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Page

Réfer. : 1724 .
Auteur : Vauquelin-Yveteaux 3
Titre : Pierre des Sages.
S/titre : Bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle.

Editeur : Mss 360.
Date éd. : 16xx .
@

NOTE :

Dans ce document, au niveau de la numérotation des
pages, une seconde numérotation (au crayon) est ajoutée.
Comme cette numérotation ne croît que de 1 toutes les
deux pages, cela suggère que l'original copié devait être
écrit sur folio, ou encore écrit sur deux collonnes par
page. J'ai ajouté ces chiffres entre parenthèses.

Dans ce traité, l'auteur, à plusieurs reprises, promet
des développements à la fin du livre. Cependant ils n'y
sont pas.
J'ai pu trouver une copie de ce même traité, qui lui,
comporte ces développements. Cependant je n'en ai pas
pu trouver l'origine. Je le met toutefois, pour le lecteur
curieux, sous le nom de Perrier, que l'on pourra donc
trouver par la liste des auteurs.

Le Traducteur.

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@

539


Pierre Des Sages
Par Perrier cité dans le Désir
Désiré de N. Flamel.
et son Parent.
Simon Picard S.r du Bois
était son Filleul.
ou neveu.
Préface chapitre I.er
Mon fils après avoir longtemps
consulté en moi-même si je vous
devais laisser par écrit les secrets
cachés de la Cabale des sages,
l'extrême vieillesse ou je me trouve
m'a fait enfin résoudre à vous
donner par ces lignes les derniers
gages de mon affection. J'ai cru
ne pouvoir vous en laisser de
plus grandes preuves, qu'en vous
révélant ingénument, sans aucune
énigme ni ambiguïté de paroles,
l'entière pratique de la vraie
composition de la Pierre des pphes,
ou se rencontrent des connaissances
les plus désirées et les plus relevées
de la nature.-------------------
Or pour vous donner fidèlement la vraie
instruction de notre industrieux
artifice, et vous découvrir cordialement
l'endroit ou nous cachons les clefs
qui peuvent ouvrir toutes les portes
des secrets de la nature, je ne vous
dirai que les choses qui sont essentielles
à notre sujet, et n'embrouillerai
point votre esprit par une
quantité de paroles fausses et superflues,
ni par des similitudes de
divers noms de notre simple et unique
matière, dont les pphes usent dans leurs
livres pour instruire les vrais enfants
de la sagesse, et pour détourner les
ignorants et faux disciples du droit
chemin de la vérité ; mais pour moi
mon fils, je vous parlerai clairement et
véritablement, et ne vous dirai que ce
qui sera nécessaire pour la composition
de ce merveilleux ouvrage.
@

540 (278)

Je vous donnerai exactement la vraie
connaissance de notre unique matière,
je vous apprendrai à faire le sel essentiel
de sagesse ou des sages et le des
pphes. je vous enseignerai la vraie
source de l'eau vive et permanente, qui
est l'eau de vie céleste des enfants de
la science, et vous enseignerai l'art industrieux
pour la puiser dans le centre et le plus
profond du puits de nature, je vous
donnerai parfaite et entière connaissance
de l'occulte calcination pphique
des pphes, qu'ils n'ont jamais voulu
révéler par écrit, et ne l'on révélée
qu'à l'oreille de leurs enfants et disciples
secrets.
En ce discours je vous apprendrai les
imbibitions et lavements non communs
des sages pphes, je vous enseignerai l'eau
ignée ou feu aqueux, dont ils se
servent pour laver et blanchir notre
terre vierge.
Je vous montrerai comme pourrez pphiquement
blanchir vivifier et animer notre
* L ou composition précieuse * matière, les pphes la baignant
* L'esprit ou de dans des flammes * de feu, qui est
l'athanor. un secret qu'ils n'ont jamais voulu
mettre dans leurs livres, et ne l'ont
appris qu'à leurs intimes amis cabalistes,
et de plus je vous donnerai la manière
de faire et bien dresser le vrai * feu
incombustible et perpétuel des sages
et anciens pphes, et pour le dernier
je vous enseignerai à faire sans aucuns
corrosifs la vraie d'or des pphes,
qui ne se remet jamais plus en corps,
de laquelle ils se servent pour incérer et
donner ingrès et la fusion à leur
précieuse matière, cette d'or est encore
le très grand et souverain remède universel
contre toutes les maladies qui
arrivent au corps humain, car elle
est très certainement le grand or potable des
anciens pphes, et de toutes ces choses
je vous apprendrai effectivement
l'entière pratique manuelle.
Or je crois que vous ne doutez pas que
la pratique de notre oeuvre ne soit
@

541

une chose très aisée et facile à faire,
parce que vous m'avez souvent ouï dire,
qu'après que nous avions déclaré le
secret de notre cabale, l'on trouvait
que le travail des opérations n'était
que jeu d'enfants, et ouvrage de femmes,
qui sont beaucoup plus divertissants
que pénibles : mais mon fils, parce que
ce livre que je fais uniquement pour votre
seule instruction, ne traite autre
chose que de la vraie alchimie pphique,
avant que d'entrer en matière,
je désire vous apprendre ce que c'est
qu'Alchimie, et ensuite vous faire
voir les chimiques vulgaires, et
les vrais pphes.
Définition de l'Alchimie
chap. 2.e
Mon fils vous savez que le mot
d'Alchimie en langue Arabe veut
dire l'art du feu. Or l'Alchimie est
une partie très secrète et cachée de la
pphie naturelle, et même le plus nécessaire
de la physique, de laquelle il est fait
et constitué un art, lequel est non pareil
et incomparable à tous les autres,
parce qu'il enseigne à conduire et mener
toutes les pierres précieuses imparfaites
dans une grande perfection, et tous les
corps humains malades, dans une
pleine et parfaite santé, et de plus
de transmuer tous les corps des métaux
en vrai et vraie , par le moyen d'un
corps médicinal et universel, auquel
toutes les particularités des autres
médecines sont réduites, lequel corps
médicinal est accompli, et fait manuellement
par un très secret et industrieux
artifice, révélé aux seuls enfants de
vérité : mon fils, apprenez que cette science
est nommée fleur de sapience,
à cause que par elle l'entendement humain
est épuré subtilisé et convaincu par
la vérité des expériences, dont nos
yeux sont fidèles témoins.
@

542 (279)

Plusieurs ignorants doutent de la
possibilité de la chose, mais vous et moi
avons vu si la composition de la Pierre
des pphes est menterie ou vérité, et cette
admirable connaissance de l'Alchimie
donne une voie à l'entendement humain
comme l'on peut entrer vivement et profondément
aux vertus divines.
Différence des chimistes C. et vrais pphes.
Mais quoi que je vous dise de l'Alchimie, je
n'entends néanmoins pas parler de celle
qui se pratique aujourd'hui parmi nos
modernes, car je fais une très grande et notable
différence de l'Alchimie qui se pratique
communément, à celle des vrais
pphes, des travaux des chimistes du
temps et de ceux des enfants de la science,
et pour ne vous point tromper dans une
affaire de si grande importance, c'est que
pour le 1.er précepte de votre instruction,
je vous défends la fréquentation de ces
faux disciples, et donneurs de recettes.
J'entends parler des chimistes vulgaires,
qui étant aveugles et ignorants des
occultes secrets de notre art, ne manqueraient
pas de vous détourner du
droit chemin de la vérité que je vous
enseigne, pour vous faire suivre les fausses
opinions de leur folle fantaisie.
Et sachez qu'il y a autant de différence
des vrais pphes aux chimistes vulgaires
qu'il y a de la nuit au jour, pour preuve
de ce que je dis, c'est que tous les vrais
pphes qui ont travaillé à notre grand
oeuvre, se sont accordés à ne prendre
qu'une même matière pour faire
leur pierre, et les chimistes emploient
et se servent de toutes les matières
qu'ils peuvent recouvrer, pour parvenir à
ce qu'ils désirent. Les vrais pphes travaillent
lentement sans frais et sans bruit, ils
font et accomplissent leur ouvrage avec
un seul vaisseau, un feu, et une ou deux
matières, il est au contraire des chimistes,
car leurs travaux sont très violents et se
font avec beaucoup de dépense, et grand
embarras de fourneau, de divers vaisseaux,
plusieurs et différents feux, et d'une infinité
de matières différentes. Dieu de
rien a fait toutes choses, et les
@

543

chimistes de toutes choses ne font
rien, mais les vrais pphes en imitant
la nature, de peu de matière font grandes
choses. L'on pourrait encore rapporter
contre les chimistes beaucoup d'autres
choses aussi véritables, mais en voilà
assez pour vous faire connaître que vous
seriez dépourvu de jugement, si connaissant
les choses les plus relevées de la
nature, que je vous enseigne dans ce
petit traité, vous alliez impertinemment
rechercher des conférences avec des gens
qui sont aveugles et ignorants en cette
haute science, et sachez que je ne fait
ce chapitre que pour vous apprendre en quoi
consiste l'excellence de la vraie chimie
pphique, et le parallèle que je fait du
pphe avec le chimiste, ne tend qu'à
vous faire connaître que chez les pphes
vous trouverez toujours la sagesse et la
vérité, et chez les chimistes l'ignorance
et le mensonge.
Or maintenant que je vais vous apprendre
et déclarer la pratique de l'ingénieux
et facile labeur de la grande oeuvre des
pphes, je veux vous dépeindre comme
un tableau ce jardin naturel des pphes,
dans lequel les vrais enfants de la
science, sèment plantent et transplantent
l'arbre Oraire et Lunaire des sages, par
l'exemple que je vous donnerai, vous
remarquerez que tout le soin, les travaux
et les industries des pphes, ne tendent
et ne consistent qu'à bien préparer
leur terre, et en imitant les bons
laboureurs, après l'avoir ainsi soigneusement
et pphiquement cultivée, ils
jettent simplement leur semence métallique
dedans, qui par succession de temps
produit naturellement l'arbre solaire.
Pour semer et transplanter pphiquement
L'arbre d'Or des phes.
Cha. 3.e
bien pur Mon fils vous savez que le grain de blé
que l'on sème en la terre doit être parfaitement
mûr et net, sans aucun défaut
ni corruption, ni que l'on aie rien altéré
de son sel végétable, pour qu'il puisse
bien fructifier.
@

544 (280)

Si donc avec ces choses ainsi requises
il est jeté dans un champ fertile, qu'il
soit bien engraissé, la nature alors
recevant ce grain le résout et le délie
ou le dénoue des liens de sa 1.e fixation,
afin que par ce moyen il soit conduit et
avancé en la vigueur de ses forces spermatiques,
et cela même se fait par le seul
travail de la nature, dans une fertile
terre salée par l'air chaud, et par les
rayons du soleil, et puis après aidée de
la corruption des 4. qualités élémentaires
il devient pur et parfait.
Vous voyez par ces choses que je viens
de dire, que le grain de blé se pourrit,
et comme par cette putréfaction il devient
mol, s'enfle, et se dépouille de son écorce.
je veux dire que l'âme ou bien la vie
qui est détenue ou cachée dans le grain
de blé, étant éveillée se fait voir et connaître
; car dès aussitôt que cette âme
est libre et vive, elle produit et rejette
1.ent une petite feuille fort déliée, et
puis après un petit chalumeau fort
tendre, auquel mettant un noeud elle
monte de là en haut, aidée de la chaleur
de l'air avec l'humeur et humidité de
la terre, elle va continuellement en croissant
jusques à la hauteur convenable,
pour l'épi produisant les grains avec
la paille et leurs petites cachettes qui
fleurissent en leur temps, lesquels grains
étant parfaits et mûrs avec leur
chalumeau aussi, la nature pour lors
embellit comme d'une couleur dorée, et
par ces choses que je vous viens de dire
vous remarquerez que le grain de blé
qui avait été mis et jeté en terre était
mort : mais l'âme laquelle la nature
avait auparavant enfermée en lui étant
déliée et séparée par la putréfaction,
fait alors l'accroissement du chalumeau
ou tuyau de blé, elle monte et devient
derechef en épis de blé, s'étant rendu
cent fois plus noble et plus vertueuse
en forme et vigueur, car si le grain n'eût
pourri dans la terre, jamais l'âme qui était
cachée et renfermée dans lui, n'eût pu
croître en noblesse et vigueur. Notez en ce que
je viens de dire des 3 origines et mêmes
différentes choses du grain nouveau.
@

545

1°. du grain putréfié en terre 2°. du tuyau
croissant de la terre 3°. de l'épi qui naît
du grain et du tuyau. 4°. de ces trois sort
la 4e. à savoir le grain nouveau.
Or sachez que ces 4. choses ont leurs
noms distingués tous divers et dissemblables,
et toutefois la chose est unique, savoir
le petit arbrisseau de blé, provenu et
né du seul grain de blé putréfié, ces
quatre étaient 1.nt cachés dans le grain de
blé, lesquels ont été mis dehors par une
seule et unique chose, à savoir par le
simple travail naturel ou de nature, en une
terre fertile, d'un air chaud, et par les
rayons du soleil, comme il a été dessus dit :
mais je vous prie de bien contempler et considérer
des yeux de l'entendement cette petite
plante (ou petit arbrisseau de blé),
par toutes ses circonstances en particulier,
afin de planter l'arbre d'or des sages
pphes comme je vous viens de dire de
l'arbrisseau de blé, et lui avancer
de la même façon la vigueur de s'accroître,
afin que le très fin et . dans la nature
duquel sont infusées toutes les forces
célestes et terrestre des éléments préparés et
mûries, comme une semence incorruptible,
en sorte dis-je que cet et ne soient
nullement séparés et déliés de leur glu ou
colle, par les matières minérales
et autres choses semblables.
Or tout ainsi que le grain de blé étant
corrompu par la seule humidité de la
terre, se pourrit et est délié des liens de sa
1.e fixation, ainsi le très fin et . peuvent
être dépris de leur colle et délivrés
de cette glu, et desserrés de leurs liens ou
ils pourraient être détenus, liés, pliés
et assemblés par le et par le sel, ainsi
qu'était le grain de froment, et le pphe
* L'esprit. fait aisément ce que je dis, par le moyen
de la clef pphique c'est à savoir par la
succulente et féconde terre des sages,
en un mot, c'est par le moyen de notre
eau vive et pphique que l'or peut être
dissout et calciné, préparé et disposé
par sublimation, putréfaction et digestion,
toutes choses externes et étrangères
ôtées, demeurant toujours en sa vertu
spermatique, pour être porté à une nouvelle
génération, afin que de cette façon, l'âme
et l'esprit de notre or vif soient tirés
@

546 (281)

et extraits de leurs propres corps, dans lesquels
ils étaient occultement détenus captifs et
tout à fait impuissants pour la génération
de la pierre des pphes : car il est très
certain qu'il n'y a chose au monde qui
puisse renaître ou ressusciter, si 1.nt
cette chose n'est morte et putréfiée,
par ce que la mortification est un moyen,
le chemin unique et l'entrée à la nouvelle
régénération, et tout cela par le
moyen de la chaleur naturelle.
Davantage la solution ou dissolution du
grain de blé ne se fait pas en l'eau, ni
dans les champs sablonneux pierreux et
stériles, ni arides, mais par une visible
humidité tempérée de la terre, afin
qu'il s'enfle et qu'il attire en sa racine la naturelle
vertu du sel centrique de la terre,
comme par un particulier appétit, afin
qu'il se mélange avec lui, et qu'il en
fasse sa nourriture, et demeurant inséparablement
unis il le cache dedans, et
avec soi par cette sorte d'insinuation
ou réception d'humidité naturelle le
corps de la semence s'ouvre, et se prépare
à la génération.
* . pphique Ainsi de même notre terre * vierge et
pphique est disposée et purifiée sans
aucune chose étrangère, je veux dire
que dans notre champ préparé et nettoyé
* Terre ou . de telle sorte, à savoir est dans le * des
sages, nous jetons les semences métalliques
* Or. spiritualisé de l'or * vif des pphes, pour y faire naître
ou spiritualisé leur arbre solaire ; mais mon fils je
vous vais parler encore plus clairement,
et vous apprendre en peu de mots le secret
des secrets de la pierre des pphes.
Sachez pour tout certain que tous les
travaux et l'industrieux artifice de
l'occulte secret des pphes, ne consiste
qu'à pphiquement acquérir leur précieuse
terre vierge, et par après la cultiver
et la préparer en la même manière que les
bons laboureurs préparent celle ou ils font
venir leur froment, et tenez cela pour un
très grand secret.
Voyez comme fait le bon laboureur pour
* notre terre est faire produire de blé, il cherche seulement
le minéral d'. une bonne * terre, et puis il se fournit
@

547

telle que la §* L
nature peut donner, après cela il emploie
continuellement tout son soin sa peine
et son industrie à bien préparer et cultiver
§* préparation
décharge des grosses pierres, des ronces
et des épines qui nuiraient à la semence
qu'on lui donnerait, après il la
subtilise par plusieurs et réitérées
façons de labourages qu'il lui donne,
dans les diverses saisons de l'année.
Il fait les unes afin que la terre s'humecte,
s'arrose, se lave et s'imprègne des
vertus et bénéfices du ciel par la pluie
et par les rosées : les autres se font pour
essuyer et dessécher la terre de son
humidité aqueuse et superflue, et puis
enfin il échauffe sa terre, et la fermente
par la graisse du fumier qu'il lui donne.
Cela fait il prend sa semence et
sans aucun artifice il la sème simplement
dans cette terre qui est ainsi curieusement
préparée, et par là vous voyez que
pour faire produire le blé, tout le soin
du laboureur n'est que de bien cultiver
la terre, et d'employer la bonne semence
telle que la nature la donne, ainsi
les enfants de la science conduisent-ils
leur pphique travail comme le laboureur
fait le sien. Et comme au fait du
labourage ce qui coûte le plus au laboureur
est le prix du 1.er achat de sa terre,
de même notre précieuse terre quoiqu'elle
soit très commune et de peu de
prix, néanmoins ce qui coûte le plus au
pphe c'est de la recouvrer, et lorsqu'il
la possède, tout son soin ne consiste
qu'à la bien préparer pphiquement par les
labeurs de sa sapience. NB. A l'imitation
des laboureurs nous dépouillons
et déchargeons notre terre de toutes
les immondices et superfluités, après
nous l'atténuons et subtilisons, et puis
nous la baignons, arrosons et desséchons
selon l'art et la nature, cela fait nous
l'engraissons effectivement de sa naturelle
graisse, et par après, ayant reçu la
vraie rosée du ciel que nous lui donnons
très pphiquement, elle se trouve alors
si bien préparée qu'elle est propre et bien
disposée à recevoir en elle la semence
métallique de notre pierre, qui est l'or vif
@

548 (282)

des pphes, qui avec le temps produit l'arbre
solaire des sages.
Voilà mon fils en peu de paroles tout le
fondement, la clef et la source de tout l'oeuvre
pphique que je veux dire, que c'est par notre
terre vierge très soigneusement préparée
et pphiquement cultivée, et de notre or vif
qui est la vraie semence métallique jetée
en cette précieuse terre feuillée, que
* de L naît et prend racine l'arbre * solaire
et lunaire des pphes, lesquels se peuvent
encore planter, et derechef transplanter
pphiquement, car il est très certain que
l. qui a été pphiquement fait par l'ingénieux
artifice de l'occulte secret des
sages, acquiert par sa régénération une
vertu si grande et extraordinaire, qu'elle
surpasse incomparablement celle de l'or que
la nature fait dans les minières,
et la 2.e régénération de notre or pphique
surmonte encore la 1.e la 3.e la seconde
et la 4.e la 3.e c'est-à-dire qu'à chaque fois
qu'il est transplanté en se régénérant, il
augmente et multiplie de 10 fois ses
forces et ses vertus, et devient à tel
point de perfection, qu'il rend par sa
chaleur et son extrême pureté la et
le semblables à l'or parfait.
Or mon fils, après vous avoir représenté
la vraie manière que les enfants de sapience
tiennent pour bien semer planter
et derechef transplanter L'arbre .aire
des pphes, je vous vais déclarer dans
le chapitre suivant qu'elle est la vraie
matière, dont les sages se servent pour
composer la benoîte pierre, et ensuite
je décrirai par ordre toutes nos secrètes
opérations pphiques.
Marques de la vraie terre des sages
qui est la matière de la Pierre des pphes.
Chap. 4.e
Comme il n'y a rien de plus certain que la
mort, ni de plus incertain que le genre et
l'heure de mourir, il n'y a rien aussi de plus
assuré que les vrai pphes travaillent sur
une matière, mais aussi il n'y a rien de plus
inconnu aux chimiques et aux ignorants,
que de savoir qu'elle est la matière que les
vrais enfants de sapience emploient pour
@

549

pour faire leur grand oeuvre : or mon fils vous
ayant promis ci-dessus de vous apprendre nettement
la pratique de notre pierre, je
vous parlerai simplement en candeur et sans
énigme : je commencerai votre instruction
en vous disant tout les vrais attributs et
tous les signes certains pour reconnaître
sans y manquer notre vraie matière d'entre
toutes les choses du monde, je vous vais
dire les marques infaillibles qui lui
sont propres, et toutes particulières lesquelles
ne conviennent à nulle autre
chose de la nature qu'à notre seule terre
vierge.
Sachez donc que le sujet qu'il faut prendre
pour faire certainement la médecine universelle,
§* La composition.
point sur la terre des vivants, c'est un
esprit corporel ou un corps spirituel, qui
est assurément le vrai sel nitre des sages,
c'est proprement une terre grasse pesante
et succulente, qui est très vile et très précieuse,
fort commune aux clairvoyant,
et très cachée aux ignorants, cette noble
matière se trouve partout aux vallées,
aux plaines, aux cavernes, et aux montagnes,
et même dans ta propre maison. C'est
la Rosée du ciel, la graisse de la Terre
et le très précieux naturel salpêtre
des pphes, c'est le limon glutineux
duquel Adam fut formé, terre vierge
sur laquelle le soleil n'a jamais donné
ses rayons, quoi qu'il en soit le père et
la la mère. Les pphes nomment cette
terre vierge : la mère nourrice des dieux,
et l'épouse du grand ciel étoilé, parce que
journellement il lui envoie pleinement
et très abondamment ses plus bénignes
influences : c'est la raison pour quoi elle
est appelée l'âme et l'esprit vivifiant de
la terre élémentaire, car elle contient en
soi la vertu opérative, et même toutes
les couleurs et propriétés de chaque choses
qui sont dans la nature, et ce qu'il y a de plus
considérable en notre précieuse matière, c'est
que sans elle rien ne vivrait.
Les sages nomment souvent notre terre
vierge leur androgyne et hermaphrodite,
à cause qu'elle a 2. natures, c'est-à-dire d'elle
se tire le et le des pphes, dont l'un est
pris pour le mâle et l'autre pour la femelle.
@

550 (283)

Elle est aussi nommée le Protée, et le
caméléon des sages, à cause qu'elle se change
et se transmue en plusieurs manières,
et en effet elle est si susceptible de formes
et d'altération, que le soleil et l'air
l'altèrent et le changent en un moment,
quoi que l'un et l'autre contribuent entièrement
à la production naturelle de notre
précieuse matière, et cela seulement (*1*)
à un bon pphe, pour lui faire connaître
notre terre vierge, et en faire la différence
des autres communes et vulgaires,
or pour vous la faire connaître et
sans y faillir, je vous dirai encore une fois
que notre précieuse matière n'est autre
chose que la terre, non pas la terre qui
est sous nos pieds, sur laquelle nous marchons,
mais bien en celle qui voltige
sur nos têtes, que les pphes appellent
terre vierge, et leur terre feuillée, qui
est terre dès le commencement du monde,
et qui néanmoins ne fut jamais terre,
c'est l'élément qui élémente la terre, qui est
§Terra
§(*2*)
le soleil est le père, et la la mère, c'est
dis-je la graisse de la terre minérale,
noble essence spiritueuse et corporelle,
de laquelle se fait le vrai C. du vulgaire.
C'est cette bénédiction du ciel qui
sort de cette terre vierge, parce qu'elle
est arrosée et très bien imprégnée
des vertus célestes du grand ciel étoilé,
l'on peut chercher et l'on peut prendre
cette précieuse matière dans les cavernes,
dans les plaines, et dans les montagnes,
car elle se trouve dans tous les lieux
de la terre habitable, mais il la faut
prendre premier que le soleil l'ait aperçue.
Or sachez que lors que vous aurez la
vraie connaissance de notre unique matière,
vous tirerez d'elle le des pphes, la Terre
vierge des sages, le précieux sel de nature,
l'eau vive et permanente des enfants de
sapience, et par elle vous ferez l'or vif ou
*1* mot douteux : assuré ?
pict
*2* mot douteux :
pict

@

551

soufre des pphes métallique, et en composerez aussi
leur très rare et occulte feu incombustible,
mais croyez qu'il est presque impossible
de découvrir qu'elle est la vraie et unique
matière de la pierre des sages, si elle n'est
fidèlement enseignée par un ami qui
la sache, d'autant que ce qu'il faut
pour l'oeuvre des pphes n'est autre chose
que le petit poisson Echeneis, qui n'a ni
sang ni arêtes, lequel est enclos dans
le plus profond du centre de la mer
du monde, or ce poisson est très petit,
seul et unique en son espèce en la mer,
et la mer en est très vaste et spacieuse,
et par ainsi il est presque impossible
de le pêcher à ceux qui ne savent
pas, ou qui sont ignorants de
l'endroit ou du lieu où il repose.
Croyez pour tout certain que celui
qui n'aura pas l'art, comme dit Théophraste
de prendre la lune du firmament, de
la faire descendre du ciel en terre, de la
mettre en eau, et par après la réduire
en terre, que celui-là ne trouvera jamais
de lui-même la vraie matière
de la Pierre des pphes. Car certainement
l'un n'est pas plus difficile à faire que
l'autre à rencontrer, et néanmoins lors
que nous parlons cordialement à l'oreille
d'un fidèle ami, dans peu de mots
nous lui enseignons l'industrieux et
occulte secret des pphes, pour pêcher pphiquement
proprement et facilement le petit
poisson rémora, qui a la vertu d'arrêter
tout court les plus grands vaisseaux de
l'océan, c'est-à-dire d'arrêter les superbes
et orgueilleux esprits du monde, qui
n'étant pas de vrais enfants de la
science, sont tout à fait ignorants des
riches et précieux trésors qui sont
cachés dans la nature de la précieuse
eau de vie céleste de notre mer.
Mais pour vous donner une bien plus claire
lumière de notre unique matière et terre
vierge, et vous apprendre l'art industrieux
des enfants de la science, pour l'acquérir il
faut 1.ent que je vous donne l'intelligence de
l'airain des pphes, qui a l'occulte et naturelle
propriété d'attirer du centre et du plus
@

552 (284)

profond de notre mer et même des contrées
les plus hautes et les plus éloignées de
l'orient à l'occident, le petit poisson
Echeneis ou rémora, lequel étant physiquement
pêché se convertit en eau naturellement, et
puis en terre, laquelle étant préparée par
l'industrieux secret des pphes, a la puissance
de dissoudre tous les corps fixes,
de fixer les volatils, et de purger tous
les corps vénéneux, dont vous trouverez
la pratique écrite en peu de mots à la fin
de ce livre.
Eau des pphes absolument nécessaire
à la composition de l'oeuvre des sages.
Chap. 5.e
Après que vous aurez une entière connaissance
de la vraie et occulte matière
de laquelle les pphes composent leur pierre,
si vous désirez parvenir à la perfection
de leur grand oeuvre, il faut en 1.er lieu
par un très simple et occulte artifice,
réduire en eau cette précieuse matière,
et après l'avoir bien et physiquement
épurée, il vous la faudra convertir en
terre, par un moyen très secret, très
doux et naturel, et quand vous l'aurez ainsi
faite, vous êtes assuré de posséder la
vraie terre vierge des pphes, qui est
en terre dès le commencement du monde,
et qui néanmoins ne fut jamais terre.
Or c'est de cette terre vierge que les pphes
font leur . et leur double . c'est
d'elle qu'ils puisent leur eau de vie céleste,
leur eau permanente, l'eau vive et
sèche, qu'ils appellent leur feu aqueux ou
eau ignée, à cause qu'elle dévore naturellement
tous les corps et les dissout radicalement
en toutes leurs parties : en vous
disant qu'elle dissout les corps je n'entends
pas dire néanmoins que vous deviez
vous servir du corps métallique, car le
corps n'est pas la matière sur quoi
nous travaillons, d'autant que les corps
ne se pénètrent point, les corps dis-je
n'ont point d'action ni de vertu que
par les esprits qu'ils contiennent, et si les
esprits mêmes ne peuvent faire leurs
fonctions, s'ils ne sont libres et détachés
@

553

des corps durs et solides qui les tiennent
étroitement enveloppés, de ceci il nous
faut conclure mon fils, que la transmutation
des métaux ne se peut faire
par les corps durs secs et solides,
mais qu'elle se peut seulement faire par
les mols et liquides, c'est-à-dire qu'il faut
faire revenir l'humide, en révélant
le caché, qui est ce que les pphes appellent
que le dur devienne mol, qui n'est
autre chose que de réincruder le
corps c'est-à-dire le ramollir en l'eau
de la fontaine de Jouvence, jusqu'à ce
qu'il soit privé de sa corporalité,
dure et sèche, d'autant comme je vous ai
dit déjà que le corps sec n'entre point
ni ne teint que soi-même. Or donc
puisque le corps épais et terrestre ne se
teint point, c'est à cause qu'il ne peut
entrer, et n'entrant point il n'altère
point, et partant il est certain, que l'or
ni les autres corps métalliques qui sont
durs et solides, ne pourront teindre
jusques à ce que l'esprit occulte et caché
en soit tiré, qu'il soit extrait physiquement
du centre de notre terre solaire adamique
par notre eau blanche, qui le rendra
spirituel blanc esprit et âme admirable.
Que si vous considérez bien mûrement
mes paroles, vous connaîtrez qu'elles ne tendent
qu'à vous apprendre que le principal but de notre
divin secret ne tend qu'à rendre les corps
durs solides et secs, en substance fluide,
volatile et spirituelle, par le moyen de
notre eau vive de la fontaine des sages.
O mon fils que la nature est admirable
puisqu'elle a le pouvoir de changer les
corps en esprits, ce que néanmoins elle
ne pourrait jamais faire si 1.ent l'esprit
ne s'incorporait avec le corps, et si le
corps avec l'esprit ne se faisaient tous
deux volatils, et puis après permanent,
je veux dire que le noble art des sages
pphes et très admirable qui sait
rendre l'or volatil et fugitif, encore que
naturellement il soit très fixe. Par ces paroles
que je vous dis je vous veux faire entendre,
que si les corps ne sont dissous par notre
eau vive, et que par elle ils ne soient
@

554 (285)

imbus, amollis et tellement ouverts, qu'en
quittant leur dureté massive ils se changent
en un pur et subtil esprit, notre
labeur sera certainement vain ; car si
les corps ne sont changés en non corps,
c'est-à-dire réduits en leur 1.e matière, on
n'a point encore assurément trouvé la règle
ni la clef de notre art, parce que tout
le but de notre secret, ne tend qu'à convertir
nécessairement les corps durs et
massifs en substance fluide, pour en
faire une parfaite teinture, teignant
cent mille fois plus étant en substance
molle et liquide, qu'elle ne fait
pas étant en corps dur et sec, ainsi que
l'on peut voir par l'exemple du safran,
de la cochenille et de la graine d'écarlate.
Partant je vous dis encore derechef que
si par eau et par feu naturel, les corps ne
sont atténués et subtilisés jusques au
point qu'ils puissent monter comme des
esprits, je dis jusqu'à ce qu'ils soient faits
comme eau et fumée ou , l'on n'a pas
encore trouvé la clef de notre art, qui
veut donc travailler physiquement, c'est-
à-dire avec certitude dans l'oeuvre des
pphes, il faut qu'il commence son 1.er labeur
en détruisant et dissolvant les corps, et
en changeant les formes métalliques.
Il faut dis-je que les corps ne soient
plus corps mais seulement esprits fixes,
il faut absolument et nécessairement détruire
la forme dure et solide de notre
terre métallique végétative et naturelle,
ou plutôt adamique, et la
convertir en forme et substance humide,
molle et fluide, c'est seulement en
cette qualité qu'elle a puissance et vertu
d'entrer dans les autres corps imparfaits,
et se mêler avec eux indivisiblement,
ce que les corps durs des métaux
ne pourraient jamais faire, étant comme
ils sont terrestre et par trop naturels.
Mais pour vous parler clairement, et vous
dévoiler toutes les obscurités des pphes,
sachez si vous désirez de parvenir heureusement
à la perfection de l'oeuvre des
sages, il faut qu'en toutes vos opérations
vous imitiez la nature depuis le commencement
@

555

jusques à la fin de l'oeuvre. Ce n'est que par elle
que les pphes font leur double ; et par
leur double ils achèvent leur pierre,
c'est elle qui leur donne la vraie matière,
sur quoi ils travaillent, pour eux ils ne
sont que ses valets, pour ôter changer
et remettre les choses selon qu'il est nécessaire,
mais néanmoins c'est toujours
selon l'intention et ordre de la nature,
et pour la faire mieux agir, et comme ils
sont les vrais imitateurs de la nature,
ils agissent aussi selon et comme fait la
nature, qui n'admet jamais rien d'étrange
dans la composition de ses ouvrages.
Mais elle opère toujours par choses conformes
et natures semblables : car nature
aime nature, et nature s'éjouit en nature,
et de même faut-il que le bon
pphe compose sa pierre, sans se servir
ni mettre rien d'étrange en son ouvrage,
il faut dis-je en imitant la nature,
que le dissolvant soit de la nature du
dissoluble, et le dissoluble de la nature
du dissolvant. Considérez je
vous prie la génération de l'enfant, le menstrue
de l'enfant n'est-il pas dans son principe
de la même nature ? et de matière
semblable à celle dont l'enfant est
formé, quoiqu'elle semble être grandement
différente en apparence : de même faut-
il que l'eau vive de notre fontaine de
Jouvence, soit de la nature de la semence
métallique, afin que par une
très étroite sympathie et affinité
de nature, il rompe les liens et les
cachots qui tiennent cette précieuse
§L de jouvence vive. Le et le
§pphique doivent être de même
§nature et même source
jamais elle ne s'unirait avec lui en
toutes ses parties, comme elle fait
lorsque l'on les met ensemble, et jamais
elle n'aurait le pouvoir ni la puissance
de le retirer de sa prison, mais notre
eau sèche et métallique est si bien de sa
nature, qu'elle est soeur du physique, tous
deux ont pris même naissance, et tous
deux sont sortis d'une même source
et racine, c'est pourquoi ils s'aiment et
s'unissent par conformité et ressemblance
@

556 (286)

de nature, et lorsqu'ils sont unis ensemble,
c'est ce que nous appelons notre double .
Prenez donc grand soin de faire très exactement
l'eau vive et sèche de notre fontaine,
de la sorte que je vous l'enseignerai ; car
certainement elle est le principe la noble et
§1.e clef.
le plus nécessaire outil de notre pierre,
et tenez pour certain que celui qui
n'aura pas l'art de la faire, rendra assurément
l'ouvrage des pphes infructueux,
d'autant que notre eau est l'unique
outil et le seul instrument dans la nature,
par lequel on peut avoir pphiquement
les nobles semences métalliques ou l'or
vif des pphes. Car le des sages ne se
peut extraire que par son menstrue
naturel, qui est convenable à cette tant
précieuse et admirable semence métallique,
et ce menstrue naturel n'est autre chose
que l'eau vive et sèche : n'ayez donc d'autre
pensée qu'à bien faire notre eau de vie
céleste, qui ne mouille point les mains,
qui est douce, bénigne, sans acrimonie,
car c'est d'elle et par elle que nous
tirons le germe ou semence métallique,
vraie et unique matière de la pierre
des sages.
De la nature et propriété du .
Chap. 6.e
L'Arg. vif en la chimie est le commun,
lequel en l'extérieur est apparemment froid
et humide, et en son intérieur, il est
occultement chaud et sec, et notez que ce qui
est chaud et (*1*) caché en lui est (*1*) en
grande chaleur et humidité onctueuse, c'est
un esprit vif et corporel dans lequel
sont cachées toutes les congélations de
notre pierre.
L'esprit élémental du vulgaire est
absolument sujet à tous les esprits supérieurs,
c'est-à-dire à tous les es ou semences métalliques
des grands luminaires parce que
n'ayant point de forme certaine, il reçoit
en lui l'esprit du de chaque métal,
comme la cire reçoit l'impression de tous
les cachets, et tout ainsi que la Terre recevant
l'eau s'imprime de la vertu de l'eau
*1* mot douteux :
pict

@

557

pour la convertir en la production et nourriture
des plantes, de même le commun
recevant en lui l'esprit élémental du .
de l, il prend la forme de l'or, et recevant
celui de la il reçoit la forme
de la . Ainsi de part et d'autre il se
joint et s'accommode naturellement avec tous
les esprits supérieurs métalliques,
comme fait l'homme avec la femme,
non toutefois jamais avec aucun
mélange, et tenez secret ce que je viens
de vous dire et révéler.
Or pour vous donner une plus claire intelligence
comme le fixe des pphes
et le C. prennent ensemble leur mutation
et conversion d'une nature en
une autre, considérez je vous prie que l'eau
commune quoi qu'elle soit de nature
froide et molle, ne laisse pas néanmoins
de se mêler par les coctions avec les
végétaux, et dans iceux elle reçoit
autre mixtion et vertu que sa naturelle,
par la raison des choses ainsi mêlées
et unies, l'eau reçoit en chacune décoction
les qualités et propriétés de la chose
mêlée. Tout ainsi le C. se vêt, prend
d'une autre nature, et
d'une autre qualité en prenant la parfaite
nature des .es métalliques,
avec lesquels il se cuit pphiquement : car s'il
est cuit avec le de l'or il prendra
la nature de l'or, et retournera et se
congèlera, si c'est (avec) la ou que vous le cuisez
de même prendra-t-il la qualité d'iceux,
et se tournera dans leur nature, et
métaux,
parce que les choses ne se font que selon
leur nature, or comme il est impossible
que la nature se puisse jamais dévoyer
du sentier commun de la nature, je vous
apprends que si vous désirez faire de l'or
ou de l'argent par nature, il vous faut dissoudre
mêler et cuire pphiquement leurs
semences métalliques avec le C. parce ce que
notre C. est leur propre et naturelle métallique,
dans laquelle ils prennent et reçoivent
mutation et conversion d'une nature
en l'autre, c'est-à-dire après que le C. a tiré
les semences de l et de la du plus profond
de leur corps, il demeure imprégné de
leur nature, ainsi que l'eau demeure
@

558 (287)

imprégnée des choses végétables qui sont
cuites en elle, et comme la nature des germes
ou semences métalliques sera altérée dans
notre terre vierge ou C. certainement leur
couleur s'altérera dedans, elle s'y cachera
et insinuera de telle sorte, sous la forme
et la figure de notre C., qu'elle sera imperceptible
à nos sens, qui ne la découvriront
qu'à la fin de son congèlement.
Mais mon fils ne vous trompez pas comme
font les ignorants sur ce mot de C.
ou arg. vif C., car vous saurez qu'il y a une
très grande différence entre le C. et le .
du commun, quand nous parlons du C. nous
entendons parler de notre ., qui est commun
et qui donne la vie à toutes les choses
qui sont dans le monde, et le ou arg. vif
du commun, que les ignorants prennent
pour le notre est celui qui se vend chez
les apothicaires ou épiciers. Sachez
comme dit un très grand et célèbre pphe, que le
des sages quoiqu'il soit commun et nécessaire
à tout le monde, néanmoins
il ne se trouve point sur la terre et ne
se montre point s'il est nu, et la nature
l'a merveilleusement enveloppé, et ensuite
il ajoute, voyez la différence qu'il
y a entre notre arg. vif et celui du vulgaire.
Le vulgaire ne dissout point l'or, ni
la , et ne se mêle avec eux inséparablement,
mais notre C. dissous l
et la et se mêle avec eux inséparablement,
que si une fois il se mêle avec eux, on ne
les peut jamais séparer, non plus que l'eau
mêlée avec l'eau. Le vulgaire a en soi
un .re combustible noir et méchant,
mais notre a en soi un incombustible
fixe bon très blanc et très rouge. Le .
vulgaire noircit les corps métalliques
le notre les blanchit jusques à une blancheur
cristalline, en précipitant le . vulgaire
on le convertit en une poudre citrine et
en un mauvais . Mais notre moyennant
la chaleur se convertit en un très blanc
fixe et fusible, tant plus on cuit le vulgaire
et d'autant plus il s'atténue et se
rend fusible et volatil, mais le notre
@

559

tout au contraire tant plus on luy donne de
coction, d'autant plus il s'épaissit et se rend
moins fusible.
Par toutes les circonstances que ce fameux
personnage nous fait remarquer, vous
pouvez voir combien est grande la différence
de l'un et de l'autre .
Mais après vous avoir fait connaître que
les inquisiteurs de cette science qui prennent
le du C. pour notre . ne sont pas encore
bien instruits des secrets mystérieux
de notre cabale, et que s'éloignant si
étrangement du droit chemin de la vérité,
cette seule erreur les empêche de
jamais arriver au but désiré de leur
prétention, après cela je vous veux encore apprendre
une chose, qui pour la composition
de notre pierre n'est pas de moindre conséquence
que celle que je vous viens d'enseigner
; c'est que je vous vais présentement
déclarer l'endroit peu commun, ou les
pphes cachent industrieusement les clés
qui peuvent ouvrir les serrures des plus
occultes secrets de leur art. Sachez
donc qu'il est du tout impossible que vous
parveniez à l'oeuvre des sages si vous
ignorés l'industrieux artifice par lequel
notre . se puisse doucement et pphiquement
épaissir, parce que les pphes disent que
ne peut rien transmuer si 1.nt il n'est
mué, et par notre art transmué d'une
nature en une autre, et comme il est ainsi
transmué tout ainsi il transmuera quand
il est dissous après cela il dissout, et
quand il est congelé il coagule, endurcit
et congèle : or nous n'endurcissons notre
. pphique et ne le congelons par autre
raison que pour le rendre en un état capable
d'endurcir, congeler et épaissir tout autre
vulg. D'autant que la véritable transmutation
des métaux ne se fait que par notre
C. épaissi, congelé et transmué par
les pphes qui, pour le rendre en puissance
de congeler et transmuer. Car par icelui
transmué cuit uni et digéré par coction
avec le ou semence métallique
nous transmuons en l'espace d'une heure,
et sans icelui congelé et transmué nous
ne pouvons rien transmuer.
Enfin mon fils apprenez que l'un des plus
grands secrets de notre art est la connaissance
@

560 (288)

d'épaissir et de congeler industrieusement et doucement
notre C. Car étant en cet état il est
certainement la clef qui ouvre et qui ferme
la porte à notre pierre. Il est très vrai que le
des sages est l'âme, la force et la semence
métallique de la pierre ; mais il est certain
aussi que notre C. en est le corps, la matière
et la terre. Le est le mâle et notre est
la femelle, laquelle s'engrosse facilement de
son époux naturel. Le métallique qui est la graisse
de la terre des pphes, et le C. étant uni
§terre
§grasse
la terre engraissée des pphes, qui est apte
et prête à donner son fruit, c'est-à-dire
en puissance de faire la transmutation. Il
est très vrai que de soi notre ne peut
rien tout seul, mais lorsqu'il est uni
avec son agent qui est le métallique,
alors ses vertus et propriétés sont rehaussées
et multipliées extrêmement, par ce que le
métallique élève notre dans un très
haut degré d'excellente chaleur, et si de
plus il le spécifie et lui communique une
vigueur spermatique, et une vertu générative,
que notre n'a pas de sa nature, et qu'il empreinte
des vertus et propriétés des semences
métallique : car je vous ai déjà dit que notre
est absolument dépendant et sujet à l'esprit
élémental des es supérieurs, d'autant
que n'ayant point de forme certaine
ni déterminée, il régit la forme de chaque
métal que ce soit en s'unissant amoureusement
et naturellement avec l'esprit élémental
du métallique, comme la femelle
fait avec le mâle, et par cette union ou
embrassement d'esprit, notre pphique reçois
et s'imprègne de la forme métallique
de l'or ou de l'argent, tout ainsi que
la cire reçoit l'empreinte d'un cachet.
Et quand la nature de notre congelé ou épaissi
a été changée ou transmuée en la
forme ou nature de l'or et de l'argent,
alors il transmue tout autre mercure
en nature semblable.
Or mon fils, en peu de paroles la pratique
de faire le des pphes avec l'art
industrieux de l'épaissir, et congeler, est
écrite à la fin de ce livre.
@

561

La composition de la Pierre des
pphes ne se fait que de pures semences
et racines métalliques.
Et comme on peut les extraire et
recouvrer pphiquement.
Chap. 7.e
Mon fils, sachez que l'un des plus grands secrets
de notre art est la connaissance de la vraie
pratique de l'or vif ou métallique des pphes.
Il est très vrai que c'est une grande science
d'avoir l'intelligence de notre précieuse terre
vierge, et j'avoue aussi que la pratique de la
connaissance de notre merveilleuse eau de vie
céleste et vivifiante est très admirable,
et que l'industrieux artifice de la faire est
autant nécessaire dans l'art de ce noble
ouvrage, que ces rares et surnaturels effets en
sont extraordinaires, mais avec toutes ces
belles et grandes qualités de notre eau de vie
céleste, et les vertus extraordinaires de notre elle
terre vierge. Mais croyez que le métallique
des pphes est sans comparaison plus excellent,
plus occulte, plus précieux que ne sont ces deux
choses, et comme le rosier n'est estimé ni
recherché des jardiniers que pour la fleur qu'il
porte en sa saison, de même aussi la terre
vierge des sages n'est estimée des pphes que pour
la fleur et le fruit de l'or vif qu'elle fait
germer et produire en son temps, et tout
ainsi que la terre du laboureur lui serait
très inutile s'il n'avait de bonne semence
pour la jeter dedans, de même notre céleste
§ céleste précieuse terre vierge des
§sages.
l'or vif des pphes pour le semer dedans, et l'on
peut encore dire que le métallique des pphes
est dans la terre vierge des sages, tout ainsi
que sont les pierres précieuses dans les roches,
et que notre eau vive et sèche en est comme le
lapidaire qui rompt la roche pour en découvrir
le précieux joyau de sapience.
Or pour parler comme il faut de ces deux choses,
l'on peut dire raisonnablement, que la terre
vierge des sages et notre eau sèche, sont dans
l'oeuvre des pphes deux instruments pphiques,
ou deux ouvriers absolument nécessaires pour
faire le benoîte pierre. Mais il est certain que
la connaissance de notre métallique est encore
une science beaucoup plus grande et beaucoup
plus difficile à rencontrer. Sachez que l'industrieux
artifice de l'extraction pphique de notre or
@

562 (289)

vif, est le secret des secrets de sapience et
quoiqu'il soit fort ingénieux à trouver,
il est encore plus nécessaire à savoir, car
il est très certain que sans le des pphes
il est du tout impossible de parvenir à
la perfection de notre grand oeuvre.
Le métallique des sages est la 1.e matière
des métaux, il est la semence métallique
et l'or vif des enfants de la science, il est
la vraie matière de laquelle doit naître
notre Arbre solaire. Il est la noble
clef qui ouvre et qui ferme la porte de
notre pierre, il est l'âme la forme et la
semence métallique de l'or et de la , et
alors que les pphes ont recueilli pphiquement
cette semence métallique, ils
la nomment et l'appellent leur 1.re matière,
et en vérité mon fils c'est celle-là qu'ils
ont fort cachée et voilée par divers
noms en leurs écrits, ce que je vous ordonne
et enjoints de faire aussi de même,
la tenant toujours très secrète, sans
jamais la révéler ouvertement comme
je vous l'enseignerai à la fin de ce livre.
Mais pour vous donner clairement à entendre
ce que c'est que le des pphes qui est
certainement notre or vif, ou semences
métalliques, je vous dirai en peu de mots
comme se fait la génération ou procréation
de l'or dans les entrailles de la terre.
Et par la connaissance que vous aurez des principes
de la composition de l'or, sur ces mêmes
principes je vous donnerai une claire lumière,
pour connaître qu'elles sont les vraies racines
ou semences métalliques de l'or, desquelles
vous ayant appris l'art de les extraire, vous
en pourrez aisément faire la composition
de la pierre des pphes.
Vous savez que tout ce qui vient et naît
de la terre, croît ou est produit d'une
terre fertile, par l'opération d'un peu
de chaleur et humidité naturelle, ainsi
de même les métaux se forment et
sont produits du fécond, qui est leur
1.e matière, qui étant aidé d'un peu de
sécheresse conjointe avec un peu d'humidité,
c'est-à-dire le étant conjoint et uni avec
un pur sel et un pur , ce très clair .
@

563

devient ou produit l'or par la force
ou vertu de la nature, et c'est pour ce sujet
que le est appelé des pphes la terre fertile
et succulente des métaux. Or les métaux
ne reçoivent leur solidité ou corporalité
que de l'union ou assemblage des 3. 1.ers
principes de leur composition naturelle, le
donne le corps, le donne la propriété
la force et la vertu, et le sel donne la
liaison et congélation.
Or le qui se trouve en la naturelle génération
de l'or est tellement purifié, et purgé
de son immondicité ordure naturelle,
qu'il n'est pas possible de trouver un corps
métallique plus pur et plus net, et c'est
cela véritablement qui est le des pphes, lorsqu'il
est pris en cette simplicité et parfaite
pureté.
Quand le est aussi parfaitement bien
préparé à la façon métallique, et séparé
de toute terrestréité et accident, alors il est
seul transmué en son corps .el, et cela
est le des pphes qui engendre l'or, et pour le
sel de l'or, ce n'est autre chose qu'une eau
métallique vitriolée, qui est extrêmement
cristalline, et nettoyée de toute aigreur
et âpreté, très bien purifié de toute acétosité
alumineuse et vitriolée.
Par ces choses que je viens de dire, vous pouvez
connaître clairement quels sont les vrais principes
ou la 1.e matière dont l'or est engendré
dans la terre, et croyez que de ces racines
métalliques est produit le rameau duquel
l'or croît dans les minières ou entrailles
de la terre.
Que si vous ouvrez les yeux de l'entendement,
vous verrez que je vous donne une claire
lumière de pphiquement semer ou planter
l'arbre oraire des pphes : car étant vrai
ce que disent les sages que l'or engendre
l'or, comme l'homme engendre l'homme,
sur ce fondement infaillible je veux
vous faire connaître le secret caché
des vrais enfants de la science.
Je vous veux dis-je apprendre que des
mêmes principes du sel du et du dont
l'or est fait et composé, que de ces mêmes
@

564 (290)

matières ou pures substances, le bon
pphe en tire ou extrait les vraies semences
métalliques de l'or dont il
compose la pierre. Enfin je veux
dire et conclure que l'un des plus grands
secrets de notre art, c'est de savoir
résoudre l'or en sa 1.ere matière par le
moyen de notre eau de vie aqueuse
et céleste.
Et ces parties essentielles de sel et
c'est à savoir mettre à part en corps
visible et palpable, et pour lors par ce
moyen visible la 1.e matière des pphes
est produite en la dernière matière,
et celle-ci en la 1.ere. Certes qui n'entend
bien cette secrète et pphique opération,
et qui ne la sait doctement
faire, c'est-à-dire qui ne sait pas
l'art spagyrique et vraiment pphique
séparer les substances de nos es
pphiques, et par après les réunir
avec poids et mesure sans nulles
taches d'impureté, n'a pas encore trouvé
le secret de notre art, et par ainsi
ne doit pas tenter et essayer de faire
la pierre des pphes. Mais quoi qu'il
soit vrai que l'on ne peut faire la
pierre des sages sans or, et que je
vous ai dit que l'or était engendré
d'un sel, d'un et d'un très purs et
très fixes, dans lesquelles pures substances
étaient encloses les vraies semences
métalliques, néanmoins parce que l'or est
un corps très dur et parfaitement homogène,
il serait très difficile et peut être
encore impossible de pouvoir séparer
pphiquement ces 3. principes, par des voies et
des moyens doux bénins et naturels, ainsi
que notre art pphique le requiert et le
demande. C'est pourquoi si nous voulons
avoir aisément et naturellement les vraies
semences ou racines métalliques oraires,
il nous les faut aller prendre dans
l'unique terre des pphes, en laquelle se
trouve un pur clair blanc et rouge,
qui n'est pas encore achevé d'accomplir,
mais qui est mêlé par une juste proportion
de nature à un semblable. Et c'est ce
que les pphes appellent les semences métalliques
de l'or, en outre qu'il n'y a dans
tout le monde que notre seule matière
@

565

qui contient en soi les vrais semences
oraires, toutes semblables en pureté et
excellence de vertus à celles de l'or.
C'est que dans ce noble sujet il nous
est très facile par le moyen de notre
précieuse eau visqueuse permanente
et pphique, de délier et de prendre ces
pures substances de la masse confuse
ou elles sont naturellement enveloppées,
or quand vous aurez par un simple labeur
extrait physiquement et séparé nos es
§Terre adamique.
par après vous aurez réuni comme j'ai
déjà dit avec poids et mesure et proportion
sans nulle tache d'impureté, vous
devez être assuré pour lors que vous
possédez très certainement les vraies semences
métallique et l'or vif des pphes.
Quand cet or vif est jeté dans une
terre fertile convenable à cette précieuse
matière, c'est-à-dire dans le des pphes,
et que là-dedans il est cuit digéré
et perfectionné par notre feu Olympique,
vivifiant et céleste, alors il devient
élixir ou le pur des pphes, duquel
les enfants de la science par l'art pphique
et le simple secours de la nature font
leur grande médecine universelle, laquelle
guérit tous les corps malades, purge tous
les corps vénéneux, dissout tous les corps
fixes, et fixe les volatils.
Enfin mon fils, pour la conclusion de
ce chapitre, je vous dirai encore une fois que
le oraire que nous avons extrait pphiquement
de notre terre adamique, est la noble clef
qui ouvre et ferme la porte à notre pierre,
il est cette inconnue semence métallique
de l'or, et sans cette admirable semence
notre pierre précieuse ne peut naître.
Et tout ainsi que l'homme engendre l'homme,
et que chaque espèce par son germe et par
sa semence, ainsi de même si vous désirez
de planter et semer l'arbre oraire des pphes,
il faut nécessairement que vous ayez les
vraies racines de l'or. Mais si vous n'avez
pas les vraies semences métalliques, très
certainement vous ne ferez jamais rien de bien
dans notre oeuvre, et jamais aussi vous ne
verrés croître ni produire l'arbre oraire
des sages. Or, comme c'est toujours la semence
@

566 (291)

qui par sa vertu générative fait produire
les choses de sa nature, ainsi devez
vous croire que si vous semez la semence
de l'or dans notre terre vierge, vous moissonnerez
de l'or, si c'est celle de la vous
moissonnerez de la .
Et je puis assurer par mon expérience
que le pphique que nous composons par ces
deux pures substances à savoir de notre
précieux céleste, et des semence métalliques
oraires, ne l'augmente pas seulement de poids
et quantité, mais il est très certain que sa
vertu s'augmente, se renforce rehausse et
multiplie d'un million de fois plus qu'alors
qu'il était englouti, lié et enveloppé
dans le mélange de sa masse confuse.
Mais sachez qu'il est du tout impossible
de pouvoir jamais parvenir à cet admirable
chef d'oeuvre de la Pierre des pphes,
si l'on a la vraie pratique d'extraire pphiquement
les vraies et pures substances,
métalliques du et de la . Et cela ne se
peut faire que par le très occulte secret
de notre art pphique dont je vous vais présentement
déclarer en peu de mots la manuelle
opération à la fin de ce livre.
De la Calcination pphique
Chap. 8.e
La Calcination pphique de notre spiritueuse
et pphique matière est si essentielle et si
absolument nécessaire à l'ouvrage des sages,
que sans elle il est impossible de toute
nécessité de jamais pouvoir parvenir à la
composition de leur pierre. Car c'est par elle
que nous tirons le Sel de nature, le et
le des sages pphes, mais sachez que cette
pphique calcination n'est connue que des
vrais enfants de la science, elle se fait ingénieusement
avec un très grand artifice, lequel
néanmoins est fort simple et très aisé
à faire à ceux qui le savent, et à qui on
l'a enseigné : mais à ceux qui n'en ont pas
la connaissance le secret en est très occulte
et très caché, et il ne leur sera pas moins
difficile à trouver ou à inventer d'eux-
mêmes, ou par la lecture des livres, qu'à
faire descendre la du firmament et la
mettre en terre. Or nous faisons l'assation
et calcination pphique pour deux raisons,
l'une afin que les parties inflammables
des .es onctueux, corrompant et incorruptibles,
se délient et se séparent tout à fait
@

567

des esprits fixes qui seront calcinés, lesquelles
parties crémables par leur continuité,
se défendent au feu devant leur physique
calcination. L'autre raison pour laquelle nous
calcinons, c'est afin que l'humide volatil
aqueux, coagulé et lié avec le fixe radical,
se dessèche de toute son humidité
phlegmatique, et que pphiquement nous puissions
mettre notre précieuse matière en sel ou
en chaux de nature.
Or la raison pour quoi nous calcinons
et mettons notre matière en chaux de nature,
que nous délions ses esprits ou es volatils
des fixes, que nous en chassons son
humide aqueux, tout cela dis-je ne se
fait pour autre cause que pour dessécher pphiquement
notre précieuse matière, afin de
lui engendrer et causer porosité en sel
ou chaux pphique, car sachez que si la
matière n'était poreuse elle ne pourrait
attirer sa propre nourriture, et jamais son
nourrissement multiplicatif ne pourrait
entrer en elle.
Entendez donc par ce que je viens de
dire, que notre matière spiritueuse doit être
desséchée pphiquement, parce qu'au commencement
de notre oeuvre le sec doit surmonter
l'humidité, et l'humide comme
étant de la qualité et de même substance
de la terre, se doit transmuer peu à peu
en nature de terre, de peur que les parties
de la terre fixée ne se perdent par les
trop fréquentes et trop grandes imbibitions.
Car sachez que si notre matière n'était pphiquement
calcinée, et qu'il advint que les parties
calcinées de notre terre fixée se continuassent
et demeurassent dans notre , jamais
le ne se pourrait convertir en cendres.
Parce que la qualité sèche de la terre qui
doit surmonter sur l'humidité serait
morte, et ainsi l'humide radical ne se
pourrait convertir en chaux de nature, mais
se coagulerait en corps imparfait, et si
de plus, la eité étrangère volatile ne
se pourrait jamais séparer, elle se continuerait
et demeurerait toujours dans le
ventre de notre , et se défendrait contre
le feu qui n'aurait pas le pouvoir de la
consumer ni de l'élever.
Prenez donc garde sur toutes choses en
calcinant votre matière, de conserver soigneusement
porosité, car si votre matière n'était
poreuse votre oeuvre serait inutile, d'autant
que son lait virginal ne pourrait entrer en
@

568 (292)

elle, pour lui donner sa naturelle nourriture
multiplicative.
Or pour bien vous instruire et vous révéler le grand
secret de cet art, je vous dirai que vous empêcherez
que porosité ne se perde en votre spiritueuse
matière, si pphiquement vous en chassez l'humide
aqueux, et les humidités volatiles
des esprits fixes et corporels que par notre
pphique calcination, car c'est elle seule
qui peut naturellement convertir notre précieuse
matière en cendre, et par elle se fait
la vraie chaux ou sel de nature de l'humide
nutrimental des sages pphes, et ce sel de
nature ou chaux pphique, est comparée
au coeur qui attire radicalement le plus
digeste et le plus épuré de la nourriture
de l'animal, ainsi notre chaux pphique attire
amoureusement et convertit en sa nature
de cendre, tout le lait virginal qui lui est
donné par imbibition et pour nourriture,
et sachez que c'est un très grand secret en cet art,
que d'avoir la connaissance de la pratique
de notre calcination pphique, qui conserve la
porosité.
Mon fils, croyez pour tout certain que ce
passage de la calcination pphique est un
de ceux qui fait le plus communément (a)chopper
les ignorants, à cause que les pphes l'ont
toujours tenu grandement caché et ne l'ont
jamais voulu éclaircir dans leurs écrits
et lorsqu'ils en ont parlé ça (a) toujours été
sous la couverture d'un autre corps que
celui de leur matière pphique, afin de
faire dévoyer ceux qui ne sont enfants
de la science. C'est pourquoi il est très difficile
d'en tirer la lumière par leurs
livres, si l'on n'est illuminé de celle d'en
haut, ou bien que quelque ami ne le révèle
charitablement, comme je vous l'enseigne. Profitez
donc de la pratique de mon expérience,
et vous instruisez de l'éclaircissement que je
vous vais donner sur ce passage de la calcination
pphique, par la comparaison que
je vous ferai de celle des chimiques communs
avec celle des pphes.
Vous saurez que les chimistes qui ne s'attachent
qu'à travailler sur les corps solides ainsi que
sont les métaux et les minéraux, sont contraints
pour les calciner de les mettre dans
des feux violents, ou dans des es, pour dompter
la force de ces corps métalliques, et néanmoins
ils ne font leurs impertinentes
calcination que pour atténuer davantage leur
matière, afin de la dissoudre plus aisément,
se persuadant que les pphes n'ont ordonné
@

569

la calcination que pour faciliter la dissolution.
Mais voyez je vous prie après tous ces pénibles
travaux qu'ils n'ont rien avancé en
leur dessein, car leur prétendue matière est
aussi difficile à dissoudre qu'elle était
auparavant leur calcination, et partant
je dis que la calcination des chimiques
n'est pas conforme à celle des sages,
car la 1.e se fait avec peine et travail
par les et par de grands feux qui détruisent
porosité, et la nôtre se fait
sans violence de flammes, elle se fait
fort aisément par un petit feu doux, qui
est si naturel qu'il calcine pphiquement notre
matière, sans altérer ni détruire les
vertus des semences génératives, et
conserve porosité.
Que si nos matières, qui sont la semence
métallique et l'esprit génératif ou
1.ere matière de toutes les choses de la
nature, étaient dans ces feux infernaux
des chimiques vulgaires, nos fleurs
qui sont si aisées à altérer se détruiraient
dans un moment, et même n'en
pourrait pas souffrir la violence
de leurs feux, je dis le corps de notre
précieuse matière, que dans un bien
peu de temps elle ne se fût consumée
tout à fait, ou tout du moins elle
se corromprait de telle sorte en sa
nature inférieure, que son sperme virginal
s'étant altéré et détruit, la
matière demeurerait stérile et infructueuse.
Or mon fils, pour la conclusion de ce chap.
apprenez de moi que l'occulte secret
de la calcination pphique, n'est autre que
de mortifier ou réduire pphiquement l'eau
vive ou l'esprit du monde en sel de
nature, sans que rien se gâte ou se
corrompe de notre précieuse matière, conservant
toujours porosité, et ses puissances
génératives comme elle avait devant
la calcination pphique.
Pour laver et blanchir la chaux
pphiquement c'est-à-dire comme vos terres
doivent être arrosées imbibées et
nourries par l'eau de vie permanente.
Chap. 9.e
Mon fils, après avoir dit la raison pour
quoi les pphes calcinent leur matière,
je vous dirai que l'autre terme qui est contraire
à la calcination, c'est l'inhumation
faite par imbibition, parce que cette
@

570 (293)

imbibition ramollit et humecte la sécheresse
de notre calcination, elle spiritualise
la chose corporelle, elle revivifie et ressuscite
le corps mort, elle rend le fixe
volatil, et rend légère la chose pesante.
Enfin la calcination pphique et l'imbibition
des sages sont deux choses qui perfectionnent
et accomplissent notre ouvrage, parce que
l'une tue le corps vif, et l'autre anime
le corps mort, et lui redonne une nouvelle
vie, pourvu que l'imbibition en
soit faite par notre eau vive et sèche du
feu aqueux ou eau ignée, et que ce soit
ingénieusement par mesure et proportion
convenable au principe actif de nature.
Il faut dis-je que ces imbibitions soient
faites avec chaleur douce, mesurée et
proportionnée aux effets de la nature, et aussi
avec froideur modérée, c'est-à-dire que les
chaleurs soient dérompues, et sachez
que tel acte mixte qui est entre froid et
chaud, est ce qui met l'âme et la vie au
corps, et vous souvenez que pour faire notre
grand magistère en sa haute et accomplie
perfection, le secret et la maîtrise de l'art
consiste aux mesures et proportions
des douces et fréquentes imbibitions qu'il
faut faire en manière de rosée, et
croyez pour tout certain que toute l'étude
et l'intention des pphes, n'est autre
chose qu'imbiber et dessécher. C'est
pourquoi les pphes calcinent leur terre
séminale, afin de l'échauffer et altérer
de telle sorte qu'elle soit très ardente à
boire, et s'imprégner abondamment
de son humidité succulente et naturelle,
qu'elle tirera de notre eau vive, qui est sa
mère, sa soeur et sa nourrice : car la terre
ayant perdu dans sa calcination pphique
son humidité aqueuse par les imbibitions
des sages, nous lui faisons reprendre
une autre humeur radicale et
onctueuse, qui est beaucoup plus
convenable à sa nature, et vide de toute
humidité étrangère et superflue, aussi
est-elle grandement altérée et a très grande
soif, c'est pourquoi elle boit avidement
pour se restaurer de la chose qu'elle a perdue.
Mon fils vous saurez que lorsque les parties
de l'humide radical se dessèchent continuellement
en l'homme, l'on se doit tenir
assuré que la mort arrivera bientôt
au corps, à cause qu'il n'aura plus en lui
@

571

cet humide vivificatif, auquel sa chaleur
naturelle s'échauffait. Ainsi peut-on dire
qu'il en est de même de notre précieuse matière,
lorsqu'elle a été cultivée pphiquement.
Mais quand par maintes fois, elle a été
abreuvée et par petites parties divisées,
qu'elle est imbibée et mêlée en cuisant
fortement, et que cette cuisson soit douce
pour seulement résoudre la fumée aqueuse,
et pour dessécher et épaissir son humide
radical, alors dis-je, la chaleur s'augmente
et s'accroît et le feu se multiplie : par
ces choses je veux vous faire entendre que
la nourriture que nous donnons à notre
matière, l'opération s'en fait en imitant
la nature, (ce) que nous lui donnons par nos
fréquentes imbibitions, n'est autre chose
que mouvement fluant de chaleur naturelle.
Les pphes disent que le composé est toujours
de plusieurs parties continuées et
divisées, lesquelles toujours se nourrissent
et toujours défluent, parce qu'il y a toujours
flux et déperdition, c'est pourquoi il lui
convient donner toujours nourriture, afin
qu'il se fasse toujours flux et restauration, et que
toujours il s'influe jusqu'à ce qu'il soit venu
à son terme, et par ces choses que je viens
de vous dire, vous voyez que toute nourriture
se fait par éjection et rétention de parties
divisées, et vous saurez aussi que la
rétention se fait toujours des parties
de la nourriture, par la raison d'assimilation
qu'elles ont en nature avec le nourri, mais
l'éjection se fait des parties dissemblables
à nature et contraires à unité, et
partant il est nécessaire que toute nourriture
porte fèces en soi, quoi toutefois
que chaque partie de nourrisement soit nourrie.
Mon fils par ces choses que je vous ai dites,
je prétends vous faire entendre que la substance
se de notre terre pphique ne s'imbibe,
ne se lave, ne se nourrit, ne s'accroît,
ne se multiplie que de parties semblables
à sa propre nature lle, refusant et rejetant
pour sa nourriture toutes les choses
qui sont contraires à sa nature.
Ceux qui ont demandé aux pphes de quoi
ils nourrissaient leur pierre et leur enfant
né, ils leur ont répondu et l'ont aussi
laissé par écrit, qu'ils le nourrissaient avec
le sel de nature, le vent cuit, et l'eau vulgaire
par fréquentes imbibitions pphiques.
@

572 (294)

Enfin sachez que l'oeuvre des pphes, le trop
et le trop peu d'imbibitions et de dessiccations,
sont deux choses fort contraires, mais néanmoins
vous remarquerez que le trop est toujours
une chose fort contraire à toute
mesure de perfection, soit que vous abreuviez
ou desséchiez la matière, et le peu qui est
le contraire du trop est toujours dans le
sentier et dans la voie de la vraie mesure
de nature, c'est pourquoi le peu est toujours
à louer, soit en abreuvant ou en desséchant,
et partant, souvenez-vous que petite imbibition
ne demande que petite dessiccation,
et que petite dessiccation veut aussi petite
imbibition.
Que si vous connaissez que par trop de feu votre
matière se dessèche trop et vienne à débilité,
vous la devez conforter par imbibitions
proportionnées, et mêmement vous lui
pourrez donner plus grande quantité de viande,
car de lui en donner plus qu'elle ne
serait capable d'en digérer, cela gâterait
notre ouvrage, vous savez que l'on ne boit
point si l'on ne mange, et que l'on ne mange
point si l'on ne boit, c'est-à-dire qu'autant
de fois que vous abreuverez votre matière, autant
de fois vous la devez dessécher, mais prenez
bien garde à ne lui donner à boire outre
mesure, car si vous lui donnez trop d'eau, vous
gâterez et perdrez tout votre labeur,
parce que pensant faire boire notre terre
vous la noierez, et sachez que les lavements
et les imbibitions des pphes ne se font que
doucement, et peu à peu, mais néanmoins
avec grand art, et croyez que ce point est le
miroir et le chef d'oeuvre des pphes en l'intention
de l'oeuvre pphique de leur pierre.
Mais ne vous allez pas figurer que l'eau
dont les pphes se servent pour laver, baigner
et blanchir leur précieuse matière soit
l'eau commune et vulgaire, vous saurez
qu'après la calcination pphique, notre terre
vierge, les semences métalliques et de
nature sont comme morts, et n'auraient
jamais de vertu ni de vie, s'ils n'étaient
ressuscités. Or il ne peuvent être effectivement
ressuscités qu'après que nous les avons plusieurs
fois lavés et baignés dans les flammes
de notre eau de vie céleste, du feu olympique
qui est le père vivifiant et génératif de
toutes les choses qui sont dans le monde.
Et quand vous aurez par maintes réitérations, lavé
et baigné pphiquement nos précieuses
matières dans les rayons vivifiants de notre
@

573

eau ignée ou feu aqueux, vous pourrez dire alors
que le corps qui était mort est ressuscité,
qu'il se régénère, et qu'il est devenu un corps
glorieux, par le moyen de cet esprit de vie.
C'est alors dis-je que notre et sel essentiel,
et notre terre vierge ayant été engrossés
des influences vivifiantes du soleil qui
sont sublimés et exaltés pphiquement, c'est-à-
dire que la terre vierge des pphes est montée
au ciel et descendu en terre, et c'est enfin
pour lors que la terre vierge des sages
étant ainsi imprégnée des plus pures
et salutaires influences des astres, se trouve
par même moyen engraissée de sa
naturelle graisse, et par ainsi très bien
préparée et très propre à recevoir dans
son ventre la semence métallique de l'or
vif des pphes, qui se dissout et se putréfie
aussi en la terre élémentaire.
Voila certainement les véritables imbibitions
et les lavements pphiques de sapience
qui sont absolument nécessaires à
la composition de notre pierre, desquelles
vous apprendrez la pratique à la fin de ce livre.
Cuisson pphique de la semence re.
et du des pphes dans le feu vivifiant
des sages
Chap. 10.e
Après vous avoir enseigné amplement et
méthodiquement comme il faut planter et nourrir
l'arbre solaire des pphes, il faut maintenant
que je vous instruise de plusieurs circonstances
utiles et nécessaires ; il faut
que je vous parle des vaisseaux, du fourneau,
et de notre feu vivifiant et nutritif,
qui a la vertu de pouvoir conduire
nos précieuses matières à leur plus haute
perfection.
Quand donc vous aurez achevé de parfaire
vos pphiques imbibitions et lavements
pphiques, ce que vous connaîtrez lorsque
vos matières seront devenues blanches
et gommeuses, alors prenez vos matières
philosophiques et comme dit Marie la
prophétesse, joignez la gomme avec la
gomme, puis mettez cette excellente composition
dans l'oeuf pphique, lequel vous lutterez
pphiqement, mais prenez bien garde d'en
mettre ni trop ni trop peu de matière dans
un vaisseau de verre, car s'il était trop
grand, notre pphique très sûrement se dissiperait,
c'est-à-dire son humide radical se perdrait,
de sorte que la siccité naturelle ne pourrait
pas agir sur elle, et par ainsi la matière
@

574 (295)

deviendrait stérile. Que si au contraire vous
prenez des verres trop petits, vos fleurs seraient
tellement suffoquées qu'elles ne pourraient
jamais rapporter leur fruit à la perfection.
Observez donc exactement qu'à l'égard de votre
matière, les 3. parts de votre vaisseau soit
vides et non davantage, et de plus ne
mettez en chaque vaisseau qu'une ou 2. au
plus.
Mettez ce vaisseau scellé hermétiquement au nom
de Dieu, dans le fourneau pour travailler à
l'opération du feu de sapience, et par après
régissez et gouvernez le feu en telle façon
et manière que la chaleur externe ne surmonte
point la chaleur interne, car si
elle était trop grande, l'union ne se
pourrait faire, d'autant que la trop grande
chaleur dissiperait et brûlerait les matières.
Que si le feu vif externe était aussi
moindre qu'il ne faut, l'esprit des matières
resterait là sans être ému et sans pouvoir
congeler dessécher ni fixer. Car
vous saurez que les esprits des métaux
sont morts, et comme endormis sans pouvoir
travailler ni opérer s'ils ne sont vivifiés
et excités par le feu vif et vivifiant.
Apprenez donc l'un des principaux points de
leur ouvrage, c'est le soin de faire exactement
le feu vif des sages, et le régissez
de telle sorte qu'il ne soit ni trop grand
ni trop petit, et si vous l'entretenez comme
il faut dans son vrai degré de température,
vous verrez que vos matières pphiques
commenceront à s'attaquer et à se chauffer
l'une dans l'autre, de telle sorte que dans
peu de temps le tout se convertira en eau.
Non pas eau commune mais glaireuse ou
glutineuse. Sur toutes choses je vous
recommande de conduire votre oeuvre avec
tant de sagesse, que vous hâtant lentement
votre feu soit toujours doux et conforme
à celui de nature, car celui qui a ces qualités
ne peut jamais rien gâter, au contraire
il est cause de réveiller la chaleur du
pour produire ses admirables effets.
Sachez donc que le plus grand secret de cet
art gît au feu, et que cela n'a pas été sans
grandes raisons que les pphes nous ont laissé
par écrit, que le feu et l'azot suffisaient
pour faire la pierre. Mais j'ai un avis à vous
donner sur l'explication de ce passage qui vous
empêchera de tomber dans l'erreur commune,
de la plus grande partie de ceux qui veulent
passer pour intelligents pphes, quoiqu'ils n'aient
aucune lumière des occultes secrets de notre
cabale.
@

575

Apprenez donc que lorsque les sages pphes
recommandent si expressément de bien faire
le feu, leur intention n'est pas de vous conseiller
de vous servir du feu commun, quoiqu'ils
n'ignorent pas qu'on le puisse
régler par divers degrés. Néanmoins
ne tenant autre chose de sa nature que
d'être actif chaud et sec, ils savent
qu'il ne pourrait jamais être propre à faire
ce qu'ils commandent, aussi est-il certain
que leur intention n'est autre que de nous
faire entendre de faire un feu duquel
les qualités et les vertus occultes
soient tout à fait éloignées et différentes
du feu commun du vulgaire, et de
plus ils font entendre clairement à ceux
qui ont le don d'intelligence que le feu
qu'ils ordonnent de faire doit être composé
de telle manière qu'en même temps
il s'y rencontre de la chaleur, de la sécheresse
et de l'humidité, afin que sans
discontinuer, on puisse faire la putréfaction,
la circulation, la conjonction des
matières et une cuisson parfaite, et
quoi que notre et notre aient été
régénérés et ressuscités par l'engrossement
de l'esprit de vie, néanmoins ils ne sont
pas encore exaltés en vertu, d'autant que
l'esprit céleste ne s'est que joint à eux
et non encore uni ni affermi d'un lien
indissoluble : or c'est par cette parfaite
et très nécessaire union, de ces précieuses
matières qui rend ces corps ainsi glorieux
et si puissants, à faire les merveilleux
effets que nous leur voyons produire.
Mais cette union ne se peut faire qu'en
congelant et fixant notre céleste avec
notre pphique ou semence métallique,
et cette fixation se doit faire par une
coction pphique dans un feu nutritif
et vivifiant, ainsi qu'est celui
des sages. Enfin après vous avoir fait
connaître que les vrais pphes ne se
brûlent point les doigts en faisant
leur pierre, et qu'en faisant leur oeuvre
ils se servent d'un autre feu que celui
du vulgaire, maintenant je vous veux
dire la différence qui se remarque en
comparant l'un à l'autre.
En 1.er lieu le feu des chimiques est commun
et vulgaire, et le notre est ingénieux
et difficile à rencontrer, le leur est l'élémentaire
et le notre est naturel et aussi
vivifiant que le céleste, le leur est actif
@

576 (296)

chaud et sec, d'autant qu'ils le font de bois,
d'huile ou de charbon, le notre est chaud
sec et humide, et beaucoup plus spiritueux
que matériel, le leur n'agit point s'il n'a
de l'air, et le notre ne fait point son
action qu'il ne soit renfermé, et encore
faut-il que ce soit dans un vaisseau
si bien clos, que l'air n'y puisse entrer.
Celui des chimiques ne se peut pas
aisément régir, et cesse ou s'éteint quand la
matière qui le nourrit lui défaut, et le
notre agit toujours également et s'entretient
de lui-même sans y toucher,
et par une spiritueuse vapeur, il rayonne
et circule incessamment dans notre matière.
Le feu des chimiques étant actif chaud
et sec sa 1.e qualité est de consumer
et de détruire les choses sur lesquelles
il agit, et qu'il ne soit vrai ce que je
dis, nous savons que leur plus doux
feu est leur Bain marie, et cependant
on y fait cuire les oeufs, or, si leur plus
doux feu est capable de détruire les
germes, il est vraisemblable que les
autres feux qui seront plus violents
le feront encore plutôt. Mais pour notre
feu, il échauffe fort doucement notre précieuse
matière, et par un rayon continuel,
il la cuit, la fomente et la congèle,
il l'humecte, la nourrit et l'augmente
en vertu, enfin le feu des pphes est
tout à fait dissemblable à celui des
chimistes, car le leur est violent et
corrosif, et le notre est doux bénin et
naturel, il est clos, aéreux, vaporeux circulant,
environnant, clair, pur, doux,
égal, continuel et tempéré, et aussi
nourrissant et vivifiant que le Céleste.
Et ce qu'il y a de plus merveilleux au feu
des pphes, c'est qu'il est tout à fait conforme
à la matière de leur pierre,
et se prend dans la plus pure substance
de ses entrailles, par l'artifice
de notre rare secret. Et je puis encore
assurer que ce véritable feu des pphes
que je vous décris, est aussi leur
vrai bain marie duquel ils n'ont
pas moins caché l'artifice de le composer,
que la connaissance de la matière de
leur pierre, d'autant que la connaissance de
l'un donne l'intelligence de l'autre.
@

577

Exhortation de l'auteur à
son Fils
Chap. 11.e
Mon fils, au même temps que je me suis
proposé de vous laisser de véritables témoignages
de mon affection, en vous
révélant par ces écrits la connaissance
des plus rares et des plus relevés secrets
de la nature, j'ai cru qu'en vous
dépeignant les sentiments que j'en
ai, de devoir aussi vous faire voir,
quels doivent être les vôtres, de quel
esprit vous les devez posséder, et à quelle
chose vous le devez employer : ce
n'est pas aussi mon fils que je crois
que vos sentiments soient autres que
les miens ; mais considérant la gravité
de la matière, j'ai cru que mes paroles
ne seraient pas inutiles, qu'elles vous
confirmeraient au bien commencé, et
que j'aurais cette satisfaction en mourant
de n'avoir point confié ce don de Dieu
qu'à un homme bien informé de son
devoir, et en effet homme de bien : car
de faire autrement et prodiguer les biens
de Dieu, j'entends les biens et la santé
à ceux qui ne valent rien, et sont indignes
de vivre, c'est choquer la providence
divine qui accourcit la vie des uns, l'allonge
aux autres, tient les uns dans la
pauvreté, les autres dans les richesses,
le tout pour sa plus grande gloire et le salut
des âmes. Il ne faut pas donc en tant qu'il
est en nous, damner par les richesses,
celui que Dieu veut sauver par la
pauvreté, et encore moins prolonger la
vie, à celui qui ne l'emploie qu'à offenser
Dieu, et qui se perdrait s'il vivait longuement,
autrement ce serait contrarier
a la volonté de dieu, et se rendre
responsable d'une infinité d'âmes. Considérez
donc mon fils, que ce don est
une grâce gratuite de Dieu, et ne peut
être autre. Or la grâce gratuite ne se
donne pas pour le profit de celui qui
la possède, mais seulement pour celui des
autres, comme on voit aux miracles et au
don des langues. Par ces raisons vous
voyez clairement qu'il ne vous est pas permis
de révéler à aucun le secret que je vous apprends,
mais à Dieu seul, lequel seul connaît
@

578 (297)

le coeur des hommes, si ce n'est que lui
même vous révèle le fond du coeur de
quelqu'un, et vous inspire de lui communiquer
cette grâce ; ni beaucoup moins vous
en approprier les fruits, si ce n'est pour vivre
modestement selon votre condition, et
selon cette règle générale, que qui sert
à l'autel doit vivre de l'autel, je sais
bien que les grâces gratuites comme
elles ne se donnent pas pour le profit
de celui qui les possède, elles ne se donnent
pas aussi pour son mérite, puisqu'elles
se donnent gratuitement, mais
malheur à celui qui se voyant traité
si gratuitement de Dieu, demeure ingrat
envers sa bonté.
Mon Fils considérez je vous prie, que le
secret de pouvoir donner la santé et
prolonger la vie et la vigueur aux hommes,
est une grâce extraordinaire et hors du
commun, vous ne devez donc pas vous contenter
de servir Dieu avec des actions ordinaires
et communes : nos connaissances donnent
ordinairement le branle à nos volontés,
et celles-ci à nos actions, si donc vos connaissances
sont au dessus du commun,
pourquoi vos volontés et vos actions ne
seront-elles pas au dessus du commun ?
Vous devez avoir toujours ces paroles de
Dieu en la pensée, on demandera plus
à celui à qui on aura le plus donné, on
répétera cinq talents de celui qui les
aura reçus. Mon cher enfant pesez ces
paroles, et croyez que je vous aime
bien davantage bon chrétien que bon
pphe, et je fais beaucoup plus d'état
du moindre degré de la vraie charité
envers Dieu et mon prochain, que
de toutes les connaissances humaines
et divines, puisqu'au grand jour du jugement
nous n'aurons que faire de rendre compte
de ces connaissances, mais seulement
de cette charité et des actions qui nécessairement
l'accompagnent. Mais puisque
Dieu vous donne l'accessoire, j'entends
la connaissance des choses naturelles,
mettez peine d'avoir toujours le principal,
j'entends d'être homme de bien.
O que c'est un spectacle aimable aux
Anges et aux hommes, de voir en un
même sujet ces deux qualités unies
@

579

ensembles : vous pouvez aussi considérer
que ce bon Dieu qui a voulu que l'homme
tout chétif qu'il est portât son image
et semblance, n'a pas aussi dédaigné
que le même homme lui ressemblât
en beaucoup de choses, qui semblent
même répugner à la grandeur de Dieu
et à la dignité humaine. Car vous
savez qu'il est écrit de Dieu seul que
tout le contenu de la terre, c'est-à-
dire tous les biens qu'elle enserre, lui
appartiennent, et il est aussi écrit de
lui seul que la mort et la vie sont
entre ses mains, et que lui seul est
scrutateur des coeurs. Or toutes ces
choses vous obligent non seulement
à l'aimer, mais aussi à ne point aisément
révéler notre science. Pour
prouver ce que je dis, c'est que vous voyez
que ce bon Dieu en vous donnant la
connaissance de ce secret, vous a
en quelque manière égalé à lui,
non seulement en vous créant à son image
et semblance, mais pour avoir mis
en vos mains plus de vrais biens,
s'il se peut dire, que ne comprend toute
la terre même : car par cette admirable
et secrète connaissance, il vous
donne le vrai trésor de la vie humaine,
en vous faisant par lui quasi
maître de la vie et de la
mort des hommes. Que peut-on dire
de celui qui par cette science peut
donner et maintenir la santé, la
vigueur et prolonger la vie, le moins
que l'on peut dire de vous, c'est que vous êtes
un peu plus que roi. Et comment
mon fils, voudriez-vous étant plus que
roi faire des actions d'esclaves ? Mais
n'êtes-vous pas obligé d'en faire
de divines, et de vous conformer en
toutes choses aux desseins de Dieu
qui vous a tant conféré de grâces que
par elles il vous a presque fait un
demi-dieu en Terre.
J'ai dit aussi qu'il est seul scrutateur
des coeurs, pour vous montrer qu'il ne vous
est pas permis de vous défaire de ce
talent à qui que ce soit, puisque vous
ne le pouvez faire que hasardeusement,
ne connaissant point le coeur de l'homme
ni de personne, excepté néanmoins
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l'inspiration divine ou plutôt sa
dispensation qui vous peut faire connaître
quelqu'un vertueux, et connaître
clairement le fond de son âme, et dans
cette connaissance, vous obliger à la révélation
de votre science.
Croyez mon fils que ce que je vous dis n'est
pas de petite conséquence, car si vous
êtes obligé à faire de bonnes oeuvres,
et à bien dispenser les fruits de l'arbre
de vie que vous possédez, que sera-ce devant
Dieu, si vous employez mal l'arbre
même, en le confiant aux méchants,
si les fruits sont capables de les perdre,
que ne ferait point l'arbre.
Enfin mon fils, vous devez imiter Dieu
et dans la dispensation des fruits, et sur
tout dans la concession de l'arbre, c'est-
à-dire dans la connaissance d'un si merveilleux
secret. Dieu a des biens non pour soi
mais pour nous, ainsi Dieu a mis en vos
mains le trésor de la vie humaine,
non pas pour en posséder les biens et vous
les approprier, soit pour vous ou vos particuliers
amis seulement, mais pour les départir généralement
à tous les gens de bien et de vertu
que vous connaîtrez qui en seront dignes.
De plus souvenez-vous que Dieu ne donne
ou ne veut donner ce secret qu'aux gens
de bien, vous le devez imiter et en faire
autant, faisant ainsi, vous consolerez mon
âme et ferez que mes cendres reposeront
doucement dans le sépulcre en attendant
la venue redoutable du fils de Dieu, que
je prie de tout mon coeur de vous
prévenir de ses grâces et bénédictions,
et vous donner la persévérance au bien,
et enfin sa très heureuse et très agréable
union. Amen .
L'extrait de ce traité est dans le 6.e
tome du Théâtre chymique sous le nom
de l'arbre solaire pag. 166.

Signes de Chimie.

1 - Antimoine.
2 - Huile.
3 - Tartre.
4 - Sel.
5 - Amalgame.
6 - Nitre.
7 - Pierre.
8 - Prenez.
9 - Soufre.
10 - Poudre.
11 - Vinaigre.
12 - Eau forte.
13 - Alambic.
14 - Creuset.
15 - Eau-de-vie.
16 - Eau régale.


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