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Réfer. : 1723 .
Auteur : Eireneus Philalethes.
Titre : La moelle de l'Alchimie.
S/titre : Bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle.

Editeur : Mss 360.
Date éd. : 16xx .
@

455
La Moelle de L'Alchimie

ou Traité Expérimental qui découvre les secrets et
les mystères les plus cachés de
l'Elixir des vrais pphes.
Divisé en deux parties.
La 1.e qui contient 4 Livres éclaircit
la théorie.
La 2.e contient 3 livres et développe
la Pratique de l'art.
Dans laquelle ce grand Art est si
ingénieusement révélé, et plus que
jamais personne ne l'avait fait
ci-devant si clairement, en faveur
des jeunes artistes, et pour convaincre
ceux qui sont dans le labyrinthe
et l'erreur.
Par Eireneus Philoponos Philalethes.
Traduit de vers anglais par
Buri en 1707.
A Londres Par A.M.P et (*1*)
Au signe de la grue dans le Parvis
De l'église St. Paul en 1654.-----
Traduction d'anglais en français
Laquelle n'a point été imprimée.
image

*1* mot douteux : pict
@

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Préface
Au lecteur studieux et courtois.

Lecteur fils de l'art et studieux artiste,
je vais vous informer en peu de mots
du sujet qui m'a porté à publier ces
curiosités cachées de la nature, et je
vous rendrai compte de ce qui regarde
l'auteur en partie, et moi-même.
Pour ce qui est de l'auteur, non seulement
il a été témoin oculaire du
grand secret, comme il le dit lui-même,
mais encore on lui avait fait présent
d'une portion de ce précieux trésor,
si recherché de tant de gens et trouvé
de si peu de personnes. De laquelle
portion quoi qu'il en ait perdu la
plus grande partie dans l'espérance
de la multiplier (ce qu'il ne put faire)
cette poudre n'étant pas rouge mais
blanche, néanmoins par une diligente
recherche, et par son industrie
il acquit la connaissance de la préparation
du des pphes, et par ce grand
moyen de la préparation de l'élixir du
1.er ordre, lequel est certainement de
moindre vertu comparé à ce qu'il
peut et doit être quand il est
poussé à son plus haut degré infini.
Mais quoi qu'il soit de peu de
valeur, néanmoins il est d'une satisfaction
infinie au fils de l'art, de
voir que sa médecine teint le
ou quelque autre métal imparfait,
que ce soit en fine quoiqu'il
n'excède pas la proportion d'un sur1. sur 100.
cent.
Pour ce qui me regarde je suis une
personne qui a été pendant plusieurs
années le cuisinier d'Hermès, ayant
vraiment consommé mes biens jusqu'à
ce que ma bonne fortune me fît
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457
connaître ce sage pphe, qui me convainquit
démonstrativement de mes
premières erreurs, et qui me mît dans
la véritable voie. J'ai trouvé, dis-je,
les erreurs dans lesquelles j'étais tombé
lorsque je faisais fond sur les livres
de ceux qui ont écrit leurs simples
pensées sans expériences, ou qui étaient
ennuyeux ayant écrit obscurément
dans la vue d'embarrasser les
imprudents.
Il me montra plusieurs traités
faits par celui qui lui avait donné
la poudre, lesquels jusques-ici
n'ont point été publiés, dont les
noms étaient.
Livres de l'auteur. Ars metallorum metamorphosis,
Introitus apertus ad occlusum
Regis Palatium.
Breuis manuductio ad Rubinum
Celestem.
Fons chemicae Pphiae.
Opus Elixiris aurifici et argentifici.
Bréuis via ad vitam longam, avec
un ample commentaire sur les 12 portes
de Riplée, et sur son épître au roi
Edouard, et enfin son Traité.
De Cabala Sapientum, ou l'exposition
des Hiéroglyphes des Mages.
J'avoue que ces livres étaient les
plus étendus, les plus simples et les
plus clairs de tous ceux que j'ai jamais
vu lus. Outre ceux ci-dessus, il y avait
le commentaire sur le Testament de
Arnaud de Villeneuve.
J'en ai obtenu des copies, mais non
pas la liberté de les montrer à personne.
J'interrogeais mon ami pourquoi il
n'avait pas médité dans ses difficultés
sur le trésor des pphes, surtout puisqu'il
avait été heureux dans le succès !
@

458

Il me répondit qu'en effet jusqu'à ce
que Dieu lui eût permis d'accomplir
la perfection du rouge, puisqu'il ne le
possédait pas encore, il n'avait pas voulu
écrire. Je lui parlais de l'auteur du
Rosaire, qui a écrit cet excellent livre
et qui néanmoins dit, j'ai vu dans
nos jours l'oeuvre parvenu jusques
au Lion, et j'en ai écrit le procédé.Traité
jusqu'à la finale perfection, quoique
je ne l'aie pas vue ni faite, enfin
je lui persuadais d'écrire ce traité ce
qu'il a fait en 7. livres, et un autre
en latin Breve manuductorium adLivre.
campum Sophiae, qui regarde principalement
l'alkaest de Paracelse, dans lequel il aalkaest de
clairement, simplement, et tout entièrementParacelse
montré la différence qu'il y a entre cette
liqueur et le des pphes, et enfin un
autre traité appelé Elenchus errorum
in arte chemica deviantium, lequelLivre à
en effet est un + livre si plein et si convainquantlire.
qu'on n'en peut pas souhaiter
davantage, par le moyen
de ce livre, et par ceux dont j'ai parlé
ci-dessus, j'eus bientôt découvert le
mystère du et par lui la 1.e blancheur,
et dans peu je pense que je verrais la
grande rougeur, de laquelle l'auteur
qui ne m'a pas voulu donner d'instruction.
Etant au contraire interdit
par un voeu solennel de le faire lui-même,
et de l'enseigner aux autres pendant
un certain nombre d'années, laquelle
condition lui fut imposée par un
maître qui ayant le pouvait
même l'avoir de Dieu par son industrie.
Enfin j'eus la liberté de communiquer
ses manuscrits à quelques amis, dont
j'étais entièrement touché de l'état où ils
étaient tous plongés, par la lecture et
les recettes des auteurs sophistiques:
ainsi ils en souhaitaient des copies, et ils
@

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m'avaient tellement fatigué par leurs
prières, que depuis que j'ai commencé
à les leur communiquer, je n'ai pu
les avoir chez moi. Sur ces entrefaites
et par les vives persuasions de ceux
qui ne pouvaient trouver le filet
d'Ariane dans le labyrinthe de
l'alchimie, et en vue principalement de
la gloire de Dieu, j'ai enfin auprès
de mon ami, par mes supplications
réitérées, obtenu de lui la permission
de les rendre publics si je le voulais:
afin que ceux que Dieu a choisis pour
avoir part à une si grande faveur,
puissent en recevoir le fruit par ces
livres, dont je confesse que je ne puis
assez marquer ma reconnaissance à
Dieu, qui me les a fait avoir, moi
qui ai vu enfin une preuve oculaire
de la vérité de mon travail,
quoique je n'aie pas encore achevé
la chose qui doit récompenser mes
peines et mes travaux, et les dépenses
que j'ai faites à sa recherche, comme
le premier a également satisfait mon
esprit et mon jugement, car véritablement
mon ouvrage n'avait point
excédé la vertu d'un sur 36., ce qu'ayant
communiqué à mon ami, il m'en
rendit une raison satisfaisante, savoir
+ + que le blanc n'étant pas le dernier
période, l'ouvrage devait être
poussé au-delà par le feu, ce qui n'est
pas facile à discerner (que par une
fréquente et longue expérience) quand
il est arrivé au plus haut point
de la blancheur, car avant qu'il parvienne
à ce point, il paraîtra très éclatant
en sorte que l'on dirait que c'est sa plus
grande blancheur, et néanmoins il n'y est pas
+ lisez encore, si bien qui si on + le prend trop tôt
ou qu'on le laisse trop longuement, il ne
teindra pas ce qu'il aurait fait si on
l'avait pris dans le temps juste.
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460

Cela demanderait un long traité pour
vous dire que ces scrupules m'ont fait
broncher 2. fois entre le blanc et le rouge,
ce que j'espère réparer par quelques essais,
mais en un mot mon + erreur étaitLisez
dans l'imbibition, la cibation, et fermentation,
desquelles mon ami ne voulut
pas m'instruire, mais il a mieux aimé
me laisser égarer, ce que je crois qu'il n'a
pas fait par envie, mais parce qu'il observe
scrupuleusement son serment : car mon
succès serait égal au sien s'il voulait
exécuter lui-même, néanmoins il me
dit qu'il m'avait véritablement instruit
(par ambages) et moi n'entendant
point ces ambages, j'ai deux fois manqué
par mon peu de capacité, et à la ruine
de mon travail.
Je pourrais ici faire un ample discours
des adeptes et de leur + Elie, mais je+ Elie
renvoie le lecteur aux traités dont
j'ai parlé ci-dessus, n'ayant point d'inclination
d'écrire sur une chose avant que
de la savoir, et d'avoir des ailles, et
être plus expérimenté.
Vous aurez, lecteur ces traités en ordre,
Je commence par le 1.er duquel je ne vous
envoie que la 1.e partie, afin que les
artistes puissent connaître (ex unque
Leonem) le lion à l'ongle. La 2.e partie
est entièrement de pratique, laquelle je
garderais jusqu'à ce que je voie comme
la 1.e sera reçue. Si elle est reçue aussi
favorablement, comme elle est sincèrement
écrite, vous pourrez attendre les autres
en peu de temps, et je sollicite pour avoir
un (Elenchus autorum preciosorum in
arte chemica) une table des auteurs les
plus illustres dans l'art chimique, avec
une clef chimique pour ouvrir tous leurs
cabinets, afin que les studieux puissent
avoir un jugement critique des auteurs
les plus véritables pour éviter le labyrinthe
d'auteurs, qui les égareraient par envie
ou par ignorance. Georgius Starkey.
Egregius christo.
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Première Partie
Livre Premier.
Introduction
1. Pallas, j'invoque votre secours pour
conduire ma plume grossière et rustique
en un style élevé et savant, Déesse qui
présidez aux beaux arts, et êtes sortie
du cerveau de Jupiter toute savante,
je vous supplie de faire voir que vous
favorisez ceux qui vous sont dévoués, et
vous Phoebus dont nous avons tant de
+ besoin que + sans vous nous ne pouvons
rien faire, assistez-moi de vos rayons
et faites vous voir par moi comme vous
avez fait du temps du père Hermès.
2. Et vous aussi qui par une chaleur centrale
cuisez dans les entrailles de la Terre
les corps métalliques par une longue
décoction, vous qui régnez dans les trois
royaumes, faites vous aussi connaître
cher Apollon, avec la belle Minerve qui
ne dédaignera pas de m'expliquer le
secret de vos belles opérations.
3. Il y a une substance homogène qui ne
paraît aux yeux du vulgaire, d'où proviennent
les corps minéraux car d'elle
on fait la vraie matière des autres
choses: cette substance est changée par
une longue digestion en plusieurs sortes
d'espèces, qui diffèrent en perfection.
4. Il y a aussi un art qui est le sujet de
l'admiration de plusieurs, mais il y en a peu
qui le croient, et bien rarement on trouve
des personnes qui le connaissent. C'est
celui de fixer les métaux qui s'évaporent
au feu et de leur faire souffrir les feux
les plus forts, c'est comme disent les sages
la transmutation des cinq métaux en argent
et des six en or, purs à tout examens.
5. Il est étonnant que du cuivre, de l'étain,
du plomb, ou du fer, il en soit fait par art
(à moins d'une demi-heure de temps)
un argent très parfait, et qui ne s'affaiblira
jamais. Telle est la vertu de cette pierre
divine, de faire non seulement cela, mais
encore de l'or.
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462

6. Je ne doute pas que vous ne soyez bien aise
d'apprendre quelque chose de cet art si rare et dont
la vertu est si admirable, mais tout le monde
n'est pas capable de comprendre cette science,
ni de tirer les métaux imparfaits de leur
corruption et de leurs maladies, qui les détruisent
en les corrodant.
7. Puis donc qu'il n'y a que quelques hommes que Dieu
se choisit pour être les héritiers, les autres
manquant de lumière, ce qui les oblige de
marcher à tâtons, en attendant qu'ils se perdent
eux-mêmes, c'est pourquoi ceux qui se croient
être des esprits forts se moquent de cet art
et reprennent aigrement ceux qui en font la
recherche.
8. Sachez cependant que certainement cet art
est vrai, et que tous ses principes ne dépendent
que de la nature, et que quoi qu'il y ait des
gens qui les combattent, et qu'il y en ait peu
qui osent les défendre, néanmoins cette
science durera toujours, sans qu'aucun
reproche puisse lui donner atteinte, au
9. contraire elle brillera plus. Quoi qu'il y ait
certains faquins qui se glorifient de
savoir cet art, et qui n'y connaissent non
plus que des singes, quoiqu'ils jurent et se
vantent comme un rôtisseur, qui exagère
les qualités de sa viande, pour persuader
aux curieux qui cherchent des richesses,
de se fier à leurs serments et à leurs menteries,
afin de leur faire souvent dépenser
tout leur bien, sous la foi et la confiance de
10. leur science fausse. Et quand ils ont attrapé leur
argent, il se trouve à la fin que leur art n'est
qu'une chimère; car ces malheureux ne
possèdent pas ce dont ils se vantaient, leur
science n'étant fondée que sur l'erreur, alors
leurs avares sectateurs sont confus, et les
maudissent, et leurs supercheries, mais les
uns et les autres sont à blâmer, les uns de tromper,
et les autres de ne pas savoir que ceux qui
savent cette science ne la disent pas, et ne vont
chercher personne, n'en ayant que faire, et aiment
mieux attendre les moyens s'ils ne les ont
pas, que de se découvrir à qui que ce soit.
11. Ainsi ceux qui ont du bien le gardent ! car c'est
leur Pierre pphale, et qu'ils ne soient pas si prompts
à le faire dépenser à ces imposteurs, sur des
prétentions chimériques, ainsi donc que chacun
prenne garde de risquer à perdre l'oiseau qu'il tient
dans sa main, pour ceux qui sont dans les haies
et buissons qu'il croit prendre.
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463
12. Cependant il ne faut pas que tout cela serve
de décision, et qu'on rejette l'art, s'il y a des
trompeurs qui ne le savent pas, car quoique
des gens de pratique trompent très souvent
leurs clients, pour cela la loi n'en est
pas moins juste et moins équitable, et
exempte de tache, il en est ainsi de cette
science, que les délinquants accusent de
+ grande . Lisez mériter le reproche qu'ils en font. + L'art de soi
est sans obscurité très véritable et aisé.
13. Quand 1.e par des raisons solides et par
des exemples, je ferais voir à ceux qui méprisent
cette science, qu'elle est véritablement
fondée sur la nature, ce qui étant une
fois prouvé, l'ouvrage le plus difficile
est fait. vous allez trouver moyen de parvenir.
14. Loin d'ici ces juges impudents, qui veulent
condamner ce qu'ils ne peuvent discerner,
est-ce aux aveugles à juger des couleurs ?
ou à ceux qui n'ont jamais étudié à juger
de la science ? Il est vrai et l'on trouvera
que cet art n'a point d'autres ennemis que des
ignorants et des fous.
15. Nous disons donc et nous assurons que
notre chimie est tellement fondée sur la
nature, que les plus obstinés de ses ennemis
ne seront capables de m'empêcher pour un
moment de prendre sa défense, et je le
ferais voir clairement aux gens raisonnables,
et aux esprits subtils par des arguments
vrais et solides.
16. Car ce n'est pas une petite preuve pour nous
qu'il se trouve en faveur de notre grand art des témoins
de réputation et irréprochables, que
si la chose n'était pas ainsi, peut-on la
condamner de fausseté sans la connaître,
n'est-il pas plus à propos et raisonnable
de censurer ceux qui ont assuré que cet art
est faux, en sorte qu'on les puisse appeler
charlatans et imposteurs fourbes et faquins.
17. Car si l'on voulait admettre cette maxime
que l'on ne doit rien croire que ce que l'on voit,
et sait par soi-même, elle apporterait bien
du trouble dans le monde et de la confusion,
puisque d'un mauvais principe on n'en peut tirer
qu'une très mauvaise conséquence, c'est pourquoi
ceux qui sont incrédules croiraient avec
bien de la justice que l'on agirait malhonnêtement
en les engageant dans l'erreur.
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464

18. Il me semble aussi que si j'attestais une
chose que j'aurais lue, ou bien que j'aurais
entendue dire à quelqu'un auquel on ne pourrait
rien reprocher, il serait honteux de vouloir
douter de la vérité des faits. Pourquoi donc,
si l'on ajoute foi à ce que je dis, ne croirais-je
pas les autres : n'est il pas juste de faire à
autrui ce que nous voulons qui nous soit fait.
19. De plus ce n'est pas le témoignage irréprochable
de 2. ou 3. personnes seulement qui nous
porte à croire cela, mais la chose est attestée
par les écrits de plus de 1000. et confirmée
chaque jour par quantité d'autres
qui en voient et connaissent la vérité.
20. Tous les siècles, tous les pays, toutes les
nations, nous fournissent un grand nombre de
gens de mérite et d'expérience, de sorte
que leur seule parole devrait ce me
semble être suffisante pour en prouver
la vérité, puisque d'ailleurs ils l'ont affirmée
par des serments solennels, lors même
qu'ils étaient près de mourir.
21. Ainsi la parole et les serments de tant
d'honnêtes gens et de ceux qui ont eu de la
réputation pendant leur vie et après leur
mort, doivent suffire pour prouver la
vérité de notre grand art, puisque l'on peut dire
que les paroles d'un homme d'honneur
mourant, sain de jugement et rempli d'esprit
et de Dieu, ne sont point à révoquer en doute.
22. Car se peut-on imaginer que des personnes
telles qu'elles aient été, n'aient au lit de la mort
par des protestations sacrées attesté la vérité
de cet art, qu'à dessein de tromper ceux qui
liraient leurs écrits, et d'en être estimées
plus savants.
23. De tous ceux qui ont eu grande réputation dans
cet art le fameux Hermès tient le 1.er rang,
c'était un roi d'un mérite distingué lequel
n'avait point de pareil dans son siècle
en sagesse et science, il a rendu la chimie
aussi fameuse qu'elle pouvait être et il l'a comprise
et renfermée dans sa table d'émeraude, et ses
sept chapitres &c.
24. Tous ceux qui le voudront lire le trouveront
véritable et exempt de superstition et ils verront
que les choses d'en haut ont un rapport avec celles+
d'en bas, d'où il procède une adaptation surprenante
d'une chose admirable au delà de
l'imagination.
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465
25. Je ne dois pas parcourir les autres écrits
qui ne sont que l'écho de la vérité qui est
contenue dans sa table entièrement. Un seul
mot suffit à l'homme sage, celui qui prendra
la peine de lire cet ouvrage pour être
confirmé trouvera des preuves suffisantes
pour découvrir la chose par des expériences
solides.
26. Geber, Haly, Calid, Zezeb, et Salomon anciens
rois l'attestent, avec plusieurs autres témoignages,
en sorte qu'il ne peut pas y avoir de raison
de ne pas croire tous ces véritables sages,
dont le monde retentit, à moins que l'on ne
veille nier la lumière du soleil à midi.
27. Bernard comte Trévisan auteur célèbre
des derniers siècles et très expérimenté atteste
la chose, l'ayant faite après avoir été
longtemps dans l'erreur, il en a bien voulu
écrire un livre contre les sophistes, pour les
condamner, trompé comme eux, et comme il a réussi
après tant de grands travaux.
28. Le noble polonais Sendivogius Cosmopolite
auteur de la Nouvelle lumière chymique,
N. Hamel, si estimable, aussi bien que l'illustre
et sage Despagnet, auteur du Secret
hermétique, louent et relèvent de tout leur
pouvoir l'art secret d'alchimie. Que celui
donc que ces auteurs ne contenteront pas
Lisez dise ce qu'il voudra, il fera bien connaître
qu'il n'a point d'esprit en lisant, en croyant
qu'en niant la vérité il se distingue et
croira en avoir, mais on le reconnaîtra
opiniâtre pointilleux et non sage.
29. Supposez que je ne pus pas connaître le
fondement d'une chose, ne serait-ce pas une
grande folie à moi de conclure par la négative,
puisqu'il y a bien des choses dans lesquelles
je n'ai nulle connaissance; il n'y a personne
qui étant novice dans une science
ou art ne la trouve impossible d'abord, par
ce qu'il n'en peut comprendre les causes.
30. Et ce que je puis découvrir de moi-même
étant hors de ma portée un autre le sait,
ne croirais-je point un homme savant et ne
le confesserais-je point, parce que ses paroles sont
au-dessus de ma portée, ne peut-il pas
m'enseigner quoique je ne puisse pas apprendre
faute de comprendre ce qu'il m'enseigne.
31. D'ailleurs plusieurs qui n'avaient aucune
prétention à cet art ont été néanmoins tous
convaincus de sa vérité indubitable, et
se sont déclarés en sa faveur pour le défendre
32. contre la calomnie. Si vous feuilletez les
auteurs, Hoghelande savant ne vous abusera
pas, car les difficultés qu'il rapporte
en détourneront tout le monde, et sur cela
@

466

il raconte les malheureux succès, et conseille
d'exercer bien plutôt un métier simple et
mécanique ordinaire et d'abandonner l'art,
parce que dit-il, qu'il est difficile à trouver,
mais il n'a pas eu la témérité de l'accuser
de fausseté.
33. Je peux citer le témoignage du fameux
Van-Helmont, à qui il fut fait présent d'une
petite partie de la poudre rouge, laquelle
avait la vertu et le pouvoir de fixer
et transmuer l'inconstant et fluide et de
le rendre capable de supporter tous les essais
de l'or le plus pur, et au nombre de 19. mille
1. poids sur 1900 fois son poids.
34. Je pourrais produire le vieil Anselme de Boot
qui a été l'ennemi juré de cet art et le faire
voir convaincu, et tout transporté d'abord
d'étonnement, par l'expérience qu'il fît lui-même
d'un peu de notre poudre, qu'il avait trouvée
dans la couverture d'un vieux livre, laquelle
teignit 1. de en très bon or.
35. De quoi étant surpris il raconta la chose
à un orfèvre son ami intime, qui s'en
voulant confirmer après lui en avoir
montré l'or, dépensa sans crainte ce qui
lui restait. Ainsi ce sont 2. témoins de
surcroît dont l'un avait eu l'art en horreur.
36. Néanmoins tous ces témoignages, qui ne sont
pas la 100. partie de ce que nous pourrions alléguer
ne suffiront peut être pas à un fou de sophiste
qui ne craindra point de prononcer une condamnation
là où la prudence le devrait porter
à suspendre son jugement, et à ne pas mépriser
une chose qui lui est inconnue.
37. C'est pourquoi pour rendre seulement service aux
vrais enfants curieux de l'art, en ce que nous
pourrons, nous ferons voir par des raisons
convaincantes que l'art est possible, quoique
plusieurs s'en écartent en le cherchant, la
vérité ne cause point de mal, mais il faut
que ceux qui commencent l'ouvrage, prennent
garde de quelle manière ils procéderont s'ils
veulent réussir avec honneur.
38. A l'égard des 1.er fondements et principes de cet art,
je me flatte et j'espère que vous entendez les qualités
de ce que vous voulez trouver, autrement vous n'êtes pas
propres à entreprendre une telle chose, si vous+
ne savez pas + comme une espèce produit son
espèce qui lui est semblable, et par ce moyen se
multiplie à l'infini. C'est l'ordre que Dieu a établi
dans la nature que chaque chose produirait
son semblable, et se multiplierait en sa forme et
espèce dans les 3. règnes.
@

467
39. Il a donné à toutes herbes, aux arbres, aux
oiseaux et à toutes bêtes de quelque nature et
espèce qu'elles soient, même aux poissons, et
surtout aux hommes, qui entendent ce que la
raison leur suggère de ses ouvrages, de multiplier
et de croître et bien augmenter leur
espèce par une propagation continuelle.
40. Pour maintenir cette propagation dans chaque
chose il a imprimé une vertu toute séminale
qui fait que les herbes et les arbres la
produisent dans l'air, mais celle de l'animal
41. est cachée dans ses reins. Or la seule question
qui reste à décider est de savoir si Dieu
a imprimé dans les minéraux une semence
propre pour les multiplier et croître dans leurs
espèces, comme dans les autres choses, si on
démontre une fois cela, il n'y aura plus de
difficulté, que la vertu séminale qui conduit
toutes chose à perfection est capable de se
multiplier dans les métaux comme dans
toutes les autres espèces.
42. Pour faire voir clairement cela aux curieux
j'explique la génération des métaux, qui
+ lisez sont engendré de + onctueux lequel coagule
et fixe l'humidité minérale fluide que
43. les pphes appellent . Ce est une humidité
sèche qui coule, et qui cependant ne mouille
pas les mains, il y a dans cette humidité
une grande vertu cachée, elle peut bien souffrir
les essais des artistes, car résistant au feu ses
parties qui sont fermement liées ensemble refusent
de se séparer.
44. L'on reconnaît bien que ce provient de l'eau.
+ Cependant il est plus + pesant que l'eau, c'est pourquoi
nous devons y reconnaître une vertu cachée,
et d'où procède une telle condensation, cette
vertu est la semence que Dieu seul a placée
dans la nature, et qui ne se détruit jamais.
45. Car qui pourrait être si grossier que de penser
que l'eau de son propre mouvement causerait en soi
un changement si grand, et produirait en soi-même
et joindrait ensemble le et le par de si fermes
liens, pour pénétrer ses propres dimensions, jusqu'à
ce qu'il s'en forme un métal parfait ou imparfait.
46. Ne doit-on pas au contraire convenir qu'il y a
un agent intérieur, autrement une chose demeurerait
toujours la même, et ne changerait
jamais. Cet agent est la forme qui manquait
à l'eau pendant qu'elle retenait sa propre nature,
cette forme est une lumière la source d'une
chaleur centrale, laquelle est revêtue de l'eau.
47. La semence n'est pas plutôt produite que tout
aussitôt elle essaie de porter sa matière à un
changement, elle imprime son caractère sur elle.
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468

après quoi la matière disposée (et ce qui doit
paraître surprenant) coopère avec sa forme pour
parvenir à la fin, à laquelle la semence l'a
destinée.
48. Et cela ne doit pas être considéré des sages comme
une fable, car toutes choses viennent et vivent
selon leurs espèces, leur vie est une
lumière, laquelle aperçue par les yeux des esprits
éclairés, qui découvrent le véritable plan
et effet de la nature, laquelle ne produit rien
par hasard.
49. Elle possède au contraire son agent secret+ Lisez
qui est unique dans l'univers, mais qui est distingué
parmi un nombre infini d'espèces
selon leurs semences, lesquelles Dieu seul produisit
dans leur commencement quand il fît le
grand Univers, et leur imposa des lois, ce que les
vrais pphes ont découvert.
50. La semence est donc la voie qui unit la forme
et la matière, aiguise irrite l'appétit, excite laLisez
vertu active à former ses ouvrages, et impose
la loi à toutes ses actions pour diriger
ses mouvements à sa propre fin.
51. Car étant une fois parvenue à sa fin, cette vie
est cachée et enveloppée de corps sensibles, où
elle conserve son corps, mais elle dit adieu
aux ouvrages futurs jusqu'à ce qu'elle soit ressuscitée
et qu'elle reçoive un nouveau ferment, alors vous
y verrez de nouvelles opérations.
52. C'est donc une très grande erreur de penser que parce
que les métaux sont fortement unis avec leurs
principes, et que le siège où leur semence réside est si
enveloppé, qu'il ne peut pas être distingué par
les yeux du corps, qu'on puisse conclure que cette
semence n'y est pas, ou qu'elle n'en peut être séparée
par art, sous la conservation de son espèce.
53. Il n'y a point de savant qui puisse fixer
de telles inductions, ainsi il est constant que
toutes les choses qui se trouvent dans les règnes
de la nature renferment dans elles un esprit,
dans lequel abonde des qualités célestes : ce dont elles
sont très enveloppées est un corps sensible, ce qui
est caché est un esprit invisible, lequel va
54. cependant dans tous les composés mixtes qui se
trouvent dans les 3. règnes, mais pour l'animal et le
végétal, ils sont enfermés dans une coquille
très faible, qui n'est pas capable de les défendre
de corruption ou de changement, c'est pourquoi ils
sont tous les jours exposés à changer d'état, jusqu'à
ce qu'une nouvelle forme détruise l'ancienne.
55. Mais dans le règne minéral il y a des + corps+
d'une si parfaite composition que les flammes
dévorantes, et le plus violent feu qui consument
@

469
tout, ne sont pas capables de les faire changer
de condition, car ils sont homogènes dans la
56. matière et dans la forme. c'est pourquoi ils seront
immuables dans leur intégrité, et ne seront
pas résolu que par un agent supérieur à leurs
+ et . principes qui les compose et qui demeure si
renfermé et si fort cachés, que tous ceux qui
ont tâché de les désunir par art n'ont jamais
pu y réussir.
57. Le plomb qui est le métal le plus vil, quoique
sublimé en vapeurs, et quoique cet ouvrage soit
répété, ou changé en litharge, ou calciné en céruse,
sucre, ou verre, cependant celui-là perdra
ses peines qui le croira désuni ; car malgré tout
cela le plomb sera toujours le même.
58. Et il est facile par art de lui faire reprendre
sa 1.e forme, mais ces peines ne serviront de rien,
Si donc le plomb est si ferme en ses principes, nous
devons présumer que les métaux les plus parfaits
trompent davantage le faible dessein de
l'artiste crédule et fol.
59. Nous concluons donc par des principes certains que
les métaux possèdent une semence métallique,
laquelle quoique très resserrée peut être trouvée
par ceux qui la recherchent par le droit chemin,
autrement ils ne pourront être engendrés ni gardés
dans leur essence qui seule contient leur semence.
60. Or il est temps de vous faire connaître l'endroit
où il réside, mais puisqu'il se cache lui-même
+ secrètement, et qu'il ne se montre pas à tous ceux qui
le recherchent, le + siège c'est une eau homogène
de la même manière qu'il est dans tous les
61. autres mixtes composés. Car l'esprit vital est
le même, qui seul de son espèce demeure
dans l'eau, il vit quand l'eau vit, et découvre et
fait voir en lui une force active, mais quand
l'eau est tuée par une trop forte congélation
il se perd dans une fixation passive.
62. Néanmoins quoiqu'il soit ainsi comme étouffé, sa
vie n'est pas éteinte : elle peut encore être vivifiée
par art, et conduite à une nouvelle matière,
et jointe à une nouvelle substance, qui peut
dans une très petite parcelle contenir une telle
vertu qu'elle surpassera son composé minéral.
63. La raison est que la vie même tâche de s'augmenter
elle même, et d'être délivrée de sa prison
semblable au feu, qui étant allumé ne cesse
de se multiplier toujours, et ne trouve jamais
la fin de sa puissance, il est nourri de nouvelle
matière, puisqu'il est le principe de la lumière d'où procède
toute forme fluide, et dont la semence tire
son commencement ; qui donne à la nature l'accroissement,
et le progrès et la fin, tant qu'elle trouve de
la matière nouvelle pour se nourrir, laquelle cessant la
vie cesse aussitôt elle-même.
Note du traducteur : Le numéro de paragraphe 64, est absent du manuscrit,

@

470

65. Mais pourquoi est-ce une chose si rare de voir
dans les corps métalliques cette merveilleuse
substance que tous le végétal possède, qui ne peut
être niée que par les aveugles, la vue même
peut discerner cette substance dans les animaux, laquelle
est très cachée dans les minéraux.
66. La raison est parce que les 1.es espèces tant végétales
qu'animales sont composées de parties
semblables, de plus il y a différents principes,
lesquels sont tous sujets à s'affaiblir autant
de fois que leur ancienne forme se perd, ou qu'ils
ne jouissent plus de celle qu'ils ont choisie en
67. dernier lieu. Mais pour les métaux et les corps
métalliques ils sont tous engendrés d'une racine
stable, cette racine est le + dont le volume+ Lisez
quoique si petit est merveilleusement pesant, il n'a
ni mains ni pieds ni tête ni oeil distinct,
mais il est parfaitement attaché au .
68. Ce n'est pas le vulgaire, mais il est certainement
essentiel au , l'un et l'autre se tiennent embrassés,
et chacun d'eux a besoin de leur vertu
réciproque, ils sont si bien unis inséparablement
que rien ne les peut séparer, car cet art est très
69. caché à l'homme. C'est pour cela que le plus petit
atome de l'or est or, et en conserve la forme entière,
qu'il unit les éléments ensemble et que toutes ses
parties se tiennent si fermement, c'est pourquoi laLisez
semence ne peut par aucun art être séparée
70. de son propre corps. Si bien que la semence
n'est certainement rien autre chose que sa propre
eau, laquelle est tellement renfermée dans son
centre où elle réside qu'elle est imperceptible aux
yeux et à l'esprit. + Il n'y a que le pphe qui connaisse+
la clef avec laquelle on peut ouvrir cette serrure.
71. Or puisque ma muse est venue à parler de la
semence, je déclarerais ses vertus célestes par lesquelles
toutes choses s'élèvent de la terre et aussi
par qui toutes choses composées sont engendrées,
+ elle est la favorite de la nature, la progéniture+ la semence
du ciel, que Dieu le père souverain et éternel
a formée pour multiplier toutes choses.
72. Elle est dans chaque corps néanmoins elle n'est pas
corporelle, elle travaille visiblement et cependant
elle est invisible, elle agit librement, et pourtant
toutes ses opérations sont contraintes, en ce qu'elle
ne peut rien engendrer hors de son espèce, car
Dieu et la nature ne se trompent jamais.
73. De sorte que quoique j'ai dit que l'eau lle de + l'or+
était sa semence néanmoins comprends que ma
pensée ne doit pas être prise à la lettre, ce serait
une erreur. Mais d'un autre côté sachez que
ce est nommé semence parce qu'il la contient
presque toute entière.
74. Ainsi dans le corps est le centre dans lequel l'eau
réside, et l'eau même est le séjour des esprits,
où demeure cette eau céleste que tant de gens cherchent
@

471
mais qui ne la trouvent point, parce qu'ils connaissent
mal leur travail, ainsi ils se trompent lourdement.
75. Considérez l'homme qui contient dans ses
veines la vraie matière masculine du genre humain,
laquelle mise dans une matrice de son
espèce convenable, prend la forme dont elle est
produite, et que l'âme spirituelle achève en homme
parfait, lequel avec le temps peut multiplier
son semblable à un nombre que l'on peut dire
76. infini. Cette semence ou sperme qui est visible
à l'oeil extérieur, n'est pas le feu vital, mais
l'esprit que la lumière de la nature inspire pour
faire un homme mental. Car le bon sens apprend
que la substance peut perdre la vie qui était disposée
dans l'embryon. Considérez l'oeuf, au
77. retour du soleil dans le printemps la poule
couve, et par la chaleur l'oeuf change par une
constante motion d'une chose en une autre, jusqu'à
ce qu'il en vienne avec le temps un poussin.
Mais si vous laissez couver le poussin jusqu'à
ce que vous entendiez la matière qui est dedans
faire du bruit contre les parois de la coque ou
écailles il n'éclora pas en un an.
78. Observez la semence que portent les végétaux
qui croissent et reçoivent la vie dans la terre, elle
fait bourgeonner elle croît, elle étend ses branches
ornées de feuilles agréables, mais si cette semence
était chauffée dans un four sa vertu se détruirait.
79. Ainsi donc par ces exemples, il paraît que la substance
ou le sperme n'est pas la semence, qui est
en effet la vie de la vie de la lumière, que la
nature porte, que les cieux nourrissent, seulement elle
agit dans les corps comme ils se trouvent disposés,
mais cette disposition ne peut jamais être découverte
par les faux pphes ignorants, imprudents.
80. Car comme l'oeuf sur lequel la poule sera demeurée
quelques jours devient tout à fait froid et incapable de
produire un poussin si elle l'abandonne, et il se corrompt,
d'où vous pouvez voir que la semence ne participe
jamais de la matière ni de la pesanteur et
de la mort qui ne diminue rien de l'un ni de l'autre.
81. Or si vous aimez mieux l'appeler la vertu séminale
des choses mixtes composées, qui dans chaque règne
forme leur semblable dans une matière dûment disposée,
et en même temps comme des motions journalières
dans les mixtes qui sont tous bornés par leurs propres
82. lois. C'est pourquoi une matière dûment préparée et ensuite
bien disposée selon la nature et gouvernée
avec raison, fait élever par son feu central de son
antre secret son germe qui s'en détache avec le temps
sans discontinuer jamais son travail à moins
83. que quelque chose ne l'arrête. Ainsi j'ai fait voir que
l'alchimie n'est pas un art rempli de fiction comme
le vulgaire le croit, mais réel et qui a ses fondements
solides et posés sur de vrais principes de la nature,
dont je n'ai déclaré qu'une partie, et la plus générale,
vous trouverez d'autres raisons aux livres suivants
Fin du 1.er livre.
@

472

Livre second.

1. Nous avons entrepris de justifier le noble
art d'alchimie ou la science secrète des sages,
et nous avons défié le plus hardi critique de le
censurer avec raison, et pour cela nous avons
par des arguments fait tous nos efforts pour en
prouver la possibilité.
2. Ces témoins presque innombrables aux personnes
des artistes et de quantité d'autres qui n'ont pas
été capables de parvenir à la science ont été
convaincus eux-mêmes qu'elle est vraie contre
le sentiment de quelques censeurs téméraires
qui l'ont sans fondement traitée de folie de
rêverie et de chimère, mais ce sont ces noms
qui leur conviennent.
3. Mais parce que l'argument convainc beaucoup
plus que pour le prouver on y joint l'expérience.
Je peux par la même raison convaincre
de la vérité de ce que j'avance car ce n'est pas
une simple idée, mais ma propre expérience m'y
engage, et c'est une témérité de le vouloir
nier.
4. J'ai avancé qu'un sage artiste adepte l'avait
une fois bien reconnu, et j'ai souvent raisonné
avec lui fort longtemps. Il surpassait bien
des gens en cet art, et je puis bien assurer par
la connaissance que j'en ai eue qu'il avait les 2.
élixirs le blanc et le rouge, ce qui est presque
incroyable pour leurs grande puissance et vertusRécit.
5. innombrables. Il me donna par sa grande libéralité
bien volontiers deux onces et plus de
l'élixir blanc, dont la vertu sans exagérer convertissait
véritablement en pur argent et plus
fin que celui de minière, que l'on fond sans cesse
1 poids sur 120000 fois son entièrement (+ six vingt mille fois son poids)+ grande
poids 6. mais puisque j'ai entré si avant, comme il y aurait
du danger de cacher comment j'en ai
caché la plus grande partie, car les lois de la
cupidité m'ont tellement aveuglé que j'ai follement
fait tout cela, et j'ai perdu le cheval pour
7. en conserver la selle. Ainsi j'avais dissipé
plusieurs livres sterling pour une épingle comme
vous allez bien entendre, et comme si le donateur
m'avait distribué son présent afin que je me
trompasse moi-même, j'entrepris hardiment deLisez
travailler à des choses que je ne savais pas.
Je les rapporte néanmoins parce qu'elles sont véritables,
à moins que vous ne soyez incrédules.
8. Mais que cela soit cru ou non je proteste que
j'ai vu plusieurs centaines d'onces d'argent au
meilleur et au plus fin qu'on puisse éprouver
jamais au monde, lesquelles ont été teintes par
mes mains par la seule projection de cette substance
de lequel teint sur le champ entièrement.
9. Car ne vous imaginez pas qu'il sépare simplement ce qui
est parfait d'avec ce qui est cru, mais il teint
@

473
et fixe tout le et le teint en sorte qu'il ne s'enfuit
+ Projections jamais ni ne l'éloigne point de ce qui le
Lisez peut faire participer à la perfection de son
semblable, à la réserve de ce qui est hétérogène
10. ou qui n'est pas mûr. + Ce rendra
son poids d'argent pur moins un scrupule
il y aura un peu plus de perte au plomb,
+ mais + c'est une merveille de voir l'étain, car
quoique la grosse matière soit brûlée, son
poids s'augmente néanmoins au feu, quoique
le feu de sa nature ne cesse point de consumer
tout ce qui est impur et imparfait, la
11. raison est que l'étain renferme visiblement
+ un air, comme + Théophraste et Van-Helmont
l'ont bien remarqué, lequel étant singulier
forme la substance à laquelle il est attaché
plus légère qu'il n'est lui-même; ainsi
12. la glace diminue de son poids quand elle
+ épreuves est en eau. + j'ai essayé ma médecine sur du
et sur du même sur de l'airain et du sur
du zinc, de la soudure et même sur de l'étain
de glace, et du régule d'. Je puis dire avec
vérité qu'elle aurifie toutes ces choses métalliques
et les porte toutes à la perfection
13. comme elle fait le . Et je n'ai rien trouvé
+ grande qui eût quelque rapport avec lui qu'elle ne teignît
en argent très pur, même ma poudre
a pénétré par le moyen du feu dans l'or
très pur et l'a changé en un + verre blanc
+ épreuve lequel faisait souffrir à tous les autres
métaux imparfaits toutes sortes d'épreuves,
mais cette lune qui avait apparence
14. de elle demeurait comme l'or dans l'eau
forte et soufrait l'épreuve de L comme lui.
étant même semblable en poids à l'or,
En sorte que cela me faisait voir par mon
épreuve que c'était de l'or blanc : la raison
en est que la teinture blanche avait fermenté
Lisez avec la terre rouge. C'est pourquoi elle faisait
15. voir une faible vertu dans la projection
que produisait l'or d'une forme lunaire, ou
une qui égalait L en perfection, il ne lui manquait
simplement que la véritable couleur de l'or.
Si j'avais su ce bel ouvrage quand j'avais davantage
de médecine je l'aurais fait.
16. Car quoique cette soit en effet de l'or et qu'elle rende
en plus de la moitié de sa valeur de laquelle
le sol qui l'avait teint s'était rempli et qu'on
l'examine dans toutes les épreuves qu'il doit souffrir,
parce que je n'ai su qu'après s'être évaporé
2. fois qu'il y avait en lui la valeur de 40. de .
17. néanmoins si vous fondez votre médecine avec de
l'argent bien pur, vous en aurez un verre beaucoup
plus pur (semblable à une (*1*) (lamine?) nue hors du
fourreau laquelle brillera comme un miroir,

*1* mot douteux : pict
@

474 (464)

dans lequel vous pourrez vous voir) néanmoins sa
vertu n'est pas du tout augmentée elle est seulement
un peu plus répandue, et néanmoins diminuée.
18. L'homme sage qui me fît ce présent
possédait également le rouge comme le blanc.
Je ne dois pas le faire connaître, car je crois
qu'il est encore vivant, je souhaite qu'il soit éternellement
béni, et comblé d'heureux jours, car
+ j'estime sa vie plus que la mienne propre, il m'a
19. Je ne sait pas présentement fait acte d'un véritable ami, ainsi je lui serais
en quel lieu il fait ami jusqu'à la fin du monde. +
sa demeure, car il parcourt 20. Il est anglais de nation, sa famille est remarquable
tout le monde, dont il est dans le lieu de sa naissance, sa fortune est élevée
citoyen, il passe le temps à et même ses armoiries sont d'une grande antiquité
voyager et à visiter les sa grande science est rare, il a environ 33. ans.âgé de
artistes, et à chercher des je ne vous en dirais pas davantage.33 ans
antiquités, il reviendra quand 21. La manière dont j'ai fait connaissance avec
il sera content de ses lui est fort extraordinaire, et était bien au delà
voyages. de mon espérance, son amitié pour moi a été
sincère, je dois l'aimer de même, et lui en marquer
ma reconnaissance, et j'espère que dans
la suite aucun obstacle ne le doit distraire,
quoique pour l'obtenir je manque de mérite, mais
22. je ne puis davantage. Je savais depuis
longtemps qu'il était un grand maître, et qu'il avait
vu la chose par expérience avant que de m'en
confier une partie, il voulut s'assurer de moi, son
dessein était à ce que je me promettait de me
rendre à la fin heureux, néanmoins je n'osais
encore le presser hardiment, crainte de lui faire
23. quelque peine. Quand il m'aura éprouvé, s'il me trouve
digne de son amitié, je crois et m'assure qu'il m'en
donnera encore des marques, cela m'engagera
à lui être si fidèle que rien ne sera capable
de tirer de moi aucune chose qui lui puisse
24. faire peine. Quand donc il m'eut confié avec tant
de franchise ce trésor susdit, il y ajouta aussi
une portion de son , et il m'assura que j'avais
un trésor sans pareil, si Dieu voulait bien mouvrir
les yeux, sinon que je tâtonnerais comme un
25. aveugle. Le était celui avec lequel il avaitLisez
multiplié la poudre rouge; c'était le + menstrue+
que tous les maîtres de l'art enveloppent, avec tant
de grands mystères, à peine m'en eut-il confié que je n'ai
26. vu l'expérience qu'il en a faite. Je lui ai vu
mettre la pierre rouge par poids dans le même
qui ayant été digéré l'a dissout et le changea presqueLisez
aussitôt de couleur, et depuis ce temps là
il ne reposa ni jour ni nuit jusqu'au 3. jour qu'il3. Jours
devint rouge très parfait, mais le noir et blanc
27. avaient passé auparavant. Je pensais insensé
que si le rouge ou le blanc étaient tous 2. multipliables,Lisez
qu'un progrès linéaire conduisait l'un et
l'autre, ce qui était un faux principe, cette erreur me
fît perdre entièrement 10. ou 12. parties de ma poudre,
et cependant imprudent que j'étais, tant de perte
ne suffisait pour me tirer d'erreur.
@

(465) 475
28. alors je mêlais 2. parts avec 100. parts de pure
et puis je recommençais à travailler comme auparavant,
dans l'espérance que réussissant une seule fois
je rétablirais la perte de 19. erreurs, cependant
quand mon feu fut presque éteint, je commençais
à rêver sur la chose que je cherchais.
29. Je commençais alors à réfléchir sur les livres
des auteurs, et repassait leurs écrits fort souvent
dans mon esprit, je jugeais mes opérations par
+ les lois de la + nature, enfin à force de méditer
je conclus que chaque chose a sa propre disposition,
et que chaque chose est conduite par son espèce
et produit son semblable. Je trouvais que ma
30. médecine pour le blanc était autant d'atomes
épreuve comme l'artiste le trouve après que nature l'a
fixé quand la lumière parut sortir du noir.
Alors celui qui le remarque doit gouverner son
feu et son travail selon qu'il le voit augmenter
31. en vertu et en quantité. Si l'on veut augmenter
Lisez une son poids, on doit alors avant qu'il soit froid
grande l'imbiber avec du lait un peu chaud, ayant
refermé le vaisseau qu'on ait soin de régler
son feu, qu'on prenne garde de ne pas lui pas donner
de lait en trop grande quantité, et qu'on n'oublie
32. pas de le nourrir de sa propre viande. Or si le vaisseau
se refroidissait une fois, l'artiste doit faire fermenter
son ouvrage au blanc avec prudence,
observant sa juste proportion, car quand on fermente
on peut faire son composé trop sec ou trop humide,
et alors il aurait besoin d'un remède ou un étranger
ne manquera pas sans doute de se tromper.
33. J'ai connu à la fin que le rouge était pareil
au feu, et le blanc plus semblable à l'air.
Le 1.er étant mêlé avec l'eau, comme dans le
1.er travail souhaite la même chaleur et
produit à peu près les mêmes signes quoique
le travail s'achève en moins de temps parce que
34. la matière ne manque de rien. Mais la pierre
+ lisez + blanche qui est moins de feu que d'air, si on lui
Les poids donne une pareille quantité de lait elle se noie,
de la multipli- et la sécheresse n'aura pas assez de force pour
cation. devenir une poudre douce comme soie, pour recongeler
alors une 4.e partie d'eau qui doit être suivie
35. encore d'une 4.e partie d'eau. Ainsi il faut
l'imbiber tour à tour et successivement jusqu'à
ce qu'il soit parvenu à une valeur fort déterminée.
Lisez Alors il faut l'enfermer sous le sceau d'Hermès
et il souffrira un feu un peu plus fort et prendra
la susdite noirceur pendant 40. jours et puis il fera
voir les rayons éclatants du blanc Phoebus.
36. Quand j'eus bien pesé ces choses, je conservais ce
qui me restait de ma médecine blanche bien déterminée
sans y être forcé, qu'avec la grâce de Dieu
je ne sois pas privé tout le temps de ma vie
d'un si grand secret, et je le gardais pour l'amour de celui
qui me l'avait donné. De sorte qu'à peu de grains
37. près, j'avais perdu tout ce qu'on m'avait donné,
dans l'espérance que je pourrais à la fin rencontrer la
vérité, où je tournais si bien mes pensées sur cela
@

476 (466)

que comme un étourdi en tâtonnant je me suis
privé d'un double trésor, de la perte duquel
je pourrais bien me repentir à loisir.
38. Mon feu étant presque éteint, je fus obligé de
consumer un peu de ce qui m'était resté pour
servir à ma dépense jusqu'à ce que j'eusse
trouvé et vu la fin de tout ce qui avais continué
de la (force?) ; d'où je concluais avec promesse
de garder le reste sans le dépenser, ni
le montrer jusqu'à l'article de la mort.
39. Avec ce voeu solennel j'avais donc réservé très
peu de grains de ma poudre, mais qui n'avaient
pas la vertu qu'ils avaient lorsqu'on me les
donna, néanmoins pour conserver ma vie dans
un besoin pressant sans (*1*) je pourrais
faire usage de ce que j'avais si j'étais réduit à
la dernière extrémité,et que j'eusse consommé au
delà de mon bien. Mais le besoin m'a forcé
40. dans la suite de me servir d'une partie de ce
peu, si bien que je fus obligé ne pouvant
choisir de le mêler avec de la très fine, autrement
je pense que j'aurais bientôt perdu le grain
qui me restait. Je le mêlais donc avec 10. autres grains10. grains
41. de fine . Ainsi je rapporte une histoire très véritable,
non pas que je l'aie ouï dire ou de la voix
publique, mais ce que j'ai observé moi-même,
ce que peu de personnes ont vu toutefois je l'atteste
sur ma réputation. Je ne sais pas la raison
pourquoi on ne me doit pas croire sur ma
42. parole. Or pour le qui m'était resté de plusieurs
erreurs que j'avais faites sur l'or lequel est
tué par le qui l'altère et perd sa forme, + il y a+
y a un si grand amour entre lui et sa soeur que son âme
43. retourne avec joie dans ses bras. Et lors son
vêtement semblable aux perles orientales se
tache de couleur en couleur jusqu'à ce qu'enfin
le noir éclipse le soleil et la lune dans le firmament,+ grande vérité
et tous deux manquants de clarté la terre devienneLisez
44. en eau et l'eau s'épaissit en terre. J'avais+ épreuve
éprouvé cela et vu qu'après le noir les couleurs
de l'arc en ciel, ou de la queue de paon
avait paru, et quand tout cela fut diminué, la
croissante se montra très claire, je remarquais
que la terre reluisait comme le ciel, et que tout
devint semblable au trône céleste. Et comme la
45. saison était mauvaise, et qu'elle ne s'accordait pas
au dernier feu, j'appréhendais de perdre la chose
après sa perfection, car j'avais grande envie d'en
faire l'épreuve, afin de pouvoir voir l'ouvrage
commencé et conduit à la et non pas au .
46. Je l'avais donc projeté sur du adouci 1.nt par
la lune et il teignit 50. parties, j'avais conduit
mon procédé en l'imbibant mais j'en fis inutilement+ il en faut bien
l'épreuve, car véritablement je l'avais laissé refroidir.prendre garde
Ainsi je travaillais bien indirectement par l'imbibition
47. étant froid, et ainsi pensant être indubitablement
au rouge, je trouvais néanmoins par expérience que
je n'y entendais rien, quoique la nature n'aie pas

*1* mot douteux : pict
@

(467) 477
dédaigné de me conduire au noir, lequel
j'avais passé après avoir admiré les couleurs
qui précèdent le blanc, néanmoins je m'éloignais
moi-même de ce que je désirais le plus.
48. Ainsi avec mes essais mon était devenu
à rien ou à très peu de choses, alors je fis réflexion
comme j'avais follement perdu ce qui pouvait
servir à bâtir un hôpital et je perdis avec
+ mon mon + menstrue toute ma science dont je puis
me vanter : que depuis j'ai eu une parfaite connaissance,
49. dont je rends à Dieu des actions de grâce
de ce qu'il m'a fait voir par une démonstration
infaillible, laquelle on ne peut ne pas croire
sans aveuglement. Il m'est resté de cela une grande
consolation dans toutes mes pertes d'avoir vu
ce que je vous ai expliqué.
50. Enfin je rencontrais encore une fois mon bon ami,
L'ami se et en lui découvrant ce qui m'était arrivé, je le
retrouve. priais d'oublier ma folie, espérant qu'il y suppléerait
de nouveau, mais je fus trompé dans mon
attente, n'ayant pas réussi comme je me l'étais persuadé.
51. Car comme il eut été informé de l'épreuve
que j'avais faite, et ce dont Dieu m'avait favorisé
il voyait que s'il m'avait donné quelque secours
de nouveau je pourrais aller jusqu'à l'arbre
des Hespérides arracher les pommes à ma volonté
et puis me passer de lui, c'est pourquoi il me
52. parla de cette sorte. Mon ami si Dieu vous a
choisi pour notre grand art il vous le donnera avec le
Refus temps, mais s'il a prévu par sa sagesse que vous
n'en soyez pas capable, ou que vous en usiez mal
maudit serait celui qui mettrait les armes à la
main d'un furieux pour faire du mal à mille autres.
53. Lorsque vous étiez dans l'ignorance je vous fis un
grand présent, mais peut être qu'un tel don se serait
détruit lui-même si le ciel l'avait ainsi ordonné
et je vois qu'il n'est pas à propos que vous en jouissiez à
présent, et je ne peux pas vous accorder ce que le ciel
vous a refusé, autrement je serais coupable de vos
54. extravagances. Je vous avoue que cette leçon si
pleine de morale ne me fit pas de plaisir dans
le moment, car mon espérance était en lui et
grande cette réponse me réduisit à la misère, car dit-il
les destins vous ont bien accordé la science mais
néanmoins vous devez maintenant manquer la chose.
55. (*1*) c'est Dieu. Donc je lui fis comprendre sur le
champ comment Dieu m'avait par sa bonté appris la
+ lisez science de + l'eau par laquelle, lui dis-je, je pourrais quelque
jour posséder ce que vous me refusez, laquelle j'essaierais
aussi malgré votre refus. Ecoutez dit-il ce que je
vais vous dire, vous ferez bien et vous en bénirez Dieu.
56. Sachez donc que nous sommes rigoureusement
engagés par des serments très inviolables à ne
jamais secourir, par notre art, personne dont

*1* mot douteux : pict
@

478 (468)

l'ambition peut renverser l'univers s'il l'avait
en sa possession, pourquoi ? C'est que le mal qu'il
ferait retomberait sur celui qui aurait divulgué
57. notre grand art. Considérez donc maintenant
le prix de ce que vous aviez tant de la pierre que
du , y a-t-il quelqu'un qui ne pense pas qu'un homme
serait insensé s'il en perdait autant sans sujet ?
Or si la raison vous avait guidé vous en auriez eu
assez à ce que je crois de ce que je vous avais donné.
58. Car si vous aviez pris de l'or très pur, et étantmultiplication
en fusion, vous y eussiez ajouté seulement un grain
de votre pierre, il se serait certainement uni à l'orEpreuves
vous auriez pu travailler sur l'ouvrage avec votre
, avec lequel cet or s'était mêlé si promptement.
59. Alors vous auriez beaucoup abrégé votre travail,
lequel auriez pu conduire jusqu'au + rouge+ lisez
où lorsqu'il y serait parvenu, vous auriez vu
comment avec un tel et un tel se serais marié
de nouvel or, vous auriez vu le poids le
temps et la chaleur, que pouvez-vous désirer
davantage pour savoir notre grand art.
60. De plus puisque vous savez maintenant l'art de
préparer ce igné vous devriez en avoir été si+
fourni pour votre part, qu'il y eût eu peu de
personnes qui en eussent pu avoir davantage
que vous, mais ne vous apercevez vous pas comme Dieu
s'opposa à votre travail, puisque vous vous en
61. privâtes vous-même. Il prévoit peut être que
vous transgresserez ses saintes lois en menant
une vie libertine, ou en commettant quelque mauvaise
action, c'est pourquoi il vous a communiqué la science,
c'est pourquoi je vois aussi d'une manière sensible
que la prudence veut que vous soyez peut-être
plusieurs années sans avoir la jouissance de ce grand
don dont vous auriez abusé indubitablement.
62. Sachez donc maintenant si vous essayez cet artgrande
sans un ferment (*1*) vous devez observer vous vous
tromperez souvent et vous vous éloignerez du droit
chemin, quelque soin que vous preniez, et peut être
que pendant votre vie vous n'attraperez pas ce grand
trésor que Dieu seul donne. C'est pourquoi si vous
63. prenez la voie la plus abrégée, il s'écoulera une
année avant que vous trouviez le point fixe duVoyez
, mais si vous prenez le contresens, vous resterez
souvent derrière de plus d'une année et souvent
obligé de recommencer vos dépenses et vos peines,
autrement vous aurez à vous bien repentir de vos
64. erreurs et folies. Or si pendant ce temps-là votre
esprit n'est pas tranquille, s'il est divisé par
des soins embarrassés, vous trouverez mille
accidents et dangers, et vous perdrez beaucoup
de ce que vous aurez épargné avec peine. C'est
pourquoi soyez attentif à mon conseil, ainsi
vous saurez conditionnellement ce grand secret.

*1* mot douteux : pict
@

(469) 479
65. Vous me promettrez par serment devant
Dieu tout puissant que vous vous abstiendrez
pendant tel temps de rien entreprendre
de vous-même de ce que je vous déclarerais,
et pendant ce temps vous ne révélerez aucune
chose de ce que je vous aurais découvert,
et que vous serez comme enseveli dans le sommeil
de la mort, lequel je vous ai fait
voir aussi sur la rose et
66. Je vous proteste que s'il m'avait découvert
sa pensée, et qu'il m'eût déclaré tout le secret,
et qu'il m'eût assuré qu'il ne se moquait point,
j'ai remarqué de mes yeux ces choses
toutes extraordinaires à la vue, lesquelles
je traiterais en peu de bonne foi
et amplement et ne cacherais que ce qu'il n'est
pas à propos de dire.
67. Je garderais inviolablement mon serment,
aussi le dois-je faire car il n'y a aucun
+ enfant de + l'art qui ne puisse par ce que
je lui ai dit, découvrir le reste s'il le
cherche avec un coeur droit, et l'entreprend
avec un jugement solide sans lequel
tous ceux qui le cherchent témérairement
sont toujours confondus.
68. Je n'aurais pas besoin de vous apporter davantage
d'exemples + l'art est vrai et
+ grande sûr quoique difficile
à trouver, non pas pour être acheté
avec les richesses d'un roi. Car il ne lui
faut pas un esprit vulgaire. Si les destins
vous appellent, suivez-moi donc
dans ce Palais royal où les sages pphes
marchent librement.
Fin du 2.e livre
@

480 (470)

Livre troisième.

I. Je chante les avantages de la Toison
d'or, sujet propre pour exercer la plume
des esprits les plus sublimes, que la Grèce
ait jamais produit, pour moi je montrerais
volontiers sur les montagnes des muses,
pour en rapporter les agréables cadences
d'une diction pure qui pourrait enrichir
2. ce secret. Les Indes peuvent seules
se mettre en parallèle avec elle, c'est le grand
don de Dieu, le grand art des sages, ce talent
plus estimé que toutes les choses du
monde, celui qui a une telle science secrète
doit admirer dans les autres créatures
l'excellence du créateur en l'adorant de
3. tout son coeur. C'est une faux qui d'un
seul coup tranche toutes les convoitises
et la source de tout mal, celui qui la
possède ne craint point les caprices de laLisez
fortune, il met sous ses pieds les choses
passagères, son unique occupation est de
contempler Dieu, son auteur, comptant
pour rien l'or l'argent et les pierres précieuses.
4. C'est l'arbre de vie qui garantit
le corps humain de toute maladie et
renouvelle la jeunesse, qui ne souffre point
que la nature s'écarte, mais qui la conserve
parfaite. Tout biens s'augmentent
par ce rare secret, richesse longue vie, exemption
de maladie, ce qui est très surprenant
et rend les hommes étonnés.
5. Il n'y a que la destinée de la mort à laquelle
tout est sujet et qu'on ne peut éviter,
celui qui le possède a tout ce que l'on peut
posséder et souhaiter en la vie pour se bien
porter, il ne craindra jamais l'indigence.
Je n'ai pas besoin de dire à celui qui en
jouit combien ce bonheur est grand, mais
6. outre cela d'être en possession de faire tout le
bien que l'on veut. O l'heureux état que de
s'occuper à secourir les pauvres et d'employer
ses soins à des oeuvres pieuses et à ce que
l'esprit inspire ne manquant de rien, quel
plus grand bonheur dans le monde !
7. Commencez donc muse d'un air agréable chantez
d'une voix haute et élevée même vos
esprits pour publier les grandes louanges que l'on
doit à cet art, que toutes vos notes soient
conduites par un bon génie poétique, il n'est
point, pour cette science de louange excessive,
heureux celui qui le sait, et je puis dire
qu'en peu de lignes je vais vous découvrir tous
8. ses admirables secrets. Que Crésus se cache,
qu'on ne se souvienne plus du trésor de Midas,
car il est certain que leurs richesses ne pouvaient
rendre la santé à leur corps languissant,
car voici la source des richesses en notre
@

(471) 481
arbre de vie, il n'est point de trésor ni de
richesses semblables, il n'est point de maladies
qui ne soient guéries par notre élixir. Ici
9. vous remarquerez comme dans une mappemonde
toutes les créatures en abrégé, et réduites
en leur perfection, vous y voyez toutes les
misères du monde renfermées dans un
petit sujet, réjouissez-vous, et en donnez à
Dieu seul toute la gloire, et poursuivons
présentement cet agréable récit.
10. + L'or est comme un prince souverain à la tête
+ Lisez de tous les corps, qui sont donc contenus dans
le règne minéral, dont il n'y en a aucun qui
puisse le détruire, le feu le plus furieux et
violent ne peut l'endommager, sa grande perfection
lui fait endurer les flammes, lesquelles ne peuvent
qu'en séparer les saletés qui peuvent y
être cachées. Il est comme le soleil terrestre.
11. La est placée après lui la 1.e en dignité, c'est
un corps parfait qui n'a cependant pas la
perfection du . Néanmoins elle soufre de
bonne grâce la durée des flammes que tous les
autres métaux évitent et ne peuvent souffrir.
12. Les 4. autres, et contiennent tant de
crudités qu'on les estime imparfaits. Néanmoins
j'assurerais hardiment que celui qui pourra découvrir
la vertu intérieure des planètes les
+ du trouvera toutes formées de la véritable + matière
du soleil.
13. est le hardi et vaillant dieu de la guerre,
son corps est vil peu estimé, il est d'une fermeté
excessive, s'assujettissant toutes les puissances
prochaines ou éloignées de ce qui se veut
opposer à lui, et l'on peut et doit croire que son
extérieur grossier cache un esprit dont on ne
connaît pas la vertu.
14. la belle planète du dieu de l'amour dont
la beauté charme le hardi dieu de la guerre,
+ grande + celui qui a l'adresse de faire l'expérience de
son sel central trouvera une clef par le moyen
de laquelle le propriétaire est assuré de découvrir
+ tous les secrets. Je n'en dirais pas davantage
car jusqu'ici personne n'a découvert ceci.
15. Le favorable , planète si brillante et si
bénigne que de tous les dieux il n'en est point de
plus éclatant; si votre vue peut remarquer
+ c'est le . notre grand et véritable , car il y a une grande
différence entre le vulgaire et celui que nous appelons
le nôtre, qui tire son origine du vieux père de L.
16. ce dieu mélancolique dévora une pierre
+ L'or. pensant qu'il avait mangé Jupiter, et quand il se trouva
attrapé lui-même, il devint sombre sans
vouloir recevoir de consolations, car lorsque
cette pierre Abadir eut descendu dans ses
@

482 (472)

entrailles, elle se change en une autre forme.
17. Le vieux Aberipe qui avait mangé ses enfants
engendra dans cette pierre un fils, qui dans l'estomac
de son père éprouva un mets si dur
qu'il en était devenu sur le champ triste, et de
ce fils comme je l'ai ouï raconter fut engendré le
très noble Abrettame.
18. Outre les dites 6. planètes, il s'en trouve encore un
Lisez grande d'une vertu admirable, son nom est
à cause qu'il est seul messager des dieux, + mais
+ l'esprit du il est mort jusqu'à ce qu'il reçoive la vie, jusque-là
il trompera les artistes entêtés.
19. Ainsi je vous ai nommé par ordre les dieux, je
vais présentement à la belle généalogie de chacun
d'eux, leur lignée leur vêtement et de quelle
manière ils sont formés dans leur espèce, comme
aussi je vous raconterais tout leur mérite,
car cela fait beaucoup à notre dessein, c'est
pour cela que le lecteur doit être bien attentif.
20. La matière 1.e des métaux c'est c'est une humidité
Lisez qui ne mouille point les mains et néanmoins qui
coule, c'est pourquoi elle est nommée sèche. Le
est à la disposition de tout le monde mais
ce n'est pas là l'eau que nous souhaitons, car
en notre eau est notre feu secret.grande
21. Tandis que cette matière retenait la vieLisez
elle était propre pour la création de tous les métaux,
lorsque la vie est retirée alors il demeure
immobile jusqu'à ce qu'une vie nouvelle
le revivifie, cette matière a beaucoup d'affinité
avec tous les métaux lesquels cachent en eux-
22. mêmes un , mais elle est unie de plus près
à l'or, ensuite à l'argent puis à puis à ,
comme les curieux de cet art l'ont expérimenté,
mais il a moins d'affinité avec l'excellente
cuivre rouge, et encore moins avec qui
méprise de s'unir avec elle (lui ) d'où il
23. paraît qu'elle (le dit ) doit avoir plus
d'affinité avec L 1.nt par l'égalité de leurs
poids, et enfin par la fermeté de leurs vrais
principes, car ni le ne
souffriront point, qu'on sépare par aucun
art ni tour de main leurs principes, qui ne peuvent
24. être détachés, que par une seule humiditévérité
sortant d'eux, qui les divise par la voie
de la génération, et détache doucement leurs
éléments, et après les avoir ainsi déliés, les
25. met en état de multiplier ; et avec une
liqueur admirable qui change tous les élixirs
naturels, et les réduit en leur 1.e matière en divisant
tous leurs principes, chacun séparément excepté
ces deux-là, c'est pourquoi il n'est pas étonnant
que personne ne peut les détruire. Si de vieux
artistes ont établi qu'il n'y a que les sages qui
puissent développer cette semence secrète.
@

(473) 483
Lisez 26. Or celui qui connaît les parties du + et
+ grande qui peut diminuer ses superfluités et peut
+ d le vivifier avec le véritable + (car il est
Le secret mort quoi qu'il soit fluide), il peut aisément
développer l et ensuite les recongeler
l'un et l'autre en une essence qui peut guérir
de tous maux tous les hommes.
27. O tu es la lumière du monde, que ta nature
Lises des est admirable ! Comment un corps compact est-
vérités il en possession de développer un esprit inexprimable
pour accomplir nos mystères ? Nous
ne souhaitons que cela, c'est notre , c'est là
notre feu secret : car le est un or essentiel
28. qui n'est pas encore mûr, lequel si tu peux préparer
Père par art il donne le + menstrue secret.
l'esprit, La mère de notre pierre qui est si rare, notre
mère huile, notre onguent, notre marcassite que nous
appelons aussi notre magnésie, et notre claire
29. fontaine, oeuvre de cristal qui coule des
+ 4. éléments + 4. fontaines dans les vallées, distillant de ces
gouttes perlées, dans lesquelles notre noble
roi est lavé et emporté sur la cime des
montagnes, où il reçoit des cieux la vertu
qu'il ne quitte jamais après qu'il a été fixé.
30. Voilà notre rosée de mai, qui dispose notre
+ grande de terre à porter du fruit qui est l'or parfait.
vérité Car c'est là notre Eve qui aime Adam dont
elle reçoit l'esprit entre ses bras chose extraordinaire,
+ cet esprit avait paru auparavant
comme mort, et étant vivifié paraît d'abord
de couleur verte, et ensuite celui qui
31. approche du au 1.er degré de digestion métallique
+ grande c'est le vieux quoi qu'il soit vil et
méprisable à la vue est néanmoins tout le
fondement de notre secret. Ainsi donc de
+ sa nature est + de forme enne terrestre
32. humide et froide. Je veux dire que le qui
Lisez se présente d'abord à la vue de chaque artiste,
qui est appelé vulgaire est inutile à notre
dessein, si vous en voulez savoir la raison,
son corps répondra qu'une chose morte
ne peut faire vivre une chose morte, ni ce
33. qui est âme de sa substance et impur ne
peut pas causer de pureté transcendante
ni même ce qui est sans âme élever un
corps fixe, non il doit y avoir une prochaine
affinité, autrement vous essaierez en vain vos
34. chimères. Comment donc faut-il faire de cette
matière. renferme en lui-même comme
en une prison une âme immortelle, détachez
+ Lisez de grande ses fers qui l'empêchent de paraître à la vue,
+ alors il s'élèvera une vapeur luisante comme
perles orientales, laquelle est notre et notre firmament
étincelant.
@

484 (474)

35. Mars par les liens d'amour est attaché à
qui le dévore d'une grande force, l'esprit de + + du
sépare le corps de et l'un et l'autre restant
joints produisent une source secrète, d'où il
coule une eau merveilleusement claire, dans
laquelle le soleil se plonge et perd sa lumière.
36. Dans Vénus cette étoile si brillante à la
vue étant mariée à Mars et par lui embrassée,Lisez
leurs influences doivent être unies : car
elle seule est l'unique voie entre le et notre
vrai , pour les unir afin qu'ils ne puissent jamais
37. se détruire. Et si je voulais ici expliquer
la génération de tous les métaux, cela
demanderait un grand volume, je me contenterais
quant à présent à ce traité, et répondrais
à ce que vous souhaitez en retranchant ces
choses de plusieurs autres, qui ne sont d'aucune
utilité à la connaissance de notre art.
38. Et je vais continuer à vous enseigner le
+ fondement certain, sur lequel un artiste peut+
s'assurer, sans s'embarrasser de choses qui puissent
le troubler dans sa recherche, car j'ai
dessein d'éviter toute obscurité aussi bien
que tous les mots douteux afin de traiter plus
au long de tout ce qui est le plus convenable.
39. Et d'abord je montrerais la définition de cette
rare substance que nous estimons tant laquelle
change la forme des métaux et convertit les
corps imparfaits en sorte qu'aux yeux au toucher
et à la coupelle, L le ciment royal et à tous
essais ce qui était auparavant volatil devient
40. parfait. C'est une substance métallique parce+
qu'autrement elle ne pourrait pas s'unir avec les
métaux et avec l'essence du soleil, où est la dignité
de l'or, et elle ne pourrait pas teindre le
cru, le et tous les autres métaux comme
elle fait et y joindre la fixation parfaite de l
41. et le poids. Mais elle surpasse encore la simple
vertu de l'or, autrement elle ne pourrait pas
lui communiquer la moindre partie de sa teinture,
or il faut qu'il soit lui même altéré,
puisque rien ne peut graduer une matière non
mûre jusqu'à son propre degré, à moins qu'il n'ait
42. une maturité transcendante. Elle est d'ailleurs
de nature spirituelle autrement elle ne pourrait jamais
pénétrer les corps, pour séparer le pur de l'impur,
et les porter à pouvoir souffrir lors de leurs
examens toute la violence du feu, et cette opération
demande une médecine du dernier degré de
43. perfection. Cependant outre la puissance pénétrante,
elle doit contenir une merveilleuse fixité
puisque naturellement on ne peut pas donner ce
qu'on n'a point, ni arrêter celui qui prend la
fuite que par un agent fixe, ici l'esprit et le corps
44. sont mêlés ensemble. Ainsi pour dire tout en peu
de mots notre pierre n'est rien autre chose que
@

(475) 485
+ d la véritable essence + de l'or. Sa teinture, son
, dans lequel afin qu'elle puisse accomplir
ce que nous cherchons, le corps renferme l'esprit
et tous deux ensemble forment une nouvelle
substance, un esprit réel et néanmoins un
45. véritable corps. C'est une poudre imperceptible,
La lisez semblable aux atomes du soleil blanche
pour le blanc et rouge pour la projection
du rouge, les métaux qu'elle teint sont plus
purs que ceux de la minière, et sa perfection
est telle que celui qui la possède pendant
une heure de temps et moins peut bien commander
en tout lieu, ayant un empire absolu+
46. sur les 3. règnes. Elle est d'abord d'une très
petite vertu en comparaison de la force qu'elle
multiplication acquiert par de fréquentes circulations : celui
qui la dissoudra et puis qui la recongèlera
de nouveau, trouvera notre grande médecine,
+ de vertu qui convertira + des parties innombrables de
47. métaux en la grande perfection de l'or. Elle est
pesante, cependant elle se divise en grains.
+ Cette poudre paraît molle comme de la soie, on
l'introduit dans les métaux, fondue comme de la
cire, afin qu'elle pénètre dans
leur ventre comme la pressure pénètre dans le
48. lait, et le caille dans un instant. Car voyez
comme l'huile bouillante imbibe sur le champ
et pénètre le papier brouillard, de cette manière
notre pierre pénètre dans les métaux mols bien
fondus sans ébullition quand par la violence du feu
ils sont mis en fusion ou bien y réduits par une
chaleur ardente s'ils sont durs, pouvant souffrir
49. un feu violent. Ou si vous avez envie de projeter
+ votre essence sur du + il doit demeurer sur
projection le feu jusqu'à ce qu'il fume et commence à s'évaporer,
vous arrêterez aussitôt sa fuite en y jetant
promptement un ou plusieurs grains, selon que la poudre
Lisez sera multipliée, qui fixeront qui était
auparavant fugitif. Il est mieux de projeter
50. aussi cette rare médecine d'abord sur une portion
Projection de ce métal simple pur, qui produit l'effet
de la poudre, du pict et de la . La rouge agit
sur l'or et même sur l'argent. Jetez une part
Lisez de votre pierre sur 4 de métal parfait ou même
51. sur 5 pour une. Alors cette masse deviendra
+ projection fragile comme du verre, d'une couleur claire
et très brillante et vive, et cependant non
transparente, aussi vous verrez sa vertu diminuer,
elle paraîtra très brillante à la vue, semblable
à un beau rubis, alors ayez soin de projeter
52. cela sur du . Projetez une partie sur 10,
quand vous apercevrez que la couleur et teinture diminue,
ce qui étant fait vous aurez bientôt à
votre volonté par le feu un ou une très parfaite.
Conduisez ainsi votre opération et soyez
assuré qu'il s'en ensuivra un or ou un argent très
53. purs, et si vous augmentez votre soufre en bonté
@

486 (476)

ou en poids, vous pouvez travailler de sorte
que votre fond ne se consumera point par l'usage+ grande
que vous en ferez. Cette pierre renfermant un si grand
pouvoir, que semblable au feu elle est capable
de se multiplier en poids, aussi bien qu'en vertu
54. et dignité. J'ai vu une fois et trouvé par expérience,Lisez
(ce qui surpasse l'imagination) qu'une portion
de l'élixir rouge, ce que je vais déclarer pour
l'avantage de ceux qui peuvent travailler à
cette science, par laquelle on reconnaîtra bien
qu'elle n'est pas inutile comme plusieurs se le
55. persuadent. Car il y en a qui quoi qu'ils ne conviennent
point de l'art, sont forcés par raison etgrande
par le témoignage de ceux qu'il serait injuste
de mépriser, mais ils ne cessent de se plaindre de
la + science, n'entendant pas toutes nos belles et véritables
opérations. Les vers suivants vous apprendront
à les connaître et éviter ce qui convient. Car s'ils
56. pensent que nous séparons l'âme de l'or dont une
masse ne renferme qu'une + petite substance, quoi+ 1. un demi gros.
qu'elle teigne le avec fixation, et soufre ensuite
toutes les épreuves et essais du feu que l'on
donne à l'or. Mais l'or dont vous avez tiré le
57. est détruit, ainsi toutes vos peines tournent une
fois à votre désavantage quelque divertissant
que cet oeuvre vous paraisse, il ne peut pas garantir
les hommes de misère, ainsi il en coûte
beaucoup pour acquérir notre science et en connaître
58. la possibilité, au lieu que j'ai vu comme
j'ai dit notre poudre si augmentée en vertu
que cela est incroyable, qu'une si petite quantité
qu'à peine elle paraît la grosseur d'un grain
pouvait changer en or une si grande quantité
de matière, qu'on peut l'estimer et dire que
c'est une fable si on ne la voit. Il n'y a personne
59. qui puisse par art atteindre à ce nombre
par la richesse, quelque grand seigneur qu'il soit, néanmoins
sa teinture était très solide, car j'ai projeté
ce grain où la perfection était si abondante
sur une once de . Laquelle fut faite toute et
dont un grain fut jeté sur 10. fois autant,
et tout fut fait encore médecine, et après
cela ne suffisait pas pour la réduire en métal
et la médecine n'était point diminuée. C'est
60. à dire 1. sur dix, puis sur cent et tout fut fait
encore médecine, et prendre ensuite une de cette
poudre que jetterez sur dix de n'est point assez
de pour être fait métal, il en faut davantage
et la médecine n'en sera point diminuée du toutgrande projection
par ces projections si souvent réitérées, au contraire
à la fin 1. teignait 90.000 de en pur or.
61. Après cela cessez désormais critiques téméraires
de blâmer cet art si noble si utile et si
juste. Ce ne sont pas les sophistes qui détruisent
cette grande science, ce sont uniquement ceux qui la recherchent
pour soutenir leur cupidité et lesquels
@

(477) 487
abusent le monde, on trouve valeurs tromperies
62. découvertes dans ce traité. mais vous qui aimez
la vérité soyez circonspect, donnez-vous de garde,
et ne vous laissez pas facilement tromper, car
soyez persuadé que tout ce qui a été inventé
par ceux qui ont été poussés par envie à
traiter de cet art n'est pas vrai. Il y en a
très peu en certains livres, en d'autres à peine
63. y en a-t-il quelques titres. Car sachez que cet art
demeure vierge, quoi que plusieurs amateurs
le recherchent avec passion, il méprise les sophistes
et dédaigne toujours de demeurer à côté
de la fausseté, néanmoins plusieurs s'empressent
de remporter la toison d'or, ce qu'ils désirent avec
passion comme étant le chef-d'oeuvre de l'art.
64. Mais un véritable enfant de l'art estime la
sagesse au delà de tous les biens terrestres, il ne
désire qu'elle, et ne médite point follement sur les
richesses pour aspirer aux honneurs, ses études
se portent toutes à connaître et à bien estimer
65. les richesses de l'esprit. c'est pour ceux là que j'ai
dessein d'écrire ce travail. J'en exclus les autres
en les avertissant de corriger leurs folies et de renoncer
à ces imaginations, qui les trompent et
détruisent leur oeuvre, parce qu'il est constant
qu'un secret véritable ne peut se découvrir
66. par les erreurs. C'est pourquoi notre art que nous
estimons tant n'est pas comme plusieurs le conçoivent
Lisez la faussement par la peine, et même par la
vérité dépense, que les imprudents croient si malaisé,
mais il peut avec la permission de la nature
+ le temps se + perfectionner au rouge en moins d'un an, comme
pour la P. je vous le ferez connaître à présent, et celui qui regretterait
au rouge 67. ce temps là, qu'il rappelle dans son esprit
qu'il n'est pas moins de temps à attendre et à espérer
la récolte de son grain, lequel quoi qu'il soit semé
au commencement de l'automne n'est pas néanmoins
recueilli ni battu et prêt à manger qu'après
plus de 12. mois d'attente. Et cependant il ne s'ennuie
68. point, au contraire il attend que l'automne l'hiver
et les pluies du printemps soient passées,
et quand la chaleur de l'été a desséché les dernières
pluies, enfin il attend la moisson avec espérance,
69. et ne s'impatiente point de ces longs délais. Cependant
lui en revient-il 8. ou 10. pour un de profit. Son travail
est continuel et les disgrâces qui peuvent lui arriver
innombrables, de sorte que personne ne lui peut
assurer une bonne récolte, néanmoins malgré toutes
ces fatigues, ces hasards, et ces longs délais, le doux espoir
70. adoucit toutes ses plus grandes amertumes. Si quelqu'un
souhaite en connaître la dépense je donnerais
la décision des sages; par cela même celui qui
voudra suivre cette voie peut essayer sa capacité
+ dépense et se persuader que si sa dépense excède + 5 sterling
de l'ouvrage il est vraisemblable qu'il ne peut pas réussir, ne
sachant pas notre art.
Note du traducteur : Le numéro de paragraphe 71, est absent du manuscrit,

@

488 (478)

Il est vrai que la chaleur du feu demande une dépense
continuelle, mais avec la même chaleur je peux
travailler à plusieurs ouvrages de chimie. Que s'il
veut entrer en lice il peut épargner la valeur
sur d'autres ouvrages, sur lesquels par ce moyen il
peut, pour passer le temps, faire journellement les essais,
desquels ouvrages je vais vous entretenir par-ci par-là.
72. Mais s'il n'occupe qu'un fourneau et un vaisseau
toute la dépense sera plus de 10. écus, et néanmoins
il aura abondamment de + quoi, pour le reste de sa vie,+ grande valeur
quand il ferait une dépense égale à celle du plus
grand roi de la terre, puisqu'il la peut augmenter à l'infini.
73. Mais celui qui estime la connaissance naturelle ne
peut pas tellement ignorer cette vraie science qu'il ne
sache quelque secret pour occuper le feu, et il n'y en a
guère dont la curiosité ne le porte à faire essai
de plusieurs secrets chimiques, ceux-là pourront
74. disposer leurs fourneaux de manière qu'avec un
même feu, ils peuvent putréfier, digérer et fermenter,
distiller, et ainsi épargner la peine de plusieurs
fourneaux. Et pour les ouvrages vous pouvez avoir assez
de chaleur sans qu'il puisse retarder votre ouvrage
75. secret. Mais quoi, s'il n'en coûtait que 20. écus dont
la moitié peut suffire si l'on travaille juste, et
quoique l'ouvrage ne + se perde souvent par accident, grande
néanmoins la perte par rapport à ce qu'il en coûte
n'est pas considérable, et l'on ne peut pas mettre
le hasard en comparaison du profit que l'on en retire
quand on réussit, quoi qu'il soit très rare de rencontrer
76. une personne qui y soit parvenue. Car quoique pour
faire entièrement l'oeuvre il ne faille qu'un vaisseau
un fourneau et une seule chose, une règle et un feu,Lisez
néanmoins une personne peut aisément bien conduire
avec un même feu plusieurs vaisseaux jusqu'à la perfection
77. de l'oeuvre. Il suffit de mettre dans un vaisseau
autant de matière que peut coûter une 1/2 d laquelle
étant fermée avec le sceau d'Hermès on ne doit pas
craindre qu'elle soit perdue, à moins qu'il n'arrive quelque
bévue, lesquelles je vais fidèlement vous montrer à éviter.
78. De plus comme la matière dont nous nous servons pour cette+ l'oeuvre
oeuvre est l et le , que nous faisons cuire jusqu'à ce qu'ils
ne se séparent plus, gardant la forme de leurs principes jusqu'à
ce que le feu les tuent par vraie putréfaction. Car
79. à quiconque Dieu fait la grâce de l'avoir, ne peut que
par un très grand accident imprévu voir son travailvérité
détruit avant qu'il finisse sa course, puisque donc il n'y
a aucune chose qui puisse faire perdre une chose si
80. estimée d'un sage, et si son ouvrage n'est pas achevé
ou commencé par une voie convenable, il ne peut que
perdre son temps et son charbon, qui ne lui causeront
pas grand dommage puisqu'il peut aussitôt recommencer songrande lisez
travail comme il le jugera à propos, et l'or étant comme il
était auparavant aussi bien que le , ainsi je vous ai
81. conduit bien avant dans votre chemin et je vous conduirais
encore plus loin en véritable ami. Faites avec discrétion
ce que je dis car je montrerais la véritable voie de se conduire,
mais demandez à Dieu avec moi qu'il vous conduise vous
et moi, afin que nous ne nous égarions pas.
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(479) 489
Livre quatrième.
1. Notre muse a fait retentir l'honneur de l'alchimie,
ce sujet semble si noble et si louable
et mérite d'autant plus une estime incomparable,
que bien des gens l'ont regardé comme une chose céleste.
Or l'unique chose qui reste présentement à expliquer
est de savoir comment et par quel moyen on y peut
2. parvenir. Car ceux qui ont cherché cet art avec
beaucoup de dépense et de temps n'en ont pu
rien obtenir que la besace, n'ayant pu parvenir
à cette science, depuis qu'elle a été fatale à plusieurs
qui se croyaient savants, la plupart des hommes
la considèrent comme un art tout à fait
3. imaginaire. Qui est celui qui n'a pas entendu des
plaintes de ceux qui ayant été réduits par cette
voie et recherche à la mendicité, ont vécus en désespérés.
Mais qui est-ce qui a entendu dire à quelqu'un
qu'il aurait par le moyen de cette science multiplié
ses richesses, c'est pourquoi quelques-uns disent que la
chose n'est qu'une fable que les artistes ne sont
pas capables de défendre.
4. Je ne m'engagerais pas à éclaircir toutes les erreurs
des artistes, parce que le lecteur n'en tirerait qu'un médiocre
profit. Il aimera mieux s'instruire des lois
de la nature que de s'embarrasser à examiner les
sophistications des ignorants. Néanmoins je ne
5. laisserais pas par occasion de blâmer les fautes
des artistes qui s'écartent du vrai chemin en
se persuadant vraiment de réduire la nature
comme une masse de cire, car ils trouvent par
expérience, quand ils font essai de leur rare chimère,
que leur travail est hors de l'espèce et
vont errants comme une plume agitée par le vent
trompeur de leur folie.
6. La 1.e matière que nous prenons pour notre travail
+ Lisez notre est uniquement + l'or et le incorporé avec lui comme
oeuvre nous savons, et nous les cuisons jusqu'à ce qu'ils
soient liés intimement l'un et l'autre. Ils meurent
tous deux dans cet ouvrage et se corrompent
par la putréfaction, après quoi ils sont l'un et
l'autre régénérés dans la gloire immortelle.
7. Car nous n'agissons pas de la manière que l'imprudent
explique nos paroles. Par l'or je n'entends
pas comme eux je ne sais quelle substance vile,
car plusieurs se confondent avec ces notions,
ne songeant pas que ce qu'ils prennent dans l'art
pour leur or n'est pas notre or, qui soit de l'or
dont on fait la monnaie, et que le leur n'est que de
8. l'ordure selon leur folie. Car ils sont toujours
obligés de confesser à la fin de vive voix cette
+ L vérité, parce que tous les sages ont arrêté que l'or
était l'unique matière et néanmoins ces imprudents
expliquent les choses de manière que pour
+ épargner la dépense de + l'or, ils se contentent souvent
9. de prendre de la merde. O les pauvres
fous l'un assujettit son corps à un régime de
@

490 (480)

vivre, ne mangeant rien que par poids et
mesures, agissant en certaines heures, et demeurant
en repos en d'autres, et il ne rabattrait pas
un moment du temps qu'il a coutume de donner à
tout cela, pour entretenir son corps dans une parfaite
10. santé. Ainsi lorsqu'il se trouve en parfaite
santé, il choisit un lieu particulier
pour faire ses excréments et il a soin de la fermer
à chaque fois, et cela + en dépit de la nature doitgrandes folies
produire de l'or en faisant de la merde. Laet ce qui suit
pierre des pphes, et pour qu'il ne semble que son expérienceaussi
soit établie sur un fondement de sable sorti
11. de sa tête, il cite en sa faveur le sage Morien
qui dit que notre pierre se trouve uniquement dans les+ notre
+ fumiers, que quiconque l'en pourra extraire la trouveraputréfaction.
infailliblement, d'où il conclut que la cherche
12. ailleurs est un aveugle, car que signifie ajoute-t-il
ce tas de fumier, sinon l'excrément
humain, puisqu'il dit lui même au roi Calid
que s'il voulait regarder dans lui + même il+ son sang et
découvrirait infailliblement la vile minièresa semence.
(ou matière) de notre pierre secrète et qu'il n'aurait
pas besoin d'en faire expérience ailleurs.
13. Un autre ajoute à cela l'urine, c'est là dit-il
le que les sages cachent, au défaut duquel tant
d'accidents empêchent les artistes de réussir et
les font glisser très follement à côté, il mêle
avec cela de l'esprit de vin fortement rectifié croyant
par là attraper notre pierre divine. Plusieurs
14. la cherchent dans les végétaux, d'autres dans
l'eau C. ou la rosée telles qu'elles tombent du Ciel,erreurs
d'autres choisissent les sucs de crapaud pour leur
vraie matière les préparant avec l'arsenic, et il
n'y en a pas peu qui tachent de trouver notre
pierre dans la fiente calcinée en poudre
15. par les rayons du soleil. D'autres recherchent
avec passion les influences de la , qu'ils
espèrent attraper dans un verre, d'autres voudraient
fixer sur quelque chose les couleurs du
firmament et les projeter ensuite, ainsi radotant
dans la recherche de notre pierre très
16. précieuse ils ne l'attrapent jamais. D'autres
s'imaginent que le salpêtre est la matière et
extravagant là-dessus, ils cherchent des terres
choisies et neuves, argileuses, rouges ou autres,
et par des lessives ils en tirent le . D'autres
cherchent de tous côtés des ossements d'hommeserreurs
morts, ils prennent des squelettes réduits en
poudre et travaillent comme des esclaves autour
de ces beaux sujets, pour y trouver la plus précieuse
des pierres. D'autres assurent et jurent qu'elle se trouve
dans la marne, d'autres dans le C. dans L
L et dans le miel, ces pauvres entêtés sont à
17. plaindre dans leurs folies. Mais raisonnez avec
d'autres sur leurs ouvrages, ils vous entretiendront
@

(481) 491
d'un vilain sperme monstrueux appelé + panspermion,+ flos coeli
ce doit être là sans contredit le Cahos
pour me servir de leur expression, de lui et par
lui toutes les choses de la terre sont engendrées
et produites au dehors. Il n'a point
18. de forme particulière, mais il a une essence
indéterminée, c'est pourquoi il est disposé à
engendrer toutes choses disent ces pauvres
aveugles, ils croient y voir quelque chose et en
sont ravis d'admiration et ne savent ce que
19. c'est. C'est là leur or vivant, leur caché,
c'est là leur limbus, c'est leur feu très secret,
et cependant ces stupides et insensés ils ne
s'aperçoivent pas de leurs erreurs, et de l'inutilité
de toutes leurs matières, et que tout cela ne
20. vaut rien. Car ce qui n'égale point en poids
le métal n'influera jamais dessus. Hélas
comment la nature aurait-elle si fort oublié
ses lois étroites pour satisfaire la pauvre imagination
+ vérité de ces rêveurs + le plus ignorant
métalliste conçoit bien que ce qui n'est point
métallique ne peut pas s'insinuer avec les métaux.
21. C'est ce qui fait que les fèces crues dans
les métaux immûrs ne sont pas jointes à
leurs parties centrales, et il n'y a personne d'esprit
dans l'alchimie qui ne sachent, que si
les fèces étaient séparées par art elles seraient
distinctes de la matière pure. S'il y avait donc
22. un sperme qui pût ainsi engendrer des animaux
et des végétaux, ce qui serait surprenant à
voir, il ne pourrait pas néanmoins produire
des minéraux, la raison en est évidente, c'est qu'il
faudrait qu'il se pénétrât lui-même dix fois
+ 23. pour engendrer un métal, puisque + l'or de 16
fois son poids, et que l'eau est l'unique aliment
qui donne accroissement à la substance des
végétaux, et que de là les animaux s'engraissent, il n'y
a pas grande différence entre le poids de la chair
et du bois, cependant le même sperme n'engendrera
24. pas l'un et l'autre. Bien que généralement
parlant il semble y avoir dans la matière une
affinité très éloignée, cependant un cadavre
que l'on mettrait au pied d'un arbre pour le fumer
peut lui donner lieu de porter son fruit. Le
blé nourrit les créatures vivantes ce qui prouve
25. de quelque affinité. Mais l'or, les pierres précieuses
ou autres pierres, ou telles autre chose semblable,
paraissent si éloignées de l'aliment de l'homme
que de la bête, qu'ils ne calment en aucune manière
l'aiguillon de leurs appétit, car leur nourriture
n'est bonne à rien, et cela prouve qu'il y a une si
grande distance entre ces choses qu'elles ne se rencontrent
26. jamais. Car entre les choses qui sont transmuables
les unes aux autres il doit y avoir
@

492 (482)

une grande sympathie et ressemblance médiatrice
antécédente, autrement quelque + soin que vous preniez+ grande et
vous ne pourrez pas les unir. Ainsi nourrissez lesvérité
métaux de leur propre humidité et non pas+ lisez
hors de leur espèce. Mais considérez bien ce que
je vous dis là, et pesez le bien au poids d'un
27. subtil esprit, il sera très lourd. Il est certain
que la nature sait composer un corps métallique+ lisez
d'une eau quand une fois la semence des métaux
y a fixé sa demeure, elle prend occasion de
travailler, néanmoins il est constant que la nature
même sera contrainte durant toute sa course
de se renfermer dans ses bornes.
28. Ainsi la semence humaine réside uniquement
dans l'homme comme celle de la bête dans
la bête, et de plus il y a un + esprit qui conduit+
chaque chose suivant la règle qui lui est prescrite
avec tant de justesse que rien ne le peut
détourner de son cours ordre, + cet esprit est
aussi renfermé dans un corps grossier.+ c'est l'or
29. Pourquoi donc aveugles insensés que vous êtes,
cherchez vous dans des sujets très étranges
notre pierre secrète ailleurs que dans + l'or,+ grande
qui peut changer en poids et fixer les métauxà lire
crus, pensez-vous que cette admirable
vertu soit cachée dans de l'argile, dans le
sels : marcassites &c, dans l'urine, dans
l'ordure, ou dans la rosée, animaux ou végétaux,
non elle n'est que dans l'or et son + semblable+
joints très purs en poids et mesures, et apprenez
nos secrètes et très véritables opérations.
30. Il vous faut donc conclure que l'or est l'unique+ conclusion
sujet de notre art, puisque par lui nous cherchons
l'or pphique, il n'y a point de véritable pphe qui
ne l'assure et de son expérience ne le prouve, c'est
là le vrai fondement certain de tous nos secrets.
31. Je n'aurai pas besoin de développer les énigmes
des sages qui écrivent sur ce sujet d'une manière
toute extraordinaire, puisque plusieurs
par grande malice ont imaginé divers moyens
pour cacher la vérité, laquelle ils promettaient de
développer et d'autres qui n'en savaient rien
ont néanmoins écrit avec bien de l'effronterie
32. et de la hardiesse. Toutefois je dois confesser
que Morien, ce noble enfant de l'art aurait
d'une manière obscure exprimé la vérité !
(quoi qu'il ne l'aie pas fait par esprit trompeur
bien que d'une manière cachée). Calid a éclairci
cet endroit ne s'imaginant pas que cela
serait mis en lumière. Il dit que sans + l'or on+
ne peut teindre en or, il a été cité par AristoteCalib.
33. puisqu'il avertit le roi de rentrer en lui-même
pour trouver la matière de notre pierre, son
unique pensée était de le faire souvenir que chaqueLisez
@

(483) 493
+ La vérité chose produit son espèce comme il avait lui
même engendré son semblable, ainsi + l'or
est produit de l'or. C'est une loi prescrite
34. à la nature ; encore que l'or soit le seul
métal très parfait, mais de telle perfection
qu'il ne peut pas relâcher aucune de ses parties
sans altération, ni recevoir aucune portion
de ce qu'on lui veut ajouter, mais il est
seulement avili pour un temps, et il ne fait
35. rien au delà de son abaissement. J'en ai donné
ci-devant la raison, et de plus je dis que
c'est sa corporalité qui empêche de faire
davantage, sinon de se mêler confusément
dans la fusion, chaque chose retenant toujours
ses qualités propres et distinctes quoiqu'elles
paraissent à la vue unies ensemble.
36. C'est pourquoi il ajoute prudemment qu'il doit
trouver certainement notre pierre secrète dans
+ vérité un tas de fumier, c'est-à-dire que l'or doit être
conduit à une putréfaction comparée à du
fumier, autrement personne ne peut y réussir
d'une autre manière au dessein qu'il a de
fixer les métaux qui s'exhalent au feu.
37. Les allégories dont les sages se servent pour
déclarer nos secrets cachés sous des noms de
choses très communes, font que celui qui expliquent
leurs sentiments à la lettre se trompe grossièrement.
Or il n'y a point d'homme assez extravagant
pour s'imaginer d'avoir un cheval
quand il achète une chèvre.
38. Mais il y a de certaines gens, que quoi qu'ils
fondent leur science sur l'or et qu'ils tachent
de l'avoir pourri et putréfié, ne veulent pas
Lisez néanmoins se servir de l'or vulgaire, mais
le rejettent avec mépris, car disent-ils tous
les sages concluent d'une voix uniforme que qui
prend de l'or vulgaire est un ignorant, car tous
39. les auteurs disent unanimement que notre or est
fort différent du commun, que l'un est mort et l'autre
vérité renferme un esprit vital, il paraît seulement
semblable à l'or vulgaire, ce qui fait que celui
qui le choisis s'écarte de la voie naturelle.
40. Mais celui qui considère bien les lois de la
+ L C. nature trouvera que l'unique chose est + l'or, que nulle
autre substance sous le ciel ne lui peut être
comparée. C'est notre pierre que nous digérons
+ notre en une + pure essence, qui peut teindre et faire
souffrir le feu aux métaux imparfaits, les
rendant semblables à l'or. Car qu'est ce que l'or
41. c'est le plus pur le plus fixe et le plus pesant de
tous les métaux, il n'y a point de métal ni
même de minéral qui puisse par aucune adresse
Lisez la humaine être porté à la perfection de l'or
vérité que par lui même, dont nous composons notre grande
pierre. C'est donc de l'or réel dont les savants
et sages pphes conviennent. Ainsi l'or est donc
42. la noble semence de notre Pierre pour notre grand art
@

494 (484)

Il est néanmoins étroitement resserré, de sorte
qu'il est mort, ainsi il a besoin d'être ouvert par
art, autrement on se moquera de celui qui travaillevérité
sur l'or, qui ne peut montrer sa vertu
active, avant que d'être réduit en eau.
43. Considérez un grain de blé dans lequel il y a
une vertu active et multipliante, il faut
néanmoins qu'il soit mis en terre, qu'il meure et qu'en
pourrissant il passe par les sombres nuits
de la corruption, dont on ne peut véritablement
l'appeler semence mais blé, dont l'homme
44. et la bête tirent leur nourriture. Qu'un
laboureur insensé jette son grain dans le feu
dans l'espérance d'en recueillir la moisson,
personne ne s'étonnerait si son dessein impertinent
devient infructueux, et pour arrêter
son extravagance ne pourrait-on pas sans
balancer lui dire que le grain n'est pas celui
qui se multiplie par cette voie, mais il en est
45. détruit, parce que chaque chose doit répondre
justement à l'effet certain de sa disposition.
Ainsi les opérations changent les conditions
des choses sur lesquelles un artiste doit bien en avoir
égard. Le blé moulu en farine n'est pas semence
mais c'est la matière pour faire du pain, à cause
46. que sa puissance véritable est morte, s'il est
mis au four a (*1*) il fait de la bière au lieu
du pain, s'il est préparé pour faire de l'amidon, il
n'est pas propre à faire de la bière, ni à faire du
pain, étant fermenté il aide à rendre le vin bon,
ou quand il est calciné par le feu, pour lors il s'éloignera
de toutes les dites opérations, et rendra un sel fixe.
47. Ainsi on peut composer mille autres choses
d'une même substance parfaite d'où il est évident
que celui qui manque dans la disposition
et l'arrangement de ce sur quoi il peut travailler,
qui soit propre à la fin qu'il se propose, quoiqu'il+ on en peut
prenne en main la véritable + matière, n'arrivefaire mille
ra cependant jamais à son but, parce qu'il prenderreurs.
des voies toutes contraires à nos opérations.Lisez ce
48. Appliquez cela à notre sujet et supposez qu'unequ'on croit
personne prenne de l'or et du vulgaire et qu'ilsl'oeuvre.
les , quoi que cela soit très propre à ceux qui
travaillent à dorer superficiellement, ce n'est pas
néanmoins la vraie matière, car nous évitons
49. cette manière de travailler. On suppose que cet
soit mis en digestion à une chaleur circulante,
je conviens bien qu'il donnera un précipité
quand toute la vapeur du l'aura pénétré, néanmoins
cela est bien différent de notre pierre, à laquelle tout
ce travail devient tout à fait inutile. MaisLisez la
50. quand cet or est tempéré avec son humidité et misvérité
dans un vaisseau scellé hermétiquement et digéré
à une chaleur convenable, aussitôt il commence
à agir, car étant disposé de cette manière,
il ressemble à de bon grain mis dans de bonne
terre, et enfin il augmentera lui même son espèce.
51. Que dois-je ajouter à cela, la raison et même
les témoignages des sages nous convainquent jusqu'à+ L'oeuvre
ne point douter que l'or ne soit notre vraie matière,Lisez
que l'on doit mêler avec notre véritable + eau que tant

*1* mot douteux : pict
@

(485) 495
de gens cherchent et que si peu trouvent,
et que l'on doit disposer dans un vaisseau convenable,
52. qui doit être bien fermé et avec bien
Lisez de la précaution sur un feu convenable. Ayez
soin que votre feu soit continuel ni trop fort ni
trop faible, et alors je vous engage ma foi
et mon honneur, que le succès de votre travail
ne sera point répréhensible.
53. L'or donc est de l'or, quand il est empreint c'est une
monnaie, quand il est façonné d'une certaine manière
il est un anneau, ou bien quand il est dissous
or fulminant dans L' et précipité par l'essence de tartre il est
réduit en une poudre que l'on appelle or fulminant
54. Cet or fulminant à la moindre chaleur fait
feu et éclate avec un bruit épouvantable
mettant en pièces avec grande violence tout ce
épreuves qui lui résiste en se précipitant, sa puissance
est si grande qu'on a de la peine à le croire.
Cela et plusieurs autres curiosités ont été éprouvées
par plusieurs artistes. C'est ainsi que si l'on
55. se sert de l'or et qu'il devient la matière de la chose
+ grande à laquelle on le destine, mais il n'en + est
+ pas ainsi du + nôtre qui doit par un mouvement
convenable devenir la chose à laquelle il est
destiné : alors il est notre soleil et notre
+ marcassite jointe à une + autre lune, notre
+ esprit claire + fontaine de cristal. Comme toute
56. sorte de terre n'est pas propre pour toute sorte
de semence de même toute eau métallique
n'est pas propre pour notre art, ceux qui trouveront
+ L des sages. notre vraie + eau ont la partie cachée de notre
excellente pierre, et s'ils la peuvent -------
+ la . ---------dans marier et digérer avec le soleil
sa + demeure convenable avec un feu proportionné,
57. je puis dire hardiment qu'ils doivent
arriver à l'arbre Hespérien, et en arracher les
vérité pommes, qui sont telles qu'elles peuvent pousser
l'or corporel à un degré qu'il sera capable de
pénétrer et teindre, et fixer en or très fin tous les
métaux imparfaits.
58. Or si vous désirez apprendre le secret de ce écoutez-
Lisez moi car c'est une eau qui néanmoins est un + feu+ (*1*)
+ grande qui assujettit les + corps par leurs degrés fixes,+ l'or et la .
et les volatilise à peu près comme un esprit
pur, après quoi il les rend capables de souffrir
59. toute la violence du feu. Cette eau coule de
+ les 4. éléments 4. sources, elle est composée de trois seulement 2. et
Les 3. principes une, c'est l'unique bain où notre roi se baigne,
2. matières d'une c'est notre rosée de mai : c'est notre pierre volatile
racine notre oiseau d'Hermès, qui s'élève sur les montagnes
60. et qui crie sans voix. C'est la race de
+ L Saturne qui garde le puits dans lequel + est
forcé de se noyer et dans lequel montre sa
face, qui paraît vive, jeune et tendre, puis
les esprits des deux sont confondus car ils ont
61. besoin d'être corrigées l'un par l'autre. Pour lors
Lisez voilà une étoile qui tombe dans ce puits et la
+ en terre reprend sa lumière avec ses rayons brillants,
que + Vénus y ajoute son influence car elle est la
nourrice de notre pierre divine, et le lien de tout
cristallin c'est la fontaine dans laquelle notre
62. doit mourir. C'est notre suc lunaire, c'est notre
c'est le jardin des Hespérides, heureux ceux qui le
savent préparer. Ils peuvent d'abord monter sur

*1* mot douteux : pict
@

496 (486)

la cime de la montagne pour en bannir les
ténèbres et l'obscurité journalière de l'art dont
vous m'allez entendre parler.
63. Prenez cette substance qui est l'enfant du grand c'est
le serpent qui verra dévorer Cadmus et ses
compagnons, quoi qu'il soit souillé, néanmoins
le laverez doucement de sa noirceur jusqu'à ce que
la paraisse d'une grande et brillante clarté,
sachez alors que le jour est proche.
64. Vous verrez un cadavre disséqué, qui est notre+ la putréfaction
crapaud très venimeux, paissant dans un lieu
bourbeux, néanmoins fort estimé de nous, faites-
lui perdre son venin, à quoi l'on pourra réussir
par la saignée, conservez ce sang avec grand soin.
J'ai découvert ici tout ce que j'ai osé dire
pour instruire les vrais enfants de l'art.
65. Elevez cela en haut par 7. aigles, car l'air montera+ les imbibitions.
vivement avec l'air, qu'il descende autant
de fois en terre, car la terre lui doit donner son
influence, éloignez-en les fèces avec un feu
doux, voilà la substance que vous désirez avec
66. tant d'amour. C'est une eau luisante très claire.
Mettez-la avec le en juste proportion, puis
vous appliquez à régler une chaleur convenable.
Alors vous vous + instruirez vous-mêmes du reste, le+ grande
lion étant en colère livrera aux aigles un
combat sanglant, et tout sera terminé par
une + nuit affreuse.+ Putréfaction.
67. Mais quelque démangeaison que vous ayez de regarder,
prenez garde que votre impatience ne vous porte à
transgresser dans ce travail les lois de la nature,
car l'on n'est pas plus dans l'erreur à l'égard du
chaud et du froid, que celui qui par un esprit
turbulent, ne peut pas attendre le moment de ce qu'il
voudrait voir.
68. Ne remuez ni n'ouvrez point votre vaisseau,
autrement vous interromprez et même détruirez
votre ouvrage, d'ailleurs de peur qu'il ne s'en aille en
fumée vous n'augmenterez point le + feu, il n'y a+ prenez-y
rien que vous deviez tant craindre pendant tout legarde
temps de votre travail, car une heure de trop grande
chaleur vous coûtera bien cher.
69. Si l'on trouve que cet ouvrage soit aussi bien reçu
du public comme il le mérite, je publierais dans
la suite en 3. livres, la 2. partie qui concerne
la vraie pratique, et cela dans le dessein de
satisfaire l'amour et le dessein studieux.
Recevez présentement celui-ci, acceptez-le et le
lisez pour l'amour de celui qui le donne pour
votre salut, et à la plus grande gloire de Dieu.
Fin de la 1.e Partie
Anonymus Philochymicus anagramatise mene
Georgius Startkey
Vir gregis custos
L'homme gardien du Troupeau.
nom qui n'est pas dans l'original anglais.
@

(487) 497
Seconde Partie
De la Moelle d'Alchimie.
Contenant 3. livres qui éclaircissent la
pratique de l'art, et où l'on trouve l'art si
clairement découvert que jamais personne
ne l'avait fait auparavant
avec tant de clarté, en faveur des
jeunes enfants de l'art, et pour convaincre
ceux qui sont dans le Labyrinthe
d'erreurs.
Par Eireneus Philoponos Philalette.
A Londres imprimé par (*1*)
(*2*), à l'enseigne de la grue
dans le parvis St Paul en 1659.

Avertissement au lecteur.
Ami lecteur dans la 1.e partie, la Théorie
vous a été donnée, ici est la Pratique
bien expliquée. Lisez-la bien et vous
éviterez les embûches des charlatans.
Je n'avais pas dessein de rien ajouter
à la fin de ce traité, parce que j'étais
persuadé qu'il était assez convaincant,
mais comme je sais qu'il y a de certaines
gens qui ont un très grand intérêt de combattre
la lumière véritable de notre grande science
(tirants un profit sordide de leurs impostures).
Ainsi donnez-vous la peine de lire ce peu
de lignes, lesquelles peut être ne vous seront pas
inutiles si vous les lisez avec attention. Le
dessein de ce traité est donc comme vous le
verrez en le lisant, pour faire connaître que
l'art des pphes est véritable et qu'il n'est point
fabuleux et controuvé comme plusieurs
se le persuadent. Cela se démontrera 1° par
les témoignages de ceux mêmes qui sont
adeptes, 2.° par ceux qui n'avaient aucune
prétention de savoir l'art. De sorte que l'art
confirmé par le témoignage de ses enfants,
aussi bien que par celui des étrangers
qui sont toutes personnes dignes de foi, ne
peut être contesté par des critiques déraisonnables.
De plus l'auteur a joint de fortes
raisons pour prouver la possibilité de ce que
les artistes promettent par leur art et en
3.e lieu il rapporte ses principes et vraies expériences,
et rend raison de ce qu'il y a vu de
ses yeux et fait de ses mains : sur quoi comme
un témoin oculaire il pouvait écrire avec
certitude ; ensuite il en explique ce que c'est que
l'art en général, et puis entrant dans le
particulier il montre ce qu'on doit choisir
et ce qu'on doit rejeter en cet art, et finit ainsi sa
théorie.

*1* mot douteux : pict
*2* mot douteux : pict
@

498 (488)

Dans la 2. Partie qui est celle-ci, il
découvre clairement la pratique, avec cette
différence, qu'il n'y a que les enfants de l'art qui+ grande
la puissent entendre, la chose restant obscure
pour un sophiste. Je ne dirais que peu
de choses touchant la + matière, que l'on doit+ pour la
prendre pour faire notre grand ouvrage. L'auteurmatière
a peu cité parce que des vers ne peuvent pas
souffrir de citations. D'ailleurs comme il
mérite un rang entre les plus savants, il ne
s'est pas tant attaché à prouver ses opinions
par des témoignages que par des raisons.
Pour moi qui dois le suivre, comme Néoptolème
faisait son père Achille, non pas
d'un pas égal, je confirmerais par des témoignages
ce qu'il a prouvé par des arguments
solides, et d'abord je commencerais par le
sage + Artéphius, qui est un pphe sans pareil,Lisez
il parle de deux corps et d'une eau.
L'un est le , l'autre la , et l'autre le . Le
est le + laton, c'est-à-dire l'or à qui l'on donne+ l'or
ces épithètes, 1° corps très parfait 2° corps
+ c'est la nature de l ou son esprit de fixation, et dans ce sens ce que le pphe s'écrie:
qui est de la même nature qui le O nature O nature comment volatilisez-vous
volatilise. l'or, qui est de lui même le plus fixe de la
nature ? Puis il nomme l'or foléable, laminable,
+ notre ou calcinable avec le + , un corps capable d'être
+ L est l'esprit. blanchi par + l'eau. En un mot celui qui doute
qu'Artéphius parle de l'or tel qu'il est connu,
trouvera plus de caprice dans l'interprétation
qu'il en donnera que la nature n'en pourra
supporter de raillerie, celui qui lira Artéphius
et son commentaire Jean Pontanus
surnommé le docte, trouvera que la difficulté
de l'art chimique ne consiste point dans
la découverte du corps ou de la matière, sur+ L
quoi Pontanus s'est trompé 200. fois dans
la pratique, mais à trouver dans le monde
l'unique + agent qui puisse rendre l'humidité+ L'esprit
à un corps parfait pour révéler ce qui est
caché pour le détruire et le réincruder, pour me
servir des paroles d'Artéphius, ce + feu+ L'esprit
minéral de Pontanus qui sont synonymesminéral
+ L'esprit, et la phique c'est le principal secret ; qui est très véritablement
dans + ou la + et qui n'est pas un métal,
quoi que le ou l'or ou l'argent en soient 2
métaux issus. C'est pourquoi encore bien qu'il
parle de 2 corps, du et de la , néanmoins
on doit sous entendre qu'il n'y a de ces 2, que
qui soit fixe. Il est vrai que dans la fermentation
on se sert de + l'argent pur réel pour le blanc,+ . blanc.
@

(489) 499
+ rouge comme de + l'or pour le rouge, non pas dans le 1.er
ouvrage, car en 1.er lieu le est réduit en l'eau,
par la médiation de la + , qui est un corps tendrepphique
pur et net selon que Riplée (premièrement le
+ blanc doit sortir du rouge) il y en a qui+ la pierre au blanc, ou l'esprit
expliquent en pphe l'or avec beaucoup dartifice,et eau blanche animée
mais chez les politiques l'explication
sentirait fort la friponnerie, leur impertinence
me fait souvenir de ces fous qui
ramassent des coquilles de pétonnelle, ou
de petits cailloux pour des pierres précieuses
et se chargent de ces guenilles, et alors
ils s'estiment très heureux et fort riches,
et rient de bon coeur des gens sages qui ne
font point de cas de leurs babioles. Tels
sont certains alchimistes dont notre + + pphique
a si fort troublé la cervelle qu'ils rêvent
sur cela comme sur l'or, ce qu'un homme sage
serait fâché de prendre pour de l'argent
+ erreurs comptant, d'autres + prennent le nitre, la rosée
de mai, l'eau de pluie, cherchant notre
secret dans l'immondice, dans l'urine, et dans
toutes sortes de gueuseries sans poids ni
vertu pour notre art, ne faisant pas réflexion
à ce que + Bernard conclut de Guillaume
+ Bernard à de Paris. Il n'appartient pas à l'art de
Guillaume créer les spermes, à quoi je doit appliquer
de Paris. le reproche aigre des pphes qui disent,
croyez-vous recueillir des raisins sur des
ronces ou d'un chêne, ou des roses sans
épines. Il y en a qui sont si sots que de
prétendre produire des choses qui sont
incombustibles de sujets combustibles,
ou avec des choses périssables des éternelles.
Zacaire Dans Zacaire il est dit dans l'exposition
du ferment pphique, il n'en est pas autrement
que ce que nous voyons un peu de ferment &c.
Tout de même notre divine oeuvre convertit
les métaux en sa nature, et parce qu'elle est
+ faite + d'or elle transmue aussi les métaux
en or. Bernard Trévisan, dit que son livre
était couvert de pur or en feuilles, lequel
Lisez tomba dans la fontaine qui engendrait
la pierre. Le roi qui entre dans la fontaine
seul porte des habits de fin or, il commence
+ sublimation de + suer et ses gens ne le peuvent mettre à
mort, lequel cependant ensuite rend ses sujets
et ses frères aussi puissants que lui, par la
communication de la rénovation de sa chair.
Or si l'effet vient de l'or qui est le roi, il y a
bien des âmes avec toutes les matières impures.
Morien cité par Bernard Trévisan :
@

500 (490)

sachez dit-il que notre laton est rouge et qu'il
nous est inutile s'il ne devient + blanc, et+L doit devenir
notre médecine se faite de 2. choses quoi qu'elleblanc,
soit d'une seule essence par l'union lle d'uneL'oeuvre
nature fixe et non fixe &c... et ne se peutLisez
faire d'aucune autre chose, car l'industrie
de l'art n'y introduit rien de nouveau et
n'aide aucunement la nature dans sa racine.
Mais la matière étant aidée par l'art
comme il convient, parvient à sa fin en la
déliant de ses liens. (n.3.| item l'art aidé
par la nature, tous les deux accomplissent
leur désir selon le gré du sage pphe. Je
n'ai pas besoin de citer davantage des
passages, ni de nommer des auteurs, seulement
si tu dissous le fixe et le volatilise et fixe le
volatil tu sais notre art &c. Celui qui prendra
la peine de lire les remarques de Flamel
sur divers auteurs il trouvera ce point
éclairci au dessus de toute contestation,
aussi Trévisan dans son épître à Thomas
de Boulogne, Ripley dans sa 1.e porte de
putréfaction, notre et notre est uniquement
dans les métaux, que quelques-uns appellent
huiles et + onguent. Et parce que les+ R. Lulle
fous ainsi ne sauraient jamais discerner
notre pierre, dont ils infèrent que les arguments
captieux donne plus de peine que de satisfactions
: je l'aurais cru moi-même, mais
il est inutile de vouloir conduire ceux
qui ne veulent pas voir, il vaut mieux
les laisser encore dans leurs extravagances.
Les autres traités dont j'ai fait mention
dans mon épître au commencement de cet
ouvrage prouvent clairement ce point et
notamment celui qui est intitulé Ars metallorum
metamorphoseos, et celui intitulé
L'Alchymie Triomphante, ou la voie
brève à la longue vie, et celui qui a pour
titre Elenchus errorum in arte chymica
deviantium, lequel paraîtra dans peu au
jour, à moins que l'auteur ne me défende
de le publier, ce que jusques ici j'ai permission
de faire. Adieu, je suis à toi de tout
mon pouvoir pour te servir.
Anonymus Philochymicus
@

(491) 501
De la Pratique
Livre I.er

1. Nous avons enseigné et prouvé par des exemples
que l'art de la chrysopée si estimé de
plusieurs n'était pas une fable comme
plusieurs se sont imaginés, et qu'il est
réel, nous avons enfin amené notre muse
jusqu'à nous développer par ordre la manière
d'espérer cet art si caché, par lequel
on peut avoir l'or et l'argent en si grande quantité
2. que l'on veut. Et pour fondement de ce que vous voulez,
considérez-bien et pesez avec un solide jugement
la raison de votre travail, autrement
vous feriez inutilement de grandes dépenses dont
votre ouvrage ne vous indemniserait pas,
au contraire vous n'en recevriez que de la perte et
de la puanteur.
3. La Pierre que nous cherchons vous dis-je et vous
+ grande vérité l'assure est uniquement + l'or élevé à la plus haute
perfection qu'il est possible, quoi qu'il soit un
corps ferme et compact, il devient par la direction
de l'art et l'opération de la nature un esprit
tingeant à l'infini, et qui ne finira jamais,
sa vertu se pouvant multiplier tant que l'on
4. veut. Cette pierre ne peut pas être accomplie
par la nature, et se perfectionner par la seule
nature : car il est certain que l'or n'a point la faculté
de se mouvoir à un tel point mais dans
sa constance il peut supporter toutes choses.
Celui qui veut parvenir à cette essence il faut
+ or en que par l'art il réduise + l'or en poudre et qu'ensuite
Poudre il soit changé en eau minérale, puis
5. circulant cela avec un feu convenable jusqu'à
ce que l'humidité soit + absorbée par la
+ . . sécheresse et après fixée au souhait de son cœur.
Lisez ceci Cela étant donc imbibé souvent et recongelé,
est général et l'enfant scellé dans la matrice de sa mère.
+ 6. Cela nourri ainsi et si longtemps jusqu'à ce
qu'il parvienne à avoir la force de détruire
Lisez toute opposition opiniâtre, puis étant fermenté
doit endurer toute fortune de noircissement,
qui sera réitéré jusqu'à ce que la nature
soit pourrie et meure. Alors prenez garde aux
7. feux qu'ils ne nous trompent. Subtilisez et l'exaltez,
+ vérité et puis faites le retourner en + terreau.
Il faut qu'il demeure chaudement jusqu'à ce que
le deuil soit tourné en joie, alors mettez le
roi en son trône et siège royal, lequel
lui sont comme flammes vives jette des étincelles.
C'est notre pierre cachée que nous appelons notre
8. . Multipliez cela si longtemps jusqu'à
ce que vous veniez à l'élixir que nous appelons des
@

502 (492)

esprits, qui semblables au juge du jugement
dernier juge au feu toutes les terrestreités
dans les métaux, ne s'attachant qu'aux pures
substances parfaites qui sont dans eux.
9. Mais comme notre sujet est dans l'or il faut
+ agent donc trouver un + agent qui puisse développer
cet admirable sujet, lequel si vous savez
rechercher dans + son espèce vous n'aurez+
pas besoin de faire beaucoup de frais, ni
pour le préparer, quoique cet agent sorte d'une
matière ville, et dont il faut ôter les saletés
qui l'environnent et le gâtent beaucoup.
10. Il y a peu d'auteurs qui parlent de cela,
et ceux qui en parlent, comme c'est une clef,
ils l'obscurcissent autant qu'ils le peuvent,
mais pour moi cher lecteur je vous conduirais
par la véritable voie, et vous n'en trouverez
par écrit aucune pareille, soyez pour cela d'abord
très attentif à ce grand mystère qui gît dans
11. cet + agent igné. Croyez-moi ce n'est point un+ l'esprit animé
travail qui puisse être accompli par des
gens d'un génie pesant, ni même par ceux
qui n'aiment pas le travail : car la paressevérités
est un grand obstacle à notre charmant art,
mais si votre esprit est docile patient et
industrieux pour lors écoutez-moi.
12. La + substance que nous prenons d'abord en mains+ description
est un minéral très prochain au lequel estde la lune
un cru, cuit dans la terre, elle est vilaine
à la vue mais splendide dans son intérieur,
c'est l'enfant de , que faut-il donc davantage,
considérez-le bien c'est la 1.e porte, elle
13. est de couleur + noirâtre ayant des veines+ matière
argentées qui paraissent entre lacées ded'où on
son corps, d'où la forme brillante et tachéetire le
par le qui est née avec lui. Il est intérieurement
volatil, il n'a rien de fixe, mais
l'ayant pris dans sa crudité il purge toute
14. la superfluité de l'or. Il est venimeux
de sa nature, il y en a plusieurs qui s'abusent,
en s'en servant dans la médecine.
les éléments étant résolus par art. Son
occulte est resplendissant comme le jour,
qui alors coule dans le feu comme un
métal, mais il n'y a rien de métallique
plus cassant que lui. C'est là notre dragon,
15. que le dieu de la guerre + a attaqué avec+ L
un bouclier du plus vigoureux acier, mais
le tout en vain : car une étoile nouvellement
vue a fait voir que Cadmus ayant d'abord
senti cette force ne pouvant supporter un si
grand pouvoir à séparé son corps de son + âme.+ de l'esprit.
@

(493) 503
16. O la grande force. Les sages l'on regardé et en
le voyant en ont été étonnés, et ils ont appelé
+ ou leur cela leur + Lion vert, lequel ils ont
apprivoisé par des charmes, espérant à la
fin adoucir sa furie, ils lui ont laissé
+ les étoiles faire sa proie des + compagnons de + Cadmus,
+ Cadmus est l et ont trouvé qu'il a remporté la victoire
17. par sa grande puissance. Quand le combat a été
fini voilà que l'étoile du matin, sortant
de la terre, a paru en se montrant.
Les crasses étant retirées, elle n'étaient
pas allés loin ; quand il leur a paru un petit
+ la vache ou ruisseau coulant, ils virent que la + bête
animal à pis. 10. s'abreuvait à ce ruisseau, et ils ont vu ce
qu'ils ont pensé être très étrange et grandement
18. surprenant. Car quand la bête est venue à
ce ruisseau, les eaux se retirèrent, comme
effrayées, le secours de Vulcain ne leur a
+ le 2e esprit de rien servi, alors les + colombes de Diane
pour la . apparurent dans un habit blanc fort brillant.
L'air était bien calmé par leurs
+ sublimation + ailes d'argent pur, dans lesquelles le dragon
enveloppé avait perdu son aiguillon.
19. Alors l'eau avec un grand flot revenait et
engloutissait la bête dans laquelle (car
elle buvait tant que son ventre en creva)
--et son aspect en devint comme un charbon,
la fontaine en devint bientôt puante,
par cette puante odeur que le dragon jetait,
20. il en mourut. Alors l'eau lui servit de
tombeau, par l'aide de Vulcain ce dragon
ressuscita, et a reçu une âme du ciel, toutes
les deux sont réconciliées qui naguère
étaient en discorde, dont les âmes unies
quittent leurs corps. C'est là + l'eau de la
+ L de véritable Nymphe, qui est notre Lion vert,
est l'esprit rien de pareil n'a été vu ci-devant.
ou le lion vert. Mais pour ne vous pas tenir plus longtemps
21. en suspens je vous ferais voir clairement et pleinement
ces allégories en vous dénouant le nœud,
dont le sens obscur pourrait mettre le
lecteur en perplexité. Sachez donc 1° qu'il
+ Lisez grande faut unir + notre fils de à une forme métallique
pour l'oeuvre et au , car l'arg. vif est notre unique
22. agent qui requiert notre travail, mais le C.
ne sert de rien à notre pierre car il est mort,
L'esprit mais il désire d'être animé par le sel de la
+ l'or. nature, et le vrai + qui est celui qui lui sert.
23. Ce sel se trouve dans la race de , il est pur
au-dessus, et il peut pénétrer jusqu'au centre
du métal, ce sel abonde en qualités, qui le rend
@

504 (494)

propre pour entrer dans le corps du , en le divisant
en ses éléments, et restant avec lui après qu'il
24. est dissous. Cherchez le dans la maison + d'Aries+ exaltation
+ de L c'est le feu + magique des sages, pour échaufferdu
+ L'esprit. le + bain du roi, lequel nous préparons dansfeu central
une semaine. Ce feu est renfermé, développez-
le, ce que vous pourrez faire dans une heure, et le
lavez ensuite de sa pluie argentine.
25. Il est étrange de voir le plus fixe des métaux,
lequel supporte toutes les flammes foudroyantes
de Vulcain, l'endurcissant même jusqu'à
ne pas vouloir se mêler avec aucun métal,
mais étant lié et délié par notre grand art, il est
obligé de rétrograder, par la puissance de ce
+ l'esprit qui en est sorti + minéral pénétrant.
26. Le tout puissant cache ce grand ouvrage royal
aux démons, et aux indignes et malheureux
tyrans de la terre, et l'enseigne aux sages
prudents, qui ont le coeur droit et charitable
et humain sans orgueil, et leur fait connaître
que l'enfant royal est né ici, lequel ils cherchent
directement avec diligence, et ils sont
+ l'esprit conduits proche de lui par cette + étoile ou+ notre
planète, mais les fous cherchent nos secrets
dans les choses sordides et inutiles à notre
art et hors l'espèce, ce qui les conduit à leur
ruine.
27. Cette substance est étoilée, et tellement portée
à fuir le feu qu'elle est toute spirituelle, si vous en
demandé la raison, pour satisfaire votre curiosité,
je vous dirais que la vie de chaque chose, est un
aimant l'un à l'autre, nous appelons cela le+ de notre
pissat ou l'urine du vieux + Saturne. est l'esprit
28. Ceci est notre Acier, notre véritable hermaphrodite,et la c'est
c'est notre ainsi appelé à causenotre cru.
de sa blancheur, c'est notre + or qui n'est pas mûr,
car c'est un corps cassant, apprivoisé par
Vulcain, dont si vous pouvez mêler + l'âme,+ Lisez
avec il n'y a point de secret qui puisse vous
être caché.
29. Je n'ai pas besoin de citer des auteurs puisque
j'ai vu ce mystère et l'ai bien + travaillé de+ Travail
mes mains. J'ai souvent consulté la nature
et j'ai rendu + mols les corps les plus solides+ dissolution
et au lieu d'un corps gros et compact, je l'ai
fait une terre tingeante fixe au plus violent
30. feu qui ne manquera jamais. Mais cela seul
dis-je plusieurs l'affirment de même, dont je
dénoue ici le noeud. + Artéphius le nomme+ nom
mais il ne découvre point l'autre grand secret :
car on ne devrait l'attendre que de Dieu, à moins
qu'il ne soit enseigné par un maître savant.
31. C'est ce problème qui a tant embarrassé les
étudiants de cet art, c'est pour cela que des auteurs
@

(495) 505
disent que notre pierre est ville et précieuse conjointe
: ce qui est vil est jeté dehors dans le chemin
sur des monceaux de fumier, même trouvé
dans de lieux sales, que nous serons obligés
32. de prendre pour notre art. Personne ne peut
+ toutes vivre sans lui, il est appliqué à des usages
énigmes qui ont sordides, et tous dénotent seulement + Mars à
un sens bien dif- qui tout cela arrive, il flotte dans les navires
férent qu'il ne s'écrit sur l'océan, les marchandises ne peuvent pas
car notre acier 33. être bien sans lui, c'est avec lui que nous
est l'esprit. labourons la terre, les chevaux en sont ferrés,
et les vieux clous restent à la terre, parce qu'ils ne
méritent point d'en être ramassés. Il sert à
couper le blé et accommode la viande et à la
faire cuire, il sert à faire la guerre, son usage
est si grand que je n'en rapporterais pas davantage des
exemples. Il est souvent méprisé sur la terre, que
34. vous en dirais-je davantage. La maison
de le + brave est + Aries pict, dans lequel tous les
artistes vous conseillent de commencer notre+ , + spiritualisé ou exalté.
travail, qui a-t-il de plus clair ? Il n'y a personne
quelque simple qu'il soit qui ne soit
obligé d'avouer qu'il y a dans ces paroles
un + sens caché dans la lettre que j'explique.
35. Belus en la Tourbe : qui a-t-il à faire que de joindre
+ p. 127. 2e T. de le combattant avec celui qui ne veut plus
L'ars aurifera combattre; Mars est le dieu de la guerre,
assignez avec lui en sorte qu'ils fassent la
paix. Dont je n'ai que faire de parler du
grand royaume inconnu de tous, son surnom
porte le nom d'Or.
36. Voyez la 2. figure dans le Rosaire véritable
Rosaire p 242 des pphes, le roi et la reine revêtus de leurs
robe royales, tenant entre eux notre roi lunaire,
portant une fleur mais sans racines, un
+ l'esprit qui + oiseau entre eux. Et sous le pied le et la .
a du rouge Le roi tient une fleur la reine l'autre, l'oiseau
37. tient la 3.e en son bec. L'oiseau porte une
+ Lisez et + étoile sur sa queue qui signifie notre
volant + secret. L'oiseau volant signifie le lorsqu'il
+ terre étoilée est joint avec la terre + étoilée jusqu'à ce que
tous deux s'envolent.
38. Les anciens sages instruisaient plutôt l'oeil
par des figures, que l'oreille par certains mots.
Il y en a qui sont si bien peintes que tout insensé
pourrait en comprendre le sens tant il est clair.
Moi que Dieu a bien voulu faire naître
enfant de l'art pour t'aider, je l'ai entièrement
+ lisez + manifesté ailleurs et aussi clairement que le soleil.
39. J'y renvoie l'industrieux lecteur, et je continuerais
la course que je me suis proposé, pour enseigner notre
+ notre est + eau que bien peu de gens trouvent, et + par laquelle
le secret on pénètre le plus secret art de notre sol. Instruisez-
vous de cette avec toute votre vigilance, car c'est le fondement
de notre Q. Ess.
@

506 (496)

40. Sachez donc que les 7. métaux sont tous
produits d'une même matière, laquelle n'est autre
chose que le . Ce fondement a donné d'abord l'entrée
à la transmutation, comme aussi à une possibilité
de pouvoir faire notre grande pierre, concluons
donc que notre secrète + eau est d'une matière+ vérité
41. commune avec le vulg. Et si le cru peut être
changé en or, et que tous les 5. autres métaux imparfaits
sont aussi changés de même, quoiqu'ils
se brûlent dans le feu, à cause de leur crudité.
Ce qui arrive comme les savant l'enseignent par+ grande vérité
ce que tous participent + du , et par conséquentet preuve.
42. sont transmuables à cause de lui, et si notre
lequel nous appelons et apprenons être notre
vivante et or non mûr, alors tout se convertira en
or par l'art, doit être de la même nature, lequel
pourrait devenir notre par art, et pour le faire+ pour faire
l'art nous montre le chemin droit. En sortenotre .
43. que si le , le , le , se résolvent en coulant et
réel, l'art pourrait faire paraître et changer ces
eaux dans leur forme dans laquelle chacun deux des 7
excelle en particulier de ces eaux que nous venonsmétaux
de nommer, et pourraient être accommodées en
44. notre sophistique. Mais quel besoin a-t-on de
cela puisque la nature a produit de l'eau qui est
toute prête à la main des enfants de l'art, surnom secret
laquelle on peut introduire une forme par ingression,
laquelle pourrait très aisément commander à nos
secrets. Attendez donc à ce que le + manque de+ notre .
notre secret menstrue à vous servir du desou esprit
45. autres métaux : car nous accordons bien que dans
chacun deux il y a même poids et même
couleur, tous deux sont également fluides
métalliques et volatils dans le feu, mais nous
cherchons dans le nôtre un qui manque dans+ qu'il y faut
celui de la mine. Le purifie la matière et la rendintroduire
46. ignée mais la + laisse en eau. Car l'eau est le+ la laisse
ventre, qui manquant de chaleur est entièrementen eau.
impropre pour la vraie génération, et même notre
corps ne peut pas être réduit à suer et pousser
hors sa semence, que dans une station de feu
circulant, mêlée par notre art avec le participant
47. du . Ce doit être d'une vertu magnétique,
il faut donc qu'il soit de l'or substantiel
quoique mineur, encore tenant d'une même
source, quant à la matière et à la forme aussi, hormis
qu'il soit volatil très volant, comme l'autre
est très fixe, le 1er déliant le dernier.
48. Il n'y a dans les entrailles de la terre qu'un + corps,+ pphique
lequel est si proche allié au + pour le préparer à faire+ L'esprit
notre grande pierre secrète, pour cacher dans son
ventre le corps solide. Car comme je viens de dire
la race de connue à tous les mages et par moi
49. ici montrée. Car tous les métaux quoique quelques-
uns puissent être mêlés avec de l'argent vif, mais
+ grande ils + n'entrent point l'un dans l'autre plus
@

(497) 507
avant que la superficie, mais poussez l'un de
l'autre par la chaleur et vous verrez que leur
centre n'a jamais été pénétré, et vous ne trouverez
50. point l'un altéré par l'autre. Si vous
cherchez la raison de cela, prenez cette réponse,
c'est parce que le qui est dans les métaux
est scellé (s'il est parfait) ou bien participe
des feux terrestres et des crudités, lesquelles
le abhorre, et il ne veut pas s'unir avec
eux, quoi qu'il paraisse à la vue être mêlé,
51. et si vous séparez ces fèces d'abord vous aurez
un fluide et un cru, lequel endurcissant
par congélation l'humidité, vous trouverez un
sel alumineux, mais tout cela est trop éloigné
52. de l'or dans l'espèce. Mais notre + minérald ou qui produit l'or.
grande tant estimé excepté les lies crues, lesquelles
peuvent être séparées contient un pur,
lequel rendra la vie à des corps + morts afin+ d'or et d'argent
qu'il soit capable de produire sa propre espèce
comme toutes choses lesquelles engendreront
53. leur semblable. Mais il ne contient dans
lui aucun , il est seulement congelé par undescription du minéral re
combustible, il est cassant, noir avec des
veines luisantes, son n'est nullement métallique,
et peu différent du vulgaire selon l'aspect extérieur
s'il en est séparé comme il faut suivant
54. que l'art le montre. Les lies étant ôtées il
+ un régule paraît un + noyau semblable à un métal, mais
mou il peut être réduit en + poudre, laquelle où
+ par la cuisson est caché une âme tendre se soulevant comme
une fumée dans un petit feu comme l'argent
vif légèrement congelé que chasse. Ainsi
55. cette pénétration donne à notre eau et fait
que le corps entre en sa racine, les réduisant
en leur vraie 1.e matière (Inuertendo), entièrement
de leur centre caché. Cela manque de qui
leur doit être joint, lequel nous tirons du
56. dedans de la maison + d'Aries. Il est seulement+ de L spiritualisé
obligé par ce minéral la science de l'artiste
Epreuve sage, et l'aide de Vulcain de rétrograder en
minéral comme il a été essayé souvent par
+ . plusieurs. C'est notre véritable + Vénus bien aimée+ pphique
. de Mars, l'épouse du boiteux Vulcain,
57. tous les deux approuvés en cet art. Faites
en sorte que + embrasse ce + minéral et ainsi+ spiritualisé
tous les deux rejetteront toutes terrestreités.+ La pphique
La substance + métallique reluira dans+ Le animé
peu de temps, semblable au ciel et en votre
pict succès vous trouverez assurément ce signe,
un sceau imprimé d'une espèce + étoilée.+ l'esprit
58. C'est le coin royal, c'est la marque que le tout
puissant met sur cet extraordinaire sujet,
c'est là le feu céleste dont une étincelle étant
une fois allumée cause un tel changement dans
les corps, que les noircissements reluisent à présent
@

508 (498)

comme une pierre précieuse brillante, et couronne
notre jeune roi de son propre diadème.+ .
59. Ajoutez à cela + dans une juste proportion .
dont admire la beauté, elle est comme pour
avoir un grand amour pour lui, elle est bientôt
au mouvement inclinée, étant alliée à l'or
et aussi à et aussi à Diane très luisante
conciliant l'amour de tous les dieux ensembles,
60. et vrais et grands délices. Alors Vulcain deviendra
jaloux et étendra son filet pour attraper
son épouse en action avec Mars : car le
boiteux étant fâché, il se crut la tête garnie
de + cornes, et espérant de faire tout d'un coupvégétation
paraître cette liaison et concorde, afin de
faire voir ces amants attrapés dans son filet,
dans lequel ils sont tous deux enveloppés.
61. Que cela ne paraisse point comme une fable
1.nt remarquez comme Cadmus est dévoré
par notre bête féroce, lequel après l'avoir
percée vigoureusement mérite le nom de champion,
car étant opprimé par force par ce serpent,
ce serpent est transpercé d'un dard
mortel contre un chêne creux, c'est celui que
62. chacun craignait auparavant. Remarquez
l'étoile qui sans doute est solaire, et de
cela on peut prouver par cela même que
L s'unit à l'enfant de , étant purgé de ses
fèces, tout ce qui est au fond est parfait,
puis étant versé dans un culot après une
fusion et étant refroidi il paraît une
63. étoile semblable à Mars. Mais Vénus
donne une substance métallique, laquelle
est méprisable étant seule, mais étant
unie à Mars enveloppée comme dans un rets,
elle est agréable à la vue, que les clairvoyants
mystérieux ont décrit d'une façon cachée,
laquelle est cependant très clairement vue des sages
64. et des savants. Ainsi l'âme + de et de sont
+ l'esprit et le de L ou plutôt mêlés et renfermées par notre art et à l'aide
L spiritualisé et la pphique. de Vulcain, toutes les deux sont de même volée
et leurs parties ne sont point divisées, jusqu'à
ce que l'âme de Mars soit fixée, alors elle laisse
Saturne, et dans l'essai il se trouve très parfait
or, dont la teinture est vrai sol. Mais il faut
65. que cela se fasse par la médiation de Vénus,
autrement ils ne pourraient pas être réparés par la
science d'aucun, non pas même quand vous les réduiriez
en poussière, ils seront toujours unis dans
cette dite réduction, mais par la succession
seulement de + Diane les sépare. Il y en a qui+ pierre
66. se servent des colombes de Diane pour préparer l'eau,au blanc
ce qui est un travail ennuyeux, et un rare artiste
peut bien y manquer malheureusement, ne pas bien
réussir 2. fois pour une, nous recommandons l'autre
voie qui est très secrète à tous ceux qui veulent
être bons artistes.
@

(499) 509
67. Que les plus subtiles vapeurs de l'eau soient
circulées si longtemps, et si souvent, que les
âmes d'un chacun quittant la matière la
plus grossière s'unissent et s'envolent ensemble
aux collines, où il ne faut pas les laisser
demeurer si longtemps qu'elles s'y congèlent,
car alors vous travailleriez en vain.
+ 68. Rx 2. parties du fils du vieux + Saturne et
une de Cadmus et soyez assuré de les purifier
si longtemps par l'aide de Vulcain, jusqu'à
ce que la partie métallique soit pure et étant
ainsi fixée vous réitérerez cela 4. fois, L'étoile
vous montrera des opérations très parfaites.
69. Rendez Aéneis semblable à son amant, les
Lisez purgeant subtilement jusqu'à ce que le + filet de
+ la putréfaction Vulcain les enferme tous deux, prenez-les
alors et voyez s'ils sont bien mouillés par
l'eau, percez-les de chaleur et d'humidité
jusqu'à ce que les âmes de tous deux soient tout
70. à fait glorifiées. C'est la rosée céleste qui
doit être nourrie si longtemps et si souvent,
ainsi que sa nature le requiert, 3. fois au moins
jusques à 7. fois ; qu'ils soient conduits dans les
flammes et dans les ondes comme le travail vous
71. fera voir. Mais prenez garde que vous ne fassiez+ l'esprit
+ pour le . fuir la + matière tendre, et votre feu sera juste.
Lisez Sachez aussi pour certain que qui doit commencer
le travail doit être liquide et blanc,
+ ne séchez point + l'humidité jusqu'à la rendre
en poudre par trop de feu, qui est rouge à la
vue avant le temps, car ainsi le sperme de
notre femelle serait corrompu, et vous manqueriez
72. votre dessein ; et jamais ne tachez de changer
le en une gomme claire et transparente
ou en huile ou onguent ; car ainsi sa proportion
serait perdue et vous ne parviendriez point à une
vraie dissolution faute d'avoir bien procédé.
73. Seulement tachez alors d'augmenter un esprit
lequel manque au C., et alors étant sublimé
jusques au firmament, séparez les lies par l'art
+ rectifications et quand + sept fois seront pleinement passées, alors
mariés-la à l'or, jusqu'à ce que l'un s'attache
74. à l'autre sans jamais le quitter : ainsi la vraie
pucelle est préparée par adresse à l'aide de
la nature, laquelle étant séparée des fèces devient
la production du ciel, laquelle imprime le corps
du sol, lequel sépare, noircit tout, pourrit et putréfie,
et ensuite tout se réunit et s'envole.
75. Si je découvrais ici tous les secrets qui sont contenus
dans cette fabrique de notre eau, j'aurais été
méprisé de tous les vrais artistes, car ils ne se
sont communiqués qu'à ceux que Dieu voudra bien
instruire, il faut que les voies des anciens
@

510 (500)

en fassent fourvoyer dans les brouillards
et dans l'horrible labyrinthe de l'erreur.
76. Mais celui qui cherchera diligemment
et avec peines et prières cette vérité cachée,
et que la convoitise ne pousse point par le
désir du bien, mais qui tâche de trouver la
science et l'art par son esprit candide, un tel
homme trouvera assurément ce mystère, car personne
n'a encore trouvé l'art si clair.
77. Quelques-uns par artifice peu connu peuventLiqueur de
préparer une admirable liqueur que les adeptes appellentl'Alcaest
leur eau d'enfer, sa vertu est si grande et extraordinaire
qu'elle n'agit pas seulement sur tous les
corps, mais elle les réduit en leur 1.e matière, et les
change à la fin comme si c'était de l'eau commune.
78. Cet agent a une médiocre chaleur, dissout
le si parfaitement sans qu'il reste aucun
sédiment au fond du vaisseau, sa vertu n'en demeure
pas là, car si l'on distille cette claire
dissolution, le dissolvant passe par le bec de la
cornue et laisse au fond le très fixe.
79. Le précipité paraît un sel à la vue et ressemble
au musc ou à quelque autre aromate à l'odeur,
son goût approche bien de la douceur du
miel, et sa matière se pulvérise aussi facilement
que la rouille de fer, et bien loin que cette
craigne la force du feu, après l'examen de pour
il reste sur la coupelle aussi fixe, et aussi entierL'alkaest
que la plus fine et la la plus pure.
80. Mais si le dissolvant est cohobé 5. ou 6. fois sur ce
même précipité une digestion convenable
ayant précédé chaque cohobation, toute la dissolution
paraîtra comme une huile et bientôt
après distillera comme un esprit et passera toute
entière par le bec du vaisseau. Cet esprit par
l'addition + de certaine matière se séparera promptement+ du sel
81. en deux différentes substances. L'une estde
une ou teinture, qui se dissout dans les liqueurs,
et si l'on fait bouillir l'autre par certain + artifice+ avec l'esprit
elle se réduira en qui peut être considéréou L de
comme un sujet de miracle puisqu'il ne se rencontreTartre
rien sous le ciel qui lui soit pareil et qui
82. lui puisse être comparé. On ne peut plus le ronger
par les sels, ni le précipiter par l'eau forte, on ne peut
plus l'altérer par quoi que ce soit de sorte qu'encore
qu'on le fasse longtemps circuler, on ne pourraLisez
pour cela le faire du tout sublimer, ni le rendre
en poudre sèche, ni le fixer, mais il demeurera
toujours dans sa consistance fugitive et coulante.
83. Ce rare dissolvant ne produit pas ces surprenants
effets sur le seul, il en fait de même sur tout autregrande
+ métal si on en fait l'application par uneffets de
semblable procédé ; enfin il peut bien dissoudrel'alkaest.
et même détruire le grand + élixir. Mais il ne
@

(501) 511
fait pas de transmutation, ses effets sont si extraordinaire
qu'il rend les canons sans bruit et
sa vertu est si grande que toute l'industrie et l'artifice
des hommes ne le peut changer ni altérer en
rien, ainsi rien n'est de plus parfait.
84. Cependant ce sujet de tant de miracles
est inutile pour notre grand art des pphes, car nous
cherchons à multiplier un qui est
+ notre oeuvre la matière solaire dont la queue + est lunaire,
ce sont les seules planètes de notre ciel
terrestre que nous estimons, rejetant non
seulement toutes les autres drogues mais
aussi tout autre artifice que le nôtre qui
est le seul par lequel on peut y arriver.
85. Car si l'or que la seule nature a fait
et achevé de très parfait dans la nature
est par cette liqueur ou feu secret humide
réduit en ses principes de et de . Lui qui
dans l'intégrité de sa substance ne pouvait
Lisez être divisé par le feu, puisqu'il est
86. toujours lui-même. Qui ne voit que le
qu'on aurait tiré de ce métal très parfait
par cette voie serait impropre pour devenir
le des pphes et par conséquent
éloigné de notre ouvrage qui n'a pas
grande d'autre but que d'accroître la teinture
+ métallique, et + l'eau métallique sans lui
ne peut pas prétendre le nom de métal.
87. Le se montre plus ou moins en chaque
chose métalliques, en quelques-
unes il paraît comme une crasse qui en
souille le plus pur, et le réduit à périr
dans le feu, ou ce qui est grossier et terrestre
en eux auparavant est conjointement
brûlé consommé et détruit. Mais
dans les métaux du et de la , le
88. est tellement enveloppé et enfermé
par un pur, qu'ils endurent toute la
violence de Vulcain, de sorte que l'artifice
des hommes ne peut diviser ce de
son eau métallique dans les métaux.
+ L'alkaest La + liqueur dont nous parlons s'en sépare
et sa vertu n'en faisant pas moins sur
les corps du et de la , elle altère leur
dureté et leur fixité jusques à les rendre
tous volatils.
89. Notre eau admirable n'en fait pas ainsi
de l'or, elle ne s'amuse pas à en tirer le
du centre, dont l'ornement revêt le .
@

512 (502)

Mais demeurant tous deux en une eau
d'or faite par degrés, l'or peu à peu
est réduit à revenir à ses principes premiers.
90. La liqueur Alcaest au contraire en
dissolvant les métaux en détruit l'homogénéité
métallique, elle ne souffre pas
que les principes qui les composent jouissent
l'un de l'autre jamais en les séparant,
mais cause de l'antipathie entre eux, le
central subsistant sous la liqueur
teinte et demeurant ainsi divisés en
91. deux. De sorte que la matière qui
auparavant avait le poids métallique
dans l'or est tellement altéré par cette
sorte de dissolution, que sa légèreté
n'ayant plus de rapport au poids de son
, elle doit paraître à la vue une chose
ou plutôt un sel onctueux très précieux
pour la médecine et toutes les maladies.
92. Il est vrai que les matières métalliques
sont parfaitement dissoutes par cette digne
humidité, mais aussi perdent-elles beaucoup
de leur nature métallique, puisqu'à la fin
leur quoi qu'avec travail peut être
réduit en eau commune, c'est là la
force de cette admirable liqueur sur
toute matière.
93. Tous les pphes conviennent que notre + Lisez
n'est rien autre qu'un qui ne mouille
que ce qui est homogène au métal et
+ qui est la mère de la pierre. Si vous
en ignorez le secret après ce que nous
en avons dit vous perdrez le temps d'en
chercher ailleurs de plus grandes instructions,
puisque personne n'en a jamais
rien écrit aussi clairement que moi.
Adieu. Fin du 1.er livre de Pratique.
@

(503) 513
+ notre Livre 2.e
1. J'ai découvert le secret de notre +
ignée si caché par tous les anciens, en
sorte que le curieux artiste jouit
de la profondeur de l'art bien révélé.
+ Lisés Je vais présentement en + découvrir
la pratique, laquelle vous devez solidement
examiner avant que de rien entreprendre.
2. Prenez donc notre qui est notre marié-
la avec le Terrestre, c'est ainsi que sont
joint l'homme et la femme, ajoutez-y
l'esprit revivifiant, quand cela sera
fait vous apercevrez bientôt un beau
jeu, parce que vous aurez bien compris les
nobles lois de mère nature.
3. Prenez de l'homme rouge une partie et
Poids. de la femme blanche 3. parties, cette proportion
est bonne, mêlez-les exactement,
+ puis prenez 4. parties de l'eau, + ce mélange
est notre plomb, qui sera disposé à
se mouvoir par une douce chaleur qui
doit s'augmenter jusqu'à ce qu'il sue.
4. Si vous ne voulez pas vous en tenir là pour
ce poids une part du et 2. parties de
avec 4. parts d'eau ce qui fera le nombre
parfait vous ne vous égarerez point et vous
arriverez au jour agréable du repos, et du
lien d'amour.
+ 5. Pour ce qui est du laton, il est + rouge. Mais
grande il ne sert de rien à notre oeuvre jusqu'à ce
Lisez qu'il soit + blanchi, bien qu'il renferme en lui+ c'est-à-dire spiritualisé ou réduit en
même un esprit caché, qui ne paraît
cependant point, qui aie été joint au .
Ce est un corps tendre qui embrasse
sur le champ l'épouse du soleil.
6. Aussi notre travail commence-t-il par la
Belle trinité. D'abord le corps et son esprit sont
mis ensemble, et l'un et l'autre sont mêlés
avec l'esprit, l'âme, le la et l'eau qui
sont en espèce, 3. en nombre, ne sont
que 2. en effet, parce que le est + caché et ne montre+ dans l'esprit.
point sa lumière.
7. Nous appelons souvent 2. corps ainsi combinés
notre plomb, notre bronze, notre hermaphrodite.
Lisez D'ailleurs le rouge intérieur et fixe,
@

514 (504)

paraît toujours saturnin, volatil et
blême. Ces natures séparables ne se divisent
point, au contraire elles se joignent
inséparablement par notre art.
8. Le prodige de notre oeuvre secret consiste
en ce que nous faisons rétrograder le qui est
parfait + pour cela il faut s'armer d'une longue+ Lisez.
+ patience et attendre que le temps aitlongtemps.
congelé l'eau, alors nous sublimons, nous
exaltons, et fixons en poudre cette Q. Ess.,
laquelle nous revivifions ensuite, et faisons
9. circuler souvent, jusqu'à ce que la nature
l'ait poussée à son plus haut degré, y ajoutant
toujours de + nouvelle matière+ multiplication
suivant qu'elle le demande, et la faisant
doucement passer par les ombres de la
nuit, nous la laissons là jusqu'à la belle
aurore (qui porte les rayons brillants de
Phoebus) commence à paraître.
10. Ainsi le pur est corrigé par l'impur, et
l'un et l'autre sont rendus transcendants.Lisez
Ainsi avec le secours de l'art la nature
est si bien servie, qu'elle peut surpasser son
ouvrage ordinaire quoi que très parfait, pour
réjouir le laborieux artiste, qui voyant
ce charmant combat tout transporté de + joie+ Joie
oublie les horreurs des travaux, et l'obscurité
de la nuit, et chantant des louanges à Dieu
lui rend gloire.
11. Une once de sol très fin 3. . d'aimant fontPoids
4. de corps à quoi il faut ajouter 4.
d'eau, c'est ainsi qu'ils doivent être préparés
1.nt que les robes du : si riche soient blanchis
par l'humidité de la , ce qui se fera
par un feu doux.
12. Alors cette masse paraîtra noirâtre,
livide et sombre à la vue, et fluide
à la chaleur comme du plomb fondu, versez
donc dessus du + vierge une quantité vierge
+ pphique suffisante et proportionnée ainsi le corpsvérité
qui est rouge fixe et très solide dans son
intérieur paraît blanc volatil et tendre.
13. Cela étant fait et ayant un oeuf de verre
dans lequel vous mettrez la matière mais prenez
garde de n'en laisser pas évaporer l'air qui y
est enfermé, mais pour le conserver scellez-
en le col du sceau d'Hermès, et alors les
esprits seront retenus et conservés dans
leur antre.
@

(505) 515
14. Que votre vaisseau soit assez grand pour contenir
au moins 4. fois autant que ce que vous aurez
mis de matière afin que le vide reçoive
la rosée et la pluie de notre ciel qui tombant
dispose le corps à mourir, se corrompre, et
puis revivre, et se joindre d'une union
15. éternelle. Que votre vaisseau ne soit pas
trop large, car le sperme de la femelle se
dispersant trop, c'est un grand défaut croyez-
moi qui ne peut produire qu'un très mauvais
effet, c'est pourquoi il est plus sûr
de proportionner votre vaisseau à la quantité
de votre matière.
16. Un quart d'once d'or du plus pur doit suffire
vérité pour l'oeuvre, mais il vous suffit d'une dragme
pour votre essai, car si vous gardez la juste
proportion du poids, le sol fait la 8.e partie
du tout, ainsi la dépense n'est pas
si grande qu'un pauvre homme n'en puisse
faire l'épreuve, et en supporter les frais,
s'il ne travaille point mal à propos.
17. Voici la + règle que vous devez suivre si vous
+ Règle prenez 3. parties de la femme pour une de
comme ci-dessus l'homme, alors il faut ajouter l'eau
égale à la terre, mais s'il y en a 2. pour une,
pour lors on mêle la matière en sorte qu'il paraisse
pict de l'esprit une part plus que du corps,
cela et bien dit dans Riplée.
18. Il nous reste maintenant le secret à découvrir,
ce sont tous nos feux, sur quoi
pict tant de personnes se sont trompés, dont
Lisez la science au sentiment des sages mérite
d'être traitée par un maîtres très savant
et curieux. Je vais vous le bien découvrir
avec toute la sincérité possible,
soyez bien attentif à ce que je dirais.
19. D'abord considérez, et méditez bien tous
Lisez nos ouvrages, et même toutes leurs causes,
par ce moyen vous connaîtrez facilement ce qui
a renversé l'esprit à tant de gens, je vous
aiderais autant que la raison le peut permettre,
et vous verrez que l'effet justifiera ma sincérité.
20. Nos feux sont les obstacles qui font broncher
malheureusement les imprudents, d'ailleurs
les auteurs en écrivent avec tant de mystères,
que difficilement un homme, quelque précaution qu'il
prenne, peut-il y découvrir ce qu'il doit chercher.
Il n'est donc pas surprenant que celui qui connaît
nos feux puisse prétendre de réussir dans ce
qu'il souhaite.
@

516 (506)

21. On se sert dans notre art de plusieurs feux
sous un même nom ou homonymes, ce qui
fait que tant de gens s'y trompent. Tantôt
il signifie notre + eau, laquelle a beaucoup
d'affinité avec notre Laton. Tantôt notre
feu dénote + ce corps parfait. Et tantôt+ notre
flottant sur l'eau, ce feu ne prend aucune
forme. C'est le de notre composé.....
22. On l'appelle un feu, qui dans notre oeuvre
se divise en deux. L'un est parfait et naturel,
ce traité vous le découvre entièrement, l'autre
est renfermé dans notre eau, et trompe
23. une infinité d'imprudents. Notre + est+ grande
aussi de 3. sortes, et toutes ces 3. ont des
feux différents. Celui qui sans jugement
entreprendra cet oeuvre n'en retirera jamais
ses frais, ainsi comme je ne veux
point vous tromper, je vais vous servir de
guide suivez-moi.
24. Il y en a d'assez fous qui s'imaginentErreurs des
qu'ils doivent disposer leur ouvrage defols qui
telle manière que le feu de nos foyers en doives'imaginent
être exclus, comme s'il était inutile dedes feux
s'en tenir à notre oeuvre, appelant par dérisionnouveaux.
ceux qui s'en servent sophistes vulgaires,
se moquent deux et de leur ouvrage, par ce
disent-ils qu'il trompe ceux qui comptent dessus.
25. Car disent-ils notre feu est + magique et non+ L'esprit
pas du feu comme celui de cuisine, c'est làl image
véritablement le sens des auteurs, c'est pourquoi
celui qui se sert du feu vulgaire élémentaire
manquera assurément, et sur ce fondement ils
cherchent un feu impropre ne connaissant pas
26. celui qu'ils désirent. Véritablement le feu de
la nature est le qui est caché dans levérités
centre, c'est celui qui dispose l'oeuvre à
changer de nature, c'est lui que les grands auteurs
recommandent à l'artiste d'éprouver
avec soin, c'est la chaleur et le feu interne
invisible que l'on ne peut discerner.
27. Mais comme il est vrai que la chaleur intérieure
est animée par la chaleur extérieure, c'estLisez
pourquoi le fixe est tiré de son siège pour le
faire s'envoler avec le fugitif, ainsi l'oeuf
pour produire un poussin a besoin de la chaleur
de la poule, laquelle manquant, il ne donne
aucun signe de mouvement. C'est pourquoi
28. ayant découvert la matière, prenez-la et laPurgation
nettoyez jusqu'à ce qu'elle ait entièrement jeté
ses fèces, alors faites votre mélange d'une
@

(507) 517
juste proportion, et gardez soigneusement
l'esprit de peur qu'il ne s'échappe, et le placez
dans un nid bien fermé, dans un vaisseau
d'une grandeur propre et convenable, comme nous
29. l'avons dit ci-dessus. Puis ayez un bon
Fourneau fourneau construit d'une manière que
la chaleur s'y puisse entretenir constante
+ agent et immortelle, c'est là notre + agent de l'extérieur,
extérieur si cela vous manque l'oeuvre ne se
peut perfectionner. Si vous faites le feu
bon, quand il arrivera ce dont tous les auteurs
conviennent, que de la précipitation vient l'erreur
30. et la destruction. Et parce que par l'opération
pour le intérieure on juge de la chaleur
Lisez extérieure, je vais donc vous le montrer
dans un ordre si précis que l'on pourra
choisir (par les choses qui paraîtront)
quel degré de chaleur l'on doit donner, ce
qui doit être laissé à la prudence de l'artiste.
31. 1.nt Quand votre vaisseau aura été mis
+ sable dans le sable et posé d'une manière qu'il
ne remue point, alors faite dessous une
telle chaleur qu'elle puisse faire fluer,
suer, et monter l'esprit en haut, et la matière
fixe en bas par-dessus, et prenez garde que le
nid soit bien clos, de peur que l'air en entrant
et sortant ne découvre le vaisseau et ne le
32. refroidisse. Prenez garde aussi qu'il soit
placé de manière qu'il ne lui arrive quelque
fâcheux accident qui ruinerait votre ouvrage,
et que le feu soit jour et nuit toujours
égal. Et afin que le froid ne puisse nuire à
votre oeuf ou vaisseau ayez soin d'y mettre
de nouveau charbon, avant que l'ancien soit
consumé, ou que le feu soit en rien amorti.
33. Et pour cela on doit avoir un fourneau que
les sages appellent athanor, dans lequel la
L'athanor. chaleur se conserve continuellement, quand on y
a mis une fois le feu, entretenez-le de
charbon, afin qu'il n'en manque point, vous
pouvez lui en fournir pour durer 12. heures,
pendant lequel temps vous êtes libre.
34. Faites ce fourneau de briques et d'argile
exactement mêlé avec de sable bien battu,
et du fumier de cheval, jusqu'à ce qu'il soit
réduit en masse, laquelle étant mise avec
de la brique ne craque point ; il y en a qui se
servent de cendres d'autres de bloc ou ploc.
Les uns la préparent d'une manière, les autres
d'une autre, sachez d'user de la meilleure. Car
vérité 35. le soin principal de l'artiste est d'avoir un bon
@

518 (508)

fourneau, qui est la chose la plus prochaine
de la matière, puisque c'est le feu qui conduit
l'oeuvre à la perfection. On ne devrait pas
épargner une semaine pour faire un fourneau,
qui peut donner l'assurance du degré du
36. feu qu'il faut. Qu'il ne soit pas composé d'une
matière sujette à se dégrader, parce que comme
l'on y conserve le feu longtemps, et que l'on
doit faire en sorte qu'il soit toujours égal,
s'il crevait ou s'il y avait des ouvertures,
l'air qui y entrerait étant inégal la chaleur
ne pourrait pas être bien réglée, mais
elle deviendrait plus ou moins grande
que l'on ne demanderait.
37. De plus faites en sorte que votre fourneau
ne soit pas construit dans un endroit où la
pluie et le vent puisse mouiller, ou refroidir
votre vaisseau, car de quelque manière que cela
arriverait votre oeuvre courrait risque d'être
perdue, mais placez-le de manière que votre
précaution vous puisse garantir de tout danger
38. à quoi agir. D'ailleurs choisissez un lieu
clair, afin que toutes les fois que vous
voudrez voir votre opération vous le puissiez
faire à plaisir, car la lumière est d'autant
plus nécessaire qu'elle donne à l'artiste du contentement
en lui faisant voir de quelle manière
l'ouvrage de nature se perfectionne. Que le
39. lieu où vous entretiendrez votre feu immortel
soit disposé de sorte que la fumée
qui s'exhale du charbon puisse avoir une
sortie, car comme plusieurs l'ont éprouvé faute
de précaution, vous pourriez en souffrir quelque
incommodité, et vous mettriez même votre
+ vie en danger par les mauvaises odeurs qui+ mal a
sortent, dont vous auriez le temps de vous bienéviter
40. repentir. Il vaut beaucoup mieux le placer
dans une cheminée où les fumées puissent
se dissiper. Si vous voulez placer votre nid
dans un lieu sombre, que ce soit au moins
dans une chambre spacieuse. Ne visitez
point si souvent votre vaisseau, et ne vous
y arrêtez pas trop longtemps, mais en sortez
le plus vite que vous pourrez, de crainte d'en recevoir
41. du mal. Si vous aviez une chambre
haute où le vent pût souffler pour en chasser
les fumées, pour lors vous pourriez y aller avec plusLisez
de sûreté, car les sages disent que l'artiste
à force d'examiner, se met en état de ne se point
tromper. C'est un plaisir que de considérer à
loisir les différents changements que le feu fait
faire et apparaître à l'oeuvre.
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(509) 519
42. Il y en a qui choisissent une tour à côté de
fourneau laquelle ils construisent leur nid, et ils ont en
effet une chaleur constante, mais les charbons
demeurant souvent suspendus en haut ne
tombent pas toujours dans le feu comme on
a besoin. D'autres font leur nid au-dessus
des charbons, et ceux là ne travaillent pas mal
à propos, c'est à vous à choisir lequel des deux
43. vous voudrez. Il y a certainement des
hommes sages meilleurs ouvriers que d'autres,
qui ne s'écartent pas d'un seul point de leurs
principes, et ces gens là réussissent bien plus
dans leurs entreprises, et remportent le prix
plus facilement, que ceux qui quoiqu'ils se reposent
sur les degrés de la chaleur qu'ils donnent,
ne laissent pas quelquefois de la laisser ralentir,
en sorte qu'ils sont forcés de la remettre, mais
c'est une nonchalance très blâmable : Car
44. il arrive de là que l'oeuvre demeure imparfaite,
parce que la nature qui est très savante
dans la conduite de ses admirables lois, et
qui ne discontinue jamais sa course, quand elle
l'a une fois commencée, à moins qu'elle ne
trouve quelque obstacle qui l'arrête, et n'agissant
plus avec plaisir l'oeuvre en demeure imparfaite.
45. Il serait bon de communiquer votre entreprise
à un ami fidèle, qui voulût bien quelquefois
prendre soin de l'ouvrage, car chaque jour demande
une application particulière, et chacun
d'eux pourrait passer le temps de loisir soit à lire,
soit à écrire ou à se promener, pour se divertir.
46. Car c'est un travail qui demande beaucoup de
soin et donne bien de l'inquiétude, et il est
très ennuyeux de toujours rouler une pierre
qu'on a de la peine à faire remuer. De plus
les malheurs sont ordinairement accompagnés
de tristes pensées, et si vous étiez forcé d'y éprouver
grande pour les quelque fatalité, je conseille d'aller dissiper
malheurs. votre grand chagrin ou dans quelque beau jardin,
ou quelque belle prairie, au bord de quelque belle
avenue ou rivière agréable à la vue.
47. Que personne ne sache vos opérations que
vous seul ou votre plus intime et très fidèle
ami, et telle est l'extravagance de quelques
fous curieux, qui découvrent leurs desseins
à tout venant, qui dans la suite se moquent
de leur imprudence. C'est pourquoi il faut
être toujours très secret et caché en ce grand art.
48. Ne vous reposez pas même sur la fidélité de
vos domestiques, de peur qu'ils ne déclarent
ce que vous seriez fâché que l'on su, ni sur
la bonne foi de votre femme, de crainte
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520 (510)

qu'elle ne vous en détourne, mais agissezgrande
avec toute la précaution et retenue possible,Lisez
faisant semblant d'ignorer la chose, et traitant
l'art de pures fables, car ou vous perdrez
49. votre argent et votre temps sans y pouvoir
réussir, ni recueillir aucun fruit de votre
dépense et de vos soins. Et alors qui est celui
qui voudrait passer pour un de ces gens que l'on
regarde comme des fous, qui se sont réduits à la
mendicité par cet art, dont ils espéraient
posséder plus que ne vaut l'univers tout entier.
Ou bien si vous remportez le prix de notreLisez
art incomparable, quel est celui qui voudrait
que l'on su qu'il a l'art de faire de
50. l'or et des pierreries. Il vaut donc bien mieux
en jouir paisiblement en secret sans éclat, que
de crier par la rue ville gagnée, et de donner
matière aux gens de vous décrier avec votre art,
à moins que vous ne leur fassiez voir la chose
et que vous ne l'accompagniez de quelque argent.
Car c'est là l'unique chose qu'ils adorent, et considérez
51. bien le danger où vous vous exposez, et persuadez-vous
qu'il vaut mieux vivre tranquillement
qu'en crainte, accoutumez-vous donc à
garder le secret, afin que personne ne puisse
rien apprendre de vous, soit que vous vous vantiez
par ostentation, ou que ce soit votre femme
52. ou quelque grand. Gardez-vous bien de boire dans
les compagnies où il se trouve pour l'ordinaire
des ivrognes et des flatteurs, car un secret n'est
pas en sûreté dans un homme qui boit
outre mesure, la tempérance en cette occasion
est plus sûre, c'est la barre qui arrête la langue,
sans quoi elle ne peut pas garder long temps
le silence.
53. Toutes ces choses étant en mains bien disposées,
je vous avertis encore de ne pas trop vous
empresser de savoir l'issue de votre travail,
mais au contraire méditez sur ce que disent
les sages, et vous arriverez très certainement à la fin,
muni d'une très longue patience. Car celuiLongue
qui croit moissonner avant le temps se trompepatience
bien lui-même.
54. Il y en a qui ne peuvent laisser longtemps leur
vaisseau en repos, ils le remuent, le tournent
l'agitent incessamment, par là ils interrompent le
travail de la nature, qui est forcée d'abandonner
son cours ordinaire pour suivre les caprices de ces
impertinents artistes, qui violant ainsi ses droits,
n'ont aussi pour toute récompense que du vent
de la fumée et bien des travaux.
55. Mais avant toutes choses recommandez-vous bien
à Dieu, et remettez votre travail entre les
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(511) 521
faites ceci mains de sa divine providence, implorez sa
pour Dieu. grâce et sa miséricorde, afin qu'il vous préserve
de tout péché et de tous vices défendus
par ses saintes lois. Après quoi commencez, c'est
la voie par laquelle vous pourrez réussir, car autrement
vous prendrez bien de la peine en vain.
56. Et si par hasard vous êtes assez heureux pour
trouver ce rare trésor tant cherché et si peu
trouvé, rendez-en la gloire à Dieu seul. Prenez
bien garde de faire tort à personne en quoi
que ce soit, car avec une si mauvaise disposition
Dieu vous ferait périr. Cependant
57. n'enfouissez point ce grand talent, faites des
oeuvres de miséricorde, soulagez-en les pauvres
et guérissez les pauvres malades langoureux
usage du en les retirant du péril de la mort,
secret mais en leur faisant connaître que cela
venant de Dieu seul, qu'ils sont obligés de lui
en rendre gloire le reste de leur vie, et de le prier
incessamment de leur faire miséricorde en l'autre
monde, comme il leur a fait en celui-ci pour les
maladies de leurs âmes, comme il a fait pour leur
corps en ce monde ici. Et qu'ils soient secrets, surtout
en pratiquant ces vertus, vous attirerez la bénédiction
de Dieu sur vous et sur votre famille, tant
que vous serez sur la terre, mais vivez en la crainte
de Dieu et tremblez toujours à la vue de
son infinie puissance, et que cette belle pensée
ne s'écarte jamais de votre esprit.
58. C'est la plus grande de toutes les bénédictions de
la vie et d'un plus haut prix, mais il n'y a que
ceux qui veulent faire un bon usage de ce talent
qui l'obtiennent de la bonté de Dieu. Car ceux
qui sont véritablement sages, ne s'attachent pas
tant à ce qu'il faut quitter, qu'ils en négligent un
bonheur que Dieu leur promettais qui sera éternel.
59. Maintenant je vais en peu de mots vous découvrir
Instruction avec toute la sincérité possible et sans déguisement
sur la Pierre la véritable manière de faire notre grande
pierre, ses couleurs et ses jours. Celui qui me
Lisez prendra pour guide trouvera que j'ai montré
véritablement plus que personne n'en a jamais
révélé, et cependant il reste encore quelque
chose de caché que je n'ose révéler.
60. Votre matière n'aura pas plutôt senti le feu qu'elle
+ esprit de la deviendra fluide comme du fondu, ce faible
ou corps corps qui est l'âme de l'acier agit d'une si puissante
manière sur le sol, qu'il le blanchit et le
dévore. Alors versez sur les deux le bouillon de
+ l'esprit 61. + Médée, c'est là notre mer dans laquelle
La mer nagent + 2. beaux poissons, encore que ni l'un ni
+ L blanche et l'autre de ces poissons n'aient ni écailles ni arêtes.
La rouge ou (*1*). La mer est toujours ronde, quoi qu'elle n'ait
point de bords, l'âme et les poissons ne sont qu'une et
même chose, nous les digérons jusqu'à ce qu'ils bouillonnent,
afin qu'ils puissent tous participer de l'unité.

*1* mot douteux : pict
@

522 (512)

62. Patientez durant 40. jours, et alors vous verrezLe noir
paraître une noirceur des plus noires, semblable
à un charbon bien brûlé. Quand vous
remarquerez cela ne craignez point, car il
deviendra à la fin absolument blanc, de sorteBlanc
qu'après avoir passé par le blanc, vous arriverez
au rouge étincelant. Ainsi le noir est laRouge
63. porte par laquelle nous entrons dans les
lumières du paradis, c'est la voie qui réduit
les corps à leurs principes, une nuit affreuse produit
un jour glorieux. Que toute votre étude
soit de parvenir au noir, autrement tous les autres
64. signes vous + seront tous très inutiles. D'abord+ couleur
la couleur est + argentine, car le doit descendred'argent
dans le ventre de la , et l'une et l'autre doivent
retourner en leur 1.e matière par le seul, qui
putréfie tellement la nature (ou matière) dans son
espèce que le et la s'éclipsent dans cette eau.
65. Le feu qui agit est la seule cause de ce changement vulgaire.
que l'on aperçoit, de sorte que l'eau
enlève l'eau de vie du et de la , cette eau
enferme un esprit de très grande vertu puisqu'il
porte la propre semence du et de la .
66. L'eau circule sans cesse tantôt elle s'élèvegrande
comme l'air puis elle descend et enlève avec
elle les esprits qui étant toujours en mouvement
se suivent sans relâche jusqu'à ce
qu'ils soient fixés au gré du sage artiste.
67. Prenez garde que ces esprits ne trouvent pas
où s'exhaler, car cela détruirait votre œuvre,
et causerait beaucoup de + mal à l'artiste.+ mal
Ne les faites jamais élever jusques au pointLisez
de casser votre vaisseau qui est fragile de
lui-même ; si vous manquez à cela vous
romprez une des principales lois de la nature.
68. C'est pourquoi tachez d'avoir un vaisseau
le plus fort que vous pourrez trouver, qui
soit égal, sans noeuds ni pailles, vous le
mettrez dans un + cercle de laiton et l'envelopperez+ lit à
avec des cendres d'os mouillés, étant ainsifaire
lutés c'est une sauvegarde bien certaine.
69. Alors vous verrez vos eaux s'élever comme
le corps + bouillir par-dessus. Cette circulation+ augmenter
continuera jusqu'à ce que les aigles aientle feu
détruit le lion ou dragon, et tous ensemble
étant morts, ils se changeront en un
vaillant crapaud que vous + brûlerez, jusqu'à
70. ce que vous voyez le noir se dissiper par des
couleurs différentes, et la lumière paraître.
Alors observez avec patience le même régimeLisez
que vous avez tenu jusqu'à ce que
@

(513) 523
la + se montre avec ses rayons éclatants, c'est
là le jeune roi qui vient de l'orient, portant
le croissant sur son cimier.
71. Prenez garde que le rouge ne paraisse avant
son temps avec avidité comme le pavot
sauvage, car ce serait un signe fatal que
vous travailleriez imprudemment et sans me
Lisez sure, en donnant une trop grande chaleur qui
précipiterait trop tôt et brûlerait vos
fleurs.
72. C'est pourquoi le plus sûr est de commencer
votre ouvrage par un feu doux, et ne vous
. pressez point de remuer ou de précipiter votre
travail, pas même d'un seul jour. Attendez
au contraire que le noir soit passé, alors
vous pouvez peu à peu augmenter le feu,
mais de manière qu'il soit plutôt médiocre
que trop grand.
73. Car c'est le conseil de tous les sages, sur
lequel vous devez vous appuyez comme
sur un solide fondement, il s'écoulera un
Ennui temps considérable avant que vous voyez
votre or résolu et pourri. Les mages
ont trouvé ce travail si difficile que
souvent ils s'en sont plaint d'autant qu'il
cause bien de l'ennui et de la peine à
l'artiste.
74. Mais je veux vous découvrir toutes les
opérations les plus cachées de notre nouvel
art qui est néanmoins très ancien, quoique
difficile à trouver. Je le ferais en peu de
mots dans lesquels j'exposerais de temps en
temps quelque mystère. Ecoutez attentivement
et apprenez ce que je vous enseignerais sous le
sceau du secret.
Fin du 2.e livre
@

524 (514)

Livre 3.e
De la Calcination.
I. L'on vous a démontré l'art de l'alchimie
dans les précédents livres, reste maintenant
à entrer dans la discussion de ses parties,
et de les expliquer chacune en particulier.
C'est ce que l'on verra dans ce dernier livre.
Appliquez-vous donc à en pénétrer la vérité.
2. D'abord nous calcinons et ainsi nous rendons
le + corps poreux, autrement nous ne+ poreux
pourrions jamais arriver à cette vie vivifiante
qui anime toutes choses, car quand
elle est séparée, c'est un squelette désagréable
à la vue. Nous ne souhaitonsLisez
que cela, et quand nous l'avons trouvé
par adresse, nous (le) cachons dans le vaisseau
d'Hermès bien scellé de son sceau.
3. Quand la terre est ainsi rendue spongieuse
c'est la mort de l'esprit, car alors notre
eau se convertit en terre, dans l'antre du
---------------------dragon, et la terre revient
en sa 1.e matière. Cette calcination la
préserve de moiteur, et lui donne une qualité
onctueuse, la chose étant autrement
l'on s'abuse.
4. Il y en a qui par art font des eaux corrosives,
dans lesquelles ils calcinent leurs matières métalliques,
mais alors la liqueur se sépare de la
terre, toute l'industrie de l'homme ne les
peut pas rejoindre, cette voie n'est propre à rien
qu'à faire faire bien de la dépense, nous
la laissons aux fous imprudents de chimistes.
Ainsi prenez bien garde à cela, car nous
+ par l'esprit re. 5. calcinons seulement en + espèce, en mêlant
le cru avec ce qui est entièrement parfait.
L'un dissolvant ce qui est fixe, et l'autre
fixant ce qui est fugitif. Celui qui prend ou se sert
de ces eaux qui mouillent les mains travaille
mal à propos, elles ne sont d'aucune
utilité à notre art, c'est un fond de sable.
6. Mais aussitôt que le soleil touche son semblable,
il se relâche comme de la glace dansvérité
de l'eau chaude, car il est à son égard également
sa mère, son épouse, sa soeur, avec qui il convient
en qualité. De tous les agents il n'y a
que celui-ci qu'on lui puisse comparer, les
autres tels qu'ils puissent être conduisent à
l'égarement.
@

(515) 525
7. C'est là le sel de nature que nous cachons,
si le tout puissant ne l'avait procréé pour
cela, l'art aurait été inutile. Outre que
par son pouvoir l'or est réanimé et augmente
encore son poids, et conserve un feu
secret qui le corrompt.
8. C'est là la fontaine scellée que les imbéciles
ne peuvent discerner, faute de notre grande connaissance,
n'ayant point été instruits dans les
écoles de Vulcain, où la nature est aidée
par les sages. C'est là le prodigieux feu de Pontanus
esprit que peu de gens trouvent, mais que tout
interne. le monde cherche et admire.
9. Si vous pouvez y arriver vous serez délivré des fatigues
et des embarras que souffrent les sophistes,
car c'est la voie assurée de réussir. Par là on
acquiert notre précieux trésor lequel n'a pas
plutôt senti le feu propre, que l'homme convoite
La pphique ardemment sa + femme.
10. Lorsque les corps seront dissous ils flotteront
comme de la crème, plus blancs que le plus
blanc lait, et il s'élèvera en fumée, qui retombera
successivement jusqu'à ce que le vêtement argentin
soit taché de le couleur citrine, alors la blancheur
étant dissipée aussi bien que les autres couleurs
le tout paraîtra d'azur vert et en son (*1*)
11. noir charbon. Mais devenant pâle, il diminuera
d'abord la couleur d'argent, alors
la masse se gonflera comme de la pâte
qui se fermente, elle se changera ainsi de
Lisez jour en jour d'un état en un autre, jusqu'à
ce que le tout soit réduit en une eau, laquelle
montera aussi de jour en jour doucement
jusqu'à ce que la noirceur se termine en blancheur.
12. Néanmoins d'abord l'eau s'épaissira de
plus en plus chaque jour, jusqu'à ce qu'enfin
vous ne voyez plus de sublimation, mais qu'il
reste au fond du vaisseau une matière d'une
Lisez mauvaise odeur, de couleur noire, se congelant
comme de la poix liquide, ce que les sages ont
décrit en termes obscurs.
13. Vers le 50.e jour il paraîtra des couleurs, et enfin
on verra le composé entièrement d'une noirceur
affreuse, paraissant même coulant et faisant
Iles. voir une espèce de belles végétation d'îles.
14. Et si la sécheresse semblait augmenter la couleur
citrine, et que le vert ne parût pas non plus que le
grande bleu, vous pouvez compter alors qu'il y a sujet de

*1* mot douteux : pict
@

526 (516)

craindre de ne pas réussir, mais si la sueur circule
doucement vous n'avez rien à craindre, votre ouvrage
15. est en bon état. Ainsi conduisez doucement
votre feu vulgaire et si la + sueur monte et+
descend soyez assuré que vous ne pouvez pas vous
tromper, à moins qu'il ne vous arrive quelque
malheur d'accident : car la nature qui sait
appliquer le remède dans tout l'oeuvre, vous
fera voir et montrera pas ses signes, si vous
avez trop ou trop peu hâté votre course par
16. le feu. Et soyez assuré que la matière agira
à proportion que vous réglerez votre chaleur.
Si elle est trop grande, vous chasserez trop l'esprit
faible et réduirez votre corps dans une trop
grande sueur, ou si elle est trop petite le défaut de
chaleur dissipera tout d'un trait votre espérance,
17. et vous fera marcher à tâtons. C'est pourquoi considérez
attentivement, et vous apercevrez que le composé
change de couleur, remarquez-le bien, car poursignes
peu que vous vous écartiez vous verrez vos signes fort
bizarres, le pavot, le rouge, ou le défaut d'unedéfaut
juste noirceur sont des signes qui vous feront
connaître que l'ouvrage n'est pas conduit comme
18. il faut. Mais si vous attrapez cette noirceur,
alors le composé se corrompt en 10. semaines.
Il mourra et se réduira tout en poudre subtile, molle
molle comme des atomes aux rayons du soleil,
mais pas trop sèches, car il brillera comme un
charbon ardent qui est brisé, possédant l'âme
vivante.
De la Dissolution.
19. C'est ce qui le fera ralentir en peu de temps, ainsi
nos ouvrages sont tellement unis qu'ils s'embrassent
l'un l'autre, en sorte que l'un ne se consume
point que l'autre ne le soit aussitôt, et cela
est aussi certain qu'il est vrai de dire que la dissolution
est également le principe et la fin et la perfection
de notre grande oeuvre.
20. Car quand nous voyons que le corps commence
à se fondre en sa 1.e matière, nous disons qu'il est
dissous en + eau minérale, notre principal but est+ en
attaché à cela, parce que notre dessein est deminérale
mettre les esprits en liberté, afin qu'ils recommencent
21. aussitôt un nouveau travail. Comme par
cette voie la nature passive soufre par la nature
active, de même à proportion que la terre s'amollit
les esprits s'épaississent de jour en jour, telle est la
loi de la nature que plus une chose se dissout dans l'humidité,
plus l'humidité lui fait perdre sa
22. ténuité. Car toute notre oeuvre consiste uniquement
@

(517) 527
à dissoudre et coaguler, chacun en croira ce
qu'il voudra, de sorte que le corps laissant sa fixité
devient à l'entour spirituel, et il est élevé
et soutenu par l'air jusqu'à ce que les esprits
soient parvenus sur la montagne, d'où le corps
23. et l'âme et même les esprits descendent et se
fixent et négligent à s'envoler, alors nous
attrapons ce que nous avons cherché si longtemps,
notre roi ressuscitant de la mort
avec triomphe sait s'approprier de toutes les
forces qui lui étaient opposées, et conduise
tous les métaux imparfaits à la perfection.
24. Ainsi la dissolution est la véritable clef de
tous nos secrets, sans laquelle personne ne saurait
rien exécuter de l'alchimie, ni donner
aux métaux une teinture fixe, jusqu'à ce qu'elle
puisse résoudre les métaux imparfaits en eau
de leur propre espèce qui est leur 1.e matière.
25. Car l'esprit est conservé dans chaque chose
par la seule humidité, c'est la mère de notre
pierre cachée, c'est la clef du bonheur temporel.
La nature s'arrête surprise de voir notre art
capable d'exécuter un devoir si extraordinaire.
26. Mais nous enseignons dans notre art deux
sortes de dissolutions, lesquelles ne s'exécutent
point par multiplications, mais par le feu
seulement, La 1.e ne saurait arriver jusqu'au
centre ni si bien régler le changement de l'agréable
variété des couleurs comme fait la 2.e
1.e 27. à la vue. La 1.e arrive quand l'homme rouge est
joint à la femme blanche, qui est à proprement
parler la liquéfaction, lorsque les deux unis
avec l'esprit de vie, et placés sur un feu
convenable, aussitôt ils ne cesseront d'agir
jusqu'à ce qu'ils aient entièrement dissous le corps.
28. Car sachez que quand le corps sera réduit à se
raréfier par l'eau, il s'attachera avec le dissolvant
qui le dispose à s'épaissir en convenance,
jusqu'à ce que les deux se soient intimement
unis en une espèce de poudre noire et un
peu fixe.
29. Cette dissolution n'agit pas entièrement sur tout le
corps, car il conserve une partie de sa corporalité,
et de ces deux qui étaient d'abord opposés
il en vient un tiers neutre, et ainsi avant que
de s'unir et agir d'intelligence, ils cherchent l'un
et l'autre à se détruire avec violence.
30. Dans notre art cette dissolution ne se fait qu'en
partie, ainsi que la congélation en poudre noire,
car comme l'un et l'autre s'entre-suivent, la nature
observe toujours cette règle, et cette conjonction
ne se fait même qu'en partie, le surplus restant
comme le plus noble, et le plus éloigné.
@

528 (518)

31. Mais ces atomes se résoudront en temps et lieu et+ L'azot c'est
+ l'azot en sera extrait par le feu, et vous le verrezl'esprit
sublimer assez longtemps, jusqu'à ce que la
terre soit élevée de son nid, et qu'ils deviennent
tout comme de l'argent-vif commun, pour lors ils seront
32. réduits en forme d'esprits. C'est là notre dissolution
que nous recommandons tant, et elle
fait l'union *tétraptive, où tous les éléments
conviennent et se perfectionnent, afin qu'aucun
ne s'affaiblisse. Je suis maintenant persuadé
que vous connaissez ce que nous attendons
par dissolution, laquelle je finis ici.
De la Séparation.
33. Je vais à présent traiter de la séparation, laquelle
a une si grande affinité avec l'opération précédente,
que l'une et l'autre se rencontrent, et agissent
par la même voie, excepté que quoi qu'ils soient
intimement unis ensemble, ils sont néanmoins
34. d'une notion distincte. Car depuis le moment
que nous mettons notre matière sur le feu, la
chaleur doit être conduite d'une manière
qu'elle puisse obliger l'humidité à s'élever
et à circuler incessamment. Mais que toutes ces
eaux en la manière d'une flamme s'élèvent comme
35. une fumée en vapeurs. Mais elles ne doit
pas tant s'élever qu'aussitôt elles ne soit
condensée en gouttes perlées qui retombent
en bas, en forme de veines, et le corps ainsi
réduit à agir est flétri avec le temps, et ces
veines enfin jointes avec l'eau chargée de
nouvelles couleurs remontent et descendent continuellement.
36. Voilà la séparation que nous entendons laquelle
n'est autre chose qu'une constante circulation,
qui ouvre le corps compact lequel se repose
sur la nature de l'eau, car elle a beaucoup
d'affinité avec lui, c'est pourquoi par la circulation
l'eau fait une continuelle séparation.
37. A l'égard des corps ils sont les deux espèces,
l'un qui est imparfait est facilement changé
en sa 1.e matière, mais cela ne se peut faire sans
sublimation. Une autre chaleur anéantirait l'ouvrage,feu très propre
c'est pourquoi nous faisons exhaler les
esprits et retourner incessamment vers la terre.
38. Cette sublimation ne se fait pas en vain, car par
cela même l'eau est acuée, et en s'élevant souvent
elle retient enfin une partie du corps, lequel
étant animé ils deviennent semblables au feu
d'enfer, faisant gonfler la terre comme une pâte
39. dans laquelle on a mis du levain. Et comme
d'abord le phlegme pourrait s'élever seul, et qu'en
s'élevant et retombant il peut devenir plus spiritueux,
* Conjonction tétraptive : Mélange intime des principes du composé des Sages.
@

(519) 529
ce que l'on peut apercevoir lorsqu'il ternit les
couleurs comme le bleuâtre, le jaune, le vert
et le noirâtre pâle, qui d'abord était blanc
40. et bientôt change de figure. Lorsque l'artiste
voit ces choses il en conclut que les éléments
sont séparés et que ce qui était auparavant
indigeste et cru devient ignée, et que ce qui
était clair se teint de jour en jour par des
rayons éclatants, qui augmentent leurs illustres
brillants pendant quelques jours.
41. Or sachez que le corps est dissous et que les
esprits sont coagulés ici par le même travail,
qu'il n'y a point de temps qui *médionne, tout se
change d'un état en un autre jusqu'à ce que
les esprits concentrés soient mis en liberté.
Nous les nommons de plusieurs manières,
mais quoi qu'il en soit un même travail sert
42. à tous. Nous ne cessons point un moment de
sublimer en vapeurs jusqu'à ce que la matière
soit réduite en poussière, et alors sans augmenter
+ . le feu, mais avec la même chaleur, cette
poussière se réduit en + , et cette eau se sublime
encore assez longtemps, jusqu'à ce que cette sublimation
continuelle soit tuée.
43. Tandis que l'eau s'élève comme un phlegme nous
disons que nous séparons l'esprit du corps et de
Lisez l'âme, mais lorsque par la circulation la vapeur
fait paraître d'agréables couleurs c'est l'union
de l'esprit avec l'âme, l'un et l'autre étant séparés
44. du corps. Quand la teinture s'élèvera la terre
sera surprise de la nuit, le corps détaché de
son âme paraîtra mort et réduit en poudre,
enfin l'âme attache l'esprit au corps jusqu'à
ce qu'il ait atteint avec lui une égale proportion,
45. et une spiritualité. Par ainsi, quand on sait l'art
de la calcination et de notre dissolution aussi
bien que de notre séparation et de notre conjonction,
Lisez de même que de notre putréfaction on
n'a qu'une seule résolution laquelle est la
fonction de l'esprit, mais lorsqu'il se rencontre
de l'opposition il faut considérer les travaux
que l'on vient de nommer et l'on reconnaîtra
46. la vérité. Cela même confirmera tout ce que
l'on a dit que toutes ces choses ne sont qu'une,
et que cette même unité s'accomplit par un
feu qui ne s'augmente et diminue point,
notre pierre ne demandant qu'une chaleur
égal continuelle, que tout cela ne sert qu'à sublimer
l'eau jusqu'à ce qu'elle fasse monter le corps
47. fixe. Alors le corps coagulera et fixera l'eau
en une essence pure qui se fera dans un temps
convenable. C'est là la médecine qui guérit toutes
les maladies des métaux, quand une fois on peut
* médionne : modifie.

@

530 (520)

l'unir + avec eux, elle guérit les hommes et aussi+ par la
les animaux, si elle est exaltée jusques au rouge et réduitemultiplication.
en huile elle délivrera celui qui s'en servira deLisez
tous les maux qu'il pourrait craindre en cette vie,
rétablissant de telle manière la nature qu'il
pourra vivre exempt de douleurs et de maladies.
48. De plus elle augmentera sa force, et lui fournira
les choses nécessaires à la vie, afin que ne
manquant de rien il soit délivré de toutes sortes
d'inquiétude, ainsi il est obligé de rendre gloire
à Dieu toute sa vie.
49. Comme donc nous subtilisons en vapeur les éléments
les plus grossiers de notre composé,
de même nous tachons que toute sa vapeur
qui s'élève en tournant notre roue, circule
de manière que ce qui se sublime tombe doucement
et se précipite en bas, et puis qu'il remonte
de nouveau, et qu'ainsi l'un et l'autre se
50. succèdent alternativement, car cette exaltation
et précipitation continuelle que nous appelons
l'oeuvre de + séparation, c'est le commencement et la+ par l'esprit
fin des choses que nous recherchons, et la
manière de le cuire, ainsi nous séparons les
principes jusqu'à ce qu'ayant été rejoints ils ne puissent
plus se séparer.
De la Conjonction.
51. Cet ouvrage est appelé conjonction, et cela est
d'autant plus vrai que les natures sont si
étroitement unies qu'elles ne peuvent plus être
séparées, mais paraissent un individu, et si
fortement combinées que comme l'âme le corps
et l'esprit de l'homme ne sont qu'une même
chose, il ne paraît qu'un seul et même
52. objet. Bien qu'au commencement il y eu un
principe quadruple, à savoir trois, deux et enfin
un, ce que je démontrerait ici par plusieurs
raisons qui feraient voir la véritable clé de
53. cette opération de coagulation. Aussi justement qu'ilgrande
est vrai que la séparation est la véritableLisez
voie de la dissolution, car par une vapeur
continuelle nous réduisons en eau le corps
du soleil, et quand il est pur nous le joignons
avec son âme, puis nous les circulons ensemble
sur le feu, jusqu'à ce qu'il ne se subliment
plus comme il faisaient auparavant.
54. Ici il faut vous avertir que quoi que votre
conjonction soit la plus authentique et la
plus sûre de toutes, néanmoins il se peut faire
qu'il n'y ait une parfaite séparation de ce qui
est sale d'avec ce qui est pur, alors le corps
doit se pourrir et se putréfier afin qu'une
nouvelle vie le revivifie.
@

(521) 531
55. Car 1.nt l'âme le corps et l'esprit sont tous semblables
les uns des autres, l'un est rouge et les 2.
autres sont blancs. Il y en a deux qui se congèlent.
Le 3. leur sert de matrice, laquelle coule et
se meut comme une eau minérale. Nous appelons
l'un le corps du soleil et l'autre notre lune.
56. L'un endure toute sorte de feux, et est très malléable
sous le marteau, et l'autre est fugitif
et néanmoins il se réduit en poudre quand on le broie,
mais sa force est capable de liquéfier l'or
comme de la cire, dont il ne se détachera point à
une petite chaleur.
57. Ces deux choses dans notre art ressemblent à
deux dragons bien opposés l'un à l'autre en
Lisez vertus et qualités, car l'un renferme l'autre,
vérité et cache dans son coeur et dans son centre le feu
de la nature, ce qui est aisé à entendre à un homme de
bon sens, et l'autre contient un feu contre nature.
58. L'un est mûr, l'autre cru, l'un est digéré, l'autre
manque de digestion, l'un est fixe, l'autre est
fugitif, la loi de l'un est telle qu'il parvient à
et sa perfection et devient la semence parfaite.
esprit On le nomme notre soleil, mais il est bientôt
59. dominé par le feu de la . L'esprit diffère
de l'un et de l'autre en degré, en forme, aussi
bien qu'en qualités, il s'évapore au feu
comme de l'eau commune, et enlève l'âme avec lui.
Cette circulation est souvent répétée jusqu'à
ce qu'enfin la matière demeure au fond du
vaisseau en consistance de bol.
60. La 1.e + union se fait du soleil et de la lune, l'eau
+ dans l'oeuf est jointe à l'un et à l'autre dans la seconde
Lisez par circulation. Quand cela est fait l'eau est tuée
et la terre retourne en sa 1.e matière, mais
tous les éléments doivent se réunir en un et
61. la chose est achevée. Lorsque cette terre par
une fréquente circulation sera retournée en ,
après de continuels changements vous ne verrez
plus cette eau salvatrice, mais il faut
avant toutes choses que les parties les plus
grossières passent par les ténèbres de la nuit,
et alors elles seront renouvelées.
62. Il s'élèvera de son antre secret une vapeur
semblable aux perles orientales, laquelle par
le moyen d'une pluie douce lavera la terre
Lisez noire de ses impuretés, jusqu'à ce que la mauvaise
odeur et la couleur noire soient diminuées par
une parure brillante, et alors les éléments se
mêleront et se fixeront ensemble pour toujours.
63. De sorte que l'un ne s'élèvera point sans l'autre, mais ils
circuleront conjointement ensemble, ainsi le frère et sa
soeur seront joints dans une union inséparable, et ils s'amendent
l'un l'autre. Or je vous ai découvert toutes
nos conjonctions qui sont les effets de la circulation.
@

532 (522)

De la Putréfaction.
64. C'est ainsi que notre grand élixir doit être préparé,
en séparant d'abord les vertus spirituelles de la
terre, celles-là se subliment avec l'air et celle-
ci demeurera au fond dont il viendra un
cadavre pourri appelé notre corbeau, ou
notre crapaud, parce qu'il est noir dans le feu.
65. Or il est certain que ce travail ne diffère
en rien de l'autre qu'on vient de nommer,
sinon en imagination, et quoi que nous nous avisions
de donner plusieurs noms à un seul ouvrage
je vous dis néanmoins que l'intention est que
celui qui réussira parfaitement dans l'un
peut avec la même facilité achever le reste,
quand il voudra, l'un et l'autre se suivants et
n'ayant qu'une même voie.
66. Car tout notre art ne consiste uniquement
qu'à ouvrir et fermer, à détacher et recongeler,
à volatiliser et à fixer, à mettre à mort
et à ressusciter et acquérir, putréfier, puis nettoyerLisez
tout cela n'est qu'un même et seul ouvrage,
sous différents noms et sens. Et certainement
67. tant que le composé ne sera pas pourri, que les
parties spirituelles ne seront pas exactement séparées,
que les taches de l'eau ne seront pas
nettoyées, et que les terrestreités du corps ne sont
pas conduites à une véritable teinture qui
68. puisse renouveler les corps imparfaits. C'est
la véritable raison de la putréfaction la-
quelle se fait en versant par une continuelle
réitération de l'eau sur le corps et l'en
retirant par une constante circulation, ce qui
ouvre de telle sorte le corps qu'il est forcé
de rendre sa semence et de mourir ensuite.
69. Car 1.nt la vie s'insinue dans le corps par la
médiation de la lune, laquelle l'oblige de
se refermer dans le centre, afin qu'étant ainsi
incorporée ses parties deviennent fragiles, parce
qu'elles s'embrassent l'un l'autre, et qu'elles paraissent
revêtues d'un même bel ornement, et qu'elles
coulent au feu, comme de la cire blanche ou jaune.
70. Par le moyen de cette , l'eau pénètre jusque dans
les reins cachés du pict où est bien renfermée la
semence, laquelle est tirée par l'eau de soncolombe
centre, ainsi par cette semence l'eau s'épaissit
de telle sorte qu'elle se change enfin comme
71. toute en boue. Ainsi trois natures toutes
différentes en espèces, sont mêlées confusément
ensemble, et corrigées l'une par l'autre par + sublimation+ vérité
réitérée, jusqu'à ce que l'humidité
@

(523) 533
consumée par la sécheresse semble être entièrement
absorbée par la terre, ce qui lui donne la
72. couleur morte. Car aussitôt que le corps se
gonfle et change de couleur et ayant rendu
grande le dernier soupir, enfin il meurt et se corrompt,
jusqu'à ce que + l'esprit renouvelle le corps mort
en lui faisant élever des vapeurs, qui doivent
laver la terre grossière, jusqu'à ce que le
tout ayant passé le terme fatal devienne
éclatant.
73. Or si la circulation n'était pas faite, le corps
demeurerait dans son intégrité et l'on n'en
pourrait pas tirer une essence fixe, laquelle
peut élever les métaux les plus vils à la
dignité du et de la , plus purs que ceux
qu'on tire des meilleures mines, de quelque
endroit qu'elles viennent.
74. Car par l'élévation de l'eau le corps devient
plus sec, ainsi il reste plus au feu que si la
Lisez ceci matière était céreuse, et ne paraît pas s'éclipser
dans les ombres de la nuit, jusqu'à ce que(*1*)
l'humidité s'étant presque dissipée, ce
corps paraît divisé en atomes.
75. Quand la vapeur cesse, l'esprit manque entièrement,
la mort commence aussitôt à disposer
le corps à la corruption, et augmente de jour
Temps du en jour, jusqu'à ce que la masse paraisse dedans
corbeau et dehors comme un corbeau, cette noirceur
diminue enfin à laquelle succède une couleur
76. verte. Et alors reprenant la vie, la noirceur
se dissipe entièrement par des couleurs bien
agréables qui prennent la place, et demeure
en cet état plus longtemps au feu. Ces
différentes couleurs se succèdent les unes
aux autres par degrés, ce qui dure jusqu'à
ce que le tout paraisse plus brillant que
lisez l'argent vif que le feu exalte.
De la Congélation.
77. L'air condense les gouttes qui se subliment
successivement jusqu'à ce que la volatilité ait cessé,
grande fixité et que tout résiste au feu qui les conduit chaque
jour, et peu à peu à une fixation telle jusqu'à
ce qu'aucune chaleur ne le puisse faire sortir
78. de sa place. Et remarquez ici comment nous
procédons toujours à aller et venir, à extraire
par la dissolution la plus secrète Q. Ess. du corps
du , jusqu'à ce que le corps soit tiré, puis nous le
revivifions jusqu'à ce que le tout devienne esprit,

*1* mot douteux : pict
@

534 (524)

et que le corps disparaisse entièrement.
79. Quand cela est fait on nettoie le laton avec + l'azot,+ L'azot ou
ce qui se doit faire par des circulations réitérées,l'esprit
alors on voit s'élever en l'air le corps, lequel par
des sublimations réitérées paraît enfin avecgrande
son ferment, quand une fois la substance est perfectionnée
+ et très claire.
80. Lors donc qu'il ne s'élèvera plus en vapeurs, il
deviendra sur le feu brillant comme les étoiles,La Pierre
ou bien il s'agitera comme les yeux brillants deau blanc
petits poissons, dont l'éclat éblouit les yeux, et
empêche de les regarder fixement, comme les anciens
sages l'ont raconté.
81. Mais avant que d'en admirer la parfaite blancheur,
vous verrez sur le feu de moment en momentgrands
différents changements remarquables. Enfinchangements
avant que cette blancheur étincelante soit
changée en poudre aussi subtile que les
atomes du soleil, et entièrement fixe, il prendra
82. des changements innombrables. Car en
moins d'une heure il paraîtra fluide et sec.
Ensuite coulant, il se changera de figures
extraordinaires, mais il ne restera pas longtempsLa Pierre
dans aucune, jusqu'à ce qu'il soit fixéau blanc
dans son labyrinthe, toute la substancetrès parfaite
se fera voir semblable aux atomes du soleil
et voilà notre resplendissante.
83. Lorsque la lumière a tout éclairé sur la terre,
qu'elle en a chassé toute la noirceur, et comme
un trône éclatant le tout paraît desséché cuit
par le feu, alors décuisez-le jusqu'à blancheur
d'une fixation à toute épreuve, et qui
puisse teindre avec pénétration.
84. Alors votre roue a véritablement tourné une
fois et la médecine du 1.er + ordre est faite,+ et prête à
et quoi que ce ne soit qu'un enfant on lemultiplier
pourra aisément conduire à devenir un empereur
parfait dans le monde, ayant toutes les vertus
qu'on en peut désirer, qui paiera l'artiste avec
usure des frais qu'il aura faits, en changeant
ses peines en + joies et ses soins en allégresse et+ grandes joies
plaisirs, qui ne se peuvent exprimer que des
sages.
85. Imbibez le 1.nt du lait, puis le nourrissez de
viande, et le fermentez ensuite selon l'art jusqu'à
ce que vous l'ayez avancé à une grande vertu, laquellemultiplication
vous pourrez toujours multiplier comme il vouspar feu égal
plaira, faites cela en conservant et gardant votre feu
toujours égal, car s'il venait à mourir vous souffririez
grandement.
@

(525) 535
86. Je vous ai fait voir dans la 1.e partie de cet
Projection ouvrage la manière de + projeter aussi bien
fermentation que celle de fermenter et de multiplier. Dans
et multipl. la 2.e j'ai apporté des exemples pour prouver
la possibilité de l'art, duquel j'ai fait moi-
même l'expérience je ne le répéterais point,
mais je finirais ce traité ici par la coagulation.
87. Car si par hasard ceci vous tombait entre
les mains vous pourriez procéder par les règles
que je vous ai montrées ci-devant, et
Lisez si vous manquez, vous ferais voir et aisément
paraître que votre génie n'est pas assez
pénétrant, ou bien que vous n'êtes pas assez
favorisé de la fortune pour l'entreprendre.
Si l'un des deux vous manque et vous est
contraire demeurez en repos, et ne passez
pas plus avant, jusqu'à ce que vous ayez
une meilleure et plus favorable destinée
et qui puisse vous conduire à favorablement
réussir avec la bénédiction de Dieu.
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En addition au manuscrit

Table des matières

La Moelle de L'Alchimie...................................... 455
Préface au lecteur studieux et courtois...................... 456

Première Partie
Livre Premier, introduction................................ 461
Livre Second............................................... 472
Livre Troisième............................................ 480
Livre Quatrième............................................ 489

Seconde Partie............................................... 497
Avertissement au lecteur................................... 497
De la pratique, Livre Ier.................................. 501
Livre Second............................................... 513
Livre Troisième............................................ 524
De la calcination...................................... 524
De la dissolution...................................... 526
De la séparation....................................... 528
De la conjonction...................................... 530
De la putréfaction..................................... 532
De la congélation...................................... 533
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pict

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pict


Signes de Chimie.
1 - Antimoine. 2 - Huile. 3 - Tartre. 4 - Sel. 5 - Amalgame. 6 - Nitre. 7 - Pierre. 8 - Prenez. 9 - Soufre. 10 - Poudre. 11 - Vinaigre. 12 - Eau forte. 13 - Alambic. 14 - Creuset. 15 - Eau-de-vie. 16 - Eau régale.

Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.