@
Réfer. : 2007A .
Auteur : Saint-Germain, Comte de.
Titre : La très Sainte Trinosophie.
S/titre : Mss N°2400, de la bibliothèque de Troyes.
Editeur : Xxxxx. Xxxxx.
Date éd. : 17xx .
@
LA
TRES SAINTE
TRINOSOPHIE
@
2

est dans l'asile des criminels,
dans les cachots de l'Inquisition, que
votre ami trace ces lignes qui doivent
servir à votre instruction. En songeant
aux avantages inappréciables que doit
vous procurer cet écrit de l'amitié, je
+@
@
3
sens s'adoucir les horreurs d'une captivité
aussi longue que peu méritée... J'ai du
plaisir à penser qu'environné de
gardes, chargé de fers, un esclave peut
encore élever son ami au dessus des
puissants, des monarques qui gouvernent
ce lieu d'exil.
Vous allez pénétrer mon cher
Philochale dans le sanctuaire des
sciences sublimes, ma main va lever
pour vous le voile impénétrable qui
dérobe aux yeux du vulgaire, le
tabernacle, le sanctuaire où l'éternel
déposa les secrets de la nature, secrets
qu'il réserve pour quelques êtres privilégiés,
pour les Elus que sa toute puis-
+@
@
4
sance créât pour VOIR, pour planer à
sa suite dans l'immensité de sa Gloire,
et détourner sur l'espèce humaine un
des Rayons qui brillent au tour de
son Trône d'or.
Puisse l'exemple de votre ami
être pour vous une leçon salutaire et
je bénirai les longues années d'épreuves
que les méchants m'ont fait subir.
Deux écueils également
dangereux se présenteront sans cesse sur
vos pas l'un outragerait les droits sacrés
de chaque individu c'est l'Abus du
pouvoir que Dieu vous aurait confié,
l'autre causerait votre perte c'est
l'indiscrétion.... tous deux sont nés
+@
@
5
d'une même mère, tous deux doivent
l'existence à l'Orgueil, la faiblesse humaine
les allaita, ils sont aveugles,
leur mère les conduit, par son secours
ces deux Monstres, vont porter leur
souffle impur jusque dans les coeurs
des ELUS du très haut malheur à
celui qui abuserait des dons du ciel,
pour servir ses passions la main toute
puissante qui lui soumit les Eléments,
le briserait comme un faible
Roseau une éternité de tourments
pourrait à peine expier son crime
les Esprits Infernaux souriraient
avec dédain aux pleurs de l'être
dont la voix menaçante les fit si
+@
@
6
souvent trembler au sein de leurs
abîmes de feu.
Ce n'est pas pour vous,
Philochale que j'esquisse ce tableau
effrayant, l'ami de l'humanité ne
deviendra jamais son persécuteur.....
mais l'Indiscrétion mon fils ce besoin
impérieux d'inspirer l'étonnement,
l'admiration, voila le précipice que
je redoute pour vous. DIEU laisse
aux hommes le soin de punir le ministre
imprudent qui permet à l'oeil du
Profane de pénétrer dans le sanctuaire
mystérieux; ô Philochale que mes
malheurs soient sans cesse présents
à votre esprit, & moi aussi j'ai connu
+@
@
7
le bonheur, comblé des bienfaits du ciel
entouré d'une puissance telle que l'entendement
humain ne peut la concevoir
commandant aux génies qui dirigent
le monde, heureux du bonheur que je
faisais naître, je goûtais au sein
d'une famille adorée la félicité que
l'Eternel accorde à ses enfants chéris.
un instant à tout détruit, jai parlé
et tout s'est évanoui comme un
nuage, ô mon fils ne suivez pas mes
traces.... qu'un vain désir de briller
aux yeux du monde ne cause pas
aussi votre perte.... pensez à moi,
c'est dans un cachot, le corps brisé
par les tortures que votre ami vous
+@
@
8
écrit; Philocale réfléchissez que la main
qui trace ces caractères porte l'empreinte
des fers qui l'accablent.... Dieu m'a
puni, mais quai-je fait aux hommes
cruels qui me persécutent ? Quel
droit ont ils pour interroger le
ministre de l'Eternel ? ils me demandent
quelles sont les preuves de
ma mission, mes témoins sont des
prodiges, mes défenseurs mes vertus,
une vie intacte, un coeur pur, que
dis-je, ai-je encore le droit de me
plaindre, j'ai parlé le très haut
ma livré sans force et sans puissance
aux fureurs de l'avare fanatisme,
le bras qui jadis pouvait renverser
+@
@
9
une armée, peut à peine aujourd'hui
soulever les chaînes qui l'appesantissent.
Je m'égare, je dois rendre grâce
a l'éternelle Justice... le dieu vengeur
a pardonné à son enfant
repentant un esprit Aérien à
franchit les murs qui me séparent
du monde resplendissant de lumière,
il s'est présente devant moi
il a fixé le terme de ma captivité,
dans deux ans mes malheurs finiront
mes bourreaux en entrant dans mon
cachot le trouveront désert et
bientôt purifié par les 4 éléments
pur comme le génie du feu je
reprendrai le rang glorieux ou la
+@
@
10
bonté Divine ma élevé mais combien
ce terme est encore éloigné combien
deux années paraissent longues à
celui qui les passe dans les souffrances
dans les humiliations, non contents de
me faire souffrir les supplices les plus
horribles mes persécuteurs ont employé
pour me tourmenter des moyens plus
surs plus odieux encore, ils ont appellé
l'infamie sur ma tête, ils ont fait
de mon nom un objet d'opprobre,
les enfants des hommes reculent
avec effroi quand le hasard les a
fait approcher des murs de ma
prison, ils craignent qu'une vapeur
mortelle ne s'échappe par
+@
@
11
l'ouverture étroite qui laisse passer
comme a regret un rayon de lumière
dans mon cachot. ô Philocale
c'est le coup le plus cruel dont
ils pouvaient m'accabler...
J'ignore encore si je pourrai
vous faire parvenir cet ouvrage...
Je juge des difficultés que j'éprouve
rai pour le faire sortir de ce lieu de
tourments, par celles qu'il a fallu
vaincre pour le terminer, privéde tout secours j'ai moi-même composé
les agents qui m'étaient nécessaires.
Le feu de ma lampe quelques
pièces de monnaies et peu de
substances chimiques échappées
+@
@
12
aux regards scrutateurs de mes bourreaux,
ont produit les couleurs qui ornent ce
fruit des loisirs d'un prisonnier.
Profitez des instructions de votre
malheureux ami, elles sont tellement
claires qu'il serait a craindre que
cet écrit tombât en d'autres mains
que les vôtres... souvenez-vous seulement
que tout doit vous servir
une ligne mal expliquée un caractère
oublié, vous empêcheraient de lever le
voile que la main du créateur à
posé sur le Sphinx.
Adieu Philocale ne me plaignez
pas la clémence de l'Eternel
égale sa justice. à la première
+@
@
13
assemblée mystérieuse vous révérez
votre ami. Je vous salue en Dieu,
bientôt je donnerai le baiser de
paix à mon frère.
+@
@
@
15

l était nuit la lune cachée
par des nuages sombres ne jetait qu'une
lueur incertaine sur les blocs de lave
qui environnent la solfatare, la tête
couverte du voile de Lin, tenant dans
mes mains le rameau d'or je m'avançais
+@
@
16
sans crainte vers le lieu ou j'avais reçu
l'ordre de passer la nuit. Errant
sur un sable brûlant je le sentais
a chaque instant s'affaisser sous mes
pas les nuages s'amoncelaient
sur ma tête, l'éclair sillonnait la
nue, et donnait une teinte sanglante
aux flammes du volcan....
Enfin j'arrive, je trouve un autel
de fer j'y place le rameau mystérieux...
Je prononce les mots redoutables...
à l'instant la terre tremble
sous mes pieds le tonnerre éclate....
les mugissements du Vésuve répondent
à ces coups redoublés ses
feux se joignent aux feux de la
+@
@
17
foudre... les coeurs des Génies s'élèvent
dans les airs et font répéter aux échos
les louanges du créateur... la branche
consacrée que javais placé sur l'autel
triangulaire s'enflâmme tout à coup une
épaisse fumée m'environne, je cesse de
voir, plongé dans les ténèbres je crus
descendre dans un abîme. J'ignore
combien de temps je restai dans cette
situation mais en ouvrant les yeux je
cherchai vainement les objets qui m'entouraient
quelque temps auparavant; l'autel
le Vésuve la campagne de Naples avoient
fui loin de mes yeux j'étais dans un
vaste souterrain, seul, éloigné du monde
entier... près de moi était une robe
+@
@
18
longue, blanche, son tissu délié me sembla
composé de fil de lin, sur une masse de
granit était posée une lampe de cuivre
au dessus une table noire chargée de
caractères grecs m'indiquaient la route
que je devais suivre je pris la lampe
et après avoir revêtu la robe, je
m'engageai dans un chemin étroit
dont les parois étaient revêtus de marbre
noir... Il avait trois mille de longueur
mes pas retentissaient d'une manière
effrayante sous ces voûtes silencieuses
enfin je trouvai une porte elle conduisait
à des degrés, je les descendis,
après avoir marché longtemps je crus
apercevoir une lueur errante devant
+@
@
19
moi je cachai ma lampe je fixai mes yeux
sur l'objet que j'entrevoyais il se dissipa
s'évanouit comme une ombre.
Sans reproches sur le passé sans
crainte sur l'avenir je continuai ma
route, elle devenait de plus en plus
pénible.... toujours engagé dans desgaleries composées de quartiers de pierres
noires... je n'osai fixer le terme de
mon voyage souterrain enfin après
une marche immense, j'arrivai à
une place quarrée: une porte s'ouvrait
au milieu de chacune de ses quatre
faces elles étaient de couleur différente
et placée chacune à l'un des quatre
points cardinaux, j'entrai par celle
+@
@
20
du septentrion elle était noire, celle qui
me faisait face était rouge, la porte
de l'orient était bleue, celle qui lui
était opposée était d'une blancheur
éclatante... au centre de cette salle
était une masse quarrée, une étoile
de cristal brillait sur son milieu.
On voyait une peinture sur la face
septentrionale elle représentait une
femme nue jusqu'à la ceinture, une
draperie noire lui tombait sur les
genoux deux bandes d'argent
ornaient son vêtement, dans sa
main était une baguette, elle la
posait sur le front d'un homme
placé vis-à-vis d'elle, une table terminée
+@
@
21
par un seul pied était entre eux deux,
sur la table étaient une coupe et un
fer de lance. Une flamme soudaine
s'élevait de terre et semblait se
diriger vers l'homme une inscription
expliquait le sujet de cette peinture.
Une autre m'indiquait les moyens
que je devais employer pour sortir
de cette salle.
Je voulus me retirer après
avoir considéré le tableau et l'étoile,
j'allais entrer dans la porte rouge
quand tournant sur ses gonds avec
un bruit épouvantable elle se referma
devant moi, je voulais tenter
la même épreuve sur celle que
+@
@
22
décorait la couleur du ciel, elle ne se
ferma point mais un bruit soudain
me fit détourner la tête, je vis
l'étoile s'agiter, elle se détache roule
et se plonge rapidement dans
l'ouverture de la porte blanche, je
la suivis aussitôt.
+@
@
@
24

n vent impétueux s'éleva
j'eus peine à conserver ma
lampe allumée enfin un perron
de marbre blanc s'offrit à ma
vue j'y montai par neuf marches
+@
@
25
arrivé à la dernière j'aperçus une
immense étendue d'eau; des torrents
impétueux se faisaient entendre
à ma droite, à gauche une pluie
froide mêlée de masses de grêle
tombait près de moi je considérais
cette scène majestueuse
quand l'étoile qui m'avait guidé
sur le perron et qui se balançait
lentement sur ma tête se plongea
dans le gouffre je crus lire
les ordres du très haut je me
précipitai au milieu des vagues
une main invisible saisit ma
lampe et la posa sur le sommet
de ma tête. Je fendis l'onde
+@
@
26
écumeuse et m'efforçai de gagner le
point opposé à celui dont j'étais
parti, enfin je vis à l'horizon une
faible clarté, je me hâtai, j'étais au
milieu des eaux et la sueur couvrait
mon visage, je m'épuisais en vains
efforts la rive que je pouvais à peine
apercevoir semblait fuir devant
moi à mesure que j'avançais, mes
forces m'abandonnaient, je ne
craignais pas de mourir, mais de
mourir sans être illuminé... Je perdis
courage et levant vers la voûte mes
yeux baignés de pleurs. Je m'écriai
Indica judicium meum et redime
me, propter eloquium tuum vivifica me,
+@
@
27
à peine pouvais-je agiter mes membres
fatigués j'enfonçais de plus en plus
quand j'aperçus près de moi une
barque, un homme couvert de riches
habits, la conduisait, je remarquai
que la proue était tournée vers la
rive que j'avais quittée, il s'approcha
une couronne d'or brillait sur son
front:
Vade me cum me dit-il,
me
cum principium in terris, instruam
te in via hac quâ gradueris. Je
lui répondis à l'instant
Bonum
est sperare in domino quam
confidere in principibus..... à
l'instant la barque, et le monarque
s'abîmèrent dans le fleuve,
+@
@
28
une force nouvelle sembla couler
dans mes veines je parvins à gagner
le bût de mes fatigues, je me trouvai
sur un rivage semé de sable vert.
Un mur d'argent était devant
moi deux lames de marbre rouge
étaient incrustées dans son épaisseur,
j'approchai, l'une était chargé
de caractères sacrés sur l'autre
était gravée une ligne de lettres
grecques entre les deux lames
était un cercle de fer deux
lions, l'un rouge et l'autre noir,
reposaient sur des nuages et
semblaient garder une couronne
d'or placée au dessus d'eux, on
+@
@
29
voyait encore près du cercle un arc
et deux flèches je lus quelques
caractères écrits sur les flancs d'un
des lions. à peine avais-je observé ces
différents emblèmes, qu'ils disparurent
avec la muraille qui les
contenait.
+@
@
@
31

sa place un lac de feu
se présenta devant moi, le soufre
et le bitume roulaient leurs flots
enflammés je frémis, une voix
éclatante m'ordonna de traverser
+@
@
32
ces flammes, j'obéis, et les flammes
semblèrent avoir perdu leur activité
longtemps je marchai au milieu
de l'incendie, arrivé dans un espace
circulaire je contemplai le pompeux
spectacle dont la bonté du ciel
daignait me faire jouir.
Quarante colonnes de feu
décoraient la salle dans laquelle je
me trouvais un côté des colonnes brillait
d'un feu blanc et vif, l'autre
semblait dans l'ombre, une flamme
noirâtre le couvrait; au centre de
ce lieu s'élevait un autel en forme
de serpent, un or vert embellissait
son écaille diaprée, sur la qu'elle se
+@
@
33
reflétaient les flammes qui l'environnaient,
ses yeux semblaient des
rubis, une inscription argentée était
posée près de lui. Une riche épée était
plantée en terre près du serpent,
une coupe reposait sur sa tête....
J'entendis le coeur des esprits célestes,
une voix me dit le terme de tes
travaux approche, prends le glaive,
frappe le serpent.
Je tirai l'épée de son fourreau
et m'approchant de l'autel
je pris la coupe d'une main et de
l'autre je portai un coup terrible
sur le col du serpent, l'épée rebondit,
le coup résonna comme si
+@
@
34
j'avais frappé une cloche d'airain,
à peine avais-je obéi a la voix que
l'autel disparut, les colonnes se perdirent
dans l'immensité, le son que
j'avais entendu en frappant l'autel
se répéta comme si mille coups
étaient frappés en même temps,
une main me saisit par les cheveux
et m'éleva vers la voûte, elle
s'ouvrit pour me livrer passage,
de vains fantômes se présentèrent
devant moi, des Hydres, des Lamies
m'entourèrent de serpents, la vue de
l'épée que je tenais à la main écarta
cette foule immonde, comme les
premiers rayons du jour dissipent
+@
@
35
les songes frêles enfants de la nuit.
Après être monté par une ligne
perpendiculaire à travers les
couches qui composent les parois
du globe, je revis la lumière du
Jour.
+@
@
@
37

peine étais-je parvenu à
la surface de la terre, que mon conducteur
invisible m'entraîna plus
rapidement encore, la vélocité avec
la qu'elle nous parcourions les
+@
@
38
espaces aériens ne peut être comparée
à rien qu'a elle même; en un
instant j'eus perdu de vue les plaines
sur les qu'elles je dominais.
J'avais observé avec étonnement, que
j'étais sorti du sein de la terre loin
des campagnes de Naples une
plaine déserte, quelques masses triangulaires
étaient les seuls objets
que j'eusse aperçu. Bientôt, malgré
les épreuves que j'avais subies,
une nouvelle terreur vint m'assaillir;
la terre ne me semblait plus qu'un
nuage confus, j'étais élevé à une
hauteur immense, mon guide invisible
m'abandonna, je redescendis
+@
@
39
pendant un assez long temps je
roulai dans l'espace; déjà la terre
se déployait a mes regards troublés...
je pouvais calculer combien
de minutes se passeraient avant
que j'aille me briser contre un
rocher. Bientôt, prompt comme
la pensée mon conducteur se
précip(it)e après moi il me reprend
m'enlève encore une fois, il me
laisse retomber, enfin il m'élève
avec lui à une distance incommensurable,
je voyais des globes
rouler autour de moi, des terres
graviter à mes pieds tout à
coup le génie qui me portait
+@
@
40
me touche les yeux, je perdis le
sentiment. J'ignore combien de
temps je passai en cet état, à
mon réveil je me trouvai couché
sur un riche coussin, des fleurs
des aromates, embaumaient l'air
que je respirais.... Une robe
bleu semée d'étoiles d'or avait
remplacé le vêtement de lin,
vis-à-vis de moi était un autel
Jaune, un feu pur s'en exhalait
sans qu'aucune autre substance
que l'autel même l'alimentât.
Des caractères noirs étaient
gravés sur sa base. Auprès
était un flambeau allumé qui
+@
@
41
brillait comme le soleil, au dessus
était un oiseau dont les pieds
étaient noirs, le corps d'argent;
la tête rouge, les ailes noires et
le Col d'or. Il s'agitait sans
cesse mais sans faire usage de
ses ailes. Il ne pouvait voler
que lorsqu'il se trouvait au milieu
des flammes. dans son bec était
une branche verte, son nom est
******
celui de l'autelest ****** l'autel, l'oiseau et le
flambeau sont les symboles de tout,
rien ne peut être fait sans
eux, eux mêmes sont tout ce
qui est bon et grand, le flambeau
+@
@
42
se nomme ******.
Quatre inscriptions entouraient
ces différents emblèmes.
+@
@
@
44

e me détournai et j'aperçus
un palais immense, sa base reposait
sur des nuages, des marbres
composaient sa masse; sa forme
était triangulaire quatre étages de
+@
@
45
colonnes s'élevaient les uns sur les autres.
Une boule dorée terminait cet édifice,
le premier rang de colonnes était blanc,
le second noir, le troisième vert le dernier
était d'un rouge brillant, je
voulus après avoir admiré cet ouvrage
des artistes éternels retourner au
lieu où étaient l'autel, l'Oiseau et
le flambeau, je voulais encore les
observer, ils étaient disparus, je les
cherchais des yeux quand les portes
du palais s'ouvrirent, un vieillard
vénérable en sortit, sa robe était
semblable à la mienne excepté
qu'un soleil doré brillait sur sa
poitrine sa main droite tenait
+@
@
46
une branche verte, l'autre soutenait
un encensoir, une chaîne de bois
était attachée à son col une tiare
pointue comme celle de Zoroastre
couvrait sa tête blanchie il s'approcha
de moi, le sourire de la bienveillance
errait sur ses lèvres, Adore Dieu,
me dit-il en langue Persane, c'est
lui qui t'a soutenu dans les épreuves
son esprit était avec toi, mon fils
tu as laissé fuir l'occasion tu pouvais
à l'instant saisir l'oiseau
****** le flambeau ****** et
l'autel ****** tu serais devenu
à la fois Autel Oiseau et Flambeau.
Il faut à présent pour
+@
@
47
parvenir au lieu le plus secret du
Palais des sciences sublimes que tu
en parcours tous les détours. viens...
Je dois avant tout te présenter à
mes frères. Il me prit la main et
m'introduisit dans une vaste salle.
Des yeux vulgaires ne peuvent
concevoir la forme et la richesse
des ornements qui l'embellissaient.
Trois cent soixante colonnes l'entouraient
de toutes parts; au plafond était
une croix rouge, blanche, bleue et
noire, un anneau d'or la soutenait.
Au centre de la salle était un autel
triangulaire composé des quatre
éléments sur ses trois points étaient
+@
@
48
posés l'oiseau, l'autel et le flambeau.
Ils ont changé de nom me dit mon
guide, ici on nomme l'oiseau ******,
l'autel ****** et le flambeau ******;
la salle est appelée ******, l'autel
triangulaire ΑΘΑΝΩΡ. autour de
l'autel étaient placés quatre-vingt-
un trônes; on montait à chacun
par neuf marches de hauteur inégale;
des housses rouges les couvraient.
Pendant que j'examinais
les trônes, le son d'une trompette
se fit entendre: a ce bruit les
portes de la salle ****** tournèrent
sur leurs gonds pour laisser passer
soixante dix neuf personnes, toutes
+@
@
49
vêtues comme mon conducteur.
Elles s'approchèrent lentement et
s'assirent sur les trônes, mon guide
se tint de bout auprès de moi. Un
vieillard distingué de ses frères par
un manteau de pourpre dont les
bords étaient chargés de caractères
en broderies, se leva et mon guide
prenant la parole en langue sacrée
Voila dit-il, un de nos enfants que
Dieu veut rendre aussi grand que
ses pères. Que la volonté du Seigneur
s'accomplisse répondit le vieillard.
Mon fils, ajouta-t-il en s'adressant à
moi votre temps d'épreuves physiques
est accompli... Il vous reste à faire
+@
@
50
de grands voyage, désormais vous vous
appellerez ****** avant de parcourir
cet édifice, huit de mes frères
et moi allons vous faire chacun un
présent, il vint à moi et me donna
avec le baiser de paix, un cube de
terre grise on le nomme ****** le
second trois cylindres de pierre noire
appelée ****** le troisième, un morceau
de cristal arrondi, on l'appelle ******
le quatrième, une aigrette de plumes
bleues nommé ****** le cinquième y
joignit un vase d'argent, qui porte
le nom de ****** le sixième une grappe
de raisin connue parmi les sages
sous le nom de ****** le septième
+@
@
51
me présenta une figure d'oiseau semblable
pour la forme à ****** mais il
n'avait pas ses brillantes couleurs; il
était d'argent, il porte le même nom
me dit-il; c'est à toi a lui donner les
mêmes vertus. le huitième me donna
un petit autel ressemblant aussi à l'autel
****** enfin mon conducteur me
mit dans main un flambeau composécomme ****** de particules brillantes
mais il était éteint; c'est à toi ajoutât-il
comme ceux qui l'avoient précédé,
à lui donner les mêmes vertus, réfléchis
sur ces dons, me dit ensuite le chef
des sages tous tendent également à
la perfection, mais nul n'est parfait
+@
@
52
par lui même, c'est de leur mélange
que doit sortir l'ouvrage divin. Sache
encore que tous sont nuls si tu ne les
emploie suivant l'ordre dans lequel
ils t'ont été donné le second qui sert
a employer le premier ne serait qu'une
matière brute sans chaleur, sans
utilité sans le secours de celui qui vient
après lui, garde soigneusement les
présents que tu as reçu, et commence
tes voyages après avoir bu dans la
coupe de vie. Il me présenta dans
une coupe de cristal une liqueur
brillante et safranée son goût était
délicieux un parfum exquis s'en exhalait.
Je voulus rendre la coupe après
+@
@
53
avoir trempé mes lèvres dans la liqueur
achève me dit le vieillard, ce breuvage
sera la seule nourriture que tu prendras
pendant le temps de tes voyages. J'obéis
et je sentis un feu divin parcourir
toutes les fibres de mon corps, j'étais plus
fort, plus courageux, mes facultés même
intellectuelles, semblaient être doublées.
Je me hâtai de donner le salut des
sages à l'auguste assemblée que j'allais
quitter, et par les ordres de mon conducteur,
je m'enfonçai dans une longue
galerie qui se trouvait à ma droite.
+@
@
@
55

l'entrée de la galerie dans
la qu'elle je me trouvais était posée une
cuve d'acier, à mon approche elle se
remplit d'une eau pure comme le cristal,
qui vint s'épurer sur un sable
+@
@
56
blanc et fin. La cuve était ovale; Elle
était soutenue sur trois pieds d'airain.
une lame noire incrustée sur le côté
qui regardait la porte renfermait
quelques caractères, près de la cuve
était un voile de lin, au dessus d'elle
deux colonnes de marbre vert supportait
une plaque de marbre arrondie.
On y voyait entourée de deux inscriptions
la figure du cachet sacré,
formée d'une croix de quatre couleurs,
attachée à une traverse d'or qui soutient
(*) deux autres cercles concentriques,
le plus grand noir, l'autre rouge. à
l'une des colonnes était attachée une
hache d'argent dont la hampe était
(*)
deux cercles qu'entourent
+@
@
57
bleue elle s'appelle ****** après avoir
lû les inscriptions, je m'approchai de la
cuve et je m'y lavai, en commençant
par les mains, je finis par m'y plonger
tout entier. J'y restai trois jours,
en sortant de l'eau je m'aperçus
qu'elle avait perdu sa transparence.
son sable était devenu grisâtre, des
particules couleur de rouille s'agitaient
dans le fluide. Je voulus me
sécher avec le secours du voile de lin,
mais de nouvelles gouttes d'eau remplaçaient
sans cesse celles dont le
linge s'imbibait je renonçai à me
sécher avec le voile et me tenant à
l'ombre j'y restai immobile pendant
+@
@
58
six jours entiers; au bout de ce temps la
source de ces eaux fut tarie je me
trouvai sec et plus léger quoique mes
forces me parussent augmentées. après
m'être promené quelque temps je retournai
à la Cuve, l'eau quelle contenait
était épuisée, a sa place était
une liqueur rougeâtre, le sable était
gris et métallique. Je m'y baignai de
nouveau en observant cependant de
n'y rester que quelques instants, en me
retirant je vis que j'avais absorbé une
partie du liquide. cette fois je ne tentai
pas de tarir avec le linge, la liqueur
dont j'étais imprégné, elle l'aurait
détruit à l'instant; tant elle
+@
@
59
était forte et corrosive. Je fus à l'autre
bout de la galerie m'étendre sur un
lit de sable chaud, j'y passai sept jours
au bout de ce temps je revins à la
cuve l'eau était semblable a la première,
je m'y replongeai et en ressortis
après m'être lavé avec soin. cette fois
je parvins sans peine à m'essuyer,
enfin après m'être purifié selon
les instructions que j'avais reçu, je
me disposai à sortir de cette galerie
après y être resté seize jours.
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e quittai la galerie par une
porte basse et étroite et j'entrai
dans un appartement circulaire,
ses lambris étaient de bois de frêne
et de santal. au fond de l'ap-
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partement sur un socle composé
de seps de vigne, reposait une
masse de sel blanc et brillant,
au dessus était un tableau il représentait
un lion blanc couronné. et
une grappe de raisin, ils étaient
posés sur un même plateau, que
la fumée d'un brasier allumé
élevait dans les airs. A ma droite
et à ma gauche s'ouvraient deux
portes l'une donnait sur une
plaine aride. Un vent sec et
brûlant y régnait en tout temps.
l'autre porte s'ouvrait sur un lac
à l'extrémité du quel on apercevait
une façade de marbre noir.
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Je m'approchai près de l'autel
et pris dans mes mains du sel
blanc et brillant, que les sages
appellent ****** Je m'en frottai
tout le corps... Je m'en pénétrai et
après avoir lu les hiéroglyphes qui
accompagnaient le tableau je
m'apprêtai à quitter cette salle.
mon premier dessein était de sortir
par la porte qui donnait sur la
plaine, mais une vapeur brûlante
s'en exhalait, je préférai le chemin
opposé. J'avais la liberté de choisir,
avec la condition cependant de ne
pas quitter celui que j'aurais pris...
Je me décidai à passer le lac, ses eaux
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étaient sombres et dormantes, j'apercevais
bien à une certaine distance un
pont nommé ****** mais je préférai
traverser le lac à la longue route que
j'aurais été obligé de faire pour atteindre
le pont, en suivant les sinuosités
d'un rivage semé de rochers. J'entrai
dans l'eau, elle était épaisse comme
du ciment, je m'aperçus qu'il
m'était inutile de nager, par tout
mes pieds rencontrèrent le sol. Je
marchai dans le lac pendant treize
jours. Enfin je parvins à l'autre bord.
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a terre était d'une couleur
foncée comme l'eau dans laquelle
j'avais voyagé, une pente insensible
me conduisit au pied de l'édifice
que j'avais aperçu de loin, sa
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forme était un quarré long, sur le fronton
étaient gravés quelques caractères,
semblables à ceux qu'employaient
les Prêtres des anciens Persans.
l'édifice entier était bâti de
Basalte noir dépoli: les portes étaient
de bois de cyprès; Elles s'ouvrirent
pour me laisser passer; un vent
chaud et humide s'élevant tout
à coup me poussa rapidement
jusqu'au milieu de la salle et en
même temps referma les portes sur
moi... Je me trouvai dans l'obscurité,
peu à peu mes yeux s'accoutumèrent
au peu de lumière qui
régnait dans cette enceinte, et je
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pus distinguer les objets qui m'entouraient.
la voûte, les parois, le plancher
de la salle étaient noirs comme
l'ébène, deux tableaux peints sur la
muraille fixèrent mon attention.
l'un représentait un cheval tel
que les poètes nous peignent celui
qui causa la ruine de Troie. De
ses flancs entr'ouverts sortait un
cadavre humain. L'autre peinture
offrait l'image d'un homme mort
depuis longtemps, les vils insectes
enfants de la putréfaction, s'agitaient
sur son visage et dévoraient
la substance qui les avait
fait naître, un des bras décharnés
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de la figure morte, laissait déjà apercevoir
les os; placé près du cadavre,
un homme vêtu de rouge s'efforçait
de le relever, une étoile brillait
sur son front, des brodequins noirs
couvraient ses jambes, trois lames
noires chargées de caractères d'argent
étaient posées au dessus, entre et
au dessous des tableaux. Je les lus
et m'occupai à parcourir la salle
où je devais passer neuf jours.
Dans un coin plus obscur
se trouvait un monceau de terre noire,
grasse et saturée de particules animales,
je voulus en prendre, une
voix éclatante comme le son d'une
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trompette me le défendit,
il n'y a que
quatre vingt sept ans que cette terre est
posée dans cette salle, me dit-elle,
quand treize autres années seront
écoulées, toi et les autres enfants de
Dieu pourront en user. La voix se
tut mais les derniers sons vibrèrent
long temps dans ce temple du silence
et de la mort. Après y être resté le
temps prescrit je sortis par la porte
opposée à celle par laquelle j'étais
entré. Je revis la lumière, mais elle
n'était pas assez vive autour de la
salle noire, pour fatiguer mes yeux
habitués à l'obscurité.
Je vis avec étonnement qu'il
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me fallait pour joindre les autres édifices
traverser un lac plus large que le
premier, je marchai dans l'eau pendant
dix-huit jours. Je me souvins
que dans la première traversée les
eaux du lac devenaient plus noires
et plus épaisses à mesure que j'avançais,
au contraire dans celle ici,
plus j'approchais de la rive, et plus
les eaux s'éclaircissaient. Ma robe
qui dans le palais était devenue
noire comme les murailles me parut
alors d'une teinte grisâtre; elle reprit
peu à peu ses couleurs, cependant
elle n'était pas entièrement bleue,
mais approchant d'un beau vert.
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Après dix huit jours je montai
sur le rivage par un perron de
marbre blanc; la salle est nommée
****** le premier lac ******
le second ******.
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quelque distance du
rivage un palais somptueux élevait
dans les airs ses colonnes d'albâtre,
ses différentes parties étaient jointes
par des portiques couleur de feu, tous
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l'édifice était d'une architecture légère
et aérienne. Je m'approchai des portes,
sur le fronton était représenté un
papillon. Les portes étaient ouvertes...
J'entrai, le palais entier ne formait
qu'une seule salle... trois rangs de
colonnes l'entouraient, chaque rang
était composé de vingt sept colonnes
d'albâtre. Au centre de l'édifice
était une figure d'homme, elle sortait
d'un tombeau sa main appuyée
sur une lance frappait la pierre
qui la renfermait autrefois, une draperie
verte, ceignait ses reins l'or
brillait au bas de son vêtement
sur sa poitrine était une table
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quarrée sur laquelle je distinguai
quelques lettres. Au dessus de la figure
était suspendue une couronne d'or,
elle semblait s'élever dans les airs
pour la saisir. Au dessus de la
couronne était une table de pierre
jaune, sur la qu'elle étaient gravés
quelques emblèmes, je les expliquai
par le secours de l'inscription que j'aperçus
sur le tombeau, et par celle
que j'avais vue sur la poitrine de
l'homme.
Je restai dans cette salle
appelée ****** le temps nécessaire
pour en contempler tous les détours
et j'en sortis bientôt dans l'intention
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de me rendre à travers une vaste
plaine à une tour que j'aperçus
à une assez grande distance.
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peine j'avais quitté les
marches du palais que j'aperçus
voltiger devant moi un oiseau semblable
à ****** mais celui ci avait
deux ailes de papillon outre les siennes,
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une voix sortant d'un nuage m'ordonna
de le saisir et de l'attacher. Je m'élançai
après lui, il ne volait pas mais il
se servait de ses ailes pour courir avec
la plus grande rapidité, je le poursuivis,
il fuyait devant moi et me fit plusieurs
fois parcourir la plaine dans toute son
étendue. Je le suivis sans m'arrêter,
enfin après neuf jours de course, je
le contraignis d'entrer dans la tour
que j'avais vu de loin en sortant de
****** les murailles de cet
édifice étaient de fer trente six piliers
de même métal les soutenait, l'intérieur
était de même matière, incrusté
d'acier brillant. Les fondements
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de la tour étaient construits de telle
manière que sa hauteur était doublée
sous terre. à peine l'oiseau fut il entré
dans cette enceinte qu'un froid
glacial sembla s'emparer de lui il fit
de vains efforts pour mouvoir ses ailes
engourdies. Il s'agitait encore, essayait
de fuir, mais si faiblement que
je l'atteignis avec la plus grande facilité.
Je le saisis, et lui passant
un clou d'acier (+) à travers les ailes je
l'attachai sur le plancher de la tour
à l'aide d'un marteau appelé ******
à peine avais-je fini que l'oiseau reprit
de nouvelles forces, il ne s'agita
plus mais ses yeux devinrent
(+) ******
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brillants comme des topazes j'étais
occupé à l'examiner quand un groupe
placé au centre de la salle
attira mon attention, il représentait
un bel homme dans la fleur de
l'age, il tenait à la main une verge
qu'entouraient deux serpents entrelacés,
et s'efforçait de s'échapper
des mains d'un autre homme grand
et vigoureux, armé d'une ceinture
et d'un casque de fer sur lequel
flottait une aigrette rouge; une épée
était près de lui elle étais appuyée
sur un bouclier chargé d'hiéroglyphes;
l'homme armé tenait dans ses mains
une forte chaîne; il en liait les pieds
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@
83
et le corps de l'adolescent qui cherchait
vainement à fuir son terrible adversaire;
deux tables rouges renfermaient
des caractères.
Je quittai la tour et ouvrant
une porte qui se trouvait entre
deux piliers je me trouvai dans
une vaste salle.
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a salle dans la qu'elle je
venais d'entrer était exactement ronde,
elle ressemblait à l'intérieur d'une
boule, composée d'une matière dure
et diaphane comme le cristal,
elle recevait du jour par toutes ses
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parties. La partie inférieure était
posée sur un vaste bassin rempli
de sable rouge, une chaleur douce
et égale régnait dans cette enceinte
circulaire. Les sages nomment
cette salle ****** le bassin de sable
qui la soutient porte le nom de
****** je considérais avec étonnement
ce globe de cristal quand un phénomène
nouveau excita mon admiration:
du plancher de la salle s'éleva
une vapeur douce, moite et safranée,
elle m'environna, me souleva
doucement et dans l'espace de
trente six jours me porta jusqu'à
la partie supérieure du globe, après
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ce temps la vapeur s'affaiblit, je
descendis peu à peu enfin je me
retrouvai sur le plancher. ma robe
changea de couleur, elle était verte
lorsque j'entrai dans la salle, elle
devint alors d'une couleur rouge
éclatante. Par un effet contraire,
le sable sur lequel reposait le
globe, quitta sa couleur rouge et
devint noir par degrés. Je demeurai
encore trois jours dans la
salle après la fin de mon ascension.
Après ce temps j'en sortis
pour entrer dans une vaste place
environnée de colonnades et de portiques
dorés au milieu de la place était
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un pied d'étal de bronze; il supportait
un groupe qui représentait l'image
d'un homme grand et fort, sa tête
majestueuse était couverte d'un casque
couronné; à travers les mailles
de son armure d'or, sortait un
vêtement bleu; il tenait d'une
main un bâton blanc, chargé de
caractères, et tendait l'autre à une
belle femme; aucun vêtement ne
couvrait sa compagne, un soleil
brillait sur son sein, sa main
droite supportait trois globes joints
par des anneaux d'or; une couronne
de fleurs rouges ceignait ses beaux
cheveux, elle s'élançait dans les
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airs et semblait y élever avec elle le
guerrier qui l'accompagnait: tous
les deux étaient portés sur des nuages
autour du groupe, sur les chapiteaux
de quatre colonnes de marbre blanc,
étaient posées quatre statues de bronze;
elles avoient des ailes et paraissaient
sonner de la trompette.
Je traversai la place, et montant
un perron de marbre qui se
trouvait devant moi, je vis avec
étonnement que je rentrais dans la
salle des trônes, (la première où je
m'étais trouvé en arrivant au palais
de la sagesse) l'autel triangulaire
était toujours au centre de cette
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salle mais l'oiseau, l'autel et le flambeau
étaient réunis et ne formaient plus
qu'un corps. Près d'eux était posé
un soleil d'or, l'épée que j'avais apportée
de la salle de feu, reposait à
quel que pas de là sur le coussin d'un
des trônes; Je pris l'épée, et frappant
le soleil je le réduisis en poussière,
je le touchai ensuite et chaque molécule
devint un soleil d'or semblable
à celui que j'avais brisé.
L'oeuvre
est parfait s'écria à l'instant une
voix forte et mélodieuse; à ce cri
les enfants de la lumière s'empressèrent
de venir me joindre, les portes
de l'immortalité me furent ouvertes,
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le nuage qui couvre les yeux des mortels
se dissipa, JE VIS et les esprits
qui président aux éléments, me reconnurent
pour leur maître.
FIN
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