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Page

Réfer. : 2314C .
Auteur : Vitecoq, Pierre de.
Titre : La clef des secrets des secrets de philosophie.
S/titre : qui est le premier livre de maistre....

Editeur : MSS 160 Biblio. municipale de Rennes.
Date éd. : 1xxx .
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Particularités de ce document.


Afin de conserver au bénévole lecteur le charme du manuscrit, j'ai laissé
le texte dans sa forme originale, orthographe, ponctuation, excepté sur
quelques points.
Excepté ces derniers, le document est conforme à l'original, folio par
folio, ligne par ligne et caractère par caractère. Pour ce dernier point,
le lecteur voudra bien être indulgent, car malgré une double relecture de
tout le document, il est improbable de n'avoir pas oublié çà et là quelque
particularité orthographique.
Les numéros de folio sont repris du manuscrit lui-même, et sont portés
sous la forme :
(fxy)
f pour folio.
x numéro de folio.
y r pour recto.
v pour verso.
Cette identification est rajoutée, seul le numéro porté à droite de
chaque folio recto, est sur l'original.
Je dois aussi rappeler que les majuscules et les minuscules sont
distribuées dans le texte sans logique précise, quant à l'orthographe, elle
peut varier pour un mot sur la même ligne de texte.
D'autre part, l'habitude du scripteur d'aller vite, ou de lier les mots
entre eux pour ne pas lever la plume, font que les accentuations et les
apostrophes sont mises ou non sans raison apparente.

Points de modifications.

J'ai mis une majuscule à la première lettre de chaque paragraphe, ainsi
qu'un point à la fin.
Les mots qui sans raison apparente, avaient une majuscule dans le corps
du texte ont été mis en minuscule.
J'ai également mis une lettre majuscule sur la première lettre des noms
propres de personnes, ou de personnages (Lulle, Saturne, etc).
J'ai séparé les mots liés dans le texte afin de rendre la lecture plus
agréable, néanmoins les mots séparés dans le texte le sont restés, par
exemple "quoy que", ou encore "par ce que".
Dans la majorité des cas j'ai écrit les mots abrégés dans leur forme
complète, à l'exception notable de philosophie et de ses dérivés écrits
ph~es pour philosophes, ph~ique (pour philosophique) etc, reprenant ainsi
la forme abrégée du scripteur.
J'ai omis de reproduire quelques notes en latin, en marge du texte, qui
sont d'une écriture différente du manuscrit, postérieures à celui-ci, et
assez difficiles à déchiffrer. Cette écriture semble proche de celle des
notes sur le livre de Rochas, en fin du manuscrit.
Dans le cas où un doute subsiste sur le texte (graphie non déchiffrée),
j'ai mis cinq astérisques pour signaler l'endroit.

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(f75r) 75


La clef des secrets des
secrets de philosophie qui
est le premier livre de maître
Pierre de Vitecoq prêtre compagnon
des Srs. de Grosparmy et le Vallois

Chapitre 1r. et 2e.

Avertissement

1.

Ce livre sera plus déclaratif que tous les
autres même que ceux de nos compagnons,
auxquels je donnerai lumière en tirant les
épines des roses et dénotant les plus
particuliers moyens pour parvenir à la
science, jaçoit qu'en icelui quelque chose
soit omis.

2.

L'artiste ne doit pas communiquer son dessein
qu'à fort peu de gens car le nombre des
illuminés est fort petit et iceux même
divertiraient celui qui aurait quelque
bonne opinion.

3.

Si donc il est nécessaire d'avoir un compagnon
il faut choisir un homme sage, constant,
patient, et sans présomption et entendu
en ph~ie et fuir les coureurs et charlatans
et opérateurs vulgaires.

4.

Car jaçoit qu'oeuvre de main soit à nous
requise, néanmoins notre science est
naturelle et non rurale ni manuelle,
et les sages n'ont enseigné les longues opérations
et répétitions que pour cacher ladite science.

@

(f75v)

5.

Il faut avoir aussi livres très approuvés,
et d'iceux tirer bonnes et raisonnables
conséquences et les accorder sur la possibilité
des choses.

6.

Il faut aussi desdits livres tant anciens que
modernes tirer accordance et conformité
pour sur icelle bâtir résolutions parce que
souvent un tiers auteur accordera deux autres
qui semblent se contredire.

7.

Car nos livres sont subtils, mais sans
contrariétés et l'apparence d'icelle ne vient
que de divers noms et vertus que les choses
acquièrent par les diverses opérations.

8.

Ainsi la même chose est appelée tantôt
femelle et tantôt mâle, d'autant qu'elle
fait tantôt l'office de femelle tantôt de
mâle en ce que tantôt elle est dominée,
tantôt elle domine en calidité.

9.

Car mâle n'est autre chose entre les
auteurs que vertu dominante par calidité,
sur la frigidité d'une autre vertu qu'on appelle
femelle, à cause qu'elle est dominée.

10.

Ainsi vous lirez en aucuns que le
vif-argent est la femelle et le soufre
est le mâle: mais c'est à cause que notre
première vertu instrumentale reçoit en soi
la vertu du mâle, au défaut d'autre
femelle prochaine.

11.

De laquelle est dit que notre soleil

@

(f76r) 76

mâle a métier de femelle plus convenante
et prochaine en nature que la première
femelle simple etc.

12.

Vous lirez aussi en un lieu que l'argent-vif
vulgaire a été fixé par son menstrual,
qui semble être eau et chose aqueuse,
en un autre lieu vous lirez que la terre seule
a droit de fixation.

13.

Car on écrit que l'argent-vif hermaphrodite
n'est pas fixe que par la vertu de
son vase qui est de sa nature prochaine
tout ouvert et poreux.

14.

Et que si le corps n'était spongieux pour
laisser entrer et recevoir en soi autant qu'il
a perdu, l'argent-vif n'y pourrait pas entrer.

15.

Et que ce vase spongieux et ouvert contient
une fumée subtile qui congèle l'argent-
vif et contient aussi une partie de
chaleur naturelle.

16.

Or c'est que la même chose qui était
aqueuse et menstrual ne l'est plus, après
la décoction mais est sèche et terrestre et en
cet art congèle le mercure.

17.

Ainsi le feu est quelquefois appelé
eau, d'autant qu'il lave et nettoie, et l'eau
est pareillement appelée feu, d'autant qu'elle
brûle plus que le feu commun.

18.

Ce donc qui est appelé feu, n'est pas

@

(f76v)

toujours feu, et ce qui est appelé eau n'est
pas toujours eau, et ainsi des autres choses.

19.

Car nous avons plusieurs degrés en notre
oeuvre, selon lesquels notre vif-argent acquiert
nouvelles qualités et vertus, ainsi comme l'eau-
de-vie en ses rectifications.

20.

De plus les livres sont brouillés et obscurcis
d'ambiguïtés et de vaines répétitions, et en
disant mensonge, suivent la piste d'un chemin
spacieux et beau laissant vérité couverte
d'épines et d'ambages.

21.

Fuyez donc ce qui vous semblera lumière et
cherchez à tâtons de grand courage la vérité
dans les obscurités qui la contiennent entièrement
et non dans les faux.

22.

Fuyez aussi les livres envieux et erronneux
qui cachent la science et ne l'enseignent
nulle part, encore qu'ils ne soient pas
faux, comme Geber et Razis qui ont fait
faillir maintes gens.

23.

Tous livres anciens non tronqués sont bons
à lire, mais notamment ceux qui sont
simples et sans longs discours, Arnauld
était savant, mais Lullius est beaucoup
plus profond.

24.

C'est Lullius qu'il faut choisir pour
directeur d'autant qu'en lui peut être
trouvée vérité mieux qu'en nul autre,
car tant en sa théorie, qu'en sa pratique,

@

(f77r) 77

il la coule parmi mensonge et l'enseigne
entièrement.

25.

Il faut aussi lire la Tourbe des ph~es et
quelques autres livres anciens, pour résoudre
quelques difficultés qui se présentent dans
Lullius, et pour tenir toujours la main
de peur de glisser dans le précipice d'aveuglement.

26.

Car jaçoit que dans Lullius toute vérité
soit comprise, néanmoins il y a aussi
dans ses écrits dévoiement comme lui-
même le confesse de la putréfaction
et solution secrète du corps en ces mots,

27.

Nous n'avons métier de faire autre
chose que mener le corps à décoction
secrète et naturelle, moyennant laquelle
par ordre rétrogradé avec une lance
poignante toute la nature sera en
bref visiblement dissoute en pure
noirceur, et ce que nous n'avons voulu
enseigner que par pièces détachées ne
voulant pas dire les lieux où nous les
avons mises.

28.

Car toutes les autres choses que Lulius
écrit jaçoit qu'exemple de vérité est vérité
même à qui l'entend sont pourtant ainsi
comme boulevards pour résister aux méchants
ce que confirme la Tourbe des ph~es disant

29.

Ne t'enchaille de tant de régimes;

@

(f77v)

puisque la vérité de nature n'est qu'une, laquelle
est cachée dans son ventre, et se connaît au
fumier; suivez donc la nature pas à pas
et vous découvrirez de merveilleux secrets.

Chapitre 3.

De la nature de la pierre

30.

L'oeuvre est divisée en deux parties,
la première est l'origine de la pierre, la
seconde est la voie d'y parvenir.

31.

La pierre à bien considérer son essence, ses
effets et sa vertu, est connue par le vrai ph~e
dans toutes les choses du monde.

32.

Ce n'est autre chose qu'une vertu céleste très
noble et quant à soi générale et
indifférente à toutes les choses du monde,
laquelle est spécifiée dans tous les
individus de la nature.

33.

Laquelle en épousant ainsi la nature des
choses se dévêt de son indifférence et
généralité, et produit sous leur manteau
les effets convenables à leur nature.

34.

Moyennant toutefois la première vertu,
qui tient en son secret, couleurs, odeurs,
et puissances.

35.

Or pour venir à la connaissance de cette noble

@

(f78r) 78

vertu, notez qu'au commencement Dieu a créé
tout premier la quintessence, l'a divisée en trois
parties, de la plus pure créa les anges, de la 2e.
moins pure les cieux, et de la 3e. encore
moins pure le monde sublunaire.

36.

De cette 3e. partie, Dieu créa les éléments,
par-dessus lesquels demeure la quintessence
logée en iceux et aussi en toutes choses composées.

37.

Et plus encore dans les choses composées, que dans
les éléments purs, à raison de leur amplitude et
latitude corporelle comme au coeur de l'homme
le vivifiant et faisant végétable.

38.

Pour ce nous voyons la vertu informative des
étoiles en été descendre du ciel en terre,
échauffant l'air, et moyennant icelui, les
corps sublunaires s'influent jusqu'aux
individus de la nature métallique pour la
création d'iceux métaux.

39.

Et par ainsi nous voyons que tout corps prend la
composition d'iceux quatre éléments.

40.

Et le premier sujet ou limosité desdits éléments
est appelé vif-argent général.

41.

Et dans cette limosité la nature infige
l'espèce de son sujet.

42.

Mais cette limosité serait plus proprement
appelée vif-argent prochain, pour la distinguer
de l'autre argent-vif plus remot et général
duquel est descendu celui-ci.

43.

Car le remot est général et indifférent aux
3 règnes, minéral, végétal et animal: et
partant est très général et remot.

44.

@

(f78v)

Et par icelui toutes choses peuvent être
transmuées et converties l'une à l'autre.

45.

Jaçoit pourtant que du prochain les espèces du
même genre puissent mieux être converties à
raison de leur alliance et voisineté, que du remot
et très général à iceux genres.

46.

Mais pourtant le mercure très général peut être
tiré des 3. règnes: apparaissant en forme d'eau
claire imprégnée de la quintessence.

47.

Et cette eau est puis après congelée par la
vapeur de son soufre, dont naît la pierre,
auparavant cachée dans icelle en forme d'eau
ou liqueur homogénée.

48.

C'est ce que disent les sages qu'en la dernière
dépuration; la matière est trouvée en forme de
mercure appelé genre très général.

49.

Il est donc nécessaire de préserver ledit mercure
très général de toute combustion de feu et le
dépurer de toutes et telles formes extrinsèques
que nature aurait pu mettre en lui.

50.

Car alors de lui seul on peut parfaire l'oeuvre
des sages, moyennant toutefois les
teintures du soleil et de la lune.

51.

Ainsi est manifeste cette matière tant noble est
le 1er. sujet ou forme des formes, car toutes choses
descendent d'icelui par l'ordre des éléments
toutefois.

52.

Et par tel ordre des éléments sortent premièrement
vapeurs, qui est la 1ere. composition d'iceux,
puis de cette vapeur sort une seconde mixtion
de laquelle naissent les minéraux.

53.

@

(f79r) 79

Et de cette 2e. mixtion sort une 3e. de laquelle
naissent les végétaux, et de celle-ci une quatrième
de laquelle naissent les brutes, et de celle-ci une
5e. de laquelle naissent les hommes.

54.

Et par ces degrés les genres peuvent être
transmués l'un en l'autre en voisineté
par rétrogradation toutefois.

55.

Or la nature fait cette transmutation d'un
genre en l'autre en séparant le pur de
l'impur, et ce en putréfaction.

56.

Et cela se fait afin que dans le pur et
homogène comme dans la matière plus prochaine
la chose quinte soit sauvée.

57.

Et cette séparation et déchassement des choses
répugnantes à pureté ne peut être faite
si le premier agent universel ne rend la
nature homogénée et simple.

58.

Et tant plus que telle séparation se fait et
plus il approche de la première cause et plus
nobles vertus se découvrent.

59.

Et tant se peut faire cette séparation
que toute matière de quelque genre que
ce soit prendra nature d'or.

60.

La 1ere. chose est donc, atténuer nature par la
chose quinte, tant qu'elle soit eau
claire, laquelle eau claire est tout or et
argent réduit en être des éléments.

61.

Car jaçoit que dans toutes choses soit
cette même substance en forme d'humidité
liquoreuse, laquelle après décoction parfaite

@

(79v)

peut endurer toute chaleur, pourtant elle ne peut
bonnement être trouvée qu'aux seuls métaux.

62.

Desquels on la doit extraire par une semblable vertu
gisante en toutes choses crues, lesquelles n'ont
encore terminaison qu'en médiocrité desquelles il
convient séparer les éléments.

63.

Et par le moyen de cette vertu crue il faut faire
sortir la nature cuite, chaude, et humide, aérée
subtile et congelée en espèce métallique.

64.

Car notre argent-vif, n'est point argent-vif vulgal,
ni en substance ni en nature, mais mercure
ph~ique de l'or et de l'argent approché par art
au premier être.

65.

Et cette matière sera beaucoup plus capable
de noble forme quand elle sera ainsi approchée
à la première cause: et sera pour lors appelée
sujet mercurial, converti en la 1ère. substance
d'argent-vif, laquelle jaçoit que puis après elle
soit menée en forme de terre blanche, fort noble
et subtile, pourtant est ce le principal matériel
des éléments, et sujet de tout l'oeuvre.

66.

Laquelle matière comme dit est se trouve en tous
lieux, et n'est que mercure et soufre, recevant
ingrés et vraie fixation avec la teinture d'or
par le magistère; mais cette nature crue
ci-dessus alléguée descend plus prochainement de la 1e.
nature quinte ou forme des formes que la
cuite.

67.

Et jamais ne sera trouvée dans métal dans sa
nature pontique et amère; si premièrement icelle
cuite et crue ne souffrent l'une de l'autre ainsi
comme font le mâle et la femelle.

@

(f80r) 80

68.

Car par cette action et passion ils se
parferont l'un l'autre et engendreront l'enfant,
et non autrement, ainsi comme rien ne peut naître
que de mâle et de femelle, jamais donc à l'oeuvre
ne viendra, quiconque ignorera la différence
de calidité et frigidité qui sont mâle et
femelle gisants dans l'humide radical des
métaux.

69.

La séparation de laquelle humidité onctueuse qui
est fort adhérente à sa terre, est impossible
par seule calcination, mais bien par notre
magistère, laquelle séparation est la création
de la pierre, et icelle humidité radicale
est la prochaine matière de l'argent-vif
philosophique, et son onctuosité est la prochaine
matière du soufre, lesquels ne sont point
séparés l'un de l'autre ni figés, mais sont le
mâle et la femelle hermaphroditement contenus
en un même sujet.

70.

Lesquels sont nettoyés pour être lumineux
et puis après fixés, or les deux genres de
notre pierre, savoir le masculin et le féminin
en eux contiennent certaines forces, et vertus,
qui produisent effets divers, comme est la
vertu appétitive et la vertu expulsive, les
vertus appétitives sont appelées masculines,
ainsi comme le feu chaud et sec, et la terre froide
et sèche, les vertus expulsives et digestives
sont appelées femelles ainsi comme l'air chaud
et humide, et l'eau humide et froide.

71.

Mais notre mercure dissout le soleil et se
teint par son sang, qui est le mâle auquel

@

(f80v)

est jetée la femelle convenante qui est la lune, laquelle
reçoit le sang de lui et conçoit de lui, et puis après
est fermentée jusques à l'enfantement, ce sang
est notre argent-vif lequel devient noir et puis blanc,
puis rouge duquel seul nous avons métier, parce qu'il
contient toutes choses et n'est autre chose
qu'or et argent liquéfiés par le feu duquel
Lullius dit

72.

L'argent-vif se congèle par l'eau aiguë après
s'être dissous et puis se change en sang
apostumé, et est appelé eau aiguë; notre argent-
vif n'est donc pas le vulgal, mais c'est une
eau d'une autre nature, laquelle se fait par art et
par résolution ténébreuse, c'est à savoir corruption
et putréfaction naturelle, car notre argent-
vif est tiré de l'or et de l'argent transmués en leur
première matière par degrés physicaux.

73.

Donc nul argent-vif vulgaire ne peut être notre
argent-vif, par quelque manière que ce puisse être,
encore qu'il y a certain degré de l'opération, qui est
appelé argent-vif vulgal, qui est une façon de
parler par similitude, car les sages ont deux
façons de parler, à savoir vulgairement et
philosophiquement.

74.

Les moyens et extrêmes ph~iques sont les matières
fort purifiées; et quand nous disons argent-vif
vulgal, cela est en similitude de celui qui
est comparé à celui qui est vivifié par art; dont tous
nos argents-vifs sortent d'une seule minière,
et reçoivent perfection selon les degrés opératifs
dont nous avons plusieurs argents-vifs.

75.

Dont Aristote dit nous avons trois argents-vifs,
le premier desquels est un feu qui brûle le
corps, le second est l'âme qui se tire par

@

(f81r) 81

putréfaction, par laquelle iceux corps sont lavés
de leurs saletés, et le 3e. n'est que quintessence,
laquelle est l'âme de toutes choses.

76.

C'est pourquoi il est dit que l'argent-vif est
dans tout corps corruptible et que toutes
choses viennent de limosité, et c'est la raison pourquoi
il est appelé argent-vif commun, c'est à
savoir commun à toutes choses.

Chapitre 4e.

Des moyens, et extrêmes
de l'oeuvre


77.

La pierre n'est autre chose qu'une quintessence
descendue du ciel en terre qui donne vie à
toutes choses du monde: donc sa première origine
est au ciel: et secondement et selon l'art dans
l'or et l'argent, desquels faut faire mariage,
par le moyen des natures crues aux influences
corporifiées, mais la voie est inconnue de
plusieurs, quoiqu'elle soit commune et devant
les yeux d'un chacun.

78.

Dont Raimond dit que ce n'est autre chose
qu'un régime de décoctions et opérations réitérées,
et moi je dis que corruption d'une forme
est génération de l'autre sous conservation
toutefois de l'espèce: car il faut bien se
garder de sortir du genre métallique, mais
se tenir toujours à la ligne de ce genre,
et cela se fait par la vertu de la quintessence
et conservation du feu naturel contenu en la matière,
il faut donc corrompre le corps et en faire
séparation.

79.

@

(f81v)


Toutes les choses qui succèdent les unes aux
autres sont moyens extrêmes l'un à l'autre, donc
les moyens instrumentaux et les moyens
extrêmes de l'art ne sont point différents, sinon
qu'on pourrait nommer le feu commun moyen,
qui ne serait pas entre les extrêmes.

80.

Or nous avons des eaux, des argents-vifs,
et des ferments, lesquels ne sont qu'une même
chose, mais ont pourtant chacun diverses forces
et qualités, ainsi qui les ont acquises par leurs
triples décoctions car ils sont dits triples,
à savoir 3. eaux, 3. argents-vifs, et 3. ferments.

81.

Quand tu voudras dissoudre un corps, sache sa
vertu proportionnée, de peur que la vertu du feu
contre nature ne surmonte sa vertu naturelle, car
en cette chose gît tout le péril de l'oeuvre, et en ces 3.
esprits notre pierre se dissout, donc dit Remond la 1ere.
eau est célestine, dans laquelle la 1ere. terre est
dissoute du métal, et est nettoyée et lavée, la seconde
est une eau claire et plus simple, laquelle est un
moyen entre l'esprit et l'huile, dans laquelle la
seconde terre est lavée; la 3e. terre est lumineuse
et est élevée par ses ferments et incérée de la 3e.
eau.

82.

La première de ces terres se prépare
premièrement de la seconde moyenne par un 2e.
principe et la 3e. se parfait par le 4e. ou dernier
principe, or l'eau corruptible dissout l'or et
le subtilise en air, la 1ere. eau fait la pierre volatile,
mais l'autre la fixe.

83.

Pour dissoudre le corps blanc il faut de
l'élément de l'eau dudit compost, mais pour

@

(f82r) 82

dissoudre l'or, il faut l'élément de l'air, qui est plus
chaud que celui de l'eau, et quiconque veut rectifier
la lunaire, qu'il la fasse passer par la terre afin
qu'elle se multiplie et sa force soit augmentée.

84.

Le blanc est pour le blanc, et le rouge pour le rouge,
et l'ablution de la terre se fait avec la 1ere. eau
rectifiée, mais l'ablution du feu se fait avec la
seconde, et grande faute arrive si on fait autrement,
car si on veut séparer les deux susdits éléments
avec la seconde, il faut seulement diviser cette
seconde en deux parties égales, l'une pour l'un des
dits éléments, et l'autre pour l'autre, gardant de là
en avant toujours le rouge pour le rouge, et le
blanc pour le blanc, or cette eau rouge n'est
pas rouge, mais a puissance de rougir, car
l'huile qui est tirée du corps de laquelle on
incère, retient toujours la couleur de l'esprit
jusques à l'épaississement et prend en l'or,
couleur d'or, et en l'argent couleur d'argent,
paraissant toujours blanche, comme argent-
vif liquide, quoi qu'elle soit rouge en son
intérieur.

85.

Car le corps se fait premièrement eau
visqueuse, puis eau permanente, puis eau
claire, et enfin comme argent-vif vulgal,
dont l'eau est blanche, l'huile safranée
et la terre pâle: l'eau nettoie et lave, et l'air
et le feu teignent et font couler, et il y a
dans tous corps trois vertus, la première est la
forme des formes descendant du ciel et est
l'instrument de la nature, la seconde est
l'intrinsèque des composés qu'il faut tirer par
dépuration, la 3e. est la chose de laquelle naît
notre chose, et cette 3e. peut être entendue
par la seconde, laquelle 2e. est influée aux
humides radicaux, et est le mercure d'iceux

@

(f82v)

qui nourrit et fait croître toutes choses et avec icelui
tu laveras et dissoudras, et sans lui rien.

86.

Or premièrement ainsi que nous voyons par la
similitude du grain, lequel ne végète qu'après une
humectation aérée et une résolution causée par
l'agent universel pour venir à putréfaction et jusques
au point de génération: et en suivant icelle similitude
tu ajouteras matière humide à notre pierre
pour la mener à corruption, de laquelle matière
humide Remond dit, que le menstrual puant
est une chose vile, par laquelle tous corps sont
réduits à leur première matière, car une chose
menée à corruption est appelée puante, ce qui a
trompé les sots qui l'ont cherchée dans la merde.

87.

Sans cette eau nulle putréfaction ne se fait, et sans
putréfaction ne se fera jamais génération, et d'icelle
viennent tous les trésors de la terre; ce menstrual est
eau minérale, non terminée en espèce de métal, et
tient en son ventre le feu contre nature, sans
lequel tu ne peux commencer, et pour avoir icelui
menstrual, il faut avoir recours aux principes
naturels qui sont les humides radicaux, lesquels
moyennant le soleil, se terminent en métaux
parfaits, car l'humide radical n'est autre chose
que la substance d'argent-vif imprégnée de la
chaleur du soufre.

88.

Or en ce menstrual l'or et l'argent sont dissous
par ce qui est prochain de la nature d'iceux, et
par icelui les corps sont corrompus sans destruction,
car c'est leur mère, mais ce menstrual brûle
seulement en iceux toute combustibilité sans
offenser la pure nature, et rejeter les choses
étranges et les séparer des pures.

89.

Or les moyens et extrêmes et argent-vif
sont en ces eaux, et ce sont les moyens

@

(f83r) 83

instrumentaux, par succession les uns des
autres, signifiés par Remond en ces termes

90.

L'eau du lion vert conjointe au métal est extrême
d'une part, et la pierre de l'autre, et les moyens
entre iceux sont et desquels sort notre
argent-vif.

91.

Donc notre argent-vif n'est autre chose que le
corps même liquéfié et putréfié, duquel la pierre
est créée étant purifié, or le premier extrême de la
pierre est notre argent-vif d'un côté, et l'élixir de
l'autre, lesquels extrêmes nous tirons des dits
moyens, mais l'argent-vif et les métaux sont
aussi extrêmes, donc le moyen doit participer
de la mollesse de l'un, et de la dureté de l'autre;
la première extrémité de la pierre est notre
argent-vif, et l'autre l'élixir, et pourtant le
métal nous est un moyen entre iceux, qui est
appelé real en notre magistère.

92.

De la putréfaction.

Chapitre 5e.

L'or et l'argent sont tempérés au dernier degré
et perfection, mais ils n'ont perfection que pour
eux, de sorte qu'ils ne peuvent pas donner perfection
aux métaux imparfaits, le tempérament est les
faire monter à un degré bien haut, mais ainsi comme
la nature n'a pu rien faire davantage, sans
l'aide de l'art, aussi l'art ne peut pourtant
rien sans nature, il faut donc marier l'art
avec la nature, qui sont les deux instruments,
par lesquels l'or sortira de tempérament et puis y
rentrera, et tant plus il sera éloigné d'icelui et
mieux il le recouvrira.

@

(f83v)

93.

Car quand le corps est en un terme fort éloigné
de tempérament par la roue de corruption,
il est alors le lieu propre de génération et capable
d'attirer plus d'humeur, qu'il n'en avait perdu.

94.

Or nul soufre incombustible ne se trouve
qu'en l'or et l'argent, et partant c'est en iceux
que l'on doit chercher une médecine qui puisse
pénétrer au profond des imparfaits métaux.

95

Le régime est divisé en quatre parties, la 1.
solution: 2. dépuration, 3. réduction, et 4.
fixation, la solution n'est autre chose que la
putréfaction, et la chose qui consiste d'icelle est
une matière limoneuse et aqueuse minérale
dans laquelle la nature est nettoyée par icelle
putréfaction.

96.

Cette putréfaction n'est que simple déliaison
des parties subtiles descendantes de la première
nature en genre, dans laquelle la chaleur
naturelle et la chaleur informative doivent
croître, d'où sort notre argent-vif.

97.

Nul métal en sa nature métallique ne peut
recevoir la forme l'un de l'autre à raison de
leur corps; mais la matière étant dégagée
dudit corps, peut être préparée à recevoir
la vertu informative infusée d'en haut.

98.

Et pour ce il faut que l'intérieure et
pure nature humide soit résolue par
subtiliation de sa grosse substance: et puis
après on en pourra séparer parfaitement le
froid et humide matériel moyennant la

@

(f84r) 84

putréfaction et non autrement, car nulle matière
ne peut être changée parfaitement de nature
en nature sinon après la putréfaction.

99.

Dans la corruption la forme se perd,
mais la composition spécifique ne se perd point,
mais seulement se dépure de ses saletés
extrinsèques, de laquelle putréfaction et
purification Remond dit, que pour purger
les éléments la terre et le feu se calcinent,
et les autres par une septénaire distillation
sont délivrés de toute adustion du menstrual
puant.

100.

Donc après la putréfaction les éléments
doivent être séparés puis purifiés, puis
faits argent-vif en façon d'eau claire, puis
le mâle doit être conjoint à la femelle.

101.

De ces quatre vertus ou éléments deux
sont dans le mâle, et deux sont dans
la femelle, et pour ce ils agissent
toujours l'un contre l'autre, tant que la
vertu quinte les mette d'accord: ce qui se
fait en sortant du compost par corruption
et solution, car alors les éléments se
séparent.

102.

Cette roue des éléments n'est autre chose
que le changement du sec en froid, et
du froid en humide, et de l'humide en
chaud, mais auparavant il faut rétrograder
nature en masse confuse grasse et
luteuse composée des quatre éléments
minéraux, dans laquelle l'eau et le froid
dominent, puis il faut attirer ladite substance
toujours de qualité en qualité par séparation

@

(f84v)

des parties correspondantes en qualités aux 4.
éléments; à savoir terre sèche, eau froide,
air humide et feu chaud.

103.

La quintessence est cachée sous chacune desdites
parties et sort peu à peu de la même
masse, jusques à ce qu'elle ait la perfection
entière, dont la Tourbe dit, pourris quarante
jours, puis sublime neuf fois puis encore
pourris etc.

104.

Par ainsi nos corps sont purifiés et animés
de puissance en acte, ce qui ne se peut faire
qu'après la corruption, car les corps
métalliques à raison de leur solidité ne
peuvent arriver à perfection, si au préalable
ils ne sont formellement transmués par
l'agent universel en corps simples, et
nous disons corps simples à la différence
de ce qu'ils étaient auparavant que d'être
corrompus.

105.

En cette première solution le corps est fait
noir, qui est signe que la chaleur naturelle
commence à corrompre le corps, et cette
corruption du corps est la première porte,
sans laquelle rien ne se peut faire, mais la
verdeur précède la nigreur par débilité de digestion
et est signe que le feu de nature n'est pas encore
suffisamment allumé pour raréfier et dissoudre les
parties terrestres de la matière, et cela se fait
par la vertu du feu de nature, moyennant celui
de l'art, qui est comme l'instrument par lequel
l'artiste change la matière d'une disposition
en l'autre.

106.

Mais quand le feu élémental surmonte le
naturel, il le dissipe et le contre nature

@

(f85r) 85

détruit l'espèce s'il surmonte le feu naturel de plus
d'un degré, et par conséquent lui fait perdre sa
force d'engendrer, car comme dit est le feu naturel
enclos dans la matière conserve l'espèce d'icelle,
et doit être conforté par le feu innaturel, et doit
être excité par le feu élémental.

107.

Et par ainsi le feu étant bien approprié et la
matière bien disposée, la vertu céleste multiplicative
sera influée et tout ce que la vertu élémentale
peut faire dans les vases naturels, elle le
fera aussi dans les vases artificiels; car le
feu fera l'office du soleil, pourvu qu'il n'excède
la vertu motive qui est infusée d'en haut dans
la matière.

108.

Et partant le feu doit être tel et semblable
à la vertu motive et informative qui est
infusée d'en haut, et par ce moyen la matière
sortira de puissance en effet: et par ce moyen
nous engrossissons nos eaux minérales
d'une infinité de vertus célestes, et par
ainsi tant de vertus célestes ramassées
en un petit corps fait de merveilleux effets,
tant aux corps humains, qu'aux corps des
métaux, ainsi qu'un basilic tue de son seul
regard.

109.

De la réduction et
blanchissement de la pierre.

Chapitre 6e.


Raymond dit que deux spermes
changent la liqueur menstrualle en humide
radical par lequel est en après l'enfant nourri,
et de ces trois il faut tirer le grand dragon,

@

(f85v)

car c'est lui seul qui altère les métaux: or la pierre
qui vient de ces trois est unique, et on n'y doit rien
ajouter, que ce qui est sorti d'elle, car les
éléments étant séparés et purifiés il faut faire
la réduction de l'humide sur le sec approprié,
et tout ne sera que pur mercure qui se pourra
parfaire à l'infini, ainsi le grand dragon d'où
est sorti l'esprit sera exalté dans les
flammes ou fleuves, mais il faut bien garder
la mesure en rendant l'eau au corps igné,
qu'il ne soit submergé mais qu'il convertisse
l'eau à soi.

110.

Car tout le péril ou l'utilité est d'animer
l'enfant avec une humeur de la quintessence
et chaleur ingénieuse pour conserver l'âme
finement et qu'elle ne sorte par force du feu;
or pendant ce nourrissement et animation
la matière se change de couleur en couleur,
d'où il est dit, qu'il faut imbiber ce corps
qui est venu noir de son eau propre, l'arrosant
et décuisant petit à petit tant qu'il
devienne blanc.

111.

Après l'imbibition il le faut sublimer en
donnant le feu comme pour sublimer mercure
vulgaire et il se sublimera en terre blanche
feuillée, mais premier il faudra faire l'épreuve
sur la lamine tant qu'il vole, mais prends
garde ne faire les imbibitions que peu à peu
en digérant de 8. jours en 8. jours, et ne faire
pas une mer pour un gouffre, car l'enfant
doit toujours demeurer altéré.

112.

Il faut continuer cette oeuvre tant que la terre
soit faite blanche et imbibant et desséchant
doucement, ces dessèchements ou calcinations,

@

(f86r) 86

sont faites, afin de séparer de la terre l'aquosité
mercurialle, qui doit être bien conservée,
d'autant que c'est l'urine de l'enfant.

113.

Or quand la terre aura bu toute l'eau
du mercure, la matière doit être sublimée
à fort feu et monte en fumée, qui s'attache
en poudres blanches au côté de la cucurbite,
lesquelles seront très blanches et reluisantes
comme talc, et quand ladite pierre sera
montée, réitère la sublimation sans ses
fèces qui étaient restées au fond.

114.

Or ce qui sera au plus haut du vaisseau
sera une poudre subtile, qui n'est pas
bonne avec cette pierre, mais ce qui sera
au milieu, sera une substance moyenne
d'argent-vif, laquelle doit être ramassée
soigneusement qu'elle ne s'en aille en fumée:
c'est là notre terre blanche feuillée coagulante
ainsi que fait la tourneure de l'agneau,
à laquelle il ne faut rien bailler d'étrange,
mais chose de sa nature, cette terre feuillée
est notre pierre créée, et notre enfant qui est
né, notre soufre, arsenic, cendre, et
sel de nature.

115.

Cette terre doit être fixée en son feu et
infigée avec lui ainsi comme par forme
de nutriment; de sorte qu'avec son ferment
elle soit rendue fluente comme cire
sans fumée, résistant à tout feu.

116.

Travaille avec cette terre feuillée pour
l'argent et promptement qu'elle ne vieillisse, et
la conforte avec ferments blancs.

117.

@

(f86v)

De la rubification de
la pierre.

Chapitre 7e.

Jaçoit qu'aucunes choses soient hors rang en
ce livre et notamment aux 5e. et 6e. chapitres de ce livre,
néanmoins tout est véritable et assez déclaratif.

118.

L'oeuvre rouge selon les sages ne diffère point
du blanc, sinon qu'il le surpasse en chaleur graduelle,
et requiert imbibitions à lui convenantes.

119.

Or parce que je n'ai point parlé de fermentation,
sache néanmoins que tout argent-vif doit être
fixé avec le ferment du soleil et de la lune,
avant que faire projection, car après un noble
ferment il convertit tout métal en sa nature
d'or ou d'argent.

120.

Donc l'or seul est le ferment des métaux
et le seul argent-vif reçoit la teinture d'icelui
ferment, et l'argent est pour .

121.

Après ces choses tu conjoindras le sperme
masculin, c'est-à-dire le soufre rouge dissous
et caché en l'eau avec le sperme féminin,
ou terre feuillée recueillie ci-devant.

122.

Et que la conjonction soit faite par
manière de contrition, imbibition et lente
décoction tant qu'il soit dissous en
eau rouge, et le tout soit fait une
même chose.

123.

@

(f87r) 87

Lequel en après sera congelé par manière
de réduction, et puis soit redissous et cuit
tant que tout soit fait rouge.

124.

L'imbibition soit faite par les plus petites parties,
et le dessèchement d'icelles met tout en poudre
déliée, c'est à savoir dissous tout en eau de
sang mercurial, et puis faut sublimer à fort feu,
afin que la substance blanche non teinte, se
sépare, et le reste se dore, teigne, digère,
et rubifie.

125.

Notez que ce qui montera en haut en poudres
subtiles est le soufre blanc sublimé, et
ce qui demeure au fond est le soufre fixe
rubifié avec le feu de la pierre lequel
était invisible auparavant, et duquel
l'élixir est accompli.

126.

Notez aussi que le soufre blanc doit
être fixé sur le corps blanc, et le soufre
rouge sur l'or, c'est à savoir avec le corps
d'où il a été tiré dès le commencement
et sera tout élixir.

127.

Mais quand tu voudras fermenter mêle le
soufre avec le corps et tout sera ferment,
réduit tout à sa nature: il y a encore une
autre fermentation pour laquelle le corps
est simplifié et préparé en poudre
calcinée, dissoute et fixée pour reprendre
son propre ferment que nous appelons huile.

128.

Mais qui voudrait préparer le corps d'argent
et le soufre d'or par ensemble, n'aurait qu'argent
en nature, mais or en couleur seulement,
c'est pourquoi chaque ferment soit donné
à sa nature.

129.

@

(f87v)

Or maintenant le soufre requiert plus
forte viande, parce qu'en sa fixation il lui faut
donner le corps fixé et ce sera tout ferment
en poudre sèche.

130.

Les âmes, les huiles et les onguents, notre or
et notre argent qui ne sont qu'une même chose,
sont les vrais ferments, mais il faut bien préparer
le ferment avant que de lui adjoindre l'âme, car jà
l'esprit ne se joindra au corps, si le corps n'est
bien subtilié en façon d'esprit fermental,
autrement tout s'en irait en fumée.

131.

Tant plus tu subtiliras et tant plus il ira
haut en projection et perfection, et de plus les
choses grosses ne se joignent pas bien avec
les simples.

132.

La ainsi que nature l'a formée est le ferment
au blanc à raison de son tempérament, mais notre
soufre est appelé venin à raison du défaut
de tempérament, par quoi il corrode et mange
tout de sa queue propre qui est l'eau, et aussi
à cause qu'il participe encore du feu contre nature,
ce qui cause encore quelques réincrudations du
corps fermental, par icelui notre soufre,
lequel n'y est approprié.

133.

Et pour ce plusieurs ont erré en ce point, pensant
préparer ce ferment avec nouveau menstrual,
auquel est le feu contre nature, n'avisant pas
qu'il faudrait repasser par autant de
réincrudations qu'en la pierre même premier et
avant qu'il fut au même tempérament, et ce à raison
de l'éloignement de tempérament qu'a ce dit
menstrue: car notre oeuvre menée par divers degrés
acquiert autant de vertus qu'elle passe de marches.

134.

@

(f88r) 88

Et iceux degrés ou marches sont les
différentes nominations de toutes les choses
ci-devant déduites, lesquelles ont affinité
par leur voisinage, plutôt que par
leur éloignement.

135.

Récapitulation

J'ai commencé ce présent traité des plus
signalées et nécessaires choses que j'aie pu
trouver dans les plus célèbres auteurs,
lesquelles j'ai mises par ordre avec leur
explication, pour servir de miroir aux enfants
de l'art les tenants toujours entre leurs mains.

136.

Jaçoit que j'aie omis quelque chose
de la vraie science: comme les distinctions
des trois genres avec leurs menstrues différents,
urines et sang, qui sont ainsi nommés pour
faire varier ceux qui ne savent que toutes
choses hétérogènes ne sont point de notre intention.

137.

Or tout ce que j'ai écrit n'est que pure vérité
découverte et tirée d'entre les obscurités
et façon de parler des sages.

138.

Jaçoit que quelque sentence d'iceux suivie de
point en point peut être frauduleuse
en quelque façon, à raison des lieux et
significations des paroles littérales.

139.

Pourtant tu pourras éviter la fosse d'erreur,
en appliquant et rangeant le sens littéral
des 3. 4. et 5e. chapitres, aux deux autres
chapitres praticaux, car c'est la coutume des
sages de ne mettre la vérité dans leurs écrits

@

(f88v)

sinon par pièce détachée, et non de suite afin de
repousser les mondains et méchants.

140.

Partant il faut chercher en leurs écrits
lumière dans les ténèbres, en accordant
bons auteurs les uns aux autres aux lieux
où ils nous semblent se contredire.

141.

Car l'un dira que notre argent-vif est de genre
féminin, un autre dira qu'il est masculin,
un troisième les accordera disant qu'il est
hermaphrodite d'autant qu'il contient les
deux natures ensemble.

142.

Car il n'y a point de corps naturel qui ne
soit composé des trois natures, masculine,
féminine, et neutre, quoi qu'il soit dit
qu'il n'y a que les deux règnes de
végétal et minéral, qui soient hermaphrodites
et non les animaux.

143.

Pourtant ils ont en leurs secrètes compositions,
le sel soufre et mercure ou et
aussi bien que les végétaux et minéraux puisqu'il
n'y a rien sous l'orbe lunaire qui diffère
en composition.

144.

Or donc les métaux ainsi comme toutes
les autres choses du monde sont composés
des quatre éléments et d'une quintessence,
laquelle est comme le coeur et centre
d'iceux éléments, et jaçoit que dans les
métaux il semble que la sécheresse y
domine et portant il y a grande humidité,
laquelle ne paraît pas que dans la fonte.

@

(f89r) 89

145.

Ainsi comme dans la cire l'humide est
fort abondant, et pourtant est si bien mêlé
avec son sec que les qualités semblent inséparables
à ceux qui n'en ont pas vu la séparation.

146.

Et quand les 2. parties de la cire sont
séparées qui les putréfierait et nettoierait
philosophiquement on les ferait médecine
bien d'autre vertu que l'huile, simple ordinaire.

147.

Mais l'avarice empêche la recherche de
tels secrets et les ânes médecins
courent aux effets sans chercher les
causes, et les ignorants font avaler herbes,
marc et tout aux infirmes, dont leur
estomac ne pouvant se décharger souvent
encourent la mort.

148.

De plus les ânes mettent aux restaurants
et confections des fragments d'or et de
perles, ne jugeant pas qu'en tel état
que l'homme prend l'or il le rend au même
état, en quoi ces pendards font bien voir
qu'ils ont connaissance que dans l'or il y a
grande vertu, mais jamais ne profitera
de rien tant qu'elle sera attachée à son
corps duquel elle ne pourra jamais être séparée
par autre voie que par celle de notre
ph~ie; et ces méchants qui ne connaissent
point cette science admirable jettent des
blasphèmes contre icelle et ressemblent
au renard.

FIN

@

(f89v)

@


Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


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