il ait un pied de hauteur, du pied d'icelui jusqu'à la grille, laquelle sera
faite de 4. ou 5. barreaux de fer plats assez forts, et que l'on puisse mettre une
lampe au dessous de la dite grille, qu'il y ait trois trous pour donner air à ladite
lampe, chacun de telle grandeur qu'un petit (*2*) y puisse passer et que ces 3.
trous soient un de chaque coté du fourneau et l'autre par derrière. Et qu'au
dessus de cette grille les fourneaux soient hauts d'un pied sans fenêtres ni ouver-
tures quelconque, sur laquelle grille sera accommodé un vaisseau de cuivre ou
d'airain en façon de chaudron, ou son couvercle percé au milieu pour faire
passer 3. ou 4. doigts le vaisseau de verre contenant la matière hors
du chaudron, afin que les vapeurs de l'eau qui monteront en haut puis-
sent retomber dedans et qu'il n'en puisse rien sortir ni aucune vapeur.
Et il faut que ce vaisseau de cuivre emplisse le dit fourneau
le plus justement que faire se pourra, et s'il reste quelque espace vide
entre le four et lui, le faudra bien remplir de mortier, pour petit
qu'il soit, afin que la fumée de la lampe ne puisse sortir du
fourneau que par les trous qui seront au dessous de la grille.

*1* mot douteux : image
*2* mot douteux : image
@

1148

Ce fait ayez un vaisseau contenant la matière lequel doit être de verre
fort et bien cuit fait en forme d aveugle tellement luté qu'aucune
vapeur ne puisse sortir, et faut que la matière occupe le tiers du vaisseau
les 2. autres tiers demeureront vides afin que les vapeurs ou
esprits d'icelle puissent monter et descendre à leur aise, tant durant
les 40. j. de putréfaction qu'aux autres j. de fermentation. Mets au fond
dudit chaudron quelque gros linge en plusieurs doubles et pose ledit
vaisseau sur icelui linge de telle façon qu'il passe au dessus du dit
fourneau et chaudron environ de 3 ou 4 doigts, et l'attache si bien
par haut et par bas avec des barres d'airain ou de cuivre attachées par
dedans le chaudron qu'il ne puisse branler ni mouvoir, mais soit ferme
et assuré sans varier de côté ni d'autre. Puis emplis le dit chaudron
d'eau seulement tiède, ou bien d'urine distillée et le couvre de son
couvercle mettant un cercle d'airain large de 4 doigts pour fermer
l'ouverture qui pourrait être entre ledit vaisseau de terre et le couvercle
du chaudron, lequel sera bien bouché et cimenté de toutes parts,
afin que l'eau ne se puisse exhaler d'icelui -------------------------
---------------------- en façon quelconque et qu'il puisse demeurer en
tel état sans y rien ajouter par 40. j. Sous lequel chaudron dans
le bas du fourneau sera mise une lampe ardente en façon d'une
grosse pomme, qui puisse brûler 28. ou 30. h. continuellement sans
s'éteindre, avec une simple et commune mèche de coton filé de 7 ou
8 fils seulement, continuant ce feu sans l'accroître ou diminuer en
aucune sorte ledit temps durant afin que ladite demeure toujours en
même degré de chaleur un peu plus que tiède, et sera l'entrée dudit
fourneau fermé d'une brique assez justement et s'il y a trop d'air au dit
fourneau par les 3. trous, on en bouchera un ou deux s'il est besoin.
Mais parce que la fumée de la lampe qui s'attache contre la grille et
cul du chaudron pourrait en tombant sur la lampe éteindre la lumière
et par ce moyen reculer le temps de la putréfaction il faudrait ôter
ladite fumée et nettoyer le fourneau de 3 en 3. j. et avoir une autre
lampe pareille à la 1.e pour mettre en sa place pendant qu'on la nettoiera.
Toutefois il ne sera besoin de si souvent nettoyer le fourneau
ni changer de lampe si l'huile est bien dépuré avec bouillante,
mais qui aura commodité d'avoir du fumier chaud se
pourra aisément passer de bâtir un fourneau artificiel et pénible, vu
même que la chaleur du fumier est plus naturelle à cet oeuvre qu'un bain
si laborieux, lequel néanmoins est plus malaisé de décrire que de faire.
Mais soit que tu le fasse par la façon du fumier ou par tel fourneau,
il faudra que tu mettes quelque morceaux de fourrure ou chose semblable
sur tout ce qui passera dudit vaisseau contenant la matière au-dessus
dudit fumier ou du fourneau, de crainte que la froideur de l'air ne
retarde par trop la putréfaction. Ainsi dans 40. j. tu auras la
matière très bien purifiée.
Et sache que les anciens préparaient cette matière sans aucune séparation
d'éléments mais seulement après la dépuration de son humeur superflue
l'enfermaient dans un vaisseau de verre rond bon et fort auquel ils
laissaient les 2. tiers de vide et l'autre tiers empli de la matière et ayant
bien bouché le vaisseau ils faisaient une fosse profonde de 7. pieds dans
la terre au fond de laquelle ils mettaient le dit vaisseau le 1.er j. que la soleil
faisait son entrée au signe d'Aries. Puis remplissaient la fosse de terre
du vaisseau, ils plantaient un signe de remarque. Cela
fait ils se réjouissaient bénissants Dieu, et laissaient ainsi cela en terre
tant que le soleil eût par 7. fois fait sa révolution circulaire par-dessus. Et
au commencement de la 8.e, lors que le soleil pour la 8.e fois entrait dans le signe
d'Aries, ils ouvraient cette fosse et prenaient le vaisseau dans lequel
étant rompu, ils trouvaient une pierre ou poudre de jeunesse, (ainsi
l'appelaient-ils) avec laquelle ils se préservaient de toute maladie et vivaient
fort longtemps sains et dispos de leur personne, et tenaient cela
secret entre eux par tradition sans aucune écriture.
@

1149

Depuis les anciens sages pphes sur cette matière et préparation concluent
que puisqu'elle avait la propriété de préserver les humains de toutes infirmités
ou maladies, que sa force et vertu se pourrait aussi bien étendre dessus les
minéraux, et dessus les végétaux, pour les fixer en leurs vertus et leur ôter
les accidents qui les empêchaient de parvenir à leur propre fin et but, où
la nature les voulaient conduire, si elle n'eût été empêchée en son opé-
ration par le mélange de quelques qualités contraires. Mais la façon de leurs
devancier leur sembla trop longue et dénuée d'artifices ! Ils s'avisèrent
donc qu'il fallait accourcir le temps et réduire les sept années à trois en cette
sorte ! Ils faisaient 2 fosses en terre humide non aqueuse comme nous
avons dit ci-devant, mais elles avaient 5. pieds de profondeur et 3.
de large chacune qu'ils emplissaient l'une après l'autre de fiente de
cheval et après avoir déposé la matière comme dit est, et l'avoir mise
en un vaisseau rond de verre ou de terre fort à la quantité susdite, ils bou-
chaient très bien ce vaisseau et le mettaient au milieu du fumier, non
jusques au centre et mitan d'icelui (durant les 40. j. premiers dans
lesquels la putréfaction se faisait) mais se contentaient qu'il y eût seule-
ment un pied de fumier par dessus la bouche du vaisseau et la lais-
saient ainsi par 40. j. lesquels accomplis, la matière étant bien
disposé et le nageant par dessus la terre ils mettaient leur
vaisseau au centre du fumier c'est-à-dire au milieu de façon qu'ils
eût autant de fumier bien chaud dessus que dessous le corps du
matras contenant la matière, et continuaient ainsi changeant
toujours de fumier de 8. j. en 8. j. tant que la terre eu re-bu toute
son eau petit à petit, et qu'elle fût devenue fort noire, en quoi s'écou-
lait ordinairement un an de temps. Ce qu'advenu ils ne changeaient plus
de fumier que de 12. en 12. jours tant que ladite terre fût devenue blan-
che comme neige, alors ils ne changeaient de fumier que de 16. en 16. j.
et jetaient de 4. en 4. j. un seau d'eau bouillante par-dessus pour
fortifier sa chaleur, continuant ainsi tant que le tout fût devenu
rouge comme sang et luisant comme un charbon allumé.
Alors ledit oeuvre était achevé avec laquelle certainement ils pur-
geaient tous les métaux, les végétaux et les animaux de toute lèpre et
fâcheux accident, l'appropriant à un chacun selon sa nature à sa-
voir aux minéraux avec C. aux plantes avec C. et aux animaux
avec le suc des plantes arbres et fruits qui leur étaient les plus
propres commode et approuvés à quérir les maladies et infirmités.
Or comme ceux-là avaient pphé sur l'oeuvre des très anciens sages, nous
pphons aussi sur la leur, car s'il est aisé d'ajouter aux choses inventées
et avoir ramené le temps de 3. ans a 9. mois ou environ, mais nous
redoutons pas que quelque autre après nous raccourcisse encore ce terme
par l'adresse de son bon entendement. Néanmoins nous ne pensons pas que cela
se puisse faire et accourcir de moitié si ce n'est par miracle et opération
divine, ce que j'ai bien voulu faire entendre afin que l'on sache que les
hommes sont différents en génie et perfection et qu'il n'y en a point de si
parfaits qui ne puissent toujours apprendre quelque chose en vivant,
et qu'après leur mort quelque autre ne survienne, lequel avec raison tre-
passe de beaucoup l'invention 1.e et la conduira à une fin parfaite
et plus excellente avec moins de dépense. Après donc que la matière sera
purifiée il faudra faire la séparation des éléments comme s'ensuit.
Ouvre le vaisseau étant froid et le mets au B. m. couvert d'un chapiteau
becu, colle bien toutes les jointures et fait chauffer l'eau jusques
à être seulement plus que tiède et la continue en ce degré tant que tu aie dis-
tillé toute l'eau de la matière. Et quand il ne distillera plus rien tu ôteras
l du feu à B. et mettrez tout le reste de la matière en une cornue bien
forte et bien lutée, que tu enseveliras dans une terrine pleine de cendres cri-
blées avec son récipient bien luté, qu'il ne puisse sortir aucune vapeur. Bou-
che bien aussi le matras auquel tu auras mis l'eau tirée qu'elle ne s'évente.
Cela fait tu commenceras un petit feu de charbon sous la terrine où est la
cornue par espace de demi-heure, laquelle tu augmenteras peu à peu tant
qu'il soit bien fort et que toute l en soit sortie, et que le étant fort grand
@

1150

il ne distille plus rien. Alors tu ôteras le feu dudit fourneau et laisseras
refroidir le tout de soi-même sur le dit fourneau, et quand le tout sera froid
détache le récipient où est l, bouche-le bien et le mets à part.
Rompt par après ladite cornue et prends la terre sèche et noire qui
sera au fond d'icelle, laquelle tu mettras en un autre vaisseau bien bouché
aussi à part, et par ainsi tu auras les 4. éléments contenus es 3. principes.
Car l contient le feu et l'air, mais il les faut purger ainsi.
Tu commenceras 1.nt à l'eau, car par icelle il faut nettoyer la terre
et le feu, et la distiller à douce chaleur de B. par 7. fois pour le moins.
Autant qu'elle soit sans terre et très claire et que jetée sur un peu de rouge
au feu elle la blanchisse entièrement. Après tu prendras la terre laquelle
tu broieras bien sur un marbre, et mettras dessus de la susdite
7 fois distillée la broyant aussi continuellement par 2. ou 3. heures,
puis la mettras sur le feu en une poêle de terre y ajoutant de ladite
tant quelle nage 3. ou 4. doigts par-dessus. Faits la bouillir doucement
et la remue avec un bâton sec, et s'il nage de l par dessus ôte-là
et la mets dans un vaisseau à part, ou avec l susdite.Quand elle aura assez
bouilli mets-là dans un au B. pour en séparer l'eau et faits ainsi
par 7. fois. Ce fait broie cette terre fort sur un marbre et y mets
un peu de ladite , la broyant assez longuement et la fait sécher au
soleil ou au feu, et faits ainsi par 7. fois au moins. Broie après cette
terre sèche derechef sur un marbre et y mets un peu de ladite eau pour
faire une forme de pâte, puis la mets dans un bien étoupé et
luté dans un four à petit feu par une nuit. Le matin en suivant
broie le sur le marbre comme dessus avec un peu de ladite pour la faire
en forme de pâte comme dit est, et la mets au dit et à plus fort feu par
une nuit et continue cela pour le moins par 7. fois, augmentant toujours
le feu à chacune fois d'un demi degré, la broyant aussi toujours
à chacune fois sur le marbre environ 2. a 3. h. continuelles, car à la
fin elle deviendra blanche comme fine en terre blanche. Lors
garde le vaisseau de verre bien clos, et pour connaître quand elle sera
bien préparée jettes-en un peu sur le fondu, et elle le blanchira
merveilleusement, Cela fait prends l et la fait distiller sur les cendres
avec feu bien fort sur la fin et l'air distillera tout en eau et le
demeurera au fond du vaisseau sec et noir, lequel tu mettras après en un
vaisseau bien bouché. et l'air que tu appelleras et distille au B.m.
pict par 7. fois et tant quelle blanchisse merveilleusement une lame de rougie
au feu, si on le teint en icelui, et quand elle montrera ce signe garde-
le en un vaisseau bien bouché. Après tu prendras le feu et le broieras
sur le marbre et mets dessus un peu d'eau qui a été 7. fois distillée et le
broie ainsi continuellement par 3. heures ou plus, car la longueur du temps n'y
nuit point. Ce fait mets-le distiller par une chaleur modérée pour en
séparer toute le et que le reste sec au fond de l et continue de même
ainsi qu'il est dit par 7. fois au moins. Puis broie encore le dit feu avec
ladite et le fait en forme de pâte, mets le en un bien luté au fourneau
à petit feu pour une nuit. Et continue ainsi comme tu as fait de
la terre par 7. fois ou tant qu'il soit rouge clair et net, et pour connaître sa
perfection fonds de la et y en jette un peu dessus et l'air teindra
en rouge. Alors il sera parfait. Garde-là en un vaisseau bien bouché,
clos comme les autres, et sache qu'on ne doit mettre en oeuvre aucun
des éléments susdits s'il n'a tel signe de perfection que dit est, autant
ils défaudraient de la vraie teinture à ou à de page 119.
@

pict

@

pict


Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.