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Réfer. : 0401 .
Auteur : Crollius Oswald.
Titre : Traicte' des Signatvres, ov vraye Anatomie du
S/titre : grand & petit monde. Traduit par J. Marcel.

Editeur : Pierre Drobet. Lyon.
Date éd. : 1624 .
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Avis à l'aimable lecteur.

J'ai mis ce document, bien que hors sujet de ce site, pour
distraire le lecteur, et en même temps lui faire mesurer la marche
du temps dans l'évolutuion des idées, en montrant ce que pensait
un homme connu et cultivé, en ce début du dix-septième siècle.

Le traducteur.

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T R A I T E'
D E S S I G N A T U R E S,
OU VRAIE ET VIVE
ANATOMIE DU GRAND
& petit monde.

+@
@

pict

T R A I T E'
DES SIGNATURES, OU
vraie Anatomie du grand
& petit monde.

pict La mienne volonté que les Botanistes
de notre temps, lesquels
ignorants la forme interne
des herbes, n'en reconnaissent
que la substance matérielle, employassent
aussi bien leur étude à la connaissance
de leurs signatures, qu'ils font pour l'ordinaire
à la dénomination d'icelles ; sur quoi
ils fondent une infinité de vaines disputes,
lesquelles ne sauraient apporter aucun profit
à la république de Médecine. Mais comme
plusieurs (choses qui arrive en toute sorte
d'arts) ayant laissé la moelle, & noyau de la
science (à la façon du vulgaire, lequel ne vise
qu'à l'extérieur) ne se veulent occuper qu'autour
de l'amertume de l'écorce ; il arrive qu'il
se trouve une infinité de nomenclateurs herboristes,
lesquels ne se mêlent d'autre chose
que de décrire les lieux, noms, & écorces des
plantes, disant que c'est là où est toute leur
force, sans se prendre garde que le vrai &
Aaa 2 exacte
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4 P R E F A C E

Le lieu où exacte médecin se doit plutôt arrêter à l'ombre
Dieu demeure & image de Dieu, qu'elles portent, ou à la
se reconnaît vertu interne, laquelle a été donnée du
par les signes: ciel, comme par dot naturel, que non pas à ces
car toutes les baguenauderies ; vertu, dis-je, laquelle se reconnaît
créatures font plutôt par la signature, ou sympathie
voir que Dieu analogique, & mutuelle des membres du corps
est là présent humain, à ces plantes là, qu'en autre chose
par leur pro- que ce soit. Outre ce je m'étonne grandement,
priétés. qu'ils passent sous silence la preuve qui
se doit faire par l'industrie du feu, & couteau
anatomique : car le nombre des vertus, qu'ils
attribuent à chaque herbe (prises aux écrits
de quelque autre, sans qu'ils en aient aucune
preuve) sont pour la plus grande part fausses,
erronées, & sans aucun fondement : car il n'y
a que l'expérience maîtresse de toutes choses,
laquelle puisse donner un témoignage assez
suffisant pour satisfaire à l'attente des médecin,
La multipli- & au contentement des malades. Nous
cité, & diver- n'avons pas ici besoin de grandes raisons, si
sité des for- l'expérience mère de vérité doit avoir quelque
mes, sont des autorité chez nous. Donc il est nécessaire
signes assez d'avoir les yeux plus clairvoyants, &
capables pour l'esprit plus subtil & relevé, si nous voulons
donner la co- avoir l'entière & parfaite connaissance des
nnaissance du plantes, la recherche desquelles la nature a
mystère. ses naturelles. Et de fait il me semble qu'il
serait meilleur & plus honorable, que non
pas sans aucune science de la vertu interne,
les appeler de cent noms si l'on veut. Ce ne
sont pas les noms des herbes, mais les corps,
lesquels
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D E S S I G N A T U R E S. 5


lesquels doivent être examinés, afin d'avoir
assurance de ce qui est purgatif, odoriférant,
& qu'est-ce qui pourra par exemple guérir les
plaies ou les fièvres. C'est encore en vain de Il ne faut
s'arrêter à la considération des quatre qualités, pas arrêter à
savoir à la chaleur, frigidité, humidité, & la considéra-
sécheresse ; vu que cela n'est que l'ombre tion de la qua-
des choses, de même que les couleurs, lesquelles lité des sim-
n'ont racines ni puissance. Ce que jamais ples, mais à
ne sera nié par ceux qui vrais médecins reconnaissent leurs secrètes
les vertus des simples, par le centre vertus.
de leur racine, & non par la superficie de l'écorce
; & qui laissant à part la nullité du nom
vont fouiller plus exactement la vérité des
choses par une profonde spéculation, & regardent
parmi les secrets vestiges de la nature,
les plus rares vertus qu'elles aient reçu
du Ciel. Ceux-là dis-je reconnaissent de plein
abord, au seul regard de la superficie des herbes,
de quelles facultés elles sont douées, &
savent aussi bien quelle différence y a entre
l'écorce & le noyau, comme entre la maison
& l'inquilin (si toutefois ils ne veulent donner
le nom de la statue, aux pierres & aux bois,
ou laissant le fermier faire la moisson avec la
logette.) En toutes les choses externes la maison
est du moins le domicile des vertus internes
infuses par la toute-puissance, de même
que le corps est celui de l'âme. Il me semble
que ce Philosophe marchait fort assuré,
lequel pour faire jugement de l'esprit & entendement
d'un homme, ne s'amusait pas au
nom, mais à la parole, comme vrai caractère
Aaa 3 de
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6 P R E F A C E

de l'homme ; & de fait voyant un jour un jeune
adolescent s'arrêter devant soi sans dire
mot, il lui dit parle ô enfant, afin que je te
connaisse ; donc les secrets mouvements
de l'entendement sont manifestés par la voix ;
de même ne semble-il pas que les herbes parlent
au curieux médecin par leur signature,
lui découvrant par quelque ressemblance
leurs vertus intérieures, cachées sous le voile
du silence de la nature ? aussi (si j'use des paroles
du docte B. Aporta) c'est un moyen duquel
la suprême bonté se sert souvent pour
manifester les divins secrets cachés au plus
profond des entrailles des choses naturelles:
lesquelles néanmoins semblent avoir quelque
signature des idées divines, aussi ne pouvait-il
(à mon jugement) trouver une voie
plus convenable & admirable que celle-là: car
supposons que les plantes puissent parler d'elles
même, & dire les admirables & secrètes
vertus, desquelles la nature les a enrichies, assurément
elle ne seront pas entendues de
tous, ni leurs facultés si bien manifestées que
par les écrits connus par tout le monde; ou
il eut fallu nécessairement que les plantes
fussent été toute une nation, ou bien qu'elles
eussent parlé en toute sorte de langues :
c'est donc assez que la sage nature manifeste
subtilement son pouvoir par quelque sympathie
& signature connue de tout le le monde.
N'est-il pas vrai que toutes les herbes, plantes,
arbres & autres provenant des entrailles
de la terre, sont tout autant de livres, & signes
magi
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D E S S I G N A T U R E S. 7


magiques, communiquées par l'infinie miséricorde
de Dieu ? Je ne veux pas dire toutefois,
que ces signes seuls soient notre médecine :
mais il me sera permis d'assurer, que par la
faveur de ces signes-là, nous venons à la vraie
& parfaite connaissance de la médecine.
Donc celui qui désire être expert médecin
(avec la théorie de son art) doit avoir la connaissance
de la signification intérieure des
signatures, d'autant que tout ce qui est à l'intérieur,
porte la figure de son secret tant aux
créatures sensibles qu'aux insensibles ; & des-
lors que nous sommes en silence, la nature
parle par quelques signes, s'il semble, & manifeste
les moeurs & l'entendement d'un chacun,
comme il est fort bien dit in Aadmentia
Polemonis,
pict
: C'est à dire que le silence montre en
quelque façon le jugement des personnes,
mais la nature parle quasi comme par signes,
& révèle les moeurs & affections d'un cha-
cun. Et tout ainsi comme nos moeurs & humeurs
internes peuvent être reconnues par
le signes extérieurs du corps, de même façon
aussi l'homme peut avérer les vertus internes
des plantes par leurs signes ou signatures
extérieures. La plante, par des paroles secrètes
s'il semble, restaure les hommes & leur
fait offre de ses trésors cachés, afin qu'ils
puissent reconnaître le moyen pour subvenir
à leur nécessités & maladies. Et comme par les
signes externes nous venons à la connaissance
Aaa 4 de
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8 P R E F A C E

de la maladie interne, de même façon aussi
les médicaments nécessaires sont reconnus
par la ressemblance de l'anatomie, d'autant
que l'Astronomie & Philosophie marchent en
parallèle: mais la Magie donne la connaissance
La chiroman- des vertus internes, étant comme la régence
cie a été l'in- qui enseigne la lumière de la nature, & la
ventrice de la parfaite science de la Philosophie naturelle.
médecine, se- Aussi n'y a il rien au monde qui puisse davantage
lon le rapport accroître la piété & culte divin, ni qui
des doctes ca- nous puisse mieux exciter à l'amour de Dieu
balistes. que la vraie, & parfaite connaissance de
Le médecin lui-même, laquelle nous avons ordinairement
doit, à l'exem- devant nos yeux, par l'admirable
ple d'une vier- contemplation des oeuvres divines ; contemplation,
ge, regarder dis-je, enseignée par la seule magie
seulement ce naturelle, fille du Ciel, inventrice des
qui est devant arts, & secrets (laquelle par l'écorce extérieure
ses pieds sans nous donne la vraie connaissance
alambiquer son du noyau, c'est à dire de la pure substance
esprit, de ce de la chose) magie encore laquelle nous semond
qui est au delà tous les jours à chanter, ô Dieu tout-
de la mer, puis puissant Créateur de tout le monde, les
qu'il suffit de cieux & la terre sont pleins de la majesté de
ce que sa ré- ta gloire. Mais comme nous voyons parmi
gion a pro- les hommes, que naturellement ils admirent les
duit. étrangers & nouveaux esprits, au mépris de
ceux lesquels conversent ordinairement avec
Trop de fami- eux. Le même arrive-il le plus souvent parmi
liarité engen- les plantes ; car ils font grand état des
dre mépris. étrangères, & les louent aux dépens de celles
lesquelles sont engendrées & produites
sous leur ciel, beaucoup meilleures, & de
plus
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D E S S I G N A T U R E S. 9


plus grande vertu que les autres, d'autant
qu'étant nourries d'un même air, elles ont
plus de sympathie avec notre nature, outre
qu'elles sont à meilleur marché. Quelle nécessité
y a-t-il donc d'avoir recours aux plantes
étrangères, puis que la divine bonté nous
en a donné, qui ont autant, voire plus de
pouvoir envers notre température. N'est-ce
pas l'usage de la médecine qui nous a amenés Elle se trouve
à la connaissance de la Terra medicata, laquelle en beaucoup
ne cède en aucune façon à la Turque. des lieux d'A-
Je parle de celle que l'on appelle Strigensis si- lemagne.
lesiaca, reconnue premièrement par une secrète
expérience de Ioannes Montanus, &
après lui de Ioannes Bertholdus Silésien, curieux
scrutateur des choses souterraines ; elle se
trouve au champ de Solmense, & autres lieux
de la Hassia proche le lac Acronius, au domaine
du très illustre Maximilian Mareschal
Bupenheimius, vis à vis de la citadelle de
Longue-Pierre éparse en un rocher solitaire,
duquel anciennement on en a tiré grande
quantité : cette terre se trouve enceinte d'une
matrice laquelle l'enclot en forme du noyau,
de quoi les vestiges portent encore témoi-
gnage. J'en ai fort usé en fait de médecine :
mêmes notre très Auguste Empereur Rodolphe
II, outre le bol a fait déterrer deux
axonges de soleil & de lune (ainsi les appelle
Paracelse) dans son jardin de Bronduse,
l'une desquelles lui fut donnée pour son usage,
la bonté en ayant été manifestée par expérience,
car elle ne cède point pour tout
(comme
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10 P R E F A C E

(comme j'ai déjà dit) à celle de Turquie,
& par ainsi il faut accorder que Dieu ne nous
a pas mieux oubliés que les autres : car si les
étrangers ont la vraie corne de Licorne animale
tant recommandable à cause de sa rareté,
Nous ignorons n'avons-nous pas ἀιπβαλλόαφυον; c'est le Licorne
la puissance minéral, lequel se tire aux étangs ou
de beaucoup montagnes, lequel ne lui cède en rien. Outre
de choses fai- ce je dirai en passant qu'en Moravie, trois
tes faute d'en milles de Brunes (où j'ai pratiqué la médecine
faire de bon- avec le sieur Ioannes Bergerus Panno-
nes expérien- nius) l'on trouva proche le terroir de l'Abbé
ces. d'Obrouicense sur un rocher quasi inaccessible,
les ossements de deux animaux inconnus,
d'une hauteur incomparable, & ceux
de deux petits de même espèce néanmoins,
lesquels sans doute périrent au temps du cataclysme
universel par l'impétuosité des eaux ;
où arrivant, quelques mois après averti de
cette merveille, je tâchai de faire sortir le
reste des dents desdits animaux, lesquelles
étaient d'une grandeur excessive, auxquelles
j'éprouvai les mêmes vertus &
propriétés qu'à la corne du Rhinocéros. Au
même quartier bien près de là y a un antre
effroyable cavé dans une montagne. En Italie
en vue d'une métairie appelée Castozza, entre
Vicence & Padoue, s'en trouve un autre,
lequel n'est pas moindre que le premier, dans
lequel on voit des effets & jeux de la nature,
autant admirables que divers : car les gouttes
d'eau distillant du lambris en bas, détournées
selon la variété des chemins, par la
faveur
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D E S S I G N A T U R E S. 11


faveur de l'esprit du sel, font, forment & se
transmuent en pierre de diverses figures, représentant
ici un homme, là un cheval &
semblables, lesquelles pierres néanmoins réduites
en poudre subtile, & donnée du poids
d'une drachme provoque incontinent à sueur,
& mêlée avec les emplâtres, sert grandement
pour la rupture des os : mais ce ne sont là
toutes leurs forces, vu que résoutes en sel par
le bénéfice du vinaigre distillé profitent avec
un grand contentement au calcul, podagre
& autres semblables maladies noueuses, l'usage
desquelles ne nous a été montré que par
la signature, laquelle la nature leur a donné ;
nature, dis-je, si officieuse qu'elle ne permettrait
jamais que nous fussions sans remède à
nos infirmités ; n'a-t-elle pas donné des remèdes
domestiques aux Moraviens sujets au calcul,
podagre, & contraction des membres,
provenant de leur vins pierreux & sablonneux :
c'est pourquoi Ruellius dit fort bien qu'il n'y La terre est la
a aucune partie de médecine plus incertaine vraie phar-
que celle des pays étrangers. Paracelse très macopée de
grand naturaliste n'a pas moins de grâce, lors Dieu : car il
qu'il se moque de l'étrange curiosité de quelques est très cer-
médecins (lesquels ignorant les vertus tain qu'avec
internes signifiées par la signature) ne cherchent les herbes
qu'à reconnaître, & savoir le nom l'on ferait
des plantes exotiques, & assure incontinent toutes choses,
qu'il n'y a paysan lequel n'aie son vrai médicament n'était que
devant sa porte, & de fait nous l'on en ignore
voyons que ceux qui guérissent avec les simples la plus grande
ont plus d'heur & d'honneur au succès partie.
de
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12 P R E F A C E

de leurs entreprises que les autres, d'autant
que l'essence médicale ou or magique, est
aussi bien à celles-là, qu'aux plus précieuses
d'étranges pays : car tout ainsi comme la terre
Ce que l'on donne de quoi vivre, & s'habiller à chaque
peut faire région (s'en servant toutefois en nécessité
avec les sim- & non superfluement) de même aussi la
ples, il ne nature mère de toutes choses ayant soin de
doit être fait tout le monde, a voulu distribuer assez suffisamment
par une gran- des médicaments à tous pour se secourir.
de composi- Chaque région contient en soi la matrice
tion de médi- de son élément, & se fournit de ce qu'il
cament. lui est nécessaire ; voila pourquoi la nature
a voulu fournir & tempérer les simples prosnes
à chaque ciel, climat, pays, région, &
siècle ; n'oubliant en iceux la différence du sexe,
aussi bien que parmi les sensitifs, & comme
la providence divine a distingué (& non sans
cause) l'anatomie en mâle & femelle, aussi
se faut-il prendre garde en l'application de ne
confondre pas le sexe, afin qu'ils opèrent
avec plus de vigueur : car tout ainsi comme
l'homme & la femme sont d'un naturel différent,
de même les remèdes aussi. Je ne parle
pas des médicaments hermaphrodites, mais
Les vertus des des simples en leur nature, lesquels sont propres
plantes sont les uns pour les jeunes gens, les autres
diversifiées pour les décrépités & courbés sous le faix de
selon la di- la vieillesse, ce qu'appert fort clairement aux
versité des Hellébores. A raison de quoi Paracelse recommande
climats & ré- aux médecins de se prendre garde à la
gions. distinction du sexe des herbes, à l'âge des
médecines, & maladies, sans oublier le com-
plot
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D E S S I G N A T U R E S. 13


plot de la lune. Donc Agripa a raison de dire
que c'est une grande folie d'aller chercher
aux Indes, ce que nous tenons assuré chez
nous ; insensés que nous sommes de croire
que la terre, ni que la mer ne sont assez capables
pour nous, préférant les choses étrangères
aux domestiques, la sobriété à la somptuosité,
& la facilité à la difficulté ; car comme
nous voyons la diversité des moeurs parmi
les Turcs, Indiens, Ethiophiens, & Chrétiens,
de même faut aussi remarquer & croire
que les plantes croissant aux quatre coins
du monde, sont de vertu & nature contraire, &
le plus souvent ce qui sert aux autres d'aliment,
ne nous sert que de mauvais médicament, chose
que plusieurs personnages dignes d'autorité
nous assurent. Je pourrais entasser une infinité
de témoignages touchant cela : mais je
me contenterai d'un seul pour maintenant,
savoir de la racine d'Aaron, laquelle confirmera Gallien liv. 2.
la croyance de ceux qui voudraient tergiverser. de Alimen-
Cette racine est tellement mordicante torum facul-
aux lieux froids & septentrionaux qu'elle tatibus.
écorche la bouche de ceux qui la mettent
dedans : mais au contraire celle qui vient en
Lydie proche de ville de Syrène, est tellement
douce & agréable au goût, que les
hommes les mangent aussi librement que les
raves : mais posons le cas que les étrangères
aient quelque peu plus de vertu que les nôtres,
ce qu'assurent les fainéants & paresseux,
ne se souciant en aucune façon de celles
que nous avons chez nous, mais d'une
étrange
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14 P R E F A C E

étrange arrogance cherchent la nouveauté
des étrangers. Quant à ceux-là je trouve
qu'ils ont raison, d'autant qu'ils ne recherchent
pas la santé publique, mais seulement
leur lucre particulier, nous persuadant que
notre salut ne dépend que des vertus éloignées
à cause de leur cherté ; toutefois je ne
saurais croire que telles plantes puissent
être salubres qu'à ceux de leur climat. Car
si les médicaments étrangers étaient tellement
propres pour nous, comme assurent
ces gens-là, la nature ne nous aurait pas voulu
frustrer d'un si grand bien, mais aurait fait en
sorte qu'ils eussent aussi bien peu prendre leur
nourriture & procréation chez nous, qu'en
ces étranges pays ; & de fait est-il bien possible
que ces médicaments d'outre mer nous
puissent être si favorables, n'ayant aucune
affinité de tempérament ou influence avec
notre climat. Je ne veux ici savoir s'ils
ont été cueillis en temps propre & convenable
(d'où souvent arrive du danger) & qui sait
si ces corps que nous recevons tous les jours
Combien que des Barbares soient choisis & assurés, le
le trafic & chemin en est si long, que leur vertu peut
négoce soient être de beaucoup diminuée, voire tout à fait
louables, il perdue avant qu'ils soient chez nous. L'on
faut voir s'ils sait bien que l'avidité du lucre est telle, qu'elle
sont propres donne des bonnes inventions pour les sophistiquer
pour restituer & diversifier en mille façons ; stupides
vu malade en que nous sommes, nous ne tenons compte
son premier de l'abondance que Dieu nous dorme en
état. l'Europe, trop battante pour subvenir à nos
infirmi
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D E S S I G N A T U R E S. 15


infirmités, & d'où cela, si ce n'est qu'on ne
veut pas mettre le peine & diligence qui est
requise en tels cas, d'autant que la gravité de
nos médecins est venue en tel point, qu'ils
méprisent aussi bien la noirceur du charbon,
que la fouille de l'argile. Je laisse à part les
Apothicaires, desquels la plus grande partie
poussée par la gloire ou avarice, cherche plutôt
l'écoulement de la bourse du malade,
que non pas la restitution de sa santé, d'où
arrive (au grand dommage de la république Il n'y a rien
de médecine, & au grand péril de la vie des en toute la
personnes) qu'il n'y a rien de plus cher que nature qui ne
ce qui vient de là la mer rouge, on du fonds puisse servir
des Gades, & des Indes, ou de ce qu'on nous en usage de
donne à croire en être venu : ceux qui ont médecine.
acheté leur mort par quelque grande somme Scir. chap.9.
de deniers en pourraient donner un assuré sect. 2. 3. Sou-
témoignage (s'il leur était permis d'en vent une gran-
revenir dire leur avis) en fin quoi que l'on de science est
me chante, je tiens avec tous les Philosophes, cachée sous
que Dieu ni la nature n'ont rien créé en vain, un malotru
mais ont doué toutes les créatures jusqu'aux manteau.
plus abjectes de quelque particulière vertu, Levit. 26. Psal.
selon qu'il leur a plu ; c'est pourquoi ceux 104. sect. 15.
qui remarquent que la nature des choses plus Ezech. ch. 15.
petites, est d'une grandeur incomparable, en Scir. chap. 13.
pensent tout autrement, d'autant que la nature sect. 32. 33.
récompense la petitesse du corps par une Psal. 104. sect.
grande vertu, & ce que ce corps n'a en matière, 15. Iud. ch. 9.
il l'a fort bien en puissance, chose que sect. 13.
nous voyons clairement aux grains Orientaux
du Kermès, & au sang de ce petit poisson que
les
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16 P R E F A C E

L'âme du fi- les Latins appellent Murex, duquel on se sert
dèle est le pour la teinture de la pourpre Royale. N'est-
sanctuaire de ce pas une merveille & industrie inimitable
Dieu.2 Cor. 4. de la douceur du miel, oeuvre des petits frelons,
Le signe céle- que se peut trouver de plus admirable,
ste ne manife- que le fragile tuyau du froment, vrai appui
ste pas les hom- de notre vie ? Saurait-on remarquer aucune
mes par la for- chose plus rare que la souche, (le plus vil de
me, mais par le tous les arbres) laquelle néanmoins nous
coeur, c'est à donne le vin admirable pour la confortation
dire les oeu- du coeur humain, étant pris avec modestie
vres & les & sobriété ? L'âme intellectuelle fille du ciel
fruits. Notre demeure enfermée dans la souillure du corps
Sauveur co- lequel n'est qu'un vrai vase fragile de terre.
nnut l'esprit Est-il bien possible que ces choses aient été
renardin du ordonnées de cette façon par la sagesse divine
Roi Hérodes sans aucun sujet ? Paracelse père des secrets,
en cette façon, (nom qu'il a mérité entre tous les médecins)
& S. Jean taxe exhorte de tout son pouvoir ceux lesquels
la race vipé- veulent acquérir la vraie & parfaite science
rine des Pha- de la médecine, qu'ils emploient toute leur
risiens. étude à la connaissance des signatures, hiéroglyphes,
Beaucoup de & caractères ; outre ce il dit qu'il
gens eussent y a trois choses par lesquelles la nature (ne
peu devenir laissant rien qu'il ne soit signé) manifeste les
doctes s'ils ne hommes & la propriété de toutes choses créées,
se fussent per- desquelles voici la première, savoir la chiromancie,
suadés par laquelle est le vrai astre & phare
une fausse am- de la nature, contenue aux parties externes
bition qu'ils de l'homme, comme pieds, mains, lignes, &
avaient une veines. La seconde est la physiognomonie, laquelle
science trop comprend la face & le reste de la tête.
solide. La troisième & dernière, c'est l'habitude &
proportion
@

D E S S I G N A T U R E S. 17


proportion de tout le corps en général, laquelle
dénote les moeurs, le jugement jusqu'aux
plus secrètes pensées de notre coeur,
& après Paracelse Jean Baptiste Aporta Napolitain,
très célèbre Médecin, & grand
naturaliste en sa Physionomie, où il a travaillé
au grand profit & utilité du public.
Cependant ceci soit pour donner occasion
aux plus parfaits d'écrire ; ou à quelqu'un
lequel inspiré du ciel entreprendra le travail,
& d'une plume plus assurée que la mienne
rendra des fruits plus meurs, auquel pour le
présent je remets la partie. J'ai voulu néanmoins
rendre communes quelques observations
(l'harmonie & analogie desquelles j'ai
puisée, tant de Paracelse, Aporta, que de ma
propre expérience) aux curieux amateurs des
signatures, lesquels ne rougissent point d'apprendre
quelque chose avec moi. Aussi, s'il
me semble, il est plus assuré de suivre un
chemin déjà frayé, que d'en commencer un
nouveau ; c'est donc assez d'avoir fait ce qu'on
à peu. Certes je désirerais très ardemment
que ce grand personnage Carricterus donnât
l'essor à ce beau livre qu'il a fait des signatures,
auquel par un excellent & harmonique
artifice il adapte les plantes, étoiles
terrestres aux étoiles célestes ; ô que la République
Botanique lui en serait grandement
obligée : car (selon Paracelse] les étoiles
sont la forme & la matrice de toutes les herbes,
& chaque étoile du ciel, n'est autre
chose que la confuse & spirituelle préfigura-
B bb tion
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18 P R E F A C E

tion d'une herbe, telle qu'elle la représente,
& tout ainsi que chaque herbe ou plante est
une étoile terrestre regardant le ciel, de
même aussi chaque étoile est une plante
céleste en forme spirituelle, laquelle n'est différente
des terrestres, que par la seule matière,
à raison de quoi tous les étoiles prédisent
les maladies futures par leurs excréments, &
nostoc, & aussi les plantes & herbes célestes
sont tournées du côté de la terre, & regardent
directement les herbes qu'elles ont procréés,
leur influant quelque vertu particulière, à cause
de la sympathie mutuelle. Ce fondement
découvert, les compositions, & constellations
Sir. chap. 39. des herbes seront librement reconnues, si
sect. 26. bien que l'on pourra dire avec assurance ceci
Toutes les est l'étoile du Romarin, celle-là de l'Absinthe,
choses que & a les mêmes vertus que les herbes,
Dieu a créées &c. Il faut ici remarquer qu'autant de variété
subsistent par de couleurs qu'il se trouve aux fleurs
ordre, temps, terrestres, autant y a-il de vertus imprimées
poids & mesu- auxdites herbes : car, comme j'ai déjà dit, il
re. Sapien. 11. n'y a rien parmi toute la famille des herbes,
sect. 22. qui soit en vain, mais utile & propre en temps,
Quel oeuvre lieu & saison, & tout ainsi que les muets, &
que ce soit animaux irraisonnables, lesquels n'ont point
dénote & ma- de parole, montrent leur affection par certains
nifeste son ou- mouvements du corps, de même Dieu
vrier & fabri- a donné comme un truchement à chaque
cateur, qui est plante, afin que sa vertu naturelle (mais cachée
le secret & dans son silence) puisse être connue
mystère de la & découverte. Ce truchement ne peut être
médecine, de autre que la signature externe, c'est à dire
ressem
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D E S S I G N A T U R E S. 19


ressemblance de forme & figure, vrais indices l'anatomie
de la bonté, essence, & perfection d'icelles, des formes
voire, comme j'ai déjà dit, ces signes magiques montre la na-
parlent avec nous par leur signature. ture des cho-
Ceux qui crevassent & éventrent la ses.
terre pour en sortir ses entrailles, ont coutume Dieu a su
de se servir de quelques signes infaillibles que les choses
pour avoir ces trésors assurés, que acquises par
Dieu a beaucoup créé de choses lesquelles il travail & pei-
ne nous a manifestés, se contentant d'en laisser ne seraient plus
la recherche à notre diligente curiosité, agréables
ni plus ni moins que Moise, lequel n'a fait aux hommes
aucune mention des pierres précieuses, ni que celles les-
métaux créés dans les entrailles de la terre, quelles arri-
quoi qu'ils soient enrichis de beaucoup de vent sans y
secrets naturels ; la raison pourquoi Dieu a penser.
créé les métaux dans le sein de la terre, donnant Moise en sa
vite connaissance particulière d'iceux, description du
quant à l'extérieur, n'est autre sinon, qu'afin ciel & de la
que par ce moyen nous connussions que la terre a cou-
nature avait caché des grandes vertus & secrets vert par des
dans leur intérieur. L'esprit de Dieu se seules paro-
sert pour l'ordinaire du nom de métal & les une gran-
pierre précieuse pour signifier l'obscurité du de quantité
sens de la sacro-sainte Ecriture : car lors qu'il de mystères &
veut parler occultement ce ne sont que métaux secrets.
& pierreries. Quelqu'un se pourrait
étonner pourquoi Dieu a mis une partie des
créatures sur la face de cette machine ronde,
& l'autre dans son centre ; que celui là regarde
l'opinion des médecins Hermétiques, afin
qu'il soit tôt résolu de son doute ; quant
à moi je me contente de lui dire que Dieu
B b b 2 n'a
@

20 P R E F A C E

n'a voulu mettre ces créatures là dans le centre
Minéraux & de la terre (très beau secret de la sagesse
métaux. de la nature) pour autre raison, sinon que
pour montrer qu'en elles est la conservation
de l'esprit vital de l'homme, lequel a son siège
Dieu a tous- particulier au coeur, ni plus ni moins que
jours mis le les herbes logées à la surface de la terre (admirable
plus grand & manifestation de la sagesse de la nature
plus noble au par ces créatures là) sont pour conserver
centre & le toute la masse entière, tant des hommes que
moindre à des- des brutes ; de même façon aussi il a mis au
couvert. centre toutes les vertus ensemble qu'il avait
mis éparses çà & là en divers endroits de
la superficie. Mais ô merveille étrange que
tous les Astres qui ont été créés corporellement
dans le ciel, l'ont aussi été spirituellement
dans la masse de la terre : car tout ainsi
Le soleil ter- comme le soleil céleste engendre toutes les
restre, c'est choses terrestres par le moyen de sa chaleur,
l'or. de même aussi le soleil terrestre par sa chaleur
spirituelle crée & régénère toutes spirituellement,
il est bien vrai que l'esprit de
Dieu fait naturellement toutes choses par le
soleil céleste : mais par le soleil terrestre, il les
Psal.19. sect.6. fait spirituellement, & c'est d'autant que l'esprit
Par le soleil, n'opère pas la médiation d'aucune chose
c'est à dire le que du Soleil, parce qu'en lui il a mis son tabernacle
coeur du mon- & non ailleurs, & tout ainsi comme
de, le coeur le soleil céleste opère en deux façons, savoir
du microcos- manifestement & occultement, de même
me se main- aussi l'autre Soleil (savoir le terrestre) travaille
tient en vie. & opère en toutes choses tantôt corporellement,
& tantôt spirituellement ; &
comme
@

D E S S I G N A T U R E S. 21


comme le Soleil céleste spirituellement en
toutes choses, est leur chaleur naturelle (quant
à l'intérieur) de même aussi le soleil terrestre,
intérieurement spirituel, est la chaleur
native, baume, lumière, & huile de toutes
choses : l'esprit de vie de celui-là s'appelle
esprit caché : mais celui-ci s'appelle proprement
& génuinement en toutes choses soufre,
du moins si nous voulons ajouter foi
aux doctes Cabalistes, l'étude desquels a été
de monter du signe au signifié, des créatures
au Créateur, des Anges à Dieu, & là se joindre
étroitement avec lui, afin que par ce
moyen (selon Pythagore) ils se pussent déi-
fier. Toutes les choses supérieures sont aux
inférieures, & les inférieures aux supérieures :
non toutefois comme en elles-mêmes, mais
selon leur nature : car comme tout l'arbre
enclos dans son noyau est astralement arbre,
de même aussi le monde sensible est en Dieu Trismégiste,
divinement ; de quoi ce grand Roy Hermès dit trois fois
affublé d'une triple couronne, père de tous très grand, à
les Philosophes, à cause de son antiquité, depuis cause des trois
le commencement de sa table Smaragdine vertus qu'é-
plus précieuse cent mille fois que toutes taient en lui :
les pierres précieuses du monde, nous en car il était
donne un très assuré témoignage, disant Roi ; Philoso-
que tout ce qui est dessous, l'est aussi dessus : phe ; & Pro-
mais d'une façon plus noble & plus parfaite. phète, & outre
Au monde Angélique, c'est à dire intellectuel, ce Monarque
sont les mêmes astres qu'en cette machine de la triple
visible, mais spirituellement & invisiblement. philosophie.
Quant au suprême monde appelé Le monde
B b b 3 par
@

22 P R E F A C E

divin, ou troi- par les Grecs νπερτατος, infini, incréé, incompréhensible,
sième ciel de archétype, les Anges y sont
S. Paul. aussi bien que le monde visible, mais d'une
Dessus ou hors manière tout divine, & très parfaite.
de Dieu n'y a Donc les choses bases montrent les sublimes,
aucun autre les corporelles, les spirituelles par la
monde. nature des terrestres & inférieures, & par les
Les créatures propriétés des supérieures & célestes, parce
sont pleines que ces exemplaires inférieurs externes &
de Dieu. Psal. visibles sont la marque des choses supérieures,
34. sect. 4. & le symbole des internes & invisibles
lesquelles nous mènent comme par la main
Le monde est aux éternelles & spirituelles, en fin toutes les
un miroir dans créatures, mêmes cette machine en laquelle
lequel l'éter- Dieu se fait voir (quoi qu'invisible] ouïr,
nel se fait voir goûter, sentir, & toucher, ne sont autre chose
& contempler. que l'ombre de Dieu, & la figure du Paradis
interne, ce regard, dis-je, par lequel les
Le premier re- créatures(postérieures au Créateur) sont les
gard de Dieu est effets par lesquels le fabricateur & premier
de face à face, agent est reconnu : car toutes les créatures
l'autre par le- ont été créées de Dieu, comme lui-même
quel on voit ce le témoigne, omnia per ipsum facta sunt, etc.
qu'il lui est Celui qui sépare du Créateur la connaissance
postérieur. des choses créées, n'a seulement que l'ombre
Saint Jean. des choses créées : mais de dire que l'Archétype
Dieu est connu n'aie spirituellement en soi toutes
en ses oeuvres, les choses lesquelles paraissent visiblement en
c'est pourquoi ce vaste corps, & que la composition de toutes
il ne faut mesu- choses, soit tant seulement interne, &
ser ni abuser non externe, cela se prouve par la lumière
d'aucune chose naturelle, montant & descendant, entrant
que ce soit. & sortant : Il est assuré que l'on compte trois
mondes
@

D E S S I G N A T U R E S. 23


mondes, & que ces trois ne sont qu'un universel, Tout ce qui
parce qu'ils sont l'un dans l'autre, au monde en
savoir Dieu, les Anges, & notre machine général est
visible, l'inférieur est gouverné par le supérieur, aussi à chas-
duquel il prend l'inflexion de ses vertus cun d'iceux
: tellement que l'archétype même & suprême en particu-
fabricateur nous influe les vertus de lier, & parmi
sa toute-puissance, par les Anges, Cieux, iceux n'y a
Etoiles, éléments, animaux, plantes, & pierres, aucun auquel
au ministère desquelles il a fait & créé ce ne soit tout
tout. Mais venons à notre entrée ou montée, ce qui est aux
laquelle se fait lors que par l'échelle de Jacob autres té-
nous nous élevons de bas en haut, c'est moin de ce-
à dire des choses sensibles aux intellectuelles ; ci Anaxago-
des créatures au Créateur, montant toujours. ras, Pythago-
Les Cabalistes & Rabbins Hébreux tiennent ras, Platon, &
cinquante portes d'intelligence, les degrés la Genèse 28.
ou limites desquelles sont tirés du premier sect. 12. 13.
chapitre de la Genèse, par te symbole desquels
nous sommes conduits à la connaissance
de toutes choses, tant visibles qu'invisibles
; la sortie ou descente se fait lors que
nous allons de Dieu aux créatures, des choses
intellectuelles aux formes externes, ou du
centre à la circonférence, par exemple, lors
que par les yeux de la sensualité je regarde
une femme : laissant son être corporel de la
forme externe. Je m'en vais à la semence interne
& invisible, & par l'oeil de l'entendement
je contemple tout l'arbre avec ses racines,
troncs, rameaux, branches, feuilles, fleurs,
& fruits, venants séparément chacun en
son temps. Cette semence ne vas pas mendier
B b b 4 les
@

24 P R E F A C E

les choses corporelles, mais de soi-même
elle se pousse & chasse comme hors de ses entrailles.
Donc puis que cet astre ou semence
qui n'est que l'image ou l'ombre de la substance
Angélique, contient tout ce grand corps
d'arbre sans quantité, qualité, &c. Ce sera
bien conclu, s'il me semble, qu'un Ange pourra
enclore en soi la semence de toutes choses,
& beaucoup plus facilement à cause de
l'excellence & noblesse de sa nature ; car tant
plus une chose est simple, tant plus est-elle
parfaite, absolue, & puissante, & tout ce
que la puissance inférieure peut, la supérieure
le peut aussi avec plus d'excellence & efficace
: donc l'Ange donnant du pain, du
vin, & du fruit à l'homme, ne le prend
point en autre part hors de soi-même,
mais en soi, & dedans soi, d'autant qu'il le produit
en soi-même (commue vraie & parfaite
image de Dieu) toutefois & quant est
qu'il lui plaît, sans aucune diminution de
soi : car l'Ange a toutes choses en soi Angéliquement,
& spirituellement, voir il enclot
en soi, & dedans soi toute cette vaste machine
visible, & lui-même est tout ce qui est
ici bas. Et tout ce que l'art & la nature, ou la
De même nature par l'art peuvent, le même peut, &
qu'un feu le- plus vite, & mieux un Ange, ou esprit élevé
quel en pro- & constitué au dessus de l'art & de la nature.
duira mille Celui qui considère attentivement cette centrale
autres sans & circulaire philosophie, n'a aucune difficulté
aucune dimi- de croire qu'un Ange ou esprit céleste
nution de soi. ne puisse enclore tout le monde dans son
poing
@

D E S S I G N A T U R E S. 25


poing. Or puis que l'Ange, lequel n'est que la
pure image de Dieu, enclot, a, & possède tout
dans son abyme, il serait mal à propos de
nier que la première cause existante, & indépendante
ne puisse enclore spirituellement &
invisiblement toutes choses en soi, comme étant
la vraie, & très simple fontaine de leur unité,
parce que tout ce qui est, a été créé par lui,
qui est tout en tout, la première & dernière
cause, laquelle ne prend rien d'aucune matière
préjacente, ni ailleurs hors de soi, d'autant
que tout ce que la puissance inférieure peut,
le même, & mieux peut la puissance supérieure,
& avec plus de force & excellence : car il
n'y a aucune proportion du fini à l'infini, & Rien de divin,
du Créateur à la créature : Dieu est le centre Aleph téné-
& cercle de soi-même, il habite en soi même, breux.
c'est, à dire dans l'abîme de son infinité, Lumière té-
que les Hébreux appellent Ensoph, infinité, nébreuse.
incompréhensible, à laquelle de toute éternité
on n'a peu excogiter aucun lieu, aucun principe,
ni aucune fin, lequel n'a été fait, ni
d'autre, ni de soi-même. Il n'a peu être fait
d'aucun autre, d'autant qu'il n'y a rien eu devant
lui, autrement, il ne serait la cause première Dieu ineffa-
; de dire qu'il se soit fait de soi-même, ble, innomi-
il ne se peut: car de rien il ne se fait rien: nable, appelé
donc toujours יחוח & c'est son nom en la nature
essentiel, Τετραγράμματον, ineffable à cause de Trigramus,
sa très redoutable Majesté, & incompréhensibilité en la loi Te-
Schemhamphoras. Nom de Dieu très grand & tragrammus,
admirable, lequel est sur tous les autres noms, & en la grâce
c'est à dire sans cause première, sans temps, Deutagrammus.
sans
@

26 P R E F A C E

L'état de la sans lieu, & sans bornes, ne prenant aucune
béatitude fu- chose hors de soi : mais de soi est la même
ture. abondance de tout, sans qu'il aie besoin de
Dieu avant la rien, rendant semblables à soi ceux lesquels
création d'au- l'aiment, afin qu'ils n'aient faute de chose
cune chose es- que ce soit, mais qu'ils possèdent tout en sa patrie,
tait seul quant c'est à dire au royaume de Dieu, parmi
à l'extérieur, les fidèles & bien heureux, lesquels habiteront
jusques à ce éternellement en Dieu, comme Dieu en
qu'il lui plût eux.
de produire le C'est pourquoi JESUS-CHRIST, Parole
monde, & loger du Père, Fils de l'Eternel, Sapience donnant,
toutes choses vie, vrai maître fait homme comme nous
autour de soi. sommes, afin de nous rendre enfants héritiers
Pourquoi Dieu de Dieu comme lui, soit loué & bénit à tout jamais.
le monde, c'est Dieu donc Seigneur de tout sans commencement,
à cause de la principe, milieu, & fin de toutes
très grande o- choses, qui n'a besoin de rien, mais qui par
béissance & ré- sa seule & libérale volonté & bonté, par sa
vérence, laquel- gloire infinie a produit ce tout dans son sein,
le est due au c'est à dire de la très profonde conception de
Créateur, & pour sa divinité [laquelle Hermès appelle entrailles
éviter le péché, des ténèbres) & par sa seule parole a premièrement
il n'est pas produit la lumière, c'est à dire les
permis à la cré- substances Angéliques, disant, Fiat lux, de laquelle
ature de s'en- sortirent les Astres, des Astres les corps
quêter de cela. ou machine visible du monde, composée des
Trismégiste. quatre éléments, & par ainsi toutes choses sont
en tout à sa façon, demeurant l'une dans l'autre,
comme l'arbre dans la semence, & la semence
dans l'arbre, si bien que ces deux-là,
quoi que distincts, ne sont néanmoins qu'un.
Or
@

D E S S I G N A T U R E S. 27


Or donc tous les corps visibles avec les éléments Le Verbe de Dieu
sont aux Astres, & les Astres aux corps est la première
visibles, les Astres sont aux Anges, & les Anges idée de toutes
aux Astres, les Anges sont en Dieu, & chose. Ce monde
Dieu aux Anges : mais en telle façon que le visible & extrin-
supérieur peut être sans l'inférieur, mais non sèque a été fa-
pas l'inférieur sans le supérieur, & les corps briqué, & créé
ni le monde visible ne sauraient subsister par le souverain
sans les Astres, ni les Astres sans l'essence des créateur à l'exem-
Anges, & les Anges aussi ne seraient pas si ple & modèle de
Dieu incréé n'était, duquel ils tirent leur dépendance. l'interne & in-
Connaissant Dieu l'on connaît les telligible. Dieu
Anges, d'autant qu'ils sont la parfaite Image est l'Etre des
de Dieu, connaissant les Anges, l'on ne doute astres, c'est à
point des Astres, la connaissance desquels dire le lieu d'o-
nous donne une science assurée de tous les rigine, & la com-
corps créés, c'est a dire du monde visible, auquel plication de tou-
est compris le Microcosme, comme son tes les créatures,
fils naturel & légitime, d'autant que tel est duquel tout est
le père que le fils. Par ce même moyen, rétrogradant sorti, & auquel
toutefois, nous sommes conduits tout naturelle-
des choses visibles aux invisibles, parce que ment tout veut
toutes choses s'en vont de l'intérieur à l'extérieur retourner.
: car les substances Angéliques dépendent Les anges sont
de Dieu, les Astres, c'est à dire l'invisible des miroirs
vertu des choses, dépendent des Anges, des très certains
Astres les formes visibles qui sont les corps. sans être su-
Et tout ainsi comme toutes choses sont en Dieu jets à la cor-
divinement, de même sont elles aux Anges ruption, en a-
Angéliquement, & corporellement ou mondainement yant été dé-
au monde : car comme la lumière pouillés par
est parmi les ténèbres, de même aussi le supérieur la divine bon-
est parmi les inférieurs, & au con- té.
traire
@

28 P R E F A C E

Tout ce qu'est traire tout ce qui est sensiblement au monde
en haut, est visible, le même est astralement aux Astres, &
aussi en bas, Angéliquement aux Anges, & tout ce qui est
mais d'une façon Angéliquement aux Anges, est divinement en
plus ignoble. Dieu. Notre entendement ou âme intellectuelle
Tout est en favorisée par la divine bonté, monte
Dieu, ni plus ni du plus bas au plus éminent & haut lieu, par
moins que ce la chaîne d'or, laquelle nous a été envoyée
monde inférieur du Ciel à cause de notre fragilité, c'est à dire
est au supé- par l'ordre des créatures, jusques à ce qu'elle
rieur, ou com- est arrivée au souverain fabricateur, auquel
me les lignes toutes les créatures tendent comme à leur
au centre. vraie source & origine. Et de fait, en Dieu
toute la masse du monde n'est que Dieu, Ange
Aux Romains 8. aux Anges, & Astre aux Astres, tout de même
sect. 21. 22. que dans la semence de l'arbre, tout l'arbre
feuilles & fleurs ne sont que semence, &
le tuyau racine, épi, herbe & paille de l'orge
n'est que le grain, tout cela provient de la semence,
d'autant qu'il était caché dans icelle ;
semblablement toute la machine du monde
est angéliquement cachée dans l'Ange, & divinement
en Dieu. Et tout ainsi comme la semence
est l'arbre plié & enveloppé, & l'arbre
la semence éparse & déployée; l'unité le nombre
enveloppé, le nombre l'unité étendue, de
même l'Ange est tous les Astres unifiés, & les
Astres l'Ange étendu. Et Dieu est l'Archétype,
auquel le monde est divinement enveloppé
; le monde aussi (s'il est permis d'ainsi parler)
Dieu est plus est Dieu étendu en tout & par tout : car
haut que la Dieu immense, la totalité de la lumière, contient
nature. toutes les lumières, en soi par le rayon
de
@

D E S S I G N A T U R E S. 29


de sa Majesté, c'est à dire par son Fils, engendre, Le créateur
crée les lumières Angéliques, par lesquelles créa ce tout en
il distribue tout: car des Anges il coule aux un moment sans
Astres, des Astres aux Eléments, & des Eléments temps, & avant
aux corps, desquels les fruits parviennent qu'il lui plut
à la fin devant nos yeux. Cela se voit faire aucune di-
encore au Microcosme ; car les inférieurs sont vision ni sépa-
aux supérieurs, les derniers aux pénultièmes, ration d'aucune
& les pénultièmes aux premiers, le voici clairement chose.
: tout le monde m'accordera que les
cinq sens sont en l'imagination, l'imagination
en la raison, la raison en l'entendement, l'entendement
en Dieu. Mais Dieu comme suprême L'habitation
n'est en autre qu'en soi-même, étant lui de Dieu n'est
même son siège & son habitation, d'autant pas distincte
qu'il est de soi, & par soi tant seulement ; duquel de l'essence di-
toutes choses coulent comme de la fontaine vine, afin
de leur unité, à raison de quoi tout ce qu'il n'y aie
qui est vient du souverain bien, & doit être aucun défaut
réduit à Dieu comme à sa vraie source & origine en Dieu.
: mais comme ces choses ne sont pas de ce
lieu, & que peu de personnes sont capables
de contenir la grandeur de ces trésors dans
la petitesse de leurs greniers: : trésors néanmoins
tels lesquels ne doivent être semés au
vulgaire. je tâcherai d'adoucir le Génie
d'Harpocrate, par mon silence aussi ne pourrais-je
être entendu qu'avec grande difficulté
de ceux, lesquels n'ont pas plongé leur tête
dans les fontaines sans fonds des doctes Cabalistes, Jac.36.sect.25.
n'ayant encore connu que l'ombre
de la sagesse humaine, laquelle je puis librement
appeler folie eu égard à la sapience cé-
@

30 P R E F A C E

Comme l'homme leste. Mais afin que je retourne au lieu duquel
est connu par j'étais sorti ; je dis que c'est un grand
ses fruits, de point pour la République de médecine, que
même aussi les cette science des signatures se découvre de
plantes sont co- plus en plus : chose néanmoins que quelques
nnues par leur Botaniques méprisent tout à fait, ne voulant
signature. Homè- écouter Paracelse, lors qu'il dit, que celui
re appelle les lequel ne reconnaît le signifié par le signe
médecins περι n'est non plus digne d'être appelé médecin
πάντων ύπει- que celui qui n'a aucune connaissance
ροχος ἀλλυν, de Chiromancie, & Physiognomonie, à cause de
d'autant qu'ils l'admirable, & harmonique Anatomie du
doivent tout grand au petit monde. Et. de fait les amateurs
voir. L'anatomie de l'antique médecine ne doivent jamais mépriser
& forme des her- telles sciences, s'ils ne veulent mettre
bes se doit ac- en danger la vie de ceux, lesquels les appellent
corder & corres- à leurs maladies, d'autant qu'il est nécessaire
pondre à l'ana- (comme nous avons dit à la préface du
tomie &forme des premier livre) que chaque maladie aie son
maladies; car si médicament correspondant tant en physiognomonie,
la physiognomonie& Chiromancie, qu'Anatomie ; & quiconque
Chiromancie tant des médecins n'a ce fondement, &
des maladies que philosophique Alphabet, ne mérite de porter
des remèdes ne ce beau nom : car ces caractères & signatures
sont essentiel- naturelles, lesquelles nous avons dès notre
lement connues création, non marquées avec l'encre, mais avec
des médecins, à le doigt de Dieu (chaque créature étant un
peine feront-ils livre de Dieu) sont la meilleure partie, par laquelle
jamais rien qui les choses occultes sont rendues visibles
vaille, d'autant & découvertes : ayant au préalable la
que la signatu- connaissance des quatre qualités, lesquelles
re est un grand sont comme l'écorce des forces naturelles.
fondement tant Personne ne fait doute que les choses in-
pour la médecine ternes
que pour la philo-
sophie. Aux Rom.1.
sect.19. Sapience
23.sect.1. Sap.15.
Psal. 19. Matt.17.
Iacob. 12.
@

D E S S I G N A T U R E S. 31


ternes & invisibles ne soient plus nobles que La raison pourquoi
les externes & visibles. Il est bien assuré que Hermes Trismégiste
la maison est une chose externe, laquelle n'est dit que Dieu se
que pour l'habitant plus noble que les pierres, fait voir en ses
& bois, ni que tout l'édifice ensemble ; créatures, & reluit
parce qu'il est une créature vive & raisonnable. par tout, & la cau-
Il s'ensuit donc que la signature est plus se pour laquelle il
noble que ces qualités, en fin sans la faveur a fabriqué ce tout,
de la Physiognomonie & Chiromancie, par le n'est autre, sinon
ministère desquelles l'homme non seulement qu'à fin que nous le
est découvert, quoi que toujours l'on juge reconnussions en tou-
de son intérieur par quelques indices externes, tes, & par toutes cho-
mais encore les plus spécifiques vertus de ses: car il n'y a rien
toutes choses, voire même les plus grands secrets au monde qui n'aie en
de la nature, à peine dis-je, sans la faveur soi quelque échan-
de ces deux sciences peut-on avoir aucun secret tillon de la vertu
de médecine, lequel soit capable de soutenir divine.
l'examen de l'expérience : car toutes les La Chiromancie &
créatures sont des professeurs en médecine, physiognomonie donnent
créées par la bonté divine. Notre premier Protoplaste les assurances des
Adam en son état d'innocence, par maladies futures, &
une certaine prédestination de l'art, ou par ce fondement scellé
science infuse, avait la vraie & parfaite connaissance par le sceau de la
de toutes les choses naturelles ; si lumière naturelle
bien qu'il leur donna leurs noms si à propos, prend son assurance
que par icelui l'on ne connaissait pas tant certaine de la science
seulement la chose, mais encore sa nature interne magique. Gen.2. Act.
: car par un seul souffle Dieu enseigna & 19.20. Cet art a été
montra à l'homme les forces & la nature de communiqué aux hommes
toutes les créatures. Il y en a & aura toujours de la part de Dieu,
quelques-uns, lesquels taxeront mes écrits moyennant la lumière
d'imperfection : toutefois je les prierai avec naturelle.
autant d'affection qu'il me sera possible, pour
l'utilité
@

32 P R E F A C E

l'utilité & profit des écoliers en Médecine
qu'ils en mettent au jour des meilleurs, &
mieux ordonnés que ceux-ci, auxquels néanmoins
je n'ai épargné diligence, soin, veilles,
ni travail : toutefois j'estime que le Lecteur
débonnaire, voyant l'effet de ma bonne
volonté, agréera ce mien commencement
des signatures : car à la vérité aux grandes entreprises,
c'est assez d'avoir eu la volonté ;
qu'il jouisse néanmoins de ceci, jusques à ce
que Dieu excitera quelqu'un, lequel favorisé
du ciel, donnera le dernier trait de pinceau
pour la perfection de cette tant louable & nécessaire
science des signatures. Amen.

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A U L E C T E U R.

A Mi Lecteur, j'ai voulu faire une recherche
des noms des plantes, en ces signatures,
laquelle pourra satisfaire en quelque façon
à ta curiosité. Je les ai mises en Français,
Latin, Grec, Italien, Espagnol, Allemand, Flamand,
& Arabe : toutefois il y en a quelques-
unes, lesquelles n'ont pas tous ces noms, de
quoi je t'ai voulu avertir auparavant : mais
la raison est, quelles ne sont encore connues
en ces pays-là : Prend ma peine à gré, & en
quelque autre façon je tâcherai de te mieux
contenter. Adieu.
DE
@

33

pict

D E
L A S I G N A T U R E
D E S P L A N T E S,
REPRESENTANS LES
parties du corps
humain.

De la Tête.

pict E pavot avec sa couronne, que les Les noms.
Latins appellent papaver, les Grecs
μήκων, les Italiens papavero, les Es-
pagnols dormidera, les Allemands
maijsomen, & les Arabes thartax, représente
la tête & le cerveau : sa décoction est fort propre Les vertus.
pour les maladies de la tête.
Les noix, en Latin nux, en Grec καρυον, en Les noms.
Italien noci, en Espagnol nuezes, en Allemand
vvolchuusz, en Flamand vekernoctënboon, en
Anglais vualnuttree, en Arabe gianzi, ont toute Les vertus.
la signature de la tête : car l'écorce verte
par dehors représente le Péricrâne ; c'est pourquoi
le sel d'icelles sert pour les plaies du Pé-
ricrâne.
L'écorce dure ressemble au crâne.
C c c La
@

34 D E L A S I G N A T U R E

La pellicule qui enclot le cerveau, représente
le méninge, ou membrane du cerveau.
Le noyau montre tout à fait le cerveau,
à raison de quoi il en déchasse les venins, &
pilé avec l'esprit de vin, le conforte grandement,
pourvu qu'on l'appose sur icelui en
façon de cataplasme, ou emplâtre.
Les noms. Les petites feuilles de la fleur du pivoine
que les Latins appellent paeonia, les Grecs
παιονια, les Italiens paeonia, les Espagnols rosa
del monte, les Allemands peouienblun, les
Arabes feonia, ont encore quelque analogie
avec la tête, & les veines, lesquelles entourent
le cerveau ; car lorsque les dites fleurs sont
proches à éclore montrent une petite pellicule,
Les vertus. laquelle ressemble au crâne, & par cette
voie on chasse l'Epilepsie.
Les noms. L'Agaric est une excroissance, laquelle survient
en un arbre nommé mélèze, en Latin
Les vertus. larix ou larex, en Grec λἀριξ, en Italien & Espagnol
laria, en Allemand Lerchenbaum, cette
excroissance survient en forme de champignon,
laquelle purge grandement bien la
tête.
Les noms. La Squille ou oignon marin que les Latins
appellent cepa marina. les Grecs σκίλλα, les
Italiens scilla, les Espagnols lebola albotrava,
les Allemands meertzuuibel, & et les Arabes
Les vertus. haspel, est encore très utile pour l'épilepsie à
cause de sa signature.

Des cheveux.

Les noms. Ce poil follet qui vient autour des coings
que
@

D E S P L A N T E S 35


que les Latins appellent malum cydonium, les
Grecs μήλον κυδώνιον, les Italiens melo cotogno,
les Espagnols membrillo, les Allemands
kuttenopffel, les Flamands que perroboem,
les Anglais quintetrae, les Arabes saffragel, représente
en quelque façon les cheveux : aussi Les vertus.
la décoction d'iceux fait croître les cheveux,
lesquels sont tombés par la vérole, ou autre
maladie semblable.
La mousse que les Latins appellent muscus, Les noms.
les Grecs ὅρυον, les Italiens & Espagnols mosco,
les Allemands moosz, & les Arabes axnee,
porte encore quelque signature des cheveux :
aussi mise en décoction fait fort bien croître Les vertus.
les cheveux.
Il se trouve encore une petite herbe aux
lieux humides et marécageux, comme étangs,
semblable à des petits cheveux rouges &
blancs portant une fleurette blanche, laquelle
mise en décoction a les mêmes vertus que
les autres.
L'adiantum, trichomanes, ou polytricon d'Apulée Les noms.
en Latin capilli veneris, en Grec ὰδίαντον,
l'autre polytric en Grec ηριχόμανες, en Allemand
vuildbrot sont aussi plantes capillaires, Les vertus.
lesquelles rendent les cheveux épais, crêpelés,
et plus beaux qu'ils n'ont été.
Avicenne dit que le Thapsia, en Français
Thapsie, en Grec θαφία en Arabe autum ariz,
n'a pas son semblable pour les cheveux.

Des oreilles.

On fait une conserve des fleurs du Asa- Les noms.
C c c 2 rium
@

36 D E L A S I G N A T U R E

Les vertus. rium : en Français cabaret de murailles, laquelle
mangée conforte extrêmement l'ouïe, & la
mémoire.
Il se faut ici prendre garde que les coquilles
cuites en eau avec du sel commun écumées,
& par après broyées avec huile de
succin, mises à la distillation, rendent une
huile qui est tout à fait admirable pour
recouvrer l'ouïe.

Des yeux.

Les noms. Les grains noirs de l'herbe appelée Paris
ou aconite, en Latin aconitum, Grec ἀκόνι-
τον, salutaire, portant la signature des paupières,
desquels s'en tire une huile très admirable
Les vertus. pour le mal des yeux, à raison de quoi quelques-uns
l'appellent l'âme des yeux.
Les noms. La fleur de l'Euphraise, que les Latins appellent
Euphrasia, les Grecs ἐυφροσμύη, les Allemands
Les vertus. augenthrost, porte la marque & signature
de tous les vices des yeux : aussi distillée,
elle y sert grandement.
Les noms. La camomille, que les Latins appellent Anthemis
ou camomilla, les Grecs καραἰμηλον, les
Italiens camomilla, les Espagnols mauzarilla,
les Allemands camillen, les Flamands roomsche,
Les vertus. les Arabes debauigi.
Les noms. Lecaltha, en Français pas d'âne, en Italien
sarsarella, les Grecs σἠχιον, les Allemands roschuab,
avec le hieracium, en Grec ἱεράκιον, du
Les vertus. quel le faucon se sert pour chasser l'hébétude
des yeux de ses petits, sont aussi grandement
ment
@

D E S P L A N T E S 37


propres pour le mal des yeux.
L'Argemone que les Latins appellent argemône, Les noms.
ou argemonia, les Grecs ἀργεμώνη.
L'anémone que les Latins appellent Anemône Les noms.
ou herba venti, les Grecs ἀνεμὠνη, les
Arabes iakaiak.
Le petit genêt, que les Latins appellent Les noms.
flos tinctorius, ou aster atticus, les Allemands
gil bluom, ou streich.
La Scabieuse, que les Latins appellent scabiosa, Les noms.
les Allemands apostenkraut, sont des
herbes fort propres aussi pour l'incommodité Les vertus.
des yeux.
La fleur de l'argentine, que les Latins appellent Les noms.
potentilla, les Allemands gueserich,
représente la paupière des yeux : & distillée Les vertus.
est un singulier remède pour le mal des yeux.
La pierre appelée Belloculus, laquelle a Le nom.
comme une paupière ronde & noire, portée
entre les mains éclaircit & conforte la vue. La vertu.

Du nez.

La mente sauvage, que les Latins appellent Les noms.
mentastrum, les Grecs ἡδύοσμος, ἅγιος, les
les Italiens mentastro, les Allemands vuilder
balsam, j'entends l'aquatique, porte les feuilles
velues semblables au nez, & la fleur
d'une couleur rouge blanchâtre : l'extrait de
laquelle sert grandement pour ceux qui ont Les vertus.
perdu l'odorat.

Des Gencives.

La petite Joubarbe, que les Latins appellent Les noms.
sedum
@

38 D E L A S I G N A T U R E

sedum minus, les Grecs ἀόιζωον μικρὁν, les Italiens
semperuiuo, les Allemands hauszuurtz,
les Arabes Beiabalalen, est adhérant aux murailles,
& a la signature des gencives, à raison
Les vertus. de quoi le suc retiré sert grandement au mal
qui survient aux gencives.

Des dents.

Les noms. En la jusquiame que les Latins appellent
hyosciamus, les Grecs ὑοσκύαμος, les Italiens
iusquiamo, les Espagnols velenho, les Allemands
bilsaukraut, les Arabes bengi : le réceptacle
ou fil porte la figure des dents mâchelières,
duquel se tire une huile ou liqueur, lequel
mis en décoction avec le Persicaire, que
les Latins appellent Persicaria, les Allemands
Les vertus. Persichkraut, & le vinaigre, puis mis chaud
contre les dents, apaise incontinent les douleurs.
On se peut encore servir de la racine de la
jusquiame, en tirant le suc au pressoir, & puis
le mêler comme dessus.
Les noms. Les pommes de l'acinus, ou epipetron, que
les Grecs appellent ἄκινος, les Français pommes
d'Adam, représentent les dents: aussi leur
Les vertus. décoction sert et profite de beaucoup pour
les raffermir, & ôter la vilenie chancreuse,
qui s'engendre autour d'icelles.
Les noms. Les noyaux du pin que les Latins appellent
pinus, les Grecs πεὐκη, les Italiens et Espagnols
pino, les Allemands hartz baum, les Anglais
pinetre, les Arabes senabar, les Flamands pinap
nap
@

D E S P L A N T E S 39


pelboom, les Bohémiens borouuict, ont
aussi quant à eux la signature des dents, & de Les vertus.
fait les feuilles du pin mises en décoction
avec le vinaigre, font les mêmes effets que
les susdites.
La dentelée que les Latins appellent dentaria Les noms.
ou dentellaria, les Grecs ἄγυλλος, y est
aussi très bonne, & c'est cette herbe à laquelle
la nature a voulu donner par un admirable artifice,
une racine toute garnie d'écailles. Les vertus.

Du Gosier.

Pour le mal du gosier l'on fait un gargarisme Les vertus.
de la pyrolle, que les Latins appellent Les noms.
pyrolla, les Allemands vualdmangolt, lequel y
est admirable, comme aussi celui du vulvaria,
que les Français appellent laurier taxa, & du
cervicaria.

Du Foie.

Quant aux signatures du foie nous les trouvons Les noms.
aux champignons, lesquels croissent au
pieds des bouleaux, que les Latins appellent
fungus betulinus, les Italiens fongnio, les
Espagnols hongos cogomelos, les Allemands
psifferling, les Arabes hatar, lesquels mis en
poudre, ont une particulière vertu d'arrêter Les vertus.
le sang tant des plaies que du nez étant jetés
dessus.
L'herbe appelée iecoraria, adhérant aux Les noms.
murailles des fontaines a aussi en soi une par-
C c c 4 ticu
@

40 D E L A S I G N A T U R E

Les vertus. ticulière vertu pour les affections du foie.
Les noms. Le même fait aussi l'herbe appelée hepatica,
ou herba Trinitatis.
Les noms. Les poires, que les Latins appellent pyrum
ou pyra, les Italiens pere, les Espagnols pyras,
les Allemands pyren, les Flamands perre, les
Arabes kemetri, les Anglais pear, les Bohèmes
hrussky, portent aussi la signature du
Les vertus. foie ; c'est pourquoi elles sont propres pour
les affections du foie.

Du coeur.

Les noms. Le citron que les Latins appellent Citria, les
Grecs μηλέα μηδικὴ, les Italiens Cedri & Citroni,
les Espagnols Cedras, les Allemands
Citrinoepffel, les Flamands Citrotuen, les Anglais
Les vertus. Citrontre, représente le coeur : aussi y est
il propre, comme sont aussi deux des racines
de l'Anthora, autrement antithora, ou antiphora,
lesquelles représentent deux petits
coeurs : l'herbe appelée Alléluia porte des
feuilles à la cime, lesquelles ont la signature
du coeur.
Les noms. La Mélisse d'Europe, que les Latins appellent
Melissophylum, les Grecs μελιοσόφυλλον,
les Italiens Cidronella, les Espagnols Yerua
Cidrea, les Arabes Marmacos, porte encore la
Les vertus. signature du coeur : à raison de quoi elle y est
propre.
Les noms. L'agripaume, que les Latins appellent Car-
diaca, les Allemands Hertszgspan, ou Hertzgiper
; Et la Mélisse Turque, que les Latins
tins
@

D E S P L A N T E S 41


appellent Molluca, & les Turcs Masselue, La vertu.
sont encore plantes cordiales.
Le Nard, que les Latins appellent Nardus, Les noms.
les Grecs νἀρδος, les Italiens Spegonardo, les
Espagnols Azumbar Espigasil, les Arabes
cembul, les Mirobolans, que les Arabes appellent
Azfar, les Indiens Rezenuale. Les noms.
Les pommes de coings, que les Latins appellent
Malum Cydonium, les Grecs μήλον κυ-
δώνιον, les Italiens Melocotogno, les Espagnols
Membrilho, les Allemands Kuttenopssel,
les Flamands Queperroboem, les Anglais Les vertus.
Quintetre, les Arabes Suffargel, portent la
même figure du coeur : toutes sont propres
pour icelui.

Des poumons.

Il y a deux sortes de Pulmonaria, que les Les noms.
François appellent herbe aux poumons, les
Allemands Lingenkraut ; l'une adhère aux
pierres, & l'autre aux arbres, mais cela n'importe, Les vertus.
car elles sont toutes deux fort bonnes
pour les affections des poumons.
Il y en a d'une espèce, laquelle est parsemée
de petites taches blanchâtres, laquelle Les vertus.
n'a moindre vertu que les autres, étant mise
en décoction comme les précédentes.

Des Mamelles.

Le miroir des plumes de la queue du
Paon nous en montre la figure, comme aussi
du ventre des femmes, c'est pourquoi mises La vertu.
en
@

42 D E L A S I G N A T U R E

en poudre & prises avec le vin guérissent
le mal des mamelles.

Du fiel.

La vertu. Pour la purgation du fiel, il faut prendre
l'écorce verte, qui enclot la noix que les Latins
Les noms. appellent Iuglans, les Grecs κάρυον, & en
tirer le suc, qui est de même couleur & saveur
que le fiel, & puis le boire, & l'on en
verra l'effet.

De la ratelle.

La vertu. Le mal de ratte est fort bien guéri par la
Les noms. vraie Agripamne que les Latins appellent
Scolopendrium, & par l'asplenum ou ceterach,
que les Grecs appellent ἄω̑λωον, les Italiens
appellent herba Inodorata, les Espagnols Doradilha,
les Arabes Holofendrinus.
Par le lingua ceruina que les Grecs appellent
Les noms. φυλλι̑πς, les Français langue de cerf, les
Allemands hirszung. Par le lupin que les Latins
appellent lupinus, les Grecs θέρμος], les
Italiens lupino, les Espagnols entramocos, les
Allemands seigbouien, les Arabes tormus
ou tarinus, pourvu qu'elles soient mises en
Les vertus. décoction & bues le matin à jeun.

Du ventricule.

Les noms. Les seules feuilles du cyclame ou pain de
pourceau que les Latins appellent Cyclamen,
les
@

D E S P L A N T E S 43


les Grecs κυκλάμινος, les Italiens pan porcino,
les Allemands schuuembrot, les Arabes buchormarien,
sont admirables pour le ventricule, Les vertus.
je dis les seules feuilles, parce que les
racines rendent les membres comme paraly-
tiques.
Le gingembre que les Latins appellent zingiber, Les noms.
les Grecs ξιδγίβιρ, les Italiens gengeuo,
les Espagnols gengivre, les Allemands ingher,
les Arabes zingibel, y est aussi fort propre. Les vertus.
La galange, en Latin galanga, en Grec [ga-] Les noms.
λάδγα, en Arabe caluegia, en Chinois lavandon,
en Iaua laneuaz est le ventricule externe
par lequel l'interne est conservé. Les vertus.

Du nombril.

L'vmbilicus veneris que les Grecs appellent Les noms.
κοτυληδών, les Italiens ombilico di venere,
les Espagnols escudettes, les Toscans copertomole,
porte sa feuille ronde, & concave
laquelle imite de près le nombril crasse &
charnu d'une femme, & de fait il excite
grandement à l'amour, selon Dioscoride, Les vertus.
d'autant que tous les Médecins assurent que
le vrai siège de luxure est au nombril.

Des intestins.

Pour les intestins on ne trouve guère leur Les noms.
signature qu'au calamus aromaticus, que les
Grecs appellent κἀλαμος ἀροματικος, les Ara-
bes
@

44 D E L A S I G N A T U R E

bes cassab. Encore la casse, que les Latins appellent
cassia fistula, les Grecs καοσἰα μέλαινα,
les Italiens cassia, les Espagnols canella, les
Les vertus. Allemands roërtim, en a la signature : à raison
de quoi on s'en sert pour purger.

De la vessie.

L'alchechenge, que les Latins appellent alkekengi
Les noms. ; le solane dormitif, que les Latins
nomment halicacabus.
La vésicaire, par les Latins vesicaria, ou
cor indicum, ou pisum cordatum, porte des
Les noms. vessies semblables aux humaines, au dedans
desquelles se trouve l'aclins enclos, lequel
Les vertus. est admirable pour apaiser & chasser le calcul.
La vésicaire rampante, le staphylodendros,
Les noms. le baguenaudier, selon les Latins colutea, &
selon les Grecs κολετέα. La morelle, en Latin
solanum, en Grec τρήχνος, en Italien solatro.
en Espagnol yerua mora, en Allemand nacht
Les vertus. schadt, en Arabe alhomaleb, ont les mêmes
vertus que les susdites.

Des parties honteuses de l'homme.

L'aron, selon les Latins arum ou arisarum,
Les noms. selon les Grecs σκόροδον, selon les Italiens
Aglio, selon les Espagnols ayou, les Allemands
kurbloch, en montre la figure toute
entière, quelques-uns estiment que le satyrion
erythreonun ou le satyrion de Paracelse, que
les Grecs appellent σατύριον, les Italiens satitione,
rione
@

D E S P L A N T E S 45


les Arabes gasi alchaleb : ou la serpentaire,
que les Latins appellent dracontium
ou dracunculus, les Grecs ὄρακόντιον, soient
le vrai Aron, parce que ces herbes ont la signature
des parties : mais cela n'est aucunement
: car après leur maturité ces herbes demeurent
couchées par terre si bien que l'on Les vertus.
les prendrait plutôt pour serpents que pour
lesdites parties.
Les fèves, selon les Latins faba, selon les Les noms.
Grecs κύαμος, Italiens fava, Allemands bouen,
Arabes habalté, représentent naïvement les
parties, & principalement le bout, à raison
de quoi elles ont été condamnées par Pythagoras
: la farine des fèves sert grandement Les vertus.
pour apaiser les inflammations, lesquelles
arrivent aux parties.
La décoction faite du corps ou tronc de la
chicorée ou endive, que les Latins appellent Les noms.
cichorium ou intubus, les Grecs σέρις, les Italiens
& Espagnols endivia, les Allemands endivien,
les Arabes hundebe, représente la
verge : aussi est-elle extrêmement bonne pour Les vertus.
ceux qui sont maléficiés, ou qui ont l'aiguillette
nouée, étant prise par le dedans, &
mise en forme de fomentation par le dehors.
Le chou concave du hieracion, herbe à Les noms.
l'épervier, que les Grecs appellent ἱεράκιον,
mis en décoction avec eau commune, & bue
tous les jours tiède, est un admirable spécifique
pour l'inflammation & démangeaison de Les vertus.
la verge.
Les poids-chiches, que les Latins appellent Les noms.
pisa
@

46 D E L A S I G N A T U R E

Les vertus. pisa, les Grecs ὅωρια κέὸροπα, les Allemands
erbfz, ont quasi la même signature & vertu.
Les noms. Les fruits du pin que l'on appelle en Français
pignons, & les pistaches représentent
aussi le même, à raison de quoi mangées excitent
Les vertus. à luxure.
Les noms. Les glands que les Latins appellent proprement
glands, les Grecs βαλανκρα, ont la signature
du bout de la verge couvert par le
Les vertus. prépuce, aussi excitent à luxure.

Des testicules ou génitoires.

Les noms. Parmi le genre de plantes bulbeuses, toutes
les espèces de couillon de chien que les
Latins appellent orchis, les Grecs κονός ὄρχις,
les Italiens testicolo di cane, les Espagnols
coyon di perro, les Allemands knabenkraut, les
Arabes chassi alkes, excitent à luxure, à cause de
Les vertus. la signature & similitude, ils se peuvent résoudre
& corriger l'un l'autre ; car le plus haut,
plus grand, & plus plein excite grandement
au fait : mais le plus bas, mol, & ridé a un effet
tout contraire: car au lieu d'échauffer il
Vertu con- refroidit ; merveille de la sagesse de la nature,
traire. gouvernante de la génération des hommes,
laquelle nous a voulu manifester cet admirable
trésor pour l'accroissement du monde,
tant à cause de sa signature que de son odeur,
laquelle ne diffère en aucune façon à celle de
la semence ou sperme viril. Le même effet
Les noms. se remontre à l'essence du satyrion, que les
Latins appellent satyrion, les Grecs σατύσιον,
les
@

D E S P L A N T E S 47


les Italiens satyrio ou satyrione, les Arabes
chassi, attrabeb, gasi alchaleb. Pour les hommes Les vertus.
froids lesquels ont presque perdu leur
chaleur naturelle, ces racines ressemblent si
fort aux testicules, qu'il est impossible de les
voir sans les connaître tout à l'instant.
Le couillon de bouc que les Latins appellent Les noms.
tragorchis, les Grecs τράγορχις, passe
outre : car ni plus ni moins que le bouc est
le plus luxurieux des animaux, de même cette Les vertus.
racine excite mieux à luxure qu'aucune
autre espèce de plantes bulbeuses que ce
soit. Les noms.
Le satyrion rouge qui a l'écorce de sa racine
rouge, & blanche dedans excite aussi à
Vénus, si on la tient seulement dans la main, Les vertus.
& mieux encore si on la boit, témoin Lobel
après Dioscoride.
La grande serpentaire que les Latins appellent
dracunculus major, les Grecs δρα- Les noms.
κόντιον, qui a la racine bulbeuse, a la façon
d'un testicule pris dans du vin, a les mêmes
propriétés, pour ce qu'est de Vénus, que les Les vertus.
susdites.
Le pourreau est tellement semblable à la Les noms.
caillette ou scrotum, que mêmes il en est venu
en proverbe, aussi excite-il à luxure. Les vertus.
Les fleurs de couillon de chien, duquel Les vertus.
nous avons déjà parlé excitent aussi bien à
luxure que les racines & mêmes ils rendent
la vigueur à ceux qui l'ont perdue.
Le boletus ceruinus a la signature des parties, Les noms.
c'est pourquoi il conforte, non seule-
ment,
@

48 D E L A S I G N A T U R E

ment pris par dedans, mais encore appliqué
Les vertus. par le dehors ; & c'est pour les enfleures des
testicules ou autres semblables affections.
Les noms. Le phallus batavicus, qui croit aux rivages
de la mer en Hollande, porte l'entière signature
: car on y voit la verge, la couverture du
prépuce, & la bourse des génitoires : c'est
Les vertus. pourquoi il est très propre pour les maux qui
viennent en ces parties.
Les noms. Les grumes du raisin du basilic sauvage,
que les Latins nomment acinus, les Grecs ἄκινος,
Les vertus. ont la signature du sexe masculin & féminin
Sine Cerere à raison de quoi les anciens disaient que sans
& Baccho Cérès & Bacchus Vénus était froide.
friget Venus.
De la matrice & du ventre.

Les noms. La sarrasine, que les Latins appellent aristolochia
rotunda, les Grecs ἀρισολοκια, les Allemands
holthurtz, les Arabes zaraund masmocra,
Les vertus. j'entends la femelle, imite de fort près
le ventre de la femme : à raison de quoi elle
sert grandement pour la délivrance des femmes.
Les noms. Les pois aussi desquels nous avons parlé à la
signature des parties viriles.
Les noms. Le bouleau ou bes, que les Latins appellent
betula, les Grecs συμύδα, les Italiens bettola,
ceux de Trente bedollo, les Allemands Birchenbaum,
les Bohèmes briza, a une écorce
Les vertus. intérieure verte, laquelle porte tout à fait la
signature de la matrice avec ses petites veines
sanguines, à raison de quoi mise en décoction
sert
@

D E S P L A N T E S 49


sert grandement pour la purgation de la ma-
trice.
Le saunier ou savinier, que les Latins appellent Les noms.
sabina, les Grecs βραθυς ou βάρυθρον, les Italiens
sabina avec les Espagnols, les Allemands
sebenbaum, les Flamands sauelboon, les Anglais
savintre. les Arabes abhel, les Bohémiens
Klassterska cuuogka, porte la signature des Les vertus.
veines de la matrice, à raison de quoi il dissout
le tartre dans les veines des femmes.
La pomme de grenade que les Latins appellent Les noms.
malum punicum, les Grecs ροιά ou ροὰ,
les Italiens melagrano, les Espagnols grenadas,
les Allemands granotoepffel, les Anglais
pomatanat tree, les Arabes kuman ou ruman,
montre fort bien comment est-ce que l'enfant
sort de la matrice : car cette pomme étant
meure, s'ouvre au moindre ventelet, ou mauvais
temps, & étale son fruit qu'est dedans; Les vertus.
le même fait l'enfant : car la matrice s'ouvre
de même façon que l'écorce de la grenade.
Le pain de pourceau chez les Latins cyclaminus, Les noms.
chez les Grecs κυκλάμινος, chez les Italiens
cyclamino, chez les Allemands erduurtz
& scamenbrot, chez les Arabes bochormarien,
avec sa racine bulbeuse ressemble tout à Les vertus.
fait le ventre de la femme, à raison de quoi
Théophraste, dit qu'il excite grandement à
l'amour.
L'herbe appelée leontopetalon par les Latins, Les noms.
qui vaut autant à dire que feuilles de
lion en Français, en Grec λεοιππέταλον, a la
racine bulbeuse & velue, laquelle montre
D d d tout
@

50 D E L A S I G N A T U R E

tout à fait les parties d'une femme à laquelle
Les vertus. le poil commence seulement à venir : aussi
portée elle excite grandement à luxure.
Les noms. L'écorce de la muscade, ou selon les Latins
macis, représente fort à propos la matrice par
Les vertus. sa signature : car elle enclot la noix de même
que la matrice fait l'embryon.

Des reins.

Les noms. Il ne s'est encore trouvé aucune plante qui
aie porté la signature des reins, que le pourpier,
que les Latins appellent portulaca, les
Grecs ἀνδρἀχνη, les Italiens porcelachia, les
Espagnols verdolagas, les Allemands brutzelkraut,
Les vertus. les Arabes batzleanchas : aussi sert-il
pour le rafraîchissement d'iceux.

De l'arrière-faix des femmes.

Les noms. Les lys d'étang, que les Latins appellent
nymphaea, les Grecs νυμφαία, les Espagnols
hijos del rio, les Allemands vueyszchebluomen,
les Arabes ninofar, porte la signature
Les vertus. de l'arrière-faix des femmes : à raison de
quoi il le fait sortir avec un grand contentement.

De l'épine du dos.

Les noms. La presle, selon les Latins equisetum, les
Italiens coda di cauollo, Espagnols coda di mula,
Grec ι̑ππουρις, Allemand rosszchuuantz,
Arabe
@

D E S P L A N T E S 51


Arabe dheuben, alehail, ou dembalchil, en
porte la vraie signature: car la tige se démonte
tout de même, est faite à petites pièces,
comme l'épine : aussi est-elle bonne pour le Les vertus.
mal des reins.
La fougère, que les Latins appellent filix, Les noms.
les Grecs ωτἐρυς ou πτἐρυον, les Italiens felce,
les Espagnols heleco yerua, les Allemands
vvaldtfarn, les Arabes farax (étant de la
femelle) porte vraiment la signature de
l'épine du dos : aussi mise en décoction avec
vin & eau, est un très excellent remède pour Les vertus.
les douleurs des reins, si l'on continue d'en
faire onction quelque temps, la preuve en
donnera assuré témoignage.

Des grands os.

L'herbe appelée en Français grâce de Les noms.
Dieu, en Latin gratia Dei, en Italien stanca
cauallo, représente naïvement les os, & pour Les vertus.
cette cause l'on s'en sert en poudre pour la
fracture des os.
L'ossisana ou pierre sablonneuse, laquelle Les noms.
se trouve proche de Spire, fait des miracles
pour raccommoder les os rompus, & son effet Les vertus.
procède de la signature.

Des nerfs & veines.

Le plantain, selon les Latins plantago & arnoglosson, Les noms.
les Grecs l'appellent aussi ἀρνόγλωασον,
les Italiens Piantagine, les Espagnols llan-
D d d 2 ten,
@

52 D E L A S I G N A T U R E

ten, les Toscans centinerbia, les Allemands
Les vertus. vvegerich, en porte l'entière signature, voire
encore la figure chiromantique des mains &
des pieds, selon la disposition de ses feuilles.
Les noms. La savorée, appelée en Latin clavina, en
Grec θυμβρα, en Italien sauoregia couiella,
Les vertus. en Arabe sabater ou sabatar : donne encore
beaucoup d'air aux veines pour sa signature.

Des pores de la peau.

Les noms. Les feuilles d'hypéricon, en Français mille
pertuis, en Grec ὑπερικὸν ἀνδρόσαιμον, en Italien
hyperico, en Espagnol coraconcillo, en
Allemand coanskraut, en Arabe recofricon,
Les vertus. ont la signature desdits pores, c'est pourquoi
l'on s'en sert pour l'obstruction d'iceux, &
pour la sueur.

Les mains.

Les noms. La paume de Christ, que les Latins appellent
palma Christi, les Grecs κρότων, les Italiens
Girasole, les Espagnols figuera de l'inferno,
les Allemands creatzbaum, en porte
la signature, comme font aussi les feuilles de
figuier, appelé selon les Latins ficus, en Grec
συκή, en Italien fichi, en Espagnol higos, en
Allemand feighen, en Flamand fniguenbaum,
en Anglais fage tree, ou fiikstepei, en Arabe
Les vertus. fin, en portent aussi la signature, à raison de
laquelle l'on s'en sert pour les douleurs des
articules des mains.

Fin de la signature des plantes.
S E N
@

53

---------------------------------------------

S E N S U I V E N T L E S
signatures des maladies.

Et premièrement.

De l'Apoplexie.

L a fleur du lys porte la signature d'une
goutte : car elle est pendante de la même
façon, & à cause de sa signature l'on
s'en sert fort heureusement pour cette mala-
die.
La pierre du poisson nommé Carpion, faite
en façon d'un croissant, ou demi lune est
aussi grandement recommandable pour l'a-
poplexie.

Du calcul ou gravelle.
Tout ce qui chasse le calcul, est magiquement
signé par quelque similitude, laquelle
par ses images démontre fort aisément la
maladie.
Et sont le Cristal,
Le caillou,
Lapis citrinus pierre citrine.
Lapis Judaïcus pierre Judaïque.
Lapis lyncis pierre du lynx.
Quant à la pierre du lynx, que j'appelle lapis
lyncis, n'est autre chose que son urine, laquelle
se pétrifie & endurcit, voila l'occasion
pourquoi l'on s'en sert au calcul.
D d d 2 Encore
@

54 D E L A S I G N A T U R E

Encore la pierre d'un homme qui aura
été taillée,
Les racines du saxifraga.
Le milium solis.
Lequel milium solis porte la signature du
calcul, à cause de sa candeur & rondeur semblable
aux perles ; l'on le met au nombre des
semences dures, fort utile & convenable
pour ladite maladie.
Les fruits & filets du resta bouis, ou arrête-boeuf,
porte la même signature & est utile
à ladite maladie.
Les noyaux des cerises, pêches, & nèfles
ont encore la même signature & propriété,
avec plusieurs autres semblables, lesquelles
viennent au temps de l'Automne.
Les cappes sont encore compris au nombre
desdites choses, portant la signature du
calcul.

Des chancres.
Le dactyletus porte la signature des chancres
; à raison de quoi (selon Paracelse) étant
bu guérit le chancre, quelques-uns croient
que les hermodactes d'étrange pays, lesquels
semblent se remettre dans leur centre, avec
leur racine ronde font le même par le chancre.
L'herbe appelle lunaria porte encore la
même signature, & de fait Carrichter docte
Médecin, assure qu'avec ce simple il a autant
guéri des chancres aux mamelles, qu'il
s'en sont présentés à lui.
La rosella, autrement ros solis en fait de mê-
me
@

D E S M A L A D I E S. 55


me à cause de sa signature.

De la colique.
Le convoluulus qui croît parmi les blés
représente les intestins, à raison de quoi
l'ayant mis en décoction, est un remède singulier
pour la colique.
L'anguille est une vraie peste pour la co-
lique.

Des cicatrices.

L'olivier.
Les ormes.
Et toute sorte d'arbres portant raisins, lesquels
ont l'écorce fendue, sont des remèdes
très assurés tant pour les plaies, que pour
les cicatrices.

De la dysenterie.
La racine de l'acorus aquatique jaune, cueillie
au mois de Mai, & posée sur la région du
ventricule, est un très excellent remède pour
la dysenterie : car elle porte la signature &
couleur des excréments.
Le même font les grains du sambuc, ou
suyer.

De l'Erysipèle.
La décoction faite de la semence de l'oxylapathon,
qui a la couleur de chair, non tout à
fait rouge, est un remède très assuré pour
l'Erysipèle.
Le colcotar de vitriol, calciné avec violence,
& dissout avec eau de plantain, apposé
extérieurement, y fait aussi des merveilles.
L'acorus de marais a les mêmes vertus
pour l'érysipèle.
D d d 4 De

@

56 D E L A S I G N A T U R E

De l'Epilepsie.
Le gui de Chêne fait mûrir la maladie.
Les semences noirâtres du pivoine, ou
paeonia, pourvu qu'elles ne soient encore venues
à maturité, déchassent fort aisément la
même maladie.
Pour la même maladie le petit os ou ossiculum
du crâne d'un Epileptique ou d'un
pendu, y est tout à fait admirable, je dis d'un
pendu, parce que tous ceux qui sont pendus
sont surpris de l'épilepsie en l'agonie, lors
que l'esprit vital enclos, cherchant quelque
sortie, est suffoqué, on le peut exhiber au commencement
du paroxysme, au croissant de la
Lune.
Paracelse tient encore que le le passereau ou
moineau y est fort propre, à cause de certaine
vertu occulte.

Des excroissances.
L'Agaric & toutes les autres excroissances
des arbres, soit qu'elles arrivent aux branches,
feuilles, ou ailleurs, sont fort propres à guérir
les excroissances, lesquelles arrivent au corps
humain.

De l'Exanthème.
La semence des raves en porte la signature,
comme font aussi les lentilles, lesquelles mises
en décoction déchassent bravement cette
maladie.

Du fic.
L'un & l'autre scrofularia, c'est à dire les
deux espèces le guérissent, aussi portent-elles
la vraie signature de cette maladie, à raison
de quoi
@

D E S M A L A D I E S. 57


de quoi la décoction prise le matin avant que
manger, sert grandement contre ladite maladie,
on peut encore en faire un fermoir, & le
porter pendu au col, pourvu qu'il parvienne
jusques à l'orifice supérieur de l'estomac, on
en verra les effets.

Des fistules.
Le jonc aquatique en a la vraie signature,
& de fait le sel tiré d'icelui artificiellement,
selon l'art chimique, puis donné tant par le
dedans, qu'appliqué par le dehors, est admirable
pour les fistules.
Le rapunculus à la fleur jaune, porte la
même signature, & est doué de la même
vertu.

De l'enfant dans le ventre.
Les pierres Aetites, ou pierre Aquilée, porte
la signature des femmes enceintes : car elle
en contient une autre petite dedans soi, pour
son usage il ne faut que l'attacher au bras gauche
de la femme qui est au mal de l'enfant, &
puis quand elle sent que les fortes trenchées
la saisissent, il la lui faut mettre sur la cuisse
gauche, & l'on voit que par son moyen la
femme se délivre sans danger, & avec peu de
douleurs : mais il se faut prendre garde de l'ôter
incontinent après que l'enfant est dehors.

De l'enfant accru dans le ventre.
Les grains de la fleur du tillet y profitent
beaucoup : j'entends de ceux qui sont crus sur
le pied de la feuille, à cause de la signature:
toutefois il faut noter qu'ils doivent être
cueillis le jour de la décollation de S. Jean:
pour
@

58 D E L A S I G N A T U R E

pour ce qu'est de l'usage, il en faut donner
cinq grains à la femme enceinte, ayant au
préalable jeté l'écorce extérieure.
Des maléfices.
Toutes sortes d'herbes sortant par la fente,
ou trou naturel de quelque pierre, y apportent
beaucoup de soulagement.
De l'hernie ou rupture.
Pour cette maladie on a coutume de se
servir des racines.
d'Arum.
Perfoliatum, percefueille.
Herniaria.
Et du Telephium.
Outre lesquelles racines les feuilles du frêne
en portent encore la signature: aussi l'huile
extraite d'icelles ou du bois même, y sert fort
efficacement.
Au mois de Mai sortent quelques vessies
aux feuilles d'orme, pleines d'humeur, lesquelles
y portent un grand soulagement.
Ces petites pommes encore lesquelles croissent
sur les feuilles des chênes au mois de
Mai, mises dans un verre, & réduites de soi
en liqueur au soleil, y profitent encore grandement,
pourvu que l'on continué l'onction
de ladite liqueur.
Quant à la signature naturellement magique,
il faut observer que tous les animaux, lesquels
se peuvent allonger & raccourcir, quand
bon leur semble, y sont grandement profitables.
Le museau ou cornet de l'Eléphant, n'a pas
moins
@

D E S M A L A D I E S. 59


moins de pouvoir envers ladite maladie,
étant calciné & puis appliqué dessus.
La tortue y peut encore beaucoup, étant
calcinée comme le reste.
L'hirundo spinosa distillée ou brûlée, puis
mise en cendres, fait aussi des mêmes effets
pour les ruptures. Il y a des rompus lesquels
sont guéris par la seule onction de l'huile
faite de l'hirundo spinosa.
De l'hémorragie.
La décoction du sandal rouge faite avec le
vin, arrête incontinent le flux de sang.
La racine de tourmentille a les mêmes pro-
priétés.
La pierre hématites, coroneolus, sarde, &
les coraux, mis & enclos dans la main, arrêtent
encore le sang.
La sixième espèce du géranium, laquelle a
la racine rouge, est aussi admirable pour arrêter
le flux de sang.
Le chalcanthum brûlé se rend de couleur
sanguine, & a la vertu d'arrêter le flux qui
provient de la veine du cerveau, ou de la poi-
trine.
L'anagallis mâle de couleur sanguine, étant
pressé dans la main jusques à ce qu'il soit échauffé,
arrête le sang, voire même quand la
veine serait coupée.
Des hémorroïdes.
Toutes sortes d'herbes ou plantes velues,
ou ayant les feuilles comme cotonnées, sont
propres pour les hémorroïdes, d'autant qu'elles
abhorrent tout ce qui est âpre & rude.
Les
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60 D E L A S I G N A T U R E

Les feuilles du verbascum, ou tapsus barbatus,
mises en décoction, servent grandement
pour la cure de ladite maladie.
L'oeil ou bourgeon du peuplier macéré avec
huile d'olive y est aussi admirable, même sa
semence de couleur sanguine, représente naîvement
les fesses.
L'herbe appelée pied de lièvre mise en décoction
y fait aussi des merveilles.
Le même fait l'herbe appelée scrofularia.
L'Aron minus a les mêmes vertus que les
autres pour ladite maladie.
La décoction faite de l'herbe appelée
queue de loup, y est admirable.
De l'hydropisie.
La racine du bryonia porte la signature &
ressemblance des pieds de l'hydropique, à raison
de quoi l'extrait d'icelle fait sortir les
eaux des hydropiques.
La racine appelée Mechoacan a les même
propriétés.
L'herbe appelée dentaria, dentelée, port
encore la signature du coeur hydropique, &
enflé: aussi y profite-elle beaucoup.
La moelle du bois de suyer sortie, laisse
son vestige caue, de même que nous voyons
aux pieds des hydropiques ; c'est pourquoi
son suc y est fort excellent, de même que l'eau
distillée des champignons, lesquels viennent
au pied du suyer.
Les pêches ont encore la signature ou physionomie
de l'hydropisie, à raison de quoi
les feuilles & fleurs de pêcher avec les no-
yaux
@

D E S M A L A D I E S. 61


yaux de pêches seiches, & pulvérisés, & puis
donnés en due quantité, purgent grandement
les tumeurs de l'hydropisie.
De l'ictérie.
La chélidoine & le safran y profitent à
cause de la ressemblance en couleur, encore la
racine du curcuma, le même font
La centaurée.
Les poux.
Et les scarabées jaunes.
La peau intérieure & jaune de l'herbe appelée
oxyacantha, fait le même.
La peau verte qui est au milieu du bois, &
de l'écorce externe du suyer.
La pierre jaune que l'on trouve dans le fiel
d'un boeuf, guérit aussi la même maladie.
La racine de l'anchusa ou orcanette de couleur
rouge, & amère en saveur, mise en décoction
y sert de beaucoup.
Le poisson qu'on appelle tanche mis en vie
sur le nombril, jusques à ce qu'il soit mort, y
apporte aussi un grand soulagement.
Les fleurs printanières, qu'on appelle primula
veris, y sont grandement profitables, si
on en prend demi drachme durant quelque
temps, le matin avant que manger.
Des lentilles.
L'écorce du bouleau tachetée des macules
blanches, semblables quasi au plumage d'un
étourneau, ôte les macules & lentilles du vi-
sage.
Des fleurs du sambuc ou suyer mises en décoction
ont la même vertu.
De
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62 D E L A S I G N A T U R E

De la lèpre.
Les fraises ont la signature de la lèpre à
raison de quoi l'eau tirée d'icelles par distillation
rend la face du lépreux pâle, laquelle à
cause du mal a coutume d'être rougeâtre ;
note néanmoins que ce n'est pas tout d'en
laver les macules : car il en faut encore boire:
En son livre pour témoignage de ceci vois Raymond Lulle,
de quinta es- lequel fait grand état de l'usage des fraises
sentia. macérées avec esprit de vin pour la lèpre.
Les vipères sont aussi fort recommandables
pour les lépreux, pourvu que la chair en
soit bien préparée.
Des vers.
Ces légumes que l'on appelle communément
vesces, ont la signature des vers, aussi la décoction
faite d'icelles, sert grandement pour
les faire sortir hors du corps.
Dans le concave intérieur des roses canines,
ou roses de chien, se trouvent quelques
fois de petites lignes blanches encloses, desquelles
plusieurs se servent pour chasser les
vers, étant mises en poudre, puis bues dans
d'eau ou du vin, ou quelque liqueur que ce
soit.
Des menstrues rouges.
Pour la superfluité des menstrues, il faut
user de l'artémise rouge : car c'est une herbe
admirable pour arrêter le débordement des
mois.
Des membres corrompus.
Le saule ne porte aucune semence, mais une
branche coupée, quoi qu'elle soit quasi sè-
che,
@

D E S M A L A D I E S. 63


che, puis fichée en terre prend librement racine,
ce qui nous montre que sa vertu est fort
grande: donc pour les membres quasi corrompus,
il faut faire un bain de la décoction dudit
bois, car il y aide grandement, & au profit
& utilité du patient..
Des macules.
Les aulx.
L'Arum.
Le dracontium.
Le persicaire.
L'hirundinaria minor.
Et toutes les plantes maculées, à cause de
leur signature, effacent les macules du corps
humain.
Des noeuds ou verrues.
La mercuriale avec ses noeuds mise en décoction
avec la mechoaca ôte toute à fait
les verrues.
De la prunelle ou goitre.
Le sel armoniac & sa liqueur distillée
avec le suc du stratiotes d'eau, est un médicament
admirable pour cette infirmité : car
il attire le réalgar tartarique sublimé adhérant
au gosier, lequel rend la langue noire.
Les fleurs de l'herbe appelée brunella représentent
le gosier par leur forme, aussi se
rendent-elles recommandables pour cette
Maladie.
Des points des cotés.
Le chardon bénit contient en soi la vraie
cure des pleurésies.
Le chardon Mariae distillé & mis en déco-
ction
@

64 D E L A S I G N A T U R E

ction a les mêmes propriétés.
L'herbe appelée langue de cheval, porte
ses feuilles différentes, chose laquelle montre
les merveilles de la nature, les unes sont
fort aiguës, les autres non : & celles lesquelles
sont les plus aiguës, sont grandement profitables
pour le mal des cotés.
Quant aux points, lesquels, arrivent par
tout le corps, il faut prendre l'ossiculum ou
la mâchoire d'un brochet, & la mettre en
poudre, puis la donner à boire au malade, &
à l'instant il se sentira allégé & guéri.
L'herbe appelée consolida regalis, laquelle
pour l'ordinaire ne porte que trois, ou neuf
fleurs, y est grandement profitable.
Des appréhensions ou fantômes.
Les petits filaments ou veines, lesquelles
sont sur la feuille de l'hypéricon, ou mille
pertuis, cueillies en certain temps, & avec
méthode chassent tous les fantômes, ou esprits
fantastiques des hommes, & c'est sans
aucune superstition, & de fait le nom Grec
ιπες εικονας, dénote qu'elles ont puissance
sur les spectres, aussi l'herbe s'appelle fuite
des démons, selon aucuns, à raison de quoi
Raymond Lulle très expert philosophe, dit
fort bien que la fumée de la semence de ladite
herbe chasse mêmes les démons, lesquels
ont accoutumé de bruire dans les maisons.
Petrus Neapolitain assure encore que ceux,
qui sont possédés par les démons ne peuvent
sentir, approcher, moins encore porter sur
eux
@

D E S M A L A D I E S. 65


eux ladite herbe : car comme le soleil céleste
chasse tous les mauvais esprits, lesquels ont
coutume de se réjouir parmi le silence affreux
des ténèbres ; de même l'hypéricon,
herbe principale outre toutes les solaires, appelé
soleil terrestre par Paracelse, a été remarqué
par lui-même avoir la même puissance
que le soleil.
La ruë encore à cause de la forme de sa
graine: car elle est faite en forme de croix.
Encore la croix naturelle de la semence du
genièvre, & principalement les grosses, lesquelles
semblent presque d'avelaines, telles
que j'en ai vu au bord de la mer tyrrhène
aux champs de Naples, & de fait l'expérience
montre, qu'elles profitent grandement à ceux
lesquels sont possédés par les malins esprits.
L'herbe appelle Anthirrinum sert aussi
pour les enchantements ou fantômes, & sa
semence représente le test d'un mort.
Du Panaris.
L'Angélique ou Archangélique, & l'ortie
blanche en portent l'entière signature ; c'est
pourquoi brisées & apposées dessus tuent incontinent
le panaris.
De la Peste.
Le crapaud, les coquilles, & grenouilles, mises
sur le mal attirent tout le venin, mêmes
celui qui les porte sur soi en est exempt, remarque
que les signes de la peste future se
voient & connaissent aux langues des grenouilles,
parce qu'elles sont toutes maculées
& tachetées : prends toi garde aussi que lors
E e e que
@

66 D E L A S I G N A T U R E

que tu verras un nombre de grenouilles ensemble,
lesquelles se monteront les unes sur
les autres ; c'est un signe très assuré, qu'autant
qu'il y aura de ces grenouilles se chevauchant,
autant enterrera-on de corps pour ladite
maladie.
Le saphir porte la signature de l'anthrax, &
du charbon, & je crois que personne n'ignore
qu'il serve beaucoup à cette maladie, quoi
que le lézard y aie beaucoup de pouvoir.
La germandrée avec sa pomme ronde porte
encore la signature de la peste, à raison de
quoi ceux lesquels en sont atteints doivent
mâcher ladite herbe tous les jours ; note
qu'il faut qu'elle soit venue au même climat
que le malade est, & tant plus proche du malade
elle sera, tant meilleure sera elle aussi
pour sa santé.
Les gales ou noisettes lesquelles viennent
aux chênes, ont la même propriété, auxquelles
toutefois l'âge ne fait rien: car elles sont
aussi bonnes vieilles que nouvelles, pourvu
qu'elles soient appliquées sur le mal.
Les noisettes mâchées ont encore la propriété
d'attirer le venin de ladite maladie.
De la Gonorrhée.
L'ortie morte & le Galeopsis mis en décoction,
sont grandement recommandés par Carrictherus
en cette maladie.
Des écrouelles.
L'un & l'autre scrofularia, c'est-à-dire les
deux espèces, le mâle la femelle y sont
grandement profitables.
Le
@

D E S M A L A D I E S. 67


Le petit scrofularia ou chelidonium minus,
la racine duquel semble un petit amas de
grains de froment, y profite autant que chose
que ce soit.
De la squinancie.
Les fruits du mûrier en portent la signature,
à raison de quoi le gargarisme fait du
suc des meures & des feuilles du mûrier y
font des merveilles.
De la gale du corps & des pieds.
Pour ce qui est de la gale susdite on peut
faire un médicament admirable, savoir des
arbouses, que l'on nomme en Provence d'erbouses,
c'est un fruit lequel vient pour l'ordinaire
aux forêts, en un arbre, lequel a la
feuille semblable au laurier, le fruit est rond,
fait comme un hérisson, lors qu'il est plié; de
ce fruit on s'en sert avec la masse morte du
vitriol, son usage est toujours par le dehors.
La scabieuse avec ses petits gobelets, lesquels
viennent à la cime de la plante, est encore
fort propre pour la dite gale, de laquelle
elle porte la signature, outre ce la décoction
faite du pelipodium, y est fort utile, & c'est à
cause de sa signature.
Des écailles de la peau.
La vigne & tous autres arbres portant comme
raisins, lesquels toutefois laissent leur écorce,
sont grandement propres pour faire
perdre ces écailles, lesquelles viennent au
corps.
Quant aux écailles lesquelles viennent à
la tête, on se doit servir de la fougère.
E e e 2 Des
@

68 D E L A S I G N A T U R E

Des écailles des pieds.
Les écailles du fer ont la signature de celles
lesquelles surviennent aux pieds, ou aux
lèvres : car comme cette écorce est poussée à
la superficie par la chaleur, de même par l'art
de la nature la séparation des excréments des
minéraux se fait au corps de l'homme, à raison
de quoi le crocus Martis, & l'huile de
Mars profitent beaucoup en tels accidents.
Du spasme.
Les limaçons blancs ont une certaine pierre,
laquelle exhibée sert grandement à ceux
lesquels sont sujets à telle maladie.
Le jarret d'un lièvre a les mêmes effets
que la pierre du limaçon pour la susdite maladie.
Des apostumes venant à la gorge.
La racine du gladiolus a certaines bosses,
lesquelles sentent grandement pour guérir ladite
maladie.
La racine de l'herbe appelée scrofularia y
est encore grandement propre à cause de sa signature
: car elle est toute garnie des petites
bosses, lesquelles représentent naïvement ces
apostumes : aussi sert-elle avec un grand contentement
pour la guérison des ulcères strumeux
provenant d'une humeur froide : car
elle les ramollit avec un grand soulagement
du malade, outre le contentement du médecin.
Le figuier y est encore fort utile, à cause de
la similitude qu'il a avec ces bosses strumeuses.
L'épon
@

D E S M A L A D I E S. 69


L'éponge marine est encore douée des mêmes
vertus que les plantes susdites.
La racine bossue du flambier ôte encore les
susdites bosses, à cause de sa signature.
Les modernes se servent encore de la racine
de l'herbe appelée scrofularia minor,
laquelle semble entre un amas de grains de
froment, comme j'ai déjà dit: toutefois il
se faut prendre garde de ne se servir que de
trois ou quatre desdites bosses, & sont celles
lesquelles sont faites en long, & non les autres
rondes ; la raison pourquoi je l'assure,
c'est que moi-même en ai voulu faire l'ex-
périence.
Le sel ongarique ou autrement transylvain,
est fait en grumes à la façon de ces bosses
strumeuses, l'usage duquel (aussi bien que
du sel des perles) est fort recommandable, selon
l'opinion & expérience de Paracelse, pour
ladite maladie.
Des meurtrissures ou contusions.
Pour les meurtrissures ou contusions, il se
faut servir du persicaire maculé, lequel a cette
propriété particulière de les ôter tout à l'in-
stant.
Le chelidonium minus fait les mêmes effets
à cause de sa signature : car mêlé avec
quelques onguents, desquels on puisse faire
liniment, ôte non seulement les tumeurs &
meurtrissures, mais encore les macules ou cicatrices
externes, on le peut encore accommoder
avec le vin, le macérant fort & ferme, pour
faire sortir le sang qui serait figé dans le corps:
E e e 3 car
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70 D E L A S I G N A T U R E

car il opère en ce cas quasi miraculeusement.
Du tartre au ventricule.
Le cassutha ou cuscuta en porte la signature,
à raison de laquelle mis en décoction, y est
grandement profitable.
De la rétention de l'urine.
Pour la rétention d'urine il faut faire sécher
la moelle, laquelle est dans la concavité
du calamus anserinus, & puis le broyer &
mêler avec du vin, & le boire, & assurément
fera pisser tout à l'instant celui qui aura bu
ledit vin.
Le boyau argentin qui se trouve au ventre
des harengs, lequel le vulgaire des pécheurs appelle
l'âme des harengs, pulvérisé & exhibé
avec vin, fait tout aussi tôt sortir l'urine retenue.
Du venin.
L'herbe appelée syderica, & le dracontium
minus, ont la figure d'un serpent à chaque
feuille, d'où nous colligeons que la décoction
faite d'icelui, est très efficace pour la morsure
des serpents.
L'herbe appelle dracunculus minor, par
un miracle de nature ne sort jamais hors de
terre qu'alors que les serpents commencent à
quitter leur séjour souterrain, & demeure
autant dedans la terre que les serpents mêmes,
& de fait c'est chose assurée, que sitôt
que le dracunculus se perd, les serpents gagnent
les entres & cavernes souterraines, &
se cachent ; si bien que la mère nature nous
a voulu donner le remède aussi tôt que le
mal, & le bouclier aussi tôt que l'ennemi.
Pour
@

D E S M A L A D I E S. 71


Pour la morsure des vipères on se peut encore
servir de la bistorte, de la serpentaire, &
de la couleuvrée.
L'herbe appelée ophioglosson ou langue
de serpent, a tiré son nom de sa figure: car elle
est faite de la même façon, que la langue
d'un serpent, qui a envie de blesser quel-
qu'un.
Parmi les espèces des aulx, l'ophioscorodon
porte la signature des serpents.
En fin toutes plantes lesquelles ressemblent
la dépouille maculée du serpent, ou à la diversité
des couleurs du vipère, ou qu'en fin
ont la figure des serpents en quelle façon que
ce soit, sont propres contre la morsure desdits
animaux.
Des verrues.
Les verrues sont guéries avec le noeud du
tuyau du froment, quelqu'un s'en pourra étonner:
mais je veux qu'il sache que la cure
est aimantine ou magnétique, que l'on dit
ordinairement: car il faut tant seulement toucher
les verrues, & puis jeter ces tuyaux au
fumier: car lors que le tuyau pourrira, les verrues
se perdront insensiblement.
Des plaies.
Le sapena qui vient au bord des eaux, ou
l'hydropiper, lequel vient dans les lieux humides
& marécageux, portant des macules sanguines
sur les feuilles, sert grandement à tous
les symptômes, lesquels peuvent arriver aux
plaies récentes ; le même fait le persicaire
au pied rouge, & de fait Paracelse appelle le
E e e 4 persi
@

72 D E L A S I G N A T U R E

persicaire, Mercure terrestre ; assurant qu'il
contient en soi l'influence carnale, ou l'attractif
influent ni plus ni moins que le soleil &
les autres astres : car les supérieurs attirent
des inférieurs, & les inférieurs des supérieurs;
en fin les feuilles d'icelui ont la signature des
gouttes de sang.
Les feuilles d'hypéricon, ou mille pertuis
sont fort bonnes pour toutes les blessures
de la peau, tant internes qu'externes ; & d'autant
que les fleurs putréfiées deviennent rouges
comme sang, elles profitent aussi grandement
pour les plaies.
L'herbe appelée mille feuilles, & la bétoine,
ont les mêmes propriétés que la susdite.
L'herbe appelée gentianella, autrement
cruciata, laquelle a les racines percées en
croix, sert aussi grandement pour les blessures.
L'Ascyrum qui est une espèce d'hypéricon,
fait les mêmes effets que les susdites herbes
pour ce qui est des blessures.
L'orme a encore des feuilles naturellement
percées, lesquelles montrent la signature des
plaies. Et fin toutes les plantes lesquelles naturellement
ont les feuilles percées, sont propres
pour les plaies.

L E S
@

D E S M E D I C A M E N T S. 73


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L E S M E D I C A M E N T S
lesquels servent à cause de leur
signature.

C i devant nous avons traité de la si-
gnature des plantes, & des maladies,
lesquelles par certaine sympathie guérissent
les maladies & infirmités, auxquelles elles
sont appropriées, & desquelles elles portent
la signature. Il faut donc maintenant noter
qu'il se trouve encore quelques médicaments,
lesquels peuvent beaucoup apporter de profit
& soulagement au corps humain, à cause
de la signature, ou similitude qu'ils ont avec
lesdites infirmités. C'est pourquoi le Philosophe
n'a pas mauvaise raison de dire que le
semblable agit à son semblable.
Or donc venons premièrement à l'arsenic,
lequel est grandement propre aux ulcères arsenicales,
selon que nous enseigne Paracelse:
car l'arsenic a tout son venin ramassé comme
en blot.
L'aconit avec vin chaud est fort utile à
ceux lesquels ont été mordus des vipères, ou
autres animaux semblables en venin, comme
l'expérience l'a fort bien fait voir: aussi tous Venena ve-
les doctes médecins m'accordent que les venins nenatis sunt
sont pour l'ordinaire venins aux choses venena.
vénéneuses.
Le boletus cervinus est un certain poti-
ron
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74 D E L A S I G N A T U R E

ron, lequel est fait de la semence génitale
d'un cerf, lors qu'il est en chaleur, aussi s'en
sert on pour l'ordinaire aux actions vénériennes.
Les scarabées appelés en latin cancer, lesquels
ont un gros ventre ; mis en décoction
avec miel, sont grandement utiles aux carcinomes,
lesquels viennent aux parties supérieures,
& font les mêmes effets pour les
mules, lesquelles viennent aux talons, je
n'oublie pas les écrevisses brûlées, lesquels
ont la même propriété & vertu, & principalement
pour la cure des chancres, pour lesquels
guérir il faut attacher un desdits animaux
contre la plaie, jusques à ce qu'il soit
mort, & l'on verra les effets.
La poudre faite du coeur d'une perdrix,
ôte & guérit le mal de coeur, appelé cardiarge.
Si l'on veut prendre la peine de distiller les
cheveux d'un homme, on verra sortir un suc,
lequel profite grandement pour ceux lesquels
ont envie d'avoir les cheveux longs, faisant
souvent onction dudit suc.
Le cerveau d'un pourceau profite grandement
aux frénétiques : ceux encore lesquels
ont perdu leur mémoire peuvent souvent
manger des cervelles de pourceau, pourvu
qu'elles soient aromatisées avec myrrhe &
cannelle, d'autant que cela aide fort à recouvrer
la mémoire.
Le coeur d'un de ces petits oiseaux lesquels
vont au bord de l'eau remuant toujours la
queue
@

D E S M A L A D I E S. 75


queue appelé en latin motacilla, étant sec
& pendu au col, sert grandement pour ceux
lesquels ont le coeur gelé.
L'essence préparée des os du coeur de cerf
corrobore merveilleusement bien le coeur
humain & résiste aux syncopes & défaut de
coeur provenant de cardialge.
Cette petite particule, laquelle tombe du
nombril des enfants, mise dans un petit reliquaire
d'argent, & portée profite grandement
à ceux lesquels ont des douleurs piquantes
à la verge, j'en suis certain par
l'expérience que plusieurs personnes en ont
fait.
Le crâne d'un homme sert grandement
pour l'épilepsie à un autre homme, & celui
d'une femme profite aussi pour une autre
femme : note qu'il faut prendre la partie antérieure,
& non la postérieure, & puis l'appliquer
dessus le chef épileptique.
Le suc de ces concombres sauvages, lequel
sort au moindre maniement que l'on en fait,
étant coagulé sert grandement pour l'expulsion
& purgation des humeurs séreuses du
corps humain.
En la dysenterie l'on se sert ordinairement
de cette moelle blanche qui est au jointures
des perrières ou fondrières, laquelle le
vulgaire appelle le foie des pierres.
Pour l'épilepsie on a coutume de se servir
de l'ongle du pied dextre de cet animal, que
les latins appellent Alcés, lequel se trouve en
la Gaule transalpine, & de l'hirondelle, l'usa-
ge
@

76 D E L A S I G N A T U R E

ge est tel, il faut avoir un reliquaire dans lequel
on enclot ladite ongle dextre : Je dis la dextre,
d'autant que lors que cet animal sent
arriver le paroxysme il la met dans l'oreille, &
par ce moyen il s'en délivre ; pour ce qui est
de l'hirondelle, on en tire l'eau appelée antiepileptica,
laquelle y fait des merveilles.
Pour le mal d'enfant on peut prendre une
dépouille de serpent & en faire une ceinture
à la femme qui est à la peine, il faut néanmoins
que ladite ceinture touche la chair,
& l'on verra que cela lui aidera, & donnera
un grand allègement à la peine qu'elle aurait
autrement.
Le rhubarbe purge la flave bile à cause de
la similitude qu'il a avec elle.
Les potirons aux plaines de Naples proche
la ville de Soma, lesquels sortent parmi les
cailloux, séchés & mis en poudre, puis pris
soir & matin en eau appropriée font sortir le
calcul en forme de farine, & par ainsi le diminuent
peu à peu, la dose est de demi drachme
à chaque fois.
Le gladiolus pilé sert pour attirer les épines
à cause de sa signature.
Ces petits globes, que les scarabées font
en été servent grandement pour attirer les
balles de mousquet, lesquelles sont demeurées
au corps, pourvu qu'elles soient appliquées
sur l'entrée de la balle de plomb.
Les scarabées, lesquels se vont vautrant
& cachant dans la fiente de chenal, brûlés
& mis en poudre, servent heureusement pour
la
@

D E S M A L A D I E S. 77


la guérison des hémorroïdes.
Si l'on jette une personne dans l'eau sans
qu'elle y prenne garde, elle est à l'instant guérie
de l'hydrophobie, laquelle ne provient
que de peur, & de même qu'un clou pousse
& chausse l'autre, aussi fait ledit acte : car par
le moyen de cette peur l'autre est déchas-
sée.
Le coeur d'un loup sert aussi grandement
pour les infirmités du coeur humain.
La semence de l'herbe appelée langue de
bouc, ou echium, sert fort heureusement contre
la morsure des vipères & autres serpents,
& de fait l'on l'éprouve en ce cas être un
vrai médicament prophylactique.
Les vers, tant de terre, que ceux du corps
humain, servent d'antidote pour les enfants, ou
grandes personnes lesquelles sont tourmentées
des vers, il faut que ceux desquels on se
veut servir soient secs, & puis les mettre en
poudre, de laquelle on fait prendre avec du
lait de chèvre : car sans doute elle tue &
chasse dehors ceux lesquels sont dans le ventricule
humain.
Si on attache un ver autour du panaris, le
laissant là l'espace de vingt-quatre heures, il
fait mourir le panaris sans aucune difficulté
ni douleur.
Les loups des iambes se guérissent pour
l'ordinaire avec des onguents faits de chair
& graisse de loup.
La poudre faite de la matière d'une poule,
puis jetée dans le col de la matrice d'une
femme
@

78 D E L A S I G N A T U R E

femme dessèche son flux, & de stérile la rend
fertile, ôtant les obstacles, lesquels, pourraient
être là, & par ce moyen elle aide
grandement à la conception d'icelle.
Pour les fentes & crevasses, lesquelles
arrivent souvent aux mamelles des femmes,
il se faut servir de cette humeur visqueuse
des mamelles des vaches, & en faire
onction dessus le mal.
Les mûres du mûrier rouge mises en
poudre avec les feuilles guérissent les boutons,
lesquels viennent au fondement, ou
bien dans le scrotum, ou caillette de la bourse
des génitoires.
L'humeur cristallin des yeux d'un boeuf
distillé, guérit de toutes les incommodités,
lesquelles peuvent arriver aux yeux de
l'homme.
La décoction faite de la peau des pieds
d'oie, avec artémise, profite beaucoup pour
les tignes, lesquelles viennent aux pieds & aux
mains, causées par le froid.
La verge génitale d'un taureau, & d'un
cerf mangées excitent grandement à luxure,
à cause de la chaleur extraordinaire de ces
animaux.
Pour arrêter le débordement menstruel
des femmes, il faut prendre trois ou quatre
gouttes dudit sang qu'elle rend, choisissant
toutefois le plus clair, & le faire boire à ladite
patiente, sans qu'elle en sache rien, &
sans doute cela seul l'arrêtera.
Le poumon d'un renard sert grandement
aux
@

D E S M A L A D I E S. 79


aux affections des poumons, étant mis en
poudre & puis mangé.
Toutes sortes d'animaux, lesquels ont la
vertu rénovatrice, renouvellent aussi notre
corps, & nous maintiennent en jeunesse continuant
d'en manger
Pour arrêter l'hémorragie, ou trop grande
perte de sang des plaies, il faut prendre dudit
sang & le faire un peu chauffer, puis l'appliquer
dessus la plaie & l'on en verra un admirable
effet.
L'herbe appelée sagittale croissant sur les
bords des puits, sert grandement pour l'attraction
des fers des sagettes, lesquelles sont demeurées
dans le corps.
La racine de l'herbe appelée par les Espagnols
scorzonera, porte la signature d'un serpent,
aussi sert-elle avec un grand contentement
pour la morsure d'iceux, comme nous
avons déjà dit au traité de la signature des
plantes.
Pour la squinancie & apothèmes venants
à la bouche ou au gosier, il faut prendre un
serpent avec un filet de lin, & le suffoquer,
puis se servir dudit filet.
Le même filet a des grands effets
contre la sinonie, étant donné avec du
pain.
Pour l'arrière-faix des femmes, il faut avoir
de l'arrière-faix d'une autre femme, & le rôtir
dans un pot de terre après qu'il a bien
été lavé, puis en faire prendre demi drachme
dans du jus de poule, & sans aucune dou-
te
@

80 D E L A S I G N A T U R E

te l'arrière-faix (ou secondine) sortira tout à
l'instant.
La peau de l'estomac d'un loup portée
contre l'estomac, est grandement profitable
pour ceux lesquels ne peuvent digérer:
le même pouvoir est attribué aux peaux de
vautour, & de cygne accommodées par les
pelletiers.
La puanteur de l'esprit du tartre sert pour
expulser les putrides humeurs du corps humain,
& principalement en temps de peste.
La racine noueuse de l'herbe appelée tormentille,
bien pilée, & puis appliquée sur les
noeuds de la chair, les fait perdre en peu de
temps.
Pour apaiser les douleurs de ventre, il faut
porter une ceinture du boyau d'un loup, ou
à défaut du boyau porter sur soi de la fiente
dudit animal.
Pour les tumeurs ou loupes, lesquelles
croissent au corps humain il se faut servir de
la gomme des cerisiers, l'ayant dissoute avec
bon vinaigre, puis l'appliquer dessus lesdites
loupes.
Pour chasser & faire perdre les tâches lesquelles
viennent pour l'ordinaire aux petits
enfants, il faut faire décoction de la semence
des lentilles, & en user.
Paracelse se Pour empêcher & faire évacuer les roulements
sert du mot de tête appelés vertigo, selon l'art, il
Ferch en Al- se faut frotter le front de la graisse de daim,
lemand. ou de serpent, & continuer quelque temps
à cela sert aussi grandement l'essence tierce
des
@

D E S M A L A D I E S. 81


des cigognes, lesquelles ont accoutumé de
voltiger longtemps en rond sans se troubler
aucunement.
Pour la conservation des esprits vitaux
en leur chaleur naturelle, il faut user du
boyau argentin, qui est dans le corps des harengs,
lequel nous avons déjà appelé âme
des harengs, & l'on en verra des effets fort
beaux.
Pour les maladies de la vessie, il faut user
des vessies de boeuf.
La vessie d'un pourceau laquelle n'a encore
touché la terre, mise contre la verge provoque
l'urine.
La vessie d'un mouton ou chèvre brûlée,
& bue après retient l'urine à ceux lesquels
ne la peuvent retenir.
La vessie du poisson que les Latins appellent
Carpio, séchée & mise en poudre sert grandement
pour les femmes blessées à l'enfantement,
lors quelles ne peuvent retenir leur
urine.
Les raisins de renard, autrement aconitum
salutiferum, portent la signature des
vessies noires, lesquelles viennent aux pieds, L'opération
aussi avec ladite herbe Phaedro assure qu'il est magnéti-
a aussi bien guéri les ulcères désespérés, que tique.
Paracelse avec le persicaire.
La membrane du ventricule d'une poule
sert pour donner soulagement au ventricule
humain, lors qu'il est détraqué.
La civette chasse l'excrément qui cause la
colique.
F f f Des
@

82 D E L A S I G N A T U R E

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D E S M A L A D I E S
vénéneuses, lesquelles sont souvent
guéries par leur propre
antidote.

P R e m i e r e m e n t l'aconit, duquel
nous avons déjà parlé, sert pour la guérison
des morsures vipérines, ou autres serpents
vénéneux ; il sert aussi pour les piqûres
des scorpions.
L'araignée cassée & appliquée dessus la
morsure qu'elle a fait, la guérit incontinent.
Le miel guérit les piqûres des abeilles.
La crapaudine trouvée dans la tête d'un
crapaud guérit ses maladies.
La poudre de crapaud mise sur les morsures
vénéneuses, en attire le venin & les
guérit.
Ceux lesquels ont été compissés d'un crapaud,
se doivent servir de la poudre de crapaud
pour radoucir la partie.
Pour la morsure d'un chien enragé, il se
faut premièrement servir du poil dudit chien,
le mettant & appliquant dessus la morsure,
puis en brûler, & le faire boire au patient
avec du vin, après cela il faut avoir le coeur
dudit animal, & le brûler de même que le
poil,
@

D E S M A L A D I E S. 83


poil, puis le faire manger audit patient, &
cela le délivrera qu'il ne soit tenté par la
crainte de l'eau : on se peut encore servir pour
préservatif de la dent dudit chien couverte
d'une petite peau, & attachée au bras dudit
patient, qui a été mordu.
La graisse de crocodile, guérit les morsures
du crocodile.
La morsure des souris, se guérit par la poudre
du souris même, ayant été brûlée.
Le pissat d'une souris mange la chair, à raison
de son venin, c'est pourquoi il faut mettre
des cendres d'une souris brûlé sur la partie,
avant qu'elle soit entamée.
L'os du coeur d'un cerf, guérit le venin qui
est à la queue du cerf.
Le sain de serpent est encore très propre
pour les morsures des serpents: l'on se peut encore
servir de la tête du serpent cassée & mise
dessus le mal : outre-ce le fiel du serpent appliqué
dessus y est très bon.
Les scorpions portent leur guérison aussi
bien que les autres animaux, & de fait en
Provence l'on a coutume de casser le scorpion
entre deux pierres & l'appliquer dessus la piqûre,
& par ce moyen le mal s'en va d'où
il est venu.
L'huile des scorpions sert aussi grandement
contre les piqûres dudit animal.
Et par ainsi les venins mêlés ou redoublés
par une certaine faculté contraire servent de
remède l'un à l'autre : il s'est même trouvé
des médecins, lesquels se sont servis des cra-
F f f 2 pauds
@

84 D E L A S I G N A T U R E

pauds pestiférés contre la peste, l'ayant au
préalable séché & mis en poudre, & puis exhibé
ni plus ni moins que l'huile de scorpion
pour les morsures ou piqûres dudit
animal, si bien que par ces expériences l'on
peut être assuré qu'un venin sert de remède
contre un autre venin.
Pour ce qui est des membres du corps lesquels
sont engourdis du froid, il se faut servir
d'eau de neige & laver d'icelle la partie engourdie
: car si l'eau fraîche a le pouvoir de
remettre un oeuf gelé, il n'y a point de répugnance
que par une même propriété, elle ne
puisse attirer le froid qui est enclos dans les
membres, & incontinent les remettre en leur
première vigueur, vu que le froid attire le
froid.
Par même ou semblable moyen les membres
chauds outre mesure, sont remis en leur
température ordinaire, par l'imposition de
l'esprit du vin bien rectifié, lequel n'est que
feu ou essence de soufre, et par ainsi par
une force magnétique la chaleur est attirée
par une autre chaleur.
Nous avons ci-devant dit combien la chiromancie
était nécessaire aux médecins: car
par la connaissance des lignes chiromantiques
on peut savoir & connaître les remèdes
nécessaires aux malades.
Ceux lesquels ont la ligne artchitectique à
la main sont grandement sujets à la colique,
& pour l'ordinaire meurent d'icelle, à raison
de quoi la ligne architectique, laquelle se
trouve
@

D E S M A L A D I E S. 85


trouve aux herbes, est extrêmement bonne
pour la colique.
De même la ligne anchora ou ancre, est
la ligne de l'apoplexie, aussi l'achorus herbe
doué de cette ligne est le vrai remède pour
l'apoplexie.

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L A C O R R E S P O N D A N C E
des signatures du grand au petit
monde, c'est à dire du corps
humain, & du monde.

Au monde.
Microcosmique. Macroscosmique.
La Physionomie ou La face du Ciel.
face.
La Chiromancie ou Les minéraux.
main.
Le poux. Le mouvement céle-
ste.
Le souffle. Les vents de Midi
& d'Orient.
L'horreur du fébrici- Les tremblements de
tant. terre.
La lienterie, Dysen- Les pluies.
terie & diarrhée.
Les torsions de coli- Les tonnerres &
que. vents forts.
Autant de sorte de vents qu'il y a au monde,
F f f 3 de,
@

86 L A C O R R E S P O N D A N C E


La génération-de, autant se trouvent d'espèces de coliques en
de l'apoplexiel'homme.
est de même Les éclairs en été. La difficulté d'uriner
que celle de aux douleurs né-
la foudre, & phétiques.
l'opération deL'éclipse ou la fou- L'Apoplexie.
l'un & de l'au- dre.
tre, est admi-La sécheresse de la La sécheresse du
rable, les ton- terre. corps humain.
nerres mon- Les inondations. L'hydropisie.
trent la cau- La tempête. L'épilepsie.
se, matière & Car telle qu'est la génération, ou cause génératrice
origine du de la tempête, & du tonnerre au
mal caduc. grand monde ; telle est aussi de l'épilepsie au
Microcosme ou petit monde, & tout ainsi
que la tempête trouble les sens animaux,
comme appert par le chant extraordinaire des
poulets, ou autres oiseaux, ou par la forte
piqûre des mouches, de même aussi se
trouve aux épileptiques, lesquels ont tous
les sens troublés.

P A R A L L E L E.

Au Microcosme ou pe-
grand monde. tit monde.
A l'arrivée de l'apo-
plexie se fait un
changement d'air changement de rai-
& de temps. son.
Les yeux se rendent
l'une l'autre sans tous nébuleux &
cesse. troublés.
Le
@

D E S S I G N A T U R E S. 87


Le vent survient le- Le ventre & la verge
quel démontre naturelle s'enflent.
cette enfleure.
Le tonnerre éclate La vessie se rompt &
& fait son coup. crève, & le corps
semble être tout
brisé.
Les éclairs semblent Les yeux se rendent
fulminer. ardents & bril-
lants comme feu.
La pluie s'enfuit. L'écume se voit à la
bouche.
La foudre pressée par- Les esprits enclos &
mi les éléments serrés dessous la
en fin éclate & peau, la font é-
fait son effet. clater.
Le temps se rend à la La raison revient au
fin serein. malade.
Après que les che- Après que l'apoplexie
mins ont été long- a fait ses efforts,
temps bourbeux & l'homme retourne
difficiles, ils se à soi par le moyen
sèchent à la venue de la raison, la-
du soleil & se re- quelle semble ê-
mettent à leur tre son vrai so-
premier état. leil, chaque mem-
bre exerce ses fon-
ctions, & est re-
mis à son premier Autant qu'il
état. y a d'espèces
Tout ainsi comme les os sont enclos & de bois au
entourés de la chair, lesquels sont assemblés monde, autant
méthodiquement, ni plus ni moins que y a-t-il d'espè-
F f f 4 l'or
@

88 L A C O R R E S P O N D A N C E


ce d'os au l'or auquel ils ont correspondance.
corps hu- De même façon aussi les minéraux sont
main. méthodiquement enclos dans la terre.
La forme de Au Microcosme est Au Macrocosme la
tous les mem- la masse de la masse de la terre.
bres humains chair.
se trouve aux Les grandes veines Les grands fleuves.
végétables, sont signifiées par
aux pierres, La mer réceptacle de
aux animaux, des humidités du toutes les eaux de
& aux miné- corps. la terre.
raux. Les sept membres Les sept métaux dans
L'homme se principaux en les montagnes, ou
connaît par l'homme. sept planètes cé-
la nature des lestes.
animaux des- Et tout ainsi comme les fleurs terrestres
quels la pre- nous démontrent la couleur des étoiles,
mière essence lors que les prés sont en fleur, de même
tire sa déno- aussi les étoiles nous démontrent un pré
mination d'où céleste, quant aux fleurs lesquelles elles nous
les Chaldéens représentent.
out tiré ces En fin il n'y a aucune chose au monde, la
paroles lors propriété de laquelle ne se trouve en l'homme,
qu'ils disent qui est le Microcosme, d'autant que Dieu
que l'homme Tout-puissant n'a pas voulu créer aucune
est un animal créature plus noble, ni plus sage, que l'homme,
de diverse parce qu'en icelui se trouvent toutes les
nature accom- humeurs & premiers êtres de tous les
pagnée d'in- autres animaux, & par ainsi étant le blot de
constance. toutes les autres créatures, il se façonne soi-
même, & transforme en toutes les façons,
ainsi qu'un Prothée, & comme dit très bien
le docte Picus Mirandulanus, que le Père
céleste
@

D E S S I G N A T U R E S. 89


céleste a mis toute sorte de semences en l'homme
naissant, lesquelles cultivées par chacun
en son particulier, & selon sa volonté, rendent
leur fruit au temps dû, si bien qu'étant seulement
végétal, sera rendue semblable à
une plante, si sensitif, à un animal brute, si raisonnable,
se pourra rendre animal céleste, si
intellectuelle, sera vn Ange ou le Fils de Dieu
même, que si elle n'est contente de la fortune
d'aucune des créatures, elle demeurera dans
le centre de son unité, semblable à l'esprit de
Dieu, parmi la splendeur du Père céleste, lequel
s'est constitué sur toutes choses. Et de L'homme sa-
fait le même Mirandulanus assure, que non ge domine les
seulement les brutes, mais encore les astres, & astres. Osee 2.
esprits célestes portent envie à la condition sect. 8. Iob.5.
de l'homme : quant aux hommes lunatiques sect.23. d'où a
(comme l'on dit communément) négligeant été tiré le pro-
le patrimoine céleste, se paissent seulement du verbe, ou nous
fruit de leur propre superbe. Ceux-là, dis-je, sommes, ou
se rendent serviteurs & esclaves des astres, avons été, ou
parce qu'ils permettent toutes choses à leurs pouvons être.
sensualités (desquelles les sages tiennent en L'Ecclésia-
la bride en main) pourront librement dire ste 7. sect. 12.
qu'ils observent les moeurs de leurs parents,
quant aux défauts, comme nous dirons tôt,
car il n'y a aucun homme tant juste soit-il &
bon, auquel les semences malignes des astres
ne soient imprimées : toutefois par leurs bonnes
prières & courage, supprimées, de peur
que venant à croître elles ne se rendent trop
manifestes. A la vérité elles éclatent facilement
aux mauvais, destitués de la grâce de
Dieu
@

90 L A C O R R E S P O N D A N C E


Samuel 2.cha. Dieu, à raison de quoi David s'écriait & fâchait
23.sect.6.&7. de la malice des hommes, rendant par
L'homme a un après grâces à son Seigneur, de ce qu'il lui
père Eternel avait donné le pouvoir de suffoquer en soi
auquel il doit cette semence maligne au commencement de
vivre & non son germe ; les Astronomes n'ont aucune
pas selon l'e- connaissance de Jésus-Christ, ni des Apôtres:
sprit animal, car les astres n'ont aucune domination sur
Dieu lui a ceux lesquels croient fermement après être
donné un corps régénérés, d'autant qu'il sont maîtres & seigneurs
animal, non à du firmament & des sept esprits d'icelui,
fin qu'il vive lesquels ne sont autre chose que les astres,
en icelui, mais du nom desquels le Sauveur Jésus-Christ se
seulement af- servit après qu'il les eut régénérés, les appelant
fin qu'il y ha- lumière du monde, sel de la terre. Je ne
bite pour quel- me soucie pas que Paracelse die, que tout incontinent
que temps. l'homme est abruti, d'autant que
cela est vrai, lors qu'il vit selon ses appétits
brutaux, ce qu'étant il mérite de porter le
nom de brute : mais au contraire ceux lesquels
vivent humainement, ayant la raison
pour guide en toutes leurs actions, doivent
être appelés hommes, nom admirable: lequel
néanmoins Jésus-Christ dénia à Hérode,
l'appelant Renard, selon le fidèle rapport
de Saint Luc, au chapitre 13, section
32.

D'où
@

D E S S I G N A T U R E S. 91


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D'où les hommes ont pris leurs
signatures.


P remièrement les hommes hardis & courageux L'amour ai-
tiennent leur signature du Lyon me son sem-
& de l'Aigle. blable.
Les fidèles amis des dauphins, la fidélité
desquels envers les hommes est assez connue,
& décrite parmi les histoires tant anciennes
que modernes.
Le signe d'une amitié constante est connue
au pourceau, lequel grognant pour quelque
blessure, ou autrement, il excite tous les autres
à faire le même ; chose laquelle n'arrive
pas parmi les chiens, vu que tout incontinent
les autres se bandent contre celui lequel
a été blessé, comme étant le plus faible.
Les vrais & constant amis sont encore représentés
par le lierre, laquelle (après sa mort)
ne laisse de serrer & embrasser l'arbre avec
lequel elle a été nourrie & élevée.
Les amis frauduleux & hypocrites nous
sont fort bien signifiés par les crocodiles,
lesquels sous feinte de pleurer, déçoivent
ceux lesquels pitoyable s'acheminent à leur
secours.
Les amis de Cour inconstant & légers lesquels
ne sont amis que pendant la faveur de
la fortune, sont représentés par les oiseaux
passagers, lesquels nous quittent si tôt que
l'hiver commence à se faire sentir.
Les
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92 L A C O R R E S P O N D A N C E


Les Péripatétiques ou songeurs, sont fort
bien exprimés par la corneille, laquelle ne se
plaît que parmi la solitude, & de fait nous
les voyons pour l'ordinaire promener seules
sur le bord de quelque rivière.
Les flatteurs par les chats & chiens, lesquels
ne savent caresser que de la queue.
Les adultères, par le poisson que Pline appelle
Sargo, lequel sortant de la mer tus sa femelle,
esprits du sale amour des chèvres, voici
ce qu'en dit Oppian ;
" Le Sargos dédaignant les troupes maritimes.
" Court d'un humide pied les chèvres aux col-
lines.
Job.chap.39. Les chastes sont dépeints par le Rhinocéros,
sect.19.vois à raison de quoi la sage antiquité
Paracelse en l'a dépeint baissant la tête en la présence de
son Azoth. la Vierge MARIE.
Les impies & cruels sont montrés par la
lionne.
Les désespérés, lesquels se portent dommage
à eux-mêmes sont démontrés par les tourdres,
la fiente desquels sert de glus pour les
prendre.
Psal.147.sect Les pieux & dévots par les poussins des
9. Iob. chap. corbeaux, & encore par les alouettes, lesquelles
39.sect.3. après leur repas, semblent chanter & rendre
action de grâces au ciel par la fréquence
de leur tire lire. Les éléphants aussi nous enseignent
la dévotion en leur salutation solaire:
toutefois en iceux se trouve un effet contraire
à la dévotion: car ils nous représentent
encore les désespérés se tuants d'eux-mêmes
sitôt
@

D E S S I G N A T U R E S. 93


sitôt qu'ils sentent que le dragon commence
d'assouvir sa gloutonne soif de leur sang.
Les disciples dociles, & de bon esprit nous
sont représentés par les singes, perroquets, &
éléphants encore, témoin celui d'Auguste,
qui se levait la nuit (pendant que ses compagnons
étaient assoupis du sommeil) pour
exercer sa leçon que son maître lui avait
donné le jour même.
Les disciples indociles par les ânes & les
moutons.
Les vagabonds & dissolus par les sangliers.
Les niais & de pâte molle (comme l'on
dit) par les brebis.
Les superbes & méchants par les tigres.
Les femmes fertiles par les lapins, lesquels
portent tous les mois de l'an.
Les larrons par les corbeaux & étourneaux.
Les pleurards à triste mine, par les colombes
& tourterelles.
Les furieux & horribles par les autruches.
Les salles & immondes par le pourceau.
Les importuns & impudents par les mouches
lesquelles on ne peut aucunement déchasser
de soi.
Les détracteurs, par les chiens, lesquels ne
font autre chose, que clabauder après les
hommes.
Les rebelles & désobéissants, par le roitelet.
Les ingrats, par le cocu.
Les incorrigibles & glorieux, par le tau-
reau.
Les ennemis médisants, par les serpents,
d'autant
@

94 L A C O R R E S P O N D A N C E


d'autant que cet animal n'a autre défense
que de la gorge.
Les cyniques lesquels ne trouvent rien à
leur goût, se fâchant de tous amateurs de la
solitude, par l'anguille, laquelle ne communique
avec aucun autre poisson que ce soit, mais
demeure toujours retirée & seule. Le même
fait le hibou parmi les autres oiseaux.
Les cholériques & émus au moindre vent,
par les coqs d'Inde, lesquels ne se savent
bouffir que de colère.
Les larrons, par les ours.
Les pleurards encore, par la vigne coupée.
Les paillards & luxurieux, par les moineaux.
Les libéraux par les poulets, lesquels la nature
a principalement produits pour exciter
& éveiller les hommes.
Les babillards, par les perroquets, étourneaux,
pies, chucas, & geais, lesquels imitent
de bien près la parole des hommes, d'où est venu
ce distique,
" La pie caqueteuse n'est jamais en repos.
" Mais des hommes toujours va disant les
propos.
Les luxurieux & forts en amour, par les lapins,
& par le poisson appelé par quelques-vus
denté, & par d'autres sargo.
Qui parmi les poissons plus doux
Epris d'une amoureuse rage,
Se paît des herbes au rivage,
Et donne la frayeur à tous.
Ceux lesquels fuient la lumière, par les chats-
huants
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D E S S I G N A T U R E S. 95


huants & chauve-souris, oiseaux nocturnes
ennemis de la lumière.
Les grands Potentats lesquels ne veulent
compatir personne pour compagnon, par le
taureau.
L'amour mutuel d'un loyal mariage, par les
palombes, ou tourterelles, les plus chastes de
tous les oiseaux, & de fait c'est une merveille
de la nature de voir que ces petits animaux
soient tellement conjoints d'amitié, que le
mâle n'oserait jamais souiller le lit de sa
chère compagne, moins encore la femelle de
son mari ; que si par hasard les femelles surprennent
le mâle en adultère, se laissant porter
aux impudiques amours d'une lascive femelle,
elles les quittent à l'instant, & roulent
vagabondes d'un côté & d'autre, demeurant
néanmoins à leur pure intégrité : je m'en rapporte
à Aelianus, lequel assure encore que les
colombes n'en font pas moins, vu qu'elles ne
permettent jamais que le mâle s'amourache
d'une autre femelle, & ne se séparent qu'à la
mort tant seulement, laquelle les contraint de
demeurer le reste de leurs jours en ce célibat ;
belle doctrine pour ceux lesquels n'ont aucun
soin de leur partie. Outre ce étant aux peines
de faire ses oeufs, ce pauvre animal y assiste,
& s'aide de tout son pouvoir & industrie,
pour donner courage au délivrement à sa fe-
melle. Que si par hasard le mâle connaît
quelque nonchalance à sa femelle, étant en
ces extrémités, il la bat de l'aile, la sollicitant
d'entrer, afin que son fruit ne se gâte par ce
moyen
@

96 L A C O R R E S P O N D A N C E


moyen : non content, voyant qu'elle a fait
ses oeufs, il la contraint à les couver de peur
de la corruption, étant lui-même soigneux
de les couver à son tour ; comme s'il voulait
dire, qu'il est bien raisonnable qu'il y demeure
pour donner le loisir à la femelle d'aller un
peu prendre d'air avec son pâturage. Quelques-uns
ont remarqué que le mâle couve
les oeufs de jour, & la femelle de nuit, jusques
à ce que la famine le contraint de sortir.
Qui sera celui si dénaturé, lequel ne louera
cet amour si loyal, voire la femelle ne permettra
jamais que son pareil habite avec elle
qu'au préalable il ne l'aie baisée.
Les pacifiques, & bénins par les agneaux.
Les malicieux par les hiboux.
Les craintifs par le lièvre.
Les mélancoliques, & sales, par la huppe,
laquelle cherche les lieux plus solitaires des
forêts pour loger la puanteur de son nid.
Les propres & glorieux par le chat, lequel
n'oserait sortir en temps pluvieux, de peur de
se crotter la patte, outre qu'il prend peine à se
farder tous les jours.
Les muets par les poissons, à raison de quoi
les Pythagoriciens s'abstenaient du poisson,
selon le rapport d'Athenee, ιχεμυθιας ἑνεκα.
Les musiciens par le rossignol & le chardonneret,
lesquels par le doux maniement de
leur voix, semblent charmer les oreilles des
écoutant, étant ceux d'entre les autres, lesquels
ont le gazouillis plus agréable : mêmes
le
@

D E S S I G N A T U R E S. 97


le rossignol se trouve seul, qui soit exempt du
sommeil: car durant qu'il couve ses oeufs, il
passe les nuits toutes entières à chanter &
fredonner.
Les femmes enragées ou endiablées (comme
l'on dit) lesquelles n'ont autre contentement
qu'à clabauder & caqueter, par les oies
& cannes, lesquelles ne cessent jamais de clabauder
parmi leurs assemblées : les cigales
les démontrent encor, lesquelles sont à la fin
contraintes de crever par la trop grande
continuité de criailler.
Les personnes de mauvais courage par les
rats.
Les oisifs & paresseux par la cigale en-
core.
Les opiniâtres persévérant en leur lascivité
par les veaux.
Les moqueurs, bouffons, & flatteurs, par le
singe.
Les parricides, par l'hippopotame, lequel
après avoir tué son père & sa mère, se glorifie
de son orgueil & ingratitude.
Les effrontés, pétulants & sales, par le bouc.
Ceux qui aiment leur géniture, par le cygne,
& l'hirondelle, laquelle garde une telle règle
pour la nourriture & élévation de ses petits,
qu'elle ne donnerait jamais à manger aux
plus petits ou pénultièmes, qu'au préalable
elle n'eut donné au premier, & aîné, & puis
consécutivement par ordre aux autres, ayant
toujours néanmoins égard aux plus vieux.
Les dévots envers leurs parents par la ci-
G g g gogne
@

98 L A C O R R E S P O N D A N C E


gogne, & la huppe, oiseaux très bons & reconnaissant
: car ceux là seuls rendent grâces à
leurs vieux parents du bien qu'ils ont reçu
d'eux, & tâchent de leur en rendre la pareille.
Les judicieux & prudents par le serpent.
Les larrons & voleurs par le brochet poisson,
& par l'épervier dont à propos Ovide.
" Nous n'aimons pas l'oiseau qui se plaît aux
alarmes,
" Ennemi immortel des combats & des armes.
Ceux lesquels ne font autre chose que regimber
tant, par parole, qu'autrement (appelés
proprement Echo) par la mule.
Les rieurs par l'oiseau que les Latins appellent
Maeo, lequel imite de si près les rires des
hommes, qui est fort difficile de le pouvoir
discerner. Il en fut fait un présent de deux à
Rodolphe II. Empereur, lesquels furent apportés
de Turquie, dont l'un se sauva par l'inadvertance
de ceux lesquels les avaient en
charge ; & l'autre demeura dans la volière du
jardin de sa Majesté, dans la ville de Prague.
Prover.6. Les sages & prévoyants par la fourmi, & par
sect.8.item l'abeille, lesquels ont toujours soin d'amasser
30.sect. 25. pour l'hiver : merveille toutefois que
la fourmi reconnaisse la révolution des astres:
car cet animal se repose au croissant de la lune,
& travaille toute la nuit au plein.
Les doctes & humbles avec leur doctrine,
par les épis de froment bien chargés de grains
car alors semblent s'humilier par l'inclination
qu'ils font de leur tête.
Les
@

D E S S I G N A T U R E S. 99


Les ignares & rogues par les mêmes épis,
mais vides de grain: car ils lèvent leur crête
par dessus les autres, comme s'il étaient
quelque chose de grand, outre ce ils sont encor
représentés par l'écume du pot, laquelle
veut toujours nager dessus la chair, sans connaître
qu'elle ne vaut rien. Le vase vide
ne les démontre pas mal: car tant qu'il est de
la façon, il rend plus grand son que celui qui
est plein.
Les simples sans malices par la colombe.
Les cauteleux & rusés par la pastenade marine,
laquelle ne tâche que de perdre ceux
qui nagent autour d'elle.
Les dormeurs par l'hérisson, & le loir, animaux
lesquels durant l'hiver dorment en telle
façon, qu'à peine le feu les peut réveiller,
mêmes étant démembré ne se peut éveiller,
si ce n'est qu'on le mette dans un pot
bouillant : car à l'instant les membres découpés
montrent par leur mouvement que l'animal
n'était pas encore mort. Quant à moi On doit a-
j'estime que ces animaux ont donné leur signature jouter foi
aux Rusciens (afin que je laisse à part aux historiens.
les cigognes & hirondelles submergées en
hiver, lesquelles selon le rapport des pécheurs
reprennent vie au printemps) lesquels durant
la rigueur de l'hiver, semblent être morts
parmi les forêts, & puis ressuscitent en la venue
du printemps. Les animaux lesquels demeurent
tout l'hiver dans leurs cavernes sans
manger, vivant de leur propre substance, nous
démontrent encore fort à propos ces dormeurs
G gg 2 & pa
@

100 L A C O R R E S P O N D A N C E


& paresseux, le même font les arbres, lesquels
sont verdoyant tout l'hiver, s'entretenant de
leur suc.
Les sots, paresseux & patients néanmoins,
par les ânes.
Les superbes incommodés, & contraints
de venir à la fin aux supplications, par les
chiens.
Ceux lesquels sont naturellement superbes,
par les chèvres, chevaux, & paons.
Les tristes & mélancoliques par les hiboux
& chats-huants, lesquels n'agréent rien
tant parmi les ombres de la nuit, que la solitude.
Les triomphants de leurs ennemis, par les
poulets, lesquels vaincus ne disent mot ; mais
au contraire vainqueurs il lèvent la crête, &
battent l'aile accompagnée du cocorico,
marchent d'une gravité non pareille ; laquelle
témoigne le contentement qu'ils ont de leur
victoire.
Les gens inconstants & à tous visages (comme
l'on dit communément) par le caméléon,
lequel prend la couleur de tout ce qui lui est
opposite.
Les frauduleux, dissimulés, & hypocrites,
par le renard, par le poisson appelé poulpe,
en Latin Polypus, & par la seiche, laquelle ne
manque point d'astuce & finesse pour tromper
les autres poissons, lesquels gourmands de
sa chair tâchent à la surprendre. Elle trompe
encore les pécheurs : car à l'instant qu'elle se
prend garde à ses ennemis, elle vomit son ancre,
cre
@

D E S S I G N A T U R E S. 101


par lequel elle noircit toute l'eau des
environs, afin que par ce moyen elle puisse
échapper & éviter l'ennuie desdits ennemis.
Les légers, dispos, & agiles, par le che-
vreuil.
Les affamés & ravisseurs insatiables, par le
loup, lequel ne se contente pas de manger la
chair de sa proie, mais encore dévore la laine,
le poil, & les ossements.
Ceux lesquels se vengent sur eux-mêmes
des crimes qu'ils ont commis, par le chameau,
lequel ayant reconnu qu'il a eu accointance
avec sa mère, soi-même dédaigneux & scandalisé
de son forfait, s'arrache les génitoires
avec les dents, montrant par cet acte l'horreur
qu'il a commis, & une si lourde faute
que celle-là.
Les jaloux & efféminés par le poulet, lequel
couve les oeufs après que la poule est
morte, & les éclot (sans toutefois en mener
aucun bruit, parce que la honte d'avoir exercé
un office féminin le retient) le même animal
est en une perpétuelle guerre pour défendre
l'honneur de sa compagne.
Plusieurs mécaniques ont aussi appris
leurs états des animaux, comme de bâtir &
faire des maisons par les coquilles, limaçons,
hirondelles, & abeilles.
Les brodeurs & tapissiers ont pris le fondement
de leurs états, de la variété des couleurs,
desquelles les prairies sont enrichies au
renouveau.
Les anciens Romains apprirent de trans-
G gg 3 porter
@

102 L A C O R R E S P O N D A N C E


porter les colonies par les essaims des mouches
à miel, ou avettes, & des grues, lesquelles
pour leur plus grande commodité s'en vont
aux lieux plus lointains, comme en la Scythie,
& Egypte le long du Nil, afin d'y passer
l'hiver avec moins de difficulté.
L'invention de faire le guet le long de la
nuit a été enseigné par les Daims, & Grues,
la sentinelle desquelles ne permet qu'aucune
chose que ce soit approche, sans qu'elle en
donne avis aux autres ; & de fait celle qui
est en sentinelle tient une pierre au pied, afin
que par ce moyen le sommeil ne la puisse surprendre.
Outre ce elles choisissent un Capitaine
lequel crie pendant que la troupe dort
la nuit ; quant au jour dès lors que disposées
en rang, elles volent par l'air, elles crient tour
à tour, contenant par ce moyen la troupe en
devoir : toutefois la capitaine a la charge de
les faire descendre en terre au temps dû pour
prendre leur réfection : car alors il crie plus
haut que toutes les autres, que si par fortune
il ne peut crier à cause d'un trop grand enrouement,
il lui est permis d'en commettre une à
sa place, laquelle supplée à ce défaut. Quelqu'un
me pourrait demander à quelle occasion
elles se disposent en triangle, vaguant par
l'air, à quoi je réponds facilement, d'autant que
par ce moyen elles fendent plus librement
l'air, outre qu'elles n'endurent pas tant de travail,
parce que l'air étant fendu par la première,
les autres s'en ressentent peu à peu, soulageant
leurs dernières, lesquelles sont justement
ment
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D E S S I G N A T U R E S. 103


disposées au bord des ailes des premières,
que si par hasard le vent les trouble, elles
se disposent incontinent en coin, gardant le
croissant pour le temps serein. Mais comme
il n'y a rien au monde qui n'aie son contraire,
& adversaire particulier, ces oiseaux aussi
n'en sont pas exempt, car sitôt qu'ils aperçoivent
que l'aigle a envie de fondre sur eux,
ils se disposent en rond, & en faucille, ce qu'étant
aperçu par l'aigle s'en retourne n'emportant
avec soi que la honte d'avoir été attendue
avec une si belle assurance. Les Grues
ont encore une fort belle astuce pour s'aider
en volant: car celle qui est la dernière, appuie
son col sur le dos de sa devancière, & celle-ci
sur l'autre, consécutivement jusques à la première,
ce qu'est cause que souvent elles changent
de place : car sitôt que la première est
lassée, elle se met dernière, & celle qui la suivait
immédiatement prend sa place, ni plus
ne moins que les cerfs lors qu'ils veulent traverser
quelque grand fleuve : car le premier
étant lassé prend la place du dernier, & font
ainsi consécutivement tour à tour jusques à
ce que le fleuve soit tout à fait traversé.
Les armuriers ont appris leur état des
coquilles, crocodiles, tortues.
Les Médecins & Apothicaires ont appris
la façon des pilules des scarabées, lesquels
marchent avec autant de pieds que l'on tient
de jour du mois. Ces animaux montrent
l'accouplement de la lune & du soleil par leur
boule: car durant l'espace de vingt-huit jours
G gg 4 ils
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104 L A C O R R E S P O N D A N C E


ils la roulent, tournant toujours du coté du
levant au couchant, lequel vingt-huitième
jour arrivé ils la couvrent tant soit peu de
terre, jusques à ce que la lune commence à paraître,
& c'est alors qu'ils engendrent là dedans
leurs semblables.
Le jeu de la paume a été inventé par les
chats.
Le combat d'homme à homme, seul à seul,
a été enseigné des poulets, lesquels sont
grandement opiniâtres & acharnés en leur
combat ; c'est aussi à eux que la nature a donné
une crête laquelle leur sert comme d'un
heaume, & des ergots pour éperon, hérissant
les plumes autour du col si tôt qu'ils commencent
leur mêlée ; celui qui demeure
vainqueur, & maître du combat, fronçant le
sourcil, lève la tête avec une superbe & arrogance
nonpareille ; & dressant sa queue, chante
à l'instant en signe de victoire, & de telle
façon qu'on a peine de le faire taire : l'autre
au contraire lequel a été vaincu (comme j'ai
déjà ci-devant dit) se cache la tête baissée,
sans sonner mot aucunement.
La nage a été enseignée par les oies, canards,
& autres animaux lesquels se nourrissent
sur les eaux.
Les nautoniers ont appris leur art des
écureuils, la queue desquels sert comme de
gouvernail & voile.
Le filet a été tiré de l'industrie des vers à
soie.
La forme & usage des chariots, a été pris
des
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D E S S I G N A T U R E S. 105


des marmottes lesquelles font un chariot, se
couchant à la renverse, les autres la chargent
sur le ventre, la tirant par la queue pour porter
la provision de l'hiver dans leur cachette,
raison de quoi elles ont le dos tout pelé en Au-
tomne. Le même fait le castor, vivant partie dedans
& partie dehors l'eau sur la terre, cet animal
fait pour l'ordinaire sa case sur le bord des
rivières, l'entrée de laquelle est disposée
en degrés, afin qu'il puisse monter & descendre
à son aise, il fait le choix d'un arbre pour
la construction de sa maison, lequel il n'abandonne
jamais qu'il ne l'aie mis à bas avec
ses dents, regardant néanmoins à chaque
coup de dent si l'arbre ne tombe point, de
peur qu'il ne l'accable de sa chute : mais
étant tombé, il ne saurait porter le bois
qu'il en tire, s'il n'usait de finesse : car ayant
coupé sa charge il se met à la renverse, accommodant
avec les dents sur son ventre ce
qu'il a coupé, & puis se traîne en cette façon
& porte son fardeau dans sa tanière, tant
pour nourrir ses petits, que pour accommoder
sa loge
Les rets & tissures ont été prises de l'invention
des araignées.
Retournons à nos médecins, chirurgiens
& apothicaires, lesquels tiennent des animaux,
la plus grande partie de leurs secrets, & de
fait, ce sont les brutes que la nature doué d'une
science naturelle pour subvenir à leurs in-
firmités.
Et premièrement pour tirer hors les sa-
gettes
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106 L A C O R R E S P O N D A N C E


L'esprit gettes, dards & épines, il faut prendre la leçon
animal de des cerfs, lesquels prennent le dictamnum
l'homme fut & le mangent, par le moyen duquel ils sont
au commence- délivrés de telles incommodités, quoi que
ment du mon- le dard fut envenimé.
de enseigné Les chèvres sauvages ont enseigné aux
par l'esprit Chirurgiens, comme il fallait percer les apostumes,
naturel des ces animaux vivent des herbes odoriférantes
brutes les- & principalement du Nard, & sont
quelles lui grandement sujets aux apostumes, lesquels
sont posté- venus à maturité font leur opération en cette
rieures: car sorte, ils font le choix de quelque pierre
l'homme a en bien pointue, contre laquelle ils se frottent
soi tout ce avec un tel contentement, que par la
que les bru- continuation de cette friction, ils percent
tes ensemble leur bubon, & en font sortir le jus, jusques à
ont séparé- ce que l'ouverture ne rend que le sang tout
ment l'un de pur.
l'autre. Le serpent nous a enseigné comme il faut
guérir le mal des yeux, & de fait quel mal
qui lui arrive aux yeux, il n'use que du fenouil,
avec lequel il se guérit. Pour les plaies,
il use de la serpentée colubrine, & de la
consolide, d'où les chirurgiens & médecins
ont appris l'expérience.
Pour conforter la vue, les chats usent de
la valériane.
Les hirondelles usent de la chélidoine ou
éclaire pour la même maladie.
Le cheval marin nous a enseigné les scarifications
& ouvertures des veines, d'autant
que se sentant trop chargé de nourriture, il
remarque quelque endroit, où il y aie quantité
tité
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D E S S I G N A T U R E S. 107


de roseaux, contre lesquels il se frotte
jusques à ce qu'il aie fait son ouverture, laquelle
il clôt avec un peu de boue, si tôt
qu'il connaît avoir assez tiré de sang.
Les ours ont une autre invention pour guérir
l'hébétude des yeux : car ils se servent de
l'aiguillon des mouches à miel pour lancette,
& par ce moyen ils soulagent leur mal.
Les chèvres se servent d'un semblable remède
pour les yeux : car se sentant atteintes
du mal des yeux, elles s'en vont contre un
buisson choisissant quelque épine bien aiguë
contre laquelle elles remuent l'oeil jusques
à ce qu'elles sentent qu'il est piqué, de
laquelle piqûre le phlegme sort à l'instant
sans aucune lésion de prunelle, & par ce
moyen elles recouvrent la vue.
Les chevaux d'Hongrie ne mettent pas
tant de façon pour se décharger du sang : car
si tôt qu'ils se sentent trop pesants ils s'ouvrent
la veine avec leur propre dents.
Les clystères ont été enseignés par cet oiseau
d'Egypte, que les Latins appellent Ibis,
lequel se sert de son bec pour seringue.
Le héron en fait de même, lequel se purge
avec d'eau salée de la mer, il en remplit
son gosier, & par après il met le bec dans
son fondement, soufflant l'eau dedans, laquelle
lui sert de clystère.

D'où
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108 L A C O R R E S P O N D A N C E


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D'où nous avons l'usage des vomitifs
& cathartiques.

Q uant à l'usage des vomitifs il nous a
été donné des chiens, lesquels étant
malades mangent du gramen, lequel a la force
de les purger non seulement par vomissement,
mais encore par le bas.
Le laro oiseau aquatique a une autre méthode
pour se purger : car se sentant l'estomac
trop chargé il cherche quelque arbre
auquel il puisse trouver deux branches fort
proches l'une de l'autre, & puis se met au
milieu des deux, & passe par force ce qui le
contraint de rendre ce qu'il a dans son estomac.
Le corbeau oiseau insatiable, lors qu'il a
pris sa réfection sur quelque cadavre, sentant
que les facultés digestives n'ont pas assez
de chaleur pour en faire la concoction, se va
aussi presser entre deux branches d'arbre,
comme le susdit, ou bien entre deux pierres
ou roche fendue, & par ce moyen il fait
sortir les excréments, tant par la partie antérieure,
que par la postérieure, desquels ils ne
demeure dans son corps que l'humeur alimentaire,
ou pure substance, ce qui cause
qu'il vît plus qu'aucun animal qui soit au
monde.
Les colombes, geais, perdrix, & merles,
purgent
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D E S S I G N A T U R E S. 109


purgent la mélancolie, avec des feuilles de
laurier, & autres remèdes à eux connus.
Par les mêmes feuilles les corbeaux se guérissent
du venin de caméléon.
Les biches se purgent avec l'herbe appelée
seseli, avant que faire leur petits.
Les singes nous ont donné la connaissance
du poul : car si tôt qu'ils reconnaissent la
mort prochaine de leurs compagnons (ce
qu'ils font par le toucher du pouls) ils
le manifestent incontinent aux autres, outre
ce ils le connaissent par le souffle des narines,
lesquelles font un bruit inusité à tels
animaux.
Les Jurisconsultes se ressentent encore du
bien fait, & de la doctrine des animaux, d'autant
qu'ils ont appris la punition de l'adultère
par les cigognes & lions. Je ne me contente
pas du seul témoignage de Guillelmus
Parisiensis en son histoire : car j'ai appris par
un homme fort digne de foi ἀνλυφία, qu'une
cigogne ayant été convaincue d'adultère,
par le seul odorat du mâle, fut déplumée, &
mise en pièce proche de la ville de Spire : car
le mâle ayant fait un amas d'autres cigognes,
leur révéla la faute de sa femelle, laquelle
(comme j'ai dit) trouvée criminelle
fut par le commun consentement des autres
condamnée & démembrée, cela semble quasi
hors de créance, si la sage antiquité ne nous
fournissait assez d'exemples suffisants pour
manifester la vérité d'une chose indubita-
ble.
Les
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110 L A C O R R E S P O N D A N C E


Les éléments Les Philosophes Hermétiques & Chimiques
même ayant ont appris la façon de renouveler la
quitté leur jeunesse des Alcyons, Aigles, écrevisses, serpents,
grande robe cerfs, &c. lesquels tous les ans, ou du
semblent en moins après quelque temps se dépouillent
quelque fa- de leur vieille peau, si bien que par ce moyen
çon se renou- ils se montrent plus gais & jeunes qu'ils n'étaient
veler, de auparavant. Il n'y a point de doute,
même la na- que cela étant donné par la sage nature, aux
ture ayant animaux, ne puisse être donné aussi aux hommes
quitté les & avec plus de raison, d'autant qu'il est
dépouilles la vraie image de Dieu.
semble avoir L'Aigle ayant quitté sa vieille plume, reprend
repris un sa jeunesse, & quitte avec ses dépouilles
air tout nou- sa pesanteur & vieillesse.
veau. Les é- Personne n'ignore que les serpents quittent
crevisses se leur vielle peau à l'arrivée du printemps.
par le moyen Les cerfs se servent des serpents pour quitter
des grenouil- la vieillesse avec leur poil.
les. Les pou- Je suis bien assuré que les hommes lesquels
lets pour man ont coutume de manger des serpents
ger ordinaire se maintiennent plus frais & plus sains, que
ment des arai les autres. Ce que nous enseignent les susdit
gnées. L'Aigle animaux, & autres lesquels n'ont été nommés,
par le moyen car si cette qualité leur est propre, pourquoi
de la tortue. sera elle contraire aux hommes, si un
Les serpents Cerf chargé de vieillesse se remet en adolescence
en mangeant par le moyen d'un serpent qu'il dévore
des crapauds. l'ayant attiré par son souffle & trépignement
Le cerf a des pieds, il n'y a point de répugnance
la faveur des que le même ne puisse arriver à
serpents qu'- l'homme, qui a toutes les qualités en un de-
ils dévore : gré
car étant abouché
contre la caverne
des serpents, respire
& souffle en telle
façon qu'il contraint
le serpent de sortir
lequel ne manque à
l'instant d'être
dévoré. De même fait
le verdier ou
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D E S S I G N A T U R E S. 111


gré encore plus noble que toutes les brutes, grasset, c'est
& de fait il s'est trouvé une grande quantité une espèce de
d'hommes lesquels mus par la prudence de grenouille veni-
ces animaux, ou par le désir de prolonger meuse, laquelle
leur vie ont été curieux d'épier en quelle pour se renouve-
façon ils se pouvaient soulager eux-mêmes, ler dévore la
& donner remède à leur infirmités, remarquant belette, beau-
le procédé des animaux, & les herbes coup tiennent
desquelles ils se servaient pour médicament, que c'est le cra-
de quoi ils ne se sont jamais repentis, mais par paud. Mais la be-
l'expérience qu'ils en avaient vu l'ont manifesté lette pour se re-
aux autres, afin que chacun s'en peut nouveler attire &
servir en sa nécessité. mange des rats.
Rogericus Bacchon raconte qu'il cherchait
une fois un serpent pour contenter sa Le serpent ayant
curiosité en quelque recherche qu'il faisait, perdu sa langue, la-
l'ayant trouvé qu'il le découpa en petites quelle on a coutu-
pièces sur le dos (laissant le bas du ventre me de prendre au
entier, sur lequel il se traînait) mais l'ayant plein de la lune,
lâché, que le serpent tâcha de se traîner pour l'usage de
avec une peine indicible, jusques à ce qu'il fit médecine, la re-
rencontre d'un certain simple, contre lequel couvre pourvu
il se frotta, & par ce moyen il guérit de ces que l'ayant lais-
blessures, d'où Bacchon colligea que cette sé aller il puis-
herbe devait être très bonne pour les plaies se rencontrer des
& qu'il n'y avait point d'autre meilleure orties.
voie que celle-là, que la sagesse de ce serpent
lui avait enseigné.
Pour ce qui est de notre dernière résurrection,
outre l'assurance que nous en avons
dans la sainte Ecriture, les animaux nous
fournissent des exemples assez suffisants pour
le témoigner, autre lesquels la fourmi, & le
ver
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112 L A C O R R E S P O N D A N C E


Les alcyons ver à soie, tiennent le premier rang, je passe
& autres oi- sous silence l'alcyon qui se nourrit des premières
seaux d'Egyp- essences, renouvelant sa peau & sa plume
te qu'on ap- tous les ans après sa mort, les mouches
pelle ibis, & chaules-souris le témoignent aussi, lesquelles
ont des gra- ayant demeuré tout l'hiver, comme
nds secrets ensevelies semblent ressusciter au Printemps
pour s'entre- par la faveur de la température de l'air.
tenir en jeu- La fourmi sage & prudente entre tous les
nesse, les- autres animaux, a ce don de la nature, de
quels ils ne savoir qu'après son âge, elle doit arriver en
vont puiser un meilleur état : c'est pourquoi elle y tend
ni chercher de tout son courage, afin qu'après tant de
ailleurs que travaux elle se puisse mettre en repos. Ce
chez eux aux qui lui est facilement accordé par la mère
Romains 8. nature, comme en récompense de ses labeurs
sect.21.22. passés, laquelle sur ses vieux jours lui fait
Cette régéné- présent de deux ailes, & par ce moyen d'animal
ration d'ani- rampant la métamorphose en mouche
maux est plu- volante, lui permettant de se reposer, & donner
tôt une tr- trêve à ses peines.
ansplantation Nous voyons arriver le même aux vers à
la racine de- soie lesquels éclos d'une petite semence,
meurant tou- sortent en vermisseaux, mais ayant achevé
jours, laque- leur cours naturel, & pourris dans la peau
lle se fait, de ver, la nature les fait comme ressusciter
& ente dessus en petits papillons blanc le récompensant par
le tronc. ce moyen de leur travail passé. Quant à moi
je me suis étudié dans la brièveté de pouvoir
manifester les secrets plus cachés de la
nature, à ceux lesquels seront curieux de les
savoir, lesquels je supplie de bon coeur les
avoir en recommandation, & à mon exemple
s'y
@

D E S S I G N A T U R E S. 113


s'y approfondir davantage, car ayant atteint
le but de leur intention ils en recevront un
contentement nonpareil émerveillé des libéralités
de la nature ; il est bien vrai qu'en
ce lieu ici je n'ai fait que frayer le chemin,
toutefois ç'a été avec autant de fidélité, que
d'affection que j'ai de servir tout le monde.
Quant aux signatures je me contente de dire
en passant que celle de notre premier père
Adam se retrouve au froment, ni plus ni
moins que les mystères de la Vierge à la coupe
artificielle de la vigne, que l'aigle à deux
têtes & autres mystères à la racine de la fougère
coupée diversement, que la foudre aux
racines de l'une & l'autre victoriale cueillie
en certain temps, je ne veux pas oublier
l'herbe appelle cruciata laquelle résiste aux
forces des armes, étant néanmoins tous signes
magiques & naturels connus aux seuls
amateurs d'icelle : je ne veux passer plus outre
afin que je ne donne matière de risée aux sophistes,
& aux âmes noires de mal penser, car
cela étant je serais frustré de mon dessein
vu que je n'espère ni désire que de contenter
ces beaux esprits, si toutefois je vois que
ce petit traité soit vu de bon oeil je tâcherai
d'en mettre d'autres en lumière, lesquels
pourront donner beaucoup plus de contentement
& profit, car j'espère de faire voir en
bref ce qui est de la curation magnétique,
Magique, naturelle, & caractéristique.
Secondement en quel temps & constella-
H hh tion
@

114 L A C O R R E S P O N D A N C E


tion les médicaments doivent être faits &
cueillis.
Tiercement la manière de curer les enchantements,
& maléfices, & la connaissance
d'iceux.
Quartement δοκιμασιας la preuve de plusieurs
maladies avec la certaine connaissance
& prédiction de la mort, ou santé future des
malades.
Ami lecteur c'était l'intention de notre
Crollius si Dieu ne l'eut voulu loger en son
Paradis, ne voulant permettre que les hommes
se rendissent orgueilleux de cette belle
science, laquelle leur eut fait oublier le culte
& honneur qu'ils lui doivent.

Sed ne nimium Crolli.

Car des lieux plus voisins les cabanes fu-
meuses.
Noircissent de leur fard les forêts ombra-
geuses,
Et jà les plus hauts monts des bergers le
déduit.
Nous privant du Soleil font la court à la
nuit.

C'est donc à toi tout-puissant auquel nous
avons l'obligation de tout ce que nous avons
pu en cette mortelle navigation, vu que ce
n'a été que par ta faveur, nous étant impossible
seulement de respirer sans toi, c'est toi,
qui nous conduits au port & vrai havre de
salut
@

D E S S I G N A T U R E S. 115


salut, c'est à toi auquel en est dû l'honneur
& louange, en fin c'est de toi que nous attendons
notre dernière vie, & repos, de toi,
vu que c'est de toi seul duquel la vraie &
céleste lumière procède, c'est à toi qui est Ecclés. 12.
assis sur le trône divin avec l'agneau sans sect.13.
macule duquel la miséricorde est incompréhensible,
à toi donc soit louange, à toi l'action Act.10.sect.14.
de grâces & bénédiction, te suppliant Ezch.18.
par ta bonté & charité ineffable que tous ceux depuis la se-
lesquels tâcheront de prendre une nouvelle ction 5. jus-
façon de vivre par une continuelle mortification, ques à la 10.
ou plénière abnégation d'eux mêmes,
embrassant de coeur & d'affection la sainte Mich.6.sect.8
voie de tes commandements, & tâchant de Hiob.1.sect.1.
s'acquitter de leur devoir envers le prochain Zach.8.sect.
par la faveur de ta très sainte grâce [si toutefois 16. 17.
on la peut mériter en ce misérable Sirac. 2. sect.
séjour) puissent jouir du fruit de leur labeur, 17. chap. 10.
en la compagnie des bien heureux avec sect.25.
lesquels tu vis au siècle des siècles, Amen.

---------------------------------------------

C O R O L L A I R E.

L Es anciens Philosophes, que nous appellons Vois la mona-
Sages, ayant trouvé quelques secrets de ou unité
desquels la connaissance était assez difficile hiéroglyphique
& obscure, quoi que les effets en fussent admirables, de Joannes
tâchaient de les obscurcir par le Dee de Lon-
moyen des caractères, & c'était afin qu'ils dres.
ne vinssent à la connaissance des âmes déses-
pérées
@

116 L A C O R R E S P O N D A N C E


pérées. A ces sages Philosophes se sont voulu
mouler les hermétiques, lesquels n'ont
apertement décrit les planètes terrestres,
mais les ont signifiées par certains caractères
desquels ils donnaient après la connaissance
à leurs enfants, les rendant seuls capables d'en
reconnaître les vertus & propriétés, toutefois
pour retirer ces signes & caractères des
ténèbres de l'ignorance, je les ai mis ici
avec le reste des minéraux, en faveur de ceux
lesquels vrais amateurs de la science Chimique
tâcheront d'en distribuer le contentement
& profit à leur prochain pour l'honneur
de celui duquel j'en tiens la connaissance,
qui est immortel, impassible, incompréhensible,
& juge de nos actions tant bonnes que
mauvaises.
Enfin c'est celui là qui de son trône saint
Peut lire dons nos coeurs & le vrai & le feint.

---------------------------------------------

Notes ou caractères des métaux.


Plomb pict Samedi
Etain pict Jeudi
Fer pict Mardi
Or pict Dimanche
Cuivre pict Vendredi
Argent pict Lundi
Argent- pict Mercredi
vif. pict

Notes
@

117

---------------------------------------------

Notes des minéraux et autres
choses chimiques.

Antimoine pict
Arsenic pict

Orpigment pict
Alun pict
Aurichalchum pict
Atramentum pict
Vinaigre pict
Vinaigre distillé pict
Amalgame pict
Eau de vie pict
Eau fort ou eau sépa- pict
ratrice
Eau royale ou Stigia. pict

Alembis pict
Borax pict
Crocus martis pict

Cinabre usifur pict
Cire pict

H h h 3 Crocus
@

118

Crocus veneris ou pict
Airain brûlé
Cendres pict
Cendres clavelées pict

Chaux pict

Chef-mort ou masse pict
morte
Gomme pict

Brique criblée ou farine pict
de tuiles
Lutum sapientiae pict
Marcasita pict
Mercure sublimé pict

Mercure de Saturne pict

Bain Mariae pict
Aimant pict
Huile pict

Réalgar pict
Purifier pict
Sel pêtre pict
Sel commun pict

Sel armoniac pict
Sel Alcali pict
Soufre pict

@

119

Sel gemme pict
Soufre des philosophes pict
Soufre noir. pict
Savon. pict
Esprit. pict
Esprit de vin. pict
Sublimer. pict
Stratum super stratum. pict
Tartre. pict
Tutie. pict
Talcum. pict
Tuile tigillum. pict
Vitriol. pict
Verre. pict
Urine. pict

---------------------------------------------

Notes des quatre éléments, du jour
& de la nuit.

Du feu. pict
De l'air. pict
De l'eau. pict
De la terre. pict
Du jour. pict
De la nuit. pict

H h h 4 D E V X
@

pict


D E U X
T A B L E S
POUR LE LIVRE
DES SIGNATURES.

---------------------------------------------

La première démontre toute l'oeuvre par
ordre, selon qu'elle est dans
le livre.

L A signature des plantes, représentant les
membres humains. pag.33
La signature de la tête. ibid.
Des cheveux. 34
Des oreilles. 35
Des yeux. 36
Du nez. 37
Du gencives. ibid.
Des dents. 38
Du gosier. 39
Du foie. ibid.
Du coeur. 40
Des poumons. 41
Des mamelles. ibid.
Du fiel. 42
De la ratte. ibid.
Du
@

Du ventricule. ibid.
Du nombril. 43
Des intestins. ibid.
De la vessie. 44
Des parties honteuses. ibid.
Des Testicules. 46
De la matrice & du ventre. 48
Des reins. 50
De l'arrière-faix ou secondine. ibid.
De l'épine du dos. ibid.
Des grands os. 51
Des nerfs & veines. ibid.
Des pores de la peau. 52
Des mains. ibid.

---------------------------------------------
Les signatures des maladies.

De l'Apoplexie. 53
Du calcul. ibid.
Des chancres. 54
De la colique. 55
Des cicatrices. ibid.
De la dysenterie. ibid.
De l'érysipèle. ibid.
De l'épilepsie. 56
Des excroissances. ibid.
De l'exanthème. ibid.
Du fic. ibid.
Des fistules. 57
De l'enfant dans le ventre. ibid.
De l'enfant accreu au ventre. ibid.
Des ensorcellements. 58
De
@

T A B L E.

De l'hernie ou rupture. ibid.
De l'hémorragie ou flux de sang. 59
Des hémorroïdes . ibid.
de l'hydropisie. 60
De l'ictérie. 61
Des lentilles rousses du visage. ibid.
De la lèpre. 62
Des vers. ibid.
Des menstrues rouges. ibid.
Des membres corrompus ou éthiques. ibid.
Des macules. 63
Des noeuds de la chair. ibid.
De la prunelle. ibid.
Des points des cotés. ibid.
Des fantômes. 64
Du panaris. 65
De la peste. ibid.
De la Gonorrhée ou chaude-pisse. 66
Des écrouelles . ibid.
De la gale du corps & des pieds. ibid.
De la squinancie. 67
Des écailles de la peau. ibid.
Des écailles des pieds. 68
Du spasme. ibid.
Des apostumes venant à la gorge. ibid.
Des meurtrissures ou contusions. 69
Du tartre au ventricule. 70
De la rétention d'urine. ibid.
Des venins. ibid.
Des verrues. 71
Des plaies. ibid.

Les
@

P R E M I E R E.

---------------------------------------------
Les médicaments lesquels servent à cause
de leur propre signature.

Les maladies vénéneuses sont guéries ordi-
nairement par leur propre antidote. 73
La chiromancie grandement nécessaire au
médecin. 84
La correspondance du grand au petit monde,
c'est à dire du corps humain, & du monde.
85
De quels animaux les hommes ont pris leurs
signatures. 91
Beaucoup de mécaniques ont appris leur
art des brutes. 101
Les médecins ont appris beaucoup de se-
crets & vertus des plantes par les brutes.
105
Les médecins d'où ils ont appris les vomitifs
& cathartiques. 108
Les Jurisconsultes ont appris des cigognes
la punition de l'adultère. 109
De quels animaux les philosophes herméti-
ques ont appris de renouveler la jeunes-
se. 110
Les signes de notre dernière résurrection en
la fourmi & ver à soie. 111
La conclusion de l'ouvrage. 113
La promesse des autres traités de l'auteur.
114
Corollaire des caractères hermétiques, ou
chimiques. 116
Les
@

Notes, ou caractères des métaux. 117
Notes des minéraux & autres choses Chimi-
ques. 118
Notes des quatre éléments, du jour & de la
nuit. 121

F I N.
@

pict

S E C O N D I N D I C E
D E S M A T I E R E S P R I N C I-
PALES, CONTENUES AU
livre des Signatures, par ordre
Alphabétique,
pict

A.

image CONIT pour les morsures des viperes,
ou scorpions. 81
Aconit auec vin chaud, contre morsure
des viperes. 73
Acorus bon à la dissenterie. 55
Acorus de marests bon à l'erysipelle. ibid.
Acorus, singulier remede pour l'apoplexie. 85
Adiancum,ou Politricon,rend les cheueux espois. 35
Adulteres representez par le poisson, que Pline appelle,
Sargo. 92
Agaric purge le cerueau. 34
Agripaume est vne plante cordiale. 41
Aigle ayant quitte la vieille plume, reprend sa ieunesse.
110
Alchelchenge bon pour le calcul. 44
Alcyons,Aigles,escreuices,serpents, cerfs, & ont
appris à renouueller la ieunesse aux Chymiques.
110
Alleluya a ses fueilles en leur sommité semblables
au coeur. 40
Amis
@

T A B L E

Amis constans representez par le lierre, 91
Amis de Cour representez par les oiseaux passager,
ibid.
Amis frauduleux representez par les crocodiles. ibid.
Amitié constante recogneuëi par le porceau. ibid.
Anagallis meslé, pressé dans la main, arreste le sang.
59
Anchusa, ou orcanette, la decoction de sa racine est
bonne à la jaunisse. 61
Anemone. 37
Angelique ou Archangelique, tue le Panaris. 65
Anguille, marque de la solitude. 94
Anguille, peste de la cholique. 55
Animaux qui s'allongent & s'accourcissent, bons
aux hernies. 58
Animaux qui ont la vertu renouatrice, renouuellent
nos corps,continuant d'en manger. 79
Anthirrinum propre contre les enchantemens. 65
Anthora represente la figure du coeur. 40
Apoplexie apporte changement de raison. 86
Apoplexie s'engendre comme le foudre. 84
L'Apoplexie, & ses signatures. 53
Les Apprehensions & fantosmes; & leurs signatures.
64.
Les Aposthemes venans à la gorge, & leurs signatutures.
58
Araighe, guerir sa morsure. 81
Araignes ont donné l'industrie des rets. 105
Arbouse, propre à la gratelle. 67
Arsenic propre aux vlceres. 73
Argemone. 37
Armeuriers out appris leur estat des crocodilles &
tortues. 103
Aron.
@

T A B L E

Aron. 44
Aron, propre aux hemorrhoïdes. 60
Aron oste les macules. 63
Arriere-faix, ou secondine, est jetté hors par vn scrupule
de l'arriere faix d'vne autre femme. 79
L'Arriere-faix des femmes, & leurs signatures. 50
Artemise rouge arreste les menstrues. 62
Asarium, ou Cabaret de muraille, onforte l'ouye, &
sa memoire. 36
Ascyrum, espece d'Hypericum, bon pour playes.
72
Astres & esprits celestes enuient la condition de
l'homme. 89
Astres ne dominent sur ceux qui sont regenerez. 90
Aulx ostent les macules. 63
L'Autheur promet quelques autres oeuures, si cette-
cy est bien receuë. 14
L'Autheur curieux à rechercher les secrets de la nature.
112

B

B Aëthon ayant decoupé le dos d'vn serpent eut
la cognoissance d'vne herbe qui guerit ses
playes. 111
Basilic sauuage, nommé Acinus, & ses proprietez.
48
Belette se renouuelle en mangeant des rats. 111
Biches se purgent auec le seseli. 109
Bistorte contre la morsure des viperes. 71
Boletus ceruinus, propre aux actions Veneriennes.
Boletus ceruinus est bon aux inflammations des testicules.
48
Bouleau
@

T A B L E

Bouleau, sa decoction sert à purger la matrice. ibid.
Bouleau, son escorce tachetée, bonne pour oster les
lentilles du visage. 61
Boyau argentin des harans puluerisé, prouoque l'vrine.
70
Boyaux argentins des harans, conseruent la chaleur
naturelle. 81
Boyau de loup ocint, appaise la douleur de ventre.
80
Bryonia, l'extraict de la racine est bon à l'hydropisie.
60

C

C Aillou, & ses vertus. 53
Calamus aromaticus est bon pour purger. 44
Calamus anserinus, sa moüelle seichée prouoque l'vrine.
70
Le calcul, ou grauelle, & ses signatures. 53
Cameleon hierogliphique d'inconstance. ibid.
Camomille. 36
Cappes, bonnes au calcul. 54
Carpion, pisson faict en demy lune, la pierre est
bonne à l'apoplexie. 53
Cassutha, sa decoction bonne au ventricule. 70
Castor industrieux à bastir sa loge. 105
Centaurée bonne à la iaunisse. 61
Cerf deuore vn serpent pour rentrer en adolescence.
110
Cerfs se seruent des serpens pour quitter la vieillesse
auec leur poil. ibid.
Cerfs ont appris par le moyen du dictamne à arracher
les sagettes & dards du corps. 106
@

T A B L E

Cerueau de pourceau propre aux frenetiques. 74
Chalcanthum, arreste le sang qui prouient de la veine
du cerueau, ou de la poitrine. 59
le Chameau s'arrache les genitoires quand il recognoist
de s'estre accouplé auec sa mere. 101
Champignons distillez, leur eau est bonne pour l'hydropisie.
60
Champignons croissans aux pieds des Bouleaux atrestent
le sang tant des playes que du nez. 39
les Chancres, & leurs signatures. 54
Chardon Marie distillé, mis en decoction pour les
poinds du costé. 63
Chardons benits, bons pour le mal de costé. ibid.
Chastes depeints par le monoceros. 92
les Chats ont apris l'vsage de la Valeriane pour conforter
la veuë. 406
Chats-huants figurent ceux qui fuyent la lumiere.
94
Chelidoine petite, pour les meurtrissures. 69
Chelidoine propre à l'icterie, ou iaunisse. 61
le Cheual marin nous a enseigne les scarifications &
l'ouuerture des veines. 106
Cheuaux de Hongrie s'ouurent la veine auec leurs
propres dents. 107
Cheueux d'homme distillez, pour rendre les cheueux
grands. 74
les Cheueux, & leurs signatures. 34
Cheures sauuages ont enseigné à percer les apostemes.
106
le Chien se purge par le grame, & se prouoque vomir.
108
Chiromancie necessaire aux Medecins. 84
Chou, sa decoction bonne au prurit de la verge. 48
I i i
@

T A B L E

les Cicatrices, & ses signatures. 35
Cichorée, ou endiue, la decoction de leur decoction
est bonne pour ceux qui ont l'aiguillette noüée,
45
Cigogne conuaincue d'adultere est griesument punie
en la ville de Spire. 109
Cigogne, hieroglyfique de ceux qui aiment leurs parens.
97
Citron a la figure du coeur. 40
Ciuette, chasse l'excrement qui cause la colique. 81
Cocombres sauuage, le suc bon à purger l'humeur
Cereux. 75
Colchotar de vitriol bon à l'erysipelle. 53
Colombe, & ses proprietez. 96
Colombe ne permet que son masle habite auec elle,
que premier il ne l'aye baisée. ibid.
Colombes, geais, perdrix & merles se purgent de la
melancholie auec des fueilles de Laurier. 108
le Coeur & ses signatures.
Coeur de Loup, bon aux iufirmitez du coeur humain.
77
Coeur de Guigne-queuë pendu au col, propre à ceux
qui ont le coeur glacé. 75
Coeur de perdrix mis en poudre guerit le mal de
coeur. 74
la Colique & ses signatures. 55
Coliques d'autant de sorte, comme il y a d'especes de
vents. 88
Combat d'homme à homme enseigné par les poulets.
104
Compissure d'vn crapaut, la poudre de crapaut. 82
Consolida regalis, vtile au mal de costé. 64
Conuoluulus guerit de la cholique. 55
Coq
@

T A B L E

Coq-d'Inde represente le colerique. 94
Coquilles distillées, font recouurer l'ouye. 36
Coraux arrestent le sang. 59
le Courbeau se presse entre deux branches pour se
descharger l'estomach. 108
Corbeaux par les fueilles de laurier se guerissent du
venin du cameleon. 109
Coüillon de Chien herbe refroidit & eschauffe à l'acte
venerien. 46
Coüillon de bouc excite à luxure. 47
Couleuure, bonne à la piqueure des Viperes. 71
Crapaudine. 82
Crapaut appliqué sur la peste attire le venin. 65
Crapaux pestiferez mis en poudre, bons contre la
peste. 84
Crane de femme, sert à l'epilepsie des femmes. 75
Crane d'homme, pour l'epilepsie. ibid.
Crysltl, & ses vertus. 53
Crocus Martis bon aux escailles des pieds. 68
Cyclame, ou pain de pourceau bon au ventricule. 42

D

D Actyletus gueric le chancre. 54
Dains & grues ont appris à faire le guet la
nuit. 102.103
David rend graccs à Dieu d'auoir suffoquè en soy la
semence maligne. 90
Decoction de la peau de pieds d'oye auec artemise,
pour les tignes des pieds. 78
Dentelée nettoye la vilenie des gencives. 39
Dentelée, profitable à l'hydropisie. 60
les Dents & leurs signatures. 38
I ii 2 Desespe
@

T A B L E

Desesperez, figurez par les tourdres. 92
Despouïlle de Serpent mise sur la chair en ceinture
aide à l'escouchement. 76
Detracteurs representez par les chiens. 93
Deuots, figurez par les poussins de courbeaux, &
aloüettes. 92
Difficulté d'vrine aux douleurs nephririques. 88
Disciples indociles, representez par les asnes, & les
moutons, &c. 93.94
Disciples dociles, & de bon esprit, representez par les
singes, perroquets, & elephans. 93
Doctes & humbles figurez par les espis de froment,
pleins de grains. 98
Dormans sont representez par l'herisson & le loir. 99
Dracontium minus, sa decoction, bonne à la morsure
des serpens. 70
Dracontium oste les macules. 63
Dracunculus minor, contre la morsure des serpens. 70
la Dysenterie, & ses signatures. 55

E

E Au de neige desgourdit les membres gelez. 84
Eau tirée d'hirondelle, pour l'epilepsie. 76
Elephans enseignent la deuotion en leur salutation,
solaire. 92
Elephant marque le desespoir se tuant soy-mesme
quand il sent que le Dragon luy succe le sang. 93
l'Enfant accreu dans le ventre, & sa signature. 57
l'Enfant dans le ventre, & sa signature. 57
l'Epilepsie, & ses signatures. 56
l'Erysipele, & ses signatures. 55
les Escailles de la peau, & ses signatures. 67
les
@

T A B L E

les Escailles des pieds, & ses signatures. 68
Escarbots cachez dans la fiente de cheual, puluerisez,
pour les hemorihoides. 77
Escarbots rouges bons à l'icterie. 61
Escarbots, pour les mules aux talons. 74
Escorce qui enclost la noix, le suc en bon contre les
maladies du fiel. 42
Escorce de Muscade, ou macis. 50
Escreuices bruslez, pour les chancres. 74
les Escrouëlles, & leurs signatures. 66
l'Espine du dos, & leurs signatures. 50.51
Esponge marine propre aux apostemes de la gorge.
69
Esprit de tartre expulse les humeurs putides du corps.
80
l'Esquinancie, & ses signatures. 67
Esseins de mousches à miel ont appris aux Romains à
transporter les colomnies. 101
Euphraise, l'eau distillée bonne pour les yeux. 36
l'Exantheme, & sa signature. 56
les Excrescences, & la signature. ibid.

F

F Ebues, appaisent les inflammations des parties geitales.
45
Femmes malicieuses & criardes representées par les
oyes & canes. 97
Feugiere bonne aux douleurs des reins. 51
Feugiere, propre aux escailles de la teste. 67
le Fic, & sa signature. 56
Fideles amis representez par les Dauphins. 91
le Fiel, & ses signatures. 42
I ii 3 Fiente
@

T A B L E

Fiente de poule puluerisée ietté au col de la matrice
d'vne femme, arreste son flux & la rend feconde.
77.78
Figuier bon aux apostemes de la gorge. 68
les Fistules, & leurs signatures. 57
Flambier, sa racine estl bonne aux aposthemes de la
gorge. 69
Flateurs, representez par les chats & chiens. 92
Fleur d'Argentine, distillée est singuliere pour le mal
des yeux. 57
Fleurs de coüillon de chien prouoque à luxure. 47
Fleurs de brunella, bonnes pour le goitre. 63
Fleurs printanieres, ou primula Veris profitables à la
iaunisse. 61
Forme de tous les membres humains se treuue aux
vegetables. 88
Fourmy preuoit qu'en sa vieillesse,apres des longs trauaux,
qu'elle doit estre soulagée auec les aisles que
la nature luy donne. 112
Fourmis & vers à soye figurent la resurrection. 112
Fourmis & abeilles marquent la preuoyance. 98
Fraises, la distillation bonne à la lepre. 61
Frauduleux representez par le renard. 100
Fruicts & filets d'arreste-boeuf bons au calcul. 54
Fumée de la semence d'ypericon chasse les demons.
64
Fueilles de fresne bonne aux hernies. 58

G

G Ale du corps, & des pieds, & ses signatures.
67
Galeopsis mis en decoction vtile à la Gonorrhée. 66
Galles
@

T A B L E

Galles de chesne bonnes contre la peste appliquées
dessus. ibid.
les Genciues & leurs signatures. 37
les Genitoires & leurs signatures. 46
Gentianelle, ou cruciata, pour les blesscures. 72
Geranium, la sixiesme espece, la racine rouge arreste
le sang. 59
Gingembre propre au ventricule. 43
Gladiolus attire les espines. 76
Gladiolus, sa racine guerit les aposthemes de la gorge.
68
Glands prouoquent à luxure. 46
Globes des ercarbots, bons à attirer les balles de
mousquet. 76
Gomme de cerisiers, pour les louppes. 80
la Gonorrhée, & sa signature. 66
le Gosier, & ses signatures. 39
Grace de Dieu reduite en poudre est bonne pour la
fracture des os. 51
Grains de Sambus bons à la dysenterie. 55
Grains de la fleur du Tillet, & leur vsage. 57
Graisse de daim, ou de serpent appaise le vertigo.
80
Graisse de Crocodile en guerit la morsure. 83
Graisse de Cigognes, pour le vertigo. 81
les Grands os, & leurs signature. 51
Grenoüilles mises sur la peste attirent le venin. 65
Grenoüilles montans les vnes sur les autres indiquent
qu'il mourra aurant de personnes de la peste. 66
Grenoüilles ont les langues tachetees en temps de
peste. 65
Guy de chesne bon à l'Epilepsie. 56
I ii 4
@

T A B L E

H

H Alcyons & autre oiseaux d'Egypte ont des
grands secret pour se maintenir ieunes.
112
l'Hemorrhagie, & ses signatures. 59
Hemorrhagie, ou trop grand' perte de sang des playes
s'arreste par le sang mesme appliqué à chaud. 79
les Hemorrhoides, & ses signatures. 54
Herbe rouge à petite fleurs blanches qui croist aux
lieux marescageux, la decoction fait croistre les
cheueux. 35
Herbe sortant par le trou, ou fente d'vne pierre bonne
contre les sortileges. 53
Herbes veluë bonnes aux hemorrhoides. 59
l'Hermie, ou rupture, & ses signatures. 58
le Heron à appris l'vdage des clydteres. 117
Hiboux & chats-huans representent les melancholiques.
100
l'Hirondelle à appris l'vsage de la Chelidoine. 106
Hirondelles & abeilles ont appris aux maçons à contruire
les bastimens. 101
Hirundinaria minor, oste les macules. 63
Hirundo spinosa, l'huile guerit les ruptures. 59
Homme hardy tient la signature du Lion. 91
l'Homme sage domine les astres. 89
en l'Homme se trouuent les humeurs de tous les autres
animaux. 88
l'Homme à esté instruit par les animaux pour la prolongation
de sa vie. 111
l'Homme dois viure selon Dieu, & non selon l'esprit
animal. 90
Homme
@

T A B L E

Homme vivant selon les appetits brutaux est soudain
abruti. ibid.
Hommes accoustumez à manger des serpens se maintiennent
plus frais que les autres. 110
Hommes d'où ont prins leurs signatures. 91
Huile de Scorpion, contre sa picqueure. 83
Humeur crystallin d'oeil de boeuf,guerit les infirmitez
des yeux. 78
Humeur visqueuses des tetins de vache, guerit les
creuasse des mammelles des femmes. 78
Hydropiper, pour les playes. 71
l'Hydropisie, & ses signatures. 60
Hydropisie se guerit en iettant vne personne inopinement
dans l'eau. 77
Hypericon appellé Soleil terrestre par Paracelce. 65
Hypericon, ou mille pertuis, les filamens ou veines
qui sont sur la fueille, chassent les fantosmes. 64
Hypericon ne peut estre souffer par les possedez,
65
Hypericon, ou mille pertuis, bon aux blesseures.
72

I

I Arret d'vn Lieure bon aux spasmes. 68
l'Ibis a enseigné l'vsage des clysteres. 107
l'Icterie, & ses signatures. 61
Iecoraire bonne aux maladies du foye. 40
Iesus Christ appelle les Apostres lumiere du monde,
& sel de la terre. 90
Ieu de paume inuenté par les chats. 104
Ignares & rogues, representez par les espics de froment
vuides de grains. 91
I ii 5
@

T A B L E

Impies figurez par la Lyonne. 92
les Intestins, & leurs signatures. 43
Ioncaquatique, son sel admirable pour les fistules.
57
Iurisconsultes ont appris à punir les adulteres par les
Cigognes & Lions. 109
Iusquiame, sa liqueur auec decoction Persicaire &
vinaigre, appliqué cbaud appaise les douleurs de
dents. 38

L

L Angue de Cheual, propre au mal de costé. 64
Langue de bouc, sa semence contre la morsure des
viperes. 77
Langue de cerf, sa decoction beuë le matin est bonne
à la ratte. 42
Lapins, representent la luxure. 94
le Laro, oyseau aquatique a vne belle inuention pour
se purger. 108
Larron & voleur representé par le brochet. 98
Lecaltha. 36
les Lentilles du visage, & leurs signatures. 61
Lentilles la decoction pour faire perdre les taches des
petits enfans. 80
Leontopetalon excite à luxure. 49.50
la Lepre, & ses signatures. 62
Lezard bon contre la peste. 66
L'hippopotame represente le patricide. 97
Ligne anchora, ou ancre, est de l'apoplexie, &c. 85
Ligne architectique à la main,marque que l'on est suiet
à la colique. 84
Ligne architectique qui se trouue aux herbes, bonne
à la
@

T A B L E

à la colique.
Lilium conuallium, ou grillet, bon à l'apoplexie. 53
le Loup represente les affamez , & rauisseurs insatiables.
101
Loups des iambes gueris par onguens faits de graisse
de Loup. 77
Lunaria guerit le chancre des mamnelles. 54
Lys d'estang fait sortir l'arriere faix apres l'escouchement
des femmes. 50

M

M Acrocosmne est la masse de la terre. 88
les Macules, & leurs signatures. 63
les Mains, & leurs signatures. 52
Maladies veneneuses sont souuent gueries par leur
propre antidote. 82
le Malefice, & sa signature. 58
les Mammelles, & leurs signatures. 41
Marmottes ont appris l'vsage des chariots. 104. leur
industrie. ibid.
la Matrice, & le ventre, leurs signatures. 48.49
Mechochun, sa racine est bonne à l'hydropisie. 60
Medecins, Chirurgiens, & Apothicaires tiennent la
pluspart de leurs secrets des animaux. 105
Medecins & Apothicaires ont appris à faire les pilbulles
des escarbots. 103. monstrent l'accouplement
de la Lune & du Soleil par leur boule.
ibid.
les Medicamens seruent à cause de leur signatures.
73
Melisse à la signature du coeur. 40
Mente sauuage, l'extraict pour recouurer l'odorat. 37
Mem
@

T A B L E

Membrane du ventricule d'vne poule soulage le ventricule
humain. 81
les Membres corrompus, & leurs signatures. 62
Membres chauds outre mesure sont temperez par
l'esprit du vin bien rectifié. 84
les Menstrues rouges, & leurs signatures. 62
Mercuriale, sa decoction oste les verrues. 65
Meures rouges & les fueilles mises en poudre , guerissent
les boutons du fondement, ou du Scroton.
78
Meures propres à l'esquinancie. 67
les Meurtrisseures, ou contusions, & ses signatures.
69
Microcorme est la masse de la chair. 88
Miel guerit la piqueure des abeilles. 82
Milium solis guerit de la grauelle. 53
Mille-fueille bon aux playes. 72
Mille-pertuis, ou Hypericon, bon à l'obstruction des
pores. 52
Miroirs de la queuë de Paon mis en poudre, & prins
en vin, bons aux mamelles. 45
le Monde ne contient aucune chose, qu'elle ne se
trouue en l'homme. 88
Morsure de souris guerie par la poudre de souris
bruslée. 83
Morsure d'vn chien enragé, & les remedes. 82
Moüelle du bois de suyer, son suc est excellent pour
l'hydropisie. 60
Mousches representent les importuns. ibid.
Mousse, la decoction fait croistre les cheueux.
35
Museau, ou cornet d'Elephant, est propre pour les ru-
ptures.
Mysteres
@

T A B L E

Mysteres de la sacrée Vierge en l'incision artificielle
de la vigne. 113

N

N Ard. 41
Nautonniers ont appris leur art des escurieux.
104
le Nez, & ses signatures. 37
les Nerfs, & les veines, & leurs signatures. 51
Noeud du tuyau de froment guerit les verrues. 71
les Noeuds ou verrues, & leurs signatures. 63
Noisettes machées attirent le venin de la peste.
66
Noix, le sel sert pour les playes du pericrane. 33. le
noyau pilé auec esprit de vin, dechasse le venin du
cerueau appliqué en cataplasme. 34
le Nombril, & ses signatures. 43
Noyaux de cerises pesches & neples bons à la grauelle.
54
Noyaux de pin, leur decoction nettoye les gencives
chancreuses. 39

O

O Eil de peuplier bon aux hemorrhoides. 60
Oliuier propre aux cicatrices. 55
Oisifs & paresseux representez par la cigale. 97
Ongle du pied dextre d'Alces ou Elan , pour l'epilepsie.
75
Ophioglosson, ou langue de Serpent, contre la morsure
de Vipere. 71
Ophioscorodon, contre la morsure de Vipere. ibid.
les
@

T A B L E

les Oreilles, & les signatures. 35
Orme bon aux cicatrices. 55
Orme, ses fueilles percées propres pour les playes.
72
Ortie morte vtile à la Gonorrhée. 66
Os du coeur de cerf, son essence fortifie le coeur. 71
Os du coeur de Cerf guerit le venin de sa queüe.
83
Os du corps humain ont correspondance auec l'or.
87
Ossiculum, ou la machoire du brochet, pour les
poincts qui arriuent par tout le corps. 64
Ossisana, ou pierre sablonneuse raccommode les os
rompus. 51
Ours ont trouué l'inuention de guerir l'hebetude
des yeux. 107
Ours industrieux à guerir l'hebetude des yeux. 507
se seruent des aiguillons de mousches à miel au
lieu de lancette. ibid.
Oxyacantha, la peau interieure iaune, bonne à la iaunisse.
61
Oxylapathon, sa decoction est bonne pour l'erysipelle.
55
Oyes ont enseigné à nager. 104

P

P Alombes, figurent l'amour mutuel d'vn loyal mariage.
95. la femelle surprenant son masle en
adultere, elle le quitte. ibid.
le Panaris, & ses signatures. 65
Parallele du Microcosme au Macrocosme. 85
Parallele du Macrocosme au Microcosme. ibid.
Paris,
@

T A B L E

Paris, ou Aconite, l'huile bon au mal dzs yeux. 36
les Parties honteuses de l'homme & leurs signatures.
44
Paulme de Christ, bon aux douleurs des articles des
mains. 52
Pauor & sa decoction, bonne aux maladies de teste.
33
Passereau bon à l'epilepsie. 56
Peau d'estomach de Loup portée sur l'estomach fait
digerer. 80
Pellicule qui tombe du nombril des petits enfans,
pendu au col dans vne petite boite, utile à ceux
qui ont des douleurs picquantes à la verge. 75
Perroquets figurent les babillards. 94
Persicaire oste les macules. 83
Persicaire au pied rouge bonne aux blessures. 71
Persicaire appellée Mercure terrestre par Paracelse. 72
Persicaire maculé, pour les contusions. 69
Pesches, fueilles, fleurs & noyaux, propres à l'hydropisie.
61
la Peste, & ses signatures. 65
Petit genest. 37
Petit os du crane d'vn epileptique bon en ceste maladie.
56
Petite loubarbe, le suc bon aux genciues. 38
Phallus Barauicus, bon aux maladies du prepuce & de
la verge. 48
Picus Mirandulanus dit que Dieu à mis toutes sortes
de semences en l'homme. 89
Pied de Lieure, herbe ; la decoction propre aux hemorrhoides.
60
Pierre d'vn homme qui aura estè taillé guerie du calcul.
54
Pierre
@

T A B L E

Pierre appellée Belloculus, conforte la veuë, 37
Pierre de Limaçons blancs bonne au spasme. 68
Pierre Aetites, ou d'Aigle, aide à l'escouchement des
femmes. 57
Pierre Coroneolus arreste le sang. 59
Pierre citrine \
Pierre de Iude > guerissent du calcul. 53
Pierre du Lynx /
Pierre iaune qui se treuue dans le fiel de boeufs bonne
à la iaunisse. 61
Pierre Hematite, arreste le sang. 59
Pignons & pistaches, excitent à luxure. 46
Piuoine, sa petite fueille chasse l'Epilepsie. 34
Plantain à la signature des mains. 52
les Playes, & leurs signatures. 71
Poil folet de coings, la decoction fait croistre les cheueux
tombez par la verole, ou semblables maladies.
35
Poires propres pour les maladies du foye. 40
les Poicts des costez, & leurs signatures. 63
Poix chiches guerissent la demangeaison de la verge.
45
Pommes de coing portent la figure du coeur, & sont
propres pour iceluy. 41
Pomme de grenade, bonne à la matrice. 49
Pommes & fueilles de chesne venues en May, leur liqueur
est bonne pour les hernies. 58
Pommes de l'Acinus ou epipetron, nettoyent les genciues.
38
les Pores de la peau; & leurs signatures. 52
les Poulmons, & les signatures. 41
Poudre de crapaut mise sur les morsures veneneuses.
82
Poulets
@

T A B L E

Poulets se raieunissent en mangeant des araignes. 110
Poulmon de renard puluerisé, pour les pulmoniques.
78
Poulx bons à la iaunisse. 61
Pourpier rafraifchit les reins. 50
Pourceau excite à luxure. 47
Potirons de Naples puluerisez guerissent du calcul.
76
Presle, bonne pour le mal des reins. 51
Priere de l'Autheur, rendant graces à Dieu d'auoir mis
son Oeuvre à fin. 114
la Prunelle, ou goitre, & ses signatures. 63
Pulmonaria bonne pour les affections des poulmons.
41
Pyrolle bonne en gargarisme. 39

Q

Q Veüe de loup, herbe, la decoction est souueraine
aux hemorrhoïdes; 60

R

R Acine de Perce-fueille bonne à la rupture. 56
Racine de Iuequiame, le suc appaise la douleur
des dents. 38
Racine de scorzonera, contre la morsure de serpens.
79
Racine d'Herniaria, bonne à l'hernie. 58
Racine de Tormentille arreste le sang. 59
Racine d'Arum, bon à l'hernie. 56
Racine de Telephium, bon aux ruptures. 58
Racines de saxifrage guerissent du calcul. 54
K kk
@

T A B L E

Raisins de renard auec le persicaire, aux vlceres desesperez.
81
Rapunculus bon aux fistules. 57
la Ratte, ses signatures. 41
Raymond Lulle faict grand estat des fraises macerees
auec esprit devin pour la lepre. 62
les Reins & leurs signatures. 50
la Retention de l'vrine, & ses signatures. 70
Rheubarhe purge la flauebile. 76
Rorelle, ou ros solis guerit du chancre. 54
Roses de chien, tignes qui se trouuent dedans sont
bonnes contre les vers. 62
Rossignol represente le Musicien. 96
Rue ne peut estre enduree des demoniaques. 65

S

S Affran, & sa racine bons à licterie. 61
Sages & preuoyans representez par la fourmy.
98
Sagittale, croissant sur le bord des puits, attire les
fers demeurez dans le corps. 79
Sain de serpent, propre aux morsures de serpens. 83
Sandal rouge, sa decoction arreste incontinent le flux
de sang. 59
Sang menstrual arreste le flux desordonné de la malade.
78
Sambuc, ou fuyer, la decoction de ses fleurs oste les
lentilles du visage. 61
Sapene, pour les playes. 71
Saphir bon contre la peste. 66
Sarrafine, aide à l'escouchement des femmes. 48
poids. 48
Satyrion
@

T A B L E

Satyrion rouge excite à l'acte venerien. 47
Saule la decoction est bonne pour les membres corrompus.
63
Saunier, ou Sauinier, bon aux veines de la matrice des
femmes. 49
Souoree à la signature des mains. 52
Scabieuse. 37
Scorpion guerit de sa morsure, escrasé & appliqué
dessus. 83
Scabieuse, pour la gale. 67
Scrofulaire, bonne aux hemorrhoïdes. 60
Scrofulaire, sa racine est vtile aux apostemes de la
gorge. 68
Scrofulaire masle ou femelle bons aux escroüelles.
66
Scrofulaire petit, ou chelidonium minus, bon aux escroüelles.
67
Scrofulaire guerit du fic. 56
Scrofulaire petite guerit les apostemes de la gorge.
69
Sel armoniac & sa liqueur distillée, pour le goitre.
63
Semences malignes des Astres s'impriment en l'homme
tant iuqte soit il. 89. esclattent facilement aux
mauuais. ibid.
Semences noirastres de piuoine bonnes à l'Epilepsie.
56
Semence de geneure vtile aux possedez. 65
Semence de raues, sa decoction guerit de l'examthesme.
56
Squille, ou oignon marin, bon à l'Epilepsie. 34
Serpens quittent leur vieille peau à l'arriuée du printemps.
110
K kk 2
@

T A B L E

Serpent recouure sa langue en rencontrant les orties.
111
Serpent estrangle d'vn filet de lin, puis s'en seruir
pour l'esquinantie, & apostemes du gosier. 79
Serpent blessé vse de serpentee, ou colubrine, & de la
consolide. 106
le Serpent à enseigné à guerir le mal des yeux auec le
fenoüil. ibid.
Serpentaire, contre la morsure dzs viperes. 71
Serpentaire grande, prinse dans du vin prouoque à
luxure. 47
Signature du Bled en nostre premier parent. 103
Signatures du grand au petit monde correspondent
ensemble. 85
Singes nous ont appris à manier le poulx aux malades
109
Songears exprimez par la corneille. 91
Souris bruslé, sa cendre mange la chair. 83
le Spasme, & ses signatures. 68
Suyer, ou sureau, la peau verte qui est entre le bois &
l'escorce bonne a la iaunisse. 61
Syderica, sa decoction, contre la morsure des serpens
70

T

T Anche poisson, mis en vie sur le nombril iusques
à ce qu'il soit mort, est bon à la iaunisse. 61
le Tartre au Ventricule, & ses signatures. 70
Taureau represente les grands qui ne veulent auoir
personne pour compagnon. 95
la Teste, & ses signatures. 33
Thapsia, faict croistre les cheueux. 35
Ton
@

T A B L E

Tonnerres monstrent la cause, matiere, & origine du
mal caduc. 86
Tortue calcinée, bonne pour les ruptures. 59

V

L E Venin, & ses signatures. 70
le Ventricule, & ses signatures. 42
Ver attaché au panaris, le fait mourir. 77
Verbascum, ou Tapsus barbetus, sa decoction sert pour
les hemorrhoïdes. 60
Verdier, ou grasset, espece de grenoüille, deuore la
belette pour se rajeunir. 110.111
Verge genitale de taureau, ou de cerfs excite à luxure.
78
les Verrues, & leurs signatures. 71
les Vers, & leurs signatures. 62
Vers de terre, ou du corps humain puluerisez seruent
d'antidote contre les vers. 77
Vers à soye resuscitent en petits papillons. 112
Vesces legume, la decoction faict sortir les vers.
62
Vesicaire rempante a la mesme vertu. 44
Vesicaire chasse le calcul. ibid.
Vessie du poisson nommé Carpio, puluerisee, bonne
pour les femmes blessees en l'enfantement. 81
Vessie de mouton, ou de cheure bruslee & beuë, fais
retenir l'vrine. 81
la Vessie, & ses signatures. 44
Vessies de fueilles d'Orme bonnes aux ruptures,
58
Vessies de boeuf, pour la douleur de vessie. 81
Vigne & tous arbres portans raisins, bons aux escail-
les
@

T A B L E

les de la peau. 67
Viperes, la chair bien preparée est bonne à la lepre.
62
Vmbilicus Veneris excite à l'amour. 43
Vomitifs & Cathartiques, d'où en provient l'vsage.
108

Y

L Es Yeux, & leurs signatures.


F I N.
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