Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.

@

Page

Réfer. : 1725 .
Auteur : Perrier.
Titre : Commentaires sur "La Pierre des Sages".
S/titre : .

Editeur : Xxxxx.
Date éd. : 16xx .
@

NOTE :

J'ai trouvé ce texte, à la suite d'une copie du traité de Perrier, La pierre des sages, mais je n'ai pas pu en trouver l'origine. Je
le donne donc pour la curiosité du lecteur, ne pouvant garantir
même, que ce texte soit du même scripteur, que celui de La Pierre
des sages, extrait des copies de Jean Vauquelin des Yveteaux (sur
ce site).
Par ailleurs il semble douteux que le texte, et peut-être le com- mentaire, soit de Perrier, de la famille de Pernelle, la femme de
Nicolas Flamel (1330/40-1418).
En effet dans le texte, Paracelse (1493-1541) est cité, alors qu'il ne fut connu en Europe, qu'à une époque ou Perrier était décédé
depuis longtemps.
Dans le commentaire, en plus de Paracelse, est cité Heinrich Khunrath (1560-1605), qui est encore bien postérieur à Paracelse,
et donc à Perrier.
Le traducteur.

@


La pratique du 4ème chapitre qui traite de l'unique et vraie matière de la pierre des Philosophes
Mon fils, en peu de mots, je vous vais déclarer le premier et le plus grand secret de la Cabale des Sages :
Sachez que la matière dont les Philosophes se servent pour faire
leur pierre, n'est autre chose que l'esprit du Seigneur porté sur les eaux, lequel est le grand agent, ou le ressort mouvant
de la nature, qui étant diffus dans toutes les contrées du monde
donne la rapidité aux astres, la mobilité à l'air, la fluidité à
l'eau, et la fertilité à la terre. Et c'est lui aussi qui donne
force et vigueur à toutes les choses naturelles, et sans lui rien
ne vivrait. Mais toute la grande difficulté consiste à prendre
physiquement ce précieux et puissant esprit, et le mettre en corps
visible d'eau, et par après, l'ayant épuré si philosophiquement
qu'on y ait laissé aucune tache d'impureté, d'en faire la Terre
vierge des Sages.
Or, pour parvenir à ce grand Chef-d'oeuvre du premier secret de la Cabale des Enfants de la Science, vous procéderez en cette
manière : Prenez la quantité qu'il vous sera nécessaire pour votre
ouvrage, de l'excrément du suc du plan de Saturne, lequel vous
calcinerez à un four de réverbère jusqu'à la blancheur, sans néanmoins
le fondre. Lorsqu'il sera bien calciné, vous le mettrez dans
des vaisseaux qui ne boivent point, comme le verre, le grès ou la
faïence, lesquels vous exposerez en plein air, mais que ce ne soit
que pendant que le temps est beau, clair et très serein, et jamais
en temps pluvieux, d'orages, de gelées ni de neiges. Et, pour le
mieux que ce soit, depuis le premier quartier de la lune jusqu'au
commencement du dernier. Par ce moyen vous verrez que ce précieux
sel, ou aimant des Philosophes, attirera par sa vertu ou propriété
attractive, du sein du plus profond de l'air, les plus pures influences
des astres, et les réduira en eau, laquelle les Philosophes
ont appelée la bave du Soleil, et le crachat de la Lune, et que moi
je nomme l'esprit universel du monde. C'est de cette eau céleste
dont parle Théophraste, lorsqu'il dit « prenez la lune du firmament,
changez-la du lieu supérieur en eau, et par après la réduirez en
terre » c'est-à-dire qu'il faut attirer l'esprit universel ou les
influences de la lune, et les réduire en eau, comme vous ferez
certainement en suivant exactement ce procédé.
Et sachez que cette eau céleste et lunaire est la première matière de la pierre, de laquelle les Philosophes font leur sel de nature,
leur terre vierge, leur eau de vie et leur double .

@

J'ai autrefois connu un étranger qui était de la grande compagnie des
Savants d'Allemagne, qui m'a dit que son cousin le docte Henri Khunrath,
pour attirer l'esprit universel du monde, se servait pour son aimant
attractif, du salpêtre préparé, mais il ne me voulut oncques apprendre
cette préparation.

La pratique du 5ème chapitre qui traite de la préparation de notre précieuse matière pour en faire l'eau de Vie des Sages
Prenez de notre eau de vie céleste et lunaire et filtrez-la, puis mettez-la dans une cornue de verre ou de terre de Beauvais, laquelle
vous mettrez au fourneau à cendres, et lui ayant adapté un récipient
et luté les jointures, vous donnerez le feu pour séparer notre eau
Ethérienne et Céleste de son sel attractif, lequel demeurera au bas
de la cornue et vous peut toujours servir à cette affaire, sans diminution
de sa vertu, ni de sa quantité.
Prenez cette précieuse eau qui a passé dans le récipient, et mettez-la dans une nouvelle cornue bien nette ; puis lui ayant adapté et
luté un récipient, vous la poserez au bain et continuerez la distillation,
jusqu'à ce qu'il ne reste que très peu d'eau dans la cornue.
Et ainsi il vous fera faire par trois fois, je veux dire laisser à
chaque fois très peu de matière dans le fond de la cornue.
Cela fait, vous prendrez l'eau qui a passé dans le récipient, et mettez-la dans une nouvelle cornue de verre, qui soit bien nette,
laquelle vous poserez au bain, et lui ayant adapté un récipient bien
luté, vous lui donnerez le feu, lequel vous continuerez jusqu'à ce que
toute votre eau soit passée dans le récipient et que la cornue demeure
à sec. Et ainsi vous faudra-t-il faire par tant de fois que votre précieuse
eau lunaire ne laisse aucune marque, ni tache d'impureté sur le
verre, c'est-à-dire que le fond de la cornue demeure aussi clair et
net qu'il était avant que l'eau fût dedans. Car cela est le véritable
et certain signe que notre esprit lunaire est tout à fait dépouillé
de toutes les ordures et impuretés qu'il pourrait avoir empruntées
ou contractées avec notre aimant attractif.
Étant donc en cette pureté, elle est pour lors la vraie eau de vie Ethérienne et céleste des Sages Philosophes de laquelle ils composent
leur , comme nous vous allons enseigner.
Mais auparavant, n'oubliez pas de mettre cette précieuse eau dans le bain, ou fumier, pour la faire putréfier par le temps de trente ou
quarante jours, et par après en séparer son très pur esprit de son
phlegme aqueux.

@

La pratique du 6ème chapitre qui traite de l'industrieux secret pour épaissir notre philosophique
Prenez votre eau lunaire, que vous avez bien épurée, et mettez-la dans notre vaisseau de circulation, qui doit être un matras long de
quatre pieds, si possible, auquel vous adapterez un autre petit matras
qui entrera dans le grand, et après les avoir bien lutés d'un très bon
lut, vous mettrez ce grand vaisseau sur les cendres à feu de lampe à
trois fils seulement, où vous le tiendrez trois ou quatre mois, ou
jusqu'à tant que cette précieuse matière se soit épaissie et tout à
fait congelée et réduite en sel ou terre, laquelle est celle que nous
appelons la terre vierge des Sages, qui est terre en puissance, dès
le commencement du monde, et qui néanmoins ne fut jamais terre.
Prenez ce grand vaisseau dans lequel est votre précieuse terre ou sel de nature, et sans le déluter, portez-le au bain dans lequel vous
ferez dissoudre cette précieuse matière.
Cela fait, remettez votre vaisseau comme la première fois sur le fourneau à lampe à feu de trois fils, et dans la moitié du temps qu'à
la première fois cette eau s'est congelée. C'est-à dire si à la première
circulation, notre précieuse eau a demeuré quatre mois à se congeler,
à la seconde, elle n'en demeurera que deux à se réduire en sel de nature,
ou terre vierge.
Étant ainsi pour la seconde fois en terre, vous la redissoudrez au bain, puis pour la troisième fois, vous la congèlerez aux cendres à la
lampe, comme vous avez déjà fait.
Et quand ces troisièmes congélations et dissolutions seront parachevées et accomplies, alors le des Sages est accompli, car certainement,
c'est par cette occulte triple, et physique congélation et
dissolution, que l'esprit universel venant à s'épaissir et corporifier
en nature de terre pure, que se fait et s'accomplit le des Philosophes.
Et sachez qu'en cette physique opération s'accomplissent ces
difficiles et obscurs passages des Philosophes, lorsqu'ils disent et
répètent souvent : « dissout, congèle, ouvre, ferme, ouvre et ferme »
car en dissolvant, l'on ouvre et en congelant, l'on ferme.

La pratique du 7ème chapitre enseigne comme l'on peut physiquement
extraire de l'or vulgaire, les racines ou semences métalliques, que les Sages appellent le de nature, ou l'or vif des Philosophes
Sachez qu'il est du tout impossible de faire jamais la pierre des Sages si l'on a pas les vraies racines ou semences métalliques de l'or,

@

que nous appelons Soufre de Nature, ou l'or vif des Philosophes. Mais
ces pures semences ne sont connues que des vrais enfants de la Science,
qui ne sont pas ignorants que c'est le principal et le plus nécessaire
outil de l'oeuvre des Sages. Aussi est-il certain qu'alors que les Phi-
losophes ont voulu travailler à leur pierre, ils ont cherché leur et
leur où la Nature les a étroitement enclos et renfermés ; et par un
très simple et occulte artifice, ils les ont dépris, ou déliés du confus
mélange où ils sont naturellement enveloppés. Ils vont prendre leur
précieux dans le propre sein de l'air, et leur vif, ils le tirent ou
le dégagent ingénieusement du centre ou du plus profond radical de l'or
vulgaire, et en font leur or vif. Or, pour y parvenir, vous y procéderez
de cette manière :
Prenez du Sol très pur et bien raffiné par l'antimoine, lequel vous cémenterez en lamines ténues avec pierre ponce préparée, faisant stratum
super stratum. Après vous donnerez feu de cémentation et vous tirerez
certainement la vraie teinture de l'or de son propre radical. Puis, avec
nouvelles matières, tournez à cémenter les dites lamines, et ce jusqu'à
temps qu'elles demeurent blanches, ou comme toutes moites. Tirez la
teinture de la matière avec de l'esprit de térébenthine distillée, et
réitérez tant de fois que l'esprit ne teigne plus, lequel après vous
mettrez dans de très bon esprit de vin, et à l'instant il attirera à
soi toute la teinture de l'or. Puis, l'ayant séparé de l'esprit de térébenthine
par l'entonnoir, vous le distillerez à une douce chaleur, jusqu'à
ce qu'il commence à s'épaissir, et gardez-le.
Après, prenez cette terre moite, et calcinez-la au réverbère jusqu'à ce qu'elle puisse se mettre en poudre subtile, laquelle vous laverez
avec eau commune pour la nettoyer. Après, prenez du et amalgamez-le
avec à savoir un poids de et 8 de . Mettez le tout dans une
petite cornue, et à petite chaleur, distillez le et à la fin donnez
un grand feu jusqu'à ce que le passe. Après remettez-le sur la et
distillez comme auparavant, et ce autant de fois que le ne laisse
aucune fèces, ni immondices. Étant en ce point-là, mettez le sur la
terre blanche du Sol, qu'elle couvre la matière de deux doigts, et le
attirera tout le sel du à soi, de son profond radical, étant mis sur
cendres chaudes par un jour ou deux, et que le ne se sublime point ;
puis laissez refroidir et versez le par inclination, et distillez à
lente chaleur. Il demeurera au fond le sel fusible du ayant en soi
la force vivificatrice. Prenez ce sel solaire, mettez-le dedans un vaisseau
de terre, puis jetez dessus de notre philosophique qui le surnage
de deux doigts, puis vous les mélangerez bien ensemble pour faire dissoudre.
Après prenez de votre teinture d'or, et l'ayant bien desséchée à un
@

feu très doux, vous mettrez par dessus de notre philosophique, surnageant
aussi de deux doigts ; et lorsque le tout sera bien dissout, vous
joindrez ces deux dissolutions ensembles, puis à un très doux feu, vous
retirez votre dissolvant, et au bas du vaisseau demeurera l'âme et les
vraies racines de l'or vulgaire, qui est d'une telle vertu et puissance,
qu'elle seule peut transmuer l'argent et le mercure commun et vulgaire,
en très bon or. Mais ce ne peut être qu'en autant de quantité qu'il aura
été retiré de l'or. C'est-à-dire que si vous avez retiré un gros de sel
et soufre métallique de deux onces d'or, que ce gros transmuera par
réelle projection deux onces de lune ou de mercure en très fin or, ce qui
prouve clairement que ce précieux Sel et métallique sont les vraies
racines de l'or vulgaire desquels il vous faut servir pour faire le
de notre pierre au genre métallique.
Sachez que l'on ne peut extraire de cette âme d'or que la seizième partie du corps d'où on le tire, et cette seizième partie ira en projection
sur autant pesant de qu'il était en corps d'or. Ce qui prouve
clairement que ce est la vraie semence métallique de l'or.

Quelle doit être la pratique du 8ème chapitre qui traite de la Calcination Philosophique.
Dans le huitième chapitre, nous vous avons dit qu'il était impossible de parvenir à la perfection de notre pierre, sans notre douce et physique
Calcination, laquelle nous faisons, afin que l'humide volatil aqueux,
coagulé et lié avec la partie fixe radicale, se dessèche de son humide
phlegmatique, et que par ce moyen nous puissions physiquement mettre
notre très précieuse matière en sel, ou chaux de nature.
Or il est certain que nous calcinons notre très précieuse matière selon l'intention des Philosophes, lorsque nous la mettons en sel ou chaux de
nature, par la longue et douce circulation que nous lui faisons, ainsi
que je vous en ai appris dans la pratique au 6ème chapitre. Car vous saurez
que congeler notre eau de vie et la mettre en sel de nature, n'est
autre chose que calciner physiquement la matière des Philosophes. Et vous
saurez encore que la terre vierge, la chaux physique, le sel de nature
et le des Philosophes ne sont qu'une même chose. C'est pourquoi la
pratique de ce Sème chapitre n'est autre chose que celle du sixième.

La pratique du 9ème chapitre qui traite des physiques et réitérées imbibitions et lavements philosophiques de la terre Vierge des Sages, qui sont absolument nécessaires à l'oeuvre de la pierre des Philosophes

@

Quoique notre terre Vierge et notre de nature soient élaborés très physiquement, néanmoins, étant dans cet état, ils sont morts et
n'ont point de vertu ni de vie s'ils ne sont ressuscités. Or, il est
très certain qu'ils ne peuvent effectivement ressusciter qu'après que
nous les ayons baignés dans les flammes du feu Olympique et Céleste,
qui est le père vivifiant et génératif de toutes les choses qui sont
dans le monde sublunaire. Je veux dire qu'il les faut par plusieurs
fois laver et baigner physiquement dans les rayons vivifiants du soleil.
Or, quand vous aurez par plusieurs fois lavé et baigné peu à peu votre précieux sel de Nature, ou terre vierge, vous pourrez certainement
dire alors que le corps qui était mort est ressuscité, qu'il s'est régénéré
et qu'il est devenu un corps glorieux, par l'union de cet esprit de
vie. C'est alors, dis-je, que notre métallique est le sel essentiel,
et notre terre vierge, ayant été engrossée des influences vivifiantes
du soleil, qu'ils sont sublimés et exaltés philosophiquement, c'est-à-
dire, que la terre vierge des Philosophes est montée au Ciel, et que le
Ciel est effectivement descendu en terre ; et c'est enfin pour lors que
la terre vierge des Sages étant imprégnée des plus hautes et salutaires
influences des astres, se trouve par ce même moyen engraissée de sa naturelle
graisse, et par ainsi très bien préparée et très propre à recevoir
dans son ventre la semence métallique de l'or vif des Philosophes,
qui se dissout et se putréfie aussi naturellement en elle, comme le
grain de froment fait dans la terre élémentaire.
Voilà certainement les véritables imbibitions et lavements physiques de sapience, lesquels sont absolument nécessaires à la composition de la
pierre, de laquelle je vais décrire simplement la pratique, au vrai :
Prenez votre très précieux sel, et aussi votre métallique, puis mettez-les dans un vaisseau de verre qui soit large et plat, et puis par
l'ingénieux artifice d'un bon miroir ardent, vous laverez et baignerez
ces précieuses matières dans les flammes vivifiantes de ce feu olympique,
jusqu'à temps qu'elles deviennent en gomme.
Faites séparément la même chose à la terre vierge, et lorsque cela sera achevé, vous aurez accompli les passages des Philosophes lorsqu'ils
disent « tue le vif et ressuscite le mort ». Car ces corps qui étaient
morts sont vivifiés par l'animation de ce très puissant esprit de vie ;
et alors vous serez en pouvoir, comme dit Marie la Prophétesse, de mettre
la gomme avec la gomme.

La pratique du 10ème chapitre qui enseigne à faire le feu des Philosophes.
Du feu des Philosophes
@

Or, quoique notre Sel de Nature et terre vierge métallique, ou philosophique, aient été régénérés et ressuscités par l'engrossement
de l'esprit de vie, néanmoins ils ne sont point encore exaltés en vertu
d'autant que l'esprit céleste n'est que joint à lui, et non pas encore
uni ni affermi d'un lien indissoluble. Or, c'est par cette parfaite et
très nécessaire union de l'esprit avec la terre, qui rend ce corps aussi
glorieux et si puissant à faire les merveilleux effets dont nos yeux
sont les très véritables témoins de la vérité. Mais, mon fils, cette
union ne peut se faire qu'en congelant et fixant l'esprit avec le corps ;
et cette fixation se doit faire par une coction physique, dans un feu
nutritif et vivifiant, ainsi que l'est celui des Sages philosophes, dont
voici la pratique :
Recueillez par l'ingénieux artifice du triple vaisseau de Sapience, la pure rosée des philosophes, qui contient abondamment en soi l'esprit
génératif de la Nature. Car par cet industrieux et occulte secret, en
même temps, nous recueillons et épurons la vraie matière que les Enfants
de la Science emploient pour composer leur feu Cabaliste qui est la même
dont ils se servent pour composer leur pierre - ainsi que je vous ai
enseigné au 4ème chapitre de ce traité. Mais celle-ci a de plus encore
cet avantage par dessus l'autre qu'en se tirant plus spirituellement, en
même temps elle s'épure. Il est vrai aussi que par la méthode du 4ème
chapitre, il s'en tire et s'en recueille en plus grande abondance sans
frais ni sans peine. C'est donc à vous à choisir de ces deux différents
moyens pour tirer notre précieuse matière, lequel vous semblera le meilleur
et le plus facile. Car je vous assure que l'un et l'autre sont très
bons, suivant nature et l'intention des Sages.
Et si de plus vous devez être assuré qu'encore que la méthode de l'attraction de l'esprit universel soit différente, elle n'est pourtant
pas dissemblable ; car de l'une et l'autre manière, le même esprit est
attiré par un même ou semblable aimant, et d'une même source, ainsi que
vous pourrez remarquer par la figure du triple vaisseau que je vous ai
fait dépeindre, pour vous faire connaître et vous donner une claire intelligence
du mouvement et de la source de cet esprit de vie, et comment il
faut le prendre pour en faire le feu des philosophes, dont voici la pratique :

Très rare et merveilleux secret pour préparer l'esprit universel,
ou rosée philosophique, afin d'en faire le feu des Sages
Vous ferez faire une cornue de verre ou de terre de Beauvais, à laquelle vous ferez ajouter sur le haut, ou sur le côté, une fort petite
ouverture, et ayant mis dans cette cornue de notre aimant attractif

@

(c'est-à-dire le sel calciné de l'excrément du suc du plan de Janus),
vous la poserez sur le fourneau à cendres, et lui ayant adapté le vaisseau
à trois becs, et à chacun un gros récipient (comme vous le verrez
par la figure ci-dessous que je vous ai fait peindre), vous lui donnerez
le feu de distillation.
Mais notez qu'il faut faire cet industrieux artifice dans un plein air d'une chambre bien aérée, et ne le faire qu'en un beau temps, doux et
serein, sans pluies, sans froid ni nuages. Ne mettez le feu au fourneau
qu'un jour ou deux après avoir mis notre aimant attractif dans la cornue,
mais au bout de deux jours, vous donnerez le feu d'une forte distillation,
afin de pousser le pur esprit dans le gros ballon ou récipient le plus
éloigné, et que le phlegme aqueux tombe dans le bas prochain de la cornue.
Continuez votre distillation jusqu'à ce que vous ayez assez d'esprit pour
votre labeur, et ne craignez pas d'en manquer, car vous saurez que tant
que vous continuerez le feu, il vous viendra continuellement de l'esprit.
Et soyez encore averti que pour cet ouvrage, il ne vous faut prendre que l'esprit qui s'en va dans le récipient le plus éloigné de la cornue,
d'autant que l'autre n'est qu'un phlegme qu'il vous faut rejeter.
Quand vous aurez assez d'esprit, vous le retirerez du récipient, puis par cet industrieux artifice des Sages, vous le rectifierez par trois fois.
Mais notez qu'à chaque fois vous ne prendrez que l'esprit qui passera
dans le récipient le plus éloigné de la cornue.
Quand vous aurez ainsi attiré, subtilié et épuré physiquement l'esprit céleste, alors vous aurez du de nature en poudre que vous mettrez
dans une cornue. Puis vous jetterez dessus de votre pur esprit aérien
quinze ou seize fois son poids. Puis l'ayant mis en digestion douce au
bain pour le dissoudre, vous le distillerez aux cendres afin de lui faire
emporter le par le bec de la cornue, lequel est certainement son âme,
sa force, sa vertu, sa vie, et son feu centrique et naturel. Et lorsqu'ils
sont ainsi réunis physiquement ensemble, vous devez être certain que vous
avez la vraie matière du feu des Sages philosophes.

Comment l'on doit préparer l'or vulgaire propre à fermenter notre pierre, et la spécifier ou déterminer au genre} métallique de l'or
Faites le régule de étoilé. Puis prenez deux onces d' purifié, et six onces de votre puis les ayant fondus ensemble, vous les broierez
en poudre. Après vous amalgamerez ces 8 onces de régule de et d'
avec 40 fois autant de que pèsera votre . Mais il faut que ce
soit tiré du cinabre, et il le faut revivifier avec de la limaille de fer.
Notez bien qu'en faisant l'amalgame, il faut l'arroser avec un peu d'eau

@

qu'il faut verser doucement, puis ayant bien desséché l'amalgame, il
faudra le mettre dans une cornue de fer, de terre, ou de verre bien luté,
et après distillez par degrés, et sur la fin, il faut grand feu, et la
masse qui demeure au fond, il la faut refondre avec un peu de nouveau régule,
et ainsi réitérer l'ouvrage jusqu'à ce que tout votre soit passé
par le bec de la cornue, dans le ventre du .

Pour retirer l' volatil du ventre du , par le moyen de l'eau luisante
Après que vous aurez emporté l' par le bec de la cornue, vous ferez une eau forte qui sera composée de cette manière :

Eau forte, propre et particulière, pour la dissolution du animé
Prenez de l'alun de roche desséché 1 livre, salpêtre raffiné 8 onces, alun de plume 4 onces, cinabre 3 onces, sel décrépité 2 onces. De toutes
ces drogues, faites une bonne eau forte selon l'art, et lorsqu'elle sera
bien rectifiée, vous ferez dissoudre dedans votre animé, lequel s'y
dissoudra tout, et le Sol qui est dans son ventre tombera tout au fond
du vaisseau en poudre impalpable, laquelle poudre vous laverez avec eau
distillée, puis vous la dessécherez à feu très lent - je dis très lent,
ou pour le mieux au soleil, car autrement, le Sol s'en irait tout en
fumée, tant il est ouvert et volatil.

La sublimation de l' volatil.
Après que votre poudre solaire sera bien sèche, vous prendrez alors cet décorporé, et vous le mettrez dans un vaisseau de rencontre bien
luté afin de le sublimer à feu de degrés, l'augmentant d'heure en heure,
et sur la fin, vous donnerez un très grand feu, et alors vous verrez
votre qui se sublimera au haut du vaisseau en poudre rouge comme rubis
ou corail. Continuez la sublimation jusqu'à ce qu'il ne sublimera plus.
Après le vaisseau étant froid, ouvrez-le et faites choir ce qui aura demeuré au fond et resublimez-le de la même façon que vous aviez fait en
premier, et ainsi continuez jusqu'à ce que votre ait tout sublimé. Vous
vous en servirez pour fermenter notre précieuse matière, et la spécifier
et déterminer au règne minéral de l'or, ce qui est un secret dont les Philosophes n'ont jamais parlé que fort obscurément.


@

La vraie huile d'or des Philosophes qui ne se remet jamais plus en corps, de laquelle il faut se servir pour donner Pingres et la fusion à notre précieuse pierre.
Après que vous aurez passé l'or par le bec de la cornue par le moyen du et du régule de , que vous l'aurez dégagé du qui l'aura
englouti avec l'eau forte ci-dessus dictée ; et que par après vous aurez
sublimé cet Or, ainsi que nous vous avons enseigné à la pratique de la
fermentation. Alors vous prendrez cet or volatil et rubéfié, puis vous
le mettrez dans une cornue qui soit bien forte, puis par dessus, vous
mettrez de notre philosophal, qui surnage votre or de trois ou quatre
doigts, puis ayant adapté un grand récipient et bien luté les jointures,
vous le ferez distiller aux cendres, et ce qui aura passé, vous le rejetterez
sur les fèces restantes dans la cornue, et continuerez de cohober
jusqu'à ce que votre =M physique ait emporté votre Sol par le bec de la
cornue, qu'ils soient mêlés ensembles, sans se pouvoir séparer.
Ayant ainsi passé l'esprit de l' et de l'argent par le bec de la cornue, avec notre philosophique, vous joindrez ces deux dissolutions,
ou menstrues physiques, et les ferez passer ensemble par le bec de la
cornue, puis vous les mettrez dans un vaisseau de circulation, et après
avoir bien luté les jointures, vous le porterez au feu de digestion à
un bain fort doux où vous le laisserez pendant 40 jours, afin de le putréfier
et d'en séparer quelque hypostase. Cela fait, vous lui ferez
dissoudre autant d'autre nouvel or volatil et sublimé (comme nous vous
avons enseigné) qu'il en pourra dissoudre. Et puis ayant mis ces précieuses
matières dans un vaisseau de circulation, et bien luté les
jointures, vous le porterez en un bain doux, où vous le laisserez vingt
jours durant. Puis vous le porterez à un doux feu de cendres ou vous le
laisserez un mois, et dans ce temps, votre or s'abattra à ce feu de
cendres, en une belle huile rouge.

Fixation de ladite huile d'.
Prenez cette huile d' et la mettez dans un vaisseau de circulation ; puis ayant scellé votre vaisseau du sceau d'hermès, vous le poserez au
bain doux où vous le tiendrez par un mois. Et dans ce temps votre huile
d' se fixera, et sera permanente. L'huile étant en cet état est véritablement
l'huile d'incération des anciens Philosophes, dont ils se sont
toujours servis pour incérer leur médecine. Elle est aussi un vrai Or
potable, parce qu'elle est très admirable en ses effets merveilleux pour
la santé des corps humains, car elle guérit tous les maux à quoi l'homme
est sujet. Il renouvelle le sang et redonne la force et la vigueur aux
vieillards, il leur fait tomber les cheveux blancs, et fait revenir les
noirs.

FIN.
@


Signes de Chimie.
1 - Antimoine. 2 - Huile. 3 - Tartre. 4 - Sel. 5 - Amalgame. 6 - Nitre. 7 - Pierre. 8 - Prenez. 9 - Soufre. 10 - Poudre. 11 - Vinaigre. 12 - Eau forte. 13 - Alambic. 14 - Creuset. 15 - Eau-de-vie. 16 - Eau régale.


Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfsseite Rückkehr. Flag (H)jælp side Tilbage. Bandiera Guida Torno.