Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.

@

Page

Réfer. : 0809A .
Auteur : Gros parmy, Nicolas de.
Titre : Abrégé de théorique.
S/titre : extrait sur l'original.

Editeur : Mss 158. Bib-Municip. Rennes.
Date éd. : 14xx .
@

Particularités de ce document.


Afin de conserver au bénévole lecteur le charme du manuscrit, j'ai laissé
le texte dans sa forme originale, orthographe, ponctuation, excepté sur
quelques points.
Excepté ces derniers, le document est conforme à l'original, page par
page, ligne par ligne et caractère par caractère. Pour ce dernier point,
le lecteur voudra bien être indulgent, car malgré une double relecture de
tout le document, il est improbable de n'avoir pas oublié çà et là quelque
particularité orthographique.
Les numéros de page sont repris du manuscrit lui-même.
Je dois aussi rappeler que les majuscules et les minuscules sont
distribuées dans le texte sans logique précise, quant à l'orthographe, elle
peut varier pour un même mot.

Points de modifications.

J'ai mis une majuscule à la première lettre de chaque paragraphe, ainsi
qu'un point à la fin.
Les mots qui sans raison apparente, avaient une majuscule dans le corps
du texte ont été mis en minuscule.
J'ai également mis une lettre majuscule sur la première lettre des noms
propres de personnes, ou de personnages (Lulle, Saturne, etc).
J'ai séparé les mots liés dans le texte afin de rendre la lecture plus
agréable, néanmoins les mots séparés dans le texte le sont restés, par
exemple "quoy que", ou encore "par ce que".
Dans la majorité des cas, j'ai écrit les mots abrégés dans leur forme
complète, à l'exception notable de philosophie et de ses dérivés écrits
ph~es pour philosophes, ph~ique (pour philosophique) etc, reprenant ainsi
la forme abrégée du scripteur.

@

Remarques concernant ce document.

Ce document porte deux écritures différentes. La première, et la plus
importante, est celle du texte lui-même, qui est très belle et très lisible.
La seconde porte uniquement sur des modifications du texte, et sur une
note informative sur l'origine du document (page 111). Elle est moins belle,
mais reste très lisible.
Mon opinion est que la personne de la seconde écriture (qui fut le
possesseur du document), l'a fait copier par un copiste possédant une
écriture bien lisible.
Il a dû ensuite vérifier la copie, et porter en notes, dans la marge
ou parfois entre les lignes, les oublis du copiste. Quand les ajouts sont
entre deux lignes, je les ai mis entre crochets [], pour signaler une
écriture différente.

Exemple de note en marge (page 5) :

pict

Exemple de mot entre lignes (page 2) :

pict

Dans certains cas, le mot rajouté est situé au-dessus de celui du
texte original, sans que ce dernier soit rayé. Dans ce cas, j'ai noté de
la façon suivante:
[mot ajouté/ mot d'origine],
afin que le lecteur puisse se faire sa propre opinion sur l'interprétation
convenable.

Exemple (page 43) :

pict

@

C - 530. A

Ouvrages de
Grosparmy,
gentilhomme normand qui écrivait
en 1449. V. p. 111 & le commencement,
Verso.

---------------


15987
@

Ce traité est fort curieux
tant par le nom de l'auteur,
que par ce qu'il n'est pas
commun, et qu'il est extrêmement
philosophique:

Ledit auteur a fait beaucoup
d'autres traités qui sont fort
rares.

Il était gentilhomme normand, nommé
Gros parmy associé avec Vicot, et Le Vallois,
lesquels firent l'oeuvre des ph~es
ensemble: Ils ont écrit tous trois, et
composé plusieurs traités que j'ai vus,
Grosparmy était Comte de Flers en
Normandie auquel lieu ils firent
l'oeuvre ph~ique et composèrent leurs
livres: feu Mr. le Comte de Flers
la femme duquel descendait de Mr
Gros parmy, gentilhomme très savant,
nous a pleinement informé de toutes
les particularités de ces trois ph~es:
On ne [peut] pas douter que ces Messieurs susdits, n'aient su et fait.
@

+ 1

Abrégé de Théorique
extrait sur l'original.


Au nom de Dieu qui vit et règne
trois personnes en unité sans
commencement et sans fin
Père, Fils, et Saint-esprit.
A tous les féaux disciples de
philosophie naturelle, salut.


Sachent tous que je, Nicolas de Gros
Parmy natif du pays de Normandie par la
volonté divine allant par le monde de
région en région depuis l'âge de 22 ans
jusqu'en l'âge de 38 cherchant et
désirant savoir l'art d'alchimie qui
est la plus subtile partie de Philosophie
naturelle qui traite et enseigne la très
parfaite transmutation des métaux et
des pierres précieuses; et comme tous
corps malades peuvent être ramenés
A
@

2

et réduits à santé, ledit temps durant ai
enquis comme l'un des métaux se peut
transmuer en l'autre. Et en ce faisant ai
soutenu moult de peines, dépenses, injures
et reproches, et en ai abandonné la communication
du monde, et la plupart de
ceux qui se disaient mes meilleurs amis,
pour ce qu'ils m'avaient en dépit, moi
étant en nécessité et moi voulant *détourber
[de] ladite art pour ce qu'il leur semblait que
je m'y occupais, et que je n'étais pas tendu
à faire les [choses] nécessaires, ainsi comme j'eusse
été, [si] je n'eusse eu aucune occupation. Et pour
icelle chose ai [*quis et] été avec maints compagnons
cherchant ledit art comme je faisais, *cuidant
le trouver par leur moyen: et pour avoir
amitié et entrée avec eux, me suis fait
leur serviteur, et ai soutenu la plupart
de la peine de leurs ouvrages, et ai vu et
@

3

et étudié plusieurs livres auxquels la science
est contenue en deux manières, l'une fausse et
l'autre vraie, la vraie mêlée parmi la fausse
suivant iceux livres par l'espace de 12 ans ou
environ, maintenant selon une manière, maintenant
selon une autre, et en ce n'ai rien trouvé
et m'en suis trouvé presque tout nu et hors
de *chevance. Ainsi comme désespéré de la science
et débouté, moi étant en nécessité de ceux où
j'avais la plus grande fiance, prêt de m'en
aller en lieu où je n'eusse nulle connaissance:
et si n'eut été la grâce du Saint-esprit, qui
donne lumière à qui il lui plaît, et nouveau
confort, j'étais homme désespéré: pour ce qu'il
me semblait que j'étais, ainsi comme insensé
devant le monde, lequel est ennemi de la pure
vérité du très noble, et très haut secret dessus
@

4

dit appelé don de Dieu lequel il donne à qui il
lui plaît, et icelui veux décrire aux enfants
de vérité, désirant ensuivre icelle et venir après
nous, afin que iceux ne soient ainsi mortellement
navrés comme j'ai vu mes compagnons
et moi aussi, et qu'ils puissent venir à icelle vérité
et confort: car, comme déjà est dit, icelui Saint-
esprit nous inspira en telle manière que
notre entendement fut ouvert la figure ôtée
dedans: et pour ce vous qui voulez venir à
icelle vérité, fort aurez à faire en brièveté de
temps de concevoir icelle science, si par aucun
maître n'êtes introduits, ou si de jeunesse
n'y êtes appelés, qui l'entendement y avance.
Car *jaçoit ce qu'un homme ait bon engin
et naturel, et qu'il ait vu tous les livres
appartenant à icelle science, et fait tous
@

5

les essais qu'homme humain peut faire, *ja
pour ce ne peut-il venir à la fin d'icelui secret
s'il n'est de la secte des dessus dits philosophes,
ou si par aucuns d'iceux n'est introduit et mené
# qui par comme dit est; car à icelui # comme
lui le trouve miracle grand secret et comme trésor enchanté:
ce lui est Pour ce que les philosophes anciens, par la volonté
ainsi de Dieu régnante en leurs coeurs, [firent livres] obscurcissant
icelle, et aux ignorants et amis de délices
mondaines ténébreux et aveuglés pleins d'iniquité
ne peut icelle science être découverte, pour ce
que s'il était autrement, autant en auraient
le mauvais comme le bon, et serait toute autre
science avilie par l'avarice et convoitise, et
voudraient *suppéditer l'un l'autre, et ne tenir d'aucun:
Par quoi conviendrait que justice faillît et
que le monde fût détruit: Et pour ce, ceux qui
se *parforcent de pratiquer icelle sans être
@

6

théorisants, se pourraient avant user eux et
leur bien que jamais y puissent parvenir
sans les points dessus nommés. Et si n'est
pas de pesant de labeur à qui entend comment;
Et si n'est pas de si chère matière composée
quant à la quantité qu'homme se peut
excuser du dessus dit ouvrage: Car pour un
grain de la semence métallique, on la peut
multiplier jusques à nombre infini le monde
durant: Car si un grain de la première composition
de ladite ouvrage nommée la pierre des
philosophes, choit sur 100, la seconde cherra
sur mil, et la 3e sur 10 000, et la 4e sur cent
mille, etc. Car ainsi comme tu vois d'un
grain de blé en venir mille, et de mille cinq
cent mille milliers, entends ainsi des
métaux, car tout se fait par nature dont
@

7

art est administrateur: Car art supplée aucune
fois les défauts de nature; car ce que nature
fait en mille ans seule, elle fait en un jour
aidée d'art. Car ce ne sont pas les gens qui font
la transmutation, mais c'est nature, et ne lui
faisons qu'administrer les matières; car si
la matière lui est dûment administrée au
regard des principes naturels, et bien informée
par le sage ouvrier, tantôt elle est prête et
diligente de mener sa nature aux individus
de l'espèce présente: Et pour ce, garde-toi avant
qu'aucune chose veuille pratiquer, que tu saches
et connaisses avant la main les vrais matériaux
convenables à ce, et bonnement ne les
puis savoir si plusieurs livres n'as étudié;
car ce que l'un te clora, l'autre te l'ouvrira.
Jaçoit ce qu'ils te pourront sembler différents,
@

8

et qu'il en y a plusieurs faux, auxquels
a recette de pratique [laquelle pratique] est fausse comme [après] sera
déclaré. Et pour ce, te conseille que tu *quères livres
approuvés, si comme sont les maîtres
Remond Lulle et Arnault de Villeneusve,
auxquels est la science contenue au vrai,
et sont trois livres dont le premier est
la Théorique, en laquelle est la spéculation
et la division des autres livres. La seconde
partie est la Pratique en laquelle est la
manière d'ouvrer moyennant la Théorique
entendue; car elle corrige et
amende la faute d'icelle pratique, pour
ce que pratique écrite n'est que le miroir
de la vérité de la maîtrise. Le Codicille qui
est nommé, Vade mecum, contient partie
@

9

de théorique, l'une *propinque et l'autre lointaine,
au regard du fait et partie de pratique,
l'une fausse et l'autre vraie, et toutefois
est toute vérité à celui qui l'entend. Mais les
plusieurs qui la cuident usurper indûment,
quand ils cuident entendre au vrai ce qu'ils
lisent, et qu'ils viennent au pratiquer, ils
s'en trouvent plus loin que devant, et disent
que la science est fausse, et que les philosophes
ont menti; mais nous qui avons vu de
nos yeux et tenu de nos mains les métaux
transmués, témoignons que la science est vraie,
et que les philosophes ont vrai dit. Laquelle
chose n'eussions pas cru, mais en [ferions/ faisons]
doute, si de nos propres yeux comme dit
est, ne l'eussions vu. Et jaçoit ce que les
@

10

envieux amis du monde comme sont
légistes, *décrétistes, officiers, et autres clercs
jongleurs, veuillent réprouver et dire du
contraire, à nous n'en chaut. Et pour ce
te prions être secret de telles gens comme
eux, et autres faux traîtres mangeurs
de peuple, renieurs de Dieu, enfants du
diable, et à diable donnés, dont les plusieurs
s'efforcent de nous rober notre
philosophie; mais ils se trouvent si robés,
qu'ils en perdent la vie. Et outre s'il
advient que Dieu la redonne par quelque
aventure, tiens-la secrète, et spécialement
des grands Seigneurs et de tous autres
gens, fors d'aucun compagnon, lequel tu
aies éprouvé, et trouvé t'être véritable
@

11

sans aucune [fiction] et qu'il soit bien morigéné,
et serve Dieu, sa mère, et ses saints, en
accomplissant les oeuvres de miséricorde,
et n'en veuille ja vivre plus délicieusement,
ni suppéditer autrui, afin que Dieu ne prenne
vengeance de toi./


Le second chapitre. Des minières auxquelles
j'ai ouvré, et auxquelles chacun ouvrier peut
*enchoir, et les effets que j'ai fait, et des
divers vaisseaux et instruments dont
j'ai usé, &c.

Aucuns oeuvrent de vitriols, [aluns] *atraments,
sels, et de toutes manières de drogueries,
comme sont antimonium, tutie, magnésie,
calamine, marcassites, et toutes manières
de borax. Les autres prennent les 4 esprits,
c'est à savoir orpin, sel armoniac, soufre,
@

12

et vif-argent, et sont dits esprits, pour ce
qu'ils s'envolent en fumée, quand ils
sont exposés sur le feu, & [ont] cuidé extraire
les 4 éléments d'iceux, et les ont *soluts,
afin qu'ils fussent de la nature [de la terre;] car
solution est corruption, et putréfaction
de toutes choses qui reviennent à la
nature de la terre, et les distillent afin
# subliment qu'ils soient de nature d'eau: et les # calcinent
afin qu'ils afin qu'ils soient de nature de feu.
soient de Et quand ils eurent cela fait & moi
nature d'air semblablement, nous fixâmes iceux
et les tant qu'ils attendaient aucunement
le feu, et de ce fîmes projection sur
le cuivre fondu, et tout ce rien ne nous
valut, mais se départirent en fumée
@

13

et demeurait le métal plus *ord que devant.
Autres la mettent en herbes et en bêtes, et en
tirent les 4 éléments comme devant, et font
projection sur le cuivre, et rien n'y trouvèrent
et furent trompés comme devant. Aucuns
autres firent plus subtilement et avisèrent
que vif-argent était germe des métaux, et
amalgamèrent icelui avec le cuivre, &
lavèrent l'un et l'autre longuement ensemble,
et cuidèrent fixer aucune chose d'icelui avec
le cuivre; Et quand vint à l'exposer au feu,
le vif-argent s'évanouit d'avec le
métal, et demeura plus ord que devant.
Autres amalgamèrent et mirent icelui
vif-argent avec les corps parfaits, c'est
à savoir or et argent, et sublimèrent
icelui avec les dessus dits corps, cuidant
fixer aucune chose de lui, mais furent
trompés comme devant, pour ce que
l'esprit ne peut demeurer avec le corps,
sans le moyen de l'âme: car l'âme est
celle qui fait le lien du corps et de l'esprit.
Car à notre pierre philosophale est
approprié
@

14

approprié Corps, Ame, et Esprit. Les
autres mêlèrent les corps parfaits avec
les imparfaits, cuidant que ce qui était
de pur avec les imparfaits les parferait,
et que lesdits imparfaits se parferaient
et demeureraient avec les parfaits. Et
quand ce vint à l'examen des cendres,
ce qui était imparfait s'en alla avec
toute sa substance, sans demeurer rien
des imparfaits avec les parfaits; pour
ce que dès le commencement de leur
naissance, la terre et l'eau sulfurée
d'iceux imparfaits, furent mêlées
par telle mixtion que jamais par feu
ne pourront se départir, mais se
*dégâtent et évanouissent avec toute
leur substance. Et quand iceux
virent cela, ils furent tous découragés,
et désespérés de la science comme
gens de guère de savoir; et délaissant
le magistère, il leur sembla que
c'était chose impossible. Mais si
l'âme était parfaite avec le corps
parfait,
@

15

parfait, celui qui aurait cela, aurait double
vertu, car quand il serait joint aux corps
imparfaits, l'une vertu séparerait ce qui
est en eux de pur, et l'autre convertirait
ce qui aurait été séparé. Et pour ce
tous ceux qui oeuvrent des matériaux
dessus nommés, et des autres esprits
*rusticalement entendus, perdent leur temps
et leur peine. Car qui ne connaît le
moyen que j'ai dit, il pourrait être toute
sa vie à calciner, distiller, *solver et congeler,
avant qu'à bon port puisse venir; Et s'il
ne connaît la vraie matière tant en
extrêmes comme en moyens, et que l'ouvrier
sache garder la proportion d'iceux ainsi
que nature requiert, comme plus à plein
sera déclaré en celui succédant.


Le tiers chapitre. Des primordiaux
principes en l'oeuvre de nature, avec
les extrêmes et leurs moyens.

Les primordiaux principes succédant en
l'oeuvre de nature, sont les 4 éléments,
@

16

et sont signifiés par B. Secondement
sont les vapeurs d'iceux éléments lesquelles
par raréfaction et résolution se condensent
en eau laquelle est moult pondéreuse
pour la gravité et pesanteur d'iceux
éléments, et est signifié par C.
Tiercement est engendré d'icelles vapeurs
le mercure lequel est trouvé sous terre
coulant par les mouvements souterrains
du vent, et choit en minières sulfureuses,
chaudes & sèches, desquelles la vapeur
congèle tout mercure, et est celui-ci
engendré en tout corps élémenté, et [est] signifié
# et est vert, par D. Quartement, il est une substance
noir et rouge, engendrée en la matière d'icelui mercure,
et blanc en lequel est nommé calcanthis, vitriol,
son occulte, lascuta, # vert lézard congelé lequel est
et est trouvé terre et mère des métaux, en laquelle
en vert terre est l'espèce de l'eau vive et des ,2, esprits
@

17

puants, en laquelle gît et est la vie du
métal, et est signifié par E: Quintement par
la raréfaction et résolution de la vapeur
subtile d'icelui calcanthis, est immédiatement
engendré le vif-argent, lequel est la propre et très
prochaine matière à la génération de tous les
métaux, et non *mie tel ni celui qui est
trouvé coulant ni ja ne sera jusques à tant
qu'en sang *apostumé et venimeux il soit
premièrement converti. [Et] doivent entendre tous
les *indagateurs et étudiants de cet art être
de leur vif-argent en l'oeuvre de nature, et est
signifié par F. Sixtement d'icelui argent-
vif sont les soufres secs immédiatement
engendrés par la condensation d'icelui
vif-argent, et selon la dépuration telle comme
elle est administrée par nature à la forme
@

18

et espèce du métal duquel la vapeur est
soit d'or ou d'argent ou d'autre métal
et selon la pureté de la matière
et du lieu, pure forme en *issira
ou impure et sont signifiés par G. Les septièmes
extrêmes sont les métaux en parfaite
*clausure en l'oeuvre de nature dedans
les minières, et quand ils sont hors de
leurs minières, nature entend à les
ranger et à rouer tant pict que par digestion,
ils sont tournés en meilleures espèces
que devant par digestion en leurs minières
pour la gravité et pesanteur de leurs
éléments par l'instinct et vouloir de
nature. Et tous les alchimistes qui se
parforcent de donner *semblance ou couleur
à aucuns des métaux, et [ne] prend et reçoit
@

19

cette matière, il est comme le peintre peignant
en la matière forme *remote comme d'homme ou
de bête, ou comme celui qui portrait image
semblant à homme. Car quand aucuns a donné
couleur d'or ou d'argent à aucun autre métal,
et que l'essai est fait dessus, il ne peut porter
l'essai non plus que l'image peut faire et
qu'homme fait, jaçoit ce que l'image
soit à semblance d'homme: car la matière se
distrait de la forme, et est la forme remote au
regard de la matière. Et pour ce, le bon ouvrier
qui connaît ce que nature requiert à la génération
du métal, peut par lui être nature la
minérale secourue et gouvernée, tellement que
le fruit lui apparaîtra devant ses yeux,
et que ce qui était imparfait en l'oeuvre de
nature, sera accompli en métal parfait, et
sont iceux métaux signifiés par H. Et
donnerons
@

20

et donnerons en [ce] chapitre subséquent autres
principes prochains & convenables à l'art.
Ici après est, et gît l'oeuvre de principes
de nature tant extrêmes que moyens.


Le 4e. chapitre. De quels principes
le magistère est fait, et quels ils sont
en nombre.

pict

Les primordiaux principes en notre magistère
@

21

sont 3, c'est à savoir l'eau vive, et les 2 esprits
puants, mais pour ce qu'iceux ne sont pas
trouvés sur terre en leur naturelle action, ainsi
que métier nous fût, mais sont trouvés en
matière terrestre en forme de métal en quoi est
leur puissance, et pour ce nous prenons les
extrêmes de nature par les moyens de la
science et art en retournant au D, et à H, mais
pour ce que ces deux sont très remots et
lointains pour l'extrémité d'iceux, Nature la
sage nous enseigne que nous prenions F qui
est disposition moyenne de l'extrémité et
nature d'iceux; car F a puissance de convertir
D en E, et que tout se tourne en B, et celui
B, se réduise en E, duquel on doit extraire F,
en notre magistère en lieu d'eau vive et
d'esprits puants. Car F a puissance de
convertir D, en H, par conservation de leur
forme. Et *illec se fera actuellement tout ce
qui était en puissance en l'oeuvre de nature,
et de
@

22

et de meilleurs moyens pour raison des
extrêmes: car F, est venue de C, D, E,
descendus de H, en B, de quoi y est G, qui
est dit et clamé levain et ferment &
notre élixir parfait.


Le 5e. chapitre. De la division
des 3 genres.

Notre science et art est comprise de 3,
genres, c'est à savoir bestial, végétal et
minéral. Et chacun d'iceux genre multiplie
selon son espèce. Et sont divisés chacun en
3 Spermes *différentiaux, c'est à savoir
actif, passif et neutre. Le genre bestial
a sperme masculin et féminin et son
menstrual. Le genre végétal est divisé
en 3 spermes différentiaux, c'est à savoir
sperme actif, si comme semence de grains
et racines, et est de complexion hermaphrodite,
contenant en lui actif et passif, c'est à savoir
sperme masculin et féminin, et leur
menstrual est en l'humeur de la terre
et en l'air pluvieux. Le genre minéral
est
@

23

aussi de complexion hermaphrodite et divisé c'est
à savoir en sperme masculin, si comme or
ou argent, et en féminin si comme plomb,
étain, cuivre, fer, soufre et argent-vif, et
en sperme menstruum, si comme sels,
aluns, vitriols, atraments, marcassites,
tutie, antimonium, magnésie, arsenic, et
tous autres moyens qui descendent et naissent
d'amont d'autre genre touchant perfection ou
imperfection. Jaçoit ce que le genre minéral
est divisé et séparé des deux autres lignages,
c'est à savoir végétal et animal, et encore est
séparé des naturels, innaturels, et contre
nature, qui sont d'un lignage: Car le vif-
argent contient en lui son même soufre
par lequel lui-même se congèle en or et
en argent, en largement parlant. Et quand
nous disons largement, nous le disons à la
différence de ce qui parfait notre élixir parfait.
Jaçoit ce que tout genre peut être mué en
autre genre par digestion complète, et avons
vu et voyons que les végétaux et animaux
ont pris et prennent chacun jour forme et
figure
@

24

figure l'un de l'autre. Si comme le pain
et le vin, desquels quand l'homme les
mange et boit, nous connaissons que la
mercurielle substance se convertit en pur
sang par digestion de la chaleur naturelle
étant en l'homme, et voyons que ce qui
n'est de la séquelle harmonique de l'homme,
est rejeté par les conduits, si comme
urines et sueurs. Ainsi semblablement
peut être transmué le genre animal ou
végétal en minéral, par la digestion de
chaleur minérale naturelle. Car nous avons
vu que de feu d'herbes avons créé moyen
lequel fut conservatif d'espèce minérale
et transmué en couleur et forme de métal,
comme tout ne soit mis qu'une seule
quinte essence, laquelle se divise en quatre
dont sont compris les 3 genres dessus dits.

Le 6e. chapitre. De quelle
matière est formée notre pierre.
Tous Fils de doctrine et d'entendement, peuvent
voir et connaître
@

25

voir et connaître par claire expérience les
matières plus convenables à sa forme, si
comme en fusibilité, ignition *promanente et
vraie résistance contre ignition, si comme le
démontre la matière de l'or. Semblablement,
il est une autre vertu en choses crues, non
terminées solennellement, fors en médiocrité,
et en est une autre semblable à la moyenne
qui peut être trouvée en tout corps
élémenté. Comme il ne soit rien sous le
globe de la lune, qui ne soit d'une même
matière qui est appelée quintessence, et est une
vertu qui est lien des 4 éléments et n'est ni
mâle ni femelle, et si tient l'un et l'autre, pour
ce c'est la vie des 4 éléments et tout ainsi comme
depuis que le monde fut créé de Dieu le père.
Les éléments qui purs étaient au commencement
de la création, se sont depuis contaminés
et corrompus par génération et corruption, et
sont morts, les hommes et les bêtes et plusieurs
B
@

26

arbres et herbes par laquelle corruption les
éléments ont été et sont infects; par quoi
les hommes de maintenant sont de petite
durée pour l'impureté d'iceux. Mais en la fin
du monde le souverain philosophe notre
Sauveur Jésus-Christ viendra, qui par le feu
du ciel *ardera tout ce qui sera trouvé d'impureté
ès dits éléments; Et ce qui sera de pur demeurera
chacun selon son espèce. Et ce qui sera trouvé de
mal et d'impur *afoudra et cherra sur les damnés.
Et par cet exemple, peut entendre tout fils
de doctrine qu'il lui faut faire ressembler notre
magistère qui est petit monde, et qu'il est de
nécessité que les éléments soient purgés par
purgation physique avant qu'on présume de les
fixer: Par quoi nous révélons et chargeons à
tous ceux qui nos enfants voudront être, qu'en
@

27

leur secret veuillent tenir, qu'à la dernière
dépuration est trouvée la première matière de
toutes choses, en forme de mercure./
Et icelle forme est dite forme simple non-
accomplie, désirant accomplissement d'être sous
aucune forme comme matière appète d'avoir forme,
aussi matière n'est pas sans aucune forme
tant occultement que manifestement. Car si forme
lui faillait, nature n'aurait aucun mouvement.
Et pour ce qu'icelle forme simple est réceptive
de toutes couleurs et de toutes formes, elle est
comparée à la planète de Mercure laquelle se
soumet aux complexions des planètes sous
lesquelles elle a son règne.
Et pour ce, dit le philosophe, Est in mercurio
quid-quid quaerunt sapientes; Nam sub umbra
sua latet substantia quinta. [Et] pour ce quand
@

28

l'on veut qu'elle ait noble forme, on lui
doit ajouter noble forme: Car selon la
forme qu'on lui administrera, telle la recevra,
et en icelle se teindra: car or le teint en
couleur dorée, et l'argent en couleur d'argent
pénétrant et transformant tout autre métal.
Et pour ce, icelle forme simple jamais par
elle ne peut venir au degré dessus dit, tant
que sa matière pontique et terrestre ait
premièrement converti le métal en sa
dessus dite nature terrestre et pontique, car
tant qu'elle ait corrompu et vaincu
la semence métallique, jamais ne peut
être vaincue ni digérée en nature
minérale: Et pour ce en vainquant, elle se
tue. Et pour ce dit le philosophe que notre
pierre se tue de son propre coup, et après
@

29

se revivifie en si grande clarté, que nul ne
le croirait s'il ne l'avait vu: Et par cette
vivification sont ressuscités tous métaux
imparfaits qui sont dits être morts: Et
pour ce dit le philosophe que notre or et
notre argent sont vifs, et ceux des minières
sont morts. Car ils sont animés d'animation
qui est dite feu et vertu minérale prise en
l'art de physique: pour ce quand l'odeur de cette pierre
touche aucun métal, jamais ne cessera d'avoir
action en icelui métal, tant qu'elle l'ait tout
converti. Et te soit le levain exemple, car tu vois
quand aucun peu de levain touche à grande quantité
de pâte par le côté où elle sera touchée, par
icelui côté commencera à lever, tant que tout
sera converti en levain, et si *n'appétissera ja le
premier levain ni sa vertu, mais amendera
@

30

de vieillir. Et pour ce, dit le philosophe
qu'icelui qui une fois parvient à
notre pierre, jamais n'a besoin de recommencer,
sinon de la paître de son même
lait lequel par figure est appelé lait de
vierge. Et si dit Mercure encore plus fort
que qui l'abreuvera de verre, et le paîtra
de Vénus, jamais ne mourra: et si se
nomme Salamandre laquelle est née de
feu, et de feu se paît, et est son nourrissement
d'être au feu: Car quand elle perd
page 23 l'habitation du feu, tantôt elle est morte;
au livre Et jaçoit ce que le feu appelé commun
original en langage rustique est nécessaire à l'oeuvre,
toutefois les fous ne savent entendre
autre feu, autre soufre, ni autre vif-argent
que les vulgaux: donc ils demeurent déçus
comme aveuglés d'entendement et disent
@

31

que nous leur avons donné à entendre l'un
pour l'autre. Et nous leur répondons que c'est
feu lequel le soleil a engendré en la matière
minérale, et l'appelons fils du père, pour ce que
le soleil l'a engendré, et est vicaire du soleil sur
terre: Icelui feu et notre pierre a 3 pères, c'est
à savoir l'or que le Soleil a engendré, et le
philosophe par qui l'oeuvre est régie, et le feu
commun par qui l'oeuvre est exercée. Et pour
ce doit être chèrement nourri./
Et pour ce, regardent les ignorants s'ils
pourront bâtir après nous, car nous ne
parlons sinon aux philosophes; et cuident que
nous n'ayons fait nos livres que pour eux,
et nous les avons faits pour en jeter hors
tous ceux qui ne sont de notre secte, comme
dessus est dit. Et jaçoit ce qu'iceux fussent présents
@

32

au commencement et en faisant l'oeuvre,
ja pour ce ne serait-il plus du commencement
que de la fin, [ni] pour la voir achever devant
leurs yeux: Car cette chose oeuvre en elle
diversement par contraire mouvement, et
contrariété de matières en infinie qualité.
Et jamais ne peut être entendue pour regarder
ni aviser tant la vît-on faire devant soi,
ni pour essai qu'homme y peut faire; et ne
finira-t-il jamais de distiller, si premièrement
n'a passé par l'universelle philosophie
là désirée, et que par icelle philosophie en
son entendement l'ait comprise. Et quant
au fait de la pratique elle est moult
légère; et au regard de la matière, c'est terre
noire, lépreuse qui ne vaut pas autant
de fients. Et quand elle a roué le cercle de
nature, c'est trésor incomparable:
@

33

Donc le nom de Dieu soit béni, qui de tant vile
chose, prête entendement à nous, indignes d'en
faire si noble chose, que celui-là qui la connaît,
s'il avait mille hommes à repaître chacun jour
et il voulût maintenir ledit labeur, le fruit ne
lui en *faudrait pas: Pour ce que [si] l'artiste ou
l'ouvrier avait lieu propre, et qu'il fût expert,
il n'est nuls revenus mondains à comparer
à icelle. Et pour ce, est appelé don de Dieu./
Donc vous qui quèrez les voies obliques, et
quèrez cette science, je vous conseille que la
délaissiez; car onques ne fut mémoire qu'-
avaricieux la possédât, mais y ont les plusieurs,
par leur convoitise, exposé leurs biens, et en sont
venus à [pauvreté/ poureté] et de tels, en la fin à désespérance.
Et pour ce vous qui voulez nous ensuivre, veuillez
être de propos rassis, et ne mettez pas votre
@

34

entendement sur plusieurs choses, mais ce
que commencerez, menez [-le] à fin, soit bon ou
mal, avant qu'autre chose entreprendre. Et ne
doutez point recommencer plusieurs fois
sur une matière, afin qu'une fois par
quelque cas d'aventure ou de fortune
comme de trop fort feu, ou de brisement
de vaisseaux, tu ne te décourages: Car ce
m'est advenu par cas d'aventure, et mêmement
en l'oeuvre de la maîtrise, au temps
que je la trouvai; par quoi j'en fus presque
hors, et n'eût été un regret que j'avais, et
que je doutais avoir failli par hâtiveté
de trop grande chaleur, je n'eusse point
recommencé et en eusse été débouté à
jamais comme de chose *anonchalie, et
eusse trouvé autre façon d'ouvrer en laquelle
@

35

il n'y avait point d'utilité. Et pour ce ne
vous veuillez hâter par trop grande excitation
de feu; car c'est la première erreur de cet art, et me
crois si tu ne veux être fol, mais aie regard
souvent sur ta matière, afin que ne transgresse
les signes qui t'apparaîtront aux digestions de
ton ouvrage, lesquelles je te dénoterai en ma
pratique, et ce icelle veux entendre légèrement
pourras parvenir moyennant cette théorique
entendue./


Le 7e. chapitre. De solution.

Solution vaut autant à dire comme *déligation
des éléments, et putréfaction d'iceux, et se divise
en 3 digestions: La première est corporelle; la deuxième
est spirituelle, et la tierce est corporelle et spirituelle,
auxquelles se déporte notre pierre qu'aucuns
philosophes ont clamée dragon dévorant; pour ce
qu'il envenime tout sa queue. Et icelui dragon
@

36

Désert qui est notre pierre, doit être extrait du
d'Arabie grand désert d'Arabie, c'est à savoir de la
c'est corruption où il est, et doit être ramené
corruption au Royaume d'Ethiopie, dont il est
Royaume naturellement natif; c'est à savoir de
d'Ethiopie corruption ramener à régénération; en
c'est laquelle corruption se transmue le métal
régénération de ses premières lumières en ténèbres
obscures. Et n'entend mie que la solution
se fasse en eau de nue, ni en métal constitué
en diverses pièces; mais en eau terrienne
minérale, et au plus bas et profond de
la matière se forgent commencements de
grosses parties en simples de pure
nature, en *germinité désirant reformation
et séparation des plus [pures] parties germineuses,
et par mouvement continué, tout ce qui
est de la pure nature se sépare de sa
terre
@

37

terre *fangonneuse. Ainsi se définit solution,
selon notre intention. Et en la pratique
ferons dénotation des couleurs et des accidents
tant en la solution qu'en la vivification,
pour ce que plusieurs couleurs y opèrent,
Na. dont la première est verte, et [en] icelle verdeur
s'échauffe nature tant que la matière vient
noire comme charbon: Et quand la noirceur
est venue, on peut connaître que c'est le feu
# qui agit, de nature # qui l'a tenu hébété et forclos de
et que c'est son mouvement. Et depuis que la noirceur
le froid y apparaît, jaçoit qu'icelle ne soit pas
soudainement venue, lors commence nature
à digérer la matière; et la noirceur passée,
la digestion de la première solution est accomplie.
Lors commence à venir la blancheur,
qui est la seconde digestion, et dure jusqu'à
la rougeur: Et en icelle blancheur, nature
sépare le subtil de l'épais. Et lors
commence la matière à devenir citrine, et
par continuation, elle rougit. Et lors
sont accomplies les 3 digestions: Car
on ne
@

38

on ne peut passer du noir au rouge sans
qu'il soit premièrement blanchi; car blancheur
n'est que noirceur lavée, et jauneur est
digestion accomplie. Et par ceci appert que
qui bien sait convertir l'or en argent
médicinal, de léger peut convertir l'argent
en or: Car on ne peut faire du meilleur
pire, sinon par corruption de sa substance,
et ne peut-on faire du rouge blanc, si
premièrement n'est noirci, ni de nul
noir rouge, si premièrement n'est blanchi.
Car quand l'homme se lève au matin, il peut
connaître à son urine s'il a bien reposé;
que si son urine est jaune, c'est signe de
digestion parfaite. Et si elle est blanche,
c'est faute de digestion et de repos. Et si le
corps faisant la digestion est malade, il
ne peut bien digérer sa viande. Ainsi est-
il de la substance mercurielle de notre
pierre laquelle ne se peut digérer sans
l'aide de la chaleur naturelle extraite
d'argent fin avec le feu de fin or: Car de
ces deux
@

39

ces deux corps avec leur soufre [et arsenic] appropriés,
est faite notre pierre, ni n'est sur terre
soufre blanc ni rouge parfaits, sinon
celui des 2 corps dessus dits. Et en iceux
corps, on doit mêler le mercure, mais non
pas tel comme est le commun, mais est
trouvé en terre déserte et *dépopulée et est le
vinaigre des montagnes. Et pour ce, dit le
philosophe, prenez l'herbe claire et honorée
laquelle croît sur les montagnes. Et ceci est
dit par figure de leur sublimation, et leurs
montagnes ne sont que soleil et lune, c'est
à savoir mâle et femelle./


Le 8e. chapitre. De sublimation et congélation./

Tout ainsi comme solution est mortelle, sublimation
et congélation sont vivificatives, et n'entendez
pas que ce soit mort destructrice, mais
est corruption aidant à génération: car ladite
génération ne se peut faire sans ladite
@

40

corruption. Et cette génération par figure, est
nommée sublimation et congélation: Et
n'entends pas que notre sublimer soit de
monter en haut, comme les ignorants croient
la sublimation être faite par véhémence
de feu commun, d'aucun des 4 matériaux
sous lesquels l'art est figuré, c'est à savoir
vif-argent semblant au genre commun et de
soufre et de sel armoniac et d'orpin lesquels
fuient au *coupeau du vaisseau, quand ils
sentent l'âpreté du feu, et puis disent que
leur matière est bien sublimée. Et notre
sublimation n'est autre chose que de faire
d'une basse chose et vile une haute et noble.
Les uns disent que la sublimation se
fait en feu sec, par l'aide d'aucune chose
fugitive, dont ils demeurent déçus. Les autres
disent qu'elle se fait en feu humide, et sont
déçus comme les autres. Les autres disent
qu'elle se fait en feu
@

41

qu'elle se fait en feu contre nature qui
corrompt les corps, auxquels nous répondons
que force est que celui qui ignore la
corruption, qu'il ignore la génération. Car
notre sublimation n'est autre chose que
séparation du subtil et du pur d'avec
l'impur et d'avec l'épais: Car le temps
de la corruption accompli, commence à
venir la vie à notre [cher] enfant qui est
nommé notre pierre. Et sitôt que la
vie est au corps, jamais nature ne cesse
de végéter et de croître en désirant naissance,
et séparation du ventre de sa mère;
c'est à savoir de sa terre. Et te soit le
grain de blé exemple, lequel quand il est
enterré et jeté, l'humeur terrestre qui
est dit menstruum, jamais ne cessera
de pénétrer icelui grain tant que le
grain se corrompra en manière de lait
épais. Et en cette corruption par la
vertu de l'esprit *sémentique qui gît
C au grain
@

42

au grain, et par le mouvement du ciel
et des planètes, chaleur est engendrée
dans ledit grain par le présent *coïtement
du mâle et de la femelle que ledit grain
contient hermaphroditement. Et en
icelle chaleur, nature la haute influe
âme végétable, et quand le temps est
accompli que l'âme y est posée par
la vertu céleste, jamais nature ne
cessera de forger et marteler jusqu'à
tant que le mouvement de végétabilité
apparaisse, c'est à savoir quand le
pignon sort du grain. Et jamais
nature ne cessera d'ouvrer et de faire
croître le brin de blé jusques à tant
qu'il ait air et matière humide en son dit
compost. Et en croissant icelui grain de blé
par la volonté de nature mange et tire
par sa gueule, c'est à savoir
par ses racines l'humeur
@

43

et la graisse qui est autour de lui, et s'en vit
ledit brin de blé jusques à tant que verdure
durera en lui: et quand le brin a tant vécu
que le cercle de nature est accompli c'est
à savoir depuis la corruption et nativité
jusques en la fin de sa vie; lors commence
icelui brin à mourir et sécher: Ainsi est accompli
le mouvement de nature qui est pareillement
nommé notre pierre. Et par ceci peut-
on entendre l'abrégement de notre pierre et la
longue [durée/ dureté] de notre vie, et comme en un
mouvement notre pierre est engendrée, et en un
autre corrompue. Ainsi est-il de notre pierre
comme du grain de blé, car notre pierre
rayé *** étant en
sa nature sèche, ne peut fructifier ni faire
aucun profit pour sa compatibilité, si
@

44

comme le grain étant sec par lui. Ainsi
est-il de notre pierre! Et pour cette cause lui
ajoutons matière humide qui la corrompt,
afin qu'elle ait mouvement de fructifier: Car
après le coïtement et corruption, vient la génération
que nous clamons sublimation. Et en
icelle sublimation nature ne cessera jamais
d'extraire ce qui a été le premier corrompu,
en l'élevant d'avec la matière corrompue tant
que le premier élevé par sa force et vertu
ne cessera jamais tant qu'il ait mangé et
rongé le surplus de sa matière jusques à
tant qu'il vient en âge. Et quand il a tout
rongé comme le poussin étant en la coque
de l'oeuf où il est né, désire moult être
hors et manger autre viande jusques en la
fin de son âge. Ainsi est-il de notre pierre
minérale: Car quand elle a rongé toutes ses
@

45

côtés, elle désire manger la matière des
métaux imparfaits jusques en la fin de sa
vie.
Et quand le mouvement de sa vie est
accompli par nouvelle corruption et génération,
est de nouveau introduit nouveau mouvement;
par quoi on n'en pourrait trouver la fin qui
toujours voudrait labourer. Et pour le premier
labeur si tu recueilles cent, du second tu
cueilleras mille, et du tiers dix mille, et par
conséquent du quart cent mille./
Et par l'entendement du grain de froment,
peut-on entendre des métaux et minéraux.
Et par ce peut-on connaître que les vertus
célestes sont aidées par les rustiques par
calcinations cémentations, attractions & *impurgations
de la terre, et n'ont point de connaissance
de la vertu céleste qui laboure et fait croître
@

46

et non mie eux./


Le 9 chapitre. Quelle est la matière de
notre pierre et en quel lieu se trouve, [et] du
passement d'un élément à l'autre, et des
diverses couleurs, et la multiplication du
soufre et de sa teinture qui n'est que
d'augmentation de chaleur naturelle.

Je fais savoir à tous fils de doctrine
et amoureux de vérité, qu'il n'est qu'une seule
pierre, ne qu'une seule médecine, à laquelle
nulle chose étrange ne doit être ajoutée,
mais en faut ôter les superfluités terriennes
et flegmatiques lesquelles sont séparables
du vif-argent. Lequel est mieux aux hommes
commun que n'est le commun, et a plus grand
marché, et a plus forte [vérité/ vertu]. Duquel et de ses
premières formes, [tout ce qui n'est] de la séquelle harmonique
des métaux, il est métier de séparer et
ôter
@

47

et ôter par les degrés de séparation sus et
connus. Et pour ce que tout soufre vendable
est corruptible et étrange à notre vif-argent;
Par voie contraire la chose n'est pas étrange
en laquelle par notre magistère elle se doit
ou doit être convertie; c'est à savoir en or
et en argent: Car par l'aide [d'iceux] deux corps,
se convertit notre vif-argent en pur soufre,
et puis après en vraie médecine pour
guérir tous les [corps] malades. Car iceux
corps sont descendus de la concavité
de la pure substance du soufre à
plein dépuré par l'engin de nature la sage,
laquelle nous ne pouvons ensuivre en
toutes choses, mais en tout ce qui nous est
possible nous l'ensuivons. Et chacun des
investigateurs et enquérant de cette science
doit fondre son intention sur cette même
carrière, en prenant garde comme la dessus dite
nature
@

48

nature oeuvre, et comme elle passe par
ses moyens en retournant aux principes
de nature, lesquels ci-dessus avons
déclarés en prenant garde de quelle matière
elle oeuvre; afin qu'on lui puisse ressembler,
et on aura bon acheminement, jaçoit ce que
nous ne puissions ressembler
à nature et en prenant icelle matière
crue de quoi elle ouvrait en son primordial
principe; mais par l'aide de ce qu'elle aura
ja créé en corrompant iceux corps par
l'aide de nature qui départ et prête de quoi.
Et sachez que nature ne passe pas d'un
extrême à l'autre, c'est à savoir du commencement
à la fin, sans passer par son
moyen. Et pour ce que nature passe par
plusieurs moyens, avant que son ouvrage
@

49

soit fini et que la roue soit accomplie, nous
dirons comment, et comme les 4 éléments
symbolisent les uns avec les autres, en
recourant à l'exemple du grain de froment
lequel ne ressemble pas peu à notre magistère.
Et pour ce tout fils de doctrine peut connaître
la contrariété de l'un élément à l'autre
par le feu et par l'eau, par l'air, et par la
terre qui sont contraires, et se peuvent retourner
l'un en l'autre par le moyen l'un de
l'autre. Car en iceux 4 éléments est le quint
élément nommé quintessence, lequel va
confusément et résulte sur tous les 4, et est
nommé l'âme des dessus dits 4 éléments,
en laquelle habite la haute nature *mouvable
qui est cause de tout autre mouvement.
rayé ***
@

50

rayé *** veut de la
terre faire feu, il la convient moult *subtilier,
c'est à savoir la convertir en [nature] d'eau: Pour ce
que l'eau est en une qualité froide, et en
l'autre qualité moite. Et pour ce que la
terre a 2 qualités c'est à savoir froide et
sèche: Pour la qualité froide, elle est amie de
la qualité froide qui est en l'eau.
Et peut ce, se convertit de léger en nature
d'eau. Semblablement l'eau se peut convertir
en air par sa moite qualité: Car l'air
a 2 qualités, l'une chaude et l'autre moite:
Et pour icelle qualité moite est l'eau
de léger convertie en air. Semblablement
l'air se peut convertir en feu, par raréfaction
de la substance: Car le Feu a 2 qualités,
c'est à savoir chaude et sèche; et pour la qualité
@

51

chaude de l'air, est fait passement de l'un
à l'autre et converti en nature de feu. Semblablement
par contraire mouvement qui veut faire
du feu terre, il convient le feu moult condenser
et épaissir: Car la qualité sèche qui
est au feu, et la qualité sèche qui est en la
terre, symbolisent par quoi passement peut
être fait de l'un à l'autre, moyennant les
autres éléments lesquels furent tous d'un.
Et si les qualités n'avaient affinité les
unes avec les autres, jamais les contraires
éléments ne concorderaient ensemble,
comme l'on peut voir de l'eau et du feu.
Et pour ce, peut-on voir quand
nature a commencé à figurer aucune
forme, si comme de plante, ou de bête, qui
incontinent qu'elle a commencé, il faut
@

52

que la naissance soit devant le
nourrissement, [et le nourrissement] devant la vertu et la force:
Et le temps de sa vertu et force devant
sa fin. Et pour ce que le premier mouvement
de nature, quand elle veut figurer
aucune chose, est corruption de la forme
présente, et est appelée la matière l'élément
terrestre dit Saturne, et jaçoit ce qu'icelui
élément contienne les 3 autres
éléments confusément, toutefois est dit
icelle matière élément terrestre, pour ce
que la terre domine par-dessus les
trois autres dessus dits. Et la corruption
passée, vient la régénération. Et en ce
mouvement, la matière du compost est
nommée et prend le nom de l'élément de
l'eau, pour ce que l'eau domine sur les 3
@

53

autres éléments après. Et en la naissance
et depuis ce temps-là est dite la matière
*aireuse, et prend le nom de l'air jusques
à tant que les dents lui soient faites, et
qu'il soit en l'âge d'engendrer. Et depuis
icelui âge, au surplus il entre et est en son
feu, et est appelé l'élément du feu, jaçoit ce
qu'il contienne tous les trois autres
éléments jusques à tant qu'il passe l'âge
d'engendrer, et qu'il change la qualité
nommée chaleur en passant par la qualité
de sécheresse pour venir à la qualité de
froideur qui est de la nature de la terre, et
ès deux dites qualités de froideur et
sécheur, nature continuera son mouvement
jusques à la fin de son compost qui est
clamé mort. Ainsi oeuvre nature en
@

54

sa circulation sur toutes les choses
de ce monde en général ainsi comme
nous avons devisé par la circulation
des 4 éléments dessus dits: Et qui bien entendra
la conjonction d'iceux éléments et
mutation, il entendra toute notre maîtrise.
Car notre dite maîtrise gît en
la séparation, conjonction, et mondification
d'iceux. Car il est certain et chose
nécessaire que la matière de notre pierre
Na. soit séparée des deux humidités, dont
2 humi- la première est *phlegmatique, et
dités. l'autre oléagineuse, et de toute autre
humidité *vaporable, en prenant la
moyenne substance qui fait fusion
et simple ignition recevant clarté
et lumière du feu de nature par l'aide
des teintures du soleil et de la lune.
@

55

Et la terre demeurant au fond est si comme
scorie et terre damnée qui jamais ne peut
[de rien servir, mais icelle claire matière peut]
recevoir la teinture de notre feu, car ladite
matière est réceptacle de toutes couleurs. Et
pour ce quand le feu de nature minéral
est une fois dedans *infixé et mêlé, jamais ne
peut être éteint qu'il ne voit ardant la
matière en la convertissant en cendres minérales,
c'est à savoir en pur soufre. Et tant qu'-
icelui feu trouvera matière aireuse, jamais
ne finira d'ardoir en multipliant les dites cendres
qui ne sont mais que soufre composé, et ce
soufre n'est qu'argent-vif digéré par la
multiplication dessus dite, et en *infigeant teint
la matière en la colorant de plusieurs
couleurs dont la première est verte, tirant
à jauneur, et dure jusques à la noirceur, et dure
longuement avant que la noirceur y apparaisse:
@

56

Et quand elle y apparaît, le dit feu de
nature commence à vaincre l'humidité
menstruale qui l'avait corrompue et en
# tantôt se cette noirceur doit être continué par *cautelle
rougira, et de feu bien gouverné. Car si le feu excède la
n'aura-t-on matière # sans aucun mouvement. Et ne
pas ce cuide pas que l'âme qui est esprit
qu'on désire, quint, soit la matière fixe, mais est la
pour ce que vertu céleste qui par mouvement *continuable,
l'âme s'en- résulte sur la plus pure part de tout le
fuira, et composé [en la sphère] du feu: Et quand par trop
l'esprit ne grand feu la matière est excitée, et qu'il
pourra excède la matière, ladite matière demeure
vivifier sans [poudre/ pôle] et sans aucun mouvement en
son corps, manière de terre en blanc colorée, en laquelle
et demeurera n'a nulle expérience: Et pour ce soyez [discrets/ secrets],
la matière et ne vous veuillez hâter; mais doucement
veuillez nourrir, et infiger la vertu à notre
cher enfant,
@

57

cher enfant, jusqu'à tant qu'il puisse souffrir
tout feu. Et quand par longue et suave
continuation, ladite noirceur est passée, lors
peut-on bien dire que le degré de solution
et corruption est accompli, et est la matière
tirant à blanc azur: Et par continuation
commence à venir la blancheur qui est le
commencement de la vie: car en icelle
blancheur, l'âme est infusée dedans ladite
matière par la volonté de nature: pour ce
que ladite matière est sujet de transmutation,
et de recevoir ladite âme par sa grande pureté
et resplendeur. Et ladite blancheur en la matière
dure longuement, et peut souffrir tout feu.
Lors nature pense de séparer le subtil de l'épais,
et l'ord d'avec le net et pur, en élevant ladite
matière hors de dessus ses fèces, jusqu'à tant
Na. que tout soit séparé et élevé, et en ceci est
notre sublimation. La blancheur passée,
commence à venir la jauneur, et puis la rougeur
D qui est
@

58

qui est la fin de la digestion et du magistère.
Et te soit le plomb un exemple, lequel en sa
calcination vient en poudre noire, et puis blanche,
et puis jaune, et puis rouge. Et par telle
manière, on a le soufre blanc et rouge de la
matière des métaux. Mais c'est par diverses
digestions comme en notre pratique il sera
plus à plein déclaré, en laquelle est la manière
et la forme d'ouvrer. Jaçoit ce que sans la
théorique entendue, pratique ne peut être
sue ni connue: Car ladite théorique corrige
et amende les fautes: Car théorique connue,
ne se doit point éloigner de pratique sue,
pour ce qu'elle est en second degré et germaine
de ladite théorique.


Le 10e. chapitre. Comme en tout lieu,
on peut trouver notre Pierre, et comme elle
est entre les pierres, entre les sels, et
entre les verres.

Nous trouvons par notre art et expérience qui
mentir ne peut
@

59

mentir ne peut, qu'il n'est rien créé en ce monde
qui au commencement de sa création ne soit de
soufre et de vif-argent, témoins [tous] les ph~es
naturels, en retournant et prenant garde à la
création du monde, qui tout fut d'une masse
appelée chaos, laquelle par la volonté divine
fut divisée en 3 parties, desquelles 3 parties
de la plus pure, notre Seigneur créa les anges
et les archanges. Et de la seconde moins pure,
créa les cieux, les étoiles et les planètes:
Et de la tierce partie moins pure, créa la
quinte essence en une masse appelée la masse
confuse, de laquelle masse fut faite la merveilleuse
division par la volonté de notre Seigneur,
et fut divisée par les 4 Eléments, et demeura
chacun élément élémenté de la quinte essence
dessus dite, et situés et assis chacun en son propre
lieu. De la seconde partie de la plus pure part
des 4, éléments, notre Seigneur créa le feu. Et de la
tierce partie plus pure après ledit feu, fut créé
l'air; et de la quarte partie plus pure après l'air,
@

60

fut créée l'eau. Et de la cinquième partie moins
pure de toutes les autres fut créée la terre. Et de
tant que la matière est plus basse, d'autant est-elle
de moindre perfection./
Jaçoit ce que les éléments sont parfaits, et se
parfont l'un par l'autre par le quint instrument
qui est le lien d'iceux et qui les met en accordance.
Et pour ce, veuillez noter icelle quinte nature,
laquelle les philosophes ont clamée et comparée
aux bois et aux forêts. Et icelle chose va
confusément par tous les 4 éléments ainsi
comme silence sans rien ouïr. Et cette quinte
nature est la vie et le mouvement de toute
chose croissante retenant en soi les vertus
célestes nommées Lion vert, Cahos, Hyle,
et principalement par sus les 4 éléments:
Et cette substance est substance de vif-argent
non comme celui que l'on vend aux
boutiques, mais icelui est de lui, et non mie
en toute sa nature terrestre, mais celui
de quoi nous avons parlé. Quand nature
a infigé
@

61

a infigé aucune forme en lui, il prend et usurpe
le nom de soufre, car tout vif [argent] congelé est
dit soufre. Tu vois quand l'orfèvre veut
figurer aucune forme, soit clou ou autre chose,
il faut qu'il ait premièrement le fer, et après
qu'il travaille dessus jusqu'à tant qu'il soit venu
à son dessein. Ainsi fait nature quand
elle veut figurer et former aucun compost,
elle prend et reçoit cette matière, pour ce que
c'est le principal élément et fondement, et
le plus matériel des autres, jaçoit ce qu'il
soit préparé et approprié en forme simple
si comme cristal. Et pour ce qu'il est
figuré de diverses plantes et de divers
bestiaux et minéraux, on le doit dépouiller
de toutes icelles figures, lesquelles nature
avait mises en lui, en telle manière qui
n'apparaît sinon en forme simple, qui est
appropriée en pur élément. Et icelle forme
simple se peut trouver en tout corps élémenté,
et plus aux uns qu'aux autres. Et plus
humidement, si comme entre les végétaux
la vigne
@

62

la vigne, le fenouil, la mercurielle, et la
chélidoine. Et entre les bestiaux la mouche à miel
qui fait la cire, le basilic et toute autre forme #
# selon sa Et entre les minéraux sont le soleil et la lune,
proportion. c'est à savoir or et argent desquels on doit faire
la fermentation: Car iceux deux corps sont
purs digérés et fixes. Car l'or teint en couleur
dorée et de grande resplendeur, et l'argent teint
en couleur argentée, blanche, et resplendissante
transformant tous autres corps métalliques:
Et quand ledit vif-argent est fixe, il retient
tout autre vif-argent, et mêmement il retient
icelui vulgal de quoi avons parlé après sa
parfaite *fixion encontre ignition, car ils participent
ensemble en *voisineté pour la première
chose quinte, jaçoit ce qu'il soit en la seconde
composition du genre très général. Car ils
sont cinq compositions, dont la première est
dite et
@

63

dite et nommée genre très général: La seconde
est dite genre minéral, c'est à savoir des métaux
et des pierres. La tierce composition est du genre
végétal, et la 4 est du genre bestial brute. Et
la quinte composition sont les hommes et
les femmes. Et quand aucunes des dites 5
compositions va à corruption, tantôt appète
et désire d'être sous la prochaine composition,
comme par exemple si la cinquième composition
va à corruption, c'est à savoir à la mort,
tantôt désire d'être à la quarte composition,
et ainsi des autres de l'un en l'autre:
Car les végétaux et minéraux sont plus
prochains de la première composition du
genre très général, que ne sont les animaux
par la différence dessus dite, car les animaux
de plus subtile matière que nulle des
autres
@

64

autres compositions comme il appert par le
mouvement qu'ils ont et pour ce que la
composition minérale est plus matérielle
et pesante que n'est la composition animale.
Pour ce prenons-nous la composition
végétale qui est moyenne et plus prochaine
aux minéraux que ne sont lesdits 3
animaux de quelques espèces qu'ils soient:
Et ne cuide pas que notre pierre
soit comme les autres pierres, ni que ce
soit verre, ni sel, qui se termine en roche,
ni substance d'autre pierre, mais entre
iceux, nous la créons pour ce qu'ils
sont vaisseaux de nature que ledit genre
a élu. Et pour ceci nous appert notre
pierre laquelle nous extrayons des pierres
et des herbes en forme d'eau claire et
après la
@

65

après la congelons par la vapeur de son
même soufre, car nous l'extrayons des principes
naturels des choses dessus dites et la
faisons naître. Et quand elle est née du ventre
de sa mère, on la doit nourrir patiemment
sans y ajouter chose crue ni cuite, car elle
porte en soi icelle sulfureuse nature qui
congèle tout vif-argent. Et pour ce [que] nous avons
parlé des herbes et des pierres, nous disons
que notre Seigneur a mis en iceux maint
beau secret, que si simples gens le voyaient,
ils le tiendraient à miracle.


Le 11e chapitre. De la conjonction du mâle
et de la femelle. [Ce chapitre est tiré du 42 chap. ]
[de la théorie du Testament de]
[Raymond Lulle qui commence]
[Modo tibi revelatus est &c.]

Il est assez élucidé d'où peut procéder notre mercure
lequel fait la conjonction du mâle et de la
femelle. Et est pris notre dit Mercure en la
@

66

première conjonction en lieu de la femelle,
lequel la porte en son même ventre: Et
pour ce notre soleil mâle a besoin et métier
de femelle à lui convenable et plus proche en
nature que n'était la première femelle [simple].
ligne rayée ***)
rayé ***) Et ce
sera la lune qui *s'emprégnera du feu de
notre soleil mâle, tant qu'elle deviendra
noire comme charbon. Et lors peut-on bien
dire que la lune souffre éclipse sur toute
la terre qu'elle porte en son même ventre
tant qu'elle viendra à l'enfanter. Et quand
elle aura enfanté, l'on doit avoir patience
et le nourrir entre les bras et mamelles
de sa mère. Car il ronge toute la substance
comme il soit garni de telle clarté et
pureté qu'il boit toute l'humeur de son
père le soleil et de sa mère la : Car toute
leur
@

67

substance encourt en son nourrissement. Et
pour ce, est-il appelé dragon dévorant et
*occisant son père et sa mère. Et après les
ressuscite avec lui sans jamais mourir, et
tous les autres corps métalliques. Et
sache qu'en l'absence du mâle qui est parfait
agent à la femelle, elle serait prise pour le
mâle, jaçoit ce qu'elle n'a pas si grand
pouvoir de créer son semblable comme a le
pict parfait agent: Car elle est de plus
terrestre matière. Et pour ce, nous la confortons
en la chaleur de son mâle qui est
de plus chaude nature, et pour ce à notre
soleil mâle est besoin que nous lui élisions
femelle à lui convenante et prochaine en
nature plus que n'est la première nouvellement
descendue du genre très général
laquelle
@

68

laquelle n'est pas si chaude en nature comme
est la première venue de la forme des formes
imprégnée de chaleur naturelle moyenne
de deux extrêmes et plus approchant de
qualité au soleil qui est parfait agent./


Le 12e chapitre. Du menstrual puant
auquel est le feu contre nature.

Le menstrual puant auquel est le feu
contre nature, qui transmue notre pierre
en un dragon orgueilleux, est eau minérale
non terminée en espèce de métal. Et est
humeur terrestre et pontique laquelle
humeur est corruptible de tous les métaux.
Et est eau sulfureuse, laquelle est
requise à notre art, pour ce que nous
ne pouvons principier ni commencer notre
magistère sans icelui menstrual. Lequel
a puissance
@

69

a puissance par sa contrariété de faire
opération contraire. Si comme d'échauffer
et de refroidir, sécher, et *amoitir, vivifier
et occire, et faire toutes opérations qui
appartiennent à corruption et génération.
Et pour ce, en quérant ledit menstrual
sans lequel rien ne se peut faire. Tout
homme d'entendement a bien métier de soi
retourner aux principes naturels, lesquels
sont moult adhérents à sa dite substance:
Car ledit menstrual en l'oeuvre de nature si
est en puissance métal, et voyons que par
le cours de nature par le chaud du soleil
se termine en forme et espèce de métal. Et
pour ce, est-il dit moyen en l'oeuvre de nature
et terre des métaux, et est de saveur salée et
l'amertume de lui vient de la nature des
pierres
@

70

pierres. Et en ladite oeuvre de nature sont
plusieurs moyens, desquels il y en a 2
plus purs et plus visqueux que les autres,
si comme vitriol et sel de nature commune,
et par l'aide de cette vile matière est procréée
notre pierre que nous avons tant *quise lequel
nous prenons en notre art pour faire
notre dit menstrual. Et la ponticité et siccité
vient de sa nature terrestre, laquelle ponticité
est cause de corrompre et départir et résolus
l'humide du métal en divers membres. Jaçoit
ce qu'on ne les peut tant corrompre qu'ils
ne demeurent sous aucune forme, car jamais
la mère piteuse ne voudrait mater ni
occire l'enfant qu'elle a porté. Et jaçoit
que le père et la mère le voulussent faire
par accord
@

71

par accord, ils se pourraient avant
étouffer qu'ils en pussent à chef venir:
Pour ce que leur enfant est vêtu d'icelui
même feu comme est son père et sa mère
lesquels ne sont que feu. Donc la
magnésie blanche ne [domptera/ doutera] jamais le feu,
pour ce qu'elle-même est feu, et ne cuide
pas que notre eau soit eau des flegmatiques,
mais est eau de plus chaude nature que
# témoin n'est le feu élémental. Laquelle le feu du ciel
Galien et ne pourrait pas ardoir à la journée épouvantable,
Hypocrates et est eau colérique # n'est mais que feu,
qui disent laquelle ne laisse point séparer une partie
que notre de soi d'avec l'autre. Car cette eau terrestre est
même vive, si comme tu peux voir en la calcination
eau co- des métaux, lesquels ne perdent point leur
lérique humidité en leur calcination, par ce que leur
nature
@

72

nature est unie de forte union, par quoi ne
peut leur substance être départie, et les
pierres perdent leur humidité, pour ce que
leur moiteur ne fut pas bien mêlée avec le
sec terrestre au commencement de leur
mixtion. Si comme il est vu en tous
lignages [d'atraments/ d'arrements] et de sels, lesquels
fuient au feu, et il est au contraire en la
matière du verre. Et pour ce dit le philosophe
que le verre vous soit exemple à
notre magistère, car l'art de vitrier est
subalterne à cet art. Et pour ce nous
avons le soleil et la lune qui sont corps
fixes qui fixent tout ce qui n'est pas fixe.
Et par telle eau nous fixons et arrêtons
les oiseaux qui s'envolent. Et sachez que
nous ouvrons en notre art de plus propres
matériaux
@

73

matériaux que ne fait nature, car nous
ne prenons mie icelle matière crue dont elle
oeuvrait en son primordial commencement, jaçoit
que sans icelle nous ne puissions principer
ni commencer, mais prenons ce qu'elle a
déjà accompli; nous achevons ce qu'elle a
laissé diminué, car le parfait aide à parfaire
l'imparfait, moyennant notre maîtrise par
# dont la l'aide des 4 vertus mutatives # apétitive,
1ère. est et est faite par sécheur et *atrempée chaleur:
appelée La seconde est appelée vertu digestive, et est
vertu faite par chaleur et par atrempée humeur. La
attractive tierce vertu a nom vertu rétentive, et est faite par
ou froideur et atrempée sécheur. La quatrième est
appelée vertu expulsive, et est faite par humeur
# au feu. et par atrempée froideur. La première vertu est de
La 2e. complexion # de l'air. La 3e de la complexion de la
de la terre. La 4e de la complexion de l'eau et sont
complexion E gouverneurs
@

74

gouverneurs de tout notre magistère. Et en ces
Les 4. dites vertus sont encloses 4 autres vertus nommées
célestes, dont la première est nommée corruptive,
la 2 générative, la tierce *végative, et la 4e
multiplicative: La première nommée corruptive,
multiplie générative, et générative multiplie
végative, et végative multiplie multiplicative,
ainsi comme il sera devisé en notre pratique.
Car ce que nature a délaissé imparfait par l'aide
de ce qu'elle a parfait de léger, nous parfaisons:
Car iceux imparfaits sont cause de leur
perfection, et sont dits moyens en l'oeuvre de
nature qui n'ont pas eu le terme de leur
accomplissement, et selon ce qu'iceux moyens
ont été mieux dépurés, plus pures formes
ensuivront. Car selon le mérite de la matière,
pure forme lui est due: à cause de sa simplicité;
si comme il est démontré en la matière
de l'or
@

75

de l'or et en la matière de plomb, entre lesquels
il y a grande différence, et pour ce si les moyens
dessus dits sont purs et nets, pures formes
recevront, et par ce peut-on connaître qui est
le moyen entre les pierres et le métal
comme les pierres n'ont pouvoir de fondre et
les métaux fondent: Car tout ce, est dit
moyen qui d'un côté participe aux pierres
et aux métaux: D'autres dont les uns sont
de sèche et chaude nature, si comme il est vu
en la nature et au lignage des airements
qui sont dits moyens entre la pierre et le
métal, et d'autres moyens sont, qui [sont/ font] de
nature chaude et moite, et d'iceux nous
distillons eau: Car iceux sont prochains et
affins aux métaux; comme les métaux
soient en lignage d'eau humide et les
pierres
@

76

pierres sont en lignage de terre sèche. Et tu vois
que quand la nature *ague atramentale touche
au vif-argent dépuré, tantôt noircit icelle,
et le corrompt et la vertu céleste qui est en
la forme, tantôt après qu'il est corrompu
veut infiger nouvelle forme, et se mondifier
et séparer de la corruption dessus dite. Si
comme il est vu en la sublimation du mercure,
lequel est tôt infect et corrompu quand la
vapeur atramentale lui touche pour l'humidité
laquelle le tient mortifiée sans prendre aucune
forme métallique, et après que l'humidité est
évaporée tantôt par douce chaleur, ledit vif-
argent se sublime blanc comme cristal. Et
est la cause pourquoi nous demandons l'atrempence
# se soit du feu en la sublimation du dit
évaporée, vif-argent, jusques à tant qu'icelle humidité #
de laquelle nous n'avons nul besoin, car elle est
humidité corruption de notre pierre à qui le sait faire.
Et pour ce,
@

77

Et pour ce, extrayez le vif-argent de ces cavernes
vitrioliques, et par icelui portez la pierre à sa
première nature, qui est le souverain moyen purgé
de la macule et tache originelle./


Le 13e chapitre. Des extrêmes de notre
vif-argent./

Les extrêmes de notre vif-argent, sont en
premier côté l'eau du lion vert, c'est à savoir
menstrual ajouté au corps; et l'autre côté
est le soufre qui est dit notre pierre. Et le
moyen d'iceux extrêmes est notre vif-argent.
# et [Donc les métaux sont moyens entre le menstrual #]
notre dit Et puisque nous avons dit les extrêmes
vif-argent. de notre dit vif-argent, nous dirons les
extrêmes de notre pierre. Et disons que le
principal extrême, est notre dit vif-argent
extrait du menstrual des dessus dits métaux,
et en l'autre côté est l'élixir accompli. Et notre
pierre est
@

78

pierre est moyen d'iceux extrêmes. Et n'entendez
pas que nous prenons les métaux en lieu
des moyens qui sont extrêmes de nature. Car
de tant comme les moyens sont plus nobles,
les extrêmes sont plus dignes en pouvoir:
Et des dits moyens en l'oeuvre de nature, nous
faisons notre premier extrême, car d'iceux
moyens nous extrayons tout notre art
et élixir parfait. Car nous voyons que la nature
d'iceux moyens commue le vif-argent et le mortifie
et vivifie, et après sa mortification, il est
nuisible au corps des métaux, et non avant
en donnant toute chaleur de quoi on a métier:
Et pour ce peut-on voir que le menstrual est
cause de la mort du vif-argent. Car il mate
soi-même son père et sa mère, et puis les
revivifie en moult grande clarté. Et pour ce, nous
disons à tous les féaux et amis de nature
qu'ils
@

79

qu'ils prennent la vile chose, c'est à savoir le
menstrual, et lui fassent embrasser ses parents:
Et encore disons que tout croissant et multipliant,
se doit recevoir au ventre de celui qui le croît
et multiplie. Car nous voyons généralement
nature oeuvrer en ses lieux secs et terrestres, en
laquelle terre par le chaud du soleil, nature infige
diverses formes tant de bestiaux que de végétaux
et minéraux. Et pour ce que le genre minéral est
tout seul à part, lui par la figure de similitude
nous voulons deviser et déclarer comme notre
pierre métallique se jette hors de ses extrêmes
pour venir au dernier extrême. Et premièrement
dirons des corps imparfaits qui sont dits
avortons, pour ce qu'ils n'ont pas eu le temps
de leur perfection, et n'ont défaut que d'un peu
d'humidité fixe: car ils ont été nés en leur
menstrual mal ordonné. Car si le lieu de la
génération est sec terrestre et boueux, et le
vif-argent
@

80

vif-argent et le soufre impurs, de cela
sera engendré plomb ou quelque autre métal
imparfait. Et si le vif-argent et le soufre sont
purs et nets et le lieu est complexionné de
chaleur et moiteur attrempée, et que l'air y
domine, de cela sera engendré argent. Et si le
soleil y domine et chaleur attrempée, de cela
sera engendré or, pourvu que le soufre soit
rouge pur et net, et le vif-argent pur. Et pour ce
qui veut avoir la connaissance de la parfaite
transmutation des métaux, il faut qu'il
connaisse la nature minérale tant matériellement
qu'essentiellement, lesquels ne sont pas
en lignage fors de trois tant seulement, c'est
à savoir naturel, innaturel, et contre nature:
Les naturels sont dits sains, et les innaturels
sont dits sains malades, et par ce qu'ils
tiennent partie *d'égritude et partie de santé
il est
@

81

il est dit neutre. Et le contre nature
est dit du tout malade. Et qui veut en commencer
notre pierre, il convient faire conjonction de trois
feux: c'est à savoir naturel, innaturel et contre=*
nature. Lesquels 2 derniers feux, [c'est à savoir] innaturels
[et contre nature, se convertissent en propre feu naturel],
[c'est à savoir en santé, le feu innaturel]
par soi et par accident et le feu contre nature
par accident. Et pour ce quand l'on veut commencer
notre magistère, l'on doit corrompre le feu
naturel par le feu contre nature par le moyen de
l'innaturel feu, car passement ne se peut faire
d'un extrême à l'autre, sans passer par son moyen.
Et quand la matière est tournée à corruption, elle
est dite malade; et cette maladie contient
en elle santé confusément, ainsi comme le
malade qui est mis au bas par force de
laxatif. Lors le bon ouvrier doit ressembler
au bon médecin lequel quand il a mis son
patient
@

82

patient au bas par laxatifs pour évacuer
la matière dure et composte, lors il lui faut
user de confortatifs, et puis de restauratifs, pour
recouvrer la chose perdue. Ainsi fait le bon
artiste qui ensuit nature, et est nature gouvernée
et administrée moyennant lui, car au
dernier degré de corruption, commence à naître
notre pierre, et est en son premier extrême.
Et c'est comme le malade à qui la maladie
prend change de guérir en lui administrant
une partie de sa nature, elle prend confort, et
d'icelui confortatif jusques à tant qu'elle vient
au moyen degré. Et quand elle est à icelui moyen,
elle est dite neutre, si comme sain malade,
lequel tient une partie de maladie et l'autre
de santé, et en lui administrant une autre
partie de sa nature, elle prend restauration jusques
à tant
@

83

à tant qu'elle est ainsi comme tenant en elle
les 2 parties de santé, et la tierce partie de
maladie. Et en lui administrant le surplus de
sa nature elle [vient] ainsi comme saine. Et comme
le malade nouvel issu de maladie à qui le bon
médecin fait prendre l'air peu à peu jusques
à tant qu'il soit endurci et par continuation
de moyen en moyen se jette notre pierre hors
de ses extrêmes qui est la médecine des corps
imparfaits et malades. Laquelle santé
est trouvée aux parfaits corps, car ils portent
en eux l'accomplissement et perfection d'iceux,
moyennant notre magistère lequel nous t'avons
déclaré en ce petit abrégé en bref langage si tu
nous as entendu, et te disant et faisant savoir,
que tout dépuré se peut retourner en la
nature de celui à qui il est ajouté, et ci s'entend
tant en
@

84

tant en la partie première qui est la conjonction
et corruption comme [en] la seconde qui est la
fermentation et mutation d'icelle en fine et
vraie médecine qui est nommée *aiguement,
onguent duquel nous te dénoterons la
composition en notre pratique. Et sachez que
notre dite pierre est de vertu incomparable,
car elle guérit les métaux, et les cure.
Et toute autre maladie accidentelle et réconforte
nature en mondifiant le sang, et
humidifie les artères, et plus fort restaure
jeunesse. Et si un peu d'icelle était mis
dedans l'entour d'une vigne, elle porterait
raisins dès le mois de mai. Et si fait
moult d'autres merveilles, car elle rectifie
les pierres précieuses, et du cristal fait
escarboucle, et si fait le verre malléable ou
forgeable.
@

85

forgeable. Et sachez que notre pierre n'est
autre chose que chaleur naturelle infixée dedans
son humidité radicale, de laquelle peu sont
aujourd'hui qui croient, que d'icelle chose veuillons
parler, laquelle nos devanciers d'honneur
et d'avoir ont possédée. Si comme Aristote,
Galien, Hypocrate et Platon, lesquels
nous l'ont délaissée sous grande couverture.
Et pour ce, si tu nous entends, affuble-
toi de vêtement de philosophie sans
révélation: Car quiconque révèle ce secret,
il commet crime contre la divine
Majesté, et sera damné perpétuellement,
comme cause de la perdition du monde.
Et pour ce te défendons sur peine
d'anathématisation et malédiction divine,
que ce secret ne veuille révéler. Sinon
à celui que tu connaîtras être vrai
et loyal vers Dieu, et vrai disciple de
philosophie, en lui révélant par parabole,
ce qu'il faut,
@

86

ce qu'il faut variant sans en prendre
profit, en démontrant tant seulement
que l'humidité ja terminée, par
réitération de liquéfactions, soit réduite
en soufre et en vif-argent. Et te
suffise d'en dire plus: Car s'il est de
la secte des philosophes, il te pourra
bien entendre: Car par vive voix à
nul homme mortel ne doit être révélé,
pour ce qu'elle est à Dieu à donner, et
non mie aux hommes.

Ci finit notre Abrégé de Théorique.
-----------------------


Seconde partie : Pratique.

Chapitre premier.

Alchimie est une partie de Ph~ie
naturelle celée, de laquelle est constitué
un art non pareil: car elle enseigne à
transmuer tous les corps des métaux
imparfaits
@

87

imparfaits en or et en argent, par un
corps médicinal universel, auquel toutes
les particularités de médecine sont ôtées:
Et est fait par un régime manuellement
révélé aux fils des engendrés, moyennant
les 6 latitudes de qualité, en comprenant
les deux chaleurs, dont la première est
chaleur hébétée, qui prohibe mouvement à
nature entière. La seconde est chaleur
tolérable de vivification. Et pour ce, est
notre maîtrise comprise en deux mouvements
principaux lesquels ont plusieurs autres
moyens, dont les accidents et couleurs
se démontrent en passant de moyen en
moyen, en changeant qualité selon la
multitude des digestions par où il faut
que le compost de notre pierre passe:
Lequel est composé de 3 natures, et
d'une [quant] à son genre. Lequel compost contient
en lui nature minérale la simple, la
composte et la composée. Et est comprise
notre dite
@

88

notre dite maîtrise sous les deux mouvements
dessus dits, qui en commun langage
sont clamés solution et congélation. Et
se divise la solution en 2 parties.
La première partie, n'est que déligation
des éléments. Et par icelle
nous faisons [désunion/ union] de pluralité. Et par
la seconde, nous faisons de pluralité unité.
La congélation est divisée en deux parties:
par la première partie, nous séparons
et purgeons les 4 éléments dudit
compost. Et par la seconde partie, nous
assemblons et fixons iceux éléments.
Et présentement te dirons comment, sans
y mettre aucune clausure. Et afin que
tu sois averti, nous t'avons ja dit
au Traité de Théorique que notre
magistère n'est que corruption de
la forme présente, en génération de la
forme à venir.
Le second
@

89

Le second chapitre.

De la préparation.

Au nom de notre Seigneur; Tu
prendras de l'innaturel une partie
(de l'innaturel corps, c'est à savoir d'argent
fin) et demie-partie du corps naturel, c'est
à savoir fin or qui soient bien purgés,
l'or par le ciment, et l'argent par la
cendrée; et garderas iceux à part, et les
mettras en petites lamines ténues comme
papier, et lors ils seront bien préparés.


Le tiers chapitre.

De faire le menstrual.

Tu prendras 6 onces de vitriol, et trois
onces de sel de pierres que broieras
*menuement, puis mettras en un vaisseau
de verre, et auras un vaisseau propre
F
@

90

de la profondeur de demi-pied et de 4 doigts
de large, lequel ait bords tout autour de la
gueule afin qu'il se puisse arrêter sur la
gueule du fourneau sur lequel tu veux que
l'ouvrage se fasse; auquel fourneau feu continuel
doit être depuis le commencement du magistère
jusques en la fin sans défaillir. Car *infrigidations
et caléfactions sont la mort de notre
pierre, auquel fourneau le feu soit continué
en tel degré qu'il n'excède point le mouvement
de la matière. Car tu vois que grande flamme
détruit et *dégâte la petite flamme, et pour
ce, continue ton ouvrage d'une main, sans
toi hâter par fort feu ni sans délaisser
refroidir; car ton ouvrage et le fruit
d'icelui serait perdu, et pour néant cuiderais
d'icelui compost faire après chose qui te
*vausist, et pour ce ne t'ennuie [de] la longue
demeure.
@

91

demeure. Car les couleurs te montreront et
conduiront ton entendement de l'un à l'autre
jusques à la fin du magistère.


Le 4e chapitre. De la mixtion des
matériaux.

Tu prendras une once d'argent fin préparé
comme dessus est dit, et 7 onces de poudre
appelée menstrual préparé en poudre comme
dessus est dit; et mêle tes lamines d'argent
avec en les broyant sur une table de verre
épaisse avec une molette de verre, tant et si
continuellement qu'il n'apparaisse ni l'un
ni l'autre; après boute tout en ton
vaisseau fait comme dessus est dit, lequel
ait un couvercle justement fermant par-
dessus la gueule dudit vaisseau; et le pose
sur ton fourneau lequel soit rond de la
largeur
@

92

largeur d'un pied par-dedans, et épais
de demi-pied, afin qu'il tienne longuement
sa chaleur et que ledit four ait un étage
au milieu, sur lequel étage tu feras le feu.
Et que parmi ledit étage et tout autour
des côtés dudit fourneau soient plusieurs
trous ronds comme à mettre les doigts,
par lesquels trous, les cendres cherront au
fond du fourneau, et si tu fais feu de charbon
il vaudra mieux que de bois, et mieux
de roue. Et pour le premier étage du bas
jusques à celui du milieu, il faut demi-
pied de haut, et doit avoir ledit étage
c'est à savoir l'âtre percé, demi-pied
d'épaisseur. Et depuis ledit étage ou âtre
jusques au coupeau du four un grand
pied, car quand ton vaisseau sera assis
dedans
@

93

dedans la gueule du coupeau dudit fourneau,
il entrera dedans demi-pied, ainsi ne demeurera
que demi-pied de clair sous le cul de ton
vaisseau jusques à l'âtre. Et faut que le
feu batte tout autour de ton vaisseau par
dedans ledit fourneau en tenant ton vaisseau
couvert de son couvercle, sinon quand tu voudras
voir ta matière, lors allume ton feu de menu
charbon en échauffant jusques à tant que
tu voie ta matière muer couleur en verdure
tirant à jauneur, et te garde bien de *enforcir
ton feu, mais soit continué en cette chaleur
sans laisser jamais le feu éteindre.
Et en cette continuation est accomplie
la première partie de solution qui est le
coït de nature et tellement te faut continuer
ladite chaleur que la matière vienne en
couleur
@

94

couleur noire laquelle noirceur te démontre
que la matière est bien pourrie et que
le feu de nature est excité par son contraire,
et fortifié et bien épandu par toute sa
matière et qu'il se prend à batailler contre
l'humeur menstrual qui le tenait hébété.
Et par longue continuation, icelle noirceur
persévérera jusques à tant que les éléments
viendront à unité; et lors (est) la matière au
plus loin de son attrempement, en la fin
d'icelui degré qu'elle puisse être, qui est
dite corruption et par autres solution: La
noirceur passée commence la blancheur à
apparaître par-dessus; et par longue continuation
de feu bien attrempée, ladite matière
vient à parfaite blancheur qui est par
aucuns nommée le commencement de la
vie de
@

95

vie de notre pierre et la nativité d'icelle,
et par autres le commencement de congélation
et non vulgale mais philosophale: La matière
première blanche par sa vertu donne force
au surplus d'en blanchir, et lors nature
désire de séparer le subtil de l'épais, pour
ce que au point de la blancheur est influée
l'âme en son corps. C'est à savoir
vertu minérale qui est plus subtile que le feu
car ce n'est [mais/ mays] que quinte essence et vie
qui désire naître et soi dépouiller de ses
grosses fèces terreuses qui lui étaient venues
à cause du menstrual et de sa corruption.
Et en ce, est notre sublimation et non mie
au vif-argent vulgairement entendu./
@

96

Le 5e. chapitre.

Nous avons ci-dessus parlé de l'oeuvre
du blanc élixir, maintenant nous dirons
du rouge. Tu prendras le compost blanc
ainsi blanchi comme dessus est dit, et
[^ ton or tenu en feuilles et menues, et les épandras]
épandras ^ sur ladite matière *emblanchie,
et couvriras ton vaisseau, et le laisseras
en feu continuel jusques à tant que les
feuilles deviennent noires de l'odeur de
ta première matière, et lors commenceront
à blanchir, et par feu continuel tourneront
en poudres rouges qui sont clamées élixir:
Alors ainsi auras double minière.
Et si tu n'y faisais administration de
soufre rouge, et que le feu fût continué,
tout tournerait en poudre blanche et
puis jaune, qui serait un élixir
de l'argent
@

97

de l'argent, duquel si un poids est sur mil
# il les de cuivre ou d'aucuns des autres métaux
tournera corrompus, # Pour ce que le métal lequel se
en fin or doit transmuer, tire et suce à lui toute la
ou argent, spiritualité de ladite médecine qui le
selon que guérit et se boute au profond de son coeur, lequel
la matière souffrait léprosité, en séparant tout le
est au blanc phlegme et la graisse terrestre: Tellement qu'il
ou au rouge. est dépouillé de sa première forme et figure,
et reçoit nouvelle forme c'est à savoir d'or ou
d'argent, selon que le compost est de blanc
ou de rouge, lequel métal transformé, soit
plomb, fer, cuivre, ou étain, résiste mieux
contre le ciment que ne fait l'or naturel
et l'argent meilleur que de minière. Et pour
ce, disons-nous à tous qu'ils se gardent
d'user d'or d'alchimie sans appeler nature:
Car il
@

98

Car il n'est de vrai or que celui que nature
fait, ou celui de notre maîtrise lequel est
meilleur pour les vertus qu'il a acquises
en notre dite maîtrise, et n'est pas tel
comme l'or sophiste tout plein d'impureté,
que plusieurs ruraux sophistes composent
par poudres étranges, et ne cuident point
qu'il soit d'autre alchimie que leur alchimie
rurale. Et quand ils voient leur or en couleur
par application de poudres étranges, ils
disent qu'il est fort multiplié, et il est moult
diminué de toutes ses vertus: Et pour ce, l'or
et l'argent de tels ouvriers ne soutient
point le feu, mais se ard et retourne en
terre, pour ce qu'ils ne lui ont su intégrer
le cours de nature; et jaçoit ce qu'ils aient
l'art d'extraire les mercures, toutefois ils ne
sont
@

99

sont pourvus ès dépurations et demeurent
les pures parties avec les impures, et quand
ils sentent le feu, ils se dégâtent avec toute leur
substance pour les soufres étranges qui les
a tous ards. Et pour ce faisons nous savoir
aux médecins qui usent de médecines
*condimentelles, qu'ils se gardent comme ils
useront d'or d'alchimie, pour ce que l'or
sophiste est tout infect et plein de corrosif;
pour ce qu'ils ne l'ont su dépouiller du
feu contre nature. Et pour ce, ayez en connaissance
l'or naturel ou celui de notre maîtrise
par examination en propres ciments pour
ce que l'autre ferait résoudre les esprits du
coeur de celui qui en userait, et en mourrait:
Fils je t'ai fait cette pratique en recette abrégée,
sans y mettre aucune clausure sinon des
matériaux et de la projection laquelle est
difficile
@

100

difficile à savoir sans connaître théorique
qui contient le propre nom des matériaux.
Jaçoit ce qu'en ce présent écrit les t'ayons
nommés, toutefois y a-t-il différence de
matière: car plusieurs matières sont, qui
sont nommés par un nom pour la similitude
qu'ils ont l'un en l'autre, et pour ce,
si tu le veux savoir, si étudie les livres
de Remond Lulle, c'est à savoir théorique,
pratique, et codicille, qui est nommé vade
mecum de [mercurio/ numero] philosophorum:
Car en iceux est la science et art complété.
Et jaçoit ce que je te l'aie mise au vrai et en
bref et sans nulle adjonction de sublimations,
ni distillations, ni calcinations rustiques,
comme il est ès autres livres de cette science,
toutefois ja pour ce ne le pourra pratiquer,
si par
@

101

si par théorique premier ne les as entendus: Et
sache que en ce que je t'ai dit dessus, est contenu
tout quoi qu'ils en dirent onc, ni mirent oncques
langage par-dessus, sinon pour la pâlir et musser,
et pour l'accomplissement du serment de l'art.
Car elle ne peut être trop haute mise. Car
si elle n'était mise sous la couverture et
ombre de philosophie, autant en aurait le fol
comme le sage: Mais à toi je te dis que tu
délaisses toutes sublimations, calcinations,
et solutions, qui sont et que tu trouveras
aux livres de cet art; car il n'y a point d'utilité,
mais grand peine et grands dépens et danger
pour les fumées et perte des matériaux,
et être moqué et rien ne trouver. Et en ce pourrais
avant user tous les temps de ta vie que tu
y pusses trouver aucun profit, mais entend
à celle
@

102

à celle que je t'ai dite laquelle n'est pas de
haut monter, mais est d'une vile chose
faire une moult noble, et par séparation
physicale séparer le pur de l'impur, et non
pas par force de feu comme aucuns qui
subliment l'orpin, le vif-argent, et le sel
armoniac et les dissolvent, et mêle avec
les chaux des métaux imparfaits, calcinent,
subliment, distillent, solvent, et congèlent:
et puis fondent, et rien n'y trouvent fors
les métaux dessus dits plus ords que devant.
Ainsi demeurent moqués et désespérés de la
science, et disent que c'est chose impossible,
et nous reprennent menteurs, et ils dussent
réprouver à leur ignorance et par ce, se
*nonchalent et délaisse la science comme
gens désespérés et de peu de savoir. Et pour ce,
te dis
@

103

te dis que ne t'ennuie si tu faux une fois,
ou plusieurs, en prenant garde à quoi il a
tenu: Et jamais ne le sauras si tu n'es vrai
théorisant, et nous crois si tu ne veux être
fol et dénué du vrai chemin lequel t'avons
ouvert, si à ta *défaute ne tient.


Le 6e. chapitre. De la projection.

Et quand auras accompli tes médecines
blanches ou rouges, tu prendras 1 poids d'icelle,
et le jetteras sur cent de vif-argent chauffé en
creuset et puis le laisse refroidir, car tu le
trouveras en poudre. Secondement tu prendras
un poids d'icelle poudre, et la jetteras sur cent
autres de et tout se convertira en médecine
vraie, mais elle ne sera pas de si grande vertu
comme était la première, pour ce qu'elle a
ja accompli une partie de son effet. Tiercement
tu
@

104

tu prendras un poids d'icelle médecine et en
feras projection sur cent autres parties de
vif-argent comme devant, et tout sera converti
en métal parfait blanc ou rouge selon ce
que la médecine aura été appareillée
rouge ou blanche. Et si la matière sur quoi
# qu'elle a tu as fait ta projection se montre *frangible,
encore c'est signe # que sa vertu est finie, et que ce
vertu de n'est *mes que métal accompli.
convertir
autre vif-
argent en Le 7e. chapitre. Des essais de fusion.
métal. Et
quand elle Quand tes projections seront accomplies,
se montrera et tu voudras essayer si ton métal est parfait
non frangible ou non, tu prendras un peu d'icelui et le
c'est signe mettras en un creuset et le laisseras recuire
jusques à tant qu'il soit rougi. Et lors
commenceras à souffler de tes soufflets
en regardant sur la matière: car si elle
fond,
@

105

fond toute ensemble sans faire petites
taches claires et sans fumée, c'est bon signe
et *démontrement que le métal est altéré
de ferme altération. Et si elle fait le contraire,
c'est signe que la matière n'est pas bien
fixe: Et quand tout sera fondu, regarde
si elle bout claire sans faire *cotelle par-
dessus et sans fumer. C'est signe de
perfection quant au degré de fusion. Et
si elle fait au contraire, c'est signe de
mauvaise fixation et purgation, et que
ta médecine n'a pas eu vertu de digérer
la nature matérielle du métal imparfait,
ou qu'elle [avait] ja perdu sa force par les
premières projections devant faites, ou
que tu avais mis trop petit de ta médecine
sur ton métal. Et pour amender ton
défaut, secours-la par nouvelle médecine,
ainsi que je présuppose que tu le sauras
faire, si tu nous as entendu en théorique.
G Le 8e.
@

106

Le 8e. chapitre.

De l'examen des cendres.

Après que tu auras vu que ta matière
soutiendra l'examen de fusion, et que tu
voudras départir d'avec ton métal si
aucune immondicité y est demeurée,
ou si tu veux départir aucun autre métal
s'il est mêlé avec or ou argent, tu
feras ainsi: Tu prendras une bonne
quantité de cendres de vignes ou d'os de
bêtes brûlées et pulvérisées. Et les
cribleras tant qu'auras la déliée poudre,
ou autrement prendras les cendres communes,
et les cribleras et sasseras,
mais mieux valent les cendres des os
ou de vignes que les autres: Et quand
elles seront bien sassées, tu les arroseras
d'eau douce, tant que les cendres
soient aucunement humides, et les
mettras en quelque vaisseau de terre
qui soit
@

107

qui soit fait en manière d'un creuset ou
d'une écuelle *coffine, et mettras tes
cendres dedans tant qu'il en pourra en
ton dit vaisseau, jusqu'à tant qu'il soit
comble, et les fouleras et pileras avec
un pilon tant qu'elles soient serrées et
dures comme pierre; puis feras au
milieu un creux qui ne soit guères profond,
et la laisseras sécher au soleil ou à lente
chaleur. Et quand elle sera bien sèche,
tu la mettras en fourneau, et feras petit
feu tant qu'elle soit bien recuite et qu'elle
rougisse. Alors renforce bien ton feu, et
boute dedans du plomb qui ne tienne
point d'étain, et l'échauffe si fort qu'il
tourne clair sans faire cotelle. Et te garde
d'y mettre rien pour affiner, si ton plomb
ne tourne clair, car autrement tu gâterais
ton examen, et ne pourrais savoir de la
quantité de ton or ou argent. Et y aurais
dommage,
@

108

dommage, et tout par l'étain, quand il est
avec le plomb mêlé. Et sache que chacune
once de plomb emporte un gros de cuivre
ou d'autre métal comme fer ou acier. Et quand
ton plomb courras net sur ta cendre, mets
dedans ce que voudras affiner, et lors le plomb
le boira et noircira par-dessus. Adonc *éforce
ton feu en soufflant doucement tant que tout
tourne, lors tu verras les *maillettes courir par-
dessus ta cendre. Adonc continue ton feu doucement
tant que tu voies qu'il n'apparaisse plus
rien par-dessus fors clarté blanche, et qu'il
ne bouille plus, et qu'il soit clair comme
soleil. Et si il laisse le tourner et qu'il noircisse
c'est signe de peu de plomb; lors mets du plomb
derechef dessus un bien peu tant qu'il tourne et
continue ton dit feu tant que le signe dessus dit
y apparaisse, lors jette de l'eau dessus et laisse
refroidir
@

109

refroidir et prends l'argent ou l'or que trouveras
sur ta cendre et le fond en un creuset de terre et
et souffle dessus, et puis jette en lingot chaud
auquel ait de la graisse épandue ou de la cire.

Le. 9. chapitre. De l'examen du ciment.
Maintenant dirons de l'examen du ciment et
disons que c'est le plus noble de tous les
autres, car il n'est nul métal qu'il ne dégâte
si n'est l'or. Et pour ce quand tu voudras
départir tous métaux d'avec l'or tu les
départiras par le ciment, et se fait ainsi. Tu
prendras des tuiles anciennes qui sont trouvées
en rivières ou ès bords de la mer ou ès champs;
mais celles de la mer valent mieux, et les
mettras en poudre bien déliée, et mêle avec
tes poudres autant de sel commun comme tes
poudres ou moins un peu, et les arrose de
verjus de pommes tant qu'elles deviendront
humides
@

110

humides en manière de dure pâte. Et puis
aie l'or que tu voudras cimenter en ténues
pièces ou lames et étroites, et aie un grand
creuset auquel tu mettras un lit de tes
[poudres dessus le fond, et par-dessus mettras un lit]
[de tes] lamines ou pièces, et par dessus tes dites
lamines, mets un [autre] lit de tes poudres et
puis un lit de tes lamines, et fais lit sur
lit tant que ton creuset soit plein ou que
ton or s'étendra. Et étoupe fort la gueule
dudit creuset avec un couvercle de terre et
avec argile confite avec sel, et mets
ton dit creuset en la fournaise où il y ait
feu continuel de flamme, et qu'il ne soit
pas si fort que la matière fonde, et le
laisse 24 heures audit feu bien continué.
Et lors le laisse refroidir et romps ton
creuset et tu trouveras ton or séparé de
toute ordure et de tout autre métal; car nul
métal
@

111

métal n'est qu'il ne soit combustible, si n'est
l'or. Mais il est autre manière de départir
l'or d'avec l'argent, si comme l'eau forte, le soufre
et l'antimoine, desquels ne parlerons point à
présent pour ce qu'il serait long, et qu'il suffit
de ce que j'ai dit en ce présent abrégé
pour la nécessité de l'artiste auquel Dieu en doit
# en rende tellement user, qu'il # ai compilé et fait écrire,
grâces à et fut parfait le 29. jour de décembre, l'an mil
Dieu, lequel quatre cent quarante-neuf.

Fin:
---------------------------------------

Ce manuscrit a été transcrit sur une copie
que possédait défunt Mr. le Comte
de Flers de Normandie, laquelle copie avait
été prise sur l'original de Monsr Gros parmy
l'auteur dudit Traité: Mr. Bois Jouffroy # avait
# Gentilhomme eu tous les manuscrits de Mr. Gros parmy,
Normand Vicot, et Le Vallois: et en vendit une copie de
tous ensemble à feu Mr. le Comte de Flers
moyennant 1500 *tt et un cheval de prix. Et ainsi
cette copie n'est pas fort éloignée, de la pièce originaire.
Défunt Mr. le Comte de Flers et Baron de Tracy était
petit-fils du côté des femmes dudit Sr. auteur Grosparmy.
@


Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.