Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.

@

Page

Réfer. : 0033 .
Auteur : Anonyme.
Titre : Le guide charitable.
S/titre : qui tend la main aux curieux...

Editeur : Bibliothèque de l'Arsenal. Paris.
Date éd. : 18xx .
@

Note complémentaire :

Ce document a été élaboré à partir d'une copie numérique
du manuscrit N°3005, de la Bibliothèque de L'Arsenal à Paris.
L'état du document a rendue très délicate sa transcription,
aussi le lecteur voudra bien pardonner d'éventuelles erreurs.
En tout état de cause, on pourra consulter avantageusement
le fichier PDF de ce document (le fichier téléchargeable), qui
est une reproduction très proche de l'original.

Le traducteur.

+@

Le Guide charitable 30*5
Qui tend la main
aux curieux de l'Alchimie
pour les débarrasser de ce fâcheux
Labyrinthe
"ou ils sont toujours errants et vagabonds"
ou Secret de l'art
renfermé dans ce labyrinthe et
expliqué tout au long dans ce ***

pict

Inde
Tot sensus, tot scripta virûm, variaque figurae.
Omnibus ingenuè fateor, Medicina metallis
Infirmisque simul. Punctum diuinitùs ortum.

+@
+@


A
Monseigneur
Le Duc D'Orléans
Régent de France.

Votre altesse Royale a fait dans sa jeunesse
un agréable passe-temps de ce qu'il y a de rare
et de plus curieux en chimie, elle n'a pas ***vilir
en cela (à l'exemple de tant de princes), la Majesté et le
sang Royal qu'elle tire de l'auguste maison, dont elle fait
aujourd'hui le plus brillant ornement. Ce n'est plus à la
lueur des fourneaux où l'on aperçoit votre altesse Royale,
c'est proche du trône dont elle fait seule le plus redoutable
appui. C'est de là qu'elle ordonne, qu'elle résout, et qu'elle
fait exécuter ce qui est le plus avantageux à notre jeune
Monarque. L'ardeur de vôtre zèle pour la gloire des français
vous pousse à bien d'autres exploits que ceux qui vous ont
occupés dans votre jeunesse. L'élévation d'un puissant Génie
cette grande science de pénétrer et de renverser les projets
de vos ennemis, cette intrépidité, cette fermeté à assurer
le repos et la tranquillité publique, cette sagesse, cette
modération dans une prospérité si riante, ont été portés
au point le plus héroïque. La navigation si négligée sur
la fin du règne précédent commence à donner de la terreur
à nos voisins. ***
dans ses plus *** sujet. La ***
de nouveaux avertissements. Cette attention si respectable pour
les besoins des peuples, vous *** toutes ces ***
***. Que les Rois se liguent en votre faveur, qu'ils ***
une autorité dont vous *** valoir la puissance
ce soit pour nous de magnifiques objets d'admiration et de
grands titres d'immortalité pour votre nom auguste. Mais
du comble de cette gloire daignez regarder encore une

+@
+@

science que vous n'avez pas jugé méprisable et indigne
de votre application. Daignez honorer de votre protection
un petit ouvrage qui est appuyé sur l'autorité de
Mynsicht un des plus grands chimistes que l'Allemagne
ait porté, et qui fait l'admiration des plus beaux esprits de
son siècle, et de vouloir bien me *** avec un très
profond respect.

Monseigneur
De Votre Altesse Royale

Votre

+@
+@

(I)

Préface

Il est inutile, après que tant de philosophes
ont écrit dans tous les siècles; et en
tant de langues différentes de la vérité de la
science du parfait magistère: et il les ***
encore plus en ce temps ci de la prouver ***
puisqu'un savant anonyme à mis une préface
très ample à la tête de sa bibliothèque
chimique qu'il a fait imprimer. Ap***
en 16**. La force, la solidité, l'abondance
de ses preuves, et sa facilité à détruire les objections
de nos adversaires sont également judicieuses
et invincibles. C'est pourquoi comme je ne
ferais que répéter ce que ce docte médecin
à mis à la tête de sa bibliothèque. J'y renvois les
lecteurs, pour en être persuadés, comme je l'ai
été moi même.

Le principal motif des philosophes pour
cacher cette science, à été la crainte de confondre
les conditions, de rendre les arts inutiles
et de porter les hommes à l'ambition, mais
il faut avouer qu'ils ont bien eu tord de
craindre que cette science devienne si commune,
puisque plusieurs philosophes ont eux-
mêmes été contraints de l'abandonner quoiqu'ils
sussent toutes les préparations de la
pierre. C'est pourquoi si les philosophes l'abandonne

@

(II)

par rapport aux difficultés qui sont inévitables,
il est donc ridicule de craindre que cette science
devienne si commune puisqu'elle est hors la
portée d'une infinité de personnes et que
très peu puissent atteindre à la connaissance
***t art si noble. Le travail laborieux de la
première opération, la longueur de la seconde
la réussite des régimes, la variété des couleurs
qu'il faut exactement observer, et une application
continuelle, renoncer à toute sorte d'affaire, à la
conversation, aux promenades, aux jeux, en un mot
mourir à la vie civile pour ne vaquer qu'à ce qui
a rapport à cette unique affaire. Tout cela dis-je
rebute bien des gens, et après tout cela on n'arrive
souvent pas à la fin désirée.

Ainsi combien de gens se trompent lourdement
qui sans une connaissance certaine des principes
de la pierre, encore moins de la préparation,
incapables par eux-mêmes de pouvoir distinguer
ce qui convient à chaque ouvrage que les philosophes
nous ont laissé pour arriver à la transmutation
des métaux, ces personnes dis-je confondent
toutes les proportions et les opérations en prétendant
unir des choses incompatibles. Car chaque ouvrage
à sa matière propre, et sa préparation particulière.
C'est pourquoi il y a tant de souffleurs et si peu de
philosophes, c'est-à-dire qui aient véritablement
la science du magistère.
Tous les philosophes ne nous ont laissé au
juste dans leurs écrits que trois propositions

@

(III)

ou ouvrages différents pour arriver à la transmutation
des métaux. Celui que je donne après
Mynsicht doit être considéré comme le Grand
Oeuvre, soit à cause qu'il est le plus naturel, le
plus simple, le plus conforme aux opérations
de la nature. je pourrais donner dans la suite
les deux autres ouvrages des philosophes savoir
celui qui est fait du mercure coulant et ***
agent propre tiré des métaux imparfaits ***
Le troisième qui est extrait de la mine d'or d(***)
et de l'or vulgaire, mais soit que l'on travaille
sur le premier, sur le second ou sur le troisième
on connaîtra par expérience, que le premier
ouvrage quoi que possible et laborieux, l'est
encore moins que les deux autres: car quand
il s'agit de fixer le mercure coulant cet *(elan)***
fugitif des chimistes, c'est un opera. De même
lorsqu'il est question de composer le mercure
propre au petit oeuvre, ce sont des dépenses
et des difficultés incroyables.

C'est ce qui m'a porté de donner aux curieux
de cette science une nouvelle lumière ou
ouvrage méthodique, qui en éclaircissant toutes
les opérations pour faire le Grand Oeuvre
serve à tirer les enfants de la science de leurs erreurs.
Cet ouvrage donnera aussi un nouvel éclat
et un lustre tout nouveau à un art aujourd'huy
si méprisé, en établissant des principes
sûrs et des opérations claires et incontestables.

@

(IV)

Mais si j'ai éclairci les choses à un point
qu'il n'y a plus lieu de douter de la racine
propre au Grand Oeuvre, et de sa préparation
*** j'en ait développé tout le mystère sans
envie, on pourrait m'objecter que j'ai encouru
l'anathème tant de fois fulminée par les
philosophes contre ceux qui en révéleraient
le secret, je réponds par avance avec le Grand
"***ces que si les philosophes ont été envieux"
"ce n'a pas été qu'ils aient jamais eu dessein"
"à rien cacher aux gens de bien, et aux sages"
"mais seulement aux méchants et aux vicieux."
De même je désire de rendre service aux sages
et aux bons; et je souhaite que les méchants
ne comprennent rien à ce que j'écrirai
de la pierre. Je présente à tout le monde la
préparation d'une médecine universelle.
Si les vicieux en abusaient à leur perte, c'est
sur eux que doit tomber l'anathème des philosophes,
parce que d'un si excellent remède
ils en auront fait un poisson, car comme
a fort bien dit St Augustin "nihil adeo ***"
"quad ***"
"********"
"********". Si la maxime des philosophes avait
lieu, il faudrait aussi interdire l'usage des
sacrements, parce que les méchants en abusent,
il faudrait encore abandonner la culture
des vignes (comme Mahomet l'a ordonné
dans son Alcoran) à cause des excès du vin qui
en arrivent, ainsi du reste.

@

(V)

Je suis encore bien éloigné de me servir
à l'exemple des anciens philosophes d'énigmes,
d'allégories, et de figures pour embarrasser cette
science qui défende une connaissance profonde
des secrets de la nature, une grande intelligence
des principes des minéraux et des
métaux et un "travail d'hercule" pour parler
leur langage. Il faut donc être de bonne
foi, et avouer sincèrement toutes les difficultés
qu'on doit rencontrer dans cette longue et
pénible carrière puisque après toutes les lumières
qu'on puisse avoir de cette science.
La première opération est toujours fort
difficile et laborieuse. Les degrés du feu qu'on
doit exactement observer dans la seconde,
le nombre des jours de chaque régime, et
les couleurs qui doivent se succéder les unes aux
autres jusqu'à la couleur du pavot champêtre,
tout cela dis-je demande une application continuelle
sans parler des autres précautions qu'on
doit prendre dans l'imbibition de la pierre
et dans la multiplication, en sorte que c'est
comme une merveille si on peut en venir
à bout. C'est pourquoi l'artiste aura toujours
lieu de ne rien présumer, jusqu'à ce que
l'oeuvre soit entièrement accomplie, et
il doit attendre de Dieu seul l'accomplissement
de ses désirs et la fin de ses travaux.

C'est ce qui a fait dire à quelques philosophes

@

(VI)

que sans une inspiration divine "*****"
"diuinitus estum", ou un bon ami on ne pourrait
rien découvrir de l'oeuvre par tous les écrits
des alchimistes, tant ils ont pris peine
à le cacher. Ce sont encore les plus sincères
qui ont parlé si ingénument de la difficulté
de faire le magistère, car un infinité d'autres
ont outré la matière en faisant passer sa préparation
pour un jeu d'enfants, et amusement
de femme "sum ludus ego puerilis opusque
"mulierum"; enfin on lit en tant d'endroits de
leurs ouvrages, qu'il ni a qu'à blanchir le noir
rougir le blanc et que la pierre était achevée,
n'est-ce pas là imposer au public, se jouer de
la crédulité des simples; c'est pousser les
curieux de cette science en des précipices
inévitables et une ruine entière.

Je suppose que ceux qui voudront travailler
au Grand Oeuvre sur les principes de cette nouvelle
lumière, auront lu et étudié exactement
les ouvrages des plus grands philosophes qui ont
écrit à fond de la génération des minéraux
et des métaux, ou du moins qu'ils auront
fait une bonne physique. Mais il est absolument
nécessaire d'avoir étudié les meilleurs
pharmacopées, entre les autres le second tome
d'Ettmuler qui est un ouvrage très excellent
et un précis de ce qu'il y a de meilleur sur
cette matière. Celle de Charas est encore
très bonne. La chimie de Fevre, comme
celle de Lemery, qui est la plus récente et
la plus curieuse, seront d'un grand secours.

@

(VII)

Les enfants de la science, par la lecture
de ses ouvrages, s'instruiront de la manière
de construire des fourneaux de toutes grandeur
et capables de résister au plus grand feu. Ils
apprendrons à préparer la matière propre,
à faire un bon lut qui puisse garantir leurs
vaisseaux de la violence du feu, ils sauront
comment on doit extraire les sels, ce que c'est que
le bain de vapeur et celui de sable. Ils ne
seront pas ignorants de la manière de rectifier
les esprits et les huiles, par ce qu'à moins qu'on
ne soit très versé dans toutes ces sortes d'opérations;
il serait très inutile de travailler
au grand Oeuvre.

Je veux rendre justice à celui qui a été
mon maître en cette science, et rapporter
fidèlement ses écrits qui sont devenus très rares.
Il suffit aux personnes habiles en cet art d'en
faire la lecture pour avouer que Mynsicht
originaire d'Allemagne a été un chimiste du
premier ordre et un excellent médecin, qu'il
a renfermé dans son testament "de aurea"
"philosophorum lapide", tout ce que les plus
fameux alchimistes ont écrit pour faire
le Grand Oeuvre, et que son testament ne
cède en rien à celui de Raymond Lulle, mais
cet ouvrage seul n'aurait pas été suffisant
pour nous tirer de nos erreurs, si le charitable
médecin n'avait déclaré la matière de la pierre
et sa préparation dans un de ses secrets sous
le nom de "L'Unicornu Minerale", où l'on

@

VIII

voit développé tout le mystère des philosophes,
ce double mercure jusqu'ici impénétrable
et si défiguré par toutes les allégories
et les figures des anciens, cet agent
tiré du Mars, qui contient en soi le soufre
solaire. Ce baiser de Vénus et de Mars,
rendus captifs sous la puissance de Vulcain
dans l'oeuf philosophique.

"Mulciberi, capti Marsque Venusque, dolis"

Voilà en peu de mots ce que les philosophes
ont toujours caché avec tant d'artifices cette
eau mercurielle aurée et principe de la nature
métallique. Cette alliance des choses supérieures
avec les inférieures. Les quatre éléments réduis
à deux et ensuite réunis au seul mercure des
philosophes. "C'est là cet ouvrage extrêmement"
"secret qui est purement naturel, et celui là se"
"fait dit Philalèthe dans notre mercure avec"
"notre soleil, non le vulgaire. C'est à cet ouvrage"
"qu'il faut attribuer tous les signes que les philosophes "
"ont laissés dans leurs écrits pour arriver"
"à la transmutation."

Mynsicht dans son Testament parle en
philosophe qui n'a rien ignoré de la racine
et de la préparation du parfait Magistère,
et s'il s'est servi d'allégories et de figures
ça été pour ne pas révéler le mystère à tout
le monde, mais dans son "Unicornu Minerale", "
"il oublie qu'il est philosophe et parle
en médecin très désintéressé pour ne faire
attention qu'au besoin extrême des malades
et des affligés, en leur procurant cette médecine

@

(IX)

universelle; pour laquelle on soupire depuis
tant de siècles. Et après en avoir donné la
préparation, il nous invite à passer plus outre
et à travailler à la transmutation des métaux,
nous en ayant frayé le chemin dans ses écrits.

Je donne à la fin de ce petit ouvrage le
testament de Mynsicht fidèlement copié
sur un imprimé très correct, je le laisse dans
la langue où l'auteur l'a écrit qui est la
latine. Les curieux aimerons on***x étudier
une si excellente pièce dans sa source que de
la lire dans une traduction qui ne répondrait
pas à la beauté et à l'élégance de la poésie
latine. Je donne aussi son "Unicornu Minerale"
en la même langue, qui servira d'éclaircissement
à son testament. J'en ferais la traduction
à mesure que je donnerai des explications
plus au long que n'a fait ce philosophe.
Car il faut avouer que Mynsicht n'a écrit
que pour des personnes habiles en chimie.
Comme il le dit lui-même, il a aussi tu le
poids ou la proportion des matières dans
l'oeuf philosophique, supposant qu'on le doit
savoir "philosophorum juxta pondus", il a encore
confondu les régimes en mettant ceux de Mars
et de Vénus devant celui de la Lune, enfin
il n'a rien dit du nombre des jours de chaque
régime, j'ai suppléé au silence de Mynsicht
(qui sans doute n'a pas omis ces choses par ignorance)
et je donne une méthode très sure et très bien
circonstanciée pour arriver à la fin d'une carrière.

@

X

Toute la dépense de la pierre ne sera
pas bien considérable. Les premiers principes
du Grand Oeuvre sont à vils prix; comme
leur origine "Aspectu quamvis externo vilis"
"origo". Les vaisseaux de verre, le fourneau, le
charbon, et quelques ustensiles, ne coûteront pas
beaucoup, s'il y a de la dépense, c'est pour la
fermentation de la pierre avec l'or vulgaire
car il ne peut y avoir de véritable teinture sans
or, "nisi fermentatus ab auro, (lapis)" dit Mynsicht
avec tous les autres philosophes qui assurent
unanimement que "in auro semina semitans",
mais trois ou quatre onces de fin or préparées
comme nous le dirons, seront toute la plus grande
dépense de la pierre. Ceux qui prétendent faire
beaucoup de poudre de projection toute à la fois
n'y entendent rien, ce n'est pas la quantité mais
la qualité qu'il faut rechercher dans cette procédure,
c'est-à-dire la multiplication qui va presque à l'infini,
en réitérant les opérations.

Enfin on lira attentivement le septième
chapitre de la somme de Geber de son premier
livre, pour savoir quelles doivent être les
qualités et les dispositions de l'artiste. Ce
philosophe demande entre autre chose qu'il ait
une grande connaissance des principes naturels,
qu'il ait un ardeur et une application continuelle
pour les opérations du Grand Oeuvre, qu'il
soit constant en son ouvrage, sans changer

@

(XI)

de principes, car notre art, ajoute ce philosophe
ne consiste pas dans la multitude et la
diversité des matières, et il faut qu'il soit patient
et incapable de se mettre en colère, car il
briserait tout. Surtout dit Geber il faut qu'il
ait toujours en l'esprit que notre art est
en la main de Dieu, qui accorde et refuse
ses faveurs à qui bon lui semble. "Verum tamen"
"ars nostra impotenti a Dej reseruatur, quam"
"cuj vale largitur et subtrahit."


+@
@

XII

Table Generale
Des matieres contenues dans ce petit
Traité

Chapitre 1er
Des principes de la fermentation ou de
l'action de l'esprit Vniuersel, sur tous
les estres, selon Paracelse et les philosophes pag - 1

Chap. II.
Des differentes manieres de fermentation pag - 3

Chap. III.
Du Regne Mineral pag - 8

Chap. IV.
Des principes Metalliques pag - 10

Chap. V.
Du mercure des philosophes pag - 15

Chap. VI.
De L'Agent ou de feu caché dans le
Mercure. pag - 20

Chap. VII.
De quelle maniere l'art philosophique
imite les operations de la nature
sur terre. pag - 21

Chap. VIII.
Ce que les philosophes ont entendu
par la conuersion des elements.
pag - 24
@

XIII
Chap. IX.
Explication de differents termes des
philosophes fort obscurs. pag - 27

Chap. X.
La racine de la pierre doit etre prise
des metaux imparfaits ou de l'argent vif
selon les philosophes pag - 31

Chap. XI.
L'unicornu Minerale ou la preparation
de la pierre selon Mynsicht. pag - 35

Chap. XII.
Explication plus au long de L'Vnicornu
de Mynsicht. pag - 42

Chap. XIII.
Du trauail laborieux de la premiere
operation. pag - 53

Chap. XIV.
De la seconde operation ou sel.
L'union des matieres. pag - 55

Chap. XV.
De l'Athanor. pag - 58

Chap. XVI.
Differentes manieres de faire le
feu philosophique. pag - 60

Chap. XVII.
@

XIV
Du premier regime qui est
celuy du Mercure. pag - 63

Chap. XVIII.
Du second regime qui est celuy de Saturne.
pag - 66

Chap. XIX.
Du 3eme regime qui est celuy de Jupiter.
pag - 69

CHAP. XX.
Du 4eme regime de celuy de la Lune.pag - 70

Chap. XXI.
Du 5eme regime de celuy de Venus. pag - 74

Chap. XXII.
Du 6eme regime de celuy de Mars. pag - 76

Chap. XXIII.
Du 7eme regime de celuy du Soleil. pag - 77

Chap. XXIV.
De l'imbibition ou rafraichissement
de la pierre. pag - 82

Chap. XXV.
De la fermentation de la pierre
auec l'or vulgaire. pag - 88

Chap. XXVI.
Quelle maniere on doit faire la projec-
tion sur les metaux imparfaits. pag - 84
@

XV
Chap. XXVII.
La maniere d'user de la medecine
Vniuerselle pour guerir toutes sortes
de maladies et conseruer la santé.
pag - 88

Testamentum
Hadrianeum Minsichthum de aures
philosophorum Lapide. pag - 92

Vnicornu Minerale ex eodem
authore. pag -111

Chap. XXVIII.
Abregé de tout le Magistere
auec le recit de quelles experiences
bien averées. pag -116
@

1

Chap. I.

Des principes de la fermentation
ou de l'action de l'esprit universel
sur tous les êtres, selon Paracelse et
les philosophes.

C'est une chose constante qu'il ne se peut
faire aucune fermentation, si l'air n'y
coopère, parce que le premier dissolvant du
monde réside en l'air, y ayant sans contredit
un esprit universel, invisible, insensible, qui
se corporifie et se spécifie dans tous les genres
dans toutes les espèces, et dans tous les individus
du monde sublunaire. Cet esprit est
capable par lui même seul et sans aucun art
de dissoudre les minéraux, les végétaux et
les animaux, de s'unir et de se spécifier avec
eux, se faisant corps avec les esprits; sans qu'il
soit dans sa simplicité ni minéral, ni animal
ni végétal.

Cette proposition est universellement reçu
dans toute la philosophie pratique, bien établie
par Paracelse, bien décrite par Mynsicht
et fondée sur des expériences sensibles, car il
y a dans l'air un esprit universel qui en s'incorporant
avec les êtres, les résout et les réduit
en leur première matière par succession de temps.
C'est de cet esprit corrupteur et séparateur
dont l'air est animé et rempli, lequel pénètre
dans les plus profondes cavernes de la

@

2

terre pour y contribuer à la génération
des minéraux et des métaux; cet esprit fermentateur
opérant toujours sans aucun relâche
mais lorsque les esprits séminaux et vitaux
des êtres, sont vivants, et plus actifs et plus forts
que lui, il se les unifie et ils en sont comme
animées, soutenus, et vivifiés, si au contraire
les esprits des être sont altérées ou détruits
par la mort, le même esprit toujours actif il
travaille dessus et leur imprime (comme le
levain fait sur la pâte) un ferment de résolution
naturelle par la vertu duquel les corps sont
décorporifiés chacun à sa manière.

C'est ainsi que les campagnes sont fertiles
lorsqu'on les cultives afin qu'elles soient perméables
à l'air et que cet esprit les puissent
pénétrer plus profondément, et fonde en nitre
et en suc végétable ce qui n'était pas auparavant.
Tout ceci est conforme à ce que dit
"Paracelse" lorsqu'il considère la terre comme
morte en soi, et croit qu'elle ne vit que par le
ministère d'un élément invisible, c'est-à-dire d'un
esprit universel, dont elle est pénétrée. C'est cet
esprit dit ce philosophe qui la vivifie, c'est lui
qui de stérile la rend fécondée, c'est lui qui la
fait passer par différentes natures, s(***)er des
minéraux, des végétaux, et des animaux.
C'est par la même raison qu'on dit que la
pluie engraisse la terre, parce que pénétrant
plus avant elle porte avec elle ce ferment
corrupteur qu'elle a reçu dans l'air, et dont
elle a été imprégné. Ainsi la pluie

@

3

entre en composition avec la terre pour faire
ce sel par l'action seule de cet esprit ***
ible, lequel par la même opération apporte
l'eau et subtilise la terre pour composer des
deux un simple sel qui est la matière prochaine
des végétaux et leur nourriture. Cette
résolution de la terre est une pourriture de son
être. C'est son fumier et la même ***
et naturelle du grain de froment en terre,
n'est-ce pas la cause en raccourci de la fermentation
de la pierre des philosophes. Seul Mercure
est une eau, "est spiritibus dilecta aqua cunctis"
dit Mynsicht, le soufre est *** "*****"
"f*t*s", l'esprit invisible est leur sel "***"
"Substantia salsa est", lequel esprit subtilise
la terre, et épaissi l'eau pour refaire plus qu'un
composé inséparable, ainsi la pierre est très bien
vue, ce que nous présenterons plus amplement
dans la suite.

Chap. II.

Des moyens différents de la fermentation

Il est encore constant que toute la nature
sublunaire est soumise à l'action de l'air, et
qu'il ne se fait aucune opération que par ses
influences, et même par la ***tion admirable
de cet esprit universel. Lequel se corporifie en
autant de manières qu'il y a de différents aimants
qui l'attirent, après qu'ils en ont été une même
forme. C'est la doctrine du Cosmopolite qui
assure que l'air est le principe des différents
aimants, "aër" dit ce philosophe "generat ***"
"magnet vero generat vel *** *** ***"

@

4

"**************************************"
"**************************************"
"******** nutriuntur", pour passer sous silence
plusieurs autres expériences des philosophes
et abréger leurs sentiments qui prouvent ***
*** différentes matières dont l'esprit Universel
agit sur les corps sublunaires qui reviennent
à ce principe seul, que cet esprit miraculeux
soit le premier agent du monde, qui a entrée
et action sur tous les êtres, de quel genre qu'ils
soient, qu'il les pénètre tous, qu'il les ouvre et
les résout, qu'il *** et s'en empare aussi en
même temps au ce ***, prenant différentes formes
et figures, selon la spécification qu'il reçoit
de chaque être, auquel il est unit et conformenté.

N'est-ce pas là les conditions essentielles que tous
les philosophes demande après Paracelse pour
leur dissolvant radical, dont la principale
est qu'il soit homogène avec ce qu'il a dissout, et
qu'il devienne si uni avec lui qu'il ne puisse
plus en être séparé. c'est certainement de cette
source universelle que le dissolvant philosophique
doit être pris. Il n'est plus question que du sujet
ou de l'aimant dont il faut se servir pour corporifier
cet esprit **** de le prouver par
tous les règnes sublunaires, n'y en ayant pas un
sur lequel il n'agisse, il y a seulement cette
différence que quelques-uns doivent être traités
par l'air seulement, comme il se voit à l'égard
de la mine de vitriol romain, laquelle d'elle-
même, par l'action du dissolvant universel
se calcine, se pulvérise, se dissolve, se vitriolise

@

5

sans addition ni secours d'aucun autre
moyen. C'est aussi de ce minéral que les
philosophes se servent pour la racine de
leur médecine universelle: conformément
à Mynsicht, comme nous le dirons en
son lieu.

Pour démontrer cela plus clairement
il ne sera pas hors de propos de rapporter
comme l'on fait le vitriol Romain, à un
lieu nommée Sylrena qui n'est pas éloigné
de la ville de Rome. Les habitants de ces lieux
la tirent des cavernes comme de l'argile
ou terre à potier noirâtre, qui a très peu
de goût, pour en avoir le vitriol, ceux
de ces contrées là, mettent de cette terre
sous des halles en sillons de l'épaisseur
et largeur d'environ deux pieds, et ils
la laissent en ce lieu à couvert de la pluie
sous un simple toit, sans aucune clôture
tout autour, pour laisser à l'air sa première
siccité. Après quelques temps, cette terre,
s'échauffe d'elle-même comme du fumier
de cheval et fume de telle sorte, que là
on ne remue les sillons comme l'on fait
le blé au grenier de temps en temps, de
crainte qu'il ne s'échauffe trop et ne germe,
de même aussi fe feu prendrait à cette
terre et la consumerait de sorte que

@

6

remuant de temps en temps cette argile
elle se résout et pourrit totalement, et
devient vitriol. N'est-ce pas là le fumier
dont parlent si souvent les philosophes qui
se trouve dans tous les êtres, et dans tous
les genres de la nature, par l'action de cet
agent : Divin, inaltérable, éternel, infatigable,
qui se fait tout avec toutes choses, animal
avec les animaux, minéral avec les
minéraux, enfin métal avec les métaux.
C'est pour ce sujet que le grand Hermes
assure "quod idest superius idem est quid"
"est inferius, ad porpetranda miracula res"
"unius," c'est-à-dire de la pierre philosophale
comme le dit expressément Hortulain en
la Table de l'Emeraude.

Cette discussion n'est-elle pas assez bien
établie pour persuader les moins habiles
et les moins expérimentés de l'action perpétuelle
de l'esprit universel que plusieurs
philosophes ont appelé leur Mercure, puisqu'il
dissout tout, qu'il s'unit à tout par une action
permanente et inépuisable qui élèvent les
esprits inférieurs à une dignité plus noble
et plus parfaite par la communication
de son esprit supérieur et universel, ce qui
fait la perfection de toute la nature.

@

7

Il ne faut donc pas s'étonner que
plusieurs philosophes aient voulu tirer
du sel marin, la matière d'une médecine
universelle, puisque aujourd'hui les plus
habiles philosophes conviennent tous que
l'origine de la salure de la mer n'est
qu'une coporification sensible du sel universel
du monde avec les eaux de la mer. Ce sel
est invisiblement diffus dans toute la nature
et il réside dans toute la vaste étendue
de l'air, où il est engendré et entretenu par
la lumière des astres, ce qui est fondé sur
les principes invariables de la nature,
et il est encore vrai que les philosophes
croient que ce sel marin participe plus du
sel central, et est mieux cuit par la chaleur
des rayons du soleil, qu'aucun autre sel.

Le Nitre vulgaire a eu aussi ses partisans,
il a toujours été en grande considération
en chimie, et la plupart des alchimistes
avec "Glauber" prétendent en tirer un menstrue
universel, et d'autres philosophes croient
que la matière de la pierre philosophale
réside dans le nitre, parce que selon "Quercetan"
le nitre est composé de deux parties
volatiles, une sulphureuse et l'autre Mercurielle
acide, et il renferme deux sels

@

8

un fixe et l'autre volatil, c'est pourquoi
on l'appelle hermaphrodite, à cause qu'il est
salin et sulphureux. Mais quoique le nitre
participe du Mercure et du soufre comme
les minéraux et les métaux, il n'a pas les
mêmes principes, ni la même fixité, puisque
une des preuves de la bonté du salpêtre
est de brûler entièrement, car s'il reste du
sel blanc après la calcination, il est impur
et mal raffiné, ainsi le nitre ne pourrait
soutenir toutes les préparations nécessaires
pour pouvoir être en état de transmuer
les métaux, et leur donner une fixité
capable de résister au plus grand feu,
lui qui est dissipé à la moindre attaque
de Vulcain. Quoi qu'il en soit le nitre est
d'un grand usage en médecine.

Chap. III.
Du règne Minéral.

Nous ne parlons point ici de la terre
vulgaire, mais des terres minérales, qui
ne sont pas des terres simples, mais des
minières composées de certaine veines
métalliques plus ou moins simples, suivant
la diversité des lieux, et toujours impures

@

9

et imparfaites, par ce qu'elles n'ont pas acquis
leur maturité, et la dureté de métal dans
la suite des temps, les mines métalliques impures
se changent en une substance grossière
dans les lieux souterrains, et sont imprégnés
du sel central de la terre, ou mercuriel car
les vapeurs chaudes et humides, et medi***
salines qui parcourent dans le centre de la
terre, rencontrant une veine métallique
non mûre, elle la corrodent et la dissolvent
et à force de la pénétrer, elle la change en une
substance friable.

Voilà l'origine du vitriol qui n'est qu'une
dissolution d'une mine de cuivre ou de fer,
faite par la ministère d'un esprit acide sulphureux,
qui en corrodant la dite mine se coagule
avec elle, et forme le corps qu'on appelle Vitriol.
La mine de Mars lui donne la couleur verte
et la mine de cuivre la couleur bleue.
Tout ceci se montre par la composition
artificielle du Vitriol, on stratifie du Mars
ou du Vénus avec du soufre pour les calciner
et par le moyen de la calcination, le soufre
donne son esprit acide qui corrode le fer ou
le cuivre. On met infuser la matière calcinée
dans de l'eau simple, et il se fait une dissolution
verte, on la filtre par le papier gris,
on la fait évaporer jusqu'à la pellicule

@

10

on la met ensuite à la cave, où il
se forme des cristaux verts ou bleus
suivant le métal qu'on a choisi, qui est
un beau et véritable Vitriol, qui a une
vertu et efficacité plus noble et plus
excellente que celui qu'on tire de la
minière. Selon Lefevre chimiste anglais
fameux, le vitriol est un sel minéral
qui approche fort de la nature métallique
et particulièrement du cuivre et du fer.

Chap. IV.
Des principes métalliques.

On doit supposer avant que d'entrer
en matière que les métaux en général
s'engendrent dans les entrailles de la terre
d'une substance saline en forme liquide
et d'un suc visqueux par le ministère
de la fermentation, qui se termine à les
changer en corps durs, la fermentation procède
d'un principe séminal salin des métaux
qui donne par ce moyen la consistance
aux sucs souterrains métalliques, et ce
principe universel est ordinairement
salino-sulphureux. Ainsi la différence
des métaux vient de la diversité des sucs,

@

11

plus la fermentation les mûrit et les purifie,
plus le métal est noble quand il est bien
mûr, le métal vient fixe et résiste au feu.
Sinon le métal n'est pas assez fixe, et se
détruit dans le feu. Par conséquent plus
le métal est pur, mieux fixé, plus il est
noble, et moins il est permanent, fixe et
parfait; moins il est noble. De la dépend
la graduation des métaux, et il paraît
que l'or est le plus parfait de tous, parce que
c'est le plus fixe et qu'il résiste le plus longtemps
au feu, les autres sont impurs et imparfaits,
puis qu'ils se fondent facilement
au feu. Les métaux imparfaits sont de
deux sortes, les durs et les mols. Les mols
sont liquéfiables, et se fondent d'abord au feu
sans y rougir; ils sont composés d'un mercure
humide trop aqueux, et peu fixe,
et d'un soufre fusible et adustible. Les
métaux durs imparfaits, sont au contraire
faciles à rougir au feu sans s'y fondre.
Ils sont composés de beaucoup de soufre
non liquéfiable, et d'un Mercure fixe et
fixant, avec un sel acide qui lie les deux
principes l'un avec l'autre pour parler
le langage des chimistes, les métaux
imparfaits, ont trois principes, savoir

@

12

le mercure, le soufre et le sel, non
qu'on entende par ces noms les corps
vulgaires qui les portent, car par le "Mercure"
on entend l'humidité radicale du métal
qui abonde spécialement dans le plomb
et dans l'étain, par le "soufre" on
entend une substance acide, graisseuse
ou l'acide domine, laquelle substance
fait la meilleure partie des métaux,
même de l'or. On entend par le "sel"
une substance très fixe, de la nature des
alcalis qui lie le soufre, et concourt avec
les autres principes à la formation de la
substance métallique.

Il faut encore observer qu'il y a dans tous
les métaux beaucoup d'acide sulphureux
noble et moins noble pour commencer
par les plus sensibles, cet acide est si abondant
dans le Mars qu'étant dissous par
l'humidité de l'air, il ronge son propre
corps, et le change en rouille qu'on appelle
"Crocus Martis" ou "Safran de Mars". Le
cuivre contient beaucoup de cet acide
qui étant dissous par quelque humidité
se change en "Verdet", ou "Safran de Vénus",
il y en a beaucoup dans Saturne, l'Etain
contient pareillement beaucoup d'acide, l'or

@

13

même n'est pas sans beaucoup de cet
acide, ce qui se connaît en mettant une
baguette de fer dans de l'or fondu, puisqu'en
la retirant elle paraît aussi corrodée et
rouillée qui si on l'avait enfoncé dans du
soufre commun fondu, on l'on sait que
l'acide domine. C'est donc sûr que les
métaux abondent en soufre acide ce que
je vous prie de bien remarquer, parce que
c'est un des plus grands secrets de l'art,
car tout le point est de séparer cet acide
ou ce soufre imparfait des métaux moins
nobles, avant de les changer en noble.

Comme tous les métaux ont tous la
même racine, selon ce que nous avons vu,
ils ne diffèrent entre eux qu'en degré de
perfection, à propos de quoi il paraît ce
qu'on doit penser de la transmutation des
métaux, et s'il est possible de faire de l'or
d'un autre métal, en le rendant plus mûr
et plus fixe. "L'affirmative doit l'emporter"
dit fort bien Ettmuler "quoique la manière"
"d'y réussir soit difficile et peu connue, puisque"
"tout le point de l'affaire, dit cet auteur"
"consiste à fixer ce qui est volatil, mûrir"
"ce qui est cru, et perfectionner ce qui est"
"imparfait". Si on fixe de l'argent il deviendra"

@

14

un or blanc. Si au contraire on ôte à l'or
sa couleur jaune, ce sera un argent fixe blanc.

Les expériences journalières prouvent encore
que les métaux moins nobles tiennent quelque
chose des plus nobles. Le fer contient un
certain sel et soufre solaire. La première
matière de l'argent est dans le cuivre, on
trouve dans le plomb toujours quelques grains
d'argent quand on le calcine; il y a toujours
un peu d'or dans l'argent et dans l'étain
tant il est vrai qu'il y a d'affinité et de
rapport entre les métaux, entre les parfaits
et les imparfaits, qui ne sont tels que pour
être imparfaitement durs. La terre empêche
leur perfection, et les fait demeurer imparfaits
à moins qu'avec l'art chimique on leur
donne la perfection des plus nobles.

Il ne faut donc plus s'étonner si les
métaux ne se trouvent jamais seuls; et toujours
les uns proches des autres, de sorte
que là où il y a des mines d'or, il se trouve
de l'étain ou quelque autre métal, et il
y a toujours du cuivre près des mines d'argent
et souvent l'étain mêlé avec l'argent.
C'est ce qui fait conclure à Ettmuller que
la transmutation des métaux est possible
mais à la vérité difficile, nous voilà
tombé dit cet auteur sur le "Mystère"

@

15

"de la pierre philosophale, qui sert non"
"seulement à changer les métaux en or"
"mais le mercure même, supposé, comme"
"c'est vrai, que les métaux ne diffèrent"
entre eux que par les degrés de fixité"
"et de mollesse, de maturité, et d'un ma***é"
"Il est raisonnable de juger que si on avait"
"une semence métallique très parfaite on"
"pourrait par son ministère mûrir parfaitement "
"les métaux qui ne sont pas mûrs."
"C'est la pierre Philosophale qui est un"
"remède pour ouvrir les métaux, pour"
"corriger leur imperfection morbifique"
"et leur donner la perfection de la santé."
Nous donnerons dans les chapitres suivants
la manière de préparer cette semence
très parfaite, qui sert à mûrir très parfaitement
les métaux. C'est ce qu'on appelle
la poudre de projection.

Chap. V.
Du Mercure des philosophes.

Il y a trois sortes de Mercure, savoir
le vulgaire, le mercure des corps, et celui
des philosophes. Le mercure vulgaire est
ce qu'on appelle communément vif-argent:
Le mercure des corps est celui qu'on tire
des autres métaux, et on le nomme

@

16

Mercure ressuscité et métallique. "Le Mercure"
"des philosophes qui doit être la matière du"
"menstrue philosophique dit très bien Ettmuler,
"et la matière même de la pierre Philosophale"
"ne participe en aucune façon au Mercure"
"vulgaire, il ne se tire point de la famille"
"des végétaux, ni de celle des animaux,"
"mais de la famille minérale, et du principe"
"métallique, ou de la matière première des"
"métaux, non pas des métaux parfaits."
Rien n'est plus conforme à ce que Mynsicht
nous a laissé dans ses écrits pour faire
la pierre philosophale que ce que je viens
de rapporter d'Ettmuler. L'on a qu'à
examiner et réfléchir sérieusement sur
L'Vnicornu Mineral de Mynsicht pour
voir la conformité de leurs principes.

Avant que d'écrire ce que Mynsicht
nous a prescrit pour arriver sûrement
à la transmutation des métaux, il est
nécessaire de rapporter les sentiments de
plusieurs philosophes pour appuyer l'opinion
de Mynsicht et d'Ettmuler. Il est dit dans
la Tourbe ou assemblée des disciples de
Pythagore, qui est un ouvrage très ancien
et très excellent, où un philosophe parlant
à son tour, dit "notre composition est"
"faite de deux du Mercure et du Soufre"

@

17

"qui sont faits un dans l'oeuf philosophique"
"et est appelé alors **** airain, et ***"
"que tout est nommé argent-vif (non"
"le vulgaire) et est teinture parfaite,"
"tout consiste à dissoudre, à réduire le tout"
"aux premiers principes, à vivifier et à"
"spiritualiser la matière : mais soyez
"assuré ajoute le philosophe, que nul"
"chose ne teint le métal hors le métal"
"même en sa nature, et que nulle nature"
"n'est amendée sinon en sa propre nature."
Pythagore dit lui-même dans le même
livre, l'eau ****tend le mercure
à un certain corps auquel elle se joint,
laissez nature humaine, laissez volatils,
pierre marine, et bête brute, mais prenez
matière métallique.

C'est pourquoi le Conte de Trévisan
nous assure que ce qui avait le plus contribuer
à le tirer de ses erreurs, qui avaient duré
l'espace de plus de quarante années était
cet écrit attribué à Pythagore et surtout
le passage: que nulle chose ne teint le
métal hors le métal même en sa nature,
et que nul matière n'est amandée sinon
en sa propre nature. Il répète souvent
cet endroit dans ses écrits pour nous convaincre

@

18

et persuader que le mercure des philosophes
doit être pris des métaux ou des principes
métalliques, ou de la matière première des
métaux.

On ne doit pas croire que ce soit en vain
que les philosophes nous ordonnent tous
et nous prescrivent dans leurs écrits, de se
servir de la même matière pour perfectionner
sur terre les métaux, que la nature use
dans les mines pour les créer, ainsi toute
notre science consiste qu'à imiter la nature
dans ses opérations autant qu'il nous est
possible, en nous servant des mêmes principes
semblables à ceux dont use la nature dans
les mines, mais comme nous avons dit
que selon les chimistes les métaux imparfaits
avaient trois principes, savoir le Mercure
le Soufre et le Sel, non les corps vulgaires
qui portent les noms, aussi nous nous servons
comme nous ordonne Mynsicht d'une
eau visqueuse que tout le monde désire
"est aqua dilecta cunctis", notre soufre est
d'un rouge foncé sous la forme d'huile
"Sulphur sub forma olej rubicundum en***".
Cet auteur ajoute que dans notre sel
est renfermé tout le secret de notre science
"in sale cuncta latent arcana". Ces trois
*** substances sont d'une même origine

@

19

de source mercurielle, réunis tout trois
ensemble compose le Mercure des Philosophes
parce que selon les alchimistes
la pierre philosophale ne doit être
faite que d'un seul simple Mercure
qu'ils appellent ingénument une eau Mercurielle
coagulé par l'action de son propre
soufre, laquelle ayant acquis par une
longue et continuelle coction, une
perfection si grande qu'elle puisse perfectionner
les métaux imparfaits, étant
unis avec eux par la projection. Voilà
en peu de mots le Mercure des philosophes
bien expliqué, voilà comme quoi ceux
qui ont eu la science du parfait Magistère
sont arrivés heureusement à la fin de l'art
en imitant la nature, autant qu'il nous
est possible.

Mais il n'est pas en notre puissance
de créer les métaux, notre science sait
les réduire à leurs premiers principes, elle
sait encore les dulcifier, après en avoir retranché
toute la malignité, et après les avoir fait
passer par mille formes différentes, l'art
sait leur faire prendre corps : car quoique
les métaux soient tellement compactés et
unis qu'il est difficile de les diviser, et que
la plupart de opérations vulgaires ne
séparent point tout à fait les parties des métaux

@

20

mais ne font que les préparer et les exalter
afin que notre chaleur naturelle les pui****
dompter. C'est sans doute manquer
de bonne foi, et avoir un entêtement ridicule
dit Schroder, de soutenir cette séparation
impossible contre une infinité d'expériences
journalières.

Chap. VI.
De l'agent ou du feu caché
au dedans du Mercure.

La nature en la création des métaux
après avoir formé la matière, savoir
le Mercure, lui a joint son propre agent
qui n'est autre qu'une terre minérale
qui est comme la crème et la graisse
de cette terre, cuite et épaissie par sa propre
chaleur, qui est longtemps à s'échauffer dans
les mines par le mouvement naturel des
corps célestes, qui agit aussi sur le froid
et l'humidité du Mercure, et les fait
passer selon les divers degrés d'altérations
en diverses formes métalliques. Les philosophes
ont appelés cet agent soufre, ou feu
caché au dedans du Mercure, parce que c'est
une chose inflammable comme le soufre
et *** sec comme le soufre, ce n'est pas
qu'ils entendent le soufre vulgaire mais
par similitude. C'est ce qui a fait dire à

@

21

Geber qu'au profond du Mercure est
le soufre fixe qui est de la nature Minérale
et non d'autre chose. Les philosophes
Marlin et Aros confirment ce sentiment
lorsqu'ils assurent que la nature dans
les mines n'a point d'autre matière
pour travailler que pure forme Mercurielle,
ils disent encore que dans le
Mercure est le soufre incombustible
qui perfectionne le Grand Oeuvre sans
qu'il soit besoin d'autre chose que pure
substance Mercurielle.

Chap. VII.
De quelle manière l'art
Philosophique peut imiter les
opérations de la nature sur terre.

La nature voulant faire connaître
la force et la puissance de l'agent
dans le Mercure, elle a fait par une admirable
composition que les métaux fussent
congelés par l'action du soufre fusible
afin qu'ils soient fondant, elle a fait aussi
les autres métaux par l'action du soufre
non fusible afin qu'ils ne fussent pas fondant
mais parce que l'agent ne peut être (parti)****

@

22

Mercurielle du composé (comme dit Aristote),
la nature en travaillant sous terre à la
création des métaux, après avoir mêlé
le soufre avec le Mercure par une union
indicible, elle en compose et perfectionne l'or
le plus noble des métaux, car c'est l'unique
** de la nature de tendre toujours à s***
perfection, à moins qu'elle en soit empêchée
par quelque obstacle qu'elle ne puisse
vaincre. Ainsi comme l'or n'est qu'un
Mercure perfectionné dans son propre
soufre et entièrement séparé de lui par
une parfaite cuisson. Aussi comme la
séparation du soufre est cause de la perfection
de l'or, de même comme il en demeure
beaucoup dans les autres métaux, ils
sont imparfaits. Voilà la raison pourquoi
l'argent est moins parfait que l'or, le
cuivre moins parfait que l'argent ainsi
du reste. C'est aussi par la cuisson que
le soufre en doit être séparé, mais on doit
remarquer que la nature use d'une
manière bien différente dans la création
des métaux imparfaits, qui n'est autre
que de les purger et nettoyer de leur soufre
imparfait qui par une longue et continuelle
décoction jusqu'à ce qu'ils aient la perfection requise
à chaque métal.

@

23

C'est en cette manière dont la nature
se sert pour perfectionner les métaux
imparfaits, que notre science limitera
ses opérations, en perfectionnant les métaux
imparfaits par la privation de leur soufre
qui en est en effet séparé par le moyen de
la poudre de projection, que nous composons
par l'art chimique, qui a la puissance de
les changer en or ou en argent; par la parfaite
et exubérante cuisson que nous lui avons
procurée par notre science.

Voilà encore le plus grand secret de notre
art déclarée dit le Philosophe Zachaire
parce que comme il faut que l'art imite
la nature en ses opérations, ainsi il faut
qu'il en sépare le soufre avant que d'avoir
accompli le Grand Oeuvre, afin que notre
pierre soit une médecine propre et une
semence métallique très parfaite, pour
corriger l'imperfection morbifique des
métaux imparfaits, et leur donner la
perfection de la santé. C'est ce que tous les
Philosophes ont soigneusement caché dans
leurs écrits, en nous renvoyant aux opérations
de la nature.

C'est pourquoi cette matière que les
Philosophes ont appelé Mercure animé
ou argent-vif, c'est-à-dire le Mercure joint
avec son propre soufre, sera la vraie matière

@

24

de notre science pour faire le Grand
Oeuvre, puisque d'elle seule sans autre
moyen la nature s'en sert dans les mines
pour la génération des métaux.
La raison pourquoi on appelle cette
matière, Mercure animé, c'est afin de le
distinguer du mercure coulant ou
vulgaire, qui est demeuré tel parce que
la nature ne lui a pas joint son propre
soufre ou agent. Concluons donc avec
Geber qui dit dans sa Somme que notre
argent-vif ou le mercure des Philosophes
n'est autre chose qu'une eau visqueuse
purifie par l'action de son propre soufre
métallique. C'est là notre vrai matière
pour composer la pierre Philosophale
que la nature a préparé à notre science
qui est connue des seuls philosophes chimiques.

Chap. VIII.
Ce que les Philosophes ont
entendu par la conversion des éléments.

Il est nécessaire de bien expliquer
ce que les philosophes ont voulu nous
donner à entendre par la conversion
des éléments parce que cette conversion
étant bien expliquée, cela donnera une
connaissance certaine de la vraie matière

@

25

et une pratique sûre de tout l'art. Les
Philosophes ont voulu nous donner
à entendre que les quatre éléments étant
confus dans la première matière, que la
(***tion) appelle un chaos, nous ont
été manifestés par leur action extérieure.
C'est pourquoi ils ont appelé feu tout ce
qui avait une qualité chaude, tout
ce qui était sec et condensé ils l'ont
appelé terre, tout ce qui était humide
et fluide eau, et tout ce qui était froid et
venteux, ils l'ont nommé air. Tous les
mixtes sont composés de ces quatre éléments,
quoique souvent ils soient cachées
l'un dans l'autre, comme dans la pierre
Philosophale, il y a seulement que deux
éléments qui soient opérants, savoir l'eau
et la terre, l'air est caché dans l'eau ou
le Mercure, et le feu dans la terre ou le
soufre des philosophes, cependant ces deux
éléments ne peuvent pas montrer leur
action que par le secours des deux autres,
C'est pourquoi les Philosophes ont assuré
que le composé est parfait, quand l'humidité
et la sécheresse, sont conjoints
également par le secours de la nature
avec le froid et le chaud, ce qui ce fait
par la conversion de l'un en l'autre.

@

26

Voilà ce que les Philosophes assurent
être nécessaire pour avoir une connaissance
parfaite du Grand Oeuvre, car au
commencement il ne paraît qu'une eau
Mercurielle, et de cette eau est formé la
terre ou le soufre, lorsqu'elle est épaissie
par la cuisson et union, sans quoi elle est inutile
à la perfection de la pierre ou mercure. C'est ce qui a
fait dire au grand Hermes Trismégiste
chimiste incomparable, que de notre
pierre sortent les autre éléments, parce que
sur la fin de la seconde opération, elle
seule montre ses qualités, comme l'eau
les faisait voir au commencement.
Ce sont ces deux éléments que les Philosophes
ont commandés de connaître
très parfaitement avant que de travailler
à la pierre Philosophale, en un mot cette
conversion des éléments, comme le dit fort
bien Raymond Lulle "n'est autre chose"
"que de faire que la terre (ou le soufre)"
"qui est fixe devienne volatil, et que l'eau"
(ou le Mercure), "qui est volatil devienne"
"fixe, par une continuelle cuisson dans"
"l'oeuf Philosophique, sans jamais l'ouvrir"
"que la pierre ne soit dans sa dernière"
"perfection."

@

27

Chap. IX.
Explication de quelques termes
des Philosophes fort obscurs.

Premièrement pour entendre ce
terme de "levain" qui est une expression
mystérieuse de l'art, il le faut prendre
en deux significations différentes. La
première en faisant comparaison avec
les autres métaux, car comme un peu
de levain change beaucoup de pâte en
sa nature, et comme ce levain (ou ce soufre)
Philosophique est un or très fin, lorsqu'il est
parfait par notre science, il a*** la
puissance de changer les métaux imparfaits
au centuple de son poids, en or très pur.
En la seconde signification on doit entendre
ce terme de "levain" pour la vrai matière
qui accomplit le Grand Oeuvre, laquelle
manière de perfectionner la pierre, n'est
pas sensible disent les Philosophes, mais
on doit la comprendre par l'entendement,
car au commencement de la seconde
opération, le Mercure paraît volatil
dans l'oeuf philosophique, lequel il faut
joindre avec son propre corps (ou soufre)

@

28

afin de pouvoir retenir l'âme, ce
qui se fait par le moyen de l'esprit
disent les Philosophes. C'est pourquoi
dans la "Tourbe" il est dit que le
corps est plus fort que ses deux frères
qu'ils entendent de l'esprit et de l'âme.
Pour éclaircir ces expressions on doit
savoir que les Philosophes, après
"Aristote" appellent corps tout mixte qui
peut soutenir le feu sans aucune
diminution, et par ce mot d'âme, ils
entendent tout mixte qui est volatil de
soi et qui a puissance d'enlever d'avec
soi le corps de dessus le feu. Par l'esprit
ils entendent une chose qui a puissance
de retenir le corps et l'âme et de les unir
tellement ensembles qu'on ne puisse
plus les séparer, soient qu'ils soient parfaits
ou imparfaits, quoiqu'il n'entre
rien dans l'oeuf Philosophique après
que la matière y a été enfermé, mais
les philosophes ont appelés une
même chose, pour diverses raisons
corps, âme, et esprit.

Il y a eu des philosophes qui ont comparé
leur matière à une salade, ou
plutôt à ce qui doit l'assaisonner car comme

@

29

il faut du vinaigre de l'huile et du
sel, aussi les philosophes ont appelé
leur Mercure un vinaigre très aigre
à cause qu'il dissout tous les métaux, ils
ont encore appelé leur soufre une huile
ignée, et l'esprit qui lie le soufre et le
Mercure, ils l'ont appelé un sel. Pour
éclaircir davantage tout ceci, il faut
savoir que les Philosophes n'ont parlé
dans leurs écrits que de la matière toute
préparée et lorsque icelle est dans l'oeuf
philosophique, car ils ont toujours pris
un extrême soin de cacher la racine
ou la composition de la pierre, ils parlent
de la seconde opération par métaphores
et allégories, en sorte que tout est plein d'obscurités,
par rapport aux couleurs, aux régimes
à la qualité du feu, et du temps de chaque
régime, et tout cela pour vouloir expliquer
les différents mouvements ou circulations de
la matière dans l'oeuf philosophique,
qui se font par le moyen de la chaleur extérieure,
qui aide celle du dedans à vaincre ce qui lui
résiste. Ainsi lorsque la matière monte
au haut du vaisseau qu'elle domine pendant
plusieurs régimes, les Philosophes l'appellent
âme, volatil, femelle, et Mercure, mais
quand la matière s'épaissit, et demeure au fond
du vaisseau, ils l'appellent terre, corps, soufre
fixe et mâle, qui a puissance de changer


@

30

le Mercure en sa propre nature après
l'avoir fixé par le moyen de l'esprit
qui est leur sel.

Les Philosophes ont encore appelé leur
agent ou soufre, un "Venin" et poisson
parce qu'il tue et fixe le Mercure, il l'appelle
"mâle" parce qu'il lui donne l'action, et à la
femelle ou au Mercure ils lui donnent la p**.
Ils donnent encore des ailes à la femelle parce
qu'elle est volatile, et qu'elle est retenue par
***on dit coagule ou le soufre à qui ils n'en
donnent point. Nous serions trop longs
si nous voulions expliquer toutes les métaphores
et allégories des Alchimistes
qui n'ont servi qu'à embarrasser les artistes
et les précipiter dans l'erreur et des
dépenses extrêmes.

Enfin concluons ce chapitre en assurant
avec vérité que nous ne mettons rien
d'étranger dans notre matière, car comme
le prouve fort bien le Conte de Trévisan
que dans le mercure des Philosophes est
enfermé le soufre fixe et incombustible,
mercurieux, qui ne domine pas toutefois
au commencement de la seconde opération
mais bien l'humidité et la froideur du
mercure, jusqu'à ce que par l'action de la
chaleur persévérante, le fixe domine le
volatil, et vainc la froideur du mercure,
et selon les différents degrés de cette attirance

@

31

du mercure par l'action du soufre, se
forment diverses couleurs métalliques, toutes
semblables à celles des opérations de la nature
dans les terres minérales. La première est
la noirceur Saturnale, la seconde la bleue
Joviale, la troisième la Lunaire, la
quatrième la Vénusienne, la cinquième
la Martiale, la sixième la Soldique
et la septième, dit ce philosophe, nous la
poussons par notre art à un degré de plus
que la nature ne peut faire, puisque notre
pierre lorsqu'elle est parfaite est de couleur
de pourpre ou de pavot champêtre. Car si
elle n'était pas plus parfaite que l'or vulgaire,
de quoi nous servirais ces dépenses
et un régime de près de dix mois, si notre
or n'était plus que parfait afin d'être capable
de perfectionner les métaux imparfaits, par
son abondante irradiation, en poids, en
couleur, en principes minéraux, pour pouvoir
changer les imparfaits en ses qualités parfaites.

Chap. X.
La racine de la pierre doit
être prise des métaux imparfaits.

Nous avons déjà dit dans l'ouvrage
attribué à Pythagore, ou à quelqu'un de ses
disciples, qui nous assurai que nul chose
ne teint le métal que le métal même en

@

32

la nature, et que nulle nature n'est amendée
sinon en sa propre nature, on doit donc
conclure que c'est de la nature métallique
que la racine de la pierre doit être
prise. Selon cet ouvrage, ce qui se confirme
par Philalèthe lorsqu'il dit "qu'il y a une"
"chose dans le règne métallique, d'une"
"admirable origine, dans laquelle notre Soleil"
"est plus proche que dans le soleil et la lune"
"vulgaire, si on le cherche à l'heure de sa
naissance, il se résout et se fond dans notre"
"Mercure, comme fait la glace en eau chaude"
"et il est en quelque façon semblable à l'or vulgaire."
Voilà l'ouvrage ou la médecine du second
ordre qui se fait avec le mercure vulgaire
et un soufre métallique (qu'il nomme pas)
qui fixe le Mercure. Philalèthe ajoute
ensuite : tu ne trouveras pas cela dans le
soleil vulgaire; mais de lui par le moyen
de notre mercure, en digérant et cuisant
par l'espace de cent cinquante jours
tu y trouveras notre vrai matière, qui est
l'or. Voilà la médecine du premier ordre
comme l'appelle Geber, ou le petit oeuvre,
qui se fait avec la mine d'or de Hongrie
et l'or vulgaire, je sais "ajoute ce Philosophe"
"l'une et l'autre de ces deux voies, j'approuve"
"davantage la première comme la plus facile"
"et la plus courte". On voit par cet auteur
que l'or où ce soleil des Philosophes se trouve
d'une admirable manière dans le règne

@

33

métallique plutôt que dans le soleil et
la lune vulgaire, c'est-à-dire de l'or ou de
l'argent.

Ce Philosophes ajoute ensuite qu'il a
lu dans des auteurs qui ont laissé dans
leurs écrits trois propositions ou ouvrages
différentes pour faire la pierre Philosophale.
Il en vient d'en rapporter deux, l'une qu'il
approuve comme la meilleure, et la plus
courte, l'autre qu'il explique dans son livre
assez au long quoique la plus difficile et qui
coûte davantage, mais ce même Philosophe
nous avoue ingénument qu'il y en a encore
une troisième proposition pour la médecine
du troisième ordre, ou le Grand Oeuvre.
Il confesse que cette voie "est très secrète"
"qu'elle est purement naturelle, et se fait avec"
"notre Mercure et notre soleil, non les"
"vulgaires, c'est à cet ouvrage" dit cet auteur
"qu'il faut attribuer tous les signes que les"
alchimistes ont laissé dans leurs écrits"
"pour marquer le Grand Oeuvre." Cet ouvrage
ne s'accomplit que par la chaleur intérieure toute seule
car la chaleur extérieure ne sert que pour
chasser le froid, et corriger et surmonter les
accidents. Cette proposition que ce philosophe
n'a pas éclairci ni expliqué dans son livre
quoique très secrète, très simple, et naturelle
est celle que Mynsicht nous a laissé, et
expliqué dans ses écrits, qui se tire de Vénus
et de Mars, comme nous dirons dans le chapitre suivant.

@

34

Enfin Philalèthe dans le troisième
chapitre de son livre avait déjà dit que
l'acier des sages était la véritable clef
de notre oeuvre, sans laquelle le feu de
la lampe ne pouvait être allumé, que
c'était la mine de l'or, le feu caché
extrêmement volatil en son genre, la comparaison
des choses célestes dans les terrestres.
Ce n'est donc pas sans raison que les Philosophes
parlent si souvent du Leton, de Vénus
de l'homme rouge de Mars, et du soufre
rouge dans leurs écrits, puisque ce sont
effectivement de ces métaux ou de leurs premiers
principes que la pierre Philosophale
doit être composé conformément à Mynsicht.

Concluons ce chapitre en disant que notre
Mercure quoique composé de plusieurs
principes cela n'empêche pas qu'il ne soit
une seule et unique chose, faite de diverses
substances incorporées et unis ensemble
qui sont toutes d'une même essence car
comme dit fort bien Aristote "lorsque"
"l'agent et la matière sont semblables, ses"
"opérations sont toujours semblables, encore"
"que les moyens pour les faire soient divers."
"Lors les moyens et la matière sont deux"
"choses différentes, mais si la matière est une"

@

35

"et du tout semblable, toutes les opérations
"qui semblerons au commencement contraires"
"font enfin un même effet." De plus il faut
qu'il y ait dans notre eau mercurielle le
soufre incombustible et l'esprit ou le sel
qui est le lien du Mercure et du soufre.
Mais dans notre composition le soufre
tient le milieu entre la minière et le
métal, qui n'est cependant ni l'un ni l'autre
quoiqu'il participe de tous les deux, c'est la
ce Dragon igné dont les Philosophes font
tant de bruit dans leurs écrits qui surmontera
tout quoiqu'il soit pénétré de l'odeur de
notre Mercure, il se forme de tous les deux
un corps admirable, qui n'est pourtant
pas corps, parce qu'il est volatil au commencement
de la seconde opération, il est esprit
et il ne l'est pas, parce qu'il ressemble à du
métal fondu dans le feu. C'est donc effectivement
un chaos, d'où doivent sortir tant
de merveilles et il est à l'égard des autres
métaux imparfaits comme leur mère.
Tout ceci va être éclairci par les écrits de
Mynsicht et prouvera invariablement que
ses principes sont entièrement conformes
à ceux des Philosophes les plus fameux.

Chap. XI.
l'Unicornu mineral ou la
Préparation de la pierre PhilosoNous
phale selon Mynsicht.

@

36

voilà enfin arrivé à la pierre
Philosophale ou plutôt à ce qui doit
la composer selon Mynsicht. Le Philosophe
dans son avant-propos à son "Uni"
"cornu Minerale," avoue ingénument que
cette science avait dû être caché jusqu'à
présent à cause de l'abus que des personnes
méchantes et indignes en auraient pu faire,
mais que lui, poussé par une affection
vraiment chrétienne et par un mouvement
secret d'une inspiration divine, il en avait
bien voulu révéler le mystère et le rendre
public, en le joignant à tant d'autres
préparations chimiques dont il avait
acquis le connaissance, soit par son propre
travail, soit par une lumière céleste, soit
enfin par la faveur et la bienveillance
des plus habiles spagyristes qui avaient
bien voulu le gratifier d'un si grand secret,
afin de le communiquer aux enfants de la
sagesse sans aucun intérêt, ne faisant
aucune difficulté de croire qu'ils ne récusent
un aussi grand don que soit cette
médecine universelle, avec bien de la joie
beaucoup de satisfaction, et une grande
reconnaissance et singulière piété envers
Dieu.

@

37

pict Prenez du Vitriol vert naturel
connu des seuls Philosophes ou à son
défaut prenez des cristaux du Vitriol
de Vénus bien purifiés par la sublimation
en sorte qu'il ne reste aucune partie ***,
mettez les dans une bonne retorte bien lutée
que vous ferez chauffer par degrés très
fortement, jusqu'à ce que vous en ayez
tiré une huile qui tirera sur le rouge que
vous garderez très soigneusement pour
l'usage ci-après.

Prenez ensuite la tête morte qui est
restée au fond de la cornue, mettez-la
dissoudre dans une menstrue convenable,
et lorsque vous l'aurez filtrée, vous
poserez la liqueur à la cave, il en naîtra
des cristaux de la nature et de la saveur
du vitriol. Calcinez de nouveau la tête
morte, et recommencer pour la seconde
fois la cristallisation, qui ne sera d'aucun
usage pour ce mystère, et recommencer
ces opérations de la même manière
jusqu'à ce que l'odeur du vitriol ne se
fasse plus sentir. Calcinez derechef
la tête morte violemment, mais par
degrés, pour en tirer un sel très beau et

@

38

agréable au goût, que vous garderez soigneusement
pour l'usage ci-après, et cependant
vous vous souviendrez de cette
axiome des Philosophes, de fouiller
dans l'intérieur de la terre, en rectifiant
ce qui vous en aurez tiré, pour en préparer
une pierre cachée, qui est une vrai médecine

"Visitetis interiora terrae, rectificando"
"et inuenietis occultum lapidem, veram"
"Medicinam".
Remarquez en passant que chaque lettre
initiale de chaque mot latin de cet axiome
sont comprises dans ce mot latin "Vitriolum."

pict Ensuite vous prendrez l'huile de
vitriol ci-dessus, dont vous arroserez la limaille
d'acier en y mêlant une suffisante quantité
d'eau chaude pour en préparer le vitriol
de Mars, et ce vitriol vous le dissoudrez
dans de l'eau de pluie distillée, afin d'en
former des cristaux, lequel travail vous
recommencerez jusqu'à ce que vous en ayez
séparé ce qui est pur d'avec ce qui est impur,
en sorte que les fermentations étant finies
vous en ayez des cristaux très clairs et
luisants. Ces cristaux de Mars vous les
distillerez, comme vous avez fait ceux
de Vénus en feu violent, jusqu'à ce que
vous en ayez tiré un huile d'un rouge foncé

@

39

que vous aurez grand soin de bien rectifier,
et pour lors vous aurez le sang minéral
du lion rouge et le soufre de Mars et
de Vénus dans sa force, que Vulcain a
réduit sous ses fers, selon cet axiome.

Muleiberi, capri, Marsque, Venusque, dol**

pict Tirez de plus de la tête morte, ou de
ce qui est resté au fond de la cornue un
sel qui n'ait plus aucune saveur du
Mars, et cela de la même manière que
vous l'aurez fait sur le sel de vitriol de
Vénus, vous mêlerez les deux sels en égal
poids, vous les mettrez dans un vaisseau
de verre, que vous placerez dans un lieu
froid, pour les y laisser résoudre, en une
eau Mercurielle, prenez ensuite cette eau
de laquelle naîtront de nouveaux cristaux,
et vous posséderez pour lors le
double Mercure des Philosophes, savoir le
sel de la sagesse, et le sel de la nature, le sel
dis-je des Philosophes, sous lequel le centre
du monde demeure caché, et ce double
Mercure qu'on a pris toujours un extrême
soin de dérober à la connaissance des
hommes, aucun philosophe avant moi
n'en ayant écrit si clairement, quoique
en termes un peu obscurs, mais assez intelligible
pour être entendu du moindre chimiste,

@

40

il faut passer outre, après avoir élevé vos
esprits par des pensées plus sublimes, et
de ce Mercure que les Philosophes ont
appelé Rebis, c'est-à-dire une chose deux
fois, vous vous en servirez pour l'usage
que je vais vous marquer, et comme un
trésor terrestre, un don de Dieu très excellent
et un secret très rare.

pict Prenez le Mercure ci-dessus, et le
soufre d'un rouge très foncé; et joignez
ces deux choses, selon le juste poids marqué
par les philosophes, avec tout l'esprit d**
intelligence sublimée, toutefois il faut
bien prendre garde que le vaisseau chimique
dont vous vous servirez ait les trois quart
de vide, et que la quatrième partie soit
seulement remplie. On doit sceller le vaisseau
hermétiquement, et réchauffer notre matière
par degrés Philosophiques, et la tenir dans
une continuelle chaleur, jusqu'à ce qu'elle
se soit coagulée en une masse, que vous
pourrez encore perfectionner (par de nouvelles
fontes) autant qu'il vous plaira, et la rendre
plus précieuse en peu de temps par le moyen
de la fermentation, et par ce moyen vous
aurez accompli un grand mystère.
De plus vous remarquerez devant la coagulation
de la pierre plusieurs figures et couleurs
admirables que vous devez bien considérer
avec beaucoup d'attention, pour en glorifier

@

41

Dieu et pour vous en servir à faire
du bien à tout le monde.

C'est là cette Médecine Universelle, et
un tel trésor qui aura la puissance de
guérir toutes sortes de maladies qui puissent
arriver aux créatures, un grain deux ou
plusieurs de ce **ères, selon la qualité ou
le tempérament du malade pénétreront
tout le corps comme un esprit subtil,
qui en chassera toute la corruption et la
malignité en peu de temps. Cette médecine
rétablira parfaitement les malades et les
renouvelleront entièrement, mais elle sert
encore de préservatif pour prévenir tous
les accident morbifiques, si on en use de temps
en temps, jusques au temps préfixe marqué par le
très haut pour la fin de chaque créature.

Cette précieuse médecine ayant très fermentée
selon l'art Philosophique avec un or
très pur aura la puissance de purger tous les
métaux imparfaits, de leurs souillures naturelles
pour les changer en or très fin et très fixe.
Mais pour un si grand bienfait et si immense,
et pour la communication de tant de dons
et d'une sagesse si rare, louange et
gloire soit à Dieu au siècle des siècles.

@

42

Chap. XII.
Explication plus au long de
L'Vnicornu de Mynsicht.

Mynsicht nous ordonne dans son
Vnicornu minerale de nous servir du
vitriol vert qui soit naturel, qui est connu
des seuls philosophes, parce qu'on nous
en apporte de divers états et royaumes
qui ne sont tous pas fort bons pour faire
le Grand Oeuvre. Celui de Chypre est le plus
estimé en soi, mais comme il est *** et fort
compact, il ne convient pas pour composer
la pierre. Le Vitriol Romain qui est vert
et qui participe du Vénus sera bon pour
notre mystère. Celui de Suède sera encore
bon parce qu'il est vert et qu'il participe plus
de Vénus que du Mars. On pourrait aussi
se servir de celui qu'on tire proche de
Spa et qui se vend à Liège, mais ceux
qu'on tire d'Allemagne et d'Angleterre
ne valent rien pour l'oeuvre, à cause
qu'ils tiennent plus de Mars que de Vénus.
En un mot on doit toujours choisir le vitriol
vert naturel qui participe plus du cuivre
que du fer. Le meilleur de tous est le Romain.
Il a des qualités que les autres n'ont pas.
Il sert à faire la fameuse poudre (de) sympathie.

@

43

Mynsicht ajoute qu'au défaut du vitriol
vert naturel, il faut prendre les cristaux
du vitriol de Vénus bien purifiés et exactement
préparés par la sublimation, en sorte
qu'il n'y reste plus rien d'impur. Ce vitriol
de Vénus se prépare comme nous avons
déjà dit, sur le troisième chapitre, en stratifiant
des lames de cuivre ou bien de la
limaille avec du soufre, par le moyen de
la calcination. Le soufre donne son acide
qui corrode le cuivre, on dissout la matière
calcinée dans de l'eau simple, et la dissolution
devient verte, qu'on filtre par le
papier gris, on fait évaporer l'humidité
jusqu'à la pellicule, on la met ensuite à
la cave où il se forme des cristaux bleus
qui sont un excellent vitriol de Vénus. Il y
a des chimistes, entre les autres Lefevre
Anglais qui enseigne à les préparer avec
le Verdet de Montpellier. L'esprit et l'huile
qu'on en tire sont d'une vertu incomparable
et surtout l'esprit volatil qui est un excellent
remède pour les maladies du cerveau
comme l'apoplexie, l'épilepsie, la léthargie,
paralysie, et les autres maladies qui attaquent
les principes de la génération. Mais
il est encore un dissolvant qui ne manque
jamais de faire son opération, et qui ne
perd rien de sa vertu et de ses forces après
mêmes plusieurs opérations. C'est pourquoi

@

44

il n'y a aucun inconvénient de se servir
des cristaux du vitriol de Vénus au défaut
du vitriol vert, car on peut douter dans
le choix du vitriol vert naturel selon que
Mynsicht l'a demandé, et on ne peut pas
douter dans le choix des cristaux du vitriol
de Vénus.

Mynsicht après avoir déclaré la
matière pour la composition du Grand
Oeuvre, il ne dit rien de la quantité qu'il
faut prendre, mais je crois après quelques
expériences qu'on en doit prendre la valeur
pesant de vingt ou vingt cinq livres. Il faut
purifier le Vitriol de ses fèces avant que
de s'en servir. Il suffira de le dissoudre
dans de l'eau commune, le filtrer ensuite
et le cristalliser moyennant la digestion
requise, et on le fera sécher. Il faut avouer
que si on savait travailler en chimie 15
ou 16 livres de vitriol suffirait; car pour
l'huile il y en aurait toujours assez, mais lors
qu'on viendrait à calciner la tête morte pour
en tirer le sel, on en aurait jamais la quantité
suffisante pour composer le mercure des
Philosophes, ce que j'ai expérimenté faute
d'en avoir assez pris. Ainsi pour ne rien
risquer on peut convenir de prix avec quelque
habile chimiste de fournir tant d'huile de
vitriol et tant de sel tout préparé moyennant

@

45

une certaine somme d'argent, mais pour
être sur de son fait, il faudrait être présent
aux opérations pour voir si tout se passe
conformément à Mynsicht, et en même
temps pour apprendre à faire ces sortes
d'opérations. On pourrait aussi convenir
du prix à l'égard des cristaux de vitriol
de Vénus six ou sept livres des cristaux
suffiraient pour avoir l'huile et le sel de Vénus
mais ils coûteront beaucoup plus que l'huile
et le sel du vitriol romain.

Mais si l'on veut travailler soi-même
on s'y prendra de cette sorte, comme il
nous importe peu d'avoir l'esprit volatil
du vitriol, il nous faut suivre la méthode
ordinaire en calcinant le vitriol en rougeur,
car la perte des esprits qui arrivent par
la calcination sont de peu de conséquence
et abrège de beaucoup l'ouvrage, pourvu
que le calcination ne soit pas trop forte
et qu'on proportionne bien son feu dans la
distillation. La calcination du vitriol est
simple et se fait dans un creuset ou me***
de fer sur les charbons ardents. La matière
blanchi d'abord, ensuite jaunit, puis devient
rouge. Il faut ensuite mettre ce colcotar
dans une cornue de bon verre de Lorraine.
Il la faut proportionner à sa matière en sorte
qu'il n'y ait guère plus de la moitié qui soit
remplie; on luttera bien la dite cornue,

@

46

on la posera sur un fourneau de réverbère
clos, ensuite qu'il y ait un bon pouce de
distance entre la cornue et le fourneau,
on adaptera au bec de la cornue un grand
récipient, dont on bouchera bien toutes les
jointures, avec le blanc d'oeuf et la vessie de
cochon, on donnera un feu doux au commencement
qu'on augmentera par degrés.
Le flegme commencera à dégoûter au bout
de trois heures, et en augmentant un peu
le feu, les esprits blancs nébuleux viendront
au bout de six ou sept heures. Quand ils
commencent à paraître, il faut continuer
le feu et l'augmenter peu à peu
jusqu'à ce qu'ils ne sortent plus d'esprits,
ce qui se connaît au récipient qui paraît
clair et transparent. Dans cette opération
on doit donner le feu plus doux, que lorsque
le vitriol n'a pas été calciné en rougeur.
Il sort ensuite à force de feu une liqueur
rouge bien plus fixe que l'esprit, nommée
l'huile corrosive de vitriol, après
quoi il ne sort plus rien, et le récipient
parait vide et sans aucun nuage. Cette
opération dure quatre ou cinq jours
et autant de nuits, il faut déflegmer l'esprit
au bain-marie dans une retorte y ayant
adapté *** d'un grand récipient au bec du chapiteau.

@

47

Lorsqu'il commencera à tomber de gouttes
d'acide, *** rectifier le même esprit à la retorte
sur des cendres chaudes, par ce moyen
l'esprit clair sortira, et l'huile rouge
restera au fond de la retorte, il sera ensuite
nécessaire de la rectifier *** l'huile ***
au feu de sable. L'esprit volatil et l'huile ne sont
guère différents entre eux, étant presque une
même chose, toute la différence est que
l'esprit volatil est mêlé de plus de flegme
et l'huile de moins, l'un est plus volatil et
l'autre plus fixe. L'esprit monte en forme
de nuage, et l'huile en forme de rayons,
on peut lire dans les meilleures pharmacopées
comme on doit se tirer de cette opération
avec profit et honneur, car de sa bonté
dépend tout le reste de l'ouvrage.

Après quoi dit Mynsicht, prenez la tête
morte restée au fond de la cornue, après
l'avoir cassée, on pilera la matière sur le
marbre ou le porphyre, et l'ayant mit dans
un vaisseau de verre, on versera dessus de
l'eau chaude commune en versant doucement,
on mettra le tout en digestion quelque temps
afin que l'eau en puisse tirer toute la salure,
on filtrera la liqueur par le papier gris,
puis après on en fera évaporer toute l'humidité
à un feu lent, jusqu'à la pellicule. On
posera ensuite cette dissolution dans un lieu

@

48

froid et selon le *** des cristaux de
ce *** et de la saveur du M***, calciner
de nouveau la tête morte, en cohobant
dessus les cristaux qui vous aurez grossièrement
pilé, vous calcinerez le tout dans un creuset
sur des charbons ardents, et vous prendrez
garde que la flamme ne noircisse votre
matière, qui doit toujours demeurer blanche,
ensuite vous la dissoudrez avec de l'eau chaude
et vous la filtrerez, pour faire l'évaporation et
la cristallisation comme ci-dessus, mais refaite
ces opérations, dit Mynsicht, jusqu'à ce que
l'odeur du vitriol ne se fasse plus sentir. Enfin
ajoute ce philosophe, calcinez pour la troisième
fois la tête morte, très fortement, mais par degrés
afin d'en extraire un sel très blanc et agréable
au goût, qu'on doit précieusement conserver,
qui est le sel de Vénus dans sa perfection.
Mais Mynsicht ajoute que les cristaux
qu'on prépare après la seconde calcination
sont d'aucune utilité pour ce Mystère, "Sed"
"huic mysterio minimè utiles", cependant
il faut avouer que si ces cristaux n'étaient
pas nécessaire, il faudrait donc se contenter
de plusieurs calcinations et tirer le sel et les
cristaux à la dernière, ce qui est contraire
aux propres paroles de notre auteur qui nous
prescrit de faire autant de cristallisations
qu'on fera de calcinations. De plus toutes

@

49

les meilleurs Pharmacopées et les plus
habiles chimistes de notre temps assurent
tous qu'après qu'on a calciné le vitriol, ou
plutôt le colcotar qui reste après la distillation
au fond de la cornue, et qu'on en a tiré le
sel, après une seule dissolution et cristallisation,
il ne reste plus qu'une substance
noire, qu'ils appellent la terre douce de vitriol,
ainsi si on ne faisait des exhalaisons des cristaux,
(qui sont véritablement le sel du vitriol)
sur la tête morte, on ne pourrait plus tirer
aucun sel après la seconde calcination, encore
moins après la troisième, c'est pourquoi ces
diverses opération réitérée ne servent qu'à
radoucir et à purifier le sel pour le dulcifier
et le rendre propre à composer le mercure
des Philosophes.

Après avoir donné très exactement et
très ***element la préparation du sel et du
soufre de Vénus, selon l'art chimique
on doit passer outre, et pour ce sujet on
doit prendre de la limaille d'acier qui
soit pure et nette, qu'on mettra dans une
cucurbite de verre, et on versera dessus
une partie de l'huile ou soufre de Vénus, et
dessus, pour l'imbiber, et la pénétrer, ayant
posé la cucurbite sur le feu de sable, on
versera ensuite sur la limaille et l'huile de

@

50

vitriol, de l'eau de pluie distillée qui soit un
peu chaude jusqu'à l'éminence de cinq
ou de six doigts, on remuera de temps en temps la matière
avec une spatule de fer, en prenant garde
de casser la cucurbite, puis ayant un peu
augmenté la chaleur du bain, on y fera
digérer les matières l'espace de vingt quatre
heures. Cela fait on passera la dissolution
encore chaude par le papier gris, laquelle
ayant mis dans une autre cucurbite de
verre au même bain pour en faire évaporer
toute l'humidité superflu jusqu'à la
pellicule. On laissera refroidir et cristalliser
le résidu à la cave, après quoi ayant
versé par inclination dans un autre vaisseau
de verre, la liqueur qui surnagera
les cristaux ayant été auparavant sequ***
séchés et mis à part, on recommencera
à faire évaporer jusqu'à la pellicule l'humidité
de la liqueur restante, on pourra derechef
arroser avec de nouvelle huile de vitriol la
résidence de la limaille de fer, et verser ensuite
dessus autant d'eau de pluie distillée que
la première fois, et réitérer la digestion et
les autres préparations qu'on a faites auparavant
afin d'avoir une plus grande
quantité de vitriol de Mars.
Il y a des chimistes à l'exemple de Mynsicht
qui mêle de l'eau avec l'huile de vitriol

@

51

avant que de la verser sur la limaille
d'acier, mais la dissolution ne se peut bien
faire en peu de temps que par l'huile de vitriol,
car cet esprit agit avec beaucoup plus de
force lorsqu'il est seul que lorsqu'il est
affaibli par l'eau, ainsi (comme dit fort bien
Charas) il est beaucoup plus à propos de
commencer par lui la dissolution du Mars
ce que l'expérience, dit cet auteur, plusieurs
fois réitérées lui ont toujours fait avoir un
bon succès. Il faut encore observer que le poids
du soufre de vitriol va quelque fois jusqu'au
triple de la limaille d'acier, afin qu'on ne
se trompe pas, ce vitriol de Mars ainsi
préparé a bien une autre vertu, force et efficacité
que les vitriols vulgaires.

Prenez ensuite les cristaux que
vous aurez fait sécher entre deux papiers
dans un lieu chaud, à mesure qu'ils se
formeront, vous les pulvériserez grossièrement
sur le marbre ou porphyre, et
vous les mettrez dans une cornue de verre
bien lutée, en sorte que la cornue soit
pleine un peu plus que de moitié, ce qu'il
faut toujours observer dans ces sortes d'opérations,
c'est pourquoi on doit proportionner
la cornue selon la matière, vous adapterez
à son bec un grand récipient qu'on aura
grand soin de bien luter. On fera un feu

@

52

par degré jusqu'au feu du petit *** bien
clos. Après avoir séparé le flegme et
l'esprit du vitriol de Mars, comme vous avez
fait sur le vitriol de Vénus, il en sortira sur
la fin une huile d'un rouge très foncé qu'il
faudra bien rectifier par la sublimation dans
une cucurbite au feu de sable. Pour lors
on aura le sang minéral du lion rouge
dans toute sa force.

On doit ensuite tirer de la tête morte un
sel qui n'ait plus aucune saveur du Mars
et cela de la même manière qu'on l'aura fait
sur le sel du vitriol de Vénus, c'est-à-dire par
des calcinations, dissolutions, filtrations
évaporations, cristallisations réitérées, et
cela par trois différentes fois au moins, commençant
toujours par la calcination de la
tête morte, et cohobant sur elle les nouveaux
cristaux, afin d'avoir le sel du
Mars dans sa perfection.

Vous mêlerez les deux sels de Vénus et
de Mars en égal poids, vous les mettrez dans
un vaisseau de verre, que vous placerez
dans un lieu froid, et ils se résoudrons en une
eau mercurielle, prenez ensuite cette dissolution
de laquelle naîtront de nouveaux
cristaux, qui seront le véritable mercure
des Philosophes dans sa perfection.

@

53

Chap. XIII.
Du travail laborieux
de la première préparation.

On avouera sans peine après ce que
Mynsicht a laissé par écrit pour la
préparation de la pierre Philosophale
et de ce que j'en ai dit, que ce travail
n'est pas un amusement de femme ni
un jeu d'enfant, mais plutôt une opération
très laborieuse, il ne faut pas aussi
croire que la médecine qui se fait avec
le mercure vulgaire, ni celle qui se fait
avec le mercure vulgaire, ni celle qui se fait
avec la mine de Hongrie soient moins
pénibles et difficiles, il faut y avoir
passé pour le savoir. Tous ceux qui travaillent
en chimie seront de notre
sentiment, à cause que les métaux sont
tellement compacts et unis dans leur
principes qu'il est difficile de les séparer
ou diviser. C'est pourtant avoir un entêtement
ridicule (dit "Schroder") "et manquer"
"de bonne foi de soutenir cette séparation"
"impossible, contre une infinité d'expériences,"
"puisqu'un de mes amis et moi avons été assez"
"heureux pour tirer de l'or une belle huile très"
"rouge qui surnageait l'eau."

@

54

Il ne faut pas encore s'imaginer que tout
notre travail soit une récréation, car
c'est l'industrie, après le secours de Dieu
et la peine qui sont le principal de
notre science, et certes le travail qu'on
emploie dans le tracas du ménage, n'approche
pas à beaucoup près du notre,
n'épargnons donc pas notre peine quand
nous devrions incommoder notre santé,
car cette première opération est un
travail "d'hercule", parce qu'il y a dans nos
principes beaucoup de superfluités hétérogènes,
c'est-à-dire de différentes natures
qui ne peuvent jamais être rendues assez
sûres pour servir au grand oeuvre.
Car quoiqu'on connaisse la racine
et la manière de préparer tout l'ouvrage,
il faut encore un très grand travail, et
si grand qu'il y a eu des Philosophes qui
ont abandonné l'oeuvre à cause des
peines insurmontables, mais une fois
que le Mercure est tout préparé on
a trouvé le repos, et il y a tout lieu
d'espérer qu'on aura la médecine universelle.
Mais par ce mot d'universelle
on ne doit pas entendre que cette médecine
doivent guérir infailliblement toutes sortes
de maladies et rendre les hommes en

@

55

en quelque sorte immortels, ce qui serait
une erreur grossière, qui n'est jamais
tombé dans l'esprit des philosophes et
qu'ils sont morts eux-mêmes comme les
autres, puisque "Van Helmont" assure que
les possesseurs de la pierre Philosophale
n'en vivent pas plus longtemps, que
"Paracelse" est mort à quarante sept ans
et que plusieurs autres ne sont pas devenus
vieux. Ainsi cette universalité de
notre médecine doit s'entendre de toutes
les espèces de maladies qui peuvent arriver
aux créatures dont elle les guérira, à moins
que l'ordre de Dieu qui a marqué le
nombre de jours de chacun ne soit arrivé
comme le dit très bien Mynsicht "qui poterit"
"omnes ferè morbos curare, quocunque veniunt"
"nomine in creaturis omnibus & singulis."
"vsque ad metam ab altissimo Deo constitutam."

Chap. XIV.
De la seconde opération
de l'union des matières.

Pour commencer la seconde opération
il faut faire l'union des matières, ce que
les Philosophes appellent célébrer les noces
de Vénus et de Mars, car comme nous

@

56

avons déjà remarque que les alchimistes
donnaient le nom de femelle au Mercure
et au soufre celui de mâle et que leur
mercure et leur soufre étaient tirés de Vénus, et
de Mars, ainsi l'union de ces deux corps
pour composer le Mercure des Philosophes,
ils ont appelé cette action un mariage et des
noces par métaphore. Mynsicht ne
nous prescrit rien davantage que de
joindre les matières selon les poids marqués
par les Philosophes, lesquelles on gardé tous
un très grand silence là-dessus, ou se sont
expliqués si obscurément qu'on ne sait à
quoi s'en tenir. Mais "Schroder", nous apprend
que pour faire le Magistère du Vitriol
on doit mettre le double du sel Philosophique
sur une partie de soufre. "Philalèthe"
dit aussi positivement qu'il faut prendre
deux parties du mercure sur une partie
d'or en chaux ou en limaille. Cette proportion
est juste et raisonnable, car comme le
mercure qui est volatil doit dominer
au commencement de la seconde opération
pendant même plusieurs régimes, et être
en état de pouvoir volatiliser le fixe ou
le soufre, il doit être mis en plus grande dose,
puis qu'autrement il n'aurait pas la puissance
d'élever le corps avec lui au haut du
vaisseau tant de fois et si souvent qu'il soit

@

57

qu'il soit tout pénétré du mercure; et
après l'union qui commencera par la
noirceur, les embrassements du mâle sur
la femelle s'ensuivront; et l'éclipse
du soleil et de la lune étant passée, c'est
à dire la pourriture de la matière étant
finie, alors l'esprit prend le dessus et domine
à son tour le volatile les quatre derniers
régimes.

Ensuite de l'union des matières dans
l'oeuf philosophique, qui doit être d'un
bon verre de Lorraine, fait en ovale ou
en rond, clair et épais, plus il aura d'épaisseur
plus il sera propre, pourvu qu'on
puisse remarquer les opérations du dessus.
Il ne faut pas qu'il soit plus épais dans
un endroit que dans un autre, et qu'il
n'ait ni boutrille ni paillette, il doit
avoir le col long de huit à neuf pouces.
Il faut qu'il puisse contenir quatre onces
d'eau distillée; en sorte toutefois que la
composition ne remplisse que la quatrième
partie. Il faut sceller l'oeuf hermétiquement
c'est-à-dire en faisant à la faveur d'un feu
de lampe ramollir les extrémités du col
de l'oeuf, et en le comprimant ensuite
avec une pince rougie au feu.

@

58

Je sais bien que Philalèthe et autres
Philosophes ne veulent pas que l'oeuf
Philosophique ne contienne dans sa
rondeur qu'une once d'eau distillée, mais
comme ils n'ont décrit que le moyen oeuvre
ou le petit, qui est composé du mercure vulgaire
et de l'or minéral, qui permettent bien d'avoir
quasiment bien moins de volume que notre
composition qui n'est qu'un sel mercural
autrement volatil en son genre, il faut donc une
plus grande capacité pour donner lieu
à la volatilisation et circulation de notre
matière. Lorsqu'il sera question de faire
fermenter notre pierre avec l'or vulgaire
il sera nécessaire que le vaisseau Philosophique
ait moins de capacité, comme
nous le dirons en son lieu.

Chap. XV.
De l'Athanor.

Flamel décrit ainsi l'athanor, le fourneau
ou le vaisseau de terre est appelé le triple
vaisseau, car dans le milieu il y a un
étage où est posée une écuelle pleine de
cendres tièdes au milieu desquelles on met
l'oeuf Philosophique, qui est un petit
matras plein de confections de l'Art.
Le vaisseau de terre s'ouvre par dessus

@

59

pour y pouvoir mettre l'écuelle, et le petit
matras, sous lesquelles se mettra par
une petite porte ouverte le feu des
Philosophes. Ainsi dit cet auteur tu as trois
vaisseaux ou triple vaisseau, en y comprenant
celui où on met le feu Philosophique
qui doit être une lampe, ou une terrine
pour y mettre le charbon ou des cendres
chaudes. Le fourneau est appelé athanor
et propre au Grand Oeuvre que nous
avons prouvé être celui de Mynsicht.

Philalèthe donne diverses descriptions
pour faire cet athanor; il y a dit cet
auteur un fourneau commun et ordinaire
qui peut être fait de briques, de terre à
potier, de lamines de fer ou d'airain, qui
seront conjointes et enduites d'un bon lut
par dessus. Pour le bien faire il faut
élever une tour qui ait environ trois
pieds de haut, et neuf pouces de large
ou un empan ordinaire, on peut lire la
description dans cet auteur, tout au long d'icelle tour
qui doit joindre l'athanor; il y a eu plusieurs
autres Philosophes qui en ont parlé d***
Philalèthe, cette tour convient beaucoup mieux
au moyen et au petit oeuvre, qu'au grand.
***

@

60

Seguin nous a donné dans sa Chymie
la description d'un athanor propre au feu
de lampe, que je crois le plus propre
que tout autre pour faire le Grand Oeuvre.
Il a beaucoup de rapport avec celui de Flamel
si ce n'est qu'au lieu d'un couvercle de terre
c'est une espèce de cloche de verre double
qui ferme par le haut l'athanor, en sorte
que sans jamais l'ouvrir, depuis que l'oeuvre
y est placée, on peut au travers y remarquer
toutes les couleurs. La lampe se met au
bas au premier étage, par une ouverture qu'on
y aura fait, qu'on aura soin de fermer toutes
les fois qu'il sera nécessaire de l'ouvrir.

Chap. XVI.
Des différentes manières de
faire le feu Philosophique.

Le feu dépend de la manière de faire
l'Oeuvre, mais comme nous ne parlons
ici que de celui de Mynsicht, qui est le
Grand, on y doit procéder surtout au commencement
par un feu fort doux, et
une chaleur égale. Car dans notre composition
il y a un feu caché qui travaille
beaucoup plus efficacement que ne peut
*******************, qui ne doit servir

@

61

qu'à dissiper les accidents extérieurs.

Un Philosophe dans la "Tourbe" dit
qu'il a vu faire le feu en bien des manières.
Les uns le font, dit cet auteur, avec de petites
bûchettes, les autres avec de petits charbons,
quelques-uns avec des cendres chaudes, ceux-
ci avec des vapeurs chaudes sans flammes,
ceux-là avec de petites et moyennes flammes,
après cela il conclut, faites un feu lent,
continuel, chaud, digérant, et *** comme
la matière le requière: les petites flammes
sans contre dit sont le feu de lampe.

Le Conte de Trévisan nous assure
que le feu est tout l'art dont s'aide la
matière dans la seconde opération. Car
nous ne pouvons rien faire autre chose,
et tout dépend de la bonne conduite du
feu pour donner à la pierre sa dernière
perfection. Faites donc ajoute ce Philosophe,
un feu vaporant, digérant, continuel,
non violent, voilà toutes les manières de
faire le feu. Je l'ai fait, ajoute encore cet
auteur, en chaleur de fientes, il n'a rien fait
qui vaille, en feu de charbon sans nul profit
car la matière se sublimait sans se
résoudre, mais faites feu vaporant, digérant,
subtil, continuel, environné, aireux, clair,
incomburant, altérant, pénétrant, vif, ensuite

@

62

par ces paroles, dit cet auteur, quel feu ce
doit être, selon le Conte c'est le feu de
lampe dont il parle.

Les Philosophes "Morien" et Jean de
Meun, semble vouloir incliner pour le
bain-marie, car le premier assure que l'eau
tiède blanchit notre Leton rouge, et que
le feu humide et vaporeux fait le tout. Le
second confirme encore cette opinion en
nous avertissant de blanchir notre Leton
rouge par l'eau blanche chauffée et tiède et
me croyez. Mynsicht ne dit point dans
ses écrits quel feu on doit faire, il ordonne
seulement dans son testament de faire
en sorte que la chaleur du feu n'excède
pas celle de la poule qui couve ses oeufs
ou du soleil en plein été.

Je crois que le feu le plus convenable
pour faire le Grand Oeuvre est ou le bain-
marie, le feu de sable, ou le feu de lampe,
mais les deux premiers ont aussi des inconvénients,
et que celui de lampe en a moins
que les autres, premièrement il est plus égal
plus facile à régler et à augmenter, il est
subtil, clair, aireux, altérant, et très pénétrant,
en un mot il a toutes les qualités que demandent
les Philosophes. Il faudra donc

@

63

commencer à faire le feu de lampe
avec un ou deux fils seulement, selon
la grosseur du coton, on pourra mettre
avant que de placer l'oeuf Philosophique
éprouver si on a atteint le degré de
chaleur requis, en touchant avec la main
les cendres, car comme nos matières
sont tendres et subtiles, il ne faut au
commencement qu'un chaleur semblable
à celle de la fièvre, surtout il ne faudra
pas remuer, encore moins ouvrir l'oeuf
jusqu'à l'entière perfection de la pierre.

Chap. XVII.
Du premier régime
qui est celui du mercure.

Depuis qu'on a commencé le feu dans
l'athanor jusque ce que la noirceur
paraisse tous les intervalles est appelé le
régime du Mercure, qui *** durant
tout ce temps, car il faut attendre longtemps
avant que la paix et le calme arrive
entre le Mercure et le Soufre. Les Philosophes
les ont appelés Rebis c'est-à-dire une
chose faite de deux, et toutes deux réunis
au seul mercure qui se dissout, afin que les
spermes qui sont principes d'eux seront changé
en or ou en argent.

@

64

C'est là le chien d'Arménie et la chienne
de Coracesne, qui sont unis dans l'oeuf
Philosophique se mordent touts deux cruellement
jusqu'à ce qu'ils se soit ensanglantés
et étouffés dans leur venin propre, pourvu
que le feu ait été continuel et égal,
qui les changera après leur mort en une
eau vive et permanente. Pour lors ils
perdent leur première forme naturelle
pour en reprendre une plus noble et plus
parfaite, ce sont encore le soleil et la
lune de source mercurielle, d'origine
sulphureuse, qui par un feu continuel s'ornera
d'habillements royaux, pour vaincre tous
les métaux imparfaits. Ce sont ces dragons
que les Egyptiens ont peint en cercle, la
tête mordant la queue, pour signifier qu'ils
soient sortis d'un même principe, qui seul
soit suffisant à soi-même, et que par les con***
et circulations, se perfectionnait et s'accomplissait
le Grand Oeuvre. Ce sont enfin ces
deux serpents envoyé par Junon qui sont
la nature métallique que le Philosophe
doit étrangler et faire pourrir au commencement
de la seconde opération.

Ces deux spermes exhalent des vapeurs et
des exhalaisons qui montent dans l'oeuf philosophique,
qui sont obscurs, bleuâtres,

@

65

jaunes iris, noirs, et si *** qu'il
n'y a rien qui en approche, ces couleurs marquent
que la dissolution des corps se fait,
que la chaleur extérieure aide celle qui est
intérieure à résoudre celui qui lui résiste
en une poudre impalpable, ainsi la chaleur
agissant sur l'humidité radicale du métal
engendre la noirceur et la pourriture, car
il n'y a point de génération sans corruption.

C'est pourquoi, qui ne voit cette pourriture
des matières, cette noirceur sur la fin de
ce régime ou au commencement de l'autre;
il se trompe lourdement et s'abuse, il est
hors du vrai chemin quoiqu'il travaille sur
la véritable matière, il faut recommencer
puisque c'est une marque certaine qu'on
a brûlé la verdeur et la vivacité de la
pierre. Car on doit craindre dans ces commencements
une chaleur orangé ou à demi
rouge.

Il est donc très nécessaire que l'artiste
mesure et proportionne bien son feu selon
que nous l'avons ordonné. Il faut qu'il
considère attentivement cette sublimation
et volatilisation du Mercure, cette circulation
des matières de bas en haut et de haut en bas
et qui deviennent de jour en jour plus subtiles
afin de tirer l'âme du corps sans violence
et ensuite par l'entremise de l'âme l'esprit est

@

66

réconcilié avec le corps et s'unissent tous
enfin dans le noir très noir, ce qui doit arriver
après quarante ou quarante deux jours.
Pour lors on voit le composé se changer
en une ombre qui sont des atomes très noirs
sans qu'on en sache au juste la raison ni
qu'on puisse apercevoir aucun mouvements
sensible, ni qu'on sente aucune chaleur, en
touchant le vaisseau de la main.

Chap. XVIII.
Du second régime qui est celui
de Saturne.

Le régime de Saturne suit celui
du Mercure puisque le lion étant mort
le corbeau doit prendre naissance, ce régime
est fort droit à l'égard de la chaleur et de la
couleur, qui est le noir très noir, il n'y a ni
vapeurs, ni vent, ni indice de vie, on s'aperçoit
seulement que la matière quelquefois
bout, qu'elle a la consistance de la poix fondue
et quoique cela soit affreux à voir, toutefois
cela doit donner bien de la joie à l'artiste,
car cette noirceur à force d'être noire paraît
luisante et resplendissante, c'est encore une
marque certaine qu'il y a un esprit vivifiant
qui est renfermé dans notre matière, qui donne
*** la vie à ces corps morts. Cependant
il faut toujours avoir l'oeil au feu, et le bien

@

67

ménager, car si on sublime quelque chose des
matières, pour n'avoir pas fait le feu assez doux
tout sera perdu sans ressource puisqu'on doit
laisser reposer la composition au fond du
vaisseau, qui est le nid où se doit faire la
conception, et il ne faut plus douter que l'esprit
ne ressuscite en son temps, qu'il glorifie son
corps, et qu'après plusieurs ascension et descension
que la matière fera dans l'oeuf
Philosophique, elle prendra enfin la force
des choses supérieures et des inférieures.

Ce régime doit durer quarante jours ou
un mois Philosophique. Je sais bien que
Philalèthe et les autres qui ont travaillé
sur le mercure vulgaire n'ont pas prescrit
tant de temps pour faire le moyen oeuvre,
que pour composer le Grand, mais certainement
ceux qui ont qui ont eu la science du parfait
magistère, comme Flamel, Zachaire, le Conte
de Trévisan, la Tourbe et Mynsicht et plusieurs
autres, annonent tous qu'il faut un an pour
avoir la pierre Philosophale dans sa
perfection, en y comprenant sa préparation,
tous les régimes, qui doivent
durer deux cent quatre vingt jours, sans parler
du rafraîchissement, et de la multiplication de la pierre.
Ainsi il ne faut pas moins d'un an entier
pour avoir la poudre de projection dans
sa force.

@

68

Il ne sera pas hors de propos de rapporter
le sentiments de plusieurs autres Philosophes
pour prouver ce que nous avançons
"Eximianus" dans la Tourbe nous assure
que tout l'art consiste à mouiller le
Mercure, à noircir Saturne, à sécher Jupiter, et blanchir la
Lune, à pulvériser Vénus et Mars, et
à rougir le Soleil. Ce Philosophe dit encore
au même endroit, que la couleur noire
et les autres couleurs qui en sont des suites
durent quatre vint jours, que la blancheur
n'est parfaite qu'après *ix vingt jours, et que
la couleur rouge n'est passée qu'après
quatre vingt jours, ainsi le total des jours
est de deux cent quatre vingt jours qui est toute
la durée des régimes des couleurs. C'est
aussi le terme marqué par Mynsicht dans son
Testament. "Pythagore" dans la Tourbe confirme
encore les sept régimes, assurant que le volant
(ou le Mercure) domine trois parts ou trois régimes
et que le fixe (ou le soufre) domine quatre parts
ou quatre régimes. Le Philosophe "Isindrius"
dans le même livre assure qu'il y a deux digestions
l'une qui se fait dans l'estomac, qui n'est achevée
qu'après trois heures (ou trois régimes), elle est blanche
et orné. La seconde se fait au foie, elle est rouge
et n'est parfaite qu'après quatre heures, ou régimes,
et sachez ajoute ce Philosophe que deux cent
quatre vingt jours suffisent à la pierre pour être
parfaite. Ainsi on doit inférer de là que sept

@

69

régimes sont nécessaires, autant qu'il y a de planètes
et de métaux, en y comprenant le Mercure
et que deux cent quatre vingt jours suffisent
pour leur accomplissement, c'est-à-dire
quarante jours pour chaque régime.

Chap. XIX.
Du troisième régime qui est
celui de Jupiter.

Durant ce régime toutes sortes de couleurs
se font voir ce qui prouve clairement que le
Rebis ou nos confections ne sont pas assez
digérées, et que l'humidité d'où vient la
noirceur, la bleue et l'azurée, n'est qu'à demi
vaincu par la sécheresse, car quand elle dominera
tout sera blanc, il faut donc continuer
à laver le Leton, afin de le blanchir.
C'est là le serpent Python qui doit être
mis à mort par Apollon ou le blond soleil
c'est-à-dire par notre feu égal à celui du
Soleil en plein été.

C'est alors que les quatre éléments étant
premièrement convertis en eau dans le
premier régime, et en terre dans le second
qui est le noir très noir, ou la tête du Corbeau
il faut changer et le convertir en air, quand
tout sera blanc, et enfin quand tout sera un rouge
de pourpre. Il nous a fallu continuer un feu
égal jusqu'à présent afin que nos confections
puissent se dissoudre, se congeler, se blanchir
et se vivifier eux-mêmes. La couleur bleue et

@

70

azuré sont des premières couleurs qui nous
laissent voir l'humidité cédante un peu à la
chaleur et à la sécheresse. Ce régime doit durer
un mois Philosophique ou quarante jours.
C'est sur la fin de ce régime ou vers le
trentième qu'il faut augmenter la chaleur
de notre lampe, ou du bain, ou de quelque
autre manière qu'on ait commencé son feu.
Si on s'est servi du celui de la lampe on pourra
ajouter un fil à sa première mèche ou deux
si le coton est fors délié, ce qui sera suffisant
pour cette augmentation dont parle les
philosophes.

Chap. XX.
Du quatrième régime qui est
celui de la Lune.

Le régime de Jupiter étant accompli sur
la fin du troisième mois philosophique ou
après 120 jours, le signe du croissant se fera
voir, Rebis, ou la matière commencera
à blanchir tout alentour du vaisseau comme
un petit cercle capillaire, lorsque notre
Leton aura été lavé par le régime de
Jupiter, l'esprit qui fait cette lotion est
très blanc, mais le corps qui est lavé est
très noir, et auparavant que cette noirceur
ait passé à la blancheur, toutes les couleurs
qui sont entre le noir et le blanc ont paru,
et pour lors la matière blanchit peu à peu
et elle devient toute semblable à l'argent-vif

@

71

coulant; cette albification est plus difficile
que tout le reste, mais si une fois on en vient
à bout tout ira bien, car jusqu'ici on peut
faillir à tout moment, dans la suite il n'y a
plus rien à craindre, à moins dit Flamel de
rompre les vaisseaux.

Le régime de la Lune doit durer autant
que les autres. Tous les Philosophes conviennent
encore que la blancheur est parfaite en 150 jours
à conter depuis le commencement de la seconde
opération, mais avant qu'elle soit dans sa
perfection, le composé prendra mille formes
différentes. Car plusieurs couleurs très belles
paraîtront qui ne seront pas de longues
durées. Sur la fin de ce régime on verra
de petit grains très blancs et si menus qu'ils
ressembleront aux atomes du Soleil, et si
beaux que jamais hommes n'en a vu de semblables.
Flamel compare cette blancheur à l'éclat d'une
épée nue, et il assure qu'il doit arriver à un
brillant (aussi) grand que n'est celui de l'or même.

C'est alors la véritable teinture pour changer
les métaux imparfaits en argent très fin,
quoique cette médecine soit encore du dernier
degré et qu'elle ait bien peu de vertu et d'efficacité
par rapport à cette puissance qu'elle acquerra
si l'on réitère les opérations. Mais on doit
être très certain que si une fois on ouvre
l'oeuf philosophique pour tirer quelque
chose de la pierre au blanc, on ne pourra

@

72

plus la pousser plus loin, et arriver à la
teinture de l'or, il faudrait recommencer
tout de nouveau. C'est ainsi que Flamel nous
proteste qu'il fit, s'étant contenté pour la
première fois de la teinture au blanc, ce qui
lui donna les moyens et le courage de
retravailler sur nouveaux frais et d'arriver
ensuite à la teinture de l'or l'année suivante,
ayant commencé tout de nouveau les opérations.

Si l'artiste veut donc d'abord se contenter
de la pierre au blanc, il faudra pour
ce sujet la rafraîchir et prendre pour cet
effet une once de cette pierre au blanc
pour la joindre avec deux onces du Mercure
de la première préparation, c'est-à-dire des deux sels,
sels de Mars et de Vénus en égal poids,
mettre le tout dans un nouveau matras
ou oeuf philosophique qui ne soit pas aussi
grand que le premier d'une once ou ensuite
on commencera les mêmes régimes et le
même feu, cette opération ne durera au plus
qu'un mois philosophique. Toutes les couleurs
précédentes se feront voir chacun successivement
mais ne dureront pas beaucoup,
surtout il faudra bien observer si la
couleur noir très noir passe sur le septième
ou le huitième jour ensuite la couleur
blanche vers le quatorzième, ensuite l'orange

@

73

vers les vingt deux ou vingt quatrième jour.
ensuite le rouge très rouge sur la fin du
mois, tout étant achevé avec un feu fort
doux. On cassera le matras pour enlever de
la pierre au blanc ainsi préparé deux
onces, qu'on amalgamera avec une once
d'argent de coupelle en limaille, et ayant
joint ces choses ensembles, on les mettra
derechef dans un nouveau petit matras.
Il ne sera pas nécessaire qu'il soit si
grand que le précédent, quand il ne contiendra
que deux onces d'eau distillée cela sera suffisant
à cause que notre Mercure est sec et plus
pesant qu'il n'était au commencement,
on donnera le feu du dernier assaut durant
trois jours et trois nuits consécutifs, et
on aura une poudre de projection pour le
blanc qui aura puissance sur Saturne,
Jupiter, Vénus et le Mercure qui sera d'une
d'une grande vertu. Si on s'était servi du feu de
lampe qui est très vif et ***, il faudrait
dans cette dernière opération augmenter
les fils de la lampe du double, afin de
donner la dernière perfection à la pierre
au blanc pour pouvoir changer les métaux
imparfaits en argent très pur.

@

74

Chap. XXI.
Du cinquième régime
qui est celui de Vénus.

Ce qu'il y a de plus admirable en ce régime
c'est que la pierre pouvant communiquer
en l'état où elle est une teinture pour le blanc
très parfaite, veuille encore devenir une seconde
fois volatile, sans qu'on en sache au vrai la
raison ni qu'on y touche. Car si une fois
ou voulait l'ouvrir, pour en retirer quelque
chose ou pour changer la matière du vaisseau,
étant une fois refroidie, on ne pourrait plus
l'élever à un plus haut degré de perfection
par toutes sortes de moyens qu'on pourrait se
servir.

Dans ce régime on doit bien prendre garde
à conduire son feu et à le ménager, car s'il
était plus vif qu'il est nécessaire, la matière
se vitrifierait et s'attacherait aux cotés du matras
ce qui ferait perdre toutes les espérances à
l'artiste. Ce qui cependant est beaucoup à
craindre depuis le milieu du régime de la
Lune jusqu'au dixième de celui-ci. Il sera
pourtant à propos de l'augmenter au vingtième
de ce régime d'un ou de deux fils si on fait le
feu de lampe, afin que la chaleur extérieure
puisse aider le composé à se résoudre de soi-
même. Car avec l'aide du Seigneur il re**
un esprit qui le fera monter au haut du
vaisseau. Pour lors on verra paraître de

@

75

nouvelles couleurs, la verdeur de Vénus se
montrera et durera longtemps, car elle
ne disparaîtra qu'au bout de trois semaines,
ensuite la couleur azurée, et sur la fin
la couleur d'un pourpre obscur se fera
voir. Mais comme l'esprit en ce régime
est plus corporel qu'il n'était auparavant
pour parler le langage des Philosophes
il faut prendre garde de ne pas donner
le feu plus qu'il ne faut, car on le contraindrait
de monter au haut du vaisseau, sans qu'on
peut ensuite le faire descendre en bas, ce qui
gâterait tout.

Il faut avoir la même précaution dans le
régime de la Lune lorsque l'esprit aura
commencer à s'épaissir, et à se faire corps, pour
lors on le doit traiter doucement, de peur
que si on le faisait fuir au haut du vaisseau
tout ce qui resterait au fond ne fut brûlé, ce
que les Philosophes appellent brûler les fleurs
de l'or. Mais quand dans ce régime, tu verras
la verdeur de Vénus, soit assuré qu'elle enferme
et contient en soi la vertu de germer et de
multiplier. On doit seulement prendre garde
que cette verdeur ne se change en un vilain
noir par une trop grande chaleur, tout
ce régime sera d'un mois Philosophique
comme les autres.

@

76

Chap. XXII.
Du sixième régime qui est
celui de Mars.

La couleur dominante de ce régime
est un commencement d'orangé, mêlé et
lavé d'un brun tirant sur le jaune, il
fait encore parade de la couleur de gris
et de celle de la queue de paon dont les
philosophes parlent tant dans leurs ouvrages
dans ce régime. La matière se sèche de plus
en plus, et il semble que le composé prenne
plaisir à se déguiser en prenant diverses
formes. La couleur hyacinthe mêlé avec
tant soit peu d'orange se fera voir assez
souvent, on remarquera encore au fond du
vaisseau d'autres couleurs moyennes qui seront
calmes, car c'est alors que notre terre vierge
reçoit la dernière perfection, afin que le fruit
du soleil y soit semé et qu'il multiplie au
centuple. On a du entretenir un feu égal depuis
la dernière augmentation, c'est-à-dire depuis
le milieu du régime de Vénus, nous devons
encore l'augmenter, vers le 26. de ce régime
en ajoutant un fil à notre mèche, afin que
la couleur orangée puisse teindre de sa couleur
toute la matière.

@

77

Chap. XXIII.
Du septième régime qui est
celui du soleil.

Enfin nous voilà proche de notre terme.
Vous avez presque accompli le grand
oeuvre. Tout paraît dans l'oeuf philosophique
comme si tout était de l'or très fin, et le
lait de la Vierge ou notre mercure,
avec lequel vous faites imbibition et
abreuver la matière, devient fort orangé
parce qu'alors la sécheresse domine et
que le mercure et le soufre sont ***,
parce qu'alors la sécheresse dominera,
que le mercure et le soufre sont ***
***, et *** une même nature
qui est "L'Androgyne" des auteurs. Il y a
près de sept mois Philosophiques ou 280
jours que le composé se perfectionne dans
l'oeuf philosophique. Il faut redoubler
ici son attention, et considérer ce qui doit
arriver sur la fin de l'ouvrage. Premièrement
le corps *** a (s***airer), on verra d'autres
couleurs orangées, qui seront un peu teintes de
couleur bleu céleste, et quelquefois de pourpre
obscur, et après quatorze ou 15 jours, on
apercevra la matière toute humide,
et quoi qu'elle soit pesante elle s'élèvera au fait
du vaisseau, ce qui ne durera pas longtemps

@

78

Enfin vers le 26ème jour de ce régime elle
recommencera à se dessécher, et à se liquéfier
en devenant coulante, puis elle se congèlera
derechef et ensuite se liquéfiera cent fois le
jour jusqu'à ce qu'elle se grenaille, en sorte que
toute la matière paraîtra divisée à l'infini,
puis elle se réunira en une masse, et de jour
en jour elle prendra mille formes différentes
et tout cela durera 12 jours au plus. Ensuite
avec l'aide du Seigneur la matière deviendra
si lumineuse, qu'à peine on pourra se
l'imaginer. Quand on voit cette lumière
on doit bientôt attendre la fin de l'Oeuvre
parce que trois jours après que cette lumière
a paru la matière se divisera en petits grains
si menus qu'ils seront semblables aux atomes
du soleil, et la pierre sera alors d'un rouge
foncé qu'après d'être rouge elle paraîtra
noire, comme le sang caillé d'un homme bien
sain, en sorte qu'on ne pourrait jamais avoir exagérée
la science Philosophique pour donner
une telle Teinture à notre élixir, n'y ayant
rien sur terre qui lui soit comparable.

Notre pierre ainsi parfaite est une panacée
propre à guérir touts sortes de maladies, un
grain même servira à redonner la vigueur
de la plus florissante jeunesse. Cette médecine
agit et opère en peu de temps et agit longuement

@

79

On ne doit pas s'étonner des effets de notre
médecine puisque Basile Valentin et
Paracelse, fameux médecins, ont publié
pour la santé les effets des remèdes qu'ils
ont extraits des métaux et des minéraux
préférablement aux animaux et aux
végétaux, car sans parler de ce qu'ils nous
ont laissé sur Vénus, sur Mars, sur la
Lune, que n'ont il pas dit de l'or. Quelles
expériences n'ont ils pas fait pour porter
ce précieux métal, le plus compact des métaux
que les anciens ont appelé "fortitudo fortitudinis"
"fortissime". Ces habiles médecins chimistes
nous ont appris à le réduire en forme potable
ou en forme de poudre qui contient toutes
les vertus des autres métaux très (emina***)
afin de pouvoir guérir toutes les maladies
qui affligent le corps humain, et pour être
une colle pour joindre l'âme, l'esprit et
le corps de l'homme, et le conduire jusqu'à la
fin déterminée par son créateur, et réparer
en peu de temps les forces épuisées par le
travail, les plaisirs et par les ***, en ra******s
la nature, en la vivifiant, étant convertible
en la substance de l'homme, lors
qui le p***, (pris) par les aliments
sans déranger le moment de sa digestion,
qui au lieu ***.

@

80

Ceux qui combattent ces expériences
ne le font que par malignité et par
envie, ou par ignorance et par paresse.
Les premiers craignant de voir la primauté
Galénique anéantie ainsi que toutes
leurs formalités qui entretiennent les
maladies pour la ruine du genre humain,
non seulement ne veulent par se servir des
remèdes de prompt secours, mais ils décrient
et traitent d'imposteurs ceux qui
les débitent. Les derniers ne voulant pas
se donner la peine d'étudier la nature ni
les expériences sur la possibilité de la
science, s'arrêtent sur la pratique d'aujourd'hui
comme une voie plus courte et plus
facile. Voilà l'abus des médecins modernes
au préjudice du bien public.

Il faut encore avouer que la plupart
combattent les remèdes de prompt secours
que parce qu'ils ignorent d'où provient
la vertu qui guérit, que c'est le coeur qui
est le centre de l'animal, où est le principe
de vie, d'où sort cette vertu, et que cette poudre
ou cette liqueur s'étant porté par un véhicule
convenable dans l'estomac, que tout ****
que le feu (innée) qui get** a été le *** et
***, il renvoie du coeur, qui est le centre

@

81

qui répond à la circonférence, et aux parties
divisées et affligées cette vertu pour les rétablir,
et que c'est par ce moyen que la nature
répare promptement l'harmonie du corps
qui avait été interrompue.

Ainsi les remèdes tirées des métaux
sont bien d'une autre efficacité et bien plus
excellents, que ceux qui sont tirées des végétaux
et des animaux, à cause de leur vertu re******ines
et de (**ter**ves), lesquelles sont portées
jusqu'à la quatrième digestion, et qu'ils
pénètrent les parois les plus éloignées, et
toutes les coagulations contre nature qu'ils
y rencontrerait, et entraînent avec eux toutes
les roideurs qui se trouvent dans les pores
des viscères. C'est par là que ces excellents
spécifiques détruisent toutes les causent des
maladies.

Mais de combien de vertu et d'efficacité
doit être doué notre médecine qui renferme
les soufres et sels de Vénus, de Mars et de
l'or réunis ensemble, et préparées par toutes
les opérations chimiques qui sont requises,
dégagée de toutes leurs impuretés et sans ***
naturelles, et portée au dernier degré de perfection
durant le cour d'une année entière.
Rien aussi est comparable à notre élixir. C'est
un chef d'oeuvre de l'art et l'abrégé de ce qu'il
y a de plus merveilleux sur terre.

@

82

Chap. XXIV
Du rafraîchissement
de la pierre.

Il faut quelque chose de plus à notre
pierre pour être une semence ou une
médecine propre à ouvrir les métaux
pour corriger leur imperfection morbifique
et leur donner la perfection de la santé.
Ainsi quoi qu'on soit en possession du
soufre rouge incombustible, qui par soi-
même quelque degré de feu on puisse lui
donner ne peut aller plus loin, ni être plus
parfait. Cependant notre pierre par une
nouvelle fonte acquerra une vertu incomparablement
plus noble et plus excellente
pour pouvoir nettoyer les métaux imparfaits
de leurs souillures. C'est pourquoi on ne
doit pas s'imaginer qu'on soit arrivé
à la fin de ses travaux. On doit pour la
seconde fois recommencer la circulation
de la roue, pour parler le langage des
chimistes, c'est-à-dire recommencer tous
les régimes qu'on a déjà fait et voir passer
les mêmes couleurs, mais toute cette opération
ne durera qu'un mois au plus.

@

83

Pour cet effet il faudra prendre de
notre pierre une once, et le double ou deux
onces du mercure de la première préparation
savoir des deux sels de Mars et de Vénus
en égal poids, selon que Mynsicht nous a
enseigné à les préparer, après l'union de
ces choses, on mettra cette composition dans
un petit matras, ou oeuf philosophique, il ne
sera pas même nécessaire que l'oeuf soit
si grand que dans la seconde opération,
quand il ne contiendrait que trois onces d'eau
cela serait suffisant. On doit sceller le petit matras
hermétiquement, et on recommencera à faire
le feu de lampe ou d'un autre manière comme
auparavant, en l'augmentant après la noirceur
après la blancheur pour la seconde augmentation,
enfin pour la troisième fois lorsque
la couleur orangé paraîtra. Dans cette opération
le feu doit être fort doux à cause que
le composé est tendre et délicat, ainsi se sera
suffisant de commencer le feu de lampe par deux
fils seulement, et y ajouter à chaque augmentation
un fil seulement.

Chap. XXV.
De la fermentation de la pierre
avec l'or vulgaire ou de la multiplication.

C'est une chose constante et approuvée de tous
les Philosophes qu'il ne se peut avoir de vrai

@

84

teinture si la pierre n'est fermentée
avec l'or vulgaire, afin de pouvoir convertir
les métaux imparfaits en or très pur.
Pour ce sujet on doit prendre une once
de notre pierre lorsqu'elle est rafraîchie
et la jeter sur quatre onces d'or en fusion.
On devait auparavant avoir purifié l'or
en le sublimant avec l'antimoine, et
l'avoir réduit en limaille, ou en feuilles,
toutes les bonnes pharmacopées enseignent
comme on doit préparer l'or avec l'antimoine.
Mynsicht nous assure que la chaux de l'or
bien préparée par un menstrue qui ne soit
pas corrosif sera meilleure que tous autre
chose. De cette or ainsi préparé quatre once
et lorsqu'il sera en fusion on y jettera un
once de notre pierre, on les mêlera bien ensemble,
et toute la matière deviendra frangible.
Vous la pulvériserez ensuite grossièrement
et la mettrez dans un petit matras ou oeuf
Philosophique, lequel récipient sera encore
plus petit que le précédent, il suffira qu'il
tienne deux onces ou deux onces et demi d'eau
distillée, ce qui suffira pour donner lieu
à la circulation des matières. Il le faudra
bien le boucher hermétiquement et le placer
dans l'athanor, et lui donner le feu du dernier
assaut trois jours et trois nuits consécutifs.La
couleur noire sera passée le premier jour

@

85

la blancheur au second, et au troisième
la couleur rouge très rouge. c'est la
le soufre incombustible, le Leton des
philosophes, une médecine qui a une
puissance infinie pour donner la perfection
de la santé aux métaux imparfaits.

Pour expliquer ce que c'est que ce feu
du dernier assaut, que les Philosophes ont
cachées dans leurs écrits, cela doit dépendre
du feu qu'on aura choisi dans la seconde
opération. Pour nous qui avons jugé
la plus convenable pour faire le grand Oeuvre
de nous servir du feu de lampe, que nous
avons augmenté en trois régimes différents
d'un ou de deux fils, à chaque fois selon la
grosseur de son coton, car c'est la prudence
de l'artiste d'éprouver les degrés de la
chaleur de son feu. C'est-à-dire avant que de
placer l'oeuf philosophique sur les cendres,
ce que les philosophes ont entendu par le
creux du chêne, on doit tester dis-je avec
la main si la chaleur des cendres n'excédera
pas celle de la fièvre, ou de la chaleur du
soleil en plein midi d'été, et de la proportionner
sur les règles infaillibles, il faut même
remarquer qu'on doit enfermer l'oeuf philosophique
dans les cendres, jusqu'à la superficie

@

86

de la matière. Ce qu'on aura dû pratiquer
au commencement de la seconde opération
et quand on a rafraîchit la pierre [ce que
nous avons oublié de dire] ainsi pour faire
le feu du dernier assaut, il faudra l'augmenter
d'un tiers. C'est-à-dire si notre mèche était de
huit fils, alors on en ajoutera encore quatre,
et s'il y en avait dix, on y en ajouterait
encore cinq pour faire la fin du feu du dernier
assaut.

Si on avait une tour tout joignant
l'Athanor, comme plusieurs Philosophes
nous l'ont laissé par écrit, entre les autres
Philosophes, et comme il y en a d'imprimé
dans la Chymie de Lemery, et la Pharmacopée
de Charas, on pourrait alors s'en servir
facilement pendant cette dernière opération
qui doit durer trois jours et trois nuits consécutifs
en mettant dans la tour du charbon bien
(et ce feu durera trois jours)
allumé et continuel, afin de communiquer
une bonne chaleur à l'athanor, car il
faut que les matières qui sont plus corporelles
suent alors, s'altèrent, et s'unissent pour ne faire
plus qu'un composé, et par ce moyen donner
la perfection à notre élixir, afin qu'il ait
la vertu de changer les métaux imparfaits
en or très fin.

@

87

Chap. XXVI.
Quelle manière on doit faire
la projection sur les métaux imparfaits.

Prenez de notre pierre ainsi parfaite
et en jetez une once sur vingt cinq onces d'argent
ou de cuivre fondus et bien purifiées, ou bien
sur dix huit marcs de plomb, ou d'étain, ou
bien sur quinze marcs de mercure coulant,
réchauffer dans un creuset, en sorte qu'il p***
ou qu'il soit congelé avec du plomb, mais
auparavant il faut qu'ils soient bien fondus et
chauffés ensembles, et peu de temps après vous
verrez votre matière couverte d'une écume
bien épaisse qu'il faudra ôter avec un morceau
de chapeau, et lorsqu'il sera arrivé un grand
bruit, qu'il semblera que le creuset ait ***,
vous verserez votre matière dans un autre
creuset que vous ferez refondre en augmentant
le feu, et vous trouverez la matière changée
en un or très fin. Il est surtout nécessaire
de faire la projection que peu à peu, jusqu'à
ce qu'on voit que la pierre ne puisse
plus teindre de métal. Si la projection
ne se fait pas sur le mercure, il se fera
une perte notable de la matière à cause
des scories, et des excréments qui sont

@

88

dans les métaux imparfaits. C'est pourquoi
plus les métaux seront purifiés avant
que de faite la projection sur eux, moins
il y aura de déchet dans leurs transmutations.

Mais si on n'avait pas gardé la juste
proportion requise, la matière ne serait
pas changée de la première couleur, pour
remédier à cet accident, on n'aurait qu'à
la faire passer par la coupelle, et trois
heures après tout ce qui ne serait pas parfait
pour avoir manqué d'y mettre le poids nécessaire
sera consommé par le feu et le reste
demeurera sur la coupelle qui sera un or très
pur. Laquelle encore vous pourrez passer par
le ciment royal pendant six heures
entiers, et vous aurez alors tout l'or qui aura
été convertie par la poudre de projection.

Chap. XXVII.
La manière d'user de la
médecine universelle, et conserver
la santé.

On doit pour se servir avantageusement
de la pierre en prendre un grain après
qu'elle est faite, c'est-à-dire avant sa multiplication,
et la dissoudre dans du bon vin blanc

@

89

en un vaisseau d'argent ou de faïence, et
le vin sera teint de la couleur de citron,
qu'il faudra faire prendre au malade
sur le mi nuit, et il sera guéri en peu de
temps, par des sueurs qui ne l'affaibliront
pas, ou bien le remède opérera par une
insensible transpiration, si la maladie
durait depuis un an il en faudra donner
douze jours de suite, mais si la maladie
durait depuis plusieurs années, il sera nécessaire
que le patient en prenne un mois
durant et à la même heure, en un mot
le remède *** consomme et guérit
toutes sortes de maladies, et pénètre jusqu'à
la moelle des os pour en faire sortir toute
sorte de malignité, afin de redonner une parfaite
santé.

Quant à la conservation de la santé
il serait à propos d'en prendre tous les
mois, ou au moins au commencement
du printemps et à l'automne, et par ce
moyen on pourrait se conserver longtemps
en santé jusqu'au temps marqué par le
Créateur. Tous les Philosophes ont attribué
les admirables effets de notre élixir à
cause de la surabondante perfection qu'il
a acquis par notre travail, secondé de la

@

90

bénédiction de Dieu afin que par son
moyen les pauvres et les malheureux
soient soulagés dans leurs besoins et
infirmités. Celui qui sera en possession
d'un si grand don, doit servir Dieu toute
sa vie et travailler pour le bien public,
car ce serait une chose ridicule et extravagante
de voir *** qui aurait en sa puissance un
si grand trésor, par la pure libéralité
du créateur de tout l'univers, rechercher
l'éclat des dignités et grandeurs mondaines.
Il aurait encore tout à craindre ***
que ces mêmes richesses lui procurassent
des ce monde des supplices honteux et
dans l'autre des châtiments éternels, comme
l'assure Mynsicht dans son Testament,
"Sic prauo à prauis, si contemeretur abusu,"
"aeterno ingratos cruciandos deuouet Orco"

@

91

Aureum Seculum Rediuiuum

Quaesiui, inueni, purgaui saepius, atque
Coniunxi, maturaui, Tinctura secuta est
Aurea, quae mundi centrum (nunc) dicitur, Inde
Tot sensus, tot scripta virûm, variaque figurae.
Omnibus ingenuè fateor, Medicina Metallis
Infirmisque simul. punctum Diuinitùs ortum.

pict


+@
@

92

Testamentum Hadrianeum
Mynsictum de aureo Philo
sophorum Lapide.

Thesaurum tibi, Lector, habes, quem numine dextro
Curis inuentum sumptúque ingentibus vsû,
Si placet esse tuum, non inuidus annuit ille,
Ille Dei dono nobis largitor Apollo.
Ingenuis mea pando viris, quae voce rogantûm
Communi pro ducta bono, quid ganniat ore
Zoilus, insano corrodens quidlibet ausû,
Haud ego sollicitus; Sensori sufficit aequo,
Qui sapit, hunc nostrum non displicuisse laborem.
Carpere, quorumuis; laudata imitarier acta,
Paucorum est, finxit quos de meliore metallo
Iupiter, et curuum iussit discernere recto.
His mea iudicibus subiecta haec omnia, quaeque; his
Alta magis Deus Auriflui mysteria fontis
Nôsse dedit, naturae aditûs referando latentes.
Quos penetrare cuj licitum (Diuae vnius vni
Sed licitum Sophies soboli, licèt auspice certo,
Auspice supremi diuino munere patris)
Hunc radiante beat felix sapientia vultu,
Huic assurgit honos, hunc diuite copia cornu
Regificas superare facit quâm vberrima gazas.

@

93

Prodidit ante annos haec ficto nomine paucos
Ille mei interpres genij genuinus, in auras
"Aurea" producens "Rediuiui" tempora "Saecli",
Ille inquam, "hinricus" verso "Madathanus" amictu;
Quem se dum captans ventosae encomia laudis
Nescio quis vanâ mentitur fronte Batillus,
Ecce capi indignum justè indignatus honorem
Prouidus ipse suo, spem praeter, Apollo clienti,
Detecto Authori sua nomine reddidit, istis
Ne deîn se iactet fallax cornicula plumis.
His adeò illa mei folijs contenta libelli
Clariùs ingrato mysteria pandere mundo
Propositi haud nostri fuit hactenus; vnio porcis
Nec debetur enim canibus, nec sacra profanis:
Patri orbis tamen eximiae, natisque sophorûm
Ingenuis concessa mihi inuidisse talenta
Ne videar soli tantùm, nec natus et illis:
En tibi, progenies coeli, quae Nuncius olim
Rettulit ille meus, peregrinâ veste reuinctus,
Ipse ego, detracto (superi quod velle videntur)
Schemate, cuncta lubens praesenti publico dextrâ.
Publico sed tabulis Testamentalibus, illâ,
Quâ par est, forma solemni. Tu omnibus, haeres
Quae lego monumenta, mei tibi pectoris, almi
Numinis in laudem, ceu fas, mente vtere gratâ.
Ergo sua vt constet perfectio Testamento,
Quae testor, mecum confirmant ritè vocati


@

94

Septem, affigentes signacla hermetica Testes,
Saturnus senior, Phoebus, Cyllenius ales,
Iupiter ille bonus, Mauors, Dea Cypria, Luna.
Additus his cunctorum hermes pater ille Sophorû
Scriba requisitus, conceptis omnia verbis
Connotat, et fidâ custos asseruat in arcâ.
His vero haud quaquam fas est absentibus vlli
Pro libitu fractis conclusa recludere signis.
Haud est; sed cunctis totum praesentibus illis
Ceu debet institui, sic fas absoluier actum.
Irrita sunt etenim, sunt cassa vigore; vel vnus
Hoc Testamento si desit Testis aperto.
Quanta sed hic lateat, quàm fundo diuite gasa,
Quae legata tuis committitur vsibus, Haeres,
Ipsa, resignatis Testamentalibus hisce,
Solemni patefacta modo contenta docebunt.
Illius intereà, dum clausum hermetica seruant
Scrinia, secreto solis sed habenda sub usu
Vobis, ô Diuae Sophies veneranda propago,
Dij quibus illustres arcano lumine mentes
Largiti, arcanis veri penetralibus aptas.
Vestro haec Nostra bono prostant; vulgaribus illis
Ignota ingenijs, nec prodita; quamlibet ausu
Saepè arrepta sibi temeraria lingua proteruo
Delambens, tali censuram eructet ab ore,
Quali, pana inter cùm quondam et Apollina judex
Ridendas asini meritus Mida Regulus aures.

@

95

Scilicet iste, suis nisi respondentia factis,
Et cerebro cognata suo, nihil approbat vnquam:
Grex hominum arcanis indigni talibus, almi
Numinis indultu, precibus quae industria multis
Obtinet, ingenti non delassata labore,
Fracta nec inuidiae telis, nec morsibus hydrae.
O mihi cum variâ luctanti saepè Chymaera,
Dum me Diua suam deducit Pallas ad arcem,
Quot Liuor technas, quas dira calumnia fraudes
Obijcit! à coeptis retractet ut improba sacris.
Vincit amor veri tamen, alma Scientia vincit,
0 mihi prae innumeris electa Scientia nummis.
Et cur non ? cunctis cùm sit praestantior, vllâ
Quos vnquam tenuit Rex vel ditissimus arcâ.
Magnae olim Salomonis opes, opulentia Croesi
Magna fuit, magnos auri possedit aceruos
Semivir Assyriâ Rex Sardanapalus in aulâ,
Magnos magni alij Reges tenuére Ducésque
Thesauros; tantum sed praestat hic omnibus unus,
Stagnanti quantum scaturigo viua paludi.
Haec ergo Auriflui quisquis tibi flumina fontis
Ebullire cupis, sacrosque haurire perennis
Ambrosiae latices, misso, cuj stultus inhaeret,
Viscere naturae vegetabilis, aut animalis,
Missâ multiplici variarum indagine rerum,

@

96

Quae dum naturis incumbit vana remotis,
Séque ipsámque artem nigris obnubilat vmbris;
Nuda haec nostra tene: minerales excute venas,
Erue, quae gremio tibi fert natura propinquo.
Hîc illam inuenies, quae nostri est vnica tantùm
Materies lapidis, tantorum prima bonorum
(Aspectu quamvis externo vilis) origo.
Hic fons ille sacer, Lympha haec benedicta sophorû,
Mercuriale dedus, flos auri fertilis, vnus
Nobilium Thalamus sponsorum, et nobile semen.
Sic rerum una fuit, quas condidit alma Iehovae
Dextera materies, vnum chaos, omnibus unum
Principium, vnde Dei virtute exire supremi
Iussae res omnes, totus quas continet orbis.
Noster er à simili massâ lapis exijt vnâ,
Massa compactâ, confusâ, quatuor illa
Quâ contenta latent naturae elementa creatae
Semina, maternâ tandem quâ nascitur alvo
Nobilis ille almae naturae partus et artis.
Vna eadem ut lapis nostri, sic mater et ipsa
Prima metallorum, quae sciti cunque necesse est,
Formarum ipsa capax, species queijs visitur omnis
Eductis quotquot gremio telluris ab imo
Ille Planetarum septenus praesidet ordo.
Ecce sed has omnes, his fortior omnibus unus,
Si qua metallorum formis soluenda per artem
Congenitis, primaeque suae reddenda subinde
Materiae, virtute regit lapis ille Magister,

@

97

Perfectam imperfecta jubens assumere formam.
Vnus id ille potest, non ulli imitabile rerum
Quae subjecta polis; vni ceu propria virtus
Magneti ferrum trahere, aut se jungere ferro.
Hinc Medico perfectus honos, hoc pendet ab vno
Claue magisterium, nostri diadema Theatri,
Claros artifici pariens ars celsa Triumphos!
Hos igitur quicunque cupis, contentus jnhaere
Materiae, quam dixi, uni, nil ista moratus,
Quae variis descripta libris tibi plurimus offert
Philosophus, varias perquirens materiarum
Cisternas steriles, veróque à fonte remotas.
Vna est, vna manet Secreti janua nostri:
Quaere hanc, invenies quaerendo ritè, quod optas.
Qualis at haec, inquis, quibus inuenienda sub astris
Materia, et quonam signanda est nomine tandem;
Esse metallorum, jam dictum est antea, matrem,
Cum mineris quaecunque suis terra exhibet usquam.
Concipit haec, nutrit, minerali enititur alvo,
Denique maturum fecêre ubi tempora partum.
Addo, quod ipsa hominum generet, generata subinde
Nutriat et firmis sustentet corpora membris,
Hermaphrodita potens, sub corpore scilicet uno
Foemina Másque ferens bissexas semine vires.
Astra huic effigiem, vires elementa ministrant,
Déque suo reliquam fingit vis terrea formam.
Non haec Hispano sub coelo, aut montibus indis;
Non Italo quaerenda solo, Libycisque sub astris;
Nostrâ profertur, nostrâ tellure uidetur

@

98

Quotidiè, res communi communis in usu,
Saepe et per vicos puerili exercita: lusu,
Res parui aestimij, vim quippe ignota latentem,
Noscere quam paucis concessum munere Diuûm.
Et meritò : Manibus quod enim romphaea furentû,
Nobiléque immani quod cornu Rhinoceroti:
Hoc ea praestet idem, quantumuis optima per se,
Vesani insanum si vulgi prostet ad vsum:
Pejor tantò etiam turbis toto orbe ciendis,
Imáque supremis miscendo et sacra prophanis,
Quantò nobilior rebus res unica cunctis.
Sed quidnam haec tandem dicam. Substantia salsa est.
Esta qua sicca, est spiritibus dilecta aqua cunctis,
Ignitum est oleum, vi non combustile faeuâ
Vulcani, irato quemcunque ore euomat ignem,
Est referans conclusa, sibi et conformia reddens
Omnia, naturae clauis miranda latentis.
Crudâ haec sese offert facie, membrísque videndam
Impuris, cum prima suo procedit ab ortu:
Vires ipsa tamen tali edit corpores tales;
Corruptum emendat ventrem, laesa jlia fanat;
Puram restituit, pulsâ putredine, carnem,
Omnem inimica fugat male gratam naribus auram:
Communis Medicina omni, seu rebus abundet,
Paupere siue inopem toleret sub culmine vitam.
Hinc de se titulis auditur talibus ipsa:
Sum Lapis, jmperij regum moderamen, egenae

@

99

Solamen uitae, parili quem diues egénsque
Iure tenet, sum ludus ego puerilis, opúsque
Foemineum, saepe abjecta contemptior algâ,
Pes quam per luteos inuoluit stercore vicos;
Me Regem agnoscit tamen, et mea pronus adorat
Sceptra metallorum Synodi septemplicis ordo.
Hanc ergo ignotam mundo, mersamq; tenebris
Hactenus, incultam, sterilem, et sine honore jacentem,
Aspirante Deo, nostri illustrabit abundè
Lux Testamenti, fructúsque ostendet amoenos.
Cuius vt indigitem proprium tibi denique nomen,
Scito, quòd antiqui facie sit filia vatis
Calchantis, Miluy simul orta rapacis in ortu,
Ortu cujus ego, chymicâ quoque natus in arte,
Tempore quo moechum cepit cum conjuge Martem
Mulciber ignipotens, Dijs exhibuítque videndos.
Tu si hujus nostrae roseúmque grauémque cruorem
Virginis, humorémque potes si demere siccum
Alitis et niueum, tibi regis parta corona est;
Candida nam croceos circumfluit vnda vitellos.
Sed quorsum: exposuisse sat hic, quae nostra sit illa
Materia, ingenuum quod nomen praeferat, et queîs
Inquirenda locis. Tu vana sophismata deinceps
Linque per anfractûs te seducentia curuos,
Herbarum omne genus fas missum, animalia linque
Corpora, dum lapidem cura est tibi quaerere nostrum,

@

100

Nil caro, nil sanguis, quaeque excernuntur ab illis
Menstrua, sperma, hominum genitalibus edita uasis,
Stercoráque urinaeque dabunt : nil crinibus, ouis,
Nílque secundinis, uiridíue inueneris herbâ.
Sementi fructus respondet scilicet ; atque hinc
Stercoreum inueniet, qui stercora seminat, agrum.
Nec minus incassum sudabit, quis quis in Auro
Quaerit et argento, sit purior illa necesse est,
Sit digesta magis vulgari materia auro
Argentôue, sua quae vi penetrare metalla
Possit, in Argentum mutans quaecunque vel Aurum,
Nil opus ingreditur nostrum vulgare; Sophorum
Solo ex Mercurio trahitur, quo tingimus, et quod
Perficit imperfecta. Hoc est punctum, hoc medium.
Naturae, impurum à puro quod segregat hoc est, (illud)
Cui, licet extracto ''nullis'' nullâ arte metallis,
Seu perfecta, vices admittere nescia, siue
Imperfecta scient [vitali quippe alimento
Quae cassa omninò et genitali semine vitae,
Nullum ex se similem sibi possunt gignere foetum.
Quid? quòd et impuris sint plena illa omnia morbis
Imperfecta, suae mediorum hinc indiga curae
Ex alio, in proprijs quae uirtus denegat absens)
Vis uni tamen omnis inest, quamcumque metalla,
Quam minerae et natura tenet vegetabilis, immò et

@

101

Quâ superi pollent septem virtute Dynastae,
Praeualet, humanos miréque operatur in artûs.
En tibi materiam, proles Phoebeja nostram
Aetherei Lapidis. Tu dehinc, dum quaeris eandem,
Fac tibi sint viridis vestigia nota Leonis.
Sed notâ ablatâque tuis IOVA auspice, tandem
Materiâ manibus, quid agendum; disce deinceps,
Optatam vt liceat voti contingere metam.
Cernere ab impuro purum sapientia prima est.
Non nifi perpurgata probè crassisque soluta
Materia à membris; ac sublimata decenter,
Tingendi medium fiet, subtilia tantùm
Visceribus naturae imis queîs spiritus exit,
Exserere hasce valent penetrando corpora vires:
Perfecto hoc, ex purgatâ pòst elice prudens
Materiâ contenta duo, Sal, Mercuriali
Nomine Philosophis insigne, oleíque deinde
Sub formâ Sulphur rubicundum et pondere plenum.
In Sale cuncta latent arcana : hoc soluere quisquis
Nouerit, arcani penetrabit in intima Templi,
Haec Aquila illa alba est rubeo cognata Leoni:
Hic sponsus Niueo et Rubeo pulcherrimus ore,
Millenos inter multos lectissimus, auro
Cui caput è puro.
Scire sed ex vsu hîc, non tortu~ Aquilae illius Albae
Sumendum corpus ; sed corporei intima succi,
Crystallos, inquam, niueo candore nitentes:
Sic neque tota tibi Rubei capienda Leonis

@

102

Membra ; sed interior rubicundi sanguinis humor
Purgatum impuro nimirum Sulphur ab omni.
Praecipuus labor hic, pretijque industria magni,
Quâ nisi tu utatis bene, et interiora recludas
Viscera, nil Sulphur, nec Sal tibi proderit vnquam.
Ex sale Mercurius [Lac virginis illud, et illa
Philosophae Nix alba scholae] procedat, hic vnus
Ianitor est Sophiae et totius clauiger artis.
De Rubeo atque Albo haec, quali elicienda labore,
Sufficiant; sequitur, quâ sint ratione deinceps
Conjungenda, sacram quò perficiantur ad artem.
Auspicijs igitur Diuinis quisquis eò usque
Progressus, plenè vt purgatum cum sale sulphur
Obtineat, porrò coniungere pergat utrumque.
Philosophûm iuxta pondus, natura quod ipsa,
Quantum opus est retinens, digito velut indice monstrat,
Hinc obsignatis signaculo Hermetico ijsdem
Conueniente gradu moderatum adhibeto calorem,
Quali suppositis, pullorum auida, incubat ouis
Gallina, aut foetus maternâ crescit in aluo.
Vanus enim labor omnis erit, frustranea cura,
Subiectum prudente manu, nî rexeris ignem.
Sic thalamo junctis clauso Niueâ Rubeoque
Conjugibus, superûm prece adora supplice Numen,
Permixtum hoc opere ut videas cum uxore maritum.
Tempore et ecce breui mistis, spectabis, in unum

@

103

Binis, Aethiopem nigrum et corui caput atri!
Haec studio inprimis summo tibi scito cauendum,
Ianua ne vitrei referetur clausa cubicli,
Perfectum induerint donec conclusa Ruborem,
Facta sui similem generare aptissima foetum.
Hinc dormitantis ne interpelletur amicae
Coepta quies, priùs et tactum ne sentiat, ipsi
Quam fuerit libitum, prohibet Rex ille sophorum.
Illa inclusa suo, mox angustáta vase,
Mittere sudorem incipiunt, subtilia in altum
Surgere, quóve magis rectore coquantur ab igne,
Spirituum fit majus, eò fit fortius agmen.
Hortus es, [illa eadem sapientia Regia cantat]
Hortus conclusus, fons obsignatus, amoeni
Flos horti, Fontis scaturigo viua fluentis
De Libano, Surge ô Aquilo, túque insimul auster,
Surge, hortum perfla, rorent ut aromata, nostrum.
Ecce mei vox dulcis adest venientis amici,
Montibus ecce salit, subsultat collibus ille,
Capreoli similis venientis ab ubere matris,
Mirus enim vitro iunctorum motus, in altum
Jam surgunt, fundo jam mersa uidentur in imo,
Saepè resoluuntur, coëunt saepè, ipsáque (sese)
Mortificant, uitam reuocantque subinde fugatam,
Perfectum assumant, donec putrefacta nigrorem.
Primum opus hoc nostri lapidis, [corruptio quippé
Vnius alterius generatio] nascitur unde

@

104

Coruinum caput, Aethiopum Rex, caudáqne nigra,
Eclipsin Sole et Lunâ subeuntibus atram,
Nam simul ac ingressa fuit satis aucta nigredo,
Illa picem exsuperans omnémque nigredo nigrorem,
Materiae facta est, praegnatio vera, solutis
Corporibus, nigram genérante putredine terram,
Principium [quod gaude] operis. Nigra scilicet illa
Haec est, sed multùm formosa puella, sine alis
Est volitans niger ille albus [Nigredine namque hâc
Occultata Albedo latet purissima] coruus:
Vix aliud grauius, sed (nec) praestantius ullum est
Naturae genitricis opus. Tibi sit modò curae
Foemineae flos ille comae, pennaeque medulla
Coruinae, nimio ne comburantur ab igne.

Sic consummatâ Nigredine, fortior uno
Mulciber esto gradu, viridis successerit atro
Dum color, et viridi pauonis cauda colori,
Illa omnes referens, sunt quotquot in orbe colores:
Albedo hos sequitur, Vulcani tertiò adaucti
Viribus elicienda, gradusque subinde per omnes
Igne regenda, suam dum sublimetur ad ἀκμὸν;
Non quaeuis etenim, sed perfectissima tingit
Albedo, et radijs tinctum Lunaribus aequat,
Perfectum naturae Ouum parientis, ab igne
Praestans illaesum constanti albore metallorum.

@

105

Succedit tandem conclusa albore Rubedo,
Cunctorum Lapidis nostri vltimus ille colorum.
Suscepti colophon et meta optata laboris,
Si iusto directa modo Vulcania flamma
Diuinum perrexat opus feliciter, ergo
Philosophum prudens perge hîc moderarier ignem,
Perge augere gradu, subjectâ operosus arenâ,
Perge, citrum donec uideas flauescere fructu,
Tum porrò prudente tibi ratione regendus
Mulciber ille tuus : Rubeo pulcerrima uultu
Dum se, labe carens omni, Regina videndam
Offerat, aurorae similis, coelóque micanti:
Nec tamen hanc exire suo patiare cubili,
Cuius per nitidas tibi conspicienda fenestras,
Perfectum induerit nisi cum rubicunda ruborem.
Intereà nimio ne vitrificatus ab igne
Spem Lapis exustâ fallat virtute, cauendum,
Iustis decoctum gradibus ceu promouet ignis;
Sic opus immodico totum destruxerit aestu.

Hinc tandem, Ductore Deo, prodibit in auras
Confectus Lapis, omnigenae Rex ille medelae
Inuictis Panacaea potens virtutibus, unâ
Quâ non est toto Medicina salubrior orbe,
Pneumaticâ partes penetrans ui corporis omnes,
Sumpta vel unius saltem sub pondere grani.
Haec ceu fumus apes, prauos ita corpore pellit

@

106

Humores, morborum abigit genus omne, malique
Radice euulsâ penitus, meliora reponit:
Immò Aquilae in morem renouat seruátque virétem
Flore iuuentutem; casúque perire maligno
Non sinit, aetatem nisi pleno clauserit aeuo
Praefixa illa homini supremo à Numine mera.
[Mors communis enim, nec declinabilis vlli
Denique, mortali quisquis de semine cretus]
Hoc primaeuus Adam, prisci hoc medicamine patres
Longaeuam sani duxêre in saecula uitam.
Hoc sapientum aetas priscorum floruit, ipso hoc
Aeternum meruit penu cum diuite nomen.
Nullum huic quantumuis morbi incurabile monstrum,
Dirus siue hydrops fuerit, scabiésue leprosa,
Siue podagra pedum tortrix, manúumue chiragra,
Et quae plura aliis sunt desperata medelis
Tormenta illa hominum, mors viua cadaueris illa
Viui et spirantis; nullum insuperabile nostro
Stat Lapidi; invicto cuncta expugnantur ab uno.
Illa aliorum etiam quos tempore pharmaca longo
Vix curant, paucis hic aegros roborat horis.
0 donum Medicina ingens, cuj quicquid in orbe est,
Nil vsu tantum meret excellente trophaeum!
Sed sua ne impuris etiam incorrecta Metallis
Permaneat scabies leprosa ; exuta sed omni
Naturae vitio, summo afficiantur honore:
Pergendum vlteriùs, Lapidísque operatio nostri

@

107

Multiplicanda, nouas acquirat vt enthea vires.
Confectum ergo suae Lapidem rursum insere matri,
Qua natus, salibus duplicato nempe duobus
Mercuriali utero. Fontinae illi benedictae,
Justóque infertum sub pondere Philosophorum
Concludat repetita noui chrystallina coeli
Ianua, Spagyrico scitè obsignanda sigillo.
Sic Matri insertum, sic pellucente receptum
Conclaui, calefacta nouis noua balnea prunis
Denuò ritè coquant, dum per genus omne colorum
Ordine materies deducta [id mense vel vno
Absolues, denis quod vix perfeceris ante.]
Ex binis vnum progignat denuò corpus.
Huius eò fuerit virtus diuinior omni
Purgando impuro, tingendis atque meta!lis
Philosopho recoquatur idem quò saepius igne.
Quem si cui liceat toties iterare laborem,
Suppeditante Deo longaeuae secula vitae,
Impurum omne orbis vel granum tinxerit unum,
Purius ut puro splendescat protinus auro.
Fermentum superest, Tincturam illa ultima nostram
Particula ingrediens, penetrandi impura Metalli
Certa uiam indigitans fixato Adriadna tenore,
Liber ut impuro labyrinthi, carcere Theseus
Fulgentem Regis mereatur ferre coronam.
Haec ratione igitur fit fermentatio tali:
Purgati sublimè auri tenuissima fiat

@

108

Lamina, quam Lapidi thalamo Vulcanus in uno
Leniter associet, post aucto fortior igne
Tres cojtum noctes totidémque liquentia cogat
Continuare dies: Sic spititualibus aurum
Dotibus ornatum subtili cuncta vigore,
Obuia quae fuerint impura metalla, penetrat.
Nil operatur enim Lapis, et nil tinxerit unquam,
Coniuncto fuerit nisi fermentatus ab auro.
Consimili gaudet sibi, quo bene consociato,
Ingreditur corpus tinctura, suisque solutum
Sordibus impurum puro producit amictu.
Sic fermentati Lapidis, sic ritè parati
Diuinum hunc tandem tingendi inueneris usum;
Vna in millenas sumatur portio partes;
Immò vel innumeras, prout multiplicata coquendo
Tinctura, ignitis fluxu miscenda metallis;
Partus et ecce nouus pretioso nobilis auro!
Affectu unum aliud comprendit quippe lubenti
Corpus, dissimili natum quantumlibet ortu.
Alterum in alterjus transit, uirtute coactum,
Naturam: hinc simile à simili natum exit in orbem.
Hoc Fermenti igitur bene qui medio utitur, omnis
Huic detecta patet fixatio, ea unica, quâ non
Res omnes inter subtilior vlla creatas: (MVNDI)
Hoc granum fondi est, quod Centrum nobile ''Mundi''
Hujus qui factus compos, grato ore IEHOVAM

@

109

Laudibus extollat, tanti qui muneris author,
Paupertas quod dira fugit, quod morbus, et atra
Tristitia; unde fluit largis sapientia riuis.
Tantum nempe bonum est tinctura haec nostra per omnem,
Cui paribus nihil aequipares uirtutibus, orbem.
Aureus hic imber Jouis est: hic spiritus ille,
Conseruatricem mundi quo condidit arcam
Noah visitator: quo templum et fulgida Templi
Vasa dedit Salomon, toto celeberrima mundo.
Hic est, quo Templi protypon construxerat ante
Moses, et multo radiantem erexerat auro.
Hic est, collapsam patriae quo restituit rem,
Firmauítque suis renouatam legibus Esdras.
Hic est, spiritibus qui praeualet omnibus unus.
Cunctarum quotquot gignuntur viscere rerum.
Fortunae dator ille bonae virtutis, ''es'' honoris,
Pauperie penitus destructae et mole malorum,
Omnia cum dulcî largitur caetera pace.
Vtque ad uota bonis bona, dat quaecumque, paratum
Et dedus, et longae felicia Tempora vitae;
Sic prauo à prauis si contemeretur abusu,
Aeterno ingratos cruciandos deuouet Orco.
His conclusa metris Lapidis Mysteria sacri,
Candide Lector, habe, Testamentumque Hadrianum:

@

110

Quod cuius coeptum conscribi nomine, sancto
Nomine nempe Dej, clausum hoc solenniter esto.
Huic, coeli superos qui Rex altissimus orbes,
Quicquid et his tectum, moderamine dirigit almo,
Huic artis largitori tam nobilis, et quae
Gens hominum bonacunque tenet, Iouae omnipotenti
Sit laus, sit cunctis saeclorum gloria saeclis.

Finis.

+@
@

111

Unicornu Minerale

Haec arcana gloriosa propter indignos
et ingratos mundi filios, erat abscondenda
et tenebris inuoluenda: ne Spagyricae gem
mae viderentur suibus proiectae. Ego tamen
hoc secretum ex christianae dilectionis affectu,
et almi numinis impulsu, volui facere
publicum, et inter alia mysteria, quae vel
ex lumine naturae, et gratiae inquisita accepi,
vel scrutinio propriae experientiae inueni,
vel beneuolentia eximiorum Spagyricor
um artificum, sagaciumque rerum
scrutatorum mihi reuelauit, doctrinae et
sapientiae filiis communicare gratis. Pono
autem extra omne dubium, quin hoc salutare et
coesleste praesidium sint accepturi fronte hilari,
prolubióque grati animi, erga Deum in
laudem et gratianum actionem deuoti.

Rx. Vitriolum natiuum viride, et
solis Philosophis notum, vel in huius def
ectu, Vitrioli Veneris crystallos optimè
purgatos, sublimè mundificatos, et omnis
terrestreitatis immunes; immitte validae et
bene munitae retortae et secundùm gradus

@

112

fortiter opus urge, quoad sub rubri particeps
fias olei quod bene adserua, cuius usum postea
declarabo.

Rx. Deinde caput mortuum in fundo
Cornutae relictum, menstruum appropriatum
suffunde, et in frigido loco repone, tunc
concrescent de vitrioli naturâ et sapore crys
talli. Calcina caput mortuum secundâ uice,
et ut suprà notatum est, procede, mox
iterum eiusdem ferè generis adhuc prodibùt
crystalli; sed huic Mysterio minimè
utiles. Laborem huiusmodi toties et tandiu
itera, usque dum nulla appareat Vitrioli
olentia; atque tum demum caput mort
uum, quàm fortissimè, sed philosophica
calcina, et extrahe sal pulchrum, et gustu
amabile, quod itidem spe subsecuturae
doctrinae retine, dictíque istius (interim) recordare:
Visiteris interiora terrae rectificando,
et inuenietis occultum lapidem, veram Medicinam.

Rx. Postmodum antè dictum oleum,
et affundendo aquam, in illo solue Martis
limaturam, et vitriolum ipsius praepara,
illùdque in pluuiali distillata aquâ dissolue,

@

113

vt inde crystalli prodeant; quem laborem
toties resume, donec purum ab impuro, et
in fine caliginis peplo crystalli appareant
clari et pellucidi. Ex his crystallis Martis
denuò priore modo, igne fortissimo rubicun
dissimum oleum distilla, et optimè rectifica,
ne ullum illi adhaereat phlegma: tunc habebis
rubri Leonis Sanguinem, uidelicet miner
alem, et una Martis (et/atque) Veneris Sulphur,
totalis uigoris, et a Vulcano captum juxta
illud.
Mulciberi, capti Mársque Venúsque Dolis.
Extrahe porrò ex capite mortuo sal
omni Martiali olentià uacuum, ad eundem
modum suprà in extractione salis Vitrioli
Veneris tibi ostensum. Ambo haec salia
in aequali pondere misce, uitreae tabulae
immitte, in hypogeo seu frigido loco repone,
séque in aquam Mercurialem resoluere
fine: Solutionem posteà recipe, unde
iterum prodibunt crystalli; et tunc habebis
duplicatum Mercurium, sal sapientiae et
naturae, et sal Philosophorum, sub quo
Mundi centrum latet absconditum. Et hunc

@

114

duplicatum Mercurium peplo obscuritatis
inuolutum, ante ine nemo Philosophorum
tam apertè quàm ego manifestauit, quam
uis obscurioribus quibusdam uerbis, quae
tamen uel minimo Philosophi intellectu
facillima sunt: Scrutinio igitur subtilium
cogitationum rem ulteriùs inquire,
et Mercurium hunc à Philosophis Rebis,
nuncupatum; tanquam terrestrem Thes
aurum, et secundùm Deum summae
et maximae scientiae experimentum, et
ad usum sequentem repone.

Rx. Mercurium jam dictum, et Sulphur
illud rubicundissimum; duo ista pro
Philosophici ponderis vigore, et magni
intellectus acumine conjunge, ita tamen,
ut Spagyrici uasis tres partes maneant
vacuae, quarta uero videatur adimpleta
esse; sigilla Hermeticè, et rege igne Philoso
phorum secundùm gradus in continuo
calore, quoad coaguletur in unam massam,
et induat Lapidis formam : Quem lapidem
confectum postea pro voluntatis tuae lubentià
in priorem fontinam poteris redigere,
eumque ''redere'' breui tempore nobiliorem

@

115

et illustriorem reddere; et ita magnum perfecisti
Mysterium: Videbis etiam ante coagulationem
rerum multarum admirabilem apparentiam,
et multiuarium colorem, quae omnia bene
considera, Deum honora, et proximo tuo commoda.

Est Medicina vniuersalis, et Thesaurus talis,
qui poterit omnes ferè morbos curare, quocunque
ueniunt nomine ''mercaturis'' omnibus et
singulis. unum, duo, vel plura huius arcani
grana, pro qualitate siue constitutione
patientis usurpata, totum corpus instar
fumi penetrant, malignam vitiositatem
(relegant, et meliorem naturae conformitatem)
subordinant, creaturam totam renouant,
et quasi de nouo, regenerant, et ita seruant
sartam tectam, citra accidentium morborum
grauedinem ullam, usque ad senectam, et uitae
metam ab altissimo Deo constitutam.

Haec etiam illustrissima medicina, cum
purissimo Philosophorum auro debitè
fermentata immunda Metalla innatâ
Leprâ depurgat, bonâ(que) puri et fixi auri
virtute fingit. Pro quo immenso et
ineffabili beneficio, omnisque doni et
sapientiae communicato aceruo, sit
(laus &) gloria (creatori summo qui est) in
excelsis Deo.

+@
@

116

Chap. XXVIII.
Abrégé de tout le
Magistère
avec le récit de quelques expériences
bien avérées.

Nous finirons ce traité en faisant un
précis de tout le magistère de Mynsicht
qui fera voir la conformité de ses principes
avec le "Rosaire" de Tolède, qui est un ouvrage
excellent et approuvé de ceux qui sont initiés
dans les mystères de l'Alchimie. Cet ouvrage
confirme que les corps n'ont point d'action
les uns sur les autres [par ce mot de corps les
chimistes entendent les métaux] ni les esprits
n'ont point aussi d'action sur d'autres esprits,
parce que la forme ne reçoit d'impression
d'une autre forme, ni la matière d'une autre
matière. Ainsi l'un n'agit pas sur l'autre
parce que une chose n'a pas puissance sur son
semblable. Toutefois les corps reçoivent altération
des esprits comme la matière de sa forme
ayant également action et passion l'un sur
l'autre. Le corps teint et l'esprit pénètre
mais le corps ne teint point, si auparavant
il n'est teint lui même, parce que une terre

@

117

épaisse n'a aucune entrée à cause de sa
grossièreté; mais c'est l'esprit subtil qui
teint et pénètre les métaux "Verum ***
"**************"
"**************"
"**************"
"**************"
"**************"
"*************************** tingit". Ainsi
pour que les corps soient teint et tingeant
il faut qu'ils soient sublimés et spiritualisés,
car il est écrit dans le livre intitulé Des
sept Chapitres, "que la pierre est cachée dans"
"les mines et au profond des métaux, sa"
"couleur la rend éclatante c'est une âme et"
"un esprit sublime". Mais elle n'est esprit et
éclatante que lorsque les minéraux et les
métaux qui en doivent être la matière soient
spiritualisés par les opérations de la science
chimique. C'est aussi ce que Mynsicht nous
a enseigné dans son Unicornu mineral
à tirer la racine de notre pierre du vitriol
vert naturel, que nous avons prouvé être le
vitriol Romain, afin d'en extraire un esprit
ou soufre ou un huile rouge, et de la tête
morte, un sel qui n'ait plus aucune saveur du

@

118

du vitriol de Vénus. De ce soufre de Vénus
on doit s'en servir pour tirer le Crocus Martis
et en former les cristaux du vitriol de
Mars qui donneront à la retorte une huile
ou un soufre d'un rouge foncé, sans lequel
dit "Philalèthe", le feu de la lampe ne peut
être allumé. De la tête morte on tirera un sel
avec les mêmes précautions qu'on aura fait
pour avoir celui du vitriol de Vénus. On
joindra ces deux sels en égal poids pour avoir
le double mercure des Philosophes dans sa
perfection, et mêlant le double de ce mercure
avec une partie de soufre très foncé ci-dessus
et mettant le tout dans un oeuf philosophique,
lequel on mettra dans l'athanor, et faisant
un feu continuel selon l'exigence de la matière
durant 280 jours, tous les régimes et les
couleurs étant finis, on doit avoir la médecine
universelle et la pierre au rouge, qui après
une seconde circulation, c'est-à-dire ayant
mêlé une once de cette pierre avec deux
onces des sels de la première préparation et
les ayant mis dans un nouveau matras,
lequel on placera dans l'athanor, sur un feu qui
lui soit convenable, les couleurs et l'opération
sera faite dans un mois au plus tard. Ensuite
de quoi on amalgamera notre pierre avec l'or
vulgaire après qu'il aura été préparé comme
nous l'avons dit, on mettra le tout dans un oeuf

@

119

philosophique, qu'on placera dans l'athanor
en donnant le feu du dernier assaut trois jours
et trois nuits consécutifs, et on aura alors
une pierre d'un mérite extraordinaire
qui teindra les métaux imparfaits à l'or fin.

Voilà cette pierre très parfaite qui
contient en soi la nature des choses minérales,
animales et végétables. Elle est encore appelée
triple ou trine-une parce qu'elle est composée
des trois substances, de corps, d'âme et d'esprit
et qu'elle a les trois couleurs, savoir le noir,
le blanc, et le rouge. Elle est encore appelée
une ou unique Mercure qui réunit en soi
très éminemment les qualités des quatre éléments
enfin elle est appelée le grain de froment lequel
s'il ne pourrit et ne meurt par les opérations
chimiques n'apporte aucun fruit.

Pour passer sous silence une infinité d'exemples
et d'expériences qui prouverait la certitude
de la science et la possibilité du parfait magistère
je ne rapporterai que deux auteurs célèbres
afin de ne pas trop grossir cet ouvrage. Le
premier est le Conte de Trévisan qui non
seulement a eu la science mais encore la pierre
en sa puissance et qui a connu en divers Royaumes
et des de**rope quinze personnes qui ont eut

@

120

le même avantage que lui, mais que leur
unique application était d'en dérober la connaissance
au reste des hommes. Le second
c'est le célèbre et fameux médecin Jean
Batiste Van Helmont qui avait toujours
combattu cette science, comme il l'avoue,
mais cependant en son livre touchant L'arbre
de vie il est forcé de confesser, "*******"
"********************"
"********************"
"********************"
"********************"
"********************"
"********************"
il assure dans un autre endroit que l'ami
qui lui donnait de cette poudre avait
bien pour transmuer deux cent mil livres pesant
en or très fin. Il ajoute encore plus bas
qu'avec un demi grain de cette poudre, il avait
transmué plus de neuf onces d'argent-vif en or
très pur, et il conclut toute cette narration
que la pierre des Philosophes est véritable
"Ergo lapis Philosophorum sit renera in natura".
On peut assurer que Van Helmont qui a été
un fameux médecin en son temps et très versé
en chimie, était très capable de connaître de la

@

121

vérité ou la fausseté de cette science, et
si l'or qu'il avait transmué était de la bonté
du minéral après avoir passé par toutes
les épreuves requises en cette occasion.

C'est sans doute de cet exemple de Van Helmont
que Gorge de Hornn, qui était *** du
même pays que le célèbre médecin et
qui a écrit peu de temps après lui veut parler
lorsqu'il dit que de son temps au village de He***
dans son pays on assurait qu'on y avait transmué
une grande quantité de Mercure avec
un seul grain de la poudre de projection
en or très fin "haec *******************""
"****************************************"
"****************************************"
"************ transmutasse". Ce même Gorge
dans la version latine qu'il a donné au public
l'an 1668 qui est la plus récente et la plus
correcte que nous ayons de Geber arabe, il rapporte
encore un autre fait dans la dissertation qu'il
a mit à la tête de son livre pour prouver la
vérité de la science du parfait magistère,
qu'il assure ne pouvoir révoquer en doute
qui se passa à un lieu nommé Haga par un
inconnu qui était vêtu à l'Hollandaise qui fut
trouver Fréderic Helvetius médecin fameux,

@

122

lui fit présent d'un peu de poudre de projection
de la grandeur d'un grain de millet avec
lequel ce médecin converti une demi once de
plomb en or très pur qu'on envoya éprouver
à la monnaie, et après toutes les épreuves la
matière au lieu de diminuer se trouva beaucoup
augmentée de poids. Cet auteur ajoute ensuite que
ceux qui niaient la transmutation des métaux
furent convaincus du contraire, puisqu'elle
était même connue et pratiquée de notre temps
"Ita **************************"
"******************************"
"****************** hoc tempore"
Et après avoir rapporté les noms des plus
célèbres *** qui ont possédé cette science
en Allemagne, conclut que si le public
n'est pas digne de connaître ceux qui possèdent
cette science et qui sont répandus en différents
états et Royaumes, c'est que l'avarice et la cruauté
des hommes envieux de leur bonheur veulent
attenter à leur vie et à leur liberté. Ainsi
ils doivent toujours se souvenir de cet important
conseil si nécessaire à leur salut.

Qui bene latun, bene vixit.

@

123

Enfin je prie ceux qui liront ce petit traité
de se souvenir que je n'ait parlé que de la médecine
qui est tirée des corps ou métaux qui est la manière
la plus naturelle, la plus simple et la plus
conforme aux opérations de la nature, car
quoique les Philosophes prétendent qu'on puisse
tirer l'élixir au blanc et au rouge des trois
Règnes savoir de minéral, du végétal, et de
l'animal "nam ex******************************"
"********** rubeum," toutefois il est bien plus
proche, plus facile comme plus naturel de le
tirer des métaux que de toute autre chose.
Les Philosophes qui ont écrit et travaillé sur
la médecine qui se fait avec le mercure vulgaire
conviennent également avec nous qu'elle est dans
les corps ou métaux comme dans le vif argent
"est autem *****************"
"***************************"
"***************************"
"***************************"
"****************** medicina". Ainsi étant assuré
de la matière de la pierre et de la préparation
conformément à ce que Mynsicht nous a laissé
dans ses excellents écrits et parce que nous en avons
dit des meilleures pharmacopées de notre temps
où on a porté les expériences chimiques à un
point qu'on ne peut assez admirer. C'est pourquoi
on peut travailler avec toute assurance sur cette

@

124

nouvelle méthode, et être plein de confiance
sous la conduite d'un guide si charitable qu'est
le célèbre Mynsicht qui a renfermé dans son
Labyrinthe tout le secret de l'art.

Je n'ait de plus rien à me reprocher. La sincérité
qui règne par tout mon ouvrage, l'attention
scrupuleuse que j'ai eu d'expliquer tout au long les
opérations. Le soin que j'ai pris d'éclaircir tous
les termes et les figures des Philosophes. Le bel ordre
que j'ai mis dans les régimes comme dans les
couleurs. Le temps préfixé que j'ai assigné pour
chaque opération, tout cela dis-je me doit mettre
à couvert de tous reproche; puisque tout ce que
j'ai avancé est autorisé des plus habiles alchimistes,
en sorte que le public ne m'a obligation que
de l'arrangement des matières, m'étant uniquement
étudié à parler qu'après ces grands hommes qui
nous ont laissé dans leurs écrits les merveilles
de la nature et de l'art qui s'aidant l'un l'autre
pour former cette pierre précieuse capable
d'enrichir des royaumes entiers. Mais sa composition
est tenue très secrète par les maîtres de l'art
"Hic **********************************"
"**************************************"
primaria" . Pour moi je ne crains point que les
curieux de cette science m*** de ***.

@

125

ou d'envie en leur cachant quelque chose de
l'art comme ont fait tous les autres Philosophes
qui se vantent faussement d'avoir tout révélé
excepté le secret de l'art, "Nil **************"
"***********************************************"
"***********************************************"
*********** secreti. J'espère de la faveur publique
que si les philosophes envieux me donnent
leur malédiction, les amateurs d'une si noble
science me combleront de bénédictions, puisque
voyant périr une infinité de personnes sur
cette mer orageuse faute de pilote, je leur ait
tendu les bras gracieusement pour les conduire
avec beaucoup de facilité au port d'une félicité
temporelle; afin que s'en servant pour l'utilité
publique et la gloire de Dieu, ils puissent se
ménager des biens qui n'auront point de fin
au séjour de la gloire.

@


Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.